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Le Ramelet moundi de Pierre Goudouli
CIRDÒC - Mediatèca occitana

Biographie 

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Pierre Goudouli (1580-1649) est un auteur occitan toulousain qui compte parmi les plus influents de l’histoire de la littérature occitane. Il est parvenu à s’imposer comme un écrivain occitan en bâtissant une véritable carrière et un projet littéraire souvent couronné de réussite. Il est soutenu par les plus grands personnages de l’époque comme Adrien de Monluc ou Henri II de Montmorency.

Dès 1610, Godolin choisit d’écrire en occitan et publie A l’hurouso memorio d’Henric le Gran, à l’occasion de l’assassinat d’Henri IV par Ravaillac. La publication de ces stances est un véritable coup d’éclat. L’occitan apparaît comme une langue de très haute noblesse, capable d’aborder les sujets les plus hauts et les plus graves. 

Toute son oeuvre fut couronné d’un succès populaire.  Il écrit autant des fictions amoureuses, chansons à boire et à rire, boniments en prose récités au Carnaval toulousain, noëls empreints de sérénité ou méditations sur la mort et l’inanité du monde. 

Mais il est surtout connu pour le Ramelet Moundi

Le Ramelet Moundi : Une entreprise littéraire et linguistique de référence pour des siècles 

Un goût pour le langage : affirmation de la dignité linguistique 

Comme Odde de Triors dans ses Joyeuses recherches de la langue toulousaine, il s’intéresse aux dénivellements linguistiques. 

Il fait cohabiter la parole populaire, la langue très locale, teintée d’idiomatismes pittoresques et une langue qui tend à se rapprocher du français, un “francitan”. 

Il souligne cette distance à l’intérieur même de l’occitan dans les deux épigrammes du “Plat d’epigramas” de la première Floreta : l’une intitulée “Tot Francès entendrà aqueste quatren triat de mots franceses que son tanben mondins”, montre comment le français fait pression, “par le haut” sur l’occitan ; l’autre épigramme intitulé “Aci caldrà le diccionari”, insiste au contraire sur l’écart existant entre les deux langues au point d’avoir recours à un dictionnaire. 

Son livre a longtemps servi de référence, de syntaxe et de dictionnaire à ceux qui désiraient poursuivre son entreprise. 

Un succès d’édition

Le Ramelet Moundi que l’on peut traduire par “Le Bouquet toulousain” a été publié par livraisons successives - que l’auteur, filant la métaphore du titre, appela “floretas”- entre 1610 et 1648. Il connut en son temps comme au long des siècles, un succès d’impression dont la littérature d’oc ne connaît pas d’autre exemple. 

De son vivant, l’ouvrage est publié cinq fois puis après sa mort il continue à l’être, ce qui est un fait très rare. 

Plusieurs écrivains empruntent à Godolin leurs thèmes et leur langue. Cette “école toulousaine”, encore mal connue aujourd’hui, produit une littérature abondante, souvent publiée dans les "Triomphes", ces opuscules qui réunissent, chaque année, les compositions des lauréats du concours poétique des Jeux Floraux toulousains. 

Postérité de l’oeuvre

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La langue et l’oeuvre de Godolin sont devenues ce qu’on peut appeler la “forme littéraire” de l’occitan, un langage autonome, à la disposition de tous ceux qui voulaient faire intervenir l’occitan dans leurs oeuvres. 

Ainsi, son oeuvre eut des répercussions chez Molière dans Monsieur de Pourceaugnac, dans l’opéra-ballet de Jean-Joseph Cassanea de Mondonville, Daphnis et Alcimadure et dans Le Troubadour d’Antoine Fabre d’Olivet.

