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                  <text>Publicacion del sector musica de l'Institut d'Estudis Occitans

Prima de las

L'édition 1998
"Forum des
monde"

e

de la

GRQM. Trimestral. Mai de 1998

lengas

du

langues du
lieu place

aura

du

Capitole à Toulouse
pré¬
paration de l'édition de
le 7 Juin. Lors de la

1997, Pierre Corbefin
avait rencontré Claude

Sicre, co-fondateur

et

théoricien de la Prima
de las

lengas,

Peut-on

la

imaginer partir de

l'idée suivante
une

pour

Pastel.

revue

ville où

:

si Toulouse est

depuis longtemps
ne
privilégie

la vie culturelle

pas seulement des manifesta¬
tions et des actions venues

:puis le \\ lie siecle. Situation

qui dure

j'ai récemment
ete interviews pai France-lnter.
Pour eux, Toulouse, c'est
d'abord le cassoulet, le Pont
Neuf, le Capitole. Sympathique,
encore,

d'ailleurs, mais où des acteurs
prennent la parole et font des
propositions qui s'appuient
aussi sur la culture locale, y a-

qu'on a
l'impression que c'est le seul
sujet qu'on peut aborder. Or,
Toulouse a toujours cherché à

t-il

entre cette situation et la mani¬

redevenir maîtresse d'elle-même.
Mais c'est difficile. Le centralis¬

festation

me

un

lien de

cause

à effet

qui nous occupe ?

le cassoulet. Sauf

barre la route à tout. Il

n'empêche ! 11
Claude Sicre

:

Toulouse,

beaucoup d'autres villes
de France, a été très provincialisée. Réduite à jouer le rôle d'un
gros bourg qui accueille d'abord
ce
qui se fait ailleurs. Et ça,
comme

y.a

toujours

eu

des Toulousains qui ont cherché
à dire que, depuis Toulouse, ils
pouvaient penser la France et le
Monde. Une des difficultés a été
le manque

de liens entre ces
gens-là. Parce que les musiciens.

les

peintres, les architectes, etc
fixés sur Paris.
..

avaient les yeux
S'ils parlaient

à ceux de
Marseille, c'est à travers Paris

qu'ils le faisaient. Isolement
complet, donc. Et difficulté à se
penser

autrement que comme

citoyen culturel de seconde

zone.

Se pensant culturellement de
seconde zone, les Toulousains

de rencontres entre des gens

peintres, artistes, etc ne sont pas
possibles spontanément. 11 faut
que quelqu'un descende de Paris
et réunisse les
gens, sinon ils ne
se

rencontrent pas.

ce

contre

Voilà, c'est
quoi certains ont tou¬
jours lutté. En s'essayant à des
manifestations un peu héré -

ont

puisé dans leur folklore en
essayant de l'élever au plus haut

tiques.

niveau. Mais comment y parve¬

Tu penses

nir

quand on n'a pas les atouts
pour le moderniser, quand il n' y
a pas
de critique, en particulier ?
A Toulouse, les

revues et

les

de

cultures différentes, musiciens,

à des expériences
particulières ?

Prenons les Ballets Occitans, par

exemple, auxquels

nous avons

journaux critiques font cruelle¬

appartenu l'un et l'autre. Voilà

ment défaut. Saas lieu d'élabora^

un

tion

1960-70,

critique, les créations issues

groupe
a

qui, dans les années
tenté

un

renouvelle-

�Linha
:::

:

:ï

Imaginòt
:■■■

■

Lengas

2e trimèstre de 1998

ment de la danse et

musique populaire.

SOMMAIRE

courant des

groupes
Démarche difficile, parce qu'il
fallait réussir plusieurs choses en

Lengas
Prima de las lengas
Le message de la littérature

1

occitane

7

De pertot
L'insertion version G.R.Q.M.
Marseille sur scène
Issa Nissa Rebela

13

Pour

14

un

9
14

Mani-feste

ÔTolosa

15

Nouvelles de la section informelle de la G.R.Q.M. à

Dunkerque

16

Le Sous-Marin

17

A prepaus

18

émerge au Guingois
de Seta

Una idèa que fa son camin

19

Parlache aveuc Christian Dequesnes
Denez Prigent : Le Barde et la Jungle
I am Kifkif Production
Claude Sicre passe la main

20
23
26

29

Poesia
Marcelle Delpastre a rendu son stylo

32

Fuite...

33

L'essor du vent
noire et noir

33
33

Débats
A propos

de l'IEO et de sa (sombre) histoire
34
Réponse à Christian Dequesnes...
36
Quelques longs mots à propos de la réponse de G. Grande 36
Ce n'est pas bien de se faire des idées
37
De Lorraine
Cher Monsieur,

Projet de revue culturelle occitaniste
Langue - Culture - Territorialité Identité

Euròpa

per

Occitania

o

fins

importants

Cassou, dont

plan national, voire
international. Sans soutien poli¬
tique au plus haut niveau. Ce qui
rend la démarche incompréhen¬
sible, malgré le succès public.
Dès l'instant où il n'y a pas de
volonté politique nationale pour
ce type
d'expérience, la
démarche reste incompréhen sible. Malgré son intérêt pédago¬
gique. Malgré son succès auprès
d'un large public, que ce type de
au

démarche tire

le haut. En

vers

nette entre le savant et le popu¬

laire. Et dès que quelque chose
tenté dans le domaine popu¬

est

Occitania per

souviennent

nier de l'occitanisme moderne,
lui qui fut écrivain et chef de la
résistance à Toulouse. De même

le docteur Girard, mais aussi
Nelli, Tzara, et d'autres. La fon¬
que

dation de l'IEO

a

été

un

moment

très fort pour

parce que

la culture française
ça a été un acte de

décentralisation culturelle de pre¬
mière

importance. Qui faisait la
qu' une autre pen¬
sée était possible. Dans une autre
langue. Mais pas une pensée
régionale, ou régionaliste. Pas
une pensée locale ou
localiste.
Une autre pensée tout court, et
démonstration

sée universaliste ?

comme nous

de

mélanger

ailleurs

sur

le territoire. A Tou¬

louse, en l'occurence, qui ce fai¬
sant, s'est posée comme capitale
intellectuelle.

les deux. Mais c'est bien
ça

l'intérêt. Etre
tout ça en

hérétique. Prendre

compte.

vu

le jour

hasard si
a

à Toulouse ?

Pendant la guerre,

des intellec¬

tuels de haut niveau s'étaient
réunis à Toulouse, en zone libre.

comme

d'origines
immigrés,

Tristan Tzara par

47

Rencontre d'un autre type
i Canto !
Lallèra

49

Bernard-Henri Lévy, et commentaire
Emmanuel Todd, et commentaire
Un livre à 10 balles
Feuilleton Blues-rap de C.S.
Relu Le langage Heidegger de Meschonnic
Lettre ouverte aux éradicateurs français

53

Courrier
On the Linha

au Monde.
René Nelli, par exemple,
quand
il a lancé sa revue Le génie d'Oc

54

et

55

eu

50

exemple. Ces gens ont souhaité
rentrer dans le chantier français
de la culture, mais
par l'occitan.

50

Et bien sûr, cela

51

pour

a

été difficile

52

les intellectuels français de
comprendre qu'une culture
d'expression non française puis¬
se
poser des questions impor¬

52

tantes à la France et

51

voit pas que

qui l'honorent aujourd'hui
qu'il fut un pion¬

ceux
se

Jean

que

on ne

essaie

Eurôpa

51

fondé, juste après la
guerre en 1946. Avec des gens

L'IEO d'aujourd'hui est-il
toujours ancré dans cette pen¬

C'étaient des penseurs
diverses. Français ou
a

base-là que

été

laire, il y a immédiatement des
accusations de folklorisme, de
régionalisme, de populisme.
D'où la grande difficulté à
inventer les choses, parce que
quand c'est savant, le doute
plane immédiatement sur ce
savant qui ne vient
pas de Paris.
Alors tu imagines, quand on

l'Institut d'Estudis Occitans

Lecturas
a

aussi

l'affirmer

Montrer l'enraci¬

Ce n'est donc pas un

43

-

sur cette

nement et la modernité. Et

même temps.

38

42

balité. C'est
a

38

Interview de Claude Sicre
39
Mesdames, Messieurs de la librairie du Monde Libertaire 40
La commune est une idée neuve qui s'invente tous les jours40

prouvé qu'elle était cosmo¬
polite et qu'elle avait, de ce fait,
une vision du monde dans sa
glo¬
l'IEO

France, il y a une coupure très

Intervistas

Anant fins

suite

de la

A contrefolkloriques.

le monde
une

méditerranéen, ça a
portée internationale,

parce que cette revue a tout de

La suite de l'histoire n'

a pas été
simple et les problèmes de tous
ordres qui se sont posés, en parti¬

culier dans les années 1960, ont
fait que

l'IEO n'a

pas pu

échap¬

per à un certain régionalisme.
Mais il faut bien comprendre

qu'il était difficile de ne pas
mêler des problèmes d'ordre
purement économiques, sociaux,
politiques - je pense au Larzac et
aux
problèmes viticoles en parti¬
culier
avec le problème du sta¬
tut universel de la langue et de la
-

culture occitanes. Mais mêler le
combat visant à faire entendre le
message universel porté par la
culture occitane depuis les trou¬

badours, à travers la littérature et
la philosophie, et le combat pour
des questions strictement régio¬
nales et économiques, c'était
s'exposer à semer la confusion
dans les esprits. Quand les occitanistes ont rejoint les viticul¬
teurs

en

lutte dans les années

1970, le dialogue

a

vite fait

�Linha

Imaginòt

Lengas
2e trimèstre de 1998
apparaître que ies problèmes cul¬
turels et les problèmes écono¬

miques n'étaient pas en phase,
même s'il y avait un lien quelque
part. Ce n'est pas le même mou¬
vement qui, en France, a d'un
côté minorisé la langue d'oc, et
de l'autre fragilisé la viticulture.
La minorisation des autres

langues
mencé

que le français a com¬
XVe et XVIe siècles.

aux

Le

problème viticole est stricte¬
ment contemporain. Il était facile
de mêler les deux. Au risque de
créer la confusion. Et beaucoup
sont tombés dans le piège.
Pareillement

en

Corse,

en

Bretagne, etc..., d'où régionalis¬
me,

nationalisme.

Comment, dès lors,
venue

vous est

cette idée de raconter en

occitan les autres langues du
monde, projet qui renoue com¬
plètement avec cette probléma¬
tique du couple enracinement/
cosmopolitisme qui, tu le rap¬
pelais à l'instant, a présidé à la

exclusif. 0 est

langue nationale,

Catalogne, à

une rencontre entre

Félix Castan

Catalans et Occitans. Là, les
Catalans ont proposé que, tous

montré que

les

à l'exclusion de toutes les autres.

tan, non

a été plus loin. Il a
cette langue, l'occi¬
seuleument n'était pas la

à la date du

printemps,
chaque minorité fête sa langue.
ans

langue d'une revendication poli¬
tique, mais qu'en outre elle
s'était construite sur un projet
dont la poésie était le seul enjeu.
Ce sont les troubadours qui ont
unifié la langue, en choisissant,
qu'ils soient d'Auvergne, de
Provence, du Limousin ou du
Languedoc, la langue occitane
pour écrire. Alors que les
langues s'unifient d'habitude
selon des processus qui relèvent
d'une volonté politique, ou mar¬
chande, ou religieuse, ici c'est la
poésie qui a été l'élément unifi¬
cateur. Et ça, à ma connaissance,
c'est unique.

Ceci, pour affirmer

L'occitan

donc

statut tout

une

cohésion

au

une

force e(

niveau

euro

péen. Rentrés à Toulouse,

-

nous

décidé de donner suite et

avons

naient très bien les discours offi¬

ment

la fête de l'occitan mais

aussi celle des autres

langues

minorisées. J'ai été entendu,
mais pas exactement comme je
le souhaitais. Pour moi, il ne

s'agissait pas d'inviter des
Catalans, des Bretons, des
Corses, etc, à une fête de l'occi¬
tan, mais d'organiser, en occitan,
fête de toutes les

port au politique. C'est le messa¬

nombreuses réserves

pensée duquel je me suis
appuyé quans j'ai conçu cette
idée de défense de la pluralité
dans la Fête des Langues. Ce que
Castan a fait surgir, en étudiant

ge de Castan. L'occitan étant en
dehors de tout processus poli¬

encore

on

ce

stade-ci de

me

point central. A
la discussion, je

un

dois de citer Félix Castan,

la

la littérature occitane, c'est que

particulier ?

La

langue d'oc s'étant unifiée
dans la poésie et la littérature,
elle ne peut se défendre que par
la culture. Son discours est peutau monde à défendre

être le seul

tique, il ne peut être défendu que
par des gens, écrivains, artistes,
qui la défendent en tant que
langue, et dans une démarche

aucun moment n'a
servi à défendre des thèses poli¬

strictement culturelle. Dès lors,
la défense de l'occitan passe par

tiques. Pas de discours autono¬
miste, ici, ni régionaliste. Mais
uniquement l'idée très forte,
qu'une langue et une culture
c'est quelque chose qui n'a aucu¬

la défense de toutes les cultures

cette

langue à

nement

besoin de

se

définir par

rapport à un Etat, à une nation,
une
région. C'est quelque chose
qui a une importance en soi. Ce
qu'a perçu Castan, c'est cette

du monde. Et

son

consiste à dire

:

discours

toutes les cul¬

tures du monde sont

égales. Dire cela, c'est
mettre en avant la philo¬
sophie de la pluralité
absolue. Voilà
Castan

a

ce que
trouvé dans la

littérature occitane

:

la

absence de narcissisme des écri¬

philosophie de la plurali¬

vains occitans,

qui n'écrivaient
pas en occitan pour fonder un
territoire politiquement défini,
mais simplement pour défendre
une langue en tant que telle.

té culturelle radicale.

Démarche radicalement différen¬

tion de la Prima ?

te

de celle du

l'unité

a

puis
français
me,

a

vous vous

lors de la

êtes msprirés
première édi¬

français, dont

été fondée par un royau¬

Etat. En France, le
un statut politique

un

C'est de cette idée dont

En

fait, c'est plus

plexe

que

nous

sommes

com¬

cela. En 1984,
ailés

en

intérêt, il faut bien le dire. Les
deux Irlandaises, elles, compre¬
ciels. Par contre, tout

a

l'autonomie du culturel par rap¬

touche

Là

un

catastrophe incroyable. Nous
comprenions tous plus ou moins
bien les discours officiels, qui
étaient en anglais, et sans grand
une

pris la fête en charge. En
tant que représentant de l'IEOSecteur musique, j'ai proposé
que cette fête ne soit pas seule¬

qui

sur

naissance de l'IEO ?

a

deux Irlandaises. Et il est arrivé

c' est l'IEO de la Haute-Garonne

langues. La
langue et la culture occitanes
n'étaient plus un simple objet
d'étude, mais devenaient sujet
organisateur. J'ai mis un certain
temps à faire comprendre cette
idée. Guy Sengès, le président de
l'IEO 31 de l'époque, m'a soute¬
nu assez vite, mais il y a eu de

à fait

Hollande, des Catalans, des
Bretons, des Frioulans, etc. Et

une

aujourd'hui

-

et il y en a

-,

certains

occitanistes estimant que, dans
une manifestation de ce type,
l'occitan

disparaît peu ou prou.
En outre, lors d'un voyage à
Trieste, dans le cadre de la
munauté

com¬

européenne, j'ai fait un

autre constat concernant

les

langues. Nous étions un groupe
cosmopolite : des Galiciens,
des Frisons d'Allemagne, de
très

ce

qui rele¬

vait de la convialité, de la bonne

humeur, tout

ce qui se disait de
important en fait
s'exprimait dans un va-et-vient
invraisemblable d'une langue à
l'autre. En italien, en espagnol,
en portugais, en catalan-occitan,
etc. Tout sauf de l'anglais. Et
voilà que nos deux Irlandaises ne
comprenaient plus rien. Sinis¬
trées ! Et l'anglais avec elles.
Langue assignée au seul discours

vraiment

institutionnel et éliminée dès
l'instant où
vraiment à

nous

commencions

échanger entre

nous.

Cette constatation m'a fait

com¬

prendre
toutes

que, finalement, c'était
les langues du monde qui

souffraient, et qu'il fallait les
défendre toutes, même si elles
étaient

majoritaires. Et que
mission de
des langues
du monde. Mais aussi leur égali¬
té complète. Et là je dois citer ce
que m'ont apporté mes études
personnelles de linguistique, que
j'ai reprises dans les années 1980
pour des raisons liées autant à
mon militantisme occitan
qu'à
l'occitan ayait pour
défendre la pluralité

mes

activités musicales de

l'époque. La linguistique m'a
fait comprendre que les langues

�Linha

Imaginòt
A

...Cortetas...Cortetas...

I
I

I

Bio. L'Association pour de
nouvelles solidarités écono

i

-

I

vous propose une
livraison hebdomadaire de

,

légumes biologiques

,

avec

i

des

idées de recettes, dans la

j
]
Montauban. Une idée de ser- j
vice qui fait son chemin.
|
L'association "Les jardins de
[
la Maurelle" vous propose un
[
région de Toulouse-Albi-

service

similaire dans la

'

région de St Céré (Lot). Elle
emploie un jardinier et souhaite se développer. (J.M.B.)
ANSE Jardins de Cocagne
81630 Saint-Urcisse. T/Fax

&gt;
i
i

i

J

:

considérer d'une autre
façon le
discours occitaniste qui consiste

arrivé à cette conclusion que

81 28.

i
i

catalogue de la creacion

1

se

vision nouvelle du monde. A tra¬
vers la culture.

occitana Aici

Occitanla, pri- '
èstre publi- i
Comment
aquesta annada. I troba- i

mièr del
cat

nom, va

ratz

escrivans, cercaires,
revistas, cantaires, grops de

i

i

musica, contaires. tropas de
teatre, comedians e associa-

!
|

cions. Si voletz èstre mencionnat, es encara temps. (J.M.B.)

]
J
Lo Camèl BP. 4040 34500
;
Besièrs T/Fax : 04.67.28.04.
j

a été reçue cette
phi¬
losophie autour de vous,
laquelle n'est pas sans évoquer
la biodiversité, ce fourmille¬
ment d'espèces qui est la
marque du vivant et qui est
par essence profondément éga-

litaire ?

33

I
I

Ethnomusicology. The General

Assembly of European

Seminar in

Ethnomusicology

(ESEM) held

Lors de cette deuxième

i

1991-92, certains

r

suite

i

phase,

en

ont tout de

adhéré, comme les respon¬
sables de la Calandreta de Sant-

' Çubran à Toulouse. D'autres,
! comme les
espérantistes, ont
mously voted to hold the next J
débattu avec nous de cette posi¬
conférence of ESEM in
[
Jérusalem (Sunday 30 Au- | tion, qui était sensiblement diffé¬
gust to Thursday 3 September J rente de la leur. Eux défendaient
l'idée qu'il n'est pas possible de
1998). Thèmes of the confe[
rence and a call for
papers : 1 parler beaucoup de langues, et
Mutual infiltration East and ■
que la solution est donc de parler
West ; use of modes in music i
sa langue maternelle,
qu'elle soit
of the near eastand centra
I minorisée ou
pas, et l'espéranto
Asia, modes in jazz ; Popular Ì
en plus. Ce
qui équivaut en fait à
music at the turn of the twen- 1
tieth century ;
Cognitive as- J gommer la pluralité des langues.
pects of time in music ;
[ Alors qu'à mon avis l'espéranto
doit venir en plus, et non pas à la
Traditions versus
reality examples from central and J place. C'est l'espérantiste Floréal
eastern Europe ; Emotions
[ Martorell qui a adhéré le premier
and affects ; New directions 1
à cette logique, et qui nous a sui¬
and findings in ethnomusico- 1
vis. C'est à ce moment-là
in

Finland,

October 1997, has unani

-

logy.

Prof. Jehoash

Hirshberg,

Musicology Department,

ì

1

Hebrew

University, Jérusalem !
91905 Phone : 972.2.6790429 !
(home)/972.2.5883954 (office) !
Fax : 972.2.679.7242
E!
Mail: MSMUS @ MSCC.HUJL.
;
AC.IL

*

nous avons

que
créé le Carrefour

Culturel Arnaud-Bernard et que
nous avons décidé de donner une

dimension plus

importante à la

manifestation. Pour

en

faire

une

fête des

langues du Monde.

Même si

cette

idée reste

encore

ça,
y a

d'autres manifestations dans le
Monde où

on expose les
langues
planète, c'est généralement
organisé par des Etats et ça se
passe dans l'inégalité complète.
Théorique et pratique. Inutile de
dire que l'anglais se retrouve
avec un stand de 10km de
long et

de la

se

jardins de la Maurelle
46190 Teyssieu T : 05 65 33 !

peuples du monde. Et
unique. Parce que s'il

c'est

que
sur la

Très

la langue occitane peut
les autres
langues ne peuvent pas dire. Si
c'est le cas, ça n'est pas le fait de
la langue en tant
que telle, mais
du contexte dans
lequel elle est
parlée. C'est sa situation qui est
en cause, son statut. Ce
qui était
largement confirmé par les tra¬
vaux des linguistes les
plus avan¬
cés, comme de Saussure, Benveniste et Meschonnic. Et j'en suis

des

certaias

des débats courent encore
place de l'occitan, par
exemple.
et

dire des choses que

|
j l'occitan

Les

difficile à admettre pour

à dire que

si
posait en défenseur
de l'égalité complète des lan¬
; gues, il devenait pionnier d'une

05.63.33.58.27.

Lo

des systèmes, il exis¬
égalité complète

une

entre elles. Cela m'a amené à

i

miques

n'étant que
tait de fait

concrètement, comment
opérés les choix des

sont

toutes récentes éditions et de

celle

qui arrive ?

Chaque secteur

désormais son
prend en
charge l'ensemble des manifesta¬
tions proprement occitanistes,
regroupées sous le titre "Prima
de las lengas". avec du théâtre,
de la musique, des conférences,
des sorties à bicyclette, etc. Ceci
sur plusieurs semaines, et dans

le swahili

a

autonomie. L'IEO 31

avec

un

stand de

10cm.

Quant à la promotion et à
la communication, elle est exclu¬

toute la Haute-Garonne. Le

sivement faite dans les langues
dominantes, qui font la charité
aux petites, en
quelque sorte.
Sans qu'aucune réflexion théo¬
rique, aucune discussion n'aient
lieu sur les problèmes qui se
posent. Nous, nous avons fait

Carrefour Culturel, quant

totalement l'inverse. La

à lui, a
pris la suite de l'IEO-Secteur
musique pour l'organisation du
Forum des Langues. Le premier
Forum

a

eu

lieu

au

Palais des

Sports. Mais il est vite apparu
qu'il fallait trouver un lieu plus
central. Et une date plus tardive.
C'est Joan Claret, le Président du
Casai Catala de Toulouse, parte¬
naire pendant un certain temps,
qui a suggéré de retarder le
Forum pour le faire coïncider
avec
l'Aplec de la Sardana. Et
puis j'ai pensé qu'il fallait orga¬
niser le Forum

sur

ta Place du

Capitole. Il me semble que la
Place du Capitole mérite une
telle fête et qu'une telle fête
mérite la Place du Capitole.
C'est la vocation centrale de

Toulouse. Et

cette

fête,

en terme

de contenu, est la

plus forte que
Toulouse puisse organiser. Avec
le

Forum, Toulouse s'affirme

comme

la

première ville du
organiser la fête de
toutes les
langues du monde. Et
ceci de la
façon la plus cosmopo¬
lite, la plus universelle qui soit.
Ce qui ruine du même
coup les
discours régionalistes,
néorégiomonde à

nalistes

ou

universels abstraits

qui

peuvent se tenir à Toulouse
et ailleurs en matière de
culture.
Parce que ce sont les occitanistes
eux-mêmes

s'appuyant

pluralité
langues. Elles sont
toutes à égalité. Avec un stand
identique. Et celles qui ne sont
pas physiquement présentes, le
sont grâce à des cartes, des atlas,
des vidéos, et puis il y a des
radicale des

qui l'organisent. En
dit Félix

sur ce que

Castan de la littérature occitane,

qui a inventé la philosophie de la
pluralité. La seule philosophie
qui puisse convenir à la diversité

conférences et des débats où sont

exposées et défendues cette plu¬
ralité, cette égalité.
Revenons

sur un
point que tu
déjà évoqué. Comment
réagissent les occitanistes à
cette philosophie, très sédui¬
sante à mon avis, mais
qui
n'est pas forcément perceptible
as

dans leur discours ?
Disons que

si beaucoup adhèrent
spontanément, d'autres sont pris
de court. Parce qu'ils sont restés
sur l'idée d'une
grande fête occi¬
tane qui invitent d'autres
langues. Non, justement. L'occi¬
tan est beaucoup plus que cela. Il
est l'organisateur de la pluralité,
ce
qui donne à cette langue un
statut infiniment plus enthousias¬
mant, plus efficace. Puisque les
gens qui parlent le berbère, le
wolof, l'arménien, etc sont
désormais très sensibles

au

que ce soit la culture occitane

fait

qui

prenne la défense de leur langue.
Le résultat, c'est qu'aujourd'hui,
à

partir du Carrefour Culturel,

France

en

et un

peu partout, se sont
constitués des réseaux de défease

des

langues du monde.
Ce qui amène à évo¬

quer une autre attitude, celle de

�Linha

Imaginòt

Lengas
2e trimèstre de 1998
Les

métèques

sur

la Place

du

Capitole,

cela

a

été

accueilli

les gens viennent au Capitale
comme ils vont voir des tracteurs

il s'est montré
favorable. De
même que

Puei. Je crois
que ce dernier
été d'autant

a

colonial..Et

ce

discours était

sou¬

mal ressenti dans les pays

vent

francophones, par certains qui
voyaient là du néo-colonialisme.
Aujourd'hui, face à l'uniformisa¬
l'anglais, la France a dû

tion par

trouver un autre statut à

la fran¬

plus motivé

qui viennent Place
Capitole que derrière l'égalité
des langues, il y a l'égalité des
cultures. Et que derrière l'égalité
des cultures, il n'est même plus
besoin de parler de l'égalité des
races. A partir de là le discours
raciste n'a plus aucune prise,
parce qu'il se nourrit du discours
sur l'inégalité des cultures et des
peuples. Le Forum, au lieu de
du

cophonie. Le discours sur la
francophonie est devenu le dis¬
de la défense des autres

tures, des races. Je connais des

langues. C'est le discours

que

tient le Président Chirac. Mais

position n'est pas tenable.
en tant qu'Etat, ne
peut aller jusqu'au bout de cette
philosophie, puisqu'elle n'est pas
prête à accorder un véritable sta¬
tut aux
langues de France. Au
cette

La

France,

de tenir

moment

ce

versaliste, Chirac

discours uni-

épine
dans son talon. Si bien que c'est
nous, les Occitans, qui tenons le
a

une

du Monde, c'est aussi l'ouvrir à
tous les
une

avec

métèques. Mais

pas avec

revendication violente, pas
des lazzis et des pierres.

en

central. Et débat de très haute
teneur. Où

traitent les pro

se

-

blêmes les

l'aspect "foire" et le débat de
l'après-midi. Mais elle continue
de faire peur aux "ghettoïstes".
(3e qu'ils craignent dans un
échange aussi ouvert, c'est de ne
plus être entre eux, c'est de voir
des gens arriver qui vont poser
des questions très diverses. Et
c'est justement ça qui me paraît

langues, bien
qui les
plus près et

extrêmement intéressant, c'est
d'associer

un

base,

là

la planète entière. Et
qu'avec ce patois de leur village,
ils peuvent communiquer avec le

public large, de
peu par hasard
pour certains, avec des scienti¬
fiques de haut niveau. Cela écar¬
te du même coup les intermé¬
diaires. Et ceux qui ont des
petites revendications sectaires à

Monde entier.

défendre. Dans

non

seulement

avec

les autres

avec

point de vue français
d'un point de vue occitan, je
suis convaincu que c'est la

d'attraction. Et la Place du

Capitole, c'est le centre du park
d'attractions. Où les gens vien¬
nent pour se divertir, pour jouer
aux langues, pour être curieux.
Et puis quand ils sont là, tous, à
parler entre eux, boum ! Débat

attaché à cette interaction entre

dialectes de l'occitan, mais aussi

que

tion. Au lieu de

une

qu'ils ignoraient. Certains décou¬
vrent que le patois qu'ils parlent,
c'est de l'occitan. Et qu'ils sont
en possession
de quelque chose
qui dépasse infiniment les limites
de leur village. Qui est en liaison

Tant d'un

des

frigos à la Foire exposi¬
regarder des
robots modernes, ils regardent
des langues. J'ai écrit "Ma ville
est le plus beau park", parce que
j'ai la nostalgie d'une ville-park.
Pour moi la ville, c'est un park
ou

gens

Mais aussi des choses

un

Que

avec

forum à

même temps.

concernent d'encore

c'est

plus importants qu'on
puisse traiter au monde sur le
sujet des langues. Je suis très

sûr, et de façon très vivante.

dement de tout racisme. Et là,

venu

un

un

cadre

comme

celui-là, ils n'osent pas prendre

meilleure chose à faire. Ceci dit,

philosophie, convaincan¬
complexe à la fois, n'avezvous pas, au moment de média¬

la

tiser la

cisions

Cette

je suis prêt à admettre que mon
analyse pèche, mais jusqu'à
maintenant je n'ai entendu aucun
argument qui me démontrait que
ma

que

par

La diversité des

raciste. Dire la radicalité et

culturelles dans leur fondement.

? Et puis il y a encore
un autre
aspect, dans cette fête,
sur
lequel je veux mettre
l'accent, parce qu'il est extrême¬
ment
important. Ouvrir la Place
du Capitole à toutes les langues
ça

ce

les
hasard,
découvrent

leurs gosses,
foule de choses

l'égalité des langues ruine le fon¬

prendre

endroit-là, c'est

qui passent là

.

français sur la pluralité des
langues. Est-ce qu'ils vont com¬

discours universaliste

dans le fait de tenir
cet

très généreux qui croient
que certaines langues peuvent
dire des choses que d'autres
langues ne peuvent pas dire Ces
gens ne se rendent pas compte
que non seulement ils sont pié¬
gés, victimes, mais qu'en plus ils
fournissent des arguments au dis¬

Toulouse devient

l'avons

Capitole, et
cette langue a rencontré là les
autres langues du Monde. Et
puis, ce qui est extraordinaire

gens

cours

nous

accueilli Place du

pour.

phare, non
pas par le biais de Tantiracisme
violent et politicien, mais en
s'attaquant à toutes les inégalités

nouveau

Christ. L'araméen

manifester contre, manifeste

Et il prend ainsi à contrepied tous ceux qui croient à une
hiérarchie des langues, des cul¬

cours

lui parlions d'un sujet
sur lequel il a réfléchi et Ira vaillé. Je pense en particulier à
l'araméen, qui est encore parlé
au Liban, et qu'une petite
com¬
munauté immigrée parle
aujourd'hui à Toulouse. Moi je
croyais cette langue morte depuis
longtemps. C'est la langue du
que nous

Toulousains

quand

tement, c'est ce côté foire.

nique Baudis,

montrant aux

c'est vrai.
expliquer

Professeur

contré Domi¬

en

Ce n'est pas simple,
Autant c'est facile à

culture, le

Quand j'ai ren¬

Simplement

de mots ?

l'adjoint à la

la

Mairie ?

français face à la franco¬
phonie. Le discours qui est tenu
à ce sujet a changé. Avant, la
francophonie se voulait défense
de la pratique du français, là où il
était parlé hors de France, et en
particulier dans l'ancien empire

en peu

on prend le temps, autant
plus périlleux quand il
s'agit de synthétiser. Ce messa¬
ge, en fait, il faut le faire passer à
la longue, par la pluralité aussi
des gens et des associations qui
sont rassemblés. Sans compter le
public, qui passe dans un lieu
aussi ouvert que la Place du
Capitale et qui est très divers.
Moi ce que j'ai souhaité très for¬

com¬

ment par

l'Etat

prendre

parole.

te et

manifestation, quelques

difficultés à la faire

démarche était discutable.

5

com

-

Peux-tu donner

midi,

sur ce

sur son

quelques pré¬
l'après-

débat de

contenu et sur ses

�Imaginòt

Linha

2e trimèstre de 1998
•Cortetas...Cortetas...

4 acteurs

musique nord-américaine. Ils
sentaient là

éditions

Chansons. Les

En 1995, le débat

ouvrières

au

Temps des

Cerises,chansons de toutes les

régions, de tous les genres et
de tous les temps. La grande
richesse des documents écrits
est

accompagnée de disques

compacts.
Editions France

Progrès, 8

place de l'Eglise 94204 Ivry
Cedex T

:

nic. J'ai

déjà dit ce que je dois
personnellement à la pensée de
rendre

Europe. Les numéros cinq et
six de la collection "Langues
Européennes" du Bureau
Européen pour les langues
moins répandues, ont été
publiés. Le premier traite des
Sami, le peuple indigène du
Grand Nord (Norvège, Suède,

tas, et en

bon dire

Benveniste,

en

:

en

français ? Or

fonction du statut de la

le Yiddish et le Judéo-

dire autre chose que ce
en

lement

couleur différente. Parce

une

qu'en écrivant en occitan on se
place dans un autre rapport au
Monde. Et le rapport que l'occi¬
tan entretient

avec

soutenue par un
une

L'occitan, de

ce

différent

peuple, un rapport
peuple dont la parole a
été occultée, puisque la langue
qu'il parlait a été occultée. Et
au

direct. Un

situation, la France

cette

souffre. Par rapport

les
langues moins répandues rue
Saint-Josse 49 B
Bruxelles T
90 Fax

:

-

1210

(+ 32 2) 218 25
(+32 2) 218 19 74.
:

Teatre. Les

professionnels du

théâtre

langue occitane

en

estiment avoir

toujours de
grandes difficultés pour réali¬
leur art et que ces difficul¬
tés sont dues à l'absence de
ser

soutien

institutionnel. Aussi

ont-ils incité

plusieurs régions

à créer Tréteaux d'Oc

pour

pérenniser un Teatre interegional occitan avec une voca¬

Etat, des

édition, etc.
fait, a un rapport

en

à d'autres
pays, elle souffre d'un déficit de
parole populaire, de livres écrits
par des paysans, des ouvriers.
Parce que beaucoup de gens ont
appris à lire et à écrire dans une
langue qui n'était pas leur langue

Imaginòt seraient-elles deve¬
sujet tabou ? (J-M B)

nues un

ment connu,

traducteur,

conférencier

il

-

a

travaillé

le monde accède
savoir. Mais

ce

aux

que

qu'avec le public. Et de réunir
deux penseurs, issus de
mondes très différents, ça a per¬
mis de dépasser tous nos cli vages. Cela portait sur la ques¬
tion occitane, en particulier, un
éclairage bès différent. Et beau¬
coup de sympathisants sont
repartis avec une vision nouvel¬

outils du

la Républi¬

que n'a pas vu à cette époque-là,
c'est qu'en n'autorisant pas le

bilinguisme, voire le bilinguis¬
me,

elle créait

avait

Alors que
une

dans

ce pays,

très forte coupure

il

L'IEO de la Haute-Garonne, bien

sûr, qui s'occupe globalement de
Prima de las lengas, et qui a

"cédé" le Forum

au

Carrefour

culturel Arnaud-Bernard.
tous

ces

gens

Que
soient ici chaleu¬

remerciés. Du côté

reusement

des

institutions, il faut remercier
en priorité la mairie de Toulouse
qui a compris l'intérêt et l'am¬
pleur de la manifestation. Le
Maire, Dominique Baudis, mais
aussi le Professeur Pierre Puel,

adjoint à la culture, ainsi que
Jacqueline Baylé. Côté
Conseil Régional, c'est à Alem
Surre-Garcia que va nobe recon¬
naissance, pour nous avoir soute¬
nus depuis le début. Et
puis je
madame

voudrais clore
en

rendant

ces

remerciements

hommage particu¬
qui, au Carrefour
la Prima, est depuis

un

lier à celui
au

Japon, aux USA - rejoignait
l'occitaniste, le poète, le théori¬
cien du baroque, de la peinture...
Et la rencontre a été superbe.

tout

l'art, dans la littérature, etc.

Des rencontres de la Linha

Meschonnic, enbe la lin¬

ces

pour que

le meilleur
moyen

de rencon¬
trer un large public ? Le débat
mérite d'être lancé. (J.M.B.)

cette

très

refuge
auprès des institutions est-il

évolution. Mais le

de

Tant entre les deux hommes

un déficit. Si elle
encouragé cela, il y aurait
une
prise de parole beaucoup
plus importante du peuple dans

tion de tournée. Il est clair
que
le théâtre occitan est en
pleine

gens d'Esperanto-Kultur-Centro,
Floréal Martorell et son équipe.

maternelle. Ceci dit, c'est très
louable d'avoir fait des efforts

démocratiques

particulier celle du
quartier Saint-Cyprien. Ainsi que

même temps qu'il
a critiqué la linguistique structu¬
raliste, la linguistique chom skienne, Jakobson et une partie
en

guistique traditionnelle et ses
sous-produits, c'est que les
langues n'avaient pas de carac¬
tères (le génie du français,
l'anglais pragmatique), c'est les
discours qui en avaient. Et ce qui
m'a beaucoup frappé, en décou¬
vrant la pensée de Meschonnic,
c'est qu'en fait elle rejoignait
complètement celle de Castan,
mais par une toute autre trajec¬
toire et avec des moyens bès dif¬
férents. Le linguiste mondiale¬

le Monde est

déjà cité les Ecoles calandre-

l'association Méditerranèa. Les

de Saussure et de

monbé

rapport de langue minorisée,

institutions,

a

l'intelligentsia française. Pour
se placer
sur un autre plan. Sur
celui du rapport entre la linguis¬
tique et l'histoire, enbe la lin¬
guistique et la littérature. Ce qu' a

français. Et pas seu¬
parce que les mots ont

Bureau

pour

occi¬

qu'on dit

XVème siècle). (J-M B)

européen

en

tan c' est

non

Espagnol, deux témoins
d'états anciens des langues
dont elles sont issues (moyen
haut allemand, et espagnol du

vaux

occitan, le discours est direc¬

tement

lement

riales

Vincennes. Il

occitan des choses

en

qu'on peut dire

un

Nord du cercle

tient ?
J'ai

Finlande et Russie, essentiel¬

polaire). Le second est consa¬
cré à des langues non territo¬

rappeler quels sont les
organisateurs et qui les sou¬

Meschonnic est

professeur à
prolongé les tra¬

invi¬

Peux-tu

lier chez Henri Meschonnic.

propos

nous

un

occitane, c'est
qu' une langue doit être défendue
pour son contenu. Sinon à quoi

de la littérature

langue. Et partant, écrire

01.45.21.02.97

au

l'hommage qu'il mérite,

même

responsable de la franco¬
phonie pour qu'il nous éclaire
sur sa
politique dans ce domaine.

qu'a dit Castan en 1995 à

Castan. L'inviter, c'était lui

nale, de celles des luttes

géopolitique mondiale à la

rencontre. De

parce que, sans sa réflexion, ce
Forum n'aurait pas eu lieu. Ce

France, chansons de toutes

des troubadours à l'Internatio¬

de

tons

rassemblé

Félix Castan et Henri Meschon-

vies, chansons de l'histoire,

vraie démocratie

d'expression. En France, à cause
de ce problème de langues, des
passerelles n'ont pas pu être ten¬
dues entre le savant et le populai¬
re. Cette pensée de Castan, que
je connaissais, je l'avais rebouvée identique dans les travaux de
certains linguistes, et en particu¬

a

France-Progrès ont publié la
grande histoire de la chanson
française et des chansons de
les vedettes, chansons de nos

une

Culturel et à

1992 la cheville ouvrière de la

manifestation, je veux parler de
Francis Blot. Il y a fait un bavail
énorme. Tant

au

niveau de

l'adminisbatibn, que de l'organi¬
sation matérielle, des contacts,
de la recherche des finance
inents, de la

-

publicité, etc de

tout, en fait ; Francis Blot a été
l'homme à tout-bien-faire de la
manifestation.
Comment vois-tu l'avenir de
cette manifestation ?

le.
L'an dernier Félix
Castan étant malade, Henri
Meschonnic est venu seul. Cette

y a

année

entre le

nous les réinvitons tous les
deux. Nous essayons également
de joindre Umberto Eco et le

savant et le

populaire. Coupure
qu'on retrouve dans la musique.
Ce qui explique pourquoi les
jeunes se sont tournés vers la

Je pense que

notre Fête des
Langues peut et devrait devenir
la fête la plus importante, intel
lectuellement et emblématiquemerit, de la France à la recherche
d'un nouveau message universel.

vice-président de l'UNESCO.
Ceci pour donner

6

une

dimension

Propos recueillis le 26102197

�Linha

Imaginòt

Lengas
2e trimèstre de 1998

occitans, il y a un décalage entre

compte à la fois
qui
l'entourent, son environnement,
et puis aussi toute son histoire
depuis l'an Mil, tout ce que la
culture occitane a enregistré
comme valeurs. Il importe que la
littérature occitane soit placée à
son juste niveau, qui n'est ni
l'universalisme abstrait, ni l'uni¬

la manière dont

tarisme que

tée universelle, c'est une

Le message de la
littérature occitane*

philo¬
sophie qui peut être reprise par
toutes les cultures du monde

:

la

philosophie même de l'avenir
culturel de la planète. Cette mise
en place
me paraît suffisante
pour aborder d'autres pro
blêmes...
...Pour

Félix-Marcel Castan

notre

militants

nous

discours et

on

comprend

ce

que nous

quand nous parlons. 11
dans la France hié¬

pensons

vrai que

est

rarchisée, dans la structure pyra¬

la pensée
française, qu'est née cette idée,
France,

Nous sommes dans un

pays où certainement a
sévi l'unitarisme philo¬

sophique et conceptuel, l'unita¬
risme organique le plus rigou¬
Certainement il

n'y a pas
de pays au monde qui soit aussi
centralisé que la France. Il n'y a
pas de littérature et de conscien¬
reux.

ce

nationale

qui soit plus unita-

riste. Nous disions

:

" le support

latent de toute la

pensée françai¬
se, c'est une philosophie de
l'unité, une philosophie de l'uni¬
tarisme, une philosophie qui
refuse l'autre, qui refuse la duali¬
té, qui refuse la pluralité". Parce
que nous nous trouvions dans ce
pays qui était le plus unitariste
du monde, nous avons été ame¬

nés,
dis

nous,
nous

écrivains occitans

-

je

large, tons les écrivains depuis
deux

ou

à cette

trois siècles, confrontés

réalité, à la culture fran¬

çaise, dans laquelle nous
sommes tous élevés, par l'école
nous avons

-

une contre-philosophie, une phi¬
losophie de la pluralité. Un peu
partout on a le sentiment que les

cultures sont diverses.

en

face de la culture

développer,

obligés,
française, de

sommes

non

seulement un

sentiment vague du pluralisme,
mais une véritable philosophie

pluralité. Et c'est cette phi¬
losophie de la pluralité que nous
opposons à la philosophie de
de la

l'unité, de l'unitarisme que nous

latent, dans la coascience française. Jusqu'ici nous
étions un peu seul à le dire. Or il
se trouve que depuis peu, c'est-àdire depuis deux, trois ou quatre
ans, c'est au centre même de la

croyons

intellectuels

français, cette terreur qui s'expri¬
me

dans cette formule

monde

:

"tout le

prisonnier de ce
qu'on appelle la pensée unique".
Notre point de vue n'est pas seu¬
lement notre point de vue, mais
il est déjà exigé par la pensée de
l'adversaire, si je peux dire, de
sent

se

midale de la structure

française,
parlant d'une altérité qui est
l'altérité de la culture occitane,
on

nous

renvoie

point de

vue

philosophie de l'unité, en le
disant. Il ne suffit pas de le dire,
il ne suffit pas de se plaindre, de
se lamenter. Je pense personnel¬
lement, et je crois que c'est le
sens

de toutes

n'y

a pas

nos

actions, que

intervention de

régio¬

irrationalistes,

occitane. On refuse, inconsciem¬

actuellement tous les continents,

qu'il existe une cul¬

occitane de même niveau

la culture française.

que

C'est évidemment

un

problèmes, de faire
comprendre que c'est d'une
deuxième littérature qu'il s'agit.
de

nos

gros

Si les écrivains occitans s'étaient
contentés d'être

l'expression de
langue d'oc en
ils auraient fait, et

la situation de la
ce

moment,

patoisante, une littérature de clo-

et cette altérité c'est la

régionaliste, une littérature sans
écho, une littérature sans signifi¬
cation, sans portée. Toute la litté¬
rature occitane s'est opposée à
cette dégradation du phénomène

qui se trouve
prête à intervenir dans ce sens s'il n'y a pas d'intervention de
l'extérieur, on ne sortira jamais
de la pensée unique. Le message
culture occitane,

de la culture occitane devient
d'une actualité absolue, il est le

her,

une

littérature même pas

littéraire. La littérature

occitane

départ, la littérature occitane

d'antagonisme idéologique par
rapport à la littérature française.
Elle a reconqui son identité dans
la dialectique qui l'oppose à la
littérature française. Pour cela, il
fallait qu'elle reconstruise une
littérature de même niveau que la
littérature française, une littératu¬
re au sens plein, qui soit capable

les

plaidait pour sa propre existence,
pour la reconnaissance de son
sein de la France,

c'est-à-dire, d'une dualité litté¬
raire, d'une dualité culturelle.
en

défendant

identité, il

sa

propre

trouve que

la philo¬

sophie qu'elle élabore, a

une por¬

se

dans

seul niveau de la culture humai¬
ne...
...

Je ferai référence

qui nous viennent de la
Révolution française de 1789. En
1789, avec une audace extraordi¬
naire, les révolutionnaires ont
posé le principe de l'égalité des
hommes, de l'égalité des ci¬
toyens. Olympe de Gouges a
aussi rappelé que les femmes
devaient être prises en compte
comme les hommes. Ce principe
de l'égalité, qui était une novation extraordinaire et qui est fon¬
damental, ne veut pas dire que

aux

idées

tous

les hommes sont de même

etc...

la contradiction, dans une sorte

Mais

nous trouvons

situation intermédiaire, le

langue, à partir des problèmes,
plus localistes, elle s'est
située dans la perspective que

j'ai indiquée tout-à-Theure, dans

au

ethniques, les luttes tri¬

bales. Nous

taille, de même poids, de même
intelligence, de même cœur,

culturel, il est évident qu'au

existence

les luttes

s'est pas constituée, à partir
de la situation sociologique de sa
ne

fondamental, le messa¬
ge principal dont la nation fran¬
çaise a besoin aujourd'hui. En
développant l'idée du pluralisme
message

sur

l'universalisme abstrait et contre

une

française elle-même,
intervention d'une

-

deux fronts, contre

qui ensanglante

de la nation

a pas

situe

contre tout ce

certains le font, une littérature

n'y

culture humaine. Notre combat

les localismes

l'extérieur, à l'intérieur du débat
s'il

connaît la littérature
française et que nous combat¬
tons, ni le localisme, des dégra¬
dations littéraires ou les dégradations idéologiques que
représentent les ethnies, les fon¬
damentalismes, les régiona lismes, les intégrismes, que
représentent même les nationa¬
lismes, qui sont le contraire de la

respond absolument pas aux
perspectives de la littérature

sort pas

de la

un

en

les éléments de la vie

se

ture

on ne

culturel, à

prendre

tous

littérature patoi¬
nalisme, à
sante, à un localisme qui ne cor¬

sent la nécessité de sortir de cet

l'unité. Seulement

-

une

ment, l'idée

enfer, de la philosophie de

automatique

niveau inférieur du

ment à un

l'autre côté de la barrière. On

altérité

été amenés à élaborer

Nous

cette terreur des

s'il

d'une manière très

centre de

au

de

7

mais il y a en eux un princi¬
d'égalité des chances, qui
assure le respect qu'on leur doit,
qu'on doit à tous.
Ce principe fondamen¬
tal, qui est une acquisition essen¬
pe

tielle de la civilisation humaine,
doit être étendu à toutes les cul¬

identités,
quelles qu'elles soient, en parti¬
culier les identités linguistiques,
les identités de ville. Lorsque je
dis les identités de ville, je veux
dire surtout qu'une ville comme
tures, à toutes les

�Linha

imaginòt
il

s'appelle Michel Deguy.
après que je sois inter¬

Et

c'était la fin, la dis¬
a dit : non, moi

venu,

location, il

je

veux

dire

mon mot,

que nous nous sépa¬
rions. Il est écrivain fran¬
avant

çais à Paris, il est profes¬
seur

à l'université de

Nanterre, je crois, il est

responsable d'une revue :
par conséquent il a un sens
très fort de ses responsabi¬
lités d'écrivain, de poète
au

centre même de la litté¬

française. Il dit

rature

:

"Nous, écrivains français,
nous

avons

savoir

besoin de

qui

se passe dans
les littératures parallèles".
ce

Et s'il

se passe quelque
chose dans les littératures

parallèles, il se passe
quelque chose d'antithé¬
tique. Si ce n'est pas anti¬
thétique, c'est qu'il y a
fusion. Si
Débat du Forum des tangues

Toulouse
Paris à

a

les mêmes droits que

parler

de l'huma¬
nité. Il n'y a pas de capitale qui
ait vocation de régner sur les
autres, il n'y a pas de culture qui
ait vocation de régner sur les
au nom

1997, avec Félix Castan et Ciaude Sicre

thèse, la littérature occitane

sociologique d'abord. La littéra¬
ture française a pour support un

n'existerait même pas.

