Explorar los documents (39 total)

dictada.jpg
Entraînement à la Dictada - Extrait 1: "Lo pissalach" de Florian Vernet.
Vernet, Florian

"Lo pissalach"


Extrach tirat de l'òbra originala : "Lo pissalach" de Florian Vernet. 


Un còp èra un reiaume, dins las montanhas. Lo reiaume aviá un rei e una reina, pro braves totes dos, mas lo reiaume èra trist e miserable ça que la. Perqué donc trist e miserable ? 


Perque, un an abans, los tres enfants del rei e de la reina, los tres princes, avián desaparegut. Èran partits ensems un jorn de prima, a caval, e degun los aviá pas jamai pus tornats veire. 


Despuèi aqueste jorn, tot lo país èra trist, d'ont mai que l'annada d'aprèp aquesta disparicion èra estada una annada de catastròfas : un aigat a la prima, la secada en estiu, un aigat encara en auton... Las recòltas èran plan magras e lo paure mond avián pas grand causa a manjar. 

 


Fa que totes trevavan lo campèstre en bosca de quicòm per melhorar l'ordinari.


E vaquí que, al vilatge, i aviá, dins una bòria pichona, una veusa qu'aviá tres filhas : Adèla, qu'èra la màger, Maria qu'èra la segonda e Faneta, la darrièra. Èran totas tres polidas coma tot, mas Faneta èra encara mai polida que sas sòrres, e mai escarrabilhada, s'aquò se pòt ! Cada jorn, las tres joves ajudavan la maire a faire lo recapte, a trabalhar dins l'ortet, e puèi anavan, elas tanben, amb lor doas cabras, pel campèstre e aquí recampavan çò que trobavan...

 

Extrach de "Lo Pissalach", Florian Vernet, dins La princessa Valentina,  éd. Scérén - C.R.D.P de l'académie de Montpellier, Montpellier, 2007. 


Site internet : ICI. 

N5424162_JPEG_5_5DM.jpg
Damase Arbaud
Domenge, Jean-Luc

Damase Arbaud (1814-1876) était médecin mais aussi historien et homme politique : il a été maire et conseiller général de Manosque (04). Sous Napoléon III, il a été chargé par Hyppolyte Fortoul (ministre de l'instruction publique) de collecter les chants populaires existants en Provence.

Voici comment Jean-Luc Domenge (collecteur contemporain) présente Damase Arbaud dans son introduction à la réédition1 des "Chants populaires de la Provence".

 

"V'en aqui un que si remplaçara pas deman"2

     Ainsi commence une biographie anonyme "doù paure medecin Damase Arbaud" en 1877 et nous en sommes toujours là ! Il était plus qu'urgent de rééditer "Les chants populaires de la Provence" car cet ouvrage, pourtant ancien, demeure encore aujour'dhui la seule référence scientifique sur la chanson populaire en Provence. Tous les ouvrages sur la chanson populaire l'utilisent amplement : de Joseph Canteloube à Marcel Petit, jusqu'au Cansonier de Lucienne Porte-Marrou. Après un siècle et plus d'oubli, il était temps de redonner au bon docteur de Manosque une place méritée. Tout commence malheureusement par une querelle graphique (déjà !) avec le Félibrige. Damase Arbaud est partisan de conserver les consonnes etymologiques, comme S.J. Honnorat, alors que les Félibres viennent de mettre au point une graphie simplifiée. En fait plus que graphique, le différent est "idéologique" : Damase Arbaud cherche dans sa collecte la pureté antérieure de la langue, avec un regard d'archéologue. Les Félibres, en 1860, sont au contraire avec Frédéric Mistral en train de donner à la langue d'oc une nouvelle littérature moderne, tournée vers l'avenir... Il faut attendre les années 1970 et le mouvement de renouveau de la "chanson occitane" pour voir enfin exploiter les trésors musicaux contenus dans "Les chants populaires de la Provence". Ce répertoire avait été précédemment presque ignoré du mouvement folkloriste qui avait privilégié un chant choral d'expression félibréenne et de création récente (fin XIX°).

     Réédité en 1972 chez Chantemerle et épuisé à nouveau, ce livre était devenu introuvable et en même temps indispensable depuis qu'un juste retour des choses a permis de redécouvrir l'intérêt du "Romancero Provençal" sauvé par Damase Arbaud ce grand "passeur de mémoire" du XIX° siècle en Provence. En effet de nombreux interprètes puisent à nouveau à cette source : Jan Maria Carlotti, Jan Nouvè Mabelly, Patrick Vaillant et l'Atelier Damase, Gacha-Empega, Renat Sette surtout, accompagné par Pierre Bonnet, exploitant a capella la pureté des textes et des mélodies, des romances et des chants religieux.


Mais qui était Damase Arbaud ?

     Né en 1814 à Manosque, mort dans cette même ville en 1876, il étudia la médecine à Montpellier et fut reçu docteur en médecine en 1837. Homme public en même temps que savant et chercheur, il était maire de Manosque à 25 ans, et il mena dans sa ville une politique de développement, construisant deux hospices et un pont sur la Durance. A 38 ans, il fut élu conseiller général des Basses-Alpes. Il s'adonna tout d'abord avec passion à l'Histoire, publiant dès 1847 de nombreuses études sur Manosque au Moyen-Age, les monnaies provençales, la voie romaine entre Sisteron et Apt... Mais ce sont moins ces travaux, pourtant de valeur, qui l'ont rendu célèbre, que les deux volumes de recueils de chants populaires de la Provence parus en 1862 et 1864.


