<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<item xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" itemId="2231" public="1" featured="0" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="https://www.occitanica.eu/items/show/2231?output=omeka-xml" accessDate="2026-05-30T02:44:57+02:00">
  <fileContainer>
    <file fileId="1438" order="1">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/700d4fcf65a4cbf2373bbf285ceb19c3.jpg</src>
      <authentication>146999704fb8c137a5a2c14612a7e431</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="5">
          <name>Omeka Image File</name>
          <description>The metadata element set that was included in the `files_images` table in previous versions of Omeka. These elements are common to all image files.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="74">
              <name>Bit Depth</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="196933">
                  <text>8</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="75">
              <name>Channels</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="196934">
                  <text>3</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="73">
              <name>Height</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="196937">
                  <text>1131</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="79">
              <name>IPTC Array</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="196938">
                  <text>a:1:{s:11:"object_name";s:14:"1911 15e Anade";}</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="78">
              <name>IPTC String</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="196939">
                  <text>object_name:1911 15e Anade
</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="72">
              <name>Width</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="196940">
                  <text>1696</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
    <file fileId="138319" order="2">
      <src>https://www.occitanica.eu/files/original/9b814008939b39723d1d5779b929a2d8.pdf</src>
      <authentication>c23c3587385245521a10c060552ffc1e</authentication>
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="9">
          <name>PDF Text</name>
          <description/>
          <elementContainer>
            <element elementId="175">
              <name>Text</name>
              <description/>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="621922">
                  <text>Réunion de Mauvezin-Capvern
27 et 28 Août 1911
I
La réunion générale de Mauvezin-Capvern a tenu tout ce
qu'elle promettait.
Le soleil radieux, — trop radieux assurément pour nos braves cultivateurs — est l'ami des troubadours et des muses :
il leur a été fidèle pendant ces deux jours de fête.
Le dimanche, de nombreux membres de l'Escole Gastou
Fébus arrivaient à Capvern et le Bureau mettait la dernière
main à la rédaction du palmarès des jeux floraux.
Le lundi matin, à 9 heures, à l'Hôtel Beauséjour, le
Bureau et les membres présents se réunirent et prirent
diverses délibérations dont on trouvera plus loin le texte.
Le 28 août, au château de Mauvezin, nous attendions
vers 2 heures l'arrivée de l'Escole deras Pireneos qui avait
bien voulu, de Lannemezan où elle tenait sa réunion générale, accepter l'invitation que nous lui avions faite de venir
fraterniser cette année avec nous.
Des précautions les plus minutieuses avaient élé prises,
pour assurer le transport de nos visiteurs de la gare de
Capvern au château de Mauvezin et de Mauvezin à Capvernles-Bains pour la réunion du soir.
De nombreux omnibus avaient été arrêtés par le Président
qui, sur l'obligeante assistance de l'homme aimable qu'est
M. Duplan, adjoint au Maire, conseiller d'arrondissement,

�— 222 —
ávait fait un prix pour l'après-midi, avec la condition
expresse que le transport de nos visiteurs aurait lieu gratuitement.
M. Paul Laborde-Barbanègre, trésorier de l'Escole, avait
accepté, très gracieusement, la mission de prendre à la gare
la direction du service du transport : cette mission s'est
trouvée transformée en une charge pénible, grâce au mauvais vouloir de certains cochers qui, méconnaissant les
traités passés avec leurs patrons, ont voulu se faire payer
et ont répondu par des impertinences regrettables aux observations de notre trésorier.
Par son sang-froid, sa fermeté, son oubli de lui-même,
notre vaillant ami Laborde-Barbanègre s'est acquis un titre
de plus à la reconnaissance de l'Escole.
Cet incident fâcheux, que nous avons tenu à faire connaître à nos lecteurs et qui a malheureusement tranché sur les
témoignages nombreux de gracieuse hospitalité dont nous
avons été l'objet de la part des aimables habitants de Capvern, a retardé, un moment, l'arrivée de nos hôtes et de nos
confrères au château de Mauvezin : cette demie heure de
retard a été bien compensée par l'accueil des habitants de
Mauvezin qui, leur Maire en tête, avaient orné l'avenue
menant au château de gracieux arcs de triomphe.
Au sommet de la tour flottait une large bannière aux
couleurs de Gaston Fébus ; une foule empressée se pressait
dans la cour du château et de nombreuses dames, assises
sur le glacis intérieur des remparts, formaient, au pied des
branches vertes des lierres séculaires, de véritables corbeilles de fleurs.
Mme Guillot, la Reine de l'Escole Gastou Fébus, entourée
des gracieuses muses, Mlles Berthe Lalanne, Lorties, Pichon,
Batcave, Valentine et Henriette Cassaét, toutes portant sur
l'épaule le chou de rubans fébusiens à la cigale d'argent,
attendait l'arrivée de sa compagne la Reine de l'Escole deras
Pireneos.
A trois heures, aux applaudissements chaleureux de la
foule, Mlle Sarrieu, portant très gracieusement le coquet
costume national de l'Ariège, fait son entrée au bras du
Président de l'Escole Gastou Fébus, précédée de la belle
bannière de l'Escole, notre visiteuse, suivie du Président,

�— 223 —

M. le Baron de Bardies, du majorai Bernard Sarrieu, de
M. Dufor, le vénérable Vice-Président, et de nombreux
confrères deras Pireneos.
Mlle Sarrieu salue en quelques mots très finement dits
Mme Guillot qui la remercie avec effusion et la place à sa
droite, tandis que le Baron de Bardies lui offre galamment
un bouquet de roses, de Soula en Conserans, en prononçant
le galant salut suivant :
Reyno aliado,
Que bous saludi at noum dera Scolo deras Pyréneos.
De mémo qu'en aquitano, cado poble abie soun rey, de mémo
cado scolo Gascounho a soue sa reyno, en parce que 'ra 'quitano
ero trop grando per un un soul rey, coumo 'ra Gascounho e trop
grano per io soulo reyno.
Mes, coumo es reyots besis eron amies en Aquitano, eras reynos
dera Gascounho debern aro este amigos.
Se Gastou Fébus touruabo en bido, can bous aùrio bist, qu'eichoublidaio sas amous de delà 'ras mountauhos e que bouleio
passa er'aygueto per bous segui. Nous autris, besis de Fouch,
qu'aben passatch etch Salât e'ra Garouno per bous bengue saluda
e per bous oufri couquios hlous deras Pireneos.

M. Planté fait asseoir au bureau nos aimables invités et
les salue dans les termes suivants :
Salut a bous, daunes e counfrays de l'Escole deras Pireneos é
mercès, cen cops mercès, d'esta bienguts plega la came à nouste
en ta grane e ta bère courriole.
Be-y a beth tems qu'espérabi, e lous amies febusiens qu'espéraben, coum you, lou plasé de-p béde aus noustes entours, frayereyan amistousamen, en l'haunou de la terre mayrane.
B'abets dounc plà heyt d'es biene coussira e bous, raoun car
counfray, majorai Sarrieu, de s'abé miat la bère escole fundade
per bous.
Atau que poudem auffri au nabeth mayourau noustes courales
félicitacious e arcoelhe, coum s'at mérite, lou boste Capdau,Mous
de Bardies, beroy homi si yamey s'en y a troubat nat, e la boste
gaymante Régine e lous bostes escouliès renoumats.
E coum ey lou purmè cop que-s troubam amasse, lechats me
counda-p û drin de l'istoère de nouste care souciètat...

�— 224 —
Coum at-a dit !ou gran e trop bergougnous pouète, lou Miquèu
de Camélat, « l'ctmou dou peïs qu'ey ta nous auts coum lou lugrâ, tau
biadyedou esbarit. »
Quoan abem bist que lous ûs e desbrumbaben, lous auts nou
boulen pas couneche lou passât glourious dou peïs libre e franc ;
— atau que s'aperabe l'antic Biarn — quoan abem coumprés que
la cansou dou bielli larè e s carabe, que l'arrepouè de la mayboune e-s perdè ; que d'aute part, lou mieyour méditerranéen nou
semblabe pas ha cas dou mieyour océanien ; que toustem s'y
parlabe du Midi e brigue du Sud-Ouest, lou sang, coum disen lous
paysâs de nouste, que s mescla aus nerbis, qu'abem alabets,
cridat: Biahore ! Aussau ! Biarn! Bibe la bacca ! Oun soun lous
hilhots dous grans payrans !
Qu'at disi, a Pau, quoan aboum l'haunou de récèbe Mistral;
coum lou pastou sus la mountagne, quoan cred audi la bouts dou
ben entounerid, qu'apère lasaoulhes esparrisclades eque hè boula
lou salié.
Au sou chiulet, a grans pinnets, toutes que s'aplèguen au
cuyala. Lou nouste chiulet qu'ère la leugue mayrane ; lou salié
qu'ère la terre béroye e lou mout de Camelat que s'amuchabe coum
û drapeù.
Lous balens qu'es soun amassais, e mâ dap mâ, cô dap cô, pa a
pa, qu'ems partits en cantan...&lt;
Qu'abem cantat l'Adou, lou Gabe, la mar de Gascougne, la mountagne floucade e lou ceù bénadit, lou brès aymat, la patrie e lous
qui s'audiben, qu'es hicaben a canta dab nous autis
Lous mey esbarits qu'abèn goeytat, au mey prégoun dou lou cô,
lous soubenis de case, lou dòu dous qui droumen au segrat, lou
gauyous arreboum de la campane mayroulère, la hami d'entene
encoère lou dous parla d'auts cops... qu-es soun lhebats e s'an
cridat ; aciu qu'ems ! que p'arribam ! E de las Lanes, dou Biarn, de
la Bigorre, de l'Armagnac, dou Sénégal, dou Tonkin, de Paris, de
pertout que s'entenou lou crid : Febus aban ! E Febus qu'ey partit
aban! toustem aban!
Qu'abem coussirat lous amies de toute aupiniou, de toute reliyou,
riches e praubes, yoens e bielhs, de tout mestiè, de tout escantil...
E b'at bedets, qu'ems ù beth gurmeth d'homis hardits, goarruts.
décidais a défende tout so que lou Biarn e la Gascougne aymenlou
mey, so que, bous auts tabey, counfrays, ayinats e defendets : la
fé, l'amou, la patrie e la libertat !

�— 22o E que bam tout dret, e qu'aneram tan que lou boun Diu e-s balbi
alet, chetz pòu dous trufandès, chetz cragne nad yélous, chelz
ha nade margagDe a d'arrès e qu'amucheram, de mey en mey, dab
bous auts, counfrays, que n'a pas pergut arrey, coum at cragnè
Philadelfo de Gerde, que n'a pas pergut arrey
Ra praube rasse de Cascougtie,
De soun trésor sensé parelh
Sa fé, sa lengue, e soun sourelh !...

Nani : arrey d'aqueth trésor n'ey mourt : tout que biù et que
biura encoère....
Atau, Messius e cars counfrays. qu'abem poudut, hoey, auiîri-p
l'houspitalitat d'aqueste larè, qué lou counfray ahoecat, l'homi
serviciaù, yamey fatigat de ha que plâ, l'amie Bibal, a boulut ha
lou larè beziat de l'Escole Gastou Febus.
Daugè, dens û gran poùemi, doun se parlera toutare, qu'at nique
fort beroy sus la lengue d'û bielh Cascoun :
Gascougne, aciù qu'as boun larè
Atau, toustem la rasse que berdeye.
E gracis au Castet bastit sus moun terré,
Hens lou cô dou félibre encoère que yoeneye !

Entrais y dounc de counfience : a nouste qu'ets a case !
Entrats y daunes e daunetes, au miey d'aquères geyres, qui nou
s'an pas boulut flouca en p'attendèn, permou que sabèn que n'y
aurè pas abut prou bères flous ta-p'y ha, bouts qui ets, de ségu,
' ias flous flamboureyantes, poumpouses e bères dou lusèn casaù
pyrénèenc, bous qui ets las gaymantes eslames dou beth sourelh
de Gascougne !
Sus lou pourtau dou bielh casteth de Candau, proche d'Orthez,
que y a inscribut, en lettres de moulle sus la peyre, « chetz bai roulk, tau praube. »
Aciù, sapiats le touts lou Casteth de Maubesi que sera toustem
chetz baroulh, taus amies de la terre mayrane.
Siats y dounc tous plâ, tous hère plâ bienguts !
Le Président de l'Escole deras Pireneos lui répond en ces
termes :
Hounouratch felibre majoural, capiscol respectatch dera Scolo
Gastou-Fébus !
Que bous remerci de bostro bero recepeiou e que bous saludi
noum dera Scolo deras Pireneos.

�— 226 —
Bous qu'ets plantatch en'a' bouno terro de Gascounho coumo un
grand arbe qu'estén sas brancos bienféséntos eychus et Bearn&gt;
eras Lanos, etch Armagnac e 'ra Bigorro.
Bostro réputaciou e 'ra reputaciou de bostro 'scolo que mous
hasiou désira despus lountens de bous counéche.
Noustro 'scolo que 'ra sor caddeto dera bostro ; toutos dios qu'aymoun aùtant sa maï era Gascounho.
N'em cap jalousis de bostro prousperitatch. Que mous recebets
aci en un castetch iéoudal ara moudo de Gastou-Fébus. Nous aùs
paysans detch Salatch e dera Garouno, que nou bous poudem
remercia qu'en cridan de tout cor :
Bibo Moussu Plante !
Bibo 'ra 'scolo Gastou-Fébus !
Bibo 'ra Gascounho !

Le Président. — La parole est à M. Bibal.
M. Bibal s'exprime en ces termes :
Mon cher Président,
Je vous remercie de l'autorisation que vous me donnez. Vous
venez au devant de mon désir; j'avais l'intention de vous la
demander, pour une explication personnelle et une proposition
que j'ai à faire dans l'intérêt du Félibrige gascon.
Mous cars e bouns counfrays,
Ets benguts, sets aqui hère noumbrousis, en aqueste cour
sacrade dou bielh castet de Gastou Fébus.
Déchats me bous dise, en prumè : mercès à touts, salut de co e
fraternitat.
Ya cuatre ans, aciù encoère, bous abioy counviat ta-s bou hé
acère declaraciou « aquestes murs, tout bielhs, rebiscoulats, soun
lous bostes, per toutyour ; benguets-y dounc, en ta canta so que
es bet e bertat, la félicitât e l'amou ».
Un counfray, balen, pouète, de gran espérit, a boulut m'acounséja e m'a dit doucemen, à l'aùrelhe, que Fébus aperabo lous
Félibres, ta que benguessen coum estelos peresclaréja lou céu blu
de Biarn e Gascougne.
Ey coumprés ; ey cambiat lou darré bersi de moun apéret ; e,
are, ataù, lou beyrats e entendrais, pertout e toutyour. L'espinceu
dou noste pintre l'a marcat aù mur dou castet; lou capdaù de

�— 227 'Escole l'a hicat à l'entrade ; e oey bats lou bèse grabat, paus
gourmans, sus las catyettes daus berlingots que se hen dab las
aygues de Capvern.
Ataù dounc, déchats me lou repica, per moun plazé, en ta que
touts de Fébusentenen so que damorera lou darré crit de moun co :
Benguets, brabes counfrays dé Biarn e de Gascougne
Fébus, en soun castet, tout bielh, rebiscoulat,
Bous apère la haut ; va benguets chens bergougne :
De Félibres que bo Maubesin estelat !

