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                  <text>18' Anade.

10 de Mars 1914.

Le

(Carnaval
(SUITE)

II

Si Sent Pourquî jouit d'une grande considération à cause de la
hartère, dont il est l'occasion, et des bons morceaux qu'il met en
réserve pour de longs jours, c'est pour une raison analogue qu'on
honore Sent Pansard (1) — c'est le nom qu'on donne à Carnaval.
On célèbre son arrivée par ces couplets significatifs:
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1
Garnabal qu'oy arribat,
Bouteille, boutelhe,
Garnabal qu'ey arribat,
Boutelhe, gouvat.

Dab bi bourret (2) qu'estou batiat,
Boutelhe, etc.

Aygue jamey n'a hourrupat,
Boutelhe, etc.
Dab l'esclop desgansoulat,
Boutelhe, boutelhe,
Dab l'esclop desgansoulat,
Boutelhe, gouyat.

6
Aus pantelous s'a pichat,
Boutelhe, etc.

3
E lou eu esperrecat,
Boutelhe, etc.

Hasèn coupe au camebracq (3)
Boutelhe, etc.

(1) Ce nom, qui désigne le patron imaginaire des goinfres, se trouve dans
Rabelais : « Aulcuns entloyent par le ventre et le ventre leur devenoit bossu
comme une grosse tonne. Et de ceste race nasquit Sainct Pansart. » (Pantagruel, ch. i).
On trouve, au sujet de ce nom, un détail curieux dans les polémiques religieuses du xvi" siècle. Une ordonnance de Jeanne d'Albret, en 1571r
condamna les débauches du Carnaval ; le motif de cette ordonnance était
puisé dans une considération bizarre, à savoir que « les folies du Carnaval
étaient des superstitions et idolâtries romaines, établies pour honorer un
saint nommé Pansard. » Histoire manuscrite du Béarnp. 591 (Bibliothèque
de la ville de Pau).
(2) Au moment où commence le Carnaval le vin a encore le petit goût
piquant de sa première fermentation ; c'est le vin nouveau, — bî bourret.
(3) C'est le nom d'un plant de vigne, avec lequel on fait l'une des meilleures
espèces de vin.

�— 46 —
8

10

Tringuém la soue santat,
Boutelhe, etc.

Dinquio que l'ayam enterrât,
Boutelhe, etc.

9

11

Douma toutu sera crébat
Boutelhe, etc.

Entau sou requiescat,
Boutelhe, etc.

A Monein, on inaugurait autrefois le Carnaval le jour des Rois.
Un passe-rue
heures de

s'organisait à

travers

le

l'après-midi, au chant de :

bourg,

sur

les

deux

Carriabal qu'eij arribat.

Chaque dimanche, jusqu'au Carême, on recommençait la même
promenade joyeuse, accompagnée des mêmes couplets. Le chef du
groupe des ménétriers était lou birlh Amliroisc, fameux joueur de
clarinette, dont la renommée s'étendait jusqu'à Navarrenx et le
pays de Soûle; il exécutait de façon remarquable les antiques
sauts basques (1).
Le Carnaval a une origine très reculée. 11 n'est pas cependant
nécessaire de

remonter

jusqu'à

l'antiquité païenne, avec ses

Saturnales, Lupercales ou Bacchanales, pour expliquer ces divertissements. Lorsque la religion chrétienne eût triomphé dans tout
l'empire romain, le Carême, imposé par l'Eglise, fut en quelque
sorte sanctionné par le pouvoir civil et des peines juridiques
atteignirent ceux qui ne s'y soumettaient point. Or ce Carême
était plus rigoureux que celui de nos jours ; le jeûne était strict,
et l'usage de toute espèce de viande et de graisse interdit durant
toute la Quarantaine. Aussi, à la veille de ces jours de pénitence,
le peuple se livrait-il à des festins, des mascarades et des danses,
toutes choses dont il allait être complètement sevré pendant de
longues semaines, C'est de cette époque, c'est à-dire du plus lointain moyen âge, que datent certaines coutumes, encore pratiquées
aujourd'hui, bien que l'observation du Carême ne se présente
plus avec la rigueur d'antan.
Dans notre pays de Gascogne, il reste comme souvenir des
usages anciens, relatifs aux Jours Gras, les crêpes et les beignets,
les promenades et danses des masques, enfin le jugement du
bonhomme Carnaval. Autrefois il arrivait souvent que c'était une
époque féconde en charivaris et en asouades ; mais si ies charivaris,

(I) Ces détails m'ont été communiqués par M. Paul Costemalle, de Monein.
C'est également de M. Costemalle que je tiens la suite des couplets de la
chanson : Carnabal qu'ey arribat.

�— 47 —
dont certains mariages sont l'occasion, étaient plus fréquents en
Carnaval, cela tenait à cette raison bien simple que la plupart des
noces se célèbrent pendant cette période ; quant à Vasouade, coutume qui a complètement disparu ou qui se fait rare, elle n'est
pas plus que le charivari spéciale au Carnaval.
Les crêpes, — cre&lt;pères ou paslères, pasloures (à Navarrenx),
caussères (à Salies), — se font surtout le dimanche. Rares sont les
familles du Béarn où la ménagère ne se procure la plus fine fleur
de farine de blé, les œufs bien frais, la cassonade, l'anis, une
goutte d'armagnac ou d'eau de fleur d'oranger, pour préparer
cette pâte laiteuse et odorante qu'on dispose au coin du feu, dans
une vaste terrine de terre rouge. Une cuillerée de graisse fraîche
est étendue dans la poêle, sur le feu de sarments ; elle crépite, en
un grésillement joyeux, puis la daune verse une couche de la pâte
blonde qui se transforme en une crêpe mordorée.
Lorsque la cuisinière, toute rouge devant la flamme, est fatiguée de faire sauter les crêpes, - car il faut une adresse attentive
pour les retourner, — lia ha lou biroulel, — d'un coup de main sec
et rapide, — elle verse tout le reste de sa pâte dans la poêle, et, au
lieu d'une de ces crêpes fines comme une dentelle et tendres
comme une fraise, qui sont son orgueil, c'est une grosse et lourde
caussère qu'elle retire du feu : on l'appellera u matehami.
11 arrive parfois que la maîtresse de la maison, connaissant
quelques recettes spéciales de cuisine, remplace les crêpes classiques par des merceilles. Avec la même pâte que pour la crespère,
un peu plus épaisse seulement, elle fabrique des gâteaux aux
formes diverses, ressemblant vaguement à des figures d'hommes,
de chevaux, etc.
Les beignets, —

