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                  <text>5623

1 r

Publicacion del sector musica de l'Institut d'estudis occitans e de la

Discours de

SOMMAIRE
1

Discours de Montauban

&gt;-

Madame, Monsieur,

*» 4

Madame,
La ueillée du 20e anniversaire du Trait

&gt;-

impressions larrazetoises

&gt;- 8
► 9

Jacobin et fier de l'être
-

4e festiual de Germ

»-

6

»»13

R toutes fins utiles

—» 16

d'Impro sans Music'Halle

18
RI Rock, ninns !
&gt;-19
Saint Julien d'Emparé est déclarée commune libre -&gt;-20
Some mords about Rutabaga

Oc

on

Connexion

►

&gt;»21

the net

Internet, hackers et utopie

&gt;- 22

Sornetas

&gt;- 26

Marre

&gt;- 26

La

réponses en urac à des questions...
disparition de Debord

Lo

roman

Des

h&gt; 27
&gt;- 28
&gt;- 31

occitan idéal

s» 33
&gt;- 36

Reçu de Ken Knabb
Editoriau de Har et commentaire

Toujours les nationalistes occitans

&gt;- 37

Lu

&gt;- 37

Sa tête est du bois dont on fait les

flûtes —► 37

Eloge de la prouince
La victime expiatoire et commentaire

—► 37
s»

38

Mettre les voiles

&gt;- 39
&gt;- 40
&gt;-41

Entartrés

&gt;-41

Le roman
Rimer les

Ecouté

français est-î! mort ?
gens et commentaire

——

Extrait de "Histoires deux

têtes"

Courrier

-&gt;-41
&gt;-42

-&gt;-43

Escargot 27
—

Félix-Marcel Castan

11

&gt;- 12

Rencontre en ual Louron

Pas

Montauban

&gt;- 5
d'Union»» S

Larrazet "La forte fête"

Fête du 14 Juillet

GRQM. 3 e trimèstre de 1995

&gt;-44

Pour la

première fois, je parle à ma propre

ville, - après Montpellier, Béziers, Carmaux, Aurillac,
Tarbes, les festivals de Saint-Hippolyte-du-Fort et
d'Uzeste-musical... A Montauban,

non :

je m'adresse à

jeunesse, pour qu'elle découvre Olympe de Gouges,
"visage éclairé" de notre ville (comme dit Bourdelle).
Cinquante ans, jour pour jour ce 29 Avril,
qu'en France les femmes ont déposé leur premier bul¬
la

letin de vote dans l'urne. Résultat d'un combat

longs siècles, dont Olympe avait donné Je

de deux

signal. Mais

bataille n'est pas gagner la guerre de ta
liberté, de l'égalité, - et la lutte continue.
La plus haute des morales en dépend, la fin de
la préhistoire du genre humain.
gagner une

des
l'accession définitive de la femme à

L'humanité vraie sortira, comme Vénus
flots de la mer, de
un

dialogue équilibré avec l'homme, son

endormi dans
est

un

partenaire,

mutisme ancestrai. La voix d'Olympe

capable de réveiller tous les endormis de

Le "tocsin de la

Ce tocsin
contre

la terre.

raison", dit-elle.

d'Olympe résonne

encore

les racismes... La communauté

très fort

noire lui rend

hommage : Olympe a été l'ennemie la plus intransi¬
geante de l'esclavage colonial, grande amie des Noirs,

péril de sa vie.
qui tient des peuples en esclavage,
qui entretient des discriminations raciales, se déshono
parfois

au

Une nation

re,

-

ce

qu'Olympe ne peut souffrir.
Magnifique idée de la Nation, au moment

où

�Linha

Imaginòt
Montauban

'fâml

3e trimèstre de 1995
celle-ci
en

met en

se

place,

1789 !
Les Révolution¬

naires de

son

naient

nation méca¬

une

nique, réglée comme les
rouages d'un moulin,
sans

hasard

:

ils rêvaient

d'un ordre immuable,
refermé
ses

sur

lois et

lui-même,

ses

sur

obsessions

unitaires... Or

Olympe
explique qu'une société
évolue, qu'elle change, à
l'initiative de ses citoyens
indociles, les plus jeunes,
qui contestent pour
inventer du neuf. A

nation

se

nation

qui soit la grande oeuvre
permanente de la diversi¬

peuple, du dia¬
logue infini des citoyens.
Notre compatriote
voyait plus loin que son
temps, déjà avec les yeux
de notre époqueté de

son

y

Montauban s'identifie en

cours...

l'abolition de la

cela

ricien Antonin Perbosc,

mort,
mourrir

de l'Occitanie.

peine de
elle qui devait

au

génie historique

Renaissance litté¬

raire, dont il
Le

poète et théo¬

elle demandait du travail

l'abbé

pour tous ; la création de
maternités décentes ; la

des

ne

et délibérée au

ge

félibréen.

sur

l'échafaud ;

suppression des
contraintes par corps.
Ces programmes

Grégoire, l'ennemi
langues, enragé de
rigorisme intellectuel, eut
beaucoup de disciples,
conscients
XIXe et
un

bout

ri sme

bout

théâtrale,

son oeuvre

phi¬
inter¬

son oeuvre

losophique et

ses

ventions circonstancielles
de

pamphlétaire.

Personne n'a
conçu

plus haute fonction

nationale, de redresseur
de torts au service des

au

tout

non, au

XXe siècles

:

invraisemblable uni ta¬

concrets soutiennent de
en

ou

a

triomphé. Une

nation, dans laquel¬

autre

le souvent

nous ne nous

futur, à la

transformation d'un ordre

individus.
Rien de

plus sacré

hiérarchisé.
lons

-

son

oeuvre

qu'es pas
se

enclaure

échappe

solution de toutes les

tional tenu à Montauban,

contradictions, la garan¬

qui la jugent à sa valeur.

les universitaires du

récent

Colloque interna¬

ties contre toutes les

Montauban, par la
ses écrivains,

exclusions. Une nation

voix de

vouée

fidèles d'une

perspective

notre

boussole,

nous

comprenons mieux cette
cité que nous habitons...
: sa

raison de

revivre.
Le

concept opéra¬
d'Occitanie, on ne
l'oubliera pas, est né ici,

toire

élever les idéaux des

évolutive, proteste contre
toutes les clôtures... Deux

hommes et des femmes,

grands précurseurs

de l'intuition d'un

grand

aux normes

du

lement

Montauban

use

d'un lan¬

de raison, disant ce
qui bouge, ce qui avance,
cherche à s'épanouir,
comme une plante dans
l'air libre. Trop de
recettes générales, mon¬
trons ce qui particularise.

Et aussi l'identité de

l'Occitanie

qui vit).

France culturelbipolaire... Avec
Perbosc et Olympe,

mouvements féministes

en

ce

L'Occitanie pro¬

la nation soit
l'instrument suprême de
toutes les justices, la

et

que

codes !

gage

veulent l'introduire les

çò

grilles, le quadrillage
régional et départemental,
les stéréotypes et les

citoyenneté conquérante.
Depuis
qu'Olympe est devenue

Héroïne nationa¬

de

centralisme, elle défie les

digne du Panthéon, où

bonheur-

res

L'Occitanie

Nous appe¬

nos

ressaisir

gàbia que

viu.

raciste, militante de la
cause des enfants, elle

qu'un être humain, que
l'aptitude de chacun au

en

diu

enfermer de

Olympe de Gouges dans
sa
grandeur d'écrivain,
dans son art, dans sa phi¬
losophie, n'a pas seule¬
ment des justifications
historiques : nous tra¬
au

enseigne

long de

(en cage on ne doit rien

reconnaissons pas !
Réhabiliter

vaillons

au

bricola¬

Perbosc

neté, de leur propre

rajeunissement
continu, pour harmonises

inversé le

compatriote, par ce
coup d'audace inouï, sub¬
stituait une ambition plei¬

le, Olympe de Gouges est

au

a

notre

Malheureusement

pose une

veut que

un

notre

au

:

concitoyens à
Olympe la
figure emblématique
d'une nouvelle citoyen¬

Féministe et anti¬

ajuste

couronnement de

Montesquieu au début du
XVIIIe. Le génie de

renouvelant

sans cesse : une

siècle

La Boétie

l'opposé de Condorcet,
des abbés Sieyès et
Grégoire, elle imagine
une

XVIe siècle,

esprit, il

nements et les crimes

Elle demandait

système. Ils imagi¬

avaient montré le chemin,

parités, les dysfonction¬
officiels.

temps
étaient à la recherche
d'un

abolir les honteuses dis¬

Montauban s'est

toujours pensée au pré¬
sent, depuis sa fondation
en plein Xlle siècle, au
temps des Troubadours.
Aucun archaïsme,
aucun

primitivisme, mais

�Linha

Imaginòt

Montauban
3e trimèstre de 1995
Benedetto),

Olympe
Gouges,

marche... La

tinctes,

marche de

méthodes, et doit être

d'Andrieu, de beaucoup
d'autres, ville neuve, ville

Montauban

traité

des

nationale

en

marche.

Perbosc, l'iden¬
tité culturelle

en

contre l'enfer¬
mement.

Perbosc
dit

qu'il

ne veut

être ni le

chef,

ni le soldat de

personne :

juste

règle... Loi
une

théorisation

organisa¬

trice.

Toutes les villes,
sans

exception, recèlent

dans leur histoire, et

expriment grâce aux
grandes personnalités
emblématiques qu'elles
ont données à la

culture

d'action culturelle,

-

à

laquelle il est si facile de
déroger !
On navigue entre
deux écueils, Charybde et
Scylla :
Charybde, c'est
le populisme, où se dis¬
-

sout la

notion de ville.

Scylla, le nom¬

-

son

histoire,

l'origine, fut un
peintre, le "mendiant" de
St Maffre, qui n'a jamais
cessé de

se

renouveler,

s'emparant avec une pro¬
digieuse allégresse de
toutes les inventions
son

maxime

:

"du

nouveau

s'appropria

en

c'était pour

leur identité, leur âme.
A quoi servent les

l'étoile

transgresser dans une

son

destin de ville, à son

authentique originalité ?
Seul but... On ira partout
secouer les énergies,

interpeller la jeunesse
autour

de

sa

ville.

le dépasser, le

à Montauban, sur ces

de l'univers,

où

se

F-MC
11

-

4

-

1995

Cette soirée commencera

par un double
à Olympe de

hommage
Gouges,
hommage du peuple des
Noirs,
et

hommage du peuple
des femmes.

conception de la
Olympe de
Gouges capitalise à son insu
un héritage occitan remon¬
:

La

Nation selon

XVIe siècle. Mais

modèle de nation close

siècles,
bien

une

au cours

des

tradition trop

française de nation

s'adaptant mal à des situa¬
tions nouvelles... Toute

action décentralisatrice

l'esprit et le grain de la

devra

réalité... Homme de la

périphérie ouverte, dans
la postérité de Cézanne. Frère jumeau du sculp¬
teur d'origine roumaine
Brancusi qu'on redé¬
couvre à Beaubouig, en

décentralisatrice d'André

ce

y a

Imaginòt.

concilient les formes de

plus de
quarante ans, a abordé le
cinéma, les arts plas¬
tiques, la poésie, le
théâtre (citons la trilogie
montalbanaise, trilogie

principes, il

nants de la Linha

dominatrice, exclusive,

turante

se

demi-siècle

des musiciens-interve¬

s'est élaboré

:

monde, dont ils sont les

la conscience de

chaque ville, à relever sa
dignité, à la rappeler à

Paris était le centre

vision totalisante et struc¬

explorateurs !
L'action entrepri¬

son

d'expérience pluri-disciplinaire à la disposition

un

dire attentifs à l'ordre du
humbles

transgressions calcu¬

lées, met

tant au

artisan

dent les yeux

mer

!".

le maître

l'art international, dont

Imaginât, sinon à rallu¬

le regard

sous

d'Olympe, de Perbosc,

N.B.

siècle, ayant pour

gateurs dépourvus
d'ambitions, et qui gar¬

Linha

même,

de

qui leur appartiennent,
qui marquent leur visage,
autour desquelles se noue

concerts de la

occitan lui-

dès

de notre jeunesse,

fixés sur
polaire, je veux

l'expérience du

mouvement

Dernier mot, - la
référence des références,

de la ville

implose.

Montauban, por¬
tée par

des structures.

Lucien Andrieu,

Heureux les navi¬

ses

séparément, sous
peine d'erreurs : chaque
discipline implique une
structure spécifique... Le
Carrefour d'Occitanie
(organisateur de cette sof
rée) fédère l'ensemble

brilisme, quand l'identité

universelle, des valeurs

compositeur occitan

la

Déodat de Séverac.

c'est l'identité

Olympe de Gouges (1748-1793)

un peu

chorégraphie et la
musique, enfin la science
du Baroque, cette civili¬
sation de la pluralité...
Chaque domaine
a ses
problématiques dis¬

de

moment

même, et du

s'appuyer sur la
conception occitane, pour
changer les bases de la vie
culturelle, faire sa place
entière à l'Occitanie, instair
morale

citoyenne,
Olympe de Gouges
fournit la théorie la plus
rer une

dont

moderne.

�Imaginòt

Linha

Larrazet
3e trîmèstre de 1995

Madame,

.Cortetas.. .Cortetas..

Antonin Perbosc
2008, il

"En

:

n'y aura plus de

départements." On peut

Le

4

Juin

craindre d'attendre

quelques années de plus.

Trait d'Union.

En tous cas, Perbosc
avait raison d'annoncer

en

je me suis rendue avec 6 de mes amis

eu

connaissance

de cette

J'étais

1908. {J-M

soirée par le Flash de

venue

l'année dernière

assister à une soirée du

type, j'en étais repartie ravie, emballée par Larrazet
qui savait si bien organiser des concerts sympathiques.
La soirée du 4 Juin a été par contre la plus grande
déception que j'ai connue en matière musicale :
démarrage avec plus de trois quart d'heure de retard,
mauvaise qualité sonore,
salle bondée et chaises gênantes,
et surtout improvisation musicale totalement abomi¬
nable de la part de musiciens dont j'apprécie beaucoup la
musique séparément.
L'impression générale de cette soirée est qu'à aucun
moment les participants ne se sont souciés du public (excepté
M. Perrone qui n'était pas annoncé dans le programme).
Les musiciens se sont peut-être amusés, nous non !!!
Pourquoi avoir fait de la publicité à l'extérieur de
Larrazet (Toulouse, Montauban, Agen) s'il s'agissait d'une
kermesse locale ? Pourquoi attirer tant de gens sur les noms
des "Fabulous Trobadors" et de "Massilia Sound System" qui
n'ont "chanté" que quelques minutes chacun sur un thème musi¬
cal simplet ?
C'est la plus belle arnaque à laquelle je me sois lais¬
sée prendre...
S'il s'agissait d'une soirée expérimentale, dont l'ama¬
teurisme n'étais que trop voyant, pourquoi faire payer 70
francs au public ?
Je ne comprends pas,
je suis furieuse. Vous avez gagné
les 500 francs que nous avons versé pour assister à cette soi¬
rée ; mais la mauvaise image de marque que le centre culturel
a maintenant
acquise ne peut que porter tort au village.
J'apprécierais que ma lettre soit publiée dans le "Trait
d'Union". Elle reflète non seulement ma colère personnelle,
mais celle de nombreuses personnes dans le public avec qui
j'ai échangé quelques mots : cette partie du public est restée
à l'extérieur tout au long de la deuxième partie du spectacle
en attendant vainement que
la qualité s'améliore.

même

B)
Cinéma. La Colline

oubliée, premier film long

métrage

en

berbère, réa¬

lisé dans les conditions

l'on imagine, est
sorti en Algérie. Il a fait
partout salle comble,
très attendu par la com¬
que

munauté berbère. Le
réalisateur

espère

une

carrière internationale si
les finances suivent.
La colline oubliée 37 bis
rue

des Maronites 75020

Paris

Racisme. A l'issue de la
conversation

socratique

du 24 Juin dernier à

Arnaud-Bernard (Socrate

démocratie) où il fut

et la

notamment

question de

percée du Front

National

aux

élections

municipales, le trio
Fabius-Lang-Bruel a
obtenu le grand prix de
la connerie pour leur
première réaction à cet
événement. (J-M B)
Etude. La

revue

Archistra (l'histoire de la
France méridionale)

publie
cial

un

sur

numéro spé¬

"la véritable his¬

toire de la croix des
comtes de Toulouse",

celle

qui orne la place du
Capitole et qu'a si bien
détournée Pierre Venzac.
Le numéro

•

•

•

•

spécial de 76

pages (21X29,7) : 78 F
franco de port.
Archistra 42

rue

31400 Toulouse.

Capus

à

l'anniversaire du

Toulouse.

disparition.

C'était...

la

J'ai

dernier

organisée à Larrazet pour fêter

la veillée

cette

Monsieur,

Isabelle Erlich

�Linha

Imaginât

Larrazet
3e trimèstre de 1995

simplet que la plupart des musiques de Massilia ou Fabulous. Il le serait
même plutôt moins.
b) pour qu'il puisse y avoir impro commune et participation
du public (qui attend les chanteurs) il faut que le code soit assez simple.
Ce que j'ai démontré dans la pratique et dans la théorie (cf mes livres).
Ce que montrent les pratiques universelles.
c) il ne s'agissait pas d"impro musicale mais d'impro de
chants. Elle n'a pas été admirable. Au contraire. Mais il fallait y entrer.
Vouloir y entrer. Si on était venu pour autre chose, on ne pouvait pas,
bien sûr. Ceci dit, l'impro a PARLE de ce qui se passait, elle a dit ce
qu'elle faisait et elle a fait ce qu'elle disait à plusieurs moments (notam¬
ment au moment du débat sur les chaises). Elle a participé à mettre en
question le responsable des organisateurs. Et celle du public. Super.
Tout ceci dit, vous pouvez, sur la base des excellentes raisons
que vous avez de râler :
1) ne pas tenir compte de la difficulté d'une entreprise aussi
ambitieuse et continuer, après ma réponse, de traiter les organisateurs
d'arnaqueurs. Mais vous passeriez là à côté de tous les enjeux, vous
vous comporteriez en pure consommatrice déçue, auquel cas mieux

Madame,
Merci de votre lettre. Co-organisator de la soirée (et des
débats), je vous réponds, pour ma part de responsabilité.
1) retard : il faut se faire une raison.
2) qualité sonore : je suis étonné, je me reaseignerai.
3) salle bondée : tant mieax.
chaises gênantes

:

cf

plus loin.

4) improvisation musicale abominable : cf plus loin.
5) pourquoi publicité à l'extérieur, attirer gens sur nous etc

malgré

:

demandes et remarques répétées jusqu'à une certaine viru¬
lence, les co-organisateurs (Larrazet)
a) ont fait la grave erreur d'annoncer des groupes comme
pour un concert alors qu'il s'agissait d'une soirée d'improvisation sur le
mes

thème du T rait d'Union.

b) mis devant leur responsabilité ils ont corrigé le tir mais :
1) avec peu de persévérance ; cf le bandeau d'entrée
qu'ils n'ont pas enlevé.
2) en reconnaissant leur erreur avec mauvaise grâce.
Ce qui les empêchait de bien la corriger. Leur scketch d'entrée était pas
trop mal pensé pour prévenir, mais il ne pouvait pas tout rattraper.
3) dans une certaine confusion d'esprit : voulant
tout à la fois attirer du monde (annonce de concert) mais se méfiant
d'un public attiré par cette annonce qui ne comprendrait peut-être pas la

vaudrait

creuses

:

faire

(rejouer le disque, occulter la production dans le produit)

vous

place, j'espère

thème musical simplet ? : la colère, là,
en

question (ouaï, ouaï) n'est

pas

Claude Sicre

plus

contentés d'appuyer Larrazet, ils sont entrés
(partiellement sans doute) au coeur de l'aventure du lieu.
S'agit-il d'une voie d'avenir ou d'un rendez-vous fugitif sans
lendemain ? Doit-on envisager une création beaucoup plus travaillée
comme le suggère Djali (1)? Peut-on et doit-on élever la qualité de
les musiciens

La veillée du 20e anniversaire du

Trait d'Union

ne se

sont pas

l'intervention du dedans dans la confrontation avec les musiciens de la

principe l'idée était simple : les musiciens abandon¬
nent leur répertoire et s'emparent sur scène du thème du Trait d'Union
avec les
participants locaux.
Dans la réalité, c'était beaucoup plus compliqué car le sens
n'était pas donné (à l'inverse d'un concert habituel), il n'était pas for¬
cément partagé par tous, encore moins facile à travailler pour les
musiciens éparpillés et pas obligatoirement entendu par le public (au
delà des questions d'intitulé).
Il n'empêche que l'idée a gagné en crédibilité : pour la pre¬
mière fois à Larrazet, le dedans et le dehors se sont rencontré parfois
imbriqués tout spécialement dans la première partie (Ouaï ouaï sur
Prada puis sur le Trait d'Union avec les enfants de Larrazet et les musi¬
son

y invite Tatou (1)? Ne demande-t-on pas trop aux artis¬
public est-il prêt à suivre ?
En tout cas entre ceux qui ne veulent voir que "kermesses
locales" là où d'autres, comme Claude Sicre luttent pour réaliser "les
plus hautes synthèses", la marge d'ambition et de créativité est grande.
Dans l'optique des futurs rendez-vous de la Linha (peut-être à
Nice en 1996), nous verrions d'un bon oeil que les musiciens donnent
leur point de vue sur ce débat dans le prochain numéro de la revue...
Dans l'attente nous les remercions tous d'avoir joué le jeu
pour Larrazet et nous vous invitons, amis de la Linha, à la rencontre des
journaux locaux et au repas des lecteurs du Trait d'Union les 3 et 4
Linha

tes

comme

? Le

Novembre à Larrazet.

ciens de la Linha).
Certes la deuxième
du deuxième code

que votre

Considérations.
sur un

empêche de réfléchir :
a) Le thème musical

Dans

qui coûtent

une erreur. Je ne m'en excuserai pas à leur
lettre leur ouvrira les yeux et qu'ils le feront.
Peut-être même cela obligera certains de la Linha à plus réfléchir à cer¬
tains aspects. Mais il me ferait plaisir que vous ne condamniez pas
Larrazet sur une seule expérience. Car qui aurait eu le courage de tenter
ça, qui a prouvé jusqu'ici qu'une grande aventure était possible dans un
village, sinon justement, et au premier chef, Larrazet ?

beaucoup de

mes excuses.

6) minutes...

-

aussi très cher partout.
Larrazet a commis

sur une annonce très claire, qui
Je suis donc parfaitement

Musica,

ou autres.

ne pas

Boulez, dans les 3/4 des festivals). Ne parlons pas des soirées non expé¬
rimentales, c'est-à-dire sans aventures, sans enjeux - le même rabaché

aurait filtré le public.
d'accord avec votre remarque, et je
conçois la légitimité de votre colère. Me sentant finalement responsable,
puisque, voyant la confusion qui régnait dans l'esprit des co-organisa¬
teurs, j'aurais dû m'imposer plus, je vous présente, au nom de l'IEO
pub

de

intéresser à Bruel

réfléchir au fait que les soirées "expérimentales"
sens coûtent, ailleurs, beaucoup plus cher (au théâtre, chez

2)

démarche.
La solution la meilleure était la mienne

vous

Alain Daziron

partie s'est effilochée (abandon significatif
musical) mais à nos yeux F avancée vient du fait que

(1) NDLR : du Massilia Sound System

5

�Linha

Imaginòt
Larrazet

3e trimèstre de 1995
du sens, alors

amoureux

Larrazet "La forte fête"

qu'il

3-4 Juin 1995

tient les "amies"

Trait d'Union

-

Acte

:

Linha

"Un dedans et

un

y a des stades pour
des clubs sportifs. Ce qui

juste

une

crise, manque d'espaces

parfaite

en

logique de résistance.

Il faut résister certes par¬
tout où il y a rupture,

Imaginât

dehors

de

sens.

cisémment

terre et le

Gérard Rinaldi

se

collective littéraire

d'expression

documentaire"

pour

une cons¬

cience "de l'en soi et de

on est, en per¬

après acte.
après
numéro, l'expérience du
journal "Le Trait
d'Union" marque la
volonté et la capacité de
manence, acte

rel

ce

besoin cultu¬

là, existanciel

nautaire.

commu¬

Vingt ans de

construction, tout

un pan

de l'Histoire locale et de

pensée du monde. Tout
projet. Là où il y a
projet, il y a une pensée
sa

un

en

marche et inverse¬

ment, il y a

qu'il

y a
marche.

projet parce
pensée en

Ensuite par

de

le jeu
la spirale "réflexion-

action", c'est l'histoire
d'un lieu, d'un village
qui, écrite, racontée, ana¬
lysée, commentée, fait

citoyens ! Formez
équipes... !"

"d'une formidable

oeuvre

Imaginòt c'est à
dire plein de "dedans"
d'ailleurs qui se donnent
rencart pour fêter les 20

en

ans

vos

du Trait d'Union,

alors c'est bien, c'est

A Larrazet, il y a

beau, c'est bon ! C'est les
3 B

équipe qui joue

une

dehors n'est autre que

la Linha

"Aux actes

admirablement bien (très
bon accueil, bonne orga¬

qui pourraient nous

laisser béats

comme

pour

nisation et de la

appeler un 4ème, mais
être béats n'est pas le

démarche c'est à dire du

genre

sens

dans la

en

marche),

nous

plein de bons
joueurs, un excellent gar¬
dien de buts (Alain
Daziron : bon placement
sur

la Linha, bonne vision

du

jeu et de l'action, bon
dégagement, bonne relan¬

avait

ce) et un avant-centre
(Prada absent à jamais)

ce

mot

un

beat,

un

batte¬
une

Or l'action artis¬

tique et culturelle indé¬
pendante des pouvoirs
publics est partout asth¬
matique dans le pays ;
pas ou trop peu de lieux
appropriables pour les

telle base d'action,

alors il est d'autant

détourner de

pour

d'engagement,
respiration.
ment

qui marquait un but à
chaque dessin croqué. On
a vu l'exposition
de ses
buts marqués.
Bref quand il y a
une

de la linha et

contemplatif, nous le
(comprendrons alors en
anglais, plus musical,
plus biologique en disant
qu'il y a eu Forte Fête à
Larrazet parce qu'il y

avec

festif

l'objet aujourd'hui

ce

l'a

1992.

A Larrazet, numéro

satisfaire

et

comme

souligné Claude Sicre

l'ensemble" là où l'on

vit, là d'où

sens.

Résister

D'abord, il y a un
construire

On résiste

préquand il y a
danger pour la vie, pour
l'eau, pour l'air, le feu, la
et

connexion"

besoin

(2) dans

plus

d'y inviter un ou
lorsque

des "dehors". Et

"touchozarts" (1) locaux
6

implique
qu'il y ait un assaillant,
un agresseur (plus qu'un
adversaire) et résister
c'est

agir

en

fonction et

contre lui. En l'occuren-

serait souvent l'élu
local, le maire ou ses
conseillers, adjoints, qui
ce, ce

sont l'adversaire

quand
prolongent pas les
initiatives dont parle F-M
Castan à propos du Trait
ils

ne

d'Union, c'était
C'est sûr cette
à Larrazet

a

1978.

en

expérience

dû vivre

une

période de résistance à
ses

débuts,

pour ne pas

perdre chaque

pas

Résister c'est

tout

gagné.
faire

pour ne pas reculer. Pour
se tenir
prêts à entrer
dans la

phase qui fait

suite à la résistance

:

celle

de la construction. Je

pense que la phase de
résistance doit viser et

préparer la phase de
construction. Construire
c'est

agir devant, c'est
jouer l'attaque en accu¬
mulant les bonnes passes,
c'est inventer des situa¬
tions nouvelles, mettre en

�Linha

Imaginòt

3e trimèstre de 1995
ermanence

les

enjeux à

jour. Construire implique
de mettre l'assaillant

situation de
de

en

partenaire et

mesurer son

entre les deux

évolution

attitudes,

sachant

qu'un scor¬
pion restera toujours un
scorpion, et qu'un
humain peut être perfec¬
tible. Question de pul¬
en

sion de vie (ou

chanteurs, cinéastes,

peintres, musiciens,
comédiens, chorégraphes,

Perrone, Nux Vomica et
les tchtacheurs fadas du
commando Massilia

qui

(1 ) Touchozarts
a

une ou plu¬
sieurs activités artistiques

écrivains, architectes,

attiré du monde

organisateurs, techni¬
ciens...) pour faire aller

pagaille pour la mémo¬

espaces.

rable soirée de clôture.

(2) AMIC(s) : les
Acteurs, Agitateurs,
Animateurs, Artistes du

A La

l'histoire de leur
"dedans" et la
aux

propulser

Toulon

Seynedans

comme

d'autres

"dehors".

et

en

Communautaire.

de mort)
..

cer.

ginôt. Il est sérieusement

Et dans cette

question que les rencontres
de Larrazet

conscience, il y a tout le

en

processus de l'action :
fusion d'idées, mise en

projets, réalisation
d'objectifs opérationnels
et passages à l'acte juste.
C'est le "processus
constroy" que prati¬
quent les équipes de

Decazeville, Sète,
Marseille, La SeyneToulon, Nice et d'autres

Bourges, Lille,

etc...