Aciù, sets à boste, bien à case boste. Sabi, ey legit, en caùque
loc, qu'un counfray abèbe maù coumprès ; dizio que l'Escole n'ero
pas encoère en poussesioun dou castet pramou qu'en goardabi la
jouissence ou l'esfrut.
Mous cars counfrays, déchats me bou-s esplica, are, qu'abioy
balhat lous murs tout nuts, pedassats ; mès que moun aunou ero
de lous balha garnits e beroys. E, aco nou pot se hé que dab lou
tems. Y tribalhi de co e de cap, e tabé damb escuts. Se lou boste
ben aumente, chic à chic, lou men nou ey pas ataù. Ats, au castet,
un meste d'ahas, que ten la claù, lous escriùts e lous dinés ; que
bous dira franconien que pagui de ma potyo tout so que caù, tout
so que croumpe e gagne l'Escole.
Aco dit, amies e counfrays, déchats me crîda, bien hort, la mie
joye, lou bounur de mous sacrificis en ta l'Escole, e moun aiïeccioun per touts bous aùs.
E adare, qu'ey parlât taùs Gascous qui m'entenen, me balherats
la permissiou de parla ta lous franchimans qui pouyren nous pas
coumprène.
Mesdames, Messieurs, mes chers collègues,
Le vieux château-fort de Mauvezin, celui qui détient, depuis
près de six siècles, la devise immortelle de Fébus : « J'ay belle
dame », aujourd'hui la propriété de l'Escole, devient, petit à petit,
le musée Gascon. Sa réputation s'étend ; elle dépasse Paris ; on
parle de nous en Bretagne.
La Bouts de la Terre, le vaillant journal de Béarn et Gascogne,
n'a pas manqué de nous le faire savoir. Qu'il me soit permis, en
passant, de féliciter et de remercier les créateurs et rédacteurs de
notre petit journal Gascon qui consacrent à son succès leur
activité, leur intelligence et leurs ressources. Donc, la Bouts de la
Terre a fait connaître comment on parlait de nous en Bretagne,

�— 228 —
Les Bretons, en effet, voulaient avoir un Musée à eux, pour leur
vieille province. Ils ont questionné, consulté, et M. Gaidos, le
savant professeur des Hautes Etudes,'à Paris, leur a répondu ceci :
« Faites comme à Mauvezin, dans les Pyrénées. Là, l'Escole Gas« tou Fébus, constituée sous le régime de la loi du 1er juillet 1901,
c possède un château et elle en fait le musée historique de toute
« la Gascogne... La Province doit trouver, en elle-même, sa force
« et sa vie ; elle doit faire les frais de son affranchissement, de son
« embellissement, et ne demander à l'Etat que la liberté ».
Et bien ! mes chers confrères, nous sommes libres ; mettonsnous à l'œuvre pour Mauvezin, notre bien commun. Beaucoup y
sont venus en pèlerinage ; nous y sommes aujourd'hui en fête ;
quelques-uns lui ont déjà confié leurs ouvrages ou de vieux souvenirs. C'est là que nos suscesseurs aimeront à venir encore, il
faut que Mauvezin devienne réellement le musée impérissable de
tout ce qui concerne la Gascogne, dans sa plus grande étendue,
de l'Océan au pays de Foix, des Pyrénées à la Garonne.
Simin Palay, un des nôtres, qui est en voie de se faire une
célébrité, se plaignait précisément, il y a quelques jours, que les
noms des Gascons, même les plus célèbres, se perdaient dans
l'oubli. Et bien ! il ne faut pas que cela soit ; il faut que les vieux
murs de notre château, désormais à l'abri des ravages du temps
et des hommes, conservent précieusement les œuvres que les
Gascons font et le souvenir de celles qu'ils ont faites.
Voici ce que je propose, pour répondre spécialement à la juste
préoccupation de Simin Palay , qui est celle de notre Président et
la nôtre : que chacun de nous, que tous les Félibres dressent la
liste des Gascons célèbres, connus d'eux par l'histoire étudiée ou
à étudier, avec ces renseignements : lieu et date de naissance, date
du décès et leurs principaux faits, en une ligne, et envoient ces
listes à notre Président, et par suite au Bureau de l'Escole. De
toutes ces indications écrites, il en sera fait un choix, une condensation. Cette condensation, ce panorama pour ainsi dire, de la
vie passée de la Gascogne, sera peint sur des tableaux qui viendront garnir les murs de notre salle historique.
Ainsi, nous aurons le plaisir vécu d'avoir sous les yeux, et tout
le monde le verra, ce que la Gascogne a produit de beau, de
grand, d'utile, dans toutes les voies qui conduisent à la célébrité :
les armes, les sciences, les lettres et les arts.
Et alors, quand nous nous rencontrerons, nous ou nos successeurs, nous pourrons, avec raison et avec fierté, nous féliciter de

�— 229 —
l'œuvre accomplie et nous rallier toujours, avec joie, au vieux cri
de la patrie Gasconne : Fébus aban. Toustem Gascous.
Deux mots encore, pour finir. Dans cette enceinte, où Fébus
nous a laissé son hommage éternel à « Belle Dame » à la Beauté,
il est impossible de ne pas voir, de ne pas admirer, au milieu ou
au-dessus de ce parterre Félibréen, ces visages gracieux et souriants! nos compagnes ou adeptes du Félibrige, qui apportent ici,
avec leurs encouragements, le spectacle de leurs charmes et de
leur beauté ; et je croirais manquer, non seulement aux principes
élémentaires de la courtoisie, mais encore à mon devoir, si je ne
saluais aussi de mes hommages, en famille, les belles Dames de
France... et, les nôtres, de ce cri parti du cœur : Vivent les femmes
de Gascogne !

Inutile de souligner l'accueil chaleureux qui est fait à ces
t,rois orateurs, si heureux d'échanger entr'eux l'expression
des sentiments de leur cœur, dans cette circonstance qui
consacre l'union confraternelle des deux Sociétés sœurs.
M. Lisolp, membre de l'Escole deras Pireneos, représentant de la Fédération Régionaliste française, demande la
parole et donne lecture du discours suivant accueilli par une
belle salve d'applaudissements :
Reines, Dames, Félibres !
Cette année 1911 est vraiment une année prédestinée, marquée
par les astres, astrado comme disait le Maître de Maillane, dans
l'histoire de la Renaissance Provinciale et du Félibrige. A la
Sainte-Estelle, le Capoulié Valère Bernard et Philadelphe de Gerde
ont prononcé les paroles faditiques qui doivent nous guider vers
un avenir plus libre et plus beau. Sur tous les points de la terre
méridionale, les manifestations se succèdent de plus en plus
populaires, grandioses, significatives, et de l'autre côté de la Loire
le réveil des provinces d'Oïl répond fraternellement à celui de
nos provinces d'Oc. La solennité d'aujourd'hui vient bien à son
heure. Sur ce promontoire de Mauvezin d'où le regard émerveillé
embrasse plus de trente lieues de terre Gasconne, devant le site le
plus grandiose de nos Pyrénées, devant les royales cimes de l'Arbizon, du Pic du Midi et du Néouvielle, dans ces murailles d'épopée qui frémirent aux cris des hommes d'armes et au cliquetis
des glaives et qui vibrèrent aux chansons des cours d'Amour sous

�— 230 le Grand Gaston Phébus, la réunion de nos deux écoles du Félibrige Pyrénéen prend une solennité toute particulière.

Félibres

du Comminges et Félibres du Béarn semblent réouvrir ici, après
plus de cent ans d'interruption, l'assemblée des Etats des'QuatreVallées. Fidèles aux traditions de rude indépendance de vos ancêtres, vous voulez resserrer votre union si fraternelle avant d'affirmer plus énergiquement encore que par le passé, dans la noble
lutte des opinions et des idées, le droit de nos provinces montagnardes à l'existence et au progrès. Vous manifestez plus haut
encore votre volonté bien ferme de clore à tout jamais l'ère de
servitude, d'abandon de la terre et du foyer, d'émigration stérile
et d'abdications de toute sorte qui a succédé pour nos vieux pays
Pyrénéens aux siècles, où les dignes descendants des Convènes et
des

Bigenions,

plus fiers que les Helvites de Guillaume Tell,

défendaient, jalousement, leurs fors et leurs libertés séculaires.
Ce qui paraissait impossible hier, nous pouvons l'espérer aujourd'hui, puisque le Comminges et le Béarn prennent hardiment
la tête du mouvement félibréen, puisque c'est la parole ardente
d'une de nos reines, la grande Pyrénéenne et la grande Occitane
Philadelphe de Gerde qui montra naguère à tous les vrais patriotes
méridionaux leur devoir le plus impérieux et le plus sacré. Nous
pouvons l'espérer puisque chacune de nos félibrées marqua une
étape triomphale. De Saint-Girons à Montréjeau et à Lannemezan
d'Eauze à Argelès et à Mauvezin vous avez semé la bonne parole
et réveillé partout les fées tutélaires du pays natal endormies dans
les profondeurs de nos cavernes, par le geste de je ne sais quel
maléfique enchanteur. Et le bon grain levé déjà, puisque la valeur
croissante des pièces présentées à vos concours affirme, mieux que
tout, l'exellence et la vitalité de nos dialectes Gascons. Demain
l'action suivra le rêve et le réveil de la vie régionale, celui de la
littérature de la langue et de l'âme populaire qui vibra si spontanément et d'un accord si unanime à chacune de vos fêtes.
La Fédération Régionaliste Française, dont la mission est, depuis
plus de onze ans, de sceller un lien fraternel de bonnes volontés
et de sympaties agissantes entre tous peux qui travaillent pour le
réveil des

provinces, participe en cette

belle

journée à votre

enthousiasme et à vos espérances. A l'unisson des vaillants félibres
de YEscole de Gastou Fébus et de l'Escole deras Pireneos, elle lance
joyeusement, vers les étoiles tutélaires, le cri de ralliement des
compagnons de
Tocos-ij-se gauzes.

l'illustre comte

de Foix et de notre Henry :

�— 231 —

Le Président déclare ouverte la quatorzième session des
jeux floraux de l'Escole Gastou Febus et déclare que,
vu l'absence très regrettable du majorai Camélat et du
Dr Lacoarret, rapporteurs des concours de poésie et de
prose — dont les rapports sont insérés dans ce numéro
et dans celui de novembre — on procédera immédiatement
à la lecture du palmarès de ces deux concours. A l'appel de
leur nom, les lauréats voudront bien venir recevoir leurs
prix des mains des Dames de la Cour d'Amour.
Le Secrétaire-Général, M. Lalanne, donne lecture du
palmarès :

PALMARÈS DES JEUX FLORAUX
Concours de Poésie
Médaille de vermeil
M. François de Lartigue, de Monguilhèm (Gers), pour La Prime.
Diplcnne de médaille de vermeil
M. l'abbé Tauzin, de Baigts (B.-P.), pour Le Crucifix.
Médailles d'argent
1° M. Cazenave, à Allier (H.-P.), pour Sé de May.
2° M. l'abbé Poque, de Caubios (B.-P.), pour Lou me hasa.
3° M. Abadie, instituteur, à Sombrun (H.-P.), pour La Mousque
e la Roumigue.
4° M. Lendrat, greffier de la Cour de Pau, pour l'Ode à Pau.
Diplômes de médailles d'argent
M. Léon Arrix, d'Aureilhan (H.-P.), pour En tournait de la Hére,
et M. l'abbé Barros, d'Urgons (Landes), pour Nouste arriu de
Gascougne.
Médaille de bronze
1° M. l'abbé Barros, d'Urgons (Landes), pour La Maysoun bielhe.
2° M. Dugoujon, de Condom (Gers), pour Très petites pèces d'un
aprentis.
3° M. Abadie, de Nay (B.-P.), pour Taus Escouliès de Gastou
■ Fébus.
4° M. Denizet, de Charre (B.-P.), pour Oelhs de May.

�5° M. Lacouture, de Laurède (Landes), pour En un de nouste à
Paris.
6° M. Lamaignère, instituteur, à Artassenx (Landes), pour Lou
bilen goarit.
Mentions
M. Dufïour, de Tarbes, pour Lou Biarnés e lou Bigourda.
M. l'abbé Naves, à Le Vignau (Landes), pour St-Bicens-de-Paut.
Mlle Puyou, de Pau, pour Las Helhadoures.
M. Lamarcade, de Miramont-Censacq (Landes), pour La Briaguère.
M. Yan dou Gouf, de Capbreton (Landes), pour Per Sen Yan.
Mme Jules Rivallaud, de Vic-Fezensac, pour La Crouts de la mâ.

Concours de Prose
Médaille de vermeil
Mlle Puyou, de Pau, pour son Au téms béroy.
Diplôme de médaille de vermeil
1° M. Casenave, à Allier fH.-P.), pour Lou Mouli d'Escoute flouye.
2° M. l'abbé Barros, d'Urgons (Landes), pour Lou beroy truc de
Camelet.
Médailles d'argent
1° M. Lendrat, greffier, à la Cour de Pau, pour Aus counfrays e
amies de l'Escole Gastou-Fébus.
2° M. Abadie, de Nay, pour Yan Pierre.
Diplômes de médailles d'argent
\0 M. l'abbé Naves, de Le Vignau (Landes), pour Oelh de Mule.
2° M. Dufïour, de Tarbes, pour UAubergiste de Bic e la hemne de
Mountanè.
Médaille de bronze
1° M. Mourthé, greffier de la Justice de Paix, de Nay (B.-P.),
pour Lou Lapî blanc.
2° M. M. Léon Arrix, d'Aureilhan (H.-P.), pour Lou Crîmi.
Mentions
M. Plou, Pierre, de Pau, pour Counte biarnés.
M. Laquet, de Bagnères, pour Lettre d'ets cams. '
M. Lamaignère, d'Artassenx (Landes , pour Peïs de case.

�- 233 Concours de Dessin, Peinture, etc.
i° Svjet de Concours (Voir le programme imprimé)
1 ei prix : M. Cheval, de Bagnères-de-Bigorre, une pervenche d'ar
gent ; Mlle Lachè, de Bordeaux, une médaille d'argent.
Mentions honorable
1° Mlle Germaine Melhion, un livre d'art.
2° Mlle Romefort, un livre d'art.
2° Svjet de Concours (Voir le programme imprimé)
or

i prix: Mlle Lachè,. déjà nommée, une pervenche de vermeil.
2e prix: M. Cheval, déjà nommé, une médaille d'argent.
Mention honorable : Mlle Romefort, déjà nojnmée, un livre d'art.
Concours de Musique
er

i

grand prix, Médaille de vermeil et impression du morceau primé
avec couverture primée au concours de peinture

M. Gaston Mirât, de Pau.
2e premier grand prix, Médaille de vermeil, offerte par le Président
M. Castaingt, de Pau.
Ces deux lauréats devront être mis hors concours, ayant remporté plusieurs premières médailles.
2e prix, Médaille d'argent avec éloges
M. Daniel Campet, à St-Jean-de-Luz.
Mention honorable
M. Lafïorgue, instituteur, à Masseube (Gers).
PRIX D'HONNEUR
M. le Chanoine Ricaud, de Tarbes, une Médaille de vermeil.
M. Alphonse Meillon, de Pau, une Médaille d'argent.
Deux médailles d'argent ont été offertes à MM. les Directeurs de
rOrcheslre du Casino et de la Chorale de Capvern, pour le gracieux concours qu'ils ont prêté aux fêtes du 28 Août.
M. Darclanne, Vice-Président de la section Landaise, lit la
pièce intitulée La Prime qui a valu à son auteur, François
de Larîigue, de Morrguilhern (Gers), la médaille de vermeil
du concours de poésie. On trouvera cette belle pièce à la
suite du compte-rendu de cette première séance.

�— 234 Le Secrétaire-Cénéral lit le Palmarès des Ecoles : on le
trouvera plus loin avec son rapport très documenté.
Après quoi, le Président reprend la parole :
Avant de vous rendre compte des concours pour certains prix
spéciaux, je tiens, comme nous en avons contracté l'habitude, à
envoyer un pieux souvenir à la mémoire de ceux qui, depuis
notre dernière Réunion générale de 1910, ont été enlevés à notre
confraternelle affection.
Bernard Sourbets, de Mont-de-Marsan, ouvre cette lugubre
série : c'était un charmant esprit, un noble cœur, nature délicate,
artiste dans le fond de l'âme, devant lequel s'ouvrait une carrière
pleine de belles promesses.
11 fut à diverses reprises notre lauréat des concours de musique
et notamment à Condom, où son œuvre musicale Printemps, écrite
sur les charmantes paroles de notre ami M. Naples, remporta un
si grand succès.
Au moment où nous comptions que Bernard Sourbets se
remettait heureusement d'une cruelle indisposition, il a été
enlevé tout jeune à l'affection de tous, laissant, dans de pauvres
cœurs brisés, un vide qui ne sera pas comblé.
Le Colonel Sarrailli, de Bérenx, un vaillant cavalier, un béarnais pur sang, un écolier de Gaston Fébus fidèle : comme je le
disais, en février dernier, en annonçant sa mort dans les Réclams,
une amitié, des plus intimes, nous liait depuis la vingtième
année, l'âge des rêves et des espérances. A une époque où les
vrais amis se font de plus en plus rares, j'ai vivement ressenti le
coup qui nous séparait de lui. Ce n'est pas sans une profonde
émotion que je lui envoie mon affectueux salut.
Le Docteur Casaubon, d'Ygos, un de nos adhérents de la première heure, a disparu laissant après lui les regrets de tous ceux
— et ils sont légion — auxquels il prodiguait les secours de son
art et les bienfaits de sa générosité.
M. Laforgue était un vieillard charmant, ayant parcouru une
très longue et très brillante carrière dans le notariat à Pau, où il
primait parmi les meilleurs. Adjoint au maire de M. Patrick
O'Quin, il eut part, avec lui, dans les grands projets d'embellissements du Chef-lieu du département des Basses-Pyrénées ; fait chevalier de la légion d'honneur, il se retira des affaires, heureux
d'assister au merveilleux développement de sa chère ville.

