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Guilhem de Peiteus : prince des troubadours
CIRDÒC - Mediatèca occitana

Guilhem de Peiteus : prince dels trobadors

Lo comte Guilhem de Peiteus, qu'èra tanben lo duc d'Aquitània, visquèt a la fin del sègle XI e al començament del sègle XII. Es un dels mai grands senhors de l'Euròpa medievala, mèstre d'un domeni immens que s'estirava de Gasconha a las marchas d'Auvernha, e de l'Anjou als Pirenèus. Mas son pas ni las accions politicas nimai las proesas d'armas que fan de Guilhem un dels princes mai requists de l'Edat Mejana. Sa legenda es artistica, que dobriguèt per sas cançons d'un genre novèl dos sègles de creacion remirabla e remirada en lenga occitana, una edat d'aur que la celebrèron Dante tant coma Aragon o Ezrà Pound. Guilhem de Peiteus es lo trobador mai ancian que n'ajam trobadas las piadas. Canta emai divertís, mas apond a sas compausicions la finesa estetica e l'audàcia intelectuala d'un grand senhor letrat. Guilhem daissèt l'imatge d'un senhor libertin, excomuniat dos còps, qu'installèt son amanta la vicomtessa de Châtellerault al dintre de sa cort. Canta una concepcion novèla del desir, de l'amor e de la femna aimada. Unas de sas poesias son bravament rufas, gaireben obscènas. Son destinadas a un auditòri d'òmes, e la femna i es una preda erotica. Mas Guilhem canta tanben l'amor fin e pausa las fondacions de tot l'art del trobar. En qualques annadas, aquel biais novèl de cantar l'amor en occitan deven una sorga d'inspiracion màger. Avèm pas servadas que onze cançons de Guilhem, mas pòvan qu’es pas solament un precursor, qu’es ja un dels poètas mai adrech dins l'art del trobar. Sas cançons contenon totas las basas de la revolucion artistica que s'empara de las corts d'Occitània per gaireben dos cent ans : «  Companho, farai un vers [pauc] convinen et aura-i mais de foudatz no-i a de sen et er totz mesclatz d'amor et de joi e de joven.  »
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Extraits de poésies et de vidas de troubadours provençaux par Camille Chabaneau
Chabaneau, Camille (1831-1908). Auteur
Ce document constitue la table du manuscrit 1749 (E) conservé par la BnF. Camille Chabaneau y recense tous les chansonniers qui apparaissent dans ce manuscrit. Sont réunis ici des extraits de poésie ou de vidas sur les troubadours concernés
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Extraits de vidas de chansonniers provençaux du XIVème siècle par Camille Chabaneau
Chabaneau, Camille (1831-1908). Auteur
Ce document constitue la table du manuscrit 856 (C) conservé par la BnF. Camille Chabaneau y référence tous les chansonniers dont il est question dans ce manuscrit. Chaque référence est accompagné d'un extrait de poésie ou de vidas, sur ces troubadours provençaux du XIVème siècle.
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L'occitan... une langue, une littérature, une histoire / ReDòc/LLACS
Lieutard, Hervé
Torreilles, Claire (1946-....)
Verny, Marie-Jeanne
Forêt, Jean-Claude
Gouiran, Gérard (1945-....)
Martel, Philippe (1951-....)

L'Université Ouverte des Humanités recense, coproduit (avec ses établissements partenaires) et met librement à disposition des étudiants et enseignants des ressources numériques pédagogiques.


Celle-ci a pour titre "L'occitan...Une langue, une littérature, une histoire"




L'occitan, une langue :


"L'occitan, langue millénaire, est avant tout une langue romane avant d'être la « langue régionale » que l'on connaît aujourd'hui. Elle possède un espace linguistique bien défini et des caractéristiques qui lui sont propres. Et si, face à l'institutionnalisation du français, elle s'est vue progressivement déclassée, la langue occitane n'en occupe pas moins aujourd'hui encore une place à part dans le paysage linguistique français."


L'occitan, une littérature :


"Phénomène étrange et inclassable, la  littérature occitane est ici proposée selon un parcours historique présentant les quatre grandes périodes qui distinguent  communément  la littérature d’oc : l'âge d'or médiéval (Xe – XIIe siècles), la première renaissance dite aussi « baroque » (XVIe – XVIe siècles), la deuxième renaissance du XIXe siècle avec notamment le Félibrige, la troisième renaissance (XIXe et XXIe siècles)."

