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                  <text>Publicacion del sector musica de l'Institut d'Estudis Occitans

SOMMAIRE
mémoire et d'identité

Rencontre Félix Castan

-

1

Henri Meschonnic 1995

2

Musica
De la

posture des Fabulous

de la

GRQM. Trimestral. Setembre de 1996

Le Louron parle de
mémoire et

Identttats
Le Louron parle de

e

5

Pas de ci, pas de ça
Femmouzes T / interview

d'identité....

8
10

Trobar

14

Le solo de batterie

14

Félix-Marcel Castan

Citoyenneté
Nouvelles de Nissa

15

descubrir

IEO Animacion per
lenga e cultura occitanes
Tournoi de foot brasilian à Arnaud-Bernard
Charte de la citoyenneté communale

16

Tout
décentralisateur
en compte le
projetd'IDENTITE
qui ne prendra paséchoué
concept
échouera,

16

comme ont

17

L'envie de vivre

au

pays des mille collines

18

Débats
8-H L, Finkielkraut et les autres

21

Pour l'occitanisme

22

Propositions

24

tionnement, un mécanisme d'auto-destruction, qui refoule et
élimine sur tout le territoire les forces créatrices que l'Etat a
mission de servir et de protéger... Le centralisme français n'a

Trobar
Aristote à la rencontre de la différence

25

Nouvelles du laboratoire larrazetois

26

Les identités communales

27

Programme

28

Des

e

l'université d'été du GFEN

pédagogies nouvelles

pour un

élève-citoyen

29

Teatre

Jacqueline, Brigitte, moi-même et

30

Cançon
Enfants de

Gayant

31

Poesia
A la Sala, la mesclada
Blues 1994
Histoire

sans

32

32

fleurs ni couronnes

32

Le soleil inonde la vallée

32

Lecturas
est absolument nécessaire de mettre
dans cette Linha pour hausser le nivel
Trois mots

un

peu de Meschonnic

dessin

sur ce

33
34

J'ai lu

35
L'arche des mots
37
Ted Hawkins, mort d'un homme de la rue, et commentaire
--38

Zebda s'exprime

Retrouver

un nouveau

40
contrat social et commentaire

42

Paris/Province

43

Paris reste une fête et commentaire

45

Guy Bedos,

46

"On

a

une

crème d'humoriste...
et commentaire

la coupe I"

J'aii Ilu

Cher

(e) Ami (e), et commentaire
Courrier
On the Linha

jamais cessé de

42

-

-

-

-

marche.
Le principe posé, pour les citoyens, par la Révolution
de 1789 doit être étendu à toutes les entités culturelles, quelle
que soit leur importance matérielle, et indépendamment des
jugements de valeur qui sont portés sur elles.
Identité culturelle ne signifie ni race, ni ethnie, ni
nationalisme. Pas la guerre, mais la paix : le libre
jeu des
antithèses et des aitérités, qui sont la richesse de l'humanité.

L'esprit humain

50

a

besoin, pour

se

reconnaître dans le

monde, de construire ses habitacles, ses municipes, ses
alliances et ses lieux de débats... Un dialogue théorique est, de

plus, nécessaire entre les acteurs engagés sur le terrain et les
institutions compétentes. Sans dirigisme de la part des pou¬
voirs.

Deux

48

50

consolider, n'ayant jamais été attaqué de

11 faut affirmer le principe d'égalité des chances,
dans
chaque catégorie :
égalité des capitales de France, aucune n'ayant droit à un
monopole ;
égalité des cultures et des langues, aucune n'ayant statut
d'illégitimité ;
égalité personnelle des créateurs ;
égalité des communautés municipales, des collectivités en

48

49

se

front.

41

Les banlieusards à la
campagne et commentaire
Civrtates du Midi et commentaire

toutes

les tentatives décentralisatrices que la France a connues.
Pour guérir la nation de ses maux, il ne suffit de réta¬
blir l'équilibre entre Paris et la Province, ni entre la
campagne
et la ville. La véritable maladie de la nation n'est
pas simple
carence, une malformation facile à corriger, mais un dysfonc¬

Témoignage

sans se

dynamiques, d'origine différente, convergent

confondre

d'autre part

:

l'animation de groupes en mouvement, et

l'action individuelle, issue du champ culturel propement dit... A leur rencontre l'identité imprévisible et novatri¬
ce, que l'institution aura le devoir de soutenir prioritairement.* •

�Linha

Imaginòt
d'expression profondes,
patrio¬
tisme ? Moi je dis non. Un
sons

Rencontre

Félix Gaston

essentielles. Est-ce par

Henri Meschonnic

-

écrivain occitan n'écrit pas
par
une

1995 (extraits)

patriotisme occitan. Pour
raison très simple : la

nation occitane n'existe pas.
Dans la

Félix Castan

Il

:

me

semble que,

d'une manière
générale, si l'on a des idées
pas très claires sur la nature,
sur

la

structure

de la

cons¬

cience occitane, c'est
n'a pas un regard assez
te

qu'on
réalis¬
sur la situation des langues,

sur

la situation des

sur

les conditions dans les

cultures,

quelles des écrivains de
tion

se

-

voca¬

mettent à écrire non

pas en français, mais en occi¬
tan. Il me semble que c'est là
la racine de toute

notre pro¬

blématique.
Il y a parmi les
jeunes qui ont une vocation
littéraire, j'en ai devant moi,
ceux qui optent pour l'expres¬
sion française. Il y en a
d'autres qui optent pour
l'expression occitane. Faut-il
exclure l'une des solutions,
l'une des options au nom de
l'autre ? Je pense que
une absurdité.

c'est là

Chacun selon

'

son

tempérament fait les choix
qu'il désire, les choix qui lui
appartiennent.
Ce qui compte c'est
de savoir pourquoi. Pourquoi
on écrit en français,
c'est
assez simple ; c'est
parce que

çais. Je pense pouvoir dire
qu'il n'est pas un seul écri¬
vain occitan, parmi les
vivants, qui n'est pas com¬
mencé par écrire en français.
On s'est essayé à écrire en
français, d'abord, parce que
c'était la langue la plus facile
à utiliser. Celle qu'on avait
apprise à l'école, dont on
connaissait l'orthographe, le
lexique, dont on connaissait
tous les

mécanismes. Par

conséquent, c'était naturelle¬
ment qu'on écrivait en fran¬
çais.
Le grand problème,
dans l'époque que nous
vivons, ce qui est vraiment un
phénomène scandaleux, c'est
le fait qu'il y ait des gens qui
renoncent à tous ces acquis,
ces capacités qu'is ont d'écri¬
re dans une langue pour écri¬
re dans une autre qui vrai ment

n'a

aucun

avantage a

priori pour eux. Il faut, pre¬
mièrement, qu'ils la tra vaillent, qu'ils la mettent au
point, qu'ils apprennent à
l'écrire.
Celui

l'environnement culturel dans

qui écrit en
se forger
sa langue.
Il ne peut pas écri¬
re comme dans son village, il
est obligé de se faire une lec¬

lequel

nous avons tous

ture de la littérature

formés

est un

strictement

été

environnement

français. Toute la

culture s'est transmise à

nous

le truchement de la
langue française.
Par conséquent, ini¬
tialement, quand nous nous
sommes posé des
problèmes
littéraires, nous nous les
sommes tous posés en fran¬
par

occitan

a

besoin de

occitane,

c'est-à-dire de faire

une

auront de

à être

grandes difficultés
publiées, c'est une dif¬

ficulté énorme.
La troisième diffi

l'écrivain occitan écrit
instrument des

avec

plus diffi¬

ciles, des possibilités
d'expression des plus diffi¬
ciles, et des chances d'être lu
des

plus difficiles.
Je dirai plus : il aura
beaucoup de difficultés à ce
qu'une critique se saisisse des
oeuvres qu'il aura écrites et
transmette

l'essentiel, le

contenu, sa signification.
Parce qu'il n'existe presque
pas

de critique occitane. Ce
difficultés

sont toutes les

qu'il rencontre
il travaille
n'a

en

contre

le moindre

face de lui,

lui-même. 11

chance de retirer

aucune

de

sou

ses

publi¬

cations.

occitan,
c'est publier à compte
d'auteur, c'est publier en
en

son oeuvre

à

un

édi¬

teur mais sans retour, ces
oeuvres ne

sont

payées, jamais
touche

Si
écrivains

on

en

interrogeait les

leur demandant

de s'étudier

réellement, je
devraient
que ce n'est pas un

pense que tous
avouer

patriotisme initial qui les
amenés à écrire

en

a

occitan.

Je crois

qu'il faut se
le problème des dialec¬
tiques des cultures et de la
dialectique des langues. Il
faut poser le principe qu'il
n'existe pas une seule langue,
une seule culture qui soit iso¬
poser

lée dans le monde
une

comme

sorte de

le désert.

pierre levée dans
Les langues, les cul¬

tures sont en

rapport entre
langues sont
rapport avec les autres, et

elles. Toues les
en
se

situent les

aux autres.

unes par rapport
Il est évident que

l'écrivain occitan, quand il
écrit en occitan, se situe par.

rapport aux autres langues
mais d'abord par rapport

Publier

donnant

pas inventer un patriotisme
des bases nulles.

-

lorsque ces
oeuvres seront publiées,
la
majorité de son public ne
saura pas les lire.
Par conséquent,

en

va

sur

cul té, c'est que

un

population autour de
lui, il n'y a pas de courant
patriotique qui le porte. Il ne

un

oeuvres,

un

seul

jamais
occitan

sou

de

sinon elles

ne

ses

ne

à la
langue française. C'est en
réalité se situer par rapport à
la littérature française.
Claude disait à juste
titre que ce qui est détermi¬
nant dans l'usage d'une
langue, ce n'est pas la langue
mais la littérature, ce qu'on
en

fait, la manière dont

on

langue de synthèse, une
langue composite, c'est donc
un travail difficile. Lorsqu'il
s'est fabriqué cette langue

seraient pas

l'utilise. C'est à

faut, pour
ait des raisons tellement

qu'il faut trouver la raison, le
motif qui explique l'expres¬

fortes

difficultés

sion occitane par rapport à

dans les difficultés, des diffi¬
cultés plus

grandes que celles
qu'il aurait rencontrées en
français, il faut qu'il écrive
des oeuvres, des oeuvres qui

publiables II
qu'il écrive, qu'il

qu'elles surmontent ces
et c'est là qu'est le
problème.
Pourquoi un écrivain

occitan

se

met-il à écrire

occitan ? C'est pour

ce

niveau

l'expression française. Je
qu'en face de la littéra¬
ture française, l'écrivain occi¬
crois

en

tan se met dans une certaine

des rai¬

posture, il a devant lui une lit-

�Linha
Identitats

Imaginòt

3e îrîmèstre de 1996
térature

qu'il connaît, à
laquelle il a été formé par
l'école, parce qu'il l'a lue,
parce qu'il aime les écrivains
contemporains. S'il écrit dans
une autre
langue, c'est pour
pouvoir se mettre dans une
autre posture que celle de
l'écrivain français qui entre
sur

le chantier de la littérature

française. Il

se met hors du
sentier de la littérature fran¬

çaise. Il

situation
d'altérité par rapport à la lit¬
térature française. Pour des
raisons complexes que, je
pense, au cours du débat nous
se poste en

allons arriver à

J'insiste

sur cette

idée. Il

ne

près de mille ans, et qu'il
acquiert la vocation de
l'actualiser, de façon à la

milieu du dix-neuvième

situer

dit

s'agit pas ici de littératures
patoisantes, mais pas non
plus de littérature régiona listes. Les écrivains régionalistes écrivent en français ;
c'est en français que des écri¬
vains se fabriquent une petite

française, sur un terrain dans
lequel elles puissent dialo guer. Et pour dialoguer il faut
être d'égal à égal. C'est pour

littérature,

cela que nous avons une

une

littéralurette

en

face de la littérature

litté¬
contemporaine qui est
du plus haut niveau et non
pas un ou deux écrivains,

marge de la grande littéra¬
ture, une littérature parasitaire

en

rature

de la littérature centrale

qu'est la littérature française,
c'est en français qu'on fait la
littérature régionaliste. Les
occitans ne font pas une peti-

mais

une

vraie littérature.
Je

comptais récem¬

soixante-dix poètes
vivants dont aucun n'est
ment

cerner.

L'écrivain occitan
n'est pas

le fruit d'une

prise de conscience dès le
siècle. Les écrivains

c'est de

poussée qui le mènerait à

sur son

créer cette littérature presque
anormale dans notre époque,

l'ambition de faire

une

littéra¬

ture, c'est autre chose.

Ça veut dire d'abord
qu'on se construit une langue
qui soit apte à exprimer
toutes les idées, à
exprimer
toutes les prises de
positions
humaines qu'exige la littéra¬
ture. Et qu'on s'emploie à
créer

en

face de la littérature

française,
de même

parler

littérature
niveau, pouvant

une autre

sur un

pied d'égalité,

de littérature à littérature.

langues qui sont

territoire.

un

combat décentra¬

qui reste le nôtre
aujourd'hui. Il faut ajouter
qu'à l'heure actuelle, derrière
ce

centralisme, derrière cet

unitarisme,

ce mécanisme de
la vie culturelle française, il y

-

qu'un horizon extrême¬
: leur village, leur
région la plus étroite. Et qui
n'ont pas d'ambitions litté¬
raires véritables, qui utilisent
cette langue
uniquement pour
faire sonner certains mots qui
les amusent, qui leur parais¬
sent rigolos. Mais avoir

mettre au service

lisateur

dans cet état de déchéance où

limité

se

toutes les

mentale,

qui utilisent la langue d'oc à
partir de l'état de langue tel
qu'il est dans les campagnes,

ment

étions

avait donc là une
période idéologique fonda -

poussées

n'ont

nous

Il y

n'existent pas. Les écrivains

ment; ces écrivains, ce sont
les écrivains patoisants, qui

-

le Second

nation. La vocation d'un Etat,

pous¬

la trouvons actuelle

sont

Empire - notre
langue, les bases même de
notre culture, disparaîtront.
Par conséquent, ils ont levé le
drapeau de la décentralisa tion. Les premiers, les écri¬
vains occitans, les félibres, on
dit : une nation qui n'a
qu'une littérature, une nation
qui détruit les langues péri¬
phériques, c'est une nation
indigne de son destin de
sous

de

nous

il fait

comme

sée venant des racines. D'une

parce que ces

se

si l'unitarisme, le centra¬
lisme français continue
:

Féiix Castan

te

littérature

(à gauche) et Henri Meschonnic

dénué d'intérêt. A

régionaliste,

même si certains théoriciens

croire, aux origines,
que c'était ça. Mais en réalité
ont

pu

dans les

oeuvres, ce

n'est

jamais ça. Les oeuvres disent
que l'écrivain occitan cons¬
truit

une

autre littérature

fait de la tradition littéraire

occitane

depuis les trouba

tane, 1' écrivain occitan, par

une

vraie littératu¬

de pensée apte à penser

en

un

appelle à la

dire

pense que la
littérature occitane contempo¬

le passé
par consé¬

littérature

et

raine apporte une contradic¬
tion à la littérature française.

quent, il entre dans une dyna¬
mique de renouvellement de

Premièrement

la littérature

le centralisme

qui existe depuis
3

c'est-à-dire

qui vise à l'uni¬

formité. Et la littérature occi¬

nature, par
vocation

situation,

par

fondamentale, déve¬

loppent, contre la philosophie

Henri Meschonnic
en

quels points je

rescousse

cul¬

té.

vous le permettez, je
vais dire simplement sur

temps que l'écrivain occitan

une

de l'unité, la philosophie de
la pluralité qui est la seule qui

Alors faut-il

second

universelle, est

ture unitariste par essence,

française
même si elle n'est pas à sa
dimension. Mais sur le princi¬
pe, on doit la considérer
comme une littérature à égali¬

plus ? Si
C'est

sa

constituent

-

dours.

de

ture

face à la littérature

de lui, mais
mémoire qu'il se

une

ajoutez les romanciers, les
dramaturges, et nous avons
une centaine d'écrivains qui,
sur plusieurs générations,

me

chose que

trouve autour

aussi

là,

collective, un vrai système
de conscience, un vrai systè¬

qui dit
la littérature
française. Il utilise non seuIeument les matériaux qu'il
une

autre

ceux

re

contre-littérature,

l'idée qui se profile selon
laquelle la littérature, la cul¬

a

:

la lutte

qui

a

contre

été

une

puisse être acceptée

par

toutes les cultures du monde.

se

demander

:

On peut

pourquoi je suis

là, venant de Paris, à côté de
Félix Castan. En fait, derrière
le

paradoxe, depuis quelques

temps j'ai lu les textes théo¬

riques de Félix Castan, même
si l'on ne s'est vu que depuis
deux heures ; ce qui m'a
beaucoup frappé, c'est la

�Linha

Imaginòt

inattendue de sa
pensée et d'une pensée cri¬
tique que j'essaie de faire et
qui apparemment n'a aucun
rapport évident avec les pro¬
convergence

blèmes de l'Occitanie.
Je travaille

les

sur

problèmes de théorie de lan¬
gage en rapport avec la théo¬
rie de la littérature, en rapport

la traduction peut
montrer en lumière rasante, si
je peux dire, de ce que
chaque littérature fait de la
langue, de ce que chaque
conception dans les sciences
humaines, en philosophie, en
linguistique, en littérature
montre de l'état du langage,
de l'état de la poésie.
C'est précisément un
problème de la situation
actuelle de la littérature qui
avec ce

que

m'amène à
avec

cette rencontre

Félix Castan. Ce n'est

pas en linguiste que je suis là,
mais en tant que poète, que

critique,
en

que

tant que

traducteur. C'est
tel que je suis

inévitablement confronté à
l'effet néfaste d'une culture
de l'identité

qui est liée à

l'Histoire de la France.
On

ne

peut pas

prendre aujourd'hui les pro¬
blèmes de la poésie, les pro¬
blèmes de la théorie du langa¬
ge en France, surtout avec ce
passé, ce passif d'universalité
que nous avons au moins
depuis la fin du dix-huitième
siècle, depuis Rivarol, depuis
ce

discours

sur

l'universalité

de la

langue française, sur la
clarté française, tout cet
ensemble idéologique et poli¬
tique qui fait un peu la condi¬
tion non critiquée du rapport
entre

la littérature

et

la

langue.
Le fait de traduire
des textes

bibliques

-

ce

qui

peut paraître une extra-terri¬
torialité par rapport aux ques¬
tions qui dominent la moder¬
nité littéraire, la modernité

dans les idées

la

vé à

langue,
langage, qui régissent les
rapports entre la philosophie,
la littérature et la linguistique
m'a fait prendre conscience
de quelque chose que les tra¬

critique de l'identité
qui règne en français, et qui
rencontre très vite le problè¬
me du politique dans le lan¬

ductions

du rapport à l'altérité, je
dirais que c'est aussi bien

sur

le

-

ne

gage.
Félix Castan

montrent pas par

définition. Dans les textes

l'absolutisation de l'alté¬
qui sont des obstacles
pour comprendre le rapport
que
rité

entre une

histoire

langue, entre

et une

poésie, une
langue. Je ne
sais pas si, comme le disait

littérature
Félix

une

et une

Castan, cette idée est
; en tout cas elle

dialectique

toutes

les attitudes idéo¬

ture.

Effectivement, ceci
un type de travail
qui est à la fois de l'ordre du

de travail
en tant
que traducteur que j'ai
eu avec le
français, c'est un
rapport de conflit qui bizarre¬

m'amène à

ment ne se situe pas

concret, car rien n'est
concret

que

plus
de traduire des

dans

textes, et à

un

l'érudition hébraïsante et

rique, mais

pas

dans

abstrait, un travail théo¬
rique où il s'agit de penser

Ces

travail théo¬

théorique

au

sens

sous

le mode d'un accompa¬

gnement de tout ce qui est
pratique dans le langage, d'un
accompagnement réflexif. Je
ne crois pas
qu'il puisse y
avoir une activité de langage

problèmes, c'est

d'abord l'irréductibilité d'un

langage panrythmique par
rapport à la dualité de tout ce
qui fait notre conception du
langage, qui a du son et du
sens, qui a du vers et de la
prose, etc... De proche en
proche, c'est tout le modèle
régnant sur la pensée du lan¬
gage que je suis obligé de cri¬
tiquer pour essayer de faire ce
que, très simplement, fait
n'importe quel verset bibli¬
que en hébreu. C'est ce che¬
min qui fait que j'en suis arri¬

qui
sa

ne

soit accompagnée de

propre réflexivité. C'est le

problème du rapport entre les
pratiques de la littérature et
les sciences

humaines, il y a
côté, des
pratiques de l'autre. On sait
très bien que si on écrit avec
des savoirs, on fait ce
qu'on
des savoirs d'un

sait et

sait ce qu'on fait.
pire des choses qui
puisse arriver à la chose litté¬
on

C'est la

raire. C'est certainement les

conditions mêmes pour que

4

non

seulement lin

-

guistique, mais anthropolo¬
gique, philosophique, théolo¬
gique, social et politique, un
modèle qui est d'une puissan¬
ce qu'on ne peut pas simple¬
ment rejeter comme il y a une
vingtaine d'années les litté¬
raires, les philisophes, les
écrivains, les poètes, aimaient
beaucoup croire qu'un certain
"nietzschéisme",

un

certain

pouvait laisser croire qu'on

histo¬
riques entre langage et littéra¬

siècle.

modèle

l'identité n'advient que
l'altérité. Si on les oppose

sifications des rapports

problème de langue,
mais qui se situe dans les pro¬
blèmes plus actuels de ce que
c'est d'écrire en français
aujourd'hui, au vingtième

s'agit donc d'in¬
pensée du langage
qui soit autre que la pensée
dominante, qui est, pour moi,
une pensée fondée sur un

que

que l'on peut
connaître, et qui sont des fal¬

un

Il

venter une

modèle à la Antonin Artaud

logiques

Le rapport

soit mort-né.

conflictuelle, c'est l'idée

on a

il n'y a que du

se

est

par

hébreu dans les textes
-

parlait

l'absolutisation de l'identé

bibliques, il n'y a ni vers ni
prose, il n'y a que du rythme.
Or depuis que les textes
bibliques sont entrés dans le
paysage de la connaissance
occidentale, depuis les débuts
de la christianisation, depuis
Flavius Josèphe, depuis qu'il
a essayé de donner à entendre
que les beautés de la Bible
étaient des hexamètres, on a
affaire à un paradoxe qui est
l'irréductabilité d'un langage
qui ne connaît pas la différen¬
ce entre vers et prose,
qui ne
sait pas ce qu'est la poésie - il
n'y a ni poésie ni prose en
bibliques
rythme.

une

sortirait du

signe par une
mimétique de la
folie. Non, on ne sort pas du
signe. Il s'agit de relever les
limites de la pensée tradition¬
nelle du langage. De montrer
que ces limites ne sont pas
sorte de

seulement des limites histo¬

riques, mais que ce sont des
limites philosophiques, et que
du coup la pensée devient
inévitablement une pensée
critique.
Je crois que c'est la
différence à faire entre polé¬
mique et critique. La polé mique cherche une position
de domination dans le social ;
que j'appelle la critique,
c'est une recherche de l'histo¬
ce

ricité, une recherche des
fonctionnements, des straté¬
gies. c'est par là en travaillant
sur la littérature, que
je
constate avec surprise que
Félix Castan et moi, pour des
choses très fortes, telles que
le rapport entre la littérature
et la langue, nous nous
sommes

rencontrés.

Les actes de la rencontre Félix

Castan

-

Henri Meschonnic

sont

disponibles

(30 F

+

au Carrefour
culturel Arnaud-Bernard 1 rue
de l'Hirondelle 31000 Toulouse

10 F de port)

�Linha
Muslca

'Â

i '

'

-Î

*

;

triméstre de 1996

3e
Quelle est dans votre for¬
mule, vos chansons, ce qui
est le

plus important.... ce
vos yeux, apporte du

qui, à
neuf?

elles, ce n'est qu'à
partir de 1992 que les deux se
sont rencontrées, j'écrivais un
chapitre de mes Chroniques
ment entre

sur

Ce

qui est fondamental, la
couple
tambourin-voix, et la ryth mique qui est associée, mais
aussi la "mélodique" (ensem¬
ble de mélodies) qui apparaît,
quand je m'en suis emparé, et
encore aujourd'hui, comme
base de tout, c'est le

l'idée de Ma Ville est le

plus beau Park, et tout à coup
je me suis dit : "Mais c'est
une chanson,
ça !
Et depuis
mes deux genres d'activités
se

croisent

C'est

définit ?

puis secondairement, le fait
de chanter à deux de façon

C'est

ter, nos

présentations, tout...

Et les textes ? Vous n'en

parlez pas ! Pourtant, beau¬
coup de gens vous perçoi¬
vent d'abord par les
textes...

cesse,

c'est

quand même ce que
vos textes qui vous

totalement déconnotée, venue
d'un ailleurs inconnu... et

alternée, la manière de chan¬

sans

fabuleux...

disent

Imaginòt

dies de l'ancien monde,

ses

rythmes, qui conservaient, et
ne touchait
pas la jeunesse.
as la musique qui
bouge les choses, et les

Toi, tu

textes aussi ?

Les textes essayent malhabilement d'être au niveau du
fabuleux vecteur d'expression
qu'est le couple tambourinvoix, la rythmique et le phra¬
sé. Les

textes sont en se¬

conds, par rapport à ce
vecteur, ils arrivent après, ils
illusion

d'optique.
définit d'abord,
c'est le style musical. Qui dit
quelque chose, lui aussi, très

sont déterminés par

fort. Pas

mais toutes, dans mon travail,

Ce

une

qui

nous

avec

des mots, avec

des

phrases, mais il dit
quelque chose, lui aussi, il
fait passer un message, des
idées, qu'il met en oeuvre. En
fait la musique ne dit rien.

teur... Je ne dis

ce vec¬

qu'on ne
peut pas écrire et chanter
n'importe quelles paroles,
ont comme

pas

fonction d'ali

-

de répon¬
dre, dans leur diversité, à la
menter ce vecteur,

manière dont il s'adresse

au

monde...

Elle fait. Comme dit Mes-

Peut-être..., mais notre style a
plu à des jeunes et autres
avant qu'il y ait des textes

compréhensibles pour eux,
puisqu'ils étaient en occitan,
et quand on joue en Italie ou
en Flandres flamingante ou
en Angleterre, même les
textes en français ne sont
pour rien dans l'intérêt du
public. C'est le style musical
qui plaît d'abord, et c'est là
que j'ai commencé, par la
recherche d'un style musical,
au début
je prenais des
paroles folkloriques sans inté¬
rêt

actuel,

ce

n'est que tout

récemment que j'ai commen¬
cé à écrire des paroles qui se
voulaient porteuses...

chonnic pour la poésie. Dans
les années 60, les critiques

disaient : "les rockers, leurs
chansons, ça fait Yé-Yé, y a

avez

toujours écrit,

pourtant ?

&lt;D

D

Oui, mais pas des chansons.
toujours travaillé la litté¬
rature, mais à côté de la

J'ai

musique, mes deux activités
n'avaient rien à voir directe¬

manière de voir le

C'est

une

manière de s'adres¬

ce qui inclut
façon de le voir, pas de
façon inerte, mais dans
l'action. C'est en quelque

Mais le rock n'avait pas
besoin de paroles, la musique

qu'est le ton pour un écrivain
par exemple....

toute

seule,

ou ça veut

son

histoire,

ser au

monde,

une

sorte une POSTURE.

Ce

son

disaient que le monde
avait changé, disaient la
révolte de certains jeunes des
banlieues de l'époque contre
le monde ancien, la musique
et tout ce qui va avec (pas
simplement les notes, mais le
genre d'instruments, la tenue
genre,

de scène,
Vous

une

monde ?

rien
dire, tandis que les chanteurs
Rive Gauche parlent de la
révolution, des problèmes de
la vie contemporaine, etc...".
pas

de paroles

C'est

la danse, les che¬

Comment pouvez-vous
nir cette

défi¬

posture ?

La posture,

c'est tout à la fois
lieu, dans une topographie
culturelle, depuis lequel vous
le

vous

adressez

manière dont

au

public, et la

vous

Ces deux facteurs

ne

le faites.
sont iso-

longs, etc...) transfor¬

lables, différenciables, que

maient les choses, tandis que

pour l'analyse, pour la com¬
modité de l'analyse... Dans

veux

le chanteur Rive Gauche par¬
lait de révolution à des
adultes très réfléchis mais
rien

ne

l'action
rer

on ne

peut pas sépa¬

lieu et manière...

bougeait (ils étaient

assis, d'ailleurs) et ennuyait
avec sa guitare et ses mélo¬

Entrons

plus avant dans ces

notions...

�Linha

Imaginòt
r trimèstre
" ■ ■ ~w ~

3e

Musica

de 1996

Félix Castan
dit que

souvent

nous a

lorsqu'on regardent

base de tou¬
te la

les choses d'en haut, elles

popmusic occi¬

s'écrasent pour

dentale de¬

dis que

puis les

le regard, tan¬
si on les regarde d'en
bas, elles prennent toutes du
relief... Métaphores qui pour
lui, pour son expérience,
inclut la hiérarchie sociale, il
a

arrêté

ses

études de Lettres

Supérieures à Paris pour faire
agricole, une hiérar¬

ouvrier

chie culturelle dont il

a

vécu

années 60?"

("toute la

musique que
j'ai- me..")
sinon par
fascination
pour une

posture...

le

poids en choisissant
d'écrire en langue d'oc et

Fascination

dont il

pour un

tout

une

montré l'arbitraire,
hiérarchie politique, il a
a

considéré que son

d'intellectuel était de
cer au
une

pla¬
peuple dans
pédagogique
se

au coeur

de l'action, à

la base de la société...
Le

genre niusi-

cal,

un

style...

service du

relation

nouée

rôle

lieu, c'est donc d'abord la

Oui, mais
c'est la posture

noirs, qu'ils singent, n'en pre¬
nant le plus souvent que

qui a engendré
genre, et c'est la posture
qui en a fait la publicitéce

l'apparence, les mythes, cer¬
tains cherchant authentiquement leur place...

place, dans la hiérarchie
sociale et culturelle, que vous

Quelle est cette posture ?

l'on croit

occupez, ou que

que vous occupez, ou que

feignez d'occuper, votre
fonction, la sphère d'influen¬

dans

ce

dont

vous

faites

pouvoirs dont

partie, les
êtes

vous

investis, par votre nom, votre
métier, votre fortune, vos
relations, les sujets dont vous
occupez, plus ou moins
nobles, branchés... Il est évi¬
vous

dent que quand vous arrivez
dans un colloque universitaire

présentant comme
quelqu'un qui s'occupe de
folkore et de "patois", comme
ça m'est arrivé pendant des
années, le mépris général
dans lequel vous êtes tenu
en vous

vous

donne

une

formidable

position de force...

bluesman, c'est le noir,

musique....

Revenir à la

musique, c'est se
la question : " Pourquoi
blues, musique follkorique

poser
le

de la communauté noire

d'une

partie du Sud des USA,
syntaxe de

est devenue la

couple tambourin/voix,
c'est le couple du musicien
de la rue, du vagabond, ou de

le que

les jeunes blancs
d'Amérique ou d'Europe
s'identifient profondément
parce que les valeurs collec¬
tives ne correspondent pas à
ce qu'il recherche, le blues
c'est la musique du noir libre,
libéré, de l'ouvrier agricole,
de l'artisan, qui s'autonomise

l'ouvrier, du mendiant ou de
l'anarchiste, formule dépouil¬
lée à l'extrême, pauvrissime
et en même temps, donc, très
mobile, ça correspond à mon

de

communauté et décou¬

chef de personne comme dit

élabore des valeurs indi¬
vidualistes, le bluesman c'est

Perbosc, de ne pas parler à la
place des autres, d'organiser
tout à la base de la société,
dans le quartier, avec les
autres et au milieu, de tout
faire à partir d'en bas. Le
chanteur au tambourin, c'est
le prolétaire, le musicien
folklorique qui compose pour
les anniversaires, les maria¬
ges, les fêtes de quartier ou
de la ville, mais aussi
pour les
grèves, les occupations de
locaux, toujours présent dans

plus riche du monde, et dans
société dont les valeurs

d'inspiration démocra¬
tiques..., d'où la fascination
des jeunes blancs, à une
époque (celle de la remise en
cause du way-of-life de leurs
parents et de l'approndissesont

la démocratie), pour

musique/posture des
6

griot de quartier mais
qui iit, réfléchit, connait les
musiques du monde entier,
c'est pas le cas des musi •
ciens folkloriques en géné¬
ral...

Non, le monde

a

changé, le

on ne

je suis,

plus, il faut

se

de vivre dans la rue, de ne pas

faut inventer

sa

faire

les sociétés dites tradition

partie des institutions,

de n'être ni le soldat ni le

le pauvre, le plus pauvre des
hommes dans la société la

cette

posture...

folklore ici

choix d'être bien là où

vre,

ment de

ma

Un

Le

Sud, longtemps, et pas
l'esclave, auquel il est diffici¬

une

Revenons à la

qui d'en haut parle de
ces sujets. Je ne suis pas un
putain d'artiste, je suis un
espèce de griot de quartier,

Quelle est ta posture à toi ?

une société dominée
par
les blancs, c'est le noir du

sa

combats, pas

l'artiste

voilà
Le

vous

les lieux et les

le subit

l'inventer. Il
posture. Dans
-

neîles, les rôles sont plus ou
moins déterminés, étaient du
moins, en Andalousie il y a
50

200 ans, un

gitane
de faire tel
type de musique ou telle
autre, et partout pareil, on
grandissait dans une commu¬
ans ou

choisissait pas

nauté et
la

on

écoutait

on

faisait

musique de sa communau¬
té, plus ou moins. Aujour¬
d'hui un jeune musicien peut
hésiter le rock le jazz le folk
le contemporain le techno le
rap le reggae etc... il doit
inventer sa place, son rôle, et

�Linha
■

■

■

Imaginòt
■

Musica

..

1996

l &gt;

s'il réfléchit loin, il verra que

pour mariage,

choisir

autres, mais concrètement ?

un

style de musique

c'est choisir

qui t'engage plus

ou

moins...