�— 235 —
Il est mort, entouré de l'estime universelle, laissant à sa très
honorable famille des exemples qui ne seront pas perdus.
M. Dulau député des Landes, à disparu emporté jeune encore
par un mal cruel, qui a défié les soins les plus éclairés et les plus
affectueux.
Ses compatriotes l'avaient envoyé à la chambre des députés et
par son talent, comme par son dévouement aux intérêts de son
pays, il justifia pleinement la confiance qu'ils avaient mise en lui.
Sansot, ingénieur, président de la Société Ramond, a été enlevé
tout récemment à la suite d'une opération chirurgicale.
Sa place était marquée aujourd'hui au milieu de nous : car il
s'intéressait beaucoup à notre, œuvre et il y contribuait, par la
publication de petits livres dédiés aux enfants de nos écoles,
auxquels il voulait apprendre l'histoire de leur petite patrie. Son
affabilité, la distinction de son esprit et sa gaîté gasconne lui
avaient assuré de nombreuses amitiés.
Enfin Henry d'Arnaudat, le dernier représentant d'une des plus
vieilles familles béarnaises, qui avait marqué brillament au Parlement de Navarre et dans les Armées de la République et de
l'Empire, Architecte de la ville d'Orthez, enlevé à l'âge de quatre
vingt-neuf ans, dans toute la vivacité d'une intelligence toujours
jeune, dans tout l'entrain de ses affections béarnaises qu'il rajeunissait, me disait-il souvent, à la lecture de nos Réclams, dans toute
l'activité de son dévouement à sa ville natale qu'il aimait tant et
aux pauvres dont il était l'inlassable bienfaiteur.
A ces chers disparus, ainsi qu'à leurs familles, nos regrets et
nos profondes sympathies.
Si la série de nos deuils, n'est pas cette année aussi longue
qu'elle l'a été à d'autres époques, bien brillante, bien consolante
est celle des succès remportés, dans le même espace de temps, par
les membres de notre Escole.
Après les nombreuses promotions d'officiers d'Académie que
nous avons saluées, avec joie, dans le courant de l'année 1910-1911,
nous avons à souligner celle toute récente de notre collègue Eyt,
instituteur à Aubertin, Eyt a été l'un des sept fondateurs de notre
Escole ; il est l'auteur d'une petite histoire du Béarn que nous
avons répandu dans presque toutes nos écoles et qui a permis
d'apprendre à nos petits enfants l'histoire de leur petite patrie, en
même temps que celle de la grande.
Notre collègue le Professeur- DourcieZt de l'Université de Bor-

�— 236 —
»

dëaux, titulaire de la chaire de langue romane, a été fait Chevalier de la Légion d'honneur. Cette haute distinction, décernée à un
homme dont la modestie égale le savoir et le talent, a été applaudie
par tous ceux qui connaissent et apprécient, comme il le mérite,
notre éminent ami. Il nous est particulièrement agréable de lui
renouveler, ici, nos félicitations sincères et nos vieilles sympathies.
Notre Secrétaire-général Lalanne vient de publier un second
volume de Contes, dont notre savant Vice-Président, Louis
Batcave, a écrit une préface très documentée, très intéressante et
très autorisée puisqu'elle est signée de son nom.
Lalanne, après une longue carrière d'éducateur, consacre les
loisirs de sa retraite au culte de la terre natale, dont il est un
ardent admirateur, et de sa langue qu'il parle et qu'il écrit avec un
charme extrême, une science philologique et un talent auxquels,
à diverses reprises, nous avons rendu hommage.
Son second volume de contes lui fail le plus grand honneur ; il
aura, parmi les amis de la savoureuse langue d'oc, un grand
succès, dont l'Escole Gastou Fébus peut s'enorgueillir à juste titre.
Elle ne compte pas de plus fervent adepte que l'auteur de
Coundes e Risto^rots, auquel, en son nom, nous adressons nos
plus chaleureuses félicitations.
L'élégant volume a été édité à Pau, à l'imprimerie Vignancour,
par l'aimable et très intelligent imprimeur des Réclams, Eugène
Marrimpouey.
L'abbé Daugé a publié un charmant volume de poésies — en
français cette fois — dans lequel, sous le titre de Brises de Gascogne,
passent tous les effluves balsamiques, de ce riche et fécond terroir,
tous les rayons réconfortants de cette province privilégiée.
Le Colonel Mondon membre de notre Escole en même temps que
de celle deras Pireneos a publié la grande Charte de Saint-Gaudens du
XII13 siècle. Ce très intéressant travail, accompagné de Notes et
éclaircissements précieux, constitue une très importante et sûre
contribution à l'histoire de cette vieille cité, où notre très distingué
collègue a fixé sa retraite, dont il occupe très utilement, très brillamment les loisirs.
Notre autre collègue, M. Milleret, professeur au Lycée de Bordeaux, après avoir vu ses travaux de languistique hautement
récompensés par l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, a
été chargé du Cours de langue Romane à l'Université de Montpellier en remplacement de M. Anglade, ami lui aussi de notre

�— 237 —
langue d'oc et professeur à Toulouse. C'est là une juste récompense
et le gage de prochains et nouveaux succès.
Le Docteur Levrat, membre de l'Escole Gastou Fébus et de l'Escole deras Pireneos, a été primé d'une rose à l'Académie des Jeux
floraux de Toulouse pour son recueil de poésies intitulé Per la
Gascougne, et notre maître en gai savoir, Simin Palay, a reçu la
même fleur pour ses deux pièces La Bounc bouts et Rencures.
Enfin, l'Institut de France a décerné l'une de ses mentions
honorables à M. l'abbé Dubarqt pour le superbe ouvrage qu'il a
publié, en collaboration de l'abbé Daranats, sur la Cathédrale de
Bayonne.
N'avons-nous pas le droit, Messieurs, d'être fiers de notre belle
équipe de travailleurs ?
Il semble que j'en ai fini avec cette belle série de succès.
Il me reste encore, cependant, un compte à solder envers deux
hommes dont je me considère le débiteur reconnaissant.
Il s'agit de l'abbé Daugé et d'Edward Lacoste, professeur à
l'Ecole des Beaux-Arts de Bordeaux.
Faisant partie de notre bureau en qualité de Secrétaire de la
Section Landaise de l'Escole Gastou Fébus, Daugé ne peut concourir
pour aucun de nos prix ; mais voici la situation toute particulière
dans laquelle se trouve, vis-à-vis d'elle, ce grand, cet intarissable,
ce jamais lassé travailleur.:
Il vient de produire, dans la plus pure langue Gasconne, un
beau poème intitulé Lou_£astet de Maubesi, que l'inépuisable
générosité de M. Bibal a fait luxueusement imprimer, en l'ornant
de belles gravures, dues au talent de notre ami Edward Lacoste.
Le pinceau du peintre s'est mis d'accord avec la plume du
poète, pour réaliser un véritable chef-d'œuvre, édité par l'imprimeur Bousquet, d'Auch.
A ceux qui demandent, non sans dédain, ce que l'on fait à
l'Escole Gastou Fébus, je répondrai tout simplement : ouvrez les
yeux et veuillez voir ! Et si vous n'êtes pas satisfait, vous serez
difficile.
J'ai cru, en souvenir de cette belle journée du 28 août 1911,
devoir mettre à la disposition de l'Escole deux prix supplémentaires, une plaquette artistique vieil argent et une médaille de
vermeil, qu'en son nom j'offre, la plaquette au professeur Lacoste,
la médaille à l'abbé Daugé. Elles leur rappelleront que leur Présinent et ami les a en haute estime et cordiale affection.

�— 238 —
Et une fois de plus, je prie mon cher collègue M. Bibal d'agréer
l'expression de la reconnaissance des vrais amis de la terre
Mayrane et de ses gloires !

Le Président lit les rapports suivants :
1° Sur le Prix d'Honneur.
C'est la quatrième fois, depuis la création de l'Escole Gastou
Febus que nous décernons, dans la Bigorre, le prix d'honneur
réservé, aux termes de nos règlements, dans le département siège
de notre réunion annuelle « soit à l'ouvrage, soit à uu ensemble
« de travaux intéressant le pays de Gascogne ou le dialecte gascon,
a depuis moins de vingt ans. »
Après nos trois lauréats de 1900, 190i et 1908, MM. Bourdette,
Balencie et Bosapelly qui ont attaché si brillament leur nom à
l'histoire de Bigorre, un auteur s'imposait, cette année, à notre
choix, par la haute situation que ses travaux lui ont assurée parmi
les annalistes les plus distingués du Sud-Ouest : le bureau a été
unanime pour retenir ce nom et offrir notre prix d'honneur à
M. le chanoine Iticaud, de Tarbes, qui a bien voulu l'accepter.
Je suis heureux de lui remettre cette modeste médaille en le
priant — si je puis me permettre cette comparaison qui n'a d'ailleurs rien d'irrespectueux pour l'Académie française — en le
priant, dis-je. de ne point faire comme certains académiciens d'autrefois qui, élus, se reposaient, prétendait-on, dans l'oisiveté de
leur dignité — il ne s'arrêtera pas, nous l'espérons bien, dans sa
carrière de travail ; il sait, comme moi, ainsi que le disait Schumann
que l'étude eut sans fin, et il lui reste à mettre à jour encore
de nouvelles et nombreuses publications en l'honneur de la belle
Bigorre, qui applaudira toujours, avec nous, à ses travaux et à
ses succès.
Au sujet d'oeuvres intéressant le département des Hautes-Pyrénées, nous avons déjà eu l'occasion, il y a quelques années, de
signaler les beaux travaux de M. Alphonse Meillon, le pyrénéiste
si connu et si apprécié, travaux qui ont contribué à fixer la valeur
et l'intérêt toponymiques de certains noms de la Vallée de Cauterets.
Cet ouvrage important fut accueilli avec reconnaissance par les
amis de nos belles Pyrénées.

�— 239 —
Aujourd'hui, il publie l'Essai d'un « glossaire des nomstopogrâ« phiques les plus usités dans la même Vallée de Cauterets et de
« la région montagneuse des Hautes-Pyrénées. »
M. Alphonse Meillon est l'âme de la Fédération des Sociétés
Pyrénéistes, dont la Commission spéciale de tourisme et de topographie a proposé, comme un modèle, l'étude de M. Meillon.
Ce n'est pas seulement, Messieurs, un intérêt de tourisme et de
linguistique, qui s'attache à cette étude : il y a encore un gros
intérêt national : car, en adoptant les méthodes de notre très distingué collègue, on arrivera à rectifier les nombreuses erreurs qui
se glissent fatalement et depuis trop longtemps dans nos cartes
d'Etat-major.
Ce n'est ni l'heure, ni le lieu de prononcer certains mots graves
et émotionnants : mais vous comprendrez, sans que j'aie à m'expliquer autrement, qu'il faut de toute nécessité que notre belle et
chère armée nationale ait. au plus tôt en mains, des cartes d'Etatmajor rectifiées et absolument sûres.
Les procès-verbaux de cette Commission que j'ai, ici, sous mes
yeux, demandent que les Sociétés félibréennes, alpines et autres s'entendent pour étudier les noms des lieux et indiquent les rectifications
nécessaires.
L'Escole Gastou Febus obéit donc à un double devoir, et patriotique et régionaliste, en assurant son concours absolu, à cette œuvre si utile, et elle ne saurait mieux faire pour affirmer ce con^
cours, qu'en accordant une belle médaille d'argent à celui de ses
membres qui y a attaché son nom, en consacrant à sa défense, ses
forces, son talent et sa fortune.
2° Sur le Concours de musique.
Le concours de musique consistait cette année en la mise en
musique, avec accompagnement, d'une pièce de vers de M. Abadie,
instituteur à Sombrun, en l'honneur de « Mauvezin».
Les concurrents se sont présentés au nombre de dix: certains
de ces travaux dénotent beaucoup plus de bonne volonté que de
préparation sérieuse.
J'ai dit bien souvent à nos aspirants poètes : avant d'écrire des
vers, il faut étudier la prosodie, la langue poétique, les formes
poétiques, les rythmes poétiques, étudier comment écrivent les
maîtres et arriver ainsi à mettre d'accord la rime, la raison et la
grammaire.

�— 240 En matière musicale, cela est encore plus vrai, car l'art de la
composition est encore plus difficile et plus délicat que l'art
poétique.
Même pour nos petits concours, qui ont du moins le mérite
d'avoir déjà lancé, dans l'oreille populaire, des mélodies et des
chants qui y sont restés gravés et qu'on chante un peu partout
dans notre région, tels que les Pique-talos, lous Soubeni, la
Mariatchoure, lou Printemps, lou Perréquè..., il faut étudier les
principes de la composition et pour cela, je vous recommanderai
le Manuel théorique et pratique d'Alfred Delaporte et l'Harmonie pour
tous de Maurice Petitjean: on les trouve chez Flammarion, le
célèbre libraire parisien, le prix de ces deux Manuels ne saurait,
d'aucune façon, troubler le plus modeste budget.
On me permettra une autre observation générale. Les concurrents doivent chasser de leur esprit toute préoccupation, au sujet
de l'appréciation de leurs envois.
Croyez-bien que le jury de ce concours, qui est formé de
musiciens de 1er ordre, habitant loin de nous et ne connaissant
personne de ceux qui concourent, est en mesure de se rendre
compte des mérites des concurrents, sans que ceux-ci aient besoin
d'accompagner leur œuvre de véritables mémoires explicatifs de
leurs intentions, dythérambiques de leur mérite et de recommandations diverses.
Croyez-moi : envoyez tout simplement vos pièces de concours,
sans y ajouter la moindre liane de prose : on ne vous demande que
des lignes de musique : faites donc qu'elles soient excellentes comme
l'ont paru au jury, les trois pièces qui ont été couronnées.
Oui, elles sont, chacune dans son genre, excellentes et font
honneur à nos auteurs.
Les deux premiers ont compris que l'importante poésie de notre
confrère Abadie, était une véritable cantate: ils l'ont traitée ainsi;
alternant les récitatifs avec les ensembles et faisant accorder
l'harmonie avec le sens de chacune des strophes du poète : c'est
une véritable adaptation musicale pour me servir d'un ternie fort
usité aujourd'hui, et qui caractérise une forme a laquelle nos plus
grands maîtres ont fait une grande place dans leurs conceptions
artistiques.
Le jury a hésité un moment pour déterminer son choix, devant
l'excellence de ces deux œuvres, dont l'une sera exécutée ce soir
par la vaillante société chorale de Capvern qui l'a bien étudiée et
mise au point avec les conseils de son auteur lui même.

�— 241 —
11 n'a pas voulu donner uu prix ex-œquo: mais le président de
l'Escole offre, en son nom persouuel, une médaille de Vermeil qui
constituera le 2e premier prix.
En conséquence, le 1er grand prix est décerné à M. Gaston
Mirât, de Pau, qui faisait à Bordeaux, une période militaire. Il a
obtenu une permission pour venir diriger, ce soir, l'éxécution de
son œuvre.
M. Mirât n'est plus un débutant ; mais c'est un très jeune, qui
a déjà cueilli de nombreux lauriers et dont les cantates et les
ballets ont été chantés et exécutés à Pau, à Lyon, à Dijon avec le
plus grand succès. Un bel avenir artistique s'ouvre devant lui.
Nous lui souhaitons la réalisation de ses belles et chères espérances.
Ce 1er grand prix consiste en une médaille de Vermeil et en
l'impression du morceau couronné avec, comme couverture, la
gravure du dessin primé du concours de peinture.
Notre ami, le Comte de Viforano, a voulu qu'une partie de sa
large subvention annuelle soit cette année consacrée à la constitution de ce prix. Je lui adresse nos plus vifs remerciements.
Le second 1er grand prix, une médaille de Vermeil, offerte par
le Président, est donnée à M. Castaingt, de Pau, notre premier
lauréat de l'an dernier. Son œuvre est excellente et très digne
d'atiention.
Le deuxième prix du concours, c'est-à-dire la médaille d'argent
est décernée à M. Daniel Campet, de St-Jean-de-Luz ; son chœur
sera publié dans les Reclams et sera vite populaire, comme les
Pique-talos, de Lacoarret sont devenus l'hymne aimé des Salisiens,
le chœur Maubesi, de Campet, un simple chœur bien enlevé avec
soli et refrain, deviendra le chœur préféré des chanteurs bi'gourdans.
Enfin, une mention honorable est accordée a M. Lafïorgue, de
Masseube.
Quant aux autres concurrents, qu'ils ne se nécouragent pas:
qu'ils se pénétrent hien des observations, que je me suis permis
de leur présenter et je ne doute pas les retrouver, en bonne
situation, dans un de nos prochain concours.
La poésie de M. Abadie, de Sombrun, qui a si bien inspiré
M. Mirât, mérite une mention particulière. Il ne s'est pas fait
prier quand je lui ai demandé une pièce sur Mauvezin, pièce
d'actualité à mettre en musique.

