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                  <text>Jean-Raymond FANLO
Professeur émérite
Centre interdisciplinaire d’études des littératures d’Aix-Marseille

L’humanisme , la Réforme et la révolution du livre

Conférence donnée lors des 12e Rencontres du Patrimoine historique
« La révolution du livre : XVe-XVIe siècle »

Per citar aqueste document / Pour citer ce document :
FANLO, Jean-Raymond. L’humanisme, la Réforme et la révolution du livre. In
HISTOIRE ET CULTURES EN LANGUEDOC. La révolution du livre : XV-XVIe
siècles , 11-12 octobre, Béziers, Salon-de-Provence [En ligne]. Béziers : CIRDÒCMediatèca occitana, 2020. Disponible sur : &lt;http://occitanica.eu/omeka/items/
show/22931&gt; (Date de consultation)

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L’humanisme , la Réforme et la révolution du livre
Jean-Raymond Fanlo, Professeur émérite Centre interdisciplinaire d’études des
littératures d’Aix-Marseille

Humanisme peut signifier trois choses : d’abord une attitude de bienveillance
philanthropique ; ensuite un courant philosophique moderne, que le Trésor de la Langue
Française définit en ces termes : « Attitude philosophique qui tient l'homme pour la valeur
suprême et revendique pour chaque homme la possibilité d'épanouir librement son humanité,
ses facultés proprement humaines. » Ce sens du mot Humanisme est attesté dans le
Supplément de 1882 au dictionnaire de Littré : « 2 Théorie philosophique qui rattache les
développements historiques de l'humanité à l'humanité elle-même, [Revue critique, 5 sept.
1874, p. 156] ». Je laisserai de côté ces deux premiers sens, pour me concentrer sur le
troisième, c’est-à-dire sur l’ancien humanisme, ce mouvement intellectuel de la Renaissance
qui associe des esprits comme Erasme, Rabelais, Thomas More, et qui a voulu renouer avec
l’antiquité gréco-latine. Il a profondément marqué l’Europe au début des temps modernes.
Feuilleter ce chapitre d’une histoire maintenant ancienne permet de comprendre ce que nous
avons conservé de ce passé, et invite aussi à réfléchir sur la façon dont nous devons le
repenser aujourd’hui.
Ce n’est pas un mouvement littéraire, au sens étroit du mot. Les humanités, les litterae
humaniores, les savoirs humains par distinction avec les litterae divinae, les savoirs qu’on
pense reçus de Dieu, recouvrent l’ensemble des disciplines qu’ont traitées les Grecs et les
Latins : l’histoire, la grammaire, les sciences naturelles, l’architecture… Sans doute, dans leur
volonté de redécouvrir ces savoirs, les humanistes ont-ils cultivé des disciplines qui seront
considérés plus tard comme littéraires, l’étude des langues anciennes, la science des textes (la
philologie) ; jusqu’au XVIIIe siècle, humaniste signifiera bon connaisseur du grec et du latin.
Mais l’humanisme porte un projet de connaissance plus vaste.
Il est indissociable d’un certain rapport au temps. Pour le XVe ou au XVIe siècle, les
savoirs et les arts ont fleuri pendant l’antiquité avant de disparaître à cause des invasions
barbares, et il faut les faire renaître, les rénover. C’est ce que dit le terme de Renaissance. Le
temps étant perçu comme dégénérescence, amnésie, pollution, le progrès passe par un retour à
un passé mythifié. La culture a donc connu la même révolution que celle qu’a connue la
religion avec les réformes protestantes : pour le protestantisme, la révélation évangélique a été
déformée et dénaturée par les hommes et doit être réformée ; pour la culture, la civilisation
gréco-latine a été détruite et doit revivre. C’est à cette époque que s’est donc inventé ce
curieux fait culturel qui s’est reproduit à différentes époques: faire du neuf, au XVIe siècle
comme au XIXe siècle, consiste à refaire de l’ancien : la mairie de Paris, la Maison Blanche à
Washington, le palais Longchamp ou la Major à Marseille, sont des bâtiments modernes qui
sont des à la manière d’un bâtiment ancien : d’un palais Renaissance ou d’une villa de
Palladio, qui lui-même imitait un modèle antique. Et quand le président Mitterrand veut
moderniser le Louvre en l’ouvrant sur la ville moderne, l’architecte Ieoh Ming Pei fait un
bâtiment moderne, en verre, mais en forme de pyramide, à la manière des Egyptiens...

