<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<item xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" itemId="21268" public="1" featured="0" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="https://www.occitanica.eu/items/show/21268?output=omeka-xml" accessDate="2026-04-13T11:59:08+02:00">
  <fileContainer>
    <file fileId="140700">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/de0aa6ecb5d0ff596d7d989d9b0f2d39.jpg</src>
      <authentication>a6ab1e34de6ba8cce9fa87be6821b502</authentication>
    </file>
    <file fileId="140701">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/11c736c42c7bc7bdf6adc58d883d3cbb.pdf</src>
      <authentication>102676dc87c082a2f9d898746e286a43</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="664419">
                  <text>Publicacion del sector musica de l'Institut d'Estudis Occitans

de la

e

GRQM. T rimestraL Novembr

e

de 1998

En recevant.
...le n°35 de la Linha

Imaginât, dernier numéro de

mon

abonnement,

quelle n'a pas été ma surprise quand, en pleine couverture, j'ai lu ce
que je pensais ne jamais lire dans ce journal. Pourquoi cette couverture
si centralisatrice, si en contradiction avec ce que je pensais être les
idées d'un mouvement auquel j'adhérais alors pleinement.
"Le Mundial! Et la finale!... Le plus surprenant est la quasi
unanimité qui s'est dégagée". Quelle unanimité '???? L'unanimité de la
presse, des médias, qui se sont empressés de décréter l'état de jouis¬
sance d'un
peuple qui, pensent-ils, n'existe que parce qu'ils veulent
bien en dire. Et voilà la Linha, qui pensais-je, se fait F écho des diffé¬
rentes façons de penser dans ce pays du moins de celles
qui peuvent
être différentes de la pensée unique, qui reprend cela en choeur sur sa
couverture.

monde.

A-t-on seulement le droit de penser

différemment ? Peutsentir concerné par ce qui n'est un événement que pour
qui lui accorde une quelconque importance ??? Non, c'est l'una¬

on ne
ceux

affirmer que ce ri est
la valeur premiè¬
re que leur a
inculqué la
coupe du
peux

pas

pas se

nimité.

Reprendre la comparaison avec la Libération de 1945, quelle
une grande partie du monde fêtait la fin de
quelque
chose qui n'avait pu échapper à pratiquement personne. Le malheur
avait été quasi général dans les deux camps. A des moments différents
de la période qui avait précédé chaque camp avait compté ses morts.
En 1945, la terre entière envisageait la fin de ce qu'il y a de pire, la
Guerre mondiale. En 1998, on célèbre la fin de ce que Monsieur Buge
considère comme une "démonstration de ce qu'avance la Linha
Imaginòt", un événement de rien que l'on compare à la fin d'un
conflit. Serait-ce que la coupe du monde véhicule autant de haine et de
confrontation qu' un conflit armé ? Je le pense mais de façon figurée.
Comment alors y voir "Pluralité, multiculturalisme, ambi tion, solidarité, imagination, travail, le savant dosage permet de
repousser les limites du possible, de créer de nouveaux contextes pour
honte ! En 45

l'intérêt de tous"?
Multiculturalisme ? La coupe

du monde ri a réussi qu' à
soit le pays d'où l'on vient on peut adorer
Nike, boire Coca-Cola, dépenser une fortune pour avoir l'illusion de
vivre quelque chose de merveilleux. Objectif, établir la PPCC (Plus
Petite Culture Commune). Nier les différences, réunir tout le monde
nous montrer

que

quel

que

autour d'une illusion afin de créer un consensus virtuel. Du coup la
pluralité disparaît, l'uniformité vestimentaire, alimentaire et de loisir
autour du foot nivelle la population mondiale par le bas. Pour s'en
convaincre on déclare "Le plus surprenant est la quasi unanimité qui
s'est dégagée". Cela permet de nier que F on puisse ne pas se sentir
concerné par ce qui ne constitue qu' un événement
médiatique.
Solidarité ? Pour avoir travaillé auprès d'enfants cet été, je

Ambition?
Celle-là

d'accord ! Mais
l'ambition person¬
nelle.

Qu' en résulte-t-il

dans le fonctionnement des
enfants

qui, bien entendu, ne souhaitent plus que jouer au Foot plutôt
de s'ouvrir à d'autres pratiques ( l'Imagination n'est pas vraiment
au rendez-vous) :
Seuls ceux qui sont reconnus bons joueurs ont le droit de
participer. Exclus les joueurs amateurs.
Seul l'exploit individuel compte. D'où des discordes au
sein des équipes.
Exclu le jeu collectif.
J'ai donc du mal à identifier comme représentant de la Linha
Imaginòt cette mascarade médiatique qui a occulté cet été tous les
réels événements qui ont réellement concerné la vie des gens, hormis
ceux qui luttent contre l'extension de ce que j'appelle PPCC et qui ont
été affectés par les dégâts causés par cette coupe du monde. D'autant
que cela continue si l'on se réfère à l'article que je vons envoie, paru
dans le Charlie Hebdo n°323 (voir page 36 : NDLR). Il y a de la récu¬
pération du combat pour l'existence de cultures différentes dans l'air.
Pour qu'en faire ? Sans doute pas pour son bien
Imaginotistement vôtre.
que

-

-

....

Ronan Dissez

�Linha

Imaginòt
Débats

4e trimèstre de 1998

.Cortetas...Cortetas...

Patrimoine

Après de très
longues péripéties, la Phono¬
thèque Méditerranéenne vient
de racheter le fond de

&amp;

Le Mondial
et le

peuple

Revolum et Ventadorn, pro¬
ducteurs de disques oh corn bien
1970

symboliques des années
qui ont vu l'émergence

de la chanson occitane. C'est
devant le tribunal de Toulouse

f*.

Jean-Marc

Buge

que s'est joué ce tournant de
l'histoire de la culture occita¬

contemporaine. Et Rémy
parenté avec
Félix) a déjà de nombreuses
idées pour faire vivre ce patri¬
ne

Castan (sans

moine dans lequel on retrouve
notamment certaines créa -

tions de Claude Sicre.

(JMB)

Phonothèque Méditerranéenne
6

rue

de la Mairie 11170

Cenne Monestier
Tel 06.14.15.64.33
Le

Coquelicot, journal bimes¬

triel de l'Alternative Libertaire
de Toulouse, s'est épaissi pour

le mérite de faire

monde entier et

dans

compréhensible
par tous. II y a

S'il y a autant

ticulluralité et

médiatiques et financiers

qui, même s'il peut être perçu

d'abord les footballeurs

ambi¬

tion, mérite de trouver

un

large public. (JMB)
Le

coquelicot BP 4078 31029

TOULOUSE CEDEX
Fax : 05.61.25.73.71

Dupain, groupe plus intru mental avec des collègues de
Port de Bouc. Manu
quant à
lui dirige la chorale occitane et
féminine Lo Còr d'Oc dau Tipi.
Marseille s'éveille. (JMB)
rue

de la

Bibliothèque 13001
Tel

Marseille

et

si le sentiment d'une infime

élite jet-set pour qui effective¬
ment la nation n'est

plus per¬
tinente parce que son terroir
est devenu la planète

(géogra¬

virtuelle) était

en

fait synonyme d'universalité
alors qu'il ne s'agit que de sa

propre... ethnicité.
Cahen

public réuni pour l'occasion. Il
s'agit pas de "nier les diffé renees" : elles sont exposées sur
la place publique ; ni de "réunir
tout

s'ils

sion afin de créer

un consensus

virtuel"

jeu et tout le

sont

intervenants, même
fortunés, ne
que des intermédiaires. 11
sont

malins et

des multinationales dans

un

Michel

de

Ce que

retient le public du
Mondial, ce n'est pas "adorer
et

boire Coca-Cola". Les
ne

font

en ce sens

se

un

a

les lieux de rencontres

et

qu'il crée, et de voir des joueurs
de toute la planète avec leurs
particularités et tout ce qu'ils
véhiculent. Et ça c'est unique !

ils sont

Et les réactions nationalistes
sont

pas le
loin de là.

ne

fait de la majorité,

L'objectif" de personne. Le
public cherche à vivre de bons

des

moments et à

souligner

tinationales cherchent à vendre
en

-

profitant du

revanche,

approximations,

des inexactitudes

s'éclater. Les mul¬

produits

d'un tel événement.

prétendre que l'événement du
médiatique
suppose une relation très particu¬
Mondial n'a été que

lière à la société. Si les médias
sont autant intéressés, c'est
que le
public l'est d'abord.
que des enfants ne perçoivent
pas la notion de solidarité dans la
réussite d'une équipe à la télévi¬
sion, c'est compréhensible. Les
-

enfants
Cela

ne

comprennent pas tout.

n'empêche

pas que la soli¬
darité soit pourtant plus que
nécessaire.
la "mascarade médiatique" ne
"représente" pas la Linha
Imaginòt : à notre connaissance,
elle n'en a pas parlé.
-

l'essen¬

Ceci étant dit, Ronan
Dissez opère des raccourcis et

contexte. En

simplement que le
qu'elle ait été avancée
montre l'impact dans le
peuple
fait

bien le droit

"Etablir la Plus Petite
Culture Commune" n'est

leurs

férent. Je dis

faire

siasme

qu'iden¬

tifier leur marque à un événe ment et des émotions créés
par

d'autres, et

c'est

:

plaisir pour pas cher !
(rares sont ceux qui "dépensent
une
fortune", et il n'y a pas
d'obligation). Le Mondial offre
la possibilité à la fois de
parler
avec des voisins
par l'enthou -

événement, justement parce qu'il
populaire et sans idéologie.

Nike

moi qui ai fait la
la Libération

avec

de 1945. C'est bien sûr très dif¬

le monde autour d'une illu¬

monde le sait. On

est

multinationales

n'est pas

-

tel

Repère Tout

ou

le

Les autres

ce

comparaison

ne

spectateurs et téléspectateurs.

que le peuple pense que
tiel est dans Coca-Cola.

phique

équipes, entre les équipes et dans

les

malins et ambitieux. Mais seuls
les idéologues frustrés croient

se passe comme

pluralité à
-

04.91.92.61.16
Fax : 04.91.92.61.06
:

-

l'intérieur des

parce

et

Micmac 26A

de la

-

faut relativiser le rôle des médias

Qacha Empaga fait déjà des
petits. Sam vient de créer

cadre

un

bien de la mui

d'enjeux

interviews, etc. Du bon travail
son

le

peler que nos préoccupations
partent du peuple, et ce sont ses
intérêts et ses réactions qui nous
concernent en premier lieu.

qu'une grande partie de la
population s'y intéresse. Ceux
qui font le Mondial, ce sont

limité dans

sous

regard du

été étonnés. Il faut donc leur
rap¬

laisser

comme

cela

réagir, et dans les deux

Certains ont effectivement

sens.

pen
dant le Mondial, c'est d'abord

place à de nombreux
compte-rendus, témoignages,
lectures, rappels historiques,

Japonais des
Argentins, et

La couverture de notre n°35
a eu

ou avance

qu'il est bon de

:

que la couverture de la

Linha

Imaginât soit "centralisatrice"

les occasions où les étatsuniens

croisent des Iraniens, des
Camerounais des Ecossais, des

me.
-

Norvégiens des Brésiliens, des

quasi-unanimité

dire unanimité.

2

ne veut

pas

société dans

laquelle il vit.

;

il est clair que nous n'avons
pas
la même définition du centralis¬

rares sont

Puisse cette occasion

permettre à Ronan Dissez (et à
d'autres) de mieux observer la

J-MB

�Linha
Débats

Imaginòt

4e trimèstre de 1998

SOMMAIRE

A l'attention de Claude Sicre
Content de voir que le mensuel est lu et analysé à
on s'accorde aussi à se
forger et porter jugement sur ce

Débats

Montalban. Ici

En recevant...

se fait "avec" et "autour" de nous ; pourtant il nous paraît essentiel
de sortir de ce débat d'introversion militante où l'on montre les dents

Le Mondial et le

qui

de taper du poing dès que l'intégrité et le sens indiscutable
d'une bonne initiative est confronté aux plusieurs degrés de la dérision
ou menace

et

de l'humour ! Non à la frilosité identitaire

sonnalité occitane

ne

1

peuple

2

A l'attention de Claude Sicre

3

Une Mèna de Calomnia ?

3

Perqué

interview de Claude Sicre
Refondar la Republica

qui voudrait que la per¬

4

4

Lettre ouverte au Président du Conseil Général de l'Allier
De la stratégie ; Un exemple et enseignements

s'accorde ni le droit à f humour du contresens ni

même le droit à l'erreur constructive ! Passons, sans te connaître,

-

j'aime à penser que de l'humour tu en as. Sinon sans prétention aucu¬
ne, je suis prêt à le cultiver avec toi.., L'humour a sans aucun doute
cette capacité de souligner que la dynamique d'une telle initative, le
"Printemps de la Langue" est dans le mouvement entre l'incohérence
de l'universalisme et la réalité figée de l'article 2.... Le sens est bel et
bien entre-deux, encore faut-il passer par le mouvement de ce double
degré pour en dégager le sens derrière l'humour. Forte de ses
convictions, une telle initiative n'y perd pas de sa reconnaissance
puisque dans une soi-disante apparente confusion, elle se confronte, de
manière dynamique au mouvement de son sens ! ! !
Passons et repassons... Peut-être faudrait-il que le souci du
jugement sorte du seul débat occitano-occitan...

sans

titre

• ■

-

5

5
6

-

Lettre à l'ADAMI

7

Occitania
politiques de l'occitanisme
Eth rugbí espôrt occitan ?

Les fondements

8
15

..

Lengas
"La langue du Sobrarbe"

18

Le

francique en Lorraine : états des lieux et propositions ■ 19
De la grand-mère à la scène : formes de tradition de la langue
occitane en Gascogne
--22

Yannick Blancard

De pertot

Responsable de Rédaction de la

revue

Aqtiò d'Aquí

Estivadas 1998

-

Le Louron

-

se

trouve des ambitions

Assier(46)

Una Mèna de Calomnia ?

violence de tous les

maux

de la terre, pour un

esprit de concepteur (C.S. aurait certainement effacé les deux der¬
nières syllabes...), était en faveur de "Prima de las lengas".
J'apprécie la critique car elle est bien souvent génératrice de
remises en question des certitudes ; je déplore la violence qui anéantit
et ouvre la porte à la régression.
Si les amis de "Prima de las lengas" ont ressenti de l'agres¬
sion au vu de mon dessin, je le regrette car là n'était pas mon intention
(je m'excuse aussi, mais ce n'est pas pour ne pas recevoir ton "poing
dans la gueule", C.S.).
Voici donc une petite explication du dessin paru dans Aquò
d'Aquí. L'homme qui parle à la tribune n'est pas un représentant de
l'association "Prima de las lengas" : c'est un invité. En effet, dans la
foule, un spectateur dit en occitan : "celui qui parle à la tribune, c'est la
personne qui a pondu l'article 2 de la Constitution". Que je sache, ce
n'est pas C.S. ou un représentant de l'association "Prima de las lengas"
qui a rédigé cet article de la Constitution !? L'orateur fait donc un dis¬
cours démago pour montrer qu'il aime toutes les langues, mais à la fin
du discours; il ressort l'hégémonie du français sur les autres langues.
Ce dessin dénonce ce genre de personnages politiques qui remplissent
mon

Papache, kanak à Puichéric
10èmes musiques croisées de Saint Sever
La Semaine du Minervois, un exemple à suivre !
La Provence se réapproprie son histoire populaire
Le Forrôc arrive en force

34

Un

34
35

exemple d'histoire en terre occitane
Vers une citoyenneté en pays de Fayence
Lecturas
Bientôt

:

canal réac, la télé en breton, et commentaire

—

36

Un pays malade de la transparence, et commentaire
37
Bernard-Henri Lévy ; "L'héroïsme tranquille des Algériens",
et commentaire

En Picardie, le Front

37

National n'aime pas la techno, et
37

commentaire
Hubert

Selby est notre cadeau d'anniversaire, et

commentaire
Le sens d'un crime, et commentaire
Fabulous Trobadors
Désaffection en Afrique de l'Ouest, et commentaire
Guerre des langues à Barcelone, et commentaire

Puisque j'en ai l'occasion, je précise que le concept de
"Prima de las lengas" est de mon point de vue excellent.
Désolé pour votre erreur d'interprétation et votre violente
réaction. J'espère que vous aurez compris l'intention de mon dessin. Si
ce n'est pas le cas, où VA...TON.
Bernard Vaton

3

38
-

38
39

39
40

Les racines du mal

41

Propos effrontés

42

Levi's

les estrades.

Amistats.

26

27
29
30
31
33
33

-

Embres et Castelmaure (11)

Perqué ?
Très étonné de recevoir Linha Imaginât m'accusant
rare
avecqui,unedans
dessin

26

se serre

la ceinture

43

Vichy, Rwanda : le même silence coupable

44

Corrièr
On the Linha

45

47

�Linha
s

WMM «

Imaginòt
Débats

4 e trimèstre de 1998

A propos

d'Uzeste

Refondar la Republica

Interview de

Claude Sicre

Es qu'avètz plan vist
los très problèmas de nòstre
temps, l'aparament de l'espaci,
son ocupacion rasonabla per
...

que

De nombreuses discussions

Mais tu

portent sur tes rapports avec
Uzeste et la Compagnie Lubat.
Depuis un an ou deux, cette
relation

a

changé. Pourquoi ?

quand même des
critiques à porter à Uzeste ?
as

autres, et

puis parler d'autre

chose est aussi

Festival

réfléchir

Uzeste

comme on va

à

un autre

festival clés et subventions

en

Uzeste, tiens par
exemple parler de Langon (festi¬
val Les nuits atypiques
à 15
sur

,

main. On

kilomètres d'Uzeste

pour

devrais trouver

ceux

ne va
pas à Uzeste
avoir des cachets, du moins
qui comme nous ont de très

nombreuses demandes de

soutenir

-

l'expérience

-

tion tous azimuts. J'ai

appris des
choses à Uzeste, je crois que j'y
ai apporté beaucoup, puis il arri¬
ve un moment où on se
répète,
où on a l'impression de ne plus
pouvoir avancer soi-même ni
avancer

les autres. Alors

faut laisser décanter, prendre un

de recul d'autant qu'il y a
plein de choses à finir ici et là,
des gens qui t'attendent ailleurs,
peu

des urgences.
Il

n'y

a

et

la Cie Lubat ?

J'ai

accepté de te répondre sur
t'as insisté et
pour pas passer pour un mec qui
méprise les questions de certains,
puisque tu m'as dit que des gens
t'avaient parlé de ça, je peux
m'expliquer sur tout sans détours
voilà je l'ai fait, pas la peine d'al¬
ler chercher des trucs psycholo giques qui, quand ils existent, ne
sont que l'intériorisation, la
"psychologisation" de problèmes cul¬
turels bien plus généraux. Qui
Uzeste parce que

seuls m'intéressent.

sur

Langon... Et j'ai bien aimé l'ar

-

je comprends un peu
démarche de la Cie Lubat, sur

plan général,

mai la

de la ciutadanià dins los "bacins
de vida" que son los païses,

la
un

ligats amb la tradicion e acordats

j'y suis
plein de
choses que je comprends pas, j'ai
parce que

a

la

modernitat,

e

los centres

urbans. Demandatz doncas

una

besoin d'écouter d'autres avis par

democracia descentralizada d'à

exemple,

plèc,

sur

o acceptatz de contunhar
d'èstre administrât autoritària

leur démarche

musicale, mystérieuse pour moi,

je sais

où ils veulent aller ni
pourquoi... C'est dur
de comprendre, je sais. Et
d'ailleurs j'ai pu vérifier que pour
Lubat c'est pareil, il sait pas trop
ce que je fais ni comment ni
pourquoi... Une démarche artistique de fond, c'est très com plexe, et il y a peu de gens qui
peuvent la suivre dans une pen sée d'ensemble, c'est pourquoi il
faut la Linha Imaginât et des
articles de fond sur ce sujet, les
gens auront moins tendance à se
pas

comment ni

raccrocher à des branches psy

avis... ici

nous

a

las collectivitats reviudadas

"païses",

Maldespièch las
o
d'angoissa que

-

territòri. De

tat

vòl dire lo restabliment

en

dignitat de las paraulas escana
das. La personalitat culturala es
l'esplech quitament del progrès
social e économie... Exigètz
d'èstre en França, coma en
Euròpa e a l'escala del mond, lo
ciutadan que va cap a l'avenir en
far-valer d'eiretatge.
Es qu'avètz pensât
que la Republica es pas mai tota
en
França ? Es ja, per abandons
de sobeiranitat, per una granda
Euròpa. E degun pòt pas, après
de desenats d'ans en intégrations
successivas, tornar en rè... Ço
pus grèu es que, de tôt aquel
temps, los Estats, mai que mai
França, an plegat davant lo poder

-

...

financier mondializat

sens

per

-

metre

jamai la creacion de
poders civics compeasatôris. Son
ara dins la
trapèla, e vos amb
eles.
...

A l'ora de l'Euro, i a

cocha per

bastir la Republica
Europèa, segon las réglas de la
democracia : Amassada europèa
sobeirana e legiferanta, govèrn e
Président europèus responsables
davant ela, Sénat de las collecti¬
vitats territorialas. Exigètz

l'exigéncia dels tempses lèva

d'èstre ciutadan

dan.

psy¬

Mas

França

europèu del tôt,
de sètz escral'aliança de la burocramercat dels capitals.

estonetz pas

chat per
cia e del

...

D'avant lo desen

de verai democratica

bêtises....

l'unitarisme del Centre, que tant
de temps escrachèt las
lengas e

corregisson

e

error

-

politic que tòca la massa
dels ciutadans, mai que los pus
joves, en pagelant los perilhs ont
cai la Republica se tampa dins lo
cant

chovinisme nacional, que

se'n
"especificitat
francesa", alara qu'es pas qu'una
escleròsi, vos prepausam de tor¬
nar trobar lo sens de las
grandas
luchas popularas qu'an marcat la
darrièra mitât de sègle, e d'èstre
voldrià far

una

amb nosautres los ciutadans de
l'avenidor. Voldriam tornar

l'esperança civica.

sera pas

chologiques avec quelque chance
de pas dire de trop grosses

que se

o vos

nosar amassa
...

4

son

pertot dins lo mond, la moderni¬

reaccions d'òdi

quitament subreviurà son qu'en
s'important l'esperança demo grafica, valent-a-dire en accep tant l'immigration. Es vengut
lo
temps de virar pagina a una istòria tucla que nos pòt menar
qu'a
de malemparadas
socialas e militaras. Cal
que França, amb tota
Euròpa, accepte de devenir cul turalament plurala, coma o son
totes los païses modèms, e coma
o entend lo contract
que la fonda,
qu'es pas que civic. Acceptatz
que l'Autre, vengut d'Endacôm
mai, çai siá lo vòstre reconciuta-

culturelles

cas

competéncias daisse
l'organizacion viva del

dins vos, podètz pas ignorar que
la societat europèa granarà e mai

devons

s'intéresser à des

de lors

...

plus généralement, à partir de là
essayer de voir les relations entre
ce
que FONT les oeuvres cultu¬
relles et ce que FONT des poli tiques, et à partir de là on peut si
on veut

cas e

dels

de comprendre ce que
FONT les musiques que nous
écoutons, ou d'autres, à partir de
là essayer de comprendre ce que
oeuvres

e

da

essayer

FONT les

ment

la plaça a
Territòri, e la socielat massifica-

chologiques interindividuelles
qui ne mènent pas bien loin à
mon

-

de luènh. Que lo trocejament de las collectivitats publi
-

,

donc pas de problèmes

"psychologiques" entre toi

NDLR) tu

allé 10 ans, mais il y a

persévérante d'un mec, d'un
groupe, d'un village, d'une straté¬
gie. On y va aussi se soutenir
soi-même, dans une confronta

faire

:

article

Tu sais

partout, et normalement
payés. On va à Uzeste en sou
tien, financier mais aussi cultu
va

un

ticle de Fernando l'an dernier...

con¬

cert

rel. On

manière de

une

e

solidaritat sociala, ara que los
pòstes de trabalh se fan rars sota
l'efièch del progrès tecnologic,
l'Estât regde e massis se los pren
plan mal en carga, e pas mai una
classa politica que sa part granda
sembla de pensar mai que mai de
se mantenir, a bêles
còps de promessas electoralas, al cimèl
d'aquel Estât. Aqueles très ele ments serián sai que réglais melhor se s'empatriava una part bêla

Certes, mais je les ai déjà por tées, j'ai envie de lire celle des

Je suis allé

pendant 10 ans au
(86-96). On va pas à

Turbanizacion modèrna,

las culturas de

plurala
vièlha

Forum per
:

sociala
c/o

e

l'inovacion

politica

Miquel Prat Escòla mairala Be»

Soleu 05000 Rometa

�Linha

Imaginòt

Débats
4e

trimestre de 1998

Avril 98

Président
du Conseil Général de

Lettre ouverte

au

De la

l'Ailier
A la lecture de l'excellent
d'autres

avec

moi

sans

stratégie

Un

exemple et
enseignements

Info Magazine, je découvre et
l'ambition d'imprimer

doute que vous avez

image de notre département en privilégiant l'expression "Pays
place de Bourbonnais.
Dans cet article, vous déclarez : "Sur la carte de France, il
existe le département de l'Allier et la rivière de même nom ; celui
de Bourbonnais n'apparaît pas, un Montluçonnais ou un Vichyssois
ne se considèrent pas toujours comme Bourbonnais". Cela reste à
une

d'Allier" à la

Claude Sicre

voir!
Formidable

exposé de géographie que vous proposez là ;
mais l'expression Pays d'Allier ou En Allier comme on peut le voir
sur les pancartes de bienvenue à l'entrée du département, est incor¬
recte et proprement ridicule.
Ainsi donc, très bientôt nos voisins des départements limi¬
trophes se rendront "En Allier". Plus fort encore, comment allezvous nommer les 350 000 habitants de "Pays d'Allier"?
J'ai quelques idées à vous soumettre : les Allier-nés, les
Allier-nants ou bien les Allier-nois ? (Rire épistolaire !)
Plus sérieusement, vous ne pouvez pas nier l'histoire et la
culture de cette région ; ne vous fiez pas à la carte de France, les
départements ne sont que des cadres administratifs. Le Bourbonnais
n'existe pas sur la carte de France, dites-vous : c'est exact.
La province n'existe pas non plus mais pourtant vous pou¬

Avec

plus loin : "d'ailleurs, l'état dans
des démarches pour l'aménagement du territoire met l'accent sur la
notion de pays". De mieux en mieux.
Si l'état parle de Pays d'Allier, c'est peut-être parce que ce
dernier veut nier l'histoire, les langues et les différences. Ce qui fait
la richesse du Bourbonnais ou du département de l'Allier ce sont
justement ses différences. Différences et rencontres de trois langues:
langue d'oil, langue d'oc et franco-provençal.
Pour mieux vous faire apprécier la décentralisation cultu¬
relle, ce vaste sujet, je vous conseille le livre de Félix Castan, le
Manifeste Multi-Culturel et Anti-Régionaliste (Editions Cocagne
Montauban).
Félix Castan milite dans le même parti que vous, mais
malheureusement il n'est que très peu compris et repris par les
membres du PCF pour le moment.
Simplement parce que le PCF est un parti encore nationa¬
liste, qui n'a que trop peu réfléchi à la décentralisation culturelle, à
la richesse des cultures, des langues et des différences qui pourront
culturellement

sauver

un

peu

;

qui
activité et
notre couverture médiatique, au
centre de ce genre de demandes).
Aparté : Beaucoup de mauvais
sommes,

échos

par notre

nous

reviennent de l'attitu¬

de du bureau de Massilia. Nous

faire la part

des choses, et
papier de
Anne) toujours Massilia dont
nous comprenons bien les pro blêmes. Ceci dit il y a quand
savons
nous

défendons (cf

même, semble-t-il,
Chez

un manque

chez

Repas-de-Quartier Fête des
Langues etc). Si on peut pas y
aller (autres dates, pas de tour née, etc) longues explications sur
tous les sujets, quand même
(l'expérience nous montre que,
parmi les groupes et même

maternage, joue systématique ment, aux frais des Fabulous, le

eux.

sur ce

sujet,

a

nous

pris

Anne

(qui

relais. Je
avec elle),

mon

continue à y oeuvrer
sans tomber dans l'assistanat-

rôle de conseillère

sommes

les SEULS à faire ce

occitane/quar¬
tier/musicale/syndicale etc.
3) Une fois les fils dénoués/
renoués, les passerelles longue ment jetées/produites/réinventées
chaque fois (parfois c'est très
long : comment par quel biais

travail

de

ancrer un

de la

-

+ ou

-

Linha,

patience

-

nous

que nous

demandeur de conseils
pour

Repas-de-

Quartier de
Moselle à s'in¬
téresser à

Lubat ?) (un
! Vendéen fan
des Fabulous à
monter une

conférence de
Castan

la France de l'unitarisme.

j'en

plus en plus abscons, pour beaucoup de
l'unitarisme étant l'exact contre-exemple de la

Meilleurs salutations d'un

le détour par

d'occasions que nous,

Que faire ? Y aller, ce
qu'on fait souvent (après leur
avoir parlé une heure au télépho¬
ne de la Linha Castan Buge

autres

Unitarisme de

citoyens français
citoyenneté.

ou sans

Massilia.

zone.

re-cite

aussi, je sais, mais ils ont moins

basta).
2) Situation classique pour nous.

l'entendre et le lire à

vous

concert demandé dans un

Marseille à Paris où 35 000 F et

la bouche de

Je

incluons dans notre rôle) (Jacme
Gaudas et J-Marc Buge le font

petit
village de Provence par jeunes
plus ou moins enfélibrés décidés
à se bouléguer sans renier leurs
attaches, qui cherchent un grou¬
pe assez connu (pour faire les
liens nécessaires) qui n'ont pas
de sous et qui viennent d'être
éconduits par la production de
Massilia à Paris (renvoyés par

profusion dans la presse enchaînée ou dans
beaucoup de responsables politiques, toutes tendances
confondues. Je pense que les Moulinois, les Montluçonnais ou les
Vichyssois et tous les autres en ont par dessus la tête d'être traités
de provinciaux et d'être relégués au rang de citoyens de seconde
vez

1) Un coup de téléphone à
Anne, pour les Fabulous

des

?) (etc
et

passe

pires), une

fois donc

ces

passerelles
jetées, il FAUT

citoyen bourbonnais

PROPOSER

Laurent Sinturel

5

�Linha

Imaginòt
Débats

4e trimèstre de 1998
des choses concrètes

table de

etc, etc. Mais il est vrai, vu notre

implication,

que souvent c'est des
GROUPES DE MUSIQUE qu'on

connues encore...

demande. Incarnant spectaculairement le moove. Et c'est

de groupes
de jeunes rap/raga /ska/etc dont
nous avons parlé ici : Syndic de

nous

aussi vrai que, même si nous par¬
lons de Lubat/Carlotti/Lo

Jaç/Xavier Vidal/Brancaleone/
Gacha Empega etc à chaque fois
(Anne devrait être défrayée
comme
pré-agent de tous ces
groupes) (il est rare, pour ne pas
dire plus, que les Fabulous reçoi¬
vent des appels d'organisators de
la part de tel ou tel "imagino tien") que beaucoup nous deman¬
dent "un groupe comme Massilia
ou

Fabulous".

tel

tel groupe différent peut,
dans certains cas, jouer un rôle
ou

comparable

-

meilleur

que

-

et parfois même
Massilia et

b) pour comprendre ce
qu'il y avait de profond dans ces
demandes, au-delà du phénomène
groupe connu c) pour expliquer à
certains groupes la nécessité de
réorienter un peu leur répertoire/
style afin de répondre à ces
innombrables demandes. Je dois
que nous

réussi vraiment

n'avons pas

comme

il fau

-

drait.

Exemples
Nux Vomica, qui a
plein de qualités dans le moove,
manque encore d'un spectacle/
scène et d'un disque capables de
les projeter en avant. Pour bientôt
•

nous

espérons.
•

avec ce

nous sommes

(soutien

allés le

sur tous

:

groupe que

plus loin

années). Leur réussite nous
pris sur

comblé. Hélas le recul

le mouvement, une fois le succès
arrivé
qui s'explique et se justi¬
-

fie

fait que les Femmouzes T
remplissent pas/plus le rôle
que nous aurions pu attendre au
-

ne

niveau militant.
•

toujours

en

Double-Embrouille

train de préparer ce

titre

-

►

Anne Brunei

-

la Rue à Mazamet, Ketama

? ? TV
est en tra'n
yrass''ia créer
l\/I de

Possée, Moyen Age 1, Jo and
Jah...

se

X

Split de Bouducon,
qui dans le rap, correspondait
•

tout à

fait à Massilia.

devrait refaire
à

truc

de des

(Abillard Allix

+

questions et deman¬

Travaillant moi-même

des Sylvies
Agnès Colette)

de Toulouse tarde. J.P.

tivité

derniers temps,

pour les Fabulous Trobadors, je
suis au carrefour de beaucoup

Becvort

d'interrogations.
Le principal reproche

Musica) - qui travaillait avec
elles, c'est fini - a un projet mais
tout ça n'est pas rapide à éclore.

est

la différence entre le discours

de M.S.S.

F.T.

avec

Paris. Alors que... Là

n'avons pas le
Historiquement toute l'ac¬
culturelle-économique se

encore, nous

phrase, entendue plu¬
ces

explications.

Le groupe

vailler
choix.

soulève des

ça,

une

JLmauvaise réputa -

sieurs fois

Ange B
comme

▼

tion". Cette

Grand manque.

mon sens.
•

un

situe à Paris. Il y a là-bas une
myriade de producteurs en tout
genre, avec lesquels Massilia,
Fabulous et beaucoup d'autres
groupes ont choisi de travailler.
Le jour où il y aura une vraie
à Toulouse, Mar¬
seille, Bordeaux,... dans ces sec¬
concurrence

teurs et une

possibilité de choix,

pense que nous n'irons pas
chercher ailleurs ce que l'on pos¬

("boulègue-toi
là où tu es"), et le refus de venir
faire un concert là où justement
des organisateurs ont été séduits
par la démarche et les idées. De
là un questionnement sur la réali¬

je

breux

té de notre militantisme culturel,

j'ai calculé". Je

des groupes comme

décentralisateur, occitaniste.
D'une part, les quelques (rares)
groupes capables de remplir le
rôle qu'on leur demande (mili -

Diachronie totalement idiot.
D'un côté de

d®&gt;

et

nom

-

organisateurs qui veulent
ci comme ça
qui n'en trouvent pas.
De l'autre des tas de

os?

groupes qui galèrent, passent leur
temps à répéter et finissent par
spliter par manque de contacts
vu autrement,

nisateurs (associations de base,

institutions)
cours

en

demande d'un dis¬

De l'autre des musi¬

ciens occitanistes/décentralisa

qui n'ARRI-

VENT PAS à clairement tenir
discours

-

ce

grande scène.
On peut toujours gémir
sur la société
pourrie, le pauvre
sort des artistes français (les plus
privilégiés au monde avec les
Assedic), le show-bizz, les USA
etc. On peut aussi réfléchir et tra¬
sur

le

train de

comprendre !).
Pour revenir à Massi¬

lia, il

ne

faut pas leur faire de

faux

procès. Que les groupes, les
organisateurs locaux restent sou¬
dés, en échangeant sur les
contraintes que nous avons res

-

Nous

avons

le rôle de

intègre justement

ensemble,

que nous

cette

Ceci

nous

avec

des

au

amène à collaborer

contraintes nées de
rations.
On

6

me suis toujours
demandé comment, je suis en

construisons tous les

tant que groupe, une

producteurs de disques,
de spectacles..., et à
intégrer les

Avril 98

"l'indépendance

culturelle pour Toulouse ça ferait
10 000 emplois, je suis formel,

organisateurs et ces nouveaux
groupes, personnes qui peuvent
apporter beaucoup. Tous

en

sionnalisation de l'organisation.

C. S.

(côté pratique)(C.

développer les liens entre les

Pour cela, il est néces¬
saire de passer
par une proies -

:

nous

chanté

contre.

une dimension nationale. Ceci
service de la base.

vailler à fond.

a

de la base, ni une rupture avec
discours. Nous avons nous-

jours, et qui
question.
Il nous semble que notre dis cours doit
dépasser le cadre limi¬
té de la région dans
lequel il est
souvent enfermé,
pour acquérir

Massilia).

Sicre

pectivement. La solution réside
dans la stratégie exposée ci-

stratégie générale,

tralisateur/démocratisant (celui

sède chez

manque des groupes). Ne pas y
aller ne constitue pas un abandon

mêmes,

musical occitaniste/ décen¬

m

-

peuvent répondre positivement à
toutes les demandes (donc il

D'un côté des orga¬

es*

ou

tant, dans le "moove", rassem
blant un large public, etc) ne

le

public.
Ce qui,
peut s'écrire :
avec

teurs/démocratisants

les aspects et

sans

-

aussi pour un tas

c'est

hypersystématique pendant plu sieurs

Beaucoup d'incon

•

nues

des Fabulous

Femmouzes T

certainement

pas.

5) Nous nous trouvons, dans ce
domaine, face à un Décalage/

Fabulous

avouer

ve

(nouveau responsable de l'IEO

4) Nous avons essayé d'oeuvrer
a) pour expliquer à ces gens que

a

fameux

premier album qui n'arri¬
Et nous ne savons pas
trop où ils en sont de la problé matique décentralisatrice. Leur
ragga est excellent et devrait les
lancer loin, mais beaucoup d'in¬

:

Buge, conférences de Castan,
venir à la Fête des Langues,
adresses de ceci cela, Repas-deQuartier, livres, revues, disques,

ces

collabo¬

nous accuse

de tra¬

nous

à cela. A faire

devons réfléchir

avancer

ment, tant au niveau

le

mouve¬

médiatique
national, qu'au niveau du nombre
de groupes concernés par ces
questions.
A. B.

�Linha
Débats

Imaginot

,
,

î

î

.

&gt;1.

1

'

,

«

"s*1

Wim

,

4e trimestre de 1998

ça coûte cher en papier / impres¬
sion 1) ça coûterait la peau des
fesses que ça serait important

Lettre à

quand même, le plus important
de tout 2) nous avons tous reçu

l'ADAMI*

vos

brochures luxueuses pour
flatter de vos résultats
/

vous

projets, etc 3) on se contentera
papier-torchon mal photoco pié ou ressortez les ronéos si

de
».

voulez 4) montrez-nous un

vous

Claude Sicre

devis.