�— 242 —
Très simplement, de la façon la plus désintéressée, il m'a
répondu en m'envoyant une ode ou cantate, pour laquelle il a su
mêler, dans une note très artistique et très discrète, l'hommage dû
à la Bigorre, au vieux donjon et à son généreux restaureur.
J'ai cru devoir répondre à cet acte de complaisance par une
médaille de Vermeil, que je lui offre en mon nom personnel; elle
lui rappellera cette journée où il a si bien mérité de la poésie
gasconne et de la petite patrie.
3° Sur le Concours de dessin.
Le concours de dessin n'est pas suivi, comme il le fut la première année.
Certains trouvent le jury trop sévère : ils ne doivent pas se
décourager : pour qu'un concours comme le nôtre, avec un jury
de haute situation artistique comme les professeurs de l'Ecole des
Beaux Arts de Bordeaux, qui le composent, il faut, assurément,
faire une part à la bienveillance, mais non à la faiblesse, de façon,
que les lauréats comprennent bien, que, s'ils sont primés, c'est
uniquement parce qu'ils le méritent.
En art, comme en poésie, l'inspiration varie souvent avec les
conditions de temps, de lieu, de santé et tel qui, en 1901, a été
inspiré au point d'avoir mérité une récompense, peut ne pas l'être
l'année suivante, sauf à le redevenir l'année d'après.
Donc, je le répète, que les concurrents ne se découragent pas
et qu'ils persistent à concourir. Ce ne sera jamais du temps perdu.
Deux sujets étaient mis au concours :
Un premier destiné à fournir la couverture du morceau couronné comme premier prix du concours de musique.
Or le concours de musique, vous l'avez vu, consistait en la mise
en musique, avec accompagnement, d'une belle poésie en l'honneur
du Vieux château de Mauvezin si heureusement restauré par
notre ami Bibal.
Quatre œuvres très intéressantes ont été retenues par le jury
qui a attribué :
Le 1er prix : pervenche d'argent (offerte par M. Bibal) à M. ChevaL
de Bagnères-de-Bigorre, employé des postes à Paris.
Le 29 prix : une médaille d'argent à Mlle Lâché, de Bordeaux.
Une première mention à Mlle Germaine Methiou.
Une seconde mention à Mlle Bomefort.
Les titulaires de ces deux mentions reçoivent, chacune, un livre
d'art.

�— 243 —
Mais le bureau, constatant que si, selon son aspect artistique
l'œuvre de M. Cheval a mérité le 1ER prix, l'œuvre de Mlle Lâché
est plus dans l'esprit du programme et répond mieux au sens de
la poésie : 11 décide que c'est l'œuvre de l'auteur qui est classé
second qui fournira la couverture de la page de musique.
Un second sujet était mis au concours.
Un sandalier ou un atelier de sandalier.
C'est, dit le programme une profession du pays, dont il faut,
conserver le type : ce type en effet, risque de disparaître dans la
perturbation que les progrès de l'industrie et la multiplication
des machines peuvent amener, à trêve échéance, dans l'exercice de
nos petites industries locales.
Le 1ER prix (peinture à l'huile) a été accordé à Mlle Lâché déjà
nommée qui cueille ainsi la pervenche de vermeil-, offerte par
M. Bibal.
Le 2e prix, une médaille d'argent, est donné à M. Cheval, déjà
nommé, pour une très spirituelle aquarelle toute pleine de finesse
et d'ironie méridionales.
Enfin, une mention honorable (peinture à l'huile,) à Mlle Romefort, qui reçoit encore un livre d'art.
Adrien

PLANTÉ.

Rapport sur le Concours de Poésie.
Que y-a dens aquet councours, que ya ?
Que y-a coume hens û tistalh de cerises, que y-a drin de tout :
cerises panaderes, cerises mieyancères, cerises berdes ou macades.
Quauques flocs dous qui an madurat à l'arrayòu mes nou pas
goayres e la yurade que, m'a cargat de dise — coumissiou
abeyibe ! — que se lou tistalh ère plé, la qualitat qu'en ère atau,
atau.
Qu'an bèt crida touts ans : Soegnats la grafie! — Tout cadu
qu'ey sourd coum pech dou Gabe. — Estudiats la prosodie ! —
Bah, estudia, n'a pas l'ayre riche. — Espugats la lengue ! Eh ! qui
a lou tems, dab aqueste calou?
Atau qu'alignen deban la yurade u gascou bastard dab rimes
qui-n ban de trabès, dab bèrs qui tourteyen, dab catris à granes
culherades.
Las mencious que soun ta M. Dufïour, de Tarbe, l'abat Naves,

�— 244 —

dou Bignau, Dèle Puyou, de Pau, M. Lamarcade. de Miramount,
Yan dou Gouf de Capbretou, Dne Reveilland, de Bic-Fezensac.
Lou tistalh de cerises que semble mielhe per aci. Que y-a
coundespla troussais coum Lou bilèn goarit de Lamaignère, pèces
nerbiouses- coum Aus Escouliès de Gastou-Fébus, dou pouète nayés
Abadie ; mes lous sudyècs que soun drin passats e la lengue
mesclade. Per aqueste cop qu'ous brounsam a darroun dab lous
mandadis de l'abè Barros, d'Urgouns, de Moussu, Dugoujon de
Condom, de M. Denizet, de Charre, de M. Lacouture, de Laurede.
Haut, gouyats, encoère u pa d'estirades e qu'aurats aus dits lous
flocs rouyes dou soum de las branques.
Qu'arribam are à quauqu'arrerotes qui seré u cap d'obre (u
petit cap d'obre) se lou cantadou s'y hère hèyt drin mey. Qu'ey la
pèce chaloussenque de l'arriu :
Ou counechet lou nouste arriu
Lou nouste arriu de quoato goûtes
A qui l'eschuc coupe lou hiu
E qui é très mes à las escoutes...

Moussu Barros ta què nou sautèts à pè-yunt sus lou cerisè ? Per
aqueste cop, — coum Moussu Arrix mey urous en d'autes yocs, —
que-b countenterats d'u papè de medalhe d'aryen.
Moussu Lendrat que mande ue Ode à Pau, ue ode au pèys merabilhous : Lou castèt dou Rey, lou Gabe, lous coustalats, la mountagne, d'Aussau lou nouste poey sacrât. Qui nou bouleré èste
badut perquiu, qui au men n'y bouleré passa las soues darrères
ores de bite bitante ? Lou sudyèc qu'ère dous bèts e dous grands
e Moussu Lendrat qu'a pla hèyt de saya-u. A la soue cante que
manque toutu bèt saut, quauque boulaseyade.
Mous d'Abadie, lou reyen de Sounbru, qu'a gahat lou dequero,
quin diserèy? lou trin de la couyounade qui-b boute l'arride aus
pots, boulens ou nou. Lou sou counde de la Mousque et de la
Roumigue que bau lous qui calameyè dus ans-a. L'abat Poque que
b'a ue fayssou de parla dou sou Hasa qui n'ey pas ourdenàri,
qu'escriu coume boù, mes souben la rime n'a pas qu'ue came e
qu'en eau dues ta camina depla, hèy Moussu curé!
Yausèp de Cazanabe, et, qu'ey dous soulides e lou sou Se de May
qu'ey u beroy tablèu de sancere pouesie.
Qu'aryentam : Yausèp de Cazanabe, d'Allier, l'abat Poque, de
Caubios, Abadie, de Sounbru, Lendrat, de Pau.
E are qu'èm quasi au soum de l'arbè,

�— 245 —
Quin se hè, Mous de Tauzin, qu'eb siats tan despechat ta
l'amassade de las cerises? S'abèts segoutit drinou lou tistalh
qu'aurets dat u grant tour de ma au boste Crucifie. Bère pèce segu,
mes perqué décha-y aquet mout ourrible de plantes, plante qu'ey
franchiman pou cap, pou miey e pous estrems. Trebuca n'ey pas
cade e ta Faute hute
Que eau leyi La Prime, pouesie superbe de Lartigue a qui dam
lou n° 1, la medalhe de bermelh. Francés de Lartigue, qui n'a pas
bint ans, qu'ey hort e que n'a de pregoun. Se Diu at bòu e, se s'y
hè, que coelhera dab Cazanabe, Bibes, Yane de Puyou, Hustach e
Begarie, la flahute yetade per terre, quoan lous qui are ne yoguen,
sien dab l'alet estupade e las mas redes e segures. E sera, lou
pouète de Mounguilhèm, lou mèste d'ue nabère yeneraciou gascoune ? Que-s sabera.
A la soue seguide d'autes que bisitaran coum nous, oey, lou
castèt rebastit per Mous de Bibal, lou mounumen naciounau oun
Mous de Planté lou capdau toustém yoen se bed au ras lous doulens aymadous, lous baylets escayrits de la Gascougne.
Michel

CAMELAT.

Councours de las Escoles
Augan lou prougram qu'abè dus escantilhs de councours :
1° Lou councours de traducciou de dus sudyècs empausats ;
2° Lou councours de cayès qui abèm embiat l'an passât.

I. — Sudyècs empausats
Quoate escoles tan pèr.tan que s'an tirât par d'aquéth councours.
Lous escouliès au débat de ounze ans qu'abèn a d arrebira la
pouesie de Baudorre :

LOUS GANTAYRES BIARNÉS
L'escole de Mirepeix, goiiyilots, qu'a embiat ûe coupie, més n'a
pas balut que quoate puns sus bin pramou que lou tribalh de
letradureque s'éy trop esbarrit dou talhuc biarnés. Hurousemén
lou maynadye qu'éy hare yoenot, ta l'an qui bièy que hera miélhe
e qu'où pouyram balha ûe recoumpénse.
L'escole d'Arthez-d'Asson, gouyatots, que balhe dèts e nau coumpousicious, qui soun estades noutades de 10 à 14.

�— 246 —
Tabé touts lous escouliès bé soun iloucats, assabé :
De la menciou daunou : Turon, Jean ; Saubatte, Henri ; Lousplas, René ; Tourounet, Lucien ; Pourié, Prosper ; Labarthe ; Piol ;
Langle, Germain.
D'île carte de medalhe d'aryén :
Lacure, Bernard ; Bourdette, François ; Canerot, Vincent ;
Bousquau, Dominique ; Tourounet, Auguste ; Dourau, René ;
Berducou, Paulin.
D'ù carte bermelhe :
Guilhamet, Gaston ; Cayéré, François ; Maupas, Jean-Marie ;
Marancy, Jean ; Lapine, René.
De las maynades d'Arthez-d'Asson que-s bièy bint e ûe coum
pousicious, noutades de 8 punsà 14.
Dues debath par la mouyéne, ne poden pas abé arrèy.
A quoate que balham la menciou d'haunou :
Fouchet, Yvonne ; Grabot, Jeanne ; Mandron, Reine ; Bouichou,
Benée.
Chèys cartes de medalhe d'aryén :
Batcéque, Rosa ; Péré, Marie-Jeanne ; Hourna, Lucie ; Bégué,
Marie; Langle, Catherine ; Tambourré, Marcelle.
Nau cartes de medalhe bermelhe :
Gay, Batherine ; Berducou. Marceline ; Bourié, Elise ; Pouyanne,
Lucie ; Lousplas, Adélaïde ; Hourna, Léontine ; Saubatte, Marie ;
(îuilhamet, Maria ; Bordes, Jeanne.
Aus escouliès de ounze ans e méy, que-s rebienè de hiqua en
francés û boussî de Beline :

MOUNTAGNOLE
L'escole de Mirepeix, gvuyatots que s'a mandat cinq tribalhs qui
an balut la carte de medalhe bermelhe a touts lous cinq dab
14 puns cadù.
Couradyut, Clément ; Soumoulou, Joseph ; Fabre, Albert ; Loustalot, Pierre; Darrivère, Pierre.
Las maynades de Mirepeix que soun nau, que las agradam de
séngles cartes de medalhe bermelhe, 14 puns cadûe :
Gras, Jeanne ; Malaureille, Anna ; Cousi, Jeanne ; Cabé, Germaine; Palette, Marthe ; Hilhou, Irène ; Pouey-Dessus, Marguerite ; Carrazé, Angelina ; Larrousse, Valérie.

�— 247 —
Trédze goujats d'Arthez-d' Asson, que s'an touts méritât quauque gauyou, 12 à 15 puns.
Très rnencious d'haunou :
Soumdecoste, Gustave ; Berducou, René ; Junqua, Jean.
Sèt cartes de medalhe d'aryén ;
Place, J.-B. ; Langle, Jean ; Bousquau, Julien ; Malabirade,
Pierre ; Brousset, Romain ; Saubatte, Jean ; Bourdette, Jean.
Dues cartes de medalhe bermelhe :
Berducou, Jean-Marie ; Canérot, J.-P.
Ue carte de medalhe bermelhe e û libi :
Lacure, Fernand (15 puns).
La reyénte d'Arthez-d'Asson, qu'a embiat trédze coumpousicious
noutades de 8 à 16 puns.
Quoate escoulières que s'an méritât la menciou d'haunou :
Mandron, Marie ; Péré, Catherine ; Cayéré, Celina ; Callibét,
Quoate cartes de medalhe d'aryén :
Langle, Jeanne ; Lamardoune, Maria ; Pouyoune, Marie-Louise ;
Berducou, Marguerite.
Ue carte de medalhe bermelhe :
' Dourau, Madeleine.
Dues cartes de medalhe bermelhe e séngles libis :
Séries, Marie ; Fouchet, Laurence.
Que-m hè hère de gay de disé-c assiu :
Aquéres escoles qu'an hèyt hère de prougrès, que saben hoèy
arrebira coum eau en fransés: que sarren plà lou texte e la traducciou de letradure que balhe plà l'idée de la cante biarnése.
La traducciou mout a mout que pouyré lhèu esta miélhe. Qu'éy
aquéste souléte qui pot balha a û estranyè lou tour, la fayssou,
las alures e l'ana de la loéngue biarnése !
Més que eau hiqua lous moûts coum biénen, hiqua-y lous qu'y
soun e pas lous auts.
Baudorre qu'a escribut :
Dou beroy peys qu'èm lous cantayres.
You qu'arrebireri atau :
Du joli pays sommes les chanteurs.
E lhèu parié :
Du joli pays que sommes les chanteurs.
Més que heri ûe faute se hiquabi :
Du joli pays nous sommes les chanteurs.

�— 248 —
Aquéth nou de quign drét ou bouteri aquiu en ûe traducciou
literale ?
Lou qui-m leyeré e pouyré éth sabé arroun abé leyut que lou
biarnés ne boute pas yusteyaméy lou prounom aban lou bèrbe?
Coum a d aquéste bèrs, e credéts qus seré plâ d'arrebira atau :
Que-s ba estuya,
Va se cacher ?
Nou mélhe que bau de dise :
Se va cacher.
Que s'abisin aquero lous baléns reyéns e lous tribalhs lous que
bièyran parfèyts.

II.

