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                  <text>Publicacion del sector musica de l'Institut d'Estudis Occitans

e

de la

GRQM. Trimestral. Âgost de Î998

Cap al mond
Ah le Mundial î Et la finale ! Du jamais vu en France.
Un vrai séisme. D'aucuns ont

comparé l'événement à
façon dont le choc a
traversé le pays en profondeur. Le plus surprenant est la quasi
unanimité qui s'est dégagée*. Il n'y avait plus les pro-foot et
les anti-foot. Tous les clivages ont volé en éclats. Les jeunes et
les vieux, les prolétaires et les patrons, les Français et les
immigrés, les hommes et les femmes, les sans-papiers et les
ministres, les Marseillais et les Parisiens... Les Basques, les
Occitans, les Quadeloupéens, les Algériens, les
Américains, les... Brésiliens : ils étaient tous là, sur le
la Libération de 1945. C'est dire la

terrain et partout ailleurs, dans les rues, les cafés, les
stades, les HLM... C'est une soif de pluralité et d'aven¬
ture collective

que nous avons

ressentie partout, dans

pays en attente inconsciente, et qui par manque
d'ouverture en arrive parfois à avoir peur de l'autre.
un

Quelle belle démonstration de ce que nous
avançons sur la Linha Imaginòt : avoir comme horizon
le monde en associant tous ceux qui nous entourent en
quelque endroit que l'on se trouve. Pluralité, multiculturalité, ambition, solidarité, imagination, travail : le savant
dosage permet de repousser les limites du possible, de créer
de nouveaux contextes pour l'intérêt de tous.
Seulement les règles du football sont bien déterminées
et bien connues. Pour le reste, c'est plus compliqué. Des règles
sont à inventer en même temps que des ambitions sont à créer.
Des règles pour et avec le plus grand nombre dans sa pluralité,
pour pouvoir lancer des défis tous les jours dans tous les quar¬
tiers. Certaines ont
ne

émergé

sur

la Linha Imaginòt. Et l'aventure
illustration

fait que commencer.

Jean-Marc Buge
*

A noter

cependant le silence des intellectuels franchouillanls.

:

Joap Ramond

�Première

Il n'est pas facile de parler

Félix-Marcel Castan

raire notable dans

occitane, qui doit y paraître
bien lointaine. Mais est-il

Boèce fonde cette littérature.

beaucoup plus facile d'en parler

L'auteur,

Occitanie même ? Les Ven¬

s'adresse

en

déens

que

se

savent

les Occitans

occitans, sauf
des

vendéens, tandis
ne se savent pas

exceptions,
Alpes à l'Océan. A l'inté¬
rares

méditer

niveau de l'histoire
XII° et

au

Elle eût

un

rôle directeur dans le

domaine culturel et mit
moment en

un

difficulté

l'Eglise à
l'apogée de sa puissance en
Occident. L'Occitanie a joué
ensuite un rôle national, au plan
militaire, politique, religieux et
culturel,

E
o
o
a&gt;
o
o

=J

l'ordre

O

&lt;D
O
&lt;D
■o
a

XVII° siècles

elle

a

Quels

en ont

o

"c

une

BU

O
o

O

France

en

I Cette identité

sans

d'une foi à toute

les résonances d'une

L'identité culturelle

grands intellectuels prend
conscience qu'il se passe alors
des choses dignes d'être notées
pour les âges futurs : c'est à quoi
s'emploie le moine-mémorialiste

à cette vision du monde

nes.

:

limousin Adhémar de Chaban-

ici

morte, la culture occitane

a

Moyen-Age. Les
se
multiplient et des
artistes de premier plan les

problématiques de l'époque.

ornent d'enluminures

aux

en

manuscrits

Limou¬

d'entre

mais dans la

tions

des consciences dans

sous

et

le gouvernement de

grands

d'origine occitane, Mayol
Odilon, entreprend la conquête

bâtisseur du

époque
abondantes : assez
cependant pour qu'on perçoive
un frémissement, semblable au
gréement d'un vaisseau qui
prend le large, un largage des
sont pas

amarres.

2

-

autorisent à dater de

ce

moment

à la fois la naissance de l'identité

l'Europe

pouvoir spirituel de

et la

naissance de ,1a

politiques.
La dynamique ainsi lancée va
s'incarner, au cours du XI°
siècle, dans l'Art roman, qui par¬
-

vient à

son

apogée au début du

XII° siècle.

entière, et devient le véritable

conservées de cette haute

décou

Chrétienté, en tant qu'ordre du
monde, supérieur aux pouvoirs

une

l'histoire. Au même moment
l'ordre monastique de C.luny,

commence

ses

long de la Méditerranée.
Les premières sculptures monu¬
mentales apparaissent en
Roussillon, puis à Conques. Ces
grandes entreprises concordantes

occitane

représente

abbés

L'Occitanie

accumule

vertes le

de Paix

révolution
des mentalités, que rien n'avait
laissé présager, un tournant de

l'An Mil. Les traces

l'un

à

conscience de l'humanité l'idéal

jours ressuscité de ses cendres et
présenté un visage d'actualité.
Elle a souvent précédé les évolu¬

avant

eux

romane

leurs exactions, à

:

:

Limoges, avec une
audace formelle qu'on ne retrou¬
vera qu'à notre époque, traduit
l'art des musiciens-jongleurs
dont s'inspireront plus tard les
Troubadours, leur gestuelle
aigiic, grave et grandiose.
L'architecture romane ou pré-

inspirations de la cha¬

convaincre

en cours.

Alors naît l'émaillerie

vrerie du

rité céleste. Ces bandes de
guer¬
riers oisifs seront difficiles à

tou¬

-

limousine, qui va dominer l'orfè¬

hommes, pour
cinq siècles. Poème carrefour des

taires

donnée une fois pour
toutes. A chaque
étape elle doit
prouver son existence, sa capaci¬
té de renouvellement, son
adap¬
tation à des réalités changeantes,
sa cohérence sur d'autres bases,
dans des conditions imprévues.
Alors qu'on pouvait la croire

pédagogie

souveraine... Un monde de

soumettre leurs instincts mili¬

n'est pas

la construction

épreuve. Ce beau poème dense,
au ton impérieux, oppose
aux
violences d'ici-bas la Sagesse
éternelle, pacificatrice, à laquelle
conduit, échelon par échelon, la
foi religieuse. L'imaginaire du
poète donne un éclat d'évidence

mettre fin à

Etat

ces

inaugu¬
du plus

projets de l'Oc¬
cident, la consolation de Boèce a

appeler ces mêmes chevaliers
auxquels s'adresse le poète, à
respecter la volonté divine, à

la crise ?

de

ambitieux des

novatrice de Paix de Dieu, et

crise, et que

qui contribue à dénouer

o
■

été les motifs, les

profondes ? Quelle est la
place de l'Occitanie aujourd'hui

dit-elle

rant

sin, comme au Puy-en-Velay, les
évêques des pays du Sud avaient
convoqué de grands rassemble¬
ments ou Conciles, pour donner
force de loi à l'idée puissamment

causes

dans

Boèce, le

A Charroux

festée dans la culture du Sud.

O
a

Dans le cadre de

communauté des

restauré

nom

initiatives multilatérales,

l'avenir d'une Chrétienté
engageant l'être individuel et la

politique en France. Les
implications en devraient être
mieux étudiées... Depuis, une
originalité constante s'est mani¬

ne

c

:

le

Chrétienté médiévale.

germe

des XVI° et

au tournant

m

sous

Sylvestre II, le Pape de l'An Mil.
La pensée, de Gerbert
fixe les perspectives de la

les fins dernières,

sur

devenu,

est

aux

constance et

européenne,

les nations n'apparaissent.

que

moine de Limoges,

un

philosophe
qui écrivit en prison ses
cogitations, faisant preuve de
comme

XIII° siècle, avant

au

qui enfin par son
politique a assuré
l'élection d'Hugues Capet à la
tête du royaume franc, Gerbert
intervention

chrétien

révolte dans la Révolution.

L'Occitanie s'est révélée

Othon ilî,

une

jeunes hommes
indociles, à ia jeunesse batailleu¬
se de son temps, et leur conseille
de penser à leur avenir, de mettre
de la discipline dans leur vie, de

rieur de l'histoire nationale, la
Vendée s'est révélée par une

au

litté¬

oeuvre

langue
dérivée du latin, le Poème de

Vendée de la nébuleuse

en

Cet art constitue

Europe

une

en

réplique à l'art impé¬

la Chrétienté. Un moine

rial. Pris dans

d'Aurillac, qui est allé étudier en
Catalogne la science arabe et qui
a
longtemps enseigné à Reims,
capitale intellectuelle de
l'époque, qui a été le précepteur
du jeune empereur
germanique

germanique exprime la domina¬
tion du pouvoir militaire et poli¬
tique .sur le pouvoir religieux.

son

ensemble, l'art

L'Art roman, à l'inverse, donne
un monde où l'auto¬

à concevoir
rité

religieuse l'emporte. C'est

�Linha

Imaginât

Occitania
.........

.

_

...... ...

..........

_

3e trimèstre de 1998

dans les pays

occitans et en
Bourgogne, dans les pays du Sud
en général que s'impose cette
nouvelle vision, toute théocratique. Il suffit de citer Toulouse,
Moissac, Cahors, Conques,
Souillac, Beaulieu, Angoulême,
Poitiers, Aulnay et Serrabonne,
Saint Guilhem, Saint Gilles,
Arles, pour le prouver à l'éviden¬
ce. La Paix de Dieu règne sur le
monde roman, comme régnera la
discipline du Roi sur le monde

gothique, de filiation otlionienne.
L'Eglise entendait
régenter ce pays : ses ambitions
provoquèrent deux types de réac¬
tions anti-cléricales. Aucune de
réactions

ces

ne

conduisit à des

comportements réducteurs, à des

fin'amor, la régulatrice des rela¬
tions entre les amants, un rôle
dont elle n'avait pas osé rêver
jusque là. Cet Amour adultère
était

contradiction

en

avec

SOMMAIRE

la loi

conjugale qu'au même moment
l'Eglise s'efforçait d'imposer. Amour adultère, amour épuré,
sublimé, qui s'achevait en mora¬
le

sans cesse

effervescente,

une

morale de la

jeunesse : la jeunes¬
se était porteuse
d'amour.
Amour savant, qui se distinguait
de l'expérience de Tristan et
Iseut

l'amour des deux héros

:

celtiques est la conséquence d'un
philtre, un fatum contraire à la
loi sociale. Entre eux,

l'épée,

au milieu du lit, rappelle
l'interdit. Chez les Troubadours,

placée

contraire, le retard, la retenue,

repliements qui auraient détour¬

au

né l'Occitanie des horizons uni¬

l'épreuve qui sépare les amants

lesquels elle avait
pris naissance... Elle invente

une

versels dans

l'Amour occidental

:

les Trouba¬

nuit entière, dans leur lit, est

acte

et

de volonté, maîtrise

morale

personnelle des instincts, sur
primitif. Fondement de

Cap al mond
Un contrechamp décentralisateur
De pertot
Deux langues pour savoir lire
Amies de la lenga nòstra
Conversation socratique du 21 avrill 1998
La réunion du 11 mai : un petit bond en avant ?

7
7
8
10

Aïoli la Chourmo

11

-

-

attaque:
Mérignac sans embrouille
Quatre bises, sinon rien !!!
Manifeste pour un Militantisme Artistique Anti-centraliste
Tout Terrain (M.M.A.A.T.T.)
Dunkerque
Poesia / cançon

11
12
12

Paul Froment (1875-1898)
Soi montât frèg

16
16

Mars

Réfléchissez
L'Occitanie s'est travestie

en

17
18

Echjâizen
Déloïage ed ramintuvances

18

Aicisem

Débats

nouvelle

jetèrent les bases d'une
poésie, dont s'inspirè¬
rent tous les pays, ceux du Nord
et ceux du Sud, et dont dérivent
pour l'essentiel les thématiques
sur lesquelles vivent toujours nos

l'Amour occitanien... La subli¬

Le Front National et la "culture

civilisa¬
tion, les Troubadours ont été les
premiers à l'enseigner. L'amant
reste vassal de sa dame, - c'est la

Lou biniou iascistou,

littératures. Les recherches for¬

caractéristique .qui distingue la
fin'amor des érotiques orien¬

pas
au

été dépassées. Ils ont placé

centre

tales.
Une seconde réaction

de l'œuvre littéraire la

vie du sentiment

:

l'Amour moderne

ils ont fondé
sur

la magie

contre
au

le

clergé romain

se

situe

même niveau d'universalité.

cette fois d'origine
nobiliaire, mais bourgeoise. Elle
porte non sur la loi morale, mais
sur le dogme. La nouvelle reli¬
gion, que nous appelons aujour¬
d'hui Catharisme, se présentait

langage et identifié l'érotique
à la poétique. Y a-t-il découverte
plus importante, conquête plus
décisive pour la psychologie de
l'individu, comme pour les rap¬
ports intersexuels ? Pendant près

Elle n'est pas

de deux siècles, une immense

comme un

s'empara
de ce pays : cinq cents poètes ont
fait la preuve que les expériences
du coeur étaient inépuisables. Il
n'y a pas deux amours sem -

tique, l'Eglise de Rome étant
pour elle la demeure de l'Anté¬
christ. Sa philosophie dualiste

du

méditation

blables
teurs

au

l'Amour

sur

monde ! Ces

nova¬

empruntèrent à leurs
religieux une langue déjà

maîtres

élaborée dans les monastères,
ainsi que

la musique liturgique et
l'expression
savante, pour les retourner contre
l'enseignement reçu, et opposer
une

science de

mettait

Christianisme authen¬

en cause

l'unitarisme

catholique et ses contraintes. Née
en Bosnie, une province de
l'Empire byzantin, cette religion
s'est largement diffusée en
Europe, mais a trouvé en Occitanie

un

terrain d'élection, du fait

de la tolérance des

pouvoirs.

L'hérésie ébranlait les fonde

-

l'Amour naturel à l'Amour

la pensée et de
l'ordre ecclésial. La répression

divin. Les

fut de la

conséquences sont

innombrables

:

la femme connut

promotion inespérée. Elle
devint, dans la théorie de la
une

ments mêmes de

une

dura
ce

plus extrême violence :
Croisade qui

guerre, une
un

demi-siècle s'abattit

pays et

sur

ruina la première civi-

16
17

Grand Sud

le désir

melles des Troubadours n'ont

13
14

-

dours

mation du désir, acte de

1
2

A l'amie

19
21

provençale"
et-Goromentair-e-

21

François Camé

Quand les oiseaux auront des dents...

23

Leçon n°2 : "Passe-moi le sel"
Du rapport à l'autre

24
24
25

La fonction communale
Grandeur et dépendance de la

iangue des troubadours
Toulouse porte sa croix... à douze boules
Communiqué de presse de mon expo...
Réponse à Ben
Proposition anti-phobouligane
Lettre à un nationaliste occitan : Domergue Sumien

--

26
27
28

30
30
31

Lecturas
Il y a 150 ans... la France
Lu... Yannick Noah

abolit l'esclavage, et comment. ■ 32
33

34

Kofi Yamgnane... et commentaire
D.R.A.C. fòra d'òc ! et commentaire

34
35

Lu... Collines et vallées

35
mourrant ?
plurilinguisme selon Claude Hagège, et commentaire
35
Feuilleton province (suite)
36
Lu... Aquò d'aquí
36
Les troubadours c'est fabuleux ! et commentaire
37
Occitania / Passapôrt, et commentaire
38
Ça suffit ! et commentaire
38
Gardarem lou koulgnn-aman, et commentaire
38
La responsabilité du jacobinisme et de la peur de l'autre - - 39
Pas de bémol à la Sacem
39
Un grand homme très discret
40
Le tabou est tombé
41
Les intellos de gauche les plus réacs du monde
42
Entre la France et les Etats-Unis, le fossé se creuse
44
Le rap est-il
Le

Corrièr
On the Linha

—

46
-47

�Linha

Imaginòt
Occitania

3e îrimèstre de 1998

lisation de

l'Europe, après la fin
Empires antiques. - L'Inqui¬

des

sition

avec ses

même

qui fit pendant de longs

bûchers, celle

villes du XVI1° siècle

langage toujours actuel.

tout à la fois.

l'acte de contestation, conscient

Si

en

Elle

Occitanie les

se

un

XVI° siècle, les Rois-chevaliers
restent encore les

ressaisit dans

premiers des
grands féodaux, même s'ils
s'efforcent de dégager le princi¬
pe d'une monarchie absolutiste.

siècles tant de ravages en bien
des pays, a été instituée par la

signes sont plus nombreux, c'est
que les conditions y sont plus

ou

des

Avec Henri IV, en revanche, le

Papauté pour éradiquer l'hérésie
de ce peuple déviant, au sein de
l'Occident féodal. Un peuple
apparemment né pour une
déviance qui n'a guère cessé
jusqu'à ce jour !

favorables à la remise

dysfonctionnements de l'ordre

royaume deviendra réellement
national... L'absolutisme s'impo¬

On oublie souvent de

dire que l'Inquisition est née en
Occitanie. Retrouver cette histoi¬

c'est apprendre les origines

re,

des terribles

perversions qui se
sont enchaînées jusqu'au génoci¬
de hitlérien, jusqu'à tant de per¬
sécutions idéologiques qu'a
notre siècle. La santé

connues

morale de l'humanité

exige que
la vérité historique soit comprise,
et qu'en toute clarté la justice
soit dite sur les origines du mal.
L'histoire des quatre
ou

étonnante
se et ses

milée,

sa culture et sa langue dis¬
paraîtraient. Nous sommes
aujourd'hui menacés d'un tel
risque. Seul un sursaut critique
de grande ampleur peut sauver
les acquis de la culture occitane.

corn

-

plexité se complique encore de la
présence d'une autre langue.
C'est le

moment

-

où l'Occitanie

littéraire devient

comporte en conscience morale,
vraie statue du commandeur

réprouvant la folie nationale!

cohérence. C'est aussi,

et

vaincues
se

:

une

joue le destin

l'ange de l'Age
à épisodes : la

Albigeois, l'Inquisition,

au

service de

l'homme, du citoyen...
En vérité, cette

autre aventure
au

attendait

temps du Baro¬

de la
très

à Aix-en-Provence des

écrivain isolé rele¬

de la nouvelle

esthétique :
génération baroque
surgit avec les écrivains français
La Boétie, Montaigne, Pibrac, du
véritable

-

ception inverse de celle que nous
aujourd'hui, dans
laquelle l'homme est ordinaire¬
ment dans la dépendance des
structures
qui devraient le servir.
Cette nation qu'on devine à tra¬

II Une identité

un

sion, mais

hyper-étatique

Les hasards de l'histoi¬
ont

placé l'Occitanie en postu¬
critique fondamentale sur le
territoire hexagonal. L'Etat, son
partenaire, ne s'est pas formé
re
re

nation nar¬
instrument d'exclu¬

un

d'un coup.
il a acquis

lieu de rencontre,

Dans sa forme ultime,
force d'exemple parmi

les nations du monde. On pour¬
rait peut-être dire qu'en France

de solidarité entre les

peuples qui
la composent. Une nation pour
tous, pour toutes les cultures,
toutes les langues et pour des
villes libres : mie nation baroque,
qu'a refoulée, depuis, le centra¬
lisme français. - Au moment
même où ces perspectives se

l'Etat
voir

a
a

fait la nation... Le pou¬

précédé le

contrairement à
tenté de croire

consensus,

ce
:

qu'on serait

c'est là

une

hypothèse

veilleuse diversité baroque du
temps de Louis XIII est bien per¬
due ! Impossible que nous nous
résignions à de tels sacrifices :
les sources ne doivent point tarir.
Du point de vue de la
construction nationale, le
-

Classicisme, à travers la philoso¬
phie des Lumières, domine tout
un

aspect de la pensée de 1789...

On peut

distinguer, dans le mou¬
révolutionnaire, une pen¬

le les structures,

national. On n'a pas assez

Age, le territoire se rassemble
par la conquête militaire ou les
jeux purement féodaux d'échan¬
ges et d'héritages. Une certaine
adhésion populaire au pouvoir

ces

sacré du Roi

manifestaient dans le Sud, les
armées d'Henri IV, roi de

Navarre, rétablissaient l'ordre

médité
grands événements, qui ont

se

manifeste timide¬

assuré l'avenir d'une France

compositeur, Antoine de
Bertrand, des plasticiens. On
citerait dans les autres pays, à la

toire. On n'en

d'Arc. Mais les luttes féodales

re

persistent, et le fait national relè¬

en

Graffigny, Buffon

Sade, Pope en Angleterre : la
poésie n'a guère suivi, et la mer¬
ou

vement

dans le bassin parisien à
partir de Philippe Auguste. Il se
confirme au temps de Jeanne
ment

revivifiée, après la crise de crois¬
sance

la

plus sévère de son his¬

la mesu¬
les
enseignements, pour aujourd'hui
et pour demain... L'Occitanie des
:

on

au

Voltaire, l'abbé Prévost et

que je soumets aux
historiens. Durant le Moyen-

Bartas, les écrivains occitans
Garros, Galhard, Chambon de
Gotz, La Bellaudière, un grand

même date. Luis de Léon

et Poussin

Madame de

les textes de La Boétie et de

cissique,

Fontaine, Bossuet, Madame de
La

XVIII° siècle. Saint Simon,

con¬

connaissons

vers

signes précurseurs de la civilisa¬
tion baroque qui va envahir
l'Europe. Non pas seulement un

une

langue. Au XlXe,
proteste contre une centrali¬

d'un ordre social

à tour

favorable à la culture occitane,
on trouve très tôt à Toulouse

vant

pensée A la
progrès et appauvrissement.
L'imaginaire, le champ de la
poésie s'est trouvé réduit... On
ne peut pourtant pas regretter le
passage de Malherbe et
Descartes, Molière et La

complémentarité, surgit l'idéal

:

ou un

-

rentes à toute

elle

l'unitarisme de la

fois

grand style. Au XVIIIe siècle
elle révèle les richesses inhé

l'esprit de pluralité, les dyna¬
miques contradictoires du
Baroque : il a fondé en théorie

l'Égli¬

sont tour

que. Alors que l'époque
Renaissance n'a pas été

artiste

valeurs

urbaine, d'une convivialité de

bilingue : elle
grands écrivains dans
les deux langues, sur les deux
versants d'une pensée d'avenir.
Les uns participent de l'identité
donne de

Garros n'est pas une

comme

ses

chas¬

Fayette, Racine et Fontenelle,
ou Lully,
pour ne citer
que quelques jalons d'un
Classicisme qui a ébloui par sa

l'acte de soumission final...
Une

siècle,

celles de la conscience

a

tent l'identité occitane. De leur

Lutte

l'Occitanie

Au XVIIe

sont

Le Classicisme
sé

le caractère d'une

fin'amor, le catharisme, la Croi¬
sade des

Elle serait alors totalement assi¬

se. Richelieu en fait la loi
qui
persistera et se consolidera
jusqu'à la Révolution. L'unitarisme paraîtra consubstantiel à
l'esprit français, et le
Classicisme fixe ses règles.

en faveur d'une décentrali¬
sation salvatrice.
Elle se

du monde, de la civilisation et
de l'homme. Une lutte de Tobie

roman.

critique par sa présence
: si elle perdait cette fonc¬
tion, elle perdrait son identité.
même

sation extravagante et reven

dramaturgie, où

l'ange

baroque, spéciale

fonc¬

tion

d'incertitudes naît la
dans le Sud, où la

assume une

dique

dramaturgie où

avec

ment

ou

d'outre-Loire, les autres réinven¬

hérésies

victorieuses

national. Elle

idéologies médiévales et
antiques. Les ruptures d'équi libre de la monarchie française,
qui ouvrent l'ère des Guerres de
Religion, mettent en question les
fondements du royaume, de la
nation en gestation. Sur ce ter¬
conscience

des lacunes

de E Occitanie

ans

a

en cause

des

reau

plus souvent inconscient,

mettant à nu

littéraire de leurs confrères

cinq cents

médiévale

-

parle

Espagne, Tintoret à Venise, par
exemple... Il s'agit d'un mouve¬
ment général, qui affleure par¬

a pas
pris
n'en tire pas

ve

du sentiment, dans la

vance

4

mou¬

de la France du Nord. Au

sée

déjà romantique, qui bouscu¬
ouvre

des voies,

croit à l'initiative de tous et à la

passion du changement, bref,

un
romantisme révolutionnaire.
Mais

une

autre

tendance est à

l'oeuvre, qui vise à la stabilité et
au définitif : c'est Condorcet, ce
sont

les

juristes qui écrivent la

Déclaration des Droits de
et du citoyen, complé¬
la Déclaration des Droits
de la femme et de la citoyenne
d'Olympe de Gouges. Cette face

l'homme

tée par

�Linha

Imaginòt

Occitania
3e trimèstre de 1998

n'est pas

délire centraliste il existe

la

différence de nature.

moins importante que
première. En définissant et en

reconnaissant

en

une

République et Nation, qui fon¬
dent la démocratie moderne.

suites, pour extorquer au

citoyen, un
pour tous, le principe de la liber¬
té individuelle, cette pensée fait
accomplir un pas considérable à
la conscience civilisée. Elle lie

étroitement deux notions.

C'est

acquis irréversible de la

un

sa

peuple

souveraineté. C'est la cons¬

d'araignée du
français, et c'est le

Raison et le socle de l'universali¬

truction de la toile

té. Toute atteinte aux droits ainsi

chemin de fer

posés dans l'histoire représente
une régression vers le tribalisme,
vers la loi du plus fort, vers le

baron I-Iaussmann et

son

Paris

macrocosme.

Dans

sa

forme

accom¬

III Les marques
Le

jusque là en gestation éparse.
Une véritable

reconsidérer la structure et

s'affirma durant les années

l'identité de la nation pour enra¬
ciner l'avenir, pour normaliser la

d'Occupation.

modernité, si

sie

se

définir

propriété de
la capitale.
C'est un phé¬
k
&lt;3

I
s

S
o
o

s.
du débat

racisme et le

vertige de l'irration¬

Le rôle de l'Occitanie

Je

connu ces

dérèglements tra

-

-

Le terme de

nisme"

"jacobi¬
Il est

mauvaise presse.

a

toujours employé en mauvaise
part, péjorativement. Je crois que
c'est

Dans

ces

une

erreur

d'en faire le

la

L'Occitanie

romane

joué au XII° siècle un rôle

tale, comparable à celui du Paris
contemporain. Un rôle
d'éveilleur des langues et des

a

capitale
nationale, s'est isolée dans la
nation pour accéder à un statut
de capitale supranationale. Paris
posa dans le monde les pré misses d'une modernité

cultures.

d'une sorte de renaissance, pre¬
nant en

L'Occitanie baro¬

XVIF siècle a proposé
pluraliste et
pacifique qu'aucune nation
n'avait conçu en Europe, en
consonance cependant avec la
philosophie du Tchèque
que, au
un

modèle de nation

Coménius. Ce modèle reste
*

aléas de l'histoire, aux

publiques, aux mena¬
qui pesaient alors
sur l'homme et sur les peuples :
poésie ontologique. Le mouve¬
ces

mortelles

ment

créateur lancé

en ces

temps

d'inquiétudes universelles
s'arrêta pas à la Libération. Il
poursuit aujourd'hui, plus

lourds

se

d'un demi-siècle s'étant écoulé

:

élargi, diversifié,
et ne cesse de progresser. Mais
les principes de base n'ont pas
varié, preuve, la pérennité, de
l'exceptionnelle validité de ses
principes.
il s'est enrichi,

Le contenu d'une nou¬

d'actualité.

cosmo¬

aux

calamités

ne
*

cas,

rôle de

- Dans les mêmes
historiques, la poé¬
française retrouvait le chemin

circonstances

l'être
*

directeur dans la culture occiden¬

conditions-là, Paris
son

crois pas que

souveraineté,

ville, qui s'arroge les pré¬

transcendé

giques.

ne

complétant
l'usurpation
impériale.
L'usurpateur,

rogatives de la nation elle-même.

nel. Notre siècle n'a que trop

littéraire

la résistance fondamentale de

a.

a

ce

École

l'Occitanie vivante.

dans l'état

surpation de

dans

une

puisse se libérer de ses
pesanteurs et se décentraliser
vraiment, sans le concours de

pas apte,

listes.

nomène d'u¬

une

jurent

France

devenir la

est

ne

le

nal, pour

coeur

mots

1940 s'est pro cristallisation littéraire,

Vers

duite

charge les drames de
l'époque, réinventant un langage
pour tous. Par une démarche
inverse, la poésie occitane se
libéra de la langue populiste qui
l'avait encombrée au siècle pré¬
cédent, et s'éleva à la conception
d'un langage plus pur, plus
essentiel, plus bref et plus exi¬
geant. Poésie raffinée, à la limite
parfois de la préciosité, elle
représentait, en quelque manière,

champ natio¬

Au

ces

pas entre eux... La nation du
XIX° siècle, qui n'a guère bougé

actuel, à accéder à de nouvelles
fonctions, des fonctions plura¬

champ cultu¬
rel, qui cesse

idéologiques, à
l'espace d'une conscience cos¬
mopolite.

conditions anormales. Il faut

tralisme

envahit le

libres d'écrans

problème d'aujour¬
de retourner à un
passé aboli, mais de concevoir
un
développement qui intègre,
prolonge et diversifie les
conquêtes réalisées dans des
d'hui n'est pas

depuis, n'est

comme

langue

elle leur permet d'accéder sans
obstacles aux horizons les plus

du futur

plie, le cen¬

de

nelle, riche d'avenir. La

dont ils usent n'est dans la

dépendance d'aucun pouvoir, et

est

sans excuse

un

voudrions igno¬

Le vrai centralisme

tout homme, en

principe
principe d'égalité

femme,

nous

rer!

d'origine bona¬
partiste, c'est-à-dire militaire. Le
premier Bonaparte en conçoit le
principe : avec le second les
choses prennent un tour parfaite¬
ment négatif. Le système se met
en
place... On invente le plébisci¬
te, qui aura au XX0 siècle tant de

toute

qu'en vain

Aujourd'hui la litté¬

velle littérature détermine sa por¬

symbole et l'agent du centralis¬
me : les chefs
jacobins avaient

polite. A partir du Paris de la fin

rature

du XIX° siècle et du début du

confiance dans l'action du

XX °, la

constitue

qui semble mythique est en
mesure de bouleverser l'ordre

symbolique et son influence
potentielle. Venant après le
Surréalisme, l'École occitaniste

peuple, de la base. Ce n'est pas
une
position centraliste. Ils ont

au-dessus des nations et suscite

intellectuel de la France contem¬

en

hyper-capitales en
Europe, puis en Amérique. Ainsi

poraine. Par sa masse, et par son

l'esprit, l'énergie, l'insolite, sa
rupture des chaînes rationnelles,
sa force de suggestion psycholo¬
gique, l'ouverture à la réalité
événementielle, aux surprises du
hasard objectif. Mais elle ne s'en
est pas tenue là. Elle a voulu
approfondir cette volonté de

dû, c'est vrai,

tique de

poli¬
qu'ils n'avaient

assumer une

guerre

pas souhaitée : la guerre a pour
effet naturel la militarisation du
pays.

Ce fut leur drame.

