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                  <text>Aicí

e

ara

Langue, culture, histoire &amp; avenir
des Pays de langue d'oc.

&lt;MRo DE "ÏV

Le

"IBìll 1

temps des désillusions

�Aicí

e ara

Langue, culture, histoire &amp; avenir
Pays de langue d'oc.

des

Directeur

N° 2

Rémi PACH.

:

(Seconde série)

-

Août 1982.

Rédaction et administration
B.P. 9007

-

34041

:

Montpellier Cedex.

Comité de rédaction
RémiPACH
Jean FOURIÉ

:

Jean-Frédéric BRUN

Michel GOSSE

Thérèse ROUSSE
Jean DOMAGÉ.

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France, Pays catalans

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de la Direction. © Aici e ara, 1982.
N° CPPAP

:

61092.

�EDITORIAL

C.I.D.O.
8ÊZIERS

Le

temps des désillusions

Nombreux sont les Occitans qui, ayant voté pour le
changement en mai et juin 1981, avaient nourri de grands
espoirs en ce qui concerne une reconnaissance enfin
pleine et entière des langues nationales avec, pour corol¬
laire, leur enseignement et leur diffusion sans entraves ni
restrictions. Une ère nouvelle semblait pouvoir commen¬
cer et le ghetto multi-centenaire qui enserrait les cultures
locales n'avait apparemment jamais eu autant de chan¬
ces de s'ouvrir. Jamais, en fait, espérance n'avait été
aussi profonde et aussi susceptible d'un réel aboutisse¬
ment.
Une fois réglés par le nouveau pouvoir en place les
problèmes les plus urgents, on était en droit d'attendre
des prises de position nettes et des décisions satisfai¬
santes pour tenter de résoudre un certain nombre d'au¬
tres points moins prioritaires dont la solution ne pouvait
être reportée indéfiniment.
La déception, si elle ne fut pas immédiate, s'insinua
progressivement dans les esprits tant soit peu lucides et,
après plus d'un an de gouvernement de gauche, cette
déception a fini par s'imposer dans toute son ampleur.
Rapidement, à l'inquiétude des premiers mois, ont suc¬
cédé une rage impuissante et la désolante Impression de
«s'être fait avoir». Certes, divers points positifs sont tout
de même à noter : les Occitans sont poliment écoutés et

1

�le

dialogue demeure plus ou moins

ouvert à tous les

de conseillers péda¬
gogiques supplémentaires ; Henri Giordan a remis au
Ministre de la Culture un rapport global assez contesté ;
J. Coutouly en a fait de même auprès du P.D.G. de F.R.3;
le Ministre de l'Education nationale a reçu à plusieurs
échelons ; on a créé quelques postes

reprises associations et responsables des mouvements
de défense des langues dites à tort « minoritaires » ; F.R.3
a octroyé quelques dizaines de minutes d'antenne à la
langue d'oc dans le cadre des informations régionales ;
quelques radios libres ont été légalisées ; etc. Il s'agit là,
assurément, d'une bonne base de départ qui, malheureu¬
sement, ne semble pas rencontrer une volonté persévé¬
rante bien vive parmi les pouvoirs publics.
Si le changement, pour le cas d'espèce, doit s'arrêter
là, la .frustration apparaît d'autant plus grande et l'on
serait en droit de se demander s'il était vraiment utile de
commencer, et d'afficher une telle timidité dans les
réformes.

parle et on promet beaucoup mais,
les promesses pleinement tenues se
comptent sur les doigts d'une main. Le grand projet gou¬
vernemental de décentralisation ressemble de plus en
De tous côtés on

concrètement,

plus à l'éléphant qui accouche d'une souris. La modifi¬
cation de société escomptée par une majorité s'allonge,
s'étire, mollit, renâcle et, dans bien des cas, perd toute
substance, pour ne pas dire toute velléité.
Le temps des déceptions floues, pour les défenseurs
de la langue et de la culture d'oc, s'annonce chaque jour
davantage et une vive amertume étreint les cœurs de
tous ceux
essentiellement parmi les jeunes — qui
avaient cru voir se lever une aube véritablement nouvelle
dans la venue au pouvoir d'une large union de la gauche
qui symbolisait, pour bon nombre de Français, une
appréhension nouvelle des problèmes. L'on peut sourire
de tant de naïveté ou de candeur mais sans accuser la
sincérité qui, chez beaucoup d'électeurs, sous-tendait
—

solidement l'édifice de leur conviction.

�L'enthousiasme communicatif qui animait, au lende¬
10 mai 1981, la plupart des tenants de notre

main du

culture, s'est effiloché, désagrégé et a fait place à un
fatalisme désabusé et à un découragement croissant.
Ainsi, ce n'est pas 4000 ou 5000 personnes qu'il eût fallu

pouvoir rassembler à Marseille lors de la manifestation
pour l'occitan à la télévision, mais plusieurs dizaines de
milliers, animées d'une sainte colère et fermement déci¬
dés, coûte que coûte, à emporter une décision.
Pourtant, nous n'arrivons pas à croire que des dispo¬
sitions efficaces et salvatrices ne seront pas prises en
faveur des aspirations culturelles régionales, lesquelles,
depuis le XIIIe siècle, n'ont jamais été aussi fortes et
aussi nécessaires. Cela nous paraît écrit dans la marche
de l'histoire. Un tel patrimoine ne peut disparaître ainsi...
L'union de tous ceux qui œuvrent pour que les spécifi¬
cités intellectuelles, morales et sociales de la France
soient non seulement sauvegardées, mais développées,
nous semble aujourd'hui un impératif vital. Même si les
appels à l'union sacrée n'ont jamais guère été entendus
dans le passé, surtout parmi les Occitans, ils ont au
moins le mérite de montrer que la race des gens de
bonne volonté n'est pas éteinte.
Des mains loyalement tendues nous en voyons des
deux côtés du Rhône et l'absurde partage manichéen
entre

occitanistes

et félibres provençaux sur

fond de

lutte

graphique n'a plus bien grande signification à
l'heure actuelle, où il apparaît clairement que ni les uns
ni les autres ne pourront jamais exercer une prédomi¬
nance complète et définitive, surtout dans le domaine
fluctuant de la politique.
Jean

FOURIÊ.

�Les lecteurs

«Comme

nous

écrivent

le dites si bien dans votre revue,

devant la disparition
langue et de notre civilisation, nous devrions
opposer un front commun au lieu de gaspiller nos forces en une quan¬
tité de groupes ou groupuscules n'ayant qu'un seul but : devenir le plus
fort et anéantir les autres. Car ce ne sont pas tellement les envahis¬
seurs venus du Nord ou d'ailleurs, ceux qui nous "colonisent"
(comme
on l'a vu si souvent écrit sur nos murs), qui sont les véritables respon¬
sables de notre décadence. Nous en avons vu bien d'autres au long des
siècles passés, et nous avons toujours su les absorber. [...]
«Malheureusement, il y a eu un grand mouvement, très politisé, qui
n'a pas supporté la gloire de Mistral et son œuvre de rassemblement de
tous les hommes et pays d'oc par son action au sein du Félibrige. Ce
dernier a été présenté (et l'est d'ailleurs encore) comme étant de droite
et catholique. On le dit toujours maurrassien alors que, si Maurras est
devenu royaliste, c'est parce qu'il était d'abord mistralien et ne voyait
d'issue aux idées mistraliennes de décentralisation et de pouvoir régio¬
nal que dans le retour à la monarchie. C'était son droit, comme c'est
celui de beaucoup d'autres de penser que ces idées peuvent être réa¬
lisées par d'autres hommes et d'autres régimes. On le voit aujourd'hui
où, après bien plus d'un siècle, on a quelque espoir d'aboutir. Dans le
Félibrige, vous le savez bien, il y a eu et il y a encore beaucoup d'hom¬
mes de gauche, comme il y a eu des capouliers "rouges"
(Félix Gras,
Valère-Bernard et d'autres plus récents et toujours vivants) et des
capouliers protestants (Pierre Devoluy, Marius et René Jouveau).
«De même, il y a des félibres et des majoraux du Félibrige qui écri¬
vent en graphie " occitane ", et en sont de farouches défenseurs, ce qui
ne les empêche pas d'être mistraliens et bons félibres. Pour
eux, mon
mari a ouvert les pages du bulletin Lou Felibrige à la graphie occitane,
justement pour que chacun ait le droit de s'y exprimer librement et de
comprendre ce que ceux de leur région écrivent. Pourquoi obliger un
Limousin ou un Auvergnat à lire du provençal ? Bien entendu, nous
aurions préféré que ces dialectes gardent la graphie mistralienne qui,
pour nous, est la plus intelligible. Mais on ne peut refuser le cours de
vous

et la mort lente de notre

4

�l'histoire. Les "occitans" existent. Pourquoi ne pas essayer de s'en¬
tendre, au lieu de se combattre et de s'éterniser dans des querelles

byzantines ?
occitanistes

a révélé publiquement, dans un colloque
présence du capoulier du Félibrige, que les atta¬
ques des premiers occitans contre Mistral et le Félibrige avaient été
volontaires
et avaient été systématiques et violentes — parce qu'ils
avaient besoin de se faire connaître, de s'affirmer, et que la seule façon
d'arriver à ce but était l'attaque et la violence contre ce Félibrige qui,
vieux de cent ans et toujours vivant, les gênait, comme les gênaient la
gloire et le rayonnement de Mistral, n'ayant personne d'aussi grand à
leur opposer dans le reste des Pays d'oc. Et il concluait son exposé en
disant que, enfin arrivés à leurs fins, ils n'avaient maintenant plus

«L'un de

ces

tenu à Barcelone en

—

aucune

raison

de continuer cette

lutte anti-mistralienne et anti-féli-

bréenne, et qu'ils ne demandaient maintenant plus qu'une chose, en
s'adressant au capoulier et aux félibres présents : " Protéger Mistral et
son œuvre, et tout faire pour qu'il soit connu et aimé. " [...]
«Si René Jouveau, mon mari, n'est plus capoulier, il reste majorai, et
nous sommes

tous deux félibres convaincus et tenants inconditionnels

de la

graphie mistralienne pour la Provence et les œuvres provençales.
Nous voulons bien laisser chacun libre de sa graphie et respecter la
liberté de chacun, comme nous acceptons la liberté de ceux qui, ne
pouvant bien s'exprimer en langue d'oc, le font en français, s'ils ont
quelque chose d'essentiel à dire. [..] Nous ne demandons aux autres
que de respecter notre choix, comme nous respectons le leur et com¬
battrons toujours ceux qui, en Provence ou ailleurs, luttent, pour impo¬
ser leur façon de penser et d'agir, avec des armes comme l'insulte, l'in¬
jure, la déformation volontaire, grossière et toujours à sens unique des
faits, des écrits et des paroles. Cela, nous ne saurions l'accepter. Ce
n'est pas contre une graphie que nous nous insurgeons, mais contre
ceux qui, sous couvert de graphie, veulent
nous imposer une soi-disant
langue " (en fait, un volapuk) qui n'a rien à voir avec la nôtre.
«C'est pourquoi nous avons été agréablement surpris par l'état
d'esprit et l'ouverture de votre revue qui, je l'espère, sera largement
diffusée et apaisera les luttes bien vaines du passé pour un avenir de
"

défense

au

coude à coude de notre civilisation et de notre identité

d'hommes et de femmes des Pays d'oc.»
Mme Marie-Thérèse

JOUVEAU, Aix-en-Provence.

«Se l'occitan e lo francés èron de lengas tan
francés e l'alemand (en Alsaça), o lo kurd e lo turc

(al Kurdistan turc),
lo fait de legir occitan per
qu'una question de volontat. Se un

admetriái vòstra teoria del bilinguisme. Mas

quai parla

e

legis lo francés

es pas

diferentas coma lo

5

�francés vòl

legir l'occitan, o pòt faire tre lo prumièr moment, e lo
comprendrà plan e lèu : qualques consultas al diccionari al començament, e puèi aquô vira plan...
« Perdequé non assajatz de solucions mai didacticas que lo cinquanta
per cent ? Per exemple, poiriatz faire de resumits, de somaris en fran¬
cés, mas amb lo tèxt en occitan. (...).
« Viure s'escriguèt en occitan e aguèt son public — pas mespresable —
emai pro d'influéncia. Moriguèt per de rasons politicas e non pas per
manca de legeires.»
Dr. A.
N.D.L.R.

