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L'intervention d'Yves Rouquette au Musée Fenaille dans le cadre du festival l'Estivada de Rodez en 2012

Invité en juillet 2012 dans le cadre du festival L'Estivada de Rodez, l'écrivain Yves Rouquette déclame ici plusieurs de ses poèmes et y raconte des anecdotes liées à des rencontres faites tout au long de sa vie, depuis la cours intérieur du Musée Fenaille à Rodez.

Dans une grande solennité, conférent à cet instant une aura toute particulière, l'écrivain y déclame des extraits du Cant dels millenaris et de la suite poétique Diusses primièrs.
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Cantiques spirituels pour les missions à l'usage des Révérends Pères missionnaires Capucins de la province de Guienne
Imprimé à Bordeaux en 1785 sur ordre de l'archevêque Jérôme Champion de Cicé, ce recueil de cantiques spirituels pour les missions s'inscrit à la suite d'une longue série de publications analogues, imprimées à travers les pays d'Oc depuis 1673. Même s'il ne contient que trois œuvres en occitan - bien moins que d'autres recueils - il s'inscrit néanmoins dans cette politique d'édification chrétienne des populations des pays d'Oc à travers l'usage de leur langue, procédé qui fut beaucoup mis en œuvre par Champion de Cicé partout où il exerça son apostolat (Rodez, Bordeaux, Aix).
Le recueil contient notamment le cantique Per lous trabailladous de terre du prêtre ariégeois Barthélémy Amilha (1609-1673), un des textes d'édification chrétienne les plus fréquemment réimprimés dans le Midi aux XVII et XVIIIe siècles.

Le document est accessible sur le site de la Bibliothèque de Bordeaux :
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Émission Occitanitude (Ràdio Lenga d'Òc) : Jean Tuffou reçoit Sylvan Chabaud, musicien et écrivain
Tuffou, Jean. Présentateur
Baudry, William. Metteur en scène ou réalisateur
Le présentateur de Ràdio Lenga d’Òc Jean Tuffou reçoit le poète et chanteur Silvan Chabaud.

Silvan Chabaud fait partie de la nouvelle génération d'écrivains occitans. Né en 1980 dans le Var, il chante d’abord ses créations au sein du groupe de rap Xénofil, puis avec le collectif reggae/hiphop Mauresca fracàs dub et les Doctors de trobar. Silvan Chabaud est également spécialiste de la littérature baroque occitane, notamment du poète provençal Louis Bellaud de la Bellaudière, auquel il a consacré sa thèse de doctorat en 2007. En 2012, il publie son premier recueil, Leis Illas infinidas / Les Îles infinies aux éditions aux éditions Jorn (2012).

« La poésie de Silvan Chabaud est brève, simple et transparente. Les Îles infinies (infinies en nombre, en merveilles, en éloignement ?) sont autant de poèmes du désir. Désirs multiples, dont le plus immédiat est celui de l'instant qu'il faut saisir au vol, coûte que coûte, comme on aborde sur une île. »
Présentation de ses éditeurs

La Sauze - Montredon
Le chanteur La Sauze chante les événements de Montredon (Aude)
La Sauze

Les tensions entre viticulteurs du Languedoc et pouvoir central ne cessent de s’endurcir tout au long de la décennie 1970 et aboutissent au drame humain de Montredon-des-Corbières (Aude). Une action qui tourne mal, un mort dans chaque camp, un vigneron des Corbières, un CRS breton.
Lui-même fils de viticulteur, La Sauze est un des chanteurs de cette « Nouvelle chanson » à texte occitane. Il signe, avec Montredon, enregistré quelques mois après les événements, un tract sonore d’une humanité bouleversante. De quoi en faire une chanson-monument pour des générations de Languedociens.


Version connue
La Sauze - Montredon (33 tours La Sauze 2, Ventadorn, 1979)
Auteur : Marcel Sauzel, auteur, compositeur, chanteur, musicien

Paroles
Dos òmes son tombats sul sòl de Montredond.
Emili èra occitan, Joël èra breton.
Son mòrts e cresi pas qu’aquò plan importèssa
Qu’un siá viticultor e l’autre C.R.S. :
A Brèst o a Quimpèr se se torna passar,
Emili serà flic e Joël païsan.

