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                  <text>La Union Générais de Capvern-Pïauvezin
Nous prions instamment nos collègues de l'Escole de nous
retourner le plus tôt possible leur lettre d'adhésion qu'ils
trouveront à garnir, dans le présent numéro : qu'ils ne
perdent pas de vue que chaque demande de bon de réduction
doit être par no.us transmise à Paris à la Compagnie du Midi
qui les vise ; tout cela prend du temps, donc, chers collègues,
hâtez-vous.
Comme chacun le sait, à l'Ecole Gaston-Febus, le roulement statutaire de nos Assemblées générales nous ramène
en 1911 dans les Hautes-Pyrénées.
C'est à Mauvezin-Capvern que nous nous réunissons et
que nous invitons nos amis à venir nous rejoindre en grand
nombre.
Les mesures sont prises, pour que le succès de la réunion
de 1911 égale, s'il ne le dépasse pas, le succès de nos
précédentes assemblées.
Une surprise des plus agréables nous y attend. L'Escole
d'Eras Pyrinéos, qui tient la veille, sa réunion générale à.
Lannemezan, viendra passer la journée du 28 avec nous.
Le meilleur accueil lui sera fait. Elle peut en être assurée.
Nous espérons que l'Escole Marguerito de Nérac, dont
plusieurs membres sont déjà de la Gaston-Febus, y viendra aussi: les trois sœurs gasconnes se trouveront ainsi
réunies, heureuses de fraterniser et de communier ensemble
dans l'amour de la petite patrie.
On descend à la station 'de Capvern, sur la ligne de
Toulouse à Bayonne, station qui dessert le célèbre Etablissement thermal de Capvern-les Bains et le Château de
Mauvezin, sis à deux kilomètres de la station. A Capvern,

�— 142 —
on trouve de nombreux et beaux hôtels, de nombreuses
maisons particulières qui seront heureux de recevoir les
Félibres, nous en sommes assurés.
Le 27 Août, il y aura dans la soirée, réunion dans une
salle de l'Etablissement thermal mise très gracieusement à
notre disposition par l'aimable directeur M. Mousset ; séance
de travail, reddition des comptes, renouvellement du pouvoir du bureau, nous invitons les membres titulaires de
l'Escole à s'y rendre en grand nombre.
Le lundi 28 Août, dans la même salle, le Bureau se réunira
pour arrêter définitivement le Palmarès et les conclusions
des rapports.
Puis, après le repas de midi, on se rendra à Mauvezin, où
dans la Cour du Château, aura lieu la réception des invités
et la Séance des Jeux Floraux avec Cour d'Amour et distribution des récompenses.
A 6 heures 1/2, Banquet au Grand Hôtel de Capvern.
A 9 heures, Soirée Musicale avec le concours de l'Orphéon
de Capvern et Soirée Littéraire, où nous aurons la bonne
fortune d'applaudir les meilleurs poètes et conteurs des trois
Escoles gascounes.
Des programmes spéciaux donneront le détail de cette
intéressante soirée.
Le lendemain 29 Août, Dislocation : on se séparera en se
donnant rendez-vous pour l'an prochain à Auch.
L'Horaire du service d'été de la Compagnie du Midi n'a
pas encore paru ; nous le donnerons dans le numéro du
1er Août, avec les indications des principaux hôtels de
Capvern.
Mais nous ne voulons pas attendre plus longtemps, pour
dire à nos amis qu'ils trouveront, dans l'horaire, toutes les
facilités pour arriver à Capvern : cette station est sur la
grande ligne ; tous les trains s'y arrêtent et de jour et de nuit.
Qu'ils y viennent donc en grand nombre.
Le Président de l'Escole Gastou-Febus,
Adrien PLANTÉ.

�- 143 -

LA RAISON D'ÊTRE

de l'Ecole Gaston-Phébus
m
Lorsqu'un corps est atteint d'une maladie constitutionnelle, le
traitement compread, — outre la cure essentielle dont les effets
s'en prenant aux causes, s'exercent dans les profondeurs de l'organisme — une médication plus superficielle destinée à préparer
à aider, à seconder l'action du remède capital ; c'est celle des
toniques, des stimulants, des adjuvants.
Les Pays de France, dont, à tort ou à raison nous avons jusqu'ici
pris le Béarn comme le prototype sont, tout le monde l'admet, des
corps moribonds. Faut-il les laisser achever de mourir? Nous
sommes, à l'Ecole Gaston-Phébus, persuadés que la France ellemême y perdrait, et peut-être s'y perdrait.
L'Ecole Gaston-Phébus a entrepris ou a voulu entreprendre de
remédier, dans la mesure du possible, à l'état morbide dont pâtissent ceux de ces pays qui s'appellent Gascogne et Béarn. Cela
étant, elle a dû, elle doit se demander en quoi consiste à leur
égard la médication véritablement curative aux effets lents et
profonds, et quels sont au contraire les médicaments d'attente
de préparation, les adjuvants. Pour beaucoup, la langue et la
littérature constituent la panacée par quoi un pays se sauve de
la mort totale. Et c'est probablement vrai.
Des nationalités, même dépendantes^ — prenons la Pologne, —
gardent leur vitalité par la langue, c'est entendu ; des poètes, de
grands poètes peuvent leur assurer toute l'immortalité possible,
c'est aussi entendu ; qui tient la langue ti'nt la clef, c'est encore
entendu. Mais si la langue est l'expression vivante d'un peuple
d'une nationalité, d'où nait le sentiment qui fait que ce peuple
veuille, quoiqu'on fasse et quoi qu'il advienne, conserver ce parler
qui assure sa personnalité malgré tout, sinon du Patriotisme,
et quel est le terreau vivifiant dans lequel une littérature nationale puisse enfoncer ses racines, pour fleurir et s'épanouir ensuite
et donner des fruits, sinon l'amour profond, inaltéré du pays
des aïeux, le Patriotisme. Lorsque le Patriotisme décroit, la langue
et la littérature déchoient en proportion ; à mesure qu'une nation
roule vers la décadence, sa langue se corrompt ; le sort de celle-ci
est lié au sort de celle-là. Tant que la langue vit, le pays, vit même
quand il vit sous le joug — la Bohême ou l'Irlande peuvent
nous en être un exemple, — et il vit et sa langue subsiste, et sa