—

QUINTANA, Speyer

Demòra pas mens que

Viure,

coma

am

Aici

Rhein (R.F.A.).

e ara fins a

l'an passai,

los occitanistas. Per çô de vòstra teoria de la distància linguistica, la fasèm pas nòstra. Legir l'occitan e lo parlar pòt èsser aisit pel Catalan
que sètz, mas un vertadièr francofòn i trobariá tròpas dificultats. Los somaris
e resumits, eles, vàlon subretot per las publicacions d'èime scientific.
tocava sonque

«En tournant perpensa en ço

qu'avès escri de mi "Quatre istôri " e
que sian counvengu de nous escriéure leimamen, dins uno estimo mutualo, aproufiche d'uno ouro de lesi pèr vous durbi ma pensado sènso rèn escoundre.
Noun sabe quéntis oubrage miéu de poulemico couneissès, leva lou
"Proucès". E coumençarai pèr vous dire que coumprene bèn que,
d'abord que demouras óucitan, la pousicioun qu'ai presso e lis armo
jamai messourguiero — qu'emplegue poscon gaire avé vosto aprouvacioun. Mai es pas pèr lou plesi de poulemica que poulemique. Amariéu miés counsacra moun tèms e mi forço à coumpausa de teatre, de
conte o de rouman. [...]
de vosto critico de

moun

èime

poulemicaire', d'abord

—

«Oublidés pas que siéu Prouvençau, que Prouvènço es agarrido vuei
dins sa lengo e dins soun èime pèr li mai eminènt représentant de l'óucitanisme e pèr un grouun de jóuini gauchisto o gauchisant, pàuri rebat
d'un mounde en deménci, que parlon de liberta sènso avé counsciènci
que la liberta entrino de devé à coustat di dre que douno, que bramon
pèr la " descoulounisacioun " de l'Oucitanlo sènso sounja à l'esclavitudo que li guèiro. Ai percourregu la Russlo de la Baltico à la mar
Negro, de Kiev à Tachkent e Samarcando, ai un ami, Ondra Lysohorski qu'es Chèque mai que, revira en francés, en anglés, en alemand, en
italian, i'es enebi, au siéu, de publica sis obro pèr-ço-que soun escricho, noun dins la lengo óuficialo, mai dins un dialèite de Lachlo. Que
nòsti jóuini bartavèu que se lagnon d'èstre pas libre en Franço e d'èstre
coulounisa anon faire uno virado en URSS. Aqui mounte, à Tachkent,
li gènt de la carriero, quand sachèron qu'ère Francés, m'óufriguèron
lou té, li pastissarié de soun rode, car representave la liberta.

6

�«

Es pas

iéu qu'ai coumença de me batre e se me bate es emé d'armo
escri dins mi libre que noun siegue apiela sus
de fa indisputable. Quand Ive Rouqueto en

franco. Rèn de ço qu'ai
de tèste irrécusable, sus

Avignoun diguè : "Je hais la langue de Racine !" ère aqui presènt, à
coustat de Jaque Madaule que n'en fuguè escalustra e me diguè : " Vai
un pau fort. " Ço que l'empachè pas en 79 de counsacra uno pajo
quasimen entiero dóu " Monde des Livres " à demoustra que " L'Occitanie existe" (es lou titre de soun article). Quand lou meme Ive Rou¬
queto, secretàri de l'IEO, escriéu que "le terme de Provençal n'est
justifié ni historiquement, ni géographiquement, ni philosophique¬
ment " e que, d'uno plumo trempado dins lou fèu, Roubert Lafont
escarnis " le poète bourgeois" que fuguè Mistral e que (m'escusarés de
parla de iéu) recebe pèr telefone de menaço de mort ; quand me sènte
Prouvençau sènso decessa d'èstre francés, quand ai vist raia dins un
meme rai lou sang di gènt dóu Miejour e dóu Nord dóu tèms de la
guerro, e que, à Mers-el-Kebir ounte m'atroubave ai vist li marin de
Touloun e de Brest s'engouli pèr milié souto li canounado angleso, e
que vuei me parlon de séparatisme en meme tèms que d'unita óucitano
ounte s'aprefoundrié ma Prouvènço en perdènt, en meme tèms, ma
lengo meiralo, quand legisse, sus lou quitran de la routo que me meno
à moun vilage de Souliés-Toucas : "Français, go home ! ", "Colons,
dehors ! ", voulès pas que lou sans me bouie ? [...]
«Moun amista 'mé S.-A.

Peyre se refrejè un tèms, quand

lou trou-

bave trop intransigènt (à l'epoco qu'escrivié sa branco dis Aucèu) e que
me disié : " Soun un dangié". Vesiéu pas lou coustat pouliti de l'afaire.
Emé Jôrgi Reboul anave retrouba Valèri Bernard dins soun
Ribo-Novo. Parlavian pas d'autounoumio, encaro mens de sépara¬
tisme. Lou mot " descoulounisacioun " èro pas dins noste voucabulàri.

ataié de

Restavian sus lou plan de la lengo e de la pouësio. Mai deja la lengo
oucitanisado de Valèri Bernard me semblavo un pau estranjo. Quand
disié "albola" pèr "mantèu", ère sousprés. Mai Valèri Bernard èro
Valèri Bernard,'e iéu ère un jouvènt. Fuguère coundu a prene partit
d'un coustat o de l'autre. R. Lafont me proupausè de me faire intra
dins lou counsèu de l'IEO. (Acô après la guerro). Diguère de nàni, que
sentiéu deja lou sóupre e lou rima. E me rapelave S.-A. Peyre. Pamens,
fisère à Lafont un conte miéu, pèr que lou traspausèsse dins sa grafio
que lou publiquèsse. Vouliéu vèire. Publiquè moun conte. A parti
d'aqui veguère mai clar, destrière lou valat que separavo, de mai en
mai founs, Toulouso d'Arle e d'Avignoun. E n'èro encaro qu'un valat.
Vuei es un gourg. Un gourg ounte s'engoulirié Prouvènço emé sa len¬
go, e la Franço en seguido. Or, la Franço, l'ame. [...]
e

«Talo es ma pousicioun. Siéu un prouvençau francés. E rèn me fara
branda, meme pas l'image de ma caisso de mort, emé la crous e lou
ci-gît L. Bayle dessina au quitran sus la paret de l'Oustau de la Jouinesso de Touloun. Vaqui dounc lou sourgènt de moun èime de poule-

7

�micaire. Mai
apare,

dins

poulemico vòu dire

un

Es

guerro.

sentimen d'amista.

uno man

Louis
1. Cf. Aici e

ara

de

mai,

p.

de pas que vous

»

BAYLE, Touloun.

38 (N.D.L.R.).

Une revue est un outil très
précieux, et elle devient stérile si elle sert
règlement de compte. Je fais référence à l'article de Sylvia Rebière
(nouvelle série, n° 1). [...] Je ne veux pas me faire à tout prix la " défen¬
deresse" de Marie Rouanet, mais il est
profondément injuste de mépri¬
ser à ce point la
poésie de ses textes, et je mets au défi quiconque d'y
trouver un "pitoyable charabia". Son
courage de créatrice est au
contraire à souligner très haut.
[...]
«

de

«Quant à la production de I'" autre" maison d'édition de
disques

occitans,

en

l'occurrence Ventadorn, j'ai le regret de préciser qu'elle

fait référence (cf. de plus en plus souvent Le Monde de la
Musique). Son
éventail de plus en plus diversifié en fait la
plus appréciée et la plus
riche musicalement. »
Annie
La
la

qualité des textes de

Marie Rouanet est

une

phonétique et de l'interprétation des mêmes

De

CROS, 34 Béziers.
chose ; la qualité de

textes

en

est une autre.

point de vue, je persiste à employer l'adjectif «pitoyable ». Quant
à Ventadorn, si ses réalisations dans le
domaine de la musique clas¬
ce

sique sont dignes d'éloges, elles ne représentent qu'une très petite
ses productions, dont je continuerai à
penser qu'elles sont
nombreuses et médiocres » (ce qui
explique la baisse de 15 % de ses
ventes, l'an passé...). N'oubliez pas, chère correspondante,
que «sans
la liberté de blâmer, il n'est
point d'éloge flatteur». Il est vrai que, dans
le domaine de l'édition
occitane, on est surtout habitué aux fréquents
partie de
«

passages de la brosse à reluire.

S.R.

«J'ai beaucoup apprécié ie
compte rendu de S. Rebière paru dans le
premier numéro de votre nouvelle série. Le disque
Catarina, Catarineta
est

en

effet excellent. Quant à

plaudis des deux

mains

:

ce

qui est dit de Marie Rouanet, j'ap¬

il est scandaleux de massacrer l'occitan

comme le fait cette dame.
J'ajouterai cependant qu'on pourrait en dire
autant de bien d'autres
chanteurs, et non des moindres :

Jacmelina sont tout aussi blâmables.»

Marti, Patrie,

Evelyne DEBORNE, Paris.

�La doctrine de Mistral

à travers «L'Aiòli»

On a beaucoup écrit et beaucoup dit sur ce qu'il est convenu
d'appeler la doctrine de Mistral. Bien des exégètes et des
essayistes — sans parler de multiples publicistes, critiques et
historiens de la littérature d'oc — se sont escrimés à la déga¬
ger, à l'analyser et à la présenter. Il est à noter que chacun,
bien souvent, a voulu que cette doctrine soit en partie la confir¬
mation de ses propres idées et le guide de ses propres espé¬
rances. Un tel sujet apparaît inépuisable tant il ouvre la voie à
des interpétations diverses.
Soixante-huit ans après la mort du fondateur du Félibrige, et
au moment où une certaine volonté de décentralisation, au
demeurant bien timide, semble animer les pouvoirs publics, il
nous a paru intéressant de repartir à la découverte de la doc¬
trine mistralienne, essayant d'en donner un bilan actualisé et
d'en redéfinir les grandes lignes, au moins pour les jeunes
générations.

Nous

avons

lu et toujours

entendu dire que les idées direc¬
pensées fondamentales, sa

trices de l'action de Mistral, ses

philosophie militante étaient enfermées dans la masse consi¬
dérable de sa correspondance, dans ses discours et dans les
articles qu'il écrivit, pendant neuf ans, dans le journal L'Aiòli.
Inventorier la correspondance de Mistral dépasse, et de loin,
nos modestes moyens, d'autant qu'une partie non négligeable
de ces lettres est pratiquement inaccessible. Les discours les
plus significatifs du maître de Maillane ont été réunis en volume
en 1906 et réédités en 1941 dans une version revue et augmen¬
tée due aux soins de l'ancien capoulier Marius Jouveau. Cepen-

9

�dant,

ces ouvrages, aujourd'hui complètement épuisés, sont
loin de contenir tous les discours du
père de Mirèio et n'offrent

qu'un choix forcément arbitraire et, par là même, limité.

Ayant l'avantage de disposer d'une collection complète de
L'Aiòli, nous nous sommes donc limité à la lecture de ce pério¬
dique pour réaliser le travail de prospection que nous avons
décidé d'entreprendre. Notre quête, nous le verrons, n'a pas été
inutile et, sur bien des points, s'avère riche d'enseignement.
Ainsi que l'a souligné René Jouveau dans son Histoire du
Félibrige, Mistral songeait depuis longtemps à doter le mouve¬
ment félibréen d'un organe régulier et
indépendant, entièrement
rédigé en provençal, s'adressant à un vaste public et placé
au-dessus des problèmes linguistiques et littéraires tradition¬

nellement débattus dans les

revues

méridionales. L'Aiòii visait

d'autres

objectifs et, tout en souhaitant «répandre et faire croî¬
tre dans le peuple les idées félibréennes»
(Hist. du Félibrige, p.
165), il ambitionnait de véhiculer autre chose que de simples
revendications culturelles. En l'occurrence, «il ne s'agit pas de
la langue mais d'idées»
(/cf.). En fait, L'Aiòli «s'adressait à une
élite large qu'il s'agissait de préparer à des lendemains
poli¬
tiques» (id. p. 167) et devenait ainsi le porte-parole des «reven¬
dications politiques du Félibrige» (id. p. 168).
L'Aiòli parut du 7 janvier 1891 au 27 décembre
1899, soit 324
numéros, au rythme de trois par mois (les 7, 17 et 27). Il était
imprimé par François Seguin à Avignon et le «baile» en était
Folco de Baroncelli-Javon dont les parents mirent à la

disposi¬
journal plusieurs pièces du deuxième étage de la vaste
demeure familiale (Palais du Roure en
Avignon). Les principaux
rédacteurs en furent, outre Baroncelli et Mistral, Marius
André,
Pierre Devoluy, Jules Véran, Antonius
Adam, Henri Bouvet,
Baptiste Bonnet1.
Notons, pour être complet, que L'Aiòli reparut sur 22 numéros
en 1930, année du centenaire
mistralien, soit du n° 325 (7 sep¬
tembre 1930) au n° 346 (21 juin 1932). Le comité de rédaction
tion du

1. L'histoire de cette publication a été maintes fois
la connaître de

suivants
—

façon détaillée,

évoquée et,

pour ceux

qui désireraient

nous renvoyons notamment à la lecture des livres et études

:

Folco de Baroncelli

:

Pour le

cinquantenaire de L'Aiòli (in Calendau, n° 87, juillet-sept. 1941).

10

�composé de Mme Mistral, Pierre Devoluy, Marius Jouveau,
de Baroncelli, Joseph d'Arbaud, Benezet Bruneau,
Henriette Dibon et Jules Véran.

était

Folco

Mistral exerçait la haute surveillance du journal, corrigeant
méticuleusement les épreuves, veillant à la mise en page et à la

composition, surveillant les chiffres de vente, s'occupant de la
publicité, rédigeant sous divers pseudonymes (Mèste Franc,
Gui de Mount-Pavoun, un Malhanenc, L. Plasènt, Estève Jaufret...) une foule d'articles, de notices et de comptes rendus.
Ses considérations savoureuses et pleines de bon sens, dont il
émaiIlait les premiers numéros de L'Aiòli sous le titre : «Idèios
de l'ouncle Gandouflo sus lou viure d'aqueste mounde», appa¬
raissent en fait comme un réquisitoire serré et sans concession
contre les dangers de tous ordres qui menacent la civilisation
méridionale. L'ensemble de ces écrits constitue assurément
une mine où le futur Prix Nobel a introduit un certain nombre
d'idées politiques et dénoncé les maux qui, selon lui, rongeaient
la vie culturelle et sociale de la France.