Èra un quatre de març, veniá roge lo cèl.
Sus la plana fumava encara l’escaucèl,
Quand la mòrt uniguèt dos fraires de misèria,
Dos innocents pastats dins la mèma matèria
Que, sens saber perqué, gendarme e vinhairon,
Son tombats coma un sol al mièg d’un carrairon.

Un es mòrt per sa tèrra e l’autre per pas res.
Sauprem pas jamai lo pus de plànher quan es.
Vos demandi tanben, e mai se vos arraca,
De los plegar ensem dins la meteissa saca
E de pas pus cercar a tot pèrdre, cossí
De l’un ne faire un sant, de l’autre un assassin.

Bretanha e Lengadòc, cadun perdèt un filh,
Mas los murtrièrs son pas los qu’avián un fusilh.
Èran dins de burèus, tirats a quatre espillas,
Rosetas al revèrs, consciéncias tranquillas.
Los copables per los trapar valddriá melhor
Gaitar cap a París, l’Elisèu, Matinhon.

Jutjaretz benlèu qu’es tardièra ma cançon,
Qu’es passada de mòda e pas pus de sason.
Vos vesi romegar e me faire la tronha :
"Desenterrar los mòrts, s’es pas una vergonha !"
Podètz totjorn bramar, mas per ieu es segur
Que Montredond es mai vivent que Montsegur.

Dins vint ans i aurà pus degun a Montredond.
Pus degun, e de vin aurà rajat jol pont.
Mas del quatre de març, aurem grand gaug encara,
Per ne nos remebrar, del cant d’una guitarra,
E per tornar trapar, foguèssa roge o blanc,
Al vin setanta sièis, un rèire-gost de sang.

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Le patois d'Étroussat et la vie rurale / A. Ferrier
Ferrier, Aimé (1896-1975)
Tapuscrit accompagné de notes manuscrites d'une étude linguistique et ethnographique sur la commune d'Étroussat (Allier).

Aimé Ferrier (Auguste Antoine à l’état-civil) naît le 6 avril 1896 à Étroussat (Allier), le village où ses parents sont nés eux-aussi. Il grandit au hameau des Noirs, dans la propriété de son grand-père maternel Bonnamour, où son père travaille comme viticulteur pépiniériste.
Instituteur public, il enseigne après la Premère guerre dans les écoles normales de Varzy (Nièvre), de Périgueux (Dordogne), puis en 1935 à l’école primaire supérieure d’Ussel (Corrèze). En 1948 il devient directeur du collège de Cusset (Allier). Il se retire à Ébreuil, commune de naissance de son épouse Jeanne Pinel, où il décède le 25 mars 1975. Curieux de théorie des nombres, Aimé Ferrier reste célèbre pour avoir déterminé en 1951 le plus grand nombre premier alors connu. Ce nombre de 44 chiffres lui avait demandé deux mois de calcul à la main. L’usage des ordinateurs supplante peu après le calcul humain, ce qui fait d’Aimé Ferrier le dernier détenteur de ce record.
Aimé Ferrier rédige en 1939 une monographie sur le parler de son village natal, sa langue maternelle. Cette étude a été consultée et utilisée par plusieurs dialectologues universitaires. Simone Escoffier, auteur d’une thèse intitulée «La rencontre de la langue d’oïl, de la langue d’oc et du francoprovençal entre Loire et Allier » (1958), qualifie ce travail d'Aimé Ferrier de « monographie tout à fait remarquable ». Il est pourtant resté inédit.

Présentation par Jean-Michel Effantin

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Version occitane du chant de la Sibylle
Bertrand, Aurélien

Résumé

Le chant de la Sibylle est un chant annonciateur de la fin des temps, dont la plus ancienne version connue remonte au Xe siècle. Une version occitane du texte est conservée aux archives départementales de l’Hérault.
Son appellation « Sibylle » fait référence à la portée divinatoire du texte, Sibylle étant le nom donné depuis l’Antiquité aux prophétesses qui pouvaient occasionnellement faire œuvre de divination.
Très populaire en Castille, en Catalogne, en Italie, et en France durant tout le Moyen Âge, il est aujourd’hui surtout interprété dans les églises de Majorque, Catalogne et Sardaigne au cours des Matines de Noël, la nuit du 24 décembre.
La version majorquine du chant de la Sibylle a été inscrite en 2010 par l'UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel.
Il existe de nombreuses variations du texte, souvent accompagné d’un acrostiche (strophe où les initiales de chaque vers, lues dans le sens vertical, composent un nom ou un mot-clé), parfois de sa musique et plus rarement encore d’un titre. [imatge id=21092]

