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                  <text>������LI

PROU VENÇ ALO

����PROÜVENCALO
POESIES

DIVERSES

RECUEILLIES PAR J. ROUMAMLLE
AUTEUR DE Ll MAKGAKIDEIO , Ll CLUB, LA FEE1GOULO , Ll CAPELAK , ETC.

PRÉCÉDÉES D'UNE INTRODUCTION

PAR M. SAINT-RENÉ TAILLANDIER

PROFESSEUR

DE

LITTÉRATURE
LETTRES

ET

SUIVIES

DE

FRANÇAISE

A

LA

FACULTE

DES

MONTPELLIER

D'EN

GLOSSAIRE.

Ai fa couiné fan li-z-abcio:
De flourelo en floureto ai acampa de mèn.
j. RouuANiiiLE,

{Poésies inédite».)

AVIGNON
SEGUIN AINE, LIBRAIRE-EDITEUR
rue Bouijuerie , i3.

C.I.D.O.
dBÉZIERS
FONS

PÈIRE

ÀZEMA

�CAS î i 5 8

�INTRODUCTION.

5

II s'accomplît, depuis une vingtaine d'années environ,
un mouvement d'idées tout à fait inattendu, et bien digne
de fixer l'attention des esprits clairvoyants : d'un bout de
l'Europe à l'autre, les traditions nationales sont remises
en honneur; les influences du sol reprennent leur pouvoir; maints souvenirs effacés se raniment ; maintes langues que l'on croyait mortes semblent miraculeusement
retrouvées. Tantôt, ce sont des races entières qui prétendent réformer les arrêts de l'histoire , et vont chercher
dans la poussière des siècles leurs titres déchirés , leurs
idiomes disparus , leurs institutions abolies , pour reconquérir une place au soleil ; tantôt, ce sont seulement des
instincts domestiques qui se réveillent : le sentiment filial
des choses passées, le culte des vieilles mœurs et du vieux
langage réclame pacifiquement son droit. Ce que les
Tchèques de la Bohème, les Slovaques de la Hongrie ,

�— vj —

les Croates des côtes illyriennes ont tenté sur le théi'tre
de l'action, les Flamands de la Belgique et les Bretons
de la France l'ont entrepris aussi dans le domaine de la
culture intellectuelle. Cette espèce d'insurrection a éclaté
presque partout à la fois et sous des formes bien différentes. Ici , elle se mêlait aux événements politiques; là ,
elle ne sortait pas de l'enceinte du foyer. Ici , exigeante et
hautaine, elle appelait les peuples au combat ; là, bienveillante et pieuse, elle n'avait d'autre but que de charmer les âmes tendres en renouant la chaîne des anciens
âges.
Le réveil du sentiment de race , qui sera sans doute un
des signes distinctifs du 19e siècle, doit être jugé diversement selon les contrées où il s'est produit et les prétentions
qu'il a fait naître. I! est certains résultats définitifs qui
sont comme les jugements de Dieu exécutés par le travail
des siècles, et contre lesquels toute protestation serait
vaine. Quant au sentiment en lui-même , qu'il se trompe
ou non dans ses espérances, qu'il poursuive des chimères
ou se contente des réformes possibles , je ne pense pas
qu'on puisse lui refuser une sympathique approbation. Il
me paraît évident que c'était là une réaction indispensable contre des erreurs funestes. D'ambitieuses utopies ,
renouvelées ou entretenues par l'esprit révolutionnaire ,
ne visaient pas à moins qu'à la destruction de toute patrie;
on sacrifiait à je ne sais quelle idole appelée l'Humanité
les sentiments les plus chers et les droits les plus précieux ;
l'homme devait renoncer à tout ce qui fait le prix de la
vie, aux traditions qui le soutiennent, aux souvenirs qui
le charment, à son rôle distinct dans le monde , afin de
confondre son existence au sein de la promiscuité universelle. Que dire de plus enfin ? Pour ces idées barbares ,
des termes barbares étaient créés, et les doctrines huma-

�— vìj —

nUaires inspiraient à des cerveaux creux de fastueuses
déclamations.
La contagion de ces systèmes menteurs pouvait-elle
n'être pas redoutable ? Un grand et harmonieux écrivain,
un poète qui enchanta notre jeunesse, semblait les prendre sous le patronage de sa gloire. Ce n'était pas assez
pour M. de Lamartine d'arborer ce mot humanitaire
dans sa préface de Jocelyn, et de nous donner la Chute
d'un angie comme le premier chant d'un poème immense
consacré aux utopies que nous blâmons : le brillant
rêveur écrivait des strophes enthousiastes pour flétrir le
sentiment national. Il fallait, à l'en croire, rayer ce mot
du vocabulaire du genre humain ; la patrie n'était qu'une
invention de la haine. N'est-ce pas le divin poète du Lac,
du Crucifix et de Jéhova, qui jetait, il y a quelques années , ces incompréhensibles paroles ?
Nations! mol pompeux pour dire barbarie !
L'amour s'arrole-t-il où s'arrêtent vos pas î
Déchirez ces drapeaux; une autre voix vous crie :
L'egoïsine et la haine ont seuls une pallie:
La fraternité n'en a pas !

M. de Lamartine , assurément, n'accepterait pas toutes les conséquences d'un tel système ; il ignorait, en
traçant ces lignes , ce qu'une philosophie détestable en
peut faire sortir. JN'est-ce là pourtant qu'un cri échappé
au rêveur ? n'est-ce que l'élan irréfléchi d'une âme séduite
par tous les brillants mirages ? Le poète enlin, en maudissant la patrie au nom de cette fraternité abstraite ,
obéissait-il simplement aux caprices de sa plume ? Non ,
certes. S'il n'y avait rien de plus dans cette strophe imprudente, il ne conviendrait pas de s'y arrêter. Ce qui a

�— viij —
dû inquiéter ici la critique attentive, c'est que le généreux écrivain se faisait l'interprète d'erreurs trop répandues déjà , et y ajoutait la fascination de son langage. Ce
n'était pas une parole jetée au hasard, mais la proclamation, par une bouche illustre, d'un système logiquement formulé et soutenu par de faroucnes adeptes.
Or , chaque fois que je pense à ces vers , je m'empresse
de relire une page charmante inspirée par un esprit tout
différent : c'est la plaintive élégie du poëte de la Bretagne
sur la disparition de la langue que parlaient ses ancêtres. L'auteur de Marie et de Télen Anor voit avec
douleur s'effacer de jour en jour les vestiges des mœurs
antiques; il défend avec un amour obstiné cette langue
des vieux Celtes , qui, consacrée , il y a plus de treize
cents ans, par les hymnes druidiques du barde Thaliésin,
a été renouvelée depuis, sans s'altérer jamais, par l'adoption des croyances chrétiennes. Barde populaire

lui-

même , il écrit, dans cet idiome vénéré, des récits familiers pour la cabane rustique , des chansons

de

fête

pour les Pardons du pays de Vannes, des chants religieux pour les solennités du Christ; et s'il apprend que
plusieurs prêtres de son pays travaillent à effacer ce souvenir des aïeux, il leur adresse cette touchante et respectueuse plainte, qui est comme une réponse directe
au chantre ambitieux du genre humain :

Donc , à notre retour, du milieu de la lande
Le joyeux hallilcé ne s'élèvera plus,
Les patres traîneront quelque chanson normande,
Et nous serons pour eux comme .les inconnus.

Oh ! l'ardent rossignol, le linot, la mésange ,
Tour louer le Seigneur n'ont pas la même voix:

�— ix —
Dans la création tout s'unit, mais tout change,
Et la variété, c'est une de ses lois.

Le dur niveau partout! — O prêtres d'Armorique,
Si calmes, mais si forts sous vos surplis de lin,
Aune laissa tomber le joug sur la Celtique :
Sauvez du moins , sauvez la harpe de Merlin!

Par delà le détroit, chez nos frères de Galles,
On n'a point oublié la bannière d'azur;
Le barde vénéré siège encor dans les salles ,
Et les livres fervents prônent le grand Arthur!

Ces touchants appels de M. Brizeux expriment parfaitement la réaction provoquée, sur tous les points de l'Europe, par le développement excessif de ce penchant qui
porte les peuples à l'unité. Sans doute, ce sentiment de
l'unité est respectable aussi, s'il est contenu dans les
limites du vrai et ne devient pas une matière à déclamations. Les peuples modernes tendent toujours à abaisser
leurs barrières, et à mettre de plus en plus leurs destinées
en commun; mais la première condition de cette alliance,
n'est-ce pas que chaque peuple vive d'abord de sa vie
propre ? n'est-ce pas qu'il soit maître de toutes ses forces,
grâce à ce sentiment profond qui en embrasse tant
d'autres : le sentiment de la patrie ? Une alliance entre
des peuples qui n'auraient pas vraiment la possession
d'eux-mêmes, ne mériterait pas un tel nom : ce ne serait
que la confusion et le chaos. Ainsi s'explique ce double
mouvement dont notre siècle est le théâtre , aspiration
vers l'unité humaine , retour aux traditions du foyer. Ces
a*

|

�deux mouvements , contradictoires en apparence, ne se
détruisent pas mutuellement : loin de là, ils se répondent, et l'un est la condition de l'autre. Ne soyez donc
pas surpris que , malgré les rapports chaque jour plus
fréquents des nations jadis divisées , malgré les conquêtes fécondes de la paix, malgré les sympathiques tendances que le christianisme ennoblit et propage, malgré
tant de légitimes efforts vers ce qu'un grand poëte a appelé
la sainte alliance des peuples , — ne soyez pas surpris
que les utopies des rêveurs et les déclamations des fanatiques n'aient servi qu'à provoquer ce réveil de l'esprit
de race. On disait aux peuples : Jetez au vent les cendres des tombeaux , supprimez toute votre histoire :
l'égoïsme seul à une patrie ; — et aussitôt le culte du passé
se réveille; des érudits que le patriotisme inspire ressuscitent des langues éteintes ; là où les vieux idiomes ne
sont pas morts , ils reprennent une nouvelle vie , et se
débarrassent de la rouille des siècles ; chaque province ,
chaque tribu, chaque famille humaine évoque religieusement ses traditions d'autrefois , et des lacs de la Suèdo
aux montagnes du Tyrol, des sapins de la Bohême aux
chênes de la Bretagne , partout s'élève une mélodie nationale ; partout retentit, comme dit le poëte, le joyeux
halliké !

Il

PARMI ces familles d'hommes qui interrogent ainsi leurs
annales domestiques, il en est une surtout qui n'avait qu'à
se souvenir pour ramasser des trésors. A une époque où
la barbarie couvrait le monde , entre les pâles lueurs de
la décadence antique et la naissance des nations moder-

�nés, il y avait un coin de terre privilégie où la culture
intellectuelle avait trouvé un refuge et produit des merveilles. C'est sous le soleil de la France du Midi que s'est
épanouie la fleur de la civilisation chrétienne ; c'est l'imagination provençale qui a délié la langue des peuples nouvellement constitués, et frayé la route où s'est élancé
leur génie. Dante et Pétrarque, sans doute, n'avaient
pas besoin des chantres de la langue d'oc pour être des
intelligences supérieures : auraient-ils été de grands poetes sans cette bienfaisante influence ? auraient-ils été
surtout des poètes vraiment nationaux, et tiendraient-ils
une si glorieuse place dans l'histoire de l'art italien ? 11
est permis d'en douter. Dante , qui avait eu la pensée
d'écrire eu latin la divine Comédie, savait bien lui-même
à qui il devait rapporter la meilleure part de son inspiration. Son Traité de vulgari F.loqulo renferme à cet
égard des renseignements inestimables, et il n'est pas de
spectacle plus touchant, il n'est pas de titre littéraire
plus précieux pour nous que la reconnaissance de ce
maître immortel envers les gracieux poètes de la France
romane.
Les premiers entre les artistes modernes, ces chantres
mélodieux ont mis en lumière ce qui est le fond même
de l'inspiration chrétienne : l'amour. Si quelque chose
distingue l'art chrétien de l'art antique, c'est assurément
la profondeur des sentiments, la sympathie ardente, l'ouverture et la richesse du cœur. La gloire de l'art ancien
était dans la perfection des formes et la netteté de la
pensée : inspiré par la religion du Christ , l'art nouveau
ne devait pas être découragé par la beauté des modèles
grecs et latins ; il avait des destinées bien différentes, des
destinées plus hautes à remplir, puisque l'idéal s'était
miraculeusement agrandi, et que le sentiment de l'infini

�ótaît révélé à l'homme. Or, toutes ces ressources de
poésie qu'apportait le christianisme , toutes ces richesses
dont il allait fournir les matériaux aux penseurs et aux
artistes, tout cela se résume dans le mot amour. C'est
l'honneur des Provençaux d'avoir chanté les premiers
l'amour et ses mille enchantements. D'autres le chanteront mieux sans doute; des poètes plus hardis entreront
dans ses mystères ; ils sauront parcourir tous les degrés
de cette faculté magnifique, et arrivés au fond de notre
cire, ils y trouveront Dieu. La mystique Béatrice de la
divine Comédie , l'incomparable Laure du Cancanière ,
seront les types les plus purs de l'amour , soit que cet
amour, comme chez Pétrarque , exalte et parfume toutes les puissances de l'âme, soit que, dans l'imagination
ardente du Florentin, il se confonde avec l'ineffable
sublimité des dogmes. Les chantres de la Provence n'ont
pas connu d'inspirations si hautes ; cette science profonde
d? l'amour, ce n'est encore chez eux que la gaie science.
M. Villemain les a peints d'un mot charmant : « Leur
poésie est à fleur d'âme. » Mais qu'ils sont gracieux dans
cette légèreté même ! En se jouant à la surface des choses,
que de trésors pourtant ils recueillent ! La place qu'ils
ont prise était vraiment merveilleuse. Encore une fois ,
et on ne l'a pas assez remarqué, ce sont eux qui ont eu
le privilège de respirer, de cueillir, avant tous les poètes
de la moderne Europe, la fleur de l'inspiration nouvelle
dont le christianisme faisait présent au monde. C'est par
là qu'ils ont charmé Dante et Pétrarque, c'est par là
qu'ils ont donné l'essor à ces grands maîtres.
L'amour, l'amourprintanier etpoétique, l'amour chevaleresque et subtil, tel est le thème varié de mille manières par ces imaginations mélodieuses. Ce qui peut sembler frivole aujourd'hui avait son importance alors. Ce

�n'était pas, certes, une œuvre inutile que d'apaiser les
cœurs, d'adoucir et de purifier les passions dans un
monde où la violence tenait tant de place. Les services
rendus par la chevalerie à Pirrégulière société du moyen
âge ne lui appartiennent pas à elle seule : la poésie romane
peut en revendiquer sa part. La poésie romane, préparée par bien des transformations antérieures, parvenue
à sa perfection au temps de Bertrand de Born et d'Arnaud Daniel, a été, pendant le XIIe et le XIIIe siècle , le véritable chœur de la chevalerie européenne ; elle
en chantait la strophe et l'antistrophe. A cette suave
musique, tout semblait s'ordonner avec grâce. Les
dogmes de cette religion mondaine étaient proclamés dans
la plus douce des langues , et l'idéal qu'elle faisait si délicatement apparaître élevait les âmes au-dessus des
mœurs brutales de l'époque. Tandis que Bertrand de
Born , dans ses sirventes enflammés, célébrait la joie
des combats, Arnaud Daniel chantait l'amour, et Giraud
de Borneil la morale, (1) Ces poètes, que Dante signale
comme les maîtres de l'art, avaient de nombreux émules,
et il nous est difficile aujourd'hui d'apprécier d'une façon
précise les différences qui les séparent. Quelle élégance
printanière chez Bernard de Ventadour , chez Raimbaud
(1) Quare haie tria , salus videlicet, venus, virtus apparent
esse illa magnalia qua?. sint maxime pertraclanda, hoc est ea ,
quae màxima sunt ad isla, ut annorum prohitas, amoris ascensió et directio voluntatis. Cirea quse sola, si bene recoliraus , illustres viros invenimus vulgariter poêlasse: scilicet
lierlramum de Bornio, arma; Arnaldum Danielem , amorem :
Gerai duni de Boinello , rectiludinem,.... Berlramus etenim
ait: Non passe nul dat, cum cantar non exparia. Anialdus : Laura amara fat braol brancum damir. Gerardus : Pia solaz rcveillar, clic's trop endormir.
Dante. [De hulgari Eloquio siue Idiomate. Lit}. II, c. 2.)

�de Vaqueiras , chez cet Arnaud de Marveil, que Pétrarque a tant de fois imité ! Quelle originalité charmante
chez Pierre Vidal ! Comme leur vie était conforme à
l'enthousiasme de leurs strophes ! On dirait qu'ils habitent le monde des rêves ; ils cheminent par des routes
enchantées où la passion les conduit, et la réalité se transfigure sans cesse sous leurs pas. Ce ne sont que fleurs,
chants d'oiseaux, fêtes brillantes, dames qui se penchent aux fenêtres cintrées, fraîches et blanches comme neige de Noël, —- un printemps qui ne finit pas, une
incantation perpétuelle. Quelquefois un mot, un rayon
de soleil, une espérance inattendue les font partir pour
de lointains voyages ; ils vont chercher au loin la beauté,
et ils meurent en l'apercevant, comme ce Geoffroy Rudel
qui, entendant vanter la Comtesse de Tripoli par des
Croisés revenus de Terre-Sainte , reconnut dans ce portrait l'image qui charmait ses songes , s'embarqua , arriva
à Tripoli, et rendit l'âme aussitôt sous le regard de sa
dame. Amour de tête, subtilités passionnées , bizarreries
où l'imagination a plus de part que le cœur même , voilà
le fond de leur poésie, voilà ce que recouvre l'enfantine
candeur de leur langage. Oui, c'est l'enfance poétique
du monde moderne , enfance joyeuse , étourdie, légère,
aux mouvements subits , aux impressions tumultueuses
et rapides. « Quand je vois poindre l'herbe verte et la
« feuille , les fleurs éclore par les champs ; quand le ros« signol élève sa voix haute et claire et s'émeut à chan« ter , je suis heureux du rossignol et des fleurs ; je suis
« heureux de moi, et plus heureux de ma dame ; je suis
» de toutes parts enveloppé, pressé de joie ; mais joie
« d'amour passe toutes ies autres. » Ainsi parle Bernard
de Ventadour, et il résume en ce peu de mots l'inspiration qui a soutenu pendant deux siècles les chanteurs
du Midi de la France.

�— XV —

Cette inspiration nous explique trop bien , hélas ! les
destinées de la poésie provençale. L'enfance doit faire
place à la jeunesse , et la jeunesse à la virilité. Aux premiers et fugitifs mouvements de l'âme qui s'éveille, aux
impressions gaiment superficielles doivent succéder les
graves pensées et les résolutions durables. Si cette transformation ne s'accomplit pas, la gentillesse des idées et
du langage deviendra bientôt un signe fatal. Rien de
plus pénible que ce bégaiement de l'esprit à l'âge où il
faut que l'homme déploie sa force. C'est l'époque où Dante
va construire le sublime édifice de la foi du moyen âge ,
où l'Espagne écrit à la pointe de l'épée son belliqueux
Romancero, où Wolfram d'Eschembach glorifie , dans le
Parceval, dans le Titurel, le hardi mysticisme des races
du Nord, et emparadise les âmes. (1) Que fait cependant
la Provence ? Ses chants, toujours plus nombreux, ne
sont que des variations sans fin sur le même motif,
qu'elle a depuis longtemps épuisé. Rien de net, rien de
distinct; aucune œuvre qui porte l'empreinte d'un
génie viril, et puisse rester comme l'immortel monument
d'une période digne d'échapper à l'oubli. On peut lui
appliquer ces vers de Béranger :

Ses gais refrains vous égalent en nombre,
Fleurs d'acacias qu'éparpillent les vents.

Oui, canzones , tensons, descors, sonnets, sbUiiies,
le vent éparpille au loin toutes ces fleurs d'acacias ; elles
ne s'épanouissent que pour mourir aussitôt. La grâce est
(1) Celui qui lira, ou entendra , ou copiera ce livre, que
sou amc soit cinparadiséc {geparadiset.)

Wolfram d'iîschcinbacb. [Titurd.)

�encore, jusqu'au dernier jour , le partage de ces natures heureuses , mais c'est une grâce qui finit par impatienter le lecteur, tant on est triste de voir ces dons charmants prodigués en pure perte. Vous croyez avoir affaire
à des hommes, et vous ne saisissez plus aucun accent
distinct, aucune parole fièrement jetée; c'est comme un
gazouillement d'oiseau. Ils le disent eux-mêmes avec une
naïveté singulière : « Le doux chant des oiseaux par le
« bocage m'adoucit et me fait revenir le cœur ; et puis« que les oiseaux ont leur raison de chanter , bien dois« je aussi chanter, moi qui ai plus de joie qu'eux , moi
« dont toutes les journées sont des journées de chant et
« de joie , moi qui ne songe à rien autre. » C'est encore
Bernard de Ventadour qui nous peint ici la ressemblante
image de ses amis. Babil d'oiseau , enivrement de la parole , murmure mélodieux , léger, interminable , voilà ce
qu'était devenue la poésie de la Provence, à l'heure où
l'imagination moderne, éveillée par ses appels, allait
produire , au Nord et au Midi de l'Europe, des œuvres
assez originales pour défier les injures du temps. Un seul
homme , à ce qu'il semble, Pierre Cardinal, sut rendre
des pensées viriles en un sublime langage. Lorsque la
croisade des Albigeois étouffe dans le sang cette civilisation élégante et fragile , les invectives de ce maître hardi
infligent aux vainqueurs un châtiment formidable ; puis ,
le fer et le feu achèvent leur besogne, et la langue provençale disparaît: les chants avalent cessé!
La Muse provençale ne pouvait pas mourir tout entière. Sa gloire, nous l'avons dit , est surtout d'avoir
initié le moyen âge au culte de l'art, d'avoir inspiré , au
Midi et au Nord , maintes littératures nationales. Ce ne
sont pas seulement Dante et Pétrarque qui furent les héritiers de son génie ; si elle n'eut pas de plus glorieux dis-

�— xvij —

ciples, elle en eut d'aussi dévoués, et dans des contrées
plus lointaines. Tandis qu'Arnaud Daniel charmait les
Italiens, ses rivaux portaient l'influence de la France du
Midi chez presque tous les peuples civilisés de l'Europe ,
Giraud de Borneil en Espagne , Bernard de Ventadour
en Angleterre, et Raimbaud de Vaqueiras jusqu'en Grèce,
à la suite des Montferrat et des Villehardouin. (1) L'Allemagne était initiée de mille manières aux oeuvres de nos
poètes. Les Hohenstaufen avaient trop de rapports avec
l'Italie pour que l'influence provençale , si complètement
acceptée de Milan jusqu'à Naples , ne pénétrât pas chez
les peuples germaniques. La France romane, assurément,
ne saurait s'attribuer à elle seule le frais épanouissement
de la poésie allemande au XIIIe siècle ; il est impossible
toutefois de méconnaître sa bienfaisante action. Les Provençaux, — un célèbre historien allemand l'a remarqué
(2) — , ont été pour l'Europe ce que furent les Grecs
dans le monde antique : race ingénieuse et vive, ils ont
imprimé leur marque à toute la littérature européenne ;
ils ont inventé des formes de vers dont ils ont fixé les
noms; ils sont les parrains de l'art moderne. Or, l'Allemagne ne leur doit pas seulement maintes richesses de
rhythme et de langage, elle leur doit des inspirations
dont elle a tiré le meilleur parti; les minnesinger sont les
Provençaux du Nord. De si précieux services rendus à la
culture littéraire ne font-ils pas oublier bien des fautes ?
Ne soyons pas inquiets de la gloire de ces vieux maîtres :
(1) Il existe des poèmes provençaux traduits en grec du
XIII' siècle. (V. Mouumenta medii aevi pleruinque inèdita ,
grœca, latina, itala, fianco-gallica , etc. publié par Von der
Hagen. 1821, in-8".)
(2J Gervinus. Geschichte der deutschen national-literalur.
T. I. p. 2U8.

�— XVÜ) —

si le sort les a vaincus, si ce mol idiome n'a pas eu le
temps de mûrir, s'il n'est pas sorti de ce groupe de
chanteurs quelque poëte immortel, leur oeuvre cependant
n'est pas abandonnée aux érudits : elle reste vivante dans
la mémoire des peuples européens. Chacun d'eux retrouvera toujours, au début de sa vie intellectuelle, ce gracieux génie provençal qui lui a donné l'essor; chacun
d'eux verra passer , au fond de ces siècles obscurs, la
triste et souriante image d'un Arnaud Daniel disant,
comme dans la divine Comédie (1) .•

Iuu sui Arnaud chc plor e vai canlan.

III
NOTRE siècle nous a donné une preuve bien frappante
de ce que je viens de dire. Les minnesinger sont revenus; les héritiers de Wolfram d'Eschembach, de Walther
de Vogehveide , d'Hartmann d'Aue , du tendre et mélodieux Hadloub, ont reparu en Allemagne, et leur premier
soin a été de rendre hommage à ces vieux maîtres provençaux qui avaient inspiré leurs pères. Le plus illustre
des modernes trouvères de la Souabe , Uhland , partage
ses chants entre les traditions de sa patrie et les minnesinger de notre France : il a célébré Geoffroy Rudel,
Bertrand de Born, et personne n'a trouvé de plus douces paroles pour peindre ces contrées heureuses qu'embaumait, au moyen âge, la fleur de poésie. A sa suite, bien
des écrivains reconnaissants ont multiplié ces pieux
témoignages. Henri Heine lui-même impose silence à sa

(1) Dante, Diviua Comoedia. Purgat. Caut. XXVI.

�fantaisie ironique, Henri Heine devient sérieux et tendre
quand il parle de ces vieux chanteurs. Je pourrais faire
ici bien des citations curieuses; je pourrais traduire,
comme preuve d'un fait littéraire digne de remarque ,
et comme de précieux titres pour notre Provence,
plus d'une page d'Uhland ou de ses disciples ; je n'en
donnerai qu'une seule : elle est de l'impitoyable humoriste qui a raiilé les choses les plus saintes. Quel fils de
la Provence a été plus affectueusement inspiré qu'Henri
Heine en cette suave peinture ?

GEOFFROY RUDEL ET MÉLISANDE DE TRIPOLI.

Dans le château de Blaye, on voit sur tes murailles les tapis que la Comtesse de Tripoli a brodés jadis de ses mains industrieuses.
Elle y a brodé toute son âme, et des larmes d'amour ont
trempé ces tableaux de soie qui représentent la scène suivante :
Comment la Comtesse aperçut Rudel expirant sur le rivage,
cl reconnut aussitôt dans ses Iraits l'idéal de ses désirs.
Rudel aussi vit là, pour la première et pour la dernière
fois, la dame qui, si souvent, l'avait enchante eu songe.
La Comtesse se penche sur lui, le tient embrassé avec
amour, et baise sa bouche pâlie par la mort, sa bouche qui
l'a si bien chantée !
Ah! le baiser de bienvenue a été en même temps le baiser
d'adieu ; en même temps , ils ont vidé la coupe de la félicité
suprôme et de la suprême douleur.
Dans le château de Blaye, toutes les nuits, on entend un
murmure, un bruit, un frémissement vague; les figures des
tapisseries commencent tout à coup à vivre.
Le troubadour et la dame secouent leurs membres de fantômes qu'a engourdis le sommeil ; ils sortent de la muraille,
et vont et viennent par les salles.

�— XX —
Chuchoteries secrètes, gracieux badinage, douces et mélancoliques familiarités, galanterie posthume du temps des diantres d'amour.
— « Geoffroy! mon cœur mort se réveille à ta voix. Dans les
cendres , depuis longtemps éteintes , je retrouve une étincelle. »
— « Mélisande! bonheur et fleur! quand je regarde tes yeux,
je revis. Il n'y a de mort en moi que ma peine, ma souffrance
terrestre. »
— « Geoffroy! jadis nous nous aimions en rêve : aujourd'hui
nous nous aimons jusque dans la mort. Le Dieu amour a fait
ce miracle ! »
— " Mélisande ! qu'est-ce que le rêve , qu'est-ce que la
mort î rien que de vains mots. Dans l'amour seul est la vérité,
et je l'aime, ò mon éternellement belle ! »
— « Geoffroy ! qu'il fait bon ici, dans cette salle, au clair
de lune! Jamais plus je ne voudrais voir le jour et les rayons
du soleil. »
— « Mélisande ! chère folle ! lu es toi-même la lumière et le
soleil : partout, sous tes pas, fleurit le printemps; partout
s'épanouissent délices d'amour et délices de mai. »
Ainsi ils causent, ainsi ils vont de ça, delà, ces gracieux
fantômes, taudis qu'un rayon de la lune les écoule à la fenêtre cintrée.
A la (in cependant, le premier éclat du malin met en fuite
l'apparition charmante; ils se glissent, tout effarouchés, dans
les tapisseries de la muraille.

Certainement, l'âme des chantres d'amour est là- Oubliez
le sujet particulier que traite le poëte, ne voyez-vous pas
dans ce tableau comme un symbole de la Provence ellemême ? C'est l'oraison funèbre de cette poésie si tôt disparue. Chuchoteries secrètes, murmure tendre et charmant
à la douteuse clarté de la lune, voilà bien ce qui nous en
r^ste dans le souvenir, et on ne pouvait exprimer ce
sentiment avec une grâce mieux appropriée. Et que se-

�— xxj —
rait-ee si je pouvais vous parier longuement ici du poème
de Nicolas Lenau ? Uhland et Henri Heine n'ont donné
que des fragments épars sur la Provence : Nicolas Lenau
a consacré à sa gloire toute une série de ballades épiques.
Dans ce romancero qu'il intitule les Albigeois, la Provence tout entière revit avec ses richesses aimables et ses
tragiques destinées. Troubadours et jongleurs passent et
repassent dans son tableau. Sous leurs pas, la gaie science
s'épanouit; maintes plantes délicates entr'ouvrent leurs
corolles ; maintes harmonies retentissent : c'est l'aurore
de la poésie européenne avec l'orchestre aux mille accords
qui joue, dans les prés et sur les montagnes, l'enivrante
partition du printemps. Et quelle émotion sincère quand
l'heure fatale a sonné, quand l'invasion du Nord, avec
ses cris féroces, couvre la mélodie enchanteresse, quand
la langue et la société provençales, confondues avec l'hérésie albigeoise, s'abîment dans le même incendie!
Telle a été la sympathie des nouveaux minnesinger
pour les chantres provençaux du XIIIe siècle. Ces souvenirs, on le voit, sont vivants encore dans le cœur des
poètes. Wolfram d'Eschembach s'inspirait d'Arnaud Daniel ; Uhland célèbre Bertrand de Born ; Henri Heine attendrit sa voix moqueuse pour chanter Geoffroy Rudel et
la Comtesse de Tripoli, et Nicolas Lenau écrit pieusement
la tragique épopée de la Provence. Encore une fois, chacune des littératures nationales de l'Europe, sitôt qu'elle
se réveille et interroge son passé, trouve à la première
page de ses traditions la trace ineffaçable de nos brillants
rapsodes.

�— XX i j —

IV

C'EUT

été une chose singulière, en vérité, si, au sein

même de la Provence, ces traditions ne se fussent pas retrouvées toutes seules, et n'eussent pas suscité des imaginations noblement ambitieuses. Les minnesinger avaient
des héritiers en Allemagne: Arnaud Daniel et Bernard de
Ventadour, Giraud de Borneil et Raimbaud de Vaqueiras
ne devaient-ils pas se. glorifier aussi d'une génération de
fils pieux et dévoués ? Quelque chose manquerait à ce
mouvement littéraire et moral dont je parlais tout à
l'heure , si la Provence du XIXe siècle n'avait travaillé à
tirer de l'oubli l'idiome qui a charmé le moyen âge. Elle y
travaille, en effet, et avec un soin religieux. Un homme
qui ne doit rien à l'érudition , un cœur simple et riche a
répondu, sans le savoir, aux voix harmonieuses qui, de
l'est à l'ouest de l'Europe, remettent en lumière les trésors enfouis des contrées natales. Ce que d'autres ont fait
de propos délibéré , il l'a accompli d'instinct. Des érudits
ont retrouvé la Provence dans les manuscrits et les livres :
lui, il l'a retrouvée dans son cœur, dans son amour du
sol, dans son inspiration de chrétien et d'artiste. La fleur
bleue des souvenirs, comme disent les poètes allemands,
s'est épanouie partout sur son chemin : il l'a cueillie. C'était la fleur d'Arnaud Daniel et de Gérard de Borneil,
aussi fraîche, aussi printanière qu'au premier jour, parée seulement, j'ose le dire, d'une beauté nouvelle, et
empruntant une virilité inattendue aux influences d'un
siècle plus grave.
M. Roumanille est un vrai poète : il possède et la richesse d'émotions, sans laquelle il n'est pas de poésie digne

�— xxîij —

de ce titre, et le sentiment du style, sans lequel l'inspiration la plus heureuse n'est qu'un lingot brut et grossier.
C'est un trait digne de remarque que ce vif amour de la
langue chez un homme dont l'instinct a été le meilleur
maître. L'idiome provençal, depuis l'heure de sa chute,
avait perdu sa noblesse et sa grâce ; consacré aux joies ■
vulgaires, dégradé par des œuvres plates et triviales, il était |
descendu au rang des patois; M. Roumanilie a entrepris V
de lui rendre sa dignité. Pour cela , il a bien compris qu'il
fallait lui faire exprimer les pensées élevées et les sérieux
sentiments de l'âme. Cette molle langue était tombée audessous d'elle-même, du jour où les poètes l'avaient abandonnée ; elle ne pouvait être régénérée que par la poésie.
Or, les compositions de M. Roumanilie, bien que fidèles
à la riante tradition de son pays, sont constamment empreintes d'un caractère de sérénité et de force. Élévation
de la pensée, allégresse du style et des ligures, voilà ce
qui distingue avant tout les œuvres de cet aimable esprit.
Il atteint sans effort à certaines beautés d'un ordre presque mystique, et toujours sa parole est naïve, sa langue
est familière et fraîche ; maintes images inattendues viennent égayer la gravité de son inspiration. La poésie religieuse, amie des sublimes hauteurs, échappe difficilement
à la monotonie : ce danger n'existe pas pour une imagination que la nature seule a formée, et qui sait si bien associer la simplicité à la noblesse.
Issu des classes laborieuses, fils d'un jardinier de SrRemy, et pourvu d'un modeste emploi dans une imprimerie d'Avignon, M. Roumanilie a donné une tâche bienfaisante à sa Muse. Sans dogmatiser jamais, il s'applique
à moraliser ses frères. Ce même idiome qui chantait, il y
a six siècles, sous les créneaux pavoisés et dans l'enceinte
des cours d'amour, s'adresse maintenant au peuple des

�■— xxiv —
campagnes pour lui enseigner les joies viriles du tgayail.,
les enchantements de la nature, les consolations de la foi
chrétienne. Cet apostolat n'a rien de sévère sur les lèvres
de M. Roumanilie : il introduit partout je ne sais quelle
allégresse qui réjouit l'âme. Lisez ses Marguerites {li
Margarideto) (1), lisez ses dialogues populaires si sensés,
les Prêtres {li Capelan) (2): dans les sujets les plus élevés,
son imagination est toujours alerte et familière : comme
ce petit enfant dont parle un de ses noëls, elle va prendre
ses ébats dans l'étable, elle monte sur l'âne, elle joue avec
les cornes du bœuf auprès de la crèche de Jésus. (3) Que
de bien a été réalisé déjà par cette prédication sans apprêt! M. de Falloux, il y a quelques mois, passant par Avignon pour se rendre en Italie, applaudit chaleureusement
l'ouvrier-poëte, qui défriche si bien les landes et les marais
de son pays. Le témoignage d'une estime vraie, un précieux suffrage adressé à l'homme, voilà les récompenses que
M. Pioumanille préfère, après la vue même du bien qu'il a
réussi à produire. Que les récompenses littéraires lui viennent un jour ou qu'elles lui fassent défaut, que Paris sache
son nom ou l'ignore, il n'en sera ni plus ni moins dévoué à
sa tâche. Ces récompenses toutefois ne lui ont pas manqué
non plus: M. Émile Deschamps a traduit avecunerare élégance son élégie sur la mort de Requien(4), et M. SainteBeuve saluait dernièrement, dans une pièce sur les Crèches,
line grâce que n'eussent pas désavouée Klopstock ni
M. de Vigny. C'est cette pièce aussi qu'il faut citer, pour
(1) In-8". Fr. Seguin , Avignon, 18Z|7.
(2) In-12. Fr. Seguin, Avignon, 1851.
(3)
Mountarai à chivóu
Su l'asc o su lou bióu.
{Li Margarideto, liv.
[Il] Li Prouvençalo, pag. 223.

iv, pag.

158.)

�— XXV —
faire connaître M. Roumanilie ; et bien que tout le mérite
du style et du rliythme disparaisse dans une traduction ,
le lecteur applaudira aux paroles de l'éminent critique :

LES CRÈCHES. (1)

A SAISTE-BEÜVE.

I

Parmi les chœurs de séraphins que Dieu a faits pour chanter
éternellement, ivres d'amour: « Gloire ! gloire au Pere ! » dans
les joies du Paradis, il y en avait un qui, souvent, loin
des joyeux chanteurs, s'en allait tout pensif.
Et son front blanc comme neige penchait vers la terre, pareil à celuijd'une fleur qui n'a point d'eau Télé. De plus en
plus il devenait rêveur. Si l'ennui, lorsqu'on est dans la gloire
de Dieu, pouvait tourmenter le cœur, je dirais que ce bel
ange s'ennuyait.
A quoi rêvait-il ainsi, et en cachette? Pourquoi n'était-il pas
de la fête? Pourquoi, seul parmi les anges, comme s'il avait
péché, inclinait-il le front?
II
Le voilà! il vient de s'agenouiller devant Dieu. Que va-l-il
dire? que va-t-il faire? Pour le voir et l'entendre, ses frères
interrompent leur alléluia.
III
— « Quand Jésus enfant pleurait, qu'il était tout trem« blant de froid dans l'étable de Bethléem, c'est mon sourire
(1) Page 389.
b

�—

XXV)

—

« qui lo consolait, mon aile qui le couvrait ; je le réchauffais
« de mon haleine. »
« El depuis, ò mon Dieu! quand un enfantelet pleure, danà
« mon cœur pieux sa voix vient retentir ; voilà pourquoi mon
« cœur souffre à toute heure, Seigneur ! Voilà pourquoi je suis
o pensif. »
« Sur la terre, ù mon Dieu ! j'ai quelque chose à faire :per« mettez que j'y redescende. 11 y a tant de petits enfants, hélas!
« pauvres agneaux de lait ! qui, tout transis de froid, ne font
« que se désoler loin des mamelles, loin des baisers de leur
« mère. Dans des chambres bien chaudes je veux les abriter;
» je veux les coucher dans des berceaux et les bien cou« vrir. Je veux les dorloter, je veux en Cire le berceur. Je veux
« qu'au lieu d'une seule, ils aient tous vingt mères qui les
« endormiront quand ils auront bien telé. »

IV
Lesanges l'applaudirent ; et vite, il étendit les ailes ; du liant
du ciel, rapide comme l'éclair, descendit l'ange", et les mères
ici-bas tressaillirent de bonheur, et les Crèches s'ouvrirent
partout où passa l'ange des petits enfants.

De tels accents suffisent pour montrer tout ce qu'apporte avec elle cette renaissance de la poésie provençale.
Sans doute, dans une autre partie de cette France du Midi
où régnait jadis la langue d'oc, un écrivain plus connu
nue M- Roumanilie, un poëte dont une légitime renommée a couronné les travaux, avait déjà confié à l'idiome
des troubadours l'expression des pensées les plus sérieuses. On sait avec quel mélange de fraîcheur rustique et de
sérénité morale Jasmin a pris rang parmi les chanteurs
les plus aimés de notre siècle. L'auteur de YAbugle de
Castel-Cuillê, de Françounetto, de la Semmano d'un
fil, occupe une place qu'on ne lui enlèvera pas. Mais la

�—

XXVI) —

langue de Jasmin n'est pas précisément la langue provençale dans sa pureté native : bien des éléments espagnols, I
bien des formes catalanes y ont été mêlées par le travail
des siècles. Le poète a beau maîtriser, par la puissance do
son art, cet idiome irrégulier, on ne s'étonnera pas que les
héritiers de la véritable langue des maîtres s'efforcent
d'en conserver l'ingénuité et la noblesse. Au moyen âge
déjà, il y avait comme deux branches de la même langue :
le limousin, et le provençal proprement dit ; c'est le limousin surtout qui, avec Giraud de Borneil, a pénétré en
Catalogne ; le provençal appartenait au Languedoc et aux
contrées du Rhône. Les deux poètes qui représentent le
mieux ces deux branches, Giraud de Borneil et Arnaud
Daniel, avaient leurs partisans enthousiastes et leurs adversaires passionnés. Dante, au xxvie chant du Purgatoire, est fort dur pour le limousin, quoique plus tard,
dans le Traité de vulgari Eloquio, il l'ait glorifié comme
un des trois maîtres de la poésie provençale ; Arnaud Daniel était le poète des Italiens. (1) De telles luttes ne reviendront pas ; aucune restauration de style ne peut porter ombrage à l'honneur de Jasmin, ni faire oublier les
fraîches peintures de Françounetto, les émotions si vraies
de Wlbugle de Castel-Cuillê : permettez cependant à
M. Boumanille de poursuivre, avec l'ardeur du patriote
(1) V. Dante. Purgat. Cant. XXVI. — De vulg. Eloq. lib. IF.
cap. 2. — Les érudits modernes, Lacurnc de Sainte-Palaye,
Rajuouard , Fauriel, ont pris vivement le parti de Giraud do
Borneil et rabaissé Arnaud Daniel. Le vers de Dante ne les a
pas effrayés :

Versi d'amore et prose di romanzi
Sovcrchió tutti, e lasciu dir gli scioecki
Che quel di Lemostn credon cite acanzi.

b.

�et le sentiment de l'artiste, cette épuration de la langue
qu'ont illustrée ses pères.
M. Roumanilie convie ses amis à cette tâche, et déjà il
a rassemblé autour de lui une phalange pleine de zèle ,
qui l'a merveilleusement secondé. II y en a quatre ou
cinq surtout qu'a visités la Muse. Comme ils sont accourus à l'appel de leur frère ! comme ils se donnent
gaîment la main ! quelle farandole charmante ! La poésie
a bien ici le caractère qui convient aux mœurs primitives :
elle est gaie, sereine, naïvement pittoresque ; les images
abondent sur les lèvres des chanteurs comme les fleurs
dans les prés par une belle journée de soleil. M. Camille
Reybaud est une intelligence méditative. Son Épitre à
M. Requien(l) atteste une imagination noble, accoutumée
à errer sur les cimes. M. Crousillat a un sentiment vrai des
scènes de la nature , et quelque chose d'Horace ou
d'André Chenier revit cà et là dans ses inspirations. Ils
sont tous deux, avec M. Roumanilie, les chefs de la pléiade. Intelligences cultivées, MM. Reybaud et Crousillat
étaient les auxiliaires naturels de celui qui voulait purifier
la langue provençale de tout grossier mélange. La gravité
est le caractère de leurs œuvres, gravité charmante et
telle qu'il sied à des poètes. Ce n'est pas avec eux que ce
doux idiome roman oublierait ses nouveaux devoirs, et se
laisserait aller à une familiarité que le goût n'approuverait
pas- Un des vieux maîtres se plaignait déjà, au temps
même d'Arnaud Daniel, du nombre sans cesse croissant
des troubadours, de leur fécondité banale, de leur peu
de respect pour les lois de l'art ; il les appelait des éclopi's,
des boiteux; et c'est par eux, ajoutait-il, que se perd belle
raison si chère: « C'est pourquoi se perd belle raison si
tl) Page 03.

�— xxix —
« chère, attendu que les éclopés et les boiteux trouvent
« et sont chanteurs. »

Pur que bella rasos cara
Se pert, que'l clop e li rauo
Tiobon e son canlador.

Ces vers de Giraud de Calanson semblent la devise toujours présente de nos deux chanteurs; ils s'appliquent à
donner de bons exemples, à enseigner la noblesse de l'imagination et la pureté du style. Dans les méditations
philosophiques de M. Reybaud, dans les pastorales de
M. Crousillat, un certain sentiment de la beauté antique
est heureusement aliié aux grâces plus familières de la
poésie de notre siècle. Ce soin de la forme, cet amour de
l'élégance sévère, M. Camille Reybaud le puise dans son
propre esprit, naturellement ami des choses élevées ;
M. Crousillat, en artiste curieux, va le demander aux
modèles de l'art ancien et de l'art moderne, à Horace et
à André Chenier, aux Italiens et aux Anglais. Excellente
préoccupation , je le répète, et qu'on ne saurait trop recommander à une littérature qui s'organise! Une fois maitresse du style , une fois assurée du terrain vraiment poétique où elle marche, l'imagination peut s'aventurer sans
crainte ; la bonne humeur, la verve joyeuse, la reproduction des types populaires ne coûtera rien à la pureté du
langage ni à la délicatesse de l'art. Ainsi a fait M. Roumanilie: le poète des crèches, l'auteur de tant de noëls
chantés au coin de l'âtre dans tous les villages de la Provence et du Comtat, est aussi le plus gai, le plus franc, le
plus comique des peintres de genre. C'est pour cela que
l'un des jeunes disciples, émerveillé de cette double ins-

�— XXX —

pìration, a pu dire, aux applaudissements de tous: Mai
Roumanilie es lou mignó. (1)
Parmi ces disciples, qui suivent de près leurs maîtres, il en est trois dont la verve originale mérite une
mention à part : la poésie de M. Aubanel est fraîche
et robuste ; il sait rendre avec une franchise singulière le
bruit du travail et le mouvement de la vie agreste; il aime
aussi les tableaux de genre, les scènes courtes, vives ,
expressives. Ce qu'on a loué çà et là dans quelques pièces
de M. Pierre Dupont me semble bien plus remarquable
dans certaines pièces de M. Aubanel, outre que le mérite
de la poésie n'est jamais altéré chez lui par une inspiration
suspecte. Les Faucheurs (li Segaire) (2) se recommandent
par une rusticité hardie. Le 9 thermidor est une scène
d'une effrayante vigueur. L'ivresse hébétée du terrorisme
a-t-elle jamais été mise en scène avec une pareille audace,
et aussi rudement flagellée ?
LE 9 THERMIDOR. (3)
Alit dura lerra, prrclie non i'íiprísti l
DASTE.

(Inicrno, c. 55.)

— Où vas-lu avec Ion grand couteau ? — Couper des lotes,
je suis bourreau.
— Mais le sang a jailli sur la veste,sur tes doigts. Bourreau,
lave les mains. — Et pourquoi? demain je recommence: il
reste encore à couper tant de tètes !
— Où vas-lu avec Ion grand couteau ? — Couper des letcs,
je suis bourreau.
— Tu es bourreau ! je le sais. Es-tu porc?
(1) Bonjour eu touti, page 3.
12) Page 135. — (3) Page 313.

un

enfant ne l'a

�• - \xxj —
jamais ému. Sans frémir et sans avoir bu, lu fais mourir les
enfants avec les mères,
— Où vas-tu avec ton grand couteau ? — Couper des tètes ,
je suis bourreau.
— La place est toute pavée de tes morts. Ceux qui vivent
encore te prient à genoux. Bis-moi, es-tu homme ou neu?
— Laisse-moi, que j'achève ma journée.
— Où vas-lu avec ton grand couteau ? — Couper des tèles,
je suis bourreau.
— Dis-moi, quel goût a ton breuvage? Dans ton verre, le sang
n'écume-t-il pas? Lorsque tu manges ton pain , ne crois-tu pas
te nourrir de chair ?
— Où vas-tu avec Ion grand couteau? — Couper des tètes ,
je suis bourreau.
— La sueur et la fatigue s'emparent de toi. Arrête! Ion couteau s'ébrèche : ù bourreau! tu pourrais bien nous manquer ,
cl malheur si la victime échappe !
— Où vas-tu avec ton grand couteau? — Couper des tètes,
je suis bourreau.
— lille a échappé ! Mets ;i ton tour ta joue sur le billot rougo
de sang moisi. Les tendons de ton cou vont craquer. O bourreau ! l'heure est venue , il faut que ta tète saute.
— Aiguisez cle frais le grand eouleau : tranchons la téle d;t
bourreau !

Voilà, si je ne m'abuse, un horrible tableau de genre,
qu'un poète seul pouvait mener à bien. Un autre écrivain
de la même famille est M. Glaup, esprit original et hardi
qui semble un Téniers provençal. Sa verve, innocemment
railleuse, excelle à reproduire les mœurs populaires, à
dessiner des portraits pleins de mouvement et de couleur,
à faire paraître et disparaître de gaies silhouettes qui se
gravent dans le souvenir. M. Mistral, enfin, est un co-

i

loriste à qui ne manquent ni l'audace ni la puissance. Ce
qui le distingue, c'est l'originalité des images et la souplesse de la forme- Son langage est à lui ; il aime à em-

j

�-- xxxij —
prunter au peuple ses métaphores, ses locutions, ses
tours de phrase, pour les élever à la dignité poétique ;
joute hardie et périlleuse d'où il sort presque toujours
victorieux. Tour à tour aimable ou terrible, pathétique
ou sinistre, on voit surtout qu'il a l'ambition de mêler à
la grâce naturelle de la langue du Midi la vigueur d'une
littérature plus mâle. Personne ne regrette plus que lui la
mollesse d'idées et de style qui a été si fatale au génie de
ses aïeux. Il ne renonce pas à l'élégance ; mais quel sentiment hardi de la réalité , quelle énergie redoutable dans
ses peintures ! Soit qu'il chante la Bello aVavous (1), et
qu'avec une grâce funèbre, il associe toute la nature
éplorée aux malheurs de son héroïne ; soit que , dans l'étrange pièce intitulée Amarun (2), il attaque le débauché, le secoue, le flagelle, et l'enferme épouvanté au
fond du sépulcre infect ; soit que, devant un épi de folle
avoine (à la Civado jèro) (3), son ironie sans pitié châtie
l'oisiveté insolente et bouffie, —toujours il y a chez lui une
pensée généreuse, une imagination agreste , un langage
imprégné des plus franches odeurs du terroir. Voyez aussi
quelle impétuosité , bien digne du sujet assurément, dans
son ode au furieux vent de la vallée

du Rhône {lou

Mistrau! ) (4) Avec cela, il est cordial et sympathique.
C'est lui qui a salué le chœur des poètes provençaux et
prononcé les paroles d'adieu [Bonjour en touti, Adessias
en touti) (5) : il est gai quand l'assemblée se forme, il est
triste quand elle a fini son œuvre. Se reverront-ils, en
effet? Cette renaissance peut-elle se promettre une longue
durée? sérieux problèmes dont la préoccupation l'honore. Ce qui a pu être pour d'autres une simple farandole,
comme on en voit si souvent dans ce pays des cérémo(1) Page 211. — (2) Page 9. — (3) Page 2C9.
(!&gt;) Page 301. — (5) Pages 3 , et 393.