Ressources numériques 

  • Les différentes éditions du Ramelet Moundi conservées à la Bibliothèque de Toulouse :
  • Obros de Pierre Goudelin augmentados d'uno noubélo floureto. [Avec : Le Dicciounari moundi de Jean Doujat]

Les différentes éditions conservées à la Bibliothèque municipale de Toulouse :

Texte numérisé d'après l'exemplaire de 1774 Res 35331 de la Bibliothèque de l'Arsenal (SCD de Toulouse 1)

Texte numérisé d'après l'exemplaire de 1811 de la Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, YE-12533

Goudelin, Pierre, LAS OBROS DE PIÉRRE GOUDELIN : AUGMENTADOS DE FORÇO PESSOS É LE DICCIOUNARI SUR LA LENGO MOUNDINO, Amsterdam, Daniel Pain, 1700, Musée Médard de Lunel, cote G013

Deux exemplaires conservés au CIRDÒC - Mediatèca occitana :

Las Obros de Pierre Goudelin, augmentados noubelomen de forço péssos, ambé le Dictiounari sur la lengo moundino ; Ount és més per ajustié sa bido, Remarquos de l'antiquitat de la lengo de Toulouso, le Trinfle moundi, soun Oumbro, d'amb'un Manadet de bérses de Gautié é d'autres pouétos de Toulouso. A Toulouso : chez J.-A. Caunes..., 1811, CIRDÒC - Mediatèca occitana, cote CR XIX-127 et CR XIX-303

  • Lithographies :

GODOLIN, Pierre. Oeuvres complettes de Pierre Godolin. Dir. J.M. Cayla et Cléobule Paul. Toulouse : Delboy, 1843. CXIX-604-XLVII p

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Le DON-DON infernal de Louis Bellaud de la Bellaudière (édition de 1602)
Bellaud de la Bellaudière, Louis (1533?-1588)

Louis Bellaud de la Bellaudière (1543-1588)

Auteur majeur de la période « baroque »1, Louis Bellaud a marqué l’univers des Lettres d’Oc à la fin du XVIe siècle. Il représente, pour la Provence d’alors (mais ensuite, aussi, à travers les époques), un véritable renouveau et ouvre un espace de création poétique, abreuvé aux sources antiques, nourri de pétrarquisme, influencé par la Pléiade française tout en demeurant profondément original.

Résumé

L’expérience carcérale, comme nombre de poètes du XVIème siècle tels que Villon ou Marot, est une thématique récurrente de l’oeuvre de Bellaud de la Bellaudière. Le poète, emprisonné 19 mois dans une tour de Moulins, puis ensuite, à deux reprises dans les geôles aixoises, n’a cessé de dire, d’écrire et de fuir l’enfermement. Son écriture est tout autant un témoignage, une traversée des enfers, une satire de la justice corrompue, qu’un chant des plaisirs de vivre incarné par la musique d’une langue. 

Bellaud fut un poète reconnu, en provençal. Il côtoya François de Malherbe et Louis Galaup de Chasteuil, entre autres, à la cour du gouverneur de Provence. Il sut accéder de son vivant (fait rare pour les auteurs en occitan de ce temps) à une première impression2, avec son DON-DON Infernal constitué de 91 stances3 composés de sizains en décasyllabes, décrivant les tourments d’un prisonnier. 

Une première impression, aujourd’hui perdue, est attestée en 1584 (ou début de l’an 1585). Cet ouvrage fut réédité à plusieurs reprises, notamment en 1588 (l’année de sa mort), en 15954 (au sein de l’édition posthume qui compile également deux recueils de sonnets) et plus tard, en 1602. 

Le Musée-Bibliothèque Paul Arbaud d’Aix-en-Provence possède l’unique exemplaire de l’édition de 1588 (Aix, Michel Goyzot) ainsi qu’un exemplaire de celle de 1602 (Aix, Jean Tholosan). Un autre exemplaire de 1602 est conservé à la bibliothèque royale des Pays-Bas à La Haye. 
Grâce au partenariat engagé entre le CIRDOC - Institut occitan de cultura et le Musée-Bibliothèque Paul Arbaud, la numérisation de ces livres rares a pu être menée à bien. 

Nous vous présentons ci-dessous la numérisation de l’exemplaire de 1602 imprimé à Aix par Jean Tholosan.
Vous trouverez en cliquant ici celle imprimée en 1588.

Pour en savoir + : voir l'exposition sur Louis Bellaud


Notes de bas de page :

1: Nous renvoyons aux travaux de Robert Lafont, Baroques occitans, anthologie de la poésie en langue d’oc (1560-1660), Montpellier, CEO, 2002 [1978].
2 : Une première impression, aujourd’hui perdue, est attestée en 1584 (ou début de l’an 1585). 
3 : Composés de sizains en décasyllabes.
4 : Il faut ajouter les deux rééditions posthumes des œuvres complètes en 1596 et 1597.