Autres versions du titre

< « Version romane du chant de la sibylle » (ancienne appellation)

< « Ell iorn del iuzizi » (incipit de la version occitane)

< « Canto de la Sibila » (version castillane du titre)

< « Cant de la Sibil·la » (version catalane du titre)

Exemplaires conservés

1 exemplaire connu :

Le manuscrit qui comprend la version occitane du chant de la Sibylle est connu sous le nom de « Lectionnaire de l’office » et date du XIIe siècle.
Il est conservé aux Archives départementales de l’Hérault sous la cote 10 F 120.
Il se présente sous la forme d’un registre parchemin de 294 folios (37 × 26 cm).

Lien vers la numérisation 

Note d’étude

Les spécificités du manuscrit occitan

La version occitane du chant de la Sibylle est connue grâce au travail de Joseph Berthelé (1858-1926), archiviste, qui a recueilli, aux environs d’une ancienne abbaye d'Aniane dans l’Hérault, un lectionnaire (livre liturgique contenant les passages des textes religieux lus à l'occasion des cérémonies religieuses) copié à la fin du XIIe siècle et l’a transporté aux archives départementales de Montpellier. Ce lectionnaire comprend, outre dont la fameuse version occitane du chant, de nombreux autres textes comme des sermons, des Actes des Martyrs et des homélies.
Le texte de la version occitane du chant de la Sibylle est accompagné d’un unique feuillet de musique notée dans le mode de Ré qui pourrait être une transition entre le Mineur antique et le Majeur moderne de l’air de la chanson.
Le texte de la chanson est une adaptation en occitan d’une version latine et apparaît comme l’une des plus anciennes versions en langue non latine du texte. Cette adaptation est réalisée en vers rimés rythmés, groupés quatre par quatre qui s'adaptent à la mélodie. Elle permet ainsi de passer de la version latine à la version occitane entre chaque couplet, peut être à des fins de réappropriation par une population occitanophone.
La version occitane du texte ne comprend pas l'acrostiche présente dans la plupart des autres versions connues du texte.

Présentation du texte

Le contenu de la version occitane du chant de la Sibylle ne diffère pas fondamentalement des autres versions connues. Le chant narre les visions d’une prophétesse qui n’est pas présentée et dont les visions sont liées au jugement dernier de Dieu et donc à la fin de temps. En cela la chant de la Sibylle peut être qualifié d’eschatologique (dont le propos est lié à la fin des temps).
Ces visions font références à divers éléments et évènements bibliques (conséquences de la mort de Jésus-Christ sur Terre, ouverture des portes de l’Enfer pour les pécheurs…) et concernent autant les fizel (fidèles) que les descrezen (mécréants). Elles ont donc une valeur de mise en garde et d’avertissement auprès des fidèles.

Il faut probablement voir dans ce chant de la Sibylle et son succès le reflet de l’angoisse du passage vers l’an Mil dans la société occidentale du Haut Moyen Âge.

Postérité de l’œuvre

La version occitane de l’œuvre a fait l’objet d’un travail de réinterprétation en 2019 par l’artiste Clément Gauthier autour d’un projet collectif intitulé “Le chant de la Sibylle”.

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Annales de l’Institut d’études occitanes, 1972 : « Pour une anthropologie occitane »
Fabre, Daniel (1947-2016)
Lacroix, Jacques
Article publié dans le  n° 6 (1972) des Annales de l'Institut d'études occitanes, numéro thématique intitulé  « Orientation  d'une recherche occitaniste ». Ce texte définit les fondements scientifiques d’une anthropologie occitane et dresse un inventaire des tâches à réaliser.
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Projet de Statut d’autonomie pour l’Occitanie (VVAP, octobre 1980)
Movement socialista e autonomista occitan "Volem viure al pais"
Ce document est rédigé par le Movement Socialista e Autonomista Occitan — Volem Viure Al Païs (VVAP). Il date de la fin du septennat de Valéry Giscard d'Estaing (1979 et 1980), dans un contexte où la lutte du Larzac joue un rôle de catalyseur dans la prise de conscience de l’identité occitane (avec des slogans comme Volem viure é trabalhar al païs ou Gardarem lo Larzac).