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littérature produit des œuvres de vie, parce que le patriotisme
n'est pas mort en lui. Mais comment entretenir le sentiment
patriotique s'il existe encore ? par quoi le réveiller s'il sommeille ?
par quoi le ressuciter s'il est mort ? sinon par la connaissance
donnée à tous, portée chez tous, de ce qu'est, de ce qu'a été ce
pays ; par la connaissance mise à la portée de tous, des accidents
de l'existence de ce pays, de ses fastes, de sa gloire, de ses éclipses,
et de ses souffrances, par la connaissance des raisons qu'on a de
l'aimer, par la connaissance en un mot de son Histoire. C'est
dans son Histoire qu'une nation trouve ses titres de noblesse, sa
fierté d'être, son vouloir de garder sa particularité.
Et si nous voulons, béarnais, que nos enfants, tout en étant des
français dévoués à la grande patrie, restent des béarnais amoureux
de la petite, nous devons vouloir qu'ils puissent quelquefois vivre
dans leur passé, afin qu'ils puissent aussi se sentir plus complètement de la famille béarnaise. Mieux un béarnais connaît l'histoire de son pays, plus il est fier d'être béarnais. L'Histoire est
l'école des Patriotismés. Ce sont les béarnais qui ont pu quelques
instants revivre la vie de leurs pères, qui aiment d'un amour
invincible et infiniment attendri, cette langue qu'on abandonne
aujourd'hui sans même savoir pourquoi, et qui assistent à cet
abandon, avec une tristesse dont il leur est impossible d'exprimer
l'âpreté. Si trop de béarnais ignorent la fierté d'être béarnais,
c'est qu'ils ignorent leur histoire. L'histoire du Béarn qui, dans
le cours des siècles, se soude à diverses reprises à celles de la
France avant de s'y confondre, trouve à s'alimenter de ses faits
nationaux jusqu'en 1789. Mais combien savent quelles furent
les phases de l'union, puis de l'incorporation du Béarn à la France
quelles furent les raisons déterminantes, les conditions, les'
circonstances qui amenèrent et accompagnèrent cette incorporation?
Nous avons cependant des histoires du Béarn ; nous en avons
plusieurs, depuis le copieux travail deMarca jusqu'au petit précis
de Eyt. Le premier est une œuvre de grande érudition que les
gens d'étude et de cabinet peuvent compulser à loisir; le second
renferme les éléments suffisants pour que nos tous jeunes écoliers
puissent y trouver les notions élémentaires de la vie politique de
leur pays. Mais, l'histoire de tous, qui devrait être à notre avis
une histoire simple, claire, sobre et nette, moelleuse et substan
tielle, harmonique et colorée, non raisonneuse, non alourdie par
des remarques, des justifications et des dissertations, n'est pas
encore écrite. L'auteur nous semble-t-il, devra être bien plus un
évocateur qu'un conteur, savoir se hausser jusqu'aux vues
d'ensemble ; se souvenir que la patrie dont il entreprend de faire
réapparaître le passé comme sur une grande fresque, est un corps

�— 145 —
et a une âme ; que c'est une œuvre de résurrection qu'il accomplît;
que la mission de l'historien est de raviver la tradition et de
refaire au besoin l'âme du pays ; aimer ce pays d'un amour ému
et profond ; s'émouvoir soi-même au contact de cette vie dont il a
pris mission de rappeler les manifestations ; ne pas avoir par
ailleurs la haine implacable du merveilleux par quoi se prennent
les imaginations et les cœurs ; laisser son histoire [se délicatement
parer de ces fleurs d'idéal qui la rendront plus séduisante et
contre lesquelles s'exercera plus tard, s'il est besoin, la sévérité
de l'esprit critique. Cette histoire devra être une œuvre d'art
autant qu'une œuvre d'érudition, être aussi vivante et aussi attachante dans sa forme qu'instructive dans le fond. Elle devrait en
un mot, constituer le " pain eomplet " à la fois léger, et [nourrissant, dont puisse s'alimenter le patriotisme béarnais.
Là, se trouve à notre avis, le grand, le vrai, le seul remède, le
remède essentiel, le remède sauveur, le remède qui revivifiera
l'amour de la petite Patrie et de tout ce qui émane d'elle efde'
tout ce qui est d'elle. L'Ecole Gaston-Phébus n'a pas pu l'appliquer
jusqu'à ce jour, — l'histoire normale n'est pas prête — elle doit se
mettre en mesure de l'administrer au plus tôt. La résurrection du
loyalisme béarnais et gascon, le réveil de l'esprit national béarnais
et gascon, voilà son but final, sa raison d'être supérieure et
dernière.
Qu'on ne se méprenne pas sur le sens qui est ici attaché à ce mot
« national ». Une grande nation est faite de petites ; nous sommes
plusieurs petites nations dans la grande. Ile-de-France, Normandie, Bretagne, Vendée, Berry, Pays basque, Provence, Languedoc,
Boussillon, Gascogne, Béarn, ont formé la France actuelle. Parisiens, Normands, Bretons, Vendéens, Berrichons, Basques, Provençaux, Languedociens, Gascons, Béarnais, sont tous Français. Mais
un provençal n'est pas un normand, un gascon n'est pas un breton,
un béarnais n'est pas un berrichon. Chacun d'eux doit aimer la
France, savoir son histoire et connaître le parler général ; chacun
d'eux doit aussi aimer sa Normandie, sa Bretagne, sa Provence ou
son Béarn, savoir aussi l'histoire de sa petite patrie et connaître son
parler particulier. La connaissance qu'auraient les divers Pays de
France de leur histoire particulière, ne les détacherait pas de la
France ; l'unité de la grande nation n'a rien à redouter à ce qu'ils
sachent ce qu'ils sont. L'histoire de la France — la vraie — est
d'ailleurs faite de l'histoire de ces divers Pays, de même que
l'amour de la grande patrie est fait de l'amour des petites.
Les béarnais se sont donnés corps, tête et cœur à la France.
Mais, lorsqu'ils se sont donnés, ils savaient l'importance de leur
don, l'étendue de ce don d'eux-mêmes, et les devoirs qu'il