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Sonnailles - Tè Vé Òc
Carteyrade, Marc. Metteur en scène ou réalisateur

Émission du 5 février 2020

Sonnailles

Damien Maxence est fabricant de sonnailles à Raphèle Les Arles (Arles) : il a pris la suite de son maître Monsieur Servel  qui lui a vendu son atelier.  Damien travaille le bois, le cuir, les cloches, un savoir-faire  traditionnel au plus proche des bêtes (vaches, chèvres, ânes, chevax, chiens) mais aussi des hommes et femmes pour les ventes. Nous nous promenons à travers le pays au contact de passionnés : manadiers, gardians, bergers. 
“Avec des cloches, un troupeau est vivant." dit Gabriel, jeune agriculteur qui élève des veaux. Nous marchons dans les pas d'un prédécesseur de choix :  Charles Henri Rieu, dit Charloun Rieu (1846-1924) en "Partènço"

Un reportage de Claude Queyrel, Marc Carteyrade et Viviane Roux


[résumé : Tè Vé Òc]

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Pôle Aliénor
Le Pôle Aliénor, pôle supérieur du spectacle vivant situé à Poitiers, propose cette année encore les diplômes du DNSPM et du DE en Musiques traditionnelles. Vous pouvez vous inscrire aux concours d’entrée 2020 jusqu’au 21 février.

Le Pôle Aliénor propose ainsi les deux formations suivantes en Musique traditionnelle :
- Une formation d’artiste interprète menant au DNSPM (diplôme national supérieur professionnel de musicien) et à la licence de musicologie de l’Université de Poitiers.
- Une formation d’artiste pédagogue menant au DE (diplôme d’État) de professeur de musique. Les épreuves se dérouleront du 16 au 30 avril 2020.

Informations pratiques

Inscriptions jusqu’au 21 février 2020 / Épreuves du 16 au 30 avril 2020

Informations sur les diplômes : https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=117786883102287&id=109478033933172

Dossier de candidature : https://www.polealienor.eu/formulaire/dossier-de-candidature-dnspm-licence-et-de-2020

En savoir plus sur le Pôle Aliénor : https://www.polealienor.eu/le-cesmd/presentation
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Pont-Saint-Esprit : cité monumentale. Partie 2 - Tè Vé Òc
Cros, Amy. Metteur en scène ou réalisateur

Émission du 21  janvier 2020

Pont-Saint-Esprit, cité monumentale 2

Si tout le monde connaît Pont-Saint-Esprit pour son triste épisode du pain maudit en 1951, nous autres à Tè Vé Òc, nous avons voulu montrer un autre aspect de la ville : les marques monumentales qui font son identité. Pont-Saint-Esprit présente de nombreux joyaux d'architecture et d'endroits admirables, au carrefour de 4 départements. Partez à la découverte d'une sélection de lieux que Christophe Garnier, un habitant de Pont-Saint-Esprit, et l'architecte Bernard Vaton vont vous révéler.
Pour cette deuxième partie, nous vous proposons l'église Saint Saturnin, le prieuré Saint-Pierre, la chapelle de l'Hôpital, le lavoir classé aux  monuments historiques et la Maison des chevaliers.

Un documentaire d'Amy Cros.


[résumé : Tè Vé Òc]

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Le DON-DON infernal de Louis Bellaud de la Bellaudière (édition de 1588)
Bellaud de la Bellaudière, Louis (1533?-1588)

Louis Bellaud de la Bellaudière (1543-1588)

Auteur majeur de la période « baroque »1, Louis Bellaud a marqué l’univers des Lettres d’Oc à la fin du XVIe siècle. Il représente, pour la Provence d’alors (mais ensuite, aussi, à travers les époques), un véritable renouveau et ouvre un espace de création poétique, abreuvé aux sources antiques, nourri de pétrarquisme, influencé par la Pléiade française tout en demeurant profondément original.

Résumé

L’expérience carcérale, comme nombre de poètes du XVIème siècle tels que Villon ou Marot, est une thématique récurrente de l’oeuvre de Bellaud de la Bellaudière. Le poète, emprisonné 19 mois dans une tour de Moulins, puis ensuite, à deux reprises dans les geôles aixoises, n’a cessé de dire, d’écrire et de fuir l’enfermement. Son écriture est tout autant un témoignage, une traversée des enfers, une satire de la justice corrompue, qu’un chant des plaisirs de vivre incarné par la musique d’une langue. 

