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Lo Còr de la Plana marseillaise chante une douzaine de morceaux en occitan provençal non dénués d’humour, parfois dramatiques à l’exemple de Fanfarnèta (Fanfarnette), des paroles anonymes du répertoire traditionnel chantées en polyphonie, une complainte aux accents médiévaux, sans instruments : « Si vous pendez mon Pierre/Pendez-nous tous les deux ». Le reste, ce sont des chansons de joie, de refus de la petite vie, des textes bouffe-curé, d’éloges de la paresse, d’exhortations à copuler, manger et boire un coup, enfin plusieurs, des thèmes un peu anar menés tambour battant, ou plutôt tambourin, bendir, derbouka, trompette, tuba, hautbois, claquements de main survoltés. Parfois, on entend des qarqabous, les crotales des musiciens gnawas, comme sur Tant deman (peut-être demain), le premier morceau, une farandole entraînante : « Peut-être demain qui sait ?/On n’est pas pressés/Peut-être demain, pas besoin de se stresser ».

Le chœur de la Plaine, quartier populaire, donc cosmopolite, de Marseille, ce sont six voix d’hommes qui se nourrissent goulûment des ingrédients musicaux qu’offre la Méditerranée, notamment ses rythmes les plus remuants. Ainsi, il est très difficile de résister à l’invite à danser de La Nòviota (la jeune mariée), une véritable transe, épileptique et cruelle sur la rapide déconvenue d’un jeune marié (« Cocu ! Cocu ! », chante le coucou). Ce second album du sextette est surtout composé de créations du groupe, notamment de Manu Théron, et rend aussi hommage à un poète et chansonnier du terroir marseillais, Victor Gélu (1806-1885), quand il reprend son Feniant e gromand (feignant et gourmand). Une chanson ébouriffante que joue une fanfare déjantée, une suite d’accélérations et de contretemps déroutants, un brass band quelque part entre la Nouvelle-Orléans et les Balkans. Le même grain de folie souffle sur Mi parlètz pas de trabalhar, me parlez pas de travail, chantent les six cigales de Marseille
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Les cinq membres du Còr ont travaillé jusqu'ici sur le répertoire religieux populaire du Damase Arbaud et des Noëls de Notre-Dame des Doms, et sur de nombreux chants à danser, en intégrant aux compositions et arrangements nombre d'éléments présents dans la culture marseillaise d'aujourd'hui (raggamufin, techno-groove...). Interprétés à l'unisson ou en polyphonie et accompagnés de bendirs ou de percussions corporelles, hurlés, susurrés, les chants du Còr sont à l'image de leur quartier : violents mais sans cruauté, doux mais sans mièvrerie, blindés mais sans sûretés inutiles.
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« Ca tchatche, ça réplique, la voix s’emporte, le tuba se fait volubile et la mandoline sautillante, dans une création acoustique occitane conjuguée au présent » Manu Théron est de retour avec le disque attendu du joyeux trio qu’il forme avec le gratteur de mandoline Patrick Vaillant et le souffleur de tuba Daniel Malavergne. Entièrement consacré à la mise en musique des vers du poète occitan marseillais du XIXème siècle Victor Gélu. Le trio réinvente une musique de kermesse où se croisent chanson, fanfare et airs manouches revus et bien corrigés par son imagination hybride et débridée.
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Chin Na Na Poun, c’est avant tout une partie de plaisir pour Manu Théron (chant), Patrick Vaillant (mandoline) et Daniel Malavergne (tuba), les trois “instifarceurs” de ce projet des plus sérieux. Après avoir ré-habillé sur leur premier opus les chansons du poète et chansonnier marseillais Victor Gélu, le trio s’offre une virée Au Cabanon. C’est dans ce havre de paix où l’on refait le monde entre amis jusqu’à pas d’heure, que nos trois olibrius élargissent leur répertoire, croisant sur la galette des pièces de Bourvil, Antonio Machin, Fauré, Vian et Gélu. Forcément inattendues au regard des instruments et des personnalités en présence, leurs interprétations débridées sont jubilatoires. A découvrir aussi sur scène.
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Le DVD-CD de Sors Les Mains d'Tes Poches vient d'arriver, ça va danser dans les foyers, ça va être chaud pour les pitchots, et balèti pour les petits...

A la fois véritable outil pédagogique et CD que les enfants aimeront écouter, ce coffret comprend des vidéos de danse en situation pour apprendre pas à pas les danses du balèti mais aussi un enregistrement des musiques et chansons correspondantes.
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Cantèra, mot magique pour tous ceux qui y ont goûté. Car la cantèra se vit ! En chantant bien sûr ou même seulement en vibrant. Bars, discothèques, estanguets peu importe, seul compte cet espace-temps où l'on ne fait plus semblant, où l'on se livre tout entier.