�— xxxiij —
nies grecques et des jeux du roi René, est pour lui une
chose grave. M. Mistral est un de ceux qui ont pris le plus
à cœur cette restauration du pur langage d'autrefois: artiste zélé et critique plein de sens , il sait juger ses confrères avec franchise. Si cette école s'organise avec suite
et produit d'heureux fruits , ce sera en grande partie à la
sollicitude de M. Mistral qu'en reviendra l'honneur ; il est
le conseiller, le censeur, le juge sympathique et sévère
de cette entreprise, dont M. Roumanilie est l'âme.
N'oublions pas un hymne à saint Vincent-de-Paul
(Sen Bincen de Pol) (1), par Jasmin; une pièce de M. C.
II. Dupuy, pleine d'une grâce tout anacréontique, le
petit Papillon (loupichó Parpayoun) (2) ; lou Riéu (3; et
Goutouno{4) de M. A.Matthieu; d'ingénieuses fables de
MM. Albert Gautier et F. Aubert, où l'on distingue un
sentiment fin de la narration ; de franches et naïves
inspirations du vieux poète marseillais Pierre Bellot.
Pierre Bellot est le doyen de ce poétique groupe ; il était
presque seul naguère à entretenir le culte du langage natal , à sauver la tradition menacée de toutes parts, et il y
a longtemps que Charles Nodier l'encourageait dans ses
efforts avec une grâce cordiale. Comme il doit se réjouir
aujourd'hui de ce renouveau qu'il n'espérait plus ! Plaçons auprès de lui M. Castil-Blaze, qui sourit, de son côté,
non sans quelque surprise peut-être, à ce subit et généreux élan, à ces ambitions élevées de la Muse provençale.
Cette langue, qu'il défendait avec les armes de la vieille
raillerie gauloise , se recommandera désormais par des
œuvres sérieuses et une influence utile. M. Castil-Blaze
songeait-il à ce réveil inattendu, lorsqu'il s'est mis à célébrer sur le mode grave {lou grand Bal) (S), le murmura
(1) Page 285. - (2) page 109. - (3) Page 93.
14! Page 253. — (5) Page 289.

b*

�— xxxiv —
de la vie universelle pendant une nuit de printemps, et
l'ombre qui chante ses litanies ?

Que soun bella, li-z armounia,
Tranquil·la nin dau mes de mai!
L'oumbra canta si titania,
Quand iou jour se teisa et s'en Val.'...i

M. Moquin-Tandon , membre correspondant de l'Institut, a voulu aussi faire briller son épi dans la gerbe de
Roumanilie. Bien d'autres encore seraient à citer :
laissons le lecteur faire lui-même son choix , et rendre à
chacun ce qui lui est dû.
Entreprise et conduite de cette façon , la renaissance
de la poésie provençale, n'en doutons pas, paraîtra digne
d'un intérêt sérieux. Nous avons dit en commençant à
quel point de vue il convenait de se placer pour la juger
équitablement et lui accorder l'estime qu'elle mérite. Il
est certains résultats acquis contre lesquels on réclamerait en vain : ni

la civilisation moderne ni la langue

française ne sont menacées par ce retour à des traditions
particulières : le culte delà famille ne nuit pas à l'amour
da la cité ; la petite patrie ne fait pas oublier la grande.
Soit qu'on s'attache seulement à la question littéraire,
soit qu'on se préoccupe de la morale sociale, comment
refuser une affectueuse sympathie à l'œuvre de M. Roumanilie ? Pour les lettrés, c'est le réveil d'une langue
qui a eu de brillantes et douloureuses destinées, qui a
enchanté l'Europe , qui a inspiré Dante et Pétrarque ,
qui a suscité presque toutes les poésies nationales; c'est
le réveil de cette langue, purgée désormais d'un mauvais alliage et rendue à sa dignité première. Pour ceux
qui songent surtout à l'amélioration des classes pauvres

�— XX.XV —

et au redressement des esprits égarés, c'est un instrument de plus employé déjà par des mains loyales au défrichement de nos landes. Cette poésie populaire ne propagera que des leçons utiles ou des consolations aimables. Elle adoucissait, au moyen âge, les mœurs dea
barons féodaux : elle célèbre aujourd'hui, non plus les
subtilités de l'amour chevaleresque, mais le nouvel idéal
qui doit apaiser les cœurs violents; elle chante tout ce
qui élève l'âme, tout ce qui charme la vie ; elle fait aimer
le travail et la prière. Terminons donc par un remereîment au digne chef de cette école ; quand nous pensons
aux soins que M. Roumanilie a apportés dans cette tâche,
à ce pieux respect de sa langue maternelle , à ce sentiment si vrai de la poésie, nous n'hésitons pas à dire de
lui et de son livre ce que disait, il y a six siècles, dans ce
même idiome à présent restauré, le naïf poète de la Chronique des Albigeois : — « Depuis qu'il fut commencé
» jusqu'à ce qu'il fut fini, il ne mit son application en
» autre chose , même à peine il dormit. Le livre fut
» bien fait et composé de bons termes; et, si vous le vou» lez entendre, les grands et les petits, vous pouvez y
» apprendre beaucoup de bon sens et de belles paroles. ■■&gt;
Tos que fo commensatz entro que fo fenit,
Non nies en als sa enteuza, neis a pena s dormit.
Lo libres fo be faitz, e de bos motz complit ;
E, si '1 voletz entendre, li grand e li petit ,
I poires mot aprenre de sen e de bel dit.

SAINT-KENÉ TAILLANDIER,
Professeur de littérature française à tu l'acuité
des Ullres de Montpellier.

�1

�TABLE.

p.

D'ANSELME ,

de Salon.

Soulami. {Élégie.)

j.-j.-L.

D'ASTROS ,

d'Aix.

La Cigalo et la Fournigo. {Fable.)

TH.

AUBANEL,

d'Avignon.

Lou Vin cuieu. {Étude de mœurs )
Li Segaire. {Id )

�— xxxviij —
LaVèuso.

173

{Romance.)

Requien. {Élégie.)

237

Lou 9 Thermidor. {Ballade.)

313

Per Toussant. {Élégie.)

330

F.

de Marseille.

ACBERT ,

Loa Ratier e lou Roussignóu. {Fable.)

11"

Mineto e Ratoun. {Fable.)

10

BARTHÉLÉMY,

de Marseille.

A l'Autour de Chichois. {Fragment.)

j. BASTiÉRA

, de Cornillon.

Lou Gibous que nèdo. {Facétie.)

p.

BELLOT

}

37

50

de Marseille.

Lou Martegau. {Facétie.)
A moun Fillóu Ducó. {Épi/re.)
A Moussu Jean Aycard. {Id.)

g
í.
M

�— xxxix —
í'pitro à raoun ami Landais.
Mariage de Jeanet. {Épllhalame.)

G.

2Í &gt;
329

de Marseille.

BENEDIT,

Lei dous Paysan marseillés à Tivoli.

F.-ii.-j.

BLAZE

(CASTIL) ,

de Cavaillcn.

L'Home prouposa. {Élégie.)
Lou grand Bal. {Stances.)

p.

BONNET ,

249
289

de Beaucaire.

Lou Caladaire elou Médecin. {Épigramme.)
L'Aloueto e sa fio. {Fable.)

AUGUSTIN

8G7

BOUDIN ,

A moun ami Bîgand. {Sonnet.)
Lou Lis e la Vioûleto- {Fable.)

143
203

d'AvigilOïl.

261
353

�- xl -

MARIES BOURRELLY ,

de Marseille.

Jocrisso. {Facétie.)
I.eis Voulurs. {Id.)
Lou Panier de figuos. {Id.)

.-c.

D

CASSAN,

107
163
307

d'Avignon.

LouGoudroun. {Facétie.)

B.

CHALVET,

273

de Nyons.

Madeloun. {Élégie.)

115

de Lavalcltc.

M"' LÉONIDE CONSTANS ,

L'Adiou dou Cassaire à sa baslido. {Stances.)

A.-B.

CROESILLAT,

303

de Salon.

Lou Roure et la Canetto. {Sonnet.)

7

�- xlj -

La bono Nouvello. {Noël.)
Adiéu. (Élégie.)
La Margaridetto. (Stances.)
Eis Estello. (Sontiet.)
Odo imitado d'Horaço.
A Dido. (Sonnet.)
A la Cigalo. (Stances.)
A-n-uno bravo Pichouno. (Stances.)
Prègo per iéu. (Élégie.)

A.

DUPUY ,

de Carpentras.

Lou Biehou e lou Tigre. (Fable.)

c.-a.

DUPCY,

201

de Carpentras.

Lou pichó Parpayoun. (Idylle.)

E.

13
51
103
133
185
219
241
279
323

GARCiN ,

Roundèu.
Lou Jour di mort. (Sonnet.)

193

d'Alleins.

235
361

�— xlij —

J.-B.

GADT ,

(Í'AIX.

Brunetto. (Villanelle.)

A.

203

de Tarascon.

GAVJTIER ,

Lagremo. {Sonnet.)
Lou Grié e lou Parpaioun. (Fable.)
Li dous Mióu. (Id.)
Li dous Pela. (Id.)
La Rato-penado e la Moustelo. {[d.)
Lou bon Remèdi. (Conte.)

GLAUP ,

d'Orgon.

Li niau Partajado. (Satyre.)
Li mau Partaja. (Id.)
Uno bonoFiero. (Chanson.)
A Moussu Bigand. (Stances.)
A la Santo Vierjo Mario. (Ode.)

3.

Al Cure poèto.

23
43
141
197
227
333

81
121
231
207
373

j d'Agen.

JASMIN

87

�— xliij —
285

Sèn Bineèn de Pol.

LE MARQUIS DE LA FARE-ALAIS ,

d'Alu'lS.

Lou dariè Som de la viergo. (Élégie-)

A.

MATTHIEU,

S5

de Cliâleauneuf-Calcernier.

Lou Rieu. (Élégie.)

93

Païpaiouné. (Stances.)

189

Goutouno. (Élégie.)

255

F.

MISTRAL,

de Maillane.

Bon jour en touti. (Stances.)

3

Amarun- (Ode.)

9

Souto la trio. (Ode.)

111

Li tres Counsèu. (Conte.)

153

Esperit Requien. (Élégie.)

1G9

La Bello-d'Avous. (Ballade.)

211

A la Civado fèro. (Ode.)

269

Lou Mistrau. (Ode.)

301

TJno Courso de bióu. (Étude de mœurs.)

343

Adessias en touti. (Élégie.)

393

�— xliv —

A.

MOQUIN-TANDON ,

de Montpellier.

L'Aiga bouillida. {Naïveté.)

S27

Lou papier marcat. (Id.)

351

Lou Chi guérit. (Id.)

371

J.-A.

PEYROTTES,

de Clermont-l'Hérault.

Un Cant sus una toumba. (Élégie.)

181

Lou Celibatari. (Romance.)

221

La Filla del pople. (Id-)

265

CAMILLE REYBAUD ,

de Carpentras.

Nostro-Damo-de-Santa. (Élégie.)

25

A Aubery. (Èpitre.)

37

Mei Veiado. (Sonnet.)

47

Epïtro à Moussu Requien.

65

Balado.

99

A Moussu Carie- (Sonnet.)

151

A J. Roumanille. (Stances.)

177

A J. Roumanille. (Id.)

259

Lou Roussiguóu e la Machoto. (Fable.)

283

Lou Bal. (Ballade.)

363

Adiéu à ma Muso coumtadino. (Stances )

385

�— xlv —

PICARD BÉRARD ,

de Pèlissanc.

Leis douas Vouas. (Stances.)

.

j.

ROUMANILLE,

£17

de St-lleiiiy.

Rampelage. (Sonnet.)
Paurío e Carita. (Élégie.)
Lou bou Rescontre. (Noël.)
Una Margarideto. (Sonnet-)
L'Avaras. (Fable-)
Dideto. (Stances.)
Lou Moûnié, soun drôle el'ase- (Fable.)
La Roso e la Margarideto. (id.)
Se nen fasiam unAvouca. (Conte.)
Requien. (Élégie.)
A Bigand. (Monorime.)
Ma Vesino. (Stances. )
L'Aiglo e lou Quinsoun. (Sonnet.)
Li dous SeraGn. (Noël.)
Li Crècho. (Élégie.)
Rèi e Pastouro. (Fable.)

1
17
29
63
97
129
147
165
207
223
263
275
321
C57
389
399

��LI PROUVENCALO

��RAMPELAGE.

A

MA

MUSO.

SONNET.

la pa proun tèm que feniantegfis ?
Siegues pu vanelouso ansin ,
Muso ! — An ! vole que musiqueges ,
E que revies li vesin.

Que se di ? que galavardeges ,
Que sabes pu ges de refrin !...
Fau tournainai que founi'ougneges ,
'Me toun fifre e toun tambourin.

�Fougnes pa, fagues pu la soto....
E quand ti sore, ma mignoto,
Augiran d'alin ti cansoun ,

Vendran jouga'me tu , pouleto ,
E reçauprés , cascarcleto ,
Pluèio de flour,.... e de poutoun.

J. HOBMANII.LF.

Avignon, décembre iSSo.

�BONJOUR EN TOUTI.

Voulès que vous digue perqué
Aven acampa de bouqué
Dessu nosti mountagno ;
Toutis ensèm perqué venen ,
Li troubadour Avignounen,
San-Roumieren e Selounen,
Di villo e di campagno ?

Perqué venen au gran soulèu ,
'Me tout ce qu'aven de plus bèu,
Faire la farandoulo,
Couiné li bastidan galoi
Que, per lou jour de Sant Aloi,
Santon coumé de tron-de-goi ,
A i'oumbro di piboulu ?

�— Au mes de mai, s'aven cuîi
Li boutoun-d'or li plus pouli ;
S'aven, davan l'autouno,
Culi de flour de roumaniéu ,
De eouibadono Ion di riéu ,
Emé de clavèu-dau-bon-Diéu,
Es per una courouno.

Atrouverian dedin li jsis ,
Cuberto d'un marri pedas,
La lengo prouvençalo :
En anèn paisce lou troupèu ,
La cnu avié bruni sa peu ;
La pauro avié que si long píui
Per tapa sis espalo.

E de juvenome , vaqui ,
En varaian apcraqui,
De la vèire tan bello
Se senteguèron esmougu...
Que siegon doun li bon vengu ,
Car l'an vestido à soun degu ,
Coumo una dameisello !

Reyb.iu d'abor , lou coumtadc
L'ia fa *na raubo, lou saben,

�D'uno estofo requisto :
Se póu ròn vèire de plus bòti !
E Bellot, qu'es nosta gran prèu ,
Lon do la mar Fia fa 'n castèu
Qu'esbriaudo la visto.

E Crousillat, lou troubadour,
De longo Pie vèn à l'entour
Canta coum'uno ourgueno :
Ansin canlavon, autre-tèm,
Li troubadour toujou countèn ,
E li belli damo, en parlèn,
L'ie dounavon l'estreno.

Mai Roumanille es lou mignó :
L'ia fa 'n bouqué (fau vèire aeó!)
'Me de margaridelo ,
Bouqué tan fres qu'en lou vesèn
La pastouro dessu soun sèn
L'a leu agu mes en disèn :
Oh ! que soun poulideto!

E vuèi, toutis ensèm venen,
E dau Lcvan, e dau Pounen,
Tout lou von di troubaire,
Venen la couronna de flour,

�—6—
De flour de touti li couleur,
Perquè la fio di pastour
En touli posque plaire.

F.

s janvier, i85i.

MISTRAL.

�LOU ROURE ET LA CANETTO.

SONNET.

Un bèu róure , amount sus la coucllo ,
Espandis seis brancagis verds ;
Ges d'aragan lou descounsouelo ,
Parèi bravar tout l'univers.

Avau , prochi'n aigo que couelo ,
Su'n ribas trevat deis luzerts ,
lin pacre eanèu que tremouelo ,
Floutegeo, crentous, dins leis ers....

Vent lou mistrau ! — Sus la mountagno ,
L'aubre tènt cop. L'auro s'encagno....
Cra ! lou geiant au sóu... en l'run!...

�Et la canetto mistoulino ,
Que sous lou ventaran se clino ,
Se truffo de soun revoulun.

A. D, CKOUSIXtiT.

Salon (Bouches-Ju-Hhône.)

�AMARUN.

Orne gras e pouli, l'as glori de toun mourrc ,
De ti membre moufle qu'una gourrino mor....
Sounjo, quand vendreiés autan vièi que li mourrc,
Sounjo , fau que ta bouco à la longo s'amourre
Din lou go de la Mor.

Vo, 'me la negro Mor, un fourniguié de verme,
Din terro , etné la fain agarira ta peu !
Sounjo ! fau que toun iu din la nèblo se ferme ;
E de car à ti membre, e tan gras , c tan ferme,
N'ien restarà pa'n peu !

Vène,vène emé iéu dedin lou çamentèri
Messorgo e verita soun aqui louti dos ;
Vène vèire li croux emé si balistèri ;
Vène , c tu qu'as pa póu , me diras lou mislèri
D'aqueli mouloun d'os.

�— 10 —
Me diras, — pau-de-sen que veses'me la cagno
Debana ta vidasso, abesti coum'un porc,
Se la vido es un fiéu que fini'me l'escagno ,
O s'es un bastimen que, quand l'auro s'encagno ,
Tournamai vèn au por.

Me diras que sies mai, aro que la vinasso
A gresa ti bouièu coum'un vièi boulidou,
Aro que toun cadabre , emé li gourrinasso
S'es tan apouroati qu'esbausa, se tarnasso
Au negre trapadou !

Me diras que sies mai, aro qu'as fa ta graisso
Emé lou sang dis autre iruge engavacha !
Aro qu'as fa de mau enca mai qu'uaa raissa
E de grelo e de tron, e que vas à la baisso ,
De remor escracha !...

Vo, de mau, n'as mai fa que bèsti verinouso:
As vis ploura de fam lou paure à toun lindau ;
As croumpa'me d'argèn sa fio palinouso ,
E, couloumbo macado à toun arpo saunouso ,
N'èi morto àl'espitau !

Aro , espincho lis os que vesti l'espargoulo ,
E li testo de mor badanto à faire póu !
Auscs l'avoas di mor que din lerro gingoulo ,

�-11 —
Doulè'nto coum'un riéu esmarra que séscoulo
Din soun piohó rigóu ?

N'as proun ?... Aro emé iéu espincho lis estello
Pariero i fenestroun d'un oustau plen de fiô ,
E lou ciel despluga coum'una grando telo ,
E digo-me s'amoun ia rcs que s'empestello
E qu'espincho en tout lié...

Se ia res, viéuto-te dessu ta brèsso molo ,
E din la quitevié pourquejosatisfà !
Mai aperilamoun se ia quaucun , tremolo
Coumé fai lou coutèu quand ferni su la molo ,
Car sau tout ce qu'as fa !

F. MISTRAL.

Maitlane, février i85o.

��LA BONO NOUVELLO.

NOUVÈ.

Sur Ter : Venè lèu Mire,

Lot'

l'ASTItE.

Jannetoun ,
Que fièles la sedo ,
Janneloun ,
Laisso toun blestoun.
Lou troupèu sèmblo qu'un fouleloun ;
Lou diable empouerto agnèu et fedo.
Zóu ! zóu ! zóu ! boutcm-li de cledo,
Zôu ! zóu ! piquem dau bastoiin.

�—Ah Dins la nuèch,
Que lumièro vivo ,
Dins la nuèch ,
Brilho coumo un fuèc !
Rèn de tau s'es jamai vis en-luèc...
Que bèsti vouelo dins lou nivo... ?
Oi ! oi ! oi ! que tron nous arrivo ?
Oi ! oi ! crese que siam cuèeh !

LA

PASTHESSO.

Gros fayóu ,
Li a pas rèn d'estrangi ,
Gros fayóu ,
Per aver tant póu.
L'angeloun es poulit coum'un sóu ,
Et de Diéu canto leis louangi.
Tou ! tou ! tou ! a troumpetat l'angi.
Tou ! tou ! escoulem-l'en póu.

L'ANGI.

Que bèu jour
De rejouissènço !
Que bèu jour
De graci et d'amour !
Paslrcs, vhui es nat voucsle Signour!

�Celebrem touteis sa naissènço.
Sus ! sus ! sus ! fasèts diligence- ;
Sus ! sus ! siguets plens d'ardoue,
Dins un jas
Troubarets, pecaire !
Dins un jas,
Lou ïlèy de la pax,
Sus lou fen , dins un marrit pedas,
Vo sus la faudo de sa maire...
Lèu ! lèu ! lèu! partèts de tout caire ;
Lèu ! lèu ! estirats lou pas-

LOU F4STHE.

Per ana
Vèire la piéueelio ,
Per ana
Vers l'enfant qu'es nat,
Hisso dounc ! faut tout abandouna,
D'abord qu'un angi nous appello...
Ho ! ho ! ho ! la bono nouvello ,
Ho ! ho ! que nous a dounat !
A. B.

Sulo/i.

CBOUSILLAT.

��PAURIO E CARITA. *

A MOUSSU

MARTIN ,

L'ARCIIBVESQUE

GRAND

VICARI

D'AVIGNOUN ,

LA SOUCIETA DE

LA

DE

E

MOUNSICNOUH

DIRECTOUR

DE

FE.

I

Daumassi que tenès à me faire l'ounour
De parla davan Mounsignour,
* Celte pièce a été lue et accueillie avec les plus vifs
applaudissements, dans l'intéressante séance de la Société de la Foi, tenue le dimanche , 8 décembre i85o,
présidée par Mgr l'Archevêque d'Avignon, et honorée
de la présence de M. le Préfet de Vaucluse, de M. le
Général commandant la subdivision militaire, de M. le
Recteur de l'Académie, etc. etc.
(A'ofe de l'Éditeur.)

�- 18 Fraire , ie parlarai.... per la santo paun'o...
La pauryo ! aquèu mot fai veni lou clesgous
En d'aqueli qu'an pa la carita... mai vous ,
Vous, mi-z-ami, que vosto aurîo
S'es barrado , jamai, i cris di mauerous ;
Vous qu'ave 'n cor tan pietadous ,
Una man qu'es toujou pourgido à la misèro ,
Que di longui doulour sabè lou long rousèro ,
Em'atencioun m'anas ausi ;
Parla de la paurio es vous faire plesi !

II

Es necite , segur, que n en parlem , mi fraire !
L'iver, 'me si counglas , si ploûvino e sa ilèu ,
De la paurio es lou bourrèu !
Siam au gros de l'iver... Que plagns aqueli maire
Que , quand si pauri-z-eni'antoun
Te demandon de pan, podon baia, pechaire l
Que de lagremo e de poutoun !
E vous , vièi escranca que sias à-n-un mouloun,
Que tremoula coumé la sagno ,
Quand i bor de l'estang lou ventarau s'encagno
Dessu vosti man niaiso avè bèu à boufa !...
Din l'oustau ia pa'na buscaio !
S'encaro avia, per vous caufa ,

}

�- 19 Loucagnar, an soulèu , delon d'una muraio,
Que vous ie tirassaia lèu !....
Toumbo de pouverin, ia pa'n rai de soulèu ! ...
E vous , malau doulèn aclapa su la paio ,
Que n'avè qu'à bada-mouri ,
Din vosti frejoulun coumé dcvè soufri!
S'encaro la Mor èro lèsto
A lèu veni vous amaga !...
Mai, noun sias un proun bèu sega •.
Quand vous vèi, di : Deman! e pièi, viro la tèsto !

m
Ai ! ai ! Signour, moun Diéu ! toul acôfai pieta !,.
Per bonur qu'avè mes conlro aqueli-z-espino
Una flour que mort pas , una roso divino
Que ie dison la Carita !

Ici, coum'es reviscoulado ,
Aqueïa flour dau Paradi !
Grac'i bcnedicioun d'una man venerado ,
Ici s'aubouro e s'espandi ;
La villo d'Avignoun n en es touto embaumado ;
Soun baume escarabio e gari li malau ,
E quand a reviéuda tan d'amo magagnado ,
Mounto , coumé l'incèn, apèrilamoundau !....

�IV

— O santó Carita , qu'as de tan grandi-z-alo ,
Mounlé tan e pièi mai se vènon assousta ,
Rèsto ici per lou paure : ajudo-ie pourta
La croux que maco si-z-espalo.

Destousco Ii riehas ; prene-lèi adèrèn ,
E prègo , prègo-léi de douna quaucourèn
Per li mauerous que pâtisson ;
Digo-ie qu'ilamoun s'acampon un tresor,
Bel ange ! digo-ie , per boulega soun cor,
Couiné li paure reboulisson !

Pièi, santo Carita, serafin amistous ,
Qu'as un tan pouli rire e de co d'iu tan doux,
Entrèvo-te, ma belo, e vanego à touto ouro,
Vai-t-en seca li plour pertout mounté se plouro.
Aquel en fan èi nus e bramo de la fam ?
Porto-ie de raubeto , aduse-ie de pan ;
lla, su'n serpias ia'na chato malauto :
La fèbre ia passi li roso de si gauto ;
Sa maire d'escoundoun fai que se desoula :
Anem ! assolo l'uno, e l'autro, garis-laUn vièi, alin, tremolo, agrouva dins un cairc :

�— 21 —
Soulo tonn alo caudo escaufo-lou , peeaire !...,
Vai pertout mounté ia de mourimen de cor;
Baio à l'amo soun pan, baio soun pan au corp...

0 santo Carita, dreube ti grandi-z-alo ,
Espandisse-lèi bèn su 'questo Soucieta ,
Car touti , fin que d'un , voulem se i'a&amp;sousta ,
Voulem trouba de paure , e i'ajuda pourla
Li croux que maçon si-z-espalo !

J. ROUMAN1LLB.

8

décembre

»85o.

„

��I.ACREMO.

SOIN NET.

Ère bèn jouine enearo : aviéu pa'nca tres an.
Ma maire, din soun lie, per lou mau aclapado ,
Gemissié quenounsai ; per elo pregaviam ,
Car l'ouro da sa mor èro adeja sounado !

Me prengué din si bras ; me digué : « Moun enfan ,
Lou sènte bèn...à viéureaipu qu'una passado...
Amo bèn lou bon Diéu. Siegues brave,inoun sang!...
Amoun, tendrai per lu'na courouno aliscado... »

Diguè-adiéu'mesaman, pechaire!. . emouriguè...
Veguère su soun fron se pausa 'na couloumbo :
Su l'alo de l'aucèu soun amo partiguè.

�( 24 )
— Tou li li soir, dcspièi, quand prègue su latoumbo
Mounté ma maire dort, ia'na voix que me di :
«Vène, vène, mounbèu ! t'espère en Paradi... »

A. CAUTIEB.

Tarascon [Bouches-da-Rlióne.')

�NOSTRO DAMO-DE-SANTA.

Donna, dels àngels Regina
Espeiansa dels crezens....
Donna, niedzes e medziua
Lectoaris et enguens....
(Fiii Troubadour.1

Vènon d'adurre la malauto
A Nostro-Damo-de-Santa ;
Sois ieu blu soun toutei maca ,
La doulour a nebla sei gaulo ;
Lno messo bi van canta....
Ah ! ah !
Prega !

A l'oûtar de la Santo Vierge ,
Enlré dous vaso de vioûhié,
Din lou pu pouli candeliié

a

�-26 —
Sa bono maire a bouta'n cierge :
Lou clerjoun lou vèn d'atuva
Ah ! ah !
Prega.

Sa gran, sa meirino e soun paire,
Soun baile , e sa bailo peréu ,
Santei gèn qu'amo lou bon Dieu ,
A ginoun prègon dins un caire ;
Soun gounfte, e res aujo ploura....
Ah ! ah !
Prega !

Conlro un pihié , darrié la foulo ,
Lou vièi paure qu'amavo lan ,
E qu'abihiè de nóu antan,
En disèn soun Pater gingoulo ;
H i fan signe de se teisa....
Ah ! ah !
Prega !

Sapauro chino meigiinèlo ,
Que, peehaire ! a plu gi de ilan ,
Couchado su lei bar , se plan ;
Mourira.... fougno ei buscatèlo !
Dison qu'anicu faguè qu'urla...
Ah ! ah !
Prega !

�— 27 —
Vaqui'n jiiinome que sei gauto
Soun pu neblado que la mor;
Hi pren de mourimen de cor;
Vè , coum'espincho lamalaulo !
Chu! que lou paure ei soun fiança !...
Ah ! ah !
Prega !

A la clarla dei guerindolo ,
Vese uno troupo d'angeloun
Qu'an d'alo blanco e de péu blou n ;
Rison d'un èr que vous counsolo....
Nostro-Damo leis a manda,...
Ah ! ah!
Prega !

La malauto s'eis amagado ;
Sou lou voilo , soun fron tan bèa
Blanquejo coum'un (lo de neu :
Sei douas parpèlo soun plugadoLa paureto fai que gença
Ah ! ah !
Prega !

Espincha-Ia : de saman palo
Soun pouli capelé'i toumba ;
Bcssai soumeio.... A leissa'na

�Sa lèslo Jessu soun cspalo.
Lou cierge se vèn d'ainoussa....
Ah ! ah !
Prega !

Oûboura-vous , la messo ci diçho :
Deja lou pu devó s'en vai...,
La malauto bran to pa mai
Que Noslro-Damo din sa nicho !
Acabo un Avè coumença....
Ah ! ah !
Prega !

Aro , drubc vestei parpèlo—
Leis ange soun bèn csmougu !
Per la malauto èron vengu !
E s'envolon de la capèlo.
Uno amo oû ciel vèn de mounta....
Ah ! ah !
Prega !

CAMILLE

Carpenlras (Vauclu.se.)

B.EYBAUD.

�LOU BON RESCONTRE.

NOUVK.

A E.

REQUEN.

I

— Mount'èi qu'anas ansin , pastouro?
D'ounté vèn que sias per camin
Tan bon matin ?
Dequé vanega d'aquesto ouro ?

— Gai pastourèu , venem ensètn
De la jaço de Bcthelèm.

�- 30 —
— Fau avé lou gous barrulaire
Per ana courre à Belhelèm
'M'un tan lai tèm !...
E que ie sias anado faire ?

— Mai, coumo ! n'avè pa'iUendu
Li-z-ange que soun descendu •&gt;

— Voulè galeja, pastourélo !
Paurelo , parla de traver
E de I'enver :
Avè segur vira cervèlo !

— Sabé que sias, vous autri dons ?
Un bèu couble de dourniious !

— Quand rounflaian , la niu passado ,
A Bethelèm dequ'avè vi
De tan pouli,
Que sias touti reviscoulado ?

— Ah ! se sabia eoum'acó's bèu,
I'anaia'n courèn , pastourcu!

�— 31 —
— Diga ce qu'ci, pastoureleto ,
Se voulè qu'anem d'aqués pas
Dins aquèu jas ;
Diga ce qu'èi, tourtoureleio.

— Lou Signour-Diéu s'es incarna :
A-niu dins aquèu jas es na.

— Oi !... dins un jas?... n'es pa de crèire...
la d'are, de fedo, d'agnéu...
Mai lou bon Dieu
Es amoundau : res lou póu vèire.

— Quand dins la grupio lou virés
Tout trelusèn, l'adourarés.

— Se nous disè de talounado ,
Se tout acó n'es pa verai,
Ai ! ai ! ai ! ai !
Coumé vous farern la bramado !

—Dequé risqua, pastre ? ana'nsèui
A la jaço de Bethelèm.

�II

— E li dous pastourèu i'anèron :
D'à-ginoun buèron li rnan
Dau Diéu-enfan ;
E pièi, en s'erl·lournan cantèron :

— Glori à Diéu ilamoundau !
A nousautri pax i;avau!

J.

G décembre i85o.

ROl'MAMLLE.

�LOU MARTEGAU ET LOU SINGE DOU
S1GNOUR.

COM li.

Un Marlegau manchot,qu'avietper nouuiSauvaiic,
Sur sounpichot roussin venietde Roquevaire,
Pouartèn d'aquel endrech à soun jouine signour
Un bèu panier de rins , doû terradou la flour,
Qu'aviet bèn emballa dins un vièil troues de linge.

Abriga de fatiguo, arribo dins la cour
De moussu lou marquis... Aqui li trobo un singe.
Subran, en lou vesèn , nouestre'paisan manchot
Si crès que doCi signour lou singe es lou pichot.
De la moucaco alor lou darnagas s'avanço;
La casqueto à la man, li fa la reveranço ;
Li demando en français : «Lou papa vousqit'esl-U?

�-àAllez-moi le sarcer, vous sarez bien zentil;
Dites-lui que c'est moi. » La rusado mounino
Lou regardo, si gratto, et puis, li fa la mino :
Aurias dioh, cadenoun ! que si trufavo d'èu !
Lou Martegau, candi, si cuèrbe lou cervèu
De sa vièillo casqueto ; après si dis : « Pecaire!
Es bessai mu , lou pauro agnèu ! »
Et puis, nouestre coumpaire
Viro de bord, prend coungier d'èu,
Li laisso lou panier per remettre à soun paire.

A peno à la moucaco a vira lou damier,
Que I'animau groumand destapo lou panier;
Aganto leis bèis rins, s'en bourro lou gavagi,
Et dins un guigna-d'ueil
Va tout escudela, tout fach passar per ueil !
Sauvaire emélou goun s'entouarno à soun mïnagi,
Mounté l'esperavo Nanoun ,
Que quand lou ris de luenchpartecoum uncanoun
Per l'anar demandar s'aviet fach un bouen viagi,
S'aviet vis lou signour...Li respouende que noun,
Qu'aviet trouba que soun pichoun.

Adounc, tres jours après, que fasiel pas fresquièro,
Rescontrèl lou signour
Que proumenavo em'un Rectoui
Fer ensuquar lou lèms, oû quartier de Jounquièro;

�- 35 —

Si clino emé respect davan moussu l'abbè,
Et puis, disoû marquis: — Comment l'avez troubè,
Lou panier de riogins qu'à votre fils Iaissèri ?...

—Moun enfant! mai que dies? pantayes, grosarlèri!
Ta fre010 va sau bèn que siéu pas marrida :
D'enfants, n'ai ges... Sies bèn fada!!

— L'ai vis dedins la cour, quasi davant la pouarto·

— M'en diras tant qu'aro li siéu :
As près segur lou singe per moun fiéu...
Aquelo es puis tróu fouarto !!

— N'èropas vouestre enfant?— Noun, marchand d'avarié
Va-t-en triar de bourtoulaiguo.

— Eh bèn ! que vous dirai ? n'es pas per trufarié :
Es tout vous escupi ! caduti si tromparié :
Vous ressembla, Moussu , coumé doues goutlos d'aiguo !

P. BELLOT.

Marseille,

7

janvier

ISJI,

��A AUBERY

(D'UUWBXJO).

I

Lel carrièro soun jalado ;
ïoumbo de néu : qulei flôl
Dei chalo su lei calado
Entende plu leis escló..
Vcici la sesoun marrido ;
Ei cham plu d'èrbo flourido ;
Oû bois plu de roussignôu ;
Su ma caudo chaminèio
Ai arrengea mei llmnèio *,
Que soun tristo e fan plu ù'iôu.
* Lymnea, genre de coquilles (lutiatiles.

�00

L'auro mono : que m'imporlo ?
Iéu me baufe pa lei dé :
Quand ai bèn sarra ma porlo ,
Din ma ehambro siéu caudé.
Aro me sènte reviéure ;
Aro, ami, te pode eseriéure :
Siéu poèto que l'iver^
E prè d'un fió que pctegeo ,
Su ma taulo que brantegeo ,
T'escrive de pichó ver.

O! me dise , d'aquesto ouro,
Moun bèu a-ti ce que fóu ?
Qu sóu vounte, qu sóu qu'ouro
Legira lei ver que fóu ?
Ver seis ami belèu quislo
Couquiho, pèiro requislo,
Per me n'en faire un prcsèn ,
E belèu, savèn pescaire,
Me ramasso dins un caire
Quauquei planorbo * lusèn.

O vouiajour, as bèu courre
Deis otel ei grand saloun ,
E dei piano su lei mouric,
* Vlanorbis,

genre de coquilles (limailles.

�— 39 E dci mountagno et valoun;
Toun adrèsso ei su ma listo
Dei f'atnous naturalisto,
E tout lou mièijour la sóu :
La posto pcrtout galopo,
E mei ver, sous envelopo ,
T'arrivaran per cinq sóu.

Per cinq sóu, pauro despènso !
Soûrras anfin, o moun bèu !
Ce que fai e ce que pènso
Ribau , toun ami nouvèu.
Aro , ami, fóu pa grand'causo :
Ccrque plu de cacalauso,
Songe a tu , pièi fóu de ver;
Pièi su ma caudo terrasso,
Prouvençau de bono raço,
Buve moun soulèu d'iver.

II

E d'aqui, contro la muraiho
Qu'a moun pensiouna ser d'enclau ,
Vese veni de seis oustau,
A mièijour, quand lou soulèu railio ,
De vièi que mardi on a tasloun ,
Bèn plan, la man sus un bnstoun:

�- 40 Sei pauro tèslo blanquinèlo ,
Pechaire ! fan que branteja ;
An de figuro mourtinèlo ,
Tout lou matin reston couija.
Mai dre que vèn l'ouro benido,
Quand dardaiho l'astre de vido,
Lei luser sorton de sei trau ,
Ë lei bon vièi, de seis oustau ;
E se sènton erous de viéure;
Su de pèiro soun asseta ,
E rèston aqui sèn muta ,
Où souleias que vènon béure.

Mè, d'enfantoun plen de respè
Uno troupo, davan sei pè ,
Tavanejo, saulo , babiho ;
Se viéutoulo ou joguo ei goubiho
Uno goubiho, mai d'un có,
Sous un vièi barrulo e s'arrèsto ;
Lou vièi, per pa troubla lou jó,
Drubo sei cambo , elou pichó
Sous aquéu pon passo la tèsto.

D'aqui, moun orne, vesc oCissi
De jouino maire sans-souci,
De pouli marmousé que plouran ,
E que su sei petoun s'oùbouron

�Ver lou teló gouníle deia
Que sei bouquo fan pendoula.

D'enterim mounte a ma muraiho,
Ou risquo de goCisi mei braiho,
E 'spinche , dre qu'ai escala ,
E lei maire, e sei pichós ange
Tan pouli que de Heu lei mange,
E leis enfan, jouious demoun ,
E lei marri vièi que, pecliaire !
La tèsto basso e lei pè joun ,
Dihia qu'espèron din soun caire
La Mor, dous ange ei dous pouloun

CAMILLE

Njons (Dróme) , décembre i85o.

REÏBAIÍD.

��bOU GRIÉ E LOU PARPAIOUN ,

FABLO IMITADO

DE FLOKTAN.

Ainata souto l'erbo, au bèu mitai» d'un pra,
Un grié relucavo
Un parpaioun daura
Que'n voulastrejan calignavo
Li flour que venien d'espeli;
Ero un parpaiouné coumé se n en vèi gairc
De tan pouli !
Fasié gau de lou vèire ana , pièi reveni,
Fouligau calignaire ,
Se pausa s'una llour, e pièi.... lalissa'qui ,
E pièi bousca , dins lou terraire ,
S'escoundudo dins un cantoun ,
N en veirié pa quauqu'aulro esbigna si noutoun.

�— «Ah ! fasié lou grié, que de longo espinchavo,
E que la jalousie crebavo ,
Que soun sor e lou miéu pamen soun diferèn î
Eu es galan à faire envejo :
Dardaio de pertout, de pertout beluguejo !
A tout per plaire, tout ! e iéu de qu'ai ? ai rèn !
Despièi li pè jusqu'à la tèsto ,
Siéu sournecoum'unnivo unjour que fai tèmpèsto:
Siéu lai coumé peca : jamai res me fai fésto...
Que lou tron ta vidasso !.. Auié pa mies vougu
Que sieguèsse jamai nascu !... »

Avié pa'nca' fini de barja, lou renaire !
Qu'un gro vóu d'escoulan , troupelado de

gu ,

(L'escolo se dévié pa faire)
Arribo, e zóu ! galopo aprè lou parpaioun.
Nosta liasso de poulissoun
Emé si moucadou, si capèu , si casqueto,
Que ie mandon de tout cousta ,
L'agarisson... Ai ! ai !... e pan !.. l'an aganta !
Un ie coupo la tèsto , un autre li-z-alelo ;
Un autre... Ah ! n'enfouiépa tan
Per amoussa li fio d'aquèu pouli diaman!..,

— «Tóu! tóu! fai lou grié qu'a tout vis sèn rèn dire,
Es pa d'or tout ce que lusi
Vo brusi !...

�— ho —
Desdise ce qu'ai di3 que lou disiéu per rire!...
Tan vóu èslre grié sourne, lai, maigrinèu,
Que galan parpaioun, e de creba tan lèu ! »

A.

GAUTIER.

Ttirascon (B.D.R.), janvier i85i.

��MEI VEIA DO.

SONNET.

Où caire de moun fìó, lou soir, quand l'auro nieno,
Sèn mula'n res, m'assète e me boute a sounja ;
Ma douco Muso alor me vèn poutouneja ,

E

moun aino eilamoun s'en vai e seproumeno.

Din Ici raïoun d'argèn que lou bon Diéu sameno ,
Moun alo de poèto amo a voulastreja ...
Mai d'enterim qu'où ciel me vcse blanqueja,
Empure amé lou pè moun gavèu que s'abeno.

Moun AH'red,pichó diable, oûmouvamen que fóu.,
Quito sei decoupuro e se jiète a moun cóu ;
Valaniino a mei peu se pendoulo e s'amuso,

�- 48 Pièi, prenon toutci dous ma cambo per ehivau,
E de mei nivo bluredescènde eiçavau :
Adiéu , alor, adiéu, e mei songe, e ma Muso !

CAMILLE REÏBAX'D.

Njons (Drâme) , m juin 1841.

�SOÜLAMI.

A

L'AUTOUR Dl

MARGAR1DETO.

« Piehó, plóures pa, que ta maire
Sóufro mai que tu de la fam,
E dau jour n'a manjá , pecháire !
Brígo de pan. »
« Plóures pa , qu'a bèn proun à faire
De si máu de touti li jour,
Sènso l'y apóundre encá , pecháire !
Ti cris , ti plour. »
« Espèro , que tardarà gáire
De s'esclargí la négro nuè

�- 50 —
En qu pousquè trouva, peeliáire !
Abri ni fuc. »

« Demán cercarà de tout cáirc ,
Dre que lou jour sará vengú.
D'oiivrági per élo, pecháire !
De pan per tu. »

« Mai plóures pa , qu'as plu de paire
Pcr l'ajudá din soun travái,
E belèu plugaié, pecháire !
Sóulo lou fai ! »

— Tóuto la nuè, la páuro maire
Parlèt ansin à soun enlïui...
Mai au jour , souléto, pecliúire !
Busqué soun pan !

H. D'ASSELMS.

Avignon, janvier 1820.

�ADIÉU.

Adíéií, N*** , moun ami!
Sinceramen moun couer le plouro;
Un pau lèu te siès endourmit...
Mais , nous devances que d'uno houro !

A vingt ans , que sort malherous !
A vingt ans, printemps de la vido ,
Vèire sajouinesso espandido
Lèu se passir coum'uno flous !...

Ah ! qu te l'aurièt dich , pecaire !
Quand de santat trelusissies.
Que tant lèu sariès mounté siès !
Certo j te li esperaves gaire!

�Es queia Mouert espaulo rés ,
Et piquo sènso dire garo ;
Lacresèm luònch, bèn luènch encaro,
Au moument que n'en siara susprés.

Oh ! pièi ! qu'es aquesto vidasso ,
Per que tant se li acouquinem ?
Un songi, vo quauquarèm men ,
Uno oumbro laugiero que passo !

Adiéu , N*** , moun ami!
Sinceramen moun couer te plouro ;
Un pau lèu te siès endourmit...
Mais , nous devances que d'uno houro !

Ai passat davant toun houstau ,
Esmóugut, gounfle de tristesso ,
En pensant coumo la jouinesso
Nous soustopas dau cop mourtau.

Lou dóu èro dins la carrièro...
Helas! moun Diéu ! que crèbo-couer !
Dous lume , uno caisso de mouert
M'appareissiènt dins la sournièro !

Et leis cris pietous qu'enlendiéu
De mai en mai m'estoumagavon...

�— 53 —
Pièi, dau temps que leis ulas sounavon,
Per toujours t'avèmdich adieu.

E ta sor, qu'èro risouletto ,
Aro la vaquit dins leis plours !...
Mais Dieu placara seis doulours ;
Diéu la laissara pas souletto.

Adieu , N***, moun ami !
Sinceramen moun couer te plouro;
Un pau lèu te siès endourmit...
Mais, nous devances que d'unohouro !

A.

Salon.

D.

CROUSULAT.

��LOU DARIÊ SOM DE LA VIERJO.

A treje an, embrassé la mor !
Regarda-la din sa ièchoto :
Que dort bien , la pauro pichoto ,
Bressado d'un pantai tout d'or !
Coumo uno blanco margarido,
Hier à peno s'espandissiè,
Et soun pené se gandissiè
A peno au pourtau de la vido.
Mais pièi, quanveguè dedailat
Lou patimen que Pesperavo,
Lou trigos qu'amour li gardavo ,
Et tout aquel mounde tan lai
Que se caupiso, que se buto,
Per ramassa din lou carau,

�-

5C —

Uno dardèno , un cscu fau ,
Ou lou jougué que se dispulo,
Sa tèsto faguè viro-tour ,
Et din lou vala que fai bolo
Entré las joios de Pescolo
Et lou pessamens de l'amour,
Runlè brisado, estavanido.

Garido de la pou qu'aviè ,
Neto et blanoo coumo un neviè ,
Que dort bien la pauro manido !
Regardas coumo trelusis
Souto aquel bendèu de coutèlo ,
Et coumo soun fron blan s'estèlo
D'un bèu rcba dau paradis !

Aquelo bouqueto enfounçado
Que sèmblo rire d'un can tou ,
Vierjo de tout autre poutou
Que la paternèlo brassado ,
S'ouvriguè pas que per prega ,
Digué pas : « T'aime! » qu'à sa mèro ,
Pièi au bon Dieu din sa prièro;
Et quan à soun iel despluga ,
Âginouiado à la grand'taula
De sa premièiro coumunioun,
Lou bon anjou, soun coumpagnoun ,

�- 57 Dau ciel sounlevè la cadaulo,
En vèircaquel amoiin tan bèu,
Calada d'or , crouta d'estèlos
Que li fan milo farfantèlos3
L'embas li dounè lou sounlèu.
Pièi , se viran de ver sa maire ,
Li digué : « Laisso-m'en ana :
Aro qu'à iéu Diou s'cs douna,
Aici n'ai pas pu res à faire. »
Et barré sous iels emblottis ,
Coumo la tourtouro avéusado
Que languis iuèn de sa nisado ,
Et que mouor dau mau dau peis !

LE

MARQUIS

ALûs (Gard) , 1844.

DE

LA

FARE-ALAIS.

��A MOUN FILLOU DUCO (A.

COUDOUS.)

EPITRO.

Ulisso , moun ami, Je couar ti remerciéu
Deissouhaits qu'au Signourfas aujourd'hui periéu.
Desires, moun fìllóu , que la laido Camuso
Vèngue pas de longtèms siéuclar ma pauro M uso ;
Fas de vus per que Dieu alongue meis vièis jours :
En esliran ma vido augmentes meis doulours.
Quand lou tèms de soun dailh marquo sur voue sire cspalo
Soixanto-huech printèms; que battes que d'uno alo;
Que per estoupinar , goudiflar leis inguènts,
Vous manquo leis tres quarts, vo bèn touteis leis dents;
Quand dins un grand galat sias invita, pecaire !
Que souto vouestre nas vias passar de tout caire
Becasso , perdigau , canard , lebrau, dindoun ;
Que cade coutmda si retiro rcdoun ,

�— GO —
En fèn de zig-et-zag, dansan la carmagnolo,
Lou vièi souarte d'aqui, lou ventre à l'espagnolo !!

Per èu, vautmiesalors, eici coumo à Coudous,
Que vague vouiajar au pays deis darbous :
Si'as guéri de tout mau, quand sur vouestro carcasso
Li crèisse la mauguelto et courre la limaço...
Pqmen, n'aimariéu pas, au plus gros deis hivers,
Intrardinslou clóusoun: vaut mies faire de vers !...

Mai laissen de cousta leis amaros pensados :
Dins un camin plus doux voucli faire meis piados,
Chanjar, per dire mies , moun sot resounament :
Adoun, brave pitouè, ti fau moun coumpliment
Sur leis progrès que fas dins la lettro menudo.
Se Ii vas d'aquèu trin, jamai de sa man rudo
Lou savent magistersur tu basselara ;
A toun vièsti souvent la croux pendouelara...
Enreguo lou dràióu de toun vertuous paire ,
Se voues èstre chéri coumo èu dins lou terrairc;
Imites pas surtout tounpairin vcrgougnous,
Car seriés, moun enfant, lambin et vanelous.

T'aviéu proumés d'anar dins toun pouli villag»,
Toumbar coum'uno boumbo et rouigartoun froumngi
Mai ce qu'es retarda, moun bèu, n'es pas perdu...
A moun couel adeja ti voudreiéu pendu !

�—«61—
O ! d'anar t'cmbrassar mouncouar d'envejobrulo...
Vai, ti fan lou serment qu'avant la caniculo,
Aquèu jour de bouenhur tant et mai désira,
Pcr toun paure pairin segur espelira...
Aro, per acabar,... sur la mar de la vido,
Desiri que longlèms vanegue toun batèu ,
Que rescontre jamai, dins sa courso rapido ,
Eafalo, brafounié , aimai lou mcndre estèu ;
Que sa vélo toujours, moun bouen, sièie gounflado
Pcr lou vènt amistous de la prousperita ;
Et quand auras fini ta longo traversado ,
Pcr prix de teis vertus, toun amo sièt poussado
Au port deis bènhurous , per uno eternita !

P. BELLOT.

Marseille, 18 janvier i85l,

��UNA MARGARIDETO.

SONNET

A

E.

REQUIES, SU

SOUN

RETOUR

EN

AV1GNOUN.

Quau doun te reviscoulara,
Pauro Muso apensameutitlo ?
iUalaulo, quau te garira?
J. It. linódit.)

Requien, ma Muso cendrouseto
S'acantounavo dins l'oustau,
Fougnavo, e rèn ie fasié gau,
E ravassejavo, souleto.

Ero malautouno, paureto!...
Lèn !

arOj

n'a pu çes de mau:

�— 04 —
A mes soun pu galan faudau,
E sa pu poulido raubeto.

Mignoto, de mount'acô vèn
Que t'alisques ansin tan bèn,
Que sies tan escarabiado ?

« — ilequien d'ilalin es parti
Per Avignoun : fau s'alesli
Per que me fague una brassado. »

3

i Mars tS5t&gt;.

ROUMANILLE.

�EPITRQ

A MOVSSt

RCQIIEN.

