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                  <text>Aicí

e

ara

Langue, culture, histoire &amp; avenir
des Pays de langue d'oc.
N° 1

(Segonda Tièra)

enat Nèlli nos

a

-

mai de 1982.

quitats

�Aicí

e ara

Langue, culture, histoire &amp; avenir
Pays de langue d'oc.

des

Directeur
N° 1

Rémi PACH.

:

(Seconde série)

•

Mai 1982.

Rédaction et administration
B.P. 9007

-

34041

:

Montpellier Cedex.

Comité de rédaction

:

Rémi PACH.
Jean

FOURIÉ,

Michel GOSSE,
Thérèse ROUSSE,
Jean

DOMAGÉ.

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France, Pays catalans

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dition de deux

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deux

La reproduction de tout ou
partie des textes
publiés est interdite, sauf autorisation écrite
de la Direction.
Aici e ara, 1982.

N° CPPAP

:

61092.

�EDITORIAL

Sèm et

serem

AICÍ E ARA reparaît donc, après un silence de plusieurs
été, pour certains, l'occasion de « vendre la
peau de l'ours», et pour d'autres, bien plus nombreux,
celle de nous manifester un soutien et une confiance aux¬
mois qui aura

a été extrêmement sensible. Comme
l'écrivait un lecteur albigeois : «Es la votz de l'occitanisme independent que se cala amb vôstra revista. Demoràvon tantas causas a far ; tantas a dire ! Es que serem ara

quels la Rédaction
nous

liurats al bon plaser dels pichons capolièrs megalomanas o
dessenats ? Mancarà desenant, dins lo mond occitanista
tan

malaut, una votz poderosa e rasonabla : la vôstra. »

Au seuil de cette seconde série, essayons de faire le bilan
de la première. Depuis novembre 1978, Aici e ara, rédigée
totalement en occitan, paraissait trimestriellement et
s'adressait en particulier aux occitanistes «politisés». Nous

dire sans forfanterie qu'elle a joué un rôle non
négligeable dans l'évolution des idées en favorisant la nais¬

pouvons
sance

d'un nationisme humaniste ; en remettant en cause

le dogme marxiste, à l'honneur dans la majorité des grou¬
puscules politiques en activité ; en dénonçant les manoeuvres
du Parti communiste français et ses tentatives d'O.P.A. sur
le mouvement occitan ; en revalorisant les Droits de
l'Homme comme seul étalon d'une action politique juste ;

1

�critiquant l'attitude irréaliste qui consiste à réclamer

en

l'« autonomie de l'Occitanie» sans poser comme préalable
l'autonomie de l'occitanisme ; en affirmant enfin que
l'Occitanie n'est pas un tout uniforme, mais une mosaïque
de régions sœurs, et que l'autonomie du pays d'oc demeu¬
rera un rêve si, tout d'abord, ces régions ne commencent
pas

à conquérir séparément des prérogatives qui, pour l'ins¬
d'un État central omnipotent.

tant, sont l'apanage

Bien entendu, Aicí e ara allait à contre-courant de la
mégalomanie de certains petits chefs qui, par aveuglement,
irréalisme ou calcul idéologique, voulaient voir dans l'Occi¬
tanie un nouveau Pays basque, une nouvelle Catalogne,
voire un «Québec français». L'épisode de la candidature
manquée d'un occitaniste honnête mais manipulé, lors des
dernières élections présidentielles, fut l'un des plus gro¬
tesques de ce pitoyable psychodrame permanent qui nous
déconsidère. L'aventure fut un pitoyable ratage — mais
coûta beaucoup d'argent. La mégalomanie est un vice dis¬

pendieux.
important qu'a joué notre revue dans la vie occi¬
trois dernières années, nous ne voulons pour
preuve que l'ampleur des attaques et des calomnies dont
elle fut l'objet de la part de ceux qu'elle dérangeait dans
leurs rêves ou dans leurs douteux projets. Notre but n'a
jamais été de polémiquer, mais comment se taire devant
l'injustice, la mauvaise foi, le parti-pris ? Le bon sens et le
temps feront d'ailleurs justice des procédés suspects
employés par certains de nos confrères : la calomnie, dit-on,
est l'arme des lâches ; elle ne déshonore que ses auteurs.
Du rôle

taniste de

ces

Enfin, outre ce travail de clarification de la pensée poli¬
tique occitaniste, Aid e ara a réalisé un projet qui n'avait
jamais été mené à bien depuis bientôt cent trente ans de
renaissance : la première carte détaillée de l'Occitanie.
Nous sommes fiers de cette réalisation qui a valeur de sym¬
bole : tant d'années de stériles disputes sur le sexe des anges
nous avaient empêchés, nous, artisans de cette renaissance,
de présenter une image convenable de nos pays.
2

�efforts ont porté leurs
fruits, et que les débats que nous avons lancés contribuent
à faire avancer le mouvement occitaniste sur un chemin plus
réaliste, plus serein. Nous devons à présent changer de cap.
En premier lieu, et pour répondre à une demande presque
unanime de nos lecteurs, nous accorderons désormais une
place bien plus importante aux manifestations culturelles du
génie occitan — ou, pour mieux dire, de /'Èime d'òc. Une
communauté humaine se définit en effet par son èime ; le
rôle d'une revue comme la nôtre doit être de nourrir le sen¬
timent d'identité et de spécificité des pays d'oc : nous
l'avons fait et continuerons de le faire, mais en insistant
davantage que par le passé sur les aspects culturels de cette
Nous constatons avec joie que nos

identité.

Enfin,

notre orientation

linguistique sera légèrement

révisée. Tout d'abord, le français, qui a fait son apparition
à Aicí e ara dans le dernier numéro paru, continuera d'y
être utilisé. Ce n 'est pas de gaieté de cœur que nous nous y

résignons, mais, outre qu'il nous paraît absurde de traduire
en occitan les articles adressés en langue d'oïl par des colla¬
borateurs ignorant notre langue, nous avons pu constater
que le vaste mouvement de curiosité que suscite notre action
rendait indispensable une ouverture linguistique. L'Occitanie n'est pas

la Catalogne, n'en déplaise à certains, et

la

langue d'oc n'est pratiquée que par une infime fraction de
son élite intellectuelle — et même de son peuple, hélas !
L'emploi exclusif de l'occitan ne peut être justifié que lors¬
qu'on s'adresse aux seuls occitanistes. Aici e ara n'a pas
pour vocation d'être une circulaire interne, un bulletin
confidentiel, mais veut au contraire s'ouvrir à tous ceux
qui, pour divers motifs, se sentent concernés par notre
action. Les mille abonnés qui ont assuré le succès de la
première série de notre périodique doivent devenir bien plus
nombreux pour que notre liberté d'action ne soit plus entra¬
vée par de sordides considérations financières, qui nous ont
jusqu'à présent empêchés de réaliser toutes nos ambitions
(et tout particulièrement le passage à une publication men¬
suelle).
3

�Quant aux articles publiés en occitan, nous accepterons
désormais, dans un esprit d'ouverture que les inquisiteurs
de toute sorte ne manqueront pas de critiquer, les deux
orthographes traditionnelles de notre langue : celle dite
« occitane», et celle dite « mistralienne», toutes deux ayant
conquis leurs titres de noblesse, et nous paraissant par
conséquent également légitimes. Il est grand temps d'en
finir avec l'intolérance des uns et des autres ! Qu 'importe la
parure d'une langue, quand elle se meurt ! Nous nous sen¬
tons quant à nous — ceci dit une fois pour toutes — tota¬
lement étrangers aux mesquines et stupides querelles gra¬
phiques où ne peuvent se complaire, selon l'heureuse
expression du poète Sèrgi Bée, que les «bandes de petits
monstres, spécialistes de linguistique aiguë, de philologie,
de dialectique historique et autres débardeurs de la société
idéalisée des pays d'oc du XIIe siècle, transposeurs en idée
de cette société aux pays d'oc d'aujourd'hui». Nous pré¬
venons les «petits monstres» : Aicí e ara n'est pas pour
eux.

Nous

lançons un appel à tous ceux qui veulent raviver la
flamme de la dignité occitane, de la spécificité occitane, à
tous ceux qui, en défendant une civilisation, veulent pro¬
mouvoir un nouvel humanisme. Notre frêle esquif est lancé
sur la houleuse mer occitane. Dieu l'aide à triompher des
tempêtes !
Rémi PACH.

Amis

lecteurs,

d'acheter AICÍ E
Abonnez-vous, faites-nous connaître,
communiquez-nous des adresses pour l'expédition de spé¬
cimens. AICÍ E ARA s'auto-finance et n'a aucun lien avec
quelque organisation que ce soit : pour un périodique indé¬
pendant, tout lecteur doit être un militant.
ARA

au

ne vous contentez pas

numéro.

�Renat Nèlli nos a

René Nelli est mort au début du

quitats

mois de mars. Atteint

d'un cancer, depuis plusieurs années il luttait courageuse¬
ment contre la maladie qui devait l'emporter. Ami d'Aicí e

à laquelle il avait collaboré en la faisant bénéficier des
son humour mordant, il laissera le souvenir d'un
écrivain et d'un penseur d'élite, ennemi juré de la médio¬
crité et de la facilité. Nous n'avons rien changé au texte qui
suit, écrit avant sa disparition.

ara,

trésors de

Dins la

seguida de la setmana d'omenatge

de novembre

1980, a l'iniciativa del Cercle occitan de Carcassona,
l'Institut d'Estudis Occitans, amb l'ajuda del Centre nacional de las Letras, ven de publicar, dins la colleccion Mes-

de

satges,

l'Òbra poëtica occitana compléta de Renat Nèlli.

aquel grôs volum de 323 paginas, son recampats totes
les recuèlhs de l'autor pareguts dempuèi quaranta annadas : Entre t'espèr e l'abséncia (1942), Arma de vertat (1952),
Vespèr e la luna dels fraisses (1962), Beatris de Planissòlas
(1971), Per una nuèit d'estiu (1976), Oda a Montsegur (1977) e
un manat d'autras ôdas e poèmas, dont una bona partida
èra inedita. Coma se aquel ritme de publicacion obeïssiá a
las impulsions d'un cicle decadari volgut per qualqua cosmogonia misteriosa, plan dins le sentit de Renat Nèlli.
Per le simple legidor, o cal reconéisser, la poësia de Nèlli
es quicôm de pas trôp aisit, amai d'un pauc afastigós, tròp
claus, que desrota e fa un chic pôur. Joan Larzac, dins sa
prefàcia, a trapat le desnosador quand escriu : « Longtemps
creseguèri que la poësia de Nèlli èra dificila. Aviá tôt simDins

5

�plament lo tòrt de creire que la caliácomprene. M'enganavi.
volgut voler comprene la vida, la môrt, l'èstre, lo
neient, que l'inspiracion de Nèlli i se mòu coma al sieu dins
los païsatges de la pus nauta pensadafilosofica. Païtsages
pasmens, ren de mai, coma aqueles qu'estructura son
agach somiaire al contorn de quauque camin. »
Tant auriá

Mas vôli pas aici charrar de la poësia de Nèlli, mostrar sa
e son originalitat. Es tôt un libre — una tèsi per
— qu'i caldriá consacrar tant aquel aspècte de
son ôbra literària ten de prigondor
e de resson dins una
amira universala. Sos païsatges son nuèit o solelh, aiga e

riquessa
exemple

fôc, ombrina e clartat. A cadun de trapar la clau per dintrar
dins le tablèu. Mas sovent les dralhôls son plan amagats...
Digús

ne discutis pas, Nèlli es un grand poèta ; es tamfilosôf, un istorian, un etnolôg, un professor, un
aimat, qu'a pastat e marcat generacions d'escolans. Mas Nèlli es avant tôt un ôme. Es d'aquel ôme que
m'agradariá de parlar un bricon.
ben un
mèstre

Çô que vesètz en primièr quand vos entretenètz ambe
Nèlli, es son agait negre virât cap al monde, son immensa,
son inagotabla, sa ferotja curiositat. Òm sentis
que, dins
un bategament de
parpèla, a quitament fait le torn de la
planeta, per pas dire del nôstre sistème solari. Aquela perpetuala curiositat, que le rosega tal un poison enrabiat, se
trapa apielada sus una intelligéncia plan cavilhada, d'una
finessa fòrça intuitiva, e sus una sensibilitat a flor de pèl,
qu'a remplaçai la sang dins sas venas. Nèlli es una interrogacion viventa e sos uèlhs vos pàrlon tant mai que sa
boca.

Dempuèi un detzenat d'ans que coneissi Nèlli, l'ai pas
jamai vist mut davant un subjècte, quai que siágue. Les
mai reborsièrs, les mai reguèrgues e,
perqué pas, les mai
pintoresques, son eles de segur que l'apassiónon e qu'i fan
pausar las questions las mai interessantas. O cal plan dire,
intelligéncia e curiositat son servidas per una memôria
estonanta, ont las referéncias son a lor bona plaça e gisclon tal un laucet traucant las nivols. Aqui avètz
Nèlli, ôme
de sapiença alargat sus l'univèrs, que la bavardisa escana
pas e que, sempre un sorire maliciós al caire dels pôts, vos
gaita, vos compren e déjà camina, plan naut e plan luènh.
6

�Quand vos dobrís sa pòrta — e Dieu sap se o fa sovent —
Nèlli vos dobris tanben le reialme infinit de son èime creatiu. Aima la charradissa, desvolopar idèas, explicitar teorias siunas. Aima le contacte uman, subretot amb lesjoves,

quand an al côr la fe del conquistaire. Aima l'escambi, le
rescontre e se congosta dins un rôtie de cristalIisator, de
revelator puslèu. Sa set de coneissença e le prusiment de
sa curiositat, son remirable eclectisme tanben, vos tôcon
l'ama e vos esbleugisson. Le beluguejadis de son intelligéncia vos pren dins les raisses de sa seduccion verbala, a
reng d'una amistat que se balha simplament, sens rondinejar e sens rèire-pensadas. Nèlli s'arregala de secrèt, mas
beu que de clartat.

n'i a, mai que mai dins les mitans occitanistas,
descridon Nèlli e le criticon d'unes côps d'un biais
gaire borgal. Le dison conservator, despassat per les eveniments, trôp engabiat dins sa torre d'ivôri, traitaa l'engatjament d'un côp èra, rebondeire de la lenga d'ôc e que te
sabi encara. La sortida, i a qualquas annadas, de son
Sabi que

que

famôs libre Mais enfin, qu'est-ce que l'Occitanie ? i valguèt
un ventàs remosegant d'asirança. Le Felibritge
le réalisme de son analisi, son objectivitat e, en 1981, i fiquèt

lausengèt

le Grand

prèmi de literatura de Provença.