En Béarn et dans les Pyrénées gasconnes, la cantèra est l'alpha et l'oméga du chanteur. Pour Balaguèra, comme pour tant d'autres, c'est là que tout a commencé. Au coin d'une buvette. Au Hameau. là que l'on se retrouve ;  que l'on se ressource. Autour d'un verre, chacun amène ce qu'il a en partage : une chanson, une émotion, une langue, une identité. là, dans l'exubérance des rires et des corps, trouve à s'exprimer l'intime du chant : le vrai, celui qui naît cap a cap, au creux des cercles d'amis. Quand les bustes basculent, que les regards s'accrochent, dans la tension des voix la polyphonie se déploie alors comme un arc en plein cintre. Car la polyphonie c'est une cathédrale ! D'où, longtemps, ce penchant pour la saisir dans des acoustiques à réverbération généreuse ? Les Corses nous en montraient le chemin. C'était sans compter sans André (le neveu de Jeannot Minvielle, ce grand chanteur). Au Café des sports d'Uzeste il s'en était un jour étonné. Heureusement de l'église au café il n'y a qu'un pas ! Péry passé de l'autre côté du zinc nous attendait. en presque quinze ans la salle de l'Auberge Cassen s'était aussi remplie d'amis cantaires, quelques uns de ceux et celles - et oui - qui, par chez nous, participent aujourd'hui de cette vitalité retrouvée.
Si la cantèra se vit, elle se bâtit aussi. Puisse alors ce disque aider à pousser, ici et là, la porte de l'auberge pour, toutes et tous, "faire" cantèra.

Balaguèra, Septembre 2016
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Flor Enversa vous emmène à la découverte des troubadours en Auvergne aux XIIe et XIIIe siècles.

Sur une zone recouvrant les départements actuels du Cantal, Haute-Loire et Puy-de-Dôme, ancienne Auvergne et Velay, voici un florilège parmi les chansons de cette région qui nous sont parvenues dans les manuscrits : Peire d'Alvernha, Peirol, Peire Cardenal, Ponç de Capduelh, Monge de Montaudon, Perdigon, et la trobairitz (femme troubadour) Na Castelosa.

Flor Enversa réalise un travail d'archéo-lutherie, reconstitution des instruments par rapport aux sources de l'époque, et fait revivre ces chants avec les sons qui les ont portés.
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La résistance prend bien des formes et des couleurs Toujours dans son désir de partage, de fête et de révolte, GOULAMAS’K la met à l’honneur à travers cet album.
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Entre mystique carnavalesque et prière païenne, Djé Balèti lorgne toujours plus loin vers l’Afrique via une Méditerranée réinventée. Le trio toulousain marie les riffs chamaniques de l’espina, instrument niçois redécouvert par Jérémy Couraut, aux rythmes châabis, à la tarentelle ou au highlife, dans une transe fusionnelle furieusement primitive. Un mix détonnant qui ouvre la voie à une expérience musicale inédite, véritable passerelle entre le Nord et le Sud de la Méditerranée.
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La Sauze

La Sauze, muicien, auteur-compositeur-interprète est un conteur ; son œuvre appartient au patrimoine culturel linguistique et populaire occitan. À travers ses compositions, il perpétue l'esprit.
En effet, dans la lignée des troubadours, l'artiste joue, avec dextérité, avec la langue, il en extrait la quintessence, ses verbes font mouche, ses mots chantent avec l'accent et ses rimes ainsi que sa guitare en marquent le tempo. Cocasse ou parfois grave, l'éventail de son expression est large et s'adresse à tous. Humour et sensibilité donnent à son œuvre cette singularité rare qui la caractérise. Ses chants colportent et renouvellent les valeurs humanistes du terroir languedocien, de cette terre qui l'a vu naître et sur laquelle s'est forgée son identité.

Auteur de six CD, La Sauze se produit, sur scène, depuis des décennies mais il existe peu de réelles transcriptions écrites de ses chansons. C'est autant un plaisir qu'un honneur pour l'association Milles-Poètes en Méditerranée de combler cette aberration, ce manque et de vous présenter La Sauze, à l'image de l'homme qu'il est au quotidien, humaniste, généreux : un artiste au talent authentique... 


Philippe Lemoine
Président de l'association Mille-Poètes en Méditerranée

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