Bellaud fut un poète reconnu, en provençal. Il côtoya François de Malherbe et Louis Galaup de Chasteuil, entre autres, à la cour du gouverneur de Provence. Il sut accéder de son vivant (fait rare pour les auteurs en occitan de ce temps) à une première impression2, avec son DON-DON Infernal constitué de 91 stances3 composés de sizains en décasyllabes, décrivant les tourments d’un prisonnier. 

Une première impression, aujourd’hui perdue, est attestée en 1584 (ou début de l’an 1585). Cet ouvrage fut réédité à plusieurs reprises, notamment en 1588 (l’année de sa mort), en 15954 (au sein de l’édition posthume qui compile également deux recueils de sonnets) et plus tard, en 1602. 

Le Musée-Bibliothèque Paul Arbaud d’Aix-en-Provence possède l’unique exemplaire de l’édition de 1588 (Aix, Michel Goyzot) ainsi qu’un exemplaire de celle de 1602 (Aix, Jean Tholosan). Un autre exemplaire de 1602 est conservé à la bibliothèque royale des Pays-Bas à La Haye. 
Grâce au partenariat engagé entre le CIRDOC - Institut occitan de cultura et le Musée-Bibliothèque Paul Arbaud, la numérisation de ces livres rares a pu être menée à bien. 

Nous vous présentons ci-dessous la numérisation de l’exemplaire de 1588 imprimé à Aix et vendu par le marchand-libraire Michel Goyzot. 
Vous trouverez en cliquant ici celle imprimée en 1602 par Jean Tholosan.

Pour en savoir + : voir l'exposition sur Louis Bellaud 


Notes de bas de page :

1: Nous renvoyons aux travaux de Robert Lafont, Baroques occitans, anthologie de la poésie en langue d’oc (1560-1660), Montpellier, CEO, 2002 [1978].
2 : Une première impression, aujourd’hui perdue, est attestée en 1584 (ou début de l’an 1585). 
3 : Composés de sizains en décasyllabes.
4 : Il faut ajouter les deux rééditions posthumes des œuvres complètes en 1596 et 1597.

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Lagarda, Andrieu
Dumeaux, Marie-Odile
Sur le chemin des contes merveilleux, André Lagarde vous accompagne à la découverte des aventures extraordinaires de ses personnages. Dans une langue de grande qualité, il puise à la source même des contes populaires occitans. Ainsi, dans les récits des Tres palometas blancas, vous rencontrerez la mère de la Lune et les filles du Soleil, une horrible sorcière jetant des sortilèges que de vaillants jeunes hommes vont surmonter en s’aidant d’objets magiques, des animaux qui parlent, en occitan comme il se doit, des oranges enchantées ou un homme à la barbe bleue, sans oublier de douces et belles colombes.

Ces récits merveilleux sont ici transmis par la voix vive et chaleureuse de Marie-Odile Dumeaux.

1 CD audio : 58 mn
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PRÉSENTATION

La causerie

D’après cinq pièces publiées par « Letras d’Òc » sur le théâtre de Max Rouquette.
Proposant une préface  en français par Jean-Claude Forêt, cette édition donne à voir la démarche théâtrale de Max Rouquette, auteur occitan plus connu pour l’écriture de VERD PARADIS ou de ses recueils de poésie.

Sollicitée pour participer à une conférence de présentation de l'ouvrage lors de la Comédie du Livre 2019 (Montpellier), La Rampe TIO a décidé de prolonger cette rencontre avec les publics et d’en proposer la diffusion auprès des bibliothèques, médiathèques, cercles littéraires…

Une belle opportunité de faire découvrir de façon vivante et directe un aspect peu connu de l’œuvre de Max Rouquette, auteur essentiel de la culture occitane. 


Max Rouquette

Le théâtre fut une des grandes passions de l’écrivain. Les seize pièces qu’il nous a laissées suffiraient à prouver par leur nombre que le théâtre constitue à part entière un troisième versant de son œuvre avec la prose et la poésie.