Mistral, quelles que furent par la suite les évolutions de son
opinion, demeura toute son existence marqué par les événe¬
ments liés à la révolution de 1848 et à la vague d'aspiration
démocratique et nationaliste connue sous l'appellation de
«Printemps des peuples». L'immense bouillonnement d'idées
qu'engendra cette période de l'histoire européenne, baigné des
ultimes reflets d'un romantisme finissant, exerça sur beaucoup
d'intellectuels une influence profonde avec pour conséquence
indirecte la mise à l'honneur d'une doctrine politique et socioéconomique promise à un brillant avenir : le fédéralisme. Mistral
n'a jamais dissimulé — et cela depuis sa jeunesse — son pen¬
chant marqué pour une France fédérale largement décentra¬
lisée, à ses yeux seule capable de permettre un développement
harmonieux et complet de la patrie tout en préservant le maxi¬
mum de valeurs humaines indispensables à l'affirmation d'une
nation.
—

—

(in Revue Méridionale, Bordeaux, numéro du 15 sept. 1924).
Folco de Baroncelli, baile de L'Aiòli (in La France Latine, n° 38, avril-juin

Marius André : article
Charles Rostaing :

1969).
—

Marius André

—

Henriette Dibon
années

—

:

La Vie harmonieuse

Le journal de

:

de Mistral (Paris,

Pion, 1928).

Mistral (in Mémoires de

l'Académie de Vaucluse, tome VII,

1973-1974).

Henriette Dibon

:

Folco de Baroncelli (Imp.

Bené, Nîmes, 1982, pp. 40 à

82).

�Ainsi, dès le n° 1 de L'Aiòli, nous relevons cette courte plai¬
doirie que l'on peut considérer comme une adhésion enthou¬
siaste de Mistral à la cause et au
principe fédératif : «Encaro un
anavian dire, santo de Diéu ! La federacioun : coume is
Estât Uni de ta joui no Americo, coume en
Souisso, o pulèu

pau

coume en Grèço ounte, après
agué fréta dins l'aietado soun
crouchoun, à Maratoun, à Salamino, anavon en dansant fréta
l'esquino di Barbare. » L'ennemi demeure sans conteste ce « vièi
pipo-sang de centralisacioun» que bien des jeunes félibres (et
des moins jeunes) voudraient, à la grande
joie de Mistral, étran¬
gler.

L'Aiòli

—

et

cela est

années de parution
vateur

—

se

très sensible

durant

les premières
temps, l'obser¬
le père de Mireille regarde

veut le témoin de

rigoureux d'une époque,

que

son

lucidité et philosophie : «De tóuti li coustat, vesèn s'auboura uno foulo de questioun e de revendicacioun
que counsideran coume li signe avans-courrèire d'uno evouiucioun radiavec

calo... Li

coumuno

e

li

cantoun, li cresien mort

dounon signe de vido en reclamant
p.

soun

; e

vaqui que
(n° 7,

autounoumio»

2).

L'abandon de la terre, la désertification des
campagnes,
l'attrait irrésistible des agglomérations urbaines, les facilités

qu'offrent les techniques modernes, la puissance croissante
des moyens de communication et d'information concourent à
une

dépossession,

une dépersonnalisation, une uniformisation
Mistral dénonce et condamne avec véhémence, voire avec
une certaine rage
impuissante qui se mue en négation d'un
système politique. La disparition des traditions, des habitudes
ancestrales et le recul de l'usage
linguistique vernaculaire sont
incontestablement les points sur lesquels vient achopper la
juste colère du maître : « £s fachous veramen en tóuti lipoun de
visto, religious, pouëti, tradiciounau e naciounau, que de precióusi causo ansin, uno après l'autro,
s'esvaligon de la remembranço dóu pople, e acò per l'indiferènci d'aquéli que deurien
tout faire pèr li counserva vivènto.»
(n° 9, p. 1). N'oublions pas
que, pour Mistral en particulier et pour les félibres en général,
la province demeure «la maire de la
raço» (n° 31, p. 1), c'est-àdire la détentrice profonde et
authentique du patrimoine

que

national.
La vive sympathie que nourrissait le Maillanais
pour les idées
fédéralistes éclate littéralement au début de l'année 1892 à

1 2

�l'occasion

du

fameux

manifeste

fédéraliste

que

Frédéric

Amouretti lut au banquet offert le lundi 22 février au Capoulier
Félix Gras par les félibres de Paris ; déclaration qui, si elle ne

choque plus personne depuis longtemps, souleva à l'époque de
polémiques et provoqua même une scission au sein du
Félibrige parisien. Mistral publia le manifeste à la première
page de L'Aiòli (n° 43 du 7 mars 1892), ayant pris soin malgré
tout de retirer du texte une phrase jugée trop politique (cf. Hist.
du Félibrige, par R. Jouveau, op. cit., tome I, p. 189). Nous ne
reproduirons pas ce manifeste car il est suffisamment connu.

vives

n'épiloguerons pas non plus sur cet épisode de notre
littéraire, qui a fait couler beaucoup d'encre et ne fut
qu'une manifestation supplémentaire, d'ailleurs parfaitement
orchestrée, visant à dénoncer et à combattre les méfaits, voire
les abus, d'un esprit jacobin absurde et aveugle. Le redécou¬
page administratif de la France, la liberté des communes et le
choix autonomiste que sous-tend ce manifeste constitue un
programme toujours d'actualité mais d'où le souffle fédéraliste
qui l'animait voici quatre-vingt-dix ans semble hélas aujourd'hui
Nous

histoire

absent.

Mistral, ainsi que bon nombre de ses disciples, n'aime guère
découpage départemental tel qu'il nous fut légué par la
Révolution et l'Empire. Dans un article où il se fait l'écho des
craintes soulevées lors de l'assemblée générale des étudiants
de Provence au sujet d'une éventuelle remise en cause, par le
Gouvernement, des facultés d'Aix et de Marseille, le poète a
ces mots amers : «An dounc de neblo is iue, li famous Conséu
generau que souri censa représenta lis interés de la Prouvènço ?
Ah, cou me acò's verai, que i'ase dóu coumun es toujour lou
plus mau basta /» (n° 48 du 27 avril 1892).
le

antidépartementalisme semble être un
antiparlementarisme hérité d'un esprit libertaire et farouche¬
ment individualiste inhérent à la race même des hommes du
Sud, et dont les manifestations sont loin d'avoir disparu. Cette
méfiance, voire cet ostracisme de l'auteur de Calendau pour les
hommes politiques de tous horizons, semble tout particulière¬
ment se concrétiser durant plusieurs mois de l'année 1892, à
l'occasion des comptes rendus que donne L'Aiòli de la série
d'articles de défense méridionale et de profession de foi auto¬
nomiste que Louis Xavier de Ricard publie dans La Dépêche de
Le corollaire à cet

1 3

�Toulouse.

çal,

ce

Ainsi, Mistral fait sien en le transcrivant en proven¬
cri de colère et de protestation : «Lou pequinage e l'oú-

pressioun que lou sistèmo centralisto fai, despièi trop de tèms,
pesa sus nosto raço... e lèu lèu faudra bèn que counseiè generau e députa e senatou, au liò de bestira sus la councentracioun
di gaucho e de nous enmasca de si discussioun bizantlno,
s'óucupon quauque pau d'aquelo grando Franço prouvincialo
e prouvençalo que, bono qu'a fourni de sóudard e
d'impost,
s'en vai anequelido, fauto d'alen e d'alo » (n° 50 du 17 mai 1892).
Est-ce que l'absence, de la scène politique nationale, d'un
parti de défense des intérêts méridionaux, indépendant et
concurrent des partis traditionnels hexagonaux, fut regrettée
par Mistral? Car bien des hommes clairvoyants et réalistes
n'ont pas attendu 1982 pour s'apercevoir que,
chaque fois
qu'un mouvement régionaliste quelconque a fait confiance à un
parti politique — qu'il soit de droite, du centre ou de gauche —,
ce mouvement a été trompé, récupéré et
plus ou moins émasculé. Les flèches que le grand poète ne manque pas de déco¬
cher aux parlementaires et aux formations dont ils se réclament
pourraient effectivement laisser supposer que Mistral n'aurait
pas été insensible à la création d'un parti occitan fort et uni.
Cette division des partis, qui fit et fait encore tant de mal à la
cause félibréenne ou occitane (le vieil adage «Diviser
pour
régner» s'avère hélas d'une efficacité intemporelle !), nous la
retrouvons au sein même du Félibrige. Son fondateur va même
jusqu'à présenter cette division, non sans humour et un certain
fatalisme lucide, dans le n° 55 de L'Aiòli :
«A la drecho felibrenco ié

metrian, se voulès, H felibre gra-

vouge, qu'uno longo abitudo o tout autre moutiéu an garda
partisan de la centralisacioun. E à Testrèmo drecho, aqui ié
veirian sèire quàuquis autouritàri e counservadou
fougous
d'aquéu bèu marrelage despartamentau, taia per Mounsen
l'abat Seyiès dins la pèu de la Franço. Au centre-dre, faudrié
metre li felibre inchaiènt, bon vivènt e scepti que, countènt de
bêure à /a Coupo, laisson voulountié courre l'aigo.
«Lou cèntre-gaucho coumprendrié li felibre óupourtunisto,
partisan en idèio de la decentralisacioun, mai que conton sus
lou tèms
e sus li bèu vèrs que fan
— pèr amadura li nèspo.
Dins la gaucho prendrien plaço li patrioto, li tihous, li terrassan
entestardi, que fourmulon si visto dins aquel assiomo :
—

14

�«Quau tèn sa lengo tèn la clau
Que di cadeno lou deliéuro.
«

«Enfin

l'estrèmo-gaucho, que se recruto à jabo dins lou

generous jouvènt, farié, elo, bandeja, sus lou frount
vinten, lou drapèu estela de la Federacioun. »

dóu siècle

Le fédéralisme n'était pourtant pas l'apanage unique de la
gauche politique. Un homme comme Charles Maurras, que l'on
ne peut guère suspecter de pensées gauchistes ou gauchi¬
santes
même si en 1892 il n'a pas encore fondé l'Action
Française ni adhéré aux thèses royalistes qui seront les sien¬
nes plus tard — publie dans L'Aiòli, quelque six mois après le
manifeste fédéraliste dont il était un des co-signataires, un
vibrant article intitulé «Fédéralisme o decentralisacioun» que
Mistral ne manque pas de placer en bonne place dans le journal.
—

Le courant anticentralisateur, déjà bien implanté au sein du
Félibrige, gagne de plus en plus de terrain, surtout parmi les
éléments jeunes. Le père de Mirèio, lui qui luttait en ce sens
depuis tant d'années, ne put que se réjouir d'une telle exten¬
sion. L'Aiòli se fit d'ailleurs largement l'écho de ce phénomène
en publiant :
Dans le n° 60 (17 août 1892), l'annonce de la création de
i'Acioun Prouvençalo, suivi d'un appel aux Provençaux signé
entre autres par Valère Bernard, Antide Boyer et Pierre
—

Bertas.
—

(27 septembre 1892), l'article de Marius André :
e aristoucracio» qui visait à défendre la
duchesse d'Uzès, laquelle avait reçu magnifiquement félibres
et poètes du Midi, faisant écrire à une certaine presse que le
Félibrige était de droite, royaliste et catholique.
Dans le n° 68 (17 novembre 1892), l'article de Folco de Baroncelli intitulé : «Lou partit prouvençau».
Dans le n° 63

«Fédéralisme

—

Mistral, nous l'avons déjà noté, n'aime pas les hommes poli¬
tiques et, même s'il ne manifeste pas à leur égard une hostilité
ouverte ou une indifférence totale, on sent que ministres, séna¬
teurs, députés et conseillers ne sont, à ses yeux, que des poti¬
ches serviles, des hâbleurs, des marionnettes entre les mains
des partis dont ils dépendent et s'avèrent finalement les pires
ennemis de la cause méridionale. Rendant toujours compte des

1 5

�articles enflammés que

L.-X. de Ricard continue à faire paraître
Dépêche de Toulouse, le Maître de Maillane se plaît à
citer d'assez longs passages, qu'il agrémente de commentaires
sans fard : « Tant que nòsti députa,
pèr Iacheta o pèr desden,
faran li mut sus la questioun, lou Menistèri — se disènt "de
TEstrucioun Publico "
acourdara, pèr aparenço, de près i Jo
Flourau di felibre de Paris, pièi de galapachoun dounara, souto
man, l'ordre i mèstre d'escolo de derraba au Miejour sa lengo
naturalo emé si tradicioun de raço. E de
qu'avanço ? A forço de
vougué leva au pople li racino que Tamarron à la terro an fini
pèr trouva, — es verai o's pas verai ? — de couscri que ié bramon en francihot : "A bas la
patrie ! "» (n° 69 du 27 novembre
1892).
dans La

—

Le mouvement

fédéraliste, dont l'Europe représentait déjà un
exemple d'application, gagne chaque jour du terrain, tant
et si bien que Mistral
pouvait écrire, dans le n° 132 (27 août
1894) de L'Aiòli, cette phrase peut-être un peu trop teintée
d'optimisme : «Memamen, lis idèio federalisto e autounomo
fan plus sauta, coume pèr tèms, li vièi chauvin
centralisaire. » Il
y a eu de tout temps des jacobins obnubilés par le
concept
d'unité et d'indivisibilité de la France, et du
temps de Mistral
plus que du nôtre, quoique le jacobinisme soit encore loin
d'avoir disparu de nos moeurs
politiques et passe encore pour
vivant

constituer

un

réflexe salvateur.