Moi il m'a fallu m'inventer
rôle de

compositeur de
chansons pour les grèves ou
les anniversaires, y avait plus
de tradition de ça depuis
longtemps, ici les musicos
c'est le

concert avec

paroles très générales,

des

Et bien c'est pas un hasard si
les Fabulous Trobadors, ou le

groupe en question
formé d'Ange B.,

(groupe
Sylvie

Abillard, Benat, C.Sicre et
autres

d'un individu

vert le

artistiquement

beaucoup influencé le rock

qui chante
douleur, son
cafard, ou son plaisir, le blues
est la musique d'un peuple, et
nous n'en faisons pas partie,
nous ne pouvons pas sentir,
faire cette musique comme ce
peuple, les chanteurs de ce
peuple. Un chanteur français,
s'il veut chanter profond, s'il
ne veut
pas rester un simple

une

posture, un
rapport au monde spécifique,

ce

grèves et

musiciens du

quartier
A.Bernard) sont très souvent
demandés pour ce genre de
manifestations. C'est parce

sa

blues. Qui a aussi

blanc, et la chanson même
country, en profondeur. Et
puis ses valeurs ont fasciné
les jeunes américains. En
France le rap a

déjà

influence notable
et la

son

sur

eu une
la chan¬

variété, même

sur

les

musiques dites tradition¬
nelles (le folk, appeilons-le

modulateur de banalités, doit

par un

trouver la

sommes

nom) mais

nous

qu'on peut répondre très vite
aux exigences de manifs
d'urgence, notre mobilité et
surtout notre capacité à pon¬

façon d'exprimer
en même temps son soi pro¬
fond et le peuple français en
profondeur, dans le même

du monde entier, d'invention

cette fonction du

dre des

mouvement, alors bien sûr

de

que

prouvé pen¬
dant les grèves de décembre
(refrain pour les manifs,
concerts à la gare Matabiau)
et les derniers 6 mois j'ai fait
une chanson
pour le centenai¬

faire il peut prendre
les masques qu'il veut, mais

et il est très

le blues

par la réalité et les valeurs
noires américaines qu'à mon

rations, les communautés cul¬
turelles diverses, les goûts et
les couleurs, et puis, et c'est

avis ça ne

le

sonne ne me

per¬

demandait d'être

ça, de faire ça, c'est moi qui
voulais ce rôle... parce que

musicien,
j'avais découvert ailleurs,
en
Afrique, aux USA, au
Brésil, me paraissait celle qui
manquait le plus à la France.
C'est très

politique !

ce.

re

textes de

On l'a

circonstan¬

encore

pour ce

de la verrerie ouvrière

est

d'Albi, j'ai ajouté un couplet

té

ciens réfléchissent à la

à

ver autre

fond, et le fond c'est un rap¬
port au monde, aux autres,
forcément politique. Vendre
sur scène une
reprise de chan¬
son

"Le lion

est mort ce

soir"

est

politique : conservateur.
Comme le jazz de Marciac ou
le rock des Stones

en

1990

ou

plein d'autres trucs. Tu peux
appeler à la révolution dans
tes paroles, la musique te
contredit, qui conserve. Et
c'est pas une question
d'ancien

ou

musique qui

de

nouveau.

Une

2.000 ans peut
être transformatrice, parce
qu'elle ordonne le monde
autrement. Aujourd'hui c'est
le problème de la démocratie
qui est posé le plus fort. C'est
ce qui amène le
rap, par
exemple.
a

Tu dis que tu t'es forgé ce
rôle de musicien-chanteur

chanson "Il faut

payer",
que jouent les Femmouzes T.,
pour la lutte contre le péage
de Portet ( les Femmouzes T.
et le groupe de ragga Quetana
l'ont joué au péage), j'ai fait
une chanson pour présenter le
une

Festival d'Uzeste,

marche pas pour

chanter les valeurs et la réali¬

Oui, très politique. Les musi¬

poli¬
tique par des biais, mais
jamais ils ne voient le rapport
de la forme de leur musique
avec le politique. Et pourtant,
la forme en musique c'est le

tellement connoté

française, il

me fallait trou¬
chose, j'ai cherché

longtemps...

à

une

époque de

découverte et de diffusion de

beaucoup de styles musicaux
nouveaux

genre

genres

(techno)

difficile pour un

de réconcilier les géné¬

plus important, la musique
aujourd'hui c'est d'abord
l'écoute, le disque, le concert,
or

l'enracinement

se

fait par

l'apprentissage, la fonction
circonstancielle. Aux USA la

Et le rap
A

mon

mal à

?

avis le rap aura

se

du

folkloriser, c'est à

dire

une autre

l'anniversaire du fils
copain, des petits trucs
comme ça qui enracinent le
genre, le déclinent de façon
éphémère, mais cet éphémère
dure : les paroles de circons¬
pour
d'un

musique d'église, les comp¬
tines dans les maternelles, les
chansons d'enfants ont des
liens

(langue, textes, instru¬

pénétrer en profondeur la
société française autrement
qu'en musique à écouter,
parce qu'il est et semble vou¬

ments, mélodies, harmonie,

loir rester, du fait des rap

une

la musique d'une

-

rythme)

avec

les produits du

show-bizz. Pas

n'y

en

France. Il

a pas en France, hormis
sinistre pseudo-universel¬

le

nalité. Le rappeur

chante

musique savante scolaire
qui ne sert qu'à dégoûter les
jeunes de la musique, un folk¬
lore musical français. Pour
des raisons complexes que
j'ai mises en lumière dans des

Tout à l'heure tu

avant tout pour ses

potes, et

articles

pas pour tous les
est très exclusif.

français, il
Longtemps
exclu, il répond par l'exclusi¬

exposer.

devenu bluesman ?

A suivre

tance

peurs,

munauté culturelle et d'une

s'oublient, les mélodies

changent, mais les
s'habituent au style-

com¬

génération contre les autres,
semble pas prendre la

et ne

gens

direction de la multifonction-

parlais du
blues, pourquoi n'es-tu pas

Oh

j'aime beaucoup le blues,
premier style de
musique qui m'a fasciné, j'en
ai beaucoup joué, si on peut
dire joué, mais j'ai vite devi¬
né, senti, qu'un français ne
pourrait pas devenir blues man authentique, parce que le

vité. Le blues était aussi la

c'est le

musique d'une communuté
plus ou moins exclue, c'est-àdire pas exclue mais autre et
surtout aux marges, mais il ne
faut pas oublier qu'elle a
engendré le rock, et que les
jeunes américains blancs, par

blues n'est pas au service

cet

7

intermédiaire, ont décou¬

qui sont longues à

et

-

next numéro.

�Linha

..

Imaginòt

.Cortetas.. .Cortetas...

4

Rectificatif. Contraire¬
ment à

ce

Pas de ci,

que nous avons

indiqué dans notre dernier
numéro c'est Daniel Loddo
et

Thierry Rougier qui ont
en musique les
poèmes de Loisa Paulin,
avec

le

concours

de ça

pas

mis

des voix

de Francine Jullien-

►

Gouzes et Céline Ricard.
Le

Henri Meschonnic

producteur de l'enregis¬

trement est CORDEA/La

Talvera.
Radio. Les personnes par¬
lant le basque, le corse,

l'occitan, le catalan, le bre¬
ou le fia -

ton, l'alsacien

mand et habitant la

région
parisienne peuvent écou¬
ter et contribuer à des

émissions

sur

(93,1 FM) : histoire,
musique, informations,
etc....

Radio Pais, AP 118, F.
93558 Montreuil Cedex .T:
:

48.59.

20.78.

tier dans toute la France"

s'excitent l'une l'autre, en

chaque année plus de

être devenir

une

opération

européenne. (J.M.B.)
Musica.

•

de Banda

Sortida del CD

Sagana

:

"Tu

M'attisses". Musica per
carrièra del

Lengadòc.
tzigala", a l'encòp
"tzigane" e "cigala" . 8

"Estil
titres

-

62mn. Liberet de 8

paginas. 141F.
Princi Negre, 3 rota de
56.88.10.83. Fax
56.88.19.74.
:

•

La

:

Companhia

Vieussens acaba tanben
un

CD, "Noche

un

voyage poétique et

en

vela

:

musical entre souffles et

percussions" per décembre
de 1996. Lança un sos cripcion de 120F. (200F.
per sostener). (J.M.B.)
CIRMA, 9 rue d'Aulède
33490 St. Macaire.

chanson, mais

la chan¬
qui est fait pour la

une

comme

sans

son

un

récit

des

paroles accompagnées par la
musique, une chanson vient
avec sa musique, elle en est
inséparable. La rime y est le
battement du langage, les
signes que les mots se font les
uns aux autres, le
plus simple
règlement du monde par les

Ce

chante. Elle

8

autant

qu'elle

poussé dans la

de

Lyon, celle, bien

avant, de Peire Cardenal. Elle
a la force du refus au monde
comme

il

est. D'où une sorte

de rire dans la voix. Du

peuple dans la voix. Une
force de la nature, c'est cette

force,

ce

rire qui font le sens

politique, dans leurs chan sons. Une simplicité d'ins¬
tinct politique, comme dans
les réponses de Jeanne d'Arc
à ses juges. La justesse, dans
la voix, est à la fois une jus¬
tesse de la chanson et une jus¬
tesse politique.
C'est ce qui fait que
Claude Sicre peut tirer toute

sans...

les
rimes obstensibles, les rimes
déjà trouvées. La disparition
a

a

testataire, révoltée, celle des
canuts

langage là où la chanson

plaisir, du plaisir collectif
autant qu'individuel.
C'est que la chan -

retire rien

tradition de la chanson pro¬

aussi

du

ne

Celle des Fabulous

l'écoute des rimes cachées du

passage

qui

Trobadors crie

elle est tellement

est

récitatif, à tra¬

des mots.

à la chanson.

Quant à la poésie,
justement, et à l'oppo¬
sé même, ce qui n'a pas
besoin de la musique dans le
langage. Comme dit quelque
part Mallarmé, je croyais l'y
avoir déjà mise. Elle est

mots.

elle

sens

-

récitatif,

chanson n'est pas

divin d'ailleurs, mais

comme

le

qui peuvent toucher au
poème, depuis les Marches
du palais, ou Girofle girofla
ou Au temps
des cerises, en
passant par Ray Ventura et
Charles Trenet, et cette fois
Claude Sicre. Oui je crois que
j'ai enfin compris ce qu'est la
chanson, la vraie. Et pourquoi
un

vue que

que

subjectif sériel, le sujet luivers

commence

ce

le récit lui-même du continu

même

n'est rien

chanson, et

point de
de

la rime

qu'avant d'être une mise en
musique, c'est d'abord une
mise en rime du langage,

Et

heureuse entre le lan¬

nu

donner à entendre. Parce

justification par le
rythme, d'une trouvaille par
le rythme. Et le récitatif de la
chanson est la musique.

gage et le corps (et, par là,
d'un corps à tous les corps).
Comme dans les meilleurs
moments de la

Baiona 33830 Belin-Beliet.
T

contre

ce

la mise à

au sens

est une

l'entend pas, et

ment d'une

que

part de la poésie, n'est

entier

c'est-à-dire le

j'en¬
c'est qu'une
chanson. Pas un poème. Pas
de la sous-poésie. Mais
quelque chose qui est spécifi¬
quement à sa place dans le
langage, comme une ren ce

une

même de

cachait
classique, que le réci¬
tatif dans la poésie n'est pas
la musique au sens sonore ni

son est ce

Où vraiment

tends

apparente des rimes en finale
conventionnelle, dans toute

simple parabole de ceci que
le langage tout entier est une
rime, que le langage tout
on ne

poussant la chanson.

succès. La 4ème édition (le
6 Juin 1997) pourra peut-

compagnon Ange

B., est la première et la plus

de

Quartiers. L'opération
nationale "Repas de quar¬

musique,

avec son

jaillisse parole, au sens où un
individu s'expose et parle, et
un jaillissement de
rythmes
musicaux, au sens où c'est du
vivre qu'on entend, et la
musique n'empêche pas
d'entendre les paroles, au
ment

contraire elle les pousse, et
c'est les deux ensemble qui

a

et

pouvoir de se
retirer du reçu, du
tout-prêt-à-penser, et d'en
rire, c'est ce qui fait le lien du
rythme et du politique chez
un

Claude Sicre. Un

Radio Pais

48.59.22.12 Fax

telle que l'écrit, paroles
ce fabuleux trou¬
badour, et qu'il la chante,
son,

Un pouvoir de néga tion,

une

sarabande d'un motif

que "pas de...,
". Mais ce n'est pas la
virtuosité d'un jongleur, ou
d'un

simple

prestidigitateur qui joue-

�Linha

Imaginòt

Musica
3e trimèstre de 1996
rait à l'illusion. Au

il

le

contraire,

du réel à faire

C'est

situé, et faisant

un sens

la lui fait pas.

la limitation du situé
(Iaveka, iavekapa), un peu
dans la lignée de Queneau
(inoufonchac) mais aussi de

Avec tous les clichés de la

certaines chansons de Châti¬

langue de bois, il allume un
feu de bois. On y entend cra¬
quer quelques idées ligneu¬

ments.

a

sens

venir,

comme on

est un

homme libre.
On

ses,

ne

l'a quand on

bien de chez

nous,

bien

d'aujourd'hui, de celles qui
rigidifient à la fois le poli tique et la poétique, les
vieilles oppositions entre
Paris et province, entre

Aussi

font de
On
a

le

ne

sait

public

ses

si

on

Province,
l'Occident,

elles séparent, et
qu'elles séparent,
l'affectivité et la pensée.
C'est ce qu'il y a de
tonique, et qui vaut bien
qu'on le dise fabuleux, dans
le rythme, quand le rythme
n'est plus le une-deux unedeux, mais l'organisation de
l'inconnu en nous, et qui nous

chansons

on

et

comme

des

dedans, si

ou

l'Orient

parce

complices.
plus bien, tant il y

vous

de monde

est

fait partie

fàpu loog

culture savante et culture

populaire, entre identité et
altérité.

Heureusement il

des trouba

rent entre Paris et la
entre

craquer

i

..

.Cortetas.. .Cortetas...

Oïl. Pour la

première fois
publication d'une antho¬
logie des littératures d'oïl :
la

Paroles d'oïl, avec le wal¬

lon, le picard, ie champe¬
nois, le normand, le gallo,
le morvandiau, le poitevin
et le

saintongeais. (JM.B.)

Lai Pouèlée. B.P. RI 58120

Château-Chinon.

Bretagne. Publication du
premier dictionnaire mono¬
lingue breton intitulé
Geriador Brezhoneg. Dix
rédacteurs et 40 collabora¬
teurs ont travaillé à l'élabo¬

10350 articles.

ration des

Vous

imaginez le même

-

nombre de personnes
mobilisées pour un ouvra¬

anthologies de
poésie ancienne. Pas seu¬
leument pour la complica¬

ge équivalent en occitan ?
Non, pardon : c'était un

y a encore

dours. Pas seuleument
dans les

rêve.

tion formelle des schémas
de rimes

de

ou

(J.M.B.)

Editions An Here, Paris, •
1300 pages, 520F.

strophes,

bonbons pour lettrés
amoureux de la poésie.

frappant de voir dans

Avec les Fabulous

ville

Trobadors, les trouba -I

d'un côté les

dours

anciens soixante-huitards

ces

Interculturalité. Il est

sont sur les

places,
qu'il pleuve où qu'il fasse
dans Pas de
et dans les

autres chansons de Claude

Sicre,

indétectable,

,

"faculté d'ensemble". Il fau¬

comme celle qui
sépare le local et l'universel.
Occitan oui, mais pas régio-

drait y

ajouter une faculté de
présent, communicative. Bien

naliste. La

des

limites

Marcel Mauss a
rythme, que c'est la

ce que

dit du

musiques sont

un acte

social. Certaines même,

aujourd'hui,
que cela.

ne sont

peut-être

Mais dans la chan¬
son

de

nos

"fabuleux trouba¬

dours" il y a aussi la geste. Le
sens de la geste. C'est un sens
de

l'épopée qu'il

voix. Un

sens

y a

de l'historicité,

martyrisé et floué d'une vecprogressive, pro¬
gressiste, d'il y a déjà jadis.

torisation

verve

a

fait courir toute notre vie

après nous-mêmes. Car c'est
quand la pensée est complète¬
ment rythmique, complète ment subjectivée, subjuguée
par l'affect, qu'elle devient
vraiment une pensée et
qu'alors nous sommes
comme le rythme, nous
sommes le rythme, c'est-à-

cette

force-là, de franchir toutes les
en tant

que située, ce
Claude Sicre appelle le
"circonstancier", et qui a lar¬
gement passé la rampe de
que

dire éternels.

plaisent à

se

un

discours-

langue-de-bois sans prise
sur

la réalité, et d'un autre

côté des associations de

quartier indépendantes et
des personnes en rapport
avec

des communautés

étrangères avides d'é¬
changes et de rencontres
sans idéologies ni idées
préconçues. Et chez vous ?
(J.M.B.)
Zine. Le n°l du

journal qui

Toulouse sarrazine, mais

fait des étincelles (Les

n'oublie pas

Tiercerettes. C'est la "fabu-

du corbeau ) est sorti en
novembre 1995 et est

louserie

consacré à l'anarchie, avec

la place des

française".! 1)
Claude Sicre sait

dans la

du rire chanté. Ce n'est pas
un sens de l'histoire, ce sens

où ils

rabacher

des personnages qui s'y bous¬
culent. La ligne de partage est

ci, pas de ça

gauchistes et

enfermés dans des struc¬
tures

soleil.
Il y a

une

Montauban,

comme

(1) : Jacmé Gaudas, Fabulous
Stories, les Fabulous Trobadors

historique, au
plus la pensée est
rythme, plus elle est histo¬
rique, et plus elle est une pen¬
sée. Ce qui volatilise les
petites idées reçues, qui sépa¬
que penser est
sens

présentés

où

par

Jacmé Gaudas,

Aurillac, Institut d'Estudis
Occitans, 1995, p.36.

publication du procès d'
Henry, anarchiste
condamné à mort et guillo¬
la

Emile

tiné le 21 mai

1894.

Dommage que les éditeurs
n'aient pas laissé d'adres¬
se.

9

zèles

(J.M.B.)

�Linha

Imaginòt

Musica

3e trimèstre de 1996

interview

Les Femmouzes T. c'est

Toulouse. Enfin, Lubat et

ment d'avoir un parcours

qui? C'est quoi ?

gens qui
musicalement m'ont ouvert

individuel différent...

Françoise : C'est Rita
Macedo qui est de Bahia, du

l'esprit vers d'autres choses,
qui m'ont réconciliée avec

le mot

Nordeste du Brésil

l'accordéon.

Peronne

-

.

Et moi,

qui sont des

Françoise de Toulouse On a
essayé de faire rencontrer nos

Après j'ai écouté un
peu de jazz, du free-jazz,

cultures, influences respec¬
tives, de "cuisiner" tout ça,

moins maintenant. Des

.

d'en faire

quelque chose
Notre style, c'est la question
qui me bloque toujours un
peu ; c'est peut-être une espè¬
ce

.

de Folkore de notre

époque, nouveau folklore ! ?
Néo-Folklore ! ? Mais ça fait
un peu intello. C'est plutôt le
Folklore tel qu'on l'entend
nous, quelque chose qui évo¬
lue avec le temps, moderne,
pas une photocopie forcée et
conforme du passé. Quelque
chose de vivant, au présent
qui suit la modernité et toutes
les influences qu'on a pu de

l'on

vos

ou

est

:

J'en ai

influences ?

un

l'autre, je crois que tout
bon à écouter, l'on a

sens

Ce

de bons musiciens.

frères sont musiciens, mon

père aussi. Il font de la
musique du carnaval Nor¬
deste. Ce n'est pas la Samba,
"marche", le

Bayon. Après il y a des com¬

se

dirige sur un parcours

similaire

mais

avoir les
qui font que

on

aux

Fabulous T.

dit les choses diffé¬

remment. Est-ce parce que
est filles ? C'est possible,
parle d'une intuition fémi¬

l'on
on

nine différente ! ? Mais peu

importe on est là pour dire
qu'il y a des garçons et des
filles. Il y a des gens qui font
des choses. C'est ça l'impor¬
tant
Mais je pense que l'on
est plus intuitives qu'intellec¬

parallèle qui est souvent

tuelles.

fait entre les Femmouzes T.

vous

gêne t'il

pas

?

: On n'a pas un dis¬
élaboré que l'on sait
tenir comme les Fabulous,

Rita

-

cours

Qu'est-ce que vous en pen¬

maître", (ri¬
res!), c'est un chercheur, un
philosophe, c'est sûr qu'il a
Claude "notre

?

Françoise : Je suis ravie que
utilises le mot de parallèle.
Ils font partis, les Fabulous,
-

tu

de la tchachte mais

de

plutôt au travers de la
musique que Ton fait, ce que
l'on chante c'est plus brûte,

nos

influences

;

moi, cela

m'a

beaucoup motivé au
départ leur idée de duo. Le
peu d'instruments. La pauvre¬

positeurs brésiliens que
j'aime beaucoup comme

té dans

Gaëtano Veloso,

quelque chose

Dorival

mais

.

paquet et ça

depuis l'enfance. Mes quatre

c'est la Frevo, la

mes

direction

une

apprendre de tout, même des
musiciens de Hard-Rock qui
sont un peu "sectarisés", ran¬
gés dans des tiroirs assez her¬
métiques. C'est aussi à mon

sez

Rita

-

d'orienter

n'êtes

On peut

quand Zap-Mama est sorti.
Le Rap également. J'essaye
oreilles dans

vous

,

pas des intellectuelles
des intuitives".

J'ai tendu l'oreille aussi

ne

Justement,

Femmouzes T.

mêmes émotions

et les Fabulous Trobadors

côté recevoir.

notre

parallèle, c'est pour cela que
me plait. Claude Sicre
m'a dit un jour, et cela m'a
beaucoup marqué, " Vous les

musiques plus brûtes aussi.

de varier,

en

nous

ça

passe

direct dans le contact.

l'orchestration, peu

de moyen et

arriver à faire
; ça t'oblige à

la tête, à trouver des

Caymi. En France, Bernât
Lubat, Marc Peronne m'ont
appris beaucoup.

te casser

Françoise : Moi, toute peti¬
te j'étais toujours collée à la

fasse

radio, à l'époque, il y a une
bonne dizaine d'années,

qui

c'était les

où l'on est, du

lieu d'où l'on

vient

propres

idées mais
a

en même temps on
chacun notre identité, notre

musical bien que l'on
partie du même "mou¬

parcour
-

premiers rappeurs

des années 70'

s.

Les Beatles.

vement". Un "mouvement"

on

se bat pour qu'en France
puisse exister de la région
avec

ses

Après, grâce à Rita, j'ai
découvert la musique Brési¬

rences, avec sa propre

lienne. Les Fabulous Troba-

beaucoup ensemble

té, donc là-dessus

on

diffé¬
identi¬

travaille
avec

les

dors évidemment dès

Fabulous Trobadors, cela ne

que

nous

l'épo¬
où ils sont apparus à

10

empêche pas musicale¬

Françoise : Mais les deux
importants, c'est bien
parce que Ton est complé -

sont

mentaire. Une preuve que
Ton peut parler de la même
chose différemment, l'essen¬
tiel c'est que Ton parle, beau¬
coup, que

Ton diffuse

nos

�Linha

idées,

en recevant

celle des

plus le messa¬
ge est diversifié, mieux c'est.
Le pluriel c'est quelque chose
qui nous intéresse, notre han¬
tise c'est que l'on soit dans

diplomate, elle

blème.
Cela

amène à Castan!?

Françoise : Moi, j'ai entendu
parler de Castan pendant des
années

sans

l'aborder

jamais

car

il

est

oser
tellement

présenté comme un grand
intellectuel qui fait des
découvertes monumentales.
J'ai été très

impressionnée
pendant longtemps ; j'ai déci¬
dé de l'aborder pour mieux
élaborer un texte qui n'est pas
encore

terminé d'ailleurs,

l'érotisme

sur

Olympe de
Gouges ; il se trouve que de
l'érotisme les spécialistes
c'était les troubadours, spé¬
et

cialistes de l'amour, donc un

rapport direct avec Olympe
de

Gouges qui passionne

Castan. J'avais besoin de

ses

informations, je suis allée
l'interviewer, j'ai découvert
quelqu'un de simple, d'hum¬
ble, d'ailleurs il n'aime pas
que l'on parle de lui. En
même temps il a un côté

grand-père, moi qui n'ai pas
eu de
grand-père, avec Cas¬
tan, j'en ai un maintenant.
Il m'a appris beau¬
coup de choses. L'on parle
toujours beaucoup de lui par
rapport à la décentralisation
culturelle. Son

sujet d'étude
depuis 20-30 ans, c'est cela,
mais on peut l'interroger sur
tout les sujets ; ça c'est le
symbole de l'intellectuel mais
aussi de la valeur humaine. Je

...

.Cortetas... .Cortetas...

fini décapi¬

Je trouve que rap

Privé. Il

n'y a pas d'un côté
public et le privé, il y a le
privé qui circule dans le
public et vice versa. Il y a
du public que l'on aborde
qu'en privé et du privé qui
n'est transgressé qu'en
public. (A. Daziron).

-

le

port au mouvement féministe
dans lequel on contaste un
grand creux en ce moment,

peux le questionner sur plein
de choses, il a une culture, un
savoir énorme, une

grande

philosophie.
je suis allée le voir vraiment
avec des questions crues, par¬
tant du principe que je ne
connaissais rien pour que l'on
parte de zéro, au début je l'ai
senti surpris et hop ! il s'est
vraiment mis à

mon

on a

certainement besoin de

faire

un

Vide,

: C'est l'auteur de
la déclaration des droits de la

femme. Elle

a été décapitée 4
après la révolution, elle
avait des idées progressistes
pour l'époque, ça n'a pas plus

une

blanche",

Harissa.

rôle beau

droit

Camus 21800

aux

divorces, contre

ne

-

chansons, musique, his
toires, actualités, etc...
Abonnement

11

:

Château-Chinon.

sait pas passer

t

-

120 F.

Lai Pouèlée BP

à

quelque chose de plus assu¬
mé, officialisé... il y a des

:

Morvan. Tourlées, Jôrnau

plus important que
jusqu'à maintenant... je dis ça
elle pourrait avoir un rôle
plus important - mais je pense
un peu le contraire si du
moins l'on

Quetigny. T

que cause morvartdyan est
trimestriel. On y trouve

coup

l'esclavage... comme elle
était d'un milieu bourgeois
aisé, elle dénotait beaucoup,

(J.M.B.)
place Albert

80.46.99.66.

-

été la

première à être contre
les mariages forcés, pour le

a

oublier

Julien Gallot, 4

me

siècle à venir la femme
un

sans

Demandez leurs CD 6 titres

ne se

plus rien ! Des grands

devrait avoir

les

d'égratigner les pouvoirs
locaux. SFB est disponible
"de Rome à Babylone".

l'on est à côté de
l'évolution. C'est dommage
car il me semble que dans le

la

ou

attraits de la "Dame

semble que

-

lâche", la

"montée du Front"

important ! Mais depuis

dizaine d'années il

passe

femme

c'est étonnant. Elle

ter face à la "télé

femmes, ça

débats ! Des clans ! Il

les distribuait dans les rues,

nous

Le M.L.F.

l'époque
acquérir un cer¬

mentaux aux

c'est

a vraiment défendues.
Elle écrivait des pamphlets,

chez

.

poil à grat¬
plein de vitalité en
Bourgogne avec le groupe
Super Fresh Babali ("parce
que ça sonnait bien") qui
joue avec le ska, le reggae,
le jazz, le funk, le ragga et
des textes qui veulent aler¬
ter

tain nombrs de droits fonda¬

qu'elle

de Montauban, à 50km. de

! ?!

(1) 43.20.06.56.

:

Ponk-Fonk. Un

ce

réussi à faire

à tout le monde, des idées

ve

75 Paris. T

onttout de même à

ans

nissons

signaler l'existence
Daguerre
comme à Daguerre" de
Pierre Labrot qui est égale¬
ment peintre. (J.M.B.)
Bistrot 48. 84 rue Daguerre

qu'il valait ; je ne
leur donne pas raison sur
tout! Loin de là ! Mais elles

Françoise

comme

est là

A

d'un film "A

ait besoin
parler des
problèmes des femmes, c'est
une aberration. Après le
mou¬
vement qui a été perpétué
suite à l'époque du M.L.F.,
valait

-

développer ?

absurdité ! à l'aube de

une

on en

c'est
cela que nous la défi¬
; en plus elle est nati¬

effervescence

apparition de nouveaux
espaces, nouvelles formes,
nouveaux rapports de créa¬

l'an 2.000 que l'on
d'une journée pour

Olympe de Gouges ?

militante

une

s'épanouit dans le
quartier, favorisant entre

tion.

concert.

une

Denfert-

montante

Françoise : Regarde, le pre¬
mier exemple : c'est depuis
quelques années, il y a le jour
de la femme, le 8 mars, c'est

j'ai compris plein de
un allié, quel¬
qu'un que l'on peut consulter,
toujours disponible dans la
simplicité. C'est quelqu'un
que j'aime beaucoup, et dont
j'ai beaucoup besoin même si
on ne le cite pas 10 fois par

première féministe

Maine,

du féminisme,

creux

tu peux

choses. C'est

d'action,

De

Rochereau à l'avenue du

autres, relations de société,

niveau...

une

Paris.

chanson.

cette

et

c'était réellement

bilan de toute cette

question là et partir d'Olympe
de Gouges, ça me paraît un
bon départ... car c'est un
acteur très important de cette
question là, le féminisme ;
c'est pour cela que l'on écrit

Pour cette rencontre,

nous

a

tée.

l'unitaire, dans l'unité et tous

catalogués derrière les mêmes
étiquettes donc le fait d'avoir
des démarches de façon diffé¬
rentes, des façons de commu¬
niquer différentes, moi je
crois que ce n'est pas un pro¬

Á

voilà, n'étant pas toujours

autres aussi et

Imaginòt

51 58120

�Linha

Imaginòt
Musica

3e trïmèstre de 1996

...Cortetas...Cortetas...

A

choses

qui sont plus réelles
pratique quotidienne,

dans la

l'influence des femmes, mais
Télé. Rendre la télévision
au

citoyen, tel est l'objectif
Télé

de

Création

Citoyenne (TCC), (diffusée
câble et satellite). Le

par

contenu

les

formulé par

est

citoyens eux-mêmes

afln de stimuler

une

imagi¬

nation créatrice de rap

-

ports sociaux renouvelés.
Les

téléspectateurs sont

des membres abonnés pro¬

posant des programmes et
pouvant participer au
capital de la chaîne.
(J.M.B.)
Télé Création Citoyenne, 5
de Médicis 75006

rue

Paris. T
Fax

:

(1) 43.25.04.74.
(1) 43.54.57.79.
:

elle

l'assume pas

années à

complè¬
passé des
accuser les hommes,

mais

fait, c'est

ne

tement. On

en

la scène rap

agenaise
s'étoffe avec l'émergence de
jeunes groupes : ADM,
OM6, AEN, Spécimen...
Voilà qui promet. (J.M.B.)
Anti-racisme. Le CEDI
RED est le

-

sur

qui sommes en retard
la réflexion, sur les

actions

faire,

documentation et d'infor¬
mation contre le racisme et

pour l'égalité
il a choisi le

des droits et
quartier du

Mirail pour son

implanta¬

tion parce

qu'il s'agit de la
plus grande
banlieue
populaire immigrée de
Toulouse. C'est
ressource

rencontres et
tions.

un

et un

lieu-

lieu de

d'exposi

-

(J.M.B.).

CEDIRED, 3 cheminement
Auriacombe

Toulouse. T
Fax

:

:

31100

61.43.02.18.

62.14.61.39.

Ocarina. L'asociaeiòn de
Gaiteros de

Aragon

a

publié

une monographie
de Jésus Maria Palazon
sur

L'ocarina", instrument

qui pourraient

se

notre rôle actif

sur

sur

leur

petit monde.
Nous

les victimes,

de la

gueuler

parce

qu'elles sont pas assez payées
par rapport aux mecs, tout

la prise en charge
chacune de cela,
cela qui fait défaut, et
a des points où il y a

si il y

on

évolue dans

mecs,

essen¬

le monde

musique est masculin
existe

quand même,
bagarre quotidienne ment, pas contre les hommes,
d'ailleurs, ce n'est pas du tout
notre propos, ni notre désir
on

se

mais

on

existe

en

tant que

musciennes, des filles qui

tant de retard les

femmes

mais
on

ça... c'est
réelle par
contre

un

voir que

ne

environnement fait

tiellement de

finalement pas

si diffé¬
qui sont

beaucoup
responsables. Donc, il faut y

sont

aller !

dans la même situation

en

Ce n'est pas

sont

aussi

les féministes

pas, ne

ne

parce que
voulaient

veulent rien avoir

les hommes. Rien à

négocier, à discuter, à par¬
tager et vivre avec les
autres... les hommes ?

rentes des hommes

qu'elles. On est payé pareil,
on se bat pour revendiquer les
droits en tant que musciens ;
c'est déjà pas mal.
Je crois qu'il ne faut
pas faire de fixation du type :
"les hommes sont mieux que

si, les femmes sont moins que
! ", il faut s'ouvrir à la dif¬
férence, encore une fois cela

ça

Françoise : C'est vrai que
malgré tout à un moment
donné elles ont pris les fémi¬
nistes au pied de la lettre les
mêmes modèles existants qui
étaient représentés par les
hommes ! Les hommes qui
ont fait la guerre, les femmes
n'envoient pas leurs enfants
faire la guerre. Malgré tout
déjà sur ce point ce serait
bien d'entendre plus de
femmes se liguer contre ça.
En algérie, elles le font ! 11 y
a eu des mouvements impor¬
tants

là-dessus là-bas, ce

mouvement ne l'a pas assez

Asociacion de Gaiteros de

soutenu.

Aragon, c/ Santiago
Zaragoza. Espagne.

d'arrêter de

y en a marre de voir des
femmes se considérer comme

traditionnel.

Rusifiol, 17, 10 Izda 50002

sent

la considération des choses. Il

avec

Centre de

les

nous

femmes

encore

Rap. Après Moyen Age Un,

a

qu'est-ce qu'elles font les
femmes pour la paix ? En
imaginant que le siècle qui
vient soit un siècle de paix,
que l'on ne puisse enfin ne
plus parler de guerre.... il faut
que l'on entende d'abord les
femmes s'exprimer, revendi¬
quer là dessus et qu'elles ces¬

l'homme. C'est bien

se ce

tu sais ce
"le 21ème siècle sera

basé

un

spirituel

spirituel ou

-

ne sera pas

! "

-

mon

avis, c'était systématique¬
ment anti-mec, des lesbiennes
révoltées, une caricature qui a
existé. Moi, ce qui m'intéres¬

siècle que

Dans

l'on dit
truc :

rejoint des problèmes beau¬
coup plus généraux, fonda¬
mentaux, il s'agit de ne pas se
focaliser simplement sur des
petis détails qui ne font pas
avancer les choses. Oui, c'est
vrai pour aller dans le sens de
ta question, que l'époque du
M.L.F s'est un peu fermée à
l'homme, un fonctionnement
des féministes trop sur la
"traine", la défense contre

aussi des cultures,

différentes

basé

vement

sur

un mou¬

la tolérance.

