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                  <text>La Crise féltbréenne

Sous ce titre, notre confrère M. André Sourelh, Président de
YEscolo Moundino, publie dans la terre d'Oc la lettre suivante que
lui a adressée à la date du 24 novembre 1909, notre Président,
auquel il avait demandé quelques renseignements sur les incidents qui ont amené la démission du Capoulié Devoluy.
Pour donner satisfaction à de nombreuses demandes, nous
publions cette lettre, sans nul commentaire, en déclarant que
l'incident est clos.
L. R.
Orthez, le 24 novembre 1909.
a Mon cher Confrère,
« Je regrette que les distances soient telles, que vous ne puissiez
venir jusqu'à Orthez pour la petite interview que votre aimable
lettre sollicite de moi.
« Assurément, vous y auriez été reçu moins brillamment que
ne l'étaient les troubadours visiteurs du grand Gaston Febus, notre
patron, mais plus confraternellement, plus affectueusement, soyezen bien certain.
« Pourquoi, me dites-vous, votre Escole s'est-elle désafflliée du
Félibrige central ?
« Tout simplement, parce que, d'abord notre Escole, tout comme
la jeune Italie, a dit : Fara da sé, et pour beaucoup d'autres causes
ensuite. Les événements nous donnent pleinement raison.

�- 18 —
Nous avons été douloureusement surpris et je dis plus, très
froissés, qu'au milieu des luttes désormais connues sous l'euphémisme de malentendu de Saint-Gilles, on ait mêlé la politique et la
religion qui n'avaient rien à faire à une campagne à laquelle je
suis resté complètement étranger et que j'ai très sincèrement déplorée. C'est là, la plus grande faute commise, au milieu de beaucoup d'autres.
« Des journaux ennemis de Devoluy ont déclaré qu'ils ne comprenaient pas que des catholiques comme les majoraux Planté et
Camelat fassent cause, commune avec des huguenots. Emettre un
pareil reproche, en cette affaire, c'est tout simplement reculer de
300 ans en arrière. Je ne veux pas reculer.
« Dans Y Escole Gaston Febus, toutes les opinions sont représentées et respectées ; vous n'avez qu'à lire sur la garde de notre
bulletin {Reclams de Biam e Gascougne) la liste de notre important
bureau, pour vous rendre compte de la diversité des opinions
politiques et religieuses des hommes qui la composent et qui
vivent entre eux dans une intimité touchante.
« Nous en avons été froissés ! En ce qui me concerne, j'ai l'habitude de ne jamais demander les opinions politiques ou philosophiques à l'honnête homme, quel qu'il soit, qui me présente sa main:
je la serre avec la simplicité la plus loyale et la plus cordiale.
« Je n'admettrai jamais — je n'ai jamais admis — que l'on
puisse, à cet égard, me dicter un choix dans mes amitiés ! Puis,
nous nous trouvons très éloignés du Sud-Est, dans notre coin du
Sud-Ouest, où nous sommes très libres d'esprit, très indépendants d'allures et très ennemis des querelles de personnes
« Nous sommes Béarnais et Gascons. Nous voulons le rester.
« Le malentendu de Saint-Gilles n'a pas été autre chose qu'une '
lutte de personneâauxquelles nous ne voulons pas être mêlés, je le
répète ; nous ne les connaissons pas dans notre grande famille
félibréenne du Sud-Ouest.
« Et je suis parti pour Arles, fin octobre, avec le mandat de
rester « nous ».
« J'avais donné ma démission d'assesseur, après avoir reçu celle
du Capoulié, dont je suis l'ami.
« Dans ces conditions, je n'ai pas voulu faire les convocations et
présider les séances des 31 octobre et 1er novembre, comme j'en
étais prié par de nombreux collègues et la plupart des Ecoles
affiliées.
« L'ami et collègue Mouzin s'est acquitté des obligations que les
circonstances lui imposaient, avec un dévouement, une délicatesse,
une distinction dont nous ne doutions pas et auxquels nous avons
tous rendu hommage.

�- 19 -

« Nous avons contribué à l'apaisement, en validant les élections
« irrégulières » de Saint-Gilles. Pensant que le calme était revenu,
je suis reparti, réélu assesseur et conservant, sur la demande de
Mistral, jusqu'à la prochaine Sainte-Estelle, ce titre dont je me
proposais de me démettre au moment où le statut de 1905 serait
réformé, décidé à finir ma carrière dans notre cher Sud-Ouest, en
consacrant mes dernières forces au progrès, à la prospérité, aux
succès de ma vaillante « Escole Gastou Febus », qui ne cesse de
travailler dans ipn « amour désintéressé » de la petite patrie, à la
grande cause décentralisatrice de reconstitution et de libération
méridionales.
« La lecture de certains journaux qui racontent les histoires de
Saint-Gilles et d'Arles me confirme dans notre détermination.
« Un dernier extrait que je reçois aujourd'hui des « Coulisses
de Toulon », va hâter ma démission d'assesseur que j'envoie par
le même courrier au Capoulié.
« Voici comment il s'exprime au sujet des amis de Devoluy :
« La veulerie du plus grand nombre autorisait les espérances
« des fauteurs de désordre », au point qu'ils les affichaient « ora gueilleusement ». S'ils ont été une première fois déçus, ils
« reviendront à la charge et cela se comprend, puisque, sous des
« étiquettes diverses, ils ne poursuivent que leur intérêt personnel...»
« Et il donne mon nom parmi ces fauteurs de désordre, etc...
cherchant leur intérêt persoiinel !
« Pourquoi ne pas, tout de suite, nous traiter d'imbéciles et de
coquins !
« L'accueil qui m'a été fait à Arlés, par tous mes collègues et par
le nouveau capoulié Valère Bernard, qui ont tenu fort aimablement à me renouveler le mandat d'assesseur, malgré mon refus,
me dédommageaient d'avance des injures des Coulisses de Toulon.
« Merci à ce journal !
« Les Béarnais et les Gascons en ont vu bien d'autres et, fidèles
à la doctrine Mistralienne, sans peur et sans reproches, ils entendent désormais rester tout simplement fidèles à leur devise :
Béarnais et Gascons toujours, et Fébus avant !
« Croyez mon cher confrère, à mes sentiments les plus amicalement confraternels. »

Adrien

PLANTÉ,

Président de VEscole Gastou Febus.