�— 146 —
comporte ; ils avaient conscience de ce qu'ils étaient, de ce qu'ils
valaient, de ce qu'ils donnaient en se donnant. Qui comptera les
soldats que le Béarn a prodigués à la France, et qui mesurera le
sang qu'il a versé pour elle, même au temps de son indépendance, au temps où, tel un dogue accroché au flanc du léopard
qui dominait la Gascogne et les trois quarts du royaume du roi
Charles, Gaston-Phébus tuait de sa main son propre frère défendant Lourdes pour le compte des Anglais et lançait à ceux-ci, du
haut du coteaux de Moncade, son immortel: «Touque-y-si-gauses »,
au temps où Gaston XI réussissait à chasser les Anglais de la
Gascogne, leur prenant St-Sever, Dax et Bayonne, ayant le grand
Dunois sous ses ordres ? Il importe que les enfants sachent ce
qu'ont fait leurs pères, comment et pourquoi ils l'ont fait ; il faut
qu'ils puissent constamment ratifier en leur cœur et en toute
connaissance de cause, le grand acte qu'en toute connaissance de
cause ont accompli leurs devanciers. Il faut que, s'ils ont conscience
de leurs devoirs loyalement et joyeusement acceptés de Français,
ils aient aussi conscience de leurs droits et de leurs devoirs de
Béarnais, qui se résument en ceux-ci : le droit et le devoir de se
souvenir, le droit et le devoir de rester Béarnais dans la France,
de se conserver, dans la France, leur esprit et leur langue. Et ceci,
il n'est pas inutile de le répéter, n'est possible que s'ils ont pu
garder la mémoire de leur passé; et ici est, encore une fois la
définitive et supérieure raison d'être de l'Ecole Gaston-Phébus.
L'œuvre n'est pas aisée ; est-ce à dire qu'elle soit au-dessus de
ses forces ? Non, si elle l'entreprend courageusement. Cette œuvre
de rénovation, qui s'impose à elle, est la seule qui vaille qu'on lui
consacre son temps, ses peines et sa vie. C'est le remède à action
profonde et à lents effets, grâce auquel peut renaître la vie des
provinces. Est-il besoin d'ajouter que, ce que pour la simplification de notre argumentation, nous avons dit du seul Béarn et
des seuls béarnais, s'indique aussi, dans sa généralité, pour les
autres pays de France et pour les Français des autres petites
patries ?
Maintenant comment l'Ecole Gaston-Phœbus peut-elle se mettre
en mesure d'appliquer le grand remède ? Elle doit sortir des
sentiers battus, s'élever à la hauteur de sa mission. L'historien
doit fouiller les archives, rechercher les documents, éplucher les
papiers publics et privés, compulser les chroniques, contrôler,
coordonner, édifier, dépenser son temps et son argent. S'il s'agit
de l'histoire du Béarn, les matériaux seront plus faciles à recueillir, le travail rendu plus aisé par les travaux antérieurs; ce pays
forme un corps aux lignes plus arrêtées et mieux définies. S'il
s'agit d'une histoire de la Gascogne, les éléments en seront plus

�- 147 —
éparpillés, le champ des recherches plus étendu et beaucoup moins
bien délimité, la voie moins bien tracée. Notre vœu est que l'Ecole
mette dès à présent en concours, une histoire du Béarn, d'un
côté, une histoire de Gascogne de l'autre, la première devant être
prête dans cinq ans, la seconde dans huit ou dix ans ; et qu'elle
accorde à chacune d'elles une rémunération qui soit en rapport
avec l'effort à accomplir, supérieure par conséquent de presque
du double, pour l'histoire de Gascogne. L'Ecole a butiné jusqu'à
présent ; l'heure semble venue où elle doive consacrer une partie
de ses fonds de réserve — de ses fonds de guerre si l'on peut
ainsi dire — à l'œuvre capitale, à l'œuvre de salut.
De cette histoire, qui pourrait être aussi le livre du maître —
puisque le principe de l'introduction de l'histoire locale dans les
écoles, est aujourd'hui admis — il pourrait se faire un abrégé qui
serait le livre de l'élève des classes supérieures et formerait
l'intermédiaire entre celui du professeur, et le précis de Eyt, qui
s'adresse aux petits.
On pourra objecter qu'il ne suffit pas d'écrire le plus beau des
ouvrages, qu'il faut encore le faire lire... C'est incontestable ; mais
ce qui ne l'est pas moins, c'est que chaque chose doit venir à son
heure ; c'est que l'œuvre doit d'abord être écrite, et qu'on avise
ensuite aux moyens de lui procurer des lecteurs. Nous ne nous
sommes pas dissimulé les difficultés delà tâche ; elle sont grandes ;
mais c'est en attaquant de front les obstacles en les surmontant,
qu'on donne l'impression de sa force, de son vouloir, de sa vitalité.
L'effort à tenter est énorme ; mais par le seul fait qu'elle le tentera,
l'Ecole peut mériter des sympathies qui ne se sont pas encore
révélées, acquérir des éléments nouveaux que ne lui ont pas
attirés ses manifestations purement littéraires, voir lui venir des
concours aussi inattendus qu'inespérés.
Dans les deux premiers articles, nous nous sommes occupé du
devoir de chacun ; ils consistent à ce que chacun réagisse individuellement, selon ses capacités et ses moyens, contre la tendance
de notre peuple à abandonner sa langue. Nous nous sommes
efforcés aujourd'hui de dégager, le haut devoir de la collectivité,
le devoir de l'Ecole ; n'oublions pas qu'elle a été fondée pour
maintenir et fortifier l'amour de la petite patrie et de son parler.
Elle peut-être un admirable moyen de régénération, mais il lui
faut pour cela se mettre résolument en face des réalités, s'employer
judicieusement à sa tâche, adopter une méthode d'action qui soit
une méthode de relèvement pour le pays, acquérir le sens du réel
et du relatif. Elle a pu susciter des poètes ; elle ne s'est pas profondément enracinée parce que le terrain n'était pas prêt ; à elle de
le préparer, à elle de le mettre en état de recevoir utilement la

�- 148 —
la semence qui jusqu'à présent n'a pas germé. Si elle veut, si elle
ose et si elle sait, elle peut encore devenir le palladium de notre
patriotisme, reconnu, aimé, gardé, et au besoin défendu par tous
les Béarnais. Mais elle doit avant tout, provoquer le réveil d
loyalisme béarnais, et créer en Béarn — comme en Gascogne —
un nouvel état d'âmes. On a pu en passant, écouter, applaudir ses
poètes et ses littérateurs ; on ne les a pas entendus; ils ont ét'
parmi nous " l'airain qui résonne et la cymbale qui retentit " de
Evangiles. Us ne sont pas parvenus à provoquer un " mouvemen
d'opinion ", à créer le courant qui porte à la victoire. Us n'y son
pas parvenus parce que le sentiment de la tradition est mort, o
peu s'en faut chez nous ; notre peuple ne sent actuellement ni le
besoin, ni le désir de la renouer, il n'entend plus la voix de se
aïeux, et ses morts ne lui disent plus rien, — car il ne sait plus.
L'Ecole doit lui réapprendre, et lui donner avant tout l'Educatric
des nations qu'est l'Histoire ; elle doit lui rendre la connaissanc
de lui même.
L'Ecole Gaston-Phœbus doit avoir le sens des choses substan
tielles, pour qu'un jour elle puisse enfin prendre conscience qu'ell
ne fait pas une inutile consommation d'énergie, et qu'elle n
travaille pas dans le vide.