—

Councours de cayès

Très escoles que s'en a embiat :
Gouyatots de Mirepeix, 9 cayès dab 115 debés.
Gouyatotes de Mirepeix, 10 cayès, 151 debés.
Gouyatotes d'Arthez-d'Asson, 18 cayès, 162 debés.
Touts lous debés que soun plà caussits, hèyts dab counsciénce.
Qu'an parières qualitats e pariés défauts coum lous de la purmère
partide. Se lou mèy debé n'ère pas d'esperniqua dinquo ha sourti
lou carpaut dou hourat, que diseri. Qu'an mérite parié, e hatslous pariés. Més que-m eau espérniqua : autedemén ta que seri
bou ?
En esperniquan qu'èy doun troubat que las escoles de Mirepeix
qu'an sautât à pè yunc pèr dessus la traducciou literale e n'an pas
hèyt sounque la de letradure.
Pramou d'aquero que bam parti en très lous prêts decén liures.
A dauneLoussalez-Arthetz,reyénte d'Arthez-d'Asson, que balham
pèr lous sous dus escantilhs de tribalhs quarante pecétes ;
A dauneCantou, reyénte de Mirepeix, trénte ;
A Mous de Cantou, reyén dou medich endrét trénte méy.
A Mous de Pourtau, reyén a-d Arthez-d'Asson, ûe medalhe
d'aryén dab û libi.
Aus quoate baléns e baléntesqui s'y hèn desempuch tand'anades
a-d amucha aus escouliès l'amou dou Biarn e de la soue loéngue
que disém grans, grans mercés :
Qu'an pià méritât de la patrie biarnése.
J.-V. LALANNE.

�— 249 —

LA PRIME
(Médaille de Vermeil du Concours de poésie).
VERE NOVO

« Virgile ».

La Prime s'ou soula que bèque, temeruque,
Dat las purmères flous e lous darrès hissouns ;
E, s'ous lilas flayrants, que trinden de cansouns,
Lou sourelh joen e caut, tout choalines, houruque.
Débat la pet dous pins berts, la sabe que thume ;
Lous tarouns de las bits, que ploùren au soulan.
Lou cèu qu'é blu, l'ert qu'e léùyè, lou lum qu'e blan
E la mourt dou sourelh, que s'aprigue de brume.
Houlets, cantes, perhums boulen : coum s'auèn aies,
Deschidan lou broulh d'aur dous saùneyts estants.
P'ous gréps ilhucs, cremats de sou, cànten lous grits
E lous nits dous ausets pénen de las gargales.
La calou, qu'a hounut sus las aygues, la ralhe
Per las planes, p'ous tues, que puntéye lou blat.
Lou sén de la drouléte ardente, bay eslat
E la pabalhe, aies juntes, que s'escaralhe.
Lou matin acoentat, dat la brume lèùgère,
Que s'apelhe d'argent panle ; e lou sé gadau,
Coum lou hum, s'escapan dou teyt dou bielh oustau,
S'esuiste a l'ourisoun, en nègue crumalère.
Qu'ey l'hore blounde e saunejayre, ore ataysade,
E, d'un array mey chin, qu'armigalhe lou sou
Lou haut tuco scarabelhat ; e dap doussou
Jous la lue, que jay la campagne alassade.
Mentre, que capsus bos d'agnestes e de touyes,
S'esblincen lous cims escurous dous coustouns blus,
Pouye la neyt, dat la cante de l'Angelus ;
P'3u ceù encoè qu'eslamérêjen lustrous rouges.
Qu'ey l'hore jumpladoure, alade fresque e dousse,
Au passéje un parelh d'auringlétes en do ;
Qu'ey l'hore, oun l'amne amarade de crèbe-co,
ïrobe l'ert caude e lous repaus gay, sus la mousse.

�Qu'ey l'hore dou desbroum de la bite arroumère;
Lou terradou qu'arrit aus trabalhs acabats.
L'hore esmabude, oun las ahourès e las bats
Jiten cansouns de g y, cabbat cade cautère.
Qu'ev l'hore de l'Amou prime, gadale e chine,
Poutounéjan lous cos blanquineùs dou hadè.
L'hore, au te bésey bèngue, au recorn d'un sendè,
Lou coursatye floucat d'ue eslou d'aglantine.
FRANÇOIS DE LARTIGUE

de Montguilhem (Gers).

Avant de nous séparer, Simin Palay lit ce bel appel aux
paysans d'autrefois :

AUS PAYRANS
Paysas, praubes paysas qui, calhau à calhau
Puyèt dinqu'au bèt soum d'aqueste turrucole
Lou castét doun lou pé tarrible s'atucole
Quoan de pênes e b'a calut enta quilha-u !
Que-b achutè, qu'at sèy, dou qui trop miassabe,
Mes, darrè lous dentelhs, qu'ère encoère bous auts
Qui parabet lous trucs dous heroutyes assauts,
Toustém lous de daban si la hèyte e pressabe.
E s'ère, lou segnou, bardât de hèr, qu'abèt
Ta-b bira dous patacs la camise e la pèt...
Toutu, n'ey pas bous auts qui cercabet la guerre !
E que crey que si Diu a hèyt praba bertuts
En aquéstes parsas per bous sole-batuts,
Qu'ey permou qu'empregnèt de boste sang la terre !

0 paysas d'autes cops ! 0 lauràyres mourets ! .
Qu'ey bous auts qui salùdi "n aqueste ore clare.
Au miey dou bielh castèt doun caupit las parets,
E qu'ey decap à bous qui ma bouts e-s desglare !

�— 231 —
Qu'èm bostes hilhs, lous hilhs dous màgres pè-terrous,
Dous manauts doun la cinte ère souben eslouche
E qui, ta ha yangla biscoumtes e barous,
Houtyaben dou mati tau sé la coste arrouche.
Touts, en souns bras de glas la Mourt que-b a hapats
E, bostes os, mesclats adare per la proube,
Lou bent, per lous medichs caminaus, que-us escoube.
Gus e segnous, que Diu que-b aye en sa gran pats !
Mes enta bous, ô payrans mes, e haut la tèste,
Que màndi, pietadous, aquéste illet de hèste !
Maubesi, 28 d'Aoust 1911.
SlMIN PALAY.

Esplic. — Turrucolc : monticule ; S'atucole : s'entasse ; Dentelhs : créneaux ; Caupi : pétrir ; Manauts : manouvriers ; Yangla : divertir, vivre à
l'aise ; Arrouche : dure, rude, escarpée ; Proube : poussière ; Illet : cri. On
dit aussi renilhet, henilhet, etc.

Cinq heures sonnent : le banquet devant avoir lieu à
6 h. 1/2, le Président lève la séance pour que nos confrères
puissent visiter le Château-Fort.
On se l'end au donjon par le chemin de ronde qui a deux
mètres cinquante de largeur : on monte sur la terrasse du
donjon, après avoir visité les trois étages du musée.
Jamais, semble-t-il, le panorama, qui se déroule devant
les yeux émerveillés des visiteurs n'avait paru si beau.
Pas un nuage : la dentelure gigantesque des Pyrénées se
détache splendidement sur l'azur profond du ciel : les moindres replis de la montagne se dessinent ; les villages étagés
sur les contreforts brillent enchâssés dans les bouquets d'arbres, dont l'ardeur du soleil n'a pas encore pu ternir la
nuance des verts variés : le Château-fort de Mauvezin domine,
de son mamelon élevé, les Baronnies, qui vont s'unir, dans
l'horizon resplendissant, d'un côté aux coteaux du Béarn,
de l'autre aux plaines de l'Adour, tel un géant scrutant,
calme et fier, les coins et les recoins de son empire incontesté.
Les visiteurs laissent éclater leur enthousiasme. Ce n'est
qu'un long cri d'admiration qui part de toutes les poitrines,
pour la beauté d'un spectacle, dû à la munificence d'un
gascon, notre ami Bibal !

�— 232 —
II
A six heures lr2, au grand Hôtel, cent vingt couverts
réunissaient les amis de l'Escole Gastou-Febus, autour d'une
table merveilleusement ornée et d'un menu auquel on a fait
grand honneur.
Sur une belle carte fort élégante, sortie des presses de
notre ami Eugène Marrimpouey, on lisait :
GARBURE PYRÉNÉENNE
SAUMON,

SAUCE

MAYONNAISE

CONTREFILET RENAISSANCE
HARICOTS VERTS AU

BEURRE

DINDONNEAUX A LA BROCHE
SALADE DE SAISON
GLACE

AUX FRUITS

DESSERT

VINS
BLANC,

1

er

CRU DU GERS

ROUGE VILLAUDRIC
MOUSSEUX DES CADETS DE GASCOGNE

En se mettant à table, le Président fait part des excuses
très affectueuses, qu'il a reçues du majorai Chassary, de
Montpellier ; du sénateur Pédebidou, vice-président de la
Section des Htes-PjTénées ; du majorai Camélat, du félibre
de Baretous Henri Pellisson ; de Marius Fontan ; de l'abbé
Labaigt-Langlade, de M. Lafore, vice-président et secrétaire
de la Section des Basses-Pyrénées et de M. Carrère, Principal au Collège de Draguignatt.

Présents au Banquet du 28 Août 1911
MM. Abadie ; Alazard ; Fabien 'Artigue ; Arfix Léon ;
Arrault, ingénieur en chef de la Dordogne ; Bernis, ingénieur en chef des Htes-Pyrénées ; Batcave ; Bibal ; Piganiol,
Conseiller à la Cour de Toulouse ; Piganiol, avocat : Piganiol
Pierre ; Lalanne Jacques ; lieutenant Dargelos ; Baron de
Bardies, président de l'Escole deras Pireneos ; Baphaël de
Bardies ; le Professeur Bonnecaze ; Chabeaux; Cabanès; Chas-

�signet ; Cambonie ; Abbé Cassagnard ; Xavier de Cardailhac ;
Castet ; de Caumont ; Castaingts ; Carrive ; Cassaët ; Darclanne ; Abbé Césaire Daugé ; Abbé Joseph Daugé ; Abbé
Dufor, vice-président de l'Escole deras Pireneos ; Escaich ;
Fourcade, de Nay ; Fourcade, d'Oloron; Faure ; L. Faure ;
Guillot ; Docteur Gave ; Yan dou Gouf ; Lisolp ; Legendre ;
Lalanne ; Paul Laborde-Barbanègre-; Charles Laborde-Barbanègre ; de Laborde (Raymond) ; de Laborde-Noguès ;
Larrat ; Abbé Laborde ; Lendrat ; le Professeur Lacoste ;
Lauzun ; Baillard ; Docteur Louge : Docteur Carey ; Lamothe ; Abbé Naves ; Abbé Médan ; Adrien Planté ; Pasquier ;
Pons; S. Palay ; E. Palay ; Comte de Roquette-Buisson,
président de la Société Académique de Tarbes ; Rouzaud;
de St-Blanquat ; Sarrieu ; Abbé Sérès ; Thévenin ; Ustach ;
Mare-Varenne ; Comte de Viforano; Abbé Verdié ; Vigneaux;
M. le Maire de Capvern ; M. le Maire de Mauvezin ; Duplan,
adjoint au Maire de Capvern ; Docteur Méliande ; Poque ;
Marchand ; Soulè ; Salbert ; Loquet ; La Petite Gazette, de
Bagnères ; Le Semeur, de Tarbes ; Les Pyrénées, de Tarbes ;
Le Courrier, de Bagnères-de-Bigorre, Bagnères-Thermal.
Les Reines : Mme Guillot, de l'Escole Gastou-Febus ; Mlle
Sarrieu, de l'Escole deras Pireneos.
Mesdames : Mme Abadie ; Mlle Batcave ; Mme Piganiol ;
Mme Lalanne ; Mlle Pichon : Mlles Valentine et Henriette
Cassaët ; Mlle Berthe Lalanne ; Mlle Lorties ; Mme de Barry ;
MlleDuclos; Mlle Loubet ; Mme Canton ; Mme LoussaletzArtets ; Mlle Capdevielle ; Mme de Laborde-Noguès ; Mme
Lauzun ; Mme Bianca di Casti ; Mme Vigneaux.
Les Dames, on le voit, étaient nombreuses, donnant à
à cette réunion un grand cachet d'élégance et de distinction :
la joie la plus bruyante, mais toujours maintenue dans les
mesures des plus strictes convenances, n'a cessé de régner
pendant les heures de ce banquet, que les nombreux toasts
ont prolongées au delà des limites prévues.
Mais, faut-il s'en plaindre'.' Les cœurs étaient ouverts, les
visages épanouis et les mains toujours prêtes à applaudir.
Présidaient la table, les deux reines abritées par les deux
belles bannières .des Ecoles sœurs et entourées des gracieuses
muses et des Présidents des diverses sociétés.

�Au dessert, M. Bibal prend la parole en ces ternies :
a
«
«
«

« Moussu lou présiden, e dauoes las Reynes, boulets bé me
balha dues minutos? Me parech que podem pas hé mélhe, are,
que d'abia en prumè, lous nostes bots au Présiden de l'Escole
Gastou Fébus, mous de Planté. Y-a rasouns per aco : me balhats
la permissiou? la preni dab plasé.
Mesdames, Messieurs", et chers collègues,

L'année dernière, à pareille époque, à Capbreton, tous nous lui
adressions nos souhaits les plus ardents ; mais à ces accents, certainement partis du fond de notre cœur, il se mêlait, malgré nous,
comme une anxiété irréductible. Nous savions qu'il était souffrant ; les travaux, l'étude, le surmenage permanent, tout ce qui
fatigue le corps et l'esprit, chez les hommes les plus vaillants,
semblaient l'avoir abattu, et les cœurs des félibres, qui battaient à,
l'unisson pour sa santé et son bonheur, étaient serrés comme
dans un étau.
Aujourd'hui, le voilà au milieu de nous, bien portant, souriant
de ce sourire qui révèle à la fois la force et la bonté, le dévouement et l'affection, plus gaillard et plus jeune que jamais.
Ah ! qu'il nous est doux de le revoir ainsi ! et, c'est avec le cœur
épanoui de joie et d'espérances nouvelles, que nous lui vouons
notre affection, notre reconnaissance et que nous levons notre
verre... à la santé et au bonheur d'Adrien Planté.
M. Adrien Planté très ému répond, à peu près, dans les
termes suivants :
Amie Bibal, en p'escoutan lou mey cô qu'em tictaqueyabe hort !
Que p'arremercii e bous auts tabey, rays de l'Escole Gastou
Febus, que p'arremercii d'abé boulut, dap eth, tan amistousamen
saluda la mie rebiscoulade.
Bibal que p'a rapèlat que l'aute an n'èri pas dab bous a Capbrelou.
U bat malecarous que m'abè, troupe dé més, clabérat au larè e
lou metye tarrible, qui soegnabe lou praube bielh, n'em permetou
pas de m'escapa tio las arribères de la mar berde oun hesteyabets
la terre beroye.
'Mès, eth, toustem hardit e serviciau, que hasou so que nou poudi
pas ha, you I E que s'en tira coum nou poudè pas ha de mench û
homi de gran cô coum eth !

