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                  <text>Publication del sector musica de l'Institut d'Estudis Occitans

e

de la

GRQM. T rimestral. Febrièr de 1999

Le triomfe de la démocratie américaine*

I) Clinton
L'affaire Clinton

a

été l'occasion d'un

nouveau sursaut

de

chauvinisme

français. Nos élites intellectuelles, politiques et artis tiques s'en sont donné à coeur joie, et les petits encadreurs du peuple
ont suivi, dans leurs
petits partis, leurs petits journaux, leurs petites
sphères de petite influence. Quels minables, ces Américains, qui font
de telles histoires pour quelques
mensonges du président et quelques
incartades sexuelles ! Tous puritains, obsédés-hypocrites, cyniques
prêts à utiliser tous les arguments pour affaiblir le pouvoir en place,
pour vendre de la copie, etc, etc. C'est pas chez nous que ça arriverait.
Non c'est pas chez nous que ça arriverait. Parce que nous
sommes

très loin des

JAMAIS chez

U.S.A.,

en

matière de démocratie. Parce que

président ne pourrait être destitué, même s'il
manquait gravement aux lois, comme le fut Nixon**. Et que, pour
qu'un président soit destitué pour fautes graves, il faut des institutions
et des moeurs fortement
démocratiques. Et que, quand on a des institu¬
tions et des moeurs fortement démocratiques on prend le risque de la
démagogie, on sait ça depuis les Grecs. Qui ne risque rien n'a rien. Le
risque de la démocratie c'est la démagogie. Et tous les anti-démocrates
tirent parti des dérives dues à la démagogie pour critiquer la démocra¬
tie et l'empêcher de s'approfondir. Les Américains ont pris ce
risque.
Et ce sont les mêmes moeurs qui ont permis de destituer Nixon
qui
permettent aujourd'hui d'embêter Clinton, à juste titre en partie,
d'ailleurs (mensonges).
11 semble aux dernières nouvelles (septembre)
que le peuple
américain soit lassé des attaques contre Clinton. Eh ben voilà : il va
mettre un terme, en tant que plus fort des contre-pouvoirs, aux
attaques des contre-pouvoirs institutionnels. L'Amérique est grande. Et
nous un

les élites

françaises minables (tout juste bonnes à se laisser rouler dans
cynique comme Mitterrand et à tolérer que les
députés s'amnistient eux-mêmes pour toutes sortes d'affaires louches.
Heureusement que le modèle américain a influencé les petits juges et
de plus en plus de gens, vivement que
ça bouge encore plus).***
Nous formulerons comme suit, en C.Q.F.D.
théorémique, la
la farine par un menteur

conclusion de notre réflexion.

Démocratie
Théorème de Sicre

*

NDLR

: Orthographe choisie par l'auteur
Qui démissionne avant d'être destitué. : NDLA
***Giesberg, du Figaro àTFl : "Cette affaire Clinton est une honte. On veut
tuer les élites. Ici c'est les attaques contre les ministres à propos
du sang conta¬
miné, etc" 11 n'a pas dit "contre Tibéri" mais... Voilà à quoi sert chez nous l'af¬
**

faire Clinton.

Les lois, les institutions et les moeurs
qui auraient pu
empêcher la dérive spectaculaire de l'affaire Clinton auraient empê¬
ché la destitution de Nixon. Les grandes démocraties se reconnais¬
sent au fait qu'elles sont toujours prêtes à être bouffées
par la déma¬
gogie. C'est le risque. Les démocraties tenues en main par les élites
ne
risquent pas ces dérives. Parce qu'elles tiennent plus des régimes
aristocratiques que de la démocratie.

�Lin ha

Imaginòt

1èr trimèstre de 1999

II) Halitni
page

Serge Halimi publie Les nouveaux chiens de garde (LiberRaisons d'Agir, 4° trim 97, petit livre à 30F). Excellente analyse des

Vétéran et ancien médiateur du
Washington
Richard Harwood explique ainsi la métamorphose

abus /

magouilles de la presse française ("dans un périmètre idéolo¬
gique minuscule, informations oubliées, notoriétés indues, services
réciproques" etc, etc). À lire absolument. Venons-en à nos moutons Halimi est un homme de gauche plus ou moins radicale-extrême. Or,
quand il veut trouver des exemples d'Etat (de nation, de peuple, de
gouvernement, de lois) qui organisent le pluralisme et la démocratie,
où va-t-il uniquement et systématiquement les chercher ?
Lisez vous-mêmes

page

profession

Quelques semaines plus tard, L'Express mit pareillement
en cause la
garde à vue infligée pendant « plus de douze
PDG

d'Alcatel-Alsthom

: «

Le

juge aurait-il agi

un peu
de Pierre Suard

empêche

un

dirigeant d'entreprise de diriger

page

Les journalistes américains

leurs lecteurs
conflit

se

font

en

général

leurs auditeurs de l'existence

ou

(ou d'une collusion) d'intérêts

entre

un

devoir d'informer

possible d'un

leur propriétaire et

l'information

qu'ils relatent. Ainsi, abc (qui appartient au groupe
(qui appartient à General Electric) le rappelleront
presque chaque fois qu'ils traiteront d'une information intéressant

Disney)

ou nbc

directement leur
le

principal actionnaire

propriétaire de

cette

chaîne,

: «

Disney, qui

est

...».

85

avec

*

:

Avertissement

lecteur

le

plagiat, qui constitue une forme de
jamais sanctionné par la profession.
déjà convaincus d'avoir eu recours à ce procédé
au

:

vol intellectuel, n'est presque

Pis, des

auteurs

continuent de bénéficier des faveurs

technique la plus
son

analyse et

général

sur un

à l'évidence de

même
rendu
ce

courante

ses

médiatiques. En France, la
consiste à piller l'article d'un confrère,

données,

tout en

le citant

une

seule fois,

point tout à fait accessoire. Quand il

est

en

confronté

rapine, le malfaiteur pris en flagrant délit a
parfois l'audace de répliquer : «Vous avez vu que je vous ai
hommage»... Dans la presse américaine, une pratique de
sa

type entraîne le discrédit

professionnel du coupable; dans les
ou du
professeur.

universités, l'exclusion définitive de l'étudiant

au

Figaro, Jean Bothorel
en

ce

en a

été chassé

la

gloutonnerie
quotidien, Franz-

cause

laquelle deux des vedettes de

été consacrés par Le
Figaro au
De Gaulle! C'est donc sans

livre d'Alain Peyrefitte sur
surprise que, peu après son
licenciement, l'auteur impertinent a dû découvrir dans
ce
qui était devenu son ancien journal un article signé
Alain Peyrefitte, et faisant, sur six colonnes,
l'éloge du
dernier « beau roman » de Franz-Olivier Giesbert86.
Avouons-le : le sujet prête si facilement à sourire
auteur

de

ces

lignes,

que

jeune, s'étonne un peu
fin de carrière, n'ayant plus rien à
encore

journaliste en
redouter, ne lui ait pas encore consacré tout un volume
revigorant. Qui ? quand ? où ? comment ? pourquoi ? Aux
États-Unis, certains quotidiens « interdisent formelle¬
qu un

43

page

ne

Olivier Giesbert, directeur de la rédaction, et Alain
Peyrefitte, président de son comité éditorial (et membre
de l'Académie française), s'étaient
appropriés les
colonnes du journal pour faire célébrer leurs
y
ouvrages.
D'après Jean Bothorel 85 quinze articles auraient ainsi

1
note

Dans le temps, nous

:

Journaliste

-

*

: «

l'année dernière. 11 avait mis

son entre¬

prise!»20. Ni elle, ni Michèle Cotta, la présentatrice de
l'émission, ne jugèrent nécessaire d'alerter les téléspec¬
tateurs de France 2 sur les liens
qui existaient à l'époque
entre Alcatel et
L'Express*. Et - est-ce une coïncidence?
depuis quelques années les journalistes de marché s'in-

États-Unis

l'existence des gens ordinaires : nous en fai¬
sions partie. Nous vivions dans les mêmes
quartiers. Les
reporters se percevaient comme membres de la classe ouvriè¬
re [...]. Et
puis, des gens plus instruits sont devenus jour¬
nalistes; le salaire a augmenté; des jeunes toujours mieux
formés ont voulu intégrer la profession. Auparavant, les
reporters avaient un niveau de vie légèrement supérieur à
celui de leurs voisins de quartier, les ouvriers.
Depuis les
années 80, les reporters ont un niveau de vie
légèrement
inférieur à celui de leurs voisins de quartier, les avocats et
les patrons. Or les milliers de
personnes qui reçoivent des
salaires annuels supérieurs à 100000 dollars
sculptent
l'image que le public se fait du journalisme [...]. Et leur
vie quotidienne les rend effectivement
beaucoup plus sen¬
sibles aux problèmes des
privilégiés qu 'au sort des tra¬
vailleurs payés au salaire minimum » 70. En France, ce
genre d'observation serait jugé un peu vulgaire. Surtout
par les quelques professionnels payés le plus cher.

37 :

vite ? Une certitude : la mise en
examen
risque de nuire à la réputation
internationale du groupe»11. Quand Pierre Suard fut
inculpé pour de bon, Sylvie-Pierre Brossolette, alors
journaliste à L'Express, dénonça à la télévision la sévérité
de la sanction : « Il y a en France des cris d'orfraie
dès que
quelqu'un gagne un zéro à côté d'un zéro». Ayant utile¬
ment
rappelé l'éternelle jalousie des pauvres, elle s'en
prit ensuite aux juges, trouvant leur « attitude tout à fait
étonnante. Ils se permettent d'attaquer ministres et
patrons
sur le même mode
[...]. C'est la première fois qu'on

aux

Post,
de la

décrivions pas

:

heures» à Pierre Suard, alors

65 :

ment»

à leur rédaction

en

chef de confier la

critique d'un
quiconque connaît l'auteur, ou a lui même écrit
ouvrage dont l'auteur aurait précédemment rendu

livre à
un

compte, ou « entretient des liens étroits
souvent citée dans le livre en

avec une

personne

question» 87. Disons que ces
consignes, parfois difficiles à respecter, sont chez nous
enfreintes dans une impudence tellement
joyeuse qu'elle
étonne les pays

étrangers.

�Linha

Imaginòt

Democracia
ì èr trimèstre de 1999
Rien à aouter à cet article du Canard Enchaîné

III Universités

La France
..

"

JP RANCE,
mère des arts,
des lettres et des lois
?
m

»

Ils sont de moins en moins nom¬
breux en Afrique à adhérer aux
cocoricos culturels du très oublié
Joachim du Bellay. Dans une

enquête très détaillée, « Le
Figaro » (8/12) relève en effet
que l'Hexagone n'a plus la cote
chez les étudiants de
nent. Ni des autres

baisse de facultés

en

guère colonisés

la France.
n'attirons
plus que 60 000 étudiants du
Maghreb, contre 75 000 il n'y a
pas plus de six ans. Grands
bénéficiaires de cette désertion,
les Etats-Unis, où, remarque
Le Figaro », la quasi-totalité
par

C'est ainsi que nous

«

des ministres et hauts fonc¬

conti¬

tionnaires adressent presque

continents,

systématiquement désormais
leur progéniture pour des études
supérieures. Bien la peine de se
gargariser chez nous de grandes

ce

d'ailleurs.
En dix ans, « la proportion
d'étudiants de toutes les natio¬
nalités dans les universités fran¬

tirades

sens

de

chuté de 12,5 à 8,5 %
(121 624 personnes). Une chute
particulièrement sensible pour

l'accueil et notre vocation

pla¬

les ressortissants des pays na¬

tant

çaises

» a

quelques
reflexions-informations qui vont
nous permettre, maintenant,
(même si nous aurons à en pro duire

d'autres) de

nous attaquer

à

du combat¬

des candidats à l'immi¬

»

critique des lois, institutions et

moeurs

Voilà

notre

nétaire.
« Le
parcours

la

Conclusion

sur

étasuniennes

avec un

recul

intelligent, et non en sui

-

vant

l'hystérie gaucho-commu

-

niste, gaulliste, extrême-droitière,
franchouillarde et autres que
nous entendons si souvent. Les
travers

(9/12/98)

des U.S.A., on ne

sait les

gration universitaire française
(visa obligatoire, « casse-tête des
préinscriptions », etc.) n'est pas
seul en cause. Quand il s'agit
d'établir des quotas et des
numeri clausi, les States peu¬
vent aussi

se

révéler cham¬

pions. En revanche, tous les ex¬
étudiants interrogés s'accordent
pour dire que logement, petit
boulot, intégration, etc., tout
s'avère « plus simple » aux
Etats-Unis, pays où, par sur¬
croît, relève un producteur
audiovisuel africain, « la com¬
pétence prime. Vous pouvez être
noir, jaune ou blanc, si vous
apportez quelque chose, on vous
prend ». Et, à l'occasion, au som¬

voir que

quand on connaît ses
qualités. Relativisées et historicisées, donc. Quelques articles
illustratifs ici publiés (page sui vante, ainsi qu'un sur le sport
pages 44 et 45 qui, répondant en
passant à un lecteur intervenant
dans le dernier n°, nous parle

met. Boeing s'honore ainsi d'un
vice-président marocain, passé
aux Amériques après des études
en

France.

Grinçant commentaire d'Ibrahima

Sali, ministre du Plan
sénégalais formé à HEC, mais
aussi en bonne part aux EtatsUnis : « On ne peut pas avoir
colonisé un pays, lui avoir
imposé - souvent par la force une autre langue et avoir obligé
ses étudiants à employer l'impar¬
fait du subjonctif pour leur
répondre ensuite qu'on n'a pas
besoin d'eux. »
Si justifiée soit-elle, c'est une
conclusion qui ne rend pas très

Allègre.

aussi de la peur

de l'Amérique,

qui est TOUJOURS
la démocratie et

une peur

de

mépris du
peuple) contribueront, nous l'es¬
pérons, à hisser le niveau du
un

débat

SOMMAIRE
Democracia
Le triomfe de la démocratie américaine
La France en baisse de facultés

Grosse fatigue
La Démocratie

---

L'"exception française" nous coupe du monde
Le débat, l'action et la politique
Deux ou trois choses que je sais sur l'Occitanie médiévale ■ ■
Assises Culturelles Nationales en Région Picardie : VIGIES
Monsieur Claude Sicre,
Trois clichés sur les sports populaires
L'abjection
Elus alsaciens contre Charlie
Lettre ouverte à Lionel Jospin
Mosur lo Chap redactor de Charli-ebdô
ADAM! = un panier de crabes ?
La SACEM fait vivre ceux qui nous font rêver trimer
Pour une francophonie plurielle
Manifeste per to teatre d'Oc
Lecturas

1
3

4
4

apprivoisée
Musica

Motivés les frangins !

5

Xavier Vida!

9

The/an

ethnomusicologist and the record business

14

Occitania

19
de forai
28
Depertot
Nikan Le Congrès international sur les applications territoriales
31
du développement durable
L'Occitanie parle d'avenir
L'escrit quand es preparacion
-

Nux Vomica

:

32

Nissa is Nice !

Ça s'est passé à Nice
"L'Université au village" : un pari occitan

32

Ben à Vienne en Autriche

33

Ben à New York

33

32

34

décembre
Balo, héros pluriel et anti-centraliste

S'es passât quicòm en
Bali

170ème anniversaire du bassin de Decazeville

—

--

34

[D'après moij
Uzeste, la Linha, les musiciens, les bénévoles, etc

37

3

44

46
46

47
48
48
49
50
55

55

Hôlderline du mirador

57

Lu

57
: un

record menacé, et commentaire

Corrièr Internet
On the Linha

36

42
43

Eloge de Marseille
En attendant la neige,
Cohn-Bendit, la bombe verte, et commentaire
Amo, le flamand bleu

Recherche

35

Débats

38
39
40

55
56

57
57
58
59

�Línha

Imaginòt
Democracia

Ter trîmèstre de 1999

La part de marché des films

commandent cependant de
plus en plus de copies, comme
l'a souligné une étude récente
du Film français (20 novembre):
«Dès qu'un film présente un po¬
tentiel populaire (...), une com¬

français accuse un fort recul

GROSSE FATIGUE

binaison de 500 coptes ssi nèV'ênue la norme.» La concurrence

Principaux accusés; les multi¬
plexes et les circuits nationaux
associés, en distribution, avec
certaines majors: hollywoo¬
diennes (UGC avec Fox, Gaumont avec Disney). Les respon¬

sabilités réelles des

uns et

des

fait, difficiles à
quatre ans, les multi¬

autres sont, en
cerner. En

plexes ont pris une place clé
dans la fréquentation nationa¬
le, assurant le quart des entrées
à eux seuls. Le rôle moteur
qu'ils
ont joué dans la relance semble
indéniable. Indéniable, égale¬
ment, le fait que «même» les
films français en aient bénéficié.
Mais la discrétion observée par
les circuits quant à la part de
programmation nationale de

Libération

-

Lundi 21 décembre 1998

qui en

résulte, est, comme Fao

croissement des coûts de lance¬
ment, dure, à soutenir pour la
distribution française.
Au ministère delà Culture, on

leurs mastodontes apparaît sus¬

39 % contre de 43 %

au cours souligne qu'on a, dès cet été, res¬
du premier semestre 1998.
serré le contrôle d'implantation
Sorties concurrentes. La dis¬ des multiplexes et révisé les
parité des moyens accordés aux modes de calcul de l'aide à l'ex¬
protège soigneusement ce se¬ films français et américains ap¬ ploitation potif favoriser les
cret, au nom delà
«déontologie paraît aussi au niveau des sor¬ salles petites et moyennes. Un
des données individuelles» (sic). ties. En
première semaine, un; prochain décret en Conseil
Ses statistiques révèlent néan-, film national a droit à 71 ciné¬ d'Etat devrait
permettre de né¬
moins que le pourcentage des mas en
moyenne, un film amé- i gocier de nouveaux engage¬
séances consacrées à des films ricain à Í78. Les Couloirs du ments de
programmation de la
européens dans les «cinémas de temps, film français le plus mas¬ part des circuits nationaux et
dix écrans et plus» est sensible¬ sivement lancé cette
année, est régionaux. Enfin, on réfléchit à
ment inférieur à la
moyenne sorti sur 650 copies, Titanic sur l'amélioration du «parent»
nationale et a tendance à décli¬ 742,Mulati sur 725... Les nouj pauvre de l'aide française: le
ner: 41 % contre 44 % en 1997,
velles modalités d'exploitation soutien à la distribution •

pecte. L'Observatoire de la dif¬
fusion (alimenté par les chiffres
du Centre national du cinéma)

'

ANGE-DOMINIQUE BOUZET

IV

Europe

accordant

représentation et souveraineté
peuple, et en dissociant source de l'auto¬
rité politique - le peuple - et
pouvoir de fair een

du

Les Etats-Unis

pourraient-ils nous servir de
la construction politique de
la loi ses représentants.
l'Europe ? En tout cas, nous faire réfléchir au
plus haut, c'est sûr. Comme nous le montrent Pour opérer cette synthèse a priori impos¬
L. Bouvet et T. Chopin dans La Démocratie sible, les fédéralistes inventent le principe
féderatif, c'est-à-dire l'extension du cadre de¬
apprivoisée (le bien commun, Michalon,
là participation politique dans un au-delà de¬
1997) ; leur conclusion ci-dessous vous donne là nation. Ils
présentent ainsi un modèle poli¬
ra, je l'espère, l'envie de lire tout
tique moderne alternatif à celui que propo¬
C.S.
sera
quelques années plus tard la Révolution
française, celui de la nation comme lieu
À l'affirmation de l'incompatibilité entre
d'élection de la démocratie, lin effet, la
gouvernement républicain et représentation
grande leçon de la Révolution française
avancée par Montesquieu et à son choix en
fut de présenter le principe
démocratique
laveur du principe représentatif, Rousseau
comme consubstantiel à la nation.
Cette
modèle pour

-

les fédéralistes apportent deux
réponses
différentes qui vont chacune, et
par étapes,
donner sa consistance au nouveau
républi¬
canisme » et, de là, leur sens aux
cl

«

|

association

entre démocratie et nation a
fortune telle qu'elle est parvenue à
entériner l'idée selon laquelle la souveraineté
connu une

régimes ' du peuple et la volonté générale ne peuvent
s'actualiser qu'au sein de l'État-nation : la
politiques républicains qui naîtront après les
Révolutions américaine et française. Rous- | démocratie semble
impliquer - et ce en vertu
seau clame
d'un lien apparemment indissoluble
que la république est possible
le
-

dans le monde moderne mais rejette la repré¬

sentation, incompatible

l'idéal républi¬
peuple. Il renverse
I argumentation de
Montesquieu : pour lui, la
république est souhaitable, la représentation
ne l'est
pas. Les fédéralistes inventent, quant
à eux, la
«république moderne», celle qui
intègre le principe représentatif - infirmant
par là le jugement de Montesquieu, repris
par Rousseau, d'une incompatibilité entre
gouvernement républicain et principe repré¬
avec

cain de la souveraineté du

sentatif. Mais ils réconcilient les deux

auteurs

cadre national.
La

que

fédération américaine

la démocratie

nous

peut trouver

enseigne
un

cadre

d'exercice dans un territoire qui a les limites
d'un continent et que la démocratie ne

Pères Fondateurs propose, en effet, une
formule politique originale, qui semble se
conformer parfaitement au pluralisme

libé¬

ral

moderne, laissant la place qui convient
et au conflit, mais
qui paraît en
même temps capable d'assumer
l'exigence
du bien commun et de l'intérêt
général. Dece
point de vue, le principe d'extension terri¬
toriale et démographique, qui définit en
propre l'idée fédérale, semble le seul capable
d'adapter la démocratie aux impératifs de la
à l'intérêt

modernité.

Depuis la fin du

XVIIL siècle, la

proximité

le succès du modèle national
européen ont
occulté la possibilité de penser
l'inscription
de la démocratie dans une forme territoriale
et

autre

que

l'État-nation. Pourtant le

fédéral américain

-

du moins tel

modèle

qu'il

a

été

l'origine - autorise une construction
démocratique pensée comme la dissociation
conçu

entre

par

à

le détention ultime de la souveraineté

le peuple,

et

l'exercice à la fois désincarné

fragmenté clu pouvoir. À cet égard, l'Eu¬
rope, en s'inspirant de l'expcricncc améri¬
et

caine

qui

a

oflcrt

mi

cadre tic choix à la

démocratie, aurait l'occasion de
contours

tracer

d'une nouvelle comnuinaulé

tique, susceptible de laisser l'individu

les

poli
pour¬

coïncide pas

suivre librement les fins qu'il s'est lui-même
fixées en toute autonomie, tout en mainte¬

démocratie aux dimensions du continent ? La
fédération européenne ne pourrait-elle
pas
devenir le nouveau cadre d'exercice de la
démocratie ? Le fédéralisme américain des

communauté ».
I.c Ictiéralistc aurait alors

nécessairement avec la nation.
L'Europe ne pourrait-elle pas puiser dans ce
cadre lédéral une manière de
généraliser sa

4

nant

de

«

écrit

l'exigence d'un

«

intérêt général de la

meilleur commentaire
sur

les

principes de

rempli son rôle
qui ait jamais été

gouvernement

».

�Linha

Imaginòt

||||| i twÊWÊi

íV-V

&gt;

v

1èr trimèstre de 1999
qui ont grandi dans un villa¬
d'autres dans mie cité, des fils
d'immigrés, de première généra¬
tion, d'autres de troisième... C'est
ce rapport là, comme dit Hakim,
qui, au fil du temps, nous a
amené l'opportunité, le privilège
de découvrir des choses qu'on
n'aurait jamais abordées en surfa¬
ce et qu'on est allé voir en pro fondeur grâce à des gens qui
nous ont dit : " Ça, toi tu n'aimes
pas, mais parce que tu ne connais
pas... moi je vais te faire écouter
ce
qui est bon...". Alors t'écoutes
gens

Zebda

ge,

Motives les

frangins

Avec leurtroisième CD, Zebda confirme, persiste et signe : "L'idéalfait partie de la règle
du

jeu, contester c'est lui rendre grâce. A chaque barreau vaincu, à chaque centimètre
on gagne en dignité".
avec Hakim et Moustapha Amokrane.

escaladé

Rencontre

et tu te dis "effectivement c'est
es dans un rapport
direct, humain, qui fait que fina¬

bon !" Tu

De par

la pochette, de par les
textes, dans Essence Ordinaire,
quel est votre rapport au pas¬
sé ? Est-ce de la nostalgie, de la
mélancolie, de la tendresse ?

"on est d'ici..." Il me semble
avoir perçu ça...

Hakim

Ouais l Si

on

racines, il

pense
ne

faut

oublier d'où

on vient, on a
envie de s'affirmer comme étant
pas

Moustapha : Ouais ! Je crois
que c'est un mélange de ces trois
mots là, le rapport à l'histoire, on
considère que c'est important
pour nous et pour la construction

:

souvent à nos

citoyens de France d'abord,
Français parce qu'on a grandi ici.
On

a

envie d'affirmer ça parce

sautent à la

gueule. Qu'est-ce que
je suis ? Je suis Algérien ? Je
suis Français ? Tu n'as pas vrai¬
envie de choisir, t'as envie

ment

de dire moi

je suis de Toulouse,
je suis
Français encore plus forte. On
est toujours un peu dans cette
réflexion là, de savoir qui on est,
qu'elle est notre histoire et
essayer d'anticiper, savoir ce
qu'elle sera finalement...
c'est

une

manière de dire

connaissent leur histoi re, les choses se passent mieux.
Ils sont plus à même de corn prendre l'histoire de l'autre, et

même si on s'appelle Hakim
et Moustapha, on a envie de dire
qu'un faux problème, qui s'appel¬
le l'intégration, a été soulevé par
le passé et on estime que ça n'a
pas lieu d'être. L'intégration se

donc le fonctionnement social est

fait de fait, nous on a été à l'école

vaille

plus humain. A partir de là on est

ici, à Toulouse, on est content
d'être là, d'être de Toulouse

avec

n'est pas des régionalistes exacerbés. On désire affir¬

d'hui il y a une reconstruction
des identités en France, et cer¬

du fonctionnement social.

Quand

les gens

petit peu en référence à nos
histoires individuelles, à l'histoi¬
un

du groupe, qui a
dix ans, à l'histoire
re

quand même

que

même si

on

notre ancrage

dans le sud-

de ce collec¬
tif, aussi bien dans la recherche
musicale que celle du discours ;

mer

de dire comment

Moustapha : On est un peu dans

on

peut com

-

ouest

comprendre la complexité de la
vie, de la politique, dans le bon

même un

du

humain. C'est vrai, que
un peu ce rapport là, ce
rapport au passé, savoir qui on
genre

c'est bien

est, comment on se situe et éven¬
tuellement savoir où on veut

aller, dans quel genre de société,
de manière idéale, idéaliste, uto-

pique bien sûr...
A

un

moment donné dans un

vous parlez des racines,
j'ai l'impression que c'est
plus simplement, et je trouve
ça bien d'ailleurs, pour aller

texte

mais

vers

quelque chose du genre

sur

la Linha, à Larrazet

la recherche

tités communales

avec

les iden¬

(1). Aujour¬

qui se
gens du

les

avec ceux

du

dehors...

Avec Zebda on a

Hakim

à s'ouvrir. Bon

:

on

appris

est issu de

point de repère qui
négligeable pour nous,
on pense que ça fait partie des
choses qui nous ont construits.
On connaît la chance qu'on a

quartiers, et le fait d'avoir grandi
dans les quartiers, tu restes
vachement dans le quartier, tu as

d'habiter à Toulouse où il y a un
ensemble de choses qui fait que

gars

c'est

région très sympa thique, agréable. Il y a tout ce
côté humain qui n'a pas encore
disparu et on fera tout pour le
préserver. Si on doit jouer un
rôle à un moment donné on joue¬
ra celui-là. Par rapport au fait
qu'on soit fils d'immigrés, évi demment le problème de l'identi¬
té s'est posé très tôt, à l'adoles cencc, c'est des questions qui te
une

dis, "si t'as envie qu'on m'écoute
il

va

falloir que

devient

une

je l'écoute". Ça
simple. La

démarche

démarche est là, dans ce rapport,
disons social. On a d'abord un

rapport social entre nous, à partir
du moment où il est fait, le reste
c'est du

quotidien, c'est de

l'échange, du partage, de l'en gueulade, de la construction,
c'est essayer de voir comment on
peut créer cet équilibre là, musi¬
calement et bien sûr

au

niveau du

discours, la volonté d'être juste,
ne pas simplifier et de se dire
qu'on aurait les boules d'être pris

de

pour

des simplificateurs, des
dire "les pro

gens qui veulent
blêmes c'est ça et

-

ça".

Maintenant il faut dis¬

où sont
problèmes, et pour ça on uti¬
lise l'histoire, nos histoires, le
passé, en expliquant les choses,
en démontrant les situations qui
les

de Toulouse, on y
n'est pas

prêt à recevoir parce

cuter, il faut réfléchir là

moment donné on sait

qu'on est
vit, c'est quand

sur

tainement ailleurs,

dedans mais aussi
la recherche de l'identité. A un

du terme, dans le sens

parfaitement le concept d'iden¬
tité, d'appartenance qu'on tra¬

reforment

de la France.

prendre les choses et comment
finalement, quand on connaît son
histoire, on est plus à même de

sens

Je trouve que vous symbolisez

lement t'es

que t'as envie de donner, t'as
envie qu'on t'écoute. Alors tu te

tendance à t'enfermer, comme

beaucoup de jeunes le font. Les

n'arrivent pas à s'en sortir

alors que nous, grâce à Zebda,
a eu le privilège de faire ça et
se

retrouver

on

de

à aller voir d'autres

d'autres cieux, que se soit
Marseille, Bordeaux, Paris,
gens,

Lyon...

forcément

amener un

débat.

Quand on fait "Je crois que ça va
pas être possible", on ne fait pas
ça pour dire que tous les patrons
doivent laisser rentrer tous les

jeunes des quartiers dans leur
boîte... On dit l'exclusion com

là, alors où il est le pro
blême ? Quand à un moment

mence

-

-

problème pour
jeunes qui sont déjà exclus
socialement, parce que s'il n'y a
pas de problème d'intégration,
donné il y a un
ces

Zebda ce n'est pas
mélange de racines
mais un mélange d'états d'esprits,
de caractères, d'hommes, de
timides, de grandes gueules, de
Moustapha
seulement

vont

:

un

les exclusions existent bel et
bien. Si

au

la culture

niveau des loisirs, de

au sens

ordinaire,

au

�Linha

Imaginòt
Musica

1èr trimèstre de 1999
...Cortetas.-.Cortetas...
Rencontre de

Serge Mokondo,
gabonais de Toulouse, compo¬
siteur et co-parolier du groupe
rap Citoyen du Monde. Us sont
encore rappeurs bien français
mais veulent aller de plus en
plus vers une tchatche plus
franco-africaine et musicale¬

pareil, à mon avis. C'est
dis-je. Je les ai
envoyés à Jacme et Ange B et
ment

l'avenir leur

les autres conseillers ehan

-

teuxs journalistes ridinneurs

imaginotistes. (CS)
Contact Serge 05.61.47.69.48

de la

:

ça!

ton identité. À

tu deviens cheval

donné

ne

dis

des Izards, de La Courneuve, où
d'un antre quartier qui va amener

rapport au gens qui vont dire :

un

"Ohlà! ?"

est

"auberge
espagnole" pour favoriser
l'échange à Clermont-Ferrand.
Spectacles, randonnées, chari¬
vari, repas de quartier font
une

partie des initiatives de l'asso¬
ciation. La Grande Révolution

des Quartiers du Monde passe

Clermont-Ferrand. (J-M B)

par

Païs'Art 3

rue

Biographie. 1999 est le bicen¬
d'Honoré de Balzac. A cette

Dega

volumineu¬

biographie de son père
Bernard-François Baissa
paysan né dans la vallée du
Viaur (Aveyron). Pauvre mais
énergique et ambitieux, il tra¬
versera la Révolution,
l'Empire
se

,

et le

Restauration

en

devenant

clerc de notaire, secrétaire
d'un marquis, secrétaire au
conseil du roi à Paris, militant

C'est tout

un univers familial,
social, culturel et historique
que décrit Jean-Louis Dega.
(J-M B)

Editions Subervie

-

Parc des

65 67 36 38.

oui, c'est exactement

soit de la musique,

ou

du théâtre,

de course...

C'est

quoi être d' "Essence

H y a une autre partie de vous
dans votre ordinaire, c'est le

public. Dans Essence Ordi¬
naire, il est étonnement présent
pour un album de studio, il y a
le

tutoiement, "Tomber la che¬

Ordinaire" ?

mise"...

Moustapha : C'est en rapport
avec notre réflexion. C'est ce qui
fait qu'on est content d'être à

tombé la chemise. On

ordinaire qui est quand même
plus facile à vivre dans la mesure
où

on

reste dans

des choses

Hakim

:

Oui, dans le studio
a

on a

tiré le

tee-shirt et

puis on s'est mis dans
l'ambiance... Pas plus lard
on était en train de répé¬
ter, on chantait ce morceau, ça
tournait mais c'était pas ça...

qu'hier,

société, celui d'être musicien,

dire

:

" Lui

là,

non

! 11

ne rentre

pas."
En fait tu t'enfermes

:

quand tu tiens un dis¬
cours comme ça, un discours en
disant "je suis de là et je reven dique ça"... Tu peux revendiquer
d'être Berbère ou Basque ou
Breton, ce n'est pas ça le problè¬
me, le problème c'est que tu peux
revendiquer d'être d'un endroit,
mais c'est difficile après de dire
je suis de là, je resterai là et je ne
veux pas m'ouvrit aux autres. On
est des régionalistes internatio naux, on est
a

de Toulouse mais

envie d'aller

ou

vers

les

on

Portugais

qu'on fait de la
musique, d'accord, mais en mê¬
me temps on a envie de jouer le
rôle qu'on doit jouer dans la
comme tu peux
jouer le rôle de
journaliste, comme le boulanger
peut jouer son rôle de boulan ger... Finalement tout découle de
ça, toute notre énergie, qui nous
porte, qui nous a porté et qui
nous portera j'espère, découle de
cet ordinaire là, des gens qu'on
connaît autour de nous, qui ne
sont pas musiciens, c'est le côté
de Toulouse qui nous plaît, parce
qu'on est chez nous. On n'est pas
dans un rapport de ghetto profes¬
sionnel, dans la bande on est les
musiciens, l'autre c'est i'éduq',
l'autre c'est le photographe, c'est
ça l'ordinaire pour nous, ce rap¬
port là à la vie simple, à la
démystification...

les Juifs...

forme

d'anti-régio nalisme qu'être régionalistes
internationaux, c'est une belle
une

formule...
Hakim
une

:

: Tout ce
qui peut
paraître extraordinaire, dans le
sens inaccessible, on a envie de
se

le rendre accessible pour

mais aussi pour les gens
qui sont autour de nous. Il n'y a
pas de raison que des choses
simples soient extraordinaires.
Mousta-pha, l'autre fois, a dit
une phrase
qui m'a bien plu,
nous,

Je

forme

ne sais pas si c'est
d'anti-régionalisme

une

morceau il faut se mettre
dans le contexte de l'histoire, de
raconter le truc à

nous,

forme d'ouverture.

j'ai appris à m'ouvrir parce

soi-même, à

pour

sont et bien le faire. On ne

peut

pas

enlever à Johnny d'être

bon

interprète quand même !

Donc d'être des

son

politique,

ressortir de

un

interprètes,

"Tout semble si..." est

une

chan¬

on essaye de faire
entrailles que

nos

quatre villes sont prises...
Essayer de tomber la chemise, de
faire partager des gouttes de
sueur avec des gens et où il n'y a
pas d'arrangement...

Moustapha

: Bien sûr le public
il est là parce qu'on s'est vrai ment construit sur la scène, c'est
aussi ça l'ordinaire pour nous.
On a mis cinq ans pour faire un

premier album, il
énormément de

Hakim

C'est

Moi

05

:

superlatifs !

pouvoir vraiment l'in¬
terpréter comme il faut, à la
Johnny Halliday, savoir inter prêter les morceaux comme ils

mais c'est

:

aux

se

09 T

05 65 67 20 17 Fax

Halte

fait de dire

Moutlers 12032 Rodez Cedex
:

-

pleurent.

Moustapha : A côté, il y a aussi
le langage utilisé qui va marquer
cela, qui va faire que tu ne seras
pas compris etc... Tout ça va
faire qu'on va te ranger dans la
case ghetto, et les gens vont

jacobin, directeur des vivres
militaires, adjoint au maire de
Tours, dignitaire franc-maçon,
administrateur d'un hôpital

extraordinaire", voilà, tout sim

chaque

toi-même

tenaire de la naissance

: "c'est
qui est

au disque,
c'est tout notre discours sur le

T

04 73 73 44 52

ce

simples. Par rapport

Maréchal Joffre

propose une

du classique
j'essaye au maxi mum de ne pas être fermé parce
que sinon tu ne vas pas plus loin,

je vais la ressortir

rie...

Hakim

nous

trucs, que ce

un

étiquette qui de
range dans une catégo¬
une

63000 Clermont-Ferrand

occasion, Jean-Louis

nouveaux

Toulouse, dans notre ordinaire,

05 61 62 83 54.

Païs'Art

:

un moment

devient ton quar¬
plus je suis
Moustapha, je suis Toulousain,
tu dis je suis de Bagatelle, je suis

suite te

Pomme 31000 Toulouse
T

Hakim

aimer des

Ça met

(J-M B)
rue

rendre ordinaire tout

j'ai été tellement fermé pen¬
longtemps, au niveau
de la musique, au niveau des
gens, au niveau des femmes, à
tous les niveaux j'étais un garçon
fermé. Il y a eu Zebda, ça fait dix
ans, et aujourd'hui j'arrive encore
à m'ouvrir vers d'autres gens, à

se

passe bien sûr dans le quar tier Arnaud-Bernard à Toulou¬
Frédéric Ducom 3

alors

dant très

ton identité ça

grand animateur des éditions
du Corbeau, vient de publier
un policier pour les jeunes
Nettoyage scolaire
chez

se.

que

sens social, ils sont exclus, la
paranoïa n'est jamais loin. Je
reviens à ce que disait Hakim.
On pense que tout ce qu'on a
appris dans les quartiers, si
aujourd'hui c'est du positif, c'est
parce qu'on l'a amené dehors,
parce qu'on est sorti. Finalement
le quartier, qui te protège, qui est
quelque chose de sain, de bon,
d'agréable, il n'est jamais loin de
devenir un ghetto, et quand ça
devient un ghetto, t'es perdu dans

tier et tu

Policier. Frédéric Ducom,

Hachette Jeunesse. L'action

A

nous a

fallu

temps, mais on

s'est construit par quelque chose
de tellement ordinaire, de bar en

bar, de salle

en salle, de gens en
de région en région, cet
espèce d'échange-là qui fait que
finalement, même quand on fait

gens,

un

morceau, comme

dit Hakim,

soit "Tomber la chemise"
par rapport au côté festif ou
"Tout semble si...", le public il
que ce

�Linha

Imaginòt

Musica
1èr trimèstre de 1999

retrouver dans

une

flûte

ou

mélodie du Kazak¬

une

hstan,

on va

dire : oh la là,

je suis touché en
plein cœur ! C'est ça qui

comment

compte.
C'est vrai que musicale¬
ment il y a une grande

richesse,

une

l'équipe ou dans leur
quotidienne, les mecs quand
ils parlent des Arabes ils disent
les bougnouls... .T'ai joué au
rugby avec eux et finalement j'ai
un peu appris à connaître ces
gens là même si tu sais qu'au
fond d'eux c'est que des mots.
vie

C'est la vie...

grande

diversité de folklores, et
c'est bien.

Arabe de

Je n'entends

musique com¬
métissage musical,
il y a une utilisation
appropriée, une cons¬

pas votre
me un

truction...

Moustapha : Ce que dit Hakim
soulève un problème intéressant,
c'est dire à quel point c'est un
minimum complexe. Quand tu
peux en

parler

comme

il

en

ça veut dire qu'individuel¬
lement tu as déjà réussi quelque

parle,

chose et c'est pour

Moustapha : On ne veut
pas faire de la fusion, on
veut

Tu te dis que

t'es capable
quand l'émotion est là,
le sentiment dégagé par la

est là.

trop enfermé de devoir se

dire

de savoir

qu'au niveau des influences

que
chanson

musicales

émotion

ce

soit la fête

ou une

plus individuelle, c'est

on ne

taies. En

finalement la même chose. Dans

des influences chez Zebda, on

je sais
très bien que si je fais cette chan¬
son-là, si je regarde Hakim ou
Magid ou Jocl, je verrai dans ses
yeax le public. Nous le public on
l'a toujours eu, dès le premier
jour on a joué devant la famille,

cite le raï. Mais c'est réducteur,

les cousins...

donné on
va utiliser telle flûte kabyle, ber¬
bère... Par exemple, le mec qui
joue des violons sur le disque,
Joseph Doherty, est un Irlandais.
Il a joué des riffs orientaux qu'on
avait trouvés, et bien il les a joué

ce

rapport à l'ordinaire,

on a

été avant tout

les proches, avec
au départ un maximum de tolé rance, et puis au fur et à mesure
découvert par

ils

se

sont construits de manière

plus critique sur ce qu'on fait, ce
qui nous amène quelque chose
de sain qui nous fait du bien.

déjà un
concentré d'influences orientales,
le raï est tellement

occidentales, que finalement

quand
raï,

on

on

dit il y a une influence

réduit vraiment le truc.

Bon finalement l'influence orien¬

tale... si, à un moment

à

sa

manière, et ça ne nous a pas

déplu, ça sonne tellement irlan¬
Je voudrais revenir à la musi¬

dais... Donc la limite est vrai

A vos débuts, quand vous
aviez gagné I' "Hexagonal
Rock", au Tilt, vous étiez très
marqués par les Clashs, il en

je crois qu'il y a un rap port mondial aux racines

que.

reste

encore

des traces. Au¬

jourd'hui, à travers une évolu¬
tion naturelle,

à savoir le reg -

gae, le ragga, un peu hip hop,
chanson française, vous avez

gardé les folklores, vous êtes
allés puiser dans vos richesses.
J'ai même entendu, ou alors
c'est moi
un

qui

veux

l'entendre,

déjà la source de
mélanges, de voyages de tous ces
mecs qui se sont baladés dans le

aucune

limite. On

se

sentirait

soit toi Hakim ou
Moustapha, votre accent il est
autant prononcé que le mien.
que ce

Hakim
ment,

Vous

en

d'arrangé gauche de la

a pas

pourriez presque facile si

vous

aviez le désir—

construit

cela que tu
le dépasser. Tu peux dépas¬

ser ces

obstacles-là, parce que ça

quand tu dois
; que les gens
qui ont des problèmes dans la
reste

des boulets

subir

ce

racisme-là

ne le supportent
aient une réaction violente
en général c'est aussi compréhen¬
sible. Le problème se situe en
fait, avant tout, au niveau social.
Comment tu fais pour que finale¬
ment les choses puissent évoluer,
pour qu'il y ait un rapport plus
"détendu" par rapport à ça ? Il
faut le dépasser sinon tu n'avan¬
ces pas dans un quotidien. On
n'est pas là pour projeter la socié¬

vie, énormes,
pas,

té idéale dont on rêve, parce

Moustapha : Le désir on l'a, on
peut l'avoir, il n'y a pas de pro blême... Zebda nous a tellement
vers

quelque chose de

sain, cette ouverture dont parlait
Hakim... On s'est

toujours senti
simple,

qu'on est quand même idéaliste,
c'est sûr, mais on n'est pas là à la
projeter pour demain mais plutôt
à se dire qu'il faut vivre dans ce
quotidien-là, dans cet ordinairelà. Finalement, à ce niveau, la
culture

en

terme

de loisir, de

savoir-faire, pour nous c'est
large, c'est savoir faire un
meuble, du pain. Evidemment
faire de la

musique, c'est un rap¬

on a

port à la vie... C'est comment tu
apprends à construire, c'est pour

on a

cela

Toulousain de manière

toujours été fans de rugby,
pratiqué même si on est plu¬
tôt footeux, on a toujours connu
le rugby comme un élément à
part entière...

re.

qu'on le situe dans l'ordinai¬
disque c'est de

Même notre

l'ordinaire ! On l'a fait et tout en
le faisant

Hakim

:

Moi j'ai joué à

XIII

quand j'étais minot et ça ne m'a

empêché d'être ouvert, d'aller
vers des gens qui me paraissaient
à la base, fermés, comme moi

on se

disait pourquoi

je le fasse,
je le fais parce qu'on a un savoirnous

? Bon il faut que

faire.

pas

niveau des instru Ils viennent d'où,

créé les instruments, où est
partir de
c'est vrai qu'au niveau des
a

finalement. L'ouverture s'est

née l'humanité ? Donc à

influences... Des fois

n'y

est né rive

ment chanter en occitan

pied dans des époques reculées.
La preuve est concrète, qui peut
dire qu'il n'y a pas de rapport
entre la musique celte et la
musique kabyle ? II y en a des

là,

Il

:

on

Garonne...

monde entier à dos d'âne ou à

au

mélange...

-

mêmes sont

centaines,

un

Bon, cela dit, quand on vous
entend chanter, c'est évident,

musicales. Les folklores eux-

qui
Moustapha : C'est possible... de
ce point de vue là, on ne se fixe

lois, c'est

ment...

ments même.

rythme de rondo...

: C'est aussi parce que
dans Zebda, il y a les trois
rebeux mais aussi les quatre gau¬

Hakim

devrait rester

dans des influences oricn général, quand on parle

que

faire de l'harmonie.

peux

à

partir de là aussi, quand tu vas
d'autres gens où tu es le seul

vers

on va se

7

faite

II y a aussi le
de disque en

travail d'écriture,
disque elle appa -

raît ciselée...

Moustapha : Oui, Magid est très

�Linha

Imaginòt
Musici

1 ër trimèstre de 1999

A prolifique. Il

...Cortetas...Cortetas...
La Grande

Sophie

Je l'ai

.

vue/entendue. Beaucoup de

qualités (présence, voix, rap au public, esprit d'ouver¬
ture). Lui manque un direc teur artistique (arrangements,
choix et ordre des chansons,

qu'on voit les textes sur
papier. Il fait toujours des réfé rences ordinaires au cinéma, à
des choses comme ça. Ça nous
touche, il avance dans la synthè¬
qu'on peut en
avoir, et des longs... il y a même
des débats

ressens

de

discussions, de

se

(C.S.)

débats... Tu sais
-

bourg Saint Antoine 75012
:

01 43 72 27 28 Fax

:

: Bien sûr ! Que ce soit
positif ou négatif, de toutes les
manières tu apprends des choses

Hakim

Claude ou
même Jali ou Tatou. Tu prends
le positif, et le négatif tu l'ana lyses pour savoir pourquoi tu le

rythme général du show).

Paris T

but...

Jasmin fut coiffeur et

poète de
langue d'oc à Agen. Le "phéno¬
mène Jasmin" a représenté
cès

ans

d'honneurs, de

suc¬

populaires et de

naissances

recon littéraires pour cet

de la langue d'oc
qui voulut la faire entendre
amoureux

dans tous les théâtres, dans
les salons de la

de Louis -

cour

Philippe et à l'Académie fran çaise. A l'occasion du bicente¬
naire de

sa naissance, le
Centre d'Etude de la Littéra¬

ture Occitane

organisait

un

nos

nos

qui s'enclenchent

sur

octobre 1998. Les actes du

ceau

34000

avenue

de plus en plus,

faire à l'un et à l'autre,.

chaque nouveau
disque, dans la problématique
où nous sommes en tant qu'occitanistes sur la Linha Imaginôt. Chaque fois qu'on se voit
je vous en parie, pour nous
Zebda c'est

important

un

d'un certain point de vue
idéologique on est de la même
famille que Massilia, Fabulous.
Bon d'un point de vue musical on
est plus près de Mano Negra.
C'est des références qui ne nous
font pas peur... Aujourd'hui on
pense qu'on est une référence par
rapport à d'antres groupes... c'est
plutôt bon, c'est des points de
repère, on s'y retrouve, il s'agit
de famille musicale. En plus,
finalement on retrouve ce qu'est
la France dans ces groupes de
musiques et d'artistes de tous
horizons. Ça va de Khaled aux
Négresses Vertes, Massilia,
Fabulous, Spook and the Guay,
Zebda. C'est pour ça qu'on était
très content que la France gagne
la Coupe du Monde, il faut en
parier F
Ce qui nous a fait plai¬
sir, bon c'est le résultat sportif

élément très

pour essayer

influences musicales

nos

présent...

Claire
Clémen-

Montpellier T

:

04

Hakim
on

avait

:

On écoutait Massilia,

quinze

ans

!

67 92 29 69
Fax

:

04 67 61 50 59.

Tolosa

Moustapha : Quand

Une nouvelle

galerie
sympa aux murs de bois (An¬
gle rue Ozenne/rue Caminade). Expo peintures et
images infographiques de
:

Michel Fonrcade

couleur,

pâte et

.

