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Auteur : CIRDÒC-Mediatèca occitana
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Type de Document : Texte electronique
Sujet : Littérature occitane -- France -- Provence (France) -- 19e siècle
Sujet : Bourrée (danse)
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CCOA (15)
Humour (116)
Tipe : Eveniment / Data : 2016-11-25 09:00:00
Le 25 novembre 2016, l'université Paul-Valéry-Montpellier-3 et le CIRDÒC vous convient à une journée d'études consacrée au projet Occitanica-Vidas : un dictionnaire biographique de l'ensemble des acteurs des différents mouvements de la renaissance occitane ou renaissance d'oc qui voient le jour à partir du XIXe siècle dans l'ensemble de l'espace occitanophone et au-delà. Le modèle qui l'inspire est celui du Maitron, dictionnaire du mouvement ouvrier.

Pour consulter Vidas : vidas.occitanica.eu

Vidas est un projet à l'initiative de la composante REDOC / LLACS de l'Université Paul-Valéry Montpellier-3 et du CIRDOC-Mediatèca interregionala occitana.

Programme de la journée organisée au CIRDÒC (Béziers) dans le cadre de la convention de partenariat avec l’Université Paul-Valéry

9h : Ouverture de la journée par Benjamin Assié, directeur du CIRDOC

9h30 : Présentation du projet Vidas par Marie-Jeanne Verny, Philippe Martel, Yan Lespoux (LLACS) et Benjamin Assié

10h15 : Séverine Féron (Université de Bourgogne) : Castil-Blaze « troubadour ».

11h : Hervé Casini (Université d’Aix-Marseille) : Un écrivain « entre deux rives » : le cas Jules Boissière 

11h 45 : Pause

13h45 : Pierre Grau (Université Paul Valéry Montpellier 3) : Le parcours de Pierre Rouquette, militant de la Cause d'Oc

14h30 : Céline Piot (Université Bordeaux III) : Figures de l’occitanisme en Aquitaine au xxsiècle.

15h15 : Nelly Blanchard et Jean-Baptiste Pressac (Centre d’études celtiques, Université de Bretagne Occidentale, Brest) : Présentation de la base PRELIB. Quand l’informatique soulève des questions épistémologiques dans le domaine de la littérature de langue bretonne.

16h : Temps d’échanges et conclusion de la journée par Philippe Martel 

16h45 : Clôture de la journée d’études

 

https://www.facebook.com/events/1309295605768891


Accès

CIRDÒC - Mediatèca Occitana

Place du 14-Juillet - 34500 Béziers

04.67.11.85.10 - secretariat@cirdoc.fr
Mise en ligne : 17/01/2020
Tipe : Òbra

La revue Amiras, publiée de 1982 à 1990 par Edisud (Aix-en-Provence), est née sous l'impulsion d’universitaires et d’intellectuels occitanistes autour de l’écrivain, universitaire,  homme de pensée et d’action qui a fortement marqué la seconde partie du XXe siècle occitan, Robert Lafont (1923-2009). Elle est la grande revue intellectuelle occitane de la période.
Amiras, qui signifie « repères » en occitan, reprend le flambeau de revues critiques et de débats intellectuels qui se sont succédés depuis les années 1960, parallèlement au développement d’un mouvement intellectuel et militant occitan qui a souhaité questionner, depuis le fait occitan, la réalité sociale, linguistique et culturelle contemporaines. Tous les champs du savoir et de la pensée (histoire, sociolinguistique, géographie, littérature, etc.) sont ainsi convoqués.

Amiras s’inscrit dans un contexte particulier, celui de la crise du mouvement occitan après deux décennies d’impact important sur la société - les « 20 Glorieuses de l’occitanisme » selon la formule de Robert Lafont - et la désillusion progressive face à l’alternance politique de gauche portée au pouvoir en 1981 autour d’une promesse d’aggiornamento de la politique française en matière de reconnaissance et de soutien à la vie des langues et des cultures régionales : « Discours de Lorient » du candidat François Mitterrand en mars 1981, proposition 56 des 110 propositions pour la France, programme « La France au pluriel » du Parti socialiste, Mission et Rapport Giordan en 1981-1982.
Au sein du mouvement occitan, le début de la décennie 1980 est marquée par une rupture au sein de l’Institut d’estudis occitans et le départ de plusieurs figures intellectuelles et universitaires, derrière Robert Lafont, mises en minorité lors de l’Assemblée générale de l’IEO à Aurillac (novembre 1980).

Le premier numéro de la revue, qui paraît moins d’un an après l’arrivée de la gauche au pouvoir, consacre son dossier à « Décentralisation an 1 » et affiche un certain optimisme sur l’avenir de la question occitane au sein de la politique nationale française. En 1990, le dernier numéro titre « Enseigner l’occitan : le tableau est-il si noir ? » et révèle une évolution vers l’inquiétude et la reprise d’un rapport de force entre mouvement occitan et politiques nationales. 

Dirigée par Robert Lafont puis Philippe Martel, comptant de nombreux contributeurs issus des universités françaises et étrangères, Amiras est la grande revue intellectuelle occitane des années 1980.