I

Voudriéu bèn vous canta, rac ma Muso, pecairé!
Amistous angeloun , me i'uugno din soun caire;
Car desempiéi dons an , l'ai pa sounado un có,
E pamen, lou sabè , Requien , l'amc bèucô.
Me chaqueageasoungous, eloumiéu,d'aquestoouro,
Ei pa de canla 'n er ei pè d'uno pastouro,
Ni de faire coula lou dous mèu de ma voix
Su Iei blanquo silfido, amiguo dei gran bois :
Aro Dieu m'a baiba l'amour dei cacalauso,
Que, din de palai four», s'escoundon sou de lauso,
E sou la mousso umido, e din lei pèje ascla,
Car cregnon lou souléu que lei póu besuscla.
Aine peréu, Requien , lei mourguelo raiado
Que se chalon, l'esliéu, a sei caudo raiado,
E que, din leis armas, su de jaune cardoun,

�— 66 —

Arrèngeon amo biai seis oustalé redoun ;
Avè bèu amé sieun lei culi su la planto,
Din vostei dé loujou quauquo espigno se planto.
Ame encaro, o moun mestre ! e n'en fase gran cas,
Aquelei que toujou soun coulado ei roucas,
E qu'entèndon souna lei matino avan l'aubo (i),
E cauta de Brunó lei mouine a blanquo raubo ;
Ame lei cyclosíomo (2) e lei maigre papa (5),
E sei frère nané que vesem presque pa (4) ;
Ame sei fièro sœur, lei longuo clausitio (5),
E leis ambreto (6) d'or facho coumé d'odblío;
Ame (inè leis aviéu oûblida 'a coumencèn,
E meritori pamen un pichó gran d'éncèn),
Lei bulimo elegan (7) , lei paure testacèlo (8),
(1) Coquilles de la Grande-Chartreuse, près de Grenoble.
(2) De cyctostoma, genre de mollusques, ou coquilles
terrestres.
(3) De papa,

en français maillot, genre de coquilles

terrestres.

(4) Verligo , t'a,
(5) De clausilia, genre de mollusques, ou coquilles terrestres.
(6) De ambrcttc, en français ; succinca , en latin : coquille amphibie.
(7) De bulimiis, genre de coquilles terrestres.

(8) De teslacella, genre voisin de la limace.

�— G7 —
Que porton su lou cuiéu sa rr.înço crubecèlo ;
Ame anfin

Vè, Requien, poèto sournaru,

Ame tout aquéu pople eimable e banaru ;
E se tournavia mai visita ma chambreto,
Avan qu'aguessia mé vosto fièro barrelo,
Sou de tèlo d'aran, per caire e per cantoun,
Su de tepo, vehia sei pu bèus enfantoun.

Desempièi quauquei jour, coumo la fié nous gagno ,
E que lei sorte plu , lou soir, quan toumbo eigagno ,
Soun triste, marchon plus, e pode plu 'spincba
Sei piobó mourre fin que soun jamai couticha.

Siéu erous de n'agué, din mei boucau de veire,
Un troupèu tan pouli que vous fan gau de veire,
E que pesquère antan din de large vala
Vounte naturalisto a jamai davala ,
E din de nai bèn foun, e din de sourco frejo,
D'ounte sourtiéu, la cambo endoulourido e rejo,
Me pu countèn d'agué mei bèsli din raoun gó,
Que lou cercaire d'or d'empourta soun lingó.

Mei planorbo (i) loûgiè , qu'an de fiéu per baneto,
Qu'uno rodo, un souléu hi ser de cabaneto (2),
(1) De planorbis, genre de coquilles d'eau douce.
(2) liodo, souléu, petite pièce d'artifice.

�- 08 —
Mei flso (i) louiigarudo où pè mince e'stendu,
Que sa couquiho a Ter d'un pichot ióu fendu,
Mei llmniio (2), animau que per bano an d'oûreiho
Coumo un pioho carlin que s'esfraio e choûreiho,
Doû bouné pbrigièn meis ancilo (3) couifa,
Qu'aqui dessou j pechaire ! an l'er de s'estoufa,
Fan la plancbo un moumen su soun aiguo elareto,
Respiron un pou d'er, pièi fan douas estireto,
E pièi davalon mai oû foun de sei boucau ;
Pièi, se ma chambro ei negro ei,s ouro que fai eau,
E se, din la sournuro, un raioun que brantailio
Deis atomo loûgié me mostro la bataiho,
Per cerca lou raioun que din sa nieu Iusi,
De sei nai de cristau sorton amé plesi.

Elas! un enfantoun que din soun brès varaiho,
Quan lou vice lou pren , se quiho a la muraibo,
Pousso dei pè, dei man, resquiho, e toumbo oû sôu,
Mè hi mor pa, que plouro e crido tan que póu :
Sa maire que l'entèn, sa maire qu'ei pressado ,
A vite Ieissa 'qui soun obro coumençado,
Counsolo l'enfantoun oû teté pcndoula,
E lou recouijo anfin, roso e gounfle de la.

(1) De physa, genre de coquilles d'eau douce.
(2) De lymnea , ici.
(ô) De ancylus , id.

�— GO —

Mai, elas ! mei motusquo an gi de voix doulènto;
Ai jainai entendu sei souspir c sei plènto;
E quan, sourd de l'aiguo, oû sóu van frissouna,
Oû sóu quan van mouii, ine podon pa souna !'
E souvèn, paure hiéu ! quan din soun aiguo douço
Aduse de creissoun , de lachoguo e de mousso,
N'atrove quauqueis-un que soun mor toutesca,
Tan lou mavoun que béu leis a vite secal

Meipaludino (i) oû mcn de precoutioun sounplcno.
Quan sei bano sens ieu, que sèmblon douas aleno,
An senti nosle er viéu,

—

couine n'an pa besoun,

Van camina pu bas din sa claro presoun.

Veici mei nerelino .' (2) Aquclci d'aqui moron
IIieundoûcourèn fresque vounleseisœurdeuioron(3),
E retire toujou de soun pichó pesquié,
Seis oustalé pinta eoum'un vièi echiquié.

(1) De paludina, genre de coquilles d'eau douce.
(2) De neritina , id.
(3) Leis ancylo e lei neretino vivon su lei pèiro , dius uno
aiguo claro e courènlo; ai pa'ncaro pousqu leis abari diu
mei pichó pesquié de veire.
(Aoic de l'Auteur.)

�Veici meis anodonto (1) e meis unio (2) noumbrouso
Saluda lèu, Requien, saluda, soun poûrouso
Mai un pichó fiéu d'er fai rire l'aiguo; elas !
Vesem plu camina que mei pauro ciclas (3) :
An sourti soun pè blan, rodon per troupelado;
Dihia dins un pla foun de lentiho grelado;
Dilua

Mè, paurc hiéu ! sabe plu ce que fóu :

Que vous vôu cantá'qui? lei couquiho ! siéu fóu !
A! desempièi lou jour que moun amo blessado
Ilejoun coum'un tresor seis amaro pensado,
E que legisse plu per libre e per journau
Que ce que din moun cœur a 'scri l'oûlour d'en-au
E que din mei roucas, oû mitan de mei paslre,
Ennuia de la terro , espinche ver leis astre,
Per veire din lou ciel mounla lou jour beni
Que lou pople demando e que vôu pa veni;
Despièi que moun regar vei, pertou vounte toumbo
Uno santo vertu couijado din la toumbo,
Un fron jala de pou que pressèn l'oûragan,
Un paure vanitous que se fai arrougan ,
Un ricbas egoïsto , e que vous mando jaire
Lei paure mespresa qu'apèlo de irianjaire,
E qu'oCijisse, en ceulèn moun oûreibo oû roucas,

(1) De nnodonla, grande coquille d'eau douce.
{2) De unio, id, , mulette, en français.
(5)

De cyclas , id. , cyclade, en français

�- 7! —
Sou la tcrro csmoùgudo un triste, un Ion fracas,
Vcngu d'aperavau de sei caverno founço,
E que res oûjourd'ieui póu dire ce qu'anounco,
Deis ome d'aquós tèm me siéu lèu destaca,
Ei noum lei pu famous cregne de me taca,
E même (aquó d'aqui vous fara pa gran'causo),
Oû lió de vous canta, cante lei cacalauso.

E perqué ? Vous que sias un sant ome de Diéu ,
Vous que me soûvahia, vesè, se me perdiéi],
Vous qu'ame, que rcspète, e que vosto amo antiquo
Piano su lou fum cau de nosto poulitiquo,
E ri, su noste infer plen de negre demoun ,
Dous ange d'eiçavau, eis ange d'eilamoun ;
Vous qu'avès a la man, per touto counchaduro,
Lou jus toumba d'un frui que lou souléu maduro,
Ou la poûssièro d'or dei flour que mastreja,
Per enrichi 'n erbié qu'ei tan riche adreja;
Vous que, din noste bru, gran-prètro de la siènço,
Oûjiguehia jamai que vosto counsiènço,
Que mespresa la gloiro, e din voste cervèu,
Mounde mistèrious vounte tout ei nouvèu ,
Garda tan de mervèiho amé sieun estremado,
Que sufihièn per faire a vosto renoumado
Un pièdestar soulide, e que chez Ayme anfin
De vosto noblo vido espera que la fin
0 Piequien! se póu-li, veguem, que m'espouvantc

�— 72 —

De vosle noum tan bèu que bénisse c que vante?
Ne-un, noun! e vole dire e crida 'i quatre vèn
Ce que dison de vous mei molusquo savèn,
Car sabè qu'oûjourd'ieui, de hieun, lei cacalauso
Telegrapbo estounan escrivon forço causo (i) :

II

— c Quan Dieu, dei nivoclar vounle s'escoundiè plu,
Veguè nosto planeto, oû fin foun doû ciel bju,
Vira coumo voubiè, verdo, soulido e bèlo,
De seis ange sounè la santo ribambèlo;
E, coum'un rei mourtau su soun trône asseia
Choûsi doû rniéu que póu sei ministre d'eta,
Noumè d'ange gardien per agué sieun'doû moundc*
Car éu que l'aviè fa n'aguè lèu soun abounde !
Un gardé lei mountagno" : — aquéu jour, de respè,
Lei sentiguè lontém frissonna sou sei pé ;
Un autre agué lei bois : — e pin, roure, cló d'erbo,
Tout fremiguè d'amour din lei forés superbo;
Un autre agué lei piano, e lei fleuvo, e lei riéu :
L'ange lei saludè de soun regar curiéu ,
E'nlendeguc tres có ver seis oûreiho erouso,
Mounta de Ion souspir e de vois amourouso;
(1)

Lei cacalauso simpalinuo :

journau

La Presse.

vùire

lou

fuliietoun

doû

�- 73 —
Vous, venguehias garda la fièro e grando mar;
E quan, lei peu bagna de soun parfum amar,
Poûsehia voste pè su sa peitrino blanquo,
La soûvageo en bramèn vous mountè jusqu'à l'anquo.
Riguehias per calma soun afrouso fouhiè,
E se revessè mai per dourmi din soun hiè.

Alor vouiagehia din la mar longo.e sourno
Vounte, quan disparei, lou souléu s'encafourno ;
Din vosto largeo man prenguehias en passèn
Sei rnouslre, sei peissoun , sei molusquo innoucèn.
Pièi, din lou Pont-Axin, mar caudo e neigrinèlo,
Per un estré canau qu'apelem Durdanèlo,
Inlrehias, o Requien, per counestre peréu
Sei bèsti que vivièn vesino doû souléu.
E pièi, per lou Phasis, ileuvo qu'a gi de sourço,
Lou fron rouge e susan, prenguehia vosto courso,
E l'astre, rei doû jour, veguè 'n noble gèan
Camina sens esfrai din lou fleuvo Océan,
E sèn beissa 'n moumen sei parpèlo tranquilo,
Passa din lei raioun que jisclon de soun ilo.
Remountehia d'abor doû cousta de la nieu,
Lou fm-foun de l'abime èro clar sou voste ieu.
O! res que vous, Moussu, pourrie nous pinta 'ncaro
Leis animau pouli, lei moustre a laido caro,
Qu'asseta su 'n roucas, su vostei gran ginoun
Poûsehia per lei veire e per hi baia 'n noum.

�- Ih Mounlchia 'ncaro, e pièi, prenèn la davalado,
A gaucho, veguehia de mountagno pclado,
E lei cimmèrlèn, qu'Omèro couneissiè,
E lou fron de VAtlas, que lou soir lusissiè,
E Cllo benerouso, e la raço naneto ;
Car, lou sabès, alor noslo jouino planeto
Ero roundo, èro plato, e X1 Océan d'abor
Yiravo a soun enlour e bagnavo soun bor.

Ter lou consta doû jour faguebia vosto intrado
Din lou NU, que traverso uno caudo countrado ,
Vounte, quan per aqui vendre mai barrula,
Veirè de negre lai per lou souléu brûla.
Doû NU intrehia mai din la mar: — lei tèmpèsto
Jougaran-ti toujou su ta divino tèsto?
Espausso aquelo sau que te blanchi la peu;
O bèu pastre marin , couneisses toun troupèu !
Vai, vai, estudio aníìn la terro e sei mistèri,
Lei grans os entarra dins aquéu çamentèri,
Lei mountagno, lei bois, lei planto, lei metau,
Tou ce que Diéu faguè per soun pople mourtau;
E quan oûras tou vi, superbo creaturo,
Quan soûras lei secrè de la santo naturo,
Siès un ange, parai ? e bèn ! saras un Diéu !
Paras un mounde alor, s'acó te plai; adiéu! »

— De l'aiguo ou de t'infer aquelo vois vengudo,

�— 75 —
Restountiguè lontèm din vosto amo esmoûgudo.
Mai a la fin, pamen, d'aquéou drahióu amar
Que fasièn vostei cambo en labourèn la mar,
Sourtiguehia. D'un pè qu'aviè gi de sandalo,
Piquehia lou roucas per miéu drubi vosto alo,
E vous enlevehia; pièi, dins un vira-d'ieu,
Oû pabis de la fré, de l'auro e de la nieu,
Arrivehia, doû tèm que sei piano esfraiado
Vesièn courre pertou de coulobre raiado,
De Iuser qu'avien d'alo e de gran bè d'oûssèu,
D'elefan Ioungaru gro coumo de veissèu,
Moustre qu'eiziston plu, moustre d'oûrriblo laihn ,
Que veguehia mouri din d'afrouso bataiho.

D'aqui, ver lei mountagno, o mèstre, escalehia;
Davan sei roucas dur jamai noun calehia:
Arma doû pèje lour d'un sapin ou d'un roure,
Labourehia sei costo, esclapehia sei mourre;
E pièi, per un gran pous garda per de grifoun,
Passehia sou la terro e din sei draihióu foun .
Per trouva din la nieu lei ruino escoundudo
Dei raço deja morto e per toujou perdudo,
Per veire lei terrèn, per touca lei metau ;
Epièi, estudiehia lei riche vegctau-

Lei vegetau!... moun Diéu ! que la terro èro bèlo
Avan que lou Segnour l'alrouvèsse rebèlo !

�Lei crcsto dei mountagno èron de jardin ver;
Ploûviè que de parfum su lou jouine univer;
La terro èro de flour uno santo courbeiho,
E l'orne de parfum viviè couine Pabeiho.
Mè, desempièi Adam tou se fasiè men bèu ,
Tou, même lou souléu, noste antique flambèu !
Quan Diéu finalamen que la terro oûblidavo,
Diéu, qu'amé d'ieu d'amour toujou la regardavo ,
Din lou ciel esbranla s'oûbourè ; d'uno vois
Qu'esfraiè lei mountagno, e lei fleuvo, e lei bois,
— « Reveiho, vous cridè , noste Océan soûvage!
Per tou nega 'ila'vau, deforo sei rivage
Que saute ! »— Ehias pa 'qui vounte alor vou fouhiè,
E rOcèan restavo endourmi din soun hiè.
La couléro où bon Diéu gounflavo la peitrino ;
Sa m an rougeo d'uhiau fouité l'aiguo marino ;
E la mar, aqués có, reveihado en sursau,
Levé sei milo fron blan d'escumo e de sau ;
Sou lou foui que per pouncho aviè de Ion lounerro,
S'encourriguè 'n bramèn de sei bor su la terro:
Su lei plus auto cimo agué lèu escala.
Aqui lou foui de Diéu la faguè requiala.
D'entcrim, o Requien, un paure patriarcho,
Qu'espinchavo lou ciel per un trau de soun archo,
Vous veguè remounta, leis ieu bagna de plour,
Ver aquéu que negavo e Icis ome e Ici flour.

�- 77 -

III

O Requien ! din Ici jour de soun dur esclavage,
Lou Jussióu quauquo fe-sus un triste rivage
S'assetavo, e 'scoundu sou lei sambu flouri,
Soulajavo en plourèn soun cœur endoulouri ;

A sa Jerusalèm tan douço e tan poulido,
A sei bèu serre ver de palmiè courouna
Sounjavo: un eizila, vesè , jamai oûblido
Lou pahis beni vounte ei na.

E din lou pahis doû touncrro
Pupla de vierge e d'angeloun,
Vous souvenia de nosto terro,
De sei piano e de sei valoun ;
E vous souvenia de sei mourre,
Pupla de sapin e de roure ,
De sei gran fleuvo e de sa mar:
E noste mounde bèu encaro
Fasiè coula su vosto caro ,
Deplourbèn triste e bèn amar.

E, paure vous ! quan leis archange
Voulavon din de íló d'encèn ,

�— 78 E per dire a Diéu sei louange,
Souspiravon touteis ensèm,
Venias oû bor doû sant rouiaume,
E cercavias un divin baume
Per voste cœur plen de doulour,
E d'amound'au ver la nieu sourno
Vounte la terro toujou tourno ,
Mandavia de poutoun d'amour.

Finalamen, Diéu que vous amo,
O moun mèstre! en risèn faguè
De l'ange bèu uno bèlo amo
Que su la terro s'en vcnguè :
Nosto planeto enfrejoulido
Vous pareguè pa tan poulido
Qu'aprè sa caudo creatioun,
Quan leis ome , gèan roubuste,
Vivien sèn lei, erous e juste ,
Oûtan que vivon lei natioun.

IV

Même avan lou déluge ehia naluralisto ;
Deis ètro d'aquéu tèm pourria faire la listo,
Car couneissias alor tou ce que Diéu a fa,
E de vosto memoiro, o ! rèm s'eis escafa.

�— 70 Lei fossilo tan moï que s'en van en escaiho ,
Lei bèsti que soun plu que de gran raouloun d'os ,
Leisurno, leicalèu, lei mounedo, anlicaiho
Qu'atrovon quauquo fe sou lei mavoun d'un cros;

Lei terrèn de touto naturo,
Lei minerau , leis aubre, e lei planto, e lei flour,
E lei vièi bar clafî de savènto escrituro ,
E lei bèu pargamin ei superbo eoulour,
Couneissè tou, moun noble mèstre .
Me fahiéu proun savèn couine vous, se poudiiu ;
S'assajave? en que ser ! . Per tou saupre, fóuì&gt;lre,
Requien , lou diable , ou lou bon Diéu !

CAMILLE BEYlîArD.

Njons (Drôme), 3o Décembre i85o.

��LI MAU PARTAJADO.

EPITRO

A J.

UOUMANILLE,

Li fio poulido
Li fau marida;
Li vicio passido
Li fau gita'ila. .
{Vièio cansoun.)

Ta Muso a reveia la miéuno,
Acantounado dins lou jas :
— « Anem, ma belo, fai di tiéuno :
Vici veui lou carnavas...
Tu sies un pau poulinchinèlo :
Faràs rire li gargamòu...
Vai pourgi quauquo baehiquèlo
A toun poèto cascàveu. »

�E subran , la miéuno à ma porto
Es vengudo sarraieja :
— « Ll Prouvençalo soun per orto.
Dormes ? Anem, fau baneja. »
E iéu qu'ai augi ma Museto ,
Per la reçaupre ai courrigu :
— «Sies bèn lardiero, ma pouleto
l'ai di d'un er tout esmougu.
Ère malau de te pu vèire !
Me reviscoules, siéu countèn...
Vène emé iéu trinqua lou vèire ,
Lou pieho vèire d'aigardèn. »
Per paga ma bono maniero ,
Vóu me chabi dins men d'un an ;
Li fieto à ma catouniero,
A l'entendre, s'estranglaran.
Siéu candi d'aquelo proumesso !
Coumé vau rire, lou matin,
Se passon per ana'la messo,
En f'asèn brusi si patin !
Virai veni li pu moudèsto
Qu'à pichô pas caminaran,
Que ver iéu viraran la tèsto,
Pièi 'me si-z-ieu nie parlaran.

�- 83 Mai, coumo eminanda la gibouso
Qu'a boutèu prin e pè l'ourchu ,
Se venié faire l'amourouso ?
(N'ai pa gaire l'esprit pounchu...)
le dirai, sèn rèn nen rabatre :
— « Iéu ame pa li-z-agassin ;
A mi-z-artèu n'ai déjà quatre :
Se t'espousavc n'auriéu cinq! »

S'au nas me mounto la mouslardo,
Dins quatre mot te vau seca
Li pè-de-bourdo, li panardo,
Sènso que poscon rebeca !
Farai entendre à la preiniero
Qu'ai tres manobro à moun chanlié,
Que per p'ana courre i sausiero,
La prendran per pasto-inourtié !

L'aulro que, su sa cambo gaucho,
Se brandusso emé tan de biai,
M'augira dire que, quand chauclio,
Sa deguèino me fai esfrai.
Siéu douié que noun se póu dire,
E jamai me viran fiança,
Se dève soufri lou martyre,
Em'uno goio à trinassa !

�- su — Mai te vaqui, bèlo camuso !
Toun nas a pa fa tout soun crèi...
Oh ! que ta visito m'amuso !
Gènto rèino, te fau un rèi!...
S'ère l'enemi di luneto,
Vouriéu uni moun sor au tiéu ;
Auriéu papou, ma poulideto,
Que nen boutèsses davan iéu î
Mai n'èi p'ansin... tout lou countrari,
Car iéu vole que ma mouié,
Aguememe aqueli-z-ensarri,
Quand dourmira dedins soun ié!

— Mount'èi que vai nosla passido ,
Lou fron plissa coumo un peru ,
La peu jaunastro e rascassido,
L'er tout ragagnous e bourru ?
Per m'espousa, laido coudeno,
Per veni gouverna l'oustau ,
As p'anca'fa proun de nouveno,
E iéu, proun de peca mourtau!

.— Qu bru qu'augisse! qu sequèlo !
Guècho e tuclo barjon ensèm ;
Rabloto e longo maigrinèlo
Parlon déjà d'èstre jacèn !
N'ia douge qu'an d'ieu de macholo ;

�— 85 —
Vui di nousado an lou balan...
Venè, venè, grando e pichoto :
Anas ausi vostè galan :
—Tuclo, guècho, borgno , grelado,
E touti vautre, escouta-me :
Se davan iéu sias rambaiado,
Anas bèn lèu saupre perquè.
Ma Muso, qu'es un pau badino,
Ma carga de vous dire , iéu ,
Que farés coumé li mounino,
Que restarés.... su vostè quiéu !....

GLAl'P.

i féorier i85i.

��AL CURÉ POÈTO.

(M.

BORRET.)

Èy flous d'or, rainel d'orqu'on trobo pas sus aures;
Mais flous d'or, ramel d'or, courounos de laurè
Nou balon pas per jou simple bouquet des paures,
Et surtout benezit pel poèto-curè !...
Car bous, moussu Curé , ses poèto, et zou sabi ;
Prechasdin nostrolengo. Un jour bousescoutabi,
Èro Pasquos aquel mati ;
Pintrabes l'aubo en fèt que begnô de luzi
Sur un toumbel sacrât; lous ayres que brounzisson,
La terro que trambolo et lous rocs que s'esquisson :
Et lou dot que s'es alandat,
Lous gardos que s'estabanissou ;
Et Yhome que n'en sort, lou i'roun illuminât...

�- 88 —
Acó 's Diou que ressucitabo ,
Et qu'ai Paradis s'entournabo !
Lous anges à miles l'enbirounon déjà,
Et la terro et lou ciel cridon : Allduia !

Anèy , acós n'es plus dins la sento tribuno
Que bostro Muzo canto: es din un bos flourit ;
Pastouros et pastous de touto la coumuno
Me bâillon de bouquets ; et bous , toutjour amit,
Lous luntas en parlan et de graço et d'esprit.,.
Ses poèto, Curé ! La lengo de la prado
Touinbo de bostres pots fresco, muziquejado,
Et la fazés souna din bostres bers, aciou ,
Coumo à Magnificat la lengo del boun Diou !

JASMIN.

Agen, i85t.

�LOU VIN CUIEU,

I

Aqués soir per la veiado,
La famio es reveiado,
Daumassi fan lou vin cuieu
Lou fìó jito si belugo,
L'enfan, que la som pessugo
Badaio e se freto l'ieu.
La gran après sa fialouso :
Es segur pa vanelouso
'Queia pauro rèiro-gran !
La maire es afeciounado :
Courduro, à l'aise assetado
Zino trio lou safran.

�— 90 —
Li-z-ome atuvon si pipo ;
En rouveian, lou ca lipo
Una sieto per lou sóu ;
Chascun, dins la chaminèia
Jito soun brou de bourèio;
Fan roun davan lou pirôu.

n .
LOTI

PAIRE :

— e Noste Moussu , qu'èi pa'n couano,
Encavo si damo-jano...
Tout acó rend pa pu gras! —
Siegue vièi o de l'anado ,
Lou flasque de la journado
Es tan lèu viège que ras ! .. »

IOT)

B.AF1 :

— « D'aigo de la poûseraco
Dins un tinèu, su la raco,
Fai de trempo per tout l'an.
La trempo, à Pacoustumado,
D'en-premié se bèu sermado,
Se nen chourlo que pu plan... »

�— 91 —

LOtl

DROLE

:

,— « Lou matin, à la collèto,
Carguem nosta miejo-guèto,
Emé dous det de vin cuieu ;
Alor, cregnempu l'igagno ,
L'auro que boufo e s'encagno,
E li nèblo de la nieu... »

LOU

PAIRE:

— « la 'n an, tramblère li fèbre
N'ai garda'na póu de lèbre!
S'ai eau, buve : èi moun soulas.
Mai per aquèu que s'empego,
Jamai tiro dre sa rego
'M'un araire à tres coulas. »

LOB

DROLE :

— « Dins lou piróu que cantcjo
Lou vin cuieu deja perlejo :
Zino, refresco li go...
Nous coucharem que toutaro...
Vicjo, fai-nen chima'ncaro... »

�- 92 -

LOU

CACO-NIS :

— « Ma maire, qu'èi bon, acó!... »

Tl·l.

Avignon, octobre

1

85o»

AliBAKEL»

�LOU IUÉU.

A

MA

SORE

LEXETO

Vici ce que disiéu à ma sore Leleto ,
Un bèu jour de printèm :

— « Dins si ribo, uno aigo clareto
Coulo risouleto
Su lou gravie lusèn.

Au milan, di tepo flourido,
Mounié chasco flour espandido
Dins lou riéu se vèn miraia,
Sorc Leleto, vène! Es pouli, su l'erbelo,
De vèire la viéuleto
Au bèu soulèu s'esparpaia ,

�- 94 —

.

E d'entendre piéuta dedins la bouissounado
Lou rigau que, de tout cousta,
Voulastrejo e fai que sauta
De branco en branco, en cercan la becado.

O ma sore, vene emé iéu
Anarem plan-planeto
Souto la pibouleto
Entendre cascaia l'aigo claro dau riéu.
Pièi me diras, bono Leleto,
Ta gènto e gaio cansouneto,
Que vèn passa su mi doulour,
Coumé lou ventoulé, lou matin, su li flour. »

—Mount'es,mount'es lou tèm que me la reniés dire,
Qu'à moun cousta me veniés rire,
E canta, coum'un auceloun,
E pièi, dessu lou fron me faire de poutoun ,
Qu'èron mai dous encaro
Que dessu ta guitaro
Lis er de ti cansoun ?

Ai ! ai ! ai ! es passa coumo la feuio morto
Qu'à la baisso, ilalin, l'aigo dau riéu emporto.
Ansin la inan de Dieu ,
Au pu bèu de la rido,

�- 95 —
T'empourtè liun de iéu,
Tout-bèu-jus espandido!

A JOTJSE.

Mai tu, jouine e bèu troubadour,
Que nous escampes tan de flour
De ta poulido canestello,
Ti margarido ilouriran
Autan lontèm que Iusiran
Apèramoundau lis estello'

ANSELME MATTHIEU

Châleauneuf-Calc. {Vaticluse-) février i85i.

��■L'AVARAS.

A

JIOl'SSU

LACHAMBAIDIE.

Un avare avalé sa lengo, móuriguè ;
Coumé bèn lou pensa, Ion regrelèron gaire !...
Per noun paga la barco, ilabas que faguè ?
Oh ! ia qu'un chin per acó faire !
D'escoundoun, en nadan, traverse l'Acheroun,
A la barbo dau vièi Caroun!

Mai quaucun lou veguè que nadavo à la morto...
Quand Plutoun sachè-içó, faguè lou fió di pè,
E tout l'infer sieguè per orto.
— « Quau es lou margoulin qu'a pa mai de resp
Pernosti lèi,—diguè Plutoun?—Queto insoùlènci
Que l'adugon à l'audiènci...
5

�— 98 —
Juge, juja coumo se dèu :
Fau un nouvèu suplice à-n-un crime nouvèu ! »

E li Furio l'agantèron ;
Ern'uno de si ser i'estaquèron li man ,
I juge en renan l'aduguèron ;

E quand noste avaras se ie veguè davan ,
Su soun su, de l'esfrai, si peu blan se drissèron !
A reviéure lou còundanèron ,
A vèire coumo, aprè sa mort,
Si-z-erctié galoi dcgaiavon soun or !

i.

22 janvier i85i.

HOCMANILLE.

�BALADO.

Aqueste soir, sus un nuage ,
Ma bono maire , m'a sembla
Que vesiéu lou charman visage
D'un pouli garçoun de moun âge
Que la tristesso aviè nebla :
Èro un ange que me sounavo ,
E ver éu moun cœur s'en-anavo.

O ! plourè pa ! 'spincliarai plu
Lci nuage din lou ciel blu !

Aqueste soir, dedin la piano
Lou vèn boufavo , e de moun cóu
A 'mpourta moun fichu de lano ,

�— 100 —
A desnousa ma catalano ;
Ma raubo a fa lou tarïeiróu.
Amé 'n vóu de feuiho espoûtido ,
Vè, me cresiéu d estre parlido.

O ! plourè pa , qu'anarai plu ,
Quan fai de vèn, sou lou ciel blu !

Aqueste soir, sou leîpiboulo,
Ai entendu souna de clar.
O ! la cainpano que gingoulo
Nous di que la vido s'escoulo ;
Hi soungem proun , mò per asar.
Aquéu bru que fai m au a l'amo,
Me fai de bèn , e moun coeur l'amo.

O ! plourè pa , qu'entendrai plu
Souna Ici clar sou lou ciel blu !

Aqueste soir , ravassejave :
Lou clar de luno èro tan bèu !
Pauro malauto , en que sounjave ?
Elas, bon Diéu ! que me couijaye ,
Bèn erouso , din moun toumbèu.
Ere morto , e vous esperave ;
Mè venia pa , maire , e plourave.

�— lOi —
O ! plourè pa, qu'anarai plu
Ravasseja sou lou ciel blu !

O ! tenè, siain de malerouso f
Vous ame tro per vous troumpa :
Vóu mouri, mè siéu pa poûrouso ;
Dison que la Mor es afrouso...
O maire ! lou cresiguè pa ;
Noun, noun , la Mor es pa marrido :
Amé lou bon Dieu nous marido.

O plourè pa ! soufrirai plu ;
M'espandirai sou lou ciel blu !

CAMILLE

Nyons (Drame) , 28 mars i85i.

KEYBAlDi

��LA MARGARIDETTO.

(Retirât de C'angles.^

A

MOVN

AMI

J.

ROUMANIL1H.

Sabe uno flour, uno flouretto
Que se vestis d'or et d'argent ,
Puro de longo et risouletto ,
Euié la pluègeo , emé lou vènt.
Leis bellos dau champ leis pus fièros
Règnon qu'un tètnps , et tour à tour ;
Brilhon et moueron passagièros ,
Souvent dins l'espaci d'un jour.

Mai la flouretto bèn lunado
Ello péris ni tard ni lèu ;

�— 104 —
Es la perletto de l'annado ,
Es la mignotto dau soulèu ;
De Floro alisco la courouno ,
Naisse sus leis pas de l'Estiéu ,
Esgayegeo la palo Autoumno,
Ris à l'Hiver pensamenliéu.

Lou roumaniéu , sus la mountagno,
Trachis eis cops de l'Anguieloun ;
L'hyèli prefumo la catnpagno ,
Et la viéuletlo lou valloun;
Mais nouesta flous revertiguetto ,
D'amount , d'avau, trèvo pertout ;
Se juègo eis bords de la sourguelto ,
Et sus la caforno dau loup.

Dins leis jardins augeo , poumpouso ,
'Me l'uilhet se requinquilhar;
Per hounourar leis mouerts, piouso ,
Eis çamentèris vènt brilhar.
Sus soun sen vounvouno l'abilho ;
L'agnelet croquo soun boutoun ;
Parpailbounet s'escarabilho,
Eu li prenènt mais d'un pouioun.

De Floro pagesso fidèlo ,
Co'urouso en tout temps, en tout luéc,

�- 105 —
'Me 'no gruei sempre nouvello ,
Desplego l'or pur Je soun uèc.
Sus leis coutaus et dins leis pianos,
Flouiis à baudre aquest bijou ;
La roso règno de semanos,
La margaridetto , toujou !

A.

B.

CfiOllSILLAT.

Salon (Ii.-d.-li.), 3 mars i85i.

5

��JOCRISSO.

CONTE.

Lou paure Moussu Balisto ,
Lou matin , fasié la listo
De ce que farié lou jour ;
A soun varié la dounavo,
EtJocrisso executavo
Leis ordres de soun signour.
Se quauqueifes li' arribavo
De pa faire exatamen
Leis ordres doû reglamen ,
Em'un bastoun lou zoubavo ,
Qu'aguèsse tort vo resoun.

Jocrisso fasié la mino,
Quand sentie su soun esquino

�— fos Que toumbavo lou bastoun !
Que mèstre de tanto Pino !
Li foulié tout avala...

— Un jour qu'èro emé sa fio.
Moussu Balisto resquío
Et toumbo dins un valia ;
S'envisquo tout, si barbouio,
Nèdo coum'uno granouio
Au bèu miian doû í'angas...
N'a que la linguo de seco !!..,
Bado coum'un darnagas
Que si vis près à la leco !

— « Viguen si s'en tirarà , *
Dis Jocrisso que s'estouffo
Doû rire , lou vian que bouffa
Et que póu plus respira !..

— o Jocrisso, ajuedo-mi... foustre !
Anen ! mount'es aquèu boustre ?
Se m'ajuedes pa , bregan ,
T'agantarai proun , deman, »
Li crido Moussu Balisto.

— Jocrisso souarte la lislo ,
La liège jusqu'à la fin ,

♦

�— 109 —
Et li fa la reveranço ,
En dian : « — Aquelo ourdounanço
Es pa 'sciicho aqni dedin
Revendrai

deman matin í »

MAUIUS

Marseille . 28

(2/ i85o.

«0

BOURRELLY.

��SOUTÜ LA TRIO.

A TU

Al'BANEb

Souto la chaminùio es brave, ensecaul'an,
Quand lou ventarau boufo,
De l'entendre sibla couino un vóu de trevan
Que dau rire s'estoufo.

Alounga s'una ribo, es brave de dourmi ,
Quand, din l'iver, soulio;
Mai es brave enca' mai de béure emé d'ami ,
A l'oumbro d'una irio.

Ile ! que ia de pu bèu , estèn fran de malur ,
Que d'èstre em'un coumpaire

Qu'ausso lou coutde, toco, e bèu soun chiqué
Tout en parlan d'afaire !

�— 112 La laulo panardejo , e su nosti capèu
Li long vise pcnjourlon :
En loulili cantoun, tre quen'ia-v-un que bèu ,
N'ia dous o tres que chourlon !

Iéu noun sai que tron a noste vin prouvençau!
Es Iaugié couino un siéure;
E dau mai n'en bevès, èi coumé l'aigo-sau ,
Dau mai n'en vourrias béure !

Aquèu que noun jouvi de nous vèire chima,
Fau que, touto sa vido,
N'agire begu que d'aigo, o que lou vin serma
D'unaboulo pourrido !

Aqui se vèn nega din lou vèire amistous
La lagno renaretlo,
En cantanlou bon béure, e lou mourre moustous
De la vendumiarello.

Aqui s'ausi jamai que de pouli prepau ,
Que de douci paraulo :
« A la santa, —bon bèn! Din cènt an, farian gau|
Se nous vesian à taulo ! »

Per béure , ami galoi, dequé voulè 'spera ?
Que l'âge vous arrouine ?

�Tro lèu 'rac soun daioun la Mor nous segarà !
Riren jamai tan jouine !

Fugissen dau richasla croio e lou respous,
E de nosti cadiero ,
Espinchen , per plcsi, lou mourre maugracious
Di gèn de la carriero :

Vè lou jaune avaras que vai, coumo un gourbèu ,
Manda l'arpo su'n paure !
Lou vièi erassous acampo, e lou negre toumbèu
' Din soun trau vai l'enclaure.

Veiei Moussu Jalous que sarró sa mouié ,
Coumo una pèu d'anguielo...
Crèi que nous

courbarian per un tnoucèu parié!

Lou refresco-barrielo !!

Vejaqui l'embecious ! Tratarié , per mounla ,
Sa maire de gourrino!.&gt;
Zau ! zau ! fai-te boudenfle, o peseu leviéuda!
Te veiren lèu d'esquino !

Passas, passas, glouious, envejous , aulurous ,
La vido es pa proun duro,
Parai ? per ajebi vostè íron souspicbous
De tan de frounciduro !

�— mMai de nous se lou Sor vóu se faire un jougué,
Nosto amo èipa 'stounado !
Car nautre, o mis ami, calignen lou flasque
Dessouto l'autounado.

Pichoto, pren de lume; à la boulo dau foun
Courre tira l'espilo ;
Yai leù quèrre de vin, poulido Madeloun ,
E dau vièi, tron de milo !î

r. m STB AI.

Juillet i85o.

�MADELOUN.

Hou, maire ! sabé ben, la jouino Madeloun,
'Quelo grando que rèsto eila din 'quéu eantoun :
Si la vesia , diria qu'es folo ;
Es maigro que fai póu ! aquó l'enterrara....
Coumo uno Madcleiio cllo fai que ploura ;
Dit que n'a rèn, et se desolo.

Bono maire, disè-mc doun
Dequé tan plouro Madeloun ,
Mè bèn tan que rèn la eounsolo!

N'a plus, coumo autrofé=, sei bandèu alisca ;
N'a plus gis de coulour; sei-z-ieu blu soun macaj
riouro et sonjo , cl s'en vai soulctto

�— HG —
Vroumcna din Ici bois drc que parèi lou jour ;
El pièi, sèn li pensa, sèmblo que parlo ci flour ;
Estrasso de margaridetto.

Bono maire, disè-me doun
Que podon dire à Madeloun
Aquelei Cour lan poulidclto.

Quand rcscontrolou chin de inoiin fraire Coulau,
Lou caresso , lou pren, l'emporto à soun oustau,
Lou fai mangia, li fai de fèsto....
Lou cliin lipo Ici plour que loumbon su sa man :
—El loun mestre,mount'es? Sau pa que ploure tan!.
M'a doun leissado !.. Oûmen, tu, rèsto !...

— Bono maire , disè-me doun
Dcqué soufro tan Madeloun...
Mè, vesè ben que perdia tèsto!
Et tout en gingoulant, me disié l'autre jour :
—Lisoun,quand i!iourirai,prègobièn lou Seignour;
A l'amitié siegues fidèlo ;
Te dounarai ma croux amé moun capelé,
Moun bonnet de riban , n'en metras de vioûlé ,
Am'uno Iisto de Janlèlo.

�— Bono maire, disè-me doun
Perquè vóu mouri Madeloun ,
EIIo que l'atrovon tan bello !

— Me sèmblo que faras , si m'enterron din l'an
Coumo per uno noço en t'babilian de blan ,
Douas courouno blanco-z-ct bello :
Uno de jiansemin , benido su l'oCitar;
(Jno autro su'n toumbèu poûsado un pau pu tard
La faras amé d'immourtcllo...

— Bono maire, disè-me doun
Dequé vóu faire Madeloun
De courouno de flour nouvello.

Me disié: — Moun enfan , vai, laisso esta l'amour
Es un mau que nous pren toutei-z-à nosle tour ,
Pauri filleto doû vilagi !..
Juron de nous ama, nous fan de coumplimen...
Pièi, si n'aven gi d'or, adiéu Icisaramen !
Van cerca de richi mariagi.

— Bono maire, disè-me doun
Dequé vóu parla Madeloun;
Iéu coumprene pa soun lengngi.

�— lis —
— A quóuque lèin d'aqui, la campàno, un maiîn,
Se balançan din Ter, anounçavo un festin :
Uno nopo se preparavo;
Pu tar, dinde pu sour, dinde pu Iantamcn...
La noço rescountrè lou pnure enterramen
D'uno viergi qu'où cier anavo !..

Et touto la noço à ginoun
Vouguè prega per Madeloun...
Lou frairc de Lisounplouravo !..

B. CHALVEI (du

Nyons (Drômc), 12 [écrier 1S5 !•

Po/lticiS.)

�LOU RATIER E LOU ROUSSIGNOU.

FABLO.

Ventre afama....

— Dins mei grifo , auceloun , ti tèni !
— Que faras d'un pichouu aucèu ?
N'as toûbèujus per un moucèu...
— Sies bèn menu !... mai mi souvèni
Dau jour ount'un paure loumbrin
A toun bèe pendu disié : Graci !
Respoundères : Fau que t'empassi....
E sabes ! èro fouèsso prin !
Ti laiss'ana sérié doûmagi...
Sies un moucèu tan delica !
Emc bouenur li vau chica....

�— 120 —
Ve , siéu à jun !
— Se moun ramagi
Poudié ti paga ma rançoun,
Ti regalaríeu d'un air tendre ;
Seriés tan galoi de m'entèndre !
— Vau mai ta car que ta cansoun !
A viéure coumé la cigalo ,
lloussignôu , noun siéu destina....
T'escoutariéu s'aviéu dina :
Sias gaire musicien quand ave s la fringalo!...

Auriol (B -d.-R.) , mai i85s.

�LI MAU PAHTAJÂ.

(Suito di M au Partujado.)

A

MOUN

'

AMI

A.

B.

CROUSJLLAT.

I

Qu ramagnóu , Muso jouguelo ,
ï'a di de te trufa de iéu ?
Sabiéu qu'ères un pau mouquelo,
E que fasiés coumé lou riéu
Que ri , cascaio, s'cspassejo ,
E galoi , se moquo en passan ,
Dau parpaioun que foulastrejo ,
E de l'araourous que se plan ;
Dau roussignóu que canto e plouro
Dau luscr que bado au soulèu ,

�_ 122
É dau bon biai de la tourtouro,
Quand caligno lou tourlourèu....
Mai , que tan lèu ti galejado
Su iéu venguèsson respousca,
Su iéu , mole de ti pensado,
De longo à ti lèi estaca ;
Su iéu qu'i Muso francioto
Jite jamai qu'à liro-pèu
Quauqui ver... per li papioto,
Que i'escrive... su moun capèu!
Quand per tu passe mi vciado
A lima de ver prouvençau ,
Dins de pèço requinqueiado,
Qu'an lou zounzouna dau mouissau.
L'auiéu pa di, quand me bressaves .
— Su l'arescle e su lou tambour,
Quau sabié doun que tabasaves ?
Ah ! me nen souvendrai toujour!

il

Me dises doun que la gibouso ,
Si long pè, si eambo de fiéu ,
Èro uno visto bèn graciouso
Qu'auiéu degu reluca miéu !...
Aro devine ta pensado ,

�Vcse inounté nen vos veni :
Sies una Muso ben sensado ,
Qui li laidi gen van beni !
Fio e garçoun , drufaè l'aureio .
Ma Muso canto : escouta-la ;
I riche coumo à la paureio,
Vai fai prendre un ban de la !

III

Utio supousicioun : nosla bèlo vcsino
Auié 'na gibo su l'esqnino :
Tan mies per soun Jané : n'auié p a lou mourbin
E sa fumo , que lou bassclo,
Saié d'aqueli crebecèlo
Que n'atrovon ges de toupin !...
— « Qu fumo ai capità ! qule diable su (erro
Me disié Jané l'autre jour!
En la rauban, crèi-me, raubère la misèro !....
Ah ! que counseio mau , l'amour !
Per i'agrada, fau ce que pode ;
Mai coumé faire ? rèn i'entrai ;
Pa mouièn d'atrouva lou rode ;
Que que fagués , sias sènso biai :
— Grand chifarnèu , grand curo-biasso ,
Finiantas, mangiras , braia=so ,
Soun li mot doux qu'à tout prepau

�Restounlisson dedins l'oustau.
Vouguère, l'autre jour, ie coula sa Lugado...
Disiéu : Içó la toucara ,
Me badara !
Creiés-ti que , lou soir, aganlè 'na pougnado
De cendre cuieu,
Et qu'à dex pas me bouché 'n ieu !!
Pièi, per me counsoula, bramavo :
— Vai ie bouta d'aigo de mavo,
Que te l'aurai lèu mai boucha !
Gusas ! te fardi proun marcha !
T'espaussarai li-z-argno... o gourrin , laido caro ,
Grand vanelous, mandian !... Se raque lou coudoun
Que moun pitre maduro c qu'es deja redoun...
Se te...
Per nen fini, crese que bramo encaro.
L'ai vougudo, l'ai presso ; ai fa lou bedigas !
Ah ! vese qu'aurai pa ploura tout au pedas !
Mai sabes pa perquè s'es boutado en coulèro,
E m'a trata de tout... d'escapa de galèro?
Es que de sa cousino aviéu facb un pouciéu
En i'escampan de soun lioiéu !'...

Poudreiéu , de fiéu en courduro ,
Jusqu'à deman matin parla sèn' decessa ,
Que quand auiéu fini fourié recoumença...
La fin saié jamai maduro ! »

�— 125 Aro , diga-rae-Iou ( vous ai proun fa trima ! )
Dequ'es pu maugracious, la gibo su l'csquino ,
Vo lou coudoun que ma vcsino
Maduro su souri eslouuia ?

IV

Scnso coumparesoun : ta fumo panardejo,
Vo bèn sa cambo lirassejo ,
Es pè-de-bourdo, es goio... es tout ce que voudras
Ein 'aquelo de Jè , se vóu , ie chanjaras ?
— Pardinche ! chanjaiéu , se la miétino èro goio
Séncoumtaqu'aquèujour saié'n grandjourdejoio
Una tan bèlo fumo ! acó, voui, se tin die !
Dins Pieu quli lardoun ! Ah !-que saiéulèu pre !
(Una supousicioun) car siam Crestian dins l'amo
E dins moun cor jamai s'atuvara la ilamo
D'un amour qu'amoundau moun Diéu rebutaié ;
Amaiéu mai cèntco quau (in-foun de moun ié
La maladie me clavelèsse
E qu'à mi-z-ami me raubèsse !
— Ebèn! levcin bugado... ausi quatre resoun...
Sarai pa long : es pa besoun.
Jè vóu pu sa Zouné, te lou dise sèn rire ;
Siam tres que travarem à lou faire desdire !
Di qu'a proun rebouli, qu'a proun scrmounoja ,

�— 126 Qu'es lèm de nen fini, qu'a proun broucanlcja ;
Que fau que Zouné parte... Es una patarasso ,
Uno groulo, unchauchounque n'a ni biai ni biasso !
Gasto tout ce que toco, e deia que l'ouslau
Es lou recatadou di bounieto e di trau !
Dedins vous fai escor : es touto espeiandrado ;
Se sort, rèn es proun bèu; a li dos nanti traucado;
Rcgounflo de fichu , de raubo , de foûdau ,
De couteioun, de couifo : e bèn ! tout ie fai gau !
Fau que crournpe toujour, que l'argèn se dcgaie;
Quauqui fes , quand n'a pus, à nien baia délaie ;
Siéu pa pus avança; fai comte de pertout :
E pièi Jè fau que pague... E bèn ! Jè n'èi sadou !

Inlra dins lou pouciéu qu'apèlo ?a cousino :
Nen virés, per lou sóu , detesto de sardino ,
E de tripo de gabre, e d'escaumo de pèi !
En loungour, en larjourlou mouloun toujour crèi!
De caló de salado e de pèu de castagno,

.

Per embeli lou Iió, vous nen fai de mounlagno !
Dise rèn di pelouiro, e de cebo, e d'aié,
ftlounlé , mai que d'un co , perdeguè si souié!
De la sartan graissouso à-n-un cro pendoulado ,
De. sa sore de la, grascio mau rasclado !
Una pato d'ici, una pato d'ila,
Li mousco qu'acha-cèn s'cnnègon clins lou la ;
Per lou sóu sounlignoun, au soûinié Ii-z-aragno,

�La pigno que Jau lar s'es facho la coumpagno ,
A tire faire, durien acaba lou tablèu :
E bèn ! nen siéu fâcha, mai es pa lou pu bèn !
Por tan pau, sentes bèn, noun m'esmove la bilo..
le dieu sucamen qu'es pa di pus abilo ;
Mai ce que m'a fa hieui passo tout, moun enfan
— Li gèn dins la paniero an toujour mes de pan
E ma fumo nien mes (la fauto n'es pa forlo....)
' De matin , per azar, nen ai drubi la porto....
Vesiéu lusi.... regarde, e vcse... un instrumen
Que dirai pa soun noum... Vous dirai soucamen
Qu'espounchupcrunbout,qu'esredoun su li faço
E pamen loungaru... (res lou porto à la casso.)
Ai rèn di : ie manquavo un pichó quaucourèn
Que pourtara jamai lou noum de curo-dèn !
Davale , e plan-plané de tout caire tafure...
(Auiéu jamai fini se fasiéu jo que dure ! )
Mai Bèulaigo l'a di , fau saupre s'encadra ,
E per segui si lèi, ma Muso vous dira :
Vej'ici l'esticanço : una canesteleto ,
Dins la cousino escoun li cuié, li fou relie to :
E bèn ! aqui dedins, dessouto lou mouloun...
Devina que i'avié... l'avié... Iou caneloun !!

Goio, jambardo e pè-de-bourdo
I-z-ieu de Jè sias de tresor ;
E tout orne que s'cncoucourdo

�Em'èu nen tourabara d'acor. (*)

V
As bèu can la, gcnlo Musclo ,
Escoutepa ti cansouneto :
Inlraran pa dins moun cocó.
Te dirai toujour coumo acó:
— Que m'as manda ? Sies inoucènto!
Rèn que d'espino , gen de flour?...
Lou mariage es una pento
Que fau descèndre emé l'amour:
Aiores douço, e lou vouiage,
Póu se faire sènso dangié;
Mai se i'espa, garo lou viage !
S'esvalira dins lou bourbié '
CLAl'P.

i avril i 851.

(*) Ici l'autour fai lou pourlrè de la fuuio qu'a l'esprit court, pourlrè qu'os lou pendèn de la Camuso.
Mai por de boni resoun , aquèu lablèu figurarà pa'ncaro dins Li Prouvcnrato.
(Noto de L'autour.)

�DIDETO.

A

MOPR

AJII

F.

MISTRAL.

Ero una chato de cinq an
Qu'ero (iouliclo coumo un angel
A. SI.

I

« DiJelo, finiras Je trapcjalou b!a.
Siestouto en aio ! As proun culi, long di vala,
Crebidolo e margarideto.
Nen asli plcni man, ma chato ! nen as proun..
An ! vène, le farai dansa su mi ginoun ,
Que ! vène lèü , vène , DiJelo ! »
G*

�« Dedins li-z-iu, m'amour, vole me miraia,
E vole , enfantouné, te faire babia ,
Poutouna ta gauto redouno ,
Toun fron blan eoumo un ile, e lis, e tan pouîi
Courre lèu , e di fiour que venes de culi ,
Te nen farai una courouno. »

II

L'enfantouné galoi trapegè pu lou bla ;
Culigûè pus i ribo e de long di vala
Crebidolo e margarideto.
Lèu, lèu su mi ginoun vengué 'n rieliouriejan ;
E faguère, di flour qu'avié dedins si man ,
Una courouno per Dideto....