Les chants populaires de la Provence

     Napoléon III avait ordonné en 1852 la collecte de tous les chants populaires de France pour "élever un grand monument au génie anonyme et poétique du peuple". Hipppolyte Fortoul, ministre de l'instruction publique, originaire de Digne, avait été chargé de lancer cette vaste enquête. En Provence c'est Damase Arbaud, son compatriote et ami qui fera cette collecte, grandement aidé dans sa quête par son travail de médecin de campagne. Son biographe dracénois anonyme (peut-être Frédéric Mireur ?) décrit ce travail : "Lou brave medecin... si mette en campagno. Vague de demandar, de s'entervar, de faire charrar l'un, cantar l'autre, de tout noutar, er et paraulos, senso perdre uno syllabo ni uno noto ; pui de triar lou gran de la moundilho, d'escrioure a drecho, à gaucho, de semigear lei vielhs escrits, de coumparar lei dires de cadun eme leis cansouns deis autres peïs etc..."3

     Il est très étonnant de voir la modernité de la démarche et l'honnêteté intellectuelle rigoureuse de ce véritable savant précurseur authentique des ethnomusicologues de notre époque. D. Arbaud part d'une enquête sur le terrain, mais il essaie de combler ses lacunes, de trouver des variantes, en établissant un réseau de collaborateurs qu'il cite soigneusement dans son ouvrage, ce qu'il faut souligner. Ces collaborateurs sont des érudits eux-mêmes originaires surtout de Basse Provence : de Toulon (Letuaire, Louis Pelabon), des Bouches du Rhône (Martini, Régis de la Colombière) et des récentes Alpes-Maritimes (Bory, Castel). Ainsi répartis, c'est presque l'ensemble de la Provence qui est couvert. Leur contribution est toutefois modeste et ne constitue qu'un quart du corpus retenu. Pour la notation musicale, Damase Arbaud est conscient des limites de sa partition, souvent incapable de donner le rythme réel. Il sait et écrit qu'elle ne rend pas tout. Il écarte soigneusement de sa collecte les compositions qu'il juge trop modernes : il privilégie le plus possible dans son choix "la vraie poésie populaire" et les chants religieux exprimant le mieux selon lui  "les croyances primitives du christianisme". Peu de scories encombrent les commentaires de Damase Arbaud : il donne les différentes versions recueillies, les variantes en notes, il compare avec les données sur le Piémont, la Catalogne ! Ainsi à cent cinquante ans de distance, il nous fait un clin d'oeil et nous pose déjà les grands problèmes du collectage en chanson populaire : que garder ? en fonction de quels critères ? quelle version retenir ? faut-il ou pas reconstituer ? comment rendre vraiment le rythme ? Pour en savoir plus, plongez-vous dans l'univers des "Chansons populaires de la Provence".

Jean-Luc Domenge, Enseignant-Chercheur,

Majoral du Félibrige. Août 1999


1Chants populaires de la Provence. Tome 1 : 1862, Tome 2 : 1864. Réédition 1999/2000. Editions Cantar lou païs (www.cantarloupais.com302, Chem. Plan aux Grottes. 06530 St Cézaire sur Siagne. e-mail : cantarloupais@gmail.com.

2 "En voilà un qui ne se remplacera pas demain"

"Le bon médecin se met en campagne. Et de demander, de questionner, de faire parler l'un, chanter l'autre, de tout noter, air et paroles, sans perdre une syllabe ni une note ; puis de trier le bon grain du mauvais, d'écrire à droite, à gauche, de fouiller dans les vieux écrits, de comparer les airs de chacun avec les chansons des autres pays, etc."



 

FRB340325101_Iag-B-LAR-011_00001_B.jpg
Je recherche des informations sur la lutte du Larzac
Lo CIRDÒC-Mediatèca occitana
Bancarel, Gilles (auteur du livre cité)

Les premières heures de l’occupation humaine du plateau du Larzac sont l’affirmation d’une présence militaire. Les Celtes étaient guerriers, les Romains légionnaires, les Templiers croisés aussi. Cette vocation de terres limitrophes, le Larzac n’y échappe pas. Ici se rencontrent les Latins et les Germains, plus tard les rois d’Aragon étendent leur souveraineté jusqu’à Millau dont le blason conserve les couleurs sang et or. Terres frontières, espaces tampons mais aussi place stratégique qui se concrétise avec les siècles. Cette terrasse sur la Méditerranée, utilisée par les Templiers qui embarquaient à Aigues-Mortes, prend sa véritable dimension militaire avec le XXème siècle.



Créé en 1904, l’actuel camp du Larzac est connu jusqu’en 1977 comme tout lieu de garnison par quelques cartes postales jaunies à l’appui de souvenirs de jeunesse. A cette date, est décidée l’extension du périmètre du camp militaire.

