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                  <text>�Aicí

e

ara

Langue, culture, histoire &amp; avenir
des Pays de langue d'oc.
roioJ
N° 4

(Segonda tièra)

-

Febrièr de 1983.

PHOTO
imeRDiTe

BOURGEOISE
NE

Mise il

seine à

production

LUCiANO ERCOLI

TEOHNISwJPt

PARLER
FRANCHEMENT
LE CHILI
M INTERESSE

•7

Occitanisme et

félibrige

�Aicí

e ara

Langue, culture, histoire et avenir
Pays de langue d'oc.

des

Directeur
N° 4

Rémi PACH.

:

(seconde série)

Février 1983.

-

Rédaction et administration
B.P. 9007

34041

-

:

Montpellier Cedex.

Comité de rédaction

:

Rémi pach
Jean fourié

Jean-Frédéric brun
Michel gosse
Thérèse rousse
Jean domagé.

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France, Pays catalans

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la Direction.

© A ici

e

ara,

N° CPPAP

:

1983.
61092.

�ÉDITORIAL
Utl.l).
8ÈZIEP.S

Occitanisme et

félibrige

Depuis plusieurs mois, et principalement depuis l'arri¬
au pouvoir, le mouvement occitan dans
son ensemble paraît subir une assez nette régression, au
vée de la Gauche
niveau de

sa

crédibilité et de

son

action revendicative. Et

ceci, apparemment, dans l'indifférence générale. Ce phé¬
nomène érosif, que l'on a cru un temps stoppé, ne date
certes pas d'hier mais prend actuellement une ampleur
perceptible, même aux yeux des personnes que de telles
questions n'intéressent guère. Plusieurs indices révéla¬
telle conclusion

teurs conduisent hélas à une

:

baisse de

fréquentation des cours de langue d'oc en dehors du
circuit scolaire, inexistence flagrante des partis politiques
occitans, créativité ralentie et impact atténué en matière
de chanson, diminution du nombre d'ouvrages publiés
entièrement en oc, absence d'initiatives novatrices en ce
qui concerne la presse, disparition accélérée de l'emploi
de l'occitan dans la rue, etc.
Cet état de fait, regrettable

à bien des égards, et que

peut expliquer en partie la grave crise

socio-économique

qui affecte le monde occidental, trouve certai¬
nement ses racines profondes dans la désaffection du
peuple pour la cause régionaliste et la montée des soucis
matériels auxquels il doit faire face. Et cela malgré la pré¬
sence récente, mais hélas fort limitée, d'émissions en oc
et morale

l

�malgré la multiplication des radios loca¬
développement
de la langue dans les milieux
les, malgré le
scolaires, malgré la création des Calandretas, malgré les
progrès que connaît l'art occitan contemporain... Non
seulement le peuple ne suit pas, mais les militants occi¬
tan istes eux-mêmes, que l'on a connus fort remuants,
semblent contaminés par la déliquescence ambiante et
se laissent aller au vertige d'un doute de plus en plus
à la télévision,

tenace.

Peuple d'Oc (U.P.O.), qui fut porteuse de
d'espoirs lors de sa création il y a un peu plus de
deux années, a subi des crises internes et ne paraît plus
en mesure de jouer le rôle fédérateur et catalyseur que
l'on attendait d'elle. L'Institut d'Etudes Occitanes (I.E.O.)
réussit à se maintenir grâce à ses structures déjà ancien¬
nes, notamment grâce à son implantation départemen¬
tale, et au dévouement d'une poignée de remarquables
animateurs qui sont souvent d'excellents écrivains. Le
mouvement Volèm viure al Pais, qui a fait avancer l'idée
autonomiste en France, ne se montre plus guère sur la
scène publique, et la vogue qu'il connut sous le précédent
septennat n'est plus désormais qu'un lointain souvenir.
La démobilisation ainsi constatée paraît même avoir
gagné les milieux étudiants et les travailleurs intellectuels
qui constituaient pourtant l'élément moteur de cette
vaste prise de conscience. En dehors de quelques mani¬
festations durant la période estivale, et mis à part les
marches de Toulouse et de Marseille pour l'occitan à la
télévision, le mouvement revendicatif méridional s'est
enfoncé dans une sorte d'hibernation prolongée et sem¬
ble curieusement décidé à y demeurer.
La venue d'un gouvernement de gauche, le bouleverse¬
ment politique qui s'ensuivit et les quelques décisions
intervenues en faveur d'une timide prise en compte des
aspirations régionalistes suffisent-elles à expliquer ce
vent d'indifférence, ce renoncement, cette apathie, cette
lassitude, ce fatalisme peut-être, qui engluent et disper¬
sent toute initiative ?... S'agit-il d'un simple creux de
L'Union du

tant

2

�vague ou

de l'amorce d'un irréversible déclin ? Pourtant il

reste encore bien du chemin à faire et du travail à accom¬

plir !...
Il est

assez

somme toute

étonnant d'observer que le Félibrige paraît
moins touché par ce processus de liquéfac¬

tion, d'abandon ou de ralentissement. Non seulement il
au choc, mais voilà qu'en pleine période de réces¬
sion il se paie le luxe d'un certain développement. Ainsi,
résiste

des associations et de nouvelles écoles d'obédience félibréenne voient le jour ou sont sur le point de naître en
Provence même, où cela n'a rien d'extraordinaire, mais
surtout dans les autres Maintenances dites

«

occitanes».

Des actions constructives sont souvent menées, parfois
en étroite collaboration avec les sections locales de

l'I.E.O., tant en Rouergue qu'en Gascogne, en Auvergne
et en Périgord, à Bordeaux, à Montpellier et même à Paris.
Ce phénomène assez inattendu serait-il dû au fait que
le peuple, lassé de l'action des mouvements occitans, se
tournerait à nouveau vers le Félibrige, vieille institution
en principe apolitique, nimbée par le halo de ses gloires
anciennes et qui se' manifeste par tout un appareil fol¬
klorique peut-être suranné, mais dont il serait sot de
négliger le pouvoir de séduction ? La mode « rétro », si
vigoureuse actuellement, contribue sans nul doute à
accélérer le rythme.
Au sein de l'U.P.O.

tout

d'abord, puis parmi d'autres

groupements, sans oublier diverses revues, s'est mani¬
festée ces dernières années une volonté assez marquée
faveur d'un certain œcuménisme

sur le plan des reven¬
socio-économiques méridionales.
D'heureux rapprochements, impensables il y a encore
cinq ans, se sont produits et ont permis d'appréhender de
façon plus réaliste les facteurs convergents et les lignes
plus divergentes qui constituent le tissu de la revendica¬
en

dications culturelles et

tion occitane.

L'antique et inutile guerre des graphies mise à part, et
devant le fiasco d'une action politique occitane autono¬
me,

le Félibrige, bien plus que l'I.E.O., semble en ce
3

�tous ceux qui
sauvegarder notre spécificité et pour con¬
quérir la juste place que devrait avoir notre culture au
moment le mieux à même de regrouper
œuvrent pour

sein de la nation.

de certains démons, le Félibrige
changement dans l'opinion ? Saurat-il analyser constructivement la situation, s'adapter à un
tel rôle unificateur et répondre ainsi aux espoirs de plus
en plus nombreux qui se manifestent aux quatre coins de

Encore prisonnier
saura-t-ii percevoir ce

notre terre d'oc ?

Nous le souhaitons ardemment et, une

fois de plus, nous ne pouvons que formuler le vœu de voir
enfin occitanistes et félibres, conscients de leurs respon¬

sabilités, en toute indépendance et en toute tolérance,
accepter de combattre la main dans la main et de tenter
de faire triompher la Cause !
Jean

FOURIÉ.

aux

lecteurs

AVIS IMPORTANT
Nous

recommandons

instamment

dont l'abonnement arrive à terme de se réabonner
sans attendre.

Les envois de circulaires de rappel

grèvent notre budget (certains ne réagissent qu'au
bout de quatre ou cinq avis !). L'argent ainsi gaspillé
pourrait être mieux utilisé — on en conviendra.
afin d'éviter tout retard dans l'achemine¬
il convient de signaler à l'Adminis¬
tration de la revue tout changement d'adresse dans
En outre,

ment d'Aicí e ara,
les plus brefs

délais.

Enfin, nous remercions par avance tous ceux qui
communiqueront des adresses de personnes
susceptibles de s'abonner à aicì e ara.
nous

�Les lecteurs

•

De M. Jean

nous

écrivent

LAFITTE, Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine)

à la langue occitane et à tout ce qui y touche, je
du tout la première série d'Aicí e ara. C'est donc
avec sympathie que j'ai lu, dans votre confrère Connaissance du Pays
d'oc, que vous enterriez la hache de guerre des graphies.
«Et c'est pourquoi, lorsque j'ai vu vos deux premiers numéros de la
segonda tièra " sur le présentoir de la librairie occitane de Paris " Pam
de Nas", je me suis empressé de les acheter, pour voir ; et, parodiant
César, je dirais volontiers : "Qu'èi crompat, qu'èi lejut, qu'èi jut/at. "
«D'abord, votre attitude neutraliste à l'égard des orientations politi¬
ques [...]. Il n'y a pas d'unité politique des Occitans — Dieu merci : ce
serait un bien laid monolithe —, mais il y a incontestablement une unité
culturelle, au moins dans nos racines. C'est cette identité culturelle
qu'il faut retrouver [...]. Je suis donc heureux de découvrir une revue où
s'expriment mes propres idées de distanciation à l'égard de ia chose
politique— moyen, mais non fin.
«Ensuite, votre attitude pacifiste dans la "guéguerre" entre occitanistes et félibres. J'avais déjà apprécié la position prise par Sèrgi Bèc
dans la préface de son recueil de poèmes Siéu un Pais [...]. Pourquoi se
battre sur ce terrain, alors qu'il y a tant à faire par ailleurs — et notam¬
ment quelques pas les uns vers les autres, plutôt que contre, ou sur les
pieds des autres !
Pour finir, je dois vous dire — ce que d'autres ont sans doute déjà
fait
que le nom de votre revue rappelle beaucoup l'Ici et maintenant
de M. Mitterrand : cela vous donne involontairement une couleur poli¬
tique... »
«

Récemment

:

revenu

connaissais pas

ne

"

«

—

Aicí e ara a commencé à paraître en novembre 1978, bien
publication du livre de M. Mitterrand, qui n'a fait que traduire
littéralement dans sa langue l'expression latine Hic &amp; nunc (qui est à
l'ordre alphabétique dans les pages roses du Larousse). Quant à nous,
nous avons symboliquement repris les trois premiers mots imprimés
parla défunte revue Viure, en 1965.
N.D.L.R.

—

avant ta

5

�•

De

Jacques LOILLIEllX, Puteaux (Hauls-de-Seine) :

abonar, e vos dirai perdequé (o auriái degut far pus
çô qu'avètz daissada lombar — o gaireben — la lenga
d'òc. Es indiscutible qu'aquô's una recuolada.
«Aviatz plan començat e, al meune vejaire, caliá contunhar atal. »
«

Me tornarai pas

lèu)

:

aquò's

per

qu'agem quitat tombar la lenga d'ôc. Aquà
de! bilinguisme de nôstra segonda tièra son explicadas
detalhadament dins l'éditorial del n° I. Fins ara, pauques legeires an
regantat aquesta evolucion, que correspond a la realitat sociò-lingiiisrica del pais, emai de l'occitanisme.
N.D.L.R.

dich, las

•

—

Pensarn pas

rasons

de Gérard

SÉRENT, Aubervilliers (Seine-St-Denis)

:

«C'est

toujours avec grand plaisir que je reçois votre revue, que je
depuis le premier numéro. Elle est le miroir de l'occitanisme actuel,
dont elle reflète la gloire et les misères. Votre effort d'honnêteté intel¬
lectuelle doit être souligné. Vous ne pouvez que déplaire aux extrémis¬
tes de toutes tendances, mais je crois que vous êtes sur la bonne voie.
Occitan exilé depuis bientôt dix ans en région parisienne, je suis assez
pessimiste quant aux possibilités de renaissance de notre peuple, et
les discours politiques me laissent sceptique. Mais l'Histoire jugera du
sort qui nous aura été fait. Contunhatz coma aquò. Cau encara esperar,
e trabalhar per nòstre pais. »
suis

•

De Bernard CHAUCHARD,

Nice (Alpes-maritimes)

:

Rémi Pach a attiré
d'après-guerre est,
hélas ! juste. Il n'y a pas eu progrès, mais recul ; c'est aussi un fait évi¬
dent que, depuis trente ans, l'occitan est nettement moins parlé, et
l'Occitanie nettement plus peuplée de non-occitans.
«Sa déception par rapport à la Gauche, je ne la partage pas. N'ayant
jamais pensé qu'elle ferait quoi que ce soit pour l'Occitanie, je ne ris¬
quais pas d'être déçu. Pour la Gauche, les occitanistes étaient — et
restent
des voix à prendre pour les élections, et pas plus.
«L'unité politique n'a pu se faire, c'est vrai, chez les occitanistes.
Seule l'unité culturelle est encore susceptible de se réaliser. La seule
question reste : comment être efficace ? L'absence d'un mouvement
unitaire culturel se fait cruellement sentir [...].
«La manifestation unitaire de Marseille* a pourtant montré qu'il y a
des possibilités d'avancer en se serrant les coudes avec les provença«

Dans le dernier numéro d'Aici e ara, l'éditorial de
attention [...]. La comparaison avec la situation

mon

—

�listes conscients.

(Il semble qu'il y en ait peut-être davantage que d'occonscients). Pour ma part, je reste disponible à toute action
unitaire servant une revendication occitane qui rassemble, et non pas
qui fragmente. Il faut sortir des revendications multiples (Occitanie,
+ écologie, + travailleurs immigrés, + autogestion, + féminisme,
etc.) : c'est l'échec assuré, et la déconsidération certaine, alors que
notre capital de sympathie reste intact.»
citanistes

*Cf Aid e

•

ara

n° 2

De Frédéric

(août 1982),

p.

23 (N.D.L.R.).

SARRAILH, La Tèsta (Gironda)

Arron d'aver

:

devi dider la mia decepcion de
s'avança [...]. Aicle ara
n'es pas mei sonque lo rebat d'era-mèmes, com un còrs dont aurem
còp-sec tirât tota la substància e dont, a maugrat d'un cèrt aspècte
exterior ludent (que pensi a la presentacion de la cubèrta e aus editoriaus deu Romièg Pach) seré tombât en letargia.
«Mès on es donc passât tôt çô que hadè, davant, la diferéncia enter
Aid e ara (la sua originalitat, lo son estrambôrd) e l'anugèir de las autas
publicacions occitanas ? [...]
« Maugrat
las bonas intencions deu començament (obertura decap ad
un public mei larg, gracia a l'introduccion deu francés e de l'ortografia
mistralenca), qu'es paradoxau de véder qu'a l'òra d'ara, que gahatz ua
aviada tôt a fèit oposada. Au lòc d'ua adualitat culturau viva e d'actualitats tôt brac, obertas sus lo món e los auts pòbles — per lo biais,
per exemple, de reportatges a partir d'experiéncias concrètas —, qu'ahônetz de navèth en plen dens çô que sonerèi un culturalisme de casta. »
«

véder

com

lugit lo numerô 3,

la revista vira

au

que

mau, a mesura que

elògis e criticas, cal far son camin. Fin finala, Aici e
lo rebat de l'occitanisme d'uèi. L'activismepolitic de la
prumièra tièra, que semblava vos agradar, pareissià a d'autres una bolegadissa estèrla.
N.D.L.R.

ara es

•

—

Entre

sonque

De Maria-Clara

VIGUIÈR, Tornafuèlha (Nauta-Garona) :

« Soi pas pus a la redaccion, e aquò me balha una libertat de paraula
augmentada — almens subjectivament. Vau respondre a l'encôp a la
critica [parescuda dins lo n° 2] de ma revirada de Lluis Aracil [Lo bilin¬
guisme coma mite], als que me son venguda consolar d'una supausada
ataca critica, e a las letras dels sénhers Taupiac e Narioo [publicadas
dins lo n° 3].
«L'Occitania sofris, tôt lo mond o ditz, d'una flaquesa de la critica

7

�literària. I a pas grand causa entre la confitura dels amies e la patacada
dels enemics. Lo sol critic capable a l'ora d'ara de distanciar totis los
escrivans es Joan-Pèire Baldit (damatge que publique pas dins A ici e
ara !). Alavetz, de qué dire de la critica scientifica ? Per Occitans sens o
saber, n'agèri pas cap de la mena somiada — vòli dire, amb de ques¬
tions de fons [...].