Mise en ligne : 17/01/2020
Tipe : Article biografic

Éléments biographiques

France Karine, est professeure privée de musique, diplômée de l’École Normale de Musique de Paris. Son nom d’artiste est Mytyl Fraggi.
Proche des Amis du bulletin Occitania en 1938-1939, elle est ensuite membre du Centre Provençal de Culture Occitane (section de l’IEO) à partir de 1945.

Engagements dans la renaissance d'oc

En 1938, France Karine participe à la Deuxième concentration de Culture et de Fraternité Provençales, qui se tient à l’« Auberjo de Jouinesso de Marsiho-Alau », à Allauch, Place Pierre Bellot, du samedi 17 septembre au samedi 24. Cette réunion est organisée par Jorgi Reboul, Père aubergiste, fondateur (le 26 septembre 1936) et animateur de l’Auberge de Jeunesse, affiliée au Centre Laïque des Auberges de Jeunesse.
Le vendredi 22 septembre, à la suite de l’excursion en car à la Sainte-Baume, est proposée une « Veillée sur la Terrasse : La Musique et le Peuple, par FRANCE KARINE, Directrice de la Chorale Populaire. Audition de disques ».

France Karine participe également à l’animation de la Troisième concentration de Culture et de Fraternité Provençales. Pâques 1939, du samedi 8 au mardi 11 avril, qui est en même temps le Congrès organisé par le journal Occitania.

France Karine, directrice de la Chorale Populaire, appartient au milieu progressiste des intellectuels et artistes marseillais. Sa participation aux rencontres d’Allauch prouve une sensibilité provençale, voire un engagement occitaniste. Elle a sans doute participé au Comité d’Aide aux Intellectuels Catalans, fondé à Marseille le 7 avril 1938 par Pierre Rouquette et Jorgi Reboul car son nom figure sur la liste manuscrite établie par Pierre Rouquette des personnes à inviter à la réunion du Comité du 30 août 1938 au domicile de Jorgi Reboul, sans que nous ayons la certitude de sa participation.

À la Libération, France Karine dirige la Chorale du Front National et fait partie de l’Union Nationale des Intellectuels – UNI –, structure unitaire fondée à la Libération, encadrant les activités culturelles. Pierre Rouquette, qui a animé à Marseille une active section de la Societat d’Estudis Occitans (SEO) avant la seconde guerre mondiale, fonde et préside le Centre Provençal de l’Institut d’Estudis Occitans, (qui deviendra autonome dans les années 70, quand la section régionale de l’IEO sera assumée par lo Calen). L’assemblée constitutive a lieu le dimanche 14 octobre 1945 dans les salons de l’UNI, 15 rue Edouard Delanglade. Le président sollicite alors France Karine pour que la Chorale se produise à la séance inaugurale en interprétant des chants occitans, choisis par lui, et qu’elle doit apprendre à ses choristes. Ainsi Coupo Santo (à 4 voix), Lou Bastimen, Lou Renegat (Jan de Fonfaron) ont dû faire partie du répertoire le 15 novembre. France Karine et sa chorale interviendront pour d’autres manifestations du Centre Provençal, ainsi le 19 février 1946 pour la causerie de Pierre Rouquette sur les « Noëls de Saboly ».

France Karine est l’épouse d’Alexandre Jouvène, qui tient une galerie Tableaux anciens et modernes à Marseille, Expert près les tribunaux et les Cies d’Assurance. Comme France Karine, Alexandre Jouvène est affilié au Centre Provençal de l’IEO à son origine : c’est lui qui a envoyé – et non le Président Pierre Rouquette empêché par la grippe - l’invitation à l’Assemblée constitutive du Centre pour le 14 octobre 1945, signée par « un membre de la Commission », Alexandre Jouvène, sur papier à en-tête « Tableaux anciens et modernes Alexandre Jouvène ». En l’état actuel de la documentation, nous ignorons si l’engagement occitaniste du couple s’est poursuivi.

Mise en ligne : 16/01/2020
Tipe : Grope

L’Action Jeune Théâtre (AJT) Languedoc-Provence est une association créée en 1977 comme un collectif des jeunes compagnies qui ont émergé dans le sillon de mai 1968, particulièrement en zone occitane autour du Teatre de la Carrièra et de Claude Alranq, de la Nouvelle Compagnie d’Avignon-Théâtre des Carmes et d’André Benedetto, du Centre Dramatique Occitan de Toulon et d’André Neyton. La section  régionale « Languedoc-Roussillon-Provence-Alpes » de l’AJT constitua en réalité la part active et la plus marquante du mouvement. [imatge id=169]

1969-1970 : Le Teatre de la Carrièra crée un théâtre populaire, social et occitan

Par « jeune théâtre », il faut entendre le théâtre indépendant qui se développe dans le sillage de Mai 68, en rupture avec le théâtre académique soutenu par les institutions, ouvert sur de nouvelles formes, notamment par l’intervention dans l’espace public, et prenant pour sujet les réalités sociales, économiques et culturelles des populations auxquelles il souhaite s’adresser. 
Ce mouvement connaît une dynamique particulière dans l’espace occitan où convergent deux mouvements, celui d’une évolution théâtrale générale vers un théâtre populaire et social, explorant des formes loin du théâtre conventionnel (rue, cirque, danse, musique, etc.) et celui d’un mouvement de revendication sociale, politique et culturelle autour du mouvement « Volèm viure al país », à son apogée au milieu des années 1970 en Occitanie.