�— 2bo —
Que-p pourta lous meys tésics ! De ségu, tau praube malaù n'y
abou pas de mlelhe yupitèri que lou gran brassât d'amistouzè que
Bibal e m'embia au boste noum.
Obio, car counfray, que souy rebiscoulat, coum lou boste bielh
casteth (toutu ne souy pas encoère auta bielh coum ey eth) Mes
que senti que yeneyi, gracis aù hoec de la boste boune amistad
fébusiane !
Mantengam dounc aquére amistad !
Aymam-sè de mey en mey, lous ûs e lous autis !
Siam dé mey en mey unids e 1K rts !
Nou s'estanquim pas yamey de tribalha entau be de la tasque
ayinade ! Enta la glori de la terre mayrane ! Enta l'aunou de l'Escole Gastou Febus !
A la santad de Bibal !
A la santad de toute l'Escole !
A boste santad, rays e amies e toustem Fébus aban !...
Et il continue ainsi :
Mesdames et Messieurs,
Je lève mon verre en l'honneur des Hôtes de l'Escole Gastôu
Fébus et de tous les amis qui nous aident à les recevoir !
Cette journée du 28 août 1911, marquera dans les Annales de
notre Société, qui aura eu la rare bonne fortune de voir groupés,
autour de sa bannière, les représentants les plus autorisés de plusieurs Sociétés Sœurs, qui défendent avec nous, dans notre merveilleux Sud Ouest, le culte de la petite patrie, de sa langue, de
ses traditions, de ses gloires et de ses libertés !
A vous d'abord. Monsieur de Bardies ! Vrous avez bien voulu
descendre de vos hauts plateaux, pour venir fraterniser avec nous.
Au nom de tous mes collègues, je vous en remercie.
Votre belle Ecole, que nous fûmes si heureux de voir fonder par
mon ami, et deux fois mon collègue, le Majorai Sarrieu, nous
donne, sous votre haute et patriotique direction, de beaux exemples
de travail et d'union, que nous ne cessons d'admirgr ; aussi, est-ce
avec une grande joie que nous vous avons ouvert les portes de
notre maison familiale comme, dès le premier jour et sans vous
connaître encore, nous vous avions ouvert celles de notre cœur.
Puissiez-vous emporter de cette véritable réunion de famille la
ferme assurance de nos sentiments de confraternité, dont je suisj
aujourd'hui, doublement heureux de vous offrir la très sincère, la

�très chaleureuse et, permettez-moi d'ajouter, la très affectueuse
expression.
A vous donc, Monsieur le Président de l'Escole deras Pireneos,
à votre bras droit Sarrieu, à toute votre brillante Ecole.
A vous, Monsieur le Président de la Société Archéologique du
Gers, mon fidèle ami Philippe Lauzun, auquel me rattachent tant
de liens de collaborations précieuses, tant de sentiments de cordiales intimités.
Vous nous aviez reçus à Condom de façon inoubliable et inoubliée ! Vous nous avez apporté à Pau, à Orthez, hier encore à
Biarritz, avec la bonne grâce de votre esprit affiné, votre érudition
si intéressante et si variée, votre ardent enthousiasme méridional.
Aujourd'hui, vous venez vous associer à notre fête florale ! C'est
que chez vous, l'archéologie fut toujours la soeur aimée de la
poésie; c'est en poète véritable que, dans vos nombreux et beaux
ouvrages si appréciés du grand public lettré, vous nous avez
raconté votre histoire régionale et fait parler jusqu'aux pierres de
votre riche terroir !
A votre santé !
Enfin, à vous, Monsieur le Comte de Roquette-Buisson, Président de la Société Académique de Tarbes.
Je me réjouis fort que les traditions de notre hospitalité fébusienne aient établi, que le Président de la Société Académique du
département où nous tenons nos assises annuelles, a toujours sa
place marquée parmi nous. Vous êtes donc des nôtres et par droit
écrit et par droit de conquête.
Car, en vous éloignant des soucis de la vie publique, vous vous
êtes souvenu que vous étiez pyrénéen, et vous avez tenu à consacrer les fruits de vos travaux et de votre haute expérience à votre
chère et belle Bigorre.
Votre connaissance des affaires, votre profond savoir, votre
exquise courtoisie, vous ont mis. dans notre Union des Sociétés
Savantes du Sud-Ouest, en place d'honneur. En vous offrant, à
cette heure, un hommage bien légitimement dû, je ne fais qu'obéir
à un devoir, que votre indulgente bienveillance m'a fait bien
doux ! A votre santé !
Et je bois, Messieurs, à M. le Maire de Capvern, ainsi qu'à tous
ses auxiliaires, dont la simplicité cordiale de l'accueil, la bonne
volonté empressée, en un mot le très intelligent concours, soit à
la Municipalité, soit à lEtablissement Thermal, soit au ThéâtreCasino, nous a permis d'organiser brillamment notre réunion

�- 257 —
générale dans cette curieuse et très intéressante station thermale,
à laquelle nous souhaitons tous une longue prospérité.
A votre santé, Messieurs de Capvern !
J'arrive à vous, mes chers confrères de la Presse départementale des Hautes-Pyrénées, j'arrive à vous et je vous remercie de
vous être rendus à mon invitation avec tant de bonne grâce et
d'empressement.
Certes, je ne puis oublier l'accueil si flatteur que vous m'avez
fait en 1900, 1903 et 1907 : le concours que j'ai trouvé auprès de
vous, à cette époque, restera comme l'un des meilleurs souvenirs
de ma longue carrière.
Vous avez compris, en effet, que l'œuvre, à laquelle j'ai voué
les dernières années de ma vie, est une œuvre de libération
méridionale !...
Si nos efforts, nos études, nos travaux, tendent toujours à la
conservation de notre langue maternelle, au respect de notre belle
histoire régionale, à la résurrection de glorieuses traditions
ancestrales, c'est, uniquement, pour rendre à nos chères provinces
mutilées, écrasées, anéanties, par la centralisation à outrance,
l'initiative, l'activité, la vie qu'on leur enlève petit à petit et qui
leur sont absolument nécessaires.
Je suis, dès lors, convaincu que le jour radieux n'est pas éloigné où, avec votre aide efficace ainsi qu'avec celle de toute la
presse française qui semble entrer résolument dans notre mouvement, nous pourrons saluer, dans une joie commune, la réalisation réparatrice de nos si légitimes revendications ! A votre
santé !
Reines et belles dames,
Je n'oublie pas que vous êtes là, ajoutant, parle charme de votre
présence, un puissant attrait à notre fête...
Je sais bien — oh! ne vous effrayez pas de ce que je vais vous
dire — je sais bien qu'un philosophe morose a prétendu que
lorsque l'on veut faire œuvre sérieuse, il faut oublier que le
Créateur a dit : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul » et que,
dès lors, on doit bannir de toute réunion de travail tout élément
féminin !
Evidemment, ce philosophe n'était pas féministe — d'ailleurs le
mot n'était pas inventé de son temps
Evidemment encore, il devait être de nature peu galante....,

�— 258 Evidemment enfin
soyons poli
il ne savait pas ce qu'il
disait !
N'êtes vous pas de mon avis, Messieurs ? Comment, — pour lui
être agréable, — il faudrait fermer les portes de nos réunions.,, de
nos comités, de nos congrès aux femmes françaises, elles qui en
sont le plus souvent les intelligentes inspiratrices et les soutiens
aimés ?
Mais, c'est comme si, dans nos bois, dans nos jardins et dans
nos plaines, on voulait empêcher la petite fleur embaumée de
marquer de sa grâce et de sa fraîcheur, le sentier du passant !....
C'est, comme si, dans la splendeur sévère de notre immense
firmament, on voulait empêcher de scintiller la petite étoile qui
en illumine l'azur profond
C'est comme si l'on voulait enlever au ruisseau son murmure, à
l'oiseau sa chanson, à la poésie ses harmonies, à l'art ses meilleures
inspirations
Oh ! Mesdames, laissez dire les philosophes grincheux, les
féministes découragés et restez femmes, c'est-à-dire bonnes,
gracieuses, aimables et dévouées !
Revenez à nous souvent, empressées dans notre saine curiosité
du vrai et du beau et soyez bien certaines que, malgré l'avis du
philosophe, les Béarnais et les Gascons sauront toujours traiter
leurs affaires, même les plus sérieuses, sans oublier jamais la
devise fébusienne : « J'ay belle Dame! que non seulement ils
saluent incrustée sur la pierre d'entrée du vieux château de
Mauvezin, mais qu'ils gardent profondément gravée au fond de
leurs cœurs enthousiastes et fidèles.
Messieurs, aux Reines de Gascogne ! aux belles Dames !
ÏJ

Après lui, M. de Bardies se lève et lui répond très aimablement en protestant énergiquement contre ceux qui disent
que la Gascogne se meurt, est morte.
La réunion de ce soir prouve une fois de plus que ceux
qui disent cela en ont menti. Et il boit à l'Escole Gastou
Febus.
Nous regrettons de n'avoir pas reçu le texte de ses vibrantes
protestations.
Puis, longuement applaudie, Mlle Sarrieu porte un toast
charmant à l'Escole Sœur et à la Gascogne.
Madame Guillot, entonne la Coupo Santo dont le refrain
est repris avec enthousiasme par tous les assistants,

�M. le Comte de Roquette Buisson :
Si depuis quelques heures, sur l'aimable insistance de notre
très gracieuse reine, je suis membre de votre société, ce ne serait
pas une excuse suffisante pour prendre la parole aujourd'hui, et,
malgré l'accueil si cordial que j'ai reçu, des compliments trop
llatteurs qui m'ont été adressés, je ne serais pas décidé à le faire,
car pour remercier convenablement le Président de l'Escole
Gastou-Phœbus, il faudrait avoir la bonne grâce et l'espritd'Adrien
Planté. Mais je regarde comme un devoir de vous faire un aveu.
J'avais beaucoup entendu critiquer les réparations faites au
château de Mauvezin, et redoutais d'y venir, m'attendant à une
triste désillusion, presque à une profanation des vieilles ruines
du manoir si mêlé à notre histoire Bigourdane, je me rappelais les
nombreuses fois, où après les longues promenades à cheval à travers les bruyères fleuries du plateau de Lannemezan, j'arrivais à
Mauvezin, pour y jouir du coup d'œil sur les baronnies et les
montagnes qui les dominent ; et convaincu que j'allais voir une
fort malencontreuse restauration, d'avance je m'associais à toutes
les critiques.
Ma surprise a été complète. En regardant de loin la fière
silhouette du donjon, j'ai éprouvé les impressions de jadis. De près
je n'ai plus retrouvé la grande brèche de l'enceinte; j'ai vaine
ment cherché dans la cour les broussailles et les pierres éboulées
qui l'encombraient, obligeant pour arriver à la porte à demie
démolie à de vrais tour d'acrobatie, mais j'ai revu conservés avec
un soin pieux, plus vigoureux, plus beaux qu'autrefois, les vieux
lierres qui drapent les murs, j'ai retrouvé dans cette enceinte
nettoyée, toute la poésie delà vieille ruine, tout son cachet, tout
son caractère. Pour la première fois de ma vie, j'ai admiré l'ensemble du merveilleux panorama dont on jouit de dessus les
remparts, je ne l'avais jamais vu que par morceau en suivant aux
milieu des roues et des pierres le pied des murailles, mais j'en
ignorais la grandeur et la beauté.
Je m'excuse de contrister l'âme des archéologues pour lesquels
toute restauration est un crime, il m'est impossible de partager
leur manière de voir. C'est en me plaçant au point de vue artistique et historique que j'aime nos vieux monuments et c'est pour
cela que j'approuve pleinement ce qui a été fait au château de
Mauvezin. A un truquage plus ou moins savant, à un postiche
plus ou moins inférieur, je préfère les maçonneries qui tout eq

�— '260 —
soutenant la vieille tour nous en montrent tant l'appareil, et
conservent au vieux château sa physionomie. Nous revivons mieux
les luttes de l'histoire de notre pays en ayant sous les yeux la
forteresse debout, qu'en cherchant à travers les broussailles ses
pierres éparses et effritées. Je félicite M. Bibal de sa généreuse,
intelligente, j'ajouterais artistique initiative, et je bois à sa santé.

Après lui, M. Cambouie, proviseur en retraite, prend la
parole :
Votre œuvre pour la glorification et la sauvegarde de nos vieux
parlers d'origine est trop généreuse d'inspiration première et trop
féconde en réalisations heureuses pour n'avoir pas suscité, mérité
et retenu la sympathie spontanée de tous ceux dont le premier
balbutiement, secouru des baisers d'une mère, s'est essayé, plaine,
monts ou vallées, dans quelque coin de cette merveilleuse région
du Sud-Ouest.
Ce long ruban argenté de la Garonne nous départage en vain ;
administrativement, c'est une fiction et non pas une borne ; même
bien loin de ses rives, il nous réunit de cœur et d'esprit par
l'amour inné et la pratique courante de cette langue savoureuse
où l'insignifiance des divergences, effet de terroir et d'isolement,
ne fait que mieux ressortir l'unité de fond qui accuse une même
filiation. Les racines fraternisent par dessous les vallées, les
rivières et les monts comme les mêmes feuillages s'épanouissent
dans l'égalité des airs :
On en peut dire vraiment ce qui avait frappé Ovide dans la
ressemblance des frères et sœurs d'une même lignée :
. Qtíibus faciès non omnibus una, nec diversa tameii.
Nous pouvons n'avoir pas exactement les mêmes traits, mais
nous avons la même physionomie.
Prestigieux miracle de la vertu d'une langue de commune
origine, puisqu'elle réunit et soude sur une même base large et
solide, ceux qu'elle diversifie par quelque mesures, différences de
détail et de forme.
C'est à ce titre que venu des confins de la Gascogne, barbare du
pays des chiens, je m'excuse ou plutôt je m'explique de mon
humble présence ici ; ce n'est pas une intrusion : c'est une visite
à la parenté lointaine.
C'est parce que j'aime, admire et pratique nos vieux parlers

�— 261 —
que je comprends l'opportunité et la portée de votre aimable
institution.
Vos Cours d'amour annuellement promenées dans les lieux
choisis où votre terre et votre histoire ancestrales s'illustrent de
souvenirs glorieux ou charmants, de beautés ou monuments de la
nature ou de l'art, sont un pieux, juste et délicat hommage à un
passe qui ne mérite pas de mourir tout entier ; sauvons-lui du
moins la voix qui disait ou chantait sa joie ou ses peines, ses
grandeurs ou ses misères, rien ne doit devenir étranger à un
peuple de ce que fut sa vie et son histoire et c'est, là peut-être, le
secret de la faveur actuelle que rencontrent certaines revendications. Que peut garantir de durée, à l'avenir, le dédain incouscient
du passé ?
C'est donc là aussi une leçon discrète au présent et à ses innombrables dispersions d'esprit et de force, lier à juste titre des
résultats merveilleux, de ses directions nouvelles, ce sera le
complément de sa gloire de comprendre et de ne pas amoindrir
l'idéal !
Halte-là ! les Montagnards sont là. Oui, c'est grâce à des institutions comme la vôtre, fdle d'un idéal que s'assurera, par la maintenance et la pratique quotidienne et la production littéraire en
tout genre, la pérennité de cette vieille langue dont les ressources
d'expression et de poésie dépassent celles des langues plus heureuses qui ne doivent qu'à des circonstances fortuites ou inéluctables leur meilleure fortune !
A la rescousse donc, Béarn et Gascogne ! Béarn avec ce geste
puissant et fier, mais à la fois doux et grâcieux, du beau mousquetaire qui salue si galamment à la porte du Parc Beaumont !
Et si on n'y attrapait pas, comme dit Montaigne... A nous les
fds de ces gascons de Gaston de Foix qui jetaient leurs espadrilles
au vent pour grimper plus vite, pieds nus, aux échelles, pour
l'assaut de Brescia !
Reines de droit divin, du droit de la beauté, alors vous aurez
réalisé ce vers immortel qui souligne à Agen le geste de Jasmin :
0 ma lengo, tout zou me dit :
Plantaren une estélo à ton frount encrumit !

Notre ami, Pasquier, le savant archiviste de la HauteGaronne prend à son tour la parole et fait une très intéressante causerie sur Gaston-Fébus et sur l'intérêt qui s'impose

,

�aux romanîsants du sud-ouest de rester fidèles à leur
programme décentralisateur : sa parole si autorisée est
vivement applaudie.
Le Majorai Bernard Sarrieu salue l'Escole Gastou-Fébus,
et se fait l'interprète de l'Escole Carcinole, en faisant part
à ses confrères de la joie profonde que lui cause l'union
fraternelle de nos Sociétés.
M. de Caumont, au nom des Toulousains de Toulouse,
porte la santé de l'Escole Gastou-Fébus et boit à la légitime
satisfaction des revendications méridionales, surtout en
matière de Courses de taureaux.
Mademoiselle Berthe Lalanne dit avec un charme extrême
les vers- suivants, son premier essai jjoètiqiie en langue
gasconne :

LOU M EN ARRIU
Qu'abèm un arriu pinnetous e cla
A la cante dousse,
Oun pénen à tros, en s'entermescla,
Troues bestits de mousse.
Qu'abem un arriu frés e cridassè
Qui toustem debise :
De cambia de bouts lou brin piulassé
Jamé ne s'abise.
Aqui tremoulès, auba, rèclie e hay,
Saligue, auranè're,
Miralhen à l'aygue clare, en trembla-y,
Hœlhe printanère.
Lou gran iris d'or que bayt gras ou prim
A l'aygue courrente.
Lou carrée que dit à trabès lou lira
La cante doulente.
Que passe au moulin crouchit de bielhè
Chen cous ne pachère,
Qui droum, près dou prat oun pèch l'agulhé,
Neyt débat l'échère.

�— 263 —
E l'aygue que-n ba ! — L'auzet dou boun Diu
E las aurangletes
Bienen arraza lou courren dou briu
Trempan las aletes.
Jamé la bentorre, en quets bords aymats,
Ne bouhe la bise.
L'arriu cantadou, pari qu'où noumats ?
Qu'é la megue Ourbise !
. Alberte LALANNE-BIBAL.