«Donc, la primièra critica scientifica, l'obtèni d'Aicie

ara,

amb

un

Caries de Bèlasèrra que ditz e assumis çô que pensa. Grandmercé.
«Sul problèma grafic, i a fôrça a dire. Arribèri dins l'occitanisme
farà lèu dètz ans. Trapèri de mejans pédagogies a ma disposicion, qu'èron pas brica al punt : lo
Barta, plan bon, mas cortet ; l'Alibèrt, incomplèt e un briconèl sabentàs. Jacme Taupiac sortiguèt son diccionari
quand acabavi d'escriure Occitans'sens o saber. Me serviguèt per la
normalisacion dels mots scientifics. Taupiac a una teoria (parelhs minimais. mots sabents e semi-sabents, intèrsistèma panlatin, refús de la
distància lexicala) que lo mèna — per los qu'an pas agafat son sistèma
a una lenga sembla-gallicisanta
[...]. A la débuta, trantolavi tant e
mai, e vegèri plan que lo sistèma oficial de l'Institut d'Estudis Occitans
èra incomplèt. Ara que la Comission linguistica de l'I.E.O. torna foncionar, e sortirà lèu una " nôrma indicativa"
lo temps del volonta¬
risme autocratie es acabat —, vôli portar pèira. Soi pas linguista, mas
pòdi far la sociologia del lengatge.
« Precisi
que soi plan d'acôrdi amb lo principi de durbir A ici e ara a
la grafia mistralenca — o d'aquel populista de Romanilha. Es un sis¬
tèma logic que nôta plan lo provençal (mas non pas çôs autre) e
qu'es
plan diferent de las ortografias "patesas". Regreti que i aja tant de
franchimand, mas es pas de ma responsabilitat [...].
« Per çô de la nôrma occitanista i
a, segon una lectura, los populistas
(rega Perbôsc, cap a Taupiac e Teulat) que causisson la fôrma mens
sabenta e d'usatge popular — l'ws, diriá l'Aracil, arrègla totis los problèmas
e, en fàcia, de teoricians segurs de sa vertat al punt de voler
l'impausar a la massa. La màger part dels universitaris es d'aqueste
costat, e en mai qualques fisèls, que respècti lor caminament.
«Alibèrt aviá très tissas : la catalanista, l'acaïsanta e la culturista.
Seguit al pè de la letra, nos balha divèrsas varietats dichas " pâtés de
l'I.E.O." [...]. Las très tissas son estadas menadas dusca de consequéneias comicas o tristas. Es la pròva d'una malautiá infantila : netejar
la lenga a tota força — e fa pas res se sèm pas compreses. Ieu, ai
enveja
d'èsser legida per de païsans o per d'obrièrs filhs de païsans. Una
lenga,
aquô's per parlar e per comprendre.
« Ajusti que,
a mon vejaire, Barta es plan mai proche de Taupiac que
d'Alibèrt : obrèt per los que vòlon viure, trabalhar, parlar e escriure en
occitan e non pas, coma se faguèt, parlar en francés e escriure en occi¬
—

—

—

tan. Ne sèm

a

la novèla generacion. »

�A prepaus

dóu Felibrige

lo Felibritge es estât criticat. Pasmens, es eneara
l'organisacion que recampa lo mai de mond per l'aparament de
nôstra lenga. Lo Capolièr Pau Roux, qu'a près la seguida de
Reinié Jouveau, nos explica aquí çô qu'es, e çô que vol far, lo
Felibritge. Esperam qu'aquestas regas permetràn als occitanistas de se desbarrassar de força « clichés », e de milhor comprene
Plan sovent,

la realitat de

sa

doctrina.

Lou direitour de la

Revisto, Segne Roumié Pach, m'a deman¬

aveni e, dève lou counfessa,
pres-fa, pamens agradiéu.
dóu Felibrige rèsto un sujèt
inagoutable pèr un Felibre e pèr lou Capoulié.
Pres-fa mau-eisa quand meme — e, dirai quàsi, subre-tout
pèr un Capoulié nouvèu —, que lou mounde van se demanda :
De-qué vai dire lou Capoulié ? Es-ti pas un eirege, lèst à sourti
da

un

article

sus

lou Felibrige e soun

siéu un pau entre-pacha d'aquest
Pres-fa agradiéu perqué parla

de la bono draio ? Avèn-ti bèn fisa l'Estello e

la Coupo ?
Vaqui — l'avès coumprés — çô que podon èstre li reacioun
de forço felibre, o encaro de gènt que soun pas marca au Cartabèu de Santo-Estello mai que se volon mai felibre que Mistral.
Pèr lis autre, e especialamen lis « anti-felibre », riscon de dire :
Aquéu Capoulié fai coume lis àutri : pico toujour parié. Quau a
fa Jan a fa Pèire, e lou Felibrige es panca à-mand de se reviéuda
vertadieramen
s'acô es poussible !
Adounc, vau assaja de dire quàuqui mot sus lou Felibrige,
mai fau pas cerca eici un article cava e de pajo de dóutrino.
Mau-grat de critico que ié soun adreissado souvènti-fes, lou Feli¬
brige es pas uno espèci de glèiso barrado, emé, en tèsto, un
—

9

�sus li nivo o sus un trône, manejant l'uiau e lou
tron, un pau coume un diéu de la mitoulougìo o un pountife.

Capoulié asseta
Lou

Capoulié

se pren pas

pèr

un papo,

parlant

«ex

cathedra»

de poun de dôutrino.
Pòu douna pamens soun avejaire e charra de ço que ié sèmblo
bon de faire.
sus

Fau-ti rampela en proumié ço qu'es lou Felibrige, assouciacioun seculàri, mai dis estatut un pau mouvedis e vague ? Founda pèr Frederi Mistral e sis ami, seguènt la tradicioun, lou 21 de
mai de 1854 à Font-Segugno, visquè à la debuto sènso ourganisacioun vertadiero, un pau coume la Bregado de Ronsard o forço

escolo literàri,

«sans

l'ombre d'un statut»,

coume

l'escriéu

Reinié Jouveau (Histoire du Felibrige, 1876-1914, p. 14). En
1862, s'ingimbrè un proumier estatut : sèt seicioun de sèt mèmbre

caduno, ço que, emé lou Capoulié (valènt-à-dine lou Presidènt), dounavo cinquanto mèmbre en tout.
En 1876, lou 21 de mai, de nouvèus estatut fuguèron publica
óuficialamen à la Santo-Estello d'Avignoun. Li felibre èron
mantenèire o majourau. S'acampavon en escolo, dins chasco
vilo, e en Mantenènço, d'après li grand dialèite. Li cinquanto
Majourau (chausi en proumié pèr Mistral, pièi s'elegissènt cou¬
me à l'Acadèmi franceso) fourmavon lou Counsistòri noumant
lou Capoulié pèr très an.
Aquelo ourganisacioun, mau-grat li critico de forço gènt e lis
esfors de Pèire Devoluy à la debuto dóu siècle vinten, rèsto la
mémo dins si gràndi rego. l'a agu quàuqui chanjamen dins lou
detai, li darniés estatut óuficiau estènt de 1975. D'àutri moudificacioun, voutado lou 11 de jun 1908 en Avignoun, èron necessàri pèr se teni dins la lèi de 1901 sus lis Assouciacioun.
Lou Counsèu Generau dôu Felibrige, que coumpren, en mai
di Majourau, li Sendi e de delega di Mantenènço, a reçaupu, à
cha pau, de poudé creissènt. La « ierarchio felibrenco » es estado
aloungado emé li Mèstre d'Obro e li Mèstre en Gai Sabé.
La toco dôu Felibrige ? Lou miés es de baia simplamen l'ar¬
ticle segound dis Estatut de 1975 :
«Lou Felibrige es establi pèr afreira e empura aquéli que
volon sauva la lengo, apara tout ço que coustituis l'èime naciounau di terro d'O e recouvra si liberta patrialo.
«Sa dôutrino caup dins lis obro de Frederi Mistral e de si
disciple. »

10

�forço gènt, bèn entendu, qu'an trouba qu'acô restavo trop
li critico an pas defauta, venènt souvènti-fes « dóu
dedins». Citaren simplamen Valèri Bernard, Rèire-Capoulié,
tre lis annado trento, emé soun rouman Jouglar Felibre, que vèn
tout bèu just de creba l'iòu ; o Louis Bayle ; o Jan-Pèire Tennevin, que parlo dóu « Felibroco » e se trufo di taulejado, lou mai
impourtant pèr quàuqui felibre.
Dève lou counfessa, i'a de biais dóu Felibrige que vous farien
un pau veni lou rire : parla toujour dóu « bèl an de Diéu »,
manda de « sentimen dévot » (o d'« amista devoto ») « en SantoEstello» ; prega la mémo Santo-Estello — la pauro, n'en dèu
agué, d'obro ! — d'aculi en paradis li felibre defunta ; redegi,
pèr li taulejado felibrenco (impourtanto, l'avèn di), de « rebalun » requist, que quàsi degun ié coumpren rèn ; manteni asseta
de forço de bràvi gènt respetous que se voudrien dreissa à la
debuto dóu cant de la Coupo, etc.
Pamens, l'ai remarca, souvènt, aquéli fourmulo vo aquélis us
soun emplega pèr de gènt que soun pas felibre mai que se crèson
qu'acô fai bèn e que s'imaginon que lou Felibrige es un biais de
parla o d'escriéure, uno meno de rituau sevère, que lou fau segui
em'atencioun se voulès pas èstre foro-bandi dins lou cantoun,
coume à l'escolo, dins lou tèms.
Mai fau-ti supremi coumpletamen li «rite», lis us felibren ?
Fau-ti se rèndre mouderne pèr lou plesi de chanja, pèr ebrieta
l'a

generau, e

dôu cambiamen ?

Quouro mandas, pèr eisèmple, de «sentiments mutualistes
distingués», o de «sentiments syndicalistes les meilleurs», es-ti
pas un pau parié coume li «sentimen dévot en Santo-Estello» ?

la galejado. Lou Felibrige es, avans tout, uno
pôu-ti councebre uno fe, simplo que siegue, sènso un
pessu d'us especiau ?
Regardave un jour, à la televisioun, uno emissioun sus la
Courèio e sus un vilajoun perdu dins li colo. Se disié qu'aquéli
gènt seguissien lou « counfucianisme », qu'es uno mouralo mai
qu'uno vertadiero religioun. E pamens, emé qunt reculimen
escoutavon charra lou chèfe dôu vilage ! Emé qualo rigour trepejavon e pregavon de soun biais !
Quouro lou Capoulié coumènço de parla, à la fin de la taule¬
jado dôu dilun de Pandecousto, quouro bèu à la Coupo, es-ti
poussible d'ôublida que Mistral e sis ami i'an begu ? Que de tiero
de Majourau e de felibre, di grands escrivèire qu'an ounoura
Leissen pamens

fe. E

se

11

�nosto

lengo is umble mantenèire, trasfigura pèr lou Felibrige,

i'an begu devotamen ?
M'anas dire, belèu, qu'aquelo devoucioun justamen es de
coundana, que marco un liame sènso valour em'un passât arna
e toumbant en douliho.
Bessai bèn, mai de pertout, dins li coungrés d'especialisto
coume dins lis assemblado generalo di partit pouliti — e meme

d'aquéli que se volon « prougressisto » — i'a-ti pas un pau de
«rite», de reculimen religious quand li catau dôu mouvamen
charron davans lou fube di mèmbre badant

e

silencious ?

Belèu, aquéli que parlon lou mai de chanjamen voudrien
simplamen remplaça un rite pèr un autre, pu mouderne, vo
présenta coume pu mouderne.
D'autre criticon lou biais vieianchoun dôu Felibrige e soun
esperit que rebutarié li jouine. Es verai que forço felibre soun de
gènt «dins l'âge», coume se dis ; mai faudrié belèu distingui,
dins lou Felibrige coume dins la vido, entre aquéli que soun vièi
pèr l'âge e aquéli que soun vièi pèr l'esperit. Avèn de felibre vièi
pèr l'âge mai que rèston dubert à la jouinesso, que soun lèst à
pica di man davans un esfors de renouvelamen e à ajuda i jouine
que cercon soun camin, meme se fan un peu tremoula li muraio.
D'autre, au contràri, lou fau counfessa, pu jouine pèr l'âge,
demoron un pau jala dins lis us ancian ; an un pau li sourniero
li tapadouiro sus lis iue, se voulès —, e se creson li soulet
mantenèire astra de l'èime felibren que dèu pas boulega d'un
—

det.
E acô, lou recounèisse, es un gros proublèmo, belèu lou mage
proublèmo dôu Felibrige : resta fidèu à Mistrau e à l'èime miejournau, à quàuqui tradicioun peréu — vau pas eici me leissa
entreinâ sus aquelo questioun, farié trop d'alôngui —, e counsidera que vivèn pamens en 1982, que poudèn pas rebuta esprèssi lou mounde de vuei, que tout i'es bessai pas marrit e que, de
tout biais, es lou mounde de vuei !
E n'en vène aro au Felibrige de l'aveni.
Es bèn dificile de prevèire ço que se fara, e l'aveni, pèr nautre,
rèsto proche dôu presènt. Assajen soulamen de manda quàuquis
esluciado dins lou tèms à veni. Li toco capitalo dôu Felibrige
restaran :

1.

Lou mantèn

e

l'espandimen de la lengo.
pres-fa dôu Felibrige tre li Primadié, e
majouro de Mistral. Devèn countunia

Se saup qu'es esta lou
uno di preôucupacioun

12

�dins aquesto rego, en respetant li parla loucau que soun li foundamento de la lengo. Es éli qu'ausissèn encaro dins li carriero, à
l'entour di jougaire de bocho o de carto, es éli que marcon la
vido dôu Miejour.
Devèn

se

moustra toulerant à

respèt di gènt que parlon pas

eisatamen lou meme dialèite que nautre, sènso
nèsci o d'aclapaire de la lengo.

li prendre pèr de

De-segur, de proublèmo aparèisson ; aquéu dôu francihoutisme pèr eisèmple : n'en diren un mot tout-aro.
Se pou pensa qu'emé la « regiounalisacioun » entrepresso pèr
lou Gouvèr, l'ensignamen dins lis escolo e dins d'àutri rode, lis
emissioun de radio e de televisioun, la vido regiounalo reviéuda-

do,

nous

ajudaran dins nosto obro.

dis encountrado e di pais.
Avèn, de pertout dins lou Miejour, de gènt afouga pèr l'Ideau
felibren, bèn entendu, mai tambèn pèr soun endré : lou Felibrige
èro, es, e sara « decentralisacioun » vertadiero. Es uno fierta pèr
éu d'agué douna l'envans à d'orne — pèr parla que di Majourau
defunta i'a gaire — coume Marcèu Fournier e Pèire Miremont
pèr lou Perigord, Andriéu Sarrail pèr la Gascougno, Enri Mouly
pèr lou Rouërgue o Jorge Martin pèr Nime.
Mai, en deforo di Majourau, quant de Felibre fan soun esfors
pèr sauva li mot de soun parla loucau, pèr estudia l'istôri de
soun vilage, pèr recerca li tradicioun e lis ôutis ?
Pèire Fontan, lou pouèto toulounen (1882-1952), que n'avèn
festeja lou centenàri, lou remarcavo adeja en 1937, e escrivié
dins la revisto Calendau (n° 53 de Mai) : « De la proupagando
mistralenco a sourgi, dins tôuti li prouvinço, cinquanto vo cènt
Museon di tradicioun, iniciativo libro di cabèstre centraliste. »
Aquel estacamen au païs, à l'encountrado es belèu uno di
marco di jouine Felibre de vuei, que gardon pamens la visto de
l'Europo.
2. L'aparamen

3. L'acioun de la

jouinesso.
Felibrige a toujour agu de jouine afouga pèr manteni la
lengo e l'esperit miejournau. Citaren simplamen un eisèmple,
aquéu de Jorge Martin, de Nime, que, tre dès-e-vuech an,
oubravo dins lis acamp felibren.
Aro, especialamen, trouban de jouvènt e de jouvènto de
valour que, vivènt bèn dins soun epoco, aparon tambèn lou
Miejour e subre-tout la lengo, pèr l'ensignamen, la cansoun, lou
Lou

13

�Lou

Rèire-Capoulié Reinié Jouveau (à gaucho),
Capoulié dóu Felibrige, Pau Roux.

emé lou nouvèu

�teatre, la literaturo e touto l'acioun felibrenco. Lou Felibrige ié
fai sa part e, de-segur, la pourra aumenta encaro. Acò vòu pas

dire, bèn entendu, e siéu segur que li jouine lou coumprènon, de
foro-bandi li pu vièi que podon sèmpre ajuda e buta à la rodo.
l'a un bon bout de tèms adeja que lou Felibrige s'entrevo dóu
presènt e de l'aveni e, en 1970, moun davancié, Segne Elio
Bachas, chausissié coume tèmo de soun discours sant-estelen :
« Lou Felibrige e la jouinesso. »
4. L'acioun

vers lou pople.
Felibrige, lou fau recounèisse, a pas agu sus lou pople
miejournau l'influènci que se poudié espera à la debuto. Es pas
lou moumen, eici, de n'en cerca l'encauso : n'i'a belèu mai

Lou

d'uno.
Mai i'a de verita, crese, que se diran jamai proun ; pèr eisem-

ple acô

: es pas

lou pople dóu Miejour qu'a perdu la lengo d'O

;

li catau de la noublesso, de la Glèisd e de la bourgesié. M'anas
dire : revèn un pau à ço que dis Mistral quouro critico li «moussurot » e li « damoto » que s'assajon de franchimandeja, de faire
es

d'esbroufe.
Tre lou siècle segen

— pèr Prouvènço dóu mens — e belèu
dins lou Lengadò francés, tóutis aquéli que se ié dirié aro
li gens bien, li gens comme il faut (acô se pou dire qu'en franchimand !) an coumença de charra — vo d'assaja de charra —
dins lou parla dóu rèi de Franço, dóu gouvernour, di prince de
la Glèiso ; e lou mouvamen a gagna à cha pau devers aquéli que
trevavon la justiço e l'escrituro : juge, avoucat, noutàri, cla¬
vaire, etc.
Tout acô, de-segur, s'es pas fa en uno journado. Belèu, i'a
agu, d'an e d'qn, uno diferènci entre li nécessita de l'escrituro,
pèr lis ate ôuficiau, etc., e aquéli de la parladuro courrènto,
que, meme pèr quàuqui bourgés, restavo lou dialèite. D'aiours,
avèn d'obro d'O entre l'Age Mejan e la Reneissènço dóu siècle
dès-e-nóuven, e d'obro de valour quàuqui-fes.
Mai, au siècle passa, à la debuto subre-tout, l'óupousicioun a
creissu entre li catau que parlavon franchimand e lou pople que
countuniavo d'emplega soun parla « vulgàri » (vo de manda de
cop de pèd au francés). E, emé lis idèio nouvello sourtido de la
Revoulucioun, èro dificile de manteni lou pople dins l'ignourènci e dins uno lengo de segoundo qualita, qualificado de
« patouès » pèr li noutable mespresous, avans de l'èstre pèr li
que la parlavon.

avans,

15

�Ansin, pèr reprendre vido, nous fau reveni vers lou pople dóu
Miejour, aquéu que charro vertadieramen la lengo d'O dins la
vidovidanto, dins lou travai coume dins li plesi.