B) C'est par l'intermé¬
diaire de cet organe que des infos
vont circuler et les nécessaires
débats

Cher Monsieur,
Je
votre

vous

On m'a

remercie de

pas,

lettre / convocation du 27

dans
réfor me des statuts (et qui pourrait
générer une réforme de fonction¬
nement) rien n'est prévu qui
réponde aux propositions que je
fais depuis 5 ans (nombreuses
pour une

lettres

simples restées sans
réponse, une réponse vague à
une lettre recommandée). Je
vous

redis donc ici

n'avons jamais été informés

directement des différentes

qui

ceux

j'en tiens au courant, par
photocopie, les personnes ou les
groupements que j'estime devoir
informer (journalistes, syndicats,

adhérents n'ont pas

de raison de
groupements ou
institutions déjà collaborateurs
le faire, certains

collaborer
leurs

au

maximum la

participation, la collaboration et
l'information de tous les

membres, pour les élections mais
aussi toute l'année, favoriser

naux ou

ments, leurs rencontres,

-

leurs

région choisie puissent

rencontrer entre eux,

bonnement de la société. C'est
ce

but que j'ai

propositions simples

fait quelques
:

1) Tenir les Assem¬
façon tour nante, dans les grandes villes de
blées Générales, de
France afin
-

qu'à cette occasion :
le Conseil d'Adminis¬

tration

puisse rencontrer le plus
possible d'adhérents de base et

la Société. Tous les adhé

rents ne

se

cifiques

base

;
les ténors artistico-

-

peuvent pas aller à Paris,

aux

colonies et

sur

me

répon¬

les critères d'attribution

des aides. On m'a
le

répondu : pour
spectacle vivant. J'ai demandé:

comment choisit-on entre ceux

de lancer

moyen

aux¬

ne

un

débat

qui

touche le maximum de monde.
Sur

ce

sujet

comme sur

les

aubes.

d'adhérents de base seront d'ac

j'ai autre chose à faire d'urgent
(je laisse les autres questions

-

avec

adhérents

leurs

et adresses

communi¬

coin de

ma

tête pour

demande de lire

cette lettre à

générale exbaordi
parisienne.

l'Assemblée

quées).
A) L'ancienne direc

-

un

les sortir

quand vous vous y
attendrez pas), je vous remercie
de votre attention et je vous
vous

puissent s'exprimer (et

noms

Je m'arrête là parce que

dans

moi).
2) Avoir un organe
(bulletin) dans lequel tous les

Il semble que mes
lettres aient eu un certain effet

de

adhérents de base parce que

cord

obligés de se déplacer
rencontrer des adhérents de
dans leur pluralité.

puisque, après la lettre de l'an

auxquelles viendront un
représentants comme un

quelles

administratifs de notre société
pour

vos

viendront pas les
rien
ne
s'y jouera (Je dis on, à la place
de je, car je sais que beaucoup

opératoire, et donc exa¬
miner, face aux représentants de
l'ensemble, leurs problèmes spé¬

lettres,

courrier des sociétaires est le seul

.

repetita

commissaire

une

mes

d'infos
de

occasion

-

naire

-

répondu (à ma lettre

cien directeur, votre nouveau

tion m'a

règlement général m'informe que
"les réunions d'information (défi¬
nies ligne avant) peuvent être
tenues dans n'importe quei lieu

recommandée, et très tardive

du Territoire National".

Deux minables 10

Belle

d'apprentis-adhérents, ainsi que
des groupes ou des insbtutions
extérieures pouvant collaborer
avec

dans

Dans

j'avais demandé qu'on

qui soutiennent / font du / oeu¬
vrent pour le spectacle vivant ?
Évidemment, pas de réponse. Le

bis

les adhérents de la

les Assemblées générales

posi¬

tions par leurs tenants (toujours
le filtre) et des avis de gens non
directement concernés.

pour vous plaquer.
On n'a rien à foutre de ces réus

sont

soient

possibilités d'agir, individuelle¬
ment ou en groupe, sur le fonc dans

au

locaux ;

-

leurs débats, leurs regroupe

non par

certains groupements ou insbtu¬
tions sont spécifiquement régio -

ville /

démocratique. 11 faut

direct, et

fonctionnement de la Société,

-

Notre association est

en

délégués nationaux,

etc).

donc rechercher

n'importe quel lieu, vous,
grands défenseurs de la démocrabsation, vous affirmez qu'elles
peuvent. Rigolade. Ce sont les
adhérents de base qui vous
demandent, et vous qui résistez,
que des réunions se fassent par¬
tout, et ce ne sont pas de simples
réunions que nous voulons, ce

ne sont pas encore

régionales qui veulent pouvoir

pose et

d'ambition

dans

de notre société ont des instances

que je pro¬

ce

répondu

Okey, mais ça suffit
d'abord le Bulletin.

Pendant la guerre
intestine que certains se sont
livrés dans la société, nous

Je remarque que,

qui est prévu

tenir.

Internet.

août 1998.

ce

se

C.S.

-

ment) qu'ils allaient faire un
courrier des lecteurs dans le
Bulletin. On a vu le résultat.

lignes sur des
sujets bien techniques et sans
signature. Qu'on ne me dise pas
qu'il n'y avait rien d'autre à
publier, il y avait au moins mes
lettres. Qu'on ne me dise pas que

rhétorique.

Comme si vous aviez des adver¬

saires, à la base, qui peut-être

s'opposeraient à

ce que les
réunions d'information se passent

7

*ADAMI (Société Civile pour
l'Administration des Droits des
Artistes et Musiciens
A

rue

Interprètes) 10

de la Paix 75002 Paris T

40 15 1000Fax

:

01 40 15 1030.

:

01

�Linha

Imaginòt
Occítania

4e trïmèstre de 1998
Argument
La culture occitane n'a cessé de

Félix-Marcel Castan

a&gt;

Ê
m
mwamm

c

se

construire et de

reconstruire depuis dix siècles. C'est la

se

expérience historique qui arme l'action contemporaine de concepts efficaces pour
intervenir sur le terrain. L'échec du Félibrige montre qu'une revendication de caractère étroit
(local, provincial, régional, natiomlitaire ou ethnique) faisant appel à des égoïsmes communau taires ou à des chauvinismes, n'a aucun écho et n'obtient aucun résultat. Seules ont cours, dans
une France qui a connu la Révolution de 1789, des idées de portée générale. L'Occitanie ne
peut refuser cette manière de penser car elle a été la première à fixer à l'humanité des horizons
pour tous les peuples : elle n'a jamais cessé, au cours des siècles, de formuler des messsage s qui
sont devenus constitutifs de la conscience européenne. L'identité occitane s'est toujours définie
comme agent de civilisation, qu'elle ait parlé de la guerre et de la paix, des droits de la cité et
des langues ou du pluralisme culturel, à la fois intra et international. La conception de la nation
plurielle propre à la philosophie occitane du siècle baroque, qui est le deuxième grand siècle de
notre culture, reste le message politique actuel par excellence. L'Age roman, l'Age baroque et
l'Age écologique contemporain sont des moments de haute signification pour la défense de notre
culture. Triple perspective d'avenir, intensément constructive.
totalité de

son

a
à la veille de l'An Mil

A Jean Vilotte

:

alors

atmmm

O
O
O

l'identité occitane s'inscrivit
Le combat occitaniste
CO

0)
&gt;

o
TJ
co

&lt;D

w

&lt;D
T3

&lt;D

3

O
O

U

m

ZZ

O
a
(A

C

&lt;D

E
a&gt;
T3

est-il

c

&lt;D

O
3

uC

O
o

Une nouvelle pensée
politique surgissait, plusieurs
siècles après la fin des Empires
antiques, qu'avaient maladroite¬
ment tenté de reproduire les
Empires germanique, carolingien
et othonien. Cette pensée éma nait du Sud des Gaules qui avait
gardé de fortes traces de civilisa¬
tion gallo-romaine, ainsi que le
rappelait l'autre jour Jean Paul
Becvort : une fragile tradition
urbaine, des habitudes juridiques
persistantes, la convenientia des
contrats personnels, quelques
phénomènes linguistiques spéci¬
fiques. Sur ce fond relativement

dilemme.
Pour bien raisonner, il
faut s'ôter de

l'esprit les schémas
constitutifs de la nation françai se, transférés mécaniquement au
domaine occitan. L'Occitanie

a

suivi des chemins très différents
et

parfois opposés. C'est grâce à
expérience propre, à l'origi¬

son

sa

formation séculaire

qu'elle peut espérer apporter des
points de vue nouveaux et des
concepts indépendants, une
vision que la nation française n'a
pas su élaborer. Il n'est pas tou¬
jours facile de dégager les acquis
les plus pertinents de notre his toire : c' est pourtant à cette tâche
qu'il importe de s'atteler.
Notre histoire parlera
au présent ou notre intervention
dans le débat politique n'aurait
aucune

différencié vont

perdre

ne

&lt;D

son

8

d'agir, de notre
regard sur le monde. Mais qui
peut vraiment poser le principe
de cette cohérence sinon des
occitanistes lucides ?
Les faits que
sont

j'avance

pourtant simples et connus

de tous les

spécialistes : mais si
n'introduit pas le concept
d'Occitanie, il est impossible de
on

les relier sérieusement entre

eux.

Impossible d'en dégager le sens
global et la portée pour com prendre ce millénaire dont nous
vivons les derniers instants.

•

Tout dérive de la

incontestée de

grande figure
Mayol d'Avignon

qui, à la tête de l'abbaye de
Cluny, conçoit au cours de sa
très longue carrière le destin
d'une humanité entière dédiée
aux

voies de l'absolu, en

marche

triomphale vers la Jérusalem
céleste, grâce à la psalmodie
ininterrompue que font entendre
les moines de

son

monastère,

des historiens

dont l'autorité

:

c'est d'Occitanie

décisif

historiens, tra vaillant en ordre dispersé, ne
mettent pas en évidence la cohé¬
rence d'une nouvelle sensibilité,
de nouvelles finalités, au moins
potentielles, qu'il est pour nous
du plus haut intérêt de ressaisir :

sommes

raisons d'être et

reste occultée dans les travaux

Les

interroger les
lesquelles a pris
naisssance une énergie nouvelle
et sur ce sujet actif, innommé,
que nous appelons rétrospective¬

il y va de l'idée que nous nous
faisons de nous-mêmes, de nos

guides désignés de l'immense
troupeau humain rassemblé en
un seul corps. Son successeur,

que provient le décollage
de la nouvelle civilisation.

mencements et

Occitanie... Nous

la conscience occitane,

ambition historique. Il nous
appartient, en militants respon sables, de reconnaître cette voca¬
tion première de notre pays qui

temps que de remonter aux com¬

ment

et

d'un même mouvement, d'un
même sursaut, d'une même

conditions dans

co

manifester de

grandes initiatives qui fonderont
européen¬

l'Europe

Ce n'est pas

se

à la fois la conscience

consistance.

1. La Paix et

C

O

le.

tanistes le croient ? Tel est le

nalité de

c

front de la civilisation occidenta¬

combat

d'arrière-garde,
comme la plupart des gens le
pensent ? Ou bien un combat
d'avant-garde, comme les occi un

au

ne sera

pas

moindre, le limousin Odilon,
mobilise

Cluny à la conquête des
européennes, fondant
l'empire spirituel d'une congré¬
gation sans précédent dans l'his¬
toire de l'Eglise. Le rôle poli tique de Rome est ainsi établi,
sans partage, au sommet de la
terres

catholicité, dominant la hiérar

-

�Linha

Imaginòt

Occitania
4e trimèstre de 1998

ère

européenne, d'un langage

enfin libéré et libérateur. Une

phase de la civilisation

autre

commence.

Malgré tous les refou¬
lements ultérieurs, les occulta

-

tions, les détournements, les
oublis, il n'est point absurde de
dire que

c'est la phase à propre¬
parler "occitane" de

ment

l'Occident, l'accession à

un

niveau

supérieur de civilisation,
une assomption
dont en entend
en l'An Mil la subtile
musique
naissante, le son grêle et insolite.
La civilisation humai
franchissait

-

étape, un
seuil, comparable à celui qu'elle
ne

avait franchi

une

avec

le monothéis¬

juif. - L'autonomie linguis
tique s'impose : la formation
me

d'une koinè
le Boèce

Félix Castan et Toulouse

chie (axiale.

Ils

D'une

génération inter¬
médiaire entre celle de Mayol et
celle d'Odilon, le pape de l'An
Mil, notre compatriote Gerbert
d'Aurillac, une des plus puis santés intelligences de l'humani¬
té, qui a été confronté à tous les
problèmes scientifiques, litté raires, philosophiques, religieux
et politiques de son temps, eut
l'intuition que l'unité politique
de l'humanité n'était pas gérable:
rompant avec la tradition carolin¬
gienne, il assura l'élection de
Hugues Capet au royaume des
Francs, pressentant la pluralité
des Etats à venir. Il fondait ainsi
au

plan politique la dialectique,

la combinatoire de l'un et du

multiple qui reste l'une des
constantes de la pensée occitane.
Au même moment,
dans le contexte d'un

en

accord

avec

mouvement

la

le
de la Paix de Dieu.

Ils

:

espéraient par là mettre fin
la turbulence des bandes de
cadets de la noblesse

à

qui entrete¬

naient le désordre dans

ce

la première
de la civi¬

nières les ailes de

pays.

l'esprit.
qu'on peut

L'Occitanie découvre

occitane unitaire

lisation, dans l'aventure de

raisonner de l'ordre du monde,

dessus des dialectes, par un

l'espèce humaine, le principe,
qui reste le nôtre, d'une finalité
politique indestructible, la paix

que l'ordre peut obéir aux lois de
la raison : la pensée est faite pour

libre de

régner sur les choses, libérée du
empirisme et des évolutions
primitives.

monastères.

entre les hommes.

pur

Ces faits excluent toute

se

constitue

au-

acte

l'esprit et des intellec
de l'époque, dans les

tuels

-

2. Les Troubadours et le Droit

définition

régionaliste de
l'Occitanie dans laquelle on nous
enferme souvent et qu'il est si

ment

changé, si les

-

apparences

nier que
quelque chose persiste de ces
origines dans l'Occitanie
d'aujourd'hui : ce n'est pas une
philosophie, c'est un point de
vue, un regard de l'occitanisme
sur le monde, qu'en tout cas
sont

nous

autres, on ne peut

devons affirmer

avec

se meut

avec

bases. Les modalités

se

le latin, cette Consolation

qu'on a tant de mal à
interpréter avec exactitude..
de Boèce

Littérature

sur

la littérature

:

le

poète s'inspire du livre écrit dans
sa prison par le grand philo
sophe chrétien du VI0 siècle. Il
entend prouver à ses jeunes
contemporains inconséquents
qu'ils échapperont à la prison du
mal, de la violence, par la culture
qui les conduira aux contempla¬

force

dans l'uni

ses

politique
qu'il s'agit : du moins

complexifieront par la suite. - On
lira dans cette optique-là le pre¬
mier poème de notre littérature,
chef d'oeuvre de la première lit¬
térature qui rompit délibérément

argument majeur.
Depuis l'origine,

l'Occitanie

C'est bien de l'ordre

du monde
de

difficile de combattre... Si les
conditions actuelles ont totale

•

comme un

paysannerie l'un des mouve ments les plus révolutionnaires
de l'histoire de l'humanité

pour

est en marche dans

Originalité, unique
parmi les langues qui vont émer¬
ger de la latinité : non un dialecte
qui prévaut par élimination des
dialectes concurrents... La langue
.

fois dans le processus

renouveau

généralisé, économique et démo¬
graphique et de l'installation du
régime féodal, les prélats occi tans lancent

posaient,

-

-

versel. Nous la voyons ici bâtisseuse d'universalité : seul
pays

qui aît eu ce rôle initiateur glo bal, donnant l'impulsion décisive
pour le reste des temps... Les
cultures d'Europe se sont diver¬

tions étemelles,

-

en un

mot ce

toutes sont tributaires de cet acte

de la guerre ter céleste. Acte de
décrochage par la littérature, par

d'arrachement

le livre, d'une

sifiées

au cours

le passage
restre à la paix
sera

des siècles mais

aux

civilisation, hors
de l'enfer matériel et de l'irrationel, c'est l'aube d'une nouvelle

pesanteurs du

passé, aux cultures antiques, à la
gangue qui retenaient prison -

9

En bref, l'Occitanie,
c'est

en

premier lieu la conquête

de l'autonomie du discours.

Conquête politique. La suite va
le confirmer.
Pour
ment

leur
ne

pleine pensée de

assumer

la destinée et la

peuple, les militants occitans

peuvent ignorer son histoire et

grandes actions dans les quelles il s'impliqua et forgea
peu à peu son identité. - Qui
donc prétendrait parler au nom
du peuple juif sans prendre en
compte la Bible dont il a été
l'auteur, sa religion, sa contribu¬
les

tion à la culture universelle et les

tribulations
cours

qu' il

a connues au

des siècles ? C'est pour

-

peu ce que font certains
militants occitanistes, qui veulent

tant

un

rayer de leur pensée les procé
dures d'exclusion dont leur

-

peuple a été victime, qui ne veu¬
lent pas admettre que leur pre mier devoir est de rendre à ce
peuple

sa

mémoire, de le délivrer

�Linha

Imaginòt

d'un statut de

Fourès et Xavier de Ricard,

sans

Lauseta. C'était le courant

peuple mineur et
cervelle, de faire tomber le

masque de domesticité dont on a
voulu l'affubler, car sa caricatu¬
re, ce

n'est pas lui.
S'en tenir

au

présent

seul, c'est trahir...
Une société

sans

cultu¬

Des

Provençaux

Gras

ou

comme

les Marseillais y

décapité : voilà en
qu'ont proclamé
Gerbert, Mayol, Odilon, l'auteur
de Boèce
à Limoges et les

paient. Il aboutit à

artistes de Saint Martial, les

chez notre

re

est

un

vérité

corps

ce

conciles de la Paix de Dieu, tous
les

grands esprits qui avaient
entrepris de faire accéder un
monde encore sauvage aux hori¬
zons les plus civilisés. Ils
n'étaient pas le produit d'ethnies
lentes à

mouvoir mais des cul¬

se

antiques sur lesquelles ils
prenaient appui, pour les dépas -

La

qu'on
qualifiait alors d"'albigeois". Il
ne représentait pas la majorié du
Félibrige mais une forte minorité
et sans doute la plus dynamique.
Félix

partici¬
qui se

ceux
nommaient eux-mêmes "socia

-

listes libertaires", Perbosc et
Estieu. Son

esprit se retrouve
contemporain Max
Allier qui se réclame moins des
Albigeois que des Camisards...
On le qualifiait de "félibrige
rouge" : c'était ignorer sa racine
historique proprement occitane,
son authenticité
puissamment
identitaire.

tures

ser

dans

un

rêve de rationalité

Antonln Perbosc

l'idéologie des

Ils créaient, sans bien

de

fait justice

depuis et compre¬
nons ses significations véritables.
Il y avait dans la tête des écri ont

le savoir, une sorte de religion
l'humanité et le langage de
-

Débarrassons

incertitudes dont les historiens

politique et religieuse.

l'humain.

•

que

l'Occitanie avait à dire

au

le pays

des Troubadours : ces
poètes ont leur part dans la

monde des vérités que personne
n'avait mieux expérimentées

construction d'une conscience

qu'elle

politique occitane. Us ont été les
qui
pesaient sur les sentiments et sur
les libres échanges qui fondent la

contestataires des contraintes

morale des individus. En décou¬
vrant

la

plénitude et la complexi¬

té de l'amour

moderne, ils ont

la première fois exploré les
profondeurs de la psychologie,
les inquiétudes et le côté intime
du moi dans ses rapports avec les
partenaires aimés... Une poli tique qui n'assure pas aux per pour

sonnes

la liberté est pure perver¬

sion.
En sacralisant l'intério¬
rité de la conscience, en sacrali¬
sant

la personne

comme

humaine non
figure de Dieu mais pour

elle-même, ils ont donné

ses

lettres de noblesse à toute résis

-

de

destin
mouvementé, les fruits des tragé¬
dies qui avaient ravagé son prin¬
temps... Ses résistances et ses
au cours

son

défaites du Xlïl° siècle ont

quelque chose d'exemplaire,
ainsi que l'a senti Jean Jaurès :
non pas dans le sens où on
l'entendait et où

on

l'entend

rable machine du fanatisme

On a, me semble-

t-il à tort, jeté aux oubliettes une
des tendances idéologiques les

plus marquantes de notre
Renaissance qui culmina dans les
années 80 du siècle dernier, avec
la publication de la revue de

nes...

indocile à la morale
de la féodalité ambiante, à la dis¬

ment
-

attachés. Relisons

sa

mépris conjugal. 1! pratiquait la
tolérance pour les croyances reli¬
gieuses, catholiques, cathares,
vaudoises ou judaïques. Il igno¬
rait les frontières d'Etats natio

-

qui n'avaient pas encore été
inventées. Mais plus haut que
naux

un

tendu

grandes expé

-

comme un

sens

arc,

ans

Le monde chrétien et

euro¬

péen entra alors dans l'âge gla

peuvent
pensée occitaniste contemporaine. Un
exemple : il est normal de célé "dàmna

Guirauda de Lavaur". Mais le

:

durant, de 1875 à
1891, pendant les années
héroïques de la République, a
vibré au double diapason de la
passion républicaine et de l'épo¬
pée abigeoise. - Dans ce terrible
XIII° siècle, où l'Occitanie
connut une guerre de
cinquante
ans, il ne faut pas oublier que le
pire fut dû à l'Inquisition : on se
gardera de sous-estimer l'événe¬
ment.

Les

brer la mémoire de

très

grand poète, Auguste Fourès
son vers

servitude traditionnelle, au

Aucune

politique ne se sou le jeu pur des dogmes,
aucune politique qui n'exige le
débat anti-dogmatique.
ne.

tient par

être dissociées de la

nos

pères furent porteurs, nous ne
pouvons que rester indéfectible-

quinze

fief. Il
moins dans le

le salut de la conscience humai -

restent fécondes et ne

Aux valeurs dont

du

de la famille, du clan, du

présente sur le ter¬
rain fertile de l'hétérodoxie, pour
constamment

riences de l'Occitanie médiévale

Cette étonnante destinée

ge" à la pression des ancêtres et

lignage, des intérêts matériels

elle-même si elle n'était pas

3. La Commune et la Nation

:

appelle quelque respect

cipline d'un siècle de fer ! Mais
exemplaire parce qu'il a voulu
substituer l'esprit de jeunesse, la
confraternité des jeunes servants
d'Amour, la solidarité du "parat

cyclone de l'exclusion et de la
répression, du crime organisé, du
génocide et des bûchers. Nous
n'en sommes pas encore sortis !
L'Occitanie, victime majeure,
victime primordiale, ne serait pas

l'éternité du mal qui
corrompt les politiques humai¬

commune,

principe, la femme bien née à

-

destin, dans son être et
culture, crucifié sur l'inexo -

témoin pour

laïque, quand vint
et de la force.

son

sa

parfois. Non la punition
peuple qui ne mar¬
pas droit, qui défiait la loi

avait arraché, au

la
dogme

exaltante aventure, brisé

et

dans

méritée d'un

tançe, ils ont fondé le Droit
avec
Croisade la dictature du

L'étau de la Chrétien¬

té, de la féodalité européenne ne

coce

l'idéologie et des ortho-

doxies. C'est-à-dire dans le

encore

chait

ciaire de

opposé le Droit à la

pouvait que se refermer sur ce
pays scandaleux qui posait déjà
les prémisses d'idéaux qui met¬
tront des siècles à reparaître dans
les luttes des peuples. Mais
j'insiste sur ce qui me paraît
l'essentiel : il ne s'agit pas
d'idées, il s'agit d'un peuple qui
défrichait un continent inexploré.
Un peuple engagé dans une pré¬

vains de la Lauseta la conviction

L'Occitanie est aussi

tout, il a
force.

(1861-1944)

-

politique n'apparaît que si

le drame de civilisation est évo¬

qué, si les militants d'aujour¬
d'hui prennent le parti de la civi¬
lisation suprême d'Amour,
annoncent

la morale de Paratge,

contre l'inhumanité des forces

dominatrices et de
sans

l'idéologie

partage. La leçon de

l'Occitanie transcende les luttes
de

type national et ethnique :

fournit

elle

de principes à
tout projet politique authentique.
un

noyau

La vertu de notre cul

-

�Linha

née avant la formation des
nations, a pour effet de faire

humain.

apparaître le côté positif de toute
entreprise édificatrice et d'en
séparer le négatif. Quand surgit
le problème des nations de
manière impérative, au cours du
XVI" siècle, les solutions qu'elle
ébauche s'opposent terme à
terme à celles qui prévaudront.
Aux nations belliqueuses qui se

•

lure,

dressent dans

oppose

un

l'idée de nation paci

-

fique, créatrice d'ordre et non de
désordre, de coopérations et non
de conflits. C'est la conception
de Pierre de Garros et de

son

d'Ader, celle de
Godolin, celle de Bonnet et de
tous les auteurs baroques. -Non
une nation
qui écrase les villes

frère Jean, celle

mais

une

nation

qui les soutient,

L'esprit citoyen, c'est d'abord
poli tique par essence, plus concrète
que la conscience régionale car
la conscience communale,

les villes ont

une

histoire.

poètes d'Oc du
XVIP siècle nous ont appris à

te

d'être affinée et actualisée, à la

lumière de

l'expérience contem¬
poraine. C'est la raison d'être de

choix. Ses intellectuels,

moins tributaire des accidents et
des intérêts

particuliers érigés

en

citoyenne : pensée
novatrice, pensée active, moment
d'une création qui avait quitté le
Nord pour le Sud. Les grandes

tique qui

cohabitation. On

villes étaient

conquêtes de l'époque romane,
de la première civilisation occita¬

a

parlé

d'Arcadie concernant cette litté¬
frémissante de

rature

dialogues,

dans des villes où sévissait sou¬

pouvoir inquisitorial et

vent un

intolérant
pas

:

ce

désengagement et négligen¬

à l'Océan. Le morcellement avait

abouti

ce.

Les révoltes anti-fis

Occitanie, ont

en

eu

-

-

protestations contre
pouvoirs mis en place par

Richelieu

luttes,

et ses successeurs.

comme

Ces

les luttes reli

-

gieuses, depuis les combats
d'Henri de Navarre jusqu'aux
guérillas camisardes, restent des
références
dité la

:

séparatisme en
Catalogne transpyrénéenne,
au

Béarn et à Marseille

: sur

en

cette

voie, la notion d'Occitanie aurait

le

caractère de
les

plutôt ligueuses.
Les villes moyennes imaginaient
une nation tolérante et plurielle
qui s'incarnait dans ce que les
historiens ont appelé les "pro vinces unies du Midi", du Rhône

n'était pourtant

elles arment de luci¬

été irrémédiablement

compromi¬
se... On peut conclure que globa¬
lement les énergies nationales

seules elles eurent la
dans

capacité,
l'enchevêtrement des partis

des combats, de

rétablir

un

L'Occitanie bilingue,
principal de la nation
baroque.. Le temps de Montai¬
gne et du hardi philosophe poli¬
tique qui posa les principes de la
vivier

langue et

sa

culture

Nos villes, nos

capi

-

démocratie, Etienne de la Boétie,

taies constituent le chantier
d'une

prise de conscience poli
tique....

-

Or l'humanisme fonda¬

mental de l'histoire occitane

a eu

d'autres

conséquences encore,
toujours utiles. Nous abordons
cette fois un monde plus proche
de nous, qui a connu l'incom mensurable avènement révolu

-

peut-être le temps
de du Bartas, d'Aubigné, de
Scorbiac, Ader. On dit que la
France n'a pas la tête épique :
l'Occitanie a la tête épique ! Au
Moyen-Age elle introduisit dans
l'épopée le héros pacifique
Olivier. L'incomparable poème
de la Croisade anti-albigeoise et
mais surtout

-

critères. Le
décollage conceptuel se manifes¬
te

ses

ici

ne,

propres

dans toutes les

comme

pré-nationale.
Au XVI°

siècle, les

quatre grands épiques que je
viens de citer, construisent dans
des épopées de structure dialec tique, et non narrative, les pers pectives d'où sortira le concept

de du

Semaine

national la

Tragiques
d'Aubigné, la Christiade

de
de

Bartas, les

Scorbiac donnent à concevoir
l'Univers et la
sein

présence humaine
système arti¬

culé, selon des lois tour à tour

les

4. Une

mie,

Sud, à tous les niveaux de la
force et de la conscience, et

ordre national viable.

stratégies militantes.

présence d'une pensée poli
a conquis son autono

en

en son

et

pensée occitaniste et

: nous sommes

s'étaient rassemblées dans le

dotent d'un observatoire moral

travaux. Pas de

projet plus moderne, plus porteur
pour l'action militante. Contre la
nation unitariste et guerrière de
modèle français dont nous
devons nous garder, défendre le
modèle de nation plurielle et
solidaire est à notre portée, non
sans efficacité, en ces temps de
remises en cause et en question.
Cette conception méri¬

son

souveraineté

respectés dans leur diversité avec
leurs cultures, leurs richesses
propres, la conscience qu'iís ont
de leurs responsabilités supé rieures, de leur liberté citoyen ne...Le souverain n'est pas le
monarque mais le peuple dont il

ses

dès cette

système de relations complexes,
qui alimentent l'instinct de liber¬
té et la parole vivante, conformé¬
ment aux règles d'une simple

vivre dans leur ville, dans un

breuses

l'homme et

:

finalités idéales

cales du XVII° siècle, si nom

baroque des auteurs occitans de
langue occitane ou française
comme La Boétie, met au
pre rnier rang de ses préoccupations

rôle déterminant

philosophes, politiques, juristes,
théorisaient l'unité française et la

art de vivre. Les hommes seront

Bref, la nation

un

époque on peut considérer que
le peuple occitan dans sa masse a
fait

Les

stimule leurs initiatives et leur

est le mandataire.

grande oeuvre littéraire,
qui est aussi l'expression d'une
pensée politique, plus rationnelle
que les pensées antiques, parce
qu'elle émane d'une conscience
d'humanité plus fondamentale,
de cette

Déjà, lors de la prise de pouvoir
par Henri IV, l'Occitanie et ses
armées gasconnes avaient joué
•

défi mutuel, elle

Imaginòt

comme

métaphysiques, militaires ou
morales. Que l'homme soit enga¬
gé dans le destin d'un univers
qu'il domine par sa pensée, c'est
la matrice d'une organisation
nationale qu'Ader, l'auteur de
Gentildme gascon, nomme clai¬
rement : c'est la nation pacifique
et rassemblée que son héros,
Henri IV, a mission de mettre en

place. La nation française sortira
formée de ces quatre chau¬

toute

drons

chaudrons de
précise que la
Gascogne, nous dirions l'Occi¬
épiques,

ces

sorcière ! Ader

tanie, est "la mère de la France".
La bataille occitaniste, à mes

devrait démontrer
qu'aujourd'hui l'idée explicite
ou
implicite selon laquelle la
France est la mère de tout ce qui
yeux,

tionnaire de 1789, dont toute la

de la victoire de Toulouse au

des évolutions,

dynamique démocratique est

Xlir siècle pose

sibles,

issue et dont il serait vain de nier

ampleur, auprès des grands sati¬

absurde

l'importance, l'effet de lame de

cités et les

Claude Molinier, la tête sacrée

riques Cardenal, Figueira,
Montanhagol, Marvejols, la pro¬
blématique du politique.
Problématique laïque et problé¬
matique juridique et morale : des

du monarque est

évolutions auront lieu avec les

esclaves. L'avenir de la

l'Occitanie, si

changements d'époque, mais les
horizons sont fixés une fois pour

Décentralisation est là, tâche pre¬
mière de l'occitanisme.

l'occitanisme...

en

tenant

compte

parfois irréver d'utopie! Par
exemple, les provinces d'Ancien
Régime, qui délimitaient des
espaces, ont été abolies pour tou¬
jours. Les réalités fortes
aujourd'hui sont les villes, les
communes, quelles que soient les
formes qu'elles prennent : réali¬
tés irréductibles, qui appartien nent aux constantes de l'esprit
sous

peine

fond

sur

la totalité du territoire

hexagonal et au-delà.
Comme le montre

bien,

se trouve

vainqueurs.

tombée et
y réfléchit
dans le camp des
on

toutes. On n'a pas

dans son

pris la mesure

vit

sur son

territoire est

: ce

sont

une

idée

les cultures, les

citoyens qui d'un

accord, comme le veut
Ader, s'entendent pour créer une

commun

organisation à leur service, dont
ils sont les maîtres et

non

les

�Linha

Imaginòt

Le temps court... La France
entière, en 1789, proclame avec
une merveilleuse audace les
•

Droits de l'homme et du

citoyen.

L'universalité des droits de l'être
humain

laisse

ne

place à aucune

sent : elle doit se

transcende, contrairement à la

toute

Bretagne, à l'Alsace, au Pays
basque ou à la Corse. Que faire ?
La littérature, la culture occitanes
ne sont pas régionalistes et
d'autre part le peuple occitan,
pour ce qui le concerne, ne se
montre nullement nationalitaire.
La dissonance, la dis cordance, est évidente ! La litté¬

charger de
l'expérience historique

d'une culture, de ses évolutions

depuis l'origine. Une tactique au
jour le jour sombre dans le brico¬
lage : on sort du bricolage par

tion. L'occitanisme

l'oeuvre de la mémoire, mettant
en marche une identité, Un
sujet

cet

collectif

discussion, à

contesta

aucune

-

prend acte de
acquis de l'humanité. 11
demande que ces droits du
citoyen soient généralisés, éten¬

cultures et des
de toutes les
Un

voeu

décentralisa

-

avait été énoncé par

des
Tocqueville ou
Proudhon, par des groupes légiti¬
teur

auteurs comme

mistes toulousains

sous

la

Monarchie de Juillet, mais c'est
le Félibrige, sous le Second
Empire qui en fit un thème de
combat politique, ayant pour
enjeu notre culture et au plus
profond notre langue, impres
criptible identité.

-

En effet, sous le

française, sous
peine de s'y fondre et de dispa -

soixante-dix,

on a pu croire
qu'un discours régionaliste serait

préoccupations générales de la
politique française, qu'il entrerait
dans les rêves d'une jeunesse
ivre de nature et de vie primitive,
de dépaysement libérateur, de
revendications simplistes.
Etrange dérive qui n'avait que
peu à voir avec le retour d'un
peuple entier, au visage buriné

à fonctionner

comme une

qui ne
procède plus du centre. Rien
n'est plus important et émouvant
que la protestation de nos
auteurs, pour la survie d'une
langue et de sa culture, - pas de
langue sans culture ! La faiblesse
du Félibrige fut d'ignorer le
cadre étatique et les vraies forces
qui gouvernent les sociétés, de
s'en remettre à un vague populis¬
me, à un mythe fédéraliste sans

Vrai

engendrement, laborieux, dou

-

loureux, environné de mensonge
de

mépris.. C'était la même

tion d'une

langue par la fête, de
se fourvoyer dans la fête factice,
trompeuse, la fête finalement
anti-politique et très peu culturel¬
le qui marginalise la conscientisation linguistique, pourtant
essentielle, centrale.
5. Décentralisation et Unité
J'ai la conviction

qu'une politique occitaniste ne
peut naître du néant ni de la tête
d'un théoricien. Elle ne peut non
plus rester le nez rivé sur le pré¬

ment notre

loi. La notion d'unité

d'harmonie

confrontation

règne

sur

le social.

règne sur le cultu¬
faite,

rel. L'Occitanie est ainsi

d'union et de désunion. Ainsi

propose-t-elle de combiner
France l'un et le multiple.

en

me.

Il

ce

efficacité, de croire à la résurrec¬

une

La notion de diversité et de

-

illusion que la fête félibréenne,
redorée aux couleurs du gauchis¬

machine à exclure tout

nécessairement

centrifuge par rapport à
sa partenaire française.. Mais au
plan économico-politique, les
régions occitanes, par contre,
regardent vers la France pour
être traitées à égalité avec les
autres régions de l'hexagone. La
dichotomie méthodique, pragma¬
tique, du culturel et du sociopolitique est donc nécessaire -

chantier de l'histoire.

et

met

a

attitude

et

structurel de la nation,
le

raître. Elle

dans l'obscurité et l'oubli, sur le

Second

Empire, le centralisme
figée dans
despotisme bonapartiste, se

peut adopter
attitude centripète à l'égard

de la littérature

entendu et s'inscrirait dans les

communes.

rature occitane ne
une

Dans les années

droits à

l'égalité des
langues, droits à
l'égalité des villes, des capitales,
:

Je voudrais m'arrêter
sur la
question de la région
aujourd'hui.

dus à toutes les personnes
morales qui cohabitent sur le
même sol

qui vient de loin et
enjambe les siècles.

a

déchanter. On
ritures

évidemment fallu

essayé des nour¬
plus fortes, d'autres mots,

nation, ethnie
pas les mots
les choses.

:

mais

ce ne sont

qui décident,

ce sont

Région et nation sont

l'un n'est pas la forme réduite ou
molle et l'autre la forme pleine et
dure d'une même réalité. Une

ne se conçoit que comme
fraction d'une nation, s'appuyant

région

elle

nation,

comme sur un tuteur.

en

l'autogestion à l'écologie

Régionalisation sociopolitique d'un côté, Décentrali¬
sation culturelle de l'autre

:

un

vait

imaginer bien des Républi¬

ques possibles, au temps des
Communes de Marseille,

Narbonne, Toulouse, Lyon et
Paris, un grand pamphlétaire,
solidement installé dans la ville
d'Orthez et écrivant dans le jour¬
nal

républicain local, fixa l'atti¬
politique occi tan, conforme au génie et à la
tude de l'acteur

situation exacte de

sa

culture

:

il

s'appelait Eugène Larroque, il
était simple employé de banque,
mais il signait ses lettres
ouvertes d'un pseudonyme signi¬
ficatif, Horncadut, lo prouvât
de Sont Guirons. Sa pensée cri¬
tique ne connaît pas de limite ni
d'interdit. Dans un style dense,
clair et explosif, il juge de toute
chose, en se plaçant au point de
vue du
plus déshérité des
hommes, qui n'a même plus un
four pour cuire son pain, au point
de vue de l'humanité la plus élé¬
mentaire et la plus irréductible,
la plus fondamentale. Le vrai
point de vue d'une politique
digne de ce nom : tant que les
besoins des personnes les plus
démunies ne sont pas satisfaits, il
ne faut cesser de critiquer ce qui
boîte dans la société. Elargissons
le concept : c'est le point de vue
autogestionnaire, l'ultime abou¬
..

tissement de la démocratie, son

principe permanent.

véritable

deux concepts opposés l'un à
l'autre et non pas homothétiques:

sur

6. De

a

histoire propre. Au sortir du
Second Empire, alors qu'on pou¬

La

revanche, tend à s'en

séparer pour s'ériger en structure
indépendante.
Tropisme centripète de
la région, tropisme centrifuge de
la nation. C'est pourquoi la for¬
mule "Europe des régions" paraît
manquer de sens, quoique on
puisse établir entre Europe et
Région des affinités certaines : il
ri y a de région que par la nation.
L'Occitanie d'ailleurs présente
une pluralité de régions, qu'elle

projet occitaniste, un
projet clair. - Ce sera une autre
nation que la nation fossilisée

Le vieux modèle unitariste, diri¬

Auparavant, un autre Béarnais,
grand poète et chansonnier
républicain Navarrot, d'Oloron
Sainte Marie, un peu notre Henri
Heine occitan, avait pris à partie
l'Empire et son hypocrite appel
au peuple : il s'adressait directe¬

giste est entaché de sacralité

ment

héritée du XIX° siècle
le occitan

a

mûri

:

le modè¬

longuement

au
de notre histoire, pour en
finir avec le modèle français...
cours

une

sacralité issue

sans

:

doute de

la sacralité

monarchique. Le pro¬
jet est de désacraliser la nation,
l'Etat, lequel n'a pour devoir que
d'être opérationnel.
Il

appartient à l'Occita¬
démystifier la nation
archaïque pour la rendre totale ment moderne. Elle est
équipée

nie de

pour cette tâche. Pourvu cepen dant qu'elle sache renoncer à ses

utopies !
est

12

Cette mission politique
imposée à l'Occitanie par son

•

le

aux

maîtres de l'Etat dont il

dénonçait la tyrannie, intervenant
de ses Pyrénées natales dans le
débat national.... Mais

Larroque

Horncadut, portant sa parole à la
racine de la société, rectifie le
débat, trace la voie de l'avenir,
s'identifie

au

peuple authentique,

là où toute l'étendue des pro
blêmes se découvre au regard.

-

Contemporain de Bladé, le
génial capteur de la parole folk¬
lorique, et des Avignonnais
la
pensée occitane pour lui conférer
Aubanel et Mistral, il réoriente

�Linha

Imaginât

Occitania
4e trimestre de 1998

une

nouvelle efficacité. La litté¬

rature occitane entrait avec cette

génération dans la voie du vrai
combat... Posture

antithétique de
celle de l'intelligentsia française
qui s'enfermait dans le ghetto

parisien.
La littérature actuelle
Teste

le creuset où s'élabore la

conscience occitaniste, l'identité
militante

qui

nous est commune.