Chaque équi
se

e

donner trois

objectifs opérationnel
1) Ecrire le

sens

:

de son

Jean-Paul Guiraud,

à qui était dédiée la soirée du 4 Juin à
Larrazet

Linha, les plateaux sont

gestation

à faire, ou
qu'il y ait

gauche" régulièrement
employée par des socia¬
listes (et parmi les plus res¬
ponsables du parti, Fabius,
Jospin, Lang, Mauroy, etc)
est-elle, non seulement une
imbécillité, mais encore

Auch-Montauban et entre

la Linha

plus

en

vu

avec

claire,

un

déon dans

à

Lubat

un

un

autre mot

gère ce mot que m'a ins¬
piré Larrazet 95 : ForteFête.

une

ignominie et un

trait de racisme ?
Les meilleurs devoirs seront

publiés dans la Linha.
(C.S.)
Hebdo. Une initiative cou¬

rageuse dans le domaine de
la presse, avec la naissance
depuis quelques mois de La
Semaine des

Pyrénées,

basé à Tarbes. Le nouvel

hebdomadaire démontre

qu'une information locale
n'est pas forcément synony¬
me de
provincialisme. (J-M

G. R.

Constroy Mouvement
La Seyne/Mer / Toulon

charlé-cais-

au

Lubat

que celui de festival, pour
Uzeste ou ailleurs, je sug¬

Toulouse, Dédé

Minvielle

sur

Constroy Linha qu'est
Imaginôt.
A propos, Dédé
(Minvielle) cherchait

Fête pour le Trait
d'Union : y avait notam¬
ment les peintres de Sète
et de

ou

à

Agen et Toulouse, le pla¬
teau artistique est donné
par un "dehors proche" et
lié par lesens : celui des
Fabulous Trobadors qui a
généré le plateau de la

se

plateau artistique (poètes,

En

la

munication, journal)
2) Agir à partir d'un lieu
(maison de la Culture,

son propre

vacances.

quoi l'expression "peuple de

refaire, pour
d'autres Fortes-Fêtes

l'oeuvre et donner de la

contres...)
3) Constituer

Devoir de

création.

premiers objectifs
sont bien opérationnels et
de par sa situation géo¬
graphique sur l'axe

Linha. On l'a

spectacle, friche,
hangar...) de programma¬
tion de spectacles, de ren¬

le

dans tous les domaines, et

pour développer la
A suivre. (J-M B)

histoire (dossier de com¬

salle de

prolongent

d'échanges est réel,
pour aller plus avant dans
la dialectique inter-capitale

deux

Germ Louron,

se

1996. Il est clair que

besoin

A Larrazet les

Larrazet, d'Uzeste,
Toulouse, Montauban,

oit

.Cortetas.. .Cortetas...

Rencontres Linha Ima¬

à marcher, à avan¬

comme

qui veulent des

Multi Identitaire et

points de la

qui met la conscience en
mouvement pour conti¬
nuer

: ceux

qui pratiquent

accor¬

B)
La Semaine des

Pyrénées

BP 536 65005 Tarbes

Cedex T: 62 44 44 62 Fax

fauteuil, les

62 44 44 61.

Lexique Constroy

Femmouzes T, Marc

7

:

:

�Imaginòt

Linha

-

-

■

'

.

%

■

:

'

.

-;

■

Larrazet
•'

'

'■:

'

•••

3e trimèstre de 1995
veau

Impressions
larrazetoises
Paul Montalban

Au

départ, j'étais
parti pour écrire un texte
sur

les "Rencontres", ce

qu'elles m'avaient appor¬
té : en premier lieu la sur¬
prise de voir les artistes
au

milieu de tous

me

simple et direct de tous
les organisateurs de ces
journées, et ma rencontre,
entre autres, avec

les

salue

de l'autre, élevés sur un

suivirent, je flottais sur

piédestal et empreints de

un

regardant de haut la plèbe
les questionnant et y
répondant de façon lapi¬
daire. On était loin des

au

passage.
En rentrant à

Paris et dans les jours

nuage de bienêtre et m'attelait à un
article pour le Trait
d'Union. Mais en fin de

compte je n'arrivais pas à
m'y mettre, comme s'il y
avait

que j'avais appris en
deux jours à l'écoute

sortir des idées et

de
gens venus d'horizons
différents et les possibili¬
tés entrevues, à

m'aurait fallut

Paris il

beaucoup

de temps pour envisager
ne serait-ce qu'un point

de

vue

intéressant déve¬

loppé

ces jours-là, et lors
des débats et des films
diffusés l'on

se

rendait

cerveau

le

sujet. Je

avis

ne

centraliste dans
me

débattais,

sant

aux

en

acteurs

commune

je mis inconsciemment
en pratique tout ce que
j'avais retenu durant ces
journées. Les faces
blêmes qui m'entouraient

bonne humeur communi-

étaient éteintes et

m'apercevais

une éneigie
considérable à critiquer le

moi,

déployaient
système et

ceux
maintenaient en

ne

idéologique des choses,

qu'on nous inculque
depuis toujours, nous
apprenant à devenir
ce

semblait-il.

lité, l'accueil chaleureux,

rien de

ce, sont

stratégie effica¬

les fers de lance

du mouvement. Je

en

face de

au fil de la discus¬
sion, que mon interlocu¬

de

ce

lui-

s'étaient suffisamment

interrogés pour savoir ce
qui était bon ou pas pour
eux et que ce qui man¬
quait à beaucoup de gens
c'était des guides, des
repères.
Il est reparti avec
un visage illuminé, un
sourire aux lèvres qui lui
fendait le visage d'une
oreille à l'autre. Il m'a dit

qu'il approuvait cette

contraires à nous-mêmes.

démarche et avait envie

Je lui démontrais que ce
n'était pas en adoptant

désormais de communi¬

logique implacable à
la "japonaise" de tueurs
une

en

séries et

tout

ce

qui

cible

en

nous entoure

que ça

recherche avant tout

nou¬

sur

cette Terre c'est d'être

8

à son semblable ce
qu'il avait retiré de cet
quer

entretien. C'est cette
que je garderai
des "rencontres" et que je

image-là

prenant

résou¬
quoi que ce soit.
Mais simplement en fai¬
sant une volte-face positi¬
ve de l'esprit, en partici¬
pant au combat de ceux
qui écoutent les autres et
parlent avec eux contre
ceux qui s'écoutent par¬
ler, parce que ce que l'on

pour
drait

pu leur amener qu'ils
connaissent déjà ?
me

leur

insensibles, égoïstes,

réflexion aurais-

cas

avec

genre de propos, que
même et d'autres

réunie pour bâtir, et non
de l'aspect politique,

de la

En tout

cative, et les Fabulous,

place.

communauté humaine

m'adres-

Aucun,

leur

teur était en attente

la plus
proche de moi. Je lui par¬
lais simplement d'une

lequel je

Sans oublier la convivia¬

les Massilia, avec

qui le

la personne

avec

ligne Imaginòt. Quel élé¬
je

à tous. Et que

que je prenais un café
dans un bistrot du 18ème,

conscience de l'univers

travail effectué

souterrainement.

un

sentais
pas le texte que j'essayais
d'élaborer, ça me parais¬
sait trop évident d'énon¬
cer ma joie de ce que je
découvrais et ma prise de
sur

ment de

nement,

barrage dans le
qui empêchait de

un

compte de l'ampleur du

quotidien¬

qui

petit

cercles élitistes. Puis, je
voulais poursuivre sur ce

diminuer la souffrance

jour

l'occasion de discuter

enthousiasmé, et que je

réjouissait. Enfin, ce
n'était pas les artistes
d'un côté, la population

condescendance affectée,

minimum heureux et de

Volontairement, et par le
biais du hasard, j'eus

Constroy
Mouvement qui m'a
du

meneurs

pour eux.
Et puis, un

un

voulais

exprimer.

P. M.

Juin 1995. Paris.

�Linha

Imaginòt

Larrazet
3e trimèstre de 1995
.Cortetas... .Cortetas

...A

Débat. Quand on dit que le
centralisme est dans toutes

te

l'être

laire réunissait TOUS

s'imppsait à eux
puisque là société popu¬
LES SOIRS des

Jean-Paul

Damaggio

numéro de la Linha Imaginât
faisait part de son fantasme

la limitation de la durée
des mandats

de voir Mitterrand, à près de
80 ans, tomber sous le char¬
me de la pensée castanien-

ensuite des répercu¬
Parti Socialiste,

ne, avec

tions au

alors

qu'il

carrière

a

sur

batti toute sa
le centralisme le

plus pur. La nouvelle société
démocratique et anticentra¬
liste qui se construit avec la
Linha Imaginòt sera surtout
le fait des nouvelles
tions de la

généra¬
périphérie, sans

aide du Centre, si ce n'est

ponctuellement
matériel.

sur un

plan

(J-M B)

travail

sur

la communauté

espagnole de Decazeville
(jusqu'à 5000 personnes sur
25000

total), qui s'est
constituée à la fin du XIXe
siècle avec le bassin houiller,
au

puis avec l'exode face au

régime franquiste. Un témoi¬
gnage pour "écouter la parole
de ceux qui dessinent avec
l'identité de la France
de demain". (J-M B)
nous

Histoire d'une intégration
réussie : les Espagnols dans
le bassin de Decazeville, de
Marie-Line Montbroussous,
Editions du

Rouergue.

connaissent bien le restau¬

boutique biologique
Bioasis. L'équipe publie un
bulletin où l'on parle bien sûr
rant et la

d'alimentation

biologique, et

aussi d'environnement et

Les débats de

des

sonnes

qu'aux institu¬

leur aspect
immanquablement vif,
permettent de rendre plus

tions nationales

sensible des lieux

ments de Jeanbon

Larrazet, par

encore

inexistantes et par

exemple les déplace¬

com¬

Saint

ne

tions du comité de

sur¬

André à Brest et Toulon

veillance

l'emploi du mot "jaco¬
bin" pour dire "centralis¬

alimentaient les

des contre-révolution¬

te" m'a fait sursauter. Et

anticentraliste évident

culottes

dis qu'il n'est peutêtre pas inutile de revenir
sur le sujet même si c'est
un peu cloche.

pour qui veut bien étu¬
dier son action y compris

vrir

muns.

Ainsi cette fois,

avec ces

me

celle de

nous avons
assez

villes

échanges
(voilà un

préfet napoléo¬

nien). Bien des relations

A Montauban

avec

la société de Paris

visaient à l'utiliser

la chance

unique de pouvoir

comme

moyen

de réper¬

consulter l'ensemble des

cussion de la revendica¬

registres de la société
populaire et du comité de

tion "locale" par

tribuant

Que l'affiliation à
la société des

Paris n'avait rien d'une

registre de correspondan¬
ce : il indique plus de

me

produits en vente.
Bioasis 21 rue des

Ces jacobins-là

Amidonniers 31000 Toulouse
T: 61 13 99 67.

aucun

tenaient

plus

:

ordres

aux

y revenir).

Prenons le

registre de délibérations

populaire :
pas de paroles ponti¬
fiantes pour canaliser le
peuple (même quand, sur
de la société

destin, de

son

statuts, bref de sa
mérite

(je vais

Brest,

Dijon, Toulon,
Perpignan, Toulouse,
etc... qu'avec Paris.
Chaque société était
ses

ses

masquera adroitement
sous le nom de jacobinis¬

soumission. Prenons le

maître de

pra¬

provinces sera fabriquée
par le centralisme qui se

jacobins de

avec

la

tique des "adresses".
L'image d'une société
des jacobins de Paris dis¬

surveillance. Que
découvre-t-on ?

relations

Nature. Certains toulousains

qu'un secré¬
pouvait occuper
la fonction qu'un mois !).
Et passons main¬
tenant (sans s'y étendre)
au registre de délibéra¬

taire

je

Intégration. Certains se gar¬
garisent avec. D'autres la tra¬
vaillent de près. Marie-Line
Montbroussous est allée plus
loin qu'une étude pour son
diplôme : elle a publiée son

cen¬

taines de participants
(rappelons aux apôtres de

même

présent chez Claude
qui dans le dernier

la démocratie mili¬

Jacobin et fier de

les têtes, c'est vrai. Il est

Sicre

:

tante

la fin de la

vie.

fallait

n'avaient

révolution, il

organiser les fêtes

décrétées). Ces jacobinslà n'avaient aucun méri¬

les liens

aux per¬

9

(la bête noire

naires). Fief des
on

sans-

peut y décou¬

phénomène
étrange : les deux diri¬
geants artisans du comité
furent élus à la municipa¬
un

lité mais refusèrent cet
honneur pour continuer
de travailler avec le

comité (ils
sens d'une

comprirent le
arme

vouée à

la célébrité dans les offi¬

cines des

pouvoirs : la
promotion comme
moyen d'élimination des
personnes gênantes). Ce
comité,

non

seulement

surveillait les élus, mais
faisait des

propositions
importantes dans le
domaine du social, de la

solidarité, de l'éducation,
de la défense, etc... Y
avait-il

une

des tâches

répartition

: aux

bour¬

geois le pouvoir munici¬
pal et aux artisans le
contre-pouvoir ? Plus
exactement je préfère
parler de marque concrè-

�Linha

Imaginot
Larrazet

3e trimèstre de 1995
concrète du jacobi¬
nisme.
Thermidor inven¬

U W

trois

stratégies
profondément liées
te

et si solides

qu'elles fonderont

nYV0rJj\&amp;Î

du

pluralisme des pou¬
pluralisme mal
aimé, n'est-ce pas ?) : la
société populaire permet¬

s'imposerait, ce
que les jacobins n'avaient
pas eu à faire, croyant
que la République
confrontait naturelle¬

le

cen¬

(gloire à la

de tout

l'élan

imposé

car

les centralistes

poil savent très

tait à la fois le fonction¬

Généraux propose sa
déclaration des droits de

bien que même en per¬
dant une guerre ils la

nement de la démocratie

l'homme et du

gagnent (quoi de plus

représentative et de la

tant

centraliste que

démocratie militante, la
démocratie n'existant que

même

nisme pour tuer

l'armée ? républicaine ou pas). Et
au sujet
de la contrerévolution, je n'oublie
pas qu'on m'expliquera
que le centralisme date de
Louis XIV et qu'en
conséquence la révolu¬
tion ne fut qu'un phéno¬
mène sans importance.
Fumisterie supplémentai¬

ce

re

en

1795

par l'interaction de ses
deux dimensions, comme

préfère aller voir les
prostituées), et ces deux
stratégies imposent la

il

troisième celle du double

ne

peut y avoir de cub
interaction du

ture sans

langage de la bourgeoisie
française : ainsi

populaire et du savant. A
la société populaire de

Thermidor habillera

Montauban, ouvertement

tares du

jacobine de 1791 à 1794,
on agit à l'opposé des
principes centralistes. On
en

demeure si loin

nom

ses

de jacobi¬

deux fois
qui avait pointé le bout

du nez, à

savoir la brutale

initiative

populaire (deux

qu'après les perversions
venues des scissions pari¬

fois

siennes de la société des

assez

jacobins (qui furent rare¬
ment répercutées ailleurs

"braves" de thermidor

car en ces oeuvres

mort

on

de

pour masquer
Thermidor et je tenterai
une

autre fois

ciation. Cette

n'est pas

n'est jamais

aux

concerts de

Massilia Sound

Embrouille, Nux Vomica et

Montauban

homme, élu

réductions

cratie militante. L'eifort
par la
contre-révolution brisa

citoyen en
qu'égal de tous, le

Chourmo (bande de col¬

lègues à fond de ballon, ou
équipe de rameurs de la
galère) donne droit à des
System,
Hypnotik Gang, Double

militaire

Etats

Massilia Choiir.no. Etre

représentative et la démo¬

palais), donc le
provincialisme (si en
1789 le député de
aux

.Cortetas.... Cortetas.

lisme

ment la démocratie

:

..

lutte contre le centra

moderne

révolution de

voirs (un

une

la France dite

tralisme

te

simple : ils com- A
prirent que dorénavant
fait très

-

sa

dénon¬

aux

spectacles de Cartoon

Sardines Théâtre. Le

Chourmo reçoit aussi

Rasbalha (lòtò), Boules et
Gadisses (concors de
maillot officiel de la
Chourmo. Adhésion
F.

:

Massilia Chourmo 6 bd

Bouès 13003 Marseille T
91 64 56 00. Fax
980.

Nord. La Linha

Imaginât

poursuit sa progression
dans les quartiers et les vil¬
lages du monde. Le Nord
français est riche d'hommes
et de femmes dont les bases

été bien malmenées
des siècles. D'où

au

tance d'une initiative

et ainsi à Montauban les

laisser "libre cours" à

d'actualité.

association pour

étiquettes des dantonistes

l'embrouille

robespierristes

n'avaient

aucun

sens)

arrivera Thermidor dont
la

première tâche

sera
d'interdire les comités de

te, au mouvement

révolu¬

surveillance

tionnaire,

sociétés

différente de celle des

puis les
populaires et

donc la dimension

une

stratégie

jacobins, cela tient à

un

ne

sème

jamais la tempête si
on ne

récolte pas

auparavant certains
vents de l'histoire.

J-PD. 4 Juin 1995

fil

l'impor¬

foraine dans le Nord)

ou

:

91 957

:

sociales et culturelles ont

question

pour ma pra¬

On

100

(J-M B)

passent inaperçus pour

générale et
aux esprits de clocher
particuliers. Que Babeuf
et Buonarroti (tiens un
italien ?) apportent ensui¬

petan-

ca). Et il reçoit en plus le

tique du moins - une
question de pauvre érudi¬
tion mais une question

prudent). Ainsi les

le

journal de l'association Vé
qui y'a. Il peut participer
aux déplacements
organi¬
sés pour les tournées des
groupes, et aussi au Ragga
Baleti (Sound System), Hala

comme

celle de l'associa¬

tion La Ducasse

(fête
-

la

promo¬
tion locale de la Linha

Imaginât, qui va faire, espé¬
rons le, de
Lallaing une
prochaine capitale. (J-M B)
La Ducasse c/o Christian

Dequesnes BP 17 59167
Lallaing T: 27 80 77 76.

�Linha

Imaginòt

Germ-Louron
3e trimèstre de 1995

Fête du 14 Juillet 1995
4ème festival de Germ et des communautés
en vallée du Louron
Tchatches et dédicaces de clôture

Parce

que nous pensons....

vie valléenne et

non

l'inverse

(Spécial Dédicace à

Alem

qu'un festival ne doit pas être qu'un simple
événement parachuté "de stars", mais un moyen privi¬
légié de rencontre et de mise en valeur des ressources
humaines (Spécial Dédicace à tous ceux qui ont parti¬
cipé à cette 4ème édition)
que Pas de Pays sans Paysans (Spécial
Dédicace à tous les acteurs de développement)
que nous ne pouvons construire des commu¬
nautés fortes et solidaires sans s'imprégner de l'histor
re de ce "pays" et
sans en comprendre le sens, et ce,
afin de mieux imaginer son devenir (Spécial Dédicace
aux anciens et aux jeunes)
qu'il ne tient qu'à nous d'inventer les tradi¬
tions de demain (Spécial Dédicace aux Swing
-

-

-

-

Viguerie)
que chacun doit revendiquer sa participation
au développement local (Spécial Dédicace à tous les
jeunes)
qu'il nous faut de nouveaux lieux de rentcontre pour échanger nos idées (Spécial Dédicace à la
mémoire de tous les cafés aujourd'hui fermés)
qu'il nous faut de nouveaux outils de com¬
munication (Spécial Dédicace à la presse dite
"Régionale")
que personne ne détient la vérité (Spécial
Dédicace à moi-même, et de la part de Seige Fouran)
-

-

-

-

qu'il faut prendre le temps et que ce
temps jouera pour nous tous, si nous le voulons !
(Spécial Dédicace à tous les bébés du Louron)
parce

-

Chromatic Louronnaises)
que ce n'est que par l'action collective à
l'intérieur de chaque communauté (commune, ville
-

quartier, vallée) et par la réflexion critique qui
l'accompagne, que nous pourrons lutter contre la
logique du centralisme, qui de plus en plus exclu la
participation des citoyens que nous sommes. (Spécial
Dédicace à Félix-Marcel Castan)

la communauté valléenne s'est enrichie
depuis 20 ans de "nouveaux venus" et que le Louron
possède aujourd'hui un formidable potentiel de cul¬
tures, de compétences et de créativité, à mettre au se?
vice du Louron (Spécial Dédicace à Alain Dadyziron)
que Pas d'Idées sans Etre Deux ! (Spécial
que

-

C'est pourquoi

:

il existe

linha

Imaginòt qui relie Uzeste
(33) à Nice (06) avec une étape au Louron (Spécial
Dédicace à Jean-Marc Buge)
il existe encore aujourd'hui le festival de
Germ et de la Vallée (Spécial Dédicace à Jacme
-

une

-

Gaudas)
-

remet

au

il continuera à

travail !

existes

car

dès demain

on se

(Spécial Dédicace à toute l'équipe
ceux qui souhaitent en faire par

du festival et à tous
tie

-

!)
Amistats !

Dédicace à Claude Sicre)

qu'il faut réhabiliter les débats publics
(Spécial Dédicace à tous les élus du monde)
que le tourisme doit être un complément de la
-

Frank Morinière

-

11

�Linha

Imaginot
Germ-Louron

3e trfmèstre de 1995

objectifs et des actes :
l'important pour le noma¬
de est qu'il se passe
quelque chose lorsqu'il

Rencontre en Val
Louron

intervient dans
montrant par

Jean-Marc

Buge

son

un

là même

même manière
l'on est

elles

Germ Louron

a

échange
François Plassard,

reconnu comme une
rence
re

de

nationale

en

réfé¬

matiè¬

développement

local. Force est de consta¬
que les "imaginòfistes" présents ont été

ter

déçus, quelquefois audelà de toute prévision.
Notre objectif
n'est pas bien sûr de
s'acharner
dus. mais

sur

des indivi¬

lorsqu'ils sont

sensés incarner des
rants

glo¬

balement la dite société.
Le statut de
nomade tentant des

expé¬

riences montre que

dans cette

société, bardé

d'un discours technico-

social, telles des recettes

apprises chez les socio¬
logues (notamment Edgar
Morin).
Fort de

dis¬

son

il n'assume pas les
conséquences de ses actes
cours,

dégonfler

les baudruches et de

dans les lieux où il passe,

remettre les choses à leur

préférant la fuite en avant
qui ne remet pas en cause
le discours, puisqu'il ne
peut pas en mesurer la

place. Il en va de l'intérêt
général.
François Plassard
ne comprend pas la socié¬
té, il la fuit

:

il

se reven¬

dique nomade, se dépla¬
çant d'un terrain à un
autre pour y tenter des
expériences de dévelop¬
pement local. Comment
peut-on comprendre une
société quand on ne fait
que passer ? Les conclu¬
sions peuvent être inté¬
ressantes comme

l'est

regard extérieur, mais

un

limite dans la durée
un

Les pers¬

pectives ouvertes par
discours de Franck

la

lorsque

dente) n'auraient pas pu

on ne

depuis 20 ans

sur

émerger sans la pensée
anticentraliste. Les consé¬

lopper des initiatives
citoyennes aux multiples
facettes et à se dévelop¬
per soi-même en relation

de tous
ordres, parce que c'est la
pensée des acteurs qui se
développe et elle peut
être reprise dans de mul¬
tiples domaines en rap¬
port avec le lieu.
Susciter quelques
projets ponctuels basés
sur quelques intérêts

le monde entier. Le

nomade Plassard

d'ailleurs pas

ne

peut

comprendre

en relation
le monde entier à

qu'on soit
avec

partir de chez soi. Or
cette

posture est tout de

quences en seront

matériels, est

une

Construire des

capitales

c'est à

et

instaurer

dialec¬

plus répandue et
partir de celle-là
que peut être élaborée
une pensée empreinte de
quelques certitudes
concrètes et à même

d'être

reprise

acteurs

par d'autres
situés dans la

une

tique entre elles avec des
citoyens du monde
majeurs, est d'un autre
intérêt et d'une autre por¬
tée.

sur

faire par

d'autres des
expériences dont il n'est
pas sûr.
ne

faut donc

pas se tromper

dans la

portée d'un discours et de
certains actes. Ceux de

François Plassard ne sont
pas forcément faux ou
mauvais
cours

en

soi. A

un

chose.

même la

lieu donné. Il fait donc

11

le

le même terrain à déve-

avec

François Plassard est tou¬
jours à la recherche d'une
compréhension, d'un
sens, et aussi de sa place

cou¬

d'idées, il est de

notre devoir de

peuvent pré¬

tendre faire évoluer

donné

l'occasion d'un
avec

ne

Bernard Lubat.

Morinière pour le Val
Louron (voir page précé¬

utilité. Mais

peut pas parler de

Le festival de

lieu,

même posture, "par capil¬
larité" comme dirait

dis¬

correspond des

Les explications du professeur Plassard

12

�Linha

Imaginât

Saint Antonin Noble Val
3e trimèstre de 1995

Une chanson

Remembratz-vos los alands al
reson

Sur

quelques

Dels

lare

e

l'histoire à la

segaires valents cantant
d'Anglar !

musique

Antonin Perbosc

duo Sclavis-

Jean-Paul

Damaggio

(1)

de

Al Bosc

minutes du

Chevillon

:

clar

d'Aymé en
continuant de vivre dans
Jana

Découvertes :

manuscrits

De Saint

demande le dossier sur

noise prouve qu'il s'agit
d'une chanson forte.

les chansons paysannes.

Chanson

en

dos¬
seulement il y a

aurait dû

comme

Antonin à la

et en

pla¬

en

tout genre

grand nombre. Je

Merveille ! dans

nète

sier

non

120 chansons

ce

qui sont

Première découverte : la

rassemblées mais elles le

chanson "locale" Jana

sont avec

d'Aymé à Saint Antonin

taires et

au

début des années

Deuxième découverte

:

à

la FNAC j'achète par
hasard un CD (André

Ricros/Louis Sclavis : le

eaux). Je

lance le CD et

au

ceux

concernant

d'Aymé sont les
plus nombreux.
Malheureusement, il n'y
a
pas la musique mais
pour Jana la musique
reste connue. Qui plus
est, ce travail veut claire¬
ment faire le pendant de
Tsano

1970.

partage des

des commen¬

but

celui

sur

les chants liés à

religion (mariage, bap¬

la tradition saint-antoni-

occitan, elle
tant

d'autres mourir de sa
belle mort

au cours

20e siècle.

relevé trois
sur

du

Momméja a
témoignages

cette chanson

à la fin

du 19ème siècle. Les

voici

:

"Voici la chanson

préférée du moissonneur
du Bas-Quercy. Pas un
d'eux ne l'ignore. Du
reste, elle ne la cède à
aucune en gracieuseté et
originalité." Ce premier
point de vue parle comme

d'un moment, énorme

la

surprise, j'entends Jeanne

tême, etc...). Jules

l'observateur neutre que

Momméja démontre la
vigueur et la diversité des

veut être

chants du travail paysan.

donner l'idée de

d'Aimé. A la lecture

titre je ne
ner

du

pouvais imagi¬

retrouver

Jana

Daynard.

"Rien

ne

saurait

l'accent

d'Aymé et puis comment
penser que cette chanson
qui se veut l'hymne de

Quatrième découverte
et apothéose finale :

chanson

lorsqu'elle

résonne

sur

Saint Antonin

se

Louis Sclavis et Bruno

dans les combes

là ! C'était

1993.

en

retrouve

Troisième découverte :
En

1994, le Festival de

Saint Antonin démarre et

triste et doux de cette

festival 1995 à Saint

qui courronnent et déchiquètent
les bords du plateau cen¬

Antonin et donnent une

tral. Le cadre est

interprétation qui propul¬

saire à l'effet de

Chevillon viennent au

se

la chanson sur la

pla¬

on me

nète actuelle. Comme

une

Jules

propose de faire
conférence. Je choi¬

sis d'étudier le cas d'un
homme

qui aima Saint

Antonin, Jules Momméja.
Cet homme laissa aux
archives des écrits

les causses et

Momméja, je ne

suis pas musicien, je vais
seulement tenter d'évo¬
quer l'émotion produite
en retrouvant cette

musique.
13

de.

néces¬
la légen¬
Il faut l'entendre

la goûter
pleinement, par nos bou¬
viers poussant leur
maigre attelage dans le
sillon et jetant à l'écho
chanter pour

les trois notes de

la

mélancolique complainte.

�Linha

Imaginòt
Saint Antonin Noble Val

3e trimèstre de

1995

L'impression est alors

choeur de

inoubliable." Ce deuxiè-

moisson¬

me

point de vue parle

neurs

de l'intérieur de

comme

la chanson,

pourtant son

chanter
Tsano

ne se

d'Aymé, à

laisse pas impressionner
facilement. Son intérêt

la tombée

auteur

me

E. Soleville

semble résider dans la

mise

en

scène

le causse,

générale

:

les bouviers, la

du jour,
dans
de

un

nos

vastes

mélancolie. Cette fois les

champs

moissonneurs deviennent

du

les bouviers

sadais,

en

général.

caus-

Momméja ajoute sa lec¬
ture d'un témoignage

parmi les
piles de
gerbes

d'un écrivain local

dont les

Et Jules

:

Emilie Pouvillon dans le
roman

Antibel.

