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•81

■—-!■

Abriu de 1926
-

— »■

AMASSADE DE PASQUES
La Rèyne de l'EscoJc Gasto'u-Febus, lous membres dou Burèu e dou
Çounselh que soun pregats de biéne ta Pau lou dinlèrs 7 d'Abriu ta
i'amassade annau qui-s hara, coum de coustume, à la Halle-Nabe,
salle numéro 3
OURDI DOU DIE :

[." Nouminaciou de là Rèype nabère,
?" Yocs flouraus de Pèv rehourade.
31 Coundes dou Dinerè
f\" Lous Reclams .(E.

(DAUGÉ).

MARRÏMPOUEY) .

;»"' L'Ensegnamén dens las Escoles prumères (A.

BAI DORRE).

(&gt;" L'Ensegnamén dens las Escôles segoundàris (Y.

BOUZET).

f Las Gounferénces de Lesca (S.

TUCAT).

PALAY, J. EYT,

p" Lou Libiè de Pau e lou Dicciounari (A.

Y.

LACAZE).

Lou Capdau : S.
■a

'

—gfcSQ-

PALAY.

.

g.

L'ENSEGNAMÉN DE LA LÉNGUE
MAYRANE E JEAN JAURÈS
Jaurès, biadyan dens lou Mieydié en Aoust 1911, e besiadeyan per
Espagne e Pourtugau, qu'abou la sdue toucade febbrénque. Unibersjtàri, aubril à la counechénce dous classics de Pantiquitat, nou
boudé manca de béde (juin la léngue de Boume ilouribe encoère
sous j)ols dou Pè-ple nouste e brounibe dens lous parlas de dera la
cuountagne pirenénque.
Proufessou à Toulouse, qu'abè début lève Mistrau e Fourès, mes,
à la courrude. Députât de Castrés, qu'abè lbèu espial u dr.in l'obre
dou coundayre. Ressou, capera de Sent-Andrèu de Najac. E, partira
d'aquiu, que batalabe, que batalabe.
liens u article, entrelardai de mey d'ue foutèse, qu'ère à estouna-s
qu'u Ressou, capera de la glèyse catoulic, e u Auguste Fourès, redactou de la Dépêche, poudoussen este hicats per nous auts, felibi'cs, sou
tnedich pè coum mèslcs de la léngue.
Qu'abonni l'aunou de respoune dens lous Réclams à d'aquels dises,
( rouste-lh'ebats, e ne birade francése don riouste gascou que parecbè
dens Le Journal de VAveyron.

�— i3Á —
liens gn'aute létrë d'ue faysou magnifie, Jâurès que predicabe ta
1 'ensegnamén de nouslc lénguè. Que daram, en seguide d'autes
counfrays, aquet testimòni parescut labets dens la Dépêche de
Toulouse :
Pourquoi ne pas profiter, de ce que la plupart des enfants de nos éeôleS
connaissent et parlent encore, ce que l'on appelle d'un nom grossier «le
patois » ? Ce ne serait pas négliger le français : ce serait le mieux apprendre au contraire que de le comparer familièrement dans son vocabulaire,
dans sa syntaxe, dans ses moyens d'expression, avec lé languedocien et lë
provençal. Ce serail, pour le peuple de France dVi Midi, le sujet de l'étude
linguistique 1a plus vivante, la plus familière, la plus féconde pour l'esprit.
Par là serait exercée cette faculté de comparaison et de discernement, cette
habitude de saisir entre deux objets voisins les ressemblances et les différences qui est le fond même de l'intelligence. Par là aussi le peuple de
notre France méridionale connaîtrait un sentiment plus direct, plus intime, plus profond, de nos origines latines. Même' sans apprendre le latin, il
serait conduit, par la comparaison systématique du français, du languedocien ou du provençal, à entrevoir, à reconnaître le fonds commun de latinité d'où émanèrent le dialecte du Nord et le dialecte du Midi. Les siècles
d'histoire s'éclaireraient en lui, el, penché sur cet abîme, il entendrait le
murmure lointain des sources profondes. Et tout ce qui donne de la profondeur à la. vie est un grand bien. Ainsi, le sens du mystère, qui est pour
une grande part le'sens de la poésie, s'éveille dans l'âme et elle reçoit une
double et grandiose leçon de tradition el de révolution, puisqu'elle a, dans
cette chose si prodigieuse et si familière à la fois qu'est le langage, la révélation que tout subsiste et que tout se transforme. Le parler de Rome a disparu, mais il demeure jusque dans le patois de nos paysans comme si leurs
pauvres chaumières étaient bâties avec les pierres des palais romains.
Du même coup, ce qu'on appelle le «patois)) est relevé et magnifié. Il
serait facile aux éducateurs, aux maîtres de nos écoles, de montrer comment, au xne et xiii6 siècles, le dialecte du Midi était un noble langage de
courtoisie, de poésie et d'art, et comment il a perdu le gouvernement des
esprits par la primauté politique de la France du Nord. Mais que de nierveilleuses ressources subsistent en lui ! Il est un des rameaux de cet arbre
magnifique, qui couvre de ses feuilles bruissantes l'Europe du soleil,
l'Italie, l'Espagne, le Portugal. Quiconque connaîtrait bien noire languedocien et serait averti par quelques exemples des particularités phonétiques
qui le distingue de l'italien, de l'espagnol, dû catalan, du portugais, serail
en élaf d'apprendre liés vite une de ces langues.
« Et même si on ne les apprend pas, eu effet, c'est un agrandissement
d'horizon, de sentir celle fraternité du langage avec les peuples latins. Elle
est bien plus visible el sensible dans nos dialectes du Midi que dans la langue française, qui est une sœur aussi pour les autres langues latines, mais
une sœur « qui a. fa.il le \ovage de Paris». L'Italie, l'Espagne, le Portugal
s animent pour de plus hauts deslins, pour de magnifiques conquêtes de
civilisation et de libellé. Quelle joie cl quelle force pour noire France du
-Midi, si par une connaissance plus rationnelle el plus réfléchie de su propre
langue et par quelques comparaisons très simples avec le français d'une
part, avec l'italien, l'espagnol cl le portugais d'autre part, elle sentait
jusque dans sou organisme la solidarité profonde de sa vie avec toute la

�— i35 —
ávílísaliofi latine. Dans"les*quelques joùrs que j'ai passés à Lisbonne, il
ma semblé, plus d'une [ois, à entendre dans les rues les vifs propos, les
joyeux.,appels du peuple, à lire les enseignes des boutiques, que je me promenais dans ïoulduse, niais dans une Toulouse qui serait restée une capitale1, cl qui n'aurait pas subi dans sa langue, une déchéance historique, el
qui aurait gardé, sur le fronton de ses édifices, comme à la devanture de
si plus modesles boutiques, aux plus glorieuses comme aux plus humbles
enseignes, ces mots d'autrefois,' populaires et royaux.
« J'aimerais bien que les instituteurs, dans leurs congrès, mettent la
question à l'étude.
C'est de la [jointe de l'Edropé latine que j'envoie à notre France du Midi
cette pensée filiale, cet acte de foi eu l'avenir, ce vœu de l'enrichissement
de la France lotale par une meilleure mise en œuvre des richesses du Midi
latin ».
Mes qU'aquére prose yumpante nou-ns e caresse trop las cou rades .1
Talèu tournât de biadye, d'autès pus qu'où gnacaben c lou grau
disedou nou pensabe mey au sou predic aboundous permou de la
longue.
Au lève, bitare, e au saboureya, nou-nS e carguém la testéte d'illusions. Jaurès, n'ère &lt;|u'u franchiman coume s'en trebuquen tout die.
Passai, Ministre de l'Enstruccioû public, tout parié coume u Daladier
qui, voeu, hase dou felibre, copsec que s'auré desbroumbats lous
sous parlamëns encan'tants de ta Dépêche. Dens l'oustau de la carrère
de Grenelle, qu'auné perseguit, de pè-rem ï'obre de l'Unitat francèse,
coum lous reys de i'ace càpeciane, coum Richelieu, coum Louis XIV,
coum lous aplanayres de la Coumbeneipu, coum Bonaparte. Qu'ey
la brumasse de las cautères de-la Seine qui s'af bòu !
M. G.
-a

—,

».