crespèls, bignets, — sont plus spécialement'

réservés pour les Jours Gras. Une pâte consistante où entrent à
peu près les mêmes éléments que pour les crêpes, est versée par
petites cuillerées dans un chaudron de graisse bouillante. Soudain
on la voit gonfler, surnager en dansa„t à la surface du liquide,
jusqu'à ce que la ménagère, la trouvant dodue à point, l'ait, d'un
coup preste, ajoutée à la pyramide qui déjà s'élève dans un
immense plat.
La maison est tout embaumée, et la daune triomphe devant les
exclamations gourmandes des invités et l'entrain avec lequel ils
font disparaître les crêpes roulées et les beignets cornus. Ce fut
toujours une spécialité de nos Béarnaises de confectionner parfaitement ces friandises. L'histoire anecdotique nous apprend que la

�— -48 —
présidente Duplaà. originaire de la famille de Charritte et l'une
des plus grandes dames et des plus riches de notre aristocratie au
xviu0 siècle, avait le talent de réussir admirablement les beignets ;
une toile célèbre de Fragonard, — les Beignets,

— représente la

noble Béarnaise en train de préparer, devant une immense cheminée de campagne, ces crexjùus qu'un entourage gracieux d'enfants et jusqu'au chien de la maison
feu, dévorent des yeux

gravement assis devant le

(1).

C'est pour le dîner du Mardi-Gras qu'on conserve d'ordinaire,
en le salant, l'estomac du porc, — lou Inron (à Salies), glané (à
Bidache) ; on remplit cette vaste poche d'une sorte de farce dans
laquelle entrent des châtaignes rôties sous la cendre, — iroles — ;
on recout 'a partie ouverte et on fait cuire celte espèce de sac dans
la vaste marmite, — lou metav, — qui peut chanter ce jour là, plus
que jamais le propos plaisant que lui prête le poète Simin Palay :
Que siana île founte grise ou d'arrouvengue terre,
Tout die qui Diu hè qu'ey enta nous hartète (2).

On donne aussi aux Jours Gras les noms caractéristiques de
Diijaus

Dimars larde. Mais la table n'est pas le seul passe temps

des jours de Carnaval. Les jeunes gens surtout sont préoccupés autant
au moins des danses et autres divertissements que de la hartère- On
conserve encore dans nos campagnes l'usage de se masquer. Les travestissements ne sont ni bien élégants ni bien compliqués: quelque
vieille défroque, un loup ou un masque de carton pour couvrir la
figure, parfois un peu de cirage ou de suie pour se faire une horrible
tète de moricaud, il n'en faut pas davantage pour se déguiser.
Ainsi masqués, ces jeunes s'en vont par groupes isolés, parfois en
cortège simulant une noce, à travers les chemins creux, le long
des champs déjà parés de la verte robe des blés en herbe. Les cris
sonores, connus sous le nom â'arrenilliets, annoncent partout leur
passage. Ils s'arrêtent à chaque ferme, entrent dans la vaste cuisine, s'approchent des vieilles femmes, frileusement assises au
coin du feu, et, malgré leurs protestations, les

enlèvent dans un

tour de valse ; ils taquinent les jeunes filles du logis et font peur
aux tout petits qui se cachent avec épouvante derrière les jupes
maternelles. Puis évitant de parler, ou prenant une voix singulière, pour ne pas être reconnus, ils demandent des œufs, du lard,
(1) DE LAGRÈZE,
•1880, p. 357.
(2) Simin

PALAV,

La Société et les Mœurs eu lléurn, — Pau, Cazaux,
Case, p. 99.

�— 49 —
quelques saucisses, et si on se montrait peu accueillant, ils ne se
gêneraient pas pour décrocher et escamoter les pièces qui pendent
là-haut, le long d'une tige de roseau.

Mais rarement il faut en

venir à ces extrémités ; la maîtresse" du logis s'exécute gaiement :
elle sert aux masques quelques crêpes fumantes ou quelques
beignels saupoudrés de sucre ; on y ajoute naturellement un bon
coup de vin des dernières vendanges, de ce piquepout des coteaux
qui garde encore un peu le goût accidulé du fruit. Au fond d'un
vaste panier, on entasse les victuailles offertes :

elles seiviront à

faire un pantagruélique souper. Et les masques reparlent, les
jambes un peu plus flageolantes, le cerveau un peu plus embrumé,
et des chansons plein les lèvres.
Dans la vallée d'Ossau, j'ai recueilli une chanson populaire, qui
est en même temps un air de danse et de passe-carrère ; elle célèbre
les avantages de Carnaval qui fournit à ses fidèles de gras moutons
et des rondes (1).

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Dimars-Gras qu'a nau moutous (bis)
Touts soun bèts e touts soun gras,
Atau danse, atau danse,
Touts soun bèts e touts soun gras,
Atau danse
Qui hè gras.
Parfois les mascarades, au lieu d'être un grossier assemblage
d'accoutrements grotesques et dégoûtants, présentent une forme
plus élégante : on pourrait les appeler des mascarades de caractère. Autrefois, dans le pays de Josbaigt, les jeunes gens revêtus
de pimpants costumes, s'en allaient en cortège à travers les gracieux villages qui s'échelonnent de Moumour à Préchacq ; tantôt
(1) La musique de cette chanson de neuf a été recueillie par M. Paul
Costemalle.