"Pouvillon lui aussi avait

Louis Sclavis

derniers

retrouver au saxo,

rayons de soleil allongent
démesurément les ombres

de cette survivance dans

apaissées et caressantes!"
Momméja retrouve la

notre si

force de cette chanson à

été le témoin enthousiaste

prosaïque civili¬

sation, de coutumes poé¬

croyait
le siècle
de Théocrite, et l'impres¬
sion qu'il en avait gardé
fut indélébile. 11 parle de
la mélancolie suprême du
chant Tsano d'Aymé jeté
lentement en proie aux
tiques

que l'on
éteintes depuis

quelques kilomètres de
Saint Antonin grâce à des
moissonneurs et, à lire

l'ensemble de
sur

les chants,

son

on

travail

peut

penser que Jana d'Aymé
a été une des chansons

qui
à

se

a incité l'érudit local
lancer dans son

échos insatiables du

enquête.

causse, par les
bandes de moisson¬

Quand Sclavis a
sa
clarinette et a
repris

neurs."

lancé les notes de Jeanne

grand

Jules

Momméja

ajoute

son propre souve¬

nir

regrettant de ne

en

d'Aimé

sur

la scène à

la

première écoute : une
mélancolie profonde mais
pas triste, une lenteur

pouvoir donner celui de
B. Marcel publié dans La
Dépêche : "Quelle eût été
l'impression ressentie par

enlevée et

Solleville s'il avait enten¬

indélébile. Puis

du

un

neurs

un

moment

après

choeur de moisson¬

s'être familiarisé

répondant à

thème,

un

avec

contrebasse donnant
exactement le fond grave

le

quel bonheur de le

moissons à Saint

indispensable ! Cette fois
la chanson avait perdu
ses paroles mais explosait
au présent par sa seule
musique. J'ai conscience
que mon esprit alimenté
par l'histoire a dû entrainer une écoute spécifique

Antonin

mais,

inconsciemment

culture musica¬
limitée, ce fut le

ma

le étant

d'accéder à ce
unique. Je ne
pas que d'autres

Dans la cité de

grand
festif s'appelle
agricoles :

Saint Antonin, un
moment

les fêtes

d'abord les moissons et
ensuite les

battages. Et si,
ou

consciemment la décision

moyen

de fondre cette fête tenait

moment

à la chanson Jana

pense
aient à suivre

mé ? Saint Antonin

ma

grâce à l'inter¬

prétation du duo, la chan¬
son a décollé jusqu'aux
larmes, mais dans la
du

possible il
reste beau de garder en
tête le point de départ.

mesure

Merde,

on ne

de nulle

part

part. (2)

d'Ay¬
a

été

précurseur dans le
genre "fête agricole".
un

démarche pour arriver à
écouter ce morceau : au
contraire

Saint Antonin, j'ai aussi¬
tôt ressenti l'émotion de

La Fête des

la

pas

Démarche

sympathique

elle montre bien que
dans le monde paysan le

car

travail débouchait

sur

la

fête et la culture. Mais le

risque profond, c'est la
fête-musée, c'est la

nos¬

talgie manipulée, c'est la
vitrine paysanne qui
"cache" (paradoxe pour

�Linha

Imaginòt

Saint Antonin Noble Val
3e trimèstre de 1995
une

vitrine) les enjeux

agricoles modernes. Dans
une telle fête, l'interpré¬
tation de Jeanne d'Aimé
par le duo SclavisChevillon étonnerait dezs

suffit

plus après
l'expérience du duo

fontaine, reçoit la

Sclavis-Chevillon

du roi. Jules

(Chevillon a aussi partici¬
pé à ce CD). Bref, si la

suite à

me

messe

pro¬

d'amour d'un fils

ses

Momméja

études pense

tiques

la pomme
question

comme

d'amour. La

reste entière de l'influen¬
ce

des troubadours

sur

Fête des moissons tra¬

que le fils du roi en ques¬
tion est vraisemblable¬

l'ensemble du milieu

oreilles

vaillait

ment Henri IV et date

vent refusent le

vant

donc la chanson de la fin

paysanne répond par le
réalisme (échec du rêve)

des années 1500

à

qui le plus sou¬
jazz.
C'est pourtant un "passe¬
port" magnifique pour
sortir de l'enterrement
inévitable de Jana

d'Aymé (si on laisse les
choses en l'état) et pour
entrer de

plein pied dans
l'émotion qui pourrait
rassembler les
autres, les

uns

et les

-

en conser¬

bases tradition¬

ses

nelles

tout

-

a

cette ouverture,

(3). Le

alors elle aurait

toujours
(il en faut), et
un sens (parfois trop de
succès fait perdre le
sens). Peut-être qu'après
plusieurs écoutes de la

roi

le succès

promesse d'où la mélan¬
colie. Dans un premier

nouvelle version de

rien (comme on vient de
le voir) mais on peut

Jeanne

d'Aimé, certains

ne

respectera pas sa

temps, j'ai cru qu'il
s'agissait d'un texte de
troubadour. Il n'en est

social. Cette chanson

un amour

courtois dont

la courtoisie était d'autant

plus culturelle qu'elle
n'était pas réelle. Les
textes politiques des trou¬
badours n'aident pas à
cerner l'engagement
social de certains d'entre

Leur révolution est

eux.

(peut-être uniquement
quelques centaines)

cependant s'interroger
sur le rapport entre les

dans le

oficionados etc... Et cette
démarche musicale

iraient différemment

troubadours et

pas dans le social. D'où
le travail indispensable en

ignorants et les
me

semble le

le

vers

ce

chant

principe (un

amour et un art

vivant)

symbole d'une
démarche philosophique
profonde et suceptible de

Pour les aventuriers du

anonyme. Indiquons que
le dernier troubadour

festival, l'éventuelle

Raimon de Cornet est de

réussir. Naturellement, à

velle version CD de la

la

chanson leur permettra de
retrouver un événement

disparaît
après s'être
inspiré d'un des premiers

qui doit rentrer dans

troubadours Raimon

d'une immense et variée

l'histoire de la cité

Jordan. Dans Jana,

culture chantée. Dans

première écoute les

habitués de l'accordéon
des

paroles de Jana
d'Aymé ne retrouveront
pas les marques habi¬
ou

jazz et la musique.

23 Juillet

née pour

réouvrir les oreilles à

tous.

chaque écoute parce que
la simplicité de la
musique de la chanson
n'exclut pas la subtilité
de l'interprétation d'où
mon

enthousiasme. La

virtuosité pour la virtuo¬
sité a ses limites : l'écou¬
te

de

qu'on
j'espère en CD
peut pas en avoir.
ce morceau

retrouvera
ne

J'écoute maintenant

sous

angle l'interpré¬
tation jouée et chantée
un

autre

avec

Ricros mais elle

ne

une

Saint Antonin

tuelles mais le propre
d'une oeuvre d'art est de

Les

:

nou¬

le

page de
a été tour¬

l'émotion de

paroles de la

chanson

que si la chanson a tra¬
versé les siècles c'est

plus à cause de sa
musique que de ses
paroles. Quelques mots
cependant au sujet des
paroles. L'histoire de
Jeanne est celle d'une

qui,

vers

1350

situation

la

amoureuse

est à

un jour

à la

avec par exemple le
chant paysan plus ordi¬
naire et parfois si fort. Le

chant de Saint Antonin
n'est

qu'un exemple

Jana

d'Aymé ce n'est pas
rêve à l'eau de rose.

l'inverse de celle décrite

un

par les troubadours : d'un
côté l'homme à la merci

C'est le travail des mois¬

de la femme

soir

qui rend
l'amour
qu'elle reçoit ; dans
ne

ou

rend pas

l'autre la femme à la

J'ai la conviction

paysanne

Saint Antonin et

lien

sonneurs se
au

concluant le

moment du repos,

par une communion
contre la trahison des

port avec la ligne musica¬

princes. Momméja pense
que cette chanson n'est
pas liée à Saint Antonin
et il cite Perbosc (ici en
exergue) qui évoque le
Bosc d'Angîars plutôt
que le Roc d'Angîars.
Peu importe cette incerti¬

le du

tude.

merci de l'homme, situa¬
tion plus réelle que la

précédente. De plus, les
paroles sont simples.
Musicalement, je ne sais
si

on

peut trouver un rap¬

Moyen-Age.
Cependant, et Pouvillon
le note, les paroles sont
pleines de symboles poé¬
15

Avec

l'interpréta¬

tion de Sclavis-Chevillon,
on

quitte

ces

questions

�Linha

Imaginòt
Toulouse

3e trimèstre de 1995
d'hier pour se demander
comment l'émotion pré¬
sente

peut nous aider à

sentir que la peine des
hommes transformée

art qui prend
envol, se trouve à

"Nuit de

l'une des

sources

en

Oc

(Toulouse)

fois

Pas

Autre

curiosité Music'Halle.

par un
son

Guerlain-pinpin ou
Rigalien, est une
de plus au top de la

song

l'impro" à l'Aérospatiale

information, les
Commandos Perçu,

"impro" sans

Music'Halle

Raymond Gabriel est
baroudeur et les

du

un

com¬

qui l'accompa¬

bonheur. Inversement

parses

l'art devient divertisse¬

gnent dans son combat de
rue, de place, de scène
sont aifamés de sons, de

ment

quand il

se contente
d'entretenir le décor.

Jacme Gaudas

L'heure est

au ras¬

semblement. Sur les

J-PD.
25

Juillet 1995

cendres de feu l'UMJ

Toulouse, l'association

Impro rebondit, s'organi¬
de réunir, de
regrouper les déçus tou¬

une note sur

seul

grand moment du
Festival 95 Les berges en
fête qui s'est déroulé du
20

au

23 Juillet à Saint

Antonin Noble Val.

(2) NDLR : Rosina de
Peira a également Jana
d'Aymé à son répertoire.
(3) NDLR : Mardis
Orionaa

nous

qu'il n'existe

informe

pas de ver¬
sion béarnaise de la chan¬
son.

l'information,

nuancer

lousains. La démarche est

beaucoup de musiciens
OK, mais de là à dire
qu'ils sont tous inspirés

ose par¬
fois des rencontres musi¬

un

région
comptent de nombreux
musiciens inspirés, qui
ont en commun l'esprit
de curiosité..." Là, il faut
et sa

se, et tente

intéressante. Elle

(1) Ceci est

Toulouse

cales, des retrouvailles
de

le

public et permet
rendre compte de

avec

l'avancée individuelle de
chacun. La

première Nuit
de l'impro, organisée, le
28 Avril

dernier, reste
musicalement dans une
norme

est

pré-établie, la folie

sous

surveillance,

l'impro reste à improvi¬
cela amène à réflé¬

ser,

chir

sur

la démarche

qu'elle peut induire et les
risques que cela peut
développer. L'asso
"Impro" revendique pour
elle-même la pérennité de
cette nuit et, qui pourrait
lui

en

vouloir. A la base,

ils sont quatre

piliers
en place

décidés, à mettre
une

strucure dont les buts

sont avoués

:

"Une

richesse à découvrir.

de mélodies
répercutantes. Il y a là un
concept révélé qui, et
c'est très bien, a pris le
percus-sons,

dessus

sur

les hommes

eux-mêmes. En marche,

ils

c'est osé. Cela ressemble

boulèguent même
quand c'est nécessaire, la
pyrotechnie, les bombes,
c'est bien l'esprit com¬

à

slogan corporatiste
style "tous capables",
mais de quoi !? Quant à
"l'esprit de curiosité", il
y aurait beaucoup de

mando.

chose à dire

au

un

Je continue

du

nous avons

sur ce

que
entendu à

l'Aérospatiale. Bon, force
de constater que
Richard Calleja est enco¬
est

ma

critique et en reviens au
"pari" que lance Impro.
"Rassembler

ces

artistes

sein d'une association

créée par eux et pour
eux, afin que naissent des
projets musicaux métissés
et inédits, patiemment

plus jeune de la
bande à Impro, son big-

mûris avant d'être don¬

band branlebas de

back où il pousse, par

nage en pleine confusion,
un artiste a-t-il besoin

l'écriture, tous les

d'être rassemblé avant de

potaches sur des aires de
jeux colorés au Sun Râ
des pluriels, avec des
prises de paroles, des

prendre ses risques, et
puis d'ailleurs, qu'est-ce
qu'un "artiste" ? Un
ouvrier charpentier musi¬

tchatches

cal de l'oeuvre

re

le

en

come-

berbères

ould-yahouien, en spanish guinartesque, en bre¬
ton with Philippe Renault
(il est toujours dans les
extrêmes), en english-

nés

en

concert". Là, on

ou

l'appau, le leurre du
socio-culturel, dépensé
mal à propos... Je pense
qu'il faut les deux mais
gare à l'appel de la poli-

�Linha

Imaginòt

Toulouse
3e trimèstre de 1995

tique culturiste et, si le
tissu associatif relève la

tête,

ce

n'est pas pour se

"poings et pieds lier" à la
chimère culturelle offi¬

cielle, c'est pourtant ce

qui apparaît. Les
savent pas

assos ne

assez souvent

(gazette qui s'essoufle
par manque d'air du
temps, du dedans, du
dehors). Merci à Music'
Halle pour son Nota à
Note que tous les UMJesques devraient recevoir
par le biais de la structure

garder leurs distances,
tenues qu'elles sont par la

centrale.

recherche de subventions

tée

tout à fait

ce

légitime.
Pourquoi quitter une
UMJ nationale

(trop

traliste certes) mais
reste

une

possible

cen¬

qui

agora

Impro s'est

mon¬

fracture, c'est

qui me plaît, mais
n'aurait-il pas été plus
malin et audacieux de
au

doivent réattribuer

la résistance face

dirigisme central pari¬
sien plu¬
tôt que
de se

financeurs. En

collège (et oui, les musi¬

les

aucun cas,

pouvoirs publics

redevables de

quelque

chose, le pari à gagner est
làî
A côté de ça, les
musiciens adhérents à

asso

de

chansons

contre, il faut

travailler

son local, inviter
des ailleurs, se

depuis
ceux

confronter,
défier

se

plutôt

frotter,

se

que se

avec

nous,

"rap

en

renvoie à

papier
"Ici, Toulouse" paru dans
la gazette n°2 de l'été
1992 (1) qui contenait
déjà tout ce qui vient
d'arriver avec Impro
mon

besoin

les subventions".
Bling !!! Les subven¬
tions, je suis pour, c'est
un impôt
républicain que
l'état, les régions, les
départements, les com¬

pour

(merci Docteur
Cachou). Bref il se passe
bien

répondre

empêche pas d'aller
jouer les professeurs, par¬
don les animateurs

écoles est

on en a

les quartiers jouent

placés sur l'échelle
de riche terre, ToulouseCapitale remet la "mòstra" à l'oeuvre, elle a
besoin pour continuer
d'un De Chassy citoyen,
le sont Christian

Piétri, Claude Sicre,

de

article,

vous

rue,

les

cale

Alors, l'UMJ ? Je

A Toulouse, la

"Ton-Ton" Salut,

réflexion de Guillaume

en permanence
dans les trop peu nom¬
breux lieux de Toulouse.

treint,

y

photocopier les raides
qu'ils vénèrent à la
grille, d'être pour la plu¬
part des vieux qui veulent
rester jeunes.

(sauf Casero, s'il rejouait
de la cabrette) ce qui ne

leur manque

Chassy, grand prêtre
pianistique de la cérémo¬
nie. "Jacme, j'espère que
tu nous feras un bon

retrouver, en comité res¬

per¬

ici des frémissements

ou

pourquoi et comment
improvisent-ils ? " A cette
question, aucun des musi¬

? En fait,
le mal est profond. J'en
veux pour preuve la
contre personne

en examen

leur rôle

villageoises,

l'impro peut

seul

sont

books

milieu scolaire

tout

bonne

si les créateurs étaient

à mettre leur
grain de self quant aux
choix artistiques, comme

une

ture) pour se retrouver

une

n'ont pas

dans

musicale sur, avec, pour,

Saint-Cyprien,

école, l'équivalent du

manent...). Alors que
peut-on leur reprocher ?
Peut-être d'avoir trop

"Impro" mènent des
actions pédagogiques

Trolomge à la "Nuit de l'impro"

Casanova (61 21
le
25) ;
Conservatoire
National, l'ARIMP à
rue

12

ciens

ne

ciens de cette Nuit de

Joël

Musiques Vivantes

peuple, et c'est vrai
que du peuple il y en
avait beaucoup salle
Nougaro. Mais là s'arrê¬
tent les prérogatives des

refermer

plus,

des

de la

au

doivent intervenir, ils

sur une

mener

munes

(ils

ne

plus que la

valise). Croire qu'on peut

pratique musi¬
uniquement par les

relancer la

une

erreur, tous

citoyens de l'impro
plus utiles dans
leurs quartiers, sur les
places, dans la rue. Dans
ces

seraient

comme

Magali

Dominique Regef,
Boussaguet à Albi, Lubat
Massilia à

à Uzeste,

Marseille, J-J Cale dans

blues-city. Elle a
ploucs auver¬
gnats du biniou, de tam¬
bourinaires de quartier,
elle a déjà un megafonaisa

besoin de

re

à Arnaud-Bernard. Le

communal

a

du bon, le

nécessiteuse faudrait faire

corps social devrait y
réfléchir tout en entier, et

attention à la réalité tou¬

puis n'oublions

lousaine nourrie

c'est

toute cette

matière de

confusion

pédagogie
l'Ecole

Music'Halle par

17

en

que

sur

les

pas que
du local

murs

l'on écrit l'universel.

�Linha

Imaginot
Valence

3e trimèstre de 1995

Some words about

Rutabaga Connexion

programmation en occu¬ ^ ....Cortetas...Cortetas...
pant un lieu fixe... à
Rap au Brésil. Vibrations,
suivre. Depuis 4 ans, une
Mai-Juin 1995, interview
centaine de groupes ont

cotoyé

ces
bénévolat.
résument à

trois

de Recife, donné par

druides du

Vibrations

comme

chef de

file d'une déferlante brési¬

Nos

Bertrand Aubonnet

de Chico Science, musicien

projets

se

présent

en

lienne, le mangue

points :
poursuite de la

beat
("esthétique à la fois régionaliste et cosmopolite"),
extrait

:

-

diffusion et création d'un
Valence 1991.
Une bonne année pour
Mistral ? Je n'en sais

le

Rutabaga Connexion
édite Tapioka, feuille
d'infos mensuelle tirée à

rien. Dans cette vallée du

2000

Rhône fouettée par les
vents du Nord et du Sud,

l'actualité des concerts,

traversée par tous

chroniques albums et

moyens

les

de transport exis¬

exemplaires. Les

infos traitées demeurent

démos, billets d'humeurs,

tants

brèves du coin et his¬

fallait bien

toires à ne pas dormir
couché. La zone géogra¬

(mer, fer, route, ciel,
télécommunications), il

qu'une fioppée de décibels ne tomba
pas dans l'oreille d'un
sourd.

Loin de mettre
leurs yeux

phique couverte est
l'Ardèche, la Drôme ainsi
que les grandes villes
alentour (Grenoble, Lyon,

dans leurs
poches, une poignée
d'individus, inspirés du
choux et du navet, bapti¬

Montpellier, St Etienne),

sèrent leur association

bien

Rutabaga Connexion,
dont l'objet était l'édition

là où d'habitude

nous

allons chercher notre

(pour la voiture
sûr).

essence

L'association

d'une brochure mensuelle

organise aussi

une dou¬
de
zaine
concerts sur la

résumant les activités

ville, du bar à la Maison

électriques et musicales

de

quartier.

de la Drôme et l'Ardèche

:

l'Epique Pocket.
L'occasion faisait

le

larron, ils s'investirent

aussi dans

l'organisation

de concerts

sur

la ville.

Deux années

plus
tard l'association produit
un CD regroupant cinq
groupes du cru.
Aujourd'hui,

Le

style privillégié est le

lieu convivial pour expo¬
ser,

répéter (musique et

théâtre), créer, visionner
(court métrage, etc...) et
présenter des concerts de
tous

styles musicaux.
-

soutien

aux

groupes locaux, informa¬
tion et aide à la difusion.

poursuite de
Tapioka avec
une augmentation de la
pagination. Bref, ily a
encore beaucoup à faire
-

l'édition de

et

contres

avec

groupes

de

naux.

brésiliens et internatio¬
Je sentais

déjà l'uni¬

versalité de notre musique.
:

c'est les

qui m'ont per¬
en

1983. Drôle.

Poésie. Pierre Colin, ani¬

Groupe Français

ou

publit un recueil de poèmes
que Félix Castan qualifie
d'"authentiques, denses,
actifs". Christiane Raygot
trouve, elle, qu'"il y a là
tout ce qu'(elle) attend de la
poésie, la solution la plus
heureuse, la plus vibrante,

réponse à (sa) recherche
d'expression". "Dans la
Tour des Archers,

haitons

Europos..." est publié chez

un

notre

naux

en

nous sou¬

proche ave¬
nir élargir

parfaire du break dans
rue. En 1984, j'avais un
gang de rue avec mon ami
Jorge Do Peixe appelé
Légion Hip Hop. C'était une
bande de petits délinquants
qui dansait, faisait des graf¬
fitis et du rap. En 1985, je
me suis mis au pandeiro
(rida : une percussion) et j'ai
commencé à mélanger
embolada et rap. C'était
déjà une nécessité pour moi
de mélanger rythmes régio¬

la délectation tourmentée,

rock, mais

dans

commen¬

d'Education Nouvelle,

d'autres

RUTABAGA

J'ai

la

mateur du

ren¬

personnes.

:

(C.S.)

masse.

associations, individus

Chico Science

cé

recherches

nous sommes

ouverts à toutes

la

mis de conclure mes

après l'ouragan de la
Enfin,

Naçào Zumbi ?

avec

emboladas

curiosité des gens, s'il
leur en reste un peu,
communication de

cwez-vous

té

Commentaire

surtout, éveiller la

débu¬

Comment

Cadratins éditions. 75 F

CONNEXION
Siège ; 216 rue Barnave 26000 Valence 75 42 60 39
; MJC Polygone 32 Av. Clemenceau 75 56 46 86

Bureau

champ de
18

franco de

port. (J-M B)

Michel Lac 1 allée Jean
Jaurès 65200

Bigorre.

Bagnères de

�Linha

Imaginòt

Perpignan
3e trimèstre de 1995
.

...Cortetas. ..Cortetas...

intime d'un corps et

t Al Rock, ninns !

d'un
imaginaire double, tendre

Aveyron. René Duran
publie "d'après moi circuit",

violent, ludique et
questionneur, aimant et
et

livre-reportage où il a noté
ses

impressions sur

l'actualité culturelle

en

souffrant... "

Claudi Alranq

Aveyron entre 1992 et

"Un

1995. Parcourt intéressant,

empreint de modestie et
souvent pertinent dans ses
perceptions. Sa conclusion
rejoint les impressions que
l'on peut avoir vu de l'exté¬
rieur

:

Mòstra del Larzac

la subjectivi-

Jacquet dis d'el
meteis

-

L'òm sap pauc

-

Mescladis à Decazeville est
à

son avis ce qui se fait de
plus innovant pour une

culture identitaire dans le

département. (J-M B)
René Duran 74 ter

rue

de

Camonil 12000 Rodez.
S.D.F. Le fait d'être

sans

n'empêche pas de
prendre des initiatives.
Dominique de Bordeaux le
montre

en

diffusant

çô

que se passa en
Rossilhon. Al festenal

un

journal d'une page Le sym¬
boliquefranc vendu... un
franc symbolique, où il fait
part de ses réflexions, de

que
définis

:

spectacle est

"Guilhem de

présiden¬

un

spectacle

plein de surprises. Ses
chansons inquiètes,
impudiques, "lézardées "

Quai es Jacquet ?

des élections

nouveau

noir, violent, intimiste,

e

appartiennent au
monde du rock, mais des

musiques plus anciennes
les traversent : le jazz, le

numéro 24, et l'ensemble

Cabestang",
obtinguet "le prix de la

des textes rassemblés est

chanson méditerranéen¬

blues, l'Orient, la
Méditerranée, le tango.

destiné à être

ne"

en

Tout ça peut

una

creacion

tielles, il

en

était à

son

publié. (J-M

B)

Dominique 22 rue Charles
Domercq 33800 Bordeaux

"Orfeu

1988, capitèt dins
o

operà-rock

:

el crani

d'Euridice" de Daniel
Unlversitat.

Tosi... Pintra, escrieu tan¬

Qualquas

estudiants de Tolosa

an

for¬

mat l'Associacion univer-

ben de

poesias (Ed. El

sitària dels occitans de

Trabucaire), joga de

Tolosa, que publica Estèla

contes

d'òc per

lo plaser de legir
opinions,
cronicas, poèmas...

de

monòlògs
(Ed. Pergami), anima en
o

être mélo¬
dieux, bizarre, cynique,
classique, punk, haletant,
fourmillant... Gestuelle
d'ange, de prophète et de
crucifié... Un spectacle
sans

concession que

tions

7 carrièra dels Novars
31300 Tolosa

mouvement

Abonaments

:

50 F/6 n°.

catalan "Radio France
Roussillon"...

Estèla d'òc

organisa tanben
conferenças e de
concèrts. (J-M B)
de

Estèla d'òc c/o Casai català

19

de

que l'on appelle un
artiste c'est de descendre

plus profond de soi.
au regard
des autres ce que l'on a
au

Puis de livrer

discerner dans

ses

profondeurs à soi. Cette
démarche

n

'a d'intérêt

que si elle est honnête...
L'une de mes façons

d'être franc et nu, car
c'est la règle de ce eu,
c'est d'utiliser le catalan,

la couleur du catalan, la
manière de dire du cata¬

lan, le goût du catalan...
J'aime les lézardes. Les

faiblesses, la fragilité, le
doute... Je me méfie des
certitudes, sur lesquelles
s'appuient les pouvoirs.
J'aime surtout les gens

qui doutant, font...
J'aimerais arriver à faire

simple..."

nourrissent des incrusta¬

d'images proje¬
tées (extraits de films,
séquences video, plans
fixes) et des figures
chorégraphiques qui ne
sont pas de simples gra¬
tuites, mais indiquent le

occitan contes,

"Le problème
ce

cru

:

regissors per un rock
catalan força personal
pron identitari.

interpellations... A l'époque

darrièr

précisa un camin
"L'Indépendant" aital
"Son

e

son

concert

2

saira, 2 tecnicians

A començat en
1977 amb lo grop

rencontres, de ses

"L'àngel negre de la
cançó"
Amb

d'Estagel puèi a
Perpinhan, Gérard
Jacquet tòrna sus scèna
amb 6 musicians, 1 dan-

domicile

en

a

le trio Folies

Bergères de Camarès

ses

gir

tat"

de la météo

Quora

que la Linha passarà per Perpinhan ?

�Linha

Imaginòt
d'Emparé
"•

.

.

•.

1

:

Saint Julien

'

3e trimèstre de 1995

Saint Julien

d'Emparé est déclarée

commune
Saint

Julien

Chacun est maître de

d'Emparé

es

libre

declarado coumuno libre

propre vie
produit de notre travail est à nous
Paysans, la terre que vous travaillez est à vous
Sans-logis, occupez les appartements vides, les résidences secondaires, les logements
insuffisamment occupés
Est bon marché ce qui est nécessaire et les services publics
Les anciennes discriminations contre les étrangers, les taulards, les jeunes, les
malades, sont abolies
Nous voulons que les villages cessent d'être des déserts
Il y aura un conseil de la commune avec des délégués révocables
N'importe qui peut être élu au coneil comme délégué révocable
Nous allons nous répartir le travail tous un peu
Pour avoir des objets tu peux fournir à la commune une quantité de travail égale au tra¬
vail nécessaire pour produire ce que tu désires
Nous prévoyons l'utilisation raisonnable des possibilités existantes
Voulem que les vieux cessent d'être relégués dans les hospices. Ils ont une expérience
précieuse. Ils se fondront aux jeunes, les conditions seront améliorées
sa

Le

Les enfants

se

retrouveront dans leurs maisons ouvertes.

Leur fonction est de les

rendre

heureux et créatifs
Personne n'a le

monopole de l'éducation
lengo del pais se parloro de mai en mai
L'échange direct entre produit de la terre et produit de la ville est possible, ça s'est
déjà fait en Catalogne en 36
Les professions de promoteur, agent immobilier et autres profiteurs de la détresse géné¬
rale n'existent plus
La

Le

gaspillage doit être combattu? N'existent plus les contremaîtres, les chronométreurs,
urbanistes, les psychotechniciens, les surveillants en tout genre
Nous voulons que dans les villages fleurissent des endroits pour les réunions et fêtes
L'amour de la liberté est inséparable de la liberté de l'amour
les

Il

faut voir

munes

Il

avec

toutes

les

communes

libres du pais pour faire l'association des

libres d'Occitanie

faut voir

avec

toute la terre pour

que

le monde devienne

un

endroit où naître

Comitat contre l'ordre des choses

com¬

�Linha

Imaginòt

Internet
3e trimèstre de 1995

Oc

on

fhe net

Nicole Scotto fait íe point sur la
occitane

sur

présence de la culture

Internet

y

▼

1 Parmi les

infos, il exis¬

te maintenant

ling-list

une

mai-

exemple
fr.soc.mise.divers (sur¬
tout lu

oc.

en

France)

nique est : &lt; listoc@cic.fr&gt;

ou

aux

ve" où

on

monde).

L'habitude

a

été

.lettres collecti¬

prise de mettre dans le
titre ou l'objet du messa¬
ge (chaque mail, texte,

s'inscrit éven¬

contribution,

C'est
"boîte

France et dans le

tuellement si

sorte de

une

on

est inté¬

un

a un

titre

ou

objet) d'abord [OC.|,

ressé, et où tous les

comme une

messages écrits par les
membres de la liste et/ou

d'affiche

diffusés immédiatement à

ou

[OCJyyyyyyy,

que ce

béarnais, des infos, des

moyen

discussions de vocabulai¬

Ce qu'on veut.

re, etc...

C'est

une

sorte de groupe

de discussion permanent.
On trouve ce qu'on y

amène,

comme

conversations

dans les

socra¬

un

de rappeler aux
français, aux gens en
général, aux occitans exi¬
lés,

aux

chercheurs

en

et au monde,
petite chose-là,
qu'on appelle, nous,

tout genre,

que cette

Occitanie, existe, et

ça

tiques...
2 II y a

3 II y a un projet de
création d'un groupe

en

tions

en

occitan

ou en

français dans des
groupes

de discussion

(newsgroups),

par

discussion

aux

lettres

possi¬

bilité d'écrire individuel¬
lement à

très bon

marche !

aussi de temps
temps des contribu¬

aux

lecteurs de

C'est

sûr, il y a aussi

individuelles et la

pour

soit plus facile
se repérer.