En cela la littérature est un peu
notre

boussole

:

c'est le seul lieu

qui n'étaient pas animés par une
véritable perception de la dimen¬
sion temporelle. On appelle par¬
fois épopées de longs poèmes
qui occupent l'espace mais sont
étrangers au temps et particuliè¬
rement au temps historique : la
force de l'épopée réside dans un
sujet collectif qui l'exalte, dans
une destinée mystérieuse qui du
passé au futur traverse un présent
hors mesure. C'est l'aigle du
destin qui saisit dans ses serres et

salut,

comme un

des

rester en

non dans l'alignement sur
problématiques qui ne sont
les siennes. Selon l'exemple

pas

ferment universel,

rapport avec l'ensemble
des problèmes économiques et

de

sociaux que

de

affronte

Garros, de Godelin, de Gelu,
Horncadut, de Valère
Bernard, d'Allier et de tant
d'autres, notre destin passe par la
résurrection des villes... Il

n'y

a

pas, il n'y a jamais eu de fron
tières occitanes : donc pas

-

se

la

citoyenneté occitaniste.

L'identité collective

en

est le

concept moteur, changeant

d'espace occitan qu'on puisse
poser a priori. Dans les villes se
concentre et

la communauté
quotidien et en rap port avec son milieu naturel...
Dans cet engagement total réside
au

comme

les saisons humaines.

Restaurer la mémoire de

ville, la rendre à

concrétise la

sa

-

chaque

dignité, c'est

faire la preuve que la culture
n'est pas étrangère à la vie poli¬

dynamique de notre histoire :
c'est elles qu'il faut régénérer.
Prendre pied dans le politique
c'est retrouver le sol communal.

tique. Elle a un rôle à y jouer : le
rôle précisément que lui attribue

Une

Claude Molinier dans

politique tournée

au

service

des hommes, ici et maintenant,
une

36.627
que

essais

un rôle de
médiateur entre les gouvernants

politique autogestionnaire.

Comme le dit Claude Molinier

ses

philosophiques,
et

:

les

gouvernés.

Dernière remarque

comunas

demòran las celu
On

las de basa
ment à

de la vida collectiva.

reproche fréquem -

l'occitanisme de

se

sur un communautarisme
frileux. Dix siècles d'histoire de

replier

•

Riche et

puissante, l'écriture
contemporaine n'est pas

d'Oc

la conscience occitane

détache pas

désincarnée, elle

ne

l'homme de

environnement

et

elle

ment

dos

son

sépare pas l'environne¬
de l'homme. Elle tourne le
ne

abstractions idéolo

aux

-

la proximité et
les ingrédients d'un
langage extrêmement moderne :
elle participe du grand réveil
écologique de l'humanité. Réveil
giques. Elle

pense

y trouve tous

encore

tâtonnant et confus... Sa

contribution très aboutie, soyons
en

Guillaume de Saluste du Bartas

où

se

révèle uùe

expérience occi¬

tane indiscutable. Autour

d'elle

gravitent des expériences par tielles qui ne trouvent leur pleine
signification que si on les met en
relation avec cette expérience
centrale

:

est

:

"nous restons les

Demoram los mèstres

del temps

regard global

!

impossible de

passer sous

silence Max Allier, le seul poète

épique et politique de l'Occitanie
contemporaine. Une pensée poli¬
tique qui ne serait pas soutenue
par un mouvement épique
n'aurait de politique que le nom :
c'est ce qui est arrivé, il y a
quelques vingt ans, à des auteurs

Quant

gauchisme
régionaliste de la revue Viure
des années 70, il ignora l'authen¬
tique "force du destin"...
Chaque culture a voca¬
au

tion de cultiver sa différence

:

ceci suppose un lien de contra
diction étroit avec les cultures

elle que

-

-

:

c'est

l'Occitanie trouvera

en

son

vers

la construction de

concepts universels.
Le seul vrai

danger, et
l'hypo¬
thèse initiale, le vrai suicide
serait pour l'Occitanie d'em¬
prunter à la nation française un
modèle obsolète, qui lui est
étranger, pour le reproduire arti¬
ma

conclusion confirme

ficiellement

sans

tenir compte

des sentiments de

son peuple, de
perdre de vue son propre hérita¬
ge conceptuel comme sa crédibi¬

lité de mouvement d'avant-

l'ethnisme. Elle est nécessaire

garde.

capitales
(Toulouse, Bordeaux,
Montpellier, Marseille, Nice,
Clermont-Ferrand, Limoges,
Valence, Perpignan) mais aussi

Elle porte en elle les
instruments pour résoudre, avec
ses alliés potentiels, la crise de

les

préparer le rajeunissement des
politiques communales, des poli¬
tiques nationales et des poli tiques européennes. Pour une
juste cohabitation des identités
culturelles sur notre planète,
grande question du siècle qui
vient... Pour débloquer les ser -

dans toutes les villes et tous

villages
un

pour renouer

tissu culturel

structures nationales

crise dite de "la

et resserrer

interdisciplinai¬

Elle est là pour rendre
visibles les villes qui sont invi¬
re.

sibles

sous

la domination du sys¬

tème centraliste.

partenaires... L'altérité occitane
interdit tout mimétisme

valeur émi

dans chacune de nos

temps"

seule la littérature porte

sur le chantier
occitan. Global et évolutif. - Il
un

spécifie le fait politique. Allier

maîtres du

aura

née

philosophique.
Littérature écologique,
elle échappe aux pièges du régio¬
nalisme, du nationalisme, de
nemment

(1544-1590). Gravure de Larmessin

s'écrie

conscients,

répondent
critique infondée : l'occi¬
tanisme politique est le produit
d'une pensée constamment tour¬
à cette

ne,

Dans chaque commu
dans chaque capitale, les

politiques culturelles doivent,

13

-

périmées, la
pensée unique"

et

rures

et les verrous de

que nous

habitons.

la nation

�Linha

Imaginòt

m hsm

Ha

|

-

i m

Occitania

S

m

v

4e trimèstre de 1998
PS. I L'occitanisme est une

dynamique non une statique. Il
se conçoit dans le temps, non
dans l'espace. Cette idée est sans
doute la plus contraire à la pen sée qui a présidé au mouvement
de la renaissance depuis le
milieu du XIX° siècle. On

a

régionaux

ou

parfois

nationaux, de tracer des fron tières, des barricades qui enfer meraient la conscience et la vie
culturelle...

Quant à la dyna mique créatrice, elle a traversé
les siècles. Elle a occupé, mar -

territoire parce qu'elle
précédait ce territoire. On ne
peut douter de la continuité occi¬
tane dans le temps. Si elle
n'existait pas, qui imaginerait
l'unité d'un espace occitan ? Il
que son

tanes...

Le centralisme réside

qui le
justifie et qui doit emporter

régalien que Paris
s'est arrogé sur la vie culturelle :
Paris a mis hors jeu les autres
capitales du territoire. Or, au tri¬

l'adhésion

bunal national, toutes les

la scène de la culture. Ce

: sa

le mouvement

force et

son

chant,

dans le droit

égaux. Le problè¬
de faire rentrer Paris
dans la loi nationale (républicai¬
me

III Le P. Oc

a donné une preuve
d'ouverture réelle, montré un

pragmatisme de bon

qui

d'expression. Parallèle¬
occitane

a

pour

Torée du XI° siècle.
la

Simplement
vient la réplique
plus radicale à l'art ottonien et

sa

vision de la société. Le pou¬

voir

royal de Hugues Capet et de

à

dérive dans

ses successeurs

-

contradictions d'un débat perma¬
nent. En renonçant à soutenir la

et découronné par

prin¬

se

La difficulté est

d'acquérir le goût de la
culture

l'échange critique, fonction
les niveaux, dans

nant à tous

sous-estime pas le renou de la France du Nord, dès

ne

l'image de
ses propres
capitales, de retouver
les voies historiques et actuelles
de leur dignité, leur rendre un
visage, en sachant bien que ce
visage sera multiple, actif, chan¬
geant et riche de toutes les

volonté de

une

liberté

mission de remodeler

rencontrer, de nouer des relations

de

Je

c'est du Sud que

ce

ment la culture

recherche, du débat,

NOTE

ne lui ôtera rien de
facultés créatrices et de sa

ne),

aujourd'hui se dessiner, alors
que les divers mouvements

entre eux.

l'espace, mais la ville.

veau

ses

une

n'est pas

est donc

augure. Une
situation nouvelle semble

manifestent

pays, espace et parfois
statut...) l'occultent. L'objectif

région,

villes

ont des droits

qui lui est propre.

rêvé

de bâtir des châteaux de cartes,
des espaces

irremplaçable d'un peuple : cela
qui le rend respectable
entre tous les peuples, unique sur
même

son

principe du pouvoir impérial.
L'Occitanie

se

forme

autres bases : pour

sur

les

de tout

concep

-

du

tympan de Conques le
pouvoir capétien est condam nable. Le roi est jeté dans l'enfer
teurs

les démons.

en

Au Nord-Est du royaume franc,
la théorie de la trifonctionnalité

de chefs de clan freine l'action

opposant "espace" ou "territoire"
à l'offensive centraliste, lesquels

entérine la hiérarchie féodale que
récuse la théologie méridionale

comme une semence

et un appel
responsabilité, la conscience
occitane dont on disperse la
cendre dans des espaces fictifs.
Elle n'y rencontre aucune com -

concrète, la

relèvent d'une autre

de la Paix,

à

critique.

munauté fortement rassemblée et

reconstruisent que sur un chan tier collectif. Chaque ville a deux

transférer à la vie réelle

toutes les instances comme

des communautés réelles, c'est-

cipe moteur de l'action.
L'affrontement des dogmatismes

à-dire

reste à

villes, où elle agira

aux

structurée

:

c'est emprunter

les

IV On
re

prise de conscience

nous a

et notre

volé notre mémoi¬

âme

l'Occitanie. Les
faites mais

nation.

:

elles

ne se

mémoires, la sienne et celle de

s'est

en

on

Régions sont
peut les améliorer.

L'Occitanie est la sève intérieure

L'Europe

des villes et leur rayonnement.
On raisonnera en termes de

concevoir l'Internationale des

libres

Capitales,

métropoles

nouveaux

: en termes

de

centres, d'identités

charnelles et

de régions. La
d"'espace" est particuliè¬
rement stérile : l'espace ne parle
pas, ne marche pas, n'agit pas.
C'est un récipient qui ne vaut
que par son contenu, par la réali¬
té agissante d'une identité, défi¬
non

notion

nie dans

son

devenir,

sa

mémoi¬

projet et les conditions de
son combat
historique.
re, un

fait mais pourrait

se
faire autrement. A

nous

se

de

sein de laquelle les
place ! Quant aux
Nations, faut-il les supprimer ?
au

Ou bien, comblant un vide, les
rendre aptes à coordonner les

Régions, l'Europe et les
Capitales ? Important problème

politico-juridique, objectif pre

-

mier de la Décentralisation...

Région et Europe sont de l'ordre
réglementation et de la ges¬

de la

tion. Ville et Nation de Tordre de

l'identité, forte et ouverte. Il faut
traiter les deux

l'action occitaniste dans le cadre

complémentarité.

probèmes

en

d'une

té

culturelle, c'est la parole

V Le mouvement occitan

trop en

stratégie, le
joué per dant, il a laissé le champ libre au
culte de Paris, seule capitale avé¬
rée. Paris ne reconnaît pas la
nation républicaine et ses prin cipes. Il nous appartient de
revendiquer la loi commune,
pour défendre nos capitales, leur
différence, leur droit à l'altérité
culturelle, avec les conséquences
qui en découlent.

néglige
général l'immense pro -

poème de

Saint Alexis, dans la Chanson

tapisserie de
Bayeux l'alliance de l'Eglise
de Roland, dans la
avec une

féodalité

expansionnelItalie, en
Angleterre. La litté¬

le, qui va se battre en

Espagne,

en

rature et l'art roman

d'Occitanie

exaltent les chevaliers de la Paix,
menacent les ennemis de

orientations

ment

Nord,

juste l'aspect juridique du
projet occitaniste. Fontan pose
en référence le principe linguis¬
tique. Lafont décrit des "espa¬
ces" économiques auxquels il
faudra s'adapter. Aucune de ces
préoccupations ne sont négli geables mais elles ne suffisent
pas
Pour atteindre au but, il
faut un principe de synthèse, une
volonté politique : la volonté
politique ne peut venir que du
peuple et de ses représentants.
Seul un langage qu'ils puissent
comprendre, un langage latent
sur

...

dans leur conscience, recueillera
leur adhésion. Le langage de la

blême de la Décentralisation

démocratie urbaine

espérer faire
une place à l'Occitanie, si Ton
n'est pas capable de briser

là,

d'abord le Centralisme? C'est la

giques et un
nance : je
l'appelle "épique".
Tous les mots qui rappellent

de toutes les

exprimera dans le

VI Gustave Alirol insiste

nationale. Comment

source

d'ailleurs un peu
antérieure. L'Ouest normand

l'Eglise

et la démesure militaire. Deux

nôtres ont leur

Il Toute tentative d'inscrire

idéologie, dont elle ne
serait que l'application dans un
cas particulier, a échoué
jusqu'ici : les théorisations de ce
type laissent échapper l'essentiel,
ce
que l'Occitanie a d'irréduc tible, ce qu'elle est seule à dire et
qui définit son identité. L'identi¬

capitales,

mouvement occitan a

schémas appartenant aux nations
constituées ! Mais l'Occitanie ne

jamais constituée

vie intérieure de ses

utopies occi¬

avec ses

est de

ceux-

implications écolo sentiment d'apparte¬

l'idée nationale (nation, ethnie,

14

opposées. Dans le
podromes de la
future civilisation gothique dont
les points forts seront l'architec¬
ture

ce

sont les

des cathédrales et le débat

philosophique. Au XVI0 siècle,
l'Occitanie

a une

fonction direc¬

c'est elle

qui accède au
plus haut niveau d'universalité,
par les voies de l'art et de la
trice

:

morale.
F-MC

*

Extrait de Aux

sources

occitanes,

conférence
prononcée à Toulouse le 13

bedf éditions (1998) ;
décembre 1997.

�Linha

Imaginòt

rugbí
espòrt occitan ? *
Eth

►

Miquèu Pujòl

f ""V ue's cau

mesfisar deths

limatges qu'avèm de

■

nosaus e

que son trop

colportais : "eth
rugbí espòrt occitan" non seriá
un d'aqueths
? Que nos i cau
anar véser de mes pròishe.
En prumèr pensem
e

aths bascos, eths

cosins de tostemps e que

tien ua
taua plaça ena istòria deth rugbf :
enguan, eth ser dera Finala n'ei
cap Aqueras Montanhas
que
riscàvam d'enténer mes era

Es tac a ! E que nos vié eth sovier
de finalas miravilhosas entre
"Aviron baionés"

e

qu'avia avut
chança, eth, d'anar eth
dimenge de vrèspa véser
jogar eth Esporting en terren
era

aisiOTlnent

aths catalans

cion. Pensatz I

"U.S.A.P."...

Disem doncas "occitan-catalanbasco" ?

deth Luc. Tanlèu ena cort

eth rond entorn d'eth

volavan eths mots

ensajar de balhar

e

en

que

aire

fresquet, mièg-francés,
mièg-occitan (patoès qu'èra
per nosaus), mots que nos
balhavan de qué saujenar,
tots aqueths mots deth rugbi,
e tanplan déjà noms de
jogaires d'aci : Cahuc, Clarac,
Demay, Bonzom, tant d'autes.
Impressionat qu'èra estât eth
René peths dera Seccion Paulina,
eras

Enà

o

dejós eth enban, que fasiam

mesclanhas,

eths trucs

eras

tumadas,

tanplan, aqui

que

1

Iliada nòsta

ua

teniam

riéncia.

Nonnau que trobàvam qu'agèsse
fmaument ganhat era côlha bear-

responsa, que convidarè en
prumèr era mièva modèsta expe-

puèish era Istòria d'aqueth espòrt. en tresau eras ipotèsis d'explicacion se se pòt
explicar era alquimia deth rugbi
.

era

qu'èram fièrs dera
! Que nos
podut condar eth regent de

nesa, mes

resisténeia
auriá
mes

intéressant ?

sièva experiéncia
que pòt paréisher un chic narcissic, e pr'aquò quin passà's
d'aqueras "certituds" que tièm
eths

uns e

eths autes

en

còr

e

tripas e que nos vien d'un
prumèr atge ont tôt èra eneòp
enas

clar

e

misteriós ?
Eth

s'enca bilhèc en nosaus un côp e puèish
nos tenguèc
pera vida, e aquò
que's pòt diser de plan de monde
entre Océan

de
un

!

e

rugbi

que

Mediterranèa, soli¬

que enlòc. Per jo,
sovier de eort d'escôla
mes

qu'ei
Eth

autant au mens

de "a tocar"

en

eth moment dera

recrea-

un

famés terren deth Luc,

e

quand fuc

era ora, eth campionat
d'Academia on s'i caliá fè dab
eths de Foish, licèu e Escòla

Normala,

e,

dab aquesta, plan de

galhards catalans que vos metián
eth fòc en prat. Urosament en
ivèrn que nos ajudava era fanga
o tanplan era nhèu a refrescar era
sièva "furia" : ja era guèrra deths
! Qu'èra tant urés eth
Fonfrède, eth impeccable pilar
deth

nosaus,

(dab

balon), eras
longas vrespadas de "plein air"

podètz créser que li trigava
d'auguas diluns de matin, coma a

que

ena cort

beret rotlat per tôt

estiles

un

en

que'm passionèren eras partidas

deths "grans" qu'anavan
passar eth certificat d'estudis,

René,

Collègi.
qu'eths estudis

Quan entré

I) Cercar un début de
responsa ena

coseranesa

Esporting, eth noste profes¬
ser non disi cap d'educacion fisica mes de rugbf, quand ua bona

Dit» tes tribuns? de L'Avslhsnet

escaduda
Tolosa

nos

miava dincas

a

plan de nosaus non
èram james anats e non sériant
anats sense eth rugbf.
Era setmana que's passava a preparar eth match deth
dijaus, e entre duas leçons o dus
devers que deishava soent pòc de
on

temps era premsa esportiva ara
lectura deths "classics". Eth
Doctor Voivenèl que nos fuc
benlèu mes familièr qu'eth Jean
Racine ! E

qu'aprenèrem ua geografia deras particularas enas
pajas jaunas d'un ebdomaderi
especialisat : Quilhan, Elna,
Ceret, aths perfums de cargola das, e de "darrèr quart-d'ora
endiablat", Baiona, Dacs, Le
Bocau, aras aulors d'océan e de
jòc ath large, trop long que séria
d'enumerar eths païses, eths dera
"castanha" solide, o deras

diser

qu'un tau espòrt non ei ua

part pregonda deth eime deths
mainats d'un
que marcan
non

aja per

en un

pais ? Tota era vida
de taus moments. Ja
mantuas rasons jogat

club "civiu",

plan soent

qu'ai avut en d'autas batalhas eth
sentit qu'èra eth mièu en dentrant
sus eth terren o quan, pro petit
coma èra, me getavi en eths pès
d'un que fasiá dus côps eth mièu
pes !
Per un gojat nascut ena
montanha

enas

annadas trenta,

qu'èra ua aventura autant extraordinària d'entrar en un Collègi
coma d'aprene eth rugbf, mes
eths dus qu'anavan amassa, eths
estudis e aqueth espòrt tan complicat e tan simple, tan brut e tan
rafinat

:

quina glòria s'ôm èra

encòp bon escolan e bon jogaire!
Aquò enà respéner aths que ben¬

"pruas", o deths "persecs", autant
d'apellacions tendrament vegetalas deths còps de punhs distri buïts tôt dimenge. Qu'èra deras
finas aquera sciéncia on ren non
escapava deths terrens, mes que
m'arrèsti sus aqueth subjècte
inagotable.
Eth rugbf ? era nosta

lèu pensan que eths estudis
serián estats peths borgeses e eth

escòla

que se'n discutis encara, peths
detalhs en tôt cas) d'un gojat deth

escòla parallèla der'auta,

de vida

tanplan. Se'm podetz

rugbf peths paisans...
E aquera consideracion
que nos fè pujar aras originas
d'aqueth jòc, ara sièva istòria.
Il) Qu'avèm tots entenut

aquera

legenda (s'ei istòria,

�Linha

Imaginòt
Ocdtania

4e trimèstre de 1998

collègi de Rugbi que s'imaginèc,
per quauque diu envescat, d'agafar

a

duas

balon que

mans un

caliá jogar sonque dab eths
de pota'u darrèr era linha.

pès, e

Òc !

qu'ei nascut en un collègi angles
rugbí, e non pas en quauque
campèslre occitan coma s'ac pensan tanplan
d'auguns ! E qu'ei ua
espècia de miracle que siá aquera
fotralejada d'un joes subjècte de
"Sa Graciosa Majestat" devenguda eth jòc mes popular deths
païses nostes entre Océan, Mar e
eth

Massius Centrau !
Tanlèu sortit deth nis,

fuc eth novèu fotbôl que non
s'aperarà que mes tard rugbi
importât (o exportât! en Franca
per Angleses qu'avián a fèr d'asqueste costat dera Mancha, qu'ei

trar

trop ena cronologia distin

guir

ua

-

periòda parisenca, puèish
ua fòrta
periòda bordelesa, après,
eth temps de Tolosa, Baiona,
Perpinhan, un desvolopament en
Lengadòc, en Provença, en
Lionés, en Massius Centrau,
mes, s'ei vertat que tien ua bona
plaça La Rochelle, Bourg, Dijon,
n'ei cap èster "jingòiste" de diser
qu'eth rugbí demòra essenciau ment un espòrt occitan. Quand
ua équipa naish en-dessús de
Leire, qu'ei plan conegut qu'eths
creators en son tostemps "occi tans"

desrasigats.

que

a

diser estudiants

e

marchands.

Que toquèc Le Havre
abans d'arribar
que eau

a

e

Paris

Bordèus

plan aperar

era

çò
"Grana

Aquitània". N'emplegui

e

pas

aquera denominacion per azard !
Sustot s'avetz leijut estudis pas
tan vièlhs

question, coma
l'Aquitaine
deth Xavier Beltour (Prince
Negre editor), que sabetz quines
rapòrts estreits e contradicteurs i
agèc entre Anglatèrra e Aquità¬
nia. Aquitània qu'a tengut sa
plaça pròpia, plan particulara,
entre duas
monarquias e aquò li
balhèc un temps ua mèna d'autonomia. Aquô a fait, solide, eth
caractèr que d'auguns disen
'anglés" de vilas coma Bordèu,
sus era

L'Histoire oubliée de

Pau, Biarritz. N'ei cap estonant
qu'eth rugbi aja trobat aqui.vengut d'Anglatèrra, bona tèrra.

Que s'espandic eth
rugbi a travèrs eth mond mes de
laiçon plan localizada a part tôt
eth "Commonwealth", en
prumèr
temps eth sol Estât tocat peth çò
qu'èra encara eth fotbòl-rugbí
que fuc era França e en França
era Grana
Aquitània a partir de
Paris. Aqui que s'implantèc eth
jòc, e non pas per exemple en
Allemanha on i agèc tanben un
ensag. Aqui, e en Rosselhon e
Pais Bascó, que s'anava tèisher
pro viste ua tela sarrada de clubs,
a partir de
Bordèu, Pau, Baiona,
Tolosa, Perpinhan, puèish un
fum de vilôtas.

Que podem

sense

den-

Galles. Mes, coma

III) D'aqueth fenomèn
mantuas

explicacions

que son

estadas balhadas enas plan
sapientas e interessantas publicacions inspiradas peth subjècte
que ne citi quauques uas en nota.
Que botarai en prumèr eth cor -

plan considerar eth rôtie impor d'auguas institucions,
coma eras federacions esportivas
(era U.S.F.A. en particulièr deths
Coubertin e Grousset) e de d'au¬
guns òmes. Que nos platz de

cap

solinhar

Britanicas

mòda nosta.
Non sufeish pas, e benconvié pas fèr referécia

lèu

non

ara

famosa "sola". eth jôc ances-

trau que

s'i fasiá vilatge contra
vilatge e que caliá ja portar era
"bòla" en camp "enemic". En
efèit que sembla qu'ara sola
coma tanplan
ara barreta que s'i
fasiá en plan d'autas régions on
eth rugbi non a pas près, coma
era Bretanha, tan proisha pr'aquò
deths d'en-dera Mancha. Solide

i a ua copadura istorica entre
practica dera sola e era introduccion deth jôc novèu. Benlèu
pr'aquò aquera practica aviá deishat mèreas pregondas en çô
que
era

noste...

Eths

prumèrs clubs que
Angleses o dab
era sièva
ajuda, coma per
exemple ac vesem dab eth
furen

creats

B.A.C.

a

Crockweli

per

Bordèu
a

Pau

dalés compausat

d'Angleses,

o
:

dab eth
eth club bor-

principalament

Seccion paulina
(Seccion... dera Liga Girondina)
plan afortida peth formidable
era

tota entre-

tant de

don ombilicau istoric (non disi

coloniau) entre Illas
e Aquitània. Que
son
eths Angleses qu'an inventât e
exportât eth jòc, d'aquò au mens
qu'èm segurs. Mes encara eau
comprene perqué aqueth jòc nos
a tant agradat
qu'au agem adop tat, desvolopat, acomodat ara

en

presa umana, que caliá un bon
relai en pais e qu'avèm aqui de

era

accion deth Doctor

Felip Tissié. vadut d'ua familha
protestanta d'Arièja, autodidacte
vengut médecin, fondator dera
"Liga Girondina d'educacion

civica", que tornèt Iançar eths
"lendits", manifestacions escolade massa, on eras activitats

ras

de

"plein-air",

barreta èran
mena

de

e en

particular

Aquera
rugbi "a tocar" que fuc
ar aunor.

escôlas

-

Que i agèc en França
prumèra periôda dera Tresau
Republica, après era desfaita de
1870 e abans 1914, tôt un
esfòrç
qu'òm pòt diser politic de rearena

mament

morau

dera nacion

e

doncas dera

joenessa. D'auguns
que cerquèrem un modèl deth
costat prussian mes que
ganhèc
meslèu eth partit deths
que
vesian ena educacion
anglesa,
virila, esportiva, era via deth
aviener. Eth fotbôl, escôla de
solidaritat e d'abnegacion, entre
autras virtuts,
que venguèc, peras
escôlas e tanben peth servici
militar, voludar eras rotinas dera
educacion tradicionala. Regents
sergents medish combat !

e

Quand escrivem
fotbôl, que barrejam dus jôcs que
pôc a f&gt;ôc se van separar e que
tanplan se faràn viste era guèrra:

eth

fotbôl-associacion,

eth balon

"esbraçats", contra eth
fotbôl-rugbi. Curiosament aquera
guèrra que va èster per ua bona
part ua guèrra deths clericaus
contra eths lai'cs e aquô
qu'estona
tostemps ! Eths patronatges catoen efèit
que favorisèren en
generau eth balon redond ath
dépens deth oval, dab arguments
que fasián reproche ath rugbi
lics

dera brutalitat deths contacts

o

tanplan deths quites contactes !
Eras amicalas lai'cas qu'encoratgèren en responsa eth jôc
condemnat. En plan de vilas e
vilôtas, clubs de rugbi que nas cuts

era

ua bona introduc
cion ath jôc vengut d'Anglatèrra.

enas

deths

d'iniciativas laïcas de cap a

institucions

religiosas.

Aquera luta non su¬
feish pas a explicar era difusion
deth balon redond
ni

eras

en

tèrra d'oil,

termièras sensiblament

occitanas deth reiaume d'Ovalia
mes

que's

son amusats eths cer -

caires

a

vilôtas

pro sarrat on

deth
rugbi, deth républicanisme, e,
tresau element que eau ara coasiderar, dera França rurala. Sense
càiger en explicacions trôp
mecanistas, positivistas, be
devem constatar que i a aqui
d'auguas corrélations...
superpausar mapas

Ovalia

:

un

teishut de

eth

rugbi s'ei
partir de quauques
vilas mes granas, animat per
regents plan sovent mes pas solament, pr'amor que se eth but educaliu ei de notar, que i a d'autas
motivacions, que diserai de

desvolopat

a

volontat d'èster reconeishut, de
notabilitat se l'ôm vôu. En
Occitània
tié

ua

era

ruralitat. solide que

plaça deras

mès d'un

sens.

prumèr qu'òm i

granas. Aquô a
Que vôu diser en
aunora era

força

�Linha

Imaginòt

Occitania

4e trimèstre de 1998
fisica,
un
ua

era

que eau

enà eishulevar

fèish, ua comporta, ua barrica,
fusta, enà tié un taure, un

que'n passi. Pas esto enà compausar ua équi¬
pa on eau òmes de tôt escantilh,
de tôt gabarit, e, devant, atelatges
deths solides, ôm aja pensât aths
boscatèrs, viticultors, lauraires,
vaquèrs, d'ençò noste. Pas esto nant que aqueth espòrt encòp tan
complicat enas régla e tan simple
ena motricitat exigida, tan
capable de prepausar ua plaça
especifica a cada morfologia, aja
convengut a societats pas trop
estenudas, vilôtas, vilatges
grosses, on tota aquera alquimia
se
pòt bolar en plaça quasi-natumarran, e

nant que,

ralament,

en

tota convivialitat.

Que considèri un chic
bestiau de parlar de "un jòc de
gentlemen jogat per bandolèrs"
(ja qu'eth mot bandòler m'agrada
pro !). Non seriá mes just de
descriver eth maridatee incre

-

dible deth aristocratisme

d'origina e dera vertut plebeiana
qu'a
sabut eth rugbi trobar quand quitèc eras escòlas enà conquesir
eras

Gallas minièras, eras lanas

d'Escòcia,

o

eth campèstre occi -

tan ? Non pas

bandolèrs, mes
òmes bastits de cauç e de sable,
subtilament barrejats, amalga mats, dab emplegats, médecins,
totas professions liberalas,
regents, estudiants d'on tôt ei
partit.
Un tau jòc qu'a de tostemps balhat idèas a gents en
recèrca de notabilitat
qu'era
Occitània n'a

sa

bona part

: un

còp partits eths qu'eths diplòmas
o era

ambicion estreman deth

pais, que sobra enas vilôtas
nostas òmes de capacitat que trobaràn de côps ua consecracion
ena politica locala, mes que
pasaràn en prumèr pera vida
associativa, d'auguns sollicitais
de plan voler gavidar un club, on
non i a pas moneda a ganhar, ath
contrari, mes perqué pas consi deracion. De côps que i a avut un
ligam dirècte entre economia e
espôrt. era usina (causa rara en
pais occitan) auferint emplecs a
jogaires (cf. Esperaza, Quilhan,
L'Avelhanet, Masamet, etc.) era
équipa servint de publicitat tara
usina, e solide que era politica de

promocion sociala peth espôrt
s'ei sovent manifestada en
rugbi. Que tocam aqui ath caractèr sovent paternalista qu'a près
eth noste espôrt : negacion dera

A
Bibliografia

que

luta de classas, unitat, consen

coma en

tota

Que

de côps provoquèren scis sions, e formations de dus clubs
concurrents, aquô pro rar.
Qu'a eth nais pastat eth
benlèu eth rugbi

i

nienti da

i

diverse (tradizionale, rock,

i

Excellent estudi deras relacions

i

country, banda). Ail inizio
esegue essen zialmente un
repertorio da ballo (danze
occitane) per poi passare alla

espôrt e societat.
Histoire du rugby mondial de JP
Bodis, éd. Privât 1987. 424 paginas.Plan complet e intéressant.
Le rugby ou la guerre des styles

pais ! Quina simbiôsi, quina

osmôsi, s'ei faita entre aqueth jôc

Sapient, pregond, passionant.

fuc pas longtemps olimpic, aqueth divertiment estranh,
que tant pôc de nacions an adop¬
tât, jôc d'intellectuaus tan plan
assimilai peths manuaus, jôc
d'ivèrn que peta eth fòc quand
punteja eth estiu, espôrt deth

L'univers du

a

pastat

on

per avançar eau

començar per

darrèr,

enviar

de duas

era

bala

en-

pot mercar puns

e on se

faiçons plan diferentas,

o

portant gelosament era veishiga, o en expediant-la deth pè
entre duas barras, on eth quite
en

arbitre deu estudiar
matin

sense

era

jamès ester

réglas tôt
segur de

saber-las, ont cadun crida contra
era

"violéneia"

en

tôt

esperar que

i

aja quauques escambis virius !
Ouin espaci causit peth esperit
occitan benlèu.
concoccion de
de rudesa

e

gascon seeur

força

!

d'adreça,
de finesa, de franquee

de malicia, de combinas de
corredos e de camaradariás ara
sa e

vida

ara

limits

môrt, de bénévolat
de

sense

"dejós-de-taula", de
protestacions d'amatorisme e de
recèrca dera promocion sociala,
qu'ei fait d'aquô eth rugbi, qu'ei
atau eth pôble occitan, e que
diser deth "tresau temps" e d'ua
bona "garbura" sus era taula
coma sus eth prat ? Pôc d'espôrts
pôden coma aqueth portar eth
eime d'un pôble.
Nonsai çô que sobrarà
lèu de tôt aquô dab era evolucion
actuala deth espectacle televi suau, mes qu'ei un'aute problè e

esperienze musicali

elaborazione di brani più
mirati, non solo occitani, da
proporre in concerto.

Associazione culturale Lou
Magnaut, via Nazionale 6

Praz, Gianges, 10060
Pragelato Italia
Tel

:

I

0122 / 78959 /78883

I

dab contribucions de Bodis,

i

Anniversaire. Le Mouvement

i

des

Augustin, Conquel, autor deths !
Fondamentaux du rugby
P. J
Dubosc, Daubriac et Broncan.
j
E, plan solide, eths Lacouture, J
Blondin, e d'autes escrivans-jor- [
nalistas, d'un espôrt qu'inspira |
,

Citoyens du Monde

a

été

créé en Mai 1948 par Garry
Davis. Son fils Troy Davis se
pour la désignation d'un
gouvernement mondial chargé de trois missions essen tielles : prévenir les guerres,

bat

1

plan eths qu'escriven;

défendre l'environnement et

i

Anecdoticament

protéger les droits des minori-

i

de

i

: Qu'ont-ils fait
tés.
rugby ? de JF. Rey que
http:/www.wordcitizen.org
de côps vòla baish, çô qu'ei
i
domatge, pr'amor qu'èra un sub- ! Teatre. Pour fêter le 100°
i anniversaire de la naissance
jècte deths bons.
i de Jeanne Barthes dite
| Clardeluna, Claude Alranq et
| le Théâtre La Rampe ont
j monté deux pièces de cet
auteur majeur du théâtre du
| XX° siècle. Ce fut d'abord
"Vaudeville d'oc" d'après la
*Paregut dins lo darrièr numéro
de la revista Tiò ! (n° 27/28 pièce "Las lofas frejas". Et
c'est enfin "La neit d'estiu",
estiu 1998) plaça E. Soula 09100
pièce créée en 1937 au théâtre
Pamias.
i de Béziers. Au minuit d'une
î Saint Jean d'été, les person ] nages se rassemblent et
j s'affrontent avec les passions
| et les frustrations qui les
J dévorent.
| Théâtre de la Rampe 19 rue

notre

1

i

i
i

i

1

Dessalle

Possel

34000

i
i

!

Montpellier
Tel 04.67.59.30.19

I
I

i

!
1
|
|
|
j
j

ma.

M. P.

i

Í

rugby Actes del
colloque de Larrazet Abriu 1988

que non

diable

!
]
|
|
l
|
j
J

entre

mes en

La Magnaut Big Band nasce
nel Novembre del 1994 riu nendo nove musicisti prove -

rugby démêlé de Augustin et
Garrigou, éd. Le Mascaret 1985

de Ch. Pociello, éd. A.M.
Metailié 1983. 414 paginas.

eth

]

Le

que

un sens

j

recomandi tôt particula|

:

-

collectivitat, crisis

ruebi dab eth sièu levant,

vos

rament

conflictes

e

t
i

sualitat, unanimisme locau, dab

pr'aquô tensions

...Cortetas...Cortetas...

I

:

(mai 98)

Après l'ouverture

de la calandreta de Marseille,
un

autre projet

apparaît

autour de la Linha Imaginòt.

C'est à Sabres (Landes) le
de Bernard Manciet, que

pays

Georges Flous lance l'idée de
monter une école en langue

&gt;

occitane. Toutes les bonnes

i

volontés sont les bienvenues

!
!
I

«

¥
17

Calandre ta

(JMB)
Contact

:

05.58.07.33.82

�Linha

Imaginòt
Lengas

4e trimèstre de 1998

...Cortetas...Cortetas...

cela

"La
Québec. La maison de pro duction Pleine Lune présente
Simon Gauthier, Nicolas
Boulerice et Geneviève

a provoqué un fort com
plexe à s'exprimer en aragonais
et a fait qu'en deux générations,
l'aragonais s'est beaucoup perdu,

A

langue

surtout dans les

du Sobrarbe"

convient à

qui

nous

découvrir le

entre

Québec à travers ses contes,
légendes et chansons. Le
groupe est en France jusqu'au

Roberto Serrano Lacarra

Sept Iles Québec

Il FAUT que nous recevions
des conteurs québécois

bien conservé. Cette situation

(Aurillac, Uzeste, Toulouse,

de Bielsa, le chistabin dans la

teurs ; ce

Montluçon, Marseille, La
Ciotat) (CS)

vallée de Chistau, le fobano à

Troubadours.

Thégra est le
village du Lot où est né le
troubadour Uc de St Cire. Les

village ont réali¬
sé un spectacle son et lumière
sur ce sujet et également un
colloque avec Philippe Martel,
habitants du

Robert Lafont, Gérard Zu-

chetto, Jacqueline Marty-

Bazalgues, Marguerite Guély
et Gaston Bazalgues. LAssociation Thégra Animation va
éditer les actes du colloque et

ment un castillan avec des rési

L| aragonais, connupopu¬
lairement

comme

imita¬

tion de l'ancien espa

gnol est

une

latin. Au fur

-

langue issue du
et à mesure que les

soldats romains colonisaient de
nouvelles terres, leur
lée s'y imposait petit

langue par¬
à petit. De
ce latin vulgaire ressortirent
plu¬
sieurs dialectes qui, avec le
temps, se transformèrent en ces
langues latines que nous connais¬
actuellement. Parmi elles,

sons

l'aragonais. À titre d'information
pour les profanes, l'aragonais
s'étendait autrefois dans tout le
royaume

il

se

d'Aragon. Maintenant,

retrouve

confiné

au

nord de

la

pouvez toujours acheter les
anciens numéros (du n°3 au

province de Huesca avec une
vitalité spécifique dans certaines
vallées des Pyrénées. Le cas de
l'aragonais est cependant diffé rent de celui des autres langues
latines. Pour des raisons plus ou
moins politiques (union de
l'Aragon et de la Catalogne,
suprématie de la Castille, ...), il
se trouve très vite
"étranglé"
entre deux langues qui parve -

n°9)

naient à

donner une suite à ces
premiers événements. Une
action exemplaire pour un vil¬
lage qui n'est pas sans rappe¬
pense

ler

un

certain Larrazet.

(JMB)

Thégra Animation 46500
Thégra Tel 05.61.22.53.12
Fanzines. Le Zine Des Fans

(ZDF) n'est plus mais vous

au

prix de 10F chacun.

Notre amie Alex

se

lance

aujourd'hui dans l'édition de
Variations, "un fanzine qui
regroupe plusieurs auteurs
autour d'un même thème.

Textes

(prose et poésie), pho tos. dessins, montages, etc"...
tout est permis. Les premiers
thèmes : la liberté, le phallus,
la ville, le H, la douleur, le
bois, la médecine. " Et je

compte

s vu vous pour me

chacun pense dif¬
féremment, variablement, des
prouver que
autres"

nous

dit Alex.