�— 30 à pied, quelquefois à cheval, ils formaient des scènes de parade ou
des cavalcades qui étaient célèbres dans toute la région du Cave,
de Navarrenx à Oloron.
Dans le Montanérez, en particulier à Casleide Doat. on conserve
encore l'usage d'un cortège carnavalesque qui ne manque pas de
cachet. En tête s'avancent quatre ou six jeunes gens, les mieux
tournés et les plus lestes : on les appelle tous pantelous, probablement parce qu'ils exécutent surtout la danse du pantelou, ou bien
qu'ils sont vêlus d'un pantalon blanc, avec une bande perpendiculaire de couleur rouge ou bleue. En chemise, les manches chargées de rubans, une ceinture de soie écarlate aulour des reins, la
tête découverte, ils forment un groupe choisi qui ne se lassera pas
de pirouetter et de danser surtout les sauts basques.
Celte sorte de corps de ballet est suivie de masques diversement
et burlesquement costumés: ce sont Ions arleqnis. A leur suite
marche Carnaval, avec son immense bedaine bourrée de paille ; à
côté de lui, sa femme pleure et se désole à grands éclats, parce
qu'elle prévoit le triste sort réservé à son mari.
Puis viennent, précédant une voiture à quatre roues sur laquelle
est juché lou Cliarlata, en robe noire et haut chapeau pointu, le
tambour et la grosse caisse de la commune. Derrière la voiture
grouille la foule des masques : parmi eux, on remarque Carême,
portant sur le dos des harengs secs et des queues de morue ; à la
main il tient un esbrasoucadé et un gril sur lequel sont attachées
des sardines salées.
Ce cortège, ainsi organisé, s'en va de maison en maison.
pantelous dansent devant la porte ou dans la

Les

vaste cuisine. Le

Cliarlata. du haut de sa voiture, donne des consultations bouffonnes
et amuse l'assistance.

Carnaval s'efforce d'empêcher son rival

Carême de pénétrer dans l'intérieur des demeures ; mais celui-ci,
trompant sa vigilance, rentre par la fenêtre, et avec son esbrasoucadé éparpille les charbons du foyer pour y installer son gril et
ses sardines ; Carnaval, occupé à faire main basse sur quelque
boudin ou saucisse qu'on lui offre, ne s'aperçoit que trop tard de
l'aventure, et poussant ferme avec son ventre rebondi, il tâche de
mettre dehors Carême et ses ustensiles. Pendant ce temps le reste
de la bande s'empilïre de vin et de crêpes ; parfois les cuisinières
facétieuses servent aux plus gourmands des crêpes épicées de
poivre ou fourrées d'étoupe, pour la plus grande gaieté de l'assisJ
tance.
Ainsi, pendant trois jours, du dimanche au mardi soir, on

�— 5i—
déambule dans le même ordre, à travers tous les villages du pays:
cela s'appelle faire courir Carnaval.

A la fin de la journée du

mardi, Carnaval est jugé, selon le rite ordinaire et brûlé ; seulement le bonhomme, qui était représenté par un masque en chair
et en os, durant la promenade des jours précédents, est remplacé,
pour ce dernier rôle, par un mannequin bourré de paille. M. Simin
Palay. qui m'a communiqué ces détails,

m'assure que les fêtes

carnavalesques, dans cette partie du Montauérez, finissent le jour
même du Mardi-Gras, et que les diverses scènes que je viens de
passer en revue sortent rarement des limites des convenances.
Parmi les amusements qui sont particuliers à certaines régions
du Béarn, on m'a signalé des coutumes singulières, à Lahontan et
à Bidache. A Lahonlan, durant l'une des longues veillées du
Carnaval, alors que la famille, en cercle autour du feu, cause ou
travaille, il arrive parfois que la porte s'ouvre doucement ; à pas
de loup, quelqu'un pénètre dans l'entre-baîllement et lance avec
force au milieu de la pièce une cruche à moitié remplie de cendre
soigneusement tamisée. Au milieu du fracas et à la faveur du
nuage de fine poussière qui s'élève à travers la cuisine, le farceur
s'enfuit; il est poursuivi et, s'il se laisse prendre, on le condamnera à ramasser un à un les tessons brisés et à les porter l'un
après l'autre dans tel endroit déterminé. On ne se fâche jamais
d'avoir été l'objet de cette farce bizarre et dont j'ai cherché vainement à m'expliquer le but ou la signification.

Les hommes les

plus sérieux de la localité ne dédaignent pas parfois de jouer ce
tour innocent ; c'est ce que m'a assuré un témoin,

M. Lalanne,

notre secrétaire-général, à qui je dois la communication de ces
détails.
A Bidache, dans l'après midi du Mardi Gras, les vieilles cruches
servent à une sorte de jeu qu'on appelle la Vn/piole.

Durant l'an-

née, chaque fois qu'une cruche revient d'un voyage à la fontaine,
blessée d'une fêlure à la panse, ou de l'amputation de son tutou
(goulot) ou de sa coude (anse), la ménagère pense au Carnaval et
met soigneusement ce tè- de côté. Et le jour du Mardi-Gras, on
voit, au milieu de la carrère, hommes et femmes, groupés en cercles divers, se lancer de main en main, comme un ballon, ces
pegas hors d'usage. Les premiers coups sont bien lancés et bien
reçus, mais bientôt on devient maladroit à dessein, et les jarres,
tombant à terre, se brisent en
retentissants éclats de rire.

mille morceaux, au milieu de

Lorsque les cruches sont épuisées,

on va chercher les vieux pots ébréchés ou à moitié cassés, en

�— 52 -

disant : « N'y a pas méy nal lès, ans toupîs adare ! ». On ne s arrête
que lorsque toute cette backère est réduite en miettes. Ces débris,
— tous testais, — restent là épars et l'élranger qui passerait, igno
rant cette coutume, pourrait avoir l'impression qu'on a pillé et
mis en pièces l'étalage d'un marchand de poteries.
Cet amusement avait autrefois un grand succès et l'on voyait, il
y a quelques années à peine, une quarantaine de cercles bruyants
ha a la toupiole, à travers les rues de Bidache. Aujourd'hui, — estce parce que ce jeu est trop naïf et trop innocent, est-ce parce que
tout vieillit et dégénère, les coutumes comme les hommes ? — on
ne voit guère plus que deux ou trois groupes rester fidèles au
souvenir de la toupiole.
(A suivre)
.