 


L'occitan, une histoire :

"Il y a un espace linguistique d'oc, d'accord. Mais est-il aussi un espace d'histoire? Ce n'est pas évident au premier abord. Il ne se trouve pas en effet de territoire immédiatement identifiable sur une carte politique, historique ou géographique, portant le nom d'Occitanie, et le terme ne s'inscrit pas en dehors du milieu militant. Et pourtant, ceux qui ont parlé la langue d'oc au fil des siècles ont une histoire. C'est elle que nous vous proposons ici de découvrir."


Accès direct à la ressource pédagogique

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Lou Troubaïré de Julien Rampal
Rampal, Julien
Manuscrit autographe ayant pour frontispice une illustration au crayon à papier d'un troubadour.

Il est accompagné d'un tirage papier représentant le portrait d'un homme, dont on suppose qu'il s'agit de l'auteur.
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Hugues de Lusignan et les troubadours
CIRDOC - servici question-responsa

Le Brun au sein de la dynastie des comtes de Lusignan

Uc lo Brun (ou Hugues Le Brun) est effectivement bien issu de la famille des contes de Lusignan. Plusieurs membres de la lignée des Lusignan portent le surnom d'Hugues Le Brun. Parmi eux on compte Hugues VII seigneur de Lusignan et comte de la Marche, Hugues VIII de Lusignan aussi appelé Le Vieux, Hugues IX sire de Lusignan et comte la Marche, décédé en 1219 sur le champ de bataille de Damiette, lors de la cinquième croisade, et enfin Hugues X de Lusignan, son fils, qui participe à la 7° croisade.


Trois chansons nous ont été transmises sous le nom du  Comte de la Marche. Elles ne sont présentes que dans le groupe de chansonniers français KNX et suscitent le doute chez les spécialistes quant à leur auteur et leur datation. Ces chansons ne sont généralement pas attribuées aux comtes de Lusignan.


Parmi tous les Lusignan portant le surnom de Brun, aucun n'a pu être identifié comme un troubadour. Il ne nous est en effet parvenu aucun texte dont ils aient pu être les auteurs. D'après Barbieri, Hugues IX de Lusignan aurait composé quelques vers provençaux mais comme le précise J. Boutière dans son ouvrage Biographies de Troubadours, il semblerait que Barbieri ait confondu Hugues le Brun, comte de la Marche avec Ugo Brunenc (Hugues Brunet), troubadour rouergat.


Hugues le Brun et le troubadour Gaucelm Faidit

Si aucun des comtes de Lusignan n'a pu être identifié comme troubadour, au moins deux d'entre eux semblent entretenir d'étroites relations avec Gaucelm Faidit, prolixe troubadour originaire du Limousin. On sait que Hugues IX le Brun et son fils Hugues X, lui aussi surnommé Le Brun étaient de grands amis du troubadour limousin et que les trois personnages se seraient fréquentés durant plusieurs années.


La razo 167,15 (Ms. P39r) nous indique notamment que Gaucelm Faidit appelait Hugo le Brun "Belle-douce-émeraude-fine", "Bel[s]-Doutz-Maracdes-Fis" dans le texte. Ce senhal a permis d'identifier Hugues le Brun comme destinataire de trois cansos de Gaucelm Faidit.


Une autre razo relative à Gaucelm Faidit cite d'ailleurs directement Hugues de Lusignan - vraisemblablement Hugues X - et indique clairement qu'une chanson du troubadour limousin lui était destinée :

Les prières de Gaulcem Faidit durèrent très longtemps, ainsi que l'amour qu'il portait à Madame Marguerite d'Aubusson. [...] Mais elle aimait Hugue de Lusignan, qui était le fils d'Hugue le Brun, comte de la Marche ; et celui-ci était grand ami de Gaucelm. La dame demeurait au château d'Aubusson, où elle ne pouvait voir Hugue de Lusignan, ni lui faire aucun plaisir. Elle fit semblant d'être mortellement malade et fit voeu d'aller prier Madame Sainte Marie de Rocamadour. Et elle fit dire à Hugue de Lusignan de venir à Uzerche - un bourg où habitait Gaucelm Faidit -, d'y venir furtivement et de descendre chez Gaucelm ; elle y descendrait aussi et lui ferai plaisir en droit d'amour ; et elle lui indiqua le jour qu'il devait y venir. Lorsque Hugue entendit cette nouvelle, il fut gai et joyeux, et se rendit là bas au jour fixé ; et il descendit dans la maison de Gaucelm Faidit. La femme de Gaucelm, quand elle le vit, l'accueillit très cordialement, avec grande joie et en grand secret, comme il demanda. Et la dame arriva et descendit au même endroit ; elle trouva Hugue de Lusignan au loogis, caché dans la chambre où elle devait coucher. Et lorsqu'elle l'eut trouvé, elle fut gaie et joyeuse et resta là deux jours  ; ensuite elle se rendit à Rocamadour et Hugue l'attendit jusqu'à son retour. Et quand elle fut revenue, elle resta deux jours encore, et chaque nuit ils couchaient ensemble avec grande joie et en grand divertissement.