Revenèn

un

pau

à

ço

qu'avèn di à

prepaus

di parla loucau

;

respetant li dialèite que poudèn retrouva lou pople.
Lou fau pas escoundre : s'aciparen mai eici, en Prouvènço

es en

dóu

mens

parle subre-tout de

—

ço que

counèisse

—,

à la

ques-

tioun dóu francihoutisme. La lengo granado, emplegado d'un
biais courrènt pèr lou pople prouvençau, es mesclado de mot
francés o de francihoutisme. N'i'a que soun un pau coumanda

lis óutis de vuei, d'autre soun emplega «à gràtis».
magistre, bastoun en man pèr pica
sus li det ? Baia lou «signum» à-n-aquéli qu'an amplega un
mot de francés ? Manda li gendarmo pèr coustregne à se servi
dóu vièi mot prouvençau ? Counèisse li païsan de Prouvènço,
dins lou Var especialamen. Sarié lou meiour mejan belèu pèr
tuia la lengo.
Faudrié-ti tout reçaupre ? Nàni, de-segur. Es dificile de manteni lou coumpés entre la bono lengo e aquelo que vèn naturapèr lis

us e

Coume faire ? Jouga au

lamen

en bouco.
Sara belèu poussible emé l'ensignamen e li libre

d'encuei que
podon redouna un pau de vido i mot vertadié dóu dialèite.
Que dire pèr acaba ? Bèn entendu, avèn pas agouta la questioun ; es-ti d'aiours agoutablo ? Lou Felibrige es pas talamen
arna e cubert de póusso. A de jouine afouga e lèst à travaia ; e
a tambèn retrouba un pau de jouinesso dins soun esperit, dins
soun

biais

e

dins

soun

ativeta.
Pau ROUX,
Capoulié dóu Felibrige.

�TRIBUNA LIURA

Les Gascons et la Vasconie*

Tout

peuple qui renie ses racines profondes est voué à la disparition.
ce qui risquerait d'arriver aux Gascons, si ceux qui veulent
en faire des Occitans parvenaient à leurs fins. Car la Gascogne est
historiquement basque, et non pas occitane.
La tentative d'assimilation de la Gascogne à l'Occitanie, que l'on
veut justifier en se basant sur des arguments truqués, ne saurait être le
fait que d'imposteurs. Ainsi, contrairement à ce que voudraient nous
faire croire les «annexionnistes», gascon et occitan sont tenus, depuis
le Moyen-Age, pour deux idiomes distincts. Nous n'en voulons pour
preuve que le témoignage de M. Dupuy (que les paradoxes, d'ailleurs,
n'effraient pas), indiquant, dans son Historique de l'Occitanie, que le
terme de «langue d'oc», qui succède au XIIIe siècle à ceux de «limou¬
sin » ou « roman », n'englobe nullement à l'époque le duché d'AquitaineGascogne.
D'ailleurs, s'il en était besoin, les Leys d'amor, sorte de grammaire
occitane rédigée au siècle suivant — où le gascon, au même titre que
l'espagnol ou l'anglais, est qualifié de tengatge estranh (idiome étran¬
ger) —, viennent confirmer avec éclat l'exclusion de notre langue du
domaine proprement occitan.
Et le peuple gascon, pour qui tout ce qui est occitan relève, soit d'un
certain mysticisme poétique, soit de problèmes lointains qu'il situe, de
C'est bien là

*A la demande de nombreux

lecteurs, nous reprenons la publication
qui paraissaient régulièrement dans la première
série d'Aici e ara. Nous rappelons que les opinions exprimées dans ces
tribunes n'engagent que leurs auteurs, et en aucun cas la Revue, qui par
ailleurs se réserve le droit de refuser toute contribution qu'elle jugerait
diffamatoire, futile, ou étrangère à ses centres d'intérêt. (N.D.L.R.)
des «tribunes libres»

17

�façon, bien au-delà des derniers coteaux

toute

d'Armagnac, ne s'y

trompe pas.

réalité, comme le démontrent, d'une manière irréfutable, les tra¬
Pierre Bec ou Charles Camproux,
la langue gasconne existe bel et bien en tant que telle ; elle constitue,
avec le catalan et l'occitan, une famille distincte parmi les autres lan¬
gues de la Romania : le groupe occitano-roman.
En

vaux

d'éminents spécialistes tels que

DEUX IDIOMES,

UNE NATION

leur nom l'indique, sont les descendants directs
Vascons, ou Basques. C'est à ce titre qu'ils
constituent par conséquent, sans équivoque, une des fractions authen¬
tiques de l'Eskualerri originel, qui a pour nom la Vasconie.
De très bonne heure (dès le Paléolithique), la présence de nos ancê¬
tres nous est signalée par l'existence, au nord comme au sud des Pyré¬
nées, d'une civilisation originale1. Cette civilisation, faussement dite
franco-cantabrique, s'étend alors sur une vaste zone allant de la Dordogne aux rives de ia Méditerranée et, au sud, jusqu'au centre de
Les

Gascons,

comme

des anciens Bharscunes, ou

l'Espagne.
A la suite des invasions indo-européennes, les limites de ce territoire
protobasque»2 sont ramenées, au nord, sur les rives de la Garonne ; à
l'est, la Méditerranée est également abandonnée.
Au premier siècle avant notre ère, le géographe grec Strabon confirme
dans ce qu'il appelle l'Aquitaine3 (et dont il fixe les limites entre Garon¬
ne, Océan et Pyrénées), l'existence d'une race particulière, plus proche
des voisins d'Espagne (les Vascons ?) que des Celtes, qui « diffèrent par
leur langue, leurs coutumes, leurs lois et leur aspect physique.»
Après la conquête des Gaules, l'armée cantabrico-aquitaine4 sera
battue à son tour (en 56 av. J.-C.) par le général romain Crassus, qui
«

ainsi la voie à la future romanisation d'une grande partie de
l'Aquitaine. Dans les faits, celle-ci ne sera que très lente. Ce n'est que
conjointement aux progrès du christianisme qu'elle commencera à
représenter un réel danger.
Sous l'Empire romain, nos ancêtres, loin d'adopter d'emblée les
mœurs et la langue latines, ne cessent au contraire, à chaque occasion,
d'affirmer avec force leur originalité ethnique. S'il est vrai que les sou¬
lèvements armés sont, à cette époque, peu nombreux, les Aquitains
n'en profitent pas moins du grand remaniement territorial mené par
Octave-Auguste pour obtenir de cet empereur une sorte de statut d'au¬
ouvre

tonomie.

Pays s'appellera désormais la Novempopulanie ou Pays des
peuples (proto-Basques).
En 475, la chute du pouvoir de Rome met un point final à cinq siècles
de calme relatif. En quelques années, l'Aquitaine avait vu déferler sur
elle les hordes germaniques des Wisigoths, puis celles des Francs.
C'est à la faveur de cette époque de troubles sanglants, alors que notre
Notre

neuf

18

�pays est de nouveau envahi — tout pouvoir central ayant définitivement
disparu —, que va se constituer, en 602, au nord des Pyrénées, sur les
ruines de l'ancienne Novempopulanie, le duché de Vasconie5. Né dans
la résistance à l'envahisseur franc, ses débuts sont modestes et quel¬
que peu obscurs ; les revers et les victoires militaires se suivent en une
cascade impressionnante. Mais bientôt, le nouveau pouvoir autochtone
sous l'impulsion d'un duc indigène (Otxoa, «le
Loup») — s'affirme
avec force. A la fin du VIIe siècle, la Vasconie est indépendante. Toute¬
fois, l'appétit féroce de nouveaux princes francs, Charles Martel et
Charlemagne, met, pour un temps, un terme à cette situation.
A la fureur que mettent les Vascons à massacrer une partie de l'ar¬
mée de Charlemagne au Col de Ronceveaux, en 778, on peut se rendre
compte de la haine nourrie par nos ancêtres envers les Francs.
Vers la fin du Xe siècle, le duché de Vasconie (devenu, dès lors, la
Gascogne) recouvre son indépendance.
Bien mieux, il s'est constitué, depuis 824, au sud des Pyrénées, le
puissant royaume de Navarre dont l'hégémonie, pendant le règne de
Zantxo Handia (Sanche le Grand, 1000-1035) s'étend alors sur tout
l'ensemble des terres basques, de l'Ebre à la Garonne.
Mais, décidément, le temps de l'unité vasconne n'était pas encore
venu. Un peu plus tard, YEuskadi Handia se morcelle de nouveau. En
1052, la Gascogne est absorbée par le grand duché poitevin d'Aquitaine.
C'est le début d'une longue agonie.
En effet, passée en 1152 sous protectorat anglais, par le mariage
d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri Plantagenêt, la Gascogne, malgré de
larges périodes de bien-être économique et moral — l'administration
anglaise respectant loyalement les Franchises et Fors6 garantissant
les libertés du Pays — est bientôt déchirée par la guerre de Cent ans qui
achève de ruiner ce qui restait de son unité.
Sa partie occidentale demeure toutefois, sous le nom de Guienne,
indépendante du pouvoir de Paris jusqu'en 1453 (défaite de Castillon).
Quant au Béarn, annexé en 1620 seulement, il garde lui aussi, grâce à
ses Fors, une relative autonomie jusqu'à la Révolution française.
—

LA ROMANISATION

J.-M. de Barandiaran, G. Rolhfs,
Allières, ont clairement
démontré par leurs travaux, tant dans le domaine de l'étymologie que
dans ceux de la linguistique ou de l'anthropologie, que l'eskuara (la
langue basque) avait été parlée, pendant une longue période, des rives
De nombreux

spécialistes tels

que

J.-C. Baroja et, plus près de nous, Jacques

de la Garonne à celle du Rio Ebro.

Aujourd'hui, cette langue n'est plus parlée, au nord des Pyrénées,
passant au sud de Biarritz,

que dans un réduit délimité par une courbe
au nord de Bidache et à l'est de Mauléon.
Le ciment le

plus solide des peuples étant, en toutes circonstances,

19

�dont la perte ou la modification sont lourdes de consé¬
il nous faut maintenant donnerquelques indications sur les
rapports étroits existant entre l'eskuara et le gascon, et expliquer
comment celui-ci a progressivement, dans le temps et l'espace, sup¬
planté celui-là.
Nous avons déjà vu qu'une première réduction, consécutive aux
invasions indo-européennes, avait ramené, au nord, les limites du terri¬
toire «proto-basque» des rives de la Dordogne à celles de la Garonne.
Nous avons dit également que ce n'est que conjointement aux progrès
du christianisme que la romanisation a pu progresser. Effectivement,
sous l'Empire, seules quelques grandes cités, telles que Bordeaux ou
Toulouse, constituent des centres de rayonnement et d'expansion de la
culture latine. De ces centres, la romanisation se répand d'abord dans
les zones aquitaines les plus celtisées (vallée de la Garonne, plaine du
Gers, etc.). La celtisation, en affaiblissant préalablement l'élément indi¬
gène, avait préparé, puis facilité la romanisation.
Il est impossible de fixer avec précision des dates concernant ce long
processus de substitution qui s'est poursuivi jusqu'à nos jours. Toute¬
fois, il apparaît certain qu'au haut Moyen-Age (époque qui correspond
à l'existence du duché de Vasconie), l'essentiel de ce qui avait été
l'Aquitaine basque parlait encore l'eskuara. A ce sujet, Jacques Allières
cite le vers 384 de la Chanson de Ste-Foy (poème occitan du Xe siècle),
où il est fait mention des «Basques du Val d'Aran» (Aran, en basque,
signifie d'ailleurs «vallée»).
L'existence de vastes zones bilingues n'est pas non plus à exclure.
Mais l'absence de documents écrits concernant la période du duché de
Gascogne ne nous permet pas de formuler, sur cette question, autre
chose que des hypothèses.
Quoi qu'il en soit, le temps passa et la romanisation, bien des siècles
après la chute de l'Empire, continua inexorablement.
Pour l'aube des temps modernes, Philippe Oyhamburu, dans son livre
sur les Basques, nous propose les jalons suivants : «Le Béarn du XVIe
siècle où, selon le Flamand Smet, on parlait basque en 1597 et la vallée
de Barétous, au XXe siècle, puisque le professeur Haritschelhar a
découvert que le curé d'Esquiùle (localité située historiquement en
dehors de la Soûle) se déplaçait dans cette vallée pour y prêcher en
basque. »
Aujourd'hui, bien que le basque et le gascon soient deux idiomes
différents, ils n'en possèdent pas moins de nombreux liens de parenté
(très nets dans le domaine phonétique), à tel point que Federico Krutwig, dans son ouvrage, La Nueva Vasconia, n'hésite pas à qualifier le
gascon de «seconde langue nationale du peuple basque».
la

langue

quences

—

—,

UNE NOUVELLE CONSCIENCE ETHNIQUE
Maintenant
des

qu'il est incontestablement établi
Basques romanisés et que l'ensemble du

20

que

les Gascons sont
entre Garonne,

pays

�Océan et Pyrénées a pour nom la

Vasconie-Nord7, il ne nous reste plus
qu'à démontrer, concrètement, combien le sentiment d'appartenance à
cette entité est toujours bien vivant dans la conscience de notre
peuple.
Ici encore, des impératifs de brièveté nous
contraignent à ne citer
que quelques faits précis qui illustrent parfaitement le comportement
de nos compatriotes à l'égard de la Vasconie. Ceux-ci, pour la
plupart,
ont déjà été signalés par les idéologues vascons, tel Krutwig,
dont les
idées mériteraient une diffusion beaucoup plus large au nord comme
au sud des Pyrénées.
D'abord ceci : il m'est arrivé fréquemment, au cours de mes déplace¬
ments en France, en Allemagne ou en Suisse, de rencontrer d'authen¬
tiques Gascons qui, lorsqu'ils se présentaient à moi pour la première
fois, n'hésitaient pas à se qualifier eux-mêmes de « Basques ». Ce n'est
que dans un second temps, quand nous nous connaissions mieux, ou
à l'occasion d'un cinglant adixatz ! lancé spontanément au moment de
la séparation, que mon ami se révélait, en fait, être des Landes ou du
Béarn. Ceci confirme tout à fait l'opinion de Krutwig déclarant que « les
Gascons hors de Gascogne se disent toujours des Basques». (Et non
des Occitans !)
Et que
match de

dire de nos jeunes qui, sous l'emprise délirante de la fête, du
rugby ou de la course landaise, reprennent à leur compte, en
le popularisant partout en Gascogne, l'ancien et le moderne folklore
d'Euskadi ? Comment expliquer cet engouement extraordinaire des
Gascons pour la musique navarraise, sinon par le fait que, chez nous,
le terrain était plus que favorable à l'épanouissement de ces bandas y

pehas?
Aliénation

culturelle,

ne

manqueront

pas

de dire certains. Certes,

on

peut que déplorer que l'authentique musique gasconne (composante
à part entière de notre patrimoine culturel vasco-roman) ne jouisse plus
ne

du même

prestige. Mais à qui la faute en revient-elle ? Le rondeau,
danse nationale gasconne, a été victime de son assimilation à la nébu¬
leuse du « folk occitan ». Dans ce domaine également, tout reste à faire.
Sur la question de la prise de conscience des Gascons et de leur
engagement militant dans la lutte nationaliste, il n'y a, hélas ! que peu
de choses à dire. La

Gascogne

en

tant

que

telle

en a

été, jusqu'à pré¬

sent, totalement absente.