J.-B. LABORDE

s-sse»

(l'aria de Biarn)
E donne, oui, tiét, que soy sourciè !
Toutu, nou bau pas,
ore. ta-u sabat qui-s
brouchs, las brouches
sègue, ta dansa dap la
eu de moussu.

tout disatte sé, decap mieye noeyt ou l'ùe
tién per lous camîs croutzats, oun lous
e lous loups-garous arriben a la coude l'y»
musique dous crepauts, e biéne ha pots au

Nou-no soy pas acabalat sus la galese (!) de la besie en ta la ha
boeyta ; ni n'èy pas hèyt ourta las baques en lous pichan dessus,
ni n'èy pas, en gnaulan, esbaryat las cabales béns las escuderies,
ni tapoc hèyt troubla lous oéus débat las clouques ou héyt creba
lous pouloys quoand tiraben lou rouye.
N'èy pas yaméy dat las pâlies coulous a las gouyates, ni hicat la
pépite au cap de la loéngue dous chins qui dében poupa, ni hèyt
seca la lèyt liens dous braguès de las baques leytères, ou héns de
las poupes de las néurices, ni empêchât la paste de lheba héns la
rnéyt en y bouhan dessus, ni hèyt bade l'orb (2) liens lous cams de
roumén ou lou moue aus cabelhs de milhoc, ni aydat a presti
chéns esta bist, las Daunes hourneyayres lou disatte quoand tout
en û cop e plau e que lou sou qu'arraye.
(I)

Galese : truie nourrice. (2) Or'j : carie du blé.

�- 53 —
S'èy yaméy poudut quauqu'arré s'ous omis qu'éy lheù dap la
resou e de bounes paraules ; s'èy yamey poudut quauqu'arré sus
las bèstis qu'éy de segu dap carésses e en lous dan ço qui-us
agrade ; bèt tarroc de sucre a la cabale, û croustét a l'oulhe, û
cabelb de milhoç au bouéu, û os au cà e drin de lèyt a la gâte.
Mes toutû que soy sourciè Qu'èy lou poudé de trouba las sources dap la late encantade.
Que s'en y parle en hère d'endrets dou poudé de trouba las
sources. L'Académie que s'en occupe, e lous yournaus tabé ; lous
sapiens que s demanden s'éy plà bertat ou s'éy quauque trufanderie.
E dounc you que-p disi qu'éy plà bertat.
CoupaLpé ùe hourquéte de boy bérd, de quin boy que sie, cassou,
castagn, tillul, aberagnè, saligue ou poumè ou tout aute boy
engoére.
Gahat le a rebès mâ, lous digts plegats decap a capsus e lous
digts pos en ta dehore, tienét lé planére deban bous e marchât a
petits pas.
Se s'y trobe débat terre ûe nappe d'aygue, la baguéle chic a chic
que tourneyera héns las bostes mâs, e si la tienét prou hort que
s'y toursera e que bienera, en biroulan plaça s countre la bosle
poutrine.
Perqué aco ? N'at sèy pas. S'at sabebi que n'escriberi de tire u
cahiè ta l'embia ta l'Académie.
Tout lou mounde nou pot pas escade aquét tribalh !
Perqué ? N'at sèy pas tapoc.
Mes perqué lou hèr e lèche passa la calou e l'electricitat e nou
pas lou bèyre ? Perqué, perqué tan de cause doun nou sabém pas
engoère lou secrét ?...
Qu'an parlât de calou animale ! Més s'ère la calou animale lou
birouleyalye de la late que s haré perlout ; or dounc n'a loc
qu'aus endréls oun y a aygue débat terre e l'aygue dous clots ou de
las arrius n'éy pot pas arré.
Qu'y a bère pause que saben la bertutde la baguéte, mes au loc
de ha dap ûe hourquéte qui s bire daban dous oélhs que hasèn
dap ûe late dréte, ûe late d'aberagnè de préférence qui-s toursèbe
héns la mà chéns qu'arrés n'at poudoussen béde e doun la bertut
n ère sentide que per lou sourciè.
Tabé très ou quate curés que s soun serbits dou lou doû ta ha
fourtune e lou méy gran hardèu dous omis que s'en arridèn trufandècs, quoan entenèn parla d'aquéres causes.

�— S4 —

Qu'éy tan aysit de dise n'éy pas bertat; nou eau pas prouba
quoand denéguen; au loc que eau prouba quoand disen qu'éy.
E qu'éy tout autan aysit, dap ù sabé qui nou s'explique de s'en
lia dinès en tiran proufioyt de l'ignourénee. Cau pas, si créy, esta
lou diable ta 'sta charlalâ.
Nou deneguém pas à la leuyère. Lous paysâs qui soun lous gran
debots de la Nature qu'an bist e remarcat hère de causes qu'arrés
dinqu'adare n'an poudut explica ; que s soun trufats dous paysàs,
més lous paysàs nou soun pas tan bèstis coum bolen dise.
Oui, que soy sourciè. Si n'at boulét pas créde, quoan boulhat
que p'at herèy béde.
Andréu

BALDOIUIE.

jae^as

Parla de Lan es*

Ustîlh de bielh reyime
Arretoucad a nau,
Que hèy le talhe prime
E lou bènte mè mau ;
Dautscops a pous de lime
Qu'où hiquèben coum cau,
Oéy qu'a hort mè d'estime:
D'estroupia s'emperbau ;
Mé yoenésse que s flate
D'esta chic prime-plate.
Chèns agugne au tribalh,
Coursét hèy le gouyate
Dousse coum biélhe gâte
Foutude coum escalh !...
Loi

PÈYIÌOT.

�(Parla d'A rmagnac).

Bous èy dit lou Toèno.
Bousbouy dise lou Pierrino.
Coumo lou Toèno, lou Pierrino que s'ero mandat, e Daunino
la benno, se l'èro morto per sega.
A bèro pauso d'aquo.
H.asèouen pas crofos coumo œy : coate omes pourtaouen lou
mort s ou cot en un bajarc.
En bet ana au cemitiero, passaouen en un mâchant tros de
camin oun n'aouèn pas esplechat e las arroumègos penèouen en
çà e en là.
Uo arroumègo de las agudos gaho Daunino à la machèro e l'y hè
sacna.
Ma Daunino esmalido se lèoue s'ou bajarc e se-n tourno à case.
N'èro pas qu'en liturgio, ç'aouè dit lou surgen qui aouè dit
aouparaouan que s'èro morto,.e bien morto.
Pierrino e Daunino se tournèn acourda.
Disi pas que s'acourdèouen plan, més que tournèn bioue cap à
cap, coumo se déu hè, e Daunino tournée mouri.
Coate omes la pourtaouen s'ou bajarc.
Can estèn au mâchant tros de camin :
— Abisats à las arroumègos, ça disouc lou Pierrino à l'aurelho
dous omes.
Lou praubo Pierrino se l'aouè biste ressussitado un cop : n'aouè
prou alau.
Daunino, à ço que disèoue Pierrino, ero aymablo coumo un
pugn d'arroumègos.
CANTOGMT.

