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Type de Document : Texte electronique
Tipe : Colleccion d'imatges / Data : 1971-1981
De 1971 à 1981, le plateau du Larzac se trouve sous les feux des projecteurs alors que se déroule sur place une lutte de ses habitants face au projet d'extension du camp militaire installé sur ces hauteurs. La lutte paysanne s'accompagne d'un large ensemble de mouvements divers. C'est ainsi que débute également une revendication occitane nouvelle, cette langue synthétisant d'ailleurs le conflit à travers son slogan « Gardarem lo Larzac ».
La présente collection d'affiches, qui sont réalisées tout au long de la décennie par les différents comités d'action et collectifs de défense du Larzac, donne un aperçu des revendications et des slogans en cours durant la lutte. Un éclairage historique s'impose toutefois pour en comprendre toute la portée.

Accéder directement aux affiches

Larzac : 1971, genèse de l'occitanisme contemporain

Contexte d'une opposition

Le plateau du Larzac constitue depuis les premiers temps de son occupation un espace stratégique propice à une présence armée. En 1971, le ministre de la Défense Michel Debré présente un projet d'extension du camp militaire en place sur le plateau depuis 1904. Le projet, confirmation d'une tradition militaire séculaire dans la région, reçoit toutefois un accueil défavorable de la population locale, majoritairement composée d'agriculteurs, face aux répercussions écologiques et économiques qu'il représente.
Au lendemain des conflits de Mai 1968 en France et des nombreux mouvements pour les droits civiques qui secouent le monde depuis la fin des années 1960 (Printemps de Prague, mouvement pour les droits civiques en Afrique du Sud...), la société se recompose et se repense. La lutte pour un « Larzac libre » s'organise progressivement dans ce contexte particulier, rassemblant derrière le mouvement premier paysan un plus vaste ensemble de revendications. L'aventure du Larzac sera aussi une aventure occitane.

Organisation d'une nouvelle génération occitaniste

À l'image des bouleversements que connaît la France, les changements de Mai 68 dans le sud de la France sont le résultat d'une lente évolution sociale et culturelle initiée après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les régions du Sud ont connu depuis le XIXe siècle plusieurs mouvements de revendication régionalistes, souvent liés à une volonté d'initier une renaissance culturelle de l'occitan. À partir de 1945, le mouvement « occitaniste » prend de l'ampleur, particulièrement en Languedoc, face aux régionalismes traditionnels. La création de l'I.E.O. (Institut d'Estudis Occitans) en 1945 marque le début d'un grand mouvement culturel mais aussi linguistique, social et politique qui connaît son apogée au lendemain de 1968.
Militants et promoteurs de l'occitan ne se cantonnent plus désormais aux seuls domaines de la littérature et des cultures populaires traditionnelles. La nouvelle génération occitaniste , soucieuse de s'adresser à l'ensemble des populations des régions occitanes, intervient davantage dans les débats d'actualité politique, économique et sociale : questionnements sur la place de l'occitan à l'école, soutien aux mouvements des mineurs de Decazeville (1962), des viticulteurs du Languedoc (1967 et décennie 1970), mais également la lutte pour le Larzac.
Jusqu'à cette période, les revendications en occitan ou pour l'occitan étaient restées très marginales dans les manifestations, les tracts, les affiches... Avec le Larzac s'amorce une nouvelle phase pour le mouvement occitaniste.

Gardarem lo Larzac

« Gardarem lo Larzac », ces quelques mots en occitan apparaissent dès 1973, au cours de la montée sur Paris des paysans du Larzac, en tracteur ou à pied. Ce slogan synthétise en quelques mots toute la complexité d'une lutte multiforme dont le cœur demeure pour ses militants, qu'ils soient paysans ou occitanistes, la reconnaissance de leur identité. Celle-ci passe également par la langue et la culture occitanes.