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Innover, c’est revenir à une archéologie ; le monument moderne permet de descendre chez les
morts. De là, dans la culture, la vénération pour l’antiquité, la volonté de repenser à l’antique
les institutions politiques (Machiavel écrit que réformer une institution, c’est la ramener à sa
forme originelle), les fêtes (le triomphe à l’antique), le théâtre, l’architecture. De là
l’apprentissage amoureux du latin : Erasme n’écrit qu’en latin, Montaigne dit que le latin aura
été la langue de son enfance. Le latin était au Moyen Age une langue vivante, une langue
d’usage pour la pensée, pour l’enseignement, pour les correspondances. La Renaissance le
fige en voulant l’employer telle que Cicéron l’employait, 1500 ans auparavant. De là encore
la pratique généralisée de l’imitation : écrire, peindre, sculpter, ce n’est pas laisser parler une
inspiration actuelle, ni observer un modèle vivant, c’est imiter Virgile ou Phidias. Les grands
« peintres de la nature », pour Du Bellay, imitent « des anciens les ouvrages plus beaux ».
L’humanisme a vénéré les modèles anciens et pratiqué l’imitation. Il faut attendre la seconde
moitié du XIXe siècle et l’invention des modernités pour rompre avec cette tradition.
Ce mouvement est lié à un média, qui révolutionne le monde et la culture à cette
époque : l’imprimerie. C’est elle qui permet la fixation des standards littéraires, la diffusion
des modèles anciens par la gravure pour les sculpteurs et pour les peintres. Elle transforme le
champ du savoir, ses lieux stratégiques. Au XIIIe siècle, Thomas d’Aquin est au centre
intellectuel de l’Europe depuis une chaire de l’université de Paris. Au XVIe siècle, Erasme, qui
n’a pas de grands titres universitaires, est au centre intellectuel de l’Europe par la diffusion de
ses livres. C’est le livre qui permet aussi la circulation des textes dans toute l’Europe :
l’humanisme invente la république des lettres, une connexion de savants par delà les
frontières.
Cette nouvelle culture, ces nouveaux usages, ne sont pas dissociables d’une éthique, et
ont d’importants enjeux sociétaux. La philologie, par exemple, intéresse la religion et le droit.
Quel est le bon texte de la Bible, quelle est la bonne tradition de tel passage de la Bible ? La
Bible latine que l’Eglise utilise est concurrencée par des éditions humanistes, par les
traductions protestantes, mais aussi enrichie par le formidable travail polyglotte de la Bible
d’Anvers. Ces savoirs ont leurs incidences politiques : dans le premier livre de Samuel, le
prophète décrit au peuple qui demande un roi les exactions que ce roi commettra. Décrit-il ce
que le roi a le droit de faire, ou seulement de mauvais comportements ? Quel est le bon texte
du Corpus juris civilis, ce recueil de droit romain qui va souvent servir de modèle aux textes
législatifs ? La philologie est un préalable au droit ou à la théologie. Depuis le Moyen Age un
débat agite l’Europe : le pape a-t-il un pouvoir sur les différents états, sur le roi de France, ou
d’Espagne, ou sur l’Empire en Allemagne ? Le pape prétend que oui, et on allègue à ce sujet
une donation par laquelle l’empereur Constantin, au IVe siècle, aurait donné son autorité au
pape. C’est l’humaniste italien Lorenzo Valla, qui, en 1440, par une analyse textuelle, avec les
méthodes de la philologie, démontre que cette donation est un faux.
Mais au-delà de ces incidences juridiques, religieuses ou juridiques, l’humanisme a un
projet moral. La culture des humanités doit permettre à l’individu de construire sa véritable
humanité, qui n’est pas son état de nature, mais l’épanouissement par la culture. Des qualités
morales sont attendues : le mot humanitas, dans le dictionnaire de Calepino, signifie
courtoisie, douceur, bienveillance. La culture des lettres antiques doit donner ces qualités.
Une attention particulière est portée à la rhétorique, art de plaire, de convaincre par des
qualités de persuasion et d’argumentation, de conciliation, et par l’émotion : la logique
médiévale voulait seulement démontrer objectivement, comme un théorème mathématique.
La rhétorique passe par notre humanité sensible et crée une relation. L’enseignement
médiéval portait des savoirs. L’enseignement humaniste forme à une culture. Il veut préparer
à la vie dans la cité, à la relation sociale. Le savoir n’appartient plus à l’université. Il rayonne
dans la ville, et surtout des cours princières comme celle de François Ier. L’interposition de la
culture antique sert aussi à la prise de distance par rapport à l’événement. Si Ramus pense que