�Ènta

Mous

de

Planté

Capdau de la Gastou-Fcbus

La paste dens la mèyt qu'a hèyt bouride.
E bin dessa Garoune arré de tau
Despuch qu'aproubagnèa bère neuride
Lous chéys (1) qui s'apleguèn û die à Pau ?
Credut nou s'aberém que la nouste obre
Encoère dens l'estut dou pensamén,
Semblante à quoauque luts dens ûe arcobre,
Qu'auré gràcis à tu bèt lusimén !
E oèyau loc dë cheys qu'ey à centénes
Qui-us as per la Gascougne coume aco
E nous, quèm lous tous omis, be m'enténes,
S'es nouste dinque au cot e de tout co.
Qu'es nouste e qu'èy rasou tio que m'en soubre
Toutû coume ey Aussau lou nouste pic,
Toutû coume sou séti d'or dou Loubre
En rèy s'ey assedut lou nouste Enric.
Que bouhin dous Abrius las alenades,
Que-s pàusin lous Noubémbres bentescous :
Disé-s que per mountagnes e planades
Saunéyen coum nous auts tan de gascous !
Maie èrbe, au nouste cam, la maie ahide
Que eréch, mes, maugrat ère, qu'esperam.
Espiats, de la Gascougne sepelide,
Que tourne reberdi lou sec-arram.
Dap tu que la poudem lheba la tèste,
Guigna lous aban-hèyts dehens lous oélhs,
Respoune à bet escàrni, se lou mèste
Ey nouste, que-s trufam dous rets arcoélhs.
Qu'es nouste coum soun noustes las estéles
Qui-s claben dens la noéyt au cèu escu.
Qu'es nouste e pou Mieydie, à bères piéles,
Nou n'an pariés capdaus coume n'es û !...
Tirât de l'« Arrebiscoulade ». Cant xi.

Miquèu de

CAMELAT,

(1) MM. Planté, Labaigt-Langlade, Lalanne, Lafore, Eyt e Camelat. L
Simin Palay n'abè poudut biéne, qu'ère souldat.

�La Mort d'un pousoê?
COUNTE!
habè d'autes cops per Maupas ûe borde aperade
au Cournau, qui pertenguè a messiri Yaymet
coumte de Moulazun segnou de Liadye e autes
locs ; aquere borde qu'ère espleytade à tòalhe p'ou
Yantine de Lauyè dab ue numerouse familhe,
despuchun tens esmemouriau lous Lauyès qu'èren
aqui'u de pay en hilh, qu'ey hasèn plâ sous ahas é que disèn hens
lou pèys qu'habèn prou dedourous estuyatsentâ croumpa la borde
si lous habé hèyt gòy. Per un die lou Yantine que digouc au soun
hilh aynatqui per dret ère l'éretè de la familhe.
— Gòêre maynat, la Nêne ta may e you que-ns e hèn bielhs, que
cadere batlèu pensa de-th marida !
— Qu'ey penseran papa ! Habets cauqne gòyateen biste ta you ?
— Qu'habèy pensât que la Frizete de Tintanè que seré un boun
partit entâ tus ! Qu'en dises ?
— La Frizete qu'ey ûe gòyate coume eau, trilhante e balente,
mes nou sabi pas si boulera de you !
— Qu'acòs nou t'encòente : Sutré, que cresi que lous Lauyês
que balen lous Tintanês, ye bouleri plan bede que hascoussen
l'estifagnat de nous autes !
Hoeyt dies anprop, que mandée un messadye aus de Tintanê, ta
lous demanda la man de sa hilhe tà l'aynat.
Lou Piarroun pay de la Frizete arrespounouc. — Aquet maridadye que m ba de plâ, aperen la Frizete !
Qu'aperec la Frizete e lou hascouc pars de sò que s'en debirabe ;
ère bengouc toute toute rouye coum un eslam de hoèc, pucb
U'EY

1

�— 22 qu'àrrespoimouc qu'ère hère oundreyade de la demande dous
Lauyês qui l'ère agradiue e que se lou maridadye n'es hasè pas
nou s'esperdere pas à d'ère ; ser aquò tous que* digoun que nou
calé pas deyssa lanbrineya la cause e hè la noce lou dimars anprop
de Sen-Bissens; quehascoun las acourdalhes, cauques dies anprop
e la nobie que pourtec au Guilhêm de Lauyè mile escut hens lou
dauantau dab un mublemens de clic e de clac.
Més la Frizete qu'abebe habutgn'aute galan qui l'habè demandât
force de cops si boulebe marida s dab eth ; qu'ère lou Bernât de
Coue'dous ; la Frizete qu habè toustems atrouba tout pley d'arrebirades ta eslusi sa demande, nou boulé pas d'eth entà nobi,
peramou que lous de Couedous qu'habèn la ha made d'esta pousòès ;
quoan lou Bernât sabouc que-s maridabe dab lou Guilhèm, ye
digouc que la bêre Frizete nou s'en bantare pas ; per un die que
la troubec soulete e lou digouc : — N'habets pas boulut de you
Frizete, mès bous ou lous bostes que-b sé brumberats de you e
cauque die lou Guilhèm qu'assabera de mas noubèles ! — Anats !
Anats michan tròs de Loub-Garou, que-m trufi de bous coum de
bostes amiaces !
La noce que-s hascouc lou dimars anprop de Sen-Bissens, més
cabbat lou més de Maï per un sé, lous dus càs de la borde qui
n'èren pas trop aysits à herra, que-s boutén à layra coum qui
gahe ; lou Guilhèm que sourtic dab lous baylets e que bedoun un
auyami gran coum un betèt qui pinnabe dabans lous cas ; quoan
s'ahutabe lous câs que l'arcoussaben, més quoan s'arrebirabe de
cab à d'eths, que s'ahutaben la coude tremiey de las cames, en
tout esgagniula-s. Lou Guilhèm qu'arpec lou fusilh à dus cops
pihat au mantêt de la chaminèio, lous dus baylets qu'arpén cadû
sa hauchine de hèr ye-s boutèn à l'à darrè dou heroustumi : lou
Guilhèm qu'où tirée dus cots de fusilhs més la poudre que guchic
hens lous barlets e lous cops nou partiscoun pas ; lous baylets s'y
andèn de cab dab sas hauchines, més l'auyami hascouc cauques
guinbets, puch s'esbarregic hens lous ayres coum un hum : lendoumans qu'atroubèn per l'iròu de la borde e hens lou parc, tout
pley de pautes limourlèques, yaunes coum un mayò de òeu, hens
la campagne qu'apèren acò pautes de pousòês ye disen que mau
ba tâ l'oustau per oun atroben d'aqueres petralhêres.
Aquetdie lou Guilhèm que cayouc malaut, cade sé per la seguide
lous câs que hasèn lou medichs batèrme sounque lou dibès ; lou
Guilhèm qu'anèc de mau en piri e lou suryèn dichouc qu'ère
perdut.
- Lende-die en tout disna la bielhe auyôle que digouc : — que'cau
que tout assò que s'acabe ! Bam, Blasi, gauserets douman se, ana
bous en à l'ayhère qui da sou parc e tira un cot de fusilh au
heroustumi ?