On a chaudement applaudi la jeune poétesse, qui a de qui
tenir, dans son amour, pour le sol natal : elle est la petitefille aimée de notre ami Bibal.
Après elle, un poète, romancier, auteur dramatique, en un
mot un homme de beaucoup d'esprit, M. Raymond de
Laborde prend la parole :
Gracieuses majestés, muses charmantes, poétesses et poètes,
salut.
Comme la plupart d'entre vous, je suis du pays de Gascogne. Si
le geste des affamés n'avait suffi à me faire comprendre de ma
nourrice, il m'eût fallu lui demander son lait, en gascon : elle ne
connaissait pas d'autre langue. J'ajoute qu'alors je serais mort
d'inanition, pui que je ne, parlais pas encore, dans ce temps-là.
Je me suis rat! râpé plus tard ; et, depuis trop longtemps, hélas!
pi îr d autres bt oins de la iTie, dans les champs où je respire l'air
natal, au milieu les paysans que j'aime, tombent de mes lèvres
q i dques-uns de ces mots qui éclatent, aujourd'hui autour de moi.
Malheureusement, je n'ai pas su, comme vous, découvrir et
sertir, dans des vers tantôt charmants et tantôt magnifiques,
toutes les perles du gascon ; et j'en suis réduit à admirer l'écrin
dans lequel vous nous les présentez.
Mon admiration n'est pas de maintenant.
L'année dernière, presque à pareil jour, sur la grève de Capbreton, le ciel était radieux et la mer, apaisée, chantait doucement sa
berceuse éternelle. Et, sur la terrasse qui domine les flots que
dorait le soleil, des poètes chantaient les chansons de Béarn et de
Gascogne. Ces poètes, c'étaient vous autres ! Et le spectacle était
splendide !... Vos vers, sortis du cœur de la petite, maisbien chère
patrie, montaient au-dessus des mondes, plus haut que n'ira

�— 264 —
jamais le monoplan le plus audacieux. Et moi, perdu dans votre
ombre, je vous enviais, vous qui racontiez si éloquem'ment au ciel
mille histoires jolies du coin de terre où nous sommes.
Gloire à vous et merci !... Gar, en même temps qu'elle est
superbe, votre œuvre est bienfaisante.
Les progrès merveilleux et incessants de la science transforment
la Société. Chaque jour, des savants apportent de nouvelles
ressources à de nouveaux besoins. L'homme s'agite, impatient,
avide d'un bien-être que, jusqu'à ces derniers temps, il n'avait
même pas entrevu... Arrachons donc à la matière toutes les joies
permises ! tous les bonheurs auxquels nous avons droit ! Mais
vous n'avez pas oublié, vous autres, que l'homme ne se nourrit
pas seulement de pain... et c'est pourquoi vous cultivez, avec
amour, pour nous la conserver, la fleur de poésie qui va si bien à
la boutonnière d'un peuple !'...
Le Béarn et la Gascogne vous remercient !...
J'abuse de votre patience, mais permettez moi de dire, avant de
m'asseoir, à votre président d'honneur et à votre président, les
sentiments qu'ils m'inspirent.
Mon cher monsieur Bibal, hier, seulement, j'ai eu l'honneur de
vous être présenté ; mais, tout de suite, il m'a semblé vous
reconnaître. J'ai vu, en vous, la droiture, l'intelligence, la courtoisie, la bonté, la générosité.^Ces qualités, je les ai rencontrées
bien rarement réunies; mais, enfin, quelquefois ; et ils se ressemblent, tous les privilégiés qui les possèdent.
Quant à vous, mon cher Planté, à vous qui tenez une si haute
place dans la collection des membres éminents de votre famille,
que vous dirais je, si ce n'est que, sur la plage de Capbreton,
l'année dernière, tout le monde vous regrettait. Tous nousfaisions
des vœux pour votre rétablissement. A Capvern, la fête est complète, puisque vous voici plein d'entrain et, même, rajeuni.
Fasse le ciel que, bien longtemps encore, les félibres conservent
leur président d'honneur et le président rêvé !
Messieurs, j'ai parlé de la fleur de la poésie dont un peuple se
pare... Avec vous, je lève mon verre en l'honneur des fleurs
animées qui sont ici.
Raymond de

LABORDE.

On demandait à entendre Carrive à la verve intarissable,
à la bonhomie charmante? à l'esprit délié, que sert une

�— 265' —
langue béarnaise raffinée, dialecte riche entre tous et dont
se réjouirait Montaigne.
Nous lui donnons la parole et ce fut un vrai régal de
spirituelle improvisation.
Le Docteur Méliande lit une pièce de vers en l'honneur
de la petite patrie.
A ce moment, M. Bibal reprend la parole :
Mesdames, Messieurs et chers Collègues,
Veuillez me permettre encore quelques mots.
Je ne puis, vraiment, laisser terminer cette fête, sans remercier
les amis du Félibrige de ce qui a été dit et fait à mon égard.
J'ai le sentiment, cependant, que je ne méritais ni ces éloges ni.
cette reconnaissance, Quand j'ai vu, il est vrai, ces vieilles ruines,
cette dalle héraldique du xivme siècle, restée intacte après tant de
luttes, et de ravages aux armes de Foix et de Béarn, avec cette
devise, devenue immortelle «J'ay belle Dame» je me suis senti
profondément ému ; Escolier de Gaston Fébus, j'ai voulu que cet
héritage de Fébus, souvenirs de ses hauts faits et de son esprit
chevaleresque, devint la propriété de notre Ecole gasconne. Mais,
en cela, je n'ai fait que céder aux élans de mon cœur, et croyez
que je ne me fais point aucune illusion sur mon mérite personnel.
Tout se présentait à mes yeux de telle façon que la restauration
et la donation devenaient, pour ainsi dire, une circonstance forcée ;
ce serait à faire deux fois que deux fois je le referais, avec ardeur
et avec passion ; et je suis profondément heureux que le vieux
château de Mauvezin devienne le musée historique de toute la
Gascogne.
Une me reste qu'à former des vœux pour la prospérité de l'Escole Gastou Fébus et des Ecoles Gasconnes, pour la restauration
de notre langue et de tout ce qui constitue notre patrie Gasconne.
Je remercie spécialement M. le président de la Société Académique des Hautes-Pyrénées de l'interprétation bienveillante qu'il
vient de si bien exprimer sur la restauration du château de
Mauvezin. Cette appréciation de l'homme érudit et compétent
compense, et au delà, les critiques et les récriminations de divers
qui ont voulu atteindre, tout d'abord, les maîtres ouvriers de cette
restauration.
Je remercie aussi M. le président de l'Ecole des Pyrénées du

�— 266 diplôme d'honneur qu'il a bien voulu me remettre à l'instant; je
le conserverai précieusement.
Merci encore à l'estimé maire de Capbreton qui est venu honorer notre fête de sa présence ; nous ne pouvons pas oublier l'accueil
qu'il a fait, l'année dernière à l'Escole Gastou Fébus, avec tant de
bienveillance et d'affectueux dévouement, dont nous lui sommes
encore aujourd'hui reconnaissants.
Nos regrets et nos remerciements à M. l'abbé Pailhé, premier
conservateur du musée Gascon de Mauvezin, qu'une indisposition
subite empêche d'assister à ce banquet, mais qui avait pris tant de
participation à l'organisation du musée et à l'accueil qui nous y
attendait.
Nos remerciements aussi à la jeunesse de Mauvezin qui a planté
vaillamment, plusieurs mais de verdure avec so ihaits de bienvenue aux félibres du Sud-Ouest
,
e per fini, are, lou salut de co,
à touts lous amies
à touts lous Félibres
à toutes las Félibresses,
à la Gascougne, grane e beroye

Il est neuf heures et demie : le Président lève la séance
en demandant aux auteurs, qui s'étaient fait inscrire pour
dire de leurs œuvres au banquet, de le réserver pour la
séance du Casino où l'on se rend en toute hâte.
Le public fort nombreux y était groupé depuis longtemps,
attendant impatiemment le commencement de la séance
artistique et littéraire annoncée pour 9 heures.
Pour calmer son impatience Simin Palay qui avait été
rejoindre l'orphéon auquel il prétait le concours de sa belle
voix, monte sur l'estrade, dit quelques mots fort applaudis
sur les Félibres et déclame comme il sait le faire, quelques
unes des pièces de son riche répertoire.
Son frère débite le sonnet suivant qui fut fort applaudi.

LA TOUR DOU MAUBESI

a--

A Madamisèle Alberte Lalanne,
Respectuousemén.

Lous eslambrecs hissants nou t an pas esbariade
e lou tou cap hagard nou s'ey yamés bachat
débat l'eschalagas qui boulèbe esglacha-t,
bielhe Tour : qu'ès toustém gigante e pla quilhade*

�-

267 —

Car lous prims temps, tabé, que fan poutouneyade,
e, plés d'amou, que t'an gahade au lou brassât
enta-t rebiscoula la gauyou dou Passât
dou lous trucs e lous macs t'abèn despoussedade.
E qu'arriban, nous auts, félibres de tout bord,
ta ha coum lou Prin temps, canta, canta pla hort
au mièy dous soubenis qui t'an hèyte tan bère,
E si poudém oundrat t d'u joye nabère
en desbelha lou temps oun lous antics cantèn,
qu'at débes à Bibal coum aus de qui t plantèn !
E. L. N.

PALAY.

(de Bic)
Gaston Mirât, qui n'oublie pas que sa permission militaire
va finir dans quelques heures, fait exécuter par l'orphéon
et l'orchestre sa belle Cantate : elle est saluée par de chaudes
acclamations. Il s'arrache à son succès pour ne pas Manquer
le train de 10 heures, qui lui permettra d'être à*Bordeaux le
lendemain vers onze heures, pour reprendre — détail assez
piquant de la vie de réserviste — le balais, avec lequel, pour
sa période de 9 jours, Y étudiant en médecine était chargé de
nettoyer la cour de l'Hôpital militaire !
Nous nous garderons bien d'oublier que c'est à la très
aimable obligeance de M. le Médecin Principal de l'hôpital
militaire de Bordeaux que nous avons pu applaudir notre
jeune et éminent lauréat.
Nous sommes heureux de lui ofirir l'expression de notre
vive et respectueuse gratitude.
Le clou de la soirée a été la conférence de notre ami
Xavier de Cardailhac.
Qui ne connaît dans notre région et sur les deux versants
des Pyrénées, Xavier de Cardailhac, le brillant avocat près
la Cour d'Appel de Pau !
Gascon de vieille race, véritable mousquetaire, la moustache en croc, le feutre gris sur l'oreille, au sourire largement épanoui sous des yeux rayonnants de soleil de Gascogne, Xavier de Cardailhac a la parole facile, châtiée, alerte,
au timbre bien accentué, au geste discret soulignant justement la pensée : il a, dans une causerie étincelante de verve

�— 268 —
et d'apropos, rapproché les fêtes félibriennes données en
Bigorre, il y a vingt ans, en l'honneur de Théophile Gautier
de la fête Fébusienne qui nous avait réunis à Mauvezin et
Capvern.
Dans un tableau rapide, il a établi la genèse de l'Escole
Gastou Fébus, rendu hommage à ses fondateurs qu'il compte
parmi ses fidèles amis ; sa conférence à été un véritable
chant d'amour en l'honneur de la petite patrie et, quand il
s'est tu, les applaudissements répétés ont pu lui faire comprendre qu'on l'eut, encore et longtemps, écouté avec joie !
Merci à l'aimable conférencier.
La soirée s'est poursuivi, à la grande joie du public parla
déclamation de contes et poésies de Yan dou Gouf et
d'Eugène Palay.
Puis, on applaudit la chanson mélancolique de Febus,
extraite du poème « Maubesi » de M. Daugé ; mise en musique par Mlle Alberte Lalanne et interprétée remarquablement par Madame Bianca de Casti.
Enfin, lou J^ranchiman, vaudeville en un acte, en pure
langue béarnaise, joué par l'auteur Simin Palay, son frère
Eugène et Adolphe Lamothe, un poëte gersois, acteur à ses
heures : le succès de l'œuvre et des acteurs a été très grand.
A minuit et songeant aux premiers trains du lendemain
matin qui devaient mener à Arreau l'Escole deras Pireneos
et ses invités, on s'est séparé en se donnant rendez-vous
pour l'an prochain dans le Gers.
A. P.
11 nous reste un devoir bien agréable à remplir envers nos
confrères de l'Escole deras Pireneos.
Nous les remercions encore de s'être joints à nous pour
communier dans l'amour de la petite patrie, de sa langue
et de ses traditions.
Pour nous, ce fut une très bonne fortune que de faire la
connaissance de mon distingué collègue, le Baron de
Bardies, Président de cette vaillante école. Par sa cordialité
charmante, il a gagné tous les suffrages de ceux qui l'ont
approché et personnellement je lui suis très reconnaissant
du beau diplôme de membre de son Escole qu'à la fin du
banquet il a bien voulu me remettre.

�— 269 —
Nous avons admiré l'intelligence et la grâce de la reine
Mlle Sarrieu qui professe comme son frère, le vaillant
majorai, Bernard Sarrieu, le culte du pays natal et nous
avons été heureux de serrer la main de l'aimable VicePrésident M. Dufor, dont nous lisons, avec admiration, dans
la revue Era bouts dera Mountanho, les chaudes et éloquentes allocutions.
Nous n'avons pu, à notre grand regret, cimenter cette
connaissance précieuse, en allant, comme nos confrères
deras Pireneos nous y ont conviés, prendre part à leur fête
d'Arreau. Des raisons de sagesse, les exigences d'une convalescence forcément prolongée, nous ont privé de ce plaisir ;
nous comptons bien nous dédommager une autre fois.
Ce sera, avec bonheur que nous irons, sur leur propre
terrain de travail, leur serrer la main et les féliciter de leurs
brillants succès.
Adrien PLANTÉ.

La Petite Fleur Bleue à Capuern.
L'œuvre de la Petite Fleur bleue a pleinement réussi à
Capvern, les 27 et 28 août, pendant les fêtes félibréennes ;
de charmantes quêteuses, portant le brassard de la Croix
Rouge/ ont sollicité la charité des touristes, baigneurs et
félibres.
Le produit de cette cueillette s'est élevée à la somme de
deux cent quarante-huit francs vingt centimes. Le Comité
de la Petite Fleur bleue a décidé dé verser cette somme en
mains du Président de l'Escole Gastou Febus, pour être, par
lui, transmise au Comité des Dames du 17e corps d'armée.
M. Adrien Planté, très honoré de cette mission de confiance,
a fait parvenir cette somme à Madame la Générale Robert,
Présidente du Comité des Dames de Toulouse, qni, en lui
en accusant très gracieusement réception, l'a chargé d'exprimer de sa part aux aimables quêteuses toute sa reconnaissance.
Mesdemoiselles, merci au nom des pauvres blessés et au
nom de l'Escole Gastou Febus.
A. P.

�Nabèths Counfrays
Laroutuixm (Mlle) institutrice, à Jurançon.
Somps (Mlle) institutrice, à Ogeu.
Gauché (Mlle Jeanne) 3, rue Chauveau Lagarde, Paris.
M. Bonnecaze, professeur à la Faculté de droit de Grenoble.
M. Chassignet, maire d'Orthez.
M. le Comte de Roquette-Buisson, président de la Société Académique de Tarbes.
M. Dufîrèche, député, à Barbotan (Gers).
M. et Mme Legendre, à Libourne (Gironde).
M. le Docteur Masclanis, Président du Conseil Général à Ramouzens, par Lannepaz (Gers).
M. Faure, 171, Boulevard de la Villette, Paris.
M. l'abbé Bengué, curé d'Arros (Nay).

Réunion du Bureau du lundi 28 Août 1911
A 9 heures du matin le Bureau s'est réuni au salon de l'Hôtel
Beauséjour sous la présidence du Président.
Etaient présents : MM. Planté, président; Batcave, vice-président
général; Darclanne, vice-président des Landes; Lalanne, secrétaire général ; Camélat et abbé Daugé, secrétaires pour les HautesPyrénées et les Landes; Laborde-Barbauègre, trésorier; en l'absence de représentants du Gers, M. Philippe Lauzun, président de
la Société archéologique du Gers, avait été désigné comme suppléant par le bureau, ainsi que MM. Canton, Carrive, Castaing.
Il a été statué sur les questions suivantes.
I. Bilan. — Un membre demande que l'état de la caisse dont
lecture est donnée par le trésorier soit inséré dans les Réclams.
Cette motion est approuvée après que des félicitations sont
adressées unanimement au très dévoué et très modeste M. Barbanègre qui présente le relevé suivant de l'état de la caisse.
Etat financier de l'Escole Gastou Febus au 27 août 49H :
1° En caisse du Trésorier, 16 fr.
2° Compte de chèques à la Société Générale, 1.915 fr. 45.
3° 10 obligations Midi anciennes ou nominal de 500 fr.
L'exercice 1911 ne pouvant être assuré qu'au 31 décembre, le
détail du compte sera donné dans les Réclams de février.