_—

M. Fargues (abbé J.), à Béhobie, (B.-PJ.
M. Fauqué (Pierre), Le Mas, Aire sur-Adour.

�- 36 -

Petite Histoire du Béarn à l'usage des Ecoles primaires
par Louis

BATCAVE (SUITE)

CHAPITRE VI

LOIS ET COUTUMES DU BÉARN
I. Fors. — IL Le Vicomte. — III. La Cour. — IV. Condition des
personnes, § I. Noblesse ; § IL Hommes libres; § III. Serfs. —
V. Conditions des terres, § 1. Terre vicomtale ; § IL Terre noble;
§ III. Propriété libre. — VI. Communes : leur administration.—
VIL Justice.
Aous avons vu petit à petit se former le Béarn comme nationalité :
il convient de rechercher ici sous quelles lois il vivait ; quelles institutions ces lois firent naître.
§ I. Fors. — Le for était la charte constitutive des droits, privilèges
et devoirs des Béarnais, jurée par les Vicomtes à leur avènement depuis
Gaston V jusqu'à Louis X VI. La condition des personnes, des terres
du XIe au XVe siècles nous est révélée par les Fors de Béarn, compilation réunie vers 1306 par Marguerite, comtesse de Foix. Elle se compose des coutumes suivantes : 1° For général, renouvelé et rédigé par
Gaston VIII (1288), mais mentionné dans la charte d'Oloron de 1080 ;
2'' For de Morlaàs déjà, rédigé par Guillaume Raymond de Moncade
(1220) reproduisant en partie la charte octroyée aux habitants de
Morlaàs, à la fin du XI" siècle par Gaston V et Talèse: il sera la charte
communale par excellence, dont aux XIIIe et XIVe siècles les Vicomtes
gratifieront les villes qu'ils doteront de franchises et de privilèges ;
3° For d'Oloron,
confirmé par Roger Bernard III à la fin du
XIIIe siècle et datant de 1080 ; 4° For d'Ossau renouvelé en 122t : certaines parties sont du XIe siècle ; 5' For d'Aspe, rédigé vers 1247,
contenant des articles anciens ; 6° For de Barétous, XIIIe siècle.
§ IL Vicomte. — Q telqnes articles sont remirqui'dcs : « paix au
rustique », « justice est due aux pauvres comme aux riclvs » ; les droits
du seigneur sont réglementés, son autorité renfermée dans d- s limites
qui restreignent l'arbitraire. Le vicomte dit Marca, « avec l'avis de la
Cour, réglait, ordonnait et jugeait tous les sujets de la terre, battait
monnaie sous son nom, décernait et faisait la guerre à ses voisins et
généralement exerçait avec le Conseil aristocratique de la Cour, tous
actes de souveraineté sur ses sujets, sans que sur ses jugements et ordonnances il y eut appel par devant aucune justice supérieure». Il était

�.57 —
donc suzerain : il était un chef constitutionnel représentant la nation
avec l'assistance d'un conseil qui fut d'abord la Cour Majour, puis les
Etats du Béarn chargés de veiller au maintien des libertés et privilèges.

§ III. Cour. — A l'origine, au XIIe siècle, une cour ou tribunal,
composée des évêques et des principaux barons, juge les questions de
droit féodal ; par l'adjonction d s vassaux et des bourgeois, elle devint
la Cour plénière. Puis, un tribunal composé de douze barons ou jurais
héréditaires, avec les deux évêques de Isscar et d'Oloron, les remplace,
sous le nom de Cour Mu jour. Les douze barons étaient les seigneurs de

Travailles, d'Andoins, de Lescun, de Coarraze, de Gcrdercst, de Gayross", de Gabastou, d'Arros, de Mioussens, de Uoumy, de Miramont et
de Mirepeix : Veut-on une idée des sentiments de nos pères ? Ce dernier
baron ayant décide que si quelqu'un doit des deniers et qu'il ne puisse
les payer, il doit le pouvoir (si no los pot paguar que posque) fut
déposé et remplacé par le seigneur de Vidouse.
La Cour Majour connaissait de toutes les questions relatives à l'état
des personnes cl à la condition des terres.
(A suivre-).

^S©.

■

La Bouts de la Terre, 15 de Heure, Yan de l.oustdu, La Léngue e le
Itace. — Yan qui-y-ère, Batalère gauyouse per M. Tiehier, sudyèc : Périmais
de Case, lou Pèle-Porc. — lou Cascarot, Ço qu'es un maynadje. — X. de
Nabarrot, 1 a Bistanflute, Cante dab la musique. Au péys de Nabarrot, a
Lucq, n'éy pas atau qui la canten. Que balheram aus Reclams l'èr dou cansouayre ditire qui-s pousqui. l'ouesies e proses de Lou Crespèt, P. Monard,
C. Daugé, Armand Lamotlie.
Vivo Prouvènço ! Janviè, P. Félix, liounllo, Mislrau. — /. Giordan,
Li Estreno. — /'. 1). Pajo dTstóri Miejournalo. — E. Dode, Pichot Conte de
Nourè. — P. Foiitan, La Troio. - Marins Chabratid, Sant Bounet. — A. de
Mount-Doumi, 0 Pèine Devoluy.

La Terro d'Oc, Janviè. Em.-G. Léonard, La Désertion des Campagnes.
Era Bouts dera Mountanho, Decéme. Condo-Sambeat, Era Nét de
Nadau ena bal d'Aran.

Prougramo des Jocs Flouraus ta 1914.