Fort

en

swing.
Ah ! Revoir sa belle pochette
du CD Ma ville est le plus beau
park des Fabulous. A suivre...
(FV)
en

en

écouter

en

on

allait les

concert, on était à dix

milles lieux de

s'imaginer qu'un
jour on ferait de la musique. Si
on s'était dit
ça, on se serait dit :
"Sur scène je veux que soit
comme ça, que le public s'éclate
comme nous on

est monté sur

bien sûr, le fantasme, c'est
comme nous

s'éclate mainte¬

nant..." C'est sûr que

scène,

New York.

recher¬

ché ça

! Bon, c'est pour parler de
qui d'emblée nous ont
apporté une démarche d'ouvertu¬
re, mais on était déjà capable
d'aller voir ce genre de concert,
gens

Evénement
c'est la

monumental

:

spécialité de l'Atelier

dans la cité, une association
de francs-tireurs habitués aux
défis

techniques

pour

les

on

car¬

navals, les concerts, les expo¬
sitions et autres événements

qui nécessitent de l'ambition
et une grande maîtrise des
matériaux. Son

expérience

permet aussi à l'association de
créer du mobilier à partir de
tout

type de matériel de récu¬
pération, y compris de votre
vieille Deux-chevaux (JMB)
L'Atelier dans la cité CRPP 2
rue

Delacour 13600 La Ciotat

tel

04 42 83 59 89

:

avait

une

démarche pour

contourner les

d'aller

enregistrer à

Idéologiquement,

finalement, on a bien fait de se
prendre la tête comme disait
Hakim, pour nous il n'y a pas de
problème d'intégration. Tant que
la France gagne la Coupe de
Monde il n'y a plus de problème
d'intégration, enfin dans le dis cours de Pasqua ou de Chirac...
Si tu regardes en arrière, il suffi¬
sait de voir les groupes de
musique pour dire ça. Le problè¬
me, le risque, là où on va rester
lucide, et où il vaut mieux conti¬
nuer à se
prendre la tête, c'est
que finalement on ne peut pas
tous être meneur de
jeu de l'équi¬
pe de France, ça c'est un vrai
problème.

dès qu'on

on a

On est tous

:

plus des

jeux.

boîtes, pour s'a¬

autrement... Puis il y a les
Fabulous bien sûr 1 Dans les dis¬
muser

cussions et les

échanges qu'on a
avoir, il s'est construit toute
notre vision par rapport à Tou¬
louse, des éléments nous ont été
apportés par rapport aux folk lores, par Claude, des théories
qu'il nous a amenées sur ce genre
pu

de choses. Alors évidemment

En tout
un

cette victoire c'est

bras d'honneur à tous
qui...

gros

ceux

Moustapha : Comment ne pas
se satisfaire de ce gros bras
d'honneur...
Hakim

:

Avec le

doigt en plus...

Moustapha : C'est la preuve que
la joie collective est possible...
C'est la preuve

du besoin de
qui font qu'à un
moment donné les gens puis sent se retrouver- Là ça s'est
circonstances

fait

sur un

événement mondial,

mais ça peut se
événement dans
une

faire sur un
quartier ou

un

ville-,

: Oui f le Stade quand ils
champions de France de
rugby, quand ils ont le Breimus à

Hakim
sont

la maison, ils vont avoir cette

année, je pense, c'est

le feu à

Toulouse, c'est les Arabes, c'est
les cadres

supérieurs, les Noirs,
danse... On a vécu ça plein
de fois, on était place du
Capitole à tenir la main d'un
cadre sup. Bon après dans la vie
de tous les jours il ne me regarde
même pas ce mec-là... C'est
comme ça, c'est toujours bon à
prendre, faut vivre les moments
et ça

forts...

Moustapha

:

C'est l'intérêt du

sport en terme de spectacle, de
détente et de loisir dont l'humain
a

besoin...

Propos recueillis

par

Jacme

Gaudàs

(1) L'expérience de Larrazet

-

Contribution à la recherche sur
Les Identités Communales

Maison de la Culture 82500
Larrazet

8

cas

Je crois

que

juste ment de casser ces problèmes
d'isolement et de faire resurgir
cette pluralité culturelle...

Massilia est

(J-M B)
Torreilles 25

vous sens

Moustapha : Dans la musique il
y a toujours des références à

c'est visible à

Dans

colloque seront publiés.
:

Je

Hakim

attaquants que des meneurs de

négativement...

le résultat des textes...

Moustapha : Par rapport à tout
ça on s'est toujours senti proche-

colloque à Agen du 9 au 11

CELO, secrétariat

jeu

des gens comme

01 43 72 49 59.

trente

Vous êtes des meneurs de

d'un groupe, et chacun peut
être meneur de vie de sa vie...

dès

port

Life, live in the bar 196 fau

politiquement on ne se rejoint
pas sur tout, mais c'est pas le

style, il le

a son

construit, il écrit de mieux en
mieux, nous cm s'en rend compte,

�Linha

Occitan. C'est là que j'ai connu
Claude Sicre, et on s'était lancé

Xavier Vidal

dans
de

Extraordinaire musicien populaire, Xavier Vidai fait depuis plus de vingt ans, sur le terrain, un
travail d'ethno-musicologue, collectant auprès des anciens tous les trésors sonores et musicaux

musiques de tradition populaire du Quercy. On ne louera jamais assez la force
qui sommeille dans les folklores, un univers de vies insoupçonnées... Une matière pre¬
mière pour les improvisateurs, une mine d'Oc à ciel ouvert. Rencontre avec un musicien riche de
simplicité, c'est tellement rare !

contenus

dans les

créative

On

pourrait d'abord te situer,
tu fais sur le

voir le travail que

terrain, dans le Lot.
Xavier Vidal

: Pour parler de
façon générale, ce qui est un peu
caractéristique dans l'action
qu'on fait, c'est que je me sens
plutôt faire partie d'un mouve ment un peu collectif. Quand je
suis seul je suis un peu désempa¬
ré. Quand on me demande d'aller
quelque part tout seul, si je,n'ai
pas les autres à côté de moi... j'ai
pas trop l'habitude. Ce que je
remarque d'ailleurs, dans tout ce
mouvement qui s'intéresse aux
musiques, à l'Occitanie, qui
quelque part des fois même nuit
à l'action, c'est qu'il y a un peu
trop de gens qui se sentent,
comme
ça, investis d'un rôle qui
ferait d'eux une espèce de vedet¬

tariat

qui donnerait aux gens

l'impression qu'ils joueraient un
rôle majeur, alors que si tu
regardes le truc avec recul, avec
un regard un peu historique, tu
vois en fait que tu as plus à faire
à un mouvement qu'à des person¬
nalités qui se seraient dégagées.

autre manière

de fonctionner. II y

aurait moins de

problèmes de
rapport de pouvoir, absolument
vouloir imposer sa vue des
choses alors qu'à côté il y a des
gens qui pensent pareil... Alors
moi, ça se voit dans mon action,
ce
que je fais c'est plutôt un tra¬
vail de fond, associatif.

Justement, si des personnalités
se

dégagées c'est qu'elles
pris connaissance de ce que

sont

ont

traduisait

ce

X. V.

:

qui
trop

mouvement

restait peut être encore
dans l'ombre ?

Oui, mais quand on a vu la
Carte Blanche, le travail que tu
as amené au dernier Festival
on voit bien quand
qu'au-delà de ces asso
dations il y a de la matière...

d'Assier,
même

-

Oui, c'est plutôt comme

ça

X. V.

des gens

gros

qu'il faudrait résonner. Il y a
qui sont plutôt moteur,
il y a des figures. En définitive,
si les gens comprennent qu'ils
font partie d'un mouvement col¬
lectif, je pense qu'ils auront une

Imaginòt

:

La matière vient d'un

travail de longue haleine sur
le collectage, la recherche. Pour
me situer, j'avais travaillé il y a
maintenant une vingtaine d'an nées

avec

le Conservatoire

un

travail de collecte, d'étu¬

quelque sorte historique,
de sociologie, sur les musiciens
qu'on avait à côté. Alors évidem¬
ment comme ce travail il y avait
des tas de gens en France qui le
faisaient de façon un peu pointu,
il y a eu une espèce de considé¬
ration pour nous par les pouvoirs
publics, la Direction de la
Musique, un peu les ethno-musicologues qui nous disaient :
en

"Vous-mêmes devenez ethno-

musicologues. Vous faites un
travail aussi important que
nous...". On a eu l'impression à
un moment donné qu'on le deve¬
nait parce qu'on se côtoyait un
petit peu avec l'université, mais
en définitive, avec le recul, je ne
me sens pas tellement de ce

plutôt d'un milieu
émigré espagnol, ce que
je vivais chez moi et la culture
universitaire c'est quand même
très éloigné. Aujourd'hui encore
je suis invité dans des trucs, des
colloques, des machins, je ne
sais pas, je n'arrive pas tellement
à me situer comme faisant partie
monde. Je suis

ouvrier,

de

monde-là. Derrière ils ont

ce

toute une

culture savante, ils sont

capables de parler de Rousseau.
Moi j'en suis incapable, bon je
peu parler d'autres choses...
Bon, cela dit, l'histoire de la
culture, avec son entrée savan¬
te et

son

entrée

trouve que

populaire, il se
toi, finalement tu as

touché les deux.»
X. V.

:

Oui, mais

avec

la volonté

vraiment d'aller vers une culture

niveau musi qu'au niveau intellectuel,
mais avec, quand même quelque
part, une difficulté. Je le consta¬
te, peut être je le regrette...
savante, autant au
cal

imagine que si tu n'avais
gardé ce lien au terrain,
c'est pareil pour Sicre dans
Mais

pas

une

autre mesure,

si

vous

n'aviez pas continué à tra
vailler le contact, vous n'en

seriez pas

aujourd'hui à faire

resurgir et montrer, avec des
gens,

des musiciens amateurs,

comme

tu fais dans le Lot...

Ils

�Linha

Imaginot

Musica

1èr trimèstre de 1999

.

&amp; deviennent des savants quand

..Cortetas.. .Cortetas...

! ils sont

restitution...

en

extraordinaires. Les grands
moments c'est quand tu es con¬

plus d'analyser ce qu'ils faisaient.
Tu pouvais avoir avec eux des

espèce de commu bal, autour de la
danse, une espèce de'dynamique,
de mouvement. Ça fait un genre
de transe, ça c'est excessivement
rare. Il y a vingt ans ça arrivait.
Quelquefois ça se refait dans des

discussions

fronté à

Art. L'Université Toulouse Le
Mirail

a

confié à Jacques

Brianti l'érection d'une

milieu du

ture au

sculp¬
campus. Et

le Centre d'Initiatives Artisti¬

du Mirail a publié à cette
un journal à numéro
unique et gratuit, L'Evéne¬
ment, afin d'expliquer cette
oeuvre, sa genèse et sa place
occasion

dans l'Université (JMB)
Centre d'Initiatives Artistiques

Très

05 61 50 44 62

:

Gouyates. Un trio fémi

nin haut

en

la voix et

-

couleur, frais et

bondissant, qui,

du geste, de

texte gascon,
invite chacun à revisiter son
sur un

adolescence. Mise

scène de

en

François Gibut 25 quai

Jongkind 38000 Grenoble tel
04 76 44 38 11 qui cherche
des occasions
tan pour

en

•.

terrain occi¬

jouer ce spectacle.

Un dossier et
video sont

une

cassette

disponibles

Ah oui, pour moi c'est
évident ! Les gens qui sont, entre
:

guillemets, de la culture populai¬
re,

c'est vraiment des savants,

on

rencontré. II y a

des gens
qui m'ont marqué à fond, des
musiciens ou autres, je ne fais
pas de hiérarchie entre les musi¬
ciens. On me dit il y a les grands,
les petits, je n'en sais rien. Il y a
des petits qui m'impressionnent
et des grands qui me font chier,
donc c'est difficile. Des fois je
vois des gens qui prennent un
instrument, ils jouent des trucs
basiques. Si c'est vraiment eux
qui jouent, leur personne, s'il n'y
a pas de masque, ils m'impres sionnent. Je fréquentais un
accordéoniste de mon village,
Ernest Hugon, il jouait avec un
doigt, il ne savait pas qu'on pou¬
vait jouer avec tous les doigts.
en a

ques

du Mirail tel

X. V.

Mais les bourrées il savait les

sur

torcher

demande.

C.Í.E.L., ma bibliotèca ! Lo
Centre International de l'Ecrit

Langue d'Oc fa de libres
electronies qu'intran dins la

quand même, et il était
impressionnant, donc une tech nique complètement basique
mais

avec une

âme.

bibliotèca virtuala d'Internet

òbras

Pierre Lafitte. Sicre

ordinator, podetz lo

comme

Renat Jurié, Jean

après ça a

mandat al C.I.E.L. d'Oc. Sera

été autre chose. Lui il avait cette

sauvegardât.

formation universitaire,

Centre International de l'Ecrit

Tangue d'Oc 3 Place Jof&amp;e
l'Etang.

13130 Berre

bacca

-

une

de

ans

comme

performance après
bagarres. Perfor¬

qui montre bien,

mance

avez

thèse

:

X. V.

sert pas

avec

ans,

de filières

d'enseignement

fessionnel

en

breton.

pro¬

Ouais ! C'est autre chose,
a sa fonction

:

Je

:

C'est

venu

de la rencontre

incroyables. Un musi¬
qui m'a marqué, c'est Ulysse
Salesse, de Garganvillar, dans le
Tarn et Garonne. Une fois j'ai
fait un bal rien qu'avec lui, à
Fronton, un grand moment.
moments

cien

Musicalement il faisait des trucs

je me souviens de ça, il parle
d'esthétique musicale. Il analyse
la musique que tu produis, ça
c'est

rare

! Les musiciens sont

plus dans des histoires de cachets
ou du style "est-ce qu'on va être
là à l'heure, est-ce que le groupe
fonctionne"... Moi je n'ai jamais
réussi à créer un groupe de ma
vie, je n'y arrive pas, pourtant
j'en ai fait des tentatives...
Par contre ta

joues avec des
Le travail avec JeanFrançois Prigent, par exemple,
qui, lui, arrive d'un univers
éleetroacoustique, les sons,
toute la technique d'aujour d'hui qu'il utilise, mais à la
base il a la voix quand même...
groupes.

XV

ciale. Je

rare

ça ne

musique commer¬
n'y comprends rien à ça,
me regarde pas, ils font ce

es

arrivé là ?

Là

j'ai trouvé

Oui, mais c'est

un

exemple

aussi. Il y a peu de musi ciens qui te donnent comme ça
leur

ment tu

:

l'occasion de, eux, venir avec

qu'ils veulent..
Lot,

com¬

langage musical, respecter le

tien et essayer de construire un
truc... Je crois qu'il y a plus que

musique. C'est des gens qui
prennent aussi le temps de vivre,
d'installer la musique, de pas être
la

c'était antérieur. On avait à faire

lui, et de tous les anciens.
me souviens d'avoir vécu des

d'esthétique musicale. Lubat par
exemple, lui c'est un musicien. A
un moment donné il peut te dire :
"Les mecs vous avez joué com¬
me ça,
là vous avez utilisé tel

d'être. C'est la

conjointement

Musique de Tradition
Populaire dans les Pays d'Oc.~

ça que je chante...". Il y a peu de
musiciens qui parlent vraiment

la world-music

Présent et Avenir de

sorti

la

réats que

Te breton ne nous
à quelque chose mais
nous permet de devenir quel
qu'un". Un des prochains
objectifs de Diwan, c'est l'ins¬

X. V.

regard que tu portes
concept de world-music?

terrain
idéal. Quand on avait travaillé,
avec Sicre, dans le Lauragais,

le dit Alan, un des lau¬

tauration, dans les trois

-

qu'aujourd'hui dans le public des
musiques trad on a plus à faire à
une
approche un peu de consom¬
mation plutôt que vraiment de
s'impliquer de façon collective.
Cest ce que je disais tout à l'heu¬
re, les gens s'ils se sentaient faire
partie d'un mouvement collectif,
ça serait quand même différent
qu'une approche où on va
consommer un peu de bourrée,
un peu de musique de ci, de là,
finalement il ne se passe rien.

X, V.

Vous

1978. Belle

Oui, du côté d'expres

:

sait..

écoles bretonnantes créées
20

X. V.

sions dites "modernes". C'est sûr

nous a

contact, il nous a

rythme ça ne va pas, il faut faire
comme ça. La voix c'est comme

pas eu beaucoup de discussions
avec lui mais le peu que j'ai eu,

Tu travailles dans le

au

" Non là le

instrument, tel autre...". Je n'ai

appris
qu'on devait quand même réflé chir par rapport à ce qu'on fai -

mis

lauréat pour les premiers
bacheliers des écoles Diwan,
en

il

:

du côté de la techno—

sur ce

route

caires dou siècle que ven

d'esthétique musica¬

le. Ils te disaient

Aujourd'hui, la transe est plus

C'est le

S'avetz lo texte de vòstras

.

au

rare, aujourd'hui les gens sont
plus consommateurs. ..

de bal. Mais si

podràn trobar lor bonur.

epoconestre sauvegardai per li
generacions futuras sus un
suport informaiic Li cer -

100% de réussite

milieux revivalistes mais c'est

situer, je suis à la base musicien

je fais le bilan, il
y a quand même des musiciens
qui ont compté. Claude Roméro,
avec qui j'ai commencé à faire le
bal, ensuite des compagnons de

en

un

A part ça, pour me

en

sus

une

nauté, dans

:

à la fin d'nne

un

expression, tandis
là, je me retrouvais d'un
coup avec ce dont les gens
m'avaient parlé dans lé Lauragais
mais qui était vivant à proximité.
C'était il y a quinze ans, mais
aujourd'hui c'est fini aussi. J'ai
plus Gilbert Garrigoux, accor déoniste, Raoul Moulet, Armand
Querçy, des figures de la
musique, des types ou des
femmes qui étaient capables non
seulement de s'exprimer mais en
que

là pour faire absolument un pro¬
duit qui doit se vendre, où courir
derrière les "créations"... Par

exemple la rencontre, le trio
Jean-François Prigent, Àlberte
Forestier et moi-même... Alberte
Forestier

je la connais depuis
longtemps. Il n'y a pas de problè¬
me, je l'accompagne, elle chante,
mais la rencontre PrigentAlberte Forestier c'est quand
même étonnant Quelqu'un qui a
travaillé avec le GMEA (groupe
de musique éleetroacoustique), le
son, la voix dans des directions

�Imaginòt

Linha
Musîca

1èr trimèstre de 1999
exemple,
dans un cas très pri¬
vilégié mais on a quatre vingts
Pour donner un

d'ailleurs, toujours est-

XV

qu'on a bénéficié de
ce système pour créer
une dynamique. Je ne
dis pas que c'est

on

l'idéal... Si

quent sur

il

on

:

n'est pas

personnes

qui suivent des ate prati la culture dite "régio -

liers, qui apprennent, qui

écoute

les discours tu vas

nale". Mais

on a

entendre dire que

association,

un

ce

c'est

qu'il faut faire par

tout...

On était dans

-

un

bin, Mousiana Moulila, qui ini¬
tales. Oui, ça

assez

sont

c'est

désertique à tous

les niveaux le Lot,

musicalement, humai

-

ne ment...

musiques orien¬
brasse, les gens

tie les gens aux

paysage

quelque part
désertique. Enfin

aussi dans notre

musicien maghré¬

intéressés. Peut-être

ce

qu'on ne sait pas assez faire, c'est
les trucs médiatiques, se faire
connaître, mais c'est peut-être
pas important parce que le travail
de fond se fait...

Enfin, quand tu dis

désertique musicale
Xavier Vidai (à
tout

à fait diverses et

qui

ren

droite) et Jean-Pierre Lafitte

-

part, a certains

côtés pervers, il

contre Alberte

Forestier qui elle,

faut le reconnaître II

arrive, balance

son chant comme
voix caractéris -

beaucoup qui le disent mais l'en¬
trée des musiques traditionnelles
dans les écoles de musique, si tu
interroges les gens, tout le
monde te dira que c'est évident,

il est, avec sa

tique, inimitable d'ailleurs...
C'est une

grande blueswo

-

intérêt. Moi je crois
qu'il faut voir cas par cas. On a
pris cette opportunité de dire
voilà, on va créer une équipe de
gens qui sont permanents, qui
travaillent pour les amateurs et
qui en même temps sont intégrés
dans ce truc de la Délégation
Départementale de la Musique,
des Ecoles de Musique... Bon il
faut dire que l'enseignement de
la musique en France, malgré
tous les efforts qui ont été faits
depuis vingt ans est encore mala¬
de. Il y a encore cet académisme
qui pèse de façon incroyable,
mais en même temps tu te dis
qu'en fait le conservatoire a été
créé pour qu'une élite crée des

Voilà ! En

:

plus tous les

deux, c'est bien parce
disent

:

" On n'est pas

qu'il:f
musi

-

musique, on n'y com¬
prend rien, on fait ça mais on est
pas musiciens...", ça va bien avec
moi... Donc je me souviens de
cette rencontre qui s'est faite en
fait sur la vie. Ça a commencé

ciens... la

jar la
pris le temps de

discussion sur les
dins, après on est passé à
par une

musique,

on a
s'installer, et puis

le respect qu'il
chaque expression...
Quand on est sur scène on ne
voit pas que des gens qui font de
la musique. On voit des person¬
nages, des gens qui ont un truc à
raconter, c'est ça qui fait la diffé¬
rence... Tu as des grands techni¬
ciens de la musique, quand ils
jouent, il n'y a rien. Pourquoi ?
On peut se le demander. Quand
les gens sont eux-mêmes c'est ce
qui fait la différence.
y a pour

l'enseignement
auprès des écoles ?
Tu fais de

élites. Alors c'est difficile à atta¬

système, et en
même temps c'est vrai que la
musique classique occidentale
quer comme

demande des élites. Alors intro¬

qui ont d'autres
d'expression, c'est bien.
Ça devait pervertir le système,
mais malgré tous les beaux dis cours, il y a encore un énorme

duire des gens
formes

En apparence, parce

:

qu'on a fait le défrichage. Alors
ça permet quand même, dans ces
structures

quelque part, c'est difficile et
rare, de te tenir les coudes avec

:

on

exemple, j'ai été frappé,
depuis quelques années où je
au

festival d'Assier, par

l'évolution d'une chanteuse
Danie Barrière qui
essayée au show biz, au
stop 50, qui était au départ
chanteuse de bal et qui aujour¬
d'hui, grâce certainement au
travail que tu as mis en place,
se réapproprie un répertoire.
Sa voix trouve sa place au
niveau de !a justesse parce
qu'elle utilise la langue occita¬

comme

s'est

ne...

X. V.

Oui, il y a en quelque
certaine originalité

:

sorte une

dans

l'expression traditionnelle,

occitane. On

permet aux gens

qui baignaient là-dedans,

à un

donné en les rencontrant
leur a fait reprendre confiance
eux
ils se sont aperçus que

on
en

leur

-

façon de s'exprimer ce

s'est accaparé un peu

qui, quelque

je ne sais pas si c'est la majorité

" -v a f,es demandes •

ce

pris

un peu

qu'a crée l'ins¬

fonctionnement

ne

dans le festival, à ce niveau

qu'ils n'ont pas tous les
qui pen¬
sent plutôt le festival comme
quelque chose d'un peu presti gieux, qui va attirer des artistes...
Bon on a vu aussi les artistes en

c'est sûr

mêmes intérêts. Il y en a

plusieurs années d'Assier, quand
ils sont vraiment

confrontés

ils ont beau être
grands, c'est difficile pour tout le

comme

ça,

monde. C'est aussi un peu ce que

j'ai observé à Uzeste, si tu viens
faire l'artiste, ça ne marche pas.
Je crois que c'est partout pareil...
C'est

peut-être encore plus

visible dans les Festivals-

Chantiers, à risque...
X. V.

:

C'est vrai, tu dois te

confronter à de nouvelles

tions, des nouveaux

situa

-

publics...

moment

qui ont été
système deman dent de nouvelles expériences.
Enfin pour les plus intelligents,

on a

: Disons qu'il y a une partie
l'organisation qui est
consciente qu'il faut une implan¬
tation locale, qu'il faut faire
appel aux gens qui font du boulot
localement. Il y a un débat inter¬

X. V.

de

leur place musicalement,
c'est sûr... Alors soit les anciens
trouver

formés dans ce

Oui,

l'opportunité de
titution,

styles...

Par

vais

je pense que votre
le Festival d'Assier
a fait du bien à tout le monde,
surtout à Assier d'ailleurs 1
sur

de

institutionnelles,

des musiciens d'autres

Cela dit,
arrivée

n'importe quoi - soit
jeunes à qui on apprend et
qui trouvent comme ça une iden¬

boulot à faire. Alors comment ?
Evidemment, les gens

X. V.

ce

X. V.

que ça a un

man...

X. V.

n'y en a pas

-

ment...

n'était pas
des

tité...

Quel regard portes-tu sur

le

le ragga, tout ce mouve ment, qui en plus est très très
fort dans le sud, le long de la
Linha Imaginòt avec des
rap,

groupes comme Massilia, Nux
Vomica, ia Compagnie Lubat,
les Fabulous Trobadors, les
Femmouzes T. entre autres».

�Linha

,

'

; ' FL'

,,

'

:

'

Musica

S

,

„

.

,S

'

.

'

-

.

'

.

.V.

.

..

.

-V' ỳ; 1 F, 1

Imaginòt

1 èr trsmèstre de 1999

X. V.

:

Par certains côtés, évi

-

trad...

revenir

demment ça me

fascine un peu,
ça a vraiment des rapports avec
la culture populaire, le texte...
Moi je connais même des formes
de chant traditionnel qui sont en
quelques sortes des rap... Les
vrais chanteurs de bourrée par

exemple comme Armand
Quercy, c'étaient des gens qui
animaient des danses, ils impro¬
visaient les paroles sur une ryth¬
mique définie, il y avait des
variations

sur

la mélodie... Ce

qui s'est perdu, et qu'il faudrait
retrouver dans les musiques
d'inspiration traditionnelle, ce
revivalisme-là, c'est un côté
révolté quand même, qui existait
et
qu'il n'y a plus. Le mec qui te
faisait péter un charivari, en
fonction des circonstances,
aujourd'hui c'est un peu lisse, un
peu propre... Dans le bouquin,
avec Sicre, on l'a bien montré.
Souvent ça

gêne quand je mes ça
en avant, le côté
râpeux de la
musique, le côté crade... On me
dit : "Mais non ce n'est pas sale,
il ne faut pas employer le mot
sale, il faut que tu dises que les
timbres sont riches... (rires)",
alors je dis ouais ! D'accord,
mais moi je suis convaincu que
les gens faisaient exprès de faire
crade. A la limite ça ne les gênait
pas mais parfois ils faisaient
exprès.
Quand

on

J'ai

l'impression

que ce milieu
parles, il aurait tendan¬
ce à se protéger, il y a un
pro¬
tectionnisme qui est gênant...

américains, si
pas crade non plus...

ce

n'était

X. V.

Oui,

ce qui est gênant
c'est un milieu qui a une
expérience incroyable pour beau¬
:

c'est que

coup, justement l'expérience que
j'ai décrite tout à l'heure, de
contact direct avec ce qu'on
peut
appeler la "tradition", des gens
qui ont pratiqué. C'est une expé¬
rience que même les ethnologues
n'ont pas. C'est incroyable, mais
en même
temps il le devient, en
voulant se démarquer par le fait
qu'il veut être reconnu, parfois
c'est sûr il

a

tendance... Par

exemple ces trucs de Centre de
Musiques Traditionnelles, un
Centre par Région, je trouve que
ça ne correspond pas du tout à la
réalité de ces musiques-là. Euxmêmes ils s'en aperçoivent, c'est
! Il y a des espèces d'ins¬
qui se créent, avec des
budgets, des permanents qui sont
justifiés uniquement par l'action
de gens comme nous qui alimen¬
tons ces centres-là, qui les justi fions auprès des ministères.
Donc à partir du moment où ça

Sur le

plan esthétique, il
y a les sons parasites, tout ça...
ça ne gêne pas... C'est un peu
l'inverse, la musique classique
aurait cultivé plutôt le son pur,
dégraissé de toute harmonique,
parce que le critère numéro un en
classique c'est justesse, justesse,
justesse. Alors ils sont amenés à
enlever tout ce qui est parasité.
:

Dans la facture instrumentale

on

le voit bien. Bon,
dans les musiques

existe, l'Etat s'en lave les mains.
Pour le moment apparemment

les Régions ne se sont
impliquées là-dedans...

pas trop

On dirait que ça commence à
vouloir venir... Cela dit, les
tives

pas

de préroga¬

matière culturelle.

en

Elles veulent bien le faire et

d'ailleurs là il y a à creuser.
Peut être au niveau de cette
fameuse décentralisation cultu¬

été fixé...

Revenons

au

travail que tu
as fait sur le

Lot, Daniel
Loddo lui

a

fait

un

sur

le Tarn et

le

travail

Sidobre, et
ta Haute

sur

Garonne, bien
qu'on ait le

pas

i'impres

-

sion

qu'il y ait

une

Miguel Tsbuyo (1900-1987),
joueur de panderete en Quercy
ce

action simi¬

laire ?
X. V.

En définitive ce qui
dans beaucoup de coins
c'est le travail de fond, je crois
que c'est la bonne démarche :
collecte, réappropriation du
répertoire, ensuite vraiment
imprégnation des choses, ren contres avec d'autres
gens qui
viennent d'autres milieux, voilà,
l'expérience inestimable. Alors,
il y a plus ou moins de réussite
là-dedans, il y a des gens qui ont
plus ou moins travaillé dans un
mouvement collectif, d'autres ont
joué plus leur carte, donc ils ont
:

manque

été amenés à créer des institu

drait que

tions et

les Régions aient un
pouvoir, financier, plus impor¬
tant pour se mettre à l'écoute
et au service de gens comme toi
et d'autres qui travaillent.Oui, mais que les
Régions tiennent compte de la
:

d'approche, de la diver¬
expériences, les pro -

sité des

que

blêmes sont différents selon les

d'eux étaient moins

tés, ils n'en

"terroirs", les départements, les

micro-régions... Cela dit,

pour en

timable, il

rencontré des tas et

a

des tas de gens. Il a fait un bou¬
lot énorme, mais à côté de ça je

crois

qu'il s'est enfermé dans

expérimen

son

Cordae...

Quels sont tes projets à venir ?
X. V.

fait

:

Continuer le travail

avec

qu'on
Jean-François Prigent

autour de Festival "Avis de

Passage". C'est quand même un
outil, pour nous, inestimable. Je
crois que je l'ai fait rentrer en
contact

-

ont

pas tenu compte.
Eux ils sont allés de l'avant mais

tiré... Moi c'est ce
je reproche à Loddo. Evi¬

demment lui il a crée sa tour
d'ivoire de Cordae /La Talvera, il
beau organiser les
colloques
qu'il veut, des musiciens qui ont
joué avec lui pendant des années
ne veulent
plus jouer avec lui, et
a

qu'en ce qui concerne
Loddo, s'il y a un mec qui con¬
naît la tradition dans cette région
c'est lui. Il a une expérience ines¬

-

couper un peu de la
base. Même si les gens autour

que

voisins... Pourtant il

sont ses

faut dire

avec

tout

ce

se

ils n'ont pas

humain de

gêne un peu quand je parle de
dans le milieu des musiques

a

relle, qui est nécessaire, ii fau¬

diversité

ça

cahier des

charges qui leur

Conservatoire

tu retrouves encore ce

ça

au

Occitan, je n'ai

X. V.

l'expression qui fait
c'est riche, c'est gras. Alors

Région, je
que c'est
quand même
pas l'idéal, sur¬
tout qu'en plus
ils n'ont pas les
moyens de vrai¬
ment répondre
trouve

pervers

quand même
populaires, tu
peux le constater, c'est évident,
vieux fond

Traditionnelles
en

titutions

Régions n'ont
X. V.

Musiques

dont tu

écoute les premiers

blues

aux

Centres de

matériau,

maintenant ça y est, il est soudé.
Alors cette année, autour de ce
festival il va y avoir des siffleurs,
des gens

qui ont participé au
disque qu'on avait fait avec
Daniel Loddo d'ailleurs, il y a un

projet autour du bal

avec

Lubat,

les filles de Vocal Elastic

Instantané, Alberte Forestier,
Renat Jurié.

Tu sens que ça
bouillonne. Je suis énormément

content,
pour

..

on a

sortir

ce

localement

un

qu'on fait du

outil
car

-

�Linha

Imaginòt

1èr trfmèstre de 1999

can, se

confronter

aux

Cinq pour cent de gens compren¬
nent la langue, un pour cent de
gens arrivent à la comprendre
quand c'est chanté. Donc il faut
que toutes les chansons tradition¬
nelles, où il y a une grande sym¬
bolique derrière, faut vraiment
rentrer dans les textes, faire sortir
le sens profond... Donc de la

autres. Les

viennent chez nous mainte¬

gens

(rires). L'autoroute n'arri¬
qu'à Cahors pour le moment,
mais les types sont pompés par
Figeac... C'est quand même deux
mondes ! Jusqu'à maintenant tu

nant...
ve

prenais l'autoroute à Montauban,
tu tombais presque dans une
autre

civilisation... Bon il

ne

mise

faut

en

scène. On travaille avec

dire que les ruraux sont des
cons, qu'ils sont déconnectés de
tout, attention, c'est eux qui

Jean Marie Arnal, qui est un

connaissent tout de la ville, les

tout à

pas

citadins

ne

cadurcien. On
une

qu'a pu créer JeanFrançois sur Figeac, tout à l'heu¬
re on parlait d'Assier, il faudrait
que ce soit la même chose...

Prigent il vient d'Assier ! Alors
justement, à Assier, est-ce que
tu vas pouvoir continuer à par¬
ticiper...
sais pas

quels sont
leurs projets, je pense qu'ils ont
un débat interne. Pour reparler de
la "création" qu'il y a eu avec
Je

ne

attaque" c'était une expérience
un peu hasardeuse qui n'a pas
donné beaucoup de résultat.
Pourquoi ? Parce que c'était un

donné entre des musiciens tradi¬

tionnels
des musiciens de jazz;
alors on tombe dans les clichés
et

ans.

spectacle sur l'eau,
une expression plus contempo raine, avec la même équipe,
quinze chanteurs, des instrumen¬
tistes de différents milieux, jazz
etc... mais vraiment des types du
coin, qu'on a à proximité. C'est
difficile de travailler

Charmeurs d'oiseaux et siffleurs
de danses.

Les Jardins de Saint Eloi de

Albigés, Lauragais, Roergue e
Carcin (collection Mémoires
sonores, GEMP / La Talvera)

la

connus déjà il y a quinze
Les musiciens traditionnels

avec

des

qui viennent de loin. Bon
après, l'AFMDT a créé un label,
"Modal", c'est Ricros qui s'en
occup. Il est venu ; il cherche des
projets, alors à partir de ce spec¬
tacle qu'on a fait cet été à Assier,
il voudrait bien

qu'il

ait un
Bon à
voir... En même temps c'est la
possibilité de s'associer avec, des
musiciens qui viennent d'ailleurs
y

une trace.

Alain Gibert, Frédéric

musi

-

de 7 à 31

dies du sacré.

Il

improviser, donc ça ne
va pas loin. J'ai accepté parce
que Padovani veut être de là...
(rires), mais pour le moment il
n'a pas tellement réussi encore. 11
faut qu'il aille plus loin. Bon,
moi je n'ai pas tellement besoin
des expériences à Padovani pour

GEMP

fleurs sont

/

640 Francs,

La Talvera)

en

Les Jardins de Saint

L'Habituée 97130 Capesterre
Belle Eau

Publications écrites :

Tel

Claude Sicre / Xavier Vidal.

Minitel

musique de tradition orale
face au folk, au rock, au freejazz, à la musique savante, (IEO
Musica /Privât)

Présent et avenir de la

pays

Quercy

(A.M.T.P. /ADDA 46)
Collectes de chansons
en

introduction à la

populaires

langues bretonne, frioulanne,
galicienne, sorabe et tsigane
(Calliope) (JMB)
Bureau européen pour les
langues moins répandues

(Quercy-Rccherche)

Centre d'Information de

siffleurs
(G.E.M.P. /La

Charmeurs d'oiseaux et

Bruxelles
B

Chants, musiques et paysage
sonores

tacles

comme

de femmes

en

faire passer

avec

l'AMTP

des projets spec

-

"Femnas", chants

mise

Vidal /

(32)22 18 25 90
(32) 22 18 19 74

a

décidé la

transrégionale. 1998 fut la
6ème édition placée sous le
signe de "musique, langue et
vin sans frontières". L'opéra -

(Quercy-Recherche)

Quercy : Ségala, Causses et
Vallées, (mémoires sonores

déroulée

tivals

Sarre, Rhénanie-

en

Aval-Aval.

t

sur

Luxembourg et
différents styles
chanson, rock).

avec

(folk, rap,

G.E.M.P. 07)

11 fes¬

tion s'est

Lorraine

13

la mouvance

pied d'une tournée

sur

Palatinat,

analogique.
Musiques d'Olt,

,

musique d'expression fran¬
cique et marque de solidarité

du Lot.

Cassette

Saint Josse 49

transfrontalière triennale,
véritable baromètre de la

Quercy, comment

la langue pour un
public qui ne comprend pas.

:

Depuis 1983

(F.A.MD.T.)

Quercy.

rue

1210 Bruxelles

musicale francine

Cloches, sonneurs et sonneries
en

faire des trucs... Voilà, on a tou¬

y a

palette de sons. Typologie et
des instruments végétaux,
homenade en Midi-Pyrénées
(F.A.M.D.T.)

Bricoleurs, contre-copieurs et

jours le souci de redynamiser
l'action associative

-

Tel

Vrod.

Lauragais (mémoires sonores
03)

qu'une
poésie en

minoritaires ainsi

Quercy depuis cent ans

créateurs

l'aide de

avec

Européenne ?" C'est le
titre d'une brochure publiée
par le Bureau européen pour
les langues moins répandues
et disponible en allemend,
anglais, espagnol, italien et
français. Le même Bureau
publie également une biblio graphie sélective des langues

musique

La mémoire musicale du

"Comment promou¬

:

langues régionales et

l'Union

populaire dans les
d'Oc (IEO)

Desblancs /Ribouillault /

del

3615 Saint Eloi

minoritaires

de tradition

usage

G.E.M.P.

:

Europe
voir les

Claude Sicre /Xavier Vidal.

Une

cançons

05 90 86 85 81

:

La

Gaudàs

:

05 90 86 39 22

:

Fax

Propos recueillis par Jacme

Hermine Calastrenc

Eloi,

Route des chutes du Carbet,

Quercy (A.M.T.P. Quercy)

Fax

sonores :

port compris. La
l'emballage des
garantis toute

l'année.

Femnas / Chansons de femmes

Talvera)

Publications

coûtera de 270 à

fraîcheur et

de danses

pour

Quercy. Il

vous en

Aveyron, Lot
(collection Mémoires sonores,

chez

jazz arrangent des
grilles sur les thèmes et en profi¬

fleurs, les bouquets

réceptionnés 1 à 2
semaines après la commande.
sont

Tarn et Garonne,

Daniel Loddo / Xavier Vidal.

ciens de

expédier un bouquet de
tropicales. Composés

fleurs

Epîtres, préfaces et autres paro -

Pouget, Stéphane Pelletier, moi
je suis tout à fait ouvert, je te le
dis, maintenant les gens viennent
nous...

Guadeloupe proposent de

vous

j'ai

donnent des thèmes, les

tent

A ...Cortetas...Cortetas...

gens

comme

un

événement musical à un moment

que

spectacle,

commande. Ce n'était pas
fait satisfaisant, c'était

enregistrement,

Jean-Marc Padovani, "Le Sud

travail de surface. Il faut créer

un

Quercy.

un nouveau

c'est super ce

:

fait

quand même une remise en
scène d'un passé... Là on prépare

connaissent rien de la

campagne, mais les ruraux
connaissent tout de la ville... Là

X. V.

a

chants et instruments du

�Linha
y

Imaginòt

Ŷ1,rý&gt;'&lt;pi:"í ó;ií 'N;i

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J-î?''■'- y£-.(xW M'V\Ïy'Y

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Musica

1er triméstre de 1999
Solomon Islands

The/an ethnomusicologist
and the record business

The situation

changed
employed, in
October 1967, by the French
when I became

&lt;p c«nt port;

►

Hugo Zemp

1992

$30,000 to license one
minute of

Rajasthani

music for

an

American

company's
Sampling
by two french musicians of a
Solomon Islands lullaby, which,
mixed with pop rythms and computerized chords, results in an
commercial.

Coast is

reflexions, but rather

in the UNESCO-Collection An

story of eight cases in which I
have become involved, eitlier as

fieldworker

editor of

or as

a

record sériés. But what for

readers

and the U.S.A.

other

music business. At least that is

success

lions of dollars in

with mil

-

profit through

CD sales and income from télé¬
vision commercials in France

(and perhaps
countries). Note by note
borrowing of another Solomon
Islands lullaby (these lullabies
seem to be a hit !) by a wellknown French composer, jazz
musician and interpréter of classical and contemporary music
who declared the composition as
his own. $8,000 (only !) proposed by a Rumanian pop musician
living in Germany, for sampling
an

Al banian song...
More and more, ethno-

musicological research and com¬
mercial exploitation are getting
intertwined. While

most

ethno

-

musicologists probably make
recordings, deposit them in
archives, participate in radio profield

grams, and sometimes release

somme

what I

meant

with the title of this

paper : the indefinite
stands for the personal

article
reflexive
account of an ethnomusicologist,
while the definite singular sug gests that the légal and ethical
issues discussed here

even

to tell the

might appear to
be too personally rhetorical
might encourage others to reconsider their own expériences and
clarify their rôles and objectives
in dealing with the international

international

concern

the

ethnomusicologist in général,
thus impiicating the whole scientific community.
The eight cases discus¬
sed in this paper are grouped
according to types of relation ships : A) (financial) relation ships with performers from three
continents whose music I

recor-

Anthology of African Music [1,
2] (2) To finance these first fieidwork periods (between 1961 and
1967) as a student without any
institutional affiliation, I worked
during holidays. On one occa sion, I received

Abidjan from
the university

Music Studies and Documenta¬

editor

a

was

Musical Atlas

(Financial) relations with per¬

so

I had for

dollars,

high that the resources
one 3'ear of fieldwork

would have

run out

within

a

few

weeks. In fact, when an 'Are'are
musician receives shell money

these and other
records of African

[4, 5, 6] which
published partially

recovered the cost of
a

Nagra III tape
-

Rolleiflex for black and white),
and the development and prin -

ting of photographs. Needless to
say, this equipment was worn out
after four fieldwork periods
totalling two years in the rain
lorest of West Africa and another

Côte d'Ivoire

where

[3],

phone, still caméras
(Leica for color,

formers

converted to Australian

The income from

tionships with users of published
field recordings in the popular
music industry and for télévision
commercials.

remunerated

eventually publi¬

sed the

;

were

with shell money when they performed at a feast. The amounts,

shed in the collection

recorder with micro

record sériés

ensembles

Collection for free. It

and C) rela¬

a

(aaraha ) to discuss my research
project. The leaders explained
that the musicians of panpipe

record

contract

of

the traditional 'Are'are leaders

for the UNESCO

I

as

Research (CNRS). I received a
salary, fieldwork expenses were
paid (though much less than
what I hear American colleagues
are paid), some sound
recording
equipment and tapes for field work were provided (but still no
caméras or film, no
develop ments costs or prints).
A few days after arri ving on the island of Malaita
(August 1969), where the antliroplogist Daniel de Coppet expected me and had prepared for my
stay, there was a meeting with

understtanding that I
would make

released

which I revised

air ticket to

my

tion in Berlin with the

Music

B) relationships with
colleagues in connection with a

an

professer at
; in return, I had
to collect artifacts for the newly
opened Muséum of African and
Oceanic Art in Paris. During
another fieldwork period, I recei¬
ved money from the Inter-national Institute for Comparative

ded in the field and later
;

in

offîcially called
English) were published
now

parts of them on commercial
labels, few have publicly discus-

légal and ethical implica¬
tions. As Anthony Seeger, one of
the few who has published his
concems in one of our
professional journals, said "... no
major
figure in the field of ethnomusicology ever defined the object of
our study in terms of
rights and
obligations, confiict, or adjudica¬
tion. The issues simply were not
raised by our "ancestors" and
have rarely been part of our theoretical reflections since"
(Seeger

Ivory

purpose here is not
to contribute theoretical

My

insurance

télévision

in the Côte d'Ivoire (as the

:346).

National Center for Scientific

year

in the South Pacific, and has

since become obsolète.
The first

recordings I
made during my Ph D. research

for

performance, he cannot
freely dispose of this money ;
when he organizes a funeral feast
a

in honor of his father, for

example, he must re-distribute
part of what he received. As an
ethnomusicologist from abroad, I
could not enter into this
nial

We decided that I
would pay

14

cérémo¬

cycle of money exchange.
each musician the

�Linha

Imaginòt

Musica
iér trimèstrë de 1999
amount

that the government

of

back

to

the the

fieidworker

people through
(the

différent intermediaries

come

Protectorate

Solomon Islands Muséum

bly staying at home ?).

paid for labor, for
example, for building a road or a
schooi. In 1969 it

$1

day.

vvork in their

radios. (4)

was

meant

as

monetary compensation for the

gardens or on cocoaaraha
plantations ; the
insisted that I could never buy

Thus I

nut

(hori ) their music. The 'Are'are
offered (wate ) me their music ;
vvhat I was going to give in
exchange ( wate ooriha'i)
?I
answered that through my work,

thought that I

had fulfilied my obligations.
When I arrived for my second
fieldwork

period on the West
Coast of Malaita where I inten
ded to

-

speak with the Paramount

their traditional music would be

Chief of 'Are'are, Ariki
Nono'ohimae Eerehau (5), I heard

preserved for future générations
(1 knew from Daniel de Coppet

that he had traveled in the oppo¬
site direction to go to the capital.

that half of the 'Are'are

I

tion

belonged to

a

popuia fundamental

-

return

Two weeks later the

time that the musicians did not

This amount

a

here instead of comforta

Association, the Cultural

Headquartefs, custom chiefs,
local schools), partially in cash,
partially in the form of a batteryoperated record players with

vvas

(who shared with me the
expenses) and I never saw the

("Why the hell did I

the British Solomon Islands

T wo years later I was
by UNESCO to teach
(with Barbara Smith and
Adrienne Kaeppler) recording
and documenting music at a twoweek workshop in Honiara. I
wanted to stay longer in the
invited

meeting took place, and 1 leamed
that the problem came from a
young 'Are'are pan-Pacific pop
musician who apparently had
been cheated by a record Compa¬
ny. One voice was enough to put
my work into question. Fortunately, I had ail the papers from the
record Company Vogue with me
showing the modest royalties
which

were

payment.

Solomons and continue field
refused my application for a
research permit without any

smaller than what I

explanation. This was the second
time that permission to work was

had sent back. Thus the issue

refused in the

Solomons. David

LE CHACT DU 1Î0JJDE CïJK 274 963

Kausimae, at that

thought that I could continue
nevertheless by boat to the East

time

ILES SALOMON
MUSIQUES MMES ET HITOELLES 'ABÉ'AHÉ

a

member of

parliament and

Protestant Church where the per-

coast, where I had been invited

minister, invited

forming of traditional music

by 'Irisipau (6) to live in his villa¬
ge. On this second field trip I had
a great deai of equipment, inciu¬
ding a 16 mm professional

to come to

forbidden and that

most

was

young

people preferred pan-Pacific
pop). Perhaps if records were
pressed and their music transmitted

on

the national radio, young

people would better recognize
the value of their héritage, I said
If any profit were to be made
from producing records, the
money should come back to the

movie

caméra

recharge batteries
mm

film

;

;

'ARE'ARE IMTMATE AND RITUAL MUSIC

had been carried from the coast

inciuding the daily fees and futu¬
re
royalties from published
records
should not be given
individually to each musician,
-

up

the hill,

to me

a letter was brought
from the Paramount Chief

saying that I had to leave 'Are'are
country because I had made pro¬

but to the 'Are'are council of

fit with their music. Needless

chiefs, who

responsibie for
custom and development, since
the music belonged to the
'Are'are people as a whole.(3)
After one year's fteld -

say I was stunned by this piece
of news. Having heard about the

work in the Solomons

me not to

were

-

six

Namohani'ai &lt;7) came to see
from

a

worry, that
David Kausimac

other peoples of the
achipelago -1 published three

island

LPs with music from the 'Are'are

would have

of Guadalcanal music [11] (a
second one on Guadalcanal and
Savo music

published after
my second field trip [ 12]) ; and
two

LPs

was

Polynesian songs
from Ontong Java [13, 14]. 1 personally sent ail of the royalties
on

me

five hours' walk. He toid

ter

people [7, 8, 9] ; one LP with
Fataieka and Bacgu music from
northern Malaita [10] ; one LP

to

letter, my personai friend

months among the 'Are'are and
six months making shorts sur veys among

SOLOMON ISLANDS

tape recordings (one I had

restriction that the money

-

coming

the minis(8)

was

around the
ship, together with

on a tour

on a

(aaraha ) took place.
I showed a Super 8
copy of a preliminary eut of the film
that I had begun to
shoot during the pre-

boxes of 16

accepted my proposai, with the

musicians. The 'Are'are leaders

'Are'are leaders

two stereo Stellavox

bought myself in case the one
from the CNRS malfunctioned)
with two pairs of microphones ;
plus several cassette recorders.
When hardly ail the equipment

the Paramount Chief, and that

we

meeting to discuss
everything. In the meantime,
they toid me not to unpack my
equipment until everything was
settled. I was allowed only to
play panpipe with my friends.
That is what 1 did, although my
mind was not on performing
panpipe music happily. At
moments of discouragement like
a

this, black thoughts

come to

the

me

his villa¬

ge where a général
meeting of ail

generator to

; a

-

work, but the Malaita Council

cm

vious fieldwork pe¬
riod and spoke about

was

settled. For the future, the

two

'Are'are leaders asked

ni

my plans to continue the film
inventory of ail 'Are'are musical
types. The 'Are'are council decided to support my work and

Custom schooi in which chiidren

wrote a

ieaming to write and read
language first (mission
and government schools taught
exclusively in english). Daniel
de Coppet had made a primer in
'Are'are language. 1 agreed to
help the schooi. Furthermore,
they toid me that their coopérati¬
ve society, 'Are'are Maasina,
which had a small shop in the
capital, Honiara, wanted to sell
the records to city dweiiers and
tourists. But the coopérative
society had no money to buy the

government which finally gave

me

to

"heip collecting money" (haipoo
) for the newly created

were

in their

-

letter to the central

the

permit. The council also
to restore a big canoë
(against payment, of course) so
me

decided

that 1 could film the

canoë

songs

that had not been

performed for
several years. This récognition of
my work by the 'Are'are leaders
helped me to get over previous
déniais, but I understood also
new research pro-

that each time,

jects would be examined and
financial accounts would be

records wholesale from the

asked for any
fits.

record company. We agreed that
I would purchase one hundred

latest 'Are'are records

for the
published

records and that

in 1994 and 1995

FF15,000

me

they would give
price

back the wholesale

they had sold thern, ma¬
king profit from retail sales. One
year later, the coopérative went
bankrupt, and Daniel de Coppet
when

1 5

commercial

pro

-

The payment
was

($3,000) for the double CD [15]
and FF 10,000 ($2,000) for the
single CD [16], This time I deci¬
ded to send only half of it back
to the 'Are'are people, according

�Lin ha

Imaginot
*

.