FÉLIX MASCARAUX
bous qui an entenul debisa de Piette, &lt;".artaillac, Bégouen, c autes
hourucayres de tutères, qu'abèn tabé, de segu, en memorie lou
noum de Mascaraux. Mes, nou sabèn pas^lhèu, qu'ère hilh de nouste.
Partit yoenas d'Arudi, en bat d'Aussau, e miat pou sou mestiè —
qu'ey estât emplegat de las countribucious — capbat de France, non
s'en debè tourna ta la Gascougne que per esclarides c per chic de
tems.
llore dou crit dou basa, qu'a toustém seguit la soue idée prumère,
que bouy dise que per cade esliu, dab la fòurtunè de las soues cames
anibes e la soue alet de sàrri, cpie s'en bienè garrapeta lous lues e
corca-y pèyres eàrgades d'animalots, barbòtìs, cu-lusénts, parpalhòus, lusèrps, auyàmis de toute ley. Naturaliste, entomologiste,
que debienè descroubidou d'espèces incounegudes dinque à hilare.
Aymadou d'aquéres causotes qui goayre arrés n'espie. (Encoère, bi-

�— i36 —
tare, quoan eoussiro en Aussau, lous bieilis de qui au aie doublai
l'arraye dous sciante, qu'on broumben de quoan s'empliabe lous
faussets de sèrps, d'arbacas c de bipères toutes bibes.) Que s'en anabe
dab la biasse sou cot, couine u rouniiu, que minyabe dab lous aulhès
e que-s droumibe à la cabane dou cuyala. ISou y-a pas, dou Bigneinale à la Rhune, goayre de bats ou nou aye pansais lous pès, goayre
de sounis qui nou aye arpateyats.
Bachat d'aquiu sus, que l'agradabe de hode dens lous hourats de
boups e de tachous, qui esluyen soubén lous os c lous utis enterrats
dous noustes pays de l'adye de la pèyre.
Coum hère de gouyatots, à las ores printanes oun tribalhen ta de-.
bira-s en omis, que s'abiabe ta escribe. Arré de gran balou, proubable nou-n debè yessi d'aquets essays franchimans dinque, loungtems despuch, au mes de Noubémbre de 1921, en aquet die oun ère
à passeya-s pous entours d'Arudi, e bedou u escabot de crabes pinne
huiles qui besiadeyaben en broustan capbat d'u peride. Aquére biste
(pie l'estou coum l'array qui trauque l'escuride, ou coum lou reclam qui-u desligabe la paraule droumilhouse.
Et, u sabént acoustunial à enterrouga la tilhe dous os de las espeIlignes, la parenlèle de las bestiotes, l'ourdi d'ue plante ou d'ue
mousse, que s'esmabè daban aquet tablèu rustic de la Terre dous
ayòus. Que bedè dab lous oelhs dou pouète. E, coum s'esbarribe pous
sondés dou sauney e de la pouesie, d'abiade la fengue dou brès que-s
presentàbe au cap dou sou calam. Be l'estou, per aco, mau-aysit de
tourna gaha lou briu de la léngue — au cap de quarante sèt ans —
mes u mounlagnòu nerbiul e cabourrut nou s'esbarye per tan chic !
Lou hoec dou neofite qu'où chacabe. Omi hèyt, abans d'alégne la
bielhesse, despachiu, que s'esduburabe en rimes, coundes e hèytes
gauypuses, moumbrances dou corn dou larè. Que boulé sabé ço qui
s en debirabe de la soue boucaciou lardanère de cantayre biarnés, e
coum touts nous auts, quoan coumensabem, que hasè mandadis aus
councours. Benaye, à d'et. Auch e Agen qu'où floucaben, e, ligan
iou sou hèch, que-ns ère dat de lève lou beroy libe de Capbat Nouste.
Mous J.-B. de Labordc, dens lou sou rendut, (1) qu'a pla mercat,
c hère miélhc (pie n'ai saberi ha, las qualitats riales dou cantadou.
Bertat, coum dits, se Mascaraux non s'ère debertit qu'à tỳche pèces
à l'aunou de la Tasque : Terre de liittrn, Pèys aymat, etc., se n'abè
rimai que pouesies sus las sasous : Printems, la. Nèu, Abor, etc., ou
arrisatères coum Marioulirij I' Imou toustém inèsie, Lou roumatye ;
se, à la seguide dou cure de Bidère, de Xabarrot, de Hourcadut, e
ailles trufandès, non y ère èncaminat qu'entaus parsas houlassès e
quàsi defenduts dab : Biélhe cante de tout tems, Biatnésès de oey,
Memòris d'ue pus, \tadelou, 'l'a que da-s'en, que-s seré amuchat oubrè de bonne souque e emparlit. D'aquets, non s'en y escad deya per
(1) Béde Rcclaïus de Setéme de 1924.

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troupes. Mes la soue ouriy inalital que s'endoste per aulhous. Mey
alrebit dens lous couplets oun pintre lous herums e las besliotes :
Lou Gritch, lou Sàpou, l'Escargolh, lou Porc, lou me Gat, l'Agnet,
l'Ous, la Troéyte, que passe mes le quoan sinne fantesies coum : La
Lue, Quoan siey bielh, Toul qu'ey fa ca, oun goarde coum toustérn
lou sou arride e qui-s despléguen sénse u mout dé rèyte ou de soubres,
sénse u trebuc. Ta yudya de la soue adretie, ta ha béde quin despuch
de dises arrisoulès amie la senténcle e la leçou, que scré prou de
lève l'u d'aquets petits caps d'obres, La. Pipe.
Dab quine ayside manéye aquiu lou bèrs de oeyt pès, c tabé, quin
Lié dcpla lou repic dou darrë couplet, tau coume lou boulèm, tau
coume l'espcrit nousle l'aperabe !
L'obre de l'aussalès que-m lié pensa soubentotés à las cantes de
gn'aut pouète de las estremères dous païs d'O, Vermenouzé, badul
d'Ytrac en Aubèrgne. Tout s dus de la mcdiehe t raque, mourets de la
tinté, magres coume u secalh, e la care clareyante d'oelhs hère bius,
([uc debèn bibe hore de case lou maye tros de la loue bite. (Vermenouzé, de gouyat enla dinque ans cinquante, que courrou l'Aragou
e la Castilhe). Qu'èren, parié, dens lous medichs gousls pusque l'Aubergnas, ahoegat cassayre de lèbes, de perdits e de cal les, s'assedè ta
eseribe sus lou sac, à l'oumpre d'ue lusque, e rimabe tabé coundes de
belhades, hèytes e dises couquiots.
Se touts dus se soun savais à calameya despuch de la loue estibade, lou biarnés qu'ey loutu mench liric e mey amie dous cants
liufandès que l'aubergnas.
Tant y-a qu'en prumères nou scmblabe boulé que gaha toute cause
sénse lesic, sénse hèu e esclaeassa-s, mes, drins à drins, à l'arrise tringlante ou leuyère u plec amarous (pie s'ey hournil sous pots. Qu'ex
dab u y oc tout nau qui bié d'escribe : L'Ahourcat, Clamavit in désert o, oun sinne lou bèrs gnaquénl e benyatiu dous satirics.
Qu'ey sus bel cami e lou sou calam, s'ou prud, nou sera pas chens
tribalh. N'a pas qu'à bouta-s sou lindau de la soue porte la espia
eoenteya lous pedoulhs arrebestils, baduls lous reys dou die. Qu'ous
pinlre, daunétes qui suden dab lou col troussai de pèls de boup, pourcatès (|iii deguéns l'auto poumpóuse dab cares enhariades e béntes
bougnuts s'espatèrnen, dens ue brume de proube, sénse dà-s'en mey
(ions petifs qui nou ban qu'à pè.
B'ou ne passaran daban escarbalhs en brounitère !
Rèl drin atenciounàts, lous sous coumpagnous en Febus que seguéchen dous oellis dens la soue bie nabère, aquet pouète de ley,
aquel prouseyadou (|iii balhe dens Ions iïe&lt;-tanis lous sous sonbenis de
beurraymè mountagnòu e n'estaubie pas lous prèts-bèyts.
Digam, 1è, qu'ous ey u gran gay d'audi la soue bouts de die en die
mey pla disénte, e me\ puchante, entre Bourdèu, Toulouse e lou Pic
d'Aussau.
MlQUÈU

DE

CAMELAT.

�— i38 —
POUESIE

CLAMAVIT IN DESERTO
Tu, qui cregous abc drin coumprés l'Unibers
E t'esmabous dabant l'esplendou de las causes,
Pouète abenturat, qui 'n rinxan e-i perpauses
De-l lia passa deu cô drin d'eslame aus tous bèrs,
E qui dens l'Iusabut e-t pauses !
Aban-hèyt, qui canins, pénsi, fous oelhs clucats,
Lou car d'or deu sourelh oun, hardit, e-i ateles ;
La \ocyl, qui-t lté 'spcli, débat las soues teles,
Sauneys, dab lou haut-boy, per tu magnificats
E payais dinque las esteles !
Praube pce, ahoega-i per lu loue yoentut,
Oui sus Pégase, ausart, beroy t'escarramiques,

E, t'audi-n lou reboum dinqu'au soum île las piques,
Clamabes aus reclams, sus l'Amou, la Bertut,
Lus loues cunles plouremiques !
Sùpics (pie, si d'eslous e-i coelhous u brassai

Ans orts encantadous mule mey non cabelhe,
La Glòri, qui s'adroum, lus ! non s'escarrabelhe,
Troubàyre desestruc, despuch qui, deu Passai,
Lou Libe s'en lut hoelhe ù hoelhe .'
L'ômi deus tems nabèths, Musc, que poil banta-s

De nou qousla yaniey ù lu dibine ru le :
Despulhan tous laurès lu-us yocs brùlous de Iule,
\ou sup mey, ayulhai un pè deus huis autas,
Dedica-t livres de fluhnte !
Tu ion sou serbidou, care-t lou ci macat :

Goarde-i
De béde,
D'a,quets
E

si bos lu fé, mes perd huile hidance

d'are-enla, rebibe lu moumbrance
tems oun l'union n'ère pus u marcat
l'aryenl. soul, ne puchànce !

