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                  <text>FRANÇOIS DÈZEUZE
&lt;L'ESCOUTAIRE)

PAUL CHASSARY
L'HOMME
LE PROFESSEUR, LE FÉLIBRE

DISCOURS DE RÉCEPTION

,
A L' AcAnÉ.MIE DES SCIENCES ET LETTRE
LE 22 DÉCEMBRE I 930

DE MoNTPELLIE:rt

��FRANÇOIS DEZE')ZE
&lt;L'ESCOUTAIRE)

PAUL CHASSARY
L'HOMME

LE PROFESSEUR, LE FÉLIBRE

DISÇOURS DE RÉCEPTlON
A L' ACAl)ÉMIE DES SCIENCES ET LETTRES DE MONTPELLIER
LE 22 DÉCEMBRE I 930
CIRDOC

111111111111111111111111111111111111111111111111111111111111

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�PAUL CHASSARY
9

L HOMME,

LE PROFESSEUR,

LE FÉLIBRE

I
Un beau matin du mois d'Août passé, l'idée me vint d'aller
rne promener. Il avait _plu dans la nuit, l'air était frais, pas un
11;1age au ciel. Il faisait un temps délicieux.
Je pensais à mon ami Chassary.
Je savais que dans quelqugs. mois, à l'heure lourde qui vient.
de sonner, mon devoir serait de prononcer son éloge: devoir
bien facile si. je n'avais qu'à donner cours à l'amitié, mais
épineux et presque effrayant quand je vois autour de moi, ce
que notre ville compte de plus savant, de plus lettré, de plus
drnisi.
Car je comprends bien, messieurs, que l'honneur · que vous
I
Un bèUJ mati d'aqToesite· més ·d'Ago,ust passat, l'idèia me prenguèt
d'anà me pa,s sejà. Abiè pilogut dins la nioch, l\~r èi;a fresc, pas un nibou
&lt;lins- lou ciel, fasiè un tems deJ.icious.
P ,e:nsahe à moun amie Chassary.
Sabièi que dinsi quauqu.es meses, à l 'oura grèva que vèn de pfoà, moun
déhé ~eriè de fair,e sa lauscnja d-ebé ben aisit s'aibièi rés: qu'à d.ounà
vanc à l 'amistança, mès ben patet e quasiment esifralhous quand vesie,
à moun entour, ço que no1s tra Vila comta de pus sa:beut, d,e pus, letrat
de pus re,quis.t.
Car., coumprene be, mous,sus, que l 'ounou que, me fasès -de me pr€.ne

�me faites de m 'admettr,e parmi voûs dépasse mon humble personnalité.
Sur nos terrains arides pousse une plante grise, sans élégan0e, maigrement parée de fleurettes roses, mais qui s'est
fait un devoir de composer dans ses feuilles le parfum du pays.
C'est le thym. Lès bons méridionaux exilés dans la capitale,
ou plus loin encore, en reçoivent-ils dans une lettre, un brin
· envoyé par quelque sympathie, ou quelque tendresse', dès qu'ils
l'ont senti, leur âme i,evoit la maison paternelle, l'enfance en
plein soleil. Dans les brumes du nord, c'est un éclair de bon- ·
heur lumineux.
Humblement, comme le thym, je me suis efforcé de recueillir
l'âme de ma petite patrie, avec une affection, une piété avivées
par les prophéties, auquelles je ne crois pas, qui prédisent sa
décadence. J'ai ramassé, comme un trésor, la sagesse et la
poésie populaires languedociennes: proverbes, chansons, légendes, coutumes, traditions, tout Ire Folk-Lore; tout ou du moins
ce que j'ai pu trouver. Vous récompensez aujourd'hui ce travail par la distinction qui pouvait le plus flatter mon oœur de
Montpelliérain, Agréez mes remercîments ,e t ceux de mes cornemé vautres despassa ma mi~gra persounalitat.
Sus nostes terr.encs secants vèn una planta grisia, sans gàubi, magrament pimpad:a de fiour.eitas, rosas, mès que prend à perfach de coumpausà dins sas fiolhas lou p,erfum dau païs. Es1la pota ou la frigpula.
Lous bons mi,ej,ournaus fora-bandits &lt;lins la Oapitala ou pus liont
encara, sen 'en reçaboun &lt;lins ·une le:tra, un grelhou més, a.qui par quauca
simpatia ou q1,1auc.a tendrœsa, l'an pas pus lèu s.enitit que soun âma
revei soun oustau pai,roulau, soun ~nfança. ensoureilhada. Dins las
nèblas dau Norid es· un iihau de bonur lnmino,us.
Umblament, comna la pot.a, me sièi aplicat à reculi l 'ama. de ma
piiehota patria ,eme una. pi.et·a.t, una a,focioun agu'Sladas pe,r las proufecias que vole pas crèire e qu 'anouncioun. sa descas,ença.. Ai amassat,
couma ,uh treisor, la sapiença e la pouësia poupulària.s lenga&lt;lol!cianas:
prouv,erbes, . ca.nsou:s, legendias, coustumas, tradiciouns:: tout lou F'olkLore ou tout ,escàs ço qu'ai pougut troubà. Recoumpensàs, ioi, aquel
trabal per l 'ounou que poudiè lou mai aflatà moun cor de· cla.passiê.
Agradàs mais rrüla gracias e las de mous counciéutadins amourouses
de sa Vila e de soun parlà.