Lorsqu'il s'en furent allés, Gaucelm ne tarda guère à venir et sa femme lui conta toute l'affaire. Il en fut si affligé qu'il voulut mourir, car il s'imaginait que la dame ne voulait du bien qu'à lui seul. Et ce qui la chagrina le plus, c'est qu'ils avaient couché dans son propre lit ; aussi fit-il, sur ce sujet, une "chanson méchante" qui débute ainsi :

Si jamais homme, opur avoir coeur fidèle...

ainsi que vous entendrez. Et cette chanson fut la dernière qu'il fit.


En voici le texte original : 

Longuamen duret lo precx d'En Gauselm Faidit e l'amor qu'el avia a ma dona Marguarita d'Albusso […]. Mas ella si amava n'Ugo de Lasigna, qu'era fils de N'Ugo lo Bru, del comte de la Marcha, et era molt amicx d'En Gauselm. La dona si estava el castel d'Albuso, on ella no podia vezer N'Ugo de Lasigna ni far plazer ; per qu'elas se fes malauta de mort, e vodet se az anar a ma dona Sancta Maria de Rocamadour en orazo. E mandet dire a N'Ugo de Lasigna que vengues a Uzercha, az un borc on estava Gauselms Faiditz, e que vengues a Uzercha, az un borc on estava Gauselms Faiditz, e que vengues a furt e que desmontes en l'alberc d'En Gauselm e que ela desmontaria en aquel alberc e ill faria plazer en dreg d'amor, et ensenhet li lo jorn qu'el hi degues venir. Quan N'Ugo auzit aquesta cauza, fo alegres e joios, e venc s'en lai en aquel dia qu'ela li mandet, e desmontet en l'alberc d'En Gauselm Faidit. La moiller d'En Gauselm, quant ela l vit, l'acuillit molt fort, et ab gran alegreza et en grand crezensa, si com el comandet. E la dona venc e desmontet laintre e trobet N'Ugo de Lasigna en l'alberc, recost en la cambra ont ella devia jazer. Et ella, quan l'ac trobat, fo alegra e joioza, et estet dos jorns aqui ; e pueis ela s'en anet a Rocamador et el l'atendet tro que venc. E pueis estet autres dos jorns quan fo venguda, e cascuna nueit jazion ensems ab gran alegreza et en gran solatz. E no tarzet gaire, quan s'en foron tornat, qu'En Gauselms venc, e sa moiller li comtet tot lo fait. Gauselms, quant ho auzit, fo si dolens qu'el volc morir per so qu'el crezia qu'ela no volgues be si no a lui. E per so qu'ela al sieu leit l'avia colgat, en fo el mais dolens ; don el fes per aquesta razo una mala chanso, la cals comensa :

Si anc nuls hom per aver fin coratge,

si com vos auziretz. Et aquesta fo la derreira chanso qu'el fes.


Pour aller plus loin...

J. Boutière et A.-H. Schutz, Biographies des troubadours : textes provençaux des XIIIe et XIVe siècles, Paris : A.-G. Nizet, 1973. Cote CIRDOC : 841.8 VID

Gaucelm Faidit : amours, voyages et débats : "Trobada" tenue à Uzerche les 25 et 26 juin 2010, Moustier-Ventadour : Carrefour Ventadour, 2010. Cote CIRDOC : 841.8 FAI

J.Mouzat, Les poèmes de Gaucelm Faidit, troubadour du XIIe siècle, édition critiqueParis : A.-G. Nizet, 1965. Cote CIRDOC : 841.8 FAI

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Patrimòni occitan : la civilisation en héritage / Mathias Leclerc, CIRDÒC
Leclerc, Mathias. Metteur en scène ou réalisateur
Centre interrégional de développement de l'occitan (Béziers, Hérault). Auteur
Altaïr-Prod. Metteur en scène ou réalisateur
Aquel filme de 26 minutas realizat a l'escasença del Xen Congrès de l'Associacion internacionala d'estudis occitanas (Besièrs, junh de 2011) propausa un percors al dintre de la civilizacion occitana de l'Edat Mejana : literatura, pensada, sciéncias, tres cents ans de « creacion en marcha » que l'eiretatge ne fonda lo patrimòni occitan e una part de la cultura europèa modèrna.
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