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CIRDÒC-Mediatèca occitana
Pierre Augustin Boissier de Sauvages naît en 1710 dans une famille de la noblesse d'Alès (Gard). Frère du médecin et naturaliste François Boissier de Sauvages (1706-1767), il consacre lui aussi une partie de son temps aux sciences naturelles et publie plusieurs études relatives à la sériciculture (culture des vers à soie), qui fait la richesse de l'économie de sa région au XVIIIe siècle.

Ses recherches sur cette question le mènent sur les routes cévenoles. Là, il côtoie des hommes et femmes dont la langue maternelle est l'occitan. Ils vont lui fournir la matière de son œuvre majeure : le Dictionnaire languedocien-français, l'une des plus importantes œuvres lexicographiques occitanes imprimées aux côtés des dictionnaires d'Honnorat et de Frédéric Mistral.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, la Provence attire de nombreux visiteurs. Les dictionnaires occitan-français se multiplient pour permettre aux «Français du Nord» de comprendre la langue du pays, et d'apprendre le 'bon français' aux Méridionaux. Après une première édition en 1756, très proche de cette façon de voir, la seconde édition du dictionnaire de Boissier de Sauvages, parue en 1785, va proposer une approche nouvelle de l'occitan.

Après des années de travail sur des écrits médiévaux et modernes en langue d'oc, Boissier écrit désormais avec une connaissance accrue de l'ensemble occitan "d'Antibes à Bordeaux" et de l'héritage littéraire occitan.  

Alors que le français devient progressivement la seule langue parlée par les habitants des Cévennes, ce dictionnaire devient pour Boissier de Sauvages, l'occasion de conserver le parler cévenol et de lui rendre toutes ses lettres de noblesse.  

Lui-même est bientôt érigé en "monument". Un buste portant la mention "l'obro laouzo lou mestre" lui est dédié à Alès... avant d'être fondu en 1942. Demeure son Dictionnaire, impressionnant témoin de son œuvre.


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CIRDÒC-Mediatèca occitana
La duchesse Aliénor d’Aquitaine (vers 1124 -1204) est passée dans la légende pour son destin hors du commun, devenant successivement reine de France et reine d’Angleterre. Elle a été l’objet privilégié des poètes et écrivains de son temps, tantôt partisans, tantôt hostiles, qui nous transmettent deux portraits très différents de la grande dame du XIIe siècle : une « légende noire », celle d’une femme légère et avide de pouvoir, et une « légende dorée », celle d’une princesse brillante, incarnation de la Dame idéalisée des troubadours.

À l’âge de 14 ans, Aliénor hérite d'un des plus importants domaines de l’Europe occidentale, qui s’étend des Pyrénées jusqu’à la Loire. Elle épouse en 1137 l’héritier du royaume de France, le futur Louis VII, et devient reine à ses côtés. Leur mariage est annulé par l'Église quinze ans plus tard, en 1152. Elle épouse alors Henri Plantagenêt, puissant seigneur de la Normandie et de l’Anjou, qui devient roi d’Angleterre deux ans plus tard. Le couple Plantagenêt règne ainsi sur tout l’Ouest du royaume de France et sur le royaume d’Angleterre. Le règne d’Henri Plantagenêt et d’Aliénor va connaître un véritable âge d’or culturel marqué notamment par l’apogée de l’art des troubadours.

Aliénor et les troubadours : mythe ou réalité ?


Aliénor est l’héritière d’une des cours les plus novatrices sur le plan artistique. Son grand-père, Guilhem IX, est le premier troubadour connu et considéré comme le principal inventeur de cet art nouveau qu’est le trobar. Son père Guilhem X est un grand mécène et reçoit de nombreux troubadours comme Cercamon ou le jeune Marcabru.
Devenue reine de France, certains récits dépeignent Aliénor comme une souveraine qui détonne par ses goûts et ses protections artistiques au sein d’une cour moins libérale dans sa conception du désir et de l’amour. Le troubadour Marcabru aurait par exemple été banni de la cour par le roi qui n’aurait toléré le chant d’amour dont la reine était naturellement l’objet privilégié.