Variations c/o ZDF 7

(JMB)
rue

Félix

Pécaut 64270 Salies de Béarn
Tel 05.59.38.07.06

se

normaliser

en

tant que

"langues culturelles" (développe¬
ment

de la littérature écrite,

conscience des utilisateurs de la

langue...). Ainsi, l'aragonais se
trouva limité, dans les foyers et
le milieu rural, au rôle de trans

mission orale. La réalité

-

linguis¬
tique de la province du Sobrarbe
est diverse car c'est, en principe,
une province du domaine lin
guistique de l'aragonais. Malgré
tout, un fort degré de "castillanisation" prédomine dans de nom¬
breuses régions. En conséquen ce, bien que la base aragonaise
soit toujours présente dans une
grande partie du territoire, il est
plus fréquent d'entendre simple¬

les vallées était difficile

actuelle est due à

31 décembre 1998. (J-M B)

Canada G4R 2J9

-

jusqu'à une époque récente - la
langue aragonaise est aujourd'hui
assez dialectisée et les gens de
chaque vallée ou zone géogra phique ont l'habitude de donner à
leur aragonais une dénomination
locale (le belsetan dans la vallée

Production Pleine Lune 35 rue

Blanchette

intermé

province et dans les
zones les plus touristiques. Pour
ces raisons, et d'autres (géogra phiques) - la communication

Cloutier, musiciens, conteurs
et chanteurs

zones

chaires de la

dus

-

d'aragonais qu'un aragonais

plusieurs fac qui a le plus influencé
est, d'un côté le niveau insuffi sant de conscience

linguistique
des utilisateurs de cette langue
(ils ont toujours pensé que leur
parler était un "mauvais parler"
et non
simplement une autre
langue), et d'un autre côté, le
phénomène d'urbanisation des
communes
qui capitalisent les
charges commerciales et admi nistratives du Sobrarbe, Ainsa et
Boltana (administrations presque

toujours issues de l'extérieur).
Ainsi
du

est

née chez les utilisateurs

langage parlé (de façon

inconsciente et

erronée) l'idée
obtenir un développe¬
ment économique, culturel, pour
être "quelqu'un" dans la vie, il
fallait parler "aussi bien" que le
secrétaire, le curé, le docteur,
l'instituteur et le notaire... À
que, pour

cause

de

cela, l'utilisation de

l'aragonais a diminué rapidement
à partir des années 40, comme un
phénomène comparable à celui
de l'émigration massive et du
dépeuplement de nombreux vil lages. De la même façon que l'on
abandonna le système écono

-

mique traditionnel (en grande
partie avec raison puisqu'il
s'agissait d'une économie vivrière) et que l'on dépréciait et déva¬
lorisait tout ce qui nous était
propre - puisque c'est synonyme
de "mal-vivre" on essayait d'ou¬
blier la langue car elle nous rap¬
pelait continuellement notre ori¬
gine, dont nous n'étions pas fiers.
Plus récemment, le phénomène
touristique a joué aussi contre la
conservation de la langue. Tout

Afueba...). Les différences entre
toutes

modalités dialectales

ces

minimes, et dues presque
toujours aux différents degrés de
sont

présence du castillan dans chacu¬
ne

d'elles. Cette castillanisation

progressive est l'élément qui
porte le plus préjudice à la
conservation de notre langue, qui
n'est déjà plus présente dans les
moyens de communication et
que l'on ne peut plus apprendre à
l'école. Malgré tout, l'aragonais
est une langue parfaitement
vivante aujourd'hui dans beau coup de localités du "Sobrarbe
intérieur"

le belsetan et le chis¬

:

tabin sont arrivés à

un

certain

degré de développement littérai¬
re et c'est
peut-être le belsetan le
plus employé actuellement.
Aujourd'hui la conscience des
gens parlant l'aragonais est plus
forte, comme le montre le phéno¬
mène littéraire des 20 dernières
années ; ce résultat est dû à

blissement de

normes

l'éta¬

gra

phiques, travail ayant amené la
normalisation de l'aragonais (ce
que toutes les langues ont fait à
un

moment

ou

à

un

autre

de leur

histoire). Nous espérons que,
chaque jour, soit plus connue la
problématique afin de revendi quer son développement et sa
revitalisation tant justifiés.

-

18

D'après

Roberto Serrano

Lacarra
Traduction de
Paru dans

Sylvie Neymoz
n° 1
Adervielle-

Journal de la Coop

Perspective 65240
Pouchergues

�Linha

Imaginòt

Lenaas
4e trimèstre de 1998

Le

jeunes chercheurs, issus de la
mouvance de la gauche, se sont
regroupés en Lorraine, pour le
respect, la sauvegarde et le déve¬
loppement culturel de la langue
régionale, le "Lothringer Platt"

francique

en Lorraine :
état des lieux et propositions

de Moselle.
Ces

jeunes gens, sou se
perpétuer une
langue et une culture transfronta¬
lière, se sont regroupés au sein
de diverses associations se répartissant géographiquement en
fonction des zones linguistiques
cieux de voir

Hervé Atamaniuk

Ce

texte est

la

note

de travail rédigée par M. Her\&gt;é Atamaniuk, président de la fédération pour

le

Lothringer Platt, à l'attention de Mme Nicole Péry, qui avait été chargée
ministre d'un rapport sur les langues et cultures régionales.

par

le Premier

de la Moselle. Leur action béné¬
vole de valorisation du
ne a

souvent

patrimoi¬
pris la forme d'une

action culturelle de terrain pro¬

duisant et diffusant des
"Pour

liquider

commence

par

peuple, on
lui enlever la
un

mémoire" Milan Kundera

(Le livre du rire et de l'oubli)

Le francique (appelé"aussi

platt ou lothringer platt),
langue des Francs, est pré¬
sent en Moselle (Région de
Lorraine) depuis le Vème siècle.
C'est une langue populaire enco¬
re largement
parlée et qui coha¬
bite avec les cultures en présence
dans cette région fortement
industrialisée.

Le

oeuvres

poétiques, organisant des soirées

région de Lorraine.

francique est égale¬
ment parlé au-delà de la frontière
française, au Luxembourg (où il
est langue nationale sous la
désignation de luxembourgeois,
n.d.l.r.), dans les provinces du
sud de la Belgique
dans les

concrètes concernant la valorisa¬

cherchant à tout

tion du

à la désaffection et à la désinfor¬

Lander de Sarre, de Rhénanie-

gnement et du rôle de l'action

Palatinat...

culturelle dans la valorisation de

,

Paradoxalement, cette

Nous ferons dans cette
étude

et

reconnue.

propositions

francique dans

dant aussi la

cette

un
abor¬

en

question de l'ensei¬

lorraines, traversant les frontières
en

organisant des festivals et
prix à répondre

mation du
en

public par un ancrage
relation directe avec les habi¬

tants.

Cette action bénévole,

engagée et délicate des associa
tions s'est regroupée au sein

langue.

Avoir

Les contin¬

historiques, géogra phiques, sociales et économiques
contribuent à expliquer le malai¬
se identitaire propre à cette

série de

contexte transfrontalier

langue minoritaire en France
encore largement utilisée est peu
connue

une

vingt ans

en

Lorraine

d'une fédération, la Fédération

pour
tant

Voici

quelques vingt

le Lothringer Platt.
Cette action est d'au

gences

années de cela, des étudiants, de

-

est

-

plus difficile à mener qu'elle
portée par une réflexion tolé¬

rante et

non

économiste de la

D'Famill

d'Elteren

d'Grousseiteren

d'Kanner
de

Jong

d'Meedchen

de Brudder

de Cousin

d'Mamm

de

de

Papp

Grousspapp

(de Bopa)
d'Groussmamm

d'Sëschter

(d'Borna)

(d'Schwester)
19

�Imaginòt

Linha

4e trimèstre de 1998

question. Dans les faits, elle n'a

Laumesfeld notait à pro¬

de
l'indifférence d'un certain
nombre de services publics de

pos

cessé de

se

heurter

au mur

l'État (Rectorat, DRAC...), au
manque de motivation et de
mobilisation d'une

population
préoccupée en premier lieu par
les questions de l'emploi, voire
aux enjeux liés à la récupération
des questions linguistiques par
les proches voisins alsaciens.
Le

francique, la langue
de Clovis

Schrecklech Ausdréck op Platt !

de la vivacité de la
langue régionale que :
"malgré la répression
subie par la région
depuis des années, la
langue reste étonnam -

\

vivante et que son

ment

emploi est extrêmement
diversifié" (p 282, La
Lorraine

Francique,

Éd.

L'Harmattan 1996).

Le

platt, la
langue des
£ KE*JidT
KÍ&amp;ISCHT
VW TOTEiJ A &lt;St-oSj=VJ

mineurs
En

premier lieu, il
convient de rappeler que la
langue francique se répartit en
Lorraine de la frontière luxem

-

de Sarrebourg au sud et
au pays de Bitche à l'est.
Cette langue qui fut
pays

introduite dans la
Lorraine

vers

région de

le Vème siècle par

les

guerriers francs (1) a perduré
jusqu'à nos jours pour se répartir
en trois grandes zones linguis tiques (2) : le francique luxem¬
bourgeois, le francique mosei lan, le francique rhénan. Enfin
il convient pour être complet de
rappeler que les zones linguis tiques ne tiennent aucun compte
des frontières qui leur furent
créées ultérieurement.
On notera

-

n'est

pas là le moindre des intérêts de
la situation en Lorraine
que ces
-

zones se

caractérisent par

leur

aspect transfrontalier.
Ainsi, le francique est
largement pratiqué au Luxem¬
bourg (où il est d'ailleurs
langue nationale), dans le sud
de la Belgique, dans le Land de
Sarre et dans celui du Palatinat

en

également que le fran cique se maintient diffé¬
remment selon les zones,

Allemagne.
Aucun travail récent de

recensement

ne permet d'évaluer
précision le nombre de
locuteurs franciques en Lorraine.

voire

différemment à l'intérieur des

linguistiques.
La simple analyse du
maintien de la langue selon
l'équation zone rurale / zone
urbaine n'est pas satisfaisante.
On constate en effet que des cri¬
tères d'ordre socio-économique
ou de proximité à la frontière
interviennent largement dans le
zones

maintien de cette

sujet
que la langue francique a été
depuis longtemps le ciment de
l'intégration sociale. La langue
de la mine

ce

et de la cour

-

de

les ouvriers
et leurs enfants ont été long
temps plattophones avant d'être
francophones (4).
Ce caractère populaire
de la langue francique se
démontre aussi par son utilisa -

et que

Les seules estimations
notre

disposition oscillent entre

300 000 et 350

000 locuteurs

(3), pour une population en
Moselle dépassant le million
d'habitants, soit un bon tiers de la

population du département. Le
sociolinguiste Daniel

eiJ

A* EST «EL1.

lateur, qui veillera à promouvoir

sation

les cultures méritantes. Le mérite

avec

un(e) Mosellan(e)

parlant le platt ! Il n'est pas rare
encore aujourd'hui d'entendre des
phrases du type : "c'est un
patois", "c'est du mauvais aile -

s'entendra ici

mand"

duit

(5) dans la bouche de

ceux-là mêmes

Cette réalité démontre
combien la

question de la langue
régionales en
Lorraine recelle de paradoxes et
de sujets de réflexions pour qui¬
conque s'intéresse de près ou de
loin aux questions touchant à
l'appropriation d'un territoire et
de la culture

sentiment d'identité culturelle.
Et c'est bien

sur

ce

même de l'action des
en

Moselle

il

Culturelle du Bassin Houiller

Langue de la famille, elle est
aussi la langue de la convivialité.

(6), et reste d'ailleurs à

francique,
une question d'identité
Cette vivacité du fran¬

-

Scène Nationale de Moselle-Est
mon sens

le seul

enjeu véritable de la poli¬
tique culturelle aujourd'hui.

Le

Moselle,

en

com¬

dans l'immense

majorité des
régions où la question identitaire
se
pose de manière prégnante,
deux positions s'affrontent désor¬
me

cique, langue du travail, langue

mais clairement

de la famille et de la

première posi tion régionaliste et nationaliste,
position de l'enfermement com

té est

communau¬

paradoxalement compen

-

sée par une faible fierté identi¬
taire des locuteurs. Aujourd'hui
encore

et

malgré le formidable

travail des associations, le cher¬
cheur

ou

le touriste curieux pour¬

-

Dans cette

:

une

munautaire, où l'on offre

comme

réponse à la misère sociale
et au déficit de
perspectives
futures, celle d'un marché régu¬

20

au

musée

vestiges d'un passé révolu
apparaît comme le compromis
des

À l'inverse, toute action

idéal.

relevant d'une vision
miste

non

confor¬

visant entre autres à la

-

définition de formes actives et
nouvelles des cultures
-

régionales
paraîtra suspecte. Sur ce sujet,

une seconde posi
qui repose sur une lecture
positive et ouverte de l'histoire
des peuples. Cette position, que
nous appellerons interstitielle en
ce
qu'elle se situe en un point de
rencontres (7), place l'individu
-

au

centre de sa démarche et ne

pose pas le choix national
comme déterminant. On peut

Français, d'origine Slo¬
parler le breton comme
deuxième langue. Cette position
trouve dans l'échange avec les
autres cultures les moyens de sa
alors être

vène et

survie.
En Lorraine, le mouve¬

-

seule

position, la

tion

était celui de l'ex-Action

Car

région".

lectivités locales et territoriales.

asso¬

comme

en ce

à mieux faire vendre "le pro¬

cas

perspective de faire une analyse
détaillée des pratiques des col -

région de frontières qui est au
ciations

vitrine culturelle servant

il serait intéressant dans cette

travail

l'identité culturelle d'une

coeur

fonction du rap¬

folklorisation, la mise

cette culture vivante...

au

en

port de force économiste. La

qui transmettent

tion dans les cités, les cafés, dans
le milieu associatif et les loisirs.

avec

à

re-TT

rait sortir médusé d'une conver¬

et

langue.

On notera à

récréation !
et ce

as

On constate

bourgeoise au nord (région de
Thionville et Sierck-les-Bains),
au

/

ment

francique, de

tation

avec

par sa

la culture

cohabi¬

romane

(majoritaire en Lorraine), et les
cultures d'immigrations, ainsi

�Linha

Imaginòt

Lengas
4e trimèstre de 1998

les cultures des pays limi trophes, se rattache évidemment
à cette position. Il apparaît en

Moselle que quand on y
bien le francique... et non

que

effet clairement dans la courte

francique
et dans sa prolongation frontaliè¬
re, qu'entre assimilation et cuituralisme peut prendre place
une autre position qui respecte
les rugosités des identités et "la
conscience d'un accomplisse ment dans une totalité" (8).
Il est urgent que la
en
Lorraine comme dans
gauche
l'ensemble du pays, apporte une
réflexion nouvelle sur ce sujet
focaliser uniquement sur
question de l'intégration. Entre
l'intégration-dépouillement et le
rejet identitaire il y a en Moselle
sans se

la

renouer

les fils brisés.

inquiétant que
trop souvent les questions rele vant des langues et cultures
régionales restent l'apanage de la
droite. De sa composante extrê me qui fait du sentiment identi taire l'outil du rejet de l'étranger l'hitlérisme l'avait fait

en

composante
libérale qui pose le choix de la
langue allemande comme le
moyen d'appuyer sa vision éco nomiste du problème. Ce sont les
lois du marché qui définissent les
chances de survie d'une langue
(9).
son

temps

-,

à

sa

Conclusion
Comme
vu

dans

ce

nous

l'avons

langue régionale dans cette
région relève d'une série de para¬
:

largement parlé (en
comparaison avec d'autres
langues régionales de France) le
francique manque d'un statut
encore

-

réel.
-

véritable

langue de communi

-

cation transfrontalière, il n'est

valorisé comme tel et - l'his¬
toire se répétant souvent et se
contredisant parfois ! - on veut le
remplacer aujourd'hui par le seul
enseignement de l'allemand.
il a toutes les caractéristiques
pour s'inscrire dans une vision
dynamique, tolérante et progres¬
siste des langues.
pas

-

listes. La situation de la Moselle
riche

d'enseigne qui
défendent les idées du respect
des cultures en présence, de l'en¬
gagement de la mission du servi¬
ce
public et qui s'opposent à la
est

en ce sens

ments.

Ceux-là mêmes

vision libérale et économiste de

la
•

un

deuxième

temps d'arrêter d'opposer

allemand/français/franciquc.
Comme

nous

aux

l'avons vu, la rela¬

d'une histoire. Histoire interna

Luxembourgeois à

-

un ques -

l'occupant allemand,
demandant si la langue utilisée

tionnaire de

dans le cercle familial était l'alle¬
mand

le

français a obtenu
pour toute réponse : "Lëtzebuergesch/luxembourgeois".
Aujourd'hui la situa lion de l'espace transfrontalier
Sarre-Lorraine-LuxembourgBelgique-Rhénanie, doit per mettre une ouverture large aux
langues en présence. Le fran cique a été et peut rester le
ou

grande région si on se donne les
moyens de développer une véri¬
table dynamique culturelle à ce
qui n'est encore qu'un espace
économique.
•

Trois

étapes sont
aujourd'hui nécessaires
en

Lorraine

Il convient enfin de noter,

qu'au moment où les Lorrains
sont interpellés sur la nécessité
du bilinguisme, on doit constater
qu'après des années d'efforts du
système scolaire, aucun lycéen,
sauf exception, ne maîtrise
sérieusement la langue étrangère
allemande. Or, le plattophone n'a
jamais considéré la langue aile mande ou la langue luxembour¬
geoise comme une langue étran¬
gère ! Le fait est que Ton n'a
jamais aussi bien parlé l'aile mand et le luxembourgeois en

(4) E. Bortignon, D
Laumesfeld, S. Mebarki, J.P.
Ruiz, Les Passagers du Solstice,
éd.

Serpenoise, Metz, 1987.

(5) Ce constat
1. La reconnaissance du fran

cique

-

langue régionale
langue de communi¬
cation dans l'espace transfronta¬
comme

de France et
lier.

a

été fait entre

par Philippe Bauduin au
d'une enquête dans le bas¬

autre
cours

sin houiller de Lorraine en

octobre 1996 (Université de

Liège).

2. La mise

place d'un ensei¬
gnement paritaire franco-alle¬

(6) Liquidée en 1995 à la suite
des élections, l'ACBHL a été la

mand dans le cadre du service

première (et la seule !) structure
financée par le Ministère de la
culture et un syndicat de com -

en

munes

à travailler

paritaires tenant compte
spécificité mosellane. En
particulier on intégrera l'ensei gnement du francique en zone

dialectale dans les écoles mater¬

progressif à
partir du CP. (Et le
luxembourgeois dans la région
nelles et le passage

sur

le fond des

questions touchant à l'identité
culturelle et
Lorraine.

ment de l'allemand dans les

de la

tionale, nationale, régionale,
familiale. En 1942, la réponse
des

,

classes

langues est le support

1980.

La
(3) Daniel Laumesfeld
Lorraine francique
éd.
L'Harmattan, Paris 1996.

public et qui prenne réellement
en
compte la langue et la cultu¬
re franciques. En
particulier, il
conviendra de mettre en place
une différenciation de l'enseigne¬

question.
Il convient dans

tion

!

en

ciment transnational de cette

rapide portrait de la

Lorraine, la situation de la

doxes

11 convient

désacraliser (10)

consciencieusement la relation

Il est

comme

se

premier lieu de
la question des
langues et cultures régionales. Il
n'y a pas d'un côté les gardiens
du Temple de l'unité nationale et
de l'autre de dangereux sépara •

histoire du mouvement

matière à

Quelques propositions

parle
l'inver¬

aux

frontières

Aujourd'hui

en

Scène
Nationale (Le Carreau) à
Forbach n'assure plus cette mis¬
une

sion.

(7) Hugues Bazin, Entre forme
artistique et sociale MigrantsFormation, CNDP, Paris 1997.

l'allemand à

(8) Hugues Bazin, ibid.
(9) Cette conception est en par -

thionvilloise n.d.l.r.). Cet ensei¬

tie

gnement ne fera pas l'économie

alsaciens

d'une formation et d'une valori¬
sation

préalable des enseignants.
en place d'un centre
européen de la langue et de la
culture franciques dont une
partie du financement devrait
être intégré dans le plan ÉtatRégion, chargé du soutien logis¬
tique aux associations, de la for¬
mation des enseignants, de la
mise en place du soutien aux
3. La mise

,

domaines de la recherche. Ce
visera à déployer une véri¬
dynamique d'action cultu -

centre

table

relie transfrontalière et à déve

-

lopper des projets de recherches
et d'échanges inter-universitaires
sur les questions des langues
minoritaires

en

H. A.

développée par nos collègues
(l'association Culture et
Bilinguisme, le Sénateur
Goetschy...) qui ont sur ce point
des visées hégémoniques sur la
Moselle. L'implantation avec
leur soutien de jardins d'enfants
bilingues (franco-allemands et
non franco-franciques) à
Sarreguemines avec un finance¬
ment croisé Ville-RégionDépartement, correspond bien à
cette

vision des choses et

explique le positionnement miti¬
gé du mouvement francique de
Lorraine sur ces questions.
(10) J.M. Scherrer, notre ami
militant de l'association "Bei
ciser la

Europe.
mais

1998
Paru dans Gewan

(1) Gérard Boulanger Histoire
langue : le francique, éd.
Gau unGriis, 1987.

d'une

(2) Marthe Philipp
Atlas
Linguistique de Moselle
Germanophone , éd. CNRS,

21

uns

parle quant à lui de "laï¬
question du francique".

Dahem"

Wéi

laang nach ?...

;

association

�Linha

Imaginòt
Lengas

4e trimèstre de 1998
dix ont bien tenté de l'associer à

à T égard

des fils et

dans trois

vie simple et naturelle en
mettant en évidence les intérêts

m'attacher à des formes moins

patrimoniaux qu'elle défendait.
C'est le fameux slogan "garda rem lou Larzac" qui offre
l'image connotée de militants,
rêveurs nourris au fromage de

évidentes. De

leurs chèvres, traînant leurs

J® aivoiontairement
ciblé

Isabelle Loubère

mon

une

propos

régions
gasconnes, landes et
landes girondines, le Béarn étant
un vivier de traditions, il me
semblait plus intéressant de

plus, ce qui appa¬
raissait important était de voir
comment on passait de la langue
familiale, qui peut être considé rée en soi comme une tradition

(ce qui fut le cas mais qui ne
l'est plus la plupart du temps) au
langage scénique de cette langue
(la scène occitane ayant une tra¬
dition de troubadours, chanteurs,
conteurs, danseurs). Or, j'ai
voulu m'axer

sur

des formes

qui

partent du traditionnel sans pour
autant être dénommées, com ment

partant de ce qui consti¬
patrimoine et une culture,

en

tue un
on en

arrive à des formes scé

-

dit, comment on assemble "iden¬
tité, tradition et choix".
L'occitan, langue de

vail souterrain des femmes

inoffensive dans l'ensemble de

gentils utopistes qui rêvent
d'imposer leur patois. Les mili
tants

occitans

ne

détournent pas

tentent d'exister dans une société

qui
eux

a bien
aussi.

du mal à les intégrer

On entre
comme on

en

occitan,

des mer
hasard, par la
petite porte et toujours étonné
des difficultés que l'on peut y
veilles",

aux

un

pays

peu par

en

domaine d'oc,

siècle,
ne

au

au

milieu du Xle

moment où le

connaissait

français

encore aucune

écrite

importante, la
langue du pays d'oc avait déjà
produit des œuvres poétiques, et
à partir du Xlle siècle, elle avait
œuvre

été considérée

comme

le véhicu¬

le de la

première grande poésie
lyrique de l'Occident". Or, il me
semble qu'aujourd'hui, l'occitan
ne soit plus une langue de réfé rence.

qui ont frappé la langue. L'Edit
de Villers-Cauterêt

au

XVIe

siècle, circulaire Abbé Grégoire
en

1790 et le

système écono

-

mique qui est associé ou plus
exactement qui n'est pas associé.
Tout cela a engendré un phéno¬
mène de honte qui a amené la
disparition progressive de cette
langue au sein des foyers.
Les années soixante-

train de

c'est

nous

avec

la dénomination même

enseigne l'occident,
ce qui nous laisse encore des
chances d'adaptation, quelque fois, on est seulement enseignant
d'existant (au vu, ou plutôt à la
vue

le prouver, et

que Gisèle Halimi constatait
récemment après un voyage en
ce

Algérie et qu'elle rapportait lors
ses conférences (février
98 "Les Amis de l'Humanité").
Les femmes agissent dans
d'une de

l'ombre. Alors, l'occitan étant
resté

depuis longtemps langue de

l'ombre, il y a peut-être eu une
réaction de la part des femmes.
Je

m'interroge. J'ai cependant
l'exemple de la grandmère pour des raisons personnel¬
lement affectives, un peu comme

Alice, qui, emportée par la tor
peur, se

-

laisse entraîner dans un

monde.

Je suis donc

Les observateurs exté¬

partie

d'un milieu connu, le milieu

familial, pour en observer

l'ancrage de la langue.
Ce lieu

se

situe dans la

Haute-Lande, à Commensacq, et
l'occitan est
sur

la

encore plus entendu
place publique.

Dans cette famille où

des nouvelles recrues, on

peut dans ce cas penser qu'il
s'agit de simples lapsus).
L'image serait donc en train de
changer. Nous allons voir com ment cette image, justement, est
passée de la langue à la scène

l'occitan n'est

aujourd'hui.

lieux de rencontres, aux sorties et
aux occasions de réunions fami¬

Il semble

paradoxal
l'exemple de la
grand-mère quand les statistiques
d'avoir choisi
montrent

Plusieurs raisons à cela

dont les différentes interdictions

en

autre

rencontrer.

mal

;

l'exemple de l'Algérie est

choisi

entre au pays

quement plus depuis que je suis

L'aventure des langues
Occident, en parle ainsi : "le

-

d'avion, ne murent pas des recto¬
rats, mais toujours est-il qu'ils

du tenue, on

ouvrage

femmes
ce

sur le sol d'une agricultu¬
qu'on appelle pas encore bio.
En effet, l'occitan promène avec
cette image un peu vieillie, un
peu surannée, peu sérieuse, assez

rieurs ont d'ailleurs souvent du

son

officieusement, la

re

nommé

née. Henriette Walter dans

;

a toutefois été transmise,
et certainement aussi par les

langue

sabots

d'Oc, plus communément
sous le terme de patois,
se parle depuis l'époque des
troubadours et ne se parle prati pays

officielles

; peut-être a-t-on tendan¬
quelquefois à ne pas prendre
suffisamment en compte le tra -

"d'Alice

niques inattendues. Autrement

de la parole occitane
plus restrictive face à
"l'expression patoise" des filles).
Ceci étant, ce sont les statistiques

plus partagé
la cellule familiale a
éclaté (le mari mort, les enfants
partis à la ville), il ne reste que la
grand-mère pour parler la langue.
depuis

que

L'occitan est donc réservé

liales. Les lieux

aux

stratégiques sont
cuisi¬

les marchés, le casau et la

formidable lieu de partage,
paroles et de sensualité. Dans

que se sont les femmes
qui ont laissé mourir la langue
(c'est une des suppositions sug¬
gérée par Etienne Hammel, dans
son ouvrage,
L'Occitan en
Languedoc Roussillon : peut-on
encore parler de
langue mater -

ne,

nelle ? La notion même de

hommes. Les femmes sont dans

langue familiale recouvrirait

la cuisine

sans

de

les sociétés traditionnelles, les
cuisines restent

encore

des femmes, même si,

l'endroit

il faut

bien le reconnaître, nos

grands

chefs cuisiniers sont souvent des

terri

-

gardé, elles y parlent
de...cuisine, d'enfants, des voi

-

comme

dans

doute des situations réelles où le

toire

père serait plutôt porteur de
l'occitan, alors que la mère serait
promotrice du français, tolérante

sins et des hommes. A

un

ce

propos,

Anne-Marie Garat raconte com-

�Linha
'jÉkMteí' 'Àn

'

même

transmis

,

proverbes
"café bohit vòu

des

-

matin,

grand-père, (ici une figure
masculine porte la langue)
m'entend ânonner, me reprend,
mon

m'enseigne". Souvent, les
conservations orales
occitan entre gens

se

font

en

de la même

cadeira. Il est donc difficile de

verte d'une

se

vieille édition

munauté

génération. Les propos échangés
sont ceux

de la vie courante à

partir de tous les événements qui
peuvent la traverser (comme le
fait de faire

ses

devoirs

sur

Alors comment

petite pour elle.
Quels sont les mots
;

tants sont encore

nourrit

;

les plus impor¬
liés à

ce

ils semblent être

qui
ceux

du casau,

jardin potager, caulels,
pomas, pomas de terra, peseus
(petits pois).
Les conversations se

occitan, la désignation
des outils est occitane (lo sarc, lo
rastet...).
font

en

Il est vraiment

curan

(avare), "ne sois pas si bastiau

(goulu)", "regarde comme tu es
(sale)".

cascan

Certains sont des mots

adaptés à l'apprentissage des
enfants, mais ce n'est pas seule¬

langue de réprimandes
reproches, c' est la langue

ment une
et

de

grande lande

sur ua

des échos de sa propre
encore

et tou

jours Alice à la recherche de son
lapin blanc.
L'occitan est donc

musicalement, grâce aux
danses, aux chants qui s'échap pent de certaines joies, de cer tains travaux champêtres.
L'occitan de la grandmère, c'est également les feux
d'automne

sur

l'airial, c'est
vers un

la brume de

ces

sorties à vélo

jardin matinal, c'est

l'attente du boucher au bord de
la route, avec

ou sur ua

le klaxon qu'on

en

ce

que

naire

linguistique

expli

de l'endroit où vous voulez

-

-

quer la dénégation par rapport à
la langue, elle évoque un pos sible danger : "quel danger se

profile ? Il s'agit avant toute
chose, disent les discours des
sujets, de ne pas être repéré
comme

membre d'un groupe

aller", dit le chat. "Pourvu que
j'arrive quelque part", ajoute
Alice en explication. "Cela ne
peut manquer, pourvu que vous
puissiez marcher assez long -

temps".
Le parcours

indices. Les locuteurs

qui tentent

de sortir d'un milieu

(consciem¬

ou

inconsciemment) rejet -

Il

a

fallu du temps pour

parcourir ce peu de kilomètres.
La distance entre la langue de la
grand-mère, parlée quand on est
confiance, entre voisins dans

(consciemment ou incons ciemment) les éléments qui, pour
eux, indexent ce groupe. Ils
deviennent plus sensibles que
d'autres locuteurs à ces valeurs

en

Reine, ayant un peu

hommes derrière, les femmes

qu' ils ont eux-mêmes rationali sées comme péjoratifs, comme
des indexions sociales défavori¬
santes, aidés parfois en cela comme nous l'avons vu - par des

devant et où raisonne L'Estela de

discours

la

petits enfants
dans la distance qui est instaurée
avec les grands-parents se rap procheront plus de cette langue.
Les grands-parents établissent un
lien moins sévère, plus serein, et

espère de loin. Ce sont ces per sonnages au béret vissé sur la
tête qui jouent aux quilles ( las
quilhas de nau) et qui s'expri ment par force gestes et "r" rou¬
lés ("r" apical).
C' est aussi les cérémo¬
nies dominicales dans

une

église

impeccablement partagée, les

tent

prescriptifs...".
Mais les

mar.

La

langue

être liée à toute une

se

révèle

représenta tion sociale, celle de la vie de
village avec ses codes linguis tiques et ses repères : l'occitan

23

ri était pas

long, à huit kilomètres de la
maison de la grand-mère vivait
et vit toujours Bernard Manciet...

très

dévalorisé, donc d'en perdre les

ment

-

ce qui pourrait ne
plus être, un peu comme les
traces photographiques évoquées
par Barthes. L'important est de
pouvoir jalonner ce parcours.
Dans cette quête initiatique, se
trouvent des informateurs qui
suggèrent le chemin, c' est Alice
qui rencontre le chat et qui lui
demande : "Dites-moi, je vous
prie, de quel côté faut-il me diri¬
ger ? ". "Cela dépend beaucoup

dit

l'imagi

pour

témoi

recherche de

partie Anne-Marie Houdebine

dans Sur les traces de

un

donné de l'histoire de cette

je l'évoquais dans

l'introduction. C' est

jeu,

de conscience à un moment

aux observations et
qui émanent de ce lieu.
Il y a aussi des raisons
de liens familiaux qui entrent en
ligne de compte, le fils ou la fille
ne vont pas avoir envie d'ap¬
prendre la langue des parents,
pour des raisons de proximité ou

comme
-

en

gnage de ce qui a été, de ce qui
continue à être et surtout la prise

d'évolution sociale, de honte

langue ou a trouvé dans cet
affectivité. C'est

L'occitan c'est donc
mémoire

une

appartenir à une com
linguistique unifiée. Je
qu'on est avant tout d'un

émotions

recueilli les traces de cette

.

-

lieu, nourri

grenier qui me
rapproche de la concrétisation de
cette langue, enfin une preuve
écrite... de plus une preuve
livresque donc associée à un
domaine intellectuel. Quelqu' un

chaire

sentir

crois

perçu

apprend-t-on Y occitan dans de si
singulières conditions, un peu à
la volée, comme Alice tente
d'attraper de quoi rapetisser dans
une maison qui est devenue trop

l'on retient

aux

désordre d'un

la

table de la cuisine).

que

aux

de Félix Arnaudin dans le

ouvrage

tranquillité-là et de garder des
souvenirs de ce qui a pu être
autrefois la personne aimée.
C'est ma grand-mère qui me
tend des photos en me disant :
"Té, aqui qu'es lo"
Mais la
quête doit se faire en solitaire.

non

s'asseoir

des Chants de la

a

ah oui mais

C' est la décou¬

danses,

un

:

tionnelles.

associée

table de la cuisine,

dire

chansons tradi¬

langue de
grand-mère
est également
La

son grand-père :
qu' à Pâques, révisant
cartes et mes poèmes sur la

souvent

le même, on dit pas
comme ça chez nous. D'un villa¬
ge à l'autre, effectivement, la
désignation des termes peut
changer, c' est ainsi que l'on se
retrouve dans cette même partie
des landes avec la possibilité de

elle relie l'occitan de Jaufre

inconsciente d'entrer dans cette

c' est pas

la

"et voilà

enfants, n'est pas

cificités dialectales, on entend

pif.

Rudel à celui de

aux

ont un

partagé avec l'étranger (membre
extérieur au village). Il est soi gneusement gardé dans ses spé -

"drom,

pas un esco

regard plus indulgent car
plus distancié sur l'enfance. Du
côté des petits enfants, il doit y
avoir cette volonté plus ou moins

parlé entre personnes d'une
génération, n'est pas

est

lo

drom, nani"

4^
4e trimèstre de 1998

des mots doux,

ceuses

mes

:

"ïri*;:

0K

.

piòc, lo nin,
ninon, des ber¬

ment

Imaginòt

.,*
.

Leìig€Ĺ$

:

dans les chants/
champs, devenait la vastitude
la cuisine,

d'une écriture. Deux mondes...
C' est Alice dans le

jardin de la

de mal avec

règles de croquet. Ce monde
caché, qui ne se mettait jamais
des

en

s'exposait en œuvre
jaillissement des sensa

avant,

dans le

-

tions, des émotions de l'enfance.
-

Un ailleurs où la

langue éclatait, raisonnait dans
l'évidence de

sa

beauté, de

sa

profondeur, de sa vérité. Bernard
Manciet exprime son choix du
gascon de cette manière (grand

�Linha

Imaginât
s,

.

-

•

..
•

.

.

.

.y

'

J

Lengas

v*

'

•

4e trimèstre de 1998
fut donnée

oral de Manciet à Mont-de-

"En fran¬

val

çais, on peut sourire, mais les
drames se font en gascon. Car le

des

Marsan le 06.02.98) :

français, cette langue ne va pas
profond, elle ne bouleverse pas".
Occitan, langue à la
sensibilité écorchée, langue
d'écorchés, langue écorchée,
mais langue. Langue partie de
rien, de ces petits gestes du quo¬
tidien, de cette observation du
monde, des gens, de ce ressenti
d'un pays, de toute cette tendres¬
se, c'est le rien sur lequel
l'auteur vaticine (postface de
l'Enterrement à Sabres) :
"Rien, mais toutefois
de couleurs, celles des
incendies, des nuages violents,

assez

des

péchés truculents ; et assez
d'ombre, celle des pluies inter minables, des impénitentes
superstitions, des secrets obsti nés, pour que j'en gâche le mor tier d'un cérémonial exagéré et
absurde puisqu'il va disparaître
avec un peuple, avec son fatras
magnifique".
Cette langue décriée,
étouffée relevait la tête par
l'entremise métaphorique de ce
personnage
mon

enfance, celle de la dauna,

parle, dit-on,

un

langage

de brutes, inadmissibles. J'ai
voulu la faire chanter. On l'a
considérée
avec sa

comme

langue,

la maison

perdue, morte
je l'enterre

vivante."
Sommes-nous

encore

vivants ? Sommes-nous

encore

trouve alors

même, trahit l'émotion de

(p.51, Eysinas
85) : " Dans l'ombre, je
n'existais plus. J'étais deve¬
nu une voix. Mais pas la
mienne. A

mon

J'avais

reconnu ce

haché,

souffle court

peu autoritaire des
foules de chez moi, nous étions
et

un

la même

longueur de respira¬
portait. Je ne sais
plus exactement ce que j'ai fait.
Je ne comprenais plus moi-même
sur

tion

qui

mes

textes. "Eux" non

me

doute, mais
avec

nous

plus, sans

les ressentions

les mêmes viscères".

représentation physique, seule la
surgit, emplit, elle

voix est. Elle

vient de loin, elle revient de loin
c'est

homme

qui l'apporte,
Manciet disait, dans la
langue pour tous ceux qui
n'avaient pu dire, qui n'avaient
voulu dire, qui n'avaient pas su
et

un

dire. Et il continue de le faire

dans clair obscur, (nous sommes
dans la langue mais nous
sommes

com¬

dans cette

scène de

l'Enterrement à Sabres

d'Her¬

mine

Port de

dans la mise

Karagheuz jouée

la Lune

en

Bernard Lubat

cipe.

mémoire vivante, comment aller

porter cette parole, la parole de
l'enfance, les mots échappés de
l'intimité et le chant des ber

-

parole peut-

elle devenir voix ? L'occasion

en

grand-mère, pour le poète et pour
Lubat, issus d'une aire géogra phique très proche (Commensacq, Trensacq, Uzeste), même si
la parole est viscérale, elle vient
de loin, elle a été entendue et elle
elle n' est pas expo¬
sée de manière aussi évidente

est reconnue,

effet,
parler de tous ces chanteurs,
Nadau, Pagalhos, Orionaa,
Marti, Perlinpinpin, rencontrés
après sur le chemin et qui portent
eux aussi la voix, la parole, mais
ce
qui me paraissait avant tout
intéressant, était que pour la

donné, Lubat de revenir

au pays

(le fameux "volem viure al
pais"). Etre d'une région et per¬
mettre la reconnaissance de cette

région, pari difficile pour un vil¬
lage aussi petit qu' Uzeste (350
habitants).
Le seul ancrage Iradi fait

les Pinhadars

que

lorsqu'elle est sous-tendue
expression avant tout tra¬
ditionnelle, voire folklorique,
(les supports en étant ici la poé¬
sie et le jazz). Car quand elle sur¬
git dans la forme traditionnelle,

tionnel

par une

d'Uzeste, groupe d'accordée nistes, dont Alban Lubat (à l'ori¬

elle est immédiatement identifiée

connes

telle. La difficulté
provient justement du fait de la

musique.

maintenir tout

sant de cette

en

tant que

en

l'actualisant.