Le théâtre populaire, social et occitan naît avec le Teatre de la Carrièra autour du metteur en scène et acteur Claude Alranq dès 1969-1970 et une pièce « fondatrice » pour la rencontre entre le mouvement du jeune théâtre régional, le mouvement occitan et les mouvements sociaux languedociens, Mort et Résurrection de M. Occitania. Cette pièce, farce tragique jouée sur les places des villages languedociens devant des milliers de spectateurs, fait le procès du « mal méridional » en pleine crise de la viticulture. Elle est emblématique d’une prise de conscience et d’une revendication massive contre le « colonialisme intérieur » et pour le droit à « vivre et travailler au pays » pour reprendre deux mots d’ordre qui dominent l’Occitanie des années 1970. [imatge id=111]

Les origines d’un collectif pour le théâtre populaire occitan : les Rescontres occitans d’Avignon (1973)

À Avignon, André Benedetto et la Nouvelle Compagnie d’Avignon (Théâtre des Carmes) entament une réflexion sur les conditions d’un théâtre populaire qui doit être un théâtre « enraciné » dans son territoire, son environnement social et culturel. En Provence, André Neyton avait entamé dès 1966 une collaboration avec Robert Lafont pour créer un théâtre bilingue militant qui s’adresse au public provençal, entreprise qui le conduit à fonder dès 1970 une compagnie, le Centre Dramatique Occitan, à Toulon.
En 1973, lors du Festival d’Avignon, une première convergence des acteurs culturels occitans a lieu avec les « Rescontres Occitans » initiés par André Benedetto qui met à disposition son théâtre des Carmes : écrivains, éditeurs, artistes, compagnies de théâtre, intellectuels et militants mettent le Festival d’Avignon à l’heure d’une Occitanie culturelle engagée dans un combat de « libération ». [imatge id=166][imatge id=167]

1977 - Création de l’Action Jeune Théâtre (AJT) et de l’Accion culturala occitana (ACO)

En 1977, la convergence des acteurs culturels s’organise autour de l'ACO (Accion culturala occitana) d’un côté, regroupant chanteurs, musiciens, plasticiens, poètes, cinéastes et acteurs, et de l’AJT (section Languedoc-Provence) pour les revendications spécifiques des compagnies de théâtre en français et en occitan qui ne se reconnaissaient pas entièrement dans le syndicalisme artistique national trop tourné sur les problématiques du théâtre institutionnel.

L’AJT Languedoc-Roussillon-Provence-Alpes regroupe 37 compagnies et organise le 17 novembre 1977 une « Grande marche du Théâtre Régional » à Montpellier autour des deux mots d’ordre, l’un social - « Vivre et travailler au pays » - et l’autre théâtral - « Les théâtres en Occitanie vivront ».
En 1978, l’AJT produit un rapport de réflexion Pour que se développe le théâtre en Languedoc-Roussillon-provence : la régionalisation culturelle et interpelle le Ministre de la Culture sur la situation des théâtres indépendants en région en demandant une réforme des moyens alloués au théâtre en France. En juillet 1978 lors du festival d’Avignon, l’AJT organise une journée d’action pour le jeune théâtre.

Le début des années 1980 voit le déclin et la disparition de l’AJT, confrontée à la crise générale du mouvement « Volèm viure al país » et à l’évolution de la politique culturelle nationale désormais davantage favorable aux formes théâtrales populaires et en région.
Pour le théâtre occitan, les compagnies continuent leur production, qui tend à évoluer dans ses formes scéniques, ses thèmes, et la place de la langue. Les années 1980 voient une forme de sécurisation des compagnies autour de structures ou de projets désormais subventionnés. C’est le cas du Centre Dramatique Occitan de Toulon d’André Neyton et de la Carriera qui se rapproche d’une jeune compagnie montpelliéraine, le théâtre de la Rampe. La Carriera et la Rampe vont proposer plusieurs projets structurants pour le développement du théâtre occitan (projet de Centre de création et d’expansion du théâtre occitan dès 1981, Estudios d’actors occitan en 1982, etc.) et qui aboutissent notamment à la création du La Rampe-TIO (Teatre interregional occitan) à Montpellier.

Mise en ligne : 17/01/2020
Tipe : Òbra

Definicion

Se designa per lo tèrme de cançonièr los recuèlhs manuscrits de « cançons », poesias de trobadors d’expression occitana, compilats e redigits entre lo mitan del sègle XIII e lo mitan del sègle XIV.
Los cançonièrs occitans - de còps apelats « cançonièrs provençals » segon la tradicion filologica del sègle XIX - fòrman de recuèlhs de la lirica occitana dels sègles XII e XIII, ordenats per un creator, qu’es dins qualques cases un trobador, mas dins la granda majoritat un « colleccionaire » o « compilaire » segon un projècte antologic : mai sovent segon un genre (cansos, sirventes, tensos e partiments, etc.) e, al dintre de cada genre, per trobadors enauçats al reng d’ « autor », que lo compilaire pòt presentar per una biografia (vida) e una explicacion de son poèma (razo).
Un cançonièr es pas exactament un recuèlh fidèl de l’art dels trobadors mas « constituís una delimitacion, veire una organizacion particulara del còrpus de la poesia lirica dels trobadors, provesida d’un sens istoric e cultural emai rapòrt a l’ensems de la tradicion12 ».