Une décision qui, si elle tient compte du passé militaire du plateau, est particulièrement préjudiciable à la vie des paysans et au respect du patrimoine. Une lutte s’engage. De longues années de face à face entre les tracteurs et les blindés passionnent l’opinion et portent le problème du Larzac à la connaissance de tous. Au départ, révolte paysanne pour la sauvegarde d’un outil de travail, elle endosse bientôt le spectre des luttes ancestrales dont l’Occitanie est le terrain. Le Larzac devient le porte- drapeau de la contestation.



Plusieurs manifestations regroupant des milliers de personnes ont lieu sur le Larzac même qui sert de décor à ces rassemblements de foules. La fête des moissons en 1975, puis la longue marche sur Paris, donnent à ces manifestations des allures de kermesse champêtre. Derrière ces démonstrations de sympathie, les paysans ont fort à faire pour éviter à la fois l’écueil de la spéculation sournoise et le risque de la spoliation arbitraire.
Le projet est finalement retiré. Il laisse aux paysans la plus grande partie des terres labourables, des jours de gloire et une nature intacte. La hameau de La Blaquière reste le haut lieu de la lutte paysanne des années 70. La « bergerie interdite », construite dans le style caussenard à l’intérieur du périmètre de l’extension du camp militaire, témoigne pour ses sympathisants venus de tous les horizons qui laissèrent dans ses murs les traces de leur passage.
Autre témoignage vivant, la Mostra del Larzac, aux Infruts où s’est créé un centre d’art contemporain, plate-forme du mouvement occitan, et reste un écho au slogan : « Gardarem lo Larzac ».



Extrait de : Gilles Bancarel, Larzac terre de conquêtes , Toulouse Loubatières, 1988. (CIRDOC CC 18-67).



Pour en savoir plus :

- Tous au Larzac [Images animées], Rouaud Christian, Ad Vitam [éd.], 2012, [CIRDOC DVD 323 TOU]

- Christiane Burguière, Gardarem ! : chronique du Larzac en lutte, Éd. Privat, impr. 2011 [CIRDOC 944.7 LAR]

- Solveig Letort, Le Larzac s'affiche, Seuil, 2011 [CIRDOC 944.7 LAR]

- Pierre-Marie Terral, Larzac : de la lutte paysanne à l'altermondialisme, Privat, impr. 2011 [CIRDOC 944.7 LAR]

- Joan Boudon, lo conneissetz ? [Images animées], Constantial Miquèl, Films verts colportage, La Tissote, prod., distrib., [2009 ?] [CIRDOC 849 JOA]

- Les Brebis font de la résistance [Images animées], Pozzo di Borgo Catherine, Les films du paradoxe, Cauri films, 2008 [CIRDOC 307 BRE]

- Le Larzac [Images animées], Cambon Jacques, Jacques Cambon [prod.], CCOR [distrib.], 2004 [CIRDOC 394 LAR]

- La lutte du Larzac, 1971-1981 [Images animées], Cassard Philippe, Arcadie, 2003 [CIRDOC 323 LUT]

- Alexander Alland, Le Larzac et après : l'étude d'un mouvement social innovateur, Éd. l'Harmattan, 1995 [CIRDOC 944.7 LAR]

- Gilles Bancarel, Larzac : terre de conquête, Loubatières, 1988 [CIRDOC 988.92]

- Didier Martin, Le Larzac : utopies et réalités, L'Harmattan, 1987 [CIRDOC 320.9 MAR]

- Pierre Bonnefous, Alors la paix viendra, Fondation Larzac, 1984 [CIRDOC CAZ 18]

- Le Larzac, l'armée... la violence et les chrétiens : texte collectif M.D.P.L, 1979 [CIRDOC CBZ 32]

- Louis Balsan, Larzac, terre méconnue, Les Editions Ouvrières, 1979 [CIRDOC 988.92]

- Paysannes : paroles des femmes du Larzac, Édition Albatros, 1979 [CIRDOC 944.7 LAR]

- Yves Hardy, Dossier L... comme Larzac, Alain Moreau ed. 1977 [CIRDOC 944.7 LAR]

- Larzac 74 [Enregistrement sonore], Vendemiaire, [1975] [CIRDOC DM30 8.0 LARZ-74]

- Michel Le Bris, Les Fous du Larzac, Presses d'Aujourd'hui, 1975 [CIRDOC 944.7 LAR]

- Georges Beau, Vie ou mort du Larzac, Solar, 1974 [CIRDOC CAB 569]

- Jean Toulat, Le Larzac et la paix, J. Toulat ed. 1972 [CIRDOC CBB 813-17]


- Le CIRDÒC conserve également un grand nombre d'affiches des années 70 sur la lutte contre l'extension du camp militaire du Larzac, ainsi qu'un dossier de revue de presse sur les événements.

bsom.gif
Site internet : Trésor de la langue d'Oc / Le centre International de l'Ecrit en langue d'Oc
Le centre International de l'Ecrit en langue d'Oc

Le "CIEL d'Oc" c'est la centralisation par mémorisation informatique de tous les documents écrits en langue d'Oc.