Dans le n° 166 (7 août 1895), le Maillanais croit
opportun de
rafraîchir la mémoire des félibres et de
clamer, une fois de plus,
son

espérance et

aurait

su

sa

exorciser

foi

Etat largement décentralisé, qui
arrière-pensées ses vieux démons

en un

sans

unificateurs. Pour cela, il publie le célèbre discours
prononcé
1882 à la Sainte-Estelle d'AIbi, discours enflammé s'il en fut
et qui s'apparente à un
hymne, hélas trop souvent méconnu, en
faveur d'une union sacrée de tout le
peuple d'oc pour faire
aboutir ses revendications : «De la coumbinesoun d'uno
lèi unien

tàri emé

Tindependènci qu'es necessàri à l'orne sourtira dounc,
digneta per tóuti, la liberta, la vido e la varieta dins
l'armounlo.» Suit un réquisitoire particulièrement sévère contre
le centralisme et l'esprit
jacobin : «[...] contro aquelo puissanço
terriblo, demasiado, la centralisacioun, que nous vèn embasta,
jusquo au darrié vilage di Pirenèu o di Ceveno, noun soulamen
si modo e soun
unifourmita, mai encaro si foulié, sa trufarié,
iéu crese, la

16

�cativié, aquelo centralisacioun que se vòu mescla de tout,
destruis nòsti coustumo, nòste amour dóu terraire, nòstis
estacamen i causo envirounanto, e que copo lou nèrvi dóu testardige patriau e que vai jusquo au tufe desseca li sourgènt de
nosto independènci». La magie du verbe ne cache en rien les
réalités du quotidien et les connotations politiques de ce genre
de discours apparaissent clairement, d'autant qu'elles sont
d'une actualité particulièrement brûlante.

soun

que

En 1898, l'école félibréenne du Flourege d'Avignon rend
public un manifeste signé par Devoluy, Baroncelli et d'Arbaud,
manifeste plein de feu et de passion, mais aussi de réalisme,
que Mistral approuve et soutient tacitement en le publiant inté¬
gralement dans le n° 257 (17 février 1898) de L'Aiòli, adoptant
ainsi la même attitude que lors de la déclaration fédéraliste de
1892. Bien que non écrites par le Maître, ces lignes sont tout à
fait dans son style et conformes à ses idées :

Groupen-nous, sendiquen-nous, counviden lis àutris escolo
miejournalo a-n-uno vasto e pouderouso freirejacioun.
Quand saren aqui touto uno armado de bràvi gènt escam«

e

tóuti li soucieta

«

piha dins lou Miejour e que voudren pèr de bon parla nosto
lengo e la faire respeta pertout, à l'escolo coume à la glèiso, au
tiatre coume au tribunau e à la coumuno, boutas, auren pas
besoun que Paris se n'en mescle : tout acò bèu que nous trèvo
dins l'amo sara coumpli, sènso que res posque l'entrepacha.
/ a souto terro, dins li racino de la patrio, un grand nouvelum
que boui; fau n'escouta lou fernimen, fau ana au pople, lou
pénétra. »
«

Programme souvent oublié et parfois mal conduit. Etrange
paroles aujourd'hui où, pour parler

résonance de ces dernières

de

peuple avec un maximum d'écoute, nous disposons
l'arme absolue qu'est la télévision. On imagine l'impact d'un

au

le petit écran ! Ah, si notre
pouvait accéder, en toute justice et dignité, à ce suprême
d'information !...

discours de Mistral retransmis par
culture
moyen

sûr, le chantre de la Provence s'est insurgé en de mul¬
tiples occasions, et souvent avec une véhémence assez pas¬
sionnée, contre le laminoir des coeurs, des pensées et des
Bien

1 7

�qu'a longtemps constitué le système éducatif issu de la
République, système quelque peu monolithique et trop uni¬
ficateur dont on reconnaît aujourd'hui, à l'heure de son cente¬
naire, les excès, les maladresses, les imperfections et les
injustices fondamentales, ceci nonobstant les aspects extrê¬
mement positifs qu'il pouvait receler et
qu'il serait malhonnête
de nier. Sans faire pour autant le procès
de l'enseignement
public, Mistral, dans une lettre à Charles Maurras en date du 9
mœurs

IIIe

janvier 1899 — et que reproduit le n° 290 (17 janvier 1899) de
L'Aiòli —, trace un tableau bref mais
éloquent des principaux
griefs qu'il reproche au mécanisme éducatif de son temps :
«On s'efforce par

l'école (et par toutes les écoles) de lui
chaque pays de France) ses traditions et, avant
tout, l'usage de ces parlers antiques par lesquels se transmet¬
taient et se perpétuaient le génie, l'indépendance et le naturel
de la race. Tout est rasé, tout est
broyé par l'éducateur moder¬
ne. De l'histoire locale, provinciale
même, il n'en est plus ques¬
tion. L'accent, les habitudes, les choses spéciales au
pays et à
son peuple sont tournés en dérision. Tout ce
qui vient des aïeux
est ridicule et doit être remplacé par les mixtures des
program¬
mes. Et avec ça on produit des incolores et des
ineptes, des
chemineaux de tous genres et des gens qui, détachés de nos
vieux préjugés terriens, font bon marché de ta Patrie et du Dra¬
peau qui la symbolise. »
arracher (à

Ainsi parlait Mistral à l'extrême fin du XIXe siècle
et, abstrac¬
tion faite des colorations inhérentes à son
époque, on ne peut
qu'être frappé par la permanence et l'écho très actuel de cette

diatribe pessimiste dont le fatalisme
n'échappera à personne.
On notera également la
fréquence, dans les paroles ou les
écrits du

Maître, du mot « indépendance», mot-clef s'il en est de
mistralienne, qui recouvre un vaste contenu histo¬
rique et politique dont il n'apparaît pas toujours aisé d'appré¬
hender la matérialisation. Que dirait Mistral
aujourd'hui, face à
notre société de consommation
démente, à notre monde méca¬
nisé et sans âme, où des sophistications
technologiques sup¬
plantent l'homme jusque dans ses désirs, monde où l'uniformi¬
sation tentaculaire prend l'allure d'un mal
nécessaire, où l'in¬
térêt régit désormais tous
rapports et où disparaissent insensila doctrine

18

�les ultimes valeurs qui symbolisaient la diversité
humaine et la richesse spirituelle d'une nation. Oui, que dirait
Mistral confronté à cette déshumanisation galopante ?...

biement

pessimisme semble souvent latent chez Mistral, surtout
quand il s'interroge sur les manifestations et la survie de la
langue et de la culture d'oc, jamais le désespoir ne se subs¬
titue à cette attente douloureuse. Envers et contre tous, le
poète croit en l'homme et s'accroche à ce dogme dont il s'ef¬
force de faire une sorte de profession de foi.
Si le

L'Aiòli, la signature de Mistral
quasiment disparu et on le devine surtout occupé par le
Museon Arlaten, à la réalisation duquel il va travailler avec
acharnement durant plusieurs années encore.
Dans les ultimes numéros de

a

Finalement, la doctrine mistralienne, telle qu'elle se dégage
L'Aiòli, apparaît par certains côtés, peut-être,
assez décevante. Les allusions à des solutions politiques y
sont rares et les grands thèmes débattus sont ceux pour les¬
quels, depuis plusieurs décennies, luttent les tenants des
cultures régionales, qu'ils soient félibres ou non : décentralisa¬
tion réelle, enseignement des langues locales à tous les niveaux,
connaissance de l'histoire régionale, maintien des us et cou¬
tumes, arrêt de l'exode rural... Certes, le futur Prix Nobel n'es¬
quive pas les implications politiques qu'entraînerait inévitable¬
ment le règlement partiel ou global de tels problèmes. En cela,
il s'affirme comme un farouche partisan de l'autonomie locale,
de la liberté de décider au pays, d'une vaste fédération des
anciennes circonscriptions humaines et géographiques débar¬
rassées du carcan départemental, de nouvelles méthodes
d'enseignement et du contrôle des moyens de production. S'il
avait été lancé en son temps, il est certain que le slogan « Volèm
viure al Païs» aurait été celui de Mistral, tout au moins dans sa
symbolique et son esprit.
de la lecture de

poète et non un
politique, il ne nous éclaire guère sur les
moyens à mettre en oeuvre pour les réaliser et sur l'étendue des
réformes à entreprendre pour qu'un programme comme celui
qu'il souhaitait ait quelque chance de paraître crédible aux
yeux du peuple. Cela aurait immanquablement entraîné un
Mais l'auteur de Nèrto étant avant tout un

théoricien social

ou

19

�engagement politique devant lequel Mistral s'est toujours déro¬
bé, sans doute avec raison.
Quoi qu'il en soit, et bien que la lecture de L'Aiòli ne réponde
très partiellement à certaines questions fondamentales, on

que

peut qu'être frappé par le caractère moderne et par l'actua¬
les grandes lignes de la pensée mistralienne ont su
conserver. Si l'on se livre à un rapide constat
portant sur les
cent dernières années, on
s'aperçoit non sans étonnement que
la revendication méridionale n'a pratiquement
pas avancé, mis
à part quelques acquis minimes et de portée limitée.
Cela nous
montre tout le travail qu'il y a encore à accomplir. Mistral a
magnifiquement ouvert la voie ; sachons poursuivre le combat
dans la direction qu'il a montrée, c'est-à-dire celle de la
dignité,
ne

lité que

de la tolérance et de l'union...

Jean

FOURIÉ.

AVIS
AUX COLLABORATEURS
ET

CORRESPONDANTS

D'AICÍ

E ARA

Nous prions nos aimables collaborateurs et correspondants de
bien vouloir respecter, dans la présentation de leurs écrits, les

recommandations suivantes
1°
2°
3°
4°

:

Taper les textes à la machine, à double interligne ;
Laisser suffisamment de marge, à droite et à
gauche ;
N'écrire que sur un côté de la feuille ;
Ne pas écrire en lettres capitales les noms propres ou les titres
d'œuvres citées

5° Joindre
que

une

faire

se

;

illustration
peut.

(dessin, photographie) chaque fois

�poèmas inédits

Cinc

de Francés Severac

i

de la rota :
digús çai es pas arribat.
L'aire es freg, la tèrra nòva,
e la vida a pas començat.

Aici sièm,

al

cap

avant nautres

trepejat dins la fanga
temps ; aviam chaupinhat
e bracejat e renegat.
Coma bauges aviam cercat
d'adomergir l'Auriva.

Aviam

tant de

Mas aici sièm. Ave m

daissat

luènh darrièr nautres lo japar
dels chins malauts, de/s ornes fats.
Sièm a! pais del cap del monde,
lo pais ont
car

ta vida

Dius
a

pas

es

possible

començat.

Il

rufa, negra pour,
cobesa. Siás un fuàc

Siás tan
e tan

qu'o leca tôt, que tôt aluca
e que fa cendre de tôt bòi.
Siás mestressa de iota causa :

de cridar ceba, de qué

val ?

Que faguem patz, que faguem
senhorejas sul grand silenci
de las armas e de la carn.

21

guèrra,

�III

Ispre sourgènt
reboundu. Sèmpre coutigant
i counfino di car.
Res jamai noun apasimo
quand, fervourous, reboulis,
couflant li blùii veno
d'un vérin linde

Tourrènt
ni

amar

pèr diable

e

dous.

que

ni pèr Diéu

noun secara.

IV

Atal viviá

:

trantalhejant,

balancejant,
calinhant l'auta que bufava

al luènh la cendre de

sos ans.

Ges de presa. Res non
posquèt.
Faussa semblança. Vos dirèi lo secrèt

:

venguèt coma una pèira lisa
qu'un dius espompit escampèt
al fons del potz de
l'oblidança
e

de

l'intemporaìitat.

V
Lo traite cargat de vergonha coma un
gos de nièiras
al mitan dels seus e brama en
lagremejant :
Me perdonaretz !
Los seus li crèbon los uèlhs e li tréncon la

se

quilha

—

lenga e las mans ;
puèi lo trigósson cap al cròs e l'assúcon a còps de calhaus.
Un autre se quilha qu'encara a
pas trait, e brama de sa votz
de fèrre :
Me seguiretz !
E lo pòble sens èime sèc.
—

�Nouvelles brèves

MANIFESTACION A MARSELHA

rampelada d'un fum d'organisations occitanas o provençalistas,
aparaires de la lenga d'ôc èron gaireben quatre mila per manifestar a
Marselha, lo 15 de mai, e demandar una preséncia efectiva de l'occitan
A la

lis
a

la télévision. Lo

passa-carrieras

se

faguèt dau Pôrt-vièlh enjusqu'a la

Prefectura, pièi d'aqui a la Comuna, onte de delegats fuguèron reçauputs pèr M. Paôli, adjonch de M. Defferre. Ne'n sortiguèron coma
èron entrats, mai ambe de conselhs e de bôni paraulas. La delegacion
s'ancaminet pièi a l'ostau de FR3, pèr portar una mocion.
Fau tirar la capelada au Collectiu organisaire d'aqueli jornadas, e
particularament a sis empusaires, Bernât Gièly e Claudi Emond. Maugrat li promessas bufècas di personalitats oficialas, se poù tirar una
leiçon positiva d'aquela manifestation : occitanistas e provençalistas
cotria per carrieras ambe li mèmis eslogans, vaqui quaucarèn de nôu.
E lo nombre di manifestaires fasià pas vergonha. Vesèm bèn que,
quora se laissa de caire la politicariá e lo dogmatisme, nos podèm totis
entendre e obrar ensèms pèr nôsta lenga e nòsta cultura.

M.G.