Pasmens, los 40 cançonièrs occitans conservats, que i cal apondre las còpias e las citacions de trobadors dins d’autras òbras (manuscrits diches « de la tradicion indirècta »), constituisson un conservatòri de la lirica occitana dels sègles XII e XIII, qu’an transmés 2542 poèmas atribuïts a 460 trobadors coneguts que i cal encara apondre las òbras anonimas. Lo nombre d’aquelas darrièras es d’uèi pas encara determinat, las sorsas pòdon variar d’environ 250 a qualquas desenas.

Autras apellacions

< chançonièrs provençals
< chançonièrs lemousins

La tradicion filologica del sègle XIX faguèt de « provençal » l’adjectiu que designava lo domeni de l’occitan ancian dins son ensems que tornava emplegar l’apellacion italiana de l’Edat Mejana proensal (provenzale en italian), en referéncia a la provincia romana (Gàllia meridionala). Los tèrmes de « provençal » e « ancian provençal » son d’uèi abandonats al profièch d’ « occitan » per tal de pas crear d’ambiguitat amb la region de la Provença istorica o actuala e amb lo dialecte provençal ancian.
Una apellacion mai anciana e mens espandida qualifica tanben aqueles cançonièrs de « lemosins » mai que mai en causa del nombre important de trobadors eissits d’aquela region. Es pasmens estada lèu mesa de costat.

Caracteristicas materialas dels cançonièrs

Los cançonièrs occitans fòrman lo còrpus literari medieval mai important del domeni occitan amb 40 manuscrits (cançonièrs originals complets o fragmentaris, e còpias de cançonièrs perduts), e mai d’un centenat se comptam las còpias de cançonièrs.

Aquel còrpus presenta de documents fòrça divèrses, sovent sus pergamin (34 sus 40), de formats e de contenguts fòrça diferents, que van del cançonièr preciós, de grand format, fach amb fòrça suènh e illustrat de miniaturas, que conten un grand nombre de poesias presentadas segon una organizacion rigorosa, a de cançonièrs del format mai pichòt, mens precioses e voluminoses.
Los cançonièrs faches amb lo mai de suènh pòdon conténer de miniaturas, sovent d’inicialas istoriadas (representacions d’un personatge dins las inicialas mai importantas del tèxte) que contenan lo retrach estereotipat de cada trobador representat segon sa vida. An per la màger part d'entre eles d’atributs que los plaçan socialament : en armas o a caval, en vestit nòble, clerical o popular. Se remarca una majoritat de trobadors nòbles (cançonièrs A, I, H e K).

Lo cançonièr R suggerís un imatge mai faceciós de la poesia dels trobadors amb las inicialas que s’acaban amb de fàcias grotescas de jonglaires, d’aucèls e de quimèras.

Los cançonièrs musicals

Qualques cançonièrs contenon tanben de notacions melodicas. Aquelas cançons an per principal subjècte l’amor, exprimit amb magnificéncia dins lo genre de la canso. Aquel laus poetic de la femna aimada es magnificat per lo trobador per sa capacitat a « trobar » una combinason engenhosa entre mots e musica. D’aquela poesia cantada, sonque 4 cançonièrs an servats una notacion musicala de la melodia (1/10en solament dels tèxtes de trobadors compòrtan una melodia) : R, BnF fr. 22543 ; G, Milan, Bibl. Ambr., R 71 sup. ; W, BnF fr. 844 ; X, BnF fr. 20050. Dins los cançonièrs musicals, la melodia de la primièra estròfa es la sola a èsser notada.

L’ensems de las melodias dels cançonièrs faguèron l’objècte de doas grandas edicions scientificas. Primièr per Ismael Fernández de la Cuesta e Robert Lafont dins Las cançons dels trobadors editat per l’Institut d’Estudis Occitans en 1979 puèi per Hendrik Van der Welf dins The Extant Troubadour Melodies editat per Rochester en 1984.
L’ensems del còrpus de las cançons amb notacion musicala faguèt l’objècte d’un trabalh de recèrca, d’interpretacion e d’enregistrament per lo Troubadour Art Ensemble dirigit per Gérard Zuchetto. Aquel trabalh, La Tròba, es estat publicat entre 2006 a 2011.

Datacion e provenença

Se los cançonièrs occitans an permés de conservar e transmetre la poesia lirica dels sègles XII e XIII, influenciant la poesia lirica europenca dins son ensems e devenent a partir del sègle XVI (Joan de Nòstradòna) e mai que mai del sègle XIX (Rochegude, Raynouard, Bartsch, Meyer, Jeanroy, etc.) un objècte d’estudi internacional, los cançonièrs revèrtan en realitat la lirica occitana dels trobadors sonque amb una fidelitat un pauc relativa.