CBC 442-31.jpg
Jules Seuzaret bio-bibliographie
Lo CIRDOC-Mediatèca occitana

Jules Seuzaret (1874-1956) est un félibre ardéchois né à Juvinas qui fut fonctionnaire des Eaux et Forêts en Algérie dans les années 30 et membre du Félibrige. 

De bonne heure il s’est attaché à l’étude de son dialecte avec amour, en poète, en philologue. En 1933 les Archives départementales de l’Ardèche lui communiquent à Constantine le Compoix de 1673, de Juvinas, pour lui permettre de préparer un dictionnaire du dialecte local. En octobre 1950, au bout de vingt années d’un travail prodigieux auquel il a consacré tous les loisirs que lui laissait sa fonction, Jules Seuzaret a achevé son dictionnaire, véritable monument qui comprend trois parties, une introduction, une grammaire et un dictionnaire proprement dit. A elle seule l’introduction, étude historique et linguistique de tous les dialectes en général des dialectes vivarois et bas vivarois en particulier, pourrait faire la matière d’un ouvrage. 

Son dictionnaire comprend plus de 2000 pages dactylographiées et plus de 30 000 termes et locutions du dialecte bas-vivarois. Les définitions en sont données en français et sont appuyées de nombreux comparatifs, synonymes ou antonymes qui en précisent le sens. Elles sont presque toujours enrichies de quelque savoureux dictons ou proverbes locaux, de quelque couplet de chanson populaire ou d’une citation d’auteur occitan. Cet ouvrage doit être complété par une liste des félibres vivarois aussi l’auteur « serait heureux que les auteurs qui, peu ou prou, ont écrit, soit en prose soit en vers, dans l’un des dialectes vivarois se fassent connaître et lui indiquent leur nom, prénoms, domicile, profession, ou qualité, la date et leur le lieu de leur naissance, le nom de la commune dont ils emploient le dialecte, le titre de leurs ouvrages publiés, ou non, et lui adressent le plus grand nombre possible de spécimen de leur production ». Jules Seuzaret habite alors 12 rue du Docteur Calmette à Constantine (Algérie). Il ne semble pas que son ouvrage ait été édité car il ne se trouve dans aucune bibliothèque consultée.  

Oeuvres publiées conservées aux CIRDOC

  • Chants de Noël en patois dans le Vivarais / Jules Seuzaret.-- Largentière : Humbert et fils, 1950. 11 p. Revue du Vivarais ; n. 550, 1950 (3) [CBB 442-31] 
  • Rampelado i felibre despatria : sounet = Appel aux félibres expatriés : sonnet / J. Seuzaret. Constantine, Soc. amicale Languedoc et Provence, 1928. [2] p ; 20 cm Texte occitan, trad. française en regard Annuaire de la Société amicale Languedoc et Provence de Constantine. 1928 [CBC 381] 
  • Plan ! Rataplan ! Plan ! Plan ! : rampelado i miejournàu = Plan ! Rataplan ! Plan ! Plan ! : appel aux méridionaux / J. Seuzaret. Constantine : Soc. amicale Languedoc et Provence, 1928. [6] p ; 20 cm Texte occitan, trad. française en regard Annuaire de la Société amicale Languedoc et Provence de Constantine. 1928 [CBC 382]

Manuscrits de Jules Seuzaret conservés au CIRDOC

- le ms. 173 contenant :
  • Au sujet de la graphie des dialectes d'oc (1954)(dactyl.)
  • Discours de Jules Seuzaret à la Société Languedoc et Provence de Constantine (23 février 1836) 
  • Note sur l'origine de la Confrérie du Saint Esprit d'Aubenas (3 f.) 
  • Au sujet de l'empoi de A ou de O (1 f.) 
     Correspondances: 
  • de Frédéric Mistral neveu à Jules Seuzaret 27 novembre 1954 - avec traduction (2 f.) 
  • de Adelin Moulis à A.J. Boussac 4 août 1954 (2 f.) 
  • de Jules Seuzaret à l'abbé Jouve 31 juillet 1927 (1 f.) 
  • de Jules Seuzaret à l'abbé Jouve 20 aout 1932 - avec traduction (4 f.) 
  • de Jules Seuzaret à Marius Jouveau 19 avril 1941 - avec traduction (2 f.) 
  • de Jules Seuzaret à l'abbé Auguste Roche 21 novembre 1935 (1 f.) 
  • de Jules Seuzaret à A.J. Boussac 4 aout 1954 (3 f.) 

- le ms. 634(2) contenant 

  • Carte linguistique du Vivarais (1 f.) 
  • Los tempouro (poème)(2 f.) 
  • Co'i decida, vous pisorèi! (poème)(1 f.) 
  • Chonsou nouvialo (poème)(1 f.) 
  • Per chonta entre Ordechoua (poème)(1 f.) 
  • Proujout d'aveni(poème)(1 f.) 
  • Mo Muso (poème)(1 f.)