Les occitanistas, le primièr estabosiment passât, cridèron a côr-crebat e diguèron que s'agissiá aquí del cant
nièr d'un autor en mal de renovelament que le vielhum

dar-

començava

d'aclapar. Puèi, doçamenton, les

uèlhs se

dobriguèron e fôrça gents de bonavolontatcomprenguèron
enfin çò qu'aviá exactament volgut dire Nèlli, même se, mai
d'un côp, i èra anat un pauc fôrt.
A 76 ans, la pensada de Nèlli corris totjorn e capita al
rescontre dels problèmas e de las idèas del monde modèrne, çô que l'empacha pas de contunhar a s'arrapar als
mites e d'aver un gost marcat per las sciéncias ditas parallèlas. I

es

pas

ont grelha
qu'agrada le mai
de Nèlli, demôra

estrangièra tota manifestacion

l'imaginari uman. Fin finala, cresi que çô
als joves de uèi, dins l'accion e les libres

anticonformisme intrinsec, son buf plan enrasigat dins
l'actualitat, son originalitat prigonda, l'art coladis de son

son

analisi

e

la vision que se

fa tant del passât que

contemporanèu.
7

del monde

�Quand estudiants de 18 o 20 ans vénon, generalament
l'estiu, veire Nèlli a Carcassona o a Boissa, an pas l'impres¬
sion, cresi, de far unicament un romavatge o de visitar un
mèstre copat del présent. Se vénon abeurar a una font,
rescalfar al solelh d'un esperit sempre dobèrt a la vida
vidanta, s'esclairar a las bélugas d'una ama d'elèit. Atison
le fôc de lor passion al revolum de sa paraula e al mirgaIhadis de son ôbra. Atal vesi Nèlli, e cresi pas de trôp
m'enganar.
De sas originas florentinas a gardat l'amor de la beltat e
le socit de la convivéncia. Fugis la mediocritat e s'alassa
pas d'anar a l'endavant dels autres. Sa quista a pas cap de
fin e aquela recèrca permanenta — anavi escriure :
aquela
comunion
es de segur la justificacion de sa vida e la
volontat de son engenh.
—

Joan

se

22

FOURIÉ.

La huitième ÉCOLE OCCITANE D'ÉTÉ
déroulera à Penne d'Agenais, en Lol-et-Garonne, du
29 août

1982. Elle propose un dense programme de
langue et de civilisation, de débats et de veillées.
Une large place sera faite également aux activités
ludiques.
Chaque année, plus de cinq cents participants découvrent
ainsi la réalité occitane d'aujourd'hui. Prix très étudiés
(adultes : 660 F). Pour tous renseignements, s'adresser à :
au

cours

de

E.O.E., Saint-Antoiiie-de-Eicalba,
47340

Tél.

:

Laroque-Timbaut.

(53) 70.32.57

ou

(53) 95.74.34.

�Calendau

Retrait d'una revista occitana
entre las dès guèrras

punhat de revistas e jornalòts occitans (o puslèu felibrencs o
cultura miègjornala) qu'an marcat prigondament le
remenadis de las idèas e la literatura d'òc dins lo sud de la França
aquestas cent darnièras annadas, conven de segur de ficar la revista
Calendau. S'auriá poscut causir tamplan L'Aiòli, Òc, Lo Felibritge o
Marsyas que fosquèron, cadun son biais e son empenta, periodics d'una
nauta tenguda literària dont l'influença, sus un fum de monde dins totes
les ròdols e les mitans socials, siaguèt fòrça viva e demòra un exemple
de lucha et de propagacion. S'avèm causit Calendau, es per la simpla
rason que tenèm jos la man la colleccion compléta de la revista, que
nos pareis, a l'ora d'ara, plan mai desconeguda (e sovent mal coneguda)
per un molon d'Occitans, que siáguen felibres o pas. Anam ensajar,
sens tròp nos embarrar dins un escampilhament alassant de detalhs
estèrles, de presentar al melhor aquela crana revista e d'en balhar un
tablèu bibliografic le mai vivent e le mai complèt possible.
Dins le

de defensa de la

I

—

Caracteristicas tecnicas

Calendau, «revista felibrenca mesadièra», visquèt de febrièr de 1933 a
junh de 1945, es a dire 101 numeròs de largats sus mai de onze annadas.
Le format nautor a la francesa demorèt le même de la débuta a la fin
(15,5 X 24), a despart le darnièr, un bricon mens grand (14 X 20) e publicat jos l'aflat de Marsyas. Le nombre de paginas, qu'èra de 32 al despart,
anirà en se demesissent jos l'ocupacion. Per çò que tòca l'abonament,
sarà en d'abòrd de 15 F l'an, puèi de 20 F (a comptar de febrièr de 1937),
puèi de 25 F (al N° de genièr de 1941). La cobèrta, d'en primièr blua sus
un papièr un pauquet glaçat, vendrà, a datar del N° 25 de genièr de
1935, burèla ambe un papièr mat e mens redde.
cambiarà pauc e, duscas al N° 72 de novembre1939, sarà le del clavaire, Lois Vernhes (1, carrièra de Vallat
a Montpelhièr). Qualques cambiaments dins la composicion del Comitat
de redaccion faràn emigrar Calendau en çò de R. Rebstock (Le Tinal,
Le sèti de la revista

decembre de

9

�rota de Lodèva
L. Vernhes (fins

Montpelhièr) duscas al N° 80, puèi encara a l'ostal de
al N° 85) e, fin finala, en çò de domaisèla Marcèla Drutèl
(9, travèrsa Gianotti, a-z-Ais).
a

Del punt de vista de la periodicitat, Calendau mostrarà una polida
regularitat, même pendent les meses dificiles del començament de la
guèrra (Estampariá de la Premsa a Montpelhièr). Les gerents saràn E. Rul
d'Elly, puèi Lois Vernhes. La maja partida del radaccional èra assegurada per Peire Azemà, Léon Teissièr e Estève Bremond. Al despart, les
membres del Comitat de redaccion saràn : Lois Abric, Alfonse Arnaud,
Pèire Azemà, Folco de Baroncelli-Javon, Clardeluna, Enriqueta Dibon,
Edoard Fargues, Renat Farnièr, Pèire Fontan, Lois Formaud, Mariús
Jouveau, Nona Judlin, Pèire Raynièr, E. Rul d'Elly e Léon Teissièr. Le
tiratge de Calendau, tant coma le nombre dels abonats, nos son pas
coneguts. Pasmens, dels elements d'evaluacion qu'avèm poscut debuscar, sembla qu'aqueles nombres despassèron largament le milierat.

Il

Tanlèu

—

Esperit

e

orientacion de la revista

primièr, Calendau soslinha dins un assaber sens
cap d'ambiguitat la linha ideologica ont se va adralhar : « Es lo programa
d'un mistralisme plenièr, conscient e volontés ; d'un mistralisme que
diriàn intégral se, a fèrça de servir, la valor d'aquela expression èra pas
gausida. » Aquel caga-nis de la premsa d'èc se vòl mai que mai l'organe
d'una renaissença, d'un novèl despart dins la batèsta per un afortiment
son

numéro

sériés de las revindicacions culturalas ; mas una
renaissença solament
literària, que s'apièja sus l'ébra del mèstre de Malhana e que deu menar
«vèrs la conquista d'una libertat politica, d'una prosperitat

economica,

d'una armonia sociala que va bèn luènh en déféra e bèn aut en subre di

pensaments ordinaris de la politicariá parisenca o aparisenquida». I
déjà l'afirmacion clarament formulada d'una accion politica

vesèm donc

autonoma, destacada dels partits exagonals.
Carradament

plaçât dins

una linha felibrenca alargada, Calendau vél
la reconquista déu vèrbe, l'aparement e l'illustracion
lenga mairala», e ten a proclamar son independència al rapért de
tôt grop, de tota pression, de tota escéla e de tota
capèla : «Felibrenca
mas libra, escapi de tota censura,
pas mai oficiala qu'oficiosa, gelosa de
son independència, fièra de son franc
parlar. » Enfin, les enemics de la
Causa dont Calendau espéra devenir le
pérta-drapèl son désignais sens
rondinejadis : «... Se reconeis d'avança per enemics li bastards e lis
arlèris. N'i a que trép, ailàs !»

subretot obrar per

«

de la

Dins cada

numeré, la revista ofris al lector, ambe qualquas variacions,
escapolon pro larg de tèxtes que van de l'article de fons, axat mai
que mai subre de subjèctes d'actualitat, a tréces de pròsa o de poësia
un

(d'aquines céps pro longaruts), sens debrembar articles que se podriàn
qualificar de lucha o de doctrina, una critica de libres sens gaire de

10

�d'inford'òmes
diferents, sembla pro sovent s'equilibrar ambe bonur e balha un image
pro detalhat e variât del movement sociô-cultural occitan de l'epòca.
O avèm ja senhalat, les pilièrs de la redaccion saràn sens contèsta
les majorais Pèire Azemà e Léon Teissièr, totes dos pauc o pro de Montpelhièr, donc lengadocians durs e fèrmes. Son aqui dos fidèls companhs
de lucha, dos felibres apassionats, d'una intelligéncia agusada, qu'an
una coneissença grandassa de l'òbra, de la pensada e de la doctrina de
Mistral. Son d'òmes qu'àimon la discutida e que crenhisson pas la
polemica. Les auvaris de la Grand Guèrra n'an fait fraires de misèria e
de pluma (fosquèron totes dos cronicaires acarnassits al jornal Lo Gau)
qu'an amassa le socit de trabalhar per que la revendicacion occitana
siágue en mesura de capitar dins una optica novèla, dont las originas
remónton a las trencadas e, mai recentament, al centenari mistralenc de
1930. Cadun a plan cavilhadas sas opinions e sas idèas tocant le biais
de menar la batèsta mas aqueles dos idealistas inpenitents sàbon
demorar amassa e bévon a la meteissa copa, refofanta d'un estrambôrd
concessions, una revista de premsa e, per acabar, una cronica
macions generalas. La massa de totes aqueles escrits, deguts a

mistralenc solidament

enrasigat.

dins sas estruccontengut d'una
extrèma riquesa, gorgolhant d'idèas e de projèctes, onchats sempre
d'una sinceritat que se pòt pas metre en dobte. Le Pèire Azemà i delarga
amb una abondància sovent veëmenta, son vèrbe calorent, energic,
d'una tonicitat regaudissenta. Prompte a la responsa, a pôur de res e de
digús, daissa pas passar la mendra ataca, remena, monta en primièra
linha, secotis, tampa la boca als piòts e, a cada linha, crida sa te dins
unaOccitania qu'auriá enfin trobadas sas vertuts autenticas.
Benlèu mens portât per natura a manejar l'estocada mas tan viu e
tant apassionat coma son amie Azemà, Léon Teissièr nos daissa endevinar un esperit pausat, soscaire, pastat de reflexion verificada, clarvesent, imbrandable dins sas posicions ideologicas. Defensor menimès e
acarnassit del mistralisme intégral, que mescla la rigor a la teneson,
Teissièr apareis, çaquelà, coma un extraordinari especialista de l'ôbra e
de la vida del fondator del Felibritge. Exegèta d'elèit, a consacrât a-naquel subjècte un molon de plaquetas e d'articles que fan totjorn autoCalendau, o avèm ja notât, aurà pauc de variacions
e la filada dels cent-un numeròs nos ofris un

turas

ritat.

III

—

Contengut de la revista

les
l'actualitat. Coma o
d'esperit fòrça

Eclectica a môrt, Calendau mèstra un interès per un pauc totes
subjèctes mas demôra mai que mai brancat subre
avèm notât, la revista pareis, tant de fòrma que de fonze,
felibrenc e, tôt en servant al melhor son independéneia, amaga pas
simpatia per le personatge e le programa de Pèire
«
dei joves», e per l'accion qu'aqueste engimbèt a la débuta
D'alhurs, cresi que cal veire aqui le signe pro net d'un

sa

Devoluy, lo capolièr
del sègle.
engatjament occi-

11

�tanista

dinamic, constructiu, a basa de revendicacion activa e de contestacion permanenta. Aquela actitud
valguèt a Caleńdau una popularitat
notabla demest les joves
Occitans, e qualques cracinaments de maissèlas del costat dels «barons» del

Felibritge.

Le

capolièr Mariés Jouveau, òme savi e tolérant, dont la sinceritat
pot
pas èstre negada, de la meteissa generacion
que Teissièr e Azemà, el
tamben nhafrat per la Grand
Guèrra, èra tròp enrodat de «canonges
dormilhoses» o de gents sectarls que le geinàvon e
l'entrabucàvon ; de
tôt biais arribarà pas, pendent son
long e fruchós capolierat, a cristallisar ambe pro de vam a l'entorn del
Felibritge l'ardor combativa e le flòc
d'idèas nòvas dels joves occitanistas. Azemà aviá
lèu comprés aquò e,
de segur, cal véser aqul una de las rasons
que le faràn venir, aprèp la
segonda guèrra, a l'occitanisme militant e a l'I.E.O. Les redactors de
Calendau màncon pas de se referir sovent
revista es quitament un omenatge fervorbs

a

Devoluy,

a sa

le N° 89 de la

e

memòria.