Etat. La littérature occitane est

avait pas cette

démarche d'anti¬

autres, toutes les cultures, toutes

Quand
j'étais jeune, j'ai écrit en français
d'abord et quel est l'écrivain
occitan qui n'a pas écrit d'abord
en français ? Si on s'est mis à

les villes, tous

écrire

les lieux, tous les

foyers culturels sont égaux entre
eux, c'est le principe même de la
Révolution française. Nous
empruntons à la nation française
ce
principe, qui doit être le nôtre
aussi...
Toute culture appar¬
tient à tout le monde. Tous les
...

occitanophones ou les berbèrophones sont les porteurs d'une
culture qui peut être reprise par
tous.

C'est le fond de notre

mes¬

Il n'y a pas de message
plus important que celui-là. Mais
j'écris dans les deux langues. Je
sage.

me

considère

comme un

écrivain

bilingue. Ce n'est pas une agres¬
sivité que je développe à un
niveau supérieur : l'identité occi¬
tane

se

constitue dans

une

démarche d'altérité par rapport à
la culture française. Et s'il n'y
avait pas cette

démarche d'altéri¬
une antithèse qui
n'est pas une guerre, c'est le
contraire d'une guerrre - s'il n'y
té, c'est-à-dire

-

en

occitan,

ce

aucun

langue qui ne ren¬
Etat. Par consé ,

n'est pas renvoyer
c'est renvoyer à une

n'est pas par

à un Etat,
langue, ren¬
voyer à une littérature. Paradoxa¬
lement, la langue occitane dans
la circonstance, c'est la plus litté¬
raire des langues. Un paradoxe

n'existait nullement. Nous étions
en

sur une

quent écrire en occitan ce n'est
pas renvoyer à une nation, ce

patriotisme occitan. La patrie
occitane n'existait pas dans notre
tête. C'est une question qui
destinés à écrire

fondée
voie à

français. Et

puis dans notre démarche littérai¬
re, sur le champ littéraire en
France, nous avons eu l'impres¬

assez

étonnant, mais

c'est la

seule

qui ne renvoie qu'à la litté¬
rature, qu'au fil littéraire luimême. La littérature française

j'ai eu
l'impression qu'il arrivait un
moment où la langue française
m'échappait. On l'a dit : une
langue, c'est une prise de postu¬
re. Il me fallait changer de postu¬
re pour arriver à dire autre chose.
Autre chose que je ne pouvais
pas dire en français, parce que
d'une langue on ne peut dire
qu'un certain nombre de choses,
on ne peut pas tout dire. On peut
dire beaucoup de choses, mais
pas tout. La posture de la langue
française et la posture de la
langue occitane sont antithé tiques, parce qu'elles ne se
situent pas au même niveau
sion, personnellement,

renvoie à tout

un

ensemble de

structures

étatiques, de structures
conceptuelles. Elle fonctionne
autrement. Cette antithèse est

nous

situer en antithèse
française, c'est
écrire en français. Je sais mieux
écrire en français qu'écrire en
occitan, j'ai appris à l'école, j'ai
appris l'orthographe, j'ai un dic¬
tionnaire et tout ce qu'il faut
pour écrire en français. Mais si
j'écris en occitan, je sais que j'ai
à dire ce que les Français ne
diront jamais. Cette dialectique
n'est pas destructrice, elle est
constructive, positive, elle me
paraît essentielle. Dans une
réunion, on va vite, on s'exprime
vite, on a l'air agressif quelque
çais. Ne

pas se

à la littérature

fois, d'une manière inconséquen¬
Ce n'est pas agressivité, je
dirais même que ces antithèses
de caractère culturel, c'est le fon¬

te.

féconde. Je pense que si les
choses allaient bien, la littérature

dement de l'amitié entre les

française devrait connaître la lit¬

le, l'idée d'unité humaine repose

térature occitane, comme la litté¬
rature occitane connaît la littéra¬

antithèses de consciences. C'est

ture

française,

et la

dialectique

peuples. L'idée d'unité nationa¬
sur

en

le respect

ture

fécondité considérable. Je

nir.

un

jour dans

un

me

il y
des

la cul¬
d'ave¬

débat

la

poésie à Paris dans lequel
avait un poète français, un
plus grands poètes français
actuels, que j'admire beaucoup,
sur

des pluralités et des

cela que l'ensemble de
humaine est porteur

des deux littératures serait d'une
suis trouvé

8

nous ne

posons pas en antithèse, et
bien nous écrivons en fran¬

*

Extraits des actes du Forum des

langues 1997 à Toulouse. Carrefour
culturel Arnaud-Bernard 1
l'Hi rondel 1 e 31000 Toulouse.

rue

de

�Linha
De

pertot

2e trimèstre de 1998

RMI, mais ils s'occupent de
plein de choses et ils sont
joyeux, ils ont une existence et
pas forcément de culpabilité par
rapport au travail. Alors qu'au
au

L'insertion
version G.R.Q.M.*

Mirail, ils sont tristes et n'ont
pas

d'idées de choses à faire."
Comment

ils

un

contexte où

entendre dire

Nathalie Boudé

Sortir du cadre d'une façon
non

pas mar¬

ginale, c'est évidemment
redéfinir " les règles" de l'inser¬
tion et de l'intégration. Dans le
cadre de la GRQM, on ne parle
pas emploi mais projet. On ne
regarde pas l'appartenance natio¬
nale mais la participation com¬
munautaire. La place de chacun
ne s'y joue plus en termes pro¬
fessionnels
termes

financiers mais

ou

en

de solidarité etd'ambi-

partagée. On retrouve l'état
d'esprit des collectifs alternatifs
mais élargi et hors dispositifs
sociaux. Ainsi que l'écrivait

tion

Claude Sicre

en

1991 dans

l'Idiot International, à propos

des

imaginotistes font

sans eux.

A Arnaud

Bernard, l'insertion

prend plusieurs visages.
Quand j'aborde le sujet
avec

eux,

avoir trouvé dans le

quartier une
qui
ses problèmes

procédures de quartier : "... Il est
patent que partout où poussent

autre contexte

des centres socio-culturels et

etc

ment
..

serait certaine

-

partie en maison de retraite,
Autant d'individus que l'on

foyers éducatifs, les asso¬

aurait tendance ailleurs à "ou¬

ciations d'habitants déclinent.

juger indésirables, et
qui se verraient confisquer, s'ils
étaient laissés à la charge des

autres

(Or), nous mettons en œuvre une
autre ambition : nous ne nous

occupons pas

d'individus regrou¬

pés dans de vagues entités col¬
lectives (les jeunes sans qualifi¬
cation, les RMistes, les mères
célibataires, les toxicos, etc),

blier"

ou

à

seules institutions, toute vie per¬
sonnelle et sociale normale.

Humaine.
moins

Mais ce qui est non
important, c'est que parmi

essayons chaque jour de
construire une communauté, et

membres du Comité de quar¬
tier cherchant pour moi des

nous tourner vers la
celle des autres - avec

exemples de l'insertion que pro¬
duit chemin faisant la dynamique

nous

plutôt que de
maladie

-

cortège de toujours nouvelles
spécialités découvertes par de
toujours nouveaux spécialistes,
son

nous nous

ble

vers

tournons tous ensem¬

l'horizon de la santé,

ces

communautaire d'Arnaud-

Bernard, il y a

précaires, les dits-insérés, une
autre logique de vie,
Philippe est un jeune
photographe de spectacles qui

des

saisi

l'opportunité d'un

tement

appar¬
bon marché, à retaper,

s'installer ici. Il raconte :
Pour moi, l'impor¬
tant c'est plus la reconnaissance
humaine, sociale que profession¬
nelle. Ici je vends peu de photos
mais j'en donne beaucoup aux
gens qui en ont besoin et qui
n'ont pas les moyens de les
payer. D'un autre côté, c'est un
contexte qui m'ouvre des hori¬
zons. J'ai pu approcher directe¬
ment un monde culturel que je ne
connaissais pas. Grâce à des
artistes toulousains, j'ai pu aller
faire des photos à l'Olympia ! Je
pour

-

voudrais travailler

du Comité de

simple pour les
pouvoirs publics : soit financer
un assislanat généralisé qui pose
plus de problèmes qu'il n'en
résout, soit nous aider à former
des citoyens. Pour le moment, ils
sont en plein dans le mauvais

ce

tels, il

ne

leur vient pas à

l'esprit de parler d'elles-mêmes à
propos.
Phénomène courant

ici. Comme le dit l'ancienne

assistante sociale du
tie

depuis

au

Mirail,

toulousaine

Bernard, il y a

:

quartier par¬
en banlieue

"A Arnaud-

beaucoup de

gens

études, dit-elle.

abord différent.

j'ai appris ici, c'est
la parole ne doit
venir de l'Etat ou des intel¬
ce

que

notamment

que

avec

mêmes.

Quand je lui demande
projets profession¬
nels, elle me répond :
a

des

J'ai du mal à

-

me

pro¬

jeter. Le problème, c'est que je
pense qu'il n'y a pas d'avenir
professionnel pour moi dans le
quartier et en même temps, c'est
un endroit qui ne te donne pas
envie de te mettre dans

un

boulot

régulier, administratif... Un bou¬
lot qui "t'emmerde". Ici, je vois
beaucoup de gens qui font des
choses pour les autres et j'ai
envie de faire pareil mais je ne
sais pas encore comment. Socio¬
logue, c'est exclu. J'ai vu ce
qu'était le monde de la recherche
et ça ne m'intéresse pas. J'ai vu
comment ces gens-là étaient
enfermés dans leurs sujets. Ils ne
regardent pas assez autour d'eux.
Ils

ne

travaillent que sur une

facette de la réalité.
Parmi les gens

qui font
les autres, il y a
l'ancienne équipe dirigeante du
Comité d'organisation du carna¬
val d'Arnaud-Bernard (Cocab).
Petit groupe qui en 1992, suite à
l'extinction du comité précédent
universitaire
dans lequel
Claude Sicre s'était beaucoup
investi, et à la décision de
Dominique Baudis, de retarder

des choses pour

-

-

cette

année-là la date du carnaval

d'élections munici¬
pales, s'est "insurgé" et a repris

pour cause

catégorie dite des exclus.
Seulement, ne se jugeant pas
comme

association

mais
j'attends de faire les bonnes ren¬
contres.

personnes

en

pour faire de l'édition
d'autres photographes,

qui
font elles-mêmes partie de la

certains que sur la route les plus
valides aideront les éclopés.
L'alternative est

d'esprit qui

sans plus de distinc¬
tion entre les dits-exclus, les dits-

engendre,

faute de travail touche le RMI. Il

grabataire qui dans un

mes

un

si elle

quelqu'un que l'on
connaît et que l'on apprécie ou
sur quelqu'un que l'on va
connaître et apprécier, et avec
qui on va avoir envie de discuter
ou de faire quelque chose !
sur

a

presque

Car

avec

de tomber

arrive à surmonter

sa fonction de ministre
de la Pêche** ; une mamie

fais à travers
Mais

pas
ne

nouvelle famille ; un retraité

grâce à

-

lectuels mais des gens eux-

Etat

quartier me désignent
ici un réfugié mal en point
auquel on a procuré des papiers
et des petits travaux pour subsis¬
ter, là un homme de la rue qui dit

peut

ponible, donne également du
temps au Comité. Pour le jour¬
nal, elle interviewe tons les mois
un habitant du quartier :
C'est en quelque
sorte un prolongement de ce je

faudrait pas
avoir de boulot. Parce qu'on est
sûr, en descendant de chez soi,

les responsables du

Comité de

on

:

-Ici, il

choix." Et les

pourraient-

éprouver de la culpabilité

dans

collective et

Imaginòt

Pour l'instant,

trésorier

quartier, Philippe
apprend beaucoup notamment
dans les relations avec

la munici¬

palité de Toulouse. Il s'occupe
également de collecter les textes
pour le bulletin du Comité.

le flambeau. Pendant trois ans,

Maury, prothésiste-dentai¬
sculpteur, Pierrot
Gélis, baroudeur-éducateur, Fred
Ducom, formé par le Carrefour
Alain
re

de métier et

culturel durant

son

objection de

Céline, elle, vit confor¬
tablement de son salaire de

conscience, et des peintres
d'Arnaud-Bernard, ont entraîné

"pionne". Elle vient d'achever
un DEA de sociologie, attend un
enfant, et depuis qu'elle est dis¬

les sans-abri

qui traînaient sur le
quartier dans cette aventure et
dans d'autres manifestations

�Linha

Imaginòt
De

pertot

2e trimèstre de 1998
la construction d'un
"village gaulois avec son fortin,
sa paille, ses animaux et son
telles que

forum de résistance", un défilé

projections vidéo
en plein air, et l'édition d'un
journal...
Tout ce qu'on a orga¬
de mode, des

-

nisé, raconte Fred Ducom, c'était
moyen pour les gens à la rue
de se reconnaître quelque part,
un

de retrouver

une

fonction. Ils

se

sentaient

rejetés par les gens du
quartier, en particulier par les
commerçants, et nous on les a
imbriqués dans nos actions et ça
leur a fait beaucoup de bien
parce que non seulement, ils se
sont sentis

utiles, mais ils ont

rencontré des gens

découvert

un

et ils ont

nouvel horizon, et

il y en a qui ont continué sur la
lancée. Certains dans les fan

-

zines ; un dans la

photo.
L'aventure a pris fin en
1996, quand l'équipe dirigeante

a

voulu transformer le bénévolat

des uns, les CES des autres

en

véritables contrats de travail pour
tous.

Or, "les institutions qui

avaient

promis de financer ces
d'emplois n'ont pas
leur engagement", dit Fred

créations
tenu
et

l'association lourdement

endettée

a

été dissoute.

Seulement, quand on
a touché au carnaval, on
y
retourne forcément, poursuit-il.
C'est quelque chose de fantas¬
tique de mettre tout le monde
déguisé dans la rue, de tout chan¬
ger ! Alors en 1997, on a remis
ça sans structure, sans fric et
sans autorisation. Et on a
quand
même réussi à mettre 3.000 per¬

la

place ArnaudBernard. On a été obligé
d'inventer des stratégies pour
que les gens viennent. On a fait
croire, par des tracts et des
affiches, que Claude Nougaro et
sur

Lolo Ferrari venaient chanter
la

sur

place du Capitole. Donc tout

le monde y a cru et est allé voir !
Et c'est de là qu'on a emmené le

cortège vers Arnaud-Bernard.
C'est ce comité qui,
sur le quartier,
s'occupait sponta¬
nément d'empêcher les expul¬
sions, les coupures d'électricité,
etc

..

Il faisait le travail d'une

association

comme

Droit

au

sans

être décla¬

tel.

comme
-

intégrer dans la vie sociale etc :
marche de pair.
Parmi ceux que j'ai
aidés, il y avait les jeunes tagtout

On faisait le travail

qui aurait dû être celui du
Comité de quartier, grommelle
Pierrot Gélis.

geurs
Alain

du quartier, se souvient

Maury ont poussé très loin la
solidarité de voisinage. Le pre¬
mier s'y adonnant comme un

Maury en montrant une
fresque sur le mur de l'impasse
où il habite. On les avait intégré
par le biais des repas et des fêtes
du quartier, et on avait trouvé un

"éducateur

bon

Pierrot Gélis

non

et

Alain

officiel du fœtus

jusqu'à la mort", le second
excerçant "la fonction d'anima¬
teur-bénévole pour adultes en
grande difficulté" ; tous deux
ayant eux-mêmes adopté " le
profil des marginaux dont ils
s'occupent". Profil choisi de
longue date par Pierrot Gélis,
mais subi par Alain Maury
comme la conséquence de son
travail social et que ce dernier ne
trouve plus "tenable".
Il faut dire que l'on ne
peut trouver approche plus glo¬
bale et plus sacerdotale que celle
d'Alain Maury : il dit lui-même
qu'il a un sens civique tellement
poussé qu'il va vers le sacerdoce.
S'appuyant à la fois sur ses res¬
sources personnelles, sa forma¬
tion professionnelle et sur la
dynamique du quartier, le fonda¬
teur du Cocab

compromis

pour

les conflits entre

eux

désamorcer
et les com¬

tabac de

mégots récupérés, est un
quartier. Il a voyagé,

enfant du

fait tous les métiers mais il est né
ici et il

partageait avec sa mère
l'appartement dans lequel il avait
grandi. Jusqu'à ce que sa pro¬
priétaire s'éteigne, qu'un promo¬
teur récupère la maison et l'en
chasse.

qui a

C'est une expulsion
fait trois morts, raconte-t-il

:

mère,

-

ma

une

vieille au-dessus

leur accordaient le rideau de fer

qui habitait là depuis trente-cinq
ans, et un jeune que j'avais récu¬
péré et qui était suicidaire !

pour réaliser une fresque et
ensuite ils ne touchaient plus

battu

merçants dont ils "refaisaient la
devanture" : les commerçants

rien.

Pierrot Gélis, lui, s'est

à

Aujourd'hui, ils sont partis.
pris leur envol : ils chan¬

Ils ont

jusqu'au bout, a obtenu un
nouveau
logement, mais celui-ci
ne le satisfait
pas - "mon appar-

Tm

•JoZf f&amp;montL.

mêlait "trois tech¬

la prévention santé en
prenant les gens qu'il recueillait

tent et

dansent, certains à
Marseille, d'autres à Mazamet.

temenl était

chez lui et

Quant on sait d'où viennent ces
jeunes, c'est trop sympa de voir
ce qu'ils sont devenus en
quelques années et, c'est un
exemple de ce que l'on peut faire
grâce à la convivialité et la soli¬

il

darité. Dans le cadre du Cocab,
on a bataillé
pour les démunis et

"éducateur" dans

niques"

-

sonnes

logement (DAL)
ré

:

en

les aidant à

se

désintoxiquer, à arrêter l'alcool,
la drogue, à soigner leur sida et à
adopter une hygiène de vie ; la
prothèse dentaire, en appareillant
gratuitement les plus démunis ;
et l'animation, par la musique,
les repas de quartier et le Cocab.
J'ai touché un public
qui ne va pas vers les organismes
-

institutionnels

ou

caritatifs, aussi

sympathiques soient-ils, dit-il.
Parce que dans ce genre d'orga¬
nismes, les gens en difficulté se
retrouvent face à un type qu'ils
savent payé pour leur offrir un
café et parler avec eux. Alors que
chez moi, il n'y a pas de barrière
et ils viennent tous par le bouche
à oreille : les sans-papiers, les
sans-abri, les marginaux qui pré¬
fèrent les réseaux alternatifs, les

séropositifs... Et rendre les gens
plus autonomes, les aider à trou¬
ver un logement ou à le conser¬
ver, les aider à se soigner, les

pris de gros risques,
s'en est très bien sorti et
on a

de très belles réussites

dernière année

-

sans

-

mais

on

on a eu

sauf la

rien devoir

préfère

taudis mais je
le faux luxe", dit-

un

ça que

montrant les

en

murs en

carton

pâte de son HLM. "Et là-bas,
c'était chez moi et j'avais des
arbres"-, et il est toujours en pro¬
cès

avec

le promoteur.
RMIste lui-même,

l'âme, Pierrot

Gélis

s'occupe aussi bien de tirer
des jeunes de la psychiatrie, de
tendre la main aux SDF que de
perpétuer "l'Inquet", c'est-à-dire
le marché aux puces de Toulouse

à personne.

traditionnellement réservé

du feu est

déballage des

Maintenant, le gros
passé : il y a des
relèves mais plus dans l'aspect
culturel que social...
C'est aussi l'avis de
Pierrot Gélis. Ex

garde-cham¬
pêtre d'Arnaud-Bernard, person¬
nage folklorique s'il en est, cet
homme auquel il est difficile de
donner un âge malgré sa longue
barbe blanche, qui amuse tou¬
jours ceux qu'il rencontre par ses
cigarettes roulées semblables à
d'énormes joints remplis du

10

au

pauvres, très utile
actuellement aux chômeurs et

RMIstes, et depuis peu menacé
de

suppression par la municipali¬
précarité, il connaît. Il a

té. La

fait tous les métiers mais il n'a

jamais hésité à quitter un emploi
pour excercer ce qu'il appelle
son

dans

travail d'éducateur. Notion

laquelle il englobe la récu¬
pération - son appartement est
encombré de piles diverses de
papier, de bois, de chaussures

�Linha
De

Imaginòt

pertot
2e trimèstre de 1998

etc, et de nourriture

tion

-

il n'a

timbre mais il
donne

-

la distribu¬

-,

jamais acheté
ne

et l'aide à

vend rien, il
ses

voisins

défense des habitants. C'est du
social normalement. Tu

un

-

me

les fêtes, c'est aussi du
mais

un

social,

rétréci. Parce que si,
le quartier fait la
te coupe l'électricité

peu

large. Educateur non
officiel "parce qu'aider les gens,
c'est pas en vivre", à la fois
agent d'entretien et bricoleur
pour les petits vieux qui n'ont
plus la force de faire leur ménage
et de réparer une étagère qui

pendant

tombe, assistant social d'une
famille en difficulté, écrivain

vaille pour ça et c'est logique.
Grâce à lui, le quartier bouge

public, soutien d'un gamin
paumé etc... Un "vrai voisin", en
quelque sorte, comme il dit.
A cette conception de

côté culturel et est

au

sens

fête, toi

que
on

te vire de chez

ou on

l'influence de personnalités du
quartier, Claude Sicre en tête.
Visiblement, ceux qui travaillent
avec lui ne stagnent
pas très
longtemps. Et s'ils ne songent
pas à prendre directement en
charge tous les problèmes des

diras,

toi, c'est

convivialité discutable !

une

"sans", ils

Pour

moi, le seul valable làdedans, c'est Claude Sicre et lui,

pas

il est Carrefour culturel et il tra¬

meilleur

pour

le reste,

connu.

désintéressent

de leurs concitoyens pour

autant. Fred Ducom

en

est

le

exemple.

Formation

professionnelle et
citoyenne à travers les associa¬
tions du quartier.

Mais

Fred, qui habitait à

souligne

la communauté, Pierrot Gélis ne

Anne, l'assistante des Fabulous

Bègles, dans la banlieue borde¬

peut comprendre que le Comité
de quartier se préoccupe de
places à aménager, de jardin à
décorer, de stationnement à

Trobadors, "la difficulté, c'est de

laise,

oublier que l'on peut tou¬
jours faire mieux".
Or, beaucoup
"d'anciens" disent que le quartier

rel Arnaud-Bernard il y a

régler, etc et qu'il croise les bras
face aux problèmes des "sans".
Comme il ri a pas admis que les
repas de quartier hebdomadaires
à

cessent

cause

de l'afflux de

SDF s'étant donné le

-

trop bon

-

ne

a

actuellement tendance à
sur

et

-

fois par

Pendant trois

semaine, été

ans, une

de

cinq ans comme Fred Ducom
ses complices pensent que "la

il

A la fois, tu arrives
là, t'as rien à faire et tu es

monde. Et

moment
donné il y a eu trop de zonards et
ça a commencé à faire des clans,
alors d'abord, on a émis l'idée de
se dispatcher sur différents quar¬
tiers de Toulouse pour y lancer
d'autres repas de rue. Pour que
les zonards de Bonnefoy restent
à Bonnefoy, ceux de St.Cyprien
à St.Cyprien, etc. Pour que

embringué dans plein de choses,

chaque quartier s'occupe de
"ses" zonards. Mais ça n'a pas
été fait et on a occulté le problè¬

tout à

puis à

un

arrêtant tout. Résultat

l'année où le Carrefour

a

:

lancé

l'opération "Repas de quartier
dans toute la France", chez nous,
il y en a eu trois, et encore,
jardin, puis le samedi matin,

Ça

parce

reprendre des forces et
avant de

on

à la chaleur des

bistrots, du

va faire de même
des ouvrages, en commen¬
On favorise les écrits

-

courts, la littérature d'action et

l'autobiographie car chacun peut
par le récit de sa vie apporter des
choses intéressantes, dit Fred. Le

pari, c'est de faire écrire le rnaximun de gens et de découvrir de
jeunes talents. C'est une aventu¬
re merveilleuse, l'écriture, la lec¬
ture... Comment elles transfor¬

les gens et le regard qu'on
porte sur le monde. Moi, je veux
ment

travailler là-dedans toute

ma

vie.

Quant à faire écrire les gens le
plus possible, je trouve que c'est
le top.

à

le cadre d'une manifestation que

l'on pourrait nommer selon
l'ordre des festivités "Pétanque

qui participait aux "raid on

mezan

son

en

laquelle il

journal et qui

triplette

-

a

a

Performance litté¬

raire", ils ont pu lire certains de

:

Nous faisions

nos

performances au même
les musiciens. Nous réa¬
des journaux en direct,

le modèle du festival de
Ensuite Fred n'a

leurs textes

public. "C'était
génial, dit Fred. Ces jeunes sont

plus

quitté l'univers de l'écriture. 11
s'est lancé dans la poésie, poésie
publiée dans différentes Tevues
spécialisées ; puis dans l'écriture
d'un roman policier pour les

en

de milieux défavorisés ; ils n'ont

pas trop

en eux ; ils en
l'école... Alors là, ils

confiance

ont bavé à
ont

Germ-Louron.

ressourcent

çant par celui de Fred.

"corps expéditionnai¬
re", trio de journalistes improvi¬

sur

gagné vraiment quelque

chose !"
Alors que, lorsqu'il est
arrivé là, Fred était "perdu",

"plutôt dans le négatif' - dit-il ;
aujourd'hui, il transmet sa flam¬
me. Quand il s'adresse à des

quartier, des piquenique au jardin, des fêtes sur la
place, avant de se mettre eux-

adolescents. Autre volet de sa

enfants

démarche, il s'est mis à faire
écrire les autres. Il a commencé à

travers

mêmes

animer des ateliers d'écriture

s'attache à leur montrer que
"dans la vie, tout est possible.

Comité de

problème, c'est que
l'on a un comité de quartier qui
joue au Comité des fêtes. Alors
qu'en principe, il est fait pour la

Toulouse, Paris, Bordeaux,
Nîmes, Alès, Narbonne et

scolaire douloureux. Invités dans

lisions

se retrou¬

se

que les trois jeunes ont
placé eux-mêmes en librairie à
une revue

fondé le journal,

a

propres
titre que

à faire
quelque chose ; les RMIstes

:

l'association "Le corbeau" édite

Cocab dont il

-

songer

d'Arnaud-Bernard

béglais venus le
rejoindre à Arnaud-Bernard

Après le Carrefour cul¬

the Linha"

Il y a le piège de la
stagnation mais il n'a qu'un
temps et est peut-être un passage

ver

deux amis

turel, Fred s'est impliqué dans le

sés

Julie.

montée

fait faire
continué
seule. Et celle de ces jeunes de la
Reynerie qui ont créé leur revue
Chimères et qui, en une soirée
sur la
place des Tiercerettes, ont
pris leur revanche sur un passé

connaît tout le monde, renchérit

veut

Le

la lecture aussi - il m'a fait
polar notamment. Il

avec son

qu'il est
fait possible de stagner ici
qu' on est surprotégés ; on

a

Parmi les succès dont

voie.

C'est vrai

qu'il

Julie et Alexandre,

il est fier, Fred raconte l'histoire
d'une classe de lycée de Lanne-

pour

humain, raconte Fred...

avec

beaucoup à

Je dois

m'a éclairé, ouvert les yeux sur

-

1996,

Claude pour ce que je fais main¬
tenant, pour les idées, les gens,

plein de choses, et après je suis
resté là, j'ai continué sur cette

viennent à T07 d'abord pour

sion.

avec

nouvel horizon.

un

nécessaire. Comme les chômeurs

ne

confon¬

découvrir le

A la fois, le côté

en

plus rien dire. Surtout quand
parle de lutte contre l'exclu¬

se

dangereux, c'est
que tu te renfermes dans les
mêmes trucs, dans le quartier, et
tu passes plus les boulevards. On
l'a vécu à fond ce passage-là. Et
c'est dommage mais c'est

tu

au

famille ! Et maintenant, c'est ça :
c'est deux ou trois repas dans
l'année. Pour le folklore.

-

découvres

lui

-

:

hiver, on a fait des repas de quar¬
tier, avec n'importe qui et tout le

Carrefour cultu¬

:

quartier, les activités... c'est à

double tranchant"

comme

au

la formation
qu'il a reçu de Claude Sicre.
C' est la rencontre qui a compté,
rencontre d'un "grand mec", dit-

vie à Arnaud Bernard, le Comité

tuyau.

me en

dent pour

D'autres, installés depuis quatre
ou

atterri

dans cette association

lauriers.

ses

a

envi¬
ron cinq ans en cherchant un
poste d'objecteur de conscience.
Les deux ans passés à travailler

pas

s'endormir

en

Montpellier, et

se...

Comme le

maison d'édition

avec

s'embourgeoi¬

ça

ne se

continué à travers l'association-

en

mouvement.

Surtout

ils bénéficient directement de

quand il était au Cocab ; il a

11

ou

à des adolescents, à

des lectures de contes

ou

des ateliers d'écriture, il

�Linha

Imaginòt
De

pertot

2e trimèstre de 1998
qu'il ne faut pas attendre,
qu'il faut aller chercher ce que
l'on veut." Et alors qu'aupara¬
vant, à Bègles, il était commu¬
niste, désormais, il se définit
comme un "citoyen actif et res¬
ponsable" qui n'attend plus la
mais

révolution. Il est rentré "au pays
réel" et ne veut plus d'autre hori¬
zon

que

celui-là.
Pour Frank, un

teur

sportif arrivé

au

anima¬

Carrefour

Culturel il y a quelques mois,
l'effet d'entraînement que pro¬
duit dans

un

contexte convivial

proximté de gens plus ambi¬
tieux que soi est la meilleure des
pédagogies. A condition de dire
les choses telles qu'elles sont.
Frank s'est improvisé médiateur
d'un groupe de jeunes sans
emploi. Groupe qui gravitait
auparavant autour des taggeurs et
rappeurs d'Arnaud-Bernard et
qui est resté alors que ceux-ci
sont partis. Et à ce groupe qui se
contente de jouer au foot sur la
place et boire du thé à la menthe,
la

Frank dit

:

Si

-

vous ne

travaillez

pas, si vous êtes planté là, vous
n'êtes rien. Et même mentale¬
n'êtes rien, parce que

ment

vous

vous

passez votre temps

chercher. On
même dans

sa

avance

à

vous

mieux,

tête, quand on fait

quelque chose ou quand
bouge d'un lieu à un autre.

on

Mais ensuite, au lieu
de les mettre

sous

pression, de

leur faire la morale, de leur indi¬

quer ce

qu'ils devraient faire, il

partage des choses avec eux.
Dans le quartier et en dehors.
Quand il y a l'ouver¬
ture, quand il y a le partage et
quand il y a l'exemple, chacun
finit par trouver son truc person¬
nel. A ce moment donné, l'autre,
en face, se rend compte tout
seul
que toi, tu as fait quelque chose
et pas lui. Et là, il se réveille.
-

étend la convivialité, la solidarité
au-delà des cercles familiaux,

leurs

raciaux, professionnels. Qui fait

aussi

chemin faisant les uns évi¬
tent l'hospice, les autres le suici¬
de, ceux-ci la drogue, ceux-là la
délinquance, etc. C'est cette
approche et l'état de conscience
qu'elle provoque qui fait la for¬
mation des jeunes, la tolérance
des vieux, qui résoud des
conflits, qui produit le dialogue.
Si un quartier (un village ou une
ville) se prend en main et s'érige
en "sujet capable de penser
par
lui-même", il peut mieux faire
que tous les programmes de trai¬
tement social, pensent les imaginotistes. C'est vrai jusqu'à un
certain stade. Tant que le nombre
de personnes en difficulté ne
dépasse pas un certain seuil. Au
delà, l'action sociale spécifique
est nécessaire, mais toujours ins¬

lieux le stand d'infor¬
mation-prévention sur le sida et
la toxicomanie qui touche ainsi
les parents, les grands-parents...
Le Tipi organise ses

que

spécifique est

parfois nécessaire mais tou jours inscrite dans le cadre de
la construction communautai¬
re.

La culture

est un

cadre.

festivités telles "le Rassemble¬
ment des sorcières

défilé de mode

du Sud" ou un
le comptoir

sur

du bar d'un chourmo du

quartier,
participe aux festivités organi¬
sées par le chourme et même aux
Sound

du Massilia
System. Le groupe mar¬

seillais

a non

concerts, côté scène,

seulement tendu le

micro à la Tati

Ninja mais lui a
donné des "riddims" pour se pro¬
duire avec son "commando chan¬
tant", les Guenon's Girls,

en

avant-première de leurs concerts.

l'identité qui se dégage
équipe associative
dépasse largement la lutte contre
que
de cette

le sida et la toxicomanie. Ce sont
des valeurs

qu'elle met en avant,
valeurs de tolérance, de non-vio¬
lence, de respect de soi et des

autres, valeurs à

appliquer aussi
étrangers visés
par le Front National, envers les
petits vieux que Ton abandonne
bien

les

envers

si facilement dans des maisons
de retraite

qu'envers les malades
l'on "aimerait bien
parquer dans des sidatoriums".
C'est l'état d'esprit
de la chourme, dit la Tati Ninja :
on est tous dans la même galère
du sida que

-

et

doit pas, tous autant

on ne

qu'on est, quelle

que

sion dont

victime,

ser

on

est

soit l'exclu¬

enfermer dans la

zone

se

lais¬

d'obs¬

curité que symbolise la montée
du Front National en Méditerra¬

crite dans le cadre de cette

trice du

née.

construction communautaire.

réinsertion

C'est cette imbrication

rables

qui
explique tout ce que le Cocab a
pu réaliser en matière de "réin¬
sertion", comme disent les spé¬
cialistes. C'est également à
Marseille ce qui fait la force du
Tipi, une association créée par
une

chourmette ex-toxicomane et

atteinte du sida surnommée Tati

Ninja

que

Massilia Sound

blêmes de santé

ou

-

-

La créativité est

d'exclusions

diverses.
Le

Tipi est à la fois un
réseau d'entraide et d'échange de
savoirs ainsi qu'un outil d'infor¬
mation et de prévention utilisant
entre autres les sound system et
les "raves" pour se faire

pas de la
n'est pas réinsémais c'est un projet de

Tipi. C'est

vie. L'atelier

"paroles et
particulier a marché

musique" en
du tonnerre. Il

soleil", racontent

ses

membres.

qu'un stand du Tipi, c'est
fait pour pleurer. Y'a les
djimbles, les couleurs, la Tati
Ninja..." L'association possède
ses ateliers de création
peinture
-

sur

voiles

;

paroles et musique ; éciture etc qui servent de support de ren¬

gagne-pain
les participants vendant

contres mais

pour

aussi de

Claude Sicre m'a confié

persuadé que
tous les problèmes d'exclusion
même les plus dramatiques pour¬
raient être résolus, si les services
sociaux institutionnels voulaient
collaborer

avec

artiste et

un

a un

potentiel à utiliser. Moi, je me
suis réappropriée ma vie par
l'écriture de chansons, par la
peinture sur tee-shirts, par le fait
de prendre un nom, de bâtir mon
identité, de reprendre avec les
autres mon histoire

en

main.

Tipi, il
une

y a de
des Guenon's

désocialisée passe

forcément
Il ne sert à rien de trou¬
ver un
logement et de donner un
RMI à quelqu'un s'il n'a person¬
ne à qui parler au quotidien, per¬
sonne avec qui boire un verre en
ne

sortant de chez lui ! J'aimerais

avoir

une

télé pour
suis pas

puisqu'elle réseaute avec des
d'artistes, est imbri¬
quée dans la chourmo, et partici¬
pe "à fond de fond" au mouve¬
ment
"Stop the Cono". A tel

12

choses

;

Choses élémentaires,

l'on

associations

ces

invité !

tellement

Cette association ne se
vit pas comme un univers à part ce qui lui donne tout son sens -

heure d'antenne à la

dire toutes

seulement, évidemment, je n'y

de faire

les choses".

peuvent pas tout

par eux.

"des

avancer

ne

en charge directement
mais la réinsertion d'une person¬

séropositifs, des
malades et des gens qui n'ont
rien du tout mais qui ont envie
:

des associations

les nôtres. Les comités

comme

d'habitants

chacun est

:

Je suis

-

prendre

émané de là ; des
qui sont en train d'enre¬
gistrer leurs compositions. C'est
comme à partir de l'artisanat,

Girls

de

pas

tee-shirts et

une

n'est pas

ce

qu'il s'agit,

ce
devrait être de collaboration.

groupes

tout", raconte

rayon

redonné

d'imbrication

groupes ont

lutte contre le sida et la toxico¬
un

a

impulsion extraordinaire à des
gens qui avaient perdu tout
espoir, y compris l'espoir de
pouvoir un jour à nouveau grat¬
ter leur guitare tellement ils se

"Au

comme

Quand

on

-

entendre. "Il est arrivé dans la
manie

une

sentaient condamnés. Plusieurs

System a incité à monter son
propre "commando fada" pour
"bouléguer" tous ceux qui se
pensent seuls avec leurs pro -

sur

Une nourriture pour l'individu et
la communauté. Un ciment
qui

malgré son caractère incon¬

gru en ces

point

contrainte salutaire, dit la fonda¬

"Parce

L'action sociale

productions dans des foires

artisanales. Foires où est installé

solutions relevant du bon sens,

ne

simples justement que
les entendre !

veut pas

"Extrait

de Les Bâtisseurs de la

De l'exclusion à la réconci liation, Voyage initiatique à travers

marge

-

des réseaux de citoyens.
**

titre

folklorique : il s'occupe en
l'organisation du concours
de pèche annuel et des rapports avec
la Fédération de la pêche.
réalité de

�Linha

Imaginòt

Marseille
sur

scène
André

Gari

Sues'est-il passé du5 au

(à gauche) et Jali du Massilia Sound System

7 décembre à la Cité de
la

Musique à Paris ? Un

ent

sur

méchant

:

" Marseille

scène". Ma nine et moi, nous

y sommes précipités le
samedi 6. Une petite parenthèse :
"Marseille sur scène" est un

nous

en sept tableaux, cinq
intermèdes et des invités surpri¬

spectacle

Je vais essayer

de donner mes
impressions sur les tableaux.
Marseille hip-hop : sur
fond musical signé Massilia (la
plus belle ville du monde), la
compagnie de Bob Ekoto (venu
de la banlieue de Lyon) nous a
autant hypnotisés sur ses danses
hip-hop que sur ses claquettes
d'hier (ça donne, avec Massilia
comme musique). Cette presta¬
se.

tion était vraiment sympa.
Marseille music-hall

:

pot-pourri d'airs de Vincent
Scotto interprété par Sophie
Boulain (soprano), Alain Aubin
(contre ténor) et Eddy Schaff
(accordéon et piano). Franche¬
ment ! J'ai trouvé ça agréable un
moment, mais après, cela m'a
vite gonflé ! Mais y'a pas à dire,
j'ai trouvé ça beau (au début...).
Marseille tradition
arrivée

sur

:

scène de Jean-Marie

Daoudi Zohara

traduction m'a tout de même

monter sur scène

servi à moi aussi ; je

que pour la dernière chanson.
Elle a dû faire tourner moulon de

comprends
le provençal, mais parfois j'ai du
mal, je tenais à le préciser...). En
même temps qu'il chantait, JMC
jouait de la guitare sèche, et
bien, je peux vous dire que

:

à

fla¬

Empega, et là, l'apothéo¬

musiciens autour Juan Carmona

Gacha

ensemble

accueilli les trois de

a

sous

toujours

en

forme de

canon,

provençal. Après

cette chanson,

les trois

sur

scène. Sans mentir,

j'étais

sous le charme de leur
j'en avais même la chair
de poule. Je l'ai déjà dit moulon
de fois et je le répéterai encore :
Gacha Empega n'a rien à envier
aux chanteurs populaires corses
(reconnus et réputés) ; ils sont
chant

;

aussi bons et même meilleurs !

(Non, je ne suis pas leur mana¬
ger

!).
Marseille

l'annonce de

ce

sur

raï

:

met
se

seur

Le dan¬

Joselito Fernandez s'est

à

tableau, pas ma!

de gens dans la salle ont poussé
des soupirs de désapprobation ;
cela avant même que ça com¬

(cònòs !). Le raï était
représenté par Cheb Aïssa. Il

mence

autant assuré que

le

Marseille l'OM
en

:

film

ses

chansons. Il

ne

chante

de franchimands dans la salle

était bien

en

forme, et la

un

invité

coincée. Mister òai
gagné la partie en fai¬

peu

a encore

sant se coucher par

membres de

terre les

équipe.

son

Tout le monde a

peut-être

trop court ?!

un peu

Pour conclure cette

noir et blanc, montrant un

match de foot

prestation, je voudrais dire que

dans les buts,

cela fut

avec Fernandel
commenté par... Jo
Corbeau ! "Allez ! Ce soir, on
est à Marseille ! Allez l'OM !"
Très fort, Jo Corbeau a réussi à
faire chanter les parisiens pour
l'OM (une première). Jo
Corbeau a vraiment la pêche, il a
mis le òai dans la salle ("Yeba,

(la

résumé

un

méchamment assuré !!! C'était

sur

un

droit à

eu

oublié...)

Cheb Aïssa, est de n'avoir fait

fait

même

surprise : un certain François Jene-sais-plus (Ndlr : Jean-Pierre Yvon Gras) nous a interprété
"La sègue" ! Bonne manœuvre
de Gari Grèu et de Lax B qui ont
salle

à part

musique variée était bien entraî¬
nante. Le seul reproche à faire à

de

nous

français au début de chacune

avons

réussi à mettre le òai dans cette

groupe.
:

qu'en occitan, il y avait moulon

en

les Massilia
toujours à fond. Nous

! Je trouve que

donnent

dire
que le pastaga à quinze francs est
un scandale, rien de vraiment
important à raconter. (Aïloli
Christophe ! Je ne l'ai pas
Entracte

Finalement, il nous en
poussé une petite en arménien
sur le soleil. Remarquable !
Master of ceremony of Marseille

Carlotti ! Il

réussi à faire

un quart de la salle
devant la scène, c'était le som¬

menco

ont assuré un maximum.

a

bouléger

pas

vraiment donné à fond, et a tout

les Gacha

Empega se sont retrouvés tous

et

part quelques morceaux de

les

Finalement il

danse du ventre...

Marseille flamenca

! Ils ont chanté tous les quatre

Ensuite il

et

avec sa

connus, je ne connaissais
réellement cette musique. Eh
bien, je peux vous dire que
j'étais agréablement surpris. Les

c'était vraiment méchant !

se

têtes

à l'hôtel ou quoi ?" furent
premiers mots de Lux B. Eh
oui, tout le monde était assis.
croyez

aïoli ! ").

une

réunir tout
une

très bonne idée de

ce

beau monde

même scène

:

cela

sur

élargit les

horizons. C'était vraiment
méchant et violent.

André, l'exilé à Paris,
chourmo 596

a

13

scène

:

"Eh ! Vous vous

Paru dans
Chourmo

Vé qui y'a

Massilia

�Linha

Imaginât
De

pertot

2e trimèstre de 1998
agissent,
projets sont lancés qui parti¬
cipent de l'esprit festif et critique
de Zou Mai, des expressions
niçoises fleurissent sur les tracts,
l'aïoli monte peu à peu, la Nissa
rebela résista, encerclée par la
fait. D'autres groupes
des

Issa Nissa Rebela

marée brune,

Pour un
Mani-Feste

la mauvaise

mayonnaise qui elle aussi monte,
monte, mais il n'y a pas qu'ici...
Alors dans cette ville souvent
Festif

-

100%

100%:'Indépendant
rue

-

-

100% Repas de
0% de subventions - 100%

100% Nissart
Acteurs

-

0%

Spectateurs - 0%
Côte d'Azur... (Extrait du communqué officiel et non exhaus¬
tif).
C'est ainsi que se pré¬
sente Zou Mai à la presse à
laquelle nous ne saurions vous
-

assimiler ; Zou Mai un collectif

lors de la pré¬

né de la rencontre,

une

gigantesque

offerte ensuite

nous pourrions répondre que
spontanéité n'exclut pas la
réflexion et vice-versa. Quant au

créations de nouvelles fêtes
la Santa

Capelina, fête
du chapeau qui se déroule à
"Rauba Capeu" où chacun
amène son poisson pour faire

du calen

était de créer

en

la

un

cela

rue,

expression figée

question
préexiste-t-elle à

réflexion, la réflexion à

d'action
évidence

dynamique
génératrice
qui s'impose. Il est une
:

une

sens,

le choix du cadre de

action

la rue, la

place ;
devenus quasiment
vacants où toute vie n'est plus
que de passage et fonctionnelle.
notre

:

espaces

se
d'un "folklore" de
Vivre

pacotille.
ville,

culture, émancipées
d'un pouvoir national centralisé et d'un pouvoir
local voué au tourisme, au paraître et à la facilité.
Se bouger et se bouger encore, du festin
sa

sa

dei Palhassos à la

Reconquista dau Palhon en pas¬
les repas de rue et les carnevals independents pour se donner le luxe malgré le cumul des
problèmes de pantaier notre ville ! Se bouléguer
toute l'année, pour tout simplement être heureux
d'être Niçois.
Tilo "Gobi" Lagalla per Zou Mai
sant par

*Pantaiar
mer.

l'action

créatrice de

phagocytose tou¬
en un

:

l'action ? 11 est

culturels
;

peut vider

contenu, de son

Au-delà de la

s'affranchir des

imposés

son

symbolique.

stérile

organiser
dans son quartier
des repas de rue, à

les lieux de vie
une

sens

chacun à

carcans

on ne

l'action de

dynamique à Nice,

Vivre à Nice,non pas dans la carte posta¬
le, ni dans la capitale de la Côte d'Azur mais vivre

décor et toutes cultures

innocent,

une

d'inviter tout

de créer, de réinventer notre folklore et de pan¬
taier* ensemble !

ous

lieu de l'action. Aucun n'est

désirs du collectif

manifestations sont de

ville humaine loin de la

l'action, la forme de l'action, le

-

Un des

subventionnées, liées à un quartier et à un
temps de l'année. Elles sont autant d'occasions de
se réapproprier la
cité, de redonner vie à des lieux,
de casser l'isolement, de se rencontrer,
d'échanger,

une

politique du moins aux motiva¬
tions qui déterminent le choix de

viva l'autonomie.

non

ristique qui transforme

domaine de la conscience sinon

drier Zou Mai ;

de "vivre la ville".

dans

de fête* pour ceux qui
l'emploient ? Existe-t-il une dif¬
férence entre un repas de rue, un
festin et une rave... ? Laquelle,
lesquelles ? Nous abordons là au
terme

le produit de la

vente

autour

nos

recouvre-t-il, que recouvre le

une par¬
tie des frais occa¬

ans, Zou Maid'une
collectifidée
de
Né, il y a troisréunies
est uncertaine
Toutes

désir de "faire la fête", que

blics, sans autori¬
sation, sans sub¬

par

union.

la

lait continuer de la monter...

posées telles les repas de rues, ce
qui fut fait ! De ces repas, des
rencontres qui s'y firent, des
idées d'autres projets sont nés,
concrétisés depuis : réactualisa¬
tion d'anciennes fêles populaires
oubliées ou confisquées par la
mairie et devenues spectacles
payants, parqués, contrôlés ;

sans

té,

dant est couvert

Des actions furent pro¬

de faire, sans vision

utopique, sans désir, pas d'action
sans imaginaire, pas de liberté
Pour ceux que satisfe¬
rait la seule notion de spontanéi¬

sionnés pour

atonie

personnes

nous

les

la
préparation du
Carnaval indépen¬

comme

les galets,
de pavés !

: sur

places,
indépendamment
des pouvoirs pu¬
sur

jusqu'au prochain corso libre.
L' aïoli avait pris il fal¬

son

n'avons pas

lieu dans la rue,

exemple,

retomber dans

humorisent

Ces événements ont

denl 1994, d'individus décidés à

laisser la "ville" de Nice

passants, etc..

aux

utopie est une nécessité
; pas de volonté d'agir,

la presse

filigrane de ces
actions, un principe : la ville est
à ceux qui y vivent, aux citoyens,
alors pratiquons la !

paration du Carneval Indepenpas

doigt, stigmatisée par
qui ignore ce qui s'y
passe d'autre, des individus, des
groupes ne renoncent pas et

de peîs

En

ventions. Par

ne

soupe

montrée du

en

niçois c'est presque rêver,
pantaier.

En résumé, c'est

14

presque

phantas-

C'est ainsi que nos manifesta¬
tions répondent à la nécessité
d'une

pratique autre de la ville,
occupation autre de l'espace
qui sont contingentés par la seule
idéologie désormais existante,
celle du marché, celle de la sépa¬
ration et de la division. Idéologie
d'autant plus insidieuse qu'elle
une

ne

dit pas son nom, ne

s'énonce

mais s'impose comme la
seule pratique raisonnable, le
seul modèle possible.
pas

Se

réapproprier l'espa-

�Linha

Imaginot

De nertot
mT

2e îrimèstre de 1998

ce

urbain dont

de n'a rien

péjoratif
en ces

on nous

d'utopique

4

dépossè¬

Ô

acquis
temps d'homogénéisation
que ce terme a

I

Tolosa

l

[ Correspondance. Une enseiJ gnante suédoise souhaite faire
! correspondre ses élèves
immigrés avec d'autres élèves

forcée ; rendre à cet espace sa

i

fonction de lieu de rencontres,

d'échanges non mercantiles, de
pratique ludique, de vie en
somme, n'est-ce pas ce à quoi
nous tendons ? N'est-ce pas la
seule pratique qu'il nous faille
mettre en œuvre

? Alora Viva !