�— 23 -

Lou Blasi qu'ère lou gran baylet gòalhar e garnit, qu'habè serbit
set ans hens l'armade dou Rey, que repiquée.
— Aubé plan daune que gauserèy, mès lou fusilh nou partira
pas!
Si bé ! Si bé que partira, descargats lou, qu'où bau aparia 1
Lou baylet qu'où descargec, puchs l'auyòle que Fuselée à l'eslam
de très charmens de bit blanquo, apèy que balhec au Blasi poudre
e ploum de Loub en tout dise: — Adare cargats lou de plâ : quoan
este cargat, qu'aglaumec ser la guignete drin de las baroles
d'essens dou cièryes Pascau, l'hysoupec dab un brous de laurè,
d'aygue benaside de Pentecouste ou balhec au Blasi en tout dise :
— Au sé abans de l'escouc dou Sourelh anats bous en à l'ayhêre
dab lou fusilh e quoan l'auyami parresqui, guignats de dret e
tirats ! Qu'estec hèyt coum dit : lou sé lous câs tournèn abia soun
baterme, l'auyami dec lou tour de la borde e s'en anec de cab au
parc, coum cade sé, puch que sautée per l'ensus de las clédeshens
lou parc, s'en anec quilha-s coste la frinèste de la crampe dou
malaut qui dabe s ou parc en d'escouta : lou Blasi qu'habè bist
soun tremenat quespaulec lou fusilh lou dit ser la ganchete,
guignée au poutralh e pan ! pan 1
L'auyami hasouc un bram eschauriden e cayoun en un courcougnoun coum un malhuc : lou Blasi sautée per la frinèste hens lou
parc ye galoupec de cab à d'eth ; més adès lous dus câs l'habèn
arpat hens sas pouderouses gagnaules e l'estiragagnaBen cadû de
soun coustat coum si l'habèn boulut escartiera, lous de la borde
qui habèn entenut lous dus pets, arriben de tire dab candelous ye
haboun gran péne dab ûe hòaste de hè alarga sa préso aus câs.
Alabets que bedoun barlacat hens un pautè de san un heroustumi
qui habè lou cors d'un betèt. més las aurelhes, lous pèds e las
mâs d'un homi ; qu'où bilhèn dab las cadénes de hèr doun tourtchòen lou car, au cot y ensus dous calhinas puch lous baylets e
lou bielh Yantine que-s pihèn à las cadenes tâ lou gòayta denquie
au die. A l'aube l'auyami que tirabe hort ser las cadenes mes
quoan lou sourelh eslistrec que-s arrequinquilhec hens lous ayres
e s'en arrousegabe lous homis ; alabets lou Yantine qu'habouc
l'abisemens de hè lou sinnés de la crouts, autalèu que tournée
caye s ou parc e nou tournée muda ni pèd ni pate ; lous baylets
qu'où carguèn s ou car lou caperèn dab drin de palhe, puch dab
lous bòeus qu'où pourtèn à la ribère e dab dues granes peyres au
cab e aus pèds qu'où ditèn hens lou clot pergoun de la Nasse.
Despuch aquet die lou Guilhèm qu'arrebiscoulec drin à drins,
un més anprop qu'ère goarit ; quoant au Bernât de Couedous nou
tournèn pas yames bes'éu hens lou pèys, e quoan demandaben
d'eth aus de sa case, qu'arrespounèn qu'ère partit tâ las Amériques serca fourtune.
{Parlâ d'Aignan (Gers).
Marius FOCNXAN.

�La Dalhado

Medalhe de brounze dou Councours de Salies

Lous omes, lous gouyats, can lou sourelh puntejo,
Dambe lou dalh sou cot, lou béret sou coustat,
Batalon e s'en ban doun l'arrous ne blanquejo
Dalha lçu prat tout ber, e de lhous caperat.
Lous cors en ta daouant, toursuts coumo l'adrejo
Que pousson, lous oubrès, soun outis fres harg'at,
E l'erbo 'n s'en naya, coum la mai ean jumplejo
Hé 'ndrome dens soun leit lou grilhoun desnizat.
Can lous esclops soun secs, moulhados las camisos;
Bouco seco, 'starits, que s'en ban repausa
Débat l'auba brancut, louï de las couo-lisos.
Lou coubert ei boutât en d'aquets hors dalhaires
Qui lou dina fenit, envieran dens lous aires
Las cansous dous anciens heitos en despoulha.
(Parla de Dému (Gers).

BIESTCH.

�— 25 —

Batalères
Enta la yoentut qui puye.