E vaqui que subran sa maire la sounè :
Lèsto coumo un aucèu Dideto s'ennanè ,
Quand l'aguère poulounejado.
Si pèu, rous couiné l'or, jougavon'me lou vèn..
— Vène auvalloun, despièi , ravasseja souvèn
Despièi, noun, l'ai pu rescounlrado !

III

Vè, Diéu noun a pcrmés qu'aquel ange, içavau
Counchèsse sa raubeto c si-z-alo : amounda"

�— 131 —
Ma Dideto s'es ennanado ;
E li flour que culi se passisson jamai....
Nen courouno Mario , e la Vierge ie fai,
E de babelo , e de brassado.

J. ROUMANILLE.

St-Remy (B.-d.-R.) , mai 18/10.

��EIS ESTELLOS.

SONNET.

Dau pan de chaque jour lou corps apaslurat,
Quand va venir la souem me plegar leis parpellos,
Qu'ame bèn leis durbir à l'esclat deis estellos ,
Vivos beluguegeant dins lou ciel azurat !

« Astres samenats drud coumo leis flous au prat,
Perlettos de la nuèch , li dise , que sias bellos !
A trenos, per moulouns, à flocs vo per rengniello- !
Mais qu'hourode toucant moun uèc vousbelara?..»

Dessus lou barquct d'or de la naissènto Iuno,
Se poudiéu , laugeiret, me calar , que fourtuno !
Perm'eslrayarbènluènchperamount-d'haut-dedin!

�Yougardemoundeen mounde, et trefoulit de joyo
De bonhur en bonhur , de belloyo en belloyo ,
EnDiéu meprefoundar, toujour niai, sènso fin !..

A. B. CROUSILLAT.

Salon (B.-d.-H.),

4

»'"' i85i.

�LI SEGA IRE.

A

F.

MISTRAL-

Ademalin an begu pur.
J. IIOUMAXILLE.

I

Plantem nosti elavèu ,
Dau ! espaussem la cagno ,
E bagnem d'escupagno
La ribo dau martèu.

Ai qu'un parèu Je braio
Que soun troùcado au quiéu ,
Mai ia rcs coumé iéu
Per encliapla li daio !

�-

13C —

La fumo c li-z-enfan
Espèron la bccado ;
La daio es embreeado ,
'Que'soir, aurem de pan.

Ai qu'un pareu de braio
Que soun troûcado au quiéu,
Mai ia res couine iéu
Pcr encliapla li daio !

En quau fai soun meslié
Jamai lou viéure manco.
Mi-z-ami , dessu l'anco
Cenglem nosti confié.

Ai qu'un parèu de braio
Que soun troûcado au quiéu,
Mai ia res couiné iéu
Per enchapla li daio 1

Cargon si grand capèu ,
La chato emé la mère ;
Li pichô vènon quère
Li fourco e li rastèu.

Ai qu'un parèu de braio
Que soun troûcado au quiéu ,

�Mai ia res couiné iéu
Per cnchapla li daio!

Lou pu jouine à la man
Tinlourlo una fougasso ;
L'aina porto la. biasso ,
E camino davan.

Ai qu'un parèu de braio
Que soun troûcado au quiéu,
Mai ia rcs coumé iéu
Per encbapla li daio !

— Qu'aduses ? — De pebroun
De cacha, de cebeto ,
Un taioun d'oûmelelo :
Ein'acó nia bèn proun !

Ai qu'un parèu de braio
Que soun troûcado au quiéu,
Mai ia res couiné iéu
Per encbapla li daio !

— Sies brave coumo un sóu !..
Mi-z-ami , bon courage !
Partcm per lou segage ,
La daio su lou cou.

�— 13S —
Ai qu'un parèu de braio
Que soun troûcado au quiéu ,
Mai ia res coumé iéu
Per enchapla li daio !

II

Aque'soir, d'aquèu pra
Nen restarà pa gaire ,
Parai, bravi segairc ?
Hardi ! e musem pa !

Lou soulèu que dardaio
Fai trelusi li daio.
La daio vai e vèn ,
Fai gis de crebecèlo ;
Sauton li sautarèlo
Su li marro de fèn.
Lou soulèu que dardaio
Fai trelusi li daio.
En travaian , segur ,
S'acampo de fanasso ,
Per lampa la vinasso
E cacha lou pan dur !

�Lou soulèu que dardaio
Fai trelusi li daio.

■— Dessu l'erbo e li flour
Li rastèu rastelavon ,
E li grié quilavon
D'esfrai e de doulour !

Lou soulèu que dardaio
Fasié lusi li daio.

Siéu las e siéu gibla !
Tambèn , dins la journado ,
Sega cinq iminado
E lou tem d'enchapla !

Lou soulèu que dardaio
Fai pu lusi li daio.

Velaqui tout au sóu !
Vèngue una bono luno !...
Fascm-nen tuba-v-uno
Jusqu'à nosli lindóu.

Lou soulèu que dardaio
Fai pu lusi li daio.

�— 140 —
Que li daio au soûmié
Brandusson, pendoulado....
Masteguem l'ensalado
Qu'es facho emé d'aié.

Loti soulèu que dardai»
Fai pu lusi li daio....

À oignon , 14 ntai

i85t.

�Lï DOUS MIOU.

FABLO IMITADO DE LA FONTAINE.

Un carga de civado , e l'autre de Fargen
Di gabelo:i , dous mióu caininavon ensèm ;
Aqués d'ici cresié d'avé su si-z-esquino
Tout l'or qu'aroJi gèn nega dins la debino,
Espeiandra , maigre , avani ,
S'en van per vóu bousca dins la Carifarni !
Fasié Ion Ger , se rungourjavo ,
Aubou avo la bato autan au que poudié :
Auia di que coumtavo
Cbasque pas que fasié !
E fasié d'enterira dinda sa campaneto.
L'autre venié dernié, seguissié cban-chancto ;
Escranca sou' soun fai, boufavo pa lou mo.

�— 142 —
Avié dau raau di mu : n'èro pa'n gro barjaire !..
Mai vici que tout à-n-un co
Una troupelado de laire
Destouscon d'un bertas : coumé lou pensa bén
Agarisson lou mióu qu'èro carga d'argèn :
I'aguèron lèu fa soun afaire !
Ai ! paure ! s'escagassè lèu !....
Pièi coumo mita mort se plagnissié , pecaire !
De ce que li lardoun èron rèn que per èu :
.« Ami, ie fai soun cambarado ,
Li-z-ounour bèn souvèn atiron li foutrau !
S'aguèsses , coumo iéu , pourtaque decivado ,
D'aquesto ouro auiés pa la pèu tan magagnado ,
Saiés segur pa tan malau ! »

A. CiUTIER.

Tarascon (B.-d.-R.) , 10 mai i85i.

�LOU CALA.DÀIRE E LOU MEDECIN.

Un caladaire proun malin ,
Qu'avié la lengo bèn penjado ,
Un jour plaçavo de calado
Davan l'oustau d'un médecin.
Lou desgourdi se despaehavo ,
Nen metié dos au lié de tres,
Cresèn d'èstre vis de pa res.
Mai lou douctour que l'espinchavo,
Vesèn qu'en plaço de caiau
Melié de terro dins li trau,
le reprouchè d'uno voix auto.

L'autre ripoustè 'qui dessus :

�— M —
«Taisa-voús, coulègo ! mutus!
La terro acato nosti fauto. »

P.

Dcsucaire (Ca/v/), G janvier i85i.

BONKET.

�A MOUSSU JEAN AYCARD.

Dins lou pays que fan lou bouillo-à-baisso ,
Que mai d'un co n'es rèn qu'un aigo-sau ,
Certèn autour, bon Prouvenpau ,
Qu'a lou ventre redoun coumo uno grosso caisso,
Mi digué, l'a d'aquó sièi mes ,
Qu'aviés escrich de ta plumo savènto
Un article per Pierre, et qu'après l'aviés mes
Dins la Revuo independènto.
Mounbrave et cher Aycard,siéu segurqu'aquèu jour
Déviés avé de tèms de rèsto.
Que tron li passèt dins la testo ,
Per t'aucupar d'aquèu pichot autour Í1
Aujourd'hui, per lou satisfaire ,
Vèni ti remerciar d'aquó,
7

�— HG -

Et Je sa part lambi n li faire
Présent d'un libre que, pecaire !
A tira de soun vieil cocó.
Si, coumo tu, savent troubaire ,
Bcllot, dins noueslro linguo maire,
Alignavo de vers riches, courous epur,
Pcr tu fariet, moun camarado,
Tubar d'incèns que la fumado
T'entestariet pas,bèn segur—
Si l'en mando aujourd'hui que caminon de caire ,
Excuso-lou, Jeané ! car leis sau pas mies faire....
Mai si vouliés lou rendre huroux ,
Fiespoundreiés lèu au rimaire....
Car de toun amitié, pecaire !
Es bèn jaloux !

P. CELIOT.

Marseille, 11 [écrier iS5i.

�LOU MOUNIÉ, SOUN DROLE E L'ASE.

FABLO IMITADO DE LA FONTAINE-

Un moûnié'mcsoun fiéu, un vièi e l'autre enfan ,
Enfan es pa lou mot, mai droulas de quinje an ,
(Disien Tistoun à-n-un , à l'autre Mèste Blase),
Anavon au marca perie vendre soun ase ;
E per noun gausi l'animau ,
Per li bato lou ficelèron ,
Coumo un lustre lou pendoulèron,
Esquino en bas e ventre en au ,
E, balin-balan , lou pourtèron.

— Oi! ve, diguèquaucun... Couble de Martogau !
Mai, se soun empega !.. Quelo uno ! O li viadasc !
Lou pus ase di iresbèn segur èi pa l'ase !
Noste vièi ,, augissèri aqueli cacalas :

�— 148 —
-M'es avis qu'a resoun,faguè .. Siambadalas !!
— E qu'a di, fai Tistoun? - Qu'avem un ploum à l'alo.
Pichó , lèu, vcguem , desatalo...
Es verai, siam esta de pè.
Tistoun desatalè. L'ase remiéutejavo :
Amavo bèn mies èstre en voituro qu'à pè.
QuedisiéPiéu noun sai : sabe que reguignavo.
— Perque reguigne pus, encainbo-lou, Tistoun.
Tistoun ie fuguè lèu escambarla ; soun paire ,
Paure vièi escranca , pecaire !
Trantraio, e li segui, la man su soun bastoun.
Vici que 1res broucantejaire
Passavon : lou pu vièi di tres bramo au droulas :
— Descènde, que ? laido mounino !
Lou jouine es àchivau, lou vièi doulèn camino !!..
Se i'auié pa dequé ie roumpre li-z-esquino !
Fai mounla toun paire , qu'èi las....
A toun âge ! as lou fron ?... Davalo.
Despièi qu'ouro toun paire es toun varié, gourrin ?
— Bèn ! farem autroumen,s'acó vous plaipa'nsin.
Elou moûnié su l'ase escalo...
Ja ! i ! se soun desencala...
S'cncalaran lèu mai : vici veni tres fio !
Babèu se pargo , c di : — Tè ! qu'es acó d'ila ?

�— i/iO —

ïè, ve, reluco un pau aquèu vici Brescanibío :
Dia pa que l'an estela ?
D'enterini que se poumpounejo,
Soun galan drôle panardejo !
Vièi tibanèu , vous sias pa proun esvedela ?
— Sias pu vedèu à inoun âge, vaqueto !
Rebriquè lou moûnié ; mai dequé vous mêla ?
Fasè voste camin , vóu de cascarelelo !

Se prejitèron enca 'n pau ,
Epièi: —Noun an bèn tor, bessai, aqueli groulo!
Quau sau ? diguè lou vièi... An ! dau !
Escalo, pichó , s'as d'ampoulo.

Li vaqui louli dous su lou paure animau !
Aquesta fes, belèu , res aura rèn à dire ?
Aç'ana ! — Boni gèn , avè segur un co
Su lou cocó....
Aquel ase d'aqui dèu soufri lou martire!
L'arena !.. Paure inouricó !
^oudreié-li pa mies l'ensuca' m'una trico ?
Ah! lenè ! siegués domestico,
t'csèceque vous fan, quand sias vièi... Hóu ! belèu,
Au marca van vèndre sa pèu ! —

Vaqui ce que diguè , vesèn nost'cquipage ,
Un dam , sour coumo un loupiu,

�— 150 E qu'anàvò brama 'u viîage :
Pèu de lèbre ! peu de lapin !
■— Vè-n-en ici mai un qu'ipó i'agrado gaire ,
Diguè noste moûnié... M'enl'èlon ! Que fau faire?
Se me l'avien après, ie perdréu mnun latin !
Countèntopaquau vóu tout lou moundee soun paire
Pamen assajarai....
Davalon talecanLi-z-aureio requinqueiado,
Lès, e lou nas en Ter, e fier coumo Artaban ,
Noste ase camino davan.
— Boudiéu ! un autre di, vè 'quela renguielado
D'ase! Un, dous, 1res... Quêta fouie !
La bèsti vai à l'aise, e soun mèstre s'alasso !
Per espargua soun ai, gausisson si souié !
Ah ! inoutïcó, quêta vidasso !...
téu ie counseiaiéu de lou faire encadra
0 daura !
— Siéu ase, mia carpa ! se diguè Mèste Blase ,
'Me de paio , es verai, me durien arriba !• ■.
Farai pu qu'à ina tèsto, e digon bi vo ba ,
Sarai pu testar que moun ase !
J.

Avignon, i5 janvier i85i.

ROVMANÏLLE.

�A M. CAR LE.

SONNET.

Quod monslror digito prtetereunlium,
Quod spiro, et placco [si placeo) tuum est.
IIOr.ACE.

Noun, ma Sluso où souléu s'èro jamai coûfado :
Gardavo l'oustalé , couijado a-n-un cantoun ;
Àviè jamai reçu louange ni poutoun ,
E plouravo, la nieu , din Ici bras de sa fado.

Semblavo Çandrïoun. Sei sore , bèn couifado ,
Lei pèu claû de roso, c lou sen, de l'cstoun,

�— 152 —
Fièrei daroiscloto, anavon su lou toun ,
lî toujou la paureto aviè de rebufado !

O Carie ! sies vengu la prenc per la man ;
As fa luii sa raubo e soun cou de diaman ;
Soun pè fin a coûssa la pantouflo de veire.

Sies rei, l'as facho reino , e soun fron courouna
Dei raioun de ta gloiro eis esta 'nvirouna ,
Equan passo, oftjourd'ieui, s'oûbouron perlaveirc

CAMILLE REYBAl'D.

Nj ons (Drôme) ,

12

juin

8/| 1.

1

�LI TRES COUNSÈU.

CONTE DE MA RÈIRE-GRAND.

I

Au Vacares, au foun deia Camargo ,
Jan per touto obro èro ana se louga :
Pendèn nóu an , n'avié pa boulega
De soun araire e de sa duro cargo ;
Mai à la fin, se faguè 'n pau ratié,
Car un bèu jour , per quila lou mestié ,
Vengué trouva lou mestre dau meinage ,
E ie diguè : « Mestre, vole moun gage. »
— « Toun conte es lès , ie faguè lou peló ;
Mai, paure Jan ! se noun sies un paló,
7*

�— Î5íi —
Escouto bèn ce que iéu te vau dire :
Per pagamen dau travai qu'ai agu ,
De qu'aines mai, 1res counsèu, o d'escu ? »

— « Iîôu ! faguè Jan, moun mestre , voulès rire !
Vous autii mèstre, amas de vous inouca
Di mauerousque fasès rústica ;
Es pa de bon !... Pamcn , à lou bèn dire ,
Un bon counsèu noun se póu tro paga ;
Acó d'aqui res lou vendra nega. ..
Ilóu ! pièi , tenès , dounas li counsèu, mèstrc !
'M* aquel argèn dequé poudriéu èstre ?
Mi nôu cènt fran me farien pa pu fin ! »

— « Prene cTabor loujou lou cire camin ,
Quand te fourrié camina cinq-cènt lègo !
Ve nen aqui per cènt escu, coulègo ! »

— « Ai ! cènt escu ! Se i'anen pa mai plan ,
Sacre viadauco ! anaren pa'u Levan. »

— « Demandes pa ce que noun te regardo ....
Ven'aqui mai per cènt escu, Jané! »

— « Slai cènt escu!... Mèstre, dounas-vous gardo :
'Me cènt escu , ma pauro Martouné
Pourrie pourta li raubo e li bouné !

�— Î55 —
'Me cènt cscu , farian dan pichouné
Un eapelan

di famous ! Ah! pecaire!.-.. »

— « Quand anaras entreprendre un a faire,
Pènso nou co. Vaqui mai cènt cscu ! »

— « Malavalisco ! ah ! se l'aviéu Sachu !....
Lou Iroü curèsse aquèu vici cngusaire ! »

II

Par; cm'acó rescpntro un mcstierau
Que ie di : « Que! mount'anas , cambarado ? »
— « A Sant-Estève !» — « E iéu vau à Laurado.
Se touli dons ancn au Venlarau ,
Marehen ensèm : de prepau en prcpau
Viren la fin de la malemparado. »

Acô vai bèn. Au bout d'un moumcné ,
Lou mestierau ie fai : « Tencs, Jané ,
Se passavian dedin

li lamarisso ,

Sarian pu cour ! » E Jané ie respon :
«Noun ! Moun counsèu (belèues d'un plan-pisso),
Me di pamen de prendre lout de long
Lou dre camîn ; e iéu lou cresc bon
Pourtas-vous bèn ! » E di dons cambarado ,
L'un tiro à dia, l'autre s'en vai iróú.

�— m —
Jan vai toujou din lou di e carrirôu...
Arribo ù-n-Arle au bout d'uno estirado.
Vèi un mouloun de mounde... — « Dequé ia ,
Demando Jan , que sias tan esfraia? »
— « la qu'aro raume , au pè d'una sebisso,
An trouva 'n orne escoutela de fres ,
Un inestierau , dedin li tamarisso.... »
— « Ah ! digué Jan , au men , aquesta fes ,
Ai pa jita mi son à la carriero ,
Car m'an tira d'una bello ratiero!! »

E mèste Jan pren lou camió dau Gres.

ni
Camin fasèn, lou tèm se faguè negre ;
La niu toumbavo, e la pluèio peréu :
Fasié d'uiau ! c lou paure pelegre ,
Per camina li vesié plu pa'n bréu.
Souto si pè lou draióu s'escafavo ,
De garrouias en garrouias gafavo ,
E pèralin , la cbavano boufavo ,
Coumé s'cntèn bou fa , lou mes d'abréu.
Tout à-n-un co veguè din

la mountagno

Un pau de lume espeli per bonur...

•— « An ! se digué noste ome, de segur

�- loi —
Es uno aiibergo. Emé lou tèm que bagno ,
Es gairc bon de courre la campagno !
Anen-ie lèu : ie passaren la niu ,
E souparen , s'an quaucarèn de quiu. »

Ver la clarta que fai tan bello mino
Au vouiajour qu'a perdu lou carrée
Lou vouiajour tout dre , tout dre camino,
E tout coulan , fai tibia lou jarré.

— Pan ! pan ! pan ! pan ! à la porto sarrado.
— « Quau pico ? » — « Es iéu ! Aquesta vespcrado,
Me siéu perdu ; vourriéu la retirado
E bèure un co, se se póu , en pagan. »

L'osle âava'o, e drèbo en renegan:
— « Dequé voulès ? Ai que de car salado :
Assetas-vous ! vous farai un crespèu. »

Mai de lou vèire emé soun er rampcu ,
Coutèu en man, barbo negro e long peu ,
Lou paure Jan a l'amo treboulado.
Sieguèbèn mai quand l'oste sournaru,
A pè descau per noun mena de bru ,
Anè drubi la porto d'un armari !
Iavié dedins una fumo en susari :

�- 153 —
L'ostc vai quère una testo de mor,
E sènso avé de mourimen de cor ,
le mes dediu un tros de car de por ,
'Me d'aigo,

e pièi adu'quel ourdinari,

Sènso rèn dire, à la fumo en susari.
Quand aguè fa, pestelè mai l'armari.

Lou paure Jan, pa pu gros que lou poun ,
Avié 'na póu que ie dounavo fèbre :
Èro pamen curious coumo una lèbre ,
E se disié : « le demandaries proun
En quau sarié qu'a pourtalou taioun....
Mai toun counsèu te di : « Jan, pren-te gardo
Demandes pa ce que noun te regardo ; »
E toun counsèu te costo cènt escu !
L'as proun paga, Jan , per faire lou mu. »

Coumo un aré que manjo de cardello ,
Jan , sèn parla, curé soun escudello ,
Ein'acó l'ostc agaulè la candello ,
Sènso rèn dire, e lou mené coucha.

Lou leudeman , quand l'aubo matiniero ,
Coumo un enfanà-n-una calounicio ,
Au fencslroun venguè richouneja ,
Jan tout d'un tèm decèn de la fenierô.
L'ostc s'avanço , e ie di : « Moun ami ,

�— 159 —■
Sias bèn nrous de vous è.-&gt;tre endourmi,
Sènso m'avé quesliouna su l'armari
Mount'avès vis una fumo en susari !
ïouti li gèn que m'an vis faire acó ,
E qu'an vougu n'en assaupre de rèsto ,
De moun coutèu an reçaupu lou co,
E din lou pous lis ai jita de tèsto !
Vese que vous sias prudèn e discrè ,
E per acó vous dirai moun secrè :
Aquella fumo en quau siéu ana faire
Dedin un os manja de car de por ,
Acó 's ma fumo H e la tèsto de mor ,
Louvoulès saupre ?

es de soun calignaire!!

Lis ai trouva que fasien lou peca !
Lou margoulin toumbò dins la batèsto;
Per la puni de m'avé tan manca,
Coundanèrc ello à bèuredins sa tèsto! »
Coumpaire Jan noun demandé soun rèsto:
Paguè , prengué soun bastoun e sa vèslo ,
E s'ennanè 'n répetan : «Tron de Fer-!
Per cènt cscu , moun counsèu n'es pa cher ! »

IV

Mai pa pu lèti a passa li mountagno
Que vèi de Hun blanqueja lou clouché

�— 1G0 —

De soun village; c sènso avé la cagno ,
Per pu lèu i'èstre encambo li baragno ;
Toco la man is ancièni coumpagno :
Trovo lis un que van , em'un leché ,
Per trento sóu , s'estripa la levado !
Quau vai, quau vèn; pièi à soun arrivado ,
Vèi una fumo em'un capelanó,
Jouine, pouli , risèn e cafinó :
La fumo au cóu d'aquel abechoun sauto ;
Se fan peta de poutoun su li gaulo ;
E Jan se pènso : « 0 d'aquèu capounó ! »

Mai tout d'un co vèn blave, em'acó crido :
« Acó's ma fumo ! acó's ma fumo ! o sor !
Avé 'scapa tan de fes à la mor,
Per retrouva 'no fumo tan marrido !
Oh ! fau que pete ! Adusès-m'un fusiéu
Per li tuia toutidous, sacrebiéu !...
Aquèu merrias ! aquella hiido caro !...

Pamcn, se dis, ai un counsèu encaro ,
E moun counsèu , davan de faire acó,
M'a coumanda de ie pensa nóu co.
S'aprocho alor d'una chato que passo ,
'M'acó ie di : « Que , digo-me , choûchoun
Quau es aqucllo cm'aqucl abechoun ?»

�- ICI —
— « Es Marlouné de ian-lou-Couckagasso...
Dempièi dès an a quiîa lou pais ;
Dempièi dès an, sa fumo l'a pa vis ;
Dempièi soun drôle es esta 'u seminari,
E ieui revèn per èstre segoundari
Din noste endré : touti ie fai plesi. »

— « Dieu, digué Jan , Dieu siegue benesi !
Se siéu ici, se siéu countèn de i'èstre ,
Se siéu urous , lou dève recounèstre
I très counsèu que m'a vendu moun mèstrc !
Un bon counsèu noun se póu tro paga ,
Acó d'aqui res lou vendra nega. »

F.

Aix (B.-d.-R.), io mai iS3i.

MISTRAL,

��LL·IS VOULURS.

De voulurs, si troumpnnt de roulo ,
Co d'un banquier rouina rintrèron dins la nuè ,
Mais si trouvèron bèn aganta dins son juè :
Lavèillo , avié fa banquarouto !
« Sian voula, dis lou chef! Sourten d'ici dedins...
Sènti que pourriéu plus releni nia coulèro ,
En pensan que, dessu la terro ,
S'atrovo plus que de couquins ! »

MARIl'S BOUHRELLY.

Marseille, 23 août i85o.

��LA ROSÜ E LA. MARGARIDETO.

A MOUS AMI CLAVI'.

Gloria Palril

LA

MARCARIDETO.

De mounté vèn que sias tan apensanienlido ?
Que vous es arriba ? Sèmblo que sias en dóu !
Perquè penja lou coui coumé s'eia passido ,
Madamo, vous que sias toûbèujus espandido ?
Que fasé'qui, diga, bèlo rèino ?

�LA

R080.

Que fou ?
Escoute la cansoun d'un galoi roussignóu.

LA

M ARC AP.1 I

I

I H.

E coumé l'atrouva ?

LA

noso.

L'atrove poulideio.
Mai es peca , parai ? gènto margarideto ,
Que su'quela piboulo, un vóu de passeroun
Mcsclon soun lai piéu-piéu en aquela cansoun.
S'entènqu'eli...Boudiéu! augisse...Oh! libramain !

LA

MARGARIDETO.

Oi ! pcrqué voulè pa que digon sa liçoun ?
S'èi sa musico, acó , n'an pa bèn tor, pecaire !
Aqueli-z-auceloun fan ce que podon faire.
Ansin louvôu, Madamo, aquèu qu'es amoiinuTa'u.
L'ome, l'astre, l'agnéu, l'abio , la mourgueto ,
Li-z-uiau c li tron, lou zounzoun dau mouissau ,

�— 1G7 La ser, lou parpaioun , la toro , la reineto ,
L'aragno, lou tavan , lou roussignóu gentiéu ,
Lou verme, la eigalo e la catarineto , .
L'ile e lou panicau , lou chaîne e la caneto ,
Lou grié souto l'erbo, e l'aiglo clins li niéu ,
La mare si pissoun, e l'aigo de moun riéu ,
Emé lou passeroun dison : Glori à Diéu ,
Au Diéu qu'a la la roso e la margarideto !

J.

ROCMANIILE.

Atteins (B.-d.H.) , 93 avril i85i.

��ESPERIT REQUIEN.

O Mor, es doun pa proun que li chato inoucènto
Morón à soun printèm , la bouqueto risènto !
Es pa proun que li ílour s'espausson din lou trau ,
Quand boufo lou mislrau !

Es pa proun que loun tai, avare desmamaire ,
En tan d'enfanlouné raube si pauri maire !
Es pa proun que li sant moron din lou mespres,
E counegu de res !

Fau-ti qu'un omc sage e qu'un rèi de la sciènci,
Que sempre rendié gracià Diéu, dinssaconsciènci,
8

�De touli Ii Ircsor qu'enfanto lou soulèu ,
Ague viscu tan lèu !

Au raen, s'èro toumba din li bras de si traire ,
Au bru de la Durènço e din

soun ver terrairc !

Mai la Mor ia veja soun abéurage amar,
Ilalin, din la mar...

O planlo de tout biai que creissès su li coilo ,
Que verdisses li baumo obourdasli rcgolo ,
O flour, que d'escoundoun jitas à vostc enlour
De tan boni scntour ;

Dessouto li counglns , din li roco fendudo ,
A l'oumbrodi grand bos, poudès resta 'scoundudo !
Noun veirés plus Requien urous vous destousca,
E poudès vous seca !...

Aiaiai ! plouro-Iou , Muscto prouvcnçalo,
Eu que te recatavo à l'oumbro de sis alo,
Eu qu'à ti prouinié can d'un er lan doux risié ,
Car loun biai ie plaisié,

Gingoulo, o pauro M uso ! esclapo ta (la veto ,
Cencbo toun tambourin de nrgro e longui veto !
Que siegon pcr lontèin , que sicgon touli dons
Doulèn e pietadous !

�— 171 —
E vautre , Avignounen , vautre qu'amavo forço,
Anas , anas lou quère à l'isclo de la Corso ;
I bor de soun bèu Rose adusès-lou 'n plouran,
E li campano à bran !

Plantas à soun toumbèu li flour de touto meno
Que di collo i vallóun lou venloulé sameno;
E que lou sage fague , à l'oûdour di bouque,
Li plus doux penequé !

F.

MISTRAL.

Aix (B.-d.-R.), 10juin i85i.

8.

��LA VÈUSO.

A MOim AMI GtAliP.

Es bèn verai que Diéu nous amo ;
Dison qu'èibon : es pa per rèn l
L'ai prega dous an adèrèn ,
Ai prega peréu Nostro-Damo :
Dins l'oustau , ia pa'n tro de pan ,
Pamen sa man m'a pa laissado :
A mi poutoun , à mi brassado
Lou bon Diéu a baia 'n enfan !

As que mi bras per bressièro ,
Per lagne que moun faudau :
Es egau !

�— nit —
Dor dins li bras de la mèro ,
Dor, moun drole, que fas gau !

Siéu bèn pauro , e me crese urouso.
Moun ení'antoun, sies pa nascu
Ver quaucun qu'ague bièn d'escu ,
E per tu nen siéu pa j al ou so !
Se nous fouié parli deman ,
Que saié l'aise de la vido ?
L'espino dau draióu s'oùblido
Quand poutouneja vosle cnfan !

As que mi bras per bressièro ,
Per lagne que moun faudau:
Es cgau!
Dor dins li bras de ta mèro,
Dor, moun drole, que fas gau !

Noun ! sarai jamai assoulado ,
O moun rèi, de te tintourla !
Tan qu'aurai un degout de la,
Te nen dounarai 'na goulado ;
Plan-plan mi bras te bressaran ;
La nieu , lou jour, e tar e d'ouro ,
Se s'endor , se ri vo se plouro ,
Sarai loujou 'me moun cnfan.

�— 175 As que mi bras per brcssièro,
Pcr lagne que moun faudau :
Es egau!
Dor dins li bras de ta mèro,
Dor, moun drole, que fas gau!

Bon Diéu , assousta sou' vosto alo
Aqueli qu'an res per ama ,
Pa 'n cnfan que digue : Mama !
E que vous bave su l'cspalo.
Per viéure, aqueli, coumé fan ?
Mai gramaei per iéu, pecaire !
Car se m'avè rauba lou paire,
Moun Diéu, m'avè baia l'enfan !

As que mi bras per bressièro ,
Per lagne que moun faudau :
Es egau !
Dor dins li bras de ta roèro ,
Moun bèu drole, que fas gau !

TH.

Avignon, i juin i8'5i.

Al BANEL.

�í

�A J. ROUMANILLE,

QrAN

ANAVO

FAIRE

IMPRIMA

SI

MARC ABIDETO.

Eis a biéu de vanla tei douço poèsio ,
Ma Muso vóu mescla soun mèu à l'ambroisieQue deinan toumbara de teis aleto d'or ;
E vole, sou tei pè, quan
Quau

prendras ta voulado ,

mountaras amoun ver la vouto eslelado ,
Revebia lou mounde que dor.

Mè , per lou revehia qu'esperem-ti doù mounde ?
■— Qu'un poèto de mai din lei uivo s'escounde ,
E d'apereilamoun lèisse toumba de can ,
Triste ou gai, mè pu for que lou bru dei volcan :
Se lou mounde estouna dreubo un pau la parpèlo,
E se vóu soucamen saupre coumé s'apélo,

�- 178 —
Acó 'i proun, car lou mounde, enquicui,cscoulo plu
Lou poèio asseia din noste ciel tan blu.

Acó vèn , noble ami, de cc que nosto Muso
A tro lou nas en Ter, e tro souvèn s'amuso
A cauta per carrièro emó Ici fouligau ;
Acó vèn de ce que Iei badau que l'enlèndon
Se creson d'imita sa voix puro , e prctèndon
Coumo elo en toulei faire gau.

Mè, soun pa leis cnfan de la Muso divino;
Soun pabrula doCi Qó que nosto amo devino;
An de la poèsio esclapa lei ramèu ,
E de sei bèlo flour an pa tasta lou mèu.
Oû lió de neteja la lengo prouvençalo ,
Ou lió de l'assoupli , la fan groussièro c salo ;
Fan boufa 'n ventoulé pu for que lou mis trau ,
E sei ver lei pu doux nous fallien veni rau.

Per allcndri Ici cœur, eis aubrc de la routo
An souvèn pendoula sei Ivro a mita roulo,
E leva ver lou ciel d'ii'U blan bagna de plour ;
Lou mounde que passavo a vi sei gauto palo,
E lou mounde en risèn a leva lcis espalo ,
E s'èi mouca de sei doulour....

�— 179 —
Mè tu , poèto ama, qu'as uno tan bèlo amo ,
Que pos toujou drubi tei douas alo de flamo ,
E que, su tei mountagno, as toujou frequanla
Leis ange que, la nieu, t'aprenien a canta ;
Tu que nous fas de ver tan bèu, ô Roumani'o,
Que rcs l'acusara d'uno soto manio ,
E que Diéu t'a bahia lou gènio e la voix
Que babio où roussignóu, lou poèto dei bois;

Lou mounde escoutara tei souspir e tei plènto ;
Nostcis amo anaran ver loun amo doulèiilo ;
Lou pople bcnira soun poèto cbarman ;
Touto fumo que plouro e que Diéu a blessado ,
Drubira soun cœur triste ei piouso pensado
Que nous jièles a pleno man.

CAMILLE

Nyons (Drame) , septembre

/17.

18

P1TDAVD.

��UN CANT SUS UNA TOUMBA.

A

M.

CERIN, MOCN AMIC E COUIAÈGA CE

L'ATHEK'IU

POUPULARl DE MARSEILIIA.

Es aqui que dourmis jusqu'al jour redoutable
Ounte nostre sourel finiro de brilhà ,
E que, sus lous débris de l'univers coupable,
L'anja troumpetaro per la derebeilha !
Ilioi, quand abandounat à moun destin, pecaire !
Boudrio m'allaugèiri d'un regret qu'es trop viou,
Ah ! laissa-me plourà sus ta loumba, ô ma maire !
Eres ce que moun cor adourava après Diou.

Quane differènt lot lou ciel nous o fachara !
Per iéu, l'inquietuda , e per tus lou repau ;

�182 _
E se l'eternitat tout-escas nous separa ,
Coumprene qu'à la vida on dèu li lène pau :
Car n'autres ressemblai!, quand ale'.ot anan jairc, *
A las fioilhas qu'un vèn carreja dins lou riou....
Ah î laissa-me plourà sus ta-toumba, ô ma maire !
Ères ce que moun cor adourava après Diou.

Me souvendrai toujourde tous souènslous pus tèndres
Dessus la bouna routa as sachut me guida;
E couina lou voulcan que jitta fioc et cendres,
ïoun amour dins lou miou venio se deboundá
Quand sioî privat de tus , quicon pot-i me plaire ?
Moun bounhur es secatmai que l'herbaen estiou...
Oh ! laissa-me plourà sus ta toumba, ô ma maire !
Eres ce que moun cor adourava après Diou.

Accouidat sui cabés de toun lièch d'agounia
En te vechèn pcrfés sourti d'un rêve affrous ,
Auzissio que ta voués, ambé melancoulia,
Me disio: Sios nascut per èstre malherous !
L'espouer me Iuzìssio , mais luzissio d'un caire :
Car de tous jours remplits s'es acabat lou flou...
Ah ! laissa-me plourà sus ta toumba, ô ma maire !
Eres ce que moun cor adourava après Diou.

Dins lou mounde, isoulat, la vida m'es à carga;
Pena, joia , aveni, tout m'es în'differèn.

�Maire, sans tapresènco,oi, tout n'es re que bargo,
ïan nourrisse la fe qu'ai ciel nous reveirèn.
Per te rejoundre aqui belèu tardarai gaire,
E se te laisse en paix, te dise pas adiou !
Vendrai souvèn plourà sus ta toumba, ô ma maire
Ères ce que moun cor adourava après Diou.

J.

A.

rEYROTTES.

Clermonl (Hérault) , 27 avril i85s.

��ODO

(Imitado d'Horaço.)

/, L'ABBÈ

P.

J.

S.

Eheu 1 fugaces, raoun boa ami Jogè,
labunlur aitni...

Boudiéu îcoumo Icis ans, moun ami, filon Icu !
Un pau dedins la joyo , un pau dedins la peno ,
Coumo de nouesleis jours lou picliot eabudèu
Vite, vite s'abeno !...
As bello èstre savent, as bello èslre gailhard,
Sariès encá pus drud , pus sagi qu'un canounge ,
Yeiras pas per acot un moumenel pus tard
Arribar lou vieilhotinge ,

�Et la Mouert, soubretout* laiJo gènt que fa póu,
Que, s'anam la pregar, s'attapo lcis aureilho',
Et, la dailho à la man , per piquar sus qu vóut
Toujours rodo et chaureilho.

Quand lacresèm ben luincho, es aquitdins un saut;
Sènso nous dire garo adarrè nous engrano :
Jouines,vièilhs,riches,gus,Franciots, Prou vençau',
Laisso degun per grano.

Touteis faut que li anem , oh ! li a pas de mitan ,
Vèire ce que se passo au found dau çamentèri ;
Faut qu'anem pounchegear encó dau vièilh Satan,
Séjour plen de mystèri.

Escapis dau fusiéu, dau tron, dau còlera ,
Quand se sarem enca' derrabats de la grippo,
Au bout dau compte, ami, de que nous servira,
Se la Mouert nous estripo 1J...

Que serve à l'hauturoux de tant faire lou bèu ?
D'anarfierdesoun rang,deseis bnès,deseis mobles
Bambot * dedins la terro acclapo de nivèu
Leis pacans et leis nobles.

* Surnom de notre fossoyeur, [A. rec)

�Que serve à l'avaras, per tant de Iadrariès ,
De bèus escus tintin d'enfiar lou cachomaillio,
Per-v-un que leis vendra dins millo gusariès
Jitar coumo la pailho ?

Nouesteis vergiers lendriènt la piano et loucou llet,
N'auriam peróulivar jusqu'après sant Sylvestre,
De tant d'aubres, que rèsto ? un laid eiprès soulet
Sus lou cros de soun mèslre !

Que va vouguem vo noun, helas! faut tout laissar,
Lou terraire , l'houstau, leis enfants, la fenietto !..
Tout acot fuso lèu coumo vesèm passar
Lou fum de la pipelto—

Adounc , se lou bon Dieu nous douno d'oli fin ,
Et se d'un crano mousl la boutto es embugado ,
Que rené la sartan! et nargo dau chagrin !
Beguem uno rasado !

A.

Sillon (B. cl. R.) ,

î"

janvier

B.

C BOUSILLAT.

184B.

��PARPAIOUNÉ.

A

F.

MISTRAL.

— Parpaiouné,
Reveio-té.
Que fas, coucha dins li rouquclo ?
Vène espincha su la roqueto
Lou blan troupcu
Dau pastourèu.

Chasque floureto
Me sa raubeto ,
Bèu parpaiouu , per t'agrada :
L'auceloun se bouto à canta

�— 190 Sa cansouneto
Tan galoiseto !

Dau ! lou soulèu
Poudra bèn lèu
Dardaieja su ti-z-espalo ,
Faire belugueja ti-z-alo ,
Car vèn deja
De pouncheja.

La margarido
Qu'es tan poulido,
Vèn d'cspandi si rous boutoun ;
Vai-t'en ie lèu faire un poutoun
Su sa bouqueto
Puro e blanqueto.

Galan piclioun,
Sor toun nasoun
De ta rouqueto jauno e verto :
Yai proumena, vai, tèsto alerto ,
Tout à Pehtour
Di jouini flour.

— Vici qu'alor
Si-z-alo d'or,
Frrou ! tout d'un tcm se drubiguèron,

�- 191 —
E dedins Fer esbríaüdèron,
Coumé li rai
Dau mes de mai.

i MOUN AMI F. MlSTBAt.

Ansin la M uso
Dedins Vaueluso
Esbríaudo coumo un soulèu ;
Es un di canoun li pu beu
Qu'espandi Talo
Di Prouvençalo.

ANSELME

MATTHIEU".

Châteauiieuf-Culcernier (Vaucl'usej, mai i85i.

��MINETO E RATOUN.

FABLO.

—Toutlou mounde es coucha: degun nous póu entèndi
Ratoun, mou n bou en ami, sab i qu'as lou couer tendre ,
Qu'aimes pa l'injustici , e sies, à ce que viéu,

I marri tratamen sensible coumé iéu.
L'a,pernouestremalhur, noun sabiquand'annado,
Que soufrem touteidous coumé d'amo damnado.
Lou mèstre, la mestresso, e Misé Margoutoun
Nous espausson leis argno à grand cóu de bastoun !
Crebem quasi de fam. Lei granié , leis armari ,
Leiplacard.. barron tout! Nousdonon quauqui gari
Qu'an pres à la ratiero e que soun beduscla!

9

�— idli —
Lindoi-avalo tout ! nous autre anain rascla...
Leigatsounbèndeplagne ountél'a'n cliin de casso!
Lipo tout, manjo tout , oues, espino, carcasso...
Foulié plus que Lindor ! un cliin dei plus ardèn :
Se li mounstrasla grifo , èu vous mounstro lei dèn;
Se siam souto la taulo à glena quauquei micto ,
Su nouestre casaquin fan giscla lei servieto !
E puis, moun bel ami, ce qu'es lou plus afrous :
Aviéu fa 1res catoun, e me n'an nega dous 1
Ve, mi voueli venja ! Bouen Ratoun, parlem daise :
Se voues, dins quatre jour s'anam metre à nouestre aise.
Per nen fenid'un cóu, paplustardqu'aujourd'hui,
A toun famous Lindor voueli creba leis ui.
—Fara juga lei dèn. — Siéu vièio, ai la peu duro...
Fau vèire un bout d'içó, l'a tróu de tèm que duro !
— Mineto , sies senado e me parles pa mau.
Mai, prene gardo à tu ! counouissi l'animau !
Se li boufes au nas , sabes que si rebifo ;
A dous famous quinqué : veira veni ta grifo ,
E s'uno fes t'aganto, auras dei mau en coues ,
Entré soun rastelié fara cruci teis oues!
Toun proujè sérié bèu , s'èro pas temerari...
Escouto, faguem mies : au-dessu de l'armari,
As pa vis aquèu pot cuber d'un papié blu ?
— O , l'ai vis, l'a dous mes. Cresiéu que l'èro plu.
— L'a 'no poudro dedins per avugla lei rato.
Dedins nouestrei granié , quan de l'es à mci pato ,

�Ai vis de maliirous que venien s'embrounca !
La casso èro facilo: avièu qu'à lei crouca.
Nen ai pres jusqu'à vint sènso chanja de plaço ;
E tan que nen venié...bonsouer, esquichoimpasso!
Siéusegurde mouncóu, Mineto , e risquam rcn.
Per embourgna Lindor, veiei coumé larcin :
Metrem dins nouestro bouco un pau d'aquelo terro,
E sènso faire au chin declaracien de guerro ,
Boutarem dins seisui nouestro drogo, ebouensoir!..
-Ratoun,m'en vau dourmi dins d'aquèu dons espoir.

Lendeman de matin , su I'armari grimpèron ;
Lou pot de l'arseni lestamen destapèron.
Nouestrei counspiratour fouguèron malurous ,
Car un moumen après, crebèron loulei dous.

A l'ome, bèn souvèn, la vengènço es funèsto ,
E la pèiro que pren per tua soun ennemi,
Va sabes coumé iéu, lectour, moun bouen ami,
Dex e nóu fes su vint li toumbo su la tèsto.

T.

ALBERT.

Sl-Rcmy (B.-d.-R.), 10 juin iS3i.
0-

��LI DOUS PELA.

FATJLO IMITA DO DE FLORÍ AH.

Dous ome, autan vièi coumo Herode
Equecoumo èu tambèn avien lou su pela,
Un jour veguèron dius un rode
Trelusi quaucourèn à la póusso mescla.

Nosti pela s'imaginèron
D'avé trouba quauque tresor.
En estén que chascun lou vouié , que faguèron ?
— A co de poun se bateguèron ,
Bèn entendu que counvenguèron
Que li beu picaioun saien per lou pu for.

�— 193 —
I'ahèron dur ! se deral&gt;èrou
Li 1res o quatre pèu qu'avien pa 'nca' perd

Quand se fuguèron proun balu ,
Aquèu que gagné la balaio ,
Anè rambaia li picaio ,
Que fasié lusi lou souléu....

Ero unapigno. .. per si pèu !!

A.

Turaseon (B.-d.-R.) ,

1

C.AÌTIER.

juin i85&gt;.

�LOU PICIÍO PARPAYOUN.

Pichó couquin de pai'payoun ,
Volo , volo , te prendrai proun !

E poudro d'or su seis aletto
De tnillo coulour bigarra ,
Lou parpayoun su la vioûletto
E pièi su lamargaridelo,
Voulastrejavo din un pra.
Un enfan, pouli coumo un ange,
Gauto roundo coumo un arange,
Mita-nus, voulavo après eu,
E pan !... manquavo ; e pièi la biso ,
Que bouffavo din sa camiso,
Fasiè vèire soun pichó quiéu.

�— 200 —
Píchó couquiii de parpayoun ,
Volo , volo, te prendrai proun!

Anfin , Iou parpayoun s'arrèsto
Sus un boutoun d'or printaniè ;
E lou bel enfan , per darriè ,
Vèn d'aise, bèn d'aise... e pièi, lèste !
Din sei man lou fai presouniè ;
Alor vite à sa cabanetto
Lou porto amè millo poutoun.
Mai las ! en druben la presoun ,
Trovo plu dedin sei manetto
Que poudro d'or de seis aletto !...

Pichô eouquin de parpayoun !!

C.-Il.

Corpcnlras [Vaurluse.)

DtPt'Y.

�LOU BICIIOU E LOU TIGRE

FABLO.

Dins un grand boas, noun sai en qu lio de la lerro,
Su 'n bèu gazoun de flour que semblaro uno serro,
Noun pa d'aqueli flour que l'ome ia touca ,
Mai d'aqueli qu'i cliam vènon de soun sica :
Viéuleto à long pecou , crebidolo pipardo ,
Boutoun d'or à tres feuio, ed'autro flour bastardo
Que juste per acó nen fan que mai plesi,
Yivié tranquilamen lou pichó d'uno bicho ,
Courno un ange encadra dins sa poulido nicho,
Sèn pensamen e sèn souci.

Noste bichouné que , pecaire !
Daumassi que fasié ni pu hau ni pu bas
Que ce que ie disié sa maire,
9*

�Ero urous e galoi aulan qu'èro bounias;
Poudié p'agué dins la pensado
Qu'em'uno amo tan bèn plaçado ,
E qu'en fasèn mau en degun ,
Aguèsse à redouta quaucun.
Tambèn , touli Ii jour gagnavo de terrairc ;
E la bono bicho, sa maire ,
Coumençavo de s'enquieta
De lou vèire tan s'escarta.
le disié coumo acó : « Bichonné, sies bèn sage ,
Moun sang, noun me plagne de tu;
De toun fraire qu'es mort as touti li vertu...
Sies lou pu -brave enfan dis enfan de toun âge !
O mai ! vici cequ'èi, moun bèu : fugues prudén..
la peraqui de long d'animau... qu'an de don !!.

i

Lou counsèu èro bon : èroun counsèu de maire..
Mai nen proufitè gaire !
Dichou, coumo un droulas, se faguè barulaire,
De mai en mai devenguè rebricur,
Per soun

Enaltir!

Car un jour qu'un pau liuns'envai,mounto,davalo
Que cour d'ici, d'ila, que se perd dins lou boas,
Un tigre anequeli sor de dedins soun jas
E l'avalo !
A. Tît'PFY.

Â ri gnon

,28

mens

1851.

�L'ALOUETO E SA FÍO.

I'AIÌLO.

Su la fin dau printèm, uno jouino aloucto
Vouié se pimpara; se tenié sus un pè ;
Poumpavo la frescour de la naissènto erbeto,
En pinchinan soun corp à pichó co de bl\

Sa maire ie diguè : — Pichouno vanitouso ,
A peno ti canoun vènon de se coula ;
En t'esquiclian lou bè, nen soartrié de la ,
Et sies adejà tan glouiouso !...
Que tout ce que lusi te fague jamai gau :
Yirouicges jamai à l'entour dau mirau...
Faiés ùno fin malerouso !... »

�- 204 —
An bout de quauque tèin,
Sis alo s'alounguèron ,
Pcr parpaiouncja subran se despluguèron...
Un matin dins unpra reluqué quaucourèn
De lu sèn :
Se n'aprochoese vèi: -Moun Diéu.quesiéupoulido,
Crido en se miraian ! que ma maire es marrido !

Mountavo, decendié, viravo de cousta ,
Em'un air risoulé guinchavo sa bèuta;
le voulastregè tan, fasèn la parpaiolo,
Qu'au mitan dau fiela faguè la cabriolo.
Un goipo en l'esquichan ie coupé lou caquet ;
Faguè soun demie piéu dins loufoun d'un saquetl

t.

BOMiET.

Beaucaire (Gard), septembre i8'|0.

�LOU GIBOUS QUE NÈDO.

CONTE.

Ai legi qunnquo part, noun sai dinsquet oûbrage,
Qu'un omeèro gibous perdarnié, perdavan ;
Èro enca' que mié mau s'èro esta bon enfan !
Jouine-ome e fio dau village,
E di pu brave e di pu sage ,
Souto sa lengo de serpèn,
ïoujou de soun ounour laissavon quaucourèn.

Un qu'èro esta mourdu 'n pau mai que de mesuro,
Poudèn pa supourta l'injuro,
Digué dins soun cor venjaliéu :
—■■ Maudi gibous, avan que se passe l'esliéu,
La pagaràs, santopabiéu !

�Un jour que lou soulèu de juié dardaiavo,
E que de la calour noste*gibous badavo ,
Vers un vala , su lou iremoun ,
S'avanço gai coumo un quinsoun ;
Se desembraio, e pièi d'un boun
Cabusso dedins la riviero:
Vai,revèn, plounjo, esquio, e fusoencènt manièro
Fai de tour de toulo façoun :
Nedavo autan bèn qu'un peissoun.

Quand nosle orne, countèn de soun pielió lavage,
Aguè fini soun gafouiage ,
E descrassa soun pergamin ,
E refresca soun casaquin,
Apctuga , regagno lou rivage,
Proupré coumounoperlo e fres-coumo un barbèu..
Atrouvè ni souié, ni braio , ni capèu !
Em'un sang-fla pamen supourtè soun daumage..
Mai avan de rintra de nieu dins lou vilagc ,
Diguè : — Per te puni, voulur, enfan de res,
De ce que m'as rauba macamiso e mi braio ,
Souvèle que ce que m'as pres
Cole su toun esquino e que vague á ta taio !
BASTlÉllA.

CorniUon (B. d. R.) , 17 mai 1851.

�SE NEN FASIAM UN AVOUCA.

A

MOUN

AMI

H.

FAl'CIIER.

On. avouca bèn lèu acampo de pccunio.
!.. EXDURAN.