4 Bien

des boîtes

une

personne,

qu'on la connaisse
non,

ou

à la suite d'une

contribution

publique.

Autour de l'idée

occitane,

j'ai reçu des e.mails
d'Allemagne, des USA,
des Pays-Bas, etc... les
autres aussi. Par exemple,
ce type d'Amsterdam qui
cherche

un

Axtérix

en

occitan ! Il y a des infos
et des livres que j'ai reçus

de

(qui serait par
exemple soc.culture.oc.)
Mais il y a des
conditions pour ouvrir un

5 On

peut créer ce
qu'on appelle un web,
une

sorte de service

consultable et téléchar¬

geable à distance avec
des textes, des photos,
des infos, même des sons.
De

n'importe où

dans le monde, imaginez
des textes de Castan,
Sicre et des autres, des

(à

commune

n'est pas un

participants. Il y
fran¬
çais, occitan standard,
des messages en

nistes et autres...

suivre)

envoyés à la liste sont

a

remplacerait pas les
contributions [OC] sur
d'autres groupes de dis¬
cussion plus généraux,
mais permettrait des
contributions plus spécia¬
lisées ou techniques entre
occitanophones, occita-

sorte

(qui
label !) : par
exemple, [OC]xxxxxxxx

tous les

un

vote, etc... Ce groupe ne

soc.culture.french (en
L'adresse électro¬

Internet,

groupe sur

poèmes des trobadors, ce
qu'on veut.
On peut créer des
liens hypertextes avec
n'importe quel site dans
le monde (on "navigue"
alors sans s'en apercevoir
d'un site à un autre).
Déjà certains ont
mis

sur

Internet leur CV

Anglais, Occitan,
Français, on coche la
langue qu'on veut !
Beaucoup de gens, dont
en

un

certain nombre d'occi¬

tanophones, savent créer
un web et pourraient le
faire, et gratuitement.
Il

me

semble que

les occitano¬

grâce à Internet, la possi¬

les occitans,

bilité de trouver des

phones, les auteurs, la
culture, les para-occita-

contacts où

dans le

qu'on aille

monde, etc...

nistes, l'idée aussi de
l'Occitanie

21

ou

d'une

�Imaginòt

Linha

Internet
de 1995

3e trimèstre

Occitanie en France et
dans le monde peuvent
être concernés par ça,

puisque ça permet :
de s'écrire

-

même si

pas autour
centre

connaît

on ne se

d'un même

d'intérêt,

de

participer à
de discussion
sur n'importe quel sujet
et dans n'importe quelle
des groupes

de toucher

-

un

public beaucoup plus
vaste et dispersé qu'une
revue sur papier,
de sortir

-

un

peu,

concrètement, de la pro¬

blématique franco-fran¬
çaise centralisme/anti cen¬
tralisme,

se

cercles de
faire
en

Nicole Scotto

a

Bonjour

judicieusement utilisé le
groupe de discussion

Claude,

"Usenet" pour annoncer
une manifestation de la
Linha

Imaginòt, citant au

passage l'expression
vôtre "les autoroutes de

Ewanjé Epée
Boggio
Munia

l'imagination". J'ai alors
comprendre que ce
détournement était fait
cru

prendre le contrepied de l'expression liée
pour

à la mode "autoroutes de

l'information", lesquelles

langue,

une

sortir des

spécialistes, de

vraie démarche

réseau.

autoroutes sont un peu

me

connais¬

dans la presse, avec
l'Internet. En réalité,

expression-mode
correspond à différentes
cette

visées purement commer¬
ciales (alors que

distinguait
jusqu'ici par une vocation
l'Internet

se

éminemment

non-com¬

veaux

besoins

en

préten¬
plus

savoir
que je ne suis pas du tout
ce qu'on appelle une spé¬

dant rendre l'Internet

cialiste de l'informati¬

cun.

sez assez

bien pour

que ; si j'y arrive, tout le
monde ou presque doit

démocratique, populaire,
accessible à tout-un-chaLe résultat ? On pro¬

pouvoir y arriver !

des "produits", ou
gadgets qui mettent à
contribution une partie de

En

l'oeuvre/création collecti¬

fait, pour les

e.mails et les

pose

qu'était Internet, sans
rien y apporter mais en
épuisant ses ressources.

news¬

ve

groups, j'utilise un

simple minitel.

Je

N.S.

car

savez ce

ne

que

sais si

vous

l'on entend

par "Internet" et
suis bien disposée à vous

au

juste

l'expliquer (dans la
mesure du possible : je

!)

transmets

(1) et les consi¬

dérations

qui précèdent

perdent sans doute un peu
si l'on

de leur

sens

aucune

idée de

ce

a

qu'est

le monde de l'informa¬

tique en général, et ce
super-réseau en particu¬
lier. Il me paraît utile de
préciser dès-à-présent ce
qu'est un "hacker", terme
que j'emploie dans
"Internet Utopia" (1)

et

qui n'a peut-être aucun
sens

pour vous.

Les hackers

hâtivement confondues,

merciale) : créer de nou¬

Vous

en la matière
le texte que je vous

néophyte

avec une

grande rapidité et pour le
prix d'une communica¬
tion téléphonique locale ;
de s'envoyer des textes,
-

suis moi-meme assez

4

ne

des "pirates
informatiques", contraire¬
ment à ce que diffuse trop
sont pas

souvent la presse,

tou¬

en quête de sensa¬
tionnel à bon compte. La

jours

plus littérale
pourrait être

traduction la
de

ce

terme

"bidouilleurs". Ces (sou¬

jeunes) gens sont
généralement des autodi¬
dactes, et toujours des
passionnés. Ils agissent
dans un esprit très libre et
très ludique qui semble

vent

déboucher, presque par la
force des choses, sur une

éthique des plus intéres¬
santes.

Ils forment

une

communauté

dispersée
(mais reliée électronique^
ment, notamment grâce à
l'Internet) et cherchent à

approfondir leurs
compé¬
tences notamment par le
biais de l'échange et de la
connaissances et

�Linha

Imaginòt

3e trimèstre de 1995
collaboration, souvent
dans des domaines très

des maiges
bénéficiaires beaucoup

rejoindre leur propre cou- A

"pointus" comme on dit
volontiers aujourd'hui, en

trop importantes.
Or, d'une part les
hackers furent mieux que

mais pas prosélytes pour
deux sous si vous voulez.

quiconque à même de
juger, très rapidement, de
la duperie que représen¬
taient nombre de produits
informatiques commer¬
cialisés, ce qui est vite
devenu incompatible

disposés à donner
plutôt qu'à vendre le font
plus volontiers à l'inten¬
tion de ceux qui partagent
leur attitude, plutôt qu'au
bénéfice d'autres qui ne
savent que prendre, voire
sans vergogne ce qui leur

hors des sentiers

tous cas

battus

:

ils cherchent "la

petite bête", le petit tour
de programmation fûté,
propre, élégant, auquel
personne n'avait songé
pour

contourner un pro¬

blème

ou

améliorer

fonction jusque-là
écrite"

ou

une

"mal

limitée. Ils ont

largement contribué à
répandre l'esprit "freewa¬
re" : logiciels gratuits à la
disposition de tous, sus¬
ceptibles d'être modifiés
ou réutilisés pour déve¬
lopper d'autres program¬
me (pourvu que le nom

du,

avec

avec

rant.

leur "amour de

assez

le font évidemment pas

sation de

collaboration, solidarité,

hack

-

à

d'autrui, ni à aban¬

donner

son

hack

aux

(c'est

un peu ce

l'Internet).

Pour donner

des valeurs telles que:

dans le

des

se produit dans le
cadre de la commerciali¬

l'argent et se ren¬
contrent plus volontiers

de l'auteur demeure cité

:

qui

pour
sur

normal

gens

puis¬
qu'ils tendent à agir par
jeu, goût, passion, ils ne

partage (on n'hésite pas
améliorer le travail - ou

copyright) le tout
pour "la beauté du geste",
l'art pour l'art. Ils ne son¬
gent même pas à se pré¬

C'est

est donné

l'art". D'autre part,

pos¬

image, les hackers sont à
l'informatique un peu ce
que les mouvements dits
"alternatifs", "under¬
ground" et autres mou¬
vances liées à l'auto-pro¬
duction

ou

à la

production indépendante

d'autrui), le tout visant à

sont au

produire les "meilleurs"

avec

programmes possibles,
car comme ils le disent

d'attitudes

parfois, et le prouvent

ner

que leur mouvance gagne
du terrain et soit mieux

souvent, il est mensonger

au

de faire

rapport
"grand-public" et au
"business" : certains tien¬

grand-public
pour couper l'herbe sous
le pied des "commer¬

ment

nent avant tout

une

éven¬

tuelle utilisation

commerciale de leur tra¬

vail, parce qu'il

connue

suffirait

du

ciaux".
Il faut savoir que

l'informatique a donné
lieu pendant trop long¬
temps à une exploitation
commerciale absolument

honteuse, le "grandpublic" étant floué, trom¬
pé, volé sur des produits
souvent mal finis, ou

impropre à l'usage atten¬

médiocrité. Pour

eux,

la

gratuité, c'est non seule¬
ment la qualité (parce que
les programmes sont lar¬
gement testés et amélio¬
rés), mais beaucoup plus
de liberté.

problème
est qu'ils demeurent un
peu trop à l'écart, sans
Le seul

être pour

autant fermés

qui fait la démarche
d'aller

vers eux,

de

monde musical,

toute

la gamme

qui

adopter pour

systématique¬
rimer gratuité avec

à

se

se

peuvent

position¬

à la fois par

à leurs

"différences", leur rébel¬
lion et se veulent irréduc¬

incorruptibles
(voir un rien misan¬
thropes), d'autres sont
plus ouverts car ils pen¬
sent que leur démarche
n'aurait rien à gagner à
demeurer dans la maiginalité, mais ils risquent
alors de "perdre leur
âme", leur identité, ou de
servir à leurs dépends des
tibles et

23

.Cortetas.. .Cortetas...

Trad. Le Conservatoire
Occitan

publie depuis

1994 Escambis
liaison des

(bulletin de

organisateurs

d'événements de musique
et danse traditionnelles en

Midi-Pyrénées) qui informe
des bals, stages, festivals et
également sur l'actualité
des groupes. Sur un cré¬
neau (et un territoire) plus
large, rappelons qu'Infoc
(actualitat culturala occitana) est toujours indispen¬
sable pour connaître les
dates des événements. En

Rhône-Alpes Musiques tra¬
ditionnelles Rhône-Alpes
joue également le rôle
d'informateur (Claude Sicre

une

sibles amélioration

munir contre

...

Ils sont ouverts,

leur

a

demandé

view, sans

un

inter¬

succès). Quant à

la Fédération des associa¬
tions de

musiques et

danses traditionnelles

(FAMDT), elle publie le

catalogue des livres,
disques, CD, cassettes et
video-cassettes de

musiques traditionnelles en
France. (J-M B)
Conservatoire Occitan BP
3011 31024 Toulouse
Cedex T: 61 42 75 79 Fax :
61 42 12 59.

Infoc 90

av.

de Lespinet

31400 Toulouse
Centre des Musiques

Traditionnelles Rhône-

Alpes Immeube Ecran 12
rue Gambetta 69190 St
Fons.

FAMDT La Falourdière
79380 St Jouin de

Milly.

Troubadours. Pascal
Caumont et B.

Primault

chantent les troubadours.

Différents (de Zucheto,
Rosina,

Carlotti.etc). Sicre

fait passer avant
Carcassonne (Juillet).

les

a

lui à
En

attendant dossier de presse
ou

T

:

: 8 rue
Toulouse

article, contact

Mondran 31400

61 53 11 58. (Becvort

devrait les

brancher). (C.S.)

�Linha

Imaginòt
Internet

ý: Y Yvf'YA A;'Y

3e trimèstre de 1995
intérêts purement
ciers.

finan¬

J'aimerais main¬
tenant

présenter

me

un

peu car ce courrier pour¬
rait ne laisser apparaître

qu' un intérêt (certain)
pour le monde de l'infor¬
matique, et peut-être
aussi

une

tendance à être

coupée de toute réalité,
perdue dans des rêves
sans

devenir. Il est vrai

que je ne distingue pas
vraiment le rêve de la
réalité

semblent
totalement imbriqués :
qui

me

d'une manière
autre, l'un

ou

d'une

façonne

ou
influence l'autre et inver¬

m'essaye à l'écriture
mais je ne suis pas du
tout persuadée que ce

à

chemin soit bien le mien.

vaille

Je

En revanche,

je suis sûre
d'être très préoccupée par
la question de l'expres¬
sion individuelle
toutes

ses

sous

formes, du

qu'elle procure
échanges vitaux
qu'elle permet. Je suis
des

donc très intéressée par

qui peut favoriser,
amplifier les possibilités
d'expression individuelle,
la part de l'Art (mais
dans un sens très large,
d'où la majuscule), en
tout

tout

ce

un

chacun

:

tout

ce

qui développe les possibi¬

sement.

Je suis désormais

lités d'être

au

monde", de

une maman

(deux petits
enfants), qui s'est sans
doute beaucoup cherchée

transposer sa réalité pro¬
fonde, son univers inté¬
rieur, dans la réalité exté¬

auparavant. J'ai fait un
peu de radio-libre en tant

rieure...

que bénévole dans une
association (le phénomè¬

l'informatique entre dans
ce cadre, aussi étrange
que cela puisse paraître.

ne

d'absorption des

radios-libres associatives
par

de grands

groupes

commerciaux est

assez

proche de ce qui se pro¬
duit aujourd'hui autour
de

l'Internet). J'ai ensuite

Mon intérêt pour

Certes, la créativité des
hackers

Cela fait mainte¬
nant six

ans

je

que

ne tra¬

plus du tout "à
l'extérieur", que je n'ai
plus à proprement parler
de vie sociale, réservant
énergie à ma famille
maigres compé¬
tences à mon mari qui est
informaticien indépen¬
mon

et mes

bonheur
et

munauté. Il reste surtout

produire.

peut provo¬
quer autour d'eux l'émo¬
ne

tion brute que

suscitent
plus spontanément les
arts proprement dits.
Pourtant ils sont, sinon

dant et travaille donc à la

maison. Ce

repli fut corchangements
profonds induits par la
rélé

aux

maternité, mais s'est tou¬

jours accompagné d'une
réflexion ininterrompue
"l'état des choses" et

sur

d'un certain travail

(inté¬

Aujourd'hui,
après quelques péripéties
dont je passerai les
détails, je me suis retrou¬
vée frappée de plein fouet
par mes vieux démons
(une fâcheuse tendance à
vouloir changer le
monde)

avec une

envie

précise : celle d'agir au
plan local, dans mon vil¬
lage. Je me suis rendue
compte que la chose
serait possible dans la
mesure

où cette envie

m'a parue

âge, qui ont assurément
quelque chose de pré¬

s'appelle Mônica Passos.
A l'époque je "faisais
l'attachée de presse" pour
elle, et j'essayais de lui

cieux à apporter au

monde, que ce soit sur le

associative est réduite à

plan symbolique, éthique
ou pratique. L'Internet est
un bon exemple de ce
qu'ils peuvent contribuer

une

peau

n'y

a

chan¬

teuse brésilienne dont
vous vous souvenez

peut-

trouver des contrats

d'engagement. Difficile.

des

artistes,

au

moins les

ARTisans d'un nouvel

villageoise : les

cans,

par

de

de chagrin, il
pratiquement plus

convivialité,

moins

24

encore

d'esprit de

com¬

can¬

les médisances,

l'intolérance par rapport
certains comportements
un

à

différents et du
la peur du "qu'en

peu

coup,
dira-t-on". Et pourtant,

j'ai

eu l'occasion de me
rendre compte récem¬

qu'il suffit de peu
pour modifier cet état
d'esprit, un peu comme si
toute une partie de la
population était "en
manque", assoiffée de ce
dialogue, de ces
échanges, des ambiances
festives qui font défaut.
ment

J'ai

être pour l'avoir rencon¬
trée (m'a-t-elle dit) et qui

avec une

vie

rieur) personnel.

partagée ici
quelques-uns. Je
pense aux jeunes, notam¬
ment, qui pâtissent beau¬
coup du manque d'ani¬
mation au village : la vie

travaillé

les inconvénients de la

l'Internet

je

connu

au

moment où

retrouvais assaillie
par ces préoccupations, et
le texte "Internet Utopia"
me

est né de

la rencontre

entre les réflexions que

l'Internet

en

lui-même

m'inspirait, et des envies
que je me redécouvrais
par rapport au monde
extérieur.

Je crois savoir
que vous

n'êtes

pas un

utopiste mais plutôt quel¬
qu'un qui entreprend
régulièrement de mettre
ses

rêves

en

chantiei;

pour leur donner vie et
substance. Vous aurez

compris qu'il s'agit là
d'une démarche que je
crois également possible,
même si je me suis réfé¬
rée à l'utopie, un peu par
humilité (car le contenu
de mon texte pouvait

�Linha

Imaginòt

Internet
3e trimèstre de 1995
mode d'action peut,

à
avis, s'avérer encore
plus efficace et consé¬
quent si les différents
mon

acteurs locaux sont reliés

réseau

en

(s'informent

mutuellement, échangent,
se

complètent à l'occa¬

sion de telle

ou

telle

entreprise

ou

tion)

rien perdre de

sans

manifesta¬

leur autonomie

respecti¬

Ceci reste vrai, me

ve.

semble-t-il, quel que soit
le moyen utilisé pour
"matérialiser" le lien qui
va

fonder le réseau

(revue, courrier, télépho¬

informatique, que
sais-je...). Je suis sûre que
vous pouvez désormais
entrevoir le parallèle avec
ne,

Repas de quartier à Arnaud-Bernard (Toulouse) "Rouge, rosé, blanc ! Respecte l'aliment !"

paraître prétentieux) un
peu par superstition car
l'utopie dont je fais part,
j'espère qu'elle est plutôt
un

rêve ambitieux

sus¬

ceptible de prendre

corps

mée

contribuer à donner

l'impulsion nécessaire
pour permettre à notre
village de reprendre vie
et

couleurs. J'aimerais

nous

donner

plus de

peuvent être rapidement

profitant de l'expérience
de ceux qui s'investissent
depuis longtemps dans ce

attendu

type d'actions.

votre

travail, et

sans

doute bien des personnes
de votre entourage, vous

La Linha

Imaginòt, telle

que
Nicole Scotto l'a repré¬

sentée, m'a semblé
recouper nettement le
rêve que j'avais en tête au
moment d'écrire

inscrivez dans cet
tant courant que

impor¬
je cher¬

"Internet Utopia", ce qui
m'a enthousiasmée. Lors
de

chais à isoler

peu en

un

lançant une discussion
sur

l'Internet.

J'espère qu'avec
d'autres

nous

pouvons

çant sur le pas de sa
porte, dans son village ou

faites à Toulouse. J'ai été

d'ailleurs que c'est déjà
le cas, à travers certaines
initiatives qui n'ont pas

en

courriers

encore

plus enthousias¬

son

obtenus et observés. Ce

25

les hackers et leur
Internet.

J'espère connaître

en commen¬

quelques échanges de
(électroniques !)
Nicole m'en a dit un petit
peu plus sur ce que vous

chances de réussite

petites diva¬
gations et qui sont desti¬
nées, je le crois profondé¬
ment, à se développer et
gagner du terrain. Il me
semble que vous-même,

le monde"

quartier. Cela corres¬
pond précisément aux
idées qui s'imposent à
moi depuis quelques
temps. Je pense aussi que
"changer le monde", c'est
d'abord se changer soimême, démarche qui
devrait conduire à joindre
le geste à la parole ou à la
pensée. L'action locale
apparaît alors toute indi¬
quée : c'est elle qui offre
aux individus le plus de
possibilités, d'initiatives,
et qui peut s'avérer
d'autant plus gratifiante
que des résultats concrets

dans la réalité. Je constate

mes

lorsqu'elle m'a
expliqué qu'il convient,
selon vous, de "changer

bientôt votre avis

sur

qui me
travaillent tant, sans

toutes ces

idées

doute pour la simple et
bonne raison qu'elles
sont dans

l'air, partagées

par une petite foule qui
contribue à leur diffusion

par les mysté¬
rieuses voies de l'incons¬

(y compris

cient) et surtout, à leur
mise

en

pratique.

(1) Texte tenu à disposition
des lecteurs par

la rédaction.

�Linha

Imaginòt
Débats

3e trimèstre de 1995

Penser

global,

de gens essayent de résu¬
mer leur pensée socialo-

politico-culturelle dans
des phrases atal.
Dommage qu'ils ne pen¬
sent pas. Ce would-be
faux

revue

il y a

quelques années. A quoi
peut rétorquer une
belle phrase de Félix "La
culture n'est pas un tissu
sans couture", que les
philosophes méditeront.
C.S.

pen¬

balité et universalité,
donc abstraction et

concept ;

4) Il confond

possi¬

bilités d'action" ;

5) Il interdit

globale.
Tout ça parce

global et
local, ce qu'il ne pourrait
pas faire s'il avait un
dire

oppose

vocabulaire, c'est-à-

une

des deux

saine

conception
termes en pré¬

c'est-à-dire des
exigences de l'action où
sence,

l'universalité

ne

prend

sa

forme et

son sens que
dans les limites des possi¬

bilités

(temporelles, géo¬
graphiques, théma¬
tiques...) mesurées.
A vouloir pondre
des raccourcis éternels,

obligé de bien
peser ces mots. Comme
l'autre qui "l'universel
on

est

locales,

les collectivités

car

dans

ce

public est

de

(cadre
vie, services, facilités

de

gestion...). La profes¬
sans

doute

une

de

citoyens étaient majeurs
responsables et ne s'en
remettaient pas à un
Centre (commercial, poli¬
tique, intellectuel, artis¬
tique...) à la moindre
et

CD, les Fabulous
Trobadors s'énervent

soient votées des lois,

des

contre les "Y avait

qu'à"
que". Mais
la Linha Imaginòt n'est
pas exangue de certains
propos que l'on voit
apparaître ici ou là, fai¬
sant de certaines catégo¬

pour que ces

lois soient
appliquées, pour que les
Plans d'Occupation des
Sols soient ce qu'ils veu¬
lent qu'ils deviennent,
pour que l'urbanisme soit

citoyen ayant tendance à

ries des boucs émissaires

les

faciles, et contre lesquels
il est peut-être temps de

munes.

Marre

3) Il confond glo¬

autre

ou

me

qui prennent le
plus de risques au vu des
sommes engagées par
client potentiel. Alors s'il
y a des problèmes ou des
dérapages (comme par¬
tout), c'est aux citoyens
de se bouger pour que

lité avant le local ;

qu'il

l'Etat

sion est

2) Il met la globa¬

l'action

produits qui
acquéreurs,
des produits que ne pour¬
ront jamais proposer
trouvent des

celles

sée avant l'action ;

"local" et "lieu des

avancer

promoteurs propo¬

aussi demandeur

:

1) Il met la

la loi". Ici aussi si les

sent des

dicton, par exemple, a
tout

innover et et

murs", dûment critiquée

on

faire local. Toutes sortes

domaine là il faut aussi

Les

dans notre

Sornetas

que le centralis¬
n'y est pas pour rien.
Chaque voisin est en effet
déjà considéré comme un
étranger, mais celui qui
vend quelque chose est
perçu comme un ennemi,
un agresseur ou un "hors

c'est le local moins les

Dans leur dernier

et

les "Il faut

s'énerver aussi.
Alors IL Y EN A

au

centre

des débats dans

quartiers et les
C'est

un

com¬

peu

faci¬

le de

reprocher à une
fession d'occuper un
terrain

pro¬

occasion, les relations
entre individus seraient

plus sereines. La Grande
Révolution des Quartiers
du Monde s'accompagne¬
ra

aussi de la Révolution

professions, chaque

devenir

son

avec ses
-

propre patron

propres clients.
anti-francs-

maçons. Il est plus
de penser qu'il y a
groupes

facile
des

qui, dans

l'ombre, détiendraient
des

pouvoirs sur des per¬
qu'ils actionne¬

sonnes

raient

comme

des mario-

MARRE des propos

dire)

anti-promoteurs.
La profession est souvent

absent.

la cible des associations

sexuels. La différence est

plutôt que de lutter
pied à pied avec chaque
individu contre la "pen¬
sée unique" et l'uniformi¬
sation des esprits, des

urbaines et elle passe

toujours

source de
méfiance. Quand les

idées et des comporte¬

homosexuels

le

-

symbole des
puissance d'aigent, alors
que bien des promoteurs
sont bien plus démunis
que les mutinationales
comme un

comme

Mac Donald

(c'est le

sur

-

ront et

de le
lequel on est
cas

anti-homo¬

se

déclare¬

qu'on étudiera

leur rôle social, on pour¬
rait avoir des surprises.
-

anti-commer¬

(dont il est beaucoup

cial. Celui-là est

question

sique français, et on peut

sur

la Linha).

un

clas¬

nettes,

qu'a si bien réalisé
système français assis

ments

sur

des siècles de monoli¬

thisme que l'on retrouve
dans toute les corpora¬
tions.

Jean-Marc Buge

�Linha

Imaginòt

Débats
3e trimèstre de 1995
sés par les anti-racistes,
insultante pour les por¬

Des
&gt;

teurs de l'étoile

réponses
en vrac

à

des ques¬

tions,
agres¬

sions, cri¬

tiques ou
remar¬

ques

je n'ai pu retenir le nom
me
reproche (où a-t-il lu
?) d'avoir com¬

paré le badge "Touche
pas à mon pot'" (avé
l'accent !) à une "sorte
d'étoile jaune à l'envers".
Je suis très fier de cette

1

j

comparaison, qui m'a
sautée à l'esprit dans les
années 85-86 (je me sou-

viens qu'elle m'était
venue

sion

lors d'une discus¬

avec

Isabelle

Daziron à la Fête du P.C.
à Toulouse,

Isabelle très
d'accord avec moi) : on
peut lui reprocher, effec¬

tivement, d'induire

une

comparaison, entre les
victimes juifs du nazisme
et des supposés pourchas¬

conscience facile à

ment, cette insulte n'était

acquérir (5F), et une

but, ni mon
point de départ. Je vou¬
lais simplement parler du
principe, qui me semble
honteux, jusqu'à
l'ignoble dans certains
cas, consistant, pour des
groupes, à obliger
d'autres groupes (ethr
niques, corporatifs, poli¬
tiques, sociaux, d'opi¬
nions supposées, etc), par

arme

la

gard, il parle

pas mon

la

Un inconnu dont

la Linha

jaune.
Okey, mille excuses à
ceux qui ont compris
comme ça, je ne
me suis
pas expliqué suffisam¬

premier (de riposte de
terrain) pour devenir, la
mode aidant, une espè¬
ce d'image de marque
pour bonne conscience,
un signe de cette bonne

violence, l'autorité

ou

pression (morale, etc),
à arborer un signe
d'appartenance à de tels
groupes. Dans le cas du
badge "Touche pas à mon
pote", c'est l'absence de
badge qui constitue le
signe de l'a-normalité
face à ceux qui le portent.
Le principe est le même
que celui de l'étoile
jaune. Ceci dit cette com¬
paraison par le principe
ne m'est venue que dans
une histoire, celle de SOS
Racisme. Qu'un groupe
de copains de banlieue,
menacés par des vio¬
lences racistes, imaginent
le badge et le portent,
pourquoi pas ? Mais ce
badge et cette idée, récu¬
pérés par un mouvement
qui en fait un outil natio¬
nal et général de son
combat, perdent leur sens

entre les mains de

cette bonne

conscience,

prendre encore
plus de distance avec les
supposés racistes, que
pour

SOS Racisme décrit très
bien dans

sa revue,

l'époque, dans
articles

ou ses

:

plouc, le chas¬
le pas-cultivé, le

beauf, le militaire, le rin¬
avec

l'accent, il viole peut-être
ses enfants, il aime le
foot

ou

le

rugby, il

a un

chien, il est de droite
mais aussi peut être com¬
muniste. C'est le

prolo,
quoi. Et l'ancien
d'Algérie. Le Phantasme
du gauchiste anti-raciste,
à la recherche d'ennemis

bien avérés, bien recon-

naissables, à qui on peut
faire porter

le chapeau
pour pas se crever les
méninges à combattre le
racisme dans

ses

formes

complexes et chageantes.
Qu'on peut diaboliser
("c'est Hitler"). Duquel
on peut insulter la
médaille d'ancien

battant
en

lui

portée

27

TEMENT le PLUS

(amicaux, pédagogiques)
entre la

conscience cri¬

tique et les consciences
fragilisées par leur situa¬
tion (ce qui se fait surtout
par rapports familiaux et
de voisinage, où chacun
doit

s'impliquer concrète¬
responsabiliser,
prendre le risque d'être
jugé, ET NON par l'inter¬
ment, se

médiaire de discussions
abstraites et de mots
d'ordre

venus

d'en haut)

(certainement que le
badge a servi le débat,
parfois, mais il l'a empê¬
ché beaucoup plus sou¬
vent, dans mon expérien¬
ce) (et les vendeurs de
badge ne viennent jamais
aux

réus du comité de

quartier,

comme par

hasard). Bon voilà pour

sujet j'attends les cri¬
tiques.
ce

au revers

remplacer par
badge. Arme
prendre de la distan¬

le fameux

pour

com¬

proposant insolem¬

ment de la

stigmatiser l'autre

AU MOMENT OU JUS-

le maximum de ponts

c'est le
seur,

et

IMPORTANT est de jeter

à

ses
dessins

ce

Claude Sicre

�Linha

Imaginòt
Hommage

3e trimèstre de 1995
Il faisait

Claude Sicre

dans

CD
"O

un

groupusculaires
et para-institutionnelles.
Beaucoup d'exclus étant
entrés pour contituer un
groupe de pression, dans
la perspective d'une réus¬

ailleurs très

niers

livres) (de sa jeu¬
nesse) mais tentative de
trouver

lieu d'où

un

s'adresser
camarade

au

monde. Son

Vaneigem

osera,

lui, dire la sottise
serons

proche. Révélant l'exis¬

site individuelle. La dure¬

"nous

tence d'autres ailleurs

té de Debord à leur

gneurs sans esclaves".
Zarathoustra n'est pas

en

face des ici

médiatiques.
Une autre pensée, oppo¬
sées à toutes celles qui
régnent ou simplement

n'a de

s'étalent.

rus

Ses apports.
D'abord un humour. Un

chie assise.

esprit, plutôt. Dans la
lignée d'un certain esprit
français, mordant. Acéré
comme une épée de
grand seigneur. Orgueil.
Ni celui du mousquetaire
gascon, pauvre et fier, ni
celui du noble espagnol
raidi dans

sa

posture.

