C'est en 1899 qu'Alcée Durrieux (1819-1901), avocat à la Cour d'appel de Paris, originaire de Lectoure (Gers), érudit et philologue, traducteur des Poésies gasconnes de Pey de Garros, publie son Dictionnaire étymologique de la langue gasconne avec racine celte ou grecque de chaque mot gascon suivi du mot latin et français, en deux volumes.
Dans cette brochure de 80 pages éditée en 1840 à Digne (impr. Repos), le docteur Simon-Jude Honnorat expose son projet de Dictionnaire provençal-français ou Dictionnaire de la langue d'oc ancienne et moderne qui parut en quatre volumes entre 1846 et 1848. Sans doute commencé vers 1811, le dictionnaire d’Honnorat peut être considéré comme le premier grand dictionnaire moderne de la langue occitane, embrassant la langue dans son ensemble et exposant des conceptions linguistiques et des choix graphiques assez novateurs.
Cette brochure était destinée aux érudits des Alpes provençales et aux sociétés savantes de l’espace occitanophone afin de faire connaître le projet de dictionnaire et sans doute de réunir les fonds nécessaires à son édition. Ce Projet, dans lequel Honnorat retrace son itinéraire et expose ses conceptions linguistiques et sa méthode, constitue une source importante pour la connaissance d’une œuvre majeure de l’histoire linguistique occitane. Les rapports des différentes sociétés savantes destinataires du Projet, publiés dans leurs revues et bulletins, forment un corpus intéressant sur la connaissance et les conceptions idéologiques et linguistiques des érudits de l’espace occitanophone au commencement du mouvement de « renaissance d’oc ».
Claude Odde de Triors n’est pas toulousain mais originaire du Dauphiné, ce qui explique sans doute sa curiosité « joyeuse » et presque anthropologique avant la lettre pour le parler des Toulousaines et des Toulousains auquel il est immanquablement confronté comme étudiant dans la capitale du Languedoc.
Le petit ouvrage que publie Odde de Triors est un livre intéressant à plus d’un titre. Sur le plan linguistique, il fournit une compilation de mots et expressions, de scènes de vie qui nous laisse entrevoir la vie populaire toulousaine au XVIe siècle. Il offre également un inventaire très complet de la production littéraire toulousaine de son époque.
Les Joyeuses recherches de la langue toulousaine apparaît comme un projet encyclopédique sur la langue populaire, emporté dans un style joyeux qui révèle un lecteur attentif de Rabelais. Odde de Triors recueille des mots, des dictons, des sobriquets dans le parler vivant du peuple, il les définit et les commente, en les surchargeant des gloses fantaisistes à la manière d’un traité faussement docte. Il mêle l’occitan, le français et le latin pour provoquer un jeu de registres destiné à faire rire.
On ne trouve ni nom d’auteur ni d’imprimeur sur ce recueil qui ressemble à une édition clandestine. C’est la longue Epître liminaire placée en tête du livret qui nous donne la date de publication. Le nom de l’auteur nous est révélé par ses amis qui lui adressent des vers à la louange de son œuvre. Le fleuron de la page de titre permet d’attribuer l’impression à l’imprimeur toulousain Jacques Colomiez. Les relieurs Chambolle-Duru de la 2e moitié du XIXe siècle reprennent ce fleuron sur la reliure de cet exemplaire issu des collections du CIRDOC-Mediatèca occitana (CR-A-8137).