'

f;

1* ^

.

Musica

;

lllÉf
1er trimestre

to

the

LE CHANT Dîî MONDE LDX £74 603

stipulations of typical

contracts with Le

Chant du

?

Monde, since I had had great

agrced and sent

me a

of the disbursements.
Ail three fiedvvork pe¬
riods took place before indepen-

dence, and research permits were
given me by the government of
the British Solomon Islands

Protectorate, the permit for
1976-77 after consultation with
the Provincial

(Malaita) Council
and the Local ('Are'are) Council.
Written permits to publish the
sound recordings were also
given, on m y request, by the
B.S.I.P. government.

While in the Solomon
Islands I

paid the musicians
small daily fees based on the
local labor wage, it was out of
the question to remunerate the
Swiss yodellers from my small
budget for fieldwork, especially
taking into account the rate for
converting the weak French
Franc to the hard Swiss Franc
Besides offering them some

!

bottles of wine when I recorded
in the inns (and many

performers offered

me

times the
drinks), I

could not make any payment.
muséum

finally

was

a nevv

local

concerned with

Appenzell customs and artifacts
had opened in Umasch, 1
proposed to the performers that the
money froni a future record
would be fully returned to this
muséum.
They ail agreed, and
we each
signed the agreement on
a piece of
paper. When the

yi ■:

4ij

issued [17], I

also sent records back to ail of

performers except those who
masked during the New

were

Year festival and whom I could
not

identify.
In the

case

of the

recordings made in the Muotatal,
Central Switzerland, and in the

absence of any such muséum or
other local cultural association,
the

signed agreement with the
singers was that they would
receive, proportional to their
of the

royalties. At the time of
the first édition in 1979 [18], the
fixed fee for a new dise by Le
was

4,500

francs, approximately $900. In
I waived any pay ment for myself, asking that the
the contract,

total should be distributed in the

following
the
=

way : 1) half of it to
singers (2200 French Francs

840 Swiss Francs divided in

shares of 20 Swiss Francs per
minute of recording). That was

to

he

the inn

;

2) 25 dises at the

export price to be sent to the per¬
formers and collaborators in
Switzerland (FF 400 +

postage) ;
3) 40 records at the artist price
to myself for promoting the dise
(FF 1105) ; 4) refund for photograph prints according to cost
(FF 662). A second share to the
performers became possible
when the LP

was

reissued

as a

As I noted in
vious article

a

pre

(Zemp 1990), the
performer whose picture is on

-

my em¬

published records of
officiai folklore, but

that, in the event of commercial

in his stable while he

exploitation in the form of released dises, royalty payments

case

milking, and

would

worn a

patched-up working
smock rather than

corne

back to the Solo¬

Islands.

mon

After my

a

experience in

clean, Edelweiss-

the Solomons I

embroidered

make written agreements with ail
the performers whom I recorded

Francs from the first issue (cor

-

responding to seven minutes of
published singing), he defended
himself against his critics saying
he received a lot of money from
this record... Outwardly his
riposte saved perhaps his pride,
but in his heart he was deeply
hurl and afterwards refused to

was

careful

to

during the next research period.
With the meager research money
from France, it was impossible to
meet

expectations based on the
high living standard in Switzer¬
land. Although 1 did not even
consider paying the yodellers
during fieldwork (1979), I sent
back ail royaltiess according to
our agreements : in one case to a

collaborate in the films which I

local muséum, in the other to

made, I went back to

each

share when the LP
on

CD. His face

ther film

see

a

was

him

performer.
It is clear that my

second
reissued

appeared in

ano-

encounter with 'Are'are leaders

and musicians in the Solomons

Swiss music, but
there too he did not perform.

raised my avvareness
the rights and claims

This is

just to say that remunerating performers with profits from
published records does not
necessarily compensate for

mers

humiliations received otherwise

l'Homme", which stipulâtes the
sharing of proceeds between
researchers and performers.

on

which the

ethnomusicologist
cannot always foresee, but of
whose possibility he should be

led
in

regarding
of perfor

-

and their communities. this

me

also to introduce

new contracts

a

clause

of the record

sériés "Collection Musée de

aware.

The records sériés "Collection

To summarize

:

My

financial involvement with per

CNRS/Musée de l'homme"

-

formers in these three countries

differed both
neration

concerning remu during fieldwork and

royalties from published recor dings. During my four research
periods in Côte d'Ivoire (between
1961 and 1967) as a student, I
had no institutional help for tra¬
velling and other expenses (with
the two exceptions mentioned).
Thus I negociated payment for
the performers according to
my
modest

CD.

is

from the research

provided by

money

Sunday
smock. Even though
received only 140 Swiss

much for each

singer, but
they were happy to have some thing to drink on their next visit
not

amounts

-

ployer, the CNRS, and corres ponding to local daily wages for
labour. But I personally arranged

again and bring him

contribution in minutes, a share

Chant du Monde

Switzerland

Since

k y &gt; dè n

the

detailed list

1977), I paid performers small

recor

as
for other

because I had

POLYPHONIES
OF THE SOLOMONISLANDS
(GUADALCANAL AND SAVO)
record

Islands, during three fieldwork
periods (between 1969 and

ded him, not in a

was

Paramount Chief of 'Are'are,
to distribute 50% of the money

'Are'are Council. He

because I had

the

rent

to the

had

by his
villagers

recording studio

the 'Are'are leaders, I
asked David Kausimae, the cur-

the musicians and their heirs

fellow

r—'&gt;v

went to

(since many had died) and 50%

cover

been mocked

(GUADALCANAL ET SAVO)

repiacing ten-j'ear-old
tape and cassette recorders and
buying a nevv computer (on
which I am writing this article).
After deducting income taxes, I
sent back half of it ($2,000).
Since during the différent fieldwork periods, (young) musicians
complained to me thaï ail money
expenses

to

the record

POLYPHONIES
DES ÎLES SALOMON

means

and invested

royalties from dises in equipment
and supplies for fieldwork.
In the Solomon

In 1973, the record

Vogue, which had
published the "Collection Musée

company

de l'Homme" for sixteen years

without any
the

contribution from

muséum save

its name, deci-

ded to stop

issuing our records.
According to them, the records
did not sell enough. At that time
1

was

éditorial assistant to

Gilbert

Rouget, who foundcd in

1946 the first record sériés of the

Musée de l'Homme, and who
was

looking

for a new
Ocora agrced to
into ifs catalogue,

now

record company.
take

our

sériés

�Linha

Imaginòt

Musica
1èr trimèstre de 1999

and

Chant du Monde

published in 1974-75 four

an

threaten

advance of

records with tlie label Collection

6,000 French Francs which was

Musée de

calculated

vving a général restructuring of

royalties of 6% of
the wholesale price in France
and 3% for exportation. This

Radio France, and the new editor

advance

did not vvant to continue the col¬

approximately the first 1500
copies were sold. I know from
former sales figures that some
records barely reach this number

tor

l'Homme, but the edi-

of Ocora

was

laboration with

dismissed follo-

us.

After several

unsuc

cessful attempts to contact
rent

-

diffé¬

French record companies,

Gilbert

Rouget negotiated a co¬
production between Le Chant du

Monde and the CNRS. The first
record in the

new

collection

was

issued in 1977. In 1983, Gilbert

Rouget asked me to succeed him
as editor of the sériés. During
several years the bills payed by
the CNRS vvere higher than the

on

admortized when

was

Half of this amount still has to be

to resign as editor if the
sharing clause was not accepted.
1 published in the SEM
Newsletter (May 1989 : 6) a

returned

to

the country

of origin,

the other half for the ethnomusi¬

the

cologist approximately corres ponds to reproduction fees (as
charged by the photothèque of

sériés.

the Musée de l'Homme

short note abouî this contract and

launching of our new CD
Objections came also for
practicai reasons, since it is often
difficult

to

send back

a

share to

ail

performers (a dise might
contain recordings from many
(7), and that others would sell
différent places to which the eth¬
afterwards from a few dozen to a
few hundred a year, generating
nomusicologist has not had the
opportunity to return ; perfor royalties of between $10 to $100
mers
a year. FIow to share that with
may have died, elc).
Although some col LE CHAUT BU MONDE LDX E74 716
leagues argued that I
"JÛÏÏZLT
could not apply my
JODEL DU MUOTATAL
experience from
SUISSE
'Are'are people to

or

any

photo agency) for a color first
page and a few black and white
photographs. For this price, the
researcher has not only to fumish
the photographs, but also to
select from his original recor dings, write the booklet, etc. It
that with this share,

seems to me

he is not

exploiting the musi
As far

contracts

I know, the

as

of the UNESCO-

Auvidis sériés did not

provide
share for the

income from sales. And vvhen for

other circumstances, it

untii

the first time

seemed

musicians, but the fiât fee has

some

money

have been returned to the

could

Le Chant du Monde went ban

dises. In 1988,
contract was

the musicians

History), who ail now participaco-production.

ted in

a new

editor, I vvorked out

the musicians and the ethnomusi-

a third partner could
share when a record was

cologists,
have

a

sold well

individuai contract to be

signed by the ethnomusicologist
and Le Chant du Monde on

behalf of ail

parties. It stipulated

:

Ph.D. students and

post-doctorates. They are the
future of our discipline, and I
proposed that further royalties

that the fee should be shared

should go once a year

fifty/fifty between the ethnomu¬
sicologist and the musicians, or,
if it were not possible to reach

Société

them, 50% should be sent back
to a

cultural

or

scientific

organiwhere the
made. At that

zation in the country

recordings

were

time, fiât fees from record

com¬

panies publishing field recor

dings

were

-

approximately

$1,000 for a new dise
(but Moses Asch of Folkways
offered much less, from what I
heard : $200 a dise). Beyond
FF5,000

=

this fiât fee, no

royalties were
paid vvhatever the number of
copies sold.
I

Of course,

our publica¬
tions should also be

negotiated with Le

?

to our

non-profit association, the
Française d'Ethnomusicologie, which would distribute
this income to help these young,
unemployed ethnomusicologists
financially, so that they could do
fieldwork. While individually the
royalties for most records were
smail, together the yearly
amount could really help the new
génération of researchers.
When I presented the
terms

of this

new

contract to rny

colleagues, most of them accepted it (especially the younger
ones), while two researchers
accused me of demagogy. 1 had
to put ail my weight into it and

sent
to

back to the

any

$2,500 of which $500 is
performers. Still
nothing for performers of field
recordings published by Ocora
Radio France ; only 20% for a
risen to

dise

published in the UNESCO
only in the last
; a portion (what portion ?)

collection and

copies of

higher than the amounts to be
sent back. 1 thought that besides

(belonging to the

National Muséum of Natural

As

living far away
Wire transfert costs would be

the communi-

ty (10).

SWITZERIMD

général
signed between Le

Chant du Monde, the CNRS,
de l'Homme

mers or

"jtrtrzLi"
YODEL OF THE MUOTATAL

recently

reserved for the

a way to return
part of the commercial
profit to the perfor -

a new

and, for the first time the Musée

that it

responsability

find

sériés, I believe

because of the arrivai of compact

to me

of each researcher to

-

krupt (not because of our record
; the record busi¬
ness in général was in crisi's
!).
After one year, vve started again,
but LP sales kept declining

the

was

CNRS,

-

cians he recorded in the field.

performers and

cuitural/scientific institutions

year
from the sales of

a

dise from

Smithsonian/Folkways (12) : the
sharing of 50% which I imposed
eight years ago for our Collec¬

in the country

tion CNRS/Musée de l'Homme is

many

not too

of origin.While in
régions of the Third World
probabiy only a few performers
have CD players, cassette recorders are now widely known.
Besides 30 copies of the CD
which the ethnomusicologist

bad.

..

H.Z.

Notes

receives and of which he can
send

a

portion to libraries, radio

stations and officiais in the coun¬

try where he

made the recor

-

dings, I asked Le Chant du
Monde to print seventy extra
copies of the booklets, so that the
ethnomusicologist could send
them to the performers together
with the cassette copies he can
make himseif from the CD (il).
In 1994 I heard that
other record sériés in France

(Ocora Radio France, UNESCOAuvidis) paid a fixed fee of

approximately FF10,000
($2,000) for a dise, and I nego

-

Monde

a

tiated with Le Chant du

advance against royalties,
corresponding approximately to
the sale of three thousand copies.
new

17

1. This article, while

reaction to

written in

some recent cases

mentioned in the first

paragraph,
for many
in fact, since my first

refiects my concerns
years,

encounter

'Are'are

in 1969 with the

people of the Solomon

islands. Some issues have been

sporadically discussed with coi leagues and students in France,
but the opinion expressed is
mine (sometimes in heavy
contradiction with ideas of some

colleagues). I wish to thank
Dicter Christensen for having
encouraged the writing of this
article, Steven Feld for propo sing substantial improvements,
and Travis Jackson for extensive
copy

editing of the draft written

�Lin ha

Imaginot

1er trimestre de
9. Several LPs have not been

Mills, Sherylle

Reissue

reissued

"indigenous Music and the
Law : an analysis of national
and international législation."
Yearbook for Traditional Music

UNESCO D 8027.

article.

by the record company
after the first printing, since they
sold less than 50 copies a year.
Storage and investment costs
were higher than the income. In
selecting titles to be reissued on

3. The 'Are'are

CD, I had to take into

1992

directly in English despite my
imperfect knowledge of this
language.
very

2. Numbers between square

brackets refer to the numbered

recordings listed at the end of the

language, however, has a concept of ownership
(tooareha ) applied to panpipe
tunes, which is expressed by
adding the composer's name to
the title of his musical piece. But
unlike the owner of a panpipe

the Teda

ensemble from whoin musicians

money,

want to

for

a

borrow his instruments

feast, the composer does

not have to be

asked for

a

per

-

mission to

these économie conditions.
10. For

example, in the case of
people of Tibesti in
Northern Chad [19] where it
would have been

an

insuit to

the performers with
Monique Brandily
brought back gifts, invited musi¬
remunerate

cians and collaborators to Paris,
and paid for a hospitalization. In

play it and does not
receive any money when it is
performed. There is no traditio nal copyright of songs and choregraphy as in the neighboring
archipelago, Vanuatu.

the

4. Local leaders told

in

that

account

of the

Afghanistan CD
[20], reissued in 1990 shortly
case

French charitable association
AFRANE for humanitarian

11. Ail

be useful

gual, in French and English

as

radio sets for liste

-

ning to broadcast news, especially shipping news indicating time
and places of the boats calling
(important information for those
transporting people and goods).
5. Since deceased. He
the leaders of

was one

of

Maasina Ruru

(also called marching Rule),

an

two

booklets

our

are

of tliem also have

tion into

a

third

a

bilin

-

;
transla¬

language, to

make the text accessible in the

country where the recordings
were made (in German for the
Swiss

yodelling dise [18], in
Spanish for the Bolivian dise
[21]).

anti-colonial movement that

12. On

emerged after World War 11

[22] is written : "A portion of
royalties from the sale of this
recording benefits the performers
and their culture, other indige nous people, and rainforest pre -

on

the island of Malaita. For his

portrait and

a

letter which he

addressed to the Government
and the

Législative Couneil of
Islands, showing
his political awareness, see
Coppet and Zemp 1978 :106the Solomon

109.
6. His life

story and other narra¬
tions (and my account about our
relation) are published in Zemp
1995.
7. With

a

cérémonial

had chosen

me

speech, he

in 1969

as

his

friend (see Zemp 1995 which
includes also his life story and
other

a

booklet of

servation." This

a

recent

seems

CD

to me to

be

saying too much or not
enough : a portion may be 1 %
or 5% or 10%, etc,
probably not

Government.
fieldwork

During my first
period in 1969-70, he

had hosted
Kiu.

me

in his

village,

Radio France C 5580049.

[12] Polyphonies of the Solomon

"Ethnomusicology and
Music Law." Ethnomusicology
36(3) : 345-349.
Zemp, Hugo

Islands (Guadalcanal and Savo).
Collection CNRS Musée de

1990 "Ethical Issues in

Monde LDX 74663.

Ethnomusicological Filmmaking." Visual Anthropology, III-1

reissue

49-64.
1995 Ecoute le bambou

qui pieu re. Récits de quatre nusiciens
mélanésiens ('Aré'aré, lies
Salomon) Paris : Ed Gallimard
(Collection l'aube des peuples).

l'Homme 1978 Le Chant du

Augmented

CD, 1990 LDX

on

274663.

[13, 14] Traditional Polynesian
of Ontong Java
2 vol.

music

Collection Musée de l'Homme,
1971-72

Vogue LD 785/LD

30109.

[15] Solomon Islands
Panpipe Ensembles

'Are'are

:
.

2CD,

Collection CNRS Musée de
l'Homme 1994 Le Chant du
Monde LDX 274961/62.

[ 1 ] The Music of the Dan

[16] Solomon islands

UNESCO Collection

intimate and Ritual Music. One

-

An An-

:

'Are'are

thology of African Music. 1965
Bàrenreiter-Musicaphon BM

CD, Collection CNRS Musée de

30L2301.

Monde CNR 274963.

l'Homme 1995 Le Chant du

[2] The Music of the Senufo

[17]

UNESCO Collection-An

Switzerland. UNESCO Collec¬

Anthology of African Music.
1966 Bàrenreiter-Musicaphon

tion

BM30L2308.

[3] Ivory Coasi

Baule Vocal

Musical Atlas, 1972 EMI
Italiana 3 C064-17842. Reissue

CD, 1994 Auvidis-UNESCO

D8048.

[4]

-

Musical Sources, 1981

Philips 6586044. Reissue on CD,
1990 Auvidis-UNESCO D 8026.

:

Music. UNESCO Collection-

on

Yodel of Appenzell,

[18] Juûzli. Yodel of the
Muotatal, Switzerland. Collec¬
tion CNRS Musée de l'Homme,

1979, Le Chant du Monde, LDX
74716.

Augmented reissue

on

CD 1990, LDX 274716.

Musique Guéré, Côte

[19] Chad

:

Music from Tibesti

d'Ivoire. Collection Musée de

Collection CNRS/Musée de

l'Homme, 1971 Vogue LD 764.
[5] Masques Dan, Côte d'Ivoire,
1971, Ocora, OCR 52.
Augmented reissue on CD, 1994

l'Homme, 1980 Le Chant du
Monde LDX 74 722.
reissue

on

Augmented

CD 1990, LDX

274722.

[20] Afghanistan

[6] Percussions de Côte d'Ivoire
(Dan, Guéré, Baoulé, Sénoufo,
Malinké) 1974 disques Alvarès

Pashai. Collection CNRS/Musée
Monde LDX 74 752.

musicologist wants to publieize

C488

reissue

the share

[7, 8] Melanesian Panpipes,

50% ; otherwise it would have
been

specified that the share is

half of the benefits. If the ethno-

why not

on

the record booklet,

announce

the précisé

percentage ?

'Are'are vol 1+2

de

:

Songs of the

l'Homme, 1981 Le Chant du
on

CD

274752.

Collection
Musée de l'Homme, 1971-72

the Central

Vogue LDM 30104/05.

Collection CNRS/Musée de

.

[21] Bolivia

Calendar Music in
Valleys One CD,

:

.

[9] Melanesian Music 'Are'are

l'Homme 1992

vol 3

Monde LDX 274938.

Coppet, Daniel de, and Hugo
Zemp
1978 'Aré'aré, un peuple mélané sien et sa musique Paris : Le

30106.

Collection Musée de

l'Homme, 1973 Vogue LDM

.

Seuil.

Augmented

1990, LDX

References cited

the

parliament, he was at that
time minister in the central

.

Ocora Radio France C 580048.

narrations).

8. An elected 'Are'are member of

[11] Musique de Guadalcanal
Solomon Islands 1974 Ocora-

Seeger, Anthony

Recording cited

players which I sent should also

CD 1990 Auvidis-

28

help

records, but that the record

on

IFMC, OCR 74. Augmented
Reissue on CD, 1994 Ocora

after the Soviet retreat, Pribislav
Pitoëff sent the money to the

Afghanistan, since it was
impossible for him to reach the
Pashai people directly.

me

people would like to have these

1996

UNESCO Collection
Sources 1973 Philips

18

[22] Dream Songs and Healing
Rainforest of
Malaysia. One CD, 1995 Smithsonian/Folkways SF CD 40417.
Sounds in the

[10] Fataleka and Baegu Music,
Malaita, Solomon Islands
-

Musical

6586018

Le Chant du

�Linha

Imaginòt

Occitania
1èr trimèstre de 1999
Argument
L'Occitanie, identité linguistico-culturelle, coeur de l'Age Roman... Le grand art occidental est
alors l'art de

basiliques ; les Troubadours inventent la poésie et l'cunour modernes ; l'héré bourgeoisie naissante de sa première philosophie. Aux XVIè et XVIIè siècles,
l'Occitanie baroque élabore l'idée d'une nation pluraliste et pacifique qui fût refoulée par la
centralisation française... La France doit retrouver ses capitales. La littérature occitane conlem poraine jette les bases d'une philosophie écologique et anti-centraliste, qui combat la "pensée
unique", sans tomber dans l'étroitesse d'un communautarisme ethnique ou régionaliste.
Toulouse y puisera un sang neuf, une fonction nationale, un visage européen (capitale culturel le!capitale aéro-spatiale/capitale du rugby).
nos

sie cathare dote la

Félix-Marcel Castan

A Claude Sicre

récemment

disparu, Georges Du-

by, note

Avant toutes choses,

je
qu'il existe deux
types fondamentaux d'identité
collective : l'une est d'origine
politique, l'autre repose sur une
base linguistique. Deux types de
observer

veux

co

a&gt;

discours, deux

a
o

O
m

cas

extrêmes,

représentés par la France et par
l'Occitanie. D'un côté

nation, de l'autre

une

une

culture

qui s'est toujours pas¬
sée de support national, qui a
beaucoup à dire parce que préci¬
sément son expérience est indé¬
pendante des pouvoirs, trop pré¬
autonome

que, pour la première
fois dans l'histoire, les valeurs

re

entre les hommes. La

pacifiques parurent l'emporter
sur les vertus guerrières.
Le monde antique
n'avait pas été capable de conce¬
voir une vraie philosophie de la

exactions de la féodalité naissan¬

romain

de

ou

l'Empire d'Alexan¬

dre, lesquels s'étaient édifiés sur

principe militaire, sur les
droits de la force et des armes
un

:

la

m
D

valent dans le monde, recèle bien

l'univers et de l'humanité, d'ori¬

des

gine théologique.

tan

C

enseignements irrempla çables : ce serait trahir ce peuple,

O

sa

h nu

O
C

vocation

cer

à faire entendre

sur

la scène des cultures univer¬

&lt;b
C
3
D

O

son

message

selles alors que les débats de
civilisation battent leur plein en
cette

O

unique que de renon¬

fin de millénaire.

Paradoxalement, le

premier message de notre cultu¬
re, celui dont tout dépend, sera
pourtant un message politique.
Non un message parmi les
autres, c'est le message des mes¬
sages, le concept politique le
plus haut qu'ait inventé la pensée
humaine : il s'agit de l'idée de
Paix, formulée il y a juste mille
ans par les prélats et le peuple de
notre terre, dans les fameux
conciles du Puy en Velay, de
Charroux

en

Narbonne

linguistico-culturelle,
n'a pas de querelle proprement
politique avec la nation française
qui l'héberge. Les Occitans se
considèrent comme citoyens
français, il n'est pas besoin de
référendum pour s'en convain¬
cre. Les importants problèmes
de nature

qui restent, pour nous, en sus pens, sont tous culturels avec des
implications politiques et
citoyennes.
C'est

eux

que nous

allons tenter de cerner. Ce sera
un

essai de

compréhension glo en perspective

baie. Une mise

générale.

en Languedoc, etc
parle d'un absolu de la pensée
politique, de la Paix de Dieu.

grandiose de la société humaine
unifiée et pacifiée, certitude
suprême qui servit, des siècles
durant, de référence à la poli tique de l'Eglise. " Negotium
pacis et fidei ", négociation des
intérêts de la paix et de la foi,
c'est sur le tronc de la foi que le
concept a pu fleurir.
Aujourd'hui idéal
laïque, l'idéal même de Jaurès,
notre compatriote, - qui l'a porté
en lui, dans sa chair, jusqu'au
martyre.
Cet idéal s'est inscrit

l'éternité dans l'art des
sculpteurs romans, à Toulouse, à
pour

Vloissac, à Souillac, à Chauvigny,

l'art des peintres de Tahull

et de

Saint Savin

dans la

sur

Gartempe,

conception architecturale

de Saint Sernin et de

Conques,
d'Auvergne et de
tant d'églises où règne une
pénombre sacrée. La Paix de
Dieu sous-tend la signification
des tympans de nos basiliques,
une des inventions les plus
de Cahors

ou

temps : la face de l'Eternel, pré¬
sente

...

grand historien

petite chevalerie qui ne
de frein à ses ins¬
tincts prédateurs. Les grands pré¬
lats de ce pays, peu avant l'An
Mil, surent élaborer une vision
connaissait pas

sublimes de l'art de tous les

parmi les hommes !
Si l'on veut

L'humanité est faite

Je

Le

L'identité occitane,

-

I UNE HISTOIRE NIEE

Limousin, de

plus universel des idéaux, né de
conjonction des intérêts de
l'Eglise et de la paysannerie qui
avaient également à souffrir des

la

te, de la

surprenante expé¬
historique du peuple occi¬
dont on ne voit guère d'équi¬

dans les cultures

-

paix alexandrine étaient des paix
protégées au sein de l'Empire

rience

sents

nationales. La

Paix, plé

nitude de l'essence humaine. Le

Paix. La Pax Romana, comme la

paix était un épiphénomène
heureux mais fragile et aléatoire,
sans fondement intrinsèque...
Une conséquence, un accident,
un acquis secondaire et dépen dant, non pas loi supérieure de

O
"D

qui n'ait pour fin derniè¬
l'établissement de la Paix

ce nom

pour

la paix, non pour la guerre...
de politique digne de

II n'est pas

19

prendre
que sera

com

qu'est l'Occitanie, ce
sa culture de siècle en

ce

�Linha

Imaginòt
Occitanit

1èr triméstre de 1999
siècle, les valeurs qu'elle produi¬
ra, leur constante originalité dans
un inonde qui suivait en général
d'autres voies que les siennes,
leur incontestable modernité, il
ne

faut jamais

perdre de

vue ces

volonté
d'absolu, cette conception apoca¬
lyptique du destin de l'humanité,

de contradiction, relative

ou

tielle, qui, seul, assure le

par¬

renou¬

vellement et l'avenir de la cultu¬
re, sa

marche
Ici,

devons dire

nous

un

comme

des mythologies

se

bilité et servait de socle à

grand

esprit, disparu depuis quinze ans,
René Nelii, qui, le premier, a su

comprendre la culture occitane
médiévale dans sa perspective
hérétique, qu'il s'agisse des

l'éthique sublimée d'une société
aristocratique, de vecteur pour
une poésie nouvelle, pour le
chant profond d'une jeunesse
libre et respectueuse des élans du

division des destins nationaux.

Troubadours

coeur.

La

Il

de

hardi, la cohérence et l'instabilité
indissociables, l'énigmatique

commencements, cette

auquel n'atteindront

pas

les cul¬

tures nées ultérieurement

de la

figure de Saint Pierre, le chef
l'Eglise, le porteur des clefs,
au
portail de la porte Miègeville
de la basilique Saint Sernin n'est
pas une figure de vieillard mais
une figure imberbe de jeune
homme, pleine d'un dynamisme
ascensionnel

:

raît d'emblée

au

l'Occitanie appa¬

porche de l'his¬
toire comme la jeunesse du
monde, la noblesse de la créature
et la charité répandue au long
d'un pèlerinage sans fin.

en a

ou

du Catharisme.

saisi le côté

inquiétant

et

philosophie, fondatrice pour la
parole occidentale : la vérité
morale n'est pas une, comme le
croient et l'affirment les dogmes,
mais duelle et

se

révèle dans les

tanie, si merveilleusement civili¬
sé, porte en lui un esprit de
renaissance, comme on n'en a vu
à

l'Amour occitanien n'aurait pas

Cet art

aucune

autre

roman

d'Occi-

époque et

ses
formes libres et inventives ont
valeur

d'exemple.
La

Paix, l'audace et la

sociabilité commandent l'avenir
de la

pensée européenne, nous
projettent vers le futur, il faut
regretter que ces évidences
soient cachées et marginalisées
parmi ceux qui font profession
de penser... Les adeptes d'un
occitanisme militant ont tort de

faire de

vérités leur
cheval de bataille qui leur ouvri¬
ne

pas

ces

rait des portes apparemment
closes.

,

été

pensable si ne s'était pas
imposé auparavant l'amour chré¬
tien, inspiré de Dieu. La
fin'amor dût s'égaler à l'amour
divin, accéder au même degré de
sacralité. Mais en s'appuyant sur
la sexualité naturelle.

de la Révélation, l'Eglise du
Sacrifice et de la Résurrection,

l'Eglise de la Rédemption, de
l'Eucharistie avait donc mis

au

plus haut la barre, le dogme de la
Paix et l'Art de la Paix, à l'origi¬
ne d'un nouvel
âge de l'Occident
auquel nous appartenons encore.
Nous entrons ensuite,
au

Xllè siècle, dans l'ère de

ellesentiments et

régulatrice des échanges du
couple : pour la première fois la
femme sortait du gynécée, maî de ses choix, aimée pour
beauté mais aussi pour ses

tresse

vertus.

■ L'autre hérésie de ce

grand siècle, la religieuse, l'héré¬
sie cathare, après une longue
incubation, explose en Langue¬
doc à la fin duXIIè siècle et, elle

aussi,

son

temps.

Dans

un

esprit réaliste,
qu'avait été
plus tôt la fondation de
un

le modèle de

sur

siècle

Montauban

et

ce

de Mont-de-

Marsan, elle généralise la créa tion des bastides, appelées à un

grand avenir,

comme

Grenade-

sur-Garonne, Beaumont-de-

Lomagne ou Sauveterre-deRouergue. Elle fournit aussi des
légistes, soit à la monarchie fran¬
çaise, tel le célèbre Guillaume de
Nogaret, soit à l'Eglise, en la
personne des Papes d'Avignon,
tous occitans, qui se révèlent de
grands administrateurs et qui
dotent la catholicité de structures
stables

qu'elle n'avait jamais
possédées jusque-là... XlVe
siècle, véritable révolution inté¬
religieux.

nous concerne

rieure du pouvoir

aujourd'hui.
Elle convenait à

Les thèses de Pierre-

une

Jean Olive

bourgeoisie artisanale et com merçante qui a pris conscience
de ses jeunes forces et refuse le
lourd héritage, la hiérarchie auto¬
ritaire et les consignes anti-éco¬
nomiques de l'Eglise, cherche
d'autres voies au salut personnel,

perturbèrent la nou spiritualité. Dans le domai¬
ne artistique et littéraire, la
profusion créatrice ne fut pas
comparable à celle de la période
précédente mais d'impression nants chefs-d'oeuvre tels que les
velle

d'autres formes de solidarité et

Jacobins, la cathédrale d'Albi, le

de charité, des

Palais des

l'Amour marque un

indépendance critique dans sa
vie quotidienne. Elle reçoit le
soutien de la petite noblesse,

horizons d'universalité de la

fidèle à

mêmes. C'est vrai de la

comprendra

tournant, un
progrès décisif dans l'histoire du
sentiment L'Amour
re,

il varie de siècle

a une

en

histoi¬

siècle,

en

accord

avec

l'évolution des

moeurs

et les structures de la

fut

plus comme
véritable érotique, au
ne

avant, une
sens noble et fort, était née.
Une érotique, une

tique qui visait à s'ériger en
contrôle moral.. Jusque là les
philosophes avaient considéré la
sexualité
te

comme une

secondaire de la

humaine

ou

même

composan¬

psychologie
comme une

infirmité de

l'esprit,

mal,

du démon. Tout à

oeuvre

assurent à

comme un

coup, sept cents ans avant Freud,
elle conquit une place centrale,

propose une alternative de même
niveau que les idéaux qu'elle

un

conteste. On touche là le

fin de la malédiction d'Adam et

poste stratégique dans la psy¬
chologie profonde de l'individu,

sa

pratiques qui

l'individu

tante

qui

une

réelle

vieille tradition anti¬

cléricale et elle séduit

impor¬
frange de la paysannerie
une

confirmation des
représente

y trouve

vertus du travail. Elle
une

poé¬

l'hérésie... Mais pour qu'une
hérésie réussisse, il faut qu'elle

principe

ses

blèmes de

que
l'avènement d'une telle forme de

On

société... Rien

■ L'Eglise universelle

même, reine de

de

réciprocité, par exemple,
dans les échanges des amants.
La grande découverte
des Troubadours, la fin'amor
l'amour raffiné ou amour parlait,
auquel les civilisations antiques
n'avaient même pas songé et que
tous les pays
d'Europe ont imité
mais qu'aucun n'a égalé,
actes

Promotion de la femme,

soudain considérée pour

sa

énergie la collusion des clercs et
qui ravageaient les
plaines et les montagnes de son
pays... Cette pensée sût renaître,
se reconvertir quand la tempête
fut passée et s'emparer des pro¬
des soudards

Non point refoulée,
déployait en s'épurant
pour emplir le champ de la sensi¬

elle

en avant.

d'abord notre dette à

Eve,

pan-sexuelles.

considérable avancée de la

en

échec

l'unitarisme de la doctrine

romaine, annonçant de manière
précoce les pensées organisa triees du monde qui se fondent
l'observation

non sur

des

et

les

pratiques,

dogmes. Pendant la

Croisade du XHIè siècle et

l'Inquisition, l'Occitanie

a

oppo¬
sé la civilisation du Droit et de
F Amour

aux

force, elle

puissante
sculpture des Cordeliers, de la
Messe musicale de Toulouse, de
la poésie de Raymond de Cornet,
hautement méditative, de la poli¬
tique peut-être de Gaston
Le destin de Toulouse

philosophie dualiste

du catharisme met

sur

conscience occitane restent les

Phébus.

conscience sociale.
La

Papes et d'autres
comme l'église de
Beaumont, montrent que les
architectures

a

intrusions de la
condamné

avec

victorieuse de Montfort était
la

au

du

poème de la Croisade,
plus belle épopée de l'Europe

coeur

médiévale

:

le véritable héros du

poème est la cité héroïque.
L'auteur
sans

en

est un

Toulousain,

doute Secrétaire du Comte

Raymond. Il magnifie la prise de
conscience collective et le poème
devrait s'appeler " Le siège de
Toulouse ", si les érudits avaient
sens de l'histoire et un mini -

le

�Linha

Imaginòt

Occitania
1èr trimèstre de 1999

&lt;

créativité dans le domaine des

Mais

formes

poétiques et artistiques
qui feront définitivement de
l'époque médiévale l'aube de
notre propre histoire. Le sculp teur du tympan de Moissac, le

François, le pauvre d'Assise,

troubadour Marcabru d'Auvillar

manisme renaissant, un monde

contemporains, ils
disent notre exigence d'absolu et
les saintes colères, les angoisses

fils d'une

sont nos

morales

au

sein

desquelles nous
jusqu' à

que par bribes. 11 est temps de la
considérer dans son ensemble, de
ses

réconcilié

vers

uni¬

un

la sensibilité

:

franciscaine propose une premiè¬
intuition de ce que sera l'hu¬

re

plein et généreux. Saint François,
provençale, était nour¬
ri, comme l'empereur Frédéric
II, son contemporain, de l'in¬

nisme mais aussi Dante et

a

été niée et elle n' est exhumée

la reconstruire dans

avenir,

annonce un autre

peut donc à travers le francisca-

orienter.

Toute cette histoire

même moment Saint

fluence des Troubadours et l'on

devons constamment et
la fin des temps nous

au

enchaî

-

travail scienti fique qui trace les voies nou velles d'investigation, pose des
principes adéquats. Devant un
phénomène de cette ampleur et

Pétrarque, regarder T Humanisme
qui mettra fin à l'époque

gothique

comme un

enfant adul¬

térin de la conscience romane...

nements, par un

d'un caractère si

spécifique, les

méthodes doivent être affinées

■
ture

part essentielle, l'origine de la
culture européenne et elle se pré¬
sente comme une culture des ori¬

gines.

afin d'en saisir la

dynamique, les
gestations multiples.

Eglise Notre Dame de Beaumont de Lomagne (XlVe

Toulouse y devient symbole du
Droit et du courage, des vertus
les plus hautes au service de
l'homme
seront

:

cité-Etat

comme

le

plus tard, en Italie,

Florence

ou

Venise. Toulouse

grand choc de
civilisation, son statut de capita¬
le. La première en Europe... Cent
ans plus tard, le transfert dans
l'église des Jacobins du tombeau
de Saint Thomas d'Aquin est le
signe d'une défaite et de la vie acquiert, dans

un

toire finale de l'orthodoxie
les hérésies occitanes
aussi la preuve que

:

mais il est

seule

Toulouse, où s'était révélé
des

sur

un

grands enjeux européens,

siècle)

de de

rapprocher et de mettre en
série ces grands actes de civilisa¬
tion, appartenant à des domaines
différents, mais qui procèdent en
fait d'une même

pensée constructive, d'une même culture. Ce

défendre TOccitanie
qu' ignorer ces marques qu'elle a
imprimées, de manière indélébi¬
le, à la pensée occidentale. Elle a
joué pendant trois siècles un rôle
de leader sur plusieurs registres,
rompant avec les cultures
antiques.
L'historiographie sait
aujourd' hui que le Moyen-Age
n'a pas été l'époque barbare que
les siècles classiques ont imagi¬
n'est pas

née. Mais c'est la résurrection,

la

digne de recevoir la
dépouille du maître dominicain,
le "docteur angélique" de la

réhabilitation de la culture occi¬

Chrétienté.

occitan, de

semblait

tane, coeur

de l'âge roman, c'est

la mise

évidence du foyer

en

ses

contradictions

dans la véhémence de l'aventure

1 On n'a pas

l'habitu¬

humaine, de

ses

ambitions, de

sa

his

-

d'une entité nationale. Mais il

cessé d'être actives

s'agit d'une cataracte culturelle
de trois siècles qui se nourrit de
sa propre énergie comme un
soleil qui donne la vie plus qu' il
ne la reçoit... Civilisation du
Livre ressemblant davantage à
un événement cosmique qu'à la

retrouver notre

montée lente des sèves tellu

pouvoir sortir des
était
agité depuis la mort d'Henri II.
C'est du Sud que vint la solu -

-

Alors s'est fondée
l'autonomie culturelle

:

le décol¬

lage décisif engendra un autre
langage, une autre philosophie
du monde, une autre morale...
Alors

apparurent les énigmes de

la vie intérieure, le

psychisme de

l'homme moderne, découverte

aussi

capitale

la découverte
logos dans la

que

de la raison, du

antique.
Quand le monde
roman bascule dans le gothique,
après la Croissade contre les
Albigeois, on peut croire que
1'"adversaire" triomphe définiti¬
vement. La cathédrale gothique,
avec les hiérarchies qu'elle sup¬
pose dans la société, est bien
l'antithèse de la Jérusalem céles¬
te dans laquelle la pensée roma¬
ne ne cessse de se projeter...

Grèce

toire et c'est par

:

il faut

histoire pour

accéder à des valeurs

toujours

fécondes.
Moment

important... A

la fin du XVIe siècle les armées

ont porté Henri IV au

gasconnes

trône de France. Aucune solution
ne

semblait

discordes dont le royaume

riques.

21

1

une

l'expliquer s'il
s'agissait de l'émergence simple

Nous serions mieux

de sentiment littéraire.

Ces faits ont

leur histoire
qu' on les perçoit dans leur vérité.
Parce que ce passé a été occulté,
ses valeurs ont apparemment

armés pour

mum

L'origine de la cul -

occitane constitue, pour une

tion

:

autour

le Sud occitan fédéra
de lui les forces

de reconstituer

capables

pouvoir natio¬
nal, un royaume moderne, mieux
adapté aux évolutions histo riques, aux aspirations d'une
population consciente de ses res¬
ponsabilités, enrichie et plus
nombreuse. L'Etat changea de
style et la royauté absolutiste
fonda son pouvoir sur des bases
sociologiques élargies.
Cette montée en puis¬
sance du Sud qu'on appelait
alors globalement la Gascogne,
la Gascogne des Cadets, fut par
la suite combattue par Malherbe,
par Louis XIII et Richelieu.
un

-

Mais

au

Sud étaient

nées dans la même

période de

�Linha

Imaginòt

grandes pensées dont ies consé quences se prolongèrent au long
des siècles. Il nous appartient de
les reconsidérer dans leur cohé

-

leur

signification histo¬
rique : c'est le temps des Périgourdins Montaigne et La
Boétie, frères jumeaux de
l'esprit, sans lesquels on ne com¬
prendrait pas la révolution philo¬
sophique qui marqua l'entrée
dans 1'"époque moderne", selon
l'expression communément
rence

et

admise.

conception de la nation, d'une
modernité surprenante : pour lui

Boèce,

le but de l'ordre social, c'est
l'homme, le citoyen travailleur.

d'Aurillac

A

son

service la

des devoirs

commune

mais

:

ces

qui

devoirs

a

ne

peuvent s'exercer que si un pou¬
se met lui-même au

tuteur de la Chrétienté

plaçant l'Empire germanique

et

maintient la

sur

paix et l'harmonie

le territoire. Pouvoir

non

pas

dominateur mais serviteur du

d'écrire l'histoire
naire est

■ Il y a trois manières
la

plus ordi¬
pratiquée dans les

mais des

Universités. Elle vise à

inouï à

prendre les rapports de pouvoir,
les rapports de force, les normes
et les structures qui encadrent la
vie des personnes, les relations
diplomatiques et les conflits
entre les gouvernements : elle

démocratique.
Il pose

ainsi le principe
Machiavel, de
même que les théoriciens fran çais, considérait comme inhérent
à la personne du prince.
Montaigne publia le Discours de
la servitude volontaire, qu'en
national que

mourant son

ami avait laissé

inédit. 11 l'inséra dans

ses

tutelle, faisant les rois

conflits.

annexe en

com

-

et

des

un

inventent la

fin'amor laïque,
défi à

comme un

leur

partenaire
religieux et à la

qu'on veut
leur imposer mais
qu'ils refusent. Le
la
le

pressions

sociales, enfin l'histoire des
mentalités. C'est, en gros, l'his¬

l'interdit

toire

monétaires... Le

politique des empires et des

taines

sur cer¬

pratiques

commerce a ses

sur l'histoire locale qui
lui fournit en grande abondance

lois !

Acte hautement

des matériaux, des faits à inter prêter... Je voudrais qu'on s'inté¬
resse de manière méthodique à

tir du XVIIè

En
tit

encore

une

langue française,

d'Occitanie que sor¬

ample trilogie épique,

de trois auteurs, Du
Bartas, d'Aubigné et de Scorbiac, matrice mythique du
oeuvre

concept national : l'Occitanie
pensait la nation qui se formait
non pour elle mais
pour tous. En
langue d'Oc, le poète toulousain
Guillaume Ader confirma cette

interprétation dans

épopée
du Gentilhomme Gascon
qui
n'est rien d'autre qu'une étincelante "henriade", célébrant le
rénovateur d'une France pluriel¬
le, ouverte au génie des peuples
qui la composent.
son

,

C'est
formulé le

en

occitan

qu'est

plus clairement le
projet national, à ce tournant de
l'histoire. Garros, le plus grand
de nos poètes, lieutenant du Roi
à Lectoure,
pendant les Guerres
de religion, dont son pays avait
terriblement souffert, exposa
dans un poème allégorique sa

une

troisième histoire, l'histoire

A par¬

-

siècle, le partenai¬
re

change, ce sera
françai -

dite, à
ses avancées, à ses pulsions spé¬
cifiques, à ses continuités et à ses

la nation

transformations. On

buts militaires et

de la culture proprement

avec

en

finirait

le côté désuet et stérile d'un

marxisme banalisé, infiltré par
tout dans

-

d'études, non sans
respecter ce qu'il a de
positif... Sur l'exemple occitan
nous vérifions que la culture vit
de ses propres rentes : elle pro gresse par un travail permanent
de soi

sur

ce

Ton Seńo.

bourgeoisie du
partenaire,
clergé, qui jette

s'appuie

c'est

uarra

catharisme libère

propres Essais tel une pierre ser¬
tie dans un joyau d'orfèvrerie...

symbolique de

Magniphiç c poderos PrinceploPrinccp de Na-

loi

nations. Cette histoire nationale

leur accord fondamental.

P o E S I A S
Gafconas de P E Y de
Garros Laytorèsdedicadasa

plus tard,

même

outre l'histoire de

l'économie

plus cohérente et il ne lui vient
guère à l'esprit d'utiliser sa ville
comme support
antithétique : son
support sera sa propre conscien¬
ce linguistique renforcée. A la
poésie française exsangue, il
oppose une poésie régénérée par
l'emploi d'une autre langue,
exempte des codifications stérili¬
santes. Il fait jouer à la langue
occitane un rôle de contrepoison
littéraire. C'est.le sens d'un long

Les

siècle

:

naissante,

(Hugues Capet), arbitrant les

Troubadours,

veraineté émanait

le véritable fondateur de l'idée

sous sa

citoyen-roi et des communautés

premier
en Europe et plus de deux siècles
avant 1789, affirma que la sou -

citoyens : renversement
son époque. La Boétie est

Gcrbert
enseigne à Reims son
incomparable science ; il éduque
le jeune Empereur Othon III ; il
devient Pape et le véritable insti¬
Au même moment,

service de toutes les communes

La Boétie, le

du roi

poème de notre littérature,
ne dit pas autre chose).

voir national

de base.

non

mier

genre

soi. Sa fonction est de

se,

le royaume,
A TOLOSA.

qui poursuit des

Pîrtammes ColomesImpremedolurM
4e 1'Vniuerfiut..
* 5 6 7»

organise déjà une
pesante centrali sation. Dans

ces

nouvelles condi¬

Page de titre des Poésies gasconnes de Pierre de Garros.
Toulouse, 1567.

tions, la littératu¬
occitane

adopte deux thèmes
le poète occitan
centre son expérience sur la ville
qu'il habite, où il découvre une
re

directeurs

:

construire des identités, de

chaleur humaine intense. Il

réadapter le passé au présent, en
situation de partenariat Ainsi
s'est formée l'Occitanie d'étape
en étape dont nous sommes les

forme

.

continuateurs.

Paix,

en

outre

voeux

de

d'autres che¬
mins l'inspiration des origines de
l'Occitanie, seul dans le concert
européen.
Au fur et à

Dès avant l'An Mil, les

XlXè siècle,

sous

le Second

progresse, la situation
évolue. Au XVIIIè siècle, le

Empire, les écrivains s'organi sent pour combattre l'offensive
centraliste qui s'en prend à leur
langue même, ils mettent en

poète d'Oc trouve

ordre de combat

maîtres de

le centralisme

étaient intervenus

place et

l'Eglise occitane
en chargés de
mission, en pédagogues : les
conciles enseignent la Paix de
Dieu à un peuple inculte (le pre¬

des

retrouvant par

poème didactique à la manière
mondin
(Le miroir toulousain), oeuvre
d'un jésuite intégriste. Quand au
père Sermet, autre Toulousain,
pendant la Révolution, prêtre
assermenté, remarquable orateur,
il prêche aussi en occitan : un
peu l'anti-abbé Grégoire. - Au
de Lucrèce, Lo miralh

une

mesure

étatique

en

structure d'Etat

que

se met en

face de lui

plus forte,

un

militantisme

décentralisateur, le Félibrige.