Un jour, un minage que ie clisien Sauvairc
A sa fumo faguè : — Nanoun, sièu en souci.
-Qu'as?-Toinoun es grande: noun saiquenen fau faire
Siéu à moun aise, daumassi
Siam esla touti dous abarous, espargnaire.
Fumo,esquichem-se'n pauperpoussanosteenfan.
Voudreié-ti pa mies que sicguèsse... noutari
Qu'un pè-terrous e qu'un pacan ?
■—Bèn ! iéu amaiéu mai nen faire un capclan.

�— Per rebouli de fam e mouri segoundari ?
Crèi-nie , NanOun , saié peca !...
Se nen fasiam un avouca ,
Fumo, auié 'n mestié d'or : ia tan de plidejaire
Ce que ! nosteïoinoun es finocho e barjaire !
Nous rebèco pa m au : saubré bèn rebeca !
— As resoun , di la maire , aurem un avouca ,
E noun mourirem su la paio !

Tan fa, tan ba ! Toinoun , lendeman de matin ,
Su li ban de l'escolo anè gausi de braio ;
Masleguè , bèu vcucb an , dè grec e de latin ;
Se gavè de gèografío ,
D'argèbro c de filosofío....

Quand una fes sachè que tres e dous fan cinq ,
E que Rosa vóu dire Roso ,
Envispla de ver e de proso ,
S'envenguè dedins soun amèu
Mounté l'esperavon soun paire
E sa maire ,
Qu'avien que li-z-os e la pèu :
S'èron tan esquioha , peca i re !....

Sauvaire labouravo, e noste muscadèu
Se l'risavo au mentoun uni sèt à veu pèu ,

�— 20D —.
Sü I'aureio toujou pourtavo lou capeu ,
E de touli li chalo èro lou calignaire !

O mai, Toinoun èro pa 'nca'
Ca avouca I

Parliguè per Paris... Esquicho-te , Sauvairc !
Anem , bravi gèn, rústica ,
Vostè drole es un travaiaire !
Estudio li cinq code.... en dansan la polka !....
E pièi, touti li quingenado ,
Una letro venié : » Je suis un brave enfant....
« Faites-moi te plaisir de ni envoyer d'argent.... »
Veguem , encaro uuo esquiehado !

Fau vous dire pamen qu'acba cènt, dous cèntfran,
Una pichoto vigno es bèn Ièu avalado !
E pièi , fouguè vèndre lou pra ,
Epièi... di-z-amouiè la poulido plantado !
Basto ! ie resté rèn.... que li-z-iu per plourà !

— E bèn ! fasié Nanoun , te lou disiéu , Sauvairc !
— Dequé ploures, bestiasso ? aurem un avouca.
Fumo, aura'n mestié d'or : ia tan de plidejairc !
— E Toinoun, que fasié ? dansavo la polka !

�— 210 L'cspercron lontèm, mai en van l'esperèron ,
E noun veguèron que l'uissié
Que mascarè fosso papié !....
E paure coumé Jo , li dous vièi s'ennanèron ,
Li-z-iutouti plourous, lou cor endoulouri.
Nanoun à l'espitau , pecaire ! anè mouri...
L'avouca se neguè. Lou mauerous Sauvaire ,
La biasso su l'esquino , un bastoun à la man ,
Disié de porto en porto en demandan soun pan :

— Àubourés pa lou fieu au-dessu de soun pairej

.7.

Acignon, '\juhi i85s.

ROÏMAKILLE.

�LA BELLO D'AVOÜS.

A

MOUN

AJLI

ANSELME

MATTHIEU.

I

Margai de Baumirano ,
Trefoulido d'amour,
Davalo dins la piano ,
Uno ouro davan jour :
En descendèn la colo
Es folo :
— Ai bèu à lnu cerca :
L'ai manca ,
Di , tout moun cor tremolo !

•Roussignoulé , cigalo , taisas-vous ,
Ausès lou can de la

BELLO-B'AVOUS.

�_ 212
Margai es lan poulido
Que la luno, en passan ,
La luno ennevoulido
Au nivo a tli bèn plan :
— Nivo, bèu nivo, passo :
Ma fapo
Vóu laissa toumba'n rai
Su Margai :
Toun sourne m'embarrasso.
Roussignoulé , cigalo , taisas-vous ,
Ausès lou can de la

BELLO-D'AVOUS.

L'aucèu , dins la genèsto ,
Que brèsso si pichoun ,
Alongo un pau la tèsto
Per vèire soun mourroun !
Mai de vèire que plouro,
S'aubouro ,
E per la counsoula ,
la parla
Belèu mai de miecli-ouro !
■Roussignoulé, cigalo, taisas-vous,
Ausès lou can de la

BELLO-D'AVOUS.

Enjusquo la Iuseto
Que lusi dins lou bos ,

�- 213 —
la di : — Pauro iïeto,
Pren moun lume, se vos.
Cerques toun calignairc ?
Pecaire !
L'aguèsses di pu lèu !
Moun calèu
Saié'sta toun menaire.
— Roussignoulé, cigalo , taisas-vous
Ausès lou can de la

BELLO-D'AVOUS.

II
Margai de BaumiranoFai tan de vai-e-vèn
Qu'à l'oumbro dis engano
A trouva lou jouvèn ;
la di : — Desempièi t'aubo ,
Ma raubo
Se bagno de mi plour !
Que d'amour
Per l'orne que me raubo !
— Roussignoulé , cigalo , taisas-vous
Auscs lou can de la

BELLO-D'AVOUS.

— La luno me guiiicliavo ;
E d'un er pictadous ,

�— 214 —
L'auceloun me parlavo
De tu , moun amourous.
Enjusquo la luseto ,
Braveto ,
Vouié, de souncousta,
Me presta
Sa picliouno vieto !

—Roussignoulé, cigalo, taisas-vous,
Ausès lou can de la

BELLO-D'AVOCS.

— Mai, toun fron es bèn sourne!
Dias que sies malau...
Bêlas , vos que m'entournii
A moun oustau peirau ?
— S'ai tan la caro tristo ,
Mafisto !
Es qu'un negre tavan,
En trevan
M'a'spavourdi la visto !

— Roussignoulé, cigalo , taisas-vous,
Ausès lou can de la

BEILO-D'AVOUS.

Ta voix, douço coumo èro ,
Ieui sèmblo un tremoulun
Que trono soulo terro !

�— 215 —
N'en ai de frcjoulun !...
— Se ma voix es tan rauco
VieJaueo !....
Es qu'un marri co d'er ,
Dempièi ier ,
M'engavacho e m'enrauco.

— Roussignoulé, cigalo, taisas-vous,
Ausès lou can de la

DEHO-D'AVOUS.

— Mouriéu de languilori ,
Mai aro, es de la póu !...
Un jour de raubatori ,
Bêlas , as mes lou dóu !
— Se ma vcsto èi founçaùo ,
Neblado ,
La luno l'es pa m en ,
E pamen ,
Au soulèu touj'agiado !

— Roussignoulé , cigalo , taisas-vous ,
Ausès lou can de la

BELLO-D'AVOUS.

III

Quand la clarta nouvelle
Vengué de l'autre bor,

�- 21G —
E couché lis estello
Davan soun carri d'or ,
Tan jouine se raubéron,
Riguèron ;
Tan jouine, s'un chivaii
Fouligau
Eli dous partiguèron.

— Roussignoulé, cigalo, taisas-vous,
Ausès lou can de la

DELLO-D'AVOUS.

E lou cliivau landavo
Su lou camin poûssous ;
E la terro viravo
Darrié lis amourous ;
E dison que li fado
Rambado
Dansèron à l'entour
Jusqu'au jour :
Risien couiné d'asclado !

— Roussignoulé, cigalo, taisas-vous,
Ausès lou can de la

BEHO-D'AVOTIS.

'M'acó la luno blanco
S'enncvouliguè mai ;
L'aucèu, dessu la branco ,

�— 21/ —

^

o

S'amaguè de l'esfrai;
Enjusquo la luseto ,
Paurelo !
Amotissè soun calfcu ,
E lèu , lèu ,
S'amatè din l'erbeto !

— Roussignoulé, cigalo, taisas-vous,
Ausès lou can de la

BELLO-D'AVOES.

E dison qu'à la noço
De la pauro Margai ,
Se taulegè pa fosso
Se rigué gaire mai ;
E dison que li fianço ,
Li danso,
Fuguèron din un lió
Vounl' lou fió
Se vesié di fendanso !

— Roussignoulé, cigalo, taisas-vous,
Ausès lou can de la

BEELO-D'AVOUS.

Su li bar de la cauno
Apaia d'os de mor ,
lina lubèio jauno
Einpestavo lou cor ;
I

o

�— 213 —
o
,
E i'avié de eridage,
D'ourlage ,
De plour e de rena :
Li dana
Gingoulavon de rage !!
— Roussignoulé, cigalo , taisas-vous #
Ausès lou can de !a

BELLO-D'AVOIJS.

IV

Valoun de Baumirano ,
Colo di Bau, jamai,
Dedin vostis engano ,
Vegueias pu Mar gai.
Sa maire di sis ouro
E plouro ,
E noun vóu s'assoula
De parla
De sa bello pastouro !...
Roussignoulé, cigalo, envoulas-vous—
Vaqui lou can de ta

BELLO-D'AVOUS.

F.

(Tira dau poemo

M MEISSOUN),

MI SI RAI»

18/jQ.

�A D1D0 ,

P0ELID0

PICHOl'KÛ

QU'A

PA'NCARO

SlìilS

A5S.

« Yène eiçà, li disiéu , vène , ma pichounetto i
Lou soulèu dinslou nivoa'scoundul seis rayouns...
Enlènde, eisbords dau prat, ramagearlareinetlo :
La chavanotoutaroespouscoàgrosbouilhouns... »

« Plóut... assousto-te lèu dedins la cabanetto.
As proun, d'eici, d'eila, cassât de parpailhouns,
Proun aliscat de flous toun front et ta manetto :
Anicourre ! » Etveseau vèntjugarseiscoutilhouns.

Dido sumeis ginous sauto, et d'uno voulado ,
'Me seisbrassouns de nèu me fa tèndro accoulado,
Et de soun bèu regard me penètro d'amour.
JO.

�Quandpièi,enm'appelantsounbonami,soun paire,
Me bailho, risouletto, un gai poutoun, pecaire !
Nèq, me siéu reveilhat soulet dins l'aire sour...

A.

B.

CROUSILLAT.

Salon (B.-d. -R ), juillet i G4 3.

�LOU CELIBATARI.

ROUMANÇA.

Dises que sans hypoucrisia
Toun cor palpita per moun c&lt;)r :
Vai ! lous rêves de pouesia
Hioi, sou pas pus de rêves d'or.
A tous désirs me fisc gaire :
Toun amour pourrio se gain à.
Crei-me, sioi tropbiel perte plaire,
E lus trop jouina per m'ai m á.

Plane toun errou , bel mainage ;
Mai que tus me crese senat ;
Anfin moun âge ambé toun âge ,
Veses qu'es desproupourciounat.

�— 222 —
Dins toun se lou remor, pecaire !
Pus tar anario s'enfermá.
Crei-me, sioi trop biel per te plaire ,
E tus trop jouina per m'aimá.

Laugèiro-couma la cabrida
Que sauta enbroulèn long d'un riou,
Dèves de la fon de la vida
Tout en canten segui lou fiou ;
Pioi toun regar engalinaire
A soun grat saupro tout charma.
Crei-me , sioi trop biel per te plaire ,
E tus trop jouina per m'aimá.

Mai perqu'as treboulat moun ama,
En mejitèn un mot d'amour?
Tornas emprene aquela flamma
Qu'èro amoussada per toujour ;
E desempioi, triste e renaire ,
Ma razou pot pas se calmà....
Crei-me, sioi trop biel perte plaire ,
E tus trop jouina per m'aimá.

J. A.

PEYROTTES.

Clermont (Hérault), li juin i85i.

�REQUIEN.

A

A.

DE

POSIMAETIEJ.

Eœpe etiam duris errando in cotibus alas
Attrivere, ultroque animam sub fasce dedare :
Tantus amor florum, et çencrandi gloria mellis!

. lib. îv.)

(GEOUG

I

Quand l'aigagno de Mai perlejo su li flour ,
Que, dessu si pecou , li flour requinqueiado ,
I poutoun de l'aureto escampon soun oûdour ,
L'abeio , per faire soun tour ,
A la primo aubo es reveiado ;
E velaqui que part, touto escarabeiado....

Per acampa de mèu coumo es afeciounado ,
E coumo es galoi lou vounvoun

�De la bono Iravaiarèlo !
E vague de voula de la colo au valoun !
E li flour que cliaugi soun sèmpre li pu bèlo.
Glennrclo de Mai,
Que peno e que travai,
Parai ?
Que de vèn e de vai,
Per faire ta garbèlo !

II
Es pa tout d'acampa : fau carreja lou fai,
Fau l'adure à la cabaneto
Regarda nosto abeio : es lasso quenounsai !
Dessu la crebidolo, o la margarideto ,
Quand a de mourimen de cor ,
Fau que, de lèm-ï-en tèuo , pause si-z-alo d'
Es tan liuncho, la cabaneto !
Basto ! a tan acampa, tan vanega, paureto !
Qu'aclapado de soun tresor ,
Dins li feuio d'una floureto ,
S'escoiuij s'amonlouno j s'endort ,
E mort !

�III

Es ansin, bon Requicn , que ma Muso plouravo,
Que, souleto , ravassejavo ,
Enca'tristo de toun adièu,
Quand, dau mitan di flour, ta bèlo amo mountavo
Ver Diéu !

J.

Avignon, zjuille!

1851.

ROUMANILJ.E.

��LÀ RATO-PENADO E LA MOUSTELO.

FABLO IMITADO DE LA FONTAINE.

Un jour, noun sabe qu'ouro, una rato-pénado
Dins un Irau de moustelo intrè, desvariado :
Fouligaudo ! criguè d'avé trouva'n abri.
Mai vaqui que subran coumaire mousteleto ,
Qu'i gari nen vouié, 'tre que vèi la paurelo ,
Es lèsto per la devouri.
— As-ti lou front , ie fai, d'encagna ma coulèro,
Aprè que ti paié m'an fa tres an la gucrro ?
Oh ! d'aquèu laid animau !!
Car, se noun siéu caludo, as bèn l'cr d'èstre un gari,
Un d'aqueli voulur que l'urnon li-z-armari,

�Que vivon rèn que per lou mau.
Iéu te dise que sies un gari....
An ! digo toun CounfUeor ,
Se noun vos creba coumo un porc!

— Iéu, un gari? troûca de dèn , mabèlo damo,
le respoud nosta ûno lamo ,
Que tramblo de la póu de se vèire manja.
Voste parouli me rabalo.
Un gari ? ieu ? l'avé sounja.
Avès aussa lou couidc e carga la cigalo ?....
Iéu faire un tau mcstié H... Durbissè vosti-z-iu :
Siéu auceloun, vaqui mi-z-alo.
Reluca bèn quau siéu, m'escalustrarés pu.

— Vaqui ce que digué nosta rato-pei^ado.
La iînocho agué'qui'na for bono pensado.
La moustelo la crèi e la laisso parli,
Galoiso coumo un Sant qu'escalo en Paradi.

Tres jour aprè 'quel escaufèslre
Mûunté manqué trouva la mort...
(Ah ! quand sias mauerous, es que lou devè-r-èslre!)
Butado per soun marri sort,
Vcruno autro moustelo intrè mai.... l'estourdido!
Aqueslo i-z-auceloun nen vôu ,
E nen sagalo tan que póu :

�Rato-penado es mai en dangé de la vido.
La damo de l'oustau alongo lou musèu ,
Vai lalecan sauna l'aucèu,.. ,
Ai ! aquós có's de bon !... Nosta damiseloto
S'oûbouroedi :- Plan ! plan ! Quecatari vous pren ?
Aujourdeui qu'es Dcminche, auia-ti fa riboto !
Qu'èi qu'avè dins Ii-z-iu , de póusso vo de bren ?
Coumo! iéuunaueèu! e mount'es moun plumage?
flletè vosli bericle , aluca moun pelage :
Siéu un gari, lou vesè pa ?
Lou tron de l'er cure li ca !!
E per aquela repartido ,
La couquino pousquè sauva dous co sa vido.
A l'ouro d'aujourdeui, nien manco pa, de gèn ,
Rato-penado polilk'O

,

Que s'augisson brama, selon coumo es lou vèn :
VIVO LOU RÈI ! VIVO LA RÈPUBLICO !

A. GAUTIER.

Tarascon (D.-d.-B. ) , 3 avril iG3o.

��UNO BONO FIERO.

A

MA

SOEUR

CLAR[ÇO

CLAUP.

Qu bèu jour ! (ia trcnto an d'acô),
Pourlave toûbèujus li braio ;
Pu gai que s'avié begu'n cô ,
Moun paire mounto, e di : « Mannaio ,
Lèu , lèu, davala , que vires
Vostro pichoto sœur, pecaire !
Couchado dins un galan brès....
Vous l'ai aducbo de Beucaiie. »

Se courriguère, jujo un pou ,
Per te vèire , bclo soureto !

�Avieu qu'una souleto póu :
Que rebutèsses tni babeto.
Blai noun ! poulido coumo un ióu ,
Reçaupères bèn l'embrassaire ,
Que cantè coumo un roussignóu :
Vivo la fiero de Bèucaire !

Vouiéu pu me gara d'aqui ;
Roudave autour de ta bressiero ;
Ère pamen bòn ajougui ,
Amave fosso la carriero !
Mai de te vèire èro un bonur,
E me faguère toun bressairc,
E deviéu dire à co segur :
Vivo la fiero de Bèucaire !

Cncnlcjave qucnòunsai :
Fouguè sourti de la chambreto ,
E te diguère : Revendrai ,
Ma sœur, dins una'miechoureto.
Mama , pecaire ! a de mamau ,
E dison que siéu trop barjaire....
Picboto sœur , que me fas gau !
Vivo la fiero de Bèucaire !

Vous an adu fosso bèbèi,
Disiéu, mi brave camarado.

�Mai iéu siéu pus urous qu'un rèi !
Ai uno sœur.... touto mudado !
Que ploure ieui ? ah ! risquo rèn !
EIo èi ma sœur, iéu siéu soun fraire !
Anem ! cantem touti-z-ensèm :
Vivo la fiero de Bèucaire !

Vengué lou jour dau bateja :
Qu joio î tenguère lou cire.
Fouié me vèire mestreja !
Dison que nien avié per rire.
Lou rèi èro pa moun cousin !
Ma dignita de sot coumpaire
M'inspiravo lou gai refrin :
Vivo la fiero de Bèucaire !

Mai de retour, quand vegueiam
De bonbon la tanlo carga do,
Trefoulissjam e sautaviam ,
Fasiam mai de bru qu'uno armado !
Lou vin blan ragè dins li go ,
E nosti voix , di quatre caire,
Se respoundien coumé d'echó :
Vivo la fiero de Bèucaire !

Ensèm despièi avem grandi :
T'aividouço, tèndro, amistouso ,

�— 23ft —
Faire lou bén sens' Fesbrudi ,
Lou cerca, nen estre amourouso ,
De rai peno alauja lou fai ,
Te melre en aio per me plaire...
Oh ! tambèn , cride mai que mai :
Vivo la fiero de Bèucaire !

G lit P.

ai juillet i85i.

�ROUNDÈU.

1 TROEBAIRE Dl PR0BVENÇALO.

Un pau pu tard, quand saubrai mies parla,
De vosti ver que tan m'an regala ,
La lengo richo, amistouso , o troubaire !
Aíor sarai un de vosti counfraire ,
E me veirés glena d'ici , d'ila ,
Li gènti flour que bordon li vala ;
Pièi jusqu'à v'autre assajan d'escala ,
Vous nen farai un bouqué per vous plaire ,
Un pau pu tard !

Paurc de iéu ! s'aujave escambarla
Voste Pégase , auièu lèu davala.

�- 236 —
Se sarié lèu desfa de iéu , pecaire !
E v'autre alor dirias : « Se vouliés faire
De ver, Garcin , te nen foulié mêla
Un pau pu tard... »

A

J.

RODMAMLLE.

Me renés quenounsai de ce qu'escrive gaire :
Roumanille, que vos ? siéu qu'un nouvèu vengu.
A toun pouli rigôu aipa'nca' proun begu :
Es que desempièi hier que m'as rendu troubaire.

E.

GARCIN.

Atteins (B. d. R.) , 19 juillet i85i.

�REQUIEN.

De Sant-Didier à Nostro-Damo,
De Sant-Pierre à Sant-Agrieô,
De qu'es acó ?
Tan de trignoun esmóuvon l'amo..
Perquè, di Carme à Jacoumar,
Aqueli clar ?

Mounté van li gèn per renguiero ?
Plan-plan caminon dous à dous
Darrié'na croux;
Mounté van, long de la carricro,
Habia de negre e de blan,
Li capelan ?

�— 238 — '
Chascun espèro su sa porlo
Emé d'habiage de dóu...
Que ia de nóu,
Que tout Avignoun es per orlo?
Monl'èi que van pichó vo gran?
— A Sant-Veran. *

Requien revèn, e l'acoumpagnon ;
L'an pa vougu laissa dourmi
Liun di-z-ami...
L'avienama, tambèn lou plagnon!
Requien, s'escampo bèn de plour
A toun retour!

Sènso avé liga ta garbèlo,
O missounié, fau t'entourna !
As samena :
Mai d'aquela missoun tan bèlo
D'autre que tu n'acamparan
ïouti li gran.

Te nen farem una courouno,
De li-z-espigo; e toun toumbéu
Sara proun bcu !

* Samcntèri d'Avignoun.

�Se passira pa'me l'autouno:
Sara l'esliéu, sara l'iver
Toujou pu

Ter!

TH. AUBANEÏ..

oignon, a juillet i85i.

��A LÀ CIGALÓ.

MeucuçlÇtfiít as,

TÉTTI?

ANAK.

Cancanuso cigaletto ,

s

Quand revènon leis meissouns ,
Eméiéu sies la soulelto
Que t'amuses en cansouns :
Bèn quilhado sus la branco ,
Tout lou jour , à toun lesir ,
Sies galoyo , rèn te manquo ,
Fanfouneges à plesir.

Leis dous uècs dins la sournièro
Suzarènt, deshalenat,

�Lou chivau trimo sus l'ièro,
Eis fatigós coundamnat.
Tu l'espinches insensiblo ,
Libro coumo l'aucelet,
Et te chales su' 'na piblo
Eis poulouns dau ventoulet.

La laugièro dindouletto ,
En rasant leis valadouns,
Piéuco la dameiseletlo ,
Et nen gavo seis nistouns ;
Tu, le laisso bèn tranquillo ,
Car sies pleno que de souen ,
Sus leis oumes de la villo
Zounzounar nené-souem-souem.

Au prirvtemps , es-ti 'na vido
La vido dau foulestier !
Escoussat de sa dourmido ,
Te li fant ges de quartier ;
Lou sagagnon , l'esbramasson ;
Voulastregeo au bout d'un fieu ;
Vo leis galls, pièi, lou pilasson ,
Vo lou cat lou briffo vicu.

Mai merito soun supplice :
Es la pèsto deis jardins....

�— 243 —
Tu que n'as ges de malice ,
Cregnes pas marrits deslins.
Tu respèttes la campagno ,
Car sies sobro que-noun-sai :
Rèn de rèn, qu'un pau d'aigagno
Te refresco lou gavai.

Garo, au found d'un fres bouscagi ,
Vo lou long deis riaus en flous,
Au parpailhounet voulagi,
Eis alettos de velous !...
Va mourir de moueri cruello ,
Yiltime de sa bèutat !...
Cigalelto laidarello ,
Risques rèn d'aquèu coustat.

Dins leis champs, se 'na pichollo
Vènt perfés à t'agantar ,
Te brèsso dins sa menotto
Per te faire un pau cantar.
Te vóut ges de mau, pecaire !
Amo à vèire teis miraus ;
Pièi, te lacho mai à l'aire ,
Dins lou fres planlier deis Crans.

Vhuei l'escolo es desertado ,
Es dijóu !.. vai canlar luènch !..
11.

�-m—
Leis enfants, troupe- csvcnlado ,
Se t'aganton... vé , te tuent !
Oh ! mai, noun : nouesto marmaitho
Que se cerco que de juècs ,
Se te mette au cûou la pailho ,
Ris en te seguènt deis uècs...

Cigaletto cantarello ,
Messagièro de l'estiéu ,
Si, que tu la passes bello :
Siesherouso coumo un dieu !..,
Que tambèn me fas envegeo
A iéu, paure troubadour,
De qu l'amo tristo et fregeo
Counèi plus que la doulour!

Quand, de fés , souto l'oumbragt
Vèneun pau ravassegear,
Fai-me'ntendre toun ramagi...
Vague de cacalegear !..
Que dau mens (se dins Liselto
Plus n'espère qu'uno sur),
Tu m'endouermes sus l'herbetto
Dins de songis de bonhur !...
A.

B

CK0ÜS1I.LAT.

Salon (B.-ct.-R.), a juillet 1849.

�EPITRO

A MOL'N

AMI LANDAIS ,

ARCHIVISTO

A LA

MAIRIO

DB

MARSlinO.

Se coumo tu , La/idais , aviéu la couneissènço
De noue'ilreis rèires troubadours,
Ali ! si sabiéu la Iuùgo ounle , dins la Prouvènro,
Vas rabailhar teis pouèlicos ilours ,
Subran l'anariéu , per li faire ,
Dins leis bousquets ,
Uno courouno de bouquets ,
Mai tant lisquetto ,
Et poulidetto
Que noun sai,
Engensado de flours que passirient jamai !..

�- 246 En Faluquant segur que li fariés bouqueto ;
N'en cenchariéu toun front, aquó t'es bèn degu ,
Car sies lou pourridiet d'Apouloun, nouestre paire;
Sènso bretounegear parles ta lenguo maire ;
So quaucuu me dis noun, dirai qu'a tróu begu ;
Après li pourgiriéu lou pourtrèt que faguères
Dau Pavilloun chinois, dirai mies, dau Pounchut
Que d'après naturo pinlères ,
En riinos tant couroués sourtidos de toun su.
Lou prouvençau pur-sang aqui beluguejavo ,
Tout coumo lou carboun
Que s'abro au fugueiroun.
Siéu bèn segurqu'Aubert, ReybaudetRoumaniliu,
Qu'en Prouvènço ant gagna tant de celebrita,
En ligènt teis escrits, sérient mai qu'espanta' ,
Et dirient que toun obro es uno rnerevilho
Que regouiro de verita.
Moun Diéu ! coumo l'as bèn pinta
Aquel cndrecli inausan per lou Géu de famillo ,
Pas luen de Casali, sur la Plaço Nekcr ,
Qu'èro lou rendez-vous, l'estiéu couuio l'hiver,
Deis panouchos , capouns

qu'amagavo Marsillio,

Aquèu séjour ounte lou vici ,
Lou sèro , escupict soun venin ,
Aquèu bal, cuquo de brulici ,
Que trevavo lou libertin ,

�— 247 —
Et que sourdat, turc ou marin
N'en fasien un lue de delici.

D'enrabiats musiciens sur seis viéulouns rasclavon,
D'autreis boufl'avon ,
Per leis faire dansar,
Et valsar.
Aurias di, double sort! quand touis ensèm juga von,
Qu'uno tiero de gais aqui si penchinavon ;
Clarineto , bassoun, troumboni, fluto et cor
Tout coumo nouestrochambro èronpâmai d'accor!

As reviéuda , Landais, la Ienguo prouvençalo,
Qu'ici l'homme de gous tant justamen ravalo ,
Car dins Marsilho , vbui, ti parle francament,
Leis rimaillurs li fant un rascas vestiment :
Un l'habilloen français,l'autre d'un troué d'estrasso,Aquèu dins leis valats la sausso et la tirasso ;
Li vegeon sur sa raubo autant de pourcarié
Que la Satopo un jour au port n'en pescariet.
Doû mourbin, cadenoun ! fau que mandi la canno
Contro un rimur que fa de vers de miejo canno !
D'aquèu sot orgueilhous ti dirai pas lou noum ,
Car voudriéu pas neblar soun usurpa renouni :
Ti dirai soulament que s'un ase, coumpaire ,
Consou poudicl venir dins aquestou terraire ,
Sur soun espalo auriet segur lou capeiroun !

�— Zhò —

léu que voudriéu seguir tcis piados,
Ensigno-mi, Laniais, ounte trobes teis vers...
L'anarai, noum d'un goi! faire meis estrapiados,
Et sarai coutno tu vanta dins l'univers !

PIERRE BEILOT.

Marseille,

19

juillet i85l,

�L'OME I'ROUPOSA.

ELEGIA.

A

MO UN

AMI

J.

ROUMASILLE,

— Bevein à ta houana venguda !
Brigadier, ounour à ta crous !
N'as vi de grisa atnai de ruda ,
Lou bonur te sarâ pu dous.
— Bcve plus rèn, faut que m'enanc
Douriéu dejá-r-èstre au Pountet...
Faut que parte , faut que debane
Lou pu bèu de moun capelet.
Se counouissias l'aimabla Dida ,
M'arrestarias pas sens resoun :

�- 253 —
Dida , fia santa et pouiida
De l'oustessa de Courlhesoun !
Quand partigiière per l'armada ,
Aquèu bel ange dau bouan Diéu
Me parlé coum' un' inspirada ,
Ansin me faguè si-z-adiéu :

— Vas au fió !... Pren moun scapulcra ;
Lou boute aquí, ye restarà !
De touli li mau de la guerra,
Aquèu gage te sauvará.
Souslá de la maìemparada ,
Yun de tu li marri-z-atous !
La crous sus l'image estampada ,
Per lu respicha un' autra crous.

Se l'Arabe , sus toun visage,
Te fichava un estramaçoun ,
Me fai rèn ! I'ome de courage
N'en èi que pu pouli garcoun.
S'una balla , dins sa furia ,
Veniet, per un maudit asar ,
Enfôuchar-v-una de ti quia ,
Amayéu toujou lou panar !

Ansin disiet, la gènla fia...
— En pruchèntcoum'un serafin,

�Alignava sus la grasia ,
Per yéu Jous tayoun de boudin.
Oh ! qute gous , qunta fumada ,
Quand me la pourgè de si man !
O benerousa grasiada ,
Te mange encá despièi quatre an

Sous li palmier, de ma pensada
N'èi jamai fugida un moumen.
Vierge santa , qu'ai tant pregada ,
Bèn lèu finirés mi tourmen !
Dins lou deser pensave à Dida ,
Coum'à si boudin graziá ;
Per ella risquave ma vida ,
Me battiéu coum'un enrabià !

Ferme à l'egau d'una muraia ,
Lèste quand disien : En avant !
A l'assau coum'à la balaia ,
Courriéu toujou-r-au premier ran
Li canoun près de yéu pelavon :
— Tiras, bregan , falibuslier !
Pin ! pan ! pan ! li balla siblavon..
Eron toujou court et couslier.

Dilun quevèn, fasem la noça ,
Et ye sias louti counvidà:

�— 252 —
Ami, vcnès-ye à plen carrossa ,
Poudès pasmiéu nous agradà'.
Li troumbone, li clarinclla ,
Fluta, cournè-z-et tambourin ,
Li droulas amé li fielta
Vous anaran quère au camin.

Oh ! la ripaia sarà belia
Vers l'oustessa de Courthesoun !
Boutará tout per escudella ,
Et li grand plat dins li pichoun.
Terra et mar ! de lèbre , d'angui'a ,
Vcdèu , toun , pardris , tant et tant
Que lou ventre d'un crocodila
Pourriet belèu plus faire avant !

Per arrousar tala fricassa ,
Li vin li pu fin, li pu bèn ,
Couma s'èron de la Bausaça ,
S'escaparan à plen bournèu!
Béurem i novi à tassa plena,
I parèn , amis , au cura ;
Anem cantar couma d'ourguena...
Et pièi, dansarà quau pourrà !

Sous l'ôulinboutarem la taula,
Pcrtout de flous et de lampioun ;

�L'un ris, l'un canta , l'autre miaula
Anem faire un bèu carioun !
Au desser, gisclon li fusada ;
Li Courdier van, de si viouloun
Accoumpagnar cliasqua rasada
D'una valsa ou d"un rigoudoun.

Oh ! couma Dida sará bella!
Que sará vestida amc gous !
Y'aduse riban et dantella ,
De pendèn , un poulí burnous !
Sará la rèina de la fèsla ,
Etlarèina de moun amour ;
Ai pôu de n'en virar la tèsta !
Qule bonur et qu bèu jour !

M'a 'scrit, la semana derniera :
Despièi vieu jour siam afficha ;
Nous an gità de la cadiera :
Vesès se me faut despachá' !
— Lou brigadier vola vers Dida ,
A vite esquià soun picoun ;
Saluda Sorga et Bedarrida....
Lou vaqui davan Courlhesoun.

Vèi una chata en rauba blanca ;
Soun voala ye penja i taloun ;

t

�Et ye fai : — De rèn se n'en manca,
Uèi l'as fâcha, ta coumunioun ,
Lou vese bèn : portes un cire...
Mai per acó faut pas plourar.
Coume ! èirous? Moun Diéu !que vous dire
— Dida ? — Yenem de l'entarrar !

CAST1I.-BLAZE.

Paris , 4 août i85l.

�GOUTOUNO.

Goutouno ,
Malautouno ,
Malautouno d'amour,
Souleto ,
La paureto !
Disié 'nsin à la flour .

— « Poulido
Margarido ,
Iéu t'ame quenounsai,
Quand l'aubo
Su ta raubo
Escampo si bèu rai.

�Siêu uno
Chato bruno
Qu'ame vèire, plan-pli
L'aureto
Frescouleto
Boulega toun fron blan

Fineto,
Sis aleto
Escampa de toun iu
L'aigagno
Qu'acoumpagno
Li nèblo de la niu.

Pos crèire :
Per te vèire,
Laisse alor lis agnéu
Que garde,
E regarde
'Me plesi lou souléu

Te rire
E te dire
Coumé l'aubo le di :
Flourelo
Crcntouseto,
Aro pos t'espandi.

�Di peno
Qu'amour meno
Saubras jamai lou gous,
Poulido
Margarido !
Que toun sor es urous !

Sióu fio ,
O ma mio !
E pamen ehanjariéu
Ma vido
Desglesido
Voulountié per la lieu! »

ANSELME

MATTHIEU.

Châleauneuf-Calcernier (Vaacluse) , mai

i

��A J. ROUMANILLE.

L'aubo vai ilin lou ciel amoussa leis cstèlo ;
Lou pastre matiniè se fVeto lei parpèlo ,
E se tèvo sènso calèu ;
Oûjas tout se reveio; où jas, a-n-aqucsto ouro
L'avé sor de Pestable , e davan la paslouro ,
Fai dindina sei cascavèu.

Leis oustau soun duber : lei chato , que soun lèsto
Van quère d'aigo où pous, un brô dessu la tèslo
Lou gavois abéuro sei iriióu ;
Deja, per lei camin bourda de bouissounado ,
Lei mèstre, lei varié s'en van a la jouruado ,
Amé l'eiçado su lou cóu.

�— 260 —
Mè , su la mounlagno
Couverto d'eigagno ,
Lou souléu deja
Yen de pouncheja ;
Deja la cigalo
De soun can regalo
Pastouro e bergiè ,
E lou meinagiè ,
Que s'ei leva d'ouro ,
En siblèn, labouro
Soun tros de vergiè.

E hiéu, paure poèto afama d'ambroisío ,
Ami, per laboura raoun cham de poèsio ,
M'ère leva peréu :
Me , l'ai trouva clafi de grame e de coûssido ;
Te potle rèn oût'ri : vos pa de flourpassido ,
Vos pa de gralo-quiéu.

CAMILLE IvEYBAIID.

Njons (Dréine.)

�A MOUN AMI 131G A ND ,

FER

hOV

REMERCIA,

DE

M AVE

FA

MOUN

POURTRK.

SONNET.

Toun genío, ô Bigand, las de trinassa l'alo ,
Un jour te vounvounè : — « Lèisso aqui lou séjour
Di mort : ia tro de tèm que ta lagno s'exhaio ,
Oû toumbèu de Rcquicn , en d'inutile plour.
Où front de sis ami, ve, qu'aquelo bello amo
A leissa de reflèt de saber, de vertu !
Que toun brûlant pincèu n'en coumpose uno flamo :
Ansin voiras Rcquien resuscita pcr tu ! »

�— 262 —
As segui soun counsèu, et sous ta man savènto ,
Espelisson subran de ta paleto ardènto
Li pourtrè dis ami d'aquèu grand citouyèn.

Tambèn, asfaloumiéu... gramaci ! Maipren gardoî
Cerqueges pa tan iun : regardo en tu , regardo
Li noblo qualita de l'illustre Requiert !

AUGUSTIN

Acignon , la août i85t.

BOUDIS.

�A BIGAND,

EN IE MANDAN MI MARGARIDETO , PER 10V REMERCIA DE
M'AVÉ

FA

MOUN

POLRTRÈ,

Moun bon Moussu Bigand, vous mande ma Museto,
Coumo un jour per Requien , vèn de faire teleto :
Me fai gau ; a'n biai bcnesi !
A mes soun faudau ver e sa blanco raubeto;
Coumo una perlo es neto ,
Coumo un mirau lusi !
Siéu paire , que voulès ? l'atrove poulidcto,
E saiéu bèn galoi se vous fasié plesi !

Mai ma gènto cascarelelo,
Noun sabe se poudrés l'ausi :

�Davan vous, inoun ami, sara tan crcntouseto ,
Paureto !
Qu'aujara pa belèu vous dire : — « Siéu ici :
Aloun paire vóu , Moussu, que vous diguemerci
D'avé pres per èu la paleto
Qu'esbriaudo , e tan trelusi
Qu'à vosle entour,Ii-z-ange,en vous fasèn bouqueto,
Per vóu, quand travaia, vènon faire l'aleto ! »
Mai vous baiara, pecaireto !
Pau de causo : un bouqué qu'èi adejà passi,
Que quand dau mes de mai alenavo l'aureto,
Entré qu'apèralin nasejavo l'aubeto,
I bor de nosli riéu , l'autre an, elo a chausi ,
E qu'ai bouta dins sa inaneto :
Moun bouqué de Margarideto ,
Perlelo
Que m'an dounaproun de souci!

Oh ! mai, ai lou cor siau , ô Bigand , daumassi
Sias bon, e que farés quenounsai de babeto
A ma Muso crentouso, à si pauri floureto ,
E que trefoulirés de noste gramaci !
J.

Acignon , 21 août i85i.

ROl'MANILLE.

�LA FILLA DEL POPLF

ROUMANÇA.

O filla à la vouès amistousa ,
De nostras passious d'inçabal
Te planes pas : que sios herousa !
Counnouisses tout just lou trabal.
Per soulajá ta bieilla maire ,
N'as pas finit ni nioch ni jour :
Trobes pertout quicon à faire.
Filla del pople , oi, t'aimarai toujour!
Procha del lum sans fi que brilla
E que veilla davan l'autel,
Vespre e mati, vas, jouina filla ,
Ouffri toun cor à l'Eternel.
E toun anja, de póu qu'escoutes

�— 2G6 —
Salan que loda à toun entour ,
l'rega lou Christ qu'es mort per toutes.
Filla del pople, oi, t'aimarai toujour!
Ta caritat es forta e granda ;
Jamai fas pas tort à degus ;
Donnas al paure que demanda
Lou pan qu'avios coupât per tus.
Lou vouiajur las de sa marcha ,
Que dau la nioch cerqua un séjour,
Dins ta cabana troba una archa.
Filla del pople, oi, t'aimarai toujour!
Filla , se n as pas de richessa ,
Au mens poussèdes un boun cor ,
Au inens poussèdes la sagessa :
Acó vol mai qu'un grand tresor.
Sios l'anja gardien que me guida ,
Sios moun bounhur , sios moun amour,
Sios moun idola e sios ma vida !
Filla del pople , oi, t'aimarai toujour !
I. A. PEYROTTES.

(Potier de terre.)

C

1er mont (Hérault) ,

ÌS^-Ì.

�A J. ROUMAMLLE,

PER

LOU

REMERCIAR

DE SEIS MARCAÎUDETO.

Roumanille, ai reçu toun libre
Tout caffi de vers poulidets
Qu'an espclis souto teis degts ;
N'ai jamai vis d'aquèu calibre.
Que largues de proso ou de vers ,
Un esprit san toujours arroso
Teis vers, ou bèn la richo proso :
Jamai escrives de travers.

Mai digo-mi, charmant poèto ,
Perqué , quand mandes lois bouquel
Qu'as cngensa dins teis bousquels,

�- 2G8 —

Perquè ta Miiso poulidetto,
Aquello deis chevus frisa ,
Nous dit que leis as coumpousa
De belleis flours margaridetlo ?
Nous prenes doun per de fada ,
Puisqu'es de rosos qu'as manda !

P.

Mancille, décembre 1847.

BELLOT.

�A LA

C1VAD0-FÈR0.

Grandes dominantur avenœ.
VlP.G.

0 grand' civado-fero,
Que mounles din li bla
Tan boudenflo e tan Cèro ,
Sies bono qu'à 'scala.

Se toun espigau rèsto
Din lou cham, tout soulé,
Fas que branda la tèsto
Au mendre venloulé ;

E lèu , couiné de juste ,
Fariés lou cabussu.

�Sènso lou bla robuste
En quau mountes dessu ;

E per se leni drecho,
E per noun se gifota ,
A ta boudousco estrccho
Fau l'ajudo dau bla.

E sènso èu , ta creissènci
D'un jour sarié tout jus

}

E per recouneissènci,
le poumpes tout soun jus.

E ti Iongui racino
Devourisson li siéu ,
O marrido vesino
De la planto de Diéu !

Per garí la magagno
De ti canoun brula,
Raubes la doueo aigagno
Que l'aubo mando au bla.

Ta maigro e f'ollo espigo
Me fai sounja souvèn
En d'aqueli boufigo
Que soun pterio de vèn-

�— 271 —
Toun aresto marrido,
Vergougno de meissoun!
Di bèsti mau nourrido
S'arrapo au gargassoun.

O grand' eivado-fèro ,
As bèu à te gounfla !
Escalo e fai la fièro ,
Te fourra proun gibla !

Que lou Venlarau brame,
E te boufe darnié !
Vèngue lou grand voulame
De l'aspre meissounié !

E maugra ta cresènci,
Maugra lou vèn que fas ,
Maugra ta grand' creissènci,
Glouiouso, toumbaras !

Dau bla l'espigo rousso,
Mai rousso qu'un fiéu d'or ,
De ta laido garrousso
Sara triado alor ;

Maugracious de te vèirc
Negreja din lou drai,

�— 272 —
Lou baile, inèste Pèirc ,
Vai rcna quenounsai.

D'èstre boudcnfic e riche ,
Souvèn-te que n'es rén !
Fau que lout gran s'esquiche
Su l'eiróu, aderrèn.

0 grand'civado-fèro,
As bèu à-n-escala,
As bèu faire ta fièro,
Te fourra pioun gibla !

F. MISTRAL.

Aijo [B-d.-R), 5 juin i85i.

�LOU GOUDROUN.

Un jour, au port dau Rhose, à grand co de pincèu,
Bat-Remo, lou patroun, goudrounavo un batèu.
Vici qu'un vilajoas qu'acoumpagnavo un ase ,
Lou regardo , s'aplanto, e demoro en extase
Ungrosquart-d'ouro, aumen; pièi demando perquè
Bassino coumo acó lou quiéu d'aquèu barqué.

Lou patroun ie respon : « Sache qu'a lou mérite
De lou faire marcha dèx milo fes pu vite...
Quand n'a lou quiéu farci (parlèn amé respè),
Lou mïour di chivau ie pou pa teni pè.

— Quto bèlo invencioun

1

oh ! quto bèlo causo!...

Iéu... moun ase... qu'anem coumé de cacalauso...
Ah! se coustavo rèn... on gaire!... Auriambcsoun...

�— 274 —
—Vous acoumoudarai, brave omc! Avè resoun.

De l'ase, lou farçur oûbouro la coueto ,
E nien Ccho tout eau su lou mole di pelo ,
Endisèn:— D'uno coucho à vostease,n'iaproun

Su lou co, l'ase part pu vite qu'un vagoun !
Auié gagna lou pris à la courso , e de rèsto.
Noste ome alor s'escrido, en escrussan sa vèsto .
—Despacha-vous, Moussu! Vese que lou perdrai
Se me nen fréta pa, jamai l'agantarai !!

. c.

D

Avignon, i85c.

CASSAS.

�MA VESINO.

A

EMILE

DESCIUMPS.

Ve , Gouloun, sies una perleto ;
As una laio facho au tour,
D'iu que beluguejon d'amour ;
Sies bravo autan que poulideto.

As un biai angeli, Goutoun ,
Un cor d'or , uno amo inoucùnto;
As una bouco qu'èi risènto ,
Una bouqueto d'enfantoun.

Finalamen , tu sies , resino ,
Un tresor, un bijou de rùi !

�— 276 —
Mai, tnoun enfan , vici ce qu'u :
la ges de roso sènso espino ;

la res que noun siegue endeca :
ïoun espino, jouino flourelo ,
E ta laido deco , paureto !
Ei que jogucs... emé lou ca !

Eraé lou ca !!... Hier t'espinchave...
Vèngues pa me dire de noun ;
Lou bressaves su ti ginoun ,
E iéu, pecaire ! souspirave!

Bèn mai ! ie fasiés li-z-iu dous ;
Coumo un enfan lou lintourlavcs,
Lou sarraves, lou calignaves
D'un air e d'un biai amistous.

E per toun cor èro una fèsto :
Trefoulissiés, tout te risié
Que te dirai ? acó fasié
Drissa li peu dessu ma lèsto !

Mai vici lou pu grospeca :
le faguères una babeto !
Pausèrcs la bèlo bouquelo
Dessu lou mourre de toun ca !!

�Vo, lu sies, ma gènto vesino ,
Un tresor, un bijou de rèi !
Mai, raoun enfan , vaquí ce qu'èi :
la ges de roso sènso espino.
Se vouiés me crèirc, Goutoun ,
Lou mandatés cassa de rato,
Lou caressaiés pu , ma chato !
Dcgaiaiés pu li poutoun.
Ve, pièi, se vos avé , ma bèlo ,
Quaucourèn à lintourleja ,
Un amour à poutouneja ,
Poutounejo la tourtourèlo.
Quand prencs toun caioun, m'amour,
Acó me treboulo e m'encagno :
Me sèmblo bèn véire uno aragno
Qu'arpatejo sus una flour !

Coucho aquela l)èsli, vesino ,
Quand à toun enlour miaulara,
E lèu ma Muso te dira :
Sies una roso sènso espino.
J. KOtlMANUtE.

Avignon, 19 juillet 1851.

��A-N-UNO BRAVO PICHOUNO.

Noun, noun , voulem pas, Margoutoun ,
Te faire un crime , ô poulidello

}

De flaltegear 'mé ta manetto ,
Et de poutounar toun catoun.

D'uno amo sensiblo et pietouso
Dounes la provo , acot fasènt ;
Toun couer bounias, coumpatissènt,
Aquit se vcs, viergi amistouso.

Sus leis malouns Minet se plant,
Enfregeoulit... Dessus ta faudo ,
Coumo dins uno brèsso caudo ,
L'acates, lou brèsses bèn plan;

�~ 280 —
Lou reviscouclcs !. Eu te miaulo
Soun gramaci d'un ton doucet ,
En t'alucant amourouset...
Oh ! li manquo que laparaulo!

Turto , se frelto , l'a lou bèa ,
Per le lemouniar sa tendrcsso ;
Fier, à la man que lou caresso
Pouerge lou vcîous de soun pèu.

Et que mau li a , se la bouquelto ,
Quand pièi èu te fa soun roun-roun ,
Dessus soun poulil blanc mourroun
Pauso uno pichouno babetto ?

Qu amo leis bèsti 'amo Ieis gèns....
Yai, mignotlo, sies pas trop grando
Juègo, juègo... Touto la bando,
Siam pasjalous, mais indulgents.

Se, pcr frimo, un galoi troubaire
Te remiéulegco : « Ai ! que peccal 1
« As baisat lou mourre à toun cat !..
Risouletto, mando-lou jaire.

N'aulres voulcmpas, Margoutoun,
Te faire un crime, ô poulidetto ,

�— 281 —
De flaltcgear 'mé ta manette-,
Et de poutounar toun catoun.

A. B.

Salon (B.-d.-R.) ,

10

CB.0USIU.AT.

août i85i.

��LOU ROUSSIGNOU E LA MACHOTO.

Un bèu roussignóu , din lou bois ,
Per uno doupo nieu , cantavo ,
E de tèms en tèm escoutavo
Uno machoto à laido voix.

— Teiso-te, cantuso doulènto »
Hi diguè l'oûsseloun vanta ;
La nieu, de toun afrouso plènto,
Leis oûssèu soun espouvanta.

— Quand de tristesso moun cœur sauno ,
Que vous fai, charman roussignóu ,
Que gemigue oû foun de ma cauno ?
Moun chou-cou vous fui ge de móu.

�— 284 —
Ma voix lugubro eis cnnuiouso ,
N'en counvène... mè , fai trouva
La vostro pu meloudiouso....
Ansin, lcissa-me doun reva !

CAMILLE RETBAl'B.

Nyons (Drâme) , 1S44-

�SÈN BINCÈN DE POL.

DE TOl'LOlZO A LA BILO DE DAX. *

Scmpcr piiupcrcs liaOcíis
vobiscum.
( MATTII. XXVI , II.J

Que desti'ounen lousrèys,que fasquen pats ou gucrro.
Que nibèlen fourluno et ren ,
Lou lendouma, beyran de paures sui la tcrro...
Ordoun, la Caritat sara Rèyno en tout ten ;
Et Sèn ISincèn de Pol, soun gran reprezenten ,
Escampillan pertoat sounarmado uoumbrouzo ,

* Pairie de St Yiucenl de Paul.
i3.

�- 286 —
Et counsoulayro , et piètadouzo ,
Dins lou mounde, jusqu'à sa fi ,
Aura , che la mizèro hountouzo ,
De larmos à secade plagos à gari !
Tabé sousbièls drapèus, sas cnsegnos noubèlos
Counton raay de souldats que lou ciel n'ad'estèlos!
Gran Sèn de nostre ten , pel co ses fèy l'aynat
De l'Esprit, delaGlèjzo et deia Caritat.,..

Aluquèt l'amo fredo à soun amo burlento;
Apelèt sul l'oustal la bountat del palay ;
La Piètat bizilèt la bieillesso souffrento ;
Lous maynages al brès que perdion uno may,
Proche d'el n'en troubabon trento !
Al mitan des plazés faziô toumba de plous
Que cambiabo talèu en mel pel malhurous ;
May d'un mèslre,àsabouès, fasquèl libre l'esclabo;
May d'un rèy, periiplayre , en gran semestrejabo;
Et dizon même qu'à Paris,
May d'un cet, dins de bals, an bis
De rèynos, al mounien oun lou sage quislubo ,
Se derrega des piels diamans et rubis ,
Et se descourouna pes paures que pintrabo !....

Oh ! Sèn Bincèn de Pol es lou gran sèn d'anèy !
NatJuUtel, nat Fcurà que destroune aquel rèy !!

