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Setéme-Ouctoubre 1915

Les fêtes Félibréennes de l'Escole ôastcu-Febus en 1913

RÉUNION D'AUCH
C'est dans la capitale Auscitaine qu'avec un éclat particulier se sont déroulées les fêtes félibréennes.
Le nouveau Président de l liscole a le droit d'être fier
des collaborations gracieuses, distinguées, savantes qu'il a
trouvées auprès de la Municipalité, de la Société Archéologique du Gers, de nombreuses personnalités et citons ici
M. Bibal, auprès de tous ceux enfin qu'anime, unit l'amour
de la terre mayrane dont l'Escole est la personnification.
Le samedi soir a lieu une retraite aux flambeaux organisée
par le régiment de ligne d'Auch, tambours et clairons, le
régiment de cavalerie avait prêté son concours ; on se
massait devant la mairie. L'Ame de France flotte, heureux
prélude.
Le Dimanche 31 Août, les Félibres arrivent nombreux par
les premiers trains. Entre 1 h. 1/2 et 3 heures, se mettant à
la disposition du Président de l'Escole et d'un groupe assez
important, M. l'Archiprêtre de la Cathédrale, à l'amabilité de
qui nous ne saurions assez rendre hommage, veut bien, de
concert avec M. Lavergne, vice-président de la Société
Archéologique du Gers nous faire les honneurs de l'imposant
édifice. Quatre fois démolie, reprise aux fondements en 1489,
la basilique ne fut achevée que deux siècles plus tard en
1689, ce qui explique le désacord de style qui existe dans la
construction des tours et du porche avec le reste de la
Cathédrale.
Qu'on ne s'étonne point si je donne des aperçus. Le
Félibre a le culte du beau ; nous contemplons, nous admirons, et notre pensée va aux artistes qui avec tant de richesse
de conception, tant de fini, édifièrent des choses si merveilleuses. Tout félibre a le culte du passé, lien puissant qui le
rattache aux choses vécues.

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Mais voici une de ces merveilles : les Stalles du Chœur,
œuvre de la Renaissance qui ne peut trouver de similaires
que celles d'Amiens. Dans les boiseries les deux Testaments
se succèdent d'une manière distincte. L'étude des personnages appartenant aux deux Alliances fixe pleinement
l'attention. L'ancienne Alliance fait passer sous nos yeux
l'histoire de la Création, de la Chute originelle de nos premiers parents, de la Rédemption promise ; La nouvelle,
nous montre le Rédempteur venu, son œuvre, ses institutions.
Les personnages semblent plus fouillés les uns que les
autres : La Charité, Ste-Marthe et sa Tarasque, juges et rois,
prophètes et sybilles, anges, légende de la Porte dorée,
Calvaire, tout des chefs-d'œuvre. Sièges, miséricordes, parcloses, accoudoirs, museaux, dossiers et haut-dossiers,
contreforts, tout nous frappe.
Et l'œuvre est encore belle par les détails, motifs ciselés
avec un soin extrême. Légendes, mythologie symbolique,
fantaisie se donnent libre carrière. Une fantaisie ; trois
hommes, (trois bourreaux, on ne frappe pas les femmes par
qui tout s'idéalise) l'un avec une barre, le deuxième avec un
marteau, l'autre une massue, à coups redoublés frappent, sans
parvenir à la briser, sur la tête d'une femme renversée, irréductible; ce qui, au regard d'un entêté a donné naissance au
dicton : « Il a la tête forte comme la femme de la Cathédrale
d'Auch ». Je signale la stalle de la Couronne réservée aux comtes d'Armagnac, à gauche de l'entrée de la porte d'honneur,
et celle de l'Archevêque à la droite.
Et nous nous arrachons à ces merveilles car il en est
d'autres : les vitraux d'Arnaud de Moles, verrier du commencement du XVIe siècle qui, originaire de Mugron (Landes)
travailla à Nay, Auch, Fleurance, Lombez, St-Etienne de
Toulouse.
La série de ces belles verrières commence à l'est de la
porte septentrionale par l'histoire de la Création, Dieu
débrouillant le Chaos, puis faisant le premier homme d'un
peu de terre, et la première femme de l'une des côtes d'Adam
endormi. A la verrière delà chapelle de Notre-Dame d'Auch,
figurent Madeleine et St-Thomas adorant le Sauveur ressuscité. Dans une frise on lit : LO XXV DE IHVN M V CENS
XIII FON ACABADES LAS PRESENS BERINES EN AV
NOVR DE DIEV DE NOTRE (sous-entendu DAME).

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Le XXV de juin 1513 furent achevés les présents vitraux
en l'honneur de Dieu et de Notre-Dame. Plus basées paroles
du Sauveur : NOLI ME TANGER (E) et la signature de
l'auteur : ARNAVT DE MOLES.
Dans cette chapelle se trouve le tombeau d'un Béarnais,
ancien Archevêque d'Auch, Monseigneur Antoine de Salinis
1856-1861. Il appartenait à un Béarnais de saluer sa dépouille
mortelle.
Egalement nous visitons la crypte ; là, un sarcophage du
VIe siècle fort curieux, de St-Taurin, qui porte les marques
du style Wisigothique : fleurs stylisées, palmettes. Ce sarcophage, transféré dans la crypte dès le XVIe siècle a été sculpté
avant l'existence del'évêque. —Nous faisons une promenade
à la vieille tour à plusieurs étages, d'où l'on jouit d'une vue
admirable sur la ville et les campagnes environnantes et où
l'on enfermait quelquefois les chanoines récalcitrants. Avantchœur, chœur, vitraux, cryptes, sarcophages méritent autre
chose qu'une mention: il faut les voir, les étudier, on en tire
de multiples enseignements. Par quel miracle ces richesses
ont-elles échappé aux ravages de la Révolution ! à Auch on
devait être conscient des belles choses !
Une des curiosités de la ville est l'escalier monumental
qui de la rivière accède à la Cathédrale.
A 5 heures commenceront les fêtes officielles. Le temps
de faire une promenade. Les allées d'Etigny sont bien tranquilles et les places et les rues. Que sera la fête? Que nous
amènera le train de 4 h. 1/2?
Les voilà nos amis, les félibres de Béarn et de Bigorre et
de Gascogne : Lalanne, le sympathique secrétaire-général de
l'Escole, impatiemment attendu, et Camelat, l'auteur de
" Beline" et de Cardaillac, et d'autres, beaucoup d'autres.
Nos mains se tendent vers eux, ils viennent se ranger autour
du Président aimé de l'Escole et de M. Bibal, le Président
d'Honneur, de Carrive le savoureux conteur.
La ville se réveille, la place de l'Hôtel de Ville s'anime de
façon extraordinaire. La population auscitaine se montre
sympathique aux Félibres venus pour célébrer leur attachement à la vieille Gascogne, à sa langue, à ses coutumes,
mus tous par une même foi, rattachés par un même idéal,
unis dans un même sentiment: l'amour.
La bannière de Gaston-Phébus flotte escortée de ses fidèles :

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Batcave, Lalarme, Bibal, Camelat, Carrive, Simin Palay.
l'abbé Laborde, Canton... Fébus aban. L'atmosphère est
saturée d'affection vive ; la communion commence.

Réception à l'Hôtel-de-Ville
Les Félibres furent accueillis avec une distinction et une
courtoisie particulière par le Député-Maire d'Auch, entouré
de la plupart des membres du Conseil municipal. Il fit à ses
hôtes les honneurs de la Mairie, de la salle du balcon, de la
salle des Illustres où un goûter était offert par la Municipalité.
On remarquait Madame Guillot, l'exquise reine de ces fêtes
entourée de ses six ravissantes dames d'honneur dontl'arrivée
fut saluée par des applaudissements répétés, les présidents
de l'Escole, la société archéologique du Gers avec son distingué président M. Lauzun, son vice-président M. Lavergne,
M. Despaux, trésorier. M. Bibal, Président d'Honneur;
M. Batcave, capiscol de l'Escole ; MM. Lalanne, (secrétairegénéral de l'Escole Gastou- Febus, Majorai ; Cassaët d'Eauze ;
Duphil; Docteur Sentoux ; Cournet, Trouette, Dauréan,
Castex, St-Arromain, conseillers municipaux ; Lagarde,
Bonassies, avocats ; Petitbon, inspecteur primaire et Mme
Petitbon ; Guillaume Pujos, conservateur du Musée et viceconsul d'Espagne ; de Cardaillac ; comte de Viforano ;
Carrive; Camelat; Palay; Branet; Félix Lavât, auteur dramatique, auteur " d'Athénaïs", joué au Capitole Théâtre de
Toulouse.
La salle des Illustres! Félibres, saluons bas, bien bas.
Voici les glorieux enfants de la glorieuse Gascogne. Saluons
ses Cadets, ses guerriers, marins, littérateurs, troubadours
et poètes. La province qui a produit de tels hommes a le
droit d'être glorieuse de son passé.
Par dessus ces pléiades de grands hommes, planant, nous
est apparue vivante, la figure symbolique de la Gascogne
que M. Bibal nous a montrée dans son " Histoire chronologique du vieux chàteau-fort de Mauvezin " jetant son cri.
« La Gascogne ne meurt pas »

�— 169 —
Et dans un discours éloquent, ému, persuasif, ajoutant
une page nouvelle aux annales si glorieuses de l'antique cité,
M. le Maire-député d'Auch, fait revivre ces gloires gasconnes.
Voici le texte du discours.
Mes chers Compatriotes,
Mesdames,
Messieurs.
J'aurais aimé, et c'eût été, n'est ce pas ? de circonstance, vous
recevoir comme eût su te faire jadis un médecin aussi, mais poète
patois, Géraud Bédout, qui tient une des premières places, je crois,
dans la pléiade gasconne par l'esprit et la verve sentant le terroir
dont nous aimons tant le parfum.
Je n'aurais peut être pas osé comme lui, car son lyrisme débordait d'enthousiasme pour sa ville natale, vous dire :
« Què noste bile d'Auch ei, auta plan per parla come hè, la mai,
« la princesse, la douts et la prumera bile de Gascougne. »
Mais j'aurais moi aussi célébré devant vous la beauté incomparable de notre langue et j'aurais répété ainsi qu'il fit :
« Jou diri quauques paraules en fabou dou lengatge gascoun,
« que la doussou, la majestat é la grazie se plazan d'accoumpagna
« talèu qu'un boun é franc gascoun aubrès la gorge per desplega
« sas pensades. »
Je m'excuse, et je suis le premier à le regretter, de mon inaptitude ou au moins de mon insuffisance à m'exprimer en vers patois
et j'essaie de vous traduire, très simplement, en français seulement
mais d'un cœur ému et d'une voix sincère, nos remerciements
empressés pour être venus en aussi grand nombre visiter notre
capitale de la Gascogne.
Vous avez compris, messieurs, que ces fêtes félibréennes, se
tenant tour à tour en diverses villes, avaient pour objet utile et
pour agrément de resserrer les liens de confraternité entre les
membres des Sociétés de notre province, et j'en appelle à notre
éminent président de notre Société Archéologique, je crois que
vous avez obtenu ce résultat. Vous stimulez aussi les progrès des
études locales et vous exhumez les documents archéologiques et
artistiques d'une histoire, dont vous êtes les plus intelligents
interprêtes.
De tout cela, nous vous avons, Messieurs, la gratitude la plus
cordiale, et nous vous en félicitons non seulement au nom des

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contemporains, mais au nom des hommes du passé, que vous
faites si bien parler et revivre.
Regardez-les messieurs, autour de vous, sur ces tableaux, les
disparus, les Illustres de notre terre natale.
Je sais que c'est une hérésie, et même une injustice, une cruauté
de pasticher les vers des poètes et je ne dirai pas comme Cyrano :
« Saluons, les Gascons, c'est toute la Gascogne. »
Mais, que vois-je ? je crois qu'ils vous remercient eux aussi.
Peut-être est ce une illusion, pour moi rendue excusable par le
désir et l'émotion : Tenez, ne semble-t-il pas que ces toiles ternies
et décolorées par le temps se sont animées d'un frémissement
imperceptible, les traits se sont détendus, les regards ont brillé. Ils
voudraient vous dire : Nous avons été les vaillants, les fils généreux
de cette Gascogne. A travers les siècles, nous avons combattu fièrement, les de Galard, les de Gontaud, les Pardaillan ; nous avons
inscrit en lettres d'or le nom des Armagnacs dans l'histoire, nous
avons été des Croisades,nous fûmes desgrands maîtres de l'artillerie
ou des arbalétriers, nous faisions partie des écuyers, sires et
capitaines d'Occitanie qui avons accompagné Jehanne la Pucelle,
comme Barbazan, comme Xaintrailles et comme Lahire, ce franc
Gascon de Comminges « prompt aux boutades et aux coups de
boutoir, routier, pillard et paillard, criant et riant en son patois
durant la charge ou l'escalade ». Nous nous sommes élancés à
l'assaut à côté dou nosté fleurie, en clamant si fort : « Pics et
patacs», comme le ditAder, que les ennemis s'enfuyaient épouvantés, et nous étions des plus fidèles compagnons du Roi galant
comme Roquelaure, qui était dans le carrosse, sur le marchepied
duquel monla Ravaillac au coin de la rue de la Ferronnerie.
Voilà ce qu'ils voudraient dire, car les Gascons étaient hommes
d'action et de guerre à cette époque et du Bartas s'écrie :
« Car ets an mes amat plan hè que plan parla. »
dans cette admirable pièce de vers où il fait parler alternativement
trois nymphes (latine, française et gasconne) venant saluer Marguerite et le roi de Navarre à leur entrée à Nérac.
Et Biaise de Monluc, là-haut dans ce coin, avec ses yeux de
flamme et son air farouche qui explique sa rudesse presque
sauvage.
Et plus près de nous, après une longue suite de maréchaux de
France, là, l'amiral de la Première République, Villaret de Joyeuse,

�né à Auch, qui monta le «Vengeur» avec tant d'héroïsme et
combattit les Anglais avec tant d'acharnement, et là-bas en face,
ceux de la Grande Epopée, les maréchaux de l'Empire, Lannes, de
Lectoure, le plus brave de l'armée, disait Napoléon, et Espagne
d'Auch, aussi tué, comme lui, par l'ennemi à Essling? Et de tous
côtés, des littérateurs, des membres de l'Académie Française, des
ministres, de Salvandy, Lacave-Laplagne, des présidents du Conseil, comme Dessoles ; là-bas, un général, qui fut à la Chambre des
Pairs un des défenseurs les plus actifs des libertés publiques.
Tous, messieurs, si c'était possible, vous remercieraient de leur
avoir rendu visite, d'avoir traversé celte succession de vais et de
coteaux que les jaloux trouvent quelquefois monotones et que nous
estimons pittoresques, d'avoir franchi ces « bigarrades montagnettes », comme dit Baron, encore un poète patois, né à Pouyloubrin,
mais qui pratiquait aussi le français puisqu'il devint maître èsjeux à l'Académie des Jeux-Floraux.
Messieurs, au nom de tous, au nom de la Ville d'Auch, au nom
des habitants du Gers, je vous renouvelle nos remerciements pour
le voyage que vous avez fait aujourd'hui vers notre chère Gascogne,
notre petite patrie, que nous aimons tant.
Je porte la santé d'abord à vous mesdames, gentes dames et
damoiselles, qui ferez revivre demain un de ces épisodes gracieux
qui piquaient d'une note de délicatesse et de charme la cour de
Marguerite de Navarre, puis à vous tous, Messieurs, les membres
de votre aimable Compagnie.
Messieurs, à la prospérité, et à l'éclat de l'Escole Gastou-Fébus.
« Dé bous toutis, amies, sarri la main et qué leuï lou beyre à
bosto santat ! »
Un triple ban saluait ces paroles.
Le sympathique Président de l'Escole répond :
Monsieur le Maire,
Lorsque le cardinal de Clermont-Lodève, un des plus illustres
prélats d'Auch, à qui sont dus le chœur et les vitraux de la cathédrale, faisait son entrée, en 1507, dans la ville, Me Vital de Bordali, le saluant en gascon au nom du corps municipal, dit :
Diu ÏOS don ton jorn e be siatz vengul ab tota la companlda.
Cet accueil courtois, cette aimable réception qui se complétèrent par un repas exquis, car, dit le procès-verbal, pranderunt
epulcutcr, Auch sait toujours les réserver aux amateurs de la langue, de l'histoire et de l'art, plus particulièrement lorsqu'ils

�viennent des pays voi- sins, heureux d'apporter leur salut amical
et fraternel aux Armagnaquais des coteaux du rude pays vineux.
Ce sont des paroles d'amitié que nous vous portons en efïet,
Monsieur le Maire, oublieux des luttes anciennes qui mirent aux
prises nos ancêtres lorsque les maisons de Foix et d'Armagnac
étaient en guerre. Ensemble nos seigneurs au xive siècle jurèrent la
paix en langue romane, disons gasconne, et, depuis lors nous
ayons vécu en amis. La gracieuse et lettrée Marguerite d'Angoulême, qui, suivant l'exemple des Valois, allait faire de sa cour de
Nérac et de Pau un centre de civilisation, un refuge des lettres,
apportait l'Armagnac aux d'Albret.
Certes votre fidélité fléchissait un peu.
En 1592 Henri IV, peu après que d'Esparbes de Lussan l'eut fait
rejeter hors des murs, y venait retrouver sa femme, une autre
Marguerite ; un enfant le harangua et aux consuls qui se rendirent au-devant de lui, offrant les clefs, il répondit de ce geste qui
lui assurait les dévouements indéfectibles : « Je n'en veux point,
gardez-les. »
L'union était faite désormais et comment en eut il été autre
ment? Ne sommes-nous pas frères ? Ne parlons nous pas même
langue? Votre Garros venait à Pau: nous vous donnions un
Bernard du Poey de Lucq en Béarn ; nous lisions vos d'Astros,
vos Ader, vos Bédout d'Auch.
De ces chantres de la terre natale nous reprenons la tradition.
Modernes troubadours, nous allons comme ceux qui au moyen
âge parcouraient notre région, passant de la cour des comtes de
Foix à celle des comtes d'Armagnac redire la chanson du pays,
l'amour du foyer natal, le culte de la petite patrie, pensant ainsi
faire aimer davantage France la douce, la grande patrie. Ces
accents vibrent encore en Gascogne, pays des soldats valeureux
et des grandes équipées. Votre Monluc s'écriait en efïet : « Il n'est
si bon soldat que le Gascon. »
Ce nous est un plaisir aujourd'hui, Monsieur le Maire, que
d être monté sur le haut de ce plateau et que d'y saluer cette
courtoise population auscitaine dont les titres de bonne grâce
sont anciens. Et au risque de passer pour pédant, si l'on est
pédant au jourd'hui pour oser encore citer du latin, je rappellerai
que déjà Ammien Marcelin disait autrefois : Novempapulanos Ausct
commendanl et Pomponins Mêla ajoutait : Aquitanorum clamai mi
sunt A uscii.
Je bois, Monsieur le Maire, à la Ville d'Auch.

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Une double salve d'applaudissements salua les paroles de
M. le Président, les Félibres tenant à souligner ainsi leur
vive gratitude pour l'accueil si franc et qui se fera de plus
en plus cordial jusqu'à la fin de ces fêtes.
Puis M. Cassact, d'Eauze, en de beaux vers enflammés, en
langue gasconne, salue la Ville d'Auch. Voici l'hymne :

A LA BILO D'AUCH
Bint sègles soun passais desempus que pastous
Bastiscoun près dou Gers quauquo praubo cabano.
Qu'èros tu bilo d'Auch, qui mes tard sous coustous
T'apitès pauc à pauc en bengue de la piano,
Et nau cents ans après lous nau puples Gascous
Que t'aperèn la Soubirano.
Trop fièro dous mustra tous escalès géanls,
Et dab la bielho tou la maysoun coummunalo,
Lous bitralhs et lou co, cap d'obro dous payrans,
Qui renden mes que tout bèro la cathedralo,
Qu'aurèches oey tous bras aus félibres passants,
Lous cantadous de la cigalo.
Que mous as arcoelhuts coumo s'èro-m lous tous,
Coumo tous hilhs perduls dempus loungos annados ;
Qu'aymi se mous as dit las beroyos cansous
De la nobio, dou brès, las cansous de segados,
Et las que besso au cô lou soubeni tant dous
De las maysous acoustumados.
Tabe quand lou Jasmin, lou troubadour d'Agen,
Sentiscouc que Palet de sa muso gascouno
Poudeuo dinc à tu, dinc à toun soum pungen
Pourta sous bers basuts au bord de la Garouno,,
Que bengouc bilo d'Auch, et ser soun frount rajen
Tu que paùsès uo courouno.
Prumè dou Catalan que dès la coupo d'or,
Et d'ans que-n a courrut dempus mes de septanto.
Nous autes ahoecats d'un parèlh estrambord,
Que bom rebiscoula la souo bielho canto,
Et que bèngue m aci de l'un et faute bord
En de canta la coupo santo.

�— 174 —
Lou toun hilh du Bartas que mous hera rampeu.
Et qui dempus loung tems e couthat dens la glori
Au prumè dous bercets que sourtis dou toumbeu
En trucan de las mas sou libe de l'istori,
Et de tous grands aujols accouruts au drapèu
Jou que saludi la memori.
Punjen, élevé; rajen, rayonnant ; hè rampeu, expression provenant du
jeu de quilles et sig-niliant : « fera mieux que nous ».
S. CASSAET.

L'hymne de M. Cassaët, de haute envolée, est accueilli
avec une faveur marquée.
Un chœur formidable éclate : chant d'amour :
Aqueros mountagnos
Qui tan hautes soun...
Puis Dus paslous à loumbrelc, chœur conduit par
M. Faure, de Lourdes, auteur de la musique de Las
Nayeses d'Abadie.
Auch chante, rit, vibre, vit. Est-ce une illusion ? fût-ce
un rêve : il me parut que les Illustres s'agitaient, paraissant plus grands dans leurs cadres à mesure que les
chants se faisaient plus pressants, à mesure que la nuit
approchant jetait sur eux son voile. Félibres, saluons la
Gascogne...
LA SOIRÉE
La soirée artistique offerte par les Félibres fut un succès.
Dès 8 h. 1/2 la vaste salle des Cordeliers était littéralement
envahie. Le public auscitain avait répondu à l'invitation. On
sentait qu'il y avait là communion. Nous étions chez eux,
ils étaient chez nous. — Béarn et Gascogne fusionnaient la
main dans la main, cœur à cœur.
Là, le Président de l'Escole et M. Bibal, M. le Préfet du
Gers, M. le Maire, le général, les président, vice-président et
trésorier de la Société archéologique ; MM.Lalanne, majorai,
Camelat, majorai, Sarran. Carrive, Palay maître en gai
sçavoir, Faure, Comte de Viforano, les notabilités d'Auch...
un millier de personnes.
Et quand la Reine, la toute belle et gracieuse Mme Guillot

�— 175 —

suivie de sa cour, fit son entrée dans la salle des Cordeliers,
ce fut non un murmure discret d'admiration mais un tonnerre d'applaudissements.
La soirée s'annonçait belle.
Le rideau se leva sur « l'Orne blanc » drame lyrique en
4 actes et en vers avec musique de scène, œuvre inédite,
d'inspiration religieuse, écrite dans le plus pur gascon.
L'idée maîtresse de l'œuvre a été empruntée à la lois à un
vieux conte gascon; à un poëme russe de Mikhaïl et à l'Evangile d'Emmaus où le Christ chemine avec deux hommes qui
ne le connaissent pas.
Dans l'œuvre du « Cascarot » l'Orne blanc descend incognito dans la demeure d'un pauvre tisserand pour lui
apprendre — mais surtout à sa femme —à trouver douce
les pratiques de la charité.
Nous ne donnerons pas l'analyse de la pièce, chacun la
pourra lire. Le succès fut grand. La salle transportée acclama
à plusieurs reprises l'auteur, « lou Cascarot » M. l'abbé Sarran
qui se place au premier rang des poètes gascons.
«La curiosité, la sympathie du public était excitée par la
qualité des acteurs eux-mêmes. L'œuvre fut magnifiquement
interprétée par M. Dulac, le poète de « Cœur à cœur », Gascon
de bonne race. Mme Guillot notre reine, M. Armand Praviel
apôtre ardent du régionalisme provincial, tenant les premiers
rôles. Les rôles secondaires étaient tenus par Mme Edouard
Dulac, que l'on élira Muse demain, représentant une pittoresque bourdilèro, Simin Palay, seigneur de grande allure
Xavier Pérès, en bailet de romancero ».
M. Dulac fut un tichané admirable de vérité de verve,
d'entrain, tour à tour craintif devant le mystère de l'Inconnu,
mais vite insouciant ou railleur.
Mme Guillot quelle tichanère ! On préconise un Age d'or,
ère de félicité où les rois se firent bergers ; nous l'avons vécue
la minute d'or où une reine se fit tichanère, car quelle
tichanère, dirai-je encore.
A ses accents on a tressailli. D'une voix délicieuse, d'une
justesse impecable, elle nuança la chanson du Temps dont
voici un couplet :
Lou tems qu'arrits — Maïnade,
L'aube, d'arraïs couhade,
P'ou camp semie la rousade !
Ganta m !