Krutwig, à ce propos, dans son ouvrage La Vasconie et l'Europe
nouvelle, constate la faiblesse des mouvements occitans en Gascogne.
Il indique que «les Gascons qui ont une conscience ethnique militent
dans les organisations basques », et qu'« il existe des écoles en basque
sur

le territoire gascon».

Cet

engagement des Gascons dans les organisations basques (ou en
avec elles) ne date pas d'hier. On se souviendra
notamment de la création, en 1974, d'un Front de libération vascon, qui
entendait lutter contre l'impérialisme français aussi bien que contre la
main-mise occitane sur la Gascogne.
étroite collaboration

21

�A l'heure
ces

actuelle, la collaboration de

nos

compatriotes

avec

les for¬

nationalistes d'Euskadi est beaucoup plus importante qu'on ne

pourrait le croire. Ainsi l'E.T.A. jouit-elle chez nous d'appuis considé¬
aux organisations culturelles, qu'il nous suffise de citer
les ballets basques Akiztarrak, de Dax, et surtout les Ikastolak (écoles
maternelles en langue basque) implantées à Bayonne, Anglet, Pau,
rables. Quant

Oloron8.
On peut affirmer que, dans cette région des Gaves et de l'Adour,
idées de pan-vasconnité revêtent aujourd'hui une forme vivante.

Francis

les

PEDEMAY,

Munich, octobre 1982.
NOTES

1. Grottes et

gisements de Lascaux, Mas-d'Azii, Isturitz, Altamira, etc.
appelle proto-Basques les peuples installés sur la rive gauche de la Garonne, et qui
l'usage de la langue basque postérieurement aux invasions indo-européennes.
3. Cette appellation dériverait du nom d'une ancienne capitale : Akize
(Dax).
4. César mentionne en effet la présence de Cantabres
(Euskariens du sud) venus prêter
main forte à leurs frères d'Aquitaine.
5. On a longtemps cru, à la suite du Souletin Arnaud Oihenart (auteur de la Notifia Vasconiœ, publiée à Paris en 1638), que ce changement de Novempopulanie en Vasconie était dû à
une invasion de Vascons
d'outre-Pyrénées. De nos jours, la plupart des auteurs sérieux rejet¬
tent cette hypothèse. Il semble, en fait, que les Francs et les
Wisigoths aient généralisé, sans
distinction tribale, le nom de Vascons, en l'appliquant à l'ensemble des
proto-Basques (cf.
note 2).
6. Les franchises (fors, en Béarn et Pays basque), étaient des libertés et
privilèges octroyés
par le pouvoir de tutelle, et dont le parlement local était, en général, le plus sûr garant.
7. En complément de la Vasconie-sud, qui comprend les
Vascongadas (Alava, Biscaye et
Guipuzcoa), la Navarre, les provinces de Huesca (haut-Aragon) et Logrono (Rioja), ainsi que les
parties de Burgos, Santander, Saragosse et Soria.
8. Il existe aussi, depuis peu, en Vasconie-nord, des écoles en
langue gasconne. Nous ne
2. On

avaient conservé

pouvons que saluer ici avec enthousiasme cette heureuse

initiative, à laquelle nous avons
participé, et qui représente un progrès considérable. Nous émettrons toutefois
l'idéologie propagée par ce mouvement des Calandretas qui, semble-t-il, n'a pas encore compris que l'occitanisme constituera toujours, en Gascogne, le plus
efficace repoussoir des masses qu'il soit possible
d'imaginer.
activement

certaines réserves quant à

AICÍ

recherche, pour compléter ses
archives, toutes collections de périodiques félibréens ou occitanistes, du XIXe ou du XXe siècle,
et remercie d'avance tous ceux qui pourraient
E

ARA

l'aider. S'adresser à la

revue

:

B.P. 9007, 34041 MONTPELLIER CEDEX.

�Les civilisations préhistoriques
du Languedoc méditerranéen
II. DU

NÉOLITHIQUE A L'HISTOIRE

:

«L'AGE DES GARRIGUES»*

Au

du sixième millénaire avant notre

ère, une profonde
populations humaines s'amorce dans nos con¬
trées : la néolithisation, c'est-à-dire l'évolution vers un mode de
vie agro-pastoral. Les hommes, occupants jusqu'ici discrets,
vont modifier le paysage des garrigues et des causses, instau¬
rant peu à peu une civilisation rurale stable et technologique¬
ment développée, dont bien des traits persisteront jusqu'à nos
jours. En cela, les néolithiques sont bien nos ancêtres directs,
et c'est dans leur longue marche vers une confortable symbiose
avec leur contexte écologique que plongent les racines de l'ac¬
tuelle nostalgie d'un âge d'or, d'un tèms di vièi, d'antico bounoumio (F. Mistral), qui occupe une place complexe dans les
rêves, les soucis et les idéologies de nos contemporains, sou¬
dainement coupés de leur biotope traditionnel.
cours

mutation des

NÉOLITHIQUE ANCIEN ET MOYEN
Populairement considéré comme l'Age de la pierre polie, le
Néolithique est surtout la période où se développent l'élevage,
l'agriculture et la céramique. La hache en pierre polie n'y appa¬
raît que tardivement, et son usage persistera jusqu'au Bronze
ancien.
Le

Néolithique ancien (anciennement nommé Montserratien)
vers
6000 avec la civilisation cardiale, issue en Pro-

débute

'Voir Aicí

-

e ara

n°

3, novembre 1982.

23

�vence

du contact d'influences de la Méditerranée orientale et

des cultures

mésolithiques autochtones, et caractérisée par
céramique décorée par impression à l'aide de coquillages
(poterie cardiale, le coquillage de choix étant le cardium), ou de
poinçons et peignes divers (céramique impressionnée, plus tar¬
dive dans nos contrées alors qu'elle inaugure le Cardial en
Afrique du Nord).
Le Cardial est connu par quelques gisements languedociens
(grotte de Camprafaud à Ferrières-Poussarou — fouilles de G.
Rodriguez) localisés sur une bande littorale plus ou moins étroi¬
te qui indique que ce courant culturel est lié à des échanges
maritimes, peut-être par cabotage.
L'évolution indigène du Cardial, vers - 4500, donne un style
de céramique différent (Épicardial) où les impressions de
coquillages sont abandonnées (Grotte N° 4 de Saint-Pierre-dela-Fage et Baume de Limonesque, sur le causse du Larzac Méri¬
dional). Les populations du Néolithique ancien, encore clairse¬
mées, habitaient cavernes et abris sous roche.
De
3700 à
2600, le Néolithique moyen est caractérisé par
la civilisation chasséenne, puissante et expansionniste, bien
connue depuis les fouilles de L. Bernabo Bréa (Grotte des Arene
Candide) et de J. Arnal (Grotte de la Madeleine à Villeneuve-lèsMaguelone). Ce dernier auteur, à qui l'on doit le concept de
chasséen, divise cette culture en trois époques (A ancien, A
récent, B). Les Chasséens ajouteront au porc et au petit bœuf
des Montserratiens la domestication du mouton, cultiveront des
céréales, mais ne dédaigneront pas la chasse et la pêche. Leur
outillage en lamelles de silex blond, leur céramique fine, leurs
sépultures en fosse, caverne, ou coffre de dalles calcaires, et
surtout leur présence ubiquitaire (plus de cent sites publiés
dans l'Hérault et le Gard), marquent vite une rupture avec les
cultures cloisonnées épicardiales, qui persisteront jusque vers
3300 (Limonesque, au Caylar, Hérault) dans leur voisinage.
Les Chasséens nous ont laissé les vestiges de leurs habitats le
long des cours d'eau, où ils occupaient des grottes et construi¬
une

-

-

-

saient des cabanes1.
Le Chasséen de J. Arnal regroupe les
Louis dénommait culture des sables (ou de

populations que M.
la Bruyère d'Usclas)
et culture des grottes (ou pseudo-robenhausien). M. Louis, qui
fut un des premiers spécialistes de cette époque, signale encore
un troisième groupe de Néolithiques : les
pseudo-Campigniens
ou pasteurs des plateaux qui, à partir de - 2700, construiront

24

�dans

les

garrigues leurs villages, et supplanteront les Chas-

séens.

NÉOLITHIQUE RÉCENT

:

LES PASTEURS DES PLATEAUX

Dans certains sites, comme à St-Etienne-de-Gourgas (Larzac
héraultais), le Chasséen persiste jusque vers - 2300 (G. B.
Arnal). Mais son déclin favorise l'éclosion de nouvelles cultures,
généralement considérées comme autochtones, car on ne peut
les rattacher

avec

certitude à

aucun

contexte

étranger. Peut-être

influencés par les peuples de Bretagne et des Charentes, qui
construisirent des dolmens dès - 3000, les Languedociens se
font bâtisseurs de

mégalithes.
garrigues héraultaises et gardoises et jusqu'aux
plateaux ardéchois, fleurit la civilisation de Ferrières (qui tire
son nom d'un dolmen à
Ferrières-les-Verreries, Hérault). De
2700 à
2000, les Ferrériens bâtiront de nombreux villages
de cabanes en pierre sèche (jusqu'à sept sur la surface de cer¬
taines communes actuelles pour J. Arnal). Ils s'y adonneront à
l'élevage, transhumant sur le Larzac où l'on trouve leurs ves¬
tiges dans les grottes. Ils inhumeront leurs morts dans les pre¬
miers dolmens2, les fentes de lapiaz et les cavernes. On leur
attribue les premières mines de cuivre et de plomb.
Vers
2000 ils résisteront victorieusement à la pression des
populations campaniformes plus évoluées, dont nous allons
reparler.
Dans les

-

-

-

Les Ferrériens auront des voisins turbulents

:

les Caussenards

(groupe des Treilles, groupe du Cros, Néolithique final de Roucadour) qu'on réunit sous le nom commun de Rodèziens. Ces
constructeurs de mégalithes pratiquaient la trépanation rituel¬
le, et leurs sépultures contiennent des crânes où la lacune
osseuse montre une ostéogénèse cicatricielle prouvant qu'ils
survivaient à l'opération. Les Rodèziens supplantèrent par la
force les Chasséens qui avaient succédé aux premiers habi¬
tants des Causses, qui semblent avoir été les Mésolithiques3.
On retrouve, fichées dans les ossements des Ferrériens, leurs
redoutables flèches de silex denticulées en sapin (four créma¬
toire des Matelles fouillé par Pannoux).
Un troisième groupe de Néolithiques récents, mis en évidence
ces
dernières années, occupe les zones montagneuses : le
Lodévois (Gourgassien), La Séranne (l'Avencas), le Saint-Ponais
(Saint-Ponien) ont ainsi leur culture indigène, qui succède au

25

�avec une préférence pour la céramique lisse qui les
rapproche des Véraziens (de Véraza, Aude), lesquels occupent
alors largement Minervois, Corbières, Ariège et Roussillon, et
sont connus jusqu'à Barcelone.

Chasséen

L'AGE DU CUIVRE

(CHALCOLITHIQUE)

Immédiatement

:

-2200 à -1900

après le Chasséen (- 2300), on trouve des
qui rendent floues les limites entre
Néolithique et Chalcolithique.
On regroupait jadis ces époques sous le nom d'Enéolithique,
et l'on y plaçait les pasteurs de Ferrières. Dans la plaine et les
garrigues, la technologie du cuivre entraînera des mutations
culturelles, alors que, sur les Causses, le Néolithique final per¬
siste jusqu'à l'Age du bronze.
Les Ferrériens, utilisateurs occasionnels du cuivre, marquent
donc la transition entre Néolithique et Chalcolithique. On les
trouve, liés à la zone des dolmens, où ils ont laissé leur céra¬
mique typique ornée de chevrons.
La civilisation de Fontbouisse succède stratigraphiquement
(comme l'a montré J.-L. Roudil) à celle de Ferrières, et appartient
comme elle à la culture des pasteurs des plateaux de M. Louis.
Etablis dans des cabanes rondes ou rectangulaires à toit de
branches et pilier central, les Fontbuxiens transhumeront moins
que leurs prédécesseurs, et laisseront dans leurs sépultures de
nombreux objets en cuivre utilitaires ou décoratifs. Leur céra¬
mique est elle aussi très ornée, avec des décors en métope
caractéristiques.
Les principaux ennemis des Fontbuxiens seront les Pyrénaïques (à partir de - 2200), forgerons et guerriers itinérants connus
pour leurs gobelets campaniformes. Ces archers qui nous ont
laissé de nombreuses pointes de flèches ont été soupçonnés
par V. Gordon Childe d'être des buveurs de bière, car ils con¬
sommaient de l'orge et buvaient dans des gobelets. Ils péné¬
treront peu dans le triangle Rhône-Sète-Bagnols-sur-Cèze où
régnent les Fontbuxiens4.
Les pasteurs de Fontbouisse nous ont laissé des statues
menhirs représentant leurs dieux et les vestiges impression¬
nants de leurs fermes en pierre (Viols-en-Laval) et de leurs châ¬
teaux forts (Le Lébous à St-Mathieu-de-Tréviers)5, témoins d'une
civilisation stable et prospère que ruineront les conquérants de
l'Age du bronze.
traces d'utilisation du cuivre

26

�L'AGE OU BRONZE
La richesse

en

cuivre du

Bas-Languedoc avait permis l'épa¬
Fontbouisse, l'outillage dur en

nouissement de la culture de
silex

et

l'outillage malléable en cuivre se complétant assez
d'étain, les pasteurs des plateaux n'ont pu obtenir
le bronze que d'apports extérieurs, ce qui explique
que l'Age du
bronze apparaisse comme un millénaire
d'échanges et de bou¬
leversements culturels, dont les classifications multiples et
contradictoires illustrent bien la complexité. En fait,
comme le
souligne J.-L. Roudil, si l'Age du bronze est une période d'inces¬
santes mutations matérielles (outillage,
céramique), les popu¬
lations restent fidèles aux usages du millénaire précédent,
habitant des cavernes, enterrant leurs défunts dans des
méga¬
bien. Privés

lithes

réutilisés.