C'est bien pour cela que le pro¬
blème de la mémoire se pose, car
il faut partir de cette mémoire,
comme

je l'ai fait moi-même

se

avec

gine du groupe), qui rythment
polkas, mazurkas, rondeaux,
valses. Très peu de paroles gas¬
des

sont rattachées à cette

L'autre aspect

intéres¬
compagnie est que
les parents Lubat sont des locu teurs naturels qui n' ont pas trans¬
mis la langue mais qui la parlent
avec les gens du village. La loge

dans cette recherche identitaire et

de la scène de l'Estaminet

dans le processus de l'exposé
mais il faut également dépasser

trouve

cette mémoire pour

dée dans

la rendre

ce

côté intimiste du lieu

de réunion, de

faut être

on

un

identitaire universel

se

dans la salle à manger de
Marie Lubat. La langue est gar¬

vivante, actuelle, intégrable. Il

retrouve

ce

café et de repas,
que

je disais

par

("je suis un poète universel"
Manciet), sortir du lieu d'intimi¬
té, de la cuisine et du jardin, pour

rapport aux lieux de paroles

aller étendre, offrir. Et il est dif¬
ficile de s'exposer quand on doit

définit ainsi

la langue, dépasser la
dépasser le folklore.
L'exemple d'Uzeste et

regagner
honte et

de la Cie Lubat
J'aurais pu, en

Comment rendre la

ou

spectacles de
auxquels il parti -

dans les

est

?

au

novembre 96

ment la

partager, qu' est-ce qui
jeu autour de cette mémoi¬

langue),
en

comme

ou ne sommes-nous

ceuses, comment la

sur

scène, mais pas sur le devant,
caché, derrière, il n' y a pas de

mémoire, où est-elle,

re

étonnement,

j'avais retrouvé l'accent le
plus rude et le plus âpre de
ma grande lande. La respiration
de l'auditoire, je la sentais, je la
prenais. Je la perdais aussi, avec
l'envie de tout laisser en plan.

comme

en

ce

moment-là

plus
qu'une mémoire ? Car tout n'est
peut-être plus qu' une question de
mémoire. Mais qu'est-ce que
notre

se

exposée et Manciet, lui-

la porte.

ses coutumes, sa

foi. Je l'enterre, mais

vivants

petits, celle d'un pays, de
pluie, du feu, du secrét, du
caché. Et c'est toujours la
même émotion mais ampli fiée car la parole réservée à
la

C'est l'occitan

Manciet

de. Elle

festi¬

au

en 1985 et
Manciet devint la voix, celle

qui avait illuminé

poursuit : "Là, subsis¬
te, sache-le, une peuplade
bafouée par l'Histoire. Moi, je
lui donnerais mieux, de la légen¬
et

fois

une

d'Eysines

mon

sons,
en

a

donc retenu

attention pour

la langue n'apparaît pas ici

priorité, la priorité étant celle
musique improvisée et de
une

recherche autour du

free-jazz. Or la quête identitaire
se

manifeste à travers cette

volonté

24

qu'a

De

plus la Cie Lubat se
"La compagnie de
Gasconha" (le nom est inscrit en
occitan) est engagée depuis 1978
dans un processus de décentrali¬
sation/fondation artistique et cul¬

eu, un moment

:

turelle.
Elle s'est

plusieurs rai¬

de la

toute

maternels.

comme

recherche
de la

implantée

unité de création et de

transartistique au sein

commune

d'Uzeste,

en

Gironde, et y développe son
concept "de cultivatures-civilisatures" pour un art de la diffusion
de l'art : concerts spectacles en

�Linha

tournées, créations d'œuvres

l'occitan. Comment

artistiques, Festival d'Uzeste
Musical, Printemps et hiver

choix de l'occitan

se

sur

fait le

texte de ralliement. Elle

scène

raît que

d'Uzeste Musical à l'Estaminet

ne part pas d'une évi dence. C'est la recherche

Opéra.

d'André Minvielle,

Il semble que
termes à

retenir soient

quand il

locuteur naturel,

les

ceux

"cultivatures-civilisatures"

dictionnaires pour

pour apprendre la langue en
autodidacte. Le résultat en est
et

subtil
mélange occitano-franco-espa gnol où Minvielle s'est appliqué
à prononcer le plus exactement
possible l'occitan qui lui sert de
support. Voilà comment vient la
langue chez Minvielle. Les
membres de la Compagnie sont
caractérisés par cette recherche
humble autour d'une langue
qu'ils réapprennent et qui leur
sert de souffle (cf. ce que dit
Michel Butel, écrivain paril'album /

Les identités d'Uzeste

définies comme

plurielles

universelles". On

connes

gas

-

recon¬

l'ancrage dans l'identité
et le désir de porter
cette parole en dehors de ce lieu
d'intimité, universelles.
Les racines sont, quant

naît ici

gasconne

à elles
et

orthographier

de

qui

reprennent à la fois les fonde raents de la langue et de son his¬
toire. quant au fait que la scène
soit transartistique et en mouve¬
ment, cela démontre la volonté
de dépasser le simple enracine ment pour faire partager cette
langue et cette culture.
sont, en effet,
"communales

qui n'est pas
qui se sert des

,

un

sien.de l'album de Minvielle:

qu'André Minvielle cherche
dans l'inspiration, ce n'est pas
l'air qui emplit les poumons,
"Ce

"imaginogènes" ocfcitanes

dérivantes, toutes les halluci

Canto !

c'est l'air du monde vivant (on

-

ne garde pas pour soi). Ce
qu'André Minvielle crée en expi¬
rant des sons, des paroles, des
onomatopées, c'est la ritournelle

langagières deviennent
possibles. Et c'est juste ment ce qui fait l'intérêt
d'Uzeste, une autre façon d'abor¬
der la langue et surtout de la pro¬
pager est proposée, un peu
nations

donc

System" (rap marseillais) ou les

vivante").
(Cela vient de soi
(ritournelles)). Et la langue est
sur une ligne de vie, dans une
mouvance, elle devient porteuse
d'espoir. Pour Bernard Lubat,

"Fabulous Trobadors" (rap tou¬

faire le choix de l'occitan, dans

de notre histoire

le font d'autres groupes
mais cette fois-ci dans un autre
comme

dialecte tels les "Massilia Sound

le donner à

lousain). Le langage adopté est

les textes, donc

adapté à une société en mouvan¬
ce, en changements et en contra¬

entendre

dictions.

Bernard Lubat lui-même

Un autre aspect inté
ressant d'Uzeste qui se trouve
au-delà de la scène et

-

qui la com¬

plète est la proposition d'une
"Maison de la Mémoire en
Marche" (on retrouve

l'aspect

matriarcal, historique et encore la

un

scène, c'est

(d'après
petit compte-rendu fait par
sur

en

1998) : " Pour la musique
de la langue, la poly-rythmie des
mots, les sonorités multicolores
de(s) prononciation(s) les images
sans âge, le plaisir d'en hurler le
blues, l'insolence d'en propulser
février

la modernité."
11 faut

volonté d'évoluer avec cette

en

effet

une

langue). La définition des racines
se poursuit de cette façon : bal
communal, élevage du cochon,
potager maison, cuisine familiale
rurale, école communale laïque,
pluie de l'océan, forêt de
Gascogne.
Même si le simple fait

bonne dose d'insolence, voire

de dire semble naturel, on se

négatives. Elle semble être par fois dangereusement nationaliste,
certains partis politiques qui n'en

retrouve face à
vante

:

-

comment dire, comment

montrer,
on

l'équation sui

quel alliage subtil doitfrançais et

trouver entre le

d'inconscience, pour risquer
l'occitan

sur

scène devant

un

Imaginòt

n'appa¬ A ...Cortetas...Cortetas...
i

dans un contexte large ment dépassé, (ce que je signa Cordae/La Talvera vient d'édilais en introduction) comme
ter les actes du colloque
identité passéiste, elle n'a aucun
"Musiques d'Amérique LatiÌ ne" organisé en Octobre 1996
avenir économique, rares sont
Ì (180F) et également le premier
d'ailleurs les chanteurs qui
| numéro d'une série consacrée
vivent de leur art quand ils se
à la cuisine traditionnelle occi]
cantonnent à l'occitan le limou¬
j tane : Còcas e Cocons traite
sin Jean-Paul Verdier a dû passer
j des gâteaux et autres aliments
par le français pour être désigné j à base de farine (40F)
pleinement en tant que chanteur j Cordae/La Talvera BP 40
l

i

i

i

-

occitan. La béarnaise Marilis
Orionaa s'en sort mieux,
tisme de

ses

l'exo

81170 Cordes sur ciel
Tel 05.63.56.19.17

i

-

textes occitans et

!
Ì

Fax 05.63.56.24.87

i
i

français s'alliant au grec de ses ! La Mer des Des Usion est un
voyages d'enfance. Sa qualité de !
spectacle de Sylvain Sluys,
voix et son charme aident à cette
) poète, magicien, comédien. On
expansion et reconnaissance. Le [ y entend des poèmes (Baudepublic de Marilis est en train de | laire. AppoUinaire, Lamartine,
s'homogénéiser, la jeunesse de la ] Sluys...) mais aussi des
chanteuse tendant également à | silences. Les objets, les ani maux apparaissent, s'ani
offrir une image plus moderne de
ment, se multiplient, dispa la langue occitane. Cet exemple
raissent... Frissons et délices..
1
i

i

me

semble lui aussi

assez

à part

il semble très

prometteur.
Le public de groupe tel
Nadau (béarnais) ou de Marti
(languedocien) sont des publics
acquis à la cause occitane, ils
sont imprégnés de cette culture
et ont suivi l'historique du grou¬

et

pe ou le parcours du militant.
Les rappeurs Fabulous (toulou -

1 Sylvain Sluys vient de passer
quatre ans comme magicien
Ì éducateur au Centre théra ! peutique pour adolescents des
| cliniques universitaires St Luc
| à Bruxelles. Il peut aujour] dliui proposer son spectacle à
| tout publie.
Sylvain Sluys rue Sans Soucis
i

1

B-1050 BruxeHes

i

84

Í

Tel 02/649 07 33

I

sains) Massilia (marseillais)
sort le premier
ciblent un public plus jeune avec ! Mic Mac
! album de Jagdish &amp; Coolis
des rythmes très en vogue. Ce
! (version remixée), le roots
qui est très intéressant, notam J ragga créole en direct de l'île
ment chez les Fabulous, c'est
j Maurice, l'original son de
tout le travail qui est fait en aval,
J l'Océan Indien. Approchez,
l'insertion des jeunes par une
] approchez ! D'autre part, Mic
prise de conscience communau¬ [ Mac organise une programmation Tradicionau Dub Baleti
taire avec des actions sociales,
au Balthazar 3 Place Paul
politiques et culturelles dans le
Cézanne à MarseiUe trois fois
quartier Arnaud-Bernard à
par mois. Qu'on se le dise !
Toulouse. Cette implication poli¬
! (JMB)
tique se retrouve sur la scène
! Mic Mac 28A rue de la
d'Uzeste, la raison sociale en
! Bibliothèque 13001 Marseille
étant "la transformation du souci
Ì Tel 04.91.92.61.16
en souci de la transformation",
! Fax 04.91.92.61.06
notre principal souci étant com - tI
ment passer justement de la
[ Compilation. L'association
j "La Quiméra" réédite en plu langue de la grand-mère à un
sieurs CD les meilleures chanlangage plus scénique et ouvert à i sons d' Eric
Fraj
de ses
d'autres genres, d'autres langues,
débuts en 1971 jusqu'au derd'autres préoccupations qui
nier disque "In extremis" de
dépassent largement le cadre
I 1990 en incluant quelques
intime et familial....
! inédits. Le premier volume va
I.L.
! de 1981 à 1986. Il est en
! souscription au prix de 100F.
Paru dans l'Uzeste n"2 - Compagnie J La Quiméra Pigssa 314310
Lubat
J Rieux Volvestre
1

'

i
i

i

'

public de non-initiés. Propulser
me semble fort approprié car
cette langue ne fait pas toujours
l'unanimité, elle colporte avec
elle des connotations souvent

ont aucune
tent pas

connaissance n'hési¬

.

■

i

y

à s'en servir comme pré¬

25

�Linha

Imaginòt

4e trimèstre de 1998

Estivadas 1998

Le Louron

trouve

se

des ambitions

*-

René Duran
■m

Jean-Marc
duit,

de l'Estivada rodanesa m'a

qui n'était pas l'objectif ;
Jacquet le rocker catalan
de Perpignan a été abusivement
long entre Serge Pey et Los

demandé de lui écrire

Delfins ; Lou Dalfin, rock occi

Jean-Auguste Nougaret du

service culturel de la mairie

de Rodez cheville ouvrière

point
moi
comme aspect négatif, peut-être
que deux spectacles dans une
même soirée ça se chevauche
trop, l'Estivada rodanesa manque
de relais populaire local, elle
manque de créations populaires,
elle manque de rock, la création
du Rouergue ainsi que des dépar¬
tements environnants n'y est pas
assez présente.
de

vue sur

mon

le crû 98. D'après

Sur les créations de 98.
"Luz de la Méditerrania" musi¬
que

des troubadours, le problème
genre de spectacle

avec ce

muséal est

qu'il exhibe une
image figée alors que les trouba¬
dours avant tout faisaient

une

rupture ; "Viauratorio" de Jacme
Privât création courageuse, mais
le côté critiquable reste que les
éléments
à

se

hétérogènes ont du mal

coller ensemble

;

"Floreta et

ce

Claude Marti, son

comique ; Jacques Brianti a rela¬
tivement réussi sa performance
plastique ; l'exposition de Jacme

exposition de lui.
suggérer à
Serge Pey de faire un "Vingtdeux" au Salon qui reçoit à
Toulouse. Serge Pey, c'est l'oralité toulousaine. L'oralité en poé¬
veux

sie consiste à accentuer l'effet

moderne occitan

avec

des

paroles appropriées y colleraient
mieux que la musique médiévale
; "L'Occitanie au présent", café
littéraire décevant parce que les
invités ne se regardaient que le
nombril ; "L"evangeli de la
serp", de Serge Pey, performance
poétique forte, quoique les musi¬
ciens trop dans le rôle d'accom¬
pagnateurs la ramenaient au pro¬

pas mal sur la planète. Dans
l'oralité toulousaine, nous pou

également les tcha -

Philippe Berthaud. Mais
Serge Pey est le seul qui conçoi¬
ve ses
performances comme une
cérémonie. Il pioche Toulouse
depuis longtemps. Au début,
ou

pouvions le situer dans les
écrivains occitans de langue
nous

française à cause de sa conscien¬
ce de la
question occitane. Serge
Pey, sur ce plan, a ensuite accen¬
tué sa prise de position en pre nant en compte le génocide de la
Croisade des Albigeois, il a éga¬
lement mis de la langue occitane
dans ses performances en colla avec

fallu 7

ans

des écrivains

langue d'oc.
R.D.

en

avec

Catalans et les

comme

si c'était la réunion des

le festival

locataires d'un même immeuble

sa

forcément tous
les jours et on ne parle fias forcé¬
ment la même langue, mais on

a
voie. Cette

évidence. Il

aura

on ne se

:

voit pas

habite dans le même bâtiment. Et

de recherche, de

tâtonnements, de déplacements
dans la vallée, de retards, de pro¬
blèmes d'intendance, de

crispa¬
grands
colères, de

pourquoi pas organiser des fêtes,
des repas ? Il n'y eu guère qu'un
Toulousain pour trouver que les

prises, de passéisme, d'anticen-

Pyrénées n'étaient pas un terri toire pertinent. L'histoire avec
les Basques et les Aragonais
s'approfondit d'année en année
et l'expérience montre que la

tralisme, d'ambitions, de retours

collaboration mérite d'être pour¬

fallu tout cela

suivie, y compris jusque dans les

concerts, de grosses
déficits financiers, d'histoire

locale, de langues mal com

arrière. Il

plus

aura

encore pour que

val

se

vrir

son sens.

trouve,

en

-

le festi -

arrive à décou¬

La 7e édition
-

"Zebda", un poète tel Simon
Brest, les chanteurs tels : Bruno

borant

envie d'écrire:

finalement été

a

comme une

et

Toulousaine parce que Serge Pey
vit cette ville, même s'il circule

mettre

7e édition

en

physique de la représentation.

vons

avons

tions institutionnelles, de

Ruiz

René Sette chanteur

-

sins, sculptures, gravures, faisait
regretter l'absence d'une grande
Je

Nous

dait le moins que
semble-t-il trouvé

kitsch était involontairement

Privât à la Maison Carrée, des

Festival et rencontres de

les

Basques, les
Aragonais. Au
point de se demander si elle est
possible ailleurs. C'est un peu
rencontre

Germ-Louron, 7e édition.

eh bien ça y est, nous y sommes.
C'est au moment où on s'y atten¬

spectacle

l'entrée de la cobla ; "Lo caladaiavec

-

d'une belle énergie,
grand moment du festival ;
tan pourvu

cheurs, tels "Fabulous Trobadors", "Femmouzes T" et aussi

plus le trio musical "Les montanaros" possédaient de l'originali¬
té, cependant ils étaient trop
sophistiqués ; "Erm de rosas"
danse contemporaine de Michel
Raji a su éviter le formalisme,
toutefois, un groupe de musique

M

Gérard

pietonel" de Joan Bodon par
Georges Besombes je ne l'ai pas
vu ; "Arbre"
spectacle musical
catalan, le chanteur a trop retardé
re"

Buge

a

été dif¬

férente des

précédentes mais on a
eu
l'impression que c'était la
vraie. On oserait presque dire
que tout était parfait si ce mot ne
signifiait pas grand chose en
terme de

festival. Même les

s'y sont mis pour
deux jours de beau temps au
milieu de la grisaille. Et jamais
on n'avait senti une
équipe aussi
nombreuse et soudée pour assu¬
rer une intendance
plutôt réputée
pour ses

approxima

-

tions.
Finies les allées et
venues

n'y a pas de raison
différemment avec

en aille
les Catalans.

Enfin il y a eu les occitanistes des environs que l'on
n'avait pas vraiment vus les
années

précédentes. Repère
indispensable du gascon et de

littérature, à entretenir

avec

plus grands soins et la plus

dieux du ciel

jusque là

cuisines. Il

qu'il

éperdues dans la vallée

pour se caler enfin en deux lieux:

prendre le temps de se ren¬
contrer et comprendre ce qui est
possible ici, avec toutes les
richesses qui peuvent s'y trouver
et celles
que Ton peut inviter.
Et puis il y a eu cette
pour

26

gran¬

de ambition.
Un festival n'est

jamais "arrivé". Il y aura des
remises en question et d'autres
problèmes. Mais nul doute que le
chantier de Germ

a

franchi

belle

une

étape. Les nationalistes
basques, occitans et catalans
n'ont qu'à bien se tenir : la plu¬
ralité et le dialogue gagnent les
vallées des Pyrénées.

Germ

l'historique et Adervielle
l'indispensable repère. Se poser

sa

les

J-MB

�Linha
De

pertot

Imaginòt

4e trimèstre de 1998

Jardin dans tous ses états

Assier

(46)

Jacme Gaudàs

nous

Pendant dix ans (85-95),
sous

Jean

d'Alyce, alias
François Erigent, le

festival d'Assier s'est taillé à

d'audace et de risques une
réputation de Place Forte parmi
les chantiers artistiques de la
création culturelle contemporai ne. Et Alyce rendit son tablier de
coups

Jardinier.
En 96 et 97 Lilian

Alric, assiérien, trompettiste à la
fanfare

reprend le flambeau,

on

Bon c'est pas tout mais
là pour oeuvrer, déjà qu'on

est

loupé, ce matin, le Duo Tierra
Azul de Jean Marie Machado et

a

Ramon

Lopez... Au Jardin des
pichons sont dans

Contes, les

platanes la
plats, Kitz est
là, tee-shirt de Picasso sur le dos
et sac de photographe sur l'épau¬
le. Je lui parle d'improjazz et le
leur monde, sous les

cantine range ses

somme

98, une nouvelle équi formée du Trio WarotSigaud-Pado(vani) se commet et
bonan malan, si I'alycium fleurit
pe

encore sur

les

murs

du Château

Renaissance de Galiot de

Génouillac, la pertinence n'est

plus ce qu'elle était, même si
quelques salves salvatrices sont
tirées chez le Grand

Artilleur du Roi

François 1er.

"Visite Inattendue".

Verger
Martigoutte la chasse à l'ombre

Eric Prost (sax),

mais la chaleur à l'heure de la

des cafés lézardent et

noire américaine, leurs salves ne

Querçy le soleil est de plomb. Fa
cisainpa, coma disiá mon grandpère, quand on arrive, aux alen¬
tours de 13h30, dans ce village
où les jardins sont rois. A la
Gloriette (bureau d'accueil de
l'ARCA) les passes improjazz
sont prêts, le resto-camps rnexi sa

place habituelle,

assure les demis et l'ali Chez Noëlle, Bernard

sont pas

tirées à blanc, d'Omette

swing avant que
les stagiaires de l'atelier Jazz et
Musique traditionnelle, dirigé
par Alain Gibert rendent leur
copie avec beaucoup d'à propos.
Passage à la cantine où les cuis-

à Billie,

rumba et vacances au
d'yeux au père

son

des "Saucisses du Bronx"

chili

con carn

ser¬

à toutes

étape musicale du

Philippe

Garcia (dm),

Gaël Horelloux
(sax), Loïc Rechard (g) se
lâchent, le trio joue sur une ryth¬
mique plus hard, le sax déborde
ses sons, le public est plus accro¬
ché, "Ça va mieux que ce que j'ai
entendu là bas..." Pat

a

l'heu¬
"Neufs
Mutants" du collectif MU se
re.

retrouvé

En ouverture, les

retrouvent

ensemble pour nous

jazz nourri à l'énergie
jeunesse. Coitrane et
Mingus s'invitent sur leur chemin
de ronde, aucun risque de se
perdre, les balises hard bop
servir

un

de leur

émettent en tri-saxé,

patte avant droite, un còp de
biguine per lo final et nous allons

plaît, mais est-ce

sous

bien soute¬

par un jeux de double
contrebasses. C'est bien joué, ça

le sourire pour la musique, Rita
s'est dézinguée un ongle de sa

nues

la Halle voir et entendre le

suffisant pour

métamorphose. Hey les MU,

gne de sa lueur homéopathique
quand "Un des 4x3" de Daniel
Humair prend possession de la

fait plaisir,
nous..."
Sacré Lilian, toujours sur la
brèche, il est super heureux de
buvez

un

coup avec

-

vant où

ta

geste, les voix, pren

-

nent formes au

l'instant... Une

gré du désir de
performance tou¬

Di Batista travaille son

distille un lyrisme
lumineux, Humair est de bonne,

alto et go,

jeu tonne, roule, frise, vibre,
crisse, Mestre drummer devient
son

Passeur

d'époques avec toujours

le souci de la sienne, retour vers

plus que parfait du subjectif,
"...s'amuser à jouer... Sinon faut

le

Après ce merveilleux
musique, je bloque
mexicain, les MUsiciens

arrêter..."

moment de
au

reste

du Collectif sont là, une brave

au

ballet

mouvant et émou

la

discussion

le temps presse !
La lune

vous

parfaite qui rebondissent
façade de pierres en
Renaissance, d'aujourd'hui à très

rondeur

Mutants-là sont loin d'avoir finis
leur

sonore

Jenny-Clark tire de sa

affronter l'Assier? Non, ces

zky. Sculpteur sur arcs, violon celliste, tromboniste en action,

Jacme et Patricia... ça

cour,

contrebasse des boules son d'une

loin...

Jardin Paoli,

trio Tricot/Charles/ Dombrovs-

père et fils au Ricard, "oh...

la

les concerts commencent à

au

cour

pleine témoi¬

à Galiot. Avec Jean

sortir en grands

vainqueurs. Le bonheur est dans

sur

responsables de la

Alric

Louis from Alabama..., et retour
à Coleman pour

épreuves et cap vers Château.
21h. II y a du monde et

finance sont à table; au bar, les

Bahut et les

château, clin

vent un

16h30. Dans la foulée

tour

un

c'est

allons

de la planète jazz

dans

Place des Marronniers la Fanfare

tos

jeunesse roupille et
dommage.

Di Batista il nous entraîne

no

sieste... La

Collectif MU éclaté. Là,

Sur les causses du

cain est à

Philippe Garcia

(dm), Yoann Serra (p), François
Gallix (cb) sont à l'ouvrage et
brodent du jazz. Bon c'est tran quille, un peu trop à mon goût

François Jenny-Clark et Stépha-

19h. Il fait meilleur, les

enfanfare

des membres du Collectif MU,

deuxième
Samedi 8 août

terrasses

Sur la scène, quatre

est ouverte.

nous

13ème de 1515.

ment.

jours aussi surprenante, bonne

de s'abonner.

Visite d'un Jardinier attentif à la

Rigolo

Trio Tr icot/C ha rles/Do m brovszky

15h30. Au

ajoute...

encore

revoir.

l'ère

s'engage entre nous,
loin, les échos du Hadouk
Trio de Didier Malherbe se lais¬
sent entendre, nous mettons le
cap vers

le Mas de la Biscle.

�Linha

Imaginòt
pertot

4e trimèstre de 1998

Dimanche 9 août

bourrées

La

journée s'annonce
torride, pas une once de vent, pas
un nuage à l'horizon.
Hh30. Au Verger
Martigoutte, à la demande géné¬
rale, le Trio Apollo s'installe
sous

les arbres, à la fresca, à coté

de la buvette. Autin,

Capozzo,

Gibert, alto/trompette/trombone,
acoustique toute. Tour à tour
volubiles, fantasques, complices,
les trois arfiens

nous

régalent,

rafraîchissent de leurs

valses

mazurkas, de

en

en

improvisations,

nous avons

rencontré

l'étonnant Monsieur

Perboyre et ses douze
langues, l'occitan, le fran¬
çais, le chat, la palombe,
lo perdigal, lo loriot, le
merle, lo rossinhòl, le

pigeon ramier, le coq, le
canard de Barbarie, lo

piòt, le

pan. Plus loin
Monsieur Roussilhe nous

divertissements musicaux ciselés

appris comment lo rey
pichon (roitelet), en se

des

nichant

nous

imaginaires fertiles

en

découvertes.
14h30. Midi solaire,
une

heure où l'on

ne met

pas un

quercynois dehors et pourtant ils
sont là, pas trop gênés du décala¬
ge horaire, les autochtones ont
répondu présent à l'appel de
Xavier Vidal, extraordinaire

qui depuis plus de
vingt ans fait un travail d'ethnomusicologie, collectant auprès
des anciens tous les trésors
musicaux contenus

devenu le Roi des
oiseaux... Trois heures
d'une richesse incommen¬

surable, tellement ignorée
et

tellement

présente, une
première pour les
improvisateurs, une mine
d'oc à ciel ouvert,
d'ailleurs Alain Gibert,
chercheur à l'ARFI ne

musiques de tradition
populaire du Querçy. On ne
louera jamais assez la force créa¬
tive qui sommeille dans les folk¬
lores, un univers de vie insoup¬
çonné, mais suivons ces
indigènes, anonymes et savants,

trompé et a fait le
voyage en first classe. Je ne
serais pas étonné d'une rencontre
prochaine... Cette carte blanche à
Xavier Vidal est, j'en suis cer tain, le chemin à suivre pour que
la nouvelle ère de
trouve

une

musicaires, contaires, esliflaires,
laissons

nous

porter par la

mer

-

Forestier, la the

mamie-blues du canton dans

ses

odes à la caille, au loup, au
renard ; entendons ce choeur de

femmes, accompagné simple ment d'une
rythmique de pieds et
de mains, chantant les vertus du

rossinhòlet, et celui des hommes

festival

se

résonne dans

L'apéro-fanfare
tout le village,

Saxidromus/Fanfare d'Assier/

Compagnie Eole convergent

vers
la Place des Marronniers dans un
rambalh festif et

généreux.

21 h. Retour dans la
cours

du Château. Encore beau¬

coup de monde pour cette soirée
de clôture où nous irons du
meilleur

l'aurez

vite le

nous entrons

ce

identité.

19h.

s'adressant à la lauzette... Vous

compris,

Trio de tous les possibles : Masaki Iwana le Buto, Lê Quan Ninh, Beftat
Achiary

s'est pas

dans les

veilleuse Alberte

les ailes de

matière

musicien

sonores et

sur

l'aigle afin d'être plus haut
que lui dans le ciel, est

au
pire. Evacuons très
pire, à savoir la "Création"

dans le bestiaire

de Jean Marc Padovani, "Le Sud

habite

Attaque", un brouet sans saveur,
présenté sur le programme avec
l'étiquette "Pur Sud" (???). Stop

source

tion

fantastique qui
l'imaginaire quercynois,
d'inspiration et de créa

qui

-

demande qu'à être
renouvelées, ce que font Xavier
Vidal et

ne

ses

amis de l'Associa¬

tion pour

les Musiques de
Tradition Populaire du Quercy.
Quelle après-midi ! Au son des
fifres et des tambours, du graile,
des violons, cornemuse,
bodèga,
vielle à roue,

brama-biau, mais
aussi, clarinette-basse, trombone,
cloches, de jardins en jardins, de

à la vvorld territoriale, gaffe aux
appellations cardinales, non au
régionalisme, je conseille à

Padovani, entre autres et sans
aucune animosité, de se plonger
dans la lecture du "Manifeste
Multiculturel (et Anti-

Régionaliste)" de Félix-Marcel
Castan (Ed Cocagne), écrivain,
penseur, acteur, théoricien de la

décentralisation culturelle. Donc
"Le Sud

L'Amusique du trio redouble ses
hardiaques, soubre -

Attaque" et perd. Contre
qui ? La guerre de Sécession n'a
pas lieu d'être, penser Sud est un
acte provincial et
dangereux par
les temps politiques qui courent,
incorporer à la va-vite, parce que

jambes s'équilibrent en des équi¬
libres tenus par l'énergie musica¬
le. Assier trempé, Renaissance à

c'est la mode, des musicaires et

la Cour des miracles, Buto mon

leurs instruments

amiç, humble salvatge, homme
aï, voit autour de toi... Achiary
double la voix, soli de pierre,
vrilles du soprano de Donéda,

typiques

fut le cas, avec des
musiciens de jazz, ne sert ni aux
comme ce

ni aux autres, "on n'est pas le
produit d'un sol, on est le produit
de l'action qu'on mène." Carton
rouge !
uns

Le meilleur est

venu

messages

sauts, un corps se réactive, entre
en lutte avec lui m'aime, bras et

sons

métal et cuivrés

en

timbre

de

multiple de Ninh, perfor mances sonores, corporelles,
visuelles, génie des montagnes,

du Trio de Tous les Possibles.

sonneur

Trois

chasse à l'homme-animal, blessu¬

multiples improvisateurs

de cloches tremblantes,

nous

captent à bras le corps et

re

nous

plongent à la recherche de

prit, méditation, médicale sta tion, veillée à la vie qui s'éveille,
se dépouille, s'offre nue à la

nous-mêmes. Trio de forces créa¬

tives, souffles et battements de
vie, Beiiat Achiary, Michel
Donéda, Lê Quan Ninh, balisent
le passage obligé, sonore et
per¬
cutant, fission, éclairs, freesongs,

j'irai cracher sur

vos

bombes...

Venu d'un millénaire à

pied, Masaki Iwana le Buto,
marche, trébuche, rampe sur des
corps, progresse vers la lumière,
en haillons, il sort des
ténèbres,
se traîne, réussi à se
hisser, les
regarde et s'affale

28

sur

le ventre.

à

l'âme, sacrifice, ode à l'es

danseur vient

muse, un

-

nous

visiter.
C'est la fin, sur la Place
des Marronniers, le Grand Boeuf
Festal entre
tival

en

danse. Pas de fes¬

bal, et à ce jeu,
Padovani est terrible, Capozzo
est de l'orchestre, amateurs et
sans

professionnels envoient à fond, à
l'an que ven.

..

J.G.

�Linha

l'accordéon mais hélas est

Journées de l'Ancienne
Frontière Aragonaise

empétré dans
talgie...

un magma

gnent sans jamais se perdre, se
superposent, se luttent, nous
interrogent, nous surprennent en
flagrant délit d'écoute, dérangent

encore

de nos¬

à coups sur

Dimanche 2 août
Le ciel matinal laisse

Embres et
Castelmaure

toujours tomber son or et la
Randonnée archéologique (étape
très importante de ces Journées)
se fait avec les cirés
jusqu'au

(11)

Depuis l'époque carolin gienne (865) jusqu'au
Pyrénées
(1659), presque sans discontinui¬
té, la chaîne des Corbières sera
Traité des

une

linha de démarcation

d'une même culture

au

puis

sein

une

frontière entre les royaumes

France et

limites
tir des

de
d'Espagne (actuelles

départementales). A par¬
vestiges importants que

viennent de découvrir Les Amis
du Patrimoine Culturel de
et

Sigean

des Corbières dans les gar

-

rigues de la Serre du Montouillé
de Périllou a germé l'idée de ces
premières Journées.
Samedi 1er août
La

pluie dans les

son

tour de

chant. Porteur de l'extraordinaire
richesse des folklores catalans,
Mazarico balise d'emblée les

pistes musicales à remonter le
temps. Sans aucune nostalgie
dans son interprétation, il fait le
lien entre hier et aujourd'hui.
Seul sur scène, utilisant successi¬
vement, haubois, gaita, accor déon diatonique, tum-tum, tam bour, il accompagne et rythme
ses

chants circonstanciés,

par-delà la
quand l'épure des
folklores laisse place à l'impro¬
visation... Grande leçon d'humili¬
té et mise au grand jour de l'an-

idiomes

communs

frontière. Où et

cestrale modernité. Très

grand

!

mais

concert

elle est là, "c'est de l'or

qui

tombe du ciel..." dira

viticul¬

poursuit
avec la projection d'un superbe
diaporama sur les richesses
archéologiques et les dernières
découvertes faites sur l'emplace¬

Corbières est chose

rare

un

joue dans le foyer,
le technicien de Josèp le Gavach
ne veut courir aucun risque mal¬
gré les prédictions d'un ancien du
village qui affirme que ces
orages vont passer très vite.
Après des mois de palabre entre
la municipalité de Embres et
Castelmaure et les organisateurs,
l'aventure frappe ses trois coups.
Il faut dire que ces Journées ont

teur. Donc on

mis le rambalh dans le canton

des tensions dues à
la mise en place d'une charte
liant la commune au projet du
Parc Naturel du Pays narbonnais,
piloté par la Région LanguedocRoussillon. Bon, malgré tout le
Maire y va de son discours de
because il y a

satisfaction de voir

se

dérouler

première dans son village,
le public a répondu présent et le
foyer est rempli au-delà de sa
cette

La soirée

ment

se

par

Marc

Pala, membre très actif des Amis
du Patrimoine de

Sigean et des

Corbières maritimes. Pour
conclure cette première journée,
Josèp le Gavach, alias Laurent
Cavalié (percussions, accordéon)
et ses compagnons, Sophie
Jacques de Dixmude (cornemu¬
se, boudèga, trombone), François
Breugnot (violon) nous entrai nent

en

balade

sur

les méandres

auvernhato-languedocienne. A trop jouer sur l'esthé tique on finit par s'y figer !

dans

ce

ce

Gavach

a

tout pour

lui, enfouit tout au fond, une très
belle voix, une belle maîtrise du

atelier.

bout du monde des

comme il se plaît à
revendiquer, Noiseau et son
concept de "Pecno Art" est
l'homme par qui tout est arrivé,
c'est lui qui est à l'origine de ces
Journées. Donc un "apéroNoiseau" bien dans ses règles,
avec respect de l'aliment et tout

le tralala...
Comme la
restons au

foyer

veille,

pour

nous

les

concerts du soir.
Sur les coups

son oeuvre.

La

sont

preuve est
de tous et

abordées les liens histo

fait
jouvence dans sa tra¬

souffler la

dition du chant. Jouant avec les

poètes, ses vocalises s'auto-rythment tour à tour sur son

tambour

percussions sur pierre, lien
direct à la force basque, un phé¬
nomène tellurique vient de tou cher le village, en réponse les
mains frappent des mains, la sur¬
prise a surpris. Qu'on vienne plus

et ses

nous

dire...

fini ! Dans
logique, la deuxième for¬
mation du Complot Ultra Frêle,
Glass Onion, pose son ambiance
Et c'est pas

de dix

la suite

sept heures, une conversation
s'engage salle de la Mairie où
-

riques entre la culture occitane et

freesonante. Encore dans la dra-

cousine catalane, où comment

lha des deux premiers groupes, le
public tient le coup un bon
moment. Après le troisième mor¬
ceau, des mouvements de départ

sa

à

partir de l'an Mil, la fantastique

civilisation des Trobadors occi

-

par-delà les
Pyrénées... S'en suit une balade
tans a

essaimé

musicale dans le

village avec
intervention des musiciens du

Complot Ultra Frêle et de Béfiat
Achiary dans l'église. Un aperçu
Dix-neuf heures. Les
cuistos allument leurs fourneaux,

Coopéra¬
tive installe ses cubis de blanc,
les brésiliens du Dito Band atta¬
le Président de la Cave

quent leur batucada à coups de
frèvos, olodums et autre cocos
du nordeste, la température
musicale monte d'un cran, l'or ne

plus, seul le vin... Allez, le
navarin de mouton rejoint nos
estomacs, l'heure tourne et la
coule

serada

va

començar.
Comme la veille la

salle est bondée. Sur scène,

le

Piques-Palhés (CUF) donne
ton musical, batterie/saxopho¬

duo
le

ne en

rythme, une approche du swing à

29

se cherchent, se
s'accompagnent, s'éloi¬

liberté

trouvent,

s'annoncent, ils s'échelonneront

jusqu'au cinquième, mais une
bonne cinquantaine de personnes
tiendront le choc jusqu'à son
terme.

Band

de la soirée à venir.

musicales

Pourtant

son

depuis plus de vingt cinq

de l'Ancienne Frontière

Aragonaise, proposé

fait

Eole dans la voix, Benat

ans

Mazarico entame

a

dimanche"

invite à visiter

Installé

quand Mathias

curiosité

Corbières, plasticien, affichiste,
bouilleur d'idées, "peintre du

nous

contenance

les habitudes de

beaucoup, et au final quand
Bénat Achiary les rejoint pour
une rencontre improviste, la

faite, l'impro à portée
qu'on vienne plus
jamais dire que telle musique est
faite pour tel public... En suivant,
Achiary en soli-solo embarque
tout le public médusé sur les
plages de ses improvisations.

Cannelles où Christian Noiseau

Jacme Gaudàs

Imaginòt

Le bal final avec Dito

sera

écourté pour cause

de

vide, faut dire qu'il est tard et que
demain les gens
lèvent tôt.

des Corbières se

Voilà donc cette pre

-

mière édition bien

posée, vu l'in¬
térêt porté par les habitants du
village, il ne fait aucun doute
qu'une suite viendra... Sous quel¬
déjà par¬
tagés. Souhaitons que l'ouverture
le forme ? Les avis sont

posée d'entrée de jeu se poursui¬
ve Tan prochain, affaire à
suivre...

J. G.

�Lin ha

Imaginòt
De pertot

4e trimèstre de 1998

...

Cortetas... Cortetas...

Des nouvelles

de

d'Evreux. On les
Paris. Ils ont

perd

à

qui

dans le rap
moove (bobec rap). Qu'on les
Use ! (CS)
se

je vais vers
Papache et le branche sur mes
petites frangines de l'autre côté
du caillou, enfin ! (Suivez !).

Wake'up

a connus

bon esprit

un

éméché pourtant

un peu

Tel 02.32.23.17.98.

Papache,

Hélène, la 1 lème enfant de chez
nous, est ma huitième sœur, elle

kanak à Puichéric

a

Fax 02.32.28.21.85
Hubert Turjman
batteur
compositeur, ragasseur, per -

fond,

Silvain Dumas

Trois jours sur le bord du

basse-cour, le GIVB improvise
à chaque instant de nouveaux
imaginaires sur de nouvelles

marge inculte, réseau quasi uni versel ; talvera que l'on peut par¬
courir accroché à la longe
de

pistes vocales et déboule dans

l'ânesse, aux commandes de
F Athanor*, dans chaque "entité

la rue, les villes, les bars, les
marchés, les salles d'attente
et

d'ailleurs, a capella ou à
quatre pattes...
Hubert

chemin,

sur

le bord du

champ, bande vierge,

nationale". Où

frémit,

sous

tout-à-coup l'on

la conscience...

J'écoute le frémisse

Turjman

ment de

Tel/Fax 05.56.76.88.87

ma

mémoire, fouille

-

en

fait l'amontada

Electrad Association Anacrou-ze

neUes et

:

musiques tradition

du Val de l'air

av

-

d'aujourd'hui.

Pierre Olivier Ginestière
83700

483
St

Raphaël Tel 04.94.17.01.27

(amoncellement)
des corps passés, des âmes enfin
actives qui nous sortent de la tor¬
peur, la paresse de se mettre en
mouvement, qui précisent l'état
d'urgence où nous sommes.
Salut !