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les « jeunes gens apprennent des poètes et des orateurs non seulement à parler une langue
pure et à discourir avec élégance, mais aussi à penser avec acuité et à juger avec sagesse »,
c’est parce que cette discipline associe la réflexion et la juste distance dépassionnée. Le
meilleur historien des guerres de religion en France, Jacques-Auguste de Thou, écrit en latin,
avec tout ce que cela implique de dépaysement : il traduit tous les noms propres français
(lieux, personnes) en latin. Il présente son travail comme un véritable exercice spirituel, écrire
est une méditation : « in meditatione ac scriptione » . Le couple de mots est significatif :
coucher sur le papier les événements, soit, mais dans le cadre d’un « exercice spirituel »
(meditatio) pour se déprendre de la circonstance, de ses tensions et conflits, et accéder à un
point de vue supérieur.
La pratique des Lettres est ainsi devenue une école de pensée voire de vie dans la cité.
C’est sur ces fondements qu’à partir de Napoléon, la littérature est enseignée dans le
secondaire : on considère que son étude forme l’esprit, permet le jugement, l’argumentation
raisonnée. Au début du XXe siècle, Gustave Lanson organise la discipline de l’histoire
littéraire à l’université, mais il s’intéresse aussi aux petites classes de l’éducation nationale, et
publie dans des revues d’instituteurs : pour lui, l’enseignement de la littérature est
indispensable à la république.
Bien entendu, tout cela est pétri de contradictions : si la première Renaissance s’est
d’abord tournée vers Rome et Athènes, si la poésie devait s’écrire avec Pindare ou avec
Virgile et Horace, l’histoire avec Tite-Live ou Tacite¸ si l’éloquence passait par Cicéron et
Quintilien, ce retour à l’antiquité est contemporain du développement des nations et des états,
de la promotion des langues vernaculaires : Ronsard et du Bellay écrivent surtout en français.
Les livres, sources de sagesse que la peinture aime représenter dans des tableaux de Saint
Jérôme, saint Augustin qui sont aussi des tableaux d’humanistes dans leur cabinet de travail,
sont aussi un danger, et au tout début du XVIIe siècle, ils rendent fou Don Quichotte tandis que
Hamlet n’y voit plus que des mots (words, words, words). Les grandes innovations littéraires
du XVIe siècle sont souvent très éloignées des modèles antiques, qu’il s’agisse de l’Orlando
furioso de l’Arioste, de Don Quichotte, des Essais ou du théâtre de Shakespeare.
En fait, l’humanisme a été très tôt critiqué. La promotion des savoirs humains et le rôle
essentiel de formation morale qui leur est assigné, sont contemporains du sentiment aigu de
leur caractère dérisoire et dangereux. Le christianisme est très tôt anti-intellectuel, dès peutêtre le Christ qui parle pour les enfants et pour les simples plus que pour les philosophes, et en
tout cas avec Paul de Tarse, qui dit que la sagesse de Dieu est folie aux yeux du monde, et que
la sagesse du monde est folie aux yeux de Dieu, plus encore avec Augustin d’Hippone, qui
combat la prétention humaine à penser. Au XVe siècle, ces courants sont très vivaces. La Nef
des fous, l’Eloge de la folie s’y inscrivent. Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim,
humaniste, savant, médecin, écrit un traité De la vanité des sciences. Aujourd’hui on fait lire
aux élèves la lettre de Gargantua à Pantagruel, dans le Pantagruel de Rabelais : « Maintenant
toutes disciplines sont restituées, les langues instaurées : grecque, sans laquelle c'est honte que
une personne se dise sçavant, hébraïque, chaldaïque, latine; les impressions tant élégantes et
correctes en usance, qui ont esté inventées de mon âge par inspiration divine, comme à
contrefil l'artillerie par suggestion diabolique. Tout le monde est plein de gens savants, de
précepteurs très doctes, de librairies très amples. » Mais Rabelais est aussi un des premiers
écrivains français à intégrer le scepticisme antique avec le personnage de Trouillogan et à
jouer sur le caractère indécidable de toute proposition. Humaniste jusqu’au bout des ongles,
Montaigne est un anti-humaniste, et il écrit l’Apologie de Raymond Sebond pour révoquer en
doute toute possibilité de connaître. Au début du XVIe siècle, Erasme ou Brant ont fait du fou
un personnage littéraire. A la fin du siècle, il inspire tous les fous de Shakespeare et le plus
grand de tous, Don Quichotte. Le fou est l’autre visage de l’humaniste.