D’abòrd perque l’entrepresa de compilacion a fixat per escrich una poesia qu’èra cantada e viventa. Es deguda a un compilaire colleccionaire de cançons de trobadors, e non als trobadors eles-meteisses, a qualquas exepcions pròche. Laura Kendrick a per exemple notat que las poesias del primièr dels trobadors, Guilhem IX duc d’Aquitània, probablament jutjadas tròp calhòlas, son jamai plaçadas en debuta dels cançonièrs mai ancians o ne son de còps absentas : « Lo ròtle dels compilaires dels sègles XIII e XIV es estat de recadrar d’un biais mai valorizant los imatges que los trobadors de las primièras generacions an donat d’eles-meteisses e de lor art »3. Doncas, coma lo nòta Jean-Baptiste Camps, « cada cançonièr se vòl una redefinicion, veire una recreacion, del còrpus de la literatura occitana, e pòrta en el de traças pro fòrtas d’un projècte. » 4

Puèi los cançonièrs son produches amb una diferéncia cronologica, dins un periòde comprés entre 1250 e 1350 mentre que los trobadors son actius de las annadas 1200 a las annadas 1300 environ. La lirica dels trobadors es doncas compilada e mesa a l’escrich dins un contèxte de declin, puèi de desaparicion, los cançonièrs devenon de libres-conservatòris coma o nòta Jean-Baptise Camps : « Per la màger part redigidas a las darrièras oras de la glòria de la lirica occitana, fixan e dònan una forma acabada, una interpretacion, de çò qu’èra una tradicion viventa, chimarrada, e sovent plan pauc sàvia. Fan d’aquela lirica un objècte de coneissença, mentre que deven pauc a pauc una literatura per especialistas, per erudits. » 5
La darrièra diferéncia es ela geografica. En efièch, una granda partida dels cançonièrs conservats es la frucha de la migracion dels trobadors a la recèrca d’un novèl patronatge : Marcabru partirà per la cort de Barcelona, Peire Vidal en Espanha, d’autres en França del Nòrd. Es apuèi l’Itàlia que pendent lo sègle XIII reculhirà un grand nombre de trobadors. Raimbaut de Vaqueyras es lo primièr a passar los Alps, vèrs 1191, e a se fixar alprèp de Boniface de Montferrat. Serà fòrça imitat, probablament en causa de la crosada contra los Albigeses. Demest los cançonièrs modèrnes mai de la mitat seràn doncas produches en Itàlia. François Zufferey a pogut notar qu’aquelas diferéncias borrolan fòrça nòstra percepcion de la lirica dels trobadors, coma per exemple la koinè, unitat linguistica dels tèxtes medievals que preval sus l’origina de l’autor. La koinè poiriá doncas èsser mai deguda al compilaire qu’a l’autor.
Segon Laura Kendrick aquela teoria poiriá èsser perlongada. Per ela, aqueles qualques exemples suggerisson que los compilaires de la poesia dels trobadors an pogut prene modèl sus certanas compilacions de tèxtes biblics classics per lor mesa en pagina e per lor aparelh visual.

Classament e siglas

Arbre d'amor present dins lo manuscrit N del <i>Breviari d'amor</i>, Sant Petersborg, Bibliotèca nacionala de Russia, Ms. Prov. F. V. XIV.1

La bibliografia contemporanèa dels cançonièrs occitans medievals es establida a partir de doas menas de sorsas. D’una part los manuscrits testimònis, que contenan pas que los tèxtes lirics dels trobadors e d’autra part los manuscrits que citan aqueles tèxtes coma lo del Breviari d’amor per exemple.
Foguèt doncas necessari dempuèi las debutas de l’estudi d’aquel còrpus de classar aqueles manuscrits ancians per tal de constituïr d’ensembles mai coerents possible. La primièra persona a efectuar un tal trabalh es lo romanista Paul Meyer dins Les derniers troubadours de Provence publicat en 1871, ont propausa un sistèma de classament basat sus lo luòc de depaus dels cançonièrs mas aquel sistèma serà pas représ per sos confraires. Es en fach l’alemand Karl Bartsch dins son Grundriss zur Geschichte der provenzalischen Literatur publicat en 1872 que met en plaça lo classament contemporanèu dels cançonièrs provençals. Aquel primièr trabalh serà mantun còps melhorat amb los progrèsses de la recèrca sus la matèria medievala occitana. D’abòrd per Alfred Jeanroy dins sa Bibliographie sommaire des chansonniers provençaux paregut en 1916, puèi per Alfred Pillet e Henry Carstens dins Bibliographie der troubadours en 1933, pauc après per Clovis Brunel dins sa Bibliographie des manuscrits littéraires en ancien provençal pareguda en 1935 e enfin per François Zufferey dins sa Bibliographie des poètes provençaux des XIVe et XVe siècles pareguda en 1981.