Le texte se présente sous la forme d’un essai dans sa première partie. La deuxième, quant à elle, résulte de la fusion d’un texte de loi organique commentée — semblable au statut d'autonomie de la Catalogne qui est rédigé la même année — et d’un programme politique argumenté. Les deux parties sont introduites par des préambules explicatifs.

Le texte est résolument « socialiste », dans le sens anti-capitaliste du terme, et « autogestionnaire » dans un appel à une « voie occitane au socialisme » dans un logos de libération nationale, tout en mesurant le propos puisqu'il propose non pas l’indépendance mais la création d’une Occitanie autonome au sein de la France. On retrouve dans la première partie, elle-même divisée en deux, d’abord un argumentaire sur l’existence du peuple occitan, une « nation en marche », en comparaison avec la France, puis une explication sur le pillage, par secteur, de l’Occitanie par l’État et les multinationales.

La deuxième partie, elle aussi divisée en deux, propose d’abord une description des institutions de la future région autonome, son fonctionnement et sa composition, avant de présenter le programme politique en trois sous-parties :  
- « décider au pays » sur la forme et le financement que les institutions devraient prendre au sein même de la communauté autonome
- « travailler et contrôler au pays » sur la forme de l’économie et de ses secteurs
- « vivre mieux au pays » sur les droits politiques, sociaux, culturels et économiques.

Le document conclut son propos sur l’urgence de la mise en place d’un tel programme et de ces propositions, qui « prendront toutes leurs dimensions dans les mouvements sociaux qui les ont provoqués ». Il insiste enfin sur le fait que « la lutte pour l’autonomie des peuples de France est la forme historique actuelle de leur libération ».
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Programme de la journée béarnaise / Chorale Déodat de Séverac
Programme d'une journée consacrée au répertoire chanté béarnais en occitan, par la chorale Déodat de Séverac de Toulouse, le dimanche 5 mars 1922 à la salle du Jardin royal, à Toulouse.

La chorale rend hommage, par son nom, au compositeur Déodat de Séverac (1872-1921), originaire de Saint-Félix-Lauragais, qui connut la gloire sans jamais renier ses origines languedociennes. Il composa d'ailleurs sur des textes occitans et catalans. Fondée peu avant le décès du compositeur, le 14 mai 1921, la chorale était présidée par le félibre et médecin Camille Soula (1888-1963). Elle est alors dirigée par le musicien et homme politique catalan Josep Fontbernat i Verdaguer (1897-1977). Sans surprise, elle était orientée vers le répertoire occitan. Cette journée béarnaise est placée – sans surprise non plus – sous le triple patronnage des poètes Simin Palay (1874-1965) et Michel Camelat (1871-1962) ainsi que du félibre béarnais Jean Casassus.

Le programme n'est pas qu'occitan : sont d'abord interprétées trois chansons catalanes, dont deux du compositeur de sardanes Enric Morera i Viura (1865-1942), puis six chants béarnais (précédés d'une conférence de Simin Palay). Trois œuvres françaises de la Renaissance et une traduction française d'un choral de Jean-Sébastien Bach clôturent le programme.



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Programme des fêtes de l'Escole Gastou-Fébus, les 22 et 23 août 1909 à Salies-de-Béarn
Programme des fêtes de l'Escole Gastou-Fébus, organisées les 22 et 23 août 1909 à Salies-de-Béarn.
L'Escole Gastou-Fébus est une école félibrenne béarnaise fondée en 1896 à Pau par Simin Palay (1874-1965) et Michel Camelat (1871-1962), figures centrales du Félibrige gascon pyrénéen. On appelle « école » (escòla en graphie occitane classique) une association affiliée au Félibrige, dont les membres sont félibres.

Comme c'est généralement le cas pour les fêtes félibréennes, l'évènement se compose d'une série de spectacles de chants et de danses occitans en tenues traditionnelles du pays. S'ouvrant par la réunion du bureau de l'association, le premier jour voit se succéder un apéritif-concert, puis des représentations de pièces de théâtre en occitan. Le deuxième jour a lieu la Cort d'amor, le concours de poésie et de chant occitan, caractéristique des félibrées.

Notons la présence de Léonce Lacoarret dit Al-Cartero (1861-1923), le médecin-poète gascon auteur de la célèbre chanson sociale Los Pica-talòç.


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