�3

-

patriotes, amoureux de leur ville et de son dialecte.
Je descendis donc le faubourg Saint-Jaume. Je saluais la
maison où mourut Chassary et je m'a.cheminai, pensif, vers le
village où il est né.
Et, voilà que su,r ce chemin campagnard j'eus, bientôt, l'intuition que je n'étais pas s,eul, mais que, présente et affectu8nse, son âme m'accompagnait et me disait:
« Combien je l'ai aimée cette route sur laquelle toute ma vie
j 'ai passé !·
Avec vous, je veux refaire un peu de cette promenade. Le
b,eu du même ciel, les mêmes mistrals et les mêmes labechs;
les vins des mêm8s costières, ont pénétré notre sang de ces
iri.nombrables influences qui donnent leur air de famille aux
bommes du même terroir. La vieille langue, le latin de nos
mères-grands apparentait nos cerveaux et nous n'eûmes pas
b e- soin de manger ensemble une livre de sel pour connaître
qn 'ils se ressemblaient comme des frères, l'un né à Grabels
et l'autre à Boutonnet.
Regardez devant vous maintenant que nous voici sur la
hauteur. Ce qu'il y a de plus élevé dans, mon villa1ge, c'est la
Davalère donne per lou faus-bourg Sant-Jaume. SaliudèDe J.'ous.tau
ount,e ,es mort Chaissary e marchère, p,ensatiéu, àors lou vilage ounte
es nascut.
E vejaqui que, sus aquel cami campagnard, a.jèr,e lèu la sentida
qu 'êr,e pa,s soulet, mès, que presenta ·e afetuous:a, l 'ama de moun- amie
m'accou:mpagnaba e me disiè:
« Que l'ai aimada aquela routa ount,e preisqu.e touta ma · vida ai
passat ! Emé vous, vo,l e refaire un pauc d 'aquela pass,ejada. Lou blu
dau mème del, lous mêmes majrstraus ie lous mêmes labechs1, lous, vis: d&lt;::
las mèmas ,cou:S1tiè~ras, an embegut no:Ste sang d'aquelas milantas infl~ensas que bai1orun soun èr die fümilha as ornes dau mème terraiire, la
vièlha lenga · lou latiJ de nostas mamertas apa~entaba nosites c,eirbèls· e
n 'ajêrein pa:s de beisoun de manjà ,eTusembl,e, un,a liéu1ra de sau per counouisse que ,se ressemblahoun c,ouma de frairns, l'un nascut à Grabel
e l'autre à Houtounet.
Agachàs davans v,ous, ara que sèn sius, l 'auSJSada. Ço que i 'a de pus
nàut di,ns mo11in vifage es la crorns de la Glèiisa. füwiràs-vous,. Ço que i 'a
de pus, naut d\i.ns vo.ste Glapàs es la .e.rous de Santa Anna. Es entre

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-

croix del 'églis,e,. Retourne,z-vous. Oe qu'il y a de plus é}evé dans
votfle Clapas, c'est la croix de Sainte-Anne1. C',e st entire ces
deux symboles de notre foi que j ':ai vécu. La ,première chose
que vous deve,z dire; c'est que j1e suis né, que, j'ai vécu e.t que
je suis mort chrétien.
Là-dessus, je n'ai jamais marchandé. Si j'avais voulu couvrir de cendres les braises de mon encensoir, ma boutonnière
eût été mieux fleurie, de grosses places se seraient ouvertes
ù deux battants devant le savoir que me reconnaissaient mes
collègues. Mais, acheter des hochets, des vanités, des traitements à ces prix! Non!. .. &lt;&lt; mieux aimé que renommé )) telle
fut ma devise et je l'ai suivie. J'avais placé, bien au-dessus
&lt;~es petites satisfactions de eette terre, le souci du salut de mon
âme immortelle. Je voulais, moi, le grand, le véritable Paradis,
celui du bon Dieu, et pour l'obtenir, j'allais prier le dimanche
matin, en plein jour, à la cathédrale, avec mes six enfants
déployés comme une oriflamme. Et souvenez-vous en! A certaines époques, ce n'était pas le meilleur moyen d'avancer .
Mais j'en étais fier et j,e pensais: « Si cela me fait tort ici-bas,
je sais qu'il y a là-haut de saintes balances où ma cro_vance
pèsera de tout son poids. ))
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aqueles dous siimboLS' de nosta. fé qu'ai viseut. La prrumie1ra cau~·a
que· debès dire es que ,sièi nase.ut, qu'ai vis,cut e que s,ièi mort cristian.
Aqui d eis·s us n'ai pa,s jamai mercandejat. S 'aibièi vougut tapà de
c.endras. la.s bra•s as de moun enc·eru&lt;siiè, ma boutounièira se sieriè milhou
flourida, de grossa1s p1'aça1s s e serièn alandada:s, davans lou saupœ que
mouis ,coulègas me recounouissièn. Mès croumpà de sin.sirimba.lhas, de
vani:t:ats, de trataments à n 'aqueles pris.es! nàni !... mai aimat que· renoumat, es estat ma divisa e l 'ai s,e guida. Abièi plaçat be,n au~dessus àe
lais pi,c hotas gaus, d'aqueista t erra la. souciansa d'au sauvame,nt de monn
ama immo,u rt,ala. Ièu voUJlièi hm grand, l ou viertadiè paradis, lou da:u boin
Diéu, e, per l 'oubtène, anabe pr,egà lou dimeniche mati, en pJe,n jour,
à la Cat,e draila, emé mou1S .sièis- enfants desiplegats couma un auriflama.
E souvenès,..vous qu'à d'·1mas ep,o,cas èra pas lou mifüou biai,s d 'ava'Ilçà !
l\Iès n 'ère .fier e me p em; abe :« S 'aco me fai de tort en-bas., sia be qu'amount, i 'a de sautas balanças ounte moun creire p~sarà de tout son pés.
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Et maintenant, descendons sur terre. Vous avez examiné le
forroir que vous venez de traverser: ces mas avec leurs colom. biers, leurs portails de fer, leurs petits ponts; ce château dij
l 'Evêque avec ses grands arbres, sa noble majesté, ses statues
pJaisantes, mi-femme, mi-lion; puis les vignes qui boivenf la
flamboyante lumière sous la garde d 'oliyiers rongés par les
siècles, et les garrigues, et les pinèdes, et les chaînes de collines. C'est notre pays, notr.e patrie, notre vie. J'y tenais par
toutes les racines de mon être. J'y ai trouvé la part de satisfactions que tout homme peut espérer.
Pour comm8ncer, une petite enfance de gamin paysan, heureux de patauger dans · 1es eaux de la Mausson parfumée de
menthes, de becqueter 1es premiers raisins des vignes grabeloises, de vagabonder par bois et garrigues, mais plus heureux encore de découvrir, dans les livr,es, les terres éblouissantes de la science et de la poésie. Les conquérants qui empoignaient les rubis mûris par les tenes de feu des tropiques
n'étaient pas plus ravis que moi. Assis sur une chaise appuyée
contre la maison, que d'heures emparadisées à dévorer la pulpe savoureuse âes livres que je pouvais attraper! Je n'étais
jamais rassasié. J'avais beau m'abreuver à la source miraE ara, davale.n sus terra. Abès dev~stat lou terraire que venès de
travessà: aqudes mases ,emé s,ou:s pijouniès, s,o us pourtaus de ferre, sous
pountirn,·; aquiel casLèl de l 'A vesque emé s,oUJS grands aubres, sa nobla
majestat, e sas petètas barlocas mitat-fonna, mitat-lioun; pioi las vignas
que ·b uboun l 'escandilhaida jout la garda d 'oulièus rouSligats
per lous siède:s, e la,s ga.rrigas e lous ,s erres ,e las pineidas. Aco 'si noste
païs, nosta patri1a, no1s ta vida. l'ai teingut per tout lou raieiinun de
moun èsitre. l'ai trotrbat la part de satisfaciouns que tout orne pQt
esperà.
P.er ,c oumençà, una pi,c hota enfança de manit païs an urous de chauC'hilhà dins las aigas de lia Maussou perfurrnadias de mentas, de hecà las
prumiièiras ugnas de la:s vi:gnas grabeJ.enicais, de trepà bos!Sles e garrigas,
mès pus urous enca.ra de d,es,c-0uibri, dins l-0U'S libres, las terras emharlu.gantas de la siciencia ,e de la pouëisia. Lous counquü;tair,es, qu 'empougnaboUJil lou.s roubiss,e,s ama&lt;lurats p,er las terras de fioc das Troupics
èroun pa!S tant ravits que i'èu. Assetart sus une cadièira apugada co111tl'a
l 'ou~t a u, que d'auras emparadümdas ai pa!s sat à devouri ,la frucha
sabourousa d,a,s libres que p,o,u dièi agantà ! N 'ahièi pas jamai prou. PeT
tan t que 1:ruguès.se à la fous mira,clousa, la set me paSiSaba pas jamai.
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euleuse, ma soif ne s'apaisait pas. Ces délices que je trouvais
à l'étude vous expliqueront pourquoi je sortis à 20 ans de
l'Ecole Normale de Montpellier comme ancien élève pour y
rentrer aussitôt comme jeune professeur. J'y suis resté toute
ma vi~ jusqu'à l'heure où le grésil° de l'âg,e· en saupoudrant
mes cheveux bruns m'avertit que le temps de la retraite était
venu.
Sur cette terre bénie j'ai trouvé aussi les saintes joies de
l'amour conjugal et de l'amour paternel. Suivant le conseil
du poète, je choisis une vierge éclose parmi les lys de nos vallons et ma vie fut enchantée par sa tendress.e et par la belle
nichée que Dieu nous envoya. J'y ai trouvé, enfin, les joies
graves de l'amitié. J .e suis venu revoir, avec une émotion
apaisée·, ce terroir sur lequel ma vie s'est écoulée entre quelques heures de brouillards et beaucoup de jours de grand soleil et de ciel clair. Que votre voix porte pour moi à tous cem.
qui m'ont connu et aimé, ma reconnaissance d'outre-tombe. Et
vous, mon ami, recevez mes suprèmes adieux!