�— 176 nuança aussi la Chanson du Lin.
Lou lin qu e berd, lou lin qu e blu,
Lou lin qu e toutare madu
Darrigaires ! Darrigaires !
Qu e berd, qu e blu, berd-blu, blu la
Que eau ana-n darriga... (1)
M. Praviel fut l'incarnation vivante de celui-là « qui n'est
pas d'ici » « Soui pas d'aci » Dès les premières mesures il
trahit l'essence de l'Orne blanc, faisant pénétrer une réelle
émotion dans l'âme de la foule enthousiasmée, et alors que
le rideau se baissa sur le tableau final qui dessine la plus
sublime des estampes populaires ce fut une explosion; on
acclama les acteurs, et encore, encore.
Le succès fut considérable. Et quand l'un des acteurs vint
jeter au public le nom de l'auteur « lou Cascarot » ce fut une
vraie ovation : «Vive lou Cascarot !, Vive Sarran ! &gt;; La scène
me rappela ce que dut être l'inoubliable de Voltaire » Français,
vous me ferez mourir de plaisir. « Au milieu de l'acclamation le Cascarot: « Que-m hets gran plasé, merci , mes nou
crideis pas : Bibo lou Cascarot, mes Bibo la Gascougne,
pramou que se la Gascougne n'ère pas, lou Cascarot n'existaré pas» —Qu'il m'excuse si je ne reproduis pas textuellement, mais j'étais là-bas, la-haut, loin dans la tribune,
dominant la scène, mais pas l'ovation.
Nous n'oublions pas M. Edouard Lacoste, Professeur à
l'Ecole des Beaux-Arts à Bordeaux qui de façon saisisanle
avait brossé les toiles de fond ; M. Boubée dirigeant ses
musiciens avec une maestria remarquable, mettant en relief
la délicieuse musique de Paul Dieudé.
Faisant suite au programme vient la pièce du Maître en
gai sçavoir, «Lou Franchiman », pièce très connue dont je
rappelle brièvement le thème. « Lou Franchiman » est un
jeune Béarnais que des études mal digérées ont dégoûté du
travail salutaire de la campagne. Malgré les prières et les
larmes du vieux paysan qu'est son père il va quitter le foyer
des aïeux pour la vie aventureuse de Paris. Survient un
(1) Nous avons le plaisir de donner plus loin, paroles et musique, cette
chanson, avec l'autorisation des auteurs.

�troisième personnage, arrivant de Bordeaux qui lui aussi
s'était déraciné. Son visage dégradé, son absence de sens
intellectuel et moral portent un rude coup aux visées ambitieuses du jeune paysan. Les nouvelles prières du père, le
chant de «la haut sus lasmountagnes » qui dans le lointain
fort à propos se fait entendre amènent la conclusion heureuse « Que m'estau a case pay ! »
La pièce fut jouée comme d'habitude, et comme toujours
eut un succès marqué : l'éloge de l'œuvre n'est plus à faire.
Elle eut pour interprètes l'auteur Simin Palay (lou pay);
M. Lamothe (Lou Franchiman) ; Eugène Palay, le troisième
personnage. Ils recueillirent une ample moisson de bravos.
Et puis, c'est un étonnant concert qui s'improvise avec,
comme acteurs les frères Palay, Laurent Faure, Armand
Lamothe, l'un débitant son chef-d'œuvre les « Caddets de
Gascougne » l'autre disant avec humour un vieux conte gascon, tel une fine satire des mœurs paysannes actuelles ; mais
qu'il se tranquillise celui-là. Il y a la loi de l'atavisme ; la
Gascogne ne saurait dégénérer.
Les chansons gasconnes résonnèrent. J'entends encore la
chanson dialoguée «Lou Jan de Peyrehorte» (M. Dulac) et
la «Mariote ;&gt;, (Mme Guillot).

Lou Jan de Peyrehorte
Doundènc
Lou Jan de Peyrehorte
Doundè
S'é maridat éngoan
Doundène
S'é maridat éngoan,
Doundè!

L'auè biste à la hère,
A la hére d'Estang.
IV
LOU JAN

Que hèts aci gouiate,
A la hére d'Estang.
V
M4RI0TE

II
Qu'aimaue la Mariote,
Doundène;
Qu'aimaue la Mariote,
Doundè,
La hillie dou Bétran,
Doundène,
La hilhe dou Bètran
Doundè!

Béngui croumpa-m u pélhe
E dèt pams de riban. —

Endé qué ha la pélhe,
E dèt pams de riban? —
VII
Endé-m bouta beroie,
Quan auji un galan. —

�— 178 —
VIII

XII

Béroie b'ès-tu, bère !

Qué-t harèi bonne bite,

Sé-m boules pér galan ?

Dap car de carnaban. —

IX

XIII

Pourbu qué-ni dounquis pan —

H a m ana las anounces,
A parti dé dou ma n ! »

X

XIV

Ta plan tu coum ugnaute,

Pan, bé n'auras dé restes,

Quan caloue ha la noce

Quan séré dé pan blan. —

J'aouc pa car ni pan.
XV

XI

Qu'aimi Iière lou roumatye,

Taplan s'é maridado

E lous pouréts austan. —

La hilhe dou Bétran.

NOTE.

— La chanson de Paul Tallez est tirée d'Ahéus e Flous.

Les partenaires ont causé un plaisir extrême.
M. Armand Praviel, entraîna la salle entière avec son
rondeau gascon dont le refrain fut chanté, ou nuancé, martelé ou hurlé par qui le connaissait... et par qui ne le connaissait d'abord pas. C'est la finale... il est minuit.
Et tandis que la salle se vide l'orchestre sous la direction
du sympathique chef M. Boubée jette son îlot d'harmonies.
Soirée inoubliable.

DEUXIÈME JOURNÉE
La réunion statutaire fut tenue dans les salons de l'Hôtel
de France. Etaient présents la plupart des membres du
Bureau : MM. Batcave, Bibal, Lalanne, Daugé, Sarran,
Camélat, Lacaze, Lhept et de nombreux membres du
Conseil parmi lesquels MM. Abadie, Branet d'Auch, Canton,
de Cardaillac, Cassaët, comte de Viforamo, abbé Laborde,
I&gt; Meliande, S. Palay.
Diverses questions intéressant la marche, le fonctionnement de la Société et autres furent examinées et résolues.
La séance fut levée à 9 heures.
La matinée allait être occupée maintenant par la séance
littéraire dite Cour d'Amour où seront distribuées les récompenses des Jeux Floraux.
Une estrade décorée avec goût avait été dressée. Le fond

�" 179 —

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était tendu d'une tenture tricolore sur laquelle se détachaient
les armes d'Auch et des principales villes de l'Armagnac.
A la voûte du bâtiment de nombreuses oriflammes s'agitaient sous la caresse de la brise matinale, tandis que le riant
soleil de ses rayons dorait la cité.
La reine préside la fête, entourée de six gracieuses
muses : Mme Dulac, la bourdilero d'hier, Mlles Henriette
Batcave, Alberte Lalanne, Raymonde Fontan, Philomène
Bonassies, Simonne Coustau.
Des gerbes de fleurs leur avaient été gracieusement offertes par les soins de l'Escole.
La Reine se lève et déclare ouverte la séance des Jeux
Floraux.
Les Félibres sont nombreux, les invités aussi. En dehors
de l'enceinte des groupes étonnés d'ouvriers ne se rendant
pas encore compte de ce qu'est la fête à laquelle ils assistent étonnés d'abord s'y intéressant bientôt vivement.
La parole est donnée à M. Lauzun qui prononce le
discours suivant :
MESDAMES,

MESSIEURS,

Deux fois déjà, depuis neuf ans, la Société archéologique du
Gers a eu l'honneur de recevoir dans son département sa jeune
sœur l'Escole Gastou-Febus. L'éclat des fêtes félibréennes d'Eauze
et de Condom ne s'est paseffacé de nos mémoires. Pour la troisième
fois vous avez bien voulu nous honorer cette année de votre présence. Nous vous en remercions ; — et comme à Condom je
m'estime heureux de pouvoir en ma qualité de Président, vous
adresser à nouveau une cordiale bienvenue.
C'est que, vous le savez, nos deux Sociétés marchent la main
dans la main ; elles sont unies dans le même effort; elles poursuivent le même but, celui de faire aimer les vieilles choses, en
chantant non seulement les faits et gestes de nos gloires nationales
ou la beauté de nos antiques monuments ; — mais aussi, mais
surtout l'idiome natal, la belle langue Gasconne. — C'est ce que je
vous ai dit à Condom et vous redis ici pour que vous sachiez bien
que nos cœurs n'ont pas changé et que nous applaudissons toujours
à vos succès, à vos triomphes.
Car votre Ecole ne cesse de grandir. Et cette prospérité elle le
doit surtout à son ancien Président.

�- 180 —
— Permettez ici, Messieurs, que je m'arrête et que je m'acquitte
bien vite d'une dette sacrée.
— Lorsque, il y a deux ans, au banquet de Capvern, au soir de
cette mémorable journée, où, sous le chaud soleil du Midi, dans ce
cadre admirable du château de Mauvezin, si convenablement, si
intelligemment restauré par le Mécène généreux de la Société,
M. Bibal, M. Adrien Planté, qui n'oubliait personne, voulut bien
rappeler dans ses toasts, en quelques mots trop élogieux, et mes
travaux et la réception que je lui fis à Condom : — « Si je ne vous
« réponds pas, lui dis-je à mi-voix, c'est que le temps presse et que
;&lt; je ne veux pas prolonger la soirée, mais l'an prochain, à Auch,
« vous n'y échapperez pas. Je vous étoufferai sous des monceaux
« de fleurs ! » — Hélas ! « l'an prochain » s'est écoulé, sans que
l'Ecole soit venue à Auch voulant ainsi par son attitude manifester
le deuil profond que lui causait la mort de son Président, si prématurément enlevé à son affection. Les fleurs dont je voulais le
couvrir vivant ont paré sa dépouille mortelle et sont déjà flétries !
Mais impérissable restera son souvenir, et éternels demeurant nos
regrets.
Comment, en effet, ne garderions-nous pas, toujours vivace
dans nos cœurs le culte d'Adrien Planté ? - de cet esprit si fin,
si délié, si ardemment épris de décentralisation régionaliste, —
de ce caractère loyal et franc, — de cette nature ardente et généreuse, de ce Président qui vous a créés, vous a consacré le meilleur
de son temps, auquel vous devez tout ?
Tout a été dit sur Adrien Planté ; — et je ne recommencerai pas
ici à louer en lui — le Magistrat à la science profonde, — l'archéologue distingué, inspecteur divisionnaire de la Société française
d'archéologie — l'historien, que ses consciencieux travaux ont
porté à la tête de la Société académique de Pau, — le maire
d'Orthez adoré de ces concitoyens, qui longtemps l'ont désigné
sou le beau nom « lou Pay, » —le poète enfin, qui se révélait dans
chacune de ses œuvres et personnifiait si bien votre féconde compagnie.
Ce que je tiens seulement à proclamer, c'est que Adrien Planté
possédait un cœur d'or et qu'en le perdant nous avons perdu le
meilleur des amis. Son ombre flotte encore, trop élégante et trop
sympathique sur cette réunion, pour que je ne salue pas une der
nière fois sa mémoire et que je ne réveille pas dans vos cœurs son
doux et bien cher souvenir.
« Le Roi est mort, vive le Roi ! » N'est-ce pas le cri que poussaient

�— 181 —
les hérauts d'armes à chaque changement de règne, nu temps de
la vieille monarchie ? Puisque c'est lui qui a fait la France ce
qu'elle est, à qui elle doit sa formalion, sa puissance et sa grandeur, ne trouvez pas mauvais que je le pousse en l'honneur de
l'Ecole et qu'à mon tour je crie ; Le Président est mort : Vive le
Président! » Ce n'est pas en effet seulement à l'Ecole que je veux
adresser mes souhaits, mais aussi, tout particulièrement, à son
nouveau Président.
Désigné par Planté, acclamé par vos collègues, ne possédez-vous
pas, mon cher Batcave, toutes les qualités nécessaires pour faire
un bon Président ? Et, par la variété, l'universalité de vos connaissances, votre amour ardent du travail, la distinction de vos
manières comme de votre langage, votre dévouement à toute
épreuve à votre région et en particulier à votre Société, ne méritezvous pas de succéder à votre éminent prédécesseur ?
Rompu, dès votre jeunesse, à toutes les questions du droit et de
l'administration, n'avez-vous pas, depuis, consacré vos loisirs aux
études locales, dépouillant sans relâche les Archivesde votre pays,
accumulant documents sur documents, collaborant à toutes les
Revues du Sud Ouest ?
Dans le domaine purement littéraire, n'avez-vous point publié
d importants articles de critique sur les poésies, les proverbes, les
dictons, le folk lore de l'arrondissement d'Orthez, collectionnant
toutes les pièces d'archives, les livres rares, les gravures, les
estampes relatifs au Béarn ? N'avez vous point esquissé très sommairement l'histoire de la littérature béarnaise ? Enfin, ne préparez vous pas la publication de la correspondance de Marca, le
grand historien de votre pays, en même temps qu'un travail de
longue haleine sur les Institutions du Béarn ?
En vérité, elle aurait été bien aveugle l'Escole Gaslou-Febus, si,
méconnaissant tous ces titres, elle n'avait pas ratifié d'emblée le
choix d'Adrien Planté, et si elle ne s'était pas empressée d'exécuter
ainsi ses dernières volontés.
Permettez qu'à mon tour, à cette première séance solennelle
que vous présidez, j'applaudisse des deux mains à votre nomination, et qu'au nom de la Société archéologique du Gers, je salue
votre venue parmi nous et votre nouvelle dignité.
Mesdames, Messieurs, en assimilant tout-à-lheure votre Ecole à
la vieille monarchie française et en criant Vive le Roi ! J'ai poussé,
je crois, un cri séditieux. Mais comme personne ne m'a encore
arrêté, ne trouvez pas mauvais que bravement je continue et que

�je crie, en terminant. Vive la Reine!— Oui, vive votre Reine,
toujours belle, toujours gracieuse si profondément artiste, et qui
tient avec tant d'élégance le sceptre que cette année encore, vous
lui avez confié !
Merci à elle et à ses charmantes Muses, pour n'avoir pas hésité
à venir par leur présence rehausser cette cérémonie, répondant
en cela à l'appel de notre maître Frédéric Mistral, qui, dans les
réunions félibréennes a si heureusement ressuscité les poétiques
Cours d'Amour d'autrefois, qui les recommande sans cesse à ses
disciples, et qu'a toujours eu soin de maintenir ici son ami Adrien
Planté. Puisse celte noble et galante tradition se continuer, et, à
sa douce lueur, briller d'un éclat toujours plus vif l'Ëscolo GastouPhébus!
P.

LAUZUN.

Monsieur Batcave répond à M. Lauzun.
MONSIEUR LE PRÉSIDENT.

Je vous remercie des paroles de bienvenue que vous avez prononcées au nom de la Société archéologique. Votre compagnie
travaille ardemment à maintenir le culte du passé, des traditions,
des coutumes et des gloires du Gers. Comme votre titre paraîtrait
l'indiquer, vous ne vous tenez pas à l'histoire de l'architecture
civile et militaire ou religieuse dont cette curieuse région offre de
beaux spécimens. La langue aussi vous intéresse, cette précieuse
partie de notre patrimoine. A Eauze, à Condom, pas une délicate
attention dont nous vous fûmes reconnaissants, vous avez ressuscité en de belles éditions, sous un habillement moderne, élégant,
les œuvres de vos poètes locaux : d'Ader le Gimontois, le chantre
de la valeur gasconne, qui se piquait de joindre à sonnom l'adjectif qualificatif Gascon, de Bedout l'auscitain. Dans vos fascicules
trimestriels nous pouvons lire souvent des études concernant les
mœurs populaires et vos gloires locales.
Travaillons de concert à maintenir ce que votre d'Astros appelait : lou (iascoun coitrau, blous c naiurau! Sauvons du patrimoine
de notre passé tout ce qui concerne notre caractère national.
Fraternellement amies nos deux sociétés auront bien mérité et de
la Gascogne et de la France et notre pays portera des enfants non
indignes de sa gloire. »
Une salve d'applaudissements accueille cette réponse.

�— 183 —
M. le Président donne ensuite connaissance des lettres
d'excuses ou des télégrammes de M. Moureu, de l'Académie
des Sciences et de l'Académie de médecine ; M. Bernis viceprésident, ingénieur en chef des ponts et chaussées ;
MM. l'abbé Labaig-Langlade, Rozès de Brousse ; Guy et Paul
de Cassagnac, de Laborde ; Boue conseiller général des
B.-P. etc.
De Boulogne-sur-Gesse, l'Escole d'Eras Pyreneosa envoyé
le télégramme suivant : De Boulonho Biles Auch. l'ebus
abans! Toustem Gascons. — I.
M. Claverie notaire à Sauveterre, est nommé membre du
Conseil ; M. X. de Cardaillac devient vice-président pour les
Hautes-Pyrénées à la place de Camelat qui devient secrétaire.
Lecture est donnée des divers rapports des nombreux
concours, soit par leurs auteurs, soit par M. le Secrétaire
Général.
Commençons par le savoureux compte-rendu de l'Arté
dou Pourtau sur le Concours de Poésie, lu par M. Lalanne,
en l'absence très regrettée de M. Darclanne, le Vice-Président des " Lanes ".

Rapport — Concours de poésie
DAONES,

MÈSTES,

BEROY

MOUXDE 1

Co qu'é dé paréche arrembès ! Coum é désgraçious dé largua
palaoures désagradibes, mé nad né s'é boulud carqua d'aquéste
couénte, é ké m'damoure s ous bras lou prèts-hèyt de sarsségna
lous troubadous qui éscarrougnen mé qué mé lou nous parla.
0 Pyranéyes!(de « pu » én loc d' « aipu » é de « rainoo »)
mountagnes qui-arrrousat, ous bos pès, l'Akitani qui-éstou (coum
at merque lou soun noum) lou parssa reaoumad, lou mé bèt
réyaoume débat lou cèou, oun soun lés ores doun lé mémori s'é
couquade? 0 may boune, tèrre de case oun lous pipins capéran,
coum d'u'courou glouriouse, lous touns tuqs, lés tous costes, les
tous hounades é lés tous plèysses dous moûts dou lou parla cla
coum lé luts dou Sou, couan de nous, qui-é s'éspètehem d'escribe,
am goardad, blousse et rinquéyante, lé lénquou qui-é canten lous
touns reboums? Malaye ! Lous franchimands ké t an résséyade.
Ségu, k'ésta de plan dé débisa gascoun coum é-'s tubem d'at
tabardeya, més, déban dé serbi-s' d'ung parla, bé carré doun broy

�— 184 —
apréné-ou ! Lé caousek'é d'oulhouu mé coumode que hort de yèn
li ât crèyd. Ké sufflré tan se pu d'éscouléya sus lés trallies dous
piquetalos — coum diLs Lacoarret — dous carrusse belouse ou
chamarre, é de coélhe s'ous lous pots, coum ú recorde chèsparioun
le glori sanisse dou débisa sagrad.
Mé tout aquo k é prédiqua én lous èrms. Déséncusat m'éa,
pramoun né sèrb pa d'arré, é tiram én daban. K'ouri à disè-b' que
lé maye moule de lés trobes mandades t'aou yutyemén dé l'Escole
n'é pa, pr'escadèuses, déchouès. Pér ma fé, lous oubrès ké serén
adréts s'aprénèn lou méstiè qui é bolen ha é sé s'accoustumèben
à triga lou materiaou qui-ous carré! mé sé bourit é tomate é S'
mariden, françés é tçascoun mésclads né ban pa de pà ; E malurousemén k é coumun dé cadé sus taou désaguis. Taqué doun quèn
lou penssamén é françés apélha ou dé gascoun? Taqué quèn lou
pensssamen é gascoun couthilhoua-ou de franchiman?
En bértad ke souy carquad d'éscarpita lés lans de touts lous
troubadous — bore dé sèt — qui é-'s mandan lés lous obres, mé
coum né m' bèy pa lou couraou dé ha ous dé lé péne, ké m'accounténterèy dé préga ous, dé lés parts de l'Escole, dé boulé, d'are én
là, pourga mé plan lés lous trobes, pramoun qu'en y a quouques
ungs aqui'n lou miéy, a qui-am dad mentiouns, qui-é pouyrén
manéya-s' de plan s'ous agradèbe, é ha-s' madalha p'ou lou mérite.
Mé chèns escusa qui é soun, ke passeram, séboulét-'s, ous quiarrecapten lés madalhes.
Yèn d'aounou qui-éscoutat, ne saourat pa yamé lé passiènçe dé
saoume qui-é s caou abé ta léyi, d'ung cap à l'août, lés péguésses
enbaslardides d'ab lésquoaous messius ségu plan aduquads é
s'acoustumen d'abéya-'s .'
E non atis, praoubes martrous, qu'énguibem, touts aquéts
tribalhs, maou couiicébuds é mau atramads, dempucb a énqui-à
izède, trop urous quèu n'arrecaptem pa, tan sulemen, palaoures
chès nad séns.
En pérmé très oubrès, très tribalhs bore de pà. Mous Lacouture,
de Lourède, ké s porte lé permère médalhe de bérmélh, M. Méliande, dé Theze et M Léon Arriu d'Aureilhan u' sigounde madalhe dé bérmelh, cadung. Chèts arroumérèya, k'ous ouri dad à touts
très ung prêts parié mé n'é pa lou mèy abis soulét qui-é counde.
E toutung, quèn très fumèles béroyes é soun lés très flous mé
bères d'ung parssa, pramoun que l'u' seré blounde, l'aoute brune
é lé trésaoute rousse, né bèy pa pérqué harén mé d'aounèstetads à

�— 185 —
lés us qu'à las aoutes. B'enabisat ségu qui é lés pouliqueren parié
toutes très én barran gouélhs ?
Mé perséguim. Plan qué ne pousquin pa apoura-s' s'ou médich
barcloun, ne crédit pa qué les cinq oabrétes de l'abbè Poques, de
l'abbè Barros é dé Mous Abadie é sin chès sabou nébalou ? Kous
an plan méritad u' madalhe d'aryén à cadung.
M. Paou Sabathé n'aoura pa pr ougan qu'u' madalhe de brounze
mé sé boou, ta gn-'aout cop arrefma lou soun tribalh, k'aouram
labets lou plasè dé poudé da ou mé bère yolhe.
E d'ab lé boste pérmissiou ké b arrebaterèy t'acaba que : M. Lacouture, de Louréde ké s'enportelé lre madalhe de bermelh.
Ta la seguide, béde lou palmarès.

Report sus lou concours de prouséy
DAUNES

E MESTES.

Dilhèu que p a aparit quauquecop, quoan boulèt abé u tribalh
plâ heyt, u adoub plâ escadut a la boste maysou ou en u apè, de
ha apéra lou mestiérau qui calé, e de demanda sustout lou meste.
Lou meste qu'aparie l'aha dab mey de soegn, qu'en sab mey de
loung, qu'éy de couDÍìence. E, à bèts cops, qu'abét bist arriba, en
place déu meste, u aubrérot estros e desestruc, so qui p a heyt
drin torse lou naz. Parelhe benalèye que s'escat en aqueste concours : qu'ère u meste deu calam, u poète e prouseyadou de prumère régue qui debè ha lou report déu prouséy, u deus mey fis
Gascous de l'Armagnac, oun se n'y caneye tan e tan deus plâ
emparaulats, — é qu'éy u aubrérot deu pè de la mountagne biarnése qui ba apita u tau tribalh. Bous autes que-y perdét, e you
nou y gagni pas.
Nou-y gagni pas, permou qu'éy ue maie coente d'esta cargat de
dise au mounde : « Aquiu que p'èt manquât! Aquiu qu'abét
pecat! » Be sérédounc mey plasén de nou balha que laudous, de
flouca touts lous councurréns dab aumenances airidentes! Que
boulét?Atau qu'éy. So qui m counsole u driuou qu'éy de pensa
que nou souy qu'u messadyè, qui nou hè qu'arrédise so qui la
yurade a pensât de las obres qui l'an embiat, e
U messatyè nou déu péri,
Ni maies résous aùdi ;
qué nou souy qu'ue bramadére mountagnole qui-b ba clama so

�qui lous yudyes deus Yocs Flouraus an pensât tout choalines, e
dit tout doy au papè, qui at supporte tout.
Pudique mountagnòu souy, qu'èy abut soubéntotes lou parât de
ha bère puyade tau soum de la rnountagne. e bous autes tabé,
behide, encoère que lous pics nou sien pas per boste au cor deu
casàu. En espelucan las obres deu concours de prouséy, que-m
semblabe de garrapa catsus de ue coume de per nouste. Quoan
arribat au pè deu turoun, nou bédét pas gran cause de beroy :
l'èrbe qu'éy troulhade, las aygues soubén troubles, lous pès que-s
trebuquen aus esbounidis de terre à las arralhes, lou cop d'oelh
qu'ey brac. — Atau que soun u hardelot de fpesses d'aqueste
concours.
En puyan la rnountagne, quoan arribat à miéye coste, que-y a
cambiamén, e dehèt : l'erbe qu'ey fresque, oelhs d'aygue bribente
que chourren de pertout, 1er qu'éy biu, la Liste de péis mey
estenude. — Atau tabé que-y a pesses de miéye coste.
En p'apressan deu capuch, e sustout quoan èt au soumeriquet,
quin plasé, moun Diu ! Tout qu'éy heyt ta spia, nade brume, nat
trebuc daban lous oelhs, lou cèu qu'éy clâ coum u miralh, l'èr qui
bouhe qu'éy coum u beuradye embriagant, que demourat aquiu
esmiraglat, nou p'en sabét pas tourna. — Atau parié que s'y trobe
obres berouyetes, gayhaséntes à léye, qui saben au richè. Més,
malaye ! que soun riales coum Pasques e Pentecouste ; qu'éy
berlat qu'en u malh nou y a soubén qu'u soum agut, ue punie
toute souléte.