Son œuvre théâtrale nous donne à entendre la voix du peuple d’oc, une oralité populaire incarnée dans les personnages qu'il compose, et où au cœur même de la farce ou de la satire, la poésie de Rouquette ne cesse jamais d'affleurer. 

Le paradoxe du dramaturge Max ROUQUETTE est que son théâtre a été mal publié et peu joué, du moins en occitan, sa langue d’origine. Cette forme d’injustice tient à la situation faite dans l’Hexagone à l’occitan et autres langues de France et à l’exclusion dont elles sont victimes de la part des institutions littéraires et culturelles nationales.


ÉQUIPE ARTISTIQUE 

Éditions théâtrales : www.letrasdoc.org/fr/
Textes : Max Rouquette
Exposé en français : Jean-Claude Forêt
Lecture bilingue : Bruno Cécillon et Jean-Claude Forêt


FICHE TECHNIQUE 

Pour tout détail, s'adresser à la Rampe – TIO. 
Tarif dégressif à partir de deux représentations. 



CONTACTS 

Contact diffusion : Stella Fontana – La Rampe – TIO : 04.67.58.30.19. / stella@larampe-tio.org
Site internet : larampe-tio.org
Le Rieucoulon – 450 rue Alexander Fleming – 34430 Saint-Jean-de-Védas 
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PRÉSENTATION



En cette veillée de Pâques, le soleil couchant caressait de ses dernières lueurs les vignes qui longeaient le fleuve. Sur le chemin serpentant les collines, une femme et ses deux enfants marchaient péniblement en direction d'un village dont les lumières s'effaçaient dans la brume. Lorsqu'ils entrèrent dans le bourg, les volets étaient fermés, les cheminées fumaient. Elle connaissait bien l'endroit. Elle se dirigea sur la grande place. Elle fit asseoir ses deux enfants contre le mur de l'église. Elle se redressa, inspira profondément et se mit à chanter. 

Quand les habitants entendirent sa chanson, ils ouvrirent leurs volets. C'était bien elle, c'était « La Nannette ». Ils la rejoignirent sur la place pour l'écouter, lui faire l'aumône, la remercier d'être là. Voilà un an déjà qu'ils ne l'avaient pas vue. Qu'allait-elle bien pouvoir leur chanter et leur raconter ce soir ? Sans doute des chansons d'amour, de voyage... des contes dans lesquels les princesses étaient de simples bergères... Elle en savait tant de récits, Nannette. 


Propos 

Le répertoire de Nannette Lévesque est issu du monde paysan du Mézenc, marqués par son époque, la fin du XIXe siècle. Ces contes véhiculent à la fois le légendaire et l'empreinte culturelle contemporaine de la conteuse. 

Plus d'un siècle sépare Nannette Lévesque et Séverine Sarrias. Pourtant, ces contes interrogent toujours notre société : comment inverser le pouvoir des puissants ? Quelle(s) relation(s) avons-nous à la mort ? Quel imaginaire développons-nous face à elle ? Quelles relations entretenons-nous avec nos filles ? Quelle place accordons-nous aux femmes dans notre société ? 

Biographie de Nannette Lévesque



Nannette Lévesque est née en 1803 à Sainte-Eulalie d'Ardèche. Elle passa une partie de sa vie sur les monts du Vivarais, du Mézenc et à la mort de son mari, elle s'installa à Fraisse près de Firminy. À l'âge de huit ans, elle perdit sa mère. Son père se remaria avec une femme qui n'était pas très bonne envers elle. Elle fut affermée chez des maîtres. Elle eut deux enfants hors mariage. 

Puis, elle se maria avec Jacques Lévesque. Celui-ci fabriquait des cuillères en bois qu'il vendait dans le Forez. Quant à Nannette, elle mendiait son pain de village en village, pour nourrir ses enfants. En remerciement de l'aumône qui lui était faite, elle racontait et elle chantait. Malgré ce destin fait d'errance et de pauvreté, on ne sent aucune révolte, aucune rancœur proprement dites. Seuls ces personnages marqués du sceau de la féminité portent sa vision du monde. Il y a un tel lien entre certains personnages féminins et sa propre existence, qu'il est indéniable qu'elle nous fait part de sa propre expérience du monde dans lequel elle évoluait. 