�Dins soun brès lanusquet ma Muzo aginouillado
A pres noubèlo forço , et la baci tournado
Per canta soun drapèu tan bèl ;
Dax, serbèn dins toun fil la cauzo la millouno ,
Et lou poèto y gagno uno doublo courouno ,
Car Sèn Bincèn de Pol estaco à soun ramel
La glorio de la terro... et lou parfun del ciel !

JASMIN.

Toulouse, g avril 135 s.

��LOU GRAND BAL.

A 5I0UN AMI F.

SECCIÎt.

Que soun bella, ti-z-armounia ,
Tranquil·la niu dau mes de mai !
L'oumbra canta si litania ,
Quand lou jour se teisa et s'en vai.

Ya gin de repau sus la terra :
Priera et louange sens fin ,
Touti, de touti li maniera,
Celèbron soun ouvrier divin.

A coumençâ la serenada
L'armila à San-Jaque reclus ;

i3

�- 290 —
Per èn la campana èi toucada :
Nous a dindiná l'Angélus.

Bèn pus aut que lou pibo antique
Entendis flutar luu eourlu ;
Dins li-z-air redit soun cantique ,
Avant de se couiffar de niu.

Lou bèuloli sibla sa nota ;
En sourdina fai ben de tour ;
Et li souspir de doua machota
Fan un ecó plen de douçour.

Machota , me piques à l'ama :
N'as qu'un ton , mai qu'èi round ! qu'èibèu!
Se n'acampaves una gama ,
Cantaries iniéu que gis d'ôussèu.

Malibran, de toun arielta ,
Quand nous laissaves espantà ,
Escrivíeu : — « Brava , Marictta !
Coum'una machota as cantà. »

Auges lou mouissau que v ioulouna :
Soun arquet delicat et long
Avança, recula , vounvouna :
Res pôut-y miéu filar un son ?

�— 291 —
De pèlerin una voulada ,
Emigrà de Jerusalem ,
Vers li-z-estella bat l'eslrada,
Au cant di-z-ourtoulan mayèn.

La lima i risèn se miraya ,
Li luzetta brion i prá ;
Teiterei ! nous redit la caya ,
Et li griot an souspirá.

Un vièi gau, bën digne d'eloge i
I galoun baya Va-mi-la :
Touti rcspondon... Lou reloge
Su li gau vèn de se régla.

Lou roussignôu sus soun nis veya,
Ganta, se lagna, et de sa vouas ,
Graeiousa et brianta merveya ,
Gitta li perla dins lou bouas.

A tant d'air et de canlilèna ,
Faut una bassa et de mitan :
Boutas , li troubarem sèns pena ,
Graci i reinetta di-z-estan.

Qunta vapour armouniousa
S'ôubouro de chasque jounquier ,
i5'

�— 292 —
Fanfoiii longo et vigourousa
Que se nota pas sus papier.

L'orgue de grapau , de granouya ,
Sens ye bouffar loujou brusî,
Pople que jacassa, patrouya,
Et que pamen fai grand plesi.

La Durènça d'eici davala ,

-,

Murmura un poétique son...
Olá !... preniéu per de timbala
Un mióu que trotta sus lou pont.

Ah ! bessai vourrias de trombone ?
Tambèn vous li podo acampà :
Un ase brama , vous lou donc,
Amaili dons chin qu'an japâ.

Aquela ourchèstra fourmidabla
Que dèu-ti bouffar ou rassar ?
— Una valsa immensa, admirabla,
Que li-z-cstella van dansar.
CAST1L-BLÀZE.

Paris

,10

août

3

I JI.

�BRUNETTO.

VILLANELLO.

L'aubetto à peno fa bouquelto ;
Dedins l'aigagno doû matin
A peno l'oûsseloun bequctto.

Et iéu vesi deja Brunetto
Troulant dins soun pichoun patin ,
Coiimo l'aubo fasènt bouquetto.

Oh ! prendrias sa blaneo cournetto
Per un bel yeli de satin ,
Quejamai l'oûsseloun bequetto.

Se proumeuo dedins l'herbetto.

�— 294 —
A travers soun pouli jardin,
Mounté l'aubetto fa bouquetlo.

Se dandino su sa cambetto .
Emé soun pichoun air badin :
Sèmblo un oûsseloun que bequetto.

D'un pichoun libre que fuillelto ,
Ris, en vîran lou pergamin
Mounté lois amours fan bouquelto.

Et puis , sa man l'a la cuillelto
D'un bèu bouquet de joûssemin
Que l'oûsseloun jalous bequetto.

Toco, en passant, chaquo flouretto
Emé sa raubo de basin
ïan blanc que fa faire bouquetto !

En chaquo souco de clarelto
I'ito quauque agi de rasin
Qu'emé seis dents de uéu bequetto.

Puis s'en va móusc sa cabretto
Que rouigo uno branco, eissalin ,
PlciiO de flous que fant bouquetto.

�— 295 —
Per li la teni, sa souretto
La caresso d'un air calin ,
Et de scis poutouns la bequetto.

Doù temps qu'à ginous su I'herbetto,
Apparo , dedins un toupin ,
Lou lacb que semblo fa bouquetto ,

Vóu poussa la testo à Brunetto ,
Et trempa soun mourroun dedin
Lou lach qu'en lipegeant bequetto

t

Emé sa pichouno bouquetto !

3.

B.

CAUT.

Aix fB.-d.-R.) , 16 septembre 1843.

��A MOUSSU BIGAND ,

TEB

LOU

REMERCIA

D'AVÉ

AMI

FA

T,OTI

POURTRE DE MOl'fi

ROI MANILLE.

S'ère Babèu de Moussu Èyme ,
Vai, Bigand, restaiés ici ,
Car boulaiéu tout à bel èime
Per le faire un sort benesi ;
Me veiés courre , per te plaire ,
Bèn pu lés que lou chin lebrau !
Saiés l'orne urous dau terraire ,
Saiés la perlo de l'ouslau.

« Ah ! — le diéu , n'anes pa courre ,
Cou;nc Rcquien , liun d'Aviguoun;

�~ 298 —
la deja bèn proun tèm que ploure !
E de lagremo nen ai proun.
T'ame tan que me vèn la lagno ,
Quand nous parles de t'esmarra...
Brave Bigand , fai-me coumpagno
Jusquo que m'anon entarra. »

ï'anaiéu pa vanta ti-z-obro :
(Quau es aquèu que noun lou fai ?)
Ai men de gacbi qu'un manobro,
Quand s'agi de liga lou fai
Di coumplïmen que l'orne douno
I gèn que n'an pa si paie... ;
Mai te faiéu riclio courouno ,
E tout lou mouude aplaudeié.

La misèro au vilèn carage
Jamai vendreié naseja ;
Se i'asardavo soun courage ,
Moun foui la faic pousteja ;
Dau bonur auiés la cadaulo ;
Touli li jour , graci à Babèu ,
Uedoun t'endourmciés à taulo....
Mount'èi qu'auras un sort pu bcù ?

Ma pauro amo se requinqueio,
Quand te sabe à cousta de iéu ;

�— 299 —
Plan-pluné ma vido s'esqueio ,
Coulo douceto coumo un riéu.
Quand de te voire nous alegro ,
Nous laissaiés à l'abandoun !
Fourrié qu'aguësses l'arno negro
Coumé l'amouro dibouissoun !

Vaqui ce que pourriéu te dire ,
S'èro Babèu : mai la sien pa.
Te fóu cabó , pièi me retire....
Siéu qu'un troubaire mau lipa.
Per tu voudrt iéu tan bèn faire
Qu'acó m'emmasco qiicnounsai...
Viras bèn que siéu qu'un rimaire
Qu'una campano sén' matai !

MANDADOli.

Coumé Babèu de Moussu Èymc ,
Per tu , Bigand, ai tout quita ;
Vène à ti pè bouta lou dèime :
Li sièi coublé qu'ai capita !
CLATP.

y septembre

831.

1

��LOU MISTRAU.

ODO„

Per canta l'auro que treboulo
De soun alen mar, terro e cèu ,
Envolo-te su lapiboulo
Emé lis alo de l'aucèu :
Laisso toun pèu e ta centuro
Voulastreja dessu l'auturo ,
E din ta glori lèvo-te !
Lou Mistrau boui'o : an ! dau ! ó Muso ,
De la boudenfio carlamuso
Fai restountí li tres flulé.

— Escoutas-lou : quinto tèmpèsto !
Mounl'es que vai ? de mounté vén ?

�— 302 —
Nous fas de mau coumé la pèsto ,
E pamen t'ame, ô rèi di vèn !
Daumassi tu, din nosti veno
Un sang plus viéu de longo aveno ,
E, sarnibiéu ! quand sies aqui
Din la Prouvènco, e que mestreges,
Em'un co d'alo nous aigreges ,
"Tre que la eau nous aflanqui.

Es pièi pouli quand, i baragno,
Rounilo e reno toun revoulun ,
Que coumé de telo d'aragno
Fai courre li blan nivoultin ;
Au bon cagnard'unoaulo ribo ,
S'alor me couche , e se m'arribo
De pensamen malancouniéu ,
Emé lou niyo e l'auro folio ,
Moun amo alor plan-plan s'envolo ,
Amoundau foun , ver lou bon Diéu.

Lis angeloun , lis angelico
De sis aleto m'an frusta ;
De can pu dous que la melico
Me fasien gau à-n-escouta :
Li san e santo din la gloio ,
Me fasien vèire li belloio
Dau Paradis qu'ti soun oustnu ;

�— 303 —
Subran una revoulunado ,
Bourroularello , afurounado

s

Ma rapela qu'ère mourtau.

Lou tèm es sourne de la póusso
Que lou Mistrau fai auboura ;
Tout s'esbalanco, tout s'espóusso,
Lou fru tan bèu es afoudra ;
Lèu coutas-lou 'me de fourcolo ,
Se noun voulès vèire la collo
Pelado coumo un roucassoun.
— Guerindoun de poumo e de feuio
Que lusissien, après la pleuio ,
Coumo un jouièu , aro, ounté soun ?

Vai din la Crau faire l'empèri ,
O mèstre vèn ! — Din lou deser
Maladecioun e vitupèri
Noun t'esbramasson per lis er:
A pleno faudo aqui rambaio
Code e frejau , e coumé paio
Emporto-lèi din ta furour,
E pièi escampo ta faudado
Apèralin mounté l'oundado
Raco la sau e l'amarour.

�— SOi —
'ïre que toun foui peto e bassello ,
De mounté vèn que lou soulèu
D'un lançóu rouge encrubecello
Coumo un Ce-homo soun calèu ?
Quand vai laissa din la sournuro
E la mountagno e la planuro ,
En ausèn toun siblé tan rau ,
Aurié-ti póu qu'à li boulado ,
La pauro terro qu'a 'scaufado
S'afrejouliguc , o Ventaran ?...

— Lou Mislrau es l'ange desliússi
Qu'au tèm de la desoulacioun,
Au mitan de tron e d'esclûssi
Vendra 'scouba villo e nacioun ;
Es l'ange qu'après lou déluge,
lîouleguè tan lou grand gouniluge
Que fourcè l'aigo à s'idraca !
Se lou bon Dieu noun l'arrestèsse
E que Nouvè noun s'aplanlèsse ,
Lou patriarcho èro nega !

Quau seguirà lou barrulaire ,
Lou fouletoun descóussana,
Que fai voula lou gran per l'aire ,
Avan que siegue meissouna ?
— Aurias plus lèu la dindoulelo

�— 305 —
Que nèdo en Ter 'me sis aíeto
Miéu que la tenco din Iou riéu ;
Aurias plus lèu l'aigo escapado,
Quand li rebouto soun crebado ;
Aurias plus lèu lou tron de Diúu !

Taisas-vous doun , auro marino ,
E Tremountano , e Narbounés,
Vous que, per torse uno óuniaiino ,
Fau que, pecaire ! vous danés!
Dieu vous laguè, mollis aureto,
Per caressa de la floureto
Lou boutouné.. ; mai lou Mistrau,
Lou faguè per bressa li roure,
E li grans aubro , enfan d i mourre ,
E per nen èstre la destrau !

F. MISTRAL

Ma'tltanne (B.-d.-R.), 28 août 1851.

��LOU PANIER DE FJGUOS.

Per faire uno bouèno manièro
Au Mairo de soun villajoun ,
Jean , un jour , mando uno panièro
De figuos , per Choix , soun nisloun.

Su d'un lié de fuèios coucliados ,
Lou pecou rede coumo un I ,
Eron boudenflos , coulourados ,
Semblavon dire : Manjas-mi !

Aquel an, dedins la campagno ,
Leis figuiers n'avien regourgea ,
Et leis paysans de la mountagno
Eron sadou de n'en mangea.

�— 308 —
L'enfant arribo ver lou Mairo
Que jugavo encaro Je l'hui :
Lou reveillo en li dian : « flloun pèro
Vous mando aquèu panier de frui. »

De joio lou Mairo si founde :
« Rio un bel enfan , ti remerciéu...
RIai voudriéu pas per tout au mounde
Que vous n'en privessias per iéu.

Ve , prel'erariéu te leis rèndre,
Se sabiéu que... » — * Nani, RIoussu !
Sènso façoun poudès leis prendre ,
Car nouestreis pouarcs n'en vouelon plu ! »

ÎJAR1VS

Marseille , 2 août

851.

1

BOVBRELLY.

�L'ADIOU DOU CASSAIRE A LA BASTIDO.

Vcn de passa sus leis tillus
La lourdo capo de l'oûrage ;
Per l'escounjura , l'angelus
En van souano de l'Ermitage ;
Sus leis cabanos deis cabriers ,
La nèu tapo la moufo griso ;
Et , lou sèro , vèn plus la briso
Gangassar leis avelaniers.

La treyo, moun pâli d'estiou,
En renan, lou mistrau l'empouarto ;
Et per mi recrea, que viou ?
Que de mourouns de fuellos mouarlo'.
Anarai plus passar moun temps
Dcssouto lou pin que mondulo,

■ 4.

�- 310 —
Puisque parla plus de Tibullo
Jusquo que vèngue lou printemps.

Din moun couar, maugra la doulour,
Un riche souvenir s'escounde :
Où culte jouyous de l'amour
Aviou counverti tout lou mounde :
Deis cabanos fin qu'où castèu,
Despuis sept mes fasiou l'einpèri ;
L'aguèt qu'un cóu que reçubèri
Dous famoiis soudé d'Isabòu !!

Seperféslou jour, en cassan,
Èri vis deis gens deis campagnos ,
Touteis me venien où davan ;
De pertout bandissiou leis lagnos ;
A touis leis paysans fasiou gau :
Eri lou plusherous deis èlros !
Mai rèn que leis gardos ehampêlros,
Mi fèron tres proucès verbau' !

Din lou valloun silencious ,
L'oùssèu gémis dintre sa cauno ;
Deis niouros , lou rouve orgullous
Mando en tremblan sa fuello jauno;
Lou vala si vcn de candi',

�- Sil Pertoul l'hiver se manifesto...
Adiou, bousquets ! moun couar vous rèsto...
Emé leis trouas de moun habit.

LÉ0N1DE CONSTAKS.

Toulon, 29 septembre 1851.

��LOU

A

9

MOUN

THERMIDOR.

MÈSTRE

R0UMAN1LLE.

Alii dura terra, perche non l'apristi ?
DANTE

[Infern, c. 33.)

— Mouillé vas, cmé toun grand coutèu ?
— Coupa de tèsto : siéu bourièu.
— Mai lou sang a giscla su ta vèsto,
Su ti Jet : bourrèu, lavo ti man.
— E perquè ? Coumence mai deman :
Rèsto encaro à sega tan de tèsto !
— Mounté vas, emé toun grand coulèu !
— Coupa de tèsto : siéu bourrèu.

i4

�— m —
— Sies bourrèu ! lou sabe.

Sies-ti paire ?

Un enfan t'a jamai esmougu.
Sèn' ferni e sènso avé begu ,
Fas rnouri li-z-enfan e li maire !

— Mounté vas , cmé toun grand coutèu ?
— Coupa de tèsto : siéu bourrèu.

— De ti mort la plaço es caladado !
Ce qu'es viéu te prègo d'à-ginoun.
Digo-rne se sies orne vo noun...
— Laisso-ine, qu'acabe ma journado.

— Mounté vas, emé toun grand coutèu ?
— Coupa de tèsto : siéu bourrèu.

— Digo-mc qute gous a toun béure ;
Dins toun go n'escumo pa lou sang?
Digo-me se quand trisses lou pan,
Creses pa de car faire toun viéure.

■— Mounté vas, emé toun grand coutèu ?
— Coupa de tèsto : siéu bourrèu.

— La susour e lou lassi t'arrapo ;
Arrèsto ! Toun coutèu embreca,

�— 315 —
O bourrèu, pourrie proun nous manca ,
E malur, se la vitimo escapo !

— Mounté vas , emé toun grand coutèu ?
— Coupa de tèsto : siéu bourrèu.

A' scapa ! Bouto à toun tour ta gauto
Su lou plo rouge de sang mousi.
De toun cóu li tenlo van cruci !
O bourrèu , qu'ouro ta tèsto saulo?

Amoula de fres lou grand coutèu :
Tranquem la tèsto dau bourrèu !

Tn. Al'BAKEL.

Avignon, îcj décembre 1801.

��LEIS DOUAS VOUAS.

Aven douas vouas din la naluro
Que nous parlon differammènt :
L'uno vent d'uno sourco impuro ,
L'autro doû ciel es lou présent.

Aquello es la crido doû vice ,
Que camino à pas de géant
Su leis rouncis de soun supplice,
Pcr s'abymar din lou néant;

Aqucslo es de fermo sagesso
L'appel tant doux de verita ,
Que nous reservo cmé largesso
De tresors din l'elcrniia.

�— 518 L'uno deis douas vouas, fado estrang
Per soun appui cérquo lou mau ,
Et l'autro , puro coumé l'angi,
Doû bèn fa lusi lou signau.

Entre elleis existo per l'amo
Segur la pax, ou lou remord ;
L'uno es pouisoun , l'autro dictamo
Es facile à choûsi soun sort.

Mai l'homme, esclavo, din sa vido ,
Deis passiens que fant soun mulhur ,
Deis douas vouas suive la marrido ,
Pcr perdre à jamai lou boucnhur !...

Vans plesis, préjugeas, fourtuno,
Fouels amours, desis mecountènls ,
Rùn n'arrèsto la mouerl coumuno
Deis êtros ineissounas doû temps.

Et Diou , que fecoundèt l'espaci,
Que tènt tout clava din sa man ,
Se gardara de faire graci,
Oû jour na sènso lendeman.

Pamen la terro toujou viro

�— 319 —
Din soun cercle souvèn nivoux....
Es que Diou su ce que respiro
Vóu leissa trioumpha sa croux !

RICARD-BERARD.

Pclissanne (B.-d.-R.), a5 septembre i85i.

��L'AICLO E LOU QU1NSOUN.

A MOl'SSÜ DU FALIOI'X.

SONNET.

Un matin, toûbèujus l'aubeto pounebejavo :
Escoundu 'pèralin dins I'oumbro d'un valoun,
Galoi coumo un pissoun dins l'aigo , un auceloun
Pcr l'aureto bressa, su 'n brou d'euse cantavo.

Queia sus un roucas, un aiglo , que sounjavo
A s'ennana bén lèu vanega 'pèramoun ,
De l'aucèu cago-nis augissié la cansoun,
E soun pichó piéu-piéu quenounsai i'agradavoî

�— 322 —

Tan que l'aiglo vengué ie dire : « Se vouiés ,
Içamoun, de toun can lu me regalaiés :
Vène ! — Dessu moun alo, an ! pauso toun alelo. »

Sicguèdi, sieguè fa. Lou quinsoun dins li niéu,
Subran, afrejouli, piéutè sa cansouneto...
13on Moussu, l'aiglo es vous , e l'auceloun es iéu.

J- HOCMAKIILB.

A oignon, 5o août

1851.

�PRÈGO PER IÉU.

Prego per iéu , bravo pichouno :
Dise bravo , et segur va siès ,
Et bravo autant que charmantouno,
Amai mai, per va dire miès :
La vertu , noun la poulidesso ,
Brilho d'un esclat toujours viéu.
Brilho dounc, et dins ta sagesso ,
Prègo per iéu.

Prégo per iéu , ajulinado »
De bon matin , davant toun Christ,
Puro, fresquetto , courounado
Deis rayouns de l'aubo que ris.
Etné l'encèns deis flous nouvellos

�— 324 —
Quanti toun amo mounto vers Dieu ,
Perlelto deis viergis fidèloSj
Prègo per iéu.

Prègo per iéu , au sacrifice ,
Touteis les jours renouvelât,
De Jésus per nouesta malice
Entré dous layres clavelat.
Ilelas ! quand lou celèste Paire
Sousto pas mai soun divin Fiéu ,
Se, de fes , me lagne, pecaire !
Prègo per iéu.

Prègo per iéu, leis jours de fèsto ,
Que, touto aliscado de blanc ,
Courouso, enrouitado, moudèsto ,
Sèmbles un séraphin brûlant.
Ah ! mai d'un cop , sus toun passagi ,
Se moun regard cerco lou tien ,
Pardouno-me ; se noun siéu sagi,
Prègo per iéu.

Prègo per iéu, quand ta vouex treno
A la glèiso , un cant pietadoux ,
Mandant eis souens de l'ourgueno
De souens cènt-millo fes pus doux.
S'à-n-aqucllo vouex angelino ,

�- 325 —
EQ

Paradis lèu me creiriéu;

S'encaro l'auge dire... Zino,
Prègo per iéu,

Prègo pcr iéu , quand , devouletto ,
Leis mans jounchos , lou front vouelat,
De purs désirs l'arno caudetto ,
Au sant festin vas t'enlaula'.
Se voues que , de fes, t'accoumpagnc ,
Que toun bonhur siègue lou miéu ,
Que dau pecat me desbaragne ,
Prègo per iéu.

Prègo pcr iéu , assadoulado
Dau pan deis sants, dau pan d'amour ,
Mysticament, viergi accoublado
A Jésus même, toun Signour.
Dau cier mounté nèdo toun amo ,
Espincho au fangas mounté siéu ;
Enlènde la vouex que te bramo :
Prègo per iéu !

Prègo per iéu, quand , sus la bruno ,
Tèmps proupice au reculhiment,
A la glèiso, ta man degruno
Lou chapelet devotament.
Iéu , triste, plantat sus la couello ,

�- S2G —

Au jour que parte dise adiéu ;
Moun couer plouro, et degun l'assouelo !
Prègo per iéu.

Prègo per iéu, à ta capello ,
Nouesto-Damo-de-bon-Secous ,
Que fas brilhar mai que mai bcllo
Au milan deis lume et deis flous.
Digo-li que de ma Iitoeho
Luènch eoussege l'Esprit catiéu :
(Ah ! Iou marrias, es tan finocho !)
Prègo per iéu.

Prègo pcr iéu ! noun te poucs crèire
Coumo, lou paure ! n'ai besoun :
Ve ! ma vertu n'es que de vèirc,
Et que sournièro ma resoun.
Prègo per iéu , matin et sèro ,
La nuèch, lou jour, hiver, estiéu ;
Encaro en lu moun amo espèro :
Prègo per iéu !

A. B. CROÏSILLAT.

Salon (E. -cl. -B..) , il mai

ISJI.

�L'AIGA BOUILLIDA.

A M.

A. BOÜDIS.

Lou moulinié

de

Avié sa

un pau malaula

ferma

Pon-Trincat

D'una frechou din lou coustat;
El souffrissié d'un mau de gauta.

Certain douctou , que ye vcnguèt,
ïouquèt lou pous , et counseillèt
A toutes dous... una soupeta !
— Prendrés una aiga bouillideta.

— Et ma fia, qu'es din lou brès ,
A de vermes ? que ne dises ?

�— Dounarés à la manidela
Tauabèn soun aiga bouillideta.

— Par Diou ! Moussu lou medeci,
Diguèt lou varlet dau mouli,
Vostra counsulta es pa finida:
La roda pot pa pus virà...
S'ensajaven de ye bailá
Una pichota aiga bouillida.

A. M0QD1N-TAND0N,

[Mainteneur des Jeux floraux,
Correspondant de l'Institut, etc.)

Toulouse, 5 octobre i85i.

�MARIAGI DE R0S1N0 ET DE JEANET.

Angi d'amour , jouino et gènto Rosino ,
As pres un pastourèu, et lou vas rendre hurous.
Nouestre-Signour a, de sa man divino,
De vouestro unien liga leis nous.
S'as per toutbèn, gaio paslresso,
Qu'uno cabreto, un paròu d'agnelouns,
Counsouelo-ti !... S'as ges de picaillouns,
As un couar qu'es prouvi de vertus, de sagcsso :
Aquó vaut mies que la ricliesso.

O pastouro, lou mariagi
A baudre sur la vido espausso seis favours ,

�— 330 —
Quand marit et mouilhé toujours
Soun vertuous et sagi.

Quand, couuio lu , la fremo a pas reçu de Diéu
Aquèu bèu tresor en partagi ,
L'infer lojo dins soun meinagi,
Et touis seis plus bèis jours soun abéuras de féu.

Mai tu qu'as reçu de toun paire,
Et de ta bravo maire,
De tant boueneis liçouns ,
Rosino, ansin faras quand auras de pichouns:
Aquèu doux fruit qu'à l'oumbro dau mariagi,
Cueilles après doux cènt-septanto jours ,
Aquèu presènt dau ciel, aquèu riche herilagi
Bénira teis amours.

Et tu, brave pastour , qu'as fach teis estrapiados
Dins lou couarde Rosino, aquèu mourroun tant fin!
Si voues la rendre hurouè, dins lou bèn dau vesin
Fagues jamaî teis piados.

Souvèns-ti bèn, Jcanet, que noueslro religion
Proucuro lou bouenhur , vèjo la beneranço ,
Et que deis malhurous es l'ancro d'esperanço,
Et per noueslre avenir uno counsoulatien.

�— ool

V'imlreis que, coumo iéu , deis jouvèns mandas
Eis nouècos sias coimvidas ,
Que vouestro joio s'espandisse !
Qu'eici cadun de soun couar espelisse
Per leis novis de chants galoi ,
Et que lou chagrin , tron d'un goi !
D'aqueste séjour si bandisse.

De doux couars enliassas faut cantar leis amours;
De flours de louto meno envirautem seis tèstos ;
Celebrem, celebrem la plus bello deis fèstos,
En s'engourgant de vins de touteis leis coulours.
Quandsauriam, meisamis, de pescar de ganarros,
Sur la mar de Bacchus soumbrar, passar per hui,
Faut que lou moust, de tout caire aujourd'hui,
Au bru dau tambourin et de nouestreis fanfaros,
Deis acubiers nous giscle et regouire deis narros.
Buguem, buguem au sant parèu ,
Fin que siguem redouns et tout rouges de caro ,
Et que l'echó dau bau deman redigue encaro :
Visqué lontèmps Bosino, et soun homme perèu !!

p.

Marseille, 18 juillet 185 j.

BELLCT.

��LOU BON REMÈDI.

CONTE

TIRA

DE

L'ARÀDE.

I

Un jour, un Rèi avié 'n enfantouné
Qu'èro toujou , toujou malautouné.
De mai en mai I'enfan pcrequitavo :
Li-z-iu maca , lou visage avani,
Tetavo gaire e de longo plouravo ;
De mai en mai lou vesien demeni.
Li médecin que faguèron veni ,
Davan lou 111 au fin que d'un s'encaKron.

�(Èron pamen lì miou qu'atroubèron ) ;
L'enfan n'avié pu qu'à bada-mouri !

Au pè dau lié, galoiso, afurounado,
La laido Mort déjà s'èro aplanlado ,
Per èstre lèsto au moutnen que fouié ;
Non avié l'aigo à la bouco , e risié !..
EnosleRèi soufrissié lou martire !
Quaucun alorie fai : « — Ai augi dire
Que ia 'n bon vièi qu'a reçu d'amoundau
Lou sant poudé de gari Ii malau.
Rèsto au fin-foun d'un deser, ce que dison ;
le manco pa de gèn que se ie fison.
S'ai un counsèu que vous posque douna ,
Counseiaiéu de lou manda souua.
Ei vrai qu'es vièi! mai fara lou Vouiage ! »
Pa pu lèu di, lou Rèi mando quaucun
Per destousca noste sant persounagc...
Aqués , maugra la cargo de soun âge ,
Di que ie vai ; aganto unrebatun;
Part tatecan... Arribo , e ie l'an vèirc
Lou malauloun : «— Vè, se mevoulès crèire,
Diguè lou vièi, voste enfan garira;
Mai sieguebas, se nen poûtirara.
E per acó, brave Rèi, que fau faire ?
Fau saupre se, dins tout voste tcrrairc.

�- 335 —
Noun poudreias atrouba 'n ome urous.
Perdes pa tèin, vesè, despachas-vous !
Fan que sauvem aquel agnéu, pecaire !
Ana furna dins li caire e cantoun ,
Pièi quand aurés alrouva mounlé niso ,
Aehetaié (lou poudès), sa camiso ;
Cubrissè-nen voslc paur« enfantoun.
Es lou soulé remèdi que counèissc.
Aro, adessiasîPourtas-vous bèn ÎVouslèissc!..»
II

Per faire alor coumo avié di lou vièi ,
De lout cousta parton li gin dau Rèi.
15 d'eu proumié cresèn que la richesso
Souleto póu proucuralou bonur.
S'en van pica, per èstre pu segur ,
Aqui mounté la pecunio es espesso ,
Voulount-à-dire i-z-oustau di riehas.
Aguèron, paure ! un famous pan de nas

ï

Car di riehas pa-v-un que s'atroubèsse
Urous au pouin que fouie que sieguèsse;
Pa-v-un que noun quaucourèn ie manquèsse !
Aquèu, cresèn de n'avé li talèn ,
Auié vougu-r-cslre nouma ministre.
E iéu noun sai queli proujè sinistre
Per i'arriba , trevavon dins soun sèn !

�— S36 —
Aqués avié croumpa fumo marrido
Que ie fasié prendre en desgous la vido.
Un pau pu liun, 'me si dé loungaru ,
Un avaras coumtavo si-z-escu ;
A faire acó si man s'éron gausido :
Coumo un cadabre èron jauno e passido,
Fasicn escor, dounavon lou desgous !
Un ome ansin noun poudié-r-èslre urous.
(Me l'auien di, l'auiéu pa vougu crèire ! )
« Acó n'es pa l'orne urous que cerquem ,
Fan nosli gèn, estouna

pensa-vèire!

Anem pu liun l'atrouba , se poudem ! a

Tres jour ansin adèren caminèron ;
Bousquèron tan qu'à la fin s'alassèron,
Sènso èstre mai avança qu'en partèn.
A s'entourna pensèron tout d'un tèm.
Coumé la niu toumbavo , counvenguèron
Que partirien lendeman de matin ,
E per coucha quauquo part s'entrevèron :
Es gaire san de coucha per camin !

III

Fresco , galanto, entré quauqui plalano ,
Noun liun d'aqui, s'escoundié 'na cabanoMaugra la niu , se vesié blanqueja.

�Li gèn dau Rèi ie van cadauleja :
Cri-cra ! subran nien an duber la porto....

« Despièi tres jour, brave ome, siatn per orlo
Dison, es niu ; siam las, siam maucoura...
Nous pourrias pa douna la relirado ? »
« Intras, Messius : ma porto èi pa sarrado
I pauri gèn, coumo vous esmara.
Parlejarés , s'avé fam , coumé cresc ,
Noste pan negre e nosto oulo de cese... »
Rintron , e lèu sieguèron alaula :
De pan, de cese , em'un pau d'oCimeleto ,
Pièi, quauqui nose em'un tro de fourmelo,
Ah ! n'iaguè proun per li bèn regala !
(Quand avès fam manjaia de calado !!)
"fre que sa fam se fuguè 'n pau calmado ,
Li gèn dau Rèi se demandon: « Quausau ?
Içó belèu es l'ome que nous fau
Per poûtira de la mort à la vido
Lou paure cnfan de noste paure Rèi !
Saié proun tèm , capouchinas de Ièi !! »

A l'oste alor, que ie coumpren pu gaire ,
Dison : « Veguem, brave ome, sias urous ?
Sa fumo di : « Vesès, nous autri dous
Siam pa coussu , mai siam de travaiairc ,
E rusliquem : lou travai, bèn segur !
15

�E la santa, fan-li pa lou bonur?

En augissèn 'queli quauqui paraulo :
u

Jus au moumen que desesperaviam ,

Fan nosti gèn en pican su la laulo,
Avéra trouba l'ome que cercaviam !!
Siam dinsl'ouslau inounté lou bonur niso.. !! »
JV
Mai Tome urous... avié ges de camiso !!!..

A.

GAUTIER.

Tarascon (3.-ct.-R ) » 6 septembre i85l.

�PER TOUSSANT.

A

EMILO

BOISSY-BI'BOIS.

Per Toussant
La fre 's au cham.
(l'ROUV.)

Tout se passi, tout gingoulo ;
La piboulo
Jito sa feuio au Mistrau ,
Plugo coumo uno oûmarino ,
E crecino
Au rounfla dau Ventarau.

Au cham ia pu gi d'ospigo ;
Li i'ournigo

�— 340 —
Sorton pu foro si trau ,
Alongo pu si baneto ,
La mourgaeto ,
S'estrèmo dins soun oustau.
Su l'èuse gi de cigaló :
La fre jalo
Si mirau e sa cansoun ;
L'enfan de la gran jo plouro :
Gi d'amouro,
Gi de nis dins li bouissoun.
Mai un vóu de couqueiado
Esfraiado
Mounto e piéuto dins li nieu ;
Li chin japon ; de tout caire
Li cassaire
Tiron de co de fusiéu»
Dins lou rountau qu'esvalisson
Restountisson
Li destrau di bouscalié ;
L'auro boufo la fumado ,
La flamado
Di fournèu dau carbounié.
Noun s'esmaro à la pasturo,
Su l'auturo ,

�— 341 —
Lou troupèu dins li-z-armas ;
Lou pastre embarro si fedo
Dins li cledo,
Tanco la porlo dau jas.
Li-z-ome au cagnar fustejon
E flasquejon ;
Au soulèu conlro un paié ,
la 'n bèu roundelé de fio
Que babío
E treno de rès d'aié.
Darrié li boi sènso oumbrage,
Sèn' ramage,
S'es escoundu lou soulèu ;
Dins li vigno rapugado
E poudado
Li fumo fan de gavèu.
Li paure acampon de busco
E de rusco,
Daumassi fai gaire cau !
Van rouda per li vilage,
Li minage,
Las, espíandra, descau.
A la chato maigrinèlo,
Ourfanèlo,

�.-

—

Baia quaucourèn : a fam ;
Dedins sa man palinouso
E crentouso
Laissa toumba 'n tro de pan.
Fasè d'aquela fournado
'Na faudado
A la vèuse qu'es en plour :
EIo jamai fai farino,
Ma vesino ;
Jamai a de cuieucho au four.
— Lou tèm es negre à la baisse.
Quta raisso !
Trono, plóu, lou Rliosecrèi;
La Mort camino, es en aio :
De sa daio
Sego li jouine e li vièi.

Tl·l. AIBAISEL.

Avignon, le 10 novembre i85i.

�UNA. COURSO DE BIOU.

A

MOl'N

BOR

AMI

ROUMANILLE.

l'ople de Prouvènpo ,
La bono chavènço !
Fan courre li bióu !
Escalo à-cha quatre
Li pèiro dau tiatrc
Qu'es plen courno un ióu.

Galantis arlatenco
Qu'an lou jougne lan prin ,
Di calour avoustenco
Noun ciegnon lou verin.

�— 344 Soun riban que brio
Fai dessu l'aurio
Lou bericouqué :
Amoun su l'auturo ,
Semblo una centuro
De pouli bouqué.

Bclli Prouvençaleto ,
Vèngue un bióu enrabia !
E siegués risouleto,
Li for se faran tia !

La porto es duberto :
L'esquino cuberto
D'un vou de varoun ,
La bèsti furouno
Sor de soun androuno ,
E par din lou roun.

Quau toucara , l'engrcno :
Oh ! lè ! oh ! tè ! velou
Que lampo din l'areno ,
En ourlan coumo un lou !

Quand darrié vous lampo ,
Se vous pren la rampo ,
Malur i rampous !

�— 345 —
Din soun escaufèstre,
Amarien mai èstre
Au fin foun d'un pous.

E li bramarié crèisson :
Oh ! tè ! oh ! tè ! vai-ie !
Mai bon ! li for parèisson ,
En mancho , e prin souié.

Din sacourso adrecho,
L'un de la man drecho
I'arrapo la co ;
Su lou tafanari
Dau negre bestiari
L'autre mando un co.

E l'uei dau bióu s'allumo ;
A li jarré tiblan ,
Chaurio , e de l'escumo
A lou mourre tout blan.

Aro de cènt lègo
Vèngue de coulègo
le faire quicon :
Es aro que veson ,
Aro que souspeson
Lis ome de bon.

�— SuG —

Nous fiches plus en caire ,
'Me vostis Espagnóu !
Aven d'orne, àBèucaire,
D'ome per ana 'i bióu !

N'ia que, din soun courre
le danson au mourre :
(Es pa li moussu) ;
N'ia qu'an lan d'engano
Que , sèn' vedigano,
le tocon lou su.

Lou banaru s'eigrejo ,
E coumé pren lou van,
Lou coupon : flóu ! mourrejo
Per sóu iladavan.

Enrabia, s'aubouro,
Di bano labouro
La póusso dau roun :
— Li ferre ! li ferre '.
Gardian, anasquerre
Vosti fechiroun.

Mount'èi que sias , ô Soupo,
0 S aní en , ô Peirôu,

�Vaiènto e bono troupo,
Crand toumbaire de bióu

Tout coumé l'oûrame
Que sego lou grame
O ver o madur ,
Fau qu'un bióu recule
O noslis Erculc
Lou moucaran dur!

Courba dessusi lanço,
Una cambo à Parrié ,
Mafislo ! an la semblanço
De bravi chivalié.

L'enfan di sansouiro
Cour su la t'echouiro
De mourre-bourdoun :
Lou gardian l'amiro ,
E vous lou reviro
'M'un rude lardoun !

Lou paure bióu , pecairc
Relèn, ensaunousi ,
Espincho de tout caire
Un rode per fugi ;

�— 348 Car , fou de la rabí
De se vèire en gabi ,
Créi vèire de liun
Li belli vaqueto
Barrula souleto
Din la grand' palun.

Tambèn , quand din l'areno
Lou doumtaire es bandi
Ver lou bióu que s'areno
Dau co tout enlourdi ;

Ensèrn ver l'estable
Parton coumo un diable,
E subran parèi
Un nouvèu courraire
Que di bióu, si fraire ,
Sèmbloèstre lou rèi !

Au fron a la coucardo :
Ami , per l'arrapa
Su la tèsto banardo ,
Quau se fara 'stripa ?

An ! zóu ! à l'oûbrage !
Fau qu'iuèi lou courage
Fague de jalous !

�— 349 —
Fau qu'à Barbentano
San-Gille e Maussano,
Se parle de vous.

Su la bèsti banardo
An parti tout d'un tèm....
Brave ! an pres la coucardo :
Un Castèu-Renardèn !!

F.

MISTRAL.

Maillane (B.-rl.-R.), i5 septembre i85i.

��LOU PAI'IÉ MARCAT.

A M' S. CEOH'aOY-SAIXT-HILAIEE.

Un vici avoucat de Toulousa ,
Homme generous, plaidejèt
Per una fenna malhurousa ,
Et lou proucès reussiguèt.

La pauro fenna, fort countènla,
De tout soun cor recounouissènta ,
Venguèt per lou remercia ,
Et vouié mema lou pagà.
— Vole pa res ; es inutile ;
Vostre proucès... èra facile !

�— 352 —
N'ai prou de vostre gramecis ;
ïoucas la man, acó suffis !

Et nostra vièia lou pressava ,
El l'homme de lèi resistava....
— Mais au men , Moussu l'avoucat
Que pague lou papié marcat ?
— Lou papié marcat ? ah ! per moia
Lou croumpan en gros, à la fes,
Et nous revèn ansin, la fioia
Presque à pati patá pa res !

MOQU1S-TAKDON.

Toulouse, 8 octobre i85i.

�LOU LIS E LA VIOULETO.

A

M.

MOQUIN-TANDON,

PROFESSEUR

DE

BOTANIQUE

L'ÉCOIE DE MÉDECINE DE TOULOUSE, CORRESPONDANT
DE

l'iNSTlTUT,

MAINTENEUR DES

JEUX

FLORAUX,ETC.

FABLO.

Su lou bord d'un riéu cascaiaire,
Un bèu lis is urno d'argèn ,
Dins si mouaraen saludaire ,
De l'aureto amourouso emboûmavo l'alèn.
Uno moudèsto vioûleto ,
Poulido naneto ,
Èro aqui proche d'èu,

A

�— 35/. —
Qu'espandissié sa raubclo
Bagnadelo,
Dins un raioun de soulèu.

Quand aguè'eissuga sa parpèlo
Di perlo humido de la nieu ,
E que veguè davan sis ieu
Mounta dins l'air la flour tan bèlo,
Qu'èro lou lis, soun fier vesin,
Dins soun cor n'aguè de chagrin.
S'oûbourén su soun pè , subran ie fai ansin :
— « Ah ! digo ,
Ma sœur , qu'as bèn agu l'afla
Doû Creatour, quand èu t'a fa !
Couiné sa man es estado proudigo
Per tu, de si tresor !
Richo campano e poudro d'or
Balances oû bout d'uno bigo !
Graço à ta majesta , graço à ta bono oûdour ,
A ta bèlo blancour ,
Symbolo d'inoucènço,
Pertout venèron ta presènco ,
Perlout sies coumblado d'hounour !
Habites li palai, li grando calhcdralo ,
L'oûtar vounté Jésus descèn !
Bries à la man virginalo
De san Joûsè , de sa jaccn !

�- 355 —
Se de la puissanço divino
La font poudié s'agouta ,
Creiéu qu'a coumença per t'a flour blanco e fino',
E que per iéu n'a rèn resta !
Per iéu que siéu tan piohoteto,
Malautelo,
Toustèm habiado de vu,
Que sèmblo qu'ai plourà per avé ma raubeto
De calicó blu !
Entré la trèflo e la coûssido
Coumo uno pauro flour de pra ,
Per touto man iéu siéu culido :
Lou fou soufri , bon gra, móugra. »

— «Masoeur,respond lou lis,te piagnes de drudiéro,
Quand te piagnes ansin :
Ah ! que baiaiéu bèn ma plaço oû santuèro,
Per agué toun destin !
A touli li bouqué qu'un sentimen coumposo,
As ta plaço d'ounour
A cousta de la roso,
Qu'es la rèino di flour ;
Sies de touti li gèn , sies de touti lis âge ;
A touto boutouniero as dre de t'estala ;
Te ehales oû mitan de touti li coursage ;
I bouoo di jouvèn l'on te vèi pendoula ;
Tu sies oùtan bèn aculido

�Di pichó que di grand, per ta simplicita ;
Aiiûn, as ce que fai lou bonhur de la vido :
Lapopularita ! »

Nosto pichoto floureto ,
En s'entendèn ansin vanta,
Per la proumiero fé se crèi d'èstre grandeto ;
Se n'èro pa vioûleto,
Se passié de vanita !
EIo se dit : —« Siéu counsoulado ;
Vole èstre plus jalouso e viéure resignado ;
A l'aveni, li gèn oûran bèu èstre hau ,
Veirai pertout que mis egau :
De malherous, de frèro.
Quand voudrai espincha segur pus hau que iéu ,
Eilamoun dins lou ciel regardarai moun Pèro :
D'un bound m'oûbourarai à Dieu ! »

AUGUSTIN

Avignon, 3 décembre i85i.

BOUDIN.

�LI DOUS SERAFÍ N.

A

M

TH.

BLANC,

CUBA.

Quand li pastrc adouiavon ,
A Bethelèm, lou Dieu enfan,
Vici ce que canlavon
Dous blan serafin en plouran.

UN :

— « S'aquel enfan plouro , pecaire !
Dessu li ginoun de sa maire ,
Sabe ce que lou fa i plourà :
De Jèsu l'amo divino
Devino
Que soun fron un jour saunara
Souto una courouno d'espino. »

�— sss —
Quand li pastre adouiavon ,
A Bethelèm , lou Dieu enfan ,
Vici ce que cantavon
Dous blan serafin en plouran.

L'AUTRE :

— « Voulèpa que moun cor fernigue ,
Que l'enfantoun ploure e gemigue,
E que plourem, nous autri dous ?
De Jèsu l'amo divino
Devino
Qu'alestisson deja la croux
Que îc macara li-z-esquino ! »

Quand li pastre adouravon ,
A Bethelèm, lou Diéu enfan,
Vici ce que cantavon
Dous blan serafin en plouran.

TOUTI

DOUS :

— « Velaqui clavela, pecaire !
L'Ome-Diéu se plan à soun Paire ,
E plouro , dins si mau afrous :
De Jèsu l'amo divino
Devino

�- 359 Que d'ouïe riran de sa croux
E de sa courouno d'espino ! »

Quand li pastre adouravon,
A Bethelèm , lou Dieu enfan ,
Vaqui ce que cantavon
Dous blan serafin en plouran.

J.

Janvier 184$.

ROVMAN1LLB

��LOU JOUR DI MORT

l-Z-ALISCAM ,

EN ABLE.

La sourniero espelis adeja dins la piano;
La machoto fai chou , vounvotinon li tavan ;
La naturo es en dóu, e li clar di campano
Fan restounti li-z-er de soun balin-balan.

Es la fèsto di mort... Sou' li jauni plalano,
Dèu. èstre brave , hieui, de prega' i-z-Aliscam !
I'anem...Quan de toumbèn fan som-som dins l'andano
Mai dequéia dedins ?... La póusso dau néan...
Ah ! Tome mai que mai es cLafi de misèri !

iC

�la pu '11 peu de soun corp ; patnen au samentèri ,
Sèmpre rèsto la pèiro ounté l'an enlarra ;
Mai s'aubouro una voix dau fin foun de sa toumbo,
Que di : « Coumo l'aucèu d'un grand roure afoudra,
L'araos'envolo amoun quandlou cadabre toumbo.»

MANDADOU

A

MOUSSU

SAINT-RENÉ

TAILLANDIER.

Vous que poutouneja li Muso d'AIemagno,
Vous, l'ami de Brizeux, deLaprade e Barbie,
Avès ama perèu la Muso di campagno ,
E i'avès mes au cou lou pu riche coulié.
Daumassi qu'aquèu doun es una merevio ,
La Muso n'es glouiouso e vous nen benesi...
Iéu que, pecaire! ai rèn que moun cor per genío,
Bon Moussu, Iaissa-me vous dire gramaci.
Noun vène vous canta : me farien la bramado !
Mai vous mande un bouqué qu'ensèm avem culi
'Me Roumanille e vous, en Arle, una vesprado...
Oh ! que sarai galoi, se l'atrouva pouli !
E.

CARCIN.

Tarascon (B.-d.-R.), Z novembre

851.

1

�LOU BAL.

CALADO.

Lei plboulo doù çamentèri
Saludon-ti lei trépassa ?....
S'avèpóu dei pious mislèri,
Passa pu hietin doû çamentèri ,
i'assa lèu, mels ami, passa!
Dei blan toumbèu doû çamentèri
Lei couver se soun revessa...
S'avè pou dei pious mistèri,
Passa pu hieun doû çamentèri.
Su lei toumbèu doû çamentèri
De fantomo se soun beissa...
16 .

�—m S'avè póu dei pious mistèri,
Passa pu hieun doù çamenlèri.

Lei fantomo doû çamentèri
An de Ion bras maigre eseussa...
S'avè pou dei pious mislèri,
Passa pu hieun doû çamenlèri.

Tiron lei mor doû çamentèri
De sei linçóu qu'an estrassa...
S'avè pou dei pious mislèri ,
Passa pu hieun doû çamenlèri.

Su lou gasoun doû çamentèri,
Touti lei mor se soun plaça..,
S'avè pou dei pious mystèri,
Passa pu hieun doû çamentèri.

Toutei lei mor doû çamentèri,
Frère mu, se soun embrassa...
S'avè pou dei pious mistèri ,
Passa pu hieun doû çamentèri.

Ei la fèsto doû'çamenlèri :
Lei mor se melon a dansa...
S'avè pou dei pious mistèri ,
Passa pu hieun doû çamentèri.

�La lu no ci elaro : oû çamentèri,
Lei vierge cercon sei fiança...
S'avè póu dei pious mistèri,
Passa pu hieun doû çamentèri.

Atrovon plus oû çamentèri
Sei calignaire tan pressa...
S'avè póu dei pious mistèri,
Passa pu hieun doû çamentèri.

O ! drubè-me lou çamentèri :
Leis aine lei vóu caressa...
S'avè póu dei pious mistèri.
Passa pu hieun doû çamentèri. .

Mè, din lei cros doû çamentèri
Lei mor se vènon d'enfounça...
S'avé póu dei pious mistèri,
Passa pu hieun doû çamentèri.

Lou vèn gingoulo ; oû çamentèri ,
Lei vierge soulé m'an leissa...
S'avè póu dei pious mistèri ,
Passa pu hieun doû çamentèri.

Mè , l'an que vèn . oû çamentèri ,
Am' elei me veirè dansa...

�- 3G6 —
S'uvè póu dei pious mistèri ,
Passa pu liieun doû çamentèri,
Passa lèu , meis ami, passa !

CAMILLE

REYBAl'D.

Nyons (Dròine), 2 novembre 1851 ■

�LEI DOUS PAYSAN A TIVOLI.

— Mail tron Je l'cr quand siéu vengu
Dins aquesto baslido ! A men d'avé begu,
L'on pou pas s'èstre laissa faire
Ce que mi fan eici !... Mi vire de toutcaire
Per vèire se quauqu'un mi pourrie pa'nsigna
Lou bregan que m'a fa peta
Tout ce qu'aviéu dessus: moucslro,pèço,moun&lt; do,
Et m'a laissa la pocho rcdo !
Au men, se l'on poudié s'adrcissa'n quauquc endró
Per pousqué reclama soun dré !
Fau que lei gèn de la pouliço
Agon avala la saucisso,
Vo que si lcvon de davan...
O raço de marespravan !
Amo pu negro que la sujo !
Mai siam doun eici counio à Cujo ,

�Vo Jim lou bonès de FEslerèu,
Mounté vous laisson que la peu?
Eh hèn ! aquelo es un pau fouarto!
Vau l'aire un rnalur à la pouarto !!...

— Dau lèm que Pau juravo ensin ,
Arribo soun ami Garcin
Que si fa counla l'avenluro,
Et que li dit: — Moun cher, se sabes li lituro ,
As tort de prendre un marri jour,
Car avan de brama, toujour
Si fau rendre compte dei cavo.
— Coumo! soun pas de resoun gravo,
Quand dieu que toutesca m'an cura coumo un brus!
Alors, aurias vougu que me laissèsson nus?
— S'agisse pas d'acó , moun ami Pau ! Escouto :
Au lue de resta testo suuto ,
Emé lei bras pendèn et leis uèi de coustié
Coumo uno cubro à j'agounié,
Quand duriiès proue un torticoli,
Liège ce que l'a, adau.
— Adau?an mes TI-VOLI....
— Tivoli? Eh bèn! coudoun, si fourra counsoula:
T'avien prevengu. Sies voula!
G.

Marseille,

20

janvier i85'2.

BCNKDIT.

�LA CIGALÓ ET LA FOURNIGO.

FABLO.

(Traductien de La Fontaine.)