On connaît également de Jules Seuzaret
  • "Notes diverses sur la Confrérie du Saint Esprit dite des Sabatiers d'Aubenas (1308-1541)", Revue du Vivarais, 1936 (1-2) 
  • "Le Vivarais du point de vue linguistique et ethnographique", Revue du Vivarais, avr.-juin 1942 
  • "L'aérolite de Juvinas", Revue du Vivarais, 1950 (1)

 Manuscrits inédits 

  • La Jouonado ( Le Feu de la Saint Jean) récit en dialecte vivarois, traduction française en regard (1929).
  • Obro potoueso de l'abe Sevenie, extraits de l'Ormogna déi Feçouiriè de 1886-1888, transcrits selon la graphie mistralienne (1937) .
  • Vuelios causo des vivores, recueil de poesies et de récits en dialecte du Vivarais et de chants et monologues entre vivarois.
  • Chants de Noël en patois dans le Vivarais (1944) -Lettres patoises en Vivarois ou en Provençal.

Ref. biographiques 

  • L’Ardèche parisienne octobre 1950 coupure de presse Archives départementales de l’Ardèche Fonds Mazon 52J46 (20) 
  • François Pic, « Catalogue d'une cinquantaine de manuscrits de dictionnaires et glossaires occitans complément à la bibliographie des dictionnaires patois gallo-romans », Revue de Linguistique Romane, T. 63, 1999, p. 201-214. (notice XLVI erronée)

 

Chameau-2-300x163.JPG
Lo Camèl de Besièrs
Lo CIRDÒC - Mediatèca occitana

Lo Camèl, es l'animal totemic de la vila de Besièrs. Desfila per las carrièras de la vila a doas escasenças : per las fèstas de Sant-Afrodisi lo 28 d'abril e per las fèstas de las Caritats que se fan lo jorn de l'Ascension. 

1/ La practica a l'ora d'ara

Per perpetuar lo sovenir del camèl, e los actes de caritat qu'enròdan aquesta legenda, un camèl de fusta foguèt bastit e desfila per las carrièras de Besièrs cada a la meteissa data per las celebracions de la Sant-Afrodisi. Lo camèl, enòrma maquina de fusta bolega gràcias a quatre personas abrigadas dins sos flancs. Es cobèrt de grandas cortinas e de telas pintradas sus las que figuran mantunas inscripcions : « Ex antiquitate renascor » e « Sen Fosso ». La primièra expression en latin significa « respelissi de l'Antiquitat » e fa referéncia al caractèr secular d'aquesta manifestacion. L'inscripcion « Sen Fosso » es, ela, una expression en occitan lengadocian que significa « sèm nombroses, sèm fòrça », integrant una nocion de coesion per la fòrça del nombre. Aquesta maquina a tanben de maissas grandas de fèrre, las « Gnico-Gnaco » que clacan tot de long del passa-carrièra. Lo Camèl es guidat per la vila pel Papari, son gardian, seguit de totas las corporacions de mestièrs de la vila. Una pausa es obligatòria davant l'ostal del potièr, ont una ofrenda, la civada, es remesa al Camèl. La parada fa tanben una pausa davant l'estatua de Pepesuc, un autre personatge legendari de Besièrs, carrièra Francesa. Lo desfilat compausat del camèl menat pel Papari, son gardian, seguits de personas emmascadas de « salvatges » de las tèstas cobèrtas de brancas verdas de sambuc e subremontadas d'un pan. En mai de las diferentas confrariás e corporacions de mestièrs participan tanben al passa carrièra de dançaires que s'arrèstan mantun còps pendent lo desfilat per interpretar de danças tradicionalas. Es de costuma de dançar la dança de las trelhas e la dança dels pastres pendent lo passa carrièra. Lo Camèl de Besièrs es tanben de sortida per las fèstas de las Caritats, lo jorn de l'Ascension, que de pichòts pans, las còcas, èran distribuits per la vila als mai paures. Aquesta fèsta era tanben un moment de jòia que tota la populacion locala desfilava per carrièras en distribuir bonbons e doçors. A l'ora d'ara, un concors ven recompensar l'artesan qu'a fait la melhora còca. A la fin del concors, de parts son distribuidas a la populacion.

2/ Istoric

Originas

La legenda conta que Sant-Afrodisi, primièr avesque de Besièrs seriá arribat d'Egipte amb son camèl per evangelizar la Gaula. Seriá estat condemnat a mòrt pel governador roman en rason de sa tròp granda activitat. Decapitat carrièra Sant Jacme, amassèt sa tèsta e tornèt dins la cauma que i viviá, uèi glèisa Sant Afrodisi. Sus son camin, d'estatjants getèron de cagaròls sus son passatge mas lo sant s'acontentava de los rasejar, sens los escrachar. Se conta tanben que de talhaires de pèiras diguèron de fòl a Afrodisi e foguèron transformats en pèira sulpic. Se podiá veire lors morres petrificats sus la flaçada de l'anciana abadiá del Sant Esperit, carrièra de las Tèstas. Aprèp la mòrt d'Afrodisi, una familha de potièrs de Besièrs reculhiguèt son camèl e li provesiguèt manjar e dormir. Quand Afrodisi foguèt reconegut coma sant, la comuna de Besièrs decidiguèt de prene a sa carga l'entreten del camèl. Un fèu destinat a l'entreten del camèl foguèt creat. A la mòrt del camèl, lo fèu foguèt destinat a la caritat publica e servissiá a finançar la fabricacion de pichòts pans donats als paures aprèp èsser estats benesits per l'avesque de Besièrs.