Lo còrpus definit, l’emplec de sigles es estat adoptat per tal de definir cada manuscrit specificament. Aquò en causa de l’abséncia d’apellacion sus cada manuscrit puèi qu’un grand nombre d’aqueles possedís pas de títol o es sonque fragmentari. Karl Bartsch destria dins un primièr temps los manuscrits en fonccion de la natura de lor material de fabricacion e aplica d’apellacions per letra latina majuscula (exemple : manuscrit A) que se referisson als manuscrits de pergamin mentre que las apellacions per letra latina minuscula (exemple : manuscrit a) se referisson als manuscrits de papièr. Aquela propausicion de denominacion serà apuèi melhorada per cada bibliografia e uèi encara las modificacions basadas sus aquel sistèma son encara possiblas. Cal pasmens destriar aquelas apellacions, pròprias als romanistas, que son de còps represas pels establiments de conservacion (exemple lo cançonièr K de la BnF) de las apellacions emplegadas per los establiments de conservacion e que reprenon de còps las letras de l’alfabet.

En 1935, Clovis Brunel repertòria per un estudi minuciós 376 manuscrits dins sa Bibliographie des manuscrits littéraires en ancien provençal que i distinguís 95 manuscrits, uèi lo classament de François Zufferey recensa 40 cançonièrs occitans, aquò perque met de caire las còpias multiplas d'unas pèças, los cançonièrs franceses e catalans e causís una definicion mai estricta del cançonièr coma emanacion de la lirica dels trobadors.

Lista dels cançonièrs occitans

Aquela lista foguèt establida per François Zufferey dins sas Recherches linguistiques sur les chansonniers provençaux.

Cançonièrs en pergamin
:

A = Fin del sègle XIII, Venècia (copistas probablament auvernhats)
Rome, 
Biblioteca Apostolica Vaticana, vat. lat. 5232 -> Voir le manuscrit en ligne
B = Fin del sègle XIII, Nauta-Auvèrnha
Paris, 
Bibliothèque Nationale de France, fr. 1592 -> Voir le manuscrit en ligne 
C = Sègle XIV, region de Narbona
Paris, 
Bibliothèque Nationale de France, fr. 856 -> Voir le manuscrit en ligne
D = 1254, Venècia
Modène, 
Biblioteca Estense, α . R. 4. 4 -> Télécharger le .pdf du manuscrit 
E = Sègle XIV, region compresa entre Besièrs e Montpelhièr
Paris, 
Bibliothèque Nationale de France, fr. 1749 -> Voir le manuscrit en ligne 
F = Venècia
Rome,
 Biblioteca Chigiana, Chigi L. IV. 106 
G = Origina possibla : Lombardia
Milan, 
Biblioteca Ambrosiana, R 71 sup. -> Voir le manuscrit en ligne (accès payant, 5€ pour 24 heures d’accès) 
H = Venècia
Rome, 
Biblioteca Apostolica Vaticana, vat.lat. 3207 
I = Debuta del sègle XIV, Venècia
Paris, 
Bibliothèque Nationale de France, fr. 854 -> Voir le manuscrit en ligne 
J = Realizat a la fin del sègle XIII o al sègle XIV, probablament a Nimes
Florence, 
Biblioteca Nazionale Centrale, Conv. Sopp. F. IV. 776 
K = Debuta del sègle XIV, Venècia
Paris, 
Bibliothèque Nationale de France, fr. 12473 -> Voir le manuscrit en ligne 
L = Origina possibla : Lombardia
Rome, 
Biblioteca Apostolica Vaticana, vat. lat. 3206 
M = Origina possibla : Lombardia
Paris, 
Bibliothèque Nationale de France, fr. 12474 -> Voir le manuscrit en ligne 
N = Origina possibla : Màntoa
New York, Pierpont Morgan 
Library, 819 -> Voir le manuscrit en ligne 
O = Venècia (copistas italians e Jacques Teissier, de Tarascon)
Rome, 
Biblioteca Apostolica Vaticana, vat. lat. 3208 
P = 1310, Venècia o Toscana
Florence, 
Biblioteca Medicea Laurenziana, XLI. 42 
Q = Lombardia, benlèu Pavia o Cremona
Florence, 
Biblioteca Riccardiana, 2909 
R = Debuta del sègle XIV, origina possibla : Tolosa
Paris, 
Bibliothèque Nationale de France, fr. 22543 -> Voir le manuscrit en ligne 
S = Originas possiblas : Venècia o Toscana
Oxford, 
Bodleian Library , Douce 269 
T = Sègle XV, Venècia
Paris, 
Bibliothèque Nationale de France, fr. 15211 -> Voir le manuscrit en ligne 
U = Originas possiblas : Venècia o Toscana
Florence, 
Biblioteca Medicea Laurenziana, XLI. 43 
V = 1268, realizat en Catalonha o per de copistas catalans
Venise, 
Biblioteca Nazionale Marciana, fr. App. cod. XI 
Y = Sègle XIV, realizat per un copista italian dins Nòrd de França
Copenhague, 
Bibliothèque Royale, Thott 1087 
Z = Sègle XIV, realizat en Catalonha o per de copistas catalans, sus un modèl italian
Barcelone, 
Biblioteca de Catalunya, 146 -> Voir le manuscrit en ligne 