« M. l'abbé Besson a raison d'admirer le raouve'
ment littéraire méridional : il en parle avec une
grande liberté d'esprit puisqu'il nomme parmi les
maîtres Fourès...
Ce n'est pas par le refoulement de la civilisation,
rançaise et du langage français que fleurira et mûrira
en notre Midi l'âme paysanne.
La poésie méridionale n'a pas compris qu'elle était
solidaire de la grande culture française et qu'elle
même ne serait vraiment accessible au peuple que si
celui-ci connaissait et goûtait la grande littérature
de France.
Mais ce mouvement n'est ni spontané ni vraiment
populaire ».
Jean JAURÈS,
La Dépèche de Toulouse, 27 sept, e 3 oçt. 1909-

En balles qu'abém demourat û parelh de mes la seguide dous
artigles de Jaurès sus la Rèuachéuse d'O. N'esperém brigue per la
pause. Bessè, qu'û cop abiat ta Paris, deus lou marmoulh engou
lidou e la hourrère embriagante, lou mèste qui yumple en abounde
lou sou prousèy à la Tribune dou Palays-Bourbou qu'esté chacat
per d'autes espis e, adichats lous noustes ! Que sera ta l'aute hute.
N'ey pas toutû dens l'ourdinàri, enta û yournaliste, enta û
députât, de plega-s à la leyide dous pouètes de nouste. Gràcis,
doungues, que-n sien auherides à Jaurès d'abé boulut sabé, que,
se Mistrau ey lou prumè, lou maye e lou pay de touts ; que y-a
d'autes noums à merca dens la memòri d'û cap qui s'unte chic ou
hère de literature.
ii,- De s'èste coumplasut à l'arride
sâ coume ûe tringlade dou
rouergat Bessou, aus heroudyes eslamats de l'albijés Fourès, ou
medich à la languitut de Mathiéu e de Boissière, hilhots de la
Proubénce embaumade, mercés, gran mercés !
Oun que pénse per aco que lou lutayre soucialiste n'abou pas
lésé d'espia lou coustat esquèr de la Garoune, ne d'apréne qu'û
poble de per aci qu'ey en sérques de tout ço qui hé la soiíe istòri,
la souebalou dens lous adyes. Que y-a trénte ans( l) que Jaurès s'ey
sedut a ûe taulade felibrénque. Are, arrapat dens lou hourbàri qui
embrume lous cerbèts lous mes ourbits e sègue sou pè las plantagnes las mes crechéntes ; se nou-ns mesprèse de tout en tout ; se
nou s dits lou nouste enemic à mourt; nou-ns estaubie goayre e,
arrebouhièc, qu'apoudye dus ou très escàrnis qui ey besougn de
relheba.
En prumères qu'ey estounan tad et que l'abat Bessou qu'aye
gous tau Fourès cantadou de la Marianno latino.
Lou qui-s sentéch bertaderamens dou Mieydie rebiscoulat n'ey
arré de l'ausèt à coulous cambiantes anan dou blanc nebous au
rouye de boéu en passan per lou blu lou mes cru e lou blu palle
coume ùe cinte de bièrye.
U)Kn Albi,.lou 24 de May 1882.

�— 26 —
Nou payeram pas lous amies coume per Paris d'eus la coumpagnie felibrénque. Lou Felibridye n'ey pas ûe gran boutigue e
n'escribém pas û chifre sus cade nequilherie, û numéro sus cade
boèyte, û tros de paperou sus cade piéle de caniques. Cadû de
nous n'a pas à tralha tout ço qui cred ta recounéche dens lou sou
fray la qualitat mayoure. Que s'abisarém dedemanda-u seprègue
à la mediche capère ou se pénse coume nous de l'Alfounse d'Espagne, dous sultans de Maroc ou dou Micoulau de Russie. Que
s'espiam en omis drets, en omis qui ènï. S'aco n'ey l'aha dous
sercadous de bougnes e de hourats, se n'èm pas au grat dous de
dréte ou dous d'esquèrre, atau qu'ey. Nou calé pas q ue (( Mirèio »
que badousse en 1859, nou calé pas qu'û passât souben glourious
que-s despleguèsse enta nous auts, nou calé pas que las noustes
mays que s'aprengoussen la mes bère léngue qui-s parle sus la
crouste de la Tèrre.
Mes Jaurès qu'a gnaute chibau e que s'y puye.
Ta que las noustes cantes qu'abansin dens l'agradamén dou
poble, que caleré, abans de canta, hè-u senti las berous de le
pouesie d û Lamartine ou d'ù Hugo permou que — nou y-a moun
bel amie à dise ! — la cibilisaciou qu'ey la léngue de France.
Are que y-èm hòu !
La barbarie que seré lhèu la parladure dou Mieydie ? B'èm plâ
pagats dou coumbat qui-s dam !
Autalèu qui-s poudoum plase à la luts dou sourelh, autalèu
qui-s gratilhè l'auyou dous yocs de maynadye, autalèu qui tastèm
la mèu carreyade per l'ayre de la Patrie, qu'abém après chic ou
hère lou francés sie à l'oustau, sie à l'escole.
Despuch, hilhs de France, que leyim lous autous de France ;
las noubèles que s'arriben per la bie dous yournaléts de France,
tout ço qui ey au ras de nous, coume eau, n'ey qu'a la léngue de
France. De mey dens la nouste coade, mantûque biu per l'ensegnamén dou francés ; mantù — coume Vermenouze (i)-—quehiquen
pa e pa lous dus estùdis e que soun courounats à Toulouse per las
obres en léngue naturau, à Paris per lous pouémis en parla de
l'Isle de France.
Se y-a hoéc per aqui-u e se y-a rèyte de crida : « Aygue, aygue ! ))
enta mouri u ? Au nouste counde nou y-a nacère de punteýa la
bouts ta estermia lous hardits qui toucarén au besti de la cibilisaciou : las noustes mâs que soun piouses.
Dap aco lous esperits de lèy, de Gaule e de l'estranyè, que bòlin
que sie ûe bère sorte d'abé dues flahutes mesicayres au serbici de
la pensade. Qu'au ras de la léngue de la diploumacie e de la cibilisaciou — se boulets, per chic qu'y tengats — que déchin bibe e
(1) Asso qu'ère escriut quoan, aylat ! abém après la mourt dou nouste gran
amie lou pouète de « Flour de Brousso » e de « Jous la Cluchado ».