�Linha

Imaginòt

Occitania
1èr trimèstre de 1999

Les choses ont

re

encore

les frilosités, l'auto-contem

plation, l'exclusion sous ses
formes diverses, l'arrogance eth¬
nique, incompatibles avec un
humanisme authentique. Peutêtre la conception que les

lution culturelle, fascinante pour

Troubadours

aujourd'hui dans

un

les écrivains occitans

monde
ne

que

peuvent

ignorer : ils sont en mesure de
participer à la compétition ouver¬
te des cultures... Après deux
décennies de gestation, autour de
fut

dans les années quarante une

explosion littéraire d'une magni¬
fique originalité, - qu'a suivie, au
lendemain de la guerre, dans
l'atmosphère de la Libération, la

peu à peu rayonné sur l'ensem¬
ble du territoire, de Nice à

Bordeaux, de Clermont à

Perpi-

-

SEES

d'un

me nous

pseudo-universalis-

accusent

de défendre

des thèses

fonde pas sur un
communautarisme qui nous
ne se

au

mari

été conçu

par Ismaël Girard, aidé de Ca¬
mille Soula, de Max Rouquette

(Montpellier), de René Nelli
(Carcassonne) et de Pierre
Rouquette (Marseille). Il a pour
objectif de promouvoir les
valeurs dont notre culture est
riche

:

ferment d'une Renaissan¬

sentiment
féministes

culture universelle, au trésor

vraient

qui n'auraient jamais dû
jamais rejetées
négligées. Elles sont nées
nous en

raison de circons

adultère

:

les mouvements

d'aujourd'hui
pas l'ignorer.

ne

de¬

humains
donc

des

un

sans

acte

exception. C'est
de normalisation

L'érotique des Trou¬

badours, telle que René Nelli a
su en retrouver le sens, a des

crits !
Mais insistons

sur

les

positives dans ce pays
tout entier dédié à une pensée
d'humanité, à un ordre qui igno¬

-

La deuxième révolu¬

en une

morale de

sur

Troubadours, mieux que Freud,

porté

ont

au

essentielle

-

la socialisation et la sur¬

sonnes,

estimation de i'autrui élu.

inachevée, constamment néces
saire dans toute société,

jeunesse. Les contestataires du
Xllè siècle ne sont pas tellement

d'hui

comme

perspective au
nom de la loi d'Amour et procla¬
mé que la jeunesse avait sur la
société des droits que n'av aient
pas les anciens, prétention qui
s'accordait mal

avec

le lignage

féodal, inflexible partout ailleurs

qu'en Occitanie.
La troisième

conquête

révolutionnaire concerne le rap¬

dueiie, revenir à d'autres sys
tèmes de valeurs... La culture

aussi hérésie de ses fondements

idéologiques. De même, elle
conçoit la Nation, deux siècles
avant la Révolution puis elle sera
la contestataire de ses structures,

rigidités. Dans les deux

Tunitarisme

ses

recueils surréalistes

n'y a pas

compétition amoureuse avec son
partenaire. - Quant aux Trouba-

plus profonde sur l'acte
littéraire : une réciprocité libéra¬
trice, latente dans toute la littéra¬
ture occidentale. La poésie libère
l'Amour des violences de la libi¬
do. L'Amour libère la poésie des
contraintes idéologiques, poli tiques, philosophiques ou reli gieuses.
Mais le plus important
tient dans la théorie de l'Amour
lui-même. Elle court sous des

dours, ils vont beaucoup plus

formes variant sans cesse au tra¬

loin.

vers

les

protagonistes dialoguent
sur un pied d'égalité. La voix de

deux

le timbre d'une

Sapho en Grèce ou
Sulpicia à Rome disent, il est
personne...

vrai, leurs sentiments sans
contraintes, comme la poétesse
arabe Al-Ivansa : mais la
véritable

de

23

vue

des

poèmes conservés. Elle

-

grand Art
l'époque romane, fut

chrétien de

de l'unité

L'amour, la poésie. Il

-

occitane, fondatrice du

Paul Eluard,

peut-être, par
qui intitula un de

hier.

je voudrais,
psychologie indivi

Fusion retrouvée,

à la Poésie et au
auxquels il s'identifie.

-

aujour¬

Mais

-

laissant la

pouvoir, l'autorité virile, avec
quelques fissures sans grandes
conséquences. Seul le peuple juif
dans le Cantique des cantiques

une

niveau de la joie

l'épreuve d'Amour, la

antiques étaient fondées sur le

a

la par¬

alliage de désir, de luci¬

cas,

la Sulamite

sans

dité et de sentiment... Les

Chant,

:

l'échange. La

la maîtrise du désir sublimé.

Puissant

port de l'Amour

de liberté

pas

transforme

ticipation du coeur est pur men¬
songe. La vraie morale se fonde

femme... Les civilisations

un son

disparaît

se

satisfaction charnelle

de

fit entendre

ne

sublime et

se

tion morale touche au rôle de la

Ils ont renversé la

acquis.
-

mais

différents des révoltés de Mai 68.

propices

Sulamite entre dans

valeurs

-

: mais elles
concernent tous les êtres
tances

conquéran¬

militaire du chevalier tradi¬

te et

Aventure morale constamment

être dissociées,

implications nombreuses.
D'abord l'émancipation de la

de haut niveau,

l'adhésion

sa

faveurs. Le

ses

relation intériorisée des per

plongerait dans l'insignifiance :
entendons plutôt rendre à la

appelant
populaire. - Parmi ces
valeurs, on en comptera de néga¬
tives... Notre pays a été soumis à
une terrible répression un
siècle
durant, afin d'extirper des
croyances par le fer et le bûcher :
L'Inquisition a été créée en 1233
pour détruire un peuple, traqué
jusqu'au fond de ses pensées,
vrai génocide culturel. De
manière insidieuse, sept siècles
plus tard, on a failli, par le
moyen de l'école, éradiquer sa
langue. Dures épreuves, faites
pour inspirer l'horreur. Qu'à
jamais de tels crimes soient pros¬
ce

à la loi de

se soumet

tionnel. Le désir

un

teur, seul

nous

chez
a

L'amant

rédemp capable d'atteindre la
plénitude de l'amour, en cette
haute époque. Cette plénitude au
nom de
laquelle celui-ci méprise
les qu'en-dira-t-on, les bavar dages des médisants ou lausen gièrs, car les amants sont seuls
au monde... La femme conquiert
son autonomie,
par la voie de
l'amour. La prise de conscience
commence au plus intime
du

lui-même

Trop souvent les
tenants

ou

Cet Institut

monde, le rapport

au

l'amant à faire admettre

avec

-

traditionnel était renversé.

chisme humain.

parvint

-

la pre¬

pour

contraire de l'attitude

valeurs

DES VALEURS MEPRI

mière fois

:

de lui accorder

l'enjeu.
l'aide de

accumulé de l'humanité, des

II

dans la durée

ment

Elle

démarche

ce

porte sur le désir et la sublima
tion, véritable liturgie du senti

conflits dont elle était

On n'en sait pas

création d'un Institut d'Etudes

toulousaine OC,

le couple,
attardons-nous sur ce point.
La femme échappa au
piège conjugal où elle était trai tée comme une propriété inter changeable à raison des seuls
sur

intérêts du sire, de sa dot et des

nue...

Occitanes, lequel de Toulouse a

revue

pouvoir

un

plus mécon¬
la portée
décisive, dans l'histoire du psy¬

sont faite de

périmées, des idéolo¬
gies réductrices, de perdre de vue
les grands courants de pensée qui
portent notre République, qui
nous délivrent des ghettos, des
régionalismes tristes et particu fièrement dangeureux. Notre

la

femme

dame, se place en situation
d'orant, implorant sa suzeraine

se

l'Amour est-elle la

les nations. Nous vivons

toutes

Ils accordent à la

-

changé au XXè siècle. La culture
française, dans l'alambic pari sien, a distillé les alcools les plus
capiteux. Elle a, par sa moderni¬
té, accompli une véritable révo¬

ses

i'Occitanie pose le principe

puis elle combat
qui en est la perver¬
sion. Elle oppose l'harmonie du
pluriel à la "pensée unique".
:

L'Occitanie

baroque
XVIIè et XVIIIè
siècles servira de référence pour
des XVIè,

Elle a
précédé la mise en oeuvre du
centralisme français par Riche¬
les débats de notre temps.

lieu

et ses successeurs.

est

Le Clas¬

d'Outre-Loire s'y
introduit difficilement.

sicisme

venu

capi baroques. Les peintres, les
sculpteurs, les architectes, les
musiciens, les poètes, les philo¬
sophes comme Gassendi, le rival
Toulouse, Aix ont été des

taies

�1èr

tçlmèstre de 1999

de Descartes, sont en

chez Fermât. La cohérence

relation

l'Europe et travaillent à son
rythme : ils participent de l'uni¬
vers de la pluralité. Les villes
n'ont pas encore plié le genou
devant l'impérialisme de la
Capitale. Les administrateurs de
la cité se sentent responsables de
avec

la marche du monde.

Baroque occitan,
comme l'avait perçu Robert
Mesuret, a su préserver ses ca¬
ractères originaux. On le con¬
fond à tort avec le Baroque espa¬
gnol ou le Baroque italien.
N'étant pas lié à des pouvoirs
centraux, il reste plus près des
populations, des villes dont les
Le

habitants servent de modèles

aux

artistes. Moins de

stéréotypes,
plus de diversité et d'authentici¬
té, plus de vérité populaire
quoique très savante. Il cherche
moins le spectaculaire et
s'attache plus à la force de
l'expression intérieure. Il ne
sombre pas, en tout cas, dans
l'esprit provincial. Il a pu précé¬
der parfois la vague internationa¬
le,

comme on

Montauban dont la

ou

à

Plaça maja

fut le

premier grand monument
Baroque européen, à la
gloire de la bourgeoisie protes civil du
tante.

Nous, décentralisateurs

contemporaine,

y

cherchons des

repères pour pen¬
qui fasse la place
qui leur est due à toutes les cul tures que le centralisme occulte
ser une

nation

détruit. Il

nous

fournit des

racines, nous remémore le génie
des villes, capable de régénérer
une

France libre et moderne.

Toulouse, pour la deuxième fois,
prit figure de capitale.

Capitale baroque
catholique, en face de
Montauban, la capitale baroque
protestante, elle exhibe dans
rapport conflictuel

avec

son

elle,

symboliquement, la faille majeu¬
re de
l'époque. Capitale oui, car
dans tous les domaines, se mani¬
festent des Ecoles de grande
envergure, en peinture, en sculp¬
ture, en architecture, en musique,
en

poésie occitane et, à

moindre
sence

un

degré, française. Sa pré¬

dans les sciences s'incarne

la jeunesse, autre

au

tisser, bâtir le

lieu de la construire lui-

même. Le
adhéré

d'un

réserve à la nation

nouveau

rapport

sa culture 1 La
science littéraire doit sortir du

peuple occitan avait

sans

chose qu'ensei¬
les mots d'un dictionnaire,

gner

peuple avec

cadre étroitement universitaire

française dès le XVIè siècle, ral¬
lié majoritairement le panache

pour répondre aux besoins et se
constituer en science des valeurs.

d'Henri IV et surtout lors de la

Vaste

Révolution de 1789. La loi natio¬

tion pour que nos

nale était devenue la loi de tous.

projet mais c'est la condi¬
villes et nos
capitales relèvent la tête. Au-

Guillaume Catel écrit l'histoire

C'est à l'intérieur de la loi

delà, l'action culturelle décidera

de Toulouse et

forge une mémoi¬
re à la plus digne mais aussi la
plus terrible des cités.
L'époque baroque est
le deuxième grand moment de la

mune

littérature occitane.. Cette littéra¬

centralistes, unitaristes qui para¬
lysent la nation... Le mouvement
occitaniste avec Ismaël Girard,

ture, oubliée à la fin du

MoyenAge, ressuscita brusquement
pour dire que les nations en

com¬

de l'avenir.

qu'il fallait faire valoir la
linguis tique comme une richesse offer¬
te, comme un enseignement

III

humaniste, contre les sectarismes

DECERVELEES

différence culturelle et

DES

CAPITALES

Le

Félibrige n'avait

écrivant en 1945 l'article

pas su lier son destin à
l'ensemble de la vie culturelle de

construction devaient être des

des Statuts de l'IEO

son

instruments de

les

tie des villes

paix : et la garan¬
et des langues

vivantes, moteurs de la vie col

-

lective.

s'opposa
-

Venons-en à

l'époque

premier
appuyé sur

pensées fondatrices
d'Antonin Perbosc, de Michel
Camelat pu de Camille Soula,
au

construire

sa

qu'il réclamait, en face de
parisienne. Nous pro¬
posons un changement d'attitude
la machine

Félibrige, pour
avenir digne de

un

:

culture.

notre

On peut s'en prendre
du Félibrige. On a

-

parlé de sa médiocrité : en réali¬
té, il a compté dans ses rangs des
écrivains de grande valeur. Le
divorce entre la Littérature

et

la

des militants venait de

ce

que le Félibrige n'avait pas éla boré une théorie critique qui
ses

l'infantilisme et

au

adhérents à

locaiisme,

ultimatum est révolu

Ne

se

perd dans les sables.
-

rience le prouve

l'action

chaque jour, de
décentralisatrice qui

intéresse la nation entière. On lui

reproché aussi son retard, par
rapport aux esthétiques de son
temps : un reproche qu'il faut
relativiser. Les oeuvres impor tantes n'ont rien d'académique.
a

péché du Félibrige,
dont nous avons d'autre part à
retenir les leçons, a été de croire
que le positif sortirait du négatif
la Renaissance du discours

revendicatif. Il s'est

placé

situation de victime

ethnique,

attendant des

en

réparations qui ne
sont pas venues parce qu' il
n'avait pas les moyens d'exercer

nous

1. La nouvelle donne

trompons pas

culture occultée

territoire mais

nation

ce

en

France

contre toute

a

a

refusé la cul¬

territoire... Or la

le devoir de soutenir

toutes les cultures de

son

discrimination, afin
qu'aucun citoyen ne soit privé de
sa mémoire, dans l'intérêt de
chacun en particulier et de tous
en général. Pour le salut de la
nation elle-même : pour qu'elle
se

réconcilie

tion

en

Quelles sont, à ce jour,
en présence ? La situa¬

France ? Elle

a

évolué

depuis 1981, dans une grande
ambiguïté et les choses ne sont
pas devenues plus faciles. Le
centralisme n'a pas régressé. Il
s'est adapté. Il tient mieux le ter¬
rain et diffuse la culture du

territoi¬

re, sans

identité

Centre par

tratifs

les canaux adminis qui ont été mis en place...

Prétendre décentraliser
de

sans

créer

n'est

qu'un
trompeur jeu de mots. Tant que
de nouvelles capitales de la pen¬
nouveaux

sée

ne se

centres

redresseront pas pour

la culture occitane était une
pseudo-culture ethnique, n'ayant

dialoguer entre elles, avec Paris,
avec les autres capitales du
monde, ce ne sera que leurre, une
décentralisation par anti-phrase.
Un nouveau visage, un nouveau
langage, un nouveau destin pour

pas accès à l'universel... Il reste

Toulouse et Marseille,

donc à transmettre, à faire
connaître des valeurs, par les

voilà le but

avec son

véritable.

Le

et

c'est la

justice. La France s'est approprié
un

peut en dire autant, l'expé

quée.

les forces

de combat Í II existe

ture de

théorie, la Renaissance

:

for¬
des

ouvrira des voies.

Sans

On

problème de stratégie
lequel la culture occitane se
trouve nécessairement impli -

qualité des interventions sur le
terrain qui changera le destin,

une

au

Ce siècle-ci attend les

valeurs que notre Littérature
malise et invente. Le temps

campanilisme et au régionalisme.
occitane

la Décentralisation nationale

pose un
dans

aux erreurs

aurait arraché

pays et il ne concourut pas à
transformation, à la décentrali¬

sation

contemporaine...

masse

dans la France

et

L'orgueil de la cité se lit dans les
portraits annuels que les capi touls commandent à des peintres
chargés de les éterniser, en une
période qui est pourtant marquée
par la récession économique,
après la période d'expansion du
pastel. A Toulouse paraît la pre¬
mière histoire d'une ville quand

le voit à Toulouse,

dès le milieu du XVlè siècle

pression sur la nation. Il a
employé ses forces à exiger
qu'on lui construise une maison
une

d'ensemble est indiscutable...

Le centralisme fran

çais,

sans coup

férir,

a

-

fait croire

que

voies

pédagogiques. Quand je
dis pédagogique, c'est, au sens le
plus large, restituer une culture à

Lyon et
Lille, Bordeaux et Strasbourg,
: c'est alors
qu'on
respirer une autre atmo sphère... Les échanges, les écoles
d'art et de philosophie prospère-

pourra

�Linha

Imaginòt

Oecitania
1èr trimèstre de 1999

était seule

pétitlion et la nation revivra dans
tous ses

membres.
C'est le message

de
l'Occitanie contemporaine, celle
qui avance et refuse la camisole
son

passé plaide pour ce futur :

des capitales
d'avant-garde, non une idéologie
mais un style de vie, sans esprit
dominateur, n'ayant pas l'inten¬
tion de remplacer une dictature
par une autre dictature..
On dirait parfois que la
littérature occitane contemporaielle promet

comme un
-

parisienne, l'apparition d'Ecoles

de

tion met

ET DE LA LYRIQUE

OCCIDENTALE

prouve que ces

ne

deaux, qui vient confirmer

une

tré

-

de

l'or pur du
langage : toute

pratique

Mais tout

fréquente

oeuvres

d'un intérêt très actuel,

que cette littérature est porteuse
de valeurs authentiques dont

aujourd' hui ne
présente l'équivalent ? Une
Ecole littéraire a surgi vers 1940
et elle n'a cessé de progresser, de
génération en génération, au
aucune

contact

littérature

devant

un

bien battre

se

voyait placée

dilemme vital
en

: ou

-

gnilîance irrémédiable à laquelle
semblait la condamner la situa

tion d'une

langue

en

qu'elle est enclose dans sa
langue, laquelle est à la fois,
prison.

le

-

voie d'ex¬

pôle compact, capable
d'équilibrer la capitale parisien¬
ne... Le principal message de
l'Occitanie contemporaine signi¬
fie que l'identité n'est pas une
donnée mais

problèmes majeurs de la littéra internationale et jeter les
bases d'un langage et d'un ima¬

bond dans l'inconnu

une

conquête,
:

un

non

Pierre de Garros, une nation où

défendre sa culture, sa
langue, sa religion, l'honneur et
la gloire de sa ville sans lèsemajesté. - Nous attendons de nos
chercheurs qu'ils approfondis sent les données historiques d'un
projet avorté, les conditions de
son refoulement par les forces
cruellement centralisatrices qui
Ton peut

abouti à la situation que nous
connaissons. Situation que tout
ont

:

la

éparse et peu

ambition,
agitation quotidien¬

il manque une

pas une

imposée pour combattre
qui conti nuent leur travail de sape invi sible : la France est rongée de

ne

s'est

comme une

termitière.

capi qui structurent
territoire, seules leurs puis -

Seule la restauration des
taies et des villes
le

sances

intellectuelles et morales

engendrées par l'histoire sont
capables de sauver l'édifice.
Du point de vue de la
Décentralisation, le niveau prin¬
cipal n'est pas celui du village ni

occitane.
la nôtre,

importance, c'est le niveau de la
métropole, de la capitale et du
débat critique qu'il importe

structutres

d'instaurer

mais le sentiment fort

Une littérature comme

qui n'émane pas des
centralisées de l'Etat
mais procède de la périphérie et
d'une iangue dénuée de statut
national, intervient à l'intérieur
de la ville, du village, des com¬
munes, quelle que soit leur
les communes
effet le milieu réel

dimension

:

constituent

en

lequel

se

vies... Les liens
-

vain si

quand la

mais que
personne ne parvient à modifier
parce qu'aucune doctrine solide
.

qu' il y
va du visage et de l'orgueil d'une
métropole, d'un authentique par¬
tenariat, au club des capitales...
C'est à quoi peut aider de maniè¬
re décisive la prise de conscience
ne

dans

d'où le

couple potentiel Paris / Occitanie, qu'il faut affirmer hardi

l'Hospital, Etienne de la Boétie,

l'intérieur

messa¬

en un

tinction. Ou bien affronter les
ture

âme et

formes de culture non-littéraires,

retraite et sombrer

aussitôt dans le néant et l'insi

difficulté réside dans le fait

Je pense que

nous sommes tentés
d'opposer le concept élaboré par
les juristes - poètes de l'Occi¬
tanie baroque, Michel de

culturelle. Les oeuvres existent

visible

pleine et fraternelle. Le
petite littérature
nostalgique et rétrograde. Sa
force et son charisme triomphent
là où tout semblait perdu. - La

sera

dans les divers domaines,

contraire d'une

sa

dire militaire de la "France

éternelle",

les capitales
occitanes, nos capitales souffrant
encore d'un déficit de conscience

création est là,

ge occitan sera entendu si notre
littérature lie son destin aux

de l'actualité.

Elle

mouvan¬

son

critique

s'éveillent pas

te,

contradictoirement,

tout

les forces obscures

ne

jour après jour à
identité

enclins à respecter

héritage, une conception de
la nation plus complexe, plus
ouverte et sans doute plus opéra¬
toire que la conception héritée du
XlXè siècle bonapartiste : à une
forme rigide, exclusive et pour

le monde condamne

pays.
2 Le débat

tion du Verbe.

une

de Nice à Bor¬

une

l'instrumentalisa-

l'Occitanie

tans, serons

question est posée

des littératures,

appartient à une autre planète
tant elle est ignorée et condam née parce qu'ignorée... Qui peut
croire qu' une centaine d'écri vains vivants produisent des

ce

se

dresse contre
tentation

de rappers,

l'ampleur du mouvement de
Renaissance tandis qu' Escalasud, colloque des poètes du Sud
tentait d'organiser la confronta¬
tion des deux langues poétiques

sors,

Elle construit

-

identité

poètes, ces roman¬
ciers, ces essayis¬
tes, ces drama -

leur

ne

une

manifesté l'existence d'une chaî¬

caverne aux

Ji

lumière

non
-

turges ont

l'MOtÌt «0DIIXÍ

en

vité constante

découvert
AUX OtlGIMES DE

-

linguistique, échappant au
ghetto de la langue : on double
ainsi les moyens et les chances
de reconquête. Dans le domaine
musical, la Linha Imaginât a

l'esprit

Une inventi¬

TROUBADOURSï

dialec

Rodez enfin. Ce fait d'observa

la mort.

JEUNESSE DES

ville, soutenant

tiques.. Ecole de Toulouse, de
Nice, de Montpellier, de Bor¬
deaux, de Sète, de Limoges, de

bergs immergés de
Félix-martel Castan

sur une

elles des rapports

entre

et toute

devant les ice

la construction

:

échanges culturels, au-delà des
clivages professionnels, poli tiques ou idéologiques.
Nous, écrivains occi notre

occitan face à la création

art

centrées

feu de Saint

sance

plastiques

d'un

société humaine
peut s'y reconnaître, peut ap¬
prendre à maîtriser ses rêves et
ses craintes, à mesurer la puis -

Jean,

qu'organise depuis trente

arts

d'un avenir qui

brûle

ture

identitaire dans le domaine des

duel et de l'être du monde ou¬

les portes

point de

le rassemblement de la pein¬

la Mòstra del Larzac, a per¬
mis de vérifier un phénomène

françai¬
se, elle avance des solutions, des
synthèses, une création libre de
tout appareil contraignant : les
pulsions mêlées de l'être indivi¬
vrent

ce

vue,

ans

internes de la littérature

de force socio-culturelle. Tout

! Parlant de

ment

ginaire qu' une culture sans Etat
capable de générer.
C'est ce chemin qu'elle a choisi.
En regard des contradictions

ront librement, entreront en com-

ment,

25

déroulent nos
sociaux s'y for¬

consolidés par la force des

celui de la ville de moyenne

en son

centre.

-

La

plusieurs
objectifs : par l'analyse des
oeuvres qui paraissent, définir un
fonction

critique

a

(littéraire,
artistique, philosophique), les
chantier autonome

tendances dont le chantier est

fait, leurs contradictions, leurs

significations dans le contexte de
l'époque. Au-delà du repérage
d'un chantier, il s'agit aussi de la

�Occitania
1èr trimèsirë de 1999
réflexion du

centralisé dont

recouvrer sa

Le mouvement occitan
hésite à formuler un projet de

public, de l'aider à
faculté de juger, sa
capacité de consécration des
oeuvres et des auteurs, à prendre
conscience de son indépendance,
en un mot de sa
responsabilité
décentralisatrice. Mais

ce

n'est

pas suffisant : une critique digne
de ce nom se sent des devoirs
d'un ordre

plus élevé, elle se
comme engagée dans

considère

le destin de

foyer qui

sa

ville, dans

et

ses murs

participer

ce

par-delà

va rayonner

au mouve¬

ment des idées du monde.

A

ce

niveau intervient

la littérature occitane

;

par sa

position, celle-ci

se distingue de
toutes les autres littératures et sa
situation

sociologique l'oblige à
qu'on pourrait quali fier d'"écologique" au sens
noble. Elle pénètre dans le laby¬
rinthe des villes avec son regard
historique et cosmique qui agit
en catalyseur,
appelle à la syn vision

une

nous avons

transformation

qui

hérité.

correspon

-

drait, ni plus ni moins, à l'idée
que les juristes occitans ont éla¬
borée il y a

quatre siècles, au
temps du Baroque, et qui n'a

jamais été dépassée...
Ce qui nous dérange,
ce n'est pas la nation en soi mais
la nation irresponsable qui
abdique, tolère l'impérialisme
parisien et refuse son soutien aux
autres capitales. Pas de ville
bâtarde ! La République qui n' a
qu'une loi, les reconnaît toutes
pour siennes comme elle doit
reconnaître la multiplicité des
langues de France et de leurs cul¬
tures, de leurs valeurs. Décentra¬

liser veut dire refaire

un cerveau

capitales de France.. Capi¬
tales du Sud, valorisées par la
aux

culture occitane
ce

: sans

doute est-

la condition pour que

le

cen -

thèse, authentifie le personnage

tralisme soit vaincu et pour que

allégorique de chaque ville

les

res

-

sucitée.

capitales non-occitanes

se

libèrent à leur tour de leurs
L'Occitanie

pré¬
déli¬
mité artificiellement par des
frontières mais comme une jux taposition hétérogène de capi taies, autour desquelles gravitent
des villes au destin distinct,

chaînes.

entourées elles-mêmes de l'acti¬

nent

ne se

sente pas comme un espace

Pour conclure, je rap¬
pelle les trois contributions
majeures à la civilisation euro péenne dont nous ne saurions
faire fi dans les temps qui vien¬
-

:

vité des

villages... La vie cultu¬
en systèmes com¬
plexes comprenant chacun sa
capitale. - L'Institut d'Etudes
Occitanes, par sa présence aux
relle s'articule

divers niveaux, sert cette vision

des choses

:

s'il créait dans la

capitale
qui
fournisse un pôle au système, un
pôle, non un pouvoir, une pensée
critique, un observatoire jouant
le rôle qui a été, cinquante
un

Centre culturel occitan

années

durant, celui de Camille
Soula au foyer de la pensée tou¬
lousaine.
3 Une nation

polycé

-

phale
Ainsi
une

vision

femmes

se met en place
amphyctionique de la

car

elle

ne

propose pas

forme

figée de l'Amour, loi
profonde de l'être et salut moral
de l'espèce humaine.
une

il peut en retirer des

avantages tangibles. Spéciale¬
ment

a. la fin'amor concer¬
toujours les hommes et les

nera

b. la nation

une

et

plurielle qu'ont inventée les pen¬
seurs occitans pour enterrer les
Guerres de Religion, ne peut être
considérée

comme une

formule

de circonstance, tout

juste
le moment histo rique où elle a vu le jour : la
nation baroque reste le principe
efficient de l'organisation des
pouvoirs. Tous les citoyens peu¬
vent s'y reconnaître et y trouver
leur liberté, une coopération
d'altérités authentiques.
c. l'écologie esthétique
valable pour

de la renaissance littéraire actuel¬
le

ne

s'auto-détruit pas

dans

une

nation, profondément différente

paranoïa d'exclusion comme le

de l'ordre administratif

Surréalisme

hyper

-

en

donna le spec

-

tacle

:

elle

ouvre un

champ illi

-

troisième fois dans

mité, fondant l'identité culturelle
sur

la

pluralité des langues et

sur

la non-imitabilité des esthé

-

tiques. Ce n'est pas le moindre
des apports à la civilisation
contemporaine, prise de vertige
devant le vide de formalismes

répétitifs... Ecologie, somme des
possibles et matrice des disso nances
langagières : le peuple
occitan n'a la fibre ni régionaliste ni

nationalitaire mais il

fibre

écologique. Là

concordance entre

sa

se

a

la

situe la

sensibilité

et l'oeuvre des auteurs d'Oc.

son

histoire !

Dans la discrétion et

l'humour, étrangers à toute
ambition hégémonique, les écri¬
vains occitans concoctent leurs
cocktails

villes,

:

c'est chez

eux

que nos

nos communes, nos

capi¬

tales iront chercher, si elles veu¬
lent renaître, les ivresses réflé chies de l'avenir.. Ces écrivains
disent que le Grand-Sud n'est
rien d'autre qu'une circonscrip¬
tion

géographique ! Par contre,
l'Occitanie, depuis dix siècles
c'est une identité
: non une

,

identité close mais

une

identité

ouverte... L'accès à l'internatio¬

Fer de lance anti-unita-

nale des

capitales est à ce prix.

riste, culture d'une langue qui a
elle-même statut

écologique, qui
jamais enfermée, dégra¬
dée dans des limites régionales...
Ce pays possède aujourd'hui
deux langues : chacune a sa
fonction propre, l'une
politique,
l'autre écologique, - et Toulouse
est certainement la ville la
plus
originale de France, capable de
faire figure de
capitale, pour la
ne

26

F-MC

s'est

Post-scriptum après le débat de
Larrazet

I II ne s'agit pas ici
d'identité individuelle. L'identité

individuelle

se

d'une vie par

constitue

au cours

la combinatoire

�Linha

Imaginòt

Occitania
1èr trimèstre de 1999
transformatrice. Elle

l'individu

s'y enfermer : mais
elle doit savoir au nom de quoi
elle se bal pour bâtir ses plans de
bataille. Demander aux linguistes
des plans de bataille, c'est

auxquelles
participe et qu'il choi¬
sit plus qu'il ne les reçoit : elles
peuvent être familiales, profes -

sionnelles, communales, cultu

-

relies, nationales, politiques, en

l'individu fait sa propre
synthèse, une synthèse originale
qu'il dépasse en devenant luimême... Il s'agit d'une Culture,
de son unité, du sujet collectif
qui s'élabore en elle et qu'aucu¬
ne personne
ne saurait s'appro prier, qu'aucune personnalité
n'espérera valablement représen¬
ter. Une construction objective
avec laquelle nul ne peut pré
sorte que

relation fusion-

ne

demment pas

demander

aux

morales et mentales et des diffi¬

cultés du terrain pour

les forces
présence, bref, un jeu des

en

valeurs.
III L'écrivain

occitan,

écrivain, travaille

tout

comme

tincte des Occitans

sa

démarche

ne

Poser la

culturel, lorsqu'il a fixé son

mon

de

d'autre...

Chaque intervenant a
raconté sa petite histoire : com ment il avait pris conscience
d'une "occitanité" qui n'est que
fiction. Pour ma part, je n'ai
jamais eu la révélation de mon
occitanité. J'ai découvert
térature

lit¬

qui m'a ouvert des hori¬
je

d'action et de vérité et

zons

suis mis à

me

une

vice de

son

service,

au ser¬

finalités et des

ses

mes

-

sages dont elle était porteuse.
L'action militante occitane
s'identifie à l'action décentralisa¬
trice

:

valoir

elle

vise pas
sait quelle

ne

on ne

gie personnelle ou
Non

oeuvre

de

dignité
citoyenne.

à faire

mytholo¬
collective.

d'inutile vanité mais

pour

l'universalité

Linguiste, Jacques
dit avec force : les
valeurs, je suis là pour les rece voir non pour les produire. Une
langue n'a pas de vertu strate gique. Elle vaut ce que valent les
valeurs qu'elle reçoit. L'une des
faiblesses de la pensée occitanis-

Taupiac

te est

là

a

:

elle n'a que trop ten

dance à croire
en

soi

une

-

qu'une langue est

-

mis le

a

francique sur orbite musicale
tout en intégrant d'autres
langues (arabe, basque, kaby¬
le, espéranto, breton, friou lan...). Tutti Futti a tiré sa
révérence lors d'un ultime fes¬
tival le 14 novembre 1998. El
laisse derrière lui le

vinyl

"Reebou" (1987), l'album

diateur entre l'être individuel et

France.

turelle ;

quand il a décidé de dire
acteurs, qu'il
aime ou rejette, ne disent pas. Le
pédagogue procède de manière

le Tout,

Tel/Fax

les vérités que ces

fois. En vérité, lieu de

orientations par rap

-

et

inverse

:

cosmique et social à la
la parole,
produit de la parole : non micro¬
cosme réducteur de type régiona-

ouvre

phénomène culturel
lequel entraîne à sa
suite une langue qui pour l'écri¬
vain avait été première. Deux
options antithétiques. Une
méthode pédagogique ainsi
conçue est seule capable de ser¬

assurant l'harmonie de

vir à l'instauration d'une

médiocrité, de type patoisant.

sur

culture pour

le

d'ensemble,

pédago¬

en

Dominique Baudreu pour

l'homme

univers.

peuple et d'accéder par ces voies
concrètes à la connaissance des
valeurs de l'essence de la civili¬

sation, fondée

sur le principe de
pluralité et sur l'échange.

Post-scriptum après le débat de

en

quelques

(JMB)
III Le travail culturel
ne

saurait

se

Ethnies-Documents Peuples

constituer à partir

autochtones et

illusoire auto sombrer dans la

45

rue

Tel

:

développement
du
Temple 75010 Paris

de rien, dans une

nomie,

sans

en

accédant

au

Fax

champ de la

qu'il affirme son identité.
champ se présente d'abord,
pour l'écrivain occitan, sous les

du Faubourg

01 42 41 47 62
:

01 42 45 34 51

Mail-Art. En

apparences

t'inspirant de ta
langue, de ta culture, crée ton
enveloppe unique et originale.
Elle sera exposée le 6 juin pro¬

dans

chain dans le cadre du Forum

de la culture françai¬
laquelle il est éduqué et
qui l'investit de toutes parts. En
s'appuyant sur elle, en se déta chant d'elle par une contestation
implicite, il construit son projet
littéraire. Sa vertu polémique lui
assure un destin historique : faire
obstacle à la "pensée unique".
se

langues du monde /Prima
Lengas qui se déroule
chaque année à Toulouse/
des

de las

sur la grande place du
Capitole où toutes les identités

Tolosa

culturelles sont mises sur un

pied d'égalité. (CD)
Les

enveloppes sont à ren

-

voyer à Christian Desquesnes
268 rue Paul Théry 59500

Toulouse

notion de subsidiarité

avoir transmis

extraits de ce dossier fort riche

Ce
-

le monde. Merci à

vers

le siècle à venir,

culture

face du monde, de

renouveler le rapport de la jeu
nesse avec la culture de son

son

C'est

gie générale : je veux dire une
méthode capable de mettre

développement". Il comprend
différents témoignages et ana¬
lyses sur plusieurs pays à tra¬

nous

de

et

-

Documents publiée par "Peu¬
ples autochtones et

les voies d'une nouvelle

langue. Une bonne théorie de la
pédagogie occitane prend appui

03 82 54 43 95

sier de la revue Ethnies-

personne sans l'emprisonner
dans des limites artificielles et

il remonte de la culture à la

:

Repenser l'école est un dos

liste. Il authentifie l'identité de la

il

prend le
problème où l'écrivain l'a laissé

exactement

parfaitement justifiée, pour
caractériser la politique régionale

signification, leur puissance

-

port aux acteurs de la scène cul¬

ses

théorie de l'action doit s'articuler
leur

francique "futti" signi

fiant "foutu") a été constam

gé. Elle est écologique au sens
étymologique. Le lieu a la valeur
symbolique d'un habitacle, mé¬

atti¬

I Le Président Censi a avancé la

les contenus de la culture,

le groupe

lière", Tutti Futti

n'adhère pas à des racines
mais à un environnement aména¬

qu'elle soutient et en
quelque sorte génère. Toute
sur

,

présent sur les scènes
rock européennes. Prônant
une Europe ouverte, antiracis¬
te, polyglotte et "transfronta -

force. Sa force, c'est

la culture

1985

"Trans-Eurock-Express"
(1993), le maxi CD "Bilingue
dingue" (1996) et figure sur
une demi-douzaine de compils
produites en Allemagne et en

l'enfant

II

en

ment

ne

prend forme que
lorsqu'il a pénétré sur le champ

tude et

Chacun est soi et rien

sens.

et du

II La littérature occita¬

démarche. Mais la

détermine

avec lesquels peuvent
collaborer des non-Occitans.

question : quelle est
identité ethnique ? n'a pas

Fondé

Tutti Futti (de l'italien "tutti"

sur sa

façonnent,

qui la

implique l'érection de Centres
indépendants, caractérisés par
l'autonomie critique et le débat.
C'est le rôle des métropoles qui
se constituent en systèmes
avec
les villes qui gravitent autour
d'elles. La pensée n'admet pas
de subordination. Il n'y a pas
d'écrivain, de philosophe subsi¬
diaire... chaque citoyen devrait
pouvoir participer à la fois de
l'esprit du village, de la ville et
de la métropole (pédagogique,
allégorique et critique).

ger les armées. La conduite des
armes
implique une politique,
une évaluation des compétences

nelle. L'identité occitane est dis¬

une

culturel, la Décentralisation

armuriers de diri¬

langue et à partir de sa
langue : la situation de sa langue

tendre avoir

mique. C'est la définition d'une A ...Cortetas...Cortetas...
Régionalisation. Mais au niveau

doit évi¬

d'identités diverses

:

Douai

Extrait de Aux sources occitanes,

prononcée
novembre 1997 et à
15 janvier 1998.

bedf éditions ; conférence

elle est

matière sociale et écono

*

à Larrazet le 15
Toulouse le

-

t
27

/Douayeul

�Lìnha

Imaginòt
Occitania

1èr trimestre de 1999

Estetica

e

jo, vos pregtn :

poëtica

"Pédala dôla dideie

L'escrit quand es

Pédala dôla dilard
De Leitora fins

preparacion de l'oral

a

(Bis, ter o

quart....)
Martegue

Entà del sénher Lamblard"

I arribèri per una

aprèp-dinnar del

mes
1973. Lo Joan Maria

de mai de
Lamblard,

de

Martegue es un ôme pro simpatic. Coma fasiá vent, demorè-

Laurenç Michòt

rem

dins l'ostau

e

charrèrem

ben,

moment. Sabètz

me

un

deman¬

dât cossi

A

quel còp que vos
parli, era l'annada
qu'i aguèt d'eleocions
en
França, deviái

explicar al
una

cors d'una réunion,
reiinion de soscada que ne

dison

un

i deviái expli¬

semenar,

rasim avant de n'aver tirât tôt Io

chue, donc

preguèron
d'explicar tanben en que consislisson l'estetica e la poëtica del
conte oral. Ça que la, èri pro
embarrassai amor que sabiái pas
quitament çò que son l'estetica
ni la poëtica. Âlavetz me pren guéri la bicicleta e, pédala que
pedalaràs, anèri fins a Leitora per
me

me

far abladar entà de Joan fran-

cés.

Ara, brabes amies,

vos

la Talvera
l'estetica
contes

"Pédala dòla didola
Pédala dòla dilèr (Bis, o ter o
a

Leitora

l'an 1872

e

un

l'estetica existis pas !

cas,

Cau ben

qu'existis
parlan !

-

-

tota la gent ne
Ne demòran
-

quauques que ne parlan enquera,
ôc î Mès es una nocion passada
que

valèva bèth temps
-

-

la critica

matin de

lo sénher Bladèr

me

l'estetica dins lo conte.

Aqui arranquèt a n'ser :
"Huhu...Huhu....huhu...huhu E
coja ! Ont trobères aquò ? Per
que me demandas sus l'esteti ?".
ventre desboto-

sible de

guardar la medisha
Quand tòrnas diser un
conte entenut precedentament, o
lejut aquô rai, que cambîes io
honz o la hôrma lo public entendon un aute conte. I pot ben aver
d'elements comuns, aquô rai !
Quitament las diferéneias pôdon
èsser pas que subtilas ; s'i a de
diferéneias, i a un aute conte.
hôrma.

Tant

diser que s'analisas
l'estetica &lt;f un conte o analisas
vau

Mès

faussa. L* estetica

?
aus jorns d* a uèi,

evoluït ! Pòdes
Meschonnic..

a

Quai

-

es

Meschon¬

errada

o

de non, l'anaiisa es
incompleta donc es

es pas un
caractèr del conte, es un mode
d'analisa. Un aspècte sus quai

pôdon assèser l'anaiisa.

nic ?

-

-

Meschonnic

es un

deus

T402

Mas enfin, se disi lo
que

especialistas mondiaus de la
critica. Aqueth ôc, que sap analisar un tèxt. Pôdes ben legir los

T402.

sius libres. Tôt i

daràs l'estructura identifeada

dedins.

es

radament

coma

atau

analisar

a

-

coma

T402,

qu'un conte
-

un

de la bevenda. E per

destriar
l'aiga deu pastagàs, se cau levar
matin ! Se càmbias la hôrma

es

-

pas

çô qu' avìái fait fins aqui.

Li expliquèri tanben
qu'èra lo Joan Francés Bladèr
que m'aviá aconselhat de lo
venir véser per que m'explique
çô qu' es l'estetica dels contes.
Ou drôlle; faguères
tôt aquel camin per te fotre de
ieu, diga ?
-

Mès

non

-

amor que guar

-

cojonet, creses
pòt redusir a la

qu'es l'estetica ?
Me sembla qu' es lo
quicòm es polit...
Bon. E de qu'es que
LOS contes son polits ?
Es aquô que vos
-

fait que

-

fa que

Epa'i !
Alavetz la carpenta

-

bla que

nocion d'estetica

quand vendra a plàver,
cargaràs e beuràs. I seras pas trop
abrigat ! Escota, jo coneissi trop
pauc lo subjècte mès se vas parlar amb Joan Maria Lamblard

a

Martegue, t'ensenharà melhor
que jo. Estaré ben qu' i arribes
e

1980.

T ornèrem banhar

l'enche,

diser de me balhar
la bicicletada e pédala
que pedalaràs de Leitora fins a
Martegue. Enquèra cantatz amb
per

de côr per

28

! Me trufi

de degun, non !
Alara, ça diguèt, de

demandi !

1970

que

viar lo solelh, çô melhor séria
estât de rodar dins la nuèit mas

sufis per her un teuiat ? Adôbas
la hustaria e pro ! A jo me sem¬

entre

e

sivament dins la direccion opausada a la mieuna e per m'estau-

mas

se

caliá montar

penda de davalar la

seguissìá. Lo vent bufava excïu-

sieuna estructura?

de mai

pòt

Oc,

me

sovent, un

pas

dessepa-

son

tèxt, ni escrit, ni
oral, hesent ua part per l'estetica
e ua part peu sen. Lo honz se pòt
pas trobar que dens la hòrma e
ua hòrma, quala que
siasca, totjora détermina un honz précis.
Son coma T aiga e lo pastagàs,
La qualitat de l'ua coma la qualitat de l'aute détermina la qualitat
pas

1997

côsta, la

-

lo fau avenir en
Côrdas, tendTà d'èsser lo

mas

siasquèt lo viatge, se
lo solelh
tustava pas trop, e d'ont venìái
alai, e patin, e cofin... Ieu li
respondèri que lo camin èra pas
tant planiër coma o avìái pensât,
que quand davant aviái una
fasiá pas trop vent, se

es

Si que

a !
E ara, vau pas pus

a

demandar

se

tôt.

pas existir. Ni
la hòrma shens lo honz. Se pot

plan, tôt ben que me
conesquès pas ; e tôt bevent un
veirat, li demandèri çò qu'es

a

-

shens la hòrma

recebèt fòrt

Risiá

sabi pas respondre.
Mès paure badamos-

comôde examinar. Mès lo honz

Enta de Joan Francés Bladèr"

Arribèri

demandèron cossi

manifèsta dins los

literaris los estudiavan

quart)
De F ostau fins

e

me

se

L'estetica, los autres côps, l'opausavan au sen. Lo honz opausat a la hòrma. Que los critics

demandi de cantar amb jo :

ca

devi far
una presentacion. A Cordas, la
gent de la Tarasca, non la gent de

ca ;

que càmbies lo honz. E
càmbias lo honz, es pas pos -

obligat
Es que ne

cossi l'escrit

pòt servir per
preparar una prestacion orala. E
coma aquel brabe mond de
Cordas me violân pas virar del
semenat trop rapidament. Que
quand fan de vin, getan pas lo
car

nat.

-

Bogra de coja ! La

es estât raptada
vulgarisada per de critics que
sabián pas cossi jutjar çô
qu'avián davant Aviân pas de
critèris per decidir s'una ôbra èra
polida o non. Aquô' s una prôva
de la granda qualificacion
d'aquela paura gent. Alara coma
aviân l'adjectiu "estetic" - vertat
qu'en filosofia existis "l'esteti ca" qu'es una disciplina que per¬
met de determinar çô polit de çô
laid, segon de teorias e
e

�Linha

Imaginot

Occitania
1er trimestre de 1999

a

la

botiga de la pancosièra

demandar,

prôsa
gascona

per

enlà m'aconse-

mas

Ihèron d'anar véser

a

la farmacia

la Maria Aimada i
siasca enquèra. Qu'i èra partida
detz minutas ençà. S'èra crompat
lo pan a la pancosariá e n'èra
sortida per anar querre de pontigas a la farmacia. La trobèri, îi
expliquèri quai soi e çò que
voliái. Li di guéri que me caliá
aprene çò qu'es la poëtica dins
en cas

Joan Francés BlADÈR

CONTES DE GASCONHA
Segonda garba

que

los contes. La Maria Aimada
Meravilha

dinli caliá enquèra far un
parelh de crompas, me diguèt
que me daissava de despava, que
daissava dins la carrièra per

un

momenton

de

nos

e

convenguèrem

trobar daval lo mercat

-

ron

lo substantiu "estetica" que

?
O!

-

es

pas un secret.

La

poëtica es la ponhada de
biaisses que fa servir lo contaire
per que lo sieu relat siaga de bon
escotar. Mas per ne saber mai, te
cal

Condat

anar a

a

l'ostal de la

significa "polidesa" sens lo défi¬
nir de cap de biais. Sens jamai
dire en qué consistissiá. E degun
s'o demandé! pas, ni o demandé!
pas publicament, qu'auián agut
l'aire trop colha de saber pas
quicôm que semblava tant evi -

dòna Meravilha.

dent En fin firtala, l'estetica es
una estafa e res de mai.

al cementeri dins la sieuna

E la

-

Va

plan.

De ser, te retiri.
Partiras deman ai matin mas val
-

melhor

qu'i arribes perl'annada
trigas trop riscas

1970, que se

ben de la dever

anar

interviuvar

tomba.

poëtica ?
Aquô es mai complicat. Ai ben quauque idèa de çò
qu'es mas se vols una bona
explicacion, te eau anar veire la

Sopèri amb la familha
Lamblard, fasquèrem un chic de

dòna Meravilha

fort ben

-

-

Cesalièr,

en

a

Condat, dins lo

Auvernhe.

T'o

vois pas

de

las tieunas
a

veses

l'escalièr del

cas

dròlle,

-

se

précisas a
questions, tant me fa

e

granièr

las cli-

en

cap entau
Auvernhe. Ane,

ensemble cantam

la

E l'idèa

qu'avètz?

Es

idèa

una

tròp

generala per bastar, trop generala
explicar pro.
E me volètz pas dire

:

"Pédala dòla dadilha

(Bis,

o ter o

quart)
Fins cò de la Meravilha
S'i

es

ria, aladonc o pôt pas cambiar !
Imagena - te ! Un
conte gravat sus un dise pôt pas
cambiar. Mas un contaire viu, en
-

familha aquel
dimenge. La dòna Maria Aimada
me presentèt e se'n seguisquèt
un balafi de saludanças de vòts
de benaiirança e de prosperitat, e
de mòstras de simpatia. Lo repais
siasquèt mémorable mas me
soveni pas de çò qu'aviam per
manjar, ni dels présents que
manjèron amb nosautres, ni de
çò que s'i diguèt. Quand aguè rem

sa

acabat de

nos

fartar lo bue,

la menina de la Maria Aimada

balhèt un cigarro a cadun per
acompanhar lo café e se'n prenguèt un tanben. Auriatz vist
aquela. pichona menina darrèr
aquel cigarràs qu'èra mai gros
qu'ela, que n'auriatz badat ! I
avià pas que

Rogièr, que
marroquin.

enquèra a Condat"
A Condat, m'arrestèri

un

public, pôt

La Maria Aimada

sieus

sa

familha, dels

dison pas que las
M.A.M. Aquô fa :

noms

inicialas

:

Mam'. E

coma

doblan, dison

tau o tau

punt en

Pôt

apondre tala o
mimologismes coneguts,
coma lo pol que canta : "Cacaracà ! Me tastaràs pas!" Pôt
inventar de mimologismes, coma
pel traïn que fa : "Pataca-z'òc,
que put tant que pôt ! Patacaz'ôc, que put tant que pôt !
Pataca-z'ôc, que put....". Pôt
diser o cantar de topics. Pôt dire
"aqui tant i ganharai que m'i
citar de

farai de colhas
ben
di

en aur

!" O tan

-

aqui dernanque totes cantetz amb ieu :
pôt cantar

"Se canti que

; mas

cante,

Canti per un

Que

uôu,
la clôsca i piqui

sus
Per veire s'es mou".

La dita

pôt èsser
jôcs de tôt lo còrs.
D'expressions de la cara, de
constelada de

bruches de la boca, de lofas bor-

robompetantas, de trucaments de
traupits dels dos
pès, martelejant freneticament lo
pavat a lo faire fumar. Totjorn lo
contaire deu adaptar lo sieu
contar en fonccion del public.
Aquô's mai aisit per sièis personas que per très milas mas rai ;
totjorn se deu adaptar au public e
las mans, de

l'oncle, lo vièlh
fumava de carbe

Meravilha, dins

sus

dins la sala.
tala borla. Pôt

:

au

moment.

ca

T

demandée la sieuna

per

-

èra tota

Mam-mam'. A la Mam-mam' li
Pédala dòla dilat

-

a

lo conte fixât dins la memô-

fonccion de la gent

a

i droméri

responsas

ieu !
-

-

l'endoman

cavalgavi la bici de

Cesalièr

-Tantde camin !
-

velhada davant la télévision,
m'adobèron un bon lhèit daval

re a

tornèri

ont

es

Mas enfin, lo contai¬

-

insistir

Nos trobèrem au lòc

quala

-

contacte amb

convengut e anèrem au sieu ostal

aquô, èra un mond desconegut
d'aquestes "criticòts de premsa"
que vulgarisèron lo mot incrimi¬
nât
coma avìán l'adjectiu "estetic", que vòl dire "polit", ne tiré -

m'assabentar sus çô qu'es la
poëtica. Aqui, coma que me fas¬
quèt un grand sonser, intuïtèri
que la question li agradava mai.
Çô que cal, ça diguèt,
es saber çô
que plai au public.
Aquô vôu dire qu'au contaire, li
eau saber
quau l'escota e li eau
saber çô qu'aima cadun per
adaptar, al mens un pauc, lo sieu
conte aus gostes de cadun.

cobèit. Ela, anèt d'un costat e ieu

pancoseriá que i
crompèri una còca. Sabi ben que
"manjar de còca fa levar la
bròca" mès èra dimenge e prenguèri lo risc.

d'ensembles de critèris. Mas lot

qu'èra pauc diplomatie
d'insistir. Atanben la preguèri de

convidèt per

me

nar e coma

me

derar

opinion a
prepaus de l'estetica dels contes.
Bassaquèt lo cap e las espatlas,
alonguèt lo morre, rupèt lo nas e
las ussas e me romeguèt una
amabilitat que me fasquèt consi-

-

-

ca,

E tôt

Tôt

aquô

aquô

es

es

la poëti¬
la poëti -

dròlle. E cada contaire bastis

lo sieu contar. E

circonstàncias

l'adapta

coma aus

a

las

indivi

-

�unna

imaginot
Occitania

1er trimèstre de 1999

me

respondèt, la

parlar d'una quantitat de poëtica,

una

Mam-mam'

excessiva, sufisenta

per quau conta.