Es dins Calendau que Pèire Azemà
publicarà sos estudis granats
subre Mistral poèta epic, Rabelais en tèrra
d'èc, Caries de Tortolon, la
politica de Mistral, eta., que saràn totes tirats a
despart, Léon Teissièr,
de son costat, se fa essencialament

l'analista, l'istorian

fèrça plan avertit de

e

le comentator

l'òbra e de la pensada de l'autor de Mirèio. Amfós
Arnaud, capitani de la «Nacion gardiana», i va de sa croniqueta
bovina,

ajudat

per E. Rul

d'Elly amorès apassionat de la Camarga e de la traAbric (que signa Jan
Dardèna), Pèire Fontan,
Enriqueta Dibon, barrèjon armoniosament lors voses
a-n-aquel concèrt. Renat Farnièr ten, dempuèi
Lemòtges, la rubrica
lemosina e Miquèl Camelat, de darrièr le
comptador de son espeçarià, la
de la Gasconha.
Josèp Lobet, le valent président dels Amies de la lenga
d'òc, de son estudiosa retirada de Scèus, envia articles
bibliografics e
nètas de tota mena tocant le
Felibritge parisenc o les òmes e les eveniments qu'a coneguts.
dicion gardiana.
Mariés Jouveau,

Lois

Calendau a pas pèur de clamar son amistat
per les fraires catalans
que, en aquesta débuta de l'annada 1933, vénon d'obtèner
un estatut

d'autonomia, tròp restrictiu benlèu,

mas qu'a almens le meriti d'existir;
les cosins de l'autre costat de las Pirenèas remiron sens
amagar lor enveja e même lor despièit. Le N° 4 de la revista es
gaireben
consacrât en entièr al centenari de la
renaissença catalana e al viatge
que les felibres provençals, menats per le
capolièr, vénon de far a Barcelona. Le N° 13 de genièr de 1934
consacra mantuna pagina a la mòrt
de Francèsc Macià, le primièr
président de la Generalitat.
estatut que

Cada annada, la relacion de las fèstas de
Santa Estèla
discors del capolièr son reproduits
integralament,
nes

pas
una

e

le tradicional

acompanhats d'aquicòps de remarcas e de comentaris sénats dont
qualqu'unes màncon
de sal. Las glèsas literàrias s'i
tràpon sovent detalhadas e pòrton
tièra
d'entresenhas preciosas. Pensam mai que
mai a:«Çè que
disià de Mistral» (Nos 6 et
16), «Amfès Tavan » (N° 7),

Josèp Romanilha
«Mistral

e

les Catalans»

(N° 8), «Omenatge

12

a Ramon Lull

»

(N° 15), «Le

�cinquantenari de Nèrta» (N° 20), «Le testament de Mistral» (N° 28), «La
literatura felibrenca en Italia» (N° 32), «Las filhas d'Avinhon» (N° 35),
«Juli Boissièra» (N° 39), «Paginas ineditas de Batista Bonet» (N° 67),
eta. Clardeluna i publica sa pèça : En velhant lo mòrt (Nos 9, 10 e 11).

annada d'existéncia de la revista,
popularas anonimas. Le fascicle 30 es
d'afèit un N° especial entièrament consacrât a la publicacion d'una
antologia dels felibres tuats a la guèrra. Trapam aqui, pietadosament
amassats, poèmas d'un trentenat de joves escrivans occitans dalhats
per le chaple de 14-18 : Lois Bonfils, Elia Bodon, Rogièr Brunèl, Andrieu
Chaussoy, Joaquim Gasquet, Jòrdi Malhet, Alexandre Peiron...
Le

N°

12, qu'acaba la primièra

conten una molonada de poësias

long del centenat de fascicles que compta Calendau espeta
imajada e percutenta de Pèire Azemà. Cronicaire
virulent, emplenat de te e de flamba, le majorai montpelhierenc machega
Tôt al

bravament la vèrbla

dels quatre fèrres, mai que mai quand vitupéra
les fais amies, de la tèrra miègjornala. Aqui, per
exemple, cossi parla de dos famoses escrivans francimands de son
temps : «Mai, de que fasián dins parièr congrès Pau Morand, ensultaire
dau Miegjorn, e lo nazi onorari Lois Bertrand, aqueu Lorren espés qu'a
rèn comprés a Marselha. »
pas sos mòts e peta
contra les enerhics, o

Calendau, Azemà dona un rendut-compte vertadièlibre de Caries Camprós Per lo camp occitan.
Acaba son article sus una frasa que, per el, pren valor d'adesion a las
idèas de l'autor:«Es pas cada jorn, nimai solament cada an, que la
pròsa d'òc nos balha una òbra tan noirida de doctrina e que bolegue tan
de pensaments. »
Dins le N° 38 de

rament estrambordat del

caractèr sople le Pèire Azemà e aima pas gaire d'amagar o
vergonha tant de sos sentiments que de sas simpatias. L'ipocrisia
i es quicòm d'estrangièr e, plan segilr, aquela rectitud dins son accion,
per pas dire aquela intransigéneia, li valdràn rancuras entestardidas.
Dins le Felibritge en particular, vesèm d'un caire les qu'aima o que respècta e, de l'autre latz, les que denóncia e mespresa tôt en les perseguissent sens s'alassar de sas fléchas. Atal, voda una èrnha plan caviIhada a l'Escôla Occitana e a divèrses membres que la bailéjon ; les
acusa en particulièr d'aver relegat dins una sèrta de «ghetto» la vièlha
Escèla Mondina e son rèire capiscôl Andrieu Sorrelh (cf. Calendau N° 44,
p. 226 in fine).
Es pas un

d'aver

Azemà s'encolèra

d'arrèu quand vénon jos sa pluma les noms de
trapa trôp infeudats a la vièlha e

membres de l'Escôla Occitana, que

rétrograda Acadèmia dels Jôcs florals de Tolosa. Armand Pravièl es son
cap de turc préférât e l'aganta a bolets roges, coma al temps de la
guèrra, quand desquilhava dins Lo Gau les amagats de l'arriéra, les profitaires, les amôrris e les renegaires del Miègjorn. Cal reconéisser que le
personatge de Pravièl — ôme manierat e un pauc coflat de bavardisa,
mas qu'a despart d'aquô aurià pas fait de mal a un mosquilh — se prestava

a

mervelha per

suscitar una asirança tan
13

canissa. L'abat Josèp

�Salvat, le baron Desazars de Montgalhard e qualqu'autres son pas, eles
tanpauc, esparnhats : « Avèm, a l'epòca, rebecat coma caliá a-n-aquela
pudenta vessinada. Calendau èra joinet alavetz, e los fraires pata-agonha dau Gai Saber, que se créson totjorn a l'escoleta, e s'imaginàvon
de nos metre al plèc, nos reprochèron, paurets, nòstras
"injúrias desbocadas". An après, dempuòi, qu'èrem de michant
gimblar, e se ténon un
pauc mai a sos cordilhs. Baste ! N'i en volèm pas ; los planhiriám puslèu,
que deu pas èstre de lònga agradiu lo mestièr d'entretengut de Clemença Isaura. » (Cf. N° 44, p. 237)
De tôt

biais, Azemà a la dent dura e la rancura vivaça per çò que tòca
les novèls felibres tolosencs : «Quand se ié
met, Josèp Salvat apond a
la prudéncia de la sèrp la rapidesa dau... cacalàs. » En

contunhant, dm
pòt legir, totjorn a l'adreça del director del Gai Saber, amabilitats del
genre :«Lo Cri-Cri que signa aquò fai çò que pòt, coma Joan quand
caga. es coratjós per procuracion» (cf. N° 57, p. 284). L'estile demòra
percutant e las concessions son raras. La premsa occitana de uèi pareis
plan fadassa a costat de Calendau, e manca singularament de repartida.
Azemà, e tan mai Teissièr, seguiràn de prèp, e amb un interès simpatic, l'evolucion del movement occitan, que se desvelopa essencialament en Lengadòc a comptar de las annadas 1930, ambe la creacion de
la Societat d'Estudis Occitans, l'accion sostenguda
del Novèl Lengadòc,
la publicacion de jornals engatjats e la sortida del libre de
Camprós ja
citât. Idèas novèlas e doctrinas ardidas, radicalas même,
qu'an pas pòur
de desbocar sus le terren économie e politic, s'alàrgon, sovent a l'escart
del Felibritge, accion fòrça seguida per un fum de
joves e que propàgon
les periodics Oc puèi Occitania.
Le redactor de Calendau

s'arregala al mièg de tôt aquel gargotament

e, segon la nécessitât, critica, encoratja, mossega o pren la defensa de
las iniciativas d'aquels grops remenaires : « Pòdi dire

que l'esfòrç
d'aqueles jovents per tratar seriosament de questions seriosas s'amerita
quicòm mai que de galejadas fòra sason» (cf. N° 64, p. 103). Es a remarcar, d'alhurs, a-n-aquel prepaus, que tan las annadas passaràn, mai le
Pèire Azemà se raprocharà del movement occitanista ont descobrls
d'òmes e de vertuts que, ailàs, fàlton crudèlament al
Felibritge, gaireben
aconsomit a la velha de la guèrra de 39.
En mai de

1938, Calendau pareis cada dos meses, mas perseguls
prètzfait que s'es assignat. Dins les
Nos 62 e 66, un long article degut a Pèire Azemà tracta del teatre
d'òc, de
son istôria, de son
avenidor, de son organisacion, de son repertòri.
D'afèit, es aqui un tèma d'actualitat d'una importança majorala car,
pendent aquela pontannada, se desvelopa un teatre tipicament occitan,
exemplari subre mai d'un punt (nos menariá tròp luènh de ne charrar
aici). Dins sa conclusion, l'autor de l'article s'en pren a l'idòla de la
cançon de l'epòca:«Per çò qu'es de "caïnar contra Tino Ròssi", los
qu'o fan an bograment rason. Es una vertat primièra que Tino Rôssi nos
fa susar de cròcs de romana, e tròbe tôt
simple e natural d'o dire coma
ambe

son

en-abans costumièr le

14

�m'o pense, a
N° 66, p. 176).

l'asard de passar per un paure vièlh pas a

Un chic mai luènh dins le meteis numerè, es
literari pro restontissent dont l'autor n'es le paure

la paja» (cf.

denonciat un plagiat
Armand Pravièl, qu'un

paginas aprèp, l'Acadèmia dels
l'acadèmia tolosenca, l'avèm
quora guierdonèt una poësia
que, sota escampa de cantar la beutat, celebrava lo gèste pudent di
cortisans de Pèire lo Crudèl se ronçant, coma una chinalha en calor,
per chorlar l'aiga dòu banh onte la reiala putan Padilha veniá de se
perpétuai pilòri sembla fintar. Qualquas

jôcs florals es tornar atacada : «Pasmens,
coneguda mens enfuscada. Per eisemple

refrescar la bonheta»

(cf. N° 66, p. 191).

començament de l'an 1939, la periodicitat cabussa un bricon. Dins
(genièr - març de 1939), Léon Teissièr, ambe le socit de la pré¬
cision, la viva intelligéncia e la finesa de rasonament que le caracterison
abòrda, tôt le long d'un article de 13 paginas, un subjècte original axat
sus l'anarquia e sus Mistral, ensajant de far le punt per çò que tòca les
gosts, las tendéncias e las afirmacions que, dins l'òbra del mèstre de
Malhana, perméton de decelar un engatjament, de définir una linha politica. D'autres avián ja temptat una quista d'aquela mena e mantes l'an
represa e perseguida dempuèi ambe mai o mens de bonur. Aqub dit, le
trabalh de Teissièr es una pèira solida que sarà longtemps encara
consultada ambe profièit.
Al

le N° 68

Perpetualament sus la bèrca, Pèire Azemà ditz sempre çò que pensa e
amicalament la revista Marsyas, que bailejava le poèta Sully
Andrieu Peyre, et que publiquèt dins ses Nos 215 e 216 (novembre/
décembre de 1938) las famosas « Letras a Josèp Sol sus le Felibritge »
dont l'autor n'èra Lois Bayle. La parucion d'aquelas letras «enauçarà pas
lo renom de la revista de S.A. Peyre ; aqueste, se tant i agrada d'escarnir
lo Felibritge, ié balhe per conselh d'operar el meteis o de melhor causir
sos ajudaires» (N° 69, p. 272). Azemà bombissiá subre son estilò tanlèu
qu'òm s'atacava al Felibritge e, tôt en'reconeissent perfèitament les
défauts o las decas d'aquela venerabla associacion, admetià pas que se
posquèsse grafinhar o desformar l'obrassa de long alen qu'avià entrecritica

presa.

Qualquas paginas mai luènh, totjorn dins le N° 69, a la rubrica de las
e jornals, le redactor de Calendau s'en pren a Marcèl Carrièras
que, «fasent resson, coma lo clèrgue ambe lo capelan, i planhum dòu
Gai Saber, se lanha, lo paure anhèu, de " las vanas discutidas e las polerevistas

micas

Çaquelà, l'organe de l'Escòla Occitana e les qu'i
tròp sovent la cibla favorita de l'autor de A Boulet
dins las annadas que seguiràn, se mostrarà mens enrabiat a

bufècas"».

escrivon son un pauc

rouge que,

l'encontra dels felibres de Tolosa.

plan batut e rebatut, Calendau es fin
tampada, estrecha o sectària. Les
ensemble
e aquô se deu d'èsser soslinhat —
Tôt

revista

—

15

finala le contrari d'una
collaborators, dins lor
sàbon mai d'un côp gitar

�agait critic, objectiu e sensat per delà las parets de lor torre d'evòri o
cloquièr. Avèm vist que le periodic s'alandava frairalament del
costat de la Catalonha, çò que, a
priòri, sembla fôrça natural, mas qu'èra
pas sempre de mesa dins tota la premsa d'òc. Mas,
subre aquel sicul,
s'arrèsta pas l'agait de Calendau sus le
monde. Se referis tamben a
Pltalia, a la Romania, a la Turquia e même a l'airal cultural
arab, çò
qu'èra ja pro ardit en quel temps de colonialisme trionfant.
Ligams particulars siaguèron creats ambe les
Bretons, subretot ambe les grops An
Oaled e del Gorsels (cf. N° 71, p.
343).
un

de lor

Dins le N° 79 de julh de 1940,
Calendau cedis a la môda e a las obligacions de l'ora e forra a la primièra pagina las paraulas del marescal
Pétain seguidas d'un poèma de Mistral. L'ora donc es al
retorn a la tèrra
e a

l'enaurament de las vertuts ancestralas ! Mistral
passa lèu fait per

l'apòstol de la Revolucion Nacionala e,
Evangèlis », qu'una còlha d'especialistas

un

pauc

se

maina

«

pertot, naséjon

sos

d'estampar.

Las restriccions de papièr tàrdon
pas a se far sentir. La

compta alara

revista,

que

un pichon vintenat de paginas,
arriba, almens pendent
l'annada 1940, a conservar una periodicitat tornarmai
mesadièra. En
décembre de 1940, Pèire Azemà quita la direccion de
Calendau : « Me
vejaci gandit a la tòca que m'ère marcada dempiòi quauques meses.
Amb aqueste darnièr numerô de l'annada 1940 s'acaba
tamben ma jon¬
cha a la bailiá de Calendau. N'en demòre
emai ane sens dire, aquò vai
melhor en o diguent — un amie e un collaboraire. Mas
sol, d'ara en
—

abans, l'amie Léon Teissièr n'en gardarà lo govèrn. lé sovète bôna
chança e fòrça ajuda. » Sariá benlèu intéressant de conéisser las rasons
prigondas qu'an butât Azemà a daissar le cap de la revista. Le nôstre
polemista se trapa atal remplaçât per Marcèla Drutèl, que
s'encarga
tamben de la clavarià.