Aquel deli1eie que troubahe à l '.e studia vous esplicarà perde qu'à vint ans
s,ourti:ssièi de l 'E·scola-Nourmala de Mount-Pe'1iè couma ancian elèva e
ie rintra:be c.ouma jouine prouf.ooisou. le sièi demourat tout,a ma vida
jusqu'à l'oura ountie la barbasta de l'age en éspousicant moun pèu
, brun m 'av.ertiguèt qu'èra vengut lou tems de la retirada.
Sus aquela terra benesiida ai troubat tamben las siantas joias de l'amour espousiéu- e de [ 'amour pairoulau. 8egound lou courusel dau
pouèta, causiguère une v:ùerjai espelida entre louS' èlis de nostes valouns
e ma vida seguèt ,enic:antada per S011Il. afeicioun e la beUa callada que
Diéu nous mandèt. I 'ai troubat enfin las joias gravas de l 'amistat.
Sièi v,e ngut reveir·e, eme una emoucioun amais ada aqueJl terraire O'unte
ma vida s'es esc·oula.da entr.e quaucas our:as de nèblas e fossa j,ours de
grand isour.e'l ·e de iciiel linde. Que vo:sta vouè.s mande per ~éu, à toutes
loUiS que m 'an counougut e aimat., ma r,e,coun:ouiissiença d 'ap·r ès-toumba
E vous, moun amie. reçabès moun suprême adisisi-à1s !&gt;&gt;
1

�7

II
Sur ces mots, la voix se tut, et, tout ému je poursuivis mon
chemin. ·
Les fossés qui le bordent étaient exubérants de vie végétale,.
Les terrains de ce pays de Grabels sont humectés de sources
et de ruisseaux. Des miliers de fleurette's rustiques, heureuses
(~ 'ouvrir leurs corsage·s bleus, jaunes ou roses, s 'épanouist.:mien t à l'air matinal.
« Nous l'avons connu ton ami, me disaient-elles et lui nous
connaissait toutes. Il savait les noms latins que nous ont donnés les savants qui nous étudient et les noms d'amitié que nous
donnent les laboureurs qui nous tutoient. De l 'apicridie· à
l'herbe de la Pentecôte, de la chicorée à la clématite, des liserons à l 'esclabiège, des laiterons aux aubépines, il nous saluait toutes en passant. Il connaissait les terres et les roches et
les eaux et le chaud et le froid et les l,e ttres et les chiffres t
Ce Grabelois avait fourré dans sa tête, sous ses cheveux noirs
et drus, tout c,e qu'on trouve dans les livres que font les hom-