�— 27 —
crèche la léngue de tout ana, la léngue dous cams, dous boscs e
dou tribalh ; la léngue mes biélhe que lou francés en Bretagne e
pou Bascoat ; la léngue yesside de souque roumane autaplâ que
lou francés : en Gascougne, en Lengado, en Proubénce. Nou déu
èste û mau d'emplega-le pudique dens lous pèys cibilisats :
Suisse, Alemagne, Angletèrre, l'aunouren e ayuden au sou saubamen tout parié coume estaubiarén la decadude de l'oustau
coumunau de Bèrne, de la catedrau de Coulougrte ou dous palays
d'Oxford. Qu'ey û bé de hè baie la léngue mayrane, permou que
lous pensadous de tout escantilh qu'espien coume ûe désole
naciounau lou die oun s'eslùrri à de bounes.
. Qu'ey û debé d'empara-le permou qu'ûe léngue qui n'ey pas
escribude e maneyade dens lous libes, au die de oèy, nou pod
qu'esbrigalha-s en dialectes de meuch en mench sabourous, hali-s,
embastardi s e mouri.
Mous de Jaurès que-s demande poulideméns de caussa lous
souliès bernits e la séde emprountade aus franchimans. Aquére
obre coumplide, se n'èm pas pressais de coéntes que tournarém
de gaha lous esclops e que-s quilharém, taus coume érem, en hèn
peta sus la bouque û Diu-biban ou û Tron-de Tèr !
A, Moussu, beroy Moussu à las beroyes paraulines, mes nou
sabets dap qui abéts lous ahas ! Desbroumba lou gascou ta miélhe
apréne lou francés ? Quin saut de lebraut !
Nou, tè, n'abém pas lou téms d'espraba, per segu nou seré ta
nous lou boste saut qu'ûe maie espaternade. Que-n credém meslèu
l'arrepourè ; D'û paysâ que-n harats adayse miey moussu, mes
d'û moussu nou-p penséts yamèy de hè-n la mieytat d'û paysâ.
Qu'èm paysâs, réys de la Tèrre, paysâs que demouraram.
Mous de Jaurès, que-p tournaram la boste poulitésse, Bam, que
diseréts se lou coumpay Bebel s'encaminabe û bet die per Colmar
e per Metz (ciutats qui bouten encoère û plou de grèu à la nouste
perpère!), se Bebel debisabe : « Mies, ta goarda toute la sabou de
l'amne d'Alsace hèy, bous auts de Colmar e de Mulhouse ; ta coumpréne miélhe la léngue de France, bous auts de Metz, nou y-a qu'a
estudia d'abord lou tudésc e sounque lou tudésc. B'ey la léngue
dou pensamen e de la hourtalésse ?
Que m'en hèts de l'Alsacian — û patoès — qui dens cinquoante
ans croudzat-croudzic, sera finit ; que bau lou francés, are qui
nou bòu dise que soubenis de flaquère e segure decadénee ? Birats
lous oélhs sus Berlin e, bou grat ou mau grat, aplaudits ûe Alemagne de mey en mey grane, de mey en mey pouderouse; seguits
l'endic d'û francés : « Un peuple ne peut prétendre vraiment à la
civilisation que quaùd tous ses citoyens et ceux même qui sont
voués aux travaux les plus rudes, sont associés au plus grand patrimoine d'une nation qui est le trésor du langage ».
Quoan èm coumbjdats a l'escàmbi susdit, Jaurès noubòuabisa s

�— 28 —
que dinque adare ço qu'apère la cibilisaciou francése n'a caminat
que sus las roéynes de l'esperitdou Mieydie galés.
Per nous, se debém este bensuts à toustém e à yamèy, nou
boulham mey poutoa l'oélh ou la canéte qui s'amie l'aygue de las
noustes houns ; nou tastém mey lou bî dansayr'e de las noustes
bits, lou pâ hèyt dou hourmén de la La ne mourine ou de la plane
Nayése ; nou touquém mey aus ourtalicis dous casaus de nouste ;
ayam bergougne dou Pic d'Aussau — ûe arrabe escoudoutade —
trufém-se de l'Adou e dous Gabes — nou soun que barats —
cluquém lous oélhs deban ûe estatue desterrade, deban ûe pourtalade de biélhe abadie ; tranquiles coume û rentiè frésc tournât
d'Amérique, esbarbats dou mayti e enhariats d'ûe poudre blanque, lKscam urous e digam-se : Tout que ba ! Dechém, o dechém
lous gouyats sanc de la nouste sanc e car de la nouste car, puya
dens lous estùdis franchimans e, bebéu la paraule franchimande
de cent mile proufessous ou reyéns franchimans, qué-s bourrin la
cabole de dates agrouses doun la debergude sera de mau talh;
que floucats de courounes de papè, l'espalle plegade per û hèch
de libes franchimans, s'anin escagassa dens quoauque burèu de
bile. Qu'a bint ans qu'espèrin lou Messie d'ûe boune, douce e
apadzade retrèyte.
La yoentut de las escoles, qu'ère aylas! qu'ère la paste de
l'Abeni, qu'abè au cap l'estéle e au co la calou : que deboure èste
lou pitrau emparadoù de la Race.
(E dise que mantû se pensabe que n'ère pas sega la cibilisaciou
ne amendri-le que d'auheri dues literatures à la Gaule en loc
due!)
Touquém are à gnaute punt : Nou perseguirém ûe tradiciou e la
nouste remudance nou seré poupulàri.
Nou perseguim ûe tradiciou e, aco. perqué ? Permou que lou
Mieydie n'a pas abut nat gran pouète dous Troubadous à Mistrau.
N'aném pas serca péus dens lous oéus. Que pouderém respoune
que nou n'èm l'encause, pas mey que lous pè-terrous de France
qui aboun la paciénce d'espera sedze cénts ans lou ségle de
Louis XIV. D aulhous nou euhourtim ne are ne yamèy, que Garros,
Goudoulî ou Despourrî, que soun youguedous de cap-debân. Qui
s'en ey bantat ? Que lous leyim toutû e que-us cantam quoan
s'escad, permou que soun ta nous la cadéne de luts qui-s religue
aus Troubadous, pays au lou téms de las Literatures nabères de
l'Europe cibilisade, Nou pleyteyém sus lousgous : que s'y plasém.
Se, dens lou sable lou, demoure chic de poudre d'or ; quoau seré,
bam, l'autou badut sus las ribes de Seine, Marne ou Léyre, qui
permeteré d'èsle hourrupat sénse abeyè ne desgous de la prumère
paye à la darrère ?
— Abans Mistrau, abans lou cop de sou de « Mirèio », lou poble
d'O, tan s'en manque, n'abou pas lous pots cousuts.