étoile parmi

les 100 mil forment notre
galaxie. Il y a donc plus de
planètes dans la Voie Lactée
que d'humains sur Terre. Et
liards qui

notre

galaxie est

une

poussiè¬

re perdue au milieu des 100
milliards d'autres galaxies. De

quoi laisser place à de
velles

nou

en

sa

vote du

un

Talvera augmentée des mers

océans, alors le lieu

sera,

lorsque la clarinette tzigane

se

rit

Je suis né dans

tième

sœur elle, s'est mariée à un
Kanak, après que mon mission naire de père et ma générale

mère soient allés

sur

le caillou

(Nouvelle Calédonie) opposer
des bribes de civilisation, de clef
pour l'autonomie.

Voyez une île, la colo¬
nisation, l'inquisition, le pertuis
étroit d'une porte remplacée par
un

mur, une clef pour

un mur

traverser

?!
Bref la Talvera, samedi

fin

chaude, aigre aussi. Le chagrin
le mur, seules les larmes

déclamé. Je suis habillé

un

-

1798

dans

son

ensemble, le monde

sauvage qui échapperait au
contrôle des hommes. Alors

l'homme, qu'il soit jaune

peuvent nous unir. C'est très
bref, juste qu'après J.M.B. eut

enfin de la vanité.

ge

en

Béké

alors

sauva¬

autre sera

perce

petit à

ou

nouveau

humble

peut-être. Revenons à
j'avale deux
Pulmol pour chasser la froidure
nos

de
me

moutons,

ma

gorge.

L'épopée tzigane

traverse la tête d'une oreille à

l'autre...

Imaginez le choc, moi
je suis resté à peu près le même,
exacerbant mes penchants exhi¬
bitionnistes, Papache lui avait
fait 20.000 km pour "me rencon¬
trer", l'ivresse du moment n'a
pas facilité notre communication.
Pourtant la fin de la soirée fut le
moment le plus tribal
des trois
jours. Les dijéeridoo sont partis
de leur long râle sympathique.
Adjema chante l'Afrique, la
machine acoustique tâche de se

lier à la situation. J'ai laissé

mon

chanteur

philosophe à Puychéric,
celui que je burinais juste avant
le passage de Paul et
Papache au micro. Il nous
attendra bien jusqu'à l'an
prochain... A quand les
débats cartes
nos

sur

table

avec

frères Kanaks. Genre

restitution du

Grand Conseil de

la France Et

chanson

il

et

Aller à l'essentiel

République libre, suite à
blocus économique exercé

par

Odile est par¬

demande.

que Mulhausen a été rattaché
à la France notamment
par
un

sœur

rejoindre Neptune à Bourges,
y a quelques années. Ma sep -

s'avivent. Deux hommes mêlent
leur chant, une
mélopée étrange

Amériques. (JMB)

Anniversaire. C'est

Ma troisième

temps de la réflexion
risque de m'éloigner de cette

me

,

moi. Le

est

sa

tie

demande de parler de

J.M.

une

Pichon intra

"petit village", Sème d'une fratteria (féminine), de 11 enfants.

d'après-midi l'astre est
tombé, les couleurs s'estompent,

T/Fax 04.94.95.11.57

Dépaysement. Le soleil

Paul (émissaire Papal). Il
suffit maintenant de trouver

la T alvera serait le monde

blues et autres bruits de

rondeau, bourrée, rap, valse,

Nouvelle

en

Papache qui

avec

avec

et

Groupe d'Intervention Vocal
Basique, sorte de laboratoire
"ragassant". Entre mambo,

scolarité

chantait tantôt

une

lancé le

a

sa

nous

nous

,

cuteur de

fait

Calédonie,

dérobé,

patrimoine

comment restituer

un ami perdu au trou
d'Ouvéa ? Seules les larmes

1848,
Mulhausen deviendra Mu¬
en

peuvent nous unir.

lhouse. (JMB)

Et la fête où est-elle ?

Paix. Pour la première fois, le
Salon d'Armement
du

Bourget

a

Eurosatory
été l'occasion

S.D.

d'une manifestation contre les
ventes d'armes de la
part de
manifestants venus de France
et

*

d'Europe (JMB)

Athanor

en

30

:

roulotte d'amis

voyage en

Hongrie.

�Linha

Imaginòt

4e trimèstre de 1998
Région Nord-Pas-de-Calais on
change de ton. Ho Gaby montre

lOemes Musiques
Croisées de St-Sever

nous

le nord

! Pour l'ancien

musicien de rock, de

jazz, de

variété, c'est jouer d'abord,

apprendre ensuite, "On peut
avoir une conception ludique du
travail, apprendre à apprendre,
donner les moyens..., on est bien
dans les préoccupations sociales,

Jacme Gaudàs

culturelles, le lien à l'écono

-

mique est bien là, il ne faut pas
l'oublier... " Bien sûr comme
coincé entre le

Festival atypique, idyllique,
sympathique, installé dans
les Landes par la volonté
d'Alex Dutilh, aujourd'hui
rédacteur

en

chef de Jazzman et

responsable du célèbrissime
Studio des Variétés cher à Sir
Jack

Lang de Blois, "Musiques

Croisées ", bien dans ses murs
au Couvent des Jacobins, propo¬
se

colloques, con¬
gastronomie. Un peu les

rencontres,

certs,

université d'été de

ces

public et l'asso ciatif, il n'a pas encore choisi,
remet en cause les graphiques
des cursus mis en place par
l'enseignement public et se veut
le sauveur de l'école républicai¬
ne laïque...C'est un rechercheur
de la "qualité artistique ".
A ses côtés, Arnaud
Merlin, man de Jazzman joue
l'animateur avec un grand pro ,

fessionnalisme.
"Je

foutues

"Musiques actuelles",

comme
disent dans les couloirs des

ils

ne

suis pas

d'ac¬

cord, je suis en Occitanie...,
donc il faut

renverser...

" Metz

ministères, des conservatoires,

entre dans la danse avec l'éner¬

des écoles

gie toulousaine, à la castanha. "A
Music'Halle on fabrique une
pédagogie basée sur la pratique
amateur, populaire, pas populis¬

qu'elles soient
publiques, privées ou associa

-

tives.
Vendredi 4

septembre
quand on
avec Philippe Metz,

te...

on

est enfin sorti du real

bouillant directeur de Music'

clonage du musi¬
cien de jazz des standards... "
Avec lui, la FNEJ (Fédération

Halle, l'école des Musiques

Nationale des Ecoles de Jazz) se

Vivantes à Tolosa. Salle

positionne et mène aux points.
Authelain pare le coup d'une
pirouette trop facile : "Je suis
d'accord mon cher Philippe, il

Il est 15h30

arrive

Capitulaire, il est question de
"Musiques actuelles, des pédago¬
gies qui s'inventent en marchant
", thème du colloque du jour.
Une estrade et des chaises,

quelques-unes sont occupées. A

book, halte

au

faut aller au-delà de

mon

Rapport... " Hé ! En plus c'est un
rapporteur patenté.
"Ne soyons pas norma¬

la tribune Gérard Authelain,

directeur du Centre de Formation

tif ! Les reconnaissances des

les Musiques Actuelles de
Lyon, parle de lui et de son aven¬
ture avec la pratique de l'ensei gnement de la musique à la

compétences doivent être rete

pour

manière d'un vieux routier
soixante huit tard. Marcuse à

l'appui, il

se lance dans une énumération de clichés éculés, un
état des lieux de

nisations de

plus avec préco-

nues...

vient, calme le jeu, "Soyons

pragmatique, faisons en sorte
qu'il y ait une réponse adminis¬
trative, mais ce n'est pas suffi On n'est pas sûr de nos
réponses pédagogiques, soyons à
sant...

l'écoute... "
Nous y sommes et

qu'on sait déjà :
"La pratique du social par la thé¬
rapie de la musique à coups de

qu'entend-on

subventions..., Il faut travailler

mais

ce

le rap comme une

pratique artis¬
tique..." Sacré Gérard, le cul

-

" Alex de St Sever inter¬

? Toujours le

même discours officiel de Paris,

n'est pas une

découverte.
Avec Gaby Bizien, responsable
du Pôle Domaine Musiques en
ce

pas parachuter des
machines dans les vil lages, mais faire de la sensibili¬
sation, auprès de la population,
par des écoutes de CD en amont,
des rencontres, afin de préparer
ce
qui va arriver... Il faut sans
ne

veut

grosses

cesse casser

les tabous

rural..." Là aussi

on

en

milieu

nage en

pleine confusion. Arrêtons
d'opposer le milieu rural, donc
les villages, avec les villes qui
bien sûr auraient la science à dif¬

ailleurs les rappers posent un

fuser et la condescendance

problème

d'aller "cultiver"

leur pratique de
diffusion parallèle de leurs CD,
hors des règles préétablies, idem
pour les cours particuliers au
black auprès de musiciens de
renoms

tier,
de

par

dans la cité

sans

ou

le quar

-

parler des repiquages

disques... Que faire ? Bizien

opte plus pour la formation
continue, projets de parcours

ces

pauvres

plus dire
"ploucs" à la pratique des
musiques actuelles. Croire que la
campagne est un désert culturel
c'est faire preuve d'une grande
ignorance de toute la richesse
des folklores bien présents mal gré de longs siècles d'étouffé ment par le centralisme français.
ruraux,

pour ne

musical et

non pas de pédagogie
l'apprentissage. "Les
demandes de technique viennent
après... " Evidemment la

"C'est dans le folklore de la

de

Gascogne que Bladé à trouvé "la
Reine châtiée", cet incomparable

recherche d'identité est incon

donné à

-

chef-d'œuvre qui

paraît avoir
Shakespeare l'idée

façon confuse du style "Dans
identité il y a identique", ce qui
ajoute encore un plus au mythe
du modèle, Me Solar, Clapton ou

d'Hamlet."(l)
Cinq ans à la tête du
Florida, avec tous les enjeux
politico-culturels comme épée de
la Dame aux cleps, ça vous tue

l'avant-centre de l'OM.

ou vous

Aujourd'hui, tout le
baigne, du rap au métal,
dans une culture commune qui
n'est pas forcément que musica¬
le, l'institution a une grosse res¬

bien lucide

tournable et abordée souvent de

monde

ponsabilité dans l'exclusion
d'une population qui par-là
même s'organise et invente une
pratique qui à son tour exclut
(voir le verlan dans le rap).
Les derniers interve
nants de ce

-

premier jour de col -

loque, Philippe Berthelot, res ponsable l'ADEM/Florida
d'Agen (47), complexe musical
entièrement dédié aux musiques
amplifiées et son collaborateur,
Sébastien Durup, missionné sur
un regroupement de communes
en Lot-et-Garonne, font part de
leurs expériences étiquetées pour
la circonstance "Attentes et

réponses en milieu rural".
Pris

en

sandwich entre

transforme. Berthelot est
sur sa

mission autour

"musiques amplifiées",
concept pas si bête que ça finale¬
des

ment,

d'ailleurs les salves

par la direction de
l'UMJ étaient très maladroites.

envoyées

Touché mais pas

coulé. Donc

beaucoup de ses col lègues, le dirlo d'Agen est entra¬
comme

vé par

la prédominance du poli tique, confronté au problème
d'idéologie musicale. "Arrêtons
d'adouber qui le hip hop, qui la
techno, arrêtons d'opposer social
et artistique... Je revendique
l'éducation populaire. Au Florida
on a deux entrées, collective et
individuelle... " Comme Gaby,
Philippe joue la formation conti¬
nue, "La diffusion ne doit pas
être une fin en soi pour les péda¬
gogues et les institutions, le sens
critique doit être présent... " Sur
sa cadièra, Metz acquiesçait du

la communauté des communes et

cap.

Durup se débat avec
beaucoup de bonne volonté. "On

Roc de Gasconha nous attend au

Le Florida,

18h.Sous le cloître, le

�Linha

Imaginòt

&lt;Í;|'C/L!*Î A"??' £'*'
iíllíï
5&amp; 'âA
î

Depertot

-v

sv

4e trimèstre de 1998

bar où le débat continue. Méziat

et

vient d'arriver, Radio France

Corbeau et les

Landes

a

installé

mobile, Duthil

son

studio

grande discussion avec Jo
pompiers de ser -

vice. Les échos du chant de
Ionatos

arab

loin, Jo maintient le

social..., je suis plutôt une pas¬

la formation des formateurs

serelle pour repérer les bons
talents..." Bon, c'est une pra

vont

Angélique Ionatos, parle de

débit de

"vraie culture", laissant croire

le chef pour que demain il y ait
un aïoli
pour l'apéro, en tant que
Fil rouge, on ne peut rien lui
refuser. Bon sur le coup, j'ai

fita pour

aux

auditeurs

fausses... Le
est

se

19h

qu'il y en aurait de
public est là, l'égli¬

pleine pour le concert de

avec

Aldo Romano et

au

tique qui a
sport, et il

-

aussi dans le
y en eu quand Jo
Corbeau ramena sa gouaille sur
l'historique de la venue de

converse

tchache, emboucane

sa

ensemble Intervista. En lever de

Motian,

rideau, Jo Corbeau, grand tcha

dixit l'ami

-

un

très beau

concert

tour

un

de main. Il est le Fil

rouge du festival, "Reste cool...
rien ne bouge...", Babylone et
Babel

disputent la déchirure.
babybel,

se

Oc Corbeau arrête le
revient

aux

ferments..., vive les

cabécous.
Donc Intervista

s'attaque au jazz FM conve nable, musique d'un film, "Ce
soir à St-Sever". La Chapelle des
Jacobins est

une belle nef, dans
l'état, qui n'a pas encore subi de
lifting, les ouvertures obstruées
avec du
plastique agricole noir
renvoient la lumière, la matière
s'éclaire, on dirait un Soulages.
Sur scène, Di Batista lyrique à
l'alto s'amuse : Aldo, drumer
sans heurt est au
commande,
Benita (cb) se met au service.

L'éclairagiste a aimé Corbeau, il
me parle du concert de
Pétrucciani, hier soir, "C'était
bien mais les gens applaudissent
trop sur les morceaux, on dirait
qu'ils applaudissent que la per formance..." Hé, comme à
Marciac ! Le Film déroule une
balade
aux

ce,

soprano, un crescendo
embruns très latinos d'essen¬
en

jusqu'au folklore. Au piano,

est

sur

la table

avec

sa

Repas

sous

le Cloître

Voilà, la météo

juste, le diner-concert
air de

ce

soir

aura

en

a vu

plein

bien lieu

au

cloître. Avant de passer à table, à
la Chapelle Jo Corbeau déroule
son

fil et Jean Mouchés

une

très

reçoit
grande ovation. Un sacré
personnage, humeur, humour,
humain, raconteur de chansons,
enchanteur, cynique, épique,

java,

la météo est formelle, aucun

des

l'accordéon de Michel Macias,

risque pour ce soir.
naliste à L'Affiche

Ahmed, jour¬
y va de son
"a vava inou va", Christophe de
l'A.F.P. parle ballon avec Jo,

fessionnel. La

tout est

de

en

Lensois, ils ont des buts à

Déjà

se

dire. Les intervenants du col

les autres, le film continue. A
la table du fond, la presse de

et

Paris met

Johnny à son répertoi¬
"que je t'aime, que je
t'aime...", c'est vrai qu'hier soir
re,

au

Stade de France...
Avec

une

demi-heure

de retard et

toujours pas trop de
monde s'ouvre le colloque de cet
après-midi : "Musiques actuel¬
les, un cadre pour les pratiques
amateurs". Et on replonge dans
les affres thérapeutiques du sacro

revenus

d'artistes,

on

est pro¬

Mouchés fait mouche.
ragga,
de l'eau au

citoyenneté c'est
faire de la concurrence
déloyale à ses concitoyens pro -

de

fessionnels..." C'est

variété

ne

pas

que

appel.
les troupes, c'est le

terme, amateurs

-

loque de tout à l'heure arrivent,
Stéphane, Ferdinand, Bruno, Bob

sans

ne sont

légions ! Il est loin le temps des
harmonies, fanfares, orphéons, la
pratique populaire a changé de
registre, aujourd'hui elle fait du
sport, vaste problème que l'on ne
peut pas évacuer derrière une loi.
Fabien Olmiccia, responsable de
l'Adam 40, est dans la panade,
comment va-t-il s'y prendre pour
expliquer à tous les musiciens de
Bandas, et ils sont nombreux,
qu'il va falloir qu'ils choisis

-

sent...

Inspecteur
Ministère, parle

du soufflet de
Landais

qui
plus met de l'Oc dans l'Oil

ses

textes.

ce

De la très bonne

française !
Entre lo

fedge de
p&gt;oêlé et le gâteau

au

chocolat encerclé de crème

anglaise, Mah Damba nous fait
un aperçu de son folk lore mandingue. Chants de cir constances, blues rural, improvi¬
sations, héritière de la pratique
du chant Banaman, tout ce qui
donnera le jazz est là, brut, sans
paillettes mais avec apparats.
Royale ! Café, l'incontournable
Armagnac et Lisa Ekdahl. Loli¬
ta
suédoise chantant le jazz,
entendre

nous

Bob Revel,

son

bon chez

canard frais

pas

Tango,
swing, blues au fil

la laissons à

ses

standards,

et rentrons à Tolosa. Au fait ! Le

à la musique au
de la formation des formateurs.

thème choisi cette année était

saint socio-cul, renforcées à
outrance par

"Apprendre est une chose, ensei¬

saisi très vite...

bule à la moindre

gner en est une autre..." "Le
talent musical n'est pas qu'une

cette citoyenneté
que tout le monde met en préam¬

prise de parole.

manents

signe.

regrou¬

Stéphane Le Sagère, Directeur de
la FNEJ, apporte sa réponse
"La loi est claire, dès qu'il y a

d'automne..." Metz es dintrat de
Postal, "C'est OK, les clefs sont

Aldo à le sourire, c'est bon

se

"j'aime l'OM" en
pays Girondin, bien qu'ici on
soit plus rugby. L'ambiance
monte, le ciel pleut encore mais

Richard de Marseille, un des

eux

quel cadre doit on mettre
les musiciens amateurs, jusqu'où
est-on ou n'est-on plus amateur?

et fait chanter

s'autorise, pousse, entretient la
voix chaotique, croise, le
bop
bipe encore, why not ? Puis le
trioriginal repart sur l'air de la
Cocaracha, arrangé made in
Romano, la festa !" Ça me va
comme jazz pour
la rentrée

paillasson, en plus c'est
qui font la bouffe ici..."

FCM, fait part du travail

Dans

gratte

Ferdinand "Mimi"

le

pro¬

effectué pour moraliser le milieu,
"La chasse au travail au black... "

le Hoc et le

Pastis. Jo Corbeau sort

invitée du trio, Rita Marcotulli

sous

en

Bruno Boutleux, direc¬

septembre
Comme prévu l'aïoli

qu'aux

ne reste

cadres...

teur du

Samedi 5

place. Il

en

Ferdinand à Marseille. Il

Layrac.

cheur marseillais devant

l'Olympique, pionnier du reggae
aiolisé, fait monter la sauce en

bien

musiciens amateurs de

per, ça fera une nouvelle lutte
des glaces et qui sait, éclater les

lui demander officielle¬
ment quatre semaines de studio
pour son projet de disque.

loupé le trio Crispell, Paecock,

son

cours

qui

former les musiciens", la
machine à uniformiser semble

sur

la friche de la Belle

de mai, fait son état des lieux

"On tâtonne mais

on

fait,

on

:

pro¬

des studios de répétition
gratuits sur projets, pas de per
pose

chez

nous,

J.G.

affaire de don". Formation, for¬
mateur, donner des formes,

quelques quinze producteurs tra¬
vaillant

Sensualité, mais ça vous l'aviez

-

mais la per¬

même s'il y a le danger du
moule. "Il n'y a pas encore de

cadre dans la

comme on
le trouve dans la danse où
pour

enseigner il faut un diplôme..."
Alors qui intervient ? Les C.A.
et

les D E. seraient là "Pour évi¬

manence..." Evidemment les

ter les dérives de l'élu

ateliers de scratch,

son

sample, écri¬
ture rap, guitare flamenca boulèguent à fond, la rentabilité de la
culture est en train de reprendre
des forces. "Moi je ne fais pas du

loi

musique

qui place
copain à tel poste..." De la

passerelle

on

arrive

au

mirador,

c'est du délire mais de l'officiel,
et même si au FCM on est

"Désolé qu'on se préoccupe de

32

(1) Antonin Perbosc "Manifestes
Occitans " éd

Mostra/Cap e Cap

�Linha

Imaginât

De pertot

■

•

4e trimèstre de 1998

La

Semaine

Semaine
du

MINERVOIS

du

Minervois,
un

grand nombre, de susciter des

Depuis bientôt un an et

peut-être un peu plus
grands qui, sous prétexte que
chez eux "c'est mort, y-a rien" se

ce

culture et à retrouver la fierté de

contentent de manifester contre

équipe motivée

une

se démène
pour proposer
bimensuel d'information et de

culture

vivre leurs

générale, (local est inter¬
national).
Tout

exemple

en

faisant

pied de nez à tous
qui croient que les jeunes

culture

se

défendre.

contenter de la

Paris leur trouver des
leur dire quoi pen Action concrète et citoyenne

journal vient un tantinet casser
monopole du groupe Hersant
qui sévit dans le coin et cham bouler quelques vieux réflexes.
Ce journal est un
exemple pour tous les habitants

en

coeur

ce

en

étant convaincus

qu'ils ont rempli là leur rôle de
citoyen responsable mais qui
concrètement n'ont rien à propo¬
ser.

Anticentraliste de fait,

laissent pas

s'il

sans se

ne

solutions
ser.

le F. N.

eux-

mêmes à la construction de leur

ceux

désintéressent de leur bled, ils

villages et leurs

régions, ils contribuent

un

excellent

à suivre !

de villes

curiosités diverses. Afin d'inciter
les lecteurs à se réapproprier leur

demi

Merci pour ce

journal, à
qui le font et à ceux qui le

ceux

lisent.

le

ju

est, ils ont visiblement à
d'aborder tous les sujets

susceptibles d'intéresser le plus

APH
La Semaine du Minervois, chemin du
: 04 68 91 25

Tribi 34210 Cesseras T

58Fax: 04 68 91 12 14.

La Provence se

réapproprie
histoire

son

populaire
événements dans

2décembre 1851 : Louis-

Napoléon Bonaparte fait un
coup d'état et anéantit les
progrès républicains réalisés
depuis la révolution de 1848. La
nouvelle arrive le lendemain dans

sa

chair et les

récits de l'insurrection de
décembre 1851

se

transmettront

de

générations en générations
jusqu'à nos jours.
Cet épisode de l'histoi¬

le Sud-Est de la France et aussi¬

re

tôt des mouvements

d'autres) n'est pas forcément

républicains
ont lieu un peu
partout. Les ras¬
semblements de citoyens refusant
la prise de pouvoir se multiplient
et des marches se
développent
afin de rassembler des citoyens et
de faire pression sur les autorités.
Mais il

ne

voir

et

à l'armée pour

-

venir à
-

emprisonnés, voire soumis au tra¬
seront

forcés. Les suicides

il devrait l'être.

Aussi certains

décidé de

Provençaux ont
profiter du 150e anni -

versaire de l'événement pour

l'étudier et

en

parler plus large

-

ment. Ils ont créé l'association

association pour le
150e anniveraire de la résistance
:

coup d'état du 2 décembre
1851. "La République, la démo¬

ne

pas rares. Une part impor¬
tante de la population vivra ces

cratie, sont des héritages pré
cieux, mais fragiles, qu'il

de salle

Elle fixe

d'autres rencontres et

siège aux Mées, où
les républicains bas-alpins tinrent
en échec l'armée du coup d'état.
"Nous somme frappés par la pro¬
fonde implication personnelle et
son

affective de

nos

adhérents, leur

désir de

au

bout de l'insurrection. De nom
breux insurgés seront poursuivis,
vaux

connu comme

1851-2001

faudra que

quelques jours au nouveau pou

de France (comme bien

sensible, l'association enregistre
plus de 200 adhésions en un an.

-

comprendre une histoire
locale, familiale parfois, trop
souvent occultée." La première
manifestation publique ne
dément pas le succès de l'initiati¬
ve :

au

dernier moment.

L'association
bulletin d'excellente

prévoit
publie un
qualité où se

mêlent vécus et documents histo¬

riques. Elle ambitionne égale
ment

documentation
au

-

la création d'un centre de

coup

sur

la résistance

d'état dans le Sud-Est de

la France. Il

se

situera

des Mées et

commune

sur

la

reçoit déjà

des documents très divers.

la rencontre de Château-

Jean-Marc Buge

plusieurs historiens et
passionnés ont fait part de leurs
Arnoux où

suscité de nom

Association 1851-2001. Secrétariat

convient de faire vivre et d'enri¬

recherches,

chir"

breuses

Jean Signoret BP 22 04190 Les Mées

les

(adhésions

souligne René Merle, son
président. Preuve que le sujet est

33

a

-

inscriptions, au point que
organisateurs ont dû changer

:

100 F/an)

:

�Linha

Imaginòt
Depertot

4e trimèstre de 1998

La française

Le forròc

Un exemple d'histoire en
terre occitane

arrive en force
►

Lorsque
nouveau,
dans Centre
le Sud-Ouest
en n'ayant
jamais vous arrivez,
les parties
Nord
l'Hexagone, tous
connu que

Claude Sicre

vos sens

sont

en

et
émoi tant les différences sont

de

présentes et entraînent

des

questions et des pourquoi.
Ainsi la première fois que
vous croisez le panneau indica¬
teur du village de
Lafrançaise, vous vous demandez d'où ce nom
peut-il bien provenir.
L'idée farfelue que le maire soit Jean-Marie
peut surgir
mais on n'en est pas encore là.
La localisation de ce village au sommet du dernier
plisse¬
Quercy avant les plaines du Tarn et de son aînée la Garonne
apporte une pierre à la compréhension. En effet, à deux pas de l'égli¬
se, un magnifique point de vue vous
permet de jeter un regard vers le
Sud Vous apercevez au loin Montauban, les
cheminées de Montech
et plein d'autres
repères. C'est un lieu stratégique.
ment

du

Voilà bien la clef ! Et elle est confirmée
par

village tracé en briques
Celui-ci

Y avait le vrai rock, le

(on peut pas faire plus), pour
l'amener, disais-je, à devenir le

sera, au

XXI° siècle

activement

cochons

ne

je

veux

dire j'ai

essayé de convaincre certains
(groupes folks, brésiliens) que
c'était

une

nement à travers

peu

je m'explique une
musique de danse qui relie les
générations mieux que toute
(les fans de

musette et

ceux

de

ragga/rock/samba et cetera) et
qui, en plus, bon j'en parlerai
plus loin. Je suis convaincu que
ça le fait et que ça le fera.

C'est le forrò nordestin

adapté à la salça occitane (mélo¬
dies, paroles, circonstances,
fonctions). L'accordéon brésilien
intègre le musette (+ trad et
folk) pour l'amener, grâce au
look du forrd

(musiques rurales
prolétariennes de bal), sa ryth¬
mique (l'Afrique est là, intelli
gemment), son système mélo
dique (blues mais aussi Afrique
et Indiens) et son folklore
pluriel
et

-

ce nom

et

s'ancre dans

le XX°

temps.

impossible de les joindre.

Lavilliers l'a intégré (je parle du
forrò, pas du fòrròc) à ses pro -

au morceau

ductions pour son bonheur et

l'album Amour

Foot (Libéra¬

tion/Sony). Qui

se mettent

public, mais de
façon périphérique. Personnelle¬
ment j'ai essayé avec Rosine de
Peire en 84, qui me demandait de
s'occuper de ses disquesson

lien

:

Avec l'Envolada

-

on a fait, par
partie fòrròc et
quelques bals (1985, 1989) mais
sans persévérance. Enfin, 1998
(juin) les FOOTEUSES arrivent,
et c'est parti, bien et pour
long -

une

qu'un

chanter,

des Fabulous pour

à

et de filles en

aiguilles,
se prennent au
jeu. Anne, Magali, Rita, Edith (chant), Agnès
(accordéon), Gigi (accordéon,
voix), Dito (perçus), J.
Pierre Mader (basse).
Majorité
de filles qui chantent,
dansent,
français et occitan. Répertoire
classique du forrò (galop,

: con¬

(leur premier, à Montpellier
pour remplacer les Fabulous, a
marché de flamme) mais aussi
certs

baloches

Appel

et

balettis les

plus roots.

organisators
Ça devrait intéresser
beaucoup d'organisateurs intelli¬
gents je pense à Giacomo, Xa¬
vier Vidal, Mescladis, F. Boyer,
Lhubac, Jean-Mi de Micmac
(fait), IEO-Musica Gaudas (fait),
etc, etc, ajoutez-vous tout seuls à
aux

la liste.

perçus,

je leur ai cassé la tête.

contre,

en

farandole, etc,etc). Elles ont

Un groupe de filles du
quartier Arnaud-Bernard qui
jouaient au foot brésilien (équipe
formée pour le tournoi Carrefour
Culturel de 97 et pour celui de
98). Qui participèrent en choeur

a eu un

concerts, mais refus. Parlé à
divers groupes de folk ou brési

mémoires pourvu

envie d'aller loin et bien

groupe à
Clermont-Ferrand dans les
années 87-88, vu une affiche
mais

ce

Philippe Versavel

Qui sont les footeuses de oaï ?
Y

nos

de lumière y soit de temps en temps projeté.

et si les

Des tentatives

celui de

Qu'est-ce que le Fòrròc ?

constitué de la Croix occitane à 12 boules

la mangent pas, ce

nécessité vitale pour

la France

autre

point d'ancrage n° 1 de la produc¬
tion d'un modèle de convivialité
musicale. La musique nordestine

que le blues a été pour
siècle je l'affirme.

le blason de

de la mairie.

plein centre. Puis, à chacun des quatre coins, comme en surveillance
de celle-ci, une fleur de
lys signant le bouclage par le Roi de France.
En effet, ce lieu
stratégique fut retenu pour établir une gar¬
nison des armées royales. Ce fut le
baptême de La Bastide Françoise.
Puis, avec le temps, ce nom évolua vers La Bastide
Française pour se résumer enfin en Lafrançaise.
L'Histoire, avec un grand H, est donc présente quotidien¬

Les footeuses de òai et Claude Sicre

forrò, Blek le Roc,
Zorro, le faux rap, et des
ragots. Le Fòrròc débarque et
personne s'en plaindra, pas moi.
ça fait quinze ans que je l'attends

est

sur un mur

baion...) mais aussi frevo
(Salvador), mais aussi musette
(valse, tango etc), mais aussi trad
(scottich-forrò, polka-forrò.

34

C. S.

Contacts

: Eseambiar-Productions
(Anne Brunei, C. Sicre, 05 61 21 33
05 ; fax : 05 61 23 49 69)

�Linha
De

pertot

"PiWfCr, yh

Imaginòt

*ru&lt;■ 4-'-:

4e trimèstre de 1998

Vers

sans attendre les orientations
d'une structure hiérarchisée ; de

citoyenneté
pays de Fayence

en

une

construire

gauche plurielle,

une

issue de la société civile, là où
les habitants vivent et travaillent;
de respecter nos différences,
per¬
mettre le débat,
comparer les

analyses, permettre des
La démocratie menacée

se

entre

qui

se creuse

les habitants et le monde

politique contribue à l'aggrava¬
tion de la crise
économique,
sociale et culturelle que nous tra¬
versons

actuellement.
Les

citoyens ont le
qu'ils n'ont plus de
pouvoir sur la société... désabu¬
sés, ils l'abandonnent de plus en
plus aux forces dominantes les
plus antisociales.
sentiment

La mondialisation de
l'économie mise

par des
gouvernements conservateurs ou
sociaux démocrates, fonctionne
au

bénéfice des

ciers,

sans

en

place

pouvoirs finan

contrôle

-

rend compte que ce

qui unit
plus fort que ce qui divise.
Alors, pourquoi ne pas s'autoorganiser, pourquoi ne pas créer
des groupes locaux basés tout
simplement sur le plein exercice
de la citoyenneté. Résistants
contre tous les pouvoirs arbi traires, qu'ils soient politiques,
économiques ou financiers, agis¬
sant pour le développement
d'une démocratie participative
où les citoyens, conformément
aux valeurs de la
République,
détiendraient un réel pouvoir ?...
Il y a, dans ce concept de recons¬
truction de la démocratie, une
large union possible et suffisam¬

démocratique

possible broie les hommes et
détruit les équilibres écolo
giques.
Les partis "commu nistes" discrédités par le lourd
passé des "régimes de l'Est", les
"partis socialistes", trop souvent
contraints à une simple "gestion

ment

sée

de cohérence

unique

pour

contre

créant

de leurs échecs, il leur faudra du

temps pour être à nouveaux por¬
teurs d'espérance et attirer les
millions de citoyens nécessaires
pour changer le monde. Les
petites formations de gauche et
les écologistes divisés s'activent
depuis des décennies sans parve¬
nir à être

une

force d'attraction

décisive....

Que reste-t-il pour
faire bouger les choses ?... Il
reste peut-être tout simplement
les

au contact

Notre constat est

sans

détours.

Depuis que la "crise se
développe", les hommes de pou¬
voir ne savent plus, ne peuvent
plus ou ne veulent plus résoudre
les problèmes essentiels de notre
société... Pour que les change ments indispensables soient

Notre

;

de déve¬

mener

des actions

avec

; de
d'autres

anti-militariste et la
Gros Textes sortent
veau

recueil de

poésie

revue
un nou¬

;

moyens d'intervenir. Sans cette
condition, la démocratie s'use, se

dégrade, la société

se

désagrè

-

ge...

illustrations. Cette seconde
édition courtise la rébellion et
les résistances. Une

quatre
vingtaine de pages où le qua train et le fusain
appartien nent

du

aux

rebelles de la nuit et

jour.

13215 Marseille cedex 02

Revues

.

L'Association

d'Information et de Défense
des Auteurs

entreprend la

troisième version de 1'

An¬

nuaire des Revues Littéraires
&amp; Compagnie (ARLIT &amp; Cie) H

comprendra 999 fiches "re¬
gratuite.

vues". L'insertion est

Elle recherche les nouvelles
revues

afin de les

présenter

dans l'annuaire.
La Calcre

BP 17

94404

Vitiy

Cedex.

Il

s'agit pas d'aller
disqualifica partis politiques mais
ne

sens

sens

de la

de leur mutation et

citoyennes.
Iras comités pour une

Langues. La

revue micRoma-

nia s'intéresse
en

dre

langues

aux

littératures

de moin¬
expansion. Elle publie de
romanes

nombreux textes de provenan¬
très diverses à travers

ce

l'Europe après avoir traité
chaque numéro d'un

dans

citoyenneté active sont des lieux

auteur

de combats pour

tique d'une langue (JMB)

le meilleur de
l'homme, pour éviter que soit
rompue la cohésion sociale. Us
sont le lieu du réapprentissage de
l'action citoyenne. Pour que
l'intérêt général et objectifs du
futur passent avant les intérêts

35

textes

et

priorité est de

multiplier les initiatives pour
parvenir à une citoyenneté active
où les électeurs ne signeraient
plus un "chèque en blanc" aux
élus. Ira démocratie ne peut fonc¬
tionner que si les citoyens s'en
servent, que s'ils se donnent les

de leur revalorisation par la pres¬
sion constante des aspirations

même l'initiative

Poésie. Le Rire, bimestriel

130F ordre RIRE

approche 1 % de la population
démontre que ce type d'associa¬
tion peut répondre à la demande
de nombreux citoyens : "Com¬
ment faire de la politique autre -

lopper la démocratie locale

.Cortetas... Cortetas...

rante de chacune et chacun.

dans le

s'expliquer

..

A commander à Rire BP 2402

pourcentage d'adhérents qui

?"

i

imposés, il faut en passer par
l'action responsable et persévé¬

tion des

le concept de citoyenneté
active nous permet : de prendre

on

tie...

d'environ 7.000 habitants. Ce

Ceci peut

des habitants

de l'économie libérale

dans le

nous

jours,

; de contribuer,
à la remise en

mique et de respect des équi écologiques. Nous sommes
aujourd'hui une soixantaine
d'adhérents implantés principale¬
ment sur les trois
villages qui
représentent une population

ment

Comité d'Initiative

-

(Var)

les marchés finan ciers, donc incompatible avec le
développement de la démocra -

libres

car

Dans la vie de tous les

sentir

dominée par

tive

citoyens.

Les initiatives citoyennes

cause

tenté, il y a un an, en
C.I.C, Comité d'Initia¬

lutte contre le libéralisme écono¬

plus juste, plus humaine. S'ils
peuvent tirer les enseignements

loppement social
à moyen terme,

un

pour la construction d'une socié¬

sans se

Le CIC

Citoyenne du Pays de Fayence

"ligne politique"
participer au déve¬

s'engager dans

té

qui n'acceptent plus ces sociétés
malades et s'engagent pour les
changer.

-

contraints par la
d'un parti ; de

la pen¬

Citoyenne du Pays de
Fayence.
Une dizaine de copains
a commencé à
rédiger une charte
qui résumait les principaux
idéaux de la gauche, en insistant
particulièrement sur les objectifs
de démocratie participative, de

sociale" du libéralisme ont
contribué à brouiller les pistes

l'écologie...

l'action. C'est le pari que nous
avons

rappro

ambitions. Mais aussi, dans le
monde des millions de citoyens

chements, ouvrir des perspec tives d'une plus large union ;
intervenir sur tout ce qui touche
la citoyenneté : la démocratie, le
social, l'économie, la politique,

est

Le fossé

privés et mercantiles du moment.
Pour que l'économie soit au ser¬
vice des Hommes, contre la dic¬
tature de l'argent. Pour une
démocratie citoyenne... Vastes

ou

d'une caractéris

micRomania, Jean Luc

Fauconnier

rue

de Namur

600 B6200 Châtelet

-

�Linha

Imaginòt
Lecturas

1

4e tri mèstre de 1998

Commentaire

BIENTOT : CANAL RÉAC,
LA TÉLÉ EN BRETON
Pain bénit pour les nationalistes, la télé bretonne naîtra du
mariage entre TF1 et l'institut de Locarn, vitrine de l'Opus Oei
footballistique version
régionaliste. Grâce à Charles Biétry
(Canal +) et à Patrick. Le Lay (TF1), les

Thierry Rolanddoublé en celte, et
abonnés

aux

:

bon truc

Charlie

.

Des

nationalistes fran¬

çais passifs qui,
dans leur dénon

-

ciation des éven

-

tuelles dérives

"régionalistes", de¬
viennent des natio¬
l'essentiel est de
dénoncer TOUS

réseaux câblés de l'ouest

de la France avaient

de

un

nalistes actifs. Car

crélinerie

la

Encore

les nationalismes,

pu suivre le
breton. Ht vibrer pour les

déjà

et tous

Mondial commenté en
Bleus dans la langue du

lismes

marquis de Pontcalleg.
L'expérience, pensait-on, devait s'arrêter là.
Mais c'était mal connaître l'inépuisable créativité
deTFl. Prochainement, les Bretons pourraient
avoir droit à toute l'intelligence qui caractérise la
chaîne du béton
mais en langue régionale.
PPDA version Le Cheval d'orgueil, et les

les régionaqui sont des

sous-nationalis¬
Et d'abord dé¬

mes.

noncer

le nationa

lisme le

-

plus fort

—

vachettes d'« Intervilles

» sur un

de tous

air de bombarde.