Pèire

Azemà, pasmens, demôra fôrça présent e a pas res perdut de
poderôs, de son ardor combativa, de son franc parlar e de son
aisidesa dins la causida de formulas
plan fissadas. Dins te N° 87, i
dissèrta subre le môt «Occitania», e môstra a
prepaus d'aquel subjècte
un esperit de
tolerància, un réalisme e una compreneson pro raras dins
le pichon reialme felibrenc de
l'epôca. Le nòstre òme i torna d'alhurs
dins le N° 91, portant
qualques matises a son jutjament primièr, e pro¬
fitant de l'escasença per remetre a la siuna
plaça, aimablament mas
fèrmament, un cronicaire de la revista Fe.
son

buf

IV
O avèm

Azemà

e

—

Les òmes de Calendau

constatât, les mèstres d'ôbra

Léon Teissièr. Nascut

e

môrt

de Calendau

siaguèron Pèire

Montpelhièr, ont passèt tota sa
vida, Pèire Azemà (1891 - 1967) s'adralhèt cap al
Felibritge ambe l'Escôla
del Paratge e, ambe son
companh Lois Bonfils, que sarà tuat a la guèrra,
escriurà la comedia Jost un balcon
(Montpelhièr, Montane e Sicardi,
1911), qu'aurà un succès pro marcat dins le rôdol
montpelhierenc e que
la tropa teatrala de la Lauseta
tornarà jogar aprèp 1920. Combatent
gra-

16

a

�vament macat dins sa pèl e
la durada de las

ostilitats,

dins son còr, Pèire Azemà sarà, pendent tota
dels cap-redactors del jornal Lo Gau, fondât

un

per Léon Teissièr, e que marcarà la generacion felibrenca del fôc, ja
amassada dins l'escôla del Bombardament mesa sus pè dins las tren-

Azemà groparà d'alhurs en un volum de mai
les mai representatius qu'aviá signats dins Lo
Gau, volum qu'i balharà le titol evocator de A Boulet rouge... (Tolon, La

cadas per Mariûs Jouveau.
de 200 paginas les articles

Pinhata, 1930).

Aqui cossi un contemporanèu (s'agis de l'ispanisant Joan Camp,
originari del terraire audenc) nos pintra le director de Calendau : «Brun,
solide, la labra roja e l'uèlh trufaire jos le larg capèl estival, aquel Clapassièr autentic deu a son fisic de miègjornal masclat d'escriure una
lenga druda, energica e franca coma el » {in Feuillets Occitans, nov./dec.
de 1926). En 1926 justament, publica sa comedia antica en dos actes
Lo Ciclòpa (Paris, Tolosa, Marselha — Libr. Occitania, H.E. Guitard) dont
se lausèt l'originalitat e le clacissisme de factura. Majorai del Felibritge
en 1929, Azemà venguèt un pauc aprèp adjunt al conse de Montpelhièr.
De 1933 a 1940, o avèm vist, menât ambe fe e teneson Calendau tôt en
publicant una tièra d'estudis literaris d'un grand interès.
1928, avià redigit per la Cigala Lengadociana de Besièrs una resfbrça argumentada a prepaus d'un article de Lois Alibèrt sus le
Felibritge e la grafia, paregut dins la Tèrra d'Oc de Tolosa, article tirât a
despart jos le titol Politica felibrenca (Besièrs, ed. de la Cigala lengado¬
ciana, 1928, 15 p.). Sindic de la Mautenença de Lengadòc, siaguèt mai
d'un còp candidat maganhat a la carga de capolièr del Felibritge. Devià,
çaquelà, espaurugar una polida randoleta de majorais enferonats dins
les bescomptes d'un passât mòrt. E puèi, èra pas Provençal ! Aprèp la
Liberacion, tôt en demorant un mistralenc sincèr e atentiu, Azemà pren¬
dra qualquas distàncias ambe le Felibritge e rejunharà doçamenton le
«camp occitan ». Òme arderós e apassionat, personalitat nauta en color,
vertadièr tribun, Azemà siaguèt de segur un dels òmes d'accion les mai
pintoresques e les mai marcants del moviment occitan d'aquelas annadas.
En

ponsa

Nascut a l'ombra dels morrèls tormentats de Losèra,
decan respectât del Felibritge, Léon Teissièr (1882-1981)

longtemps

fosquèt gaireben tota sa vida le companh de lucha, de sofrença e de gaug de Pèire
Azemà. Aquel mistralenc de nauta volada dont se lausengèt l'ortodoxia,
èra de segur le melhor especialista de la vida e, subretot, de l'òbra del
paire de Mirèio. Provençalisant reputat, teorician avisât, analista lucid,
intellectualisme discrèt, la seguretat de sa documentacion ajudèron
fbrça Calendau a devenir una revista d'una tenguda literària mai qu'onorabla. Pensaire fruchós e gardian vigilant de la tradicion, Léon Teissièr
es l'autor d'un trentenat d'obratges e de plaquetas que cànton la beltat
salvatja de las Cevenas o que son glbsas subre le Malhanenc.
son

Enfant de Lunèl, Loïs Abric (1886-1953), qu'avià per escais Jan Dardèna, ancian collaborator de I'Ecò dóu Bousquetoun, siaguèt de 1918 à
1939 le director e principal redactor de \'Écho du Vidourle. Capitani de la

17

�populara «Nacion Gardiana» pendent mai de 40 ans, Amfós Arnaud
(1888-1972) èra un propagandista actiu e devoat de la tradicion taurina
camarguesa, tôt coma son amie Rul d'Elly, qu'aimava de se distraire de
son trabalh admenistratiu a la Prefectura de Montpelhièr en consacrant
çô pus clar de son léser a descriure, lausar e pintrar l'embeliment etèrne
de la tèrra camarguesa.
Demest les autres collaborators de Calendau, devèm citar, sens tròp
rondinejar sus lor biografia : Clardeluna, de son nom vertadièr Joana
Barthès (1898-1972), la poëtessa de Cazadarnas, mai coneguda per son
teatre que per sos vèrses ; Folco de Baroncelli-Javon (1869-1943), ancian
baile de I'Aiòli e darnièr cantaire inspirât, ambe d'Arbaud, de la vièlha
Camarga ; Enriqueta Dibon, la vibranta Farfantèla ; le majorai Renat
Farnièr de Limòtges (1888-1954), avocat de tria, renovator del teatre
popular lemosin ; le Tolonés Pèire Fontan (1882-1952), qu'es l'autor,
ambe C.P. Julian, de l'ufanosa Antologia del Felibritge provençal e dont
l'esposa, Romaneta, siaguèt reina del Felibritge ; Lois Formaud, le
vinhairon poèta de Marsilhargues ; le capolièr Mariùs Jouveau (18781949), devoat côs e ama a la Causa mas espotit per la lorda taca que
devià assumir; Josèp Lobet (1874-1951), le solitari de Scèus, que coneissiá tan de causas sus la pichona e tant mai la granda istòria del Feli¬
britge ; Marcèla Drutèl, que signa « l'Aubanelenca » tant de polits recuèlhs
de poèmas ont bronzina tôt le fòc de la
Provença lumenosa ; Andrieu
Jacme Bossac (1889-1964), le majorai d'AIbi que, coma Azemà, se daissava pas marchar subre les agassits ; Maria Antonieta Boyer
(mòrta en
1967) ; le Niçart Josèp Giordan (1878-1963), Matieu Lafont, Nuna Judlin,
Joan Calendal Vianès e tantes d'autres a la pluma aisida e a l'inspiracion
generosa.
Sariá

van

e

absurd de negar,

de minimisar

o

de meconéisser l'in-

fluéncia qu'agèt Calendau dins le revolum occitan de

son temps. Aquesrevista, que se destaca netament de la massa de la premsa d'ôc
d'alara, bufava un aire novèl que regaudissiá, que derrengava, que disiá
çò qu'aviá a dire e que caçava la polsa d'abitudas despassadas. I fasián
pas paur cap de pelhas e se chautava d'entrebolir le vin claret que se
beviá alavetz, sens tròp de conviccion d'aquines còps, dins les mitans

ta

felibrencs.

D'un autre biais, nos sembla significatiu d'arremarcar l'actualitat
sempre viva d'aquel periodic, qu'esclaira d'un lum particular, a l'escart
de las analisis comunas, l'accion del
Felibritge e l'en-abans occitanista. I
auriá, plan segur, un molon de causas a dire encara, de parailèls a esta-

blir, de vertats a debuscar, d'intencions a decelar e de conclusions a
desgatjar. Les qu'auràn la possibilitat e la paciéncia d'espepissar d'un
uèlh plan mai critic la colleccion de Calendau saràn pas decebuts e traparàn aqui tèmas importants de meditacion. De segur, i perdràn pas lor
temps !
Joan

FOURIÉ.

�L'inspiration occitane
chez Franz Liszt

J'aurais pu intituler cet article, plus laconiquement, plus lapidairement : «Culture occitane, pas morte ! ». En effet, le propre
d'une culture est non seulement d'être admise, acceptée, «culti¬
vée» dans un terroir donné, mais également de rayonner au
dehors. C'est ce qui lui donne ce sceau d'universalité qui lui
confère une valeur véritable. Une culture qui s'étiolerait dans son
propre

terroir et qui n'attirerait plus l'attention du dehors serait

agonie, et serait bientôt une culture morte. Certes, nous savons
que les civilisations sont mortelles, mais, grâce à Dieu, certaines
en

ont encore

la vie dure...

malgré les rudes assauts dont elle est
l'objet, fait partie, heureusement, de celles-ci.
Et notre culture occitane,

Son rayonnement fut grand au Moyen-Âge, ainsi que nous le
rappelle Alain Nouvel dans un ouvrage récent1. Il s'étendit jus¬
qu'au Portugal (qui a conservé les graphèmes occitans lh et nh,
que les Parisiens ne savent pas prononcer), jusqu'aux bords du
Danube, avec les Minnesaenger, jusqu'en Angleterre, mais aussi
jusqu'au Proche-Orient (Syrie et Liban) où une petite ville
syrienne porte encore le nom de... Saint Gilles (Sindjil).
Plus récemment, les Vaudois — occitans — eurent des rëlations
suivies avec les Hussites de Bohème, et les réfugiés protestants
des Cévennes apportèrent la langue d'oc en Allemagne où des
vieux la parlaient encore une dizaine d'années avant la guerre de
1939-45. Et la gloire de Frédéric Mistral trouva de nombreux échos
outre-Rhin.
Mais ce que l'on sait moins, c'est que, dans un domaine où les
revues occitanes ne s'aventurent guère, celui de la musique, cette
influence fut également importante. On ignbre, par exemple, que
le Provençal Noël Carbonel (XVIIIe siècle) fut membre de l'Aca-

19

��l'Arlésien Pierre
Rois de Prusse ;
que Richard Wagner plaça son Parsifal dans les Pyrénées (le Burg
de Montsalvatsch n'est-il pas notre Montségur ?) et qu'il mit en
musique une poésie, en français, il est vrai, du Nîmois Jean
Reboul (Tout n'est qu'images fugitives), composée lors de son
premier séjour à Paris.
Mais c'est le Hongrois Franz Liszt qui retiendra particulière¬

démie de Musique de Vienne, en Autriche ; que
Vachon (même époque) fut musicien attitré des

ment notre

attention.

Les liens entre Franz

Liszt et les pays d'oc furent de nature très
où il passait : sa

diverse. Artistiques, certes, comme partout
virtuosité pianistique soulevait les foules et

leur enthousiasme

permettait toutes les outrances. Sentimentaux aussi, et cela n'a
pas à nous étonner : il était plus que séduisant, et les coeurs cha¬
viraient facilement à l'approche du sien. Et ses amours s'éche¬
lonnent de la Sainte Russie jusque dans l'ancienne capitale du
royaume de Navarre. Plus intimes aussi, et cela est plus rare — et
peut-être moins connu : Blandine, une des filles qu'il avait eues
avec Marie d'Agoult, s'était mariée avec Emile Ollivier, futur
ministre de Napoléon III, et elle résidait souvent à Saint-Tropez,
où elle mourut, en 1862, et dans le cimetière duquel elle repose
toujours... On sait enfin qu'il entretenait de solides amitiés avec
la famille Boisselot, de Marseille, et avec Armand de Pontmartin,
ami des premiers félibres, qui demeurait aux Angles, près
d'Avignon...
Nous

ne

reviendrons pas sur

la triomphale tournée qu'il effectua

dans le Midi, au cours du second semestre de 1844, avant de se
rendre en Espagne et au Portugal. Mais nous rappellerons que
c'est au cours de cette tournée qu'il fut amené à composer diverses

d'une valeur non négligeable, mais que les interprètes du
compositeur négligent volontiers. Et ces œuvres s'inspirent sou¬
vent du terroir, et mettent même en œuvre des thèmes tradition¬
œuvres,

nels.

LES

QUATRE

ÉLÉMENTS

Chronologiquement, c'est la première œuvre qui lui fut inspirée
On ne peut considérer comme l'ayant été la suite
de ses Douze études pour piano, œuvre de jeunesse (1827), reprises
par notre pays.