L'hyper-centralisation était de
circonstance... Ils avaient assuré¬
ment

la

plus haute idée de l'unité

nationale, mais entre unité et

modernité

se

d'autres

les nations se trouvent

quand on parle d'identité fran¬
çaise on entend, en fait, cette sur¬
culture de la capitale, qui s'est
constituée par confiscation des
fonctions nationales. C'est à quoi
Et

sommes

tout à

la fois.

dépossé¬

dées de leur maîtrise culturelle.

nous

sens

invisible d'une Occitanie

confrontés,

-

et

Une bonne centaine

d'excellents écrivains,

poètes,

romanciers, dramaturges,

essayistes, exploitent des mines
d'or : ils sont à pied d'oeuvre
pour arracher au langage les
secrets d'une expression origi¬

tée

a

assimilé consciemment

modernité et la rendre cohérente,

capable de saisir la totalité de

�Linha

Imaginòt
Occitania

3e trimèstre de 1938

l'existant, dans

intuition glo¬

Point

décentralisation, mais
pouvoirs de la
monarchie parisienne : ce néo¬
centralisme est le pire des

autres

extension des

compte, entrer dans la
compétition : user de leurs res¬
sources, des richesses de leur

humilité. La tentative devait

remèdes,

fonds séculaire, de leur

reposer sur une juste philosophie
du rapport que l'homme entre¬
tient avec son environnement

forces et sa santé, ses
capacités d'initiative et d'aventu¬

immédiat.

trie et dit la loi,

bale.. Elle

une

trouvait

se

favorable pour une

tion,

-

qui implique

en

situation

telle ambi¬
extrême

une

L'acte littéraire
fonde ici

sur

se

la conviction intime

qu'il n'existe pas de séparation
entre la psychologie de l'être
humain et la chair du monde, les

pulsions du moi et sa niche éco¬
logique : l'homme et le monde
s'engendrent mutuellement.
C'est le postulat du travail civili¬
sateur... Une telle réciprocité se
consolide avec le temps et les
progrès de la conscience. S'ils
s'appauvrissent et se fragilisent,
c'est que l'humanité fait fausse

il ôte

car

au

malade

ses

en

à la fonction lan¬

Pour

ses

cellules, tous

Place

aux

national. A la notion

appauvris¬
sante et régressive de minorités,
je préfère substituer la notion
dynamique de capitales auto nomes de la pensée. Je préfère
plaider pour une nation polycéphale, qui serait politiquement la
garante de toutes ses capitales, et
des identités culturelles qui les
font vivre : rajeunir et rendre la

ses

rielle

lisation, par la liberté du Verbe.

dus

ne

identité plu¬

doivent pas être confon¬
des revendications

veau

pour toutes : des critères

poli¬
tiques, pour régler les problèmes

ont été exténuées

culturels... C'est le

villes de France ont à retrouver

conçoit de cette manière la
Décentralisation annoncée plus
que servie. Une Décentralisation
ne se décrète
pas, et on ne la

l'ordre de la culture.

entre

ces

recherches de disci

L'expérience parle. J'ai été

au

: j'observais à
musique enracinée,
incamée au plus profond de la
communauté, dans laquelle les

musiciens

ciennes. Un front du Sud à

un

pôle parisien, comme le disent
encore,

de Nice à Bordeaux, les

rappers

de la Linha Imaginât. Ce

front, de l'aveu des artistes
mêmes, se nomme occitan. La
littérature occitane y reconnaît le
reflet de ses propres pensées.
Elle y

Elle

en

faite.

se

mouvaient

en

toute

mesure

où

notre

époque pourrait se qualifier
d'Âge écologique, il ne serait pas
absurde de penser que la littéra¬
occitane

ture
re

serait la littératu¬

en

représentative,

elle

a

un peu comme

été la littérature

représenta¬

l'Âge roman.

pays, nous défendons des valeurs
dont l'histoire de ce pays est

Berlin.. Elle démontre

artistes dits de

importance

aucune

donnant un nou¬
souffle aux Capitales, qui

par un
Centralisme délétère. Toutes les

se

dans le

dialogue avec leur
pareilles de France, d'Europe et

se

j'avais exposé les
"L'École

de

réclament d'un "art

approxi matif et négligé", équivalent de
l'art d'improvisation de ces
musiciens. Certains ajoutent,
niant toute hiérarchie géogra phique ; "ici, c'est ailleurs/
ailleurs, c'est ici". Et puis André
Benedetto donnait ses spectacles
d'auteur-acteur, pensant au plus
proche de lui-même, et tournant
le dos comme ces peintres et ces

leur ardeur vitale, leur ferveur

a

Je venais de la Mòstra

Rodez", caractérisés par leur
sens de la proximité, du vécu. Ils

en

du monde... Paris

-

del Larzac où

son

donné

comporter en per¬

roquets et en perruches, les

musiciens

6

-

plines différentes (musique,
théâtre, arts plastiques) : un
contrechamp est en voie de for¬
mation. L'n champ interdiscipli¬
naire, qui oppose une nouvelle
esthétique aux esthétiques an¬

de l'eau.

n'entend reconstruire

Evitant de

fatal dans

des terriens que nous sommes...
J'ai compris qu'un lien existait

ancienne forteresse, aucune
muraille de Chine, aucun mur de

but

diriger. Tout dirigisme est

dont

tive de

pas entre les mains des
fonctionnaires qui n'ont qu'un
:

art

liberté, en toute spontanéité. Et
j'observais aussi l'esprit du festi¬
val, ses principes d'organisation;
les gens vont où les portent leurs
pas, au plus proche de l'herbe et

l'exemple d'une grande hardies¬
se à penser les problèmes du
temps et à fournir ses réponses.

remet

un

bulle dans l'air, au-dessus

une

que justice soit

la fois cette

périmées, qui
résultat et pour but
que de désorganiser la société, la
rendre intolérante, invivable et
stérile. L'Occitanie n'est pas la
Padanie ! Elle ajoute à la cohé¬
sion, elle ne retranche pas. Elle

philoso¬
phie écologiques au sens le plus
fort... Il ne s'agit pas d'un néo¬
régionalisme, comme certains
ont pu le croire dans les années
soixante-dix. La visée est plus
radicale. Mais on suppose volon¬
tiers en France que tout peut être
réglé par voie administrative, à
partir de critères établis une fois

ils refusent

de la France et de l'Occitanie, et

complexe et multi-lin-

Festival d'Uzeste

communautaires

on

:

performance est le principal
charme, mais qui flotte comme

nation à la modernité, à sa

-

avec

de

la

Dans la

n'ont pour

de la

rien

tant

La réforme de la
une

venus

Paris, dont ils n'ignorent pour¬

modernité

capitales de la

nation, l'accès à

critères

normes, aux

vérifie ses prémonitions.
est l'indispensable sup¬
port, philosophiquement cosmo polite et esthétiquement écolo¬
gique, - mais pour que ces
poussées de vitalité aboutissent,
il faudra aussi que la vérité soit
dite sur les rapports historiques

guistique !

d'une culture, au salut de la civi¬

coeur

trompeuse : l'occitanisme,

n'est pas une revendication de
minorité. Mais d'abord un acte,

condition seule la nation renaîtra

pensée î

Depuis 1981

couleurs

pour surmonter le vieillissement
et vaincre l'ossification du
corps

c.

contradiction.

aux

XVI0

villes.

passé,. La vie culturelle n'accep¬
te pas de se voir soumise à la loi
des Municipalités, des Dépar¬
tements ou des Régions. A cette

tion à

Littérature et

floraison

au

ses

est

entier, refusant l'instrumental isa-

b. Poids de la technocratie-

une

service de

variées... La notion de minorités

gagière. Poésie du dire plein et
laquelle les institutions
tendent de plus en plus à le sou¬
mettre. Sa philosophie sousjacente vise à la sauvegarde

au

: la nation militarisée, auto¬
ritaire, bureaucratique, à la
cervelle d'oiseau, appartient au

citoyens. Sinon, sa culture
dépendant d'un seul centre flétri¬
ra. Faute de débats,
d'échanges,
de dialogues de pôle à pôle géographiquement structurés.

essence,

voulait Pierre de Garros

siècle,

tion

jusqu'au bout la situa¬
tion et le statut de sa langue a
ouvert le champ d'une parole
écologique. Une parole conforme
son

expérience plaide pour une nou¬
velle conception de la nation.
Une nation qui soit, comme le

ques¬

dans toutes

à

les villes. Toute notre

toutes

place sous tutelle
ou exclut :
l'esprit de risque et de
recherche est compromis. L'es¬
prit de responsabilité même
devient suspect. Les structures et
la conception de la nation doi¬
vent être d'abord remis

imaginai¬

face d'un avenir auquel
elles sont confrontées comme
re, en

collective. L'administration

route. La littérature occitane
assumant

pour son

propres
re

villes doivent, chacune

aux

modes,

aux

F-MC
P.S. Nous

défendons pas un

ne

pleine. C'est

ce
rencie du vieux
condamnons les

qui nous diffé¬
Félibrige. Nous
luttes ethniques,

tribales, fondamentalistes
nationalistes
cette

ou

qui ensanglantent

fin de siècle.

"Extrait de Aux
bedf éditions

sources

occitanes,

(1998) ; conférence
prononcée à Luçon, le 12 novembre
1997.

�Linha
De

Imaginòt

pertot
3e trimèstre de 1998

Lo recanton de! mèstre

Amies de la
Deux

langues pour savoir lire
Doas lengas per saber iegir

lenga nòstra,
début de l'automne

u

Ai

1997, l'émission Viure

faire de

Ala calendreta, on n'ap¬

prend pas à lire le fran¬
çais ou l'occitan, on
apprend à LIRE, c'est-à-dire
donner du

dans

à

sens

un

texte écrit

langue connue. On
apprend également très tôt que
une

leçons de lecture.
Il faut également être
bien conscient que tous les
enfants n'acquièrent pas des
compétences de lecture avec la
même facilité, au même âge,
qu' ils ne manifestent pas tous le

les relations entre les lettres et

même intérêt vis-à-vis de l'écrit

les

qu' un code qui
varie suivant les langues.
En grande section et au
CP, l'apprentissage de la lecture
se fait majoritairement sur des
supports en occitan. Les ensei¬
gnants constatent un bon trans¬
fert des acquis à la lecture en
français, très tôt et jusqu' au bout

et

de la scolarité élémentaire.

contrai

sont

sons ne

forcer un enfant qui ri est
pas prêt a rarement des effets
bénéfiques.
Apprendre à lire en
deux iangues, en occitan et en
français pour ce qui nous concer¬
ne, ri est pas en soi une difficulté
pour les enfants.
que

C'est

au
-

Les résultats des calan-

drons

aux

tests

nationaux de

\.al Pais de France 3 Sud

a

présenté lo primièr Collègi

occitan de France. C'est le pre¬
mier établissement secondaire de

histoire dans lequel la
langue d'òc est langue principa¬
le. Il institutionnalise ce que Jean
Jaurès avait vécu, ce que Pierre
notre

Bourdieu avait constaté

site de

les activités
sation

avec

donnent

Ce que

Claude Hagège
démontre dans L'enfant aux deux
langues, vous le saviez : c'est
très jeune que l'on apprend naturellemnt plusieurs langues, en
écoutant les autres. La majo¬
rité des habitants de la

bilingues. Dans
régions, on est bi¬
lingue depuis 20 siècles.
Depuis 1960, nous per¬
dons cet atout, indispen¬
sable pourtant à l'heure de
l'Union Européenne.
Terre sont
nos

au

enfants l'occasion

d'élargir leurs compétences lec¬
trices. On peut par exemple, lire
des textes en espagnol, faire
quelques constats de relation graphie-phonie et s'entraîner à lire à
haute voix dans cette langue
(dont on comprend le sens glo¬
bal).
Là aussi les évalua

tions à l'entrée

-

6ème

passées
collège indiquent un bon
niveau de lecture en français
en

La famille

Ooâ*1

mieux

s'appro¬
prier la lecture.

C'est du moins

ce

que nous

Par contre, écrire en
deux

langues et arriver

culier à

une

en

parti¬

bonne maîtrise du

code écrit de chacune d'elle, est

plus difficile. C'est là
devons faire porter

au

autrement

chez les calandrons.

que nous
notre effort. Et cela ferait bien

À

la maison, il nous

semble bon que les adultes puis¬
sent valoriser l'acte de lire :
avoir des livres divers

en

fran¬

occitan, lire des histoires

çais,

en

aux

enfants, répondre aux

demandes pour
sociaux

ou

lire des écrits

fonctionnels

(affiches, emballages, règles du
jeu, ...) On peut aider à lire sans

voie

l'objet d'un autre "recanton del

en

transmet¬

véritable

en

statut

France Hérault, Le Midi Libre et
la Gazette de

Montpellier étaient

là pour retransmettre cet événe¬
ment. Ils s'étonnaient : c'est le
monde à l'envers, ces

parlent

une

langue

En

fêter les 20

France la comprennent.
Et cet automne, pour

la
première rentrée de notre Col¬
lège, ils sont revenus, plus nom¬
breux, curieux de
d'écouter

nos

France 3,
du Monde
analyser ce phénomè¬

sont venus
ne.

Ceux du Parisien Libéré et

d'Aujourd'hui
toute

en ont parlé dans
la France. Le standard de

R.M.C.

a

été assaiili de réactions

passionnées lors du débat où
nous avons répondu aux nom¬
breuses questions des auditeurs.
Tous le disent

1999,
ans

nous

allons

pro¬

de Calandreta

l'ensemble du corps social
savent maintenant qu' une éduca¬

une

menceraient-ils à

cullés

les amis

nous

donner

projets se
écoles grandissent,

Oui,
nos

car nos

parents nous confient leurs

enfants. Plus de 1400

pichons

accueillis dans

écoles et

nos

Collège. Existis ara una

escòlà laíca
occitan

:

agratis pel public

Calandreta.
Les médias sont de

en

maternelle

l'occitan, de la
baccalauréat, est

sur
au

voie d'avenir.

Cependant les diffi
ne

-

manquent pas : T article

2 de la Constitution exclut de fait

raison ?

plus

: ce

jet mérite d'être étendu. Les

T utilité de cette culture niée par
la République. Les faits com -

sont

connaître,

pour TF1, France 2,
M6. Les journalistes

tion fondée

les

nous

jeunes pour France

Culture, Radio France, France
Inter, France Info, de les filmer

qui se battent
pour obtenir la reconnaissance de
tons

avec

que

Pouvoirs Publics et, au-delà,

social.

notre

pichon occitan de
Tolosa, jornal escolar de la calandreta de còsta pavada, Tolosa.

une

noblesse et

réalisent,

Paru dans Lo

Languedoc. France 3, Radio

bilingue qui rétablit l'occi¬

mèstre"
per l'escòla,
Daidièr Agar

ne

plus aussi bien la langue,

tant

l'école doit offrir

tan

constatons.

regroupement pédagogique des
écoles de Provence et du

moitié des habitants du Sud de la

cycle 3,
"lengas" (familiari¬
d'autres langues)

aux

sont retrou¬

Catalans, les Castillans, les
Italiens, les Portugais.

transfert.
Plus tard,

se

vés ensemble à Bessilles pour un

pichons
l'on disait
déclinante, même si plus de la

bon indicateur de la réus¬

ce

ceux

de 700 calandrons

qui parlent la lenga nòstra
commmuniquent facilement avec
leurs voisins de langue, les

compréhension du français (=
lecture) passés à l'entrée au CE 2
sont un

:

que nous les sollicitions.
Cette année, par exemple, près
sans

plus attentifs et présents

langue occitane du domaine
public. 15 ans de bataille de la
part du mouvement Calandreta
ri ont pas permis de franchir cet
obstacle qui nous enferme dans
la

des contraintes financières, car,
contrairement

aux

confessionnelles,

écoles

privées

nous avons

peu

de moj'ens. Nous ne possédons
ni terrains à bâtir, ni locaux sco-

�Linha

Imaginòt
De

pertot

3e trimèstre de 1998

laires. El

peut faire payer à

on ne

enfants le droit

d'apprendre
la langue de leur région. Ainsi, le
Collège est entièrement à la
charge des associations Calandretas. C'est nous qui payons les
professeurs, les locaux, les
charges.
nos

Aussi,
lons

nous

joie tous

avec

Tolosa

socratique

Conversation

du 21 avril 1998

accueil¬

ceux, nom¬

qui dési¬
participer à notre comité de
soutien pour développer la force,
breux et enthousiastes,

rent

J.

Laloye

l'étendue et la conviction du
mouvement en faveur de l'occi¬
tan.

Pour en faire partie,
plus simple. Nous vous

rien de

demandons de retourner la lettre

ci-jointe où figurent déjà vos
noms et adresses. Indiquez-nous
aussi les coordonnées de
amis

vos

ce désir de
les contacterons.

qui partagent

soutien et

nous

Beaucoup d'entre vous
ont

décidé de

nous

financièrement

en

soutenir

utilisant les

possibilités fiscales qu'offre la
République française. Ils nous
font don tous les mois d'une
somme

qui

sans grever

leur bud¬

get, nous permet d'être encore
plus efficace au service de notre
culture. Nous

espérons pouvoir

compter parmi nos

vous

membres donateurs. Nous

vous

vous

les documents

qui
permettront d'en bénéficier.

enverrons

Votre soutien
aidera à offrir à

un

nous

plus grand

nombre d'enfants lo servici d'una
dralha educativa moderna

e

occi-

tana.

Grand mercès. De
et

LaConversation Socratique
d'Arnaud-Bernard

cor

d'òc.

avoir de portée que si elle
l'objet d'un écrit qui appar¬
tiendra à tout le monde et qui
s'agrégera au corpus doctrinal
d'Arnaud-Bernard. Que cette ren¬
contre ait eu lieu en plein vent,
en
public et sur une place
publique, évacue, par là même,
toute accusation polémique de
sectarisme, d'opportunisme ou de
favoritisme. Ce fut plutôt une
déclaration d'utilité publique ; et

Director del

Collègi Calandreta
Léon Cordas

Commentaire
tous

les

: J'encourage
collègues à s'engager

(C.S.)

Occitanes des écoles Calandretas 100
du faubourg Figuerolles 34000
Montpellier T : 04 67 99 94 76 Fax :
rue

04 67 47 13 74.

a sa

source

aux

dans le débat

désormais
des

rencontre

on ne

plus

promoteurs mais des produc¬

teurs comme au

voisin

cinéma. Notre

s'est pas

présenté à
visage découvert mais il m'a
ne

semblé reconnaître Alain
Madelin et

sa

main invisible.

Concrètement

conseillé de

on nous

ce qui
marche ailleurs, pour en faire
a

regarder

pourquoi pas ? Ce prag¬
anglo-saxon, aurait
pu nous rendre méfiants, s'il
n'avait été corrigé immédiate¬
ment par la référence très fran¬
çaise à des lois générales et com¬
munes pour fixer l'ordre des
autant ;

fondateur de
futur de la

dams,

bruits assourdissants de la

le fait que

les voisins de la place

Arnaud- Bernard, comme poten¬

tiellement les habitants des

immeubles, à leur fenêtre, aient
pu suivre cette conversation, doit
être regardé comme le principe

l'aménagement
place.
Dans îa procédure de
réhabilitation de la place, il fau¬
dra jusqu'au bout respecter ce
principe, tous les éléments du
projet devront être regardés du
point de vue des voisins de la
place Arnaud-Bernard.
Mais auparavant, il
fallu dire comment

devient

un

vivre

sa

on

voisin d'Arnaud-

pouvoir

vie, et c'est bien par l'ac¬

tion et la

parole que pourra se
peut-être s'instituer
la vie du quartier dans l'espace
public vital créateur de la condi¬

constituer et

tion de voisin.

prélimi¬
rappeler
qu'après Socrate il faudra s'arran¬
ger avec Platon et Annah Arendt.
Ces remarques

naires sont là pour

Collègi Léon Còrdas - Confédération

rant

livrée

démocratique permanent pour
aller j usqu'au bout de la décision.
Le technocrate qui se
voyait nanti de critères opéra¬
toires pour dérouler la rnéca nique de prise de décision, dans
le cadre réglementaire du
concours d'architecte, était porté,
une fois de
plus, à écarter les
usagers, les voisins, les citoyens,
les militants, les clients, les qui¬

Bernard. Chacun doit
Tiéric DAULLE

peut

fait

aura

Le 23 février 1998

ne

voisins
seront seuls habi¬
lités à en valider la synthèse.
D'ores et déjà, le
compte rendu qui peut en être
fait montre que la démarche n'est
pas bloquée et que les techno¬
crates ont perdu pieds et ont été
emportés par le courant. Le cou¬
crate, pour être
de la place qui

au moment des choses
sérieuses. La prise de décision

choses

(la main invisible du mar¬
ché). Heureusement, le réveil
occitan a voulu que pour mieux
s'entendre, soient exprimés les
machinerie avoisinante. D'où

opératoires
que d'aucuns appellent bidons,
consiste à garantir le confort

l'adoption immédiate et à l'unani¬

moral et intellectuel des techno¬

crates formalisent aussi : critère

crates, après avoir officiellement
cocufié les voisins. Avant que les
voisins eux-mêmes ne s'en char¬

bruit

gent, Claude Sicre, porté par sa
passion démocratique et populai¬

des

re, a contré cette manoeuvre ou

bruit de fond

dérive

des voisins

sur

la base de artères

technocratique, en faisant
du débat démocratique organisé
en vue de la prise de
décision, le
processus même de la décision.
Processus, process, ou procès.
De plus en plus socra¬
tique, on est arrivé implicitement
à faire le procès de l'urbaniste

tout d'abord

reconnaissant que
l'urbanisme était chose trop
en

Si la Conversation du 21 avril

sérieuse pour

qualifiée de
socratique, c'est qu'elle a pu sor¬
tir de la "disputatio" classique
entre le philosophe et le techno¬

nistes, et

peut a posteriori être

matisme tout

aux

le laisser aux urba¬
praticiens de l'éco¬

nomie administrée.

L'ouverture
venue

mité de l'assistance de la Loi du
moins de bruit que
-&gt;

0.
On

ment et

les techno¬

en

a

pu,

collective

-

temps réel se jouer

catégories philosophiques du
Lorsque le

fond et de la forme.

a

a

cessé, l'ensemble

retrouvé la forme.

Gardons-nous des

juristes et des
"la
forme guide le fond", pour les
autres, "la forme crée le fond".
Or, le fond du problème

architectes. Pour les uns,

d'Arnaud-Bernard, c'est l'affaire
des voisins

qui eux sont intéres¬

la vie quoti¬
quartier. On dit
bien que c'est là le fond du pro¬
blème (bis repetita placent) et les

sés directement par

dienne dans le

voisins seront frustrés si à l'issue

surprise est

du marché immobilier où

de cette Conversation

ils partent sans

socratique

avoir été écoutés

�Linha
De

pertot

3e trïmèstre de 1998

ni même entendus.

donner

une

qu'il

ya

à

suite écrite à la

conversation orale. La

présence

d'un

petit enfant dans l'assistance
et la demande expresse d'une
habitante de voir la place ouverte
en toute sécurité aux tout petits
doivent être pointées. Ces
parents se voyaient déjà, ayant
oeil de leur fenêtre

un

enfants

sur

leurs

la place. Voilà
vision du quar¬
idyllique, après qu'aient

jouant

sur

tout à coup une

tier bien

faut

jury. Telle pourrait être
porte-parole man¬
daté par les voisins de la place à
l'issue d'un débat public préa¬

d'action stra¬
tégique cher aux technocrates, et
que les voisins doivent s'appro¬
prier. Une façon de revitaliser la
communauté de voisinage, avec
toutes les formes possibles d'al¬

lable.

liance entre les sous-ensembles

Dans le même esprit et
aborder le troisième côté du
triangle (élus, techniciens, usa¬
gers), il serait opportun que le
porte-parole soit appelé à témoi¬
gner devant la commission muni¬
cipale ad hoc.

du

peut pas faire confiance aux
urbanistes de l'économie admi¬

ser

D'où l'intérêt

techniquement l'argumentaire

destiné à convaincre les

les

pratiquants de skateboard.
Le fond du problème

la mission du

pour

Pour

cre,

il

peuplement

quartier. Pour le passé n'en
parlons plus, mais pour l'avenir,
la priorité absolue pour les voi¬
sins de la place Arnaud-Bernard,

et une

du

c'est l'accueil des nouveaux arri¬
vants dans l'îlot du

Grand Zinc.

Sujet évoqué dans la partie off de
la Conversation socratique par
un

intervenant à l'accent britan¬

nique.
Il

n'y

a pas

de doute

la volonté des leaders du

sur

quartier de participer au juge -

se

a

été proposé de faire un

l'historique de la place
analyse fine des condi¬
tions dans lesquelles s'est fait, à
l'époque, l'agencement de la
place. La démonstration a poste¬
riori de ce qu'il ne fallait pas
faire. Un florilège du mépris
dans lequel ont été tenus les
sur

habitants d'Arnaud-Bernard, au

té des commerces, les

vation de la
du

d'architecte. Pour y

des véhicules

parvenir et être entendu du jury il

des personnes

au

fond du

concours

exemple qu'il y ait
un
rapporteur représentant les
voisins, qui puisse s'exprimer sur
tous les projets en concours.
C'est ce qu'a laissé entendre
Claude Sicre quand il a demandé

faudrait par

aux

hommes de l'art, architectes

et urbanistes de l'aider

à formali¬

entre

tères d'évaluation des

parvenir

on ne

complexe militaroindustriel), ni aux tenants de

nistrée (le

voisinage d'Arnaud-

voisins d'Arnaud-Beraard doi¬

un

droit de

sur la politique de peuple¬
ment du quartier. Cela doit être

obtenu à l'occasion de
Grand Zinc, de

telle sorte que

circulation automobile au fond

place au pied de l'immeuble
du Grand Zinc. À la place y ver¬
de la

square,

vent

obtenir

sont

c'est-à-dire

de déléga¬
d'ouvrage. Ils en

une sorte

tion de maîtrise

capables.
Une communauté de

l'opération

puisse être avancée une nouvelle
façon d'habiter le quartier. C'est
ce qu'a laissé entendre l'interve¬
nant à l'accent britannique quand
il a dit qu'il fallait supprimer la

voisinage d'où émergent l'artiste,
le linguiste, le philosophe poli¬
tique, le psychosociologue voué
à l'accompagnement social et le
vulgus pecunt où se cache le
dilettante qui a tout à inventer en

pratiquant la médiologie chère à
Régis Debray.
J. L.

un

petit jardin public au sein de la
place. Dans le zonage de la
place, le pied de l'immeuble du
Grand Zinc, ne pourrait pas

facilités de

sont là les cri

Pour y

l'économie libérale dans la bulle

munauté de

un

entière de Toulouse.

crevée du marché immobilier, les

Bernard doit avoir

rait-on

qu'elle ait le caractère d'ex¬
ception administrative (après
l'exception culturelle) revendi¬
quée par la municipalité toute

com¬

Concrètement, la

(la libre circulation
et des biens).

ce

Arnaud-Bernard et le reste

du monde.

circulation et de stationnement

Si

quartier, entre les quartiers de
match

la ville, etc. Une sorte de

regard de la sécurité des petits
enfants, la tranquillité des per¬
sonnes âgées, l'attractivité de
l'environnement pour les visi teurs, la commodité et la diversi¬

projet de réno¬
place dans le cadre

ment

C'est le programme

regard

donner les

meilleures chances de convain¬
travail

bien là, c'est le

est

mem¬

bres du

été chassés les danseurs de tango
et

Imaginòt

Paru dans le

rants, interdiction qui devrait être
formalisée dans le règlement de

quartier Arnaud-Bernard

copropriété de l'immeuble. Ce

-

projets

sont

là des outils très concrets

pour

façonner la place.
En conclusion, pour

qu'attendent les technocrates, il
faudra les prendre en compte de
façon diamétralement opposée.
Le point d'appui pour faire bou¬
ger les choses, c'est l'opération

que

l'opération rénovation de la

place Arnaud-Bernard constitue
un précédent susceptible d'être
mis

immobilière du Grand Zinc.

en

avant dans d'autres quar¬

tiers, pour d'autres

9

Bulletin du comité de

accueillir de bistrots ni de restau¬

opérations, il

Toulouse.

-

�Linha

Imaginòt
Depertot

3e trimèstre de 1998

Tolosa

-

Rénovation de la

La réunion du 11 mai
un

et 1

de

l'opposition paraît-il)
principe un
représentant de l'ordre des archi¬

place Arnaud-Bernard

-

4 institutionnels (en

tectes, des bâtiments de France,
2 des services techniques de la

:

et

mairie (M Cambon ou Durbas et
M. Séguéla) ).

petit bond en avant ?

-

2 enfin pour

les usagers, c'est à
représentants du quartier

dire les

—x

Comment le

quartier peut-ii

avoir son mot à dire î

Philippe Jaubert

Nous

Il ya longtemps que je n'avais
pris la plume
ner

pour vous

des nouvelles de

don¬

notre

réunion,

avions demandé

nous

services de la mairie de

aux

rechercher

des accès différents

voici à

M. Saquet nous a pré¬
senté différentes solutions (accès

sur

la

nouveau.

La réunion

qui s'est
passée à la mairie est la troisième
entre les représentants du comité
de quartier (les 4 mousquetaires
habituels Pascale Rossard,

au

afin d'améliorer la circulation.

par

B.)

le boulevard ou par la rue Ales contraintes qui exis¬

avec

tent

(notamment

un

écoulement

l'architecte américain de service

trer).

Rob

Nous

projet de cahier des charges

samment

ger

satisfaisante pour enga¬

de lourds travaux. Nous

entrées et sorties du

Nous

L'objectif actuel est de
concours

d'architecte pour

transformation de la

avec

les

ascenseurs

et

les caisses

la

place.

nent

pour ceux qui pren¬
l'émission en cours de

route).

Lors de la dernière

Il
mettre

a

dans la

été

en ce

qu'on

-

ou

bien de la

raser

et de mettre

à la

place un monte-charge pour
les handicapés comme sur la
place du Capitole.
L'idée est qu'on peut
peut-être créer un accès voitureplus-piéton plus intéressant et
que la porte reste ouverte à
toutes les idées qui permettront
de récupérer un peu cet espace
qui est si important dans la forme
de la place.
La

procédure du

convenu

de

programmation du

après la décision du jury,
projets soient exposés au
public, afin qu'il puisse émettre
que,

les

ses

avis

avant

la décision du

concours

de maître d'oeuvre pour l'en semble de la place, une première
sélection

d'équipes d'architectes
sur dossier
par les
membres du jury.
Il y aura donc pratique¬
ment 4 ou 5 équipes qui vont
réellement bûcher sur le projet.
Le jury délibère sur les
projets et émet un avis
effectuée

motivé

municipal, qui pourrait
alors prendre en compte la vox
populi si celle-ci était trop puis¬
sante. Car nous voulons que la
participation des gens du quartier
soit réelle.
Le calendrier

La mairie

premier projet de

(motivés, il faut
motivés). Tout

rédige le

programme.

Elle le soumet à notre
normalement fin

critique
juin, date à

laquelle

on doit se rencontrer.
La sélection des dos¬

siers

se

fera

signifie

que

concours

Après avis de

sera

demandé à

avons

conseil

parking dans

que maintenant.
donc parlé à nou¬

de notre cher blockhaus

(l'entrée

quel,

de la transformer

zones

avons

:
ascenseurs

en

restons donc à la situation des

veau

déterminer les bases d'un

convenu

qu'aucune solution n'était suffi¬

les mêmes
Le

avons

possibilité

ce

veut,

Zambano, Philippe Jaubert, plus

Day, je ne cite pas les
absents excusés) et ceux de la
mairie (Mme Baylé, MM
Durbas, Cambon, Hiral, Saquet,
Séguéla, pardon pour les ortho¬
graphes au jugé).

-

la

de laisser la boîte à

tel

parking

pluvial très important qui est
sous le boulevard et
qu'on ne
peut pas traverser sans tout éven-

Gérard Sauton, Jean-Luc

-

des solutions pour

place, manque de
temps, de courage, mais bon me

travail

concours

en septembre (ce qui
le jury sera constitué
début septembre, qui représente¬
ra le
quartier ?).
Les équipes recevront
le cahier des charges définitif fin

octobre et ils auront environ 6
semaines pour

jury émettra

plancher. Donc le
avis en décem¬

son

bre. Et la décision du conseil

municipal serait

pour

la fin de

l'année.
Il est normalement

avis, le conseil munici¬

prévu une réunion publique sur
le projet, incessamment sous
peu, mais je n'ai pas de meilleu¬
res informatioas
pour le moment.

pal décide d'avaliser
non le choix du
jury.

amicales et

rester

ceci dans le
secret.

A

plus grand
partir de cet

Salutations cordiales et

ou

distinguées et tout et

tout

Où ça se

gâte !
P.J.

La

composition habi¬
tuelle (légale) du jury
est la suivante (pour 12
jurés) :
6 élus

(du conseil
municipal, traditionnel¬
-

Un nouveau groupe on

lement 5 de la

the Linha Imaginòt. les Footeuses de oai

10

majorité

Paru dans le Bulletin du comité de

quartier Arnaud-Bernard
Toulouse.

-

�Linha
De

Imaginòt

pertot
3e trimèstre de 1998

&amp;
Montélimar. Au

cours

de l'année 1997 et 1998,

Nuits du Cinéma, Courses de

Aïoli,

Garçons de café.

boîte de nuit («Nôel de la JAM, au Patio
Club» et «Soirée Michaël Kaël», au Voum,
Soirées

en

concert...). L'association compte aujourd'hui près
de 250 adhérents (15-25 ans), a une émission de
radio, un journal, et bientôt un local ! ! ! Le but de

la Chourmo

l'association est de

Je viens vous présenter une association de

Montélimar, qui a pour objectif de faire bouléguer sa ville. La JAM (Jeune Association
Montilienne) a été créée en mars 1996, dans le seul
but de faire

une

Nuit du Cinéma. L'animation

ayant fait carton, nous (la bande de collègues que
nous étions) décidons de ne pas nous arrêter là et
de continuer à créer des événements
Montélimar. Nous enchaînons

Garçons de Café

avec

sur

la Course de

août 96. Au mois d'octobre
professeur de terminale
STT du Lycée Alain Borne. Ensemble avec ses
élèves, nous décidons de créer la carte JAM qui
permettra aux adhérents de l'association de bénéfi¬
cier de réductions dans plus de 85 commerces à
1996, rencontre

en

promouvoir les projets des
Jameurs et des Jameuses (culturels, sportifs, pro¬
fessionnels. ) et de créer une dynamique d'anima¬
tion sur Montélimar. Voilà en résumé ce que l'on
peut dire de la JAM. Pour l'année scolaire 1998..

1999 la carte JAM continue bien sûr, et c'est une

classe de BTS Action Commerciale de Valence

qui
planche à l'heure actuelle dessus. Le Magajam
vous en dira un peu plus. À plus sur Montélo pour
une bonne boulégade.

...Cortetas—Cortetas...
Rectificatif.

Dans l'article

d'Olivier Decool
à

Dunkerque

sur

la GRQM

nous annon¬

cions dans notre

précédent
qu'un exemple de
grand panneau peint se trou¬
vait en page 56 (quatrième de
numéro

couverture). En fait, le lecteur
trouvait

page 56 le magnifique
paresoleil de Pierre François.
Il

rectifié de lui-même.

aura

C'est

sur

la

quatrième de

de

verture

cou¬

numéro que

ce

retrouvons la GRQM vue
Dunkerque. La rédaction.

nous

de

Rectificatif bis. Le

spectacle

créé par le G.E.S.T. de
Grenoble et dont nous par

-

lions dans LI n° 34

Frédéric

Blaye, Chourmo 530 de Montélimar

Extrait du

Véquiy'a n°21, Massilia Chourmo

avec un

s'appelle
Très gouyates (trois jeunes
filles) et François Gibut nous
prie de préciser qu'il n'y a pas
un mot de français dans la
pièce de trente minutes.
(J-MB)
G.E.S.T. 25 quai Jongking
38000 Grenoble T: 04 76 44
38 11.
Déchets. Le Collectif contre
l'Enfouissement des Déchets

Mars

attaque

:

Einpega, mythiques de Jo Corbeau, et détonnantes
de Kanjar'Oc.
Dans l'ancienne cité des négriers, SafSap a montré que les ressources de l'Afrique pou¬
vaient s'épanouir sur les rives de la grande bleue.
Jo Corbeau, incendiaire volontaire, a embrasé une
salle que seule une compagnie de Canadairs aurait

calmer. Kanjar'Oc, pénalisé par la programma¬
a su, par sa jeunesse et sa fougue, parachever
cette offensive méditerranéenne. Gacha Einpega a
été le lien, le ciment. Les trois voix, capables
d'intégrer n'importe quel répertoire, ont été le fil
pu

«Olympic» de Nantes avait invité le
marseillais dans toute

sa

tion,
son

diversité, beau¬

coup de jeunes attendaient Massilia, tous
ont découvert l'extraordinaire énergie et la richesse
de la création

phocéenne. Le rythme, l'émotion,
l'improvisation, chacun pouvait trouver musique à
son oreille. Le commando «fraca» a fait
exploser
une salle où seul l'accent donnait accès aux loges
et à la scène. La spontanéité et la chaleur sudistes
ont séduit un public aux yeux brillants et aux corps
trémoussants.

l'aiòli

est

Réunis pour la première fois en concert,
montée de suite avec un plaisir aussi flui¬

de que l'huile d'olive, aussi parfumé que le pastis.
Dans le car du retour enfumé au naturel, tous
rêvaient

déjà de repartir conquérir ensemble de

nouvelles villes, de nouvelles scènes ; c'est toute
la culture marseillaise qui a débarqué à Nantes le 4

avril, étalant
africaines de

grand jour ses origines multiples,
Saf-Sap, traditionnelles de Gacha

au

conducteur de cette soirée marseillaise, et leur hoîd
up sur le
ensemble

final où tous les groupes ont repris
un

de leurs succès, restera un moment

fort d'intensité. Mars attaque s'est offert un baptê¬
me du feu à Nantes
Que d'autres villes, d'autres
.

organisations reprennent l'idée, afin que cette leçon
d'amour puisse à nouveau emprunter les volutes
illicites, les saveurs épicées et les délires musicaux
que seule Marseille, identitaire et rebelle, est
capable d'engendrer aussi puissamment.
À vous tous, 50% boulettes.