Icabe de-t pintra las primes, lous abors :
Estrusse-i lou bourdou deu pieladous roumiàtye ;
Ta mant'us tout aco ne soun que (nus décors
E lu Lue, au lou grat, non bau pas u róumàtye
M lou Sourelh cauques luis-d'ors!
V.

MASCARATJX,

�— i3g —

UE COUSINE DE PAYSA

Au die de oey, tout que-s cambie : la manière de basti, coum la de
bibe, la de parla e la de-s besti. Qu'ey permou d'aco qui nou describerey pas ue cousine de las nabères, mes ue de las bielhes. Que parlarey de la qui ey hens la maysou oun soy badut e oun èy passât la
maye partide de la niée yoentut. Aquere qu'ey plâ, so qui-s pot apera
ue cousine de paysâ.
Om qu'at bet en entran : la porte pesande e toute herrade de claus
que-s barre dab ue grane sarralbe e u bèt bourroulh quoan ey uberte;
u cledou qu'empêche d'entra lou pastouris. Lou coulidor tout chin
e embadit per ue arrue de saques, de listes e de tistèts que da autalèu
ta la cousine per la purmère porte.
N'ey pas lhèu tan beroye, tan estiglantc que hère d'autes, mes
qu'ey grane e ayside : om que s'y pot tourneya de tout coustat. Lou
sòu qu'ey heyt de labasses ; la paret e las murailles plâ perboucades
que soun blanquides dap caussée ; lou soulè tout ahumat n'ey pas
plastrat. Dues bères pèrnes de lard, lou goula e las hampes que-y
penin dab dues loungùes barres de saucisses e de tripes, quauques
pus e ue bouhigue plée de saydous. La paytère, estàcade à u pa de
piteraus au ras de la muralhe, qu'ey garnide per ue beroye rengadc
de pas c de mesturèts daurats. Lou segounè, lou tembou e lou sedas
que soun penuts u drin mey bach. L'estiu que y a tabé quasi toustém capbat dou soulè quauques moucholes de héus ta gaha las
mousques.
La chimeneye, au bel houns de la cousine qu'ey hère grane. Lou
mantèt qu'ey tiengut de l'u coustat per la muralhe e de l'aude per u
pè dret en pèyre. Om que-s pot hica us quoandes à tout tour dou larè,
1 ibèr per las belhades e per las iroulades. Arocs, ascles e esterucs
que-s apièlen alabets sous landrès de hèr hourgat : l'u que serbech ta
tiene lou lampiou e à touts dus que-y soun lous pihourcs ta la broque,
de la chingarre. Dou soum enla que cad lou crimalh dab u bet picou
tout espicassat de breques qui rebremben lous bous soubenis. A la
part dretc que s-^aubrech la gante dou hour, à la part esquèrre la dou
buyau oun bouten cafetières, toupiots e cuberteres. Mey capsus lous
yambous e lous camols que-s ahumen chens esta toutu au miey de la
souye. Pou ras que-y dcchen loustem lou hèu dou porc qui serbech à
goari las pinchades dous brocs e dous aragnous. Lou salié, la gouye,
lou toustadé, lou trcpè e lou bouhadé que soun penuts pous estrems.
Lou bielh fesilh qu'ey estacat per la courreye dou mantèt au ras
de la huserère. Sus la taulete, à l'entour d'ue biellie estatue de la
Bierye, que-s arrengnen : boétes de sucre, de clabets e de pébe, boétes
d aluquets, tros de sablou, petites lesures, ue peberère, u mouli tau

�i/lO —

café, gusmèts de hiu c au bet cor quilhâdes countre la muralhe la
hialousc cargade de lî e la hourserère entoursicade de là. Darrè u pè
dret que hiquen l'escoube de brane, la pale dou hoec, l'escoubcte
d'aubiscous, l'èstaralacadè, l'arroulh e la pale dou hour.
Au coustat de la chimineye e à biscor, que y a u lheyt dab la
palhassère de peroque, lou màtalas de capit, lous linsòus d'arcoule,
las aprigues c las cubertes de rase ; qu'ey quasi tout estuyat per las
courties de rase blue e arrouye qui penin d'ue courniche estacade au
soulè. En seguin dou lheyt que-s quilhc enter dus piteraus lou gran
cabinet de nouguè : las portes (pie soun espesses e toutes fringalhades. Que-y hiquen las boutelhes de toumale e de moustarde, lous
beyres de confiture, las tarrissetes plées de méu, u gran quilhou
d'arrouséc e u torclou de candele de cire ; que y a labé pièles de tabalbes, de serbietes, de tabalhous, d'eschugadés de lî e d'estoupe ;
las atrunes de tout ourdi martèts, eslruqucses, alicates, bire-barquis,
es(| a y s e pundes om que las arrecatte liens la grane tiréte dou houns.
Mes lou mey beroy muble de la cousine qu'ey lou bacherè pausat
sus u càbinetot, qu'ey toustem plà escricat e lusen. Sus cade taulè
que y a ue rengade de bachère : plats e saladiès au soum, sietes il &lt; » u
rades à miey loc, sietes d'aryele, platOus, èscudèles e tarrissous au
bonus ; bis caches, las pintes, lou culheré e lous esmourdets que
soun penuts pous coustats. bas portes dou càbinetot que soun carreh des c fringalhades toul amasse ; qu'ey aquiu qui barren las soubres
lous echays de tout ourdi, la tisterete dous oeus, las lichèrres, las
loupietes de saliargue, las tarrissetes de pimens e las toupies de la
car dou grèch.
Lou terrassé qu'ey au cor de la paroi enter lou bacherè e la baritc ;
lou tarras qu'ey paussat sus Lue peyre, lou pichè de bî c quauques
beyres sus l'audc ; pou sòu que y a u sarrot de tesures au miey dou
charoc : toupis, metaus, coquèlës, caudès, cauderous, herrats e chances. Daban l'artibanc qui ba de l'u cap à l'aude de la cousine, que-y
ey la grane taule pausade sus l'armari ou hiquen lou pà, lous croustets e las sielcs de broyc. Las cadiéres e lous cadierous que soun saupicats drin pertout ; à l'entour dou larè. au ras de la taule dou lheyt
barèu.
Alau qu'ey aquere cousine, ne cousine de paysà. Que-y Iribalhen,
que-y minyen, que-y hourneyen, que-y recebin lous de dehore, que-y
dfoumin. Tout aco nou-s hè pas à las aabères cousines : qu'an bergougne adare de decha pareche aquets mubles tan beroys e aqueres
(-anses heytes en case ; e puch; toril u, y-a pas qui s'y lourneye. bons
aquets crampots, mes, tapoc à la campagne, non carren goayré
brigue.
11

i

Edmond LARnourunou,
escoulìè

di'

l™

au

coulèdye

île

Vaỳ.

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4

I I

—

ESPRABES D'AMOUW
ROUMAN BIARNÉS
per JULIEN DE CASEBOUNE

(seguide)
IX

'

