En dehors de Du Mège qui mentionne ce manuscrit en 1843-1844 dans l'Histoire générale du Languedoc, le manuscrit ou tout autre support d’une Canso de San Gili n’ont jamais été identifiés ni mentionnés, ce qui vaut de nombreux soupçons à l’existence même du manuscrit que l'érudit toulousain - réputé peu fiable - dit avoir en sa possession.
La découverte vers 1840 d’une chanson de geste occitane sur la Première croisade, vingt ans avant les premières mentions du fragment de la Chanson d’Antioche occitane (la Canso d’Antioca, Madrid, Biblioteca de la Real Academia de la Historia, codex 117) aurait dû être considéré comme un événement majeur de l’histoire de la littérature médiévale. Pourtant Alexandre Du Mège l’évoque de façon très marginale dans ses notes et additions à l’Histoire générale du Languedoc et ne donne qu’une infime partie, soit une laisse de 15 vers (HGL, t. VI, ad., p. 39) contant la reddition de la Tour de David, et quelques autres éléments de contenus (HGL, t. III, ad., p. 108 et 110) de façon indirecte : la traduction d'une laisse sur la bataille de Dorylée et le sommaine d'une autre contenant de nombreux noms de chevaliers. L’édition de la laisse de 15 vers (HGL IV, ad., p. 39), est reprise avec quelques variantes et une traduction dans le tome VI de la description des Galeries historiques du palais de Versailles (partie 2, p. 11).
Livre + CD audio, disponible en languedocien, gascon ou limousin.
Adaptation de trois aventures du Roman de Renart à partir d'un travail de recherche d'Hélène Biu, maître de conférences en linguistique médiévale et philologie romane de l'UFR de langue française de la Sorbonne:
Le folklore de l’Hérault comporte, entre autres originalités, la promenade pour les fêtes locales, le carnaval et toutes les occasions festives, d’animaux feints à armature de bois recouverts de toile. Le plus grand des folkloristes français, Arnold Van Gennep, les a nommés « animaux-jupon ». Nous nous sommes penchés à travers ce livre sur leur possible généalogie : des déguisements animaux de la préhistoire à leur apparition dans nos archives, en passant par les fêtes des calendes de janvier et toutes sortes d’utilisation religieuse ou pratique.
Le Cheval-jupon a des origines lointaines qui nous viennent probablement de la Perse et de l’Arabie en passant par l’Espagne. Cette coutume est présente pratiquement sur tous les continents, du Portugal à la Pologne, des Indes au Japon, du Brésil au Canada, de l’Égypte au Niger… Partout où le cheval a fasciné les hommes, ils ont trouvé le moyen de s’identifier à lui en le parodiant. Transformée en récit de l’apprivoisement de la « plus belle conquête de l’homme », la danse du chivalet a été pratiquée tour à tour par une cinquantaine de communes du Bas Languedoc.
Collection Tribulations d'un bestaire magique
La sortie du Poulain est toujours à Pézenas un événement éminemment culturel. Si les sources iconographiques à son propos sont rares, la documentation moderne est d’une grande richesse.
Collection Tribulations d'un bestaire magique
Étrange coutume que celle qui consiste à construire des carcasses, au départ en bois, recouvertes de toile, pour créer des animaux. Il faut bien avouer que seules les têtes rappellent des animaux réels. Notre région ne saurait se passer de la présence de ces bêtes dans chacune de nos fêtes. Elles sont un moyen devenu indispensable pour les animer, et un jouet pour adulte désireux d’affirmer l’identité de leurs communes. Voici un inventaire quasi complet de ces animaux en y comprenant les créations les plus récentes.
Collection Tribulations d'un bestaire magique
À côté des joutes maritimes, de la bouvine camarguaise, du jeu de tambourin, la tradition languedocienne déploie des animaux-fétiches que certains nomment processionnels ou totémiques. D'origines et de conceptions variées, ils incarnent une cité ou un terroir et déambulent avec danses et musiques à l'occasion de fêtes profanes ou sacrées.
L'ouvrage dresse l'inventaire de ces totems, de leurs légendes, de leur technologie, de leurs raisons officielles ou secrètes d'exister.
À vous qui ne voyez sa majesté carnaval que comme un aimable roi du divertissement d'un jour - un certain mardi gras - au mieux, en une vision sociologique singulièrement réductrice et finalement rassurante, comme maître du grand défouloir et de l'inversion aidant à la digestion de toutes les couleuvres avalées au long de l'an, ce livre n'a pas fini d'ouvrir de grandes et belles perspectives, tant il envahit le calendrier, débordant bien même des jours sombres et froids.
Et si l'auteur parle de religion carnavalesque, ce n'est pas par pure provocation, c'est à bon droit, ces pratiques pagano-chamaniques se passassent-elles de livre sacré, de dogme, de clergé institué en Église... et d'Inquisition, n'en ayant pas moins une parole, plus ancienne que l'écriture, une vision du monde voire de l'autre monde, une spiritualité, une symbolique, des rituels, de curieux prêtres à l'autorité éphémère, des dieux fussent-ils oubliés.