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« L'Immortèla », une chanson devenue hymne

L'Immortèla, une chanson devenue hymne

La chanson De cap tà l'immortèla est l'œuvre la plus connue du groupe béarnais Los de Nadau, devenu Nadau en 1986. Elle fait partie du troisième album du groupe, L'Immortèla, gravé en 1978 chez Ventadorn, le grand label occitan de l'époque. Bien que chanson de création, De cap tà l'immortèla est devenue en seulement une quarantaine d'années, une chanson véritablement populaire dans les pays d'oc, souvent considérée comme traditionnelle.

L'immortèla aborde la question de la démarche de recherche pour retrouver la langue perdue. Elle constitue donc une sorte de contrechant de la chanson contestataire qui s'attaque au système accusé d'avoir détruit cette langue. La langue et ce qui s'y rattache (le pays, la culture perdue) y sont représentés par la métaphore d'une fleur, l'Immortèla, nom occitan de l'edelweiss dans les Pyrénées, plante supposée ne jamais mourir et ne pas craindre le gel et les intempéries, qualités transposées sur la langue qui, bien que maltraitée, ne meurt pas. Le narrateur est représenté comme un chercheur, quelqu'un qui escalade la montagne à la recherche de la langue-fleur. L'accent est davantage mis sur la démarche de quête et les difficultés de cette démarche, que sur la fleur elle-même (la libertat, qu'ei lo camin, la liberté, c'est le chemin) et sur les espoirs toujours renouvelés qui invitent à aller plus loin malgré le découragement (après lo malh un aute malh, après la lutz ua auta lutz, après la montagne, une autre montagne, après la lumière, une autre lumière).

La chanson prend place dans un album globalement bâti sur un ton revendicatif et militant, dans l'esprit général de la Nouvelle chanson occitane des années 1970, dont Los de Nadau fut l'un des groupes emblématiques. Dans ce mouvement artistique et musical, la chanson sert à dénoncer ce qui relève du « colonialisme intérieur », concept popularisé notamment par Robert Lafont et appliqué à l'Occitanie, sur les plans culturel, économique et politique. Le rôle joué par l'école de la République à partir de la fin du XIXe siècle dans la déconstruction à la fois de la compétence linguistique et du patrimoine culturel des populations des pays d'Oc est largement mis en avant, à l'instar de la chanson-titre Mossur lo regent, parue dans le premier album éponyme en 1975. Los de Nadau s'inscrivent pleinement dans ce mouvement jusqu'au début des années 1981, où l'amorce d'une décentralisation ainsi que les évolutions des goûts et des genres amorceront le déclin de ce premier âge de la Nouvelle chanson occitane. Los de Nadau, puis très vite Nadau, connaît de profondes mutations d'effectif, de style et de propos qui accoucheront d'un groupe différent tout en étant la suite du premier. De cap tà l'Immortèla cessera d'être enregistrée au disque, avant de faire son retour au début des années 1990 sur l'enregistrement vidéo Nadau en Companhia, qui capte la prestation du groupe au Zénith de Pau en 1993. La chanson réapparaît sous une forme légèrement différente. Le branle au débit rapide de 1978 s'est ralenti, en même temps qu'il gagnait en solennité. Le chant de marche est devenu un hymne.

L'Immortèla est immédiatement devenue une chanson emblématique du groupe, puis de la musique occitane tout entière, et enfin du mouvement occitaniste qui l'a rapidement assimilée à un « hymne » occitan officieux, aux côtés du Se canta et de la Copa santa, qui possèdent également cette dimension. Échappant à ses auteurs, elle devient une chanson populaire occitane comme si elle avait toujours existé. La chanson est reprise sur plusieurs disques de Nadau à partir des années 1990, et sur tous leurs DVDs. Le groupe l'interprète à chaque concert depuis les années 1990, parfois en fin de soirée, parfois en introduction. Elle constitue à chaque fois un point d'orgue indéniable de la prestation et est reprise en chœur par le public. Elle est également entonnée lors des manifestations occitanistes et autres évènements revendicatifs.

Paroles de la chanson

Sèi un païs e ua flor
(E ua flor, e ua flor)
Que l'aperam la de l'amor
(La de l'amor, la de l'amor)
Haut Peiròt, vam caminar, vam caminar
De cap tà l'immortèla
Haut Peiròt, vam caminar, vam caminar
La païs vam cercar
Au som deu malh, que ia ua lutz
(Que ia ua lutz, que ia ua lutz)
Qu'i cau gurardar los uelhs dessus
(Los uelhs dessus, los uelhs dessus)
Haut Peiròt, vam caminar, vam caminar
De cap tà l'immortèla
Haut Peiròt, vam caminar, vam caminar
La païs vam cercar
Que'ns cau traucar tot lo segàs
(Tot lo segàs, tot lo segàs)
Tà ns'arrapar, sonque las mans
(Sonque las mans, sonque las mans)
Haut Peiròt, vam caminar, vam caminar
De cap tà l'immortèla
Haut Peiròt, vam caminar, vam caminar
La païs vam cercar
Lhèu veiram pas jamei la fin
(Jamei la fin, jamei la fin)
La libertat qu'ei lo camin
(Qu'ei lo camin, qu'ei lo camin)
Après lo malh, un aute malh
(Un aute malh, un aute malh)
Après la lutz, ua auta lutz
(Ua auta lutz, ua auta lutz)
Haut Peiròt, vam caminar, vam caminar
De cap tà l'immortèla
Haut Peiròt, vam caminar, vam caminar
La païs vam cercar

Enregistrements

L'Immortèla, Ventadorn, 1978, sous le titre De cap tà l'Immortèla.