Ils

se

contentent

d'assimiler les

influences qu'ils reçoivent pour en réaliser

diverses

synthèse autoch¬
tone originale comme la
magnifique céramique de Saint-Vérédème6, réunissant le décor poinçonné italique, l'excision des
groupes du Rhône, et le souvenir des zigzags et chevrons des
Ferrériens. L'importation du bronze et des styles de poterie
étrangers laisse penser que cette époque a été marquée par le
développement du troc et du commerce.
Le Bronze ancien (ou Ligurien moyen, de - 1900 à 1500)
voit persister les civilisations chalcolithiques, mais celles-ci
subissent l'influence de la civilisation du Rhône (Suisse) et de la
civilisation de Polada (Lombardie, Vénétie), surtout visible sur
le style de la céramique. L'utilisation du silex décline. Le labour
aux boeufs apparaît.
Selon J. Arnal, ce sont des guerriers du Bronze ancien, retran¬
chés dans le Bois de Paris7, qui auront raison des belles forti¬
fications des derniers pasteurs de Fontbouisse retranchés au
une

Lébous5.
Au Bronze moyen (Ligurien récent, de - 1500 à - 1100), les
influences italiques (civilisation des Terramares et civilisation

appenninique) s'ajoutent aux influences nordiques (civilisation
des Tumulus) pour engendrer le style céramique dit proto-SaintVérédème. Cette période voit sans doute apparaître la domesti¬
cation du cheval et les bijoux d'ambre et de verre. L'outillage en
silex disparaît. Cette période n'a laissé que peu de vestiges
dans la région (Grottes de Claux, de Labeil)8.
Le Bronze final, ou bel Age du bronze (- 1100 à - 700) est
marqué par le déferlement irrésistible de la civilisation des

27

�champs d'urnes, issue d'Europe centrale et ainsi nommée pour
ses nécropoles où les restes des défunts étaient recueillis dans
des urnes de céramique lustrée et cannelée après incinération
violente. Mais les Languedociens ne leur emprunteront que la
céramique et l'outillage, conservant la tradition d'enterrer leurs
morts dans les cavernes et non à l'extérieur, en terre meuble.
Les premiers stades (I, lia) voient fleurir le style Saint-Vérédème,
puis les stades Mb et III lui préfèrent des décors plus sévères

(cannelures, double sillon, impressions diverses).
L'AGE DU FER
Le

premier Age du fer, ou période de Hallstatt ( - 700 à - 500)
en deux époques I et II, éclôt lentement au milieu des
cultures de type champ d'urnes qui poursuivent leur triomphale
expansion. Le fer aurait été découvert vers - 1500 chez les
Hittites, vers - 1000 chez les Grecs, et répandu peu à peu par
une Koïné hallstattienne, qui était peut-être une aristocratie de
subdivisé

cavaliers nomades.

région, les Hallstattiens nous ont surtout laissé leurs
: plus de dix mille tumulus, tertres de pierres sèches
de 8 à 15 mètres de diamètre et de 0,75 à un mètre de haut.
Souvent pillés ou réutilisés comme source de pierres, leur fouil¬
le est décevante, mais on y a parfois trouvé les guerriers inhu¬
més avec leur épée de fer, divers objets de toilette ou de parure
en bronze (rasoirs, anneaux, curettes, pinces à épiler) et une
céramique de luxe à décor champ-levé réservé à l'usage funé¬
Dans la

sépultures

raire.
Les Hallstattiens ont surtout occupé les Causses et les Gar¬
rigues9, se fondant sans trop de heurts dans les populations
pastorales locales qui intégrèrent à leur culture millénaire ces
premiers apports de la civilisation celte, formant ainsi des
communautés aux usages très divers selon les lieux, et qui ne
dédaignèrent pas occasionnellement d'enterrer leurs morts
dans des cavernes ou des tombes plates à incinération, grou¬
pées en champs d'urnes10.
Au Hallstatt II, l'influence des Etrusques installés à Lattes
(Hérault)11 et des Grecs établis à Marseille dès -600 marque
un tournant civilisateur et la fin de la Préhistoire proprement
dite.
Le second Age du Fer (de - 500 à l'Ere chrétienne) voit l'apo¬
gée des grands oppidums (Ensérune, Nages12, Ambrussum,

28

�Murviel-les-Montpellier), puissantes places fortes élevées, avec
dispositifs de défense, sur des emplacements stra¬
tégiques souvent déjà occupés depuis le Néolithique. Ces vil¬
lages fortifiés commerceront avec les premières cités grecques,
puis gallo-romaines, avant de décliner.
L'influence celtique de la civilisation de La Tène (stades I, Il
et III), qui constitue plus au nord le second Age du fer, est très
sensible, mais les marchandises et les technologies galloromaines s'imposent de plus en plus. Les sépultures plates à
inhumation, fortuitement découvertes au hasard d'un labour ou
d'un terrassement, témoignent des usages de cette période de
de savants

transition.

Désormais, le destin de la Narbonnaise est lié à celui de
une province. Il est significatif de
retrouver sous les cendres de Pompéi (79 après J.-C.) un lot
importé de céramique sigillée fabriquée par les célèbres ateliers
caussenards de la Graufesenque aux portes de Millau : témoi¬
gnage éloquent de la prospérité apportée par la culture grécolatine à ces populations qui avaient déjà su, depuis l'avènement
des tribus chasséennes, trois mille ans auparavant, développer,
en harmonie avec leur cadre de vie, une civilisation agro-pasto¬
rale qui persistera, d'avatar en avatar, jusqu'au XXe siècle finis¬
Rome dont elle est devenue

sant.

FIN

Jean-Paul

PALOC, Elisabeth BRUN-MICALLEF,
du G.E.R.S.A.M.13.

NOTES

1.

L'arrivée brutale du Chasséen

correspond à

une

expansion vigoureuse, à partir de la

péninsule italienne, de groupes qui se fondront dans les populations locales, atteignant
l'Atlantique et la France du nord. L'unité culturelle ainsi réalisée évoluera vers un morcellement
en familles locales au Néolithique récent. Les Chasséens seront peu à peu chassés de nos
régions par la violence, par les Ferrériens (Fouilles de J. Arnal à la grotte de la Madeleine,

Hérault), puis par les Rodéziens.
2. Une longue controverse sur l'âge des dolmens languedociens a déchiré les préhistoriens.
(1963) les attribuait presque tous aux Chasséens, et faisait des pasteurs des plateaux
plutôt des réutilisateurs de ces sépultures collectives. Les datations au radiocarbone permet¬
tent de penser que ce sont plutôt les Néolithiques récents qui les érigèrent.
J. Arnal

29

�3. On trouve aux Canalettes (près

de Nant, Aveyron) sur le Larzac,

des vestiges moustériens.

Salvayre en signale aussi à l'aven de Lutèce (à l'Hospitalet du Larzac). Par contre, le
lithique inférieur et le Paléolithique supérieur manquent sur les Causses. Comme le fait
H.

Paléo¬
remar¬

G. Costantini, cette lacune n'est peut-être pas définitive, puisque M. Lorblanchet a signalé
de la montagne de la Fage, à Saint-Roman-de-Codières
(Gard). En tout cas, ce n'est qu'au Mésolithique que les Causses apparaissent véritablement
quer
un

biface acheuléen sur les pentes

habités.
4.

Les

Pyrénaïques répandront leur

technologie le long des grands axes de

circulation

(côtes méditerranéenne et atlantique, couloir rhodanien), où l'on retrouve leurs vases campaniformes, c'est-à-dire en cloche renversée à décor cordé, mixte ou « international ». J. Guilaine
les fait persister de - 2200 à - 1700 à l'ouest de l'Orb. Dans le Gard, J.-L. Roudil trouve un

campaniforme qui indique qu'ils ont subsisté jusqu'à - 1800, et ont
Rhône, qui répandit l'usage du bronze. Sangmeister a
les
Campaniformes et la civilisation du Rhône auraient une origine
l'hypothèse
commune centro-européenne, qui expliquerait certaines analogies. La première aurait reflué
Bronze ancien de tradition

connu

l'influence de la civilisation du

émis

que

devant la seconde...

Saint-Mathieu-de-Tréviers (Hérault), a été signalé
il fut construit par les pasteurs fontbuxiens pour résister
à l'invasion des guerriers du Bronze ancien, mieux armés, qui le détruisirent et le réutilisèrent
spectaculairement comme sépulture : émouvant drame arraché à l'oubli, qui nous rappelle
5.

par

Le château

préhistorique du Lébous, à

J. Arnal en 1961. Selon cet auteur,

l'ambiance des
6.

La

poésies homériques...
grotte de Saint-Vérédème ou

Baume-Sourne aurait, selon la tradition,

servi de retraite

le nom. Située en rive gauche du Gardon à Sanilhac (Gard), elle a été
occupée depuis le Moustérien, mais un fragment de grand vase biconique décoré conservé à la
Société Archéologique de Montpellier et représenté dans le manuel classique de Déchelette
(1902) a servi à baptiser ce style du Bronze final.
7. Le Bois de Paris (Bòsc d'Emparri ou del Barri selon J. Arnal) est un plateau boisé aux
confins de l'Hérault et du Gard, intensément habité dès le Mésolithique, où les civilisations du
au

saint dont elle porte

Bronze ancien élevèrent des
8.

fortifications.

Grotte du Claux, dite de

Lubac ou des Auberts, à Gorniès (Hérault), dans les gorges

Vis, et rivière souterraine de Labeil à Lauroux (Hérault).
9. Surtout les Causses de Blandas-Montardier et du Larzac.

de la

Louis Balsan a écrit de ce
qu'il n'était qu'une «vaste nécropole hallstattienne où les tumulus voisinent avec les
dolmens». A Cazevieille (Hérault), au pied du Pic Saint-Loup, le Groupe des Chênes-Verts a
fouillé une nécropole de 93 tombes sur 12 km2, livrant un riche matériel hallstattien.
10. Comme la nécropole des Fados à Pépieux (Aude) fouillée par O. Taffanel.
700. Fouilles du Groupe archéologique Painlevé (H. Prades). L'important port de
11. Vers
Lattara a probablement joué un grand rôle dans l'évolution des populations hallstattiennes
locales, mais cette influence est encore diversement appréciée.
12. Au Castellas de Nages (Gard), l'enceinte fortifiée a livré des traces d'occupation inin¬
terrompue du Néolithique à l'Age du fer. A Ensérune (Hérault), on trouve jusqu'à neuf couches
de cendres superposées, qui indiquent l'âpreté avec laquelle cette cité fortifiée fut convoitée
et conquise successivement par diverses peuplades de l'Age du fer.
13. Groupe d'Études et de Recherches Spéléologiques et Archéologiques de Montpellier.
Pour tous contacts, s'adresser à Aici e ara, qui transmettra.
dernier

-

�Culturo

Es

poupulàri

e

demagougio

bello provo

de duberturo d'esperit, de toulerànci e de
baiado pèr A ici e Ara en durbènt si coulouno en tóuti li grafio, l'óucitano courue la mistralenco. Es pas en se piquant sus l'esquino entre nautre qu'apararen nosto culturo. Lou tèms e lou pople faran la trio e la
meiouro grafio s'impausara d'esperèlo à l'usage.
Que, coume que siegue, d'un caire coume de l'autre, n'i'a
qu'aquésti que soun pas segur d'èstre li tenènt de la bono qu'an
la feblesso d'agarri lis autre. A leva di terme scientifi soun jamai
li « saberu », li catau, nimai li proufessour qu'an enventa de neoulougisme, mai es lou pople que, sènso s'esquicha li carnavello,
trobo lou mot o la loucucioun que s'endevèn estra emé sa pensado : aqui fau crèire à la «generacioun espountanèio ». Ço
qu'es verai pèr la lengo l'es tambèn pèr la grafio.
Un bel eisèmple nous es esta baia pèr un ami que travaio à la
S.N.I.A. à Marignano. Èro tout un fube de catau, francés e
estrangié que viravon à l'entour d'un elicouptero e que cercavon
un noum pèr un trau qu'es dins la co de l'engin ounte an plaça
l'eliço verticalo d'un proutoutipe. À n'un moumen douna, un
oubrié que travaiavo eila, sènso escouta ço que disien lis autre,
diguè à-n-un de si coulègo : « Fais-moi passer cette clavette qui
va dans le fénestron. » Un engeniaire l'ausiguè e lou mot faguè
fourtuno. Es desenant ansin que sus li plan ouficiau, aquéu trau
uno

courage tout au cop, que nous es

fenestroun ».
Se voulèn garda la vido à nosto lengo, es vers lou pople que
fau cerca la verita, e particulieramen encô di païsan ounte la
es nouma «

lengo parlado

es encaro

bèn vivènto emé

fau mesfisa dóu lengage literàri que
dins tóuti li lengo — es diferènt dôu
Es

aqui

que

voudriéu tira l'uei
31

—

sa

sabo

e sa

sabour. Se

en prouvençau coume

parla poupulàri.
dangié que mena-

sus un grave

�la respelido de la lengo nostro. D'ùni que i'a, de cantaire, de
«pouèto», d'escrivan, en bousco d'aquelo sabo poupulàri se
soun cresegu que pèr retraire lou pople falié èstre groussié, escalabrous, desboucassa e dire de pourcarié. Es faire escorno au
pople e, en demai, prouva uno descouneissènço founso de l'èime

ço

prouvençau.

pople prude, sian un pople pudi.
biais d'apela li causo pèr soun noum, e tau
mot qu'es groussié en francés l'es pas en lengo nostro, e que
tout naturalamen uno femo que s'es toumbado d'assetoun vous
dira : «Ai li gauto dóu cuou touto amalugado.» Engardèn-se
de crèire que sian de pessuguet. Naturalamen galôi, fasèn pas la
bouco en cuou de galino quouro nous n'en conton uno qu'es
pebrado. Citarai l'eisèmple de la cansoun de Frederi Lis Aigalado, qu'es uno cansoun clafido d'imour, un estùdi de la subrevivènço dóu prouvençau dins lou parla francés de Marsiho ; l'ai
adeja escri, e ai fa passa mànti cop à l'anteno* aquelo cansoun
que m'agrado forço e que li causo ié soun apelado de soun
Avisen-se que se sian pas un

Soulide qu'avèn lou

noum.

Mai pamens, «pebra» vôu pas dire groussié nimai vulgàri.
Siéu pèr de bon acipa quouro ausisse de cansoun o legisse de
libre que fan que de parla de « merdo », de « caga », de « quéli »,
de «castapiano» e àutri pourcarié.
Siéu escalustra dins moun dintre, d'abord que place mai aut

lengo di troubaire ; mai tambèn d'aquelo trahisoun qu'acrerespèt dis estrangié lou dire di franchiman que lou pople
de Prouvènço es fa de gènt de nàni que soun inferiour.
À l'ouro d'aro, que d'ùni journau redegi en francés laisson
uno pichoto plaço à nosto lengo, tant coume à la radio e mai
que tout à la televesioun ounte l'image parlo soulet, fau assouludamen douna un retra de nosto culturo que la descare pas.
la

dito à

Nosto toco

es

redoutablo

amor que

sian la darriero chanço

pèr nosto civilisacioun e que nous fau atalenta lou mounde fin
que prengue counsciènci de la valour de nosto culturo.
Es fini lou tèms di cascareleto, di souveni de ma jouinèsso, di
vers à l'aigo nafro. Li média nous an dubert uno porto sus lou
mounde. Pèr ié passa, nous fau prouva que sian encaro un
« pople fièr e libre».
Andriéu

"L'autour

(N.D.L.R.).

es

respounsable dis emissioun

en

ARIÈS.

lengo d'O de FR3 Marsiho

�Marcèl

Carrièras,
rengatjament d'una vida

Es ambe fòrça tristum qu'avèm après la dispareguda, en Arles, le
dimarç 2 de novembre de 1982, a l'atge de 71 ans, del nòstre amie
Marcèl Carrièras, que fosquèt un collaborator fidèl d'Aicí e Ara. Siaguèt enterrât dins l'intimitat a La Santas, ont s'èra retirât en 1971. Avià
perdut sa femna fa just qualquas annadas e son filh, Pau-Domenge,
qu'èra oficièr dins la marina mercanda, en 1978, dins de circonstàncias

dramaticas.
Podèm pas

daissar passar un tal eveniment sens dire un bricon çô que
siaguèt la vida e subretot l'ôbra d'aquel Occitan arderós e apassionat,
ja pro conegut per totes les que s'interèsson a la cultura nòstra. Volèm
tamben rendre, dins aquesta revista qu'aimava, l'omenatge piós que
s'amerita Marcèl Carrièras al lendeman de sa mòrt, omenatge d'amistat
e testimòni de fidelitat per un ôme que, dempuèi gaireben cinquanta
annadas, luchava sens s'alassar per defendre e aparar sas idèas. Es pas
a Aici e Ara que nos planhirem d'una tala actitud de vida !
Tolosan de còr, de lenga e d'esperit, Marcèl Carrièras èra nascut dins
la vila rôsa a la débuta de l'annada 1911. De la meteissa generacion que
sos companhs Lesaffre, Barta, Còrdas, Camprós, eta., siaguèt mesclat
pro jove al movement occitanista que grelhèt a l'entorn de las annadas
1930 en Lengadôc, butât e sostengut per l'Escòla Occitana, per la
revista Òc puèi per le jornal Ocdtània.
Recebeire de l'Enregistrament, deguèt mai d'un côp partir luènh del
Pais. (Anèt duscas dins las Ardènas), mas se mainèt sempre de conservar ligams estreits ambe le bolegadis occitanista. Escolan a Tolosa, avià
militât dins las còlas estrambordantas dels Esludiants Ramondencs puèi
avià bailejat en 1936 l'Amistança Codolin. Carrièras nos contèt pel
menut aquela crana aventura dins Aid e Ara*.
Cepon afogat de l'Escôla Occitana de Tolosa, ont avià rescontrat e
seguit sos mèstres (Anglada, Estieu, Salvat, Perbôsc), escriguèt long¬
temps dins la revista Lo Gai Saber ont, aquelas darrièras annadas, tenià

*Cf. numerô 6 (febrièr de 1980) e numéro 7

33

(mai de 1980).