Rita, le Brésil ?
Rita

Toute

:

ma

famille est

là-bas, c'est important pour

d'y aller tous les ans. Il y
grande misère ; c'est
vrai que quand l'on voit le
Brésil içi à la télé, c'est tou¬
jours la "grande misère",
mais il n'y a pas que cela !
moi

a

une

Dieu merci ! On dit même
que

n'y

dieu était brésilien car il
a pas que des terres

mortes

chez

nous...

et pas que

catastrophes naturelles.
un pays très jeune, en
formation, en développement,
il y a beaucoup de contrastes ;
des pauvres, des riches tout à
des

C'est

fait à côté l'un de l'autre.
Puis il y a

la musi¬
c'est pas élitiste comme
içi en France. Ce n'est pas un

que,

métier d'abord, c'est une

façon de vivre, la musique est
présente au quotidien,
c'est très naturel pour tout le

très

monde de chanter.
Tatou du Massilia Sound

System m'a raconté que ton
père a inventé la guitare
électrique brésilienne ?
Rita

A

époque en 1940,
père jouait de la Bandoline, pour faire une fête il
:

son

mon

décide de sortir

avec un

en

jouant de la Bandoline

sa

voiture,

comme

une

il y

ami
sur

ancienne Ford,

avait

eu un pro¬

blème pour faire sonner,
entendre leurs instruments, ils

"magouillé" un "plan"
électrifier, amplifier la
bandoline, c'est devenu guita¬
re, la petite guitare bahïanaise
à quatre cordes.

ont

pour

n'est pas un mouvement

sur la haine, mais sur
l'ouverture vis à vis des

En fait, au

femmes

musicales ?

12

musiques

d'abord

;

et des

hommes, mais

Brésil on peut
distinguer deux traditions

�Linha

Imaginòt

Musica
3e trimèstre de 1996

y a
pas

des affinités qui ne sont
ordinaires ; c'est dur de

rencontrer des

musiciens

avec

qui l'on s'entende vraiment,
surtout que moi je suis auto¬
didacte, je suis incapable
d'avoir

un

discours de musi¬

plutôt à l'intuition, dont
côté là Rita, ce

ce

dors ensuite

expliquent
pourquoi cette affinité - en

mais

je comprends bien ce

dire. L'image que
Europe, c'est tou¬
jours la samba, le bikini, les
plumes là où on le pense, le
carnaval, la fiesta, l'image du
carnaval de Rio qui est la
seule image qui arrive içi,
que tu veux
i'on a ici en

mais

en

dehors de cette

musique là qui est la samba, il
y a toute une musique très
importante au Nordeste qui
n'est ni samba, ni bossa, c'est
le Bayou, le Frevo, ce que
font

peu aujourd'hui les
Fabulous Trobadors... Il y a
72 genres de musiques au

on

avait besoin d'une autre

femme pour

faire les tams-

tams, les "sourdos", les tem¬
pos

! C'est là qu'un ami,

Jacmé

Gaudas, de Toulouse

présenté sa copine :
Françoise Chapuis et là on a

nous a

tourné ensemble dans

ce

groupe. Après certaines
d'entrés nous sont rentrées au

un

Brésil ; ici on ne connaît

qu'un vision très exotique,
celle

avec

les maillots de

bain, mais il n'y
cela
cette

a pas que
Brésil. C'est pour
raison que ça me fait

pays, moi aussi d'ailleurs
durant une année. A mon

tambourins, des accordéons,

triangles....

Le duo

avec

Françoi-se ?

nous

musicalement

-

Fabulous Trobadors c'est

important pour vous ?
Françoise : Oui, d'abord c'est
l'explication du pourquoi on
travaille ensemble avec Rita,
car une

fois

encore

cela s'est

fait de manière très intuitive,
une rencontre

autant humaine

musicale. Rita est une
qui je me suis
toujours entendue, avec qui il
que

personne avec

les traces du folklore
on

occitan,

les retrouve nettement,

notamment dans les Frévo

que joue le père de Rita
durant le carnaval, c'est une

descendance métissée de la
tradition médiévale des trou¬
badours occitans, c'est
ment

vrai¬

l'équivalent de la

"marche" du folklore occitan.
Sans vraiment être

Rita,

Brésil, influence d'une tradi¬
tion, d'un style qui a voyagé.

On aurait là à faire partager

Claude Sicre

ensemble, quelque chose qui a
concordé, voilà l'explication,
les troubadours, la tradition

expliquerait

mieux que moi. Il y a plein de
traces du folklore occitan
dans le Nordeste

car

les trou¬

badours occitans ont,

il y a

l'époque de
l'inquisition sur les Cathares,
quitté la France. Les trouba¬
fort longtemps, à

dours étaient

eux

aussi dans le

collimateur, c'étaient des gens
instruits, trop instruits, ils ont
fui la France et ont été
accueillis par
autres cours

cette

L'idée, le concept, des

beaucoup d'influences mais

tait intuitivement que nous
avions à faire de ce côté là.

portugais, colonisant le Bré¬
sil, ils ont transporté ce style,

propose de reprendre la
musique, de faire ces duos,
influencés par les Fabulous

présents : afri¬

conscientes

Trobadors.

Toulouse, Françoise

car

c'est à 75%, 80% des

c'est

fait l'influence que l'on
trouve dans le Nordeste du

me

à

différents...

a

métissages
au Brésil,

en

les différentes
d'Europe princi¬
palement au sud et nombreux
sont arrivés au Portugal. Les

retour

au

plaisir de jouer avec l'accor¬
déon, un instrument tradition¬
nel au Nordeste, il s'en joue
beaucoup dans les fêtes du
mois de juin, le 5 juin tu sors
dans n'importe quel bled du
Nordeste, tu vas toujours voir
des trios comme ça avec des
des

tout cas

Il y a

plusieurs années
déjà, je jouais du piano dans
un groupe de bossa-nova,
samba avec des copines brési¬
liennes et une amie française,
:

du Brésil. Cette tradition

ensuite subi des

cains, indiens, européens...

Les Fabulous Troba¬

Rila

voilà pourquoi
jusqu'au Nordeste

métisses ; sont

technique
pure, bien qu'elle a des
connaissances, elle a étudié la
musique à la Fac mais elle a
ce côté très
spontané, ce
swing naturel qui me corres¬
pond dans ma démarche.

Non, pas vraiment ;

les traces

c'est

côté détaché de la

:

choisi l'exil ;

cienne, de technicienne, moi
elle avait

Rita

exister sereinement ils ont

tradition très forte, très

érudite, jugée dangeureuse
par

la France car capable de

joutes verbales qui sont
populaires aussi au Nordeste ;
dans les villages, les gens,
l'ouvrier, le boulanger, ou

l'ingénieur après le travail se
retrouvent sur la place du vil¬
lage avec les copains et ils se
mettent à improviser sur
l'actualité mais aussi

rejoint beaucoup le principe
du "rapp" : improviser sur les
sujets qui préoccupent. Donc
niveau littéraire, c'est un

truc d'un

philosophie complète

ment neuve

basée

-

sur

l'amour. Les troubadours
étaient essentiellement des

spécialistes de l'amour, à
l'époque du moyen-âge, c'est
complètement nouveau, révo¬
lutionnaire, pour pouvoir
13

les

rimes. Et finalement, ça

au

une

sur

problèmes sentimentaux,
déceptions amoureuses, la
misère, le chômage, la poli¬
tique.. Ils sont capables
d'improviser en faisant des

choses

apportant

on sen¬

des

critiquer, de remettre les
en cause,

avec

niveau impression¬
complètement populaire,
pas du tout élitiste. Tout ça
c'est un aspect que les
Fabulous Trobadors dévelop¬
pent beaucoup plus que nous.
nant,

(Article paru
La Ducasse)

dans "Le Pont" n°***

�Linha

imaginòt
Musica

3e trimèstre de 1996

..

.Cortetas.. .Cortetas...

k

Trofoar

Aveyron. Une onde de
choc
et de
une

son

Le solo de batterie

de Decazeville

venue

Mescladis

a eu

répercution sur Rodez

où des acteurs culturels

salade

tés pour

Les théoriciens
avaient
muique médiévaux
De toute façonherbe,
sachez,
gla¬
classé les

de sourire forcément

et 2

de leurs

ont quelque peu changé
l'orientation de leurs activi¬

organiser les 1er
juin dernier les ren -

contres interculturelles

Mosaïques

concerts,

avec

conférences, ateliers, scè¬
nes

Il

ouvertes...

mure

même que

se

mur¬

l'influence

de La Sala, alliée aux com¬

plices des Vraies Jolies
Bergères de Camarès,
aurait des répercutions sur

de la

rythmes en fonction
opinions religieuses :
pour eux, le plus apte à expri¬
mer

le "divin" serait celui

consistant

parfaite
(3 temps), dont chaque temps
est parfait (divisible en 3) :
c'est en quelque sorte l'équi¬
très peu
la

imparfaite (2
temps), dont chaque temps
est parfait : c'est notre 6/8
peu employé, sauf dans cer¬
,

et danses

parfaite et temps

Revolum ont

(divisible

son

de

disques Ventadorn.

L'association Les Amis de
Revolum s'est rendue pro¬

priétaire du fond et le gère.
Elle

a

besoin de tous pour
la maintenance de

assurer

patrimoine phonogra
phique occitan. (J.M.B.)
ce

-

en

2)

:

popu¬

mesure

de

l'échelle, loin du "divin", "au
ras du sol", on trouve la

imparfaite (2 temps)
dont chaque temps est impar¬
fait (divible en 2) : c'est le
2/4, ou son dérivé 4/4, expri¬
mesure

mant la

matérialité, le ter

restre, la

compromission avec

grande

le mal.

rue

St.Nicolas

86.55.

Fax

Teatre.

:

:

61.59.

61.59.87.43.

L'association

Initiatives pour le
d'Oc créee par

théâtre
Claude
Alranq, fait circuler l'infor¬
mation.
sur
son

Elle fait le

point

les créations de la sai¬

95-96 (on

en

dénom¬

bre 37), les livres parus,

la
publication du Répertoire
du théâtre d'oc contempo¬
rain (250 au-teurs, 1.200

baguette tech¬
nique, que lorsqu'arrive le
moment fatidique il n'est nul
besoin de chercher à impres¬
sionner... Déjà un de vos aco¬
lytes alcoolique a largement
usé les tympans de l'auditoire
à grands coups de bémols

en fait est celui de pouvoir
parler avec son voisin de
table plus fort, se moucher,
rôter le dernier demi-pression
et péter tout ce qu'on peut
sans avoir peur de faire de

traces de

en

de

mais

simplement

en

garde

se

que

!!!

Pascal Caumont

dels comedians occitans
e

professionals).

(J.M.B.)
Initiative pour

si

claire

et surtout

n'oubliez

de la démonter à la fin car
on pourrait bien finir par vous
la piquer...
pas

une

Compte rendu 1996
du festival

mise

jazz de "Monte-

au-Bambou" (1).
Fido

Félix de
(alias M.R. batteur arié-

geois). Propos recueillis
sur un taux

le Théâtre

d'oc, Claude Alranq

l'Estang 34120 Pézenas.
14

ne vous concen¬

le dernier plan de

ceptibles d'engager la
sation.

(1) NDLR

:

par

infiniment

vous

pleurer,

trez pas sur

oeuvres) et du Repertòri
(amators

se

conseil. Faites
draguiez :
essayez de faire rire plutôt

opinion ? Hé,

sonne

entre

ou un

comme

les Fabulous, montrez-nous
comment ça

grimaces comme
Quenn. Votre sort est
vos cuisses, c'est la cais¬

restreint d'êtres humains

de

recette dans ce numéro

6/8, 3/4

9/8, histoire de comparer,
une

de

Alvin

Liza,

freins.
Alors que faire ?
Il n'y aura pas

-

ou

faire

ou

faire des

du

Aujourd'hui les
musiques pop, rock, reggae,
jazz utilisent quasi-exclusive¬
ment le 4/4. Pourquoi pas
aussi des chansons

Tony Williams.

Amusez-vous, n'essayez pas

acérés, voire édulcorés.

imparfait

Les Amis de Revolum, 28
31300 Toulouse.T

diateurs de la

c'est le 3/4,

courant. Au bas

assez

en

(Rare). Le moment tant atten¬
-

mesure

Patrimoine. Les Editions
éditorial de l'ancienne mai¬

9/8,

des

au

laires. Au dessous,

acquis le fond

à

employée.

tains chants

Château.

mesure

On trouve
sous

(J.M.B.).
Mosaïques Méditerranée,
Maison pour tous, bd. des
Capucines 12850 Dret le

en mesure

valent de notre

certains festivals rock du

département. A suivre.

batteurs

de

ou

Montauban

sus¬

conver¬

�Linha

Imaginòt

Citoyenneté
3e trimèstre de 1996

enquête, j'obtenais LE pré renseignement ; ça se
passera au sanctuaire de la

de suite

Madonne d'Utelle ! Pour que

passe beaucoup à
les clips de M6 :

cieux

Nouvelles de Nissa

tout le monde

c'est

comprenne,

Montsegur mais au som¬
montagne, à une

met d'une

heure
Puis le duo coloré et timbré

de Calassi passe commande
de trois toiles
C'est fait,

Les ayentures de

Vincent

.

tout le monde rêve d'aller

Magi i

Magi
Vincent,
decake.
Nux
Vomica,
fait le
Sorti de
il

va

Au

atelier à St

de

Roch,

début,

on

encore

Amérique.
croyait que

des couilles et il

parti, 10 jours. Au retour

il racontait tellement rien

qu'on pensait encore qu'il
foutait de

comme

Ginette et Marcel

(la violoniste et le boxeur
patate!!!). L'argent étant inef ficace et pervers, je préfère le
plaisir de la gloire posthume.
Peintre niçois ouvre les yeux,

exposer en

c'était
est

son

Nice c'est mieux que

se

New

York."

d'altitude.

Une fois

petite, elle

a

vomi deux

(mais seulement une fois au
retour). Enfin tous les infor¬
més

se sont

retrouvés pour un

méga pique-nique
air,

sous

au

grand

les arbres.

Autour

du sanctuaire, une

ce

comme

qu'ils
ils

semaine ils avaient écrit
tas de textes et
tous connaître

un

ils voulaient

nos

2 groupes

préférés de stars occitans,
plus que leurs héros à la télé.
Ça me confirmait ce que je
pensais, le son standard, c'est
celui de Massilia, pas celui de
Nij ou autre radio qui impose
sa norme

Les tubes popu

iaires, c'est Fabulous et

Momo alias Maurice avait

Massilia

assurer et

accrocher

ses

der¬
son

qui tient la route Je
peux pas vous raconter ce qui
peint il faut voir, alors venez
voir. Si vous passez par là en
juin, vous passez à Nice
comme ça il y aura aussi

Momo

chanter, de dire

avaient envie

immense salle où "Mossu"

travail

douane, ça coûte cher et c'est
compliqué. Alors, ils sont
venu le chercher à St Roch,

Mais ils m'ont vite rassuré, ça
les éclatait vraiment d'écrire

avaient envie. A la fin de la

m

nières années de travail et

Et

puis enfin
de compte, on l'a cru. Pasque
Vincent, c'est le mystérieux,
celui qui te glisse toujours
entre les doigts. En fait, com¬
me faire passer des toiles à la
nous.

la radio et
j'avais un
peu peur de pas correspondre
à ce qu'ils attendaient.

1300

fois dans la voiture à l'aller
-

merveilles de

j'écoutais

de

ma

-

sac,

lacets, début 300 m d'altitu¬
de, arrivée 15km plus haut à

J'aurais pas

rien que pour

exploser en
plein vol au milieu de l'atlan
tique et rentrer dans la légen

Nice, der¬

arrivé, c'est magnifique.
dû monter avec

peindre à New York, pas moi.
Mais j'y retournerais bien,

Momo Gino

et demi de

niers kilomètres ; route à

ces

ce qu'ils
écoutaient. En résumé, ce qui
mon

Vincent

qui les font, mais on
peut pas les entendre parce
que les pébrons qui tiennent
les médias de masse, leurs

oreilles, elles sont bouchées,
leurs yeux y sont

gavés, leurs
méninges elles sont saturées
par le trop plein qu'ils se
prennent dans la tête, par
l'avalanche de produits qui les
submergent.

ils te l'ont mis dans le 1er

Ils sont cuits!!!!

avion pour

bon, ils sont là.

avant,
toiles

En résumé à la fin de la

Nova Yorka, et en
peint nous quelques
qui feront le tour de
plusieurs états. A part la carte
postale envoyé à la Tranqui¬
llité, voilà ce qu'il nous ramè¬
ne de la
presqu'île
"Le tout-Manhattan

en

alentours chantaient leurs

ils avaient
capté qu'ils pouvaient trouver
propres textes et

Gigi

une

est

manière à

choses,

gnon à croquer, le de'licieux
Calassi Vincent qui a grandi

soit pas

Pendant ceNyons
temps,universi¬
je me
rendais à

peintre à

té

New York où il n'a vécu que

a

mûri

dans deux têtes chercheuses,
Toole and Vintarelli, lors -

qu'ils réalisèrent qu'ils parla
geaient la même passion ...
les colorants

européens.

populaire provençale ani¬
stage de"rap". Mister
Sicre m'avait aiguillé, merci à
lui, j'étais reçu comme un
pape par Gilles, Bérangère, et
tous les jeunes du coin.
J'avais dans mon gavaniau
mer un

quelques jours
L'idée de faire monter des
peintres à New York

mais

semaine, tous jeunes les
HLM de Nyons et villages

mordu ! Normal, il est mi¬

à Nice et est devenu

-

-

La peinture de Vincent
trop
était décidément

loin, mais j'étais sauvé;
Momo Gino, du Nux Vomica,
avait décidé de faire
en

même temps.

son

expo

Après

Fabulous, Massilia, du ragga
italien, du ragga brésilien Au
début, je ne sortais pas tout

15

eux

de dire les

manière qui
forcément copiée
une

ne
sur

New-York, Londres, Mar¬
seille, Paris, Toulouse ou tout

simplement Nice

�Linha

Imaginòt
tive forte de la cohésion de
ses

l.E.O. Animacion, per
descubrir lenga e cuftura

méthodes. C'est là le fonde¬
ment de

Son

Le secteur de F Institut
d'
(l.E.O.

m'enrichir que de ce que je
ne suis pas. Et
pourtant, tous

Animacion), crée en 1986,
organise des centres de

réflexes, individuels
comme collectifs, nous pous¬

pour enfants et ado¬
lescents de 4 à 18 ans, en

se

menace se

s'appuyant

double tendance,

en

contradictoire,

au

Estudis Occitans

vacances

projet

éducatif.
Si je

diffère de toi,
loin de te léser, je t'augmen te " (A. de Saint Exupéry)

soi et à
deux
tous

manifeste par

apparen¬

repli sur
l'hégémonie, tous

sources

de conflit de

La richesse est dans
la différence

:

je

ne

puis

plus comme facteur de
danger et d'angoisse, mais

autres.

développer

une source

une

d'enri

-

action éduca¬

Concrètement,
de

centres

ses

sont

pratique d'une
pédagogie active, basée sur
l'initiative et la responsabili¬

comprendre

-

la

sation des enfants et des

jeunes, soucieuse de prendre
en compte les besoins et
désirs affectifs

et

éducatifs

l'autre, pour pouvoir échan¬

individuels

ger, nécessite de mieux se
comprendre soi-même. Ainsi

le fonctionnement collectif.
-

jeunes de A.B. jouent au foot la nuit sur la place (jusqu'à 2H. du mat, de eòps que i a). Le
plus fort en gueule, Faouzi, qui fait un stage au Carrefour Culturel, s'est dit : pourquoi pas
un tournoi inter-quartier sur la place ? Ok
dirent les autres, Oc dit le carrefour. Pbs with la mai¬
rie, mais ça se régie, c'était intéressant ces pbs : pour que les youngs voient le fonctionnement
des choses, pour que la mairie comprenne melhor A.B. Et ça marche. Un dimanche. Pour moi
retour à l'enfance et rêves d'adulte j'attendais ça depuis bel temps (je rejoue regol, now).
Pour tous du berri, et jour de festa. Sport et musique (rap). Et rencontres. Et décou¬
vertes : Fernando, pas mauvais au foot mais surtout très bon comme commentateur (vitesse,
humour, etc...); équipe poussins d'A.B. en pointe ; très bon joueur de l'équipe seniors d'A.B.
mais peu d'entraînement au jeu collectif ; bonnes équipes à Bagatelle, Portugais d'Empalot,
es

Brésiliens.
J'ai demandé à Dazi s'il voulait pas

organiser à Larrazet le grand
quartiers du monde sur le stade de la Gimone.

en

harmonie

avec

la découverte de la

langue et de la culture occi¬
tanes.
-

recommencer.

vacances

caractérisés par :

le 17 Mars 1996

A

aux

Savoir

Tournoi de Fool brasilian à Arnaud-Bernard

tournoi de la G.R.Q.M. : toute la caira des
Wooovvaaah !

régionales et

chissement et de

Mieux

mouvement, il convient de

une ouver¬

incluant les

locales dans les relations

ductibles et extensibles.

ce

personnali¬

té, s'attache-t-il à
dimensions

ordres.
Pour inverser

construction de la

l'altérité et de la diversité,

plaisir.
comprendre, recevoir,
exprimer ; être conscient de
l'interdépendance de ces trois
actes pour générer des com¬
portements relationnels repro¬

la

identité/altérité dans la

d'éduquer à une approche de

comme

à nier cette évidence. Cette

l'I.E.O. Animacion, intégrant
l'importance de la dialectique

ture culturelle

objectif est

non

nos

ce
"

l'action de l'I.E.O

Animacion.

occitanas

sur son

contenus et de ses

la découverte

et

la

pratique d'activités artistiques
(musique, chant, théâtre,
vidéo).
-

la découverte et la

pratique d'activités physiques
pleine nature (canoëkayak, V.T.T., randonnées,
équitation, escalade, spéléo).
de

-

la découverte tou¬

ristique et humaine d'une
région (visites de sites ; ren¬
les habitants,
artistes, érudits locaux,...)
contres avec

-

d'enfants

de

petits groupes

ou

d'adolescents

(de 15 à 30 maximum) enca¬
drés par un nombre important
d'animateurs (1 pour 4 à 6

C.S.

maximum selon l'âge et le
centre), afin que chacun trou¬
ve sa

place dans le groupe.
la mise

en

relation

de milieux différents

(prove¬

-

nances

sociales ; enfants-ado¬

lescents/personnes adultes âgées ; milieu urbain/milieu
rural).
Frédéric Tardieu
Contact
26

rue

:

l.E.O.

Animacion,

Paul Mamert 33000

Bordeaux. Tél. 57.95.80.44.

16

�Linha
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3e trimèstre de 1996

Charte de la

citoyenneté communale
Les associations

Le

présent document n'est nullement

revendicatif, si

ce

n'est dans l'expres¬

sion d'une demande de réelle

pratique de la

Qtoyenneté. Il n'est dirigé contre aucune for¬
mation ou parti, et aurait été rédigé dans les
mêmes termes quelle qu'ait été la majorité en
place tant au plan local que national.
Il se veut être l'expression d'un certain
nombre de

règles de fonctionnement souhai¬

tées dans les relations entre habitants et
sur

les

locaux à travers les comités
des groupes d'usagers, deman¬

tant des groupes

Préambule.

un acte

signataires, représen¬

élus,

problèmes de la Ville.

de

quartier

ou

dent à être reconnues comme interlocutrices

privilégiées dans le dialogue qui doit s'instau¬
rer ou se développer entre habitants et élus.
Elles

s'engagent à faire parvenir aux élus
enquêtes,

locaux concernés les résultats des

sondages ou autres questionnements qu'elles
pourraient réaliser. Dans ce but elles atten¬
dent, tant des personnes, que des services col¬
lectivités locales, une connaissance réelle des
données nécessaires à

l'organisation de ces
De même les élus

collectes de renseignements.
*

seront invités

aux

différentes réunions

d'information qui seront

la vie démocratique ne
simple dépôt d'un bulletin de
vote dans une urne, les signataires souhaitent
qu'une réelle pratique de la Qtoyenneté puis¬
se s'exercer en particulier au niveau de la vie
locale, dans tous les domaines concernant la
politique de la ville. L'un des objectifs de leur

mises en place.

Estimant que

s'arrête pas au

action

sera

donc de sensibiliser les habitants

problèmes de la Qté, de les aider à déve¬
lopper une réflexion en ce domaine. Les habi¬
tants sont en effet, en même temps que les
aux

meilleure réalisa¬
objectifs, les associations signa¬
taires prennent l'engagement de s'apporter
un réel soutien mutuel, pour et par une solida¬
rité globale. Elles mettront en place les
moyens nécessaires pour assurer entre-elles
une communication permanente et une mise
en commun des problèmes et des informations.
Pour permettre une

tion de leurs

Fait à

Saint-Etienne, le 9 mars 1995,

Comité de

concernés, les mieux à même d'évaluer les

quartier de Monthieu, Comité

quartier de Saint-Etienne Sud, Comité de

problèmes locaux dans les domaines d'aména¬

de

d'urbanisa¬
tion, de circulation, de sécurité, de logement,

quartier Le Soleil, Comité de quartier de
Montpalaisir, Comité de quartier de
Valbenoîte, Association ARCO, MJCCM.

gement des quartiers, des projets

d'environnement,

...

Les associations

signataires se donnent
comme objectif d'obtenir des élus l'engage¬
ment d'avoir, en direction des populations,
une réelle pratique de communication, de
concertation et une écoute vigilante des
demandes locales

en ces

domaines.

NDLR

:

l'Association des Usagers du

Grand Saintde Saint
Jean-Jacques

Etienne coordonne les Comités de Quartier
Etienne. Jean-Marc

Bernard, 10

Rousseau 42000 Saint-Etienne. T :

17

rue

77.38.14.56.

�Linha

Imaginòt
Témoignage

3e trimèstre de 1996
d'avoir la mention "Tutsi"
inscrite

Impressions du Rwanda

leur

sur

L'envie de vivre au pays
mille collines

des

le nazisme

se

radio

retrouve d'ail¬

qui déversait le poison
esprits. La "radio des

dans les

Jean-Claude Drouillet

prédit le pire

:

j'allais

jeter dans le cratère
d'un volcan en éruption. Il est
vrai que les informations qui
me

parvenaient, tous médias
confondus, n'étaient guère
encourageantes. Un pays en
guerre, des fusillades, tou jours des massacres dans le
nord, des mines antiperson¬
nous

nelles

un

peu partout et sur¬

il y avait eu le génocide,
million de civils sans

tout
ce

défense, massacrés en deux
mois, d'avril à juin 94. A vrai
dire
en

je n'étais pas très rassuré

folie meurtrière

une

épouvantable ? Dans les
minibus toujours bondés qui
servent de
mun

transport en com¬

depuis

bus ont été
emmenés

l'armée

que les anciens
réquisitionnés et

au

Zaïre par

déroute de

en

l'ancien gourvemement, serré
donc contre les autres usagers
à la limite de

l'étouffement,

me suis demandé si cet
homme assis près de moi

je dois l'avouer, par un cer¬
tain goût du risque. Je n'ai
pas été déçu du voyage. Mais
le risque n'était pas là où je
l'attendais.
Il était

sur

les routes

bien conscience d'être

un

Blanc

atypique qui marchait
long des chemins de terre

le

comme

les milliers de

Rwandais. Pour tous les voi¬
sins

qui apprirent à

me

connaître et pour des dizaines
d'enfants qui m'interpellaient

venaient

la main,

n'avait pas du sang sur les
mains. Je voulais essayer de

j'étais le "Muzungu",
l'homme blanc du quartier de
Kicukiro dans la grande ban¬
lieue de Kigali.

comprendre. Pour cela deux
conditions

:

la

durée et

me serrer

Partout des

traces de

Vivre la vie d'une

pendant
cinq semaines, tel était le
cadre que je m'étais donné.
Participer aux activités quoti¬
diennes, recevoir les visi teurs, écouter les longues dis¬
cussions dans une langue
inconnue, le kinyarwanda,

d'éclats de

grenade. Mes

amis rwandais

"Ici, toute

une

commentent :

famille

a

été

assassinée par les Interaham-

(la milice). Ils ont fait
sauter la porte et continué le
we

"travail" à la machette

assister

liales, tout cela converge, se
recoupe et finalement se

étaient cachés dans les faux

dans d'invraisemblables

constitue

qués et coupés

guimbardes

ce.

mant entre

les

trous

d'obus

il était dans la
traversée des rues de Kigali
où le piéton n'a aucun droit
ou

bien

;

encore au

central où de
me

dérobèrent

marché

petits voleurs
mon

passeport.

Rien de bien méchant

en

somme.

Et c'est le

paradoxe.
Comment un peuple si sou¬
riant et chaleureux, tellement
disposé à la communication
a-t'il pu se laisser entraîner

en une

connaissan¬

Je

partageais ainsi les
conditions de vie du peuple,
la pauvreté ordinaire de mil¬
lions de gens. Pas d'électrici¬
té ni d'eau courante, une

nourriture à base de

légumes
et de fruits, pas de voiture,
donc la marche à pied et les

gourdin à clous. Plusieurs

donnant de bonnes rai¬

les assassins

sons

de tuer,

sans

hésitation ni remords.

piller et violer

Evanouie la frontière

entre

le

bien et le mal, transgressé un
million de fois le tabou de "tu
ne tueras

tout

point", le Rwanda

entier sombrait dans la

folie. Quel était le Hitler de
crime contre l'humanité ?

aujourd'hui
d'horreur : il
s'appelait Juvénal Habyarimana, ex-président de la
République rwandaise, tué
est

son nom

synonyme

lors d'un attentat le 6 avril
1994 à

l'aéroport de Kigali.
Agathe ainsi que

Sa femme

disent

famille (les Rwandais
"l'akasu", la mafia) et

les

dignitaires du régime ont
plongé leurs mains dans le
bain de sang puis sont venus
se réfugier en France après la
déroute de leur armée
du FPR,

en

face

le Front Patriotique

Rwandais accueilli
teur. Sale

en

libéra¬

image pour la

France, celle d'une planque
pour

assassins. On ne man¬

ont débus¬

quera pas de me le faire gen¬
timent sentir tout en dénon¬

en morceaux.
Ils étaient ivres de bière et de

çant le rôle joué par la cellule

drogue... " Et l'on m'explique
comment ces jeunes désoeu¬

la

plafonds. Ils les

vrés et incultes avaient été

enrôlés dans la milice pour
être fanatisés par une
propa¬

gande fasciste du genre de
celle qui en d'autres temps et

transports en commun pour

d'autres lieux avaient

déplacements ; tous mes
compteurs allaient être remis
à zéro. J'ai donc appris à éco¬
nomiser les biens précieux

les sinistres SA

mes

en masse

et leur

et au

tombeau

aux

cérémonies fami¬

crevés à la
roquette, impacts sur les
façades, tôles criblées

défoncées où l'on circule à
ouvert et en slalo¬

levant

toute sa

la guerre : murs

famille rwandaise

fonctionné

ce

et

Mais il fallait que j'y

aille, poussé par la curiosité,
aspiré par l'inconnu et aussi,

déplacer dans la nuit. J'avais

je

l'immersion.

partant.

que sont l'eau, la bougie ou le
charbon de bois et aussi à me

a

temps d'Hitler,

comme au

L'enfer ! On m'avait

d'iden¬

leurs dans l'utilisation de la

Mille collines"

vers

carte

tité. On pense à une certaine
étoile jaune. Le parallèle avec

ont

assassiné

produit

et SS. "... Ils

sans

la moindre

hésitation des gens désarmés
et inoffensifs
pour le seul fait

18

africaine de

l'Elysée comme
complicité du gouverne ment français qui, jusqu'au
dernier moment, a soutenu le

régime (1). L'opération Tur¬
quoise, montée sous le pré¬
texte

d'une intervention

humanitaire

est

condamnée à
comme une

ve

de

unanimement

Kigali et décrite

médiocre tentati¬

renverser

militaire. Je

ne

la situation
suis pas

très

�Linha

Imaginòt

Cinéma. La rénovation du

quartier Villenouvelle à
Montauban
tion d'une

a

la créa¬

vu

place (place

Azańa). La forme de cette
a donné
l'association de

l'idée à
quartier de
Villenouvelle d'y faire du
cinéma. D'où les premières

place

Du cinéma

rencontres

dans la ville des 31 mai et
1er

juin dernier, avec
(J.M.B)

l'association Eidos.

Association Villenouvelle

Cendrée, 105

La

-

Léon

rue

Cladel 82ooo Montauban.
Association Eidos

-

2

rue

Léon de Malleville 82000
Montauban. T
29. Fax

:

:

63.63.31.

63.66.35.76.

Ecologie. Le Guide des
Alternatives rassemble

fier d'être

français aujour¬
d'hui à Kigali. En fait de
défense des intérêts français
j'ai nettement l'impression
que nos stratèges ont obtenu

qui

exactement le résultat inver¬

tant si friands

Ce n'est pas

l'accueil poli
qui fut réservé
début septembre par le Pas¬
teur Bizimungu
le nouveau
président (Hutu) à Xavier
Emmanueili, ministre de l'ac¬
tion humanitaire qui corrigera
cette image dominante ici
d'une France coupable de
complicité de génocide. Je
se.

et

me

courtois

suis donc fait modeste

me

promettant bien de demander
des comptes en rentrant au
pays.
Comment

se

fait-il

que la politique africaine de
la France échappe au contrôle
de l'Assemblée Nationale
passe par

et

dessus le quai

d'Orsay ? Le domaine réservé
du Président de la
que, me dit-on

Républi¬
(1), confine

cette cuisine à l'abri des

regards indiscrets du peuple
français. Comment se fait-il
que la France entière ait été
tenue dans

l'ignorance de

ce

passait au Rwanda,
deux mois après le début du
génocide ? Le mot d'ailleurs
n'était même pas prononcé !
se

Où étaient

nos

médias, pour¬

d'images fortes
et d'analyses profondes ? Où
nos télés regardaient-elles
d'avril à juin 1994 lorsqu'on
abattait les gens au Rwanda
comme on n'ose pas le faire
avec

entier

le bétail ? Le monde

pleurait la mort acci¬
d'Ayrton Senna. Un
automobile

contre un

million de victimes inno
centes. La balance

tres.

