Issu d’une famille de paysans rouergats, il suit des études au petit séminaire de Rodez puis à Toulouse. Il devient professeur de Lettres à Rodez en 1937, censeur au Lycée Pierre-Loti de Rochefort-sur-Mer (1947) puis au Lycée de Rodez (1950), et enfin au Lycée Joffre de Montpellier (1957). En 1968, il est nommé proviseur de la Cité scolaire d’Alès. Il achève sa carrière en tant que proviseur du lycée Henri-IV de Béziers de 1970 à 1974.
Parallèlement à sa carrière d'enseignant, Adrien Vezinhet s'est également impliqué tout au long de sa vie pour l'étude et la promotion de l'occitan. À la Libération, il fait partie des fondateurs de l’hebdomadaire Le Rouergat, journal chrétien, familial et social qui paraît à partir de 1944 et dans lequel il publie des chroniques en occitan.
À Rodez, il est un ardent promoteur de la langue d’oc et des traditions locales. Au début des années 1950, il accompagne les débuts de la société folklorique « la Pastourelle », où il participe à l'écriture de pièces de théâtre en collaboration avec l'écrivain occitan Henri Mouly (1896-1981) et Jean-Marie Lacombe.
Devenu proviseur au Lycée Henri-IV de Béziers, Adrien Vezinhet se lie d'amitié avec Yves Rouquette (1936-2015) qui y est alors enseignant. Il lui fait découvrir son théâtre et ils projètent ensemble une édition sous le titre de Teatre de la Pastorèla. L'édition n'aboutiera jamais. L'ensemble des textes rassemblés pour cette édition sont ensuite déposés par Yves Rouquette au Centre international de documentation occitane (CIDO, devenue CIRDÒC en 1998). Le Teatre de la Pastorèla est édité par IEO-edicions en 2014.
Modalités d'entrée :Don de Yves Rouquette en 1993
Accroissement :Fonds clos
Le fonds Vezinhet est composé de deux ensembles :
- VEZ-A : productions littéraires et théâtrales d'Adrien Vezinhet.
- VEZ-B : travaux sur les danses traditionelles du Rouergue et du Sud du Massif Central.
Dates extrêmes :Fin de la décennie 1970
Langues représentées dans le fonds :Occitan (languedocien)
Importance matérielle :0.10 mètre linéaire, environ 400 feuillets
Supports représentés :Manuscrits/Tapuscrits
Reproductions (photocopies)
VEZ
Instruments de recherche disponibles :Inventaire dans le catalogue des archives du CIRDÒC
Consultable au CIRDOC, en salle de recherche
Conditions de reproduction :Toute reproduction en vue d'une édition ou production audiovisuelle de la documentation contemporaine soumise au droit d'auteur ne peut se faire sans l'accord des ayants-droit. La reproduction de documents à des fins de recherche, sans publication, est acceptée sous réserve des impératifs de conservation des documents.
Votre question : Pourquoi chante-t-on « fume la pipe sans tabac » dans la chanson Carnaval es arribat
Notre réponse : La chanson Carnaval es arribat, constitue dans la tradition occitane relative à cette fête, une chanson incontournable, interprétée tout aussi bien au commencement des festivités que dans l'épilogue de celles-ci alors que le bonhomme Carnaval est porté au bûcher.
Voici les premières paroles de cette farandole, telle que transmise dans l'ouvrage Lo resson de la pèira de Jean-Michel Lhubac, Josiane Ubaud et Marie-José Fages-Lhubac (Saint-Jouin-de-Milly : Modal, 2006), dans lesquelles apparaît la formule "Fume la pipe sans tabac".
Cançon 29 "La Pipa ou Carnaval es arribat ou Los Acabaires".
"Carnaval es arribat, / Carnaval est arrivé,
Fuma la pipa, fuma la pipa, / Fume la pipe, fume la pipe,
Carnaval es arribat, / Carnaval est arrivé,
Fuma la pipa sens tabac. / Fume la pipe sans tabac.
Repic / Refrain
I anarem totes, i anarem totes, / On y ira tous, on y ira tous,
I menarem nòstres enfants, / on y amènera nos enfants,
E la jornada serà pagada / Et la journée sera payée
Coma se trabalhaviam. (bis) / Comme si l'on avait travaillé."