Istòria e legendas a l'entorn de la practica dins lo temps

Si lo Camèl de Besièrs es plan inscrit dins las costumas localas e sembla aver d'originas ancestralas, foguèt destrusit e enebit mantun còps. L'efigia del camèl foguèt brutlada pendent las guèrras de religion puèi lèu reconstituida. En 1793, amb la Revolucion Francesa, foguèt tanben destrusida en plaça publica amb totes los títols feodals e son fèu foguèt suprimit. En 1848, lo camèl novèlament construit foguèt tornamai demolit e tanlèu reconstituit per la populacion locala, fòrça estacada a son animal totemic. La tèsta del Camèl que desfila a l'ora d'ara per las carrièras de Besièrs sembla datar del sègle XVII e l'estructura de son còs es, ela, fòrça mai recenta mas inspirada de las ancianas representacions de l'efigia del Camèl. Tradicionalament dotat d'una sola bòça, l'armadura del Camèl se'n vegèt apondre una segonda al moment de sa refeccion dins las annadas 1970. Fàcia al malcontentament dels besierencs, la segonda bòça foguèt levada per tal de tornar a l'animal son aparéncia legendària.

encyclo_chanson 2.jpg
Se Canta (cant)
Lo CIRDÒC - Mediatèca occitana

Chanté sur la plupart des territoires d'Occitanie, le "Se Canta" s'affirme comme un hymne fédérateur occitan. Il comprend au moins une quinzaine de variantes, toutes différentes selon les localités où il est chanté ou a été recueilli. C'est cette appropriation, cette adaptation des paroles et de la mélodie mais aussi les thèmes universels qui le traversent qui font de ce chant un véritable hymne populaire sur l'ensemble du territoire occitan.

Les origines du "Se Canta"

La paternité de Gaston Fébus

L'hypothèse la plus répandue concernant l'origine de ce chant nous renvoie vers le XIV° siècle et le Béarn. Ce serait en effet Gaston Fébus (1331-1391), comte de Foix et vicomte de Béarn qui aurait rédigé cette chanson à l'attention de sa femme Agnès de Navarre. Connu pour son érudition, sa connaissance des divers dialectes occitans parlés à l'époque mais aussi pour son amour de la musique, Gaston Fébus aurait été délaissé par Agnès de Navarre, retournée dans le royaume de son père, de l'autre côté des Pyrénées. Il aurait alors rédigé le "Se Canta" -"Aquelas Montanhas" dans sa version originale - fou de chagrin pour implorer son retour. Cette hypothèse est communément admise même si aucune preuve dans les écrits de l'époque ne nous permet de confirmer la paternité de Gaston Fébus sur cette chanson. De même, on ne connaît pas la version d'origine de la chanson, cette dernière s'étant transmise de manière orale au cours des siècles, sûrement adaptée selon les chanteurs et les époques. Ce n'est qu'au XIX° siècle que la forme du "Se Canta" a été fixée par les collecteurs et folkloristes dans les diverses anthologies de chants qu'ils ont pu publier.  

L'hypothèse des bateliers toulousains

Joseph Canteloube, compositeur, musicologue et folkloriste est le premier en 1951, dans son "Anthologie des chants populaires français", à émettre une autre hypothèse quant à l'origine du "Se Canta".

Il y présente en effet une autre version commençant par ces vers : "Sul pont de Nanto ; I'a un auzelou" et analyse de cette manière l'origine de cette version du "Se Canta" : "Chanson très répandue en Roussillon, comté de Foix, Guyenne, Gascogne, Languedoc, Auvergne etc. Elle fut très probablement faite par des matelots toulousains transportant le pastel de Toulouse à Nantes pour le compte d'armateurs nantais. Le pastel était cultivé en Lauragais. Le bleu était obtenu sous forme de coque d'où l'expression pays de Cocagne appliquée à un pays heureux et riche. Ce bleu pastel fit au XVI° siècle la fortune du Midi de la France. Le pont dont parle la chanson est sans doute celui de Pirmil, situé à Nantes et qui portait, construite sur une arche, une hôtellerie pour les mariniers."

Là non plus, aucun élément ne nous permet d'affirmer la véracité de cette hypothèse et comme l'affirme Martine Boudet, universitaire, dans son ouvrage "Les hymnes et chants identitaires du Grand Sud - Essai sur l'emblématique inter-régionale" : "Ce pourrait être tout aussi bien être un matelot nantais qui ayant entendu le "Se Canta", l'aurait arrangé avec des paroles adaptées à Nantes. [...] Les traductions diverses venant sans doute qu'au cours des siècles, le sens originel de ce chant a été perdu et l'on a de ce fait, écrit d'autres paroles."

Les versions locales

D'autres versions locales existent et font notamment référence à la ville de Nîmes ("A la font de Nimes") ou à un pré ("Al fond de la prado"). On ne sait pas à ce jour à quelle époque ces versions ont été créées ni leur origine exacte. Pour de nombreux chercheurs et érudits, l'air de Gaston Fébus serait devenu tellement populaire qu'il aurait été repris et adapté localement, voire même mélangé à d'autres chants populaires locaux.