Qu'ère u sé p'ou. tour de la heste dous reys. Tougnasse, qu'es troubabe au
cale de la Coumedie, oun pas mau d'esludians, ban ha la partide après
«oupa, au miey d'u cascarel d'amies e de couneguts.
jN'abèn pas encouère gahat las cartes, que n'y abè très ou quoate qui diseutiben de hèt, e lous autes que lenèn l'aurelhe dab u gran interès.
Que n'y abè u, qui respounè au noum de Grattctard, n'arribabe pas à
s'en entene dap Tougnasse, e a'ou ne dabe pas brigue dou cap qui boulé.
A u moumen dat, aqueste que dé u gran cop de pugr; sus la taule, entertan
qui disè :
— E dounc, que t'y vogue u soupa enta louis, ue hartère de las peludes.
.loque aci, s'ès u omi !
E qu'où tenou la soue ma. Grattelard que respounou :
— Que sèy qu'ey gagnât, qu'et dau la mée.
Bam qu'ey so qui èren, aquet pa de gouapous qui hasèn au mey hort.
Tougnasse, qu'ère hilh d'ue bilote, dou nord de la Garoune. Abans la
guerre, lou sou pay que y ère cabaretiè, e que hase tabé l'arcardè ; qu'arditeyabe, mes tout countat, qu'ère mey lèu court de mounéde. Soulamens,
qu'ère l'amie dou députât de l'endret, en tems d'elecciou, la soue taberne
qu'ère l'auberye de lou Boun Diu ; p'ous cops qui hase paga l'aygue, en
aquet moumen lou bi qu'ère per arré. Lous eleetous qui boulèn esta pla
noulats, que s'anaben cerqua aquiu lou buleti, e que s'y resquaben lou
guisè. Tout tribalh que mérite pagamen, e (juoan aboum la guerre, lou
députai, qui ère dobienut ministre, que pensé au sou amie, qu'où carquè
de ha arriba,bioque de l'estranyè eidà, (-u lou lechan entene de s'y ha u hou
yournau. Las mâchantes longues que disèn, qu'abè amassât, ou prenut,
millious, en tout cap qu'ère carquat de mounéde, e que hasè segui las escoles au sou hilh, coum lien lous riches, anciens ou nabèts.
Aquet hilh n'abe pas arré ta d'et, que la mounéde, mes yustamens, la
mounéde qu'apère coumplimens e bantòris, de las paris dous galapiats qui
biben toustem au darrè dous autes, e qu'ère so qui-u troumpabe. Qu'es
credè dounc — touts (pie l'at disèn — sapien, entelliyen, galan dab las
hemnes e resercat per ères, debisayre destingat, e quoan de qualitats encouère ; en u mout qu'es credè u sourelh, Diu sab toutu se pesabe gran
cause.
Cadu que pren lou sou plasé oun lou trobe, se dits l'arrepourè ; que y a
esprits superious, qui saben trouba lou lou plasé, dens la reliyou de la
bertat, de la boulât, e dou debé, mes el, nou sabè gousta, que lou plasé
groussiè, animau.
D'idées, qu'ère hère praube, la cubertere qu'ère maye mes lou toupi
brigue pregoun ; qu'es tienë dab lous qui disen que la matière (pie deu abé
iou pè dessus à l'esprit, que la machine que deu dabanteya l'entelliyence,
(i) Béde Reclams despuch de Heurè 1925.

�1^2

que predieabe l'arribade de tems mirabelhous, e que demientabe luu tems
passât, que basé sous, lous plans qui l'agradaben, ebens lous susmete à
l'esprabe de l'esperience e de la rasou, à l'entene, lous payrans e lous anlies n'èren que de praubes pees.
Grattelard, qu'ère gnaute parraguet, et tabé carquat d'esculs.
« Race que raceye », lou sou pay e la soue may que sourtiben de paysas,
e toutes las meteries qui hasèn la loue fourtune que bienèn, sic d'alliances,
sic de retours, e que sauté coum u crabot, quoan entenou u collègue, qui
dise (pie l'amigue de Peyreborte que pouderé esta prou ayside à desbaucha.
— Aco n'ey pas bertat, se digou, que b'asseguri que n'ey pas bertat.
— E perqué, se lien touls amasse, as au men essayai ?
— Perqué ? Permou que counechi las paysanes, s'es lèchen ana quauquecop à ha houlies, que sera dab u galan counegut e aymat, mes pas dap
u de reneounlre.
Labels, gnaute esludian que digou :
— lou que souy at couren, de las ana des e tournades de Peyrehorte.
Aquere Biarnése, arribade toul dret de la case mayrane, n'ère ta coumensa
que la soue liansade, adare, n'es pot pas denega, qu'en a heyl la soue mestresse.
La gouyale, nou sèy pas so qui tien, s'a lou cos cinglan e pla heyt d'ue
Biarnése, l'allure décidade d'ue Basquete, enlusernan la soue care de Catalane, qu'ey credut de bede, l'eslamc dous oelhs de l'Andalouse ; ta you,
aquere brunete que eoue dens lou sou co, u nit de passious. Cret mé, Grattelard, nou meliam yamey la ma au houec au sudyee d'ue hemne, be salies
qu'abans d'en eouneche ue, que eau demoura sèt ans dab ère débat lou
tnedich teyt.
— Ta, ta, ta, que cournbièni qu'eus as heyt de la dounzèle u pourtrèt
hère beroy, nies que m'en lieni au me dise.
Tougnasse diriqu'aquiu, u'abè pas encouère dit arré.
Ali, non seré pas estât l'achat de youga u machan tour à Peyrehorte, aquet
lier hilh de la tasque, qui s'ahisahe de nou pas s'abacha daban lou betèt
d'or.
bon camarade qui basé rampèu à Grattelard qu'es birè decap à d'et :
— Bam, Tougnasse, non dises pas arré, pourtan las hemnes, aco qu'et
counech, bam, quin ('y lou tou abis.
D'u toun empértinen, d'ue bonis assegurade, aqueste que respounou :
— Lou mé abis, messins, que trenque la questiou, la meslresse de Peyre
horte «pie sera la mée quoan boulbi.
— Que n'as mentit !
— Que m'estouni de lu, Gratlelard, qui sabes coum you lou poudé de la
mounéde, qui sabes «pie dab bilhets blus, e drin de sabé ha, que s'y arribe
à hail, eu toul cap qu'arriberèy à so qui disi.
— S'abès quauque hou sens, n'assegurerés pas la cause.
Cabourruts touts dus, non boulèn pas da-s gagn l'u à Faute, ue yougure
qu'ous hiquè d'accord.
— Que eau «pie sic, si basé lou hilh dou cabaretiè, u soupa carestiu,
qU'aneram à l'oustau La Fayette ; qu'èm dèts, messins qu-'èt embitats, Grattclard que paguera la sauce.
— Amies, quine hartère, que beuram Yuransou e Bourdèu, Porto, Madère, e Champagne, u bilhel de mile la l'amie Tougnasse qu'ey chic de
cause, que l'y esbrequeram tan pla, que ne n'y deiuourera pas gran tros.

�—

3 —

I/I

— Messius, que bouy esta iarye dap so dous auls, que bienerat soûls si
boulet, nies que pouderat amia eadu la boste, you qu'aurèy au mé coustat
la beroye Biarnése.
— Quio, quio, béudóu (pie seras, e quoan avis pagat, qu'en seras dus
cops.
— Ta quoan la hartère, ta quoan, se hasèn touls amasse lous estudians
gauyous ?
—■ Tau darrè die de Carnabal, se bè Tougnasse, c au mey Lard la miey
Coaresme.
X
— Adichat, madamisèle
La gouyate que birè lou cap, enta sabé qui la saludabe, mes ne respounou pas.
— Eseusat me, madamisèle, que bat decap au Capitole, qu'em semble ?
— Perqué, moussu ?
— Permou, se lou cas ey, e si al boulet, que b'y bau segui, you que bau
la la gare.
— Oh, moussu, s'eb deu ha gay, de ha dab you aquet tros de cami,
moun Diu, n'ey bey pas nat mau.
Alabets, lou gouyat, qui bienè de trauqua la carrère, qu'es metou à
marcha, au ras de la damisèle.
— Qu'eb débet dise de qu'èy hère de toupet, dilhèu qu'eb pensât de que
souy drin empertinen.
— Nou, que cèrqui à-m arrememouria, oun ey bisl la boste care, qui nou
m'ey pas encounegude.
— 0, soubienet bé, que m'abet bisl souben despuch qui èt aci.
— Ah, qu'ey souy, qu'èt bous, qui demourat decap au quartiè Seul Miquèu, e qui-m saludat toul cop quoan se countrepassam.
— lou medich, lou bosle serbidou.
— Nou m'en boulhat pas si dinqu'a oey n'ey pas respounut aus bosles
gaymans saluls, ue gouyate s'ey brigue reserbade, n'es pol pas arresta à las
galanteries dou purmè bienut.
— S'èy pourtat atenciou à bous, madamisèle, qu'ey yustamens permou
d'aco. Maynat goaslat de la fourtune, que souy aeoustumat, à bede las
ausères qui la cèrquen, arrouda aulour de you, coum autour d'ue gaspe de
muscat daurat u esehami de bruchelous. N'anel pas crede que souy aule,
au counlrari, la hemne qui gagnera lou me co, que pondéra despene coum
ue rèyne, mes las qui nou beden en you que la mounéde, que soun assegurades dou mé mesprès.
— Que balen chic, las qui-s bénen per drin d'aryent,
— Oh que sèy madamisèle, que net pas d'aqueres, e si per cas e bienèt
à yeta lous oelhs sus you, (pie sèy que n'auri pas loc d'em menfida.
— Moussu, puch qu'abet l'ayre d'em eouneche tan pla, que débet sabé
que dens lou mé co, la place n'ey pas boeyte.
— 0 que sèy, que counechi tabé lou bosle amie.
— Ah, qu'où counechet !
— Diu mercé ! qui d'aulbous n'ou counech pas. Qu'ey u cap pla ploumat, u esprit ubert, qui eamine sus la bie de l'ideau ; aco de segu qu'ey
hère bèt, mes au mé abis, n'es ealeré pas hiqua parrats au cap dab idées
bouharoques, lou co que s'enredech, chic à chic.