Fragments : 

A’ = Fin del sègle XIII, Venècia (cospistas probablament auvernhats)
Paris, 
Bibliothèque Nationale de France, fr. 12474 (fol. 269) [= fol. 71] -> Voir le feuillet en ligne 
Ravenne, Biblioteca Classensa, 165 [= fol. 88] 
K’ = Debuta del sègle XIV, Venècia
Udine, 
Biblioteca Arcivescovile, Cod. frag. I, 265 
K’’ = Debuta del sègle XIV, Venècia
Paris, 
Bibliothèque Nationale de France, naf. 23789 -> Voir le manuscrit en ligne 
m = Venècia
La Haye, 
Bibliothèque Royale, 135 F 28 [= cah. III] 
Milan, Biblioteca della Facoltà di Giurisprudenza [= cah. VI] 
p = Sègle XIII o XIV, Lengadòc oriental o Provença
Perpignan, 
Bibliothèque Municipale, 128 -> Voir le manuscrit en ligne 
r = Lombardia
Florence, 
Biblioteca Riccardiana, 294
s = Lombardia
Sienne, 
Archivio di Stato, C 60 (int. 4) 
x = Venècia
Rome, 
Biblioteca Nazionale Centrale, Vitt. Em. 1119 
y = Venècia
Sondrio, 
Archivio di Stato, Romegialli [me, Coll. Paolo Gaffuri] 
z = Venècia
Bologne, 
Archivio di Stato  

Chansonniers en papier : 

c = Sègle XV, originas possiblas : Venècia o Toscana
Florence, 
Biblioteca Medicea Laurenziana, XC inf. 26 
f = Debuta del sègle XIV, Provença, probablament Arle
Paris, 
Bibliothèque Nationale de France, fr. 12472 -> Voir le manuscrit en ligne

Copies (en papier) de chansonniers perdus : 

a = Manuscrit del sègle XIV perdut, còpia de la debuta del sègle XVI facha a Florença per Jacques Teissier, de Tarascon 
“chansonnier de Bernart Amoros” reconstitué à l’aide des sources suivantes : 

Florence, Biblioteca Riccardiana, 2814 (fol. 1-132) 
Modène, Biblioteca Estense, γ. N. 8. 4. 11, 12, 13 -> Télécharger le .pdf du manuscrit 
Florence, Biblioteca Nazionale Centrale, Pal. 1198 
b = Manuscrit del sègle XIII perdut, còpia del sègle XVI, facha pel copista Barbieri
chansonnier de Miquel de la Tor reconstitué à l’aide des sources suivantes : 

Rome, Biblioteca Apostolica Vaticana, Barb. lat. 4087 (fol. 9-53)
Barbieri, Giovanni Maria. Dell'Origine della poesia rimata opera di Giammaria Barbieri... Pubblicata ora per la prima volta e con annotazioni illustrata dal cav. ab. Girolamo Tiraboschi. Modène : Presso la Societa tipografica, 1790 
Rome, Biblioteca Apostolica Vaticana, Barb. lat. 3965 
d = Sègle XVI, origina possibla : Venècia
Berlin, 
Staatsbibliothek, Phillipps 1910 
e = Sègle XVI, origina possibla : Lombardia, sus un modèl lengadocian occidental
Rome, 
Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 7182

1. Stefano Asperti, « Répertoires et attributions : une réflexion sur le système de classification des textes dans le domaine de la poésie des troubadours », dans Contacts de langues, de civilisation et intertextualité. IIIe Congrès international de l’association d’études occitanes, t. II, Montpellier, 1992, p. 592

2. Citacion originala en francés.

3. Citacion originala en francés.

4. Citacion originala en francés.

5. Citacion originala en francés.

Mise en ligne : 17/01/2020
Tipe : Collòqui / Data : 2018
Depuis 2008, l'association "Histoire et cultures en Languedoc" organise chaque année les Rencontres Internationales du Patrimoine Historique.

Avec le soutien de la Région Occitanie Pyrénées Méditerranée, du CIRDOC - Institut occitan de cultura, de la Société Archéologique de Montpellier  et de la commune de Tarascon.

Découvrir l'association Histoire et cultures en Languedoc.

La Provence, une terre convoitée

Comment Louis XI, dès le delphinat, tisse une véritable toile d’araignée pour servir sa politique européenne et aboutir à l’annexion de ce comté souverain. La munificence, qui permet de s’affirmer symboliquement, sera un enjeu majeur du pouvoir sur le terrain provençal et René d’Anjou y aura recours aussi, dans la mesure de ses moyens. L’un est stratège, l’autre touche à tout. Les deux se prévaudront des ressorts de leur temps, notamment la vie spirituelle et le poids ecclésiastique. L’un s’attachera à des actions concrètes, l’autre au rayonnement d’une vie de cour à l’angevine qui instillera un certain attrait chez les Provençaux déjà enclins à la culture et au divertissement qu’on appellerait aujourd’hui “ patrimoine immatériel ”, telles les tarasquinades initiées par René. On s’interrogerra alors : quels bénéfices pour les Provençaux du XVe siècle ces deux grands princes ont-ils apportés ? Et pourquoi, dans la mémoire populaire, l’Angevin est-il resté le “ bon roi René ”? C’est sur cette thématique avec ces deux personnages atypiques et indissociables, que nous proposons une promenade entre Languedoc et Provence.