�practicament la critica musicala. Mai d'un côp guierdonat per l'Acadèmia dels Jòcs florals, èra tanben devengut membre de l'Acadèmia de
las Sciéncias, Inscripcions e Bèlas-Letras de Tolosa. Pauc aprèp sa
retirada a Las Santas, siaguèt elegit membre de l'Acadèmia d'Arles.
Membre actiu de l'I.E.O., aquò l'empachava pas d'èsser un discipol
de Mistral e un simpatisant del Felibritge ont, de segur, s'aviá volgut,
auriá fait una polida carrièra. Tota sa vida collaborèt a un fum de jornals e de revistas de tota mena. Cresi que dins sos escrits a totjorn

independéncia, una originalitat de pensada e una seguretat
fasiân un òme plan a despart, un critic solid,
savi vigilent dont se contestava pas gaire ni la paraula ni l'escrit.

mostrat una

de documentacion que ne
un

Marcèl Carrièras daissa

una òbra pro importanta, d'un extraordinari
plan le mot eclectisme que qualifica e pintra del
d'aquel ôme d'una curiositat sempre despertada, servidaper una teneson aguda e un grand socit de destriar la vertat.
Cresi que son primièr libre es un pichon recuèlh de poèmas en òc
titolat Pimpaneletas de mon òrt e publicat en 1936 en çò de Doladora
a Tolosa. Venguèron dins la seguida de contes (Còrs de mainatges,
Fenolh le violonaire, 1938), una mesa al punt istorica (La crosada
contra les Albigeses, 1938), una transcripcion poëtica en lenga nôstra
(Ronsasvals, 1938).
Al lendeman de la guèrra, balha una tièra d'estudis literaris, lingiristics e folclorics, sens debrembar sas preciosas antologias : Pages choi¬
sies des écrivains languedociens du XVIIe siècle (1946), La foire de
Beaucaire (1949), Pèire Godolin (1949), Soldats et soudards dans la
littérature occitane intermédiaire (1951), Le roman occitan et catalan
du XVIe au XXe siècle (1951), Quelques poètes protestants de langue
d'oc au XVIe siècle (1947), Folklore et traditions du Midi de la France
(1954), Anthologie des poètes occitans (traduction en langue espagnole,
1950), Cantares de ontem (anthologie portugaise, 1963), Glaudi Pei-

eclectisme. Car
melhor l'accion

es

ròt...

Aprèp

la poësia occitana (Jdcs de vida, 1966), comença
un subjècte fins ara pauc conegut e
pauc fosigat : la musica occitana. Aquô nos val en 1972 sa bêla Histoire
de la musique occitane de 1550 à 1800, que fa totjorn autoritat e que
constituis un tablèu fôrça detalhat d'aquel tèma. Recentament, aviá
publicat dos estudis menimoses a la Societat de Musicologia del Lengadôc : Franz Liszt en Provence et en Languedoc en 1844, e Chants et
danses de marins et mariniers du languedoc.
Carrièras aviá fait d'Arles, l'antica ciutat imperiala, sa segonda
patria ; consacrèt a son passât qualquas bonas regas (Lorsque Arles
était port de mer, 1973), sens oblidar Las Santas ont ara dormis per
l'eternitat (Les Saintes et les Saintois au XIXe siècle, 1980). Ai dit que
a

un retorn a

donar escrits de bona valor subre

Marcèl Carrièras èra un mistralenc conscienciós e esclairat ; nos o provèt ambe sos articles tocant le fédéralisme de Mistral e le problèma de

34

�l'ortografia provençala. Furnaire impénitent, sabi que trabalhava dempuèi d'annadas a fargar una antologia de las òbras d'Emili Barta.
Amie Carrièras, podètz ara vos pausar en patz. Avètz
complit, e plan
complit, le prètzfait pas totjorn aisit de la vòstra vida. Avètz menât, a
la vòstra mesura, la batèsta que caliá. Ensajarem de contunhar.
Joan

FOURIÉ.

DU NOUVEAU DANS LA PRESSE D'OC

Depuis novembre 1978, aicI

s'impose comme
plus régulières et les
plus exigeantes. Abordant sans parti-pris tous les
problèmes qui nous inquiètent, nous passionnent ou
excitent notre intérêt, elle joue un rôle déterminant
dans la vie occitaniste et sert de plus en plus souvent
une

des

revues

e ara

occitanes les

de référence.

Plus axée que par le passé sur

les questions d'or¬
culturel, mais tòujours indépendante de tous
partis ou tous mouvements, aicI e ara est surtout
soucieuse d'objectivité et de réalisme.
aicI e ara est une revue qui fait parier d'elle: son
indépendance irrite les chapelles, son ton libre scan¬
dalise les tartuffes. Elle est libre de ton et d'esprit.
aicI e ara est bilingue. Pour les articles en occitan,
tous les dialectes sont acceptés, en orthographe
dre

occitaniste
pays
tous

ou

mistralienne. Diffusée dans tous les

d'oc, elle est le lieu d'expression privilégié de
qui ont quelque chose à dire.

ceux

�A ici e ara vous présente
la première carte murale de
L'OCCITANIE
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Format 90 X

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15 coloris

60,5 cm. Papier couché mat 150 g.
soulignent le relief et les aspects géographiques

de l'Occitanie.
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noms restitués à l'occitan vous font redécou¬
vrir villes et villages, rivières et lacs, cols et montagnes,
terroirs et provinces historiques du Pays d'oc.

Plus de 2000

légende en 6 parties permet une lecture facile de la
grâce à 41 symboles relatifs aux aspects économique,
historique et culturel de l'Occitanie.
Pour les passionnés d'Histoire, les principaux personnages
illustres d'Occitanie sont portés sur la carte, à l'endroit de
leur naissance. De nombreux faits historiques détermi¬
nants le sont également : ainsi apparaissent clairement les
châteaux et batailles de la guerre albigeoise, les dates d'an¬
nexion des provinces, etc.
La limite de la langue occitane est indiquée clairement,
village par village, en tenant compte des enquêtes les plus
précises des meilleurs linguistes.
Une mini-carte de l'Europe linguistique, en cartouche, fait
ressortir l'ensemble occitano-catalan parmi les différentes
familles de langues.
Une

carte,
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Complète, précise, instructive, la carte de l'Occitanie per¬
découvertes passionnantes. Elle s'adresse
non seulement aux Occitans de toutes régions, mais égale¬
ment à tous ceux qui sont attentifs aux patrimoines originaux
de l'Hexagone.
met une foule de

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Aicí e ara (CCP Montpellier 255 59 C).

ou

�Problèma del potz e del bolet

Imaginem qu'un inventor génial pòsque concebre una maquicapabla de forar lo glôb terrestre d'un cap a l'autre. Pensèssem pas a la lava, nimai a las ròcas en fusion que bolisson al
centre de la tèrra
o, tôt al mens, imaginem que se pòscon
contenir pel biais d'un betonatge del potz. Nos pausem pas de
questions sus l'utilitat d'un tal projècte : ben pro se sap que las
pus bêlas causas son las que servisson pas a res.
Imaginem, per acabar, qu'un bolet d'un diametre inferior al
del trauc siá escampat dedins. Tombarà. Pasmens, arribat a
l'autre pôl, al cap de sa tombada, l'imaginariam mal s'envolant
del bas cap al naut — o, per milhor dire, del soi cap al cèl — per
s'i perdre, car la lei de la pesantor seriá grossièrament traïda. Es
que tornariá tombar dins lo potz ? Seriá pas aqui qu'un biais
ninôi de desplaçar lo problèma, que mancariá pas de se tornar
pausar dins los meteisses tèrmes, un côp tornat lo bolet al pôl
na

—

opausat.
A aqueste punt

de l'expausat, lo legeire normal deu començar
de questions, e de se servir una autra aspirina. Per
li esparnhar d'inutilas ipotèsis, precisem, avant de contunhar,
que lo bolet seriá de matèria plastica — per defugir tôt fenomèn
magnetic —, e que ges de fretada seriá d'envisatjar entre el e las
parets del potz, car aquesta faussariá l'experiéncia.
Aquô establit, tornem a nôstres afars. Es que lo bolet demorariá immobil al punt central situât a mièg-camin dels dos pôls ?
Aquô's luènh d'èsser segur, car un trauc que fariá comunicar
dos punts opausats del glòb seriá generator d'un terrible corrent
d'aire
atal coma dès fenèstras plaçadas a dos punts opausats
d'un ostal. D'unes reborsièrs poirián estimar que lo bolet seriá
tròp pesuc per que lo corrent d'aire que disèm l'influéncie de
cap de biais (atal, un corrent d'aire domestic fariá volatejar un
de

se

pausar

—

37

�fuèlh de papier, mas jamai de la vida una bôcha de petanca...).

Pasmens, dins lo cas que nos ocupa, una tala ipotèsi seriá pas
d'envisatjar : la forma esferica de nôstre objecte, amai son dia¬
mètre inferior al del trauc, empacharián son estabilisacion a
mièg-camin, car aquestas condicions rendrián optimala la penetracion dins l'aire, atal coma sa mobilitat prealabla e la vitessa
fantastica

ont

Benlèu,

ço

seriá arribat.

diretz, qu'aqueste bolet, indécis, farà sens fin
los dos traucs... Pasmens, tôt plan comptât,
aquesta ipotèsi tanpauc es pas bona. Efectivament, arribat a
proximitat del pòl B, la pression atmosferica jogant a partir del
pôl inicial A seriâ la pus fôrta, a causa de la distància ja percorreguda pel bolet, e aquò rendriá impossible ges de retorn provocat per la pression provenent de B. Pasmens, avèm vist que la
lei de la pesantor enebis la possibilitat que lo bolet se pôsca
escapar per cap d'orifici. E sèm aqui tornats al punt de partença
d'aqueste problèma fort délicat.
Forçadament, i a una solucion. Mas çô pus simple, benlèu
ben, seriâ de se reténer de forar un trauc traversant la tèrra d'un
cap a l'autre. Atal, los fisicians insomniacs poiràn poblar lors
nuèits blancas amb quicôm mai que de motons.
l'anar-venir

entre

LO

BUÒU.

AVIS
AUX COLLABORATEURS
ET CORRESPONDANTS
D

AICÍ

E ARA

Nous prions nos aimables collaborateurs et correspondants de
bien vouloir respecter, dans la présentation de leurs écrits, les
recommandations suivantes :
1°

Taper les textes à la machine, à double interligne ;
à gauche

2° Laisser suffisamment de marge, à droite et
3° N'écrire que sur un côté de la feuille ;
4° Ne pas

écrire

en

lettres capitales les

d'œuvres citées ;
5° Joindre une illustration (dessin,
que faire se peut.

noms propres ou

;

les titres

photographie) chaque fois

�Poèmas
de Zefir Bôsc

Surgere
Es

primalba
montarà l'imor,
alen rufe del soi
que vos fa 'stremesir,
vapor linda de gleba
qu'enaira son miraih.
a

que

De la

clespa eissagada,

sorgent de la misèria,
vendrà l'ima del vent

subta e nos prens,
l'anma viva
fissa al prigond del còr.
que nos

senior que

Dels

chaples doblidats
qu'una memòria a fach trescondre
s'entreveirà la tuba

al brutlat de la boiga,
e lo rajar dels dsses vièlhs
mesclats als rocs del caire
totes rebats de morts

qu'un temps
entre lausa e

Mas quora

enrausarà

confits
rasiga.

nos a

lo solelh

sos

rais

l'aigaci trespialant
39

:

�s'estirarà del

fons,

aprimfialat,
per sempre entrevescar

las
Es

anmas e

a

que

los

cosses.

primalba
sorgirà l'imor,

remembre soscadis
d'un temps

desalbirat,

renadiva susor
d'una tèrra vencida.

A Vescota del vent

Escotarai lo vent, companhon de solesa
Que sus la barta en flor cantussa al mes de mai ;
Serà l'amie vengut d'un aluenchat délai,
Lo que,

val fons del

cur,

m'emprena de belesa.

Ausirai lo bresilh de la canta cortesa
Adralhada jol buf de son primièr relai :
Auboriva combor que brèça tornarmai
Lo branduèlh regrelhat de la nalta planesa.
Mas lo mormolh

florit,

quora vendrà l'auton,
l'anma renadiva
Aurà fugit, cap bas, jos la frescor tardiva.

S'escantirà solet,

car

Alara, rambalhat dins un piéger canton,
Solitari lo vent trevarà, rondinaire,
En esperant lo jorn que tòrne calinaire.

�La

femna nuda

Dins la cramba escura s'ausis pas cap de bruch.
Un ridèl a clugat l'uèlh blanc de la fenèstra
E

fa polsar le jorn le long de la paret.
Un parpalhòl bronzina, perdut dins le piafon,
Cercant un rai amie de clartat solelhosa.
Dins un veiron, una flor passida clina le cap
E sembla, de sas labras moissas,

Chumar un poison sens color.
Alongada sul lèit, la femna nuda dormis.
Sos pelses negres i vénon dins la boca
E i amàgon le front.
Fan una taca fosca sus la blancor del coissin.
Son det trauca l'escuresina umorosa ;
Mòstra una aurièra invisibla,
Senhal de vida e de paciéncia.
Sa

peitrina marmulha un cant tan doç
son coflament embelina la nuèit.
Milierats de mans la vénon amanhagar,

Que

Milierats de bocas la vénon calinhar.
Cuèissas dobèrtas, ventre eau,
La

femrta somieja dins

un

pantais

pesuc.

L'evòri de las cambas lusls,

Potonejat per le tredolament de las amas.
D'aqu'unes còps, la femna sospira,
Desnosa son braç e daissa sa boca entredobèrta.
Sus una cadièra bassa sa farda es aqul gitada.
Defòra l'estiu matrassa les tets
A fait calar ornes e aucèls.
Le cèl redòla als caires de l'orisont.
A

val,

delà la cabeladura dels cipressièrs,
infinida aleteja.
Las moscas volatejan al ras del soi.
La femna nuda a tornat sospirar
E perseguls les raives que crèmon sas tempes.
La susor i deu banhar l'esquina...
La

per

mar

Joan

FOURIÉ.

�Nouvelles brèves

ÉLECTIONS

EN ESPAGNE

Les élections

législatives espagnoles, en novembre dernier, ont vu
politiques : Le Partido socialista obrero
espanoi (P.S.O.E.) a balayé tous ses concurrents, les grands perdants
une

redistribution des forces

étant les centristes de l'U.C.D.
Cette situation, du point de vue des nationalistes basques et cata¬
lans, est doublement négative. Tout d'abord, la défaite des centristes a
fait du parti franquiste Alianza poputar la seconde force politique de
l'Etat, prête à tirer profit d'une éventuelle déception populaire (car les
promesses démagogiques des socialistes risquent fort de n'être pas
tenues). En second lieu, le succès du P.S.O.E., promoteur d'une loi anti¬
autonomiste, qui a fait couler beaucoup d'encre et de salive, ne peut
enthousiasmer ceux qui jugeaient déjà excessif le poids politique de
Madrid sur les minorités nationales de l'Etat espagnol.

ADRIEN UND ROBERT IN DEUTSCHLAND
Le 6 novembre dernier, la chaîne de télévision allemande Sildwest III
diffusa, à une heure de grande écoute, dans son intégralité et en version
originale sous-titrée, le long-métrage occitan de J.-P. Denis, Histoire
d'Adrien (cf. Aici e ara n° 10, première série, p. 62). Le film était rebap¬
tisé, pour la circonstance : Die Geschichte von Adrien.
Le Tages Anzeiger Magazin, quant à lui, a publié dans son numéro 49,
du 11 décembre 1982, un long reportage de Peter Frey intitulé : Okzitanien, eine verschuttete Nation («Occitanie, une nation enterrée»). Notre
confrère fait, avec beaucoup de compétence, et sans optimisme exces¬
sif, le tour de la question.
Le professeur Robert Lafont, qui n'est plus, hélas pour lui ! prophète
en son pays, pose en dernière page,
l'œil pensif.
Nos amis allemands, on le voit, sont plus ouverts au fait occitan que
nos

compatriotes d'outre-Loire.

42

�PALMES

ACADÉMIQUES

A

Piquepoul, lors de la dernière École occitane d'Été, notre collabo¬
Rapin a reçu les Palmes académiques des mains de
M. Loubès, inspecteur d'Académie. En décernant cette décoration à un
enseignant et militant occitaniste très en vue, l'Education nationale a
rateur Christian

sans

doute voulu faire

un

geste symbolique. Chacun reste libre d'en

apprécier la portée.
Mais qu'en est-il des promesses socialistes concernant
ment de notre

langue ? Ceux

portés

l'enseigne¬

pouvoir croientils que nous pourrons supporter longtemps encore leurs atermoiements ?
que nous avons

Les hochets distribués ici et là

nie. Avez-vous

une

ne

sauveront pas

au

notre langue de l'ago¬

parole, Messieurs les socialistes ?