"Ici,

des milliers d'au¬
me

disent

mes

amis,

il y avait des cadavres par¬
tout. Des têtes sans

des
corps sans membres, des
corps,

rappelle celle de la justice.
Une explosion dans
le quartier me ramène à la
réalité. Plus d'un an après, les
mines antipersonnelles conti¬
nuent de tuer. J'apprendrai le
lendemain que six enfants ont
sauté et que trois sont morts.
Les équipes de déminage pro¬
mènent leur "poêle a frire"
dans le petit bois d'eucalyp¬
tus que nous traversons pour
aller au marché du quartier.
Alors on regarde bien où l'on
pose les pieds de manière à
ne pas s'écarter de ce sentier

"pour une

société

plus humaine et
respectueuse de la planè¬
te",

avec

pitres

différents cha

-

naître, grandir, être

:

bonne santé, être soi,

en

vivre autrement,

éparpillés, des petits chaus¬

autrement, s'informer, agir,
se détendre. 150F. + 25F.

sons

de bébés. Les chiens et

les

éperviers ont fait ripaille."
Chaque nuit, les chiens
errants rassemblés comme

loups, hurlent à la mort.
Les oiseaux de proie font de
grands cercles dans le ciel
J'ai aussi visité

sanctuaire,
cide"

un

comme

Ntarama est à
de kilomètres

un

"site de géno¬
dit ici.

on

une
au

trentaine

sud-est de

Kigali. Le Ministère de la
Famille a mis à ma disposi¬
tion une jeep avec chauffeur.
Il nous faudra plus d'une
heure et demie pour atteindre
l'endroit en suivant une piste
de terre rouge ravinée par les
pluies diluviennes du climat
équatorial. De part et d'autre
de la piste les bananeraies ont
couvert la

fuite d'enfants

affolés. Plus

agiles que leur
parents ils leur auront survécu

19

de

travailler

port.

Editions du

Fraysse

Les

-

Immosines 82230 Monclar
de

Quercy. T

Fax

:

:

63.30.33.55.

63.30. 34. 39.

Suède. Pour moi, le modèle

suédois, c'est l'investisse¬

bleu.

-

des médias

5.000 adresses

chaussures et de vêtements

des

dentelle
coureur

foulé par

ment de chacun à l'échelle

locale pour le bien- être de
la communauté. Et ça, ça
marche encore. (G.W.)

Citoyenneté. Suite aux
premières rencontres de la
transformation politique du
10 février 1996, un collectif
d'associations propose

les
journées d'été des 7 et 8
septembre 1996 pour régé¬
nérer la démocratie repré¬
sentative et construire une

démocratie
ve.

Lieu

:

plus participati¬

Bourse du Travail

de Seine Saint Denis
rue

-

11

Genin à St. Denis.

(J.M.B.)
Icare

-

21 ter

75011 Paris.

rue

Voltaire

�Linha

Imaginòt
Témoignage

3e trfmèstre de 1996

..

.Cortetas.. .Cortetas...

A quelques heures, le temps
d'être

Cafés-Musique. Il existe
un guide pratique pour
créer des cafés-musique,
pour vous aider à y voir
clair dans les montages
administratifs et financiers
et

répondre aux questions
pratiques. (J.M B)
Sébastine Tarcius, D.D.F.
Ministère de la culture -2
Jean Lantier 75001

rue

Paris. T

:

maisons

(1) 40.15.78.57.

la Fédération des
des potes et se

"Le Journal

veut

Banlieues". Il est

des

question

d'éducation, de violence,
de la

drogue, de féminis¬

d'identité culturelle, de

me,

rap, du sida, de sport,
etc..., illustration de tout

qui reste à inventer
dans ces lieux. (J.M.B.)
ce

de

-

Dans

petit bois
d'eucalyptus une église en
brique rouge avec sa croix
toute simple surmontant le
pignon et trois bâtiments
annexes

un

constituent le décor.

"Ici tout le monde était catho¬

lique, explique

mon

les

comme

guide, les
tueurs et

beaucoup se connaissaient... "
Nous passons le portail d'une
clôture grillagée que l'on a
installée à

cause

Une horreur

des chiens.

des milliers de

:

62 bd.

Strasbourg 75010

profanation, l'attentat abso¬
avait ici cinq mille

de reconstruire leur pays,

réfugier dans leur église, pen¬
sant que l'asile du lieu saint
les protégerait." Tragique

rapidement, et de vivre en
paix, sans discrimination abu¬
sivement ethnique. "Ici, me
dit l'un d'eux, il n'y a plus
que des Rwandais, d'ailleurs

Les miliciens ivres et

les anciennes cartes d'identité

lu. "Il y

femmes et enfants, venus se

erreur.

drogués on fait un carnage

épouvantable. Je demande

:

"Où étaient les hommes ?
Tous tués deux mois

avant",

répond le gardien.
De tels sanctuaires
se
au

dénombrent par centaines
Rwanda. A Kigali tout le

portant la prétendue apparte¬
nance ethnique ont toute été
en

France que

vu un

pays tran¬

détruites. Dites
vous

avez

quille et sûr, qui ne demande
qu'à vivre. Nous avons
besoin de rectifier notre

image à l'étranger."

le massacre de
l'église de la Sainte Famille,
monde évoque

de la ville. C'est là

Rwanda, pays des
mille collines autrefois heu¬

crânes

alignés sur un immen¬
catafalque. Sur une autre
étagère des ossements, des

au

se

qu'un prêtre, l'abbé Wances-

reuses,

las, aurait selon de nombreux

éternel, des terrasses fertiles,

habits, des cheveux, des bouts
de cuir, des vêtements pi¬

témoins

des vaches à

toyables restes d'une incon¬
tragédie. Parmi les
crânes, ceux des enfants, des

sous

cevable

Fédération Nationale des
Maisons des Potes

rattrapés par les tueurs

marteau et à la machette.

victimes

Banlieues. Pote-Pote est
édité par

au

la

bébés... C'est

atroce

tains défoncés

au

! Cer¬

marteau et

centre

dirigé le massacre

des fidèles

venus se

mettre

protection. Réfugié
après l'effon¬
drement de l'ancien régime, il
a eu quelque temps à répon¬
sa

dans l'Ardèche

dre de

ces

accusations devant

pays

du printemps

longues cornes.
damné ?
Un pays pauvre et surpeuplé
à coup sûr, qui vient d'être
blessé grièvement dans l'un
de ces tragiques accidents de
l'histoire que l'on nomme
génocide. Mais un pays qui a
Pays béni

ou pays

Paris. T

au

la Justice

Fax

à la machette et même

de preuves,

survécu. Nous devons l'aider.

Des preuves, peut-être
faudrait-il en chercher ici à

Un

: (1) 40.36.40.84.
(1) 40.36.07.89.

:

Contes. Toute l'enfance
d'Henri Cazaux fut

mar

Tendue au-dessus de
-

quée par les contes et
légendes transmis par son
grand-père. Le conte est
pour lui le triomphe des
mots, de la poésie et du
langage. Et depuis 20 ans,
Henri Cazaux conte à tra¬
le monde. Il anime

vers

aussi des

ateliers
le

conférences, des
des

ou

stages sur

sujet. (J.M.B.)

Henri Cazaux

gourdin, d'autres entaillés
percé
d'une grande pointe en fer.

B.P. 70

-

:

57.49.

22.12.

Kigali. De nombreuses jeunes
filles osent parler du viol dont

faisaient les soldats des

sous

Nations Unies

les
curé.
Les paroissiens de l'Ardèche
devraient peut-être se poser
des questions.
Mais, à propos du
Rwanda, ne parler que du

massacres

pendant les

?" La réponse est

glacée : "ils regardaient".
Plus d'un an après
l'assassinat
mort

flotte

une

odeur de

encore sur

le site.

l'église

éventré:

dont

un

"une

roquette tirée par l'ar¬

mur est

m'explique le gardien,
puis ils ont lancé les gre mée,

Area Latina. CEDAL traite
de

l'Amérique Latine et

en

France

un

d'informations

a

bulletin
:

Comuni-

cado. CEDAL suscite des
solidarités dans tous les

cureur.

une bâche frappée du
sigle des Nations Unies sert
d'abri. Je demande : "Que

têtes,

Nous entrons dans

33230 Coutras. T

nos

française. Manque
aurait dit le pro¬

nades, ensuite les miliciens
sont entrés et ont fini le tra¬
vail à l'arme blanche. Sur le
sol

gisent encore pêle-mêle

elles disent avoir été victimes
la

menace

en morceaux par
sbires d'un bien étrange

génocide, reviendrait à trahir
ce petit pays où la vie a
repris. Les maisons ont de
des occupants,

anciens ayant

L'armée
se

fui

au

les

Zaïre.

patriotique rwandai-

contrôle les véhicules

entrées de la ville,

aux

garde les

crânes, ossements, vêtements,
ustensiles de cuisine, matelas,

bâtiments publics et pa¬
trouille dans les rues. On

couvertures et chaussures

s'habitue très vite à

Paris. T

d'enfants. Sur l'autel

sence

Fax

demi-douzaine de crânes sont

domaines.

(J.M.B.)

CEDAL-FRANCE
rue

-

43 ter

de la Glacière 75013

:

: (1) 43.37.87.14.
(1) 43.37.87.18.

posés

comme pour

une

souligner

cette pré¬
tranquille et une
impression de sécurité s'ins¬

talle. Les Rwandais ont envie

20

Kigali, 20 octobre 1995

d'être décou¬

pées

nouveaux

premier pas serait de dire

la vérité.

J-CD

(1)
VE

La

François-Xavier VERSHA"Complicité de génocide ?
politique de la France au

-

:

Rwanda". La Découverte/Essais,
1994.
-

Colette BRAECKMAN

"Rwanda
de"

:

Histoire d'un

Fayard, 1994.

:

génoci¬

�Linha

Imaginòt

3e trimèstre de 1996

qu'à la différence de B.H.L, ^
obligé pour vivre de se mon¬
trer régulièrement, Finkiel¬
kraut reste plus discret et
n'intervient que lorsque le

B-H L, Finkielkraut, et
les autres

système est gravement mena¬
cé ; il a suffisamment de
cartes en

^

main pour se passer

de faire le

Jean-Pascal Goudounesque

S'il est possible, je tiens
sortie

ma

intempestive contre

Ben Vautier ;
avec

lui qu'il

bien d'accord

faille

une

action

politique
et

se

pour que la langue
la culture occitane aient

leur place

dans l'Etat Fran¬
çais. Simplement, un artiste,
parlant en tant qu'artiste peut
se permettre des positions
publiques excentriques, ça
fait partie de ce qu'on peut
attendre de lui.
Un

responsable poli¬
tique qui tiendrait ouverte ment de tels propos prendrait
plus de risques, non pas pour
sa

vie, (c'était

assez

une

malvenue

nais) mais

au

boutade,

je le

recon¬

moins pour sa

carrière.
En

qui me con¬
l'intelligentsia parisien¬
ne
(après la lettre de P. Régis
dans le n°26) je pense que si
ce

cerne

B.H.L.

est

effectivement

plus tôt, il
indigné qu'on puisse
sur le même plan "une

serait

mettre

mélodie de Vivaldi"

et

"un

rythme de jazz".
Il y aurait au demeu¬
rant beaucoup à dire sur ces
grandes écoles, où des
bachotteurs impénitents
chef ad vitam
fois le

eternam.

faire avaler les

Clermont est
ferme d'où
du fumier
même

ferme,

St.Antonin-Noble-Val et
Germ- vallée du Louron

on

ou

la durée des manifesta
fait que

ne

-

sont pas

se

des amis, mais ali¬

mentent le débat.

COCAB, 19 place Arnaud
Bernard 31000 Toulouse.
T. 61.12.18.25.
•

Dans le domaine

de l'animation

(y compris

en

direction des enfants)

les

Flibustiers de la

Linha

Imaginât sont de

toutes les aventures. Leur

I'"Art

Fernando. Tadrelanka,

une cour

pourrait

en

journaux de
festival quotidiens pendant

y trouver

peut sortir que
(et quand bien

serait

ce

de

de'

de

Pourri" cher à Ben).

en

nal d'Arnaud Bernard Au
pays du COCAB a fit parler
d'elle sur les festivals de

dernière acquisition a été
remarquée : un magnifique
camion dans le style trio
electrico avec percussions
et sonorisation incorpo rées. (J.M.B.)

cour

une

ne

l"'Art Brut"

poche,
toutes les bêtises qu'on profè¬
re (en trois parties : thèse,
antithèse, synthèse ) devien¬
nent des vérités publiques.
Contre ce "philo sophe" qui est en fait un ter¬
roriste de la pensée, la Linha
Imaginòt pourrait concentrer
ses coups ; mais il est vrai

diplôme

nous

Côté pres¬

•

l'équipe du jour¬

tions. Ils

jardins à la Française et les
tragédies de Racine (notre
culture à nous français de
France) et qui pensent que

Une

écrite

se

les interventions de B.H.L.

coûte

décrochent des carrières de

Commandos.

réalisant des

(jeunes é ëont comme des couPs
dans l'eau ; ridiculiser un
"mélodie de Duke Ellington"
Finkielkraut serait à coup sur
vaille "un rythme de rock",
un grand pas en avant contre
voilà qui lui paraît intolé ceux qui veulent coûte que
rable. Or, si Finkielkraut avait
vécu quarante ans

.Cortetas.. .Cortetas...

joli-coeur et ris¬
quer les tartes à la crème. Les
réactions épidermiques contre

Défaite de la:

à rectifier

..

Murrarque 32350 Biran. T.
62.64.63.76
-

-

61.29.04.83

61.23.22.68

J.P.G
Troubadours.

Clermont, 2 juin 96.

Commentaire

:

Bravo Jean-

Pascal ! Merci ! Bien dit !
donc bien

pensé ! (O.S.)

Grégory Lee

vient de

publier un livre
"Troubadours, trumpters,
troubled Makers" qui parle
en partie des contempo¬
rains (Fabulous Trobadors, Zebda...) et de la cul¬
ture occitane. Le livre est

un

publié

en

Amérique du

poseur soucieux de sa noto¬
riété, Finkielkraut, professeur
dans une grande école,

Nord par Duke University
Press et en Europe par C.

membre de France Culture,

Grégory Lee, 68 Block 3

est un

Hurst and Co. de Londres.

Middleton Towers

véritable

pilier du sys¬
que la culture

&lt;A"*

tème. Il pense
savante est la seule valable,

la culture populaire doit
méprisée. Pour lui le mot
"culture" n'a pas le même
que
être

sens
se

dans les deux

cas.

Il

ne

'jtìiA

ko

pik-5

Pokfulam Road

140

Hong¬

kong.
A

Marvejols, si vous vou¬
linguistique
comparée occitan-maro lez faire de la

tt/?H

rend pas

ffvJ ^F~ZJ\Acl'^xci-

cain, contactez Warda au
Comité consultatif des

compte que
l'aspect "savant" et l'aspect
"populaire" ne sont que deux
facettes d'un même objet.

jeunes, Mairie 48100

Marvejols. De toute façon,
à Marvejols, les jeunes

Ainsi, il s'élève contre la
perte des valeurs dans la
21

sont super en

avance sur

le

(C.S.)

new

folklore.

�Linha

Imaginòt
Débats

3e trìmèstre de 1996
Une culture est bien morte

quand on la défend au lieu de
l'inventer"

Car le centre n'est pas

non

pas en

confronter

également le principe de la
double administration (par les

nos

idées

confronter aussi

avec

participants du Festival

Le
-

sujet de nos

élaborer les

ren¬

axes

de

la

stratégie occitaniste - peut
paraître démesuré. Il nous
semble cependant qu'il est
nécessaire que les occita nistes conçoivent l'urgence
de ce débat et y participent.
Face aujourd'hui à l'éclate¬
ment de l'occitanisme et

tant

unique, il est partout là où
l'Etat (mais aussi tous les

intermédiaires, partis,
syndicats, médias) s'est

assemblées élues et les

ser¬

vices de

l'Etat) qui a permis à
la fausse régionalisation de ne
rien changer fondamentale¬

sion de tous à l'uniformité de

limiterait à

se

une.

etc, autant de bastilles,

Dès lors que

l'occi¬
produit la critique

temps de réaffirmer le rôle et

passer à la concrétisation
projet occitaniste. Non pas
un projet pour les seuls occi¬
tans (par et pour les occitans)
mais un projet pour tous

a

centralisme, il faut mainte¬

tout

sur

court, tant

paraît inenvisageable de

concevoir l'occitanisme

sans

ont

tralisme

ont été

qui ont mis

la société ?

dans

en

les

qui

cen¬

acteurs

pratique leur

théorie. Tout le travail de

F.M.CASTAN doit être lu
cette

ne

peut se limiter à un

territoire particulier. S'atta-

le transformera pas.

ne

saurait

pré¬

décentralisation de la

pensée,
préalable à toute décentralisa¬

menace

l'intégrité nationale qui
pourrait être portée par des
aspirations séparatistes,
mais, plus gravement encore,
comme une atteinte à la forte lion la plus essentielle de
notre citoyenneté : l'exprès sion de notre propre identité.
Compte tenu de notre hérita ge, le pluralisme identitaire
au sein d'une même
citoyen pour

nous

est

apparement pour
proprement inconce

nation

qu'elle

ne

que nous

une

alors il faut bien concevoir

eux-mêmes, concevoir
ce

nous comme

de la nation unitariste porte
en elle l'avènement d'une

action décentralisatrice.
Car

ne

dans des données histo¬
riques qui sont les siennes,

que

une

conisons d'abord, c'est une

les

vable". C'est là que l'occita¬
nisme intervient. La critique

par

peuvent,

que

tion que nous voulons pour
l'Occitanie ne peut s'inscrire

quant à un système, elle le
transformera tout entier, ou

tous ces acteurs ne

est

soient nullement vécues chez

neté

optique.

Car si la transforma¬

La

critique du cen¬
tralisme, telle qu'elle a été
faite par l'occitanisme, tra¬
verse à présent l'ensemble du
corps social et de la classe
politique, à des niveaux diffé¬
rents par ailleurs. Mais cela
s'arrête là pour l'instant, car

: ceux

produit la critique du

place doit
occuper aujourd'hui l'occita¬
nisme ? Comment agit-il dans

l'IEO. Quelle

Dès lors, comme

l'écrit J.P.Worms " il

revendications identitaires

France entière. N.B

Mais débattre

règle étatique centrale.

caractéristique (...),

l'occitanisme

sens.

la soumis¬

du

l'IEO, c'est débattre de

son

la

sur

nant

(ceux qui vivent ici, qui ont
choisi d'y vivre ou pas, ceux
qui viennent d'ailleurs) et
même plus largement pour la

aujourd'hui

l'Etat-nation.

s'est construite

Paris n'en serait pas

du

redonner

l'occitane, les schémas de

relais, mais bien des moteurs

qui

contrer

culturelles locales, il est

fondation, en connaître
l'histoire, ses dérives pour lui

les continuer, pas
reproduire, à

pour

du centralisme.

Une action décentrali¬

satrice

multiplication de structures

de la

plus

Région, DRAC, mairies,
qui ne
sont pas seuleument des

ment.

tanisme

place que l'Î.E.O doit
occuper. Revenir aux sources

pas pour
non

Cependant, il faut
partir des réalités. Et l'essen¬
ce même de l'Etat français
nous semble être le point de
départ. Tocqueville a précisé¬
ment montré, par la continui¬
té entre l'Ancien Régime et la
Révolution, que la nation

la

la

o

système, elle

bien pour engager une coupu¬
re avec des idées dépassées,

débat le dimanche matin.

3

sur un
le transforme -

déconcentré. C'est bien là

d'Uzeste dans le cadre d'un

il

Agissant

élargir la réflexion,

Nous avons souhaité
contres

projet paraît condamné.

corps

Jean Vilotte

les

tout

qu'idéologie - mais
comme pratique qui produit
sa propre théorie. Si l'occitanisme a un rôle à jouer c'est

( P. VEYNE)

et les

tion. Sans cet avant propos,

l'objet

se

22

transformation est

Elle

dissocier de

lequel elle prétend
agir. L'action occitaniste a
vocation pédagogique.
sur

plurielle. Par sa posi¬
tion, l'histoire de sa civilisa¬
tion, l'occitanisme est seul à
pouvoir démontrer que la

est

possible.

Parce que la nation
à transformer d'urgence.

Première étape
cessus

d'un long pro¬

visant à donner à

chaque communauté la place

-

�Linha

Imaginòt

Débats
3e trimèstre de 1996

A

qui lui est due. Bien sûr, la
Révolution est

rupture

une

bénéfique, instituant la souve¬
raineté de peuple dans le
même temps qu'elle le
construisait. Cependant, la
déviation première a été de
croire que l'universalité des
valeurs qui a institué (bien
réelle),

se

confondait

l'universitalité de la

..

.Corteias.. .Cortetas...

Rennes.

l'autonomie de tous
concerts,

danse,

avec

langue

l'otage de l'Etat. C'est cette
aliénation première qui donne

gogne

Chabab, 2

citons

ces

un

tion de

extrait de

vote

-

des concerts vocalchi

de

qu'ils

y prennent garde,
exaltent les valeurs des jours
re,

sombres de l'Histoire de

France" (Francis Carpentier).
En posant la ques tion des
de las

nisme

langues (cf. PRIMA

LENGAS), 1' occitaest seul à

dépasser les

impasses de la vision unitaris¬
te
française en ce domaine.
Même s'il ne serait pas éton¬
nant

de voir bientôt, la franco¬

phonie

se

faire le défenseur

de l'occitan

langues
té

:

et des autres

au nom

de la diversi¬

c'est à dire de l'addition

peut avoir la vision franco-

questions qu'il doit résoudre.
Ce qui est en jeu ici,
ce n'est pas ce que l'occitan
poserait en soi, mais ce qu'il
pose en tant que sa position

phoniste.

lui confère

L'occitanisme pose
dans la reconnaissance de la

ments

la pluralité
langues comme principe
et avec une voca¬

pluralité

: on peut

avant en

aller plus

réfléchissant à la

en terme

irremplaçable

mener un

d'élé

création d'oeuvres vocal

-

pour

combat anti-centra-

de

pastorales des rues.
(J.M.B.)

Compagnie Lubat. 33730

liste et anti-unitariste. Posi¬

Uzeste. T. 56.25.38.46.

tion que

Fax: 56.25.36.12.

n'ont

pas

-

chimistes autour de l'idée

les autres
leur

notion de "droits culturels"

cultures de France, car

(Robert Marty) qui consacre¬

histoire n'est pas, comme

rait l'universalité de

nôtre, intimement liée à celle

(CLAC) est né

culture, et fonderait les obli¬

de la construction de la

la volonté de mettre en

gations de l'Etat et des col¬

nation.

place des solidarités inter¬

toute

lectivités locales dans le
domaine culturel.

-

autre

manière

en posant
toutes les

démarche pose

tion transformatrice que ne

sol, les

politique,

d'une

fondateur

présentation en juin
1994 du rapport du CESR de
Midi-Pyrénées " Une poli tique culturelle pour l'espace
régional", relatif à l'aide de
la Région à la culture occita¬
ne : "... Rivés à une
langue,

atteint le

rément. Alors que notre
des

Ainsi,

du discours identitai

particularismes, pris sépa¬

-

appelés aussi
joutes magnétiques avec
André
Minvielle et quel¬
ques autres complices, et
également des ateliers de
pratiques spécifiques
vocales/rythmiques pour
aller plus loin ; enfin la
mistes

JeanVilotte

de la

tenants

99.59.

Compagnie Lubat propose

l'explica¬

un

:

Les chants Manifestes. La

de la CGT lors

elle-même rivée à

de Bour¬

rue

3124.

caractère

valeurs

calli¬

35000 Rennes T.

99.59.04.02. Fax

spécifique et qui occulte toute
autre vision que celle expri¬
mée par le centre.
C'est parce que les
idées de progrès, de valeurs
républicaines sont intrinsè¬
quement liées, à cette vision
unitariste que les réactions les
plus rétrogrades viennent
souvent de la gauche - enten¬
due comme famille de pensée
se croyant l'exclusive déten¬
trice de

animations,

vidéo, ateliers de réflexion,
etc...

son

:

expositions,

graphie, publications,

a exprimé. La langue
aussi instrumentalisée devient

centralisme

une

jeunes d'ori¬
gines culturelles diverses
dont l'objectif est de favori¬
ser l'expression, l'organi¬
sation, la responsabilité et

qui les

au

Chabab est

association de

Mais il

s'agit aussi
place d'une
"action politique occitaniste"
de réfléchir à la

(Gustave Alirol). Car la dis¬
culture/politique

sociation

(qu'il convient cependant de
faire)

nous

semble trop

sou¬

mal posée dans le mou¬
vement occitaniste : en terme
vent

la

C'est

précisément
cette question de la posture
qui peut renouveler la Démo¬
cratie. Le lieu d'où l'on parle
conditionne le contenu même

de l'intervention. L'interven¬
tion occitaniste n'est pas seuieument périphérique, elle

Solidarité. Le Collectif
Local d'Actions Culturelles

de constituer
teur

naux.

Emmetrop, 26 route de la

Chapelle 1800 Bourges,

sation

100%. La lettre de la

appelle à la mobili¬
générale pour la

milation niant l'identité de

chanson

ainsi, c'est ne pas
reconnaître à la culture occi¬

l'autre et les

pe

tane son

rôle de transforma¬

tion, qu'elle porte en soi

conséquences

différence"
poussé à son accomplisse ment (ghettos), la différence
saurait être le

comme

existe mais

sa

critère, qui, en soi, fonderait

accomplissement de
fonction critique du systè¬

me.

Et cette transformation

la

23

ne

place de chaque commu-

interlocu¬

"polysensible" pour les
région-

écueils d'une

d'un "droit à la

un

décideurs locaux et

d'exclusion mutuelle. Or, le
poser

-

éphémères, des éner¬
gies coopératives et aussi
tions

SACEM

intégration/assi¬

Bourges de

associations, des coali

sur l'ensemble. Elle est la
seule à éviter à la fois les

agit

a

française. Philip¬
Douste-Blazy décroche
le pompon en proposant
une radio 100% française !
Halte à la différence !

(J.M.B.)
SACEM, 225

avenue

Charles de Gaulle 92521

Neully

sur

Seine Cedex.

�Linha

Imaginòt

m

a

mmxtè

^

v-riu.

-

i

*

Débats

3e trimèstre de 1996
nauté dans la vie de la Cité.

Il faut continuer à affirmer

En

exigeant une
intervention plus démocra tique de l'Etat (au service des
citoyens), en défendant la

place spécifique qui
une

les

fait

en

association pas comme

autres, son rôle de coordi¬

nation de l'action culturelle

première. Seule organisa¬

commune, en oeuvrant pour

est

la reconnaissance des droits

tion pan-occitane, elle a

collectifs (non pour séparer
les communautés mais pour

charge la culture occitane
son

tique occitaniste travaille
pour le renforcement de la
Démocratie et du pluralis¬

l'université.

L'université

la

d'hui de

renouer avec

savantes :

il y a

Propositions

Ce que je vais
vous dire ci-après
va peut-à
paraître
"gros". Surtout
un peu

Sociétés

-

des milliers

qui travaille le sujet depuis tant
temps. Voici :
1)- de très larges secteurs de i'occita-

qu'il suffirait
le cercle local de l'IEO

soit

reconnu comme

concours

matiquement recherché,
lorsque par exemple, il s'agit
de mettre

valeur des sites,

exemple : les
reconstitions historiques.
D'un côté des municipalités
qui organisent ces manifesta¬
tions pour leur image, de
l'autre des érudits auxquels
on demande
quelques vagues
conseils. Le résultat, on le

double travail. D'abord un travail non pas
solitaire mais collectif pour identifier ce qui
sera "entendu". Ensuite il
y aura un travail de
un

et

point, d'unification des versions (air
paroles) pour qu'on puisse chanter
au

ensemble.

l'occitan. Dans

tane.

en

Un

reprendra.
5)- Mais voilà à mon avis il faut faire

mise

2)- Il convient donc de réintroduire
une région comme la Gironde
occitane, nous ne recevons pas Radio Pais,
nous n'avons
pas un article occitan dans le
journal local, nous n'avons que je sache
qu'une seule calandreta. Et pourtant il y a des
tas de gens qui se battent
pour la culture occi¬

devrait être systé¬

l'assemblée le

parler de temps en temps l'occitan.

6)- Je prends quelques exemples (de
que je souhaiterais quant à moi), des chan¬
sons dont j'aimerais
quelle soient sélection¬

se

3)- Je propose que cette réintroduc¬
fasse par la chanson. Oh! cette idée

la réalisation. Chacun chante à

sa

façon. Il n'y

pas deux versions du "Se Canta" qui se res¬
semblent, donc en dehors du refrain tout lan¬
cement de cette chanson tourne court, La
a

chanson "Lo Bossu!"
temenls

différents,

:

il y a

etc...

deux airs complèetc... Aquò me caga,

te lo dési !

4)- Ainsi faut-il impérativement à
sens reprendre notre
répertoire, publier

20 chansons de notre

patrimoine et surtout,

surtout, les diffuser. Je prends un exemple de
diffusion dans notre région. Si ici les André
Min vielle d'Uzeste, les Jacky
Gratecap de St
Macaire, les Bonnemason du Comitat

maître

d'oeuvre de la manifestation
en

collaboration

dits de la Société Savante
seul est
sens

:

les éru¬

avec

lui

:

capable de donner un

à la

manifestation, la

replacer dans
faire
les

oeuvre

son contexte,
éducative pour

citoyens.
Politique culturelle

des collectivités

l'IEO doit

:

réflexion par

entamer une

rapport à l'action culturelle
des collectivités. Etudier les
relations

complexes

élus entretiennent
ture. Dans ce

doit être

que

avec

les

la cul¬

domaine, l'IEO

partenaire des
collectivités pour les aider à
concevoir leur politique cul¬
un

turelle. Enfin

au

niveau de

l'Etat, il faut que l'IEO entre¬
tienne les meilleures relations

le Ministère de le

avec

Culture. A
ments

chaque change

de locataire

rue

-

de

Valois, le Président de l'IEO
le nouveau

doit être reçu par

ministre.

ce

nées

:
-

-

Se Canta

-

(bien sûr)

des chansons traditionnelles

des chansons récentes (par

(Cf

exemple

certaines de Marti que nous avons tous

chan¬

tées).
des traductions: (je pense par
exemple à l'Estocade Lluis Llach traduit par
los Pagalhós....
-

7)- "L'intellectuel occitaniste

est

celui

qui choisit de s'exposer à tous les sar¬
casmes des puissants imbéciles" écrit Claude
Sicre. Mais là je ne m'adresse pas a des
estrangers du nord. Je me prends même à rêver
qu'un jour ce ne sera pas seulement à Uzeste
que l'on chantera occitan, mais dans les rues
de Bordeaux, de Toulouse et de Marseille.

Que

son a

l'espér de çò que

ne pensas

!

YvesCortez

Grirondin, tous les passionnés de notre culture
et de
musique se mettent à l'unisson pour dif¬
24

Un

disco

secteur

et

audiographique : l'association
TRANSMEDIADOC s'est

I.EO...)

n'est pas très originale, mais si l'on est
d'accord sur les prémisses, penchons-nous sur

mon

que

d'occitanie, la première manche sera gagnée.
Quand Claude Sicre viendra à Uzeste et enta¬
mera "Se Canta",
(pourquoi pas ?) toute

nie sont "désoccitanisés". c'est à dire
que cer¬
tains ont à peine entendu leurs grands-parents

tion

connaît. Alors

des érudits, qui travaillent
sur le local et qui font un tra¬
vail remarquable. Leurs
par

fuser les 20 chansons, pour commencer, et si
nous faisons école dans tous les
départements

Claude Sicre
de

re¬

:

Lier IEO

vous

-

organisme scienti¬
fique, l'IEO se doit aujour¬

me.

être

en

de sociétés savantes, animées

etc...

cherche

:

en

entier.

leur permettre d'exister avec
les autres), etc, l'action poli¬

Revenons à l'IEO

sa

crée pour

la mise

en

valeur du

fond " REVO LU M- VENTA
DORN". Elle doit devenir
secteur

à

un

de l'IEO, tant l'accès

fond

exceptionnel doit
garanti. C'est le meilleur
moyen pour que ce fond
serve de base
pour une créa¬
ce

être

tion renouvelée.

Voilà

rapidement
balayées quelques proposi tions pour que l'IEO rede vienne le grand organisme
culturel
ture
sa

au

service de la cul¬

occitane. Pour conforter

position l'IEO doit aussi

travailler

avec

ses

alliés

Calendretas, CREO,

:

etc...

L'IEO doit redevenir le lieu
de l'occitanisme où
les

grandes synthèses

se

font

-

�Linha

Imaginòt

Trobar

3e trimèstre de 1996
voir
trise.

Aristote à la rencontre de la

différence

papillons

la chasse

ou

plutôt qu'elle ne le maî¬
Aussi incluons-nous,

dans

notre

programme, une
réflexion quasi quotidienne
sur "l'outil"
mythique et sym¬

aux

bolique.
Quelques années
d'expérience avec S.I.T. (1)

avec un fusil

m'autoriseront à dire que

lorsque

Dominique Pozzo

ils

quelques mots,

sécurisant soit-il, la différen¬
ce est d'abord menaçante, car

T.Shirt,
son ambi¬

si deux valeurs proposées par
deux cultures différentes sont

Aworld ofdif érence"..
Par

ces

inscrits

S.I.T.

tion

:

sur un

(1) présente

aider à la découverte de

que

pensée pour laquelle rien
statique ni définitif, sauf
le devenir. Cette pensée
n'isole pas une chose pour
prétendre tout en connaître, et
elle suggère que deux choses
contradictoires peuvent être
"vraies" en même temps. Les

"l'homme occidental-aristoté¬

différentes Traditions orien¬

contraires, alors, si l'une

Le monde occidental

changé

: soucieux, il y a

seulement

un

siècle de

quérir, d'imposer
sa

culture à la terre

con¬

lois et
entière, ce

ses

même monde tente mainte¬
nant

de voir la différence, de

la respecter, et

de s'en trouver

grandi... Part-il vers une autre
conquête ?
La pensée d'Aristote
et sa logique ont
façonné le
monde occidental, et lui ont
donné sa gloire, sa puissance,
en

même

limites

transmet
sa

temps que ses

le penseur

:

élabore et

vérité, fruit de
réflexion. Le monde est
une

statique (les choses étant ce
qu'elles sont... ) les valeurs
sont immuables, et, s'il
y a
bien quelques changements,
ils sont quantitatifs.
Les choses sont clas¬
sées

en

catégories, et

pour

les

connaître, il faut les isoler.
Par dessus tout domine le

principe de non-contradic tion: il n'y a pas de collabora¬

C'est

logique d'Aristote (la nôtre

en

n'est

est

chasseur de

papillons armé d'un fusil
licien

le savoir" part
rencontre de la différence
la

sans

saisissant, il la tue

à la

tales

: en

subir le

adé¬
quat ; le fusil aristotélicien lui
suggérera trois attitudes, qui
seront adoptées consciem inconsciemment

ment ou

mes

-

les bonnes

:

valeurs

et

occidentales (avant de
carcan

Platon, Hegel (et bien
d'autres) en ont été les porteparole, la science récente,
prenant, d'une certaine façon,
le relai

:

sont

certaines inter¬

avec

prétations en physique quantique ou différentes appro¬

la différence doit

être niée

ches récentes

le

J.Chew, de Berkeley - Boot
strap - ; de J.Charon Relativité Complexe - ; celle

(par le refus de voir,
mépris, la conquête, le tou¬

risme de consommation,

l'impérialisme etc... )
mes

-

fausses

:

les

valeurs

sont

autres sont

celles de

etc...

vraies, (acculturation, déraciment

aveugle)
rien n'a de valeur

-

et notre

nihiliste

:

voyageur reviendra
et

pessimiste, comme
l'était ce qui comptait dans la
littérature et la philosophie
occidentale de la première
moitié du 20ème siècle.