II
Sus aquel;es mots la vouèsse c.a1èt, e tout .es.mougut, OOUiiltugnère moun
cam1.
Lous valats que lou bordoun èroun coumouls de vida ,erbajiba. Lous
terrenc·s d 'aque'l pais de Grabel sount saupejats de sourças e de. riéus.
Mifanta,s fLouretas paï:sandas, urousas . de doubri sous cours ages blus,
jaunes., :riosies, si',espandissiièn à l 'èr dau maiti.
&lt;&lt; L 'ooèn counougut toun amiic, me disièn, e el nous counouissiè
toutas. Sabiè 1ous noum:s· lat'Îls que mms an bailat lous sabe1nrts que inous
estudioum e 1ouis noums ami:stouses que nous bailoun lous trav,aifüadous
que nous tutejoun. De la terra,-gr,epia à l ',erba de Pant.acousta, de la
cicourèia à la bissana, de las courrejolas à l 'esclabiège, das lachets as
aubrespics, nous sounaba toutas en passant. E counoruiS1Siè las terras
e lou caud ,e lou f:vech e: las l,e,tra.s e las -chifras. Aquei grabelenc abiè
cavit dins sa tèsta, jout soum pèu nregre e satrat, tout ço que s 'at:roha
dins lous libres que fan lous ornes ,e dins1lou lihre en.finiment mai grand
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mes et dans le livre infiniment plus grand et toujours recommencé que la Nature ouvre à ceux qui veulent y lire.
Aussi, quel maître il à été! Pendant quarante quatrei ans,
tous les instituteurs · de l'Hérault, ont passé par ses mains.
Tous sont demeurés ses amis. Ah! Chassary, ou trouver plus
bel éloge? - Et par quoi furent-ils en:sorcelés? Par la bonne
humeur, par l'étincelle moqueuse qui brillait au coin de votr2
œil et tempérait votre sévérité juste? Par l 'abondance d2
votre savoir qui ne les laissa jamais sans renseignements? par
la limpide clarté de vos explications?
Peut-être! Tout cela compte, mais ce qui comptait le plus, à
mon avis, était le secret que vous avez su éparpiller comme la
plus bienfaisante des semences; que vous avez fait toucher de
la main à toutes les bonnes volontés: le désir et le secret de la
perfection. Voulez,-vous devenir meilleur? Appliquez-vous.
Vous avez fait u:ri beau travail, vous . en êtes content! Tant
ntieux ! Mais remettez-le à l'étau, aujourd'hui, demain, aprèsdemain et vous verrez que vous le rendrez encore plus beau,
encore plus près du parfait.
C'est votre mérite d'avoir greffé dans tant de bonnes têtes
cP goût du progrès et cette croyance à la perfection toujours
e toujour recoumençat que la Natura doubris1as: qu,e. voloun i.e legi . .
Atabé, quante mè:st:rie es estat ! P,e ndent quaranta-quatre ans· toutes
lous mèstr,e,s d ',escola d,e l 'Era u an pa,ssat per sasi mans. Tout.es Sl()unt
demourats mai que1 de dis,ciples reci0-unoui1ssents:, sount demourats sous
amies! Ah! Cha.ssary, ounte trouhà pus be1la lausenja? E dequé lous
abiè enclausits? La bona imou, la palheta galejaira que lusissiè dins un
cantou de vostre iol e qu:'adiouc:issié vosta ,s everitat justa? L ,·o upulencia
de voste saupr.e que lous quitèt pas jamai sans entresignes ? La linda
clartat de vosfas esplicaciouns?
Belèu. Tout aco comta., mès ço que comntaba_lou mai, à moun avejaire,
es lou sicrèt qu 'abès sachut esparpalhà 0ouma la pus beinfasentà de· las
semenças, qu 'abès fa,eh toucà de· ,la. man à toutas las bonas voulountats:
lou clesir ,e lo,u si·crèt. de la p•erf ec·iouin. V,oulès deveni milhou? Aplicàs,vous. Abès fach un poulit trabal, n'en sès countent 1 Ta~milhou ! Mes
remetès-lou à l'estoc, ioi, deman, après-d,e man e veirés que lou farés
encara puis bèu, encara. pus, proehe dau parfot.
Es vos.te merite d 'aihcre iSJSarta,t dins tant de bonas cabessas aquel
goust dan prongrès e a.&lt;1uela cresença ci,e la perfecioun tioujour poussibla.

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· possible. Nous savons combien sont clairsemés les beaux dé.
monstrateurs, ceux qui ont trouvé dans leur berceau cette dot
exquise des fées, leurs marraines, le génie de faire comprendre
a nx autres ce qu'ils ont eux-mêmes compris. Une de vos leçons
d'arithmétique ou de géométrie était une fête pour un cerveau
organisé. Tout élève à qui vous aviez donné quelques répéti.
tions, s'il ne mordait pas aux ; mathématiques, sa planète
était bien tirée: il pouvait devenir violoniste ou chroniqueur
mais ses chan0es .cl 'entrer à Polytechnique étaient bien maigreR.
Au nombre de tant de maîtres qui se chargent de l'éducation
de la jeune France, s'il s'en trouve quelques-uns qui ont l'enseignement clair, il s'en troüve peu qui sèment comme une
graine précieuse cette appétence de la perfection et veillent sur
son éclosion, qui allument cette vérité qu'un cerveau humain
c~t un caillou plus ou moins rugueux dans· lequel sommeillr:
un diamant gros ou petit. Le maître le dégrossit, à l 'homm.:~
de le perfectionner! L'application, l'attention, la ferme volonté
de faire mieux, chaque jour, chaque heure, chaque minute,
font le travail des lapidaires d'Amsterdam qui à force de
grainer, d'égriser, de polir la pierre terreuse en tirent l'impeccable joyau étincelant d'éclairs.
Sa:bèn couma ·s ount &gt;Cla-lS•emena:ts louis bèus .esrplic.aires·, lous qu 'an troUr
bat dins soun brès aquela verquièira requista dies lais fadas mairinas,
l 'engèni de faire coumprene as autres- ço qu 'eles mèmes an coumprés.
Una dJe vostas liçous d 'arimetica ou dle geoumestria èra Tune fèsfa per
un c-erbeJ .ourgamisat. T.out e1Sicoulan à quau abiàs dounat quaucas, repet:i,ci.ouns, se m,ourdiiè pas à 'la mat.emati,ca., sa planeta èra ben tirada:
poudiè dev,eni v.i oufounaire ou joUiI'nalista, mès sas, chanças d 'intrà
à Poulitecnica èro,un hen ma.gr·eta,s.
Entre tant, tanrt de mè8tr.e:s1 que se. cargo,un d 'educà la jouina
França, se s'en troba perqui-n-aqui, qu 'an l 'ensegnament linde, n 'i 'a
pas p:mu cl 'a,q ueles, que semenoun, &gt;0ouma urue gra.na preciousa, aquel
talent de la perfecioun, que velhou sus soun espelida, qu 'alumoun aque1,a veritat qù 'un c.erhell d :·ome e'S un ,calha.u mai o.u mens ruste, ount,e· dourmi1s un diamant p:.1~hot ou gms. Lou mèstre lou desgraius,sis:. A l 'om,e de
lou p,erfe,~immà ! L 'apücacioun, l 'atencioun, l,a forma voulountat de
faire mi_.lhou, chaca jour, chaca oura, drnc,a nünuta, fan lou trabal das
diamantaires d'Amsterdam qu'à força. de granà, d 'eSJgrissà, d 'alj,zà Jou
rèble terrons n'en tiroun l 'empe,c abla be,loia tr,elusie nta d 'ilhaus.