Mais il y a un peu

pendant que

égard
fai¬

sa

loin, souvent. La démo¬
cratie, toujours (c'est

blesse, celle d'avoir per¬
mis

ces

rêves par

constitution d'un

la
nume-

clausus, d'une hiérar¬
Son

style. Etudes

scolaires, le fond et la
forme.

Beaucoup de jour¬

nalistes, d'écrivains, ont

glosé. Sur

ses sentences
la Chamfort. Sur son

à

français classique. Il y a
de ça, peut-être. Je veux
dire de la pose. Réaction
assez première, mais
inventive,

laisser-aller

pourquoi Tocqueville est
si peu présent). En tout
cas une
leçon, de consi¬
dération pour la profon¬
deur historique des mou¬
vements de pensée, de la
psychologie humaine, du
style au sens meschonniquien, c'est-à-dire du
rythme).
C'est De la misè¬

attiré notre
Vaneigem
(le Traité, paru en 67, lu
re...

qui

a

attention. Puis

ambiant. De l'écriture,

en

c'est-à-dire de la

Société, mais surtout la

exclusions à l'IS.

ou

ce

qui m'amène à
je
considère
que

comme une erreur :

la

constitution d'une avant-

garde close, où l'on est
coopté, d'où l'on est
exclu. Avec les pro¬
blèmes que l'on sait :
rivalités de positions,

les

internes et externes, les
rentes de situations pour
des inclus moins actifs

des exclus, les
affaires de gestion du
groupe prenant le pas sur
les objectifs premiers.
Mythe de F avant-garde.
que

au

pensée.
Leçon : il a forcé beau¬
coup d'entre nous à lire
relire De Retz,

Machiavel, La Bruyère,
St Simon, etc. Ce qui se

conçoit bien... (par contre
lui n'a pas semblé bien
comprendre Tocqueville,
pourtant à mon sens, le
plus lumineux des
essayistes classiques
français). Mais moins de
pose que recherche d'une
position pour juger le
monde. Vilepender un
déclin. Position aristocra¬

tique (de l'épée ou de la
plume). Nulle nostalgie
(sauf d'un Paris des
années 50, dans ses der¬
28

:

des sei¬

de tout
ça. Humour, quand même
(et donc dette à l'anglosaxonnerie) : certains
passages sur les dernières
Ce

a

Réalités

partie,
pour moi, depuis 27 ans,
d'un non-paysage ; d'un
paysage qui se cache
mais que l'on sait exister,

68). Puis Debord {La

revue) (dont il était appa¬
remment le

responsable
poly-rédacteur).
Vaneigem et les autres
(Champ libre,
et

le

Lebovici...) ont vite dis¬
paru de nos préoccupa¬
tions. Sauf

Voyer. Debord
centre, long¬
temps. Radicalité, intran¬
sigeance, noblesse, fer¬
meté de l'attitude. Que
est resté

au

De la misère... avait bien
résumée et rendue

publique.
Malgré tout.
Mythe de la conjonction
de la révolution poétique
et de la révolution poli¬
tique, hérité des surréa-

�Linha

Imaginòt

Hommage
3e trimèstre de 1995
listes.

Qui confond tout.

En voulant

les

du

gendarme, du flic
(Brassens, Mesrine sont

(lire l'épisode Cocteau-

chasse, à la pêche, à

taines traditions. A la

meubles d'une avant-

convoqués, reliés), la

Poueigh) toujours utilisé
par les crétins de tous

garde. Héritage du lettris¬
me, aussi (la pire des
confusions, qui met le

contestation anti-familia¬

bords

le anti-vieux.

toire du

sens

sauver

dans les mots

comme sons,

Qui fait
encore les beaux jours de
Charlie Hebdo. Que je ne

(encore

avec

réalistes,

encore :

paix qu'il

a gagné de
haute lutte, contre la
misère et les parents des

l'his¬

vichysme).
Héritage des
le

cer¬

sur¬

enfants terribles.

scan¬

que

le

Respect
l'on surprend parfois
pour les grands
bourgeois, si libé¬

pire des empri¬
sonnements).

raux

Avant-garde.

et si

malins,

puisqu'ils réussis¬
sent. Et qu'ils se
pemetient parfois de
financer un peu la

D'où attitude

condescendante,

parfois mépri¬
sante, vis-à-vis
du reste du

brochure révolu¬

monde. Sauf vis

tonton, papa est un

à vis de

con,

tionnaire

quelques prolos
très exotiques,
exotisés par

s

peut pas tout mettre

s

o

temps

g

(Allemagne 19e

§ tout.

siècle, Russie de

^

loin

on

Claude Sicre, lors de La prima de las lengas, à Toulouse, le 21 Mai 1995

peut leur recon¬

naître la

possession d'une
pensée globale, mesclant
art, politique et guerre
quotidienne dans une har¬
monie parfaite. Les
contradictions peuvent
passer au second plan,
dans les fresques.

Héritage, aussi,

pouvais

pas

faire mienne

(fils d'ouvrier, respect
des

parents). Et puis bien

(dans un tout petit
milieu), l'insulte, les
bousculades (l'affaire du
chez l'historien de

vase

dire pas seulement
chez leurs épigones,

Adolescence

veux

l'imbécillité

suprême, le
mythe de la province refuge de tous les conservatismes, de toutes les

parisien. D'après la
Commune. Qui a marqué
le peuple, mais aussi les
élites. Une petite bour¬
geoisie de peintres,
d'écrivains, de chanteurs.
Qui s'est importé à toute
la France, hors contexte,

condamnation fut

Insupportable. La haine

dale

sûr, dans cette logique, et
même chez les situs, je

frilosités.

produit.

C'était le plus...
Le plus responsable, donc. Ses
erreurs

à lui ont de

grandes consé¬

d'un vieux anarchisme

comme

mais toi...). On

| Debord.
sur le compte de
Mais enfin.

le

17) ou l'espace
(Indiens...). De

(merci

Mythe mis en
depuis l'affaire
Dreyfus (la première
avant

commune

à s'élever à

l'unanimité contre la

lage provençal,

au

un

vil¬

fait).

l'anarchisme).

petite bour¬
geoise. Fils de pharma¬
ciens, récurés par la
bonne depuis l'enfance,
et qui se jettent un peu de
boue. Qui jettent leur
caca à la tête de leur père,
le bourgeois. Les situs
ont là aussi

méditer.

Binarismes
breux

:

nom¬

Paris-province,

l'a vu, mais

on

aussi ville-

campagne, prolos-ploucs,
culture populaire-culture
savante,

révolutionnaires-

bilité, puisqu'ils étaient

aliénés, mysticisme-(reli-

gions)-matériali sme

plus intelligents que
les autres. Le bourgeois, à
partir de 68, c'est le proattaché à l'ordre, à la

lo

toutes les

morale,
liales, à

Binarisme caricatural

responsa¬

mépris. Je lui
à Debord, il y
a
quelques temps (dans la
Linha) : le mépris est tou¬
jours contre-révolution¬
naire. Je vous donne ça à
ai écrit ça,

bien

Illustré, promu dans

avant-gardes.

une

quences.
Le

29

:

aux
son

valeurs fami¬
auto, à la

a bien montré
leur
que
critique de la
religion était inachevée),
jeu-travail, jouir-entraves,
vie-survie, etc. Beaucoup

(Knabb

�Linha

Imaginòt
Hommage

3e trîmèstre de
de notions

1995

incritiquées

:

passion (passion révolu¬
tionnaire), désir, fausse
conscience, etc. Mais une
lucidité transperçante

exposent les rai¬
sons). Un type hors-ducommun, avec ses fai¬

bien sûr le

mythe de
l'aliénation. J'ai jamais
compris la première ligne

et m'en

de la Société de

blesses bien de chez nous

spectacle, y ai jamais
compris ce qu'était exac¬

modernité

tement ces

bien boire
beaucoup discuter faire
de l'esprit spéculer sur

de

nous

l'avenir du monde, et der¬

face

spectacle de la
triomphante et
petites ou grandes

au

ses

combines, misères. Qui

toujours.
Ecologie. Voyer
l'a agressé sur ce cha¬
pitre. Les derniers livres,
sert

compassés, disent
la nostalgie du Paris de sa
jeunesse. La nostalgie est
un

un

peu

bon moteur de la litté¬

rature. Peut-être aussi

de

choses que
vivions directement

éloignées dans des

médiatisées par
l'idéologie du spectacle
dominant (qui est, à n'en
pas douter, le spectacle
de l'idéologie dominan¬
nuages,

est dans

ses

souvenirs,

pour ce qui, en partie,
fera devenir Debord

le

l'intraitable. Humanité
dans

profondeur. Très
peu, toujours, d'esprit
démocratique dans l'ana¬
lyse. Paradis perdu de la
sa

France décrite

avec

Paris

comme

il

péreront que ce qui est
récupérable : de Debord,

devine derrière le Socrate

rien.

le

coup

à Debord. Il m'a fait

comme

peu ont

réussi

m'irrite pas.

Ils

ne

ça ne

récu¬

platonicien, à la Castan).
A quelques autres aussi
(à Voyer... mais surtout

calèches, bières pour dis¬

misère, coup de tonnerre
dans le ciel serein de 68)

P.S.: Laurent Chollet est

(Je critiquais sans vouloir

livre (de

roman¬

tiques. Contre
Disneyland et toute cette
putain de merde moder¬
ne. Toujours la même
antienne : le caddy de
supermarché. Voyer :
nous ne sommes plus que
des porteurs de marchan¬
dises. Et toujours, aussi,

les lire

ou

les voir les

écouter, les livres, les
films, les disques, les
émissions à la mode, et
même la mode anti¬

mode, je me sentais bien
seul, et les voilà qui

m'expliquent que
d'autres ont déjà vécu

listes de voir enfin Toulouse

jouer un rôle de capitale
semble prendre forme petit
à petit. Nous avons remar¬

qué

ces

derniers mois la

rencontre au sommet

Castan-Meschonnic pour
une

Prima de las

lengas à

la fois d'un excellent niveau

populaire, une seconde
opération nationale Repas
de quartier dans toute la
et

Tocqueville,
Faites de la

réussie, et
ce

pour

une

première

peinture fort

on nous annon¬

la rentrée une ren¬

contre sur le cinéma avec

le

cinéaste Michel Hanoun

(voir LI n°22). On en rede¬
mande. (J-M B)

Musique. Buzz est un
bimestriel sur la musique

:

interviews, informations,

nouveautés disquaires.
en page, couleur,
Un cahier central
sur votre région. Le numéro
de l'été 95 fait une large
place au Massilia Sound
System et aux Fabulous
Trobadors. C'est gratuit.
Vous pouvez le recevoir
chez vous pour 60F/an (6

Belle mise
36 pages.

Fun Book France Service

rédacteurs de De la

aux

société, envolées

sou¬

n°). {J-M B)

Capitale du Monde,
cussions où refaire la

capitale. Le

hait de certains anticentra¬

socratiques sur Socrate et

posture démocratique (à
la Socrate, celui qu'on

Ceci dit j'ai

sentiment de devoir beau¬

Toulouse

France, des conversations

me

enseigné, malgré lui
peut-être, la vérité de la

(Carter Brown, Chester
Himes, Westlake, Tristan

qu'il

?)

Point, c'est normal,

découvre

pour ce

dres

ca¬

m'a

rire

Sympathie

cadres d'être

Bernard, Pagnol...), il

te). Un de mes lecteurs
(Ferré, belèu) nous/me

voie. Debord, là, se
peu.

aux

son

dégoûte moins qu'il ne
m'apparaît fatal, et à
combattre avec persévé¬
rance, avec haigne par¬
fois mais sans mépris
sans haine, une radicalité
de refus qui fût un
exemple. Beaucoup de
ses ennemis parlent de lui
aujourd'hui, même ce
pébron de B.H.L. dans Le

l'expliquera.

un

orgueil défensif
contre un système de
mode et de mondanité qui
le dégoûtait profondé¬
ment (mais en vouloir
rière

(sans représentation,
alors ?) et qui s'étaient

politique,
citoyenne, quand elle se
sert de jumelles et pas de
rétroviseur pour percer la

l'action

bien manger

4 ....Cortetas...Cortetas...

abonnements 85

train de

rédiger un
commande, je
crois, pour un grand édi¬
teur) sur l'histoire de

Ken

l'I.S. Un Toulousain

Fabulous

en

(16

Peyras). J'espère
qu'il pourra nous faire un
papier pour dire où il en
est où il compte aller. Et

rue

Ferré
ça

30

de

rue

Maubeuge 75010 Paris.

on

attend aussi.

Abyssinic. Un groupe

de raga

(ils sont

de Toulon. Curieux
venus

brancher les

après le concert
de La Seyne). Courtois. Ils
devraient jouer en vedette
au

concert Linha

pour
ville.
au

Imaginòt

bientôt dans cette
(C.S.) Contact

94 92 28 97.

:

Ken

�Linha

Imaginòt

Lecturas
3e trimèstre de 1995
que son lo reflècte
d'una societat passada.

essent

Lo roman occitan

desempuèi

un

dotzenat

d'ans, la tendéncia que
me

sembla dominanta

es

qu'avenon "endacòm

lar occitan. Cal pas

o

"enlôc". Dins

roman

riá solament

en

idèa.

Tanpauc d'un

roman

absoludament

perfièit que

las mòdas
vengudas de Paris. Çò
qu'avián de mai, èra la
tradicion d'Oc.

Castan menciona

degun pòt pas far e farà

lo caractèr

pas jamai. Es question de
descriure lo melhor tipe

nòstras

de

romans

dent 1953.

Novembre 1994

Escriguèt en 1949
"totas las literaturas
pòrtan l'emprenta, direc-

que siasquen
possibles de far en 1995.
L'IEO a publicat
en

un

ensag de Fèlix-Marcèl
Castan entitolat :

Lo semen
del militantisme. Aquò's
una compilacion de textes
de Castan, escrits de 1943

Argumantari

fins

-

1959, sus
Occitània, la lenga, l'istôria literària, los autors, lo
movement militant,
l'esséncia de l'occitanisa

D'aquel libre sortèri

me.

los

arguments que

concernon

la literatura

qu'es una activiContunhèri l'analisa,

epic de las
letras (p 69) pen¬

dent los cent

ans

précé¬

que

tament

o non,

de l'estât

d'un

faita

o

I

a

de far.
pro

de romans

considérant lo temps

que parlan sus aquela
societat occitanofòna e

actual.

rurala

pagi¬
YArgumentari

Es escrit
na

56 de

a

la

las inspiracions dels
primièrs autors de la
Renaissença occitana
(1900) siasquèron deterque

e

qu'a uèi existis pas
N'i a qu'an de meri-

pus.
tis estetics, de

grands

(Molin,
Bodon, Manciet e
d'autres), mas es de mens
autors

n'an fait

en mens

util de

ne

far,

moment

normal ament

occitan. Al

en

despart de la

Val d'Aran ont

es un

pauc

e benlèu de las
vais occitanas d'Italia de

despreciat

qualas coneissi pas la
situacion lengiiistica. En
França meridionala la
lenga a un emplec margi¬
escolar. Mas

o

se

la

parlar qu'a de valors
prôprias, d'un
sistèma de pensada que li
es ligat e d'una identitat
esteticas

dobèrta. L'identitat occi¬

dobèrta

pr'amor
qu'es perfieitament pos¬
sible (corrent, normal)

tana es

d'aver la cultura d'Oc

amb

una

cultura

autra

(francesa, italiana,
a un fum
d'occitanistas (e mai sias¬

espanhòla...). I

dins
la
vila o lo pais prèp); quala

quen nacionalistas) que
sabon melhor lo francés

serà l'incitacion per

son

es pas parlada
los libres, aqui (dins

lo
parlar dins la carrièra ?

que

l'occitan, que coneispatrimôni

melhor lo

cultural francés. Tanben
son

respondre a un unitarisme
per un autre unitarisme

Cal pas

tanben

per tant
tat.

ment

lenga

tat

e a un

précisais. Es
atal pr'amor
qu'i a pas de lôc ont las
gents se parlen naturala-

Nòstre

parle occitan. Joë
Bousquet declarèt (p 128)
que l'ôbra literària es
l'expression d'una socie-

unitarisme

a un

pena mas es

nal

Totun trabalham per
constituir un pôble que

respondre

que son pas

social de lor pòble....

pais existís pas
politicament, avèm pas
tanpauc de cresença de lo
quilhar coma nacion
independenta" (p 94).

un

per un autre unitarisme.
Devèm enriquir lo mond

endreit
minadas per

practicar la
lenga d'Oc en mai del

minat". D'istôrias
mai"

Parli pas aicí d'un
occitan qu'existi-

anti-unitarista. Lo sieu
dever de

francés. Cal pas arrestar
de parlar francés per par-

d'escriure dins "l'indeter-

Laurenç Michòt

revelar al

Tant val diser;

pôble la sieuna mission

Ara, benlèu

idéal

sion istorica del pôble".

occi-

tans totes

losqu'o
vôlon èsser

qu'an una practica culturala occitana. Aquô rai

Segon Castan (p
44) "avèm lo dever, par¬
lant al nòstre pôble, de
parlar a l'ensemble de

e

l'umanitat". Escriure son

reses.

que per las gents que
coneisson l'occitan, de

a

qu'an pas trop
d'interès pels autres, seriá
causas

un

(p 44) que "la
literatura occitana es
butada

a

revelar la mis¬

L'escriban occitan

d'observar

e

de racontar

desempuèi
d'aquesta identitat dobèr¬
lo mond

ta.

Trobam

esclerôsi. Castan ditz

tanben

31

siasquen nascuts al
Viêt-nam, de parents zaF
que

a

la

pagi¬

100 que "la primièra
tôca de totes los escri-

na

vans

(es) d'entretenir,

�Imaginòt

Linha

Lecturas
3e trimèstre de 1995
imniemr las letras d'Oc
a

lapunia delà cteaaon
Occitània
entitat literària

literària
una

es

exiténcia sociala

(picturala, economica,
geografica, e patin e
cofin) cal que las cançons, e los romans e los
filmes siasquen mai atrasents que los que se fan
dins las lengas amb qualas l'occitan

es en

compe-

ticion. Sufis pas que

sias¬

melhors, cal que
fagan mai proada al prèp
del public méridional,
que siasquen mai apreciats, que las gents los
quen

consideren

coma

mas

implica
cal que çò

qu'es paresca,
que siasque.

dos junts

avenidor ont

far

seriam aliberats de

"l'ocupacion lengiiistiobjectiva per que lo
quite de senhorejar. Tanpauc, degun a pas
enveja que desparesca.
rason

francés

Seriá tecnicament

d'Oc

de virar en occitan

un
francés. Subretot

en

metre un

francés incor-

autra

podriá justificar

mas

lo

tan,

d'arab

o

de qualque

mas citar de
conversacions a Tolosa o

lenga

Marselha,

mai sovent, seriá un des-

a

fugiment de las dificultats
qu'encontram per emplegar la nòstra lenga e incitariá pas los legidors a

gar

Tus de l'occitan dins la

occitan

vida.

lenga d'Oc

sens

lo francés,

emple-

es una

messorga.
L'escomesa que
deu arborar un escrivan
es

de presentar

^,ns

.dmêmk

la

coma mai
interessanta, mai
atrasenta

que

cap

atendre
solucion de degun

mai. Sèm nosautres, occi-

que

causa

mai

vila,
dialogues en
Francés. Nos podèm perencara

cal metre de

se

E cal pas

totes, sens

romans

Ocasionalament,

Seriá la meteissa
que

Dins los

possible de relatar de
sens jamai exprimir
lo pus mendre dialòg.

faits

lo devèm reglar, aici

e ara.

E

nos ne

devèm

la

lenga d'Oïl (1). Es pas

possible de mentir al prepaus d'aquesta, se pòt pas
prétendre qu'es laida
pr'amor que lo legidor la
coneis. Se justicariá pas e
degun o creiriá pas.

que la tradicion literària
occitana s'es plan perduda. Seriá ben d'aver

vivon. E devèm inventar

marginalament e desmostrar que l'occitan es ligat
a una civilitat mai agradiva, ligat a una identitat

libre

de solucions dins los

dobèrta
ras,

d'à

libres per que las gents
las prengan o n'inventen

un

descriptiu d'aquesta
tradicion mas las jorns
uèi, cal far

sens

el.

Tôt lo mond sap que la
nòstra lenga es pas parlada

e

seriá

de far

préjudiciable

coma se

n'èra.

ocupar

d'autras.
Un

en

fici.

cion

al temps

e

de contar la vida

traduit

pòt èsser escrit integralament

question
tanpauc de far d'anticipa-

Es pas

roman

occitan

sens

arti-

Egalament per un
relat de quai Taccion es
passât. Mas los

d'optimisme, que
faga compés al pessimis¬
me francés. Cal que los
occitans siasquen lo
mond qu'an preissa, que
fan flòri, que capitan.
Que l'occitan aja un
image positiu. Volèm pas
demesir Fus del francés,

(quitament pas dins los
païses d'Oc), avèm pas
l'intencion de far

res

el, mas volèm que
l'occitan venga una lenga
correntament utilisada. E
contra

al punt ont

n'es, cal

que

siasque melhor considérât
que tôt autre parlar, per
que las gents fagan
l'esfòrç de l'aprene e de

l'emplegar.
Lo primièr dever
de l'occitanisme
e de
las letras d'Oc

d'enauçar

es

mantenir
a

la punta

de la creacion mondiala.

Solament la cal utilisar

dins los libres per
que las gents s'en ocupen
pel mond dins quai

roman

anglo-american).

Cal connotar la cultura

França
meridionala, als jorns d'à
uèi,

mond

literatura.

rècte, en grafia occitana o
fonetica, mesclat d'occi¬

s'ocupar dels problèmas
qu'i a per que sèrva.

a

per

que se passan en

tanistas, qu'avèm lo problèma, aici e ara (!); sèm
nosautres, occitanistas,

serviá

sufison pas

es pas pro

Es pas question
d'escriure coma se l'occi¬
tan

una

mel¬

hors. Paréisser
d'èsser

un

ca". Coneissi pas cap

desempuèi los trobadors.
Se volèm qu'aja tanben
una

dins

a

las autras cultu-

dobèrta al demai del

(1) "Lenga d'Oïl"; se

pronóncia "lenga d'Wil".
prononciacion de "oïl"

La
en

"òil" (coma en

anglés), auriá pas jamai
pogut venir "oui".

mond.

Totjorn cal far la
pròva que l'Occitan es
superior al francés. Es
perfïeitament possible
pr'amor que l'identitat
francesa es tampada sus
ela meteissa (exceptât
una pichona dobertura sul
32

argumentari - Lo

semen

del

militantisme de Félix-Marcel
Castan. 100F franco de port.

IEO Musica 42

rue

de la

Banque 82000 Montauban

�Linha

Imaginòt

Lecturas
3e trimèstre de 1995
réponse à la vie qui est
plus profonde, plus
large et plus intense.
Je ne dirais pas qu'elle

que ni lui ni ses parti¬
sans de plus en plus
nombreux ne seraient

jamais récupérés, et il
savait pourquoi ; il le
disait dans chaque
chanson, quel qu'en

Reçu de Ken Knabb
&gt;.

la contre-culture

travers une connais¬

en

(Bureau of Public
Secrets, P.O. Box 1044,

Berkeley, CA 94701,
son livre en
français La pertinence de
U.S.A.),

Kenneth Rexroth (traduc¬
tion provisoire).
Intéressant pour

comme moi
connaissaient Rexroth de
ceux

qui

ou

Saint

Antonin. Et, à l'occasion,
de

nous

parler de

Rexroth.
Bon passons un
extrait

:

Cela nous

ramène à la poésie et
à la chanson, qui

d'après Rexroth
feraient partie des
moyens les plus effi¬
caces pour une telle
"contagion".

d'une manière beau¬

-

les Carmina Burana de

Cari Orff et

enregis¬
trées plus récemment

naturelle d'une com¬

l'encontre de l'aliéna¬

munauté

tion et du conditionne¬

dans leur version d'ori¬

pseudo¬
folkloriques de presta¬
tion, dont il tient la plu¬
part pour risiblement

concerts du dix-neu¬

d'Uzeste

sonnes, aux

riques et les blues
jusqu'aux chanteurs

capacités." Rexroth
prétend en outre
qu'en allant à

intéressant, de demander

d ' Arnaud-Bernard,

choses

les chansons folklo¬

tingue la chanson folk¬
lorique authentique qui est "l'expression

troubadours et le

un jour

Amérique, depuis

la

ser

prêterai à
ceux qui m'en feront la
demande. Ce qui serait

parler de tout,

Rexroth esquisse
évolution parallèle

années soixante. Il dis¬

résumer ? Je le

nous

approfondie de
poésie, nous allons
répondre à la vie - aux
problèmes, aux per¬

sance

coup plus universelle,
et que nous allons utili¬

ground au moins
jusqu'aux chansons
goliardes du Moyen
Age (popularisées par

vie) et par son
oeuvre. Que faire ? Le
et sa

à Knabb de venir

majorité."

contre-culturels des

la chanson under¬

gine). Il retrace son
développement en
France depuis le mysti¬
cisme érotique des

réputation (par Kérouac

-

toujours, en fin de
compte - mais qu'à

une

Il fait remonter

rend meilleurs

cela nous incombe

fût le thème. Avec lui
atteint sa

Claude Sicre

nous

organique"

-

des chansons

éculées,

bien

plus de nos

réponse
approfondie aura ten¬
dance à saper l'ordre
ment, cette

établi

:

ou pour

La contre-cultu¬

quelque chose de pire

milieu bohème de

encore :

François Villon, en pas¬

sions du

sant par les poètes
maudits et les cafés-

Social. Bien sûr, cer¬

des expres¬

re en

Mensonge

tant que

maniè¬

re

de vivre

tains de ses propres

ça entre
dans les veines de la
société. On ne peut ni

poèmes contiennent

la

rattraper ni la coin¬

jusqu'à
Georges Brassens et les

des formulations radi¬

cer.

cales ; mais il a tou¬

sans

autres chanteurs de

jours rejeté la notion
selon laquelle les arts

vième siècle,

l'après-guerre, qui sont
"responsables de la
plus grande renaissan¬
ce

de la chanson dans

les

temps modernes"

et du

"remplacement

de l'instinct de posses¬
sion par la sensibilité

lyrique" (1). Brassens,
écrit-il, "parle sciem¬
ment pour les irrécupé¬
rables inconditionnels.

Dès

ses

débuts, il savait

devraient être subor¬

donnés

aux

exigences

"progressistes". Il esti¬
la chanson
qui communique

mait que

d'authentiques visions

expériences
personnelles se révèle
finalement plus subver¬
sive que la propagan¬
de explicite. La poésie,
ou

des

dit-il, "donne une
33

-

Son action est

arrêt corrosive.

(...) Les chansons de
(2) impli¬
quent et présentent
des rapports humains
irrécupérables (...) On
y voit un genre
d'amour qui ne peut

Joni Mitchell

exister dans cette
société. Ses chansons
formentent la subver¬
sion autour d'elles,
comme se

répand la

radioactivité.