RAdioactifs (CEDRA)

organi¬
janvier dernier l'opé¬
Générations futures

sait. le 31
ration

afin d'alerter les ministères

concernés

sur

mation.

Bouriier, chourmo 748
citoyenne
3 83440 Fayence

Comité d'initiative
B.P.

Extrait du Vé qui

y'a n°21, Massilia Chourmo

Dizier Cedex T/Fax

:

Saint

03 25 04

91 41.
Le feu d'artifice
comme
re.

un

s'impose
spectacle populai¬

Il est offert. Il suffit de

lever la tête. Il est
de choisir

un

important

lieu

original.

Tout cadre

aquatique, grâce à
l'effet miroir, multiplie la
puissance des effets pyrotech¬
niques. Sur terre, les feux
mettent

en

ombre et lumière

le décor naturel

ou

les sites

oubliés. Pascal Albizu met à
notre service

expérience,
Compa¬
gnie Lubat, pour étudier vos
projets festifs et explosifs.
son

avec

la

(J-MB)

Compagnie de Garonne 20
cours de la République 33490
Saint Macaire T/Fax
76 10 38.

11

-

(J-MB)

CEDRA BP 17 52101

notamment

Eric

les consé

des initiatives prises
aujourd'hui. Le CEDRA publie
également une lettre d'infor¬
quences

:

05 56

�Linha

Imaginòt
De

pertot

3e trimestre de 1998

..

.Cortetas.. .Cortetas...

^

montre

qu'on peut devenir grand à Mérignac. La
se laisse écouter avec grand
plaisir. Parmi
les nouveaux titres inédits, on a remarqué "Qui le
veut bien", un
appel à une citoyenneté active fort
intéressant, et "Média du quartier" qui situe bien
cassette

Mérignac

Artecheri

promeut l'art au
quotidien et organise un ate¬
lier d'art postal mêlant arts
plastiques et poésie. Elle édite
cartes postales, la revue

sans

embrouille

l'ambition de Manu, Nico et Chico derrière leur
micro

Elle anime aussi
d'arts

atelier

un

plastiques, réalise des

Rocfc'n ragga fait feu de tout bois.
L'association

un texte dans le dernier
numéro de L l et qui a sorti un

ouvrage remarquable La justi

nous

lement et

poétiquement

ditionnelle

avec

la "Thé-Gu NA"

(salon de thé
nomade). C'est aussi un lieu

ateliers d'é¬
criture, soirée expo-lire, con¬
d'exposition

avec

tes, théâtre, concerts... (J-MB)

Artecheri, 15 Quai Marcel
Boissard, 44400 Trentemoult
les Bains de Reze, T : 02 40
75 45 34
Lucien Suel dont

nous avons

publié

fication de l'abbé Lemire
(Éditions Mihàly, 19 Rue
Basly, 92230 Genevilliers,

-

donne à entendre le fruit de

son

ou

Autre nouveauté :

organisait sa maintenant tra¬
Ragga Cup Football le 6 Juin
dernier avec l'ensemble du quartier Tiriat et des
partenaires locaux. Un exemple plutôt unique sur
la Linha Jmaginòt d'un travail communautaire de
fond réalisé dans ce qu'il est convenu d'appeler
dans le jargon journalistico-politico-sociologicocentraliste une "cité de banlieue". Un grand bravo
s'impose et il serait temps que des partenaires imaginotistes s'intéressent à ce qui se passe à
Mérignac.
Avant la Ragga Cup Football, Rock'n
Ragga et son label Bi-Bip Production ont sorti la
seconde cassette (6 titres) de Double Embrouille
Sound System. Nul doute que le groupe évolue et

créations in situ et des décors
de théâtre, intervient convivia-

leur clavier à

Mérignac.
après l'enregistrement
de la cassette, Chico a laissé sa place de sélecteur à
Bouyax (ex-clavier de Niominkah») et se consacre
dorénavant pleinement aux activités locales de
Rock'n Ragga : Ragga Cup Football, concerts pour

l'Abeille et autres commandes.

les restos du coeur, etc..
Embrouille Sound System a

Sur scène Double

également deux musi¬
ciens supplémentaires : Sylvain "Lou Castor" ex¬
batteur des Raggamins et Omar, ex-bassiste de la
Famille Boost.
Double Embrouille pousse

les murs et
pluralité des langues
qu'ils ont à portée de voix et faire de Mérignac un
centre pluridisciplianire et multiculturel.
sera

à même de s'ouvrir à la

Jean-Marc Buge

travail aussi

bien celui de

citoyens responsables que celui de
professionnels du son. Double Embrouille mûrit et

Rock'n

Ragga BP 206 33708 Mérignac Cedex T/Fax

:

05

56 55 9077.

68Fr franco) est aussi respon¬
sable de l'édition "Station

d'Émerveille¬

Underground

Littéraire" et

ment

Normandie

-

publie

notamment de

petits fasci comptant
février 1998, quelques

cules Moue de
au

28

veau

102

Guarbecque 62330 Isbergues T : 03 21 02 95 72.
Normandie. Vous connaissiez
La naissance du Rebessin

fanzine
rel et

,

satirique, multicultu-

anti-centraliste du

Bessin. Voici le

Bessin-

En

Les membres du Bessin-

quante-deux, réunis en
A.G. se sont interrogés
sur les nouvelles façons de dire
Bonjour dans le Bessin et notam¬

ment

sur

quatre bises traditionnelles.
Face à cette

Quante-Deux, fédération d'ac¬
tion culturelle

anti-centraliste,

la désaffection des

te

multiculturelle et pluridiscipli¬

quante-deux

naire du Bessin

en

publié le
Militan¬
tisme Artistique Anti-centralis¬
te Tout Terrain" et "Quatre
qui a
"Manifeste pour un

bises sinon rien!!!" à lire cicontre
Bes

s

.

in

-

À signaler dans
Quante - De ux

inquiétan¬

a décidé de réagir,
créant la commission Four

dépourvu quand la bise fût
venue, chargée de réfléchir et
d'agir rapidement, pour la sauve¬
garde des 4 bises.
Cette commission

:

se

effet, la commis -

dépourvu quand la
bise fût venue affirme au con¬
traire que les quatrebisistes se
trouvent indubitablement dans le

camp

du progrès

:

parce que nous prenons

le

temps de dire bonjour, face au
"un bécot-boulot-dodo".
-

parce que

la bisique adoucit les

mœurs.

parce que les quatre bises font
partie de notre patrimoine cultu¬
rel et que cette originalité est fac¬
teur de diversité et d'échange de
bisous

avec

les autres pays.

Nos détracteurs habi¬

Édition qui prépare la publica¬
BD érotique en
gallo et en normand. (J-MB)

Bise-bille) à la botte
du centralisme parisien et des
pouvoirs politiques locaux, nous
traiteront, comme d'habitude, de

tendons la joue gauche, puis la
joue droite et enfin la joue
gauche.
parce que nous luttons contre
l'homophobie, en se faisant éga¬
lement quatre bises entre gar¬

traditionnalistes. Ce genre

çons.

Guillaume Dancel, 4

d'injure,

tuels (avec

mandie (G.I.G.N.), la Fédé¬

nous

sommes en

ration Bessinoise de Bond

(nouveau sport) ou Boudiou
tion d'une

rue

Chausey, 14400 Bayeux, T

lesquels

:

nous fait comme un
bise-touri dans le cœur.

en

vous vous

sentirez

face

un

poussé par la
de résistan¬

acte

centralisme et à la
société de consommation, qui
ce,

au

poussent vers un monde du
"toujours plus vite", déshumani¬
sé et uniformisé (et vlan !).
nous

-

parce que quand on nous
embrasse sur la joue droite, nous

nel des Gauchistes de Nor¬

Maintenant, lorsque
direz "moi, c'est quatre",
faisant la bise à quelqu'un,

vous

fierté de faire

réunira dorénavant, 3 fois par an,
sauf les années Bise-sexe-tiles.

Boudiou Records "maison de

disques", la Bessinoise des
jeux, le Groupe Insurrection¬

de Omar"...

sion Four

-

situation, le groupe Bessin-

semblent

banalité et de

rue

de

les arguments biseanti-quatrebisistes,

affligeants de
petitesse d'esprit :
"j'ai pas le temps", "c'est plus
branché", "c'est plus hygié nique", "je ne reçois de bise que
nous

Quatre bises, sinon rien III

1068 numéros. (J-MB)
Station Underground d'Emer¬
veillement Littéraire

par contre
des

cornus

La section

pourvu

quand la bise fût

continuera à
de

Four dé¬

mener

sensibilisation,

venue,

des actions

en

faveur des

quatre bises dans le Bessin et

-

d'élargir la lutte pour
embras(s)er toute la Normandie.
Bessinoises, Bessinois,
tentera

Embrassons-nous quatre
criant : "Four ever !!! "

fois

en

-

parce que nous
zarreries.
-

02 31 92 25 74

12

Pour

plus de rensei

-

gnement : 36-15 Bisons Futé sur

aimons les bise-

Minitel.

�Linha

Imaginòt

Depertot
3e trimèstre de 1998
mercantiles d'une forme de folk¬

Normandie

lore

Manifeste pour un Militantisme Artistique
Anti-centraliste Tout Terrain. (M.M.A.A.T.T.)

Le M.M.A.A.T.T. s'adresse
à tontes celles et à tous

ceux qui se reconnaissent
dans les idées de ce texte et qui

souhaitent les défendre,

en

s'exprimant artistiquement, en
s'organisant et en échangeant
leurs expériences.

cipent, s'organisent et agissent

spiritualité, bagarres et fermeture

Face à l'unitarisme

sein de la société civile, pour
faire contrepoids face à l'état, au

des bars...

nous

au

marché et

aux

idées

conserva¬

L'art peut

être

commencer

un moyen pour

à sensibiliser les

les thèmes de socié¬
agir. Encore
faut-il dépasser le caractère

citoyens

sur

:

nous ne

cherchons

pas

sélectif et éliliste de la culture.

attitude commune, un état

Artistique : l'art est notre
moyen d'expression.
C'est un moyen pour exprimer

spécialement à créer un mou¬
vement ou un mode d'expression
artistique défini, mais nous sou¬
haitons plutôt faire valoir une

d'esprit pluridisciplinaire, une
nouvelle façon de pense; et
d'agir, tout en respectant le style
de chaque individu.

les névroses individuelles et
malaise

Nous

nous

rentes

Militantisme

:

nous

des idées. Nous

luttons pour

revendiquons

société multiculturelle, orga¬
nisée sur un mode fédéral et
une

démocratique, débarrassée du
provincialisme, du jacobinisme
et du bonapartisme.
Nous défendons également les
notions d'autogestion, de contrepouvoir, d'anti-académisme,
d'antifasciste, d'égalité des
droits, et restons critiques vis-à-

parisien,
revendiquons le pluralisme

des identités culturelles y com¬

pris des identités issues de
l'immigration récente.

niques peu coûteuses, afin de
garantir une diffusion de nos
productions la plus importante
possible.

Pour mettre

Enfin, dans les activités du

des personnes

M.M.A.A.T.T., l'humour, la sub¬
version, la spontanéité, la provo¬
cation, l'originalité, l'imperti¬
nence, et T autodérision seront de

rigueur.
Anticentralisme
est

:

"le centralis¬

valeur cette

nos
ne

sujets dans la vie quotidien¬

locale, afin de faire participer

habituellement
étrangères au milieu artistique.
Nous cherchons à produire un art
protestataire, qui exprime cer¬
taines frustrations de la popula¬
tion et aborde les problèmes de
communautés qui n'ont habituel¬
lement que pseu accès à l'art.

me

intéressons

l'existence à toutes les identités

humilité, des débats et des dis¬

y compris à l'identité
Félix-Marcel Castan.

critiques et théoriques, et
analyse collective du conte¬
nu des productions du M.M.À.A.
T.T. et de leurs implications
idéologiques.
Nous devons également mettre
en place des systèmes de partage

aux

diffé¬

expériences des arts

comme nous

voulons

éga¬

lement

interpeller un public
large, il faut que les œuvres que
nous produisons ne nécessitent
pas un déchiffrage érudit pour
être comprises.
C'est pourquoi nous devons pri¬
vilégier le caractère de lisibilité,

nous

faut susciter

en

toute

cours
une

Nous

dénonçons et combattons
parisienne des
pouvoirs de décision et d'action
qui se traduit, dans ce qu'on
appelle dédaigneusement "la
province", par un déclin des
identités locales et populaires au
profit d'une culture artificielle et
la centralisation

du savoir et des connaissances

techniques.

uniformisée.

Tout-terrain

Cette démission culturelle,

des gens qui nous entourent, et
abordant des thèmes du quoti¬

entraîne

V.T.T., les principes du M.M.
A.A.T.T. peuvent s'adapter à

tion et du

dien

vers

Toutes

lité

vis de la société de

que

consomma¬

productivisme.
notions impliquent
beaucoup d'individus parti¬
ces

une

observation

parisienne"

Il

attentive de notre vie et de celle

en

s'attachant à

l'idéologie qui dénie

en

diversité, il faut agir en puisant

économique et social.

contemporains.
Mais

-

une

conscience souvent révoltée face
au

Etant donné le peu de moyens
dont nous disposons, nous
essaierons d'utiliser des tech

trices.

té et les inciter à

Manifeste

d'art

complètement déca¬
rapport aux habitants et
un
"amorphisme" du public
local, peu réceptif aux nouvelles
expériences culturelles et qui ne
jure souvent que par les manifes¬
tations préfabriqués et parachu¬
tés depuis Paris.
ou

lés par

en

chômage, sexualité, actua¬
politique, nucléaire, éduca¬
:

tion, misère, ennuis, alcoolisme,

également

une

émigra¬

à l'instar du

:

tion forcée des artistes inventifs

toutes

capitale", la disparition
progressive de nombreuses
langues, l'utilisation à des fins

sés par tout le monde, aussi bien
à la ville qu'à la campagne, au

"la

les situations et être utili¬

bord de la

mer ou

à la

mon

-

tagne...
Si tu

le

long-courrier de

possédé par un goût
les combats per¬
dus d'avance, les plans foireux et
les projets conceptuels 100%
es

immodéré jjour

lose, alors convertis-toi

au

mili¬

tantisme culturel anticentraliste
et devient ouvrier d'une création

authentique,

en

rejoignant le

réseau M.M.A.A.T.T.

Contact

!

Bessin-quante-deux :
rue de Chausey
14400 Bayeux T : 02 31 92 25 74.

Guillaume Dancel 4

13

�Linha

Imaginòt

Dunkerque

JOUS Aux foRUMS

°A MOSTE" Ysti!"
Vcui

dîiYit'teT,

£(i Wíh

le
paroles des Autres?
t&gt;Vewej 12-f&gt;âw/e Wâînterawt '
s

MÌ%\ÍÔÍH^/

Vo$ &amp;&gt;uis

\lo$com b'&amp;wuiii,
Vos TÉAffliôNAAE*
VOS PRoJfT-á -

)

.

tflóvT ce

&lt;su*

coHCÉRNe M

^

vie}

/ !&gt;aws votré éjuakher
mwá votre vîu£,

PAVS

WWMÉMTiW

/taíiiésfíúy?

f- .

Vous pouvez \sc\erey\ tant

fltt'^olívíí/M/ J-SSOCtótíOH/
\a
&amp;t kwâne autantê-\u!

�ENTREPRENANTS.
sme
ACTIONNAIRES ?

So/ûNS

ûRANbE

ÉNTRPR'SF
locklE

DE

,

RÍYÌTAlíSAlíoN

dëwAtwue

(íMPfRT/^XP^RT)

adhérer à l'A.N.K., pour être correspondant de l'A.N.K., pour organiser un forum "A noste kée
(entreprenante, culturelle et démocratique) H. 31 résidence Vendôme allée Cohnar 58430 St Pol sur Mer

Pour s'abonner à A noste kêe !, pour
une

adresse : A.N.K. !

!",

�Poesia/cançon
Paul Froment

(1875

-

1898)
Réfléchissez

Né à Floressas (Lot), le 17 Janvier 1875 au lieu dit La

Muraque, d'une
famille de petits propriétaires ruinés par le phylloxéra, Paul Froment est, dès quartorze ans, après le certificat d'études, voué à la condition servile. La crise écono¬
mique le contraint en outre à l'exil dans un terroir plus riche. Il sera valet de ferme
à Sérignac, Massels, Pujols... Une jeunesse donc particulièrement difficile; la lec¬
ture de son poème Lo vailel dispense de commentaires.
Froment a un avenir médiocre, au milieu de ses frères en
pauvreté ; la
pauralha, dans une communion forcée mais active avec la nature. Un amour mal¬
heureux pour Maria
Coma unausé/ trainat en pais estrangèr,
i
ai e
une pe 11
DjfJS mg prjSOn ianguissi e ma gabia es escura...
\ oisine
jo îe et
Jost un cèl sans solelh, ò ! que la vïta es dura !
superficielle qu, se
£
tornarem partír d-un ^ ,gugèr ?...
joue de sa gauchene
et de sa timidité, le torturera tout au long de son adolescence.
Mais l'esprit ne se plie pas. Froment dévore tous les livres
qu'il peut
trouver, dans ses rares moments de loisir. Il se fait des amis poètes : Delberge,
Rattier, Salères, paysan comme lui. Il écrit dans la langue des paysans son expé¬
rience de paysan. "En francimand, n'i sèi
pas fort, mès en gascon, digàli que
vengue !" note-t-il au fronstispice de sa première plaquette de vers ; A travers
regas (1895). La seconde ; Flors de prima (1897) est couronnée à Toulouse par
les Jeux Floraux. Le poète devient célèbre dans les cercles félibréens. MISTRAL
,

Souvenez-vous gens
que vous

d'ici

un pays

de fièvre chantante
que vous
avec

des

êtes

une

très s ai

11

marmite de

Ne soyez pas

rumeurs

ements

des tressaillements de

ingrats

notre

envers

langue.

vous-même

reculez très loin
des théories

économiques

là fausse monnaie

ce sont

laissez les choses pour ce

qu'elles sont

:

des choses

déjà le cimetière

est sur nous

Hommes de désir
ne

s'enthousiasme...
Ce n'est que justice. On a rarement en effet traduit la nature, les travaux
champêtres, la vie rurale, avec plus de justesse et d'art instinctif. On a pu, à propos
de cette oeuvre, parler de véritables
"Géorgiques" occitanes !
Durant son service militaire, à Lyon, miné
par le chagrin d'amour,
l'exil, la morosité étouffante de la vie à la caserne, peut-être aussi par la maladie,
Froment se noie dans le Rhône. Le suicide ne fait
pas de doute. C'était le 18 Juin
1898. Il y a un siècle.

êtes

rompez pas

la sève de notre

de trituration dans le

race

cœur

de résine de gemme

de flambées

dans les cuisses du

cœur

des pauvres et

des chômeurs
éloignez-vous du chômage du
désir et non pas larmes
les pauvres ne pleurent pas

cœur

Soi montât
De

A

frèg
l'aiga rajolièra
buta genolhs

Passez à
au

A l'amont

e

de

milieu du maïs

larges

cobejada
m'enropar

cova

a

mais

ton nis

en

fleurs
par

esper
d'un matin que patis a se far.
Solet aqui, quora s'aluencha ton còs,

enclaus dins ta colca d'enbauma
e

en

nous aurons

aussi peut-être des

avril

et

floraison

Bernard Manciet

concas

de tas combas intimas.

Areconèji

mon sang-glaç
replecs infinits
Estatjats i a gaire
per tas popas
l'alen que las fa moflas

Paru dans L'Uzeste n° 1

Dins los

e

passant n'écorchez pas l'aubépine

la fleur des pierres d'Uzeste

fleur

sec

estampada de tas

de bras à

gestes

qui sait ?

quauquas estonas a l'après
de ton lisadis testarut
devèrs lo

tour

de croissant

dins lo fosc tebès
daissat

ronces

d'orgueil

ébranchez débroussaillez à

de ta tuta de sòm

dins ta

les

travers

Joan-Francès Marièt

16

-

Compagnie Lubat

�Linha

Imaginòt

Poesia/cançon
3e trimèstre de 1998

Echjàizen
Ech
L'Occitanie s'est travestie

en

Grand Sud

Qui se déchire en Sud-Ouest et Sud-Est
Elle est cet espace

rentable et marchandise

Où s'entrecroisent autoroutes et TGV
Le

soleil, les deux

Les auvergnes

les circuits cathares
l'azur, sa côte aussi

mers,

La route de la soie,

jàizen vum Buedem

Màin haard Léid Jankt

de T électroniques, Limousin 2000

oni Kràiz, oni Ketten,

Ces

venue

du Nord bossu et vert

appel de berger-muzzin de l'Orient provençal
Répondent aux mélopées moelleuses du Couchant gascon
Nous ferons des collages de ces tranches de passé
Avant qu'on les fluorisent sur des cartes postales
Et nous inventerons de nouveaux folklores, de nouveaux almanachs
Un

Monde entier
à sentir
La vague n'est pas nouvelle, elle est même une lame de grand fond
De nouvelles agapes, connectés que nous sommes avec le
Sans relais obligatoire par un quelconque Paris qui nous apprête

juste branché la place de notre village,
avec parking intégré,
le champ de ronces coincé sous la vieille vigne desséchée
avec des
Afriques joueuses
des Amériques follasses
des Asies impatientes.
L'Occitanie, c'est dans ma rue : l'Occitanie c'est sur ma planète
C'est sur une Terre où je peux chanter le chant que j'ai composé
Parce que chaque jour on continue à la fabriquer, TOUS.
Nous
la

rue

avons

de notre centre commercial

un

e Brand un
Doran brennen éch méch mat

Elle est aussi

Une catare de cabrette

ailes

Méng Stemm steecht

Les surdoués de la Méditerranée virtualisée
ces quartiers bouillonants de doutes
petites villes tétanisées par la torpeur provinciale
Ces bourgades assommées aux barbituriques
Distillés par la capitale centralisatrice
Mais des germes de civilité, de convivalité
Verdissent dans Técorce citoyenne
De tous ces quartiers plastifiés
Le Sud remonte à la gorge et à la tête
De notre jeunesse de mille ans
En langue d'oc encore et même davantage
En franssé de la colonie qu'on s'est nous même inventé
Et derrière les palissades d'audioprotection des échangeurs
Des morceaux de texte, des sons anciens un peu enroués,

aus

Méng Schtrass as e Vulkan-Lach
a
méng Wierter gàtléche Lawa
Ech Katzen eng onheemléch Hëtscht
Mai ganze Laif bleescht op d'Fàier
Ruppéch Dreem mat walléch Hoer

mat Otem

a

gléidéche Platt

Ech roufen eng awennég Hàerd
fir méng Sprooch ze schlajfen
d'même. de Pépé, de Laumes an de Schamp
di

mer

d'Ax

an

d'Fauscht

Jìr an d'Blodsinn
an

d'Blannheet

ze

haen

opzereissen

Firwat wéllt lei kee version

méng Sprooch keng grenze brauch
se am gruusse Battaklang vun der Welt
am uraale Reebou och gehéiert,
dat ët keng Iwer- a keng Ennersprooch gët
dat
dat

an

de Schatz vum Mond an de Wierter vun aile Kulture

steecht.

Ech

jàizen

=

Je crie (Traduction)

C'est de la terre que je
Mon

crie
gosier est un cratère de volcan

et des mots

Je vomis

lave véritable
chaleur incroyable

une

Mon corps

tout entier souffle sur le feu

des rêves échevelés en colère
Ma rude chanson embrase tout
Ma voix allume un incendie

dans

lequel Je me consume

sans

croix, sans

avec mon

Jean-François Mariot

chaîne,

souffle et du francique

incandescent

J'invoque une horde intérieure pour aiguiser ma langue
Mon grand-père, ma grand-mère, le Laumes et le Schamp
me mettent la hache au poing
pour

trancher dans la bêtise
l'aveuglement

et éventrer

Pourquoi personne ne veut-il comprendre
que ma langue n'a pas besoin de frontières ?
Que dans le grand brouhaha du monde
elle appartient également à l'arc-en-ciel ancestral ?
Qu'il n'existe ni sur- ni sous-langue
et que le trésor de la bouche gît dans les mots de toutes
les cultures ?
Jo Mousse

17

�Linha

Imaginòt
Poesia/cançon

3e trimèstre de 1998

..

A

.Cortetas. .Cortetas...
„

i

Déloïage ed ramintuvances

l

Radio Pais

a

15

Elle est

ans.

Ram'lache ! in vlà ein drôle ed ram'lache dins m'tiète.

aujourd'hui présente en
Béarn, Bigorre, Landes,
Armagnac. Les responsables
ont décidé que la langue occi¬
tane

pouvait

se

J'ém ramintuve...

Odeur ed castonate é-pi ed pâte à crêpes
J'avos quèr qu'Aman m'conte chl'hisioère d'ech thiot gayant Miska.
Pis cor intinde min père buquer aveuc ésn'hape por foère el thiot bos d'ech tu.
...

vivre au quoti¬

dien et

qu'elle n'était pas
réservée à une partie de la
population. Avec un budget

Bleuze

ramintuvance, ch'estcorènne boutèle i
n'y a ein biau batiau; por min ènne cosse qu'i est nin ènne agobile. Ej tiens cha
ed Mémère Madeleine qu'aile avot cha ed sin taïon ed Dunkerque. Bellé Mémère
Madeleine qui est engravée à ch'chimetière d'ches Crêtes, aveuc achtheure, edpis ein
séquant d'ainnées, à sin côté Pépère Théophile.
Ed-dins i

ridicule de 600 000 Fr, Radio

Pais étend néanmoins

d'écoute. Elle fêtait

sa zone

15

ses

ans

marathon radiopho nique destiné aux auditeurs,
les 19 et 20 juin derniers. Et
espère durer 15 ans de plus.
par un

Mérchi i BLEUZE RAMINTUVANCE ed cristal.
Toussaint

-

Ducasse

-

Blues

-

(J-MB)
Radio Pais, 64230
Lescar, T

:

Ramintuvance (n.f.) : souvenir
Ram'lache (n.m.) : charivari

Poey de

05 59 68 67 38

Avoir quer

(exp.) : aimer
Buquer (bv.) : frapper, taper
Hape (n.f.) : hache
Fu (n.m.) : feu
Bleuze (adj.): bleu
Agobile (n.f.) : chose sans valeur
Taïon (n.m.) : grand-père, ancêtre
Ingraver (v.) : enterrer
Séquant (?) : plusieurs

Histoire. Les trois tomes de
l'Histoire

chronologique de la

civilisation occitane d'André

Dupuy sont

(225 Fr

parus

chacun). Le premier couvre la

période jusqu'en 1599, le
deuxième de 1600 à 1839, le
troisième de 1840 à
Oeuvre

nos

unique réalisée

jours.

par un

autodidacte longtemps criti¬
qué par les universitaires qui
aujourd'hui se mettent à son
service. Le quatrième tome est
d'ores et déjà en chantier et

i

couvrira les 20

J

ou

30 der

Aici

Cançon pel lo forom de las lengas

i

-

sem

nières années. (J-MB)

Chanson 1

:

André

Dupuy, 2 Rue Pont des ;
Chats, 82120 Lavit de Loma- ]
gneT : 05 63 94 12 38.
|

Refrain

tion et le

respect

en

milieu

prima cal que bengas
Egales y sont las lengas
Comme y sont les hommes égaux

!
I
!

rent que

de

chacun a droit, en
lieu, à la reconnaissance

sa

et que

personnalité juridique Ì
nul ne peut être soumis |

à des traitements cruels,
inhumains ou dégradants.
L'OIP

publie depuis 1 997
"Dedans-dehors", revue himes-

trielle.

]
[
|
j

Henry Monnier, 75009 Paris,

'
!

T: 01 42 81 39

!

OIP, c/o Cèdre Bleu, 25

28, Fax

:

rue

01 42

!

81 37 53

I

Jade

!
Interviews, etc. Pas mal. À
!
encourager sûrement. (C.S)
J
Contact Terre Éditions, BP
|
1251, 34011
Montpellier [
revue

Cedex 01

BD

Appel

:

Bahasa Indonesia bersama dengan kita

i

carcéral. Ces textes considètout

(Réponse)
A la

I

L'Observatoire International

]
des Prisons pour le droit à la
j
dignité des personnes déte - j
nues
s'appuie sur les textes de &lt;
loi dont il demande l'applica- i

:

Aici sem, where we go

I

/ Rock /

1

Aici sem, where we go
A la prima cal que bengas

se

Comme y sont les hommes égaux
a

linga brasileira

nos viemos

festejar
Claude Sicre

Chanson 2

:

O pais entratz en ronda, 0 pais
O pais entratz en ronda, 0 pais
Dans tous les pays, les langues se détient
Dans tous les pays, les langues se délient
Dans tous les pays, les langues se délient
O pais entratz en ronda, O pais
O pais entratz en ronda, O pais.
Claude Sicre

18

dans

une

langue différente
(appel)

Egales y sont las lengas

Corn

Entre chaque
refrain, une phra¬

�Linha
''

|M|É_

Étel

Wffî

Débats

Imaginât

| plp 9»

PHI

y; &lt;- «f í

«* -

S§\m

3e trimèstre de 1998
faible

QI pour jouer le jeu de ces
(mais après tout, ils

messieurs

Le Front National

et la "culture

ont bien

"leurs" Juifs

et

"leurs"

Musulmans, pourquoi n'au¬
raient-ils pas

"leurs" Occitans ?)
puis d'abord, c'est
quoi cette "culture provençale"
que Mégret veut valoriser à

provençale"

Et

►

Vitrolles ? Personne

ne

semble y

avoir

regardé de près, et c'est
dommage. Ce qu'il valorise, en

Philippe Martel

dehors du thème rebattu des

"racines", c'est la "Provence
y est, on a tout compris!
La petite opération topo-

a

■

^^^nymique effectuée

par

BwPho Mégret, ce grand
Provençal, sur les rues de sa
pauvre ville révèle la collusion
entre
ture

le Front National et la cul¬

provençale

-

comme

le suc¬

cès du même Front en Alsace

par le particularisme
alsacien. C' est du moins le type

s'explique

d'explications subtiles qu'on
peut trouver dans la presse, et
notamment dans

Libération. Ce

jour même, 7 octobre, on
apprend simultanément que
Jacques Bompard "ne jure que
par le poète Frédéric Mistral"
(mais qu'il subventionne Daniel
Guichard ou Patrick Juvet qui ne
sont pas, que je sache, des "chan¬
teurs provençaux") et, sous la
plume de Laurent Joffrin, que le
Front National "promeut le vieux
folklore", au profit d'un retour
aux racines supposées de la cul¬
ture provençale", et qu'il exalte

française",

avec ses

la fleur de

lys,

le vieux barbichu. Mais si

Languedoc Roussillon me laisse penser qu' il
ne raisonne pas différemment :
pour lui la culture "locale" est un
symbole, un thème à propos
lacrymogènes sur les racines et

Laurent Joffrin et

l'identité, nullement

culture

çaise

que

soit elle

de

d'où

ces

rues ou

contre

aucun

doute

:

il était le

doctrinaire de la "France seule")
se

réclamait de Mistral

d'ailleurs

-

c'est

probablement l'aile
qui a souf¬

maurassienne du FN

flé à

ses

chefs l'idée de ressortir

ses

lecteurs y

regardaient d'un peu plus près,
ils verraient, d'abord, que l'itiné¬
raire politique de Mistral a été
pour le moins sinueux (d'autant
plus que fondamentalement il
ri y
et

comprenait pas grand chose,
était d'abord un écrivain) et

l'Europe,
bonne fois
pour toute, en harmonie avec les
vieux préjugés petit-bourgeois
qui ont cours dans ce pays sur
ces questions.
Et après tout, pourquoi
se
gêner ? La plupart des lecteurs
de Libération, comme probable¬

catalogué

une

ment (eurent Joffrin
ne

savent de Frédéric

lui-même,
Mistral que

qu'en disent depuis des
décennies des gens qui ne l'ont
pas lu. Ceux qui sont allés aux
écoles savent par ailleurs, ou
croient savoir que Maurras ( sur
les opinions duquel il n'y a par
ce

aux

yeux

gens,

se réclament de la culture
occitane sont fondamentalement

qui

ce chaud lapin de Louis IX
qui l'a épousée pour lui faire une

ribambelle d'enfants. Cette
Provence-là est tellement fran¬

en

1930 célé

français

énergiquement, quand

ils étaient ministres de F Instruc¬
tion

gner

Frédéric Mistral

19

parle

pas

places gro

-

Mégret lui-

comme

feu Stirbois,

plaquifié, et dont le rap¬
port avec la Provence m'échappe
complètement. Ce que les
médias appellent naïvement cul¬
ture provençale, c'est pour
l'essentiel la trilogie de Pagnol,
illustrée à Toulon par le culte de
Raimu, et à Vitrolles par la rue
lui aussi

-

Publique, de laisser ensei¬
l'occitan (ou le breton, ou le
basque...) à l'école dite de la
République. Ce que je peux
savoir des positions réelles du

comme

même. Ou

braient les mérites de Mistral
refusaient

ne

tesques des "tambourinaires" ou
des "santonniers", soit elle parle

toujours
beaucoup aimé les groupes folk¬
loriques, alternative utile aux
majorettes quand il s'agit d'offrir
au bon peuple des distractions
pas chères. Mégret et sa bande
sont sur ce point fidèles à une
vieille tradition républicaine.
Vont-ils beaucoup plus
loin ? J'en doute. Les mêmes qui
Herriot

armoiries à

Marguerite de

de

mêmes ont d'ailleurs

comme

sa

Provence, la victime expiatoire

-

collectionneur de taureaux. Les

dit dans le reste de

une

si elle se développe et
vit en épousant son époque, une
menace pour la culture française,
la vraie, celle qui cause français
en employant l'imparfait du sub¬
jonctif. Autrement dit, les inté¬
ces

pratiquement tous les
partis politiques, au moins sous
la Troisième République, ont
joué une fois ou l'autre avec le
souvenir de Mistral
y compris
le PCF quand il tenait à Arles
son Congrès de 1937, et en

cul¬

est

en

vécue. C'est même

savoir que

Folco de Baroncelli, félibre et

on

en

opposés - même si il se trouvera
toujours quelque farandoleur à

peut

"régionale" - comme on
France, minoritaire comme

Provence et

question

si il lui est arrivé de l'être. Et

ensuite, il faut quand même

c'est ainsi que tout ce qui
ressembler à une expression
en

cette

rêts du Front National et de ceux

confiait l'animation culturelle à

dit

sur

c'est aller un peu vite en
besogne que de l'étiqueter sans
phrases "réactionnaire" - même
que

"Mistral le réactionnaire". Et

turelle

Front

�Linha

...