L'abiaciou
Que bam ha amasse la garrapade. Au pè de la rnountagne que
trebuquam u gran talhuc: VAbiaciou. L'autou d'aquet loung tribalh
qu'ayme aquets grans ausèts qui brounéchen sus la lane deu
Poun-Loung, au ras de Pau, e qu'a boulut dise d oun bienèn, quin
s'aperaben, ta que poudèn serbi, e lou reste.
Qu'ère mau aysit de calameya en biarnés ou gascou sus aquet
aha e la yurade qu'a heyt coumpte d'aquére diffîcultat. Més,
maugrat tout lou sou hou boulé, n'a pas troubat aquiu ni chic ni
brigue de parla gascou De cap a cap nou y a que moûts françés
qui s'aïénéchen dab ue coudoie biarnése ; aco nou s pot apéra que
paloiih. Qu'èy de dùu ha, més urousamén que l'autou n'ey pas
d'Aussau per arré ; so qui perd per aquet cap qu'at yuntéra per
Faute :
So qui n'ey pas à l asse
Que s trobe au sendegnè.

�— 187 —

Counte de Maïrinetto
Drin mey catsus que troubam quauques obres qui soun mercades
d'ue menciou d'aunou.
La prumère qu'èy l'istoérote d ue moulière, d u mouliè e d'u
diable qui bién arrouda péu tour e per dehéns deu moulî e qui,
per u sé d'aygat, escane lou « farinèl ». En Gascougne que-m
semble que n'éy pas trop la mode que lous mouliès que sien tan
pecs e lous diables tau machans. Riale qu'éy quoan per nouste
Couhét da la eusse aus mouliès,
Encoère aco nou séré que miey mau, si lou counde ère escribut
en bou gascou, més qu'éy praube à s'en demanda aquet gascou :
superbo, grassious, glissinos, gran jardiniè, panliiès, gousiè, froun,
e u hardèu d'autes moûts que m'an l'èr de biéne tout dret de Paris
enla. Pourtan l'autou que sab tiéne lou calam e quauques membres
de la yurade qu'an troubat que sabè beroy counda ; u qui counéch
plâ la soue Gascougne qu'a sentit dens aquére obre ue boune
sabrou déu parsâ carsinol. Ta gnaute cop, que puyéra mey catsus.

Lou fraudur adret
Qu'éy u countrebandiè qui parie dab u capitèni de douanes de
ha passa countrebande e de la ha pourta au capitèni medich. Lous
coumbienguts que soun heyts e lou countrebandiè que gagne. La
benalèye que-s passe à Briançoun, qui n'éy pas, — que s'en
manque, — à la termière de la Suisse.
Que n'y a qui an troubat que n'ère pas la péne d'ana serca
countrebandiès tan loegn e que lous de per nouste que s'en sérén
tirats dab mey d'esprit e qu'abérén balhat la camusade au capitèni
chens tan de rantoynes qu'aquet marchand de pendules de las
Alpes. Tout aco que semble escribut à la courrude e u drinot trop
loung ; lou qui escriu trop biste n'a pas lou téms de chausi lous
moûts; que-us apièle à sourroum-bourroum, so qui desfayte u
chicot lou tribalh.
Lou qui a embiat lou fraudur adret qu'a u cop de mâ de meste,
més u meste que chausech drin mey la mestiou qui emplégue ;
aco, que hè la pèt à la broyé, coum disen lous noustes aulhès.

Un Counde de la Gadetoun
Ue maynade qu'a perdut pay et may, que s'en ba per lous
moundes, e que hè la caritat à de mey praubes qu'ère mediche,
que balhe quio la camise, e, alabets, las estéles déu cèu que caden
sus terre à l'entourde la drolle caritadouse qui s'amasse à pugns
lous luis d'aur.

�— m —
Lou counte nou parech pas acabal ; l'autou qu'cscriu lou gascou
coum l'enlén à parla, més que u eau escribe coum se déu parla ; à
part aco, l'istoérote n'a pas lède fayssou. A d'aquet joén, — car
que déu esta joén ou bien pressât, si s pense u membre de la
yurade, — que disém : Tribalhate que poudét ba mey que plà ;
las cauletes que baden caulets.

La Campano de Sent-Pè
Qu'abém aquiu ue léyende bérouyote e prou aysidemen escribude à tros, més drin magrote per choès e sarcide de moûts qui
nou soun pas gascous, coum troublât, quand même, bétiso, de fait.
e ue pièle d'autes. Que-m bat dise qu'à bèts cops, oun que parle
atau. N'at caléré pas, car qu'èt riches lous Gascous, qu'abét, Diu
mercé, aboundance de moûts baduts ou heyts à case, que m at
souy léchât asségura per u deus bostes mey grans escribàs. lou
capérâ de St Clar, Dastros, qui disè très cens ans-a, deu boste
parla :
E la nosto (lenguo) sens ourresio,
Néte coum bère bassio,
N'a nat mescladis ni nat fard
Nat mot estrani, ni bastard.

Dues istoèros tau medich ômi e Yan Mourgagn
Sus la mediche arrèque de las mencious d'aunou que hiquam
lous qui an escribut aquéres dues pesses. La ley deu concours que
demande d'embia ue double coupie de las obres à yudya. At abét
hèyt, amies? Nou, bertat ! — Qu'ey aco qui-p endarrère. ïoulu la
yurade nou boù passa per trop malacarouse e que p'auherech
singles mencious d'aunou.
Lou qui a escribut Yan Mourgagn que sab beroy manéya lou
parla courén de la Bigorre, e que puyéra
boulhe.

mey catsus, quoan

Lou Crapaut. — Lou Pioc. — L'Escabèle.
Cousinère de Lantin. — Lou Téléfone. — Lou Coarec.
Adare qu'arribam à mieye coste. Lous autous d'aqueste régue
que soun medalhats dab lou brounze. Que n'y a u qui s'a embiat
chéis coumpousicious, sounque aco. Que saberat, Meste, qu'enter
trop e brigue que-y a mesure. Toute la yurade qu'a troubat que
n'y abèt hicat trop. Que p'abèt pensât dilhèu :
Lou qui nou sab qu'ue cante
Nou gagne pas qu'u ardit,

�— 189 e alabets qu'abét apiélat coundes e gascounades, més lou qui boù
amarra trop que risque tabé de nou pas sabé chaùsi lou mielhe.
Lous coundes qui s'abét embiat nou soun pas mau tourneyats,
que soun gauyous e que soun courts, més que-us abét de segu
tribalhats à la pressade e que s'y a biénut mescla trop de francimandalhes : 16or&lt;'s, d'abord, oui, hourrou, fourbi, rambuic. A moumens, que parlât coum u Armanac, pas coum VArmanac de

la

Gascougno deu Cascarot, qui ey lou rey deus Armanacs, més coum
aquets qui bédém béquia à bets cops e qui nou balen que so qui
cousten. Soegnat drin mey, soubienet-pe que
Lou lî bargat à petits pugns
Qu'ey lou qui bau lou mielhe.
Qu'abét alet e de la boune, e ta l'aute cop nou sérat pas à mieye
coste, més au soum déu pitè.

Bielhs soubiéns
Assiu qu'abém u bielh qui-s broumbe déu tems oun quauques
guerriès deu tarrible Emperur èren encoère bius, drin esbrigalhats, torts ou macats, més toustém hardits e l'oelh coumbatiè.
Qu'éy ue amne de patriote fiancés qui a heyt arrebouri aquets
soubénis, més percisémens que diserén dilhèu que tout aco qu'éy
estât pensât en françés meylèu qu'en gascou ; u membre de la
yurade quecréd qu'aquet tribalh qu'éy ue traducciou de quauques
arrèques d'obre francése, e gnaute que-s demande si : à tout coupa,
parfait, en feyt de eouraty, presque, e atau e soun de bou ourdi.
L'autou nou gauséré pas dise que quio e ta l'aute cop que serquéra e que troubera moûts de la boune houn gascoune :
Lou qui cerque e qui trobe
Nou perd pas soun téms.

Las larmes
hou qui a quilhat aqueste tribalh qu'a parlât de las larmes qui
biénen, cops qui a, néga las noustes perpéres, e qu'a beroy amuchat so qui bolen dise lous plous qui engourguechen lous oelhs
deus maynadyes, las larmes qui hè coula ue susprése de bounhur
aulan plâ coum u bat d'affliyè. Touts lous qui an legut aquéres
arrèques que-u lauden d'abé chausit aquet sutyèc e de prouba à
quauques machans entenedous que lou biarnés e lou gascou nou
soun pas heyts soulamén ta counda péguessines e couyounades,
més que poden serbi ta quauqu'arré de mey counséquén.
Ta mérita d'esta laudat de cap à cap, l'autou qu'abéré début
desbroumba-s per ue pausote lou françés, amourla lou sou debis

�en biarnés tout natre d'Aussau, qui sab tan beroy parla e escribe.
Tabé que-u diséréy : Chausit sutyècs d'aquet escantilh, més nou y
hiquét ni chic ni brigue de franchiman, e, que p'en respouni, que
parécbérat sus l'escoubat.

La Peyre de las Cassourétes de Biellenabe
Qu'èm batlèu au soum de

la rnountagne. Dus tribalhs que

mériten ue medalhe d'aryén. La'segounde medalhe, qu'éy ta l'obre
mentabude : La l'eyrc de las Cassourétes. Que s'y counde aquiu la
leyende counegude déu poun d'Orthez qui lou diable hasou en ue
noeyte qui nou poudou pas acaba abans lou cacaracà déu hasâ ;
la darrère pèyre qui pourtabe en se pressan que cadou à l'es dret
de las « Cassourétes de Biellenabe », au ras d'Arthez.
Assiu qu'abém u counde de traque poupulari ; l'autou qu'a lou
calam esberit, que sab escouta quin parlen lous truque-tarrocs de
nouste aban, — e you que m'èy heyt ue perne de hidye de plasé
en léyen aquet debis, qui sabouréye coum las praderies ou las
pléchères déu parsâ d'Orthez, oun souy badut ; — toutu que hara
mey que plâ, en amassan las bMhes leyendes, d'estudia la grafie
biarnése, e de nega bet moutot franciman. qui bién ha tatès ensa
e enla, héns la hounléte qui « chourre au ras de la Peyre de las
Cassourétes»; à
l'auhéri.

d'aquet

coumpte,

n'abéram

que

laudous à

Lou Medye e La Mouléte de Moundéri
La prumère medalhe d'aryén que s'escat à l'autou d'aquets dus
tribalhs, qui nou balen pas de hère autan l u coum l'aute. Lou
Medye — enténét lou Pousouè ou Sourciè, — qu'ey prou beroy
escribut, més que s'y trobe bère ue négliyense sus la grafie, la
loengue e tabé dilhèu la coumpousiciou ; que disérén u tribalh au
prêts heyt.
Lou qui hè tout so qui pot
Qu'èy desencusat,
si dits l'arrepourè, més assiu, Meste, n'abet pas heyt tout so qui
poudèt, pudique l'aute pèsse, — La mouléte de Moundéri, — éy mey
plâ escadude. Quins beroys e sabrous dises de case ! Que us y abét
arrecats touts touquéns. Si n'abi pas pòu de ha badalha aqueste
poulide amassade qu'eu diséri us quoans d'aquets parlamens e
touts que prénérén autan de plasé coum de minya arrasimat. Més,
— pertout que y-a ue lègue de machan camî, —

que m'an carcat

de dise à d'aquet beroy oubrè déu Tursâ qu'éy drin trop aboundous, la soue istoérote que séré bèt drin mey beroy parade, si s'en

�- 191 —
y tirabe quauque talhuc ; la ley déu poète françés que bau tabé
taus Gascous :
Qui ne sut se borner ne sut jamais écrire.
Que parle, en u endret, « d'esquire chens batalb » ; u membre
de la yurade que trobe que-y éy l'esquire au segu, e lou batalb
dounc!

Lou lac de Lourdes
Qu'arrecoutim tau soum de la coste. Aquesle tribalh que s'en
emporte la medalhe de bermelh, dab las laudous de toute la
yurade. Counde ou léyende, qu'éy u sutyèc beroy chausit, escribut
dab ue boune grafie e eschenye de toute francimandalhe ; qu'éy
plà bastit, que soue cla, n'ey pas sedat ni cloue en nat endret.
Toutu, — lou mielhe bî qu'a la soue heps, si disen lous Biarnés,
— lous yudyes qu'an troubat quauque arique en aquet beroy tros
de téle : l u qu'ey d'abis que l'autou qu'abéré poudut ha u tribalh
mey sarcit, e que-u semble que s'éy drin abusât à courre dab las
hades per las coumes et las bats ; guaule que bouléré sabé so qui
eau coumpréne per « ue clarou grisarde coum u rèbe cargat de
plous. » ? .Més aquets critics nou soun que péguessines. Lou qui a
escribut lou lac dt Lourdes que pot arrenqua s dab lous prumès
mestes deu cala m.
Qu'èy fénit lou mé rapport ; e you qui èy heyt coupe aus autes
d'esta trop lengassuts, que souy estât loung coum la hami deu
més de may. Que p'en demandi escuse, Daunes e Mestes, e que
demandi escuse tabé aus autous de-us abé drin esgarramilhats.
Que boulét? Yudyses que soun yudyes, e que bau mielhe que sien
drin bernics e arrebouhiècs per chouès que trop bcsiats e corde
de là.
Barbè pietadous que hé pourta la plague bermiouse.
1° Qu'abém abut u hardèu de pesses de prouséy en aqueste
concours : dèts e-nau, qu'éy u beroy coumpte; qu'éy bertat que
chéis que biénen de u tout soul. Aquet aboundè deu medich councurrén n'a pas anat à la yurade, qui m'a pregat de dise aus qui
prénen part aus Yocs Flouraus que lou trop toustem qu'enhastigue
Qu'embien ue pesse toute soûle, qui sie plâ soegnade, plâ tirade,
qui agrade, e que suffira atau. Que-s soubienguen déu bielh disedé
biarnés :
Yan-Petit que hasè boutous,
Nou-n hasè pas hère
Més que-us hasè bous.

�— 192 —
Que eau ha coum Yan Petit. E aquére pesse souléte qui ey
mandade aux Yocs Flouraus n'a pas besougn d'esta loungue à
débéya. Ta qué ba alounguès e apessadis ? Lous yudyes n'espien
pas si lou tribalh ey loung, més si ey plâ heyt :
U bou entenedou
Dab mieye paraule que n'a prou.
Que eau hica so qui eau, més pas paraules pègues.
2° Gnaute troussot d'abis : que eau embia ue double coupie de
cade pesse ; asso qu'a mey d'impourténee que nou crédét, e que
pot arriba que u autou que sie hicat à las escoubadures permou
d'aquet desbroumbe. Qu'èy heyt enténe aquére résou en coumençan à dus councurréns d'augan, més que caléré que lous de gnaute
an e de toustém qu'en hessen lou lou proufieyt :
A tu que Fat die, hilhe ;
Enten, tu, nore !
3J Soegnat lou parla. Quoan p'arribe au cap de la loengue ou
deu calam u mout qui nou sie pas gascou, bicat-lou à despart, e
sercat u mout de bou escantilh, qui nou sie pas bastard ; si sercat
plâ, que-u troubérat toustém. Pourguat las maies erbes, sarclât,
neleyat, nou léchét pas embascourri la nouste loengue tan néte e
tan poulide ; lous bielhs que disèn :
Lou qui sarcle e arresarcle
Que plée l'arque.
Lou qui nou sarcle ni dab mout ni dab du
Que s'en tourne dab lou sac au c...
4°

Soegnat la grafie. Hicat lous accéns, si p'arrécoumande u

membre de la yurade, qui p'auffrech de p'en embia u sacoutet ta
que-us semiét ensa eenla. Si nou hicat pas aquets accéns, la boste
escriture que semble toute cap pelade, e que y-a danyè d'espia u
mout per so qui n'ey pas, triste sort ta u mout coum ta ue persoune.
Qu'éy en seguin aquets réglamens, Daunes e Mestes, qui man
liénéram ue loenguesabrouse, estiglante, limpre coum las goutétes
d'arrous qui pénen à las branes de nouste, e deus terrés d'Armagnac à las bats pyrénenques, qu'aberam lou dret d'esta fiers déu
parla qui éyla'mustre bertadéie de l'esprit e de la balentisse de la
nouste race. Toustém Gascous !
J.-B.

LABORDE.

A la suite du Palmarès des Jeux Floraux seront publiées
les deux pièces ayant obtenu le premier prix au
de poésie et de prose.

concours

�- 193 —

Rapport du Concours des Ecoles
Les élèves des écoles supérieures et des écoles normales avaient
à traduire un morceau en prose : « Lou Colysée, » de M. l'abbé
Daugé ; un seul concurrent a osé alïronter l'épreuve.
Ceux des écoles primaires élémentaires avaient à traduire la
poésie : « Lous Soubenis de case, » de Alexis Peyret ; 2 écoles ont
fourni 33 copies : Arthez-d Asson (filles),31 et Cescau (école mixte),
2, dont 1 fille et 1 garçon. Au total : 32 tilles et 2 garçons ont pris
part au concours des traductions imposées.
En outre la Commission a eu à examiner 27 contes de la veillée,
écrits en

béarnais. Les mêmes d'Arthez-d'Asson (filles) et de

Cescau (mixte) ont seules pris part à ce tournoi, où l'imagination
pouvait se donner librement cours, la lre avec 24 copies de fillettes
de 6 à 13 ans, la 2e avec 3 copies de garçonnets de 11 et 12 ans.
La Commission a constaté encore une fois avec un véritable
regret l'indifférence du corps enseignant pour les concours organisés tous les ans par l'Escole Gastou Febus. Nous ne saurions trop
nous lasser de leur répéter que les traductions de petits morceaux
intéressants et de pages bien choisies sont un excellent moyen de
former et de développer le vocabulaire français de nos petits campagnards et que la traduction littéraire leur fournit une excellente
occasion de corriger les fautes de construction constatées dans la
traduction littérale.
Nous adressons un pressant appel aux maîtres d'école béarnais
et gascons, particulièrement aux fidèles lecteurs de nos Reclams.
Beaucoup de classes devraient être représentées à nos concours
avec peu de copies chacune : nous aurions ainsi plus de variété et
d'intérêt
Le Jury recommande aux maîtres de veiller au bon soin et à
l'application des copies : quelques écritures sont illisibles et elles
infligent un supplice aux correcteurs; la ponctuation et l'orthographe sont aussi parfois fort négligées.
L'école de Cescau mérite un bon point pour ses 5 devoirs, très
agréables à la vue.

I. - TRADUCTIONS IMPOSÉES
Après ces considérations générales

passons à l'examen des

divers sujets du concours.

Lou Colysée : 1 copie
aj La traduction littérale est bonne dans l'ensemble. Nous y
relevons cependant quelques erreurs et non-sens.

�— 194 —

1° Tout pesics e cachaus : traduit par : Tout pincées et dents. Il
fallait : Tout griffes et molaires.
2' lianlèu, omit arrengats : Bientôt, hommes boiteux ; c'est un
non sens. Arrengats signifie rangés, mis en rangs. Radical : rcng,
rang et non arrang.
3' Qui la guerre s'abè espargnats : Que la guerre s'était épargnés,
Nous préférons :
Que la guerre (nous, sous-entendu) avait
épargnés.
4° U tantos de keste : Un soir de fête. Un tantôt, une après-midi
de fête est plus juste.
"&gt;° Apregountecli : enfonce. Approfondit rend mieux l'idée.
6° Qui s'a gahat : qui s'est pris. Nous dirions : t^ui s'a pris,
quoique incorrect.
Dans la traduction littérale, en effet, il ne faut pas redouter de
commettre une faute d'usage, ni d'employer une tournure incorrecte, si elle traduit exactement la pensée de l'auteur, tout en
reproduisant les mots et expressions de la manière la plus nette
et la plus précise.
7° Crouchi ; ployer. Craquer, rompre rendent mieux l'idée et le
mot.
8° l.acare arrebouride... ploure cehcnlade : la figure échauffée...
pleure amèrement. C'est littéraire. La figure agitée ou bouillonnante... pleure accablée, abîmée, rageuse ou même enrageante.
9° l'èliourit : terrassé. Nous préférons : foulé aux pieds,., mis le
pied sur l'homme.
b) La traduction littéraire n'est guère qu'une traduction presque
textuelle et affaiblie de la traduction littérale. Certaines expressions sont même d'une incorrection et d'une trivialité décevantes :
Rien qu'à les entendre crier la faim de sous terre...
Mais un lion a bondi en mugissant comme l'éclair et le tonnerre...
Ils se prennent... Rome en rit.
Tout cela est purement littéral et mauvais.
Je ne saurais mieux faire que de reproduire les conseils si judicieux du rapport de M. Lhept en 1912 (Réclams, page 199) ;
Rien ajouter, rien retrancher, rien diminuer, se rapprocher de
l'idée de l'auteur; pas de paraphrase, pas d'invention, pas de trivialité dans l'expression ; mais prendre le plus possible la forme
correcte, de bon goût, élégante, sont règles à observer dans la traduction littéraire.
Récompense : Diplôme de Médaille d'argent, à M. Albert Taillantou, élève de l'école supérieure de Nay.

�- l9o —
Soubénis de case
a) Traduction littérale : Beaucoup trop de mots sont remplacés
par des équivalents.
Le tableau suivant donnera une idée exacte de ce que le Jury a
constaté et de ce qu'il désire : je souligne les mots acceptés.

MOTS BÉARNAIS

TRADUCTIONS CONSTUÉES

MOTS PROPRES DÉSIRÉS

Hè

Rend

Fait

Triste

Sombre

Triste

Bère luts

Eclatante lumière

Belle lumière

Boeyt

Désert, inhabité

Vide

Goaste

Corrompt

Gâte

Case

Foyer

Maison ou famille

U hardèu

Masse, troupe, grand

Une foule, un fardeau

nombre
D'aquiu

D'ici, de ces lieux

Bien

Arrive

De là
Vient

Haute de Diu

Genoux, bras, ailes, sein

Giron de Dieu

du Seigneur
Bous

Doux

Bons

Bite passade

Vie éteinte, temps passé

Vie passée

etc.

etc.

b) Traduction littéraire : Quelques vers entiers ont été mal interprétés, traduits à contre-sens, avec trop de fantaisie ou en style
lourd et banal. Exemples :
1° E tout
Et
Et
Et

endret que-u hè pareche boeyt :
fait que chaque endroit me paraît vide
rend vides les moindres petits coins
partout nous fait paraître un vide

2° Que m'arribats de cap tout u hardèu :
Vous m'arrivez vers moi en masses,
Vous courez vers moi à la file sous mes yeux
3° Mes nou bedets pas que hèts lou mau :
Mais vous ne voyez pas que vous allez faire le mal ou mon mal
Ainsi que celle des oiselets, votre voix est charmante, mais elle
accroît notre douleur.
4° Deu be pergut qu'ey doulou d'es soubiene :
11 est douloureux de penser à ceux que l'on a perdu
Il est douloureux de se ressouvenir... (de quoi?)

�— 196 —
Il est douloureux de se souvenir du malheur qui nous frappe ou
du bonheur perdu...
o° Tournats-p'en ta l'oustau :
Retirez-vous à votre logis... Retournez dans votre maison ou
à votre demeure.
6° Oim ey l'arriu oun se perd la memori ?
Où est le ruisseau où l'on perd la mémoire
où on oublie toutes choses.
Qui me dira où est l'onde qui donne l'oubli ?
7° Puth, tout aco n'ey que sauneya ?
Puisque (?) tout cela n'est qu'un pauvre songe
n'est qu'un effet d'un songe.
Puch signifie : puis, mais, d'ailleurs, même malheureusement.
Mais pourquoi pleurer sur des riens, puisqu'il 4aut oublier tous
ces rêves dorés, rêves d'amour...
8° You tout soulet, per ari que dernouri ;
Et seul je reste dans ces lieux ou dans ma demeure
Seul, je reste à l'autre bord de la mer à verser des larmes vaines
Beaux souvenirs la mer nous sépare et seul ici je verse des
larmes vaines.
Il y a là un amalgame de banalités et de prose poétique, qui
déconcerte.
Je conclus en disant : Xe forçons point le talent des enfants,
n'essayons pas de produire de petits prodiges ; mais sachons profiter simplement de leurs bonnes dispositions littéraires. Il faut les
conseiller, les diriger, mais pas les réduire au rôle de copistes et
leur donner ainsi l'illusion d'une récompense qu'ils n'ont pas
méritée par leur effort personnel.

Récompenses
Mentions honorables : Pourtucha, Valérie ; Larquier, Raymond ;
ïambourré, Marcelle; Lachampre, Albanie; Cachen, Lucie;
Hourna, Lucie ; Gouradet, Joséphine ; Bourdette, Marie ; Lanot,
Adèle.
Rappels de Mention lionorable : Péré, Marie-Louise ; Hourna,
Léontine.
Diplômes de. Médailles de bronze : Bourié, Elise; Bruchou, Benée;
Berducou, Marceline ; Langle, Catherine ; Grabot, Jeanne ; Pommiès, Clémence.
Rappels de Médaille d'argent : Berducou, Marguerite; Péré,
Marie-Jeanne.
Diplômes de Médailles d'argent : Bégué, Marie ; Langle, Jeanne.
Diplôme de Médaille de vermeil : Sériés, Marie.

�-

197 -

A litre d'encouragement, le Conseil de l'Escole, sur la
proposition

du

Secrétaire-Général,

exemplaire de VHisloire du Béarn,

a

décidé

d'offrir un

de J. Eyt, à tous les

enfants âgés de neuf ans et au-dessous qui ont pris part au
présent concours et dont les travaux n'ont pu lutter avantageusement avec ceux de leurs camarades plus âgés qu'eux.
Nous ne saurions trop engager ces enfants si jeunes à
parler la langue de nos pères, à l'écouter parler au foyer
pour la transmettre intacte et toujours belle aux générations
futures.