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10 -

Dans les villes et dans les campagnes de notre Bas-Langue~
. doc, nombreusL~S sont les preuves vivantes de l'exceJlence de
v\:fre méthode . Parmi tant de maîtres qui suivirenL vûtre cercueil, combien vous devaient, en plus de la science banale des
livres, cette volonté toujours éveillée- de mieu '[ faire 1 Cette
application journalière, créatrice des élites humbles ou brillantes qui sont la robuste armature de notre patrie.

III
ôbservateur fidèle de la foi de ses aïeux, favorisé d'une rri.~moire extraordinaire, il coulait de source, clair comme la fontaine de l'ABI sortant du gouffre du Drac, que Chassary serait
félibre marquant.

Dins- las vilas e las campagnas de noste Bas-Lengadoc noumbromas
sount la,s proubas vivas de l 'ecsel-ensia d 'aquela metoda. Entr,e tant de
mèstres que segutguèroun voste cercul quam.t n 'i 'abiè que vous debièn,
en mai dau samp.re qrne s 'atToba di:nis lous libres aquela voulountat
toujour,s esc,a rrabil.hada de faire toujouris milhou? ... Aquela aplicacioun
d!e c:haca minuta, c:r:eaira de l,as el:iitas umblas ou triounflarutas, que sount
l 'armad UJra la plus garruda die no.stie p,aïs, 1
·

III

Ousservaire fidèl de la Îé de sous r.eire,s, favourisat d 'una memorfo
estraourdinària, aco raja,ba de sourça, clar couma la font de l 'A vi
quand sourüs dau gourg dau Dragàs, que Chassary s,eriè felibre mar-

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11 -

Dans la préface d'« En terra Galesa )), il nous conte·, luimême, qu'il fit preuve, de bonne heure, de beaucoup de mémoire. Il apprenait en jouant, tous les vers qui se trouvaient
sur ses livres. C'est une habitude qu'il avait gardée. S'il avait
parié de réciter, chaque jour de· l'an, cent vers différents, il
eut été de taille à gagner le pari. Ceux qui l'avons connu nous
l'avions, pour ce motif, surnommé amicalement: maître Jesais-tout.
Il vous est, peut-être, venu à l'oreille, que les félibres, dans
leurs assemblées, après leurs banquets, ont la- démangeaison
de déclamer des vers de leur crû. Quatre-vingt-dix-sept sur
cont ont les poches bourrées de petits papie,r s. Mais, s'ils rappellent les rossignols ou les cygnes par la beauté de leur chant,
ils tiennent, parfois de l 'étourneau qui ne pense pas plus loin
que son ... bec, ou du lièvre qui perd la mémoire en courant. Et
ih, .oublient leurs petits papiers ou les portent tous, sauf, précisement, celui qu'il aurait fallu.
Que de fois, j'ai vu commencer une Ode à Mistral ou un
sonnet au Midi par un lyrique tout feu, tout étincelles! Que
j'en ai vu broncher au neuvième, au dixième vers et demeurer
courts et penauds.
cant. Dim la prefàcia d' En Terra (}alesa nous conta, el-mèmes, que
de bona ûura faguèt pr-0uba de fus.sa, memoria..A.preniè en j,ouga,nt toutes lous vers,eis que s 'atroubaboun sus sous libres. Es una coustuma
qu'a!biè gardaida. S'aibi,è pariat de reeiità: ch3JC\Un &lt;las jours de l'an, ceiTl~
verses différents seriè' stat de talha à gagnà l '.escoumessa. Aqui ço que
fa:siè sus lous bam,cs ·ae l':es;e,ola. Lous que l'a'b èn oounougut dins soun
bon l 'abièn, p,er aico, batejat Mèstre Sap-Tout.
Vous es, be'.lèu, vengut à l 'ausidou que lous f,elibres, après sous rebobis,
dirns sas acampada1s, an la pll'usineta d,e recità sous verses. Non.anta-sèt
sus oont an las poooas pl€füIB de papièir,ets. Mès s,e r,ev,ertoun lous roussrgnous ou lous ,cinnes1per l,a bèutat de sous cam.ts, tèrroun, pro,u souv.ent,
de 1 'esto,u rnèl que pensa. pas pus liont que sun bèc ou die la lèbre que
p,er'ld la memoria en ,courrigUient. E. dessoublidoun sous papiès, ou fous
port,oun tout•es à part jusitamen.t lou que caliè.
Que de f és ai vist commençà una o.da à Mistral ou un sou net au Mie,..
jour per un lyri•c.a tout fioc ,e tout be1uga:s ! Que n'ai vis•t broi.mcà sus
lou nou ou d-echième vers e demourà courts e mouquets: !