Imaginòt
Pierre

-

Fantastique. Radio Arverne
met en place une émission

sinon

son

tastique multimédia dans le
Puy de Dôme, et cherche des
volontaires dans l'écriture, la
ou la radio dont l'in¬
térêt central est la culture

musique

fantastique. Les droits d'au¬
teur seront traités profession¬

bien

d'autres,

ceux

qui ont pris la peine de le

Olliergues, T

:

04 73 95 59 17

Cinéma. Le film de Francis
Fourcou La vallée des

mort

(voir LI n°31) est

treurs d'ours

aujourd'hui disponible en cas¬
Que's poderà tro-

sette video.

caisseta

dera Premsa

enas

un

Maisons

pòc pertot

(130 Fr).
Sud Distribution, 31
bis Rue des Amidonniers,
31000 Toulouse, T
:

: 05 61 12
05 61 12 31 31

Discographie. Le Groupe de
Recherches Et de Créations

Acousmatiques organise
depuis plusieurs années des
concerts de créations et d'im¬

provisations Musiques vives.
Aujourd'hui le GRECA lance le
label Musiques vives sous
lequel il produit des disques
avec notamment l'enregistre¬
ment des concerts.

La diffu¬

sion est assurée par
tion Aude Gamme.

l'associa¬

Aude Gamme,

(J-MB)

1 Rue de la

Paix, 11700 Puichéric, T

:

04

68 79 23 66

Bousqnet-Perbosc. Les édi¬
tions GARAE

/ HESIODE

viennent de

publier L'horizon
Bousquet (textes
Augier, quadrichro¬

illimité de Joë

de tableaux de Jean

Camberoque, contribution de
Gaston Puel, photographies de
Gabriel Sarraute).
que

Rappelons
le catalogue de ces mêmes

éditions contient deux livres
d'Antonin Perbosc

magique,

-

la culture "nationale" dans notre

beau pays

de Frrance. Et aussi
parce que c'est la seule qui soit
familière à ses électeurs qui ne
sont certes pas tous "provençaux
de souche" : qu'est-ce qu'un
Pied-Noir ou un cadre dyna mique descendu du Nord au
temps où on croyait que Fos était
une bonne idée peut avoir à faire

:

avec

Mistral ? Grâce

Nation à l'extrême-droite

multi-

jet, les films de Pagnol consti¬
tuent par contre une référence
teintée d'une vague provençalité
immédiatement accessible et

me

demande sérieusement si

stratégie n' est pas au mieux
stupide, et au pire dangereuse.
Le thème de la Nation
être reçu

aujourd'hui,

à fait la même chose et

françaises.
Je

me

demande sérieu¬

sement si cette

façon d'établir un
signe d'égalité entre projet cultu¬
rel FN et défense des cultures

être assimilé,

Bousquet, 53 Rue de

du

projet FN, c'est la

France, et la France seule, la
vraie, sûrement pas le dévelop¬

ou

pement des potentialités cultu¬

burushaski

langues

Fax

:

"provinces". Or, c'est

gauche. Les lecteurs appren¬
Massilia Sound
System, groupe de raggamuffin
marseillais qui était au SousMarin l'autre jour, chante en
occitan autant qu'en français. Ils
apprendront, d'une manière
générale, que bon nombre des
créateurs occitans d'aujourd' hui
n'ont pas de leçons de progres¬
sisme à recevoir de quiconque.
Alors il sera peut-être
temps de réfléchir plus posément
à ce que peut être la culture dans
ce beau pays de France, (et du
coup, en Europe) et, peut-être, de
comprendre que faire leur place
(respecter, si ce n'est pas trop
demander, et d'aider à vivre) aux
langues et aux cultures diverses
de ce pays ne signifie pas néces¬
sairement tomber dans le piège
du localisme, de l'identité fer¬

20

mée et de la

on

nostalgie ruraliste

repli identitaire

de nationalisme obtus,

et

la trouvera

peut-être bien du
ignorance

côté de l'ordinaire

satisfaite de

ces

cultures,

com¬

modément

stigmatisées comme
intrinsèquement réactionnaires.
Ceci dit, ce que je lis

et

entends

un
peu partout ne me
optimiste. Dommage
pour la France.

rend pas

les farandoles de

d'Orange.

P. M.

-

relles des

,

au

Quant à la culture occi¬
tane, qu' on se rassure (mais je
suppose que "on" s'en contrefiche). Elle est certes diverse
l'occitan, comme le français et le

T

04 68 71 29 69
04 68 71 20 75

de

dront aussi que

frileux

Verdun, 11000 Carcassonne,
:

té contre lui à la tête d'une liste

manifestation de

FN que toutes

coeur

jour où Libération s'intéresse¬
vraiment à la question, au lieu
de se contenter de laisser parler
les préjugés de ses journalistes,
les lecteurs apprendront peut-être
que le moins qu'on puisse dire,
c'est que les occitanistes
d'Orange ne sont pas vraiment
des amis de Jacques Bompard,
puisque l'un d'eux s'était présen¬
ra

dépositaire privilégiée - bien
qu'au cours de son histoire elle
ne les ait
que bien rarement
mises en pratique. Ce genre de
discours patriotard et nationaliste
de gauche (?) et partagé d'ail¬
leurs par des hommes de droite
(Seguin, Juppé, Siama, Jelen :
tous "républicains" ! cherchez
l'erreur) fait davantage le jeu du
Vitrolles

GARAE / HESIODE, Maison

doit

le

selles" dont la France serait la

intellectuels

.

ne

des gens de droite que

(même si, j'en conviens, le
risque ri est pas inexistant - mais
il ne l'est nulle part). Et que s'il
faut chercher quelque part une

régionales n'est pas un moyen

détourner l'attention du vrai pro¬
blème : le fait que ce qui est au

l'opi¬

bien par

par des gens de gauche. Et il ne
faudrait pas oublier les seconds :

prix
d'un détournement hâtif, quoique
bien pensant, des événements de
la fin du XVIII0 siècle. Et qu'on
nous foute la
paix avec ces
"valeurs républicaines univer¬

commode, pour certains de ces

"républicains", de

peut

thème-refuge, sinon un slogan
bunker. Je crains que les projets
actuels de ce grand français
qu'est M. Chevènement ne
m'apportent aucun démenti. Rien
de progressiste ne peut sortir de
tout ça, parce que la référence à
la Nation n'est pas progressiste nulle part, que ce soit au Proche
Orient, en Espagne, en Occitanie
ou en France. Et je signale en
passant à Laurent Joffrin que les
soldats de l'An II (puisqu'il les
évoque) ne se battaient pas pour
la France, mais pour la
Révolution, ce qui n'est pas tout

contes

l'Aquitaine 2. et
Le langage des bêtes.
Mimologismes populaires
d'Occitanie et de Catalogne
(J-MB)

par

donc pas

valeurs universalistes, c'est-à-

ne

nion, que sous sa forme la plus
fermée, parce que c'est un

maires FN par
suis pas assez

dire

Pierre

cette

familière à

n'importe qui - les
exemple. Je ne
informé de la
situation alsacienne pour hasar¬
der une comparaison, mais ça
m'étonnerait beaucoup que la
culture locale y soit beaucoup
valorisée, quoique en pensent, ou
pensent penser, certains brillants
intellectuels strasbourgeois irré¬
prochablement attachés aux

-

Taguieff a écrit là-dessus
des phrases longues et compli¬
quées, mais assez émouvantes. Je

L'anneau

nouveaux

licencieux de

Joë

aux

télédiffusions dont ils sont l'ob¬

doute

sans

André

le FN

-

Écran

de Ginette

:

-

-

autour du couple NationRépublique, c'est, disent-ils, de
ne pas laisser le thème de la

n'a pas

d'autre "culture proven¬
çale" à proposer que celle-là.
Parce qu'elle est inoffensive et
ne met
pas en cause, par l'usage
d'une langue différente du fran¬
çais, la conception ordinaire de

intellectuels

sincèrement que ce n'est pas la
même. Leur stratégie, articulée

le savent

Et c'est normal

la Chaussée, BP 9, 63880

mies

comme

ces

même s'ils croient

serait pas

Française, et
ne serait pas enseigné à l'école
dite de la République (qui ne se
trompe pas puisqu'elle se garde
bien d'enseigner Mistral, qui
après tout en vaut littérairement

Jacques Coulardeau, 8 Rue de

00 55, Fax

ne

lire).

nellement.

era

auteur

réclament

entré à l'Académie

consacrée à la littérature fan¬

bar

justement de la France que se

Fresnay. Or, la trilogie de
Pagnol, il n' y a pas plus français

Cortetas... Cortetas...

et comme toutes les

est parlé et écrit aussi

Chargé de recherches au C.NRS,
Université Montpellier III.

�l'attention portée aux
régionales est teintée de
fascisme voire de royalisme.
sort

que
identités

A l'amie

C'est bien méconnaître la réalité.
Bien sûr,

François Camé
Evit

ar

ar voa

la

Brezhonnèg, ciiencft

reizh ! »,

grande

sur

banderole

Rennes:: «Isch
bliewe

lisait-on

de

eu

Maurras, qui a été abondam¬

répondaient les pan¬
cartes de Strasbourg. Samedi,
les indigènes de Bretagne, de
Basquie et d'Alsace exigeaient
là: reconnaissance de leurs

idiomes,
de

rythmant lé chant
leurs binious par des solos
en

de saucisses
ceux

aux

choux. Pour

qui pensent que le kouign

aman mesure toute

la finesse

delàrégionaiitude,ilj avait
déjà de quoi se foutre des pru¬
neaux
nous
sur

dans les: oreilles. Mais

eûmes pire

France-Info :

Unefemme,
« L'affirma¬

tion de l'identité:

régionale

peut faire reculer le FÍN'.

»

Et

là, il y avait de quoi se ronger
la choucroute:psur un air de
sardaneCar« l'affirmation de

l'identité

régionale » constitue
—justement —le programme
culturel du FN à

Vitrolles, de
Milosevicà'Srebreniaq.etde
tous les fackos du monde —
dont le discours consiste, préci¬

sément, à. revendiquer le
fumier local pour mieux haïr
lèdisierdù voisin.

"

F. c.

On voit la finesse

de la réflexion de F.C. et de

Charlie Hebdo. A

une (ou des)
langue(s) correspondrait une idéo¬
logie. Ainsi on pourrait croire, en
lisant Charlie Hebdo qu'au français
correspond la haine de l'autre et la
condescendance. (J-M B)

a

pu

dire

même moment?

:

Pourquoi
ce

que

le sujet au

sur

(Voir texte

en

Remarque préliminai¬

l'intention
de m'engueuler, mais
d'argumenter. Entre gens de
gauche, ça devrait être pos¬
sible,

non

?

Motivation

J ai été très

déçu
par la lecture de votre article
intitulé lou biniou fachistou.
Après avoir lu l'article qui
parlait de façon très lucide de
la disparition de la majorité
des langues de la planète pré¬
vue pour le 21ème siècle, ça
m'a d'autant plus étonné. Il
est

:

Dans le milieu occitaniste que

regardée

T ai pas

re :

avec condescendance.
C est normal, une autre ville pro¬
duisant une autre culture pouvait
nuire

dessous de

pouvoir de la cour, à
"provinciaux" ont
donc été classés citoyens de
seconde zone, et que les plus
dynamiques montent à Paris et
s'y fondent pour passer en pre¬
au

C' est

Paris. Les

mière classe. Mais

ce

Parmi

(Toulouse), le Massilia Sound
System (Marseille), Nux Vomica
(Nice), qui non contents de faire

la logique qui détruit la
civilisation navajo ou aïnoue
est la même que celle qui
risque d'annihiler la civilisa¬
tion occitane ("lou"), bretonne
("biniou") ou corse ("fascistu", mais on dit plutôt "fascita"). Les enseignants d'occi¬

salité

que

tan

œillère

puissante pour

ses

devrait bien être à Vitrolles, pour
défendre le Soas-Marin. Y

Alors que

Chorma ? lisez les

écrivent

Izzo

certains d'entre eux
depuis les années 40.

vision du monde

versaillocentriste

puis parisocentriste et qu'il est difficile
d'y échapper. Plus précisé ment, ceci signifie que hors de
Paris, la synthèse intellectuelle
est méprisée, ou tout au mieux

avez-

les tracts de la Massilia

vous vu

polars de J.C.

Mais c' est dans le fond bien nor¬

de Ph. Carres, prenez
contact avec Claude Sicre (Fab.

mal que vous ne

T)

connaissiez pas:
esprit formé au centralisme
range de telles informations dans

et

un

case

dire

ou

ou

François Ridel (Massilia)

vous verrez.

Et au-delà de l'action

de rue, on peut

citer le Forum
qui regroupe
entre autres la grande majorité
des occitanisles de cette région

"amusant", où elles sont

Ci vie, de Provence,

qu'ils n'existent pas.

contre

français ont été condi¬
une

investisse¬

France. Vos confrères du Monde

gauche...

tionnés à

avec

politique, économique, cul¬
turel du plus grand nombre, de
toutes origines, pour bâtir un ici
vivant. Quelqu'un comme vous
ment

modernité. Surtout hors de

vite oubliées. Mais que vous ne
les connaissiez pas ne veut pas

tuels

locale forte rime

connaissez ? Leur littératu¬

la

depuis Louis XIV, les intellec¬

tissu social bien déchiré et

l'intégration des immi¬
grés. Leur expérience : identité

les ont découverts l'an dernier.

-

citoyens bien
tous les grands dis¬
de renouer des liens dans

d'aider à

écrite

intellectuels, même de
11 est certain que

un

en occitan, est pourtant
prisée pour son universalité et sa
re,

exemplaire qui permet de

cours,

quette), de Joan Bodon (Jean
Boudou) ou de Bernât Manciet,
vous

travail d'animation de quar¬

tier

mieux que

aux

Lafont, de Max Roqueta (Rou-

pourtant sous vos
tous les outils pour com¬
prendre.

est une

reprendre

en

mobiliser les

je vous parle de
Joan-Ives Casanova, de Robert

Vous aviez

cen

-

Si

problèmes que ceux
qui enseignent le nahualt ou le
kanak : manque de moyens,
de matériel et de publicité.

l'organisation

pourtant, l'univer

portes de Londres ou de Rome.

mêmes

:

:

occitan

musique brési¬
lienne, berbère ou reggae, font

s'arrête pas aux portes

de Paris pour

de breton ont les

ou

ne

en

la métissant de

un

que vous ne comprenez pas

la création

avancer

bien

changé.
...

gens, on

les Fabulous Trobadors

comme

raison, surtout dans

Thèse II

ces

compte des groupes de rap

nal autant

a

15 % nationaux.

une partie de la gauche
non-parisienne

n'est pas

nelles. Ou alors Charlie

ses

quand même bien bête de

s'aliéner

un jour¬
marqué à gauche que
Charlie, pour prendre ces jeux de
pouvoir pour des réalités éter¬
une

je

connais, les gens de gauche sont
majoritaires et le FN est bien en

vraiment curieux de voir

traliste de la France
:

Question

annexe). Mais poursuivons :

Thèse I

Commentaire

Jaurès

Mathias Van Den Bossche

yeux

Charlie-Hebdo 08.04.98

se

cet entêtement à oublier

wflïe Elsasser

»,

terminer, il y a

en

ment cité.
«

début du siècle qui

au

train de

est

Thèse III

:

tes rapports

informations sui¬
entre les cultures

régionales et extrême droite doi
vent être mises à jour régulière
ment.

lieux

Le contraire mène aux

communs

les plus

éculés.

Souvent, on nous res¬

21

l'extrême droite. Et

ce

qu'un début. De toute
façon, les personnes réellement
n'est

Les

-

soucieuses de l'avenir de leur

font absolument

région

ne se

aucune

illusion

sur

les tentatives

récupération de certains folk¬
lores par le FN. Le FN est un
de

�Linha
-

■■

■

■

'

1

Imaginòt
\

.•

~

■

Débats

■

3e trimèsire de "1938

..

.Cortetas.. .Cortetas... A parti ouvertement centraliste, qui

| n'accorderait aux autres cultures
J
de France qu'une seule place : ïe
Languedoc. Le Centre Langttedoc-Roussillon des Musi¬ ! cercueil doré des musées.
Danses Traditionnelles
sa publication Méditéfia qui atteint son 5° numéro
en cet été 98. Compte-rendus,
ques et
a lancé

liquidés pour
étions nous
| aussi antifascistes. Eux, ils le
I savent : juste avant les régio1

04

j

massive du budget consacré à la

!

culture occitane. C'est clair.

invivable,

Thèse IV

grosses
mais

:

63 83
Olivier Durif retrace et

analy¬

l'histoire musicale des terri¬

pastoraux des mon
tagnes d'Auvergne et du
toires

-

Limousin et de leurs instru¬
ments, de la cabrette à la viel¬
le à

et du violon à l'ac¬

roue,

cordéon. Il

évoque aussi
des Auvergnats et

l'aventure

des Limousins de Paris. Tout
cela dans Musiques des monts
d'Auvergne et du Limousin
(livre + CD) publié par la
Fédération des Associations de

Musiques et Danses Tradi¬
qui propose égale¬
ment Musiques du monde en

tionnelles

Ile-de-France

(avec annuaires

thématiques). (J-MB)
FAMDT, La Falourdière,
79380

St-Jouin-de-Milly. T

05 49 80 82 52, Fax
80 89 14

:

:

05 49

Les identités locales

:

nécessaires à

Un des

est

association pour

ville de Marseille et le Nordeste
du Brésil, travaillant
lièrement

sur

particu¬

l'art. Pendant la

Coupe du monde de football,
a
proposé l'opéra¬

l'association

tion "O mundo è

monde est

un

uma

bola" (le

ballon) mettant

Occitània

villes d'Europe.
en plus les
relais de la
citoyenneté sont en train de se
bloquer par excès de distance
-

élus, et donc de

frappé de voir,

considérer

taire

semblait être à Albi

des arriérés

dès

qui croit encore au "cen¬
tralisme démocratique" somme

du

toute

comme

qu'ils habitent à l'extérieur
périphérique parisien (j'exa¬
gère si peu...). Non content du
mépris de classe déjà pesant, ils
sont en plus accablés de mépris
géographique. Avez-vous réalisé
qu'alors qu'un Français sur
quatre parle avec l'accent du sud
(l'accent occitan disent les lin¬
guistes), il est très rare
en

va

de

même pour

les autres régions.
Ceci signifie que l'identification
entre nombre de Français et le
"projet français" est difficile.
Comment de tels Français pour¬
raient-ils intégrer des étrangers
alors qu'ils sont eux-mêmes
étrangers à l'identité qu'on leur
assène? C'est les pousser au

-

en

entendant
lisant les

du

de Rieumes

même mot

a

ou

de Monès que

depuis Paris est

une

Loin

ou

me
à

du provençal, les enfants du
peuple, dans tout le Midi de la
France, apprenaient à trouver le
ou

sous

deux formes

un

différentes, ils auraient bien¬
tôt en main la clef qui leur ouvri¬
rait, sans grands efforts, T italien,
le catalan, l'espagnol, le portu¬
gais. Et ils se sentiraient en har¬
peu

approximation extrêmement
grossière, qui ne peut étayer ni
théories ni actions politiques qui
marchent à tous les coups.
700 km de là.

les passants,

enseignes, il

Si, par la comparaison
français et du languedocien,

diversité, le pluralisme, la diffé¬
rence, l'altérité. De là au racis¬
me, le pas est petit.
et enfin, la vision de Toulouse,
l'on

causer

Toulouse.

bien stalinien ? Il nie la

-

au cours

je comprenais en très peu de
jours le portugais et l'espagnol.
J'ai pu lire, com
prendre et admirer au bout d'une
semaine les grands poètes portu¬
gais. Dans les rues de Lisbonne,
en

mais

France

voyage

liste est fondamentalement totali¬

-

-

à travers les pays
latins, que, en combinant le fran¬
çais et languedocien, et par une
certaine habitude des analogies,
mon

préalables à
l'intégration des immigrés est
que les Français cessent de se

démocratique.
encore, un projet centra¬

Rieumas

Annexe

"J'ai été

contrôle

d'entendre cet accent dans les

les
échanges culturels entre la
une

Monès 31370

de

:

seulement Paris devient

non

entre électeurs et

autres.

médias nationaux. Il
Marseille-Brésil. Le Hors-là

-

limites

en ayant le triste privi¬
lège d'être une des trois plus

l'intégration
des immigrés. Bien dans ses bas kets, on peut sauter avec les
sont

occitaniste du monde entier

membre du Q8. La France, ou

04 67 60

Montpellier Cedex 01, T

augmentation

M. V.D.B.

qui a permis de faire de la France
une puissance mondiale, un

ment a atteint ses

une

espéranto. Ceux-

Cordialement.

puissant
développement économique

s'opposer à

'

Sall-l'Évêque, BP 2051, 34026

se

de

-

là ont deux siècles d'avance.

tainement été un facteur

'

\

Mediteria-CLRMDT, 5 Rue

:

a cer¬

nales, à l'Assemblée de la région
PACA, le FN a été le seul à

calendrier. (J-MB)

67 02 32 41, Fax

que le FN nous ait
réaliser que nous

occitan

revue

Le centralisme

plus précisément Paris et sa
région. Mais ce n'était qu'une
étape et il est de plus en plus
clair que ce mode de fonctionne¬

informations,

interviews,

Alors n'attendez pas

i

déni de réalité.

-

-

monie naturelle, en
tion aisée

Et donc...

avec ce

communica¬
vaste monde

grand temps
d'écouter ceux qu'on n'écoute
jamais, d'ajuster le tir en prenant
toutes ces choses en compte. Si
votre génération ne le fait pas, la
mienne le fera (j'ai 27 ans, mon

des races latines, qui
aujourd'hui, dans l'Europe méri¬
dionale et l'Amérique du Sud,
développe tant de forces et
d'audacieuses espérances.
Pour l'expansion éco¬
nomique comme pour T agrandis¬

11 est donc

à contribution

communautarisme! N'oubliez

vieux Corneille, ...). Je pense

sement intellectuel de la France

avoir

danseurs et musiciens dans

les vagues antérieures
d'immigration ont été assimilées

du Midi, il y a un

affiner votre avis. A moins que
vous ne vouliez confirmer
qu' il

l'attention des instituteurs."

sculpteurs,
sérigraphes, photographes,
différents lieux de la ville.

dans

(J-MB)
Le

Hors-là, Ancien

1 Place des

presbytère,
États-Unis, 13014

Marseille, T : 04 91 63 00 20
/ 04 91 58 64 28
Entendu

Fabulous

au
:

"Vu

bureau des

contexte d'identités

un

locales bien

plus fortes, où
l'acquisition du "patois", c'est-àdire la langue dite "régionale",
était la garantie de l'intégration.
Renversons donc la vapeur du
centralisme pour que mes

l'ampleur des

débats que nous menons et

l'ampleur du désastre dans la
politique culturelle française,
je

pas que

demande s'il ne vaudrait
mieux aller cultiver des

copains Amer, Rachid, Niddal et
Mohamed puissent rester ici et
en

faire vraiment leur chez eux.

me

pas
chèvres". ( Anne Brunei

20/02/98;
par

12H.10). Relevé

-

Thèse V

:

Les pensées

de gauche

qui ignorent tous ces points ne
survivront pas

longtemps à ce

aligné suffisamment
d'arguments clairs pour au moins

n'y

meilleur sourd que
celui qui ne veut pas entendre.
N'oubliez pas que se draper de
pharisaïsme ne protège pas des
coups de boutoir de la réalité,
toujours aussi têtue.
N' ayez pas peur de me
répondre en français ; j'ai la
chance d'être bilingue et c'est
une richesse
qui gagnerait à être
étendue à une grande partie de la
population. Il y existe déjà une

C.S,

22

problème de la
plus haute importance, et sur
lequel je me permets d'appeler

a pas

Jean Jaurès
Revue de

l'Enseignement

Primaire, 15 Oetobrte 1911
N.B.

:

oeuvre

Ces

préceptes sont mis en

dans les seules Calan-dre-

tas, écoles
occitan.

bilingues français-

�Linha

Imaginòt

Quand les
oiseaux
auront
des

dents...
j

UT

3 langue de la
République est le
1 .^français" (art.2 de la
Constitution)... Ce caquet de per¬
choir, jugement d'oiseau, vaut
bien moins que le gaillac' nou¬
veau, ou ce verjus de cuisine
d'un vote blanc !... Ah ! Ah ! le

Parlement,

des

une cage avec

bancs où les oiseaux
dents... mais

ne

se

font les

le prenons pas

de

Assis de

gauche à droite

Claude Sicre, Henri Meschonnic, ilona Koutny et Félix Castan (Forum des langues 1998)

:

la nature du

langage pour tous ;
merci à Félix Castan et
Meschonnic... la
d'une

nature

sensible

poétique volontairement

oubliée,

nous

revient à décons¬

haut, la cage des Représentants

truire les saintes écritures, à

donne du blanc-bec

désanctuariser le

phallodémocratique à ses prétendants...
est-ce si faux !... La langue fran¬
çaise nous paie en monnaie de
singe, un droit à défendre le
corse,

l'alsacien, le breton

ou

l'occitan, comme si la grimace
pouvait passer pour reconnais¬
sance... ces langues de l'ombre
ont le salaire de la proie qui

monopole de
l'exclusivité de toute langue sur
les autres... restituer la pointe
aiguë de l'esprit, prôner l'être et
la pensée dans la dé-fête des
styles administrateurs, tant de
l'ethnocentrisme que de la réduc¬
tion monolinguiste, car la liberté
est cette passion qui contient
toutes les libertés.

sa peau : morale, si le
salaire tombe à l'eau, souvent la

sombre, l'on

fait les salauds... une sacrée
affaire pour celui qui tient le

que sous les décombres...
l'homme des parois de la caver¬

sauve

peur

les pages officielles
les redites sont si loin de

La culture, devenue si
ne

peut voir de jour

morceau... et

ne ne

et

d'oiseaux et de tavernes...

l'esprit critique ?... Monsieur
Platon

au

livre VII de la

République, devrait
à briser

ries

nous

chaînes et

différences

appeler

nous

déli¬

dé-géhenncr
langues... trêve de plaisante¬

vrer en
nos

nos

:

:

les oiseaux sont des

voilà donc

un

cons

!..

beau retour

cynique, cette lover-dose d'enfer
d'un seul trait monsieur Chaval,

dessine

plus que désarroi
sou¬

le Bon n'est-il pas

le C...
que l'on oublie devant !... art
d'écrire éminent qui définit
l'homme : "un animal bipède,
sans plumes" (Platon dixit)...
citoyens encore un effort, sans
vent

cesse

le métier hante

tières

sous

tout

la

nos

cime¬

plume... le style
l'oiseau-visuel, si

pour
nécessaire !..

:

concitoyens dont

quel non-tableau illustre du fran¬
çais pour effeuiller nos margue¬
rites... La parole occitane n'imite

l'esprit se mord la queue
jusqu'aux gencives, pour rogner

rien

signifiant... le Coq de Diogène,

en

chacun

sans

transformer

l'os de

ce

maillon des chaînes du

entre

les frites et le

règne des noyaux durs d'une

toute, pas

économie enrichie à l'uranium...

somme

poulet n' est
si belge, ni si

Il y a

méchant...

bien longtemps
le "y en a mar..." (des lar¬
gués du royaume), sous l'effet

Quand la poésie défait
de sa vanité une langue et sa
gloire, le peuple entier en partage
les plus hauts sommets, merci

que

Bernard Manciet... le gascon res¬
suscite à Sabres.

d'oiseau voué à l'étincelle

L'esclavage post¬
moderne stresse
ras

nos

antennes au

le bol du monde occidental et

l'ordre
écrans
nous

pendu à ces maîtres-

sur

fond de ciel lubrifiant,

désespère autant que nos

grands-pères occitans... où donc
trouver ce Lucky-Luke pensant
plus vite que son ombre, pour
pénaliser le Chewing-gum et le
Coca-Cola de la fameuse excep¬

des mois de Mai, vibre au silex
immobile d'antan et de

son
:

élan
bien

le

pardon à iceux é icelles mis au
Montségur, et tant pis
pour la vaisselle brisée par les
pavés d'une langue sans les
bûcher de

murs...

La vie serait

plus
pouvaient
jouer de leurs ailes d'enfants... à
continuer le "parler" occitan...
Mais, mais, quand les
belle... si les rebelles

oiseaux auront des dents... les

poules mouillées à finir leur

ces

temps se mordront la langue ;
défoncés en habit vert, bons à

manque dont tous les sans-génie
des clartés aux "préférences

"chaper" leur latin sans cuisine,
"ula, ula !" cet art empoulé, qui
pour parler font l'indignation et

nationales" ?

la civilisation dans l'ère du vide

tion

française... que faire avec

pauvres Daltons éRMIdivistes et autres zappés-fews du

En attendant... le

Phénix renaissant des

cendres

pot.
Combien messieurs,

(scories de pénis freudonnants !),
tout fluorescent de nucléaires,
vient troubler nos conduites de

l'occitan récuse cette

Super-Phénix radioactivés par
l'avenir radieux d'une vie promi¬

raisons entre

se

;

terre

hélas ! pauvres gens sans
!...

Occiputanie qui fait
bois... voici le

Golfèche de tout

23

langue de

bois où votre bonne fortune
connaît les mots

qu'à tenter
quatre planches.
Flèo

ne

nos
..

�Linha

Imaginât
Débats

3e trimèstre de 1998

Printemps
langues 1998

des

Leçon
n°2

:

"Passemoi le sel"

Le pavage occitan du

Capitole de Toulouse fai¬
sait à

nouveau

écho à

un

bouquet de langues où se
côtoyaient chinois et tibétain,
arabe et hébreu, tamoul et hin¬
dou, turc et kurde et bien

d'autres idiomes

encore.

Car de
ment

son

façons

:
*

bâillonne¬

multiséculaire, l'occitan

le sel s'il

a

retenu le

goût amer et doux du
partage plutôt que celui de la
revanche

ce

de la vengeance.
Au milieu et au-delà de

qu'un Babel aurait

facile à enflammer de brindilles
nationales ou de blessures intes¬

tines, la discussion dans la

langue de la République a permis
une
pratique démocratique.
Celle-ci est toujours le moins
pire des systèmes de relations
les hommes.
D'un ex-Président du
Conseil

Régional

gradins à
sur son

à

un

un

sac,

haut des
SDF équipé assis
en

de l'Africain du Sud

immigré Polonais,

échantillon était

un

bon

présent pour

vivre le débat.
Il

ne

fut pas

long à

s'engager

sur l'évidence
qu'aucune langue au monde
se

ne

contente de rendre le service

de passer

le sel. Même une
langue construite rationnellement
comme

l'espéranto ne peut
cette règle. Une

s'extraire de

langue

passe non seulement le
sel mais avec lui, un ton, une
émotion, une culture. Rien qu'en

français et
qui

me

*

"Passez-moi le sel ! "

*

"Passe-moi le sel"

ou sans

par

écrit, cette relation

se noue au cours d'un repas

peut s'exprimer de diverses

tique est

une
idéaliste.

linguis¬

illusion trompeuse

sans

l'autre et
Si

uns ne vont

pas

réciproquement.

ce

Unecomplexe.
langue estQuoiunedechose
plus
excitant finalement
s'intéresse

aux

lorsque l'on
sociétés

humaines ? C'est

Sous les mots,

l'Histoire. Les

à l'autre

-

la salière ?"

Aussi l'unicité
et

Du rapport

passer

plaît"

ou

brouhaha

entre

"Avec

"Veuillez

vous

foisonnement

printanier peut mettre en promes¬
se des récoltes multiples
parce
que la complexité des situations
est de plus infinie, alors des nou¬
veautés ne manqueront pas de
naître pour éviter des affronte¬
ments figés,
Philippe Versavel

quelque chose
d'insaisissable : une langue est à
la fois tout et rien. Une langue,
c'est du vent, uniquement du
vent. Mais du vent fait
par

l'homme, et pas n'importe com¬
ment. Tout est dans la façon de
faire. C'est cette façon qui sert
de ciment

aux sociétés humaines.
D'où cette définition que nous
propose Claude Sicre pour la
culture (avec pour coeur la

langue)

: un

rapport. Langue et

J'ajouterais à la défini¬
tion de Claude Sicre que l'éco¬
nomie et la politique ne sont
aussi

qu'un rapport. Tout

génère

l'ambition. Affirmons donc

prétention
misère

que

ne sont

de mauvais rapports aux
autres. Voilà qui fera sourire cer¬
tains de

nos

gouvernants, mais

pas nous.
Là intervient l'initiati¬

ne sont qu'un
rapport à
l'autre, à la fois intense et intime,

ve

de Félix Castan

mais aussi très

un

train d'avance et

peuvent intervenir sur ce rapport.
Et on peut faire dire ce qu'on
veut

à

qui est fragile. Les
langues sont finalement le plus à
la merci des
idéologies prééta¬
blies. A partir d'une langue on
peut fabriquer des territoires, on
peut tuer des hommes, les empri¬
ce

sonner, leur inventer
re, etc.... On

faire.

24

une

histoi¬

sans

le chômage et la
que la conséquen¬

ce

culture

fragile et donc
manipulable par des pouvoirs
quels qu' ils soient, par ceux qui

ce que

société n'est que le
résultat de rapports. Certains ont
plus de facilité pour avoir des
rapports dans tel ou tel domaine,
et les uns agissent sur les autres
au gré de l'imagination
et de
une

sait

un

débat le

Montauban

qui a toujours
qui organi¬
28 juin dernier à

sur

la notion de

"paratge" dans l'histoire occita¬
ne,

notion basée

sur

l'amour

dans le rapport aux autres. On
entrevoit tout l'intérêt de
recherches

sujet, et surtout
même temps
que de remises en question.
Avèm pas acabat
d'imaginar.
sur ce

d'applications

en

peut finalement tout
Jean-Marc Buge

�Linha
:

Débats

iM'. ' / if

X

Imaginòt

\

3e îrimèstre de 1998
Forum du

i ...Cortetas...Cortetas...

paratge

La fonction

perdent-elles pas dans les

se

sables ?

des Associations de

Dans la

communale

quartier),
gagne

(le

commune

voit ce que l'on se
et c'est la plus profitable
on

des écoles.
on pense aux

interminables discussions fami¬
liales

qui envahissent tout le

champ de la parole et de la
sion (à

monde est

otre

N:

plein de

le

fausses évidences.

mythe des origines, avec
génie du lieu ou le pays natal).

conque
La

est la première
complète à portée de
main, c'est une parcelle d'huma¬
nité (d'universel) qui vibre, qui
commune

plus ancrées,
des plus insidieuses, des plus
fausses s'appelle l'universel abs¬

société

trait. Elle fait des ravages au
nom des bons sentiments : elle

s'inscrit dans les têtes et dans les

L'une des

coeurs, au vu

et au

su

Il y a

illusions,
cache les vrais enjeux de la pen¬

des éléments de
clôture, c'est-à-dire de synthèse

sée et de l'action.

dans

désarme

ou

nourrit des

La

multiplicité des
nations, des langues, des races,
des

communes

serait

un

obstacle

majeur à l'harmonie du genre
humain. Imposons une langue
universelle, décrétons que la
notion de

les

périmée, suppri
et

communes

-

comme

permanent. Un cristallisé
de toutes les dialectiques fonda¬
trices d'un univers plein et incar¬
né.