Passons outre nos peurs, nos

pré¬

jugés !
Jacquou per Zou Mai

toujours été l'élément
médiateur, la consécration de
l'espace comme propriété com¬
mune. Elle est le temps des
*La fête

a

retrouvailles, irruption du sacré,
rupture de la quotidienneté et du
temps a-historique-par ses

cycliques. Pendant la fête
les hommes se réapproprient
l'espace et le temps (non plus
soumis aux rythmes du travail),
les partagent comme ils parta¬
gent les victuailles (le festin),
retours

comme

ils usent et abusent,

dépensent et se dépensent sans

opposition à ce qui
fonde la pratique bourgeoise et
capitaliste : le thésauriser et la
valeur d'échange. Ce qu'on
échange pendant la fête ce ne
sont plus des marchandises mais
des paroles, des désirs, soi-même
compter en

la fête est don, offrande ; trans¬
gression autorisée de l'ordre éta¬
bli elle a toujours dérangé, c'est
pourquoi elle fut régulièrement

Vicente Fernando

h

En ces lendemains de
Carnaval, je viens te

dire

qui m'étreint.
D'abord je constate que l'ombre
du provincialisme cort.tinue de
la tristesse

te

coller à la peau, et que

la colle

fabriquée par ceux-là même
qui t'habitent, se complaisant
dans une situation de citoyens de
seconde zone, te confondant
avec un village d'antan, toi capi¬
tale du calibari, à vocation inter¬
est

nationale d'action anti-centralis¬
te.

Toi dont la culture
occitane

a

traversé des siècles de

mépris, tu n'arrives toujours pas
à te hisser au-delà des

étoiles

tes quartiers, et notam¬
Arnaud Bernard se main¬

parce que
ment

ghettos cul...
préférant l'ombre à la
lumière, refusant d'entrer dans la
danse d'un grand carnaval

tiennent à l'état de
cul... turel,

décentralisateur, optant pour un
avenir restreint aux limites de la

place
mer

sans même prendre et assu¬
la responsabilité d'ouvrir

l'entrée de la dite

place "Ali

Bernât" la nuit de Mardi-Gras,
alors que

le trio électrico des

Flibustiers Sirventés faisait dan¬

;

compartimentée, réglementée,
parcellarisée. Devenue spectacle,
confisquée comme l'espace elle
est à présent objet de consomma¬
tion, production quantifiée.

...Cortetas...Cortetas...

i

au sens

ser

toute la

communauté algé¬

rienne de Tolosa de la

place du

Capitole à la place Arnaud
Bernard avec une petite sono.

dans

i

dans la même situation

i

le monde, via internet. Les

i

pays

i

Suédois sont la Bosnie, le

v

d'origine des jeunes

le cortège de St Cyprien au 1 Vietnam, la Chine, l'Erythrée,
! l'Ouganda et les pays arabes.
Capitole, avec un arrêt important
| La correspondance se ferait
aux Beaux-Arts, et tout cela sans
) en anglais ou en langue d'oriaucune demande d'autorisation !
! gine.
Alors, les conos où
| Philippe Le Monnier, collège
sont-ils vraiment ? A cause de
j Jean Rostand 72380 Saintegner

Jammes-sur-Sarthe, T:
02.43.27.60.15. Fax : 02.43.

Mardi-Gras ressemblait
!
d'avantage à Mardi-Maigre le 24
|

tout ça,

février dernier. Heureusement

qu'il

y

avait les irréductibles tou¬

lousains tel Vicente Pablito, six

!

27.27.22

I
1

Organes. France Adot a sorti
une compilation Comme un
seul homme pour la promotion
des dons d'organes, à laquelle

i

!
ans, qui est toujours présent
!
pour les grands rendez-vous,
[
accompagné de Sylvie Abillard, |
chanteuse, sans prétention,
[
accrochée au micro sur l'Argo- !
mostra. Siam Sylvia, organisatri¬
ce du carnaval d'Empalot, dont
!
l'action peut être citée en
1
exemple, suivie de Michel
!
Battle, artiste, musicien, écri - !
vain, qui mit à disposition un
magnifique texte, qui fut lu par !
Arlékino, au sujet de l'aménage¬ |
ment de la place du Cap et sur¬ |
tout la croix d'Oc revue et corri¬ j
J
gée par Moretti.
J'aurais apprécié que

les Fabulous Trobadors ont
donné le titre Calandreta en
duo avec M. Boogaerts.
D'autre part France Adot
publie la revue
Reivre

i
i

(100F/an).
France Aot,

BP.35
75462
T: 01.34.12.

Paris Cedex 10

76.61. Fax

:

01.99.63.05.15.

i
1

Niçard. L'association DédiDèbo sort un livre et un CD
bilingues français / occitan ,

Catarina Ségurana - journal
intime . Le CD a été conçu et
écrit par Richard Cairaschi.
La musique est de Patrick

i

i

les musiciens fabuleusement
"trou

du cru" soit à la hauteur de

prétention, mais l'ange
absence,
laissant planté comme un bit de
cire le "boiteux" sur une sphère
leur

bêêêêh brilla par son

de la croix d'oc. Personne pour
dresser la

table et ouvrir un beau

de quartier, mais on ne
roi du bruitage et en
même temps le prince de la

Vaillant. Les gravures originales du livre sont de Joan-

i

■

! Luc Sauvaigo. (total : 170F).
! (J.M.B.)
! Débi-Débo 8 rue Haute de la
| Tour, 06390 Berre- les-Alpes.
i
i

[ Lien en Pays d'Oc veut créer
| des relations entre la ville et le

repas

1

monde rural afin de promou-

impuissants ont bonne mine de
toujours accuser la mairie et la
police de tous les maux dont

peut être le

1

voir dans le

i

globale et individuelle : gas-

convivialité. Si on l'avait grasse¬

i

tronomie et alimentation

population, à savoir un
d'action culturelle de
proximité ; on les a aperçu
durant le défilé, bien planqués
dans les bistrots, à regarder pas¬
ser les authentiques animacteurs
de la Linha Imaginot. La mairie
quant à elle, a assumé ses res¬
ponsabilités en accueillant le car¬
naval en place Cap, en ouvrant

payé peut-être aurait-il fait

i

souffre la

ment

l'accès pour tous ceux

pour

Les râleurs anarchico-

manque

la

présents ;
préfecture a envoyé quatre

motards pour

ouvrir et

1
Ì
!
continuerons à dénoncer
\
l'imposture des prétendants
|
"Trobar" de quelque bord qu'ils [
se trouvent, jusqu'à ce que tu
accouches d'une véritable poli¬
un

effort le drôle,

enfin !

Sache Tolosa que nous

1

'

tique culturelle

qui verra

Carnaval renaître de ses

cendres

le troisième millénaire.

i
'

1
15

bio-

dynamique. L'association
organise des travaux pra tiques pour les achats et les
préparations culinaires, et
aussi une fête des savoirs au
printemps. Elle publie également un bulletin trimestriel :
Ligam en pais d'Oc. (J.M.B.)
Lien en Pays d'Oc 157 chemin
de la Salada Ponsan Bât.E
Appt. 148 31400 Toulouse T:

! 05.62.26.23.15

Adissiatz !

accompa¬

cadre de la santé

�De pertot
mêmes créé

Karaoké c'est

Nouvelles de la section informelle
de la G.R.Q.M. à

dépassé,

venez aux

soirées A Noste Kée !
Dans le même
suis

Dunkerque

chanson". Le

une

en

train de finir

esprit je

une

BD de

60 pages

intitulée... "A Noste
qui précisera beaucou
choses, elle reprend des mor ceaux des anciens numéros
déjà
envoyés mais plus structurés et
surtout DK (Dunkerque)
PANTE! Je crois que Baudis,
pardon, Delebarre appréciera...
Hée ! "

►

Olivier Decool

J'ai oublié de

vous

par¬

ler

avais lancé l'idée de

repas-débat

la péni¬
Mosaïque à Dunke¬

che

sur

rque. Il y a eu quelques diman¬
ches sympathiques. Une journée

Chiapas
un

des amis Belges +
atelier rommelpot. Une jour¬
avec

née "urbanisme-démocratie"
les

sur

projets foireux de Delebarre,

débat très mouvementé

avec

Mer

près de Dunkerque est
quartier excentré par rapport
"centre" (tout

réussi

ont

:

ils

ne

venus). Le débat
devait être dit
sommes

vés

au

a eu

a

deux à

sont pas

lieu,

ce

été dit et

nous

qui

nous

être retrou¬

chômage !
Le

problème principal

rencontré étant la faible mobili¬

sation

sur

les

quartiers concer¬
n'habitons pas. Il

nés, que nous
devient facile alors de
ter de

nous

trai¬

"manipulateurs".

C'est aussi tout le pro¬
blème du statut "sociocui" ou

analogue. A mon avis difficile
d'être "payé par ses ennemis"
pour soi-disant être au service de
la prise de parole du "prenons
notre

vie

en

mains" etc...

Il y a

contradiction. Je
le savais déjà mais c'est une
bonne leçon (il faut se prendre la
claque pour bien comprendre).
Donc changement d'optique. 11
faut créer, s'implanter là où l'on
est, sur son quartier.
C'est donc

j'entame

ce

que
maintenant avec l'idée

au

relatif) de St.Pol.

St.Pol étant la "banlieue" (toute
relative aussi) de Dunkerque.
Quartier ouvrier, arrosé par les
fumées et poussières sidérur giques de Sollac, 1/4 de votes
Front National mais pas de mili¬
tants visibles

fortes

pressions de la municipali¬
té pour l'empêcher, pour que les
architectes ne viennent pas (ils

un

sur

le terrain.

Notre atout
ment

:

contraire¬

au

monde.

Concrètement

:

sont

en cours

des projets
pour en faire un
que

"Parc Urbain".
Notre boulot

va

donc

être de

déplacer le centre-ville
chez nous ! D'en faire le lieu qui
bouge, où bougent les esprits, un
lieu attractif puisque rempli
d'attractions : nous. Un champ
où l'on fait pousser... les idées.
Pour ce faire nous lançons un
atelier "théâtre-prise de parole"
afin de monter

vrir

ceux

projets décou¬

nos

des autres et les autres.

Et de lier tout cela à l'échelle de

région dunkerquoise. En
définitive, il s'agit là de créer du
débat, de la démocratie (urgen¬
ce!) de sauter les frontières entre
notre

villes

(guerre des quartiers qui
!).

commencera

Un autre moyen sera
les soirées "A Noste Kée !", ( qui

dire

est la

à

:

une

autre

suivante.

Plutôt que d'orga¬
niser de simples

spectacles

avec

notre groupe

"Roody Krampeut", nous allons
poursuivre la soi¬
rée

avec

un

"débat-spectacle"
sur

la vie

locale,

spectacle.
toujours que tous

pour mettre sur la

créent eux-mêmes leurs textes,

leurs histoires, que ce

n'aura pas encore
été abordé pen -

ait

dant le

L'idée étant

un

une

la Plaine.
Nous

sé de

table tout

aussi réali¬

grands panneaux peints
"images + slogans" sur des tissus

ce

qui

spectacle

proprement dit.
avec pour
objec¬
tif: "cher public,
vous

avons

avons

réalisé à Carnaval dernier

géant

: Vulbak 1er (Vulbak
poubelle en flamand). Il
sortait d'une poubelle bleue
(recyclage) de 3 mètres de haut !
Et c'était le 1er géant mobile. Sa
un

veut

dire

tête tournait, ses deux bras aussi
et

sa

bouche s'ouvrait. Voici ci-

joint la chanson,
qui allait avec.

Afin de faire connaître

actions,

nos

prochaine). L'idée

le

quartier Bayard à St. Pol-sur-

les places.

veut

plus

sur

villes,

aux autres,

vagues,

D'autant

riences ailleurs, etc.

autres

quartier

permanent qui va circuler sur les
marchés, sur la plage, les terrains

créativité, de démocratie.

Prouver que l'on peut
changer la
vie ici et bénéficier des expé¬

aux

mon

lution d'un forum itinérant et

à d'autres, ce n'est pas un

quartier trop dégradé, l'architec¬
ture y est humaine, pas de délin¬
quance marquée et d'immenses
(tout relatif) espaces verts au
pied des immeubles. Et cela c'est
intéressant. Notre "plaine" on
peut tout y faire : des repas de
quartiers, des spectacles, des
constructions éphémères ou
durables. Cette "plaine" peut
devenir un espace de liberté, de

spectacle
qualité telle qu'il soit pré¬
sentable, exportable (?), avec un
impact au moins sur la région.
Avec représentations régulières

de relier

(NDLR : voir page 56), qui sont
faire
bouger la terre" dixit un gamin
du quartier. Ces panneaux peu¬
vent être mis sur perches, accro¬
chés aux arbres, aux grillages, ils
sont le décor en perpétuelle évo¬
"comme des voiles pour

(aussi sur la Plaine) des pro¬
jets CARTONISTES. Nous

rez

ne

pas

ressorti-

d'ici

d'avoir

avant

vous-

fois, à la

sur un

air trad,

Nous allons continuer

(ces attractions)

Pâques

avec pour

Poule Aux Oeufs
d'Or (à ne pas tuer), un village
de yourtes, tipis, cabanes en tout
genre... qui seront à chaque fois
une

des occasions de
et

nous

retrouver

discuter, (repas de quartier).

�Linha

Imaginòt

2e trimèstre de 1998

concret

d'implication militante, à

mille lieues du discours de

Couplets (par 2) :
J'ai mis dans ma

plastiq' et bouteill' de verreu
du rouge du jaune et du rosé
Attention ne pas gerber !
ma

émerge au Guingois

le, évoluera

qui n'est
le moment qu'un outil de
promotion, mais qui souhaitonspour

sans nul doute
rejoindre Jean-Marc Buge sur le
concept de province. L'article
paru dans la L.I. n°33, me booste

Laurent Sinturel

qui trouvent ça vulgai

vieux mot qu'est pas fran

à demander à tous les abonnés ce
■

à leur hôtel. Ils sont debout

gais

Entre collègues, il faut

s'entraider. Le samedi 10

turlupiner.

pour les

janvier, le Guingois a

Refrain

ouvert la route

:

Si tu vois pas
veut dire

qu'est-ce qu'on

t'a fait mieux qu'un m'tit
dessin
on fait du neuf avec l'ancien
on

et ça

mesur' 6 mèt ' e haut !

Vulbak ! Vulbak !
T'es pas

bûch'ron corsair'ou

chevalier
Vulbak ! Vulbak !

d'une tournée de
cousin,

concerts

de soutien à

le café

musique vitrollais le

son

Sous-Marin.
L'ami Gna-Gna tour

à la MJC de

commença

Monlluçon par un débat sur le
thème "racisme et citoyenneté".
Une
au

quarantaine de personnes est

rendez-vous. Les élus de

premier géant recyclé !

gauche comme de droite brillent
par leur absence, sauf l'élu à la
culture, venu parader pendant

Couplets (par 2) :

une

J'ai mis dans ma

poubell'

demi-heure entre deux

dez-vous. "La

ren¬

Montagne", jour¬
la photo, ne

bleue

nal local, venu pour

des vieux tickets d'Millionnai-

trop pressée sans
doute d'accoucher d'une souris.

reu

ptêt qu'avec ça on l'verra
passer à la télé.

restera pas,

En introduction, Loïc

Taniou et

ses

Sous-Marin,
J'ai mis dans ma

poubell'

bleue
la band' de Saint Pol sur Mereu

tout le monde peut y entrer
bouger Vulbak premier

Couplet

:

J'ai mis dans poubell' bleue
oh la la ben c't'affaire

comparses du
racontent les

nous

faits, les méthodes du F.Haine
pour murer leur café
accusé de contribuer à

musique,
"dévelop¬
per les mauvais instincts de la
jeunesse". Ainsi que la façon de
faire de SOS Racisme aidé de

Lang de Blois pour récupérer le
premier concert de soutien qui
eut

lieu à Vitrolles.
L'écoute est attentive,

les

responsables de Ras-le-Front

Clermont-Ferrand sont dans la

salle, ils

ne se

déclarent plus

par le passé pour l'inter¬
diction du F.N. Je les interpelle
comme

(à vous d'inventer la suite ! )

la réflexion. Je

Sous-Marin, et

reu

un

vers

suis sûr que ce fanzine sera bien¬
tôt abonné à la L.I. pour nous
montrer son action auprès du

poubell'

bleue
y en a

l'Echo des Côtelettes

poubell'

bleue

J'ai mis dans

Le Sous-Marin

sur

le terme de

d'éclairer leurs
reux,

"province" afin
cerveaux géné¬

mais confus. Je les retrou¬

verai à la fin du débat pour
donner

leur
quelques références

utiles: l'adresse de la L.I. et le

Manifeste de Félix Castan.
Déjà dix-huit heures, je
raccompagne les sous-mariniers

depuis cinq heures du matin et le
besoin d'un petit brin de sieste se
fait sentir, une heure

soixante

sur

chaque oreille, pas de doute ce
ne sera pas de trop pour des lèvetôt provençaux. Rendez-vous
plus tard au Guingois, pour le
catring préparé par Catherine.
La soirée de concert
commence

avec

le duo Zorro,

(guitare, basse, chant), nos deux
justiciers musicaux nous emmè¬
neront de ballades en

sa

faconde.

Ensuite,

ce

fut

au

tour

les Dj's de
Slam, les last poets de Pierre

du

Hip-hop

avec

Leroux, avec leur discours scan¬
dé avec force et précision.

Derrière, dans les loges, le Trio
Bouffard s'échauffe ; vielle, cor¬

accordéon diatonique,
Anne-Lise vocalise, le trio est
nemuse,

prêt à faire feu, prêt pour le folk¬
lore qu'ils se sont réapproprié.
Avant que la vielle à roue, que
Cyril diatone et que Benoît cor¬
nemuse, Patrick Bouffard expli¬
quera aux jeunes et anciens
venus

nombreux ce soir là, que

musique qu'ils pratiquent n'est
pas figée. Elle s'inscrit dans la
vie quotidienne, et que ce n'est
en aucun cas la musique du pré¬
sumé bon vieux temps, chère aux
dévots de la maxime "travail,
la

famille, patrie".

public est sous le
il ronde sur les
bourrées de Malochel, Rabaterie,
Le Dromadaire La Charge, etc....
pour finir en chœur sur les T rois
Petites Notes de Musique.
Voilà un exemple
Le

charme, il danse,

17

ceinture Paris,

puisque

Rambouillet, Cergy ou Malakoff
n'ont bien sûr pas d'histoire,
c'est la banlieue ? Ce sont des
villes clones !

Province, banlieue,
banlieusards, provinciaux, pecknots,

ploucs : même combat !
Décidément Paris-

Centraliste, c'est loin de tout !

blues espa¬

gnol suivi de près par Paco,
conteur de rage à la véhémence
qui fera taire les plus rétifs à
l'écoute de

qu'ils pensent du mot "ban lieue", ce magma informe qui

Il est deux heures du

matin, Lanzmann achève la par¬
des

reprises de Dutronc,
un oaï général
avec tous les musiciens qui parti¬
cipent à cette soirée. Tout le
Guingois chante en chœur

tie

avec

pour

finir dans

"Travailler c'est trop

dur"

;

certes, mais quand il s'agit de
lutter efficacement et sans branchimands contre le FN.
Loïc et

ses

compa

-

gnons sont repartis avec une

galette de 12.000F., le SousMarin a fait recette au Guingois.
Souhaitons leur le même succès
dans leur

périple à travers les dif¬
qui les

férentes villes de France
accueilleront. Pour

un

café-

musique, aller visiter ses
confrères, de ville en ville c'est
une expérience des plus enrichis¬
santes, apprendre à connaître les
autres et leurs villes : tout

contraire de la

place

par

Vitrolles.

le

politique mise en
la municipalité de

�Imaginât

Linha

De

pertot

2e trimèstre de 1998

A prepaus

de Seta

&gt;.

Joan-Marc

Buja

La vila de Seta fa soscar

quauques imaginòtistas.
Cal dire que i a de rasons.

Es

vila

una

e multicultota la Mediterranèa es

populara

longtemps lo plat mai corrent per
bona part de la populacion.

una

Mas caliâ pensar a crear un
endrech per mòstrar tôt aquel

mond de la sardina. Ara

es una

aquí, e tôt aquò al centre de
l'Occitania. Aquò fa un potencial

realitat dins

ras

intéressant per far bolegar las
E i a mai que lo grand

vila. Dintratz

Georges qu'es sortit de la vila.

sardina,

turala

:

causas.

Demest los actors

mercat

se

un

canton al

aqui dedins

dintràretz dins

per

del

cobèrt, al centre de la
una

coma
boita de

i trobatz tôt çò que cal

e

manjar, beure

e
la sardina

s'entre-se

locals, avèm ja parlai dins la

nhar

Linha

Ceucle occitan Setòri* manten la

importància economica, sociala,
culturala e donc imaginària. Es
una jove
équipa que s'ocupa de
far virar tôt aquò. E aquò vira
plan. L'associacion Kolèga !
pren en carga las animacions, e
aqui l'imaginacion es tanben al
poder. Organizan çò qu'apèlan

flama. Publica cada

des "Palabres"

Imaginât de la sala de
l'Athénée qu'a una démarcha
independenta e virada cap a la
pluralitat. L'equipa buta los
parets e comença de tener un ulis
fort intéressant.
Del costat occitan, lo
an

l'Almanac Setòri illustrât

qu'es
un almanac un pauc
especral. I
cerquetz pas los jorns de l'annada : i son pas. La publicacion es
un

recuèlh de tèxtes de tota

d'autors

regionaus o

ambe la vila. Es

titucion locala
refusan pas

un

mena

rapòrt
una ins-

en

pauc

los comerçants

e

d'ajudar ambe de

publicitals.
dins lo darrièr

numéro

parlât
de la

Linha

Imaginât del grop de
musicaires Rex Mundi. Aquela
ven

de

bolega coma cal e
balhar naissença a una
morres

de

cal de la

Méditerranée",

l'ivresse"... I

de difusion.

Mas

enfant

originau
Musèu irnaginari de la sardina***. Segur que se
pòt pas parlar de Seta sens parlar
de la sardina. Aquel
peis foguèt
de la vila

un

es son

tanben de

jazz, musica grèca...) e d'exposicions. Cal dire que Seta manca
pas de ressorgas per alimentar
las idèas de l'equipa.
Lo 13 de febrièr pas¬

sât, i avia donc una "palabre" sus
l'Occitania futura. Cal saludar

Pas de suspresa

e

a

(musica arabo-andalosa,

Seta

des Pais de Tau, ambe de

un

"Dyonisos et la culture de

l'iniciativa

c

"L'Occitanie

territoire de

pòrc"** qu'a per tòca la salvagarda e la promocion del
patrimòni culturau occitan de

colleclages

son

conquête
pour les femmes ?", "Les musées
peuvent-ils être une réponse à la
quête identitaire contemporaine
?", "La Turquie carrefour musi¬
nouveau

se

associacion "Los

:

e

future", "La Méditerranée

concerts

Avèm tanben

jove équipa

sus

d'Angelica Sanchez
qu'aviá convidat força représen¬
tants d'estructuras

un

occitanistas.

dins lo débat, e

punt simbolizèt un pauc

l'estat de las
la discussion

forças en preséneia:
sus la famosa "resi-

téneia" que caldriá organizar
dins la situacion actuala. I aviá
solament doás personas per

refu-

tar

aquel tèrme

:

la presidenta de

lo Illen Reich.

la calandreta de Seta, e lo repré¬
sentant de la Linha Imaginât

d'esperit

(vòstre servitor). Lo tèrme de

ara

resisténeia

francesa monoculturala

es

tanben fort utilizat

dins los mitants dits

"d'esquèrra"

cò dels intellectuals de

Pensi

èstre

qu'es aquel estât
cal aver, es a dire
melhor que la republica
que

e cenlra-

lista. La cultura occitana balha

los

que resistir es una
rala quant òm es atacat, quant
òm a perdut una batalha. Mas

mejans de far bolegar la
e d'inventar quicôm
de mai intéressant per tots. Las
calandretas fan mai que resistir :
fôrman de ciutadans bilingues e

resistir solament

dubèrts al mond, reinventan

o en

l'universalitat abstracta.

Segur
reaccion natu-

tar

es

tanben acep-

aquela situacion : un
adversari mèstre del jòc. Resistir
es solament
empachar l'adversari
de far exactament tôt çò
que vòl,
mas pas mai.
Se fasèm lo raprôchament ambe la darrièra
guèrra
mondiala, podèm dire que la
Reisténcia faguèt un brave trabalh coratjôs, que tôt lo mond i
èra pas. Mas se i aviá
pas agut
De Gaulle, benlèu seriam encara
en

un

pauc

trin de resistir. De Gaulle

la reaccion

d'aceptar

ria de l'enemic
la

e

agèt
la vitô-

pas
de tornar pensar

França. Voliá èstre melhor que

democracia

l'escôla

la t'ormacion. La Linha

a
l'invencion d'una novèla demo¬
es auèi de prendre
l'avenidor del pais.

cracia. La tòca
en

carga

*Ceucle occitan Setòri 4 carrièra

Ribot 34200 Sète T

:

04 67 74 94

56
**Los

morres

de Porc, Lo Globe

Esc 82 Pta 668,

avenguda St
Exupéry 342CX) Sèta T : 04 67 53
69 97

***Musée
ne

2

rue

Sète T

18

e

Imaginât participa tanben

:

imaginaire de la sardi¬

Alsace-Lorraine 34200

04 67 74 91 75.

�Linha
De

pertot

Imaginât

2e trlmèstre de 1998

avem

Rencontres al Casai català de Tolosa

vist

un

càmbiament de la

mentalitat francesa,

Una idea que
camin

la vergonha
de parlar V occitan sembla dar rièr... " Nos parlèt d'Euròpa, de
novèlas nacions qu'an recampat
lor independéneia, " me sembla
important que i ajan lo
Felibrilge, las calandretas... Las
ligasons oficialas passaràn per

fa son

Bonnefon, direct or d'antena de
Radiò-França-Peirigòrd es prèst
a jogar lo rôtie d'un relais amb
son filât".
Per Carbona, cal donar
lo

poder e la responsabilitat de 1'
organisacion als politics. Ieu
cresi qu'aquela idèa es un marrit
afar : los politics an pas compe-

de catalonha

téneia totes sols per decidir per
nosautres en matèria de cultura.

actes. "

Claret tanpauc

las institutions

e

la Generalitat

publicarà los
Macarèl quin abarre -

èra pas d'acôrdi,
rapelèt que sèm pas qu'un grop
de trabalh, "cal agir en profes -

Jacme Gaudàs

jadis!

sionals de la cultura". Mercadièr

Setze oras manca un quart e

paraula. "Ara que lo congrès es
définit, cal èsser concrèts. Pensi
qu'a Tolosa podèm trapar
"Lenga, Editions, Relacions ins titucionalas. " Ai, macarèl, te lo
vesi venir... Becvort precisèt lo
rôtie que deviá tenir la comuna
sus
aquel afar, expliquât qu'un
rencontre s'èra fait ambe

tacions del 20n aniversari del

Carbona

cada costats

i

a

ja de mond d'arribats. A

F entorn de Joan Claret,

dels catalans de Tolosa,
Felip Carbona, Président de F
cap

sos-

president del CAOC Catalan e lo
curât

Jòrdi Passerai. Arribèt sul

pic lo Maurelte, conegut coma lo
lop blanc sus F internet; Joan-

informadas

e

d'

acôrdi, tanben lo govèrn d'
Andòrra. Pensar deman ensem¬
ble de tôt biais,

ambe totas ten-

déneias confondudas.

"LTèi, mai d'un cente-

Institut d' Estudis Occitans teniá
convèrsa ambe Xavier Bada,

son

sabon que sèm
ençà a se contar. La força culturala dels nôstres paises redonda
endacòm mai, es urgent d'o
de personas

nat

far..."

Jacme Delmàs nacionalista de

Aquel congrès se deba-

primièra borra, secretari del
CAOC Occitan; una jove estu-

nariá, per F an 2000, dins las

dianta-ensenhaira

en

catalan; très

capitalas occitanas e catalanas e
abordariá divèrses domenis.
1:

de F associacion de las

dels fogals rurals;
Pau Becvort, Président de F

Mondinas;
Joan

un

IEO 31; Gilabert

Mercadièr,

res-

ponsable de F ensenliament de F
occitan

a

F acadèmia de Tolosa;

Alem Surre-Garcia, cargat

de

mission per la cultura occitana al
Conselh Régional MiègjornPirenèus

e

plan d'autres Catalans

discutir de la
proposicion d'ensajar d'organizar un Congrès occitano-catalan.
Atal poirián mòstrar al mond la
realitat primièra d'aquelas cultuper se recampar e

2: Istòria.

Dança
4:

una

idèa! EÌ

vos

pro-

sabiá parlar lo tipe. En

catalan, parlèt de nôstra cultura,
de sa relitat, sa modernitat, "la
teni al pus naut nivèl..." Rapelèt
cossi los catalans e los occitans

ligats istoricament e culturalament, qu'èra ora de se trigossar
e de far quicôm. Mai que mai,
nos diguèt que
lo govèrn de la

son

Generalitat de Catalonha èra

prèst a promòurc aquel congrès,
caliá véser pr'aquò los politics de totas las régions occilanas; las crambas de cornèrç de

Musica,

Arts plasticas.

Recèrca, Desvolopament,

Arquitectura.
5 Economia, Cultura e

mejans

de comunicacion.

Excursionisme,Torisme

6

e

Connexion del Pais.
7 Relacions institucionalas.

8
tat

Projection basica de la socieoccitano-catalana del sôgle

XXI.

Macarèl
Es

que

e

de Tolosa,

lo

quin seriá lo rôtie de la
e

de las

associacions occitanas per se

ligar amb las institucions. "A
l'Euròpa i a de budgèts cresi... "
Aqui ont ne sèm.
Parlèrem tanben de las manifes-

CAOC, de Fan 1998; dels ren¬

Dominique

Baudis, Marc Censi, Pèire Puel

demandèt

Generalitat de Catalonha

e

contres

finals del centenari de la

naissença de Josèp Carbonell i
Capitòli o
Gener, de la creacion permanenta
se tenguèt una publication de
dels forum Occitano-Catalan, a
Félix Castan, que durèt una ora e
Sitges. E fin l'inala, del XXn
mièja, sul tèma : "L'Occitanie
Aplec de Montsegur lo 20 de
parle d'Avenir. Pour une
Junh e de la XIna Pojada al Port
Internationale des Capitales."
de Salau pel 2 d'agost.
Se'n seguiguèt una parladissa agradanta, questions-res.Cortetas...Cortetas...
ponsas, entre eles, qu'aquò fa ^
pas pro mal. Ajustèt qu'aquela ■
Le nationalisme français ou
idèa de Congrès seriá dicutida
l'amnésie collective : tel est le
vertadièrament al nôslre congrès
titre d'un intéressant dossier
de F IEO que se debanarà pro¬
de la revue injoc du mois de
bable lo 1, 2 e 3 de mai a Tolosa.
Mars 1998. La revue annonce
les manifestations de culture
lin angèl passèt.
traditionnelle occitane et pré¬
Lo Claret faguèt una
sente aussi une rubrique de
intervention per demandar qu'un
critiques littéraires animée par
burèu se fasquèsse, a paritat, per
Serge Viaule. Abonnement :
menar tôt aquô. " Cal mostrar als
150F/an. (J.M.B.)
occitans las riquesas culturalas,
Infoc, 98 av. de Lespinet
qu'un Max Roquèta es de la
31400 Toulouse. T/Fax :
valor del Nobel..." S' escampil05.61.53.81.02
hèt sus un florilègi que te promeChico, dont nous parlions
ti..."Calfar pro viste la tièra de
dans le précédent numéro de
las associacions que vòlon se
la L.Í. nous propose une cas¬
sette de démonstration de
margar amb nosautres... "
d'autres convidats al

..

3: Teatre, Cinéma,

ras.

meti que

Lenga, Ensenhament,

Creacion literària.

conse

prenguèt la

quin progra-

ma! Lo Delmàs

fringolheja coma
un
peis, Maurelte a ja d'idèas pel
cap per far ligason intentament
Vaqui que toma
pic lo fantasmatic "Arc
Mediterranèu", aprenèm qu' un
président del limosin parlava
entre nosautres.

Lo Joan-Jacme Del¬

sul

d'un Estât ?'???

"Aquesie congrès es
pas fait sonque

pels intellds,

mas

per totis" ,va nos diguèt lo secre¬
tari del CAOC catalan. Aquel

1' occitan, expliquèt per de que èra lo moment,
"Los catalans son observators,
òme, parla plan

màs, que ne manca pas una,

président del Lemosin
sus la taula, "A d'argent..." çò
ditz. Per el, es la causa primièra.
Cresi tanben que i a mai qu'aquô
remetèt lo

d'important ca que la. Totis los
nacionalistas son de paranoiacs,

páur de tôt, de l'anglés,
d'aquela mondializacion ; e lo francés ? "Lo Joan
an

d'internet,

19

Jam-session avec 5 extraits

ragga/hip-hop enregistrés au
festival d'hiver cités
Toulouse-Les Izards.
Jam-Session

-

à

(J.M.B.)

Laurence

:

01.61.48.05.70

Langues. "Je suis

favorable à

la défense de

chaque langue

particulière

le contraire du

-

totalitarisme et du nationalis¬
me,

la vraie démocratie".

Claude

Hagège.

�Imaginòt

S»

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Intervistas

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■

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■

.

'

Vf

■

Linha

"

~ -V-

••••:•:

2e trimèstre de 1998

d'identité

personnelle... toujours
copies conformes,
parfois très adroites, mais au
bout du compte le résultat est
une création artistique où
l'essence culturelle picarde est
absente, la production "picardisante" est quantitativement très
pauvre dans le registre de la
modernité, pourtant il y a de
des ersatz, des

Parlache

aveuc

Christian

Dequesnes

C? est unparle
"Trevadaire"
(1) etde dePicbeaucoup
ardie. Parfoid'autres
s vouschoses.
avez pu"Canteux
le lire dansé-pila diseux",
Linha Imaginât,
de
il raconteil
nous

son pays

des

histoires, chante le blues ("del bleuze") et les textes qu'il "déssaque" (2) sont d'une efficaci¬
té effroyable... Depuis son passage à Toulouse en novembre dernier, il est la picardité personni¬
fiée dans

l'imagerie collective du quartier Arnaud Bernard. Pendant dix jours il a pu écouter,
parfois se raconter, échanger un peu de son errance picarde contre un bout de notre
hiver occitan. J'en ai profité pour recueillir quelques propos de ce personnage, figure/témoin
incontournable de ce qui se passe sur la Linha, mais surtout artisan de l'émergence actuelle d'un
renouveau de la culture et des identités régionales qui se dessinent en "Grande Picardie
linguis¬
tique". (M. A.)
observer

et

rares

créateurs et créations très,

très fortes... mais si

comme

Ivar

Ch'vavar, Lucien Suel, "l'Ecole
des poètes Tournaisiens", Paul
Mahieu, Francis Couvreur, Paul
André... et pour la musique le
fabuleux groupe du Hainaut

Belge "Jeanne Elisabeth
Shrapnel binde"... puis il faut
citer les traces "laissées" par

Konrad Schmitt**. autant d'actes

(1) Néologisme (ou barbarisme, comme vous voudrez) occitan sans aucune validité scientifique mais que je
me
permet d'inventer quand même et qui vient de "trèva" (fantôme), "trevadis" (errance), et dont le suffixe
en
AIRE signifie que etc...
(2) qu'il extrait.
-

créateurs

puissants qui conjugent
picardité. Néan¬

modernité et

moins tout cela est invisible à la

nation ! Justement

on

y trouve

à

chaque fois
Christian, bonjour ! Alors, qui
es

tu ?

Christian

Dequesnes

Salut
TERTOUS ! Certainement que la
première chose à dire ici en
Occitanie, c'est que je suis
Picard, je viens du grand territoi¬
re linguistique de Picardie. Natif
de Douai dans le Nord, j'y réside
depuis toujours ! A Douai, notre
"patois" est l'une des multiples
déclinaisons, variantes, de la
langue picarde. Mais curieuse¬
ment, si là-haut dans le Nord je
dis "Je suis Picard", on me
répond : "Tu es du Nord ! Tu
n'es pas Picard ! Tu es Ch'timi*
!" Chez nous (comme générale¬
ment partout en France) ils ont la
certitude que la Picardie c'est le
:

territoire administratif inscrit

les

sur

départements de la Somme,

de l'Aisne et de l'Oise. Pourtant,
d'un point de vue linguistique et

historique, c'est plus
et

vaste, riche

complexe ! Mais hélas il

une

y a

méconnaissance totale de

cette existence du

grand territoire
linguistique (et donc culturel)
picard. C'est la démonstration
notamment de la

réussite de

Paris, de la République "unitai¬
re" dans
une

à la

sa volonté
d'imposer
langue et une pensée unique
nation française.

Le territoire 1 inguis
tique picard rassemble la

-

Somme, le Pas-de-Calais, le
Nord, une partie de l'Oise et de
l'Aisne

jusque

et

enfin le Hainaut

vers

Belge

(re) plonge dans cette histoire
picardité, plus je tombe avec
beaucoup de plaisir sur cette
dimension d'importance : la
me

de

ruralité... Je trouve même que

a

autre chose !

Oui, plein d'autres choses
notamment des vagues et des
vagues d'autres cultures issues
de l'immigration des Polonais,
des

Portugais, des Algériens, des

(1905-1983) : il
nous parle essentiellement de
l'univers des mines, des carbonniers, et pourtant la ruralité est
omniprésente. Puis tout ce terri¬
toire que j'évoque en termes de
Grande Picardie

géographique, les

Grande Picardie
veut

linguistique

exister elle doit bien sûr

tenir compte de cette réalité, sa
modernité passera là ou alors elle
ne

passera pas... et

pour

il

en sera

fini

elle !
Mais

revenons

à

nos

vaches, moi qui suis issu de ce
bassin minier, de cette zone
d'urbanisme à outrance,

plus je

linguistique,

reste essentiellement des

pagnes.

lument pas passer outre ces para¬
mètres. Pour l'avenir, si la

Donc la terre,

Je pense

Florian Duc

zone urbaine post¬
industrielle issue de l'histoire des

mines, et quand on évoque la
question des identités régionales
sur cette zone-là on ne
peut abso¬

les

d'une autre, dans une tradition/
vision rurale... Notamment chez

grands textes de
picarde sont généra¬

Marocains surtout, bien sûr dans

l'importante

sous

semelles !

lement ancrés, d'une manière ou

la littérature

L'image d'Epinal que l'on se
fait de la picardité c'est les
vaches... Mais j'imagine qu'il y

jours là très proche,

la ruralité, c'est
important pour toi afin de défi¬
nir "la picardité" ?

très souvent les

la Wallonie.

une forte empreinte
rurale, la terre, la motte de terie...
et bérdhoule (la boue !) est tou¬

ça

cam¬

D'un niveau purement
zones urbaines
ne sont pas
proportionnellement
majoritaires... loin de là ! Mais
cela

encore une

rien

a

fois le

quidam

et

me

la "pensée

pales à cette question : pourquoi
en matière
culturelle, artistique,
particulièrement chez les jeunes,
c'est toujours des
prises d'appui
sur

des références

anglo-saxonnes...

20

parisiennes

ou

peu ou pas

aux

D'un seul coup,

Calais est certainement fausse et
a été
imposée inconsciemment
par

Revenons

c'est fabuleux, il faut lire Suel.

une

populations

...

justement, c'est impor¬
tant, symbolique ! Exemple :
Lucien Suel est un grand poète
du Pas-de-Calais ; il écrit énor¬
mément, en français, depuis tou¬
jours sur son pays (NDLR : voir
page 33). Sa littérature n'est
donc pas rédigée en picard! Là,
tout récemment, Lucien Suel
vient d'écrire son premier texte
en picard, il
y parle des veaux !...

pins conscience... La forte

unique de Paris". Et j'entrevois
là une des explications
princi¬

dire

vaches

vision urbaine du Nord/Pas-de-

aux

bien, oui, c'est la base !

comment

il y a
métaphore qui
à l'esprit... ces créa¬
actes de création picar¬

image,
vient

teurs, ces
de sont
nos

une

comme

des vaches dans

pâtures... ils/elles sont bien

là, bien "en sol
avec

avec

la terre,

la réalité de notre identité",

mais les voyageurs

entassés dans
compartiments des T.G.V. de
la modernité les regardent à
peine de derrière les vitres tein¬
tées... quand toutefois certains
les

�Linha

Imaginòt

2e trimèstre de 1998
Le retour ! Oui,

je l'espère. Nous
présent en mai 97 avec
Olivier Engelaere. Ce que nous
étions

avons

vu,

entendu, vécu à la

Prima de las

Lengas nous a
l'énergie ! Une force !
Une légitimité même ! Car
quand on est remontés en
donné de

Picardie

notamment

on a

pu

témoigner, dire combien ici

en

Occitanie cela avait du

de

sens

dire que nous

étions d'un terri¬
linguistique picard, qu'ici

toire

des histoires, lire du

raconter

picard à autrui avait une résonnance disons généreuse ! Ce que
je viens d'évoquer, c'est aussi
l'illustration concrète de la force

de

l'importance du discours de
Lengas, et du
message d'amour de la littérature

et

la Prima de las

occitane et des troubadours

au

reste de la nation

au

française, et

du monde. Pour Olivier et

reste

moi-même, s'il n'y avait pas eu

étape de la Prima 97, je

cette
Christian

Dequesnes entre Sébastien Le Cabor (à gauche) et David Wflloqueaux :1e groupe Chés Dessaquaches

picard
: "Chés
Déssaquaches"... histoire de

qu'il fallait

Pour cela,
teurs.

conter, de chanter de mettre en

idée de fédération "Insanne"...

qu' il faut bien l'avouer était tom¬

Et

"jeu"... de rendre visible notre
vision de la Picardie. Quand je
dis vision, ce n'est pas au sens

ancieas... ils

daignent s'y intéresser, jeter un
regard, ce n'est que pour avoir
une vision furtive, rapide, tron¬
quée... juste celle que l'on entre¬

les

voir à 200 km/h de l'autre côté

divulguer, les rendre visibles.
j'utilise plusieurs vec¬

quels sont-ils,

ces vecteurs

?

d'une vitre de T.G.V. Chés

vakes, por mi, ch'ét nin ënne

agobile !***
Et

toi, concrètement, que fais-

tu ?

Depuis de nombreuses années
déjà, j'anime bénévolement sur

ferions mais bien de

le Douaisis

en

une

émission de

radio, Baroque Bordello, où je ne
passe pas que
mets aussi en

Ej dekins ed'ech train

bleuze

de la musique... j'y
"jeu" ces émotions

d'interprétation

que nous en
ce

que nous

voyons, ressentons concrète¬
ment ! Enfin., et certainement le

ce jour... c'est
Olivier Engelaere -

plus important à
d'avoir

avec

rencontré aussi à

de cette

aile
je
descends des trains pour aller
regarder les vaches ! Ce n'est pas
une boutade ! Je veux dire que je
prends du temps, je me donne du
temps pour aller voir les choses,
les gens, tenter de m'en impré¬
gner, essayer de les comprendre ;
être sur les terres, (re) chercher

évoquées.
aussi El Baroque
Ducasse, un réseau (je préfère ce
terme à celui d'"association")
qui, un peu à la manière de la
Linha Imaginòt, met là-haut en
relation, en action, des gens qui
sont justement préoccupés par
l'aspect de ces choses que j'ai
évoquées, généralement d'ail¬

qui regrou¬
moins déjà une vingtaine
d'associations patoisantes/cultu¬
relles et des individus qui sont
dans la création picarde.

les auteurs et leurs livres oubliés,

leurs tous connaissent et atta¬

Ensemble,

aller dans des

chent de

pour une

ge

sance

por

r' wettie ches vakes ! D'abord

villages

,

des

bourgs,

pense sincèrement que nous
n'aurions pas eu la conviction

Il y a

l'importance au messa¬
de décentralisation de Castan,

cause

dynamique engendrée par el
Baroque Ducasse - provoqué
l'émergence pour le Nord/Pasde-Calais d'une Fédération

"Insanne" (ensemble)
pe au

nous

allons œuvrer

véritable (re)connaisles autorités, mais sur¬
le quidam, de la langue,

mener

relancer,
projet, cette

œuvrer pour

à terme

ce

bée à l'eau dans la tête des

n'y croyaient plas,
peut-être d'ailleurs qu'ils
n'avaient jamais mis la question
de la modernité du picard et de
sa création
contemporaine vérita¬
blement en jeu. En tout cas
l'investissement de "jeunes"
comme nous fait que les anciens
se

mobilisent à

nouveau

et à nos

Là, cha arpart rode ! (là,
ça repart dur ! ) mais je reste pru¬
dent... Car là, tout le monde est
dans l'euphorie, il reste désor¬
mais à travailler, travailler vérita¬
côtés.

blement !
Il y a eu une autre étape/ren¬
contre avec Culture Commune,
en

octobre dernier ?

sur les lieux chargés de
l'émotion et du labeur des gens

des Fabulous Trobadors et du

tout

du

Massilia Sound

de la littérature et de la culture

Commune. Us ont oeuvré à mon

picarde. Cela devrait être une
étape importante ! Mais le chan¬
tier est gigantesque !

avis

peuple...

vie

au

ceux qui ont bâti la
quotidien, et ce n'est pas

centre de Lille... et encore

au

moins à Villeneuve

d'Ascq (où
de Lille) que
je risque de rencontrer cela.
se

trouve

Ensuite
ces

le campus

ce

vécu,

ces

rencontres,

émotions il faut les partager,

System
Plus personnel, depuis
près d'un an maintenant, avec
David Willoqueaux que j'ai ren¬
contré dans cette dynamique d'El
Baroque Ducasse, nous "inven¬
tons" notre duo de blues picard
et de punkisme rural - del

par

par

prochain Forum
Langues à Toulouse ?

Serez-vous au
des

Oui ! 11 faut

sur

deux

parler de Culture
axes

importants et

parallèles. Il y a d'abord eu ce
projet/expérience de Libercourt
(Pas-de-Calais) avec les Fabu¬
lous Trobadors. Libercourt est

vraiment

une zone

de

sociale et culturelle

21

relégation
profondé-

�Imaginòt

Linha

efetw
2e trimèstre de 1998
histoire, dans votre peuple,

marquée par la récession
socio-économique due à la dispa¬

conditions...

rition des mines de charbon.

C'est d'ailleurs pour

cités et

Avec Radio Canal Sambre tou¬

de votre, de vos
identités régionales... et ces
caractéristiques, si vous vous les

ment

C'est là que

la

commune, avec

le

soutien de l'association Culture

Commune,

a

œuvré pour une
sur la réappro¬

ment des

Maquetter correcte¬

chansons, des histoires.

Ches
Dessaquaches l'objectif à réaliser
pour le premier trimestre 98.

votre

dans votre littérature, dans vos
vos

cité, le

campagnes

la spécifi¬

sens

priation de la mémoire de l'espa¬
ce culturel par les jeunes par le

jours, c'est le projet d'une série
d'émissions sur "la picardité et
les identités régionales". Enfin,

réappropriez, feront que vos pro¬
jets, vos dynamiques, vos réali¬

biais d'ateliers de création musi¬

c'est aussi

résonnance

cale et de

avec

action,

travail

un

lyrics auxquels notam¬

ment

Claude Sicre était associé...

Cela

a

abouti à

un

concert fin

octobre 97... Mais Claude

en

parle mieux que moi, et le projet
se poursuit. Apparemment il y
aura des suites... c'est le plus
important !
En parallèle, Culture
Commune, toujours en octobre
dernier, avait prévu dans son
programme d'action pour la sai¬
son

97/98, dans le cadre du

Salon du Livre de Loos-enGobelle

(Pas-de-Calais), de
pied une soirée/veillée
thématique sur la question des
identités régionales du
mettre

sur

un

excellent contact

responsable de la
qui attend notam¬
ment de pouvoir collaborer avec
la Fédération Insanne, et des ins¬
un

culturelles de Picardie

administrative et de la
ambitieux

Belgique

pour et sur le projet
à réaliser sur plu¬

francophone
-

sieurs années

-

d'un dictionnaire

général du picard,
pas encore !

ce

qui n'existe

Bien sûr tout cela reste
maintenant à travailler si l'on
veut

aboutir ! Mais c'est

vont

dans le

déjà la
preuve que l'on peut innover
dans des dynamiques neuves qui
sens

de la décentra¬

Nord/Pas-de-Calais. J'ai été

lisation culturelle. Ici, c'est enco¬
re la rencontre, sur des projets

associé à

communs,

projet. On a pu y
introduire pleinement cette
notion de "picardité", de grande
Picardie linguistique. Il y avait
ce

Lucien Suel, Eric Wattiez et
Laurent Adam (de Jeanne
Elisabeth

Shrapnel binde) et
Ches Dessaquaches... Avec le
public présent il y a vraiment eu
un impact, un accueil chaleu reux,

ils ont véritablement

de leur pays. Oui, il y
beaucoup d'émotion d'un

pas ou peu
côté

comme

de l'autre. "Enne

grante bleuze-vue !"

semble-t-il à

qui arrivent

œuvrer

ensemble !