�— i44 —
— Que boulet dise ? Sapiat, que souy aymade dou nié galan autan coum
l'aymi you mediebe, e s'ey la bissa de boste tengue einbereade, qui m'abel
boulude segui, que sera lou purmè c darrè cop.
—i

Madamisèle, qu'eb demaudi perdou, se n'em souy pas heyt coumpre-

r,e, per arré au mounde, ne bouleri pas, abé ayres d'em ha baie t'arrebacha
lou me collègue, que sèy que nou l'arribi pas au youlh ; ta dise ço qui
pensi, ne m'en bovdhat pas d'esta franc, et e you, que côumpreném l'amou
d ue fay sou desparière.
— Qu'abet u fier toupet, bam, bam, anal dinqu'au cap do la bosle pensade.

— 0, madamisèle, que b'at gausi dise, ne sèy pas esta escusè, enta nous
auts qui n'abem pas à Iriballia, cpioau abeni lou bounur de trouba sus lou
nouste cami, ue gouyate qui bienem à ayma, e qui s'a! tourne, l'amou que
deu esta lou tout de la nouste bile.

Daban d'et, lou tems que deu esla

alandat, e toul aute tesic que déu despareche. Tiët, madamisèle, si yamey
l'amou s'ayuabe à touls dus débat lou sou yu encantat, qu'em semble, «pie
nou m'en sauri mey ana dou ras de bous.
Il chens da à la gouyate lou teins de respoune, coum èren entrais dehens
lou (square) dou Capitole, «pie s'espiè taus estrems. Qu èren soûls à d'aquet
cap de seudè. babets, qu'où prenou la ma dens las soues mas, que la baysè
amoúrousamens, e autalèii, en u birat de oelh, qu'esté partit.
Marie de Bourdères, que demourè sus place couni u pau ; u moumen,
«pie boulou courre au darrè dou moussurot, tau dise en plée figure de
qu'ère u troussot d'empertinen, nies n'esté pas qu'u ellambret, la soue peusade que s'en tourné ta Peyrehorte.
.— So qui n'em bouli pas alloua à you mediche, qu'ey dounc bertat :
Miquèu, non m'aymeré pas, ou tan chic... praube, praubine de you.
Autalèu qui abou passai la cantounade, lou moussurot, Tougnasse,

la

l'apera p'ou sou noum, qu'es frète las mas d'u ayre hort counten.
— Aco qu e [da yougat, pla yougàde la pèce, n'ey pas besougn d'ana
tau tiatre de las (Nautats). Dise que l'èy bey l crede de que la rescreabi permou qui-s trufe de la mounéde, e pourtan qu'ey per la mounéde qui l'an
i'èy, adare qui èy abladal lou sou amie.
Ë hòu, Peyrehorte ! lu qui es tan fierroi, que la pouderas ploura la toue
Biarnése !
lî la yougure ! la yougure qui bau gagna I
So que ban dise Ions collègues : « Aquet Tougnasse que hè so qui bòu ! »
Lou hilh de nabèl riche que sabou pla manubra ; qu'es pensé de que balè
mielhe passa quauques dies chens la tourna bede, mes que l'escribou létres
ahouegades.
Ballèu, que l'embiè noudal dab u ruban de sëde, u beroy bouquet de
briuletes, puch, qu'où hé pourta yoyes e liloys de gran balou, dinqu'au die
oun abou abandonnai lou sou purmè galan.
La lî dou Carnabal que s'aprouchabe ; Tougnasse, n'ère pas omi à s'estaqua à ue gouyate, per beroye e aymadoure qui estesse, so qui,-u soubienè à

d'et, qu'ère d'amia la Biarnése tau soupa de la yougure. Permou de la
triste glòri d'abé gagnât, que basé mustre de la mey grane passion, non
quitabe la soue nabère mestressc ; ta d'ère (pie déspenè chens counta, c
qu'où hasè pourta lou bestissi d'ue marquise.
(que sc(juir&lt;i)

Yulien de

CASEBOIJNE.

�— i45 —

HERUMS MOUNTAGNOUS
(segùide)
Lou Sàrri
Qu'abeni darrerament pagat prou ca so qui aperam lou prougrès
ta-s pensa so qui-n a poudut apari, ta las bèsties qui biben en libertal, deus abantatyes de la cibilisaciou ; asso dit de so qui tagn au perfeciounament de las armes à hoec, doun la pourtade, au die de oey,
passe de dèts eops la qui realisabe l'ancien fesilh à pistou.
Ta-u qui counech la manière de ha deus cassadous, en quin loc que
sie, qu'ey aysit d'at prebede. Si lous qui-ns goubernen nou s'amaneyen ta prene mesures de counserbaciou que sera lèu Irop tard.
Qu'ey sustout ta-u sàrri qui presse de s'en aucupa. U pas qu'ey estât
heyt dens aquet sens en barran la casse u mes abans l'ore acoustumade, mes aquero nou sufech pas ta ha empach à l'incounscience deus
cassayres indigènes, lous qui baduts sus place, counechen soûls de
plâ la mountagne ; qui-s hèn u yoe de passa nebès e lacarres penentes, lou cap toustem soulide, penuts au dessus deus peridés, de que
balha la tremoulère aus qui n an pas coum elhs poupat sus place
! ana deu mountagnòu beftadè. Aquels que seran toustem u danyè ta
l'a race sarrière.
E que pùden donne lous yandarmes ou lous goardes quoan, Liber
ou lou pri-ntems, la néu embarre lous bilatyes e force lous sàrris de
aebara inn à capbatb, ta trouba drin de pasturc decap aus boscs ?
Lou rey d'Espagne, c[ui, mey d'u cop a sabut amucha-s la soue
boulentat de plâ ha — non desplaquie ans noustes amies catalâs —
n a pas lanterneyat la ha apliqua u sistèmi de prouteciou, deya counechut per lous américains deu Nord. Que-n ère plâ eslal questiou
per nouste, cauques ans-a, niés rie cause qu'ey d'abé idées e gn-aute
cause qu'ey de las ha baie.
Lou rey d'Espagne, d'eth medich, ou plâ counselhat, qu'a mandat
de créa en haute mountagne u parc naciounau oun louis lous herums
e bèsties de casse pousquien bibe en pats. La bère bat d'Arrazas, en
Aragon e lous territòris deu besiatye, qu'estén lou loc oun lous heu
ácuyaba. Despuch, cauques anades qu'an passât e adare que poudem
parla de l'urous cambiamenl qui se-n ey debirat ta d'aquets parsâs
mountagnòus : lous sàrris, de non pas esta mey perseguits chens
tnisericòrdi, qu'an eschemiat, e buis lous escabots de praba, de praba, au puni que s'y béden are troupes d'ue ehichantene de caps e,
per fis. que poblen chic à chic Ions entours.
Moussu lou Douctou Meillon, à qui débi lou men és lou mey courau per m'abé balhal à d'aquet sudyee endics, e doun lous dises an

�— i46 —
mey gran balou per al abc bisl cl h medich, que tnerquè la soue
susprese en me segnalan ue counsequence qui n'aberen pas atendude
de las mesures preses : lous boucardous, hère espèce de crabe saubatye, beth temps-a incounegude pe-us penens pirenencs de France,
que rsemblen rebiscoula. Au die de oey que tournen amassa-s en escabots, quoan pensaben (|ue nou n'y demourabe goayre mey nat.
Lhèu aberam cauque agrat de la hèyte deus espagnols, mes be seré
mey digne d'u gran poble de-n retiene l'ensegnament e de ba coum
la