YAN DOU

BÉARN.

Au Grit maysouè
Oh ! quim-em dera de bibe à la campagne !
L'estiu s'en ba, dechan la grange plegne ;
Lous arrasims s'apièlen den&amp;lou troulh,
E lou troulhè que danse sus la bregne,
Tintât de mous dou talou dinc'au youlh.
Lou blu dou cèu qu'és entaquat de trumes ;
Cadé matî lou your qu'es hè mey brac ;
Lou sou lheban que sort d'û lheyt de brumes,
E lou sou couc s'estupe amourre e flac.
Sus lou cluchè qu'apère l'agrounlete,
Prèste a parti per lou pè'ts d'estiu ;
Qu'argoeytera, louide nouste maysouete
Lou prumè ben dou beroy mes d'Abriu.
Tout que fahech, la bigne sus la pante,
E sou plané lou soum dou cassourra ;
Prou plech, prou bos oun arrémey ne cante,
La brouste mourte enda ballèu cayra.

�— 149 -

Ausets, bestiots que partechen à hute
Deban l'iber qui-é s'aprèsse au gran pas.
- 0 pren t'y guarde ! eu d'et cura la tute,
Praube gritot, n'atendis pas lou glas.
Ne tardis pas en d'et mete à l'oubratye,
Sis au tribalh tout your de bet mati,
Hourade biste e chens perde couradye :
Qu'é ta trounrpiu l'estiu de Sent-Martî !
Hèt lou hourat dens û terre agradibe
Capbat lous cams ou bien capbat lous prats
Endé-y trouba reyouè de tourna bibe.
Après abé cinc mes droumit en pats,
Bien t'en mey lèu cerquat û lotye a nouste.
0 coum seras arcoelhut à l'houstau !
Que-t manquera l'erbe berde e la brouste,
Me que-y seras à coubert de tout mau.
Qu'auras û nid darrè la tuhe caute ;
Besî dou hoec, que-t sentiras urous ;
Nouste larè, cauhat tout your chens faute,
Sera-'n da tu lou sou dou mes d'Aous.
Aqui pouyras tourna dise la cante,
Sustout la noeyt, quoan tout s'es adroumit
E quoan la nèu dèche case soun mante,
E quoan l'arriu s'estanque marfandit.
S'è lou soumelh coupât pr'û méchan rèbe,
Se dens la noeyt em troten à l'esprit
Lous inquiétés, en d'acòussa la frèbe
Qu'escouterè criqueya lou meî grit.
Anem gritot, la tou'lodye qu'e prèste,
Gritot amie, arribe chens fayssou ;
Lou tou cricri, mey que nat cant de heste,
Qu'anoncera bounur à la maysou.
End'au printems, quoan tourni l'agrounlete,
Quoan lou coucut au bos ayi cantat,
Quoan sou barat flourechi la biulete,
Adiu gritot, reprenla libertat.
Abbé BBRROS.
Parlà de Chalosse (Landes).
ESPLICS

1er QUATRAIN. — Arrasim : ailleurs, arresim. Apiela, entasser.
e
2 QUATRAIN. — Trumes : ailleurs, crums. Chez nous trums et trumes
avec le même emploi qu'en français nuages, nuées.

�— 180 3« QUATRAIN. —Agrounlete : ailleurs, arounleteeiarounnete. Maysoûete,
ou très nasal. Prumè : ailleurs, permè. Louî, très nasal : ailleurs, lougn,
louegn.
»
4e QUATRAIN. — Ballèu : ailleurs, belleù.
5e QUATRAIN. — A hute : précipitamment.
6e QUATRAIN. — L'estiu de Sent-Marti, dit l'Estibet.
7e QUATRAIN. — Reyouè : réjouisssnce, plaisir.
8e QUATRAIN. — Lotye : logement abri.
9« QUATRAIN. — Tuhe, fond de la cheminée. Sera'n, syncope très usité
pour sera, enda.
10e QUESTION. — Marfandit, transi, engourdi... ou à peu près.
11= QUESTION. — Acoussa : pousser devant soi pour faire fuir. Frèbe :
ailleurs, flèbre. Meî très nasal. Ailleurs, megn.
12e QUESTION. — Bounur : d'après certaines croyances populaires, le
grillon de maison, grit mayzouè, est un porte-bonheur pour la maison.
13e QUESTION. — Barat : baradeau, talus. En certains endroits le barat est
fossé.

OUMPRES

Quoan parti que-m disous : « Bèn-ne mic, chèts yélou,
» Pertout oun tu seras, de la mie pensade
» Que-t séguirèy de louegn ; e n'en aurèy pas nade
» Qui ne sie ta tu... Que pots counda sus you ! »
Triste d'abandonna-t, dap toutu drin de sou
Au houns dou cô clabat, que gahèy la boutade...
Apuch mantadu tour e mantue birade,
Que souy tournât tau nid, segu de toun amou
Mes lou nid qu'ère buoeyt, e l'ausère partide
Despuch deya lountéms. Quin t'en debous arride,
Quin te debous trufa d'abém bis trop créden...
Ne sabi pas labets que coum u briu de gabe
De las hemmes lou cô de tems en tems cambiabe,
E que ne hiquen pas en cauyole lou bén !

VITA

BREVIS

Las mèy bères flous dou printéms
Que soun, migue, bite estadides,
Lèu badudes e lèu partides...
So de mey beth n'a pas qu'u tems.

�- 151 Coum las filous, la nouste yoénesse
Que houey ta nou pas mey tourna
En l'èr qu'an heyt de s'en ana,
Pots d'amourous e de mestresse.
Mey bite encoère que las flous
Coum la bentole en bouhérade
Tabey que passe a la boulade
Lou beroy tems de la amous.
De dies, de noueyt a toute ore,
Puchque lous moumens soun coudats,
D'ayma-s de hiu qu'èm plà foundats
Lou tems que-s bique lèu dehore !
Al.