Certainement que l'on assiste à
des mises en forme d'actions

a

entraîné

quelques répercussions
inattendues, voire inouïes...

Tout récemment deux char

Pour

mion

picard", Arnaud-Bernard

c'est très bien ! C'est

commentaires ?

C'est

encore

la direc¬

trice de Radio Canal Sambre

qui
locaux et une
équipe technique pour aller enre¬
gistrer en studio dans de bonnes

nous

propose ses

reproduire

ce

qui

se

vit à

Imaginôt et de tout le bazar occi¬

expliquer

ressenti à

ce

T u sais Arnaud-Bernard

au

quotidien

ce n'est pas tout rose !
Et heureusement ! J'ai pu obser¬

ver

qu'il

y a comme partout

du

plus triste, ni plus souriant
qu'ailleurs ! Il est mendiant ! A
Arnaud-Bernard,

sur

indirecte¬

l'état. C'est véritable
ment une
expérience de
démocratisation dans les rapports
sociaux. De plus il y a un formi¬
sens

Uzeste

ou

Larrazet... mais c'est

dans

sa

de l'accueil de l'étran¬

ger.

Enfin, peux-tu nous dire
quelques mots à propos de la
boulangère de Blaton ?

cette

mémoire ;

présent, qu'il
"transmission"

je

ne peux pas

ce que j'ai
moment-là... c'était

'Toussaint-Ducasse-Blues"

quand
mains

on
ses

m'a remis entre les
livres.

Tolosale 16/11/97

Propos recueillis

par

Magaii

Azema.

*

Un mot à honnir

Oui, avec plaisir. C'était cet été,
j'avais décidé de m'offrir un

car

inventé

en

14/18 peu le» pan si en s pour designer
les poilus originaires du Nord/Pasde-Calais dans les tranchées.
**Lo "trevadaire" escompte

bien

début 98 éditer les textes inédits (et

décapants) de K.Schmitt... ainsi
qu'une biographie de Théophile
Denis accompagnée d'une dizaine de
textes en picard douaisien de cet
auteur

du siècle dernier, hélas !

oublié.
***

Les vaches, pour

pas une

22

sur

le sentiment que

la Linha

Imaginôt, tout n'est pas résolu,
les problèmes subsistent mais la
grande leçon à retenir c'est sur¬
tout que tout cela se gère, fonc¬
tionne, sans "professionnels de
l'encadrement" rémunérés par je
ne sais
quelle institution légiti¬
ou

veillait

eu

ren¬

entre ceux

Toulouse, Marseille, Nice,
de chercher, chez vous,

! Et

boulangère de

vraiment

qui ne sont pas Occitans que
l'important, ce n'est pas
d'essayer de reconduire, de

de

la

avec

de

sage", pour leur parler un
mon
"parcours picard".

peu

moins réédités. Cette

encore

d'Arnaud-Bernard, de la Linha
tan,

connu

pu

n'aient
qu'une vision exotique, idyllique

mée directement

spécificité occitane. J'ai
envie de dire aux Imaginotistes

encore

vraiment

dable

auprès d'enseignants

car

c'est

Florian Duc était

leur

d'intervenir

elle l'avait

Duc

crainte que ces gens

dans le cadre d'un stage de "sen¬
sibilisation à l'espace et au pay¬

présentes à

dernière
étape dans le Hainaut belge, c'est
une vieille dame toujours bou¬
langère qui m'a parlé de Florian

sont ! Où ils vivent !... J'ai la

ni

des

témoignages, des

livres.

Blaton reste pour moi quelque
chose de très émouvant ! J'ai

même... c'est la décentralisation

Fernando, Larrazet...

des traces, des

System et tout ça... sans rien
entreprendre de concret là où ils

trottoir d'Arnaud-Bernard n'est

Justement, en termes d'expé¬
riences occitanes, tu as pu
observer Arnaud-Bernard, le

Schmitt...), et peut être retrouver

contre

dans le fond l'ambition est la

printemps des
langues du monde.

Denis, L.F. Dechristé, Florian
Duc, Géo Libbrecht, Konrad

Chourme du Massilia Sound

"Jeu/Je" notamment

en

sur

grâce à elle que j'ai
avoir accès à la bibliothèque
(qui était fermée) pour me procu¬
rer les derniers exemplaires des
ouvrages de Florian Duc qui ne
sont bien sûr plus en vente, et

ment par

personnes

oasis !

qui gèrent le Comité, la maison
de quartier. Le mendiant sur le

Un commentaire !

Loos-en-Gohelle m'ont demandé

une

que l'on peut
Occitanie... Mais

observer

rendre

J'y retournerai mais je n'y
vivrais pas ! Mon clocher n'est
pas Saint-Sernin mais le Beffroi
de Douai. Ce que je crains c'est
que les gens, notamment les
jeunes qui écoutent les Fabulous
Trobadors, se réfèrent à Castan
(sans le lire !), adhèrent à la

Ça fonctionne
et ça fonctionne même plutôt
bien, mais dans des formes qui,
je pense, doivent leurs forces à

mantes

moi, "thiot gré-

férentes de

ce

picarde,
des lieux où
ont vécu des auteurs picards
(hélas !) oubliés dont les œuvres
sont fabuleuses (Théophile

pour me

terre

en

A Blaton, ma

culturelles décentralisatrices dif¬

Rural Baleti de Nadia et

De surcroît cela

assez

du non-institué...

culturelle et le

découvert des aspects, des
notions qu' ils ne soupçonnaient
a eu

de l'institutionnel et

un

plus profonde.

D.A.C.O.R.

tances

écho, une
populaire beaucoup

sations, auront

"road-movie"

chose

sans

moi,
valeur !

ce

n'est

�Linha
1

;

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Imaginot
:

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Intervistas

"

Igil m | nH ||||f|fl 1 1 9¥MÊWêim$

2e trimèstre de 1998

dans ta

Rencontre

musique, avec l'apport
technologies, les

des nouvelles

machines, comment est-ce

Denez

Prigent : Le Barde et la
Jungle

l'ensemble des

perçu par
Bretons ?

En

Bretagne, depuis une dizaine
on assiste à un phéno¬

d'années

mène musical

A l'occasion chants,
de la tournée
promotionnelle
de soninstruments
dernier album
"Me 'Zalc'
h Ennon ur Fulennet
instruments
traditionnels,
prototypes
électroacoustiques

commun, un

séquences électroniques s'harmonisent sans concession de part et d'autre et se rencontrent dans
Prigent s'est prété à un tour d'horizon de la situation de la culture, la
langue et l'identité bretonne.

en a

Aour" où

leurs extrêmes, Denez

Comment

se

passe

l'enseigne¬

ment du breton à l'école ?

vingt. Maintenant la langue bre¬
auprès du grand public,

tonne,
est

Denez

Prigent: Il y a les ensei¬

gnements dans ce qu'on appelle
les écoles bilingues primaires
publiques d'état ; il y a des écoles
bilingues privées, plus catho liques, chrétiennes et les écoles
Diwans, privées - elles sont for¬
cées de l'être
qui enseignent
-

entièrement

Y a-t-il

en

une

continuité

après le

Oui, les écoles Diwans conti
en

collège et

au

-

lycée.

Pour les autres aussi, mais très
souvent
ments

ce

avec

sont des

enseigne

-

des horaires pas tou¬

jours faciles, ça dépend de la
politique des chefs d'établisse¬
ment. Le

breton est inséré dans

emploi du temps correct mais
peu trop souvent
après dix huit heures ou de treize
à quatorze heures, des horaires
où il faut que les élèves soient
passionnés pour aller à ces
cours. Mais les plus efficaces,
celles qui mènent le combat pour
la langue bretonne c'est les
écoles Diwans. Là il y a des
résultats positifs et rapides dans
un

à

la

mon sens un

mesure

sont

où toutes les matières

enseignées

en

breton.

Comment cela est-il perçu par
le
un

grand public? Y a t il encore
noyau nationaliste?

Les choses ont

changé à

ce

niveau là. II y a eu un mouve¬
ment assez militant dans les
années soixante-dix

était interdit de

parler la langue.
j'ai pas connu ça mais ma
grand mère l'a vécu. Là où il y
Moi

avait, autrefois, une marque de
honte, c'est devenu aujourd'hui

qui s'est

éteint dans les années quatre

Radio France Bretagne Ouest
auprès du public ; quatre-vingt
dix pour cent des gens sont
par

hors du

peu comme
dans les années soixante-dix. 11 y

qui disent que ça va plus
dans les années

loin. Alors que

soixante dix le
lié à

un

renouveau

contexte un peu

gique, aujourd'hui les jeunes
générations, qui sont apolitiques,

de leurs maîtres mots.

voient dans la culture bretonne

Tu fais

monde

père était instituteur et fai¬
partie de cette génération qui
parlait breton couramment, il
n'en avait pas honte mais
jugeait, disons anecdotique, le

une

façon de s'enraciner dans un
qui tend à s'uniformiser,
une façon de retrouver des
repères, un ancrage. La musique
est notre dernière arme. Depuis
les années soixante-dix, grâce à
Alan Stivel, elle est en perpétuel¬
le évolution. On assiste depuis
une

partie de cette généra¬
tion qui a appris la langue avec
ses
grands parents. Tes parents
ne le parlaient donc pas?
Mon
sait

fait de le transmettre à

ses

dizaine d'années à

veau,

de

mariages, de fusions, notam¬
avec des gens comme Erik

ment

travaillé récem¬

enfants alors que ma

Marchand. Il

comme

ment

Bretons, était tellement impré¬

Yann Fanch Kemener

assument leur culture de

gnée, enracinée dans cette cultu¬
re que finalement la propagande
qui avait eu lieu à une certaine
époque où elle était à 1' école n'a
pas fonctionné. C est la généra¬
tion suivante qui a été touchée.
Elle s'exprimait très peu en fran¬
çais, sa façon de penser était très
bretonne, et chaque fois que j'al¬
lais la voir elle me parlait breton

musiciens de

en

plus, même si c'est vrai que les
efforts, au niveau de l'éducation
nationale et à la télévision,
comme partout, sont très faibles.
Il y a un décalage, qui est très
grand, entre cette ignorance que
peut avoir encore l'état français
central, le mépris, le dédain par
rapport à cette langue et cette
culture, aujourd'hui très forte
dans la conscience populaire. La
Bretagne, sur le plan musical, est
devenue la deuxième région
française où on sort le plus de
disques et publie le plus de
livres. C'est bien la preuve qu' il
y a un public acheteur. Même les
hommes politiques, conseillers
régionaux, etc, qui à une époque
étaient un peu jacobinistes, très
centralistes, actuellement, grâce
à un électorat qui pense de plus
en plus que parler breton, avoir
une identité propre, est un plus
dans un monde qui tend à s'uni¬
formiser, sont confrontés,
contraints [rendant leur cam pagne électorale de parler de la

grand-mère,
beaucoup de vieux

naturellement.

musique a un rôle très
important, c'est un vecteur de
communication. Mais de part
le centralisme dont tu parlais
La

un renou¬

à plein d'expériences, plein

demandeurs de programmes en
breton sur cette radio. Les gens

plus

était

idéolo¬

Bretagne, de la culture bretonne.
Aujourd'hui, ça devient même un

plus vraiment de honte

certains Bretons pou vaient avoir à une époque où il

comme

marque de culture. On peut le
voir à travers les sondages faits

breton.

primaire ?

nuent

entrée dans les consciences et

il n' y a

assez

petit

avec

font du
comme

a

un

Taraf roumain
avec

;

des

jazz, des Bagad
jazz, des chanteurs,

Arnaud Maisonncuve,

fusionnent le chant breton avec
le blues. Il y a

sibilités
la

beaucoup de pos¬
qui s'offrent à nous dans

mesure

où

on a un

chant

a

cap¬

un cirant avec le silence, et
le silence est un terrain vierge

pella,

pour pleins de rencontres. Le
breton est un voyageur, un aven¬

turier, et musicalement ça se res¬
sent très bien. Finalement,

très

ce qu'on croit, il
très peu de musiciens
puristes. Si on résonne dans l'ab¬
surde, pour moi le terme puriste,
en Bretagne, c'est
automatique¬

entendait

ment

tout-à-l'heure et jusqu'à pas

longtemps, dès qu'on
une cornemuse elle
était connotée bretonne alors

existe ailleurs. Et puis
tout d'un coup, on a vu arriver
cette musique celtique dans
tous les grands festivals. Bon
elle n'a pas attendu que les
grands médias s'en saisissent
pour exister, les Festoù-Noz ça
fait belle lurette qu'ils sont là.
Par contre ce que tu amènes

qu'il

en

contrairement à

y a

des chanteurs dans la

où quatre vingt dix neuf
virgule neuf pour cent de la
musique bretonne est basée avant
tout sur le chant. Donc déjà, un
couple de bombardes, si on
mesure

résonne dans l'absurde, c' est

plus de la musique traditionnelle
dans la

mesure

où c'est le chant

qui avant tout définit cette
musique. Toutes les musiques

�Imaginòt

Linha

Intervistas
2e trimèstre de 1998

des instru¬

traditionnels bretons, tra¬

ordinaire, où le thème de

principalement du
chant. Aujourd'hui, il y a très peu
de chanteurs qui font de l'a cap¬
pella, moi je continue un peu,
mais c'est vrai qu' il y a toujours
eu cette volonté d'arranger, d'har¬
dies viennent

moniser
ments

du

cinquième siècle Lin
l'origine interprété
a cappella, qui traite de
faits marquant l'actualité
comme des épidémies,
des guerres, des meurtres,
tout ça en vers, dans une
poésie absolument extra¬

instrumentales, toutes les mélo¬

chant

ce

ditionnels

avec

celtiques,

pour

rester

chant à

la mort est

toujours pré¬

dans le cadre de ses racines, soit

sent.

d'autres musiques tradition¬
nelles, roumaines, tziganes,

Quand je parlais de

avec

arabes mais aussi

avec

du rock

disque,
plus une fusion avec des ten dances musicales électroniques
ou

bien sûr

comme sur ce

nouvelles.
Est

ce que le mouvement hip
hop a touché la Bretagne. Y at-il du rap, du ragga breton
comme on en voit au Pays
Basque ou dans toute i'Occi-

tanie ?

le phénomène
émergé en

ragga,

ragga a

Occitanie à
moment

un

certain

revendi¬
quer une langue et une
culture. En Bretagne
vous en aviez peut être
pour

moins besoin dans la
mesure

où être Breton

existe, c'est une réali¬
té, alors qu'être Occitan
ça n'existe pas, c'est
ça

bien là toute la différen¬

Du rap en

Bretagne il y en a tou¬
Dans la musique tradi¬

jours

eu.
tionnelle bretonne

on a notre

rap,
la Kan ha Diskan, le chant et
contre

chant,

avec

beaucoup de

similitudes notamment dans la

diction, dans la vitesse ryth

mique. On s'amuse
mots.

avec

-

les

Très souvent le texte n'est

ce.

De nez

Oui

peut-être. C'est vrai
que la langue bretonne est parlée
encore par plus de quatre cent,
mille personnes, même si c'est
pas énorme... La Bretagne c'est
pas une île mais on est un peu à
l'écart,

on nous a

laissé

un

peu

plus qu'un prétexte pour passer
une énergie. On utilise des roule¬
ments de langue à l'intérieur.

plus tranquille, on est un peu
plus entre nous-mêmes si au
point de vue linguistique ça

Dans les ritournelles

on met

des

s'éteint.

Dribils,

comme

ça

on

s'amuse

la

langue, et c' est vrai que
rappeler des techniques
qu'on utilise en rap. La Kan ha
Diskan, pour expliquer un peu
plus, est un chant à danser, plus
basé sur l'énergie que sur 1' émo¬
tion, un chant plus fonctionnel
destiné à faire danser le public et
qu'on interprète dans le cadre de
ce qu'on appelle en
Bretagne des
avec

ça peut

fêtes de nuit, des Festoù-N'oz. 11
est

interprété par deux chanteurs
qui se relaient sur un rythme
régulier, ce qui permet à l'un et à
l'autre de reprendre son souffle.
Alors là il y a une forme de rap
d'avant le rap.
L'autre

grand style de

chant étant la Gwerz,

dramatique,
très

un

chant

chant à pleurer,
ancien puisque les plus
un

anciennes Gwerz

sont attestées

Où

puises-tu les thèmes de tes

chansons ?

Très souvent ça

vient comme ça.
style Gwerz il y a des
faits que je prends dans l'actuali¬
té, que je lis dans les journaux ou
Dans le

bien entends lors de
nées

en

mes

tour¬

extérieur de France. Des

choses

qui m'ont été racontées,
comme ça, qui sont, dans la
façon dont elles arrivent, tout-àfait gvverztissables. C'est vrai
qu'il y a tellement de faits tra¬
giques. 11 y a plus que ça dans
l'actualité, c'est assez facile de
trouver l'inspiration. La Gwerz
étant par essence un chant tra¬
gique, elle reste malheureuse ment un chant très contemporain.
As-tu

déjà pensé à chanter en

Prigent
En tout

cas c'est pas une
démarche intellectuelle. C'est

français ?
Le

problème qui s'est posé

disque - je suis bilingue
moment

sur ce

a été le
de Sa traduction du bre¬
-

français. Je trouve qu'il y
a une perte énorme.
Toute la
poésie, tout le côté sacré de la
langue bretonne a disparu dans
la transposition en français. La
langue bretonne a su garder ce
côté sacré que la langue française
a
perdu, à mon sens. Moi qui
vacille comme ça entre ces deux
langues, je me suis rendu compte
combien elles étaient éloignées,
à tel point qu'il y a deux chants
que je n'ai pas traduit. A chaque
fois c'est pour moi un casse tête.
J'ai l'impression de trahir 1' âme
ton

en

du chant, le sel du chant. C'est

un

petit

peu comme si on comparait
le sel gris de Guerande avec le
sel blanc des mines, il y a une

perte, tout les oligo-éléments
sont

ne

plus là.

Dans le dernier album, Ses
essais entre Sa

musique, disons
moderne, et ie chant breton,

est-ce

un

futur

ou

choix délibéré pour le
bien est-ce un essai

dans ie temps à l'heure actuel¬
le?

venu

assez

1992 où
dans

j'ai

naturellement
eu

en

l'occasion d'aller

une rave, aux

Transmusica-

les de Rennes. J'avais chanté
deux

jours avant dans un espace
scénique plutôt rock, avec un
groupe rap de Chicago. Lin peu
poussé par mon épouse - j'avais
à l'époque une image un peu
négative de la techrio ; je l'assi¬
milais à tout ce qu'on peut
entendre dans les radios

merciales

com¬

aujourd'hui, un petit
peu d'ailleurs comme les purs de
la techno pouvaient avoir une
image un peu folklorisante de la
musique bretonne - j'y suis allé.
Là, j'ai eu comme un choc. En
sortant je me suis dit que cette
musique, que je croyais vraiment
loin de ce que je faisais, n'était
pas si éloignée que ça. Incons¬
ciemment j'ai perçu des affinités
entre la musique bretonne et ces
nouvelles musiques. J'ai laissé
l'idée, le projet dans une case
dans ma tête jusqu' au jour où j'ai
signé avec le label. On a regar¬
de dans cette voie, rencontré plu¬
sieurs personnes, plusieurs musi¬
ciens à qui on a expliqué la
démarche, jusqu'à ce qu'on trou..

�Linha

Imaginòt

Intervistas
2e trimèstre de 1998

ve

la personne, Arnaud Rebotini.
Au début il pensait que

je voulais quelque chose d'hyper
commercial, du chant et des
séquences électroniques. Tout de
suite il a pensé le côté un peu
facile de ce qu'on peux entendre

aujourd' hui sur les radios ; je lui
ai fait comprendre le fond de ma
démarche et là il m'a fait écou¬

les sept mille disques
chez lui, tout ce qui se
faisait depuis ces vingt dernières
années en musique électronique.
Ensuite il a dressé le profil de ce
que j'aimais et il s'est avéré que
j'étais plus jungle, tripop, que
techno, house ou musique de
ter, sur

qu'il

a

club. Finalement

on a

travaillé

ensemble à
studio de
autres

partir du chant, en
maquettage. Deux

musiciens sont

venus

se

joindre à nous, notamment un
grand sonneur de cornemuses de
Bretagne et un claviériste de la
scène rock de l'époque,Marquis
de Sade. On

a

donc travaillé à

quatre. On a mis un peu le projet
sur pied, et au fur et à mesure
qu'on avançait, j'avais cette
impression ressentie lors de la
rave des Transmusicales, qu'on
pouvait lier, marier ces deux
musiques. Ces affinités sont
allées jusqu'à se demander si

elles n'étaient pas un peu cou¬
sines. Il y avait de telles simili¬

tudes, de tels hasards que ça ne

pouvait

pas

être gratuit.

Rythmiques sûrement... Dans
le chant il y a des développe¬
ments rythmiques qu'on re¬
trouve parfois dans certaines
rythmiques qui bouclent la
jungle et les tripop...
Oui, mais ça va encore plus loin.
La jungle et la musique bretonne
sont toutes les deux très soft, la

musique bretonne utilise très peu
de notes, elle est assez monocor¬
ce qui ne veut pas dire
simple. Je pense que ce qui est le
plus difficile à acquérir en matiè¬
re artistique c'est la sobriété,
c'est valable aussi pour la littéra¬
ture ; et bien la musique bretonne
a su garder
cette sobriété. Elle ne
s'encombre pas d'artifices, ni de
colifichets, ni d'effets de voix,
de styles, comme ça, un peu

de, sobre,

chanteur breton

qui

ment à l'essence

y a

répétitif, le but étant la transe, il
des similitudes à faire avec

contrent

dans le métro

jungle très souvent c' est ça
de
notes, on va direct à 1* efficacité.
Dans la jungle il n'y a pas de
refrain, dans la musique bretonne
non
plus. C'est une forme assez
"primitive" de la musique, puis
par rapport au temps, en Gwerz
il y a un récit, il peut durer trois
quarts d'heure, des fois une

les

c'est pas

mal...

faciles, gratuits... Elle va directe¬
des choses, et

en

musiques traditionnelles.

un

se ren¬

parisien,

aussi. On utilise très peu

heure et demi. En

jungle c'est la

Ne trouves-tu pas que

c'est un
peu réducteur que cette éti quette de chanteur breton. Moi
je te considère comme un
chanteur tout

simplement, un
chanteur qui a fait le choix de
s'exprimer dans une autre
langue indigène de la nation, le
breton

en

l'occurrence. Et là-

même chose, on se

dessus il faut donner

très

rage, ce que tu

soucie pas ou
peu du temps, c'est pas

comme
une

dans la chanson où il y a

introduction,

un

développe¬

mais

je

avec

toi

ne

un

éclai¬

viens de faire
suis pas d'accord

sur

le fait de

ne

pas

ment, une conclusion, où tout est
bien carré, dans un cadre bien

utiliser le mot folklore. En

doré.. Ici c'est

plus
du

de

une

de

un

espace

ouvert.

Un peu comme

Jackson

Pollok,

on

lance

grande toile, comme ça par terre,
puis on y va, on fait des récits
avec la peinture ; là c'est un petit
peu pareil, la jungle c'est une
et

forme de récit mais

au

récits

ce

sont

sonores...

Et c'est vrai que

par rapport au côté arythmique
de la Gwerz, dans la Dark jungle
on trouve des breaks cassés,

complètement arrêtés, hors
normes par rapport à la concep¬
tion qu'on peut avoir de la
musique aujourd'hui et c'est
vrai, il y a ce côté arythmique
qui est très fort dans un de ces
styles de la jungle. Par rapport
aux

la

si

chants à danser notamment,

plupart des danses bretonnes,
on généralise, fonctionnent

entre cent

ce

mot est

son sens

dévoyé, vidé

initial, signifiant

toujours une musique
plouc, de deuxième zone, le
passé, le musée etc... alors que
presque

soixante et cent

Oui, la démarche est similaire,
défense de
ture

nos

cultures et

ouver¬

le monde. C'est vrai

sur

qu'aujourd'hui dans un monde
où le racisme et l'intolérance ont

tendance de

surgir, c' est

plus en plus à resune

façon de réagir,

respecter et aimer la culture des
autres. Voilà, lui c'est un petit
peu la même démarche.
universel aujourd'hui il

Pour être
faut être
enraciné, ça c'est clair ; lui je
crois que c'est le discours qu'il
tient, c'est du moins ce que j'ai
cru
comprendre.
Bon, lui c'est pas trop la défen¬

folklore

C'est vrai que pour

la musique
bretonne... Peut-on parler de
musique traditionnelle, ou alors
le rock, le blues, le jazz c'est de
la musique traditionnelle. La
musique bretonne, peut-être...
On l'appelle musique tradition¬
nelle parce qu'elle est très

des racines. Seuls les arbres

s'enracinent, défendre une

langue pour la langue seule ça
ne sert à rien si on ne prend
pas en compte la culture
qu'elle véhicule. Cela dit, com¬
ment vivez-vous le cas Le Pen,
un Breton, fils d'un marin bretonnant qui lui se veut le cham¬
pion du nationalisme français?

ancienne. Par rapport au mot

11 suffit de voir les élections. La

folklore, c'est vrai qu'en France

Bretagne est la région en France

péjoratif, on ne peut
pas le nier ; c'est pour ça qu'en
Bretagne on T utilise peu, pour ne
pas donner plein d'arguments un
peu faciles aux gens qui seraient
trop contents de voir cette cultu¬

où le Front National fait le moins

il est devenu

re

mourir. Par contre au

Québec

l'occasion d'aller
aussi, j'emploie réguliè¬

vitesses

rythmiques. Par rapport
répétitions, aux boucles, on
en trouve
beaucoup dans la
jungle. C'est une musique très
répétitive et la musique bretonne
est par essence très répétitive

rement le terme

aux

bas il

aussi. Toutes les deux sont

Je présume que vous vous

en

sujets communs ?

se

fabriqueur de
si j'ose dire. J'ose !
es un

où

musiques de transe. Pour
arriver à la transe, il y a des
règles et dans ces deux musiques
on trouve ces mêmes règles. Ce
n'est pas par hasard qu'en jungle,
en
tripop, on dit souvent que ça
fait un petit peu tribal, un petit
peu ethnique. Par l'utilisation
des sons, des rythmes, ce côté

sur

actuel. Tu

soixante dix BPN, et la jungle
travaille aussi entre ces deux

fait des

êtes retrouvés

vous

c'est l'inverse, c'est vivant,

lieu des

des sons, des

ryth¬
miques qui arrivent, des sortes de

mots

France,

Vous

des

j'ai

chanter

eu

"folklore". Là-

n'y a pas de second degré,

il n'est pas

de voix, c'est la

plus belle des
réponses. Bon c'est un nationa¬
liste français. Lui, la Bretagne il
l'utilise par

opportunisme très
c'est par la

souvent. Je crois que

reconnaissance des diverses cul¬
tures vivant

sur

qu'on

pourra
efficacement

le sol national

contrer et lutter
ses

idées malé

-

fiques.

connoté comme ici.
Peux-tu

Ce soir il y a une
avec

rencontre

les Fabulous Trobadors.

nous parler des musi¬
qui t'accompagnent sur
ce disque ?

ciens

J'ai souhaité faire

connaissez ?

appel à des

musiciens de tendances, d'uni¬

Oui, je connais

Claude Sicre. On

s'est rencontré en

Bretagne, et

vers

musicaux

complètement dif¬
aussi bien des gens
musique improvisée

férents. Il y a

ensuite dans le cadre d'une

de la

semaine musicale

comme

organisée

par

Valentin Clastrier,

France Culture dans le métro. On

Kristen

eu l'occasion comme ça de
chanter ensemble. Un Occitan et

purement traditionnelle comme
Jacques Beauchamp qui est un

a

25

Noguès ou de la musique

�Linha

Imaginot
Intervistas

2e trimèstre de 1

_

-

-

ciens

droits de l'homme à l'extérieur,
finalement les applique très peu
à l'intérieur de ses frontières et

Marc Illien

c'est vrai

sonneur

de bombarde, très trad

comme on

dit,

ou

bien des musi¬

plus du rock comme Jean
qui vient de la scène
rennaise ; un DJ qui vient du rap
comme

Cédric Berneau..

Comptes-tu tourner avec cette
formation ?
Pour l'instant

on

n'a pas com¬

ReilCOntfe OH the Linha

I AM

qu'être Breton aujour¬
facile.On a tou¬
jours l'impression d'appartenir à
une culture soit dépassée soit
mineure soit méprisée. Je dirais
même ignorée.
d'hui c'est pas

En

moment

ce

en

KIFKIF PRODUCTION

Occitanie il y

Kifkif Production,

mencé à mettre le

a

scène mais

future modification de la

estampillé NM (Norme Marseille certifiée
conforme) produit la musique rap faite dans la cité phocéenne.

constitution, pour demander la

Créé par

disque sur
je compte le faire
pour l'été. Je pense que c'est
important, autrement le concept
serait détruit, il faut que ça vive
sur scène. Il y a aussi des chan¬
teuses bulgares, je les ai rencon¬
tré au Festival de Musiques
Traditionnelles des Açores. On a
improvisé comme ça au moins
pendant deux heures ; une
uilleam pipe, cornemuse qui
vient plutôt d'Irlande, sonnée par
Loïc Bléjean qui maîtrise parfai¬
tement le répertoire irlandais ;
un
joueur de zarb, Bruno Caillat,
percussion iranienne ; une cor¬
nemuse écossaise jouée
par
Bruno Le Rouzic. On

a

là

une

fusion de

plusieurs musiques et
de personnalités. En fait le
maître-mot, sur ce disque, c'est
qu'il n'y avait pas vraiment de
direction artistique. Chacun
apportait sa pierre à l'édifice, un
musicien proposait une idée, on
la prenait ou pas, mais il
y avait
au moins ça, c'est
important.
Au niveau de la télé

en

langue

bretonne, combien avez-vous
de temps d'antenne hebdoma¬
daire ?

toute

une

campagne,

liée à la

révision de l'Article 2 de la

contitution, qui empêche la
ratification de la Charte

euro¬

péenne. Je sais qu'en Alsace
c'est

en

train de rebondir.

Qu'en est-il

en

Bretagne ?

Je sais que

de plus en plus
politiques sont en
faveur de cette idée, ils ont pris
conscience que c'est une richesse
d'avoir une région avec une
d'hommes

identité forte. Très souvent, qui
dit identité forte dit aussi une

région économiquement forte,
les deux vont très souvent de

pair.
Avez-vous des élus breton

-

d'heure et trois
neuf secondes
cinquante centièmes... C'est

minutes quarante
et

de cet ordre là, c'est-à-dire des
miettes.

Et la littérature ?

Kifkif, IAM, le rap, Marseille,

intéresse because nous,
mouvement Linha Imaginot,
ça nous

oecitanistes,

Massilia Sound
System, groupe plus raggamuffïn. Au niveau rap, mis à part
les essais d'Ange B. avec
"Bouducon Production", il
nous manque des éléments.
des contacts

avez

avec

Massilia ?

Oui, il y a même une personne,
qui a été président du Conseil
Régional. Je crois qu'il vient
d'un parti de droite, il va faire
son
propre parti, justement en
faveur de la langue bretonne.
C'est un parti apolitique, pour le
breton, la culture, l'identité bre¬
tonne. Pour cela il

s'est entouré

de tous bords, d'acteurs
culturels, d'artistes. Ça va être sa
nouvelle liste et c'est vrai que ça
commence à faire
grands bruits

Bretagne. C'est quelqu'un de
très crédible, une grande partie
de la population semble prête à

:

tous

sommes

Je dirai que nous
liés dans le même

Gaudàs

par

Jacme

l'avant dans leur vie, et surtout

développer

un

maximum pour

c'est pas vrai, nous on est
accueillants, on est très cha¬

nous,

très

leureux et surtout très très très

par

humains. A Marseille il

(Imhotep)
exemple, il a déjà travaillé
avec Massilia, alors
je sais pas si
c'est pour leur faire des musi¬
ques ou leur rendre service, mais
je sais qu'on est tous une famille
là-bas.
Tu peux

n'y a
des jeunes qui demandent
qu'à réussir et c'est pas tout le
monde qui leur donne les
moyens. Ce que fait Pascal est
beau, c'est l'action, elle me plaît
beaucoup, c'est aller et faire aller
que

peut-être nous donner
quelques précisions...

les autres de l'avant. C'est

Kepdany

Oui, disons d'aboTd

talents.

que nous, on n'est pas IAM
même si un membre d'IAM est

Alors

gens

Propos recueillis

aujourd'hui c'est de réussir tous
chez nous, c'est
surtout ça la question, des gens
qui ont des talents magnifiques
et qui peuvent aller très loin. Le
but de Kifkif c'est ça : donner à
ces gens la chance d'aller de
ensemble. 11 y a

cercle. Je vois Pascal

en

le suivre.

longtemps. Nous, Marseillais, on
aime l'authenticité, notre but

que Marseille s'affiche un peu.
Faut voir comme on parle de

Ali Kalai

dedans.

Ça bouge autant qu'en musique.
Il y a de plus en plus de maisons
d'édition qui se créent. C'est vrai
que c'est difficile, le statut des
langues dites " minorisées" n'est
toujours pas signé par l'état fran¬
çais, tout comme la Grèce. La
France, qui est un peu passée
maître pour
revendiquer les

très lié à

on est

Marseille par

Vous

nants?

de gens
Trois quarts

Imhotep, l'Architecte musical d'IAM, ce label, a pour
promouvoir Marseille et tous les jeunes talents cachés
qui y habitent. A l'occasion de la sortie du CD "Chroniques de
Mars" et du vinyle "America" nous avons rencontré Kepdany
et Ali Kalai, en virée promotionnelle à Toulouse. Étaient pré¬
sent François Bacabe et Jean-Paul Becvort, responsables du
secteur Musica à l'Institut d'Estudis Occitans. (J. G.)
but de

rings

:

Imhotep

a

pris quelques

qui viennent faire des fitusur ses instrus ou qui font

eux-mêmes les leurs

et a monté

une

production derrière. Sinon le

lien

avec

Massilia

est

dans le fait

que

c'est les mêmes gens qui

vont

écouter la

Ali Kalai

qu'on

26

:

musique...

11 faut pas

se connaît

oublier
depuis très

magnifique de donner tout ce
qu'on a pour faire découvrir des

ces

"Chroniques de

Mars", que peut-on en dire?

Kepdany

: C'est un album où
Ton retrouve des jeunes groupes

marseillais

qui sont en train de
qui sont déjà implan¬
tés à part entière, qui font du rap
et surtout qui essayent de donner
des messages. Le hip hop mar¬
seillais est quand même de plus
en plus consciencieux, les jeunes

monter

ou

�Linha

Imaginòt

Intervistas
2e trimèstre de 1998
qui rappent sortent de la

rue.

C'est dur dans la rue, tu
l'entends mieux dans les
de

jeunes-là
paroles d'un autre
ces

dans

sa

maison

paroles
dans les
mec qui habite

que

en verre.

Qui retrouve-t-on

sur ce

album de sortir, Imhotep a
envoyé la sauce en disant : " Je
prends en charge et on va essayer
de produire nos disques nousmêmes, sans rien demander à
personne"; donc on est parti
d'une base, ses instrus et son son
qui est très fort.
cet

disque?
Kepdany

:

Kifkif Imhotep

les instrus, Akhenaton
morceau

avec

pour

fait un
Daf Bond, un
a

ancien du Soul

Swing, Boss,
Manby Oua du 3e Oeil ; il y a
aussi Shurik'n et

son

frère Faf

Laragc avec "La garde meurt
mais

avec

Massilia

a

fait

Ròker Promocion ?

Kepdany : Oui, un peu dans cet
esprit là, sans rien demander à
personne, sans subvention, on
fait nous-mêmes notre promo...

rend

pas" le premier
morceau qu'ils font ensemble, un
titre qui passe beaucoup en ce
ne se

Un peu comme

C'est pour ça que vous

êtes

aujourd'hui à Toulouse...
Ali Kalai

:

Oui,

pris le train il
deux jours. On

on a

y a

est arrivé à Bor¬

deaux et là

on a

stické toute

une

journée. On est
allé voir

nos

contacts, on fait
des villes tous les

jours et aujour¬
d'hui

on

est sur

Toulouse.

la

production, du travail, donc

Karim Le Roi,

de

l'économique...

coup

:

rence au morceau

du "Shit

morceaux.

parents sont venus
vivre ici parce que
c'est une ville
moment. C'est un morceau

qui

projette dans le passé, au
temps des chevaliers, ils ont cha¬
cun une arme, l'un une
épée et
l'autre un catana et ils combat¬
se

tent les fachos. En fait c'est ce

tranquille. Ils peu¬
prendre un bus sans bouscu¬
lade, ils peuvent aller à la CAF
faire un papier sans faire une
queue d'une heure, c'est bien.
Donc moi j'oublie pas mes
parents, de temps en temps je
vent

qui

viens leur rendre visite. C'est là

de protéger une certaine
qualité, chacun des morceaux est
traité au même niveau, ça part
sur plein de thèmes différents et

que j'ai connu un petit peu les
jeunes d'Arnaud Bernard et
François (Bacabe) qui m'ont tou¬
jours appelé Marseillais
Marseillais Marseillais... (rires).

se passe aujourd'hui à
Marseille aussi. Dans ce label on
essaye

rejoindre
les "Chroniques de Mars".
Comme je disais, c'est l'auloproduction qui a permis en liait à
dans tous les

sens

rappers pour

enregistrer

Ils ont voulu le

ces

son,

il

le vinyl soit chié.
On en reçoit beaucoup et souvent
il n'y a pas le son. Alors ils sont
allés à New-York, ils ont pris
Carlton Bat, un mec qui masterise au Hit Factory, le top du top,
fallait pas que

j'y ai un petit
habité. Mes

et

le

morceau

est revenu de flam¬

pressé là-bas, ce
qui fait que le vinyl est de très
très bonne qualité. Il n'y a que
deux titres, ce qui laisse plus de
place au sillon et donne une
meilleure qualité au disque.
Donc il y a sur une face le mor¬
ceau plus une autre plage avec
l'instrumental pour ceux qui veu¬
lent remixer ou prendre le micro
me.

dessus et sur l'autre

face c'était

avec

porteur et - c'est là
que ça me parait fort - il y a de

qui fait les instrus, toute la Funk
Family, Faf Larage, le 3e Œil,

Le fait d'avoir
vous

est

Imhotep

on

s'est rendu

compte qu'il y avait plus de DJ

qu'on s'imaginait. Sur Marseille
a

vendu

une

centaine de

avec

le tissu social de la ville.

Alors dans votre histoire

avec

Marseille, cette civilisation
occitane, avec ses Trouba¬
dours, qui a été captée très vite
par Massilia, est-ce que ça vous
intéresse de regarder là-dedans
sachant que c'est une épopée et
que tous les concepts d'IAM
sont quand même des épopées.

Kepdany
on ne

:

Tout-à-fait. En fait
beaucoup,

s'intéresse pas

c'est vrai, à l'histoire

de

l'Occitanie parce que là où on est
on la voit vraiment pas
l'Occitanie. Les pots d'échappe¬
ments et la crasse

qu'il y a par
l'Occitanie, il
n'y a pas un arbre à Marseille, je
vois pas un jardin, je vois pas un
parc, je vois pas où elle est
terre, on voit pas

l'Occitanie à Mar-seille.

Ils ont aussi

méga trip avec Freeman,
Akhenaton et Laura Lucciano de
la Funk Family. Sur le premier
"Le Retour de Squad" tu as
Freeman, Akhenaton, Imhotep

pour

recommandes,

Ça m'intéresse de revenir, de
parler de cette action reliée

Squad", un mor¬
ceau
qui parle que de fumerie
pendant sept minutes et qui n'est
sorti qu'en vinyl à 2000 exem¬
plaires. Jamais c'est sorti en CD,
c'est sur quelques mix stapes
(pirates) ; il n'y a pas beaucoup
de gens qui l'ont entendu en fait
mais il y a beaucoup de gens qui
l'ont chez eux. Les vinyls c'est
surtout les DJ qui les achètent.
Donc sur cette opération, Gilles
et La Sad, qui sont à la base de
l'Association "Le Squad", qui a

avec

peu

ces

Retour du Shit

était de

prendre tous les rapde Marseille, de les mettre
sur un morceau et de parler du
même sujet. Ça a donné "Le
re

histoire

que

avait

pers

"Ombre et Lumière". Là, le déli¬

ces

Disons

on

décidé de faire
notre propre distribution. La Sad
et Gilles ont pris une voiture,
sont partis visiter tous les maga¬
sins qui vendent des vinyls, et
ont proposé le disque en dépôtvente. Très vite il y a eu des
on a

disques au départ, on hallucinait,
jamais j'ai vu cent personnes qui
ont eu des platines, parce qu'on
se parle peu dans la rue...

collé à Kifkif, sont allés voir tous

:

vinyls et

on

Squad" d'IAM dans l'album

as une

Ali Kalai

qui fait beau¬

ce

gens.
Donc

Ce qui est délirant
dans l'histoire c'est qu'on s'est
lâché... 11 y a eu d'abord un mor¬
ceau avec Faf
Larage, le premier
artiste signé chez Kifkif ; Pascal
avait un projet d'album instru¬
mental, que de la batterie, pour
les DJ, pour les samplings, et
aussi un troisième projet, "Le
Retour du Shit Squad", en réfé¬

Kepdany

Toi Ali tu
Toulouse...

de

le

L'Occitanie tu

l'imagines com¬
la voir ?

ment pour ne pas

Kepdany ; Je la vois verte, avec
plein de collines, comme ici aux
alentours, même

aux

alentours

de Marseille, pas

très loin, mais
il y a pas beaucoup de gens qui
vont pas très loin à Marseille. Il
y en a plein qui restent dans leur
quartier, qui sont jamais allés à
la campagne à côté.
En fait tu vois l'Occitanie
comme

pagne

?

un

rapport à la cam¬

�Imaginòt

Linha

2e trimèstre de

1998

Kepdany : Tout à fait, voilà...,
Jean Paul Becvort : Ce qu'il
faut savoir, c'est que TOccitanie
ça a un siècle cette année et que
l'Occitanie en gros, c'est un bras
d'honneur à Paris. C'est ça qui

bras d'honneur à

est

essentiel,

un

centralisme délirant

un

qui fait

envie de faire des
choses au top, comme vous faites
vous, qu'on a rien contre Paris

que nous on a

envie de se faire
budget de la
culture à Paris, 80% pour le
théâtre, ça, nous on dit que c'est
mais

on a

pas

bouffer. 67% du

Pour

nase.

T Occitanie

nous

siècle, ça veut dire
se la tour Eiffel...
Ali Kalai

Je

:

a un

qu'on renver¬

veux vous

dire

quelque chose en ce qui concer¬
ne

deux

j'ai assisté, il y a
à une fête que vous

ans,

nous et je peux
qu'il n'y en a pas beau¬
coup qui sont venus à Marseille,
ou qui reviendront et qui pour¬
avez

faite chez

vous

dire

faire marcher 2000

ront

Marseillais,

serait-ce que cinq
mètres, et vous vous l'avez

cent

ne

fait du centre ville
Marché

Puces.

aux

jusqu'au
11 y avait

2000 Marseillais
pour
vous.

venus exprès
faire cette marche avec
Je vous le dis, on est dans

cercle où

même si

ce

on

se

réunit tous,

qu' on fait est diffé¬

rent, les mentalités se rejoignent.
D'ailleurs c'est pas pour rien,
moi
on

je découvre ça pendant la promo¬
tion que Ton fait en ce moment.
On prend le train, on va dans des
villes extérieures. J'ai fait ça
une

à

époque où j'avais vingt ans,

dans

autre contexte,

un

c'était

différent.

Aujourd'hui je le fais
avec peut-être moins d'argent,
c'est mieux, c'est plus chaleu¬
reux, ça m'envoie vers la ren¬
contre, l'ouverture. Le monde du
rap n' est pas fermé, les gens sont
peut-être trop dans leur domaine.
Ces rappers là, ce qu' ils font ils
le font à fond, c'est peut-être
pour ça qu'on a l'impression
qu'ils sont renfermés dans leur
monde. Rien que la démarche
qu'on fait, nous, pour vendre,
écouter notre musique prouve
bien que c'est ouvert, que nos
messages arrivent à passer.

l'Occitanie et toutes vos

démarches. Moi

un

Intervistas

je

ne

crois

pas au

hasard, si

s'est rencontré tout-à-1'heure

dans la

c'est que vous

saviez
qu'on allait arriver, il fallait
qu'on se rencontre. A Marseille
moi je connais les gens avec qui
rue

travaillez, ce sont nos amis.
je le dis, il ne faut pas
tout le monde pour tout mais
pour tout il faut un monde.
Voilà, nos mondes ne sont pas
vous

Ce serait bien

d'envoyer un
vinyi à la Compagnie Lubat ?
Kepdany

:

On Ta fait, on a

contacté Bernard Lubat.
Bien. Finalement sur ia

palette

se

se

rassemblent,

réunissent.

ment

comme

ouverts

beauté d'être

à celui du voisin.

Ali Kalai

:

Tout à

fait, d'ailleurs

nie révèle la vérité de la France,

s'appelle hip hop, c'est plutôt

un
pays où il y a neuf peuples au
départ. Elle révèle aussi le natio¬
nalisme français et donc aussi un
rapport à l'émigration qui est
stupide. L'Occitanie est un déto¬
nateur pour voir les choses à

ça

ça

large, on a pas encore ce truc de
dire on est Occitan... Chez nous
il y en a plein
c'est l'Algérie,
pays,

qui viennent...

c'est d'autres
les Comoriens... etc. Ils ne

peuvent pas se revendiquer

Compagnie
quand même
vingt ans que Lubat est retour¬
né à Uzeste, il n'y a pas vingt
ans qu'il a pris conscience de
l'importance de cette Occitanie
que tu ne vois pas, mais depuis
plus de dix ans, il a rencontré
pas oublier la
Lubat. Ça fait

lu, travaillé, et tout
si ça n'a rien chan¬
gé à la force de sa musique
bien au contraire, ça l'a renfor¬
cé et aujourd'hui, sur la Li¬
nha, c'est lui le plus proche du
Castan, il

a

d'un coup,

rap.

Kepdany : Ce que je voulais dire
au sujet de TOccitanie, j'avais
pas fini, si je la vois pas c'est par
rapport aux textes. Les jeunes
qui sont avec moi n'écoutent pas
les

les textes parce que ça ne

interpelle

encore

pas.
chercher

Ils ne vont pas
jusque là. Ils

écoutent des textes américains...
Des textes

en

occitan ça va

dur pour eux parce que

être
c'est

loin... Par rapport à l'esprit de
faire un truc tous ensemble,

l'envers.

Occitans !

Kepdany
Jean-Paul Becvort : Attends,

qu'on

c'est pas comme ça

l'entend. Félix Castan Ta écrit

depuis longtemps, TOccitanie
c'est pas un ethnisme ; c'est antirégionaliste, anti-nationaliste,
par contre, et ça c'est grâce à la
littérature occitane qu' on le com¬
prend depuis des siècles. C'est
que d'une part, on ne le sait pas
assez, la première inquisition par
été créée contre les

le monde

encore

François Bacabe : De toute
façon ce sont des mondes qui ne
sont pas fermés et qui ont juste¬

notre identité", on dit

comme

Occitans à Toulouse, par les
Dominicains au XIII eme siècle,

Fabulous Trobadors, il ne faut

TOccitanie

c'est

Je ne
comprends pas tout, mais je vois
exactement l'esprit. Ça va plus
loin. Pour l'instant on ne parle
même pas d'identité mais des
sujets sur ce qui se passe. On a
pas encore dit: "ça s'appelle
J'ai été beaucoup avec eux.

Linha

la
Imaginòt, à partir des

très centralisé, donc

"organisons nous pour que
la France soit plus intelligente".
Tout ce qui a été occulté, à
savoir des cultures allogènes
comme la culture occitane, qui a
un prix Nobel, Mistral c'est un
Provençal, c'est chez vous, et ça
on n'en
parle jamais... L'Occita¬

musicale, qu'on retrouve sur

Comme

pareils mais ils

TOccitanie c'est ça
aussi, j'ai été sélecte de Massilia.

parce que

a

:

C'est

un peu ce

qui

passe avec Kifkif. Ça s'étouf¬
fait, on est parti à New-York

se

avait là-bas le maté¬
incomparable, au

parce qu'il y
riel qui est
niveau du

son

tu ne peux pas

qualité qu'ils ont, c'est
possible. Mais il faut savoir
les instrus et les voix ont été

avoir la
pas

que
faits à la Belle de Mai ; tout part
de Marseille...