—I

�— 29 —
Que cantabe doungues ? Moun Diu, que cantabe ço que canten
toutes las nacious au brès : ayres de mayboune, cantiques reliyious
e leyéndes grehouses. Autaplâ que-s disè, de pay en hilh, coundes
epics de la mediche familhe que lous qui s'amuchen dens l'Iliade ;
coundes graciousins de las houns e de las hades ; debis espabentibles de las galihorces, de las québes e dous fpenagles. Touts
aquéts prouséys à drins e drins que bederan la létre de moulle.
A l'entan n'abém qu'a hè aurélhes e qu'audim las mey escadudes
fayssous de batala. Quoan lou labedanés dits d'û pipaut chens
perdou : Dap toute l'aygue dou Gabe nou s'en labaré ; suban la
soue pourtade que remembre la pichote mâ tintade de sanc dou
drame anglés. Quisab arré de mey fresc qu'aquéste cause berdiuse
berdause :
Manque la bi e rouye l'ey coelhude
E sus taule dou Réy que l'ey metude.
Aco blanc, rouy e dinne de la taule reyau qu'ey l'arrague.
Per û die de baga counsentits, Mous de Jaurès, à passa miéye
ore deban û aròu de maynadins yougan de la gaudufle ou de las
peyrétes ; seguits encoère la daune de case qui ba tau marcat béne
castagnes, pouralhe ou, en parlan per respèc, lou porc; escoutats
au Cam-besiau lou baquè bantan las qualitats d'ûe bime de - très
ans ou lou marcadè qui bén au cor de la place courdères de cébes
e cabosses d'alh. Que-p prouméti que d'aquet tiatre de plé ayre e,
sénse despéne nat so, toute ûe briaguére de trucs de léngue plâ
sentits e sus pè reboucats, que s'en lhebara.
N'èren pas mensounyès Yansemi e Isidore Salles quoan parlaben
de la richésse dou praube gascou.
Permou que y-a ûe houn de berou, autan aboundouse qu'insa
bude, débat cade bèste de rase ; û herrét ahoecat per la pensade
qui hisse débat cade berrét blu ; û trésor d'amou doulénte e de
doulou estupade débat cade yuste de daune tribalhadoure.
La literature d'aquet poble en quine liberère se trobe ? La literature soue que l'a dap et, cade maynat dous sous qu'ey ue mustre
dinne d'èste estudiade dens Fana de cade die de la soue bite
bitante per lou cantadou, lou filologue, lou soucîologue e lou
pensadou.
Coumbienéts,Mous de Jaurès, qu'èts arrelodye tardiu puchque p
destrigats à yudya-s sus ûe héste tieuude en Albi qu'a bère trenténe d'ans.
Se lou Mieydie nou s'ey eslamat que chic a chic ; se n'èm que
quoauques-ûs oun deberém èste à milès ; se lous qui s'apoudyèn
en 1860 soun mourts abans que la Renachénse goagnésse de Nice
à Bayoune ; se tau • qu'ûe aygue oun l'aryéle se descargue, en
passan per las tèrres mabedisses, la yoye de semia las noustes

�- 30 idées ey goastade per l'escousentou de nou èste coumprés ; que
nou desesperam encoère.
Nou desesperam permou que las noustes aplegades que soun
poupulàris, autan poupulàris que-n pòdin èste.
Que lous mench-hidècs qu'y biénguen e qué-n seran à très dits
dou cèu, coum hère d'autes qui coumensèn dap bères arrisétes
permou que nou sabèn. Are que soun lous mey ahiscous à tira
■deban d'ets. Pou prumè cop despuch la badénce dou mounde lou
poble, ta qui lous yocs de pouesie èren barrats, qu'a ûe siuléte de
gay e û flayoulet oun payère lous ayres qui counéch, qui ey soulet
à counéche. Aquets ayres que soun tabé lou soulas dous esperits
lous mey coutibats.
Mous de Jaurès quoan bats ha la camade de Gascougne ?
Nous auts d'aci a labétsque cridaram prou hort : « D'abé troubat
û emplec à las bouridéres dous noustes cerbèts de maheruts ;
d'abé tenut aqûet riban de gauyouau miey de las noustes embéyes
enganibes e de la nouste guèrre-guerreyade ; d'abé endebinade
aquére nabère trèbe de pats éntre lous cos dous hilhs d'Adam,
éntre las termières de las nacious ; que sera la glòri néte dou Fe'li
bridye.
« Que hèm causes merabilhouses. Per nous lous partits que s
mésclen e l'amistat qu'ey rèyne. Mous de Planté sinnan lou
mortuorum d'Estaniol e de Larroque, Mous de Lalanne coumplimentan lou capdau de Gastou-Febus sus ûe yoye mandade per û
rèy, Mous de Cardalhac gahan per la mà bet cantadou e lou
sauban de las trebucades, Mous de Daugé dap Mous de Sarran
cantan coume lous gouyats au biladye : aco nou-s parech qu'à
nouste.
« Per nouste, nat bouhémi batanan dou tabard e bouhan dens
la troumpéte, mes soucialistts ayudam-se en frays ta s'abansa dens
lou miélhe.
« Balha drin mey de yoye au qui a la mâ cathude e lou bras
tilhous,quin prêts hèyt miragleyan! Qu'ey lou nouste. Que boulém
ha de cadù de nous lou palay dou soubeni sacrât, lou palay qui
s'oundre de las hèytes dous antics ».
B'ey beroy,de bibe atau la biteboune, au ras dous qui la passen
dap nous, omis de toute la talhe qui an e, autan qui-n pòdin esta,
gascous de Gascougne !
Miquèu de

mm

CAMELAT.