PRÈMI
Lo dissabte 27 de novembre se decerniguèt a Perpinhan lo « Prèmi
del Rei en Pere», créât per las dos seccions del Cercle d'Agermanament

Occitano-Català. La jurada, acampada a la

comuna de Perpinhan, al
d'una longa deliberacion balhèt lo prèmi de 100000 pessetas a la
jove Occitana Adelina Isac, per son òbra La Drilha, que narra las
relacions, dins las universitats miègjornalas, entre estudiants occitans e
catalans dins la darrièra epôca del franquisme. Adelina Isac, qu'a ja
publicat d'ôbras poëticas e teatralas, demôra prèp de Sarlat, en Peirigérd.

cap

DISPARICION DE

JOSÈP

VAYLET

La negra dalhaira, coma la sonava Forés, ven encara de trucar. Aqui
qu'aprenèm la môrt, dins le corrent del mes de décembre de 1982, del
majorai roërgàs Josèp Vaylet, qu'èra dins sos 89 ans. S'es atudat doçamenet a Espalion, la vilòta ont viviá dempuèi
fôrça annadas, ont aviá
fondât son famés musèu etnografic e ont se deviá ongan festejar la

Santa-Estèla.
Darrièr membre fondator vivent del Grelh Roërgàs, èra tanben
membre fondator de la Cabreta del Naut-Roèrgue e majorai del Feli-

britge dempuèi 1955. Daissa una ébra de valor inegala ont puntéjon
pr'aqué libres de bona vena, coma sos Proverbes et dictons rabelaisiens
(1975 e 1981) o sos Presics de l'abat Badaruca (1976), que son de tèxtes
galéis, ries de chue e d'esperit, dins la tradicion galharda occitana.
Cal pas desseparar l'ôbra escrita del Vaylet de son ébra materiala,
qu'a quicém de remirable. Aquel amorés apassionat de son terraire
avià, a l'exemple de Mistral, passai quitament sa vida a cercar, amontairar, classar e presentar un fum de causas dont l'interès folcloric —

43

�dire istoric — a creissut ambe le temps. Tota aquela rejoncha
d'objèctes desparièrs, mas revelators d'una civilisacion, es ara al musèu
d'Espalion e podètz creire que la visita val le desplaçament. Sarà aqui,
de segur, le trabalh de Vaylet que durarà le mai e que salvarà son nom
per pas

del debrembièr.

Senhalarem per acabar que Dôna Maria-Paula Grégoire consacrât en
a la vida e a l'òbra del
majorai Vaylet un polit libre plen d'entre-

1981

senhas,

pòt comandar dirèctament al musèu d'Espalion. (Se
d'aquel obratge dins lo n° 1 d'Aici e ara.)

e que se

rendèt compte

JOSÈP DENGÈRMA
Es

un pauc tardièrament qu'avèm après
la môrt, l'estiu passât, dins
vilatge de Suc-e-Sentenac (Arièja) de l'escrivan Josèp Dengèrma.
Nascut en décembre de 1904, èra sord dempuèi l'atge de sèt ans, e
passèt sa vidassa coma pastre dins la val de Vicdessés.
Se l'estil e l'inspiracion de Dengèrma èron pas totjorn d'un nivèl
plan naut, quna lenga druda e imajada emplegava ! Quna aisidesa de
pluma ! Quna sinceritat e quna fe ! Son òbra, interessanta e fôrça personala, se meritariá d'èsser descobèrta milhor.

son

CIGALA DE GARONA

Es lo majorai Robèrt Joudoux que porta desenant la
Cigala de
Garona, qu'illustrèt avant el nòstre paure amie Rogièr Barta. Robèrt
Joudoux es professor de francés e d'occitan a Tula, al licèu Edmond
Perrièr. Es el que reviscolèt, en 1961, la vièlha revista Lemouzi, fondada en 1893 pel famés abat Josèp Roux.
Sèm segurs que lo novèl majorai serà digne de son illustre
predecessor.

R.-P. et J.-F.

�Vient de paraître

Henry Chevalier :
ÉLÉMENTS POUR UNE ÉCOLOGIE POLITIQUE
(«Ende Doman» éd., Riscle, 1982. 158 p.)

Militant écologiste vivant dans le Gers, zoologiste et préhis¬
torien, Henry Chevalier a voulu condenser dans un ouvrage un
certain nombre de réflexions et de données de base concernant

l'écologie sous tous ses aspects et ses implications politiques.
Après avoir donné une définition du terme dans les milieux où
il s'exerce (végétal, aquatique, animal, humain), l'auteur se livre
à une série de démonstrations faisant intervenir l'écologie dans
les différents contextes de ses actions, depuis son application
dans l'agriculture et les productions énergétiques jusqu'à ses
incidences au niveau politique en passant par l'écologie du
quotidien.
Un ouvrage bien fait, clair, précis, documenté, qui m'a paru
dresser un bilan objectif de la situation en France et qui, tout en
dénonçant les excès d'une société de consommation démente,
propose des solutions raisonnables et réalistes. Un livre qui
interpelle, fait pour provoquer une réflexion de fond. A méditer
et à ne pas sous-estimer.
Jean

N.B.

Prix franco

—

rouau,

:

39 F.

(« Ende Doman

32400 Riscle).

45

»,

FOURIÉ.

La Bertrande, Fusté-

�Sous la direction de

Joaquim Nadal Farreras et Philippe Wolff

:

HISTOIRE DE LA CATALOGNE

(Privât, Toulouse, 1982. 559 p.)

Tout comme l'Histoire d'Occltanie publiée en 1979 chez
Hachette, l'Histoire de la Catalogne que nous proposent les
éditions Privât est un ouvrage collectif. Cette façon d'écrire
l'histoire semble se généraliser, et nous le regrettons. En effet,
une telle méthode rend impossible la nécessaire cohérence,
l'indispensable unité qu'on est en droit de réclamer dans ce
domaine. Les dix-huit auteurs qui ont travaillé à cet ouvrage (et
qui, tous, sont d'éminents universitaires) ont certes donné le
meilleur d'eux-mêmes, mais l'ensemble donne une impression
de décousu.
L'on pourra objecter que la multiplicité des regards est une
garantie d'objectivité. Pourtant, le manque de cohésion ne
saurait être une vertu ; d'autre part, l'histoire d'un pays est un
tout qui demande, pour être exposé, une vision globale ; la
seule objectivité possible dans le domaine historique consiste
donc à multiplier les points de vue sur ce tout, non pas à coudre
ensemble, dans un patchwork historique, des contributions étri¬
quées, des points de vue partiels entre lesquels redites et
contradictions
Il

ne

sont pas rares.

s'agit donç pas là d'une véritable histoire de la Cata¬
logne, mais bien plutôt d'un recueil d'articles (excellents) écrits
par diverses sommités, qui ne saurait en aucun cas concurren¬
cer les travaux magistraux d'Aulesta Pijoan, Rovira i Virgili ou
Ferran Soldevila. Mais ceux-ci écrivaient à une époque où les
ne

historiens étaient

encore

des humanistes et

non

pas, comme

c'est
tes

trop souvent le cas aujourd'hui, des «scientifiques» adep¬
de la spécialisation à outrance et de la division tayloriste

du savoir...

Ajoutons pour finir que l'époque contemporaine est traitée
quelques pages, véritablement «expédiée» pour la forme, ce
qui contribue à déséquilibrer un ouvrage qui n'en avait pas
en

besoin.
Rémi PACH.

46

�LAS CANÇONS DELS TROBADORS
Melodias publicadas per Ismael Fernández de la
Cuesta,
tèxtes establits per Robèrt Lafont.
(I.E.O., sector scientific, Tolosa, 1979. 837 p.)

L'édition des troubadours existe, et il faut en
parler. On y
trouve, pour chaque mélodie, le texte du premier couplet accom¬
pagné d'une traduction en quatre langues, et les principales
variantes. L'appareil critique — références des manuscrits et
des mélodies déjà publiées — est impressionnant.
Mais qu'en fera l'heureux acquéreur? S'il est un
peu musi¬
cien, ou s'il est chargé de réaliser un disque de musique médié¬
vale, il tentera de lire la musique et de chanter.
Première constatation : si les principes orthographiques et la
métrique des poèmes sont expliqués, on reste sur sa faim pour
ce qui concerne la
musique, comme s'il s'agissait là d'un point
secondaire. Il manque notamment un glossaire des termes
musicaux du

Moyen-Age.

Seconde constatation

: les auteurs, qui font une
opération
transcription graphique, et une autre avec la
transcription musicale (rien n'est vraiment sûr quant à la trans¬
cription des demi-tons sur les vieux manuscrits
donc quant à

audacieuse

avec

la

—

la structure modale

et il existait peut-être des quarts de
tons, comme dans les chants de Taos Amrouche), reculent
devant la transcription rythmique, et disent qu'on ne peut rien
savoir à ce sujet. Or, ce qui n'existe pas s'invente, et nous ris¬
quons d'avoir droit aux troubadours en forme de roumba, ou de
jazz...
La présentation est faite toutes notes égales, avec des liai¬
sons pour les notes chantées sur la même
syllabe. La notation
carrée
ou neumatique —, d'origine, est placée au-dessus de
la portée, en rang d'oignons, pour permettre au lecteur d'inter¬
préter le rythme, s'il le peut. Mais ces neumes ressemblent à
des poissons hors de l'eau et, sans portée, les notes isolées ne
veulent plus rien dire. Enfin, les clefs d'ut (ou de fa) sont mises
au début de la portée moderne, pour indiquer s'il y a transposi¬
—,

—

tion

ou pas.
Dire que la rythmique du Moyen-Age ne peut
revient à affirmer que la phonétique ancienne n'a

47

être connue
rien de com-

�mun avec la phonétique moderne. Pourtant, la notation neumatique est également utilisée pour le chant grégorien, ce qui
signifie que sa lecture est enseignée par une tradition ininter¬
rompue. Elle ne marque pas des durées de métronome, ou un
rythme régulier de batterie, mais l'enroulement de la voix, l'al¬
ternance de points d'appui et de notes plus légères, le tout avec
une grande précision. On pouvait traduire en notation moderne,
avec des notes plus ou moins grosses et plus ou moins distanciées, peut-être en soulignant les points d'appui. La vieille
notation, ainsi, aurait pu parler d'elle-même. Telle qu'elle est
présentée, sa principale utilité est d'embellir les pages.

Il ne manque pas, en Occitanie, de moines savants qui
auraient pu être consultés à titre pédagogique, tout anticlérica¬
lisme bu. Et nous avons quelques musiciens. Ont-ils été consul¬

l'indique. Et les musicologues ? Nous en avons,
ne s'en doute peut-être pas.
L'opération ne devait pas être uniquement de prestige. Elle
devait être une opération pédagogique, destinée à rafraîchir la
musique ancienne. Espérons néanmoins qu'un «manuel du
chanteur» suivra, et qu'il ne s'agira pas là de trobar dus.
tés ? Rien
comme

ne

le lecteur

Nora CARON.

Alex et Janine

Bèges :
BÉZIERS
La chapelle de musique

LA VIE MUSICALE A
Tome

premier :
de la Cathédrale Saint-Nazaire

(Société de Musicologie du Languedoc, Béziers, 1982, 258 p.)

Musicologues avertis, Janine et Alex Bèges se firent connaî¬
en 1978 quand le C.I.D.O. de Béziers publia leur étude bio¬
bibliographique sur Alexandre Guibal du Rivage. Les intenses
recherches qu'ils ont menées depuis sur l'activité musicale
biterroise les ont incités à nous offrir aujourd'hui le premier

tre

volume d'une

œuvre

considérable

1580 à

:

la vie musicale à Béziers de

1914, travail fourni et dont l'intérêt n'est pas à démontrer.
Sa publication est prévue sur cinq tomes.

48

�Le

présent ouvrage, que les auteurs ont voulu

consacrer

à la

chapelle de musique de la cathédrale Saint-Nazaire, s'ouvre sur
un aperçu historique, culturel et
socio-économique de Béziers
et de

son

diocèse

aux

XVIIe et XVIIIe siècles. Sont ensuite étu¬

diés de

façon extrêmement détaillée l'organisation de la maî¬
trise, la maison de maîtrise, la vie quotidienne au chœur, la
chapelle de musique, les maîtres de musique, les organistes, le
tout suivi de notes annexes substantielles : biographies, biblio¬
graphie, index...
Il s'agit là d'une monographie pratiquement exhaustive et
qui
apporte une lumière nouvelle — et bien souvent inédite
sur
un thème historique jusque-là fort
peu exploité. Un remarquable
labeur de spécialistes qu'apprécieront les connaisseurs.
—

Jean

Marcel Carrières

FOURIÉ.

:

CHANTS ET DANSES DE MARINS
ET MARINIERS D'OCCITANIE
(Société de Musicologie du Languedoc, Béziers, 1982, XX-60p.)

Escrivan de lenga nôstra dempuèi las annadas trenta, Marcèl
Carrièras, que ven de defuntar, se faguèt conéisser mai que mai
en 1972 quand publiquèt
sa famosa Istòria de la musica occitana
de 1550 a 1800, qu'es un mèstre libre, que les amators consúlton
totjorn amb profièit. Avèm ja présentât dins aquestas colonas
sa plaqueta subre Franz Liszt en Provença e Lengadòc en 1844.
Le darrièr libre publicat per aqueste musicolôg de tria es donc
un crâne recuèlh de cants e danças de marins. Son aqui menimosament amassadas, amb paraulas e musica, un bon trentenat
de particions que cobrisson tôt l'airal miègjornal, de Gasconha
a la côsta liguriana. Una larga introduccion analitica assabentarà utilament los legeires.
La culhida que Carrièras a faita en posant dins D. Arbaud,
J.-F. Bladèr, S. Trabucq, Cantaloba, Guilhaumièr e tantes
autres, manca pas d'originalitat, dins les tèmas tant coma dins
l'escritura, ont la lenga nôstra pren tôt son ample. Aici donc un

49

�libre que

dobrís

un

bèl talh dins

un

subjècte fins

ara pauc

fosi-

gat.

Personalament, m'agradariá de saber s'existísson cançons o
danças tocant mai precisament als carrassièrs, radelièrs, menaires que, duscas a la fin del sègle passât, carregèron le mond
subre flumes

ribièras occitans.

e

Joan

André

Hampartzoumian

FOURIÉ.

:

GENS DU LANGUEDOC

(Editions «Images d'Oc», Montpellier, 1982. 111 p.)
Après Les Vignes de la Mer*, voici Gens du Languedoc. André
Hampartzoumian récidive. Venu de loin — moins, toutefois, que
son nom ne le laisserait supposer —, il a su fixer sur pellicule
une certaine vision du Languedoc.
Entendons-nous bien, il s'agit ici du vrai Languedoc, celui des
hommes, non pas le pays des traditions figées ou du tourisme
estival. Voici une marné sortie de notre enfance, portant un
fagot de bois mort sur ses épaules voûtées ; des gamins qui
gribouillent sur un mur, à l'école de la rue ; des punks coiffés à
la huronne, devant un agent en képi ; un charbonnier au visage
de Christ ; de fiers caraques bien moustachus, bombant le tor¬
se ; quelques petits piches, noirauds et maigrichons, autour
d'un flipper.
Amour rime avec humour : voici, dans une rue, trois braves
ménagères qui discutent tandis que deux chiens, au second
plan, s'appliquent à perpétuer l'espèce des bâtards. Insolite, ce
garde-champêtre lançant ses «aviss», muni du traditionnel tam¬
bour et d'un moderne micro. Anachronique, cette vieille brandis¬
sant un crucifix, portant sur son visage ravagé le poids de
siècles d'austérité et de foi. Autre Eglise : le café. La religion du
ricard elle aussi a ses rites. Et, que veut-il nous dire, cet unijam¬
biste

nu sous

Le vrai
*Cf. Aie!

la douche d'un vestiaire d'usine ou de stade ?

Languedoc, c'est tout cela pêle-mêle

e ara n°

8

(première série), août 1980.

50

:

visions instan-

�tanées des gens

de chez

nous et de ceux venus d'ailleurs, qui
s'intégreront — Dieu seul le sait. André
Hampartzoumian n'a rien d'un photographe de cartes postales.
Par un jeu subtil de contrastes,
d'oppositions, d'anachronismes,
nous

détruiront

ou

il nous donne d'un monde en pleine mutation —
tiraillé entre le
passé et le futur, la stabilité et l'évolution
une image bien peu
conventionnelle, parfois provoquante, parfois réconfortante,
mais toujours juste.
Les légendes de ces photographies, écrites
par de célèbres
écrivains régionaux, n'ajoutent pas grand-chose
à l'œuvre de
l'artiste. Elles valent pour ce qu'elles sont : des exercices de
style. Les instantanés d'un Hampartzoumian n'ont nul besoin
d'être légendés.
—

Rémi PACH.

COMA DE PÈIRAS PELS CHAMPS
Contes de la Marie

(I.E.O. Cantal &amp; Ostal del Païsan, Loubaresse, 1982. 77 p.)