21

�plusieurs fois par la suite, éditées en premier lieu
Boisselot, fabrique de pianos, à Marseille.

par

la Maison

Peu après son arrivée à Marseille, le 24 juillet 1844, les artistes de
cette ville

organisent un grand banquet au lieu-dit La Réserve,
magnifique sur le paysage, tant maritime que
montagneux. Après le banquet, Liszt, en compagnie de ses hôtes,
fait une promenade au grand air. L'un d'eux, le
poète Joseph
Autran, bien et injustement oublié depuis, lui tend un poème qu'il
vient de composer : Les Aquilons. Liszt en prend connaissance et,
séduit à la fois par le poème, le paysage — et aussi, n'en doutons
pas, le banquet —, demande une feuille de papier, un crayon, et
improvise un motif. Ce sera une cantate qui portera le titre défi¬
nitif : Les quatre éléments et qui sera interprétée
par la chorale,
alors célèbre, Trotebas.
Cette cantate ne sera guère interprétée que deux fois, mais son
ouverture, amplifiée et remaniée, deviendra... les célèbres Pré¬
ludes, qui ne doivent à Lamartine que le titre et la dédicace, en
reconnaissance de l'accueil réservé par le poète au virtuose.
Nous devons au musicologue Emile Haraszti la révélation de
l'origine provençale de cet immortel chef-d'œuvre2.
d'où l'on

a une vue

TROIS CHANSONS OCCITANES

De

Marseille, Franz Liszt, marchant de triomphe

en

triomphe,

rendit ensuite dans le Sud-Ouest. Sa première
étape musicale
fut Toulouse où il arriva le 25 août 1844. Nous passerons sur les
se

divers concerts qu'il y donna, -pour nous arrêter à cette matinée
gratuite qu'il avait organisée, le 31 août, pour les ouvriers de la
ville, à la salle Monlezun. La veille au soir, il avait été gratifié, par
une chorale populaire,
d'une sérénade au cours de laquelle avait
été interprété un vieux chant : Campana que sona, dont l'air
l'avait
Le

frappé.
lendemain,

avant le concert,
de cette chorale de lui en rappeler

il demanda à l'un des membres
l'air, qu'il nota rapidement. Et
cet air, à la surprise et avec l'émotion
que l'on devine, il l'inséra
magnifiquement dans ses Mélodies hongroises. Cet hommage
rendu à notre culture occitane fut accueillie dans un délire
d'ap¬
plaudissements.
On n'a pas conservé la partition intégrale de cette mélodie
hongroise greffée du motif de Campana que sona, et c'est bien
22

�regrettable. On aura plus de chance avec les autres improvisations
« occitanes » de Liszt. Il subsiste toutefois, dans les manuscrits du
compositeur, un feuillet non daté, contenant une courte partition,
et cataloguée sous le titre : «La cloche sonne», vieille chanson
française... Ne serait-ce pas le brouillon même griffonné par Liszt
lors de son concert populaire ?
Nous aurons plus de chance avec Françoneta, une mélodie de
l'Agenais Jasmin, publiée dans son recueil Las Papilhòtas, et
cataloguée sous le titre de Faribòla Pastora. Nous possédons, à la
fois, la mélodie même de Jasmin et la partition qu'en tira Franz

Liszt.
C'est le 20 septembre 1844 que
accueilli magnifiquement, alors

Liszt se produisit à Agen. Il y fut
qu'à Montauban, quelques jours
auparavant, il n'avait recueilli qu'un succès d'estime. Naturelle¬
ment, Jacques Boé, dit Jasmin, qui triomphait alors, des Alpes
aux Pyrénées, de Bordeaux à Marseille, et même à Paris, d'où il
ne revint d'ailleurs guère enchanté, assistait au concert. Il avait
« improvisé » en l'honneur du compositeur une pièce dans laquelle
il célébrait son génie, et le compliment se terminait par le don au
musicien de la couronne que le poète avait reçue récemment. Ce
compliment figure également dans les Papilhdtas.
dans cette tournée musicale de 1844 une place
prépondérante. D'une part, nous aurons, là aussi, des variations
musicales sur un thème du terroir, mais également plusieurs
mélodies, inspirées, elles, non plus tant par le terroir, que par
l'amour qu'il portait toujours pour Caroline de Saint Cricq,
devenue Madame d'Artigaux, et qui résidait désormais dans cette
ville. Touchante histoire d'un amour de jeunesse qui ne fut jamais
Pau enfin occupe

oublié.
Au cours de la visite qu'il fit à Caroline, Franz Liszt avait
remarqué, sur son piano, un recueil de mélodies béarnaises récem¬
ment publié3 et dont l'une l'avait frappé : La-haut sus la montanha, un poème de Despourrins.
Au cours du concert qu'il donna aux Palois le 11 octobre 1844,
il improvisa sur ce chant populaire, à la joie des Palois attendris,
qui voyaient dans ce poème comme une manière de chant natio¬

nal.

23

�MÉLODIES D'AMOUR
Dans

chant

déjà, Franz Liszt avait mis tout son amour pour
Cricq qu'il venait de retrouver, mariée, mère de
famille, fidèle à son devoir, fidèle aussi à son souvenir. Mais il ne
devait pas en rester là. Dans son étude sur la partie de cette tour¬
née qui concerne le Sud-Ouest4, Mme J. Bellas écrit en effet :
«Trois mélodies dédiés à Mme d'Artigaux rappellent dans son
œuvre la halte de Pau : deux chantent des airs béarnais ; sur le
manuscrit de la troisième, il a indiqué : " Ce Lied est mon tes¬
tament de jeunesse, c'est pour cela qu'il n'est pas mieux et aussi
pas plus mal". [...] C'est aussi un hommage passionné à Caroline
sur un poème de Georg Herwegh : Ich môchte hingehen wie das
ce

Caroline de Saint

Abendroth.

»

Telles se présentent, aussi belles que méconnues, à l'exception
des Préludes, les compositions inspirées à Franz Liszt par notre
terroir occitan. Il
dont il

a

ne

faut pas

être étonné de la compréhension

fait preuve. Comme de nombreux compositeurs étran¬

le Hongrois Bela Bartok par exemple, loin de mépriser les
productions populaires de son pays d'origine, comme font géné¬
ralement, sauf quelques rares exceptions, les musiciens français,
Franz Liszt avait su s'en inspirer. Aussi était-il déjà ouvert à la
connaissance des folklores des autres pays dont il eut à connaître,
entre autres de nos pays occitans. Aussi, loin de nous donner,
comme Gounod, une Mireille d'opéra-comique parisien, Franz
Liszt a su assimiler, nous rendre et magnifier ces chants du terroir
occitan. Et ce ne sont pas de petits fleurons, même s'ils sont reje¬
tés dans l'ombre, qui ornent sa couronne de gloire !
gers,

Marcel

1. Alain

CARRIÈRES.

Nouvel, L'Occitan, tangue de civilisation européenne (« Connaissance

de l'Occitanie », 1977).
2. Emile Haraszti, Genèse

des Préludes de Liszt (Paris, Revue de Musicologie

1953).
3. Pierre de

Gorsse, Villégiatures romantiques, ou Les amants des Pyrénées,

Franz Liszt (Paris, Editions du Pavois, 1947).
4. Mme J. Bellas, Un virtuose en tournée, Franz Liszt dans le Sud-Ouest
1844 (Toulouse, Annales de la Faculté dés Lettres, 1960).

en

�Las innovacions

graficas

Lo progrès, aquô's pas çô que confirma vôstre catequisme abitual. La sinhificacion del mot progrès es d'abôrd
logica : aquô's lo desvolopament dins lo sens de çô
melhor. La maquina d'escriure es un progrès per rapôrt a
la pluma. Quand i a mai de libertat, aquô's un progrès ; e
parallèlament quand i a mai de costrencha (per exemple de
l'Estat), aquô's una régression.
Òm pôt èstre progressista a mai d'un nivèl. Teoricament,
tôt lo monde, o gaireben, es progressista. Practicament,
aquô's diferent. «Aquel càmbiament, çô diran, es teorica¬
ment un progrès. Mas, dins l'estat actual, se pôt pas far.»
Es pas progressista lo qu'aima mai conservar çô qu'existís, e mai s'es pas perfècte.
Las rasons d'aquela actituda de manteniment son
divèrsas. Una question de tempérament. I a de monde que
vôlon totjorn cambiar, qu'àiman pas que çô novèl. Aqueles
son pas necessàriament progressistas, que tôt çô qu'es
novèl es pas un progrès (per exemple, las tecnicas actualas de reproduccion del tèxte son pas un progrès se se
considéra la qualitat tipografica e donc la qualitat de la
difusion de l'informacion), mas al mens son dubèrts al
progrès. Parallèlament i a de monde qu'àiman pas cambiar.
E tanben un jove aima mai cambiar qu'un vièlh.
Lo pes de l'abituda. Avèm totjorn fach aital ; i sèm abituats ; per de qué cambiar ?
Lo pes de l'institucion. Una administracion es per definicion conservairitz ; una corporacion tanben.
L'interès. S'aquel càmbiament interven, soi pas pus res,
me prénon mon pichon poder.
E aquô, e aquô.

25

�Aquelas mentalitats, las trobarem dirèctament dins la
question de la grafia de la lenga occitana.
E d'abòrd i a doás questions graficas.
La primièra es de saber quai sistèma constituis un pro¬
grès. La grafia la melhora es necessàriament la que nôta
dins

un

meteis sistèma totas

las

varietats actualas de

lenga (grafia diageòsistematica) e totas las fôrmas linguisticas que noirisson la cultura occitana (grafia diacronôsistematica). I a pas qu'un sistèma que responda a la definicion : lo sistèma classic1.
La segonda question grafica, la sola que nos ocupa aici,
es de saber qualas solucions dins lo sistèma classic son
las melhoras.
E d'abôrd, ont son los documents qu'explican lo sistèma
classic ? N'i a dos, e pas un sol coma créson lo monde.
Lo primièr es lo diccionari d'Alibèrt dins son edicion de

1977, amb l'avertiment de las paginas 9 e 10 (e donc pas la
gramatica de 1935 ni lo diccionari de 1966). Lo segond es la
gramatica de Salvat dins sa 4a edicion revista per E. Negre
en

1978.

I a gaire de diferéncias entre aqueles dos libres fondamentals : de pichonas causas qu'E. Negre a jutjat bon de
mantenir o d'introduire. Salvat : acò, gracia, farmacia, càntan... Alibèrt : aquò, gracia, farmacia, cantan...
Pauc de monde seguisson la doctrina Salvat-Negre : ne
vesi pas gaire en defôra de la revista Gai Saber. La question
se situa essencialament dins la tradicion Alibèrt.
Dins aquela tradicion, i una novetat qu'es lo Pichon dic¬
cionari francés-occitan de J. Taupiac, paregut en 1977. Es
escrich per l'animator de la seccion de normalisacion de
l'Institut e éditât per una instància de l'Institut. Conten
doás menas de causas novèlas :
1.Una régla oficialisada pel Conselh d'Estudis de l'Ins¬
titut e qu'es donc obligatòria dins la practica d'aquel

organisme, a mens d'èstre erètge : lo tipe asòt, realisar,
trapèsi...
2. De réglas estudiadas per la comission mas pas oficialisadas pel Conselh d'Estudis. La rason n'es la marrida
organisacion de l'Institut, la manca d'interès de la direccion per las questions scientificas e probablament tanben
26

�lo sabotatge de qualques responsables (irresponsables)
qu'avián interès a pas cambiar las réglas. Un bon foncionament de l'Institut auriá oficialisadas las réglas en ques¬
tion. En consequéncia, personalament las teni per oficialas
e las seguissi escrupulosament dins aqueste article sens
me daissar anar a cap de solucions personalas. Cal notar
que parli aici solament de réglas graficas e solament de las
que foguèron aprobadas per la comission unanima, a la
quala tôt lo monde intéressât èran convidats. S'agis de
l'accentuacion de las tresenas personas pluralas (Taupiac
e Salvat : càntan, Alibèrt : cantan) e de causôtas coma
foncion, conjontiu, maximom, linguistica...

Parallèlament, una reflexion es estada menada dins la
revista Quasèrns de linguistica occitana (10 numerôs pareguts) per vòstre servitor R. Teulat, reflexion qu'abotiguèt a
qualquas solucions de J. Taupiac, mas pel demai que son
pas oficialisadas. O serián probable per una mena d'Academia dinamica e s'èrem pas en estât de dependéncia.
Aqui tota la question grafica actuala de l'occitan clarament pausada, o pensi. Coneissi pas d'autres escriches
fondamentals. Coneissi per contra plan de reflexions oralas, mas cal solament tenir compte de las solucions escrichas e argumentadas.
Qué vesèm dins la practica ?
I a d'abòrd tota una categoria d'utilisaires que se fóton
complètament de la reflexion grafica e que fan a lor aise
segon l'inspiracion del moment. Aquô's lo cas de mai d'una
publicacion de l'Institut, en particulièr la colleccion A tots,
ont i a de libres que son de vertadièrs torcons a aquel punt
de vista grafic.
I a una autra categoria que ténon Alibèrt 1966 per una
biblia (parli pas d'aqueles que ne son demorats a la gramatica de 1935: dévon pas èstre nombroses) e que reconéisson pas (o conéisson pas) las modificacions posterioras.
L'argument essencial es Magister dixit. Evidentament, del
temps que lo magister èra en vida, l'escotàvan pas. Ara
qu'es môrt, es devengut intangible. Aquô's lo clan «integrista» e i a cap de biais de convencir un integrista, quai
que siá lo domeni.
Enfin i a (o cal esperar per l'avenidor de nôstre lenga) de

27

�monde que vòlon una

grafia dinha (e donc estricta), una
grafia simpla (e donc sens concession non necessària a
Petimologisme o a l'arcaïsme), una grafia ont cada solucion
es argumentada e pas impressionista. Las innovacions
vénon simplament respondre a aquela demanda.
Lo principal argument (en fach lo sol acceptable) contra
las innovacions seriá lo qu'ôm présenta contra la refôrma
de l'ortografia del francés : lo côst économie del passatge
d'un estât a l'autre. Aquel argument val pas per
çò que i a
pas de caractères novèls : Ò e Á, las principalas dificultats
i son ja e i demôran.
L'autre argument es que caldriá metre a jorn las edicions
dels autors, los manuals... La responsa es que i a pauc de

libres que segulsson exactament la doctrina oficiala (veire
çai-sus). E tanben que l'edicion occitana es dempuèi totjorn traversada per la question ortografica. Alavetz una S
de mai aici, un accent de mens alai, aquô's pas un pro-

blèma.

Non, las innovacions seran dangeirosas lo jorn ont
d'imprimariás occitanas competentas, de vertadièrs
jornals, una radiô, una télévision... Brèu quand le sistèma
grafic serà institucionalisat. Aquô's pas lo cas. Es donc
totjorn légitimé d'ameliorar la grafia.
aurem

Autra question : quora ne finirem amb las innovacions ?
Responsa : jamai. La lenga càmbia e donc la grafia deu
seguir. Donc l'innovacion grafica s'arrèsta jamai.
Dins los fâches, demôran simplament qualques punts de
reglar. Prengam l'exemple de catòrze. «Es plan simpla
aquela grafia, çô diran. Qué volètz i cambiar?» Simplament
catòrze se situa dins la tièra de quatre, quaranta. De
pretenduts especialistas vos diran qu'aquô's una rason etimologica que fai que catòrze s'escriu pas coma quatre. De
fach en espanhôl avètz cuatro, catorce, cuarenta amb diferença efectiva de prononciacion. En portugués quatro,
catorze, quarenta. En catalan quatre, catorze, quaranta. En
gascon quate e catòrze. Dins aqueles idiômas, los etimons
son donc diferents. Mas, en francés e en occitan fôra lo
gascon, la prononciacion es unifôrmament en ka e en italian unifôrmament en kwa. Lo sistèma actual es donc
pas
corrècte e es sorga d'errors graficas. Caldriá escriure siá

28

�quatre, quatòrze, quaranta, siá, mai simplament, catre,
catòrze, caranta (que fai sovent cranta d'alhors). Ladarrièra
solucion évita lo recors al diccionari, es donc melhora, es
donc un progrès. Aital escriuriatz ca, co... cada côp que
prononçariatz ka, ko... ; e qua... cada côp que prononçariatz
kwa. La grafia en gascon demorariá donc quate, catòrze.
Tecnicament, istoricament, practicament, la simplificacion es un progrès e seriá adoptada dins una sana discus¬
sion. Per de qué es pas utilisada ? Per de qué aquela resisténcia ai progrès ? Podèm acusar la natura umana. Mas es

permés de pas acceptar las causas injustas, la
la régression.

mediocritat,

Rogièr TEULAT,
Clarmont, lo 9 de març de 1982.