(pont en
grec, pont entre l'être et le
monde, le connu et l'inconnu,
le conscient et l'inconscient)
et Mythes (qui représentent
non pas ce qui est vrai, dans
le

sens

moderne, mais l'en¬

semble de

ces

s'incarnent
Les

merci,

choses, Dieu

ne sont pas

aussi
simples et aussi caricaturales:

et

accueille et

sée,

(under-stand)

traversé, stimulé, "énervé"
venue

forme de pen¬
du fond des âges ;

histoires

qui

deviennent

veut

construire

nucléaire,

une

centrale

planter un clou !
Mais il s'agit de voir
ou

la différence
chir

sans

et de s'en enri¬

renier

sa

propre

identité, alors elle constitue
peut être un bon outil, un vrai
filet à

papillon.
A l'instar des rela¬

tions

mystérieuses qu'entre¬
tiennent dans le domaine phy¬
siologique, la fonction et
l'organe, c'est le contact avec
la différence qui est de nature
à susciter la création, ou la re¬

création, de l'outil apte à la
saisir. Pensée

mythique et
pensée symbolique n'ont pas
vraiment quitté l'âme de
l'homme, elles ont plutôt été
refoulées par une attitude

25

se

ce

tient

qu'il

sous

y a

égard

; l'homme rationaliste
semble avoir voulu s'affran¬

chir, dans

à

sa

démarche de

connaissance de

sa

dimension

mythique en imaginant qu'il
irait plus vite et plus loin sans
elle. L'hirondelle de Kant

avait fait
en

l'Histoire) symboles et
mythes, donc, sont les véhi¬
cules précieux d'une pensée
qui résonne plus qu'elle
n'affirme qui, pour connaître,

par une autre

est

leur semestre,

accepté de se laisser
guider par cette pensée dia¬
lectique, symbolique et
mythique, sans se laisser
déborder par elle : ce n'est
pas, en effet, cette forme de
pensée qui convient si l'on

défiante du conscient à leur
Symboles

(Principe du 1/3 exclu).
cadre, si

:

de la théorie de la Résonance

l'occidental aristotélicien

ce

étudiants ont plei¬

ont

et

!) si deux choses sont contra¬
dictoires, alors si l'une est
vraie, l'autre est fausse.
Dans

aristotélicien),

mais aussi Héraclite, Socrate

souvent

outil n'est pas

car son

tion des contraires, car dans
la

une

vraie... l'autre est fausse !

la différence...

a

nos

nement réussi

un

calcul semblable

"prenant conscience" que

l'air freinait
oubliant

son

vol mais

en

qu'il le rendait pos¬

sible. Mais le refoulé

paraît pas

:

ne

dis¬

il agit de façon

perverse ; mythes et sym

boles, faute de susciter le
désir et la possibilité de

-

�Linha

Imaginòt

connaître, suscitent

aujourd'hui,
désir de

par exemple,

le

consommer...

La rencontre interculturelle
restaurer

paraît capable de
mythes et symboles

dans leurs vraies fonctions
la confrontation
vers

avec

Nouvelles du laboratoire
larrazetois

:

l'uni¬

mythique et symbolique

Jean-Marc

Buge

de l'autre, du tout autre, peut
servir de révélateur. Identi¬
fiant ainsi

nos

propres

mythes, et le lien intime
qu'ils entretiennent avec nos
désirs,

nous pourrons sans

unique (si quelqu'un connaît

Lancées par Félix Castan vers la

nées

ches

et

les

fin des

1970, les recher¬

rencontres sur les

identités communales

fonction de connaissance,
dans leur fonction unificatri¬

trouvé à Larrazet des interlo¬

atténuer ainsi la divi¬

sion, léguée par l'esprit du
temps, entre un homme

ont

cuteurs

particulièrement sen¬
sibles au sujet. De par son
travail sur le journal commu¬
nal depuis 1975, la Maison de

mythique qui veut s'ignorer
et homme rationnel
qui se

née à réfléchir à la notion de

suraffirme. En

commune et

ce sens

la

ren¬

contre interculturelle

peut
aider à l'individuation (un divided, in - divisé) proposée
par Jung.

L'évaluation du che¬
min proposé ne va pas sans

problème. Mandatés

poser

par des universités, nous nous
devons de proposer à nos étu¬
diants un programme concret
demandant

un

la Culture

a en

effet été

nement a

ame¬

à la

façon dont
long chemi¬

elle évolue. Un

abouti à la dernière

-

recherche

fait considérable

de

au sens

une

identitée beau¬

travail

est
et

certainement la
l'action menées

qu'Alain
appelle "l'entre-deux
l'identité" : le passage de
ce

cle

Mais que notre siè¬

h

exige des

mesures ne nous

un

à

renoncer

: nous nous

rions à ressembler

Pourquoi mettre

la notion de

qu'elle est finalement
abordée dans sa défini¬
première : l'institution
républicaine de base avec un
territoire, des élections, un
peu
tion

maire et

conseil munici¬

un

démocra¬

une

LP&gt;W ?

entité

et

-

être surtout

-

peut-

si cette

républicaine

de base doit évoluer.

son

de la Culture de
en

fonction

de la référence à

-

l'institution républi¬

rable...

caine. C'est à celuilà que
livré.

(l)NDLR:

en

commune

alors

Larrazet

qui

tout est mesuré et mesu

avant

document de la Mai¬

dernier

homme de Nietzche, chez

le titre donné à cette

réflexion.

consiste à lire le

condamne¬
au

par

Un exercice

à

essentiel, fût-il inquali¬

fiable

reconnue.

On peut être surpi

tie, même

ce

condamne pas

en

situer

programme

étroit.

un

pal, etc... ? Sans
doute pour mieux
montrer que c'est de
toute façon le cadre
dans lequel doit se

académique

que son contenu

les traditions liées à

milieu du XXe

travail sérieux,

ce

sur

munauté

qu'on pouvait la perce¬
encore au

susceptible d'être évalué de
façon relativement précise...
Les points que je
viens d'évoquer constituent
donc davantage l'esprit et
l'ambition de

population ont pris le dessus

telle

Daziron

doute

vidu et les mouvements de

générations
générations, sur la notion
d'appartenance à une com -

réflexion

et sans

identité tradi¬

son

vis à vis de

est tout à

lageoise "debout" dans une
période où les trajectoires
personnelles de chaque indi¬

"allant de soi" de

ce

L'apport de cette

ration d'une communauté vil¬

tionnelle (Alain Daziron pré¬
fère l'adjectif "ancienne")

plus nuancée dans la
période actuelle.
Le grand intérêt de

communales.

l'identité ancienne à l'élabo¬

lée entre

coup

les identités

recherche-action

le

rythme de vie communautaire
proche du travail de la terre et

siècle et

Contribution à la
sur

sur

communauté de base écarte-

voir

étape en date : la publication
de l'ouvrage L'expérience de
Ixirrazet

travail similaire

sujet, notamment à l'universi¬
té, il peut en avertir la rédac¬
tion de la Linha Imaginât).
Ce regard de l'intérieur sur
une période d'une trentaine
d'années permet de mesurer
le virage fantastique d'une

an¬

doute restaurer dans leur

ce, et

un

Ecole américaine

je

me

suis

Isabelle Da¬

implantée à travers le monde.

ziron

26

note

clairement

�Linha
mmm.

Trohcur

Imaginòt

3e trimèstre de 1996
que la commune n'est
des trois composantes

qu'une
qu'elle
pense représenter l'identité

locale, les deux

autres étant

l'unité d'habitat

et un

facilité serait de couper le
cordon ombilical avec la
Mairie".
Les idées

se

préci

passé
commun. On peut rajouter à
la lecture de l'ouvrage que le

lorsqu'Alain Daziron
aborde le couple identité

Trait d'Union

Il

(journal

com¬

munal), le Fénétra et la soirée
locale (fêtes), ou le stade et le
club de foot, sont aujourd'hui
identité, effaçant

encore

plus l'institution.
Félix Castan cite à

apparaît assez clairement
que la commune telle qu'on

question identi¬

laquelle l'appartenance
pas de soi, où les rap¬
ports semblent remis en ques¬
tion à chaque moment. Il est
clair que celle que nous
connaissons ne correspond
plus aux communautés d'au¬
jourd'hui. Et la question n'est
pas sans rappeler le débat sur
la nationalité française : doitelle être réservée à ceux qui

municipales, l'identité
ancienne est triomphante, elle
s'arcqueboute, le magnétisme
ravivé..."
"Pour définir

Au travers des textes

d'Alain Daziron,

pression que l'institution
communale est un partenaire

municipal

a

pensé

en

identité ancienne".

l'im¬

on a

un

tion de la salle des fêtes.... le

conseil

"Les élections muni¬

cipales sont

avec

tenance et tout le monde est

nation

conduit à

cun

mais

sans

enthousiasme

:

"il

faut faire avec"

pourrait résu¬
mer cette
impression que l'on
retrouve dans la phrase "la

se

même pour

positionner".

Et
dés deux

lorsque sont abor¬
des points forts de

l'identité communale

en

et la

vis à vis de la

commu¬

tout cas

la

en

les structures de
république française sont
que

amenées à être redéfinies

Les Identités Communales

elle était

donnée, elle est aujourd'hui une construc¬
projet. Une publication qui intéresse tous ceux
qui participent par leur actions quotidiennes à la
tion et

une

un

construction des communautés nouvelles

(maires,
conseillers municipaux, responsables d'associations).
Texte d'Alain Dazi

r on.

Préface de Michel

Ducom. Prix de vente

Illustrations de Prada.
:

annonce

qu'elle

également

été choisie pour
faire la première "Scène
a

dines). A cet effet, un pro¬
jet architectural est actuel¬
lement

en

cours

d'étude.

(J.M.B.)

Compagnie Lubat. 33730
Uzeste. T. 56.25.38.46.
Fax: 56.25.46.12
Louron. Avec le 5e festival
de Germ et de la vallée du

Louron, l'association Pers¬

pective a passé un cap. La
dynamique lancée a laissé
des traces écrites
puisque
deux
le

publications ont

jour récemment

:

vu

le bul¬

letin d'informations du

groupe d'histoire locale
"Mémoires des vallées", et

la société.

le

A

publication de 85 pages qui présente le paysage et
les visages nouveaux de l'univers complexe qu'est une
commune. Une
approche des ruptures et des mutations
en profondeur
qui affectent les communes sans excep¬
tion. Comment l'on passe au mode de l'identité nouvelle
ou éclatée
(beaucoup plus fondée sur le choix indivi¬
duel). La recherche formule l'hypothèse d'une rupture
historique dans la formation de l'identité communale :

Elle

rapport avec les évolutions de
un moment

en

où le

rôle de l'Etat est remis

Une

-

la définition de la
position de cha¬

nauté de base? On voit

évo¬

pour

(rappelons qu'Uzeste est
un
village de 300 habitants
dans les landes giron
-

ment? Mais le débat est-il le

l'appar¬

appelée

apporter son savoir-faire à
de multiples partenaires.

nationale" à la campagne

une

santé... On teste

conha est

ne va

la choisissent volontaire

un moment où
l'identité ancienne se refait

qui se passe un peu
partout en ce moment, la
Compagnie Lubat de Gas-

ce

pour

dans l'action

quotidienne
lequel il faut traiter,

en

pour l'identité nouvelle, celle

"tarif larrazetois" de la loca¬

taire.

question qui

découle semble donc être la
suivante : quelle commune

:

considérer

vis à vis de la

en

"Durant les élections

est

essentiel

La

est du côté de

l'identité ancienne

du conseil

question et ceux-ci ne savent
pas toujours comment réagir.

ancienne / identité nouvelle.

la connaît

et

municipal sont remises

juste titre le rôle de gestion de
l'équipe municipale, sans le
comme

tions du maire

-

sent

des éléments très forts de
cette

lution, le Fénétra (fête-repas A ...Cortetas...Cortetas...
des habitants de la commune)
et le Trait d'Union, les
"Uzeste. Conformément à
posi¬

en

question avec notamment le
développement de la citoyen¬
neté, et où l'Europe ne s'ins¬
crit qu'en pointillé, il y a un
besoin urgent à redéfinir les
entités les plus petites pour
une

démocratie solide

sur ses

bases. Le

problème prend des
proportions d'autant plus
grandes en France que le cen¬
tralisme

a

laissé la

commune

perdue dans le no man's land
de la province. Le travail des
larrazetois est donc capital et
celui qui reste à faire égale¬
ment.

journal des 3 cantons Lo
inspiré par le Trait

Guit

d'Union de Larrazet et dont
le numéro 0 est sorti à
l'occasion du 5e festival.

(J.M.B.)
Mémoires des vallées.
Association

Perspective,

65240 Estarvielle T.
62.99.66.09. Fax

:

62.99.

63.22
Lo Guit.

Association

l'Abreuvoir, rue principale,
65240 Arreau.

Tango. Carlos Gardel, figu¬
re
emblématique du tango
est né à Toulouse. Une

association lui rend hom¬

mage. Elle publie la
Gazette du

Tango. (JM.B.)

Association Carlos Gardel,

c/o

70Frs

de

jouter 15 Frs de frais d'envoi pour recevoir l'ouvra¬
ge à domicile). Maison de la Culture de Larrazet
82500. Tél : 63.20.71.22.

Jacques Mialhes, 1 rue
l'Aubisque 31500

Toulouse T. 61.20.12.64

27

�Programme de l'université d'été du Groupe Français d'Education Nouvelle
(GFEN) qui s'est déroulée du 8 au 11 Juillet 1996 à Marseille

oo

G

L'apprentissage de la pensée créative et complexe, de la solidarité, ce n'est pas, dans ce monde interdépendant, un programme
généreux à exprimer seulement au moment des catastrophes. C'est devenu l'une des conditions fondamentales à la survie des hommes,
pour qu'ils se donnent les moyens de solutions inédites aux problèmes qui se posent à eux.
Une autre idée du rapport

au

monde

Une autre idée du rapport à l'autre

Dans le monde, émerge l'aspiration à une citoyenneté nouvelle
intégrant l'exercice du plein pouvoir de penser avec celui de
décider, ensemble, en tout lieu.

Pour

chacun, construire sa propre Identité, ou ses Identités
ne peut se faire sans rencontre vraie avec l'autre.

plurielles,

*

*

Il y a urgence

les

à

u

mettre en culture

»

la pensée complexe dès

s'augmenter de nos différences quand tout porte à
se heurter,
se juger, se mettre en compétition.. ? Quand la
réussite des uns se fait au prix de l'échec des autres?
Et si, à rencontre des pratiques de classement, de sélection,
d'exclusion, et sur le champ même de leur apprentissage,
s'exerçait le contre-apprentissage de valeurs de solidarité et de
respect de l'autre ?

premières années du développement de l'enfant.
Or, c'est comme stratégie fondamentale à toute construction

*

Il y a urgence

à faire construire la nécessité de penser par soiavec les autres, pour produire ensemble des
émancipateurs.

même,
actes

en

relation

L'Imaginaire des enfants et des adultes, soumis à la reproduction des
modèles culturels

dominants, dans la création et les savoirs, est
rejeté ou marginalisé. Pourtant, il n'est ni obstacle ou rêverie
stérile, ni empêchement à penser. Sa mise en jeu, au contraire,
traverse, nourrit et accélère les apprentissages et l'homlnisation.
souvent

Mais comment

Mais, pour ce taire:
Il y a urgence à débusquer les obstacles qui aujourd'hui nous
empêchent d'y parvenir, empêtrées que sont « les élites » dans
leurs « savoirs » dogmatlsés et leur course à la compétition.

Une autre idée de la création et des savoirs

véritable de savoirs

de tout projet pris en charge par les
s'exerce la résolution non-violente des
conflits, qui construit chacun comme personne et comme citoyen.
-comme

formés eux-mêmes- que

Et à chaque époque, ce
de la communauté des

sont des hommes audacieux, souvent exclus
spécialistes de leur discipline, qui ont fait
éclater les cadres, agrandi nos espaces de pensée et d'action.
Dans toutes les relations humaines,
de tout acte de formation, se

comme
*

et

au

Joue

un

coeur

de l'acte éducatif,

double pari :

Désamorcer l'attitude de docilité aliénante pour s'Impliquer dans la

pensée créatrice et l'action délibérée.
"

Construire la solidarité contre

l'égoTsme du

gagneur.

N3

00

Dès l'enfance et tout

La

au

long de la vie...

citoyenneté n'existe que dans les pratiques qui la construisent l
et pas

seulement comme statut

ou comme droit

Affronter les pseudo-évidences

L'interculturalité. enjeu de civilisation

Ce sont les

Les valeurs

pseudo-évidences assénées à longueur de scolarité,
de formation, qui confortent, légitiment et

d'informations,

Intériorisent les
Quand
savoir

pseudo-fatalités des exclusions et inégalités

l'expertise fait des
qui

se

aux

ravages contre la

construit dans l'action

transformer devient

.

qui s'accrochent, dans l'Implicite, et souvent à notre
savoirs tels qu'ils sont transmis, n' ont pas signification
universelle. Pour prendre sens, elles ont à être confrontées à
d'autres valeurs, d'autres cultures.
insu,

sur

citoyenneté, tout
le monde pour le

enjeu d'émancipation.

Des

pratiques éducatives qui prennent en compte les relations
des apprenants respectent les sujets, leur

Interculturelles

histoire et enrichissent l'acte éducatif.

Savoir, comme créer.
c'est déranger l'ordre des choses
Les

éprouve les pouvoirs qu'il s'y construit.

C'est résolument dans tous les
et

Mais

l'interculturalité est beaucoup plus qu'une nécessité
pédagogique de bon sens. Elle est une nécessité de civilisation
pluraliste et créatrice.

-

affaire.
Comme pour savoir, quand on ne
dérange rien, on ne change rien.
Pour nous, devenir auteur de sa vie et de ses transformations c'est:
*

Dès

lors, apprendre c'est se mettre en travail, dans des projets
vrais, transformateurs, dans ta coopération avec d'autres.
Dès lors, c'est dans des actes en vraie grandeur que le sujet

projets, si souvent décrétés pour les opprimés - comme pour les
mystifient les personnes tant qu'elles n'en font pas leur

élèves

*

*

Mis
refuser les

pratiques de

ceux

vivre le savoir et la création
se

qui pensent et agissent à notre place.

comme aventure

humaine.

relier à l'histoire des libérations humaines.

champs des apprentissages et de la formation, des savoirs et de la création, que les démarches
projets d'éducation nouvelle travaillent à mettre les hommes au défi d'oser libérer leurs potentialités, qui sont immenses.

�Linha

Imaginòt

Trobar

3e trimèstre de 1996

de base

Des
un

pédagogies nouvelles
élève-citoyen

pour

d'action
de

Si 1996 est la date du

de Freinet, c'est aussi

1996,

réalités sociales,

tantes dans leurs
ont de nombreux

damentaux

parole, à la libre expression,

contexte

global de crise où les adultes
bien pensant, s'alarment, dis¬

elles

ont surtout en commun,

le concept de considérer

cutent, réfléchissent... propo¬

l'enfant, voir l'adulte (cf. "Ixi

sent des

pédagogie de l'opprimé" de

réponses et solutions
pour un avenir qu'ils préten¬
dent, à l'aube du XXème
siècle, vouloir meilleur pour
leurs filles, leurs fils, nos
enfants à tous.

Paolo Freiré ) comme un
individu à part entière, qui
loin d'être considéré comme

Les bases d'une société où le

respect des différences liées

origines sociales et aux
compétences sont prises en
compte dans l'éducation et la
aux

élément

passif qui n'aurait
qu'à recevoir le savoir de
l'adulte, est réellement acteur
de son éducation, de son
enseignement.
Globalement, de
un

en

opposition à ce qui, durant
des siècles, avait été admis,
tant sur le
plan pédagogique,
psychologique que social,
politique ou philosophique.
Une conception de
l'éducation qui innove puis¬
qu'elle sous-entend les bases
de rapports sociaux autres.

en commun.

constituées

un

adultes-enfants différents

pratiques,
points fon¬

Outre une place
importante accordée à la

en

profit de progrès,

l'enseignement.
un nou¬

projet de société d'é¬
afin d'enrayer "la

auxquelles nos sociétés
contemporaines et modernes
sont confrontées, est, à l'heu¬
actuelle, le

re

mot

d'ordre, la

proposition que l'on peut
entendre, lire dans la majeure
partie des discours politiques
ou
philosophiques.
Il

me

semble que,

très rarement, il y a une véri¬
table interrogation sur la
nature

profonde que devrait
prendre une réforme, refonte
fondamentale et globale de
nos systèmes d'éducation et
d'enseignement sur les bases
justement de méthodes inno¬
vantes

d'éducation

et d'ensei¬

Toutefois, je dis que
la question fondamentale
d'une révision, refonte pro¬
fonde de nos systèmes d'édu¬
cation, d'enseignement, de

telles méthodes d'éducation

de

ces

formation à la vie d'adulte

demeurent minoritaires et

et

l'action éléborée

exceptionnelles, aussi bien

l'intéressé

taires et institutionnelles

son

autour de cette idée

et

professionnelle n'est jamais
réellement

au

centre de cette

volonté de

de l'éducation spéciali¬

sée, où l'on constate de

se.

manière de

s'agit de cela !
Voilà l'enjeu ! J'affirme que
si elles sont, les pédagogies
nouvelles, toujours aussi
généreuses pour la place
qu'elles réservent à l'enfant,
à l'homme, aux
citoyens en
général, elles demeurent,
hélas, d'une "modernité cruel¬
le" par le grand manquement
et la
non-prise en compte de
ces derniers dans la vie
quoti¬
dienne, qu'elles mettent en
avant.

Pédagogies

nou

velles, institutionnelles

-

et

libertaires, représentent un
vaste courant
qui, malgré des
divergences parfois impor-

au

sein de l'Education Nationale

changement, de
progrès tant annoncée, promi¬
Il

et

crise", "la fracture sociale"

économiques et éducatives

ces

surtout

merger,

Dequesnes

Piaget et

au

Permettre à

*•

centenaire de

matière de

d'évolution de l'éducation

veau

Christian

en

réflexion mais

que

accrue, un

dû à

une

plus

plus
important malaise
inadaptation aux

attentes et aux

en

besoins des

formation des enfants, ainsi
que leur droit à la
donner leur avis.

parole, à

Egalement au centre
pédagogies, l'activité
avec

partie prenante de
projet d'éducation et

Internationale des Droits de

l'Enfant, de l'éducation et des
pédagogies nouvelles, liber¬

Créer

Nous retrouvons
tous ces

bien sûr,

aspects pré-cités,
dans la Déclaration

Internationale des Droits de
l'Enfant.
Sans tous les tra

expériences,

vaux,

le

plan philosophique et poli¬
tique, s'interroger sur l'occul¬

réflexions de

tation des méthodes nouvelles

et des

d'éducation

il

-

les
pion¬

sans

tous ces

niers-militants de l'éducation

pédagogies nouvelles,

que

institutions, vont à l'encontre

aurait là à étudier

affirmation

empêchent

et à

exploi¬

commune

:

vic¬

principes fondamentaux

de la convention internationa¬
le des droits de l'enfant

toire

Internationale des Droits de

société

Depuis plus d'un
siècle, historiquement en leur
sein, éducation et pédagogies

l'Enfant.

bases

réjouissons absolument

nouvelles

tant de

développé une
conception de rapports
ont

qu'est la Déclaration

Pourtant,
chemin

ne nous

pas,

reste à parcou¬

rir, mais il faut voir là l'outil

29

un

social dans le

de réponse à
notre crise de société.
ter en terme

convain¬

les méthodes d'éduca¬
tion, d'enseignement, majori¬
tairement pratiqués par nos
cu

n'y aurait pas eu, sur le
plan international et juri dique, cette concrétisation,

questionner

nouveau

moment où l'on est

les pistes de réflexion, de
travail et d'action qu'il y
sur

un

projet de société, à partir de
ce postulat, relève
d'une
haute ambition, d'une uto pie... mais il en faut dès le

des

et se

d'enfant

élève-citoyen.

d'apprentissage.

usagers.
Ne doit-on pas, sur

gnement qui s'inscrivent dans
le cadre de la Déclaration

et

réel progrès
sens

d'une

qui privilégierait les
d'une citoyenneté de

chacune et de chacun

qui
conjuguerait altérité et civili¬
té, au niveau local mais aussi
universel, à la fois directe et

�Linha
Í

*

&gt;

&lt;

Imaginòt
S -

.

s-

-

ÍÁ

,

&lt;

Trohar

,

1Ì96

3e trimèstre de

et des

pédagogies nouvelles,
Dans le contexte

cio-éducatif

et

culturel actuel

qui technocratise les métiers
de l'éducation, de l'enseigne¬
ment et du social ;

n'entend-

d'ambiance" !

cateur

qui adhère véritable¬

ment aux

idées,

aux

valeurs

de l'éducation nouvelle

risque

généralement de
isolé dans

sique. Il
sein de

conceptions, réclament, exi¬
gent de la part des profession¬

font que

nels de l'éducation et de

rôle et le fonctionnement de

l'école "moderne" de 1819 à
nos

geons-nous sur la
la responsabilité,

l'engagement

ou

-

question de
du rôle de
non, de tout

éducateur (au sens

large...
spécialisé, enseignants, spé¬
cialistes mais aussi parents)
de vouloir

ou

pas une concep¬

tion réellement neuve, inno¬
vante en matière d'éducation
et

d'enseignement selon les

idéaux d'enfants, d'hommes
valeurs de société défen¬

et de

dues par
velles.

les pédagogies

ne

suffir à faire fléchir les
réalités et les "impératifs" ins¬
pourra

miques

en

et

ces

on

adhère à

socio-écono¬

vigueur actuelle¬

nécessaire dès lors

ment.

pratiques

Pourtant il n'a pas à

résigner, il doit concrétiser
discours théorique, vivre
l'engagement de ses convic¬
tions ! S'impliquant au delà,
en militant
auprès d'orga nismes, fédérations, expé riences associatives qui pour¬
suivent la promotion, la
défense des

ses

idées. Il

trou¬

là la

dynamique et
qui donneront à son
projet professionnel la résonnance de son
projet personnel.
C'est là qu'il peut

à de réelles innovations pos¬
sibles dans le sens des péda¬

trouver des interlocuteurs et

gogies nouvelles. Premier
écueil auquel l'éducateur
"militant" risque fort de se
heurter dans sa pratique.
Egalement, il arrive

de fatalisme de la part

revendication, de militantis-

ses

l'action

ces

la nécessité du devoir de

et de

de

apparaît également
qu'à l'intérieur même de nos
institutions, il n'y a générale¬
ment pas la place ou trop peu

Il

aussi très souvent de

d'évoquer

sens

se

vera

nou¬

conceptions, il est

très par¬
du tout, au

son

rencon¬

trop" de résignation,
des
professionnels de l'éducation,
voire

un

les

échanges

identifier
les moyens, les actions qui lui
permettront (de "rebondir")
de ré-influer l'énergie et
l'idéalogie en matière d'édu¬
cation et de pédagogies nou¬
velles, dans sa pratique prfepour

sionnelle.

trer "un

Si

idées,

Mais le discours

pas

nouvelles.

l'enseignement qui y adhèrent
philosophiquement.

titutionnels

jours).
Désormais interro

,

convictions

idéaux,

fait

de la

Papillon. Pour

rue

locataires

association

de créer

sont serrés les

se

une

qui a entrepris
rue-jardin

une

agrémentée bien sûr par
des volières de
avec

papillons,

l'aide de... la SNCF.

étrangères

se sont mobili¬
sées, et la fête des

papillons
mai

au

2

lieu du 28
juin 1996.

a eu

(J.M.B.)
Association pour le renou¬
veau de la rue Papillon, 5

Papillon 15009 Paris.

rue

T. (I) 48.01.06.74.

établissements,

ces

dans le

ver

nationalitaires, unitaires, caci-

qui ne
servir les raisons
économiques et technocra tiques de nos systèmes poli¬
tiques (voir historiquement le

ou

équipes où il travaille, inno¬

taires et unicitaires,

ces

une

se retrouver
institution clas¬

ne peut que,

tiellement

la promotion et la

a

Toutes les communautés

L'enseignant, l'édu¬

défense de

Paris, la SNCF

s'affaisser deux immeubles

coudes. De là est née

encore

l'utilisation de "technicienne

me, que

Papillons. En creusant
une nouvelle ligne en plein

récemment

social, tout à fait sérieusement
et sans humour, était faite

égalitaire, à l'encontre de nos
actuels modèles inégalitaires,

Cortetas... Cortetas...

faire valoir leurs droits, les

pas

à propos
d'une animatrice de centre

Antonin

...

maintenant parler
d'"ingénieur social", plus
on

Un des pionniers de la pédagogie :
Perbosc (1861 -1944)

k

so¬

Intégration. Les hommes
se déplacent seuls, en
famille ou en groupe. Qui
n'a pas pour origine un
autre village, une autre
région, un autre pays. La
mémoire des migrations
constitue le fil directeur de

l'intégration et de la prise
de conscience des

jeunes.
l'objet du concours
lancé par la
Fondation
pour l'Intégration républi¬
caine et de la publication
"Mémoires des Migrations"
Fondation pour l'intégra¬
C'est

tion, 62 bd. Garibaldi
75015 Paris.
Diffusion. Pour

pallier aux
problèmes de distribution
du disque en France,
Bouche-ries Productions
mis

en

place

un

a

réseau de

relais de vente par corres¬

pondance (associations,
discothèques, point infojeunesse, MJC etc... ).
Boucheries Productions

édite

également

un

trimes¬

triel d'actualité musicales,

des scènes

indépendantes

:

"L'Echo des Côtelettes"
C.D.

désintérêt par man¬

dont

Extrait du dossier de recherche

de formation et d'infor¬
mation au sujet de l'éducation
que

présenté

au

C.E.M.E.A. Arras

DEES 1994-1996

30

vous

pouvez

être

dépositaire. (J.M.B.)
L'Echo des côtelettes,

bis

rue

15

du Plateau 75019

Paris T.(l) 44.52.94.15

:

�Linha

Teatre/cançon

Imaginòt

5.7f&gt;ç&gt;y/;?r^'íì

■

;V'ì ''

y,\Ìj&amp;~%*Cỳ

3e trimèstre de 1996

Jacqueline, Brigitte,

Enfants

moi-même et

Refrain

Gayant

:

Enfants des cités de

André Benedetto

de

Creac-tivent

Gayant

l'invençion d'ie Ducasse

Du Blues de Flandres et d'el Picardie
Sur ch'é marchés

Au centre du plateau
tout
seule,
seul

ou

toute

l'acteur l'actrice

comme

la

le totem qui par¬
le pivot, le nerfmême, comme le prêtre hallu¬
ciné, le jeteur de foudre et de
sorts et le paratonnerre à la
tête d'épingle, peut-être
même ainsi que le voulait
Artaud comme un supplicié
qui fait des signes de là-haut.
Plus souvent d'ailleurs qu'un
prophète et proférateur, c'est
un diseur
d'inepties il faut
l'admettre, car ils ont tous
perdu la boule.

venus comme

coup ne se rendent

lent,

de rien des

compte

Tel

profondeurs qui

Peter Pan s'envoler la nuit

Sur la fenêtre du monde assis

les habitent. Ils rient et ils

Ecouter

pleurent.

D'ie tardiole
Et lui

elle, il

ou

ne

-

Pas de tirlibibi

cataclysme. C'est SaintChristophe le passeur et beau¬

conque et

comme

places et ch'é braderies
(1) ch'é bin t'i l'ousne
D'être 1'gagnant d'in l'cité de Gayant.

des fleurs de

tatches, cançons et récits
(2) des amis de la linl

C'est Françoise et Rita

peut pas faire autrement que
d'être là en qualité de person¬

Femmeuses Trobadouse

nage saisi, pris au piège,
coincé avec quelque chose

C'est Dr.

dedans

C'est la

ou sur

les bras

ou sur

la tête, très visible et

Fabuleux Zoulouses

D'Uzeste

Cachoux, l'Bofareux, Zebda
pyro-musical-partouze
Compagnie des Lubats

l'actrice

insup¬
portable. Ça lui saute à la
face, ça lui surgit tout à coup,
ça sort de lui soudain, ça le
pétrifie, ça le secoue fort, ça
l'agite. Il s'en passerait bien

Tel Peter Pan vivre

tout, de la

de cela, l'acteur

sur

C'est l'acteur c'est

qui est au coeur de
tempête et de
l'inondation, de la bataille, de

l'émeute, de l'incendie...et

qui, aveuglé titubant démâté,
les prend malgré tout sur son
dos et les porte en lieu sûr
tous ces gens qui lui sont

l'actrice, de

De Nissa à Massilia c'est Balouze
La chourme à fond de ragga.

les

alchimique
quelqu'un qui arrive
d'ailleurs. Mais il ne peut. Il

raconter

D'in 1'Tardiole (2)

doit.

Femmeuses du "Marsis Free"

tatches,

à Sandra et

Et

Fabuleux des

et

c'est

plus que c'est
plus que c'est
comique !

Au

Virginie

"Epis"
Asizi, Tanguy et Kader.
niveau du passage de Dorignie

C'est Victoria et Nasser.

tion du nô

A N'tre Dame

quel¬
qu'un est là, quel

qu'un arrive,
toutes ses

-

enfants de galère.

sous

formes

allez
la voir avec nous. Ça
arrive à quelqu'un oh
oui ! Ça lui arrive
dedans ou ça lui arri¬
ve devant. Ça lui

possibles

"clochettes" et z'amis

c'est de gayant

(Refrain)

vous

Bonus

:

"Reveil'te m'in t'iot primprin
T'me f'ras du

!
chagrin si tu dors

jusqu'à d'min"
C.