Jean-Paul Becvort

:

Ce qui est

très fort dans votre démarche
c'est que vous

allez là où c'est

fermer la
gueule aux gens. Donc l'histoire
de TOccitanie, par sa littérature,
nous apprend à travers les
siècles, justement, que c'est la
solidarité entre les gens qui per¬
met de s'organiser... Regardez, il
y a un truc rigolo. Souvent la
France parle qu'ils ont fait la

bon, ça prouve que vous n'êtes

Révolution

c'est

contre

les cathares pour

donné

un

en

statut

1792, ils ont
aux

Juifs

des provinciaux. Un provin¬
tout de suite "s'il
faut que ça marche il faut aller à
Paris voir ce qui se passe". Vous,
pas

cial il pense

si à Paris c'est bon vous allez à
Paris mais si c'est bon à New-

York

vous

allez à New-York.

Vous êtes des gens

majeurs et ça

capital.

avec

l'Abbé

Grégoire, c'est scanda¬
déjà, un statut ! lié bien il
faut savoir qu'à Toulouse il y
avait des Maires juifs au Xllle
siècle. Le premier en 1227 c'est
Elie Asar. Je suis sûr que si vous
leux

cherchez bien

sur

Marseille,

ville est
cosmopolite depuis toujours,
méditerranéenne, où tous les
gens se sont abarrejats, comme
on dit. L'Occitanie c'est
pas du
tout un truc d'ethnisme,
ça a rien

vous verrez

à voir

avec

que cette

les Corses, les

Bretons... etc.

Ça part d'un col¬
lectif, c'est essentiel. Là, ce qui
nous

snobe tous,

commun,

28

qu'on a en

c'est qu'on a un pays

Propos recueillis par Jacme
Gaudàs

Le

Squad 19,rue Chaten Redon

13001 Marseille Tél

:

28 45 / 06 114536 90

04 91 33

�Linha

Imaginòt

Intervistas
2e trimèstre de 1998

est

Linha et IEO Musica

théorique

par

concepts. On ne peut pas

comme

s'en passer non

Claude Sicre passe

la main

:

veut pas

chose faite. A l'occasion de la célébra¬

depuis quelques temps, c'est aujourd'hui

s'est tenue samedi 13 décembre 1997
au
Bijou (Tolosa) entre Claude Sicre, responsable du secteur Musica de l'Institut des Études
Occitanes
directeur de la publication et rédacteur en chef de la Linha Imaginât et Jean-Marc
Buge, François Bacabe, Jean-Paul Becvort et moi-même (Jacme Gaudàs). Au programme, la pas¬
sation de pouvoir et des responsabilités, pour les années à venir, de la revue Linha Imaginât et du
secteur Musica de l'IEO National. Historique, état des lieux et perspectives du mouvement.
tion des dix

ans

plus...

Qu'il laisse la Linha ne
dire qu'il ne va pas
continuer à produire...

J.G.

J-M B.
C'était dans l'air

tout ce qu' il

documentation,

comme

remue

du Parti Occitan, une réunion au sommet

,

tout

Oui, en plus de ça il y a
travail de collectage

:

un

d'informations
une

info,

un

en

tout genre,

soit

article, trois fois rien

ce que vous avez fait à
Marseille par exemple, ça peut

parfois,

important, et j'ai aussi
qu'il y a d'autres
que moi qui s'intéressent à

être très

besoin de sentir
gens

la Linha.

Claude Sicre
Linha
revue

.:

Donc, il y a la

Imaginât,
mais aussi

nom
nom

d'une
d'un

concept, qui a joué un grand
dans

un

mouvement

rôle
qui n'est pas

structuré, volontairement. Ensui¬
il y a

les éléments d'une struc¬
ture qui est l'IEO Musica, que
j'ai fondé en 1983-84, parce
qu'il n'y avait pas de respon sable de la musique à l'IEO. Les
te

dehors, il y
(Action
Culturelle Occitane) à la fin des
musiciens étaient
avait

eu

en

qu'on avait une
vision beaucoup plus large que
celle de l'Institut des Études
Occitanes, on voulait rester dans
ce cadre mais l'élargir aussi un
peu avec des concepts. Alors on
peut dire deux choses. On peut
C.S.

aller

:

Parce

assez

qui n'était pas à

vite

sur

la Linha

Imaginòt et revenir sur 1' IEO
Musica

'

J

Imaginât
réunion

en

avec

a

Linha

1990. J'ai fait une
moi-même et j'ai

l'IEO, qui y était même très hos¬

décidé de faire

tile par

certains côtés et qui
regroupait les gens de musique,

j'y ai associé des gens qui vou¬

de théâtre, etc. Cette Action
Culturelle Occitane n'a pas fait

parmi vous qui y ont travaillé,
François (Bacabe) un peu , sur¬
tout Jacme (Gaudàs) qui écrit
beaucoup dans la Linha. Pendant
longtemps je m'en suis occupé

grand chose. Ils nous ont suivi, à
nous, c'est-à-dire WAP Toulou¬
se du temps où je m'en occupais,
dans

une

manifestation pour

l'occitan à la télé ; ils

avaient

essayé de récupérer, mais ça
puis ça
s'est cassé la gueule tout seul.
Donc, étant à l'IEO, je pensais
que c'était bien qu'il y ait une

avait été très mauvais

structure musicale.

Après j'ai fondé la
Imaginòt dans les années

une revue.

laient être associés.

Après

Il y en a

des aides, mais
qui dirigeait tout et,
depuis cinq ans, Jean-Marc
(Buge) est entré dans la Linha. A
tout

bulletin

Quartiers du Monde, un ecto plasme, qui n'existe pas réelle¬
ment vu qu'il n'y a pas de struc¬
ture de la GRQM.

loin...

Parce que comme

:

il y

a

passation de pouvoir directe,
Buge peut d'un côté
être en rapportée dis fias conérôlé mais en rapport avec l'IEO, et
une

seul,

avec

c'était moi

partir de 1992 il a fait un travail
plus en plus important, il est
devenu le pilier administratif, le
gestionnaire. Le fait de renvoyer,

d'un autre, c'est lui-même

qui

se

décide des choix
qu'il fait. Ça lui donne une liber¬
té, moi je crois beaucoup aux
entreprises individuelles au sein
d'un collectif, je crois que c'est
très important. Donc voilà, je
contrôle, qui

soit Jean-Marc
Linha
Imaginât vu que c'est le princi¬
pal animateur de cette revue
depuis quelques années.
propose que ce

Buge qui prenne la

J.G.

:

Personne ne trouvera à

cette passation, sinon
qu'il faut aujourd'hui peut-être

de

redire

d'attirer, collecter des articles,

l'agencer, l'organiser d'une
manière plus rigoureuse encore

sur

tâche et aller plus

Quartiers du Monde.
Jacme Gaudàs.: Pourquoi rajou¬

de l'IEO Musica mais, pour se

première que Claude amène, qui

en

1990. Depuis

années elle est aussi le

bulletin

de la Grande Révolution des

que ce que je fais, j'ai aussi
besoin de soutiens en tout
genre...

faire

caractère

publication et de rédacteur

en

chef.
Alors

Ç.S.

:

H n'est pas question pour

moi d'arrêter

ce

que

je fais. Ce

que je fais c'est quoi ? Je lis, fais
des notes, contacte des gens pour
la Linha Imaginât à qui je dis
d'envoyer des articles...Ce que je
ne veux plus faire, c' est la direc¬

tion et la rédaction en chef et
cela pour deux raisons. Première
raison, et qui est importante,

relations avec
général sont complète¬

c'est que mes

l'IEO
ment

en

distendues et c'est un peu

dramatique qu'une revue, qui est

partie la revue de l'IEO, n'ait
de rapport direct, fréquent et
systématique avec l'IEO natio¬
nal. Moi je n'ai plus le temps, je
ne veux plus le faire, j'ai trop de
travail, ça me prend la tête. Je
pense que le donner à quelqu'un
d'autre, recréera plus de relation.

en

aujourd'hui je
propose que ce soit scindé. La
Linha Imaginât reste le bulletin

huit
ans, elle est le bulletin de l'IEO
Musica et depuis quelques

formalisée

personnelle où je n'ai
les moyens de m'investir

plus
C.S.

Jean-Marc Buge : Disons que
j'ai été surpris quand Claude m'a
proposé ça, bon c'est vrai que je
fais tout un travail pour formali¬
ser les choses, organiser, etc. Il y
a quand même toute une matière

elle-même s'est

Bon, alors j'accepte ce
je suis en plus en

:

rôle mais voilà,

pas

Pourquoi cela ?

:

dans celui de directeur de la

revue

J.M.B.

situation

J.G.

pour alléger sa
loin...

86-87 et la

: C'est bien dans ce sens là
je dis qu'il faut aller plus

que

l'impression, la diffusion, le
légal. C'est lui qui a
joué le rôle principal, moi restant

Linha

J.G.

de la Grande Révolution des

Jean-Marc

:

l'ACO

années 70,

donner la liberté, reste le

dénomination?

ter cette

pas

Je ferai

29

mon

boulot normale

-

j'ai fait jusqu'à
aujourd'hui, mais je ne ferai pas
ment, ce que

le boulot de direction.

Deuxièmement, moi

j'ai

un

fonctionnement, et je

pense qu'il était obligatoire, très
solitaire ; sauf qu'en étant seul à

�Imaginòt

Linha

l'IEO Musica
pas
eu

-

et

je

ne

regrette

d'avoir fait comme ça - j'ai
finalement beaucoup de

contacts.

J'ai

un

réseau de gens

qui je travaille qui est très
grand, mais n'empêche qu'à un
certain moment, peut-être main¬
tenant, l'étape est venue pour un
travail plus d'équipe à l'intérieur
de l'IEO Musica et en partie de
la Linha. Donc ne pouvant pas le
faire pour des raisons de disponi¬
bilité, je pense que c'est mieux
que quelqu'un d'autre le fasse.
Mais ce n'est pas que des raisons
de disponibilité. En continuant à
faire mon travail, si quelqu'un
fait le travail que je n'ai pas fait,
et bien ça va faire double. Je me
souviens qu'une fois on m'avait
proposé la présidence de
avec

chissant à la

musique au
plus haut niveau, réflé¬

chissant à l'Occitanie,

j'étais seul... Je voyais
pas des gens, on aurait
dit que je parlais dans le
désert,

un peu comme

Castan pour qui sur cer¬
taines têtes les mots tra¬
versent.
a

Les seuls

qu'on

trouvé, c'est Jacme

au

niveau

journalistique
qui avait les idées, qui
travaillait, qui s'intéres¬
sait à la musique et puis
Jean-Marc, qui lui ne
venait pas de la
musique mais qui
s'intéressait à l'occitanisme. Donc il y

avait

solitude, fallait

une

Carnaval étudiant, le COCU. Je

créer les

faisais

déjà plein de choses au
bureau. Si j'étais président, tous
les gens qui s'adressaient déjà à

concepts, avant d'asso¬

moi continueraient à s'adresser à

réunions pour essayer

moi, plus les gens qui s'adresse¬

un

raient

président. Si moi je
n'étais pas président, il y a plein
de gens qui s'adresseraient au
Président plus les gens qui
s'adresseraient à moi, ça fait un
éventail pins grand. Donc là, il
va y avoir l'IEO Musica avec
vous, la Linha Imaginât avec toi,
moi je ferai toujours du boulot.
Ils

me

fera

au

verront

moi, toi,

vous :

ça

pluralité d'avis,
d'angles d'attaque. Je pense que

réseaux, les

cier les gens.

fois

qu'il

Chaque
avait des

y

peu de formaliser,
c'était des trucs, des
retours

je

Claude Sicre

arrière, moi

pouvais

ne

cer

en

d'un pas.

pas avan¬

J'aurais créé

F.B.
un

IEO Musica

des gens

démocratique, avec
qui auraient adhéré,

venez on va voter sur

la ques¬

tion, j'en serais a la fête du ron¬
deau

chaque année, c'était pas
possible...

une

c'est bien...

François Bacabe .: Tu parles
d'entreprise individuelle, mais là
on est en
plein dans l'addition
d'entreprises individuelles, c'est
à dire

avec

tout

une

somme

de

F.B.

Il y a

quelque chose qui
t'as nourri quand même, c'est le
travail d'organisation fait par des
gens s'inspirant des théories que
tu as développées. Je pense à des
gens comme Mescladis à
Decazeville, c'est important,
c'est le prolongement dans
:

convergences, une somme de

l'action d'une théorie. Bon,

biographies et de capacités per¬
sonnelles qui s'additionnent et ça
c'est quelque chose qui s'est pas
fait pour les raisons que tu as

même si la formalisation théo¬

dites...

rique

ne

tienne
C.S.

:

pas se rajouter à
sein d'un débat...

vient

ou au

Mescladis, c'est super,

mais c'est récent.

C.S.

:

qu' à

une

Ce que

je peux dire, c'est
certaine époque dans le
mouvement occitan, j'étais à
l'IEO, tout le monde n'y était
l'intérieur de la musi¬
que, c'est vrai que j'ai trouvé des
gens qui m'ont aidé. A cette
époque j'étais seul à penser ce
que je pensais, castanien, réflé¬
pas, et à

la

Quand j'ai

commencé l'IEO Musica, en 84,
des Mescladis il y en

avait nulle
part, personne ne parlait comme
ça. Maintenant oui, on voit des
gens reprendre les concepts
qu'ils ont vu sur la
Linha
Imaginât, même parfois ils vien¬
nent m'expliquer ce qu' on a dit il
y a dix ans. C'est génial...

avec

Bernard Manciet

C'est très bien, c'est la

:

démonstration que tu ne

prêches

de

l'animation, mais à un certain
donné, tu vas pas mettre

moment

vote pour savoir si tu dois
faire venir Lubat ou pas, quatre

plus dans le désert...

au

C.S.

vingt dix neuf

Oui, c'est la démonstration

:

aussi

et j'y

savent

mettre tout le monde

tait

donc c'est

un

d'accord,

travail de persua¬

sion

démocratique, et puis quand
a une marge minoritaire tu te

pour cent

ils

pas ce que fait Lubat,
t'es bien obligé d'avancer...

tiens quand même qu'à un certain moment, pour
avancer, il faut des entreprises
individuelles ou de petits
groupes. J'ai co-fondé le Comité
de quartier d'Arnaud-Bernard, je
me suis
toujours dit, là il faut
-

F.B.:

ne

là

Rappelle toi quand même,

il y a une période où on s'est
retrouvé en tout petit comité, sur
Arnaud Bernard, et où ça

discu¬
quartier, sur
des généralités qui ont donné
naissance à la conceptualisation
sur

le travail de

il y
tais. Mais par contre quand tu
veux faire des trucs culturels,
moi j'allais pas demander à la

de la Linha...

base du Comité de

sation de la Linha c'est antécé¬

devais faire venir demain

dent, si tu regardes le premier
numéro, en 90, toutes les bases

quartier si je
Jorge
Amado dans le quartier ou pas.
J'allais pas demander parce qu'il
fallait qu'ils lisent les bouquins
et six ans
après... Tu comprends
ce que
je veux dire. C'est comme
quand tu fais une fête, à un
moment donné, tu
peux pas faire
une

fête

en

demandant l'avis à

C.S.: Oui mais pas sur l'IEO
Musica. Quant à la conceptuali¬

fondatrices y sont. Ce que je
défends là c'est pour vous que je

le dis. Dans le cadre de l'IEO

Musica, que vous prendrez, ce

je sais, c'est qu'une petite
équipe c' est bien, et que ça peut
être mieux qu'un individu à un
que

tout le monde pour

moment

fais

l'action culturelle c' est

savoir si tu la
Il y a
certaines fêtes dans le quartier où
on a pu le faire
parce que c'est
ou

si tu la fais pas...

donné mais dans

danger. Alors si
retrouvez à

un

grand

vous vous

trois, il y a quelqu'un

�Liriha

Imaginòt

Intervistas

2e trimèstre de 1998
qui peut

dire "oui mais
associé la quinzai¬
ne de gens qui sont intéressés...",
comme moi on peut me dire, "tu
n'as pas associé les quatre per¬
sonnes...". Hé bien moi je vous
justifie panavHnce païae que je
sais que c'est une entreprise, que
c'est une personne, ou deux ou
trois ou quatre, enfin un petit
groupe, qui à un moment donné
vous avez

fait

vous
pas

avancer

les choses. Je pense

l'IEO, secteur Musica, et
je réponds par avance à des cri¬
tiques que j'ai entendues vague¬
ment, puisse marcher à la sauce
démocratique. C'est pas pos sible, ça ne marchera pas ! Si
vous
prenez tous les gens qui
pas que

vont

adhérer

au

secteur

joué

rique est importante, faut que
reveniez aux questions qui
se posaient en 1984. Je vous

Toulouse-Marseille qui a été
importante, c'est ce rapport entre
deux grandes villes
qui a été fon¬
dateur, là on est en plein daas

que pour faire une action vous
voulez faire une réunion de tous

là, vous ne ferez rien, là
c'est mon expérience qui le dit,
c'est pas une théorie. En tous cas
je ne regrette rien, au contraire,
je pense que j'aurais rien pu faire
autrement que ce que j'ai fait, et
en
plus je pense, très sincère ment, que je l'ai fait très bien, je
gens

suis très content de moi.

vous

lisez la revue de l'IEO
tdestannées 80-84, lisez Infos:, las
assure,

autres

:

Alors passons de la Linha

à l'IEO Musica...

C.S.

: Ce
qu'il faut savoir, c'est
quand j'ai fondé l'IEO
Musica, tous les problèmes tels
qu'on les pose maintenant, la
musique, la culture, ne se po¬
saient pas. J'ai réussi à les poser,
dans la musique, parce que
j'avais d'un côté une réflexion
musicale et puis d'un autre la

que

théorie de Castan. Bon, rien

qu'avec

revues

J.G.

:

:

Alors qu'est-ce qui s'est

sonnes en

Occitan

a

deux

après
être rentré au COCU, je partais
avec eux pour chercher des
groupes et parler de l'Occitanie
au Brésil alors que les autres
étaient dans leurs petits trucs.
Les rapports avec Lubat, se sont

Imaginòt", je l'ai écrit en 86,
c'était une réplique directe de ce
qu'il disait, c'est lui qui parlait
d'une linha qui allait de Nice à
Bordeaux... Castan n'avait pas

beaucoup réfléchi à la musique,
encore que sur Déodat de
Séverac, quand j'ai fait ma thèse
il m'a appris des choses, mais
disons qu'il n'avait pas de

ans

Massilia, et là François a
joué un grand rôle dans la mesu¬
avec

re

où c'est lui

qui

nous

les

a

pré¬

senté, qui nous a fait venir pour
les écouter. Les rapports avec
Tout de suite

importants.
après je les ai pré¬
qui

joué un
rôle très important pour ce qu'est
Massilia aujourd'hui. D'ailleurs
a

Tatou a dit récemment: " La
chance pour Massilia c'est
d'avoir rencontré Sicre." J'ai dit

:

Il

me

;

l'indépendance totale de
responsable de la

Linha,

en

les deux.

F.B.

Mais est-ce que tu peux

:

une

n'en est pas une

structure

qui

?

C.S

parler. Le responsable de la
Linha Imaginât c'est le respon¬
sable de l'IEO Musica jusqu'à
aujourd'hui, c'est pour ça qu'il
faut faire une séparation. Mais le
responsable de l'IEO Musica
c'est un élu, c'est pas un mec qui
dit : " Je prends l'IEO Musica",
c'est un élu, je suis élu par une
assemblée générale, enfin
jusqu'à il y a quelques aimées ;
ça a changé maintenant. Là je

C.S.

: Attends,
j'ai jamais dit
qu' il fallait distendre les liens, je
sais pas à qui tu réponds... Moi je
pense qu'il faut une indépendan¬
ce. Ce que je propose, c'est que
la revue la Linha Imaginât ait
une
indépendance par rapport au
secteur Musica, c'est-à-dire qu'il
y ait une personne responsable

dernière instance de tout

en

ce

qui parait, et des responsables de
l'IEO Musica qui réfléchissent
sur

les recrutements

a

vous

c'est

Elle

:

F.B.

: Ce que vous dîtes là c'est
évidence. Dans la mesure où

et

du secteur Musica, dans la

une

mesure

responsable de la Linha
où tu te retires de l'un et

de l'autre, il faut

bien que ça

«'incarne dans différentes

ner-

en

est une,

donne les
une

bureau

en

il faut

en

responsabilités,

si le
d'accord, ça va se

convenance,
est

mais l'année
prochaine il faudra que vous
vous fassiez élire, faut
pas être
trop formaliste non plus... Donc
quel problème ça pose ? Que
normalement la Linha Imaginât
passer comme ça

c'est la

31

dernière instance c' est

qui décide de tout. Je pease
que ça fait une dialectique entre

la Grande Révolution des

Massilia

a

Quartiers du Monde", qui n'est
pas du tout une structure. Pour

Quartiers du Monde, et même
d'autres choses qu'on sait pas
aujourd'hui, tant mieux, mais
qu'elle reste un organe de
paroles pour le secteur Musica
de l'IEO, je pense que c'est très
important

étais

tion s'est faite là, l'IEO Musica

:

"et de la Grande Révolution des

une revue et

Linha.

tu

quelques années après,

ter à "bulletin de l'IEO Musica"

l'IEO Musica et la

Sicre c'est d'avoir rencontré
Castan et d'avoir rencontré
donc d'avoir pu présenter
Castan à Massilia". Donc la filia¬

prendre tin charge laéLinha, rilàis s
je propose que ce soit séparé, je
veux pas que les liens soient dis¬
tendus, au contraire je souhaite
qu'ils soient rapprochés mais
qu'il y ait une indépendance de
la revue par rapport à l'IEO
Musica. C'est pour ça qu il y a
deux ans, j'ai pris le parti d'ajou¬

parler d'un lien structurel entre

aussi

et

Non, les mêmes personnes
pourraient

:

de l'IEO Musica

faille distendre le lien entre

:

et la chance de

C.S.

lui

"Oui, votre chance c'est d'avoir
rencontré Sicre

sur mon

d'entreprises

semble, et c' est très bien que ce
soit Jean-Marc Buge - de toute
façon ce n'est que la réalité - qui
s'occupe de la Linha Imaginât.
Par contre je pense pas qu'il

noués

en 86, à l'occasion de la
fête de Larrazet. Fin 87 rencontre

je reviens

individuelles.

fonder

Simplement que la Linha Imagi¬
nât soit aussi le porte parole de

la COCU, bien m'en

parce que

senté à Castan, ce

qui m'a donné quand

-

refusé de travailler,

nisme c'était difficile. C'est
même les concepts de base,
d'ailleurs quand j'ai dit la "Linha

Jean-Paul Becvort

j'étais tout seul à accepter de tra¬
avec

Donc

sonnes.

histoire d'addition

la Linha. Le

1985. Le Conservatoi¬

Massilia ont été très

ma

en

Surtout des

100000, jusqu'à 150000 per

pris,

est

on en

aujourd'hui était impensable
84 et même il y a dix ans.

amené à des carnavals de

a

11

,

on

tanistes. Le résultat où

rapports avec
des groupes, plein de tentatives,
des rapports avec le Comité
d'Organisation du Carnaval
Universitaire, qui ont été des
grands moments, qui nous ont

re

o

faible,
avait des concep¬
tions très faibles, et politique¬
ment et culturellement,
par
contre avec Marseille
ça a balayé
un
champ, c'était plus un truc
isolé. Marseille était isolée, ils
n'étaient même pas occitanistes
d'ailleurs, ils étaient même antioccitanistes parce qu'ils voyaient
que des conneries chez les occi¬

fait, que s'est-il passé ?
C.S.

o

u

était

termes.

réflexion musicale,
et elle allait loin..., mais
par rap¬
port à l'articulation avec l'occitaCastan

C

occitanistes tel

qu'elles posaient le problème de
la musique à cette époque, vous
allez voir que c' est la préhistoire.
Une pensée comme celle de
l'IEO Musica, ça faisait figure,
c'était plus grand que de l'uto¬
pie, personne ne pensait dans ces

vailler

J.G.

un rôle très important pour
Massilia. (Test donc la rencontre

Musica,

et

ces

concepts musicaux. Il faut que
vous lisiez, parce que l'histo¬

revue

de l'IEO

Musica,

donc c'est les gens qui sont élus
à l'IEO Musica qui en sont les

responsables. Moi je propose une
séparation et cette séparation il
faudra bien la formaliser à
moment

un

donné. Pour cette année

ça va, mais l'année prochaine
faudra bien la formaliser au

il

�mm

Poesia

niveau de l'Assemblée Générale.

J.G.
C.S.

Marcelle

Delpastre a rendu son stylo.
L'Occitanie salue un grand poète.

Mais de quelle façon ?

:

Je propose que

:

Imaginât soit

un

la Linha
secteur indépen¬

dant de l'IEO Musica. Ou arran¬

gement similaire.
.: Ça veut dire que ce n'est
plus l'organe de l'IEO Musica.
Par ailleurs qu'est-ce qu'on fait

J.P.B

les gens

avec

qui adhèrent à
qu'ils reçoi¬

Terèsa Canet

l'IEO Musica, est-ce
vent

la Linha de fait ?

C.S.

:

Marcelle Delpastre est
retournée à la terre

Voilà pour

le français et

en

occi¬

tan :

je

pense

J.G.

qu'il faut le continuer.

Ça fait partie de ce qui

:

entretient les liens.

Chamberet

en ce

1998. Son

œuvre

germe
Une

mois de février
est semée.

Elle

littéraire. Encore

Après chacun est porteur
de ses propres entreprises. C' està-dire que si quelqu'un à Toulon
fait quelque chose, a-t-il besoin
:

de l'assentiment de Gaudàs,

Becvort, Bacabe, pour se reven¬

diquer de la Linha...C'est
tout

pas

Marcelle Delpastre est
grand écrivain du XX° siècle
à qui nous voulons rendre hom¬
mage. Un double écrivain, occi¬

.:

C' est tout le contraire de

je

ce

que

faire. C'est un label pour
certains qui se l'imaginent, mais
dans la réalité moi j'ai jamais
veux

: en

Chamin de Sent-Jaume
l'édition

une partie de
d'Études Occitanes, par
contre la Linha
Imaginât c'est
une revue, qui
est faite par des
gens. Donc elle a une propriété

l'Institut

morale, financière et administra¬
tive, parce que si tu plonges,
c'est le directeur de la

publica¬

tion

qui paye. Donc je propose
que se soit Jean-Marc Buge indé¬
pendant. Il est responsable du
bulletin de l'IEO Musica donc il
à travailler avec l'IEO Musica

a

meilleur. Faites

comme

vous

voudrez !

poursuit grâce à Jean
français, six
tomes importants récemment
publiés chez Payot.
Sa vie

comme

été double. Elle

a

été à

la fois la paysanne

la plus culti¬
vée et le poète le plus cultivateur
qu'il m'a été donné de rencon¬
trer. Je l'ai connue si peu. Mais
avec elle, si
peu c'est déjà telle¬
ment. Ceux qui l'ont croisée à
Aurillac lors de la publication
par l'Ostal Del Libre de Las vias
pat sr e id'mce ònl r da s'en
souviennent. Et de son petit rire
toujours prêt à prendre l'air et de
sa parole si juste.
C'est

comme

Gaudàs

Jacme

grands poètes : ils vous
font voir le vent invisible et tou¬

l'impalpable. C'est ainsi
qu'ils sont, comme Marcelle
Delpastre, comme les arbres,
avec des racines qui sucent la
terre

nourricière et des branches

où fleurissent couleurs et

jos la luna. Très
long poème bilingue aux éditions

graines
qui essaiment au moindre
souffle.

Jaume.

-

sen¬

teurs, où mûrissent les

A Diu-siatz Marcèla !

Elle était née à Germont, commune de Chamberet

Corrèze, il y a 72 ans. Elle y
est morte dans son lit. Entre
en

temps, elle

a beaucoup voyagé.
place. Ces voyages là ne sont
donnés pas à tout le monde.
C'est aussi pour ça, sans doute

écrits sont déchirants,
profonds et beaux. Ils contien¬
que ses
nent
sur

poétique, prenez une
phrase, n'importe laquelle, si
petite soit-elle, et vous aurez de
quoi vous éclairer la vue, la vie,
la voie pendant des mois. Tenez

qu'as

paur

!

-

IEO

peut-être quelques secrets
grouillancc de la terre et

la

Message Internet
La broa dau chamin

Onte se'

clten, la femna
Mas
dan pas, ni pe

son

Paru dans Vai-i

Cantal

-

n

e tu

se

'n

quilhs que se' n van ? Lopaubre auseu, lo
qui parlas tant, onte aniràs ?

van,

van

pas

! Demoran qui, que bujan pas, remue

ni sola.

œuvre

faisons

un

essai

E lo temps que s'en vai - lo temps qu'a pas besonh de ilhs
temps qu'esperapas - lo temps se' n vai d'aicia deman
mai lòrna pas virar. E tu parier lai entraràs,
per la broa
tranquilla dau chamin.
-

lo

:

E tu segur

lai entraràs, dins lo silenci priond de l'eternela

eternitat.
"Et n'est-ce
d'être
sur

par

lent les

Sur

son

un

point assez que

seul instant

la vague

le moindre étincel

lement.

Propos recueillis

polsada de l'esser."...

dont

se

mais il y a cette

nébuleuse qui
s'appelle la Linha Imaginôt qui
lui dorme en fait tous les
pleins
pouvoirs. Moi j'aimerais que ça
reste ça parce
que ça lui donne
une
dialectique. Vous serez obli¬
gés de travailler ensemble mais
vous serez
indépendants. C'est
comme
ça que ça me paraît le

'Na

Lo chamin de Sent

Dau Melhau. En

œuvre a

-

Res.

tirés de L'òrt

entre

occitan, de nombreux

flamboyants poèmes au

donné le label IEO Musica.

L'IEO Musica c'est

Lo

vous

frissonnerez. C' est ainsi que par¬

cher

chalor. Queu
Quela bufada.
temps d'esser ieu - mesme

Ces deux extraits sont

Vous trouverez
autres

Jamais, jamais je fais ça.

D'esser que la

français.

tan et

de naisser, de morir, lo

sang.

un

et

C.S

la postérité.

du

label...

un

pour

lisez-les à haute voix et

res.

méconnue, mais déjà en route
F.B.

Lo temps

temps de me virar. Lo temps de

déjà. Puissante, pleine.

œuvre

"Res que me manque, res.

...

propos de la béancéleste. Lisez-les, vous les
sentirez affleurer ces secrets,
ce

dans le cimetière de

Jusqu'à maintenant oui, et

quelqu'autre à

Mais n'est-ce
D'être. "...

point assez ?

Morcela

Delpastre (1925 1998)

-

La Marcela passet lo 6 feurier de 1998.
S'enterra lo diluns 9 de feurier, a 2 oras 30 de T
l'egleisa de Chambaret en Lemosin (F - 19370).

après-miegjorn

a

-

�Linha

Imaginòt

2e trimèstre de 1998

Fuite...

noire et noir, gueule et savon, noire et noir, catherinette ou
ergot de blé rude, rouge et rouge, betterave plate d'Egypte,
fourragère de l'ami Bidasse natif d'Arras. rouge et rouge, mou¬
ron du champ d'honneur,
moignon de Biaise Cendrars dans les
champs d'Ablain-St-Nazaire. verte et vert, main tendue à
l'aplomb de la route, du parc de pois de sucre, sirop d'eucalyp¬
tus figé sur le fond de la cuillère à soupe, verte et verte, vrille du
liseron autour du grillage ou la chenille d'une piéride éventrée
sur le limbe perforé du chou cabus. bleue et bleu,
capote et
genou glacé, bleu et bleu, travail et képi.

Si je

vois trop de jours dans le lit des putains.
vois trop le gris de leurs petits matins.
Si tous ces mots d'amour qui restent dans ma bouche
S'évanouissent enfin dans le fond de leur couches.
Si je

Si j'entends

trop le rire du vin qui s'écoule
tripes d'ivrogne qui bave et s'écroule.
Si trop de pas m'éloignent d'un soleil naissant,
Si trop de mots se noient dans mes larmes de
sang,
Dans

mes

Si j'entends

trop de cris dans l'âme des marins.
noire et rouge,

Si je vois trop de rêves brisés dans mes mains,
Si trop de larmes coulent sur tes joues d'enfant.

Peut-être

-

j'oublierai

ma fuite sous

la tôle goudronnée et le

mur

de briques vernis¬

sées. noir et rouge, sillon du marais pourri, suave camai! de
l'évêque bénisseur. noir et rouge, corbeau en zigzag au-dessus

le vent...

du terrain vague, nuage enflammé du ciel
noir, oriflamme et drapeau des syndicats,

couchant, rouge et
bannière de la pro¬
cession funèbre, rouge rouge rouge la coulée de métal au pied
du four au nez du jour au ventre crevé du sombre haut-four¬
neau. rouge rouge noir noir.

Christophe Simonneau

L'essor du vent
vert et bleu cache-nez d'hiver humide
Il est des
Des
Et

jours où le vent s'élance en sifflant
jours d'essor, contre les vents d'avant le vent

ce

Est

Ses

vent, brise

encore au

milieu de l'hiver

déjà porte des voix insolites,

pour d'autres jours à venir
visages à présent peuvent se dire à demain.

Philippe Seigneur. Toulouse, janvier 98.

sur

la bouche de l'écoliè-

primaire, ruban moelleux au cou de la poupée de celluloïd,
plastique verdi, rongé par la pluie du soleil, verte ou bleue la
mouche des gras fumiers des charognes abandonnées aux
rives éboulées, l'eau dormante des fossés campagnards, vert et
bleu, moisissure buvard croûtes de pain, verts de peur bleus de
re

travail.
rouge et bleue, la géographie faciale du fermier larmoyant, le
tampon légal du vétérinaire sur la couenne porcine du jambon
mort, rouge et bleu tableau didactique empoussiéré au mur du
fond dans la salle de classe, circulatoire pulmonaire digestif,
ambulance rapide sur la voie du milieu lancée vers les feux loin¬
tains des hôpitaux délabrés.

bleue et rouge, décoration au fronton de la mairie Monuments
Morts de la Grande Guerre. Vimy rouge. Notre Dame de
Lorette bleue. Souchez rouge. Vimy bleue. Notre-Dame de
Lorette bleue et rouge La Targette bleue Carency rouge
aux

Roclincourt bleue et Cabaret

Rouge et Neuville St-Vaast bleue

Cabaret Rouge.
vert et noir, têtard ondulant dans la

vert et noir, champ
peupliers dégoulinants,
barquettes de choux sur le marais de Salperwick. vert et noir
sabot de vache enfoncé de fétide ensilage dans la pulpe pour¬
rie. noire et verte et rouge et bleue, espérance bleue espérance
noire, rouge vert bleu noir.

de fèves, noir et vert, savon,

mousse,

savon,

Lucien Suel
Extrait de Tout partout

Marcelle

Delpastre

33

�Imaginòt

Linha

d'abord de porter
de créer

et

A propos de l'I.E.O
et de sa (sombre) histoire

Ceux-là suivent Castan, Girard,

Manciet, étant bien entendu

et

l'adhésion de

que

hommes à cette

beaucoup

d'intérêt l'article de

Clau-de Sicre dans

(n°22), dans

lequel il

pose la question : "Félix
Castan a-t-il démissionné de
l'IEO

ou en

a-t-il été exclu ?"

(NDLR : voir Zi n°31). Puisque
je suis cité dans cet article, qui
pose par ailleurs de vraies ques¬
tions, voici quelques remarques
et idées

sur

le

ne

me

croit pas

vraiment

capable de "mensonges
idéologiques", ce dont je le
remercie bougrement. Tout au
plus me reproche-t-il une "erreur
grossière", concernant les moda¬
lités du "départ" de Castan.
Allez, un mot d'autocritique :
ben oui, Castan n'a pas démis¬
sionné ; il a été exclu. Tant pis
pour moi. Pourquoi cette "erreur
grossière "?
Ma chronologie de
l'histoire de l'IEO du n°18
à'Esludis Occitans

ne se

voulait

pas et ne pouvait pas être une
véritable histoire de l'IEO, dont

je

suis

et ne tiens d'ail¬
leurs pas à être - "l'historien",
ne

pas

-

officiel
sur

ou non. Si
j'ai pu écrire
l'occitanisme du XXème

siècle, ici

là (en

général des
n'a lues),
ma spécialité, c'est prioritaire¬
ment l'histoire du
Félibrige au
XIXème siècle. Pour mon papier
du Cinquantenaire, je me suis
donc appuyé sur la documenta¬
tion à ma dispositon (et
que je
cite à la fin du papier) :
les
revues de l'IEO
qui n'évoquent
en général
que par allusions les
ou

choses que personne

fonction de leur

d'autres ont trai¬
qui me
paraissent secondaires (car je
suis un vieux con qui croit que
font l'histoire

mêler de revendications écono¬

certaine mesure).
Bien sûr que dans un IEO qui ne
compte guère alors que quelques

ensemble, la dimension affective
intervient, et qu'elle pèse à la

miques et sociales parce qu'il y a
des partis (le PC en particluier)
qui font ça très bien ? C'est en
ces termes (passage
au politique
priorité au culturel) que j'ai
posé le débat dans ma chronolo¬
gie ; Sicre ne me contredit pas
sur ce point. S'il veut le faire et

cas

fois

donner

du

débats et

sur ses

sciemment déformer la réalité de

refoulent

-

la crise, parce que

serait réducteur de croire que
tout se résume à un affrontement

tée moins

l'angle de son
celui de
ses
enjeux. Lafont, dans le passa¬
ge consacré à l'épisode (op cit pp
272-274) parle du "retrait" de
certains "chefs historiques".
Lafont n'est pas n'importe qui, et
son livre n'est pas n'importe

Roumanille que

quoi, même si le nombre des
sujets qu'il y traite Ta conduit à

militants actifs,

sous

déroulement que sous

résumer

-

et

donc fatalement à

épi¬

sodes. Bien sûr, il est ici, dans ce

sa
ne

particulier, dans la situation
vainqueur qui raconte sa vie à
façon, mais ce nonobstant, je
pense pas qu'il ait voulu

je ne vois pas
qu'il avait à perdre à dire claire¬
ment que Castan avait été exclu au terme de débats
qu'il décrit
lui-même comme "agités", ni ce
qu'il avait à gagner à le cacher.
J'aurais pu et sans doute dû aller
plus loin et vérifier mes informa¬
tions à la source, soit auprès de
Castan
que je n'ai jamais eu
-

l'occasion d'interviewer, soit
dans les archives de l'IEO mais
-

relations

organisme
font que je n'étais pas le mieux
placé pour y aller voir. La pro¬
chaine fois, je ferai gaffe, pro¬
mis-juré. Fin de l'autocritique.
mes

avec

cet

en travers et

les individus
que

dans

ne

une

lesquels ne se
bien depuis
près de vingt ans qu'ils rament
connaissent que trop

le déroulement des

sur

conséquences,
comme sur le souvenir qu'en
gardent - à moins qu'ils ne le
les acteurs. Mais

ce

-

un

des

uns ou

moins, c'est bel

toute cette histoire

et bien deux

lignes, deux façons de définir les
fins ultimes de la renaissance
d'oc. Pour résumer, il y a
côté

ceux

tanisme

d'un
qui croient que l'occi¬

a son

mot à

dire dans les

débats

politiques et économiques
qui agitent la France en général,
et son Midi en
particulier. Et qui
pensent donc qu'il faut interve¬
nir, étudier la situation

concrète

au

politique s'est soldé par un
ça a d'ailleurs été le cas

échec

-

de toutes les tentatives anté
rieures

depuis le temps de

société occitane ont pu, à un
moment, donner l'impression de

rejoindre des positions défendues
par les occitanistes - à moins que

autres

-

les

distingue du PNO

national,

et au plan
cherchent des alliés

dans la nouvelle

qui

-

gauche, celle

ne se reconnaît ni dans la

SFIO ni dans le PC. De l'autre

côté, il y

a ceux

qui pensent que

la vocation de l'occitanisme est

-

Mistral. Si des fractions de la

C'est

au COEA et à la revue
Viure. Ils refusent par ailleurs
tout nationalisme occitan ce
qui

? Avec le

recul, il est clair que le passage

gros,

laquelle vous échappez
aujourd'hui) dans le détail des
rapports entre Aubanel et

qui sont

quels je ne choisirai pas mon
héros positif préféré.
Ceci posé, quel regard
rétrospectif puis-je poser sur

tant

font, Rouquette et quelques

toire à

-

personnalités, partagées,
qu'à faire, en gentils et
méchants. Ce qui s'affronte
alors, et ce depuis dix ans au
entre

m'intéresse dans cette histoire ?

nels. Je dis très franchement que

des autres

des hommes honorables,
comme dit le poète, et entre les¬

n'a été ni

je n'ai pas envie d'entrer dans
ces problèmes-là. Pas plus que je

conflit,

tous

ce

l'enjeu du débat de 64, au
problèmes interperson¬

sens au

Mais

je répète que
pour moi, c'est ce débat qui
compte, non les personnalités

tionnelle. Ceux-là suivent La¬

delà des

autre

on en causera.

de la société occitane et institu¬

l'association, et la Revendication
est trai¬

large et

en

sujet. Qu'est-ce qui

ne suis entré, à
propos de la crise
félibréenne de 1878 (c'est l'his¬

Occitane de Robert Lafont

té

Début de l'entrée dans

le vif du

événements de la vie interne de

(1974), où la crise de 64

en

l'occitanisme, et
positionnement
politique. Est-ce que je me trom¬
pe si je dis que pour Castan (et
probablement pour lui seule ment), l'occitanisme n'a pas à
intervenir en tant que tel dans le
débat politique parce que ce
débat politique est national et
non régional, et qu'il n'a
pas à se

traiter cavalièrement certains

sujet.

Sicre

trois
se fait

vision propre de
de leur propre

Philippe Martel

Esludis Occitans

ces

position

des bases différentes pour

chacun,

avec

la parole d'oc,
pôle de création

culturelle extérieure à Paris.

sur

ai lu

un

soit l'inverse

-

ce mouvement

profond, ni durable. En
la convergence a été pos¬

sible avant la crise mondiale de

74, et dans la foulée de mai 68,
en

un

temps où les votes méri¬

dionaux étaient

d'opposition et

où le Midi avait le sentiment de
ne pas recueillir les fruits des
Trente Glorieuses, tout en voyant

disparaître les éléments familiers
de son paysage économique et

�Linha

Imaginòt

Débats
2e trimèstre de 1998
culturel antérieur.

les classes dominantes,

tons

étant entendu

Après 74, met¬
76, pour laisser du temps au
temps, c'est cuit. En gros, ce qui
a empêché toute
percée véritable
de la revendication occitane,
c'est le contexte

français global

:

l'absence du local dans le fonc¬
tionnement du débat

politique, la
primauté des grands partis natio¬
naux, à peine ébranlée par le Mai
68, la fin aussi de l'espoir que
l'on pouvait changer le système
et changer la vie (fin d'ailleurs
sans

doute toute

d'inventer

politique).

françaises, à l'échel¬
le nationale) ni les classes popu¬
laires, qui ont autre chose en tête
que des interrogations sur leur
"identité". Les occitanistes,
les félibres, ce sont

comme

les

classes moyennes (une minuscu¬
le fraction d'icelles). C'est-à-dire
des gens

tion, ni

ne sont ni en posi¬
attente ou en demande

qui

en

pouvoir. Et des petit-fils de
paysan qui intègre
terme

au

d'une

sco¬

larité

plus ou moins
poussée. Ce ne sont
pas des gens qui

uFESascausujiMES &gt;

dempuèi 1945

ESTUDIS
revista d'escambls

e

de recèrca

de l'Institut d'Estudis Occitans

n° 18
Prètz

:

70F

années soixante et soixante-dix

l'ont fait dans le cadre de cet
occitanisme
des bases

sur

frappe de plein

tion

fouet, même si à un
autre niveau, affec¬
tif, ils peuvent en

à l'occitanisme de sortir de la

renvoie à des mécanismes, à un
fonctionnement d'appareil qui

souffrir. Ce

nouvelles formes

n'a jamais été remis en cause et
qui continue donc d'exister, sou-

donc pas

d'expression chanson, théâtre... - qui ont pu

pour

ensuite toucher d'autres secteurs

les réactions

ne

sont

la révolte

sont

système question de vie

de mort. Il
sur

me

le long

inégalitaire de l'espace fran¬
çais. C'est ce climat qui a permis

confidentialité, d'inventer les

de la société occitane, voire

même, très latéralement, la
son
ensemble. Sans oublier le fait
que la réflexion engagée alors,
dans Viure notamment, ou dans

ou

sation" de l'économie méridio¬

dans la société

ser.

pu

impul¬

Mais c' est aussi, au fond, la

nature même de l'occitanisme

depuis ses débuts. A la fois son
incapacité à définir clairement
son véritable
champ d'action,
son véritable projet, entre culture
et politique, là-dessus, les ana¬
lyses de la bande à Touraine
(Luîtes occitanes, Le Pays contre
l'Etat) mériteraient d'être relues.
Et aussi

le passage au poli¬
toujours été, consciem¬
non,

perçu comme un

moyen d'atteindre des fins cultu¬
relles par la voie d'une action

davantage mimée
réellement menée. En gros :
on parle du pays aux habitants du
pays, en espérant trouver les
arguments qui leur permettront
d'accepter l'idée de l'importance
du sauvetage de la langue. C'est
en tout cas l'impression
que ça
donne, pour moi (ce qui me vau¬
dra peut-être quelques commen¬
taires désobligeants de la part de
ceux qui aujourd'hui militent
encore dans des partis
politiques
que

occitanistes. Mais c'est à

eux

de

profil socio¬
logique. Depuis le XIXème,

voir si, en fonction du contexte

l'occitanisme,

ce

élites occitanes

(enfin, "élites"....