�Linha

Imaginòt
Lecturas

3e trimèstre de 1995
Si seulement

c'était si simple ! C'est
difficile de déterminer
les

conséquences

des années soixante

peut à juste titre la
qualifier de très "corro-

artistiques les plus
outrancières n'échap¬
pent généralement
pas à la récupération
par le spectacle - leur
côté outrancier peut

sive". Mais il est trom¬

même servir à soutenir

consistait

en

expé¬

riences audacieuses
de modes de vie et de

finales d'une oeuvre

conscience différents,

artistique, mais je
doute fort qu'une
chanson, qu'elle soit

on

de Brassens, de

peur de

quel¬
qu'un d'autre, puisse
être à ce point irrécu¬
pérable. Au mieux,

expressions artistiques

Mitchell ou de

doute de telles

sans

chansons ont-elles

joué

rôle modeste,
de préserver une

un

celui

étincelle

d'esprit

même les oeuvres

présenter

comme un

central.

ses

facteur

Quelques

poèmes ou
chansons ont pu
avoir une
rares

prétention qu'a le
système d'offrir la liber¬
té d'expression totale
(tant qu'elle
la

chanteurs

qui vont au
fond, qui parlent pour
des transformations de

sensibilité fondamen¬
tales, dans les rapports
humains et par

conséquent dans le
langage. Le meilleur
Dylan, Donovan,
Léonard

Cohen, Joni
Mitchell
-il y a

ne

(...)
des

gens sem¬
blables

influence

partout

significati¬

dans le

monde,

ve, mais ce

surtout

humain au milieu des

n'étaient

pressions déshumani¬
santes qui nous entou¬
rent. En parlant de la
poésie de William

général que

peut-

pâles

être

Blake, Rexroth signale
ce rôle salutaire, tout
en

révélant

ses

limites.

de

les

images

de sa propre

aliéna¬

tardifs, des véri¬
tables aven¬

époque-là.
La thèse
de Rexroth pou¬
vait s'appliquer
bien mieux aux

société peuvent proje¬
ter les dilemnes que la

pays dits commu¬
nistes. Il notait par

raison seule ne

exemple qu'une
simple visite d'Allen
Ginsberg à Prague ou

démêler,

on

contrôler sinon les sup¬

primer. Voilà la fonc¬
tion de Blake. Il voyait
rapproche de la civili¬

de Joan Baez à Berlin-

sation marchande et il

bureaucrates. Mais la

a

préparé un refuge,

une

forteresse ou un

havre

symbolique."
Par ailleurs, il

faut

distinguer entre la

contre-culture "en tant

que manière de vivre"
et en tant que simple

style artistique nou¬
veau.

Dans la mesure

où la contre-culture

lA

tures de cette

tion. Si l'individu ou la

peut
peut les

en

reflets, et bien

"C'est l'art de fournir
au coeur

en

,vis°ire)

cTraducti°opt°

Est

pouvait semer la
panique chez les

France.
Une

c'était que presque

n'importe quelle mani¬
festation non confor¬

grande partie
qui
s'est créé nuit et jour à
l'Odéon pendant la
du divertissement

principale raison
se

réalise

pas en action, mais
reste spectaculaire).
Mais voici la

miste

révolte de Mai 1968
n'avait ouvertement

menaçait le
monopole idéologique
indispensable au pou¬

reductio ad absurdum

rien à voir avec la

de cette thèse de

lutte

voir de la bureaucratie

Rexroth

la rue, ou les maux du

:

régime,

stalinienne. Par contre,

systèmes de
l'Ouest, plus flexibles,
dans les

passagère dans

En

général je
préfère les poètes34

ou

les trahisons

de la Gauche. Les

gens

chantaient des

�Linha

Imaginòt

Lecturas
3e trimèstre de 1995
chansons

de la consommation

source, en

passive. Notre vie est
dominée par un barra¬

qui atta¬
quaient le mal à sa

présentant
d'être

autre genre
humain.
un

ge

incessant de spec¬

tacles

informations,

-

réclames, vedettes,
Quel que soit
l'effet subversif que

pourraient avoir la
poésie ou la chanson,
l'argument de Rexroth
tombe à plat si, lors

aventures par procura¬

tion, voire images de
révolte. Les situationnistes ont montré

qu'il
s'agit pas d'un
simple trait superficiel
ne

vit ce qu'on pense, et
donc aussi à travers la

musique et la chanson.
Knabb les instrumentali-

qu'il dé-dialec-

se, parce

tise les rapports entre

pensée et action, entre
pensée et langage. Et
retombe dans le plat
nationalisme pseudo¬
marxiste. Et ce, para¬

doxalement,

faisant
situs, qui tom¬
en

d'une occasion rare

de la vie moderne,

où tout est

mais que cela traduit
un stade qualitative¬

appel

brève chance de

ment nouveau de

inverse à la suite des

changer l'histoire, il
n'imagine rien de plus
que de continuer à
chanter. Il y avait plus
de vraie poésie dans
l'acte d'océuper

l'aliénation capitaliste.

réalistes

"Le

ment

l'Odéon que dans

par des

et où les

question
gens ont une
en

toutes les chansons

qu'on aurait pu y

spectacle n'est
pas un ensemble
d'images, mais un rap¬
port social entre des

médiatisé
images"
(Debord, La Société
du Spectacle, 1967).

personnes,

chanter. Dans une
situation où des millions
de gens sont secoués
hors de leur existence

ordinaire de somnan-

bules, et

goûtent un
peu de la vie réelle, il
ne s'agit plus de "pré¬
senter" des visions
d'autres

rapports

humains, mais de les
réaliser.

(1) Parmi les autres
français que

auteurs

underground, il
y a Pierre Mac Orlan, Léo
Ferré, Jacques Brel et
Anne Sylvestre ; sans
oublier "le disque peutêtre le plus beau de

(même

mouve¬

de la révolution

et

Castan. Ou Sicre,

quand je montre dans
mes interviews que les
textes de
sont

une

mes

chansons

tentative de dire

qui est déjà signalé

d'Aristide Bruant.

rencontre d'une telle

(2) Joni Mitchell (née en
1943). Chanteuse cana¬
dienne que Rexroth
comparait à Anne
Sylvestre,

message aux paroles =
clarifier discursivement

politiques et écono¬
miques évidentes,
mais

les gens en

intoxiqués

tique. Qui vont beaucoup
plus loin. Qui sont en
j'explique.

pacification culturelle,

omniprésente et plus
subtile, qui transforme

les intuitions d'une pra¬

avance sur ce

également la
Rexroth
montre bien
cace

que son

des

musique de
poèmes de Loisa Paulin.
L'association a également
et la mise en

une

nouvelle adresse

cor¬

respondant à de nouvelles
ambitions,

avec

la créa¬

tion du Centre Occitan de

Recherche de Documenta¬
tion et d'Animation

24 87.

Rexroth).
Lire Meschonnic,

moderne va à

ment les contraintes

avec

chez

Contre les réducteurs du

seule¬

fa

DAE). (J-M B)
GEMP/La Talvera Maison

chante les chansons

non

res o re

créations de Daniel Loddo

Ethno-graphique (COR-

sation de la société

réalisation,

d'Ethnomusicologie

Midi-Pyrénées et le
groupe La Talvera déjà
évoqué sur la Linha
Imaginât, publient leur
catalogue qui commence à
être copieux : livres,
disques, cassettes, consti¬
tués à partir des collectes
de patrimoine vivant réali¬
sées en Midi-Pyrénées. A
signaler également le CD
en

sée—parole, individusoiété, théorie-pratique,
populaire-savant, est tou¬
jours à l'oeuvre (même

dans la forme musicale.

l'organi¬

ment

Far
sur¬

Germaine Monfero

Toute

Ethnomusico. Le Groupe¬

binaire forme-fond, pen¬

ce

l'après-guerre",

piège

poétique et de la révolu¬
tion politique). Bien que
ce piège inverse soit
l'expression de la même
métaphysique. La pensée

Rexroth met dans cette
tradition

au

baient dans le

A ....Cortetas...Cortetas...

se

que

Fontpeyrouse Place Saint
Michel 81170 Cordes T
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T

plus perspi¬

critique. On
35

:

63 56

:

�o
H

ANARAM AU PATAG qu'a causit de har entéla soa votz mei que jamei. La votz de mili¬

ner

engatjats tots sancèrs dens la luta taus
drets nacio.iaus e sociaus deu pòble occitan.
Non podèvam pas mei acontentà'ns de huelhas, paperòlas e comunicats de premsa. Que
hasè hrèita de tiéner un utis adaptai e eficaç tà
diser en tota libertat çò qui èm e çô qui am de
tants

har.
Alavetz

qu'ei "HAR".
E aqueste títol qu'ac vòu tôt diser !
Uei los occitanistas qu'an de har.
Har tà estar présents e non pas deishar lo
terrenh politic aus reaccionaris de dreta corn
d'esquèrra qui ne son pas sonque représen¬
tants de l'imperialisme francés qui ns'escana
be i a longtemps !
Har tà afirmar la nosta existéncia, l'existéncia
de la nacion occitana. Har enqiièra e tostemps
taus sons drets démocraties e légitimés : lenga
occitana coma lenga oficiau tà l'Occitania, tota
la soa plaça a la nosta cultura, drets écono¬
mies, sociaus e politics tau noste pòble, autonomia coma etapa entà l'autodeterminacion.
Har tà estar présents dens las lutas popularas tà desvelopar la luta de classas.
Har tà eslhevar la consciéncia nacionau
sociau deu noste

e

pòble.

Har tà apitar ua via estrategica e tactica de
luta en iigar practicament luta nacionau e luta
sociau e har vàder ua organizacion politica

hôrta, estructurada e democratica.
Adara que n'i a pro d'esperar de las promessas de ministres e notables. Qu'avem perdut
trop de temps. Ara qu'am de pensar solets, de
diser hòrt çô qui volem e de har çô qui disem.
Alavetz, de segur qu'ei lo moment de "HAR !".

ANARAM AU PATAC
entendre

sa

Commentaire de

choisit plus que jamais de faire
Claude
voie. La voie de militants totalement impli¬

qués dans la lutte pour
peuple occitan.
Nous ne pouvons plus
tracts, de comuniquers
un outil adapté éfficace

a

les droits nationaux et sociaux du
Eh bien il

seulement nous contenter de
dans la presse... Il nous manquait
pour dire en toute liberté ce que
nous sommes et ce que nous faisons.
Alors, voilà «HAR» {faire).
Et ce titre veut tout dire. Aujourd'hui les occitanistes on
de quoi à faire.
Faire pour être présent et ne pas laisser le terrain poli¬
tique aux réactionnaire de droites comme de gauches qui
ne sont que depuis trop longtemp les représentant de
l'impérialisme français qui nous étrangle.
Faire pour affirmer notre existance, l'existance de la
nation occitane, faire encore et toujours pour ces droits
démocratiques et légitimes : langue occitane comme
langue officielle, une place a part entière pour notre cul¬
ture, droits économiques, sociaux et politiques pour
notre peuple, autonomie comme étape vers l'autodéter¬

faut aller

mination.

qu'on

•

•

Faire pour

être présent dans les luttes populaires pour
dévellopper la lutte de classe.
Faire pour éveiller la concience nationale et sociale de
notre peuple.
Faire pour créer une ligne stratégique et tactique de

•

Sicre

•

•

nous

charbon.

au

Contre certains de

ceux

qui nous devrions
être alliés en priorité : des
avec

occitanistes ! Dont
comprenons

-

nous

nous parta¬

geons,

même - la hargne

envers

certaines institu¬

tions de l'Etat

Mais dont

-

français.

les lecteurs de

la Linha

Imaginât le

savent

nous ne

-

parta¬

geons ni les analyses, ni
la stratégie. On leur écrit
va leur répondre
direct. La Linha leur

répond indirectement
mais systématiquement,
par sa seule existence.

lutte, en liant lutte nationale et lutte sociale et faire naitre

organisation politique forte, structurée et démocra¬
tique.
Maintenant il y en a assez d'espérer des promesses de
ministres et notables. Nous avons perdu trop de temp.
Maintenant nous devons penser seuls, et dire fort ce que
nous voulons et faire ce que nous disons.
Alors c'est sur, c'est le moment de faire !
une

Amies,
Bien reçu votre
TAR. Lu avec intérêt.

Respect de votre haigne
que je partage - envers

-

ANARAM AU PATAC
certaines institutions de

ANARAM AU PATAC

Etat français.

Mais
profond sur les
analyses, et la stratégie.

désaccord

HAR n°0 Mai 1995

Tous allons donc, sur la

L'Occitanie est

une

nation

L'Occitanie existe par sa langue et par sa
culture qui n'est pas seulement une riche

Aujourd'hui, la nation occitane existe
toujours même si l'Etat colonial program¬
me la mort de notre langue et de notre cul¬
ture. Même si elle est peu perceptible, la

littérature, mais qui est aussi convivialité,
façons de se nourrir (cuisine à l'huile), de

nation occitane existe dans les faits

région de la France. Aujourd'hui, les occita¬

car

le

faire la fête... L'Occitanie n'est pas une

concept de «France» recouvre des réalités

nistes doivent

assumer

et des

l'Occitanie est

une

pratiques parfois bien diverses !
L'Etat colonial aveugle le peuple occitan en
lui faisant croire qu'il fait partie de la
«nation française». Il aveugle même cer¬
tains qui se prétendent «occitanistes», qui
dénoncent l'aliénation culturelle tout en
étant eux-mêmes aliénés : comment expli¬
quer autrement que des «occitanistes» ne
transmettent pas la langue à leurs enfar

que le Pays Basque, la Bretagne, la Corse
ou l'Irlande. Ils doivent aussi assumer
que
tout

en

abritant

des

vos

thèses. Vous aurez

bien sûr, autant que vous

possibilité de
répondre et d'argumenter.
ni tricherie,
ni occultation d'aucun
Sans

censure,

point. Bien.
A bientôt.

une

en son

sein une riche diversi¬

36

consacrer

articles à la réfutation de

voulez, la

le fait que
nation au même titre

la nation occitane soit

Linha,

té dans les dialectes,
les coutumes, les
manières d'être...

C. S.

�Linha

Imaginòt

Lecturas
3e trimèstre de 1995

Lu

Toujours les nationa¬
listes occitans

Paul Montalban

Pas d'éditeur c'est

une

manuscrit que m'a passé
l'auteur à Larrazet. Il est
marseillais. Il

i m près

Lo

Lugarn peut avoir des sujets historiques très
intéressants, à la recherche d'objectivité, totalement
dépouillé de la moindre allusion à un discours nationa
liste (ce qui est logique, puisqu'il n'y a pas de trace de
nationalisme occitan dans l'histoire), et lorsqu'il s'agit
de parler du présent ou de l'avenii; il retrouve des
réflexes qui pourtant ne reposent sur rien.
Le n°51 en question comprend un article fort
intéressant de J. Ressaire sur l'époque de la naissance
de l'IEO en 1945, entre collaboration et Libération
(nationale, celle-là). Epoque troublée pour le moins. On
y apprend par exemple que Louis Alibert fut emprison¬
:

né et condamné pour collaboration, et qu'il aurait du la
vie sauve grâce au milieu occitaniste. La naissance de

guerre fut contestable.
Or à côté de cette recherche que tout membre
l'IEO devrait connaître, apparaissent des raccourcis

rature". Du récit.

Autobiographique. De
quelques journées dans
un
long temps.
Réalisme contemporain
français. Sans paillettes
ni fausses bonnes idées

(pas Djion). Avec du
style et du souffle. Mais
fil conducteur pour
sortir du cloaque (où il
sans

complaît pas j ' ai
dit ça). Pour sortir

ne se

se

A fait le livre

Sa tête
est du bois

dont

pour se
débarrasser de tout

de

le moins abusifs. La question nationale est réglée
en une
ligne : "... lorsqu'il s'agit de promouvoir une
langue et donc la nation qui l'utilise." "Sbilà bien un
"donc" que rien ne justifie et qui pourtant fait couler
beaucoup d'encre et de salive. On aimerait que le débat
soit aussi relevé sur ce sujet que sur les pages de l'hia
pour

toire occitane.

ce

qui l'encombrait. Il peut
ré-écrire, maintenant.

LES âmes sensibles
n'achèteront

tenant

si

son

Culture consacre son aprèsmidi de samedi à «l'éloge
de la province». De
15 heures à 18h30, Anice
Clément et Thierry Grillet

son
propre
crâne — pour
pouvoir y jouer avec ses
doigts des madisons, des val¬
ses musette et des rocks, en
plus, bien sûr, de son

fameux concerto pour grosse
tête et orchestre.
Jack Perrot dispose d'un
registre fort étendu. Le som¬
met

du crâne émet des

Lugarn c/o Joan-Lois Veyrac St Paulet de caisson
Esprit

aigus.

Il n'y a guère que le temps
humide et le spectre de la
sinusite pour venir parfois à
bout d'aussi précieux dons
naturels.

les stéréotypes», en
compagnie de l'historien
contre

d'Alain
Schiffres, auteur des Pari¬

Pierre Chaunu,

siens puis des Provinciaux,
du sociologue Henri Men-

dras, ainsi que d'autres
écrivains, artistes et édito¬

convivialité contre l'anony¬
mat et'de la singularité

rialistes de la presse quoti¬
dienne régionale.

Libération des 29 et 30 Juillet 1995

30130 Pont St

37

sons

la pomme d'Adam
produit des basses, le nez
rend des sons mats, et les
dents permettent de travail¬
caverneux,

la vitesse, de la

teur contre

son

suffisamment maîtriinstrument favori —

Eloge de la province
France Culture. France

pas

disque. Mais Jack Perrot
plaira aux amateurs de
musique concrète. Il a main¬

(C.S.)

joueront la carte de «la len¬

Buge

on

fait les flûtes

ler les

qu'il fallait

pendant la

Jean-Marc

à Paris.

Il raconte. Pas de 'litté¬

trouver.

litée par la volonté de couper avec l'ancienne Section
d'Etudes Occitanes (fondée en 1930) dont l'attitude de

certains membres

va

pas
de lui-même. Pour

l'IEO, impulsée par Ismaël Girard, aurait donc été faci¬

Lo

un

avons

n°51 du 1er trimestre 1995 vient confirmer
sion

Le

folcklore parisien ou La
jeunesse d'un zombie
(récit sordido-glauque).

déjà traité du Parti Nationaliste
Occitan (moins virulent et bien plus ancien qu'Anaram
au patac) et de son organe de presse Lo Lugarn. Le
Nous

:

�L'expulsion des juifs de France

en

1394
Information

La victime
par

IL y a six cents ans, en 1394, les

juifs étaient expulsés du
Royaume de France. Cette
expulsion n'était pas la première :
en 1182, Philippe-Auguste avait
chassé les communautés juives de
son territoire (réduit, il est vrai à
un peu plus que
l'Ile-de-France) —
mais il avait rappelé les juifs en
1198; en 1306 surtout, Philippe,
quatrième du nom, dit le Bel, avait
aussi expulsé les juifs de son
royaume, alors presque aussi
grand que la France actuelle,
créant dans les communautés un
traumatisme dont elles gardèrent

longtemps le souvenir. Mais les
juifs avaient été rappelés en 1315,
puis expulsés de nouveau en 1322,
puis autorisés à demeurer dans le
royaume en 1359 — et enfin chas¬
sés par Charles VI en 1394.
L'ordonnance du 17 septembre
1394 (22 tishri 5155) voulait que
cette expulsion fût définitive. Elle
le fut en effet : pendant plusieurs
siècles, le royaume de France fut
interdit
toires

aux

juifs

—

seuls les terri¬

qui n'étaient

pas sous

dépendance du roi faisant

la

excep¬

tion

(Avignon et comtat Venaissin,
possessions du pape, l'Alsace et la
Lorraine, terres d'Empire etc.) ; ce
fut seulement avec les change¬
ments de la Révolution française
que le droit de citoyenneté fut de
nouveau reconnu aux juifs.
Cette expulsion mettait un
terme à plusieurs siècles d'une vie
culturelle et religieuse intense.
Issues à la fois de migrations et
d'un mouvement important de
conversions, les communautés jui¬
ves font partie
intégrante de la
population de la France durant
tout ie moyen âge : les plus
peti¬
tes localités ont

communauté
juive ou tout au moins une ou plu¬
sieurs familles, ce dont témoignent
une

aujourd'hui beaucoup de
juifs ». En dehors d'une
pratique religieuse, rien ne distin¬
gue ces juifs du reste de la popu¬
lation : même apparence physi¬
que. mêmes vêtements, même
langue (sait-on que le lexique de
l'ancien français est considérable¬
ment enrichi par les
gloses françai¬
ses de Rashi, qui, au XIe siècle,
fournissent ainsi l'un des plus
anciens corpus de textes fran¬
çais ?) Certes, la christianisation
eu profondeur, la centralisation du
pouvoir royal et des difficultés éco¬
nomiques vont faire en sorte que
la situation des juifs se trouve
eiégradée: leur statut ancien,
encore
«

rue

des

expiatoire

par le droit romain, de
citoyens à part entière, est aban¬

donné et évolue vers une sorte de
servitude ou plutôt d'apparte¬
nance au

roi

ou

à des

seigneurs

;

regroupement des corps de

métiers

en

corporations religieu¬

restreindre considérable¬
ment le nombre de leurs activités
ses

va

professionnelles exercées en
dehors de la communauté, le prêt
d'argent devenant alors quasiment
la seule voie d'échanges économi¬
ques extra-communautaire ; et,
surtout, le rayonnement de leur
culture va subir toutes sortes de

contraintes puisque l'Eglise se
méfie des séductions que peut

(et qu'exerce
judaïsme.
exercer

fait) le

en

LES PEURS
ET LES HAINES
C'est qu'en effet les communau¬
tés juives ont une vie culturelle
intense. La France est constituée
moyen âge au moins de deux
de cultures différentes : au
nord de la Loire, le pays de la lan¬
au

zones

gue

d'oïl (où l'on parle

ce

qui

mais pour
tions de

intense

:

poètes, médecins,
philosophes et, bien

sûr, commentateurs de la Bible et
du Talmud sont nombreux. Quel¬

hasard : Rashi et ses
disciples, les Tossafistes et exégètes de la Bible, Gersonide et les
philosophes du midi (Moïse ben
Josué de Narbonne, Joseph ibn
Kaspi de Largentière), le fabuliste
Berakhia ben Natronai, les traduc¬
ques noms au

teurs des familles lbn Tibbon et

Kalonymos et tant d'autres.
Mais la politique de Louis IX,
celle de Philippe le Bel appauvris¬
sent matériellement et spirituelle¬
ment le judaïsme
français : les
nombreuses écoles et yeshivot de
Champagne, d'Ile-de-France, de
Normandie, du Languedoc dispa¬
raissent peu à peu et, au XIVe siè¬
cle, particulièrement en France du
nord, nous n'avons plus affaire
qu'à des communautés en sursis.
C'est que ce XIVe siècle est un siè¬
cle affreux, qui voit se multiplier
les périls, les difficultés, les drames

donné lieu à des manifestations

grandioses. L'expulsion de 1394
n'a pas autant passionné : tout
juste un colloque scientifique orga¬
nisé à Paris du 5
a-t-il tenté

angoisses, les peurs, les haines,
Europe que domine la

dation de la condition économique
des juifs ; ils avaient été autorisés
à résider dans le royaume parce

les souverains attendaient
d'eux un dynamisme économique
dont

ils

auraient

évidemment

l'épanouissement
économique prend du temps ; en
France du nord, à supposer qu'il
se soit
produit, il fut aussitôt stoppé
par une série d'émeutes anti-juives
entre 1380 et 1382. Les
juifs ne
servant plus à rien, le roi pouvait
les chasser sans regret. Une autre
explication est fournie par l'ordon¬
nance
royale elle-même : celle-ci
:

or,

mentionne des crimes abomina¬
bles perpétrés par les juifs ; il

s'agi¬
précisément d'une ténébreuse
affaire liée à la disparition d'un
juif
converti au christianisme qui avait
pris le nom de Denis Machaut et
que ses anciens coreligionnaires

7 décembre

questions posées. On peut
n'ait pas
été mieux saisie la portée de cet
événement
bien que plus dis¬
cret, bien que plus restreint en
nombre que la grande cassure de
sans

Dans la seconde moitié du XIVe

siècle, les juifs réadmis dans le
nord de la France constituent quel¬
ques communautés regroupées
dans plusieurs centres urbains.
L'ordonnance d'expulsion de Char¬
les VI s'explique alors difficile¬
ment : pourquoi cette mesure,
alors que, visiblement, les juifs ne
représentent plus une force, ni une
quelconque menace ? Diverses
explications ont été proposées,
contenant toutes, je crois, une part
de vérité. Le premier type d'expli¬
cation serait précisément la dégra¬

au

d'apporter des réponses

aux

terreur du diable.

bénéficié

astronomes,

Le cinquième centenaire de
l'expulsion des juifs d'Espagne a

dans cette

parle occitan et provençal). Cette

littéraire, scientifique, religieuse

FIN D'UNE HISTOIRE

blable et différent, attire à lui les

que

différence est également marquée
dans la population juive. Mais que
ce soit au nord ou au sud, l'activité

seulement pour

les juifs
l'ensemble des popula¬
l'Europe occidentale :
guerres, famines, épidémies (sur¬
tout la peste noire de 1348 qui
décime l'Europe) créent un climat
d'insécurité permanente, qui favo¬
rise les errements mystiques ; le
phénomène de bouc émissaire se
cristallise et le juif, à la fois sem¬
non

—

deviendra le français moderne) ;
au sud de la Loire, le
pays (ou plu¬
tôt les pays) de langue d'oc (où l'on

est

décembre 1994

Gilbert Dahan

reconnu

le

juive

doute regretter que

—

1492. L'ordonnance de 1394 met
une histoire
que bien des

fin à

—

juifs porteront au-delà des siècles,
ne serait-ce que par les noms qu'ils
ont conservés ou que leur ont don¬
nés ceux qui les accueillaient : Serfaty, Narboni ou Frances. Mais
aussi l'histoire de la formation du

judaïsme moderne,

que, avec
Rashi et les Tosafot, introduisant
le Talmud en Europe, avec les pre¬
miers codes de halakhah (comme
le Sefer mitzvot gadol ou SMaG de
Moïse de

Coucy),

res œuvres
en

avec

les premiè¬

de cette Kabbale née

Provence, les communautés jui¬
françaises n'ont pas peu con¬

ves

tribué à faire naître.
G. D.

(*) Directeur de recherche

Commentaire

au

CNRS.

:

rait

auraient tenté de faire revenir

au

judaïsme. Là encore, l'explication
est probablement bonne en
par¬
tie

:

l'Affaire Denis Machaut

a

dû

servir de catalyseur. Quant à moi,
je vois l'explication probable dans

l'évolution d'un monde christia¬
nisé se repliant sur lui-même et
cherchant à résoudre

ses problè¬
la désignation d'une vic¬
time expiatoire,
pareille au bouc
envoyé dans le désert chargé de
tous les péchés de la commu¬
mes

par

nauté...

38

Notez le

"particulière¬

ment en

France du Nord"

du

chapitre Les peurs et

les haines. L'auteur

daigné

se

a

peu

pencher

sur ces
différences entre Nord et

Sud. Nous lui

répondrons

bientôt.
C.S.

�LIRE

Dimanche 19 février 1995

Le

roman

JDD

français est-il mort ?
UN

Oui,

vivons dans le désert de la création

nous

HOMME bien malheu¬

Monsieur Jean-Marie
: où qu'il
porte les

reux, ce

Domenach

Non, Monsieur Domenach !

la critique littéraire, la
télévision, le cinéma, la chan¬

yeux, sur

LORSQUE j'avais quinze ans,
j'ai lu la Condition humaine,
d'André Malraux. Pour l'élève
des jésuites que j'étais, ce fut un
éblouissement. Deux ans plus

tard,

en

1940, l'histoire, pour les

de

mon

se mit à res¬
sembler au roman. Les barbares
à tête de mort écrasaient la
France, la torture, la déporta¬
tion, les fusillades et la frater¬
nité clandestine qui refaisait un
gens

peuple... le

âge,

roman

devenait

histoire, et c'est grâce à
Malraux que j'ai eu la chance de
participer à ce combat.
Plus tard, je me suis aperçu
notre

PAR JEAN-MARIE
ner

et la volonté d'exister. Notre

roman

est

asthénique. Mais

pas

seulement le roman : le théâtre,
la poésie, la philosophie, la

peinture, la musique et le
cinéma. Les grands créateurs, se
sont évanouis ; nous vivons
dans le désert de la création.
Mon hypothèse est que cette

dégringolade

a pour

origine la

rupture entre un peuple et son

je ne lisais plus de romans
français, Mauriac, Bernanos,
Martin du Gard, et puis Camus,

imaginaire : l'imaginaire natio¬
nal, c'est-à-dire les histoires que
les Français se racontaient sur
la France, - l'imaginaire chré¬
tien qui fournissait une mytho¬
logie aux incroyants eux-

Tournier, Giono... ils avaient

mêmes,

que

disparu

ou

s'étaient tus. Je me
pourquoi les

suis demandé
romans

nouveaux

m'en¬

car

la révolution était

fond,la figure temporelle du
salut.
De cette crise, c'est le roman
au

nuyaient -et je n'étais pas le
seul ! Alors je me suis mis à les
lire systématiquement : un par
semaine en deux ans, ça fait une
centaine, ce qui est peu par rap¬
port au millier de titres parus
pendant ce temps, mais suffi¬
sant, parce que je me suis bien¬
tôt rendu compte qu'à deux ou
trois exceptions près, ils se res¬
semblaient'au point de ne faire
qu'un seul roman où se répétait,
avec quelques variantes, la

qui donne l'image la plus

même

La crise de notre culture est
bien plus grave que la crise
sociale. Or, plus exactement,
elles ne font qu'un. S'il ne crée

histoire,

-

une

histoire

triste, souvent obscure, dont les
héros se réduisaient à de lugu¬
bres fantômes errants dans le
désert des villes.
Ce qui manque à ces livres ?
Une

public désorienté par le'
tapage médiatique, et que ne
guide plus une critique trop
complaisante.
un

plus de chef-d'œuvre, une peu¬
ple est incapable de s'inventer
un

ce qui
manque à notre
politique: le pouvoir d'imagi¬

avenir. La fiction est tombée
niveau d'une réalité qui se

dérobe, et qu'elle

plus à saisir.

ne

son,

DOMENACHf*

parvient

le

Il paraît qu'on doit taire des
vérités aussi désagréables. C'est
ainsi qu'en 1939, on emprison¬
nait ceux qui prédisaient que la

Ligne Maginot serait tournéeMais regarder la maladie en
face, c'est déjà vouloir la guérir.
Puisque la création s'aplatit,
puisque la critique défaille, c'est
aux lecteurs, c'est au public, de
se révolter et d'exiger autre
chose. Personne ne peut affir¬
mer qu'une seconde renais¬
sance est impossible.
(*) ancien directeur de la
revue Esprit.
Le Crépuscule de la culture
française ? de Jean-Marie
Dnmenach, Pion, 210 pages,
115 F.

roman -surtout

le

rien

qui ne soit pauvre,
raté, en lambeaux, en guenilles,
insuffisant et complaisant. Pour
roman

-

nous en

tenir à la seule France

-le mal que

que roman

tionnaire et

romans) remonterait à 1970.
Depuis vingt-cinq ans, le désert.

bombe,

ce

péremptoire : celui qui tient
pareil discours est amené à l'in¬
fléchir

sans

cesse

pourrait

par ce

qu'on

appeler

des

inflexions de retenue

».