eths.
Quoaus soun lous aymadous de la mountagne qui nou seran esmiraglats de poude bede à pourtade ue familhe d'aqueres bestiotes,
tant graciouses e ta douces, qu'ue boune part deu lou saubatyè que
semble quita-les bore la sesou de la casse e deus passeys touristics.
Lous pastous, omis d'aise, qu'an touts bist, u cop ou gn-aut, lous
sàrris, au temps oun lous deebaben drin tranquiles, biene frayreya
dab lou bestia e mescla-s dab las òulhes ou las baques.
Àu niés de Vulb de 1912 que-m soy troubat tout soulet, en dessa
deu Pic d'Aussau, au plané d'Ayous, encoère aprigat d'u palhat de
néu. U sou magnifie que lusibe e qu'abi daban de you u pic escarp :
lou de Lorri, si nou-m troumpi, qui hè barratye darrè lous très lacs
d'Ayous, quoan apercebouy, à pourtade de carabine, ue troupe de
sàrris, à la coude-l'y-sègue sus ne cautère de rocs, sus la cantère deu
peridé qui cad d'aploum de quoate ecnls mètres au mens. U pas
estret, ue gauque, qui seguiben, que-s trôubabe coupade e que dechabe u boeyl (jui semblabe uberl la d'ets sus la mourt. Qu'abi la
tremblete à las cames de-m pensa à so qui anabe arriba. E dounc
arré de mey simple ta d'eths : Lou bielh sàrri qui gabidabe l'escabot
que hé u estanguet de dues ou très segoundes. puch, coum ue pelote
qu'arreboumbi de l'aute pari de la coupadure qui-m semblabe
tarriblemeni loungue, t'ana-s arpara, lous quoate pès yuntats, sus
u roc agut ; lous auts, pausadement, que hén, l'u darrè de Faut,
lou medicb saut, perilhpus, que-s pod dise, so qui-m permetou
de-ïl coumpta dèts-e-nau, gran e mieyancès, e que »ahan tout doucétes la capsus, chens s'esmabe de you.
De carabine, coum p'at pensât, nou n'abi nade, més qu'èy counserbat despuch lou soubiene fresc deu mey beth espectagle qui-m sie
estai dat d'arrencountra en mountagne, au miey de u d'aquets
peysatyes doun nal calam nou pod ha senti la grandou à la yent, ta
qui l'esplendou de la mountagne haute demoure descounegude.
Tout qu'arribe ; e, dab pacience, lhèu
niés que hè mau de
pensa que s'y perd, la d'arré, fan! d'eschalibe au Parlatòri Naciounau
d"aciu haut e que-n caleré ta chic la mete sus pè u mandadis qui
airanyarë las causes suban l'interès plâ coumprés de touls : pèys,
loiirislcs e lous qui-n biben. 0, mes aquet diable de poulitique !
Félix

MASCARAUX.

�LOU TEMPS QUE COUR
( seguide)

(arrident)

FRAY

Be t'as, pénsi, boeytat prou l'estoumac, adarc ?
La moule dou mouli miélhe qu'aco nou bare
E, dab lou tou, lou sou claquèt n'y pot pas ha !
LOU

PAY

Que-t bague, ja !
F RAY

Per u bou eop, boeytem l'aha.
(que demoure ue pausole en pensades)
Qu'es l'aynat e que t'èy toustem dechat lou mèste...
LOU

PAY

Ey jamey hèyt u pas, ey jamey hèyt u jèste
Chens demanda-t abis ?
F'RAY

E de ço qui t'èy dit
Ou cOunselhat, en hous jamey au repentit ?
LOU

PAY

N'at dit pas.
F RAY

A bingt ans, quoan quitèy las esçoles,
Certes, qu'abi lou cap boussat de patricoles,
Toutu, qu'en y abè, lhèu, quauque drin dou bou,
Pusque jamey trop-de de mau nou m'en sabou.
Tu qu'ères hort, baient, hèyt au tribalh qui maque ;
Nou sàbes pas ço qu'ey d'abé la brasse flaque,
Au loc que jou qu'estey toustem mendicandot ;
Mes, be hè ço qui déu lou qui hè ço qui pot ?
LOU

PAY

E-m soy jamey plagnut de la toue feblesse ?
E t'èy jou dit, jamey, la paraule qui blesse
Lou qui nou-n pot pas mey de n'esta pas hardit ?
F RAY

(arrident)

Anem, anem, nou soy pas autant marfandit
Coum boulerés ha béde...
LOU PAY

(qu'arrit drin tabé)

E n'ey tu qui t'en plàgnes !

�— i48 —
F RAY

(esberit toustern)

Nou bòu pas dise, Ihèu, que jamey n'arrougàgnes,
Mes, aço n'ey pas que manière de parla :
Per esta frays, que s'en èm entenuls prou pla,
E lou bé nou s'ey pas escourrut, au countràri ;
Que s'ey doublât, ou chic s'en manque. Eh bé ! que pari
Qu'en toun sicap, en béde arroundi-s lou dequé,
N'as pas encoè pensât à-t demanda perqué,
Quoan jney d'u bé, p'ou tour dou nouste s'esbounibe,
La maysou de Loustau chic à chic s'agranibe.
LOU

PAY

Que Iribalhàbi coum u russe, à tout de bou !
Nou-m !)as pas dise Ihèu, lou couhtre ?
F RAY

L Ions auts, nou ?
Mes, quoan gn'aute e benèbe u pa de boeus à perte,
E quoan sabènt trouba, nous auts, la bouiie auhèrte,
Ere per u hasard ? Quoan hase sept per u
De rouinenl, ça-ou-là, p'ou mey, au loc que tu
Qu'en amassabes bingl à l ue.pourtant l'aute,
E y as jamey pensa ! ?
LOU

PAY

Qu'ère la soue faute.
F RAY

Nou, mie, nou. Mes aci qu'èrem dus. Cade sé
Que poudèbes droumi tranquiie au tou lésé.
Mes tant qui lou sou fray à plasé soumelhabe,
Lou caddèt, au cournè, de cap, que tribalhabe ;
Que seguibe Ions cours e, laguens soun cerbèt,
Tout die que y abè quauqu'arré de nabèt.
Toutes las inbencious qui p'ou mounde e sourtiben,
L'ue au darrè de l'aute aci que recoutiben,
E quoan en soun espril abèn prou madurat,
Que partiben tau camp, ta la cour ou tau prat.
L'aynat, à joc segu, que las y basé bàle.
S'y 'scadou pas tout cop, mes qu'esté prou reàle.
D'aquet tribalh de cap, per esta dous petits,
De beroys sacs d'escuts la pla que soun sourtits.
Ey bertat.? Dits que nou ?
LOU

PAY

(drin estoumagat)

Cadu qu'a hèyt soun ròlle.
FRAY

E s'èy boulut qu'estudiesse lou tou dròlle,
— Qu'ey l'aynat, qu'at debera dounc tout coundusi,
Permou que non seran pas lou stem per aci —

�— i4g —
Be coumprénes perqué ? Touts dus que-ns abiabem
Coum (bis boeus qui despuch toUstem apariabem,
Mes [ou parelh que s'ej hèyt bielh, e [ou braban
Qu'ey pesant à tira..;.
LOU PAY

I oui u hòu, double ban !
N'èy pas l'idée de-m préne encoè la retrèyte !
F R AY

Bèn, garçou, qu'en abem la maje pari de hèyte !
Qu'èy quarante-sept ans. qu'en as cinquante-dus,
Espiém-se au miralh : qu'èm drin iney que madus.
LOU PAY

L'arbe n'a pas encoè la caus trop escalhade
E lou piign qu'ej prou hort ta tiéne l'agulhade...
Diu mercés .' Que pouch ha y à hères de inc\ joens,
E qu'a besougn d'u mèste encoè per 'ci dehéns.
F RAY

Nou disi pas que non pousquien pas mes coumbàte,
Mes, toui are, lou liilh qu'en ba s'ous bingt-e-quoàte
Qu'où pondérés decha las brides à la ma...
Nou-t semble pas qu'ayam lou drel de-ns arrema
Quauque drin ?
LOU PAY

Lou (bel, si. Aies, u paysa que lire
Diriqu'à la mourt. Lous bielhs qu'ai hen : e préne mire
Sous anciens, qu'e\ segui la iv\. la boune ley.
F RAY

Las le\s, au cours dou temps que-s muden. K que cre\
Que l'ômi, quoan a dal ne loungue boutade,
Que pol, chens nad remords, bibe sus la soutade.
N'at crédes pas donne Iu ?
LOU PAY

Lous paysas. que disèn :
« Lou tribalh que coumande ». \\ 'nloc me) nou-s plasèn
\utan coum s'ou tribalh. Quoan nou-s poudém me\ plàse,
N'abém pas arré tney, labels, qu'à 'ns ana jase
Enter quoate taulès, e puch, haul ! ba toupis !
FR\Y

Per u eop, fray, jou qui' seri de gn'aute abis,

�— i5o —
LOU PAY

Tè 1 Lou countràri que seré 'stat estounàble !
F RAY

E dounc amie, ta jou, l'ômi s'ey rasounàble,
Quoan la plegue dous ans ou pèse sus lou cot,
Que deu pausa lou hèch, au men si brigue c pot.
Ta ha tribalh don bou que eau esta soulide,
Sinou, n'ey pas aco que tribalh ent'arride
Qui nou sérbech (|u'à-s ha trufa de si.
LOU PAY

(sarran lous pugns)

Biban !
Si-s trufaben de jou, nou seré pas daban !
FRAY

Que seré per darrè, Iabets...
LOU PAY

Touts aquets libes
Que l'an biral lou cap dou dembès ! E que bibes
En dehore dou cours de la bite d'auts eops.
Que t'as hical souliès, qu'èy goardal lous esclops.
FRAY

(tranquile)

E louis dus. coume aco. que bam coum ba lou mounde.
Pusqu'auta pla cadu qu'y trobe lou sou coumpde,
Que déu esta la ley labé. Lou me braban
Ey miélhe ou non que lou bielh are! d'au daban ?
Que eau segui lou temps e lou temps que camine,
Que tire en l'en-daban, non eau pas ha-u la mine ;
Qu'en bau dab el : que seguéches de drin enla...
LOU PAY

L que lou diantre bos ! Si jou m'en tròbi pla !
FRAY

La came, d'abé trop courrut, que se-m hè flaque ;
E que bau ha !èu coum lou cabaliè qui 'nbraque
Enta decha passa lou qui-n ba miélhe qu'et.
LOU PAY

E quoau ey aquel cabaliè tan lèste, hòu P
FRAY

(en l'amuchan lou hilh qui entre)
Aquet !