Nadau en companhia, VHS, 1993.

S'aví sabut, CD, 1995.

Nadau en companhia, CD en public au Zénith de Pau, avec chœurs et orchestre 1996.

Nadau a l'Olympia, VHS, 2000.

Nadau en companhia, Hèsta de las Calandretas, zénith de Pau, VHS, 2002.

Nadau a l'Olympia, DVD, 2005.

Nadau, Olympia 2010, DVD et CD, 2010.

Nadau, Zénith de Pau, 2017, DVD et CD, 2017.

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10 mai 1980 : la Marche sur Montpellier
Nombreuses sont les sources - articles, photographies, enregistrements - qui documentent ce que fut la marche conjointe du Parti Communiste Français et du mouvement occitan sur Montpellier, et l'ampleur qu'elle prit tant dans le monde occitan que dans l'imaginaire collectif de la région. Du manifeste «Mon país escorjat » aux photos de Jean-Louis Estève, ce dossier apporte un éclairage sur cet événement qui a fait date.
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Cantiques spirituels pour les missions à l'usage des Révérends Pères missionnaires Capucins de la province de Guienne
Imprimé à Bordeaux en 1785 sur ordre de l'archevêque Jérôme Champion de Cicé, ce recueil de cantiques spirituels pour les missions s'inscrit à la suite d'une longue série de publications analogues, imprimées à travers les pays d'Oc depuis 1673. Même s'il ne contient que trois œuvres en occitan - bien moins que d'autres recueils - il s'inscrit néanmoins dans cette politique d'édification chrétienne des populations des pays d'Oc à travers l'usage de leur langue, procédé qui fut beaucoup mis en œuvre par Champion de Cicé partout où il exerça son apostolat (Rodez, Bordeaux, Aix).
Le recueil contient notamment le cantique Per lous trabailladous de terre du prêtre ariégeois Barthélémy Amilha (1609-1673), un des textes d'édification chrétienne les plus fréquemment réimprimés dans le Midi aux XVII et XVIIIe siècles.

Le document est accessible sur le site de la Bibliothèque de Bordeaux :
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Occitanitude avec Claude Alranq, metteur en scène, comédien et fondateur du Théâtre de la Carrièra

En 2011, le présentateur Jean Tuffou reçevait Claude Alranq dans son émission Occitanitude sur Ràdio Lenga d'Òc. Y est notamment évoqué le parcours de l'homme de théâtre, et son rapport à la création théâtrale populaire, ainsi que sa place au sein de la culture occitane.

Né le 21 février 1947 à Pézenas (Hérault), Claude Alranq est un comédien, auteur dramatique, metteur en scène et conteur français d'expression occitane. Chercheur dans le domaine de l'ethno-scénologie, il a fondé, en 2000, la licence professionnelle Acteurs Sud. Il a enseigné à l'Université de Nice et demeure le fondateur du Théâtre de la Carrièra, qui a profondément marqué depuis plus de trente ans le théâtre en général et le théâtre occitan en particulier. Il collabore actuellement avec, entre autres compagnies, le Théâtre La Rampe-TIO, de Montpellier.
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« La Fête en Languedoc », de Daniel Fabre et Charles Camberoque
Publié en 1977 chez Privat, cet ouvrage concrétise la rencontre entre un ethnologue de renom et un photographe de terrain. Synthèse unique en son temps, il fera date dans l'histoire du fait carnavalesque, en Languedoc et au-delà.

L'ouvrage est divisé en deux grandes parties.
La première fait place aux photos en noir et blanc de Charles Camberoque, liées à des manifestations carnavalesques languedociennes de la fin des années 1970 au milieu des années 1980.
La seconde est composée de « Regards sur le Carnaval aujourd'hui », un texte signé par Daniel Fabre, divisé en sept paragraphes, qui analyse notamment les grands symboles des carnavals languedociens :
Chapitre I : moments d'une renaissance
Chapitre II : la société saisie par la fête.
Chapitre III : vie et mort du roi Carnaval.
Chapitre IV : les sauvages et le chaos.
Chapitre V : la ballade des totems.
Chapitre VI : le corps en fête.
Chapitre VII : politique et carnaval.

« La fête est la plus fugace des œuvres collectives. Elle ne produit rien. Dans le dernier feu du carnaval, elle brûle ses propres traces, elle consume ses propres symboles. D'où la tentation de discourir à perte de vue sur ce vide, de le remplir de son propre désir. Ce livre essaie d'échapper à ce vertige.