LE NOUVEAU

CAPOULIER DU

FÉLIBRIGE

Capoulier du Félibrige depuis la Sainte Estelle de Nice,
René Jouveau, son prédécesseur, est membre
de l'enseignement public. Docteur ès-lettres, il exerce depuis plusieurs
années dans un collège de Fréjus où il est un membre éminent de
l'école félibréenne de la Miôugrano. Il a été élu Majorai du Félibrige en
Nouveau

Paul Roux, tout comme

1976.
Le Nouveau

Capoulier apparaît essentiellement comme un homme
acquis en terre varoise une solide répu-

d'action et de terrain. Il s'est

23

�tation

en

tant

qu'organisateur et pédagogue. Sa thèse de doctorat,
en décembre
1970,
Fréjus
région ». On lui doit aussi
diverses études linguistiques et historiques publiées dans le bulletin de
la Société d'études de
Draguignan, dans celui des Amis du vieux Tou¬
lon ainsi que dans les Actes de différents
congrès ayant pour thème la
langue et la littérature d'oc.
soutenue à la faculté des Lettres d'Aix-en-Provence
avait pour sujet : « Le parler de
et de sa

Le professeur Paul Roux est

provençal de bonne lignée et

un

un

mistralien

convaincu,

un patriote

ardent défenseur des traditions méri¬

dionales. Essentiellement
soulève que
sera

fort

peut-être

un

connu en Provence maritime, son
nom ne
peu d'échos sur la rive droite du Rhône. Ce handicap

avantage dans l'action qu'il

aura à mener à la tête du

Félibrige. Nous espérons en tout cas qu'il sera l'homme de conciliation,
de dialogue et d'union dont félibres et Occitans ont
grandement besoin
à

un

moment où

se

joue

une

partie vitale

pour la survie de notre

ficité d'hommes d'oc.

spéci¬

J.F.

UN MONUMENT POUR HENRI MOULY
Le Grelh Roërgàs, école félibréenne de
l'Aveyron, lance une sous¬
cription pour l'érection d'un monument à la mémoire d'Henry
Mouly,
majorai du Félibrige. C'est à Compolibat, ce village qui le vit naître et
où il repose, que le monument sera
érigé. Les dons sont à adresser à
M. Albert Bibal, trésorier du Grelh
Roërgàs, 1 rue George-Sand, Bel-Air,
12000 Rodez. (Préciser : « Pour le monument
Mouiy », et libeller les chè¬
ques à l'ordre du Grelh

Roërgàs).

CONSECRACION
Lo Prèmi Odette Aroles de l'Acadèmia dels
Jòcs Florals de Tolosa

es

decernit ongan al majora!
Josèp Vaylet, per coronar son Jornal
d'una Pastra, amai «per onorar tota son ôbra». An
aquesta, çaquelà,
se ven d'apondre lo
segond tòm dels Proverbes et Dictons rabelaisiens,
impacientament esperat pels amators de folclòre calhôl.
estât

�Vient de

Max

paraître

Rouquette

:

VERT PARADIS

(Le Chemin vert, Paris)

Les traductions

: voici, en Occitanie, un nouveau tabou. Nous
passés de la situation traditionnelle — où des écri¬
vains français d'expression occitane ne publiaient que des
éditions bilingues — à une conception inverse quasi unanime.
La collection Commune Présence prend donc le contre-pied
de la mode actuelle chez les occitanistes : elle se propose de
faire connaître au public français (c'est-à-dire un public large)
les œuvres des cultures minoritaires. Ce sont les Occitans qui
ouvrent la voie, avec une belle traduction de Max Rouquette,
par Alain Surre-Garcia.
Rien, à l'heure actuelle, ne pouvait être plus sainement scan¬
daleux pour les occitanistes que de voir Max Rouquette remis à
sa juste place et rendu accessible à un public étendu. Une
conspiration du silence tendait à rapetisser cet auteur, que les

sommes

historiens de notre littérature avaient voulu enterrer vivant dans
le

passé sombre et mythique du «prélafontisme», le privant
son actualité, lui refusant presque le droit à écrire.
D'autres auteurs occitans de grande envergure ont été pareil¬
lement écartés de la scène ; je pense à René Nelli, à Bernard
Manciet, catalogués au rayon des antiauités par certains indi¬
vidus qui comptaient ainsi se donner plus de relief, pour mieux
se poser en leaders de notre peuple.
ainsi de

25

�Rouquette, Manciet et Nelli sont pourtant plus vivants que
jamais, au sommet de leur puissance littéraire. Mais un certain
public reçoit avec hostilité une littérature de grande qualité ; la
règle est que l'occitanisme doit être médiocre. Un brillant esprit,
parlant de Frédéric Mistral, proclamait ainsi avec condescen¬
dance et triomphalisme :« Tôt lo mond a entendut parlar de
"Mirelha", mas degun legis pas mai aqueia ôbra.» En effet, à
l'heure actuelle, «l'occitanisme a besonh d'obrièrs e pas de
profètas». Bravo ! Partant de ce brillant point de vue, je propose
donc que se fonde une Association des Ecrivains Occitans
contre la Dignité et la Qualité de la Littérature. Elle ne manque¬
rait pas d'adhérents.
Et pourtant, la banlieue culturelle que nous sommes demeure
capable de faire germer une œuvre littéraire sublime. Malheu¬
reusement nous la refusons, nous l'escamotons ; pour se faire
connaître, elle doit passer par l'Etranger. Publier en occitan
étant un ersatz masochiste de la glossectomie, le seul remède
était de changer de langue. Bien entendu, il peut être irritant de
voir que le compromis choisi est le français, langue héréditai¬
rement

ennemie de

la nôtre.

Consolons-nous néanmoins

:

le

français littéraire ne se porte guère mieux que l'occitan, et il y a
fort à parier qu'il plongera bientôt dans le même gouffre que la
Glaciation de

Wurm, ou le rhinocéros à poil laineux. Il sera
temps alors de traduire Max Rouquette dans la langue de Sha¬
kespeare, ou tout autre idiome du XXIe siècle.
En

attendant, nous devons nous contenter d'une traduction

française de Vert Paradis. Celle de Surre-Garcia est excellente.
Elle a ce qu'il faut de transparence stylistique — et pas plus
qu'il n'en faut. Le lecteur cultivé a l'agréable illusion que le
traducteur discret se retire pour laisser parler l'auteur. Il s'y
ajoute une sorte de distanciation précieuse et aristocratique,
absente du texte original ; c'est là la règle du jeu : la vie brû¬
lante et intime du texte, sécrétée par la densité de cet espace
rebâti de langage, ne peut passer dans une langue étrangère.
D'Arbaud et Nelli mis à

part, je ne connais aucune œuvre
joliment traduite en français. Ceci est nouveau,
et prend un air terriblement exotique qui plaira sans doute.
Nous sommes loin de la médiocrité onctueuse qui encombre
pesamment le devant de la scène occitaniste — et qui doit
décourager bien des lecteurs.
occitane aussi

26

�Les occitanistes avaient

phantasmé à qui-mieux-mieux sur
nous apercevons soudain qu'il est
innocent et, sans doute, salutaire. L'œuvre est distanciée :
comme l'enfant devenu adulte, elle s'échappe loin de la domi¬
nation castratrice de sa mère la langue, vers d'autres rives où
l'image paternelle de son auteur lui fait moins d'ombre. Elle
s'affirme par elle-même, résolvant sainement son Oedipe. Les
considérations de langue et de style — finalement secondai¬
res
sont balayées. Seule demeure l'œuvre nue, dans sa quin¬
tessence, arrachée de son support matériel, comme une statue
enfin sortie du moule. L'œuvre est grande, et prend plus de
relief encore par cette distanciation.
l'acte de la traduction. Nous

—

Oui, la littérature d'oc peut ne pas être médiocre, et passer
succès la rampe de la traduction. Ceux qui désirent le
contraire ne pardonneront pas à Max Rouquette de nous le
faire voir avec autant de génie.

avec

Jean-Frédéric BRUN.

Lluis Aracil

:

LO BILINGUISME COMA MITE

Tèxtes causits, tradusits e présentais
per Maria-Clara Viguièr ambe la collaboracion
d'Enric Montaner i Monllau. Prefaci (sic) de Pèire Achard

(I.E.O., Recèrca, 1982. 178 p.)

La sociolinguistique est à la mode dans le milieu occitaniste
universitaire, où l'on a découvert avec grand intérêt qu'elle
permettait de noircir beaucoup de pages sans avoir grand
chose à dire. Quand on sait que l'avancement des universitaires
doit beaucoup au nombre d'articles publiés dans l'année, on
conçoit que la sociolinguistique soit devenue, de Gaston Bazalgues à Robert Lafont, l'enfant chérie des besogneux de l'obs¬
curantisme pédant.
Cela a sans doute contribué, chez nous, à dévaloriser cette
discipline aux yeux des gens sérieux et des chercheurs
consciencieux. Bien injustement, car la sociolinguistique peut

27

�être autre chose que

le ramassis de pompeux poncifs dont la
Lengas nous offre périodiquement de lamentables exem¬
ples1. Aussi le livre de Lluis Aracil, excellemment traduit en
langue d'oc (avec quelques catalanismes) par Marie-Claire
Viguier, arrive-t-il à point pour donner aux universitaires occitanistes le goût de la recherche utile. Car Lluis Aracil est avant
tout un homme qui aime passionnément sa langue, le catalan,
et ses écrits sont autant d'actes de lutte pour la défense et la
promotion d'une culture qui, comme la nôtre, est menacée.
revue

Universitaire militant, Lluis Aracil n'oublie pas pour autant

l'on n'arrive à rien de bon sans une nécessaire et rigou¬
objectivité. Il n'en est que plus convaincant dans sa
démonstration du fait que tout bilinguisme est une tricherie,
qui recouvre en fait la lutte de deux cultures ; que, dans une
société donnée, seule la langue autochtone est légitime. Car
c'est bien là le point central de sa démonstration.
Mais Lluis Aracil parle surtout des pays catalans, c'est-à-dire
de régions où la langue autochtone est encore très vivace (sur¬
tout au Principat), et bénéficie d'une base culturelle infiniment
plus solide que la nôtre. Peut-on appliquer sans réserves ses
conclusions à l'Occitanie ? Rien n'est moins sûr, bien que ce
soit là le souhait de certains occitanistes que nous connais¬
sons. Mon point de vue personnel sur la désastreuse situation
linguistique de nos régions occitanes me porterait plutôt à lire
ce livre «de l'extérieur», sans vraiment me sentir impliqué, en
tant qu'occitaniste, dans son raisonnement. Les processus qui
amènent le remplacement d'une langue par une autre, très bien
décrits par Aracil, ont chez nous presque totalement abouti...
Il est clair en effet que la société occitane ne peut plus être
qualifiée de bilingue ou de digiosse, pour la très simple raison
que huit Occitans sur dix n'ont à leur disposition ni la langue
d'oc, ni même le souvenir de l'avoir entendue, et que cette pro¬
portion ne fera que croître dans les années à venir, avec la
disparition des dernières générations naturellement occitanophones. L'Occitanie est donc, aujourd'hui, un ensemble de
régions socialement unilingues (francophones), où le bilin¬
guisme n'apparaît plus que comme un phénomène résiduel, le
que

reuse

1.

été comme un omnibus, où montent toute sorte de gens : elle a
qui savaient n'avoir rien à faire dans les domaines
de l'autre, les gens les plus capables, qui trouvaient trop étroits les domaines éta¬

«[La sociolinguistique]

attiré d'un côté tous les
établis
blis.

»

(...) ;
(Ll. Aracil,

p.

a

sous-normaux

156).

28

�plus souvent individuel. Il ne s'agit pas chez nous de refuser un
prétendu bilinguisme, mais bien de faire en sorte que nos
régions redeviennent bilingues. Ce serait là un grand progrès
mais dont la réalisation est par ailleurs extrêmement hypo¬
thétique...
Marie-Claire Viguier s'efforce pourtant, dans une courte note
introductive, de lier artificiellement les cas occitan et catalan ;
elle oublie, par excès d'enthousiasme, qu'on ne peut comparer
ce qui n'est pas comparable (même si le catalan se porte mal à
Valence, il progresse en Catalogne — et l'Occitanie n'a pas sa
Catalogne, où l'élite intellectuelle s'exprimerait dans sa lan¬
gue). Elle reprend également le vieux mythe d'une communauté
occitano-catalane, «tarasque fantastique» dont «la corne est
le Médoc, et la queue le Pays valencien». Mais ceci tient plus
dé l'auto-persuasion que du raisonnement scientifique.
—

Viguier se clôt sur un glossaire où sont
principaux termes de sociolinguistique utilisés dans
le corps de l'ouvrage, et où nous regrettons que ne figure pas le
terme diglossie. Il peut être utile, en effet, de distinguer le bilin¬
guisme (phénomène individuel) de la diglossie (phénomène
collectif). Un enfant à qui l'on apprend au lycée une langue
étrangère est bilingue; une société où deux langues sont en
concurrence est en situation diglossique. Mais cette ambiguïté
dans le glossaire établi par la traductrice ne fait que refléter
L'édition de M.-C.

définis les

celle des textes d'Aracil.

Quant

aux

«outils» (espleches, p. 174) dont M.-C.