II. — CONTES DE LA VEILLÉE
Il nous est agréable de souligner lheureuse initiative du Bureau
de l'Escole Gastou Febus. Demander aux petits écoliers de raconter
à leur guise et en langue maternelle les vieilles histoires et les
contes intéressants des longues veillées d'hiver, qui se perdent
malheureusement dans un dédaigneux oubli, constitue une innovation hardie et bienfaisante, qui devrait se généraliser et qui me
paraît appelée à produire d'heureux résultats.

Certaines régions

béarnaises et gasconnes récèlent, en effet, des trésors d'esprit attique et gaulois divertissants et instructifs : quelques-uns même
sont d'une grande portée éducative, avec leur tournure mystique
et enfantine.
11 suffira de savoir écarter les contes qui n'offrent qu'un intérêt
médiocre ou qui seraient d'un goût douteux.
27 contes ont été présentés à notre examen : il en est de charmants, il en est de ternes. La plupart manquent de toute conclusion et ne la laissent même pas entrevoir, ce qui leur enlève tout
piquant toute saveur.

Récompenses
Diplôme de Médaille d'argent : Bégué, Marie.
Diplômes de Médailles àe bronze : Carnet St-Landry, Fernand ;
Bracot, Vincent ; Cachen, Lucie; Tambourré, Marcelle; Langle,
Jeanne ; Bourié, Elise.
Mentions honorables : Cazaban, Léon ; Sériés, Marie.

Récompenses aux Maîtres et Maîtresses
S Estampes offertes par le Ministère des Beaux-Arts :

1° Mme Loussalez-Arthez, institutrice à Artbez d'Asson ;
2° Mlle Prat, institutrice à Cescau, avec félicitations de la Commission.
3° Un livre à M. Jean Laborde. professeur à l'école supérieure
de Nay.

�- 198 —

Rapport du Concours de Peinture et de Dessin
Mesdames, chers Counfrays,
J'ai longtemps cherché ce qui m'a valu l'honneur d'être, aujourd'hui, rapporteur du concours de peinture et de dessin; puis, j'ai
évoqué l'image de notre vaillant secrétaire-général dans son cabi
net de travail, additionnant les notes du jury et procédant au
classement des compositions. Ce travail achevé, il réfléchit longuement : qui fera le rapport ? 11 lui faut un porte-plume. Bientôt je le
vois sourire malicieusement dans sa barbiche ; un rapprochement
s'est fait dans son esprit avec la... fine silhouette de l'un des membres du jury: le porte plume est trouvé ! Et voilà comment, le
plus modeste est chargé de faire connaître les impressions générales de ses distingués collègues sur le concours d'aujourd'hui.
La première de ces impressions est certainement la plus fâcheuse : nous avons à déplorer la... maigreur squelettique du nombre
des compositions : deux pour le rémouleur, trois pour le projet de
couverture, six pour le concours des Ecoles. Faut-il donc envisager
le jour où ce combat artistique cessera faute de combattants ? Je
ne le crois pas : j'ai foi en ces admirables artistes qui puisent leurs
plus douces joies dans les soins dont ils entourent leur œuvre et
qu'un tout petit rayon de gloire suffit à payer de leurs peines.
Cependant ils ne viennent pas : ils n'entendent pas notre appel.
Est-ce leur faute? Ou bien ne savons nous pas emboucher le portevoix ? Nous devrons nous préoccuper de la question, et nous trouverons bien une solution satisfaisante.
Quant au concours des écoles, il n'a pas donné les résultats que
nous en attendions : pourquoi? Nous savons bien, cependant, que
nos jeunes écoliers reçoivent une certaine culture artistique ; ceux
qui ont assisté aux fêtes scolaires du printemps dans les BassesPyrénées ont été charmés par les dessins illustrant les programmes. Pour ma part j'en ai vu qui étaient absolument remarquables
pour avoir été composés par des bambins. Nous faisons appel aux
instituteurs présents pour qu'ils nous aident dans notre œuvre de
vulgarisation artistique. Plus la compétition sera large, plus l'émulation sera profitable.
Fort heureusement, la qualité de ces compositions est venue
atténuer nos regrets causés par leur petit nombre : non qu'il y ait
des œuvres maîtresses, mais certaines révèlent un goût sûr, de
sérieuses aptitudes, et toutes montrent un louable effort que nous
avons eu plaisir à constater.

�— 199 —
Le sujet imposé «le Rémouleur» a réuni deux concurrents: —
la première composition, une peinture à l'huile ayant pour titre —
Ciseaux... Couteaux — est un bien joli tableau. Dans une rue de
petite ville le rémouleur est à sa besogne, son chien fidèle à ses
côtés et contemplé par un bambin curieux. L'œuvre révèle chez
son auteur un esprit d'observation aiguisé ; la perspective est parfaite, la rue bien fuyante ; les tons sont excellents mais semblent
manquer de chaleur. Nous souhaiterions voir les parties ensoleillées moins blafardes, les ombres portées moins ternes ; cela donne
une impression de mélancolie et d'ennui dans cette rue de petite
ville. L'auteur a, peut être, donné trop d importance à tout ce qui
entoure le motif du tableau et pis assez au motif lui même. Si
1 ensemble est bien, les détails sont relâchés: le chien laisse à
désirer, le garçonnet semble figé. Au demeurant, c'est bien l'œuvre
la plus remarquable du lot et l'auteur mérite la fleur de vermeil
que lui attribue le Jury en lui adressant ses plus vives félicitations.
La 2° composition est un fusain signé «Rhodes». Ici plus de
naturel dans l'attitude du rémouleur au travail ; le chien est également bien croqué : un peu d'inexpérience dans les détails. La plus
grosse faute est d'avoir fait du remouleur un géant par rapport à
la maison tout proche. Le Jury décerne une médaille d'argent à
l'auteur.
Le projet de couverture de la partition « La Mouilhè d'autes
cops » nous a valu trois envois.
Les deux premiers dessins — Carmen — et — Camélia — procèdent exactement de la même facture : ils révèlent les mêmes
aptitudes, ils présentent les mêmes qualités et, aussi, les mêmes
imperfections. — Carmen — nous montre la Moulhè filant tout en
se promenant davant sa maison. 11 y a beaucoup de finesse dans
l'exécution du dessin dont la qualité maîtresse est dans la vérité
de la perspective toujours si difficile à rendre. La pose de la
mouilhè ne manque pas de grâce, mais pourquoi cette rigidité?
Pourquoi l'auteur ne recherche-t-il pas pius de naturel?
— Camélia — nous montre un tableau plus familial ; d'inspiration plus poétique La Moulhè file sa quenouille au coin du feu.
Cela évoque une foule d images charmantes; mais l'exécution
accuse plus fortement encore les imperfections relevées dans Carmen. —Toujours trop de rigidité, manque de naturel et d'abandon.
Une erreur de détail qui a son importance et qui nuit à la vérité
du dessin : les âtres à foyer surélevé sont bien rares dans les che-

�— 200 minées de nos campagnes ; la chaise, non plus, n'est pas « la cadière
dèu corn dèu hoec » qui nous est si familière.
Le Jury attribue la « fleur d'argent » à — Carmen — et un diplô
me de Médaille de Vermeil à - Camélia —
La composition signée — Ad libitum — est d'un auteur qui
affirme un goût délicat, une maîtrise incontestée. Cette fine aquarelle est tout simplement délicieuse. Malheureusement ce projet
de couverture n'a qu'un vague rapport avec le texte etconviendrait
à une foule d'autres cantes. Malgré notre admiration pour ce petit
bijou, nous aurions dû écarter du palmarès l'auteur qui s'est
écarté du sujet. Toutefois, en raison de la valeur de la composition qui nous fait prévoir de beaux succès pour l'auteur dans les
futurs concours, le Jury décide, par exception, d'accorder une
récompense et décerne à l'auteur une belle estampe offerte par le
Ministre des Beaux-Arts.
Nous voici au Concours des Ecoles : toutes les compositions présentent certainement bien des défauts, mais le jury ne peut exiger
d'artistes en herbe des qualités déjà affirmées. L'imperfection
commune à toutes ces copies est le défaut de perspective : la conception des lointains et des profondeurs est encore un peu vague ;
toutefois, quelques efforts dans ce sens sont à signaler.
Le Jury s'est préoccupé, surtout, de démêler, au milieu des
hésitations, de l'inexpérience du crayon, si l'on pouvait fonder
quelques espérances pour l'avenir et il a eu la grande satisfaction
de recueillir de belles promesses dans quelques-unes des compositions.
Dans « Tarascon sur Ariège » il a reconnu un crayon déjà vigoureux, un œil qui voit les reliefs et une main qui sait les rendre.
L'auteur fera bien un jour, surtout s'il enlève un peu de sécheresse
à son crayon nerveux.
La « Cathédrale de Tarbes » est une copie très appliquée, très
minutieuse; les détails sont bien remarqués. Les effets d'opposition ne sont pas assez accusés ; la reproduction est froide. Un léger
défaut de proportions fait perdre au monument son aspect
imposant.
Encore un crayon habile déjà dans « la Cascade de Lutour )&gt;,
mais l'auteur ne doit pas profiler de sa dextérité de crayon pour
éluder les difficultés : la profondeur du torrent au-dessus de la
cascade est rendu de façon fantaisiste.
Nous préferons l'inexpérience appliquée révélée par « la Vallée
de Luzw dans laquelle l'auteur a essayé de rendre, avec plus de

�— 201 —
conscience que de succès, l'imprécision des crêtes neigeuses et
lointaines de la montagne.
Enfin, pour finir, « le lac de Lourdes » vaut à son auteur, qui
désormais observera mieux les proposions, une mention honorable et la « Vue de Gavarnie », dont l'auteur doit être très jeune
obtient une mention d'encouragement.
Et voila ! C'est tout... et c'est peu ! Pour tout le mal que je lui
veux, je souhaite que le rapporteur du concours prochain ait dix
fois plus de travail que moi. Si nous voulons tous nous employer
à faire du prosélytisme, si nous mettons de l'ardeur dans la propagande, je crois qu'il lui viendra de la besogne.

Rapport sur un prix spécial par M. Batcaoe
Il fallait à Audi un homme de bonne volonté en qui chacun pût
mettre également sa confiance, qui voulût bien prendre le souci
de notre organisation. M. Despaux a été cette âme vaillante. lia
centralisé tous nos services et a préparé cette réunion dont le
succès est en grande partie son œuvre. M. Despaux voudra bien
accepter en témoignage de notre reconnaissance et en modeste
souvenir de notre passage, la médaille d'argent de l'Escole.

Rapport sur le Grand Prix d'histoire
Le jury composé de MM. Paul Courteault et Bourciez, professeurs
à la Faculté des lettres de Bordeaux, Adrien Lavergne, vice présisident de la Société archéologique du Gers, lauréat du prix,
L. Bauby et L. Batcave, a décerné le grand prix d'histoire à M.
Philippe Lauzun, président de la Société archéologique du Gers,
secrétaire général de la Société des Sciences, Lettres et Arts
d'Agen, directeur de la Revue de l'Agenais, inspecteur de la
Société française d'archéologie.
On pourrait, à vrai dire, s'étonner que cette récompense vienne
si tardivement à M. Lauzun, si l'on ne savait que sollicité, depuis
l'origine, pour savoir à qui elle devait être attribuée, notre éminent lauréat avait modestement désigné ceux que nous avons
couronnés déjà. Il était juste qu'un choc en retour se produisit.
Je n'aurai pas la témérité de louer M. Lauzun dans un pays où
ses œuvres le louent. Elles lui ont valu de flatteuses récompenses
auprès desquelles la nôtre est bien modeste.
Historien de nos châteaux gascons qu'il a vraiment révélés au
monde des archéologues, M. Lauzun s'est spécialisé dans l'archi-

�tecture militaire et la valeur de ses travaux s'indique par ce fait
que son Château de Bonaguil a connu la troisième édition. Sa
monographie de l'abbaye de Flaran est un modèle du genre.
En histoire, je rappellerai qu'il a suivi notre Marguerite de
Valois jour par jour dans son itinéraire en Gascogne ; il a publié
beaucoup de lettres de cette princesse. Lorsqu'il parle de Madame
de Palastron, votre aimable compatriote, il connaît aussi une
seconde édition et... la joie d'être utilisé par des historiens qui
omettent de signaler son étude.
Revue de l'Agenais, Bulletin de la Société archéologique du
Gers, témoignent de sa collaboration abondante comme articles,
illustrations photographiques, bibliographies soignées et précises,
tant et si bien que son œuvre abondante égale presque la production de l'érudit si aimable que fut Tamizey de Larroque. En ce
moment même il s'occupe du classement des édifices anciens. (1)
Je ne saurais assez louer son obligeance, son savoir, sa plume
aimable.
Certes, mon cher Président, notre récompense est modeste.
C'est une étoile que nous donnons à ceux qui ontcueilli le rameau
d'or. Veuillez le recevoir avec tout le plaisir que nous avons à
vous l'offrir et à couronner en votre personne la vaillante Société
archéologique du Gers.

Rapport général de M. Batcaue
Fidèles à l'usage suivi dans ces réunions, nous allons vous
donner lecture du compte-rendu de l'année sociale et je vous prie
de me faire quartier pour ce que ce devoir présente d'ingrat dans
une fête des lettres gasconnes.
La réunion de Pau avait confié mandat à votre bureau : 1° de
faire la déclaration en vue d'obtenir la capacité juridique et 2° de
parachever l'acquisition du château à Mauvezin par la transcription du titre d'achat. Ces formalités ont été strictement remplies.
Depuis cette réunion notre Société a éprouvé plusieurs pertes.
M. Abadie, président de la Société de Borda était un savant
magistrat qui, sa démission donnée, était venu habiter Dax où il
porta ses études sur l'histoire, principalement sur la coutume très
spéciale de cette ville. Il avait effectué de !a publication du Livre
(1) C'est à ces soins et au concours dévoué que lui prête un gascon,
M. Itoujon, de l'Académie Française et de l'Académie des lîeaux-Arts que
sera di:c la conservation en France de l'abbaye de Flaran qui allait... partir
pour l'Amérique.

�jVoîY un travail méticuleux, soigné, de paléographe, de linguiste et
de juriste. En une préface importante, il étudiait la portée de
cette coutume et son influence sur la région voisine. M. Abadie
avait obtenu de hautes récompenses, il était grand prix de notre
Ecole.
Le docteur Henri Gaye, médecin réputé, était fort assidu à nos
réunions. C'était le plus aimable landais béarnais. Habitant Pau, il
dirigea un journal .ou parurent en grande partie les premiers
contes de M Lalanue. Sa verve aimable animait nos amassades.
Mme Laudet est décédée récemment : Elle avait voulu être inscrite sur notre liste, tenant que c'était là remplir un devoir social.
Plus récemment encore disparaissait M. l'abbé Laclavère,
vicaire-général d'Auch, qui a été fort bien loué dans un de nos
derniers numéros. M. Laclavère avait déterminé le mouvement
d'adhésion de l'Armagnac à notre œuvre.- Il était un excellent
poète, rééditait les œuvres de Léonce Couture, aimait à prêcher
en langue gasconne au point que de lui on pourrait dire ce qu'on
raconte de cet évêque-acadéinicien, Godeau qui quitta Paris pour
le modeste siège de Vence, lequel déclarait un jour que si Dieu
lui laissait le choix du don des miracles ou de la langue provençale « il choisirait plutôt de bien parler cette langue que de ressusciter trois morts par jour. »
Avec M. Hilarion Barthéty nous avons perdu un ami de la
première heure, tout dévoué à notre œuvre. Archéologue, historien,
dessinateur, poète, prosateur, Barthéty a beaucoup travaillé en
lhonneur du Béarn. Nous avons dit dans un article des licclams
quel souvenir ému nous gardions à sa mémoire.
A ces défunts, à ceux dont la disparition ne nous a pas été
signalée, nous donnons un dernier adieu ; nous adressons à leurs
familles nos compliments de condoléance attristée.
L'année sociale a vu aussi certaines joies survenir à quelques
uns de nos amis. Le comte de Roquette-Buisson, président de la
Société académique des Hautes-Pyrénées, l'abbé Dubarat, président de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau, ont été
nommés membres correspondants de l'Académie de Bordeaux (1)
à l'occasion des fêtes du centenaire de cette Compagnie présidée
par notre confrère M. P. Courteault.
Plusieurs de nos collègues ont été l'objet de promotions dans la
I-égion d'Honneur. M. Paul Reclus, d'Orthez, membre de l'Acadé(I) Noire président a aussi reçu cette distinction.

�- 204 —
mie de Médecine, professeur à la Faculté de Médecine de Paris, a
été fait commandeur, juste récompense d'une vie dévouée au
travail ; MM. Pau! Forsans et Fernand Laudet sont devenus officiers
du même ordre. Nous nous réjouissons de la joie de nos amis et
si M. Forsans est un excellent Béarnais, M. Laudet est un Gascon
qui ne renie pas son pays. Dans la Revue hebdomadaire il a pulié
une étude sur les contes gascons dont le recueil de Bladé fournit
des modèles achevés ; il a ouvert son recueil à une fort intéressante étude de M Dulac, sur les vieilles coutumes de votre pays.
MM. Fontan et Bégarie ont remporté aux jeux floraux de
Toulouse le souci et l'œillet d'argent.
M. Arnaudin a publié avec un grand succès les chants populaires de la grande Lande, les Reclams ont donné l'un d'eux ; —
œuvre patiente, précise, précieuse pour les amateurs de notre
ancienne chanson. M. l'abbé Daugé a fait imprimer une monographie importante de Bion des Landes et, qu'il ne veuille pas voir
en ce jugement une critique, mais, bien au contraire, une juste
louange : le folk-loriste est le compagnon assidu de l'historien
dans ce travail. — De l'abbé Laborde : Coutumes et usages
béarnais : Les noces de la vallée d'Ossau — De M. Camélat : Ronhi
loti Sounadou qui paraîtra sur nos scènes. — De M. Simin Palay :
la Peleyedoua arrasims. — De Mme Alberte Lalanne : Primevères
aux versets inspirés. — De Mme Philadelphe de Gerde: Bernadette
poème pastoral que Camélat a apprécié avec tout son cœur. —
M. Navarre a publié le récit de son exploration au Maroc en 1912 ;
cette année, il se voit privé d'être avec nous parce qu'il a été
envoyé comme correspondant de journal aux Balkans.
■ Si nous sortons de notre domaine littéraire, nous voyons
M. Barthou, d'Oloron, devenu président du conseil et nous ne
saurions oublier que M. Barthou s'intéressa à notre œuvre et dota
notre premier concours d'un prix officiel. M. Jean Dupuy, sénateur
des Hautes Pyrénées est ministre des travaux publics. Quanta
notre collègue, M. Bérard, député d'Orthez, qui occupe avec tant
d'élégance la surintendance des Beaux-Arts il a spontanément
envoyé trois épreuves, dont deux avant la lettre, d'estampes destinées à être distribuées en prix. Il voudra bien trouver ici l'expression de nos remercîments. Je signalerai que notre collègue,
M. Xoulens, ancien sous secrétaire d'Etat, a été chargé d'un
rapport important.
Un landais, M. Brutails archiviste de la Gironde, a remporté le
grand prix Gobert de 9.000 fr. à l'Académ ie des Inscriptions ; M.

�— 203

-

l'abbé Clergeac d'Auch,a eu une récompense pour sa Chronologie
des archevêques et évèques de l'ancienne province ecclésiastique
d'Auch. A l'académie des Beaux Arts, M. Gabriel Boby, de Bayonne
remportait le prix Maillé de la Tour Landry et, hier, M. Gazes, de
Lannepax fGersJ obtenait le deuxième second grand prix de peinture pour le prix de Rome : il n'a pas été décerné de premier
prix.
Les Gascons, prétendait on, n'ont pas l'esprit scientifique. A
preuve : le comte Arnaud de Grarnont, de Gelos, entrait récemment à l'Académie des Sciences et, en le félicitant,

nous félici-

tons aussi son fils, notre confrère, le comte Sanche de Gramont.
M. Alphonse Mailhe, de Trie, professeur adjoint à la

Faculté des

Sciences de Toulouse obtenait un prix Monthyon de 2.500 fr.
pour ses trauvaux sur la chimie.
Dans la vie provinciale nous signalerons la réunion importante
du Parsà du Vic-Bilh et du Madiranais, tenue à Morlàas,

sous la

présidence de M. Bernis, ingénieur en chef des ponts et chaussées
de Tarbes. Fête fort réussie qui a été fréquentée par les enfants
des écoles et par leurs maîtres, honorée de la présence des autorités académiques. Des vœux ont été émis en faveur de l'enseignement de l'histoire locale dans les lycées ou collèges et de la
création de musées d'art local. A Sauveterre-de-Béarn s'est formé
un groupement important le Rallye Gastou Febus,

présidé par

notre ami le comte de Viforano et dirigé par notre autre ami
M. Claverie. M. Claverie, notaire, n'a pas voulu laissera ses confrères de Suisse ou du Tyrol la spécialité d'organiser des fanfares
et ses disciples, montagnards parfaitement costumés, sonnent du
cor comme si Gaston-Phœbus les avait dressés lui-même et il était
un maître en cet art. Des fêtes fort réussies ont eu lieu à Sauveterre
pour les débuts du Rallye,

puis pour la remise du drapeau, le

17 août. Des vœux ont été adressés au ministre de l'instruction
publique -

la voie était aisée — en faveur du maintien de la

langue à l'Escole.
Ici, là, signalons quelques conférences utiles : à Masseube, par
M. Combe, sur la dépopulation en Gascogne; par M. Azenilla, sur
Henri IV, le plus illustre des Gascons ; à Condom,

par l'abbé

Daugé, sur le mariage et la famille en Gascogne ; à Oloron, à Pau,
par M. Eyt, sur les vieux fors ; à Pau, par M. P. Courteault, sur les
Cadets de Cascogne, rois de Navarre avant Henri IV. Mais, depuis
longtemps ce me semble, nous n'entendrons plus parler du l.arc,
si vaillant, si intrépide.

Notre ami Sarrieu, éloigné aujourd'hui

�— 206 de nous par une coïncidence que nous regrettons, me prie de lui
donner ses encouragements. Dans le Gers. M Talbert, inspecteur
d'académie, a rédigé une

circulaire en vue de constituer un

groupe d'hisloire locale.
Nos amis, Camélat et S. Palay continuent leur propagande
féconde par la Bouts de la Terre qui, pour 2 fr. par an, donne deux
fois par mois de quoi s'instruire et se récréer.
Nous avons essayé de refondre les Reclams, Nous y avons introduit une Gazctote qui, sur le modèle de celle qu'essaya la Revue
des Pyrénées et des Landes en 1883, a eu assez de succès.

[1 ne

tient qu'à chacun de la rendre intéressante. Nous avons commencé
un dépouillement des Revues et si nous en jugeons par les demandes de renseignements que nous adressent nos lecteurs, cette
innovation est utile.
Cette Revue a publié des articles jugés intéressants ; l'appel de
M.

Laborde-Milaà, en faveur de la tombe délaissée du poète

Navarrot; les Aguillounès, de M. Cassaët ; les documents sur la
sorcellerie, de M. Lacouture ; Ue passeyade a la garenne de Nerac,
de M. Rourciez, en langue béarnaise bien pure. Mais demandez au
directeur des Reclams, à M. Lalanne ce qu'il en coûte de se procurer des articles! Dans votre Armagnac on en est un peu avare.
L'ami Carrive a trouvé le mal; le rhumatisme sévit de fâcheuse
façon sur les mains droites ! Mais braves gens! lisez donc la couverrture des Reclams et vous y verrez que la station thermale de
Rarbotan est efficace contre ce mal ; on en guérit.
Vous avez pu lire une liste des Gascons célèbres et notoires
élaborée par M. Bibal avec l'ardeur et l'entrain qu'il apporte à
glorifier ce qui est l'honneur de notre pays. Ne lui ménagez pas
votre concours ; il sera heureux des additions, rectifications que
vous lui apporterez.
Toute forme de communiquer avec nous est précieuse. Voyez
notre collègue M. Larrat, il est privé aujourd'hui du plaisir de se
joindre à nous. Il nous adresse comme carte de visite un fort joli
portrait d'Isidore Salles qui est prêt à être appeudu au musée de
Mauvezin. Voilà bien un spirituel envoi.
Mettre en honneur le culte de la terre natale est le but de notre
œuvre et, comme le veulent nos statuts, nous prenons souci de ce
qui concerne le bien-être de nos populations. Il nous faut donc
réapprendre tout ce qui peut mènera ce résultat.
Pourquoi n'étudierait-on pas dans nos bourgs la question de la
mise en pratique des formes de notre vieil art local industriel?