Dequesnes.

14 juin 96

arrive. Alors le voya¬
ge commence avec

Jacqueline, avec
Brigitte, avec moi| même et bien sûr
»?
g
'

avec tous

les autres,

sur toutes

les scènes

( 1) Jeu de hasard sur les foires
(2) Boîte à musique en patois cht'i

du monde.

André Bsnedetto

31

:

Epis

Frais-Marais
La Clochette

Dorignie
(passage à
niveau)
Notre Dame
La montée

La Roseraie

Résidence

Gayant

et récits
"Bordel Baroque vit ! "

cançons

La fameuse défini¬
:

Les

jour et nuit
places du sonsisis

à

quartiers

du douaisis

(Refrain)

servir de support

affreux

Aux

�Linha

Imaginòt
Poesia

3e trimèstre de 1996

(Biues 1994
A la Sala, la mesclada

Loisiana

bona mina la Sala,
bona mina

as

Watrin, Watrin
Aubin, lo Gà, la Sala
Combas, Firmi, Cransac
Viviès, Penchôt, lo Salhènc

Lo

cremadfi
aguifias deCs talons sul trepador d'en facia
Un Blues de la vièlBa soca
tuBatpels contravents
La drolla de la vesina
que se toca dins un truste de Cadillac
La còrna
d'unfotralde camion que peta còp sèc
Ter celeBrar l'esposalBa
del neon e la mosquilâa raBinada
Lo negre Blanquejat alcotèldins lo masèl del (fan.

La Sala
c'est

quoi qui

va

rester quand tous

les trous seront bouchés ?

Fenèstra,
Fenèstra, la Sala
Morre negre,
un

a
a
a
a

tramway que fagingoCar son

Las

solelh enrocat de carbon

iAuBrac

la susor, la Sala
la mina

còps de pics, de palas
la lum que trantòla.

vièlBa

La

cropudòta degasòlque tossispelranquet
una romècgraupinhaira
La votz
ressèga d"Enrico dins una cosina mitât escura
Las camBas de mèl lecat totas
trempas d'auBièra
(De las dròllas del
dimengejos una luna que trasluca
Las amors
perdudas dins lo plond de la BotelBa d'aigardent
L'esclaufit de la camBra de l'oncle que se duèrBjamaipus.

Fenestra

Un tremoladis de deBasses electrisats
per

un'ombra
de negre dins lo verd
mon bocin d'america
mon america, la Sala
Aubin, lo Gà, la Sala
Combas, Firmi, Cransac
lo Salhènc, Viviès, Penchôt

la Sala
c'est quoi qui va rester

jean-françois ÍMariot
quand tous les trous seront bouchés ?
Alvarez, Bénazeth, Ferreira,
Histoire sans fleurs ni couronnes
Gujna, Gonzalez, Madziarski,
Duran, da Silva, Dominati,
Un jour Uzeste revit ses pompes :
Fritsch, Bechtold, Oliviera,
Celles de Bernard Lubat (B.L.)
Abed, Marty, Laskejoursky
Et aussitôt beaucoup pensèrent
Andreassian, Garrigou,
il nous pompe.
Winiarsky, Benhaïmonda,
Quand il défend Amstrong,
Bousquet, etc...
il mentionne celui d'avant les pompes.
E los autres

S'il aime Di Donato

tots los

c'est pour jouer avec lui, contre
Pour entendre Beethoven

autres, la Sala

Fenèstra

il

c'est quoi qui va rester ?

ce

pompes.

pompes.

sa

l'internacionala, la Sala
un mescladts,
mescladis, la Sala
Aubin, lo Gà, la Sala
Combas, Firmi, Cransac
Viviès, Penchôt, lo Salhènc

le

C'est

trop

nom

connu :

Ah ! si

les pompiers sont gratuits.
les pompes sont funèbres.

parents l'avaient appelé
Bernard-Henry Lubat !
Uzeste serait la capitale des Landes girondines.
Comment peut-on passer
aussi près du succès ?

la Sala

demorarà quant tôt

serà clavat ?
Fenestra

ses

Montauban, 2 juillet 96, Jean-Paul

un'ombra la Sala.

Les cloches ont égrené

-

32

les heures de la

inatinée.
Un tracteur

quitté le village.
puissant klaxon de l'épicier vient
interrompre le brouhaha continu du tor¬
a

Le

Damaggio

se

véhicule.
Les chiens

se

retrouvent et

sillonnent la

place, pendant que les paniers se remplis¬
sent et que les nouvelles s'échangent.
Quelques instants plus tard, quelques
poules sont les seules à occuper les lieux.
C'était un matin de Juillet au village de
Germ,

en

haut de la vallée du Louron.

Jean-Marc Buge
Jacmé Privât. 1/7/95 à Viviole
Decazeville

le manteau de

gare sur la place, et
quelques villageoises en tablier bleu vien¬
nent formel- une grappe à l'arrière du

de manciets.

C'est trop connu :

sur

verdure.

La camionnette

sont les tueurs de pompes

sous

Quelques tâches de neige lumineuse
essaient de résister

rent.

philosophie.

qu'il désigne communément

LA SALA

de que

exige le retrait des

Et le fin du fin, de

Supermarché
dins lo trauc, UN TRAUC

les

Le soleil inonde la vallée.

�Linha

Imaginòt

Lecturas
3e trimestre de 1996

Il est absolument nécessaire de mettre

un

peu de

Meschonnic dans cette Linha pour hausser le nivel
Dr Kachou
Pour

une politique du rythme

En

1981, mort de Lacan. Juillet 1982, Roman Jakobson. Juin
1984, Michel Foucault. Depuis, les grands sont morts et seuls les
morts sont grands. Une
époque est un obituaire.
Cette

chronologie semble accablante. Et si

Lévi-Strauss n'est

pas mort, il est comme relégué. Il est au passé autant qu'à
retraite. Un effet sur l'époque, fini avec
l'époque. La mort

Dumézil,

en

1986,

ou

de Michel de Certeau,

a

moins de

l'effacement discret de Lévi-Strauss. C'est
que
n'est pas le même.

Pourtant,

sens

la
de

que

le lieu de l'effet

l'évidence des dates, je la crois spé¬
mythologie. Non seule¬
ment
parce que, comme pour l'exposition à Paris en 1986 sur
Vienne apocalypse joyeuse, on nous met la modernité derrière
sans contester

cieuse. Cette

chronologie

est aussi une

nous. Il n'y a
plus qu'à la reproduire. Même ce qu'il semble
qu'on lui oppose 'est du passé. L'ailleurs vient de Rimbaud : « La
vraie vie est ailleurs ». De plus, cette évidence nous cache des
continuités, du geste même dont on nous montre une rupture.
L'évidence risque de nous tromper sur ce qu'elle laisse attendre,
et qui change.
Cette périodisation est tendancieuse, justement
parce qu'elle
a l'air de
s'imposer. Elle reporte de mort en mort le thème
moderniste de la rupture. Elle implique l'opposition banale, et
faible, entre théorie et pratique, ou plutôt entre un théoricisme
et un refus
empiriste, éclectique, de son empire. Elle dit une
rupture des liens entre poétique et politique. Mais cette rupture
n'est sans doute que la fin d'une liaison
qui s'affichait. Après
l'engagement selon Sartre, après la révolution poétique et la
révolution politique deux en une, Lénine (ou Mao) et Mallarmé
même combat, ce serait maintenant un
repli sur la fiction, sur
l'écriture. L'imaginaire. Peut-être un simplisme après un autre.
Cette liberté retrouvée, écrire, Redonner,
post-moderner, n'est
que le vieil empirisme conservateur qui respire.

Ce que cachent les
changements, et qui fait
que de bruit, c'est la continuité d'une acritique.
Le constat même du

montrent

malgré

plus de silence

changement se fait dans des termes qui
rien n'a changé. On assisterait à une

eux que

bâtisseurs d'univers et de
surabondance des théories, leur impéria¬
lisme et quelquefois leur terrorisme au cours des années
60-70 »,
Car l'expérimentation, l'expérience des limites, tout
comme
l'imaginaire (et cette rémanence du traditionnel qui n'est pas
anodine, la confusion entre langue et langage, dans « bâtisseurs
de langues »), faisant couple avec le cliché qui lui succède
d'une
mort des idéologies, se dit dans les termes du
signe. Dualisme
plus accablant que toutes ces morts ensemble. Puisqu'il leur
survit. Le fond, la forme. Les « producteurs d'idées », d'un
côté,
de Voltaire à Sartre ; de l'aufre, les poètes, les
romanciers,
«
l'exigence littéraire ».
Donc cette époque qu'on enterre aurait privilégié les théori¬
ciens, et laissé « dans l'ombre » les autres, les pures natures
artistiques, dont maintenant le temps serait venu.
«

coupure

langues

».

»

entre

Finie la

«

«

penseurs » et «

Mais

ce

schéma

ne

retient de Voltaire et de Sartre

qu'un
qui convient d'avance à cette
présentation. Par exemple, à contre-sens de cette trop belle his¬
toire, on pourrait évoquer qu'en 1943 Sartre ne songeait qu'à
publier sa thèse et faire autoriser par les Allemands la représen¬
tation d'une pièce de théâtre. Il ne pensait pas du tout à
l'enga¬
gement. Inversement, l'engagement de Heidegger dans le
nazisme ne l'a jamais intéressé. Hors philosophie, sans doute.
Ce qui est sans rapport avec les contresens
qu'il aurait faits sur
Heidegger. L'engagement est venu une fois que l'air a été
dégagé. Et il n'était pas le seul, Camus en 1942 demandait à
Drieu de publier L'Étranger, au lieu qu'il pouvait le
publier à
Alger ou en Suisse, loin des Allemands, et c'est ensuite seule¬
ment qu'il a, lui aussi, atteint son engagement.
aspect de leur activité, et le seul

&gt;.

Car

bien les

anti-dreyfusards qui emploient le mot les
qui ont pris le parti de la
recherche de la vérité contre celui du maintien de l'ordre. D'où,
par revendication, le mot a aussi conquis sa valeur laudative.
Jusqu'à une captation par la gauche, qui montre les illusions de
la gauche. Comme nom, il semble
qu'il n'échappe pas à une
valorisation. Pour ou contre. Intello, depuis quelques années",
renouvelle la péjoration. L'histoire de cette péjoration devrait
aider à se souvenir de quel côté toujours se trouve l'anti-intellectualisme : le mauvais. Même quand il se croit du bon. On ne
sait plus reconnaître sa gauche de sa droite.
Cette confusion
ce sont

intellectuels

contre

les écrivains

dans la latéralité unit la confusion des idées à la confusion des

sentiments.
Mais il y a à dégager la notion d'intellectuel de celle de
maître-penseur. Le maître-penseur est maître de vérité. L'époque

fabriqué des maîtres de vérité. Chaque fois, un dogmatisme.1
Chaque dogmatisme, un veau d'or. Chaque dogmatisme est un
enseignement de l'ignorance. Qui se redouble en effacement de
l'effacement. Il suffit, pour le voir, d'un regard oblique.
Aujourd'hui les intellectuels-vedettes sont du bon côté auto-'
matiquement. Avec tout le monde pour les bonnes causes, en
quoi ils sont loin d'être les premiers. On a appelé nouveaux phi¬
losophes ceux qui ont fait de ce suivisme leur spécialité. Mais
comment leur reprocher d'être contre les totalitarismes du
socialisme (les autres, ce n'est plus la peine, et il y en a telle¬
ment, la télé ne peut pas les montrer tous, aux heures des
repas), contre la guerre dans l'ex-Yougoslavie, contre le trou
d'ozone, et les pollutions massives.de la planète ? Là ils inter¬
a

viennent. Ils

se montrent.

19. Le Dictionnaire

On les voit.

historique de la langue française d'Alain Rey (Le

Robert, 1992) date Intello de 1977.

�Linha

Imaginòt
|jIÌî ^

||

•/ |^VÎU&lt;U'

&gt;*

'

^

Lecturas

3e trimèstre de 1996
tit des sentiments, étudier
dis pas qu'il faudrait être du mauvais côté. J'observe
seulement qu'en étant ainsi d'office dans les bonnes causes, les

d'un côté le fond de l'autre,

intellectuels deviennent à leur insu les bonnes consciences, les

après les avoir séparés, de
justifier la forme par le fond
au moyen de cichés et de passerrel'ies déjà toutes préparées

Je

ne

belles âmes du temps.
celui de se tromper.

À

bon marché. Sans risque, même

la forme, en n'oubliant pas,

pas

dans les manuels, surtout ne
Voilà ça

conscients

fait du bien.
façons soyez
qu'il est urgent

pour vous

de lire Meschon-

De toutes

nic:

d'aller à la

avant

réunion de

Comité de

votre

quartier,
-

d'écrire

avant

votre

prochaine chanson,
-

de

avant

vous

dis¬

puter avec votre molher,
avant de lire le
-

journal, le matin,
-

avant de

les débats à la
-

regarder

télé, le soir,

avant

d'ouvrir

-

votre

avant de choisir

lieu de vacances,
avant d'aller
-

au

son

-

Fabulous Trobadors,
-

Langues, le 2 juin,
avant de postuler à
quelconque emploi,
-

-

avant de vous ins¬

un cours

d'occitan, (ce

qui est très urgent),
-

avant de mettre une

à la crème à Bedos,
-

avant

choses, mais
avant

d'aider

est en 1ère, à

mentaire

son

"eur" de bonheur deux

lignes plus haut, croire que le
style de Flaubert est directe¬
ment lié aux événements poli¬
tiques de son époque, confon¬
dre le rythme et la mesure,
parler de musique des mots
sans savoir ce
qu'on dit, pen¬
ser que la pensée est directe¬
ment liée aux choses, qu'elle
en est le reflet
magique alors
que la prose est le rationnel,
tout bien

fille

votre

faire

son com¬

composé de français

Impressions de Printemps de
Verlaine là IL FAUT OU¬

-

le dessinateur a
découvert cette

ligne maginot.
Pourquoi l'a-t-il
appelé "immaginot"? Pour dire
que les Italiens

se mettre

urgemment à truster dans
toutes les billeversées de ce

des siècles

précé

-

ça

leur fait du

bien d'un certain côté.

Voilà,
donc, Meschonnic. Chez
Verdier
reste

ger

ou

Gallimard. Il

nous

des G?

langage Heideg¬
à 50F. à 1T.E.O Musica.

Critique du Rythme
trouver encore.

Modernité

est

doit

se

Modernité

paru en

poche.

A leù. Dr. K.

comparai¬

sa

vie

:

la littérature

Lfl FINESTRR SUL CORTILE

l'IEO),

faut

singer, bof !

c'est un jeu de
obéir, répéter,

de feuilletons télé¬

Commenti

ce de sa prose
sec

;

vie, c'est quelque
l'école, c'est un
autre monde, avec des
règles
particulières avec lesquelles
on doit jouer
quelques heures

tique entre Nord
et Sud, sous
l'impulsion de
Bossi qui prit
son inspiration

teurs de

dehors

rôle où il faut

c'est pas la
chose pour

sur

BLIER MESCHONNIC il

et

dans

fondissement de
la fracture poli¬

dans des

sez en

sacrilèges, si elle a
l'audace de replacer Haubert

dessin
Suite aux élec¬

qui viennent de
révéler l'appro¬

rapport avec ce que vous
vivez, sentez, ressentez, pen¬

sons

(d'où la présen¬

qui

passage de l'éducation
sentimentale de Flaubert ou

siècle

ou

visés et bâtit des

occitanes d'Italie

surtout pas

contraire

cinéma

dans les vallées

plein de

sur un

au

sur¬

établi, la différence
entre ce qui ressortit de
l'intellectuel et ce qui ressor¬

tions italiennes

avant de venir à la

Fête des

crire à

"eur" est là pour signifier
sans tenir compte

ce

d'écouter les

avant

plus haut ne rien faire
remarquer à ce propos et
SURTOUT pour la "mise en
perspective historique" faire
taire votre fille si, pour parler
de son rapport au roman de
Flaubert, elle part de son
expérience de spectatrice de
gnes

le malheur

Trois mots

Festival d'Uzeste,

tarte

Verlaine écrit "malheur" le

le maîtrisé, l'intellectuel

quelque traité de sociologie,
de psychologie ou autre,

un

dents, croire que quand

du
-

pas parler de la rime "damoi¬
seau" avec "oiseau" deux li¬

par semaine, faire semblant,
mais ça n'a absolument aucun

imaginent cette
ligne ? Mystère.
(J-P D)

34

1-3 RePubìica 22 Mai 1996

�Linha
Lecturas

Imaginòt

Wm

3e trimèstre de 1996

inexplorée. Orégon, le cava¬
lier sur sa jument Appaloosa,

J'ai lu

le parcourt

dans la ferveur et
l'enchantement, le baptisant
des mots les plus beaux ou
convaincu du pouvoir régéné¬
rateur du pays, de ceux que
l'Histoire a la plus marqué de

Claude Sicre

ses

Donc Immobile dans
le courant du

fleuve par Y ves
Editions Grasset,
dont il est directeur littéraire,
n'a pas eu le Goncourt 1994
pour lequel il était placé on
Berger

aux

d'ordinaire

je

lire
plus de 10 pages. Je suis de
mauvaise foi, je trouve qu'ils

ger.

peux pas

horreurs...".
Aucune peur, Ber¬
Et d'abord pas celle de

l'invraisemblance littéraire.
On dirait

Français, en plus.
qui veulent pas y res¬
sembler, en général, écrivent
tout le long "je ne veux pas

un roman occitan,
fait, par son audace (un
Boudou max-rouquettien
mâtiné de d'Arbaud) incom¬
préhensible à l'esprit fran cien. (Mais Berger connaît
pas la littérature occitane,

le Goncourt aller à des écri¬

ressembler à

comme tous ses

vains

çais, je

s'en fout ceci dit ça me

semble normal. On
ment vu,

à

ma

a

rare

-

connaissance,

La littérature

et la

vie

:

deux choses

différentes, nous
enseignent les Bouvards
Pécuchets. Ce qui est drôle
c'est que Berger, en même
temps qu'il se joue en entier
dans

ce

roman, a

l'image

inverse, et la vie profession¬
nelle qui lui construit cette
image : celle du vieux routard
des jurys, prix, copinages,

critiques-lecteurs-romanciers,
ententes marchandées et tout
ce

folklore du 7ème arrondis¬

sement.

Dont il

est

aujour¬
d'hui plus que jamais difficile
de s'extraire pour écrire avec
un grand cri.
Le roman de Berger
est une
critique du roman
français contemporain. Par ce
qu'il fait, avec son dit, non
par ce qu'il dit expressément
c'est pas le sujet de Berger
(cf. notre numéro 22 et son
débat

avec

défend le

Domenach, où il
roman

français,

ceux

un

téléfilm fran¬

petits copains
copains il doit avoir
entendu parler-très-mal-de
Mistral, le sapin qui cache la
et pas

veux soit être un scé¬
nario de film amerlock (raté,

mon vieux, t'es un
provin cial!) soit un classique fran¬
çais dans la lignée de tout ce
patrimoine que le monde
entier nous envie et qui ne se
laisse pas juger avec les cri¬

tères débiles des spectateurs
de feuilletons" (et ça ne peut

bien sûr). Bon,
Berger, lui, se jette. D'abord
il est ailleurs depuis bel
temps : l'Amérique des cail¬
que rater

loux

et des cactus.

Et il

nous

rêve, le pays imagi¬
naire, structuré comme l'in¬

sort son

conscient d'un fou des USA

pétri de littérature française et
originaire d'Avignon, où se
réconcilient
contraires de

tous

les faux

l'idéologie bina-

riste. Un camin-movie, à bord
d'une jument, sur les auto¬
routes de

l'imagination, où la
topographie fait le pica resque. La 4ième de coberta
nous dit : "Un jour, un hom¬
me

entre, à cheval, dans la

dont il vit, aussi). Ambition
de dépasser les topiques du

partie du monde

plutôt, d'aller voir
ailleurs. La Marquise sortit à
cinq heures s'écrit maintenant
Abdel piqua la voiture ou
n'importe quoi je ne sais pas,

Son..., par 408°40 de latitude

genre ou

en

téléfilms.
Et

qui se plongeaient
jusqu'au cou dans la littératu¬
re.

ressemblent tous, ces romans
de la rentrée, à des scenarii de

ne

et

que gouver¬
le méridien de Smith and

243°60 de

longitude. Ce

pays que les cartes... ont
oublié d'enregistrer, est l'ulti¬
me

partie de la planète

encore

forêt amazonienne, et le reste
il croit qu'il s'agit de régiona¬
lisme et des contes de

mon

clocher) (je

vous assure qu'ils
croient tous ça, un de ces

jours ils vont avoir une de ces
secousses !) (un continent
derrière la petite porte au
fond du jardin que personne
ne se décide à ouvrir). C'est
là qu'il faudrait longuement
citer Meschonnic parlant de
Baudelaire (ce que ce dernier
veut dire par "l'art pour
l'art") (rien à voir avec la phi¬
losophie des articoles) et du
Proust de Contre SainteBeuve. Pour aller bien

plus
la simple affirmation
de la non-coupure entre fond
et forme. Il y a ce qu'un livre
dit, et ce qu'il fait. Parfois il
fait le contraire de ce qu'il
dit. Les mauvais. C'est pareil
en musique et en chanson
loin que

d'ailleurs. Et l'auteur

ne

sait

pas avant ce que son livre va
faire ou très peu. Berger,
c'est sûr, ne savait pas ce

qu'il faisait, mais pis ne l'a
pas compris après, puisque la
contradiction éclate entre

ce

qu'il répond à Domenach et
35

qu'il écrit dans Immobile.

ce

Immobile

fait ce qu'a essayé
(mal) de dire Domenach dans
son Crépuscule. La
critique
en actes

de la littérature

de la culture

-

et

française. Sans
publique, bien sûr :
puisque la critique française
(excepté Meschonnic et
quelques autres, top niveau)
est en pleine déconfiture
depuis 50 ans au moins
(pauvre Sollers !) et qu'elle
ne sait entendre
que ce qui est
dit sans jamais comprendre ce
-

réussite

que les dits font (le leitmotiv
de "l'amour des mots", com¬
me

si Saussure et Benveniste

n'avaient jamais existé).
Immobile est

ce

qu'on pourrait appeler un
western électronique post¬
hollywoodien et post-internet.
Flinguant au passage les
mythes modernes de la com¬
munication. Berger est donc
un genre de
Sergio Leone. Il
est bien dommage que l'intel¬
ligentsia française ne com prenne rien à l'Amérique : ça
prouve qu'elle ne comprend
rien au peuple français. Et
donc elle peut pas piger ce
que fait Immobile. Elle n'y
voit que des phrases, des
réminiscences, de la culture,
du psychologisme de l'indivi¬
du (amour, paradis, etc...).
Elle n'y voit pas le plus fla¬
grant : la modernité de l'ima¬
gination, c'est à dire la
modernité tout court. Qui
repense le monde. Donc qui
le change. Les cinéastes
auraient dû se précipiter :
pour une fois qu'ils avaient
un

truc au niveau. Mais la

coupure

savant/populaire,

art/folklore, que Berger
dépasse, est bien là dans la
tête de

nos

élites.

Et les bons

papiers
facilement ne
peuvent que l'empêcher de
mesurer à quel
point la cri¬
tique française est naze, et
que

Berger

a

�Linha
3e î

Imaginòt
^996

-

Alors

l'empêcher de mesurer l'am¬
pleur et l'intérêt de son
propre projet. Ce qu'il ne
pourrait faire qu'en touchant

chercheur, il n'ait trouvé que
des cailloux, au lieu du filon.

le

Qu'il

fond, seul contre tous. En

faisant face

aux

ricaneurs

(écrivains universitaires jour¬
nalistes professeurs éditeurs
mon

cul franchouillards illi¬

sibles

je préfère 2 flics à

on va

plaindre, Berger, de

pense,

installé dans

Grasset, à tous

caniveaux de l'Ouest !

ressemble à rien à tout ça,
d'ailleurs il ne ressemble à

rien,

comme on

dit en général

pour saquer) (pour
ture c'est ce qu'il

la littéra¬
faut). Ne

ressemble

qu'à son auteur en
tant qu'auteur : un sujet (mais
pas celui de la psychanalyse
ou de la
philosophie).

cracher

une

à

dire à
copains rappeurs (d'a¬

une

Avec

se

aussi les

30.54.66.59.

autres)

que

la lecture

et même

de Domenach

PCF. Le secteur culturel

est

indispensable à tout pionnier
en

route vers nos Américkes !

C. S.

une

Yves

chasseurs

tions,

raison dans

sans

idée de

ses

décisions

intui¬

avoir la plus petite

venues

nov./ décembre 1995. Et

Berger, Immobile dans le
du fleuve, Grasset 1994.

ce

courant

primes et le reste. On ne
l'oppose pas impunément à la
vie. Voilà pourquoi la France
est muette et pourquoi Domea

sa

d'ailleurs dans le n°34

de

nach

Gironde du PCF et

des

grande aventure.
ses

de la Fédération de la

publication L' Ormée n'ont
toujours pas compris la
pensée de Félix Castan et
la portée de l'anticentralisme. On y attend toujours

pourries dans les

héros,

joie". Accor¬

déon, guitare, Yannick. T.

La littérature est
aussi

"Caches ta

bord les Provençaux mais

d'Immobile, de Meschonnic,

ses

ciennes, lacano-durasso-anti-

ne

nos

collègues
orpailleurs qui, fourbus, ayant
fini par balancer leur tamis
dans quelque Black Moutain,
leurs dents

...Cortetas...Cortetas...

Tout ça pour

fauteuil chez

sont allés

k

bien.

le

douillettement

son

Miami ad vitam que toutes
ces merdes
post/sous-joy -

racismo-goncourtabliennes
chez Pivot Rapp le Cahier des
Livres du Monde et du Figaro
quelle horreur !) (Immobile

pas

ce que,

Jean-Marie Domenach,

Crépuscule de la Culture fran
çaise, Pion 1994.

après de nombreux
sur le
sujet au fes¬

débats

Le
-

tival d'Uzeste. Triste.

(J.M.B.)

Henri Meschonnic, Moderni-té,

L'Ormée, 15

modernité, Verdier 1988.

33800 Bordeaux.

Linha Imaginât

Furtado

rue

n°22.

qui les fonde. Et
pourquoi Berger répond mal à

Marseille. Les habitants

Domenach dans

s'en laissent pas comp¬
ter. Ils ont exposé leurs

ce

son

alors que son roman

du

quartier de Frais Vallon

ne

article,
le fait si

créations (défilé de mode,

automates, coiffures, ma¬

quettes, dessins, poèmes).

Au bonheur des mots

A cet effet, une affiche
avait été créée avec un bla¬
son

imaginaire de Frais

Vallon. Création

C'est qu a l'égal des espèces
les mots apparaissent menacés
avec pour

avec

JEAN-CLAUDE LEBRUN

et

rimé

ce

que

apprend Des cos tûmes pour Marseille
l'excellente publication de
nous

,

uniques chances

de survie la mémoire

a

identité, c'est

l'association du même

l'imaginaire

nom.

l'humanite/samedi 10 septembre 1994

(J.M.B.)

Des costumes pour

Mar¬

seille, c/o FRAC PACA, 1

place F. Chirat 13002
Marseille T. 91.91.27.55.
Fax: 91.90.28.50.

mmmi
YVES BERGER.

roman,

Le Figaro

-

2 Septembre 1994
Folies. La Maison de la

Avec

Culture de Larrazet devrait

son nouveau

organiser un car de Larrazetois pour voir les
Vraies Folies Bergères de
Camarès. Nul doute que le
déplacement donnerait des

l'écrivain argonaute qu'il est

nous ouvre

les portes d'un « Pays »

qui est à inventer. Les contrées
oubliées de Dieu, du diable et des
géographes. Un livre magique d'un
chantre de l'ailleurs, et qu'a lu André
Brincourt.

idées. Les autoroutes de

l'imagination passent
Camarès.

Les Vraies Folies

Bergères

Mairie 12360 Camarès T
65 49 50 27.

Page 4
1
36

par

(J-M B)
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�CULTURE

rare qu'un joggers'arrête pour m'écouter chanter, mais ils ralentissent
quand ils passent à mon niveau. Même si personne ne s'arrête, je continue à chanter.
Si je ne crois pas en moi, personne n'y croira pour moi.» Tel Hawkins.

-»■

«C'est assez

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samedi 7 et dimanche 8 janvier 1995

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¥ed Hawicins» mort d'un

tomme de la

Après avoir connu l'enfer au quotidien, Théodore Hawkins, chanteur des rues
1994, des portes du paradis show-business. Trop tard. Foudroyé par une crise

pendant trente ans, s'approchait à grands pas, depuis
cardiaque, il est mort dimanche en Californie.
(1er

rue

(cinq étoiles dans Rolling Stone). Trois

tard, il

8

ans

plus

voit offrir la possibilité de graver deux
disques de reprises à Nashville: On The Boardwalk,
se

volumes
Si aux

et 2.

l

Etats-Unis, il vivote

en

vendant ses

cassettes

coin des rues, en Angleterre il se retrouve program¬
mé régulièrement par la BBC. Apprenant la nouvelle, il

au

accepte, à la demande d'un DJ londonien, de traverser
l'Atlantique, afin de tenter sa chance en Grande-Bre¬
tagne. Au même moment, une compilation extraite des

deux volets On TheBnardivalkcommerciàlisée
par Mu¬
nich Records fait

un

mois dans les charts

malheur

en

Hollande

et reste six

anglais.

Eberlué, Ted Hawkins décide de s'installer sur les
bords de la Tamise. Entre 1986 et 1990, il ne cesse de se
produire à travers le pays, se risquant parfois, avec bon¬
heur sur le continent: Hollande, Suède, Italie et
Belgique
(il poussera même jusqu'au Japon). Il tourne également

Billy Bragg, assurant au passage les chœurs sur le
ColdandBitterTearsde l'animateurde Red Wedge(mou-

avec

vement

anti-Thatcher).Peu de temps après, il enregistre
Too, publié par PT Records en 1989.
Victime du mal du pays, Ted Hawkins retourne l'année
suivante aux USA. La désillusion est cruelle quand il réa¬
lise que sa renommée n'a pas franchi l'océan. Le voici de
I Love You

nouveau contraint à chanter sur la
promenade de Venice Beach afin de nourrir sa famille. C'est là que le re¬

marquent Todd Sullivan, directeur artistique de Geffen
Records, et Michael Penn (frère de Sean). Ce dernier in¬
siste alors pour que son producteur, Tony Berg, vienne
à son tour écouter celui
qu'il décrit comme «le meilleur
chanteur du inonde». Berg, curieux, découvre Ted Haw¬
kins lors d'un concert de soutien à des sans-abri. Il est

immédiatementséduitparce qu'il entend mais aussi par
le personnage qui lui tient un discours peu commun:
*Cest assez rare qu'un jogger s'arrête pour m'écouter

chanter, mais ils ralentissent tous quand ils passent à
mon niveau. De toute manière, mêmesipersonne tu: s'ar¬
rête, je continue à chanter. Si je ne crois pas en moi,

n'y croira pour moi. »
Conséquence de cette rencontre, The NextHundred

personne

Yeaissort chez Geffen en 1994. Pour la première

fois, Ted

Hawkins bénéficie avec cet album d'une production soi-

�Yeats sort chez Geffen en 1994. Pour la

première fois, Ted

Hawkins bénéficie avec cet album d'une producùonsoi-

gnée (la patte de Berg) et surtout d'une infrastructure
commerciale solide. La critique est dithyrambique. « Mé¬
lange de blues, de soul etdecountry m usic «pour Entcrtainement Weekly,«croisement de Sam Cooke et d'Otis
Redding»pouT USA Today,«chant d'espoir pour tous les
humbles'poùr RollingSterne, The NextHundred Years
offre enfin à Ted Hawkins, après trente années de mu¬

^-CHANTEUR ET GUITARISTE

ACOUSTIQUE, Théo¬

dore Hawkins ne s'est jamais considéré pour autant com¬

bluesman.» Cest une musique qui se réfère à une
suite d'accords particuliers, ordonnés de manière bien
me un

précise,avait-il coutume de répéter. Or, la mienne échap¬
pe à des règles préétablies. » De fait si, musicalement, il
est
plutôt à ranger dans la mouvance folk urbaine (entre,
disons, Blind Lemon Jefferson et Woody Guthrie), sa vie
en

revanche ressemble à un cauchemar bluesy.

à Lakeshore, Mississippi, dans des condi¬
pauvreté effroyable, il n'a pas connu son père
alcoolique. Quant à sa mère, portéeelle aussi sur le Moonshine (whisky de fabrication artisanale), elle se prosti¬
tue pour survivre. Enfant
battu, semi-abandonné,
Né

en 1236

tions de

Ted doit très tôt faire preu¬
ve

d'unétotale autonomie.

SERGE LOUP1EN

re

alimentaire.