Dire de notre culture

populaire orale qu'elle est en train de
renaître, comme le fait Bernard Giacomo dans sa préface aux
contes de Marie Chevalier, c'est faire preuve d'un optimisme
assez déconcertant. Si l'essentiel de notre
patrimoine oral a pu
être recueilli, la transmission de ce trésor ne s'effectue plus, et
ne pourra plus jamais s'effectuer de
façon vivante. Qu'on le
veuille ou non, la télévision a définitivement remplacé les
conteurs d'antan, les veillées au coin du feu, et tout ce qui fai¬
sait le charme d'une certaine civilisation. Cette transformation
d'un savoir oral vivant en un savoir livresque figé pour l'éternité
est

évolution inéluctable, qui concerne l'ensemble du
civilisé, lequel vit actuellement une mutation d'une
ampleur exceptionnelle.
Prenons-en notre parti, et estimons-nous heureux que de
patients folkloristes et ethnologues, depuis le XIXe siècle, aient
battu les campagnes pour sauver de l'oubli tant de richesses.
Aujourd'hui, bien qu'il soit difficile de recueillir autre chose que
les bribes d'une tradition qui déjà n'est plus actuelle, nous disune

monde

51

�d'un énorme avantage, dont tous les chercheurs
auraient rêvé : la possibilité de fixer pour tou¬
jours, non seulement le sens, mais aussi le son et l'image.
posons pourtant
du siècle passé

Les occitanistes du Cantal ont

eu une

autre chance

:

celle de

découvrir, en la personne de Marie Chevalier, qui vit dans la
Margeride, une conteuse au répertoire assez exceptionnel
pour notre époque, tout au moins.
Marie Chevalier a donc été filmée en vidéo, enregistrée sur
bande magnétique. Ce livre est la transcription littérale de l'en¬
registrement. On y découvrira une langue brute, vivante, natu¬
relle, bien que quelque peu dénaturée par une transcription
graphique assez difficile. La faute n'en revient pas aux auteurs,
mais à la nature d'une orthographe trop axée sur l'occitan méri¬
dional, et qu'on ne peut utiliser pour noter les dialectes plus
septentrionaux sans multiplier les « méridionalismes» et les
conventions de lecture. D'où ce paradoxe : si Marie Chevalier
pourra être lue par les lettrés occitanophones de presque toutes
les régions, ses compatriotes les plus immédiats, à qui l'on n'a
jamais appris à lire leur langue, ne pourront jamais procéder au
décryptage.
On peut également regretter que Marie Chevalier ne soit pas
mieux «située». On ne connaît ni son âge, ni son village ; on ne
sait rien de la vie qu'elle a menée, sinon quelques anecdotes
insignifiantes. Les ethnologues d'aujourd'hui prennent pourtant
soin de multiplier les renseignements utiles sur l'«informateur».
Malgré ces défauts — qu'il fallait bien signaler — Coma de
pèiras pels champs est un livre utile, car il sauve de l'oubli une
parole qui bientôt s'éteindra.
—

Rémi PACH.

Sous la direction de Gérard Cholvy :
LE LANGUEDOC ET LE ROUSSILLON

(Coll. «Civilisations populaires régionales»,
éd., Roanne/Le Coteau, 1982. 531 p.)

Horvath

Cet ouvrage

appartient à la collection «Civilisations populai¬
régionales». En fait, ce serait plutôt une histoire de la vie
quotidienne en Languedoc de l'Age de la Pierre à nos jours.
res

52

�L'aire couverte est à peu près celle du
moins son prolongement entre

parler languedocien,
Gascogne et Limousin, sans le
Cantal, qui est d'Auvergne, et avec la Cévenne, plus souvent
classée

comme nord-occitane dans sa partie centrale. Quoi
qu'il en soit, ce découpage est très défendable, et imaginatif
par rapport aux régions officielles. Les collaborateurs sont tous
des universitaires et, à une exception près, travaillent dans
l'espace géographique dont ils parlent.
On note, au premier abord, l'agréable présentation d'un volu¬
me de typographie aérée et fort bien
illustré, mais en contre¬
partie fort cher. Le ton est résolument moderne et vivant. Par
exemple, on nous parle de la «petite bourgeoisie croupion»
sous les Wisigoths, ce qui abolit le sentiment de distance face
au passé.
Le livre est d'emblée situé par rapport à divers
ouvrages d'his¬
toire occitane, perçus ici comme un tout. En faitf il faudrait dis¬
tinguer l'histoire engagée et annonçant la couleur, faite par
Espieux ou Nelli, de l'histoire se voulant scientifique de l'His¬
toire d'Occitanie (un livre dont Aici e ara a largement exposé, à
l'époque, les mérites et démérites). Le parallèle peut être éclai¬

rant.
Au

risque de surprendre, je dirai que ces deux ouvrages butent
obstacles, qui tiennent aux conditions pratiques
du travail universitaire dans un contexte d'idéologie dominante.
(Cette idéologie impose, par exemple, aux auteurs de l'Histoire
d'Occitanie, la litote. On écrit ethnie pour peuple, espace pour
pays... Bref, le fil conducteur de la démarche reste plus ou
moins latent.) Il faut paraître rationaliste, et trouver quelques
mythes qui se puissent critiquer. Ces mythes doivent être ceux
intériorisés dans l'espace"étudié, et non ceux du regard scien¬
tifique.
Prenons un thème-clef : celui des troubadours, qui exprime la
seule époque où le Languedoc occitan pouvait penser, créer,
vivre par lui-même, et exportait en Europe sa poésie avec sa
langue*. Il fait l'objet, dans ce livre, d'une réduction à coups de
clichés fort à la mode dans les milieux universitaires, y compris
occitanistes. Ce ne serait qu'une culture de classe... Et les
variations sur ce thème servent à force démagogie en direction
des milieux féministes. Nous lisons même que la plupart des
sur

les mêmes

importance capitale, est d'ailleurs traité, dans cet ouvrage, d'une façon
rapide et superficielle. Il est pourtant la clef de voûte de notre civilisation médiévale, et
représente une étape décisive dans l'histoire des mentalités occidentales (N.D.L.R.).
*Ce thème, d'une

assez

53

�troubadours n'étaient pas languedociens. Cette erreur surpre¬
nante s'explique par le fait que notre auteur ne sait pas que le

«limousin» était

une koïné comprise partout, et que les «jon¬
gleurs» devaient adapter phonétiquement à leur gré. La sou¬
daine disparition de cette culture — qui n'est pas axée que sur
l'amour, mais aussi sur la révolte sociale et politique — n'est
pas expliquée comme le résultat d'une guerre de conquête où
les cathares (en effet minoritaires) ont servi de prétexte au Pape

et au Roi.

histoire

finira pas d'être

écrite, tant que le fil
été trouvé. Peut-être faut-il creuser le
concept de civilisation. Ici, il n'y a pas seulement une culture
populaire vivante. Il y a eu davantage. Allez donc voir la condi¬
tion de la femme, dans des pays qui n'ont pas eu de trouba¬
Notre

ne

conducteur n'aura pas

dours !
Marie-Claire VIGUIER.

C.I.D.O.
etZIEBS

L'abondance des services de presse est responsable
du retard de parution de certains comptes rendus.
Nous prions MM. les lecteurs et MM. les éditeurs de
nous en excuser. Nous rappelons, en

bien vouloir

outre, qu'il ne saurait être rendu compte dans cette
rubrique que des ouvrages et disques expédiés à
notre adresse postale :

AICÍ E ARA, B.P. 9007,
Montpellier-Cedex

34041

�Périodiques

òc
Revista de las Letras

(2,

rue

Ôc, dont

on

e

de la Pensada occitanas

de l'Ancien-Courrier, 34000 Montpellier)

pouvait déplorer jusqu'à une époque récente la
linguistique, s'est mise à la page. Le trop pointil¬
Christian Rapin, qui remplissait avec un scandaleux excès

bonne tenue
leux

de zèle les fonctions de correcteur, ne fait plus partie du Conseil
de Rédaction. Le respect de la langue écrite étant une attitude

foncièrement rétrograde, réactionnaire, élitiste et passéiste, on
ne peut que se féliciter de son éviction. Ôc est désormais au
bon

niveau, c'est-à-dire au troisième sous-sol du laisser-aller
linguistique, terre sainte des occitanistes «branchés».

—

Souhaitons toutefois que MM. Max Rouquette et Max Allier
respectivement directeur et secrétaire de rédaction — puis¬

sent aller

plus loin dans leur utile entreprise. En effet, malgré

leurs efforts méritoires, on lit encore dans Ôc quelques rares
lignes convenablement écrites. Ce n'est pas scandaleux, mais
un

petit effort s'impose pour normaliser rapidement et définiti¬

vement la situation.

Sylvia REBIÈRE.

55

�VOLÈM VIURE AL PAÏS
Occitania
N° 45

-

Décembre 1982

(34, Bd Marcel-Sembat, 11100 Narbonne)

De tous les

journaux politiques occitans, Volèm viure al Païs
apporté à la mise en
pages, les illustrations de qualité qui égaient ses pages, nous
éloignent du misérabilisme auquel la presse militante nous
est certainement le mieux réalisé. Le soin

avait habitués.

Malheureusement, le ramage ne vaut pas le plumage. Le
V.V.A.P., qui édite ce journal, n'a rien appris, n'a tiré
aucun profit des échecs successifs qu'il a subis. Il est toujours
«socialiste» et dogmatique, soumis à la Gauche française au
point qu'il envisage, comme le révèle l'éditorial de ce numéro
45, de «rentrer dans des listes d'union de la Gauche [pour les
prochaines élections municipales], comme cela s'est déjà fait
mouvement

en

1977».
Emouvante naïveté...
Giancarlo SCHMIDT.

L'OCCITAN

Aicí

e ara

ten per

D'AICÌ E ARA

acabadas totas las contèstas sul biais

d'escriure. La novèla generacion a quicòm mai a far. Totas
las varietats de
vestit

lenga d'ôc

«occitanista»
de

mens

Aici

o

«

son

aici acceptadas, dins lor

mistralenc

».

Recomandam

pas-

defugir los dialectalismes inutils.

e ara

tèn

d'escriéure.

La

pèr acabado tóuti li countèsto sus lou biais
novo generacioun a quaucarèn d'autre à
faire. Tóuti li paria de la lengo d'O soun aceta, eici, dins
soun

vièsti

pamens

«

ôucitanisto»

vo

«

mistralen

de defugi li dialeitalisme inutile.

».

Recoumandan

��N° 4

(seconde série)
Février 1983.

SOMMAIRE

ÉDITORIAL : Occitanisme et Félibrige (J. Fourié)
Les lecteurs

....

5

écrivent

nous

À prepaus dóu Felibrige (P. Roux, Capoulié)
TRIBUNE LIBRE

9

Les Gascons et la Vasconie

:

17

(F. Pedemay)
Les civilisations
méditerranéen

Culturo

préhistoriques du Languedoc
Il (J.-P. Paloc, E. Brun-Micallef)
-

poupulàri

e

demagougio (A. Ariès)

Marcèl Carrièras, l'engatjament

(J.

del bolet (Lo Buôu)

31

37
39

Bôsc)

La femna nuda (J.

Vient de

23

33

Problèma del potz e

Nouvelles brèves

....

d'una vida

Fourié)

Poèmas (Z.

1

41

Fourié)
(R.P. et J.F.)

paraître (N. Caron, J. Fourié, R. Pach,
Viguier)

S. Rebière, M.-C.

Périodiques (S. Rebière, G. Schmidt)

Photo de couverture

:

André Hampartzoumian.

42

45
55

�LO SANG DE LAS PEIRAS
LO LEBERAUBRE

Supplément à

défendre

EN SOUSCRIPTION

picturaje

:

LO SANG DE LAS

UN CHEF D'OEUVRE

Depuis

DE UDLAR COMA UN CHEN MALAUDE,
COMA UN ENFANT PERDUT DINS LA NUECH,
COMA LOS CHENS A LA LUNA,
COMA UNA FEMNA EN LAS PENAS,
LAS AVETZ AUVIDAS LAS PEIRAS ? "

février 1983

EDITIONS

LO LEBERAUBRE
"

Per balhar de

musicale

suffisamment

las

ce

pays en

comme

Ce très beau livre de format
II X 18
dont
la réalisation
technique a été

confiée au maître imprimeur Virmouneix, représentera les numéros 8 «t 9
de la revue LO LEBERAUBRE
servi aux abonnés.

Bulletin à

découper

et a
LO LEBERAUBRE
Le Clozelou
24460
AGONAC

entière¬

et il

sera

retourner à

même temps qu'uni¬

verselle.

METEN DE UDLAR,

:

,

enracinée dans les siècles et nourrie
des
mythes, des fantasmes, des dits
et des silences qui ont
forgé notre
être pour gue, bien que personne ne

ment de

DELPASTRE

parution

été créé en 1975 pour
création littéraire

chacun la reconnaisse

POETIQUE DE

"QUAND LAS PEIRAS SE

et

a

puisse la définir selon les critères
habituels (classique ou moderne, dé¬
magogique ou êlitiste, facile ou ësotérique, réaliste ou fantastique...)»

PE1EAS
MARCELA

une

raiç

création, LO LEBERAUBRE

sa

publié des

a

de Marcel a Delpastre, Jan dau Melhau,Micheu Chapduelh,
Marceu Esquieu, Esteve Ros, Joan-Marc
Siméonin, Joan Ganhaire,Ives Roqueta,
Joan-Peire
Baldit, Renat Lariviêre,
P. Bigotto,Peir Parôt.Miquel Solhier,
Joan-Ives Rocheta, Domenica
Decomps,
Gisëla Chrétien, Bernât Combî, F:Gervasi, F. Bosqui, etc...
LAS EDICIONS DAU LEBERAUBRE
Outre
la revue, LO LEBERAUBRE a coëditë le "roman" de Micheu Chapduelh,
LA SECONDA LUNA, et envisage après LO
SANG
DE LAS
PEIRAS, la publication
de traductions en
occitan
de textes
anciens qui ont abondamment contribué

affaire

Héraclite
sont

BULLETIN DE SOUSCRIPTION

oeuvres

de nous__ce
,

que nous sommes :

_Empédocle et

déjà prêts.

Parménide

nom, prénom :
adresse :
*

déclare souscrire a
de
LO SANG DE LAS PEIRAS
15 francs,
...

*

exemplaires
au prix de

s|abonne au LEBERAUBRE à compter du
(abonnement simple pour 4

numéro
numéros

...

: 3o fr., de soutien
: a par¬
tir de 50 fr.)
*
commande
exemplaires de LA SEGONDA
LUNA
de
Micheu
Chapduelh au
...

prix de 30,00 fr.

(Cocher les mentions utiles.)
Ci-joint

un

chèque

de

...

à l'ordre de "Littérature et

francs
Culture

Populaires Limousines"
C.C.P. 2.014 81 C Limoges.
date et

signature

��Ouvrage

Souscription

en

Les chemins à travers les
Drailles, voies romaines
en

et

âges

abbayes

Cévennes et Bas-Languedoc
de

CLÉMENT

Pierre

Photos de Alain GAS
Editions

:

Les Presses du Languedoc
★

★

★

★

★

Au travers des

drailles, chemins muletiers, voies charretières, en passant par
les fondations bénédictines, clunisiennes et cisterciennes, un ouvrage qui
fait la synthèse des différentes civilisations qui, depuis plusieurs millénaires,
ont

façonné le visage du Languedoc contemporain.
★

★

★

★

Pierre CLÉMENT est l'auteur de Le Salavès (Languedoc Editions, 1953), Alès

Alain GAS

(SAED, 1975). Il collabore régulièrement

gens

à Causses et Cévennes

Les Presses du

et

a

illustré le livre de Jean-

Pierre Chabrol, Les Cévennes par ses

(Arthaud, 1976). Nombreuses
positions en Languedoc et à Paris.

à Midi Libre.

ex¬

Languedoc ont déjà publié : Le Théâtre Sacré des Cévennes,
L'Etang de l'Or, Les Cévennes racontées, etc.
DESCRIPTIF DE L'OUVRAGE

Format

: 17 x
23,5 cm. 400 pages. Plus
Une trentaine de cartes. Couverture

PRIX DE SOUSCRIPTION
PARUTION

PRÉVUE

de cent photos noir et blanc in texte.
quadrichromie sur reliure toilée.
:

145 F (franco de port)

pour LE 2' TRIMESTRE 1983.

BON DE COMMANDE
à adresser

aux

Presses du

33 rue Roucher

-

34000

Languedoc
Montpellier

M

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exemplaire(s) de l'ouvrage de Pierre Clément

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LES CHEMINS A TRAVERS LES AGES
au

CI-JOINT UN

prix de souscription de 145 F (frais de port inclus)
CHÈQUE (BANCAIRE OU POSTAL) DE

:

F.

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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Aic&amp;iacute; e ara&lt;/em&gt; contient des enqu&amp;ecirc;tes, des articles de r&amp;eacute;flexion et de critique ainsi que des textes litt&amp;eacute;raires afin de d&amp;eacute;montrer comment sont li&amp;eacute;es les diverses manifestations, culturelles et sociales, de l'occitanisme moderne.&lt;/div&gt;</text>
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              <text>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;Aic&amp;iacute; e ara&lt;/em&gt; conten enquistas, articles de reflexion e de critica mas tanben de textes literaris, per tal de mostrar cossi son ligadas las diversas manifestacions, culturalas e socialas, de l'occitanisme moderne.&lt;/div&gt;</text>
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