1. Nos devèm d'apondre qu'a nôstre vejaire, d'autres critèris pòdon
intervenir. Quitam donc a l'autor la responsabilitat de son prepaus, que
de tôt biais a ges d'intencion polemica (N.D.L.R.).

AVIS
AUX COLLABORATEURS
ET CORRESPONDANTS

D'AICÍ
Nous

bien

prions

nos

E ARA

aimables collaborateurs et correspondants de
dans la présentation de leurs écrits, les

vouloir respecter,

recommandations suivantes

:

Taper les textes à la machine, à double interligne ;
2° Laisser suffisamment de marge, à droite et à gauche ;
1°

côté de la feuille ;
lettres capitales les noms propres ou les

3° N'écrire que sur un
4° Ne pas

écrire

en

d'œuvres citées ;
5° Joindre une illustration
que

faire

se peut.

titres

(dessin, photographie) chaque fois

�L'escritura, publica
Ives

o pas

Roqueta

1

Dempuèi tptjorn, los que son mestièr
d'escriure, sa plaça es
al mièg dels mòrts.
es

Un

còp èra, aviam
quilhada
la paret dels cementèris.

nòstra taula
a

Uòi escrivèm dins d'ostalses

barrats,
insonòrs, sens degús per nos dire
Escriu aiçò, e aiçò, e aiçò...

aseptisais
—

e

Empacha pas los defuntats
de nos far de vesitas discrètas,
nimai los vius de cridar al
entre nòstras

secors

patas de moscas.

2
Lo luòc de

l'escritura, alara,

èra tanben lo de l'asili
e

lo

poèta i codoissava

l'assassin, coma l'amorosa l'amant.
Çai venián enquantar las novèlas
e
a

lai cosiàn lo pan,
dos passes deI poiridièr.

30

:

�Es encara aital que fasèm :
d'esquina al carnièr,
entornats pels crits dels mercands,
los gemècs de las filhas rompudas,
las confidéncias a l'amagat
dels paucparlas e dels paucvals.

D'aqui estant, dm se sentis
pus brica d'importància.

sens

Òm

risca alara

de dire

—

es

lo bonur

—

juste.

3
Arriba tôt còp que

los mòrts

fàgon bolegar
la pèl de la tèrra,
l'enfant lo ventre de la femna,

coma

de tant que
Es pas
mas

lo

jamai aisit d'encapar sas paraulas,
morre juntat dins la tufa

umorosa

Òm

n'an a dire.

de la femna

los compren

Ai notât, en

melhor.

desòrdre

:

per en-dessús trèvas e pòurs, lo matin blanc,
lo temps gimblat per lo plaser dels còsses,
un

buòu

desjonch que se soven de cossf èra

davant que l'agèsson sanat,
Dieu — o de diusses ? — que

dormisson
lo bacelar, jamai dm non capita
a los tirar deI sdm,
una bugada espandida sul prat...

e

que,

ni

per

Aqud's un long trabalh per o revirar tôt
en lengatge comun que ddne fam e fdrças.
La femna

dins lo

aqui encara buta
de mai granda clartat.

sens

31

levât,

�4

Aquel bruch al fons deI negre,
es qu'aquò's Dieu que sómia
te sarrant lo còl entre sas dòs manassas ?

en

O s'es l'èr solament que passa en estufiant
dins tos paumons del temps que t'escanavas
al mièg del fum, los vèspres de brasasses ?

5

Dieu, diguèri, lo planhissi
vertat es que siá estât tôt sol
tant de temps davant tant d'estelam,
sens degús per lo far assetar
quand serà vièlh, al pè del fuòc.
—

se

Imaginem-lo nud, diguères. Nud, òc,
la fam pel ventre, las mans traucadas,
curât d'angoissas, mortal tanben,
perdequé pas ?
/
a

pas mai de perilh
lo nos far aital

a

qu'a nos voler etèrnes.
6
Los nòstres

son

de pauc

d'espèr

desempuèi que lo fiai
de misericòrdia

es

rompu t.

S'atisson, çaquelà, a pallevar lo jorn
amb las puas del bigòs,
pesucs de fums,
chucaires de nfvols.

Sas femnas pàsson
sas mans

pel fuòc

avant de los desvestir
e

de davalar drechas

dins

son

avenidor.

32

�7
Es

paire que m'a demandai :
qu'es aquò que t'espaventa ?
Lo monde es bon ; la vida es bona.
mon

De

—

Ma maire èra assetada
—

a

e

velhava l'estiu

Dont mai la

pòur me nosava
dont mai cantavi lo cèl clar.
Eles dos aviàn lo même
èron
sos

ras

las

lo ventre,

visatge,

a

s'i trompar

passais de! band de l'ombra ;
uòlhs èron de piastre, sas votz

ressondissián
al

:

Parla, diguèt. Te pòs fisar
las paraulas.

de la

sens

meuna.

amargança
Cadun

pòt ausir encara uòi.
8

Sus la taula ont del bot deI det

qu'a onchat de saliva mon paire
pica de bocinons de crosta,
las moscas bronzlnon ja
près ta s a tôt.
Esprovi pas una segonda
la sentida d'èsser de tròp.
9

Defòra, sus una autra taula, al solelh
lo peis, lo vin blanc, lo pan encara
e, per dessus, lo rire dels amies, sonòr.
Dieu

aquí o es pa'nlòc ;
poiriâ creire un pòble
s'èra pas aquel bruch de pala
que ven del tons de l'òrt.
es

dm se

S'òm sabiá pas
de tèrra trissa

qu'un òme escampa

suis uòlhs ai mats.

33

;

�10

L'èr

es

usât, lo lièch desòrdre, t'aiga salla.

Ne cal tirar
La

la metrica d'un poèma de

rason e

glòria.

Los

jutjes pàrlon naut pel pretòri.
Dins sas raubas an l'esclat de l'auratge
que va netejar tôt lo cèl.
Sèm condemnats
al finit

e a

l'audàcia.

11
A la rebièira enlà

quauqu'un passa
d'aiga fangosa dins de curbèls
amb las paraulas qu'an las femnas
per metre sos enfants al jorn
e que fan s'enfugir los dmes.

e repassa

Nos sarram, la femna e ieu. E ela ditz :
«

Gaita cossi épura, en

aquel d'aquf.

nosautres, la mescladissa,

»

12

Totjorn l'auba. Totjorn l'ortalam.
dormissenta, la man pausada sus
Bolegar pas. Escotar lo bruch de plòja
que fa l'aiga de l'arjòl suis rosièrs.
Entre l'unie que velha e l'esplendor
Encara tu,

novedissa del tôt i
a

se

saupre

a

mortals.

delicias

mon ventre.

�Vient de

paraître

François Pic :
DICTIONNAIRE DES PSEUDONYMES
DE LA LITTÉRATURE OCCITANE

(C.I.D.O., Béziers, 1981)

Sylvain Caries, Cantagril, Francés Severac, Pierre Alespy,
Boufarèu, Lou Felibre dóu Ventour : autant de pseudonymes
dont se sont servis quelques-uns de nos meilleurs écrivains, et
dont vous trouverez la clef dans le très utile petit livre de Fran¬
çois Pic. En effet, si les félibres ont toujours montré beaucoup
de goût pour les surnoms littéraires, les occitanistes leur ont
emboîté le pas, et il devient souvent difficile à l'amateur, et
même au spécialiste, de reconnaître qui se cache derrière tel ou
tel «masque».

François Pic, conservateur du Centre International de Docu¬
mentation Occitane, notre « Bibliothèque nationale », a fait appel
à toutes les ressources de sa prodigieuse érudition pour recenser
dans son étude tous les escaysses littéraires et journalistiques
qu'il a pu dévoiler, soit plus de 450, classés en deux parties : du
pseudonyme au nom véritable, et vice-versa.
Bien entendu, François Pic n'a pas la prétention de nous offrir
un relevé exhaustif. De nombreux pseudonymes n'ont pu être
identifiés ; d'autres ressemblent tellement à des noms véritables
qu'on s'y tromperait : ils échappent donc facilement aux relevés.
En effet, la mode n'est plus aux surnoms « pittoresques » d'antan
(comme Clardeluno, Josèp de las Abelhas, ou L'Anchoiado),
35

�mais bien plutôt aux noms

«vraisemblables»,

comme

Suzana

Vincens, Jacques Bénézech, Jean-Marc Cros ou R. Gaucher. La
perspicacité du chercheur est mise à rude épreuve, et bien des
pseudonymes ne peuvent de ce fait être détectés, ni élucidés.

Curieusement, François Pic, étudiant dans

une courte intro¬
dit pas un mot de ces
«surnoms vraisemblables», à l'origine desquels se trouve par¬
fois, peut-être, un désir plus profond d'anonymat. Il en dévoile
pourtant un grand nombre.
Et ici se pose, par voie de conséquence, une question délicate :
a-t-on le droit de révéler les pseudonymes d'auteurs vivants sans
leur en demander l'autorisation ? Que l'on révèle les miens ne
me gênerait aucunement, mais d'autres auteurs pourraient se
montrer plus réticents. Le grand écrivain montpelliérain qui se

duction la formation des pseudonymes, ne

cacha dans A ici

e ara sous le surnom bien choisi de La Vaca
confié qu'il n'apprécierait guère que l'on dévoilât son
petit secret.
nous

a

François Pic

nous

donnera peut-être bientôt

une

seconde édi¬

tion de son précieux travail. Nous ne saurions trop encourager
les érudits qui pourraient l'aider, à se mettre en rapport avec le
C.l.D.O. L'identification des escaysses anciens dépend, en effet,

grande partie, du dépouillement des anciennes archives, des
correspondances entre auteurs et entre éditeurs.
en

Charles de BELLESERRE.

N.B.

:

Ce dictionnaire

Béziers-cedex)

au

peut

être commandé

au

C.l.D.O. (B.P. 4202, 34325

prix de 37,00 F franco.

Joan Jornòt

:

BIGÒT, FLORILÈGI CLASSIC
(I.E.O. dau Gard, Nimes, 1980)

I a, coume acô, d'escrivèire «minour», qu'an escri
sènso pretencioun e sèns ambicioun descabestrado,

sis obro
mai que
pamens an inmourtalisa dins si pouèmo l'èime d'uno vilo, d'uno
regioun. Aro que la literaturo d'O es en criso, e que rèn de bèn
nòu
o quàsi, se fai plus, la modo es de re-edita aquélis obro.
—

36

�Bigot es lou Mèste Verdié de Nimes. Passeïsme ? Bessai ; mai,
e deman, auren que la literaturo que meritan.
E Bigot, fin finalo, es pas çô que poudèn avé de pièje ! Se vai
pas bèn aut, davalo pas bèn bas. Aquelo literaturo se legis
encaro emé proun de plasé.
E acô's pas lou di que noun vous tire, entre dous sourire, uno
lagremeto d'atendriment subre la coundicioun dóu paure monde.

vuei

Mai ço

de mai intéressant dins Bigot, acô's belèu ço de mens
ouriginau ; vole dire, si traducioun di fablo de Jean de La Fon¬
taine, o pulèu sis adaptacioun ; car Bigot se countènto pas de
faire lou mot-à-mot, e nous bàio uno recreaciourt d'aquéli fablo
que si tèmo soun ni de La Fontaine, ni d'Esopo, mai fan partido
d'un partrimôni universau coumun. Aqui, Bigot trobo touto sa
favello, la lengo rajo emé naturau, e pôu mouralisa sènso nous
enfeta.
an pensa bon de metre Bigot en ourtougràfi ôuciiéu, ai rèn contro, mai auriéu miés aima que la trascripfuguèsse sènso fauto. Pèr malastre, Jan Journot mestrejo
pas bèn coume fau lou sistèmo de l'Institut d'Estudis Occitans ;
fai que sa prefàci, coume li tèste de Bigot, soun clafi de deco
(subre-tout d'acentuacioun). Vole pas faire lou mèstre d'escolo,
mai me pode pas empacha de cita quàuqui pèrlo : « Bigôt ditz
qu'escrich un "patois"» ; «Leis articles [...] an evoluits» ; «Podèm
senhalar qualquei particularitats »... Dins soun sistèmo, aurié
faugu que Journot escriguèsse : «escriu », «evoluït », «quàuquei ».
Tambèn lou libre se durbis em'uno citacioun de Mistral (en grafio
prouvençalo) mounte i a très fauto en dous vèrs, ço qu'es un
pauc trôp.
Subre-tout, me demande bèn coume vai que Journot ague
«nourmalisa» en dialèite maritime lis article e li plurau nimesen
de Bigot. Avèn ansin, emé tôutis aquéli «lei», «dei», «ai», «nôstei», etc., un roudanen mita maritime mounte li Nimesen retroubaran pas soun parla, ni soun Bigot. Sabe qu'es de modo, à
l'I.E.O., souto escampo que «li» sérié uno evoulucioun de «lei»,
de forobandi aquelo formo, e qu'aquéu mounde canton lei chato
de Prouvènço, dins leis amour de sei bèllei jouvenço. Mai enfin,
fau vèire que pèr li Prouvençau, aquéli plurau soun tipicamen

Lis editour

tano ;
cioun

marsihés.
Acabarai en disènt que, pèr tisso puristo, l'editour a mes en
itali tôuti li francisme de Bigot, e que, en legissènt aquest libre,
l'iue buto a chasque vèrs subre aquéli paraulo, ço qu'es un pauc

�fatigant; sérié esta meiour d'alesti en fin de libre uno taulo
generalo di francisme, emé li paraulo prouvençalo puro, que de
remanda toujour en pèd de pajo.
Pamens, emé si quàuqui deco, lou libre que nous pourgis la
seicioun de Gard de l'I.E.O. es tras qu'utile, e ajudara bessai à
faire tourna un pauc d'óucitan subre li bouco nimesenco, que
n'an bèn de besoun.
Caries de BELLO-SERRO.
N.B.

Lou libre

Daurado

se

coumando pèr 37,50 F.

francô à

:

I.E.O., 15 bis, carriero

(rue Dorée), 30000 Nimes.