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12 -

Mais quand Chassary était là nous étions sauvés de la catastrophe. Chassary soufflait les douze syJlabes récalcitrantes. Semblable aux oiseleurs qui peuplent leurs cages dè toute
la gent volatile d'un pays, Chassary gardait dans sa tête
toutes l8s Œuvres des fé]ibres. Il savait par e::eur ]es chefs-ct \'euvre d es grands chanteurs, Fabre, Fourés, Jasmin, Aubanel, Mistral, - et aussi __:_ le brave homme! les pépiements et
le,s gazouillis de tous lies roitelets, moineaux et passereaux de
nurailJe.
Cette mémoire, accouplée à la plus patiente volonté de travail, avait fait de lui la bibliothèque vivante des idiomes méridionaux. Si le destin lui avait accordé les rentes d'un Frédéric
Mistral, il était, plus que personne, capable de construire ce
qui nous manque taut, le pendant dn T'r6sor du Félibrige, un
grand Dictionnair,e Frnnçais-Méridional.
Accoutumé par métier à barrer d'encre rouge les devoin
des élèves, il ne pouvait voir le moindre défaut, la plus petite
incorrection sans mettre le doigt dessus. Il aurait lavé l'eau!
En frarn;.ais, comme en langue d'oc, quel puriste!
A ee point de vue, son charmant récit de Pradet de Gange
sera le parfait miroir de la langue montpelliéraine de no-,
Mès quand Chassary èra aqui, ènm sauvats de la mauparada. Chassary bufaba lais douge sillaba1si raboussièiiras. Pariè as aucelairies que roumplissoun sais gabias de to,uta la pasis-e rounalha d 'lma encountrada, Cbassary gardJaba diœ ,sa tèsta toutes· las oihras das fe:libres: Sabiè de per cor
fous ca1p s d '·o:bra das grands canta~res: Fabre, Fourès, Jasmin, Aubanel,
Mi1stral, - 1e tam~hen - lio-u brabe ome ! lous pi,è u-pièus e rièu-chièuchièus: de toutes lous ratatiets, rouquiès ·e pas.s.erous· de trauc !
AqueLa memoria acoublada à la pus pacienta voulountat de trabal
abiè fach d'€1 la biblioutèca viventa de las pariladuras mi.ejournalas.
Se la destin.ada i 'a:biè baila:t las rendas d'un Frederic Mistral, èra, mai
que degus, capalble de bas.ti lou p1ende:nJt (que nous manca tant) dau
'l,resor dau :B'1elibrige: um grand Di,ciounari Fran.cié s-Miejournau. Acoustuma,t per mestiè à raià d'an,c ra rouja lous debé.s, das, €Scou1ans, pémdiè
pas acipà la mendra .dè,ca, la mendra mièja-.fauta sans ie met:rie lou &lt;let
dessus. Auri.è lavat l 'aiga ! Siègue en francés, siègue en lenga d'oc,
quant,e puri-sta !
A n 'aqu•cl pount de vista S'O'UTI ra,c.onte, tant a.gra&lt;liéu d,e, Pra.clef dr:
Gange serà lou , parfèt miral de la lenga mount-pelièir e.i1ca de nostes
paires, dins sa pus linda courr,eciou:n. ts., en mème terns un ,cap d 'obra

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rn -

pères dans sa plus -limpide correction. C'est en même temps
un chef-d 'œuvr.e: de bonne humeur honnête.
Dans, 1e recueil intitulé En Terre Gauloise, c'est le rmorceau
de ;résistance, richement accompagné de conte.s .pétillants de
malice rustique, de bons mots qui s.ont une leçon et un éclat de
rire. Le Maselier (.c'était le pseudonyme de Cha,s sary), le, Maselier, pour régaler ses amis, aurait servi sur ,sa table des
levrauts de Va:lhauquès, des rg rives des Sajolle:s, de: vieüles
clairettes, d 'antiqnc·s eaux-de-vie. Sur le papier il nous présente
les sornettes les. plus savoureuses, les ,gal:éj.ade·s le,s plus piquantes qu'il a pu dénich8'r dans Grabels et les mas d'alentour. Quelques livres, de la même veine, sont devenus célèbres. Le Pogge,
Til Ulespiegel, le Diable boiteux ne, ,s ont ni plus amusants ni
mieux écrits. Quel,q ues fois mBme leur onde est trouble ou bour.:
heuse, mais ils ont eu l 'heure·us,e chance d'éclore c'hez de grands
peuples et de faim rire aux éclats de.s minions d'hommes. Habent sua fata 1'ihelli. Ce.ci est la même histoire que, ,0elle que conte
l'humoriste américain: César ou Napoléon n'ont pas été les
meilleurs hommes de guerre. C'est un roi nègve, qui avait 7 à
bOO soldats, qui n'en perdit aucun dans les cent batailles qu'il
gagna sur cent mille ennemis. Quel capitaine! Seulement,
d 'ounèsta bona imou.
Dins lou recul entitulat: En Terra Galesa, es lou moucèl de rejistença, richament acoumpagnat de contes beluguejants de malicia rustica, de talounadas que sount una liçou ,e un cacalàs. Lou Maseliè, per
regalà sous amies auriè serbit sus sa taula de lebrauts de Valhauqués,
de grivas de las Sajolas, de vièlhas clar€tas, d 'anticas aigard,ents. Sus
lou papiè nous pr.esent_a las sournetas las pus goustousas, las galejadas
las mai fissantas qu'a pougut denistà dins Grabel e lous mases
d'alentour. De libres, de la mêma vena sount devenguts celèbres.
Lou Pogge, Ti~ Ulespiegel, lou &lt;&lt; Diable boiteux » sount pas mai
amusants ni mai mi1hou ,escriiche:s, de feis mèmes, l 'aiga n'es trehoula ou
f.angousia, mès an agut la creisipina d ',espeli ,enco de grands poples e dPfa -c.acala.sisà de mi[hoUrns d 'ornes. « H abent sua fata libelli ». A,co 's 1011
mème afaire que lou que conta lou ga.lie.jairie ameriic.an: Cesar ni Napoléon s,ount. pas. estats lous miilhous ornes de guerra:. Es un rèi ne.gre
q,u '·abiè sièit ou io.ch oont soumats, que n'en p,erdèit pas
œi,n s lars cent
batalhas que gagnèt sus cent mila €nemics. Quante capitàni ! Soula-