�- 31 -

L'Ame de la Maison
Ancienne légende Pyrénéenne.
M. Clément Caraguel a publié, dans le numéro de l'Illustration
du 4 février 1854 (p. 71), une légende traduite du provençal :
L'Ame de la Maison qui lui avait été communiquée par un savant
et modeste antiquaire de Nîmes, M. F***. Peut-être, écrivait-il, le
texte original a t-il perdu de sa naïveté en traversant le moyenâge, car on l'attribue à Pons de Montségur qui périt, durant la
guerre des Albigeois, sous les coups des soldats de Montfort.
Voici un résumé de l'article de M. Caraguel.
Le duc de Provence avait promis sa fille Maguelonne au prince
Hébert pour cimenter la paix conclue entre eux. Les enfants ayant
grandi, voici qu'approche le moment du mariage. Maguelonne,
vêtue de blanc, quitte sa mère, escortée de son père et de ses trois
frères. Mais bientôt le duc l'abandonne pour aller consoler la
duchesse et, un peu plus tard, l'un des frères va rejoindre son pèse.
« Des deux frères qui restaient, Amaury, le plus jeune, était un
maître dans la gaie science ; aussi Maguelonne l'aimait-elle d'une
tendresse sans égale: — Cher Amaury, lui dit-elle, chantez-moi
une de ces ballades qui plaisent tant aux chevaliers et aux dames :
— Volontiers, ma sœur, je vais vous chanter la ballade d'Inesille
du Béarn.
« Le comte de Béarn a une fille. Provençaux, Aragonnais, Castillans, Français, la demandent en mariage à son père ; ils veulent
l'emmener dans des baronnies lointaines ; mais lnésille ne veut
quitter ni son père, ni sa mère, ni son château de Coarraze. C'est
dans le Béarn qu'elle est née et c'est dans le Béarn qu'elle veut
mourir.
« Allez, js'écria Maguelonne, c'est une bien triste ballade que
vous avez choisie là. »
Et le frère s'arrêta aussitôt, cependant que son compagnon revenait en arrière.
Que les âmes sensibles, s'il en est encore, sachent que le père
et ses deux fils furent pris ou noyés, la maison natale brûlée et que
la bonne Maguelonne, escortée du fidèle Amaury, fut recueillie par
un brave ermite , hospitalier comme pas un, lequel n'était autre
que le prince Hébert. Maguelonne fut emmenée dans un superbe
palais.
Ne retenons de ceci que la légende peu connue et ce souvenir de
notre Béarn dans le Midi.

Louis

BATCAVE.

�Deux Inscriptions en Béarnais
à Bagnères-de-Bigorre (H.-P.)

Il y a deux inscriptions publiques qui ne manquent jamais
d'attirer l'attention des touristes en villégiature à Bagnères-deBigorre (H.-P.).
1. —L'image en pierre d'un mâtin placée au-dessus du pilier
de la porte-cochère d'une villa au coin supérieur de la rue, sans
nom, qui descend de la Place Vignaux à la gare. Le mâtin tient
-dans ses pattes une sorte d'écriteau avec les mots :
NOU
GUERDI PAS
QUI PASSO
Je ne regarde pas qui passe (1).
2. — En face de l'asile des vieillards, Avenue de Salut, au-dessus
du pilier de l'entrée d'une villa, sur un piédestal soutenant quatre
boulets de canon on lit :
QU'ETS BOULETS
NOU SERB1SCON MÉS
. QU'ENTA HÈ A RAS QUILLOS
Que ces boulets ne sérient plus qu'à abattre des quilles !
Edward Spencer

DODGSON*, M. A.

(1) Nous lirions plus volontiers :••« Je ne garde pas qui passe ». Regarder,
en effet, se dirait espia.

�Le Duc de La Salle de Rochemaure
Un paquet d'épreuves ayant été perdu à la poste, le mois dernier, nous n'avons pu faire figurer dans le Numéro de janvier
notre salut au nouveau Majorai M. le Duc de La Salle de Rochemaure, membre de l'Escole Gastou Fébus.
Notre excellent confrère s'est dévoué, depuis longues années,
pour la cause de décentralisation provinciale que nous défendons ;
il est de cette race solide d'auvergnats qui savent ce qu'ils Veulent
et ne perdent jamais de vue le but qu'ils se sont fixés.
C'est un fidèle de la langue maternelle ; il a publié de nombreux
écrits, prononcé de nombreux discours dans lesquels il exalte la
petite patrie et se fait l'apôtre de son culte. Ses récits carladéziens
en dialecte de la Haute Auvergne, lui ont valu un véritable succès,
que lui promettait l'éminent poète Vermenouze, dans une belle
préface qui se terminait ainsi : « E l'Oubernho li dèu un grond
« morcès per ober escrit, dins uno lengo to puro como goustouso,
.« tont jontos pajos de nostro istorio loucalo ».
L'Escole Gastou Fébus offre à notre heureux confrère ses plus
cordiales félicitations.
A. P.

�Noubèles
Pau. — La « Cante biarnése » qu'ey estât à l'Estitut poupulàri
lou sudyèc aplaudit dou qui aperaram d'are enla lou pouète de
« Case », abans que n sie d'ûe obre maye.
Hère de mounde dens la crampe. Quoauques maynats ensegnâts
à d'aco qu'an hèyt ehténe meloudies dou troubadou Marcabru e
dou cansoè Despourri. Lou debisadou que clabè atau :
« De ces airs que vous avez entendus en passant, de cette poésie
aimable qui s'en élève, se dégage pour nous la certitude que nos
aïeux étaient hommes de savoir et artistes raffinés. Si, dans l'ordre
des sciences nous avons progressé — surtout en notre siècle — il
apparaît bien qu'en art nous ne sommes guère plus avancés que
ces modestes ouvriers du ciseau ou du pinceau, que ces jongleurs,
ces troubadours ou ces trouvères.
« Certes, j'admire autant que tout autre la science qui procure
à la multitude un peu plus de bien-être ; mais je ne puis m'empêcher de frémir en pensant que ces machines broient des vies
humaines pour le plaisir de ceux qui restent, que ces produits
chimiques anémient, empoisonnent des hommes, des femmes, des
enfants créés pour jouir du soleil du bon Dieu et, qu'en somme,
tout cela ne nous fait pas faire un pas de plus vers le bonheur
sans mélange qu'on prétend être au bout.
« Et je sais bien que ceci sera une conclusion de poète dont souriront les gens pratiques mais qui n'en contient pas moins, sous
sa forme fantaisiste, un grand fond de saine et vraie philosophie :
Tout aco nou bau pas ue cante beroye
Dite lous oelhs au cèu e lou beyre à la mâ !
Aulourou. — La Facultat de Dret de Bourdèus qu'a balhat ue
medalhe d'or à Mous Lauréns de Laborde d'Aulourou en prêts de
la soue tèse de douctou en dret : La dot dans les coutumes du
Béarn.
Auch. — Lou Cascarot que couménse dens « La Jeune Gascogne » ûe gramatique dou gascou d'Armagnac. Qué-u souheytam
boune finide.
Maubesî.— Qu'an auherit au Musée de Gastou-Febus 130 pèces
de mounéde roumane ou gan-roumane.
Bourdèus. — Lous coungrès d'ibèr de las Soucietats pireneistes
que-s tienera dens aquére bile au mes de Mars. Ta las esclarides
ou cartes de cami de hèr que-s eau adressa à M. A Meillon, Hôtel
Gassion, à Pau.