Viguier

l'établissement de la traduction occitane, on
ne peut que déplorer de ne pas y voir figurer les ouvrages du
regretté Roger Barthe, dédaignés au profit des dictionnaires de
Piat et Taupiac, qui leur sont infiniment inférieurs. M.-C. Viguier
suit d'ailleurs aveuglément les «recommandations» orthogra¬
phiques de Taupiac, ce qui rend la lecture assez pittoresque...
s'est servie pour

Un très bon livre, quoi qu'il en soit. Les pessimistes diront
qu'il n'est plus d'actualité chez nous ; les optimistes, qu'il ne
l'est pas encore. Mais, comme disait le maître : « Veiren veni» !

Charles de BELLESERRE.

29

�Joan Forièr

:

DICCIONA RI
DE LA LITERATURA OCCITANA AUDENCA

(C.I.D.O.-I.E.O., Besièrs

Trabalh seriós

e

Carcassona, 1982. 218 p.)

menimós, lo Diccionari de la literatura occiporgis Joan Fourié, es un libre que farà
referéncia. Coneissèm mal nòstra literatura que, per força, es
estada e contunha d'èsser «marginala». Nos manca subretot
un inventari sistematic, e aquô's l'onor del Centre Internacional
de Documentacion Occitana, desempuèi sa fondacion, de lo
rendre possible. Lo prefach serà longàs, e sèm pas pròches de
ne véser la fin, mas començam déjà d'i véser pus clar, e la
bibliografia occitana avança a grand compas.
Joan Fourié a donc recampat dins son obratge totes los autors
coneguts que dins Aude, an escrich en occitan. Las intradas, classadas alfabeticament, comprénon una noticia biografica seguida
d'una bibliografia força compléta de las òbras de l'autor.
Vénon puèi, quand se trapa, una listeta d'òbras a consultar e un
comentari cortet
mas totjorn sénat — subre l'autor. L'importància de las noticias, plan segur, es fonccion de l'interès
que Fourié porta a cada autor, mas trobam aici una lista tant
exaustiva coma se pòt, amb çò milhor e çô minor. Coma o ditz
Crestian Anatôli dins una corteta prefàcia : « Ont trapar, s'el
non èra, totes aqueles títols d'ôbras e d'obretas que fan una
montjôia extraordinària ? [...] Çô mai dolent d'un punt de vista
estetic ten aqui sa plaça, jôga son rôtie. »
De mai, Fourié se limita pas als autors, mas fa sa plaça als
periodics occitanistas, amai a las manifestacions popularas,
tana

audenca,

e

que nos

—

coma

las famosas Fèstas de l'Ama occitana. Li farèi

un

sol

reproche : lo d'aver plaçât dins lo tèxt las formas francesas dels
noms d'autors, amb un remandadis a la forma occitana, sens
cambiament tipografic. Aquô fatiga l'uèlh e subrecarga las
pajas inutilament. Un apendici en fin d'obrátge séria estât una
milhona solucion.
Une excellenta introduccion de Sèrgi Granièr, en francés,
plena d'estrambôrd e de clartat pedagogica, fa utilament lo
punt subre la lenga d'ôc e sa literatura, e môstra la plaça que

30

�ten aqueste diccionari «local» dins un contèxt d'occitanitat
globala. De fach, lo trabalh de Fourié se pot pas concèbre coma
quicòm d'isolat. I vesi, ieu, la prumièira pèira d'una tièira de
trabalhs que rendràn possibla la realisacion d'un Diccionari de

la literatura occitana dins

sa

totalitat.

Es curiôs de véser cossi, dins aqueste païs, tôt çô pus util,
desempuèi Mistral, es degut a d'amators. Òsca donc a Joan
Fourié qu'à fach ôbra, aqui, de primadièr.

Caries de

Felip Angelau

BÈLASÈRRA.

:

SEBISSAS VIVAS E SEMENA-CUR

(Encô de l'autor, s.d.)

Felip Angelau fai partida dels poëtas occitans de la

genera-

cion de las annadas setanta, un capitol de las letras nôstras que
caudrà ben un jorn que quauqu'un n'escriga l'istôria, ara que
sembla de se claure e que vesèm grelhar una novèla coada plena
de promessas. Los tèxtes qu'an fach conóisser Angelau parei-

guèron dins la revista Òc, a l'epôca dau bon doctor Girard, mas
aquô's pas qu'ongan que, per tant que ieu o sàpia, nos ofris un
libre.
Un bèu libre. L'usatge vòu, un còp de mai, que las òbras
importantas sortigon en pichòta roneô au mens còst, mentre
que s'estàmpon de tinadas entièiras d'asenadas. Mas aquô nos
empacha pas de marcar d'una pèira blanca aquelas Sebissas
vivas que tendràn de tôt segur una plaça de tria dins l'istôria
literària de la pontannada avalida. Car Felip Angelau nos dôna
aqui una ôbra de maduresa, que dardalha de fulguracions sornas, estonantas, raras, que son la marca d'una poësia poderosa.
Las paraulas son précisas, coma de côps de lama de rasor van
au

pus

secrèt de l'èime dobrir de nafras misteriosas que sagna-

ràn

longtemps.
M'agrada mai la part segonda dau recuèlh, titolada. Semenacur. L'esmoguda s'i nosa amb una densitat esbarluganta. Caudriá

o

citar

tôt. A

l'asard causisse

31

:

�Caminèls deus tons uèlhs que m'i taisi grèmas tuadas
o,

endacòm mai

:

L'inestorrible doman
que

s'i perdèm...

Mas, sortidas dau contèxt las frasas vénon banalas coma
aquelas pèrlas blanquinèlas de las cavèrnas que venon grisas
quand veson lo jorn, alba de sabla e de blasina.
L'amarum d'un

amor

trist

se

muda misteriosament

en

paï-

emplits d'èurre, de mosidura e de
pluèja. I seguissèm dolorosament los camins incèrts dels sòmis
mau escantits, emplits de la tristor majestosa e immensa de
l'univèrs que se brigalha. E sabèm qu'aquel païsatge es lo revèrs
secrèt dau miralh, e que se desvolopa sosterranament detràs la
satges nivoloses d'auton,

prison dau quotidian

:

L'univèrs
del lièch a la fenèstra

s'alarga.
L'univèrs
defôra dau

Leibnitz,
lo constat

es

vila trempa de ploja, auton neblós au dintre e au
dau poëta. L'univèrs retipa las monadas de

cor

sens escapa : a pas

de fenèstra. Lo poëta

es

sol. Ne fai

:

Parlam pas del meteis païs.
Un libre de poësia, donc, d'una granda qualitat. D'un autor
jove qu'a assimilât e fachs sieus la rosegadura cataclismica de
Manciet, la majestat desesperada de Pèire Morà, l'exigéncia
modernista d'un Joan-Pèire Tardiu, los estius luminoses de
Joan-Pèire Baldit. De tôt aquô, Felip Angelau n'a refach un
espaci de poësia poderosament original, que marca una personalitat literària qu'encara conoissiam pas trop, mas que nos fai
esperar d'autres libres de granda qualitat.

Joan-Frederic BRUN.

N.B.
Sebissas vivas se pòt comandar encô de l'autor : Philippe
Angelot, «Caville», Pineuilh, 33220 Sainte-Foy-la-Grande, per 15 F
—

franc de port.

32

�Félix Daval
LES FRAISSES

:

ÈRAN

TOMBA TS

(I.E.O. Cantal, 1981. 245 p.)

Es Pèire Boissièras que

redigiguèt la prefàcia d'aquel libre.
cal saber i es dich en quatre o cinc paginas, dins
l'estil clar de qualqu'un que se paga pas de literatura. Escriu,
per exemple : «Avèm aici, en lenga d'ôc, un libre sul présent
nôstre présent —, e non pas sus la vida païsana de fa trenta o
Tôt

çô

que ne

—

quaranta ans. »

Òc-ben, la primièra

causa que

palma

es

aquel

partit près d'actualitat, coratjós e volontarista, dins lo période
que sèm. Boissièra ajusta pus luènh : « Los Auvernhats de Félix
Daval son pas gaire fachs per atirar lo torista en cèrca de despaïsament », davant de notar aquela frasa : « Barriac es universal alluòc d'èstre reduch al tipic. » Se tracha de la pintura de la
societat rurala d'à I'entorn de Barriac, pichona Borgada del
Carladés, sus las broas d'Avairon. Tota una galariá de personatges d'una granda vertat i ménon lor vida, jamais aisida,
dempuèi los coarros (proprietaris) fins a la filha paura que se
met a mèstre per se ganhar las trempas, en passant pels auver¬
nhats de Paris, que tórnon al terrador, mitât aparisenquits.
L'impression que se despren d'aquel vast tablèu, emai res i siá
jamai briga teorisat, es la d'una societat que va a la ronza,
coma un batèu esquintât que frelha de contunh las rancaredas e
los escuèlhs.

Malgrat l'inconsciéncia tragica, e plan reala, dels protagonistas, òm vei clarament tôt çô qu'es a l'abèu : la tèrra, la lenga,
l'existéncia d'un pôble, aquel pôble reduch aici a Testât de pietadosa clientèla... Vertat crudèla e amara. Foguèsse estât d'una
etnia autra que Toccitana, lo Daval, Taurián portât al cèl-sin
pel sieu saber-far e sa clarvesença. L'autor, al mièg de tôt
aquô, se refusa a far pinçon. Son fenestron demôra tampat.
Mas lo devinham, darrèr los contravents, a l'espéra, gràcias a
las lusors poëticas estranhas, eslambrecs fugaces e meravelhoses,
que venon esclairar aquel païsatge de la subrevivéncia. Pensam,
per exemple, a aquel capitol intitolat « Païsatge d'Ost » que la
montanha i es magistralament umanisada, feminisada, e que la
sentèm que barbèla coma una desirada. Amb aquô, lo vocabulari rie junta tostemps amb lo dich. Lo quite legidor pauc acos-

33

�la lenga escrita e tecnica trabuca pas : cada mot ven en
temps, a sa plaça. Acôrdi aisit entre l'escrivan e lo public
d'abord que tôt pintoresc superflú es estât bandit. Tant per la
tumat a
son

lenga coma pel contengut, lo legeire planherà
aquel libre vigorôs.

pas

de s'atrapar

a

Cristian RAPIN.

L'ESQUIRA
Vocabulari basic illustrât

(Per Noste, Orthèz, 1981. 216 p.)

Les

enseignants se plaignent fréquemment du manque d'ou¬
pédagogiques pour l'enseignement de la langue d'oc ; ceux
qui existent sont souvent fort déficients — je pense au lamen¬
table opuscule Eric e Magali, de M. Michel Wienin, ou à l'attris¬
tant leu coneissi un Païs, de l'I.E.O. Rien de tel avec L'Esquira,
magnifique volume de 216 pages en couleurs, sous couverture
cartonnée et pelliculée. On y trouve, introduits par de charmants
dessins, les deux mille six-cents mots les plus courants du
gascon, ainsi que bon nombre de phrases usuelles ; les mots
grammaticaux ne sont pas oubliés, et un lexique en fin d'ou¬
vrage présente une récapitulation de tous les lexèmes et mor¬
phèmes employés, classés alphabétiquement.
Comment une association occitaniste a-t-elle pu éditer à un
prix aussi raisonnable (60 F) un ouvrage aussi magnifique ?
tils

L'Esquira est, en fait, la version gasconne de La Borromba,
basique catalan édité par les éditions La Gaiera, de
Barcelone. Apprenant que La Gaiera entreprenait de rééditer sa
Borromba en quatre langues, les animateurs de la section béar¬
naise de l'Institut d'Etudes Occitanes comprirent immédiate¬
ment le parti qu'ils pouvaient en tirer. Grâce à une aide du
Conseil régional d'Aquitaine, une version gasconne a donc pu
s'ajouter aux quatre autres.
vocabulaire

Bien entendu, cet ouvrage est inutilisable dans les classes
languedociennes, provençales ou nord-occitanes : les différen¬
ces dialectales sont trop importantes pour que L'Esquira passe

34

�jamais la Garonne. On peut regretter au passage que l'occitan
soit la seule langue minoritaire d'Europe occidentale qui n'ait
pas été unifiée, ce qui contraint les éditeurs de manuels sco¬
laires à se limiter à une seule province, ou à publier plusieurs
versions dialectales... Le capoulier Dévoluy avait peut-être vu
juste ; mais il est trop tard à présent. Quoi qu'il en soit, L'Esquira est une belle réussite pour les Béarnais et les Gascons,
et nous lui souhaitons de rencontrer auprès du public scolaire
malgré le peu de place accordé aux langues régionales dans
l'enseignement primaire — l'accueil qu'il mérite.
—

Charles de BELLESERRE.
Le livre peut être commandé (franco) contre 73 F à Per Noste,
Lavignotte, Route de Bordeaux, 64300 Orthèz.

N.B.
G.

—

LA VALL D'ARAN

Mèdi

físic i transformació econòmica

(Caixa d'Estalvis de Catalunya, Barcelona, 1982. 363 p.)

La Val d'Aran, coma cadun o deuriá saupre, es un
bocinon d'Occitània ficat en Catalonha. Lo monde i

pichon

pàrlon
amb l'accent catalan, e saique se pénson que nautres
parlam amb l'accent francés. Aquô rai : nos podèm entendre,

gascon

amb la sola diferéncia que se

parla mai occitan

a

Vièlha

que

Tolosa o Montpeihièr...
Aqueste libre se prepausa una dobla tòca : d'en prumièr, s'inseris dins una tièira d'estudis (la colleccion Catalunya comarcal)
qu'an per objècte de milhor far conéisser la realitat sociô-economica dels « despartaments » (les comarques) catalans ; d'en
segond, los editors vòlon promòure l'aranés e li faire far «un
pas endavant en el cami de la seva normalització i difusió ». Per
o aconseguir, lo libre s'acompanha d'un resumit en occitan
aranés d'un seissantenat de paginas, degut a Frédéric Vergés.
Es de notar que la normalisacion ortografica de l'aranés pren
pas per basa l'ortografia del catalan, mas si-ben la que i sèm
acostumats d'aqueste band de la frontièira. Los lingilistas cargats d'aqueste trabalh an pasmens agut l'èime de servar las
non

pas a

35

�diferéncias dialectalas plan mai qu'aquô non se fa aici pels dialèctes periferics (gascon, auvernhàs, lemosin, provençal), ont
las formas lengadocianas son trop privilegiadas.