Analphabète, Nannette Lévesque n'en était pas moins une conteuse et chanteuse hors pair. En effet, son répertoire ne comptait pas moins d'une cinquantaine de contes et de légendes, et plus de soixante-dix chansons. Victor Smith, folkloriste de cette période qui a recueilli tout son répertoire disait d'elle : " Elle ne peut lire une seule lettre. La mémoire seule a agi chez elle." Elle avait appris ses contes auprès de bergères lorsqu'elles gardaient ensembles, mais aussi lors de veillées. Nannette avait donc acquis ces structures narratives dans la pure tradition orale, elle-même disait :" Et quand on les sait, on les apprend aux autres." Une fois acquis, Nannette a nourri ces récits de sa propre expérience, de son propre ressenti et la singularité de sa parole, font de son répertoire un trésor unique. 
Son univers narratif est d'une grande diversité : contes facétieux, contes d'animaux, récits merveilleux, légendes chrétiennes... Ses chansons abordaient l'amour, la religion, l'enfermement...

Les contes



Trois contes choisis : il s'agit d'un conte facétieux et de deux contes merveilleux, dans lesquels le légendaire chrétien côtoit les croyances païennes. 
  • « Le granger et le bourgeois », conte facétieux dont on retrouve les traces dès le Xe siècle. Ici, un monde à l'envers est imaginé, où le héros l'emporte sur son adversaire en mettant à mal son pouvoir par la dérision. 
  • « L'arbre merveilleux », version primitive de Cendrillon qui renvoie aux relations mère-fille. 
  • « La Mayrastre » : conte qui interroge sur les fondements du noyau familial. À travers ces deux contes on peut également entrevoir la divinité Déma. Divinité qui de par sa mort, engendre la vie. 

Les chansons



Victor Smith qui a collecté Nannette Lévesque n'était pas musicien. De ce fait, il n'a noté aucune de ses mélodies. 

Arnaud Cance a emprunté des airs traditionnels et les a posés sur les paroles de Nannette. Mais il a également composé de nouvelles mélodies. L'occitan et le français se côtoient dans le répertoire chansonnier de Nannette. Les chansons que Séverine Sarrias a choisi d'interpréter font la part belle aux deux langues. 

Les chants qu'elle a sélectionnés sont en résonnance avec les contes précédemment évoqués. La chabra e lo lop est une chanson de randonnée par excellence. Elle fait référence à l'enfance et à un monde qui n'a ni queue ni tête. Comme dans tout répertoire traditionnel, il y a des chansons bien connues. Mais dans celui de Nannette, il y a aussi des chansons uniques. C'est le cas pour Voici le printemps, on ne connaît aucune autre version de ce chant. Aussi, Arnaud Cance a -t-il composé une chanson pour cet unica. Un des chants dit de "réveilhez" que Nannette détenait sera également interprété. Surtout, Arnaud et Séverine n'ont pas résisté à l'envie de composer une chanson en hommage de la Nannette, qui eut une vie si singulière. 


ÉQUIPE ARTISTIQUE 

Un spectacle de Séverine Sarrias
Contes et chansons de Nannette Lévesque
Regard extérieur : Françoise Diep
Travail et adaptation musicale : Arnaud Cance 


FICHE TECHNIQUE

Durée 1h 
Tout public à partir de 8 ans. 
Auprès de la compagnie Les Fées du Az'Art


CONTACT DIFFUSION

06.82.19.66.38
lesfeesduazart@gmail.com
www.lesfeesduazart.com 
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Lagarde, André
Livre + CD
Dans ce recueil de contes, A. Lagarde a rassemblé des récits de la tradition populaire, aussi bien occitane qu’européenne, pour faire suite aux Contes de la calandreta. Vous prendrez ainsi plaisir à lire les aventures de l’Oiseau aux 7 couleurs, de Poucette, du Loup et du Renard, de l’Ours, du Grillon et du Lion, du chat Mistigris, du Soleil et de la Lune…

Un livre qui fera la joie des enfants comme des parents.
Illustration de Sophie Vissière
Enregistrement intégral par Marie-Odile Dumeaux.

En savoir plus :
https://www.letrasdoc.org/fr/catalogue/laucelon-de-las-set-colors/ 
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