CARTERO.

Causes de Nouste
La loéngue de case a l'escole purmère
Lou Frère Savinien, qui s'a aquesit û gran noum pèr la Terre
dou Sourélh, en amuchan lous fransés dab l'ayude dou proubansau, qu'a hèyt quauqu'arré coum ûe enquèste enso qui toque a
l'entrade de la loéngue e de l'histori de case héns las escoles dou
Goubernemén.
E-m a embiat a you coum aus auts mayouraus lou prougram de
la soue enquèste ?
Que-s pot, més ne-m soubiéni pas d'abé-u ou bis ou recebut.
Que-m seri hèyt û debé de disé-u la mie pensade :
En purmères pramou qu'èy estime e amistat mayoures enta-d
aquéth homi qui dab petits mouyéns ey estât pouderous d ue
obre grane;
E arroun pramou, b'at s'aben enso de Gastou Febus! qu'èyt hèyt
û tout petit drinou sus l'arribère de l'Océan so qui a hèyt éth
s'ous bors de la Méditerranée.
Dab ménch de libertat, dab ménch de seguide e d'engragn,
pramou que souy estât, quarante ans d'arrèque, estaquat per
cadégnes ouficièles.

�- 152 Més lou qui hè so qui pot, a nouste qu'ey desencusat !
Doun, apuch abé léyut héns la rebiste Occitania las respounses a
las custious pausades, que demandi la permissiou de dise you
tabé lou mey mout.
0, sus so de prencipau tan soulémen, enta nous pas arrecadda
ta you soulét las bin payes dou Reclams.
Que so qui abém a demanda au Goubernemén ?
Nou pas de ségu, coum at boulerén quauques homis ahoecats
qui debisen coum si ne sabèn pas oun an la mâ dréte, nou pas
d'acassa la loéngue de France enta hiqua y la de case !
. Que seré ûe houlie, que seré ûe bestiésse. Que seré ta nous
Fransés boulé yasé-s au debath dous Espagnòus, dous Anglés,
dous Alemans, dous Russes, dous Turcs qui aprénen la loéngue
de France tan qui poden, pramou qu'éy la loéngue de l'esprit e
de la luts, de las granes pensades e dous grans sentiméns, la
loéngue dous ahas clas e néts, la loéngue dou peys qui aymam lou
méy, la loéngue dou mounde tout sancé !
E qu'aurém bergougne si lous de Biarn e de Gascougne ne la
debisaben pas.
Au Goubernemén doun que debém demanda de ha apréneaus noustes
gouyatots d'escribe e de palia lou fransés coum hesèn Fénelon e Voltaire,
si-s pot, més en assoucian a d aquére mustre la loéngue dou barso enta
que lous hilhs noustes e l'escribin, e la pallin coum an heyt au Biarn;
Nabarrot e Hourcadut.
Aquiu qu'éy la resou e la yustici, e tabé aquiu la méthode pédagogique la méy frutèque enta la mustre dou fransés.
Qu'en debisi en tablan sus l'esperiénce lounque dou frère Savinien, sus là mie tabé, sus las esprabes hèytes per Moussu Bancal,
espettou a Pau, sus l'abis delà maye par de las rebistes pédagogiques e dous esprits a la biste la méy clare de France e de Nabarre.
Ne bouleri pas que s'en arridoussen arrés, quoand arrèqui dab
lous dou Mieydie lous esprits lous méy abisats de France, pramou
qu'ous hiqueri detire la probe deban lou nas.
Ne séy pas, amie leyedou, si saben alentour de tu, qu'y a abut
en France dus homis de proubincie, qui soun hoèy héns la hosse,
e qui lous reyéns e touts loas qui aymen las causes de las escoles
e tiénen pèr esta dues gloris naciounales.
Que bouy palla dou Biarnés Félix Pécaut, espettou yenerau,
directou de l'escole de Fontenay-aux-Roses, û dous mayes pédagogues dous téms darrès ;

�- 153 E de Jules Ferry, gran nourri e granes aies, care de mascle, cô
de balén, gran Fransés de Lorraine.
Lous dus amasses que pensam a û puble de nouste, repropi
enta-u palla fransés, qui abè batalh'at en sètante coum diable en
benitè e qui meritabe d'esta aproupiat, fignoulat, aducat enta
biéne la flou de France.
E lou purmè dab lou sou séns pratique de las causes que perpausa :
E lou sigoundab la soueberoyeamnepatrioutique qu'approuba:
L'entrade de la loéngue bascou a l'escole purmère.
E lou Reglemén de las escoles de las Baches-Pyrenées, desempuch la guerre beroudye que tién aquéste lèy :
« Article 15. — Le français sera seul en usage dans Vécole, excepté
dans les arrondissements de Bayonne et de Mauléon où il pourra être
fait des exercices du basque en français et du français en basque, dans
la limite du nécessaire et uniquement en vue d'enseigner aux enfants la
langue nationale. »
Ah ! si yaméy lou felibridye estén las soues arrames dinquo pèr
dessus lou Bascoat, bahide be talhera héns lou mabre de las
noustes mountagnes û pa d'estatues ta-d aquéths dus homis qui
an dit a-d ûe loéngue dou puble : Hè-t ent'assiu, beroye, e balhe
gauyouse ayude a la toue so de France.
Qu'y a très ou quoate més, en ûe hoélhe de Proubénse, Vivo
Prouvénço, qu'èy sustiengut aquéste cause bertadère : « L'entrade
a l'escole de la loéngue que depén dou Ministre soul de l'estrucciou
publique. Lous qui debantéyen l'acciou dou Mieydie que deurén
demanda a Maurice Faure, û dous noustes, de hiqua û cap au
bastou en ourbin l'escole a la praube bergougnouse ».
Dab ûe boune gauyou doun la sèy grat, Vivo Prouvénço qu'emprima la mîe lounque létre, més que sustiéncou que lou Ministre
soul ne pot arrèy ou pas gran cause. E qu'en balhabe resous qui
nou semblaben brigue pègues.
Ne crèy pas qu-em troumperi de hère en disén que si Maurice
Faure abè leyut la mîe létre e las 'résous dous mèys amies proubansaus, qu'ey a you qui a'uré balhat coupe.
Més labéts, au Gran dous Grans, diséts-mé perqué Jules Ferry
e poudou dab soulemén lou sou sinnét dise au palla bascou :
Lhebé t e camine !
E seré oumén pramou que las Crampes de pèr labéts qu'èren
méy coumodes que las de hoèy lou die? Ah! ourbits drin las