�- 33 —
Toulouse. — Lou Musée dous Toulousans de Toulouse que
crube de téms en quoan bachère, utis, yocs de maynat, grabadures
ancianes. En darrères que s'ey oundrat d'û coustume de toulousane tau qui s porte encoère bet drin dens lou poble.
Que saludan la biengude, dens la ciutat moundine, de Mous
d'Anglade noumat à la Cadière de Létres en places de Mous de
Jeanroy.
Beziès. — La soucietat arqueouloujique de Beziès dens la soue
acampade dou Didyaus 5 de May 1910 que balhara :
1° Ue couroune de laurè en aryén'au miélhe estùdi d'istòri sus
lou Mieydie de la Gaule.
2° U arram d'oulibiè à la mey boune pouesie en léngue roumane,
de quin dialecte que sie.
Embia lascoupies en double abans lou lè d'Abriu à Mous Antòni
Soucaille 2 carrère Diderot à Beziès.
Bretagne. — Mous de Guieysse senatou, qu'abè pregat lou
Ministre de l'Estrucciou publique, de balha l'entrade de las escoles
prumères au bretou. Aco, dens ùe bère létre, qui ey coume lou
pleytèy de toutes las léngues parlades en France e qui nou soun
lou francés. Moussu Doumergue que dits tout sec que nou bòu :
Lheù que dens Testât de las causes, nou pod.
Qu'ey aus bretous de Bretagne, qu'ey aus gascous de Gascougne
à tribalha d'ets medich enla.
Equin ? 1° Per la proupagande dens lous yournaus de cade die.
2° Per la proupagande dens lous yournalets escributs en léngue
poupulàri. 3e Per la proupagande dens las rebistes hèytes tau
mounde de l'ensegnamén, taus sabéns, taus caps coutibats.
U cop que lous pobles sien harts de l'idée que la loue léngue
n'ey pas û perrèc bou tau perrequè, mes la bandère d'aunou d'ûe
Race; nou y a ne ministres, ne franchimans qui s'estangueran.
Ta que demanda lachénces ? Nou calera que gaha-s la permetude
sénse aute parlatòri. E atau que n sie ballèu.
M. de C.

Que balheram au Numéro de Mars, la Listre dous Escouliers de
Gastou Febus, e beroys articles de Lalanne et Batcave, àrribats
trop tard taus hica dens aqueste.

�et

Doat » e « Lou rau »

Qu'èy recebut cinq ou cheys letres sus aquéts dus moûts : qu'en
y a dues qui soun d'ômis sapiénts e qui tratten la cause en professous : las auts que soun de balents félibres : u gran mercès à
touts.
Doat que semhle pla esta lou lati donatus. Marius Fontan que
dit qu'ère le douaire ; qu'ey hère poussible.
Lou rau n'ey pas au segure, coum m'at dîsen : lourau, per eslourat (floral) ni l'ourau (l'orée d'un bois).
En Armagnac que dîsen : la noùste baque qu'en de rau, quoan
demande lou taure : nou crey pas que sie d'aquiu tapoc qui bién
aquét noum de familhe.
Mes, sus la termière de cap bat deu Biarn e deguen la Lane qui
ba de cap la Chalosse, que-m dîsen que lou rau qu'ey u petit plané
sns lou soum d'ue coste, ço qui en francés es dit crête ou dos d'âne ;
l'au, que seré, au countràri, ue hounsade aygassude (vallée étroite
baignée d'un ruisseau), mout qui a dat auga, l'auga.
Quesabém que lous nounls de familhe per aci, que soun tirats
de las causes de la terre : Lacoste, Hourcade, Lahitte, Mountaut,
etc. Qu'ey dounc à créde que Lou rau que bién d'aquiu.
SIMIN PALAY.

Lou Yérant : E. MARRIMPOUEY.
PAU, EMPRIMERIE VIGNANCOUR— PLACE DOU PALAYS.

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              <text>Reclams de Biarn e Gascougne. - Anade 14, n°02 (Heurè 1910)</text>
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              <text>Planté, Adrien (1841-1912)</text>
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              <text>Camelat, Miquèu de (1871-1962)</text>
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              <text>Fountan, Marius</text>
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              <text>Batcave, Louis (1863-1923)</text>
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              <text>Dodgson, Edward Spencer (18..-19..)</text>
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              <text>Palay, Simin (1874-1965)</text>
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              <text>&lt;p&gt;Bibliot&amp;egrave;ca de l'Esc&amp;ograve;la Gaston Febus&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.reclams.org/" target="_blank"&gt;&lt;img style="height: 97px;" src="http://occitanica.eu/images/omeka/gaston_febus.jpg" alt="" height="97" /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Escole Gastou Febus (Pau)</text>
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              <text>Vignette :&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg"&gt;http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg&lt;/a&gt;</text>
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              <text>&lt;a class="link_gen    " href="http://www.sudoc.fr/039860345" target="_blank"&gt;http://www.sudoc.fr/039860345&lt;/a&gt;</text>
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              <text>Reclams de Biarn e Gascounhe&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2019"&gt;(Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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