�- 207 —
Pénétrez dans les demeures de nos familles bourgeoises stables.
Regardez ces commodes pansues, ces limandes décorées, ces
serrures ouvrées, ces tables à pied de biche, ces rampes aux animaux éployés. Voilà l'œuvre de nos aïeux. Elle est si bien préférable au meuble vendu à la grosse par le bazar, qui n'est ni solide ni
grâcieux, que les antiquaires les recherchent avec avidité. Ne conviendrait il pas de provoquer ici comme on le fait surtout en Alsace
une rénovation de notre art?
11 est encore des formes de défendre nos treditions. Mal au courant par ce qu'ils aperçoivent aux environs de Paris, dans les pays
de grande culture, certains économistes désirent voir adopter une
loi nouvelle sur le métayage, sur le fermage ; voir améliorer les
rapports entre les ouvriers fermiers peu payés et les « fermiers
généraux ». C'est là une institution à laquelle on doit toucher discrètement, car le métayage en nos légions, association du capital
et du travail offre une grande plasticité pourse modelersuivant les
lieux et les circonstances. M. Antoine d'Abadie, de l'institut, pouvait citer une famille de colons demeurée depuis 800 ans sur une
terre que sa famille possédait près de Peyrehorade.
Comme vous le voyez. Mesdames et Messieurs, le but que nous
poursuivons est celui de faire aimer davantage notre pays, notre
sol. M Babelon le disait fort bien à la réunion du Congrès des
Sociétés Savantes de 1910: «De tous les lieux que l'homme du
peuple est souvent forcé d'habiter, il n'en est aucun qui lui soit
aussi cher que le coin do terre où il a passé son enfance. C'est la
qu'il retourne toujours avec émotion, même après une longue
absence; c'est là que comme Jeanne d'Arc, il entend ses voix, la
voix des ancêtres. Vienne un tremblement de terre, une inondation qui emporte sa maison ; il la reconstruit au même endroit,
sachant bien pourtant qu'un jour ou l'autre le même cataclysme
risquera de la dévasterde nouveau. Arracher cet homme à son
passé, à sa tradition, serait de la part des éducateurs de la jeunesse,
un crime contre la patrie, un attentat contre nature. « La nation
comme 1 individu, a dit Renan, est l'aboutissant d'un long passé
d'efforts, de sacrifices et de dévouement. Le culte des ancêtres est
de tous le plus légitime; les ancêtres nous ont fait ce que nous
sommes. »
Mesdames, Messieurs, venez à nous nombreux; aidez notre
œuvre pour le maintien des idées qui ont fait notre petite patrie
glorieuse dans le pa.ssé. Febus aban!

�— 208 —
Sans commentaires nous avons livré les divers Rapports.
11 est des choses qui portent en elles la bonne marque, qu'on
n'a pas besoin de souligner. On ne résume point une documentation serrée. - On lit.
Il n'est pas toujours agréable d'entendre des rapports, où
la critique se donne juste, libre carrière. Cependant chacun
peut y trouver son compte : les lauréats des éloges ; les autres des directions ; un bon conseil vaut de l'or...
M. Xavier de Cardaillac dans une causerie telle qu'il sait
les faire, nous a présenté le rude batailleur que fut Pedro II
roi d'Aragon. Vainqueur des Almobades à las Navas de
Tolosa 1212, il vint prêter le secours de son épée aux Albigeois massacrés par les farouches seigneurs du Nord. Défait
à Muret en 1213 il resta sur le champ de bataille. — Le sujet
était d'actualité à l'heure où à Muret vient de s'élever le
monument commémoralif de la bataille où fut tué le roi
Pierre combattant contre Simon de Montfort, combattant
pour l'indépendance de nos contrées.
L'éloquence de M. de Cardailloc, la facilité et la sûreté
de l'expression, son gesle, sa distinction lui valurent des
applaudissements frénétiques.
Le Secrétaire Général lut ensuite un long palmarès. Les
vainqueurs du tournoi venaient recevoir des mains de la
Reine les récompenses consistant en médailles de vermeil,
d'argent, de bronze. (Le palmarès sera publié plus loin.)
La musique du 88e, réputée, a rehaussé l'éclat de la fête
par l'exécution d'un programme de circonstance : « La Toulousaine », airs béarnais, airs gascons, formaient des macédoines très heureuses et le •&gt; Reth cèu de Pau » fut superbement chanté par un jeune ténor, M. Hourcade, avec accompagnement d'orchestre. Au chef de musique du 88°, à tous
les exécutants vont les chauds remerciements de l'assistance.
Nous serions inexcusables si avant la clôture de la séance
nous n'adressions pas une fraternelle salutation à tous ceux
qui ont honoré de leur présence cette fête littéraire, si nous
ne présentions nos respectueux hommages auxgentes dames
et demoiselles qui ont voulu rehausser de leur présence ces
assises de la Cour d'Amour : Mines Lalanne et Piganiol, filles
de M. Ribal, Mme Lauzun, Mme Joseph de Barry, lauréate
du concours de poésie, Mme Petitbon et bien d'autres dont
nous avons regret de ne par connaître les noms, mais vers

�qui va l'expression de notre reconnaissance. Aux belles
Auscitaines, aux belles Gasconnes, Merci !
M. le Président annonce : La réunion prochaine aura lieu
à Sauveterre-de-Béarn, le Dimanche 25 août 1914.
L'ordre du jour est épuisé. La Reine se lève, la séance des
Jeux Floraux est terminée.

BANQUET
En France tout finit par des chansons, dit un proverbe.
Nos fêtes félibréennes par un banquet... et des chansons, et
des paroles combien affectueuses ! Voici le menu du banquet :
GARBURO DAMBE

SALAT D'AUCO

PEGUESSOS
PECH DE

LA MA DE

GASCOUGXE DAB

SAUÇO

GARIOTE DARMAGNAC
BIJOU DE GAROUNO
MOUNJETOS
GIGOT

DE

MOUTOUN

DE

MOUNTAGNO

SALADO
CRÈMO,

COCOS E

FRUTO

BIN ROUJE E BLANC DOUS TEPÈS DOU GERS
BIN

DE

BOURDÈOU !

SAINT-EMILIOUN

BIN ESPUMOUS DOUS «CADETS DE
CAFÉ ARMAGNAC

GASCOUGNO »

BIELH

« Comme cela doit être facile d'être bon, quand on mange
de si bonnes choses ! oh ! le joli vin clair ! Ah cela vous met
dans la poitrine la joie, le soleil, toutes les vertus ! » Gringoire, scène IV.
Le menu essentiellement gascon et le service furent très
appréciés et aussi l'urbanité du maître d'hôtel, le fin traiteur,
M. Castera.
Autour de la Reine et de ses dames d'honneur se pressaient plus de 150 convives. MM. Batcave, Bibal, Samalens,
Lauzun, Lalanne, Lavergne, Camélat, Despaux, l'abbé
Sarran, comte de Viforano, de Cardaillac, Lacaze, Lacoste,
Carrive, Dr Méliande, Canton, abbé Laborde, Tallez et
Hebrard, Daugé, Pétriat, Branet, Petibon, Simin Palay,
Faure, Minvielle, Eug. Palay, plusieurs notabilités d'Auch et
des environs...

�- Ìiù —

So qui desligue la paraule
Qu'ey lou darrè truc dou bouchou.
Sustout quoan ey bi de Yurançou.
Le vin des Cadets de Gascogne a mêmes vertu... On a
parlé. Ce qu'on a dit à ce banquet? Vous vous êtes trouvés
dans des réunions d'amis, dans des réunions familiales où
l'on parle de tout, où un rien vous déride, vous fait vivre,
vous enthousiasme, où les moindres paroles vous enflamment parfois, parce que dites par une voix amie ! Ici c'était
un feu d'artifice de bons mots, des anecdotes à jet continu,
des compliments ; et la mimique était si expressive... Allez
suivre le flot des causeries... Mais si dans un concert on ne
saisit pas toutes les notes ; il y a les directrices que l'on suit
toujours. Ainsi dans les discours ; et nous avons entendu
M. Bibal qui dans son langage enflamé dit combien il était
heureux de saluer ses confrères des monts Pyrénéens. Il
clame l'honneur du Béarn, de la Bigorre, du pays de Lanes!
Il parle du château de Mauvezin, il escompte ce qu'il
pourra recueillir renfermer en ses flancs de vestiges, de souvenirs du passé fixés par l'image, le dessin, l'estampe, la photographie, la notice.
L'âme de Gascogne vit en M. Bibal. Si toutes les provinces
sont belles, il veut que la Gascogne soit la plus belle. 11
célèbre les troubadours, la femme, la beauté, la cour d'Amour
les charmes de la Reine et des Muses, il porte un toast à la
Gascogne.
Félibres, battons un triple ban en l'honneur du pays
gascon, de ses gloires.
Une bonne fortune : je peux insérer le texte lui-même des
paroles prononcées par M. Bibal.
Le grand vin mousseux des 'Cadets de Gascogne" coule
dans les verres, le moment des toasts est arrivé.
M. le président Batcave donne la parole à M. Bibal; et
celui-ci prononce l'allocution suivante :
MESDAMES,
MESSIEURS ET CHETÎS COLLÈGUES.

Veuillez m'excuser, môme après l'autorisation présidentielle, de
prendre, le premier la parole; vous trouverez, sans doute, que je
mérite votre indulgence. Il semble, en effet, qu'il appartient, tout

�d'abord, à un Armagnacais, dans l'heureuse circonstance qui nous
réunit, d'exprimer des remerciements, des souhaits de bienvenue,
le toast traditionnel à nos honorables collègues du Béarn, des
Laneset de la Bigorre.
Les voici venus, en grand nombre, au nord de la Gascogne, alors
que, les années précédentes, nous avons parcouru, ensemble, en
festoyant, toutes les régions qui longent les Pyrénées Qu'ils soient
les bienvenus ! Je les salue cordialement.
Nous avons la même foi, le même but, les mêmes qualités qui
n'excluent pas la malice, celle-ci parait même régner en maîtresse
ou plus développée au cœur du Béarn. Dois je le dire ? me sera t-il
permis de citer un exemple ? Un beau disciple de Gaston Fébus,
de la région des gaves, que je ne veux pas nommer, qui aurait, à
l'occasion, le sourire de d'Artagnanetlecoup de poingde Porthos,
a voulu plaisanter, par anticipation, sur les préparatifs de notre
fête, en Armagnac ; nos Réclams en portent le témoignage. On a
souri, on a ri, on était désarmé ; son esprit y pétillait. Je regrette
que le mien ne puisse en faire autant.
Cependant notre confrère, aimable et malicieux, voudra bien
reconnaître aujourd'hui, que les Armagnacais, sans malice, sont
heureux et fiers d'accueillir, dans la capitale de la Gascogne, leurs
bons confrères des monts Pyrénéens.
Je lève mon verre, gaiement, avec tous mes vœux de bonheur
et de succès, au Béarn, aux Lanes, à la Bigorre !
Que dire,

maintenant,

pour la Gascogne entière, que nous

aimons, que nous fêtons, qui a eu sa renommée dont elle veut
rester digne ?
Vous savez tous, ou à peu près, ce que l'Escole Gastou-Febus
tâche de faire actuellement pour elle : la liste de ses illustrations,
de ses notabilités. Je vous ai priés, mes chers collègues, de m'envoyer des renseignements ou des rectifications, pour compléter
cette liste, afin que vous puissiez contribuer ainsi, parun concours
effectif, à l'œuvre commune. Je profite de l'occasion actuelle pour
vous prier encore de me confier, pour quelques jours,'des images,
des dessins, des estampes, des photographies, qui serviraient à
créer des clichés dont la reproduction viendrait orner les courtes
notices biographiques.
Permettez moi de vous dire que je poursuis un rêve, un projet :
celui d'établir une brochure artistique qui deviendrait, pour notre
Escole, pour tout le monde, comme le " de Viris illustribus Vasconiae".

�— 212 —

Plus tard, les noms de nos hommes illustres en seraient détachés
et peints, par des tableaux concis, sur les murs du château de
Mauvezin, patrimoine de notre Société.
Ils seront là, ces noms éclatants, pour rappeler à nos successeurs
et faire connaître aux visiteurs du vieux château ce que fut la
Gascogne, à travers les siècles passés, par ses hommes d'élite,
d'épée, de robe ou d'église, qui portèrent si loin cette réputation
dont nous devons rester fiers.
Je lève mon verre, haut et ferme, pour toute la Gascogne... la
plus grande et la plus belle !
Deux mots pour finir.
Les troubadours, qui ont tant chanté, au moyen âge,
La Femme et la Beauté, avaient leur cour d'amour.
Nous avons aussi la nôtre.
Et il semble, à la suite de nos fêtes et de nos enthousiasmes, que
nous sentons battre, en nous, le cœur des troubadours.
Gaston Fébus, preux chevalier, nous a légué sa devise :
« J'ay belle Dame » — Sachons la maintenir.
Je lève mon verre, pour les belles Dames de Gascogne... à la
Reine, à ses Muses !
M. Batcave s'exprime en ces termes:
MADAME,
MESDAMES,
MESSIEURS, MES CHERS AMIS.

En m'appelant à succéder à notre très cher et toujours regretté
Adrien Planté, pour lequel ces fêtes étaient un triomphe, vous
m'avez fait un honneur fort grand. Je ne suis, en effet, qu'un
modeste abstracteur de quintessence historique ou juridique,
aimant à m'égarer par mode de distraction à travers les champs
fleuris de la légende, de la poésie et de la prose gasconnes, très
épris de notre art local, et vous avez bien voulu juger que c'était
là des titres suffisants. Certes, les joies et les consolations de
l'étude désintéressée s'accompagnent parfois de résultats bien
difficiles à prévoir. Mais comme on trouve toujours des raisons
discrètes pour ne pas résister à ce qui flatte, je n'ai su opposer de
motif bien sérieux à votre choix et vous jugerez séant que s'ofîrant
aujourd'hui cette première occasion publique de vous remercier,
je le fasse de façon cordiale et affectueuse.

�— 213 —
Cette dette du cœur acquittée, je vous demanderai la permission
de porter la santé de notre Reine, Madame Guillot. Le Félibrige,
Madame, a inscrit dans ses statuts le culte de la grâce et de la
beauté et je ne saurais assez rendre hommage aux qualités qui,
par notre libre élection, ont fait de vous notre très aimable souveraine. Ces mérites seuls auraient suffi pour justifier la désignation
du très courtois Adrien Planté, mais les amateurs de l'histoire,
toujours armés du sens critique, veulent chercher et trouvent
parfois partout des raisons. Je ne saurais donc oublier qu'en
notre pays, pour nos ancêtres, la femme fut toujours en particulière vénération. Un Strabon, un Plutarque, nous conteraient
qu'aux âges lointains l'envahisseur dut composer avec les dames
pyrénéennes, ce qui parait indiquer qu'elles gouvernaient. En
1790, héritières non indignes de celles-ci, apparaîtront les amazones formant une légion des Hautes-Pyrénées pour repousser
l'Espagnol. Et, pour ne pas sortir de notre coin du Sud-Ouest,
nous voyons les dames héritières d'une maison détenir la propriété
réelle et apparente du domaine, s'associer des maris dont elles
font des co seigneurs, — car jusqu'au xyie siècle, le mot rcgnor
signifie seulement maître. — assister aux assemblées de communautés, devenir bourgeoises. Cette influence se marque dans le
titre qu'on leur connaît, jusque dans les plus modestes demeures ;
elle sont la da&gt;me.
.le soupçonne Adrien Planté d'avoir vu plus loin. Vous savez
comment il était presque un gentilhomme de la cour de Moncade.
Quelque chroniqueur ancien, un Froissart, un Espang du Leu, un
Ernauton du Puy, lui dut rappeler que pour terminer une guerre
séculaire entre l'Armagnac et le Béarn, Oaston Phœbus demanda
au comte de votre pays, pour son (ils, la main de Béatrix, la gaie
et belle Armagnaquaise. C'est ainsi, Madame, que vous symbolisez
pour nous l'union antique de nos provinces.
A vos côtés j'ai plaisir à saluer et à remercier cette pléiade de
Muses — je crois, par bonne fortune, être dans le vrai sens du
mot pléiade — dont la jeune beauté et la grâce charmante faisant
cortège à la Reine, sont la joie de notre réunion. Fleurs écloses
dans notre Gascogne elles sont
rural de nos noces de villages :

suivant l'expression du poète
« sur las autres gens coum l'or

es sur l'argent. »
Je bois en votre honneur, M. le Maire d'Auch, et en l'honneur
de cette ville si cordialement hospitalière. Vous nous avez fait une
réception, qui en compte peu de semblables, avec une bonne

�grâce courtoise, charmante, simple, à la gasconne, comme il sied
entre frères. Hier, dans la salle des Illustres de votre Hôtel deVille, avec un légitime orgueil, orgueil que nous partageons
aujourd'hui avec vous, vous nous avez montré les portraits de ces
glorieux et authentiques Cadets de Gascogne.

C'est avec fierté

que nous saluons nos ancêtres. Aussi ne suis-je que le modeste
écho de cette brillante assemblée en vous disant un merci bien
senti du plus profond de notre cœur.
En vous, cher président de la Société archéologique du Gers, je
salue l'ami et le savant, l'écrivain brillant, aimable, chef d'une compagnie qui travaille activement à si bien faire connaître une région
intéressante au point de vue de l'art. Je salue aussi votre tout
modeste vice-président,

Adrien

Lavergne,

bibliographe très-

informé de votre pays. Je n'aurais garde d'oublier votre ingénieux
trésorier, M. Despaux, qui a été la cheville ouvrière de notre organisation matérielle. Cher M. Despaux, vous m'avez interdit de
parler de vous : je ne recommencerai plus jusqu'à une occasion
que je souhaite prochaine.
Vous me permettrez de boire en l'honneur de notre président
d'honneur, donateur et bienfaiteur inlassable, M. Bibal, et de toute
son aimable famille. Est-il utile de répéter tout ce que nous lui
devons, la donation de Mauvezin,

l'ornementation du château,

objet de tous ses soins. Oh ! que je vous le confie. On nous envie
bien un peu d'être aussi dans nos meubles,d'avoir pignon, tour et
créneaux sur une belle vallée. M. Bibal rêve d'illustrer les murs
de notre donjon par la liste parlante des illustrations de la Gascogne. Comment assez lui témoigner notre reconnaissance ! Il est
l'âme toujours agissante de notre œuvre; il est doué d'un cœur
chaleureusement gascon et je puis vous le dire, on n'a pas de
discrétion en famille, il a donné tous ses soins à faire réussir cette
réunion.
Je n'aurais garde d'oublier notre dévoué vice président pour le
Gers, lou Cascarot. Mon cher abbé Sarrau, vous vous êtes fait
votre part, préparation de la fête littéraire, et vous avez montré
que vous êtes maître en cette partie. Votre Orne Blanc a été un
très grand succès et nous avons applaudi de nobles pensées serties
dans une fort belle langue gasconne — la vôtre pour tout dire. Ce
fut un régal pour les lettrés, accessible également à tous. Je féliciterai aussi vos interprêtes, entre lesquels, avec notre Reine, je
nommerai spécialement Madame Dulac, MM. Praviel et Dulac,
lettrés et écrivains, qui ont voulu venir célébrer ici l'âme latine,

�— 21a —
autant dire l'âme gasconne, M. Pérès. Simin Palay vous a fait
entendre l'hymne en l'honneur de la terre natale, avec un égal
succès pour l'auteur acteur et pour ses amis.
Enfin, je salue votre Bureau et votre Conseil si dévoués à notre
œuvre et, principalement, mon cher adjoint, M. Bernis, un fervent
de la terre natale, qui nous apporte l'appoint de sa haute autorité ;
notre cher et dévoué secrétaire-général, M. Lalanne, la cheville
ouvrière, agissante de notre Société. Je ne puis tout vous dire,
étant le confident de ses pensées, et un confident doit être discret,
juste assez pour ne pas détenir par devers lui toute la vérité. Et
la vérité c'est que l'ami Lalanne est notre factotum, rédacteur des
Reclams, organisateur de nos concours, stimulant l'un, gourmandant l'autre. Vous me représentez, mon cher Lalanne, permettez
la comparaison, l'âme de ces cages ingénieuses de nos maisons
autour desquelles se déroulent en spirale les meilleurs motifs
d'une Renaissance fleurie.
Enfin, mes chers amis, je bois au pays d'Armagnac, dont le sol
est parfois un peu ingrat, mais qui est d'autant plus cher au cœur,
qu'on prend plus de peine à le cultiver, à en extraire la substance
quotidienne, pays du piquepoult léger et de la chaude liqueur
ambrée. Ne vous plaignez pas d'être ses fils ! Ce sol donna à vos
aïeux leurs qualités actives, leur humeur conquérante. Ils étaient
obligés de quitter leurs demeures, où les enfants étaient nombreux, pour aller au dehors, légers d'écus, se faire une place au
soleil. Et nous ne saurions oublier,

les Français ne sauraient

oublier, quels vaillants serviteurs de la France vous étiez. Au
temps en effet de luttes vives, le parti opposé aux Bourguignons,
celui des bons Français, c'était le parti d'Armagnac. L'anglais
jetait au visage de Jeanne d'Arc cette épithète, qu'il croyait flétrissante, d'Armagnaquaise. Et la Libératrice combattait au milieu
de vaillants gascons dont le journal le Temps donnait récemment
une énumération incomplète. Rappellerai je qu'avec Dunois, ses
compagnons d'armes principaux, venus de notre région étaient un
Poton de Xaintrailles, le futur maréchal de France, un Guilhem
de Barbazan, le premier chevalier sans peur et sans reproche, et
le landais La ïlire.

Le Basque portait l'étendard à la prise des

Tourelles. Le Béarn y était représenté aussi, mais j'ai eu occasion
de le dire ailleurs et je ne veux pas célébrer mes compatriotes
plus que de raison.
Donc, honneur à l'Armagnac, sauveur de la France, honneur à

�ces vicomtes, boos Français, car je tiens que la gloire du connétable Bernard VII absout les tristes fautes de cette famille.
Cette valeur gasconne était célèbre, elle a précédé, elle a composé ce qu'on a appelé la furia francese. Aux premières guerres
d'Italie les Gascons descendent dans les plaines fertiles au nombre
de 4.000 ; ils y reviennent nombreux au xvie siècle et dans la
préface des œuvres de votre Monluc Florimond de Roemond,
l'humaniste non inégal à Montaigne, salue la Gascogne « magasin
des soldats, pépinière des armées, la fleur et le choix de la plus
belliqueuse noblesse de la terre ».
Je ne puis énumérer ici tous les noms dont vous êtes fiers, vous
avez vu les portraits hier dans la salle des Illustres, ils sont trop !
mais j'inclinerai notre panache devant le feutre de votre d'Artagnan. M. Samaran a récemment remis à sa vraie place, dans un
cadre vivant de vie provinciale, le véritable mousquetaire, celui
dont Alexandre Dumas avait donné un croquis populaire, sur
lequel suivant un mot inédit de Mme Michelet il avait répandu
« li poudre d'or de son imagination. » Et je ne vois pas qu'il y ait
perdu ! La fortune de ce cadet, comme celle d'un Gassion, comme
celle même d'un Lauzun, modeste gentilhomme qui épousera la
grande Mademoiselle, petite-fille de Henri IV, comme celle de
beaucoup de vos compatriotes, montrent bien qu'à travers ce que
des écrivains, — tel celui qu'avec mon ami Xavier de Cardaillac
j'appellerai ce sacripant d'Agrippa d'Aubigné dans son Baron de
Focnesle — dénommaient fanfaronnade de gascon, perçait ce que
votre Ader, dans son apologie enthousiaste de la valeur de vos
pères, appelait l'oeil de gat, c'est à dire le coup d'œil vif, perçant,
l'adresse à ne pas se ménager, non plus qu'à ne pas négliger les
occasions et à en profiter.
Ces qualités généreuses, vos populations les montrèrent en 1793.
Nos amis, les Basques, un peu particularistes, tentent de se persuader qu'ils ont sauvé la frontière de l'invasion, par leurs propres
forces. Mais les faits parlent autrement. La vaillante 134" demibrigade, se composait

d'Armagnaquais, de

Bigourdans et de

Béarnais et les volontaires combattirent vaillamment dans le col
de Ronceveaux, témoin autrefois d'une grande victoire Vasconne,
redisant le cri que vous nous rappeliez hier, Monsieur le Maire ;
Trucs, pics e patacs ! Hier môme on commémorait à notre frontière
française le souvenirde la bataille de Vera San Marcial. En 1814,
à une époque dont, sous peu de jours, commencera l'anniversaire,
nous défendions ensemble et vaillamment le sol. Et je puis ajouter

�sans crainte d'être démenti, comme sans crainte aussi, je l'espère,
de blesser quelque conviction, qu'au jour du danger, Gascons et
Béarnais seront prêts à faire leur devoir et à sauver la France, si
la France peut être sauvée par leur dévouement. Nous serons les
dignes descendants de nos Illustres !
Si le Gascon réalise les qualités du cœur : le courage, la générosité, celles de l'esprit : la vivacité et l'enjouement, c'est qu'il
honore et cultive la poésie, le parler natal. Le sens pratique n'exclut point chez lui le culte de l'idéal. Vous vous rappelez vos
compatriotes redisant au siège d'Arras, dans Cyrano de Bergerac,
la chanson de Gaston Phœbus, modulée sur la flûte: Aqueros
mounlagnos ! Loin du pays, ils restaient fidèles à sa langue. Ici
encore, imitons-les, et ne devenons pas infidèles à notre idiome.
Léonce Couture le trouvait suave, flexible, ayant un parfum agreste
et comme des murmures d'abeilles. L'énergie y dominait ; la fréquence de l'expiration et des syllabes fortes, bien d'autres détails
lui donnèrent, dans le groupe franco-provençal, quelque chose
comme le rôle du dorien dans les dialectes de la Grèce antique.
De cet idiome nous sommes fiers et vos poètes anciens, les
Garros, les d'Astros, les Bedout, les Baron lui ont fait rendre de
nobles sons. Ne l'oublions pas.
Soyons fiers de notre pays dans le passé et dans le présent. Il
est si varié ! Travaillons à lui maintenir son caractère particulier
et en restant de purs provinciaux nous demeurerons aussi de bons
Français. Gascons nous sommes, et nous en portons la marque.
Restons-le fièrement pour l'honneur de la terre mayrane. Toujours
et partout : Febus aban !