À Larrazet, le 12

une

L'horizon communal
vient

perturber ces édifices ima¬
ginaires d'où l'allergie à cette
pensée d'en bas (d'une radicale
pluralité) qui se traduit par la

travail

un

sur

en

chair et

en

temps et un lieu. Ce

l'altérité fonde l'identi¬

À

fondamental à condition de

ne se

ni d'époque, ni de répon¬

Car la

se.

commune

est entrée

aujourd'hui dans l'oeil du cyclo¬
ne des forces centrifuges
:

le

entrer" JeanTardos.
Dans la pensée couran¬
te (et les médias), la commune
est souvent présentée comme une
survivance, une niche protectrice

Bégué a constitué
paroxysme de l'unité et du

peut que sous¬
crire à la formule de Félix
ne

Castan: "le territoire est
ce,

espa¬
la commune est une structure

sociale". C'est

une

école de la vie. Ce

mirable dans

qu'il faut
fonction
est

un

véritable

qu'il y a d'ad¬

une commune

est

se la gagner. Aucune
titre ne protège. Tout

ou

remis

en cause en

permanen¬
11 faut descendre dans la

ce.

rain

mine; si

on

fait semblant

on

on

avait du mal à

en

y

qui part en lambeaux et qui n'a
guère d'avenir. Comment peut-on
en

Provence

Alpes Côte d'Azur
publie Accordance, revue

d'informations trimestrielle. Le

printemps 1998 traite
longuement du violon. On y
trouve également le calendrier
des fêtes et stages du tri mestre.

arriver à de telles caricatures ?

village n'est pas un univers
complet sur le plan culturel mais
Un

capitale
principe moral.
L'objectif est donc de
construire partout la communau¬
toute commune est une

de

(J-MB)

FRAMDT, La Porte Ouverte,
Route de la vallée verte,
06130 Grasse, T

Fax

/

:

04

92 42 06 39
Le Val d'Aran

présente une
exceptionnelle :

situation

c'est le seul territoire des
anciens royaumes

de Cata¬
logne-Aragon et d'Espagne qui
se

trouve

sur

le versant nord

Pyrénées. Patrice Pouja-

de lui

l'heure où l'on

évoque la destruction du lien
social, l'horizon communal est
tr omper

et Danses Traditionnelles

des

té c'est-à-dire la créativité,

"autrefois

tentation de s'affranchir du ter¬
le

dans

habitacle

sortir, aujourd'hui on a du mal à

fausse évi¬

Voilà

un

du Maire, M.

On

qui est plus ou moins
enseignée à l'école et sert de
point d'appui à l'humanitaire, au
politique, au culturel.

dans

décembre 1980, le renversement

déchirement.

dence

on

Toute action s'inscrit

l'unité et la

ment

enchantement, "lo paratge"
triomphera !
par

:

diversité, le consensus et le
conflit, la fixité et le renouvelle¬

n'existe pas, que

race

la nation est
mons

une commune

municipale),

pourrait faire la fine bouche et
penser que c'est désuet ou exces¬
sif. N'y a-t-il pourtant pas là le
patient travail sur l'altérité ?

os,

de tous.

pas¬

Larrazet, c'est souvent la

vie associative et

Régionale
Musiques

n° 5 du

Quand

Alain Daziron

Trad. La Fédération

consacre un

livre Le Val

d'Aran entre deux monarchies
pour

la période s'étendant de

la fin du XVI0 siècle

début

au

du XVIir siècle. (258 Fr)

Pyrégraph éditions. Rue
Gambetta. 31160

Écritures.

Aspet

Du 7

au

29 mai

dernier, la médiathèque de

Nilvange,

en

Lorraine, a expo¬

sé la Tour d'écritures,
de

oeuvre

Sophie Marchand, sculp¬

teur, et Gabriel Poulard,
musicien. "Cette tour d'écri¬
tures, cuivrée, richement
ornée est formée de

150

tablettes de bois ciré et reliées
entre elles par une

corde tres¬

sée. Ces tablettes contiennent

écritures,

hiéroglyphes, alpha¬
fossiles et frag¬
ments de poèmes. Gravées,
peintes ou modelées dans l'ar¬
gile, les écritures ou les signes
mystérieux se laissent lente¬
bets anciens,

découvrir. Lorsqu'on
s'approche de cette
tour
d'écritures, on peut entendre
une musique intérieure réali¬
sée par de multiples chucho¬
ment

risque de s'agiter en
pure perte. L'on agit et l'on pense
trop souvent comme si l'humani¬

explose.

té était

un

nité

conduit de l'intérieur.

l'on

pas

langues de tous les conti

maison. Cela est l'inverse de

sujets autonomes qui pensent et
agissent par eux-mêmes (voir
texte "la commune est une idée

qui s'invente tous les
jours" Linha Imaginât n° 34,
mai 1998).

seaux,

avec

bloc indifférencié (et

loin d'un travers qui
nous environne, la dérive vers un
monde virtuel).
est

La

commune

altérité fondamentale

est une

qui crée

rupture de fait dans la cara¬
pace de l'uniformité : pas une
une

commune

ne

ressemble à

une

autre parce

par

qu'elle a été travaillée
les hommes, par l'histoire (et

cela n'a rien à voir

avec un

quel¬

té

C'est

une

part d'huma¬

qui ne peut se construire par
procuration ; la civilisation n'est
pas décrétée, elle se conquiert :
elle entre ou non dans chaque

nouvelle, de la transformer par

un

travail

auto-pédagogique

Il faut

multiplier les

l'universel abstrait

neuve

Exigence redoutable
mais y a-t-il un autre chemin que
d'humaniser son voisinage ?
N'est-ce pas la plus haute visée
universelle ? Les actions généra¬
listes et souvent mécaniques ne

Montauban, le 28 juin 1998

tements dans de

nents.

25

-

Ces chuchotements

ponctués de chants d'oi¬
d'appels dans diffé rentes langues."
Médiathèque, 1 Rue Général
Castelnau, 57240 Nilvange,
sont

T: 03 82 86 47 00

A. D.

nombreuses

�Linha

Imaginòt
Deb

trimèstre dé Ï99S

3e

...Cortetas...Cortetas...
Poïasis architecture est une

qui vise à la compréhen¬
du phénomène architec¬

A

sion

tural et urbain dans toute

son

de la

étendue et à travers toutes les
œuvres

dépendance
langue des troubadours

Grandeur et

revue

humaines.

A.E.R.A.

-

33

rue

Paul Dupin: 05.61.61.

31500 Toulouse. T
50.26. Fax

05.61.11.85.51.

:

Isabelle Loubère
Théâtre. Il y en a un

qui n'a
et qui fait

la grosse tête

pas

tabac dans le théâtre occi¬

un

forment

Je me suis attardée sur cet

gros comme ça. Il
s'appelle Georges Besombes.
Il a monté la compagnie

exemple d'U zeste car il
offrait une image de la
langue gasconne dans une région
qu'on ne peut pas réellement

Passe-Muraille

considérer

tan, avec trois fois rien et un
cœur

avec

Blandine

Chesneau

qui a mis en scène
lui un conte de Jean

pour
Boudou
Seul

Floreta

:

e

Pietonel.

scène

pendant trois
quarts d'heure il fait vivre tous
les personnages dans un tour¬
billon et en deux langues,
français et occitan (également
un peu
d'anglais). A inviter
chez

sur

vous.

(J.M.B.).

Compagnie Passe Muraille 29
allée d'Occitanie 31820 Pibrac
T

05.61.06.51.23

:

Vos deuriâ far chifrar lo fach

qu'un

orne

de

lista, enemic

anti-reaferotge de l'insersempre

cion sociô-istorica de la cultura

d'òc,

coma

Félix Castan,

e

lo Partit Nacionalista Occitan

parlan tôt parier d'identitat
occltana.

Robèrt

Lafont

(22/06/97)

journaux.locaux se multi¬
plient. Fondé le 23 février
1995, le Figanas apporte un
ton humoristique dans
l'actualité du pays de Siagne,
dans les Alpes Maritimes et le
Var. A Saint Jory, près de
Toulouse, l'association "Les
trois

ponts" publie La feuille
de chou, "le journal qui met au
parfum..." et a pour souci
l'histoire, la culture, le sport et
la démocratie locale. Le n°! 1
de

juin 1998 anime un débat
le projet de déviation rou¬
tière lancé par la mairie.
sur

(J-M B)
Le

Figanas 102 route des

grottes 06780 St Cézaire T

:

04 93 60 81 20.
Les

3 ponts Jean-Marc
Planèze 13 i chemin du Pradel

31790 St
69.

Jory T: 05 61 35 82

fortement

ces

trois vil¬

lages sont au
départ de
tout, puisque
c'est,

à

chaque fois,
femme

une

qui les a inspirés, la
grand-mère,
la dauna, et

Marie Lubat

qui sont

Bernard Manciet et Bernard Lubat

en

-

Uzeste 1997

seul et même personnage

effectivement cette identité scé-

Bernard Lubat, le lien entre les

(cette supposition étant d'un
parti pris total). Il est cependant

mque est portée par les hommes
comme revendication d'une cul¬

deux Bernard est à

à noter que encore peu

ture et

femmes

valoriser cette culture.

souligner
(Hétéronymes). A Uzeste, un
personnage est important, il
s'agit de Marie Lubat, la mère de
Bernard qui est de la génération
de ma grand-mère et qui jette un
regard critique sur ce que propo¬
se son fils, assise, dans les
loges,
sur

Les

comme

bilingue au départ (même si
aujourd'hui l'occitan est ensei¬
gné à Langon, Bazas et La
Réole).
De plus les deux
exemples choisis se faisaient
grâce au lien de Bernard Manciet
qui reprend la langue de la
grand-mère, la dauna pour la
faire entendre sur scène, le plus
souvent en compagnie de

ce

triangle et

le fauteuil de la salle à

man¬

l'œil fixé sur la vidéo qui
retransmet ce qui se passe sur la
ger,

scène de l'Estaminet. L'occitan,
trace écrite, a été plus
important à partir du moment où
comme

Lubat est devenu lui-même le

père de Louis alors qu' il perdait
son propre père. On
peut supposer une volonté de
transmission, qui perdure
aujourd'hui par deux voix
mêlées, celle, souterraine de la
mère, celle plus fragilisée du fils.
lui-même

Bernard Lubat définit

l'épicentre base d'Uzeste comme
"Gascogne : triangle des Landes,
patrie océanique", il reprend par
là deux ouvrages de Bernard
Manciet "Le Triangle des
Landes" et "Le golfe de
Gascogne" qui placent cette
région au départ de tout.
Commensacq, Trensacq, Uzeste

fait

un

Hermine
la

de
s'exposent en scène,
Karragheuz le fit pour
scène de L'Enterre¬

mise en

ment

à Sabres. Laure Duthilleul

pour des lectures d'Eiéna.
Mariliss Orionaa chante la

langue. Marie Rouanet le fit,
ainsi que Roselina de Peira, les
Femmouzes T arrivent, mais la

plupart du temps, ce sont les
hommes qui se chargent de pro¬
pager scéniquement cette langue.
Nadau, Patrie, Perlinpinpin,
Verdier, Marti, Los Pagalhos,
Flic Flac Folk, Lubat, Minvielle,

Fabulous, Massilia. Leur impact
est peut-être plus grand car
le

comme

signale Etienne

Hammel dans
"L'occitan

son

ouvrage

Languedoc Roussillon", p.64 : "Le rapport à
l'occitan, langue en recul et outil
social

ne

en

conservant que

quelques territoires d'efficacité,
révélerait le fondement de spé¬
cialisations sexué

en

la volonté de continuer à
Comme véhicule la

priorité est donnée à la langue,
parfois la musique traditionnelle.
Ce qui est très intéressant scéni¬
quement dans le cadre d'Uzeste
est le fait que la priorité d'Uzeste
est avant tout

dans la recherche

musicale

puis dans l'intégration
d'un message politico-culturel
qui désire aller dans le futur.
Ce que l'on peut rete¬
nir de ce passage, de la grandmère à la scène, semble être lié à

notion de plaisir. Cette
langue inventée pour l'amour, ou
une

du moins revalorisée par

l'amour, choisit de chanter le

plaisir des mots, de parier
maintien d'une identité
tant

en

le
adap¬

sur

la forme traditionnelle

au

monde

d'aujourd'hui. C'est la
musique des mots qui nous ren¬
voie à nous-même et
vers

nous

porte

les autres.

attribuant
I. L.

hommes, plus tournés vers la
conservation de la langue comme
aux

outil de relations sociales et

d'appartenances à un
groupe". La plupart du temps,
marques

26

Paru dans L'Uzeste n°l

Compagnie Lubat

(Mai 1998)-

�Linha
ÍV,

Imaginòt

vr

,

Débats
3e trimèstre de 1998
moindre des soucis du Maire
non

Toulouse porte sa croix...
à douze boules
l'affaire Baudis

-

méprise. Pire, Dominique Baudis
pour "technicien de la culture"
M. Balania qui cumule le même
poste à la Mairie de Paris, il est
toujours entre deux avions rap¬
portant l'air de la capitale ce qui
sécurise Dominique Baudis dans
son provincialisme.
À la suite d'une enquê¬
a

Moretti

Michel Batlie

te

"ci chacun porte sa croix
à douze branches et à

ff Xe

1!

-douze boules" (1), une

croix de facture

saint-sulpicienne

à douze médailles

miraculeuses,

surfacturées à souhaitCette affaire de la

place du Capitole met aujour d'hui, plus que jamais, en relief
une succession de ratages dans le
domaine de la culture et plus pré¬
cisément celui des arts plas tiques. De tous temps les munici¬
palités, qui ont en général des
objectifs à court terme, ont fait
des bêtises irréparables, surtout
dans le secteur du patrimoine ;
démoli bon nombre de bâti¬

on a

ments

d'intérêt

historique

au nom

de la modernisation et de la salu¬
brité.
Du

plus loin qu'il m'en

souvienne, je me revoit, encore
enfant, un Kodak entre les
mains, photographiant la halle du
marché des Carmes
son

déboulonnage

;

juste avant
c'était sous

Bazerque. Aujourd'hui avec
Baudis II, c'est pas mieux lors¬
qu'on

remémore la descente

se

Suspendu",
notre Brooklyn Bridge, au profit
d'un pont d'opérette. C'était pas
mieux non plus sous Baudis 1er
avec son
projet raté de Compansen

enfer du "Pont

Chaque fois que notre
Maire a pris en mains un projet
arts plastiques, il a été abusé : la
donation Deney, la Fondation

mélange du grand Henri Moore
et du gros Botero n'a pas lieu de
se

trouver

avait la

réputation d'être la plus

vous aurez

rai¬

son.

Il y a

Inard transformée en Cité de

l'Espace mais à quel prix, quant à
l'École des Beaux Arts, si elle

là et

La

aujourd'hui moribonde et finira
en bureaudrome de grand stan¬
ding un de ces jours.
Malgré tout cela, notre
Maire poursuit sa politique cultu¬
relle sans aucune opposition. On
disait qu'il n'avait pas de poli¬
tique culturelle, qu'il était ignare
en la matière !... En fait sa poli¬
tique est celle du stéréotype d'un
certain "bon goût" d'une petite
bourgeoisie qui aime la musique
classique, les géraniums et les
fontaines sur les places
publiques, à la limite de "l'Art
Modeste" et ses nains de jardins,
un poncif qui a fait ses preuves
dans le grand public, les jour¬

tistes

moins d'un

Dépêche qui s'entourait d'ar¬

des années 60,

Toffoli créateur

se

maintient

une

société.

mal éclairé

Comment en est-on

de Baudis II
Maire, fort du pouvoir

arrivé là, à la Cour
? Notre

que

lui confère sa fonction s'est
myriade de courti¬

entouré d'une
sans

à l'écoute de

désirs. Comment

ses

moindres

sans

régner ne s'adjoindre que

l'oeuvre de Pistoletto

de peu d'idées, des
gestionnaires sans plus ? lors¬
qu'il fut maire, on pouvait penser
que le jeune homme qu'il était
parierait sur la dynamique de la
jeunesse, sur les cent mille étu¬

révoltent pas de peur de ne plus
avoir de chantiers et cautionnent

face

diants,

les Toulousains nomment "La

teurs

le Maire

Crotte"

pour

faux

panache...
Malgré des dizaines de
pas chaque année, tout

continue

comme

ne se

témoin cette pompeuse

exposition des dix années d'ar¬
chitecture sous l'ère Baudis qui
fut présentée aux Augustins en
octobre 92.

panorama que

les Braver,

Eolon, Ciry...
Vous

si de rien

n'était. Les architectes

;

ce

au

Conseil

me

direz que

qui trône
Régional et que

mieux ; vous
me
parlerez de cette grosse
forme de polyester sombre qui
navigua de la Région jusqu'au
Jardin du Capitole, sorte de
ne

vaut pas

l'artiste pour ses

c'était à

sans

sourciller

!

On

comprend mieux
aujourd'hui la grogne des artistes
toulousains. Non seulement
ils/elles n'ont pas d'ateliers
décents mais ils vivent dans la

précarité. Pourtant certains
d'entre eux/elles mériteraient la

gloire internationale. Ce torrent
d'argent pour un résultat si déce¬
vant leur parait comme une pro¬
vocation antisociale. Depuis des
lustres,
ne

nos

artistes ont l'habitude

rien attendre des structures

des personnes

ment

sur ces centaines de créa¬
qui ont choisi Toulouse
vivre et travailler... Com¬
ne pas avoir pensé confier

la décoration des

caissons des

arcades à 29 artistes de notre

réeion ?! C'est sans doute

27

si face aux pou¬
l'argent, de la consom¬
mation, de la médiatisation, de la
Pensée Unique, ils voulaient
résister et prouver qu'il y a tou¬
jours de la place pour le rêve,
l'utopie et l'amour des autres...
comme

voirs de

peut-il être si

immeubles

sans

plus bas.
Quant à donner 2,5 millions à

nombre s'est considérablement

mieux

envergure. I! ne manquait à

en a

résulté des devis 4 fois

agrandi,

listes, Trémois, Moretti et
Chambas, illustrateurs habiles et

sa

gra¬

officielles, d'autant que leur
Un monarque

naissance avait, architecturalement, 25 ans d'âge, et des

qui à

matière d'évaluer le coût. Il

de

mal conseillé ? A-t-il voulu pour

un

au

voté

Laugé,
qui font figure de
géants auprès de Moretti... Dans
le début des années 80 j'avais été
sollicité par le Région MidiPyrénées pour sensibiliser les
élus à l'art d'aujourd'hui, c'est à
cette occasion que j'ai pu consta¬
ter la
grande inculture de ces
personnes qui nous gouvernent,
des gestionnaires ou des mégalo¬
manes qui ne comprendront
jamais que la culture est l'action
à travers laquelle se constitue et

de calendriers et posters popu¬

:

gnés de la facturation aussi lour¬
de des travaux confiés

des artistes

Henri Martin,

Palais des Sorts

Caffarelli

émus et indi¬

se sont

Henri Marre, Bourdelle,

Alors

lorsque notre Capitoul se
met à faire sa programmation
cela nous donne de grandes
expositions insipides de Bernard
Buffet, Georges Mathieu,
peintres has been depuis le début

Dépêche, les

Toulousains

recherches,
l'appréciation du Conseil
Municipal qui a tout de même

comme

de mode, la télévision.

naux

de René Grando du 27

décembre dans La

phiste Moretti. J'ai demandé à
des artisans spécialisés en la

siècle, certains politiques étaient
amateurs avertis, tel Maurice
Sarraut, sénateur et directeur de

mauvaise de France, elle est

qui

seulement oublie mais

le

Nos artistes sont rési¬

se disent que ça ne servi¬
à rien de s'élever sur cette

gnés et
ra

affaire Baudis/Moretti

;

c'est

je me fais aujour¬
d'hui ieur porte-parole, une ques¬
tion d'éthique sociale en quelque
sorte. Étant artiste moi-même, je
ne ménage jamais mes confrères,
il faut qu'ils/elles sachent que
pour

cela

que

leur statut n'est

plus en osmose
l'époque, qu'il y a plus d'ex¬
pression que d'invention et que
avec

comptant pour rien il
n'y a de place que pour les
dans l'art

�Linha

Imaginât
Débats

3e trimèstre de 1998
domestiques et les artistes
gestionnaires.

artistes

Communiqué de

Capitoul, tu oublies la culture
occitane !

pour mon expo "Pas d'art sans liberté", chez Girard.
Le débat aura lieu à partir de 18H.30 le 4 juin 1998,

Cette croix

symbolisant
langue d'Oc, sur
cette place, fait plutôt figure de
tombeau pour notre culture et
notre civilisation qui fut si
brillante en d'autres temps, notre
le territoire de la

20 rue des Bianchers

Ben

ami Félix Castan sait si bien nous

le dire

"La culture occitane n'a

:

cessé de

se

construire et de

se

reconstruire

depuis dix siècles...
jamais cessée, au cours

elle n'a

des siècles de formuler des

mes¬

sages qui sont devenus constitu¬
tifs de la pensée européenne.
L'identité occitane s'est
définie

toujours

agent de civilisa¬

comme

tion".

Songez-vous Monsieur
le Maire qu'avec la somme du
réaménagement de la place du
Capitole qui, à ce qu'on dit, frise
les 5 milliards de centimes, vous

pouviez relancer notre culture
occitane à
retrouve

où elle

un moment

souffle ?

un nouveau

Que faites

vous

Monsieur le Maire pour cette
croix que vous utilisez comme

J'arrive de Nice à

Mais il y a
naliste

Toulouse. Je réalise cette

et,

exposition du 4 juin au 18 juillet
1998. Je n'aime plus, et surtout,
je ne veux plus, faire de l'art pour
l'art, des produits collés aux
murs, des produits pour faire des
produits, sans savoir pourquoi,
pour qui. Il me faut un débat, un
abcès à crever, quelque chose à
dire. Alors je me demande : que
se passe-t-il à Toulouse sur le
plan art contemporain ? On me
répond : rien. Faux ! quand il ne
se passe rien c' est qu" il se passe
quelque chose et pour commencer

et

Bonjour, je vais être bref.

ce

malaise

employez
quelconque logo ?
usurpation de symbo¬

comme

un

C'est là

une

le et

devrait

droit de
cause

vous

demander

copyright à

verser

à la

occitane!
Vous auriez pu

plus qu'un Capitoul si
eu

un

devenir

vous

aviez

conscience de cette identité et

de la force du "Génie

toulousain",
nous
qui rêvions de ToulouseCapitale et vous nous offrez
Toulouse-capitule devant le cen¬
tralisme de l'État français. Nous
rêvions de réussite dans

une

cité

intelligente et nous ne sommes
que les "United losers of
Toulouse" d'un système dépassé!
(1). Monsieur le Maire,
raté la

vous avez

grande porte de la postéri¬

té.

envers

Aujourd'hui
scène culturelle

peintre

Toulouse, février 1998

(1) Les citations

sont extraites d'une

chanson du groupe

Articide

nous

sur la
observons

plusieurs critiques envers l'art
contemporain et ces critiques ne
sont pas toutes de même nature.
Faire l'amalgame serait une
erreur.

Il y a

l'attaque dite poujadiste qu'on peut ramener à
l'argumentation simple : "mon
fils peut faire ça, donc ce n'est
pas de l'art, donc c'est laid".
Ceux qui font cette attaque récu¬
sent la

aussi l'attitude régio-

puisque je suis dans

une

région

que je suis régionaliste, c'est
cette dernière attitude que je vous
propose d'analyser. T invite à ce
débat tous les acteurs et pions cul¬
turels de la ville et de la

région de

Toulouse, de Navarre et
d'Occitanie.
Mais tout d'abord

ma

valeur de création.

Il y a l'attaque conser¬
vatrice élitisle : " Le beau existe,

contemporain qui véhicule du
nouveau car
veau

est

la recherche du

essentielle

ment, et donc pour

nou¬

au change¬
la survie de

l'art

contemporain lorsque ce
n'est plus novateur mais
qu'il devient une variation du
Ready Made de Marcel
Duchamp. Je suis contre l'art
contemporain quand il se réduit
aux produits d'un club de quatre
ou
cinq cultures dominantes éli¬
minant de la contemporanéité les
4.000 autres cultures qui habitent
nouveau

Il

n'y a pas de peuple
sans langue,
pas de langue sans
culture, pas de culture sans son
avant-garde c'est-à-dire son nou¬
veau.

s'ouvrir

enfin l'attaque de
contemporain envers luimême : "L'art contemporain ne
remplit plus sa fonction d'étonne ment et d'apport se cantonnant à
la variation de ce qui a déjà exis¬
té". Parfois ces attaques se rejoi¬
gnent.

Certains

pouvoirs régio¬
régions qui
possèdent une culture, une langue
qui leur sont propres (l'Occitanie,
la Bretagne, le Pays Basque, la
Corse, la Catalogne du nord,
l'Alsace, le Pays Flamand) sont
en train de prendre en grippe F art
contemporain non pas pour ce
qu'il est, mais parce qu'ils ne
supportent pas que le pouvoir cul¬
turel parisien vienne lui dicter ce
qu'ils doivent mettre aux murs,
accrocher etc
et ce qu'ils doi¬

au

monde et à toutes

ses

cultures. Pour

dépasser Duchamp
prêt à remettre F art en
question, à devenir le lieu et
l'espace de sa propre interroga¬
il faut être

..

vent

1-

Qu'il

ne

s'agit

pas

de leur cul¬

2-

Que cette culture, dite
"d'avant-garde" leur est imposée
comme les missionnaires impo¬
saient leur Dieu aux peuples pri¬
mitifs.

Que cette culture sert à infério¬
créativité.
4- Que les défenseurs de cette
avant-garde passent sous silence
tout ce qui n'est pas passé par
3-

riser leur propre

Paris.

limites de l'art.

sans

28

l'impression "en

:

ture

5-

aujourd'hui de remettre F avantgarde en question en tant

penser.
Ils ont

vrac"

tion c'est-à-dire à chercher les

L'avant-garde est

les

et surtout

naux

le monde.

battre."

l'art

ma position
qui concerne le conflit cul¬
turel région / Paris qui com mence
d'apparaître en filigra¬
ne. A l'intérieur des régions
aujourd'hui, des clans se for¬
ment, des questions se posent.
en ce

Les faits

Je suis pour l'art
contemporain lorsqu'il cherche,
d'une part à dépasser Duchamp
et, d'autre part, quand il veut

valeurs

Voici maintenant

Je suis pour un art

esthétiques et morales et
là où ces valeurs n'apparaissent
pas c'est la laideur qu' il faut com¬

il est contenu dans certaines

qu'avant-garde. Voilà ma position
par rapport à l'art contemporain
en
général.

position

toute communauté. Je suis contre

II y a

M. B. artiste

T art contempo¬

rain.

votre écu et que vous

on

presse

Que cette avant-garde mouline
débat, et encule des mouches

oubliant que
synonyme

culture doit être
de bien-être.

�Linha

Imaginòt

Débats
3e trìmèsíre de 1998
6-

Que cette avant-garde est une

histoire de "cuisse de

Jupiter",
trouvant à Paris rue

Jupiter

se
Valois et la cuisse étant celle du
ministre de la Culture et de

suite

sa

parisienne qui dicte à toute

la France le

nouveau

à aimer

etc... etc.

7-

Qu il y a une élite à Paris qui

se

croit détentrice de la culture

avec

un

grand C persuadée

d'avoir été investie de la mission

d'apporter la Grande Culture

aux

"sous-élites et sous-cultures".

Que le discours culturel peut
devenir oppresseur selon ce
qu' on entend par culture, qui la
contrôle, à qui on impose la cul¬
ture, qui on gave de culture
9- Qu'il peut y avoir la mayon¬
8-

..

naise culturelle, le rouleau com¬
presseur culturel, le parisianisme
nombriliste culturel avec, pour
faire avaler l'ensemble, des communicateurs culturels.
10-

Que le pouvoir culturel pari¬
sien déteste les cultures (occita¬
ne, basque, corse, etc...). Chirac
dit le mardi : "oui, je suis pour la
charte des langues minoritaires"
pour avoir le look local et bien
sûr, trois jours plus tard, le
Conseil d'État dit non.
Que la culture est devenue
un bateau, une bonne affaire, une
sauce électorale, un discours
11-

pour

adjoint à la culture, un refu¬
celui qui ne sait pas quoi

ge pour

dire, une façon de se faire mous¬
ser, d'avoir l'air bon, supérieur.
12-

Que cette culture venue de
use envers les régionaux
d'un ton péjoratif intolérant et
liberticide, interdisant au nom du
"Saint Esprit" qu'on puisse vou¬
Paris

loir discuter et débattre du droit

sentation de la culture universel¬
le centraliste et

parisienne.
13- Que si une région cherchait à
défendre son propre patrimoine
linguistique, Paris décréterait
aussitôt que c'est archaïque,
rétrograde et fasciste.
14- Que la culture est devenue
une histoire de gros business tels
le RMN (Réunion des Musées
Nationaux) ou Flammarion, les
boutiques des musées..., etc. Des
tas de questions se posent : la
queue au Louvre, les cartes pos¬
tales ça rapporte à qui ? Ça
endort qui ? Est-ce que l'État
prend les artistes

pour

différemment les

peuples

basque

ou corse qui veulent
retrouver leur langue et leur cul¬
ture

que

jxyx

y

le peuple des Chiapas.

Leur universalisme cache

un

impérialisme culturel.
Voilà les

points qui
positions

schématisent certaines

j2

régionalistes.

(ỳjCW* í4K\£

Voici maintenant

ce

que pour¬

d'une culture centralisée

douze lettres de mendicité, de
caisses, d'assurance, de gants

toucher les tableaux, etc...,
et qu'à l'inverse, quand c'est la
région qui prête, ils prennent à
peine le temps d'emballer le
pour

tableau.
16-

Qu'il y a trop de monde qui
qu'il est naturel que ce qui

pense

est beau

tout ce

se

décide à Paris et que

qui vient de la province

archaïque et désuet.
17- Que deux siècles d'oppres¬
sion jacobine ont créé chez les
est

responsables culturels régionaux
complexe d'infériorité dont
ils n'arrivent pas à se débarras¬

un

ser.

18- Que nombreux sont les
artistes régionaux qui pensent

qu'il existe un système mafieux
de copinage et de réseaux pari¬

de "est branché

pas à par¬
tir d'un critère de créativité mais
nôtres

CÏH IfitUE

tent

15-

Que l'attitude des Musées
péjorative et hautai¬
ne envers les régions et
lorsqu'un musée régional
emprunte une pièce à Paris c'est
une histoire incroyable avec

intel¬

répondre les tenants

Parisiens est

més les

esr

ces

raient

siens sélectionant

miXE|

peuples n'intéressent

lectuels que lorsque cela se passe
loin de leurs frontières et ils trai¬

à lait?

d'une commune, d'une région,
de ne pas accepter les yeux fer¬

représentants et la repré¬

des vaches

Mais bien sûr pas de culture ni
de langue. La libération des

non

ou

pas, est

des

1- La décentralisation culturelle

serait

catastrophe, ce serait
à des roitelets
despotiques qui récuseraient
une

la porte ouverte

l'histoire de l'art et instaureraient
leur goût personnel. Leur goût
personnel étant la plupart du
temps un goût dépassé, ils
feraient reculer leur région de 50

Ma

position sur le conflit cul¬
Région / Paris

turel

Il

ans.

2-11 est naturel que Paris attire la
création : c'est une grande ville
de

plus de 10 millions d'habi¬

nouveau,

qu'il y ait un
ministère de la Culture et qu'au

refuser l'idée du

soit

les détenteurs du

3- II est naturel

nom

de l'unité nationale

ce

le rôle de

promouvoir la culture
dominante française.
4- La France ne doit pas se dis¬
perser.
5- II est naturel que la direction
de la Culture soit à Paris et que
ce

soit elle

qui décide de ce que

doit être la culture

en

France et

pas les régions.
6- Ce serait ridicule de revenir à
des cultures

régionales qui
vers le passéis¬

Il

"art du

goût et du décoratif'.

Il ne faudrait pas être
l'avant-garde (idée du
nouveau) mais contre les tenants
d'une avant-garde qui ostensible¬
ment n'acceptent pas le nouveau
régional.
contre

Il faut

au

contraire que

les

pouvoirs régionaux prennent
conscience de l'importance du
nouveau et
qu' ils le revendiquent
pour leur région et combattent la

écoutent les conseils de gens

riorité dans

machette.

plus expérimentés sur le sujet.

culturel

Que pour l'intellectuel pari¬
sien la "région" en France a une
fois pour toutes une coiffe en
dentelle en Bretagne, un fusil

faudrait pas que

se retrouvent sur

me.

L'intelligentsia parisienne a
plus d'expérience que les nou¬
veaux adjoints à la culture et
c'est naturel que ces derniers

on va

défense de la tradition et d'un

iraient fatalement
7-

ne

donc

nouveau

pouvoir culturel
la
défensive en position de repli et
uniquement tournés vers la
régional

pas" et cela ils le sup¬
portent de plus en plus mal.
19- Que la défense de la culture
et la langue francophones contre
la culture anglophone au Rwanda
ça fait 800.000 morts tués à la
ou

faudrait pas que

régionalistes schématisent et
disent : tout ce qui vient de Paris
et du Nord nous est présenté
comme

tants.

ne

les

situation de frustation et d'infé¬

laquelle le pouvoir
parisien les a placés.

20-

sous

l'oreiller

en

Corse,

Le débat

spécifiquement tou¬

lousain
Ceci dit si

un

débat

on

transfère

théorique en réalités
pratiques dans une région cela

ce

accent dans le Sud etc...etc...