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Une inquiétude, une critique sont en arrière-plan, et Pascal, ou Dostoïevski la
développeront. Très vite, aussi, on veut rompre avec le culte des Anciens, on trouvera absurde
cette volonté d’avancer la tête tournée en arrière. Le romantisme cherchera une émotion plus
directe, l’imitation paraîtra alors un artifice. Les plus grandes œuvres de Ronsard ou de Du
Bellay, qui imitent de manière visible les grands modèles antiques, ont paru difficiles,
compassées, artificielles. Plus encore aujourd’hui où nous sommes dans une société
d’innovation et de rupture. Nous voulons former des enfants par la lecture de textes anciens,
nous pensons que nous leur apportons un patrimoine qui leur permet de mieux parler et écrire
et de mieux penser. Mais ils ne peuvent pas toujours lire ces textes, et ceux-ci ne leur parlent
plus. Comment réaliser un programme républicain avec des textes si anciens ? Lorsque
Nicolas Sarkozy a critiqué l’enseignement de La Princesse de Clèves, il a beaucoup choqué.
Peu importe qu’il ait eu raison ou tort : sa réaction à l’emporte-pièce est un symptôme. Il est
difficile de former la langue et le jugement avec un livre dont la langue n’est plus la nôtre,
dont les valeurs ne sont plus les nôtres.
Notre média n’est plus le livre, mais internet, avec toute une série de conséquences:
nous sommes une société de réseaux. La culture classique des chefs-d’œuvre est verticale :
l’œuvre est sublime, un génie l’a créé, elle nous vient d’en haut. Le réseau est horizontal.
L’œuvre est singulière. Le réseau est partagé. Nous lisons seul La Recherche du temps perdu,
nous regardons ensemble La casa de papel ou Breaking bad, nous en parlons avec nos amis
ou notre famille. L’humanisme littéraire n’appartient plus à notre monde. Bien entendu nous
pouvons et devons critiquer la culture des réseaux, au sein desquels tout le monde pense de la
même façon, nous pouvons nous inquiéter du fait que nous soyons tous révoltés au même
moment par la même chose, tandis qu’Anna Karénine ou Madame Bovary ont permis de faire
voir différemment l’adultère. Mais si comme l’explique Régis Debray le média conditionne
les pratiques, les sensibilités, force est de constater que nous ne sommes plus dans une culture
des œuvres, des livres. Dans le même temps, un autre constat s’impose : des œuvres
formidables autant qu’inacceptables comme celle de Céline révoquent en doute le lien entre
éthique et culture des humanités. A côté des textes de Voltaire ou de Zola contre l’injustice
religieuse ou antisémite, combien de délires racistes ou réactionnaires dans la littérature ? Elle
ne se confond plus avec une valeur morale ou sociale, elle s’est même souvent, parfois à son
plus haut niveau, voulue amorale, immorale ou asociale (Sade, Flaubert, Thomas
Bernhardt…).
L’humanisme a même été critiqué au XXe siècle au nom de la morale. Faire de
l’humanité un fait de culture, déclarer pleinement humain celui-là seul que les livres ont poli,
amélioré, transfiguré, revient à réserver la pleine humanité à quelques lettrés. A discriminer.
Lévi-Strauss a vu dans cet élitisme un allié objectif de la colonisation, voire de la disparition
des cultures non européennes, jugées sauvages, primitives, barbares, bref non humaines : il est
dangereux de mettre l’humain sous condition de culture.
Autre critique : le programme humaniste est patrimonial. Il était même, on l’a vu,
passéiste, et l’école l’a rendu nationaliste : il fallait revenir à Virgile ou à Cicéron, et dans les
lycées la classe de français, l’école de la langue et de la pensée, s’est tournée vers Racine ou
Voltaire. Ce rapport au passé et au passé national n’est plus le nôtre, on l’a vu. Le monde s’est
ouvert. Si le cinéma japonais ou le roman latino-américain restent somme toute proches de
notre univers, les arts dits premiers nous fascinent, un grand nombre d’écrivains
contemporains sont inspirés par le chamanisme. Le monde est divers, le monde est éclaté.
Nous y avons moins de repères stables : c’est peut-être qu’il y a diverses formes de
l’humanité.
Deux choses, encore : l’humanisme s’appuie sur des poèmes, des architectures, etc.
Aujourd’hui les plus grandes questions philosophiques sont posées par les sciences dites
dures : la controverse entre Einstein et Louis de Broglie sur le hasard dans la réalité, les