Louïs

QUATRE

Bayle :
ISTÒRI DE RÈI

(L'Astrado, Touloun, 1981)

Se pôu faire à Louïs Bayle lou reproche de prene l'óucitanisme
pèr ço qu'es pas, emai de cerca brego pèr de parpello d'agasso,
en baiant trop d'impourtànci à d'unis eicès inerènt, acô se saup,
à tóuti li mouvemen revendicatiéu ; mai res noun pôu dire que
siegue pas un escrivèire de trio. Aquéli Quatre Istòri de Rèi nous
n'en bàion la provo. Dins uno literaturo en pleno e bessai irremediablo decadènci, que rounco e s'atrenco pèr l'enterrament de
tresenco classo, d'ùnis autour encaro se tenon dre, e Bayle n'en
fai partido.
Lis istòri que presènto dins aquest pichot voulume mostron
bèn soun talènt de prousatour : dins uno lengo richo e travaiado,
qu'a rèn à vèire emé lou «jargoun de Santo-Estello», nimai emé
lou «prouvençau de fièro» vo lou franchimand óucitanisa que
s'escriéu trop souvènt vuei, Bayle, proun desabusa, passo en
revisto li façoun que li pople se gouvèrnon. E l'umour, sèmpre
mourdènt, bàio à l'obro un toun viéu, jouine, erpai lou destacamen necite pèr quau vòu faire obro de mouralisto sènso mouralisa. Empacho pas d'èstre serious...
E aiman miés lou mouralisto plen de finesso e de gàubi
d'aquélis istôri que lou juge despietadous dóu Procès de l'occi-

tanisme.
Caries de BELLO-SERRO.

38

�LO RITUAL OCCITAN DEL MARIDATGE
Edicion de très manuals ancians,

(CIDO-IEO

-

per l'abat Joan Roqueta.
Centre Teologic Interdiocesan, Montpelhièr, 1981)

L'abat

Roqueta a publicat e estudiat d'un biais fòrt espepisaqueste librôt très vièlhs rituals del maridatge escrits
en lenga d'ôc : l'un de Bordèus (1466), l'autre de Côurs (1503), lo
darrièrde Peirigûs (1536).
Las divèrsas fòrmas e estapetas del sagrament de maridatge,
tal coma se practicava en tèrra occitana a la fin de l'Atge-mejan,
son aicf presentadas e analisadas jos una amira sinoptica e
segon metôdes scientifics. L'abat a fosigat dins aqueles tèxtes e
nos en restituïs tôt le chue etnologic e tota la vertat prigonda. Lo
libre s'acaba per una preposicion de ritual modèrn en occitan,
que s'ameritariá d'èstre usitat dins la Glèisa miègjornala.
saire dins

S'agís aquí, o devi senhalar, d'un trabalh d'especialista que
s'adreça subretot a d'especialistas. La lectura n'es pas totjorn
aisida e, d'acunes côps, se cal arrapar per arribar a la fin de la
plaqueta. Aquò dit, aquel ritual me pareis una òbra originala que
môstra un côp de mai, se n'èra besonh, l'adaptacion sens problèma de l'occitan

a

la redaccion de libres eminament tecnics.
Joan

Marcel Carrières

FOURIÉ.

:

FRANZ LISZT EN PROVENCE ET EN
EN 1844

LANGUEDOC

(Société de Musicologie du Languedoc, Béziers, 1981)

aquesta brocadura, ondrada de polidas illustracions,
(qu'es, tôt lo mond o sap, un especialista de la
musica occitana) nos balha una sintèsi pro detalhada del viatge
Dins

Marcèl Carrièras
triomfal

que

l'ufanós artista ongarés faguèt dins le Miègjorn

pendent l'estiu de 1844, avant de s'anar passejar en Espanha.

39

�Liszt èra ja vengut en

Provença e Lengadòc en 1826, quand èra
jove prodigi de quinze ans.
S'apiejant essencialament subre les estudis de J. Bellas,
d'Antôni Salles e de Robèrta Machard, Marcèl Carrièras nos
descriu la tornada que faguèt en çò nòstre le virtuosa, just après
sas amors contrariadas amb la Maria d'Agolt.
Liszt passèt a Lion, a Avinhon, a Marselha, a Nimes, a Montpelhièr, puèi partiguèt cap a Tolosa, Pau, Agen, avant de passar
en Espanha per le Païs base. A Marselha, se liguèt d'amistat
amb le poèta Josèp Autran, qu'escriguèt per l'ocasion un poèma
de onze estrôfas titolat : Les Aquilons, composicion importanta
que siaguèt a la basa dels Preludis.
Marcèl Carrièras nos conta aquô, lèu fach e plan fach. Planhissèm pasmens que se siágue arrestat a Montpelhièr (o, puslèu, a
Seta). Per ne saber mai, tôt le mond a pas jos la man le trabalh
menimós de J. Bellas. E aquô nos daissa un bricon sus la nôstra
un

talent.
Joan

Joan-Frederic Brun

FOURIÉ.

:

LAS ENROJADAS
(Encô de l'autour, Mount-Pelié, 1981)

Lou

jouine pouèto Jan-Frederi Brun, mantenèire dóu Felibrige,
cinquanto
eisemplàri numerouta, pas mai, em' un retra de l'autour, d'esa

lou goust dis edicioun raro : Las Enrojadas es tira à

cambarloun subre

soun

chivau de bouvino. Dirias ansin lou paure

Folco de

Baroncelli, qu'ai bèn counegu — mai un Folco lengadoucian, balés, lou front pensatiéu.
Malastrousamen, li pensado que boulisson jous aquéu front
bloundin, fau bèn que lou digue, soun pas puro. N'avian agu un
avans-goust emé li pouèmo escandalous d'Estius e Secaresas,
vergougnablamen lausenja dins aquesto revisto que cresiéu, iéu,
lou rampar di bôni rrïour ; e n'avèn aro la counfiermacioun insoulènto em' aquéu librihoun infâme mounte, souto
escampo de
counta uno istôri de l'Age-Mejan, Brun fai l'apoulougìo dóu catarisme. Pouësio pournougrafico, proso eretico : veici
ço que fai

40

�jouine felibre, en mai d'escriéure en grafìo óucitano, eretico

lou

elo tambèn...
Emé si fàci d'ange e de serafin, uno chourmo d'arlèri, de
bastard, de mescresènt, de pagan, d'óucitan, de bóuchevi e de

pournougrafe, mena pèr lou mantenèire Brun, volon desavia lou
Felibrige e prépara dins aquelo soucieta lou triounfle de Marx,
de Priape e de Belzebut. S'èro pas lou vieiounge, veirian delà lou
Counsistôri s'afana dins lis ignòbli partouzo e li brùti messo
negro que Brun trevo de longo, lou sabèn, emé sis ami óucitanisto e si coumpan de roio.
Poudèn-ti, mis ami, leissa 'n diablas sournaru agandouni ansin
Felibrige pèr ne faire l'estrumen de la subversioun universalo
contro la mouralo e contro la fe ? Li bòni mour e l'ourtoudóussìo,
pèr ma drecho plumo, demandon eici de comte à la cassibraio.
Fau que lou Felibrige, se vòu pas cabussa d'à founs dins lou vice
e dins lou gourrinige, prengue quatecant d'ardidi mesuro pèr
castiga li loupas que, souto sa bandiero, fan vergougno à l'èime
miejournau. E Brun bèu proumié, felibre catiéu, renegat de la
Causo, que fau escoumenja, prinçouna e jita 'nsin is embàrri,
sènso pieta.
E se poudèn plus crema lis ereti — ai ! las —, poudèn encaro
crema si libre. Abraren dounc emé Las Enrojadas un bèu fiô de
joio mounte vendren, prouvençau e catouli, rescaufa nosto fe e
lou

nôsti raumatisme.

R.P. Euzèbi

PHALLOS, S.J.

Marie-Paule

Grégoire :
MAJORAL DU FELIBRIGE
(Musée Joseph-Vaylet, Espalion, 1981)

JOSEPH VAYLET,

Majorai Josèp Vailet, que sarra sos nonanta ans, a de segur
fòrça barbariás emai fôrça civilisacions, per tornar
prene l'urosa expression del poèta. Son màger titol de glòria serà
benlèu d'aver créât l'équivalent avaironés del Museon arlaten, lo
Musée Joseph-Vaylet, d'Espalion, qu'es estât e contunha d'èsser
l'afar de sa vida. Lo libre de Marie-Paule Grégoire arriba donc
fòrt plan per far conéisser a las jovas promocions occitanistas
Lo

vist passar

41

�d'aqueste pionièr — òbra qu'es pas sonque
etnografica.
Un fum d'anecdòtas ont aprenèm que lo valent felibre manca
pas ni d'umor, ni de coratge, ni de santat, mas ont se pôt regretar
que l'autor cave pas pus tons son estudi del Felibritge avaironés.
Pivelada per la personalitat poderosa del Majorai, Marie-Paule
Grégoire daissa passar mai d'una ocasion de nos informar utilament sus d'unis punts d'istôria felibrenca qu'aimariam de
véser esclargits. Mas aquô sera benlèu lo subjècte d'un segond
libre, ont nos escalcirà tôt aquô. En esperant, aqueste d'aqui vos
tara pas plorar.
I'òbra considerabla

literària

o

Teresa ROUSSE.

N.B. Lo libre se comanda per
12500 Espalion.

60 F, franc de pòrt al Musèu J.-Vaylet,

CATARINA, CATARINETA
Cançonetas occitanas pels drollets
(Disque Revolum, Toulouse, 1981)

Il est bien trop rare d'entendre un bon disque occitan, et je ne
saurais manquer de signaler à l'attention des lecteurs de cette
revue l'excellent Catarina, Catarineta, cançonetas occitanas pels

drollets, où Gérard Zuchetto et le groupe Rosamonda, ainsi que
les enfants d'une école carcassonnaise, ont mis tout leur talent.

patrimoine, bien vivant au
aujourd'hui que des lambeaux
sa fraîcheur, dans toute son authen¬
ticité. Il s'agit bien, en effet, du «premier disque enregistré avec
les écoliers, et pour les écoliers». On admirera au passage la
compétence linguistique de ces enfants, qui chantent et récitent
un occitan presque parfait où l'on reconnaît, à quelques infimes
détails près, auxquels seul un dialectologue pointilleux pourrait
s'arrêter, les splendides intonations d'une langue authentique.
A notre époque, où l'occitan des disques n'est souvent qu'un
pitoyable charabia, nos modernes « stars » estimant sans doute
Comtines, chansonnettes

début du siècle et dont il ne
nous est restitué dans toute

: tout un
reste

42

�qu'après trois mois d'Assimil la syntaxe et la phonétique de la
langue d'oc n'ont plus de secrets pour eux (n'est-ce pas, Mme
Rouanet ?), il est heureux et encourageant que des gamins don¬
nent une leçon à leur aînés. Gérard Zuchetto lui-même, dont
l'occitan a de très minimes faiblesses, pourrait en bénéficier !
Voici donc une belle réalisation de Revolum, sans doute à
l'heure actuelle la seule maison de disques occitane qui ait réso¬
lument choisi une politique de qualité. D'autres préfèrent inonder
le marché de productions médiocres mais nombreuses, et se plai¬

régulière de leurs ventes. On souhai¬
qu'ils prissent exemple sur leurs confrères toulou¬

gnent ensuite d'une baisse
terait plutôt
sains.

Sylvia

REBIÈRE.

L'OCCITAN D'AICÌ E ARA

Aicí e ara ten per acabadas totas las contèstas sul biais
d'escriure. La novèla generacion a quicôm mai a far. Totas
las varietats de
vestit
mens

lenga d'òc son aici acceptadas, dins lor

«occitanista»
de

o

«mistralenc».

Recomandam

pas-

defugir los dialectalismes inutils.

acabado tóuti li countèsto sus iou biais
generacioun a quaucarèn d'autre à
faire. Tóuti li parla de la lengo d'O soun aceta, eici, dins
soun vièsti «ducitanisto» vo « mistralen ». Recoumandan
pamens de defugi li dialeitalisme inutile.
Aici

e ara

tèn pèr

d'escriéure. La

novo

�Aicí e ara vous présente
la première carte murale de
L'OCCITANIE
•

Format 90 X

•

15 coloris

60,5 cm. Papier couché mal 150 g.
soulignent le relief et les aspects géographiques

de l'Occitanie.
•

Plus'de 2000

noms

restitués à l'occitan

vous

font redécou¬

vrir villes et
•

•

•

•

villages, rivières et lacs, cols et montagnes,
terroirs et provinces historiques du Pays d'oc.
Une légende en 6 parties permet une lecture facile de la
carte, grâce à 41 symboles relatifs aux aspects économique,
historique et culturel de l'Occitanie.
Pour les passionnés d'Histoire, les principaux personnages
illustres d'Occitanie sont portés sur la carte, à l'endroit de
leur naissance. De nombreux faits historiques détermi¬
nants le sont également : ainsi apparaissent clairement les
châteaux et batailles de la guerre albigeoise, les dates d'an¬
nexion des provinces, etc.
La limite de la langue occitane est indiquée clairement,
village par village, en tenant compte des enquêtes les plus
précises des meilleurs linguistes.
Une mini-carte de l'Europe linguistique, en cartouche, fait
ressortir l'ensemble occitano-catalan parmi les différentes
familles de langues.

Complète, précise, instructive, la carte de l'Occitanie per¬
passionnantes. Elle s'adresse
non seulement aux Occitans de toutes régions, mais égale¬
ment à tous ceux qui sont attentifs aux patrimoines originaux
de l'Hexagone.
met une foule de découvertes

Prix unitaire
Livraison

:

sous

Règlement

par

60 F

tube rigitle, franco de port.

chèque bancaire, chèque postai

mandat, à l'ordre de :
Aicí e ara (CCP Montpellier 255 59 C).

ou

�Périodiques
A MIRA S

N° 1

-

Janvier 1982

(Édisud, La Calade, 13090 Aix)

plus grand créateur de revues occitanes de toute sorte est
doute notre excellent ami et confrère Robert Lafont. Parmi
les récents enfants du Napoléon de l'occitanisme, citons Viure,
Le

sans

moitié d'Obradors, Lengas, le fantomatique Élan et la
Voici aujourd'hui Amiras,
dernier-né de la série, au comité de patronage aussi brillant que
cosmopolite, ce qui est un excellent atout.
Le malheur veut que les progénitures périodiques du professeur
Lafont se ressemblent toutes, et meurent assez fréquemment en
bas âge. Leur existence éphémère est peut-être due au jargon
ésotérique indigeste dont on les gave ; peut-être aussi au peu de
prix qu'y attachent ceux auxquels elles sont en principe destinées.
On a beau être un «mandarin», la vie d'une revue dépend aussi
de certaines contingences bassement matérielles, comme par
exemple le nombre d'abonnés. Faute d'en avoir suffisamment,
on s'expose à un sort funeste.