Lt

Crépuscule de la Pensée Fran¬
conjonctions

Bien

Okcy avec Doinenach,
sur la plupart des points.
Mais il ne sait pas pourquoi
il

raison. Il

a

ne

pas

pourquoi et

tort

:

il

sur quoi
en

a

train de

s'assurrer, mais elle part de
très loin, de très bas, et elle
s'avance à

visage découvert,

mais leur unitarisme la

masque aux

intellectuels

d'en haut, [encore
on

tus

verra

si

une

bien d'ici 2

j'ai

pas

«

l'ois

ou

à l'encontre de la création fran¬

çaise d'aujourd'hui.
Les

sait donc

la relève est

Certes...
Pourtant...
Quand même... », qui montrent
assez que M. Domenach peine à
rester à la hauteur du procès
implacable qu'il tente de dresser
:

Mais... Encore que...

:

.3

raison. (f'.S.)

d'« une sorte de retrait à l'égard
de l'Histoire, du réel sous toutes
ses formes concrètes. »
Est-ce faux ? Non, bien sûr

ports il y a plein de vrais faux

On sait le défaut inhérent à

de ce procès ?
Notre littérature romanesque,
« fortement
imprégnée de phitermes

losophies dégénérées » serait
ennuyeuse ; elle ne ferait plus
rire ; l'un de ses principaux
défauts : l'absence d'huma¬
nisme ; il n'y aurait plus de vrais
personnages bien pourvus, en
chair, en os et en âme. Surtout,
elle serait « détachée de l'His¬

toire, de la,réalité sociale
Domenach

rêve d'un

».

M.

roman

(quantités de romans) avec
plein de banquiers (de préfé¬
rence faillis), de politiciens (de

Passe-t-il aux États-Unis,
dont il connaît mal, de son pro¬

notre littérature

meurs et accuse

-

type d'analyse catégorique et

BERGERÇ

préférence véreux), de chô¬

(comme les vrais faux passe¬

çaise regorge d'adverbes, de
Commentaire

PAR YVES

diagnostique le
Crépuscule de la Pensée Fran¬ -,et certaines des anq(ysuscditns
çaise serait européen et M. cê livre, soni pertinentes. Est-ce
Domenach se risque à de brèves juste ? Non, bien sûr. Le roman
et bien hâtives incursions hors
contemporain a sa façon de dire
de « l'hexagone », comme il
l'Histoire et la société mais M.
dit
le seul vrai bon roman
Domenach voudrait que cha-

«

genre

plus habitée que par le sexe. Le
déferlement des titres submerge

au

Exacte¬

ce

mais déconnecté maintenant de
la réalité sociale, recroquevillé
dans une intimité qui ne semble

histoire, et de faire

vivredes personnages.

roman,

démocratique par excellence, le
plus accessible, le plus actuel,

vigueur: la force de

raconter une

ment

claire,- le

13

Dieux
donne

:

fut

un acte

l'équivalent d'une
s'en faut. Ses
Malraux auquel il par¬

;

lecture de combien de roman

M. Domenach fonde t-il

,

procès

insuffisances
boursouflures ;

vain médiocre est
que ses

écri¬
grand pro¬
livres autant

ture...

*'

Notre

essayiste est un nostaL
gique, des années 30, ce qui ne
saurait surprendre.
leurs toujours par

C'est d'ail¬
référence à
Giono, Montherlant, Morand*,
Mauriac, Bernanos... que les
roman
contempteurs du
contemporain arrêtent qu'il
n'existe plus. Je demande,:
Lucien Bodard, Dominique'
Fernandez, qui ne sont pas;
cités, Hector Biancotti, cité avec
des réserves, ne valent-ils pas

Georges Duhamel, Romain
Rolland, Jules Romains, Jac¬

Chardonne, les grand,s

vieux témoins de M. Domenach
à la barre du tribunal où il cite à

comparaître,

pour

les romanciers

les exécuter,

d'aujourd'hui ?

appel ? Cent. Il
en

son

a

lu

sau¬

des pages. C'est lui qui le
dit. On croit rêver. Cent
romans : deux mois de lecture.
A t-on le droit d'invectiver
contre la fiction contemporaine
tant

que cet

exemple ne sont pas
pour rien danslachutedela dio
tature Soviétique... M. Dome¬
nach ajoute Flaubert, indiscuta¬
ble lui, écrivain sans bombe
pourtant, concession qu'il ne
peut pas ne pas faire à la littéra¬

sans

cent romans et encore

un

que son

ques

qui est vrai), il regrette, par réfé¬
rence à Faulkner, Hemingway,
Dos Passos, qu'elle ne soit plus
ce qu'elle fut. Toujours ce tra¬
vers : comparer l'incompara¬
ble, aujourd'hui à hier. Facile,
déjà mille fois dit et lu. Sur la

graves

littéraires, ses
Soljénitsyne, parce
phète et

(elle brasserait mieux le
réel, la société, l'Histoire - cç
nôtre

révolu- 1

ou peu

ses

pre aveu, une littérature qu'il
estime pourtant supérieure à la

;

après

une lecture saute-mouton
d'aussi peu d'ouvrages ?

Ajoutons

que

M, Domenach

voit des mafias partout, que son
idée de la façon dont fonCr
tionne une maison d'édition

aujourd'hui est aberrante (voir
page 32), que l'écriture de son
livre est hâtive (ah ces phrases
qui commencent par « Mais... »
et « Car... », ce qu'on ne fait
jamais-quand, on a réussi, une
bonne

sixième...) et qu'elle
aboutit à des cocasseries. Par

exemple : « on reconnaît ici
cette veine, typiquement améri¬
caine, qui, en France, a dépéri
après Rabelais...» Cette
« veine »
d'un roman améri¬
cain antérieur à Rabelais, il fal¬
lait le faire (l'écrire).

Le

Crépuscule de la culture

Française ? M. Domenach ne

croyait

sans

doute

pas

si bien

l'illustrer.

(*) Directeur littéraire des
éditions Grasset.

�Linha

Imaginòt
Lecturas
Commentaire

Aimer les gens

On
de

Aimerles gens. Ce ne serait pas l'ef etde noire bou¬

jambes variqueuses, de larges oreilles, de visages flétris:
vrais
pressentirez que l'un ronfle, que l'autre aboie...
Quand on aime vraiment les gens, on leur fait indéfini¬
ment crédit quitte à prendre quelque précaution dans
leur commerce, t es époques les plus noires nous incli
nent à la suspicion, mais, en pareille circonstance, I hc

devoir. Ce ne serait pas
non plus, guides par un quelconque instinct gré
gaire pour bous frotter à eux. pour respirer les «feras. Un
pareil amour serait tenace. D ne procéderait pas d'un ser¬
ment réfléchi et, cependant, il ne serait pas inscrit dans
roiane croît à la mesure des lâchetés et de la noirceur de
une fatalité organique. Il unirai! la spontanéité et un libre
choix à l'image de noire personne. D nous enchanterait: quelques-uns. Nous continuons à estimer, avec le tra¬
nous n'imaginerions pas un monde privé de visages; une
gique grec, que l'homme est la merveille des merveilles.
journée heureuse serait celle où nous aurions accueilli et 91 hn fait prendre forme lentement et il n'aboutit pas tou¬
prodigué des signes de politesse, d'amitié et cependant, jours à la perfection espérée.
nous saurions en être Ls spectateurs d'un œil amuse,
Quand on aime les gens, il y a des actes ignobles que ja¬
prouvant par là que nous ne nous comportons pas com¬
me les membres d'un clan collés les uns aux autres.
Les gens: il y a parfois du mépris dans cette exclamation.
On songe alors à une masse indistincte qui encombre la
terre. Prononcée sur un ton amical, elle évoque une fou¬
le silencieuse à laquelle nous pouvons donner la lumiè¬

mais on
mais

ne

on ne

commettra,

des silences lâches auxquels ja¬

consentira. La doctrine du pur amour me pa¬

rait d'un usage plus délicat: entendue avec imprécision,
elle constitue une commodité; comprise dans ses exi¬
gences les plus nobles, elle semble trop sublime pour
être suivie par la plupart d'entre nous.
Vous leur en vouiez de donner de I " importance au peu de
chose qu'ils sont: de se la¬

la parole et, alors, elle fait entendre une polyphonie
sympathique: foule innombrable qui ne viendra jamais à
se tarir. Avec une attention plus soutenue, ce sont des
«.J'ai n iu voir
gens de la mer, de la terre, de la plaine, des lettres, du
Sud, de l'Ouest, de la banlieue. Quand ce ne sont que de les
gens
bravés gens, nous en aimons la bravoure, c'est-à-dire
l'héroïsme avec lequel ces geus sans importance affron¬ et retrouver
tent les difficultés de la vie quotidienne et en tirent des
ce
joies. Les gens de la banlieue deviennent des gens de tel¬
re,

menter

Saint-PriesL et leurs enfants se

dirigent le matin vers un CEG Pablo-Pieasso ou vers un
collège Louis-Aragon, et ceux de l'océan se mêlent, les

à l'occasion des

et

d'autres à

ceux

du nord.

'Les gens

de peu". Le
qui continue. Il tient
un filon. Remarquons au
passage 1) qu'il se pré¬
voilà

sente maintenant

qui les
singularise,

comme nous un

nement

à ces instants
où ils émergent
de la masse...»

D'autres font de même,
ailleurs (Edgar Morin,

etc). Les rats quittent le
navire dont ils ont

rongé
Anthropologue
est plus smart, plus essen¬
tiel, plus mystérieux... 2)
qu'il ne reprend pas
expression "gens de
peu". Il est passé aux
'gens" en général.
Progrès. Démenti au bout
de quelques lignes ("gens
sans importance"). Il y
la cale.

la

en

tel achar¬

à survivre que ce¬

devient grotesque,

presque obscène.

sous-entendu est

Libération 31 Mai 1995

anthropologue et écrivain,
auteur des "Gens de peu" (PUF),
et des "Pilleurs d'ombres" (Payot)

40

: vous

les jugez

"sans
importance" et regardez,
vous

écoutez-moi leur
ner

une,

en

don¬

moi qui les aime.

Rhétorique de vendeur de
mots. A

Libération, à

université.
Article

insigni¬

fiant. Où est la démons¬
tration de

quoi ? Le
sociologue ne sachant
plus quoi dire fait de la
mauvaise littérature. Le

regard

sur

l'humanité des

passants est partout dans
les bons romans. Du déjà
mieux dit. Sans la préten¬
tion de

l'anthropologue.
Qui méprise. Parce qu' il
n'est pas avec.
aucun

Dans

combat, situation,

galère, espoir, désespoir,
délire. Une paire d'oeils
et un cerveau qui aime,
de l'extérieur, cet

objet

que sont les gens. Dieu,
finalement. Dieu tout-

puissant (d'aimer) qui se
cache derrière le socio¬

logue paisible annonceur
de banalités. La modestie

faire passer la
pire des prétentions. Afin
de justifier un salaire, et
feinte pour

de

se rassurer sur

même.
Pierre Sansot est

comme

anthropologue" et plus
comme sociologue.

gens que
petits drames qui les affec¬
tent, de rire à gorge dé¬ Sansot, grâce à son
ployée pour des histoires importante science
qui ne sont pas tellement d'anthropologue, pourrait
drôles. Eh plus, ils mettent juger sans importance. Le

Un autre
du sud-ouest
i'apensé: "Ce n'est pour¬
tant pas tellement at¬
Cet amour a-t-il nécessairement partie liée avec le souci
du bien? Un individu croit aimer les gens. Il tire seule¬
trayant la vie des hommes,
arec ces mains qu'ilfaut
ment profit de leur proximité sans s'effacer devant eux
quand il conviendrait. 11 s'étourdit dans les cafés surpeu¬ laver, ces rhumes qu 'ilfaut moucher, ces cheveux qui
plés, au milieu des foules. Si sa jovialité est appréciée, el¬ votes quittent. »
le ne le poussera pas à se dév ouer. En revanche, certaines Pour mettre fin à vos doutes et vous a&gt;surer qu" ils sont
personnes prennent en considération les vœux de leurs vos semblables, qu' il vous suffise de cheminer dans une
prochains, mais leur fera défaut une chaleur que nous ne rue. Les gens que vous y rencontrez sont comme vous:
seulement mieux vêtus ou plus sales, d'une taille infé¬
sommes pas en droit d'exiger d'elles.
De déceptions en déceptions, il nous arrive de ne plus rieure ou supérieure à la vôtre. 11 n'est plus question de
souhaiter leur présence, de nous en remettre à d'autres vous absenter d'eux, d'instituer des marquages sociaux
formes de bonheur plus personnel. Puis, en quelque sor¬ qui. par malheur, deviendraient de v éritables ghettos.
Vous ne trouverez «dans le visage d'enface aucun trait
te. l'appétit revient tout comme un homme repu jure de
jeûner et reprend goût aux aliments. Sans voracité. L'ap¬ quijustifie la haine, aucun trait qui n 'appelle l'amour
pétit revenu signifie qu'ils nous manquaient et que nous humain et rien d'incompatible nor. plus dans leurfaçon
nous
de se gratter te nez ou de boire».
réjouissons à nouveau de lesrencontrer.
J "aime voir les gens perdre et retrouver ce qui les singu¬ Cette soirée s'annonce douce. Les gens flânent, s'arrê¬
larise. Passants anonymes, ils arpentent les boulevards, tent à un café, sur un banc, face à un monument auquel
tes couloirs du métro. Ils pénètrent dans un lycée, un bu¬ ils ne prêtaient pas attention. Ils ne semblent plus pressés
reau. S'arrêtent sous un
porche, s'asseoient à une terras¬ de rentrer chez eux. Ils ont quelque chose à dire à leur
se de café et leurs
visages réapparaissent. S'ils se mêlent v ille, à des passants éphémères. Ils se sourient. Même
peu après aux foules, ils redev iennent des ombres mou¬ seuls, ils ont des accès de tendresse, des débuts d'épanvantes, iLs n'ont d"autre office que d'épaissir les rues, les chement. Ils ouvrent grand leurs yeux surune nuit qui
quais d'une gare, les enceintes d'un stade. A ces instants- tarde à venir mais qui s'annonce par des scintillements
là, sachant que ces gens ont émergé ou émergeront de la ici et là. Alors me revient la phrase célèbre du philo¬
masse, je ne peux pas douter de la singularité de leur des¬
sophe: &lt; Des hommes doués d'une aussi banne humeur
tin et je leur sais gré de me rendre le monde habitable.
ne
peuvent pas êtrefoncièrement mauvais ou vils.»
Aimer les gens, c'est les désirer et les rendre aimables. Si Alors, ils ne supportent pas que certains êtres soient ba¬
vous
n'éprouvez pas un pareil amour, vous repêcherez foués sous prétexte qu'ils sont différents et que, malgré
encore
quelques regard; malicieux quelques tenues élé¬ leur modeste, si modeste condition, ils constituent une
gantes, mais aussi combien de croupes énormes, de menace pour •&lt; / "intégrité dit corps stx. ial» m
uns au vent

ce

aurait donc des

perdre

le barre, de tel escalier, de

souvient

que nous avons dit
de Sansot et de son livre

PAR PIERRE SANSOT
lé ou pour accomplir notre

se

:

C.S.

lui-

�Linha

Imaginât

3e trimèstre de 1995
Le cahier livret de Libération

jeudi 9 mari 1995

£ósaiâ

Mettre les voiles
Sociologie
Françoise Gaspard, Farhad Khosrokhavar,
LE FOULARD ET LA REPUBLIQUE. La Découverte, 214pp., 98 F.

Entartés Les entarteurs belges, disciples de
Georges Le Gloupier, ont récidivé à l'aéroport de Nice
en jetant des tartes à la crème à Bernard-Henri Lèvy,
l'une de leurs cibles favorites. Ils ont également atteint
son épouse A rielle Dombasle qu 'ils avaient manquèe
de peu le premierjour du Festival de Cannes. Les deux
stars qui repartaient à Paris se sont précipitées sur les
entarteurs et les ont martelés de coups de poing et de
pied. La police a appréhendé les fautifs. C'est la
cinquième fois qut BHL se fait entarter.
L'HUMANITE/MERCREDI 24 MAI 1995

Chez les jeunes
musulmanes
des banlieues
de Paris ou
de Dreux, le port
du voiie recouvre
des situations

plus complexes
que le débat
îolitique ne
e

laissait croire.

Une enquête

sociologique

Après toute sorte d'imbé¬
cillités que leur corporation a

proférées

sujet, deux
sociologues critiquent leurs
confrères et essayent de parler
plus sérieusement du voile, Avec
des témoignages. Le jour où ils
se

sur ce

taieront tout à fait et laisse¬

ront

parler les gens (ils pour¬

raient faire les

présentations),
ça ira encore mieux.

de François

C. Sicre

Gaspard
Farhad
Khosrokhavar.
et

Ecouté
La cassette artisanale de Double Embrouille Sound

System

(12 titres). Dans le plus pur style massiliesque, et donc avec une
inspiration jamaïcaine, les gars de Mérignac font parler leur ville.

Mérignac que tchatchent
(avec Chico sélecteur) qui ont intégré la bande des
"raggas du Sud", avec ceux de Marseille, de Vitrolles, d'Agen, de
Nice ou de Toulouse. A Mérignac aussi on aime raconter ce qui se
passe dans son quartier, et on est prêt à capter tous les vents, les
sons, les questions qui parcourent le monde. Double Embrouille
veut prendre en main son destin face à la morosité ambiante, Nul doute que cette première prise de parole
va faire bouléguer les choses à Mérignac et dans les environs. Le groupe est de plus en plus souvent sur la
Linha et on nous demande leur cassette pas encore commercialisée. Quelques signes qui montrent bien que
l'on a affaire à un groupe porteur d'identité, qui nous réconcilie avec l'agglomération bordelaise dont nous
commencions à désespérer.
La cassette de Double Embrouille est disponible chez Rock n Ragga et le groupe sera aussi présent sur
la compilation "Ragga Baleti" de Rocker Promocion avec Wadada, Mierdis Posse, Jack Dish et Hypnotic
Gang.
A signaler aussi que les membres de Double Embrouille écrivent beaucoup sur le ragga dans LO, le
mégazine du rock français (Bordeaux), Clubs et concerts, le fanzine des loisirs et spectacles (Bordeaux) et Mix,
Pas

un

mot

sur

Bordeaux ; c'est bien de

Manu et Nico

le Sud-Ouest musical

(Toulouse)
Jean-Marc

Rock

n

Ragga BP 206 33708 Mérignac Cedex T: 56 55 90 77.
41

Buge

�Linha

Imaginòt
Ecrits

3e trimèstre de 1995
tambour de masque :
A bas les masques

un

-

Extrait de "Histoires
deux têtes" de Marie-

C'est
haut.

ce

tambour

!
qui a soulevé Pabloc très

Equilibriste. On a applaudi petit bébé
qui n'a rien dit, qui n'a pas eu peur. Petit

Pabloc

bébé Pabloc est allaité aux

sonnailles du tambour

de masque et c'est ainsi que commencent
toire d'amour et les repas de rue.

José Fages

Il était

une

fois... Claude Sicre

en

écris, cires et cris, Qaude Sicre qui avait
Dans le

quartier de Misette, j'ai rencon¬
tré Pabloc et Fernandoc (1), des musiciens de
quartier. Un tambourin dans chaque oeil, ils
tapent des mots et chaque coup perce leur corps
...

d'un trait de lumière. Grand

peur et

Et celui-là

mon

-

de

Fernandoc et Pabloc ont écrit

rue...

Dis, tu connais les Fabulous Trobadors ?

Claude Sicre ? Ecoute.
Et il rappe comme eux Sicre et Ange B, lui
Fernandoc et son cousin qui est là, deux clones

heureux, tatoués, à fumer des pétards ryth¬

miques et dest fort et c'est beau et c'est applaudi.
Deux bons musiciens de quartier dit

sur

Misette.

rappent en tapant sur des poubelles :

Ils

chats
AH ! MISETTE

cousin de

Figuerolles. Ecoute-le, il ne dit jamais la même
chose à chaque fois qu'il parle.
Fernandoc est heureux de rapper patois.
J'ai découvert les carnavals, la musique

décidé

les jeudis de la semaine le sud de la
mangeait son repas dans la rue.

Pabloc, bébé rap-

Bébert, dest

crise,

que tous
France

Fernandoc, papa rappeur :

-

les his¬

les nourrir

sans

ça

ils crè¬

vent
et

Y

a

Misette dans la

rue

elle

nous

les rappeurs

des

rues

leur donne

épluche des histoires
avec des
doigts de souris
elle arrange des habits

on

elle taille des oranges
dans les coeurs abandon¬

mineur.

nos

miettes

de thon et bien sûr

nés

elle

ouvre

des

portes

dans les

Y

a

des tatas des tontons

et des bonnes bouilla¬

noires
rues

écartelées.

baisses

-

Misette.

Fernandoc rit

avec ses

yeux,

cousin. De l'admiration coule,

de l'eau dans la

rythme qui a une histoire, celle de tata
Maria qui leur prépare la sèche en rouille et celle
des Fabulous, une histoire qui naît dans les rues
de Toulouse et dans les poubelles de Misette où
un chat roux mange du tonnerre rappé et des
révoltes rappées qui dégoulinent en mélopée.
H était une fois un quartier... il était une
fois l'homme qui voulait devenir humain. H était
fois Pabloc et

clones de

Fernandoc, deux rappeurs

Montpellier qui rappaient comme
c'était pas permis, à table, sur les places, sur les
boîtes à sardines. On leur avait appris à ne plus
se taire à ne
plus s'ennuyer. On leur avait enfin
appris comment se dire. Et l'aventure débute par

jeunes qui se bais¬

sent

Ah Misette Ah Misette

pour nous
bouillons

la

ils ont tellement bu la

regarde son

voix, du

une

et des

Refrain

grand-mère des rues

Ah Misette Ah Misette
elle

a

hérité

chanter des

tasse

que nous on

des

poubellitiques
HIC, c'est notre hoquet !

la leur rem¬

plit
avec nos

airs,

nos

pirouettes
qu'leur rancoeur, elle est
Y

a

des rats dans les

vomie.

égouts
Il y a nous sur
toirs

les trot¬
(1) Personnages de fic¬
tion

des oeufs vides et des

inspirés par deux
rappeurs rencontrés à

fourchettes

Toulouse

à rapper

Y

a

des omelettes

des oiseaux et des

:

Fernando.

Pablo et

�Linha

Imaginòt

Ecrits
3e trimèstre de 1995
Ceci n'est pas un

texte à lire mais à entendre,
après deux ou trois verres à degrés,
je sacrifie à ma bétise de l'écrire...

A ....Cortetas...Cortetas...

Algérie. Je lis parfois des
journaux d'Algérie. Essayez
vous aussi, ça vaut le coup.
Celui que j'ai sous les yeux

ESCARGOT 27

(Algérie Actualité, 26/09
/94) titre Tamazight - Le
silence Pourquoi ? C'est

Le

concept d'amour
concept occitan pour celui qui l'ignore
n'existe pas encore chez les escargot de Bourgogne

très drôle à l'intérieur. Lisez

-

les, je peux rien dire. (C.S.)
Bars. Les bars musicaux

En

sont souvent le

des études sérieuses montrent que,
ce

premier lieu
des artistes face à un
public potentiel. Leur déve¬
loppement mérite d'être
soutenu. C'est ce qu'ont
pensé quelques respon¬

effet,

concept migre très lentement et atteint

pour

parti d'Occitanie,

actuellement

le Sud de la Loire

sables d'établissement dans

prospectives d'experts en population prévoient
que le concept d'amour chez les gastéropodes atteindra
la banlieue parisienne en Février 2007
Des

et le

coeur

de la

capitale

en

les Bouches du Rhône. Ils
ont créé l'Union

Départementale des Cafés
Musique afin d'unir les
forces en présence et de
proposer des animations
originales. (J-M B)

Mars 2008

si

UDCM Pascale Séverac 2
bis

les

périodes de précipitation ne décroissent pas et considérant
la prolifération des autoroutes

et les

serre

risques d'accidents nucléaires majeurs...

experts ne s'inquiètent pas et ajoutent que,

dans tous les cas,

provisoire du Nord sur le Sud
quant au frayage de ce concept tendre,
ne
gène en rien
cette arriération

la

13 58 Fax

:

91 49

91 50 22 66.

:

Alphonse
le Guide
pratique pour une forma¬
tion musicale par la chan¬
son traditionnelle françai¬
se
en deux parties. La
première (Historique et
mode d'emploi) rappelle

Leduc propose

Toutefois,
les

du Maréchal Foch

Guide. L'éditeur

la culture intensive

l'effet de

av.

13004 Marseille T

l'histoire de la chanson tra¬

ditionnelle, et présente
l'outil et

sa

pédagogie du

chant. La deuxième

partie
(Répertoire et progression)
entre dans le vif du sujet à
l'aide de plusieurs cycles de
formation. (J-M B)
Alphonse Leduc 175 rue St

copulation mécanique résiduelle

Honoré 75040 Paris Cedex

et par

là-même le développement statistique
de la population des bêtes à cornes
identique
au

01.
Pas

Nord

possible, et c'est génial.
Plage des
Aresquiers 34110
Frontignan-Plage t : 67 43
Wave Rider.

comme
au

pareil. Du rock, des

moules et des frites, c'est

Sud.
V.M !

41 38 Fax: 67 48 67 89.

�)

Li n ha

Imaginòt
Courrier

3e trimèstre de 1995

Amies de la

Linha,

cripto-nacionalista. Es Claudi
Sicre qu'o conta dins lo vòstre n°22, deu èstre
vertat, coma tôt çò que sortis de la boca d'aquel...
Ara soi

Non, francament, me fotèt las èrnhas. Vau

parafrasar un politician francés, que lo Sicre los
vei solets lèimes

:

Claudi Sicre, avètz pas

lo monopòli del
segond degré, ni mai de la marri da fe !
pas

gaulista, ni mai castanian.

la tendéneia literària

•

la tendéneia economista

•

la tendéneia

caduna mai

populista (I. Roqueta)...

o mens en

reaccion contra las

autras...

Aqueles adjectius son plan reductors, mas
Imaginât aquò's una abituda...
E dempuèi cinquanta ans E sèm dedins, e
dempuèi mai de temps qu'aquò. Que ne vesèm
d'autras benlèu mai présentas dins lo Felibrige e
sos ròdols, mas que nasejan de còps dins l'occita¬
dins Linha

nisme

Primièr, soi plan convençut que Claudi Sicre es

(Castan),
(Lafònt),

•

me,

:

la notion de mantenença,

lo traditionalis¬

lo folclorisme, etc...
E

aquelas tendéneias, o torni diser, son
mai lo rebat d'ideologias francesas. Es
una
pas
acusation, es una constatation, benlèu
un
pauc una provocation - e aici o capitèri plan :
Claudi Sicre i tombèt dedins ! Podèm pas far
autrament que sèm escoliats dins aquel sistèma,
que los occitanistas per la màger part son de produches d'aquela éducation nationala e son mai
mai que

Claudi Sicre

es

pas

gaulista perqué lo

gau-

lisme existis pas. Es sonque un vestit nòu del
conservatisme francés, barrejat d'un pauquet

de

pintrura sociala e de sembla dinamisme (soi
segur qu'aquel acorchar idéologie
Sicre qu'i es tant acostumat...)

Claudi Sicre

agradarà al

gaulista perqué existis,
el, o vesèm plan, o legissèm plan, e sentissèm de
plan son voler d'o nos far saber ambe çò
qu'escriu dins Linha Imaginât.
Claudi Sicre es pas castanian perqué lo
castanisme existis pas. Existis (e es plan !) Félix
Castan, ambe sas òbras, aquela font dins lo
desèrt artistic exagonal, aqueles poèmas de
jovent e aqueles tèxtes d'argumentari qu'èran
plan ambe lor temps, las annadas 1945-1950. E
me demandi se Claudi Sicre
legiguèt aqueles
tèxtes de Castan, que me balhan mal de cap, non
pas que son trop complicats (al cap de gaireben
15 ans d'occitanisme, arribi a legir lo lengadocian
literari del sègle XX sens trop patir) mas que fan
la pròva que dempuèi cinquanta ans, avèm pas
tròp avançai dins la teoria de l'occitanisme.
Demoram embarrats dins l'opausicion de
tendéneias que Sicre ne parla e desparla mas que
son
aqui, a butar caduna de sieu costat, e
es

pas

Occitania, l'occitan, los occitanistas
Per resumir
•

avançan pas.