M. Lauzun s'exprime en ces termes :
MESDAMES,

MESSIEURS,

Excusez-moi, je vous prie, si je prends encore la parole, après
le discours que j'ai prononcé tout à l'heure à la Cour d'Amour.
Mais ce banquet m'est une occasion trop favorable pour que je
ne tienne pas à remercier du fond du cœur l'Escole Gastou Febus
du très grand honneur qu'elle m'a fait en m'accordant la médaille
de vermeil. Croyez que je vous en suis profondément reconnaissant.
Laissez-moi seulement ajouter que cette récompense, que

M.

le

Président a bien voulu accorder à mes nombreux travaux, je tiens
à la reporter tout entière sur la Société archéologique du Gers,

�— 218 dont j'ai l'honneur d'être Président, sur ses études toujours si
consciencieuses, sur ses travaux dont le but incessant est de vulgariser l'histoire, l'archéologie, la poésie locales.
C'est donc la Société archéologique du Gers qui vous remercie
par ma voix ; elle qui lève son verre en votre honneur ; elle enfin
qui boit avec moi à la prospérité de l'Escole Gastou Febus.
Et Febus aban ! comme disait toujours notre cher ami Planté.
M. Samalens dont nous aurions voulu pouvoir reproduire
le toast en son texte assure que, loin d'accepter des remerciements à la ville d'Auch pour la réception faite aux félibres,
il veut protester de la gratitude de ses compatriotes pour
l'honneur échu à la capitale de la Gascogne d'avoir le régal
d'une fête aussi charmante et il veut espérer que l'Escole
reviendra bientôt avec sa Cour d'amour (on ne saurait être
plus aimable). Il parle de l'érection très probable, assez
prochaine d'une statue de d'Artagnan. Il loue les lauréats du
concours, félicite les auteurs des pièces et morceaux qu'ils
ont joués la veille, remercie l'Escole qui fait mieux connaître
les mystères de la langue, dit combien il a pris goût à la lecture des poètes qui décrivent les scènes rustiques, la vie des
paysans, avec leurs coutumes, leurs travaux, leurs plaisirs.
Il cite Noulens qui parle si bien de la « Pouloyo ».
Arré nou la bau truffado
Sustout quan es arrousado
D'un bin d'un rouge osta biu
Que lou doun es empoulprado
Din la gleizo, a la beyrado
La culoto dou boun Diu.
ou bien du piquepout
La tchuqueto canderejado
Se trobo quan a prou bourit
En ayguo de bite cambiado
E pot milhou qu'aygue putzado
Rebiscoula lou co transit.
M. le Maire d'Auch propose de boire à la santé des acteurs
et actrices de la soirée, à la reine qui hier au soir a tant
charmé, à l'éclat toujours plus vif et plus rayonnant de
l'Escole Gastou Febus.

�— 219 —

Simin Palay porte un toast au « Cascarot ». Le Cascarot
boit à la Gascogne sa mère. On l'applaudit vigoureusement
quand il entonne sa Respelide gasconne.
M. l'abbé Hebrard, lauréat de la Cour d'amour dédie un
madrigal à la reine.
Auch, 1er Septembre 1913
Lous Toulousains, bet cop babards,
Cantoun, toustems, Clémence Isauro,
Reyno d'amour, muso des arts
Flou sans pareilho qu'on adoro.
Sén may riches, en béritat,
Pramo qu'Isauro es un mensounje ;
En bous, madaino, d'aquet sounje
Saludi la Réalitat.

M. Laurentin Forgues lit une Ode charmante à la ville
d'Auch.
« ïè !.. Labri tè. . Labri passe darrè... Qui bou leyt de
crabe : quin bou... '? Mèe ». Oyez « Lou Crabè de Mugroun »
« Guillot » riche de trente crabes.
Cadc mati ba à Mugroun ! Labri ! bire, aci tè
»
Ah ! l'aimable félibre : aujourd'hui il s'est encore surpassé,
mais il est un terme.
J'ai joui de l'étonnement et du plaisir extraordinaires
qu'éprouvaient certains convives qui connaissaient M. l'abbé
Daugé et son érudition, et sa franchise gasconne mais ne
l'avaient pas entendu dans « Lou Crabè ».
Maintenant je crois que la perfection est parfois de ce
monde.
La voie est ouverte, toute à la gaieté, toute aux chants.
Airs béarnais - Maudit sic Vamou... celui-ci dit avec grande
expression — airs gascons s'entremêlent, les conversations
se font plus bruyantes. Mais voici l'heure.
Que toute barbe d'orne se care. La Reine ba canta.
La Reine se lève et entonne le chant rituel : Coupo sanlo.
Debout, l'assistance répond aux strophes par le refrain :
Coupe santo, c versanto, vuejo à plen bord, vuejo abord lis
estrambord e l'enavans di fort.
Et la voix, pure comme le cristal, égrène les derniers
couplets du chant mystique ressemblant a une prière.

�— 220 —

... Coupo santo! Verse-nous les espérances, les rêves de la
jeunesse, du passé la ressouvenance, et la foi dans l'avenir.
Verse-nous la connaissance du Vrai et aussi du Beau et
les autres jouissances qui défient le tombeau :
Verse-nous la Poésie pour chanter tout ce qui vit, car elle
est l'ambroisie qui métamorphose l'Homme en dieu !
... 0 frères ! communion;; tous ensemble pour la gloire de
la terre mayrane !
L'enthousiasme est grand, la communion complète.
Mais tout a une fin : les fêtes s'achèvent, l'heure de la
séparation a sonné. Chacun emporte en son eœur le souvenir des journées vécues, d'amis que nous ne reverrons qu'à
la prochaine félibrée.
Nous avons assisté à bien des fêtes, à de belles réunions ;
nulle ne parut plus grandiose, plus cordiale, partant plus
réussie. Elle est la consécration définitive de l'union de la
Gascogne et du Béarn.
Et l'ombre de notre ancien Président, M. Planté a dû
tressaillir de joie en assistant à ce triomphe de l'Union.
Disons aussi que nous savons infiniment gré à MM. Lauzun,
Bibal, Batcave d'avoir au cours de ces fêtes fait revivre la
mémoire et les vertus de celui qui — trop tôt disparu — fut
l'âme de nos assemblées.
Et maintenant, nous, félibres, nous exprimons notre reconnaissance à tous les Auscitains et fils de Gascogne qui
ont voulu contribuer à l'éclat de ces journées; à notre
sympathique et distingué Secrétaire Général à qui M. Batcave
a rendu un hommage mérité; à M. le Président d'Honneur,
M. Bibal en qui vibrent tous les " estrambords " à notre
Président effectif. M. Batcave, qui, pour tout dire d'un mot.
fait grand honneur et donne grand relief à la Société félibréenne dite " l'Escole Gaslou-Febus ".
Vivent Béarn et Gascogne. Febus aban !
J. LHEPT.

mm

�— 221 —

Palmarès des Jeux Floraux
I. — Poésie
Médailles de Vermeil
1«™ M. Léopold Lacouture, de Laurède, pour Praube May.
2e
\ M. Méliande (Dr J.), de Thèze, pour La Séu.
ex aequo | M. Léon Arrix, d'Aureilhan, pour Lou Hoéc dou Cèu.
Médailles d'argent
M. Abadie, instituteur, de Sombrun, pour Lou Lapi e lou Renard.
M. l'abbé Poque, de Caubios, pour l'raube Martî et Au me Calam.
M. l'abbé Barros, d'Urgons, pour La Cante de Yan l'Urous et Lou
Berdigo.
Médaille de bronze
M Paul Sabathé, de Tournecoupe, pour Tout drél et Dechom'esla.
Mentions très honorable*
M. Lamaignère, d'Artassenx, pour La Mi Cahute et Lou Counde
dou Rouchinoun.
Mme Joseph de Barry,deBagnères de Bigorre, pour Ad Bourdon.
M. Marcel Lacroix, de Loustalet, pour Lou Séit.
M. Yan dou (iouf, de Capbreton, pour Le biélhe crouts et En
edmi

(/c

hè.

M. Jules Molère, de Lavardac pour Noblo Il'esto.
Mention honorable
M. Roger Larradet, de Pau, pour l'ensemble de ses poésies.
Mention d'encouragement
M. Joseph Morlan, de Montréal, pour Lous Bruts dou Çé.

�II. — Prose
Médaille de vermeil
M. le Dr J. Méliande, de Thèze, pour Lou Lac de Lourdes.
Médaille d'argent
M. l'abbé Barros, d'Urgons, pour La Mouléte dou Moundcri et Lou
Médge.
Mlle Prat, institutrice, de Cescau, pour
rétes.

IM

Pèijre de las Cassour-

Médailles de bronze
' M. L. Arrix, d'Aureilhan, pour Las Larmes.
\ M. L. Lamaignère,
Ex-œquo )
liiélhs soubiéns.

j
I

instituteur,

d'Artassenx,

pour

M. l'abbé J. Naves, de Levignan-Lussagnet, pour ïensemble de ses pièces
Hentioîis honorables

M. J. Morlan, de Montréal, pour La Campano de Sent Pé
M. Hector Maïs, de Hagarde, pour Un Counde de la Cadetoun.
M. Yan dou (iouf, de Capbreton, pour Lou Fraudur adrét.
Mlle Céleste Bosc, institutrice, de St Antonin, pour Counte de
Mairinetto.
M. F. Lamy, de Bellocq, pour Dues histoères tau medich homi.
M. Adrien Bibes, d'Adé, pour Yan Mourgagn.
III. — Histoire et Erudition
Grande médaille de vermeil
M. Philippe Lauzun, président de la Société archéologique du
Gers, à Valence-sur Baise.
IV. — Musique [Lamoulhe d'autes cops)
Médaille d'argent
M. Faure, 171, boulevard de la Villette, Paris.
Médailles de bronze
M. l'abbé Lucie

i

Poque, de Caubios (B.-P).

M. Jean de Mécène, de Pontaillac (Charente-Inférieure).

�— 223 —
Mentions honorables
M. Mathieu CastaiDgt, rue du Mouliu, 8, Pau.
M. Daniel Campet, o, rue Gambetta, St-Jean-de-Luz.
M. André Vignau, adjoint à l'Ecole libre de St-Esprit, Bayonne.
V. — Dessin, Peinture
Le Rémouleur
1«

Prix : Fleur de vermeil. — M. Albert Beaugrand, à Lavardac

(Lot-et-Garonne).
2" Prix : Médaille d'argent. — M. P. Rhodes, 24, route d'Agen
Villeneuve-sur-Lot.
La Moulhè
1er

Prix : Fleur d'arqeni. - Mlle Alice Dupeyra, rue du Temple,

à Lavardac (Lot-et-Garonne).
2e Prix : Diplôme de médaille de vermeil. — M. Albert Beaugrand,
déjà nommé.
A titre exceptionnel : Une estampe offerte par le Ministère des
Beaux-Arts, à Mlle A. Chinard, 29, rue Pomme d'Or, à Bordeaux,
qui a envoyé un dessin, remarquable à certains égards, en dehors
des deux sujets imposés.
ECOLES
1er

prix

;

Diplôme de médaille de vermeil avec un livre

M. Simon Nux, élève de l'école laïque de Lectoure.
2e Prix : Diplôme de médaille d'argent avec un livre
M. André Cadeot, élève du Collège de Lectoure.
3e Prix ex-œquo : Diplômes de médaille d'argent
M. Achille Vidal, élève du Collège de Lectoure.
Mlle Renée Vidal, élève de l'école supérieure de Mirande.
Mention honorable
M. Gabriel Chirol, élève du Collège de Lectoure.
Mention d'encouragement
Mlle Yvonne Theureau, 23, rue Tourat, Bordeaux.

�— 224 —

VI. — Concours des Ecoles
Contes béarnais ou gascons en 30 lignes.
Diplôme de médaille d'argent

- .

Mlle Marie Bégué, d'Arthez-d'Asson.
Diplômes de médaille de bronze
Mlle Catherine Langle, d'Arthez-d'Asson.
Mlle Elise Bourié, d'Arthez d'Asson.
Mlle Marcelle Tambourré, d'Arthez-d'Asson.
Mlle Lucie Cachen, d'Arthez d'Asson.
Mlle Vincent Bracot, de Cescau.
M. Fernand Carnet St Landy, d'Arthez d'Asson.
Mentions honorable
M. Léon Cazaban, de Cescau.
Mlle Marie Sériés, d'Arthez-d'Asson.

Traductions
En outre il est décerné :
Un diplôme et médaille d'argent à l'école supérieure de Nay.
Trois rappels de médaille d'argent, h l'école des filles d'Arthezd'Asson
Un diplôme de médaille de vermeil, un diplôme de médaiVe d'argent,
sic diplômes de médaille de bronze, neuf mentions honorables à la
même école. Deux mentions honorables, à l'école mixte de Cescau
et à tous les élèves de neui ans ou au dessous qui ont concouru, la
petite histoire du lléarn, par J. Eyt.
Récompenses aux instituteurs et institutrices
offertes par le Ministère des Beaux-Arts
Une estampe, de Luc-Olivier Merson, tirage avant la lettre, a
Mme Loussalez Arthets, institutrice, à Arthez-d'Asson.
Une estampe, « Danse de Nymphes », tirage avant la lettre, à
Mlle Prat, institutrice, à Cescau.
Un livre à M.J. Laborde, professeur à l'Ecole Supérieure de Nay.
Prix spécial
A M. Despaux, trésorier de la Société archéologique du Gers,
une médaille d'argent, en reconnaissance des services précieux qu'il
a rendus à l'Escole dans la préparation des fêtes.

�- 225 -

La Cansoun dou Lin
Parla d'Armagnac
Air populaire languedocien*

Paraules de Paul TALLEZ

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Andante

T.oiiXût-&lt;]ic'c (jCl"á;L&gt;u.

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Té.cke ca. mi ses &lt;?/ù ou
: _ r'e. Cou coussei-,
&lt;roi

Lou lin qu'e berd, lou lin qu'c blu,
Lou lin qu'e toutare madii.
Darrigayres.'
Darrigayres !
Qu'e berd, qu'e blu, berd-hlu, blu-la,
Que eau ana-u darriga !
E bire, hire lou coussei,
Que eau teclie,
Que eau tecbe !
E bire, bire, lou coussei
Teche camises end'ou Hei.

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Lou lin qu'e berd, lou lin qu'e blu,
Lou lin qu'e toutare madu :
Debanaires !
Debanair.es !
Qu'e ber, qu'e blu, berd-blu, blu-la,
Que eau ana-u debana !
E bire, bire, lou coussei,
Que eau tecbe !
Que eau teche !
E bire, bire, lou coussei
Teche camises end'ou Rei !

Tirade de l'Orne blanc dou Gasearot.

�— 226 —
A le meraòri d'un nabout mégn, mourt a bint ans.

Purmère med allie de bermelh (1913)
(l'aria de, l.anes)
Amassât flous a plégn brassât,
Enta flouca plan le capère.
Que bouy ana-y, lou cô macat,
Dab bous, th'at le doulou sancère.
Amassât flous, ô praube may,
Flous th'aulouréyin a le misse.
Que p'y seguiréy, dab lou pay,
Pramoun que goéy qu'é ségn Morisse ( I ).
Coan parti 'nta Paris, lou gouyat, qu'ère gran
E goalhart. L'esprit san e l'amne ensourelhade,
Assecrat (2; de sabé, n'abou pa qu'u tirade (3):
Aprène toustém me n aban.
Que s'en tourna malau. crouchit p ou calanque.
Quégn esglas, praube may ! Ò pay, quègne maie ore !
Mé, dens un cos tacat, (an que l'amne damore
fioèyre n'y parech lou llaqué,
Se l'amne a hourtalesse. E le sou' qu'en abé.
Lou hilh brabe, aymadou, care pahle e doulénte,
Qu'amuchèbe lards, ta haie may counténte,
Se s poudèbe, e lou pay tabé.
De cop en cop, medich, lous souns dits, blans coum néu,
Que touquèben, tout dòy, les cordes sounedères
Dou biuloun : e labéts, dousses e yumpedères,
Cantes pouyèben cap au céu.
(1) Le jeune homme s'appelait Maurice.
(2) Assecrat : qui a soif.
(3) Tirade : penchant, tendance.

�— 227 —
Lous esprits the s'en ban, que bèden lousarrays
Dou mounde th'ous atén. Apelhats de luère (I),
— Liris chén nade taque, au sou de prime bère, —
Que respounen aus esprits rays.
Lou nous, qu'ère l'amie de l'anyou de les flous.
Qu'aymèbe a les flayra, sus les tares leuyères ;
Puch, a bouque de noéyt, atlioulat (2) au ras d'ères,
Quén s'embergamen (3) les coulous,
Quén se caren lous bruyts, ta 'scouta lou grilhoun,
A le pause sacrade oun toutes obren l'amne,
Ta larga lous perhums, — de l'arrose a le brane —
Labéts, ét, tout doucemenoun,
Que s bouytèbe lou cô den lou cô de les flous !...
Més, un your de le prime, les flous esmudides
Ne bedoun pa l'amie, e qu'estoun segoutides
Pr'un mas (4) de sanglouts e de plous.
Déts anssoun escourruts. L'anyoulét dous cazaus
Que-s passéye tendén, dab las aies floucades,
Aus entours de le crampe, oun, fernèstes barrades,
Sancnen chén cès dus côs malaus.
Tout your, le may que ba parla-u dou hilh absén.
« Oh ! dab lous bos alums (5), pourta-t lou, s'ou dits ère,
« Lou soubeni 'smabut d'un a mou chén payère,
« Toustém mé gran e mé doulén » !...
Qu'amasse flous a plégn brassât,
Enta flouca plan le capère.
Que bau prega-y, lou cô macat,
Dab éts, th'an le doulou sancère.
Le praube may qu'amasse flous
Auloureyantes, ta le misse.
Qu'y dèche cade arrius de plous,
Pramoun que goéy qu'é ségnMorisse. (*)
(*) Esquissé le 22 septembre 1912 (Fête de St-Maurice).
(1) Luère : Lumière éblouissante.
(2) Aifwulat : Accroupi.
(3) Embergama : Entremêler.
(4) Mas : grande quantité ; Un mas tVaygue : grosse averse.
5) Alums ou jierhums : parfums.

/ji&amp;L*&gt;f.iï

�— 228 —

Medalhe de bermelh (1913)
(Parla de Biarn)
D'autes cops, las hades qu'èren a case dens lou gran bosc de
Mourle ; que's demouraben estuyades a l aces d'ous grans cassous
touats e per débat de granes peyres lhebades.
L'omi en tout camina, que las endebinabe entermiey de las
agnesles daurades e d'ous branous briulets. Oumbres lioeytibes,
hades bounes ou mauhasentes, que las aymabe ou que las habè
pòu, e que boulé coumplase las. Qu'èren la pouesie d ou parsaa :
Bounes, que las bedèn p'ous sès de May, bapous leuyères bestides
de tulle blanc, quoan arroudaben a l'entour d'ous oustaus oun
plouraben lous maynadots frech baduts ; mauhasentes, que miaben
a las galihorces e aus biroulels d ou briu IOJ hagar qui las afïroun.
tàbe.
Que belhàben a touts lous mournèns de la bitede cadu, l u cop
amian la yoye, e l'aule cop lou dòu.
Hades, que n'y abè pertout ; dens la couroune de las flous, toutu
coum sus las aies d'ous pèurelhs.
Que courèn de noeyt sus las grabes d ou gabe esmarragan. e
lou die, que hesèn u coudot a l acés de las oumpretes. Que las
sabèn escounudes capbat lou hoelhumi, oun se jumpaben au dindoù de las branquetes, largades per l'ayret.
Qu'èren ères l'Ideau, lou bounur, tout ço de bon, é que hicaben
dens l'amne d'ous payrans la douçou d'ous buroys sàuneys.
Hades, hadetes berouyines, qu'èren't bous la yoye, la beoutat,
lou sounye, mey tabé.
Aylas ! qu'èren't la mensounye.
E u die, la bertad berladère qu'acassè lou rèbe... Qu'esté quoan
lous mounyes e bienoun predica per aquiu en Geneyres. Qu'ous
bedouna courre capbat lou païs, aqueths homis bestits de burat,
pè d'escaus e cap biròus, a la care suriouse, mes a l'oelh dous e bou.
Qu'abèn lous pès macats p'ous calhàus d ou cami ; la bouts
arraucade póu bèrbe ahoecat, mes las loues amnes qu'èren hautes
e bères, e que predicaben de touts parts la bite e la beoutat.
Endarrè! brouchumis qui menlibets à l'espérit d'ous homis e
qui arrestàbets lou sou balan.
Endarrè! hades qui'p escounèbets caytibes e pàurugues en'p
arrécattan débat lous grans rocs espartits.

�La guerre que'sté de las granes. Lous mounyes qu'acassaben las
hades en las persegui per delà de Peyrouse, e nou'n y damoura
nade mey, ne grane, ne petite, ne hade blanque, ne hade d'aur ;
nade mey débat las granes peyres, nade sou bord de las clares
ayguetes, au chourret de las houns ; nade tapoc sous tahucs frech
mudats d'ous segrats.
Que se'n anaben drin mey loenh cade die, horebandides, las
praubétes e-plouran aqueth sùu oun tan lountem esten las daûnes
aymades ; aquère tasque d'oun habèn l'amou de sas lanes, de sas
oumpres espesses, de la frescou de sas cleteres, de sous gabes
arrauyous e de sous bielhs rocs aguts.
Qu'aymaben lous prats berdoulens e toustem pingourlats de
chines flouretes, la brume bâche e lou haudrec qui a beths cops
arresten lous arralhs eslugreyans d'où sou de la mountagne e hèn
sa clarou grisarde coum u rèbe cargat de plous.
Qu'aymaben las garroulhes assélades, qui pouhiquen l'eschente,
oun bouhen per débat d'ous cassous brouncuts las enhuistes, e oun
bribeyen las eschoures ; Las maguiches espiaucudes oun s'aniden
las mouraloyes e lous arpits; Lou tue demian toutes las bistes, e
lous ahourès oun s'entenen encoère l'auhuc d ou gèhus qui s'esgalurme, lou gourilhet d ou galès qui's burcle p'ou hanquè.
... Esmabudes, pâlies coum bane de leyt, que's seguiten de tras
e atau hoeytibes qu'arribèn a l'abiade de la seube trouchude. dens
ue bath engoulade e plée de herou ; cournè de lane, greps mouracuds, oun ne badèn que branes e gabares, e qu'esté-per l'escurade,
ue acampade de desóu e d'esglas.
Que'n y abè de bielhotes e de yoenes ; qu'habèn raubes enluzernantes coulou de l'aube ou tintades d'arralhs d'esteles.Esbaluhades,
lous péus d'aur qu'ous pénèn a capbat de la rée, emmesclats dab
las flous de courounes triscades aus dies de yoye. Mes aqueths dies
qu'habèn lountems a eschèmiat !
E quoan las mey bielhes estén d'abis de feni lou peley, puxque
lou pais de Geneyrès e desnegabe d'are abans las soues hades,
toutes amasse que bachèn lou cap.
Moureyantes, las perpéres eslades, que's esgalurmaben, e que
cadèn lous plous...
Que plourèn atàu tout ue noeyt e tout u die d'esgorre. Lous
plous que's juntàben a grans gouths, e la terre que's henalhàbe.
Tan e tan que plourèn que lou sùu que's foundou débat lous
lous pès.
Aqueths plous de las hades que badoun u lac, triste coum lou
loué chagri.
E labets, que bedoun qu'ère la fi e qu'ous calé parti.
Que's desarriguèn las courounes, espartin las flous a l'entour. E
las flous de las agnesfes, de las bitauguères, flous de la lane e flous

�- 230 de la séube, que's en anèn espartides per l'ayret, sus las aygués
d ou lac blu.
E puch, amantades de sous péus, carcades de dóu, las hades
qu'estuppèn la coulou clareyante de las loues pelhes, e coum u
hum leuyè que's esbarrisclèn dens la brume.
Beth cop, per las noeyts d'estiu, quetournen prumèque l'aubéte
e que bienen miralha's dab las estéles au cristàu de l'aygue arissade ; qué's bedén las loues oumpres a courré au raz d ou lac. Mes
quoan, hissan coum u balestre, e punteye lou prim arralh d'où
sou a capsus d ou castèth de Mira, auta lèu que's esbalisen, lhebades
sus la bapou de l'arrous.
Dr MÉLIAXDE.
ESPLIC
Abiade : l'orée. — Agneste : genêt. — Ahourès : ravines boisées. —
Arpit : rouge-gorge. — Assélade : à l'abri du vent. — Auluw : cri du chathuant. — Balan : élan, progrès. — Bitauguère : chèvre feuille. — Branou :
bruyère. — Burela's : se vautrer. — Caytibcs : timides. — Coudot : léger
somme. — Démian : dominant. — Esbalisa's : se dissiper. — S'esgalurme :
pousser une plainte. — Esmarragan : grondant. — Eschente : effroi. —
Eschourres: œil des sources. — Enhuistes: insufflations surnaturelles. —
Espiaueut : rempli d'épines.— Eschémia / essaimer. —Esgorre : angoisse.
— Galthorce : précipice. — Gencyrcs : abbaye de St-Pé. — Garroalhes :
ravines. — Gales : sanglier. — Gourilhet : grognement. — Greps : terres
incultes. — Maqakhes : maquis, taillis. — Mira (castet) château de Lourdes.
— Mourle : forêt entre Peyrouse et Goarraze. — Monracud : marécageux.
Paurugue : craintive. — Péurelh : papillon. — Peyrouse : commune entre
Lourdes et St-Pé. — Pouhiquen : enfoncent. — Touat : vermoulu. — Tras :
pas ; de tras : pas à pas. — Sèube trouchude : forêt épaisse.

nsséiar»

NABETffiS CÔUNFEÂYS
M. Bardou, (A.) directeur du Rallye Gelos, villa Bayard, Pau.
M. Sabathé, (Paul), à Tournecoupe, (Gers).
er
M. Touya, adjudant au 1 régiment de Tirailleurs indigènes,
3" bataillon à Ifran, région de Meknès, (Maroc).
e
M. Monguillolou, sergent au 4 régiment de Tirailleurs indigènes
3e bataillon, 9e Cie, (Bataillon Dérigoin;, à Fez, (Maroc).
M. Samalens (Dr), maire et député, à Auch.
M. Petitbon, inspecteur primaire, à Auch.
M. Clavé, (Robert), à Herran, par Vic-Fezensac.
Mlle Philomène Bonnassies, villa des Acacias, Masseube.
M. Castera, maître d'hôtel. Hôtel de France, à Auch.
M. Boques, rue Armand Carrère, Auch.
M. Gaillac (Dr), conseiller d'arrondissement, à Rivehaute.
M. Minvielle, château de Couloumé, à Sauveterre-de-Béarn.
M. Lauzun. président de la Société archéologique du Gers, à
Valence-sur-Baïze.