Meravilha t'a

conte que siá. Es
question de qualitat, lo conte
es intéressant o n'es
pas. Se pôt
pas tanpauc définir "la poëtica"
amor qu'a una infinitat de situacions correspondon una infinitat
de formas de poëtica.
T anben me podètz
parlar del tèxt escrit en tant que
preparacion d'una prestacion
ta, per quauque

plan informat. La
poëtica que pòt

una

far servir lo
contaire

dépend

del sieu

public.
Lo contaire pòt
pas donar que çò
que lo public pòt

-

recebre. La
meteissa estructura

narrativa dita

orala ?

a

de

publics dife
rents
que sián
l'edat, per

dus présents a cada prestacion.
Plan segur, eau que l'element

insert dins lo conte per
a

la

l'adaptar

conjoncture, siá ben

compa¬
tible amb l'istòria racontada...
Pr'

aquò, te eau pas
contentar de çò que te disi ieu.
Aquesta nuèit te retirant mas
deman, tòrna prene la bici e vai
t'en a Sant Marçal d'Albareda.
Petaça-te per arribar entre 1947 e
1950, en cò del Claude Senhòla.
L'endeman, a las cli
cas, aprèp un brabe desjunar, de
-

-

cavalgons
cleta

tornar - sus la bici
ardit ! M'encaminèri pel

e

-

Peiregòrd. E
bicicleti,

-

coma cada

cantatz amb ieu

còp

que

:

"Pédala dòla didòla
Pédala dòla dilèda (Bis, o ter...)
Fins cò del Claude Senhòla
A sant

Marçal d'albarèda"
Enlà m'arrestèri

un ser

de 1949. Me costèt
pas trop de
trobar l'ostau cercat. Lo mèstre

Senhòla

m'aculhiguèt coma se
desempuèi

m'aviá conescut

l'escòla. Me recebèt antb

una

granda amb tat

e escotèt la mieudemanda. Parlèri pas de
l'estetica mès dentandèri sus la
na

poëtica,

en tôt li explicar çò que
m'en aviâ dit la Mam-mam'.
-

La Mam-ntam', ça

A ôc?

-

meteis incambiat

très, o

dotge

o trenta

subretot

gestuales tocadisses, olfactius, o gustatius,
qu' utilisa lo contaire per que lo
public comprenga e aprecie la
sieuna narracion. La qualitat
d'aquestes elements pel public e
pas en se - détermina la qualitat
-

cantari

ton.

sauriá ben que can-

e me

amb ieu

o

public es constitutiva de la poëtica del conte. Lo
public pòt èsser en desacôrd
complet amb lo contaire. O,
pôdon jogar contaire e public.
Tanben, lo public es pas una
massa indistincta : son lo
public
de personas independentas de
qualas los aquesits culturaus son
pas identics e pôdon èsser fôrt
diferents. De segur, se pôt pas

a

o atau

tala

o

tala estetica.

muishada. Mès adara

:

un tèxt de
quauqu'un
çô que vederàs purmèr, ei

l'estetica. De l'estetica tira lo
Damb lo ton, troberàs la

posture de l'autor.
Plan mercé Mèstre

"Pédala dôla didales

Bernât. Ara

me

Pédala dòla danlet

cossî l'escrit

pôt èsser

Deu

racion de l'oral ?

(Bis, o ter...)
Peiregôrd fins a Sabres

-

ton

trobar lo sénher Manciet. Totes
lo coneisson e lo
vilatge es pas

tu,

que son

mai bèls.
Bernât Manciet

demôra

siasquès

nas.

Era pas

un

chic

a

l'obratge

las

me

esca

que

un

-

hau pas
poëma,
poëma escrit, damb lo
un

d'un tèxt escrit. Ac didi mès

ha pas arren. Didi d'escrit. Mes

qu'escrives ua pagina e
enqiiera las regas son pas ben
sarradas ; e damb ua pagina
es

mancava.

Li expliquèri lot
çô
m'avián ensenhat los autres,
bassaquèt lo cap que li semblava
juste.
Alavetz, ça diguèri,
per analisar un conte, sufis de

! L'ôbra

Demorèri boca badanta.

Lo Bernât Manciet

me

menèt

Me

pausèt la bici
au mieu
darrèr, me fotèt un côp de pè pel
cuol que m'enlairèt e venguèri
tombar, aqueste matin, sus la
plaça Sant Miquèl a Cordas.
casau.

dins los braces

que

oras

orala, pas escrita.

dins lo

li

explicar

una prepa¬

non ac

d'escrit contas duas

me

plan. Acceptèt de

que

voletz

Aquô,
jo. Quand reciti

A Sabres, quand i arribèri, mascanhèri pas plan per

recebèt pro

o

càmbia pas arren. E lo ton

consagrar un momentet, tôt ben

public e contaire es benlèu çô
mai important. En fonccion del
public, lo contaire causís çô que
ditz. A tengut, totjorn, lo public
eau que
comprengaprecie.
S'aprécia pas, es que que com pren pas tôt. E totjorn lo contaire
n'es responsable. La partecipa demanda pas au

ua situacion geografipôt implicar ua situacion
sociala, que pôt implicar ua
situacion intellectuala. Quand
sabes la posture, as Tarrason que
produsis lo ton. Ton urnil o pretenciós, ton grèu o enfatic, o trist
o gaujós... E deu ton ven l'esteti¬
ca, que ja conèishes. Se vols har
quauque tèxt es la tia posture que
ca

mèi ;

plan grand. Ne coneissi

del conte. La relacion entre

cion que lo contaire demanda

contair. E

s'analisas

Enlà deu Bernât Manciet"

-

de totes los éléments sonòres,

visuales

pais
sèi mèi.. La posture deu
contair implica tôt çô que conta.
De'n primèr as de determinar
cossî se situis, socialament lo

-

sièis

publics diferents, farà très, o
dotge o trenta sièis contes dife
rents. La poëtica es constituïda

moraus, o conta sus un

que te

o

Atau

d'una

a

cipis

quilometres de bici. Per que lo
temps se fasca cort, en pedalar
tetz

prestacion a l'autra - aquela unica estructura narrativa dita

o promôu la
vaiença, la
finesa, l'umor. Ensenha de prin-

te menarà

Oc. El sap.
E hardi t! Très cents

pas

dicion

harà lo ton deu tèxt. Escrit

a

-

exactament los

posture per report au mond
Li ensenha la tra-

orau,

o

diferéneias,
comptar que
es

Oc. L'ôme que

Sabres.

sens

lo diseire

granda

s'ocupa dels enterrements

moral, quala sián

Bernât Manciet dins Costal de Sabres

pas res
véser lo

Lo clotair e?

-

-

geografic o isto tic que vivon, per

las

anar

landa.

l'ambient social,

fisic

aquô sabi

clotaire de Sabres dins la

-

estât

Sus

-

drôlle ! Te cauriá

-

diferents per

lor

insufisen-

o

e

passant

-

n'analisar l'estetica ?
Non. Ça

-

-

-

Castan tu,

Atendrem pas que

respondèt

cante lo cocut,

Cossf.

E coïc, coïc, cote,

Es amie deu Félix

Lo conte

non
-

es

finit.

?

Oc., enfin

me sem

-

bla...

L.M.
-

E

jamèi te parlée

pas

de posture?
-

-

30

Ara m'avetz entendul,

Si mès...

Lo contair, toldia

a

�Linha
De

Imaginòt

pertot
1èr trimèstre de 1999

A

NIKAN

Le

-

Congrès

international

sur

.

El Forum

Universal de las

culturas

una

a

les

.Cortetas,..Cortetas...

es

convocatoria

todas las culturas dal

mundo

en una

grand fiesta de

la convivencia que

applications territoriales
du développement durable

lugar

tendrà

Barcelona el ańo

en
2004. Es

una

contribucion

a

la

pedagogia de la tolerencia
y a la cultura de paz : debates, colloquios. Festival Mundial de las artes,

exposiciones.

La sociedad civil serà la

gran

protagonista. El forum pro pondrà organlzar un Encuen-

Rock Gill

tro Mundial

el cual
M

a

las

cerca

Dans la langue ilnue des

ciers de

teuiatsh, le terme "nikan"

mée

signifie "avenir".
Le Congrès internatio¬
nal sur les applications territo riales du développement durable
qui s'est tenu du 10 au 14 spp tembre 1997 à Jonquière, dans la
région du Saguenay-Lac-SaintJean au Québec, était nettement
axé sur les stratégies de conser vation des
des

cinq conféren

ressources au

ne.

-

vaille active

-

ment pour

-

écosystèmes.
Le Congrès Nikan fut
organisé conjointement par la
ville de Jonquière, l'Université
du Québec à Chicoutimi, la
Région Laboratoire du dévelop¬
pement durable et le Conseil des

Montagnais du Lac-Saint-Jean
(Pekuakamiulnatsh).
Des

site web

■NTR

JllJIAJLi
POR VENIR

oujourd'hui
disponible à Lyon, Montpel¬

que, la littérature, le cinéma,
le dessin, l'actualité débat¬

l'environnement

-

Programme des
peuples autochtones au Conseil
de la terre et a pour tâche d'en courager les femmes, les jeunes
et les organisations communau taires à participer aux différents
programmes et activités du

et

Conseil de la terre.

nation

Les

un

"Culturellement, les peuples
autochtones, comme nous, les
Pekuakamiulnatsh, qui sommes
issus d'une ancienne tradition de

représentants des Premières

cité

qu'il

elle. Nous

entretenons

spirituel avec la terre,
elle est notre mère, notre

té de maintenir

source

dans la société, au
profit des générations futures.

ne
sur

lien très

car

de respect

"Nou'z'aut2 ") (JMB)
Banderoles- Radiocampus,
Villeneuve

partie de la nature
peut exercer sa domi¬

de vie," "Le cercle consti¬

tué des éléments

humain, animal,

quinzomadaire et

l'abonnement est de 60F pour
6 mois (chèque à l'Association

l'homme fait

nations ont réaffirmé leur volon¬

l'esprit de partage

tue. Il est

nomadisme, considérons que

scientifique 59655
d'Ascq.

Raves
tous

en

occitan

:

Vous

savez

qu'est une "rave".
Vous ignorez peut-être l'éty
mologie. En anglais, to rave

-

c'est s'extasier, délirer, diva

-

ce

guer. Or qu'es acò que lo
Ravi : c'est l'étonné, l'esbaudi

a souligné l'importance
participation des Autoch¬
tones à un congrès qui montre
comment les échanges peuvent

végétal et minéral illustre bien
notre conception de l'environne¬
ment. Si nous voulons le préser¬
ver, nous devons considérer l'im¬
pact qu'occasionnent nos
pratiques sur chacun de ces élé mcnts, afin d'éviter un déséqui libre qui aurait pour conséquence

parallèle est à
méditer et certainement l'étymologie commune. Bizarre¬

fleurir dans

de briser le cercle, ".

philosophie ravitique des

Lors d'une conférence de presse,
le Grand Chef de l'Assemblée
des Premières nations, M. Phil

Fontaine,
de la

et

un

climat de respect

d'harmonie.

R.G., coordonateur des

commu¬

Saint-Jean), M. Clifford Moar,

Paru dans le bulletin d'Oklahoma-

résumé

pris part

vue

en ces

des siens

dans la
et "se

pastorale provençale

ravi", c'est "être

aux

anges". Le

ment

un

autre

sens

de "to

" est battre la campagne,
qui nous fait penser à cette

rave
ce

rave-parties cachées dans les

A l'ouverture du

nombre des 500
au

fanzine lillois est

On y trouve plein de
bonnes choses sur la musi¬

deux Amériques étaient au

délégués qui ont
congrès. Parmi les

Autorisez-vous l'Interdit. Le

se.

nications de Mashteuiatsh

à l'autre du Canada et des

www.barcelo

:

lier, Paris, Rennes et Toulou¬

congrès, le chef des Pekuaka¬
miulnatsh (Montagnais du Lac-

bout

:

na2004.org

les

coordon

représentants des

collectivités autochtones d'un

Barcelo¬

934023912 E.mail

Fax

Elle est actuelle¬

natrice du

tant les

E- 08005

934012004

:

forum@barcelona2004.org

depuis 1977.

et

Tel

Madame

Schulthess tra

que les peuples autochtones
jouent depuis longtemps dans la
définition et l'application des
principes du développement
durable ainsi que la nécessité
d'un partenariat entre tous les
peuples. Le "capteur de rêve"
représenté dans le logo du
Congrès Nikan figure un idéal
que devraient partager tous les
peuples de la terre : assurer le
bien-être des générations pré -

respec

na

d'Argenti¬

ment

en

Planta 29

une mem¬

reconnaître le rôle déterminant

futures tout

—

Nations-Unies

profit

générations futures.
Ce congrès a permis de

sentes et

Mapfre c/ de la Marina 16-18,

bre de la nation
Kolla

lenguas

el mundo.

en

Barcelona 2004 Torre

ras.

il y avait Mme
Béatriz Schul-

thess,

en

participar

Forum Universal de las cultu¬

-

renom¬

mondiale,

lenguas

a

de 5000

hablan

que se

Montagnais de Mash-

de las

invitarà

se

a

termes le
sur

le

point de
respect de

Occitania chemin du coteau 82000
Montauban

bois. De la
cours, on

Rap

langue

au

dis

s'amuse .(CS)

en occitan :

L'étymologie

y anglais de "to rap" amène à
31

�Linha
MËÊS8ÊMÊÊM

Imaginòt

'

De pertot

fS

1èr trimèstre de 1999

Nux Vomica

:

Les états

généraux de la cultu¬
niçoise
Pistes à explorer et propositions.
J'ai lu le dépliant en papier glacé
mes impressions :

Ils ont débarqué à Toulouse venus de la galaxie ragga rub-a-dub
de Nice. Artistes tous azimuts et azimutants, organisateurs de
fêtes de rue ; pas celle trop officielle appelée "Carnaval de Nice"

re

mais celle
repas de
Tolosa...

plus populaire et déridée du quartier St Roch ainsi que de
quartier inspirés par leurs cousins de Naut Bernât de
Nux Vomica combat l'écoeurement social et culturel

cela ressemble à du "tournons
:

dit, ils

entrés

en

ne sont pas contre. L'histoire le dira mais eux ils sont
résistance il y a dix ans : du foin dans le peint et du rut
rap

dans la

rue

comme

avant

entre l'alibi culturel et le cachet

soporifique. Il n'est nulle part

affirmer qu'une culture nissarde respire occitane
rachat par la France et aussi au-delà des cruches
club med et autres médecineries. Dans la ville (r)ose, au "Salon
qui
reçoit" tous les 22 du mois Laurent Redoulès ouvre son atelier à un
ou plusieurs artistes et au
public depuis 4 ans au 274 avenue Henri
Desbals à 50m du métro Fontaine
Lestang. Effort remarquable et
généreux auquel l'IEO musica et plastica se sont associés pour pro¬
duire l'exposition des oeuvres d'Alpi, Maubert, Calassi, Pastorelli et
de 2 invités Chaix et Moya. Ambiance d'un camavale Midi métissé
mescladis Figuration Libre, bad painting,
néo-expressionnisme, néopour

question des seules réalisations
qui pourraient sauver la langue :
une radio en nissart, une télé en
nissart, l'école en nissart. Cela ce

son

mai"

après le concert du 24 octobre au Bikini où bouléguer c'était bouléguer. Deux soirées pour une rencontre du troisième type. Nice Nux
Vomica : do you know que la Baie des
Anges abrite aussi de bons
petits diables ?

-

un

A

ujourd'hui, il
réunies

en ce

village"

nouer,

que ne

Festivals à Nice

objet

Reçu le programme des Festivals

participants ceia fait du monde.

à Nice

J'aime les sélections

Le Festival de

tout

se

en vrac

où

mélange

mélomanes.
Mais où est le festival

qui ferait

vue

Mais c'est l'Ecrivain Félix Castan qui, reprenant
les points
du Poète René Nelli, réchauffa la
rigueur des propos acadé -

en révélant le paradoxe que d'une telle diversité ait pu
unité culturelle réalisée dans la littérature des Troubadours.

naître

d'être rétroactif.

sens

les exposés des
ou les pré¬

jargons

A l'image des planètes Uranus, Pluton,
baptisées bien après
constitution, la réalité d'une culture occitane médiévale permet
de l'enraciner pour fournir aux marcheurs de notre
temps un bâton de
pèlerin. Les Universitaires en donneront l'essence, les noeuds mais
leur

les Poètes et les Ecrivains

C'est parce

à surmonter.

qu'un village
nir de

sa

en

qu'il

font circuler la sève.

sève qui unit savoir et sentiment
rétléchir à l'ave¬
portes d'une Europe en construction.
y a cette

a vu une assemblée de cent personnes

culture

aux

ment.
son

son

Au-dessus, en raison ou en dépit de cette tourmente,
pour l'instant, une civilisation aux valeurs sans pareilles
est née et s'est répandue. Sa
pertinence toujours actuelle lui fait méri¬
ter un nom. Celui d'Occitanie est
jeune mais sa virtualité lui permet

plus habitués de ces amphithéâtres, ce fût le
qui pouvait dérouter et mettre en questionne -

Chacun recherchait

ce

disent pas les autres.

miques

Pour les autres,

foisonnement de faits

voulons défendre la

Le groupe Alerte à la Villa Soleil
435 route de Pessicart plus de 40

une

et vie.

requis culturels étaient des obstacles

nous

langue et la culture nissartes,

qu'importe

tendre, donner

Il en a fallu du
courage aux uns pour suivre
universitaires. Tout fût dit en
français mais les

travail

contrées du Comte de Toulouse.

est gagné avec une centaine de personnes
dimanche après-midi. Demain, il faudra le

il faut tisser,

Seul pro¬
blème, il faudrait qu'ils aient
quelque chose à dire à montrer et
ils ne l'ont pas. Formellement
c'est du 30 ans de retard, la seule
avancée c'est que Louis Pasto¬
relli, Momo et Vincent, pour la
première fois disent : dans notre

peuple nissart en sa
langue nécessaire à sa survie ?

pari occitan

retenter. Sans cesse,

la nouvelle école

chanter le

novembre 1998

au

ou

Nice l'autre et

de

"L'Université

L'art mobil

de Nice ? Je suis pour.

-

Pèire Venzac

Journées de Larrazet

Nice

serait du concret.

jazz - la musique
classique - le Festival de musi¬
que contemporaine la manca - la
danse les expos consécratoires le théâtre et Voucalia pour les

kitsh... La force des Anciens, de la Grande Bleue et de la modestie
avec eux ! Nous voilà heureux et nous le
demeurerons "mai

que

en

rond", "noyons le poisson" "pou¬
drons aux yeux". Ça se situe

sont-ils des artistes nissarts héritiers de la fameuse Ecole de Nice ?
On le

éliAOh k)t«j£

de**

Cp

Hissa is Nice î

appartenance, languedocien, pro

-

vençal, gascon, aquitain, aragonais et pourquoi pas plantagenet?
Tous, Universitaires, furent d'accord pour dire que personne
au
Moyen-Age ne pensait à l'Occitanie si ce n'est des clercs du Roi
de France pour
distinguer l'Aquitaine sous tutelle anglaise des

Philippe Versavel

32

�cuJh&amp;Asa

uub*vha
Vienne

a

Symposium

extrémistes cherchant à aller

On

l'allemand

commence avec

Klein, Manzoni, Brecht, le Gutaï, tous des
au

bout des

choses.

et

tout le monde termine en

anglais. Je prends la
parole. Je n'ai pas envie de parler de mon tra¬
vail mais de la performance en général. Je
leur dis que la performance fonctionne
comme la
peinture avec l'ego. L'ego qui a
besoin de se faire vcrir et qui pour se faire voir
doit innover par rapport à ce qui existe déjà.
Je leur dis qu'ils auraient pu appeler
cette expo "les limites de la peinture" car il y

n'a fait que critiquer l'expo de Los Angeles.
Sur scène on aurait dit une conférence de

d'un état-major américain sur la guerre
anglo-saxons res tent impérialistes dans l'anima. Ceci étant, ils
presse

Il y a un

petit public, 150 personnes
dans une salle qui pourrait en contenir 500.
Décidément les jeunes "performers" de
Vienne ne sont pas là et pourtant dans la salle
nous avons
Kelly, Me Carthy, etc.

du Golfe. Décidément les

ont dit des choses intéressantes.

Vienne
Ce n'était

Vienne

caca.

plus de la performance
dumontrage de performances passées
"j'ai fait cela en etc, etc,
mais

Chaque artiste a montré son petit
La bande des trois vedettes américaines

donc du mensonge.

ài VJktx*

New York est fascinant Tout le

monde travaille. C'est vivant,

positif et dynamique. Les petits
Le

Gugenheim,

comme presque

tous les musées

aujourd'hui,
boutiques au

fonctionne

avec

des

point où ils font rentrer et sortir
les gens par la boutique.
J'ai aussi remarqué que les gens
visitaient les boutiques, ache taient un poster de Lichtentein
mais n'entraient pas dans le
musée voir l'original.

boulots font rage.

tionnera pas.

Il y a trop de vidéos
partout, trop de textes à lire.
C'est trop sophistiqué. Il n'y a
plus du tout les éclairages forts
d'avant mais toute

l'exposition
pénombre. J'ai trouvé
qu'il y avait trop de pénombre.
est dans

la

New York
Toute la smalah

française est là,

Madame Chirac, Madame
Il n'y a que deux choses que j'ai
aimées : les télévisions de
Vilmouth
chaises

(des petites tables, des
télé qui vous parle

et une

avec un

personnage pour vous

tenir

compagnie. C'est tout à fait
ce
qui nous arrive) et le suicide
de l'artiste par Alain Séchas.
C'est une vidéo d'une aiguille
qui fait sauter une tête en ballon.
Robert Fillou, une caravane vide
qui me semble être du mauvais
Fillou, peut-être un remake.
J'écris à côté de

grand statement

ma

vitrine

un

rue

voir

ce

qui s'y passe.

L'exposition a été
un

conçue

ainsi

et le
lendemain matin Madame
Trautmann

qui regarde les instal¬
scepticisme. Mon
espace a du succès, mais il
manque la vidéo. Je l'ai amenée
lations

avec

avec

moi mais ils

ne

l'ont pas

installée.

Up town grand vernissage
Je

commence

:

architecture, un espace
Ça dessert les deux. On dirait
que l'art est là pour aider l'archi¬
espace

la visite par en

bas. Je suis

impressionné par une
suite de cartes postales c'est-àdire de tableaux qu'on connait
par coeur parce qu'on les a vus
m'explique l'accrochage. Il y a
la collection du Gugenheim et la
collection du Centre Pompidou.
Un genre de jeu d'échec où cha¬
cun pose un tableau.
Exemple
type : les Américains accrochent
Pollock, les Français répondent

art.

avec

tecture et vice-versa. A

accrochent Ryman et les
Français répondent avec Buren.
Ce qui aurait été bien c'est que

part les
jours de vernissage, ça ne fonc -

ont

accroché Laurence Wiener, les
Français devaient accrocher un
Ben de 63 à 70 pour leur faire la
pige et nous aurions marqué
deux points de plus.
Ceci dit pour l'expo générale si
on ne regarde pas les
étiquettes
l'Europe bat l'Amérique 8 à 2.
Pourquoi?
Parce que la collection du
G ugenheim est à 60% européen¬
ne. Ils accrochent ce
qu'ils ont

acheté, du Matisse, du Kandinski, du Rouault, du Picasso, etc,
etc.
ou

Ils n'ont pas
de la

Masson. Les Américains

Sur tous les
peut installer un
banc et vendre ce qu'on veut Je
visite un grand restaurant de
quatre étages de monstres où on
trottoirs,

accroché Hoper
peinture vraiment amé¬

mange

on

parmi les monstres.

New York

J'achète les

journaux. Les New
du
tout à la politique internationale.
Le complexe de supériorité amé¬
Yorkais

ne

l'Amérique avait toujours rai¬
son. Il n'y
a pas le moindre
doute sur ce point nulle part dans
la presse.

Gugenheim
Je

Si par contre on

regarde les éti -

quettes on est obligé de recon

-

naître que

quelques unes des
plus belles pièces de nos artistes
européens appartiennent au
Gugenheim.

comme

si

ricaine.

ne.

s'intéressent pas

ricain est de mise. C'est

Ce

qui donne l'impression géné¬
rale d'une exposition européen¬

dans tous les livres. On

anglais qui
dit : depuis Duchamp et John
Cage vous pouvez quitter ce
en

musée et aller dans la

Pompidou, Lise Toubon

lorsque les Américains

ne veux
pas être méchant mais
je trouve qu'aucune des deux
expos n'avaient un vrai souffle.
L'expo uptown faisait "carte
postale conservatoire" et "down
town" avant garde réchauffée et

architecture semi-désuète. Au

fond les architectes

me

font

suer.

La seule architecture valable
celle

New York
John Gibson est redevenu sym

-

pathique. J'ai écrit à la bombe un
grand texte sur le temps sur son
mur. J'ai l'impression qu'à New
York tout le monde court après
le temps et que mon titre "take
your time" accroche bien.

l'inutile coûteux.
Ben

Extraits de boite

33

est

qui est réaliste et qui
s'occupe des besoins et non pas
de l'ego de l'architecte qui lui
s'embarque toujours dans de

aux

lettres n°2

�Imaginot
■

Linha

'

-

'

De pertot

1èr trimestre de 1999

S'es

passât quicom

décembre

en

Jean-

Nux Vomica, Gacha

Massilia Sound System,

doit pas sortir sur la place
publique. Ça rime plutôt avec

Empega, la Talvera

vénération de la famille, de la

cazeville

est de

achèvent le 19 décembre à Deun

patrie et même du travail s'il on
droite, et ça sent le réac

mois de chantier

"Musiques

en Occitanie". Ils
sont tous sur les rotules mais, y-a
pas

à dire,

on sent

bien que le

chantier, il fait juste que com

-

mencer.

Alors quoi ? Gros
public, des jeunes, des jeunes et
même des plus jeunes et
puis
toujours çà et là, des plus âgés, le
public de Massilia, quoi ! Et
puis, la claque ! Tous venus
mettre le

oai, tout le monde

est

rodé... et
tabous

puis, pas pareil ! Les
qui tombent comme aux

quilles.
Gros

public, ouvert à

tout. Mais des oreilles bien fran¬

çaises, ouvertes soit, mais fran
çaises : donc prêtes à smurfer et
à jumper sur les beats les
plus
surprenants, à s'encanailler avec
la tchatche la plus massiliesca, à
se
dégoupiller même la cervelle
aux sons les
plus lugubres d'une
équipe monastique venue du

-

Tibet si le mixer de service a eu
l'idée de sampler la docte mélo¬

pée. Mais

ces mêmes oreilles

sont-elles prêtes à s'écorcher le
tympan avec les cris stridents de
leur propre

grand-mère en train
d'appeler les poules dans la
basse-cour, avec les bramais
épais de leur oncle à la retraite
mais toujours en bleu de chauffe
de l'usine aujourd'hui fermée,
avec

les couinements de tata

Janine
ment

qui gondole d'émerveille¬

devant les fesses

roses

du

petit dernier ? M'estonariá : tout
le monde, ici, a bien tous ces
petits trésors planqués dans un
recoin de cuisine intérieur e, mais

ça

rance

Gari et Lux B

à faire promptement

le lit
du FN, de Sarajevo ou autre si
l'on est de gauche. Les moines
du Tibet, oui ! mon copain
Gaston au 15ème pastis, non !
Et pourtant, Céline
Ricard ouvrière-chanteuse de la

(Massilia Sound System)

train de

dé-noter, à grand coup
gigue, tous ces
sons, ces attitudes, ces rythmes
les plus connotés, on est en droit
d'espérer que l'expérience de
de farandole et de

cette

bande des 4

va

déboucher

poussé sa voix
gardienne d'oies féériques et ça a flashé. Le public, à
juste titre, avait craint le folk à la

quelque chose de super-bon,
digne d'un futur CD. Si on fait le
compte, peu de gens finalement,

des instruments de la bande
à Loddo et il a eu le blues. Non

tenté

ruche Talvera

a

sublime de

vue

la bourrée de Malicorne, pro¬
prette et gentillette, pour ensei gnants en "stage-danse de nos
provinces" mais le gros son âcre
pas

des blues ouvriers / paysans

jachères, cueillies

nos

par

de
les

esprit plus Massilia/Nux/Ragga.
Les portes sont grandes ouvertes
et d'ailleurs
je vais m'écouter un
vieux vynil de Carlotti, sa voix, à
lui aussi, devrait entrer dans
l'arène.

sur

J-FM

dans l'occitanisme musical ont
ce genre de choses. Il
y a
Riga Raga qui a nourri le
même souci, par le dépouille ment maximum
(dépouiller =
dénoter ?), dans un esprit assez
Fabulous. Il y a aujourd' hui les 4
sus-nommés, par la surcharge
totale, baroque en plein, dans un
eu

bartàs, dans les talveras.
Et

puis, les Gacha

Empega ont senti le magnificat à
la truelle, les Nux et les Massilià
ont été
raggamuffin comme

jamais, ils

Bali Balo, héros pluriel
et anti-centraliste

ont briqué - collé le
tout, ce que font d'ailleurs leurs

homologues anglais, italiens,
jamaïcains, indiens... Rien que

Le final du concert Massilià/Nux/ Gacha Empega, c'est Bali Balo

à 14 voix. Et il faut savoir que si
à Nice et à Decazeville
Balibalo dans le désert qui se baladait les couilles à l'air fut

de très banal dans l'univers...

attaqué

exceptionnel ici, une exception
française qu' ils ont, dans T action
de terrain, périlleuse, question née

au

par une avalanche de grenouilles qui lui arracha le poil des couilles,
à Marseille il n'en est rien. Un détachement du
CNRS marsilhès

composé de MSS, Gacha Empega et autre Mic Mac est formel : il
s'agit d'une rafale de grenouilles qui aurait arraché la peau des
couilles à ce pauvre Bali Balo. Une nouvelle
attaque perfide provençaliste ? Une querelle naissante qui s'appuierait sur le lancinant
argument du droit de chef d'oeuvre ? Que non, Bali Balo est le héros
pluriel d'une Occitanie regorgeante de pluralité. Encore un
apport
occitan pour une France décentralisée. Un défi
pour demain : que
chacun, dans son coin, exhume sa propre version de Bali Balo... et
puis il y a tant de versions nouvelles à inventer.

fond de la moelle. Car il

s'est

passé quelque chose au
; le décalage
produit par cette action éminem¬
ment occitaniste a permis en
plein affectif de questionner la
culture française. Alors, c'est
vrai, ça jointait pas parfait, loin
de là, c'était un peu bricolo,
c' était un peu début de chantier.
Mais quand on voit ce public en
fond de la viande

Jean-François Mariot

34

�Linha

Depertot

Imaginòt

1èr trimèstre de 1909

L'événement

attend le moins, des choses

inédites

et

porteuses d'avenir

:

Bassin

un

décomplexé, capable
de retourner l'inertie
imposée par
l'idée même de
"province", "où
il ne petit rien se
passer d'impor¬

170ème anniversaire
du bassin de Decazeville

tant pour

le Monde",

toute pos¬

a

sibilité pour être un de

ces

lieux.

L'événement (equisse)
.

Jean-François Mariot

Du 1er

au

9 mai

1999,

sur

l'ensemble des communes du
Bassin de Decazeville.
Lin point fort le samedi 8 mai
1999, sur le site industriel de
Decazeville-Centre (zone de
.

L'histoire du

projet

L'idée

L'idée de faire un fes¬
tival du Bassin vivant, à l'occa¬
sion de

son

anniversaire,

.

idée et

Sauvegarde Patrimoine
Industriel du Bassin". Elle est
aujourd'hui portée par un collec¬
qui fédère plus de

tif associatif

40 entités associatives du Bassin.
Pour les deux associations
qui en
sont à
l'origine, ce projet s'ins crit dans la poursuite d'une

différents

ce

des terrains

tion,

avec cette

envie

organisées
conjointement, collectivement et
d'autres qui le seront de manière
autonome par une ou plusieurs
entités associatives, dans
l'esprit
et le cadre fixés
.

en commun.

Les diverses manifestations

dérouleront

sur

se

l'ensemble du

évitant

au

lisation

sur

culturel,

dyna mique qui monte en puissance,
nourrie d'une volonté
toujours
plus claire de "prendre en main
son destin". Notre
projet partici¬
pe, de fait, de cette dynamique.
une

ce
ce

qui relève
qui n'en

maximum
1

une centra¬

2

points donnés,
évitant pareillement une
disper¬
sion par trop centrifuge
qui enlè¬
verait la cohérence de la
globali¬
té de
.

l'événement.

Aucun type

tique

ou

-

cun

ou autre ne sera laissé de

nombre

posture que nous adoptons nous
décale

immanquablement

par

rapport à la pensée dominante
offre

un

en

qui nous
champ de liberté et

d'ouverture
-

lequel convergeraient
de créateurs, en
phase

vers

le nôtre, la

matière de culture. Ce

d'expression artis¬

côté ; de plus, le désir est fort de
faire du Bassin un lieu de créa
tion

comme

de tout

sur

le

carcan et

rien que de très
taire. Il se joue,

Monde, loin

de tout

34

son

manger

on

les

(type

baloche.
Nombreux

concerts

durant la

semaine, en divers lieux
Discussions/débats en des lieux
où généralement on n'en
organi¬
se pas (cafés, salles de
quartier...)
.

Expositions hors-galeries, hors
prévues à cet effet, plas tiques, photographiques, poé tiques, montages musicaux :
usines, ateliers, moulin, autres
lieux : autour des
plasticiens de
.

salles

l'école de Rodez (de Decaze¬
ville ?) qui se saisissent du
Bassin, accrochages et créations

diverses

avec

de nombreux invi¬

tés extérieurs et des créateurs

locaux.
.

Mise

en avant

des savoir-faire

artistiques, industriels, agricoles.
Montage de manifestations
autonomes par rapport à
l'orga nisation commune : écoles,
hôpi¬
.

tal, collectifs constitués dans des
usines

ou

des

quartiers.

canon ;

vivifiant et salu¬
actuellement, ici

où là, en des lieux où

amène

"repas de quartier" mais à
l'échelle de tout le Bassin),

Pour

turellement

y sera

Lin final de type familial et
familier, le dimanche 9 mai, en
plein air au quartier viviezois du
Crouzet : tournoi géant de foot bail avec équipes mixtes montées
pour la circonstance, repas en
plein air d'anniversaire où cha

-

synthétiser, on peut dire
que la spécificité de notre événe¬
ment réside surtout dans la
"pos¬
ture" dans laquelle nous déci
dons de nous placer ; à savoir
nous dire et dire le Monde
(deux
choses très intimement liées)
depuis ici, avec notre matériau
propre, dans une proximité bien
plus universelle qu'il n'y paraît.
Donc, dans un souci (un besoin)
d'ouverture sur l'autre, avec qui
nous pouvons
dialoguer d'égal à
égal, forts d'une dignité trouvée
et patiemment construite. Dans
un pays fortement centralisé cul-

repose sur une articulation entre
des manifestations

plus

économique,

entre

pluri-disciplinaire

-

: une

.

-

L'organisation de l'événement

plus partagée par l'ensemble
de ses habitants,
génère au
voire

donnée.

-

.

(plusieurs communes),

tant social que

création

nous le pensons,
peut se concré¬
tiser dans le cadre d'un évène
ment de ce type.

partagée de

Bassin

niveau

provoquer une rencontre produc¬

relèverait pas nous anime et,

.

industriels récents)

trice entre artistes et
entre créateurs et une

rait du culturel et

célébrer le Bassin vivant.

perspective dynamique de déve¬
loppement. Notre région se trou¬
vant, aujourd'hui, à un tournant
de son existence, il est vrai
que

en

ments

L'idée de décloisonnement entre

peut dire qu'à ce jour, l'idée est
fortement reprise dans la popula¬

d'une valorisation du patrimoine
industriel du Bassin en le ques donnant et le resituant dans une

fait de

complexe sidéro-métallurgique
qui s'y trouvait et d'établisse

.

d'événements (petits et grands)
marqués par la volonté créatrice,
la mise en question et en scène
d'une identité collective, un
cadre populaire et pluriculturel,
dans une optique décentralisatri¬
ce ; l'ASPIBD nourrit le
projet

ce

friches industrielles héritées du

est de susci¬

énergies créatrices (de
ordres) du Bassin et ainsi

disciplines,

intention commémorative ou
strictement patrimoniale. On

Mescladis compte
quatre annéees d'organisation

démarche. L'autre

citoyens,
population
(et un lieu). La notion de "foyer
culturel", "foyer de création" est
bien présente à notre
esprit.

-

par

notre

les

tous

:

-

:

la conscience de

ter

type d'événement. Jour
d'anniversaire, jour où l'individu
se fête, se
questionne, rassemble
les autres autour de lui
pour célé¬
brer une étape et son désir de
poursuivre. Quelque part, un acte
fondateur, un acte d'identifica
tion. Partant de là, notre volonté
était de proposer à nos conci
toyens, de fêter notre anniversai¬
re collectif, donc dénué de
toute

tion

elles bien que sur

idée simple et fédératrice

tout indivdu connaît bien cette

de la rencontre de deux asssociations "Mescladis" et "l'Associa¬

dynamisque déjà engagée

avec

désir, tout aussi fort,

Se saisir de l'idée d'anniversai¬

re,

est née

générale

J-FM

�Imaginòt

Linha

1èr trímèstre de

1999

A

...Cortetas...Cortetas...
Rap en occitan :

Débats

[D'après moi]

Létymologie

anglais de "to rap" amène à
des surprises. Un rap est un
petit coup sec et dur d'après
l'Harraps et "to rap" signifie
frapper. Rapping spirit, ce
sont les esprits frappeurs. "To
rap out one's words" : parler
sec. Mais quid de 1 "occitan?
On trouve rap chez Mistral
"sus lou rap dou temps" : à
l'improviste, en Gascogne et
rap errap serait un accroc. A
vous d'imaginer les liens. (CS)

René Duran

ou non.

Achaque numéro de la
Linha

festi¬

pleine lune" aura lieu
le 24 ou 31 juillet prochain à
Payzac, village de 400 habi -

val "La

nier.

liser que ce pays a
Ma

rencontre

lieu de

d'échange, de parole. Dans
l'après-midi, il y aura plu
sieurs

-

spectacles (danses,

lune 07230

au Mundial de football.
Elle avait un aspect pro-S.O.S.

Payzac

Chambéry

accueillera le

deuxième festival du premier

mois d'Août pro
Le premier avait été

disque
chain.

au

-

colloque "De l'écriture à la

signature" et bien sûr de
(JMB)

Start'ist

04 79 70 36 93

"Fascismes

d'aujourd'hui"
ciste à

le thème
-

Martigues du 26 au 30

première table ronde
aura pour thème
"BD et
musique dans la
bagarre" avec la présence
espérée de Cabu, Charb, Luz,

du 26 mai

Siné, Slim, Wolinski,
Fabulous Trobadors, Gacha

Empega, IAM, Massilia Sound
System (JMB).
Ensemble Citoyens 19 cours
A. Briand 13500 Martigues
:

04 42 42 10 54

aura

Mai

lieu à Nice du 22 au 24
avec

de nombreuses

troupes de la région.
CLAJ-PACA Relais internatio¬
nal de la Jeunesse 26

av.

saut dans

l'inconnu. Ils

Sound

free-jazz pour se col¬

Fabulous Trobadors Toulouse,

leter

la culture occitane

Femmouzes T. Toulouse, Nux

avec

Vilhonas formé par

de

toutes les forma

-

droguées. Le sport de
haut niveau perd sa crédibilité.
Ça serait marrant que Jean-Marc
Buge en reste un des derniers
croyants.
Ma deuxième, a trait

Novel

l'aparté vis-à-vis de l'affaire
Clinton par Claude Sicre où
celui-ci clame que les U.S.A.
sont le pays le plus démocratique
de la planète. Peut-être, mais le
fascisme a parfois un visage
démocratique. Les U.S. A. jouent
rôle douteux

en ce

moment

le
plan intérieur, le Politiquement
le

plan international. Sur

correct

dont l'affaire Clinton est

du nor¬
matif. Le Politiquement correct,

un

effet indirect, charrie

bien

qu'anti-sexiste ou anti-racis¬
nourrit du normatif de

te, se

l'es du fascisme démocratique

Scuderi 06000 Nice

masse.

Tel 04 93 81 27 63

sence

Et le normatif reste

;

Vocal

Élastic

;

Optic, rock minimal occi¬
tan ; Hubert Turjman ; à ces
groupes ou solistes j'ajoute les
prestations scéniques de Serge
Pey ainsi que de Bernard
Manciet, poésie. Ce courant n'a
pas davantage la vérité qu'un
autre, mais son cheminement est

plus ingrat. Je signale que tous
groupes ou solistes se pro
duisaient en août dernier à
ces

Uzeste Musical. Il
d'une courageuse

-

s'agissait

programmation

incomprise de Claude Sicre. Lié
à ça, existe d'après moi une
scène de la musique populaire
actuelle occitane (je préférerais
le terme rock car ce tenne possè¬
de un contenu de classe). La
scène de la musique populaire
actuelle occitane

a

intérêt à

Double
Rock and

de Oaï Toulouse.
rolî

:

Lo Dalfin rock-folk

Vallées occitanes d'Italie, Test

jazz rock Hérault, Singlar blues
punk Limousin. Chanson élec trique : Luc Aussi bal Rouergue,
Joan Pao Verdier Dordogne,
Eschanti Corrèze, Articide
Toulouse. Pop musique : Nadau
Pau survivant florissant de l'atti¬
tude Ventadorn. Trad :

son

tence. J'en donne mon

catalogue

Gacha

Empega Marseille, Joseph le
Gabache Aude, Marilis Oriona
Béam, Maoajit Rouergue. Jazz :
Marre Montpellier. Folk : Carlotti Provence, Montaro Nice,
Faï Lum Rouergue, La Talvera
Tarn. Dans ses rares
la

articles sur

musique occitane dans la

Linha

Imaginôt, journal de

l'Institut d'études occitanes

musique, Claude Sicre fractionne
scène alors qu'elle doit
apparaître dans sa globalité,
même si chaque créateur, chaque
courant ont bien sûr leur spécifi¬
cette

cité.

exis -

prendre conscience de

36

Vomica Nice,

Embrouille Gironde, Footeuses

rockabilie Aude, Mescladissa

François Prigent, musique indus¬
trielle occitane

à

Alberte

Forestier, Xavier Vidal et Jean-

tions du récent Mundial de foot¬

-

Ragga rap : Massilia
System Marseille,

arrivent du

L'ancien entraîneur de la forma¬

sur

premier festival de théâtre
populaire et d'improvisation

un

doping. Le doping jette un
voile sur les règles du jeu.

un

Le

Landes.

son

(gasconne). Existe un courant de
la musique expérimentale occita¬
ne par ailleurs. J'y mets la com¬
pagnie Lubat et André Minvielle,
free-jazz occitan ; Filhas de

ball étaient

mai. La

Tel

Imaginòt). Le peuple se prenait
au jeu du Mundial par ailleurs.
Mais Jean-Marc Buge ne voit
pas que des choses se sont préci¬

déclarer que

du 2e salon du livre anti-fas

pagnie Lubat et André Minvielle

Ma troisième, concer¬

l'aveu de Claude Sicre

c'est

Linha

tion d'Italie d'athlétisme vient

d'hier et
sera

S.O.S. racisme ou de la

du

les artistes, de forums, d'un

:

(quoiqu'on signalait peu
Karembeu est indépendantis¬
kanak option différente de

sées ces derniers mois à propos

l'occasion de rencontres avec

concerts.

te

y

quant à
incompréhension de la
musique de la Compagnie Lubat
ainsi que du processus d'Uzeste
ne

que

Festival La pleine

Musical. Musicalement, la com¬

-

racisme

soirée (JMB).

n'y citant pas la chanson et en
commettant des oublis.
Musique expérimentale : com¬
pagnie Lubat et André Minvielle
Uzeste, Filhas de Vilhonas
Quercy, Vocal Élastic Quercy,
Novel Optic Rouergue, Hubert
Turjman Gironde, Serge Pey
Toulouse, Bernard Manciet

en

des aspects

fascistes.

première, c'est à

française

théâtre, clown...) et un concert
en

Claude Sicre devrait réa¬

propos de la glorification par
Jean-Marc Buge de la victoire

,

sur

René Duran dans Novel Optlc

la conscience.

crimes

-

situé dans le sud de
l'Ardèche. Le festival se veut

de débats. Je viens

faire trois remarques vis-à-vis de
certains de leurs avis dans le der¬

tants

un

Imaginòt, ses fers
développent

de lance

toutes sortes

La deuxième édition du

Les U.S. A.

génèrent des normes
chez eux, à l'extérieur
ils ont de plus en plus de

R.D.

�Linha

Imaginòt

1èr trimèstre de 1999
Bernard Lubat

et Laurent
Cavalié ont des
pratiques compa¬
rables l'un en Gironde, l'autre

Uzeste, la Linha,
les musiciens,
les

bénévoles,

dans l'Aude (toutes
proportions

gardées

et avec

peut-être

un

décalage dans le temps de 15
ans), ils

jours pas

-

des "tchatcheurs"

;

dans la même situation auraient

etc

depuis longtemps fait des
"plans" ensemble : ils ont plus

facilement

une

communauté de

pensée et d'action, des liens de
solidarité

Jean-Marc Buge

-

en

véhiculées

Dans notre précédent

numéro, Claude Sicre

s'interroge sur ce que
musique à Uzeste, sur ce
qu'elle fait ailleurs. Il peut être
paradoxal qu' un non-musicien
non-amateur de musique avant
de tomber sur ce
qui devait deve¬
nir la Linha
Imaginòt, apporte
fait la

son

point de vue sur le sujet,
quelquefois il est construc-

mais

tif d'obtenir des avis désintéres¬
sés.
Il

me

parait évident

que la musique et l'action à
Uzeste crée(nt)

beaucoup de

plus-value culturelle, sociale et
économique. L'impact de la
Compagnie Lubat à Uzeste et
dans la région est considérable.
Que de solidarités tissées,
d'idées véhiculées, d'actions
entreprises, de personnes dépla¬
cées, d'argent investi, de
constructions échafaudées, de
musiciens formés, d'emplois
:

musique traditionnelle. Il

n'est

les concerts déran
gent les bien-pensants du jazz en
se jouant des
classiques et intro¬
pas rare que

-

duisent des sons, des instruments

des

pratiques inattendus.
Sur un plan artistique,
Uzeste est un terrain
d'expé ou

riences et de formation. Les
artistes y font ce que souvent ils

font pas ailleurs,

ne

ce

qui leur

permet de progresser dans leur
art, de se tester. D'ailleurs la for¬
mation est

aujourd'hui un pan
négligeable de l'activité
d'Uzeste en hiver et au prin temps. C' est finalement la carac¬
téristique principale du chantier
non

choses. On peut résumer en
disant qu' elle(s) crée(nt) une

créés. Comme dirait l'autre

travaille

"Il

uzestois

:

apprend à
aussi le
comme

une

se

confronter. Ce fut

cas
pour
il l'a écrit.