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neuro-sciences, l’analyse de l’ADN, l’intelligence artificielle posent les plus grandes
questions philosophiques d’aujourd’hui. Une meilleure formation à la culture scientifique est
indispensable. Elle n’est pas prévue par la culture des humanités.
Enfin on ne peut plus prétendre former l’esprit par l’examen d’œuvres humaines qui
parlent de l’humain. Nous réalisons aujourd’hui que les animaux aussi ont des émotions,
qu’ils connaissent des sentiments, qu’ils ont des raisonnements, comme l’explique par
exemple le primatologue Franz de Waal. L’humanisme classique, et la culture classique des
humanités, présupposent que l’homme seul est intéressant, et que, comme au premier chapitre
de la Bible, il est au sommet de la création. Peut-être devrions-nous penser l’homme non pas
dans sa propre culture, mais à ses frontières, dans sa relation aux autres espèces, et au monde.
Aujourd’hui, le temps est rupture, le monde est divers, nous nous inquiétons de toutes
les formes de la vie parce qu’elle est menacée par nous : nous ne pouvons plus considérer que
notre culture doit être à elle-même son propre objet. Montaigne est un immense humaniste
parce qu’il sape les bases de l’humanisme. Il faut préserver un rapport amoureux et lucide aux
œuvres de l’esprit, mais avec d’autres préoccupations, d’autres formes de pensée, de
nouvelles exigences éthiques. L’humanisme n’a de sens que s’il se remet en question.

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              <text>&lt;a href="https://occitanica.eu/items/show/21509"&gt;Actes num&amp;eacute;riques des 12e Rencontres Internationales du Patrimoine Historique : "La r&amp;eacute;volution du livre : XVe-XVIe si&amp;egrave;cle", Histoire et cultures en Languedoc, B&amp;eacute;ziers, Salon-de-Provence, 11-12 octobre 2019&lt;/a&gt;</text>
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              <text>http://occitanica.eu/omeka/items/show/22931</text>
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              <text>Humanisme de la Renaissance -- Histoire et critique</text>
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              <text>&lt;p&gt;La conf&amp;eacute;rence donn&amp;eacute;e par Jean-Raymond Fanlo, Professeur &amp;eacute;m&amp;eacute;rite &amp;agrave; l'Universit&amp;eacute; d'Aix-Marseille, interroge la notion d'humanisme, d'hier &amp;agrave; aujourd'hui.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>&lt;p&gt;La confer&amp;eacute;ncia balhada par Jean-Raymond Fanlo, Professor &lt;span class="st"&gt;emerit de l'Universitat&lt;/span&gt; Ais-Marselha, interr&amp;ograve;ga la nocion d'umanisme, d'i&amp;egrave;r fins a u&amp;egrave;i.&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Ressources scientifiques</text>
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          <name>Contributeur</name>
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              <text>Histoire et cultures en Languedoc</text>
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      <name>Collòqui Histoire et cultures en Languedoc (HCL) = Colloque Histoire et cultures en Languedoc (HCL)</name>
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