Roland « Roy » Byrd, plus
pseudonyme de Professor Longhair,
venu se produire, comme c'est la coutume en ce gen¬
re d'endroits, afin de distraire les pensionnaires de
rétablissement. C'est le créateur de Tipitinaqui va in¬
suffler au &lt;■ délinquant » juvénile l'amour de la mu¬
sique, en lui apprenant à jouer Somebody'sKnocking
atMy Doorà la guitare. Quelques mois plus tard, Ted
Hawkins, libéré, participe à son premier talent-show,
où, à sa grande surprise («au moment de monter sur
scène, j'étais tétanisé»), il obtient un franc succès.
Ted Hawkins décide alors de persister dans cette voie.
Malheureusement, à quinze ans, il est expédié au tris¬
tement célèbre Parchman Farm State Penitentiary, après
avoir été surpris en flagrant délit de vol d'un blouson de
cuirdansuneboutiqueHarley-Davidson.BukkaWhite,
qui y a effectué plusieurs séjours, en a ramené un té¬
Là, il sympathise avec Henry
le

existence dorée, Ted Hawkins, victime d'une crise car¬

diaque, était hospitalisé

au Centinela Médical Center

de Los Angeles, dans un coma profond. Le Br janvier, sans
avoir repris connaissance, celui qui appréhendait tant
de mourir

de

mon

«sans

que personne ne se soit rendu compte

passage sur terre», rejoignait le Dieu auquel il

croyait si fermement («jamais un homme n'aura paru
aussi prêt de son créateur» notait The Sidney Morning
Heralden fin de chronique du dernierdisquejpour avoir
tellement dialogué avec lui dans les pires moments. Il
avait cinquante-huit ans.-»

PORTRAIT

apprend à lire et à écri¬
seul, mais également à
se dépatouillerde manière plus ou moins licite.C'est ain¬
si qu'il fête son douzième anniversaire dans une maison
de redressement, où l'pnt mené quelques larcins d'ordre
Il

connu sous

moignage saisissant, Parchman Blues, enregistré en mars
1940. Hawkins, qui va y demeurer trois ans à ramasser
le coton et à se faire régulièrement tabasser par les ma¬
tons, confirmera par la suite la réputation sinistre de
l'endroit .«Ça m'a donné un avant-goût de l'enfer. »
A sa libération, les choses ne s'arrangent guère. Ap¬
prenant que sa mère est morte d'une cirrhose, il choisit
pe prendre la route, voyageant la plupart du temps, clan¬
destinement, sur les plates-formes des pick-up trucks
ou dans les wagons des trains de marchandise, ń échoue
tour à tour à Chicago, puis à Philadelphie, avant de pous¬
ser au nord vers Buffalo. Dans le port du lac Erié,il épou:
se une choriste de gospel. Mariage que font aussitôt an¬
nuler les parents de celle-ci,
en arguant du statut de va¬
gabond de l'indésirable. A
Geneva, toujours dans l'Etat

sique de rue, la reconnaissance qu'il mérite en son propre
pays. «Je suis mort plusieursfois, déclare-t-il alors à la
presse, mais bien trop têtupourme laisser abattre.»
Quelques semaines plus tard, le 29 décembre, alors
que s'ouvraient dèvant lui les portes du succès et d'une

de New York, il convole une
nouvelle fois. Deux mois

plus tard, sa femme est terrassée par la maladie Désem¬
paré, Hawkins repart alors pourl'Ouest(toujours parle
biais de transport de fortune^ destination Los Angeles,
«un endroit oùje n'aurai plusjamaisfroid»)
En Californie, il commence par rechercher le mana¬
ger de son chanteur favori : Sam Cooke. S'il ne trouve pas
celui-ci (mort depuis deux ans), il rencontre Elizabeth,
la femme de sa vie, qui lui donnera cinq enfants (quatre
filles et un garçon). Et surtout, il compose ses premières
chansons, dont Baby, commercialisé par un label local.
Opération de pur prestige, puisque, en dépit du succès
relatif du single, il ne touchera pas un cent de royalties.
Suit alors une période noire, marquée par plusieurs sé¬
jours en établissement carcéral, la plupart du temps
pour vol et même, une fois, pour «attentat à la pudeur».
Quand il n'est pas derrière les barreaux, Ted Hawkins
fait quotidiennement la manche dans les rues de LA.
Remarqué par Bruce Bromberg en 1971, il enregistre
plusieurs titres à la demande de celui-ci. Mais il lui
faudra attendre 1982, pour que le public découvre ces
prises sur l'album Watch YourStep, publié par Roun.

Commentaire

:

Vous

blues ! Prenez-en de la

avez

lu

sur

le

graine ! (C.S.)

�Populaire et
complexe

sans

Pourquoi faut-il des quotas ? Pourquoi faudrait-il
défendre la chanson française ? Parce que le public
demande autre chose ? Parce qu'après le jazz avanthier, le rock, la funky ou la new wave hier, la
jeunesse française veut écouter du rap ou du groove?
Que vaut-il mieux faire : interdire ou inventer ?
Si la musique anglo-saxonne est le réfèrent des
jeunes depuis cinquante ans, ce n'est
pas parce qu'elle est la meilleure du
monde

parce

comme

auraient tendance à le

certains américains, mais plutôt
que la France a tué son folklore.

penser

A force de

t

Hâ

£

*

centralisme, de mise hors la loi des
langues régionales, de la
culpabilisation du peuple rural puis
ouvrier, la tradition

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Et le modèle

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à

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a

été rompue.

bourgeois imposé a
effacé par les musiques

P°Pu'a'res et sans complexe
les USA ont générées.

que

Faute de folklore et de racine, la
musique française doit inventer ; et ce n'est pas le
problème de la langue qui est en jeu : c'est celui de
la culture.

favoriser Johnny, est-ce aider la
française ou le rock ? Soutenir Jonasz est-ce
oeuvrer pour notre culture ou celle qui a inventé le
swing ? La Mano Negra est-il un groupe français? Et
les Fabulous Troubadors quand ils chantent en
patois... ?
Ne tremblons plus et inventons ici et maintenant
avec des éléments de partout, et pour demain !
La preuve :

chanson

Glop ! Fév. 96

�Linha

Imaginòt

Lecturas
3e trimèstre de 1996

Commentaire

Toujours cette manie des médias de demander aux
ce qu'ils pensent de tel événe¬
ment ou de telle situation.
Beaucoup plus rares sont ceux qui deman¬
dent aux acteurs de Décembre 95 ce qu' ils ont dans la tête.
Que nous dit Alain Caillé ? Que les forces politiques ne sont
pas capables de... Mais il ne lui viendrait pas à l'idée de nous dire ce
dont les citoyens sont capables. Forcément puisqu'ils sont justement
capables de se passer des forces politiques en question et des socio¬
logues-économistes-enseignants. C'est bien tout le problème de ceux
qui se gargarisent de nouvelle citoyenneté et autre "invention démo¬
cratique" sans les pratiquer eux-mêmes : comment justifier leur rôle
au moment de ce tournant
historique ? ( J.M.B.)
:

sociologues-économistes-enseignants

PAR

ALAIN

CAILLÉ

Le PS n'est pas sorti
de ses archaïsmes.

Retrouver

cative

plus

un

bution des rôles

che durant les événements de décem¬
décembre 1995. Malgré
Malgré la
la mobilisation
mobilisation massive

salarié; celle d'un encouragement systématique à la libre
entreprise associative dans le cadre d'une économie soli¬
daire ; celle, enfin, à l'encontre de la tentation constante de
stigmatiser les exclus, d'un retour à une interprétation gé-

®
j
€ S13EÏ 1

des Français contre le plan Juppé, aucune force

politique n'a été capable de formuler une
alternative politique crédible. Le silence de la Alain Caillé
gauche à cette occasion témoigne de l'épuise¬ enseigne la
ment de son
imaginaire. A l'économisme libé¬ sociologie et
ral, qui ne sait raisonner que du point de vue l'économie
du désir d'enrichissement des individus, la

à Nanterre

gauche a toujours opposé la réalité des iné¬
galités économiques structurelles entre les
groupes et les classes de la société de marché.
Force est de reconnaître qu'elle n'a pas su pen¬
ser décembre 1995.
Contrecoup de la crise

et dirige

financière de

l'Etat-providence, ce mouvement

la Revue

du Mauss

»

(Mouve¬

sein du

salariat,

nos

ce

institu-

«

-

reste à aller résolument de l'avant. Cela signifie avant tout :
redonner confiance en l'avenir. Formuler de nouvelles es¬
pérances. En prenant conscience du fait que, si les va¬
leurs de solidarité, qui sont au cœur du
projet de la gauche,

devaient continuer à ne servir que ceux qui bénéficient
d'un statut stable de salarié, alors une partie croissante
de la société serait abandonnée à toutes les dérives. Il faut
donc formuler un impératif de solidarité à l'échelle de la

qui implique d'affirmer, par
exemple, qu'aucune réforme du financement de l'Etat providence ne sera acceptable si elle renforce les inégali¬
tés. Ne seront légitimes que les réformes qui améliorent le
sort

ment anti-

3.

utilitariste

tiples et insondables. Car, dès lors qu'une fraction crois¬
sante de la population n'est
plus sûre de trouver sa place
au

néreuse du RMI, d'ail eurs conforme à son esprit initial,

Une fois admis qu'on ne saurait placer tous ses
espoirs
dans la restauration de l'ordre salarial et national d'antan,

société tout entière. Ce

apporte cependant la preuve que les problèmes dans les
principaux de notre société ne sont plus tant sciences
ceux qui
opposent dominants et dominés au sociales).
sein de la société salariale que ceux
qui sont le
fruit de la décomposition de ladite société. Conflits mul¬

sont toutes

et société civile reste

ce

multanément dans trois directions: celle d'une réduc¬
tion sensible du temps de travail et d'un
partage de l'emploi

2.

«

marché, Etat

point, il faut tenir pour très encou¬
rageant l'accord obtenu entre 35 auteurs aussi variés que
André Gorz, Jacques Robin, Jean-Louis Laville, Jean-Marc
Ferry, Jean-Michel Belorgey, Alain Lipietz, Bernard Per¬
ret, René Passet, etc., sur l'idée qu'il convient d'avancer si¬

contrat social

Incapacité » ? « Archaïsme » ?On ne sait le-

entre

donc à définir. Sur

nouveau

ncapacité » ? « Archaïsme » ? On ne sait le¬
quel de ces deux mots convient le mieux
pour qualifier l'incompétence de la gau¬
gau-

chômage massif, parce qu'elle est désormais de
plus destructrice d'emplois. Une nouvelle distri¬

au

en

des exclus du salariat.

Enfin, il doit devenir clair que nous basculerons dans
les pires régressions s'il n'est pas redonné vie à l'idéal et à
l'invention démocratiques. Au lieu de sacrifier, par un rai¬
-

sonnement

à courte vue,

l'exigence de démocratie

aux

contraintes parfois imaginaires de l'efficacité économique,
il faut accéder à une conception non utilitariste mais
pro¬
prement politique de la démocratie. Car, à moins d'ap¬
profondir la démocratie, on précipite sa fin.
Voilà qui pose au moins trois questions. D'abord, ne

Qu'en est-il de cet étrange projet européen puisque,

-aut_a

de

pas envisager
faire revivre
des formes

qui deviennent
en l'état, on ne saurait être ni pour, ni contre ? »
de démocratie directe
inadaptées. Tout le monde voit bien que, si un discours de en complémentarité avec la démocratie représen¬
la gauche doit se recomposer, il lui faudra s'affronter aux
tative? Ensuite, qu'en est-il du statut de cet
étrange pro¬
réalités nouvelles de la mondialisation. Mais la vraie ques¬
jet européen qui, ne parvenant pas à s'énoncer en termes
tion est de savoir comment, de quelle manière la gauche
politiques et démocratiques, sombre de plus en plus
pourrait être dans la capacité d'opposer autre chose que dans l'indicible puisque, en l'état, on ne saurait être ni
des combats catégoriels d'arrière-garde. Ces conditions
pour ni contre? Enfin, quelle force politique pourrait se
sont, selon nous, au nombre de trois.
faire l'agent d'une telle refonte de l'espérance de
gauche ?
1.
Il faut tout d'abord reconnaître le fait
Paraîtra-t-il trop moraliste de poser que, en un temps
que, même si
la croissance reprenait fortement, celle-ci ne serait
où le sentiment qui domine est celui d'une corruption
pas en
mesure
par elle-même de porter remède de façon significroissante, aucun parti ne sera crédible qui ne tire le bi¬
lan explicite de son mode de financement? Cela afin
d'élaborer une déontologie politique à l'usage de militants
dont personne n'exige qu'ils soient des anges.
lions

-

L'EDJ

DU

18

AU

24

AVRIL

1996

41

�Linha

Imaginòt
Lecturas

3e trïméstre de 1996

Civitates du Midi
Les banlieusards
à la campagne
Parcourant

Septimanie
§ Montpellier, une des petites capitales secrètes
de la France. Toulouse est décevante, a trop de
quartiers à vie lente, est trop dispersée. A Mont¬
pellier, la vie morale et intellectuelle de la ville la
remplit toute. C'est cela que signifie la phrase de
Stendhal : « Montpellier est la seule ville fran¬

villages, je
suis frappé par leur désertifi¬
cation : plus d'enfants, des
nos

vieux, des commerces fer¬
més, des maisons abandon¬
nées

croulantes

et

depuis des

çaise de l'intérieur qui n'ait pas l'air stupide.

décennies. Un maire n'auraitil pas la possibilité devant de
tels abandons qui sont sou¬
vent de véritables dangers

&gt;-3
HH

I

§ Ici, l'architecture louis-quatorzienne a
son milieu
idéal, son ciel, son climat.
Voilà comment la Monarchie française aurait
trouvé

le voisinage, après en¬
quête naturellement et surtout
après intervention auprès des
propriétaires éloignés de
prendre la décision de faire
pour

CD

»

abattre

cc

taudis

ces

ou

CL,

erné le Midi et restauré la Grèce si...

§ Les villes, les civitates du Centre et du Nord
déditices : Paris, qu'elles forment, les
absorbe, les anéantit ; au contraire, les civitates
du Midi, et en particulier celles d'Occitanie, sont
alliées, et on conçoit pour elles une époque « post¬
française » ; la formation des États-Unis d'Eu¬
rope exigeant la disparition des anciennes
Rations, trop puissantes pour la sécurité com¬
mune, et l'établissement d'un système d'États
confédérés, on imagine l'Occitanie retrouvant
sont

de les

restaurer sans rechercher

un

luxe inutile ? Il serait alors

H—I

Q

S

possible de les

»

cation à des

Q

lo¬
loyers raison¬

proposer en

nables à des familles de retrai¬

W

ÎZC

tés issus de

O

ces

villages qui
qui

montés à Paris et

sont

vieillissent mal dans des ban¬
lieues

S

dans

ces

le vie

Us

de

sociétés

ion

retrouveraient

maisons

sur

nesse et

une

nouvel¬

villages

son nom,

certaines coutumes. On

drapeau flottant à l'arrière de navires

qu'on rencontrerait en Méditerranée, et aux
témoignages officiels de son existence indépen¬

les lieux de leur jeu¬

les

autonomie,

congé à son

une nou¬

dante

force

velle
pour

sein

au

d'exclus.

»

sous

la direction centrale d'un Conseil

Vmphictyonique européen

exister.

: sur

les monnaies,

sur

ks timbres, des allusions aux grands souvenirs
historiques du pays, à la renommée de la Faculté
de Montpellier. Naturellement, la capitale serait

Docteur |

Montané
82000

Montpellier... Promotions dans l'Ordre d'Ho¬

Montauban

mère, etc.

Commentiare

organise

ça

:

Excellente idée ! Mais

? (C.S.)

qui

(in Jaune,bleu blanc, Valéry Larbaud, L'Imaginaire, Gallimard,
Paris 1991,1e édition 1927, page 177)

Voilà pour

faire plaisir au PNO, aux Lafontiens, aux
Rouquettiens et autres crypto-nationalistes. Il est bien normal
de penser à eux, un
peu. (Signalons que Larbaud était originai¬
re de
Vichy). (C.S.)

42

�Paris/Province
(suite de notre feuilleton)
Jaune bleu blanc

Paris de France

d'Angliche
comme un

Mais

pénible fut le premier bond du nouveau
sur le flot encore trouble et agité. Se
retrouver soi-même. Se demander si on
n'a vrai¬
ment rien de cassé;
reprendre conscience de
chacun de ses organes ; examiner,
inquisitorialement, chaque cellule de son énorme substance
grise... Pour la première fois on nous contesta, et

départ

nous

contestâmes à nous-mêmes, notre droit de

Êtes-vous un vrai Parisien ? Vous n'en avez
pas l'air; cet accent, cette intonation, ce geste, ce
cité.

regard

W

vous dénoncent... La Machine-à-Bourrerles-Crânes nous avait si longtemps pressés et
comprimés ; on nous avait si bien stylés à penser
en masse, si bien ameutés contre les
dissidences,
si bien habitués à dériver le
mauvaise humeur vers des

trop-plein de notre
apparences vaines, si
mouchardisés, si bien

bien mouchardés et
détournés de la critique des affaires
publiques au
profit de certains dogmes et de l'esprit de terreur,
que nous continuions à chercher, à voir et à
persécuter, tout à l'entour de nous, des suspects.
Et nous-mêmes parmi ces
suspects. J'ai pris
conscience de Paris

quand j'avais six

ans,

et

depuis l'âge de neuf ans, je n'ai pas cessé d'y
avoir mon principal
établissement, mes intérêts
les plus chers. Mais cela me donne-t-il le droit de

dire Parisien? Et Un-Tel
qui, lui, est né à
Paris, n'aura-t-il pas raison de me considérer
me

comme un

être

intrus,

comme

un

1. On disait ainsi.

comme un
«

provincial, peutHeimatlos » \ une espèce

ou

ou
«

de Boche ;

croco »,

comme un croquai

enfin

comme un

détestable échantillon d'une de

ces

pitoj

peuplades

qui, n'étant pas vrai parisiennes, sont assises à
l'ombre de la mort? car province et étranger,
c'est

une

Mais

seule

et même

région infernale.

Un-Tel, qui m'accable de sa
naissance parisienne : lorsque nous causons de
nos souvenirs d'enfance, je le trouve bien discret
en ce qui concerne l'impression produite sur lui
par quelques faits importants de l'histoire de
notre ville, — tels que les funérailles du maréchal
de Mac-Mahon ou les Fêtes Russes, — qui m'ont
ce

même

laissé de si vifs souvenirs. Pourtant

nous avons

le

même

âge. Mais c'est qu'en ce temps-là, il n'était
à Paris : c'était en ces années, auxquelles il ne
fait jamais allusion, qu'il a passées à X..., petite
ville du Languedoc dont sa famille est originaire
(on dirait parfois qu'il en a gardé un peu d'ac¬
cent). Il sera donc à son tour humilié par cet
autre qui non seulement est né à Paris mais qui
n'en est jamais sorti, sinon pour des excursions et
pas

des

vacances de Parisien : banlieue et plages
normandes.
Mais il se peut que même celui-là n'ait pas l'air

parisien,

que quelque chose en lui diffère ou
l'éloigné du type parisien idéal, de l'idée qu'on se

w
CD

fait du Parisien. Et c'est ce qui arrivera, à coup
sûr, s'il a une personnalité quelque peu hors du
commun : on dira qu'il manque de ce je ne sais

3

quoi, de cette qualité indéfinissable à laquelle on
Parisien; et on expliquera cette

;

Û)

CD'
CD

reconnaît le

CD

dissidence par une origine picarde, bretonne ou
auvergnate plus ou moins reculée. Un jeune
Toulousain arrivé depuis six mois dans notre

a

CQ

CD

Ij"

&lt;o
(£&gt;

O'

a&gt;

�ville pourra donc sans difficulté trouver des
traces de provincialisme chez les plus
vieux
habitants de Paris, car la notion de parisianité,
à

ce

moment-là, s'est exaspérée, exaltée et fina¬

lement réduite à l'absurde, le mot « provin¬
cial » devenant une de ces injures vagues,

extensibles, applicables à tous les

cas,

injures

majoritaires et policières comme jadis « panamiste » (quelle coïncidence !) ou « dreyfusard »&gt;
et comme naguère « défaitiste » ou « embus¬
qué

».

*

On voit tout de suite d'où cela provenait, et
rappelez votre concierge vous disant,
lorsque vous lui donniez votre adresse à Lon¬
dres pour qu'il y fit suivre vos lettres : « Ah !
monsieur part à la campagne ? » (Avec une into¬
nation discrètement désapprobatrice.) C'est
vous vous

l'idée étroite

et

fière que

le

menu

peuple et la

petite bourgeoisie des capitales se font de leur
ville : Cockneys à Londres, Isidros à Madrid,
Parigots à Paris. Ils opposent leur ville au reste
du monde qu'ils ne connaissent pas, comme le
peuple des grandes villes de province, à son
tour, oppose le chef-lieu qu'il habite à la région
rurale qui en dépend. D'une part, il y a
nous », les Parisiens de Paris, et, d'autre
part,
les demi-civilisés et les quart-de-civilisés, les
petsouilles et les macaques : provinciaux, étran¬
gers. Votre concierge et votre femme de ménage
en sont intimement persuadés, et notre
pittores¬
que sauvage, Julot, s'il lisait ceci, nous dirait :
«
Non, mais de quoi, deu quoé ? Causer de
Paname, vous ? Vous ne savez pas y faire. Au bout
du quai les ballots ! » Lui seul, dans son
opinion,
«

le vrai Parisien.
Eh oui ! cette notion exaltée de parisianité
venait, remontait des profondeurs populaires.
est

C'était

l'appel d'Ulysse à son cher cœur. Ce
mépris, cette incompréhension militante à
l'égard de tout ce qui n'est pas Nous étaient sortis
des faubourgs, s'étaient généralisés, et on les
retrouvait avec stupéfaction aux différents étages

de la hiérarchie citadine. On
pouvait se croire
une époque antérieure à la construction
des voies ferrées. L'homme soupçonné de
provin¬
cialisme était ouvertement moqué; l'étranger,
ramené à

par le mépris et l'hostilité. Dans ma rue, à
passage en compagnie d'un ami anglais, une

traqué
mon

commère

qui bavardait s'interrompait pour dire
:
« Les
Anglais, à présent, faut qui
restent chez eux » ; et, rue
Monge, l'ivrogne du
samedi soir, après s'être arrêté pour me dévisa¬
ger, grognait : « Y en a-t-i des métèques à Paris !
Bon Dieu, qu'on nous en débarrasse... » Au cours
d'un long trajet en chemin de fer, une vedette de
la vie parisienne (un acteur ou un journaliste,
comme on voudra) que j'avais
reconnu et avec
qui j'engageai une conversation, me parla de ses
débuts à Paris et me dit qu'il était né à Paris et
fils, petit-fils et arrière-petit-fils de Parisiens, et il
eut une moue significative quand
je lui avouai,
sans gêne, que j'étais né en
province. Peu de
temps après, je sus qu'il était né à Cahors, qu'il y
avait débuté, et que toute sa famille était cahorsaine (ou cadurcienne). Ainsi, dans cette générale
et divertissante épidémie de parisianité, cet
homme distingué avait commis l'enfantillage et
la sottise de renier Cahors, la noble et
gracieuse
Cahors, la ville natale de Clément Marot et
d'Olivier de Magny. (Ainsi ce frotteur, qui nous
avait dit, autrefois, qu'il était né à Paris, et
j'appris par hasard qu'il était de Saint-Laurentdes-Autels (Maine-et-Loire). Renier une ville qui
s'appelle Saint-Laurent-des-Autels ! Mais c'était
un
pauvre frotteur dont tout l'honneur, en ce
monde, était d'habiter Paris.) Jamais notre ville
très

haut

n'avait été plus fermée, plus bouchée, plus pro¬
vinciale. C'était comme un retour aux conditions

primitives de la vie citadine : villes saintes et
peuples élus contre gentils et nations infidèles.
Retour à la vie farouche... Mais c'est qu'il impor¬
tait alors de nous rassembler, de nous trier, de
faire bloc, de nous reconnaître, de nous raccro¬
cher à ce minimum ou à ce maximum de pari¬
sianité qui est notre privilège, notre bien imma¬
tériel

inaliénable. Avant la réouverture des

portes, avant l'élan
de

séparation...

nouveau,

temps de réserve et

�Linha
Lecturas

Imaginòt

3e trimèstre de 1996

&gt;

Commentaire

chronique Guy Sorman

Ce

Paris reste une fête
Nini

mec

rendez

Parisiens ont reconquis Paris : le
Marais n'est plus un cloaque, la
Bastille n'est plus un coupe-

chien l'a

goujon est de retour. A cette
reconquête les étrangers ont
apporté la touche indispensable
qui fait les vraies capitales,
cosmopolites. Le Parisien
authentique, aujourd'hui
comme naguère, vient
d'ailleurs : le bougnat
d'Auvergne, Hemingway
d'Amérique, le sapeur du Zaïre,
le rappeur d'Alger, le batteur du
Cap-Vert, le couturier du Japon,
le designer de Londres, le
peintre de Barcelone, le
philosophe de Vilnius, la
galante de Moscou, le
mannequin d'Oslo. Tous se
bousculent, s'insultent, s'aiment

remplacée. Disparus
nos clochards,
promus en SDF.
Je connais bien un dernier
marchand de

marrons

chauds

parc Monceau, mais il est sri
lankais. Evanoui le Paris de
Doisneàu et de René Clair. Ou,
au

plus probablement, évaporés
nos mythes. Les Parisiens,
voyez-vous, ont toujours
regretté le Paris de jadis :
Boileau pestait contre les
encombrements, Hugo
s'indignait contre les
destructions

rectiligne.
terre,

et

haïssait le

Je suis tombé par
c'est la faute à Voltaire »,
«

chantait Gavroche. A suivre les
du Paris contemporain,
ce serait plutôt la faute à
Chirac. Chirac aurait vidé Paris
de ses pauvres et de son charme,
censeurs

rejetant vers la banlieue les
junkies et les fracturés de la
sociale ! Mais le même reproche
fut adressé à Napoléon IH, ce
qui n'empêcha point la
Commune. En vérité, dans la
capitale les impôts sont bas. Si
les loyers restent élevés - ils ne
dépendent pas du maire - c'est
parce que Paris est situé à Paris :
la demande de logements et de
bureaux y sera toujours
supérieure à l'offre. Les Halles
ont quitté Paris, mais Paris
demeure

un

marché. L'idée

selon laquelle Paris ne
serait plus Paris par suite d'une
politique discriminatoire est

reçue

fausse, ancienne, aussi ancienne

le parisianisme. Le choix le
plus contestable qui affecte le
que

Paris moderne

Pompidou,
un

maire

place des
Paris

:

culture

à

avant que la ville eut
le tout-bagnole à la

berge.
qu'il

amoureux sur

reste

change

remonte

Paris parce

; une ville comme une
est cé qui bouge, pas ce

qui reste immuable. Paris a
échappé à la muséification,
malgré quelques tombeaux
mitterrandiens : Pyramide et
Arche. Beaucoup mieux, les

Seul Montmartre a viré
carton-pâte voué à la croûte.

gorge.
au

et

le

font ainsi d'excellents
Parisiens.
Avec New York, Londres,
et

Berlin, demain peut-être Sâo
Paulo et Tokyo, Paris reste
l'un des rares phares qui
éclairent le monde, scintillent de
vitalité, attirant les idées
papillonnantes, les créateurs du
monde entier, et renvoient
quelques messages universels :
Paris rayonne parce qu'il
accueille et, grâce au métissage
des cultures, Paris reste capital.
A ceux qui n'aiment pas, c'est
leur droit, je conseille la
province. Non que la province
soit hideuse, comme le regrettait
André Malraux. Elle ne l'est
plus et ne se définit plus en

opposition à Paris ; aux
poubelles de l'Histoire, la
convention des années 50
Paris et le désert français.

sur

L'aménagement du territoire
(que ce mot est hideux), la
décentralisation (plus laid
encore) ont transformé
l'hostilité Paris-province en
rivalité amoureuse : je t'aime,
moi non plus. Charme natif
de la province (laissons le mot
région » aux fonctionnaires)
et passion métisse de Paris,
ensemble, font les cultures
variées qui sont la France
unique.
«

45

:

plus

ou

moins conseiller de Chirac. Vous

vous

compte ? (C.S.)

a
quitté sa mansarde. Pour
Créteil, sans doute. Disparus les
marlous, les poulbots et les
pipelettes. La concierge n'est
plus dans l'escalier. Dans un
parking souterrain, un maître-

Mais la Seine s'éclaircit

est

Interview de Sophie BodyGendrot, professeur à l'institut
d'études politiques de Paris
(extraits)
« Que
peut nous enseigner
Fexpérience américaine en ma¬

tière de lutte contre l'exclusion
urbaine ?
-

Première leçon : l'Etat

pas se

ne

désengager. C'est

chance pour la France d'avoir

doit
une
une

politique de la ville décidée et as¬
sumée. au plus haut niveau de
l'Etat Ce n'est pas le cas aux EtatsUnis, où ce type d'intervention se
pratique en catimini pour ne pas
être immédiatement torpillé. On
imagine mal le président Chirac
promettre aux Français, comme
Bill Clinton l'a fait, de les « débarraserde l'Etat ». Mais l'autre ensei¬
gnement, c'est que, aux EtatsUnis, les initiatives partent des
quartiers et remontent. Il n'est pas

question de

penser

des habitants

sans

le bien-être

eux, comme en

France;,, ou les élites voient tou¬
jours des désordres dans les initia¬
tives de la société civile.
Ce type de dynamique est-il
transposable en France ?
Les Français sont trop étatistes
pour impliquer une telle diversité
de partenaires privés, et l'Etat
n'est pas prêt à accorder des exo¬
nérations fiscales à de grandes en¬
treprises pour qu'elles prennent
leur part des difficultés sociales.
Aux Etats-Unis, elles le font par le
biais de fondations qui encadrent
les actions de terrain et vérifient,
au nom des
entreprises, que leur
argent est utilisé à bon escient. On
n'attend pas de Coca-Cola
qu'il
soit présent dans un quartier dan¬
gereux mais qu'il donne des fonds,
qu'il prête ses juristes, ses
comptables et ses employés les
-

-

mieux formés

aux

associations de

quartier. En France, l'Etat subven¬
tionne des associations d'ama¬
teurs sans les évaluer et les fonda¬
tions ad hoc restent à créer.

Le Monde

-

22 Mai 1996

�co
&lt;D

AU PAYS DE COCAB

AU PAYS DE COCAB

GUY BEDOS,
une crème d'humoriste...
d" "acharnistes"

J5 ai assisté à l'artistes,
entartement
de Guy One
Bedos, à
lors de
la sortie des

show

son

tout pour

man

nombreuses ramifications

palais des sports de Toulouse. J'ai pu
interviewer un des quatre terroristes pâtissiers. '
au

Fred

-

votre

Belge lancé par Noël
Godin (NDLR : l'entarteur
Belge auteur, entre autre,

tranxènes ! Et

réussie et très surpre¬
nante

crémières du mouvement

semblent tous à des

J'ai assisté à

:

opération, très

a

puis Bedos
prouvé qu'il était un

imbécile. Au lieu de

aussi, qu'est-ce

délecter

qui vous à motivé pour
agir de la sorte ?

prête à
rigoler, une des

de "Crème et châtiment",
aux éditions Albin Michel).

se

Il

allègrement de

a

d'ailleurs entarté le

très mal, comme je vous

-

enneigée, Il m'a traité de

celle-ci !

belle

journée

avant son

spectacle mais
ce fut impossible, vue la
sécurité qui ne laissait per¬
sonne approcher la star.

qu'il a de plus sensible:
son image, qu'il soigne
énormément. Après avoir
reçu l'objet du délit en plei¬
ne poire, il est resté sans
parole et sans mouvement
pendant trois, quatre
secondes. Ce qui m'a lais¬
sé le

■f*
en

tion était trop

forte, nous
pas pu résister. Se

n'avons

farcir cette vilaine courget¬
te bedonnante bedosiène
est un luxe rare et très

jouissif... Le bon-ton et le
bon-goût de la gauche
bien-pensante en a pris un
sacré coup...

fasciste par deux fois en
me courant après sur cent
mètres ! S'il .m'avait rattra¬

pé, je crois qu'il m'aurait
roué de coups. Pensezdonc, pouvoir se payer un
jeune "fasciste" (de soixan¬
te kilos) aurait couronné
son spectacle... Mais bon,
je cours plus vite que lui !
Quand même, pour un

Fred

-

:

pourtant Bedos

est un humoriste

sympa

?

G le Gloupier

-

:

i!

nous a

fait rire, bien sûr, mais sa
suffisance méritait correc
tion et

son

tout ce que

arrosé, ça la fout
plutôt mal, non ? Cela
montre bien l'esprit du per¬
sonnage : les gens qui ne
pensent pas comme lui
sont des fascistes ragou

S

(peu nombreux) en
"Gloup Gloup Gloup"
et de prendre la fuite en
quatrième vitesse.
criant

Il

vous a couru

-

N 8

-

AVRIL !■?%

-

rencon¬

c.itfe anncîr les
ehapfiuav yporierorA5 S"»" Je
e1"
Q
très

après ?

Oui, en me traitant de
connard, d'enculé et de

-

Non, mais

nous sommes

Bruxelles, s'il est d'accord,
bières

jeter quelques

avec

-

lui.

Comment Bedos a-t-il

réagit ?

Et vous,

-

-

EU

bande

donc décidé

patienté plus de deux
heures

avec

les fans de

ce

peu, parce que
c'est leur patron, mais pas

cornichon. La conversation

trop quand même, parce
qu'ils avaient encore une

allait bon train... Un gars
me racontait qu'il avait

couru un

tonne de matos à déchar

ger...
1er...

Ils ont bien du rigo

-

-

ou

-à

-Traise

.

et a jeté ses lunettes par
dépit. Sa chiourme était
outrée mais soulagée :
après deux heures d'atten¬
te dans le froid, voir un tel
spectacle, ça fait des

choses à raconter...

serrer la main à
Bedos, à l'abbé Pierre et à
Johnny. Il en était fier, le
bougre; à chacun ses

réussit à

tableaux de chasse...

Techniquement, com¬

dkC

feoc,,,

notre cible. Nous avons

aux

qui ont

Vous aviez annoncé

-

vos

intentions, il me

semble ?

-

Oui, dans une émission

de
gniole de l'abbé Moraire",

ment aviez-vous monté

Notre

équipe était compo

-

de radio FMR, "Le coup

l'opération ?

sée de deux entarteurs,
d'un boxeur et d'une pho

-

où

Nous étions

une

équipe

midi
pour

en se

faisant passer

des fans qui récla

tographe. Au moment fati dique, je me suis approché
du Bedonneux

en

le félici

la
joie de lui serrer la main
(moi aussi), et cela avant
tant. J'ai pu me payer

repéré les lieux l'après

PATISS^E
f Md cLv £&gt;

avons

ou

d'agir après la douche de

de quatre vilains garne ments. Nous avions donc

politiquement ?

nous sommes une

Nous

même

demandé main forte

-

tants !

-

a

manutentionnaires

prêts à le visiter à
pour se

fasciste ! Il

3"
o

ses

-

ennui, bonne morale,

:

déjà

1 Û&gt;

fans

-

public reflète
nous détestons

beaux costumes; ils res

avez-vous

3|

temps de faire des

bonds devant lui et

que

tré N. Godin ?

-

arroseur

plutôt

-

Cû

(Û

-

G le Gloupier : la tenta¬

-

ses

Nous devions i'entarter

ce

3 :

fans I Ce

m
qu'il n'avait
&lt;0
pas vu, c'est que dans
f-*;!
l'autre pogne, je tenais la
tarte ! Je lui ai présenté, il
al
l'a regardé et pof ! Le mal
&lt;D
était fait I II en avait partout

autographe.

l'avons touché dans

-

une

un

le disais, parce que nous

matin même PPDA. Ce fut

notre boutade de sucre

maient

-

P*|

-

un

"Corbeau",

certain

que nous connaissons,
avait promis que nous
l'entarterions le soir même.
La classe. Claude Sicre,
des Fabulous Trobadors
avait lui aussi
-

N 8

,

rédigé un
-

AVRIL 1116

-

o

�AU PAYS DE COCAB

AU PAYS DE COCAB
tract bien

-

fiant tout à fait les

-

explicite et justi
repré
sailles pâtissières, qu'il

avait distribué à l'entrée du

spectacle, sur les rapports
de Veyrinas / Bedos
La
.

bedaine aurait du

se

Veyrinas de Bedos
Tract distribué avant l'avalanche

méfier..
Des

-

Extrait du

points négatifs ?