(que seguira)

Simin

PALAY.

�MOUNDE E CAUSES DE CATALOUGNE

YAN MARAGALL
mistic de la léngue mayrane

Maragall qu'estou, frays en léngue d'O, lou porte-paraule fidèu de
la noustc Tradiciou. Se la soue bonis n'a pas l'amplou ne lou lustre
de gn'aute bouts enayreyade en Proubénce (la dou boste Mistrau) et,
lou pouèle de Catalougne, que debè senti hère au pregoun nouste
iradieiou, permou qu'abè estudiat las hounts de l'Istòrie dou Mieydie, e que sabè que per nouste, de loungue ma ensa, la literature dous
Iroubadous, lou nouste dret antic, que dabanteyabcn las cibilisacious
dous tems nabèls.
Mes qu'arrés mey, que sabè cpie las Terres d'O que soun ligades per
borl d'inlerès esperituaus.
Per dessus dous proublèmes d'administraciou e de poulitie, la
Catalougne que cèrque, en prumères, à renabi las léngues mayranes.
K Maragall que-s debè abisa que per deçà de las Pirenées, per las
costes de la mai' e las iseles Baléares, que s'estén ne inedicheTénguc,
ue léngue bère e mey que nade aute parénte dou lati. Que-s mensliidè tabé (pie per dera de la Pirenées decap à la ciutal gauyouse'de
loulouse, decap à Pau, sus l'Atlantic e puch mey à dicte sus las cantères de la mar de Marsélhé, que y-a mediche douçou de parladure e
lou niedich pòple. Qu'y deu abé, segù, tèrmis e monts diferénts dous
noustes, quauques arrames qui n'an pas las flous mediehcs. nies la
souque de l'arbe qu'e\ de la mediche ley. Que-s pénse, que se n'ey
pas la nousle, qu'en ey la serou mieyine, e qu'on plais de béde en
ères, gracies à la soue sciérice biologie las formes aeiuaus dou lati,
las eretères dou sou enyenie qui per ères parle coum don houns de la
soue toumbe emperiau.
Au ras, l'espagnòu, l'italien e lou fiancés que soun léngues mey
madures, mey hèytes, mey afinades, toutu mench pures, mey estranyères à la souque dou payran de Roume. Ter aquiu lou pouète (pie-us
e da counciense de la nousle familhe ; qu'alargue la counechence
qui abém de la nouste patrie esperituau, qu'espie en bous auts proubençaus, lengadoucias e gascons, e. en nous auts tabé, ne mediche
qúalitat d'esperit u sentit parié de claretat e d'entelliyénce,
e ta
(pie nou pas al dise ! — u medich gra de houlie e d'aysil estrambord.
F, que cride à la fi : « Qui doungues, soiinque nous nuls, se poden
dise eretès dons qui hén bade lou dret cibil e estoun enlugarnits de
la luis hèllenic ? »

—

Qu'en dits mey dens lou sou ourgulh. Qu'en arribe à créde qu'ey

�l52 —

tout yuste à case nousle, per aci ença, qui-s Ihèbe dab ne puchance ■
mayourau e lou mey de bite lou bielh esperit d'O ; (pic sus lous noustes pois, la bouts de la Renachénce que-s bè mey brounidoure e mey
horte ; qu'èm nous auts lou cantou qui mantié la mey pure e la
yénce latinitat e, nat aut, suban et, nou pod miélhe que nous auts
oubliga, las nacious serous à rcnabi-s lou lou batiòu de latinitat enta
que pousquen ségui la bie de la Pats entre lous òmis.
Permou d'aco, que-s represénte la balou dou nouste parla en dehore de las soues termières : Qu'ey ço qui amuche dens lou casau de Ta
Pairie P Qu'ex ço qui enségne dens la llouride de nouste Terre, dens
l'ouriyinalitat de nousle Literature, dens la culture de nouste amne P
Et, lou mislic de la léngue, qu'y bcd en prumères, las berous d'u
parla poupulàri. Qu'où banle couine lou néte esperit de la paraulc
creadoure,'coum Ion cambiamén merabilbous de la terre en cèu, ço
oui ey lou perqué lou mey pregoun de l'endabans de l'Umanitat. Se
hèn countre-carre à d'aquets dises d'apòstou, s'ou tratten de rebouluciounàri e de machan sudyèc, que s'en bed ue arrise e, cap e cap
dab lous enemics, que-s demoure seré, e que s'y hè toustém en banian ta hourtalésse de la paraulc qui ex la ley de la bite-bitanle. Que
hournira : « Se lou mounde ey estai créai per la paraule, b'ey la paraule qui lou déu lou mey apressa don cèu ? E se la paraule, qui emplie la creaciou, s'en ba capital la terre sous pois dous omis, que poudém demanda (le nie\ que l'ourdi de la parladure p »
Sinne reliyous bèt drin pregoun .' Dab la fé dous counibertidous,
lou pouète que-s bed escauhal d'ue amou chens termière, pègue e
ifluminade (que soun lous sous moûts quoan ex au ras dous estranyès, 'lad el. la t-ause qu'ej sénte. E qu'ej sénte la guerre miade tad
aquére cause, i-'. aquére santetal qu'où párech auta segure aus oelhs
de l'amhe coume à la luis don sourelh. Que bon esclari las ténèbres
dab lou hoec qui lou counsumech.
Que hé ço qui debè, Maragall de parla sustoul de l'amou de la
léngue. Gràcis à d'aco, lou ligàmi que-s basé adayse. Lous mey mesciedénts que-s Ihebèn autapla que lous credénts. Nou cale pas dise
qu ère eslade noble e glouriouse e de que-s mantienè encoère, nou,
qu'ère prou de dise qu'ère la nousle, la bestidure de las noustes pen
sades, l'espressiou dou nousle esperit, la flou de. la nousle Terre.
L'òmi dou pòple e l'òmi qui-n sab de létre nou-n parlen nade autapla. e lou pouète e lou pensadou (pie despléguen dab ère, sénse traies, las lierons de la loue amne : « Nou l'abém pas bourgade per u '
CÎ.priée, dise Rubio y [Juch, ne dens ue idée de fausse retouric ; (pie
la sabém don Inès enla e non la poudém abandonna, dourigues, que
dab lou nousle cos. »
Au miey dous trebulòssis dou nousle sègle. que s'açoumplech la
renachénce de la léngue. que recrubam la nousle persounalitat, que
S( nlim mej que mey las elarous de la nousle counciénee.

�— i53 —

Permou que la léngue n'ey pas estade sabude dous académiciens,
tan de bon, dise Maragall. Alan qu'a goardats beroys moûts, tèrmis
escarrabelhats qui soun are lou gay dous artistes. Atau que pouderam
ha entra dens la literature causes de la case dous paysas. Que sera
bertadèramens la rebiscoulade de tout u pòple e nou lou parlamén
dous moussus e don mounde couine eau.
Maragall, per là soue debouciou mistic, qui souméye dens lous
sous articles e lous sous pouèmis, que debè ayda mey que nats à basli
lou casau de la léngue. K, aco, dinque à la soue mourt en 1912. Que
sic, doungues, bantade e benedile la soue memòrie.
Yan EsTEtRiCH.
catala.
(Tros d'u libe : Entre la vida e els Llibres, qui ba pâréche à Barceioune).

COPS DE CALAM
Que-m espérats.
Lou Batistoun, baquè à Sébéhargues, qu'ère bielh coan s'ère boulai à
l'idè de boulé esta baylét de crampe én so d'un moussu, à la bile d'Ayre.
Pourtá souliès e déhanfôu blanc ou blu à babéroun, aco, que l'anabe e
que s'ère lougat én so de moussu Colonges, lou major Colonges.
Moussu Colonges que l'abè dit que cireré lou parquét, qu'où haré lou
Itiéyt, qu'on poUrteré boy e aygue à la crampe, qu'escouberé dab ue eseoube
(Je crin, e tabé, lou matin, que l'aneré ha déchida.
Poulit, pramou que-n eau esta se boleu damoura-s à la place, lou Batistoun, labliè blanc à baberoun e manches de camise, que ba dise à moussu
Colonges : « E eau que-b hèssi déchida, au matin.
— O.