Le 9 mai dernier, le P-DG de TF1 l'a clai¬
laissé entendre : il pourrait très bientôt

et la culture bre

favoriser

l'apparition d'une chaîne de télévision
privée émettant en breton.
Depuis, le projet s'est affiné. Comme un fro¬
mage. La preuve : il pue de plus en plus.
Le

SEUL lieu d'où

été débattue récemment la

le

programmes...

nouveau

inonde du XXIe siècle, une seule nuance

à l'esprit : le vert-de-gris. Mor¬
ceaux choisis : « En Asie, aux Indes, en Afrique,
tout faible crève au bord de la roule, il ne faut
sur¬
tout pas l'aider. » Le Bihan. premier de la classe
catégorie ultra-réac, a bien révisé son histoire :
Hitler et te régime nazi ont assassiné moins
d'hommes et de femmes — ethnocide juif compris
que Lénine et Staline [...]. Il n'y a pas de dif¬
férence de nature entre le nazisme et le commu¬
nisme, mais le second a été pire que le premier! »
"

—

Après la

messe :

Hélène et les binious

C'est Le Bihan qui a créé en 1994 l'institut de
Locam (Côtes-d'Armor), un centre de » recherche

prospective » pour les patrons bretons. Inau¬
guré par l'archiduc Otto de Habsbourg (proche
de l'Opus Dei et du très lepéniste cercle Renais¬
sance), Locarn fait surtout office de vitrine pour
les idées politico-économiques de l'Opus Dei.
Objectif : favoriser les provinces à forte identité
culturelle et de tradition catholique, au détriment
des États-nations, en s'appuyant si nécessaire sur
les mouvements nationalistes. Ces provinces, devenues « dragons intra-européens », devant par la
suite donner le la d'une Europe catho-libérale.
Le Lay et Le Bihan se connaissent bien. TF1
est « membre fondateur » de l'institut de Locam.
et

Les deux hommes s'étaient aussi associés en
1996, à travers la défunte revue Bretons d'ailleurs

(Le Bihan président du comité éditorial. Le Lay

ce

fameux

Institut de Locarn. En février 1997, c'est d'ailleurs
dans les colonnes de cette publication
que le
P-DG de TF1 s'était, déjà, déclaré favorable à
ur.e télé en breton. Et c'est aussi à Locarn
qu'a

Lay sait qu'il peut compter sur un colla¬
date. Joseph Le Bihan, prof
à HEC, est de ces personnages que l'on dit hauts
en couleur. À la lecture de son ouvrage paru en
i 993 sous le titre Genèse de l'Europe unifiée dans
vient pourtant

-

tonne, occitane,
alsacienne sont le

vice-président) qui servait de tribune à

borateur de longue

France,

français. L'histoire

rement

Quelques exemples, au choix.

en

le nationalisme

question des futurs

oblige, ils pourraient consis¬
ter en de simples adaptations de produits amé¬
ricains ou japonais, la production locale étant
confinée au prime-time...
Traduire
être pas
cette

«

Columbo

» en

breton n'est peut-

le projet culturel le plus ambitieux de

fin de siècle. Mais l'idée semble séduire

un

troisième roi mage, le patron du conseil régional
de Bretagne, le RPR et très droitier Josselin de
Rohan. Sous la présidence duquel des élus FN
ont été nommés dans les conseils d'administra¬
tion de plusieurs lycées bretons.
Avec Le Lay, Le Bihan et de Rohan
pour

parrains, le jour de l'inauguration de la chaîne
bretonnante, les binious ne risquent pas de jouer
/' Internationale... Mais cela n'empêche pas le
tout-Bretagne d'accourir à Locarn quand il est
question de télé. On croise à l'institut tant des
nationalistes de droite que des régionalistes de
gauche. Et même Christian Guvonvarc'h, porteparole de l'Union démocratique bretonne (clas¬
sée à gauche), est monté au créneau,
pour
défendre les
qualités humaines » d'Otto de Has»

bourg...
Évidemment,

petit jeu, les régionalistes
les chances de se réveiller
cocus. Avec, sur leur petit écran, l'office du
dimanche coincé entre un épisode de « Dallas »
de

gauche ont

et un autre

que

c'est

de

en

Charile-Hebdo

profondeur ce na¬
tionalisme fran çais. Charlie et la
majorité des intel lectuels

Savoir-faire TF1

à

ce

toutes

«

Goldorak

breton...

»

Mais du moment
rsmaud mahic

on

peut attaquer en

français

seulement

non

n'ont
cette

mais

jamais aidé à
démarche
encore, en

prenant prétexte de
dérives, vraies ou
non, ont le BUT
D'OCCULTER
cette fonction des

cultures occitane,

bretonne, etc, pour
un

résultat

qui

finalement les
arrange

bien

conservation des

clichés

(Paris/

Province, universa-

lisme/régionalisme,

etc) et conser¬

vation de leur
illusoire rôle de

pourfendeur du
nationalisme. Je

dirais, pour ma

part, qu'ils en sont
aujourd'hui les
actifs mainteneurs.
C. Sicre

36

�Linha

Imaginòt

Lecturas
4e

privée, ce pour quoi on
le menace de destitution. A

Bernard-Henri

Lévy : « L'héroïsme
tranquille des Algériens »

compte-là, il faudrait
chasser du panthéon
américain John Kennedy,
coupable au centuple des
ce

transparence
■

a

salle des Cartes de la

I

Maison Blanche, où Bill
h Clinton a fait, lundi
soir,

l'aveu de sa liaison avec une

jeune stagiaire, est celle-là
même où Franklin Roosevelt
a suivi le déroulement de la

Seconde Guerre mondiale.
Le rapprochement entre ces
deux activités en un même
lieu donne la mesure du
dérisoire qui caractérise

depuis l'origine le
Monicagate, ce Watergate du
pauvre. Certes, le Président
doit d'abord s'en prendre à
lui-même. Son irrépressible
instinct de Casanova fébrile,

l'humanite/mercredi 28 janvier 1998

fautes clihtoniennes. Ou
bien interdire aux hommes
infidèles tout emploi public,
ce

Philosophe et écrivait

Lévy s'est
en Algé¬
rie. Il expose ici les impressions et
les réflexions qu'il en rapporte.

qui laisserait

vous,

cratie

mon

n'échapperont pas non plus

L'affaire Clinton est

à la révision d'une

VE de

complaire dans une
pathologie de la
transparence. Après tout, le
procureur Starr a passé le
Président sur le gril sous le
prétexte qu'il fallait faire la

-

par la ville et le conseil général, n'a pas eu l'heur de
plaire aux dus du Front national. Leurs onze voix se sont
prononcées en commission permanente contre l'octroi de la
subvention, de 50000 E Elles ont étésuiviesparoellesdes élus
socialistes, communistes et Verts. Poursuivant sa. stratégie
d'opposition systématique à Otaries Baur, ex-UDF élu.
président grâce au Front national, une partie de lagauche
plurielle a également voté contre. En revanche, le MDC s'est
prononcé pour, et lotte ou vrière s'est abstenue, comme trois
des quatre vice-présidents deBaur. Le refus ne remet pas en
soutenue

PREU¬

plus que les U.S.A. sont
le pays le plus démocratique du
monde. Qu'on me prouve le

causela

contraire ! Joffrin le fait pas.

(C.S.)

otronisiaes, dont

s'agittFun dossier très sain, notammentsurkpkm delà
■

démocratie qui s'amoindrit
elle-même à force de se

Je conseil régional de Picardie a refusé de participer au
financement d'un festival européen de musique techno, qui se
tient ce week-end à Amiens (Somme), la manifestation,

Au contraire
prendre.
une

explique qu'il lutte contre
intégrismes... (J-M B)

tous les

En Picardie, le Front national
n'aime pas la tnnhnn

pas le Paradis loin s'en faut.
Mais les Français n'ont pas à
leur donner de leçon sur ce

sujet, à mon avis.
ils devraient en

nous

Entretien réalisé par
PIERRE BARBANCEY

cul. Les U.S.A. sont

conSuit là où il est.
Mais les Etats-Unis

suivant l'événement, B-H L

L'urgence décidera.

Libération du

Appauvrissement de la démo

quotidien est dur pour les héros
du nationalisme français ! En

ment, avec ces reportages, d'avoir
fait mon boulot d'intellectuel.
Pour la suite, on verra bien.

dont il connaît tous les

propension à arranger la
vérité, à s'octroyer toutes les
indulgences, moyennant des
confessions répétitives, l'a

nous

de caméras et de micros, pour
lui donner des idées. Que le

Je n'en sais rien. J'ai le senti¬

Mercredi 19 Août 1998

surréaliste situation. Sa

B-H L

sur sa

ment, avec sans doute son lot

nécessaire, pour
de retourner en Algérie?

circonstances, se substituer à
la politique. ;
i :

:

stratégie : c'est
l'urgence qui décide de ce qu'il
va faire. Il n'y a que l'événe -

Pensez-vous

fort démunie...
L'indépendance des juges est
un
progrès, à condition:
qu'ils en usent avec équité.
C'est une perversion de
l'Etat de droit de croire que le
droit puisse, en toutes
autre pays,

Commentaire:

éclaire

rendu récemment

l'administration des EtatsUnis, comme celle de tout

risques, explique cette

Commentaire

Bernard-Henri

■

■...

lumière sur une affaire le
cas Paula Jones - dont la

/

i:

■' "

■

malade de la

:

Un pays

'

par LAURENT JOFFRIN

folle, le Président a menti sur
sa vie

'

EDITORIAL]

par cette machine judiciaire

'

I

trirrièstré de 1998

"

lutu ni nuzcffjbgn up^'sexsCrkursàiarigion.

-

justice a décidé, il y a

plusieurs semaines, qu'elle
n'avait plus lieu d'être, faute
de charges. Sur la base de
indéfinie
d'une saisine arbitraire, il a
cherché à démontrer que
Clinton était un dragueur

Libération du 3QAXÌ/88

cette extension

Commentaire

:

La conclusion de cet article me

jour, après l'élection du

rappelle

un truc.

Un

F.N. à Toulon, une militante est venue à

Castres et à Toulouse nous

faire

une

conférence

:

"Vous

vous

rendez

compte, ces gens du F.N., ils s'occupent des vieilles dames, ils les
raccompagnent chez elles le soir, ils leur portent leurs courses, dans
les banlieues ils organisent des pique-nique, des lotos, alors bien sûr

impénitent, ce que tout le
monde sait depuis belle
lurette. Acculé dans un
recoin de la Maison Blanche

ils captent des

37

voix, c'est une honte...". (C,S.)

�Linha
..

Imaginòt
.

,

4e trimèstre de 1998

livres à

humble avis

mon

«CHANSON DE LA NEIGE SILENCIEUSE-

de Hubert Selby Jr (Editions de l'Olivier)

/
Par Frédéric

Beigbeder

(/

278 pages, 69 francs.

Hubert Selby est notre
cadeau d'anniversaire
Commentaire

Iesdames.
messieurs,

par

fêtons
l'anniversaire

de

cette

rubri¬

que. Cela fait
n

an que je
octroie mon
aie avis chaque
taine. Permet¬
s-moi de souf-

îs

ler une bougie.
Joyeux anniver¬
saire Moi! Pour
élébrer cet heuévénement,
ai décidé de vous
jx

:frir

cadeau:

un

hansoiule la neige
'eue te use
rt

d'Hu-

Selby Jr. Ce

est pas un

cadeau,
quinze ! Quin¬

c'en est
nouvelles bouleversante:- d'un im¬
écrivain américain. Franche¬
ment. en voilà un beau présent, même s'il
ne coûte pas cher &lt; 69 F). Il est de loin
pré¬
férable à une Rolex en or : plus
ze

mense

vie

notre

-

la vie

de l'artiste et la vie de ceux
qui s'intéressentà son œuvre - quelle que soit la for-

ujourd'hui
nous

nécessité, changer

rr.

utilisée.

Lisez

pour véri¬
fiera quel point il dit vrai. Sans lui. pas de
Scorsese. pas de Tarantino. pas de Spike
Lee, pas de New York Police Blues.
Comme Elmore Léonard ou James
-

ses textes

Eliioy. Selby a considérablement in¬
fluencé le style hollywoodien actuel.
Sexiste
v a un

an

littérature brute comme il
brut. Je crois que ce qui dis¬

une

tingue les écrivains américains des écri¬
vains français, c'est ceci : les Américains
écrivent d'abord, puis réfléchissent après :

:

Un bon article
Voici. Livrant,

littéraire dans

l'exploiter, une piste
sérieuse de travail. On voit pas
sans

de trucs aussi
les

revues

intelligents dans

littéraires ni dans les

suppléments livres. C'est pas
pour ça que je vais acheter Voici
mais quand je le verrai, au coif¬
feur ou chez les filles, je ferai
attention à cette page. C. Sicre

les Français font le contraire. Ils n'ont
jamais quitté l'école. Ils sont écrasés par

leurs

prédécesseurs:

comment écrire

tranquillement quand Flauben vous surcille par-dessus l'épaule? Toute la dif¬
férence est là: chez le.. Français, c'est
v

l'auteur qui est intimidé : chez les Améri¬
cains, ce sont les personnages.
Face au livre I, écrire, l'écrivain fran¬
çais recule pour mieux r.c
pc.s sauter.
Hubert Selby.

lu: saute pour
.

ler. Je souhaite
mon

un

ne pas recu¬

joyeux anniversaire

à

humble avis.

utile, plus

joli, plus urgent. Il contient des histoires
belles et tristes, comme le Jour de chance du gros Phil ( un
garçon obèse se fait
casser la figure
parce qu'il gagne aux
dés ). Salur Champion ( une nuit d'amour
tellement parfaite que les amants ne se

retéléphoneront jamais)

ou

Séance (deux aicoolos

se

la D- nièrè
ejecter

font

d'un cinéma).

Sans lui pas de Scorsese,
pas de Tarantino
On

retrouv e

romans

Harry. le héros de tous les

d'Hubert Selby. un dragueur

ringard mais si humain. Ce « b; rfly » vit
des aventure, simpies. qui eon mencent
dans la normalité et basculen dans la
folie ou le ridicule. Les persor. tages de
Selby sont comme vous et mi : ils ont

peur de ne pas être à la hauteur ils crai¬
gnent la solitude des grandes villes, ils
voudraient

s'échapper mais

ne

parvien¬

qu'à récolter une sév ère migraine.
Selby est un Kerouac urbain, un Carver
nent

rrash,

un

Bukowski

encore en

vie. Il

pourrait fonder sans difficultés."antenne
américaine de l'école des .&lt;M&lt; ins-querien •&gt;. Hubert Selby Jr a dit an jour à
Bayou, le chroniqueur rock de Libé:
l ue œuvre d'ait doit, par définition et
■■

Editorial par Charles Sttvestre

Le sens d'un crime
Trois balles dans la nuque. Il y a deux

| sortes d'exécuteurs qui se livrent

traditionnellement à cette besogne : les
fascistes et les gangsters. Les assassins du
préfet Claude Erignac tiennent très
vraisemblablement des deux.

L'HUMANUE/LUNDI 9 FEVRIER 1998

Le meurtre de

Claude
est

Erignac

ignoble.

Mais,

en

la

personne du

préfet de la
Commentaire

:

Pour Charles

Silvestre, l'affaire est entendue.
Ses compétences en criminologie
nous éclairent
précieusement.
Mais il

est

moins bavard pour

parler des conséquences du
nationalisme français (qu'il sou tient) sur l'identité corse. (J-M B)

Corse, c'est la

République qui
est atteinte et

qui a le devoir

nous

38

de

réagir.

�Linha
■

Lecturas

Imaginòt

'%wS§Smà
4e trimèstre de 1998

CORNUSSON

Fabulous Trobadors
Avec

ce

on

son
Big défi à l'Americke.
the Linha Imaginât. Délivrance d'idées et

de recettes faciles à mettre

chante. De Naut Bernât

au

en

JEUX DIVERS

pratique si

ça vous
Nordeste le blues rural

O à 20 h.

SOIREE MOUNJETfiDO
QRILLfiDES

O à 22 h.

SOIREE DfiNSfiNTE

fait la route amb lo ragga.

langues

Dans tous les pays les
délient, Ange B. met l'Accent sur les
James Dean chevauchant Pégase vient

se

accents,

avec

dialoguent avec Champollion en dégustant l'omelet¬
pastis et sur Radio FMC il est question de
décentralisation... Un antidote au provincialisme !

il

te au

le

C. Sicre

(depuis Saint-

Antonin-Noble-V al)

populaire Orchestre

MN-ANDRE-MICHUl'S

Réservations et Renseignements

Fabulous T robadors

"popu¬

tion Comusson 2000.

BfiL MUSETTE

saluer los calendrons, Meschonnic et Cendrillon

Le

anglicisme. Il s'oppose à
orchestre populaire avec
une grande connaissance
intuitive de la langue fran¬
çaise. Ce fameux orchestre,
très apprécié du public, je
ne le connais
pas. Pas plus
que je ne connais l'associa¬

1 5 h. CONCOURS (ÎMICfiL DE PETfiNQUE

O

:

laire orchestre" n'est pas un

troisième album des Fabulous, Claude

Sicre lève le voile de

Saga

Commentaire

:

Mercury, Polygram
@ 05 63 67 06
Jacme Gaudàs

(f) 05 63 67 00 74f,
© 05 63 65 75 47Wmi}àè*.
Manifestation organisée par l'Association "CORSl SSOS

2000"

Le cinéma français
dans le monde

Désaffection en Afrique de fOuest
ABIDJAN
coirespondant

les productions indiennes. L'es¬
sentiel de la cinématographie fran¬
avec

de notre

EN Afrique francophone, le
commerce

salles
avec

a

des films

en

manqué de périr

la dévaluation du

franc CFA, en janvier 1994... du
moins le commerce formel de la

pellicule. Les salles des quartiers po¬
pulaires, qui projettent des films de
loing fu, des musicals hindous ou de plus en plus - des pomos sans
que les ayants droit ne touchent un
centime, obéissent à d'autres lois. A
Dakar, à Abidjan, à Libreville, les ci¬
némas d'exclusivité ont fermé ou vi¬
voté pendant les deux années qui
suivi le séisme. Aujourd'hui, on
assiste à une quasi-résurrection.
Ce sont les films américains qui
ont

renflouent

l'exploitation, à l'image
de Titanic, qui draine les foules à
Abidjan: dix-huit mille spectateurs
en dix jours et trois
salles, avec un
prix d'entrée de 25 F, alors que le sa¬
laire minimum mensuel

est de 350 F.

Le cinéma français, lui, est resté au
fond du golfe de Guinée. Dans une
zone

francophone, où les télévisions

nationales et internationales (Canal

Horizons, TV5, CFI) diffusent régu¬
lièrement des films français, où
vivent d'importantes communautés
françaises, il est plus difficile de voir
sur grand écran un film avec Chris¬
tian Clavier ou Vincent Cassel qu'à
Séoul

ou à Mexico.
Cette absence tient d'abord à la
désaffection du public africain. Ce¬
lui-ci satisfait sa soif d'action avec
les films américains, de sentiments

çaise suscite
rence,

une

fondée

parfaite indiffé¬
sur

une

solide

incompréhension. Le réalisateur
Duparc (Bal Poussière,
Rue Princesse, Une couleur
café qui
doit bientôt sortir en France) justifie
cet éloignement: «L'autre soir,
j'ai
vu Didier, sur Canal Horizons.
Ça fait
plusieurs années que je n'ai pas vécu
en France quelques mois
d'affilée, je
n'ai rien compris. Je sentais bien qu'à
Paris j'aurais pu aimer, ici, ça ne vou¬
lait rien dire. » Les Visiteurs, même,
ont été un échec commercial, peutêtre parce que l'idée d'un guerrier
surgissant sur le trajet d'une auto¬
ivoirien Henri

mobile des postes n'est pas tout à
fait assez extravagante sur ce
continent-là.

par

le seul où

critique de cinéma
quotidien Ivoir'Soir, attribue cette

désaffection à l'absence d'individua¬
lités marquantes : « Les acteurs amé¬
ricains n'imposent pas qu'un film,
mais aussi un style, un look. Regardez
Denzet Washington et les gilets trois
boutons dans MalcolmX, tous nos

jeunes se sont mis à les porter. » Il est
également vrai que, pour conquérir
l'Afrique, Hollywood dispose d'une
troupe afro-américaine imposante,
d'Eddie Murphy à Angela Bassett,
en passant par Wesley
Snipes et
Morgan Freeman, alors que les ac¬
teurs français d'origine africaine
restent rarissimes. Ces faiblesses

constitutives sont

encore

aucun

festival de cinéma

français n'est organisé. Les centres
culturels français diposent de deux
films par mois, fournis par le minis¬
tère de la coopération ; s'ils veulent
organiser une séance hebdoma¬
daire, ils doivent compléter avec les
ressources locales, donc avec des
films américains, comme à Abidjan
où le CCF a présenté Diabolique
Sharon Stone (et Isabelle

Adjani, il est vrai).

Michel Koffi,
au

et des

cinématographiques

françaises. Ces deux dernières an¬
nées, une seule personnalité s'est
déplacée en Côte-d'Ivoire pour la
promotion de son film : Bernard Ta¬
pie, venu défendre les mérites de
Hommes, femmes, mode d'emploi. En
vain, puisque le film n'a attiré que
deux mille spectateurs à Abidjan.
De tous les continents, l'Afrique est

avec

FAIBLESSES ET INACTION

l'inaction de l'industrie

institutions

aggravées

39

C'est une société française, les
Films 26 - filiale des Films 13 de
Claude Lelouch- qui a entrepris de

réorganiser la distribution en
Afrique francophone, acquérant les
baux de plusieurs salles à Abidjan,
Dakar ou Libreville. Sa stratégie re¬
pose sur des accords conclus avec
les majors américaines. Les Films 26
ne s'écartent de leur programma¬
tion hollywoodienne que pour faire
de la place aux films africains, met¬
tant à l'affiche Une couleur café de

Duparc ou Buud Yam de Gaston
Kaboré, mais jamais, ou presque, un
film français.
Thomas Sotinel

•

LE MONDE / JEUDI 14 MAI 1998

Commentaire
Thomas Sotinel pour¬
rait aussi nous parler
du mauvais rapport
entre la France et

l'Afrique, et de la
condescendance de la

francophonie. Tout
est

lié. Ce rapport est

malheureusement
d'une
ce.

grande cohéren¬
(J-M B)

�Guerre des langues à Barcelone

Une nouvelle loi a étendu le rôle du catalan aux dépem du castillan.
Barcelone

«nation espagnole» reste déva¬

envoyé spécial

luée à gauche, par l'utilisation

César Saldafla ne décolè¬
re

pas:

d'un

«Pour

ma

fille

qui en fut faite sous la dictature
franquiste. Le mouvement de
balancier devait être très rapide

il m'est
impossible de trouver
an

et demi,

garderie avec des activités en
espagnol. » Ce Barcelonais d'ori¬
gine castillane est l'un des diri¬
geants de l'Association pour la
une

au

-

la Constitution de
1978 érige déjà le catalan en
«bnguepropre» de la région, et
«co-officielle», avec le castillan.
prévu

par

-

tolérance. Il se bat contre la
«discrimination»
dont la

langue espagnole souffrirait en
Catalogne, contre l'interven¬
tionnisme linguistique tous azi¬
muts

de la démocratie. Le
d'autonomie de 1979

retour

statut

En 1983, le
me,

Parlement autono¬
unanime, vote une pre¬

mière loi de normalisation lin¬

des nationalistes catalans,

guistique, qui

pose, entre
fondations de la po¬

à la tête du gouvernement auto¬

autres, les

de la région depuis vingt
le temps de passer de la seu¬
le défense d'une langue jadis

litique d'immersion dans les
écoles et collèges. «A l'époque,
cette loi était nécessaire pour la
défense etb récupération du ca¬

nome
ans:

persécutée par le franquisme à
ce qui
ressemble désormais à
une

talan», reconnaît volontiers

tentative de «catalanisa-

tion» de la société. «Hier encore,

je vais voir

Eugenio Trias. Aujourd'hui, la
Péage d autoroute à Tarragona. les inscriptions

en

catalan précèdent celles en castillan.

médecin au
centre de santé publique: les pan¬
disponibles). La nouvelle loi conte l'anecdote d'un intellec¬ serait directement du catabn à
instaure des quotas de catalan tuel américain de ses amis, in¬ l'angbis, en faisantl'impasse sur
neaux, les affiches, les dépliants
sur les radios locales ou dansles
vité à tenir une conférence à le castilbn.» Le Forum Babel
sont uniquement en catalan,
salles
de
Barcelone. «Ilparle très bien es¬ comme l'Association pour la
cinéma;
elle
rend
facul¬
poursuit César Saldana, et ne
parlons pas des médias, les deux tatifle castillan pour l'informa¬ pagnol, mais les organisateurs tolérance critiquent la «démis¬
chaînes de la télévision publique tion des services publics (pan¬ ont exigé qu'il parle en anghis, sion» de la gauche dans ce dé¬
neaux d'affichage du
même si visiblement b moitié de bat: imprégnés de catalanisme
régionale, financées
métro par exemple), la salle ne comprenait pas malgré un électorat divisé, les
avec les impôts de tous,
«Les
ne
diffusentjamais une nationalistes mais obligatoire le ca¬ grand-chose. Les nationalistes socialistes locaux ont voté en
sent obsédés
talan écrit dans les rêvent d'une Catabgne qui pas¬ faveur de la loi. Car l'idée de
seule seconde en cas¬
mon

tillan. Loin de nous l'in¬
tention de revendiquer
un retour à la supréma¬
tie du castillan, mais
c'est clair que l'on tente
de nous imposer un

monolinguisme cata¬
lan.»

parle
problèmedela
langue, et ça
donne des

relents

dintégrisme
linguistique.»
Le philosophe
SugentoTrias

Une nouvelle «loi de

politique linguistique» est en

gauche n'aurait plus

unique nationaliste s'est impo¬
sée, regrette Victoria Camps,
alors que ce

nationalisme ro¬
mantique, ethniciste, est fonda¬
mentalement conservateur, an¬

tiprogressiste. » Un discours qui
dérange, mais qui commence à
faire son chemin

•

JEAN-HÉBERT

(menus
des restaurants).
commerces

«On

ne développe pas
langue à coups de
bis, b Catalogne est dé¬
jà bilingue parce que
une

tout

le monde

com¬

prend le catabn (95 %
de la population), les

nationalistes veulent imposer

Commentaire

Le même

jour (10 Juillet 1998) Libération publie deux
réciproquement écho. La Catalogne et l'Algérie utilisent
au même moment l'arme
linguistique pour copier leurs adversaires cultu¬
rels (l'état franquiste espagnol et la France centraliste), croyant trouver par
là même leur identité ou leur pouvoir supposés. (J-M B)
articles

se

:

faisant

aucune

raison de rester à la remorque
des nationalistes. «La pensée

ARMENGA

�trée

en

vigueur

au

début de

l'année: «Ilfaut encourager l'uti¬
lisation chez les citoyens» du ca¬

une

Catalogne homogène où les

droits des individus

sont

«ministère» catalan de la Cultu¬

membre du Forum Babel, une

défend sa position nationa¬

plate-forme d'intellectuels de
gauche qui a mené campagne
contre la loi «Il faudrait assister
à une des réunions de prépara¬
tion du journal les discussions se
fontdans les deux langues indis¬

re,

liste: «Le catalan

est la langue de
doit
il
l'identifier, être
présentdanstoutlepaysage, l'ob¬
jectifà terme est que tout le mon¬
de connaisse les deux langues.»
Argument: la Catalogne ne se¬
rait pas encore bilingue, malgré
la politique d'«immersion lin¬
guistique» en vigueur depuis les
années 80, qui fait que tout l'en¬
seignement obligatoire se dé¬
ce

pays,

roule

catalan, le castillan
étant une matière à part. 80 %
en

de la population parle aujour¬
d'hui le catalan, 53 % l'écrit cor¬

tinctement, certains d'entre
nous passent
même d'une

langue à l'autre sans s'en rendre
compte, raconte Antonio Fran¬
co, le directeur d'El Periodico de

Catalunya, qui vient de lancer
une

cès

édition en catalan au suc¬

inespéré, le catalan progres¬

se dans

la société d'une manière

pacifique et tolérante, le défaut
rectement (contre 64 et 32 % en
de cette loi est peut-être d'inven¬
1986, premiers chiffres officiels ter des problèmes où il n'y en a
pas.»
Seulement voilà: la langue est la

pierre angulaire de la politique
nationaliste. C'est «un élément
p

fsSStóSïall—.»

j

\ Madnd
yT~~ I
Barcelone1
gf
c ESPAGNE Í „Ok
I
MER
f**
MEDITERRANEE

MAROC

AASERiE

:

Courrier. Algérie.

sup¬

plantés par un supposé droit col¬
talan, la «langue propre» de la lectif d'un "peuple" à parler sa
région. Lluis Jou, le directeur de langue», s'insurge la professeur
la politique linguistique au d'éthique Victoria
Camps,

fondamental de la personnalité
nationale delà Catalogne», pro¬

Les racines
du mal
L'évolution du drame algérien met à !

1

car les rentes redistribuées ne sont
plus
l'inconséquence du pouvoir. Alors 1 suffisantes. Afin d'éviter au pays une dic¬
qu'il prétend organiser la résistance tature intégriste, l'édification d'un large
militaire à l'intégrisme armé et expose
front patriotique et démocratique est à
chaque jour la vie des soldats, patriotes et l'ordre du jour. Que fait le président Zésimples citoyens au danger de la mort, il
roual, sinon rechercher une nouvelle hé¬
pactise de fait avec lui. Sa politique écono¬
gémonie populiste en alliance avec les
mique, sa politique culturelle, sa politique
courants islamo-conservateurs, ceux-là
tout court alimentent le courant de la hai¬
mêmes qui sont à l'origine de la catas¬
ne
religieuse.
trophe actuelle et continuent d'empêcher

Autant il était

important de mettre fin au
régime étatiste qui gouvernait le pays de¬
puis les années 60, autant la thérapie ultrâ-

libérale actuellement suivie n'est pas une

panacée. Nous passons d'un système ren¬
tier bureaucratique à un système rentier li¬

béral et la crise sociale ne fait que
s'aggra¬
ver. Comment
prétendre endiguer la

déferlante intégriste si l'Algérie continue

ainsi de fonctionner comme une machine
à fabriquer des désespérés et de exclus?
Les diverses rentes redistribuées n'arrivent

plus à faire face à l'explosion des besoins

par le problème de la

sociaux. Des ruptures institutionnelles

membre du Forum Babel

trop longtemps éludées se font incon¬
tournables pour qui veut améliorer notre
efficience à créer des richesses. La fuite en
avant dans une arabisation totale (non en¬

ra-

1

nu

clame le préambule de la loi.
«Les nationalistes sont obsédés

langue, et
ça donne des relents d'intégrísme
linguistique», lance le philo¬
sophe Eugenio Trias. Cet autre

0

#

atteinte au Moyen-Orient), exclusive
imposée de façon administrative,
contribue à rendre vain l'espoir d'amélio¬
core

et

rer

notre maîtrisé des sciences et des

tech-

toute

Le

modernisation effective?

pouvoir refuse de s'attaquer

aux ra¬

cines de nos difficultés; il conforte ainsi ses
propres assises en érodant les fondements

de l'Algérie. Une cohésion nationale durable.demande une autre formule poli¬

tique, une nouvelle union - qui ne soit pas
fondée sur la religion, la langue et l'idéo¬
logie - pour affronter la généralisation de
l'exclusion sociale.
L'assassinat du poète et chanteur Lounès
Matoub a été perpétrée alors que la loi sur
l'arabisation totale des institutions devait
entrer en vigueur ce 5 juillet 1998.Le front
libéralo-intégriste s'attaquait à la Kabylie.
Depuis 1980, cette région est au cœur de la
résistance à la volonté d'hégémonie arabo-islamique qui menace de faire implo¬
ser l'Algérie.
Au-delà des «dépassements»
et des tentatives d'exploitations politi¬
ciennes de leurs actions, les jeunes de TiziOuzou et de Bejaïa indiquent au pays la

£

£D

=■

niques. Elle officialise le reniement des

voie de la révolte, clairement orientée vers

langues populaires algériennes et prétend
interdire l'usage du français, notre fenêtre

solution démocratique à la crise. Ne
les laissons pas, encore une fois isolés •

V)

I

3

Timsit, médecin.

a&gt;

CO

ouverte sur la culture moderne.

Au

plan politique, la faillite du régime na¬
tional-populiste est irrémédiable, les ma¬
noeuvres

destinées à le sauver sont vaines

une

Daniel
Ramdane

Hakem, économiste.

Animateurs de

«Algérie

en

la

revue

CL
&lt;D

CQ

questions».

S
œ

O'

�Linha

Imaginòt
Lecturas

4e trimestre de 1998
Le

Quelques
copines/copains

Propos effrontés

ont cru que

c'était moi

qui

avais écrit

ce

(C.S.)

le crois que

je

suis

ne

pas

normal. En effet, le matin,
quand je me lève, ma première

pensée

ne va pas spontané¬
ment à Jean-Marie Le Pen et,

quand je fais chauffer mon lait,
l'image de Bruno Mégret ne
me vient pas immédiatement à
l'esprit. Pourtant, j'ai tout ce
qu'il faut à la maison : Libéra-

mais

je ne lui parle pas du tout
de Jean-Marie Le Pen et de
Bruno

Mégret. Même pas pour
préciser que ce sont les pires
ordures. Je conviens que c'est
énorme et complètement dé¬
placé, mais j'évoque mes va¬
cances, lui demande ce qu'elle
fait dans la vie, nous échan¬
geons des propos sur un film,

PARYANN MOIX
tion et

feuilleton-fleuve

son

consacré

au

Front national,

Charlie-Hebdo qui est un Mi¬
nute à l'envers et dont toute la

rédaction, sans le même Mé¬
gret, serait au chômage, Les
Inrockuptibles, bien sûr, qui
voyaient en début d'année une
allégorie frontiste dans le film
Funny Games (la bourgeoisie
sadique symbolisant, devinez
qui... Bruno Mégret !).

La méthode

Fugain

Je

possède aussi l'intégrale
Guy Konopnicki,
qui sont un peu des Manuel
des Castors Juniors pour lutter
contre le FN (et ont le mérite
d'être intelligents et très bien
faits), j'ai quelques exemplaires
du Poulpe qui traînent, et dont
des livres de

le héros n'est pas un person¬
nage mais une idée (une idée
fixe qui se résume, en gros, à :
«

-

Septembre
1998

Désolé, le matin, quandje me lève, ma pensée ne vapas spontanément au Frontnational !f

papier. J'en suis
fier.

Figaro

Lundi 28

fascisme

Le

ne

passera

pas ! »), je lis L'Evénément du
jeudi, qui, comme Pif gadget \adis, offre chaque semaine à
ses

lecteurs

tee-shirt,

pin's
back

un

une

quand je constate qu'elle
me rappelle pas, que je

Canal

Jimmy l'autre soir, il y a
pensé, il n'a pas commis la
même erreur que moi. Dès
qu'il a compris qu'au fond il n'y
avait pas grand-chose à dire
dernier album, il s'est
vers
le public et,
un cheveu tombe sur la

soupe, sans

«

céder face

scrupu¬

aux
pas

FŃ, le parti de la
d'applaudisse¬

ments.

à la

les âmes
donné, pour
longtemps, un sujet de
conversation. Il a également
permis l'embauche de nou¬
veaux journalistes : ii existe à
présent des spécialistes du
FN comme il est des plumes
spécialisées dans la biologie
moléculaire ou l'art byzantin.

beaucoup

pour

il leur

creuses :

a

Quant à la classe

politique,

elle fait son miel, pour cacher
ses faiblesses et ses mesqui¬

neries, du problème de l'ex¬
trême

droite.

Or combien

d'hommes

politiques sont réel¬
lement, personnellement, vis¬
céralement préoccupés, au fin
fond de leurs tripes,' par
l'émergence de l'idéologie
lepéniste » ? La plupart s'atta¬
quent à Le Pen comme on ar¬
«

bore

un

mec

bien

tee-shirt

York

».

»

ou

«

«

Je suis

un

I love New

Et ils sont

payés pour
ça, alors qu'il n'existe en
France

parti, ailleurs
qu'à l'extrême gauche, qui ne
fasse

aucun

une

C'est

française

On connaît ces sitcoms

où, à chaque ré¬
plique, des rires préenregis¬
trés sont envoyés. Eh bien,
dès qu'on dit « Le Pen est un
ango-saxons

lecture

non

électo¬

un

Yalta à la fran¬

çaise. D'un côté les guérille¬
ros aux idées
pures, prêts à
donner leur vie pour éradiquer
le mal, de l'autre la bête im¬
monde, et le bruit des bottes

qu'on entend déjà quand on
se concentre un tout
petit peu.

livre où sont

salaud

il n'est aucunement

D'un côté les chasseurs de

teurs

besoin

d'applaudissement pré¬
enregistrés : la salle entière
se lève, comme pendant un
concert de Johnny, et c'est la
standing ovation. On a tout
dit. C'est très pratique et très

tête, de l'autre les tagueurs de
croix gammée. Si vous n'ap¬
partenez à aucun de ces deux
camps, qui sont les avatars
d'une même névrose, le pre¬
mier vous relègue automati¬

sûr.

quement dans le second, et le

présents les au-,
gestapistes. Je n'oublie
pas non plus que je possède
des disques de La Tordue, de
Louise Attaque et de MC Solaar.

Malgré tout cela, la pre¬
à laquelle je
pense en me levant n'est ja¬
mais, mais alors jamais, le
mière chose

Front national. J'écris cet ar¬
ticle pour confesser que j'en ai
honte. Non, je ne suis pas nor¬
mal.

Ça c'est sûr. Tenez,
lorsque je fais la cour à une
jeune fille, par exemple, je sais
que vous n'allez pas me croire,

»,

Je conseille cette méthode

second dans le

premier. Moi,

aux

groupes de rock et aux
acteurs, catégories ou les

je

gens

n'ont en général rien de
(ce
qui n'est d'ailleurs pas un re¬
proche, et encore moins un
défaut). Votre dernier album

pecte que ses (prétendus) en¬

transcendant à raconter

nemis

est inaudible

? Ce n'est pas

42

porters.

Le

me méfie autant du Front
national quand ii dit qu'il res¬

quand ils appellent à
lyncher les électeurs de Le
Pen. Je

me

piège

Il faut cesser, il me semble,
de faire allusion au Front na¬

tional

prétexte que,
cigarette et le
whysky-coca dans un cocktail
sous

la

comme

où

nous ne

«

rale du véritable danger que
représente le Front.

Yalta

ou un

leusement Le Monde afin de
me tenir au courant des stands
à démolir à coups de lattes
dans les différents Salons du

au

haine. Tonnerre

Hitler is

Enfin, je lis très

la moindre transi¬

tion, s'est exclamé que le mes¬
sage qu'il voulait adresser
jeunes est qu'il ne fallait

Moi, je trouve que le FN a
fait

Nouvelles du Front », a
même créé une rubrique spé¬
ciale en l'honneur de JeanMarie et de Bruno.

vide dans la conversation, j'y
aurais pensé, j'aurais enchaîné
direct ! Michel Fugain, lui, sur

comme

Par un glissement bien clas¬
sique, certains, je n'en doute
pas, rêvent d'ores et déjà
d'éliminer physiquement Le
Pen, Mégret et tous leurs sup¬

pour

Le Canard enchaîné, avec ses

n'est pas de ma faute, après
tout : nous avions des choses
à nous dire. S'il y avait eu un

sur son

tout le monde pense tout
haut : « Le Pen est dangereux
et raciste. »

ne

: «

tourné

que ceux qui, dans ces partis,
veulent voter un texte de loi
interdisant le Front national.

un

me

Merde ! J'ai oublié de lui
dire du mal de Mégret ! » Ce

dis

casquette, un

autocollant

sur le thème
».

livre, des connaissances

un

communes, des pays visités.
Et ce n'est qu'après-coup,

Venez quand même
petit tour sur le câble
dire haut et fort ce que

grave.
faire

sonne,

ii

connaissons per¬

nous

jouet, ce n'est pas un gad¬
get de Pif. Ce n'est pas un ins¬
trument pour draguer les filles,
ni un argument pour vendre
mille exemplaires supplémen¬
un

taires d'une chansonnette pour

pisseuses

en transe. Le FN,
n'est pas, non plus, une

ce

spécialisation de troisième
cycle

rue Saint-Guillaume.
Arrive la fin de cet article.