�— 154 —
payes de l'histori e beyats quin estou malecarous lou pie qui lous
deputats de labéts e mèrquan au cô dou Francés qui ayma dab tan
d'arsèc lou sou peys !
Assiu qu'éy la bertat triste autan coum crude : Maurice Faure
que poudè e n'a pas hèyt. De cént ans dilhèu ne s'y troubera pas
ûe aucusiou parière ; qu'en souy a touts lous dòus. U mayourau
be déu sabé — Maurice Faure qu'éy mayourau — oun n'éy ûe
custiou qui éy de bite ou de mour ta u nouste peys ? Be lèy las
rebistes dou felibrige ? Pèr enténe dise oumén, be s'éy apercébut
qu'y a en France dus counsélhs departementaus qui an demandât
l'ayude dou Biarnés e dou Gascou enta la mustre dou Francés ?
Aquéths dus counsélhs que soun lous de Pau e dou Mount-de
Marsâ, Biarn e Lanes. E se n'at sab pas ta que doun éy mayourau ?
Se ne boulé pas ha ûe lèy yenerau be poudè oumén dise aus qui
abèn la boulountat : « Esprabats e arroun que bèyram enta-us
auts ». Be poudè oumén ha û aperét aus Espettous d'Académie :
« Beyats béde so qui pénsen de la cause lous bostes reyéns ».
Més nou ! Eta dise la bertat, tan soun numerous lous aucups •
d'û Ministre, balén e bou coum ère aquéth, lhèu n'a pas abut
l'abisemén e lou téms de pensa y. E labéts lous qui debantéyen
l'aceiou dou Mieydie que dében ha-s meà culpâ de nou pas abé-u
pregat û, dus, très cops, sètante-sèt cops sèl cops!
Pramou que ne s'én eau pas da au purmè de-nou, que eau tarrita
toustém enta-d aparia l'oupiniou : ûe goûte d'aygue en cadén û
cop pér die sûs ûe pèyre roucude que l'a houradade au cap de dèts
ou de bint ans.
Qu'y a homis de grane balou e de gran talén qui pénsen a
countre de you que l'hore n'éy pas biengude encoère e que bau
mélhe emplega la balentie felibrénque sus gnaute coustat de la
bie.
Devoluy que crét que lous pays de familhe que serén lous purmès a crida biahore : qu'ey, se pénsen éths, distingat de debisa
fransés e que eau decha lous patoès enta la yén de petite coundiciou, enta la minyance : qu'éy oumén aquero qui crèy d'abè leyut
héns Vivo Prouvénço.
. Lou marquis de Villeneuve qu'a drin la mediche idée e que dits
au Numéro 12 d'Occilania : u Mais il y a plus : si on nous accordait
sur l'heure notre desideratum, nous nous heurterions à des difficultés
pratiques presque insurmontables. Où sont les professeurs connaissant
assez bien la langue d'Oc pour l'enseigner ? Beaucoup de félibres et

�- 155 même des meilleurs seraient fort embarrassés s'il leur fallait répondre
sur certaines questions de syntaxe et expliquer des règles... On peut
écrire très purement et très facilement une langue et être incapable de
l'enseigner. »
Camelat qu'a escribut quauque par que eau coumensa la mustre
pèr lous « escouliès-méstes » de l'Escole Nourmale.
Aus très que-s pot ha la mediche respounse : 0, lous pays e las
mays que herén crouchi la hèrre d'arrauye se, pèr ûe lèy, û Goubernemén moumbirat e horebandibe de l'escole la loéngue francése. Que-s lheberén touts coum û soul homi e qu'ous bèyrén en
coudeTy-sègue ha proucessious pèr las arribères, e las granes
biles, de Pau a Marsélhe, en cridan biahore lou pugn én l'èr e la
miasse a la bouque. Qu'aurén resou e lhèu you medich, a maugrat
de la peluche blanque, ye heri tuste dab lous cridedous.
Més arrés, au die de hoèy, n'auré lou froun de ha ûe gnargue a
la loéngue de la luts e de l'esprit. Qu'at eau dise toustém haut,
dab Pécaut e Ferry que boulém a l'escole, « faire des exercices du
langage populaire en français et du français en langue populaire, dans
la limite du nécessaire et uniquement en vue d'enseigner aux enfants
la langue nationale ».
E quoand lou pay e la may ayin coumprèys quign éy méy aysit
d'amucha lou fransés p'ou canè dou biarnés, que seran lous purmès
a-d aplaudi e a balha endiques aus escoulierots e éths medich
que-s hiqueran a-d ayma mayeméns las dues loéngues pramou
que n'y a pas mouyén demaneya chénscès ûe cause chéns balha-lé
ûe place au cô.
A maugrat qui siem touts d'acor sus aquéste pun de la mustre
dou fransés pèr la loéngue mayrane, que-b en bouleri balha ûe
probe en coundan û histoerot :
Qu'èy abut 15 ans enta espettou û brabe homi qui ère tabé û Gascou d'esprit, Mous de Destribats. U die qui bienè béde la mîe escole
que-m disou : Qu'arribi de S... Aquiu, qu'y a û reyén de boune
payère qui amuche coum eau, histori, sapiénees, mourale, chifres,
leyedure e tout lou restan ; més las dictades dous escouliès que
soun cougnides de fautes. A coustat ûe biélhe reyénte pourtan
cournéte qui sap tout doy so qui lou boun Diu e l'abè amuchade
quarante ans a ; las gouyatotes soues ne soun pas méy sapiéntes
qu'ère, més louscayès lous que soun chéns fautes ou yuste. Que
credî a la chicane e qu'èy dictât you medich. Qu'en souy esmiragglat encoère. Nade faute. E sabéts perqué ? La biélhe reyénte que