Deferre, et de cette régionalisa¬
tion qui prendra quand même

son

propre

n'est ni les

nouveau ouvert

par

la loi

aux

Lafont,

a ouvert

terrainement, et de surdéterminer
actuelles, chez cer¬
tains, face à tout débat, perçu

pour l'IEO ?
impossible, mais à
mon avis,
ça préexistait à la crise
de 64, et, loin d'être propre à
l'IEO, c'est peut-être commun à
la plupart des associations,
quelles qu'elles soient. Dans ce
cas, l'affaire Castan n'est qu'une
illustration de plus de la difficul¬
té à gérer sereinement un vrai
comme une menace

française dans

société

ment

mouvements

suis pas sûr que beaucoup
s'intéressent davantage aux

tanes traditionnelles

les livres de

aux

étaient à l'IEO cette année-là. Je
ne

être évoquée dans les débats pré¬
paratoires à la dernière AG.
Faut-il alors prendre le
problème par un autre bout, et
considérer que la crise de 1964

au

voie

qu'ils avaient

monde, en
de ceux qui

directement, dans leur
enfance, l'agonie de la société
traditionnelle, et la modernisa¬

vécu

a

sociaux

profondément cul-

resse pas grand
dehors peut-être

jeunes

socio-

terme, que

base réelle

fou,

il adhère. En d'autres

termes, la crise de 1964 n'inté¬

l'effondrement des

tique

nale, ôtant du même coup toute

peu tout

qui faisait par¬
l'époque, et des
surplus qui avaient

les secteurs qui ont le
plus réagi (vignerons, mineurs)
sont aussi ceux qui ont été lami¬
nés en premier par la "moderni¬

:

un

même s'ils ont d'abord adhéré

moment où

plus récente, celle de 80 et 81
(aux temps de l'Alternative) a pu

semble,
le fait que

pas¬

lises à la révolte,

ou

C'est aussi le contexte occitan

sans ce

tie du climat de

contre le

ISSN 0980-7845

:

Ni des gens que

encore

2nd semèstre de 1995

Ceci dit

le politique, il n'y aurait
très probablement plus guère
aujourd'hui d'occitanisme. Et
c'est pourquoi on ne peut pas se
contenter simplement de donner
raison au Castan de 1964, trentequatre ans après. Ceux qui ont
participé au mouvement dans les
sage par

sont le dos au mur.

des gens
qui l'action
politique - moins

OCCITANS

nouvel occitanisme

comment. La

crises ultérieures, et il y en a eu.
C'est à peine si le souvenir de la

économiques occi¬

l'occitanisme

un

plus exactement je ne vois pas
plupart des adhé¬
rents actuels de l'IEO ignorent
tout (et se foutent complètement)
de l'histoire de l'organisme - de
la même façon qu'un militant
syndical ou politique normal ne
sait pas grand chose de l'histoire
de son parti et de son syndicat,
parce que ce n'est pas au nom de
cette histoire qu'il adhère, au
ou

turalistes. Il avait tout pour
séduire les jeunes déjà sensibi¬

structures

e

ans pour entrer dans
les mœurs, ils sont capables

des "élites"

le monde tertiaire

L'I.E.O.

bien trente

mêmes dominées dans le cadre

de

provisoire).

disons,
qu'elles sont elles-

la

réflexions ultérieures,

même si elles ont pu

parfois
prendre la forme d'un démarqua¬
ge critique. Tout cela ne com¬
pense peut-être pas l'échec de
l'action politique, mais ce n'est
pas totalement négatif quand

Ce n'est pas

débat à l'intérieur d'un groupe,
sans recourir à l'excommunica¬
tion. Vue

sous

cet

angle, elle

même.

peut jouer aujourd' hui le rôle

Il y a effectivemnt,
dans la mémoire occitaniste, des

type de fonctionnement qui l'a

armoires à cadavres

qu'il est
c'est d'ailleurs
çà qu'on reconnaît que la

urgent d'ouvrir
à

-

mémoire occitaniste est
toutes les autres

-

comme

comme

la

française pour prendre
exemple au hasard. Sont-ce,

mémoire
un

comme

le dit Sicre, les "détails"

l'épisode Castan qui
pèsent sur l'inconscient collectif
occitaniste, et "empoisonnent" la
comme

vie de l'IEO ? Je ne suis pas

35

sûr,

pédagogique de révélateur du
provoquée, et elle peut aussi per¬
mettre de reposer plus sereine¬
ment les problèmes de fond que
rencontre

l'occitanisme,

mier lieu celui de

sa

en pre¬
nature, de

champ d'action et de son
projet. Sicre a commencé. Il a
son

des documents, il

a

des idées

:

débattre ? Je
lui passe la parole (bien qu'il
n'ait pas besoin que je la lui
passe pour la prendre).
pourquoi

ne pas en

�1) que l'objectif du concert, outre
un événement
important (les 50
ans du 1° concert de
musique des Toubadours
à Toulouse depuis le
Moyen-Age), était de
proposer 4 interprétations différentes, 4
palettes, pour montrer que puisque personne
n'a la vérité, c'est par la pluralité que l'on

ignorance et de

son

inculture.

celui de fêter

Réponse à
Christian

Dequesnes, à pro¬
pos du concert du
14 Novembre 1997

à Toulouse

2) que lorsque l'on critique un
une revue musicale,
puisque la
Linha Imaginât est la revue de I'IEO Musica,

3) que si l'on émet une critique à
des Troubadours, on doit supposer
avoir acquis la connaissance de l'univers des
Troubadours médiévaux, à savoir non seule¬
ment la lyrique et la
musique, mais aussi les
impulsions sociales : Pretz, Paratge,
Convivencia, Leialtat, Umilitat...
Et que si dans sa critique on affiche
le contraire de ces impulsions, on prend le
risque d'être placé par les Entendedors dans

il faut savoir

le clan des Gelós.

s'en

approchera.

dans

concert

placer à

se

point de

un

musical, utiliser des notions

Directement
mis en cause endetant qu'inter¬
prète et co-organisateur
ce concert,

voici

que je

ce

réponds à l'auteur de cette cri¬

tique acide.

vue

et des termes

musicaux, et éviter d'employer des mots tels
que "halluciner" ou "interprétations acadé¬
miques" sans expliciter son avis, sous peine
de passer pour un plouc qui
se contentant de suivre les

propos

Sur ce, bon
Troubadours

séjour au pays des
(des Fabulous et des autres).
Pascal Caumont

n'y entend rien,
caprices de son

Quelques longs mots à propos de la
réponse de Gèll Grande

sur

de nombreux

points, s'opposent à

ce

nationalisme (il y en a plusieurs sortes diffé¬
rentes, d'ailleurs, mais passons on y revien¬
dra

une

autre

fois) et notamment

sur

la ques¬

tion des

On voit bien, on le savait déjà, mais il faut
le faire à

Grande,
se

nouveau

comme

confond

:

pour

remarquer, que pour

beaucoup d'autres, tout

mots, termes, notions et

concepts mis sur le même plan, sens et
valeurs

équivalents. Tout est interchangeable:
identité (culturelle) = identité (poli¬
tique) = Nation Ethnie. Etc. Répondre à ça
est très complexe, il
faut être très patient, très
bon pédagogue, et très exhaustif : on
peut
toujours conseiller à Grande et aax autres de
prendre des livres, et, calmement, de lire :
Castan, Saussure, Meschonnic, la Linha,
Nelli, etc. Mais ça fait longtemps qu'on leur
culture

-

-

conseille. Par contre

nous

lisons,

nous, tran¬

(

en tout cas pour

moi), les thèses natio¬
occitan, ce
que nous devons combattre (pacifiquement,
par le débat, la pédagogie) en priorité. Les
nationalistes occitans sont donc, on peut le
dire, nos adversaires privilégiés dans le cadre
nous

nalistes sont, dans le mouvement

du mouvement occitan. Pas
Mais par

ailleurs

nous avons,

nos

ennemis.

dans le cadre

beaucoup plus important de Sa politique et de
la culture française - qui noas structure toas
les jours sur tout - des adversaires bien
plus
importants : les nationalistes français, respon¬
sables de tous les gâchis intellectuels artis¬
tiques, civiques et éthiques que nous
essayons de recenser petit à petit C'est pour¬
quoi il nous est arrivé de nous trouver parfois

quillement, Fontan, Ben, etc. Et nous les
avons réfutés
point par point. Jamais de
réponses argumentées de la part des nationa¬

côte à côte avec des nationalistes occitans
dans certaines manifestations contre le natio¬

listes.

nalisme

nos

nalistes
vent

qui

bien que je sois en désaccord complet avec
leur problématique, leurs méthodes et leur

stratégie dans cette matière. Mais
l'objet d " un autre article/débat.

ça

ferait

C.S.
*-

Anti-colonialiste, anti-impérialiste, anti¬
capitaliste, défenseur des droits des femmes,
de

l'homosexualité, etc, etc, le nationalisme

du P.N.O

ressemble pas du tout à celui du
remarquablement généreux. Mais
tout aussi remarquablement confusioniste,
utopiste, théoriciste, simplificationniste et
ne

F.N. Il est

inefficace.

français. Je n'accuserai

pas le natio¬
nalisme occitan de faire le lit du F.N. :

D'autre part, si nous avons, nous,
publications, (notamment la Linha,
mais auparavant d'autres revues ou
jour naux), passé in-extenso les textes qui nous
critiquent ou les réponses (comme celle dont
il est question ici) venues du P.N.O
(et de
Ben, etc, de tous en fait), jusqu'à maintenant
Lo Lugarn, les revues de Ben ou autres natio¬
dans

langues* : il est exact que Fontan et
ses collègues ont
toujours défendu leur plura¬
lité et leur égalité dans le monde entier. Ils
ont appris, sur ce plan-là, beaucoup de choses
à beaucoup de gens. A moi, en particulier,

nous ont

très

rarement

publié (sou¬

citations

a peur

tronquées). On voit donc bien
du débat.

d'abord il est vraiment trop

A l'occasion de ce

de

bien

ce

mouvement,

nationaliste, le PNO

majoritairement cryptoa une

très faible audien¬

ce). Deuxio, malgré ses confusions, il possè¬
de quand même une certaine force de
contestation du nationalisme

français : celle
lui donne le seul fait de rappeler l'exis¬
tence d'une langue-culture occitane.
que

Tertio, même si les nationalistes
occitans

Je confirme à Grande
que pour

Rappel

faible pour avoir
influence, si petite soit-elle, en dehors du
mouvement occitan (et d'ailleurs, à l'intérieur
une

reprennent certains schémas du
français, les thèses du P.N.O,

nationalisme

36

chapitre "Débats"

nourri, il n'est pas inutile de rappe¬
ler ce qui était publié dans le numéro 5
de Linha imaginòt en Février 1991 et
qui reste parfaitement valable : "Les
textes publiés dans Linha Imaginôt le
sont sous la responsabilité de leurs
auteurs. Ils ne sont pas la position de
I'IEO sur les questions évoquées. Linha
Imaginôt est avant tout une tribune de
discussion." La rédaction

�Liriha

Imaginòt

Débats

2e tríméstre de 1998
sents

Ce n'est pas bien de
se faire des idées

L} article de Moarch
La Linha

contient

République tchèque.
Cechy - la Bohême, est
un nom pluriel non pas parce
qu'il y a 5 régions en Bohême
(créées en 1960, bien après la
courant,

un

certain nombre d'inexactitudes et

d'idées reçues

qu'il convient de
corriger.
"Langues occitanes"
Qu'est-ce-que cela vient faire
ici? Cela fait "plus riche". Com¬
ment Moarch Eveno peut-il déci¬
der, d'un seul coup, de la plurali¬
té de notre langue. Et puis, cela
rappelle une vieille polémique,
celle des "langues d'oc". Il faut
rappeler que le dernier acte insti¬
tutionnel, en France, sur notre
langue a créé un CAPES d'occi¬
tan-langue d'oc. Dualité de
dénomination, mais au singulier.
Check your Czech (vérifiez
votre tchèque)
C'était si facile, comme titre.

création de la Bohême

vers

le X°

siècle

!) mais parce que c'est
l'ancienne façon de former les
noms de pays (depuis longtemps
on rajoute plutôt "-sko" derrière
le nom ethnique). Ils ne sont plus
employés, mais on avait aussi

Les "traditions"

avec

Folklore ?
Le folklore

dire "comme si", mais "comme
si c'était" ou "comme s'il était".
La création

tume

folkorique).
"En Bohême"

tôt penser au jacobisme,

se

dit

Cechách. Le mot Cech peut

être
employé aussi bien pour désigner
un

habitant de Bohême que pour

désigner un habitant de la
République tchèque. On entend
souvent, dans les manifestations

sportives, crier Cesi, Cesi (les
Tchèques, les Tchèques !) pour
encourager leur équipe.
La régionalisation fait
son chemin, là-bas aussi. Les 8
kraje (régions - 6 en Bohême et 2
en Moravie-Silésie) de 1960 ont
été supprimées. Le niveau d'endessous, les okresy (arrondis-

a été complètement
récupéré, à l'époque communiste
(1948-1989) et des "réserves
folkloriques" ont été mises en
place. La musique traditionnelle,
par exemple, en a beaucoup pâti.
Les enregistrements d'artistes
poussifs réalisés à l'époque sont
pratiquement inécoutables. Le
moindre Tchèque chante mieux...
Aujourd'hui, des artistes com¬
mencent à essayer de sauver ce
qui peut être sauvé, mais c'est
difficile. Ces régions-là connais¬
sent un peu plus la crise. Le

a

de la famille à la

cam¬

de telles pratiques font
sourire, et sont complètement
décalées.
La Tchéquie a une tra¬
dition de vie urbaine que Moarch
Eveno ne prend pas en compte,
mais

repris depuis

Il reste que

France de "Mon

pagne,

déséquilibre "nord
riche et industriel / sud dépeuplé
et pauvre" va être bouleversé. La
région avec le plus fort taux de
chômage est la Moravie du Nord
(Ostrava) où je passe régulière¬
l'argument-choc de cette revue
: il n'y a pas de
réussite économique sans régio¬
nalisation. Quel dommage que
les gouvernants d'Hexagonie ne
lisent pas le tchèque...

Uhry (la Hongrie),
Vlachy
(l'Italie) et Rakousy (l'Autriche).
Les noms de lieux au pluriel sont
légion, comme Kopabice (dont
Moarch Eveno porte le kroj, cos¬

monde

1989. Le

mes vacances.

en

petit village" - v.o Vesnická
moje stredisková montrait une
zabijacka - comment on tue le
cochon) en prennent un sacré
coup. Même dans les villes
moyennes de Moravie, où tout le

les voisins allemand
a

gros.

cher

lions d'Allemands, la communi¬

autrichien

la sortie

ans,

former des
"Eurorégions". Malgré l'expul¬
sion en 1945 de plusieurs mil¬

et

en

magnifiées
jusque dans les films (il y a 5-6

Bavière pour

est le suivant

la

jakobysmus fait plu¬
doctrine
politique, qu'au jacobinisme.
Tchéquie et régions
Tchéquie, pourquoi pas ? Parce
que le mot a une connotation
négative. A cause de son emploi
par Hitler, qui parlait de faire
disparaître la Tchéquie de la
carte d'Europe. Le mot tchèque
Cechie n'est donc pas employé.
Mais on entend Cesko qui ne se
traduit pas autrement et, sans
changement par rapport à la
Tchécoslovaquie, le mot
"République" (Republika) tout
seul veut dire, dans le langage

France, des années 60,

je viens de recevoir, de
l'excellente revue Nova pritom nost
(Nouvelle Présence)
consacre plusieurs
pages aux
déséquilibres régionaux en
République tchèque, et insiste
sur la
recomposition à venir avec
l'ouverture vers l'Europe. Des
régions comme le Chebsko
(Egerland), à l'Ouest de la
Bohême, débordent sur la

cation

une

crise semblable, à celle en

l'étude. Le numéro de février 98,

ment

Petit-fils de

Tchèque, j'ai étudié
langue pendant 5 ans et je fais
régulièrement des séjours là-bas.
Quelques correctifs s'imposent à
ce que nous dit Moarch, qui
reconnaît d'ailleurs que la
"langue est difficile".
jako by ne veut pas

régions rurales connaissent

que

Jean-François Blanc

Eveno dans le n° 33 de

?) est le seul existant, mais

de nouvelles structures sont à

qui est certainement plus

proche de ce que nous vivons en
Hexagonie : disparition très rapi¬
de des réseaux de solidarité

(obligatoires à l'époque

commu¬

niste, tout le monde avait besoin
de tout le monde

car

il

n'y avait

jamais

en magasin ce dont on
avait vraiment besoin de la les¬
-

sive

lave pas mais pas de
lessive qui lave, je me rappelle
encore d'une "opération com mando" chez un droguiste pour
dévaliser le stock de "lessive qui
lave" avant même qu'elle soit
mise en rayon - aujourd'hui les
Tchèques lavent avec Vizir ou
Ariel...). Les repas de quartiers
deviendront, d'ici quelques
qui

années,

ne

nécessité. D'autant

une

que le changement d'économie a
été précipité par un fou dange¬

clone masculin de Mme.
Thatcher, Václav Klaus, premier
reux,

ministre

jusqu'à il y a peu
(démissionné pour raison de cor¬
ruption, ça me rappelle quelque
chose) qui a passé 5 ans a
prendre aux pauvres pour donner
aux

Slovacko d'où écrit Moarch

riches.

Enfin, Moarch Eveno

Eveno

serait allé à

tume

1984, et aurait demandé quelque

(apparemment, vu le cos¬
qu'il porte) est l'une de ces
régions au folklore un peu "sur-

chose dans

Prague, même

en

l'influence

tchèque avec ce
(chantant,
tiens donc, ça me rappelle
quelque chose), on ne l'aurait
pas traité de chrapoun, mais

cette

c'est tout

dimensionné". Contrairement à
ce

que dit Moarch, ce n'est pas
l'influence hongroise que

tant

slovaque qui marque
région, peuplée (d'où son
nom) de Slovaques à une époque
relativement récente, et parlant
une langue très intermédiaire
entre tchèque et slovaque. Les

37

son

superbe accent

morave

comme...

Moi,

on

m'avait demandé aie odkud jste?
-

mais d'où sortez-vous ?

plus de sympathie.

-

avec

�Linha

Imaginât

Le Lundi 23 Mars, 9 Heures

De Lorraine

A Mr Censi

Cher

Monsieur,

J'aimerais être à votre place aujourd'hui. Car
...

Pour moi

qui habite

en

Lorraine à l'emplacement
exact de la

peux vous dire que
riche et capti¬

votre lecture est

bien que parfois touffue
et confuse. Peut-être cela
vante

tient-il aussi

style, à la mise
en page, au "lay out" comme
on dit aujourd'hui en fran cique contemporain !, à la
"ligne" qui fait qu'on se cogne
un
peu sur les informations
au

.

Mais

au

fond, le

meilleur est dans le débat,
dans l'apport d'informations,
dans le souffle

qui court au
long des pages, à une nuance
peut-être (nous y voilà !), avec
la reproduction d'un article
(non signé) s'intitulant
"Chlodwig, dit Clovis était

bilingue" (Zweisprachigkeit
juin/juillet 1996).
A côté de la repro¬

Aujourd'hui
Lorraine

comme

antifasciste, antinucléaire,

et

transfrontalier

regroupé autour
de la Fédération pour le
Lothringer Platt.
Je pense que cette

dernière

par exemple) le MESSAGE qu'elle a besoin

d'entendre.
Ce message est certes

complexe, mais la situation aussi,

des mêmes discours

derniers jours, avec leurs émotions et leurs réflexes.

I) Ce que, à mon avis, vous devez montrer.
II) Ce que, à mon avis, vous devez faire.
I) Il

faut montrer que l'unitarisme (de pensées et d'actes), consé¬
historique du centralisme (culturel et éthique - une élite veut
confisquer ces domaines - et, sur un autre plan, politique) est au coeur de
vous

quence

tous les

a) Au

complexe qui unit la mémoire
des habitants de la Moselle
aux
ve

langues

en

présence, relè¬

d'une autre forme de bou¬

cherie, bien plus fine mais tout
aussi

insupportable

moment

ment

au

même où l'enferme¬

communautaire, le

montée

manque

en

bine

problèmes que

coeur

force des votes FN.

Aussi que nos

frères

avec

b) Au

nous

vivons aujourd'hui.

de l'explication de la montée du Front National, où il

en

coeur

Alsace est tout

qui leur reste pour voter contre Paris").

ce

de l'irritation de

certains élus de la droite modérée contre les

droite
le

avec

le F.N.

pire qu'ils

:

c'est le centralisme qui

les piège, et c'est le centralis¬

vont renforcer.

d) Au
tion

cœur de la stratégie de la gauche (de toutes les gauches)
centralisto-partisane des élections régionales...

décentralisation) qui,
sement

en

France,

est le moyen

privilégié de l'approfondis¬

de la DEMOCRATIE

b) La philosophie du pluralisme culturel radical que préconise l'occitanisme

nouveau...

3) Dénoncer le centralisme
a) de la droite b) de toutes les gauches c) et, des
deux, le nationalisme
passif, qui DONNE sans cesse des armes au nationalisme actif du Front.
5) Proposer

une

coalition

:

a) pour l'approfondissement du

mouvement

de démocratisation de la

b) pour l'approfondissement de la décentralisation

rang

c) anti-centraliste, anti-unitariste, anti-nationaliste

tion n'est pas neuve,

déjà

sous

mande
laient

en

puisque
l'occupation alle¬

1940, les nazis

France

d)

régionale

et

Soit

anti-régionaltste

vous serez

élu

( pas de nationalismes locaux)

sur ces

bases et

ce sera un

grand espoir pour

des millions de gens en

Hervé Atamaniuk

politisa¬

mon avis, il vous faut :
1) Vous présenter
2) Dénoncer le NATIONALISME du Front National, et lui opposer
a) L'approfondissement du mouvement de ta décentralisation (culturel et
éthique d'abord : pas de décentralisation sans pensée décentralisée de la

France

qui veulent s'élever au
de puristes de la langue
se
gardent de tomber dans le
piège de la pureté !

:

II) A

tan, Paris

la langue
lrancique est de l'allemand,
revient à dire que le corse est
de l'italien, le catalan de
l'espagnol ! Mais cette posi¬

logique

pas

alsaciens

ou tous ces autres en

une

nationale mais très petitement partisano-centraliste.
c) Au coeur des tentations d'alliance, ou des alliances, de certains élus de
non

linguistique (éd. L'Harmat¬
1996).

se com¬

d'autres facteurs

états-majors voulant de loin imposer lignes et candidats dans

me

Vouloir oublier cela,
vouloir effacer la relation

culture mosaïque et dissidence

Dire que

et nos

concitoyens aimeront qu'on s'adresse à leur réflexion la plus ardue plutôt
qu'on joue, comme beaucoup l'ont fait ces dernières semaines et pis ces

National

en

Lorraine) ont été "sur la
Ligne", victimes des bouche¬
ries successives qui opposè¬
rent Français et Allemands

Laumesfeld

Francique,

suspens

Ile-de-France ;

tement de la Moselle

mande !- Voir pour cela
l'excellent livre de Daniel
Le

jusqu'à demain,

ou

(chômage, insécurité, peur de la mondialisa¬
tion...) qui, SANS LUI, n'ont pas d'effets mécaniques, comme le montrent,
différemment, les exemples de l'Alsace, du Limousin, de la Bretagne, de la
Corse, etc (un journaliste du Monde écrivait récemment : "le vote Front

de perspectives déve¬
loppent en Alsace (voir la
création du parti "Alsace
d'Abord") et en Moselle une

:

le plus de

option est plus proche
de l'esprit de la Linha et il est
important de rappeler que les
Mosellans (habitants du dépar¬

nationalistes.

Belgique) est bien antérieure à
l'apparition de la langue alle¬

retarder

l'extra¬

vous avez

en cette occasion unique, de pouvoir délivrer à la

possible, et ne pas être bouffé par les élections en PACA

sur

sujet. Un courant écono¬
miste et libéral qui se réfère à
la langue mère allemande pour
faire vendre plus de Mercedes
aux petits ouvriers
bilingues,
et un courant
bilingue-dingue
de gauche, antinationaliste,

autour

Palatinat, dans le sud de la

en
Alsace

opportunité,

France entière (il faudra bien choisir le moment, pour

ce

texte

francique l'auteur
nous dit : "sa
langue maternel¬
le (celle de Clovis) était le
francique rhénan (un dialecte
de l'allemand)". Il est bon de
rappeler que le francique
(langue parlée aujourd'hui en
Lorraine par plus de 300.000
personnes, mais aussi au
Luxembourg, en Sarre dans le

en

deux courants s'affrontent

duction d'une carte et d'un
en

impo¬

pour

l'allemand en Lorraine,

Ligne Magiflût,

dans le no-man's-land fran¬

cique, je

langue vulgaire (!)
ser

ordinaire

France, soit vous serez battu et vous sortirez le
plus dignement possible de l'arène, pour y revenir bientôt à un niveau
supérieur, rappelle par le peuple et les nouvelles élites qui se forment
partout aujourd'hui...

vou¬

Merci de m'avoir lu...

extirper le francique-

C. Sicre

38

�Linha

Imaginòt

Débats
2e trimèstre de 1998
théâtre, etc. Il y a toujours cette
vieille dichotomie fond-forme.

Interview

La forme c'est

subjectif, mysté¬
rieux, le fond c'est ce que je dis
dans les

paroles ou dans les inter¬
views, les intentions que je décla¬

de Claude Sicre

Mais pour moi le contenu
c'est la forme justement, enfin ce
re.

Des rumeurs disent que vous Fabulous Trobadors - auriez

nous

refusé des tournées

trésors, prenez-en conscience,

en

Franco¬

phonie proposées par l'AFAA
(1) et divers organismes franco¬
phones ou français de l'étran¬
ger. Peux-tu nous renseigner
sur ce

Nous

fait, si c'en est

avons

un

?

effectivement

un cer¬

pouvons porter en

qu'on appelle forme. Je crois que
la plupart, sinon la quasi-totalité
des artistes français sont dans
cette logique. D'ailleurs c'est pas
un hasard,
je ne peux pas me dire

Afrique

et ailleurs c'est: "vous avez des

les vendre chez nous

venez nous

et

organisez-vous sur place pour
stagiaires du Nord et

recevoir des

artiste, la France

les faire raquer pour

musiciens

appren-dre,
organisons les échanges d'asso¬

propositions
aller
jouer en Afrique, Amérique du
Sud, Asie, Europe de l'Est etc...
Le responsable de l'AFAA, entre
autres, mais c'est un peu le déci¬
deur en dernière instance pour la
plupart des propositions, puisque
c'est lui qui finance ou non les
projets, met les affaires étran¬
gères au service des tournées, etc.
Dans son esprit, nous a-t-il dit,
Fabulous Trobadors est le type de
groupe idéal pour faire de bons
contacts avec les populations.
Bien vu. Trop bien, belèu.
Contrairement à
tu

dis,

nous

ne

partir

résidence dans

Fabulous

que

n'avons pas refusé

formellement de
ou en

ce

vont

en tournée
cadre (les

ce

passer une

à la Réunion

en

semai¬

Mai),

nous

essayé de soulever les
questions que ça nous posait,
relatives aux rapports Nord-Sud
et à la présence française dans
ces pays, ou le rôle de la culture
française. Nous avons eu un
débat de politique générale, dans
lequel nous avons essayé de faire
valoir nos conceptions. Sur le
plan pratique, je me vois mal
aller faire l'artiste en Afrique,
avec de l'argent français, pour des
Africains qui prennent tout ce
qu'on leur donne, parce qu'on
leur donne et que c'est le papefrançais qui envoie, public captif
avons

comme ceux

des animations dans

les

hôpitaux, alors que c'est
l'Afrique qui musicalement, culturellement,

a

des choses

urgentes à nous apprendre à nous
Français. Si il y a un message que

besoin de
pas

d'artistes, putain on en a de trop,

ciations à associations, à la

de soi-disant artistes. Je crois que

base... etc."

ça leur ferait du bien à tous
d'aller en résidence en Afrique.

tain nombre de

extrêment intéressantes pour

a

folkloriques,

Beaucoup de groupes français
qui par ailleurs se revendiquent
progressistes seraient désireux
de faire ce genre de tournée, ou
le font, en se posant moins de
questions...

ou

4

ans.

comme

le fait le marxisme,

l'anarchisme aussi, et le libéralis¬

pareil. C'est marrant, mais la
pensée marxiste et la pensée libé¬

3

Avec le salaire moyen

conception des rapports entre la
politique et l'éthique, le politique
et l'artistique. Simplement elles
se
proposent des buts opposés.
Nous

avons nous une

férente de

ces

dit chacun

sa

vision dif¬

rapports. Bon ceci
vision, sa posture.

Je n'affirmerai pas que
est

la nôtre

la meilleure, mais c'est elle

qui nous semble sourdre le plus
logiquement de notre réflexion
générale. Et puis je crois que
pour beaucoup d'artistes, la
réflexion est très courte. Méca¬

nique justement, dans les rap ports politique-artistique. Il suffit
d'avoir un discours politique
généreux, une attitude anti-colo¬
nialiste, et puis on peut à côté ne
pas se poser de questions sur ce
fait politiquement, éthiquement,
sa musique, ses paroles, son

moins 2 chansons

au

en

anglais, plus toutes les présenta¬
tions des autres en anglais. Je
vais essayer d'en faire 4 ou 5. Je
bien être aidé financière¬

veux

ment

par un ministère français
partir à la conquête de
l'Ouest. Mais on essayera quand
même sans aides. Je suis prêt à
aller jouer dans le métro ou dans
les trucks-stops et à recevoir des
cannettes de bière sur la gueule
pour

les Blues Brothers. Nous

c'est les Fallus Blues Brothers,
Trobadors.

africain.
Dans
C'est ça que vous avez

dit ?

joué

autre domaine, tu as
soutien à une liste occi-

un

en

taniste candidate

Non,

on

est entré

plus à fond

soutien est

tique du ministère, etc. Ceci dit,
par rapport aux possibilités de

pourquoi ?

l'AFAA,

nous avons

dit que, par

contre, nous étions
reux,

prêts, et dési¬
d'aller attaquer les U.S.A.

aux

élections

régionales du 15 Mars dernier
(ou pour les cantonales ?). Ce

temps on a plus parlé de politique
générale, et de la musique de
France, histoire, éducation, poli¬

avec

en

contradiction

tes propos

et tes écrits sur
politique. Alors

l'occitanisme

Pierre Boissière et les militants
se présentaient avec le Parti
Occitan en Lot et Garonne ne

qui

Comme cheval de Troie des civi¬

sont

lisations du Sud. Malheureuse¬

listes. Ils sont occitanistes et ils

ment la France

cherchent

là-bas. Et pas

me

rale ont exactement la même

demandé

comme

dans les détails, et en même

Ethique, politique, civique, artis¬
tique, tout est interdépendant.
Non pas la même chose. Mais la
posture essentielle est la même
partout. On ne le sait, on ne peut
le voir qu'en étudiant à fond
chaque domaine séparément. Il
faut se garder de faire des liens
mécaniques entre ces domaines,

politique-éthique-artistique-castano-meschonniquien. T ourner aux
U.S.A. pour le public américain
de base, pas pour les franco philes. Un tourneur nous a

peu de moyen
de stratégie.

a

Personnellement c'est les U.S.A.

qui m'intéressent. Per-sonne ne
croit qu'on peut y marcher, bien
sûr, ni les ministères français, ni
notre maison de disque. Mais moi
je crois que oui. Et puis c'est le
seul défi qui me plait. Le respon¬
sable de l'AFAA

groupes

nous a

cité des

français ayant gazé là-

des idéologues nationa¬

pas

qu'il faut faire. J'ai
qu'il me propo¬
saient pour aller les rencontrer et
leur parler. Ils m'ont offert une
tribune, en même temps qu'ils
ce

saisi l'occasion

demandaient d'être là pour

me

les soutenir. Ils m'avaient
de

promis
je vou¬
Ça s'est très bien passé, avec

me

lais.

laisser dire

ce

que

le talent de Rita Macedo et DD
Minvielle à la

rescousse.

La soi¬

bas, même vendu des disques.
30.OCX). Moi, c'est 1 million que

rée, je veux dire. Leurs résultats
aux élections (2% environ de

je veux vendre. Il nous a dit :

moyenne) montrent que mes vues
sont justes, pour là-bas ou

"Effectivement, les Américains

la

peuvent être intéressés, parce que

ailleurs

original, le rock, le jazz, le
rap français ils s'en foutent, le
grand public, ils ont déjà, ils veu¬
lent pas d'imitations provin ciales". Il y a l'exemple des
Gypsy Kings, mais d'un point de

savent

purement commercial, origi¬
nalité de marchandise exotique,
ce qui
est déjà pas mal. Mais
nous il y a un discours derrière, le

quelque chose d'aussi éloigné de
leurs grandes préoccupatioas ?

c'est

vue

39

:

majorité des gens ne
qu'est la

pas encore ce

culture occitane,
son

ses

valeurs et

intérêt. Les élections

ne

sont

ni le lieu pour
pédagogie, comment

pas un moment

faire cette

veut-on que ces gens

votent pour

(1) Agence Française Artistique

�Linha

Imaginòt

...Cortetas...Cortetas...
Picard. La fédération Insanne
pour objectif de promouvoir
et de faire reconnaître la
a

langue, la littérature et la cul¬
picardes. Fédérant asso¬

ture

ciations, artistes, anciens et

4

Mesdames,

La commune est

Messieurs de la
librairie du

une

jeunes, elle accueille toutes les
bonnes volontés désireuses de

défendre l'identité culturelle
de le "Grande Picardie

linguis¬
tique". ( Quoc qu'cha n-n'et ?).
(NDLR

voir page 20)
Insanne. T.03.21.53.49.86.
:

Je m'étonne de

Félix-Marcel Castan (

Cocagne

actions
comme

envisageant le

corps

point de départ et de

convergence, afin de mieux
rassembler les notions de

sport, de culture et d'éduca¬
peuvent être

tion. Ces actions

des cours, des

stages, des ani¬
spectacles ou

mations, des

manifestations diverses desti¬
nées à tous les

publics, plutôt
sous forme de thèmes
d'explo¬
ration, pour établir des passe¬
relles et

décloisonner les

espaces.

François Gibut, ini¬

tiateur de
ment créé

G.E.S.T.,

a

notam¬

1997 la

pièce de
théâtre "Très ouyates" dans
laquelle le gascon et le néer¬
en

landais viennent chatouiller le

français. (J-M B)
G.E.S.T.

-

25 quai

38000 Grenoble- T

Jongking
:

04.76.44.

38.11.

pas

catalogue à la
rubrique anthropologie ( où figu¬
re Robert Lafont) les œuvres de

Le

la curiosité à travers des

ne

voir dans votre

ments

Groupement d'Enseigne¬
Sports et Théâtre
(G.E.S.T.) propose de susciter

octobre 1999. Demanda
totes los artistas interessats

ca en
a

de

se

far conoisser amb

reclama,

sa

sa

ficha tecnica

e

totas entresenhas. De mandar
a:

Cèucle Occitan de

est né

en

ceux

qui

Alain Daziron

Murât; occitaniste, philosophe, il
mène

depuis plus de 30

ans une

action décentralisatrice.
Ma démarche peut

une

belle voix m'a demandé

répondu

non

:

la province ?" J'ai
c'est pour Déser-

tines et Désertines c'est bien
mieux que la province,
Désertines il y a désert et

dans
puis il
y a in, c'est Désert'in. On ne
peut pas faire moins "chic de
Paris" ou "France profonde" ok !
Une "simple" question
me
turlupine, (j'adore ce mol :
turlupine, Sam Ready), quel est
la position des libertaires sur la
...

trop
rte
tropTte

répondre par l'intermédiaire de
...(la Linha Imaginât)... ou bien
par le Monde Libertaire, bande
de veinards je viens de vous don¬
ner le moyen de noircir du papier
au moins un numéro
complet sur
la décentralisation culturelle.

Laurent Sinturel

y

était

dépassée porte

nence

de l'intercommunalité.
C'était le dernier argu¬

ment à

employer si l'on pense
que l'intercommunalité a une
légitimité. Ce dérapage constitue
en soi, une sorte de
péché origi¬
nel. Car c'est ignorer la réalité
profonde du vécu et de l'action à
la base : tout part de la commu¬

mail

:

zaza

@ mnet.fr.

C'est

en

quelque sorte l'assise et
République ; là

la sécurité de la
où la vie

en

communauté

rode, se frotte
s'humanise, car
rer

aux

se

réalités et

on ne

peut igno¬

l'autre. Il est trop

avec

ses

présent
possibilités et ses

réflexions. C'est là où
lien social".

se

crée le

Raymond Lacombe

(Avril 1997).
La

commune

contient

tinuités à l'intérieur de l'uni¬

de la

commune

versel

C'est

comme

"Il

de

faut pas perdre
l'humanité est faite
nations, que les nations sont
vue

ne

que

faites de

communes et

communes sont

que

les

faites d'indivi¬

permettent d'être
nous-mêmes". Félix Castan,
(Colloque Les Identités
Communales/ Larrazet 1993).
nous

un

mer

l'école

sein de la

le

commune.

La démocratie s'exerce

d'abord là. Là où les gens se
connaissent, où ils se reconnais¬
sent différents et
complémen -

taires, là où F auto-contrôle

est

quotidien, même si quelquefois
ne se fait
pas sans heurts.
Cette première com -

cela

on

sans

débats.

ces

voulait réfor¬

jamais penser à

Deux aspects sont

1)

La

fon¬

commune a

profondément changé
un séisme
historique.

d'abord à l'échelle de base de la

: au

dans

damentaux.

République auxquelles tous nos
concitoyens sont maintenant
attachés se vivent et s'appliquent
sur

si

l'enfant.

-

"Les valeurs de la

terrain

Parrols 34270 St. Mathieu de
Treviem- T : 04.67.55.14.44. e

quelques centaines

dus, c'est-à-dire que les discon¬

ne.

du groupe de

nés dans notre n°32 voici :
Mescladissa 212 Montée de

munauté de

d'habitants, qu'on appelle la
commune, est le premier échelon
vital, essentiel à la démocratie.

principe d'identification,
d'implication, de responsabili¬
té. Il est à craindre que les débats
actuels (territoire, développe¬
ment local) occultent l'essentiel
parce que ce sont des visions
d'en haut. Il est frappant de
constater que l'on parle très peu

communauté des hommes

jazz-rock-occitan

un

doute préoc¬
cupant sur les visées et la perti¬

chercheraient les coordonnées
Mescladissa et de sa chanteu¬
se Isabelle
François mention¬

avait
la

discrédit grave, un

anti-

régionalistes !

qu'il

aient

communes ou que

commune

de

Vous pouvez me

vœux

Q:

pu penser

surprendre, mais à l'instant,
j'ai voulu passer commande à
votre librairie
par téléphonne,
vous

"...c'est pour

les théoriciens de

ue

.

ll'intercommunalité

-

Mescladissa. Pour

qui s'invente
tous les jours

1920 à Labastide

Meilleurs

Montpelhièr, Ostau d'Occitania
1 rue Embouque d'Or
34000 Montpelhièr.

neuve

éditions

BP 814 - 82008
Montauban Cédex). Félix Castan
-

décentralisation culturelle ?

Clapàs. Lo Cèucle Occitan dau
Clapàs organisarà lo 1èr festenal de la jove creacion occitana arnbe arts
plasticas e musi-

idée

Monde Libertaire

La

:

elle vit

commune a

long¬

temps présenté une grande
homogénéité : ce qui retient est

plus fort
dedans

a

que ce qui éloigne, le
le dessus sur le dehors

(cette réalité était tellement forte
que cela fausse encore la percep¬
tion de la commune actuelle ;
elle est perçue

beaucoup plus
homogène qu'elle ne l'est en réa¬
lité... la commune carte postale

�Linha

Imaginòt

Débats

2e trimèstre de 1998
est

représentation qui a la

une

prégnant de tous les moments, de
les pleins, de tous les lieux,
sont de plus en plus rares : le
temps communal devient
séquenciel, discontinu... il y avait
un village, il y en a plusieurs.

dure).

peau

tous

L'identité et
nance

font

ne

l'apparte¬
qu'un dans le

mode de l'identité ancienne,

l'appartenance ; elle repose
aujourd'hui sur l'action : il s'agit

ment

de "mettre la

deux

connexion

commune

avec

-

altérité/identité).
En intervenant

en

le mouvement

sur

les

pôles, le projet communal

s'affranchit aussi bien des

du monde" (Statuts

Maison de la
Culture de Larrazet). La donnée
nouvelle que tout le monde doit
percevoir est que la commune est

mirages de l'agitation volatile et
mimétique induite par l'extérieur
que des déterminismes réduc -

entrée dans F œil du

cyclone des
forces centrifuges de manière

une

étran¬

définitive. Elle doit donc inven¬

temps.

dehors de toute autre considéra¬

gère" (24.7.1994). Le sentiment

tion

communautaire n'a pas disparu
mais il est en lambeaux, dilué,

ter des réponses nouvelles pour
affronter le tout communication

l'appartenance était toute
l'identité. Le sentiment
tité. Il était le ressort

té,

sens

justification à toute activité
:

on

on se

que

s'entrecroise

participait à

une

et

s'adresse à

en

activi¬

sentait concerné parce

l'on était de Larrazet

toute autre

ou

de

superpose,

sans

une commune

communes

aujourd'hui dans
une ère nouvelle. L'unité
pétri¬
fiante, la masse compacte de

par exemple, loto de
élections municipales).

l'interconnaissance ont volé

communauté

serait de tenir le

en

comme

éclats. On s'affranchit facilement

;

du

toute

nal. C'est le

une

commune

une

autre

l'œuvre

:

le calendrier extérieur

(pluri appartenance) dicte
sur

sa
le calendrier interne

calendrier individuel

loi
,

le

pars

(dans la commune) mais je

lettre morte

il est intact et reste la clé de
action

ou

implication. Pas
ne

aujourd'hui battus

numéro: SB

DE
a

n n

.Cortetas.. .Cortetas...

Clermont-Ferrand
son

carnaval et

le 5

mars

a

son

dernier

aussi

eu

charivari

avec

casse-

rolles, bidons et instruments
de toute sorte. A défaut d'occi¬

par

tan

à la T.V., les

Auvergnats
démangeaisons imaginòtistes. (J.M.B)

à la communauté nouvelle. Elle

Ferrand.

s'est
ce

profondément transformé
qui suppose des modalités

un

:

doit

procédé cumulatif
implications qui faisaient le

se

positionner

afin de
nome :

:

construire

nouvelle.

L'enjeu au¬
jourd'hui n'est pas
de regrouper les

point focal

au

entre le dedans et

commune

taire

t 9 8 7

hommes. Le

forger.
2) L'objectif priori¬

âge historique de la

LARRAZET
e

..

phane Moulin : 6, rue des 4
passeports 63000 Clermont-

L'univers communal

gran¬
s'im-

e

brèche

en

^

bonheur (et l'identité) de la com¬
munauté ancienne ne suffit plus

LE TRAIT D'UNION
JOURNAL

Certes l'éclatement

péril l'être collectif com¬
munal mais, par bien des aspects
la marge de manœuvre est beau¬
coup plus ouverte qu'autrefois.
Chaque lieu s'ouvre à des pos¬
sibles quasi illimités, les déteren

minismes de toute sorte sont

la communauté

LE

A. D. le 5.02.98.

tacles incarnés.

meurt, un autre est à
en

son

des

stade / Janvier 1998).
Les enfants

qui

lieu et de

son

besoin et construisent des habi¬

d'action radicalement nouvelles

dissent dans la vie locale

qui est à

Labourgade, il y a (toujours) les
Pyrénées". Les hommes ont

sais pas où je vais" (un diffu¬
seur local des calendriers du
ne

la fois de

orbite

sur

les

met

ressemble à

"entre Larrazet et

Il met

identité culturelle

l'audace et la volonté des

balaye le

calendrier communautaire. "Je

l'école,
L'erreur
principe de

teurs du dedans.

mirages du virtuel qui sont
allergiques aux altérités et aux
aspérités.

amorti, intermittent, résiduel (il

sont entrées

champ magnétique commu¬
règne de l'éclate¬
ment dans lequel les forces de
dissolution sont pleinement à

et

peut ressurgir avec une force stu¬
péfiante sur des temps ponctuels:

commune.

Toutes les

se

toujours com¬
muniquer : "quand le stade
demande une aide, on dirait qu' il

profond qui

donnait immédiatement le
la

Tout

commu¬

nautaire était le moteur de l'iden¬

le dehors

s'ériger en sujet auto¬
"à égale distance du

ont des

Jean-Marc Monchalin, Sté¬

Scansions

propose une

méthode du

phrasé rap. Il
s'agit de la rédaction scandée
de textes de tap, du passage à

tout abstrait et du tout enraci¬

l'écrit de l'art oratoire. Les ini¬

né s'élabore l'identité culturel¬

tiateurs y

le". Enoncé lumineux, par

de "créer

Félix
Castan, d'un principe d'action
qui commande tout dans la nou¬
velle donne de l'identité.
L'action collective est
savante alchimie

veau,

voient la possibilité
un

patrimoine

nou¬

de perfectionner une

esthétique locale et aussi créer
le ferment d'une fraternité

poétique". (J.M.B.)
Mouvement Urbano-Rural

munauté nouvel¬

polyrythmique dans laquelle chaque
temps (et sa visée propre) épaule,
justifie et nourrit l'autre. A
Larrazet, le Trait d'Union (jour¬
nal local) et la soirée locale
annuelle travaillent le dialogue et

le, de la transfor-

le liant communautaires : l'im¬

mer

par un
travail auto-

plication locale est première.

sur

Les rencontres et les Journées

de

pédagogique

Annuelles investissent le

grand
large ( en s'appuyant sur un tra¬
vail de plongée dans le milieu et
un projet élaboré de l'intérieur) :

théâtre d'Alem Surre-Garcia

communes

(vision

d'aménageurs de
l'espace, réponse
trop facile) mais
de

construire

partout la com

-

conduit de l'inté rieur.

L'objectif

est de

multiplier
les sujets auto nomes qui pen sent et agissent
par eux-mêmes.

une

l'ouverture extérieure est pre¬

mière. Elles sont une interface
de médiation, de

recherche et de

L'identité était

synthèse qui travaille toutes les
dialectiques (savant/populaire -

d'abord fondée

dedans/dehors

sur

41

-

fixité/mouve¬

d'Art ScandéPiémont 60200

15

rue

du

Compiègne.

Cinéma.

Lapilli Films réalise
en français et en
Ils sont disponibles en

des films
occitan.

cassettes vidéo.

Dans

son

catalogue on trouve Vingt
stères par jour, documentaire
les "bûcherons câbiistes"

l'Ariège. Astrada pièce de

en scène par Bernard
Cauhapé, Ramponò fiction en
français et gascon, et
Métempsychose un portraitfiction en occitan de Roger

mise

Sarralet, boucher à la retraite.

(J.M.B.)

Lapilli Films- 3 rue Paul
Lambert 31100 Toulouse. T
05.61.44.74.77 Fax
44.74.75

:

05.61.

:

�Linha

Imaginòt
jazz. Découvrent Lubat, les
Landes, entendent parler d'occi¬
tan (Manciet sur scène, les

Projet de revue

Fabulous

Calandreta

culturelle occitaniste

avec

les Femmouzes T,

ou

sur

le stand,

un

débat

Castan). Ne comprennent

pas trop :

ils sont PS.

ou

P.C. et

une fermeture (ils vous
sortent le cliché : "Nous on est
y
►

voient

citoyen du monde !") mais sont
quand même un peu séduits/atti¬

Claude Sicre

rés. Ils achèteront

un

livre pour

touristes, des disques et peut-être
(si Sicre leur a consacré 1/2
heure

Lors de la réunion d'Uzeste

(août 96), j'ai développé
projet d'une revue cul¬
turelle occitaniste qui a intéressé
les participants et a été retenu
le

fiée, plus militante de cette cultu¬
re.

Par manque de temps
mais surtout d'occasions (ce
n'est pas

toujours notre rôle)

sujet de réflexion

pour

(même si

l'Assemblée Générale, Je

vous

livres à la sortie des concerts

comme

nous

ou

des festivals

vons) ; c'est surtout par manque
d'outils intermédiaires (entre le

d'Occitans ! *
Une

revue

pour

qui,

pour

quoi ?

Comment m'est
l'idée de cette

revue

venu

dans

ses

déterminations précises ? La
réponse vous éclairera, et fera la
différence (qui est celle de sa fai¬

sabilité)

les grandes idées

avec

abstraites de

disque et les
Nous

nous pou

œuvres

-

savantes).

des

disques (pas
assez de bons), des livres de lit¬
térature, de linguistique, de poli¬
tique culturelle, etc (plein de très
bons), des films (très peu), des
revues savantes ou grand public
en langue d'oc (Occitans !), des
cours

avons

d'occitan, des écoles occi¬

tanes, etc, etc, mais

nous

n'avons

grand chose pour faire le lien
entre un spectacle et tout
ça. Sur
les 1.000 à 2.000 personnes pré¬
pas

générale que

sentes dans

à

Arnaud-Bernard, ainsi que celles

Massilia, par exemple, combien,
après avoir acheté le disque ou
pensant "l'occitan c'est cool !"
(progrès immense : il y a pas si
longtemps pour la majorité,
c'était "l'occitan c'est ringard!"),

de différents
groupes

vont

tous nous
ou

à

un

revue

avons eu

un

moment

autre.

Mon
les Fabulous

expérience

avec

Trobadors, l'IEO

Musica et le Carrefour Culturel

de musique
(Massilia, Nux Vomica, Femmouzes T, Cie Lubat...)
d'orga¬
nisateurs, de journalistes, d'écri¬
vains, de peintres, dont j'ai pu
mesurer la portée à travers le
mouvement

de la Linha

nòt, m'a amené à
tion

:

nous

public
thiser

une

touchons

Imagi-

constata¬
un

large

que nous faisons sympa¬
certaines valeurs de la

avec

culture occitane

(parfois rien
qu'avec une image, ce qui est
très important) mais il nous est
très difficile, à partir de là, de
conduire le public, plus ou moins
demandeur, vers une connaissan¬
ce plus
complète, plus diversi¬

un

de

le dico de topo¬

se ruer sur

nymie du Tarn

concert

les romans de
Boudou ? Rares (encore faut-il
qu'il y ait une table, et donc que
ou

des militants soient là avec, car

Massilia

chose à

faire).
La plupart des jeunes qui vien¬
nent se foutent de la
toponymie
et ne lisent
pas l'occitan (parfois
ils

se

a

autre

foutent aussi de la lecture

général) : notre rôle (de mili¬
occitanistes) est de les ame¬
ner à s'y intéresser.
en

tants

Prenons

exemple

un

autre

des spectateurs du
Couple, 35
enseignants à Paris, origi¬
:

Festival d'Uzeste.
ans,

naires de Normandie, aiment le

dehors de la connaissance du
leur donner/vendre

idées à

quand

ou

contexte. Nous n'avons rien à

vendons des

livre ici

quelques-unes de mes
ce propos, afin de susci¬
ter des
questions précises à
Bordeaux. Par ailleurs je souhai¬
terais que ce texte soit publié
dans le prochain numéro

café) (ou Buge ou
Blot ou Vilotte) un
traité (Castan, Laffont, Nelli)
qu'ils comprendront mal, en
au

Gaudas

initier

en

les

qui puisse les
captivant par tous

les bouts de leur début d'intérêt,
c'est-à-dire par tous les thèmes

(musique, littérature, histoire,
politique culturelle, linguistique,
tourisme, écologie, etc, etc), dans
une

continuité, c'est-à-dire de

nombreux,
en

ce me semble) et pas
n'œuvrant que pour

convaincre

(ou entretenir la
conviction) des déjà convaincus.
Et pour aller les pêcher il faut
tendre des lignes dans toutes les
rivières

qu'ils fréquentent. Et

s'adresser à

eux

en

se

faisant

comprendre. Dans le but de les
amener peu à
peu à une curiosité
plus large et plus aiguë. (J'insis¬
te, je prends un peu le ton de
l'instituteur qui rabâche, mais
croyez-bien que c'est sans
condescendance, je veux être
bien compris).
On a vu qui il me sem¬
blait important d'essayer de tou¬
cher (un public plus large que les
"occitans" : des gens de toutes
origines, des Parisiens, des
Bretons, des Corses, des
Normands, des Antillais, des
Italiens, - problème de langue j'y
reviens, etc...), on a vu de quoi :
les

amener

à découvrir la culture

occitane et à s'attacher à la

mieux

connaître.Voyons mainte¬
réussir.

façon à alimenter régulièrement

nant comment y

leur curiosité, à les aider à être

J'ai constaté que nous
avions nombre d'excellents

persévérants (quand ils sont

ren¬

trés chez eux).

outils

J'ai

pris deux exem¬
ples de situations que je connais¬
sais, je suppose que ce que je dis
peut facilement être vérifié
ailleurs (spectateurs occasionnels
de felibrées, de débats sur la
langue, de "Viure al pais" à la
télé, de Carlotti, de reconstitu¬
tions

historiques, etc, etc).

