« La Plenta deu pastor » est une chanson écrite par Georges Sanchette et Jean-Claude Coudouy .
Elle doit son originalité au thème traité, l'exode rural, ainsi qu'au fait qu'elle ait été créée pour être chantée en polyphonie. Le groupe Los Pagalhós a repris la chanson sur son album « Los Pagalhós cantan lo Biarn » en 1983. « La plenta deu pastor » fait partie des quelques chansons qui ont traversé les rivières et sont chantées jusqu'aux confins de la Garonne.
[imatge id=21609]Dans cet enregistrement, elle est chantée par le groupe des jeunes de Laruns (vallée d’Ossau) au Festival de Siros (64) en 1969 : « La Plenta deu pastor » a été la première chanson polyphonique de création interprétée sur la scène de ce festival.
Une très courte introduction aux instruments traditionnels (Flûte/tambourin et accordéon diatonique) en fondu enchaîné précède la chanson qui est interprétée a capella.
Paroles :
Aulhers de totas las contradas
Ca vietz audir nostes dolors,
Qu’ei fenit a jamei,
De veder tan d’aulhades
Sus los nostes camins
Tots pingorlats de flors.
Au bèth miei deu primtemps,
Vriuleta berojina
Que deishavas lo loc,
Tau banèth saboròs
Tu qu’ei seras tostem,
Çò qui’m va mancar hèra
Qu’ei lo son tan plasent
Deus charmants tringuerons.
Auprès de tu ma mie,
Que'n plori de tristessa
Sovien'te d'aqueth temps,
Un còp secat l’arrós
Qu’enviavam lo Pigon,
Guardar las aulheretas
E tos dus suu gason,
Cantavam ua cançon.
Adara tot solet,
Capsus de la montanha
Cò qui'm turmenta mes,
Que las nostes amors
Qu’ei de saber que lèu,
Sus aquera pelosa
Non cherirei pas mei,
Los petits anherons.
La pratique chantée dans le Sud Gascogne est particulièrement originale en France comme en Europe. Très peu connu du grand public, ce chant de la convivialité, « chant d’auberges », engageant « hautes et basses » a un nom savant : polyphonie ; c’est-à-dire une pratique vocale à plusieurs voix distinctes produites dans cette région en dehors de tout apprentissage musical savant. Ce savoir-faire de tradition orale est général dans les Pyrénées et le piémont basque et gascon (Béarn et Bas-Adour) ne franchissant pas, au nord, l'Adour.
Si le chant en solo existe, la polyphonie le recouvre dès lors que les chanteurs sont au moins deux. Très populaire, son existence se perd dans les brumes de la mémoire collective, les témoignages écrits les plus anciens signalant déjà son existence à la fin du XVIIIe s.
[imatge id=21610]La polyphonie est en effet une pratique éminemment sociale. Produite au sein de la communauté, en famille, entre amis ou connaissances ; au cours de fêtes, de repas, au café ou encore à l’église.
Le chant est l’affaire de tous : hommes comme femmes. Si la polyphonie était pratiquée au café dont les hommes représentaient autrefois la population quasi exclusive, les femmes se faisaient entendre à l'église ou dans le cercle familial, divisions sexuées qui se sont aujourd’hui estompées.
Actuellement, le réflexe polyphonique est toujours bien ancré. Il est la représentation musicale des valeurs de la société pyrénéenne traditionnelle, il y a peu encore essentiellement tournée vers l'élevage et donc la gestion de terrains communaux privilégiant les comportements collectifs aux comportements individuels.
Loin des préjugés d'une culture régionaliste ou folklorisée, encore trop souvent véhiculés quand il s'agit de littérature en langue occitane, l'exposition virtuelle Las voses de la modernitat / Les voix de la modernité vous propose de découvrir une sélection de voix poétiques qui réaffirment sans cesse la brillante jeunesse d'une poésie millénaire.
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Parmi les chemins proposés, celui des photographies de Georges Souche, issues de sa série « Arbres », où le paysage devient l’incarnation sensible de textes des grands auteurs occitans contemporains chers au photographe.
Production et conception : CIRDOC - Institut occitan de cultura
Textes : Robert Allan, Max Allier, Serge Bec, Jean-Frédéric Brun, Silvan Chabaud, Léon Cordes, Marcelle Delpastre, Philippe Gardy, Sèrgi Javaloyès, Robert Lafont, Aurélia Lassaque, Bernard Manciet, René Nelli, Louisa Paulin, Jean-Marie Petit, Serge Pey, Yves Rouquette, Max Rouquette.
Photographies : Georges Souche (série Arbres).
Documents sonores : collections CIRDOC (Fonotèca) ; Occitània Produccions (collection Trésors d’Occitanie).