Pensant pas à la fringalo ,
Après aver, la cigalo ,
Toutl'esliou fa que canlar,
Si trouvèt pas mau lougcado .,
La biso estèn arribado
D'aver plus rèn à pitar:
Pas la mendre parpaiolo
De mousco vo de mouissolo !
La battié !... Si vèn jitlar
Su lois pas de la foui nigo ,
16 *

�Dous ans après aqucla cura ,
Près Je sa porta , un bèu matí,
Entèn de bruch : quicon gratava...
Pouvris, et vèi... tout pietadous,
Lou chi guérit que ie menava
Un autre cbi qu'èra bouitous !

A.

Toulouse, i5 octobre

MOQUIN-TANDOK.

85J.

I

�A LA SANTO VIERJO MARIO.

ODO.

Aü

TROCBAIRE

TU.

AIBANEL.

A tu moun dernié can , santo Vierjo Mario!
Vène me lou sousla , car, pecaire ! que siéu
Per canta li grandour, celèsto merevío
Qu'as pre per l'ieu même toun Dieu ?
Dedins toun cor pa gis de laco }
Proumiero vierjo , toun estaco
Ero touto per toun Signour ;
Ver èu mountavon li pensado ,
E ta bèlo amo èro abrasado
Soulo l'alun de soun amour !

�Se repenliguè plus d'avé bouta su terro
Ti fraire peoadou , nascu dau sang d'Adam ;
Toûbèujus t'avié vi qu'amoussè sa coulèro :
Sourliés tan bèlo de si man !
Fervou li-z-ange partiguèron ,
Dessus toun brès se balancèron ,
Se miraiavon dins ti-z-úju ,
E disién : Mirau de juslici,
Ti rai faran fugi lou vici,
Es tu qu'embandiras la nieu !

Diga-me doun perquè li pople tresanèron ;
Ange dau Paradis, perqué trefoulissias ?
Perqu'èi que nosti paire i limbo s'espantèron ?
Demoun, pcrdequ'èi qu'ourlavias ?
La Vierjo que nai èi Pestèlo
Qu'aiuncho de Peslèu la vélo ,
Ei lou Iume que meno au port ;
Dau ciel elo a drubi li porto ;
Es elo qu'es la freno forto
Qu'au serpèn dounara la mort !

De l'aubre mourtinèu malauto soun li branco
Si flour soun palinèlo e si brou soun passi...
Tu ncn sies lou fivèu que pamcn s'esbalanco

�Souto loti fru que trelusi :
Es que loun cor, Vierjo divino,
Rebute l'ourgui qu'enverino ,
Car ver toun Dieu vouiés mounta .
Sachères bèn chausi ti-z-alo ,
Couniguères la bonoescalo,
L'escalo de l'uniilila !

Demanda mounté vai l'enfantouné que passo :
Palai, grandour, bèuta, glori, rieliesso, ounour,
Laissa toumbalou bru qu'à voste enlour s'amasso...
Mario sonjo qu'au Signour!
Es per èu qu'au lèmplo camino ,
Per èu que soun pè s'amatino ,
E per presèn ie vai pourta
La floureto la pu requisto,
Que s'escoundié liuri de la visto :
La perlo de virginita !

Mai noun., reçauprés po lou presèn de Mario :
Au rèi Dávi, soun paire, avès pr'Ouirié, Signour,
Que d'un de si feien sourteié lou Messio:
Aiunchés plus aquèu bèu jour;
Fasès qu'acô posque vous plaire,
De baia l'enfantoun per maire
Au Rèi que nous disès tan bèu ;

�Que tendra 'n man vosta coulèro .
Que vira li rèi de la terro
A si pè servi d'escabèu.

Perquè te sies druber, ô ciel ! de qu'as d'estrange ?
Perquau soun li councer, ti can meloudíous?
Mount'èi que vai Grabié, lou proumié de ti-z-ange,
A travè di niéu radious ' —
Vai anouncia lou grand mistèri ;
Lou Verbo pren nosti misèri;
Una Vierjo vai enfanta ;
L'Adounai la noumo sa iïo ,
E lou Sant-Esprit dins Mario
Fecoundo la virginita !

Noun fugués cnvejous de saglori naissènlo...
Se li-z-ange, ilamoun, eelèbron si grandour,
Içavau, de Simoun que la voix èi doulènto!
Moun Dieu ! quia mar de doulour !
Ti lourmen, quau li saurié dire?
Sies bèn la Rèino di martire!
E se Diéu l'a tan auboura ,
Es per paga ti sacrifici ,
Ei qu'as pouscu béure au calici
Mounlé toun Fiéu s'es abéura !

�Quand dau sang de Jésus la croux èro arrousado,
E que, drecho à si pè, sus èu ïi-z-ieu 'slaca ,
Fasiés taisa ti plour, Maire descounsoulado,
Maire au cor sèt fes trafíga ;
Li doulour su lu s'acampèron ;
Ti forço, tambèh, grandiguèron
Souto lou sang de l'Home-Diéu ;
Ta carita toujou relènto
Ver Dieu raountavo treraoulènlo,
Souslau li bourrèu de toun Fiéu !

Eraé Jésus disiés : « Perdoun per li coupable !
Noun sabon ce que fan, Signour : espargna-lèi ;
le fagués pa senti voste bras redoutable... »
— Mai chu ! qute bru ! toujou crèi..
La terro tratnblo, a póu ! Dins l'aire,
Gridon li vèn ; dins lou terraire ,
De soun cros lou cadabre sort...
Plus de soulèu; li roc crecinon,
Espavourdi, se desracinon !
Tout tremolo... Jésus es mort !!

Es mort! mai t'a baia per maire, pauro freno,
I pauri pecadou. Qu'aquéu lega m'entrai !
Apoun à ti grandour e demeni mi peno,
Me toco l'amo qucnounsai ;

�- 378 —
Sies moun bonur e sies ma vido ;
Davan lu ma M uso es candido !
— Rèino ilainoun , Maire içavau ,
Parai ? nous saras pieladouso :
Benesiras, Vierjo amislouso ,
Nosti Iroubaire prouvcnçau !

GlkVt.

ifj octobre

1851.

�A L'AUTOUR DE CHICHOIS. *

I

Toun Chicliois a rendu doui servici per un,
El Marsio ti duou remercia pcr cadun.
L'avié hessai que tu per metlrc enrm la brido
Ei gourrin que tenien la villo esparoufido;
Car despuèi que l'as fa dansa lou rigoùdoun,

"Les amis du gai-savoir nous sauront gré d'avoir reproduit ici quelques fragmenls empruntés à l'Épîlre
que l'auteur de Némésis adressa jadis au spirituel et
facétieux chantre de

CHICHOIS

(M. G. Renedit. )
{Note de l'Éditeur.)

�— 330 —
Lou nerci* souarlepu, vo souarte d'cscoundoun.
L'avié ni mai que tu per sauva doû noûfragi
Lei respetablo lèi de noueste vièi lcngagi ;

Aujourd'hui mau pasta per cerlèns escrivan ,
Coumo un aie manqua s'esfouiravo en sei man;
Avien bello à vcja l'oli de soun espragno,
Toujou de mai en mai si tournavo en cagagno;
Vengueres per bounur, et rèn se dcgaiè :
Ta plumo es lou trissoun qu'a remounta l'aièîl

Lou fèt es qu'as inounta su la premiero placo
D'aquèu famons coulé que li (lien lou Parnasso!
Vouié ti deboûssa, sérié , d'un cóu de poun ,
Cerca de mettre en frun iei barri de Touloun.
Toun triounfe escoumplè, toun darrié cóu de tanco
A laissa tei rivau emé la gaugno blanco.
Que renon conlro tu coumo de pouar marau,
Que li l'a ? lou pieloun a pas póu dau mistrau !
Lou souluou cregne pas l'insurto dois sauvagi!
Au paire de Clùchois Marsio rende oûinagi;
Et se l'autourita se reviavo un pau ,
Se la Coumuno avié de bon municipal! ,

* On appelle ainsi, à Marseille, ces garnements, insolents el tracassiers, qui sont une si déplorable exception dans l'honorable corps des hommes de peine.
(Noie de l'Éditeur.)

/

�— 381 —
Voutariei! au Counsèu de mettre à la grand'sallo,
Toun estatuo en gi de grandou couloussalo.. ,

Sabi proun que lou siècle es plen de rigoumigo,
Que la dèn de l'Envejo a jamai l'enterigo,
Que Ici gasto-mestié, lei povèto paló
Que parlon prouvençau coumo de moussuló ,
Crcníon contro tu, dien que toun persounagi
A de mot que soun pas d'un ounèsle lengagi,

Qu'as pas crento, et que mémo as l'air de fa parado,
De ti trufa di règlo en tout tèm oûsscrvado;
Que por faire toun vers, trobes rèn de doutous ,
Que su lois iatus sies gaire escrapulous,
Et que tei pltiríè, gasta per ta inassimo,
Emé tei singulié s'aparien à la rimo.
Vaqui, moun paure enfan, un dei millo prepau
Que tènon contro tu per troubla toun repau.
Lei povèto souvèn prenon d'estoumagado :
As trou de sen per faire aquelo talounado ;
Souvèn-te que lou mounde es pnpla de rampèu,
De gèn que troubaricn d'cspino dins un lèu !
Serian bèn malurous se n'en prcniam de Ingno !

�III
As bén vis, en mountan la carrier© d'Oûbagno,
Uno facho de vièi quiado su la fouen :
Aquèu vièi es Hóumèro , un povèto, et dei buea !
Talamen que degun li vèn à la cavio !
Lei Grègo que, despuèi, baslissèron Marsio ,
L'aurien, per soun genio, hissa su d'un auta :
Eh bcn ! que t'a pas dit que, per lei countiïsla,
Un roumpu dau païs que li disien Zoilo,
Jitavo contro d'èu l'escupigne et la bilo !
Es Iou sort dau laíèn , fau prendre soun parli,
Moun bouen ! fau sudura ce qu'Hóumèro a pati !

IV

Que siguèri taloun, quand , per la Capilalo ,
Faguèri meis adiou à la villo natalo,
A moun paure chambroun, mounté, chaque matin,
En charran toutei dons, garissiés moun mourbin!
Dau men penses à iéu , m'en as douna la provo...
— La semano passado, cri dins moun arcovo;
Mi sentiou tout Iou corps giera couuio un bancau,
La tèsto mi petavo: avion pres fres et eau.
£ugu qu'auriou pas ri, même emê de couligo!

�Ti fasiou de badau à m'estrassa lei brigo!
Quand ma vifio chambriero, espèci de Fanchoun
Entré mei doui ridèu vèn de garapaehoun ,
Miremette un paquet... Es Chichois! O que fèsto
Lou liègi, lou reliègi : ai pu de mau de tèsto,
Pu ge de tèbre ! ai pres uno faobo de rèi,
Et sauti de moun lié , fres et gai coumo un pèi !
Digaspuèi qu'un povèto es rcn qu'un sautembarco
Sènso tei vers, fariou pas iiguelto à la Parco !

BAttiriEtEMY.

Paris, 1840.

��ADIÉÜ A MA MU SO COUMTADINO.

Nice, mia Nice , adio.
METASTASO.

O Muso coumtadino , anem, leisso-me sta :
Ta sœur endimenchado aro vèn m'aganta ;
La traito a 'solapa ta museto !
Elo qu'a pa toun biai, tels ieu , ta bono umour ,
Despièi qu'a fa la vido amé de bèu segnour ,
En toutei dous nous fai lingueto.

Pamen , de tèms en tèm vèn me faire un poutoun
Me pessugo, en risèn, Iagauto ou Iou mentoun..
Que dire ? aine pa lei batèslo.
Pièi vèn amé sa raubo a gran farabala ,

�- S8G —

Amé sa caro biauco e soun pouli parla ,
E m'a lòu fa vira la tèsto.

Pièi me crido : A Paris ! e me pren per la man ;
Me poûliro , ô ma Muso ! e partirem deman :
Me siéu proun fa lira l'oûreio.
A. mé su mei ginoun sa grando liro d'or ;
M'a di que sou' mei dé salué toujou d'acor,
Que Paris a mei can choCireio.

Mè crese que lei damo, en me vesèn , riran ;
De moun biai vilajois loutei se moucaran...
Perquè doun fas-ti la jalouso ?
Ei men bèlo , segur, se parlave d'amour ,
Levabien leis espalo, e, sèn prendre d'umour,
M'emmandaliien a ta fiulouso.

Àdiéudoun, pauro Muso, adiéu! Fóu pa ploura:
Sabes bèn qu'amé tu voudrehiéu demoura ;
Sabes bèn que sies ma gastado ;
Sabes bèn qu plesi tei caresso me fan ;
Sabes bèn que, lou soir, l'iver, se nous coûfan,
Su mei ginoun sies assetado.

Adiéu ! me souvendrai , ma Muso, de moun jas ,
De moun riéu quecascahio où mitan dei roueas ,
De ma cabrcto blanquinèlo ,

�— 3S7 —
Doû galnubà lan flous e doû gai tambourin,
De l'orgue de la glèiso c de soun vièi refrin ,
E de moun ciel clafl d'estèlo.

Adiéu! Gardo moun sèli oû caire de moun fió ;
Mignoto, sènso lu pode me plaire en-hiô ;
Vai, se te lèisse aqui souleto ,
Oû prinlèm , Iou malin, dreube toun oustalc ,
Que vciras reveni loun paure Ribalé *,
Quan revendrai! lei dindouleto.

CAMILLE REYBAUI).

Nj'ons (Diô.ne.j

* Riybaud, en comludin Ribau , diuiinutif Ribqié*

��LI CRECHO. *

A SAINTE-BEUVE,

(De CAcademio francèso.)

Sinile parvulos vcnire ad me.
(MARC.

10.14.)

Dintre li vóu de serafin
Que Dieu a fa per que sèn' fin

* Cette élégie fut récitée par l'auteur dans la Séance
d'inauguration de la Crèche de la Sle-Enfance, d'Avignon , tenue le 20 novembre i85i , cl présidée par

�— 300 -

Caulon, ubri d'amour : « Clori! glori au Paire ! »
Dins li joio dau paradi,
— N'iavié-v-un que, souvèn, liun di galoi cantaire,
S'ennanavo apensamenli.

E soun fron blanquinèu ver la terro penjavo
Coumoaquèu d'una flourqu'a ges d'aigc, l'esliéu ;
De mai en mai ravassejavo.
Se lou langui , quand sias dins la glori de Dieu,
Poudié tranea lou cor, deiéu
Qu'aquèu bel ange s'ennuiavo.

Qu'èi que ravassejavo ansin , e d'escoundoun ?
Perqué n'èro pa de la fèsto ?
Perquè, soulé di-z-angeloun ,
Coumo s'avié peca , baissavo-li la tèslo ?

Mgr Debelay, Archevêque d'Avignon : clic y reçut l'accueil le plus sympathique.
M. Sainte-Beuve , de l'Académie française , a bien
voulu accepter la dédicace de celle louchanle et suave
inspiration, et écrire à Fauteur que sa pièce esl « digne
« des anciens troubadours », cl que» son Ange des Crè« ches et des petits enfants, dans sa tristesse céîcslc ,
&lt;( ne serait pas désavoué par les anges de Klopslock ni
« par celui de M. de Vigny. »
{Note Je l'Éditeur.)

�- 391 —
II

Velaqui ! davan Diéu vèn de s'aginouia....
Que vai-ti dire ? que vai faire ?
Per lou vèire e l'ausi , si fraire
Arrèston soun alléluia:

III
« Quand Jésus enfantoun plouravo,
Qu'èro de fre tout tremoulèn
Dins lajaço de Belhelèrn,
Es moun rire que l'assoulavo,
Moun aleto que l'acalavo;
L'escaufave emé moun alèn. »
«E despièi, ômoun Diéu! quand un enfanté plouro
Dins moun corpietadous sa voix vèn restounli:
Vaqui perquè moun cor es doulèn à touto ouro,
Signour ! vaqui perquè siéu apensamenti. »
« Su la terro, ô moun Diéu ! ai quaucourèn à faire
Laissa-me ie mai davala.
la tan d'enfantouné , pecaire !
Pauri-z-agnéu de la !
Que, tout afrejouli, fan que se desoula ,
Liun dau mamèu ,e liun dipouloun de si maire..

�- Ô02 —
Dins de membre caudé vole li recala ,
Li coucha dins de brès e li bèn acala ;
Li vole linlourla , nen èslre Iou bressairc....
Vole qu'en liogo d'uno agon touli vint maire ,
Que li-z-endourmiran quand auran prouu teta ! »
IV
E li-z-ange l'aplaudiguèron....
E lèu, espandissèn si-z-alo, — d'ilamoun ,
Prounite coumé l'uiau , davalè I'angeloun;
E li maire , içavau , de bonur tresanèron;
E li Crècho se drubiguèron
Pertout mounté passé l'ange di-z-enfantoun.

V

D'aquesto ouro,mount'èi ?—Es dinsaqués saloun;
Escouto ce que di la Muso de Prouvènço ;
Espincho de galapaohoun ;
ïrefouli de vosta presènço ,
Midamo ! Es tan urous de vosti bènfasènço ,
De ce que l'ajudas à sousta l'inoucènço,
Que vous mando, en risèn , de flour e de pouloun.
J. BOUSIAKILLE.

A oignon,

20

novembre

1851.

�ADESSIAS EN TOUTE

Belli Prouvençaleto

au bru dau tambourin

Per vóu erias vengudo ausi lou gai refrin :
Souto l'oumbrino que pcndoulo,
Que la fèsto èro gaio , e li galan parèu !
Quan de pastoureleto emé si paslourèu !
Oh ! la poulido farandoulo!

Vesian din lou roun
Li plus fresmourroun
De tout l'enviroun ,
Chascuno vestido
0 large vo 'stié ,
0 blan o ne gré ,

�-- S9íi —
Tau qu'à soun endré,
0 din sa baslido.

A qui n'èro vcngu de touti li canloun ,
D'emé Ion nas en I'er o d'un biai galanloun ,
E de bruno, e de blanquinello :
Ansin quand dau printèrn boufo Iou fres alen ,
Demillo e millo flour lèu lou terrairc es plen ,
E jauno , e blanco , e rouginello.

N'ia que, per dansa,
Rire e s'espassa,
Aurien alassa
Li tambourinaire !
Si can amourous ,
Tan pur e courous,
Oh ! qu'an fa d'urous ,
E de calignaire !

E d'autro, vergougnouso e lou fron pcnsatiéu,
Fugissèn li plesi coumé de las caliéu ,
Din li garrigo s'esmarravon ;
Ecoumo una cainpano emmando un Ion trignoun,
D'eiça-Iiün cntendian li dous c Ion plagnoun
D'aqueli cbalo que plouravon.

L'eslrangié 'spanta
Ue vostè canta ,

�Vous venié 'scoula ,
O Prouvençaleto !
E lis auceloun ,
E lis angeloun,
Venien à mouloun
Vous faire l'alelo.

Mainouvèmbre adeja fa i sènlre sa frescour,
E l'esliéu ajougui 'me si joio s'enceur ;
— Souto l'oumbrino que pendoulo ,
Lis apensamentido an proun ravasseja ,
Proun li eascareleto an fouligaudcja ;
Adièu li gaio farandoulo !

Lou roussignoulé
Que , coumo un perlé ,
Canlavo soulé
Amoun dessu l'aubo,
Vèn d'abandouna
Lou bos mounl'es na ,
E s'es ennana
Afin de ver l'aubo.

E vautre, ô jouvinelo, aro mount'anarés ?
Mai que lou roussignóu , segur, e mai que res
Amas vosta bello patn'o :
Oh! uoun voudréscoumo èu tan liun vousenvoub,

�— S9G —

Car dessu nosti mourre, amai siegon pela ,
Lou grand soulèu tout l'iver brio.

Adoun, adessias,
Touti tan que sias ,
Basto tournessias,
Din noste cham vèuse '
Adieu , bèu quinsoun *,
Que de cènt façoun
Disiés ti cansoun
Bressa su 'n brou d'èuse!

l&gt;.

MISTRAL.

Maillune (B.-d.-IÏ.) , 3 novembre i85i.

* La pajo 521 d'aqués libre vous dira quau es aquèu
quinsoun.

r.

MISTRAL.

�FIN

��RÈI E PASTOURO,

FABLO.

A

PER

LOI)

SAINT-RENÉ

REMERCIA

TAILLANDIER ,

D'AVE

NOSTË

FA

LA

PREFAÇO

DR

LIBRE.

On a vu des rois épouser des bergires.

I

Enfeta de si bèu saloun ,
Un jouine rèi s'espassejavo ,
Au mes de mai, dins un valoun ,
Mounté,coumo un gaiauceloun,
D'escoundoun
Una pastourèlo can La y p.

�— Íi03 —

II

Soun can fuguè tan de soun gous,
Que nen vengué léu atnourous ,
E ie digue : —« Pastoureleto,
Vène , vène dins moun palai ,
Qu'augirai,
Quand voudrai,
ïoun avoix cascareleto,
Amistouso quenounsai ! »

« Einé tu me mai idarai ,
Se te plai.
Saras ma réino, e farem fèsto ;
E piéi, boutarai su ta lèsto
Unacourouno; c dediaman,
Coumé li pichoti luseto
Que beluguejon dins l'erbeto,
A touti li dé de ti man ,
Beluguejaran ! »

III

— Acô vai bèn. Nosta pastouro
Dau tourtouréu vengué tourlouro
Siegué réino lou Iendeman !

�- 401 —

IV

Nosta Muso es la pastourèlo
Que soun can èi tan amistous ;
Mai quau es lou bèu de la bélo ?
— Moussu , touli disem qu'èi vous.

3.

BOUMANILLE.

Aclgnon . 19 janvier ï852,

��GLOSSAIRE

�ABRÉVIATIONS
EMPLOYÉES DANS CE GLOSSAIRE.

Superlatif.
substantif.
V.
verbe.
adjectif.
ad)'.
i lit.
interjection.
m.
masculin, ou mot.
f.
féminin.
m. 1. ou lang . mot languedocien.
v. m.
vieux mot.
ext.
extension.
figurément.
figaugm.
augmentatif.
dim.
diminutif.
n. p.
nom propre.
t. d'ag.
terme d'agriculture.
t. de m.
terme de marine.
exp. p.
expression poétique.
v. ou voy.
voyez.
loc. prov.
locution proverbiale.
ellip.
elliptiquement.
subst.
substantivement.
fréquentatif.
fréq.
litt.
littéralement.
coll.
collectif.
Sup.
s.

�GLOSSAIRE.

A

Abarons , économe , mé- Abénrage, gi, arrosement;
nager.

breuvage.

Abechoim, jeune abbé.
Abounde , surabondance ,
Abena-r * , achever , conplein, soûl.
sumer.
Abrasa-r, embraser.
* Nous isolons ainsi la lettre IÎ à l'infinitif des verbes en a,
en e et eni, parce que cette lettre, qu'adoptent quelques-uns
de nos plus habiles confrères, est sévèrement rejetée par le plus
grand nombre d'entre eux: C. Reybaud, F. Mistral, Glaup ,
r.arlbelemy, Jasmin, Th. Aubane], G. Benedit, Augustin
Boudin, Peyrotes, A. Gautier, d'Anselme, A. Matthieu, etc.
etc. ne l'emploient jamais.
Nous rejetons cette lettre, plusieurs consonnes finales et bon
nombre de lettres étymologiques, parce que, après mûre réflexion, nous n'avons pu nous résoudre à profondément altérer , et souvent, à détruire complètement le caractère distinctif, la physionomie particulière, la douce harmonie, la délicatesse et la grâce des dialectes d'Arles et du Comtat, en les pliant
de vive force à une orthographe savante.
_ (tous ne pouvons pas donner de grands développements à une
simple note , ni citer des exemples a l'appui de notre assertion. Nous aurons occasion plus tard , dans une suite d'études
purement grammaticales que nous nous proposons de publier
sur la langue rotnano-provençalc, de motiver puissamment,
nous osons l'avancer, le système orthographique qu'a suivi, à
peu de chose près, la majorité de nos collaborateurs. Qu'il nous
suffise ici de renvoyer le lecteur à l'intéressante discussion qui
s'élablit à ce sujet, dans la Gazette de VaucUise (n'* '116, 277
)
en Ire M. C. Heybaud et M. S.-J. Honuorat, de Digne, et oit
M. Reybaud se fit, avec tant de chaleur et de science , le défenseur de notre système.
Quoi qu'il en soit, cl malgré la différence qui existe entre
nos divers dialectes, en cela semblables à la langue grecque,
qui n'était point parlée d'une manière uniforme dans toutes
les parties de la Grèce , nous avons fait, par la publication de
U Prouvénçalo, un pas immense vers celle unité orthographique que nous avons toujours tant désirée, et dont le besoin se
fait si vivement sentir dans ce livre et dans ce Glossaire.
Nous sommes résolument entrés dans la voie que quelques auteurs très-respectables avaient déjà devinée avant nous. Pulsse-t-on ne pas l'abandonner! la littérature provençale n'aura
qu'à y gagner.
s. nouaiAïiLi.E.

�— íiOG —

pressé , passionné ; fuAbriga, ado, rompu, brisé,
rieux , véhément.
écrasé.
Acaba-r , achever , finir ; Aganta-r , saisir , prendre.
Agari-r, attaquer, assaillir.
manger sou bien.
Acampa-r , amasser , ra- Àgassin , cor aux pieds.
Age, gi, grain de raisin ; âge.
masser , rassembler.
Acantouna , ado , blotti, Agebi-r, flétrir, rider, dessécher.
assis dans un coin.
Acata-r, couvrir, tenir Agoida-r, égoutter.
Agrada-r, plaire, convenir.
chaudement.
Acha-cènt, par centaines; Agrouva, ado, accroupi.
acha-quatre, quatre à Ai, âne.
Ai ! hélas !
quatre.
Aie, ail.
Aciou (m. 1.), ici-bas.
Aclapa-r , couvrir de pier- Aigagno, eigagno, igagno,
rosée.
res ou de terre, combler ,
Aigo, eau. Aigardèn, eaudémolir ; enfouir.
de-vie. Aigo-sau, eau
Acubiers, écobans ou écusalée. Aiga-bouillida ,
biers (terme de marine.)
potage à l'ail.
fig. les yeux.
Adessias , adieu. Pluriel Aigreja-r, gea-r, soulever,
ébranler ; irriter ; avoir
d'adiéu.
un goût aigrelet.
Adure, addurre, amener,
Ailhet. Voyez aie.
apporter.
Adejà, adrejà,dejà, déjà. Aio (èstre en), être empressé.
Adèrèn , adarré , à la file , Airé, ayre, er, air.
les uns après les autres, Airóu , iróit, eiróu , airée.
Ajebi. Voyez agebi-r.
tous sans exception.
Adouba-r, accommoder, Ajougui, ido , qui aime à
jouer, folâtre.
raccommoder, radouber,
Ajtida-r, aider.
rajuster ; apprêter.
Adounai, le Seigneur, Ado- Ajulina, aginouillia, aginouia, ado, agenouillé.
naï.
Alanda, ado, étendu de son
Adounc , donc.
long ; ouvert.
Afeciouna, ado, affectionné; attaché, appliqué à ce Alauja-r, gea-r, allaugeiri-r, alléger.
qu'on fait.
Alegra-r, réjouir.
Afla, caresses, soin.
Aflanqui-r, affaiblir ; ren- Alen. Voyez h-alen.
Alesti-r , préparer , tenir
dre mou, flasque.
prêt, apprêter.
Afoudra , ado , foudroyé ,
Alin, là-bas au loin, là-debrisé; abîmé.
dans.
Afrejouli-r (s') , se refroiAlhcam, n.p. Notre-Damedir, devenir froid.
de-Grâce, à Arles.
A/'urouna, ado, ardent, em-

�— 407 —
Alisca-r , orner, parer.
Anguieloun, Aquilon.
A/oi {Sant), n. p. Saint Éloi. A-nieu, à-niu, hier au soir,
Aluca-r, reluquer , regarla nuit dernière ; ce soir.
der; allumer.
Ansin, ainsi.
Amadura-r («'), mûrir.
Antan , l'année dernière ;
Amaga-r, entasser. S'amajadis, autrefois.
ga-r, se blottir, se tapir. Apaia-r, apailha-r , jonAmai, aussi, même, encher , parsemer de paille,
core ; quoique. Amai
d'herbes , de fleurs , etc.
mai, même davantage.
Apara-r , tendre la main ,
Amarour, amertume.
son tablier, etc. pour reAmata-r , entasser , aLatcevoir quelque chose ; détre , renverser d'un coup,
fendre , protéger.
tuer; couvrir.
Apastura-r, donner à l'aAmata-r («') , se blottir, se
nimal sa pâture; repaîtapir.
tre, nourrir.
Amatina-r (*'), se lever Apensamenti, ido, pensif,
matin.
soucieux.
Anibê , amè, emé, 'me, Apèralin , là-bas bien proavec.
fond , ou, bien au loin.
Amistous , ouso , aimant, Apèramoim-t, apèravau,
tendre, sensible.
aperilamoun-l, aperitaAmoula-r, aiguiser.
moundau , là-haut bien
Ammin-t, amoundau, làloin, vers le Nord, sur les
haut.
montagnes, dans le ciel.
Amouié, amourier, mûrier. Aperaqui, là auprès , par
Amouro , mûre , Jruit du
là ; à peu près, cosí cosl.
mûrier.
Apetuga, ado, ardent, emAmourra-r , faire tomber
pressé.
sur le museau ou sur le Aplanta-r, arrêter. S'aplanvisage. S'amaurra-r, tomla-r, s'arrêter.
ber sur le museau , etc. ; Apoundre , fournir , ajouse pencher pour boire.
ter.
Amoussa-r, éteindre.
Apourcati, ido, plongé dans
Ana-r , aller.
la débauche; devenu porc.
Anco , hanche.
Aquèu, aquelo, ce, cette; ceAndano, allée.
lui, celle; celui-là, celle-là.
Androuno , ruelle ; recoin , Aqui, là
cache.
Aquô, acó, acot, cela.
Aney (m. I.), aujourd'hui, Aragan, ouragan.
ce soir.
Aragno, araignée.
Angeli , angelin , angéli- Araire, charrue.
que, divin , charmant.
Aran , fil de fer; airain.
Angelico , ange-femme.
Arena-r, éreinter.
Angeloun, petit ange.
Arescle, cercle de tambour.

�- 408 —

Aresclo, archet de berceau ;
écharde.
Are, bélier.
Argno, amo, teigne, gerce.
Arìaten , cnco, Arlésien,
enne.
Armas, lande, friche.
Aro, maintenant, présentement , à cette heure.
"Voyez à la lettre H : Arpo , arpaieja-r.
Arriba-r, arriver ; faire paître le long d'une rive.
Arrouina-r, ruiner ; accabler.
Artaban : lier comme Artaban. {loc. prov.)
Artèu, orteil.
Ascla, ado, télé; un peu fou.
Ase, ai, âne.
Assadoula-r, soûler , rassasier.
Assaja-r, ge-ar, essayer.
Assaupre, savoir, à savoir.
Asseta, ado, assis.
Assoula-r, consoler (Ce mot
est pris quelquefois dans
le sens A'assadoula-r.)
Assousta-r, mettre à l'abri,
à couvert.
Atabé (m. 1.), aussi.
Atapa-r , boucher ; couvrir. Voyez par H: Arpo,
auiuro, etc.

Atuva-r, allumer.
Au, to , haut.
Aubo, aube , aurore ; peuplier blanc.
Auboura-r, lever, dresser,
élever, arborer.
Aucèu, oiseau.
Auceloun, oisillon.
Aitja-r, gea-r, oser.
Aure (m. 1.), aubre, arbre;
autre.
Aurio , aureio , aurilho,
oreille.
Auro, vent. Aureto, vent
doux, zéphyr, brise.
Aiisi-r, augi-r, entendre.
Autar, autel.
Auturous, ouso, hautain ,
orgueilleux.
Avani , ido, évanoui; exténué.
Avarié, avarie.
Avau, là-bas, en bas.
Avclanier, avelinier, coudrier.
Avena-r, en terme de nourrice, faire venir le lait au
sein en le tirant; en parlant des fontaines , des
sources, les alimenter.
A ré usa, ado, rendu veuf.
Arous, août.
Avousten, enco, qui appartient au mois d'août.

Babelo, etio, petit baiser.
Babèu, n. p., ïsabeau, Elisabeth
Bachiquèlo, baliverne.
Baci {la) (m. I.), la voici.
fiadaia-r, ailha-r, bâiller.
Badalas , grand badaud ,
nigaud.

Bada-r-mouri-r (à), à rendre le dernier soupir.
Bada-r, ouvrir la bouche,
bâiller ; badauder ; s'entr'ouvrir; être entr'ouvert.
Badau , bâillement ; niais ,
imbécile.
Bagnà-r, baigner, mouiller.

�- 409 —
ISaia-r, bailha-r, donner, Bateja-r, gea-r , baptiser ;
bailler, v. m.
pris subst., baptême.
Balle, berger en chef ; chef. Batèsto, dispute, querelle ;
Bailo, la femme du baile;
bataille.
sage-femme ; nourrice ; Bato, corne du pied, sabot.
balle, père nourricier.
Batre {la), être dans une
Baissa, pente, côte, valmisère profonde.
lon, plaine.
Baudre{à), bóudre, à proBalan, balancement, cahofusion , à bauge ; sans
tage; démarche chanceordre ni arrangement.
lante , mouvance.
Baumirano, nom de lieu,
Balln-balan, en s'agitant de
Val-Mirane.
côté et d'autre.; clopin- Baumo, grotte.
clopant.
Bausaça, nom prop. quarBanar, ardo, banaru, udo,
tier du terroir d'Avignon.
cornu.
Bèbèi, beaux joujoux, jouets
Bancau , banc de pierre
d'enfant, amusettes.
placé dans la rue, à côté Bèbo {faire la) , faire la
des grandes portes d'enmoue.
trée.
Bedarrida, nom de lieu ,
Bandi-r, bannir.
Bédarrides (Vaucluse.)
Baneja-r, gea-r, montrer, Begnô (m. 1.), il venait.
agiter ses cornes, en faire Bela-r, bêler ; dévorer des
usage ; sortir, se montrer.
yeux, regarder avec affecBano, eto , corne , petite
tion. (Dans cette dernière
corne.
acception , on dit aussi
Bar, large pavé, dalle,
bada-r).
Baragno, clôturefaite d'épi- Belèu, bessai, peut-être.
nes, de ronces ; haie vive. Bellas , sup. de bèu , beau.
Bdrga {réque) (lang.), rien Belloio , bellori , belloyo,
qui vaille.
fanfreluche, affiquet; paBarja-r, gea-r, briser du
rure, beauté, merveille.
chanvre; babiller, bavar- Belugo, étincelle, bluette.
der.
Belugueja-r, gea-r , étinceBarra-r, fermer avec une
ler.
barre.
Beneranço, bonheur.
Barrulaire, rôdeur. (II est Benesi-r, bénir.
aussi adj.)
Bericouqué , petit bout
Barrula-r, rouler, rôder.
d'habillement de femme
Bassela-r, battre , frapper
coquettement relevé.
à coups redoublés.
Bcrigas, bedigas, en lang.
Bassina-r, humecter; oinmouton d'un an ; fig. bon
dre , frotter.
homme.
Bastidan , campagnard , Besuscla-r , beduscla-r,
homme des champs.
brûler superficiellement &gt;

�— hìO —
ne brûler que le poil ;
flamber.
Bèucô, beaucoup.
Bèu-Coli, ehat-huant, orfraie.
jJiai , tournure , adresse ,
esprit.
Bïasso , besace ; petit sac
où les paysans portent
leur manger.
Biel (m. I.), vieux.
Biôu, bûou, bœuf.
Bis (m. 1.), vu.
Blanqueja-r, gea-r , blanchir, tirer sur le blanc.
Blanqûinèu, blanchâtre.
Blave, pâle, blême, défait.
Blestoun, matteau de chanvre.
Bon-bèn ! à votre santé !
Bos, bosc, bois, bois.
Boudenfle , enflé, gonflé,
bouffi. (On le dit des figues
qui ont atteint toute leur
grosseur.)
Boûdiéu! mon Dieu ! hélas!
Boudonsco, gousse, cosse,
balle.
Boudrio (m. i.) , je voudrais.
Boufado, souffle ; coup de
vent, rafale.
Boufa-r, souffler; bâfrer.
Éoufigo j vessie.
Boulega-r, remuer, bouger.
Boulidou, tout vaisseau et
endroit propre à faire cuver le vin.
Bounias, extrêmement bon;
doux, bénin.
Bounieto, tache d'huile.
Boiirnèu , tuyau de terre
cuite.
Bourrèio, bourrée.
Bourroularèu, èlo, tourbil-

lonnant , qui trouble et
agite l'air.
Bourtoxdaigo , pourpier ,
planle.
Bousca-r, busquer; gagner
en travaillant; chercher,
attraper.
Boustre, luron.
Bouta-r, mettre , placer.
Boutèu, mollet, gras de la
jambe.
Bouto, tonneau.
Brafounié, brefounié, tempête, gros temps.
Braiasso, celui à qui les
chausses tombent au-dessous de la ceinture, de
manière à laisser voir la
chemise ; débraillé.
Braio, chausses, culotte.
Bramado, huée.
Brama-r , crier , brailler,
braire, bramer.
Bramarié , maté, cri, clameur; erierie, eriaitlerie.
Brandussa-r, brandouia-r,
brandouilha-r, brantaiIha-r ,
brandailha-r ,
branteja-r, gea-r, fréq.
de brànta-r, brandu-r ,
branler, remuer, bouger,
vaciller.
Brandussa-r {se), se balancer , se dandiner.
Brassado, embrassade, erabrassement.
Brassoun, dim. de bras;
, petit bras.
Brave {es) , il est doux',
agréable de...
Breri, son , bran de son.
Brès , brèsso , bressièro,
diverses espèces de berceaux pour les enfants.
Brescambto, bancal. Nom

�prop- bouffon : Briscambilie.
Bretóuneja-r , gea-r , bégayer , bredouiller.
Bréu (pa'n) , litt. pas un
brin, point du tout.
Brlfa-r , brifer , manger
avidement.
Brigo, débris, miette, petit
morceau.
Brounzi-r , bruire, éclater.
Brou-t, tige, menue branche.
Brus, ruche, ruche à miel.
Brusi-r, bruire.

Brulici, saleté, immondice;
impureté.
Bugada , lessive.
Burlenlo (in. I.), bridante.
Busca-r , bousca-r , chercher.
Buscaia-r, ailha-r, ramasser des broutilles , des
éclats de bois , des bûchettes.
Buscatèlo, échaudé.
Busco , bíìche , bûchette ;
touche.
Buta-r, pousser.

Cabés, chevet; tête.
Cabó : faire cabó, saluer.
Cabrida , cabreto, chevrette.
Cabudèu, peloton.
Cabussa-r, tomber la tête
la première, plonger.
Cabussu , action de plonger, plongeon.
Cacalas , paroles vaines ;
gros éclat de rire.
Cacalauso, escargot, limaçon.
Cacaleja-r, gea-r, babiller,
caqueter; crier comme la
perdrix; chanter, en parlant de la cigale.
Cacha, èio, fromage pétri
avec divers ingrédients.
Cacha-r, casser des noix ,
des cailloux, etc.; écacher.
Cachomailho, tire-lire.
Cadaideja-r, gea-r, remuer
le loquet quand la porte
est fermée.
Cadaulo , loquet, cadole.
Cadeno, chaîne. Cadeno de

Fesquino , épine du dos.
Cadenoun ! diantre ! morbleu !
Cadièro , chaise ; chaire.
Cadun , chascun, chacun.
Cafinó,oto, coquet, dandy.
Caforno, cafoumo , caverne , antre, tanière.
Cagnar, lieu abrité où l'on
se chauffe au soleil.
Cagno, indolence, mollesse,
paresse, cagnardise.
Cago-nis, souille-nid: le plus
jeune , dernier-né. L'oiseau qui reste le dernier
dans le nid , quand les
autres sont assez forts
pour voler.
Caire, côté ; coin.
Caladaire, paveur.
Calado, pavé de cailloux.
Cala-r, caler; tomber, finir,
s'arrêter , se taire. Se cala-r , se poser , se percher.
Calèn, lèu, petite lampe à
crochet.
ta.

�— hlì —
Calignaire, amant, amoureux.
Caügna-r , courtiser.
Caló, calons, tige, trognon.
Calli, udo, louche; myope.
Cambia-r , changer.
Cambo, jambe.
Çamentèri, samentèri, cimetière.
Campano , cloche, dim.
Càmpaneto , clochette ,
sonnette ; liseron , plante.
Camuso{ta), litt. la Camarde : la Mort.
Cancanur, uso , criailleur,
euse.
Candi-r (se), se candir , se
congeler.
Candi, ido, candi, surpris,
étonné.
Caneloun, canule.
Canestèm, èlo, eteleto, grand
panier d'osier ; petite corbeille.
Canèu , roseau ; cannetto ,
petit roseau.
Canoun , canon ; tube ,
tuyau de fontaine, de cheminée, de plume, etc.
Canounge , chanoine.
Can-t, chant.
Cantareu , èlo, qui aime
à chanter, qui ne fait
que chanter.
Canteja-r, gea-r, fréq. de
canta-r, chanter; pétiller.
Cantoun, coin.
Capeiroun, chaperon; filet.
Capelan, chapelain, prêtre.
Capelé, chapelet, chapelet.
Capita-r, trouver , rencontrer à propos; atteindre
juste.
Capounó, oto, petit polisson;
fripon.

Carage, air du visage ;
visage.
Carau (m. t.), voie, ornière,
ruisseau.
Cardello, laiteron , plante.
Cargo, carga, charge.
Cari/ami, corruption de
Californie.
Carlamuso , cornemuse.
Carme (li), paroisse d'Avignon (St-Symphorien.)
Caro , air du visage, mine.
Carré, chemin roulier où
les charrettes peuvent
passer.
Carreja-r, gea-r, charrier.
Carri, char. LOÎI carri, le
Chariot, constellation.
Carrièro , rue.,
Carrirou, carriroun , sentier.
Cascaia-r, ailha-r, gazouiller, murmurer.
Cascarelé, eto, léger, volage ; frivole.
Cascavèu, grelot ; adj. léger , écervelé.
Castèu-Renarden, habitant
de Châteaurenard.
Ca-t, chat.
Catalano , coiffure avignonaise et comtadine.
Catarineto, chrysomcle dorée , insecte.
Catarri, catarrhe ; résolution instantanée et folle.
Catiéu , rusé , artificieux ,
dissimulé. De las catiéu ,
des filets trompeurs.
Catouniero, chatière.
Cauciga-r, coûssiga-r, fouler, presser avec le pied.
Caussiga-r quauqu'un ,
marcher sur le pied de
quelqu'un.

�— un —
Cauno , creux, trou.
Chavènço, chabènço, cheCaupisa-r, fouler.
vance, v. m. bonheur.
Couquelado, alouette hu- Chi (m. 1.), chin , chien.
pée, cochevis, oiseau.
Chica-r , manger; chiquer.
Causo, cauvo, cavo , chose. Chifarnèu , coup de bâton ;
Caussido, coûssido, charbâton, perche.
don aux ânes, plante.
Chima-r, boire , siroter.
Cebo, cebeto, ognon,jeune Chiqué, petit coup. Bèure
ognon.
un chiqué.
Cencha-r, ceindre.
Choix, n p., ellipt. François.
Cendrouseto , une petite Chourla-r, lamper, siroter.
Cendrillon ; jeune fille qui Ciéure. Voyez siéure.
ne sort pas de la maison, Cigalo, cigale. Carga-r la
et qu'on trouve toujours
cigalo, s'enivrer.
autour du feu.
Cire, cierge.
Cengla-r, ceindre.
Civado , avoine.
Cese, pois pointu.
Cïvado-fèro, folle avoine.
Cëu, cier , ciel.
Clafi, ido , plein, couvert,
Chabi-r, vendre , se défaire
comme un arbre de fruits,
d'une chose ; marier ,
une plante de poux, le
(surtout en parlant des
visage de boutons , etc.
filles.) Se chabi-r, se ma- Clar, clas, m. plur. Glas ,
rier.
sing.
Chanchaneto, à petits pas , Clausoun, cloison; tombeau.
clopin-clopant.
Clavar , fermer â clef ; réChangoula-r (m. 1.), hurduire quelqu'un à ne pouler, se plaindre.
voir répondre, mettre à
Charra-r , causer , jaser ;
quia.
gronder.
Clavela-r, clouer.
Chato , dim. chatouno, en- Clavèu, clou.
fant du sexe féminin, fille, Cledo, claie pour parquer
jeune petite fille.
les troupeaux.
Chducha-r, saucer , trem- Clerjoun, enfant de chœur.
per ; mettre le pied dans Clina-r, incliner, pencher ;
l'eau par mégarde; fouler
décliner.
aux pieds.
Clot, tombeau.
Chauohoun , femme mal- Cloûsoun, dim. de clot.
propre , qui tient mal Có ,_coue, coua , queue.
son ménage.
Có, cop, coup.
Chaureia-r, ilha-r , prêter Cocó , coco, fruit; familièl'oreille pour tâcher d'enrement , la tête, l'esprit.
tendre.
Co de, chez.
Chavano, ondée , giboulée, Colèto, petit repas du matin.
guillée, travade; terme Cónsou , conse, consul.
de marine.
Cóu , coui, couel, cou.

�- mCourraire, coureur ; courCouano, imbécile , niais.
sier.
Couble, couple. Voyez paCourthesoun , nom de lieu,
rèu.
Courthéson (Vaucluse.)
Coublo , couple , attelage
Cousseja-r, gea-r, accousede deux bêtes.
gea-r, causseja-r, pourCoucha-r, coucher ; chassuivre , chasser.
ser.
Couta-r , accoter ; mettre
Coudeno , couenne.
une étaie ou une cale à
Coudoun , coing , fruit ;
quelque chose ; s'obsticolère étouffée, rancune.
ner.
Coueto, queue.
Coutèlo (m. I.), narcisse des
Couello, colo, colline.
poètes, plante ; mauvais
Confié, étui dans lequel les
couteau.
faucheurs mettent la pierCoutigo, chatouillement.
re à aiguiser.
Creba-r, crever; mourir.
Couija, ado, couché.
Coulas, collier, partie du Crebecèlo , crubecello, cabucello, couvercle.
harnais des chevaux de
Crebidolo, narcisse des prés,
trait.
plante.
Coulan, anto, trempé, exCrecina-r, craquer.
trêmement mouillé.
Coulobre, calobre, couleu- Crèi, accroissement ; progéniture; rejeton.
vre; méchante bête; bête
Crentous, ouso, timide, puterrible.
dibond.
Counchaduro, tache, souilCrespèu , omelette au lard.
lure.
Counclia-r , tacher , souil- Cresten , exhaussement de
terre entre les sillons ;
ler.
crête , faîte ; chaperon
Counglas, verglas , glacier.
d'un mur.
Counsoulayro (m. I.), conCroio, présomption, outresolatrice.
cuidance, orgueil.
Courbadono , narcisse des
Cros , fosse.
prés, plante.
Croumpa-r, acheter.
Courduro , coutureCourlu , courlis , oiseau Cruci-r, crussi-r, craquer.
Cuber, erto, couvert.
aquatique.
Cournelo , cornette , espèce Cuieu, cuèch, cuit.
Cuquo, tas, monceaude coiffure.
Courons, onso , frais, joli, Curo-biasso , vide-besace :
voleur.
propre.

Daio, daioun, dailk, dai- Daise, doucement, lenteiho i dailhoun, faux.
ment.

�— Ulò -

Dameiseloto, jeune demoiselle qui se donne des airs.
(Lesdiminutifs en o-t, oto,
sont ordinairement déprécia tifs.)
Dardaia-r, briller, darder
ses rayons.
Dardèno, deux liards.
Darnagas, tarnaga, piegrièehe, oiseau, fig. stupide , butor.
Daamassi, doûmaci, pour
Dléu-marci, Dieu merci ;
daumassi tu , grâces à
toi; daumassi que, puisque, Dieu merci.
Davalado, descente , chemin en pente ; déclin.
Davala-r , devala-r, descendre , dévaler.
Debana-r, dévider; tomber
en roulant ; décliner.
Debino , misère , extrême
pauvreté.
Deboûsa-r, debausa-r, précipiter, dérocher.
Dedailai, au delà.
Deco, brèche ; défaut.
Dejoro, dehors.
Degaia-r, degailha-r, gâter , corrompre, dissiper,
gaspiller.
Degou-t, goutte , écoulement goutte à goutte.
Degruna-r , égrener , écosser ; tomber en ruineDegun , degus , nul, personne.
Degu {à soun), d'une manière décente, convenable.
Delaia-r, retarder, différer.
Dèime, dîme.
De-matin , adematin , ce
matin.

Dempièi, despiêi, desempièi, depuis.
Derebeilha-r, éveiller.
Derraba-r, arracher.
Derrega-r, arracher.
Desbaragna-r (se), se dégager d'un buisson ; se
dépêtrer; se tirer d'affaire,
d'embarras.
Descau, ausso, déchaussé.
Descounsoula-r, déconforter, désoler.
Descoussana, ado , sans
frein, effréné.
Desembraia-r , desbraia-r
(se), se déculotter.
Desencala-r (se), se tirer
de l'ornière.
Desglesi, ido, degleni, ido,
disjoint ; défait, maigre.
Desalena, deshalena, ado,
essoufflé, haletant, hors
d'haleine.
Desmamaire , qui sèvre ,
qui prive , qui frustre de
quelque chose.
Desplega-r , despluga-r ,
déplier, déployer.
Destapa-r, déboucher, découvrir , défoncer, t. d'agricult.
Destousca-r , découvrir ,
apercevoir de loin; trouver ce qui était caché ;
sortir.
Destrau, hache, cognée.
Destrússi, destructeur, fripeur.
Desvaria , ado , égaré,
effaré.
Dia, cri ou commandement
que lait le charretier lorsqu'il veut faire prendre
l'un ou l'autre côté de la
route, et particulièrement

�— 416 —
la gauche. A dia, à gausi le taureau privé qui,
che ; iróù, à droite.
dans les courses, est lâché
Dian (en), en disant.
dans l'arène pour faire
Dilun , dimar , dimècre ,
rentrer à l'écurie les taudijôu, divèndre, dissate,
reaux sauvages.
dimenche ou deminche, Dourmido, sommeil.
iundi, mardi, mercredi, Douvris (m. 1.), il ouvre.
jeudi, vendredi, samedi, Drai, crible.
dimanche.
Draiôu, drayôu, chemin,
Dido, Dideto, n. p., Marsentier.
guerite.
Dre que, dès que.
Dinda-r, dindina-r, tinter, Drôle, enfant mâle, garçon;
sonner.
droidas, grand garçon.
Dindoideto, hirondelle.
Dru , udo , dru , épais ,
Dintre, dans, parmi.
gras, fort; adv. en grande
Dóu, deuil, affliction, peiquantité, et fort près à
ne , chagrin.
près.
Doulèn, ènto, dolent, triste, Drudièro , abondance de
affligé, plaintif.
biens ; vigueur, fertilitéDoumtaire. On appelle ain- Duber , erto, ouvert.
E
Eiça, eissa, iça, ici, ici
près, de ce côté ; le lieu
où l'on vaEicado, eissado, piocheEigagno. Voyez aigagno.
Ei'la, ila, là, là auprès.
Èime (à bel), à profusion ,
en gros , l'un portant
l'autre.
Eiróu. Voyez airôu.
Eissado , houe pointue ,
marre.
Embandi-r, lâcher , renvoyer.
Embrassaire , celui qui
embrasse.
Embreca-r, breca-r , ébrécher.
Embrounca-r (s') , broncher, faire un faux pas,
chopper.
Embuga-r, imbiber.