— .E doun, coan pe boulhits déchida, moussu, que-m aperèrats. »
Qu'èts bous lou prumè.
Que gn'a mey de maridats à Carnabal que de counténs à Pàscous, se dit
l'aïreproubè.
Mes tabé se hèn coum enta la qui bau dise, a'estoune pus ne tchic ne
brigue.
Pay e may que mai idèbeu la gouyate : que se la boulèn tira dous camins
e dou dise dou mounde e que l'abèn troubat un gouyat qui ère hort lou
qui eau... ent'ous paréns. La gouyate que la prénèn per un ehiulet.
Que hèn aua las anounces, que hèn mourtalhé de piocs e garie's à tout
coupa, que hèn courre lou casse cans, e, à Fore dile, que ban en so dou
rnayre.

�— i54 —

« Ë lié, Lise, se dit tou mu) re cintat, é bouléts préne....»] e que boute toute
lu tire corde de boulé préne un nòbi, coum se lié.
— « Ah ! Moussu, be pe-n sè\ grat, se dit la nòhi qui-s boute à ploura,
icoum bit talhade ; qu'èts bous lou prumè i[iii m'at abéts démandat ! »
C. DAUGÉ.

lanusquei.
Abise-t à la mourmère !
Lous de Lameac que tralteii seul Yermè, eoume hèste annau. Qu'ey la
premère qui se lié de t'anade dehens tous parsas de l'Arros. Que la hen de
lus mes beroycs. Lu coumune qu'a dinès e qu'at hè bése, e tabé s'en sourd
yalous pous bilatyes besis !
I e unude, «pie y abou ue peléye entre lous gòuyats de Laméac, en proutnou de lu liestc qui estou rembiade de oeyt (lies.
Lous besis que-s trufèri d'ets e qu'ous embentèn aqueste couyouriade .
Qu'auèu troubal u escargolh en u casau e qu'où bouloun engrecha ent'au
banquet do la hèste. Mes, en l'ana lié bébe à l'Arros, la belhe qu'où se déclien nega e qu'estoun fourçats dou se minya Ion sé medcch. Qu'ère fi
gras. Que pesabe sèt quintaus. Qu'ous pléè louis de mourmère. Hountous,
n'abèn pas boulut paréche lou lendouma.
Aco que batou quauques palacades entre youenesses bésies, mes la hèyle
qu'ey demourade.
Oué (pie disen enta farceya :
« bus enta Sent Yermè P

— Tio !
— Abise-t à la mourmère ! »

A.

CAZENAYE.

bi gourda.

»•

RECLAMS DE PERQUIU
Lou cinquantenari de la Soucietat de Borda.

Dacs que s'aprèste à hesteya, pou mes de Garbe, lou cinquantenari
de la soue sàbénte côumpagnie.
Aco que s'escadera dab lou &lt;/* Coungrès de l'Union istouric de
(ïascougne.
L'Iiscole Gastou-Febus que sera rcprcsentade à la ceremounie (e per
qui miélhe ?) per l'abat Daugé. Au sou noum, que pregam lous
eounfrays qui-n bouleran esta, de manda lèu la loue counsentide à
l'abat Foix (à Lauréde) qui ey lou segretàri yenerau de la Soucietat.
La boune paraule ministeriau.

Mous de Monzie, qui n'e\ pas mey (qu'at saben Ihèu P) à l'Enstiucciou public mes qui s'ey coulloucat en u birat de ma, dens lous
'fribalhs publics, qu'ère d(^ biadye l'aut die sous cahtès de la ma
bérde, à Bayou ne : Vreoelhénce dou mayre Carat, hésites ans Musées,

�•— i55 —
bis d'aunou, discours c coumpÌiméns. Pregàries dous bàscous de pci
aquiUj se l'Estat boulé pounë dinès ta l'entreprése ou l'acabamén
dous camis de bèr entre France e Espagne !
Respounse dou Ministre : « Nou ! l'Estat qu'a prou de Ihbë* à cassa
per aquestes ores. Que lous qui s'ayen à serbi dous camis de hèr bassien coutisa las coumuncs, Alan qu'arribaran prumè, e las comuunes
que haran probes d'indepeiidénei. »
Nou-ns en coste brigue d'al dise, la berlal berladère (jue sourtibe
tic la bomjue dou ministre.
Se d'are enla coumunes e counselhs yeneraus s adOuStumaben.
per els medichs, à démia louis aquets tribalhs : Caminaus'i C camis
de' hèr. alargaméh dou por! de Rayonne etc., que serén svgiis
dous abc lèu. Ya que l'Estat, subercargat de coéntes, (pic coumence
d'en abc prou sus las unies. Que boulets ! à force de tira la corde que
pcle, e, de toustém moulhe-us, lous braguès (pic s'echuguen.
Permou de l'Ensegnamén de las Léngues de France.
La Federaciou regiounalisle qu'abè ourganisat à Paris, en li dou
nies de Ycnè, ue serade que presidaben Richepin de l'Académie
Francése, c Loth próufessou de celtie au coulèdye de France.
BonnafouS, segretari de la Ligue pour la Langue d'Oc à l'Ecole,
(pic lié lou counde de la questiou, despùch l'an darrè, e puyaïi dinque à l'ourganisaeiou de l'ensegnamén de 171)0, que dabe probes (pic
la metode bi-lingue que s'ère toustém impausade. D'Estourbeillou
que parlé pous bretons ; Bourgeois que mantiengoji lous drets dou
Ba'man : liane que debisè dou bascou, la léngue la mej antic de
I I rope. Armbruster qu'amuchabë ço que Ions alsacians abèn tirât
don lou dialecte. E. despuch d'autes discours de Charles Brun e Remy
poux députât proubençau, e ancien reyént, (pie mandaben au ininishe Daladier, u bol la l'ensegnamén dous parlas à l'Escolè prumère.
Fïardil petit ! E, arc. (pie lous re\énls qui-s disen felibres, que lous
jjroul'essous, qui saben ço qui n'ey de la nousle literature, nou detnouren mey ne lous ourdis ne lous embits dou ministre de oej —
e dou ministre de douma — la ensegna l'istorie e la léngue mayrahe
• iou nousle Pople.
Gauyous.
0U

: Pèyre Vinas, billi aynat dou D Vinas, lou mayourau dé Bcsiès, e
bay de Marie \inas rè\ne dou Felibridye, (pie s'ey maridat, l'aute
Blësade dab Madamisèlc Cécile Lignon. L'espousalissi
( atedrale St-Nasari de Besiès e lous embitats qu'èren
dats à l'oustau dou Nord, Pas besoUgn de dise se à
Foustau relreniben ëantieg e bl indes en léngue d'O.
L'Escole Gastou-Febus (pic mande ans nòbis lou sou
de souhèyts.

que-s hé à la
puch coUmbila gïèyse e à
floc de gays e
L. R.

�LOU CAPULET ROUY
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6i/n Çlz I

Au pè de la mountagne
Oun lou baiou d'Aussau,
Gauyous coum u casau,
S'estén dens, la campagne,
A l'endret oun jou souy,
Que j'a ue bergère,
Tan beroje y tan fière,
Qu'a lou capulet rouy.
II

Quoan lou dimenje arribe,
Goyfe soun polit cap
De blanc fresc empesât,
Y (pic s'en ba hoeytibe
■Hore de l'oun jou souy ;
Pèrdi moun tems en courre,
Lou bounur que-m demourc
Dab lou capulet rouy.

IV

Las dames d'Aygues-Bounes,
Badudes Diu sap oun,
Que porten sus lou freun
Plumes, flous y couronnes,
Ta biene là-u jou souy ;
Toutes bostes richesses
Balen pas las tendresses
Deu mé capulet rouy.

III

Sus u sendè de mousse,
Que la béden passa,
(!hens cade iii 'slissa ;
Qu'éy l'amou qui la pousse
Ta biene là-n jou souy ;
Labets, à la belhade,
La mey boune calhade
Qu'ey tau capulet rouy.

Nous auts, pastous, qu'èm praubes,
Si-s boulém marida,
Lou Trésor qui ayman plâ,
Qu'éy l'aunou de la râube,
Qu'ey aquet qui jou bouy...
h'amou n'aurarn pas rèyte,
Si lou boun Diu me goèyte
Lou mé capulet rouy.
Coolhut per J.-B. LABOKDE.
L'Emprimayre Mèslc en pè:

E. MARBIMPOUEY.

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              <text>&lt;p&gt;Bibliot&amp;egrave;ca de l'Esc&amp;ograve;la Gaston Febus&lt;/p&gt;</text>
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              <text>Vignette :&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg"&gt;http://www.occitanica.eu/omeka/files/original/e472a8c919c77eed6b76d1205b58246f.jpg&lt;/a&gt;</text>
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              <text>&lt;a class="link_gen    " href="http://www.sudoc.fr/039860345" target="_blank" rel="noopener"&gt;http://www.sudoc.fr/039860345&lt;/a&gt;</text>
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              <text>Reclams de Biarn e Gascounhe&amp;nbsp;&lt;a href="http://www.occitanica.eu/omeka/items/show/2019"&gt;(Acc&amp;egrave;s &amp;agrave; l'ensemble des num&amp;eacute;ros de la revue)&lt;/a&gt;</text>
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