S’il est difficile de démêler la vérité historique de la légende, il est certain que Bernat de Ventadorn, qui la nomme explicitement dans une de ses chansons, a été un des grands protégés des cours d’Aquitaine et d’Angleterre. Il est également révélateur que l’âge d’or du trobar occitan se situe au moment du règne d’Aliénor et d’Henri Plantagenêt.

Le couple Plantagenêt et les arts


Quelle que soit la réalité du rôle d’Aliénor dans l’apogée de l’art occitan du chant d’amour dans la seconde moitié du XIIe siècle, le règne du couple Plantagenêt représenta indéniablement un âge d’or culturel. Leurs domaines, au croisement des civilisations d’oc, d’oïl et bretonne, vit éclore et se développer toutes les innovations majeures de la littérature occidentale du XIIe siècle, le roman arturien, la lyrique occitane ou encore l’épopée.

Aliénor d'Aquitaine s'éteint à près de 80 ans à Poitiers en 1204. Sa sépulture à l’abbaye de Fontevraud est surmontée d’un gisant la représentant un livre à la main, dernière innovation que l’on doit à un personnage digne de sa légende.
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Sur ce cinquième album baptisé « Artémis », se dénote plus que jamais l’influence du blues (« Embarcatz ! », « Te’n vas de matin », « Mistral », « Lei rainards », « Occitanie sur mer »...), que ce soit dans les sujets abordés (« Tout mon temps ») ou dans la forme, sans jamais tomber dans le style académique mais plutôt par l’utilisation de formes modales ou par l’emploi d’open tuning, très fréquent dans le blues (notamment chez Led Zeppelin ou les Rolling Stones). L’inspiration de Moussu T e lei Jovents est multiple et variée, allant des compositions brésiliennes (« Le bateau », « Mon drapeau rouge ») à des formes plus pop à la Floyd frôlant le progressif sans jamais oublier la chanson (« Monte vas cançoneta ? »). La place accordée à la guitare acoustique sur l’album donne à ce disque une dimension moins électrique que « Putan de cançon », leur précédent opus, tout en restant résolument rock ! L’usage de l’occitan est plus que jamais présent puisque c’est dans cette langue que le groupe se sent le plus indépendant. On retrouve donc un savant mélange de légèreté et de nostalgie, de révolte et d’accents poétiques puissants, sans ostentation aucune. Cette fois-ci c’est la déesse Artémis qui devient l’égérie de Moussu T e lei Jovents. Artémis, déesse de Phocée et protectrice de Marseille. Elle représente à la fois la figure de la lutte pour le changement, contre l’exploitation mais aussi cette image immuable de la maternité et de la douceur du foyer : ambivalence que l’on rencontre dans l’œuvre du groupe, au fil des chansons. C’est d’ailleurs ce même principe qui a guidé les troubadours occitans du Moyen Age (compositions de chansons d’amour et poèmes dédiés à la «Dame») et que l’on retrouve aussi chez des artistes plus contemporains. Leur répertoire est un subtil mélange de douceur du climat et de paysages de bord de mer, mêlés à l’âpreté de la construction navale et à l’odeur de l’acier, le tout mâtiné de relents de luttes sociales et de combats. Une fois encore les thèmes favoris du groupe (dont le point de vue est parfois très « masculin » : la guerre, l’acier, les pétroliers) s’expriment sous l’égide de la femme protectrice et meneuse, Artémis, qui succède logiquement aux figures féminines déjà présentes dans les précédents albums : l’amourette d’école dans « Mademoiselle Marseille », les filles du voisinage dans « Forever Polida » ou la garçonne dans « Home sweet home ».
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Moussu T e lei Jovents s’emparent des airs de l’opérette marseillaise, se les approprient avec gourmandise et espièglerie pour rendre un magnifique hommage aux inventeurs du genre.
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