Je suis

pris au piège. Parce
les professionnels de l'antilepénisme primaire vont m'atque

tendre à la sortie pour me cas¬
ser la gueule, et parce que les

partisans du mégapathétique
Charles Millon

vont,

m'avoir vraiment lu

sans

eux

non

plus, m'envoyer des lettres de
félicitations dont je ne manque¬
rai pas de faire un usage in¬
fâme dans la plus petite pièce
de mon appartement. Au¬
jourd'hui, dans le lot débile des
publications mécaniques qui
prétendent, comme des mou¬
tons, combattre le fléau de
l'extrême droite (une fois qu'on
a traité Le Pen de gros facho,
il est vrai qu'on est bien
avancé), un livre, un seul,
échappe aux clichés, à la pen¬
sée unique, et pense le phéno¬
mène inquiétant du lepénisme
d'une manière quasiment in¬
édite. Ça s'appelle Le Procès
de Jean-Marie Le Pen et c'est
de Mathieu Lindon (1). C'est

grande leçon. C'est un
grand livre. Le premier du
genre. Il me semble important,
peut-être vital, qu'il ne passe
pas inaperçu.
une

Y. M.

méfie autant d'un

Mégret qui entend se rappro¬
cher des partis traditionnels

donne de la

contenance. Le FN n'est pas

(1) POL éditions.

�Linha

Imaginòt

Leeturas
4e

'

e

de 1998

Apprenons l'Amérique. Et le monde. (C.S.)

états-unis Levi's

se serre

la ceinture

Le plus

grandfabricant de vêtements du monde est en difficulté.
Son erreur : avoir mésestimé l'influence des ghettos noirs sur la mode.
BUSINESS WEEK

déclin du géant

de la confection de San

Le 31 juillet, les principaux cadres
Etats-Unis ont eu connaissance

Francisco. Mais c'est surtout le rétré¬

aux

cissement de ses parts

de marché qui
1990, Levi Strauss
occupait 30,9 % du marché américain
du blue-jean, contre seulement 18,7 %
aujourd'hui. Et le tassement enregis¬

étude
les enfants des
"baby-boomers" - qu'on appelle aussi
la génération "écho-boom" - du pre¬

Reserve. Le fabricant avait fait des

tré dans la fourchette des 15-19

monde. Il

essais de

panier pas
quelle rai¬
son ? Parce que la collection Spécial
Reserve, destinée aux clients de 25 ans
et plus, ne résolvait pas le principal pro¬

particulièrement inquiétant : 26 %
aujourd'hui, contre 53 % en 1993.
Perdre ces derniers clients risque
d'avoir des conséquences à long
terme. "Il est très important de toucher
cette catégorie, car, à 24 ans, les ache¬
teurs ont adopté la marque qu'ils por¬
teront toute leur vie ", explique Gordon
Harton, vice-président de Lee au sein
du groupe rival VF Corp. Et ce n'est
pas tout : comme les adolescents orien¬
tent les tendances de la mode, qui
influencent aussi leurs aînés, leur
désaffection rejaillit sur les ventes de

blème de Levi's

toute

New York

En septembre dernier, Levi
Strauss était

détaillants

tion de

avaient

sa

prêt à livrer

aux

dernière collec¬

blue-jeans, baptisée Spécial
lancement, les magasins
passé commande et Levi's avait

même distribué des tee-shirts portant
le logo Spécial Reserve lors d'un salon
de

promotion à Palm Springs, en Cali¬
quelques semaines du
grand jour, un événement sans précé¬
dent s'est produit : Thomas Fanoe, pré¬
sident de Levi's Etats-Unis, a décidé de
fornie. Mais, à

tout

arrêter et de

loin d'un

an

jeter

au

de travail. Pour

:

la désaffection des

est

en cause : en

ans

est

la gamme.

adolescents. Sacrée volte-face pour une
marque naguère emblématique de la
jeunesse révoltée. Levi's a toujours la
haute main sur les enfants du babyboom, qui en a fait un mythe, mais il
est passé à côté des caprices de la der¬
nière génération d'adolescents. Cette

lui coûte cher. La chute des

erreur

ventes aux adolescents est l'un des

Pour les

jeunes, la marque
plus branchée

n'est vraiment

Comment le roi incontesté du jean en
est-il arrivé là ? Selon Robert Haas,
PDG de

Levi's, l'entreprise a commis
classique : elle a quitté la balle
des yeux. Ces dix dernières années, la
marque a voulu développer la collec¬
l'erreur

principaux facteurs qui expliquent
sa position hier dominante
sur le marché. A telle enseigne que

kers, puis a lancé Slates,

Levi Strauss

lent

l'érosion de

a

été contraint d'annon¬

novembre dernier, la fermeture

cer, en

de

onze

de

un

de

ses

tiers de

Unis et

au

usines et le licenciement
ses

elïectifs

aux

Etats-

Canada.

Le renforcement de la concur¬
rence

n'est bien sûr pas

étranger

au

tion de vêtements décontractés Doc¬

un

Résultat

peu
:

son équiva¬
plus haut de gamme.

les cadres n'ont pas

attention à la

prêté

qui pesait sur
les produits essentiels, les jeans.
"Quand on veut faire trop de choses à
la fois, on n'est plus attentifaux signaux
menace

d'alarme", concède Robert Haas.

COURRIER INTERNATIONAL N° 378

26

43

DU 29 JANVIER

des résultats d'une importante

sur ce

mier

que pensent

fabricant de vêtements

du

n'y avait pas de quoi se
réjouir. Pendant une demi-journée,
les cadres, chefs de produit et res¬
ponsables marketing de la marque se
sont vu diffuser les images de dizaines
d'adolescents pour qui les jeans Levi's
sont totalement ringards : ils ne sont
pas cools et conviennent mieux à
leurs parents ou à leurs aînés qu'aux
jeunes branchés. "Ça faisait froid
dans le dos", se souvient Stephen
Goldstein, directeur du marketing et
des études de marché pour Levi's
Etats-Unis. "Les jeunes disent qu'ils
adorent la marque Levi's, mais, quand
on leur demande si elle est branchée,
ils répondent que non. " La concur¬
rence s'est engouffrée dans la brèche.
Les couturiers comme Tommy Hilfiger et Ralph Lauren ont pris des
parts de marché à Levi's dans le haut
de la gamme tandis que des chaînes
de grands magasins comme J. C. Pen¬
ney et Sears menaient l'offensive à
l'autre extrémité du spectre, alliées à
d'autres marques indépendantes.
Levi's a raté le coche des baggy trousers, ces pantalons extralarges portés
bas sur la taille. Alan Millstein,
conseiller en distribution, résume
ainsi la situation : "L'entreprise est tota¬
lement passée à côté du phénomène des
ghettos noirs et de l'énorme impact
qu'ils ont sur la mode. "
Lindu Himelstein

ÀU 4 FÉVRIER 1998

�ricains

Vichy, Rwanda :
le même silence coupable
société
Paris

Lu responsabilité do1« Franco
dans le

de 1994

garo

génocide rwandais
révélée par le Fi¬
-

Jdu lundi 12 janvier)

-

llyvoit une manifestation du "syndrome de Vichy", qui consiste
évidents pour défendre l'honneur national.

à quel point l'Histoire, si peu
glorieuse soi!-elle, influence les déci¬
sions des hommes politiques. Elle
apporte aussi la preuve troublante de

qui

massacres.

Ils

s'étaient abstenus d'intervenir quand

^

le génocide avait commencé, puis
avaient reçu l'ordre
des lueurs à fuir.

d'aider les chefs

faisait que l'exécu¬
personnellement, il a
fait ce qu'il fallait pour sauver des
Juifs. Ses accusateurs répliquent qu'il
aurait dû essayer de saboter l'opé¬

communiqué du ministère dos
étrangères qui démentait
violation

l'embargo des Nations unies. Au¬
cun autre journal, chaîne de télévi¬
de

sion

ou revue

n'a creusé l'informa¬

tion, ni ne l'a remise en cause. Nul
éditorial, nul manifeste d'intellectuels,
pourtant si prompts d'habitude h
dénoncer les violations des droits de
l'homme

ou

à défiler dans la

rue en

justes causes. Au Figaro, on
prend acte de l'absence totale de réaclions autres que des commentaires
officieux regrettant qu'on déterre "une
faveur de

vieille histoire".

re,

cl

qu'il

ne

ter. il dit que,

ration

Affaires

toute fourniture d'armes en

ordres, quels (pie soient leurs
politiques, y compris la
droite, qui contrôlait le Parlement cl
ie gouvernement à l'époque du géno¬
cide, affirment qu'ils ont dû "assumer
les conséquences" de la décision de
doutes. Les

officiel

Depuis la publication de cet ar¬
ticle, un silence oppressant s'est abat¬
tu sur cette affaire, brisé seulement
par un

Les fonctionnaires exécutaient
les

a été bien gardé sur toute
l'affaire, qui n'a jamais l'ail l'objet d'un
débat, ni de questions au Parlement.
La presse n'a soufflé mot, elle non
plus. Maurice Papon est actuellement
jugé à Bordeaux pour sa responsabi¬
lité (qui reste à prouver) dans la dé¬
portation de Juifs français cl réfugiés
vers les camps de la mort. M. Papon
dit qu'il s'agissait d'un programme

quotidien, des militaires

allaient commettre les

"syndrome Papon".

Le secret

français avaient entraîné nombre des
soldats et miliciens rwandais

phé¬

nomène, qu'on pourrait qualifier de

M. Mitterrand de soutenir les Multis.

certains traits récurrents du compor¬
tement de la classe politique françai¬
Selon le

parce

entrevoir l'existence d'un second

prouve

se.

Afrique. Cela

côtés des autorités hulues laisse

aux

rwandais de 1994.

à nier des faits

en

les envahisseurs tulsis du Rwanda
étaient soutenus par l'Ouganda anglo¬
phone cl (pie leur chef avait étudié
dans une école supérieure de guerre
américaine. Ce qui arriva ensuite du¬
rant la "cobelligérance" de la France
que

L'éditorialiste américain William Pfaff s'étonne de l'absence de réactions à la
suite des révélations du "Figaro" sur l'implication de la France dans le génocide

INTERNATIONAL HERALD TRIBUNE

essayaient de saper l'influence

de la France

Ce qui est vieux dans cette histoi¬
c'est que de nombreuses rumeurs

plaît !" "Pas si vite, ces choses-là, ilfaut les faire, correctement.
dons La f'onpiiardia - iiahcki.onk

—...

La llosnic

nous a

pris cinq ans."

ou,

les

cer

UA l'aide, s'il vous

h tout le moins, de dénon¬

déportations et de rejoindre

In Résistance.

Dessin de l'crrcrcs paru

Enfin, il

y a

le "syndrome de

Vichy". La règle est qu'il faut nier les
ont circulé en 1994 au moment

des

France fait actuellement obstruction

tannique et américain, où le débat
contradictoire est pratiqué.
M. de Saint-Exupéry affirme que
la décision de François Mitterrand

faits, étouffer l'affaire et prétendre

investigations du Tribunal pénal
international (TPI) pour Pcx-Yougo¬
slavie parce qu'elle craint que l'autre

France est

aujourd'hui publiquement
des témoins, des per¬
sonnes qui y ont participé cl des
enquêtes officielles des Nations unies
et du Parlement belge. Cette "vieille

tribunal, celui

d'intervenir

sur

confirmé par

au

histoire"

Défense de l'actuel gouvernement
socialiste lui reproche de se livrera

massacres et ont

été démenties par

le gouvernement.
veau,

Ce qui est nou¬

c'est que l'engagement de la

fication

a

aussi

une

nouvelle rami¬

importante. Selon Patrick do

Saint-Exupéry, le journaliste qui est à
l'origine des révélations du Figaro, la

aux

ciers

Paris

sur

les crimes de guerre

demande à des offi¬
français de venir témoigner.

Rwanda,
a

ne

initialement soutenu le TPI.

Mais, aujourd'hui, le ministre de la

"justice spectacle" parce qu'il
s'inspire des systèmes judiciaires bri¬
une

COURRIER INTERNATIONAL N° 378

1 8

lever la

au

Rwanda

en

1992 pour

faisaient peser les
Tutsis sur le régime hulu relevait du
syndrome de Fachoda. (Allusion à la
confrontation franco-britannique au
Soudan au XIXe siècle, qui fut à l'ori¬
gine des frontières établies entre ces
deux sphères coloniales en Afrique.)
M. Mitterrand s'imaginait que les Amé¬
menace

que

DU 29 JANVIER AU 4 FÉVRIER 1998

qu'il
de

ne

s'est rien passé. 11

a

fallu plus

vingt

ans pour que les Français
commencent à faire toute la lumière
la collaboration du

régime de

Vichy

avec l'Allemagne nazie. Dans
le cas du Rwanda, les classes gou¬

françaises refusent une fois
plus de regarder en face les évé¬
nements passés. Le plus surprenant,
c'est qu'il s'agit en principe de dé¬
vernantes

de

fendre l'honneur national.

William Pfaff

�Linha

Imaginòt

Corrièr
4e trimèstre ds 1998
Montauban, le 20 juillet 1998.

Des pans entiers de la pourriture du monde ne sont jamais trai¬
tés : l'immonde pouvoir du fric, les nouveaux maîtres du
monde, la toute puissance des marchés financiers... la société
libérale... Tout cela me paraît grave, est-ce volontaire, calculé,
inconscient ? Pourtant une telle orientation pourrait être articu¬
lée avec votre "conception du régionalisme" vers la construction

Lettre

1957.

Réponse : li est vrai que nous avons tendance à penser sur la
Linha Imaginòt que la meilleure façon de "traiter la pourriture du
monde" c'est de construire du neuf. Il nous semble que pour lut¬
ter contre le pouvoir de l'argent il est indispensable d'éveiller
l'esprit des citoyens avec d'autres perspectives pour eux et
leurs communautés, ce qui relativise par là même ce pouvoir.
Nous avons la prétention de jouer dans la cour des grands et
de montrer que d'autres pouvoirs existent. Ce n'est qu'en
créant des contrepouvoirs qu'on peut lutter contre un pouvoir.
Et les flux financiers ont souvent la faiblesse de suivre les che¬

mins de la pensée ; la façon de penser le monde peut donc

être
compris financier.
Quant à notre "conception du régionalisme", il y a bien
sûr un grave contresens puisque nous sommes justement
opposés au régionalisme qui limite l'ambition des citoyens et
y

des communautés socio-culturelles.
Il semble que Daniel Colombo n'ait pas saisi l'ambition
de la Linha Imaginôt. C'est de notre faute. Il nous faut continuer
à travailler et à en débattre. (J-M B)

d'acòrdi axnb l'éditorial : cap al mond
que la Victoria de la còla de França de fotbal foguèt
tamben l'ocasion de l'expression d'un nacionalisme
"franchouillard"" coma disetz, que benlèu avetz pas
conegut a Toi osa o Montauban e que denega la paraula
de las minoritats, que vòl veire qu'una sola França
Soi pas

indivisibla

Miquèu Massai
N.D.L.R.: Voir page

siens.

Uzeste, je me sens très bizarre : je n'ai rien a faire d'autre que de
regarder faire ce que je fais à Montauban depuis quatorze ans au
côté de Félix Castan, directeur du Festival d'Occitanie
qu'il a fondé en
Dès que tu

telle action, sans expérience particuliè ■
cause de l'homme de ta vie, tu
deviens sans l'avoir voulu, LA responsable universelle.
A ce stade de prise de conscience, tu jures de ne plus t'y laisser
reprendre. C'est d'ailleurs cette conviction du "plus jamais ça" qui
t'aide a trouver les forces d'aller jusqu'au bout. Après viendront les
concessions : "... je recommencerai, a conditions qu'il y ait des équipes
assez nombreuses et un responsable solide a chaque poste". Rassuretoi: cela n'y changera rien. Quand LE problème se présente, il n'est de
la compétence de personne et tu dois le résoudre dans l'urgence, même
s'il n'est pas de ton ressort. Tu apprends en faisant.
Alors, la question c'est : pourquoi ? Pourquoi recommencer encore et
encore, en sachant d'avance qu'il n'y aura jamais les moyens suffi ■
scmts, ni humains, ni financiers. Que tu ne participeras pas aux débats
passionnants, que tu ne verras aucun concert, aucun spectacle, que tu
n'auras pas le temps de rencontrer tous ces artistes venus de loin.
Pourquoi acceptes-tu tout cela ? Est-ce, comme le supposait une amie
proche, pour ton épanouissement personnel ? Ta notoriété, ton presti ■
ge 1
Tu rencontreras beaucoup de gens qui te donneront de précieux
conseils : ils te proposeront la bonne formule bien rodée, toujours la
même pour que le business fonctionne.
A Uzeste, je suis chez moi ; je comprends cette course a l'impossible,
cet oubli de soi pour qu'autre chose naisse qui n'appartient a personne
mais a tous. C'est une tâche inaccessible, des solutions difficiles et
innombrables a trouver. Un combat aveugle, imprévisible, aléatoire.
re, en

unae

aux

vous

Daniel Colombo

pouvoir,

amie Laure* et

A

d'une réelle démocratie.
Bien à vous. Amitiés.

un

a mon

2.

Cher Sicre,

ton article dans Linha Imaginât.
Quoiqu'on dise ta revue est l'une des seules qui accepte
le débat..,. Après tout tu es un des plus positifs des négatifs
au niveau du débat. Dommage que tu ne sois pas venu à
mon expo chez Girard j'avais fait un portrait de toi.

Je te remercie pour

Amitiés.
Ben

•

t'investis dans

une

épousant naturellement la

as terriblement peur. Migraines, nausées. Tout
perdu. Et puis un point de non retour est dépassé et "Festival"
vit sa propre vie. Il va où il veut, lourd de toute cette énergie commu ne, de cette tension. Tu apprendras plus tard ce qu'il a été en décryp tant les cassettes enregistrées, en écoutant les anecdotes que tu n'as
pas eu le temps de vivre. Au long des mois reviendront les échos des
mille festivals vécus par chacun dont aucun ne ressemble a l'autre. Tu
te sentiras riche et comblée. Tellement forte que tu te sentiras prête a
repartir pour que cette entité "Festival" commence une nouvelle gesta tion et s'enfante lui-même l'année suivante.
Je ne souhaiterais pas a mon pire ennemi de vivre cette agonie néces saire pour que la renaissance ait lieu. Mais d'armée en année, j'aime
davantage mes amis d'Uzeste pour leur talent, leur efficacité, leur
réussite grandissante - et toujours a reconquérir - qui me réconforte et
m'encourage.
Organiser un festival, c'est le risque absolu ; tu apprends a aimer la
difficulté qui t'aide a te dépasser, a te reconnaître en te construisant
avec d'autres que tu n'as pas forcément choisis. Une vie de famille
généreuse et exigeante.
Organiser un festival, c'est une grave maladie : tu peux en réchapper,
mais tu n'es plus jamais la même, qu'avant.

Tu t'acharnes. Tu

semble

Je pense a toi, je vous

remercie d'être fous.

Betty Castan Daël
Paru dans VUzeste n°2

*NDLR

45

:

Laure Dutilleul

-

Compagnie Lubat

�Linha

Imaginòt
Corrièr

4e trimèstre de 1998

SOUSCRIPTION
Réponse à Claude Sicre à propos du tract "D.R.A.C. fòra d'òc"
Les Bâtisseurs de la marge
de Nathalie Boudé, 272 pages

Cher Jeune Castan,
"Le vaste ciel n'est pas
En

dérangé par le vol des nuages blancs."
guise de réponse cette citation de Sekito Kisen, éminent

Prix

Prix de souscription : 95 Frs
public de diffusion à partir de Décembre 1998

:

135 Frs

Maître chinois du Boudhisme Zen (700-790).

Que faire "lorsque devient impossible ce qui est
imposé ?" L'impossible, à savoir, détenir un emploi. Que
faire pour dépasser la honte, ie conditionnement, la peur,
le sentiment angoissant d'une inexorable fatalité et le
lente dégringolade au rythme de revenus de plus en plus
réduits ? Comment trouver sa place dans la société lors¬
qu'on ne correspond plus aux normes en vigueur ou lors¬
qu'on ne s'en satisfait plus soi-même ?
Les réponses à ces interrogations, je suis allée
les chercher non pas chez les économistes, les socio logues ou autres penseurs mais au sein des réseaux de
citoyens. Dix-huit mois durant, j'ai rencontré et interrogé
ses libres chercheurs, ses militants de l'espérance, ses
paysans résistants, ses poètes... Dans Les bâtisseurs de
la marge, j'en rapporte les initiatives et les batailles, en
quatre parties thématiques : lutte contre le chômage,

Cordialement.
Jeune Ben

Cher Claude,

retours à la terre, économie alternative, décentralisation
culturelle. Enfin, s'ajoute au récit d'expérimentations

Bonjour ! Juste pour ton info, une copie de Chl'Arménaque ou un
"roman-photo" fait écho au Forum des langues 98... pour 99 j'y
évoque déjà l'idée... que l'on pourrait tenter de faire par "ichi"
quelque chose qui viendrait au Nord mais "à vos côtés" poursuivre,
compléter l'aventure de la décentralisation culturelle. La chanson
"Coupés de Monde" me plaît bien. J'attends votre album.
Adè è-pi bin amiteur'mint.
Christian Dequesnes

sociales et

m'accorder une bourse.
Journaliste free-lance, mère de deux enfants, j'ai

accompli moi-même, à 32 ans, suite à cette recherche,
un changement radical. Installation à la campagne, dans
l'Ardèche natale de mon compagnon pour tenter de vivre,
malgré le chômage, ce que j'ai cherché chez les autres
pendant ces deux dernières années : autonomie de sub¬
sistance et travail sensé, solidarité de voisinage et
citoyenneté.

à Mr Sylvain AUGIER
"Faut pas
FRANCE 3

aux réflexions critiques un guide pratique :
répertoire d'adresses de tous les réseaux cités.
"L'originalité de la démarche est, paradoxale ment, d'envisager les côtés positifs de l'exclusion en
replaçant celle-ci dans la problématique plus générale de
la citoyenneté" rapportait le quotidien Le Monde (16
Décembre 1995) à la présentation publique du projet
d'enquête pour lequel le mécénat Anvie/Seita venait de

rêver"

Monsieur,

Nathalie Boudé
J'ai suivi

grand intérêt l'émission de "Faut pas
rêver" du 4/9/98 sur le gigantesque télescope de Zeienchouk,
dans le Caucase russe. J'ai particulièrement apprécié l'ironie
du commentateur, soulignant l'absurdité d'avoir placé cette
merveille technologique sur un site "aussi médiocre" car
presque toujours perdu dans les nébulosités. Et, tout cela, pour
des raisons idéologiques, comme vous l'avez souligné sans le
avec un

La dernière

partie "Décentralisation culturelle"

est, en fait, consacrée à la Linha Imaginot. C'est le pre
mier travail complet

réalisé sur la Linha Imaginot. Nous

publié certains extraits dans
(J-M B)

en avons

34.

nos

numéros 33 et

commenter...avec votre humour habituel,..
Vous est-il

gique

venu

à l'esprit que la merveille technolo

-

que nous devons au

grand Gustave Eiffel se trouve dans
la même situation que le télescope de Zeienchouk? Elle n'est
évidemment pas au bon endroit ! A quand une émission de
"Faut pas rêver" traitant du centralisme, face cachée du
"génie français"?
Toujours à votre disposition pour de bonnes idées!
Cordialement

Thierry Rougier

46

Commandes à

Nathalie

Boudé

Le

Bois

au

Gamillon 07200 Saint Michel de Boulogne.
95 F par exemplaire, plus frais d'envoi :
25Frs

de

1

à

2

livres

mais

65Frs de

6

à 8.

Chèque à l'ordre de Nathalie Boudé, encais¬
sé à parution de l'ouvrage.

-

�Linha

Imaginòt

On the

4e trimèstre de 1998
Concerts

T

:

femaioazes T

9 novembre à

04 68 78 17 07.

:

Chourmo, le Tipi et Lo Liame. Et
Ragga Baieti de la Castagnade au

Massilia Sound System
: 18
décembre à Castres (81),'19 dé¬

Balthazar.

Montréal (Canada), 13 novembre
à

cembre à Decazeville

Bibliothèque 13001 Marseille T

:

Québec (Canada), 21 novembre

à

(12). Ròker

Cergy Pontoise (95), 27 novem¬
bre à Paris (75) - Le Trianon, 3 et 4
décembre à Paris (75) - Le Bata¬

Cedex 3T: 06 08 99 59 22.

clan, 5 décembre à St Quentin

Footeuses de oai

Fallavier (38), 12

Marseille (13)

Vaux

novembre à Mazamet (81).
Escambiar Productions 9 rue

rue

T

:

décembre à
(86). Willing Productions 17

Valentin 31400 Toulouse

05 61 53 85 06

T

Fabulous Trobadors

:

13

Egletons (19), 14 novembre
à Bourges (18), 17 novembre à
Lyon (69) - Transclub, 20 novem¬
bre à Annecy (74), 4 décembre à
Ris-Orangis (91), 5 décembre à
Nantes (44) - Palais des Congrès,
9 décembre à Paris

(75) - Les
étoiles, 12 décembre à Angers
(49). Aedes d'oc 9 rue ArnaudBernard 31000 Toulouse T
:

-

26 novembre à

:

:

:

05 61 21 33 05

:

:

04 91 92 61 06.

(82):

journées annuelles L'Age médié¬
Saint

Jacques de Compostelle

par

Aline Tomasin, Belleperche et
Grand Selve, l'empreinte cister
cienne par

Jean-Michel Garric, les

bastides du Sud-Ouest par
Claude Pons, les origines de

Xenofil

Larrazet par Jean-Michel Garric.
Table ronde "Qu'est-ce que
l'Occitanie médiévale avec

28 novembre à Marseille

:

(13). Silvan Chabaud Les Colles
méridionales 83440 Tourettes T

:

04 94 761105.

Mannijo : 28 novembre à Perl
(Sarre). Mannijo 17 rue de la

puis

Association

:

4 et 5 décembre

à Albi

(81), 11 décembre à Pau
(64). Marilis Orionaa 64300

scellé

Balansun

65200

publication de Le pays

:

de Gilles Lades.

Editions

Cadratins 1 allées Jean

Jaurès

Bagnères de Bigorre T/Fax:

05 62 95 30 35.

Compagnie Lubat

:

11 novembre

à Ne vers

6 novembre

Mans

conférence

(58), 14 novembre au
(72), 27 novembre à Paris
(75) - Le Trianon, 4 décembre à
Chatou (78), 5 décembre à Mar¬
seille (13), 11 décembre à Albi (81)
(André Minvielle), 12 et 13 janvier
à Strasbourg (67), 15 janvier à St
Denis (93). Compagnie Lubat
33730 Uzeste T
Fax

:

:

05

56 25 38 46

05 56 25 36 12.

Gacha

Empega : 20 novembre à
Roubaix (59), 25 novembre et 10
décembre à Marseille (13) l'intermédiaire, 17 décembre à
Labruguière (81), 18 décembre à
Castres (81), 19 décembre à
Decazeville (12). Micmac 26 A rue
de la
T

:

bibliothèquel3001 Marseille

04 91 92 61 16 Fax

:

04 91 92 61

André

Courneuve, Bernard Lubat
duo

14 novembre à

Bourges (18), 10 décembre à
Marseille (13) - l'Intermédiaire, 18

salent

Dupuy.
:

05 63 20 72 59

/

l'aspect
avant-garde occitane d'Uzeste
Musical ; peu de lieux musi eaux ou artistiques défendent
cette option, la Compagnie
Lubat l'affiche clairement

61 16 Fax: 04 91 92 61 06.

à Aurillac

:

vingt-et-unième édition et
animateurs font

ses

festival de contes

comme

Rapatonadas
avec Claude
Alranq, Praline, Gay
Para, Rémy Boussengui, Thérèse

s'ils

Canet, Pierre Dumur, Lise Gros,

Lubat

Didier

Huguet, Ben Zimet, Xavier

venaient récemment dans les

se

trouvaient devant

une

blanche. Ça transparais¬
également quand Bernard

page
sait

ou

Dédé Minvielle inter¬

Fax

C.I.C.

BP 3 83440

Orlhac Cedex T

:

04

602

71 64 34 21

04 71 48 19 63.

:

Fayence T : 04 94 76 96 58.
4 décembre à
6 novembre

Marseille (13)

au

10 décembre

à

concert

Lézignan Corbières:
"Musiques vives".

Bar l'Intermé-diaimusiques
d'Occitanie et du pourtour médi¬
terranéen, avec Lo Dalfin, Gacha

GRECA T

Empega, Hakim Hamadouche,
Xenofil, Cinqui So et Pedro

(84): spectacle de et par André
Benedetto San

Aledo, Lo Seriol, Nux Vomica,

des Carmes 6

re

:

-

3e festival des

Delfina

Aguilera, Dupain,

Amanda'Mer, Oriental Fusion, En
tout et contre vers

L'Intermédiaire 63

(gratuit).
place Jean

:

04 68 79 23 66 /

12 et 13 décembre

à

Avignon

Jòrgi Ròc. Théâtre
place des Carmes
84000 Avignon T : 04 90 82 20 47
Fax: 04 90 86 52 26.

18

au

31 décembre à Uzeste

(33)

7e Hiver d'Uzeste Musical

T

stages, séjours et nuits manifes

:

04 91 47 01 25.

Marseille :discuti-

da "Une culture occitane, Où
au bar de l'Intermédiaire.
L'activité occitane

au

ça?"

bar de

Micmac, Massilia

:

avec

-

Compagnie Lubat 33730

Uzeste T

:

05 56 25 38 46 Fax

:

05

janvier à Aurillac (15) : jornada pedagogica occitana. Ostal

17

occitan 9 ciutat clar-viure BP 602

Fax

:

non-connaissance des

langues de France que sur sa
non-compréhension de l'évo lution des langues les unes
par rapport aux autres (c'est
peut-être lié). Pour lui il existe
un "rouleau compresseur" de
l'anglais dû à "l'impérialisme
économique américain". Son
idéologie et son racisme anti¬
américain le guident alors
pour dire que l'anglais ne doit
pas être enseigné en France !
En revanche, pour

certains
la connaissance de
l'anglais serait synonyme

pays,

56 25 36 12.

Orlhac Cedex T

Hagège. Léger désaccord avec
Claude Sicre ou complément
au sujet du médiatique lin
guiste. Claude Hagège est
peut-être moins criticable sur
sa

04 68 27 14 52.

Jaurès 13006 Marseille

mesclanha latina 11230 Chalabre

thèquel3001 Marseille T : 04 91 92

22 novembre

au

:

Uzeste Musical vient de vivre

20 H 30.

dations

-

-

radios. (René Duran)

Josèp le Gavach : 15 novembre à
Aigues-Mortes (30), 27 novembre
à Baillargues (34), La coquina

de la biblio

-

tabac. Ils confir

médias entre autres dans les

Bonnet,
Alessi
Delumbria, langue et éducation
populaire aujourd'hui par Peire
Simiand, Linha Imaginòt et
regard extérieur par Jean-Marc
Buge, l'avenir de la langue et
calandreta par Boris Burle. Débat
avec Gacha
Empega et les asso -

rue

un

en

Dédé Minvielle fai

Vidal et Vocal elastic. Ostal occi¬

l'Intermédiaire par Marc
l'occitan à Marseille par

décembre à Castres (81), 19
décembre à Decazeville (12).

avec

tan 9 ciutat clar-viure BP

14 novembre à

Micmac 26 A

10

tives.

:

05 61 32

Fayence (83) :
Jacques
Nikonoff: "Un travail pour tous" à

à

avec

06.

Nux Vomica

:

volonté d'accentuer

05 63 20 72 34.

novembre

Ayda T

98 68.

sa

Marilis Orionaa

pu

Jean-Louis Gasc, Benoit Cursente,

Maison de la culture 82500

:

a

témoigner de l'inexistence
d'une guerre civile en Algérie
ainsi que de la maturité et de
la volonté des citoyens du
pays décidés à aller vers une

maient dans les coulisses leur

Larrazet T
Et

d'octobre. Elle

mois

a

la France durant le

parcouru

Philippe Martel, Jacques Goure,

Castan, Mireille Mousnier et

05 61

Algérie. Une délégation
d'associations algériennes

A la fête de l'Humanité de La

Guy Ahlsell de Toulza, Félix
:

Cortetas... Cortetas...

réelle démocratie. (J-M B)
-

Fax:05 61 23 49 69-

Perdrix 57100 Thionville T/Fax
03 82 54 43 95.

05 61 23 49 69.

04 91 92 61 16 Fax

de la

rue

val. Moissac et les chemins de

Le Balthazar, 28

novem¬

bre à

A

14 et 15 novembre à Larrazet

Arnaud-Bernard 31000 Toulouse.

Fax: 0561 5309252.

21 33 05 Fax

Promocion BP 70 13303 Marseille

Micmac 26

•..

:

04 71 64 34 21

04 71 48 19 63.

d'ouverture... (?). Le nationa¬
lisme
sous

français se cache parfois
des apparences trom -

peuses.

(J-M B)

France. Lionel

23

janvier à Aurillac (15) : bal de

la Caneta. Ostal occitan 9 ciutat

clar-viure BP 602 Orlhac Cedex
T: 04 71 64 34 21
Fax: 04 71 481963.

47

Jospin

annon¬

France devrait signer
européenne pour les
langues moins répandues. A
que la
la charte
ce

suivre. (J-M B)

�&lt;*3

(*z&gt;

'p

^

cr

&gt;r- ai

Cl

o&gt;

cd

&gt;

05-

cr

&gt;

m
o

o

q.

t3

c/5

a.

0) rte

E.

OtQ

_± Ti

-j^oSm°o
o

—x

m

MdQuoanrties. CMLiacrh.òt,p:/wmygleo09sn

ldMdtdlr'dRGIimenuésseravoeetocucinuitatosailrSC BJoun-Mjarc VPBDeehirridsltapavnd,oschABEBNJCDJJGvaoeiu-aia-qnu-ueMFnPidjgFdè.s.éào,,,,Vlòt.7506TM86F2n0t::a383lbxTB1S48940o.1AuclrdR21152esièLa

publicaon p:uci Joan-Mrc Avien, DVaen L:. JVenz.ac, bldae Médiatons 9drmèe8t

Imaginât ldFoandeator Ddirpeubeclictaoorn re:dacion CLomip:zsican MInate:triàs dCormedeaictaion SPL.tur.el, 4Adcra:e2rçièas Esta:mpire 4lé:geal 810:66-7 A47CP8:6SA9P
Linha

de

Cap

Sèti

Sicre,

Depos IS N
N°

N°

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
  </fileContainer>
  <itemType itemTypeId="26">
    <name>Revista</name>
    <description>Item type spécifique au CIRDÒC : à privilégier</description>
    <elementContainer>
      <element elementId="127">
        <name>Région Administrative</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="664259">
            <text>Languedoc-Roussillon</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="163">
        <name>Type de périodique</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="716159">
            <text>Revistas literàrias e artisticas = Revues littéraires et artistiques</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
    </elementContainer>
  </itemType>
  <elementSetContainer>
    <elementSet elementSetId="1">
      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="50">
          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664241">
              <text>Linha Imaginòt. - Annada 09, n° 36 novembre de 1998</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="86">
          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664242">
              <text>Linha Imaginòt. - Annada 09, n° 36 novembre de 1998</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="39">
          <name>Creator</name>
          <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664243">
              <text>Buge, Jean-Marc. Directeur de publication</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="45">
          <name>Publisher</name>
          <description>An entity responsible for making the resource available</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664245">
              <text>Institut d'estudis occitans (Toulouse)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="664279">
              <text>Grande révolution des quartiers du monde (Toulouse)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="40">
          <name>Date</name>
          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664246">
              <text>1998-11</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="94">
          <name>Date Issued</name>
          <description>Date of formal issuance (e.g., publication) of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664247">
              <text>2019-06-05 FB</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="98">
          <name>License</name>
          <description>A legal document giving official permission to do something with the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664248">
              <text>Certains droits réservés</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="46">
          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664249">
              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/de0aa6ecb5d0ff596d7d989d9b0f2d39.jpg</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="664250">
              <text>http://www.sudoc.fr/040001563</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="104">
          <name>Is Part Of</name>
          <description>A related resource in which the described resource is physically or logically included.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664251">
              <text>Linha Imagin&amp;ograve;t (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/20846" target="_blank" rel="noopener"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="42">
          <name>Format</name>
          <description>The file format, physical medium, or dimensions of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664252">
              <text>application/pdf</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="664253">
              <text>1 fasc. (47 p.) ; 30 cm</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="44">
          <name>Language</name>
          <description>A language of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664254">
              <text>fre</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="51">
          <name>Type</name>
          <description>The nature or genre of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664255">
              <text>Text</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="664256">
              <text>publication en série imprimée</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="116">
          <name>Temporal Coverage</name>
          <description>Temporal characteristics of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664257">
              <text>19..</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="43">
          <name>Identifier</name>
          <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664260">
              <text>http://occitanica.eu/omeka/items/show/21268</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="664261">
              <text>FRB340325101_KI-5_1998-11</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="47">
          <name>Rights</name>
          <description>Information about rights held in and over the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664267">
              <text>Linha Imaginòt</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="49">
          <name>Subject</name>
          <description>The topic of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664268">
              <text>Mouvement occitan</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="664269">
              <text>Musique -- Occitanie -- Histoire et critique</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="664272">
              <text>Décentralisation</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="664273">
              <text>Chansons occitanes -- Histoire et critique</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="41">
          <name>Description</name>
          <description>An account of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664270">
              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bulletin du secteur &lt;em&gt;Musica&lt;/em&gt; de l'Institut d'&amp;eacute;tudes occitanes, la &lt;em&gt;Linha Imagin&amp;ograve;t &lt;/em&gt;contient l'actualit&amp;eacute; de la cr&amp;eacute;ation musicale occitane ainsi que de nombreux articles sur les festivals d'Uzeste, de Larrazet et le Forum des langues du monde de Toulouse. On peut aussi y lire des textes de&amp;nbsp; r&amp;eacute;flexion sur la d&amp;eacute;centralisation, la d&amp;eacute;fense des langues et des cultures. La publication est ouverte aux d&amp;eacute;bats et donne la parole &amp;agrave; ses lecteurs dans une importante rubrique &amp;laquo; Courrier &amp;raquo;, elle comprend enfin une revue de presse et des comptes-rendus de lectures.&lt;/div&gt;</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="664271">
              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bulletin del sector Musica de l'Institut d'estudis occitans, la Linha Imagin&amp;ograve;t conten l'actualitat de la creacion musicala occitana e d'articles nombroses suls festenals d'Us&amp;egrave;ste, de Larraset e lo &lt;em&gt;Forum des langues du monde&lt;/em&gt; de Tolosa. Se p&amp;ograve;t tanben i legir de t&amp;egrave;xtes de reflexion sus la descentralizacion, la defensa de las lengas e de las culturas. La publicacion es dob&amp;egrave;rta&amp;nbsp; als debats e&amp;nbsp; balha la paraula&amp;nbsp; als legeires dins una rubrica&amp;nbsp; &amp;laquo; Courrier &amp;raquo;,&amp;nbsp; compren enfin una revista de premsa e de comptes renduts de lecturas.&lt;/div&gt;</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="37">
          <name>Contributor</name>
          <description>An entity responsible for making contributions to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664274">
              <text>Sicre, Claude</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="664275">
              <text>Castan, Félix-Marcel (1920-2001)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="664276">
              <text>Loubère, Isabelle</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="664277">
              <text>Brunel, Anne</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="664278">
              <text>Pujol, Michel</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="664418">
              <text>Gaudas, Jacme</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="48">
          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="823725">
              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, KI 5</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
    <elementSet elementSetId="8">
      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="173">
          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664262">
              <text>Mediatèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="174">
          <name>Sous-Menu</name>
          <description>Le sous-menu dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664263">
              <text>Bibliotèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="172">
          <name>Type de Document</name>
          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664264">
              <text>Numéro de revue</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="182">
          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="664266">
              <text>Documents</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="171">
          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="722783">
              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
  </elementSetContainer>
  <tagContainer>
    <tag tagId="148">
      <name>Cultura occitana = Culture occitane</name>
    </tag>
    <tag tagId="1561">
      <name>Musica occitana = Musique occitane</name>
    </tag>
    <tag tagId="319">
      <name>Occitanisme = occitanisme</name>
    </tag>
  </tagContainer>
</item>