un

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14 -

voilà! aucun livre d'histoire n'a jamais parlé le lui.
Pradet de Gange devait avoir ·une suite. Ceux qui aimons la
langue d'oc serons· ravis si les enfants de Chassary ont le
bonheur de rencontrer le manuscrit dans ses papiers. Déjà, le
livre où il figure est devenu bien rare. Bien rare aussi la V i da1t
Mistèri,. où Chassary a recueiJli quelq11es poèm8s. Le livr-e est
partagé en deux parties: La ~:faison et les Amis - Amour et
F1 antaisie. En l'ouvrant, l'on est surpris de le voir écrit, en
majeure partie, en provew~al. L 'admirnti.on de Chassary pour
l'illustre poète de Maillane en four.nit une explication. Peut-être
aussi, façonné au respect de la rn6thode, ayant reconnu que le
dialect,e d'Avignon avait mûri les chefs- d 'œu vre littéraires &lt;lu
Midi, estimait-il nécessaire· de s'y rattacher et de le répandre de
toutes ses forces.
Sur le soir de sa vie, sa foi dans l'avenir de nos dialectes
~ ~était un peu rafraîchie. Comme Stendhal, dans ses Mémoires
rl'1m Touriste, comme Moquin-Tandon, dans sa préface, :d
redoutait que le progrès, la ce-n tralisation, le tourbillon de
plus en plus enflammé de la vie actuelî0 flétrissent, un p ~n plus
cl1aque jour, ces jolies plantes de notre terroir.
Il me souvient qu'un jour, au Peyrou, il se lamentait à ee
ment, vejaqui, ges de li·b res d 'istoria n 'an pas parlat.
Pradet de Gange -de,biè aber,e una seigui:da. Lous qu 'aiman la lenga
dau Clap-as ·s eren ravi1ts se lous enfants de Chasisary an l:ou honur de
-capità lou mainescri.ch dins sou:s papiès. Dejà, Jou libre ounte s 'atroba eis
ben rare. Ben r.ar,e tamben lou Vi dau Mistèri ounte Chas'S:ary a reculit
quauques pouèmes. Lo-u libre es partajat -en dos pa:rtidas: L 'Oustau e
lous Ami,cs, Amour e F.antasiè. En lou doubriguent, l '"on es siUspré,s de
lou ve,i re esic rich mai que mai en prouvençau. L 'amira,c ioun d-e· Ghassary
p,er l 'iUustrei MaïÎ,anenc, n ',es una espHcacio-un. Beièu, tamben, ple,gat au
respèt de la metodJa, aje1nt r,ecouoougut que hm parlà d'Avignon abiè
madur.at lous caps d 'obra literràris dau Miejour, eistimaba qu 'èra me:stiè
de s,e i e religà e die l 'es,p andi de toutas sas forças_
· Sus lou tard de sa vida, sa fé dins l 'aveni de no.ste:s dialeites s'èra un
pauiquet refres,cada. Gouma Stendhal din:s sous « Mémoires d'un touriste », couma 1\foqui,n-Tando-n, dins sa preifàci, -cre1niS1Siè que fou prougrès, la centraJi,sacioun, la trebouEna de mai en mai emfioucad.a de la
vida vidant.a pas:siguèssoun cha,ca j-ou,r un pau mai aqu,eilas poulid·Rs
plantas de noste terraire.
Me r,emembr,e qu \m j-our, au Peiro-u, m'en fasiè plèntiis e mènhs:
1

1

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15 -

sujet. « Allons! allons! lui dis-je, dans cent ans, sur. ces mêmes
allées, de vieux messieurs (qui ne sont pas encore nés), démêleront les mêmes inquiétudes. Regardez Louis XIV, sur son cheval de bronze. Avec son bâ.ton d 'imperator il vous a l'air de
commander à l'Univers de. se blottir devant Paris. Cent
Poixante-dix ans après, devant un Paris plus centralisé quo
jamais, un paysan provençal a dit à toute la race latine =
« Dresse-toi, sous la chape du soleil! n Deux cent dix-huit ans
après, un petit journal en langue d'oc j·e tte son ding-dir:g-don,
dans les rues du Clapas, où l'on crie toujours les bonnes
. herbettes! Une langue née dans un pays et qui s'y plaît: s'y
eramponne comme du chiendent. La terre l'aime et la nourrit
comme elle sait nourrir les plantes sauvages. Voyez-vous où
E:ont allés les ormeaux et les buis chers aux jardinier.3 d 11 RoiSoleil 1 Petit à petit ils sont pa,r tis devant les platanes et le':;
lauriers-roses. Vous êtes botaniste: que discernez-vous dans
les gazons qui verdoient au pied de ces beaux arbres qui portent le nom du Clapassi,er Magnol î du trèfle, de l'herbe à cinq
côtes, des pissenlits, des cauli-choux. Entre les fentes des pierres coquillières de Pignan, appareillées à l'instar de celles de
« Anien ! Anen ! ie diguère, dÎins cent ans, sus a,que1Stas lèias, de vièls
moussus (que sount pas encara nascuts), penchinaran lous mèmesîàguis.
Rega~dàs Louis XIV suis soun ·Chival d,e briounze. Emé soun ln,.~tou
d'emperai.re vous a l'èr de coumandà à l'Univers· de, s'agremouli davans
Paris. Cent sètian.ta ans a1près, au même Peirou, davans un Paris pus
c,entraliisat que jamai, un palÏs an prouvençau a dich à towta la rara
latina.: « Aubo:ura te, jouta la ca,pa dau sou:r:el ! » Dous cents dès ioch
ans après, un journalet en lenga d'oc fai ba1in-ihalan las carrièiras
dau Clapàs, e, Sie iie c1rida toujour de bonas e.rhetas.. Una lenga nascuda.
dins un païs e que se ie plai l: i·e i 'arr,apa c.ouma de gramenàs. La t€rr:a
l'aima e la nourris, ,couma sap nourri las plantas sauvaj.as. V esès ounte
sount aillais loU1s oumes e lous bouisses, que lou:s jardiniès dau RèiSourel afeciouna,b oun? Poca à po·ca an partit davans las platana,s e lou'8
lauriès-roses. Sès boutanista, deque devistàs dins las jirbas que verdejioun a~ pèse\Si d 'aqu-el,es ·bèus aubre:s que portoun lou noum dau clapasisiè Magno-1? D ':entre-fiol, d '-erba de ·Cinq ,costas, de pissaulièchs, de
eau[ichous. Di,n s ·lous aiscles d1e las pèi1ras cauquilhèiras de Pignan, t:117
had1a.s à l 'estec die la.s de Versalhas, dequé poussa: sans· aïga., sans terra.,
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16 -