Quand la lutte paysanne se double d'une lutte pour l'occitan

La question occitane est omniprésente sur le plateau du Larzac durant le conflit. Fleurissent sur le causse les drapeaux occitans, qui flottent lors des manifestations. La croix occitane est présente dès le mois de mai 1971, soit dès les débuts des événements (cf. blog Mescladis e còps de gula log, article « Le Larzac sans l'occitan», publié le 30/01/2012). Cette période permet par ailleurs l'émergence du terme même d'Occitanie, reconnaissance d'une unité culturelle d'un territoire que ne préfigurait pas une unité administrative ou historique. Cette même année, le jeune Teatre de la Carrièra se produit sur le Larzac pour jouer Mort et résurrection de M.Occitania, une pièce qui interroge les contours de l'identité occitane. De fait, c'est en occitan que se forge le slogan symbolique du mouvement au cours de la montée sur Paris de 1973 : Gardarem lo Larzac. C'est également ces quelques mots qu'emploient deux ans plus tard les paysans pour baptiser leur revue (le premier numéro de Gardarem lo Larzac paraît en juin 1975). Langue maternelle de bien des paysans du Larzac, elle est par ailleurs omniprésente sur le plateau, car de fait, les principaux leaders et théoriciens de la langue sont présents lors de ces événements.
Plusieurs centaines de militants occitans sont présents sur le causse, entourant des figures majeures du mouvement comme Robert Lafont ou Yves Rouquette, fondateurs de la revue Viure, au son de la nouvelle chanson occitane représentée par Marti ou Patric. Luttes pour la langue et la culture occitanes se mêlent à la lutte politique pour la défense d'un territoire et de son identité. Sur ce point les différentes idéologies, paysannes comme occitanes, se rencontrent et collaborent. L'occitan participe donc du combat pour le Larzac. Surtout, le Larzac va contribuer à la réflexion et à l'organisation de l'occitanisme politique de cette époque.
Différents courants traversent alors le monde occitan, entre tenants d'une ligne purement littéraire, linguistique et culturelle, à l'instar des dissidents de l'I.E.O. du milieu des années 1960, Ismaël Girard et Bernard Manciet ; et ceux prônant une action également politique. C'est notamment le cas d'un des leaders du mouvement occitan sur le plateau : Robert Lafont. Ce dernier participe d'ailleurs à la création du mouvement d'extrême gauche Lucha occitana (Lutte occitane) en 1971.

Les limites du mythe occitan du Larzac

Le Larzac constitue une étape clé dans la réflexion et l'organisation du mouvement occitaniste contemporain. Il figure en ce sens, parmi les événéments fondateurs et érigés au quasi-rang de mythe par les occitanistes. Le Larzac, mouvement occitan ? Le choix d'un slogan en occitan, « Gardarem lo Larzac », symbolique du mouvement et devenu emblématique de celui-ci, pourrait nourrir une telle argumentation.
Toutefois les historiographes de la question, au premier rang desquels Wanda Holohan (Jacquerie sur la forteresse, 1975, Daniel Fabre, J.Lacroix, Communautés du sud (10/18), t.2 p.362-427), en nuancent cependant l'importance. La lutte paysanne se double bien d'une lutte occitane, mais il semble abusif de parler de militants paysans occitanistes; il s'agit plutôt de militants paysans d'une part, et de militants occitanistes de l'autre. Les deux furent présents sur le causse, poursuivant chacun un même but, mais selon des stratégies différentes. Ils connurent toutefois un point de convergence se trouvant davantage dans la langue et la culture occitanes, comme témoins d'une identité spécifique tant du côté paysans que de celui des occitanistes, ces derniers poussant la réflexion à une dimension plus politique encore. S'il paraît impossible de parler de militants paysans et occitanistes, il demeure qu'il y eut des paysans occitans, comme en témoigne le choix d'un slogan dans cette langue, sans qu'interviennent en cela plus qu'une reconnaissance d'une identité linguistique et culturelle spécifique. Face à un projet décidé dans les plus hautes sphères de l'État, la réaction en local questionne l'identité même des paysans. La reconnaissance de leur « occitanité » accompagne de ce fait la revendication d'une « dignité culturelle et sociale », le rappel face aux a priori nationaux d'un héritage civilisationnel riche, et devant être renconnu comme tel.

Bibliographie

BANCAREL, Gilles. Larzac terre de conquêtes, Toulouse Loubatières, 1988. (Cote CIRDOC : CC 18-67)
BURGUIERE, Christiane ; BURGUIERE, Pierre. Gardarem ! Chronique du Larzac en lutte, Toulouse, Editions Privat, 2011. (Cote CIRDOC : 944.7 LAR)
HOLOHAN, Wanda. « Jacquerie sur la fortresse :  le mouvement paysan du Larzac, octobre 1970-août 1973 » in Communautés du sud : contribution à l'anthropologie des collectivités rurales occitanes, t. 2,  Malicorne-sur-Sarthe, 10/18, 1975
LE BRIS, Michel, Les fous du Larzac, Presses d'Aujourd'hui, 1975
LETORT, Solveig, Le Larzac s'affiche, Paris, Éditions du Seuil, 2011 (Cote CIRDOC : 944.7 LAR)
TERRAL, Pierre-Marie, Larzac. De la lutte paysanne à l'altermondialisme, Toulouse, Editions Privat, 2011. (Cote CIRDOC : 944.7 LAR).
Site internet : Mescladis e còps de gula, Jean-Pierre Cavaillé, "Le Larzac sans l'occitan" (post du 30/01/12)
Mise en ligne : 16/01/2020
Tipe : Colleccion d'imatges / Data : 2005-2015
Après les dernières grandes manifestations à l’orée des années 1980 (manifestation du 10 mai 1980 à Montpellier, mobilisations contre la fermeture des mines de Ladrecht, pour l'occitan à la télévision, etc.), le mouvement occitan semble perdre du terrain dans la rue et dans les mouvements sociaux des deux décennies qui suivent.
À partir des années 2000, de nouvelles structures issues de la professionnalisation de l’action occitane (Confédération des Calandretas, FELCO, Oc-Bi, etc.), en lien avec l'Institut d'Etudes Occitanes et plusieurs autres organisations associatives, décident de nouvelles formes de manifestations, unitaires, apolitiques et festives où la jeunesse, le combat pour la diversité et l’affirmation d’une créativité culturelle deviennent les étendards d’une occitanité fière, inclusive et sans complexe.
La première des manifestations Anem òc se tient à Carcassone le 25 octobre 2005. D'autres suivront : à Béziers le 17 mars 2007, à Carcassone à nouveau le 24 octobre 2009, à Toulouse en 2012 et à Montpellier le 24 octobre 2015.
Les images des manifestations qui sont présentées ici sont, pour leur grande majorité, des photographies de Bernard Delort. Les autres images sont de Benjamin Assié.
Mise en ligne : 17/01/2020
Tipe : Colleccion d'imatges / Data : 1985/1997
Regent a la Calandreta de Besièrs de 1980 cap a 2008, puèi director de l'establiment d'ensenhament superior Aprene, que forma las regentas e los regents en Calandretas, Patrici Baccou es tanben fotograf. Son fons fotografic conta d'un biais sensible la debuta de l'aventura del projècte Calandreta, dins lo quotidian de las escòlas, de las activitas e de las manifestacions.
Mise en ligne : 17/01/2020
Tipe : Colleccion d'imatges