:

1) certains qui attirent le regard,
l'écoute, d'un grand public et qui
le conduisent

vers une

sympathie

pour la culture occitane (et par¬
fois vers une compréhension ins¬
tinctive de
ment

ses

valeurs, extrême¬

forte) mais n'ont pas

vocation à entretenir chez lui

une

connaissance

semble

approfondie : tout
ce qui est spectacle, émissions
radios ou T.V., disques, films (ce
serait important qu'il y en ait
beaucoup plus), etc. Ces outils

l'occitanisme (ne sachant ni lire

fixent momentanément, ponc tuellement, parfois superficielle¬
ment, l'attention d'un très grand

On voit donc qui il me
important de toucher en
profondeur : un certain grand
public, occasionnellement sym¬
pathisant, mais ignorant de
ni écrire l'occitan, ne sachant
pas
qu'il existe une littérature etc...)
et

issu de tous horizons

(poli tiques, géographiques, culturels,
professionnels, .) de tous âges
..

de toutes conditions. II
semble que c' est là le plus
et

me

grand

nombre de gens.

2) d'autres, les plus nombreux,
qui, dans une pluralité de
thèmes, d'approches, sont au ser¬
vice soit des militants, soit de

réservoir d'occitanistes poten¬

sympathisants avancés, soit de
curieux, d'étudiants ou de cher¬

tiels: évidence

cheurs travaillant

qu'il fallait

construire, parce qu'elle n'en
semble pas une pour certains. Si
on veut
grossir les rangs de

l'occitanisme,

c'est bien

allant chercher

qui ne le
(ils sont les plus

sont pas encore

ceux

en

sur un

en

profondeur

thème.
Il

nous

manque

l'outil

central.

Il doit y

avoir toutes

sortes d'outils pour mener à bien
notre projet. La revue devrait

�Linha

Imaginòt

Débats
2e trimèstre de 1998
être celui a)

qui fédère tous les
b) qui devienne le
lieu privilégié des grandes syn¬
thèses : populaire et savant, com¬
mercial et militant, français et
autres outils

occitan, local et mondial, etc.

Quelle

revue

?

Bilingue à la base, avec une
plus grande part au français et
•

méthode d'initiation progres¬
sive à la lecture de l'occitan ;

subvention régulière.
plu¬
sieurs de leurs préoccupations
qu'ils n'ont guère l'occasion de
transformer en actes : patrimoi¬
ne, développement des arts, édu¬
cation, langues et cultures régio¬
nales, tout cela présenté dans un
projet global, synthétique. C'est
la mission du service public à qui
pensé

-

une

Notre travail ressortira de

nous

offrons

un

Langue

-

Culture

Territorialité

-

Identité

-

(Cinquième et dernière partie)

outil.

une

•

Ouverte à d'autres

avec

langues,

outils d'initiation à

ces

langues (et aux cultures qui s'y
rattachent) ;

Les Mairies.
Le travail des militants des sec¬

eux

de trouver des financements

Trimestrielle

;

aussi

•

Réalisée par

des professionnels

de

avec un

comité de

rédaction

large et autorisé
incluant des grands noms de l'occitanisme et des représentants
des grandes associations (tous les
IEO secteurs et départements,
Calandretas, Institut culturel
occitan de Pau, IDECO, radios
occitanes, autres revues et jour¬
naux occitans, etc) ;
•

Formant

une

société

indépen¬

là être très utile, et
un vecteur régulier : à

trouver

•

salariés**,

réguliers. Il

communes en

y a

beaucoup

Occitanie. Des

militants de base peuvent se lier
à elles et leur faire entrevoir l'in¬
térêt de
au

participer régulièrement
Contre pub

financement.

toujours : abonnements
partout : bibliothèques, M.J.C.,
Foyers Ruraux, etc.

•

commerçants de proximité,

seraient

Comités

rents

niveaux...

Les rôles identifica
toires

Campagne d'abonnements
d'entreprise,

:

-

identitaires de la

langue
la culture sont particulière¬
mêlés, mais mettent en jeu
ou

des éléments très contradictoires.
Il

s'agit de partir de la
psychogenèse de la langue et de
la culture. Ici

b) Le privé.

questions. Cela tient bien sûr
qu'il est de la génération
de linguistes comme Volochinov
ou Bakhtine. 11 est de la généra¬
tion qui a appliqué la première
politique des nationalités de
l'URSS, à savoir celle qui posait
que c'était un droit fondamental
de tout Soviétique de recevoir
une éducation dans sa langue
maternelle et qui encourageait
ainsi le développement des cul¬
tures portées par ces langues.
Ces linguistes,
ces
au

ment

Public

(société, SCOP,...), lesquelles

présentes dans le capital

Culture/Langue et Identité

et de

rédactionnelle, etc.

dante des diverses associations

de ladite société, à leurs diffé¬

Jacques Coulardeau

tions peut

un

homme

comme

Vygotski est fondamental. Il est,
parmi les psychologues de notre
siècle, l'un des plus inspirés sur-

grosses

fait

boîtes...
•

et tous

Publicité

:

j'ai beaucoup d'idées

là aussi, mais vous aussi.

génération, ont
investi beaucoup
d'énergie à la

Comment le financer ?
Je pense

qu'une telle

revue,

réus¬

sie, peut rencontrer un très large
public : occitanistes militants et

sympathisants, méridionaux
curieux, intellectuels et artistes

français

en

En résumé général : Je
voudrais pas tout décortiquer.
J'ai parlé de l'axe général. Je

codification

ne

(écriture) de ces
langues et à la

pourrai sortir d'autres idées
quand le jour viendra. A d'autres
de plancher, et débat. A bientôt !

constitution de
fonds de livres
scolaires

général. Voici qui

elle doit viser. A terme

sa

les intel¬

lectuels de cette

autres

C. S. (Décembre 1997)

vente

dans

ou
ces

(abonnements et kiosques)

langues.

devrait la hisser

L'URSS de cette

de

revue

au

culturelle

de gran¬
généraliste, et
rang

époque comptait

donc l'auto-financer pour une

*

grande part. Mais nous devons
compter, pour le démarrage,
ainsi que pour la continuité, sur

Occitans !

qu'un an après.
**
Je n'ai pas peur de lancer
quelques noms : A. Surre-Garcia,
J-M Bugc, A. Rouch, Marti fils,

langues et la
plupart avaient
été négligées
jusqu'à n'être ni

J. Gaudas...

écrites, ni ensei¬

deux autres

sources

de finance¬

ment.

Je n'ai donné

ce

des centaines de

texte à

gnées, et pourcertaines même

a) L'argent public.
Etat, Régions, Départements,

pas

cette

Du côté de l'Etat et des

Régions, je

pense que nous
obtiendrons assez aisément avec un

tolérées. On

sait, hélas, que

Mairies.

cahier des

.

.

jamais le créateur. Il devient prophète. Au plus
profond de Daniel Mesgulch, juif et pied noir, il y a te

N'exilez

verbe, déchirement de l'image...

charges bien
L'histoire

43

qu'on ne connaîtra jamais, juin 1994, Lille

ne

politique

durera

clu une quinzaine

d'années

�Linha

Imaginòt

après le communisme de

muns avec

et

l'enfant

guerre,
brutalement renversée par
l'école de Marr, encouragée par
sera

Staline
Le

au

milieu des années 30.
deviendra la

russe

langue

le dialecte local que

parle. On ne prend pas
en compte ce fait.
François
Bayrou a été le premier ministre
à indiquer qu'il fallait, pour
lut¬

socialiste, la future universelle

ter contre

quand la révolution socialiste

méthodes de F

sera

achevée dans le monde. On

sait

qu'en 1952, cette politique
à nouveau changée, mais on
ne reviendra pas vraiment à la
politique antérieure, et on aura
alors une politique mixte, prag¬
matique, du russe dominant, et
d'une expression dans les
langues locales plus ou moins
protégée. Mais en 1989, à Lille,
sera

d'un débat entre écri¬

au cours

vains

soviétiques et écrivains
américains que j'avais organisé
pour Festi-Marx, des écrivains
ukrainiens ont clairement répon¬
du à

question : "Y a-t-il une
littérature en langue ukrainienne,
et comment, vous Ukrainiens,
en

?" La

réponse fût : "Ce
n'est pas un problème." On sait
la suite, et on se souvient que
l'Ukraine n'a intégré l'URSS
qu'après 1945, tout en conser¬
vant son représentant indépen¬
russe

dant à l'ONU.

Quelle est l'idée prin¬
cipale de la psychogenèse lin¬
guistique et culturelle?
La langue UN de
l'enfant est la langue qu'il
entend depuis la vingt-quatrième
semaine de

son

ne et

sa

après

incubation utéri¬

naissance. S'il en
entend deux, il pourra être
bilingue, voire plus. Mais, toute
la saisie des langues suivantes se
fera

Enseignement du
Français Langue Etrangère
(FLE), y compris pour des
enfants notoirement de langue
française. Mais cela n'a pas été
suivi de beaucoup d'effets, sauf
dans des lieux plus difficiles que
d'autres (ZEP par exemple),
mais le plus souvent comme des
initiatives privées d'un ensei gnant, de quelques enseignants,
d'une équipe d'enseignants,
voire d'un établissement, et
encore,

sur

la base de cette

primo¬

expérience linguistique. Pour
l'immense majorité des résidents
en France, le
français normé
n'est pas la langue UN. La
langue UN est une langue étran¬
gère, une langue régionale, un
"dialecte" ou "parler" français
"subnormal". Il serait plus juste
de dire un dialecte local (géographiquement, socialement, cultu-

très souvent,

dra¬

en se

pant de la présence non ségrégationnée

ma

ressentez-vous le fait d'écrire

l'illetrisme, utiliser les

de

d'étrangers pour le faire.
Le sujet, jusqu* à la fin

vie, s'identifiera à

sa

cette

langue, car ce sera sa langue de
la tripe. Elle ressurgira dans des
moments

de crise, et,

avec

les

Maghrébins de Roubaix ou
d'ailleurs à qui leurs parents
interdisent d'employer la langue
familiale qu'ils comprennent, et
qui en deviennent, pour la plu¬
part, incapables de la lire ou de
la parler, cette langue UN taboue
crée des blocages dans l'expres¬
sion et perturbe le fonctionne¬
ment mental et intellectuel

nor¬

mal, pour ne pas parler du
comportement ou de la psycholo¬

gie. Le refoulé revient toujours
galop, tôt ou tard. Le rôle
identitaire de cette langue UN ne
p&gt;eut plus aujourd'hui être nié.
Mais qu'en est-il des
langues régionales, comme le
picard ou la langue d'Oc ? Les
enfants d'aujourd' hui ne sont de
toute évidence pas élevés dans
un bain de
langue d'Oc, ni même
de picard. Le picard se maintient
au

mieux car, dans le Nord-Pas-de-

Calais, c'est resté
aussi

un

dialecte, lui

rellement, etc) du français.

moins créolisé,
d'une vieille génération rurale.
On remarque même que certains
enfants intellectuels qui veulent

Il rien

défendre la culture occitane, ont

reste

moins
que pour cette immense majorité
le français normé, celui de
l'école, sera une langue DEUX,
donc

une

pas

langue étrangère,

même si elle

a

des

points

com¬

plus

ou

parfois une connaissance très
approximative de la langue.
Même Jacques Mallouet, Dans
les Monts du Cantal, commet des
erreurs

Le verbe de cette

de traduction de certains

termes.

Antigone qui croyait pouvoir être plus forte que la loi,
verbe suprême.
Antigone, février 1995, Tourcoing

Les termes de "drôle" et

"drôlesse", en occitan, du moins
le mien, et cela m'a été confirmé
par des Occitans d'Auvergne,
n'ont rien de péjoratif et signi¬
fient simplement "garçon" et
"fille". Il est vrai que, sous

l'influence du
ment,

j'ai

vu

français probable¬
évolué dans les

être vaste et

multiple, et com¬
français normé ne peut
pas atteindre les coins les plus
reculés. Pour résoudre le problè¬
me de la position de la
langue
ment

le

d'Oc,

peut donc que
approche bilinguiste.
Il faut assurer la présence de la
langue occitane dans l'environ¬
on ne

prendre

une

années 50 et 60 le terme de "drô¬

nement immédiat de F enfant

lesse"

bas

valeur

péjorative,
quand il est employé

vers une

en

des filles d'un certain âge.

âge. Cela ne peut se faire que
par une politique volontariste et
c'est la responsabilité des autori¬

Mais c'est le retour d'une valeur,

tés locales, territoriales ou natio¬

le terme a pris dans la langue
d'Oil, en langue d'Oc. Il suffit de

nales

surtout

pour

que

lire le Littré pour comprendre : le
terme n'est exemplifié qu'en

d'y veiller, mais c'est aussi
populations de l'exiger.
Personne ne peut interdire le
français, car cela est simplement

langue d'Oil

illusoire

et est daté du

XVUsiècle.
Au

celle des

temps des

médias et de

mass-

l'informatique

satellitaire, on voit comment la
palette des langues entendues par
l'entant en bas âge ne peut
pas

et

irréalisable. Mais

on

doit, et même on doit
pouvoir exiger la présence des
langues régionales, et plus géné¬
ralement de toutes les langues
UN des enfants qui ne sont pas le
français, dans l'environnement
pieut et

on

�Linha

de l'enfant
au

en

bas

âge, d'abord

niveau des mass-médis et

ensuite

niveau de la structure

au

scolaire, préscolaire et même
dans les crèches. On ne peut pas
demander à tous les personnels
de

parler

ces

langues dans

institutions, mais
doit demander la
lière de

on

présence régu¬

langues dans

ces

ces

peut et on
ces

lieux.

immédiat, ou que ce soit
langues étrangères dont ils
auront besoin plus tard. C'est
très tôt que nous devons fixer

rer

les

aujourd'hui ne le sait. Doit-on
viser à un bilinguisme européen,

l'habitude d'entendre et de diffé¬

doit-on viser autre chose, comme

langues différentes,
elles sont parfois voi¬

rencier des
même si

sines. Il faut

On

me

dira que

cela

va

une véritable Tour de
Babel. Doit-on différencier les
enfants

fonction de leur

en

langue UN ? Doit-on imposer
une langue UN autre
que le fran¬
çais à tous les enfants ? Que pen¬

défendre des

se

parents qui ont des raisons par¬
fois purement personnelles de
suivre telle

représenter

l'efficacité ? Personne

nement

ligne, parfois
purement utilitaires concernant
l'intérêt de l'enfant, tel qu'ils se
le représentent, et il ne faut pas
oublier que les parents projettent
ou

telle

nécessairement leurs envies,

désirs, peurs, frustations dans la
vision qu'ils ont de leurs enfants.

comme

Bruxelles le veut ? Ou

certains militants le veulent ?

Imaginòt

quelles il s'identifie.
Qu'en est-il de la culture

?
C'est

Une chose est sûre

aujourd'hui, c'est que la France
ne trouve pas sa réalité sociale et
culturelle dans la langue françai¬
se, dans la seule langue françai¬
se, et que l'on doit poser la réali¬
té de ce pays, de cette nation, si
on veut
parler dans cette direc¬
tion, et ce terme ne m'agrée
guère, que dans la permanence
d'une diversité et d'une ouvertu¬

un

tout autre pro¬

blème.
Nous avons aussi parlé
psychogenèse des cultures,

de la

de la culture d'un individu. Nous
avons

il

les mêmes situations, mais

s'agit plus seulement des
domaines qui sont portés par de
la langue, mais de tous les
ne

domaines, de tous les bombardages dont l'individu est l'objet
du matin au soir, où que ce soit.
Le résultat, et il faut bien être

re

besoin, et qui sera le seul effica¬
ce dans sa vie, c'est celui que

depuis des millénaires, même
quand l'ouverture a été imposée
par les armes des conquérants
multiples comme les Romains,

jingoiste et aveugle, étroit
d'esprit et narcissique, pour ne
pas voir qu'il n'y a pas deux

langue étrangère utile plus
tard, comme l'anglais ? Et que
penser des enfants de langue
française normée ? Que penser
des enfants qui bougent et pas¬

chaque enfant

les envahisseurs

nauté la

sent d'une

sairement contradictoires. Il est

adulte,

vrai que ces

strates.

des enfants de dialectes

ser

locaux
au

français ? Ne doit-on

contraire

se

pas

concentrer sur

une

zone

suite de leur

à l'autre à la

parents ? Il n'y a

pas de réponses facile à ces ques¬
tions. Toutes ont leurs argu ments, et toutes ont leurs désa¬

L'idéal du Moi dont l'enfant

même, dans
en

symbiose

se avec

a

construit lui-

se

environnement,

son

avec

lui et

en osmo¬

lui, même si cette sym¬

biose et cette

osmose

sont

néces¬

questions que je
pose justifient ou au moins pous¬
sent

certains à

ne

rien faire

:

devant l'énormité de la Tour de

vantages. Ce sont des choix

Babel, certains s'enferment dans

politiques à faire. C'est ce que
les linguistes de Rouen appellent
de la glottopolitique. Je ne suis
pas pour les choix uniquement
dictés par les seules motivations
culturelles locales. Chaque
enfant a droit à sa langue UN.
Chaque enfant a droit à son ave¬
nir professionnel. Chaque enfant

leur nombril et

a

droit à

avenir de

son

citoyen.

Chaque enfant a droit à sa mobi¬
lité à l'âge adulte. Nous n'avons
pas le droit de décider à leur
place de ce dont ils ont besoin
aujour-d'hui, ni de ce dont ils
auront besoin plus tard.
J'ai longtemps travaillé
en milieu multi-cthnique. J'ai eu
jusqu'à dix langues UN diffé¬
rentes dans

mes

classes,

sans

compter les langues UN clandes¬
tines

comme

le

kabyle

ou

le

statu

quo.

rante. La

C'est

se

une

satisfont du

lâcheté

cou¬

cerne

taire

la
ou

raison de

langue, au niveau identi¬
identificatoire, pour un
nous avons

plusieurs

1- La langue UN pro¬
irrépressible.
2- La langue UN bis
(le français standard) qui pour
certains est une langue DEUX, la
langue de l'éducation.

3- La

ou

les

langues

tions

étrangères nécessaires à sa vie
d'adulte (qui ne sont pas néces¬
sairement celles qu'il a apprises
à l'école, ou, autre cas de figure,
celles qu'il a apprises à l'école

de leurs

sont

et

avoir
d'un

plus s'il ne doit y en
qu'une, ne peut venir que
examen
approfondi du pro¬

blème, l'étude totale des solu¬

possibles, de leurs coûts et
conséquences. Il ne faut
pas nier le problème du coût, ni
le problème des conséquences,
en particulier au niveau du jingoisme que ces approches provo¬
quent chez certains qui sont
d'autant plus frigides sur ces
questions qu'ils sont faibles dans
leurs identifications. Il est néces¬
saire aussi de

garder en tête que
si nous n'avons qu'un saupou¬
drage l'effet sera encore plus
négatif car il réduira toutes les
autres langues à n'être qu'un
bruit,

nationale, qui sur cette question

un

mérite pas de majuscules,
d'assurer à tous les enfants, j'ai

ment que

un

environnement

sonore,

bruit de fond, un bourdonne¬

bien dit à tous les enfants, un

l'oreille cérébrale
apprendra à ne plus entendre
rapidement, comme le bruit des

spectre large d'ouverture aux

voitures

langues du monde, que ce soit
les langues UN de son environ¬

Quel niveau d'intensité et quel

ou

devenues

ou

restées lettres

deux

enfermés dans leur univers clos
et feutré d'un narcissisme à

deux, qui soient parfaitement

identiques. Il n'y
nauté

pensée, de comportement, de
rédaction,de sentiment. Même le
groupe social le
n'est pas capable

plus terroriste
d'imposer une
parfaite conformité à tous ses
membres. Il y a, dans chacun de
ces membres, une petite varia¬
tion, aussi minime soit-elle. Et la
richesse d'une société est fondée
sur ces

différences,

ou

Un individu adulte se

spectre de
langues auxquelles et par les -

seule

commu¬

religieuse la plus carméli¬

4- Les langues appli¬
quées qu'il emploie tous les
jours ; langues scientifiques (le
savoir), langues techniques ou
technologiques (le savoir et le
savoir faire), langues profession¬
nelles (le savoir faire), langues
idéologiques (philosophie, reli¬
gion, politique, etc), langues de
créativité (toutes les langues et
tous les discours où le sujet joue
avec la sémiologie et les sémantismes : certaines sont linguis¬
tiques, d'autres ne le sont pas
comme la peinture, la musique,
la vidéo, l'image, le son, le ryth¬
me, la danse, etc).

45

a pas une

te, où tous les individus ont une
totale communauté de culture, de

disait Saussure

définit ainsi par un

commu¬

plus fermée, même les
vrais jumeaux les plus

mortes).

le chant des oiseaux.

niveau de diversité peuvent assu¬

individus, même dans la

communauté, même la

fonde et

solution, s'il y en a une,

kurde. Il incombe à l'éducation

ne

germaniques,
les tout-ce-que-vous-voulez.
Ainsi, en ce qui con¬

ou

comme

le

Lévi Strauss,

bien d'autres avant et

eux.
re sa

La société
vie et

sa

ne

après
peut construi¬

richesse que sur

la

base des différences.
Le

problème des cul-

turcs minoritaires

ou

des cultures

locales, c'est de

ne

pas

mourir,

donc d'être assurées d'un lieu

d'existence et d'un espace de
vie. Mais une culture n'est vrai¬
ment

riche que

elle est
ments

dans la mesure où
capable d'investir ses élé¬
dans les dynamiques cul¬

turelles du monde entier, et

d'inspirer les plus grandes créati¬
vités dans tout

un

chacun et

en

particulier dans ceux qui font
métier, profession ou vocation de
dépasser les limites de la norme
et d'inventer, d'explorer, de

�Linha

Imaginòt

2e trimèstre de 1998

créer le monde de demain,

qui ne
pourra être qu'au-delà de la
norme,

des

normes.

Chaque individu ainsi
s'identifie quelque part à une
culture, à des éléments de cultu¬

les portes ne restent pas ouvertes.

comme je l'ai déjà dit,
Maryse Delente a plus

Et

Mais cette dernière

phrase est
parfaitement idéologique. C'est
un choix éthique, religieux, abso¬

que tous

lu.

folklore. Mais il est vrai

fait pour

Je crains autant

la Tarentelle
les festivals de

qu" un Centre
Chorégraphique National
Occitan qui aurait pour
mission de produire des

quand
j'entends je ne sais quel discours
d'une quelconque association de
défense de la bourrée que quand
j'entends le même discours
d'une quelconque association de

dial à

effort pour aller voir une telle
chose. Pour d'autres, c'est

défense de la danse des canards.

et

Ces discours, et on

les met

tanes, serait une excel¬

l'opéra baroque. Pour d'autres ce
les cartes postales. Pour

parfois

en

scène, comme à
1996, vont de pair
avec le vin ou la bière, l'alcoolis¬
me, la violence, la bagarre, je ne

lente chose, à condition

Gannat

en

bien sûr que ce ne

soit
le seul Centre
Chorégraphique National

sais

d'Occitanie. Le Ballet

Pour certains

re.

ball

ce sera

spectaculaire,

le foot¬

je

ce que

regrette profondément, mais que
je respecte quand même, même
si je ne ferais pas le moindre

sont

d'autres c'est l'art culinaire.
Mais la culture d'un homme est

nécessairement
et

identitaire

multiple et variée

ou

identificatoire.

Le

problème que je
niveau, c'est que

nous

quel dérèglement du

cer

conscrits,

-

ticulière nourrit hélas les débor¬
dements les

tiaux, les formes culturelles les

pose à ce
ce
discours identitaire et identifica¬
toire

au

niveau d'une culture par¬

plus regrettables et
plus haïssables. On sait ce
que les trois K veulent dire aux
USA. On sait aussi ce que les
les

culture.

ce

en

bolivienne que nous ne le
ferons jamais tant que

Le verbe de Dieu

qui créa l'homme et la femme
qu'ils ne sauront jamais faire d'en¬
militantisme associatif de
fants qu'après avoir mangé îe fruit, la figue
village ou de quartier. Je Je ne sexuelle et érotique du désert
suis pas Frankenstein, janvier 1995, Lille
suis contre tous les inténous en

fait la néga¬
j'appelle la

resterons à un

si innocents

grismes et quand
j'entends certains demander

que

Quand

-

défend mieux la culture

pas

plus malingres,
tion même de

des harmonies occi

National de Bolivie

seuleument
parce qu' ils parlent d'armée et de
guerre, mais parce qu'ils font
émerger dans les jeunes qui y
vont, les instincts les plus bes¬
non

mon¬

partir des rythmes

pas

Je haïs les bals des

veau.

me

ballets de niveau

oserons-nous

trois K voulaient dire et veulent

enfin abattre et détniire tous les

encore

le droit de vivre et tra¬

dire encore, en

monuments à tous

vailler

au

Ku Klux Klan
Kirche

Allemagne. De

en

Kinder Kiiche

finit

toujours
poser une KULTUR, avec
qui lance son écho dans
on

oreilles

comme

rebondit

sans

tennis. Et

je

fin

une

par

K

un

mes

balle

qui

sur un court

de

le doublerai pas,
car c'est
trop facile. Mais hélas
ce spectre en forme de K menace
toutes les sociétés qui
poussent
ne

les

morts

de

je réponds que
mon pays c'est la planète,
et que
si dans un village de montagne

les guerres

dans tous les
Chaque fois que je passe
une telle chose,
je sens
mes talons se coller au
goudron
et je revois la face idiote de
quelque sergent ou adjudant qui
trouvait un malin plaisir à faire
toutes

pays ?
devant

on trouve mon

accoutrement trop
provoquant, d'abord je leur don¬
nerai la leçon dont ils ont besoin

comprendre que les œillères
des lunettes, encore
moins des loupes ou des micro¬
scopes, et puis j'irai quelque pari,
pour

française,

ou

cour

de

ma caserne

qui s'amusait

sont pas

ne

chanter "Heili Heilo" tous les
soirs dans la

pays,

dans le monde où les vaches sont

cer¬

leur identification à leur culture

tains soirs, ou certains malins à

moins folles et les taureaux

jusqu'à

faire des

moins machistes.

en

Si

autres.

exclure celles des

on ne

défend

une

cul¬

ture

qu'en la fermant aux autres,
on l'étiole, on la mas¬
sacre. Les partisans
de la culture
narcissique sont les PM 6 coups,
on

la tue,

les Pistolets Mitrailleurs de leur
propre

culture.

identificatoire d'une culture
tendance à devenir

un

a

cadenas

la liberté de l'individu et de

la société, une chaîne qui
empê¬
chera longtemps la porte de

s'ouvrir

et

il

n'y

n'ont

heures et des heures d'antennes

ment, car il leur restait bien peu
du vestimentaire. Et on nous dit,

a pas

là

nous

disent, qu'un mégot à un bon

langue est important, car c' est la
première pierre sur laquelle on
construit l'acquisition d'autres
langues, et sans laquelle on ne
peut pas le faire, autant le rôle

culture si

Dans le Nord,

des tenues vestimentaires

neige dans
qui
plus rien de l'accoutre -

goût bien nourrissant quand il
descend vers la gorge, surtout
s'il est

encore

allumé.

Les bourrées que

je
préfère sont celles que l'on trou¬
ve en leur temps dans des pièces
classiques, parois anciennes.
Brahms a plus fait pour la
musique folklorique hongroise
avec ses

danses du même

nom,

que toutes les associations de
défense de la culture hongroise.

radiophoniques à la culture
picarde [rendant des années, j'ai
participé à sa renaissance, y
compris dans les théâtres,
comme

vivre la

langue. Il faut défendre

et

faire vivre la culture. Mais il

ne

faut certainement pas

regarder
l'apanage
passé. Sinon, comme les

cette culture

d'un

comme

maisons, les bois,

comme

le Théâtre Louis Ri¬

chard, et dans la presse, l'édition,
le disque, la vidéo, les CD et tout

qu'on peut imaginer. Et pourj'étais occitan. Mais c'est
peut-être pour cela que je l'ai
fait. Ici en Occitanie, il est néces¬
saire de passer une étape, surtout
en
Auvergne où je suis, pour
quitter ces chansons langou ce

comme les routes et les
voies ferrées mêmes, certains
viendront de loin pour tout

racheter et tout refaire à leur bon

plaisir. C'est déjà commencé, et
quand Lestât de Lioncourt
revient dans les années

reuses, certes, mais

46

navrantes, à la

désopilantes
gloire d'un

1990

père,
quitté quelque part entre
1786 et 1787
il ne trouve plus
que des ruines. Mais c'est bien
l'Américaine Anne Rice qui a
remis i" Auvergne sur la carte de
la culture universelle. Qu'atten¬
dons-nous bon dieu pour en faire
autant, jxiur faire encore mieux,
pour conquérir les âmes de ceux
qui ont encore des fenêtres entre
les yeux et des portes derrière les
qu' il

son

a

,

oreilles ?

tan

et

les

champs,

visiter le château de

j'ai
appris le picard, j'ai fouillé la
culture picarde, j'ai donné des

les conscrits dans la

c'est-à-dire que ces gens

Autant le rôle et la
valeur identificatoire d'une

sur

inspections de slips ou
de chaussettes, et à faire ramper

monde disparu, que l'on appelle
culture. Il faut défendre et faire

J.C.

�Linha

Imaginòt

Lecturas
2e trimèstre de 1998

Anant fins

Euròpa

a

per

Occitania

per

Euròpa

fins a Occitania

o

primièra linha del sieu tèxte de la
pagina 74, l'cstacar a un territòri
considérât coma indispensable e
intagible, mèna obligatòriament
a la revendicacion, qu'intéressa
pauc e refasta pro. Fargarpromòure una cultura atractiva
podriá incitar a venir dins la
nivolada occitana tant val diser

incitar

a

partecipar

a

:

la cultura

en occitania - de
populacions que jamai dins lo
passât siasquèron pas de lenga

occitana, atirar

Laurenç Michòt

d'òc. En que nos geinariá que
Normandia s'avode a la lenga e a
amb

Ala fin del mes de
novembre

l'Harmattan

1997,

publiquèt lo

libre del Partit Occitan, libre

entitolat Camins d'Occitania. Es

compilacion, organisada per
gaire
luènh de très cents paginas per

La tresena

una

Gérard Tautil, que pesa pas
una

petila seissantena de tèxtes.
Dètz tèxtes

en

quaranla

paginas, son de la pluma
d'aqueste Gérard Tautil, que pré¬
senta los agropaments d'articles
e documents, explica e justifica
las causidas, e contribufs plan a
la reflexion. Segond dins l'ordre
quantitatiu del nombre de pagi¬
nas, trobam Robert Lafont (vint e
quatre paginas en très tèxtes) ;
legissèm Gustav Aliròl (dètz c
uèit paginas en uèit tèxtes);
vesèm Gui Martin (catòrze pagi¬

contunham
amb Jan Urròz (catòrze paginas
en très tèxtes) ; o Ives Roqueta
(treize paginas en dos tèxtes)...
En fin finala, una petila seissan¬
nas

en

dos tèxtes) ;

tena de tèxtes escrits per

vint e
très autors entre quales Gérard
Tautil, que fa de mèstre d'òbra.
Passât lo prefaci alirolièr e presidencial, trobam un
istoric de l'action rcvendicaliva

politica occitana. De las lutas
viticòlas fins

a

voléncia

prôpria que
penjada a de desiranças
de defòra e que quite d'èsser
considerada coma un espaci de
quai Paris dispausariá.
una

séria pas

la denoncia de

I
qu'Euròpa se
fasca, eau pas qu'un interès plan
relatiu. Cau que la fascan las
populacions que son pas representadas per un estât, las entitats
legissèm

minorisadas,

a

bèls còps negligi-

das, per la rason que son pas
dominantas sul territòri de l'Estât
que

i

son

présentas.
Soi pro

d'acòrdi (Jòr-

França mas

atanben del autres estats euro-

pèus.
En

segond, nos son
servidas de prepausicions per far
mai que revendicar (la revendi¬
cation demòra, ça que la). De
prepauses per qu'Occitania visca
realamcnt. Que siasca una entitat

-

consciécia d'èsser de la nacion

francesa.

Empacha pas que quauqu'unes se sentan occitans. Son
de la nacion francesa

mas

dins lo

cap, an tanben pauc o pro de cul¬
ture occitana e lo sentiment de

partetipar, tant pauc siasca, a la
Segon Robèrt Lafont
(p.69), lo mai grand enemic
d'Occitania

es

lo nacionalisme

Per exemple es afortit
pel manifest del movement

deslampar la socielat moderna. Li sembla que los
occtanistas son los sols qu'o pôscan far, prepausant un projècte

"Volèm Vivre Al Païs",

(redigit
qu'aqueste libre
tòrna presentar) es afortit que
sèm una nacionalitat oprimida, e
minoritara (pagina 25). Segon lo

nôu de societat. Ieu que

diccionari d'Emile Litré (diccionari de la lenga francesa), una

lo francés. Amor que

o

erradas.

en

1974

mas

nacionalitat
sonas

que

es una

es

union de per-

francés. Cau

mens

professor Robert Lafont, soi
convençut que lo nacionalisme
occitan

enemic piéger que

enemic e, mercé

lo nacio-

d'aquò, podèm
lo nacionoc-

lutar contre el. Mas

de constituïr

citge, que podriam considerar

una

coma

Boecia concebiá

sons

èra

es un

francisme, lo coneissèm coma

"nation" éla¬
borât per La Boecia e vulgarizat
au long del segle 19, désigna ben
un grop uman amb de punts
objectivament comuns mas la
lenga, e mai siasca sovent
d'aquestes punts, ries pas obligatòriament. Lo jurista La
cesa

soi plan

important que lo grand

la finalitat de lor

estat+aira), aladonc anti-europèa,
administraièras de

lengatge, desempuèi le tresena republica an totes
levât un micropunharat -

civilisation occitana.

lo libre desenvolope mai aquel punt. Planhi
que la màger part de Camins
d'Occitania nos présente de
considérations pauc importantas

una

nacion fran¬

plurala, que la lenga d'òc i
pas marginala ni mens

la cultura d'òc ? S'o

amie,

l'autre

e a

atant tampat coma
Occitania li fa de
e

contrapublicitat, balhant un faus
imatge d'ela e descorant los franceses méridionales que son lo
nôstre public. Occitania es un
espaci de libertat ; es pas una pri¬
son que fariá contrapés a las pri¬
francesas.
Estacar
coma o

47

Occitania,

fa Gérard Tautil entre

la

veson.

Usant de la

força, l'Estât francés
a gaireben atudat la nòstra paraula. Nosautres, avèm pas besonh
de constrénher degun, sufis
d'èsser melhors que totes. Se ne
sèm pas, ganharem de chicas e
de micas.

Pagina 81, Pèire

nales del nòstre

séria estât ben que

nation. Lo concept

e

la occitana, son que per una part
dels occitanistas. Los méridio¬

di) amb aquesta conclusion e

accion

politiquièras

.

que per

i'aclivitat "sèrvestataira" (sèrva+
de las classas

part
de venir

lo temps

concerms

importanta que la lenga d'wil
(lenga d'oïl). Mas totjorn aquel
grop uman es soudai per la
consciéncia d'aparténer a la
nacion que s'es causit. E jamai i
a
pas agut de consciéncia naiona-

Maclof escriu que l'apropriacion
de la nôstra cultura es indispen-

sabla

nôstre

desvolopament
(p.
201) senhala qu'ara, las identiau

économie. E Gustau Alirôl

regionalas,

tats

que son pas

encombradas ni per un

estât ni
las institucions qu'empesugan las autres identitats, aquelas
identitats regionalas son ara de
per

considerar

coma

de las darrièras

emparas contra l'uniformisation
dels modes de vita generada e
véiculada per un

sistèma insolencapitalisme
mondialisant). Lor identitat es lo
biais essencial qu'an las régions
e los territôris (que son considé¬
tament

dominant (lo

rais coma

condemnats

e

inca

-

pables d'accedir au mendre prestigi ni a la mendre prosperitatj
per se sortir de la petega. Coma
l'a ben ententut lo legeire, l'iden¬

indispensabla per aquesir
prosperitat. Alavetz nos
cau far comprene, interiosar e
participar a l'identitat occitana,
la population que nos adreiçam a

titat

es

quauque

ela.
O escriguèt Ives
Roqueta en setembre de 1978
(p. 191), "nos entendèm d'aqui

alai..., cal ben que compausem
un

pôple". Dins lo meteis tèxt

escriu que sem una

devenir"

e

"nacion

en

repotega contra un

"replegament dialectalisla". Me
diretz que 1978 es passât desem-

�Linha

Imaginòt
Lecturas

2e trimèstre de 1998
puèi mai de quatre

D'ensenhants

matins ; ne soi
d'acòrdi mas es

cambial la nôrma es

gic mas es perfieitament possible
d'ensenhar la novèla nôrma aus

ongan que Gérard
Tautil e lo Partit
Occitan

nos

sentan

pre

coneisson pas
cap e d'acceptar l'ortografa
qu'aprenguèron los autres mainatges. La pcdagogia es afar de
regents e d'ensenliaires ! Mas
dins l'article, lo professer
Taupiac daissèt lisar lo sieu estilo, (refusi lo gallicisme "estilô"),
escolans que ne

-

aqueste

îèxt. Me diretz

qu'Ives Roqueta
un

es

òme fort intelli¬

gent. D'a-còrdi
tanben

çò
qu'èra conescut

coma
ans

mas

daissèt lisar lo sieu estilo

a

coneissi. En Catalan dison

uèi.

la

"força prudèneia"

pôble amor que
eomprenèm"
estafa. Un

En

-

2000

l'Union

^

o

de

Balma
pas

armattan

o

comprenián
los de Blanhac

de Tornafuèlha.

E refusavan de los

de Collines et Vallées dans le

los
consideravan coma estrangièrs. A
uèi, un occitanista d'Orlhac pòt
comprene una persona de
Majorca sens pensar que son del
meteis pôble. Tanben n'i a,
d'acôrdi son pauques, que parlan
fort plan occitan e que pòdon parlar amb de gent de Montluçon, de

nord du

Sardenha, del Brasil

.Cortetas.. .Cortetas...

Après la création

de la

Semaine du Minervois, hebdo¬
madaire de l'Aude, la Linha

Imaglnòt
influences

a eu quelques
sur la renaissance

département du Lot.
Lablanquie a eu envie
de s'investir dans sa région
d'origine et son expérience

o

de

traiter de l'actualité du côté de

Patagonia. E totes sabon ben que
son pas del meteis
pôble que los
autres. L'mtercompreneson prôva
pas res. Au mes de genièr, Bernât
Manciet en espectacle a Tolosa
siasquèt plan mal comprés.
S'unificam la nôstra lenga, capitarem a nos
comprene d'aci fins

Bretenoux, Biars et St.Céré.

enlà

Qui plus est,
Collines et
Vallées publie en exclusivité
dans chaque numéro des pho¬

prendrem pas pus los vesins cata¬

Michel

dans le domaine de la B.D. lui
a

permis de

se

lancer dans

l'aventure. C'est donc
nal

un

jour¬

particulièrement bien pré¬
qu'il nous propose pour

senté

lans

sens

o

mascanhar

italians. L'ôc

mas

com-

ne sera

se pôt utilisar "force" que
vària pas ni en genre ni en
nombre. En ôc avèm "moita",

Collines et Vallées. Centre cul¬
turel Robert Doisneau 46130

du

Biars-sur-Cère. T/Fax
05.65.10.98.30.

numéro

tos

de Robert Doisneau qui

était propriétaire dans la

région. Excusez du

peu.

(J.M.B.)

:

se

dins lo

"moltas", "mob", "moites"
Tanben avèm

"força" que vària
mai que lo mot catalan o lo
mot francés. Per significar
"intensivament", l'advèrb es pas
jarnai accordai m en genre ni en
nombre. Es "muito" en galaicoportugués ; "muy" en castelhan ;
pas

"molto"

au

En francés

bien

numéro

(qu'éra dit bèl

se

dison

'Tu

:

as

fort

parlé et force gents sont

venus

t'écouter." En occitan

diriam

: "Parlères fort
plan e
força gents te venguèron escotar". Sa'oi ben que "torça

content", aci criticat, es escrit, dit
e
quitament ensenhat per casiben
totes ; mas
me,

demôra

un

levât benlèu dins

barbaris¬

una

part de

Provença, qu'aquela forma i

es

tradicionala. Aquei abus de

mond. Dins lo

"força"

es un dels vicis de
l'estandardisacion de la lenga.

(vôli pas de "numéro"),
82 d"'Occitans !"

Estandarisant lo vocabulari,
(qu'apaurisson), estandardisan

Jacme

Taupiac, qu'es un grand
promoveire de l'occitan estandard, prepausa de modificacions
ortograficas justificadas.

italian" ; "molt" en

temps a) o "fort" o "très" en fran¬
cés ; "molt" o "fort" en occitan.

e

durb

en

catalan ; "moult"

fort

la consciéncia occitana
creisserà pas plan. Çô qu'Ives
Roqueta apela "resplegament dialectalista" a uèi, risca pas mai las
autras, tôt occitanista e toi indivi¬
apaurit

an :

tanben

comprene,

..

galaico-portugués

"muita", "muitas", "muito",
"muitos". En italian es "rnolta",
"moite", "rnolto", "molti". En
francés èra : "moulte",
"moultes", "moult", "moults", o

sègle a, lo mond de
présentes par
Çerara Tautit

:

pru¬

déneia"; "moites coses" ; "molt
talent" ; "molts talents". En castelhan fan servir : "rnucha",
"muchas", "mucho", "muebos".

nos

una

"rnolta

o

tanben las decas.

dardisacion
se ven a se

48

Aquesta estan-

es una

maiautia que,

desvolopar, farà s'atu-

mas

Tolosa,

durarà

au mes

Confrontais

a

coma

de julh.
l'altero-

un fuLU d'occtanistas espèran en
Eurôpa. Mas Enric Jeanjean crida
"maufisa !" a la pagina 243: "Cau
pas créser qu' Euròpa resôurà
totes los problèmas qu'Occitania

costat

coma

a

ternéneia de la societat francesa,

lor

l'assercion "sèm

uments

nôstra cultura
de nèu

prudéneia". Comparer! amb las
autras lengas neolatinas que

pré¬
sentation de

POUTIQUe OCCITANê, 1974

èsser melhora la situation de la

pòt èsser

a,

Sabèm que

Textes et doc

escri-

lenga aprèp una
pasada de proada au prèp de
quauque public. Un moment, pot

guèt "força content" coma "força

discutible

es

e

dar la nôstra

vertadièr vint

considérât

un

repoteguèron que
antipedago-

es

confrontada". Del sieu
Robert Lafont,

pagina 258,
qu'avèm
Paris (los
rapôrts d'infeodacion a Paris) e
s'embarrar dins una concepcion
antica de l'évolution; o privelegiar Barcelona (una fôrta associa¬
tion amb Barcelona) e s'acordar
amb lo temps d'à uèi per contunhar de bastir Eurôpa.
expausa l'alternativa
davant : O privilegiar

Mas,
Gustau Alirôl

coma o

la

escriu

pagina 57 ;
Eurôpa serà pas bastida que se las
régions la fargan sens s'ocupar
dels Estats, amor qu'eles i an pas
trop interès. Pel mot "région" cau
pas entendre "entitat admenistrativa atal apelada en França" que
correspond pas a res ni istoricament, ni culturelingiiisticamenl.
Melhor val comprene de régions
d'Eurôpa (Occitania n'es una)
coma las que se junhan a
l'Aiigança Liurn Europèn o bclcù
a la fédération Régions e Pôbles
Soidaris. Aquestas régions an
quitament pas besonh d'èsser institucionalisadas per èsser activas
e eficaças. Tanpauc, i a pas aucuna utilitat que luten contra los
Estats. Serià d'energia desperdiciada. Se las organisations coma
lo Partit Occitan capitan a
convéncer lo public que la gent
d'aqueste public an de se bastir
una Eurôpa
que fasca ben per
des, lo mond de totas las régions
s'i atelaràn e fagaràn una comunital europèa qu'aurà pas besonh
dels Estats per èsser. E cada
région possarà las autras a aquesir una identitat pro fôrta. Es
aquô que farà eréisscr la
consciénça occitana. Lo rôl primièr (rôtie es una error ortografica) del Partit Occitan es un rôl
pédagogie.
a

�Linha

Imaginât

Lecturas
2e trimèstre de 1998
j'en serais très fier." Oui Bernât

Rencontre d'un autre

&gt;

Jacme Gaudàs

Alors qu'en Corse on tire
chir

au

République sans réflé delà de cet acte, la France

retrouve

Stade

aux

une

avec

bien de millions à la télé. Le

Stade, qu'il soit Vélodrome, Sept
Deniers, Parc des Princes,
Lescure, La Mosson, Sapiac ou
autres est

l'identité
diverses

un

chaudron culotté à

d'appartenance

communes

aux
où ils s'éri¬

gent en aires de jeux. Quand il
est de France, c'est la Nation qui

joue au ballon, ovale ou rond.
Après les bleus du Père Jacquet
contre l'Espagne, ceux du triolet
de Jean-Claude Skréla, Pierre

Villepreux et Jo Maso viennent

lieu de

signes de croire des Blancs,
cérémonie se joue sur la
pelouse, le gazon comme on dit,
l'herbe. Sur le champ de bataille,

quatre

au

un

rites. Du Waka Haka des Black

vingt mille voix chantant la
Marseillaise et je ne sais com¬

se

langues,

de cultures, d'identités, de sou¬
rires. Le Stade est

les conscrits volontaires ne

font pas de
mains nues,

se

cadeaux, jouent à
se

"saoulent" de

jeux, construisent des

mouve

-

ments, ouvrent, cadrent, chevau¬

chent, débordent de joie quand le
cuir est

porté et aplati en terre
promise. Tous unis daas le même
élan, joueurs et spectateurs com¬
munient

avec

la même ferveur et

conscience d'être là pour servir
et soutenir le pays. S'élève alors
une

des

a

tous adhéré tout de suite à

transcender.

Quand
on reçoit
un ballon, ce public, on
est porté, c'est formidable...la
pelouse a tenu "
Un capitaine de vingt
cinq ans, ïbanez, Dacquois, petit
fils d'un berger émigré espagnol
de 36. Ici c'est rugby et corrida.
A lo nhac lo tipe, à 14 ans il était
déjà capitaine de l'équipe cadet
d'Aquitaine de Basket. Il touche
ses premières
gonfles comme
troisième ligne centre, puis aile,
puis talonneur. Pour lui le
se

polyrythmie à cent soixante

Tournoi c'est
ture

une

affaire de cul¬

familiale, les samedis devant

la télé. Cervantes dins

ce

jeu

Cleda est

sur un

rien

gement, fougueux comme des

structure sonore unique,
Johnny ne s'y est pas trompé,
pour célébrer son "Ce que je

destriers de

sais".

savoir s'il

concours,

supportés

Soissons..."

sera avec son

ancien

Marc et Thomas, ainés d'une
famille nombreuse, les Licvrc-

nat..."

vois :

Les Catalans, avec

vingt cinq ans de
moyenne d'âge - s'offre et de
quelle manière la tunique
blanche des Anglais, redoutables

promet une belle lignée de rug¬

adversaires s'il

bymen au pays.

-

c'est formidable.,
mes amis de
A la question de

passer,

.je salue tous

le "Bouclier de
Clovis", Thierry sourit, "oui, si
Pau joue la finale du champion

Ce que j' y

par tout un peuple rassemblé
dans sa diversité, la bande à
ïbanez

vu

nuage,

club pour

Gascogne
qui plante le premier essai.
Bcrnat-Sallcs le Palois, comme

Pari gagné pour Castaignède, son retour n'est pas
passé inaperçu, son drop non
plus. Sa vista de distribution du
jeu, ses plaquages, sa popularité,
font que les téléspectateurs lui

l'avait fait Zidanc le Marseillais

attribuent le 'Talon d'or ", offert

les néo-nationalistes de tous

de la Juvc contre

poils qui se drapent avec les cou¬
leurs de la France, comme si
elles leur appartenaient. Hé bien
non ! Le drapeau tricolore est à
tous les citoyens. Le Tournois est
une force nourrie des pluralités
culturelles peuplant les cinq
Nations qui se confrontent.
Chaque match est un concert, un

enflamme le Stade de France,
Bala tout naturellement change

par la Société
de la tête aux

en

est.

Le Stade de France

plein

oeuf est un mer¬
veilleux pied de nez et une
réponse sans équivoque à tous
comme un

mont

qui,

comme

les Spanghcro,

Un cadet de

sa

langue d' Oil

l'Espagne,

pour

l'Oc des

Landes, " Oc que polit..., que c'
est

beau!!!" "Vous êtes heureux

Bala... il est

capable de faire le

discours de la troisième mi-

temps en gascon?" " En tout cas
s'il le faisait, mon cher Pierre,

Générale. Brillant

pieds, Thomas ne.
qu'il voit, l'équipe a
gagné mais il reste du travail à
peaufiner. Une nouvelle ère du
rugby français s'ouvre. Quand
croit que ce

on

voit autant d'occasions mal

vendangées, les Anglais peuvent
s'estimer heureux du score de 24
à 17. Comme dit Bala, "ils ont

nous.