Emé, 'me, avec.
Emmanda-r, renvoyer.
Emmasca-r, ensorceler.
Empassa-r, avaler.
Empega-r, poisser, coller;
enivrer.
Empèri, commandement,
puissance, autorité ; faire
ïempèri, régner , dominer ; faire une chose réputée difficile ; vivre à
gogo , dans l'abondance,
faire gogaille.
Empestela-r (s'), s'enfermer à clef.
Emprene (m. 1.), allumer,
rallumer.
Empesa-r, empura-r, emprene , attiser le feu ; fig.
pousser , exciter ; fomenter la division , souffler
la discorde.

�— 417 Encafoumar (s'), s'enfon- Engrana-r, engrener.
cer, se cacher.
Engrena-r, broyer.
Encagna-r, irriter , aigrir , Engusaire , trompeur , frienvenimer. S'encag?ia-r,
pon.
se courroucer.
Ennega-r (s'), se noyer.
Encala-r(s'), s'arrêter, s'em- Enneoouli, ido, couvert de
bourber , s'engraver ; resnuages.
ter sur ses dents.
En-proumié (cF), dans les
Encalustra-r, escalustra-r,
premiers temps , au comreprendre rudement ,
mencement.
brusquer , rudoyer.
Enquieui, aujourd'hui.
Encava-r, mettre en cave. Enrabia , ado , enragé.
Enchapla-r, ôter les brè- Enrega-r, planter, semer;
ches de la faux avec un
ranger sur une même limarteau.
gne ; aligner ; enrayer; t.
Enclaure, enclore, enferd'agric. tracer le premier
mer, enclaver ; ensorceler.
sillon, et par ext. comEncô de..., chez.
mencer à faire une chose.
Encoucourda-r (s'), acheter Enrouita, ado, coloré, qui
un melon qui n'est pas
a les joues vermeilles.
mûr; se tromper, s'at- Ensaja-r (m. I.), essayer.
traper; prendre une fem- Ensalado, salade.
me avec des défauts qu'on Ensarri , cabas de Sparte
ne lui connaissait pas.
qu'on place sur le bât des
Eiici'ubecela-r, mettre un
bêtes de somme.
couvercle ; couvrir.
Ensaunousi, ido, sanglant,
Endeca, ado, ébréché , qui
ensanglanté.
a quelque défaut, taré.
Ensèm, ensemble.
Endoulouri, ido, atteint, Ensuca-r, assommer , aspénétré de douleur.
sener.
Enfanté, enfantoun , en- Entaula-r (s'), s'asseoir à
fantouné , petit enfant ,
table.
petite enfant.
Enterigo , agacement des
Enfeta-r , ennuyer.
dents.
Enfoûcha-r, luxer.
Enterim (d'), entanterin ,
Enfregeouli, afrejouli, ido,
entandaumen ,
cependevenu froid ; qui a froid ,
dant , en attendant, dans
frileux.
le temps que.
Engano, salicorne ligneuse, Entraire , plaire , agréer.
arbrisseau. Ruse, tromRèn t'entrai, rien ne lui
perie.
plaît, ne lui agrée, ne lui
Engarbiroimaire, celui qui
sied.
entasse les gerbes.
Entreva-r (s'), s'informer.
Engavacha-r , engorger , Enoerina-r , envenimer.
obstruer.
Euvispla , ado , envisÍS*

�- 413 —
ca , ado, englué ; plein.
avec une hache ; rompre,
Esbalanca-r, rompre.
briser.
Esbausa, ado, éventré, dont Esclô, sabot, chaussure de
le ventre est pendant.
bois.
Esbigna-r (s'), s'esquiver, Esclússi, éclipse.
se sauver.
Escor, dégoût.Faire escor,
Esbramassa-r, étourdir de
inspirer du dégoût, de
cris, criailler après quell'aversion : faire venir mal
qu'un ; gronder.
au cœur.
Esbriauda-r , esbrilhau- Escouba-r, balayer.
da-r ,
esbarluga-r , Escoidan, écolier, étudiant.
éblouir.
Escoundoun (d'), en secret,
Esbriidi-r, ébruiter, divulen cachette, en tapinois.
guer.
Escoundre, cacher.
Escafa-r, escrafa-r, effa- Escoundu, tido, caché.
cer.
Escovnjura-r , conjurer,
Escagassa-r , affaisser ,
chasser les maladies, la
écraser , aplatir, acculer.
tempête , etc. par des paEscagno , écheveau. On
roles magiques. (Superstiappelle escagne, escan ou
tion populaire.)
escau le dévidoir à main Escovssa r, battre, secouer.
servant à mettre le fil en Esçouiela, ado, blessé, tué
écheveaux.
à coups de couteau ; asEscala-r , monter avec une
sassiné.
échelle;monter, s'élever, Escracha-r, écraser.
gravir.
Escrussa, ado , retroussé.
Escambarla, ado, qui tient
Voyez escussases jambes écartées, qui Escranca, ado, écarquillé,
est à califourchon.
fendu, ébranché ; courbé,
Escampa-r, répandre.
écloppé.
Escampilla-r, éparpiller.
Escudela-r, vider l'écuelle;
Escapi, sauf, hors de danavaler.
ger.
Escudèlo, escudello, écuelEscarabeia-r , escarabi!e. Mettre tout par écuellha-r (s'), se réjouir , être
les, ne rien épargner pour
de bonne humeur.
bien traiter quelqu'un.
Escarabeia , ado, escara- Escupagno, salive.
bilha, ado, joyeux, éveil- Escupi-r, cracher.
lé , gai , escarbillard.
Escussa, ado , retroussé ,
Escau fèstre, échauffourée ;
qui a les manches retrousrencontre imprévue à la
sées.
guerre ; alarme, malheur. Esgaieja-r , esgayegea.-r,
Escatimo , écaille de poiségayer , réjouir.
son.
Esmara-r (s'), s'écarter,
Esclapa-r, fendre du bois
s'égarer.

�— 419 —
Esmovgu, udo , ému , tou- Esquia-r , ilha-r, glisser,
ché , remué, ébranlé.
esquiver.
Espandi-r , étendre , épa- Esquichado, pression, efnouir, déployer, répanfort ; volée de coups.
dre.
Esquicha-r, presser, presEspanta-r (s'), s'étonner ,
surer. S'esquicha-r, s'efs'ébahir.
forcer , se presser, se serEspanta, ado, stupéfait,
rer; fig. se saigner, pour
ébahi, ébaubi.
dire: Donner jusqu'à s'inEspargnaire , épargnant,
commoder; se réduire.
économe, ménager.
Esquicho-empasso , sitôt
Espargoulo , pariétaire.
pris, sitôt gobé ; sitôt sous
Plante.
la dent, sitôt avalé.
Esparoufi, ido, échevelée ; Esquissa-r(s')!m. I.}, se déépouvantée, terrifiée.
chirer; rompre,ébrancher.
Esparpaia-r, ailha-r, épar- Estabousi , ido , étrangepiller , disséminer ; épament surpris, ébaubi.
nouir.
Estavani-r (s'), s'évanouir.
Espassa-r, distraire, dissi- Estaca-r, attacher.
per.
Estaco , attache , attacheEspassa-r (s'), s'espassement.
ja-r, gea-r , se distraire, Estampa, ado , imprimé;
se désennuyer, se promeestampé.
ner.
Estavani, ido , tombé en
Espaula-r, épauler, ménadéfaillance.
ger , protéger.
Estela, ado, éclissé.
Espaussa-r , épousseter , Estela, estella, ado, étoilé.
secouer; battre.
Estèu, écueil.
Espavourdi-r, épouvanter, Estèoe (Sant), n. p. Steffrayer.
Étienne-du-Grès (B. -d .-R.)
Espeiandra, ado, dégue- Esticanço , circonstance ;
nillé.
façon "de faire.
Espeli-r, éclore ; faire Estirada, étendue de cheéclore.
min à parcourir.
Espigau, mauvais épi.
Estira-r, étendre, allonger;
Espigo, épi.
repasser le linge.
Espilo, broche du tonneau. Estireto, petite étendue de
Espincha-r, épier, guetter,
chemin ; action d'étirer.
observer.
Estoumagado, gastrodinie,
Espousca-r, rejaillir, écladouleur d'estomac, et fig.
bousser; faire rejaillir, seserrement de cœur, chamer à claire voie; éclater,
grin , inquiétude concens'emporter.
trée, crève-cœur.
Espoûti , ido , réduit en Estoumaga-r, estomaquer;
poudre; brisé, anéanti.
fâcher, contrister.

�— 420 —
Estoitpina-r, mangeravide- Estravia-r (s'), s'égarer, se
ment, à grosses bouchées ;
détourner de son chemin.
jeter quelque chose de sale Estrema-r, enfermer, sera la tête de quelqu'un.
rer.
Estramaçoun , coup d'es- Estrema-r (s'), s'enfermer,
tramaçon, ou de sabre.
rentrer.
Estransina-r (s'), se dessé- Estripa-r, ôter les tripes;
cher par l'ennui, transir.
mettre en lambeaux.
Estrapiado, poussière grat- Esvali-r, détruire.
tée par les poules ; piéti- Esvali-r (s'), disparaître ,
nement.
se perdre, s'évanouir.
Estrapia-r, piétiner.
Esvedela-r(s'), faire le veau,
Estrassa-r, déchirer.
s'étendre nonchalemment.
Estraviar, estraya-r, éga- Èuse, yeuse , chêne-vert,
rer, éparpiller.
arbre.

Fada, ado, niais, idiot.
Fado, fée.
Fanasso , pour famasso ,
aug. de fam, faim.
Fanfoni, vielleFanfouneja-r, founfougneja-r, gea-r, vieller, jouer
de la vielle.
Fangas, bourbier.
Farandoulo , farandole ,
danse provençale.
Farfantèlo, berlùe, éblouissement.
Faudau, tablier.
Faudo, giron.
Faiôu, favióu, fajótt, haricot; sot, butor.
Fechouiro, fichouiro, pour
fourchoiàro, aiguillon à
trois fourchons, tridentFe, foi.
Fedo, brebis.
Felen, petit-filsFemo, fremo, feno, fenna,
fumo, femme.
Fendanso, fente, crevasse,
lézarde.

Fenestroun , petite fenêtre.
Fenianteja-r, gea-r, vivre
dans l'oisiveté, aimer le
far niente.
Feniero, grenier à foin, fenil.
Ferni-r, frémir.
Fèt (m. I.), feu.
Fèy (m. 1.), fait.
Fi (m. 1.), fin.
Fialouso , fieloue , quenouille.
Fianço , fiançailles ; repas
de noces.
Fiéu, fils ; fil.
Fio-c , fuèc, feu.
Finocho, fin, rusé, matois.
Fin qué, jusqu'à ce que.
Finqu'im , fin que d'un ,
jusqu'au dernier.
Fio a (m. 1), fil.
Fisa-r (se), se fier.
Fivèa, èlo, rameau , tige,
rejeton.
Fia, aco, flasque, mou, languissant.
Flansado, couverture de
laine.

�— mi —
Flasqué, flacon.
Flasqueja-r , gea-r, buvotter, gobelotter.
Flaveto, flûte.
Flo-c, flocon , houppe ,
gland.
Forço, beaucoup.
Fóu, fou, insensé.
Fougasso, fouace ; galette,
gâteau.
Fougna-r, bouder.
Foui, fouet.
Foulastreja-r, gea-r, folâtrer.
Foultstier, hanneton , insecte.
Fouletoun, follet; ouragan.
Fouligau , folâtre, badin,
enjoué.
Fouligaudeja-r, gea-r, folâtrer , faire un peu de folie.
Fourcolo, fourquèlo, étançon fourchu.
Fourmeto, petit fromage.
Fourniguié, fourmilière.
Fournigo, fourmi.
Foutrau , coup , horion ,
v. m. ; nigaud.
Franqueto (à la bono), sans

façon , de bonne foi.
Frejau, pierre froide; caillou.
Frejour, frechou, froideur ;
refroidissement.
Frejmdun , saisissement,
frisson.
Frescoulé, eto , dim. de
fresco, frais.
Fresquiero, froidure, temps
frais et gai.
Fringalo, grosse faim.
Frimo, le semblant, la mine que l'on fait de quelque chose.
Froun (m. 1.), front.
Frounciduro, ride , pli ;
froncis.
Frun, débris , poussière.
Frusta-r , frôler, raser.
Fugueiroun, foyer, âtre.
Fum, fumée.
Fumo, femme.
Furna-r , fureter.
Furoun, ouno, furieux, furibond.
Fusteja-r, gea-r , couper
du bois ; faire le charpentier.

Cabelou, gabeleur, employé dans la gabelle.
Gdbi, cage.
Cabre, coq-dinde, dindon.
Gafa-r, passer à gué, passer le gué ; se tromper ;
bousiller.
Ga/ouiage, action d'agiter
l'eau, de patrouiller.
Galan , anlo , joli, charmant, gentil.
Galaoar, ardo , glouton;
débauché; oisif, fainéant.

Galavardeja-r , gea-r, vivre dans la débauche ;
dans l'oisiveté.
Galejado, plaisanterie.
Galeja-r, gea-r, plaisanter.
Galino, gallino, poule.
Galoi, so , selo , joyeux,
content; plaisant.
Galoun, jeune coq.
Gama-r(m. 1.), escamoter;
gober.
Ganarro , ivresse , délire.
Gandi-r (se) (m. 1.), se ren-

�— 422 —
dre, arriver, toucher au Goi, boiteux.
but.
Goubiho, bille.
Cangassa-r, secouer, agi- Goudijla-r, bâfrer.
ter.
Goulado , gorgée.
Carapachoun (de), en tapi- Gounjluge ,
gonflement ,
nois.
cœur gros , tristesse, l.ou
Gara-r(se), s'ôter: garo-te
grand gounjluge , ex p.
d'aqui, ôte-toi de là.
poét. pour ia mer grosse
Carbèlo, petite gerbe.
et houleuse.
Gargamèu , homme sot , Gourbèu, corbeau ; homme
stupide.
voraee, cruel.
Gargassoun, gosier.
Gournau, niais, idiot.
Gari-r, guérir.
Gourrin , ino , vaurien ;
Garri, rat; rouge bord.
femme de mauvaise vie.
Garrigo, champ planté de Goutoun, ouno, ellip Marbruyères.
guerite.
Garrouias, bourbier, mare. Grarnaci, grand merci; reGarrousso , gesse; gousse.
merciement.
Gat. Voyez cal.
Grame, chien-dent, plante.
Gau , joie, plaisir. Coq.
Gran, grand, grand-père,
Gaubi, adresse, dextérité,
aïeul, m. ; grand'mère ,
grâce.
aïeule, f.
Gausi-r, user.
Grasio, gril.
Gauto, joue.
Grasiado, grillée.
Gavai, gavagi, gosier.
Grègo, Grec.
Gava-r, gorger, empiffrer. Grêla, ado, grêlé.
Gavèu, javelle, petit fais- Gres, grès ; terrain graveceau de sarments.
leux.
Gença-r, geindre.
Gresa , ado , couvert de
Genèsto, genêt, arbuste.
tartre; sale.
Gèn-t, une personne.
Grié, grillon, insecte.
Gèii, ento , gent, gentil.
Groulo, savate, vieux souGibo , bosse.
lier; guenipe.
Gibous , ouso , bossu ; Grupio , grvpi, crèche .
gobîn.
mangeoire.
Gibla-r , plier , courber.
Guèche, clw, louche ; bigle.
Gingoula-r, hurler; san- Guerindolo, girandole.
gloter ; rendre un son Guerindoun, lustre.
plaintif; se plaindre.
Gttéto: cargar sa gtièto, sa
Giscla-r, jisclar, jaillir.
miejo gnèto, se soûler, se
Glèiso, église.
soûler à demi.
Gleno, glane.
Guigna a"uèi, clin d'oeil.
Glouious, ouso, glorieux, or- Guincha-r , lorgner; lougueilleux, plein de vanité.
cher.
Có, gobelet, verre.
Gusas, fripon.

�ll-alen , soufíle, haleine ,
respiration.
ll-alenado, souffle, haleine.
ll-arpaleja-r , gea-r, remuer avec précipitation
les mains ou les pattes, les
bras ou les jambes, pour
nager , grimper , courir , etc.
Il-arpo, griffe.
IJ-auturo , hauteur , éminence, colline.
IJ-atMrous, ouso, hauteur,
fier, orgueilleux.

ni, ie, yiç li, lui, leur, y.
Hié, ié. Voyez liêch.
Ilieun, ieun, Hun, luènch,
loin.
H-ouro , heure. D'h-ouro ,
de bonne heure.
H-oustau , maison. H-oustalé, maisonnette.
lluilh, nilh, ieu , yu, iu,
uêc, iel, œil; pl. yeux.
Huilhau, uiau, éclair.
H-idraca-r, sécher.
Hyèli, yèli, île, lis, plante
ou fleur.

lasso. Voyez liasso.
Içavau, ici-bas.
Icô, ceci.
le, lit.
lecholo (m. 1.), couchette
leui, aujourd'hui.
Igagno. Voyez aigagno.
lgreja-r. Voyez aigreja-r.
ilalin, là-bas, bien loin.
ilamoun , ilamoundau ,
apèrilamoun , apèrilamoundau, là haut, bien
haut ; très-haut.
Ile , lis.

Iminado, mesure de grains
ou de superficie.
lnçabal{m. \.), ici-bas.
Inoucèn, ènto , innocent ;
fou.
Ió H , œuf.
Irôu, mot dont les charretiers se servent pour faire
tirer en dehors. Un à dia,
rautre irôu, l'un à droite , l'autre à gauche.
Iruge, sangsue.
Isclo, île , îlot.
lu, œil.

Ja! i!allons! marche! Mots
dont se sert le conducteur
d'un cheval, d'un mulet,
d'un âne, pour le faire
marcher.
Jacèn, accouchée.

Jaço , bergerie , bercail.
Jacoumar , beffroi d'Avignon.
Jaire, être couché, reposer.
Jambar, ardo, chambar ,
ardo , cagneux.

* C. Reybaud., F. Mistral, Glaup, Th. /Vubaiiel. J. Uouuianillc, etc. etc. écrivent sans h les mois où l'A est isolée.

�-m —
Jas, gîte, bercail, étabieJè, n. p. ellip., Joseph.
Jiansemin, jasmin.
Jiscla-r, jaillir, rejaillir.
Jo, n. p., Job.
Jou (m.l.), moi.
Jougne , corsage d'Arlé
sienne.

Jougué-t, jouet; adj- badin,
folâtre.
Jouine, jouviné, eto, jeune , jeunet.
Jounquier, lieu où croissent
des joncs.
Joûvèn , jeunesse ; jeune
homme.
Jussiôu, judiéu, juif.

I.achugo, laitue.
Ladrarié, ladrerie, vilaine
et sordide avarice.
Lagne, langes, drapeaux.
Lagno , chagrin , dépit ;
plainte.
Lagremo, larme.
Laire, voleur, larron.
Laissa 'sta, ital. lasciare
stare.
Lampa-r, lamper; courir.
Landa-r, courir, galoper.
Langui, languitori, languimen, langueur, ennui.
Lardoun, coup de couteau
dans les chairs.
l.dssi, lassitude, fatigue.
Laurado , n. p., auberge
sur la route de St-Remy
à ïarascon.
Lauso, dalle , pierre plate
et mince.
lébrau, levraut.
Lèbre, lièvre.
Lerhé-t, liché-t, louchet,
bêche.
Leco, piège.
l.egi-r, lire.
l.ègo, lieue.
Lès, èsto, left, prêt.
Lèu, tôt, bientôt, vite; le
mou ou poumon des animaux.

Levado,fressure; entrailles.
Liasso , iasso, liasse.
Lièch, lit.
Liga-r, lier.
Llgueto, lingueto [faire),
terme enfantin. Tirer la
langue devant quelqu'un,
en lui montrant un objet
qu'il n'a pas et qu'il convoite.
Lindau, seuil.
Lió, lieu.
Liogo : en liogo, au lieu de...
Mpa-r, lécher.
Lisqué, eto, propret, gentil.
Lissiéu, lessiéu , lessive.
Litocho , lit ; grabat.
Liun, loin.
Longo(de), continuellement,
sans cesse.
Loungaru , udo , allongé ,
terminé en pointe, pyramidal.
Lous (m. I.), leis, li, les.
Lvèch, lió, lieu , endroit.
Luègo (même signification.)
Luènch, loin; éloigné, lointain.
Lume, lumière. Faire htnie,
éclairer.
Luna, ado, lunatique; de
bonne ou de mauvaise lunaison.

�— !|25 —

Lxtnta-r (m. i.), oindre.
Laser, lézard.
Luseto, ver-luisant; luciole.

Luzi-r, si-r , luire.
Luzissió .(imparf. indic de
luzi-r.)
M - .

Maca-r, meurtrir.
Machoto, chouette.
Madur , uro, mur.
Madura-r, mûrir, faire mûrir. S'amadura-r, mûrir,
devenir mûr.
Mafisto ! ma foi !
Magagna, ado, gâté, vicié; malade.
Magagno, défectuosité , incoïn modité , infirmité ;
fourberie.
Mai, plus , encore , davantage ; mais ; quoique. Mai,
5e mois de l'année.
Mainage , minage (m. 1.) ,
enfant ; ménage, ferme.
Malancouniéu , mélancolique.
Malaufoun, ouno, maladif.
Malavalisco ! Fi ! au diable !
miséricorde !
Maloun, carreau, brique.
Maman , léger mal, bobo
(terme enfantin )
Mandadou , envoi.
Manda-r, envoyer.
Manideita (m. 1.), dim. de
Manido, jeune fille.
Marau, pour malau, malade.
Margai, n. p. Marguerite.
Margoulin, marjolet, godelureau.
Marida-r, marier.
Marrias, mauvais sujet ,
garnement.
Marri, ido, mauvais, méchant.

Maro, tas de foin que le
faucheur rainasse avec la
faux.
Mascara-r , noircir, barbouiller de noir.
Mastega-r, mâcher.
Mastrouilha-r, masireja-r,
manier, patiner.
Matai, battant de cloche.
Matí (m. 1.), matin.
Maucoura, ado, dégoûté,
découragé.
Maugracious , ouso, hargneux , maussade, malgracieux.
Màugueto, dim. de
Maugo , maulo , mavo ,
mauve , plante.
Mauparado, malemparado, mésaventure, malheur , fatigues.
May (m. 1.), maire , mère.
Mayen, enco, du mois de
mai.
Maynatge(m.\.}, enfant.
Mè, mais.
'Mé , pour enté. Voyez ce
mot.
Melico , miel.
Meno, sorte, espèce.
Mena-r , mener, conduire.
L'auro meno , lë vent
souffle.
Menoto, mancto , petito
main.
Merrias. Voyez marrias.
Messorgo , mensonge.
Mèste, maître (devant un
nom propre d'homme.)

�— 42(5 —
Moumené, petit moment.
Mounino, guenon.
Mounté , vounté, ountê,
ount, où.
Mouqué , eto , moqueur ;
confus, penaud.
Mourbin, chagrin, colère.
Mourgueto, espèce d'escar80t- .
Mourico, surnom d un anc
noir.
Mourimen de cor , défaillance, syncope, évanouissement."
Mourre, museau ; rocher,
mamelon. De mourre
bourdoun, la face contre
terre.
Mourroun , petit museau ;
minois.
Mourtinèu , èlo , pâle , defait , demi-mort.
Móuse, traire.
Moussu, Monsieur.
Moussulô, petit Monsieur ;
freluquet ; artisan qui veut
se donner les airs de bourgeois; dameret.
Moustelo, belette.
Moustous , ouso, sali avec
du moût.
Muda-r , muer, changer ;
changer de linge ; emmailloter.
Musa-r, lambiner, muser
(v. m.), s'arrêter à toute
autre chose qu'à ce qu'on
a à faire.
Muscadèu, fat, petit-maître , fashionable.
Muta-r, dire mot, parler.
11 signifie aussi changer.

Mestierau , ouvrier.
Meslreja-r, gea-r, maîtriser; faire ie maître.
Mia curpa, pour mea culpa, par ma faute.
Miechoureto, petite demiheure.
Mièch , mièjo , demi ,
demieMiéu , miou , mienMina, grimace; mine.
MÏolo, mute.
Mióu, miiou, mulet.
Miraia-r (se), se mirer.
Mirent, miroir.
Mistoulin, ino, grêle, délié,
svelte.
Mistrau , Mistral, vent du
N. O.
Milan, milieu.
Moia (per), par exempleMolo, meule, roue de grès
dont on se sert pour aiguiser.
Moucaco, guenon , singeMoacaolou, mouchoir.
Mouca-r, moucher, retrancher l'extrémité de quelque chose; décimer Lou
moucaran dur , ils lui
donneront un rude coup
sur le mufle.
Mou fié, eto, mouflard, qui a
le visagejoufflu, les mains
potelées; dodu, gras.
Moufle, mousse.
Moitié, épouse, femme
Mouissau, cousin, insecte.
Monissolo, moucheron.
Mouissoun , moucheron ;
cousin.
Mouloun , monceau , tas ;
groupe-

�— /427 —

N
Nada-r, neda-r , nager.
Aín, mare, fosse, bassin,
pièce d'eau , routoir.
Nané, eto, nain.
Tianoun , nom
propre.
Anne.
Narbouncs , vent de INarbonne , vent d'Ouest en
Provence.
Nascu, udo ; na, ado , né.
ISaseja-r, gea-r, regarder
par un trou , ou en se
montrant à peine.
Nebla , ado , gâté ; pâle ,
brun, nuageux.
Aèblo, brouillard.
Necite, nécessaire.
A'ega-r, nier ; noyer.
A'egre , noir.
Acgreja-r, gea-r, paraître
noir ; s'obscurcir.
Neigrinèu, noirâtre.
Aené-souemsouem , chan-

son pour endormir les
enfants.
Nê, nèco, étonné, confus,
penaud „ déconcerté.
Nèic, neige.
Nevié, lieu couvert de neige.
IViaiso (li man), les mains
gourdes.
Niéu , nlouro, nuage.
Nin, nien, lui en, leur en.
Nioch (m. !.), nuit.
ISisa-r , nicher.
Nistoim , petit enfant.
Niu, nuit.
Niuo, niéu, ntvoulun, nue,
nuage, nuée.
Nose, noix.
Nousa, ado, noué; rachitique.
Novi, m. ouf., nouveau
marié, nouvelle mariée.
Nuèch , nieu, niu, nioch
(m. 1.), nuit.
O

O, oc , oi, oui.
Obro, œuvre, ouvrage.
Oi oi ! fat. qui exprime la
surprise.
OU, huile.
Orio (per), par voies et par
chemins ; par la ville ou
par les champs.
Oâboura-r.Yoy. auboura-r.
Oûliva-r, cueillir les olives.
Oulo, marmite, pot de fer
ou de terre.

OArnarino, osier.
Oumbrino , ombre , ombrage.
Ourme , oume, orme, ormeau , arbre.
Ourgueno, orgue ; sirène.
Ouriage, hurlement.
Gustau. Voyez h-oiataii.
Oûtar. Voyez autar.
Oûtin, autin, treille élevée
en ferme de berceau.

Pacan , ano
paysan.

Paga-r, payer.
Pâli, dais. '

villageois .

�— u2S Patipatapa rés (m.!.), rien
du tout. Façon de parler
populaire po'ur appuyer
sur la négation.
Petto , chiffon , drapeau ;
morceau d'étoffe.
Pau, póu , peur.
Pau, póu, pauc, peu.
Pau-de-sen , insensé , imbécile.
Paurio , nom coll. , les
pauvres gens.
Pè, bête , sot, stupide.
Pebroun, poivron.
Pecadou , pécheur.
Pecaire, pechaire! hélas!
pauvre malheureux , etc.
Pecou, queue des fruits et
des feuilles, pédicule.
Pecunio , argent monnayé,
pécune, v. m.
Pedas , maillot ; lambeau
d'étoffe.
Pè-de-bourdo, pied-bot.
Pè-terrous (litt. pied terreux), paysan.
Pèi, poisson.
Pèirau, paternel.
Pèire, n. p. Pierre.
Pèje, le pied des arbres.
Pet (m. I.), pour le, par le.
Pelegre , pèlerin , pauvre
hère.
Petó (dialecte d'Arles), maître d'une ferme.
Pelouiro, pelure.
I'enchina-r, peigner.
l'endoula-r, penjourla-r,
pendre, pendiller.
Pcneca-r, dormir d'un sommeil léger, sommeiller,
roupiller.
Penequé, sommeil léger, de
courte durée.
Penja-r, pendre.

Patineu , èlo , patinons ,
ouso, un peu pâte.
Paló, rustre, rustaud.
Palun, marais.
Pamen , pas mens , pas
moins, néanmoins, pourtant, cependant.
Panar, ardo, boiteux.
Panardeja-r , gea-r, boiter , clocher.
Panicau, panicaut, plante.
Panoucho , chiffon , drapeau , haillon , guenille.
(Il se dit par injure d'une
femme mal-propre ou de
mauvaise vie. )
Pa'n peu (litt. pas un poil),
rien du tout.
Pan tai, pantailh , songe,
rêve.
Pantaia-r , ailha-r , songer, rêver.
Parai? pour es pas ver ai?
n'est-il pas vrai ? n'est-ce
pas vrai ?
Pardinche! pardieu i
Parèu, paire; couple.
Parga-r (se) , se carrer,
Parouli, langage.
Parpaioun, parpailhoun ,
papillon ; dim. parpaiouné, petit papillon.
Parpaiolo, bêle à Dieu, insecte ; papillon.
Parpèlo , parpello, paupière.
Passado , petit laps de
temps, quelques instants.
Passeroun, moineau.
Passi, ido, passé , flétri.
Paslo-mourtié , rabot de
maçon.
Patafasso , grand vilain
chiffon ; guenipe.
Patimen, souffrance.

�- 429 —
Penjoulé, eto, qui pend, ou
tissant, miséricordieux;
penche.
tendre , plaintif.
Pensamen-t, souci , peine Piéu-piéu, onomatopée,ped'esprit, penser.
tit cri de jeune oiseau.
Pensamentiéu, pensaliéu, Piéucello, vierge, jeune Aile.
pensif, rêveur.
Piéuta-r, pioler.
Pensa-vèire, jugez un peu ! Pigno, peigne.
Perèu, aussi.
Pinchina-r, peigner.
Periquita-r, péricliter.
Piqva-r , ca-r , frapper ,
Perleja-r , gea-r , faire la
battre.
perle, s'arrondir en per- Piróu, peiróu, chaudron.
les»
Pita-r, becqueter; iig. manPerlé, terme d'amitié : biger quelque chose grain à
jou , chef-d'œuvre ; trèsgrain.
habile.
Pitoué, jeune garçon.
Perus, peru, poire sauvage. Placa-r , apaisèr. S'enfuir
Pescaire , pescaclou , pêde la maison paternelle.
cheur.
Plagnoun, plainte , soupir.
Pesquiê, réservoir, vivier, Plan , doucement ; dim.
bassin où l'on nourrit du
Planplané, planplancto,
poisson.
tout doucement ; ana-r
Pessamen-t, souci.
plan de , prendre garde
Pesstiga-r, pincer.
de... S. m ., indolence ,
Pesteia-r , fermer à clef.
flegme, lenteur.
Peta-r , crever, mourir ; Plan-pisso, nigaud , iméclater, casser, craquer,
bécile.
claquer, peter.
Plantado, plan , allée d'arPetara, pot-à-l'eau.
bres.
Peteja-r, gea-r, pétiller.
Plantié , plan , verger ;
Peto, crottin.
course vagabonde.
Pèu, m. poil, cheveux; f. Planuro, plaine.
peau.
Plasé (m. I.), plaisir.
Pesou, pevou, pou. Pesou Pló, billot.
reviéuda, gueux enrichi. Plourous , ouso , mouillé,
Piado, empreinte des pieds,
baigné de larmes; éploré,
pas, trace.
larmoyant.
Piboiilo, piblo , pibo, peu- Ploûviiio , gelée blanche ;
plier, arbre.
giboulée.
Picailhos , picailhouns , Pont-Àxin , Pont-Euxin ,
monnaie, argent.
Mer JNoire.
Pichó, oto, pichoun, ouno , Pouda-r, tailler la vigne.
petit, petite.
Pourciéu, pouciéu , loge à
Pièi, puis, ensuite.
cochons.
Piels (m. I.), cheveux.
Pouleto , poulette : terme
Pietadous , ouso, compad'amitié.

�— Û30 —
Poutidesso , beauté , gen- Pousaraco, puits-à-roue.
tillesse.
Póusso, pausso , poussière.
Pouli, ido , joli, beau.
Pousteja-r, gea-r, courir la
I'otimpouncja-r, gea-r (se),
poste.
se choyer ; se pavaner.
Poùiira-r, tirer avec effort;
Pouncheja-r , gea-r, poinarracher.
dre , paraître à peine ; re- Poidoun, baiser.
garder en passant, ou par Poulouneja-r, gea-r, baiune petite ouverture.
ser , baisotter.
Pounchu, udo, pointu.
Pouverin, givre.
l'ountet(lou),n.\&gt;. le Pon- Prega-r , prier.
tet , hameau (banlieue Prejila-r, jeter des paroles
d'Avignon.)
en l'air, injurier.
pourcarié, saleté , ordure ; Préu, prieur, premier, suvilenie.
périeur; maître.
Pouerge, pourgi-r, présen- Prin , mince , fin , délié,
ter , tendre.
svelte.
Pourqueja-r, gea-r, se vau- Provfounda-r , prefountrer dans la débauche ;
da-r (se), s'engloutir, s'agâter, griffonner, bousilbîmer.
ler , saveter.
Proim , assez.
Pourridié , pourriture ; en- Prouvi, ido, prouvesi, ido,
fant gâté.
pourvu.
Pous, puits ; pouls.

0
Quan-t, combien.
Quauquarèm, quaucourèn,
quicon (m. I.), quelque
chose.
Que-noun-sai, quenounsai,
je ne sais combien ; on ne
peut plusQueitevié, quileoié , saleté, fumier.
Querrc , guère , chercher ,
quérir.

Qu'h-ouroP quand ? à quelle
heure ?
Quicon(m.).),quelque chose.
Quiéu , cul.
Quila-r, crier , pousser un
cri aigu.
Queia, ado, perché.
Quinsoun, pinson , oiseau.
Quisfa-r , quêter.
Quin , info , quel , quelle?
lequel? laquelle?
R

Pabi, rage.
liablô, olo , ragot.
Raca-r , vomir.
iiaco, mure du raisin.

fiafi, valet de ferme,
lia gagnons , ouso ,
gneux ; raboteux.
íìagiróu, ruisseau.

har-

�- 431 —
Rai, rayon.
Rebouto, batardeau, petite
Raia-r , raja-r , couler.
digue.
/iaisso , averseRebrica-r, répliquer , riRaja-r, gea-r, couler.
poster.
Ramaja-r, gea-r, ramager, Rebricur, uso, qui a la récoasser.
partie prompte ; insolent.
Ramagnóufynta'me bizarre. Recatadou , repaire, réduit,
Ramba, ado, ramassé, rérefuge.
fugié , réuni.
Recata-r, regagner, recouRambaia-r, a'dha-r, ramasvrer , rattraper ; abriter,
ser , réunir.
recueillir.
Rampèu, grondeur.
Reçaupre, recebre, recevoir.
Rampelage, roulement de Recouija-r, recoucher.
tambour ; rappel.
Redoun , ouno , rond.
Rampo , crampe.
Rego , raie ; sillon.
Rapuga-r , grappiller.
Regoiiira-r, regorger.
Rasças , asso ; rascassi , Reguigna-r , regimber .,
ido, teigneux.
ruer.
Rassa-r, scier; fam. jouer Reineto, raiueto, grenouille
du violon, de la basse, etc. Rèire , arrière ; devancier ,
Rastelaire, râteleur.
aïeul, ancêtres.
Ratié, espèce d'épervier ; Rèire-gran, bisaïeul ; rèirorétif.
gran, bisaïeule.
Rato, souris.
Reje, ejo, roide, roidi.
Rato-penado. chauve-souris. Rejougne , renfermer avec
Rauba-r , voler , dérober ,
soin , en lieu de sûreté ,
enlever , ravir.
serrer.
Raubalori, rapt , enlève- Relèn , ènto, couvert de
ment.
sueur.
Rau, attco , enroué.
Reloge, gi, horloge.
Ranasseja-r, gea-r, fréq. de Reluca-r, reluquer, regarraoa-r, ne faire que rêver,
der. Voyez aluca-r.
s'endormir dans la rêverie. Remiéuteja-r, gea-r, groRazou (m. 1.), raison.
gner, grommeler.
Reba, reflet, réverbération. Ren (m. I.), rang.
Rebatun, branche coupée , Rèn , rien. '
gourdin.
Renaire, grogneur , gronRebeca-r , rebéquer , se redeur.
béquer ; répliquer , ripos- Rena-r, grogner ; pleurer
ter.
souvent. Vovez trena-r.
Rebifa-r (se) v se rebéquer, Renguielo, renguièro, rangée , Ole ; renguielado ,
régimber.
Rebouli-r , bouillir de noulongue rangée., enfilade.
veau , fermenter ; souf- Requiala-r, reculer.
frir , pâtir.
Requinqueia , ilhar (se), £3

�— a32 —
rengorger, s'épanouir. Liz-aureio requinqueiado,
les oreilles fièrement dressées (en parlant des mulets, des ânes, etc.)
Requis , isto , recherché ,
rare.
Res, personne; enlaug. rien.
Rescura-r , escura-r , écurer.
Rès d'aié, tresse d'ail.
Respous, éclahoussure.
Respousca-r, éclabousser.
Resquia-r , ilha-r , glisser.
Retirada, hospitalité.
Reverligué, eto, vif, éveillé,
réjoui , alerte.
Revessa-r, envessa-r , renverser.
Reméuda-r , ranimer , raviver.
Reviscoula-r , ravigoter ,
regaillardir, réjouir.
Reroulun , revolin , tourbillon.
Recoulunado , revolin , rafale , tourbillon.
Ribambèlo , longue file ,
troupe.
Ribas, augm. péjoratif de
ribo, rive, bord.
Richas, gros riche, richard.
Richouneja-r, gea-r , sourire.
Riéu, riau, ruisseau.
Rigau, rouge-gorge, oiseau.
Rigoumigo , anguille ; gri-

mace; bourrelet que fait
un habit mal confectionné, ou une pièce mal posée.
Rigóu, rigole.
Rin, rasin, raisin.
Risèn , ènto, riant , souriant.
Risoulé , eto , enjoué , de
bonne humeur, qui aime
à rire.
Rode, lieu, endroit.
Rodo , rôda, roue.
Roucas, rocher; dim. roucassoun.
Rouiga-r, rousiga r , ronger.
Roumaniéu , romarin , arbuste.
Roundelé, dim. de round,
rond , cercle, petite compagnie en rond , groupe.
Roun-roun, mot formé par
onomatopée, pour exprimer un certain ronflement &lt;]ue font les chats.
Rouutau, tertre boisé.
Rouquelo, plante.
Roure, rúure, rouve, chêneblanc , arbre.
Rouveia-r , ronfler ; grommeler.
Runla-r (m. 1.), rouler.
Rusco, écorce.
Rustica-r, travailler aux
champs ; faire un travail
pénible.

Sadou, oulo, soûl, rassasié. Sagno, plante marécageuse.
Sadoula-r. Voyez assadou- Sai {noun), pour noun sabe,
noun saoe, je ne sais.
la-r.
(Dans quelques localités ,
Sagagna-r, secouer, agiter.
on répond aussi elliptiSagata-r, poignarder, mer.

�— 433 —
quement sai, pour dire :
Je ne sais pas.
Salopo (la), on appelle ainsi,
à Marseille, le ponton qui
sert à nettoyer le port.
Samtu, sureau , arbre.
Sa^ien&amp;-~ , semer , ensen.-^ncer ; disséminer.
Sanssuiro (li), terre stérile,
marais.
Sang-fla, calme, que rien
n'émeut.
Santopabiéu ! sarnebiéu !
sarnibiéu, jurons corrompus qui, dans leur origine , peuvent avoir signifié
par le sang de Dieu !
Saramen, serment.
Sarma, ado, serma, ado,
mêlé avec de l'eau ; tempéré.
Sarraieja-r, gea-r, tourner
et retourner la clé dans la
serrure.
Sarra-r, fermer à clé ; scier.
Voyez rassa-r.
Sartan , poêle à frire.
Saumiè, poutre.
Sauna-r, saigner.
Saunons, ouso, saignant,
sanglant.
Saupre, saehe-r, sabe-r,
savoir.
Sausiero , saussaie , lieu
planté de saules.
Se, sen, sein ; soif, sec, si.
Sebisso , haie vive ou morte.
Seca-r, sécher.
Sedo, soie.
Scgage, fauchage ; segaire,
faucheur.
Sega-r, faucher ; subst. fauchée.
Segoundari, vicaire.
Segui-r, suivre.

Segur, sûr ; assurément.
Semoundre, offrir , présenter ce qu'on veut donner.
Sémpre, toujours.
Sen (m. 1 ), saint.
Setia, ado, sensé.
Ser, serpent.
Serbèn (m. 1.), nous servons.
Serma. Voyez sarma.
Sero, soir.
Serpeias, drap de grosse
toile, haillons.
Serre, s. m., cime , crête
de montagne, col, défilé
entre deux monts ; montagne.
Ses (m. {.), vous êtes.
Sèti, siège pour s'asseoir.
Siau, calme, tranquille.
Sies, sios (m. I.), tu es ;
sian-m , nous sommes ;
sia-s, vous êtes.
Sieto, assieto , assiette (sorte de vaisselle.)
Siéucla-r, sarcler.
Siéure, liège.
Sor, sore, souer, souere ,
sur, sœur; dim. sourelo,
petite sœur.
Sorgo, Sorgue, petite rivière
formée par les eaux de la
fontaine de Vaucluse ;
source ; dim. sourgueto,
petite source.
Som , souem , f. sommeil ;
m. somme.
Sóu, sol, terre ; sou.
Sôu, saub, il sait.
Soubretout, subretoui, surtout.
Soucas, augm. de souco ,
souche.
Soulamen-t, souidamen-t,
sucamen-t, soucamen-t,
seulement.
19

�-m—
Sousta-r, protéger , épargner , mettre à couvert.
Soutaras, sournois.
Subran , soudain , tout à
coup.
Sudura-r , supporter, endurer.
Su, suq, sommet de la tète;
tête.
Sujo, suie.
Sus ! int. dont on se sert
pour exhorter, exciter.
Sus ! sus donc ! allons !
Susa-r, za-r, suer ; tressuza-r, suer â grosses
gouttes.
Suzarèn, ènto , trempé de
sueur.

Soulami i plainte, soupir,
sanglot ; chant plaintif.
Soulas, consolation, soulagement , plainte, gémissement.
Soideias , augm. de soidèu,
soleil ardent.
Souna-r, sonner ; appeler.
Sourel (m. 1.), soleil.
Soum , soume , obscur ,
sombre ; adv. sourdement.
Sournaru, udo, sombre, taciturne, sournois.
Sourniero , sournuro, obscurité , ténèbres.
Souspichous, ouso, soupçonneux , défiant , méfiant.

T
Tabasa-r , frapper à coups
redoublés.
Tabè, tambèn, aussi.
'Jajanar i, fesses ; cul.
Taýura-r , fouiller, fureter.
Tai, tranchant.
Taioun, morceau.
Talèu (lang.) , tan lèu ,
autan lèu, aussitôt.
Talounado, badinerie.
Tamarisso, tamarisc, arbrisseau.
Tanca-r, enfoncer ; fermer
la porte avec la tanco ,
barre placée en arc-boutant.
Tan fa, tan ba , sitôt dit,
sitôt fait.
Tapa-r, boucher , couvrir.
Voyez alapa-r.
Tardié, ero, tardif.
Tarnassa-r, traîner.
Tarreirôu, panier pour porter la terre, etc.

Tatecan, catecan, par corruption pour quand et
quand, aussitôt , sur
l'heure.
Tauleja-r, gea-r, banqueter ; rester longtemps à
table.
Tavan , taon, insecte.
Tavaneja-r, gea-r, voltiger
comme un hanneton ; ennuyer. S'amuser à des
vétilles.
Teleto, toilette.
Tèlo, toile.
Tenco , tanche (poisson
d'eau douce.)
Tento; muscles tendus de la
partie postérieure du cou.
Tepo, gazon.
Terraire, terradou , territoire , terroir.
Testar, ardo, têtu.
Teté, sein.
Tian, grand plat de léguV

�— 435 —
mes, d'heibage, etc. ; rapas chancelant; tremblogoût de courge cuit au
ter.
four.
Trapadou, pont de planTibanèu, tente de moissonches auquel on amarre le
neur et de glaneuse. Vièi
bac ; fîg. la barque de
tibanèu , vieil imbécile
Caron.
(à Avignon.)
Trapeja-r, gea-r, piétiner,
Tibla-r, être tendu.
fouler.
Tièro , rangée ; bande , Trauca-r , trouer, percer.
troupe.
Treboula-r , troubler.
Tinèu, cuvier.
Trejouli-r, raffoler ; être
Tin-tin , argent comptant,
transporté de joie ou d'aespèces sonnantes.
mour.
Tintourla-r, choyer, mijo- Trelusi-r, briller d'un vif
ter.
éclat, resplendir.
Tirassa-r, traîner.
Tremoula-r, trembler.
Tistoun, dim. de Baptiste.
Tremoulun, tremblement,
Toinoun, dim. d'Antoine.
frisson.
Toro, chenille. (C'estle nom Tremount, coucherdusoleil.
qu'on donne , en Proven- Tremountano, Tramontane,
ce , à la chrysomèle du
vent du Nord.
peuplier, insecte de l'or- Trempo, piquette.
dre des coléoptères et de Trena-r , sangloter ; soupila famille des herbivores,
rer ; tresser.
très-communs partout.)
Treno, tresse.
Torse, tordre.
Tresana-r, tressaillir.
Toucant, à côté , tout près. Trevan, revenant.
Treva-r, aller, venir. Se dit
Toupin, pot-au-feu.
Tournamai, de nouveau ,
particulièrement des fanderechef.
tômes.
Tourtouro, tourterelle.
Trignoun, carillon.
Toutaro, tout à l'heure, à Trigos, secousse, agitation.
l'instant.
Trima-r , trotter , marcher
Toubèujus, a peine, juste,
vite, et par ext. travailler
précisément.
beaucoup et avec effort,
Toutesca , il n'y a qu'un
peiner, se peiner.
instant.
Trinassa-r, traîner.
Trabal(m. I-), travail.
Trissa-r , broyer , piler.
Trachi-r , croître , pros- Trô, troue , tros, tronçon ,
pérer.
morceau.
Trafiga-r, transpercé.
Trobas (m. I ), tu trouves.
Trambola-r (m. 1.), trem- Tron , tonnerre.
bler.
Troubaire, trouvère, trouTranca-r, trancher, fendre.
badour.
Trantraia-r, marcher d'un Trouna-r, tonner.

�— 436 —
Troupelado, troupe.
Trufa-r (se), se moquer .
se gausser.
Trujarié, moquerie.
Tu , tus (m. 1.), toi.

Tuba-r, fumer , jeter de la
fumée.
Tubèio, épaisse fumée.
Tucle , myope.
Turta-r, heurter.
U

Ubri, ivre.
Uèc, uilh. Voyez huilh.

Uiau, éclair.
Urous, ouso, heureux.

Vacarés, n. p. Étang situé
au fond de la Camargue.
Fala, vallat, fossé, ruisseau.
T an (en), en vain.
Fan, essor, élan. Prendre
lou van, s'élancer.
Vaneqa-r, errer, vaguer.
fanetous, ouso , nonchalant, paresseux.
Faqueto, petite vache.
Faqui, vaquit , velaqui,
voilà, le voilà.
Faraia-r, ailha-r, chercher , fouiller ; aller d'ici,
de là.
Faroun, œstre du taureau,
insecte.
Fechen (m. I.), en voyant.
Vedèu , veau.
Fedigano, bâton de vigne ;
gaule, houssine.
Fèire, voir; verre.
Felou, le voilà.
Fendumia-r, vendemia-r,
vendanger.
Fendumiaire , m. vendumiarèlo, f., vendangeur,
euse.
Fengeatiéu, vindicatif.
Fentarau, vent impétueux;
mistral.

Fentoulê, vent doux , zéphyr, brise.
Fergougno, honte; timidité.
Fergougnous, ouso, honteux ; timide.
Ferinous, ouso, vénimeux ;
vénéneux.
Ferme, ver.
Fesperado , vesprado, soirée.
Fèspre, soir.
Festi-r, vêtir, habiller.
Feto , bandelette, ruban,
tresse, attache.
Fèuse, so, veuf, veuve.
Fhui, vhuèi, lueui, uèi,
enquieui, Moi (lang.),
aujourd'hui.
Fiadase , viedase , terme
injurieux qui, dans son
origine, signifiait visage
d'âne ; adj. bête , sot.
Fiadase ! int. diantre !
Les Provençaux disent
aussi viadauco, viedauco
(visage d'oie) dans ces diverses acceptions.
Fidasso (augm. de vido ,
vie). Vie somptueuse, bonne chère. 11 se prend aussi
en mauvaise part.
Fiège, vuège, vège, vide.

�— 437 Vieilhounge, vieillesse.
Vièsti, habit, vêtement.
Vleto, veilleuse.
Viéure, vivre, s. m. et v.
Viéutoula-r (se) ou se viéuta-r, se vautrer.
Vinasso , augm. de vin.
11 se prend aussi en mauvaise part.
Vioûhié, violier, plante.
Vira-dHeu, clin d'œil.
Vira-r , tourner.
Vise, sarment.
Vitupèri, blâme, reproche.

Vol (m. 1.) : acô vol, cela
vaut.
Vôu, volée ; vol.
Voues, voix.
Voulante, oulame , ouravie, faucille.
Voulastreja-r, gea r, voltiger, voleter.
Voulount-à-dire, voulant
faire entendre , signifiant
par là.
Vounvouna-r, bourdonner.
Vounvounamen-t , bourdonnement.
Y

Ya, ia, li a, il y a.
Ye. Voyez hi.
Yu. Voyez huilh.

Yé. Voyez lièch.
Yoch (m. 1.), huit.
Z

nom propre, dim. de Zouné, dim. de Thérèse.
Thérésine.
Thérésine.
Zou, le : zou sabi, je le Zounzovna-r, bourdonner ;
sais.
jouer du violon. (Terme
Z6u ! çà ! allons ! soit !
enfantin.)
frappez !
Zounzoun, bourdonnement;
Zouba-r, frapper, maltraiviolon. (Terme enfantin.)
ter de coups.
ZÍ1IO,

FIN.

������mf m

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      <name>Dublin Core</name>
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              <text>Li prouvençalo : poésies diverses / recueillies par J. Roumanille,... ; précédées d'une introd. par M. Saint-René Taillandier,... et suivies d'un glossaire</text>
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              <text>Li Prouvençalo, poésies recueillies par Joseph Roumanille </text>
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          <name>Contributeur</name>
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