Instituteur et poète audois. Il fonde plusieurs écoles félibréennes. Il est membre de l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse. En 1900 il est élu majoral du Félibrige. En 1927, il fonde le Collègi d’Occitanìa. Il dirige plusieurs revues dont Lo Gai Saber, et il élabore avec Antonin Perbosc une graphie inspirée des troubadours qui servira de base à la “graphie classique” de l’occitan. Il entretient une correspondance amicale avec Frédéric Mistral entre les années 1890 et 1910, dans laquelle Mistral le complimente sur sa poésie et commente, parfois en les lui reprochant, ses choix orthographiques.
La lettre du 31 mars 1895 est un compliment de Mistral pour Lou Terradou. Il en salue le lyrisme et l’authenticité : “i’a qu’un fiéu de la terro pèr ama coum’acò e pèr canta la terro maire”. Il semble avoir une véritable et profonde admiration pour les œuvres d’Estieu, ses critiques sont élogieuses et passionnées, il emploie fréquemment dans sa correspondance le terme d’“artiste” pour désigner son ami et rapproche son art de celui d’un orfèvre.
Par ailleurs, Mistral lui envoie des quantités de petites cartes jouant sur le nom d’Estieu qui en occitan veut dire été et semble rendre exactement l’image qu’il se fait de son ami.
Léon Alègre y loue la qualité du dernier livre de Frédéric Mistral, Calendau qui paraît un mois après la rédaction de cette lettre. Poème épique, Calendau ne connaît pas à Paris le succès de Mirèio et vaut à Mistral des attaques contre ses idées "séparatistes" qui transparaîssent dans son oeuvre.
Poème manuscrit de Frédéric Mistral écrit à l'occasion du concours de la Société pour l'étude des langues romanes du 23 au 29 mai 1878 à Montpellier.
En Provence, l'année 1878 est marquée par de nombreuses célébrations destinées à populariser la pensée félibréenne et la communion latine. A Montpellier la Société pour l'étude des langues romanes organise pour l'occasion les jeux floraux du Félibrige dotés de nombreux prix. Une coupe d'argent est offerte par le félibre catalan Albert de Quintana au meilleur poème sur le thème de la Chanson du latin, dont le but est de consacrer la fraternité des peuples de langue romane par un hymne commun. La date limite de remise des manuscrits est fixée au 1er mars 1877, toutes les langues romanes sont admises à concourir.
Le jury est entre autres composé de Quintana et Mistral. Parmi les 52 poèmes reçus, le poème primé est celui de l'auteur roumain Vasile Alecsandri (Cânticul gintei latine), dont Mistral publia la traduction en occitan dans L'Armana Prouvençau de 1884, sous le nom de : La Cansoun dou latin.
La cérémonie de remise des prix se termine par la lecture d'une composition de Frédéric Mistral, hors concours, également intitulée La Cansoun dou latin.
Ce poème, qui est ici reproduit, a fait l'objet d'une publication dans le tome 13 de l'année 1878 de La revue des langues romanes, p. 266. Le manuscrit fait désormais partie du fonds des manuscrits de la Société des langues romanes conservé par la Bibliothèque universitaire de Lettres et Sciences humaines de l'université Paul-Valéry de Montpellier.