�(Parla d'Armag

Un escaùdoun bien amarat
Hé leùa las peilhos pou prat !
Quan la hario es prou touriado
Caù Tamara damb un bastoun
E lugre(a boste escaùdoun
Dambé mounjetos de l'annado,
Damb bieilhos, s'aymotz lou cussoun.
La pasto, plan abarrejado
E mitounado sus houec dous
Se cambio en coquo daùrado,
Se cambio en escaùdoun blous.
Lambrejon aqueros armotos
Coumo lou couyre d'un careilh ;
Arrazo me, gouyo, un pareilh
De salerous ou de calotos :
Boy, din cado man, un soureilh !
Apey aluco la candelo
E tiro me bin darunan ;
.Me baù plea la gargamelo
Damb escaùdoun dinq'a douman.
A taùlo, de pou ques'esbente !
Minyen caù : te, houn coumo meù !
E. senz touca lous bords, talèu
A la bouco, talèu aù bente !
Adaro passera ? beleù ..
Quan las mounjetos soun coueytinos
Nou mounon qu'un petit fredoun,
Mé taben, se soun escrusiùos
Brounzissen ostan qu'un canoun
Gouyo, lequeras la caùdero :
Lou houns de gritchos es milhoun
Que la mico de l'escaùdoun ;
E se t'embrastos la machèro
E, din lou leyt, lou courpistoun,
Coumo lou drolle à la cugnèro
Quan a trop poupat au cujoun,
Pouyras, en bregna la bachèro,
Ta bregna taben lou mentoun.

�— 232 —
Moun Diù m'atz bailhat la flouchéro
Perm'este enguiat d'escaùdoun !
Cado mounjeto e mounjetoun
M'eschourdis mes que la tonèro,
E puntcho més qu'un guingassoun !
Mon budet, coumo uo biuèro,
S'entorclo din moun bente arroun,
E diren que, din sa canèro,
S'es estujat un harissoun !
Un escaùdoun bien amarat
Hè bâcha culotos pou prat !
J. NOULENS.

(Tiré de la Flahuto Gascouno)

Menciou honnourable (1913)
( Parla de Bigarre)
Couquî qu'en ère coum la néyt, lou defun Yanetou de Cauhecoque, e machan coum la maie gale; dab aco, ue léngue mey pla
penude qu'u batalh d'esquère: calé que se la prime-punte au sou
couc escuminyèsse l'u ou arrougagnèsse cap a Faute ; tabé nou
l'aperaben sounque « Yan-Mourgagn ». N'ère a case en sa pèt se
nou tirabe u pic aci, u gnac delà e, lou die oun nou lou cadèn sou
nas quoate ou cinq peléys, qu'en y abè ta coupa lou crimalh. Pla
soubén l'aha s'acababe sus dues tougnes mes ; de-cops tabé, que
passabe daban lou yudye e poudet dounccréde qu'aquétyudyeque
counechè de lounques-enlà soun ômi e nou l'amistousiabe gayre.
Las enbéndes que-s seguiben a toque touca e lou bé dou praube
Yan, bouci per bouci, tan de cops esté d'aquére fayssou escurtat
que, per fi finale, nade brigalhe nou-n soubrè. . Pelât pou yudye,
escarnat per l'aboucat Yan-Mourgagn nou sabè pas méy a quin
sént ou a quin diable balha misses...
L'aboucat sustout qu'où hasè pruère a l'aurèlhe: qu'arreolamabe,
que miassabe, enfingues qu'où hasè tira, coum disen, u lè cap de
péu... « A quio? si s pensé nouste Yanetou... moure drin, moun
callat, beyram qui lou permè dous dus desligara bousséte!... »

�— 233 —
Aquet aboucat — é b'at abèy dit? — que s'aperabe Meste Bardoc
e qu'ère de Bagnères .. U bèt dissatte dounc, die de marcat en
aquére bile, Yan-Mourgagn, dab lous darrès dinès, que s'affèyte
coum u bèt moussu dab senilhe lusénte e chapèu haut è, a méy
hoéc dou marcat, que debare tout esbérit a Testât dou boès...
Aquiu qu'èren arribades de Yèrde, d'Astè e dous bilatyes besîs u
'scabot de hemnes, cadue mian dab ère soun asou cargat perdessus lous picoutis de héchots de brousaT e.
Yanetou que s'aprèsse de Tue : « Biam, daudine, quan ne boulet
de boste boès ?...» — 0, pas méndre de trénte sos nou lou balharèy!.. » — Que, trente sos, més, praube hémne, qu'en bau quarante adayse!... Que soy aunèste, you, nou m hè pas gay de cou
youna lou mounde.. ».
Toutes s'èren estancades de chapautia ta 'scouta u ta brabe ômi
que-s bire cap ad ères : « Tè, s ous dits, que b bouy ha u plasé :
que croumpi tout lou boste boès en u cop ; quantes èt, biam ? ..
...Quarante cinq... a dues liures la cargue, counde larye dèts
pistoles. Qu'où me bat pourta a case ; que soy Mous de Bardoc,
l'aboucat ; qu'èy quauques ahas encoère au marcat mes que troubarat aquiu lou me mèste d'ahas qui-b pagara... que beyrat u ômi
pla bestit, moustachut e barbut coum u brouchou més cap-pelat
coum u oèu./ qu'éy ét... Meschidat-be drin de ço qui-b digue permou qu'a toustém lou tesic de ha-s passa emper you, e sustout
het-lou paga las dets pistoles : digat-lou qu'éy you qui Tat
coumandi. ».
Mèste Bardoc (lou bertadè, este cop) qu'espiabe per hièstre arriba
a bère ourdie tout u armandat de hèmnes e d'asous cargats a
plega .de légne e de brouste ; qu'esté bet drin estounat quan bedou
aquére hourmiguère estanca-se daban la sue porte. Las hèmnes
qu'où s'insegnabendab lou dit: « Oère, oère, qu'éy aquét, desegu !»
— « 0 be, you que soy, se s bote a ha, e que boulet, hèy, si bous
plats?... » — « Ço qui boulém ?.. qu'estrusses aqueste boès : que
Ta croumpat Moussu Bardoc...» — «E que bô dise aço, hòu ?..
Moussu Bardoc?... mès, au gran double mile, qu'abèy toustém
credut dinco are qu'èri you medich ?» — « Quio ! quio ! que t counechém. bén ! n'abém pas lou tems d'escouta foutèses : pague dèts
pistoulétes, que fat coumande lou tou mèste» — « Aquèste toutu
n'éy pas l'aute !... » se cridabe l'aboucat qui hasè ana brase cames
mey arrouy qu'u pourrot enmaliciat, las benedoures que cridasseyaben toutes amasse autan coum ue couade de guites e poudét
créde que lous àsous s'y hasèn tabé entène en aquét beroy hour-

�23't —
bari... Que-s coumençabe d'amassa mounde è, ta nou pas da bergougnes, lou praube diable d'aboucat pla que sayè d'ataysa la mute
més, pensât dounc !.. quarante cinq hèmnes e autantes d'asous
de cap au ômi tout soulét!... que boulet que hésse? paga que
calou e enhournera lous quarante-cinq picoutis de boès... Nou
m'an pas coundat si Yan-Mourgagn a 'scribut a l'aboucat ta bantase de la sue hèyte mès que paréch qu'où ne sabou hère de mau de
ço que Mous de Bardoc lou'n abè encargat...
Adrien
-C(§&gt;-

BIBES.

.

D'acera loégn oun lou sourdat francés e hè adare ùe nabère
France, dou peys dous Mourous, Berbères e Arabes, dou Maroc
enla, que-s arribe ûe létre, ûeberoye létre qui potserbi de mustre
a bère troupe de Gascous et de Biarnés. L'escribâ qu'ey û counfray
nouste qui bièy de gagna s sus la terre de pics e patacs lous galous
d'adjudan.
Que partibe de Tunis au moumén qui lou dinerè nouste esparpalhabe capbath e capsus las quittances ; la soue que l'a seguit
en coudeTy-sègue pèr biles et dujèrs, chéns poudé-u tuma eu ta
disé u : Trintrins, si-b plats !
Oh ! tan miélhe puchqué s'a balut aquéste messadyère counsouladoure :
« Sefrou, (Maroc) le9 septembre 1913.
« CHEIÎ CAMARADE,

&lt;•
Mes nombreuses occupations, au moment du départ pour le Maroc,
ne m'avaient pas permis d'aviser le Trésorier de l'Escole, il s'en est suivi
que le reçu est venu juqu'à Fez ; à ce moment je me trouvais en colonne à
Immouzer. J'ai bien reçu un avis de la poste, mais j'étais dans l'impossibilité
de faire parvenir le montant, les rekkas qui font le service du courrier ne
pouvant se charger d'aucune opération postale.
o 11 a fallu la fin du mois pour faire prendre par le « payem » un mandatposte.
« J'ai tardé un peu à vous l'adresser parce que je voulais voir deux camarades gascons et leur demander s'ils n'aimeraient pas, sur cette terre lointaine, penser un peu au pays en lisant, dans la langue si douce de nos mères,
de savoureuses proses, de joyeuses poésies. Point n'a été besoin d'insister,
je vous présente donc leur adhésion et vous adresse le montant de leurs
cotisations, etc. »
J -M. LAPLACE
Adjudant au 4e régiment des Tirailleurs indigènes,
iOe G'ic, {Bataillon Vérigoin)
à Fez, (Maroc).

�— 235 —
Bertat qu'en partin, arrés ne s'en porte la sole de case debath
lous pès, bertat que debath û sourélli de hoéc e per las noèyts
aurèstes oun tout éy dounyè, la maysou nadau, la cante dou cor
dou hoéc, la leyénde dou biladye que paréchen mayeméus amistouses et que-s coumprén que ta-d abé û reclam de toutaquero dus
escutots ne hasin pas dòu. Més, pensa m z y, que soun très sourdats
qui an hèyt aquère coutise e très sourdats en campagne.
Qu'en diséts d'aquero, bous auts biélhs briscars qui abéts serbit
e bous auts, pays e mays, qui sabéts quoand lire hoèytibe la
mounéde dous bostes gouyats ?
' Qu'at troubats méy que beroy e qu'abéts resou.
Be sentits labéts lou debé nouste oun éy !
Que debém sustiéne l'Escole, de la nouste mounéde e de tout
lou nouste cô . cerqua alentour de nous escouliès nabèths enta
que pousquim ha lous Heclams méy grans, méy amistous, méy
floucats et méy flourits. Si cade membre e hesè recrube tan soulemén d'ugn-aute camerade, quin praberé l'obre e quoant de gay
y auré a l'endost de la banère de Fébus. IFquats-pé en cèrques
lous amies !
Tan qu'a bous auts, petits sourdats de France qui hèts dab tan
de balentie lou boste debé de (îascous sus la terre murtère dou
Maroc, que-b disi grans mercés de la boste beroye létre : que
m'a remudat quauqu'arré a l'endrét oun la brabe yén de nouste an
lou cô.
Que b souhèti santat e glori. L'hore de la batalhe que sera
ta bous auts l'hore de nabèths galous, pramou que n'y a pas
batalhès méy baléns que lous de la Gascougne quoand briuléye
chéns mesclagne en las loues bégnes lou sang de la race.
J.-V. LALANNE.

s!e$as

Abis a léyc
Lous lauréats qui an gagnât medalhes e qui ne las an pas
préses ou hègtes préne aus Yocs Flouraus cVAuch, que se las
poden ha embia pèr la poste : que sujféch de demanda-c a
M. Lalanne a Bidache e d'embia-u ta-usfrès d'embaladye, de
por e de recoumandaciou ûc pecéle de bin sos en timbres. Las
medalhes qui ne seran pas estades demandades aban la fî de
noubémbre que demoureran la prouprietat de l'Escole.

�- 236 Qu'arribe quauque cop qu'embien au Secretari Yenerau las
chèys Mures de la Coutise, aquero que balhe tribalh e que bè despéne papé e timbres. Que pregam lous escouliès de soubiené s que
lous dinès que dében esta mandats au dinerè soulét, Mous de
Laborde-Barbanègre, abouat a Pau, coum éy dit a la sigounde
paye blue dous Beclams.

Que s'y a tournât chéns esta pagades quauques quittances. Héus
lou noumbre, que s'en y trobe, d'amies estacats a l'obre. La poste
que presénte û cop e nou pas méy lou bilhetot, si n'èts pas a case
adichats, birats-pe-lés coum pousquits ! Que pregam doun labéts
a touts lous counfrays qui n'an pas pagat l'anade 1913 d'embia a
Mous de Laborde-Barbanègre, abouat a Pau, so de début Lous
auts, au noum de la courtesie biarnése que soun pregats de ha
assabé que nou bolen pas paga ou si ous abéye d'escribe, que
refusin oumén lou numéro quoand lou factur ou presénte.
-*S*S*-

Petite Histoire Ho Béarn à l'usage des Ecoles primaires
par Louis

BATCAVE (SUITE)

PREMIERS VICOMTES DU BÉARN
§ I. — Les Vicomtes de Béarn jusqu'au XIIe siècle.
I. Divers Seigneurs. — IL Gaston 11 Centule ; fondations. —
IILCentulelV. Gaston conquiert Saliesetle quartier deSauveterre.
— IV. Gaston III : son mariage dissous, extension du Béarn. —
V. Gaston IV s'illustre à la 1"' croisade, contre les Maures; ses
fondations en Béarn.
/. — Centule IER Loup, second fils de Loup III Centule, eut pour
successeurs (866) Loup Centule rjui reçut l'investiture du Béarn de
Sanche III Mitarra, duc de Gascogne, son parent ; et dont le (ils
Centule II Loup, alla en Aragon combattre les Maures avec Sanche Iet,
roi de Pampclune ; il mourut vers 940.
Son successeur Gaston Ie1 Centule refusa d'acquiescer à la fondation
de l'abbaye de LAicq par Guillaume Sanche, comte de Gascogne, et par
Gardas, de l'ordre de St-Benoît (vers 970). Après son décès (980),
Centule III, Gaston fonde l'abbaye de L.arreule en Béarn (vers 995),.
II. — Gaston II Centule, son fils, lui succède. A cette époque
Loup-Fort, fils d'un seigneur de Scrres-Morlaàs, assassina un seigneur

�— 237 sur l'ordre du duc de Gascogne et pour expier son crime, après un pèlerinage de pénitence à Home, voulut fonder d'abord à St-Faust de Lacq
le monastère qu'il établit à Ste-Marie de Lescar en le dotant de la moitié
de l'église de St-Castin. Peu après (vers 1020), Arratère de Gurs,
propriétaire du bourg de Lagor, ayant perdu deux maris, se donnait à
l'abbaye de Lucq qui reçut successivement des biens à Verdets, Os,
Sancède, Géronce, Audaux.
III. - Le vicomte mourut avant 1022. Centule IV, Gaston le Vieux
prendra sa place parmi les seigneurs de la région. Il participe à la fondation de l'abbaye de St-Pé par Sanche-Guillaume, duc de Gascogne
(vers 1022); signe la prise de possession de Bordeaux par le duc de
Gascogne (1033) et gratifie Lucq du quartier de Bordères et de l'église
de Conchez. Vers 1050, il lutte contre Arnaud II, vicomte de Dax,
qu'un gentilhomme de Salies, Guillaume Garsias, s'offre à lui livrer ou
à tuer moyennant la concession de la dîme et des revenus de l'église de
Carresse : ce pacte fut exécuté.
Le vicomte fut tué par les Souletins (1058) dont il avait soumis le
pays, et le quartier de Sauveterre (Garenx et Beverset) fut détaché de
l'évêchè de Dax pour passer à celui d'Oloron, par les intrigues de Loup
Brae de Sauveterre, dit le Courtois.
IV. — Centule Gaston III son fils avait épousé (vers 1005) Angéle
d'Oloron, fille et héritière d'Aner II Loup, vicomte d'Oloron, mais était
mort'avant son père qui eut pour successeur Gaston IV Centule,
vicomte de Béarn et d'Oloron époux d'Adalaïs, fille du Vicomte de
Lomagne et père de :
V. — Centule V Gaston le Jeune appelé «le grand dominateur de la
terre ». Ce vicomte avait épousé sa proche parente Gisla. Grégoire VII
lui demanda, par lettre du 11 mars 1074, de rompre une union illégitime et un célèbre prélat du St-Sièg&gt;&gt;, Amat, évêque d'Oloron, l'y décida.
Pour sa pénitence Centule fonde le monastère de Sle-Foy de Morlaàs
qu'il donne à l'ordre de Cluny. Ensuite il épousa Béatrix, comtesse de
Bigarre (1077) qui lui apporte cette province, repeuple Oloron qu'il
dote d'un for curieux (1080), envahit le pays deMixt ( vers 1082) et est
battu.
Guy Geoffroy, dit Guillaume VIII, duc d'Aquitaine, voulant récompenser le vicomte du concours qu'il en avait reçu, renonça aux derniers
droits de suzeraineté lui appartenant en Béarn en le gratifiant des
droits de gîte seigneurial (albergade\ depuis Clarac de Vic-Bilh jusqu'à Argagnon et d'Arqagnon jusqu'à Stc Maric-d'Oloron. Le Béarn
devint aussi indépendant. Guy Geoffroy y ajouta des droits sur Salies,
Carresse, la Soûle dont Centule somme vainement le vicomte de venir à
Navarrenx lui prêter serment. Il envahit alors ce pays, donne à Montory le for d'Oloron.
Peu d'années après (1090) il était tué dans la vallée de Tena par son
hôte au moment où il rejoignait le roi d'Aragon.

�— 238 —
Vl. — Gaston Y Centule épousa Talèse, vicomtesse de Montaner
(vers 1085) ; il sera un des vicomtes dont les Béarnais devront le plus
honorer la mémoire.
Au début de son règne se place un fait curieux montrant que les
Béarnais jouissent de droits civils. Son père avait donné au seigneur de
Rivehaute certaines redevances sur l'église de ce lieu. L'abbé de Sordes,
qui les revendiquait, réclame hautement et, dans le duel judiciaire, son
champion obtint l'avantage. Le serment fut prêté sur l'autel de StGladie. en présence de témoins de Léren, Nabas et Munein.
Gaston V assiste à ta dédicace solennelle de l'église abbaye de St-Pé
(1095) qu'il dote de privilèges. L'année suivante, l'appel d'Urbain II à
Clermont, soulevait la France, par une généreuse poussée, à la délivrance des Lieux Saints. Gaston prit la croix et se mit au premier rang
des chefs par son courage que célèbre Guillaume de Tyr. Il manifeste sa
vaillance à la bataille d'Antiocfic où le vicomte commandait un corps de
troupes avec Tancrcde de Sicile, à la prise de Jérusalem où, dirigeant
les machines de guerre, il emporte la place par son attaque vigoureuse.
Généreux dans la victoire autant qu'ardent dans la lutte, il protège les
infidèles vaincus et fugitifs à l'ombre de l'étendard béarnais. Enfin il
met en déroute les ennemis au combat d'Ascalon (14 août 1099).
Rentré en Béarn le vicomte veilla à la défense de sa terre. Il avait
conquis, en 1090, le vicomtê de Dax qu'il garda jusqu'en 1102, mais
1
Pierre I* Arnaud vicomte et Guillaume Fort II, vicomte de Soûle,
recouvrèrent leurs états, sauf les pays de Mixe, d'Ostabaret et d'Orthez.
Il va combattre les Maures avec Alphonse le Batailleur, prend part
au siège de Saragosse (1118) et signe l'acte par lequel le Roi donne un
for à cette ville, dont il reçoit, en récompense, partie de la seigneurie.
Poursuivant ses exploits, il promène victorieusement ses armes à travers
les royaumes maures d'Espagne, dont il défait onze rois à Aranjuel,
mais il est tué par ses ennemis dans une embuscade (1131 ) et enterré à
Saragosse dans l'église Notre Dame del Pilar.
Au point de vue social Gaston V réalisa un grand bien. Vers 1110 il
confirme le for de Morlaàs, acte d'affranchissement de la capitale du
Béarn, qui servira de charte de liberté, non seulement en Béarn, mais
en pays voisin (Soûle, Mixe, Ostabat). — // fonde les hôpitaux de SteChristine au-delà d'Urdos de Mifaget, de Lescar, de Gabas, possesseur
du territoire sur lequel s'élèvera Nay, d'Aubertin et l'abbaye de Sauvelade. — II établit à Lescar les chanoines réguliers de St-Augustin. Il
institue à Morlaàs les courses de chevaux dont le vainqueur devait être
traité au couvent. — En promontoire de la terre béarnaise, à l'Ouest
de concert avec son vassal Olivier, il édifie le fort de Mongiscard.
Ce vicomte a mérité d'être rangé parmi les preux de son époque, sa
mémoire doit être en particulier honneur parmi les Béarnais,

�— 239 —
LECTURES
Menjoulet : commencements de l'abbaye de Lucq t. 1 p. 126. — For
d'Oloron : vT éditions Mazure et Hatoulet, Bidache ; un récit sur la
fondation d'Oloron dans le Recueil de versions de Lacoste p. 186. —
Fondations charitables de Gaston V: Menjoulet t. 1 p. 237 et suivantes.

INTERROGATIONS
Résume: brièvement les actes principaux des premiers vicomtes ? —
Comment Centule Gaston IVétend it le territoire béarnais?—Annexions
du pays d'Oloron, de la Bigorrc. — Pourquoi fut rompu le mariage de
Centule V et de Gisla ? Que fit ce vicomte pour Oloron ? — Comment
l'indépendance du Béarn est-elle reconnue ? — Actes principaux de la
vie de Gaston V. — Comment s'illustre-t-il à la première croisade ? —
Décrire ses action en Espagne, en Béarn? Quelles institutions honorent
sa mémoire ?

Rebiste de Gascougiie, septembre-octobre. — .4. Serriere et P. Piet,
Lou Capito de Scn Joan de Latran « segnou » en Guyenne, p. 337. —
C. I affargue, Esludis reboulutiounaris (à Eau/e), p. 3í5. — J. Lestrade,
Translatiou d'ue relique de Sent Bertrand à l'Islc Jourdain, p. 35i. —
V.Foix, Lou Hugue dous Faus Doubles. Lous de Busquet (geneaiogie) p. 3!H.
— F. Marsan, Lou Coumbat dou Plan (19 octobre 1793, carte d'u souldat).
Rebiste histourique e archéologique dou Biam e dou Pays
Basque. Aoust. — P. Yturbide, A perpaus dou tractât de 1685 concernant
la Bidassoa, p. 337. — J.-B Laborde, L'abat Dominique Eliçagaray, prouvisur dou lycée de Pau, p. 344. — G. Beaurain, Histori dou tribailh à
Pountacq. L'industrie e lou coumerce. (Estoffes estranyères), p. 357. —
J. Annat, Lou Cleryè de la Rebouluciou liens lou diocèse de Lescar, p. 365.
— L. Batcave, Bibliographie, p. 383.
Setéme. — J.-B. Laborde, L'abat Dominique Eliçagaray, prouvisur dou
lycée de Pau (fi), p. 386. — L. Batcave, Lous Gardes d'baunou de las
Bâches Pyreneus en 1813, p. 403. — F. Labadie, L'imprimerie bourdalese e
lous libis bascous, j). 406. — L. Batcave,, Ue carte de Palassou a Gbaptal,
P 424. — /. Annat,, Bulleti bibliographique, p. 426.
Rebiste de las Hautes-Pyreneus. — Yulhet. — F. Duviau, Hils de
la bile de Lourdes mourts enta la patrie, p. 297. — N. Rosapcllij, Euquesle
sus las noustes bielhes campanes, p. 3 0.— L. Caddau. las statues, las boyseries e las pintrures de Garaisou a Mauleou Magnoac e a Bazardan, p. 302.
Fr. Marsan, Amassades seditiouses a Vignac (baig d'Aure) en '1790, p. 325
— H. Lauchet, L'enseignament primari a Tarbes au sègle xviiiau, p. 326.