:

la tendéneia nacionalista moderada

(fondators d'Oc...),
•

la tendéneia nacionalista radicala

(Fontan),

o mens

constientament nationalistas franceses

(aqui una autra provocation, se volètz).
La "pensada" de Castan tala que se legis
dins argumentari la pòdi pas analisar sens èstre
subjectiu. Es una pensada educationista, a plan
rason
que cal educar los occitans sus la siá lenga,
la siá literatura. Mas pensi que s'engana quand
vei Occitania sonque coma una création literària.
La literatura tala que la descriu sembla trop
aquel planponh de clichés que nos ensenhan al
collègi, al licèu, sus un nombre reduch d'autors
francés. Es pas qu'una part minora de la tradi¬
tion culturala d'un pòble. E Occitania a una cultura mai fòrta

los autres

en

defòra de la literatura. Coma

paises, segur. Mas en França la tradi¬

tion dels contes, del folclòre es estada negada,
tuada pel sistèma educatiu modèrne que sa tòca,
a

la fin del

s.

XIX, èra de desrabar los pichons a

la tèrra per ne

far d'obrièrs e de soldats plan
domèrgues, per se far tuar sul prat batalhièr o
esplechar dins las fabricas. E aquel sistèma edu¬
catiu contunha uòi : denega la nocion de comunautat, la qui ta nocion d'ostalada, al nom de
l'egalitat. La literatura que nos ensenha es redusida. E lo biais d'analisar aquela literatura es
unenc. Los autors occitans del s. XX
que se'n sor44

�Linha

Imaginât

Courrier
3e trimèstre de 1995

trop, solide,
politica.

u

e

doncas causiguèri de far pas de

Pensi francament

qu'es bufèc, e qu'es pas
prioritat. Per ieu la prioritat es d'o far tôt per
tornar a la lenga un usatge normal. Ensenhi
l'occitan mas soi pas ensenhaire. O escrivi mas
soi pas escriveire. O parli mas es
pas ma lenga
mairala. O legissi qu'una literatura sens
legeires
val pas un pet de lapin.
Respècti pasmens los que se causiguèron
una accion
politica. Lor escupissi pas dessús. Lor
balhi la man de temps en temps per
pegar d'afichas coma eles me balhan la man per manténer
ua

una

bibliotèca occitana a Paris, Convivéncia.
Soi pas nacionalista que compreni pas

nocion de nacion. O

la

alara, soi nacionalista chèc,

que ma grand nasquèt ailà e que me
butât a sosténer la còla de hoquèi de

sentissi mai
Republica

chèca que la dels quebequés d'Exagonia.
Me sentissi europèu de cultura, e

r*

tisson

-

e

encara, pas a

cada còp - son los qu'an

pogut posar siá dins los contes, siá dins la literatura del defòra (americana de Bisa o de Sud,
notadament). Vesatz Bodon o Max Roqueta,
Lafònt

o

Ives

Roqueta.

Es per aquò que lo castanisme existis pas.
Mas Castan existis, fa de causas e cresi que çò
essencial

es

d'o tomar diser.

d'Euròpa tota. Amb una tendéncia fòrta a
l'Euròpa latina d'un latz, eslava de l'autre.
Question de rasigas. Mas ensagi d'integrar
d'autras culturas. Çò qu'es malaisit que cal legir,
compréner dins la version originala. E se pòt pas
apréner totas las lengas. Pasmens lo passatge per
una revirada (francesa,
anglesa) es una trai da.
Mens benlèu la revirada anglesa.
Me vòli pas identificar a la filosofia del
guetò que nos arriba d'America e qu'acabarà per
existir, que sembla que lo poder s'i acostume.
Ven mercatic de s'i

l'ora d'ara

es

inserir, de far de rap perqué a
çò mai comercial. Mas la nocion de

lo contrari de la convivéncia. Es una
d'aparteid encara mai ipocrite. Permet la
creacion de mercats parallèles al mercat tròp
guetò

es

mena

concurrencial de la classa sociala nauta. A pas

Segondament fau

pas

ges

de politica.

Per

Aquò pòt pareisser ipocrite, que diràn
d'unes que tôt es politic, mas aquò m'interessa
pas gaire. Es una causida que faguèri, e m'i tèni.
Planhi que Claudi Sicre se sentiga forçat de
m'invectivar

coma

cripto-nacionalista

de fondament cultural.

mas

s'enga-

na.

Cadun, dins l'occitanisme, se causis, es
avantatge, son biais de far. Que i a de que far,

tornar a Qaudi

Sicre, per ieu me
jutge, ni mai lo dret de condamnar.
Sonque lo de testimoniar. E aimariá que
m'enpegue pas d'etiquetas sens me conéisser.
E me soi pas jamai desabonat, ieu. Que la
Linha es un lòc de débat, o torni diser, que fa pas
me

sentissi pas

de mal.

un

Joan-Francés Blanc
45

�Linha

Imaginòt

3e trimestre de 1995
un

pauc coma ua

utopia benlèu

k

■ • ■

.Cortetas., .Cortetas...

mas un

Cara linha,
jamai après la nòstra
lenga mas lo mieu paire pariava lo
Ai

francès

coma una vaca

occitana,

pauc.
Vos enviai la letra

qu'ai

escriut a M6; es un "monument

d'hypocrisie" per çò que pensi que
M6 es mai amie del fric que de la
musica, mas ai pensât que podiai
esser mai Sicre que Sicre, me diretz
se

i soi arribat,

au festival
de Sainte Croix Volvestre
Clams de votz. Un

plura¬

lisme intéressant (Rosina
de Peira,

Zebda...) mais qui

s'étend aussi
de

pluralisme

au

commercial et
encore

Amistats de l'Auvernha.

pensi qu'ai pas qu'a traduire son
biais de pariar dins la grafia normalisada, coma aquò escrivarai

Ariège. Une isite

qui manque

sens.

Le

village

est ainsi encore absent du

festival
ser.

qu'il abrite. A creu¬
(J-M B)

Clams de votz, Association

Joan-Pascal Godonesc

l'occitan coma una vaca france-

Ste Croix s'éclate T

61 66

:

34 62, 61 04 89 31.

sa.

Te, ai ja componat una

pichona poësia per vos, Claudi
Sicre, que me permes de vos
enviar :

P.S.: Ai descobért

Cayrou que me
sembla plan funny. La caseta dels
Trobadors es plan
bona tanben, and

Per asticar las vielhas

3BL

J3L

the sound is

ving (thank you
Philips). The analysis

d ornas
Te cal prene un

pauc de coke
Tu tanben, paura

CêsciMa

Coca Cola es bon

mens coma
ce

que P-L

el, BHL es a ta filosofia

Sulitzer es a la literatura

(non ?),
Soi pas del meteis avis que
Sicre sus la "sociologie" e sus
l'America

(mas benlèu qu'un jorn o
serai), mas soi convencut de la justesa de sos actes (se pòdi dire). Ai
besonh de la Linha per sortir de
ribas, per pas mai demorar un
"intellectuel poujadiste". Ai besonh
de saber que l'"Occitania" existis,

sur

le

lisme. Heureusement Félix

participation

lack of ambition for

tomorrow, it is of
not the case of Sicre. Quant

à Claude

Hagège, il me paraît
pêcher par optimisme, mais il va
sans dire que je m'incline devant
les vues de tous ces grands
hommes.
P.P.S.:

séminaire

réjouissant
Régionalisme/Internationa¬

a

desperating; I feel a

course

un

ainsi sa

Sicre, but a little too

|J

dernier

thème peu

venir et

cisé than that of

Claudi Sicre aja
S
respondut a mieu
argumentis; a plan
de paciença ambe
ieu e puei es mens car qu'un psychanalista (o psicoanalista ?).
Pensi qu'a pas besonh de
montrar la colhónada d'aquel colhaud de BHL, per que es íamósa al
que

(AERA) organisait en Mai

vision of occitanism,

appear to me more
scientificaland pré¬
Soi content

Architecture

pour une

Castan était invité à inter¬

what he has told,

tu.

d'Etude et de Recherche

of R. Lafont, his
if I have undestood

lenga d'oc
per

impro-

Séminaire. L'Association

pu

présenter
:

"Je

dis pas "régionalisme", je
dis "décentralisation natio¬
ne

nale". Je

ne

dis pas

"inter¬

nationalisme", je dis "poly-

cosmopolite".
probléma¬
tiques, je forme le voeu que
nos
grandes métropoles
s'érigent en capitales rayon¬
nantes, et prennent
conscience de leur visage
propre. Leurs intellectuels
centrisme

Entre

ces

deux

doivent mettre leur hon¬
neur

à élaborer

une

pensée

critique, sur la base des
expériences auxquelles ils
sont à même de participer
réellement dans les diverses

p44, l'article intitulé "Titres" :

c'est très bon, mais non de D...
c'est de la SOCIOLOGIE

(Non ?) ou
pire, de la PSYCHOLOGIE SOCIALE
(Non ?).

disciplines. Ce n'est
déroger de dire que

Toulouse n'est ni Paris, ni

Lyon, ni Lille, ni Marseille,
ni non plus Barcelone,
Milan

ou

Munich. La loi

compétitive de l'échange
inter-villes, inter-capitales,
sur un pied
d'égalité, sans
limites et

sans

contraintes,

est féconde pour

M

46

pas

B)

tous." (J-

�Linha

Imaginòt

Courrier
3e trimèstre de 1995

héime Claudì,
Attention, je t'enuoie du urac

:

*

Sûr, la lecture de la "Linha Imagínòt" est revigorante, mais je perds un peu l'appétit avec les par¬
ties de ping-pong Mac Do, dont sont curieusement occulté les tenants et les aboutissants
(et tu ne uas pas
me dire que tu ne les connais pas, cette méga-machinerie-qui-sait-tout-si-bien-cibler...)
Sardou aussi a su bien

cibler, Chirac aussi, et alors ?... L'intelligence ne serait-elle qu'au service de

l'art d'emballer-peser-couper en tranches les foules ? Basta.
*

sûr, la "Linha Imagìnòt" y a ses sources, mais elle chevauche souvent les cartes
occitanes, et ça c'est un peu dommage de surfer toujours sur les mêmes territoires, des fois on tourne en
Un autre truc

:

rond.

Moi, je suis d'avis, à partir de
les

nos

starting-"blacs", de complètement envoyer s'"eK-terr(ïtlorîser"

paroles et les langues, les idées et les pratiques.

Intéressant, le cabot[in]age géoccitanique, mais limité parce qu'il y a des limites.
Rlors, même si ton tente bleu (pour les rencontres de Larrazet) est plus "net" (quoique je préfère de
loin la turbulence d'un dédalle de chemins de terre

Bon, mais alors, la revue ? Elle est ouverte
*

Choqué bien sûr

(je suis un plouc venu tard à la ville I)
moitié ouverte (because IE0) ?...

ou

à

propos des Massilia : les paroles, en quelque

elles, appartiennent à leurs auteurs. Les Massilia
*

-

ne

langue soient-

la meilleure chose qui pouvait arriver à la musique dans
doivent rien à personne. "Tatou dit !"
-

Le dernier bébé des Trobadors a merveilleuse mine

dope-le de cachous). Sûr que, là, l'album
cences

autoroutes).

par ce que Pierre Morvan a pu commettre dans le "Peuple Breton". D'abord, il n'a

absolument pps le "droit culturel" d'écrire ça
cette ville

aux

va

être

un creuset

(ne l'emmène

(qui

sonne

au

Mac Do que s'il insiste, et

plein) pour de futures efferves¬

imagìnòtistes, "de park et d'autres..."
*

Tiens, si t'as

pas

lu, le Marsalis (le touche-à-tout, pas le curé) dit des trucs intéressants dans

L'Affiche de Juillet. Merde, j'ai
*

prêté le n° à Cathy (de Radio Beffroi) pour casse-croûte dans l'avion de Rio !
J'écoute Lubat. C'est du béton paysan, et ça prend. Faut que je fasse écouter ça aux Mitili Flk, (les

frioulais qui ont distribué un tract bilingue avec citation de Castan au
*

Rock&amp;Régions 94...)

Bon, je peux plus éternellement détourner la Linha du local associatif de UJLN? Je m'abonne "dès"

aujourd'hui.
Jo Nousse/Tutti Futti

Amie,
Merci de ton abonnement.
Merci de ta lettre. Qui, si tu

acceptes, pourrait passer dans la Linha, c'est un article...
l'enfermement occitanique : on parle d'où l'on bosse, et on prend les articles d'où
qu'ils viennent, mais il faut en avoir, Et puis tout se joue partout et l'approffondissement des questions ici peut
servir aux autres ailleurs, je crois.
Il faut savoir contre-attaquer (Mac Do and Co) et pour ça savoir OU les adversaires sont forts, com¬
ment pourquoi ils le sont. Certains préfèrent se voiler la face et insulter et donc contre-attaquent rien, Ils subis¬
sent et gémissent et invoquent un futur qui magiquement les délivrera. Pas moi. Je VEUX connaître, et donc
reconnaître, les qualités de mes adversaires, pour mieux savoir où sont ses failles.

T'inquiète pas

pour

A bientôt. Amistats. C.S.

47

�Linha

Imaginòt
Courrier

3e frimèstre de 1995
A ....Cortetas...Cortetas...
Lettre en

alphabet arabe, réponse à une lettre d'insultes
Montauban. Finalement, le
festival de Montauban est
fait de

brique et de baroque.

(B.D.)
'

y

Lqj

périphériques
parlent sortent un
numéro spécial intitulé
Objectif de jeunesse pour

Avenir. Les
vous

finalement trouver
à l'avenir d'une

4-&gt;^° !»

ballottée par une crise multidimensionnelle. Un édito¬

"

rial (Jeunesse de nature et
de culture) précède une
analyse des contextes de la
crise, des arguments et pro¬
positions, puis quelques
premières réponses. On ne
peut bien sûr que saluer,

1P&gt; M jh

fj

&gt; ^-0 1

oj&gt; 'j
&lt;&lt;

oj-&gt;.

■

un sens

génération

b

dans

*&gt;

ïyL.

premier temps,

un

telle initiative. Mais 0 y

une

beaucoup de
critiques à faire. Au hasard:
opposition Nature/Culture
et Jeunesse/Non jeunes
aurait aussi

selon shéma binaire sim¬

pliste,

les analyses
propositions en
grande partie aux questions
économiques ("de la
ramener

voire les

vj3
s

consommation à la

Lo

•

t^xy Lyuu /,

se"),

un

dépen¬

universalisme abs¬

trait comme synonyme

de la

réflexion, aborder le passé

L&gt;

le biais de ses valeurs
(?), une réflexion très liée à
l'université, etc...
Dans la foulée, Les périphé¬
par

riques vous parlent lancent
Les Etats du devenir (avec

La même

familier

lettre,

au

en

alphabet latin, écrit de gauche à droite, plus

Nord de la Méditerranée

:

Dimars 11 d'abrial 1995

également serveur sur
comme il y a eu les
Etats Généraux de 1789 et

Internet)

leurs Cahiers de doléances,
pour essayer

de trouver un

avenir par rapport à la crise
de civilisation. On ne peut

Sénher,

conseiller la lecture de
Imaginât et de
Félix Castan. (J-M B)
que

la Linha

Hi recebuda uòstra

longa letra del 14 de març passât mas uos

respondrai pas per çò que "a lauar lo cap d'un negre

òm i pèrd son

sabon !"
Uos saludi

Les

périphériques

lent

44

rue

75010 Paris
94

vous par¬

de

l'Echiquier
T: (1)40 22 04

(1) 43 66 09 00 Fax
(1) 44 83 00 07. Adresse

respectuosament.
J.T.

-

:

électronique : lubna@labori.gna.tfd.com.

�Linha

Imaginòt

Courrier
3e trimèstre de 1995
de monter des séminaires et des

Cher M. Sicre,
Je vous écris en écoutant
"Ma ville est le

plus beau park".
Vous vous rappellerez peut-être
qu'il y a deux ans vous avez pris le
temps de parler avec moi, à
Tolosa, de votre musique et vos
idées ; j'étais avec ma femme,
beau-frère et ma fillette. J'ai
demandé la permission de citer en
mon

traduction "Era pas de faire" - et
vous me l'avez généreusement

donnée. Je

disais que j'étais
en train d'écrire un livre sur le lyris¬
me, la

vous

politique et l'hybridité en

Chine, en France et ailleurs. Et vous
m'avez dit alors que vous étiez
aussi en train d'écrire votre livre

Happys Days in Tolosa, Francia que
j'attends de lire avec impatience.
Depuis notre rencontre j'ai lu Vive
i'Américke et Félix Castan et en
écrivant mon livre j'ai fait allusion et
à Castan et à vous. J'ai aussi lu

régulièrement la Linha Imaginât. A
l'époque j'étais à l'Université de
Chicago mais depuis un an je suis à
l'Université de

Hong-Kong.

Au moment où

je vous écris

je suis de passage en Alpes
Maritimes (j'ai été malade cette
année et j'ai besoin de l'air de la
montagne). Malheureusement je
n'ai pas la possibilité de passer par
Tolosa cette année. La semaine

prochaine, on va passer une
semaine dans les

Alpes de Haute
Digne

Provence à chercher entre

et Valensole une vieille maison de

campagne pas

chère où l'on pour¬

rait monter notre "institut". Il

s'appellera l'Institut
Arlequin/Harlequin Institute : A Non-

;

langues et cultures négligées, peu

j

connues,

sous-valorisées, et dites

"marginalisées". On invitera des
Philip Tagg de l'institut
of Popular Music à Liverpooi qui a
amis comme

lutté pendant des décennies pour
que l'académie prenne au sérieux

Hybrid Cultures. L'idée c'est

|
;

...

.Cortetas.. .Cortetas...

Ragga/rap/raï. Du nou¬
veau du côté de
Limoges
avec le groupe Reflet
d'identité.
Zouhair Bounzourra 18
allée Fabre

d'églantine
Limoges T : 55 35 98

87280

j

65.

j
j

Tournants. Le 1er Juillet

la

musique populaire ; des amis
peintres du Pays de Galles, des
amis des E.U. qui font d'une façon
radicale des études sur l'Asie

moderne, et bien sûr des

poètes de

Chine, de Hong-Kong, des
Cornouaiiles, et d'ailleurs. En même

j

tout ce

resteront des dates

impor¬

tantes vis à vis des éveils

;

des identités locales.

Massilia Sound

System

a

notamment dans les deux

thèque/videothèque/discothèque/librairie avec des livres et
autres matériaux. Bien sûr on fera

1995 à Decazeville et le 14
Juillet 1995 à Germ-Louron

temps, on montera une biblio-

permis de créer des
esprits sur
rapport au lieu et sur les

cas

déclics dans les

!
i

qu'on pourra pour promou- !

voir la culture occitane. C'est un

le

relations inter-identité. Sur
les deux sites, un bouillon¬
nement d'idées

a

semble-t-il

projet tout à fait ambitieux mais on
en a marre de passer nos jours

j

innondé les acteurs. La

dans les couloirs stériles des univer-

;

sités ("Honte aux universitaires").
On ne sait pas encore si on

stratégie de Claude Sicre (LI
N°22 p. 35) était donc excel¬
lente, alors que le concert

: (pages 4 et 5 de

de Larrazet du 4 Juin

l'année j
dépendra

pourra monter notre institut

était

prochaine ou non, ça

avance.

ce

peut-être trop

suivre.

de nos circonstances financières

numéro)
en

A débattre. A

(J-M B)

etcetera. On vous tiendra au cou-

;

rant. Pour le livre, dès

!

Uzeste. Laissons à Francis

j

voir

•

Monde du 22 Août 1995)

qu'il sera mis

Marmande le loisir de

à jour

(à la fin de l'année on
pense) bien sûr, je vous en enverrai
copie. Le livre s'appelle
Trobadors, Trumpeters, Troubled
Makers : Lyricism, Nationalism and
Hybridity in China and Its Others. Il
est publié aux Etats-Unis par Duke
University Press et en Europe par C,
une

Mon adresse

j
j

140 Pok Fu Lam Road,

j

Hong-Kong
et
fax : 852 2855 0905.
Téléphone

i
i

i

49

apprécier une version
après le théâtre,

s'est ouverte notamment au

cinéma et à la
scène

!

Gregory B. Lee

qu'un festival de jazz "sur
fond de joutes politiques et
d'utopies gauchistes" (Le

peinture, et
chapiteau et une
qui ont permis de

avec un

68 Middleton Towers,

A bientôt.

ne

Uzeste Musical

1995 qui,

personnelle à

Hong-Kong est :

en

pour

Hurst &amp; Co. de Londres.

national Institute for Global, Local,
and

A

événements pour le populo sur des

l

nouvelles dimensions artis¬

tiques. On aimerait un jour

pluralité chez
syndicats représentés, à
croire qu'il n'en existe
qu'un dans le pays. (J-M B)
trouver cette

les

�Linha

Imaginòt

Courrier

3e trïmèstre de 1995

est de savoir
de prendre le contre-

Bon, très bien, Vous vous élevez contre la pensée unique, Mais aujourd'hui la question
débattre avec ceux qui apportent une autre pensée, d'autres concepts qui permettent

pied du microcosme, en étant en phase avec la société et ses évolutions.
Nous avons la prétention d'être en France le mouvement le plus cohérent sur le plan culturel, social et
politique. Chaque jour qui passe nous le démontre, et personne ne nous a démontré le contraire. Tout au
moins ceux qui ont bien voulu débattre, Car le problème est bien là : qui ose débattre avec ceux qui sont à
l'opposé de tout ce qui se pense à l'intérieur du périphérique de la pensée française ? Félix Castan, le premier
théoricien-praticien de la décentralisation culturelle (et donc de la culture) en France, est quasi-inconnu chez
les bien-pensants,
Désolé, mais jusqu'à preuve du contraire, vous êtes de ceux qui entretiennent la pensée unique. Dans
votre dossier sur ceux qui font bouger la France, la Linha Imaginât était absente.
Allons, encore un petit effort,
Sincères salutations.
Jean-Marc

P.J.: n°21 et 22 de la Linha

Buge

Imaginât.

mmî «papes pocpeps!

ppésentep.. nous nous mmm jm mit
ii mm cwifiMif, nous mm des mm phonétiques pu
deuxième continent oiM le quépec nous et nom mmmn, m
quépec mm m mm un mi péécpipe m mm
poup m. yotpe pMiawuiOH est indispensable. nous youlohs
galèpep i mm les diyeps eestiypu pocps en mm dupant lété il
nous mm captep mm pepel qui m dans les pmm paìa pu
Íócii m iïiodepne. m m suit; nus opsepyations g mippessions se
petpouyepont dans un uype, uype qui sepa le teidoim yiyant de
notpe cénépation.
VOILA EH mm (E QUE HOUS MEHPOHT DE YOUS. HOUS US
QUE YOUS HOUS ENVOYIEZ PEÍ DÉTAILS ÍUP LES DIEEÉBEHTS EESTIYilli JIOCKS
EÍÏIYALÍ fllHSI QUE YOTPE DISPONIPIUTÉ POUP (EÏÏE «EIDE PÉPIOPE.
-mèuuohe est eopte, lïlills nous davantage.
laissez nous nous

nous ydihcdons!!!

QUÉBEC CfllUTHI EOTKE
cSTAV IPIE!)
50

�Linha

Imaginòt

Courrier
3e trimèstre de 1995

Imaginât publicacion trimestriala del sector Musica de l'Institut d'estudis occitans e de la GRQM
publicacion : Claudi Sicre
Cap de redaccion : Claudi Sicre
Redaccion, composicion, mesa en pagina, administracion, difusion : Joan-Marc Buja
Adreça : 42 carrièra de la banca 82000 Montalban T : 63 63 08 58 Fax : 63 20 33 89
Imprimaria : Médiations S.A.R.L. 1 carrièra Bourdelle 31300 Tolosa T : 61 42 88 55 Fax : 61 42 96 81
Depos légal : 3e trimèstre de 95
Linha

Director de

N° CPPAP

en cors

51

�Sèm totis tolonencs
(Sian touteï Toulounen

/ Nous sommes tous des Toulonnais)

partie de ceux qui se sont, depuis longtemps, donné les moyens de ne pas avoir le choix. Socrate n'a
quitté Athènes. Ceux qui ont encore le choix, où qu'ils soient, entre rester à leur poste ou laisser se débrouiller sur
place ceux qui n'ont jamais eu le choix, ceux-là ont déjà perdu.
Nous faisons partie de ceux qui boiront la ciguë...
Nous ne faisons pas partie de ceux qui se vantent toujours d'"aller sur le terrain". S'ils ont besoin d'y venir, c'est
qu'ils n'y sont pas. Nous y sommes. Jour et nuit. Toute l'année. Sur tous les fronts. Conscients que tout se joue tout le
temps, dans les "moindres" propos, les "moindres" actes. Il n'y a rien de moindre (1).
Nous ne faisons pas partie de ceux qui voudraient suspendre une étoile noire au-dessus de certaines villes.
Contre eux, nous sommes aujourd'hui avec TOUS les Toulonnais.
Nous mettrons peut-être, dans la ciguë, une goutte d'anis.
Nous ne faisons pas partie de ceux qui accusent d'autres d'être la cause de tous les maux. Pour le FN, ce sont les
immigrés. Pour certains, c'est le FN. Nous faisons partie, nous, de ceux qui, lorsqu'ils constatent des événements aussi
Nous faisons

pas

demandent, D'ABORD, ce que eux-mêmes n'ont
partie de la population française se laisse bercer
intellectuels, artistes, hommes politiques, citoyens, se
voies. Et plus on prétend, sur les antennes ou
sentir responsable.
spectaculaires se proposent alors d'"entrer en
résistance". Nous résistons tout le temps. En passant. En essayant tous les jours, à la base de la société, d'entraîner le plus
grand nombre vers les plus grandes ambitions. Lorsque les élites ne peuvent plus faire que de la résistance contre, elles
ont déjà perdu. C'est pourquoi les élites, aujourd'hui, ne sont plus à chercher au sommet de la société, mais dans les
quartiers, les associations, les clubs sportifs, les chanteurs folckloriques..., la pluralité des acteurs et des lieux qui réinven¬
tent les grands principes dans une pratique de tous les jours. Plutôt que de les assenner du haut de leurs chaires.
leur ville, dans leur
là (2). Si

graves que ces résultats aux élections, dans
pays, se
pas fait, ou ont mal fait, pour que les choses en arrivent
une
d'idéologie par des démagogues, à qui la faute sinon à ceux qui,
sont donné comme objectif d'éduquer, de désiller les yeux, de montrer les
dans les journaux, avoir la capacité à tenir ce rôle, plus on doit se
Nous ne faisons pas partie de ceux qui, à l'occasion d'événements

Nous

sommes

heureux de venir à Toulon nous mettre au

cigùe toulousaine, avant de partager la

service de ces acteurs. On leur fera goûter un peu

de

leur. Et de la boire, s'il le faut, jusqu'à l'hallali.
Claude Sicre,

Fabulous Trobadors.

dans la
(du à la
musique classique en passant par le raï, etc), le tout organisé bénévolement par des citoyens. Un clip des Fabulous
(1) Le Comité de Quartier Arnaud-Bernard existe depuis 20 ans. Le Carrefour culturel organise régulièrement
rue, sur la place, des Repas-de-Quartier, des Conversations Socratiques,
conférences,
concerts
rap

cíes

Trobadors, à base d'archives de ces activités, passe actuellement sur M6.
(2) Confer la Litiha Imaginât, revue de la GRQM (Grande Révolution des

des

Quartiers du Monde) (trimestrielle). La Linha

Imaginât désigne aussi un mouvement d'indépendants regroupant organisateurs, peintres, écrivains, intellectuels,
sûr musiciens (parmi lesquels Massilia Sound System, Nux Vomica - Nice, Compagnie Lubat, Femmouzes T, etc)
"■
.

'V "fe

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et bien

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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bulletin du secteur &lt;em&gt;Musica&lt;/em&gt; de l'Institut d'&amp;eacute;tudes occitanes, la &lt;em&gt;Linha Imagin&amp;ograve;t &lt;/em&gt;contient l'actualit&amp;eacute; de la cr&amp;eacute;ation musicale occitane ainsi que de nombreux articles sur les festivals d'Uzeste, de Larrazet et le Forum des langues du monde de Toulouse. On peut aussi y lire des textes de&amp;nbsp; r&amp;eacute;flexion sur la d&amp;eacute;centralisation, la d&amp;eacute;fense des langues et des cultures. La publication est ouverte aux d&amp;eacute;bats et donne la parole &amp;agrave; ses lecteurs dans une importante rubrique &amp;laquo; Courrier &amp;raquo;, elle comprend enfin une revue de presse et des comptes-rendus de lectures.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bulletin del sector Musica de l'Institut d'estudis occitans, la Linha Imagin&amp;ograve;t conten l'actualitat de la creacion musicala occitana e d'articles nombroses suls festenals d'Us&amp;egrave;ste, de Larraset e lo &lt;em&gt;Forum des langues du monde&lt;/em&gt; de Tolosa. Se p&amp;ograve;t tanben i legir de t&amp;egrave;xtes de reflexion sus la descentralizacion, la defensa de las lengas e de las culturas. La publicacion es dob&amp;egrave;rta&amp;nbsp; als debats e&amp;nbsp; balha la paraula&amp;nbsp; als legeires dins una rubrica&amp;nbsp; &amp;laquo; Courrier &amp;raquo;,&amp;nbsp; compren enfin una revista de premsa e de comptes renduts de lecturas.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Castan, Félix-Marcel (1920-2001)</text>
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              <text>Alranq, Claude</text>
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              <text>Damaggio, Jean-Paul</text>
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              <text>Buge, Jean-Marc</text>
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              <text>Michòt, Laurenç</text>
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          <name>Source</name>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, KI 5</text>
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      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
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          <name>Portail</name>
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              <text>Bibliotèca</text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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      <name>Cultura occitana = Culture occitane</name>
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      <name>Musica occitana = Musique occitane</name>
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      <name>Occitanisme = occitanisme</name>
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