Versailles; que pousse-t-il, sans eau, sans terre, spontanémentf
des giroflées, des micocouliers, des figuiers ~auvag,es ...
Soyez tranquille, ami Chassary, le maître que vous admirez
l'a dit: « La Terre mère, la Nature, nourrit toujours sa progéniture n et la langue, autant qu 'arbres et fleurs, fait partie de
la progénitur,e de la Mère universelle.
.
L'Académie de Montpellier, jadis, était peuplée de savants
qui parlaient la langue d'oc. Souvenez-vous d'une page asse~
venimeuse de ce grognon de Jean-Jacques Rousseau. Nous
sommes dans une terre de progrès et de tradition à la fois; une
terre qui a pris l'habitude d'enge,n drer des philosophes, de:,
savants, des médecins d'élite, mai-s quj a gardé l'habitude d2
parler, sans tro.p en modifier la physionomie, cette langue que
lui portèrent, il y a deux miHe ans, les so1dats, les matelots et
le,s mercantis de Rome.
Prions le Bon Dieu de lui maintenir ses qualités, afin que
les garrigues soient toujours parfumées de thym, nos vjgn:es
cl~argées de beaux raisins et l'Académie de Montpell-ier illustrée par des philosophes, des savants, des médecins, d es lettrés
amoureux de leur ville et de son dialecte, ce dialecte que le
grand Mistral lui-même nous enviait un tantinet, comme le
de so1un :sicap? d,e v~eulhèis, de fanabregous, de figuièras-,c abrau.
Segàs tra:nquil,Le, Am~c Chassiary, Lou Mèsitre qu 'a:mirà:s l'a dich ·
« La Terra Maire, la Nat.ura, nourriis toujour sa pourtaclnra », e la
lenga, autant qu 'a.ubres e flous,, fai partida de la pourtia dura de la
Mairie univevsala.
L 'Academia de Mount-Pelié, d 'a:utras fes, èra coumoula de sahents
que parlaboun· la lenga d'oc. Souvenès-vous d 'una paja prou verinousa
d'aquel l'lepouteigaire de Jean-Jacques Rousseau. Sèn dins una terra
de prougrès, à la fés., e de tradicioun, qu'a prés l 'abituda d.e coungr,elhà
de filou;sofe:s, d e sabents e de mediiciis· d 'elèi, mès qu'a gaooat l 'abi1tuda
de parlà, sans trop la caravirà, aquela lenga que ie pourtèroun, i 'a
dous mila ans, lous soul:dats, lous matelots, lous mercantis de Rouma.
Preguen lou bon Diéu de ie mantène· sas qualitats· amor que las garrigas si,è goun toujour peirfumadas de pota, nosta,s v~gnas cargadas de
bèus rasins e l'Aca.demia Mountp,elièirenca englouriaida per de filous-of.es, d.e sabents, d·e medicis, cl€ l·e trats amourous·es d'e soun païs e de
sa pa.r,laidura, d 'aquela parladura que lou grand Mi:stral, el mèmf"R
nous enH,jaba llll pauc1uet.ou, COUma lou p,rouba Ulla carta qu€ me
1

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17 -

prouve 11ne carte qu'il m'adressa et où il me disait: « Votre
langue montpelliéraine qui est jolie comme un provençal
habillé du dimanche. ))
manidèt e ounte me ldi!Siè : Vo:sta lemga mount-p,eEèir,e.nca qu'es, poulida
couma urn prouvençau abilihat dau dimenche. .

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              <text>Paul Chassary : l'homme, le professeur, le félibre : discours de réception à l'Académie des sciences et lettres de Montpellier le 22 décembre 1930 / François Dezeuze (l'Escoutaire)</text>
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              <text>Paul Chassary : l'homme, le professeur, le félibre par François Dezeuze (l'Escoutaire)</text>
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              <text>Chassary, Paul (1859-1930)</text>
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              <text>Fran&amp;ccedil;ois Dezeuze rend hommage &amp;agrave; son ami Paul Chassary lors de son discours de r&amp;eacute;ception &amp;agrave; l'Acad&amp;eacute;mie des Sciences et Lettres de Montpellier le 22 d&amp;eacute;cembre 1930. &lt;br /&gt;Paul Chassary, po&amp;egrave;te mais aussi professeur de math&amp;eacute;matiques &amp;agrave; l'&amp;eacute;cole normale de Montpellier et &amp;agrave; l'&amp;eacute;cole r&amp;eacute;gionale des Beaux-Arts est n&amp;eacute; &amp;agrave; Grabels en 1859. C'est sous le pseudonyme Lou Maseli&amp;eacute; qu'il &amp;eacute;crit des nouvelles et contes populaires devenus aujourd'hui des classiques comme &lt;em&gt;Pradet de Gange&lt;/em&gt; pr&amp;eacute;sent&amp;eacute; parmi d'autres dans l'ouvrage &lt;em&gt;En terra galesa (&lt;a href="https://occitanica.eu/items/show/21457" target="_blank" rel="noopener"&gt;disponible sur Occitanica&lt;/a&gt;) .&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Paul Chassary est d&amp;eacute;c&amp;eacute;d&amp;eacute; en 1930 &amp;agrave; Clapiers.&amp;nbsp; &lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;</text>
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              <text>Franc&amp;eacute;s Deseuse rend omenatge a&amp;nbsp; son amic Pau Chassary al moment de son discors de recepcion a l'Acad&amp;egrave;mia de Sci&amp;eacute;ncias e Letras de Montpelhi&amp;egrave;r lo 22 de decembre de 1930.&lt;br /&gt;Pau Chassary, po&amp;egrave;ta mas tanben professor de matematicas a l'esc&amp;ograve;la normala de Montpelhi&amp;egrave;r e a l'esc&amp;ograve;la regionala de las B&amp;egrave;las Arts, es nascut a Grab&amp;egrave;ls en 1859. Escrigu&amp;egrave;t amb l'escais-nom de Lou Maseli&amp;egrave; de nov&amp;egrave;las e de contes populars que son ara venguts de classics, coma &lt;em&gt;Pradet de Ganges&lt;/em&gt; presentat entre d'autres dins l'obratge&lt;em&gt; En Terra Galesa&lt;/em&gt; (&lt;a href="https://occitanica.eu/items/show/21457" target="_blank" rel="noopener"&gt;disponible sus Occitanica&lt;/a&gt;) . &lt;br /&gt;Pau Chassary se morigu&amp;egrave;t en 1930 a Clapi&amp;egrave;rs.</text>
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              <text>Dezeuze, François (1871-1949)</text>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, CBB 428-19</text>
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              <text>vignette :  https://occitanica.eu/files/original/f862409b9569796bfcd8f28f6f56f8cc.jpg</text>
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              <text>&lt;a href="https://occitanica.eu/items/show/21457" target="_blank" rel="noopener"&gt;CHASSARY, Paul. &lt;em&gt;En terra galesa : contes poupul&amp;agrave;ris&lt;/em&gt;. Montpellier : Impr. centrale du Midi, 1895. 319 p.&lt;/a&gt;</text>
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