Ce moment où toute l'existence devient comme un théâtre, ce moment où chacun se montre en se déguisant, il fallait le donner à voir. Charles Camberoque, le photographe, et Daniel Fabre, l'ethnologue, ont regardé ensemble les mêmes fêtes dans les villes et les villages du Languedoc et aussi d'Andorre et de Catalogne. Leurs visions se conjuguent. Chacune ouvrant ses propres perspectives, elles rendent à la fête une authenticité et une complexité surprenantes.

Après sa première parution, en 1977,, ce livre a connu un destin inattendu. Dans les mascarades de rue, sur les planches de théâtre, sur les écrans de cinéma, il est venu étayer la renaissance multiple du carnaval. Cette deuxième édition - entièrement refondue et mise à jour - tient compte de cette aventure. Sans reprendre par le menu une histoire proche, elle pose un double regard sur la fête en ses élans nouveaux. »

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Gui Broglia canta Robèrt Lafont (album, 1965)
Lafont, Robert (1923-2009)‎
Livret du disque vinyle 33 tours édité en 1965 par la section gardoise de l'Institut d'études occitanes. Seul à la guitare, le Montpelliérain, alors étudiant en médecine, y interprète des textes poétiques du célèbre penseur occitaniste. Ce sera le premier disque en son genre.


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Occitanitude : « L’émission qui recherche les valeurs qui nous unissent »
Tuffou, Jean. Metteur en scène ou réalisateur
Figure de l’action culturelle dans l’Hérault, il fut longtemps le directeur de l'Office départemental d'action culturelle, Jean Tuffou lance en 2007 sur les ondes de Ràdio Lenga d’Òc une émission-portrait intimiste et humaniste à la Jacques Chancel autour d’un concept qu’il invente : « l’occitanitude ». Dans une perspective fortement inclusive, ses entretiens sondent chez les « Occitans » (anciens ou nouveaux, d’ici ou d’ailleurs), ces valeurs que l’on ressent et qui réunissent par-delà les différences quand on prend racine en Occitanie.


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Viure ! (vivre !)
Claude Alranq
Musique de la Rue
Village
Disque vinyle 45 tours témoin de la marche sur Montpellier du 10 mai 1980 à l'appel du Parti Communiste. Le metteur en scène et comédien Claude Alranq y déclame un poème accompagné par la Musique de la Rue, groupe composé de membres des groupes Sauveterre et Quimantu.

Ont participé à cet enregistrement :
La Musique de la Rue.
Les chanteurs : Maguy, Yamari Cumpa (du groupe Quimantu), Jean Tricot, Bernard Connac (du groupe Sauveterre) et Claude Alranq. Musique et orchestration : Jean Tricot.
Au dos de la couverture, une photo illustre le rassemblement à Montredon-des-Corbières (11) devant la stèle d'Emile Pouytès, viticulteur tué lors des manifestations du mois d'avril 1976.

« Aquela manifestacion era pas soncament a l’iniciativa del partit communist. Es nascuda de la crida que l’escrivan JP. Chabrol, l’universitari R. Lafont e lo president de la cambra regionala d’agricultura E. Maffre-Baugé buteron. Aquel manifèst es « lo pais escorjat » que podètz trapar dins los archius de R. Lafont al CIRDOC. Moltes sindicats obrièrs, organisacions professionalas, moviments de joneissa, l’Accion Culturala Occitana, l’Action Jeune Théâtre… participeron dins aquela manifestacion de Montpelhièr que comptava dins las 100.000 personas. Lo mot d’òrdre de la manif era « VIURE ». 
FUGUÈT UN ECSEMPLE REMIRABLE DE L’UNION POPULARA QUE NASQUÈT DE LA PUJADA CULTURALA OCCITANISTA ENDRALHADA DINS LAS ANNADAS 1968. 
Domatge qu’aquela union populara regionala de la basa e dins l’accion s’es farlabicada dins "un program comun de governament» que menèt Mitterand al poder per pas rès entreprendre de solid pels paisses d’oc… e fin finala per la França tota. La davalada de la mobilisacion regionala, populara coma obrieira, intellectuala coma culturala, comencèt en seguida d’aquel renègament. Encara uèi ne portèm las consequenças. Es lo Front Nacional que pauc a pauc recuperèt lo terrenc abandonat. »

« Cette manifestation n'a pas seulement été l'initiative du Partit communiste. Elle est née de l'appel que l'écrivain Jean Pierre Chabrol, l'universitaire Robert Lafont et le président de la chambre régionale d'agriculture Emmanuel Maffre-Baugé ont poussé. Cette manifestation ...

Claude Alranq en 2019
MARTEL-Felip_30-06-2011_captacion-CIRDOC_FH-04.JPG
L'historien Philippe Martel présente une conférence autour du Félibrige, mouvement de renouveau culturel occitan de la fin du XIXe siècle à aujourd'hui, dans le cadre des Journées de Larrazet (82).
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L'occitan, langue officielle du Val d'Aran
Le député Paco Boya évoque au micro de Radio Lenga d'Òc la nomination de l'occitan en tant que langue officielle en Catalogne, lors de la manifestation Anem Òc en 2007 à Béziers.
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