A Béziers

Au cours d’une conférence et d’un moment musical, on découvrira les différentes facettes du personnage complexe que fut René d’Anjou, auquel nous ajouterons un titre à ses nombreuses titulatures (duc d’Anjou, comte de Provence, roi de Jérusalem, roi
de Sicile, voire roi d’Aragon) : celui de prince des arts en Provence.
Le roi René est curieux de tout. Il porte de l’intérêt à tous les arts
et apporte sa contribution aux lettres françaises avec ses trois ouvrages : le Livre des Tournois, celui du Coeur d’Amour Epris et le Mortifiement de Vaine Plaisance. Ces oeuvres attestent cette relation qui lui était chère entre l’écrit et le dessin, rapport qu’illustrera si bien Barthélemy Van Eyck. René a une conception de la munificence bien partagée par ses homologues du XVe siècle, en particulier en Italie : un prince doit être cultivé, généreux et le faire savoir.
Comme l’écrit Françoise Robin, “ un prince comme René fait vivre
une bonne centaine d’artistes, ce qui est loin d’être négligable. ” Car la fête angevine donne à voir et à être vu. La musique est de toutes les festivités et l’Angevin entretient des instrumentalistes de toutes sortes : harpistes, luthiers, flûtistes, et pour l’extérieur, joueurs de trompettes, de cymbales, de tambourins. Il faut noter que l’entourage des princes donne aux notables le goût des grandes oeuvres, menant la Provence au faîte de son rayonnement culturel.

A Tarascon

Yannick Frizet, docteur en histoire de l’art médiéval de l’Université d’Aix-Marseille, nous entraînera dans le jeu du chat et de la souris auquel se sont livrés le roi René et Louis XI. La Provence est une terre convoitée, non seulement par le roi de France, mais surveillée par le duc de Savoie puisqu’elle est terre d’Empire, par la maison de Milan, par les Catalans qui ont gardé certainement rancoeur de l’alliance matrimoniale qui les a dépossédés de la Provence. La maison de Barcelone y présidait depuis 1113 en dépit de la grande guerre méridionale (1080-1194). Plus d’actualité, les Aragonais sont en guerre contre le roi René à Naples.
Ainsi, au-delà des territoires, il y a la Méditerranée. Marseille est un enjeu majeur pour le commerce. L’oncle et le neveu l’ont bien compris, chacun à sa manière. Louis XI, calculateur, stratège dans ses alliances et leurs ruptures a pour objectif de jouer dans la cour des grands et veut rattacher à la couronne toute la bordure méditerranéenne, du Roussillon à la Provence. L’enjeu est de taille car les Aragonais dominent la Méditerranée occidentale avec les Baléares, la Sardaigne, Naples et la Sicile.
René d’Anjou a pour objectif de développer le port de Marseille pour rivaliser avec Gênes et les ports français méditerranéens. Ce port est la pierre angulaire du développement de la Provence. Il doit faire face aux dangers déjà cités mais aussi aux Barbaresques d’Afrique du Nord. Dans cet espace aux multiples enjeux qu’est la Méditerranée occidentale en ce XVe siècle, René est un prince encore chevaleresque, attaché à la valeur de la parole donnée, contrairement à Louis XI. Il est reconnu par ses pairs comme tel mais cette qualité ne va pas toujours avec la politique et René le prodigue manque de moyens. Il convient également de s’interroger sur le sort des Provençaux dans cette mouvance. Yannick Frizet apportera un éclairage inédit sur la vie du littoral provençal à la seconde partie du XVe siècle, tant sur le plan économique avec la réactivation du commece en Méditerranée, que sur le plan sécuritaire face à la piraterie dont furent victimes villes et villages. Il montrera également comment les pouvoirs urbains, avec leurs moyens propres, ont su gérer ce fléau de façon plus efficace que les rois-comtes de Provence et leurs hauts dignitaires.

Au château

Après la salle des festins et la visite de l’église Sainte-Marthe, Aldo Bastié, conservateur du Château de Tarascon, construit de 1400 à 1435, nous fera découvrir son histoire. Cette forteresse possède une double fonction militaire et résidentielle. Elle symbolise la puissance des ducs d’Anjou, princes de sang. Elle fut construite par Louis II et Louis III pour maintenir leur autorité sur le couloir méridional du fleuve, proche d’Arles d’Avignon et de Marseille. Elle est une base de leurs ambitions en Méditerranée. Les aménagements de confort ainsi que les jardins sont l’oeuvre de René (1409-1480), grand amateur d’art et du bien vivre. A la mort de Charles du Maine, frère et successeur de René, le château devient propriété du roi de France, Louis XI. Le château de Tarascon est un chef d’oeuvre du Patrimoine Européen. Il est classé aux Monuments Historiques Français depuis 1840.

Maguy Chapot-Blanquet, Vice-présidente Histoire et cultures en Languedoc
Mise en ligne : 17/01/2020
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