Dans tous les cas, on trouve dans toutes les versions du "Se Canta" les mêmes thèmes et figures : les hautes montagnes - qui font penser aux Pyrénées, frontière naturelle au sud du territoire occitan - qui apparaissent comme un obstacle à la réalisation amoureuse, le rossignol servant d'intermédiaire entre les deux amants et enfin, la relation amoureuse impossible.

La symbolique du "Se Canta"

Le thème de la séparation physique et morale des amants, la figure de l'oiseau comme intermédiaire rattachent également cette chanson à une tradition plus ancienne, celle de la fin'Amor célébrée par les troubadours au XIII° siècle. 

Pour d'autres, ce chant symbolise également l'alliance unissant de manière éphémère Occitanie, Aragon et Catalogne.

Enfin, Richard Khaïtzine dans son ouvrage "La langue des oiseaux" développe une approche plus symbolique et ésotérique de ce chant : "Cette chanson dans la manière des troubadours est un texte à clef ou codé. La clef en est livrée dès la seconde ligne puisqu'il y a un oiseau dont on nous dit "qu'il chante ce qu'il chante". Il s'agit d'une chanson rédigée en langue des oiseaux, autrement dit dans une langue à double sens. Remarquons que cet oiseau chante mystérieusement et de nuit. [...] Cette chanson nous entretient de la nuit noire de la répression. Le rossignol, autrement dit le troubadour, chante la passion des Cathares persécutés. Il ne chante pas ouvertement, mais d'une manière symbolique de façon à n'être compris que de ceux à qui s'adresse ce texte. Remarquons également qu'il chante pour la dame qui se trouve au loin, l'Eglise cathare en exil. Mais pourquoi  évoquer l'amandier qui fleurit ? Ses fleurs, nous dit-on, sont d'un blanc immaculé. L'art religieux utilisa fréquemment l'image de l'amande mystique, la vulve entourant la Vierge ou le Christ en gloire. L'amande, qui comporte une double écorce, très résistante, est bien adaptée à la représentation de la connaissance ésotérique qui ne s'acquiert qu'en usant de patience et d'efforts. Ceci est d'ailleurs conforme au sens profond de l'amande, laquelle en hébreu se dit luz terme désignant également la lumière. Nous devons donc comprendre ici que l'amandier aux fleurs blanches (alba) désigne le fidèle d'Amour, le fidèle de l'Eglise albigeoise. Si nous doutions de cette interprétation, l'occitan nous la confirmerait. En langue d'oc, amandier se dit amelhié (celui qui n'est pas noir). or de nombreux exégètes considèrent que, dans le poème médiéval Fleur et Blanchefleur, Fleur désigne l'Eglise catholique et Blanchefleur l'Eglise cathare. La suite de la chanson est bâtie sur le même processus. Les montagnes séparant l'amant de la dame représentent les obstacles rendant impossible la libre pratique de la religion cathare. Les derniers Parfaits et faidits se sont réfugiés de l'autre côté des Pyrénées. Pour sa foi, le croyant est prêt "à passer l'eau", à mourir sans crainte de se noyer. [...] Le terme occitan "negar" signifie, à la fois, noyer et renier. Ici, il s'agit donc d'un jeu de mots faisant référence à l'action d'abjurer sa foi. Enfin, si le parfait est prêt à passer l'eau, c'est que les cathares pratiquaient le baptême de Feu ou d'Esprit et non celui d'Eau."

Le "Se Canta" aujourd'hui

Si les versions, les hypothèses concernant sa création et les manières d'interpréter ce chant sont nombreuses, le "Se Canta" apparaît aujourd'hui comme un chant commun à la plupart des territoires d'occitanie, résonnant comme un véritable hymne identitaire adopté par la population des territoires occitans comme en témoignent les exemples suivants.

La généralité du Val d'Aran a adopté le "Se Canta" dans sa version "Montanhes Araneses" comme hymne officiel. Il a également été utilisé comme lors de la Cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Turin en 2006 pour représenter les vallées italiennes occitanes.

Le "Se Canta" est depuis 2010 l'hymne officiel des supporters du Toulouse Football Club, il est chanté avant chaque rencontre.

Enfin, sur Internet de nombreuses références sont faîtes à ce chant et concernent une très grande partie des territoires occitans. On peut par exemple trouver une version aragonaise. Le groupe de musique Los Hardidets a également répertorié 200 versions du Se Canta, pour la plupart directement consultables en ligne.

Si le "Se Canta" s'affirme comme un hymne identitaire occitan, il n'est pas le seul. En Provence, c'est la "Cansoun de la Coupo", rédigée par Frédéric Mistral qui s'est affirmé comme véritable hymne occitan. La chanson "Lo Boièr", datant du Moyen-Age est également depuis les années 1970 devenue un véritable hymne identitaire commun à plusieurs régions d'occitanie.

 

Pour aller plus loin : 

 

 

  • Bibliographie : 
  • Martine Boudet, Les hymnes identitaires du Grand Sud : essai sur l'emblématique inter-régionale, Puylaurens : Institut d'Estudis Occitans, 2009. Cote CIRDOC : 320.5 BOU
  • Richard Khaitzine, La langue des oiseaux : quand ésotérisme et littérature se rencontrent, Paris : Dervy, 1996.
  • Joseph Canteloube, Anthologie des chants populaires français groupés et présentés par pays ou province. Tome I, Provence, Languedoc-Roussillon, Comté de Foix, Béarn, CorseParis : Durand & Cie, 1951. Cote CIRDOC : CAB 3518-1.