Aqueste libre porta donc una prôva de mai del respècte que
en Catalonha la personalitat e la cultura aranesas, que
sabèm d'alhors força ajudadas per la Generalitat autonòma,
bèlament respectuosa del drech a la diferéncia.
recébon

Romièg PACH.

Joan Monestièr

RACONTES

:

SARLADÉS

Bois gravés de Maurice Albe
(P. Fanlac, Périgueux, 1980. 21 p.)

Conegut

per

l'accion

que

mèna dempuèi mai de trenta

anna-

das per alargar e manténer la cultura nòstra dins los ròdols
bordalés e sarladés, lo majorai Joan Monestièr s'es pagat lo

plaser de

recampar

dins

un

librilhon plan adobat qualques trò-

tirats de la tradicion orala de son encontrada, qu'es la val de
Dordonha entre La Linda e Dòmas. Atal, nos présenta nôu

ces

racontes

lo viu e força enrasigats dins le terrador.
lectura, benlèu un chic trop corteta, e un gaug vertadièr de descobrir aqueles òmes e aquelas istòrias dont le chue
gostós sentis l'autenticitat.
Joan FOURIÉ.
preses sus

Una bona

Pau

Gayraud

:

PER LAS COLONAS DE TARN

(Ed. Subervie, Rodés, 1981. 147 p.)

Per las Colonas de Tarn
en

Gayraud

lo libre

tresen

que

1975. I retrobam de personatges

es

del Vièlh Estofe-

Pau Gayraud n'entamenèt la publiconeguts. L'estil de
totjorn simple, e fa pensar un pauc al del paure

gaire, «sagà» occitana
cacion

es

36

�Joan Bodon. La

lenga, çaquelà, n'es mai rica e mai dialectala :
Bodon assajava d'escriure un occitan
despolhat, passa-pertot, Gayraud se carra d'emplegar expressions e mots granats.
se

Fa que

li cal, de còps que i a, balhar en pè de pajas d'explicas
legeires.
Pensi pas qu'agem, en occitan, a l'ora d'ara,
cap d'òbra que
se pôsca comparar a la de
Gayraud : l'istòria d'una familha sus
qualques generacions jamai es pas estada escricha. Gayraud o
fa, amb un biais d'escriure a l'encôp simple e sabent, sens tombar dins lo melò ni dins lo bavardum.
Regreti pas qu'una causa :
que Gayraud.aja pas pensât de botar en testa del libre un resumit cortet d'Una Filha de l'An
Quaranta e de Riqueta, los dos
tòms précédents. Car retrobam dins aqueste libre de
personatges
qu'an una istôria, e cadun a pas legit los prumièrs libres de la
cortetas a sos

tièira...

Pau Gayraud : un dels milhors escrivans d'ara
; un dels pus
vièlhs tanben, çò que rend pas optimista per l'avenir de nôstras
Letras. A l'ora d'ara, quant avèm de joves romancièrs de talent ?
Aquô's una autra istôria, e aurem l'ocasion d'i tornar ; per ara,
esperarem la parucion del tôm quatren del Vièlh Estofegaire, en
soetant que Gayraud pôsca contunhar
longtemps
prefach, qu'onora las Letras d'ôc.

Caries de

Zefir Bôsc

encara son

BÈLASÈRRA.

:

CONTES DE LA NALTA-VIADENA
Estraches de l'« Histoire de Pascal»
(Lo Grelh Roërgàs, 1981. 158 p.)

Joan-Antôni Pascal, resseguièr de son mestièr dins lo Roërgue-naut, escriguèt en 1880 l'istôria de sa joventut, ont notèt
tanben los contes que disiá la seu mameta. Son
aqueles contes,
revirats en lenga d'ôc, que nos ofris lo majorai

Zefir Bôsc, dins
polit librilhon publicat amb l'ajuda de la Caissa nacionala
de las Letras, dins l'encastre de l'Annada del Patrimôni. Atal
sortisson de l'ombra de polidas istôrias fins ara ineditas. En
seguida dels contes, lo reviraire nos balha qualques trôces dels
un

37

�sovenirs de Pascal, que son un testimoniatge preciós sus la vida
autres côps dins aquel recanton de nôstre païs. Lo libre s'acaba
amb un glossari pro complet ; aquô ajudarà pro los legeires, car
la lenga del reviraire es d'una riquesa inagotabla.
Aici donc una excellenta contribution del Grelh Roërgàs e del

majorai Bôsc

a

l'etnografia regionala.
Romièg PACH.

Fernand Yvernès

:

MESSA TGE SUL TEMPS IMMOBIL
Avec traduction en français

(Encô de l'autor, Montanhac, 1981. 94 p.)

aucèl, una creatura coma una
çô qu'es, o es estât, o serà, o n'es pas, o
n'es pas estât, o serà pas : un brigalh de temps, que ven del
temps e se'n torna al temps sol infinit. Per omnia sœcula sœculorum. Amen. Atal es. »
«Soi

autra.

un

Soi

aucèl

coma

coma un autre

tôt

Messatge sut Temps immobil, de Fernand Yvernès, partis
d'aquel songe ont li parlèt un aucèl, creacion del subcons¬
cient que l'a butât a cercar las responsas a totas las questions
que dempuèi la débuta se pàuson a l'òme quand li arriba de
pensar (e l'observacion de nòstres contemporanèus môstra
qu'aquò's benlèu pas tant sovent lo cas) : D'ont venèm ? Dequé
sèm ? Ont anam ? L'autor, magistrat retirât, aplica un metòde
intellectual rigorós que lo mena a regetar çô que considéra coma
una illusion e una engana : lo temps passadis. Lo temps, ço ditz
Yvernès, es immobil ; son los eveniments que pàsson dins lo
temps immobil. Immobil per çô que infinit, donc sol infinit,
donc tot-poderôs (pels atèus), o atribut essencial de Dius (pels
cresents). Aici pausat çô pus principal. Podèm véser dins aquesta ipotèsi lo pendent de la de Galilèu, que portèt una prôva
astronomica que la tèrra vira, aprèp las teorias que ne fasiàn un
astre immobil a l'entorn del quai virava lo solelh. La diferéncia
es simplament que s'agis pas aici d'astronomia, mas de metafisica, e que donc ges de pròva capitala pot pas èsser avançada :
es aquô que dessepara las sciéncias exactas de las sciéncias
Lo

tôt

38

�umanas e

de la filosofia. Amb

aisidament que posquem pas,

aquô, los legeires comprendràn
qualques regas o en qualques

en

pajas,

expausar detalhadament lo rasonament de Fernand
Yvernès. La metafisica aima pas los resumits.
Voldriam

çaquelà

senhalar que s'agis del prumièr
assag de metafisica jamai escrich
en occitan,
lenga realista e concreta servant aici d'otis a una
recèrca abstracta, dins un domeni ont es sovent
trop aisit de
s'alunhar de la realitat.
Juan

N.B.

—

DOMAGÉ.

Messatge sul Temps immobil se pòt comandar per 40 F franc
: Domaine de la
Madone, 34530 Montagnac.

de pòrt a l'autor

Joseph Vaylet

:

PROVERBES ET DICTONS RABELAISIENS
2e volume
(Musée J. Vaylet, Espalion, 1981. 221 p.)

Vaqui enfin lou

tome

segound d'uno obro óuriginalo, que
coumençado pèr l'autour dins lis annado
1920. Jóusè Vaylet, felibre e etnougrafe, foundadou d'un
musèu que Tereso Rousse, dins lou numéro
passa d'aquesto
revisto, counsideravo coume 1'« équivalent avaironés del Museon
Arlaten», nous pourgis uno poulido garbo d'expressioun poupulàri e de prouvèrbi galoi. Li cuou-cousi de l'óucitanisme universitàri an fa silènci subre lou proumié tome, e faran silènci
subre lou segond, mai lis amatour de
lengo granado, d'èime
poupulàri, se chalaran.
Farai que dous reproche à Vaylet : d'avé pas
sépara li prou¬
vèrbi dis espressioun, e d'avé classa sa
rejouncho pèr ordre
alfabeti, en-liogo d'adóuta un classamen temati, ço que sérié
esta bèn meiour à tout
poun de visto. Mai sabe que Vaylet, à
quàsi nounanto an, pôu pas faire la besougno d'un jouve de
vint ; d'autre cousta, aquest libre a
ges d'entencioun saberudo,
e acô's en lou fuietant
à l'asard que li legèire descubriran la lengo
que se parlavo, à l'epoco ounte lou mounde l'avien
pas dins la
pocho e que ié fasien, sènso vergougno, «brava l'ounesteta».
courouno uno recerco

39

�pèr acaba que lou R.P. Phallos, S.J., que sa critico
Enrojadas dins lou proumié numéro d'Aicí e ara es esta
proun remarcadao, toumbè rede en legissènt lou libre de Jóusè
Vaylet. Se trobo aro dins un oustau especialisa, e ié souvetan de
Fau dire

de Las

se

requinquilha bèn lèu.
Caries de BELLO-SERRO.

N.B.

—

Lou libre se

coumando pèr 60 F. au Musée

Joseph

Vaylet, 12500 Espalion.

Marie-Thérèse Jouveau :
L'AFFAIRE JEAN MISTRAL,
LE FOU AUX

SOIXANTE MILLIONS

(Nîmes, Imprimerie

Bené, 1981. 198 p.)

Depuis quelques années, madame Jouveau semble s'être
spécialisée dans l'étude de la famille de Mistral. Son remar¬
quable travail sur Alphonse Daudet et le Félibrige, paru en 1980,
constitue un exemple frappant de cette orientation. Femme du
Capoulier René Jouveau et disposant, de ce fait, d'une docu¬
mentation extrêmement riche, elle nous offre un dossier sur
une affaire qui, en son temps, fit couler beaucoup d'encre et
déchaîna même certaines passions : l'internement pendant
plus de quarante ans, dans un asile psychiatrique de Marseille
puis de Montpellier, de Jean Mistral, cousin du père de Mirèio
et co-héritier d'une forture considérable.
Le livre, qui ne se veut qu'une synthèse objective, ne prétend
pas apporter une lumière définitive sur les circonstances et les
causes de ce douloureux événement. Elle laisse abondamment
parler les textes afin que le lecteur puisse se forger sa propre
opinion. L'intérêt de cette synthèse, outre le fait qu'elle apporte
quelques précisions mal connues sur la famille de Frédéric
Mistral, réside essentiellement dans la vision sociologique qui
est ainsi esquissée d'une riche famille provençale dans la pre¬
mière moitié du XIXe siècle.
Jean

FOURIÉ.

�Zefir Bòsc

:

ASUÈLHS REGUÈRGUES
(Lo Grelh Roërgas, Rodés, 1981. 111 p.)

Le majorai Zéfir Bosc, déjà couronné aux Jeux
Floraux du
Félibrige pour son beau recueil Al caire del Terrador, publie
avec Asuèlhs
reguèrgues son second livre de poésies. Il y
chante, très simplement, dans des strophes à l'harmonie sou¬
vent toute classique, son
pays natal et sa rude beauté. Il se
dégage de l'œuvre de Zéfir Bosc un parfum de pureté et de
tendresse auquel aucun lecteur ne peut rester indifférent. Mais
s'il n'est pas inconscient des périls
qui menacent sa terre dans
ce qu'elle a de plus
authentique et de plus profond, Bosc ne
perd pas confiance, et son chant est un chant d'espoir.
Quant à la langue, elle est sûre et très riche. Peut-être
trop,
car l'auteur lui-même se croit
obligé de donner en notes la tra¬
duction de nombreux termes obscurs. Cette richesse
surabon¬
dante risque peut-être de nuire à la diffusion de

l'œuvre de

Bosc

en

dehors de

son

d'être connue d'un plus

terroir. Une œuvre

qui, pourtant, mérite

large public.
Sylvia REBIÈRE.

Louis Brauquier :
L'AUCIPRÈS COUROUNA DE

Avec

une

traduction

en

NERTO

français de Louis Bayle

Préface de Charles Rostaing
(L'Astrado, Toulon, 1982. 101 p.)
Les lettres

provençales s'enrichissent.
L'auciprès courouna de nerto datent de la
Brauquier. Une fougue juvénile les anime. Et
les mots jeunesse,
laurier, mêlés à celui de la mer, inspiratrice
première du poète, reviennent souvent.
L'art de Louis Brauquier n'est plus absolument le
nôtre. Ses
modes d'expression, son
style classique, sa sensibilité rappelLes poèmes de
jeunesse de Louis

41

�plus que Saint-John Perse, Aubanel plus que
Millet, plus que d'Arbaud lui-même qui lui était contemporain.
D'Arbaud est un élégiaque. Il y a du Parnassien dans Brauquier,
et du romantisme. Chénier se profile derrière lui.
Dans la préface qu'il a écrite pour ce recueil, Charles Rostaing présente l'œuvre et l'auteur. Un auteur qui a depuis long¬
temps sa place dans les lettres françaises, et qui jusqu'ici est
resté inconnu des lecteurs provençaux.
lent Baudelaire

C'est un

privilège de l'Astrado de le leur

faire connaître.