29

�Linha

Imaginòt
Débats

3e írimèstre de 1998
donne des

cificités de la culture occitane

dont pour

d'aujourd'hui ?
Pourquoi n'y a-t-il

...Cortetas...Cortetas... i

questions concrètes
Toulouse : questions
qui sont en l'air et que j'entends

Pleur de vie est un

spectacle
quatre loulous utilisent
une palette complète de senti¬

-

nord de Toulouse

tendresse, drôle¬
rie, rêverie...) et nous trans¬
ments (rire,

-

Y a-t-il

Faut-il être pour ou contre
Moretti ? Est-il décoratif ? A-t-il

Désiré.

comme ce

et à l'art mexicain par

:

d'une part un

avons

mourir, la solution est politique

Quel doit être le rôle d'une
qui..., dont
on dit souvent qu'ils sont mori¬

Une des

d'une

exposition sonore
parlers d'oc et d'oïl
région. Parmi les per¬
pressenties pour

les

dans la
sonnes

bonds ?

occitan et

Pourquoi le centre d'art a-t-il
Labège Innopole
et pas dans la ville même ? N'y
a-t-il pas eu gaspillage ?

oecuménisme culturaliste univer-

-

été construit à

-

Le

nouveau

musée des abattoirs

constituer le comité scienti¬

sera-t-il

fique

ché international de l'art acadé¬

:

Jean Sibille, Christian

Lauranson-Rosaz, Christian
Mérilier, Jean-Baptiste
Martin, Jeanne-Françoise
Vincent,

Philippe Martel...

une

succursale du

mique d'aujourd'hui
ficelles tirées de
rel

tête pensante

Clair Vivre,

soit propre

Cedex, T
Fax

:

04 71 48 19 63

:

mar¬

les

cultu¬
une

faut-il éviter tout militantisme
un

saliste (comme semblent le pro¬

deux
positions puissent être clairement
mises à plat pour savoir ce qui,
dans la défense d'une langue,
d'une culture, d'une avant-garde
est politique et ce qui ne l'est
-

parles qui "cultive universaliste".
Il pense le contraire de moi.
2) Sur l'art, je ne pense
pas comme Castan.
3) Y en a marre de tes
provocations qui ne cachent que
ton manque

de lectures sérieuses
général, (as-tu lu ModernitéModernité de Meschonnic) ? Et
en particulier des
gens que tu
cites sans jamais les citer.
T'es un gentil garçon,
je t'aime bien, mais va te faire
en

voir....
C. Sicre

pas.
-

Affûtez

rez vos

-N'y a-t-il pas moyen d'imaginer
Toulouse un musée d'art
contemporain contenant les spé¬

persévérer dans

poser Sicre et Castan) ?
Il serait positif que ces

originale qui lui

?

1) Par ailleurs, je ne
le Sicre dont tu

connais pas

vos arguments, prépa¬
questions et en toute tolé¬

rance venez

débattre.

pour

Régionalisme. Pour relancer
sa

avec

consensus

parisien ? Ou aura-t-il

Ostal occitan, BP 602, 9 Cité

15006 Aurillac
04 71 64 34 21,

langue occitane de

école des Beaux-Arts

?

-

en

d'accord....

-

(prise de conscience de la néces¬
sité d'un programme de mesures
sur le plan des médias, des
écoles, de l'enseignement), ou

une association pour
la reconnaissance et la pro¬
motion des
parlera popu -

sur

Michel
grande
expo consécratoire à Toulouse ?
Est-ce que si on veut empêcher
la culture et la

Ferrand

niqué. Beaucoup de choses inté¬
avec lesquelles je suis

ressantes

nel.

contre

Bien reçu ton commu¬

USA ?

M. Baudis

été constitué à Clermont-

l'association serait la constitu¬

Mexique
rapport

Comment se fait-il que
Batlle n'ait pas eu une

maire

Auvergne. Le 6 juin dernier a

région Auvergne.
premières action de

cas au

-

?

Nous

qui a son goût person¬
Pourquoi pas ? Doit-il
l'imposer ? Faut-il être pour ou

02.51.51.46.14.

tion

aux

fut le

à Ben

inféodée à Paris

cabale de la part

-

02.51.51.43.85 Fax

non

de la

ce

Payré. T:

Réponse

envisager l'émergence
culture contemporaine

occitane et

-

Benoît
Audineau. La Routière 85240
Salade d'Histoires.

laires

d'une

personnalité ? Subit-il une
des milieux
artistiques parisiens ?
Baudis impose Moretti, Paris
impose Buren. Où est la différen¬

Propre, Julien, Zoé, la prin¬
cesse des temps modernes, et

de Saint-

Peut-on

-

-

la mère Zirou, Monsieur

ou

Cyprien ?

spécificité contem¬

une

poraine toulousaine et occitane ?

portent du quotidien à
l'imaginaire. Il y a Abel le
rebelle, le rappeur du village,

Foussain

pas un art

contemporain issu des quartiers

où

Ben 98

diffusion, lo "mensuau

bilingue d'informacion occitana Aquò d'aquí " donne la
parole à Robert Lafont dans
son

numéro d'avril

serait intéressant que

offre

une

1998. Il

la

revue

Proposition
onti-phobouiigone

tribune à d'autres

points de

vue que le régiona¬
lisme et le nationalisme occi¬
tans.

(J-MB)
Aquò d'aquí, 21 Rue de
l'Imprimerie, 05000 Gap

Europe. Le 1er mars 1998 est
en vigueur la
Charte
européenne des
langues
régionales ou minoritaires. Le
entrée

texte est mis

en

oeuvre

en

Finlande,

Hongrie, Norvège,
Pays-Bas, et Suisse. Plusieurs
pays ont mentionné leur
intention de ratifier la charte

dans les deux prochaines
années

:

Allemagne, Espagne,

Italie, Slovénie. Pas de
velles de la France.

nou¬

(J-MB)

laisse que

la bière et la violence comme refuge.
Pourquoi Toulouse n'aborderait-elle pas
le problème autrement que par la peur (il faut de la
prudence), le refilage du bébé à d'autres merci du
cadeau ("qu'ils aillent ailleurs !") et les discours de
ne

bonne conscience ?

Je trouve
extrêmementdesages
les mesures
décidées
la Municipalité
Toulouse
et la Préfecture
par
face à la

hooligane des prochains jours.
Néanmoins, il me semble que nous (toulousains)
pourrions tenter, à côté de ces mesures, en plus, une
opération d'un autre typeCar qui sont ces hooligans ? Affreux,
sales et méchants dit-on. Racisme, xénophobie,
idéologie nazie. Certes, mais comment pourquoi ?
Les hooligans sont les plus exclus des exclus de
l'Angleterre tatcherisée, fils de petits-fils de chô¬
menace

meurs sans

R.M.I. et

sans

branches culturelles

Les accueillir. Avec un max de prudence
(professeurs de judo, rugbymen, policiers en civil).
Leur offrir des places devant écran géant. Organiser
un

match amical. Tenter de discuter

avec

certains.

Autre chose à inventer. Leur montrer que

tolérera

aucune

l'on

ne

violence, mais qu'on les considère

des êtres humains. Et

qu'on sait différencier
changent-elles en bourreaux occa¬
sionnels, des véritables responsables de la misère.
comme

les victimes, se

Claude Sicre

aux¬

quelles se raccrocher, manipulés par un nationalis¬
me
plus ou moins virulent de la majorité des élites
de leur pays... Méprisés par tous, partout. À qui on

30

Comment ?

(Courrier des lecteurs pour La Dépêche (06/98)

publié mais repris à Sud-Radio)

-

non

�Linha

Lettre

un

occitan

Imaginôt

à
nationaliste

:

Domergue Sumien
Jean-Marc

Buge

J} ai reçu la dernière livrai¬
son

du CROC* et je

suis

touchons du

raisonnement,

plutôt agréablement sur¬
pris par cette volonté de débat.

ton

Elle est très

indépendante" qui est en
revanche le pur fruit de l'imagi¬
nation et dont on ne voit pas le

chez les natio¬

rare

nalistes. Alors

profitons-en.
Dans ta réponse à

mon

croches à

une

tu te rac

début du commencement de réa¬

lourdeur de la

Les Occitans ont la faculté, le

"Bien entendu, l'Occitanie doit
aider la France à
et

s'ouvrir

nation

:

"décoincer"

le

pluralisme cul¬
suffira pas à
problème de la domi¬

sur

turel. Mais cela

résoudre le

se

ne

l'Occitanie

a

lisation

rier

le
nationalisme en Occitanie, je
répondrais : "Pourquoi faudrait-il
le faire passer ?" C'est comme si

effets des actions

sur

la

une

J-M B

Imaginôt FAIT de la
politique. Elle est au coeur de la
vie de la cité. Elle fait bien plus
de politique que beaucoup qui
sont sensés

en

faire. J'ai

le terrain qui permettent de
comprendre comment fonction¬
nent un pays, des personnes, des
idées, pour voir le rôle que peut
y avoir la langue et la culture
occitanes. Et puis la lecture de

nalistes partent d'une idéologie
préétablie (la fameuse "Occitanie
libre et indépendante" venue
d'on ne sait où) à laquelle ils rac¬
crochent tout ce qui se passe
dans la société et vers laquelle ils
essaient de faire converger leurs
actions et leur parole, alors
qu'une démarche anticentraliste
et antinationaliste prend le
contrepied des phénomènes qui
ont privé des personnes de leur
langue, de leur culture et de leur
reconnaissance, en partant de

façon de faire

passer

outil

qui

ne pourra pas

un

servir

(comme proposer un vélo à quel¬

qu'un qui n'a

pas

de jambes)

alors que tu as

tous les livres et de toutes les

opinions. Ce

que ne

font

pas

les

nationalistes, de peur d'être
remis

en

question.
Si la Linha

démocratie culturelle respec¬

Imaginôt

tant les identités sont ou seront

est

antinationaliste,

ce

obligés d'y venir, sauf à rester
superficiels. Il y a des situations
et des rapports de force que nous

de

façon primaire

comme tu

l'écris, mais

au

n'est pas

contraire parfai¬

tement réfléchie. Cette attitude

celles-ci et

31

en

nous :

on

the Linha

de

pensée et d'action à partir
qui repren¬
nent à rebrousse-poil tout ce qui
a pu être mis en place par les
premiers phénomènes. Cette der¬
nière démarche implique que
mas

La Linha

nationalistes et

sur

conséquences que cela peut avoir
et qui sont aujourd'hui très diffi¬
cilement quantifiables. Les
concepts mis à jour sur la Linha
Imaginòt sont sans équivalent et
remettent tout à plat. Je pense
que tous ceux qui militent pour

conquis

contacts tous azimuts et l'action

la

voulais absolument utiliser

mis de créer l'Institut de forma¬
de France), avec toutes les

a

culturellement".

à côté d'autres
façons de faire performantes. Il
n'y a pas de secrets ni de solu¬
tion prédigérée. Il n'y a que les

sur

tu

l'ensemble des langues

qu'elle

l'impression que tu en parles
sans savoir ce qui s'y passe. Et
au train où vont les choses je suis
personnellement persuadé qu'un
ou plusieurs partis
politiques
s'inspireront un jour de la Linha
Imaginôt. Mais les choses ne
sont pas encore assez mûres au
regard de l'histoire séculaire
française (formellement la Linha
Imaginôt n'a que 8 ans). C'est
toute la différence dans la façon
de faire de la politique entre les

française. La culture
occitane a le pouvoir de faire
bien plus que "décoincer" la
France. Elle a le pouvoir de faire
sauter un verrou unique au
monde et elle est la mieux placée
pour le faire (par exemple ce
n'est pas un hasard si ce sont les
calandretas occitanes qui ont per¬
tion pour

-

que

quement ce

Quand tu t'interroges

Il est clair (et ton cour¬
Robert Infont le confir¬

une

écri

la
"Linha Imaginôt
est incapable de
prolonger politi¬

re.

d'indépendance."

société

vant

pouvoir, la possibilité (au choix)
se faire respecter sans avoir
d'"Occitanie libre et indépendan¬
te" (dont je ne vois pas ce que
cela recouvre) qu'ils sont en
revanche incapables de construi¬

besoin de

me) que tu ne te rends pas comp¬

erreur en

de

dans ton courrier à Robert Lafont

te des

Tu
commets

(depuis dix siècles...).

liberté et

avec

re.

-

"Occitanie libre et

article**, il y a un passage fort
intéressant qui montre bien la

pensée nationaliste
empêchant de discerner ce qui se
passe réellement dans la société :

dictée par dix
siècles d'histoi¬
est

doigt chaque jour

dans l'action et le débat. Dans

de

ces

toutes

constatations

les solutions

connues

sont

pas

les

moyens d'action se découvrent
au fur et à mesure que se déve¬

loppent des synergies. Suivant ce
principe il est difficile d'explici¬
ter exactement ce vers quoi on
va, mais il est sûr que l'on
construit
des bases

une

nouvelle société

démocratiques,

tueuse des

sur

respec¬

identités.

J-MB

les natio¬

élaborant des sché¬

ne

à l'avance, mais que

P. S. : A propos de ton
"Nationalistes et ouverts

titre
sur

le

monde", n'oublie pas que JeanMarie Le Pen est ouvert à tous
les nationalistes du monde

(certes plutôt hors de l'hexago¬
ne).

*Corrent Revolucionari Occitan
**"Le nationalisme, handicap pour
l'identité occitane" publié dans la
revue

du CROC:

Juillet de 1998.

Har / Far

n°9.

�Linha

Imaginòt

La

François Auguste Biard,

__

abolit

France

«

Abolition de l'esclavage

»,

27 avril 1848. Versailles.

'histoire de l'abolition de

ment dominer ;

l'esclavage colonial ne fut
jamais simple et linéaire

surtout au XVIIIe siècle que la
montée de l'antiesclavagisme

et, à la veille de cet anniver¬
saire, il est bon de rappeler par

tible de remettre

quels processus historiques
complexes, la décision irré¬

noms

versible de 1848
ment

a

été finale¬

prise.

prit

une

mais

consistance

ce

fut

suscep¬

en cause

la

légitimité de l'esclavage. Les
les plus illustres du
siècle des Lumières ouvrirent

une

brèche,

en

détruisant les

Le consensus européen jus¬
tifiant moralement la traite

fondements philosophiques et
moraux de la traite : Montes¬

négrière et l'esclavage ne fut
jamais total. Par-delà ce
silence officiel, il y eut des
consciences pour dénoncer
l'horreur de ces pratiques et en

quieu, Rousseau, Voltaire,
Turgot, Condorcet. Au tour¬
nant des années 1770, la radicalisation des prises de posi¬
tion se fit sentir, des auteurs
comme Mercier, et
surtout
Raynal et Diderot, prophéti¬
sant la prochaine liberté des
Noirs, par la voie d'insurrec¬
tions armées qui détruiraient
le pouvoir colonial lui-même et
proclameraient la liberté des
colonies,
au
prix
d'un
effroyable massacre des

demander au moins la lente
humanisation », voire la
«

suppression plus
rapide.

ou

moins

Au XVIe siècle déjà, Bartolomé de Las Casas avait, en

partie, ouvert la voie à
remise

en cause

une

du droit que

les Européens s'étaient arrogé,
de réduire à la servitude les

peuples qu'ils pouvaient aisé¬

Blancs...

Enfin, ultime étape
32

vers

une action politique, des socié¬
tés antiesclavagistes se for¬
mèrent à la fin des années

1780, aux Etats-Unis, en
Angleterre et en France. A la
v

veille de la Révolution la
Société des amis des Noirs
avait largement contribué à
faire connaître les réalités
coloniales.
Sans
jamais

les révoltes, elle fut
partie prenante du mouve¬
ment d'ensemble qui ébranlait
le système colonial tout entier.
En effet, les esclaves ne
s'étaient jamais résignés à
approuver

leur sort : toute l'histoire des
colonies de plantation est pro¬
fondément marquée par une
succession ininterrompue de
révoltes serviles. Cette chaîne
des insurrections a été l'une
des composantes majeures du
processus qui finit par imposer
la destruction de l'esclavage.

La fin de l'esclavage ne fut
donc pas le fruit d'un acte

�Linha
Lecturas

Imaginòt

3e trimèstre de 1998

législatif unilatéral issu de la
métropole. En 1789, la France
révolutionnaire avait proclamé
les droits de l'homme, mais
n'avait pas étendu l'application
des principes égalitaires à ses

sein de la Société de
chrétienne, majori¬
tairement composée de pro¬
testants. Après 1830, deux

piques,

éléments

conserver

les colo¬

nies contre

l'Angleterre et par¬
tiellement relayée par les anti¬
esclavagistes de France,
accéléra l'émancipation géné¬
rale. Le 29 août 1793, la
liberté générale était procla¬
mée à Saint-Domingue ; le
décret voté par la Convention
le 4 février 1794, à Paris cette

fois, prononça l'abolition pour
toutes les colonies françaises.
C'était le premier acte émancipateur décidé par une puis¬
sance

coloniale. Il resta

suite, appliqué

sans

Antilles
restées françaises (SaintDomingue, Guadeloupe et
Guyane), il ne le fut pas en
Martinique, passée à l'Angle¬
terre, ni aux Maseareignes,
solidement contrôlées par les
colons... La fin de la Répu¬
blique et l'avènement de Bona¬
parte, huit ans plus tard,
aux

mirent un terme à cette pre¬
mière liberté des esclaves : le

décret du 20 mai 1802 réta¬
blissait l'ordre esclavagiste
antérieur à 1794, replaçant les
Noirs dans la servitude pour

près d'un demi-siècle.
La réorganisation

du mou¬
antiesclavagiste fut
lente. Les régimes autoritaires
qui se succédèrent après 1800
vement

lui étaient évidemment pas
favorables. Après 1815, le
contexte international avait
ne

changé. La traite négrière
était désormais interdite par
les traités entre puissances et
le mouvement antiesclava¬

apparu¬

d'abord l'avènement au
pouvoir politique des libéraux,
intellectuellement hostiles à

l'esclavage, mais avant tout
soucieux de ne pas porter
atteinte aux intérêts en place,

..

militaire de

nouveaux

rent ;

colonies : les Noirs demeu¬
raient esclaves dans ces terres
lointaines qui faisaient la pros¬

périté des ports de la métro¬
pole. L'insurrection générale
des esclaves, à partir de l'été de
1791, conjuguée à la nécessité

au

la morale

puis l'abolition de l'esclavage
dans les colonies anglaises, en
1834, qui faisait de la France
un
pays en retard en ce
domaine. La fondation, la
même année, de la Société
pour l'abolition de l'esclavage
ouvrait une nouvelle étape
dans un processus. Cette fois,
c'était au grand jour que le
combat était mené, avec la
référence anglaise pour cau¬
tion. Il fallut pourtant attendre
encore huit années
pour fran¬
chir le pas. Le régime de
Louis-Philippe se révéla inca¬
pable de prendre une décision
et

se

laissa immobiliser par

minorité conservatrice.
Pour abattre l'esclavage, il
fallut une nouvelle révolution

politique

France. La
seconde République renoua
aussitôt

en

avec

leur tour
1848

le

Vous êtes pourtant en position de force pour faire

bougerles choses; qifattendez-vous?
Frapper du poing sur la table, je l'ai fait. Les gens
en place aiment tellement ce
qu'ils ont qu'ils ne
sont pas prêts à
lâcher du lest. Pour avoir droit à la
parole, j'ai dû gagner la Coupe Davis, puis la Fed
Cup. Gueuler, c'est aussi une manière de se décul¬
pabiliser. Là, j'avale, je digère, je courbe l'échine. Je
me bats. Ce qui
me crispe le plus, c'est la solitude
dans ce combat-là. Prendre le pouvoir à la fédé, ça
m'intéresse pas: les cocktails, les belles voitures, ça
n'est pas mon truc. Je ne suis pas comme eux, je
n'ai ni le même langage ni les mêmes habits. Moi,
je carbure à l'énergie. Mon but, c'est d'avoir une
action sociale, au quotidien, loin des coups, des
médias.

celle de l'an II

Rigolo non. Noah devrait écouter "Coupés du Monde"
(Sony-Libé) des Fabulous, il comprendrait mieux où il
n'ira jamais. (C.S.)

en

en

insurrection.

accomplissait ainsi les

espoirs restés inassouvis des
Lumières et de la Révolution.
Le processus était arrivé à son
terme ; la condition servile
était anéantie dans les colo¬
nies. Il restait à mettre en

place

une

fondée

sur

société nouvelle,
l'égalité des races et
sur l'intégration des nouveaux
citoyens à la sphère publique.
Nous savons, 150 ans plus
tard, que l'égalité juridique à
elle seule n'opéra pas cette
mutation en l'espace d'une, ni
même de deux générations... ■

principalement sous
philanthro¬

Marcel Dorigny
Université de Paris VIII

mouvement n°51

(Août-Septembre 1997)
Ligue française de l'enseignement et de l'éducation permanente
en

intérêt. Le plus remarquable c'est l'extrait suivant (je
répète après la couverture en très grande photo plus les
pages 2 et 3 entièrement à lui consacrées) ;
sans

prononçant l'abolition immé¬
diate, au moment même où les
esclaves de la Martinique et de
la Guadeloupe entraient à

couvert d'actions

Les idées

de Noah dans Libé du 23/24 mai. "Demain ce sera
le tennis des cités, le Jordan du tennis "; Rêve
compensa¬
toire d'un petit bourgeois isolé de la vraie vie.
Utopique et

une

giste reprit lentement son
essor,

Deux pages entières plus la couverture sur les projets

33

Commentaire

:

Beaucoup de palabres pour quand même recon¬
naître, discrètement, que la Convention a libéré les
esclaves une fois qu'ils s'étaient libérés eux-mêmes...
Pareil en 48. On rigole de la phrase "1848 (pour
pas dire les esclaves) accomplissent les rêves restés inas¬
souvis des Lumières et de la Révolution" (on les assouvit
les rêves, ou on les réalise quand on a le pouvoir ?).
Le retard sur les colonies anglaises est aussi
noté, ce qui est un grand progrès. Jusqu'ici on entendait
toujours parler du rôle pionnier de la France des Lumières
(en 89 ils ont dit ça sur tous les tons, à la télé, à la radio,
dans les journaux...).
Bon, c'est intéressant. Mais vaut mieux lire de
bons livres.
C. Sicre

�Kofi

Yamgnane, député ou

Finistère

:

extrait de l'intervention au

congrès du Parti Socialiste du 21

au

Commentaire : Les propos de Kofi Yamgnane sont généreux, mais
lorsqu'il s'agit de passer à la pratique, les dérapages apparaissent vite.
Kofi Yamgnane devrait savoir, lui qui est payé pour être au service
des citoyens, que la culture et la décentralisation, c'est justement la
pluralité des acteurs et des expressions. Si c'est bien de culture dont il
parle, c'est à lui d'écouter et de comprendre. La condescendance avec
laquelle il traite ses interlocuteurs éventuels laisse mal augurer de ses
entreprises. (J-M B)

23

novembre 1997.
"... Cette évolution que

j'appelle de mes voeux nécessi¬
part des mouvements dits régionalistes,
plus d'homogénéité et de clarté pour que les représen¬
tants élus puissent débattre et avancer avec des interlo¬
cuteurs crédibles puisque représentatifs..."
terait aussi de la

FÒRA

D.R.A.C.

DfÒC!

Il y a la Culture Mac Do à la T.V. et dans les médias,
Il y a à Toulouse l'inculture avec l'affaire Baudis/Moretti
mais pire que l'inculture, il y a la Culture d'Etat.
La DRAC (Direction Régionale
des affres
montre di_J:-on son nez sur la marmite

de

1'Occitanie,^reniflant

Songerait-elle

a

se

Culturelles),

de bonnes odeurs
une jeunesse, elle, qui

refaire

les ministères de l'éducation et de
est le fer de lance du centralisme et du
les cultures autres que le
français ?
Les fonctionnaires
avec

l'intérieur,
mépris pour

dp culturellement correct sentent
bien que leur Ministère de la Culture est
exangue
qu'il ne sert plus à rien pour ce qui est de la création

vivante, mais ils continuent a prolonger
betemenfc la politique des "coups" et au star
systera,
a la botte du marché
international, aidant, si ce rrest
programmant, des projets qui ne prennent jamais en compte
la réalité de la Culture Occitane; ainsi avons nous
droit en ce moment au
"Printemps de Cahors" .festival de la
jet-set parisienne dont le but est sans doute d'éclairer
les
aborigènes d'un si beau pays", que nous sommes !
Les

DRAC, telle quelle sont n'ont plus rien à faire

Occitanie; elles doivent
dans leur

capitale,

"

Commentaire

nous

LES

laissant la gestion des fonds publics.

CARAVANES VEULENT LE RESPECT "

:

tract.

mais

tract n'est pas signé ;
mélange tout, MacDo, Moretti, la DRAC, comme
si tout le monde était
ligué contre la culture occitane, comme si
Baudis était okey avec la DRAC, comme si la DRAC avait soutenu
l'opération Moretti, comme si la DRAC soutenait MacDo, comme si
-

-

il y

avait

ce

mais il

un monstre à cent têtes, comme si les choses étaient si

simples...
mais

qu'a à voir Henri Michaux là-dedans ?
qu'a à voir ce tract avec la manif du 6 juin ?
mais qui est ce "nous" à qui la DRAC doit laisser la ges¬
tion des fonds publics ?
-

-

mais

0

„ilaflf

ne

vVifH P* m#

Henri Michaux

mais qui, quoi, quand, où, comment, pourquoi ?
Confusionnisme, simplisme. Et radicalisme verbal de ceux
qui n'entrent jamais concrètement dans l'arène du politique (par
l'éthique, l'artistique, le civique ou autre) et qui restent dans la poli¬
tique politique la plus caricaturale, donnant raison à ceux qu'ils pré¬
-

Nous sommes bien okey avec certaines critiques contenues dans
ce

TOTIS A TOLOSA

en

faire leurs valises et rentrer

tendent combattre.
Les chemins de l'enfer sont

pavés de bonnes intentions.

Au lieu de faire du Ben

jeune, ils devraient explorer les
vraies pistes qu'ils tiennent :
par exemple ce printemps de Cahors,
critiquable à juste titre, qu'ils l'analysent, qu'ils donnent un article
conséquent à la Ligne. Publié, livré aux responsables et acteurs, ce
pourrait avoir du poids.

-

C. Sicre

34

�-ÌHifc VJ fviil
Collines

et

-ÌJ?!"! ffi ^

Le plurilinguisme
selon Claude Hagège

Vallées

(journal bimestriel de liaison et d'informations du
bassin de vie Bretenoux-Biars Lot). Buge en a déjà parlé, j'en redis un
mot : c'est original, ça mélange tout pour s'enraciner, des nouvelles très
locales et combats avec de bonnes ambitions et les pubs des commer¬
çants locaux et le sport et le rap (cf l'article ci-dessous) et de l'occitan là
ils devraient faire gaffe au patriotisme et présenter aussi les choses avec
d'énormes ambitions encore plus qu'ailleurs sinon ça risque, bon ils
nous font deux hommages en couverture du n° 3 Ma ville est le
plus
beau park, et la citation sur la province. C'est sympa, moi je leur dis il
faut une théorie de la décentralisation pour un journal décentralisé il
-

"Oourquoi les Français se
JL
croient-ils peu doués
les langues,

pour

ce

qui les

conduit souvent à ne pratiquer

la leur ?

s'interroge le
linguiste Claude Hagège.
Pour que les Français modi¬
fient la réputation qu'ils se
que

»

donnent, il suffirait, estime-til. qu'ils considèrent leur lan¬
gue

différemment

et portent

regard

leur cultu¬

autre

un

sur

re.

doit être décentralisateur lui-même donc interview de Castan et le reste
dans tous les articles. Ciao. (C.S.)

«

Toute

langue, dit-il.

est

intéressante par son contexte,

miroir d'identité

comme

culturelle

Le

'r

et

politique. Aussi,

le

français, qui s'est imposé
contre les langues régionales
réputées jadis ennemies de la
Révolution, était répandu en
Europe au XVIIIe siècle. De

Rap est-il mourant ?

ghetto ! Que personne n'écoute
cette musique, qu'elle reste under¬
ground ?... Ecoute petit, j'aurais
qui hurlent dans le fond : Comment préféré que cela marche tel quel,
tu peux dire que le Rap est mou¬
sans rien changer. Le Rap est à la
rant alors qu'il prend justement de
base une musique à textes,
l'ampleur, dans sa popularité et contestataire, pas de la varièt'.
dans les ventes... Et, inconsciem¬
Bien sûr quelques groupes restent
ment, ce jeune à la voix enrouée standtall, entiers. Des noms ! des
vient de tout dire : "dans les
noms !... OK. Alors pour la France,
ventes"... Et oui, malheureusement on peut parler de Fonky Family,
ce qui est vrai il y a quelques
Oxmo Puccimo, D. Abuz Systèm,
années l'est encore (sinon plus ?).
Fabe, Assassin, plus d'autres
L'argent pourrit les gens, j'en ai le petits groupes pas encore conta¬
sentiment, comme dirait l'autre. En minés. Pour les States, les origi¬
effet la gangrène de la musique (et naux restent Gangstarr, Krsone,
de la vie en général) c'est le "com¬ Compagny Flow, Boot Camp Click
mercial". Produire quelque chose
(quand il délire pas) !... Et une
dans le but de vendre à un maxi¬ grosse déception pour le Wutang,
mum de gens. Pour cela une petite
ex-tête de proue du temps du
recette : vider ses textes de sens,
premier album, mais qui depuis
sampler une mélodie simple et fait plus de mal qu'autre chose. A
funky bien potagère à souhait, vouloir s'imposer partout, ils écra¬
appeler Skyrock (1er sur le Rap, N. sent les petits groupes. Mais les
ta mère) et M6, et voilà, le tour
meilleurs choix restent ceux que tu
est joué... Et là, les voix du fond
feras, en gardant les yeux ouverts.
se remettent à gueuler : Quoi, tu
Seeya !
Mr Rien ■
préfère que le Rap reste dans le
Où traverse t'il seulement une
mauvaise passe ? Quoi ? J'en vois

ce'fait. la domination de l'an-

glo-américain semble
aux

élites de France.

Ce

un

défi

»

posé, le profes¬
Collège de France af¬

constat

seur au

firme que notre langue, du
moins en l'état actuel des cho¬
n'est pas menacée. « A
condition que l'on sache pon¬
dérer la liberté par un peu de
ses.

contrôle

se

déforme,

d'apports divers,

se

mâtine

diversifie,
ne ressemble plus à ce qu'il
était à l'origine, est ici teinté
se

d'espagnol, là de portugais,
ailleurs de dialectes locaux.

La francophonie face

à l'anglais
Colosse

au

pied d'argile, il

n'en a pas moins détrôné, par
sa diffusion dans le monde, le

français. S'il n'est pas exclu
que de nouveaux mouve¬

Hagège.

problèmes du chômage dans
les

pays'qui en sont membres,
possible de donner
français le visage d'une
langue qui, non seulement est
il doit être
au

mais en¬
choix, sans

ouverte aux autres,
core

offre

autre

un

prétendre s'opposer à l'an¬
glais ».
Dès l'enfance

Malicieux. Claude

».

Hagège fait remarquer que
l'anglo-américain. d'un conti¬
nent à l'autre, d'uri pays à
l'autre,

Claude

te
un

Pour ce linguiste, n'impor¬
quel Français peut devenir
parfait bilingue pourvu que

l'on

consente

les moyens.

à lui

en

donner

C'est à l'enfance

qu'il faut s'adresser car elle
des périodes de la vie. cel¬
le où les potentialités sont les
plus riches. Apprendre d'au¬
tres langues suppose que l'on

'.est.

connaisse bien et au mieux la

plus usuelle de façon à établir
comparaisons et différences ;
ce qui est un moyen de pro¬
gresser dans l'apprentissage.
Pour Claude Hagège. il
convient de réduire ce qu'il

appelle

la mentalité uni lin¬
isolationniste ». Pour
«

ments remettent en cause cette

gue ou

domination dans l'avenir.

encourager le plurilinguisme,
il recommande de-ne pas choi¬

«

le

qui l'impose pa¬
puissamment enga¬
gé pour constituer une sorte de
sommation implicite à l'égard
mouvement

raît

du

assez

français

».

Une

réponse adaptée ? La
francophonie, quoique récen¬
te et encore

mal assurée, dans

sir pour son enfant l'anglais
première langue, moyen dé
communication qu'il sera
amené à découvrir. Mettre à sa
en

portée l'italien ou l'espagnol,
par exemple, c'est élargir les
assises de

sa

curiosité.

L'urgence d'une telle en¬

laquelle

une

cinquantaine de
pays se sont associés, lui sem¬

treprise lui paraît extrême.

ble être

cette

L'ouverture

à

réponse. Si l'on

prôner
«unique», si l'on favorise
partout l'éducation bilingue

renonce

une norme

donc à

aux

langues,

l'altérité ». à la
connaissance des autres, lui
«

paraît indispensable à la
.vwruciion vie l'Europe.

Langue comme "miroir", etc. Vieilleries confusionHagège n'est pas au jus, le renvoyer à Benveniste. Et

Commentaire
nistes.

:

Meschonnic.

basque, etc. Nez au milieu de la figure. Que
voit pas (au-delà de cet article, il suffit de voir ses

Et l'occitan, le

bien sûr il

ne

ses ouvrages : il ne comprend rien au problème des
langues de France. Générosité charitable + un peu d'utilitarisme et
souci universitaire d'exhaustivité. Lui aussi à lire Castan. Que je lui
ai offert il y a 5 ans mais il est débordé, il lit des milliards de pavés
sans intérêt, certainement. Tout pour être à la mode. Bien fait.

interviews et

C.S.

35

�Imaginòt

.,,,

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&gt;.'••:

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3 $$Áx ^
■

,

•

Linha

3e trimèstre de 1998

..Cortetas...Cortetas...Cortetas.
Pays basque. Les 15, 16, et 17 mai der¬
niers, le petit village basque d'Ordiarp
(près de Mauléon) organisait son neuviè¬
me festival avec pour thème "la culture
populaire d'Occitanie' ; Excellente initiati¬
ve qui s'ouvrait par un débat sur l'avenir
des langues minoritaires en France et qui
avait à l'affiche côté occitan Fai-Lum,
Claude Marti, Nadau et Lou Dalfln. Un

4 C Sicre

Feuilleton Province
"En France

ce

(suite)

de plus national est la vanité. La masse des
donné soif d'égalité... A Paris, les hommes sont
province les systèmes deviennent des hommes..."

qu'il

y a

vanités blessées y a

des systèmes, en

excellent climat pour une

fête plurielle,
populaire et gratuite. Nul doute qu'on
reparlera d'Ordiarp. (J-MB)

Honoré de Balzac

Association Bil-Xokoa, 64130 Urdinarbe-

Ordiarp, T

:

Le Cabinet des

Antiques

05 59 28 14 10

Picard. Les Secondes Editions du K lan¬
cent

une

avec

collection de littérature

comme

picarde
premières productions

Extrait de La

république de la province de Jacques Fourcade (Grasset

-

1936)

Chansons et canchons de Konrad Schmitt,
de Christian
Bleuzes Ducasse

et

Dequesnes. (J-MB)
Éditions

Secondes

du K, 1 bis Rue Henri

Barbusse, F-62460 Divion

LU

Langues. La revue Pour la science, édition
française de Scientific american a publié
un numéro
spécial (octobre 1997) "Les
langues du monde" dans lequel sur 130
pages sont retracées la naissance du lan¬
gage et l'histoire des langues. Un dernier
chapitre concerne l'intérêt de l'informa¬
tique. Mais les éditorialistes pronosti quent qu'un grand nombre des 6000
langues parlées à travers le monde devrait
disparaître durant le prochain siècle. Un

Aquò d'aquí nouvelle formule c'est pas mal mais des articles non signes, des prière d'insérer
(Test par exemple) mêlés à de bonnes analyses (Pas d'arrangement) et d'excellentes chro¬
niques (Le Bougnat, sur l'argot, un article à repasser dans la Linha même si le bougnat attige
un
peu je veux dire va un peu loin parfois) et puis, du dessinateur B. Vaton, une espèce de
calomnie j'espère pour lui qu'elle est involontaire (cf le dessin ci-dessous) le responsable de la
Prima défendant l'universalisme de la langue française. Connerie personnelle ou effet de
rumeurs idiotes dans le milieu occitan ? Je lui foutrais bien mon
poing dans la gueule, s'il
s'excuse pas, ce Vaton. (C.S.)

dossier très intéressant à mettre entre
toutes les mains. (J-MB)
Pour la science,

8 Rue Férou, 75006

Paris

TOUTES

Rubrique philologique. Devinez comment
on dit le ouaï (oai) en brésilien
: AUÊ,
prononcer awé. Presque le même sens.
Renseignez-vous plus auprès des
Brésiliens de votre quartier et écriveznous. (C.Sicre)

éu-èt

«wt

*
•

1

TMTcs.