Catalans du

nord, Occitans français, Corses,

Basques du nord, Bretons,
Picards, Alsaciens, Vendéens...
etc, citoyens de cette France
nation, va saisir la balle au bond
nous

qu'à

nous

ce

stade, de France

reste, mieux, nous parle,
chantent de ses voix muiti

Évidemment

puisqu'il
appartiendra, il est acces¬

sible, alors
les

au

,

boulot, que vien¬

avec de Grandes
Ambitions, pour les cultures et
les identités de cette France
malade

'j'ai joué vingt cinq minutes, j'ai

rugby n' ont fait aucun arran¬

c'est-à-dire

défense...

re."

Coupe

qui la soucoupe ? Pardon, le
Stade de France. J'espère qu'on
aura pas besoin d'un référendum
pour savoir si oui ou non l'Etat,

nent

on s'est vidé... j'aurais
tenir dix minutes de plus.
L'Afrique du Sud, c'est derriè¬

fois la

de St Denis, qui a tout
l'avoir, y compris des
trastejadas politiques, ne peut à
clic seule y faire face. Alors à

coup

pas pu

se
une

fait pour

nous

Glas manque l'essai,
de sifflet final de l'arbitre,
sourires de Stéphane," on a été
intransigeant au niveau de la

Stade est

prix, élevé,
posent quant à

commune

colores.

seigneurs de
qu'ils inventèrent.

ce

a un

du Monde de Foot terminée. La

mais des

ciel, la soucoupe de St Denis est
une

questions

rentabilité

pour

rouge. Les jeunes porteurs de
couleurs de l'équipe de France
de

sa

son cap,
Ïbanez savait que les english
n'étaient pas des moulins à vent,

mille mains, un chant circonstan¬

en

Alors oui

On

bleu, blanc,

de faire bander

l'hiver."
beau. Rien sûr il

.

charivari d'accents, de

prendre une belle veste qui
leur aurait tenu chaud tout

capitaine, "Raphaël est
jeune. 11 sait parler simplement.
l'envie de

le Préfet de la

failli

son

type

sur

-

Salles est heureux. Au micro de
Joan Abelho il parle de l'âge de

projets,

plus que jamais de son
centralisme. " Ce qui nous déran
n'est pas la nation en
mais la nation irresponsable,

soi,
qui
abdique, tolère l'impérialisme
parisien, et refuse son soutien
aux autres capitales. Pas de ville
bâtarde ! La République, qui n'a
qu'une loi, les reconnaît toutes
pour siennes, comme elle doit
reconnaître la multiplicité des
langues de France et de leurs cul¬
ge, ce

tures, de leurs valeurs. Décentra
liser veut dire refaire un cerveau
aux capitales de France...
Capitales du Sud, valorisées par¬

la culture occitane

:

sans

doute

la condition pour que le
centralisme soit vaincu, et pour
est

ce

que les capitales non-occitanes
se libèrent à leur tour de leurs
chaînes." (1)

Puisque le Stade de
Paris, tenons pari à
St Denis que par une action de
masse, réunissant toutes les
France est à

langues et cultures indigènes de
France, avant que les parlemen¬
taires

ne

se

réunissent

en

congrès à Versailles, exigeons la
modification d'aquei vergonhós

�Linha

Imaginòt

article 2 de la Constitution, der¬
nier

pluriel. "Canto" se canta et nous voyons le l'ilm
défiler à rebours sur l'écran de la mémoire en

CD info

rempart de l'Etat centraliste

empêcher de signer la
européenne des langues
régionales et minorisées". Tant
qu'à faire l'Euro, réfléchissons à
l'Europe des cultures. C'est à ce
pris que les Nations qui la com¬
posent trouveront leurs raisons
d'espérer..." Il y a des civilisa¬
tions. Le Pays Basque et les
pour

marche. Linha de mire

"Charte

Cazalis fait l'inventaire de

Labourdins n'ont rien à voir

avec

les Souletins, ça fait une civilisa¬
tion basque. Est ce qu' il y a une

française ? Oui peut
De toute façon je
suis très européen. Si on refait,
ce qui est inévitable, un imperium comme au Moyen-Age, hé
civilisation

être,

on

la

i

CANTO !

André Minvielle (chant,

porte-voix, batterie
maigre, trompette de l'est, percussion, sampleur)
Marc Perrone (Accordéon diatonique)
Bernard Lubat (Piano, batterie, synthétiseurs)
Richard Hertel (Batterie) Patrick Auzier
(Trombonne)
Labeluz 64203 (distribution Harmonia Mundi)

crue.

bien les nations vont

se

fondre là

dedans, elles vont même plus
exister. Si, il y aura des civilisa¬
tions dans

un

ensemble." (2)

Voilà, c'est

régalant de

en me

match que j'ai eu
envie d'en rajouter. Le rugby est
le seul jeu, à ma connaissance,
où pour aller de l'avant il faut
donner le ballon aux copains de
ce

l'imaginotiste de

en vue,

Magic Minvielle tricote

sa

cassette

ail factise, fait valser l'Humanité

f~^'à y est le voici le voilà. Langué à l'oc de gasy_^conha que honha e que conha le CD d'André

aux

trésors.

Bop ses conversations
Be lingues, "Paradina / ami de mots" restitue la
souvenance de son avance polyritmic et Monk là
dessus te dira "Omba's" per cerca "La
Bourdique". Lo viatge t'emporta, "Ma'tina" a la
biguine pour la samba e "Hilhas n' aimetz pas tan
los omis" est l'exemple m'aime de la force des folflores pour peu qu'on les épanche De quoi mettre
KO tous les pseudos sauveurs de la chanson fran¬
çaise. Coureur de fond dans la forêt landaise Dédé
crochète, contre pied de nez, extractise la strophe,
en

tel

avec

Mimi Pinson

en contre chant tchache son rap de
circonstance. Bien sur sa dralha, porta-votz en

et

Duchamp

Minvielle cantaire vcicachimiste micromécanicien

bouche, "cap a gaucha cap a dreta" Minvielle en

de la

appelle

Compagnie Lubat témoigne du travail de
recherche entrepris dempei un fond de temps sur le
chantier artistique des landes girondingues. Zeste
d'Uzeste, geste manifeste, Minvielle tout en
demeurant dans l'attraction ovniprésente du swirigomaniaque d'oc a su imprimer, sans couper le lien
d'appartenance, sa sortie dans les spaces balisés au

nelle
ne

en

au Paratge e "Esperanza l'Aranesa" ritour¬
carambole le bonheur. "De Gai Atau" on

s'en lasse

plus, vive la fête foraine !
professeur de percussion

Et dire que son
était

bègue!
Jacme Gaudàs

Divertiment

derrière. A méditer.

J.G.
(1) Félix Marcel Castan (Triptyque
1997 Aux Sources Occitanes) Ed
bcdf.

(2) Bernard Manciet ( Poète Gascon
universel)

Solide, se divertirbastir
es pas
sufisent per

Occitania
..

de

E de très per Laurent Cavalié,
l'homme orchestre de l'Aude.

aux

se

nombreuses

influences) et de

Occiputs (danças d'Occitania
; compausadas, descompausadas, recompausadas,
per butar lo dançaire un pauc
mai luenh dins l'amalugatge),
voici Espanting Pelestiu que
jôga de musica de Carcassona, de Lengadòc, d'Occita¬

Mai

-

afro-cubana. Enda

pòt sonar dins lo
respècte dei las danças tradicionalas...

Coquina Mesclanha Latina
11230 Chalabre T

es

far

Laurenç Michòt

còm mai,

Mairie

-

melhor

occitania !

Aquò se pot ausir dins
d'arrengaments originals que
cosinejan amb lo jazz, amb la

-

nos amusarem

capitarem. Far lallèra

ranèa.

La

immens diverti

ment, una immensa lallèra.

tota

musica

divertir. E l'accion occita-

na es un

Sophie et les

nia, del contorn de Méditer

se

las misèrias que nos portet
lo vent de bisa. Far lallèra es

Après la création du groupe
Josèp le Gauach (recherche
musicale

mas es
indispen¬
Degun a pas enveja
desolar, planhent totas

sable !

.Cortetas... Cortetas...

Los forestièrs

:

04.68.78.17.07.

50

�Linha

Imaginòt

Lecturas

2e trimèstre de 1998
DANS LA PRESSE

les assauts d'un fascisme ni sous

winsky s'effondrent, il peut et doit

d'un totalitarisme plus ou
moins teinté d'intégrisme. Ce sera
de cette mort douce, dans un éclat
de rire gras : celui d'un peuple de

survivre. Mais s'il ment, il doit par¬
tir. En lui-même le badinage sexuel
n'est pas un motif de démission.
Mais si la dernière déclaration pré¬

spectateurs, ivre de ressentiment

sidentielle est un mensonge, cela
confirmerait un trait récurrent de la
conduite de M. Clinton - des actes

ceux

LE POINT

Bernard-Henri Lévy
■

Honteux, le spectacle d'une
Amérique enragée par ce qu'elle
n'appelle plus que le «Fornigate».
Honteux,

ces débats oiseux sur la
sexualité du président. Honteuse,
l'obscénité de ces médias qui ex¬

contre les

princes qu'il s'est donnés,

affamé de haine et de vengeance,

qui
ce

en aura tout

bonnement oublié
dire.

sous

couvert de vertu.

l'idée de la démocratie
gage

de

tique

-

ce

Honteuse,
qui se dé¬

foutoir juridico-média¬

comme si «

démocratique »

était le

THEECONOMIST
■ En

dépit du tourbillon des ac¬

cusations et des contre-accusations

dans lequel on échange une
d'inconvenances
contre

complot d'extrême droite non
répétitif, l'affaire est mainte¬
nant remarquablement simple. Il
s'agit uniquement de savoir si
ment une

monde. Si la démocratie meurt

toute la vérité. Si c'est le cas, et

jour,

ce ne sera

peut-être plus sous

un

moins

système du tout voir, tout
dire, tout montrer. Ce psychodrame
imbécile et vicelard pourrait, s'il du¬
rait, changer - un peu - la face du
un

série

M. Clinton dit la

partie de la vérité mais
si les

EMMANUEL
TODD

comme une

aberration intellectuelle et histo¬

rique. Mais j'ai aussi découvert au fond de moiFrançais très paisible et très
assuré, au contraire de beaucoup de nos
dirigeants, névrosés de la nation, qui vivent leur
francité dans la douleur et le complexe. Je suis
content et fier d'être français et je n'ai aucune
même que j'étais un

-

sa

splendeur (combien, de
gauche à droite, ont dit à
peu près les mêmes âneries ?). (C.S.)

FÉVRIER

1998

Paris 1997.
Textes choisis et

présentés par
Philippe-Pierre-Adolphe et JoséLouis Bocquet. Présentation des
groupes et textes de IAM, La Clique,

Muntorè Amer, Lunel D., NTM,

Raggasonic, etc..
Idéal pour

Commentaire

:

Qu'Emmanuel

Todd

préfère le terme "purée
globale" à celui de "pensée
unique" montre surtout qu'il n'y
voit rien. Tranquillement muré
dans

son

perçoit

nationalisme, il n'en

pas

les conséquences,

notamment l'unitarisme

fran¬

çais. Son manque d'imagination
qui en découle, l'empêche bien
sûr de faire ou de proposer

quoique ce soit. Il se contente
de s'opposer à ce qui remet en
question son nationalisme.
(J-M B)

envie de devenir autre chose.
l'EDJ DU 15 AU 21

chouillard dans toute

livres". Editions Mille et Une Nuit.

Aujourd'hui, la

disparition des nations européennes.
Jusqu'au traité de Maastricht, j'étais dans un
état d'esprit assez serein : les nations existent,
moi je suis français, j'ai fait une partie de mes
études en Angleterre, et j'aurais pu alors me
définir comme européen. En fait, j'ai découvert
ce
qu'était pour moi la nation à partir du traité
de Maastricht, que j'ai perçu immédiatement

tuel salonnard fran

Rapologie. Collection "Les petits

La pensée unique?
De la purée globale ! »

délirants de

remar¬

quer son ignorance de la
politique américaine, sur
laquelle The Economist
nous renseigne. L'intellec¬

Un livre à 10 balles

«

seule croyance collective présentant un mini¬
mum de vraisemblance, c'est la nation. La
nation est une question qui ne m'a jamais
intéressé tant que n'ont pas existé des projets

donne aussi à

d'énergie à traîner dans la
boue, alors il ne doit pas s'en tirer à
nouveau. 11 doit partir.

accusations de mademoiselle Le-

:

nous

tant

LE MONDE / MARDI 3

Emmanuel Todd

B.H.L.

lyriquement ce qui
l'agite en profondeur : son
mépris, profondément
enraciné, du peuple. Des
peuples. En passant il

haite de s'en sortir. Mais s'il y a une
once de vérité dans le récit qu'il met

vérité, pas seule¬

:

dévoile

risqués et irréfléchis suivis de trom¬
peries - dont on peut raisonnable¬
ment penser
qu'il s'applique égale¬
ment dans des domaines plus
sérieux que celui de la vie sexuelle.
Et cela n'est pas digne d'un pré¬
sident. Un sauvetage acrobatique
semble encore possible pour
M. Clinton. Mais également un dé¬
sastre complet. Si M. Clinton
prouve son innocence, on lui sou¬

que citoyenneté veut

hibent

ce que Clinton avait
caché,
qui produisent l'objet du prétendu
délit, qui en jouissent, qui s'en re¬
paissent. Honteux ce voyeurisme

Commentaire

JANVIER 1998

51

les profs, les

instits, les animateurs qui veulent
bosser dessus, pour les parents qui
veulent avoir
textes du

clôt

en

digest des fameux

rap qui fait si peur.
Une petite chronologie

l'ouvrage.
A trouver

pourrait

en

partout. (Buge

vendre)
C.S.

�Feuilleton

Blues-rap C.S. (suite)
♦ 1 Al

HUM 1)1 I A M MAINI

IMIH musique
: Penses-tu
que le bl?ues est
universelle
une

SUGAR FORNACIARIS

: Oui. Je pense que !e blues est étemel.
On retrouve aujourd'hui son influence dans

Z.

Zucchero, conte -4L
de fées au pays du

Musique info Hebdo
n°12

de musiques, le rock n'roll
évidemment, mais aussi le funk, le rap...
toutes sortes

Toutes

rythme et du blues

ces

moi la

musique mère, fondatrice, et c'est

aussi

cela

5 Décembre

musiques ont leurs racines dans

le blues et la soul. Le blues est pour
pour

-

1997

que

c'est difficile d'innover dans
ce

domaine. Parmi

nouveaux, j'aime
beaucoup
Chris
Whitley et Daniel

les

Lanois.

Relu
Le

•

•

Le

en

:

(provincial), là, est de trop. Un incritiqué. (C.S.)

La situation

militante, actualisée de

tension

l'autre

sation

et

avec

ce

paradigme

est

établie

Heidegger.
La langue, mais coupée de
la langue. Le vieux motif de la
pensée-qui-ne-doit-rien-à-la-langue. Comme l'a montré la contro¬
verse suscitée
par Benveniste. L'ontologie voudrait ne devoir
« rien à
l'expression linguistique »4S.
Benveniste entreprenait de montrer que les dix catégories
d'Aristote, « totalité des prédicats que l'on peut affirmer de
l'être » {ibid., p. 66) sont « d'abord des catégories de
langue, et
qu'en fait Aristote, raisonnant d'une manière absolue, retrouve
simplement certaines des catégories fondamentales de la langue
dans laquelle il pense » (ibid.), le « système des formes de la
langue » (p. 67), nominales et verbales, pat couple d'« opposition
linguistique ». Ainsi Aristote « pensait définir les attributs des
objets; il ne pose que des êtres linguistiques » (p. 70). Ses caté¬
gories sont « la transposition des catégories de langue ». Dans
ces prédicats
du verbe être, Benveniste reconnaissait « un fait
propre aux langues indo-européennes, nullement une situation
universelle ni une condition nécessaire
(p. 73).
Ce n'était pas un déterminisme, encore moins une causalité :
«
La langue n'a évidemment pas orienté la définition méta¬
physique de 1' "être", chaque penseur grec a la sienne, mais elle
a
permis de faire de 1' "être" une notion objectivable » (p. 71),
« la structure
linguistique du grec prédisposait la notion d' "être"
à une vocation philosophique » (p.
73), par opposition à des
langues qui n'ont pas un tel verbe. Suivait l'exemple d'une langue
africaine. La langue n'était donc pas une limitation de la pensée :
« Aucun
type de langue ne peut par lui-même et à lui seul ni
favoriser ni empêcher l'activité de l'esprit. L'essor de la pensée
est lie bien
plus étroitement aux capacités des hommes, aux condi¬
tions générales de la culture, à l'organisation
de la société qu'à
la nature particulière
de la langue. Mais la possibilité de la pensée
est liée à la faculté de
langage, car la langue est une structure
informée de signification, et penser, c'est manier les signes
de
la
langue » (ibid., p. 74).

texte, celui de la moderni¬
décadence. Il est remarquable

paradigme du

de la modernité

comme

que ce texte de 1910 programme et contient
à venir de Heidegger : « Que notre temps de

déjà toute l'attitude
culture superficielle
et
d'agitation, en regardant en arrière voie encore plus vers
l'avant ! La rage de nouveauté qui ébranle les fondements, la
folie de passer outre au contenu spirituel le plus profond de la
vie

de l'art, le

sens moderne de la vie condamné à des charmes
qui changent sans cesse, la sensualité aux effets
parfois étouffants, dans laquelle l'art d'aujourd'hui de toute
nature se meut, ce sont des éléments qui indiquent une décadence,
et

d'un instant

un

triste abandon de la santé

et

de la valeur d'au-delà de la vie

»

(ibid., p. 3).
Séparation toute traditionnelle de la forme et du fond :

l'éloge du

langage populaire, parfois plein d'humour, qui vous
der stellenveise humorvollen, hinreissenden Volksson humour goguenard, les saillies de son esprit, son

transporte

«

—

rede », «
ironie souvent mordante

—

»

Sein schalkhafter Hurnor, sein spru-

hender Witz, seine oft beissende Ironie »
de la « truculence ». Toutes proportions

(p. 2-3). L'esthétisation
gardées, on ne fait pas

Céline.
lire ce double paradigme comme l'opposition entre
un
rigorisme catholique (provincial) — qui en appelle à son
propre passé, c'est-à-dire à sa pureté — et la modernité. Donc
sans
y voir le moindre antijudaïsme. Et cependant il est contenu
dans la urkatholische Kraft.
Pour mieux situer quelques termes, il importe de préciser
leur historicité. On pourra mieux cerner que l'antijudaïsme de
certains discours est un imperceptible. Ce qui ne dit rien de sa
faiblesse ou de sa force. Mais beaucoup sur l'urgence de lire
l'imperceptible.
autrement

l'ontotaulogie (C.S.)

Cependant rien ne peut faire que le mot-grec-avec-sonétymologie n'ait depuis toujours précédé Heidegger. En faire
une question de la pensée est
légitime. Mais la forme même des
mots allemands (
Unrerborgenbeit, Entbergung) est censée calquer
la forme du sens dans le mot grec. Elle est la vérité de la vérité
de la vérité. Le dénier est se mettre dans cette position inte¬
nable : cacher que le mot (grec) est premier. C'est cela, « insisier
sur cette dimension non
linguistique »)s. Pour éviter de « rela¬
tiviser». Cette position est celle que prennent les héros du langage

langage Heidegger de Meschonnic

Quelques extraits

De

pour

On peut

48. M. Zarader, livre cité, p. 63.
49.

H. Benveniste, Catégories de pensée et catégories de tangue (1958), Problèmes

de

52

linguistique générale,

p.

64.

�Linha

Imaginòt

Lecturt

2e trimèstre de 1998
FÉVRIER

MARDI

...Cortetas...Cortetas...

purmer compact dise
Passejada dab 57 minutas de
es

a

dire 14 titols

dont 12 creacions

:

Lettre ouverte aux

musicas

d'expression traditionau tà
dançar e a escotar ( 120F+15F
de pòrt).
Cançon de Milharis- camin
deth Lairis 65710 Campan T :

éradicateurs français

PAR

05.62.91.13.07/05.62.31.21.

F A T

I

H A

TALAHITE

AHOUARI

38.
A propos du théâtre à Uzeste
et du festival d' Uzeste en

général, notre ami Laurent
Coutouly avait des choses à
dire

ou

L.I., il

mieux à écrire dans la

ne

l'a

toujours

Est-il débordé

pas

fait.

bien

négli¬
gent ? Laurent, écris-nous, tu
nous

ou

manques. Merci. (L. S.)

Il semblerait que

l'article de
Jean-Marc Buge "Fin de cy¬
cle?" L.I. n°32 a quelque peu
dérangé certains abonnés
Uzestois. Et pourtant dans la
même ligne n°32, on peut lire
sous la
plume de Bernard
Lubat "la critique est naturel¬
le et bonne pour la santé".
J.M.Buge vient à Uzeste avec
son stand depuis plusieurs
années, il serait bon pour la
santé des débats d'Uzeste que

J.M.Buge soit invité à débattre
en tant
que directeur de
publication de la L.I. Par
exemple, dans la cour de Joël
Boudé, un lieu idéal pour les
débats officiels

officieux.

ou

Bien sûr, pour ça

il faudra

J.M.Buge lâche son stand
quelques instants ; on ne peut
pas être à St.Flour et à
que

Moulins. (L. S.)

L'Algérie est meurtrie par un conflit
d'une violence inouïe. Les crimes
contre l'humanité perpétrés sur son
sol ont ruiné le prestige accumulé

rolla

en

directo

Aragon desaun

espectacu-

lo de calidad basado

en

la tra-

dicion musical, con

respeto al
espiritu original de las piezas,
personalidad propia, perspectiva contemporanea e intenciones universa les. Musicas

:

fandangos,

romances, albadas, corridas de polios, bolé¬

polkas, mayos, dances,
pasodobles, habaneras, paloros,

teaos, valses, rumbas, mazurcas, auroras...

Biella Nuei

:

c/Muniesa, 2- 1°

E-44540 Albalate

de

Arzobispo-Trevel. T/Fax
+978.81.30.22.

:

MOHAMED

morale internationale.
Il est du devoir moral de l'intellectuel de

que celui

s'impliquer mais il n'a le droit de le faire
que s'il défend la justice et la paix. S'il est

des pays européens. Justice

en

deçà de la Méditerranée, police au-delà!
Cela nous rappelle le code de
l'indigénat
sous la colonisation
qui donnait pouvoir

lors de la résistance séculaire contre la co¬
lonisation. Ce pays, jadis respecté pour sa
volonté farouche d'indépendance et la soif
de liberté de ses habitants, est aujourd'hui
montré du doigt par des organisations in¬

tions de la police dans un
pays où

il n'y a

maines, Bernard-Henri Lévy, André pas de séparation des pouvoirs, où l'infor¬
Glucksman, Jack Lang, entre autres, ont mation est contrôlée et où les libertés pu¬
dénoncé, à juste titre, les crimes odieux bliques sont minimales, c'est confor ter les
contre femmes, enfants, vieillards...
dérives les plus graves. Et l'on peut retour¬
Que Bernard-Henri Lévy et André ner l'argument de B.-H. Lévy et
Glucksman s'impliquent dans le conflit A, Glucksman et affirmer que
rejeter à
algérien, c'est souhaitable; le seul problè¬ priori l'idée d'une commission d'enquête

qu'ils se sont alignés sur la position

des éradicateurs algériens, ce qui ne favo¬
risera pas la fin du conflit. Les éradicateurs
constituent un courant très minoritaire

Algérie, malgré une médiatisation inversement proportionnelle à leur
ancrage
en

dans la population. Us soutiennent inconditionnellement la frac¬
tion la plus dure de l'armée
et

passent maîtres dans la

manipulation du langage de

nationale

vernement

Bernard-Heniy
Lévy, André
Gluckimanou

n'eitpaiun
modèle de

démocratie,
mai&amp;ilAcnt

optépourla
politique de la
fiinquiJuAtitie
leimoyenô.

encore

h purification électorale?

de l'adver¬

saire nous y mène tout droit, outre

l'hommeetautresdénisdejustice. Faceà
l'extension des maquis islamistes, la frac-

partie de la population contre une
de manipulations de l'in¬
formation et de propagande guerrière.
une

autre sur la base

en

France des

relais, en des personnalités mal informées
de la situation algérienne,
pour faire passer leur

point de vue.

Ainsi, poser la question «qui tue qui», di¬
sent B.-H.
Lévy et A. Glucksman est
ignoble parce que cela ferait le jeu des cri¬
minels. Pourquoi alors ne pas proposer de

supprimer l'instruction

et la fonction
d'avocat dans le système judiciaire fran¬
çais et d'inculper et de condamner sur

~1

pas toujours politiques.

La priva¬

tisation à outrance de la guerre a fait
perdre à l'armée le monopole des armes et
a érodé la capacité de l'Etat à rendre
justi¬
ce. Par ailleurs, la militarisation de l'infor¬
mation rend opaque le conflit et permet à
n'importe qui de tuer n'importe qui pour
n'importe quel motif. Le conflit s'autoentretient par l'opacité que les durs du régi¬
me ont
imposée; il aurait cependant
toutes les chances de

cesser si la

presse était

libre d'informer et si la justice était libre

l'intérieur et à l'extérieur de ses
frontières. Or comment res¬

pecter un Etat dont la popula¬
tion

défense

sans

massacrer

à

se

fait

grande échelle?

Comment respecter un Etat dont les crimes, comme à la

prison de Serkadji, sont impu¬
nis? Incompétence de l'armée,
dit Lévy; passivité des autori¬
tés, ajoute Glucksman. Dans

que dans les campagnes.

Mais cette situa¬

tion

risque de durer si une solution poli¬
tique n'est pas envisagée. En attendant, le
terrorisme doit être combattu par les pra¬
tiques de l'Etat de droit, dans la transpa¬
rence qui empêchera le crime de se
perpé¬
tuer dans
l'anonymat.
B.-H. Lévy, A. Glucksman, J. Lang et les
autres savent que le régime algérien n'est
modèle de démocratie, mais ils ont

pas un

décidé de choisir le moindre mal

et d'op¬
la politique de la fin qui justifie les
moyens. Il se pose dès lors à eux des ques¬
quelques jours, des députés de tions cruciales: la lutte antiterroriste justil'opposition ont réclamé un fie-t-elle la violation des droits de l'hom¬

les deux cas, cela ne milite pas
faveur du respect. Il y a

ter pour

en

me? Peut-on fermer les yeux sur
maux

pour

tous les

combattre le mal islamiste?

rire, que la sécurité de la population ne re¬
lève pas des attributs

quels critères?

B~

53

ne sont

Existe-t-il en morale un moindre mal? Le
mal est-il hiérarchisable? Si oui, selon

un

tion radicale du régime prône la distribu¬
tion massive des armes et tente de dresser

tuation est incontrôlable sur le terrain et
les forces de sécurité sont dépassées, dou¬
blées par des milices dont les motivations

d'inculper. Cela ne signifie pas pourauperte de souveraineté, dit-on. tant qu'il n'y a pas un terrorisme islamis¬
Mais un Etat est d'autant plus te. Les
maquis sont actifs et entreprennent
souverain qu'il est respecté à des opérations aussi bien dans les villes

du Parlement Dans
cinquante personnes par jour
au moins meurent de violence politique,
la réponse ne manque pas de piquant. On
croirait du Alfred Jarry! Le refus d'une
Commission d'enquête internationale, le
refus d'autoriser les députés à discuter des
conditions de sécurité de la population
montrent à l'évidence que le gouverne¬
ment cache quelque chose. Dans une si¬
tuation oùl'exécutif contrôle Iejudidaire
et le législatif, où les journalistes n'ont pas
la possibilité de faire leur travail, l'information en provenance des canaux offi¬
ciels est forcément sujette à caution et a
besoin d'être confirmée par d'autres
sources indépendantes. Dans ces condi¬
tions, une enquête internationale s'impo¬
se pour confirmer ou infirmer la
version
officielle des faits car le gouvernement al¬
gérien ne peut pas être au-dessus de la

qu'elle

justifie les pires violations de droits de

Les éradicateurs ont trouvé

algérien à la ventes d'une

sur la politique sécuritaire. Le président
de ladite Assemblée leur a répondu, sans

que l'on appelle en Algérie legénocide élecLa stratégie de la diabolisation

ignoble

débat à l'Assemblée nationale

l'électorat islamiste, c'est-à-dire prôner ce
toral ou

est

Commission d'enquête internationale est
troublant. Que craint-il? Une

d'une appréciation fausse de

soient les conséquences. La
question qui leur est tou¬
jours posée et à laquelle ils
ne
répondent pas est la sui¬
vante: doit-on pour
régler le

internationale

pour continuer à égorger des enfants.
Le refus catégorique opposé par le gou-

Jack Lang
ôaventquele
régime algérien

politique et
idéologique du pays, ils op¬
tent pour la solution militai¬
re du conflit
quelles qu'en

ou

parce que cela fait objectivementle jeu des
criminels qui profitent de l'anonymat

la démocratie pour appa¬
raître fréquentables dans les
salles de rédaction pari¬
siennes qui leur servent de
caisse de résonance. Partant
la situation

du côté des bourreaux- par naïveté - s'il
souffle sur le brasier depuis Paris, il trahit
l'idéal qu'il prétend défendre. Avant de

à l'administrateur de la commune mixte
d'arrêter, de condamner et d'appliquer la prendre position, il doit s'informer et se
peine. Refuser l'identification avec certi¬ démarquer du discours uniforme. Or,
tude de criminels et avaliser les accusa¬
qu'en est-il en Algérie? A l'évidence, la si¬

ternationales pour violation massive des
droits de l'homme. Depuis quelques se¬

me est

HARB

ADD

simple rapport de police! A moins que làbas, le système judiciaire doive être autre

problème éradiquer à terme
Biella Nuei de

8

9

S'il est du devoir de l'intellectuel de s'impliquer, il doit
s'informer et se démarquer du discours uniforme,
sinon c'est souffler sur le brasier.

A

Milharis perpausa eth sué

musica,

19

pays où

L'Algérie attend la paix et la majorité de sa
population aspire à la souveraineté dans la
liberté. Un citoyen du monde, digne et
libre, défend la tête haute ces aspirations
sans aucun compromis ni avec les uns ni
avec les autres.
L'Algérie a besoin de la so¬
lidarité des citoyens du monde pour l'ai¬
à
sortir
der
de l'impasse. Elle n'a pas be¬

soin qu'on l'y enfonce par naïveté ou par
calcul. Nous suggérons à B.-H. Lévy,

A. Glucksman, etc, de s'impliquer davan¬

tage dans le conflit algérien et de prendre
contact avec toutes

les forces

politiques

pour contribuer au retour de la paix dans

le respect de la justice et la

citoyen

dignité de tout

•

Fatlha Talahite e&amp;t économl&amp;te,
Mohamed Harbi eóthiótorien,
Lahouari Âddf eitioctclogue.

�Imaginòt

Linha
I ií

Courrier

•c-flr**1» ~

*A"

%

1998

2e trimèstre de

...Cortetas.-.Cortetas... A
dans l'émission
"Le téléphonne sonne" sur
France-Inter le 25 mars 1998.
A la question :
"Est-ce un
hasard si l'équipe de France
de football n'a jamais rencon¬
tré d'équipe nationale
d'Afrique, notamment franco¬
phone ?", le journaliste foot de
la station répond que "oui.
Petit scoop

A

Toujours plus de prises de consciences citoyennes.
Toujours plus de fêtes, de repas de quartier.
Toujours plus de littérature occitane.
Toujours plus d'interjections provençales.
Toujours plus de musiques.
Bref : totjorn mai de gente !
Patrick Jossé

-

...

Jean-Marc Buge
Je redis et insiste encore une

fois

sans

vous

la Linha

Imaginòt, La Prima de las
Lengas, (dech morne), Claude et
Ange B, M.F. Castan, les
Calandretas, toi... et bien-sûr
votre bonne fée "Occitania" qui

Fréjus (83)

c'est le hasard du calendrier".

m'a présenté à "Picardia"
jamais je n'aurais eu la force et

Il est immédiatement et claire¬

la "douce folie" de m'investir

contredit par le prési¬
dent de la Fédération africaine
ment

de foot

qui fait part de ses

démarches dans
de hasard ! A

ce sens :

pas

rapprocher de la

condescendance de la franco¬

phonie. (J.M.B.)

dans cette aventure d'Insanne,

...Nous on aime bien le monde, les

quartiers et la

est encore petits. On chante, fait danser,
distribue des tracts, anime des soirées. Nous donnons aux
autres et entre nous des cours d'histoire, de science et tout.
révolution mais

on

On est pas du P.C. ni du P.S. ni de n'importe quoi.
juste intelligent et on veut connaître ce que font et
disent d'autres gens qui ont un projet social qui tient la route
et se met en place.
Ici il y en a qui croient en Dieu, d'autres en Marx,
d'autres en eux, d'autres en rien mais tout le monde pense
qu'on peut être d'accord pour mener une action consciente.
Nous voulons une République Sociale et faire revivre le tra¬
vail associé, les clubs populaires et un jour une garde natio¬
nale par le peuple...
On est

Enfants. Si les chevaux, la

cirque, la radio, les
plaisent à vos 1115 ans, proposez leur donc de
passer quelques jours dans le
roulotte, le

rencontres

au 18 Juillet pour
aller à la rencontre de lieux,

Tarn du 7

de personnes,

d'un environne¬

ment, d'une histoire. Le camp
itinérant est bien sûr agréé

la Direction de la Jeu¬
et des Sports. (J-M B)
Convergence, Candèze 81140
Ste Cécile du Cayrou T : 06 81

Robinson Journot

par

-

Lyon (69)

Raggamins et le grand
ce

Amies,

sont les meilleures

chansons de la section

gamins en folie en version
orchestrée. La musique est

raggamuffin-reggae, épicée au
zouk et parfois au folklore
en

fran¬

paginas del n°33, vesi (p. 18) una linha
del tôt inadmissibla. La pòdi pas laissar passar dins una
pubicacion qu'es la d'un sector de l'IEO.
Visi las

I

agèt

a

l'Amassada Generala de Carcassona,

al moment de la votacion, la mesa en causa

çais sont drôles, libres, frais et

d'un membre del conselh

efficaces.! 100 F)
Silène 56 rue Poulain Duparc

dels

35000 Rennes
Calandreta
d'ensenhar

vos

prepausa

aprèp
Aprene.
candidatura,

occitan

en

la formacion al centre
Per
cal

presentar
aver

una

l'Universitat,
tan

e

sa

licéncia de

practicar l'occi¬

èsser d'aise amb los

enfants. Una

"jurada" se debajulh de 1998 a
Besièrs. Per i participar devètz
pausar candidatura abans lo
15 de junh.
narà lo 7 de

APRENE, Centre de Forma¬
cion

d'administracion

:

:

publica
incident

volid esperar sense lendeman, Ara
parla d'"une présentation de candidat
fort contestée". Cal èstre mai clar e dire qu'es lo candi¬
grèus

mas que

fuguèt contestât, pas la presentacion.
long. Dirai sonque una causa ; se
d'unis an un afar a reglar ambe Francis Fourcou, qu'es
del que se parla, l'IEO nimai sas publicacions ne son
pas lo lòc.
Dirai encora, per clavar, qu'es pas de semenar
isamba que nos tard trescamar suis camins

dat que

Farai pas

d'Occitania.

tigieuse salle basse du magni¬
fique hôtel de ville (beffroi de
Douai) haut-lieu historique de
la région... hautement symbo¬
lique... les "anciens" qui étaient
présents nous encouragèrent
même à poursuivre dans notre
voix/voie électrique éclectique.
Luden Suel (NDLR : voir page
33) était présent, il a lu un de

justification de l'abbé Lemire (en
vers justifiés) c'est un très long
poème - un livre sur l'abbé
Lemire
qui a été prêtre dans
les années 1900. Maire, puis
député-maire d'Hazebrouk...., il
a fait passer des lois humanistes
(accession et droit à un jardin
pour tous les ouvriers, augmen¬
tation du temps de "repos"
après leur accouchement pour
les

femmes, dont il

osé dénon¬

l'abbé Lemire n'a pas été
excommunié mais presque,
n'avait

il
plus le droit de dire la

messe...
son

cela donne

une

idée de

engagement jugé trop

proche de "la gauche"
l'époque. Bref, le livre de

"social",

Lucien est

Coralament vôstre.

a

qu'elles étaient obligées de
reprendre leur travail trop tôt)...
cer

de

une

réussite totale

tant d'un

Felip Carbona

-

Calandretas 7 carrièira Fran¬
35 84 37 Fax

;

J.M.B. i torna e

Pedagogica de las

klin 34500 Besièrs T

:

-

ragga

des

breton, et les textes

Dessaquades (NDLR

voir page 20) ont donné leur 1er
véritable concert... dans la pres¬

premiers textes en picard,
(Les saules). 11 vient de sortir (en
français) un livre fabuleux : La

04 99 39.

chenal,

Chès

ses

nesse

Les

ni le courage de dessaquer mon
"blues"... Dimanche après-midi

Aurevila (31)

point de vue
poésie/littérature... qu'histo¬
rique. Lucien commence depuis
peu à écrire en picard-

04 67

Christian

04 67 35 84

34.

Dequesnes

Douai (59)

54

�Linha
On the Linha wWm

Imaginòt

WÊmk

2e trimèstre de 1998
Concerts

échanges...). Christine Brouchoud 3

:

l'Erable 89320 Vareilles T

Fabulous Trobadors

9 Mai à Morlaix

:

(35),

:

de

Henri Meschonnic, llona Koutny, Edouard

03 86 88 30 19

Glissant (sous réserve), Raphaël Confiant

rue

Fax: 03 86 88 30 21.

(sous réserve), Claude Sicre... Carrefour cul¬

18 au 24 Mai à la

Réunion, 31 Mai à Correns
(83), 9 Juin à Lisbonne (Portugal), 13 Juin à
Toulouse (festival Déodat de Séverac). Aedes
d'Oc 1

de l'Hirondelle 31000 Toulouse T

rue

05 61 21 33 05 Fax

:

05 61 23 49 69.

:

turel Arnaud-Bernard 1
16 Mai à Lumbres

(62)

troisième

:

de la fédération Insanne

rencontre

(langue et culture

picardes). T : 03 27 88 07 99 / 03 21 53 49 86
Mèl : insanne@mygale. org.

31000 Toulouse T

19 Mai à Blanc Mesnil (93),
20 Mai à La Côte St André (38), 21 Mai à

Genève

:

(Suisse), 1er

au

15

Juin

en

20 Mai à Montauban

(82) : réception d'une
délégation indienne du Canada. Ancien collè¬
ge à 15 H : présentation du Développement

rue

de l'Hirondelle

05 61 23 58 55 Fax

Lézignan-Corbières (11) - Maison
"Musiques vives" : créations,
improvisations. Aude Gamme 2 rue du
Château 11700 Comigne T : 04 68 79 23 66 /
:

concert

04 68 27 14 52.

durable et des

Fiers

OC Jean-Claude Drouilhet chemin du Coteau

13 Juin à Flers-en-Escretieux

Nîmes

82000 Montauban T : 05 63 63 06 02.

ed rachines" avec Chés

17

rue

Valentin 31400 Toulouse T

85 06 Fax

:

05 61 53

05 61 53 92 52.

:

expériences canadiennes. OK-

Lucien
24 Mai à Nice : fête du Mai. Zou Mai 49

T

:

: sortie du second album de Fin'amor
"Colors occitanas". Fin'amor 8 rue Mondran

Juin

05 61 53 11 58

:

Juin à Nice

tournoi de Pilo

préparation du
championnat du monde. Zou Mai 49 rue
Bonaparte 06300 Nice T : 04 93 55 70 85.
:

en

18

au

Mai à Barcelone

22

-

Universitat Autônoma, 24 Juillet à Lasserade
(32). Fin'amor 8 rue Mondran 31400 Toulouse
T/Fax

:

05 61 53 11 58.

Gacha Empega : 10 Mai à Montauban (82).
Mic Mac 26 A rue de la

Marseille T

:

04 91 93 27 74 Fax

:

04 91 92 61

Et

l'Hirondelle 31000 Toulouse T

55 Fax

:

:

rue

de

05 61 23 58

au

76 29.

Mérignac (33)

:

Ragga cup football.

en

10 Mai à Uzeste

(33) : assises de la
Entretiens, conférences,
contributions, joutes, manifeste manifestif,
menuiserie le jour, estaminet la nuit, avec la
participation de travailleurs de la pensée, d'ar¬
tistes créateurs ouvriers, de citoyens habitants
résidents et élus locaux, de responsables
marche.

associatifs. Festival d'Uzeste Musical 4
Faza 33730 Uzeste T

:

05 56 25 38 46 Fax

:

10 Mai à Montauban

(82) - halle Ligou :
Montauban, fête multiculturelle avec

les communautés culturelles de Montauban et
la région. Stands, musique, danses, gastrono¬

mie, rencontres, contes, animations enfants.
Concert

avec

contre-débat

Gacha

avec

Empega. 16 H

Claude Sicre

sur

: ren¬

lengas de Toulouse. IEO Ancien collè¬
82000 Montauban T : 05 63 63 08 58.

10 Mai à Vareilles

27 Juin à Montauban
avec

(82)

Festival

:

la comémoration du

d'Olympe de Gouges et la

05 67.
au

31 Juillet en vallée du Louron

festival et rencontres de Germ

Louron. Concert carrefour des suds

Espinasse, Roberto Serrano, Garatxi Soûle
System, Itinérances et morceaux d'histoire,
exposition d'art plastique, concert des jeunes
compositeurs de jazz avec Hélène Labarrière
Quartet et Kats, fanfares, théâtre :
"L'enterrement à Sabres" de Bernard Manciet,
concert avec Rosina de Pèira, Endacom-Mai,

Gacha Empega, Jean-Marie Carlotti et Michel

Marre, rencontres-débats, concert final avec
Denez Prigent, Fabulous Trobadors, Jam
Session et Yullik.
Perspective 65240
Estarvielle T

Forum des

6412.

toutes les

danses, etc... Débat à 17 H

Centres de

avec

avec

Gérard Jacquet, René Martinez, Duo

7 Juin à Toulouse

(31) - place du Capitale :
langues du monde. Stands de
langues, rencontres, musique,

(65) : 7e

vallée du

en

:

05 62 99 66 09. Fax

:

05 62 99

Félix Castan,

vacances

-

Animations occitanes

Camp itinérance et chantier, à la découverte du Haut Languedoc du 11 au 26 Juillet pour ado¬
lescents 15-18 ans : canoë-kayak, réfection de ruine, canyoning, spéléo, randonnées.
Camp musique-théâtre autour du festival Uzeste Musical (33) du 9 au 23 Août pour adolescents
de 15 à 18 ans : chant, percussions, fabrication d'instruments, canoë, échasses...
Séjour en vallée du Louron (65) du 18 Juillet au 1er Août pour enfants 6-13 ans : randonnée,
escalade, rencontres (bergers, conteurs, artisants), chants, danses, musique, participation au
festival de Germ

la Prima

de las
ge

au

rue

05 56 25 36 12.

Planète

24

28

Fayence (83) - collège : débat avec
Serge Halini (Le Monde Diplomatique, auteur
de l'ouvrage Les nouveaux chiens de garde)
et René Merle, sur le traitement de l'informa¬
tion et la "pensée unique". Comité d'Initiative
Citoyenne BP 3 83440 Fayence T : 04 94 47

Tiriot, Some Style, Double Embrouille et les

en

04 94 47 76

05 61 13 68 23.

sixte, stands de jeux, repas de
quartier, concert avec la "Hala connexion" de

mémoire

:

29.

Carrefour culturel Arnaud-Bernard 1

Mercenaires.
7

(06) : fête du Figanas
de rue, joutes musicales, concert.

nuit du théâtre occitan. Carrefour d'Occitanie
BP 814 82008 Montauban Cedex. T : 05 63 63

6 Juin à

:

repas

250e anniversaire

partout en France : opération nationale
"Repas de quartier dans toute la France".

Tournoi

puis

avec

5 Juin

Bibliothèque 13001

06.

18 Juillet à St-Cezaire

Forum d'Occitanie

6 Juin à
:

Suel, Dario Mario, Pierre Rolland,

Olivier Engeleare. T : 03 27 88 07 99 / 03 21
53 49 86. Mèl : insanne@mygale.org.

Eric Bourlier Villa Fabricia Quartier

6 Mai à Tarbes

(65), 12 au
1 7 Mai au Maroc (Rabat, Casablanca,
Marrakech), 7 Juin à Granollers (Catalogne),
13 Juillet à Carcassonne (11), 15 au 19 Juillet
au Portugal (Oeiras, GUarda, Guimaraes,
Evora), 29 Juillet à St-Georges-Nigremont
(23). Marilis Orionaa 64300 Balansun.
Fin'amor

(59) : "Istoère
Déssaquaches,

Ricardenque 83440 Callian T

insanne@mygale.org.
:

:

(59).

03 27 88 07 99 / 03 21 53 49 86. Mèl

Marilis Orionaa

rue

Bonaparte 06300 Nice T : 04 93 55 70 85.

31400 Toulouse T/Fax

Chés Déssaquaches : 11 Juillet à Douai

05

9 Juin à

Résidence à Abidjan (Côte d'Ivoire) 20 Juin à

(61), 12 Juillet à Tbiers (63), 14 Juillet à
(30), 15 Juillet à Thonon-les-Bains
(74), 17 Juillet à Bollène (84), 24 Juillet à
Carcassonne (11), 25 Juillet au festival des
Tertres (35), 30 Juillet à Aix-en-Provence (13),
31 Juillet à La Ciotat (13). Willing Productions

:

6113 68 23.

Guibert

Femmouzes T

:

(89) : 2e fête des Saints de
Glace avec tous les amateurs de jardin sur les
plantes vivaces et rares (producteurs, librairie,

Echange Périgord / vallées italiennes du 4 au 19 Juillet pour pré-adolescents 10-15 ans : ran¬
donnée, VTT, bivouac en Italie, musique, chants, danses autour du festival "Rencontre en pays
de Dronne".

IEO Animation 26

rue

55

Paul Mamert 33800 Bordeaux T

:

05 57 95 80 44

�Metètz la veitura

a

"l'ombra de
de

Abonnement à la Linha

palha

que

tapa lo solelh" ambe

un

para-solelh dessenhat

per

Peire Francés (50 F franco

pòrt) IEO Diffusion Lengadòc BP 4040 34545 Besièrs T/Fax : 04 67 28 04 33.

Imaginât

120 F

L'ensemble des anciens numéros de la Linha Imaginòt
Abonnement à Occitans ! revista culturala de l'IEO
Adhésion à l'IEO (sector Musica), abonnement à la Linha

400 F

et Occitans !

compris

100 F

Imaginôt
150 F

Total

:

F

�</text>
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              <text>Linha Imagin&amp;ograve;t (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/20846" target="_blank" rel="noopener"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>Mouvement occitan</text>
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              <text>Musique -- Occitanie -- Histoire et critique</text>
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              <text>Décentralisation</text>
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              <text>Chansons occitanes -- Histoire et critique</text>
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          <name>Description</name>
          <description>An account of the resource</description>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bulletin du secteur &lt;em&gt;Musica&lt;/em&gt; de l'Institut d'&amp;eacute;tudes occitanes, la &lt;em&gt;Linha Imagin&amp;ograve;t &lt;/em&gt;contient l'actualit&amp;eacute; de la cr&amp;eacute;ation musicale occitane ainsi que de nombreux articles sur les festivals d'Uzeste, de Larrazet et le Forum des langues du monde de Toulouse. On peut aussi y lire des textes de&amp;nbsp; r&amp;eacute;flexion sur la d&amp;eacute;centralisation, la d&amp;eacute;fense des langues et des cultures. La publication est ouverte aux d&amp;eacute;bats et donne la parole &amp;agrave; ses lecteurs dans une importante rubrique &amp;laquo; Courrier &amp;raquo;, elle comprend enfin une revue de presse et des comptes-rendus de lectures.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bulletin del sector Musica de l'Institut d'estudis occitans, la Linha Imagin&amp;ograve;t conten l'actualitat de la creacion musicala occitana e d'articles nombroses suls festenals d'Us&amp;egrave;ste, de Larraset e lo &lt;em&gt;Forum des langues du monde&lt;/em&gt; de Tolosa. Se p&amp;ograve;t tanben i legir de t&amp;egrave;xtes de reflexion sus la descentralizacion, la defensa de las lengas e de las culturas. La publicacion es dob&amp;egrave;rta&amp;nbsp; als debats e&amp;nbsp; balha la paraula&amp;nbsp; als legeires dins una rubrica&amp;nbsp; &amp;laquo; Courrier &amp;raquo;,&amp;nbsp; compren enfin una revista de premsa e de comptes renduts de lecturas.&lt;/div&gt;</text>
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          <name>Contributor</name>
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              <text>Boudé, Nathalie</text>
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              <text>Castan, Félix-Marcel (1920-2001)</text>
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              <text>Gaudàs, Jacme</text>
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              <text>Canet, Thérèse</text>
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              <text>Buge, Jean-Marc</text>
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              <text>Martel, Philippe</text>
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              <text>Blanc, Jean-François</text>
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              <text>Daziron, Alain</text>
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              <text>Michot, Laurent</text>
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          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, KI 5</text>
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      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
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          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
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              <text>Mediatèca</text>
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          <name>Sous-Menu</name>
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          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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      <name>Musica occitana = Musique occitane</name>
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      <name>Occitanisme = occitanisme</name>
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