�— 271 —
II. Recouvrement des cotisations. — M. l'abbé Daugé propose que le recouvrement des cotisations soit différé chaque année
jusqu'à la réunion d'Août pour être opéré à cette occasion.
Invoquant l'exemple de diverses Sociétés similaires, M. Batcave
explique que cette façon d'opérer, loin d'attirer les membres, les
éloignerait. De plus, le nombre de ceux qui suivent les réunions
est forcément restreint comparativement aux membres inscrits.
M. Laborde-Barbanègre appuie cette façon de voir et déclare qu'il
lui est plus commode, pour des raisons personnelles, d'opérer le
recouvrement en mai.
A l'unanimité, M est décidé que rien ne sera innové à la pratique
suivie jusqu'à ce jour.
III. Souscription aux ouvrages de confrères. —Le Président
explique qu'il a été sollicité à diverses reprises de proposer au
bureau de verser une somme pour aider à la publication de l'œuvre de tels de nos confrères. Il lui paraît que le bureau ne peut
pas s'engager dans cette voie ; qu'il est bon que chacun publie son
œuvre à ses risques et périls et que le bureau pourra, s'il le juge
utile, souscrire un certain nombre d'exemplaires destinés à être
donnés en prix. C'est ce qui a été pratiqué pour les publications
de nos confrères MM. Camélat, S. Palay, abbé Daugé, Lacoarret et
Lalanne.
Le bureau est unanime à approuver l'interprétation proposée
par son président et à décider que l'attribution d'une somme importante ne saurait être faite qu'à une œuvre entreprise par le
bureau ou sous son contrôle.
IV. Bons de réduction. — Malgré des avis réitérés, nombre
de confrères demandent des bons de réduction après le 1er Août,
jusqu'au moment de la réunion ; certains manifestent leur mécontentement de ne pas les recevoir à temps.
Le bureau décide le maintien de la pratique suivie jusqu'à ce
jour. Ces bons devront être demandés avant le 1er Août. Passé ce
délai il décline toute responsabilité.
V. Lauréats mécontents. — Chaque année certains lauréats
mécontents des prix qui leur sont attribués, en écrivent au président pour lui témoigner leur, mécontentement sur un ton parfois
discourtois.
Le bureau maintient le principe nettement posé par M. Dai claime
à la réunion de Capbreton, que tout lauréat sera proclamé avec la
récompense qui lui est accordée, sans qu'il lui soit permis de SE

�— 272 —
retirer après le concours jugé. De plus, tout lauréat qui manifestera sa suspicion des juges du concours eu des termes discourtois
pourra être radié de la liste des membres de l'Escole, ainsi qu'il a
été pratiqué en semblable occasion.
VI. Publication des œuvres primées. — M. Lalanne s'élève
contre la pratique de certains lauréats qui, le concours jugé,
croient pouvoir disposer de leurs œuvres primées et les publier.
Le bureau, conformément à la pratique des sociétés similaires,
maintient son droit de priorité pour la publication des œuvres primées pendant un an. Par le seul fait qu'il concourt un concurrent
accepte ce règlement.
VII. Envoi des frais d'expédition des récompenses. — Peu
de lauréats se décident à envoyer la somme représentant les frais
d'expédition par poste des récompenses aux lauréats qui ne peuvent assister aux réunions annuelles.
Le bureau autorise son président à ne pas faire l'expédition aux
lauréats qui ne remettraient pas l'indemnité réclamée.
VIII. Anthologie. — M. Batcave rappelle la question décidée
à Capbreton de la publication de l'anthologie qui fut ainsi exposée.
« Les morceaux seront réunis pour chaque région par chacun
des membres de l'Escole qui voudront s'en occupe;' et plus particulièrement pour le Béarn par MM. A. Planté, Labaig Langlade,
Lalanne, Lafore, Lacoarret, Baudorre, S. Palay ; pour les Laudes,
par MM. Daugé et Darclanne ; pour l'Armagnac, par MM. Tallez,
Lavergne, Sarrau et Michelet; pour les Hautes-l'y renées, par
MM. Camélat et Palay. Ils seront centralisés par M. Batcave qui
les soumettra à M. A. Planté, président de l'Escole. M. Bourciez
veut bien se charger de revoir ce choix de morceaux,
L'anthologie comprendra deux parties : les œuvree des vieux
écrivains et les œuvres des écrivains récents. » Voir le numéro
d'octobre, p. 208 et 209.
Il soutient qu'une telle œuvre doit être due à la collaboration de
plueieurs membres de l'Association et représenter l'apport de
chacune des sections de l'Escole.
M. l'abbé Daugé explique le travail qu'il a entrepris pour sa part.
Le bureau décide de hâter cette œuvre qui devrait être prête
pour 1912. M. Bourciez qui, en 1910, vouluLbien prêter à la réunion du bureau le concours de son expérience et de son goût littéraire, sera prié de rédiger une notice de morceaux choisis qui
servira de type à nos collègues.

�— 273 —
IX. Vice-présidence générale. — M. Planté qui, pour la première fois depuis qu'a été votée la question d'un vice-président
général de l'Escole, se trouve en présence du bureau réuni, explique dans quelles conditions il eut l'idée de demander de créer un
organisme nécessaire au fonctionnement de la Société. Une maladie, un deuil, peuvent éloigner le président : il est donc utile, que
comme dans toute Société, il soit aidé par un suppléant.
Il pensa à proposer au bureau la nomination de M. Batcave, qui
se montra tout d'abord opposé à cette désignation, priant d'en
reporter l'honneur sur bien d'autres membres qui le méritaient.
Par son insistance, le président put vaincre la résistance de M. Batcave et proposer sa nomination au bureau à Capbreton qui la fit
ratifier par l'Assemblée générale.
Le Président a tenu à faire connaître quel fut son désir et à
remercier M. Batcave d'avoir consenti à être son lieutenant.
Il tient en outre à bien établir que M. Batcave vient tous les ans
passer deux mois à Ôrthez et il eonnaît le dépôt, qui est dans sa
bibliothèque, de toutes les correspondances et de tous les documents intéressant l'Escole.
X. La langue maternelle à l'Ecole. — Le président a reçu
une lettre de M. Laîore, secrétaire de la section du Béarn qui
demande que le parler de la langue maternelle soit encouragé
dans toutes les écoles communales ou libres. Ce désir est trop
naturel, répond trop à celui de chacun des membres pour qu'un
tel vœu ne soit pas encouragé, appel est donc fait à tous les maîtres
congréganistes ou laïques pour que, loin de proscrire le parler
natal des jeunes enfants, ils l'encouragent de toutes leurs forces.
XI. L'Histoire à l'Ecole. M. Lafore demande en outre que le
petit Gascon ou Béarnais soit attaché plus fermement au sol natal
en apprenant l'histoire de son pays et de ces monuments. Ce vœu
a trouvé son expression dans la circulaire récente de M. Maurice
Faure.
Certaines régions ont déjà une petite histoire ; les Landes celle
de M Larroquette, le Béarn celle de notre collègue Eyt ; Le Gers
aura bientôt la sienne. En attendant qu'une œuvre d'une autre
portée soit entreprise, les maîtres pourront utiliser soit ces
manuels, soit les livres d'histoire régionale à leur disposition pour
faire des leçons orales.

�— 274 —
BIBLIOGRAPHIE

Culture directe et Greffage de la Vigne

Un viticulteur landais, aussi compétent qu'érudit, notre distingué confrère en félibrige, M. F. Baco, l'bybrideur bien connu des
viticulteurs, vient de publier sur le greffage et la culture directe
de la vigne, un ouvrage très important qui arrive à son heure. Ce
travail consciencieux, écrit d'une façon fort claire, intéressera
quiconque veut se renseigner sur les véritables causes de la crise
viticole que nous traversons depuis plus de dix années déjà, causes
ignorées du grand public que l'on a trompé par des affirmations
intéressées.
On sait qu'au début de l'apparition du phylloxéra en France, les
viticulteurs du Midi, au lieu de suivre les conseils de l'Académie
des sciences qui réclamait l'arrachage des vignes contaminées,
préférèrent greffer leurs vignes sur des vignes américaines, procédé auquel on a donné le nom de. reconstitution du vignoble.
Après une période de prospérité due à la surproduction du vin
chez les vignes greffées, sont venues la période de misère que nous
traversons aujourd'hui et une crise viticole aigùe, qui a causé déjà
des troubles inquiétants et qui ne semble pas prête à disparaître.
C'est que le vignoble reconstitué, que l'on avait représenté comme
l'œuvre agricole la plus merveilleuse des temps niodernés, est aujourd'hui la proie des insectes ampelophages, des maladies cryptogamiques et autres plaies égyptiaques. L'on se demande, en
voyant l'inefficacité croissante des traitements insecticides et anticryptogamiques, si l'on pourra continuer longtemps encore à cultiver la vigne, de plus en plus affaiblie et difficile à défendre.
On trouvera dans l'ouvrage de M. Baco, de nombreux et importants documents sur une foule de questions d'actualité, telles que
la résurrection de vieilles vignes phylloxérées, l'affaiblissement et
la dégénérescence du phylloxéra ; sur la possibilité de la culture
directe en terrains phylloxérés et la manière d'opérer; sur les
parasites (Cochylis et Eudémis) si inquiétants aujourd'hui, sur les
maladies cryptogamiques, sur l'efficacité des insecticides et des
traitements aux sels de cuivre etc. Les variations causées par le
greffage dans les vignes de la région landaise sont minutieusement
écrites et figurées par de nombreuses reproductions photographiques, fort bien venues.

«

�— 275 —
Après avoir montré l'influence considérable exercée par le greffage sur la qualité du vin et sur les résistances des vignes greffées,
l'auteur termine par des conseils judicieux que les viticulteurs de
tout pays ont intérêt à connaître, à méditer et qu'ils ne manqueront pas de suivre en dépit de contradictions intéressées. L'heure
est grave et les viticulteurs n'ont plus de faute à commettre (1).
VlTICOLA.

(1) Un vol., édition très soignée, de 175 pages (25Cm sur 16""), orné de
tableaux et de 14 planches hors texte contenant 70 figures. En vente : chez
l'auteur, à Bélus (Landes) ; chez Féret et fils, à Bordeaux ; chez L. Mulo, rue
Hautefeuille, Paris. Prix : 5 fr. 25 franco.
NOTA. — A ses confrères de l'Escole Gastou-Fébus, l'auteur adresse directement son livre contre mandat de 3 fr. 75.

Lou Yérant :
PAU,

EMPRIMER1E

VIGNANCOUR,

E.

E. MARRIMPOUEY.

MARRIMPOUEY,

EMPRIMUR.

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
  </fileContainer>
  <collection collectionId="92">
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355723">
                <text>Patrimoine écrit occitan:périodiques</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="41">
            <name>Description</name>
            <description>An account of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="355724">
                <text>Ce set contient les périodiques numérisés par le CIRDÒC issus des collections des partenaires d'Occitanica</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
  </collection>
  <itemType itemTypeId="26">
    <name>Revista</name>
    <description>Item type spécifique au CIRDÒC : à privilégier</description>
    <elementContainer>
      <element elementId="127">
        <name>Région Administrative</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="266510">
            <text>Aquitaine</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="128">
        <name>Variante Idiomatique</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="266511">
            <text>Gascon</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
      <element elementId="129">
        <name>Aire Culturelle</name>
        <description/>
        <elementTextContainer>
          <elementText elementTextId="266512">
            <text>Gascogne</text>
          </elementText>
        </elementTextContainer>
      </element>
    </elementContainer>
  </itemType>
  <elementSetContainer>
    <elementSet elementSetId="1">
      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="50">
          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="237697">
              <text>Reclams de Biarn e Gascougne. - Anade 15, n°10 (Octobre 1911)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="86">
          <name>Alternative Title</name>
          <description>An alternative name for the resource. The distinction between titles and alternative titles is application-specific.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="237698">
              <text>Reclams. - Annada 15, n°10 (Octobre 1911) </text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="49">
          <name>Subject</name>
          <description>The topic of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="237699">
              <text>Occitan (langue) -- Périodiques</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="237700">
              <text>Littérature occitane -- Périodiques</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="237701">
              <text>Gascon (dialecte) -- Périodiques</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="237702">
              <text>Littérature gasconne -- Périodiques</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="41">
          <name>Description</name>
          <description>An account of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="237703">
              <text>Reclams. - octobre 1911 - N°10 (15e Année)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="39">
          <name>Creator</name>
          <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="237705">
              <text>Planté, Adrien (1841-1912)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="237706">
              <text>Camelat, Miquèu de (1871-1962)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="237707">
              <text>Lalanne, Jean-Victor (1849-1924)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="237708">
              <text>Lartigue, François de </text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="237709">
              <text>Palay, Simin (1874-1965)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="237710">
              <text>Laborde, Raymond de </text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="237711">
              <text>Palay, E.L.N.</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="237712">
              <text>Viticola</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="237713">
              <text>Marrimpouey, E.</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="48">
          <name>Source</name>
          <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="237715">
              <text>&lt;p&gt;Bibliot&amp;egrave;ca de l'Esc&amp;ograve;la Gaston Febus&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.reclams.org/" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img style="height: 97px;" src="http://occitanica.eu/images/omeka/gaston_febus.jpg" height="97" /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="45">
          <name>Publisher</name>
          <description>An entity responsible for making the resource available</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="237716">
              <text>Escole Gastou Febus (Pau)</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="237717">
              <text>Imprimerie de Vignancour (Pau)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="40">
          <name>Date</name>
          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="237718">
              <text>1911</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="46">
          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="237719">
              <text>Vignette :&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg"&gt;http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg&lt;/a&gt;</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="237720">
              <text>&lt;a class="link_gen    " href="http://www.sudoc.fr/039860345" target="_blank" rel="noopener"&gt;http://www.sudoc.fr/039860345&lt;/a&gt;</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="104">
          <name>Is Part Of</name>
          <description>A related resource in which the described resource is physically or logically included.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="237721">
              <text>Reclams de Biarn e Gascounhe&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2019"&gt;(Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="42">
          <name>Format</name>
          <description>The file format, physical medium, or dimensions of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="237722">
              <text>application/pdf</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="237723">
              <text>1 vol. (55 p.)</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="44">
          <name>Language</name>
          <description>A language of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="237724">
              <text>fre</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="237725">
              <text>oci</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="51">
          <name>Type</name>
          <description>The nature or genre of the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="237726">
              <text>Text</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="237727">
              <text>publication en série imprimée</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="43">
          <name>Identifier</name>
          <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="237728">
              <text>&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2231"&gt;http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2231&lt;/a&gt;</text>
            </elementText>
            <elementText elementTextId="237729">
              <text>INOC_Y2_7_1911_10</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="47">
          <name>Rights</name>
          <description>Information about rights held in and over the resource</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="266507">
              <text>Domaine public/Domeni public</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="98">
          <name>License</name>
          <description>A legal document giving official permission to do something with the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="266508">
              <text>Certains droits réservés</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="116">
          <name>Temporal Coverage</name>
          <description>Temporal characteristics of the resource.</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="266509">
              <text>19..</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
    <elementSet elementSetId="8">
      <name>Occitanica</name>
      <description>Jeu de métadonnées internes a Occitanica</description>
      <elementContainer>
        <element elementId="173">
          <name>Portail</name>
          <description>Le portail dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="595426">
              <text>Mediatèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="174">
          <name>Sous-Menu</name>
          <description>Le sous-menu dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="595427">
              <text>Bibliotèca</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="172">
          <name>Type de Document</name>
          <description>Le type dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="595428">
              <text>Numéro de revue</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="171">
          <name>Contributeur</name>
          <description>Le contributeur à Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="634987">
              <text>Inoc</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
        <element elementId="182">
          <name>Catégorie</name>
          <description>La catégorie dans la typologie Occitanica</description>
          <elementTextContainer>
            <elementText elementTextId="640812">
              <text>Documents</text>
            </elementText>
          </elementTextContainer>
        </element>
      </elementContainer>
    </elementSet>
  </elementSetContainer>
  <tagContainer>
    <tag tagId="60">
      <name>Béarn</name>
    </tag>
    <tag tagId="402">
      <name>Gascogne</name>
    </tag>
    <tag tagId="376">
      <name>Reclams</name>
    </tag>
    <tag tagId="125">
      <name>Revue</name>
    </tag>
  </tagContainer>
</item>