*****

*#*«•

tes

vui&amp;oes se valent.

M

.

COC,«MT&gt;WJ

.

&lt;.je

MMi
:

c'est

U

UoJfeofc

Ceux

qui, parmi les artistes, sont pour la
ce
qui le défend le
mieux au passage du service public et
d'une politique culturelle publique comme
contre-pouvoir pédagogique au mouve ment du privé DOIVENT
passer par le
privé et conquérir le public d'abord. On
ne transforme pas une
politique centralis¬
te de l'intérieur, en
profitant de ses
mannes, sauf marginalement,
épisodiquement. (C.S)
transformation

Occitania
nistes

en

-

«■

cpUMi ES.

&amp;.QUEL

î

t'ont
CAGAT

f'MWite L

il VA toi

/mnAl
&gt;
î&gt;6

LASt

I L£«as\

/ élections. Les listes occitabaisse partout. Seules, la Ligue

Révolutionnaire Communiste

soutient la

reconnaissance de l'occitan et Chasse,

Pêche et Tradition, les Calandretas. On
est

toujours l'Arabe de quelqu'un. (PV)

Voilà le dessin. Vaton fait un truc sans avoir jamais lu une ligne présentant la Prima, puisque
depuis le début, c'est cette pseudo-universalité que nous attaquons. Intelligemment (on peut
pas faire mieux, Meschonnic par exemple). Que faire avec des Valons pareils ? (C.S.)

36

�Linha

Imaginòt

Les troubadours c'est fabuleux !
Ma ville est le plus beau

park, sa vie pleine d'attraction / Tous les jours faut l'embellir /
plus fun des loisirs / Tous les jours faut que tu oses / Repeindre ta ville en rose »
scgndent les Fabulous Trobadors, groupe de rapatois toulousain. Une affirmation que-ne dé¬
mentira pas Soone, également originaire de la cité gascogne. Hier, étiqueté simple voyou, au¬
jourd'hui, reconnu comme l'un des meilleurs graffeurs français, il fait parti des huit artistes
invités à inaugurer ce 12 octobre les premières Rencontres des Cultures urbaines de la Villette.
Pour cette occasion, ils se sont pliés à l'exercice de réaliser en direct une fresque sur le fron¬
«

C'est le

ton de la Grande Halle.

Juchés sur des nacelles, casquettes vissées sur la tête, Mode 2, Nordine TWA, Rob et Sen
TWA, Delta, Jayone, Sharp, Soone, s'appliquent à couvrir de leurs peintures bariolées les 120
mètres carrés mis à leur disposition. Au sol, les percussions de la formation Le Réveil des
Frappeurs accompagnent avec fracas leurs gestes précis. Le vent soufflant en force par moment
porte aux oreilles des quelques 300 spectateurs présents la brise légère des bombes aérosol.
Une dame âgée abîmée dans sa contemplation confie à son époux : « Ils sont beaux ces
tags, plus jolis que dans le métro en tout cas ». Imperturbable, celui-ci lui rétorque « C'est
quand même pas du Matisse ou du de La Tour ». Tout est dit : Difficile pour les « graffiti-ar¬
tistes » de faire reconnaître cette composante essentielle de la culture hip-hop qu'est le graff,
aux côtés de la danse et du rap. Né aux États-Unis dans les années 1960, il s'intégre pour¬
tant depuis vingt ans aux paysages urbains français, meublant par le châtoiement de ses mo¬
tifs la monotonie quotidienne des longs trajets en RER.
Les gens ne font pas la différence entre un tag et un graff, explique Nordine TWA, pour¬
tant, un tag est une simple signature rapide à la bombe ou au marqueur. Un graff est plus
élaboré, plus puissant. Même si c'est toujours ton nom que tu bombes, tu joues sur la com¬
plexité des formes, la juxtaposition ou la superposition des couleurs. » Responsable de la
programmation graff pour les Rencontres, Lia Goldberg, précise que « graffeur en anglais pro-

Commentaire

Funky Family (3e
Top en Janvier).
Comme
d'autres qui arrivent. (C.S.)
au

vient du terme writer

; le graff
c'est du lettrage. Le nom de
l'auteur, ou plutôt son pseudo¬
nyme, est le noyau de l'œuvre,
entouré d'éléments figuratifs ou

cent mille francs lors de sa der¬

tembre dernier, dans le

nière campagne

la Biennale d'art

abstraits

trouves la tête de Chirac sur tous

sés

les poteaux, personne ne porte

de

».

Ces nuances, la ma¬

jorité du public ne les maîtrise
pas. Dans les esprits, le tag et
le graff s'apparentent tous deux
à un nouveau type de pollution,
à un acte de vandalisme répréhensible. « Il faut avouer, ironise
Soone, qu'on a plus souvent af¬
faire à des juges qu 'à des cri¬
tiques d'art ».

«

plainte

s'insurge Nordine. Et
l'insoumis d'ajouter « La rue est
maquée par le fric. Les gens sup¬
portent des panneaux agressifs
»

de Nike
mètres

ou
sur

peintres du troisième type
C'est un fait, l'expression
graffiste » s'inscrit le plus sou¬
vent dans l'illégalité et la trans¬
gression impliquant pour les pro¬
tagonistes, amendes et peines
de prison. Combien de couloirs
de métro, d'immeubles huppés
«

du Marais

se

retrouvent l'es¬

nuit « déchirés »
(recouverts) au grand dam des
habitants et des élus pour qui
ces peintres d'un troisième type
restent des délinquants en puis¬
sance dont les dégradations
pace d'une

coûtent cher à la collectivité. La
ville de

Lyon a ainsi dépensé six

re¬

jettent d'emblée un beau graff
hyper technique ».
Telle

Des

Coca-Cola de huit

dix, alors qu'ils

n'est

pourtant

l'exacte réalité. Tous

pas

dénigrent
pas l'œuvre des graffeurs dont
la pratique commence à être re¬
connue et permet à une poignée
d'entre

eux

ne

de vivre de leurs créa¬

tions. Tout d'abord

privée (re¬
peindre un night-club, décorer la
Maison des jeunes et de la cul¬
ture du quartier ou la chambre
d'un copain), la demande s'est
quelque peu institutionnalisée.
Certaine municipalités leur pas¬
sent commande et, comble du

paradoxe,

parfois les
mêmes qui déboursent moults
deniers pour lutter contre les graf¬
ce sont

fitis sauvages.

Ainsi, le 7 sep¬

37

Soune vient

Choa et Pone de

pur,

anti-graffitis.
Pourtant, quand ta vilie est pla¬
cardée de partout pendant les
périodes électorales, que tu

:

d'Arnaud-Bernard. Comme Don

«

cadre de
contemporain
de Lyon, des graffeurs ont été
conviés à investir la place
Bellecour où des
»

«

autori¬

murs

étaient dédiés à

ce

versant

l'expression graphique.
Qualifiées de « pians organisés »,
ces opportunités ne sont ce¬
pendant pas légion, et, dur est
le chemin de l'émancipation pour
les virtuoses de la bombe, sou¬

obligés de composer avec
public. « Les gens
souhaitent te voir peindre des
personnages ou des paysages,
lis sont déroutés par les lettrages
authentiques », remarque Soone.
Toujours est-il qu'aujourd'hui, sur
le parvis de la Villette, les im¬
pératifs du marché semblent ou¬
bliés. Nordine, Sharp, Rob,
Jayone and Co s'adonnent en
toute liberté à leur passion, avec
pour seule consigne de donner

La lettre des

de la couleur et du rêve à ces

cultures urbaines

vent

les attentes du

premières

Rencontres

des

Cultures urbaines. ■

Julie

Chupin

(Le Monde de
l'Education) 16 au 22 Octobre

19S7

�Linha
'

Imaginòt
v
I

a**

Lecturets
3e trsmèstre de 19S8

Ce passeport a

été créé

en

soutien

aux

sans-papiers

Maliens, victimes de la répréssion d'une franco

aux

prétendues valeurs républicaines qui ne sont que le
paravent d'un état un et indivisible où les pauvres
n'ont pas leur place. Du PCF-"au F44 les partis français
sont tous coupables de défendre la grandeur de la francc
au détriment des peuples e cultures
qui y vivent.
Pour une Occitanie libre, ouverte aux
peuples opprimés de la planètel
Ce passeport est un aocument qui vous accrédite comn.'
citoyen ou citoyenne d'Occilanie:'comme
OCCrrAN/OCCITANE
C'est

un

document

avec

r'us do

sanr

ports. Bon. Le texte

est

symphatico-confusionnogénéreux*. Perte d'éner¬
gie et de temps ? (C.S.)

vous

*"Vive le

homologation

répondre. Excellent débat
en perspective.

les

avec tout

Pour être Occitane/Occitan, nul besoin d'être

il suffit d'y vivre. L Occitanie n'a
nnir ne pas en

pas

utieluu-.

ne

de

créer.- ' c'

métissage":

Castan devrait leur

permettra de voyage

dignité, libre et solidaire

frontières, profitons

Le

occitan édite des passe

peuples du monde.
Comme citoyen ou citoyenne d'Occitanie le
possesseur
de ce passeport fera preuve de respect ci de solidarité
envers tous les autres peuples,
nations,;cultures et''
environnements-.
-/-.-V'
L'a1? 7;•
part,

:

.

symbolique

internationale. Ce doct!!S,.u

Commentaire

Corrent revolucionari

&gt;

j'

Diffusez, photocopiez ce document autour de vous à 7
jtous les gens qui refusent l'impérialisme et veulent
j partieper à la v ie de leur pays

'

[VIVE LE METISSAGE!
Gardorem Iou

Ainsi, avant ie premier conflit mondial, les
Français jetèrent leur or dans le tonneau des
Danai'des de la Russie tsariste, ignorant
que
cet or servait
pour partie à arroser copieuse¬

de la xénophlUe, de l'ouverture
d'esprit qui caractérisent la
France de cette fin de siècle,

nombre de journalistes et de
politiciens français, et pour le reste à cons¬
truire le Transsibérien, sans aucune utilité
ment un certain

dans l'effort de guerre contre

l'épargner.

»

la chaîne

Enrosport n'a

rien trouvé dé mieux que

de
abonnés des
bouquets TPS et CanalSat
proposer aux

l'Allemagne.

Ainsi, après nous avoir complètement fabri¬
qué une histoire, fait croire que Vercingétorix était autre chose
qu'un chef de tribu
transformé par César (pour les besoins de sa
propagande à Rome) en héros de la Gaule;
que Jeanne d'Arc a sauvé la France de l'An¬
gleterre alors qu'elle a sauvé l'Angleterre
d'une France qui aurait dominé le
conquérant
par sa culture, sa démographie et son éco¬
nomie; que Napoléon Ier, monarque désas¬
treux, avait servi la grandeur de la France,
alors que son seul vrai titre de
gloire fut son
œuvre civile;
après nous avoir fabriqué tout ce
roman, on a voulu faire croire, et 011 a
fait croire aux Français qu'ils avaient gagné
la guerre de 39-45.
Cette confection d'une
épopée à usage de
tout un
peuple exclut évidemment qu'on
présente autrement qu'en parasite un roi
comme Louis XV,
qui avait eu le mauvais
goût de donner au Dauphin ce conseil :
« Le
sang de vos ennemis est toujours le
sang des hommes; la vraie gloire, c'est de

koulgnn-oman

Dans le cadre du dynamisme,

Le Nouvel Observateur

et aux

câblés de l'Ouest une

version

Commentaire.
Quand c'est
Sicre
on

communes

Et

quand c'est

dans

On attend

«

(Ça suffit ! de
Jean Ferniot,

dimanche

»

Bernard

des deux

cette initiative.

Jean Ferniot ?

Grasset, 1972)
(C.S.)

langue bretonne

coprésidents d'Eurosport,
Charles Biétry et Patrick
Le Lay, ne sont pas pour rien

qui le dit,

doute.

en

des commentaires du
Mondial 98. Les racines

l'Equipe du

en berrichon avec
Michel Denisot au micro.

Commentaire

:

Voir l'article "Les intellos de

gauche les plus réacs du monde" page 42. l e centra¬
lisme français dans toute sa splendeur. (J-M B)

�Linha
:..

5

■

Pas de bémol
à la Sacem
ON s'instruit de plus en
ces

temps-ci à

0

z
■M

§&lt;

compte 76 000 adhérents, mais
seuls 12 000 comptes sont
actifs et donnent lieu à des
versements réguliers ». Car,
pour mener à bien cette tâche
écrasante, la Sacem n'emploie
pas moins de 1 490 personnes.

se

que

pencher sur les comptes

trimèstre

l'Adami, l'association qui

répartit les droits des artistes
interprètes (« Le Canard » du
8/10/97), c'est au tour de la
Sacem (Société des
auteurs,
compositeurs et éditeurs de
musique). « Le Revenu fran¬
çais » (numéro du 13 mars)
s'est intéressé dé très près aux
résiiltatèrileJa Sacem: 3,3 mil¬
liards ide'francs collectés en
1996 (leclernier chiffre connu).
On apprend ainsi que la Sacem

-£ 1

l?

i

I »-•£

s

f 5" 8

mu

!
;

s:1 1

4: s

8- ;
&gt; ■* .»•■

e

j-lli 1 i
&lt;

.

i i' :

PS

Soit

0.
T3

salarié

pour huit
compositeurs. On
espère que ceux-ci ne sont pas
trop mécontents des presta¬
un

auteurs

D

ou

tions...
Pour financer

0

a

-

son

somptueux

JSS

société

a)
■a

siège social de NeuillyC la

Sacem

a

constitué

une

civile

immobilière, Chaqùe
année, la Sacem (président :j
Jean-Loup Tournier, frère de
l'écrivain Michel) verse donc
un loyer à la SCI
(gérant :

0

Tournier

0

Jean-Loup). C'est
simple. Un loyer à parti¬
cularités :
Le montant de

E

loyer a
été multiplié par 3,5 entre
1991 et 1992, passant de 15 mil¬
lions à 52,3. Depuis, il a été
«

ce

'E
S

réévalué de 11,3 %. Dans le
même temps, le loyer annuel au
mètre carré des bureaux dans

o
o
0

le secteur (voisin) de La

Défense
régressait de plus de 3 000 F
à 2 000.

»

Le type même de la bonne
affaire !
D'autres sociétés d'auteurs
sont aussi sur la sellette, telle
la Spedidam, qui, elle, gère les
droits des interprètes d'orches¬
tres. Les ramener à une plus
saine vue des choses et des
bilans ne s'annonce pas réglé

3

■u
.0
,

JQ
re
en
c

du

papier à musique,
vu le lobbying que ces instances
peuvent mener auprès des pou¬
voirs publics. La gêne-de-Gathe-rine Trautmann à rendre public
le rapport sur l'Adami l'a prou¬
vé. Aujourd'hui la ministre de
la Culture parle seulement de
présentation plus claire des

2

comptes

co

comme

o
a
en

«

».

Ils sont pourtant très

Le Canard enchaîné

-

de 1993

«

des sociétés de droits d'auteur.
Après les joyeusetés de

«

I

'«&lt;

v

3e

plus

Imaginòt
«agi» Œ

Lectwas

»

-

Mercredi 25

mars

clairs.

1998

39

&lt;

z

�Linha

Imaginòt
Lecturas

3e trimèstre de 1998

^C/T^C^C^C^C^C^C^C&amp;C^^Ì^C^C^C^C^C
M.

DENIS

Théophile

JVIodeste
Qui connaît

Théophite Denis. Douaisien, poète patoisant et défenseur dès sourds-muets ?

Un

grand homme très discret

Parmi les Douaisiens
dont la ville peut être

fière, Théophile Denis
se fait discret, très dis¬
cret.
Pourtant-,' cet
homme né au pied du
beffroi a créé de toutes -

pièces, en France, l'en¬
seignement à destina¬
tion des jeunes sourds^
muets. Et laissé 94 poè-mes
d'un patois su¬
perbe sur son enfance
dans la campagne douaisienne.,

I abbe Destombes (« J'veux
marir sains l'sou, sains det¬
tes et sains péché »), ou en¬
core les descriptions dé¬
taillées de l'église : celle de
Fiers a été détruite par les

bombardements, mais
Nicolas,

statue de saint

Pans,

.

revue

L'Invention de la Picar¬

die, que j'ai sauvé de la
caisse d'un oradeux, se sou¬
vient Christian Dequesn'es,.
un

Douaisien

amoureux

de

langue picarde. Théo¬
phile Denis était cité dans
sa

un

-

que

res¬

pas une

place

,

Il

:

s'y., consacre tant
qu'après 1870, il néglige la
littérature proprement dite.
Il n'y reviendra qu'à la fin de

.

vait,

vie, entre 1905 et 1908 :
installée Cayeux pour ména¬

santé, c'est à ce mo¬
qu'il rédige Les Petits
Tableaux'rustiques en patois.. fi Sa poésie .est vrai-'-,
ment d'une ha 'utè 'qualité lit¬
ger sa

ire ■ t'envoie Ĺ: aux- îles
d'AJand. Mais ses trente ans
le revoient à Douai, jòurna-.
liste à L'Indépendant f pen-"
dant cette période, il écrit
notamment Qu'est-ce que
■■

ses

thèses sur le sens de la tradi¬
tion des géants douaisiens:
Mais très vite, il repart à

■

:

monde
trie! ! »

ce

urbain

et

indus¬
"

»

;

;

,

.-Résultat de cette modes¬

tie.: aujourd'hui, pas une pe¬
tite rue ne porte son nom...
ir

Douai devrait

se

le réao-

proprier. Ça compte, dans
une histoire locale, quel¬

n'est.

le bassin minier, le

cherché à diffuser ce
qu'il écrivait, H distribuait
simplement ses textes aux
personnes qui s'intéres¬
saient à la langue pi¬
carde...

quesne, admïratàf.'Et puis sa
dimension rurale remet les
choses à leur juste place : la

langue patoisante,

devait être une per¬
: il n'a

très humble

■

téraire, insiste Christian De-

pas que

se

pas

ment

: ta

n'étaient pas sortis depuis
1960 ! Mais déjà, quand il vi¬
sonne

sa
'

écrire... et rêve de voyages.
Un début de carrière rnili-

municipale possède

trois de ses six fascicules.
J'étais la troisième' personne à les demander, et Us

Pasunerue,

capée des guerres, vient
renforcer l'hypothèse..
r- Jeune homme, Théophile
.Denis quitte le Douaisis
pour étudier le droit à Paris.
Déjà, il commence à

Malgré cette qualité Irttéraire, malgré son œuvre hu¬
maniste, Théophile Denis
reste très méconnu dans sa
ville natale. « La bibliothè¬

désormais sa
vie, celle des jeunes sourdsmuets (voir ci-contre).

une

Gayant - Toutes les réponplus une, un ouvrage qù
il répertorie toutes les hypo¬

ministère de l'Inté¬

consacrera

•

« Je l'ai découvert en no¬
vembre 1995, en tombant
sur le premier numéro de la

au

rieur : c'est là qu'il décou¬
vrira la cause à laquelle il

qu'un qui a porté aussi loin
•

le

nom

de-sa-ville natale ! »
A.L.

article de Pierre Ivart...

qui disait surtout qu'on n'en
connaissait pas
grand
chose.

»

Piqué dans sa curiosité,
Christian
Dequesnes se
lance sur la maigre piste...
et découvre un personnage
fascinant. « II est né le 17

avril'1829, à 20 heures, rue
des Ferronniers ; son père,
Augustin, était épicier, et sa
mère s'appelait Adélaïde. »
Voilà pour la naissance, cer¬
tifiée grâce à l'extrait de
l'acte conservé sur micro¬
film aux archives municipa¬
les. Mais son enfance ne se

déroulera pas au cœur de
cité de Gayant.

la

Fiers, sans doute
D'après ses poèmes, il a
grandi auprès de sa grand«

mère, dans la campagne
douaisienne. Le nom de la
commune n 'est jamais cité,
mais de nombreux détails

font penser à

bieux.

a

Flers-en-Escre-

Les vers évoquent

exemple le bois de Wagnonville, la devise de
par

L'Escrebieux et le bois de

Wagnonville reviennent souvent dans les vers du poète

sien.

La Voix du Nord

40

douci-

�Linha

Imaginòt

JOURNAL DE L'ILE DE LA REUNION

RECONNAISSANCE DU CRÉOLE COMME LANGUE RÉGIONALE

Le tabou est tombé
Suite

au congrès aca¬
démique du Snes, et à
l'adoption d'une

motion concernant la
reconnaissance du
créole

comme langue
régionale, s'engage
une

nouvelle réflexion

l'enseignement.

sur

visitesécrétaire
Monique
LaVuaillat,
gé¬
nérale du Snes,

au collège
Plateau-Goyaves, n'est
pas un hasard. Surtout
quand le lendemain, en clô¬
ture de son congrès acadé¬
mique, le syndicat national
des enseignements du se¬
cond degré annonce l'adop¬

de

tion d'une motion
naissant le créole

recon¬

comme

langue régionale. L'établis¬
du Sud étant le seul
à la Réunion à proposer une
option (une heure par se¬
sement

maine) langue et culture ré¬
gionale aux élèves de trois
classes de 6e

comprend
«pédago¬
gique» de son périble à
mieux

le

on

sens

Saint-Louis.
Le Snes, donc, de manière
officielle et on ne peut plus
militante, a remis sa motion

Monique Vuaillat qui hier
a fait part à Ségoiène
Royal, en même temps
en

qu'elle lui parlait du plan de
rattrapage de l'académie de
la Réunion. Mais la question
du jour reste celle du créole.
Car le Snes, syndicat qui re¬
présente plus de 50% des
enseignants du second degré
suit les pas du mouvement
identité réunionnaise, dont
le

président d'ailleurs fut in¬

Si par décret le créole était bientôt reconnu comme langue régionale,
être enseignée et présentée en option au baccalauréat.

lois, s'entend donc pour fai¬

cette

le créole soit ensei¬
gné dans les lycées au mê¬
me titre
que n'importe quel¬
le langue régionale et qu'il
puisse aussi, par exemple
dans le premier degré, parti¬
ciper à l'apprentissage du
français, puisque reconnu
comme langue régionale le
créole est aussi une langue
vivante, une langue mater¬

sans

re

que

nelle. A l'instar du mouve¬
ment identité réunionnais, le
Snes ne se pose par encore
la question de l'enseigne¬
ment, pensant en
sa

priorité à

reconnaissance. Pour le

rectorat,
comme

la priorité irait,
indiqué en sep¬

vité à intervenir dans le
cadre du congrès acadé¬

tembre par le recteur, à l'ins¬
cription d'une option créole

mique. Une vraie première
et même une petite révolu¬

aux

CAPES de lettres

et

his¬

une

année été reçus. «C'est
doute peu pour justifier

option inscrite dans le

concours natio¬
nal», souligne-t-on au mi¬

cadre d'un

nistère. Mais l'inscription
bien à l'étude...
Reste que dans le cadre
d'un enseignement du créo¬
est

le,

on

la nécessité
pédagogiques. En

suppose

d'outils

dehors des textes, livres, ro¬
contes et légendes qui
constituent le patrimoine
littéraire réunionnais, l'en¬
mans,

seignement de la langue de¬
mande des lexiques, gram¬
maires, dictionnaires, et ma¬
nuels de conjugaison. En un
mot, réclame une codifica¬
tion de la langue. «Ce travail
existe, confirme le président
du mouvement identité' ré¬

toire-géographie. Au minis¬

unionnaise.

tion dans le sens du mouve¬

tère de l'Education nationa¬

qui revient à son origi¬

le, où la requête est effecti¬
vement
«à l'étude», on

créé une com¬
mission codification. Mais

ment
ne.

En effet, cette volonté de

reconnaissance

qui

se

du

créole

lit aussi bien sur les

tablettes du Snes que sur
celles du rectorat montre la
fin d'une revendication :
une

boucle est bouclée. Tout

Nous

sur la pos¬
sibilité d'une telle option,
considérant le faible nombre
de candidats au concours

tout

les membres du mouve¬
devant d'ailleurs être

ver,

ment

aujourd'hui

reçus

recteur.

par

le

Jean-Pierre Béné-

jam.
Quant à savoir quel créole
pourrait être enseigné :
«Une langue sur laquelle
le monde serait d'ac¬
cord. A l'heure actuelle, cet¬
te reconnaissance pourrait
tout

s'appuyer sur l'arrêté du 25

juillet

Í994,

les

concours

arrêté qui don¬

modalités

du

de recrutement des

card, le breton, l'alsacien...

rapport à la

connaissons

par

exemple le lexique de

Chau-

nous

rUnmn

41

du côté du recteur. Mais
les deux semblent se retrou¬

graphie.

par

CAPES confondus. 48

identité réunionnaise

ment
ou

professeurs des écoles.
Le créole y est cité, au mê¬
me titre que le basque, le pi¬

Nous connaissons les outils
nécessaires à une langue,

susceptibles de présenter
l'option. A titre indicatif,

place du côté du mouve¬

principe de notre mouve¬
ment reste la liberté de choix

le

s'interroge aussi

la reconnaissance du
créole comme langue régio¬
nale avant la codification de
la langue».
La révolution accomplie
n'est donc pas allée dans le
même sens selon qu'on se
est

ne

avons

il pourrait vite

f*MT

4

nnfrPS

lÌVrCS.

De l'arrêté
confirmerait

au

décret

cette

qui

recon¬

naissance, il y a un pas que
le

gouvernement

donc franchir.

pourrait

�On

vous

le disait (C.S.)

Les intellos de

gauche
les plus réacs du monde
8ASLER ZEITUNG

(extraits)

C'était un formidable hon¬

intellectuel pari¬
sien, réputé pour son oppo¬
sition à l'euro, avait invité
quelques journalistes étrangers à
dîner dans ses appartements. Parmi
les convives se trouvai!, en compagnie
de son épouse, un éminent historien
[allemand] de l'économie, auteur d'un
ouvrage sur la France, "pays de la tolé¬
neur : un

A force

de s'accrocher à la défense d'une république mythique, incarnation des
valeurs les plus pures, Régis Debray, Dominique Jamet et leurs semblables
tournent le dos aux discriminations réelles et aux
progrès de la démocratie.

rance et de l'assimilation". Apprenant
qu'un des invités est allemand, il clai¬
ronne fièrement son "antigennanisme
résolu". Il fait partie de ces anciens
communistes dogmatiques restés fi¬
dèles à leurs ressentiments. Car,
contrairement à l'antiaméricanisme,
nettement plus répandu en France, la
haine de l'Allemagne fut une spécia¬

lité des intellectuels communistes.
La raison officielle de cet anti¬

longtemps été l'expé¬
Mais, en
dépit de ses 60 ans, le professeur est
bien trop jeune pour l'invoquer. La
germanisme

a

rience de la Résistance.

véritable raison est ailleurs

:

l'Alle¬

magne a été le pays où le socialisme
dut sortir ses griffes, à l'intérieur des
frontières de la RDA, contre son

Dessin de Patrick

Chappatte

paru

dans l'Hebdo

-

Lausanne

�propre peuple - pour qu'il profite de
ces idéaux au nom
desquels on se
battait aussi

en

France. D'où cette

haine pour

l'Allemagne de l'Ouest,
comme si le Mur en marquait d'un
trait défigurant la face réactionnaire.
Plus on imaginait l'Allemagne de
l'Ouest fasciste, mieux on pouvait

légitimer le Mur dans sa propre tête.
Les préjugés ont vécu, mais cette
mentalité demeure. Aujourd'hui
comme hier,
beaucoup de Français
de gauche estiment que la réalité est
affront à l'idéal, considéré comme
la vérité. Si besoin, on préférera nier
un

la réalité
s'est

plutôt que l'idéal - ce qui
vérifié, récemment, dans le

débat

sur

le Livre noir du

commu¬

aussi, jusqu'à aujourd'hui, beaucoup
Français de gauche, meus aussi de
droite, apprécient la réalité sociale au
de

filtre de l'"idéalité".

Robespierre n'est

pas mort.

Le républicanisme, notamment le
républicanisme de gauche, devient
réactionnaire lorsque sont mis en
question non pas tant les idéaux euxmêmes que le cadre idéal qui les soustend. On a donc coupé la réalité en
départements, comme il fallait qu'elle
soit
et voilà qu'elle donne encore
signe de vie. Le républicanisme se sent
aujourd'hui menacé de l'extérieur
par la mondialisation, l'euro et Inter¬
net
et de l'intérieur
par le multi¬
-

-

-

-

culturalisme

et

les droits des femmes.

nisme*.

[article neutre] et non "der" [article
masculin] Minister [le ministre]... Le
républicanisme a une sainte horreur
du "politiquement correct" venu des
Américains. Même des penseurs libé¬
raux comme François Furet ou JeanFrançois Revel, par ailleurs véritables
chiffons rouges pour les républicains,
sont d'accord sur ce point : impossible
de défendre les intérêts d'individus
en tant

membres d'un groupe
femmes ou Noirs, par
exemple. Cela ne rentre pas dans le
cadre républicain, qui ne veut rien
que

spécifique

-

savoir des discriminations.

L'égalité n'a-t-elle pas été décré¬
malgré cela, des problèmes
surgissent, alors, la république doit
adopter de nouveaux décrets. Ce
concept abstrait d'égalité fait appa¬
raître l'essence antiféministe du répu¬
blicanisme. Où est le problème si la
proportion de femmes à l'Assemblée
nationale est si faible, puisque les élus
sont les garants des idéaux au Parle¬
ment, donc par définition "non mar¬
qués" par leur appartenance à mi sexe
ou à l'autre ? Certes, dans
l'imagerie,
la république s'incarne dans une
femme à la poitrine découverte, mais,
dans la réalité, elle se présente comme
le défenseur désincarné des principes.
Heureusement, Lionel Jospin est im
peu plus moderne que les défenseurs
de l'idéal. La proportion de femmes
tée ? Si,

On

pourrait caractériser ce syn¬
la notion de "républica¬
nisme", car la déesse de cette tradi¬
tion, c'est la "république", et non la

Un

"démocratie". Le

défendre le

drome par

to

qui n'existe pas en français.
Comme si l'allemand disait "das"
genre

républicanisme n'est
pas seulement un syndrome de la
gauche, loin de là (celle-ci le partage
avec les gaullistes). Simplement, il
surprend davantage à gauche, parce
qu'il peut amener à apporter des
réponses proprement réactionnaires
à la réalité. Mais le républicanisme est
moins ancré dans le marxisme (avec
lequel il n'a qu'un lien organique) que
dans la Révolution elle-même. Il
constitue

l'expérience originelle des
"Liberté, égalité, fraternité" :
ces valeurs ne devaient pas seulement
s'imposer pour la société, mais aussi
contre elle. Dès le départ, la Révolu¬
Jacobins.

tion fut aussi une réaction à

une

réa¬

lité récalcitrante. C'est pourquoi

les
Jacobins ont, par exemple, quadrillé
tout le territoire par le découpage des
départements, en veillant à ce que
leurs frontières ne recoupent pas les
provinces historiques. C'est pourquoi

Le droit des femmes ?
Un affront à

l'égalité républicaine

Français de gauche peut à la fois
français devant toutes les

instances internationales

comme

deuxième

langue officielle et refuser,
à l'intérieur, de signer la convention
européenne des langues minoritaires.
La République doit être une et indi¬
visible, y compris sur le plan linguis¬
tique. Comme si la langue bretonne
pouvait encore la couper en deux ! De
fait, la langue est intouchable. Dans
les colonnes de Marianne, magazine
de l'intelligentsia républicaine, Domi¬
nique Jamet défendait récemment,
malgré ses opinions de gauche, la très
réactionnaire Académie française
dans

sa

lutte contre la féminisation

des titres. Là encore,

à l'Assemblée nationale n'a pu passer
de 5 à 10 % que grâce à l'introduction

il y va de la
république. Car, si on a tout à fait le
droit de parler de "la" secrétaire, il

par

serait intolérable de dire Madame "la"

et

secrétaire d'Etat. Le masculin doit

de tous les

être considéré

genre "non
marqué", remplaçant le "neutre",
comme un

les socialistes d'un quota politi¬

quement correct. Ainsi, la France vient
de doubler la Grèce dans

ce

domaine

mode de

pensée qui existe réellement :
Régis Debray en est l'un des ténors.
Cet intellectuel de

familiarisent

récem¬

avec

Internet à l'école et

qui, d'autre part, voudrait renforcer le
poids des conseils de parents d'élèves
dans l'enseignement. Debray y flaire
une ingérence dans les
affaires inté¬
rieures de l'Etat républicain. "A trop
examiner et relayer tout ce que la société
demande à l'école, on néglige ce que
l'école peut et doit exiger de la société :
le respect, pour commencer. " Dans la
revue les
Temps modernes, Robert
Redeker va encore plus loin et détecte
dans Internet

une

manœuvre

de

Microsoft. Peu lui

importe qu'Internet,
en réalité, soit le plus grand forum
anti-Microsoft car rien ne peut être
plus vrai que les idéaux qu'on défend.
Comment expliquer qu'une partie
de la gauche française soit aussi bor¬
née ? Beaucoup de ces intellectuels
font partie des élites de la république
-

et

flÉte

leurs salaires comptent parmi les

plus élevés de la fonction publique. La
France est un pays de fonctionnaires,
et ceux-ci votent

traditionnellement

plutôt à gauche. II n'y a guère d'autre
pays où une part aussi importante de
la bourgeoisie se situe à gauche. Elle
n'en est pas moins bourgeoise. Cepen¬
dant, le prestige social d'un patron
français est moins lié à sa fortune qu'à
son

classement

au concours

d'une

grande école ou d'une université. Dans
ces conditions, celui qui a réussi ne
peut qu'aimer la république.

de passer

à l'avant-dernière place
parlements des Etats euro¬
péens. La réalité sociale présentée
comme affront à la république est un

renom a

publié dans le Monde une polé¬
mique contre le ministre de l'Educa¬
tion, Claude Allègre, qui souhaite que
les élèves apprennent l'anglais et se
ment

Thierry Chervef
*

Le Livre noir du communisme

reur et

:

crimes, ter¬

répression, Stéphane Courtois, Nicolas

Werth, Jean-Louis Patiné et ai, 1 Affont, 1997.