Ceci
de la

école où l'on

Claude Sicre

avec

les

autres

partenaires se heurtent à
problème qui semble réel
entre les musiciens
"purs" et
ceux qui
prennent surtout la
parole pour exprimer notamment
des idées sur de la
musique. On
un

n'y a pas photo". Si tous les vil¬
lages étaient dans une dyna mi que comme celle
d'Uzeste,
quel beau pays nous aurions ! La
musique de la Compagnie Lubat
sert au moins à
ça et c'est beau¬
coup. Elle crée des liens, souvent
fragiles, mais constructifs. La
musique y est dans l'ensemble
gaie et l'ambiance festive, d'où
des contacts
plus faciles.
La musique de la

peu arbritraire mais il semble
bien que lorsqu'on exprime des

Compagnie Lubat

idées

rêt de

casser

classiques

a

aussi l'inté¬

certains schémas

que l'on trouve dans
le milieu du
jazz ou dans celui de

aurait dit
ces

en

d'autres temps que

derniers travaillent des chan¬

sons

à texte, et ceux

qui dési
gnent les "rappeurs" (puisque

-

c'est souvent d'eux dont il

s'agit) disent qu' ils ne sont pas
puisqu' ils utilisent des

musiciens
sons

faits par d'autres.
Cette distinction est

un

scène, le rapport au
public et le rapport aux autres en
général n'est pas le même. Un
exemple significatif : alors que
sur une

la Linha Imaginòt.
musicien-praticien

plus

par

sensualité,

sur

plaisir de l'ouie

et du regard,
des émotions et des sensa
lions. Les relations créées sont
sur

-

plus facilement des relations de
proximité.
Dans
la

parole

un

certain sens,

l'avantage d'aller plus

a

loin (mais aussi sans doute
moins près) : celui qui la

prend
exprimer quelque chose
trouve un public plus
large si ses
idées correspondent à des senti ments du public, surtout si les
attentes (parfois inconscientes)
du public sont bien réelles et non
pour

satisfaites ailleurs. C'est

un

des

enjeux de la Linha Imaginôt et
peut effectivement se plaindre
du manque de
groupes véhicu lant certaines idées
par rapport à
un besoin du
public d'aujour¬

que

tôt pour

sans

doute trop

analyser les incidences

d'un mouvement relativement
nouveau et

qui travaille de façon

plus large.
Une autre différence

apparaît

la Linha Imaginôt
entre des acteurs qui n'ont pas le
même regard sur le monde, le
même mode d'intervention, ni le
même rapport avec leurs conci toyens. Pour ceux qui découvrent
ce qui se passe au fur et à mesure
de leur investissement personnel
dans des actions, il y a parfois
des surprises et pas toujours très
agréables tant il est vrai que la
prise de responsabilité citoyenne
sur

est une aventure

difficile. Et tout

cela comporte

comme

abus), on peut considérer deux
types d'acteurs : les organisa tchatcheurs (certains sont dans
les deux familles ; c'est une

caractéristique de l'engagement
décentralisateur). Le démarrage

de l'activité des musiciens est
souvent difficile et ils

aspirent à

obtenir le statut d intermittent du

spectacle, statut propre à la
et qui
procure un confort
matériel appréciable puisque le
France

musicien devient

un quasi-sala jouer un certain
nombre de fois dans l'année,
sans se
préoccuper de savoir s'il
y a un public, à partir du moment
où des organisateurs veulent bien

rié. Il "suffit" de

les accueillir. La chasse

aux

spectacles bien subventionnés
peut alors compenser le manque
de public et on voit la perversité
du système. Le sujet est rarement
abordé, y compris dans la revue
que vous avez dans les mains,
aussi est-il intéressant de mettre
les
se

pieds dans le plat
demander si

un

car on peut
certain tabou

n' entoure pas le problème dans
un milieu où
l'ego de l'artiste est

développé.

assez

on

d'hui*. Et il est

dit, les rapports

Compagnie Lubat

le

qui
les idées

cas ceux

sur

Le
la

tout

sentent concernés
par

se

Pour schématiser (avec
ce

teurs de base et les musiciens/

connaissent tou

ne se

savoir.

La
être

question revêt peut-

caractère plus délicat sur
la Linha Imaginôt où les deux
un

types d'interlocuteurs (organisa¬
musiciens) sont aussi
plutôt militants et agissent sur les
mêmes questions, et où la solida¬
rité et les enjeux sont plus forts
que dans la situation où l'organi¬
teurs et

sateur

serait par exemple un
et le musicien un

fonctionnaire

joueur de musique classique. Or
il s'avère que
sée n'est pas

dente

qu' on

En effet

une

la solidarité suppo¬
toujours aussi évi pourrait le penser.

fois le fameux statut

d'intermittent du spectacle obte¬
nu, si peu que la notoriété com mence

à

pointer, le rapport

"la base" militante

va

avec

moins de

soi. La tendance est alors de
pas

différencier

teurs

entre

institutionnels

ne

organisa

-

et militants

le monde n' est pas toujours à
l'unisson. La pluralité et l'ambi¬

dans le sens d'une décentralisa¬
tion culturelle citoyenne. La

tion supposent

question est parfois mal vécue
par les organisateurs bénévoles

des

des tensions et
accrochages. II vaut mieux le

�Imaginòt

Linha

1èr trimèstre de

Débats

1999

Réponse à Jean-Marc Buge

[."'exception

française" nous
coupe du monde
Domergue Sumien
également, et aussi

la défend

Suite à ta let re publiée dans
(août 98), je tiens

LI n°35
à

poursuivre le débat.

J'observe

discours, c'est-à-dire souvent

autres acteurs

ceux

les
agissant dans la
dynamique n'est pas toujours ce
qu'elle devrait être. Ce n'est pas
forcément parce qu'il y aura plus
de groupes dans le mouvement
que cette reconnaissance sera

fondement
C'est

et

arrivent à

reconnaître les

uns

les

pas se
les autres,

te et

re

centraliste

français a de

commencé

a

une

dix siècles". La réalité

contraire, elle est constante. Mais

est

en

J-MB

*

tains débats auraient

Claude Sicre écrive que les
Femmouzes T ne seraient pas/

de

cependant
remplacés par des
ce

type. 11 est vrai

On

leur rap

conscience de leur rôle, et les

de l'autre vouloir que

projecteurs de la scène ont ten
dance à éblouir un peu tout le

-

Finalement

on

d'un côté

monde fasse la même chose.

une

démarche anticen

traliste, Claude Sicre
à oublier

imagineurs (quelque soit
d'intervention)

ceux

ne

-

Xenofil, Digital unité

-

plus de reconnaissan¬
d'impact et de synergie. Cela
pour

permet aussi de démonter ceux

qui n'ont pas la pratique de leur

son

nous annonce son

tendance
sont pas de
a

du marché,

d'avoir le discours de leur pra

:

Le

qui

Toulouse

ce,

CRÒC

donnes

comme

exemple le

travail des Calandretas et de leur
nouveau centre

de formation. II

j'y travaille... Tu
prêches donc à un convaincu. Ce
que tu ne semblés pas admettre,
c'est qu'on peut être nationaliste
se

prôner la pluralité, et
tout le

leur mode

tique

rends compte

trouve

que

occitan tout

en

sound (qui

retour sur

scène), Jagdish, Black

Lions...

précisément,

soutenant la

composée de
"principautés territoriales" qui
échappaient largement à l'autori¬
l'Occitanie était

té du roi de France. Les
et

pendants de fait. Ils reconnais
ou

c'est très

entre

le roi de France et certains

seigneurs occitans. Les Occitans

indépendants de fait
plus grande partie du
Moyen-âge (sauf sous
Charlemagne) et jusque vers l'An

ont

donc été

durant la

Mil. Aux 12e et 13e siècles, par

rois de France ont
imposer
leur autorité. Tout historien te le

contre, les

vraiment commencé à
confirmera...
Tu

•

38

me

demandes

"pourquoi faire passer le nationa¬
Occitanie ?" Je l'ai

culture d'oc.

obligés d'y venir". Pffiu !
ne pas attraper la
grosse tête ! Non Jean-Marc, la
Linha n'a pas le monopole de la
démocratie culturelle. Le CRÒC

-

du Saint-Empire, mais
théorique, et même très
irrégulier. Les liens officiels ont
été rompus à plusieurs reprises
France

démocratie culturelle (...) sont ou
Attention de

-

saient la suzeraineté du roi de

lisme

seront

comtés

duchés occitans étaient indé

"décrispation" de la France. Tout
cela ne s'oppose pas.
En parlant de la
Linha Imaginòt, lu affirmes que
"tous ceux qui militent pour une
•

conseiller à tous les décentralisa¬
teurs

-

port au public. On ne peut pas

nir dans

peut

me

la Linha

me

D'autre part, dans son
énumération de groupes en deve¬

monde.

Je

multiculturelle de la France. Tu

plus un groupe militant, connais¬
sant leurs chansons et

-

Imaginòt font tous
deux partie). L'indépendantisme
occitan n'est pas contradictoire
avec une évolution positive et

peut aussi s'étonner que

les citoyens entrepreneurs et
promoteurs de fait d'une décen¬
tralisation n'ont pas toujours
que

le Monde" (Har/Far

n°9) pour décoincer la discus

et

1995. Il

a pas eu depuis d'équivalent.
C'est peut-être jnstement le prix

rencontres

favorisait
pas le débat. Il a fallu que je
ponde l'article "Nationalistes et
ouverts sur

historique
beaucoup plus nuancée. Il y a

dix siècles

nationalistes que ça ne

vel occitanisme (dont le

de la décentralisation. Mais cer¬

"la

Imaginòt a tellement agressé les

•

n'y

intérêt à être

Tu affirmes que

dernières armées, la Linha

ces

TOccitanie libre et

te" serait pur

progrès que la société fran çaise pourrait faire grâce au nou¬

lors du 20e anniversai¬

du Trait d'Union

le natio¬

des

telle

disant que

chez les nationalistes". Au

sur

sion.

sacrées réserves.

les autres. Seul Alain

uns ou

rencontre

dizaine d'années est

une

considérable, le monstre unitaris-

ne

qu'ils ne s'invitent
exemple à débattre chez

Daziron

longue halei¬

d'idéologies dogmatiques.

depuis

c'est-à-dire
pas par

travail de

Même si le chemin parcouru

pire est peut-être
les organisateurs "décentra¬
en

un

On n'efface pas en quelques
années des siècles de centralisme
ne.

Le

listes"

ou

préjugés

•

discours sans
ceux qui sont

un

en

volonté de débat" est "très rare

des

nalisme occitan.

incohérents dans leur démarche.

effective.

que

qui ont

regret que tu as

Tu connais très mal

•

l'histoire

indépendan¬
fruit de l'imagina tion, dont on n'aurait pas vu le
début du commencement "depuis

encore

dont la reconnaissance par

avec

bien.

en

déjà

expliqué parce que dans un
cadre français, même fédéral, il
subsisterait toujours une domina¬
tion de la culture française sur la
.

L'Occitanie

a

autant de

liens culturels avec la France

qu'avec l'Italie, la Catalogne,
l'Espagne ou le Pays Basque.
L'indépendance nous permettrait

�Linha

Imaginât

Débats
1èr trimèstre de 1999
ouvrir davantage à nos
d'Europe du Sud tout en
conservant
et je l'ai clairement
de

nous

voisins

-

dit

-

avec

des relations fraternelles
la France.

c'est très bien. Mais dans

la Linha devrait

se

ce cas

détacher de

ouverts et tolérants

gagnent

accueillir aussi bien les nationa¬

CRÒC que les anti¬
nationalistes de la Linha, ainsi
listes du

chaque jour du terrain en Catalo¬
gne, au Pays Basque, en Galice,
au Pays de Galles, en Ecosse... Il
s'agit là d'un phénomène poli tique de dimension européenne :
il est appelé à redéfinir profondé¬
ment l'Europe sur des bases fédé¬

que toute autre

rales.

est

L'indépendantisme
occitan ne se situe pas ailleurs
que dans cette vaste mouvance
européenne. Seul un attachement
irrationnel à l'État français nous
empêche encore de nous ouvrir
pleinement à cette perspective.
Et c'est là que le concept stupide
de "l'exception française" nous
coupe, une fois de plus, de l'exté¬
rieur. Or le CRÒC pense juste ment l'indépendantisme comme
ouverture à l'Europe et au Mon¬
de. Plus l'Europe des peuples et
des régions émergera, plus
l'Hexagone actuel apparaîtra fra¬
gile, archaïque, illégitime.
Pourquoi s'accrocher à la France,
alors que bientôt, nous pourrons

immergé dans la vie concrète.
Notre implication est importante
dans l'écologie (Vallée
d'Aspe...), l'antifascisme (on a
empêché Mégret de faire un
meeting à Pau), les conflits
sociaux (Ecoterre, Péchiney,
sans-papiers...) et la sociabilité
concrète : le C.RÒC gère tout de

nous

relier à Barce¬

lone

qu'à Paris ? Je ne vois pas
pourquoi nous devrions rester
plus Français que Catalans ou
Italiens... L'Occitanie libre, c'est
être aussi

proche de Barcelone et
Turin que de Paris.
Tu affirmes que les
nationalistes ne pratiquent pas la
•

"lecture de tous les livres et de
toutes les

opinions". Alors là,
franchement, tu pèches par dog¬
matisme. Dans

Har/Far

,

on a

analysé

par exemple un bouquin
de Castan, et pas seulement en

négatif... Il faut

débat, l'action
et la politique

tiques. L'IEO doit pouvoir

J'ajouterais une autre
analyse. Les indépendantismes

aussi bien

Le

l'IEO, qui est un organisme indé¬
pendant des mouvements poli -

nous

lire plus

souvent.
•

J'accepte très vol on la Linha
Imaginòt "fait de la politique".
Néanmoins, j'avais cru com prendre que Castan était contre
la politisation du mouvement
occitan. J'avais peut-être mal
interprété sa pensée.
Que la Linha assume
donc son caractère politique,
tiers de reconnaître que

opinion démocra¬

tique...
•

Enfin, tu affirmes que

Jean-Marc

les nationalistes partent

d'une
idéologie préétablie et qu'ils se
détachent du vécu des gens. C'est
faux pour le CRÒC. Le CRÒC
un

mouvement

de terrain,

même deux bars alternatifs et

organise régulièrement des fêtes,
des concerts, des projections de
film, des débats, etc. Le
une

CRÒC a

idéologie, certes, mais celle-

ci est évolutive et indissociable
d'une

pratique sociale concrète.
En général, j'ai l'im que
pression
tu as une image
figée et caricaturale des nationa¬
listes occitans. Tu essaies de
convaincre

sur

des idées

me

qui sont

évidentes pour moi (démocratie
de proximité, immersion sociale,

Les débats entre occita nistes
nos

agassent certains de

lecteurs. On les

com¬

prend. Ils sont cependant très
instructifs et

au coeur

de l'actua¬

lité, surtout lorsqu'ils sont liés à
l'action.

Domergue Sumien
un peu plus ses
plans et les cheminements appa¬
raissent plus clairement. Il justi¬
fie son nationalisme par les
dévoile ainsi

"comtés et duchés occitans indé¬

pendants de fait" de l'autorité du
roi de France durant le Haut

du débat.

aille

n'avaient que faire. D'autres pré¬
fèrent Clovis et Le Pen Jeanne
d'Arc. Les catalans veulent effa¬
cer

leurs souvenirs

géants ont des revanches à
prendre et cherchent leurs pré textes et leurs symboles là où ils
peuvent. Quelles insultes au

qu'ils sont, et

préjugés et nous appuyer sur des
faits tangibles. Ainsi le débat
fructueux.
D.S.

-

peuple d'aujourd'hui !
Domergue Sumien
soulève la question de ce qu' on
appelle "politique". A partir du
moment où on intervient dans la

société notamment par

le biais
associatif, je considère que Ton
fait de la politique. Les respon sables d'un club de football font

politique, oh combien. Etre
également un acte
politique. La politisation que
condamne à juste titre Castan est
la politisation partisane, celle
que fait le CROC et d'autres
groupes structurés qui au nom de
la langue occitane ont fondé une
idéologie "clef en main" à pla quer à tout prix et disent qu'il
de la

à l'IEO est

39

Espérons que le CROC
plus avant dans sa démarche
qui lui a fait ouvrir des bars à
l'accès limité, et qu'il fréquente
plus souvent les bars populaires.
On remarque que ceux qui juste¬
ment

franquistes.

nationalistes tels

pas tels que tu les imagines.
Nous devons abandonner nos

ou cela, et
"pren¬
position" en tant que groupe
sur tous les sujets conflictuels.
En tant que montalbanais, je ne
me permettrais pas de dire aux
habitants de la vallée d'Aspe ou
aux salariés de Péchiney ce
qu'ils doivent faire, ni de parler à
leur place. Mais le CROC a ses
opinions et empêche par exemple
Mégret de parler à son public.
Sûr que Mégret a gagné des voix
ce jour-là au nom de la démocra¬
tie. Ceux qui l'empêchent de par¬
ler ont surtout peur du peuple et

nent

Moyen-Age, alors qu'il est bien

antichauvinisme). Regarde les
non

faut faire ceci

évident que lesdits comtés et
duchés n' étaient pas érigés au
nom d'une Occitanie dont ils

Tous les nationalistes émer

sera

Buge

s'investissent dans les bars

du

peuple laissent tomber en
même temps les idéologies du

CROC et consort,

comme

à

Marseille où les anciens col

-

lègues de Domergue Sumien
n' ont que faire de ses discours,
laissant celui-ci fermer les portes
de la

délégation Aix-Marseille

du CROC.
La Linha

Imaginôt ne
rien
ni personne. Elle fait de la poli tique dans le sens qu'elle pro meut le débat et l'action citoyen¬
ne tous azimuts. Si ceux
qui se
sentent concernés par ce chantier
en arrivent à délaisser le régiona¬
représente

aucune structure,

lisme et le nationalisme, ce n'est

pas une position a priori mais le
résultat de décennies de réalités
vécues et débattues. Ce

ne

sont

pas les références de Domergue
Sumien aux duchés du Haut

Moyen-Age

pour

justifier le

�Lin ha

Imaginot
Débats

1èr trimestre de 1999
nationalisme occitan

qui vont

en

Suite

aux

les conclusions.

renverser

journées de Larrazet - novembre 1998

Sous couvert de l'IEO,

d'autres l'ont de la
tisane

politique par¬
s'entêtant à défendre le

en

régionalisme jusque dans l'édito¬
rial de la

Occitans !

revue

à la

veille des élections
sans

que

régionales,
Domergue Sumien s'en

Deux ou trois choses que je
sur i'Occitanie médiévale

sais

émeuve.
Nous constatons que

les nationalistes (dont

les occi
tans) sont surtout ouverts aux

-

autres nationalismes et non pas

Philippe Martel

simples langues, cultures et
citoyens. Ils ne conçoivent que
aux

des "blocs", entités juridico-poli¬
tico-culturelle
rien

ne

lesquelles
pouvoir exister
cadre français,
sans

semble

("... dans

un

même fédéral, il subsisterait tou¬

jours une domination de la cultu¬
re française sur la culture d'oc"
nous dit Domergue Sumien) et
surtout pas la pluralité à l'inté rieur de ces "blocs". Il s'agit
bien de dogmes préétablis et de
pensée figée.
Plus

on

s'investit dans

le lieu où l'on vit,

plus

on est

obligé de se confronter à la plu¬
ralité, plus on est obligé de faire
de la politique responsable, et
moins on a de solutions prédigérées de type nationaliste qui est
alors inopérante. C'est une évi dence maintes fois vécue. Et la
culture occitane

justement la
faculté de représenter un pôle
essentiel pour la pluralité
aujourd'hui, lui donnant un rôle

Deux ou trois choses seu lement, parce qu' il y a

belle lurette que je ne me

considère
liste" du

nous

l'exploiter.
J-MB

de

comme

"spécia

-

sujet. Je l'avais abordé

dans la maintenant bien vieille
Histoire d'Occitanie

de 1979

(dir. Armengaud Lafont), et il
m'est arrivé d'y revenir ponc tuellement depuis, ne serait-ce
que pour en parler à mes étu diants de Montpellier. Mais mon
bagage est mince. Le vrai travail
sur la question se fait à présent
chez des historiens

comme

Bonassie, Poly, Bourin-Derruau,
Cursente, Laurençon-Rosaz, à

partir de recherches de terrain
portant sur des régions particu lières. Ma contribution
ne

au

débat

Je commencerai par

exprimer

Bayonne à Pignerol, dotée d'un
"esprit national" et seule déten trice des vraies valeurs. Ce qui
ne veut pas dire - je rassure ici
Félix Castan que je n' apprécie
pas à sa juste valeur la littérature
-

des Troubadours, scandaleuse

double refus¬
ai Je ne pense pas
beaucoup de bien de la façon
un

dont "l'histoire nationale" fran¬

ignorée

médiévale le lieu où ont été

inventés, pêle-mêle, la Femme,
la Démocratie, la Ville, la

Tolérance, etc... On
de bonne histoire

société

qu' avec
le soutien d'un appareil d'Etat l'exemple français le montre
assez bien. A faire
trop belle
I'Occitanie médiévale, on risque
de se heurter au scepticisme et
une

Elle s'est bâtie autour de la célé¬

pays, ce qu'a pu être
des pays d'oc - et ce

envisage
provinces que dans

le contexte de leur rattachement
à cet

Etat,

ou, au

cadre local

mieux,

-

hommes

comprendre

et aux

aux

femmes de

ce

l'originalité
qu'elle peut
être encore, sans pathos, ni exa¬
gération, ni dogmatisme.

moins formuler

on

peut au

hypothè¬
se que l'existence d'une
langue
commune
par delà les inévi comme

-

tables variantes dialectales

-

signifie peut-être l'existence
d'un espace humain commun,
puisque la langue est, entre
autres, outil de communication.
Les itinéraires suivis par

les
migrations, jusqu'au XlXè
siècle, unissent les montagnes du
Nord aux plaines du Sud. Les
Auvergnats et les Limousins,
voire les Occitans du Piémont,
descendent dès le XHè siècle

qui
qui vers le Bas
Languedoc, qui vers la Provence,
pas vers le Berry, encore moins
Paris. Est-ce un fait dépourvu de
signification quant à la conscien¬
ce
d'appartenance de ces gens,
même si elle est diffuse et impli¬
vers

la Garonne,

cite ?

Quelques idées,
comme

ça :

Le problème de la
dialectique unité-diversité. Bien
sûr, je le répète, pas question de

présenter I'Occitanie
et

-

Par ailleurs, il existe

des

-

-

lieu d'histoire. Quant
à envisager le fait que ce "Midi",
doté d'une culture propre, consti¬
tue un espace plus large que le
cadre provincial, il rien est évi¬
demment pas question.
b) Ceci étant, je ne
crois pas davantage à une entité
mystique et éternelle qui serait
pas

refus. Mieux vaut cher¬

cher à faire

-

vinces du "Midi", comme telles,
sont

au

comme

qui permet d'obser
ver des
phénomènes plus géné
raux. Mais à ses yeux, les pro
ne

fait pas
de bons

sentiments, et par ailleurs, une
mythologie nationale ne peut se

donc

bration de l'Etat et n'

ne

avec

Ceci dit,

-

-

aujourd'hui plus que cen¬
tenaires, qui font de I'Occitanie
cours,

çaise aborde d'ordinaire le sujet,
ne serait-ce que
parce qu'en fait
elle ne l'aborde pas, justement.

l'histoire des

-

en France. Mais je
suis très méfiant face à des dis
ment

l'ensemble de l'espace
linguistique d'oc. Et les usages
juridiques, comme les structures
sociales et économiques varient
d'un point à l'autre. Quant à la
conscience des gens du temps,
(pour ce qu'on en sait, et qui est
peu) tout à fait d'accord pour
dire qu'elle est, au départ, proba¬
blement plus locale que générale.
recouvre

Guéret à Saint-Gaudens et de

diffuser dans

peut donc être que modeste.

a

incontournable. A

plus

"I'Occitanie", uniforme de

comme une

indivisible. C'est pourquoi je

préfère parler d'espace occitan
(étant entendu, pour répondre à
une
objection de la salle,
qu'espace ne veut pas dire terri¬
toire clos). 11 n'y a pas d'Etat
occitan, au Moyen-Age, qui

parentés entre les diverses
régions d'oc. Le formulaire des
chartes offre d'un bout à l'autre
comme un

l'on

air de famille, que

pas au nord
ligne. Le système
agraire aussi définit les contours
d'un grand sud qui ne corres pond pas absolument avec ceux
de l'espace linguistique (il le
déborde à l'ouest pratiquement
jusqu'à la Loire - qui est, soit dit
ne

retrouve

d'une certaine

�Linha

[.
"

eu ta

in tu. v,arc pj

m

nob.tr

mm

.rin1-'**'tin-fi''

(yvv

h-tîp* St

aptes,

émtaf-a:

4si|

unr iV( rev jmtn

intervient, dès lors,
autant comme époux de
l'héritière d'Aquitaine
que comme Rex Fran-

vers

corum.

occitan

b) Au-delà
de la théorie, il y a la
pratique. Et la pratique,

On n'oubliera pas par

chez

■f

mtrdxmfnoTi

\cc»éi;

nous au

Musulmans et leurs relais

sépharades)

italienne dans le domaine de la
résurrection du droit romain et

Barcelone pour la maî¬
trise de l'arc méditerra¬

dans la naissance des consulats,

sa

etc...

portion

Moncada contrôle le

On comprend dès lors
représente la Croisade
albigeoise - en dehors de ces
conséquences religieuses et cul¬

Béarn et les comtes

turelles

pyrénéens penchent le
plus souvent du côté de
Barcelone passe aussi
par l'ancienne Septimanie (où la famille
Trencavel joue avec
beaucoup de brio un
savant jeu de bascule
entre les deux grands
compétiteurs) - frôle le

qui ne sera vraiment achevé
qu'à l'époque contemporaine, de

Massif Centrai

configuration du Xlle siècle.
N' étant personnellement le des -

sur

les

se

Pyrénées

ce

Catalans sont
en

Aquitaine du bas Empire
Moyen-Age). On
pourrait trouver d'autres élé ments d'ordre anthropologique
qui vont dans le même sens.
Bien sûr, du point de
vue
politique, l'éparpillement est
la règle, comme d'ailleurs dans
la majeure partie de l'Occident
médiéval avant l'émergence des
Etats, un peu plus tard. Deux
choses à dire toutefois sur l'espa¬
et

du Haut

-

ce

occitan

Verdun

en

843 du partage

de

entre les fils de Louis le

Pieux. Ceci dit, et en dehors du
fait que tout l'est occitan échap¬
pe
on

à cette Francia Occidentalis,
sait bien que dès le Xè siècle,

les rois des Francs n'ont
aucune

influence

sur

sud de leur royaume.

plus
partie
Certes, les
la

chartes continuent d'être datées
en

mais

ces

fonction du règne

de

ces

rois

-

en

Hugues Capet

;

chartes sont l'œuvre de

lonais

d'Eglise, et il est clair que
l'Eglise, soucieuse d'ordre dans
te domaine

temporel,

ne

fourmillement des

pouvoirs

pouvoirs légitimes.
ta présence de la men¬

ces

Du coup,
tion du nom du roi dans les

davantage,

mage

un

me

hom

-

du comte de Toulouse.

Encore

ne

Sud. Ce jeu de go occu¬

siècle et ne s'achève
qu' au moment de la Croisade,
avec l'union éphémère, en 1213,
des Catalans et des Toulousains.

l'obtient-il que parce

qu'il est

venu le chercher avec
une armée. A ce moment, il est
encore marié avec Aliénor

d'Aquitaine, dont la famille a des
prétentions sur Toulouse depuis
la fin du siècle précédent.
J'aurais tendance à dire qu'il

le

ne recouvre

qu'une partie de l'espace linguis¬
tique d'oc, il y a bel et bien eu
une tentative pour constituer,
dans cette zone, un Etat à

semble-t-il, de l'acte de foi, (à
moins bien sûr qu'il ne s'agisse
que de simple routine) que la
prise en compte d'une réalité
politique. Il faut attendre le
milieu du Xlle siècle pour que le
roi Louis VII obtienne

Nord et Barce¬

En d'autres termes, et même si

cheval

les

Pyrénées.
Ce qui m'amène à une
autre remarque. Que ce soit au
niveau des flux migratoires - qui
amènent (et amèneront jusqu'au
XIXe siècle) des Occitans dans
la péninsule ibérique - ou au
niveau des rapports politiques et
militaires (participation des
princes occitans à la lutte contre
les Musulmans) ou au niveau des
courants culturels (itinéraires des
sur

ou influence pos sible de la littérature arabo-anda-

Troubadours

louse

sur

la littératue d'oc ou cir¬

culation des savoirs

41

elle

inaugure

un proces¬

son

ne, au
une

l'espace occitan

orientation

sud-européen¬

profit d'un rattachement à

entité essentiellement nord-

européenne.
On

se

doute, j'espère,

que tout ce que j'ai dit ici ne vise
pas à revendiquer un retour à la

cendant ni des comtes de Tou¬

pour

territoire concerné

locaux, quelle que soit la force
réelle de

au

au

-

pe tout un

peut

qu'insister sur l'existence de
pouvoirs légitimes, au-dessus du

présents

s'achever
Provence, partagée entre

Toulousains

gens

les

:

détachement de
de

Gévaudan et à

Millau

moment de flottement

chartes relève

:

a) On considère d'ordi¬
naire que pour l'essentiel, cet
espace relève, aux Xle et Xlle
siècles, du Royaume des Francs,
héritier de la Francia Occidentalis née

un

-

que

sus,

-

à l'avènement de

Moyen-Age.

ailleurs les
qui, vers l'est, unissent
l'espace occitan à l'Italie échanges littéraires, influence

(la famille catalane de

hormis

du

au coeur

entre Toulouse et

situe

passant, la frontière de la

le Sud

juifs
c'est bel et bien
que regarde l'espace
-

liens

Xlle

occitane. Le front

vieille

d'Orient via les

venus

siècle, c'est la rivalité

néen dans

en

Imaginòt

scientifiques

louse, ni de

ceux

de Barcelone,

ni même d'Aliénor

je

ne
trais

d'Aquitaine,
vois pas pourquoi je remet¬

en cause

la francité de

l'espace occitan, dans

sa quasitotalité. En revanche, il me
semble normal que les historiens
-

les manuels scolaires (rêvons

et

!) restituent aux hommes
ce pays les
vraies dimensions de leur passé.
un

et

peu

aux

femmes de

Au-delà de
ment
tant

ce

bon vieil affronte¬

Nord-Midi

qui a fait couler

d'encre, au-delà de la tenta¬

tion constante de tout

ramener

à

provincialisme poussiéreux, il
semble que le moment est
venu de remettre l'espace occitan
à sa vraie place, celle d'un carre¬
four sud-européen, hier comme
aujourd'hui, et peut-être encore
plus demain.
un

me

P. M.

�Linha

Imaginòt
Débats

1èr trimèstre de 1999
de l'intervention de la ministre,

09/10/11 octobre 1998

Assises Culturelles Nationales

tant les propos de madame
Trautmann. Cette dernière n'a

pas manqué de nous signaler tout
le bien qu'elle pensait du rapport

Poignant, de l'attention toute par¬
ticulière qu'elle attachait à la
question de la promotion, de la

Christian Dequesnes

reconnaissance officielle des

aussi peu

Lors de l'élection des

de temps après

Présidents des Conseils

nous sommes

Régionaux le 20

dérer

mars

der¬

ce que
nombreux à consi¬

comme une

défaite de la

Maison de la Culture d'Amiens,
la suite de

ces

Assises Cultu¬

relles Nationales
Picardie

affichant

région

VIGIES. Ouvertes

sa

détermination afin

que l'État français ratifie la
Charte internationale en faveur

République, n'est-il
démonstration que les

Rhône-Alpes, en
Languedoc-Roussillon et en
Bourgogne- Le Collectif Culture,
créé en région Picardie en 1997,
en réaction organisait le 23 mai
1998 une journée de coordina tion et de réflexion picarde sur
"La question des cultures et des
identités régionales face aux
extrémismes". Interpellé à cette
époque, en tant que président de

institutionnelles

inscrites
elles-mêmes dans une logique de
repli identitaire oubliant au pas¬
sage peut-être que l'aire linguis¬
tique picarde ne possède pas une

la Jeune Fédération Insanne*, il

d'hui

interventions

m'apparaissait nécessaire de ne
pas répondre à cette invitation,
tout en posant les questions sui¬

l'importance de la
dimension pluri-culturelle picar¬
de. A quoi a donc servi te travail
des militants (Somme, Aisne,

Madame Trautmann

vantes.

Nord, Pas-de-Calais, Hainaut-

intéresse sachez que les actes de
ces assises sont publiés**. Quant

belge) qui depuis près de trente

à Madame Trautmann

ainsi raison

"II
ge que cette

m'apparaît domma¬
initiative extrême -

notion

régionale soit mise en
relation avec la participation du
Front National à la majorité du
Conseil Régional de Picardie.
Pourquoi une grande réflexion
sur une question aussi importante
pour l'avenir de nos régions estun

tel événement

?

Pourquoi est-elle si conjoncturel¬
le ? POURQUOI N'ARRIVE-TELLE QUE MAINTENANT
CHEZ VOUS ?
Ne

penser,

pourrait-on pas
de manière cynique, que

la mise

en oeuvre

de cette

réflexion est redevable indirecte¬
ment

au

pas

personnes

qui, en
charge des

ou non,

F.N.? Que sans son

implication au sein du Conseil
Régional de Picardie, cette ques¬
tion ne serait pas encore sortie de
son tiroir ? Le fait
que le débat
surgisse aussi brusquement et

-

par Madame Trautmann, notre
ministre de la Culture, ces jour¬
succéder des inter¬

Picardie, étaient en
affaires culturelles, s'étaient,

nées ont

consciemment

monde culturel

ou

identité mais des identités mul

vu se

ventions de

pas,

-

et

personnalités du
français, locales

nationales. Cette fois-ci il m'a

semblé (et je

n'ai pas été déçu !)
qu'il serait judicieux d'y être pré¬
sent, car en effet, le collectif a
pris l'excellente initiative de

tiples. Il semble

s'ouvrir et d'inviter des acteurs

sonnes ne

d'autres

ans

que ces per découvrent qu'aujour¬

réclament la reconnaissance

du fait

ment intéressante autour de la

elle liée à

la

en

langues régionales... curieuse ment ceci, certainement depuis
que Lionel Jospin a clairement
manifesté sa volonté à ce sujet,

nier, Monsieur Baur était élu
avec le soutien des voix du F.N.,
comme en

son accou¬

avaient avalé pour argent comp¬

Région Picardie : VIGIES

en

a

pris le soin,
à
tumé, de rappeler ce qu'il fallait,
ce
qui a quelque peu déstabilisé
celles et ceux qui surtout la veille
comme

linguistique picard ?
De plus, en ne posant
pas la question du picard et de sa
survie, en n'apportant pas de
réponse aux inquiétudes pourtant
légitimes d'une population qui se
sent

menacée dans

culturelle,

son

intimité

responsables
n'ont-ils pas laissé le champ libre
à d'autres idéologies ?
La question "Des iden¬
tités régionales" et de ses impli¬
cations politiques mérite d'être
posée POUR ELLE-MÊME et
non uniquement, comme cela
semble être le cas, parce qu'un
parti politique d'extrême droite
réalise

ces

un score

le mettant

position d'arbitre lors d'un

en

scru¬

tin électoral."

Ces 09/10/11 octobre
98 derniers avaient lieu, à la

régions. L'ensemble des
a été de qualité. Je
n'aurais guère la place ici de tout
vous

résumer mais si cela

vous

un

bel

exposé mais surtout beau numéro
de

charme, elle

monde dans

coup

a

tout nous rassurer
ment

mis tout le

poche à grand
de déclarations pour avant
sa

de

son

sur

l'attache

-

gouvernement aux

"valeurs"

républicaines, mais audelà des mots je cherche encore
ce qu'elle
préconise concrète ment. Elle m'a fait frémir quand
je l'ai entendue faire l'amalgame
entre passéisme et folklore, rac¬
courci qui montre que Madame
Trautmann ne sait pas ce qu'est
réellement le folklore. Tous les

folkloristes

ne sont
pas des rétro¬
grades-conservateurs, ils sont
mêmes parfois plus progressifs
que certains soi-disant créateurs

de

l'avant-garde,

d'ailleurs

nous

comme

le montrent

au

quotidien et dans l'action Claude
Sicre et son complice des F.
Trobadors. Claude, le lendemain

de la reconnaissance des
minorisées. La

langues
position, aujour¬

d'hui de Madame la ministre de

la Culture

apparaît beaucoup
mitigée que par
passé récent, quand dans cer¬

moins, disons,
un

taines déclarations rendues

publiques par voie de presse, on
pouvait lire son scepticisme,
voire son hostilité à ce sujet.
Tout cela pour dire, demeurons
VIGUants, en effet quand il fau¬
dra prendre des mesures con¬
crètes

nous verrons

bien si

s'engage
véritablement, donnant alors
au

bon

sens

populai¬

qui aime rappeler "Il n'y a que
les imbéciles qui ne changent pas
re

d'idée". A moins
sait là que

de

se

dans

qu'il ne s'agis¬
d'une opportunité afin

donner bonne conscience
une

virtuelle condamnation

duF.N.
Vous l'aurez

deviné,

ce

j'espère, ce qu'il faut c'est
que ces questions au sujet de la
sauvegarde, promotion, recon naissance des langues et cultures

que

minoritaires soient traitées que
pour elles-mêmes, non plus
prises en otages par quelque parti
politique que ce soit dans le
cadre de leur stratégie électora liste. Enfin, quand à Amiens le
10 octobre j'ai posé la question
de savoir "pourquoi il y a eu ce
terrain favorable à de telles élec¬
tions de Présidents de conseil

régional

le soutien des
?", aucune des per-

avec

voies du F.N.

�Linha

Imaginòt

Dpbezts ;

1èr trimèstre de 1999
sonnalités alors présentes à la tri¬
bune n'a su me

répondre. Il a
fallu que ce soit une intervention
d'un occitaniste, présent dans la
salle, qui développe une répon se/analyse pertinente, introdui sant au passage la notion de
décentralisation culturelle, que
n'a pas manqué de reprendre bien
sûr plus tard Claude Sicre qui
allait mettre un "Oaï" récurant,
balayant au passage ce qu'il fal¬
lait d'idées reçues, certitudes
bien pensantes et autres lieux
communs dont se gargarisent
encore trop souvent nos élites
culturelles.
Ces Assises Culturelles

Nationales

région Picardie VIGIES, néanmoins, sont plus
que louables, elles ont certaine ment permis que soient dites et
entendues des choses qui au
Nord de la France ne sont jusqu'à
ce jour pas coutumières dans les
en

discours, les actions des "cultu
rels" de cette

région. II est à

haiter de tout

-

sou¬

coeur

que ces pre¬
mières rencontres soient suivies
d'autres

qui au-delà d'un combat

le F.N., poseront, tra
v ailleront les
questions essen
contre

-

-

tielles de la
de

et

promotion, sauvegar¬
reconnaissances des

identités culturelles

qui cohabi grand territoire de la
Picardie linguistique. Dans la
pratique, sans toujours devoir
parler du F.N., défendre une plu¬
tent

sur

le

ralité effective des cultures pour
une France multi-culturelle et

raciale, c'est encore ce que je
préconise de mieux pour faire
entrave

aux

extrémistes de tous

poils.
C. D.

*

Fédération pour la promotion,
reconnaissance officielle du

picard

comme

langue régionale

du Nord/Pas-de-Calais.
**

Actes/VIGIES

:

disponible à

la Maison de la Culture

d'Amiens, place Léon Gontier,
80000 Amiens
Tél.

:

03 22 97 79 79

lui

Amiens; /e 22 octobre 1998

puisqu'il n'y

qu'ici qu'on

a pas

mange ce type de crêpes. Le potau-feu bien plus présent sur les
tables ne sera jamais, lui, comme

Monsieur

étant

un

élément culturel des

épulaires picardes.
Ensuite, quelqu'un qui à l'affût
des témoignages des vieux, cher¬
moeurs

Claude Sicre,

cherait à savoir si

simplement une recette que
l'on oublie peu à peu, s'aperce vrait que la ficelle était inconnue

ii-

Denis Biot

les années 50 ! S'il existe

avant

des traditions

Je voudrais tout d'abord te
remercier pour ton

interven¬
tion ébouriffante qui semble
en avoir décoiffé
plus d'un. Moimême j'étais un peu secoué par
tes "attaques" systématiques
contre les sociologues. Ce n'est
pas tant que je sois en désaccord
avec tes
critiques, bien au
contraire, mais plutôt que tu

retrouve pas

dans les autres

milieux sociaux.
On

pourrait dire la

même chose de comportements
culturels du nord de la France

.

sont "contre"

au nom

d'une

sociologie réaliste, c'est-à-dire
utile au pouvoir et grassement
payée par les ministères.
Pour revenir à ton

intervention, tu contestes à juste
titre la notion de culture populai¬
re, régionale etc... Il y a pointant
des comportements qui sont
typiques du peuple et qu'on ne

de compor¬

il

faut accepter que celles-ci s'in ventent, changent, disparaissent

de toutes nouveautés et de toutes

comme une

premièrement,
que les sociologues sont en
désaccord fréquent avec lui,
deuxièmement qu'il y a de fortes
divergences entre ceux qui le cri¬
tiquent On m'a demandé plu sieurs fois depuis la rentrée si
j'étais pour ou contre Bourdieu.
Je suis "contre" mais je ne suis
certainement pas "pour" ceux qui

au sens

se transmettent,

Le

semblés méconnaître la diversité

Bourdieu masque

qui

qui

de cette

médiatico-foireux autour de

tements

Sinon, elles viennent du
âges, représentent l'âme
d'un peuple et engendrent le rejet

ne se rencontrent pas au sud.
problème qui se pose aux
sociologues, et avant eux aux
ethnologues, est : comment ren¬
dre compte, analyser, décrire ces
comportements sans les instituer

discipline. Le problème
actuellement c'est que le débat

n'est pas

ce

tout

série d'éléments

caractéristiques d'un peuple c'està-dire une culture populaire ou
régionale ? C'est ainsi que l'on
fige ces éléments et que l'on
engendre une crispation passéiste
comme c'est le cas quand on
désigne quelque chose comme
étant une tradition. (La notion de
tradition, ce qui est très différent
des traditions, est mon sujet de
thèse). Un exemple : dans la
Somme

nous

connaissons les

crêpes à la béchamel et au fro mage sous le nom de "ficelles
picardes". Si l'on demande à
quelqu'un un plat typique de la
région, il y a 80% de chance qu'il
réponde la ficelle picarde 1 Or on
en
mange pratiquement jamais
sauf lorsque l'on reçoit un invité
du sud de la France qui sera, lui,
persuadé que l'on se moque de

etc...

fond des

ouvertures culturelles. C'est ainsi

que Pétain finançait les folklo listes ce qui laissera cette "scien¬
ce

du

peuple" définitivement

tachée par la marque du conser¬
vatisme. Toi tu utilises la notion
de folklore dans
mier

:

son sens

pre

peuple, et
n'empêche à

effectivement rien

connaissances d'être créa

ces

-

les savoirs du

tives. Tout

comme

-

la "culture"

qui se construit au quotidien ou
les "racines"(!?) qui sont pour les
végétaux une attache définitive à
l'endroit où on les plante. L'hom¬
me lui peut choisir ses racines où
il veut, il peut même choisir de
ne pas choisir.
Je crois que

défendre

la notion de folklore est
erreur

tes

tout

interlocuteurs

nent

pas cette

ne

notion

C'est
se

une

simplement parce

que

compren

-

toi.
d'analy¬

comme

une erreur, non pas
mais d'efficacité. C'est la

même chose

avec

la notion de

peuple. Ceux qui t'écoutent
entendent par "peuple" l'ensem¬
ble des gens qui vivent à un
endroit que ceux-ci soient riches
ou
pauvres, snobs et méprisants
ou simples. C'est ainsi que le
F.N. utilise l'idée de peuple fran¬
çais, tout comme les régiona listes celui de peuple breton ou
picard. Contre ce peuple (populus) il y a le peuple (plebs) qui
s'oppose aux élites.
C'est pour rendre
compte de cette différence que
les sociologues ont utilisé, non

�Linha

£ lï

V

:

■

.

...

.

:■

:

'

■

'

.

:

Imaginòt
Débats

:.

1èr trimèstre de 1999

saas remous,

versent

la

sociologie actuellement sont

:

1) Peut-on décrire une culture populaire de manière
Non, les comportements ne prennent de sens que rela¬
tivement aux autres et les frontières ne sont pas étanches. Il y a

autonome ?

une

diffusion de

comportements.
2) Peut-on la décrire de manière dépendante ? (C'est ce
ces

que fait Bourdieu) NON ! Dans ce cas les pratiques du peuple ne
seraient que l'imitation de celles des élites ou se réduiraient à une
"culture de la nécessité" (la formule est de Bourdieu) c'est-à-dire
que le seul choix que le peuple serait capable de faire c'est d'aller
au moins cher, au plus nourrissant etc .. Bourdieu ne doit sans

rappeler, lui qui est d'origine paysanne, qu'il y a 1000
1000 autres à
élites et com portements du peuple sont je crois encore plus visibles en matière
gastronomique qu'en matière musicale ; mais cela vient du fait
que je suis meilleur au fourneau qu'au micro).
3) Le problème riest-il pas engendré par le fait que dès
lors que l'on parle de culture populaire, on avalise d'emblée et
doute pas se

manières d'accommoder les patates et qu'il y en a
inventer ! (les transferts entre comportements des

avant toute

*

la notion de culture populaire. Les questions qui tra¬

démarche d'observation

son

existence

comme

entité

réelle ? oui ! Cela

rejoint ta position mais aussi celle des anthropo¬
logues critiquant la démarche de l'ethnologie coloniale. Il fallait
pour administrer correctement les colonies sans savoir très claire¬
ment catégoriser les individus, pour les soumettre aux autorités.
On a alors postulé l'existence d'ethnies. Les ethnologues n'avaient
plus qu'à dresser la liste des traits culturels caractéristiques de
chaque ethnie sans s'occuper de savoir si ceux-ci étaient homo gènes au sein de l'ethnie ni si ceux-ci n'étaient pas partagés par
d'autres ethnies. Cela

a

aussi servi à la création de chefferie "tradi¬

tionnelle"...
Nous assistons exactement

même

phénomène avec la
régionalisation qui entraîne la création de culture régionale et de
nouvelle féodalité justifiant leur existence par l'existence d'un
peuple (populus) qui aurait droit à la représentation politique.
La tête de JM Eloy (le linguiste qui par ailleurs est très
sympa et foncièrement honnête) après l'élection de Baur avec les
voix du F.N. au Conseil régional montrait combien toul-à-coup il
se rendait compte de son fourvoiement. "Le pire, me dit-il, c'est
que tout ce que l'on demande depuis 30 ans pour la culture picar¬
de, maintenant on risque de l'avoir !"
La création de ces "cultures régionales" n'est cependant
assimilable
pas
à la mort de la créativité populaire. Les paysans,
comme pour
répondre à Bourdieu, se saisissent de cette image
assignée de l'extérieur ("ils seraient parlés"), la transforment, la
mettent en spectacle et créent ainsi de nouveaux comportements
culturels. Ce qui, à mon sens, est actuellement représentatif de leur
culture ce n'est pas le battage à l'ancienne et les fêtes de la mois¬
son mais la
capacité qu'ils ont à mettre en scène, à instrumentaliser
ce
que les "citadins" croient être leur culture. Ils montrent ainsi
qu'ils ont très bien compris les moyens d'expressions et de com au

Trois clichés

:

voir ci-dessous

sur

les sports

populaires

Premier cliché : l'opium du
Lu thèse est bien connue, elle

peuple ou l'imbécillité populaire.
plonge d'ailleurs dans une vieille
tradition puisqu'une partie du mouvement ouvrier l'avait
adop¬
tée à ses débuts : le sport, surtout dans sa dimension
spectacu¬
laire, détournerait les classes populaires de leurs véritables
intérêts de classe, au même titre que les romans-photos ou les
concours de beauté.
On aimerait savoir comment opèrent
concrètement cette dépolitisation ou ce détournement car il ne
suffit pas de répéter indéfiniment les mêmes formules ou de
construire des analogies pour convaincre. Nul doute que le
sport
soit aussi un instrument de contrôle social, mais pas plus que
l'école ou les vacances. Une compétition sportive, comme toute
manifestation collective de la vie en société, est l'occasion
d'exprimer des sentiments, de traduire des mécontentements,
etc., occasion qui ne peut en soi être rattachée à aucune nature
des choses
telle ou telle stratégie politique en l'occurrence.
Quand l'Argentine organise le Mundial en 1978, on peut
entendre le responsable des festivités désigné par la junte dire
que « la possibilité d'être vu par un milliard et demi de
téléspectateurs renforcera notre image », puis, en 1982, l'entraî¬
neur de. l'équipe d'Argentine traiter
publiquement et impuné¬
ment de nazis les
dirigeants de son pays, tandis que son équipe
est accueillie, lors du Mundial de la même année, aux cris de : Se
va acabar, se va acabar, la dictatura militar
(« Elle va se terminer,
clic va se terminer, la dictature militaire. »).
Il ne s'agit
évidemment pas de défendre ici une quelconque «
pureté » du
—

sport

—
situer le

elle fait elle-même partie de l'enjeu —, mais de mieux
problème.'

Au risque de passer
pour un donneur de leçons, on affirmera
que la thèse de l'opium du peuple est le sous-produit d'une
rationalité politique pauvre, qui fait du
prolétaire une marion¬
nette prise à tous les
pièges que lui tendent ses « ennemis » et
réduit la. politique à un ensemble de

manipulations. Rationalité
qui, à force de simplifications, s'illusionne de tout
comprendre alors qu'elle n'aperçoit pas la complexité du réel, la
multiplicité de ses enchaînements, le fourmillement de ses
pauvre

Pierre Bourdieu a élaboré, dans La
Distinction6, la
formulation la plus construite de ce préjugé
intellectuel. Partant
de l'axiome qu'il existe « un
système des
contrastes.

pratiques et des
le spectacle ne peut être analysé qu'en
liaison avec la pratique
qui en est le point d'appui, il cherche à
montrer les effets de domination des
produits culturels de grande
diffusion7 : « [...] musiques dont les structures
simples et répéti¬
tives appellent une
participation passive et absente, divertisse¬
ments préfabriqués
[...] à l'intention des téléspectateurs, et
surtout (c'est moi
qui souligne) spectacles sportifs qui établissent
une coupure reconnue entre les
profanes et les professionnels8. »
Passons sur le fait que l'ensemble de la
à quel point
musique rock reposerait

munications modernes...
Je t'envoie

quelques extraits* qui montrent
réduisent pas à l'expression savante du
mépris élitiste et qui je l'espère te donneront l'envie de lire la
sociologie qui inspire mes réflexions qui sont assez proches des
tiennes. (En bonus tu as aussi un extrait de P. Bourdieu qui dit
parfois des choses intéressantes sur la régionalisation avec les quelles tu semblés d'accord.)
Merci de ton attention, bonne lecture et peut-être à bien¬
les sciences sociales

NDLR

ne se

tôt.

D. B.

spectacles sportifs

»,

que

des structures simples : passons encore
elles resurgit anodinement l'explication

sur

sur le fait qu'à travers
naturaliste par les carac¬
téristiques techniques (structures simples / participation passive),
contre laquelle
pourtant une bonne partie de l'œuvre de l'auteur
est construite, et allons à la citation centrale : «
[.'..) les hommes
ordinaires sont réduits au rôle de far,, limite caricaturale du
militant, vouée à une participation passionnée — parfois jus¬
qu'au chauvinisme — mais passive et fictive qui n'est que la
compensation illusoire de la dépossession au profit des experts. »

44

�Linha

D'une manière générale, le
spectateur (d'origine populaire, bien
entendu) serait dépossédé de sa pratique, comme le travailleur
l'est de son produit. Il y a là au mieux une
analogie, une
métaphore, voire une hypothèse, certainement pas une démons¬

tration.