Miquèu Courty :
CLAR E BRUN

(L'Astrado, Touloun, 1982. 85 p.)

inmediato, que refuso pas, soul'atendriment simplas :

Vaqui uno pouësio simplo,
vènt, la facilita, nimai
Te cerque
dins lou chaple
te cerque

de Guernica
dins Biafra

Diéu

Te cerque moun

angouissous.
La

lengo, elo,

es

classico

e proun puro,

trasparènto coume

L'abondance des services de presse,

accumulés depuis un an alors que
cessait de paraître, est responsable

qui se sont
notre revue

du retard de

parution de certains comptes rendus. Nous prions
MM. les lecteurs et MM. les éditeurs de bien vouloir
nous en excuser. Nous rappelons en outre qu'il ne
saurait être rendu compte dans cette rubrique que
des ouvrages et disques envoyés en service de
presse à notre adresse postale :
AICÍ E ARA, B.P. 9007,
Montpellier-Cedex.

34041

42

�l'emoucioun pouëtico. Rèn de bèn ouriginau, fin finalo. Tout
acô manco de founsour, e Miquèu Courty farié bèn de médita
la pensado dóu paure Renat Nelli : « L'esséncia de la poësia es
d'èsser pas clara a la rason, mas solament a l'imaginacion.

»

Roumié PACH.

Rosina de Pèira

IÉ

e

Martina

:

!

(Disc. Revolum REV. 039, Tolosa, 1982)

Martina e Rosina
Pèira, d'una renaissença del fòlk occitan. Posant a plenas
mans dins un repertôri popular força rie, profiton de cada dise
per tornar balhar sang e vida a una tradicion que s'escantissiá
amb la lenga que la portava. Amb aquò, digús pòt pas dire que
i aja pas aqui creacion. Vertat que cadun pot prene una guitarra
e cantar La Sant-Joan o Joana d'Aimé ; mas l'artista vertadièr
torna prestir aqueles cants, los adoba amb una sciéncia melodica originala, e lor balna lo seu sagèl... Recreacion seriá benlèu
Se parlarà segurament un jorn, a prepaus de

de

lo mot.
Dins lé !, Martina e Rosina de Pèira maridon armoniosament
los instruments tradicionals e los pus modèrnes, coma lo sintetisor. La preséneia d'un musicaire maugrebin (qu'a fach sègre

instruments) sembla, ela, pus contestabla, e balha a d'unis
un aire mièg-african qu'a pas res de plan estrambordant. Sabi ben qu'es de môda, a l'ora d'ara, per tissa tèrç-mon■dista, d'imaginar de cap a cima un pretendut ligam entre nôstra
musica e la de l'autre band de la mar. Reganti aqueste mondialisme ; mas las mòdas pàsson, e aquesta passarà. Çaquela l'exo¬
tisme maugrebin de lé ! demôra pro discret, e apauris pas brica
un album a l'atmosfèra musicala emmascanta e força originala.
sos

morcèus

manéjon
facilitai,
que las fa passar del bearnés al provençal, del roërgàs a l'ariegés, amaga segurament un trabalh menimós. I podèm véser de
Demôra de senhalar amb quna aisidesa las artistas
la lenga d'ôc dins totes sos dialèctes. Aquesta aparenta

tôt biais la manifestacion d'un

sentit lingiiistic agut.

43

�Amb ié

!, ges de dobte : Martina e Rosina de Pèira an capitat
polit album. Força las considéron ja coma benlèu las solas
cantairas occitanas de nivèl internacional. Amb elas, un còp de
mai, s'onora la cançon d'ôc.
Silvià REBIÈRA.
un

Patrie

:

Album 33 tours (sans

titre)

(Disques Milan, Paris, 1981)

Si les dernières

productions de Patrie avaient quelque peu
admirateurs, ou du moins les plus exigeants d'entre
eux, le disque qui vient de sortir aux éditions parisiennes Milan
lui vaudra somme toute plus d'applaudissements que de sif¬
flets. Nous avons tout particulièrement apprécié Vòli pas trabalhar, version occitane d'un tube cajun de Zachary Richard ;
Ròc, aux sonorités très «sixties»; Los Jogaires, ou encore
Melina. Les autres titres de cet album, dont on doit souligner
l'excellente qualité technique, malgré des mélodies très agréa¬

déçu

ses

bles, sont interprétés avec beaucoup trop d'indolence et de
mollesse pour nous faire vibrer. On le regrette d'autant plus
que les paroles, bien qu'un peu mièvres, rappellent le meilleur
Patrie : celui du merveilleux album Uòi l'auba, dont tous les
occitanistes se souviennent avec émotion. Le disque s'achève
sur un morceau instrumental, Occitania 2000, particulièrement
pauvre, qui nous est sans doute imposé par les nécessités du
minutage.
Signalons aussi que la langue d'oc de Patrie s'est considé¬
rablement améliorée, ainsi que son élocution, beaucoup moins
hachée qu'autrefois. Par contre, pour quelle curieuse raison
nous donne-t-il, en guise de traduction, des adaptations ver¬
sifiées des textes occitans originaux ? Elles n'ont rien de fidèle,
et ne faciliteront pas la tâche de ceux, si nombreux, qui utili¬
sent les disques occitans pour réapprendre leur langue. Ils ont
besoin du mot-à-mot, et non point de «belles infidèles». Et nous
savons bien que l'aspect pédagogique de la chanson occitane
n'est pas à négliger.

Sylvia REBIÈRE.

�Périodiques
LA BONHETA
L'occitan

a

l'escòla

(N° 11, 1982)

L'occitan a l'escòla, récemment rebaptisé La Bonheta (le titre
précédent devenant sous-titre et le journal commençant une
nouvelle série) est une petite publication réalisée par et pour
des instituteurs de la région montpelliéraine. On pourrait donc
s'attendre à ce que son niveau et sa qualité pédagogique soient
convenables. Malheureusement, de la première à la dernière
ligne, cette feuille a toujours été le flambeau de la vulgarité et
de l'incompétence. Il n'est pas dans nos habitudes de
critiquer
nos confrères sans sérieux motifs : dans La
Bonheta, ils abon¬
dent. Les innombrables fautes de langue, d'orthographe, de
style, de goût qui émaillent ces tristes pages font passer leurs
rédacteurs pour de prétentieux analphabètes, et leur ôtent
toute crédibilité. Ce n'est pas en insultant ses lecteurs
qu'un
journal se les attache ; ce n'est pas en écrivant de rageurs «Nos
fan cagar» qu'on fait progresser la revendication régionaliste
;
ce n'est pas enfin parce qu'on est occitaniste
qu'il faut être en
même temps ignorant et vulgaire.

Comble du grotesque : le titre même de La Bonheta. L'avantdernier numéro
en

nous

donne la recette

apprend qu'il s'agit de beignets, et nous

la bonheta tient dans la main et

se déguste
et
pédagogie,
mais
beignets
la question n'est pas là. Nos distingués pédagogues
ont en fait
:

tiède. On voit mal le rapport entre

4 5

�A ici e ara vous présente
la première carte murale de
L'OCCITANIE
•

Format 90 X

•

15 coloris

60,5 cm. Papier couché mat 150 g.
soulignent le relief et les aspects géographiques

de l'Occitanie.
•

Plus de 2000

t

noms

restitués à l'occitan

vous

font redécou¬

vrir villes et
•

•

•

•

villages, rivières et lacs, cols et montagnes,
terroirs et provinces historiques du Pays d'oc.
Une légende en 6 parties permet une lecture facile de la
carte, grâce à 41 symboles relatifs aux aspects économique,
historique et culturel de l'Occitanie.
Pour les passionnés d'Histoire, les principaux personnages
illustres d'Occitanie sont portés sur la carte, à l'endroit de
leur naissance. De nombreux faits historiques détermi¬
nants le sont également : ainsi apparaissent clairement les
châteaux et batailles de la guerre albigeoise, les dates d'an¬
nexion des provinces, etc.
La limite de la langue occitane est indiquée clairement,
village par village, en tenant compte des enquêtes les plus
précises des meilleurs linguistes.
Une mini-carte de l'Europe linguistique, en cartouche, fait
ressortir l'ensemble occitano-catalan parmi les différentes
familles de langues.

Complète, précise, instructive, la carte de l'Occitanie per¬
passionnantes. Elle s'adresse
non seulement aux Occitans de toutes régions, mais égale¬
ment à tous ceux qui sont attentifs aux patrimoines originaux
de l'Hexagone.
met une foule de découvertes

Prix unitaire
Livraison

:

sous

Règlement

par

60 F
tube

rigide, franco de port.
chècpie bancaire, chèque postal

mandat, à l'ordre de :
Aicí e ara (CCP Montpellier 255 59 C).

ou

�oublié le

sens le plus courant du mot bonheta en occitan
parlé :
terme, tout comme monifta, ou chincha-merlincha, désigne
en effet,
argotiquement, les parties sexuelles de la femme. On
peut sourire de tant de naïveté de la part d'enseignants qui
veulent «faire peuple» et ignorent les
ambiguïtés les plus cou¬
rantes du langage populaire. Nous ne pouvons
que les renvoyer
à l'école, en leur souhaitant d'y rencontrer des maîtres
plus
compétents qu'eux-mêmes ne le sont...
ce

Rémi PACH.

PÒBLE D'ÒC
(2, rue du Cercle, 13124 Peypin)

Bel

exemple d'occitanisme marginal et content de l'être,
est un périodique qui râle
(ce qui est bien français),
et se veut le porte-parole d'une tendance «libertaire» aux moti¬
vations en fait très floues, jamais
présente sur le terrain des
luttes concrètes mais toujours
disposée à opérer de suspects
amalgames, à exalter la révolte armée, à attiser les divisions,
tout en appelant pathétiquement à l'«unité d'action
politique».
Si encore un peu d'humour venait égayer
ces grises pages...
Mais non : Pòble d'Òc est sérieux comme un
pape. Il est vrai
que, depuis la disparition du Rictus occitan, rares sont les
revues occitanistes
qui s'ouvrent au rire ou au sourire.
Pòble

d'Òc

Pòbte

d'Òc

a son

martyr : Jean-Louis Lin, retrouvé noyé dans
jour de juillet 1978. Suicide ou assassinat?
Les activités pro-palestiniennes du militant de Pòble d'Òc ne
sont sans doute pas étrangères à son décès
prématuré. Rien à
voir, quoi qu'il en soit, avec la cause occitane...
la Seine

un

triste

Les

divagations de ce périodique provocateur, organe d'un
plus ectoplasmique encore que le Parti nationaliste
Volèm Viure ai Païs, donnent de bien solides arguments aux

mouvement
ou

détracteurs de l'occitanisme.

Sylvia REBIÈRE.

47

�ARMANAC
(15,

av.

ROËRGÀS

1982

Tarayre, 12000 Rhodez)

Dempuèi gaireben seissanta annadas, lo Grelh Roërgàsensaja
de manténer le flambèl occitanista

sus

las tèrras montanhosas

espandidas entre Cevènas e Carcin. L'essencial de las activitats
d'aquel valent gropament es amassat dins un Armanac annadièr, que nos assabenta e nos balha força poësias e de trôces de
prôsa.
L'Armanac de 1982 seguís pauc o pro la rega marcada per
sos davancièrs. Una bona partida de las 80 paginas del librôt
son consacradas a l'omenatge degut a Enric Molin e a Calelhon,
dos escrivans d'elèit dispareguts en 1981. Ven, aprèp, una braçada de tèxtes escrits per membres de l'Escòla (Zefir Bôsc, Pau
Gayraud, Caries Mouly, Miquèl Solinhac, Pau Voët, Maurici
Bony...). N'i a aqui per totas las bocas, e podèm que sovetar al
Grelh de contunhar longtemps encara a far clantir son esquelha
dins les campàs e las valadas del pais. Òsca per eles 1
Joan

FOURIÉ.

��N° 2

(Seconde Série)
août 1982.

r

SOMMAIRE

ÉDITORIAL

:

Les lecteurs

Le temps
nous

des désillusions

1
4

écrivent

La doctrine de Mistral à travers L'Aiòli

9

(Jean Fourié)
Cinc

poèmas inédits de Francés Severac

23

Nouvelles brèves
Vient de

21

paraître (J.-Fr. Brun, Ch. de Belleserre,
Pach, J. Fourié, J. Domagé,

Chr. Rapin, R.
S. Rebière)

25

Périodiques (R. Pach, S. Rebière, J.

En couverture

:

Fourié)

Manifestation de Marseille (cf. p. 23)

Photo de Henri

Borriglione

45

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              <text>&lt;a href="https://occitanica.eu/items/show/22597" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;em&gt;Aic&amp;iacute; e ara&lt;/em&gt; (Acc&amp;eacute;der &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Aic&amp;iacute; e ara&lt;/em&gt; contient des enqu&amp;ecirc;tes, des articles de r&amp;eacute;flexion et de critique ainsi que des textes litt&amp;eacute;raires afin de d&amp;eacute;montrer comment sont li&amp;eacute;es les diverses manifestations, culturelles et sociales, de l'occitanisme moderne.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Aic&amp;iacute; e ara&lt;/em&gt; conten enquistas, articles de reflexion e de critica mas tanben de textes literaris, per tal de mostrar cossi son ligadas las diversas manifestacions, culturalas e socialas, de l'occitanisme moderne.&lt;/div&gt;</text>
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