�s'ey abisade d'amucha can a can lous bèrbes en gascou e eii
francés ; touts lous passadyes oun y a accord dou noum dab
l'adjectif ou lou participe qu'ous hè arribera en gascou, — oh !
pèr la pensade, lou qui dicte n'y bét pas ropi, — e la dictade que-s
hè chéns faute prarnou que toutes las létres que sounen en gascou
quoand soun mudes en francés.
P-h !""se diserén lheù lous pays, aquero qu'ey la grafie e nou pas
la loéngue.
Diséts lous labéts quin éy hèyt enta trufa-s de béde û gouyatqui
pretén sabé lou fransés, escribe :
« Je m'ai coupé le doigt. Je m'ai dit entre moi-même. Je suis
été au champ, etc.. »
Et ayustats que soul loucoumparè de las duesloéngues qu'amuchera so qui ey beroy e permetut enso de l'ùe, lè e defendut enso
de l'aut. E qu'û Gascou de l'escole purmère, ne-s despulhera
yaméy dous gasconismes qu'en estudian de réng lou gascou et lou
fransés.
Enfingues diséts-lous encoère : Pertout, en lous peys de France,
qu'entenerats lous espettous ha lou medich plagn : Lous reyéns
n'amuchen pas, ne saben pas amucha la coumpousitiou francése.
Que so qui éy doun la coumponsiciou francése? Qu'auqu'arré
de tarrible ? Yudyats-né ! Qu'éy tout doy ù « récit » gran ou thin.
Oun y a de bonnes idées,
Escribut en bou francés.
Quin eau ha ta-d aquesi de bounes idées? Sounque dues causes:
léye e oubserba. Arré méy qu'aquero : qu'èy toustém bis ù gouyatot badé sapién enta la loéngue quoand sabè léye e oubserba.
Quoand n'y a d'aquéths a l'entour de nau ou dèts ans : û sus mile !
Lous auts que hèn touts coumpousicious francéses qui puden au
praoubè. E qu'en sera atau tan qui la loéngue e s'amuchi coum
hèn hoèy e tan qui lous gouyatots sien maynadyes au loc de
« phénomènes ».
Més hiquats-mé lou mâynadye cap a cap dap û debis gascou,
hèyt de bounes idées, de boune oubserbaciou e plà escribut ;
hats-l'y léye e coumpréne e arroun diséts-lou : Arrebiré-m aquero
en francés. Courreyats dab soégn las fautes de la bersiou en han
lou coumparè qui demandi.
L'escouliè qu'aquesira
De bounes idées
E que las escriura en bou fransés.

�— 152 —
Largats lou soulét a la soue darrère anade d'escouliadye e sabiéts
m'en balha noubèles labéts.
A Devoluy, de Villeneuve et Camelat que disi doun : Pèr las mile
bouts de las gazétes, pèr las couferénces, per lous debis amistous
dabl'oubrè e lou paysà, hats-lous coumpréne aquéres bertats ; e,
lou huét ta you se ne soun pas counsiéns, hurous e fièrs !
Ne sèy pas quin ne ba pèr acera hore oun lou sourélh se lhèbe ;
niés assiu, en û cap-Ioc de canton oun y a oubrès e bouryés mesclats dab paysâs, qu'en balhi la mie paraule d'homi e de biélh
reyén, n'en y auré pas ù tout soulét, pas û pèr arrebouhièc qui
pousqui esta, enta trouba mau aquére fayssou de ha la mustre dou
fransés. E que souy a puch prêts segu qu-en seré atau en lous dus
departeméns qui counéchi prou plâ, Biarn e Lanes.
Aquéth empath dous pays e de las mays, — e m'at acourdats?
— n'éy pas doun miassan sounque de loégn.
Uemoure l'aute trebuc :
« Où sont les professeurs connaissant assez lien la langue d'Oc pour
l'enseigner. »
Encoère û cop que herèy remèrqua que, siban la mîe fayssou,
qui ey d'aulhous la de Savinien, de Pecaut e de Ferry, ne pot pas
esta custiou d'amucha la loéngue de case a l'escole, més soulemén
de serbi-s de so qui lou maynadye en a aprèys au larè enta ha-u
debisa lou bou francés.
E labéts que balheri gnaute care a 4a custiou :
« Où sont les professeurs connaissant a&lt;sez bien la langue d'Oc pour
« l'utiliser dans les exercices scolaires de langage ? »
S'atendém d'abé mile reyéns e reyéntes pèr départemén, qui sien
bous proufessous de loéngue d'Oc enta demanda au Goubernemén
so qui tan se tièy au co, biram la plégue e anam-s'én droumi, lhèu
la « réforme » arribera souléte puchqué desempuch La Fontaine
éy entenut que la fourtune que-s pause sus l'arcalhèyt dou droumidou.
Qu'ayim ou nou proufessous de loéngue d'Oc, que eau demanda
la cause detire en ta esta emplegade detire.
Qu'èy lou triste abantadye d'abé coumensat d'escoulia p'ou téms
dou defun Emperadou. Si aquero n'em hè pas yoèn que m'a oumén
balut d'abé bis e oubserbat hère de causes.
Que fenibi la mîe sigounte anade d'Escole Nourmale quoand
Duruy, gnaute Ministre de payère mayoure e hé entra aus prougrams de l'escole purmère l'histori e la géographie.

�- UÌS —

Sus lou mialè de reyéns e de reyéntes biarnés de pèr labéts, e
sabéts quoant n'y abè de pouderous ta-d aquére mustre ? Siam
laryes e yenerous ! Dilhèu ûe centéne. E quoant de libis plâ hèyts
enta-us ayda ? Pas û !
Drinou méy tar, au moumén qui la Republique abia lou prougram coumplèt qui sera la soue haunou, quoantes e poudèn ensegna : mourale, estrucciou civique, dessî, tribalhs de la mâ, sapiénces
naturaus e physiques, agriculture, cantes, etc. ?
N'at bouy pas dise pramou qu'en auri bergougne.
A-d aquéres dues étapes dou sègle que bin labéts beroye ama- |
neyade : lous espettous que balhan counferénces sus counferénces
enta ha mabe l'ahoalh dous reyéns. Lous reyéns, lous biélhs coum
lous yoéns que s'y hiquan a tros e a tréncs. Las rebistes pédagogiques que sigounteyan lous espettous e las maysous d'ediciou que
publiquan de beroys libis. De fayssou que lous qui ne sabèn arrèy
qu'aprenoun quauqu'arré, lous qui abèn l'esprit ubèr e mublat
qu'aprenoun hère e atau l'û dab Faut que dén a l'obre de l'estrucciou ûe abiade qui, la fé p'at yuri, estou beroye. A l'entertan, las
Escoles Nourmales qu'apariaben reyéns nabèths ta d apijqua de
cap a cap lous prougrams nabèths?
So qui s'éy hèyt qu'y a trénte ou quarante ans, que-s pot ha,
que-s heré adare. E quoant méy adayse ! Pramou que la maye par
dous reyéns e de las reyéntes que sorten dou puble e thic ou mic,
pèr franchimandeyats qui ous ayin, que-s soubieneram de là
loéngue dou barsô.
N'èy pas a-m coupa lou cap de sabé d oun lous reyéns de boune
boulountat e tireran lous libis. Qu'en sauran trouba, qu'en sauram
ha. D'aulhous qu'en abém deya dus : l'û en Proubénse dou frère
Savinien, l'aute en Biarn e Gascougne de Sylvain Lacoste !
Qu'auri encoère brassats de causes a dise, més lou mèy artigle
qu'a deya trop d'endoum.
Que l'estanqui doun sus aquéste counclusiou.
Lou felibrige qu'a hèyt ûe grane faute de nou pas proufièyta dou
passadye de Maurice Faure aus ahas enta ha entra la loéngue d'Oc
a l'Escole.
Lou felibrige que manquera a la soue missiou se ne hè pas tout
so qui depéndi d'éth enta repara la soue faute. Que-s sembleré a-d
aquéths arbous qui porten toustém flous e yamèy fruts.
E sabéts so quin hèn lous paysâs de nouste d'arbous coum
aquéths? Qu'ous coupen e qu'ous hiquen au hoéc.
(A segui).