En effet, pourquoi
réduire la pratique à l'exercice physique et
l'assistance à une compétition à une compensation illusoire?
Pourquoi réduire le goût du spectacle à une absence de distance
critique. Regarder une rcncontre n'est pas du gavage d'oie et les
spectateurs ne sont pas des dupes sans distance vis-à-vis du jeu. Si
l'on veut raisonner
sociologiquement sur ce thème à travers les
rapports entre les classes populaires et le spectacle, il suffit de
reprendre l'argumentation développée par R. Hoggart dans La
Culture du pauvre, publiée en 1957 en Grande-Bretagne9. Cette

analyse classique montre que la culture de masse des: années
cinquante n'avait certainement pas l'effet d'abrutissement sur la
classe ouvrière que dénonçait l'intelligentsia de gauché; Parce
qu'une des caractéristiques du « point dé vue » ouvrier, dans son
rapport aux produits culturels de masse, est une sorte d'« atten¬
tion à éclipse10 ». Ce qui signifie, par exemple,
que; dans les
groupes sociaux qu'il décrit, on ne prend pas les histoires
racontées dans la presse à grand tirage pour autre chose
que des
histoires, sauf à passer pour un imbécile aux yeux de ses pairs.
Les attitudes sont plus travaillées par la méfiance que par la
croyance.
Dans un univers social où l'horizon

temporel est dessiné par
parce que la mobilité professionnelle ascendante est
extrêmement faible — les ouvriers ont
l'espérance d'ascension
sociale la plus basse de toutes les catégories socio-profession¬
nelles et la hiérarchie des salaires à l'intérieur de la
avance

catégorie
ainsi que l'élévation du pouvoir d'achat d'un bout à l'autre de la
vie sont bien moindres que pour les autres salariés,
employés
compris " ; dans une existence où les gens n'ont en général pas de
carrière à choisir,, mais un destin professionnel collectif à
assumer, où les stratégies personnelles sont quasi inexistantes et
les contraintes fortes, il faut voir dans les attitudes populaires visà-vis du spectacle sportif ce que Hoggart appelle un « hédonisme
de surface » de la part de gens qui ont peu à attendre de la vie et

qui le savent. Aller soutenir son équipe dans un match, hurler
ensemble, gesticuler, détourner l'attention du gardien de but
adverse, crier des conseils à « ses gars », c'est avoir prise sur une

réalité ou s'en donner l'illusion. Cet hédonisme n'oblitère pas
nécessairement la capacité à différencier clairement le monde du
divertissement de celui de la vie de tous les jours. Ce n'est pas

C. Grignon,
J-C Passeron
Le savant et le

populaire
Editions du
Seuil, 1989.

bien marré

match qu'on a pour autant
perdu le sens de la vie cl de ses soucis. Un match de football ne
tolère pas un public réservé, contrairement au tennis ou au
théâtre; le public peut être éventuellement «sport» — c'est
relativement rare —, mais il se doit d'être physiquement engagé
car le football n'est pas un
sport de spectateurs. D'où une tonalité
et une gestuelle certainement plus conformes aux rituels
quoti¬
diens de la vie populaire — où le langage est plus rude et
l'injure
plus facile qu'ailleurs — qu'à ceux des classes supérieures.
C'est le préjugé le plus conservateur sur l'infériorité populaire
qui constitue l'horizon culturel et politique de ce genre d'analyse
sociologique ; peuple-enfant, arriéré, imbécile ou dangereux.
Les intellectuels sont là comme garant de la bonne culture ou de
la bonne politique. Le discours politique de la critique du sport,
formule réactualisée du vieux mépris bourgeois pour le peuple
qui, oubliant de travailler, ne pense qu'à boire, rejoint ainsi celui
de l'infamie sociale. Il est l'espace intellectuel où se rencontrent
parce

qu'on s'est

«

la mission éducalrice des élites

» au

et notre

.bon vieux marxisme-

léninisme.

45

Imaginòt

A ...Cortetas...Cortetas...
Perspective cherche un
volontaire "emploi-jeune" en
comptabilité, secrétariat,
administration, communica

-

tion.

Association

Perspective 65240

Estarvielle T

:

05 62 99 66 09.

Etienne Roche

est un per -

sonnage rabelaisien. Mordant
à

pleines dents dans toutes
musiques. Parti de la
scène folk rhônealpine il y a
une vingtaine
d'années, la

les

découverte (entre autres) de la

musique de Mingus l'a amené
à concevoir un projet transstylistique, incroyable melting
pot où se bousculent musi¬
ques des îles, hard-bop, opé rettes, variétés, fanfares de
rue ou free "fracassé". Son
big

bang, le bien nommé Grotorkestre (entre 25 et 32 instru¬

mentistes)

déplace en car
scène itiné¬
des prestations

se

(qui est aussi

une

rante) pour
débridées. Airs populaires,
riffs savants, violons antillais

charmeurs et sensuels, accor¬

déon musette swing, ça gron¬

de, ça roule, ça puise, ça sou¬
lève. Vivant. Gai. Coloré.
Pascale

Epelly Ecole 26460 Le

Poet Celani
Tel

04 75 53 36 95

:

Guayente est une association
de la vallée de Benasque en

Aragon. Elle gère une école
hôtelière implantée dans un
ancien

monastère à flanc de

montagne ainsi qu'un établis¬
sement pour handicapés
(regroupant les handicapés
des environs tous handicaps
confondus et non pas la spé cialisation d'un

handicap pour
région). Elle a
publié les premiers livres dans
toute une

le dialecte de la vallée

(Benasqués ou patués) et elle
organisait du 11 au 13
décembre 1998
transfrontalier
ment

un

séminaire

l'enseigne¬
de langues

sur

scolaire

pyrénéennes : occitan, aranais
et patués. Ce fut l'occasion de
contacts enrichissants

qui

devraient avoir des suites de

part et d'autre de la frontière
franco-espagnole (JMB)
Association Guayente E 22468 Sahun (Huesca)
Tel: 974 55 21 48 /
974 55 13 27
Fax

:

974 55 21 16

�Linha
( :"í"í

S&lt;&lt;

Imaginòt
A

r

-

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"

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Sx «

"

v

'

Débats

'

1 èr trimestre de 1999

L'abjection

Ce dessin de Charlie-Hebdo

(7.10.98) et sa légende sont
abjects et révisionnistes. Sis ré¬
écrivent l'histoire. C'est simple : de
l'attachement à la langue de la région,
de sa promotion, on dériverait facile¬
ment

vers

le nazisme. En même

temps, on piétine ailègrement ie dra¬
me des incorporés de force, on en
fait de facto des volontaires. Tous
les racismes sont

tabous, sauf ceux
Alsaciens, donc
des Germains, des Bretons, des
Basques... Casque à pointe et Bé¬
cassine. Le texte voisin, coura¬
geusement anonyme, «A bas tous
les patois», parle des «trois dou¬
zaines de couillons qui parlent
encore leur pataquès ». Le franchouiilard de gauche et ie franà ['encontre des

chouiiiard de droite

:

même

combat.

Elus alsaciens
contre Charlie

■

Land un sproch / Les cahiers du
bilinguisme - Automne 1998

L'hebdomadaire satirique

Charlie-Hebdo est

depuis quel¬
jours la cible de violentes
critiques de la part d'élus alsa¬
ciens à la suite de la publication
ques

mercredi dernier d'une caricatu¬

jugée insultante pour les Alsa¬
ciens. Deux Waffen-SS au visa¬
re

ge

porcin passent

un

homme

au

lance-flamme. « Qu'est-ce qu'il
dit ? », interroge l'un des SS.
Je n'y comprends rien. Il n'a
qu'à parler alsacien comme tout
le monde », lui répond l'autre.
Le député socialiste du Bas-Rhin
Armand Jung, a estim que « tou¬
«

La

Dépêche du Midi

te les limites de

l'admissible

ont été

par « ce

dépassées

nal-torchon
-

Lundi 12 octobre 1998

»

qui

«

»

jour¬

mérite sim¬

plement, qu'après lecture, on le
parcourre encore d'un derrière
distrait

».

46

Commentaire

Incapable d'assumer les
conséquences populaires
de ses propos irrespon sables, Charlie Hebdo
tourne de

tile

vers un

des

symboles
qui lui

du nationalisme
est cher.

se

manière infan¬

(J-M B)

�Linha

Imaginòt

Débats

1èr trimèstre de 1999

En réaction à la page 16 du n° 329 de « Charlie
Hebdo », le député PS du Bas-Rhin Armand
Jung
a diffusé un
rammnnirpiô portant graw&gt;ment
atteinte à la liberté de la presse.

"te/es pois!

LETTRE
OUVERTE
À LIONEL
JOSPIN
Monsieur le Premier

Ministre,

c'est que nous avons à vous poser
une

Si nousprenons la liberté de vous adres er cet e let re ouverte,

question de la plus haute
rappel des faits, et une
fait l'erreur de penser qu'elle

importance. Elle nécessite d'abord

justification dont

nous avons

allait de soi.

un

11 y a quinze jours, Charlie Hebdo publiait une
page
défiance vis-à-vis de l'engagement de l'État dans la

langues régionales. Quel

que

soit le jugement que

exprimant

sa

promotion des
l'on peut porter

la forme, nous avons parfaitement le droit
d'exprimer
selon laquelle, dans une nation, c'est la langue véhiculaire
sur

l'opinion
qui doit être
privilégiée. À notre sens, l'intérêt parfaitement légitime que l'on peut
porter aux langues régionales relève de la sphère privée, d'un choix

personnel d'adulte libre et en âge de décider. Doter un enfant d'une
langue maternelle parlée par, au plus, 1 % de la population ne nous
semble pas le meilleur moyen d'en faire un
citoyen ouvert au monde
qui l'entoure et capable de faire valoir ses droits, sauf à rédiger les actes
administratifs et judiciaires dans les langues locales, c'est-à-dire reve¬
nir avant l'ordonnance de Villers-Cotterêts
(1539). Attentifs et parti¬
culièrement sensibles à toutes les façons dont s'expriment le racisme,
la xénophobie et toute forme de discrimination, nous soutenons
une
ligne éditoriale claire : nous privilégions systématiquement les valeurs
communes à tous les hommes, ce
qui les unit, ce qui les rassemble, leurs
droits

et leurs aspirations, et nous
dénonçons systématiquement toutes
démagogies qui montent les peuples les uns contre les autres, en
flattant de vains complexes de supériorité régionalistes,
ethniques ou

les

nationalistes. Si

nous

aimons

toutes les

toutes

les

cultures, de tous les pays, de

régions, nous nous élevons contre les traditions lorsque cellesci légitiment soit des actes barbares, soit le
rejet de l'autre, soit le refus
de droits qui nous semblent universels, refus absurdement
justifié par
le fait que leur rédaction n'a
pas eu lieu sur le sol où ils s'appliquent.
Cela posé, nous respectons et admirons le
génie culturel, où qu'il se
manifeste, en quelque langue qu'il s'élabore.
Le dessinateur Riss a donc exprimé, par le biais d'une caricature évo¬
quant la présence des « malgré nous » alsaciens dans la division SS
Das Reich, qui massacra les habitants d'Oradour-sur-Glane, sa crainte
de voir utiliser les

exagérée

particularismes régionaux à des Fins criminelles. Pour

l'on puisse trouver cette caricature, elle n'en rappelait pas
fait historique dont l'oubli s'apparenterait à ce négalionnisme
dont on sait quels dangers il fait courir à la démocratie. L'inexactitude
sur la
proportion de « malgré nous » dans la division Das Reich est regret¬
moins

que

un

table (ils étaient quatorze, et non « en grande partie »), et nous la rec¬
tifions. L'Alsace et les Alsaciens ne sont pas insultés par ce dessin.
M. Jung, député socialiste du Bas-Rhin, a cru bon de publier un com¬

muniqué de

presse, repris dans des quotidiens nationaux (Le Monde,
Libération) et dans de nombreux quotidiens régionaux, où il affirme,
contre toute

muniqué de

16

QURLJE HEBDO

raison, que tous les Alsaciens sont insultés. Dans
presse,

diffusé nationalement, M. Jung

nous

gravement : « pseudo-journal », nous irions « plus
droite », alors que notre combat pour les valeurs
chon
se

»...

loin

que

l'extrême

démocratiques est
manifeste
M. Jung devrait se renseigner... —, «
journal tor¬
Nous comparant, à notre désavantage, avec le KGB, M. Jung,

constant et

—

laissant emporter par sa verve, voit dans notre existence le déshon¬

de la liberté de la presse. Dans l'esprit de M.
Jung, il suffirait donc
pas partager son avis pour que la liberté de la presse soit discréditée?
C'est étrange, pour l'élu d'un parti démocratique...
Notre surprise fut
neur

de

ne

grande d'apprendre

que

M. Jung

se

vantait publiquement de

nous

envoyer une choucroute assaisonnée de mort-aux-rats, dans la plus pure
tradition des pamphlétaires de cette extrême droite qu'il nous préfère,
prouvant par là que ses goûts littéraires le rattachent davantage à Léon
Daudet qu'à Jean Jaurès.
Mais ce ne sont que des détails, et les insultes en disent souvent beau¬
coup plus long sur ceux qui les profèrent que sur les destinataires.
Il y a beaucoup plus grave. Dans son communiqué, M. Jung, député
de

majorité, appelle « les associations d'anciens combattants et vic¬
les collectivités territoriales » à porter plainte,
constituer partie civile contre Charlie Hebdo », c'est-à-dire à pro¬
voquer non pas un, mais une cascade de procès, afin que la multipli¬
cation des frais condamne le journal à mort. Cela relève d'une
stratégie
visant à faire disparaître un organe de presse.
M. Jung semble oublier qu'en 1789 l'Assemblée constituante découpa
votre

times de guerre, ainsi que
et

à

« se

volontairement les départements à cheval sur les provinces, afin que les

représentants du peuple ne sacrifient pas l'intérêt national aux passions
identitaires. M. Jung a donc oublié qu'en tant que député du Bas-Rhin
il est député du peuple français, et non du peuple alsacien. Le papier
à en-tête de l'Assemblée nationale sur lequel est rédigé son commu¬
niqué de presse aurait dû le lui rappeler.
Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Premier Secrétaire du
Parti socialiste, voici la question que nous vous posons publiquement :
M.

Jung est-il dans son rôle de député, et qui plus est de député socia¬
en appelant à faire disparaître un journal d'opinion?

liste,

Question subsidiaire : Le Parti socialiste est-il prêt à assumer l'as¬
sassinat de Charlie Hebdo, réussissant ainsi là où le harcèlement judi¬
ciaire du Front national a échoué?
Dans l'attente de votre réponse, dont l'intérêt, nous en sommes
certains, dépassera largement le cercle de nos lecteurs — dans leur

majorité, électeurs de gauche —, réponse qu'avec votre permission

publierons sitôt reçue, nous vous exprimons notre attachement
justice, à la liberté et à la démocratie dont vos responsabilités
sont l'expression, et dont la défense est l'objet même de l'existence
de notre journal.
PHILIPPE VAL
nous

à la

ce com¬

diffame

Cette lettre a également été envoyée, sous pli recommandé, à M. François Hollande,
et à M. Jean-Marc Avrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale.

Mercredi 21 octobre 1938

47

premier secrétaire du PS.

�Imaginòt

Linha

Débats
1èr trimèstre de 1999

ADAMl

Monsur lo

Chap redactor
de Charli-ebdà,

un

une

autre

tangue,
la

interdis toujours un peu
tienne YacharKemal
tu

L'ADAMI

ne répond même
plus aux lettres recommandées
(celles de Sicre, en tout cas).

bla pusleu un progrès...

Bemandatz de las
que n'oposon pas
los òmes entre ilhs. Setz lo

Excrivetz, dins lo dar¬
de vòstre setmanier,

numéro

letra au prumier ministre sus
lengas regionalas. Vos dise,
còp-sec, que sei d'acôrdi amb
vòstre veseire de pas limitar la
liberlat de la premsa amb l'em plec de l'aparelh judiciari. Vole

onte

partajada
lo racisme disparaisserá

fauta de diferéneias. Mas pensatz

una

pas que

las

umans,

solament tornar
vision de las

sus

la vòstra

Parlatz de l'Edit de
Villers Cottterest

(Edit revendieat estranjament per beucòp de
respublicans) per refusar i'utilisacion publica de las autras lengas
que lo francès. Si volem conservar l'arsenau juridic daus temps
passats, podem aitau gardar la
tortura, la pena de mort, l'escîa vatge eca...
-

cionaris montanhards
d'aver fabricat

una

es

la diversitat daus èssers
de la fauna

la mai

parisencs
França una e

indivisibla,

granda richessa de

l'umanitat.
Pensatz que
autras

que

lo frances

copant la testa. Dins
quilhs temps, avem pas agut un

lo trobador escrich pas
lenga daus vencedors ?
"Poëtas, vòstres papiers !... "
Semblatz dire que los
régional istas son

perque
dins la

la via

Disetz

qu'avem mestier
lenga per pais per
comunicar. Oblidatz que la
majoritat daus pais an mai que
d'una lenga oficiala e que la
França es una excepcion (i a màs
de veire la Suissa qu'auriá pogut,
en
seguir lo vòstre rasonament,
empachar lo frances minoritari
sus son teritori). Au-dedins de
l'Euròpa, lo multilinguisme semsolament d'una

mes

pique de faire du journalis qui n'est absolument pas
son rôle (sur 4 pages) avec des
interviews d'acteurs, de profes¬
se

me, ce

sionnels de la danse, un article
association de services,

sur une

et des infos

qu'on peut trouver
partout ailleurs dans la presse
musicale. Au lieu de

parler des
problèmes de l'ADAMI.
J'espère que l'élection du nou veau
va

Conseil d'Administration

foutre

un nouveau

coup

de

balai.
CJS.

-

La lettre de l'ADAMI 10 A

monde
sera

rue

de la Paix 75002 Paris

morir. Vos demande

la segtrida d'un poëta bre¬
ton, de refusar lo non saber e de
vos endralhar vers la descoberta,
se zo

Rien dans le bulletin. Les ques¬
tions que je pose sont mépri sées. De plus le dernier bulletin

voletz...

P.S.: Mon

syndicat (SNAMCGT) n'a pas encore fait savoir
ce qu'il pensait de ma lettre
recommandée. Ni le SFA.

I.B.

reaccionaris. Me

tréma

a montrât

un

uniforme, laidonc la vita
a

restar esconduda dins ma maison

merda, farà las

chausas dins

donc,

Lion, Marsilha...

venir.

mesma

mas

grands poëtas de l'umanitat, deu

decidir de l'avenir de la
França. La terror revolucionari
devers las populacions de Vende,
per

la

a

pusleu que
gaucha, e
qu'en Bretanha e en
Corsa las gents vôton
pas per l'estrema drecha. En région, l'es -

débat vertadierament démocratie

mainatges forçats d'aprener una
lenga parlada per mens de 1% de
la populacion. Tôt es Telatiu ! A
l'eschala mondiala quantitativament que vau lo frances ? (vos
rapele que lo frances es la lenga
mairala de 1,5% de la populacion
mondiala).
Vos chau pensar que lo
multilinguisme es una richessa,
que la democracia pòt començar
per la gestion de son ranvers, e
que lo jorn onte tota la planeta
parlarà la mesma lenga, minjatà

trista

sembla

lor

a

Planhetz los nôstres

Bernard de Ventador, un daus

listas

las tuarias

inte-

interjor naus, de médias audio-visuaus,
podon contunhar de viure ? Se
vos comprene ben, l'obre de

daus nacionalistas

a

las lengas

an un

seriosament que las lengas
dichas d'ensenhament, de

mas oblidatz que
divisavon lors adversaris federaen

de la flora

e

rest, mas devon esser reservadas
a l'esièra privada. Mas pensatz

lengas de França.

Aprobatz los révolu

lenga. E que las guerras colonialas se fan en lengas oficialas.

v alors comunas

defensor d'una morala
der

panier de

crabes ?

tvon Balès

Si tu interdis

=

vôton

accord

a

drecha,
coma

en

vos,

vota contra las sub

vencions

-

las

lengas
dau pais. Chau rapelar tanben que tots
a

los dictadors

an

començat per massacrar

STO

las minoritats

;

hUIIU
/V/ U M

los Tibetans, los
Curdas, los
Còsovards paion char
que

lo fach de

parlar lor
48

/VI

/M

I

�Linha

Imaginòt

Débats

1èr trimèstre de 1999
Pourquoi

La SACEM fait vivre

qui nous font

ceux

une idée aurait-elle
plus de valeur chez l'un sous pré¬
texte qu'il y a pensé le premier '?

intéressant. Alors si à lui, ça

Ou alors la création artistique
devient une course à l'innova

principal

tion, mais dans quel but ? On

parle

pas de
cela n'aurait

rêver trimer
Franck Levin

a

L'article paru dans le

dernier, repris dans
la Linha n°35, concernant la ges¬
mars

tion

critiquable (le mot

est

faible) de la SACEM,

me pousse

à entamer

le concept

un

débat

sur

de la

propriété intellectuelle.
Déjà, cette terminolo gie est dérangeante : s'il s'agis sait de parler de l'intellect, en
tant qu'organe de production
d'idées, et de propriété dans le
sens où chacun n'a qu'un
organe
de ce type à sa disposition et
qu'il lui est propre, il n'y aurait
pas d'incohérence dans cette
expression, sauf que le mot "per¬
sonnalité" existe déjà pour décri¬
re

la même chose. Seulement, ce

tenue

s'applique

au

droit, et par

delà, à l'économie. Sa vocation
est

d'établir

un

lien tout à fait

arbitraire entre la

capacité à
"comprendre et connaître" et le
fait d'avoir à sa disposition un
potentiel marchand. En effet,
persomie n'a prouvé jusqu'ici que
le cerveau était uniquement
prévu pour alimenter l'économie
libérale : les populations hors de
l'hégémonie du système occiden¬
tal ont des organes de pensée qui
fonctionnent très bien, simple ment au

service du bien-être

quotidien. On voudrait nous faire
croire, par ce terme, que chaque
idée qui nous traverse l'esprit
représente potentiellement un
moyen de gagner de l'argent (ça
doit bien faire rire Proudhon

dans

sa

tombe...).
Mais ça

lorsqu'on applique

n'est pas tout :

dogme fan¬
taisiste à la production artistique,
on tombe
complètement dans le
ce

délire.
En effet, le propre

de

Autre¬

aucun sens.

la création c'est

justement les
idées, alors quelle aubaine pour

la théorie libérale
ment

bien

:

"c'est telle

-

pensé

que même les
place dans ce
système économique". Seule¬
ment, pour appliquer cette belle
idéologie, c'est pas de la tarte,
parce que si les idées ont une
artistes ont leur

valeur marchande, il faut les
recenser,

les évaluer et les proté¬

ger en

attendant de les exploiter.

Alors,

comme

les industriels font

encaisser le coût de toute cette

oeuvre

plagiat,

ce

sur une

sion

simple, ça n'est pas très

12000 sociétaires que ça

laissent nous exprimer.
Aujourd'hui où l'informatique
apporte une possibilité peu oné¬
reuse
d'auto-production et de dif¬
nous

fusion

aux

sons-nous

de

notre âme et

en

-

F.L.

reconnaissance pour un moyen
sa

P.S.

:

Je n'ai pas

de "droit

carrément le

La contradiction

La

musique a ses flics
Motivés par la course au fric.
Sans képis, sans uniformes,

ment ils

La

ment

Surtout

seurs.

turant directement

L'argument principal
qui cautionne cette manière
d'agir, c'est que les créateurs doi¬
vent rester maîtres de
l'exploita¬
oeuvres.

impossible

surveiller, mais si la réa¬
lisation, ou la reproduction d'une
tout

sont impossibles sans la
participation de l'auteur (tech nique particulière, oeuvre éphé¬
mère, implication corporelle, ...)
le problème ne se pose plus.
Cette paranoïa concerne donc
uniquement les oeuvres simples
(pas forcément faciles à créer !),
or il se trouve que les idées
simples, réalisables à partir de
techniques éprouvées, sont celles
de beaucoup d'artistes, et il est
oeuvre

commun

des créations

de retrouver

comparables, voire
identiques, chez des créateurs
qui n'ont aucun lien direct.

aux

Ils fouillent, fouinent et s'infor
ment.

-

augmentent sensible son coût, d'une part en fac¬

des frais

fait

Moyen-Age...

SACEM à tous vents

diffusion. Par leur fonctionne

tout à

parlé de la notion
incorporel" qui entre autre

permet aux héritiers d'un créateur de
bénéficier de ses droits, mais là, c'est

près qu'ils réussis sent en plus à tirer bénéfice de
cette gestion en taxant les diffu¬
cette nuance

de

expression

artistique.

...) ont choisi d'en faire autant, à

tion future (I.N.P.I.) ; les agents

Dans les faits, il est

conscience, c'est-

connaissant la différen¬

en

de

composi tion, dont l'enjeu était la notorié¬
té des oeuvres
: les
perdants
apprenaient les chansons des
gagnants et les intégraient à leur
répertoire. Quelle meilleure
concours

et autres

major companies, ou alors
exploitons-les à notre tour, mais

dours, qui participaient à des
sortes

-

com¬

véritable raison d'être.

hypothétique exploita¬

tion éventuelle de leurs

des intérêts

merciaux de la SACEM

artistiques (producteurs, éditeurs,

d'une

musiciens, débarras

ce entre commerce et

-

intéres¬

à condition toutefois qu'eux

intéressante de l'intérêt du

plagiat

-

commerce aux

à-dire

vient de la tradition des trouba

fois le

une

c'est l'expres

laissons le

:

prin cipale des organismes chargés de
gérer les droits d'auteurs tient
précisément à cette question de

vert

en art

grave, et même, cela peut facili¬
ter sa diffusion. Une illustration

d'expression, la diffusion est

gestion

par les "propriétaires"
des idées eux-mêmes sous cou

effectivement

tant mieux. Encore

se,

qui
a
déjà été fait est suffisamment
important pour un créateur en
terme de frustration
lorsqu'il le
découvre, pour qu'en plus on ne
l'accuse pas de plagiat. Et si il
y

—

Canard Enchaîné du 25

ne

"progrès" culturel,

dit, le risque de faire

ment

-

lui

rapporte quelque chose, eh bien

des droits et

diffuseurs et d'autre

part en accablant de tracasseries

musique fait vivre
ceux
qui la font suivre,

Quand les sociétaires sentent

pourrir
La branche

qui doit les nourrir.

administratives

supplémentaires.
Ce surcoût n'est pas important
pour les grosses structures, ni
pour les créateurs très médiatisés
dont les productions sont tou jours rentables ; mais il freine
l'évolution des artistes

qui se
produisent dans de petites struc¬
tures.

Enfin,
sens

:

un

imaginons

de bon
les 60000

peu

que

sociétaires de la SACEM

qui ne
jamais aucun droit ne se
soient jamais inscrits ; les orga¬
nisateurs de leurs spectacles ou
leurs interprètes auraient un pro¬
touchent

blème financier et administratif
en

moins. Pour

Sardou

quel risque ?
n'a jamais pensé à plagier

les Fabulous Trobadors que

je

L'imaginaire est à louer :
jouer il faut payer,
Après avoir bien demandé
Auprès des personnes déléguées.
Pour

La

musique répertoire,

Que l'administration fait valoir,
Facturant

sans

La

49

auraient

reçu un message

La

musique est partout.

Les bureaucrates écoutent tout,
Plutôt crédules que malhonnêtes
Sûrs
une

qu'une chanson naît dans

tête.

Refrain

:

Suite à la récolte

d'argent,

Mauvais rendement.
Suite à la récolte

d'argent,

SACEM à tous vents.

sache, et s'il l'avait fait, beaucoup
de gens

discernement

diffusion de l'art vivant.

Franck Levin

-

�Linha

Imaginòt
Débats

1èr trimèstre de 1999
La francophonie
concept ambigu
I

-

Ekue

sous

tions contrastées

:

institution cultive

l'ambiguïté.

A

-

La

en

Sommets

Sommets

francophones

franco-africains

Année

Depuis sa création en
la présidence (françai¬
se) de F. Mitterrand, la
Francophonie suscite des réac 1986

Martine Boudet-

un

:

effet, cette

1986

Versailles (France)

1987

Québec (Canada)

1988

1989

Francophonie

Dakar

(Sénégal)

adversaire de l'unité africaine
La Baule

1990

Composée de quasi les pays "ayant en
l'usage du français", en

somme

47 membres actuelle

:

sur

discours
la démo

cratisation des Etats africains,
condition de l'aide au dévelop¬

ment tous
commun

(France)

de F. Mitterand

pement

-

(France, Québec, Suisse,
d'Afrique, du MoyenOrient, d'Extrême-Orient...), la
Francophonie est le fruit d'une
dualité forte et problématique,
constituée de la coopération fran¬
ment

Paris

1991

pays

1992
1993

:

vote

"l'exception

culturelle

En effet, son
au

Ile Maurice
de

co-africaine.

remonte

(France)

origine
traité de Niamey en

française"

1970 et à l'initiative de 4 chefs

ments

africains

ou non et

Paris (France)
jeux de la
francophonie

1994

d'États africains proches de la
France : Léopold Sédar Senghor
(Sénégal), Habib Bourguiba
(Tunisie), Félix HouphouëtBoigny (Côte d'Ivoire) et
Hamani Diori (Niger) décident
de fédérer 21 États et gouverne¬

Biarritz

:

(France) : absence du
(après le génocide)

Rwanda

et rentrée en cour du Zaïre

(Mobutu)
1995

Cotonou (Bénin)

1996

de

Ouagadougou (Burkina-Faso)

créer

l'Agence de la Coopération
Technique
(A.C.C.T.). François Mitterrand
en élargit le cadre (à l'échelle
mondiale) en 1986 ; après le

1997

Culturelle et

sommet de Cotonou

Émile

(1994),

Derlin Zinsou,

ex-prési
Dahomey et Boutros
Boutros-Ghali d'origine égyp
tienne (après le sommet de

-

dent du

Hanoï

en

-

1998) ont été nommés
Enfin,

les sommets franco phones alternent avec les som notons que

£

mets

franco-africains, selon

un

rythme annuel.
Le couple franco-afri cain issu de l'histoire coloniale
s'avère la cheville ouvrière de

l'institution

:

si la France

le leader du fait d'une

D

O

en

est

longue tra¬

dition de centralisation et de ges¬
tion du pouvoir, l'Afrique appa raît le vivier de par sa

démographique,
sa

son ouverture

vitalité culturelle

sommets

se

force

sont tenus

:
en

et

quatre
France,

Hanoï

(Vietnam)

quatre également en Afrique.
Ceci dit, la construc
tion
sur

à la tête de l'institution.

&lt;D

1998

-

francophone s'est effectuée
la base de la mise

en

néocolonialisme.

échec

Certes le

du

panafricanisme, du sacrifice
opéré antérieurement du fédéra¬
lisme et de l'unité africaine,
incarnés par d'autres pères des
Indépendances : Nkwame
Nkrumah (président du Ghana de
1958 à 1966), Sylvanus Olympio
(premier président du Togo),
Patrice Lumumba (premier prési¬
dent du

conséquent, la Francophonie est
entachée du péché originel de

ment

-

nies à l'intérieur d'un même pays
et des

pays entre eux à l'intérieur
du continent, leur ouvrant une

porte sur le monde ce faisant.
Mais à la différence de l'anglo phonie (et de son institution le
Commonwealth), la francopho¬

blocs

la création de TO.U.A. (en 1963
à Addis Abéba). Elle s'est déve¬

et de

rence

50

sournoise

avec

celle-ci. Par

une

stratégie contes

table de division territoriale

phonie intervient une décennie
après les Indépendances et après

loppée parallèlement à la perte
d'influence de l'organisation afri¬
caine, développant une concur -

-

permis de fédérer les eth¬

nie mène

Congo ex-belge). En

effet, la naissance de la franco

français

(comme l'anglais) a indéniable

-

en

politico-linguistiques. Le

mouvement

de démocratisation

libération nationale à

l'oeuvre dans la

région des
(bilingue) depuis
une décennie met à jour, réactive
ce complexe
séculaire appelé
"complexe de Fachoda"
: le
Grands Lacs

�Linha

Imaginòt

Débats

1èr trimèstre de 1999
drame rwandais (le génocide des
Tutsis) en est en grande partie
une conséquence, la Coopération
française ayant intégré le cadre
ethnique binaire et pris parti pour
la communauté hutue majori¬
taire : l'Ouganda anglophone fut,
lui, la terre d'asile d'un grand
nombre de Tufsis persécutés.
La Coopération fran çaise a orchestré une division
similaire dans l'ex-Zaïre, non
plus sur le critère ethnique mais
stratégico-politique : défense de

de la

zone

d'influence

l'empire soviétique, la
Francophonie participe comme

ne...) à la construction d'un
vel ordre mondial fondé

l'heure

une

construction idéolo -

Ce schéma

gico-politique alternative. Ce qui
empêche cette évolution néces saire c'est le maintien du fonc

tution

à l'échelle de l'insti¬

comme

de la vie interna

-

tionale.

africain moteur de la Franco¬

phonie ait pris
progrès social.
-

un

parti hostile au

service de la

Francophonie
puissance fran -

C

d'intérêts

-

La culture alibi

Francophonie se
de promouvoir un envi¬
ronnement linguistique et cultu¬
rel pluriel, fondé sur le socle uni¬
fiant du français : cette optique
propose

La

troisième voie dans le concert

blicanisme laïco-social et culture

des nations de

l'époque : dans le
guerre froide qui a

littéraire pour

l'affrontement des deux blocs,

munautarisme

du libéralisme

anglo-saxon et du
communisme soviétique, elle
était censée représenter une voie
d'équilibre, médiane, non ali¬
gnée : la géographie rend compte
de cet

axe

Nord-Sud central

euro-africain, intermédiaire entre
les deux
ricain (à

de projection amé¬
l'ouest) et soviétique (à

axes

l'est).

maghrébin et culte
africain de la fraternité (substan¬
ce
axiologique, système de
valeurs), francophonie militante
et résistance au Québec, aux
avant-postes du libéralisme
anglo-américain (le fédéralisme
québécois a presque gagné la
partie lors du référendum d'oc tobre 1995). Dans cet ordre

Dans les faits, ce

posi¬

a permis
surtout à la France de maintenir
de

stratégique

puissance intermé diaire au détriment de l'Afrique
francophone, sa châsse gardée.
Par ailleurs, à la différence des
"non-alignés", la Francophonie a
toujours opté pour le camp libé¬
ral anglo-américain à l'encontre

nauté est
tarité
bole

-

un

"Égalité

-

Solidarité"

commu

-

Complémen¬

et son sym cercle constitué d'arcs de

couleurs différentes.

un

mal nécessaire, il est

en

termédiaire des communautés

immigrées des banlieues
D.O.M.

-

T.O.M.

:

ou des
festival de la

Francophonie (musical à La
Rochelle, théâtral à Limoges...).
Dans l'Éducation Nationale fran¬

la France (structu¬
étatico-institutionnelle), com-

d'idées, la devise de la

tionnement
un statut

re

aide

-

coopération franco-africaine
plupart des cas un
simulacre d'apport de technolo gies, de savoirs, de valeurs. Dans
le sens inverse (de l'Afrique vers
la France), seul l'apport culturel
est accepté souvent grâce à l'in¬

Francophonie est

censée proposer une stratégie
commune à ses membres, une

vu

condition à

géopo¬

et incontour

s'avère dans la

modèle de
synthèse, un "humanisme inté gral", hérité des patrimoines
propres à chaque nation : répu¬

contexte de la

défini la démo
États comme

la

des entités dominantes.

çaise, la Francophonie est inexis¬
tante ou s'exprime de manière
sporadique et parcellaire sans
plan organisateur (contrairement
aux programmes éducatifs euro¬
péens) : partenariats locaux
entre écoles africaines et fran

-

çaises, inscription récente au
programme de la Terminale L
d'une oeuvre francophone (Aimé
Césaire, L. Senghor...). Enfin la
politique nationale d'immigration
entrave la libre circulation des

Africains

francophones (du
Maghreb comme d'Afrique sub¬
saharienne) sur le territoire : cer¬
taines élites n'hésitent plus à se
former aux U.S. A. et à coopérer
avec cette puissance.
La culture apparaît
donc trop souvent comme l'alibi

51

de Berlin, le

Baule (1990) a
cratisation des

-

Dans cet ordre d'idée,

confisquée au profit d'intérêts
stratégico-économiques, surtout

mur

linguistique et culturelle et en
Afrique qui l'assume passive

paradoxalement quasiabsent de la scène publique fran¬
çaise : les Français ne se recon¬
naissent pas comme des
francophones mais comme des
Européens.

censée proposer un

Francophonie est

Québec,

revanche

La

çaise
La

au

sommet

nable,

stratégico-économiques

dominants

ceux

de la chute du

opératoire

confronté à la hantise de la perte

litique imposée

culturelle est dans les faits
La

valeur

ment, comme une donnée

les États-Unis et le

(Rwanda, ex-Zaïre) et d'une ma¬
nière générale en Afrique, il est
regrettable que le couple franco-

l'épreuve de la réalité ; si le
concept de Francophonie a une

soi séduisant, doit être vérifié

à

-

franco-africaines, véri¬

verrou

idyllique,

d'une politique néo-coloniale ou
dominatrice qui s'exprime par fois explicitement au cours des
sommets. Ainsi, si dans la foulée

en

de libération armé

gouvernement nationaliste du
Rwanda (l'A.F.D.L. de L.D.
Kabila). Dans ces deux cas

au

Afrique
Maghreb - Afrique francophone
Communautarisme (fraternité - foi)

l'hégémonie occidentale et libé raie et ne préconise pas pour

table

B

culture littéraire (beauté)

nou¬

C.N.S.

soutenu par

social

sur

relations

Souveraine) et diabolisation du

républicanisme laïco-

(force - vitalité)

(O.N.U., Union Européen¬

nales

Bonnement néo-colonial des

mouvement

France

militantisme

les autres institutions internatio¬

stratégie pacifico-parlementariste
d'évolution (via la tenue de la
Commission Nationale

Europe

Québec

la chute de

la dictature de Mobutu et de la

ou

Amérique

soviétique.

Actuellement, depuis

franco-africain de La

une

au

-

dévelop¬

pement (économique), le sommet
de Biarritz (tenu en 1994 suite au

génocide rwandais)
l'échec de cette
Rwanda

en

consacra

politique

:
était absent et le

Zaïre dictatorial faisait

sa

le

rentrée

en cour.

Lors du sommet fran

-

cophone de Cotonou (1995), la
France tenta de marginaliser le
nouveau régime du Rwanda. De
même, lors du dernier sommet de
Hanoï

(1998), le contentieux

franco-congolais suite à la chute
de la dictature de Mobutu s'ex

-

prima par le départ de la déléga¬
tion congolaise. Enfin lors du
sommet de l'île Maurice (octobre
93), la France fit voter "l'excep¬
tion culturelle francophone" qui
lui permit peu après dans le
cadre des travaux de l'O.M.C. de

sauvegarder
naux en

ses intérêts natio matière de cinéma En

revanche, la dévaluation du
F.C.F.A., question pourtant cru¬
ciale pour

l'Afrique, ne fut pas
l'objet d'un débat public franco phone mais fut imposée aux
populations trois mois plus tard
(janvier 94).
Il reste à évaluer le

degré de soutien ou de résistance
de la politique néo-coloniale de
la part de pays tels que le
Canada, la Belgique, la Suisse :
le Québec privilégie l'aide décen¬
tralisée à l'Afrique sans interférer
dans les affaires du "vieux

couple"

;

la Belgique affirme,

elle, discrètement
avec

qui

sa

différence

les relations
la région des Grands Lacs :

en ce

concerne

�Linha

Imaginòt

1èr trimèstre de 1999
son désengagement
Rwanda et à la R.D. du

témoigne

en
au

Congo dans la dernière décennie.

communication

et

de travail

en

Europe.
Association internationale des

-

parlementaires de langue françai¬
D

-

Francophonie et

son

pour

L'ambiguïté fondamen¬
Francophonie explique

tale de la

caractère occulte, le fait

-

qu'elle soit méconnue du grand
public malgré sa longévité
(presque trois décennies). 11 est
vrai également que la culture
internationale n'est pas la préoc¬
cupation première des peuples ;
pour ces deux raisons, l'institu tion reste trop souvent une affai¬
re

confidentielle, entre initiés
des

sommet

États

et

se

au

manifeste

par des mondanités et un luxe
ostentatoire en contradiction
vocation culturelle pre

avec sa

(A.I.P.L.F.) fondée en 1967
renforcer la xoopération
entre les États francophones
(première Assemblée générale à
Versailles).
se

Commonwealth

Union culturelle et

de la
1954
ner

technique

langue française fondée en
pour accroître et coordon -

les relations entre pays, grou¬

pements, personnes d'expression

française.
Alliance

française fondée en
la diffusion de la
langue et de la civilisation fran¬
çaises dans le monde par l'inter¬
médiaire des Centres d'enseigne¬
ment (plus de 300 centres et
quelques 300000 élèves).
-

1883 pour

-

L'on constate le riche

mière.
Liste des

organismes
Francophonie :
Organismes

constitutifs de la
1

publics

)

maillage du réseau francophone
qui a préludé à la création de
l'A.C.C.T. en 1970 et qui procè¬
de d'une évidente volonté d'ex

:

Haut comité de la

-

langue fran¬
çaise : créé en 1966 et présidé
par le Premier ministre français.
Assure le secrétariat permanent

pansion culturelle et d'universali¬
sation propre à cette ère

du Comité interministériel pour

en

les Affaires

centrisme. Seule l'A.U.P.E.L.F;

rise la

est

-

fancophones et favo¬
promotion et la défense du

français.
Agence de Coopération cultu relie et technique
: fondée à
Niamey en 1970. Mission de
coopération dans les domaines
-

civilisationnelle

née et

travaille

en

:

créé

en

collaboration

ethno

-

relative de
au

toires de

ses

institutions. Né

se

en

1948 tous les terri l'Empire, il se rattache
en

1967,
avec

nique. Mais de même que la

couronne

britan¬

l'Académie

française. Contribue

monarchie favorise la décentrali¬

à la mise à

jour de la terminolo¬

sation des

gie scientifique et technique.
-

Conférence des ministres de

l'Éducation.
2) Organismes privés :
-

Association des universités

partiellement ou totalement de
langue française (A.U.P.E.L.F.)
créée au Canada (Montréal) en
1961 ; coopération dans l'enseignement supérieur et la
recherche.
Comité international pour

le
français langue européenne,
fondé en 1957 pour la promotion
du français comme langue de
-

Irlande, Palestine, Israël, Sou¬
dan, Zimbabwe... Ceci dit, l'ac -

États-Unis, première

assisté dans la

anglophone : le Canada
(Québec) ne peut pour l'instant
jouer un rôle aussi prépondérant
aux côtés de la France, ce
qui
explique le maintien actuel du
dispositif de Coopération très

considérable d'édification

centralisé.

parachever la démocratisation et
l'ancrer sur un plan identitaire,
pour former à une citoyenneté
consciente, équilibrer, s'impose
en particulier la réforme des
Écoles africaines francophones,

Vers i'incuituration

-

en

puis¬
métropole. Ainsi les
membres appartiennent à la zone
sterling (seuls une quinzaine de
pays africains appartiennent à la
zone franc sur la quarantaine de

France

francophones) mais le degré
d'interdépendance économique
entre la Grande-Bretagne et ses

coloniaux, centralisme fran
çais...). La mondialisation entraî¬

anciennes colonies s'est considé-

ment

ralement réduit

peut favoriser

de droit
tatures

:

et

de favoriser les civils, la

savoirs et

sion du monde

taux

(divi¬
blocs, empires
-

un

certain renouvelle

qui
positivation,

réhabilitation de la Franco¬

phonie et la libérer du carcan
ethnocentrique qui est le sien.

52

-

culturel et identitaire
une

socié¬

té civile et intellectuelle. Pour

relative des cadres anciens

ainsi

d'États

ainsi la sortie des dic¬

nécessite de réduire les

tant

ne

travail

acculturées, extraverties, expor¬

L'on constate dans la

en

un

prérogatives d'armées parasites

dernière décennie la libération

une

:

a

culture

de la

au

de démocratisation

L'on

wealth limite la volonté de

long des
années. Par ailleurs, un grand
nombre ont quitté librement la
communauté et la zone sterling

mouvement

décennie finissante à

Afrique et I'interculturaiité en

pays

en

et de libération nationale.

nationale, de même le Comntensance

L'inculturation

wealth dans la diffusion de la

II

pouvoirs à l'échelle

-

Afrique, objectif à terme du

puissance mondiale, complète
largement celle du Common¬

Parlement de Londres,

directement à la

A

Afrique du Sud, Pakistan,

tion des

se

caractérise, lui, par la souplesse
1931

langue française

son

-

réseau

Le Commonwealth

intégrant

Conseil international de la

ce

gère au Québec et
l'A.C.C.T. née au Niger (Afri¬
que) est gérée en France.

des
-

ceci dit, l'ex

France manifeste

de l'éducation, des sciences et

techniques...

;

trême centralisation de

sans

discernement des

techniques occiden

-

(la différence est patente

Écoles anglophones
vers les patri¬
moines nationaux). A l'avantgarde de ce processus de réforme
semble figurer le Mali dont le
président Alpha Omar Konoré
est un enseignant et qui depuis la
tenue de la C.N.S. (Conférence
avec

les

tournées d'emblée

�Linha

Imaginòt

Débats

1èr trimèstre de 1999
Nationale

occitane), la promotion d'un

50% de

économicoculturel baptisé "pays cathare"
(dans l'Aude, l'Ariège, les
Corbières), des festivals identi -

Souveraine) attribue
budget à ce secteur,
privilégie l'éducation populaire
son

et

spécialement l'apprentissage
des langues nationales à l'école
primaire. De même devrait être
révisé le statut du français actuel¬
lement enseigné comme langue
maternelle (F.L.M.) en Afrique
francophone et non comme
langue seconde (F.L.S.) dont
l'enseignement nécessite la
médiation de la culture et de la

langue maternelles : pratique de
l'analogie entre les deux sys tèmes, étude des interférences

linguistiques et culturelles. Ainsi
seraient transcendés le piuricul turalisme et le dédoublement
actuel de la
ne

personnalité africai¬
francophone, ceci pour la

construction d'une identité forte
et

équilibrée car synthétique.
Au-delà des limites

vaste programme

taires...
La réforme de l'article

2 de la Constitution

qui stipule

patriarcaux en mai 68) : en ré¬
ponse au malaise de la jeunesse,
en
perte de repères face à l'hégé¬
monisme euro-occidental, l'ini tiation à l'interculturalité franco¬

phone (et universelle) doit être la
grande réforme du siècle à venir,
et ceci au nom du
principe répu¬
blicain de fraternité. C'est la

actuellement que "le français est
la langue de la République"

condition d'une élévation du

favorisera le réveil de l'occitan et

niveau de conscience

des autres

d'une

langues régionales et
leur emploi dans les médias
publics (radio, T.V...).
2) La construction
d'une culture de synthèse dans
les banlieues françaises : dans le
cadre du pacte (néo) colonial, la
métropole a accueilli, en échange
de la gestion directe ou indirecte
des territoires d'outre-mer, des

générations de travailleurs immi¬
grés originaires des (ex) colonies
Maghreb, Afrique subsaharienne,

neté universelle. Cette réforme

peut et doit être prise en charge

le personnel coopérant de
de mission à l'étranger :
celui-ci a côtoyé directement les
par

retour

cultures des communautés immi¬

grées en France (du Maghreb,
d'Afrique et d'Extrême-Orient) et
est apte à construire une pédago¬
gie de l'interculturalité en métro¬
pole.

d'échange interculturel et de syn¬
thèse s'opère dans les banlieues,

T.O.M.

nentale des différents pays.

véritables "creusets alchi¬

réalisation

Ainsi, en parallèle à l'unification
européenne, s'unifie progressive¬

miques"

est

musicale

ment

truit

le continent

une

identité

et se recons

-

négroafricaine

consciente d'elle-même

et

des

grands enjeux géopolitiques et

Asie du Sud-Est

3) La reconnaissance

Un intense travail

le rap est l'expression
basique et juvénile de

cette construction identitaire

:

rythme et symbolique négro-africains, mélopée arabo-berbère,
poésie et mélodie françaises...
L'intercul-turalité semble ainsi le

de l'O.U.A. et de

tion des communautés immi

africaine
sa

réalisation.

mode le

plus approprié d'intégra¬
-

B

-

L'interculturalité

France

L'État-nation le plus
centralisé du monde doit évoluer
au

contact

de trois

phénomènes
l'unification euro¬

au

nationalisme /

(écoles

en

langue

même

passif (celui d'une domi subie) et un même désir,
celui de l'émancipation. Notons
par exemple que l'Occitanie, de
toutes les régions françaises, est
"la plus inhibée" de fait (du fait
nation

du traumatisme

historique excep¬

tionnel, que l'on peut comparer

proportions gardées au
africain) : l'occitan
est ainsi la langue régionale la
moins pariée de France ! Rappe¬
lons que le français est devenue
la langue nationale puis euro péenne sur la base du "sacrifice"
de la langue et de la culture occi¬
toutes

traumatisme

tanes

;

au-delà, il est devenu

langue internationale sur la base
de la marginalisation des langues
et

des cultures colonisées

:

la

Le moteur de la

travail.