De 1968 à la fin de la décennie 1970, le concept d’Occitanie - entendu comme l’ensemble de l’espace de langue occitane - fait irruption et s’impose dans le paysage : des « OC » peints sur les arbres aux banderoles, des drapeaux occitans dans les manifestations aux centaines d'affiches créées par des groupes et collectifs : c'est un véritable mouvement qui se met en place.

En 1969, le « Comitat occitan » organise une grande campagne d'affichage sur la frontière « òc / oil » : en l'absence de toute signalétique publique en occitan, la campagne « Aicí dintratz en Occitània » veut signaler aux touristes qui « descendent vers le Sud » que ce territoire a un nom, une culture et bien sûr une langue. La campagne marque également beaucoup d'habitants du Limousin et d'Auvergne qui découvrent leur appartenance à une communauté linguistique et culturelle plus large.

Quelques décennies plus tard, la visibilité de la langue dans l'espace public est notamment prise en charge par les pouvoirs publics (panneaux d'entrée des communes, noms de rue, etc.).

Mise en ligne : 17/01/2020
Tipe : Colleccion d'imatges
Le photographe Maurice Roux (1933-2015), par ailleurs inséminateur pour l’élevage bovin, est très vite en lien avec le mouvement occitan des années 1960 et 1970. Sensibilisé aux thèmes occitanistes - disparition de la langue, fin d’une civilisation - il va profiter de son travail lui permettant un contact sensible et permanent, de ferme en ferme, avec les paysans du Gers, pour constituer un corpus incroyable documentant la fin de la civilisation paysanne à travers des enquêtes sonores mais aussi des milliers de clichés photographiques, qui ont une immense valeur tant ethnologique qu'esthétique.
L'Association Maurice Roux a bien voulu mettre à la disposition du CIRDOC-Institut occitan de cultura une partie de ces collections inédites, afin qu'elles soient numérisées et inventoriées. 
Mise en ligne : 17/01/2020
Tipe : Colleccion d'imatges
Initié en 1989 par le collectif artistique Nux Vomica, le Carnaval Indépendant prend place dans les rues du quartier Saint-Roch, à Nice.
C’est l’occasion de réinvestir, au moyen de cette fête populaire, un quartier trop longtemps ignoré et peu mis en valeur par l’action politique de l’époque. C’est aussi un autre moyen de vivre et fêter le Carnaval, loin de la machine touristique et jugée superficielle que propose la Ville de Nice avec son carnaval dit officiel.
Les images présentées ici sont issues du fonds Louis Pastorelli actuellement conservé au CIRDOC - Institut occitan de cultura (cote IC-J_PASl).

« Nous l’avons faite, cette magnifique fête avec tous les amis, familles, voisins, avec les autres quartiers, les falabracs, les fatiguants, rêveurs, amoureux, joyeux en toute occasion, avec les bandits, amis d’enfance, ratapinhatiers, poissons, tous superbes comme des bars tabac, joyeux comme des chevreaux, équipe colorée, nous sommes arrivés au nombre de 1000, 1500, 2000 sur ce boulevard. Pas mal ! On n’est pas des contes-cagades ! Vraiment ! On y était nombreux à faire Carnavale. Il nous a manqué ce sale Caramantran ! Nous l’avons trimballé, inventé, traîné, adoré et brûlé ! »
(Louis Pastorelli, Li aventuras de Nux Vomica, éd. Baie des anges , Nice, 2019)
Mise en ligne : 19/03/2020