J.-V. LALANNE.

�— 159 -

LETRES DE TOUT TREM

A perpaus d'istori febusîane
Enta bouta fi à M mau-entenut, Simin Palay que-ns e demande
■de l'emprima aquéste letre. Nou l'at poudém pas refusa. Apuch,
que sera acabat à de bounes :
Pau, aqueste 5 de Yulh.
Moussu-ou Président,
Que m'an dit quauque cop de qu'èri drin hèyt à l'arrèbouhi ;
you que denegàbi ; mes oey, que soyprou près d'at crédepusqu'en
me pensa de ha ue letre de boune camaraderie, coum qui batale
dab u amie cap à cap d'u pintou ou d'ue tasse de café, que-s
parech que m soy " arregagnat coum u gat bòrni " de cap au
.praube Yan dou Bousquet...
E dab aco qu'auri hèyt pîri encouère : qu'auri embentat causes
bounes ta ha péne Pierrot e Guilhote lou diable medich : qu'ey en
ue tiréte, en escriut. e, " lhèu ", Yan dou Bousquet qu'en at tirara
quauque die... Bissè, b'atendera que sîey partit enta Spagne, e,
•d'aquiu, enta las Amériques ! Toutu, l'aygue que-m hè pou coum
■en u gat qui nou seré pas borni, mes tè... ta 'sbita u malur... e lous
yendarmes... A mench que nou y aye prescripeiou...
Aberet credu aco ; aberet coundat que débat lous foundamens de
l'Escole Gastou Fébus que y abè causes autan terribles ?...
Que,y a sustout u mau-entenut si-m semble, e si-b èy demandât
de desclaba après qui abèt barrât, qu'ey permou de tranquilisa
tout lou monde e... Yan dou Bousquet. D'abord, nou l'èy pas boulut
brique, brique tira l'aunou d'abé foundat l'Escole Gastou Fébus ;
mes, si bòu espia las letres de bingt ans a, que m'estounaré hère
nou-y troubèsse pas en quauqu'ue u moutsus l'escole qui prouyetaben de fourma en Bigorre, en aquet temps, Camelat, gn'aute
persoune e you. Aquere aute persoune qu'a même passât hère
-d'ans chens de'ns e perdouna d'abé yuntat Biarn e Bigorre, permou que-s boulé 'sta sounque bigourdane...
Que-m soubié hère pla que Lafore qu'ère mémbre de l'Escole
Moundine e qu'abè aquiu hèyt counechençes dab Bacquié-Fonade
•qui l'abè dat l'idée, si dit : la soue e la nouste que-s rencountrèn,
■que s'ey bist d'autes cops. E bòu dise aco que l'Escole Gastou-Febus
nou sie pas sourtide de touts très ?

�— 160 —

Xou m'èy pas goardat papès de bingt ans, you, e en bingt an&amp;
que y a manière de-s desbroumba quauque punt de detalh : perqué Yan dou Bousquet, au loc de cridasseya, n'at disè pas tout
coum at poudè dise ?... Dab la soue letre qu'a dechat pensa tout
ço qui an boulut, qu'a hèytcréde que y abè peleye oun nou n'y
abè pas brique, ni de quepeleya-s. Qu'ey d'aquero qui èy abut crèbecô.
Que sabét drin, moussu-ou président, que n'èy pas yamey
cercat nad aunou, nade fabou d'aqueres qui s'oubtiénen quoan
manque lou bergougnis ; yamey n'èy demandât à d'arrés ni ue
recoumandaciou, ni u serbîci qui m'auré permetut d'abé tau cause
enta-m flata l'amou-pròpi e, gracies à Diu, nou sèy pas ço qui bòu
dise d'esta yelous : que tribàlhi de bou cô, chens nad intérêt
d'aryént entau Felibridge. Qu'èy despenut enta d'et hère de temps
e hères d'escuts qui m'abi gagnât dab prou de pêne, qu'at èy hèyt
dab plasé e que m'y tournarèy.
Quauquès us qu'an lhèu credut de qu'en bouli à l'Escole GastouFebus de tau e tau cause : que-s soun troumpats. Que soy bitare
coum au permè die, mey escouliè, mey felibre que yamey ! E
qu'escusarat aquéste... manque de bergougnis : que souhèti que
touts qu'aymen l'Escole, lou Biarn e la lengue mayrane coumlous àymi you-medich.
Adichat, Moussu-ou Président; e adare, tirém lou barroulh.
' Si min

PALAV.

Nabèth Counfray
M. Labarrère, Jean, instituteur, à Bruges (B.-P.)-

mm
Lou Yérant : E. MARRIMPOUEY.
PATI . EMPRIMERIE VIGNANCOUR— PLACE DOU PALAYS.

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              <text>Lalanne, Jean-Victor (1849-1924)</text>
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              <text>&lt;p&gt;Bibliot&amp;egrave;ca de l'Esc&amp;ograve;la Gaston Febus&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.reclams.org/" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img style="height: 97px;" src="http://occitanica.eu/images/omeka/gaston_febus.jpg" height="97" /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Vignette :&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg"&gt;http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg&lt;/a&gt;</text>
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              <text>&lt;a class="link_gen    " href="http://www.sudoc.fr/039860345" target="_blank" rel="noopener"&gt;http://www.sudoc.fr/039860345&lt;/a&gt;</text>
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              <text>Reclams de Biarn e Gascounhe&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2019"&gt;(Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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