La commémoration
-

Coopération Sud-Sud réside dans
une axiologie commune conver¬
gente : la fraternité et le panafri¬
canisme négro-africains, l'hospi¬
talité

et

le communautarisme

arabo-berbèro-musulmans, la
convivialité occitane sont les
valeurs motrices d'une culture
alternative qui peut et doit pon dérer la culture dominante, soit
le libéralisme franco-occidental
et

son

bâtard, le nationalisme.
En effet, si le libéralis¬

ondes dans les années

dans la construction identitaire et

sent désormais

la revendication sociale

pen¬

nocentriste de la

(le doyen de
ce courant, chantre de la négritu¬
de et maire de Pointe-à-Pitre),

ter-ego. Cet excès libéral-égo centrique ouvre la porte au natio¬

80) favori¬
l'interculturel,
l'École reste le grand bastion elh-

République,

d'enseignement de la langue

des calandretas

une

récente de l'abolition de l'escla

effet, les diverses

favorise les droits légitimes
l'ego (de la personne indivi duelle), son abus promeut le goût
des privilèges, l'absence de

niale

des entités locales. En Occitanie,
cela se manifeste par l'ouverture

les des¬

langue mixte (d'origine francoafricaine), le créole qui commen¬
ce à être enseigné : sa reconnais¬
sance comme langue minoritaire
par les instances internationales
(européennes, francophones)
consacrera ce

En

composantes du Sud partagent le

programme du F.N. Si les
médias (depuis la libération des

formant à

Afrique.
1) La décentralisation
territoriale (régionale, départe mentale...) : la loi Deferre ainsi
que les lois européennes (concer¬
nant les langues et cultures
minoritaires...) favorisent une
déconcentration des pouvoirs
dans l'hexagone et l'expression

:

...

voie de

en

D.O.M.-T.O.M.

linguistique

T.O.M.

mis en relief par ailleurs
l'importance des écrivains et
paroliers antillais (francophones)

convergents :
péenne, la décentralisation terri toriale, la fin de l'ère néo-colo en

d'ordre

synthèse

aux

cendants d'esclaves ont

grées dans l'hexagone et de résis¬
tance

ethnocentrisme montant, via le
en

La

: Occitanie,
Maghreb,
Afrique sub-saharienne, D.O.M.-

Francophonie s'est construite en
fonction de cette double dyna mique dominatrice.

du créole dans les D.O.M.-

culturels. In fine, ce processus
devrait aboutir à la réhabilitation

l'idéologie pan¬
qui était à l'origine de

renouve¬

lée, d'une formation à la citoyen¬

nationales, le mouvement de
démocratisation, objectivement
panafricain, va dans le sens de
l'intégration régionale et conti -

;

collective,

éthique nationale

raie

nale et

une citoyenneté natio¬
européenne et à un uni -

versalisme abstrait
arabe (eu

égard

au

:

très peu

vage a

sons

Patrick Chamoiseau,

pe

Pour la réhabilitation des

contexte,

le nôtre,

au nom

principes de tolérance reli gieuse et politique (laïcisation de
l'École au début du siècle) et de
liberté (émancipation des carcans

envers

III

-

relations Nord-Sud
Dans le

nouveau

nalisme-chauvinisme du F.N.

manquements actuels à
citoyenneté républicaine en
au

sein de

pondérer les relations de domina¬

sérieuse voire

l'axe Nord-

l'exercice novateur d'une
Coopération Sud-Sud multilatéSud par

École,

68. Dans l'au-delà de la nation, le
culte exacerbé de l'argent-roi et
de la science

sur

son

procèdent de ce quasi-monopole
idéologique, institué après mai

plus favorable, qui est
il s'avère nécessaire de

tion traditionnelle

les autres, soit l'al-

tous les

France et

nombre d'ara¬

été faites

devoir

la

Kassav...

l'institution
des

Édouard

Glissant, Maryse Condé, le grou¬

bophones en France), très peu
d'enseignement francophone en
particulier sous l'angle artistique,
philosophique, littéraire. Les
grandes reformes précédentes de
ont

:

à Aimé Césaire

me

de

fructification

qui en permet la
engendre une crise
une

décadence des

"lettres de noblesse"

françaises

:

littérature, philosophie, chanson
à texte, art, tous domaines de la

�Imaginòt

Linha

Débats

1èr trimèstre de 1999
...Cortetas—Cortetas...
L'édition 1999 du calendrier

artistique du collectif niçois
La vente

Zou Mai est sortie.

du calendier sert à financer

Indépendants de

les carnavals

Nice. (J-M B)
Zou Mai 49 rue Bonaparte
06300 Nice
T

:

est

un

groupe

d'artistes à vocation

pluridisci¬
plinaire qui se propose
d'ancrer l'activité artistique
dans des lieux choisis pour
leur histoire humaine et socia¬

pratique artistique
quotidienne ainsi implantée
dans, et confrontée à, un
le. Une

hétérogène,

milieu divers et
devient

attitude créatrice

une

engagée, inscrite dans une
dynamique ouverte et interac¬
tive...

La Luna 6

rue

des Hauts

conscience à vocation universel¬
le. Plus d'école littéraire et artis¬

tique, désengagement idéolo gique des artistes confinés dans
l'individualisme, le scepticisme,
le

pessimisme voire l'art de la

dérision et l'inversion des
;

génocide franco-rwandais,..) et le
dialogue avec les cultures du
monde : bouddhisme asiatique,
philosophie arabe, mysticisme
africain...

long du siècle et à l'échel¬
comme dans chaque
par le contre-pouvoir de

au

pays
l'Est

:

le communisme, actuali

aussi à Rennes que

vient de se

faiblesse

dérouler du 11

18 Janvier

contrecarré

au

1999 le 10e festival de cinéma

travelling dont le thème était
les villes imaginaires.

sant

il

;

a

dental mais
d'abord dans

sa

02 99 14 11 45

:

Le bulletin

l'Institut occitan continue

son

bon bonhomme de chemin,

chaque fois

avec

un

édito

informatif, l'interview d'une

grande personnalité, le feuille¬
ton Histoire de la langue occi¬
tane (par Gardy) et diverses
infos. Vraiment intéressant.

(C.S.)
Institut occitan carrèra Joan

Genèze BP
Cedex T
Fax

:

Pour

:

570 64012

Pau

qui comme moi ont

l'église

en

occitan et

qui sont donc obli gés de recréer des occasions
voilà
Mess
de

un

contact.

en oc,

(C.S.)

groupe liturgique

langue d'oc +
groupe folklorique et d'anima¬
tion L'Esquirol du Tescou
T

:

messe en

sans

libéralisme occi¬

fraternité

ou

de tolérance

:

à cet

égard, Cuba doit la longévité de
son régime politique à sa situa tion privilégiée, au carrefour des
deux modèles alternatifs de l'Est

(* totalitarisme économiste)

sud

(fraternité)

culturalisme, communautarisme

intégrisme arabo-musulman
panafricanisme * ethnicisme négro-africain
convivialité, tolérance * déculturation régionale (occitane)
communautarisme

*

La

superstructurel, propre à une

Francophonie s'avè¬
ambiguë. Sa
positivation ne peut s'effectuer
que sur la base de la réhabilita -

civilisation). Sur la réalisation de
cette base idéologique, la créati¬

tion des relations Nord-Sud, de

plée.

re

donc

une

réalité

vité des

Le

la défense et de la

promotion des
qui, en fonction
de leur patrimoine propre et de
leur dépendance actuelle à
cultures du sud

peuples

Afrique

a un

en sera

décu

-

couple Francerôle moteur à jouer

dans cette évolution
universalisme

:

par son

républicain (la

l'Occident, construisent des

devise révolutionnaire s'est

modèles alternatifs. Le

principe
de fraternité (devoir entre l'autre
et les peuples) doit ainsi pondé¬

actualisée

celui de la liberté (droit du
moi et de ma nation) actuelle

indéniablement

rer

ment

-

prévalant. Par ailleurs, à

cours

progressivement au

des deux siècles de

l'Histoire moderne), la
un

France

a

rôle de

médiation à jouer au carrefour
la Francophonie (sud) et de

de

Européenne (est). Ceci
le jouer pleine¬
ment que suite à la réconciliation
avec une Afrique émancipée qui
subit l'expérience des contradic¬

l'heure de la mondialisation, le

l'Union

en 1998 manifeste
l'activation de ce syncrétisme).

culturalisme du sud

dit, elle

Quels modes de socialité fraternelle à valeur universel¬

économisme destructeur mais

le, exportables, nous proposent
l'Occitanie, l'Europe du Sud, le

phobie) responsable des grands
génocides-ethnocides du siècle.

tions entre les

Maghreb, l'Afrique, les D.O.M.-

Il favorise l'élévation de la

synthèses nécessaires à l'évolu -

T.O.M., les banlieues fran

conscience d'un niveau socio¬

tion.

du Sud

(la réconciliation

État/Église

05 59 72 02 09.

envie de chanter à

au

distanciation à

l'égard
de la question économique.
Á cette approche doit
se conjuguer désormais une
optique culturaliste (ethnoculturelle et interculturelle) de la
société, fondée sur le principe de

et

05 59 72 02 10

ceux

son

dental

mensuel de

(* nationalisme)
impérialisme

communisme

maintien à la

tion frontale

Berger

02 99 14 11 43

:

Fax

G.

av.

est

Conclusion

limite réside

son

Tel

6

(égalité)

ouest (liberté)
libéralisme

effectivement

35043 Rennes Cedex

Rennes 2

problématique fondamentale à
laquelle nous devons apporter
des réponses appropriées.
la

l'hégémonisme occi¬

sphère économiste du pouvoir :
totalitarisme procède dans
cette perspective de son opposi -

Clair Obscur Université

progrès l'emporte : Occitanie,
Afrique du Sud, Mali, région des
Grands-Lacs, Cuba... ? Telle est

-

20e anniversaire. Et c'est

de

Rennes viennent de fêter leur

-

l'idéal de fraternité par

la
conquête de l'égalité socio-éco nomique, a révélé sa force et sa

Les Transmusicales

peuvent-ils s'actualiser, partici

per d'un programme ou projet de
société dans les entités où l'esprit

L'évolution nécessaire
passe par le bilan objectif du sys¬
tème alternatif précédent, animé
le du monde

02 51 88 90 89

:

grisme arabo-musulman, ethni négro-africain ? Comment

cisme

les relations franco-africaines, le

Tel 02 40 58 07 19
Fax

modèles destructeurs de l'hyper libéralisme et du nationalisme :
extrême-droite française, inté -

de

va¬

philosophie limitée à la
conservation ethnocentrique des
patrimoines occidentaux, inca pable de transformer la conscien¬
ce nationale par la problématisation de l'État (la V° République,

tout

44000 Nantes

Pavés

pensée et de la création qui favo¬
risait l'expression d'une

leurs

04 92 04 22 38.

La Luna

A

tolérance) offre

-

çaises ? Comment peuvent-ils
nous

aider à résister

aux

contre-

aussi

au

(fondé

sur

un recours

à

un

racisme (ou à la xéno

culturel (structurel propre

à

54

-

ne pourra

idéologies domi

nantes du monde et

-

construit les

une

nation) à l'ethnoculture (niveau

05 63 20 41 71.

la

MB-E

�Linha

Imaginòî

3S
1 èr trimèstre de 1999

Manifeste per
lo teatre d'Oc

Eloge de Marseille

Alors tout a commencé avec "Trois

Avem una lenga nòstra que inventèt la

poèsía europenca, una cultura tant rica
venguda d'en pertot, un biais de jogar
lo teatre e lo cinéma, una tipologia
de perso natges, ailàs tancats dempuèi mai d'un segle en
riba de rota, coma lei santons e que
boiengan
plus.
Avem d'escrivans ancians, autors
d'òbras bêlas e bònas. Avem tôt aquò. E pòdi
dire

qu'ai vist d'espectacles que son força
bòns. E pasmens vaqui çò se deu faire :
1. Jitar fòra la scena toteis aquelei

telas

e

décors laids

de besonh. Nos
e nusa.

Un

eau

plateu

e

lords que

ne'n

soncament una

avem ges

scena

vueja

testa !

e

2. Prendre la

lenga coma una lenga
vertadiera, forta, poderosa, rica que pot tôt dire
a totei sus la terra, sensa
gres de besonh d'assajar de se faire comprendre dei solets franchi mands, sens aquela mania de revivar tôt en
francès ò d'escriure lo proensau
fonetica francesa.

jours d'engatse" de Carrèse. Un
régal. Petit format que j'avais
emporté au Vietnam : c'était doublement
bon ! Un régal que nous offre, à chaque
livre, Philippe Carrèse.
C'est le moment de faire l'éloge
de cet auteur qui illustre aussi le Vé qui y 'a
(merci), d'autant plus que va sortir "13 pas¬
sage gachimpega". Et devinez qui est derriè¬
re tout ça ? Carrèse (et d'autres).
Je disais donc, un régal, parce
qu'on retrouve sous sa plume Marseille telle
qu'on la connaît, parce qu'on la découvre ou

La lenga es pas facha sonca lo pantais, la galejada, la farsejada, lo
desconatge, la mantenença de sabem pas de
què, la politica estrecha... Devem quilar tôt
aquô que son d'empachas au desvolopament
nòstre. Mèfi d'aquelei que son de lônga a freper

nar.

La lenga es facha per la vida, per la
comunicacion, per dire lo mond e per lo cambiar un pauc, per resistir, per dire le femna e
l'òme e per leis ajudar a viure e per que se
pòdon dire elei-meteis çò que an dins lo còs e
dins l'anma. Cadun, caduna e totei dos

ensems.

Devem auborar lo niveu de la

lenga,
pontin. E per aquô,
devon trabalhar coma lei profes -

leis amators
sionaus

e

mielhs

sus

d'ara,

lo

e sus

portas e lei fenestras sus
lei formas nòvas de la

creacion. Mandar d'invitacions

en

totei, que

sabem

jamai çò que se jôga dins la lenga.
Organizar d'acampadas per manejar aquela
situacion d'aqui e d'ara. Avem de se parlar.
:

l'oeil bien

-

Carrèse, Grand Valable de la Chourmo. On y
trouve, entre autre, un texte inédit de Mas-

elle m'étonne encore) parce
qu'elle change et se nourrit, elle évolue, elle
se colore et se transforme. Qu'on ne se lasse
pas de ses couleurs et des accents. Dans tous
ses
bouquins, à Carrèse, roman policier ou
trente ans,

Philippe "Encore

silia Sound

un

bouquin !"

System. A lire absolument

aux

éditions du Ricochet.
Paru dans Vé qui y'a

En attendant la

-

Massilia Chourmo

rien. Je

vous

recommande donc leur album,
...

mais évidemment, je vous recommande sur¬
tout de

vous

bouger pour aller les écouter !
Toulouse, le dernier Zebda

"Essence ordinaire"

est bien cool...

Et

puis un dernier album pour la route, le
petit dernier de Denez Prigent, au joli titre de
"Me 'Zalc'h Ennon Ur Fulenn Adour". Un

chanteur breton qui mêle ses chants
tionnels

avec

de la

tradi musique techno tout à fait
on

n'aime pas trop...

Scena

vueja
Lenga plena

neige,

j'ai acheté quelques albums pour passer le
temps et réjouir mes p'tites oreilles. Il n'y a
pas de raison que je ne vous en fasse pas pro¬
fiter également. Cet été à Genève, j'ai décou¬
vert les Femmouzes T, dans la rade juste en
face du jet d'eau de Genève ; un super
concert qui nous a réchauffés malgré la bise
qui soufflait, génial ! Deux charmantes
demoiselles qui y vont de leurs ballades en
français et en brésilien, accompagnées d'un
accordéon et de percussions diverses (du
tambourin à la boîte de cachous !). De plus,
Françoise a un charme fou, ce qui ne gâche

écoutable même si

Mementò

sous

jours (enfin moi, qui vis ici depuis plus de

Pour rester à

encara.

3. Durbir lei

lo mond

Gachimpega

segond la

paure proensau

lo biais de la dire

13 passage

Roman collectif réalisé

veillant de

lenga es pas un sota-francès, un
patès. Es una lenga coma una autra. Es pas
simpletament un suplement d'anma por lo

e

Sissoune, Chourmette 653 de Marseille

la redécouvre. Ville à tiroirs, étonnante, tou¬

La

ment

science-fiction, je retrouve ça et ça
m'enchante. Tu grattes le noir de noir et tu
trouves la tendresse, la pourriture, la zone et
les grues du port, tu trouves l'humain, le
coeur
gros comme ça. Alors un conseil, lisez
et relisez Carrèse. Et en plus
ces bouquins-là
s'exportent bien à l'étranger (aussi bien
Paris que Rome ou les Etats-Unis)...A plus

un

Et de trois pour les Fabulous Trobadors ;
album beau déjà, et bon en plus ! Le plus

fort, chez les Fabulous, c'est peut-être cette
énorme faculté à toucher, via une réduction

drastique des

moyens (tambourins, voix), des
notions universelles. Ces deux-là, qu'ils

jouent à Plounéour-Trez (29), à Ouaga-dougou, à New-York ou sur Jupiter, ils auront
toujours le feeling avec le public !...
Row, chourmo 283 de Rennes, Canal B

Yves le suisse, chourmo 459

Fenestron dubert.

Paru dans Vé

55

qui y'a- Massilia Chourmo

�Lecturas

Commentaire

Cohn-Bendit

Les références de Cohn-Bendit parmi les intellec¬

:

français sont criticables, et ses rapports à ce qu'il appelle la
"société civile" mériteraient d'être éclaircis. La multiculturalité dont

tuels

cependant quelques perspectives. Bien que
d'origine montalbanaise, il est probable qu'il ne perçoive pas toutes
les données sur le centralisme français, les rapports de Le Pen avec
la culture bretonne, et les questions d'identité liées au nationalisme
français. Dire que c'est un montalbanais (d'adoption, lui), Félix
Castan, qui pourrait lui ouvrir bien des portes... (J-M B)
il est porteur ouvre

La bombe

verte
Edj : Parlons

de

Cohn-

Edj : Comment s'est passé son re¬ une élection française? Estimez-vous
tour, puis le vôtre ?
qu'ils sont dignes d'une réponse ou
La formule est de vous ?
D.C.-B. : Eh bien, mon
père arrive qu'ils appartiennent au même camp
D.C.-B. : Elle est de moi : je suis bâ¬ au Grand Hôtel de Francfort, à la que ceux
qui vous traitaient de « juif
tard. Je suis bâtard par destin per¬ réception, et il dit : « Je
m'appelle allemand» en 1968?
sonnel. Mes parents ont quitté I Cohn-Bendit, est-ce
que, mainte¬ D.C.-B. : Tout le monde est digne
l'Allemagne en 1933, le lendemain nant, les juifs ont le droit d'avoir d'une réponse. Même ceux qui me
de l'incendie du Reichstag. Mon une chambre chez vous ? » Il s'est haïssent. L'évolution
politique de
père était avocat, il était de gauche, installé une semaine là, puis il a notre continent a permis que tout
et allait être arrêté. Donc il a quitté ouvert son cabinet. Mes
parents citoyen européen puisse se pré¬
l'Allemagne pour des raisons po¬ étaient séparés. En 1958, mon père senter aux élections européennes
litiques. Pas pour des raisons eth¬ étant très malade, ma mère choi¬ n'importe où en Europe. Mon his¬
niques. Ma mère est venue en sit de le rejoindre en Allemagne toire personnelle est fondamen¬
France avec lui en 1933. Mon pour le soigner.
Et elle décide que talement liée à l'histoire de la
frère, né en 1936, devient français je vais la suivre parce que j'ai France et de
l'Allemagne de 1945
grâce à la loi du sol. Les Alliés dé¬ 13 ans et que mon frère restera en à 1999. Je crois que cette double
barquent en juin 1944 en France, France car il a 23 ans, qu'il fait ses identité symbolise bien l'évolution
mes parents font l'amour en
études ici et qu'il est français. J'ar¬ de
l'Europe.
juillet, parce, qu'ils trouvaient rive en Allemagne en 1959 comme
Bendit est

un peu

un «

vous.

bâtard européen

».

A
qu'une nouvelle vie recommen¬ apatride, ce qui est un statut très Edj:
çait, que l'espoir renaissait. Et compliqué, il faut des visas spé¬ la fin de votre émission avec Michel
je nais neuf mois après, en ciaux, surtout par rapport au pays Field, vous avez déclaré très tran¬
avril 1945. Mes parents étaient à qu'on est supposé avoir fui, c'est- quillement: « Débattre avec Le Pen,

Montauban où, avec des amis, ils à-dire précisément
l'Allemagne.
avaient créé une maison pour les Mon père me disait à
l'époque :
enfants dont les parents étaient « Ecoute, Dany, prends la natio¬
morts dans les camps
en France nalité allemande, de plus tu n'as
entre 1939 et 1945. Une partie de pas besoin de faire ton service mi¬
leurs amis partent pour les Etats- litaire. » Parce que, à
les

Unis, où se trouvait
famille

amie de
Hannah Arendt. Et
une

l'époque,

enfants de juifs n'y étaient pas
contraints. Deux ou trois ans

de problème, quand il veut. » Il
plan sur Dominique Voynet, elle était livide.
pas

y a eu un

D.C.-B.

:

Pourtant, je le dis depuis

longtemps. J'ai dit que je voulais
campagne de dialogue. Il y a
plusieurs possibilités de dialogue :
une

entre partenaire et
concurrent,
c'est
le dialogue avec la
après, je deviens allemand, surtout
majorité
joindre, ce qui fait donc qu'à ma pour ne pas faire mon service mi¬ plurielle ; avec un ex-partenaire,
naissance ils ne me déclarent pas litaire et parce que cela me donne Alain Krivine, c'est une histoire
français, puisque j'allais devenir une liberté de circulation. Voilà un peu commune ; avec des ad¬
américain. Or, pour des raisons tout. J'ai un passeport
allemand, versaires politiques, c'est la droite.
ma

mes

:

parents décident de les

re¬

compliquées, mes parents sont fi¬ je parle mieux français qu'alle¬
nalement restés en France. Et mand. Je suis
moi, sans déclaration de natio¬ allemand.
..

un

Et puis

il y a le dialogue avec l'en¬
l'ennemi, c'est le Front
national. Ça, c'est pour les poli¬
tiques. Et puis le dialogue avec la

bâtard franco- nemi,

et

nalité, je suis devenu apatride, ce Edj : Il y a des gens en France pour
qui est la définition par excellence se demander comment il se fait qu'un société dite civile et les intellec¬
du bâtard. Mon père, qui aimait Allemand puisse être tête de liste à tuels à qui je dois
beaucoup,
son boulot d'avocat, n'avait
comme Alain Touraine, André
pas le
droit d'exercer en France, puisqu'il
Glucksmann, Edgar Morin, An¬

avait fait

ses

études

en

dré Gorz

Allemagne.

Donc, pour travailler, il rentre
Allemagne en 1950.

et

René Dumont.

L'Evénement dt
Jeudi 26 novembre

en

au

2 décembre 199

56

�Linha

Imaginòt

Lecturas

1èr trimèstre de 1999

Arno, le flamand bleu

Le dernier CD des Fabulous Trobadors est tout bonnement
génial. Il

me

maintient le courage de continuer pour Calandreta.

Le

précédent opus d'Arno (Hintjens)..."à la française" lui
a permis, surtout en
France, de décrocher une reconnaissance et
une notoriété
large, publique, méritée. Ici il va bousculer !
Arno s'offre, comme du
temps de l'album "Charles et les
lulus" (1991- avec Roland Van Campenhout), une récréation. Plus
que jamais il livre l'opus blues total et idéal ; synthèse parfaite,
exemplaire, brutale même de ses 25 années de variété. Tous les
ingrédients sont là ! La déjante furieuse à la Captain Beefheart ;
l'électricité zig-zag, salutaire et exutoire de T*&lt;Matic (19801985) ; des ruisselantes fumantes d'harmonica puissant
Même le Jon Spencer Blues Explosion n'a
pas à son actif
le disque exemplaire du blues de cette fin de siècle. En ce
qui
concerne les
reprises "Death of the clown" (D. Davies/Kinks),
"See-Line Woman" (Nina Simone) et "You
got to move" (Me
Dowell/G.H.Davis), là encore il est exceptionnel de revisiter des
classiques de la sorte. Le Flamand bleu d'Ostende vole encore plus
haut

à

avec

ses

côtés trois drôles d'oiseaux

-

white, trash,

euro

Christiane Girerd

Lu

:

On

a

reçu

que ça

BD/Ronlr/Movies

-

En Ile-de-France

péens, &amp; blues.
-

Viva 1 Charles ! La ! La ! Viva !
Christian

CD

Charles &amp; The White Trashmen

Hôlderlrne
Cet ouvrage, ce

Une étude montre qu'une décentralisation
excessive menace le potentielrégional,
avec des répercussions nationales.

mirador

monstrueux. Une monstruosité

L'Ile-de-France détient un
en matière de concen¬

sobre, pauvre manteau - couverture grise mais lumi¬
neuse !
des jardins ouvriers citer à Ivar/Ch'Vavar.
Quelle poésie !? - Ou non-poésie ? Car c'est aussi de
cela qu'il s'agit ! La poésie aujourd'hui ? Pfffuittt ! Nous n'en
par¬
lerons pas beaucoup plus, car Ton en parlerait mal ; mais il faut
Hôlderlin au mirador lire, puis relire encore comme ses person¬

record,

tration de la recherche scienti¬

-

fique, et II n'est pas assuré
qu'elle le conserve. La re¬
cherche publique et privée em¬
ploie 57 000 personnes dans la
région, soit 4,1 pour 1 000 ha¬
bitants.
L'Unlbn

nages de mythologie à venir - Nadège la factrice, Argo, Wastable,
Guy, Konrad Schmitt, ch'Vavar - prendre le temps de se déculotter
la cervelle, montrer haut le cul et l'âme (en synchronisant la grima¬
ce du corps 1), tout en sortant d'un paquet
d'hayures sonores, odo¬

Parls-lle-de-France-Capitale

écriture tellement différente ( nous ne
disons pas neuve !), puissante ( nous n'écrivons jamais géniale )
que ça écorche, griffe, entaille, blesse le lecteur, des pages qui de
l'au-delà d'une passion, d'un ciel de vie nous giclent à la face.
Grenade de chair généreuse, vivante, le livre Hôlderlin au mirador
ne nous
apprend, ne nous rassure en rien ! Il nous pète à la gueule
! Voilà votre chance car la littérature, la "vraie", la "seule", celle
qui nous est vendue comme planche de salut, on a donné, surtout
vu où cela nous menait : Hôlderlin au mirador ne vend
rien, ne
sauve personne.
Ne fréquentant pas les hyper-marchés du livre on
l'accueille chez soi contre 18 ou 19 FF selon votre choix, même
pas le prix d'une place de cinéma !
une

Desire Ducasse &amp;Fideline
Il faut écrire

au

Jardin ouvrier

,

45

rue

européenne

compte 2 chercheurs pour
1 000 habitants, les Etats-Unis
3,7, le Japon 4 et la France en¬
tière 2,4. Selon une étude de

rants et marines.

livre,

Figaro

Recherche:-"
un record menacé

Déquesnes

du

Un

Le

Mardi

-

European Blues Connection

au

livre, est

—

hallucinée de littérature expérimentale, 27 chants épiques passés
au creux

le N° 4 en mai 96 Jade fanzine de Monpeui on espè¬

existe toujours. C'était pas mal dans le genre
etc. Nos amis languedociens de la Linha (Eh
Lhubac, que deviens-tu ?) devraient prendre contact avec eux.
Edition 6 pieds sous terre BP 1251 34011
Montpellier Cedex
Tel ; (33) 67155690 Fax : (33) 67155691
(ça doit être 04) et on
devrait échanger à la revue linha
systématiquement. (CS)
re

économique, cette concentra¬
tion est encore plus significa¬
tive

si on la rapporte, au
nombre des réalisations : l'Ilede-France est à l'origine de

3,6 % des dépôts de brevets
européens et de 2,1 % des pu¬
blications scientifiques mon¬

Parls-lle-de-France-capltale
économique, émanation de la
chambre de

commerce

ris, estime toutefois

de Pa¬

que

les

atouts de la recherche franci¬
lienne sont « menacés par une

décentralisation excessive

vers

la province, qui freine le recru¬
tement de jeunes chercheurs

Jeanne d'Arc, 80 000

Le
président de l'organisme,
Jean-Maurice Esnault, rappelle
le sort fait à Motorola, qui
comptait installer ses labora¬
toires sur le plateau de Saclay : « On envisageait de les
envoyer à Bordeaux... C'était
mal comprendre la véritable al¬
ternative posée par cette en¬
treprise : la France ou
l'Ecosse. »
L'association craint,

«

à

affaiblissement de
l'attraçtlvlté de notre pays tout
entier, en matière technolo¬
gique, par rapport aux autres
grandes métropoles euro¬
péennes, qui développent au
contraire leur potentiel de re¬
terme,

un

cherche

Elle

».

donc prévu un forum
thème, le 14 janvier pro¬
chain, dans les salons.de la
CCI. Hubert Curien, ancien mi¬
nistre de la Recherche, ouvrira
le débat, dont l'objectif est de
a

« maintenir la
recherche franci¬
lienne en position offensive
dans la compétition mon¬
diale ».

Jean PIG10T

Amiens
Commentaire

57

équi¬
».

sur ce

diales.

Hayure

et la modernisation des
pements scientifiques

:

Et voilà ! On l'attendait !

(C.S.)

•

-

�Linha

Imaginòt
Corner Internet

1er

trimestre de 1999
Âdiu

Adieu

tots!

a

"Montsegur", "Lengadòc roge", e autas
qu'aimi totjorn ("Perque m'an
pas dit a l'escòla lo nom de mon
pais"...).
Acò qu'estot la nosta rescontra damb la grafra normalisada (i ave lo
texte de las cançons) e l'unitat e la
diversitat de la lenga occitana. La mia
mair qu'èra receptiva a tôt acò. Jo tan¬
ben. Mema la mia gran-mair qu'aprengot lo mot "occitan". Tôt acò Tinteressava tanben, mes malurosament, qu'èra
deja trop vielha.
E lavetz que comencèt lo men

cançons

necessari - que cadun
dels Listocians se presenten per tal que nos conescam
melhor, nosautres los abitants de la nòstra Occitania virtuala, me presenti a mon torn.
Excusât per avança las incorrecions de mon
Occitan dins lo quai trobaretz, de segur, de traças de mas
origins : franchimand (Tours), espanhòl e Valencian.
Ai 24 ans, soi engenhaire de microelectronica
e trabalhi en Provença. Ma maire es espanhòla, del Pais
Valencian ; son paire es originari de Catalonha. Mon
paire es de Tours mas son paire es Eslovac. Aquò escLar
Vist que

cis

mon nom

sembla bon

-

e

d'ostal tan estranh.

Ai passai la mager part de ma vida en Turena,
d'imaginar que l'escòla m'ensenhava causas falsas
e orientadas, dignes d'un cors de politica en China. No
vesiai pas que l'Estat Frances se comportava al respecte
de sas "régions' com lo fa China amb Tibet.
Turena demòra de prep de sos prejutjats terraluenh

dorencs

:

L'immens

Assimil L'Occitan

descliquetada foguet aiceste

sensa

pena

,

crompat per astre, que

falquetava sa bela crotz 'occitana" roge e aur.
Vaqui ! Avia encapat ! Dempuei alavetz ieu possedi
almens un libre de cada lenga minoritzada del Estât.
Lo descliquetada "militant" se realisèt gracia a
mon sejom d'una annada a Barcelona (ultim an d'estudis
d'engenhairia a la UPC). Vist que tots mos cors eran en
lenga catalana, apreneri lo Catalan fins obtener lo diplòma nivel B. Aqui ai réalisât la fortuna que an las régions
d'Espanha, comparant amb los sors de França. Realisavi
que l'Estat me mentia, e pieger, que era tôt exceptât un
me

idéal démocratie. Un model

parisian impausat a de
pòbles variats e ries. Lo jove Tourangeau ara a vergonha
de venir de la région ont se parla lo melhor Frances al
mond..
Es

butinejant sul Web que ai trobat la lista.
Dempuèi alavetz, soi uros de legir cada jorn messatges
en la lenga dels Trobadors, al trabalh e a casa. Militi a
ma maniera e amb mos modestes
mejans, mai que mai
dins ma entrepresa. Ai escrit un article dins lo jornal
intern, per despertar l'esperit Occitan dels Provençals e
dels autres. Fau ma publicitat e mon bureu es ara una
pichona Occitania. D'aici endavant m'apelan "l'indépen¬
dantiste", "le poseur de bombes" o "l'anarchiste". Me
dison que joventut passarà. Mas tanben de gents vengueron e venon a me
parlar "patois". Es ma granda Victoria.
Mos vots : que se desperte l'esperit occitan
dels milions d'abitants del nòstre tan bel pais. Atal viurem
plenament TEuròpa de las régions. Que Paris arreste
de nos considérer coma de pastors ignorants, de borgeses
se languissant (cf L'aventure des
langues en Occident),
o de fachòs antisocials.
Que la lenga nòstra tòme a trosos

vas un
e

dreits

en

sus sas

Terras.

Junts farem Pais.

David Uhlar i Escandell

Provença, Occitania, Union Euròpea

vielh texte

mieja

a

la lista

qu'ei enviât i

e que vau

a un an

adara

reac-

tualisar.
Ira mia gran-mair.
Qu'entenoi lo gascon de la
soa boca quan pariava
damb vesias o
amigas. Sovent qu'anavam cercar la leit
amassa, en c6 de paisans qui avevan
quauquas vacas, e lavetz, la mia gran
mair que pariava gascon. Jo ne com prenguevi pas gran causa. Mes qu'enregistrei quauques mots (per exemple,
"tôt acò", "benieu que òc !"...) que comprengoi quauquas annadas après.
Qu'enregistrei tanben la musica de las

frasas.
Jo

"Bretons têtes de c...", "Parisiens têtes de

chiens", "Les gens du Sud, tous des voleurs", "Les
Corses et les Basques, tous des terroristes",...

bar

Pensi qu'es en efeit ua bona
cadun e's présente aus autres.
Que cerquei doncas dins las mias archi¬
idea que

pas en

qu'èri
Occitania.

en vacanças.

La mia gran
va
va

Vivevi

mair que'm dise-

tanben, quan èri petit, e que'm vesesautar : "Sauta, sautinet !" (Saute,

petit sauteur!)
Quauquas annadas mei tard
(benieu cap aus 12 ans), qu'aprengoi
frasas simplas : per exemple, "Sei pas'n
es" (je ne sais pas où il est), o "N'ei pas
mei" (je n'en ai plus).
Que'm raperi qu'un còp,
gojats deu men atge me demanden si
comprenguevi quan disevan "Que soi
montât" (sus un arbe). Aquestes aven
parents qui parlavan gascon dins la vita
vitanta, e qui viven enquera, a l'ora
d'ara, dins lo meme vilatge.
Remarca : aquestes gojats
aven
pas vergonha de la lenga deus lors
parents ; ua bona presencia sociala e
escolari de l'occitan aure poscut har
d'eths occitanòfònes vertadiers.
Mes tornem
ad

a

la mia persona :

aqueth tems, qu'entenoi doncas occi¬
aprengoi pas vertadiera -

tan, mes n'at
ment.

Qu'ei l'escasença d'aver ua
mair dispausada a l'occitanisme e interessada per las lengas en generau.
Qu'ave arrecebut ua revista en gascon,
dont lo titol era "Lou beroy parla" (Lo
beroi parlar). Qu'em raperi l'aver entenuda a parlar damb ua vielha deu vilat¬

de Marti.

Lavetz arribèt lo movement
occitanista que seguiscot 68, damb lo
Larzac. Un jorn arribèt a l'ostau un

disque de Marti (on i

58

refus

men

tuava

lo

d'aqueste Estât frances qui

TOccitania.

La metòda Lo gascon leu e
plan de Michel Grosclaude, damb cassetas.

Que la trobei au centre
Beaubourg, a Paris, e que la crompei un
pau après. Qu'es un fondament impor¬
tant de la mia coneishença e deu men

gost deu gascon. Qu'aimi sonesperil
vivent, e virât au futur.
Encoera
Ad

era

totjorn la mia mair.

e

tanben, la metòda deu

Grosclaude que l'agradèt. E que la completèt en beth m'aprenguer las formas
localas deu gascon de Labrit (Labrit =

l'Albret, enter las Lanas, l'Armanhac e
la Garona).
E

despuish la fin de las anna¬
sajam de tornar botar l'occi¬
los nostes proseis.

das 70, que
tan

dens

Autas "honts d'Occitania" :

l'émission occitana de Radio Pais de

Paris, la revista Per noste... Las podi
pas

disertotas...
E adara, l'Internet ! E sustot

aquesta list-oc qui m'envia un detzenat
d'imelhs cada

jorn,

e nos

sion de comunicar

en

balha I'oca

occitan

-

e sus

l'occitan.

Aquesta lista que convien
plan a ua comunautat esparrisclada geograficament coma la nosta. Que som
vertadierainent

ua

Occitania virtuala, e

prometedora, pensi.

La mia mair.

ge, en gascon.
Un disque

saunel de re-occitanisar l'Occitania, e

a cançons coma

Que calera tanben expleitar
los

mejans de comunicaeion orala (tele-

conferencia) que permet l'Internet.
L'orau

es

vitau ente la lenga.
Mes ende tornar

còp de
soi encoera
parisenc la mager part deu tems, mes

mei

a

un

la mia persona... : que

comenzarei lo tresau milenari

coma

ciu-

tadan de Bordeu, atau mei

pinhadars gascons
la mia joenessa.

proishe deus
qui tant impresionen

Adishatz!

Thierry Merger

�Linha

Imaginòt

On the Linha

1èr trimèstre de 1999
Concerts

:

à Arles

Balèti, Mic Mac 26

(13), 13 mars à
(12), 13 et 14 mars à
Mauguio (34), 21 mars à
Labruguière (81), 26 mars à
Bagnols/Cèze, 27 mars à
Montpeyroux (34), 28 mars à
Maurs (15) (fête du tripoux)
mars

Cransac

Femmouzes T

27 février

:

Australie

mars en

au

5

(Sydney,

Newcastle, Canberra, Adéiaï-de),
12 mars à Cavaillon (86), 17 avril
à Toulouse (31)

-

Zénith.

Compagnie Lubat : 11 février à St
Denis (93) (Bernard Lubat), 16
mars à Rouen
(76) (Bernard

A

rue

de la

Bibliothèque 13001 Marseille T
04 91 92 61 16 Fax

mars

:

ciutat clar viure BP
:

04 91 92 61 06.

édition de "Toussint-

:

30

Nouvelle T

Marilis Orionaa

Compagnie Passe-Muraille Georges Besombes : 16 au 19

Bordeaux (33)

-

Théâtre Molière.

expo

3

:

mars

27 février à Castres (81),
à Villefranche de

Rouergue.

:

à Limoux

mars
e

Nadau

26

mars

à

19 février à

Pau (64), 24 fév. à Lil

(59), 25 fév.
café de la Danse, 2 et
3 mars à Amiens (80), 5 mars à
Montpellier (34), 6 mars à Toulon
(83), 11 mars à Mâcon (71), 16
(75)

:

13

à Douai (59), 18 et 19 mars à
Marseille (13) - Poste à Galène, 20
à Nice

mars

(06), 25

mars

à

Toulouse (31), 26 mars à Mont-

de-Marsan (40), 28

(15), 2

mars

à Orléans (45), 3

avr.

Cergy (95), 24 avr. à Villefranche
de Rouergue (12), 30 avr. à
Grenoble

à

2

-

théâtre du Pavé,

avec

"Nous

Eureupéens", 8 mai à

avec"

(31) - théâtre du Pavé,
San Jorgi Roc",

puis

(59), 27 et 28 mars à
Avril à Isbergues

Balthazar

:

(13)

tradicionau Dub

Balèti. Mic Mac 26

A

rue

:

de la

Maison Hantée

:

Chourmo 26

A

(13)

-

cònte

de la

:

Mannijo
(55), 20

:

7 février à Bar-le Duc

mars

mars

ronde

à Freistroff

ou

-

A

rue

Le

04 91 92 61 16 Fax

au

(15)

:

21

février

:

à St Beauzire

:

écoute et

à Bendorf (RhénaniePalatinat), 21 avril à Koblenz
(Rhénanie-Palatinat), 1er mai à
Apach (57).

tées. IEO 9 riutat clar viure BP
602 15006 Orlhac Cedex T : 04 71
64 34 21 Fax : 04 71 64 09 07.

voix, corps, mémorisation,

Banda

04 71 64 34 21 Fax

Sagana (carnavals) : 14
février à Albi (81), 15 et 16 février
à Pézenas (34), 6 mars à Mende
(48), 7 mars à Bor-deaux (33), 12

(06) : carnaval
indépendant du quartier du port.
Nice T

:

rue

27 février à Marseille
:

04

(13)

-

Le

24 avril
:

04

71 64

au

9 mai

à Decaze-ville

170e anniversaire du bassin

et

publication, expositions, confé¬
débats, 8 mai

rences,
met

:

"Le Bassin

:

scène" création

pluridis¬
ciplinaire avec Metalovoi-ce, plas¬
se

en

à Lewarde
:

(59) - musée
Quo qui di, table

les patois des bassins
(Lorraine, Centre,

repas, concert, bal. Mescladis BP
26 12300 Decazeville T : 05 65 63
41 37.

Brauhauban

historique minier 59 287
03 27 95 82 82

:

à Tarbes

culturalité"

03 27 95 82 83.

(65)

-

Hôtel

"Création et inter

:

avec

-

Danielle

Narbonne et Félix Castan.

Groupe

mars

à Tournefeuille

(31)

:

soi¬

pluriculturelle avec Fin'amor,
classique de

1er mai

Tournefeuille, les ateliers de

Capelina, fête des chapeaux
inventés par les citoyens niçois
qui amènent aussi du poisson
pour la soupe de poissons.
Procession jusqu'à la mer. Zou
Mai 49 rue Bonaparte 06300 Nice

occitan et conteur.

T

:

05 61 15 0049 / 05 61 53 1158.

27 et 28

mars

à Lewarde

(59)

:

T

à Nice

9 mai à Vareilles

Lewarde T

Saints de

03 27 95 82 82 Fax

:

03 27 95 82 83.

:

(06)

:

Santa

04 92 04 22 38.

repas-spectacle d'expression
picarde avec Chés Dessaqua-ches.
Centre historique minier 59 287
:

avec

(89) : fête des
Glace, fête du jardinage,
plants rares, librairie, exposi¬

tions... Christine Brouchoud 3

festa dels
redolons, bal occitan avec le duo
Rocher-Bruel, et concert des
mars

à Maurs

(15)

:

Fabulous Trobadors à 18 H. IEO 9

59

:

05 62 34 54 00.

la chorale

28

tradicionau Dub

:

04 71 64 09 07.

ticiens, musiciens et métallos,
concert, 9 mai : tournoi de foot,

Bonaparte 06300

04 92 04 22 38.

Balthazar

:

-

21 février à Nice

Zou Mai 49

15006 Orlhac

danse et chant du Conservatoire

Volmerange-les-Mines (57), 31

:

:

27 avril

rée

:

conte

mars

34 21 Fax

Centre

26

04 91 92 61 06.

pratique. Places limi

l'art del

Français d'Education Nouvelle T

stage de formation à l'art du
-

a

votz, còrs, memorisacion,

-

Occitanie, Belgique, Picardie...).

Fax

de la

Bibliothèque 13001 Marseille T

Peirafôrt (15) :

escota, practica. Plaças limitadas.
IEO 9 ciutat clar viure BP
602

(12)

tradicionau Dub

Balèti. Mic Mac 26

19

04

sur

miniers

04 92 04 22 38.

(13)

:

71 64 09 07.

Filstroff (57), 27 mars à

Animations

04 71 64 34 21 Fax

:

février à Nice (06) : carnaval

:

a

15006 Orlhac Cedex T

9 ciutat

Chalinargues (15) : jorlenga occitana. IEO 9 ciu¬

Cedex T

indépendant du quartier St Roch.
Zou Mai 49 rue Bonaparte
06300

Balthazar

carnaval

à

mars

20

18 février à Marseille

2 mars à Ventenac de
Cabardes (11), 9 mars à Lauzerte
(82), 12 mars à Ramonville St
Agne (31).

:

palha et bal de soutien à

Lewarde T
:

(15)

tat clar viure BP 602

04 91 92 76 12.

:

16 al 18 d'avriu

de Decazeville. ateliers d'écriture
14

la

Bibliothèque 13001 Marseille T

Nice T

05 62 34

:

loto du Massilia
rue

:

71 64 09 07.

04 91 92 61 06.

à Marseille

Ivar/ Ch'vavar,
Engelaere,
Chés Dessaqua-ches. Christian
Dequesnes 268 rue Paul Théry

estagi de formacion

nada de
13 février

Isbergues (62) : journée
avec

d'Education Nouvelle T

Cedex T

Bibliothèque 13001 Marseille T
04 91 92 61 16 Fax

picarde

clar viure BP 602 15006 Orlhac

Le

-

:

avec

l'école calandreta. IEO
12 février à Marseille

Mairie

-

(à préciser) à Labouheyre
(40) : journée de soutien à la futu¬
re école calandreta, avec débats et
concert de la Compagnie Lubat.
Georges Flous 40110 Onesse

59500 Douai T: 03 27 88 07 91.

de la

(62).

Fraj

(65)

Avril

Lucien Suel, Olivier

54 00.

:

05 62 34 54 00.

:

Jacquie
Saint-Jean, Pierre Colin, Philippe
Berthaut. Groupe Français

de la mine

Lewarde (59), 3

Eric

à Tarbes

mars

6 mars à Aurillac

Et

Perrin (CNRS, Collège de France).
Groupe Français d'Education

3 avril à

peuples du

05 61 12 1116.

:

"Langue et création"

par

(38).

Dessaquaches : 20 février à

Douai

mars

"Se tenant

Toulouse

14

Chés

21

avec

à Maurs

à
Marmande (47), 8 avr. à Rennes
(35), 9 avr. à Lorient (56), 10 avr. à
avr.

au

:

Michel

Laharie. T: 05 5 8 07 33 82.

(31) : débat,

la multiculturalité dans le

sur

-

mars

Rangueil

André Benedetto et le théâtre des

les

à Paris

"Floreta

monde. T

(31)
:

à Toulouse

mars

Université de

la main", 4 au 8 mai à Toulouse

Tournefeuille (31).
Fabnlous Trobadors

avec

Mairie

-

avec

en

cadre du festival des

Avignon (84),
:

(11)

1er

Pietonel".

Carmes

Fin'amor

(65)

du K, et de "Lettres de la nuit",

91.

9 février à

à Tarbes

texte

recycleur (spectacle3e jeudi du mois au café-

Théâtre

:

mars

débat)

:

71 64 34 21

04 71 64 09 07.

Bouffon

Banlieues Bleues (André
Minvielle), avril à Labouheyre
(40).

festival

:

602 15006

04

"Culture et écriture"

"Les toiles du jour" à
Dunkerque.

mars au

Fax

:

Ducasse-Blues", texte en prose
picard (traduction en français) de
Christian Dequesnes aux éditions
français de Christian
Dequesnes aux éditions SUEL.
Christian Dequesnes 268 rue Paul
Théry 59500 Douai T : 03 27 88 07

Lubat), 30/31

Orlhac Cedex T

de l'Erable 89320 Vareilles T
86 88 30 19 Fax

:

rue
:

03 86 88 30 21.

03

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**^3

o.

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Imaginât ldFoanedator dDireector :redacion Comp:sicn Int:er dComeita L.Sicre, 4Adr:e2ças Esta:mpire 1léeg:arl 1:6- 47CP8:69AP
Linha

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Cap

Sèti

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Depos IS N
N°

N°

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          <name>Alternative Title</name>
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              <text>Linha Imaginòt. - Annada 10, n° 37 febrièr de 1999</text>
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              <text>Buge, Jean-Marc. Directeur de publication</text>
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              <text>Grande révolution des quartiers du monde (Toulouse)</text>
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          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
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              <text>Vignette : https://occitanica.eu/files/original/99a3ab0a0a4e8767c771ed64f1b4bf1f.jpg</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>Linha Imagin&amp;ograve;t (&lt;a href="http://occitanica.eu/omeka/items/show/20846" target="_blank" rel="noopener"&gt;Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue&lt;/a&gt;)</text>
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              <text>Linha Imaginòt</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bulletin du secteur &lt;em&gt;Musica&lt;/em&gt; de l'Institut d'&amp;eacute;tudes occitanes, la &lt;em&gt;Linha Imagin&amp;ograve;t &lt;/em&gt;contient l'actualit&amp;eacute; de la cr&amp;eacute;ation musicale occitane ainsi que de nombreux articles sur les festivals d'Uzeste, de Larrazet et le Forum des langues du monde de Toulouse. On peut aussi y lire des textes de&amp;nbsp; r&amp;eacute;flexion sur la d&amp;eacute;centralisation, la d&amp;eacute;fense des langues et des cultures. La publication est ouverte aux d&amp;eacute;bats et donne la parole &amp;agrave; ses lecteurs dans une importante rubrique &amp;laquo; Courrier &amp;raquo;, elle comprend enfin une revue de presse et des comptes-rendus de lectures.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bulletin del sector Musica de l'Institut d'estudis occitans, la Linha Imagin&amp;ograve;t conten l'actualitat de la creacion musicala occitana e d'articles nombroses suls festenals d'Us&amp;egrave;ste, de Larraset e lo &lt;em&gt;Forum des langues du monde&lt;/em&gt; de Tolosa. Se p&amp;ograve;t tanben i legir de t&amp;egrave;xtes de reflexion sus la descentralizacion, la defensa de las lengas e de las culturas. La publicacion es dob&amp;egrave;rta&amp;nbsp; als debats e&amp;nbsp; balha la paraula&amp;nbsp; als legeires dins una rubrica&amp;nbsp; &amp;laquo; Courrier &amp;raquo;,&amp;nbsp; compren enfin una revista de premsa e de comptes renduts de lecturas.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Castan, Félix-Marcel (1920-2001)</text>
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              <text>Gaudàs, Jacme</text>
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              <text>Michot, Laurent</text>
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              <text>Mariòt, Joan-Francés</text>
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              <text>Sumien, Domergue</text>
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          <name>Source</name>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, KI 5</text>
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      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
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          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
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      <name>Occitanisme = occitanisme</name>
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