Le même ouvrage nous renseigne par ailleurs sur l'origine de cette expression qui peut sembler contradictoire : "Fumer la pipe sans tabac". Il faut en fait aller chercher l'une des significations de la "pipe", terme qui en français comme en occitan désigne également une grande futaille, ("Grande futaille, de capacité variable selon les régions" Trésor informatisé de la langue française), c'est-à-dire un récipient sphérique destiné à contenir divers liquides, mais de préférence des liquides alcoolisés, vins ou eaux-de-vie le plus souvent.
Le Trésor du Félibrige, le dictionnaire somme réalisé au XIXe siècle par Frédéric Mistral donne également les différents sens de la pipa : " Pipo : (rom. Pipa, tube, pipeau, cat. Esp. Port. it. Pipa), s.m. Pipe, calumet, v.brulo-taba, cachimbau, galifo, tubanto; feuillette, grande futaille contenant 6 hectolitres en Béarn, v. Bouto, pipan [...]".
"La pipe sans tabac" nous renvoie donc à la futaille et avec elle, à la question de la boisson. Lo resson de la pèira explique ainsi que "Fumer la pipe sans tabac, c'est donc boire" (ibid. p103).
L'ouvrage Carnaval en Béarn. Coutumes et chansons de J.-B. Laborde, (disponible sur Occitanica ici) propose d'ailleurs en page 9, une des nombreuses variantes de Carnaval es arribat (on trouve d'une région à l'autre et selon les époques, des nuances plus ou moins fortes de cette chanson traditionnelle). Dans cette dernière, dont le premier couplet est repris ci-dessous, la question de l'alcool est présentée de façon plus explicite.
Ne saber mai :
- Sur le carnaval en ligne : Aquí
- Lo resson de la pèira.
« Carnaval est arrivé / carnaval es arribat
Carnaval est arrivé / Carnaval qu'es arribat,
Verse à boire, verse à boire, / Botelha, botelha.
Carnaval est arrivé, / Carnaval qu'es arribat,
Verse à boire, jeune homme / Botelha, gojat."
Les différentes chansons accompagnant Carnaval, est tel est le cas de Carnaval es arribat, possèdent en effet souvent un important paratexte, et multiplient les allusions plus ou moins explicites, notamment relatives à l'alcool mais aussi sexuelles. Effectivement, avant de devenir un moment de fête ouvert à tous et tout particulièrement aux plus jeunes, Carnaval fut durant des siècle un temps à part de l'année. Une période de licence et de remise en cause de l'ordre établi avant que ne commence la dure période des restrictions du Carême, très éloignée dans ces manifestations du monde de l'enfance.
Les Temporadas de Pézenas rythment l'année de la cité par des rituels festifs entre traditions immémoriales et création théâtrale contemporaine.
La fête de « Martror », la Toussaint en occitan, se déroule au mois de novembre. Martror s’inscrit dans un plus large travail de recherche et de création mené par le Théâtre des Origines autour des fêtes saisonnières.
Feu de la Saint-Jean d'été et Carnaval au printemps, autres rituels calendaires ancestraux relevant du passage symbolique d’une saison, d’un âge à l’autre, représentent les autres moments forts des Temporadas, traditions revisitées et réinterrogées par la compagnie au terme d’une important travail de recherche sur le patrimoine culturel immatériel régional.
Le collectif qui va constituer le Théâtre des Origines naît en 2003, sur les bancs de la licence professionnelle « Acteurs Sud » et regroupe des comédiens, à la fois chercheurs et scénographes proposant des spectacles de rue transdisciplinaires et interactifs. Le collectif puise dans le patrimoine culturel immatériel local la matière d’une création nouvelle faisant résonner lieu/ histoire/ traditions et habitants dans une entreprise tant artistique, que culturelle et sociale.
« Que reste-t-il aujourd'hui de la fête des morts ? »
C'est par ces mots que Claude Alranq débutait sa conférence sur Martror, la fête des morts, enregistrée le 29/10/2014 au Théâtre de Pézenas en amont des fêtes de Martror organisées dans le cadre des Temporadas de Pézenas.
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« Que nous le voulions ou non, vivre c'est côtoyer ces trois malaises : la peur de la Mort, la peur des morts et la peur du prédateur que nous sommes. Toutes les civilisations ont affronté ces enjeux et elles ne purent que leur survivre qu'en inventant des fêtes qui les aidèrent à se tranquiliser : exorcisme, conjuration, prémunition, envoûtement, possession, catharsis, purification, déni... »
Retrouver la transcription de cette conférence sur Occitanica.