Texte envoyé à la
Dépêche non publié.

Mn et Mme

pâtissière

"Pays de COCAB" N° 7 Oct. 95

Ainsi, a-t-on appris dans la Dépêche, Guy Bedos

refusé de recevoir Mme de Veyrinas qui,
à son spectacle, voulait lui dire
quelques mots en privé. Geste de goujaterie qui
correspond bien au personnage. Mais aussi, et
surtout, dernier acte (provisoirement?) d'une
petite comédie bourgeoise riche d'enseignements
sur l'état des pseudo-élites
de notre pays.
a

Oui,

-

seule

sur

deux tartes, une

volé et la

photo n'a
pu être développée.
Conclusion ?

-

La

prochaine opération,
trois entarteurs, trois pho tographes minimum pour
une seule cible.
-

4*
■»4

a

s'étant déplacé

Ceux qui ont spectacle
vu à la téléoù

tir,

avec la droite au pouvoir.
Et bien c'est fait. Et bien fait.

Bedos attaque

Car, je

l'extrait du

Vos

-

prochaines vic¬

times ?

Elles

-

mais

ne

manquent pas,

nous

décidons tous

ensemble dans
foutoir et

au

un

joyeux

dernier

moment... Personnelle

ment, j'aurai un petit faible
pour Monseigneur Gaillot
et le commandant Cous teau. Mais nous étudions

l'entartement
et

systématique

généralisé.
Un dernier mot ?

-

-

Oui. Sus à tous les

affreux bourdons

qui veule-

ment haussent le ton I

Propos recueillis
par Fred Ducom
-

M 8

-

AVRIL 111b

-

de Veyrinas
ont pu mesurer à quel point
son humour vise juste. Il a
bien changé, ce garçon. Ces

le demande, quel
courage, quel sens politique
aigu ne faut-il pas, pour, en
1995, oser se moquer des
aristocrates golfeurs qui vont

dernières années, certains lui

vous

reprochaient de ne prendre
pour têtes de turc que les
chasseurs, pécheurs, sportifs,
pétanqueurs, buveurs de pas¬
tis, spectateurs d'Intervilles et
autres grossiers personnages
populaires dont il dénonçait le

faire la charité dans les ban

fascisme et le racisme mani

vitesse des

-

ou latent (chaque fois
qu'il n'est pas manifeste) : ça
faisait un peu trop gauche
caviar, on s'attendait presque
à ce qu'il finisse ses discours
par un "Salauds de pauvresl"
retentissant. On disait même,

feste,

dans certains milieux, que

chaque fois qu'il ouvrait la
bouche, le F. N. recevait un
tas de nouvelles demandes

d'adhésion. Il fallait rectifier le

PAGE Ib

-

lieues I Tout le monde le sait,

peut s'acheter des interlocu teurs, mais ça elle ne le dirait
pas), et qu'elle comprenait
très bien ("j'ai ri en pensant à
certains de rries collègues")
qu'on se moquât des beauxparleurs qui n'y vont pas,
mais qu'elle c'était pas pareil
blablabla on peut s'entendre
entre gens bien élevés plus
ou moins centristes j'ai tous
vos disques à la maison. Et
ça aurait pu marcher, ça pour¬
ra

marcher

en

d'autres cir

constances : Bedos

-

ne

connaît pas plus qu'elle -et
même
ses

plutôt moins, à preuve
spectacles- les problèmes

des banlieues, et ils auraient
tout à fait pu, comme cela se

passe

habituellement, trouver

quelque bouc émissaire
contre lequel se réconcilier.
Mais la comédie bourgeoise
ses

lois

:

Bedos

ne

a

POUVAIT

PAS rater l'occasion que
Mme de

Veyrinas, dans

sa

naïveté provinciale, lui offrait.

Éconduire un ministre qui
demande poliment à vous
saluer,

vous vous

rendez

énarques de
gauche, sans particule et nongolfeurs, les régleraient, les
problèmes !

compte de la publ II faudrait
être fou, quand on est un
artiste de gôche, pour se pri ver d'un tel exploit. Qui, n'en
doutons pas, fera longtemps
se pâmer les lecteurs du Nou¬
vel Obs, et leur donnera, ce
faisant, l'impression d'avoir
bien oeuvré pour les "quar -

C'est d'ailleurs dans ce sens

tiers difficiles".

ce

sont eux la véritable

plaie

de notre société. Il suffirait de
le suivre, Bedos, et elle serait
vite

faite, la révolution. De

1789. Et

on

verrait à quelle

que, vraisemblablement, Mme
de Veyrinas voulait abonder

lui, en privé. Lui
apprendre qu'elle ne faisait
pas de golf (important, ça),
que le seul terrain qu'elle
arpentait était celui des ban lieues (au moins celles où elle
avec

Pauvre Mme de

Qu'est-ce

qu'on vous disait ?

Voilà maintenant ce que Bedos déclarait
à la Dépêche le 31 mars 96 :
La

Dépêche

moments

aussi

—

votre

des
long
spectacle est •

t
L'un
forts—le plus

de votre

fameuse

revue.de près

-

laquelle vous citiez
notamment il ỳ a quelques

se

dans

temps Françoise de Véyrinas,

député de Toulouse, au nez
de laquelle vòus'.aviez
d'ailleurs fermé la porte de
votre loge...
Guy Bedos : La pauvre,
Oui.':. TV. J; f
&lt; :Lá Dépêche ; Vous allez lui
dire un petit "bonjour" en
venant à Toulouse ?
Guy Bedos t Peut-être que je
vais lui dire quelque chose
mais pas fatalement ce que je
;

lui disais

avant.

La malheu

-

dire, je.ne !a
connaissais pas,.. Ce que j 'ai
trouvé comique—t'est très
injuste mais d'est par réflexe
reu.se,

pour tout

dessus. Je

Je

ne

ne

la connais pas.

y

avait d'autres nanas, par

exemple Elisabeth Hubert,
que j'avais vraiment dans le
nez. Françoise de Veyrinas,
en fait, je n'ai rien contre
elle. Je vous dis les choses
telles

qu'elles sont ! Simple

-

ment, je trouvais rigolo et
maladroit de la part du gou vernement la

façon dont on a

recruté ces femmes pour

les

renvoyer en suite, de la
même façon. C'était aussi
humiliant pour

avoir choisies

elles de les

avec

autant

de

légèreté, pour respecter un
certain quota et de les avoir
virées de la même façon... _U
va'peut-êtrc falloir que je la
rencontre un

madame de
que

répUblicàms-Fc'est siparti cule Je n'ai démarré que là-

!
il

même pas à la télévision
Dans ma revue de presse,

jour, cette

Vevrinas.

Ila vie des:

parce

quartiers

m'importe beaucoup et
m'a dit que
sonne

c'était

une

on

pcf

charmante...

l'ai même jamais vue,
w

&lt;D

gôche caviar finit toujours par s'entendre
avec la droite bien-pensante sur le dos de
3
ceux qui luttent dans les quartiers et ailleurs. m
La

Veyrinas!

Pauvre Bedos! Pauvres
Zélites !
C. Sicre.

(Fabulous Trobadors)

Allez voir Bedos, maintenant, puisque son
humour qui fait semblant d'être dénonciateur
vous

fait rire. Vous

Q2

pleurerez, dimanche !
-

N 8

-

AVRIL 1116

(0

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ai
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-

_L

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10
o&gt;

�Linha
v'

Imaginòt
fîifrPR

■

Lecturas

3e trîmèstre de 1996

Charb n'aime

«

pas les gens

Les supporteurs n'ont pas compris que Chirac se
moquait d'eux et jouait les démagos. Sauf une fois. Quand
un footballeur se met à danser sur un rythme africain, le
président chante lui aussi « yé yé yé ». Les supporteurs du
PSG ne s'y sont pas laissé prendre. On ne rigole avec les
Noirs que s'ils sont footballeurs et qu'ils marquent des

On a la coupe ! »

buts. Le supporteur, tout comme Chirac, sait faire
férence entre un buteur et un Malien de l'église

Bouffez-la, bande de cons

d'Europe, des dizaines de milliers de Parisiens ont
envahi les Champs-Elysées pour clamer leur joie
d'être des gros cons. « On est des gros cons ! On est
des gros cons ! » auraient-ils pu chanter. Mais on avait
affaire à de très gros cons. Ils beuglaient :« On a la coupe !
On a la coupe ! » Tous ces pauvres types qui n'ont rien en
train de scander « On a la coupe », c'était à chialer. Car tous
ces blaireaux à casquette et écharpe rouge et bleue n'ont
rien, pas même le peu de lucidité qui leur permettrait de
passer encore pour des êtres humains.
Sur les Champs, ils ont acclamé « leurs joueurs », ils ont
essayé de les toucher, de les embrasser. « Leurs » joueurs
sont en fait la propriété de Canal +. Ils jouent pour de
l'argent, pas pour ces supporteurs écumants. Si le PSG a
gagné, c'est parce que le club a les moyens de se payer de
bons mercenaires. Oui, mais s'il n'y avait plus de specta¬
teurs pour venir voir jouer le PSG ? Eh bien le PSG s'appel¬
lerait autrement et ceux qui le constituent actuellement
exerceraient leur talent au nom d'un bled où il y aurait suf¬
fisamment de ploucs pour remplir un stade. Les suppor¬
teurs du PSG soutiennent un club qui n'a rien à voir avec
eux. Pourquoi se réjouissent-ils tous que « leur » club ait
gagné ? Les supporteurs du PSG ont-ils, grâce à la victoire
de onze footballeurs, exprimé une idée, fait passer un mes¬
sage qui leur tenait à cœur et dont le monde devait abso¬
lument prendre connaissance ? Ils ont réussi à dire à la face
de l'univers : « On a la coupe ! » C'est idiot : elle n'est pas
à eux et ils n'ont rien fait pour l'avoir. Et même si elle était
à eux, cette coupe, quel intérêt qu'ils l'aient et qu'ils le
fassent savoir si bruyamment ? Aucun. Que veut dire la vic¬
toire du PSG ? La victoire du PSG veut simplement dire
que l'entreprise PSG est plus performante que l'entreprise
Rapid de Vienne. Et les supporteurs du PSG, qui croient
faire partie de l'entreprise, de gueuler « On a la coupe ! ».

Lelendemain de la victoire du PSG en Coupe

acclamer le PSG. Tous les supporteurs ne ratonnent pas ?
Non, certains continuent simplement à encourager un club
qui laisse une partie de son stade à des nazis.
charb

CHARL1E HE6D0 Mardi 7 mai 1996

Commentaire

sur

:

On connaissait le racisme de Charlie

pétition anti Front National. Voilà que le
journal exprime son racisme vis à vis des supporters du
PSG. On crée des catégories, on colle une étiquette, et on
Hebdo

lâche

avec sa

son

venin dessus. Comme le Front National. Et

un

racisme alimente l'autre,

justifier

sa

puisque chacun peut alors mieux
haine de l'autre. C'est comme ça que CHARLIE

HEBDO TRAVAILLE POUR LE FRONT NATIONAL,
comme

bon nombre de

gauchistes qui ont mal tourné.

(J-MB)

J'ai lu
Eva Peron, par

Alice Dyovne Ortz. (Grasset).
biographie par laquelle on
peut s'interesser de plus près à l'Argentine. Et où
on apprend aussi sur la France (Paris bien sûr) et
donc sur le rayonnement mondial du centralisme
à la française. Bien vu, bien fait, bien écrit.
L'auteur est depuis quelques temps
•

Excellente

Ayons l'esprit de clocher :
chions

la dif¬

SaintAmbroise, entre un ailier droit et un réfugié politique
ou économique. Le président qui chante « yé yé yé » est
le même qui a encouragé le vote des racistes lois Pas¬
qua. Les supporteurs qui applaudissent un footballeur noir
sont les mêmes qui ont ratonné les Noirs venus eux aussi

le PSG !

Faut-il que les supporteurs soient méprisables pour que
Chirac se foute aussi peu finement de leur tronche... Reçus

l'Elysée devant toutes les caméras, les footballeurs sont
appelés « Messeigneurs » par Chirac. En disant cela, le pré¬
sident se met dans la peau d'un fan du PSG, il le caricature
grossièrement. Un supporteur doit considérer un footbal¬
leur comme un demi-dieu, soit. Chirac singe donc le sup¬
porteur. Et puis Chirac laisse entendre qu'il a annulé un
dîner officiel pour ne pas rater le match. Non, il n'y a rien
au-dessus du foot ! Chirac encourage l'imbécile dans sa pas¬
sion minable et abrutissante. Le président a même parlé du
but « génial » de N'gotty avec le président camerounais
au déjeuner. Et le troupeau dehors : « On a la coupe ! »

notre

à

un

voisine à Arnaud-Bernard

livre

sur

Gardel pour

et

écrit bien sûr,

les mêmes éditions. A

suivre.
Histoire de la musique noire américaine par
Erleen Southern (Buchet/Chestel)
Pas mal. Et vous vous iisez ? (ceux qui

•

parlent de l'Amérique, de la musique, etc)
C.S.

48

�Linha
m

s m

&gt;,

1

Imaginòt

Lecturas
3e trimèstre de 1996

Trouvé dans les Carnets de L.

ainsi, il se
embarras,

nomma

lui-même

sans aucune

honte, et

0 M. N... ne donne plus
voirs dans la famille » qui

de ces abominables « de¬
s'unissent au catéchisme

pour accabler l'enfant à la chandelle.
Il donne des « missions ».
En été, trouver telle plante, tel insecte ; mesurer
et dessiner maison, cour, puits, auge... ; observer
la rivière en crue ou à l'étiage, le ciel nocturne, les

sans

ajoutant gaiement : " Je suis venu ici pour
savoir si parmi les défauts qu'on me reproche, il n'en
est pas quelques uns dont je puisse
me corriger".
(Rapaces. N° 48 - 1977 - ).
en

Renvoyé par Chantai Marty)

Bourhaguet

(Calvi, Paris, 1949), inspecteur de
l'Enseignement Primaire. (C.S.)

Aristophane, poussé par les ennemis de
Socrate, voulut faire rire le peuple aux dépens du phi¬
losophe, et le représenta dans une pièce de théâtre sous
des traits ridicules. La populace s'amusa un instant de
cette scène plaisante ; mais le bruit se répandit
que
Socrate lui-même s'était mêlé à la foule, pour assister à
ce spectacle, et bientôt les rires
moqueurs firent place à
l'admiration. Un étranger à la ville, sans le connaître,
lui ayant demandé quel était l'homme que l'on raillait

germinations et, les maturations avec exactitude.
En hiver, recueillir des lèvres des grands tel mot
patois, tel dicton agricole, tél précepte de -sagesse,
telle version d'un conte ou telle affirmation su¬

perstitieuse.

^

juste que les parents s'y
activement à enrichir ses
collections de mots, d'idées et de choses.
M. N...

a

si bien touché

intéressent et contribuent

Cher (e)

Ami (e),

En s'inspirant des

principes qui ont présidé à la création d'« Espaces Marx» , à
d'une association à Toulouse dont

Paris, un collectif s'était déjà chargé de fixer les bases
les

principes seraient :

Développer un pôle d'initiatives, d'échanges, de débats, de rencontres, de recherches,
ni parti pris, aux chercheurs, praticiens, militants, acteurs de la vie
économique, sociale, culturelle, soucieux d'avancer dans la compréhension du monde
d'aujourd'hui en prenant en compte les références à la pensée de Marx. »
«

ouvert sans exclusive

Afin de concrétiser notre projet, nous vous proposons
Générale dont l'ordre du jour serait :
•

De définir les axes de

d'assister à une Assemblée

travail, les principes et les finalités de notre association.

De définir le .cadre et

•

De réfléchir à des thèmes autour

•

De

:

Ils

nous refont le coup
de l'IRM. On a déjà

les moyens de travailler.

•

Commentaire

desquels des groupes pourraient se constituer.

donné. Eux ont rien

appris. Et la couille

préparer les futurs statuts de l'association et sa charte.

de Francette

Lazard
Cette Assemblée

Générale

se

tiendra le

:

là. (C.S.)

JEUDI 2 MAI 1996 à 20 h.30
au

Forum de la Maison du P.C.F.

1, allée Marc Saint-Saëns

Pour

-

31100 Toulouse (métro Basso-Cambo)

préparer cette rencontre, ci-joint :
-

1

-

1

-

Les remarques

1

est

plaquette éditée par Espaces Marxà Paris,
exemplaire du projet de charte,
exemplaire du projet de statuts.

et amendements peuvent nous parvenir jusqu'au

49

29 Avril.

toujours

�Linha

Imaginòt
Courrier / calendrier

'

:

3e trimèstre de 1996

Qu'ai plan aimat eth article de Laurenç Michôt en n°25. Qué som estât plan intér¬

medish numerò, mes gara ath utopisme deth "ciutadan"
centre de tôt : eths òmes que son en prumièr "òmes" e que s'an d'à ganhar era viôca, no
crevar de famé, en second que son obliaats de trebalhar. enfin qu'ensajam de còps d'èster
ciutadans (citoyens !) mes era vida que n'ei pas malurosament un AGORA, un FORUM ! que i
a era luta pera vida, que farà plan de mau encara. Que vos tornarai escriver.
Que soèti mes d'occitan ena "Linha".
peth article de J-M Buge

essât

en

4 Concerts :
Fabulous Trobadors
Roi (94), 25

Octobre

Renseignements

11 Octobre à Villeneuve le

Mans (49) (débats

Aedes d'Oc 1

l'Hirondelle 31000 Toulouse T

:

rue

en

sus).

de

61 21 33 05 Fax

:

61 22 08 80.

Femmouzes T

Miquèu Pujol

:

:

au

6

Sept, à St Just de Rambert (42) Mosaïque, 15Sept, à La Courneuve (93) Fête de l'Huma, 27
Sept, à Nantes (44) L'Olympic, 28 Sept, à Angers (49) - Le Chabala, 4
Oct. à Montluçon (03) - L'Athanor, 11 Oct. à
:

festival

il faut se dire que Internet change à toute vitesse : il y a un an, lors¬
monté les premières pages occitanes, les gens qui nous envoyaient
leurs réactions étaient des curieux. Aujourd'hui, ceux qui nous écrivent sont des
spécialistes de littérature médiévale. Pourquoi ? Parce qu'avec le nombre crois¬
....

qu'on

a

énormément baissée. Ceux qui
tombent sur l'occitan n'y tombent plus par hasard, mais après une recherche
systématique. D'exposition internationnale, Internet devient de plus en plus une
grande bibliothèque (pour le mieux) voire un supermarché (pour le pire)...
sant de

serveurs

commerciaux, notre visibilité

a

Réponse à la "ligue contre l'aliénation du Chroumo"

.

l'aliénation du Chourmo"

évite de gérer les renouvellements d'adhésions chaque
nous gagnons à ne pas faire ce genre de choses est
investi dans nos activités : publication du "Vé qui y'a" (journal interne
dans lequel chacun peut s'exprimer dans sa langue et son langage), organi¬
sation de manifestations diverses ouvertes à tous, adhérents ou pas
(lotos, concours de pétanque, sound Systems, organisations de déplace¬
ments...). Est-il nécessaire de rappeler que chacun est libre d'adhérer à
cette association comme de décider de ne plus en faire partie?
Quant à comparer l'adhésion à la Chourmo avec "les heures les
plus sombres de notre histoire", apparemment, c'est assimiler la Chourmo
au fascisme,
au nazisme ou à un quelconque autoritarisme.
Mesdames et Messieurs de la "ligue contre l'aliénation du
Chourmo", vous vous trompez de cible ! Vous accusez bien facilement ce que
manifestement vous ne connaissez pas. Informez-vous plutôt que de lancer
que

année.

des

Le

débats

cela

nous

temps que

N'êtes vous pas "immatriculés" à la
Sécurité Sociale ? N'avez-vous pas de numéro de compte bancaire ? Auriezvous également créé la ligue contre l'aliénation des abonnés au téléphonne
? Vous devez vivre un enfer permanent... Comme je vous plains ! Cherchezvous encore le "paradis terrestre" où les chiffres n'existent pas ?
qui

n'ont

pas

de

sens.

ments
rue

:

PS

:

vous

ne

signez

pas

Trésorière de l'association

votre lettre,

poussez-vous

la revendication à

même pas avoir de nom ?

ne

System : 6 Septembre à St Just de
7
Septembre à
des Maulnes, 13
Septembre à Neuchatel (Suisse) - Case à chocs, 14
Septembre à Delemont (Suisse) Le Caveau, 20
Septembre à Brainans (39) - Le Moulin, 21
Septembre à Strasbourg (67) - La Laiterie, 26
Septembre à Vaulx en Velin (69) - salle ENTPE, 27
Septembre à Sens (89) Salle polyvalente, 28
Septembre à Chaumont (56), 30 Septembre à
Miramas (13), 2
Octobre à Nantes (44) L'Olympic, 3 Octobre à Angoulème (16) - La Nef,
(sous réserve), 4 Octobre à Toulouse (31) - Le
Bikini, 11

Octobre à la Réunion.

et 12

Renseignements

Rocker Promocion 6 bd Bouès

:

13003 Marseille T

:

91 95 75 00 Fax

:

91 95 79 80

: 7 Septembre à Luxembourg L'Eléphant blanc, 15 Septembre à Th ion ville (57) Square Fénelon, 28 Septembre à Volmerange-Ies-

Tutti Futti

land, 5 ou 12 Octobre à
Octobre à Nantes (44) L'Olympic, fin Octobre à début Décembre en
Mines

-

Le No man's

Lunéville (54),

19

Catalogne (Girona, etc). Renseignements
Futti 17

rue

:

Tutti

de la Perdrix 57100 Thionville T

:

83

54 43 95.

Septembre à St Jean de Védas (34) : le théâtre
joue Le Mystère Vilar. Renseigne¬
ments: Théâtre des Carmes 6 place des Carmes
84000 Avignon T : 90 82 20 47 Fax : 90 86 52 26.
15

Septembre à N ice - St Roch (06) : Copa St Ròc
jeux traditionnel niçois). Renseigne-

de Pilo (

50

61 33 85 06.

Rambert (42) - plein air,
Montbéliard (25) - atelier

des Carmes
-

:

Massilia Sound

13

91.645.600.

Larrouy, Willing Productions 17

Laurence

Valentin 31400 Toulouse T

tél

Fanny, Chourmette 234

(34) festival

Aram, 24 et 25 Oct. à Toulouse (31) - Le Bijou, 26
Oct. à Marseille (13) - La Qiesta de doc, 2 Nov. à

En tout cas, sachez que la Chourmo est un espace de liberté dans
lequel chacun peut s'exprimer, et si cette lettre ne répond pas à vos pro¬
testations, je vous invite à en discuter de vive voix : Massilia Chourmo
:

festival de Marne, 12 Oct.
à Valon (34)

Aram, 22 Nov. à Barsac (34) - festival Aram, 23
Nov. à Pau (64) - Zenith, 27 Nov. à Semeac (65),
30 Nov. au Havre (76) - Le Volcan. Renseigne¬

(Ligne n' 26, p.36)

L'espace de réflexion est-il vide au point de monter une "ligue
? N'y a t-il rien d'autre à débattre que
de "l'immatriculation à vie imposée par le commando marseillais" qui rap¬
pelle à ces gens là " les heures les plus sombres de notre histoire" ? Il
me semble,
à mon grand désespoir, que certains n'ont plus rien d'autre à
dire ni à faire ! Je ne pensais pas que j'aurai un jour à m'expliquer sur
la gestion d'une association loi 1901 et sur l'adhésion de ses membres...
Puisque cela semble nécessaire, je le fais. L'association Massilia Chourmo
a été créee en 1992 et compte à ce jour
environ 570 adhérents partout en
France et à l'étranger (Italie, Allemagne, Ghana, Népal...). Nous fournis¬
sons
à chaque nouveaux membre une carte numérotée "valable de longue"
parce

-

à Tours (37) - Le Bateau Ivre, 18 Oct.
festival Aram, 19 Oct. à Villeveyrac

Sète (34) - La Passerelle, 8 Nov. au Teil (07) - festi¬
val d'accordéon, 9 Nov. à Ceret (66) - festival

Mathicis Van Den Bossche

contre

Villeneuve Le Roi (94)

�Linha

Imaginòt

the

On

3e trimèstre de 1996
ments: Zou Mai 6

rue

9 Octobre à Pantin

Farnero NHenri 06000 Nice. T

(93)

:

93 08 47 55 / 93 55 30 13.

animation du forum Culture / Economie solidaire / Auto-inser¬

:

Claude Sicre dans le cadre des journées nationales de formation et de rencontres
'Travail social: Changement social / Economie solidaire". Renseignements : Réseau de
l'Economie Alternative et Solidaire (REAS) 61 rue Victor Hugo 93500 Pntin T / (1) 4915 04
tion par

03 Fax

:

(15)

"Racontes" fête des écrivains occitans

C.

Delpla, M.
Delpastre, J. Vezole à l'occasion de la parution des trois premiers ouvrages de la collection
"Racontes" de l'Ostal del libre, consacrés aux récits occitans. Lectures, présentations, exposi¬
tions, signatures, débats. Renseignements : IEO 9 cité Clair Vivre BP 602 15006 Aurillac
Cedex T

:

:

71 64 34 21 Fax : 71 64 88 60.

caires diferents

a Marsilha (13) : carta blanca a Joan-Maria Carlôti, creacion amb de masi(Alain Chiarazzo, Michel Marre, Joël Aïlouche...). A gratis. Entresenhas :

Bar musical l'Intermédiaire 63

place Jean Jaurès 13006 Marseille T : 9147 01 25.

18 d'octobre al 13 de novembre

valadas occitanas d'Italia) 18
dau
de

avec

17 d'octobre

e

.

.Cortetas. .Cortetas, .Corteta

Marciac n'est pas

l'apothéose du

jazz, mais son institution. Je
déteste les administrations. (L.
A.)

(1) 4915 04 14.

12 Octobre à Aurillac

16

A

e

Marsilha (13)

concèrts a gratis : Lo Dalfin (grop de las
19 d'oct., Nux Vomica lo 25 d'oct., Garcia Empega (polifonias
a

:

relarg miegterranenc) lo 31 d'oct., Pedro Aledo lo è de nov., Miqueu Montanaro lo 13
A gratis. Entresenhas : Bar musical l'Intermédiaire 63 place Jean Jaurès 13006

nov..

Antologie. Une édition très
attendue va voir le jour : Histoire
et antologie de la
littérature
occitane en 4 tomes : L'Age clas¬
sique (1000 - 1520) par Robert
Lafont, L'Age baroque 1520 1789) par Philippe Gardy,
Romantisme et félibrige (1789 1900) par Philippe Martel et
Parcours contemporains (1900 2000) par Claire Torreilles. Les
deux

premiers tomes sont en
souscription pour 300 F franco
de port. Voilà qui va combler un
vide...

en

attendant la version de

Félix Castan.

Marseille T: 91 47 01 25.

(J-M B)

Les Presses du

18, 19 et 20 Octobre à'Avignon (84) : le Théâtre

Renseignements
Fax

:

des Carmes joue Le Mystère Vilar.
Théâtre des Carmes 6 place des Carmes 84000 Avignon T : 90 82 20 47

Languedoc 17 rue
Rigaud. 34000 Montpellier T : 67
06 18 20.

90 86 52 26.

:

Le premier livre, en
la langue et la cultu¬
franciques, est en souscrip -

Francique.
23

e

24 d'octobre

a

Marsilha (13)

:

carta blanca a Joan-Maria Carlòti, Veire

aqùí-dessús.

France,
re

26 Octobre à

Avignon (84) : le Théâtre des Carmes reçoit les rappeurs avignonais Mehdi.
Renseignements : Théâtre des Carmes 6 place des Carmes 84000 Avignon T : 90 82 20 47
Fax : 90 86 52 26.
26 Octobre

(sous réserve) : Manifestation du collectif Auvergne-Velay de l'audiovisuel
l'occitan à la télévision sur France 3 Auvergne. Amb l'occitan mai de colors !
Renseignements : IEO 9 cité Clair Vivre BP 60215006 Aurillac Cedex T : 71 64 34 21 Fax : 71
pour

64 88 60.

•

sur

tion. Dans La Lorraine francique :

culture

mosaïque et dissidence
linguistique Daniel Laumesfeld
plaide la cause des minorités lin¬
guistiques et, en particulier, de la
Lorraine francique. 336 pages au
total pour 138 F franco de port.
Marc Arabyan Editions l'Harmat¬
tan 91490 Moigny
Le dernier CD du groupe Tutti
Futti Bilingue dingue (5 titres)
est aussi en souscription à 50 F.
•

30 d'octobre

a

Marsilha (13)

:

carta blanca a Joan-Maria Carlôti, Veire

aquí-dessús.

2 Novembre à Montauban

(82) : le Théâtre des Carmes joue Rigoberta met les voiles.
Renseignements : Théâtre des Carmes 6 place des Carmes 84000 Avignon T : 90 82 20 47
Fax : 90 86 52 26.

Réseau Rock et

Mary (15) : Première soirée contes des "Rapatonadas" avec Roger
Pasturel, conteur provençal. Renseignements : IEO 9 cité Clair Vivre BP 602 15006 Aurillac
Cedex T : 71 64 34 21 Fax

:

7164 88 60.

Doc.

Que la Fanzinothèque ait

propres publications, c'est
finalement normal. Le n°2 de son
ses

bulletin
9 et 10 Novembre à Larrazet

culture"

:

:

82 54 43 95.

9 Novembre à Ferrières St

paysages,

Régions 17 rue

de la Perdrix 57100 Thionville T

travail de la terre

(82) : journées de Larrazet "Ruptures et mutations dans l'agri¬
(marché de la terre, mécanisation, cultures...), démographie,

relation au milieu, vie des communes, etc. Renseignements ; Maison de la

Culture 82500 Larrazet T : 63 20 71 22. Fax

:

63 20 72 81.

Cap'tain Did's Speaking

vient de sortir en introduction de

la saison 96/97. Elle

publie aussi

deux fois par an le Répertoire de
la petite presse musicale fiançai -

qui se veut un inventaire
(presque) exhaustif des fanzines

se

22, 23 et 24 Novembre à Aurillac (15)

:

festival Rapatonadas (Occitanie, Haiti, Bretagne,

Orient...) Renseignements : IEO 9 cité Clair Vivre BP 60215006 Aurillac Cedex T : 71 64 34
21 Fax: 7164 88 60.

(15) : "Lo bal de la Caneta", une soirée pour danser et s'éclater sur
musiques occitanes, cajun et flamenco. Renseignements : IEO 9 cité Clair Vivre BP 602

15006 Aurillac Cedex T

en

activité dans l'exa-

500). (J-M B)
Fanzinothèque 185 rue du fau¬
bourg du Pont Neuf 86000
gone (plus de

7 Décembre à Aurillac

des

musicaux

:

71 64 34 21 Fax

:

71 64 88 60.

51

: (05) 49 46 85 58 Fax
(05) 49 61 30 34.

Poitiers T

:

�Linha

Imaginât publlca-

cion trimestriala

del sector

Musica de l'Institut d'estudis occitans
Director de

de la GRQM

e

publicacion

:

Claudi Sicre

Cap de redaccion

Claudi

:

Sicre

Composicion
Avinenc

e

Redaccion.
na,

:

Liza

Joan-Marc
mesa en

Buja
pagi¬

administracion, difu-

sion

:

Joan-Marc

Buja

Comitat de redaccion

Blanc, J-M

:

J-F

Buja, J-P

Damaggio, J. Gaudàs, L.
Michòt, C. Sicre, P.
Venzac, J. Vilòta.

Adreça

:

42 carrièra de la

banca 82000 Montalban T
:

63 63 08 58 Fax

:

63 66

76 76.

Estampaire

:

Médiations

S.A.R.L. 1 carrièra
Bourdelie 31300 Tolosa T
61 42 88 55 Fax: 61 42
96 81

Depos légal

:

3e trimèstre

de 96
N° ISSN

:

N° CPPAP

1166
:

-

8067

76 489 AS

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150 F

Banque 8200Q Montauban

:

�</text>
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              <text>Grande révolution des quartiers du monde (Toulouse)</text>
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              <text>Linha Imagin&amp;ograve;t (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/20846" target="_blank" rel="noopener"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>Musique -- Occitanie -- Histoire et critique</text>
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              <text>Décentralisation</text>
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              <text>Chansons occitanes -- Histoire et critique</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bulletin du secteur &lt;em&gt;Musica&lt;/em&gt; de l'Institut d'&amp;eacute;tudes occitanes, la &lt;em&gt;Linha Imagin&amp;ograve;t &lt;/em&gt;contient l'actualit&amp;eacute; de la cr&amp;eacute;ation musicale occitane ainsi que de nombreux articles sur les festivals d'Uzeste, de Larrazet et le Forum des langues du monde de Toulouse. On peut aussi y lire des textes de&amp;nbsp; r&amp;eacute;flexion sur la d&amp;eacute;centralisation, la d&amp;eacute;fense des langues et des cultures. La publication est ouverte aux d&amp;eacute;bats et donne la parole &amp;agrave; ses lecteurs dans une importante rubrique &amp;laquo; Courrier &amp;raquo;, elle comprend enfin une revue de presse et des comptes-rendus de lectures.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bulletin del sector Musica de l'Institut d'estudis occitans, la Linha Imagin&amp;ograve;t conten l'actualitat de la creacion musicala occitana e d'articles nombroses suls festenals d'Us&amp;egrave;ste, de Larraset e lo &lt;em&gt;Forum des langues du monde&lt;/em&gt; de Tolosa. Se p&amp;ograve;t tanben i legir de t&amp;egrave;xtes de reflexion sus la descentralizacion, la defensa de las lengas e de las culturas. La publicacion es dob&amp;egrave;rta&amp;nbsp; als debats e&amp;nbsp; balha la paraula&amp;nbsp; als legeires dins una rubrica&amp;nbsp; &amp;laquo; Courrier &amp;raquo;,&amp;nbsp; compren enfin una revista de premsa e de comptes renduts de lecturas.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Meschonnic, Henri (1932-2009)</text>
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              <text>Castan, Félix-Marcel (1920-2001)</text>
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              <text>Gaudàs, Jacme</text>
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              <text>Vilotte, Jean</text>
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              <text>Buge, Jean-Marc</text>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, KI 5</text>
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      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
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          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Mediatèca</text>
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              <text>Bibliotèca</text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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      <name>Occitanisme = occitanisme</name>
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