 

 

Junior Sans (biographie)
Centre interrégional de développement de l'occitan (Béziers, Hérault)
Photographie de Junior Sans (J. Raynaud & Leroux peintres photographes 40 Avenue de Bédarieux Béziers)

Junior Sans naît le 3 décembre 1820, au 45 de la rue Sainte-Claire, à Béziers. Il est le fils de Julien Sans, tisserand, connu pour ses Carnavalades et de Jeanne Françoise Eustasie Benezech qui meurt alors qu’il a deux ans.
Junior se marie le 8 septembre 1848, à Béziers, avec Marie-Anne Félix Gailhac fille d’un perruquier dont il aura un fils unique Aimé. Ce dernier épousera en 1871 Joséphine Sauret fille de Raymond Sauret maire de Maureilhan.

Dans la poésie « Moun bouyache à la mar de Serigna », pièce primée au concours de la Société archéologique de Béziers en 1855, il se qualifie d’imprimeur.
C’est en 1875 qu’il publie son premier recueil de poésies intitulé : Bèit telados qui contient huit poèsies dont une consacrée au sculpteur Antonin Injalbert et une autre à l’épidémie de choléra qui frappa Maureilhan en 1835.

En 1881, il participe à la Santo Estello de Marseille du 22 mai, où il est élu Majoral du Félibrige, premier titulaire de la Cigalo de Béziés.
Il publie cette même année son second recueil Autros bèit telados qui contient huit nouveaux poèmes dont un où il rends hommage à Jean Laurès et un autre « A moun paire » où il décoche ses flèches contre Gabriel Azaïs.
Ce n'est qu'en 1893 qu'il publiera son troisième volume Un Moulou de Telados qui sera son dernier livre. A partir de cette date, il restera alité pendant 12 ans, suite à une hémiplégie, avant de décèder au 4 de la rue Clairie, à Béziers, le 29 mars 1905.

A partir de 1875, date de la publication de son premier recueil, il réunit l'ensemble de sa production écrite en langue d’oc dans plusieurs volumes manuscrits. Ces recueils qui représentent trois forts volumes reliés, constitués en grande partie de poèsies inédites, nous permettent de suivre la carrière littéraire de Junior Sans et de découvrir plus de trente années de vie biterroise.
Junior Sans écrit pour perpétuer la mémoire de ses ancêtres mais aussi leur écriture en langue d’oc. Son écriture est celle du témoignage. Il revendique sa filiation en donnant à ses poésies le nom de Telados (toiles) et en écrivant sous le pseudonyme de Felibre de la Naveto en souvenir de son père tisserand, mais aussi en restituant comme eux, dans le parler de Béziers, les évènements survenus entre 1850 et 1880 ou encore en rapportant les vieilles traditions de la cité.
Le jeune félibre Joseph Loubet qui est en relation avec Junior Sans au cours de l'année 1890 le reconnaîtra comme son maître à penser avec Stéphane Mallarmé.

Joga_vignette.jpg
Jòga ! L'invention d'un théâtre populaire contemporain
Centre inter-régional de développement de l'occitan (Béziers, Hérault)

ACCÉDER À L'EXPOSITION EN LIGNE

Langue en voie de disparition, culture folklorique, régionalisme communautaire, les nombreux préjugés sur la culture occitane sont contredits depuis quarante ans par une création théâtrale foisonnante qui multiplie les paradoxes : un théâtre de création s’adressant à un public populaire, un théâtre en langue minoritaire aux ambitions universelles, un théâtre de la modernité qui se nourrit d’un patrimoine immémorial. L’exposition “Jòga !”, conçue par le CIRDÒC-Mediatèca occitana met en lumière un mouvement créatif original, né au lendemain de 1968, qui inventa et inscrivit dans la durée un théâtre original en rupture avec l’histoire du théâtre occidental. Mené par des compagnies qui se professionnalisent au cours des années 1970, le chantier du théâtre d’Oc contemporain a fini par influencer une grande part de la création occitane. Ces hommes et femmes de théâtre, ceux d’hier comme d’aujourd’hui, révèlent lors de chacune de leurs créations l’existence d’un public pour le théâtre d’Oc. Ils inventent sans cesse de nouveaux modes de diffusion pour une création en langue minoritaire. Ils nourrissent leur répertoire et leur jeu d’un dialogue original entre le monde contemporain et les particularités d’une civilisation millénaire. Rarement programmées dans les hauts lieux du théâtre institutionnel, ces créations provoquent chaque année auprès d’un public nombreux, qu’il parle occitan ou non, qu’il soit d’ici ou d’ailleurs, le rire et les émotions puisés dans l’universelle particularité d’une civilisation. Mêlant documents et objets d'époque, archives, films, témoignages, l'exposition "Jòga !" propose au public de (re)découvrir 40 ans de création théâtrale en Occitanie.
sus 4