Dire,

une

nouvelle série des Annals de l'I.E.O.

Que dire de

ce

premier numéro d'Amiras ? 11 s'ouvre sur un

avant-propos non signé, mais où chacun reconnaîtra l'incompa¬
rable style de l'ex-presque-candidat au Prix Nobel qui voulait
ambitieusement «dessiner le creux d'un projet absent», tentait

acrobatiquement d'«insérer le monde autour de la femme»,
trouvait tel texte «très important, parce qu'il est texte», tout en
45

�tout seul, narcisse frileux, d'être « vêtu de révolte ».
Que dire, sinon qu'on y gaspille beaucoup de papier pour exor¬
ciser les phantasmes de petits penseurs opportunistes, anxieux de
se faire bien voir du pouvoir actuel et de se démarquer des mau¬
vais occitanistes, défunts ou vivants, qui ont ou eurent le malheur
et la présomption de ne pas céder aux modes idéologiques impo¬
sées par ces Messieurs ?
Les morts : Henri Espieux et Mary-Lafon, que l'excellent
Martel renvoie «aux poubelles de l'historiographie, où il sera
d'ailleurs en bonne compagnie» : médiocre revanche d'un plu¬
mitif sur le grand précurseur de l'occitanisme moderne. Les
vivants, que le même Martel (très prolifique dans ce premier
numéro) taxe impitoyablement de «national-populisme», ce qui
renvoie bien entendu
les mots n'étant jamais innocents — à
un
autre « national-quelque-chose » auquel aucun occitaniste
indépendant ne s'est encore, à notre connaissance, référé.
Délire de M. Roland Pécout, qui voit des fascistes partout,
même dans A ici e ara. (Mais notre subtil détracteur l'a-t-il lue ?)
On l'imagine assez bien, le soir venu, pauvre homme, vérifier
soigneusement qu'un fasciste occitan en chemise brune, trident
au poing, croix celtique au cou et Mein Kampf dans la poche, ne
s'est pas mis à l'affût sous son lit pour lui faire des chatouilles, le
forçant à chanter Giovinezza, ou quelque abominable hymne

s'émerveillant

—

teuton.

Equilibre subtil entre les représentants des diverses tendances
de gauche, et grand coup de brosse à reluire avec un long texte
apologétique de Pierre Guidoni sur la fantastique volonté décen¬
tralisatrice de son parti, une complaisante interview du commu¬
niste René Piquet qui récite le Credo du Parti, un article enfin du
trotskyste Paul Alliés qui nous ferait presque croire qu'il est
pour l'autonomie, si nous ne savions déjà que l'idéologie qu'il
professe en est la pure négation.
Le reste de la

revue est globalement écrit dans l'épais et ver¬
pidgin qui sert à cacher que l'on n'a rien à dire — rien de
neuf, en tdut cas. Ainsi du très incompétent Henri Giordan,
chargé de mission sur les cultures régionales qui, à grands coups
de références pseudo-érudites, expose lourdement des clichés

beux

éculés datant

au

moins du C.O.E.A.

ou

de Lutte Occitane, ce

qui ne nous rajeunit pas.
Mais, s'il y a du lard, il y a aussi du cochon. De ce fouillis de
pensées informes d'intellectuels de troisième ordre émergent
46

�quelques textes de valeur, notamment l'intelligente interview, par
Henri Boyer, d'Anna Moll, directrice de la politique linguistique
de la Généralité de Catalogne, ou encore le brillant article de
M. Robert Ferras sur l'appropriation de l'espace rural.
Nul doute, tout bien considéré, que cette nouvelle revue, lancée
avec fracas, ne fasse la joie du pouvoir en place, trop heureux
de trouver chez les occitanistes bien-pensants d'aussi ardents
apologistes.
Rémi PACH.

PROJETS ET

RÉFÉRENCES

C.E.D.A.D.E.

(B.P. 89, 84100 ORANGE)

Nous avions

consacré, dans le précédent numéro d'Aicí e ara,

compte rendu bienveillant à cette petite revue
Défendre sa terre natale, ses traditions, l'intégrité

un

nous

paraît

en

effet

l'abâtardissement

un

sous

provençale.
des peuples

but louable, de même que de refuser

toutes ses

formes.

Écologique des

Ce que nous ignorions, c'est que le Cercle
Amis de l'Europe (C.E.D.A.D.E.), n'est en fait que

la section

française du tristement célèbre Clrculo Espanol de Amigos de
Europa, amicale franquiste bien connue de nos amis catalans.
Le changement d'adjectif («écologique» pour «espagnol») n'a
pas pour but de masquer les liens de parenté entre ces deux
organisations, mais de leur conserver le même sigle.
Quelques éminents occitanistes, trompés tout comme nousmême par les intentions apparemment anodines de cette feuille,
avaient accepté de figurer dans un «Comité d'honneur» de
Projets et Références. MM. Pach et Rolland en ont démissionné ;
nous ignorons la décision prise par MM. Lebrat (responsable de
l'U.P.O.) èt Assaël.
Signalons enfin
transformé

en

que

le C.E.D.A.D.E.

français s'est récemment

Coordination et Alternative Régionaliste

(même

adresse, mêmes responsables), ce qui est moins compromettant.
Quoi qu'il en soit, nous mettons en garde les régionalistes contre
47

�les menées de ce groupe discret mais sournois : Franco n'ayant
jamais été très bienveillant envers les autonomistes catalans et
basques, nous voyons mal comment ses émules pourraient adop¬
ter chez nous une autre attitude. Les appels du pied que nous
font ces messieurs étant aussi sincères que ceux du P.C.F., nous
les ignorerons désormais pareillement.
WRAD.

PROUVÈNÇO
(2 ter,

rue

DAU

Rabutin-Chantal, Marseille)

Du bon

travail, solide et bien fait. Prouvènço dau et Parlaren,
qui l'édite, ont fait davantage en sept ans pour la
Provence que tous les maladroits efforts de leurs homologues
occitanistes, empêtrés dans un anti-mistralisme latent qui ne sau¬
rait être de mise dans cette belle région. Pourrait-on, en effet,
défendre la cause occitane en Languedoc si l'on crachait sur les
cathares, Raymond VI et Montmorency ? Chaque pays d'oc a
ses idoles, ses statues, ses symboles. Mistral est celui de la Pro¬
vence fière et digne, et c'est autour de lui que tous les Proven¬
çaux peuvent se retrouver. Faute de le comprendre, les occita¬
nistes «politisés» de Provence ont définitivement perdu la
partie.
Prouvènço dau, s'il ne l'a pas gagnée, est cependant sur le bon
mouvement

chemin.

Une

heureuse évolution

a

conduit

notre

confrère à

équilibrer harmonieusement les thèmes culturels et politiques
autour desquels peut se bâtir une contestation efficace du pou¬
voir jacobin, qui fut de droite, qui est de gauche, qui demeure
bien français. Si le ton gentillet et vieianchoun 'de certaines chro¬
niques de Prouvènço dau peut parfois agacer, les éditoriaux de
Bernard Giély, son directeur, par leur force, leur courage et leur
ardeur, nourrissent les enthousiasmes.
Regrettons au passage la présentation un peu austère de ce
périodique dynamique. Elle nuit certainement, plus ou moins, à
sa diffusion. Un petit
effort dans la mise en page et le choix des
illustrations mettrait la forme

en

accord

avec

le fond.

Sylvia

REBIÈRE.

�DICCIONARI

DE

LA

LITERATURA

OCCITANA AUDENCA
Dictionnaire de la littérature occitane audoise

par

FOURIÉ

Jean

Secrétaire Général des Amis de la langue d'Oc
Membre de l'Académie du Languedoc
Membre de la Société d'études scientifiques de l'Aude

Membre-correspondant de la Société des arts et sciences de Carcassonne

Originaire d'Espéraza (Aude), Jean Fourié a fait paraître depuis une dizaine d'années,
un certain nombre d'ouvrages historiques et documentaires intéressant le département
de l'Aude, et notamment une importante monographie de sa commune natale.
Après avoir écrit en 1974 une "Histoire de la littérature occitane et des écoles
félibréennes en terre d'Aude" qui obtint le prix Auguste Fourès de l'Académie des
jeux floraux de Toulouse, Jean Fourié a réalisé, après de longues et minutieuses
recherches, un "Dictionnaire de la littérature occitane audoise".
entièrement rédigé en langue d'Oc, rassemble environ 200 notices
historiques et bio-bibliographiques extrêmement détaillées recensant, par ordre
alphabétique, les hommes, les œuvres et les diverses manifestations qui, depuis ie
Moyen Age, ont jalonné l'éciosion puis le développement d'une littérature occitane
dans les pays d'Aude.
Cet ouvrage,

il s'agit d'une étude très fouillée, qui fait le point sur la question. Les notices sont
accompagnées de nombreux portraits inédits. Une introduction linguistique de
Serge Granier, des notes complémentaires de Christian Anatole, une carte et un index

des

de

noms

irremplaçable et

lieux

cités

Un fort volume de

font

confèrent

à

Dictionnaire

ce

une

valeur documentaire

précieux outil de travail qui, outre ia somme d'informations
qu'il contient, montre la richesse et la variété d'une littérature toujours florissante.
en

un

250 pages

nombreuses illustrations

environ, photocomposition et impression offset,
hors textes.

BULLETIN
Je

avec

de

et portraits

SOUSCRIPTION

DE

soussigné (Nom et Prénom)

Demeurant (Adresse)

déclare souscrire à

exemplaire(s) de l'ouvrage

:

DICTIONNAIRE DE LA LITTERA TURE OCCITANE AUDOISE
en prix de 57 francs franco de
port et d'emballage. Porté à 74 francs à partir du

Ci-joint

mon

versement de

x

francs français,

=

30 avril 1982

libellé

au nom

du

Centre International de Documentation Occitane

□

par

chèque bancaire libellé

0

par

chèque postal Montpellier 217 5

-

par mandat poste ou

en

francs français sur
-

une

banque ayant une agence en France

68 L

mandat international

Date et

signature,

Bulletin à retourner à
CENTRE INTERNATIONAL
"•P. 4202

-

DE DOCUMENTATION OCCITANE
34325 BEZIERS CEDEX

Supplément

au

n° 1 d'Aici e Ara (mai 1982)

-

CPPAP 61092

��par Francis FOURCOU, l'un des animateurs de TECIMEOC
[association pour la défense et la promotion de la Télévision, du Cinéma et
des Médias en Occcitanie), la 5e édition, très largement augmentée, revue

Rédigée

et corrigée

de la

FILMOGRAPHIE DU CINEMA ET DE L'AUDIOVISUEL
EN OCCITANIE
éditée

est

par

le Centre International de Documentation Occitane.

Elle répertorie plus
et

de 600 films, vidéogrammes, montages audio-visuels

150 émissions de télévision.

Outre le titre
contient

les

du document et l'année de sa réalisation, chaque notice
des réalisateur, metteur en scène, producteur, ainsi

noms

tous les renseignements matériels et techniques indispensables à
l'usager (largeur de support, couleur ou noir et blanc, durée, prix de location,
nom et coordonnées du diffuseur, etc.).
que

l'association TECIMEOC, cette FILMOGRAPHIE
aujourd'hui publiée en un volume de 1 50 pages environ, photocomposition
et impression offset et devient un outil indispensable aux ciné-clubs, centres
de documentation, Maisons de la Culture, Maisons de Jeunes, vidéothèques,
sonothèques, foyers, organes de presse, associations culturelles, et tous
professionnels et amateurs de l'image et du son.
Précédemment ronéotée par

est

BULLETIN DE SOUSCRIPTION

Jesoussigné (nom

et prénom!

demeurant (adresse!

déclare souscrire à

exemplaire(sl de l'ouvrage
FILMOGRAPHIE OCCITANE

au

0-joint

prix de 48 francs franco de port et d'emballage. Porté à 63
mon

versement de

x

Centre International de
par
Par

chèque bancaire libellé
chèque postal

Par mandat-poste ou

■

en

francs français, libellé au nom

=

francs français

sur une

banque ayant une agence en France

mandat international

centre international
4202, 34325

de documentation occitane
Béziers Cedex

ou

TeCIME0C La Tissote,

du

Documentation Occitane ou TECIMEOC

bulletin à retourner à
"■

francs à la parution

84430 Mondragon

Date et signature

���N° 1

(Nouvelle Série)
Mai 1982.

SOMMAIRE

éditorial

:

Renat Nèlli

nos a

CALENDAU :

Sèm

1

e serem

5

quitats (Joan Fourié)

retrait d'una revista (Joan

Fourié)

9

L'inspiration occitane chez Franz Liszt (Marcel Carrière)

19

graficas (Rogièr Teulat)

25

Las innovacions

30

L'Escritura, pubiica o pas (Ives Roqueta)
Vient de paraître (Ch. de Belleserre,
R.P. Phallos, S.J., Teresa Rousse,

Joan Fourié,
Sylvia Rebière)

Périodiques (Rémi Pach, Wrad, Sylvia Rebière)

'•

c

En couverture

:

René Nelli (photo Ch.

Camberoques).

35

45

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              <text>Carrières, Marcel (1911-1982)</text>
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              <text>Rouquette, Yves (1936-2015)</text>
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              <text>Fourié, Jean</text>
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              <text>Teulat, Roger</text>
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              <text>Conditions spécifiques d’utilisation</text>
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          <name>Description</name>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Aic&amp;iacute; e ara&lt;/em&gt; contient des enqu&amp;ecirc;tes, des articles de r&amp;eacute;flexion et de critique ainsi que des textes litt&amp;eacute;raires afin de d&amp;eacute;montrer comment sont li&amp;eacute;es les diverses manifestations, culturelles et sociales, de l'occitanisme moderne.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Aic&amp;iacute; e ara&lt;/em&gt; conten enquistas, articles de reflexion e de critica mas tanben de textes literaris, per tal de mostrar cossi son ligadas las diversas manifestacions, culturalas e socialas, de l'occitanisme moderne.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>Mediatèca occitana, CIRDOC-Béziers, B 6</text>
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              <text>Mediatèca</text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>CIRDOC - Institut occitan de cultura</text>
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      <name>Cultura occitana = Culture occitane</name>
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      <name>Occitanisme = occitanisme</name>
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