Rebiste historique e archéologique dou Biarn e dou Pays
Basque. (Ieurè. — L. Batcave, Ahas e coumbats de beurè 1814 a Saubaterre

�- 58 —
e au parsà sou, p. 49. - Paul Laborde-Barbanègrc. Gahiè dous greuges de
la communautat de Bougarbè en 1789, p. 66. — /. Annal, Lou clergé de la
Revouluciou liens l'archipretrat de Mount e Diusse (Mòuncla, Conchez e
Diusse, Castetpi.gou, Portet, Balirac, Tarou e Arriberouy, Burosse e Mendousse, Mascaras, Garlî e Pouliac, Cadillac, Aydie, Auriouns e Aubous,
Rosez o Lasserre, St-Joan-Poudye e Tadousse, Bialê), p. 71. — J.-B. Laborde,
Credences dous habitans de Lescun au sudyec dou pic d'Anie, p. 85. —
J.-B. Daranak, Escriuts de Reynou, p. 87. — V. Dabarat, Penut en effigie.
(Quin hescn la cercmounie), p. 96.
Rebiste de las Hautes Pyreneus. Yenè. — La Redactiou, Retrète
dou presiden Fernand de Gardaillac, p. 5. — L. Canut, Las origines municipales dou colletye de Tarbes, p. 6. — L. Danlin, Las apparitious de Lourdes
en 1858 ; cartes dou Préfet de las Hautes Pyreneus au menistre dous ahas
dou dehens, p. 19.
Bulleti de l'assouciation amicale dous anciena eslhèbes de
l'Escole normale de reyens de las Bâches Pyreneus. — /. Lalanne,
Quauques notes en ta serbi a l'ensegnament de l'histori dou nouste pays :
Biarn,-Hache-Nabarre, Labourd e Soûle, p. 15.
Independent de las Baches-Pyreneus. N
J.-E. Lesouvenir, Lou Pernet (de Yuransou).

s

4,

12. 19 heure. —

La Nabère Chalosse. 8 heure. — A. Laborde-Lassalle, Exhumations
(trobes de bielhs crollés au ras de la gleyse : U chihaliè dou temps dous
carolingiens).
Abant-Gaide de Dax. — Yuste tout dimenye gausiailhes histouriques
dou Y'an de Monghorin. Bouhart, beroy ineste de calam, qu'embie a l'Escole
lous sous bots enta 1914.
Burdigala. N° de Yè. — Que bôu que s'y debisi au thiàtre, H. Maxence,
Que dits so qui éy lou Mégalitre de Lussac, E. Augey. E que hè counde dous
aplaudisseméne coelhuts pèr Simin Palay a la counferénce qui a balhade a
Bourdèu, Louis Micé.
Rebiste dous Dus-Moundes, 15 de heurè. — A. Filon, Henry Labouchère e lou radicalisme d'autes cops (en Angleterre), p. 758: « M. Algar
Thorold Labouchère nous a donné, d'une écriture très agréable et très libre,
la biographie de son oncle, il commence par nous déclarer qu'il était
Français. Pourquoi ? Est-ce parce qu'il portait le nom d'une propriété, possédée, vers la fin du XVIe siècle, par ses lointains ancêtres béarnais, manufacturiers protestans d'Orthez ? »
Rebiste de las estudis historiques. Yrenè-heurè. —Baguenault de
Puchesse, La bertui de Y'ane d'Albret, p. 63.
Esbeilh Basco-Biarnés. Yenè-heurè. — /. de Labatut : U gran desbroumbat : Renan d'Eliçagaray. Ta quilla u manne a Pau au gran mari dou
sègle xviiau. Mes ne cau pas dise qu'ère « badut à Pau » : a cade pays lous

�— 59 —
sous. Bernard d'Elissagaray, aperat Renau ou Petit Renau que badou à
Armendaritz, cantou d'Iholdy, lou 2 de lieurè 1652.
Journal du Dimanche.— Al/red Camdessus. A propos d'histoire locale.
L'autou qui éy û escarbutayre qu'a troubat a Gabas, û reyistre oun soun
escriuts las hày-es de la Coumune de 1791 à 1832: la Patrie, lous curés e
lous reyéns qui tiénen la maye place.

Michel-Albin Bibal par Auguste Fitte.
Aquiu qu'éy l'histori coumplide dou nouste Presidén d'haunou. Desempuch
la purraère yoenésse, Bibal qu'éntre héns las entreprises, que s'y hè estima,
ayma, pèr la soue boune idée, la soue balentie, las soues imbencious.
Prabat qu'a, petit a petit, coum la lèyt a la cautère e û die qu'arriba a la
fourtune. E-s repausa labéts ? Ha, ha ! Homis coum aquéth qu'en ban tho
quoand la mourt ous hique pèr terre. Desempuch aquéth moumén, qu'éy
enta-usauts qui ba tribalha. Ta-u sou Peys, ta-u gran e ta-u petit. Que semie
las bounes obres coum lou semiadou e hè lou roumén : ta las familhes numerouses, las soucietats mutuelles, las mays de familhe, lous orphelîs, las
béudes d'oubrès, lou felibrige de Febus. E caduc de las soues obres que
porte ûe mustre ourjinale qui dits d'ère mediche aus hurous delà hite :
Seguits l'abiade que you e traci ! B'abè doun resou M. Mescladis, presidén
dou Gounsélh yenerau dou Gers quoand lou hesè aquéste arcoélh : « Je salue
avec bonheur le retour de M. Bibal, bienfaiteur de ce département, qui
devrait avoir ici un siège inamovible ».
Aquéth libi que hè baunou a M. Fitte e qu'en lou hèm coumplimén.
— Arres n'a dit, se m semble, u beroy adichats a YArmanac de Gascougno, adoubât p'ou nouste amie lou Gascarot e per moussu l'abat Tallez.
Que s'en y a tant benut que n'en y damoure pas mey e qu'ey de dou ha.
Philippe I.auzun, Ma biographie. Agen, 1913. 33 payes soun que dou
titulat de libes e articles dou lauréat dou gran prêts d'histori, 1913.
Marca, Histori de Biarn, t. il. Pau, Garet e Haristoy, in-4°.
F. Jammes, Hoeilhes liens lou bent, Paris, Mercure, 1913, in-18. L'auberye
sus la route, que-s passe a l'espitau d'Orthez, p. 97. — Charles de Bordeu,
p. 203. — A Lourdes, p. 219. — Pomme d'Anis, au ras d'Orthez, p. 281.
Ch. Beauclair-Lafaya. Recerques de la fraude hens la yeme e l'essence de
térébenthine, thèse de douctourat en pharmacie a Bourdèu.
Joseph Anglade. Les Poésies de Peire Vidal, dou sègle doutzau, dab
l'arrebirade francése.