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13 MAI

1998

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�Linha

A lire

sans

Imaginòt

préjugés d'AUCUNE sorte. (C.S.)

Entre la France et les Etats-Unis
par Ezra N. Suleiman
de

IL est souvent plus ré¬

coopération. Un article récent,

1998, mettait en scène

ton a

passe aujourd'hui, dans les rela¬
tions entre la France et les Etats-

velles relations faites de respect et
d'admiration mutuels. La mise en
scène de l'harmonie supposée
entre les deux pays ne correspond

Unis. L'histoire de

ces

relations est

pleine de méandres et de détours.
Leur évolution actuelle risque de
conduire rapidement à regretter
même la période enflammée du
gaullisme.
Les divergences entre les deux
pays sont certes une constante de¬
puis la fin de la deuxième guerre
mondiale. Elles ont perduré tout
au long de la guerre froide, en par¬
ticulier parce que la France « affai¬
blie et humiliée » - le mot est de
l'actuel ministre français des af¬
faires étrangères - par la perte de
son

ces nou¬

pas à la réalité telle qu'elle est per¬
çue dans les milieux officiels aux
Etats-Unis. Les images projetées

les services de communication
français sont flatteuses pour la
France
puisqu'elles placent
souvent les responsables des deux
diplomaties sur un pied d'égalité.
Ce point est toutefois moins im¬
portant que le fait que les relations
franco-américaines divergent
d'une manière nouvelle, profonde
et pleine de risques.
par

contre-balancer

son

infortune par

politique étrangère « à part ».
La France s'est cependant toujours
rangée du côté des Etats-Unis du¬
rant les épisodes les plus difficiles
de la guerre froide. Le soutien ap¬
porté par le général de Gaulle lors
de l'affaire des fusées de Cuba et
celui de François Mitterrand pen¬
dant la crise des Pershing ou, a

contrario, celui des Etats-Unis
lorsque la France sortait de
l'OTAN, n'ont jamais modifié
l'équilibre général des relations

peu

d'importance
dans les procès
en

sorcellerie

Malgré les apparences, les rela¬
tions entre la France et les EtatsUnis sont en train de se dégrader

dangereusement. Les divergences
sont qualitativement différentes
de ce qu'elles furent. Plus les deux
pays prennent leurs distances l'un
par rapport à l'autre et plus on a
tendance, en France, à occulter le
fait que le fossé se creuse.
Il est fréquent de saluer en
France aujourd'hui les «bonnes»
avec

l'Amé¬

rique et d'y voir le signe d'une ère
nouvelle faite de compatibilité et

abandonnons
image de relations publiques
qui montrent les deux ministres
des affaires étrangères, Madeleine
Albright et Hubert Védrine, se par¬
ler souvent et s'appeler par leurs
prénoms. La politesse ou l'appa¬
rence de proximité n'est jamais
qu'un même élément du décor
destiné souvent à masquer les di¬
vergences graves. Dans la crise ira¬
kienne par exemple, quoi qu'on
puisse en dire à Paris, l'attitude de
cette

la France a été très fortement dé¬
noncée. Les Etats-Unis cher¬
chaient à s'assurer des soutiens

points d'appui importants pour
conduire une politique extérieure
autonome sinon indépendante de
l'influence américaine.

L'effondrement de l'Union

pas commenter

Golfe et se retrouvait d'une cer¬
taine façon en phase avec les choix

diplomatiques de la France et des

unilatérales

autres

gères dont l'hostilité à 1'« hégémo¬

Burton, ils essayent d'imposer à
l'Europe une conduite commer¬
ciale, ce qui ne pouvait que susci¬
ter des réactions hostiles, et légi¬
times, des pays européens.
D'ailleurs, dans un autre registre,
les Européens n'ont pas été mé¬

nie

contents de voir le

pays.

La gestion de la diplomatie est
aussi et peut-être surtout une af¬
faire de personnes. Avec Hubert

Védrine, la France peut compter
sur un

»

ministre des affaires étran¬

américaine est à la fois forte

ancienne. Ses positions étaient

qu'il n'arrive

au

Quai d'Orsay, elles ne se sont pas
démenties. Ayant servi François
Mitterrand

long de ses
deux septennats, M. Védrine a fait
sienne la politique étrangère de
l'ancien président qu'il a d'ailleurs
fort remarquablement exposée et
tout

un

au

ouvrage paru en

1996. Cette

conception post-mitterrandienne de la politique étran¬
gère trouve à s'affirmer dans un
contexte marqué par l'émergence
lente et chaotique d'un nouvel
ordre mondial.
Les Etats-Unis

en

sont bien sûr à

l'origine. Leur problème principal
tient au fait que, reconnus comme
la seule superpuissance, ils doivent
faire face à une multitude de situa¬
tions locales qu'ils ne parviennent

à orchestrer. Plus que les en¬
nemis très affaiblis, ce sont parfois
les amis, dont la France, qui par
leurs choix, mettent en cause cette
pas

prétention à tout contrôler. Vues
de France, la disparition du bloc de
l'Est et, parallèlement, l'accéléra¬
tion de la construction euro¬
péenne constituent désormais des

viétique

so¬

laissé les Etats-Unis
dans une position dominante mili¬
tairement, économiquement et
culturellement. Il est assez logique
que cette position appelle des cri¬
tiques, ce d'autant plus que les
Etats-Unis n'ont pas toujours mé¬
nagé leurs alliés. Par des mesures

défendue dans

qui sont souvent
faits à l'Amérique

ne

positions de Paris mais la
presse ne s'est pas privée de faire
des critiques. Rappelons tout de
même que l'opinion publique
américaine était peu favorable à
l'idée d'une nouvelle guerre du

connues avant

a

Tout d'abord,

entre les deux pays.

relations entretenues

La réalité

choisi de

les

et

empire, s'est efforcée de

une

ne

pouvaient donc pas critiquer un
allié qui campait sur des positions
opposées. L'administration Clin¬

au

se

dans un contexte difficile et

titre ironique, « Hubert et Ma¬
deleine dans le même bateau»,
dans Le Monde daté 15-16 mars

confortant de continuer à
croire à une apparence
que d'accepter une réalité
nouvelle. C'est précisément ce qui

a

comme

la loi Helms-

président sud-

africain Mandela indiquer ferme¬
ment à Bill Clinton que son pays
était libre de choisir ses amis et
que

les ennemis des Etats-Unis

n'étaient pas par définition les en¬
nemis de l'Afrique du Sud. Dans le
même esprit, le refus répété des
Etats-Unis d'honorer leurs dettes
vis-à-vis de l'ONU ne manque pas
d'irriter nombre de pays, ce d'au¬

plus que Washington ne cesse
de s'appuyer sur l'organisation des
Nations unies pour légitimer ses

tant

aspirations à être le gendarme du
monde. Ces exemples manifestes
d'une arrogance américaine ne
peuvent que renforcer les pays eu¬
ropéens, à commencer par la
France, dans une attitude réservée
à l'égard de leur allié.
Cette puissance n'est pas exclu¬
sivement militaire ou diploma¬
tique. Les Etats-Unis sont aussi, les
choses étant bien sûr liées, une su¬
perpuissance économique. Cette
puissance est aujourd'hui in¬
contestée car, après plusieurs an¬
nées de restructuration, l'écono¬
mie américaine connaît une très
forte expansion sans chômage et
en

parvenant à juguler l'inflation.

�Linha
Lecturas

Imaginòt

3e trimèstre de 1998

LE MONDE/DIMANCHE 10-LUNDI 11 MAI 1998

le fossé se creuse
Là encore, cette hégémonie ne
contribue pas à rendre ce pays

montré

sympathique

qu'existe au niveau fédéral une
politique d'aide au développement
ou une politique culturelle tournée
vers l'extérieur. Ce qui est le plus
agaçant pour les gouvernements
français successifs, c'est que, faute

en France

où l'on

re¬

cherche des solutions alternatives
au libéralisme avec, par exemple,
la loi sur les 35 heures.
On estime généralement en
France que les Etats-Unis pra¬
tiquent un libéralisme sauvage, ce
qui les disqualifie quelque peu.
Face à ce qui est encore largement

avare

successifs

avec

pour

les

présidents
permettre

d'une véritable culture euro¬

péenne, c'est paradoxalement la
culture américaine qui constitue le

ment, la France ne pourra

nous en

peser sur

de réserve de plus ».

espérer
le terrain diplomatique
que parce qu'elle sera le moteur
d'une Europe politique elle-même
unie et puissante. Le bloc euro¬
péen animé et fixé par la France
peut être un pendant à l'hégémo¬
nie américaine.

Telle est en tout cas la concep¬
tion française qui explique l'hosti¬
lité américaine à la réussite euro¬

péenne

Si les Etats-Unis

considérée

dès lors
anti¬
américaine. Rappelons tout de
même que les progrès de la
construction européenne depuis
quarante ans ont surtout été
économiques. La réussite espérée
de l'euro ne sera pas automatique¬
ment transférable à la diplomatie.
C'est un fait que l'UE n'a pas de
politique extérieure digne de ce
nom. Elle n'a pas et est loin d'avoir
un ministre des affaires étrangères
unique. Aussi, miser comme le fait
la France sur une politique inter¬
nationale de l'Europe pour consti¬
tuer un contrepoids aux Etats-Unis
est, pour le moment en tout cas,
une pure construction de l'esprit.
La crise irakienne, la Bosnie, l'Al¬
comme une arme

pratiquent

un

libéralisme

débridé, celui-ci reste tout de même

éloigné de la jungle souvent décrite.
Que dire a contrario de cette quête française
d'une troisième voie qui demeure
largement théorique et incantatoire ?
assez

à Paris comme un antimo¬
dèle, les discours abondent pour
perçu

défendre le droit de la France à

chercher, fût-ce seule, sa voie de
sortie de la crise de l'emploi. La
réalité a peu d'importance dans les
procès en sorcellerie qui sont
souvent faits à l'Amérique. Ce qui
compte au fond, ce sont les images
de la réalité plus que la réalité ellemême. Si les Etats-Unis pratiquent
un libéralisme débridé, celui-ci
reste tout de même assez éloigné
de la jungle souvent décrite. Que
dire a contrario de cette quête
française d'une troisième voie qui
demeure largement théorique et
incantatoire ?

Enfin, et peut-être surtout, les
Etats-Unis font aussi l'objet de cri¬
tiques du fait de leur domination
culturelle. Celle-ci est assez peu
contestable. Elle est davantage liée

cependant à l'absence de censure
et à la force de marché qu'à une
quelconque volonté politique. Le
Congrès américain s'est toujours

ciment entre les divers pays

de

l'Union.
Le

risque est alors que le gouver¬
nement ait un réflexe nostalgique
de repli facile sur des mots d'ordre
antiaméricains qui ne sont plus du
tout en phase avec les attentes
culturelles des citoyens. 11 suffit de
voir le nombre d'adolescents,
d'étudiants, de jeunes diplômés
qui rêvent de tenter leurs chances
aux

Etats-Unis pour se convaincre

que

jouer la carte éculée de l'anti-

américanisme

ne

mène à rien.

D'ailleurs, parmi tous les pays eu¬
ropéens, il n'y a qu'en France que
cette hostilité reste vive.

L'Union

européenne est le nou¬
politique étran¬
gère française dynamique. Le mi¬
nistre des affaires étrangères, en
se prononçant en faveur d'une Eu¬
rope forte - et en particulier dans
le domaine diplomatique - n'ou¬
blie pas que la France pèse d'un
poids conséquent dans l'édifice
politique européen. Dit autre¬
veau

socle d'une

45

banie

en

de guerre

sont des preuves

tan¬

gibles.
L'idée qu'il existe une hostilité
américaine vis-à-vis de l'Europe et
de l'euro est très répandue dans

partie des élites françaises. Les
Etats-Unis, bien qu'attachés fer¬
mement à leurs intérêts, n'ont en
réalité jamais cherché à affaiblir
l'Europe et ne souhaitent pas que
l'Europe soit faible. Le calcul est
simple : l'UE ne mettra fin ni à la
compétition entre les pays
une

membres ni à la concurrence entre
les Etats-Unis et l'Union euro¬

créant

une

grande monnaie

je ne pense pas bien sûr qu'il
puisse exister une identité de vue
sur tous les problèmes qui se
posent au sein d'une alliance. Une
variété de points de vue est même
préférable à l'unanimité. Mais
qu'un seul pays, la France en l'oc¬
currence, puisse se définir uni¬
quement ou principalement par
opposition à un autre, fût-il hégé¬
monique, n'est guère satisfaisant.
Tout en reconnaissant que les
Etats-Unis

se

sont à

maintes

re¬

prises laissés aller par arrogance à
conduire des politiques absurdes
ou tragiques, il n'en reste pas
moins que la France a tout à ga¬
gner à essayer de montrer à l'Eu¬
rope le chemin d'une politique ex¬
térieure basée sur des objectifs et
une dynamique (la voie positive)
et non pas sur une opposition sys¬
tématique aux Etats-Unis (la voie
négative). A l'appui de ce vœu, on
ne peut que rappeler les rappro¬
chements récents de la France
avec la Russie pendant la crise ira¬
kienne. Le sommet de Moscou a
tout de même laissé l'impression

d'un retour

anachronique à la
Realpolitik du XIXe siècle.
En s'opposant systématique¬
ment

aux

Etats-Unis, la France fe¬

rait le choix d'un chemin solitaire.
Un choix qui ne répondrait pas
aux souhaits de la majorité des

Français d'abord. Qui risquerait
ensuite de diviser et d'affaiblir

l'Europe. Qui priverait enfin la
France d'un pouvoir important :
celui de pouvoir dire non aux
Américains lorsque ceux-ci vont
trop loin, avec des chances d'être
entendue.

péenne. Félix Rohatyn, l'ambassa¬
deur des Etats-Unis à Paris, a ré¬
cemment

expliqué dans ces

colonnes que les Etats-Unis
n'avaient rien à retirer d'une Eu¬
rope faible et que «le succès de
l'euro ne peut être que positif pour

Ezra N. Suleiman est pro¬
fesseur de science politique et di¬
recteur du Centre

péennes

d'études

euro¬

de l'université
Princeton (Etats-Unis).

de

�Linha

...A
tous

Imaginot

les Fabulous,

vous

les Massiiia

les autres qui sont au devant de la

scène à

les plus forts pour tous les
de l'ombre, à vous, je dis Merci de
montrer

la voie du "vrai

(bien qu'il

Comme tant d'autres

de "monter

au

vous

n'avez pas

Ben coralament.

C.C.U.V.U.

Hourcq

Mon abonnement

se

précipite pour
petit coupon de ré¬

mon
abonnement afin de bien rester
la Linha.

Après trois

années de lecture attentive des

compte-rendus de "réalisations
concrètes", de débats et de "lec¬
tures" commentées, l'heure d'une

petite reflexion sur cette ligne
Imaginot est venue. Je vous en
fait part brièvement.
Autant l'écrire tout de
suite

j'aime la Linha Imaginot.
l'ai-je connue ? De
extrémité ouest de la ligne
:

Comment
mon

(Comitat per una Cultura Universala

Vertadierament Universala)

me

sur

en

WIBES").

Chers amis de la Linha

brancher

nous

Iistes

vs.

les castanistes.

critiques qui lui sont adressées.

s'en défend

car

contraire,
elle est vivante,

résistance à tout

dogmatisme. On aurait tendance,
parfois, à croire qu'elle est
l'organe de presse de Claude
Sicre et qu'elle est asservie à ses
idées. Non ! L'article de J-

M.Buge, dans le dernier numéro
(n°33 de février), me convainc du
contraire. Il

débats

se

concentrés

me

sont

réjouit. Les

trop souvent

les rapports entre
les différentes tendances du mou¬
vement

sur

occitaniste

:

les

régiona-

au détriment de la perti¬
des critiques apportées.

gagnerait à
à d'autres voix,
à d'autres signatures. Car la
Linha développe des idées qui
ses

pages

au-delà du "sector musica

vont

de l'IEO", ne

l'empêchons

de

ce

lien sont des

positions stratégiques affirmées
par le charisme des personnages
qui s'y impliquent et agissent....
..Il me paraît donc intéressant
.

de soumettre

au

nouvèu director

de

publicacion de la L.I., dont
j'apprécie depuis 4 ans la lucide
intégrité analytique, cette K7
audio bien remplie de prises de
effectuées lors de la fête

son

Nissarte de la Santa

Capellina

le 1er mai 1998, orchestrée par

Zou Mai. Baticada

d'étendre

d'éloquents et chaleureux

faire "avancer le mouvement

réflexion. Elle doit laisser la

Pantaires Nissarts s'enchevê¬

d'un

grand pas". Ce n'est pas
toujours facile, mais elle doit lut¬

parole à tous les acteurs anti-cen¬

trent

tralistes même si leurs actions

pour

ter. Lutter contre ses

n'ont rien à voir

concert

qu'elles n'ont

pas

idoles parce

toujours rai¬

lutter contre la sclérose

latente

qui peut bloquer tout

dent contre Claude Sicre. Ses

une

idées sont intéressantes. Elles

développent des problématiques
essentielles à notre société

en

mutation. Ce que je lui reproche
c'est plutôt sa façon de s'expri¬
mer.

Et si

je tiens à le signaler,

c'est parce que ce problème de
forme peut miner le fond même
de

à

lutter contre le

toute

qu'il exprime.

des

champs de

ses

avec

la défense

langues et cultures minori¬

taires. Sinon elle

monopole d'idées qui condamne
action dès qu'elle est mena¬
cée par un dogmatisme destruc¬
teur. L'espoir est sur la Linha, le
danger aussi.
Ne croyez pas que j'ai

sa

idéologique.
Les étapes de la croissance

elle laisse passer des idées
différentes, des idées qui peuvent
car

de réalisations. L'abonnement à

réside dans

par une

poignée de mains ou
une
respectueuse accolade mais
le coeur et l'esprit y sont.
Les imaginistes disséminés sur
l'hexagone ( et au-delà !) sont
d'ores et déjà unis par le lien

pas
d'aborder d'autres domaines et

mouvement ;

je prends ma plume
aujourd'hui, c'est bien pour
réagir face à ces paroles convain¬
cantes. Ne croyez
pas que je
prenne un peu de recul par rap¬
port à la Linha. Non, au contrai¬
re, je pense m'en rapprocher
davantage. La Linha Imaginòt est
un
organe vivant dont la force

fait

La Linha

ouvrir

au

d'un mouvement riche d'idées et

Si

nence

"Pravda" du "Sicrisme".
La Linha,

se

toujours

idées d'une seule personne,
d'en faire en quelque sorte une

son;

convaincantes du fabuleux trou¬
badour qu'est Claude Sicre.

"lectures" dont l'acidité

aux

(Bordeaux), c'est à Uzeste que
j'ai rencontré les premiers vents

la revue est venu plus tard, grâce,
je dois l'avouer, aux paroles

Tels aussi les commentaires des

Il serait facile de l'asservir

se.

Sur la forcément
ligne, on ne se connaît

Fractaîe

Aujourd'hui, le débat doit aussi
se
développer à l'intérieur même
de la Linha. Afin qu'elle évolue,
qu'elle grandisse, qu'elle mûris¬

Buge,

pas
franche

pas

créneau"...

Nicolas

remplir

gens

changement"

continuant les "POSITIV'

termine. Je

son

soit universel ! tout

ne

Jean-Marc

Imaginot,

Om nos ditz que las gents de nombrosas galaxias coneisla L.O.U. (Lenga Officiala Universala), escoton pas la
M.O.U. (Musica Oficiala Universala), e se'n foton coma de l'an quaranta de l'A.O.C. (Art Oficial Contemporau). Quò es un escandale !
Qu'espera lo Ministèri de la Pensada per mandar daus
Comitats de Vigilànça Oficiaus, lor portar la Cultura vertadiera.
Una intervencion energica de la vostra Linha s'impausa.

battre et à recevoir les

se

coups

peur

Char monsur
et

cantonner

se

sera
aux

condamnée

perpétuels

nic et des repas du quartier
Arnaud Bernard de Toulouse.
Voilà quelques ré¬
rapides, un peu brutes
voire brutales. Je le répète :
j'aime la Linha Imaginât car je
la vois ambitieuse, ouverte à la
contradiction, à la conflictualité
flexions

et

désireuse de

se

détremper d'un

enlisement latent.

jours raison, Claude Sicre excel¬
le. Dans l'art de refuser la cri¬

voir

tique, il excelle aussi. Parce que
son discours ressemble
parfois à
ceux que l'on peut entendre à la
fête de l'Huma, son contenu perd

sante

Dans l'art d'avoir tou¬

pon

une

qui

revue

de

ne cesse

qualité crois¬
d'inventer des

solutions pour sortir de l'immobi¬

lisme.
Cordialement.

Vivent de Gacha

cette K7

sur

buer dans le

C'est plus qu'un cou¬
d'abonnement que je vous
envoie, c'est l'assurance de rece¬

ce

en

Empega à l'Idéal-Bar du VieuxNice ( là aussi organisé par Zou
Mai). Je suis convaincu qu'il y a

d'Uzeste et de Larrazet, des
concerts des Massiiia Sound

System, Femmouzes T, Fabulous

Intervista,

sur la bande
magnétique
faire place à 45 minutes du

comptes-rendus des festivals

Trobadors et Cie. Lubat, des
écrits de Castan et de Meschon-

et

"matière" à distri¬

de Partager ;
s'agit là d'un témoignage
phonique complémentaire de la
chose écrite auquel doivent
sens

Il

avoir accès les abonnés de la

de la

GRQM ( et tous les
possible).
La preuve tangible que la dyna¬
mique se propage sur le terrain
d'un bout à l'autre de la Ligne ;
Zou Mai est l'exemple Imaginiste de l'autre bout de la ligne
et, à ce titre, mérite d'être pré¬
senté aux imaginistes esseulés
ou en gestation.
Peut-être par l'envoi joint à la
Revue de LI ( j'aimais bien Pif
Gadget !)
revue

autres si

Histoire de réchauffer les
et

coeurs

les

esprits et que chacun ima¬
gine le film de cette bande son (
tourné sur la promenade des
Anglais, SVP !).

de la crédibilité et du sérieux.
Son "obtusité" condamne le bienfondé de
par

Patrick Jossé

Stéphane Dees
48

qu'il raconte. Telles,
exemple, les réponses aux

impasse du Félibrige 83600
Fréjus T : 04 94 51 02 52

ce

46

�Linha
On

the
Linha
3e

Concerts
Gacha

Mic

:

d'Intervention Vocal

Empega

22 août à Uzeste (33).

:

26 A

mac

de la

rue

Bibliothèque

13001 Marseille T / 04 91 92 61 16 Fax

:

04 91 92 61 06.

Lamige, Fabien Le Boëdec, Eric

Compagnie Lubat

: 16 août à Luxey
23 août à Uzeste (33), 5 sep¬

Animation, Moulijulienne Collectif,

Boissy le Cutté (91) (Duo
Minvielle). Compagnie Lubat

Prato, Los Pinhadars d'Uzeste, Serge

au

tembre à
Lubat

-

33730 Uzeste T

05 56 25 38 46 Fax

:

05

:

56 25 36 12.

Fin'amor
27

:

22 août à Verdun (09), 25 au

septembre à Milan et Como (Italie).

Fin'amor 8

rue

Toulouse T/Fax

:

Mondran 31400

Patrick

Scheyder, Han Bennink, Le

Pey, Jean-Marc Chapoulie, Serge
Optic, Filhas de Villona, l'Orient
Express moving shriorers, Gacha
Empega, Kaput'k, Farid Berki, etc.
Compagnie Lubat 33730 Uzeste T : 05
56 25 38 46 Fax

:

Animations
Musicote

:

:

septembre à Bastia

04 93 80 63 03.

la Talvera, improvisations,
en
musique, arts plastiques,
littérature, etc.. Aude Gamme 2 rue du
Château 11700 Comigne T : 04 68
79 23
jours

sur
créations

66 / 0468 43 70 45.

:

27

septembre à Blot l'Eglise

(63). IEO 9 ciutat clar viure BP
15006 Orlhac Cedex T

:

602

04 71 64 3421

Fax: 04 71 4819 63.

Octobre

:

Sortie du

Compact Disc des

Fabulous Trobadors

On the Linha

Imaginât. Aedes d'oc 1

rue

l'Hirondelle 31000 Toulouse T

de
:

05 61

21 33 05 Fax: 05 61 23 49 69.
Et

puis :
Octobre

9

au

23 août

en

Othe

(10)

:

festival

en

Othe, musique, théâtre, expositions,
ateliers... Festival

en

Othe 195

rue

Croisettes BP 14 10130 Auxon T

:

des

03 25

42 70 63 Fax: 03 25 42 70 64.
15

au

22 août à

avec

cité rock

contre le sida, Guy Konket, compagnie
Aktuel, Force "Evolution", DJ Goatari,
Olivier Mégaton, compagnie 26000
couverts, Baul Bishwa, Idir, Sahraoui,
ateliers, expositions, rencontres spor¬
tives... Emmetrop 26 route de la
Chapelle 18000 Bourges T : 02 48 50 38

61 Fax: 02 48 20 55 01.

au

23 août à Uzeste

octobre à Bagnères-de-Bigorre
(Bibliothèque) à 18 H : soirée Daniel
Apruz, lecture à haute voix dans un iti¬
néraire poétique dont le décor est fixé
par les poètes de la revue Rivaginaires.
Rivaginaires 1 allées Jean Jaurès 65200
Bagnères de Bigorre T/Fax : 05 62 95
16

30 35.

(33) : 21e Uzeste

"Hestejada de las arts":
Compagnie Lubat, Marie-Odile
Pailler

et

et

plus que d'accord, et j'essaie depuis un mois
d'en convaincre certains voisins et relations.(C.S.)
N.B.

: achetez le CD L'Amour Foot
Sony
and Massilia (+ Cheb Marni, Miossec, etc)

(danse), cinéma, Aline
citoyens,

les rendez-vous

où Fabulous

avons

rencontré, lors de leur concert à

Toulouse. Première constatation, la

jeunesse de leur
public où plus de la moitié oscille entre 12 et 14 ans.
Au

cours

de notre discussion,

nous avons

abordé

avec

Pascal

"Imhotep", l'architecte musical du groupe, les
problématiques de la décentralisation, la culture et la
civilisation occitanes, le rôle majeur des Trobadors. On
leur a lancé l'idée, comme piste de travail, d'aller explo¬
le texte de la Croisade contre les Albigeois, chro¬
niques au jour le jour du Siège de Toulouse, fantas¬
tique épopée à faire valoir et entrant complètement
dans la veine de leur concept artistique. Les contacts
sont faits, à leur demande nous leur avons
envoyé des
informations et des références susceptibles de les ame¬
ner à
entreprendre des recherches et des pistes de tra¬
vail pourquoi pas pour un prochain album... (JG)
rer

Perpinya / Catalunya. Incroyable le journal
L'indépendant s'excuse en première page pour avoir
laissé publier dans ses colonnes un faire-part en cata¬
lan (plutôt cynique) du nouveau préfet de Corse (avant
des Pyrénées Orientales) et prétexte avoir été" abusé"!
De deux choses Tune : ou les rédacteurs ne pigent pas
le catalan (!), ou bien ils ont "laissé passer" cette provoc d'un prof (encore eux !)
pour discréditer la langue
et la culture catalanes. En tout cas c'est inquiétant...
quand les extrémistes se confrontent sous l'indifféren¬
ce
populaire! (FV)
/

Decazeville. Fin février, Joan-Francés

Mariòt,
sur

médiéval de

(82)

:

l'âge médiéval. Paysage
la région, les origines de
J-M Garric, particularité

Larrazet par
de l'Occitanie médiévale. Maison de la
culture 82500 Larrazet T : 05 63 20 71

22.

Jacques Taris, René Martinez, débats,
fifres

Je suis

La Sala

14 et 15 novembre à Larrazet

Musical

Chantran

publication de l'ouvrage de

Rivaginaires 1 allées Jean Jaurès 65200
Bagnères de Bigorre T/Fax : 05 62 95

journées
16

:

Gilles Lades Le pays scellé racontant la
vie des hommes et de leur
paysage.

30 35.

Bourges (18) : Ziva ! le

festival de l'autrement

esprits chagrins (prisonniers de leur universalisne voulaient voir dans la Coupe du monde
de football qu'un déferlement de chauvinisme. On a vu
en actes la
pluralité des cultures, des histoires, des
styles et des folklores du monde. Toute une jeunesse
s'est identifiée à une équipe de France
qui a fait vivre
la nation plurielle que Ton aime. Elle a montré le che¬
min pour balayer le Front National. (Alain Daziron)
abstrait)

IAM. Nous les

(20). Nux Vomica BP 201 06304 Nice
Cedex 04 T/Fax

Des

me

05 56 25 36 12.

05 61 53 11 58.

1er

:

de 1998

Khakhounia, Bernard Manciet, Novel

28, 29 et 30 août à Puicheric (11) : Trois
Nux Vomica

triméstre

Basique, Jérôme À ..Cortetas...Cortetas...Cortetas...Cortetas

Martin, Charles Sylvestre, Jean-Claude
Guillebaud, Félix et Betty Castan,
Isabelle Loubère, Philippe Lacarrière,
Sylvain Roux, Tarn tam cité, Pascal
Lareine, Baron de Gouttière, I.E.O.

(40), 17

Imaginòt

rées

poète boulegaïre organise "Mescladis" des soi¬
culturelles : débat-spectacle avec René Duran et

toute la coterie

aveyronnaise. Protectionnisme de clo¬
malgré tout dans la quine-espèctacle, un loto avec des oeuvres d'artistes en jeu
(Arman, Ben, Batlle, Hortala, Vaz pour les Hors-la-veiron!) le meilleur fut la soirée boulègue avec "Sista Bab"
(rap). Les Bêtes (rock), Djaina (reggae speedé), DJ Tom
cher ? Une ouverture

(Mix), voilà le vrai mescladis! (PV)

tambours de St Pierre

d'Aurillac, Jazzophone Quartet,
Francis Bourrée trio, François

Tolosa.

Plaça del Capitôli : sous le plafond de Moretti
plage!!! Dommage le choix malheureux de
Dominique Baudis, nostalgique du temps où il était
journaliste but tirne are cliaiigin'... Et les 29 panneaux
de 9 m2 au plafond des arcades de la place auraient
permis de faire bosser et reconnaître 29 artistes plas¬
ticiens vivants de la région plutôt qu'un illustrateur
francilien ! Curieuse politique culturelle ! Quant au
futur espace d'art moderne et contemporain, son
ouverture est prévue printemps 1999. On parle beau¬
coup du rideau de scène de Picasso ou de l'école de
Paris mais pas des créateurs de la région, encore
la

Corneloup duo, Evan Parker duo, Sam
Rivers duo, Sax Blues Brothers,
Miche! Ducom, Catherine Therouenne,
,

André Benedetto, Marc Porronne,

Hervé Le Corre,

Michel Etchecopar,
Compagnie Vieussens, Jean-François
Prigent, Jean José Chotar-Vasseur,
Xavier Vidal, Jean-Luc Roudière,
Franck Assémat, Francis Marmande,
Befiat

Achiary et Garazzi Sound
System, Hubert Turjman et le Groupe

moins de

47

"l'école de Rodez". (FV)

�o
Tl

a

s».

(B

CD

a.

cd

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Imaginât ldFaondeator dDireector :redacion LCoim:zpsaicn Inte:r dComeita SL.inturel, 4Ad:re2ças Esta:mpire 3lé:geal 1:-6 47CP8:69AP
Linha

de

Cap

Sèti

Sicre,

Depos

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N°

N°

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              <text>Grande révolution des quartiers du monde (Toulouse)</text>
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              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/db7d9073a43bcd7ddf31ca7af70adadb.jpg</text>
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          <name>Is Part Of</name>
          <description>A related resource in which the described resource is physically or logically included.</description>
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              <text>Linha Imagin&amp;ograve;t (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/20846" target="_blank" rel="noopener"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>Linha Imaginòt</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bulletin du secteur &lt;em&gt;Musica&lt;/em&gt; de l'Institut d'&amp;eacute;tudes occitanes, la &lt;em&gt;Linha Imagin&amp;ograve;t &lt;/em&gt;contient l'actualit&amp;eacute; de la cr&amp;eacute;ation musicale occitane ainsi que de nombreux articles sur les festivals d'Uzeste, de Larrazet et le Forum des langues du monde de Toulouse. On peut aussi y lire des textes de&amp;nbsp; r&amp;eacute;flexion sur la d&amp;eacute;centralisation, la d&amp;eacute;fense des langues et des cultures. La publication est ouverte aux d&amp;eacute;bats et donne la parole &amp;agrave; ses lecteurs dans une importante rubrique &amp;laquo; Courrier &amp;raquo;, elle comprend enfin une revue de presse et des comptes-rendus de lectures.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bulletin del sector Musica de l'Institut d'estudis occitans, la Linha Imagin&amp;ograve;t conten l'actualitat de la creacion musicala occitana e d'articles nombroses suls festenals d'Us&amp;egrave;ste, de Larraset e lo &lt;em&gt;Forum des langues du monde&lt;/em&gt; de Tolosa. Se p&amp;ograve;t tanben i legir de t&amp;egrave;xtes de reflexion sus la descentralizacion, la defensa de las lengas e de las culturas. La publicacion es dob&amp;egrave;rta&amp;nbsp; als debats e&amp;nbsp; balha la paraula&amp;nbsp; als legeires dins una rubrica&amp;nbsp; &amp;laquo; Courrier &amp;raquo;,&amp;nbsp; compren enfin una revista de premsa e de comptes renduts de lecturas.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Castan, Félix-Marcel (1920-2001)</text>
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              <text>Gaudàs, Jacme</text>
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              <text>Jaubert, Philippe</text>
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              <text>Martel, Philippe</text>
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              <text>Daziron, Alain</text>
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              <text>Loubère, Isabelle</text>
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              <text>Ben</text>
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          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, KI 5</text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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