�— 240 —
Aoust. — F. de Cardaillac, U dououment de l'époque reboulutiounari
(1796), p. 3'29. — N. Rosapelly, Brigalhères d'histori locale : dus marquis
mélomanes, p. 341. — E. Duviaù : M. Frances de Bardon, goubernur de la
bille et dou casteigt de Lourdes (1723-1748), p. 343. — Fr. Marsan, Counilit
enter la bille d'Arreau e lou sou archiprêtre a perpaus d'u rêvent (1737),
p. 354. — De heste heus las Barounies, p. 357.
Lou Courrespoundent, 10 aoust. — Maine de Biran, cartes politiques
inédites do .M. Lainé, menistre (1810-1818), p. 439 [très que soun escrites de
Sen-Saubur (H.-P.), renseignements].— J.Arren, Regious e Proubinces.
Ue nabère divisiou administrative de la France, p- 562. Difficultat de tourna
renabi la bielhes proubinces : « Aura-t-on le courage de réclamer la reconstitution de la Guyenne et de la Gascogne et de telle sorte que le Quercy et le
Rouergue, c'est-à-dire Cahors et Rodez, dépendent de Bordeaux comme
centre administratif; que les environs immédiats de Toulouse, — sa banlieue
presque — soient partagés entre trois provinces, le Comminges allant en
Gascogne, le Toulousain en Languedoc et Montauban en Guyenne? Admettrat-on que les Landes et la Gironde, le Midi océanique, soient divisés entre
deux provinces, tandis que le Puy et Toulouse, Viviers et Castres feront
partie de la même ?
Lou Mes. Aoust. — J. Valdange, Las grottes de Bétbarram photographies), p. 139.
Seteme. — G. Lalfargue, mœurs de l'Armagnac nègre photographies),
p. 252.
Lectures enta touts. — H. Roujon, de l'Académie francese, Las mies
berougnes (liens lou sou pays d'Armagnac), p. 1566.
Vivo Prouvenço ! — lùli Rounjat, Souveni de i'a vint ans. — P. D.,
Pajo d'Històri Miejournalo. — M. Chabrand, Sant Bounet.— L. R. Mortuorum. — L. R. Boulegadisso e Nouvelun.
La Terro d'Oc. — R. Vigairal, La Bataille de Muret. — A. Sourelh,
LeFelibrigeà l'Escolo. — L. Rivière, Pèire d'Aragoun. — L'Artisan, Esthétique Toulousain. — Casemir Clotos, Le Miol. — Un pauc ioutis, Boulegadis lélibrenc e régiounalisto.
Lis Annalo dou Pople de Prouvènço. — /. Lhermite, Au Felibre
de la Lègo. — Mount-Brun, Van [lias, Resson doù Felibrige. — P. Nat,
Nosto-Damo la Bruno. — E. Imbert, Lou Golera de Marsiho. — Louis Foueaitd, Ue Pastide de plesi. — Era Bouts dera Mountanho, Prougramo dera
Uèsto dera 'Scolo deras Pyrenéos. Gants dera 'iSeolo : Aqueros Mountanhosj
Era Gascouno, lira Goumengéso, Ëra Couseranéso, Et Cant deras qùate Bats,
La Goupo Santo, Noubéles.
La Cigalo Lengadouciane. —
Anglade, Coumunicaciu. — Anounime, Uo imitaciu d'uno satiro de Boileau. — G. Cughenc, Galariè artistico.
— PèiroJepo, Moussu Bardou. — A. Arnaud, L'Encadenat. - A. Capdevielle,
Gasso as escuts. — Cabriolé, L'Aze perdut.
L'Action Régionaliste. — Conférences et réunions. — Ch. Berlet, Le
Rôle de Mirabeau dans la division de la France en départements. —
B,
Les Industries rurales La Désertion des Campagnes.

�— 241 —

La mesiiou d'aquéste chapitre qu'éy tirade de las gazétes
de las oupiniqus las méy desparières. Que preném lou iiouste
dequé pertout ouu lou troubam, chéns nat partit prés; e lou
nousle dequé qu'éy tout so qui pot amistousemén amassa lous
Gascons a l'endost dou drapèu de Febus ; tout so qui toque a
la loéngue mayrâne, a l'hislori proubinciale e a la soue illustre ; a las coustumes d'ous qui s'au debanteyat e qui souri las
noustes ; á la grandou de la Patrie autan plâ de la grane
coum de la petite. Yaméy en aquéstes notes n'a punteyat tan
soulemén lou tesic de la poulitique hastiale, yaméy n'y piuileyera. Aquero dit enta-us nabèths counfrays coum ta-us qui
soun dab nous desempuch lountéms, niés qui pouyrén abé
maucut pramou quc-s couniénten de yudya d'û cop d'oélh
au loc de léye dab atenciou.

L'Autorité p'ou calam d'Edouard Dulac que debise alau de las bétes
d'Auch. (- Devant l'Hôtel de Ville, fleuri d'oriflammes et de plantes vertes,
c'est la bousculade avec la cohue. Que se passe-t-il donc? Quelque élection,
sans doute, remettant aux prises les frères ennemis qui, tant de fois, se
mesurèrent des yeux, de la voix et du poing?
Eh bien ! non. Tout simplement, cette foule fiévreuse et curieuse, dont
seules, jusqu'à ce jour, les luttes politiques purent éveiller la curiosité, susciter la fièvre, cette foule, aujourd'hui, se presse pour saluer la venue de
poètes et de chanteurs, les félibres de Béarn, de Bigorre et de Gascogne.
Les voici ! fa bannière de Gaston-Phœbus les précède, escortée de ses
fidèles, Batcave, Lalanne, Bibal, Camélat, Simin Palay, d'autres et d'autres.
On les conduit là-haut, dans la salle des Illustres. Ceux-ci, de Montluc et
d'Aï tagnan aux maréchaux de l'Empire, en passant par les poètes et les
savants qui, tous, quoique à des titres divers, illustrèrent la petite patrie,
le député-maire, M. Samalens, les évoque en un langage que l'on aimerait
entendre à la tribune d'autres assemblées. Le sympathique président de
YEscole Gastoii-Febus, M. Louis Batcave, lui répond et aussi, en beaux vers
sonores, le poète élusate Gassaët. Un chœur formidable éclate :
Aqueros mountagnos
Que tan hautos soun...
Et je vous assure qu'à partir de ce moment, la ville, la petite ville à-demi
morte ne se souvient plus de sa longue torpeur. La gloire du passé vient de
l'arracher aux platitudes du présent. Elle chante, elle vibre, elle vit. .lusques
à quand?...
Quand nous redescendons le grand escalbr où croulent les fleurs et les
rires, sur la place, maintenant déserte, un orage terrible, un de ces orages
subits comme l'on n'en voit qu'ici, fait rage. 11 est violent, il sera bref. Quel
symbole !

�— 242 —

*

* #
Môme soir, huit heures, salle des Gordeliers. Du parterre aux galeries, la
foule, la même foule que l'attente faisait trépigner, tantôt, s'énerve encore
et s'écrase. Songez donc ! on lui a promis le régal d'une pièce nouvelle de
son poète favori, lou Cascarot ! Et cette pièce s'appelle L'Orne Blanc!
L'Orne Blanc ! Nous en ont-ils donné du mal, l'Orne Blanc et son auteur,
à nous, pauvres interprètes improvisés .. Tout, ici, fut improvisation. Ce
matin, nous n'avions ni décors, ni costumes, ni orchestre pour la délicieuse
musique de scène de Paul Dieudé. A peine si nous savions nos rôles, distribués de la veille, jamais répétés. Sitôt après la grand'messe, nous avions mis
les bouchées doubles et triples. Tandis que, sur le plateau nous réglions la
mise en scène, d'intrépides fées nous préparaient une garde-robe du quatorzième siècle, l'excellent peintre Lacoste brossait de saisissantes toiles de fond,
le maestro Boubée menait ses musiciens à la baguette. Nous voici prêts.
Nos spectateurs aussi, tellement prêts à nous applaudir qu'ils menacent de
tout casser, parce que nous tardons. Enfin ! L'orchestre attaque l'ouverture,
le rideau se lève sur le paysage hivernal où le Tichanè (je ne vous dirai point
qui est le Tichanè) exhale sa plainte. Je sens, tout de suite, le frémissement
de mon auditoire que cette poésie gasconne, cette atmosphère de légende, ce
mystère éternel et cet art qui les exprime divinement, empoignent avant de
le transporter. Praviel fait son entrée, dans sa longue robe blanche de Christ
mendiant. Il parle, avec quel accent !
Les quatre tableaux sans interruption, se déroulent : Mais nous ne sommes
rien. Le poème, l'admirable poème est tout, il nous emporte et nous n'avons
qu'à nous laisser entraîner au vol de ses alexandrins qui palpitent jusqu'aux
derniers rangs de la foule emportée à son tour, dans l'invincible tourbillon.
Le rideau baisse sur le tableau final qui dessine la plus sublime des
estampes populaires. C'est une tempête. On nous rappelle encore, encore,
encore. Et lorsque je reviens, selon le rite, jeter dans ce tumulte le nom de
l'auteur : lou Cascarot, ah ! l'unique, l'inexprimable et l'inoubliable clameur
qui le salue et le répète sans fin !...
0 l'extraordinaire vertu de la langue maternelle, de la Icngo mairano !...
« Qui tient la langue, tient la clé », a dit le grand Mistral. Nulle, j'en suis
certain, n'a ouvert plus de cœurs et que l'on croyait irrévocablement fermés à
ce que l'on nomme foi, enthousiasme, beauté ».
La Voix du Peuple, qu'emprounte a Edouard Dulac lou sou counterendut tan plèy de pouesie e de cô.
La Dépêche de Toulouse, que dits quoant dében lous felibres a la
Soucietat archéologique dou Gers e subèrtout au sou dinerè M. Despaux.
Arroun que balhe ausactousde l'Orne Blanc l'haunou qui s'an plâ meritade.
« Autant que l'œuvre elle-même, la qualité des interprètes excitait la curiosité du public. C'est que les acteurs improvisés portaient des noms connus
et distingués. Les principaux étaient : M. Edouard Dulac, le poète de Cœur
à Cœur, un Gascon de bonne race ; M. Armand Praviel, apôtre éloquent du
régionalisme provincial ; Mme Guilhot, de Gondom, la reine des fêtes félibrèennes, qui possède à la fois une âme d'artiste, de l'érudition et une grâce
exquise.

�— 243 —
La République des Travailleurs, qu'a balbat lou medich predic.
Le Télégramme

— « La seconde journée du lundi, i&lt;" septembre, a été
digne de la première; à 9 h. 30, sous la Halle aux Grains, admirablement
décorée par les soins de la municipalité, a eu lieu la « Cour d'Amour », où la
reine entourée des muses, remettait aux vainqueurs du tournoi de poésie, les
récompenses consistant en médailles d'or, d'argent et de bronze.
Dans ce cadre magnifique, le coup d'œil était superbe avec la foule nombreuse venue de toute la Gascogne. La musique du 88" de ligne prêtait son
concours à cette belle fête et a surtout exécuté des morceaux de musique
rappelant tous nos airs gascons ; à un moment donné l'un des musiciens possédant une fraîche voix de ténor, nous a chanté « Ret céou de Paou », avec
accompagnement de toute la musique.
A la fin du banquet, la reine a chanté la « Coupo Santo » dont le refrain
était repris par tous les assistants. On s'est ensuite séparé à regret, emportant le meilleur souvenir de ces fêtes inoubliables et en se disant à bientôt,
pour de nouvelles fêtes à propos de la statue que l'on se prépare à élever à
d'Artagnan', le héros gascon.
Nous ne voulons pas oublier de mentionner l'admirable causerie de
M. Xavier de Cardaillac sur la bataille de Muret et sur le projet d'élever un
monument sur les lieux même ou périt le héros. Pierre II de Navarre, venu
au secours des comtes de Toulouse et des Méridionaux, qui furent écrasés
par les gens du Nord. »

D'autes gazétes qu'an debisat de la nouste hèste bahide, més ne soun pas
bienudes dinqu'a nous. D'autes encoère qu'an hiquat lou palmarès dous jocs
en las loues colonnes, taus coum la Petite Gironde, Y Indépendant de Pau,
lou Patriote de Pau, lou Républicain de Pau, lou Démocrate d'Orthez, lou
Franc-Parler d'Orthez ; d'autes tabé qui nou sabém pas. A toutes que las
disém, gran, gran mercés, qu'éy pèr la presse qui poudém arriba dinqu^u
cor dou hoéc gascou oun boulém counterba tout natre l'esprit de la race.

La Bouts de la Terre. — Lou balén yournalet qui sigoundéye tan plà
l'obre de Gastou-Febus, qu'a louncademén debisat, éth tabé, de las hèstes
d'Auch. Au sou numéro dou 15 de setéme, sinnade de Miquèu de Camelat,
que balhe la fi de l'estudi sus Pierre-Daniel Lafore. La fî a l'entenut de l'autou,
més qu'y demoure encoère hère de causes a dise, Miquèu ! Anoum, drin de
couradye, arroum l'homi, estudéye de près l'escribâ, ne pots pas ha obre
méy piouse, ni méy utile enta-us escribàs nabèths, lhèu tabé ta-us escribâs
qui obren desempuch hère de téms.
Nouvelliste de Bourdeu. — 4 Aoust A. G. Lou clergé e l'histori locale,
seguide d'artigles cntio 15 septembre sus las obres dou nouste balen counfray, l'abat Daugé — 2 septembre. H. Caousou : A perpaus de las courses
dous taus.
Dépêche de Toulouse. — 11 Aoust. L'histori locale — 23. Lou For
d'Aspe. — 3 septembre. La leyende d'Aspe (lutte dab lous Bigourdans).
Glaneur d'Anlourou. — Desempucg lou 23 d'Aoust, yuste cade semmane e artigle de P. Chanreau : Las amous d'Henri IV. — 26 septembre.
Forlk-lore biarnés.

�- 244 -=
L'Avant-Garde de Dax. — Jehan de Monghorin, u gouyat qui-n sap
de plume qne caneye yuste cade semmane tabey ue seguide fe.yts : se la semmane dous quote diyous à l'us atye dous habitants de Bordères e Gie,
Express dou Mieydie. — 27 Aoust. Lou balen amie Simin Palay que
respoun coum at sap ha a l'artigle d'Armand Praviel sur l'Rscole Gastou
Febus. Que-s bolen Iheba u alep. Qu'ey hère aysit de dise que PEscole creseque lou Felibritye, mes qui aura u gat a nau coudes doublât d'u mellou tout
blanc tau qui-s poudera amuchat u endret dous Reclams oun lou Bureu ayi
dit coucarray atau.
L'Autorité. — 7 Aoust. Ed. Dulac : M. l'abbé Sarrau (lou Cascarot). Que
laude, coum ey début, lou balen bice-présiden de l'Armagnac e qu'announce
lou succès de l'orne blanc. Yes ! qu'y a encoère de bous prouphètes en
Gascougne.
Voix du peuple. — 12 septembre. A. Praviel : Lou Théâtre occitan, a
perpaus sustout de l'orne blanc.
Petite Gironde. — 0 septembre. H. Roujon. L'abbaye de Flaran (canton
de Valence, Gers), aqueigt monumen Listercien qu'ère croumpat per u
américain qui s'en lou boulé pourla. Atau que hèn oey. Mes M. Lauzun qu'à
l'oeil cla, qu'a cridat : biahore. M. Roujon qu'a heyt arreboum e autaleu,
coum l'eslambrec, M. Berard qu'a classât. Bou exemple ! Toutu be saben
beroy ana en daban lous Gascous !
Journal des Débats. — 0 aoust. Baguenault de Puchesse. De qoand date
la poupularitat d'IIenric IV.
Patriote — 20-21 yulhet La Case, discours aus prêts dou coulletye
Mouncade d'Orthez.

.

s34G*

AOUST
Beigt tros de ruban rouy que s'y a esparpalhat per nouste. Coumandur :
lou nouste sapien counfray M. Paul Reclus, de l'Académie de Médecine,
prout\ssou a la Facultat de Paris ; M. Faisans, de Pau, medeci deus espitaus
de Paris. — Avfficiè : M. Ferré, medeci a Pau ; colonel Schmitz, d'Aulourou.
- Chibaliès : MM. Lafourcade, chirurgien en pè de l'espitau de Bayoune ;
Cougomblcs, medeci de l'espitau de Bagnères ; Maury, counselhè à la Cour
de Pau; Domingo, presiden de la Crampe dou coumerce de Bayoune.
1. - Pau. Haunous de M. G. Goustal, meste d'obres.
2. _ Dax. Mourt de M. Bastiat, presiden de la Crampe dou coumerce de
las Lannes.

�— 245 —
3. — Lou rcy d'Espagne, S. M. Alphonse XIII que passe per nouste en
s'en tournan d'Angleterre : ne-s desbroumbe pas qu'ey arrè-hilh dou nouste
Henric. — Aygues-Bounes —■ Ilestes : ue nouce au sègle xvjua»; pelhes e
cantes d'autes cops ; councours de pelhes aussaleses.
4. — Mounenh. La bielhc gleyse qu'ey classade coum mounument histourique ; tabey las de Saubaterre de Biarn, de Caubî. Mantengam las bielhes
peyres. La famille de Gramount de Bidache que ba sauba lou casteigt desruit.
Perque e disérén : « Bique coum lou coumte de Guiche » si n'ère ta sauba
lou bieil oustau.
5. — Tarbes. Lou yenerau Foch, hilh de nouste, que passe a Nancy coumandan dou 20° corps. La baque gascoune que bétère toustems sourdats
d'escantilh. — Dax. Maridatye de M. Charles I.ajus dab Damisèle MarieThérèse de Chauton.
7. — Marsan. Haunous de la duquesse de Fezensac, d'ue antique famille
dou Yers : u dous sous parens, l'ai at de Mountesquiou, qu'estou menistre
en 1814.
9. — Pau. Haunous dou coumandan Abeilhè, hilh d'u counseillè a la
Coui'12. — U biarnes, Victor f.acazc, que hè counferenccs capbaigt lou Biarn
eu ta amassa dinès : que bouleré basti u aéroplane stable automatique.
15. —Buglose. l.ou coumte d'Astanières, sculptedou detalen quidamoure
a Capbretou que da a la gleyse ue obre en marine de Carrare : « Scène de
l'enfance de X. S. J. C. »■
17. — Saubaterre de Biarn. Lou coumte de Viforano, presiden d'baunou
dou « Rallye Gastou-Fcbus », foundat per M. Claverie, noutari, que balhe
u beroy drapeu. Heste sus la place, banquet, présidais per lou presiden de
l'Escole. Beroye tauleyade. — Lourdes. Lou sarrîs, se disèn, qu'èren partits
ta l'Espagne ; ne s'en y bedè nat. Tout Lourdés qu'en an gahat qoate qui
tant beroy garimbeyahen, tant leuyè ricouqueyaben.
19. — Bayoune. Maridatye de Damisèle Madeleine Breucq, neboude de
M. Coustolle, inspectou yenerau dous pounts e camis. dab M. Verrout.
21.

—

Moumuy. M. Cazenave, loctenent de morine, que passe capitaine.

22. — Lourdes. Décret de Roumc qui da a Bernadette Soubirous lou titre
de « Benerable ».
24. — Ayç/ues-Cautes. Restes oun amuchen las bielhes pelhes aussaleses.
— Lomnê, de las Barounies. Bère heste ta apita u mounumcn a la memori
de Corbeyran e de Ramon de Cardaillac-Sorlabous, balens capitaines dou
sègle xviau,au ras dou casteigt de la casade dous noustes amies MM. Ferdinand e Xaviè de Cardaillac. Au repech M. F. de Cardaillac qu'a debisat en
gascou, qu'a distribuât prêts e liberets de la Caisse d'estaubia aus maynatyes
qui an lou mey beroy escribut sus lou lou billatye en gascou e en frances.
Lou nouste casteigt de Maubezi pitat sou tue qu'ey estât, lou sé, tout enhoecat de rouy.

�— 24G —
25. — Biarritz. Goumencemen de l'expousiciou annale dous Amies dous
Arts. — Larreule (II.-P.) Mourt a Villacoublay dou loctenent Sensever, de
l'artillerie coulouniale, cadut d'u aéroplane.
26. — Bayoune. Mourt de M. Darricarrère, medeci inspectur, directou dou
service de santat de la Guerre.
"7. — Bayoune. — Maridatye de Damisèle Yvonne Bois-Viel, hilhe dou
coumandan eu retrète e de dame Molinié, dab M. Paul Personnaz, hilh de
defun M. Personnaz e de dame Daguerre de Hureaux.
28. — St-Christau. Perbice en haunou de daune II. du Plessis, hilhe dou
defun coumte de Barraute, hemne aymade e escribâ de bou escantilh.
29. — Bayoune. Haunous de daune Bourbaki, beude dou defun yenerau
qui ère hadut a Pau.
30. — Aygues-Bounes e Coûtes. L'amassade dous medecis qui hè bisite a
las aygues minérales de Gascougne e Biarn que puye au bec d'Aussau. Lous
noustes counlrays, Moureu, de l'Institut. D1' Cazeaux, que debisen sus las
aygues. M. Landouzy, doyen de la Facultat de Paris, presiden de l'amassade,
qu'a mentabut lou renoum d'aqueres aygues. — Aulourou. Lou Counseil
coumunau que hè las bâties de cauques carrères : Alfred de Vigny (qui
escribou aquiou Cinq-Mars), Despourrins, Gujas (arrè-hilh de la bille),
Palassou (sapien minéralogiste), Peniartin (députât), Jéliote (gran cantedou),
Gassion. - Orthez. Gran councert taus inoundats dou Bascoat, présidât per
M. Berajd, menistre : Ue pèce de nulle lîures qu'y amassen.
31. — Bielle. Passe-carrère aussales ta las hestes : danses d'autes cops,
branle. — Aulourou. Haunous de Damisèle Madeleine Fabre. apparentade a
MM. Jules, Joseph e Emile Dufau. — Bagnères. Hestes, patac de filous.

SETEME
1. — Hinx. M. Passicos, meste d'u troupeigt de baques de courses que bet
lou sou courrau ahounit per u eslame de perigle qui boute lou houec.
2. — Tarbes. Biatye d'essay réussit dou cami de hè électrique. — SanMarcial d'Espagne. Inauguraciou dou mounument proche d'Irun en haunou
dous Espagnoous c Francés mourts qu'y a cent ans. Lou mayre e M. Garât,
mayre-deputat de Bayoune, qu'an amuchal que lous dus poples besîs, amies,
que saben haunoura lous mourts qui èren defensous de la loue patrie. —
Cauques dies apuch lou rey Alphounse XIII que disera. » Ne pouch pas
desbroumba-m que lou mey noum de Bourbon qu'ey u noum frances ».
4. — Dax. M. Marcel Barthe, prumè prêts d'architecture a l'Escole dous
Beigts-Arts de Paris, eu 1910, que s'emporte lou prêts Jean Leclaire.
6. — Biarritz. — Lou rey d'Espagne qu'arribe ta las courses dous
bacheigts mentabuts yactbs, — M. X. de Cardaillac que hè ue counference
sus Peyrc II d'Aragon.
7. —Aygues-Bounes. Maridatye aussales de Damisèle Taverne dab M. J.
Blanchet, ingeniur. Passe-carrère, la nonce debanteyade per mountagnols en
hestes rouyes, musique aussalese dab flahute, brioulou e tembouri ; qu'an

�— 247 —
Jieyt paga la sègue. M. Bcrnis, lou nouste bice-presiden, que dits liens u
beroy brinde que l'arrè-gran-pay de le maridade qu'a créât a Aygues-Bounes
lous oustaus taus estranyès e que lou gran-pay dou maridat qu'a heyt lou
succès de las aygues.
g. — Bic-Biyorre. Inauguraciou do l'espitau per M. Berard.
8-10. — Ilurous Paulins ! U ahoualh de calles que cad à l'entourn de las
lanternes. Eren roustides?
12-14. — Lourdes. Qu'entenen pou prumé cop u oratorio de Dom Maigri,
disciple de Dom Perosi.
15. — Bagnères-de-Bigorre. Inauguraciou dou mounument dous sourdats
mourts ta la patrie.
17. — A Toulouse heste, presidade per M. Poincaré, presiden de la République, en haunou de M. Sabatîé ; doyen delà Facultat de las Sciences, que
s'empourta lou gran prêts Nobel. Au noum de l'Académie de las Sciences,
M. Moureu que laude lou sapien qui n'a pas boulut decha la proubince per
Paris. — Anglet. Mourt de daune G. Dufourcet, bère-hilhe de l'ancien presiden de la Souciétat de Borda.
19. — Biarritz. Encoère u cop lou rey d'Espagne.
21 — Que manden que M. de Cardenau de Borda, arrè-hilh dou yenerau,
qu'entre a St-Cyr.
24. — Seigts, Ceps qu'en y a augan a barreyau-s s'ous camîs. — A Pouilhou
qu'en troben u de 1 m. 06 de circounference. Praubes de nous, abisam s'y :
an de cépère, an de misère. »
27-28. — M. Bartbou, presiden dou Counseil, dab M. Berard, que ba a
San Sébastian. Grane receptiou. Touts lous qui an debisat que disen
qu'Espagnoous e Frances deben esta amies e units. Per toute la termière de
las noustes Pyreneus qu'em d'aqueigt abis.
28. — Laruns. Centenari de la mourt a Hamau dou yoen loctement
Guindey. A Saalfeld, en 1806, qu'aucidou lou prince Louis de Prusse, autou
de la guerre countre la France. — Beaumont-de-Lomagne. L'Escole Garsinolo
que pite ue lause en haunou dou poète gascou Gassaignau.
29. — Yuransou. Haunous de daune Louis Ollé-Laprune, mourte à 97 ans
may de defun M. Ollé-Laprune, lou philosophe, membre de l'Académie de
las Sciences morales.

Lou Yérant : E. MARRIMPOUEY.
PAU,

EMPRIMER1E VIGNANCOUR,

E.

MARRIMPOUEY,

EMPRIMUR.

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              <text>&lt;p&gt;Bibliot&amp;egrave;ca de l'Esc&amp;ograve;la Gaston Febus&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.reclams.org/" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img style="height: 97px;" src="http://occitanica.eu/images/omeka/gaston_febus.jpg" height="97" /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Escole Gastou Febus (Pau)</text>
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              <text>Imprimerie de Vignancour (Pau)</text>
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          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
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          <name>Relation</name>
          <description>A related resource</description>
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              <text>Vignette :&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg"&gt;http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg&lt;/a&gt;</text>
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              <text>&lt;a class="link_gen    " href="http://www.sudoc.fr/039860345" target="_blank" rel="noopener"&gt;http://www.sudoc.fr/039860345&lt;/a&gt;</text>
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          <name>Is Part Of</name>
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              <text>Reclams de Biarn e Gascounhe&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2019"&gt;(Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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              <text>&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2631"&gt;http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2631&lt;/a&gt;</text>
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