�Heure. Mirande. — Que n anden la mourt de M. Magnié, metgc. — Iloev
heure, doumà Candelè.
2 — Beigt tems de Candelère. Coum dits l'arrepôué :

Sou de Gandelère,

qoarante dies l'ours a la tutére, — Thèze. Haunous de M de Fanget, noutari,
counseillè d'arro-undisscmrn, de bielhe souque biarnése Lou nouste counl'ray
M. de Meliande qu'a heyt lous adicbats au noum dous amies.
6. — Assat. llaunous de

daunc Minvielle, parensère de M. de Sentex,

metge.
7. — Dax. Haunous de M. Caries Froment, ray de l'arcbiprêtre de Mountde:Marsan. — Sen-Sebè. Que manden lou niaridatye a Messages dou barou
Alfred de la Grandière dab Danrsèle Galiot.
8. — Paris. Grane heste dou Gurmeth Biarnés oun an audit lous mestes
cantayres dou Biarn : Fournets, de l'Ope a, Foix et Dupré de l'Opéra-Comique. — Villeneuve-de-Marsan. — II. Trichereau que hè ne coun'erence pratique sus l-i federaciou de las nr uiiielles countre la mourt dou bestiâ.
10. — Bayoune. M. Yturbide que tourne pre=iden de la Soucietat de las
Sciences, Lettres e Arts. — Dax.

Maridatve de Damisèle Yane Milliès-

Lacroix, bilhe dou senatou, ancien menistre, dab M. de Darqué, inyeniur
agronome de Bauleac (G'rounde).
11. —St-Geours Maremne. Haunous dou ba^ou Anatole de Sen-Martî,
mnyre, mourt ans 80.
13. — Pau. M. Pozzi, suryén dous espitaus,

membre de l'Académie de

médecine, que passe gran aufficiè de la Legiou d'IIaunou.
14. — Bayoune Maridatye de damisèle

Marie Farnié dab

M. Edmound

Goyenetrhe, ro«'tge a Ustaritz. — Paris. Banquet de la grane Assouciatiou
Biarnesc e Bascou, au restaurant Ghampeanx, presidade p'ouCoumte Arnaud
de Gramount, de l'Académie de las Sciences. Heste brroy adoubade p'ou
secretari-yenerau

Mous de Prouharam. Ber y escantilh de daunes e de

damiselles. Presens lous noustes counfrays, anciens présidons de l'Assouciatiou : Moureu, de l'Institut, Doléris de l'Académie de Médecine,

Louis

Batcave, Dr Marcellin Cazaux, Paul Foursans e tabey MM. Champetiè de
Ribes, ancien noutari, Sen Macary, coumte Sancbe de Gramount. Loupresiden
qu'a mentabut lous homis de science dou pays e qu'a demandât

que

quillassin a Orthez u peyre marme en l'baunou de Gastou Planté, Ortbezien,
lou pay de l'electrisitat dou nouste tems.

�— Cl 15. — Aulourou. M. Lamothe d'Incamps, capitayne au 83' d'infanterie
qu'ey heyt ch'baliè de la Legiou d'Haunou per serb'cis au Maroc.
17. — Pau. Que pourte bounhur d'esta reyne Damisèle Ducasse qu'ey
arrecattade per u brabe gouyat, M. Mallet de Sen-Gaudens. La bille de Pau
qu'enbie u beroy bouquet de flous. — Sen-Sebè Haunous d'u brabe homi,
M. Lafenestre, homi d'ahas dou marquis de Galard mey de cinqoante ans hè.
— 1814 Centenari. Lous Angles qu'entren en Biarn en passan lou gabe de
Mauleon a Arribe e a Aussereign.
18. — Pau. Haunous de daune Jacob. — Ste-Marie-de-Gosse. Maridatye de
M. Louis de Superbielle, de Bidos, dab Madamislle Andrée Rageau.
19. — Bayoune. Lous gouyats boucheriès, poulits e haunestes, que porten
flous aus mestes, tau dibes gras. — Aulourou M. Despax, sous-prefet,
nouste counfray, que debise beroy dou nouste patrou, Gastou-Febus.—Pau.
M. Manciet, inspectou primari, qu'amucbe hens ue counferencc coum la
Lane ey saubade per la yeme. D'are en la que diseran : Riche coum u Lanusquet. — Bagnères. Ne s'an pas desbroumbat de ha passeya lous boeus gras,
floucats e apapuchats.
20. — Pau. L'avion Biarn e Tays Bascou que hè ue sourtide. — A l'Académie de las Inscripsious, M Julian que debise de ue trobe a Aubagnou : U
sourdat dab la cotte de mailles e ue inscriptiou en lengoe celtiberiane d'abans
lous Roun&gt;âs.
21. — Dax. Mourt de Yane Simounet, badude a Bounut, 101 ans e u mes.
— Auch. Amassade dous esleburs de bestiâ ta ha praba la race.
23. — 1814. A Bayoune qu'an mentabut lou patac d'artillerie enter las
batteries angleses de Blampignou e lous bacheigts de goerre hens l'Adou.
24. — Pontiacq. Haunous de M. Léon Garenne, ancien mayistrat, sourdat,
auflciè, decourat en 70, mayistrat, counseillè yenerau, homi de beroy
paraulis. — 1814. A Aspis, au ras de Saubaterre, dus bataillous dou 119e
qu'arrounsen hens lou gabe u escabot d'Angles qui n'attendèn pas aquere
mesple.
25. — Bizanos. Gabelhade de milhocs. — Nabarrenx. Heste dou prumè
dimercx de Goaresme ; adichats au Carnabal : « Tu t'en bas ! You que damouri ». — 1814. Ta empêcha lous Anglés de gaha Orthez que sayen de ha
sauta lou pount. Mey hort qu'u diable, se disè la cante dou tems, que
damoura quillat.
27. — 1814. Gran patac a Ortbez ea Sen Boès enter Anglés e
countre lous Frances. Soult qu'estou oubligat de tira decap a
Pertes : 3.465 Frances ; 2 300 ennemies. Las gardes naciounales,
biarnes, doun ère capdau lou colonel Orthezien Lalanne qu'estoun

Portugais
Sen-Sebè.
bascous e
laudades.

28. — Paris. Haunous dé daune Jaureguiberry, beude de l'amirau, de
Bayoune, ancien menistre. — Més hère brac.E pousque esta bertadè l'arrepouè
nouste : Lou darrè de heurè la garie que s'en porte la tourrade au pè.
L. B.

�— 62 —

En Arn?agnac
Conférence pédagogique da Canton de l'isle-jourdain
4 Novembre 1913.
( SUITE)

VOCABULAIRE
A).

—

LES DÉBUTANTS ARRIVENT PARFOIS A L'ÉCOLE

IGNORANT TOUT,

OU PRESQUE,

DU FRANÇAIS.

a) Le premier travail consisle à ieur apprendre l'équivalent en
français du terme gascon qu'ils connaissent. Parmi les objets
contenus dans la classe ou portés par les élèves, ou en désignera
un eu le nommant (veiller à la netteté de l'articulation).

On fera

répéter ce mot un certain nombre de fois, jusqu'à ce que la prononciation soit nette et le terme retenu. Des objets contenus dans
la classe on passera à ceux situés dans la cour, le jardin, les alentours : route, champs, maisons, etc., et à la désignation des vêtements, outils, etc. En l'absence d'objets on s'aidera d'images.
b) Viendra ensuite l'étude des

adjectifs (couleurs, qualités),

avec l'emploi des auxiliaires et des articles le, la, les.
&lt;■) Successivement, on utilisera les mots possessifs, les démonstratifs, les adjectifs numéraux.
d) Enfin l'étude du verbe se fera au moyen d'actes accomplis
sous les yeux des écoliers (sens du verbe, distinction des personnes, etc.).
B.

-

ELÈVES CONNAISSANT LE FRANÇAIS.

a) Explication des mots français directement dérivés du latin par
comparaison avec le terme gascon correspondant.
Exemples (à titre de simple indication) :
Bestial : bestia (bête) ;
Cadenas : cadena, cadeo (chaîne) ;
Crémation : crama (brûler à la surface) ;
Enclave : claou (clef)- ;
Férié : ferio (repos, fête)', fiéiro, íìèro
ou heyro (foire) ;
Horticulture : ort (jardin) ;

Inexpugnable : pugnet (poignet);
Ligneux : lenho (bois mort) ;
Nubile : nobio (la mariée) ;
Parcimonie : parcerer (épargner);
Précaire :.préga (prier) ;
Rapace : rapa, arrapa (saisir) ;
Stellaire : estello (étoile) ;
Thésauriser : tesaurè (trésorier).

�— 63 —
b) Le radical latin a donné naissance à une double famille de
■mots français : l'une, de formation populaire, a altéré la physionomie du radical primitif ; l'autre de formation savante l'a
conservée.

Exemple :
1» Latin : campus.

2° Latin : canto.

Français : champ et camp

Français : chant et cantate.

Formation populaire : champêtre,
Champagne, champion, etc.
Formation savante : campagne, camper, etc.
Gascon : camp.

Formation populaire : chant, chanteur, chansonner, etc.
Formation savante : cantate, cantique, cantatrice, etc.
Gascon : canta.

Campestre, campanho, campioun,etc.
Campanho, campa, etc.

Gant, cantayre, cansouna, etc.
Cantado, cantayro, etc.

Ainsi peuvent s'expliquer la plupart des mots de formation
savante par l'examen du terme gascon correspondant :
Calorique, calorifère, etc., par calou
(chaleur).
Carbone, carbonique, carbonate, etc.,
parcarboun (charbon).
Capiteux, décapiter, capital, capitaine, etc., par cap (tête).

Canaille, caniche, cagnard, cagneux,
etc., par can (chien), cagno
(chienne).
Tester, testateur, testament, testimonial, etc., par testimoni (témoin)
etc., etc.

N. B. — A remarquer l'usage des formes récentes calquées sur
le français. Par exemple, la forme ancienne de témoin : testimoni
et son dérivé: testimoniatje, témoignage, sont, dans le gascon
courant, supplantés par les néologismes : témouen (témoin) et
temoniatge, temougnatje ou témoueniatje (témoignage).
Egalement remarquer, dans certains cas, les interversions de
lettres dans le radical gascon : le latin ca p-ra eut dû donner le
gascon cabra ou cabro (comme en provençal) et non c-r abo et ses
dérivés crabot ou crabie (chevreau), crabè (chevrier), etc.
C.

HOMONYMES

Le gascon en permet une différenciation sûre et rapide.
Exemples :
Crêpe (étoffe) : crespé.
Crêpe (gâteau); pescajou, pescajoun,
caoussèro.
Moi et toi : Jou é tu.
-J'ai un livre : Ey un libé.

Tu es malade : Es malau.
Il est guéri : es garit.
Je veux qu'il ait fini : boy qu'auje
acabat.

�— 64 —
On et ont : on ne se rend pas ; ont se
dit an.

Ce qui me plaît : ço que raé plats.
Ses bois : les sous bosqués.

Il se vante : sé banto.

Ces bois : aquérés bosqués.

Ce village : aquet bilatjé.

Ou et où : l'un ou l'autre : l'un ou.
l'auté.

Ceita; qui chantent :
canton.

aquèrés que

Où allez-vous '! aoun bats?

D. —

SYNONYMES

Les connaissances de nos élèves en gascon peuvent être utilisées
pour montrer la différence de sens qui existe entre des mots
indifféremment employés dans le français usuel.
Exemples : Voleur et larron.
L'idée que le voleur prend de toutes façons, même avec violence,
est nettement exprimée par le terme rapinar. Le mot boulur s'applique à celui qui dérobe en cachette, au larron. C'est un néolo
1

gisme qui remplace à tort le vieux mot furtador (cf. furtif, .
La distinction entre avare et lésineur, pingre, ladre, sera fortement établie par les mots :
Arrécardé, exprimant la même idée que « regardant » (être regardant).
Cailhet, procédant de cailhet, écorcheur d'animaux.
Chaouchet, de chaouchina : prendre dans tous les plats.
L'action de voir : bese, se nuance en :
Âbisa : aviser (découvrir).
Aspia ou espia : regarder (effort d'attention) n'a pas le sens péjoratif d'épier.
Guacha ou gayta: guetter.
Guigna: détailler en regardant fixement,viser.(Guignerindique
plutôt un regard discret).
Accoucoula : couver des yeux : par extension, gâter, cajoler, etc.
{A suivre).

Lou Yérant : E. MARRIMPOUEY.
PAU, EMPRIMERIE

VIGNANCOUR,

E.

MARRIMPOUEY,

EMPRIMUR.

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&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.reclams.org/" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img style="height: 97px;" src="http://occitanica.eu/images/omeka/gaston_febus.jpg" height="97" /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</text>
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